{"id":1138466,"date":"2026-06-18T12:51:29","date_gmt":"2026-06-18T10:51:29","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-097\/"},"modified":"2026-06-18T12:51:29","modified_gmt":"2026-06-18T10:51:29","slug":"eclibeghcc2024arr-097","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-097\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.097"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nCour constitutionnelle (Cour d&apos;arbitrage)  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 26 septembre 2024            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.097<\/p>\n<p>No Arr\u00eat\/No R\u00f4le:<\/p>\n<p>97\/2024<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit constitutionnel<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2024-10-07<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>1451 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-04 16:39<\/p>\n<p>Version(s):<\/p>\n<p>Version NL\n        <\/p>\n<p>Version DE\n        <\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p> &#8211; Questions pr\u00e9judicielles pos\u00e9es \u00e0 la Cour de justice de l&apos;Union<br \/>\n        europ\u00e9enne &#8211; Rejet des autres griefs pour le surplus (sous r\u00e9serve de<br \/>\n        l&apos;interpr\u00e9tation mentionn\u00e9e en B.121)\n    <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>COUR CONSTITUTIONNELLE\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; COUR CONSTITUTIONNELLE\n <\/p>\n<p>Mots libres:<\/p>\n<p>\nles recours en annulation totale ou partielle de la loi du 20 juillet<br \/>\n         2022 \u00ab relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es d&apos;identification<br \/>\n         et des m\u00e9tadonn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques<br \/>\n         et \u00e0 la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s \u00bb, introduits par<br \/>\n         l&apos;Ordre des barreaux francophones et germanophone, par l&apos;ASBL<br \/>\n         \u00ab Acad\u00e9mie Fiscale \u00bb et Jean Pierre Riquet, par l&apos;ASBL \u00ab Liga<br \/>\n         voor Mensenrechten \u00bb, par l&apos;ASBL \u00ab Ligue des droits humains \u00bb<br \/>\n         et par Jens Hermans et autres. T\u00e9l\u00e9communications &#8211; Communications \u00e9lectroniques<br \/>\n         &#8211; Collecte et conservation des donn\u00e9es &#8211; 1. Utilisation de la cryptographie<br \/>\n         &#8211; 2. Mesures employ\u00e9es au niveau du r\u00e9seau ou de l&apos;utilisateur<br \/>\n         final pour d\u00e9tecter la fraude et les utilisations malveillantes des r\u00e9seaux<br \/>\n         et des services &#8211; 3. Conservation des donn\u00e9es de trafic &#8211; 4. Conservation<br \/>\n         des donn\u00e9es de localisation &#8211; 5. La conservation des donn\u00e9es de souscription<br \/>\n         et d&apos;identification &#8211; 6. Obligation d&apos;identification des abonn\u00e9s<br \/>\n         et des utilisateurs finaux de services de communication \u00e9lectronique<br \/>\n         &#8211; 7. Conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es sur la base d&apos;un crit\u00e8re<br \/>\n         g\u00e9ographique &#8211; 8. Enum\u00e9ration des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes et des finalit\u00e9s<br \/>\n         dans le cadre de l&apos;acc\u00e8s aux donn\u00e9es &#8211; 9. Comp\u00e9tences des officiers<br \/>\n         de police judiciaire de l&apos;IBPT &#8211; 10. Comp\u00e9tences du procureur du<br \/>\n         Roi &#8211; 11. Comp\u00e9tences du juge d&apos;instruction &#8211; 12. Comp\u00e9tences des<br \/>\n         services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 &#8211; 13. Entr\u00e9e en vigueur &#8211;<br \/>\n         14. Protection du secret professionnel<\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       Cour constitutionnelle<br \/>\n       Arr\u00eat n\u00b0 97\/2024<br \/>\n       du 26 septembre 2024<br \/>\n       Num\u00e9ros du r\u00f4le : 7907, 7929, 7930, 7931 et 7932<br \/>\n       En cause : les recours en annulation totale ou partielle de la loi du 20 juillet 2022 \u00ab relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification et des m\u00e9tadonn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques et \u00e0 la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s \u00bb, introduits par l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone, par l\u2019ASBL \u00ab Acad\u00e9mie Fiscale \u00bb et Jean Pierre Riquet, par l\u2019ASBL \u00ab Liga voor Mensenrechten \u00bb, par l\u2019ASBL \u00ab Ligue des droits humains \u00bb et par Jens Hermans et autres.<br \/>\n       La Cour constitutionnelle,<br \/>\n       compos\u00e9e des pr\u00e9sidents Pierre Nihoul et Luc Lavrysen, et des juges Thierry Giet, Jos\u00e9phine Moerman, Michel P\u00e2ques, Yasmine Kherbache, Danny Pieters, Sabine de Bethune, Emmanuelle Bribosia, Willem Verrijdt, Kattrin Jadin et Magali Plovie, assist\u00e9e du greffier Nicolas Dupont, pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident Pierre Nihoul,<br \/>\n       apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, rend l\u2019arr\u00eat suivant :<br \/>\n       I. Objet des recours et proc\u00e9dure<br \/>\n       a. Par requ\u00eate adress\u00e9e \u00e0 la Cour par lettre recommand\u00e9e \u00e0 la poste le 2 janvier 2023 et parvenue au greffe le 4 janvier 2023, l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone, assist\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 par Me Alexandre Cassart, avocat au barreau de Charleroi, et par Me Jean-Fran\u00e7ois Henrotte, Me Elisabeth Kiehl et Me Eric Lemmens, avocats au barreau de Li\u00e8ge-Huy, a introduit un recours en annulation de la loi du 20 juillet 2022 \u00ab relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification et des m\u00e9tadonn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques et \u00e0 la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s \u00bb (publi\u00e9e au Moniteur belge du 8 ao\u00fbt 2022).<br \/>\n       b. Par requ\u00eates adress\u00e9es \u00e0 la Cour par lettres recommand\u00e9es \u00e0 la poste les 3, 6 et 8 f\u00e9vrier 2023 et parvenues au greffe les 6, 7, 8 et 9 f\u00e9vrier 2023, des recours en annulation totale ou partielle (articles 2 \u00e0 17) de la m\u00eame loi ont \u00e9t\u00e9 introduits par l\u2019ASBL \u00ab Acad\u00e9mie Fiscale \u00bb et Jean Pierre Riquet, par l\u2019ASBL \u00ab Liga voor Mensenrechten \u00bb, assist\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Raf Jespers, avocat au barreau d\u2019Anvers, par l\u2019ASBL \u00ab Ligue des droits humains \u00bb, assist\u00e9e<br \/>\n       2<br \/>\n       et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Catherine Forget, avocat au barreau de Bruxelles, et par Jens Hermans, la fondation priv\u00e9e \u00ab Ministry of Privacy \u00bb et Matthias Dobbelaere-Welvaert, assist\u00e9s et repr\u00e9sent\u00e9s par Me Jan De Groote, avocat au barreau de Termonde.<br \/>\n       Ces affaires, inscrites sous les num\u00e9ros 7907, 7929, 7930, 7931 et 7932 du r\u00f4le de la Cour, ont \u00e9t\u00e9 jointes.<br \/>\n       Le Conseil des ministres, assist\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 par Me Evrard de Lophem, Me S\u00e9bastien Depr\u00e9 et Me Germain Haumont, avocats au barreau de Bruxelles, a introduit des m\u00e9moires (dans toutes les affaires), les parties requ\u00e9rantes dans les affaires nos 7907, 7930 et 7931 ont introduit des m\u00e9moires en r\u00e9ponse et le Conseil des ministres a \u00e9galement introduit des m\u00e9moires en r\u00e9plique (dans les affaires nos 7907, 7930 et 7931).<br \/>\n       Par ordonnance du 28 f\u00e9vrier 2024, la Cour, apr\u00e8s avoir entendu les juges-rapporteurs Thierry Giet et Sabine de Bethune, a d\u00e9cid\u00e9 que les affaires \u00e9taient en \u00e9tat, qu\u2019aucune audience ne serait tenue, \u00e0 moins qu\u2019une partie n\u2019ait demand\u00e9, dans le d\u00e9lai de sept jours suivant la r\u00e9ception de la notification de cette ordonnance, \u00e0 \u00eatre entendue, et qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une telle demande, les d\u00e9bats seraient clos \u00e0 l\u2019expiration de ce d\u00e9lai et les affaires seraient mises en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       \u00c0 la suite de la demande de la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7907 \u00e0 \u00eatre entendue, la Cour, par ordonnance du 13 mars 2024, a :<br \/>\n       &#8211; fix\u00e9 l\u2019audience au 10 avril 2024;<br \/>\n       &#8211; invit\u00e9 les parties \u00e0 lui faire part, dans un m\u00e9moire compl\u00e9mentaire \u00e0 introduire le 5 avril 2024 au plus tard, et dont elles \u00e9changeront une copie dans le m\u00eame d\u00e9lai, leurs observations sur l\u2019incidence de l\u2019arr\u00eat de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme Podchasov c. Russie du 13 f\u00e9vrier 2024, sur le traitement des pr\u00e9sents recours.<br \/>\n       Des m\u00e9moires compl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       &#8211; la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7907;<br \/>\n       &#8211; la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930;<br \/>\n       &#8211; les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932;<br \/>\n       &#8211; le Conseil des ministres.<br \/>\n       \u00c0 l\u2019audience publique du 10 avril 2024 :<br \/>\n       &#8211; ont comparu :<br \/>\n       . Me Jean-Fran\u00e7ois Henrotte et Me Elisabeth Kiehl, \u00e9galement loco Me Eric Lemmens, pour la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7907;<br \/>\n       3<br \/>\n       . Jean Pierre Riquet, en personne et pour l\u2019ASBL \u00ab Acad\u00e9mie Fiscale \u00bb (parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7929);<br \/>\n       . Me Raf Jespers, pour la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930;<br \/>\n       . Me Catherine Forget, pour la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931;<br \/>\n       . Me Jan De Groote, pour les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932;<br \/>\n       . Me Evrard de Lophem, \u00e9galement loco Me S\u00e9bastien Depr\u00e9, et Me Germain Haumont, pour le Conseil des ministres;<br \/>\n       &#8211; les juges-rapporteurs Thierry Giet et Sabine de Bethune ont fait rapport;<br \/>\n       &#8211; les parties pr\u00e9cit\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 entendues;<br \/>\n       &#8211; les affaires ont \u00e9t\u00e9 mises en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Par ordonnance du 15 mai 2024, la Cour, apr\u00e8s avoir entendu les juges-rapporteurs Thierry Giet et Sabine de Bethune, a d\u00e9cid\u00e9 :<br \/>\n       &#8211; de rouvrir les d\u00e9bats;<br \/>\n       &#8211; d\u2019inviter les parties \u00e0 lui faire part, dans un m\u00e9moire compl\u00e9mentaire \u00e0 introduire le 30 mai 2024 au plus tard, leurs observations sur l\u2019incidence des arr\u00eats de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne La Quadrature du Net e.a. (Donn\u00e9es personnelles et lutte contre la contrefa\u00e7on) (C-470\/21) et Procura della Repubblica presso il Tribunale di Bolzano (C-178\/22)<br \/>\n       du 30 avril 2024 sur le traitement des pr\u00e9sents recours et \u00e0 communiquer dans le m\u00eame d\u00e9lai aux autres parties, ainsi qu\u2019au greffe de la Cour par courriel envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse \u00ab greffe@const-<br \/>\n       court.be \u00bb;<br \/>\n       &#8211; de fixer le jour d\u2019une nouvelle audience au 5 juin 2024.<br \/>\n       Des m\u00e9moires compl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       &#8211; la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7907;<br \/>\n       &#8211; le Conseil des ministres.<br \/>\n       A l\u2019audience publique du 5 juin 2024 :<br \/>\n       &#8211; ont comparu :<br \/>\n       . Me Alexandre Cassart, \u00e9galement loco Me Jean-Fran\u00e7ois Henrotte, et Me Elisabeth Kiehl, \u00e9galement loco Me Eric Lemmens, pour la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7907;<br \/>\n       . Me Raf Jespers, \u00e9galement loco Me Catherine Forget, pour les parties requ\u00e9rantes dans les affaires nos 7930 et 7931;<br \/>\n       4<br \/>\n       . Me Jan De Groote, pour les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932;<br \/>\n       . Me Evrard de Lophem, \u00e9galement loco Me S\u00e9bastien Depr\u00e9, pour le Conseil des ministres;<br \/>\n       &#8211; les juges-rapporteurs Thierry Giet et Sabine de Bethune ont fait rapport;<br \/>\n       &#8211; les avocats pr\u00e9cit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 entendus;<br \/>\n       &#8211; les affaires ont \u00e9t\u00e9 mises en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Les dispositions de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle relatives \u00e0 la proc\u00e9dure et \u00e0 l\u2019emploi des langues ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es.<br \/>\n       II. En droit<br \/>\n       -A\u2013<br \/>\n       Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9<br \/>\n       En ce qui concerne la position des parties requ\u00e9rantes<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7907<br \/>\n       A.1.1. La partie requ\u00e9rante, qui est l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone, soutient qu\u2019elle dispose de l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander l\u2019annulation des articles 5, 4\u00b0 et 6\u00b0, 8 \u00e0 11, 13 \u00e0 15, 19, 21, 22, 24 \u00e0 42 et 44 de la loi du 20 juillet 2022 \u00ab relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification et des m\u00e9tadonn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques et \u00e0 la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 20 juillet 2022), au regard des missions qu\u2019elle poursuit en vertu de l\u2019article 495 du Code judiciaire. En effet, les dispositions attaqu\u00e9es portent atteinte au secret professionnel de l\u2019avocat en ce qu\u2019elles permettent notamment de d\u00e9terminer si un client a consult\u00e9 un avocat, ainsi que la date et l\u2019heure de cette communication, mais aussi d\u2019identifier l\u2019avocat et ses clients. Or, ces informations sont confidentielles et couvertes par le secret professionnel.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante ajoute que la Cour, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 126\/2005 du 13 juillet 2005<br \/>\n       (ECLI:BE:GHCC:2005:ARR.126), a reconnu son int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir pour demander l\u2019annulation de dispositions concernant la profession d\u2019avocat et, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 84\/2015 du 11 juin 2015 (ECLI:BE:GHCC:2015:ARR.084), confirm\u00e9 son int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir en ce qui concerne des dispositions d\u2019une port\u00e9e analogue \u00e0 celle des dispositions attaqu\u00e9es.<br \/>\n       A.1.2. La partie requ\u00e9rante ajoute que les dispositions attaqu\u00e9es forment un tout indivisible au regard des griefs qu\u2019elle soul\u00e8ve, de sorte que, contrairement \u00e0 ce que soutient le Conseil des ministres, l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir n\u2019est pas limit\u00e9 \u00e0 l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022, qui concerne uniquement l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es prot\u00e9g\u00e9es et non leur conservation, laquelle est r\u00e9gl\u00e9e par d\u2019autres dispositions. Par ailleurs, l\u2019article 27, 2\u00b0, pr\u00e9cit\u00e9, ne s\u2019applique pas aux communications du client ni aux donn\u00e9es d\u00e9tenues par celui-ci, alors que ces informations sont, le cas \u00e9ch\u00e9ant, couvertes par le secret professionnel. Les autres dispositions de la loi du 20 juillet 2022 s\u2019appliquent donc n\u00e9cessairement et portent atteinte au secret professionnel, d\u00e8s lors que cette loi ne fait aucune distinction selon que les donn\u00e9es sont couvertes par ce secret ou non. Partant, la partie requ\u00e9rante estime disposer d\u2019un int\u00e9r\u00eat en ce qui concerne les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me branches du moyen unique, contrairement \u00e0 ce que soutient le Conseil des ministres. Du reste, par les arr\u00eats n\u00b0 57\/2021 du 22 avril 2021 (ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.057) et n\u00b0 96\/2018<br \/>\n       du 19 juillet 2018 (ECLI:BE:GHCC:2018:ARR.096), la Cour a admis l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone dans le cadre de recours en annulation dirig\u00e9s contre des lois d\u2019une port\u00e9e tr\u00e8s similaire \u00e0 celle de la loi du 20 juillet 2022. Il n\u2019y a pas lieu, en l\u2019esp\u00e8ce, de se d\u00e9partir de cette jurisprudence.<br \/>\n       5<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7929<br \/>\n       A.2. La premi\u00e8re partie requ\u00e9rante, l\u2019ASBL \u00ab Acad\u00e9mie Fiscale \u00bb, estime disposer d\u2019un int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander l\u2019annulation des articles 2 \u00e0 17 de la loi du 20 juillet 2022, eu \u00e9gard \u00e0 son but statutaire, d\u00e8s lors que ces dispositions sont susceptibles d\u2019affecter directement et d\u00e9favorablement la situation des comptables-fiscalistes, des experts-<br \/>\n       comptables et des conseillers fiscaux, ainsi que celle des contribuables d\u00e9fendus par les personnes pr\u00e9cit\u00e9es. En effet, la loi du 20 juillet 2022 porte atteinte au secret professionnel des professionnels comptables et fiscaux en ce que la consultation des m\u00e9tadonn\u00e9es conserv\u00e9es permet de d\u00e9terminer si un professionnel comptable et fiscal a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9, mais aussi d\u2019identifier ce professionnel, ses clients, les dates et heures de leurs communications. Or, le secret professionnel constitue un principe g\u00e9n\u00e9ral qui participe du respect des droits fondamentaux.<br \/>\n       Par ailleurs, la seconde partie requ\u00e9rante, qui est une personne physique, est un professionnel qui travaille dans le domaine de la fiscalit\u00e9 et qui est soumis au secret professionnel en vertu de son inscription au registre public des conseillers fiscaux certifi\u00e9s de l\u2019Institut des conseillers fiscaux et des experts-comptables. \u00c0 ce titre, elle est directement affect\u00e9e par les dispositions attaqu\u00e9es qui pr\u00e9voient des mesures de conservation des donn\u00e9es soumises au secret professionnel. La partie requ\u00e9rante se pr\u00e9sente \u00e9galement comme un citoyen et un contribuable, de sorte qu\u2019\u00e0 ce titre, elle estime \u00eatre directement affect\u00e9e par les mesures de conservation pr\u00e9cit\u00e9es, dans le cadre de sa relation priv\u00e9e \u00e9ventuelle avec son avocat.<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7930<br \/>\n       A.3. La partie requ\u00e9rante, la \u00ab Liga voor Mensenrechten \u00bb, soutient qu\u2019elle dispose d\u2019un int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander l\u2019annulation de l\u2019ensemble de la loi du 20 juillet 2022 au regard de son but statutaire, qui consiste \u00e0 combattre toute injustice et toute atteinte aux droits des personnes ou des communaut\u00e9s, ainsi qu\u2019\u00e0 d\u00e9fendre les principes d\u2019\u00e9galit\u00e9, de libert\u00e9 et d\u2019humanisme sur lesquels reposent les soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9mocratiques, et ce, notamment \u00e0 travers des actions en justice. \u00c0 cet \u00e9gard, elle affirme que la loi du 20 juillet 2022 affecte divers droits fondamentaux en ce qu\u2019elle apporte des modifications \u00e0 la loi du 13 juin 2005 \u00ab relative aux communications \u00e9lectroniques \u00bb (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : la loi du 13 juin 2005). Elle rel\u00e8ve en outre que la Cour a d\u00e9j\u00e0 admis, \u00e0 plusieurs reprises, son int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir.<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7931<br \/>\n       A.4. La partie requ\u00e9rante, \u00e0 savoir la \u00ab Ligue des droits humains \u00bb, estime disposer d\u2019un int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander l\u2019annulation de la loi du 20 juillet 2022 au regard de son but statutaire, qui consiste \u00e0 combattre l\u2019injustice et toute atteinte arbitraire aux droits d\u2019un individu, ainsi qu\u2019\u00e0 soutenir toute initiative tendant \u00e0 la formation et \u00e0 la promotion des droits et libert\u00e9s, d\u00e8s lors que cette loi semble mettre \u00e0 mal certains droits fondamentaux. Elle rel\u00e8ve par ailleurs que la Cour a reconnu \u00e0 maintes reprises son int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir, notamment en mati\u00e8re de conservation de donn\u00e9es issues de communications \u00e9lectroniques. Par ailleurs, elle soutient poursuivre l\u2019ambition d\u2019\u00e9viter que la lutte contre le terrorisme devienne une excuse pour revoir certaines valeurs fondamentales de l\u2019\u00e9tat de droit, tel le principe de la l\u00e9galit\u00e9 des d\u00e9lits et des peines.<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7932<br \/>\n       A.5.1. Les parties requ\u00e9rantes soutiennent que la loi du 20 juillet 2022 rev\u00eat une port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale en ce que la conservation des donn\u00e9es qu\u2019elle vise concerne chaque utilisateur d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques. En outre, l\u2019utilisation des moyens de communications \u00e9lectroniques est indispensable dans la soci\u00e9t\u00e9, de sorte que tout utilisateur potentiel de tels moyens dispose d\u2019un int\u00e9r\u00eat \u00e0 attaquer cette loi. En effet, la Cour a d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 que, dans le cas d\u2019une norme touchant \u00e0 un aspect essentiel de la libert\u00e9 du citoyen, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019examiner si la situation personnelle des parties requ\u00e9rantes est affect\u00e9e, l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9tant en toute hypoth\u00e8se \u00e9tabli.<br \/>\n       A.5.2. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, les premi\u00e8re et troisi\u00e8me parties requ\u00e9rantes se pr\u00e9sentent comme des utilisateurs finaux de services de communications \u00e9lectroniques directement concern\u00e9s par les mesures pr\u00e9vues par la loi du<br \/>\n       6<br \/>\n       20 juillet 2022. Or, celles-ci portent atteinte \u00e0 leur vie priv\u00e9e en raison du risque d\u2019acc\u00e8s non autoris\u00e9 aux donn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques conserv\u00e9es et du risque d\u2019utilisation abusive de ces donn\u00e9es. Partant, les parties requ\u00e9rantes pr\u00e9cit\u00e9es ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander l\u2019annulation de la loi du 20 juillet 2022 pour mettre fin \u00e0 la conservation de leurs donn\u00e9es personnelles pr\u00e9vue en vertu de cette loi.<br \/>\n       A.5.3. La deuxi\u00e8me partie requ\u00e9rante est une personne morale dont le but statutaire est de s\u2019efforcer de sauvegarder la vie priv\u00e9e de chaque citoyen, et notamment de lutter contre le d\u00e9veloppement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de surveillance par les pouvoirs publics. Dans ce cadre, elle est habilit\u00e9e \u00e0 prendre toute mesure pour d\u00e9fendre les droits et libert\u00e9s fondamentaux consacr\u00e9s par la Constitution et par la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme. Or, la loi du 20 juillet 2022 vise \u00e0 autoriser les autorit\u00e9s publiques \u00e0 s\u2019immiscer dans la vie priv\u00e9e des citoyens, ce qui affecte en tout \u00e9tat de cause le droit garanti par l\u2019article 22 de la Constitution et par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme. L\u2019int\u00e9r\u00eat de la deuxi\u00e8me partie requ\u00e9rante est d\u00e8s lors conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour et ne s\u2019apparente pas \u00e0 une actio popularis.<br \/>\n       En ce qui concerne la position du Conseil des ministres<br \/>\n       A.6. Le Conseil des ministres soutient que le recours dans l\u2019affaire n\u00b0 7907 n\u2019est recevable qu\u2019en ce qui concerne l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022. Sous la r\u00e9serve de certaines exceptions sur lesquelles le recours ne porte pas, cette disposition exclut du champ d\u2019application de la loi du 20 juillet 2022 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 toutes les m\u00e9tadonn\u00e9es relatives aux moyens de communications d\u00e9tenus par un avocat, pour les communications tant entrantes que sortantes. En revanche, les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me branches du moyen unique portent sur la loi du 20 juillet 2022 dans son ensemble sans \u00e9tablir aucun lien avec le secret professionnel des avocats. Or, selon la jurisprudence de la Cour, l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone est limit\u00e9 aux dispositions ayant une incidence sur le droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un juge, sur l\u2019administration de la justice et sur l\u2019assistance que les avocats peuvent offrir \u00e0 leurs clients. Seules les critiques que cette partie formule au sujet de la protection du secret professionnel de l\u2019avocat sont donc recevables.<br \/>\n       Quant au fond<br \/>\n       En ce qui concerne la position des parties requ\u00e9rantes<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7907<br \/>\n       A.7. La partie requ\u00e9rante prend un moyen unique de la violation des articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 6 et 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec les articles 7, 8 et 47 de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s : la Charte). Elle soutient que les dispositions cit\u00e9es au moyen garantissent la protection du secret professionnel de l\u2019avocat, d\u00e8s lors que celui-ci rel\u00e8ve du droit au proc\u00e8s \u00e9quitable et qu\u2019il constitue une composante essentielle du droit au respect de la vie priv\u00e9e. Elle ajoute que, bien que le secret professionnel de l\u2019avocat ne soit pas intangible, il constitue l\u2019un des principes fondamentaux sur lesquels repose l\u2019organisation de la justice dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique. Ce secret porte notamment sur l\u2019existence m\u00eame de la consultation d\u2019un avocat. Dans ce cadre, les dates et heures auxquelles l\u2019avocat a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9 sont des donn\u00e9es qui rev\u00eatent un caract\u00e8re confidentiel. Il en va de m\u00eame pour l\u2019agenda professionnel de l\u2019avocat et pour l\u2019identit\u00e9 des clients.<br \/>\n       A.8.1. Dans la premi\u00e8re branche du moyen unique, la partie requ\u00e9rante soutient que les dispositions attaqu\u00e9es ne diff\u00e9rencient pas \u2013 ou, \u00e0 tout le moins, pas suffisamment \u2013 les utilisateurs titulaires du secret professionnel par rapport aux autres utilisateurs. En effet, ces dispositions traitent de la m\u00eame mani\u00e8re l\u2019ensemble des utilisateurs \u00e9metteurs de communications \u00e9lectroniques, sans distinguer ceux dont les communications sont prot\u00e9g\u00e9es par le secret professionnel, comme les clients des avocats. Elles ne tiennent donc pas compte du statut particulier des communications de l\u2019avocat, ni du caract\u00e8re fondamental du secret professionnel auquel l\u2019avocat est soumis et de la n\u00e9cessaire relation de confiance qui l\u2019unit \u00e0 ses clients.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante constate que, par son arr\u00eat n\u00b0 84\/2015, la Cour a jug\u00e9 que l\u2019article 5 de la loi du 30 juillet 2013 \u00ab portant modification des articles 2, 126 et 145 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques et de l\u2019article 90decies du Code d\u2019instruction criminelle \u00bb \u00e9tait disproportionn\u00e9 au regard des articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte en ce que cette loi s\u2019appliquait sans aucune exception, notamment \u00e0<br \/>\n       7<br \/>\n       des personnes dont les communications sont soumises au secret professionnel. Par ailleurs, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 57\/2021, la Cour a annul\u00e9 l\u2019article 9 de la loi du 29 mai 2016 \u00ab relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques \u00bb, en ce que cette disposition traitait de la m\u00eame mani\u00e8re les communications soumises au secret professionnel et les autres communications.<br \/>\n       Selon la partie requ\u00e9rante, la loi du 20 juillet 2022 ne permet pas de rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019inconstitutionnalit\u00e9 constat\u00e9e dans les arr\u00eats pr\u00e9cit\u00e9s. Le l\u00e9gislateur ne vise en effet que les communications qui \u00e9manent de l\u2019avocat et non celles qui \u00e9manent du client, alors qu\u2019il s\u2019agit de communications plus pr\u00e9judiciables pour le secret professionnel d\u00e8s lors qu\u2019elles indiquent aux autorit\u00e9s le fait que le client a contact\u00e9 l\u2019avocat ainsi que la localisation et le moment de ce contact. Le l\u00e9gislateur permet donc de d\u00e9terminer concr\u00e8tement si un avocat a \u00e9t\u00e9 consult\u00e9, d\u2019identifier cet avocat ainsi que ses interlocuteurs, mais aussi la date et les heures de la communication. Ce syst\u00e8me porte une atteinte majeure \u00e0 la confiance n\u00e9cessaire du client envers son avocat et est de nature \u00e0 dissuader une personne de faire appel \u00e0 celui-ci au moyen d\u2019outils de communications \u00e9lectroniques. Le l\u00e9gislateur a donc port\u00e9 atteinte au secret professionnel ainsi qu\u2019aux droits fondamentaux garantis par les dispositions vis\u00e9es au moyen, et ce, en ne distinguant pas utilement les personnes dont les communications sont soumises au secret professionnel, d\u2019une part, et les autres personnes, d\u2019autre part.<br \/>\n       A.8.2. Dans la deuxi\u00e8me branche du moyen unique, la partie requ\u00e9rante affirme que la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       ne diff\u00e9rencie pas \u2013 ou pas suffisamment \u2013 les donn\u00e9es couvertes par le secret professionnel des autres donn\u00e9es, alors que la premi\u00e8re cat\u00e9gorie de donn\u00e9es doit faire l\u2019objet d\u2019un traitement plus sp\u00e9cifique que la seconde.<br \/>\n       A.8.3. Contrairement \u00e0 ce que le Conseil des ministres soutient en ce qui concerne les premi\u00e8re et deuxi\u00e8me branches du moyen unique, la partie requ\u00e9rante affirme que le renforcement des r\u00e8gles entourant l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es ne suffit pas pour justifier la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de ces donn\u00e9es. En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019absence de limites et de contr\u00f4le en mati\u00e8re de conservation des donn\u00e9es, en particulier sous l\u2019angle de la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server le secret professionnel, conduit \u00e0 consid\u00e9rer que le moyen est fond\u00e9. En effet, le secret professionnel de l\u2019avocat porte non seulement sur le contenu des \u00e9changes mais aussi sur l\u2019existence m\u00eame de ceux-ci. Partant, le simple fait de conserver les m\u00e9tadonn\u00e9es des communications des avocats viole les droits de la d\u00e9fense si l\u2019ing\u00e9rence que la conservation implique n\u2019est pas acceptable au regard des droits fondamentaux, ce qui est pr\u00e9cis\u00e9ment le cas en l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       En outre, l\u2019interpr\u00e9tation conciliante de l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022, propos\u00e9e par le Conseil des ministres, selon laquelle cette disposition couvre \u00e9galement les communications qui \u00e9manent du client, n\u2019est pas admissible, d\u00e8s lors que le libell\u00e9 du texte vise le moyen de communications \u00e9lectroniques d\u2019un avocat. Par ailleurs, dans l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019interpr\u00e9tation conciliante pr\u00e9cit\u00e9e, les donn\u00e9es d\u00e9tenues par un tiers sont conserv\u00e9es et demeurent accessibles sans qu\u2019il soit tenu compte de leur confidentialit\u00e9, ce qui n\u2019est pas admissible au regard de la grande quantit\u00e9 et de la nature extr\u00eamement large des donn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es et conserv\u00e9es par des op\u00e9rateurs tiers.<br \/>\n       A.8.4. En ce qui concerne l\u2019absence de proportionnalit\u00e9 de la mesure, la partie requ\u00e9rante ajoute que l\u2019absence de concours actif de l\u2019avocat, \u00e9voqu\u00e9 par le Conseil des ministres, tend \u00e0 confirmer le caract\u00e8re discriminatoire de la loi du 20 juillet 2022 ainsi que l\u2019atteinte majeure port\u00e9e au secret professionnel, d\u00e8s lors qu\u2019un concours actif permet pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019avocat d\u2019assister \u00e0 la r\u00e9alisation de la mesure et de faire valoir ses observations, ce qui n\u2019est pas possible en l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante ajoute que le tri r\u00e9alis\u00e9 a posteriori, mis \u00e9galement en \u00e9vidence par le Conseil des ministres, n\u2019apporte pas de r\u00e9ponse satisfaisante, en raison de l\u2019absence d\u2019une proc\u00e9dure sp\u00e9cifique ou d\u2019une norme prescrite \u00e0 peine de nullit\u00e9, d\u00e8s lors que la Cour de cassation admet que toute preuve, m\u00eame obtenue ill\u00e9galement, est admissible en mati\u00e8re r\u00e9pressive et en mati\u00e8re civile, sauf dans le cas de la violation d\u2019une r\u00e8gle prescrite \u00e0 peine de nullit\u00e9, d\u2019un vice entachant la fiabilit\u00e9 de la preuve ou de la violation du droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable. En r\u00e9alit\u00e9, en l\u2019absence de recours pr\u00e9alable et de concours effectif de l\u2019avocat, aucun contr\u00f4le n\u2019aura lieu. Dans les faits, m\u00eame dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 un \u00e9l\u00e9ment de preuve couvert par le secret professionnel est \u00e9cart\u00e9, les autorit\u00e9s auront en toute hypoth\u00e8se pris connaissance au pr\u00e9alable de cet \u00e9l\u00e9ment. Par ailleurs, la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme a confirm\u00e9 que le respect du secret professionnel exclut que le juge saisi des poursuites examine et d\u00e9cide lui-m\u00eame si des \u00e9l\u00e9ments sont prot\u00e9g\u00e9s par ce secret, d\u00e8s lors qu\u2019une telle m\u00e9thode mettrait syst\u00e9matiquement \u00e0 mal le secret professionnel et lui ferait perdre toute substance. En outre, la loi du<br \/>\n       8<br \/>\n       20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit rien en mati\u00e8re de restitution ou de suppression des donn\u00e9es qui auraient fait l\u2019objet d\u2019un acc\u00e8s irr\u00e9gulier, contrairement, par exemple, \u00e0 l\u2019article 90octies, \u00a7 3, du Code d\u2019instruction criminelle.<br \/>\n       A.8.5. La partie requ\u00e9rante ajoute qu\u2019un traitement particulier doit \u00eatre r\u00e9serv\u00e9 aux titulaires du secret professionnel, mais aussi aux m\u00e9tadonn\u00e9es couvertes par celui-ci, dans tous les cas de figure. Il en va d\u2019autant plus ainsi au regard de la nature des m\u00e9tadonn\u00e9es concern\u00e9es. Par ailleurs, les dispositions du Code d\u2019instruction criminelle que le Conseil des ministres estime comparables \u00e0 celles de la loi du 20 juillet 2022 ne sont pas pertinentes en l\u2019esp\u00e8ce car cette loi ne pr\u00e9voit pas de concours actif de l\u2019avocat, contrairement aux dispositions pr\u00e9cit\u00e9es du Code d\u2019instruction criminelle.<br \/>\n       A.9.1. Dans la troisi\u00e8me branche du moyen unique, la partie requ\u00e9rante rel\u00e8ve que le l\u00e9gislateur a mis en place une obligation d\u2019enregistrement et de conservation de certaines m\u00e9tadonn\u00e9es consultables par les autorit\u00e9s, en se basant sur un syst\u00e8me de taux d\u2019infractions par arrondissement. Un large ensemble de donn\u00e9es est donc susceptible d\u2019\u00eatre collect\u00e9, ce qui constitue en r\u00e9alit\u00e9 une couverture g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du territoire et donc de l\u2019ensemble des citoyens. En effet, les moyens de communications \u00e9lectroniques concern\u00e9s sont tant les services de communications \u00e9lectroniques \u00ab classiques \u00bb, comme la t\u00e9l\u00e9phonie, que des services plus r\u00e9cents, comme les services de messagerie en ligne. En outre, aucun \u00e9l\u00e9ment ne justifie l\u2019obligation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de conservation des donn\u00e9es, qui s\u2019\u00e9tend tant aux justiciables faisant l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate ou de poursuites qu\u2019aux justiciables ne faisant pas l\u2019objet de telles mesures. Par ailleurs, la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9cise pas non plus les m\u00e9tadonn\u00e9es qui servent de mani\u00e8re effective les objectifs de d\u00e9fense de la s\u00e9curit\u00e9 publique et ceux de pr\u00e9vention, de recherche, de d\u00e9tection et de poursuite des infractions p\u00e9nales. En r\u00e9alit\u00e9, la loi du 20 juillet 2022 ne modifie pas substantiellement le syst\u00e8me ant\u00e9rieur, qui a pourtant \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 par la Cour. La Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s : la Cour de justice) estime d\u2019ailleurs qu\u2019une mesure de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es constitue une ing\u00e9rence telle dans les droits fondamentaux des personnes vis\u00e9es qu\u2019elle n\u2019est en principe pas admissible.<br \/>\n       A.9.2. Dans la quatri\u00e8me branche du moyen unique, la partie requ\u00e9rante consid\u00e8re que le syst\u00e8me mis en place par la loi du 20 juillet 2022 n\u2019est pas proportionn\u00e9 au but poursuivi par le l\u00e9gislateur. En effet, l\u2019accumulation des donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu d\u2019une obligation de conservation d\u2019un large ensemble de m\u00e9tadonn\u00e9es qui couvre de facto l\u2019ensemble du territoire permet de r\u00e9aliser une \u00ab carte digitale \u00bb tr\u00e8s pr\u00e9cise de chaque personne. Ce syst\u00e8me constitue une ing\u00e9rence \u00e0 ce point grave dans les droits fondamentaux qu\u2019elle n\u2019est pas proportionn\u00e9e au but poursuivi et qu\u2019elle porte par ailleurs une atteinte d\u00e9vastatrice au secret professionnel de l\u2019avocat. Certes, la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas l\u2019enregistrement du contenu de la conversation entre l\u2019avocat et son client, mais la prise de connaissance des m\u00e9tadonn\u00e9es est suffisante pour identifier la consultation de l\u2019avocat en tant que telle et pour tirer certaines conclusions en fonction des circonstances, comme un appel pass\u00e9 quelques minutes apr\u00e8s les faits. Or, le secret professionnel de l\u2019avocat a pour objectif de donner \u00e0 ceux qui exercent cette profession les garanties n\u00e9cessaires de cr\u00e9dibilit\u00e9 afin que ceux qui s\u2019adressent \u00e0 un avocat puissent avoir la certitude que les secrets qu\u2019ils confieront \u00e0 leur conseil ne seront pas d\u00e9voil\u00e9s \u00e0 des tiers. La mesure attaqu\u00e9e n\u2019est donc aucunement proportionn\u00e9e au regard du caract\u00e8re essentiel du secret professionnel pr\u00e9cit\u00e9, dont la Cour a rappel\u00e9 l\u2019importance, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 127\/2013 du 26 septembre 2013 (ECLI:BE:GHCC:2013:ARR.127). Le syst\u00e8me attaqu\u00e9 a pour cons\u00e9quence que les justiciables ne pourront jamais consulter un avocat en toute confiance ni avoir la certitude que l\u2019existence et les circonstances de cette consultation ne seront pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9es aux autorit\u00e9s publiques. Enfin, la partie requ\u00e9rante constate que les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 ne justifient pas l\u2019identit\u00e9 de traitement entre les personnes titulaires du secret professionnel et les autres personnes. Le l\u00e9gislateur n\u2019a pas envisag\u00e9 la mise en place de mesures moins restrictives, comme un tri entre les m\u00e9tadonn\u00e9es ordinaires et celles qui sont li\u00e9es \u00e0 un titulaire du secret professionnel par un m\u00e9canisme de filtre \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, ce qui est pourtant techniquement envisageable.<br \/>\n       A.9.3. La partie requ\u00e9rante ajoute, en ce qui concerne les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me branches du moyen unique, que la jurisprudence de la Cour de justice exige la mise en place d\u2019un filtre minimal \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, ind\u00e9pendamment du dispositif pr\u00e9vu en mati\u00e8re d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es. Contrairement \u00e0 ce que soutient le Conseil des ministres, la conservation des donn\u00e9es couvertes par le secret professionnel g\u00e9n\u00e8re une ing\u00e9rence distincte, ind\u00e9pendamment des limites pr\u00e9vues en ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es.<br \/>\n       L\u2019\u00e9tablissement, pr\u00e9cit\u00e9, d\u2019un filtre \u00e0 l\u2019entr\u00e9e n\u2019est qu\u2019un exemple mettant en \u00e9vidence le fait que d\u2019autres solutions existent. Or, celles-ci n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9es, alors que la loi du 20 juillet 2022 porte pr\u00e9cis\u00e9ment une<br \/>\n       9<br \/>\n       atteinte discriminatoire aux droits fondamentaux garantis par les dispositions cit\u00e9es au moyen. Par ailleurs, les difficult\u00e9s techniques qui d\u00e9couleraient de la mise en place du filtre pr\u00e9cit\u00e9, mises en \u00e9vidence par le Conseil des ministres, ne sont pas insurmontables, de sorte que cette mesure est possible en pratique. S\u2019il est vrai qu\u2019il ne revient pas \u00e0 la Cour de statuer sur l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019un dispositif l\u00e9gislatif, elle demeure n\u00e9anmoins comp\u00e9tente pour d\u00e9cider qu\u2019une loi est inconstitutionnelle en l\u2019absence d\u2019un tel dispositif. Or, le filtrage pr\u00e9alable appara\u00eet comme la seule mesure capable d\u2019assurer que la conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es par les op\u00e9rateurs ne s\u2019applique pas aux donn\u00e9es couvertes par le secret professionnel. Si celui-ci est irr\u00e9alisable, comme le pr\u00e9tend le Conseil des ministres, cela signifie que l\u2019ing\u00e9rence pr\u00e9vue par la loi du 20 juillet 2022 est en tout \u00e9tat de cause disproportionn\u00e9e.<br \/>\n       Par ailleurs, selon la partie requ\u00e9rante, les autres obstacles invoqu\u00e9s par le Conseil des ministres en ce qui concerne le m\u00e9canisme de filtrage ne sont pas convaincants. En particulier, ce syst\u00e8me ne pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme octroyant un privil\u00e8ge \u00e0 l\u2019avocat. En effet, le secret professionnel est une garantie fondamentale pour le justiciable dans un \u00c9tat d\u00e9mocratique. Les avocats sont tenus de respecter ce secret sous peine de sanctions p\u00e9nales et d\u00e9ontologiques. La lev\u00e9e du secret ne se con\u00e7oit d\u2019ailleurs qu\u2019en vertu de l\u2019\u00e9tat de n\u00e9cessit\u00e9 ou d\u2019un conflit avec une valeur sup\u00e9rieure. Cette d\u00e9rogation ne s\u2019op\u00e8re que dans la mesure n\u00e9cessaire \u00e0 la d\u00e9fense des droits respectifs des parties \u00e0 la cause. Le fait que certains avocats sont susceptibles de commettre eux-m\u00eames des infractions ne modifie en rien ces constats, d\u00e8s lors que l\u2019avocat ne peut se retrancher derri\u00e8re sa profession pour b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une impunit\u00e9. En outre, le fait qu\u2019une personne malintentionn\u00e9e puisse d\u00e9tourner les moyens de communication d\u2019un avocat, ce que soul\u00e8ve \u00e9galement le Conseil des ministres, renvoie \u00e0 un cas de figure exceptionnel qui ne justifie aucunement la mesure attaqu\u00e9e.<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7929<br \/>\n       A.10.1. Les parties requ\u00e9rantes prennent un moyen unique de la violation des articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 6 et 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec les articles 7, 8, 11 et 47 de la Charte. Selon elles, les dispositions attaqu\u00e9es traitent de la m\u00eame mani\u00e8re les utilisateurs de services de t\u00e9l\u00e9communications ou de communications \u00e9lectroniques qui sont soumis au secret professionnel, dont les professionnels comptables et fiscaux, et les autres utilisateurs de ces services, sans tenir compte du statut particulier des professionnels pr\u00e9cit\u00e9s, du caract\u00e8re fondamental du secret professionnel auquel ceux-ci sont soumis ni de la n\u00e9cessaire relation de confiance avec leurs clients. Par ailleurs, les dispositions attaqu\u00e9es traitent \u00e9galement de la m\u00eame mani\u00e8re, d\u2019une part, les justiciables qui font l\u2019objet de mesures d\u2019enqu\u00eate et de poursuite pour des faits susceptibles de relever des finalit\u00e9s d\u00e9finies pour la conservation des donn\u00e9es \u00e9lectroniques litigieuses et, d\u2019autre part, ceux qui ne font pas l\u2019objet de telles mesures.<br \/>\n       A.10.2. Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 indiquent que celle-ci a pour objet de transposer partiellement la directive 2006\/24\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 15 mars 2006 \u00ab sur la conservation de donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9r\u00e9es ou trait\u00e9es dans le cadre de la fourniture de services de communications \u00e9lectroniques accessibles au public ou de r\u00e9seaux publics de communications, et modifiant la directive 2002\/58\/CE \u00bb (ci-apr\u00e8s : la directive 2006\/24\/CE) et l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 juillet 2002 \u00ab concernant le traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et la protection de la vie priv\u00e9e dans le secteur des communications \u00e9lectroniques (directive vie priv\u00e9e et communications \u00e9lectroniques) \u00bb (ci-apr\u00e8s : la directive 2002\/58\/CE). Cependant, selon les parties requ\u00e9rantes, les obligations de conservation pr\u00e9vues par la loi du 20 juillet 2022 sont excessives par rapport aux objectifs poursuivis par le l\u00e9gislateur, d\u00e8s lors qu\u2019aucune garantie n\u2019est pr\u00e9vue en ce qui concerne les donn\u00e9es relatives aux experts-comptables et aux conseillers fiscaux alors que celles-ci sont confidentielles et couvertes par le secret professionnel. En effet, la loi du 20 juillet 2022 ne remplit pas les conditions admises par la Cour de justice quant aux exceptions \u00e0 l\u2019interdiction de la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des donn\u00e9es. Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent en outre que, bien que la loi du 20 juillet 2022 n\u2019autorise pas, sauf exception, la conservation de donn\u00e9es divulguant le contenu des communications, elle admet la prise de connaissance de m\u00e9tadonn\u00e9es qui sont susceptibles de r\u00e9v\u00e9ler la consultation d\u2019un professionnel comptable et fiscal, et qui sont de nature \u00e0 permettre de tirer certaines conclusions en fonction des circonstances.<br \/>\n       10<br \/>\n       Selon les parties requ\u00e9rantes, la raison d\u2019\u00eatre du secret professionnel des professionnels comptables est d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et vise \u00e0 donner \u00e0 ceux qui exercent cette profession les garanties de cr\u00e9dibilit\u00e9 n\u00e9cessaires pour que ceux qui s\u2019adressent \u00e0 eux aient la certitude que les secrets confi\u00e9s ne seront pas d\u00e9voil\u00e9s \u00e0 des tiers. Or, la loi du 20 juillet 2022 porte atteinte \u00e0 cette garantie alors que rien ne permet de justifier l\u2019identit\u00e9 de traitement entre tous les utilisateurs des services de communications, parmi lesquels ceux qui sont soumis au secret professionnel.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que des poursuites p\u00e9nales pourraient \u00eatre introduites par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes sur la base des donn\u00e9es confidentielles r\u00e9colt\u00e9es en vertu de la loi du 20 juillet 2022 sans qu\u2019un contr\u00f4le juridictionnel soit pr\u00e9vu aux divers stades de la proc\u00e9dure, ce qui n\u2019est pas conforme \u00e0 l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme ni \u00e0 l\u2019article 47 de la Charte. Par ailleurs, en ce qui concerne l\u2019identit\u00e9 de traitement pr\u00e9cit\u00e9e entre les justiciables, les parties requ\u00e9rantes soutiennent qu\u2019il existe un risque non n\u00e9gligeable que les bases de donn\u00e9es soient g\u00e9r\u00e9es avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 par les op\u00e9rateurs r\u00e9ticents face aux co\u00fbts engendr\u00e9s par les obligations d\u00e9coulant de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       A.10.3. Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 est formul\u00e9 en des termes g\u00e9n\u00e9raux qui ne permettent pas d\u2019identifier l\u2019ensemble des autorit\u00e9s vis\u00e9es par cette disposition. Celles-ci seront vraisemblablement identifi\u00e9es par une circulaire minist\u00e9rielle. Par ailleurs, la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas de garantie en ce qui concerne les donn\u00e9es confidentielles couvertes par le secret professionnel des experts-<br \/>\n       comptables et fiscalistes, mais elle se limite \u00e0 confier au Roi le soin de fixer les mesures techniques et administratives que les op\u00e9rateurs concern\u00e9s devront prendre pour garantir la protection des donn\u00e9es conserv\u00e9es.<br \/>\n       En outre, d\u2019un point de vue technique, il est possible de faire le tri, par un m\u00e9canisme de filtre \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, entre les m\u00e9tadonn\u00e9es ordinaires et celles qui sont li\u00e9es \u00e0 un titulaire du secret professionnel.<br \/>\n       Selon les parties requ\u00e9rantes, la Cour de justice estime que l\u2019article 15 de la directive 2002\/58\/CE s\u2019oppose \u00e0 une r\u00e9glementation nationale pr\u00e9voyant, \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e de l\u2019ensemble des donn\u00e9es relatives au trafic et \u00e0 localisation de tous les abonn\u00e9s et utilisateurs, pour tous les moyens de communications \u00e9lectroniques. Cette disposition impose par ailleurs un contr\u00f4le pr\u00e9alable par une juridiction ou par une autorit\u00e9 administrative ind\u00e9pendante, ainsi qu\u2019une conservation des donn\u00e9es sur le territoire de l\u2019Union. Les parties requ\u00e9rantes constatent du reste que la Cour de justice a jug\u00e9 que la directive 2006\/24\/CE \u00e9tait incompatible avec le principe de proportionnalit\u00e9, de sorte qu\u2019une r\u00e9glementation nationale ne peut pas avoir le m\u00eame contenu que celle-ci, ce qui d\u00e9montre le caract\u00e8re discriminatoire de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       A.10.4. Les parties requ\u00e9rantes ajoutent que l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es pr\u00e9vue par la loi du 20 juillet 2022 rel\u00e8ve du champ d\u2019application du droit au respect de la vie priv\u00e9e et de la libert\u00e9 d\u2019expression, garantis par les articles 7, 8 et 11 de la Charte. \u00c0 cet \u00e9gard, la Cour de justice estime que l\u2019article 15 de la directive 2002\/58\/CE, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la Charte, doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en ce sens qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 une r\u00e9glementation nationale permettant \u00e0 une autorit\u00e9 \u00e9tatique d\u2019imposer, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, aux fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques la transmission g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives au trafic et \u00e0 la localisation vers les services de s\u00e9curit\u00e9 et de renseignement.<br \/>\n       Certes, la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit une conservation d\u2019une dur\u00e9e limit\u00e9e \u00e0 douze mois, mais rien ne justifie en l\u2019esp\u00e8ce de viser l\u2019ensemble des personnes sans op\u00e9rer une distinction lorsque les donn\u00e9es sont couvertes par le secret professionnel. La circonstance que les donn\u00e9es conserv\u00e9es peuvent, le cas \u00e9ch\u00e9ant, ne pas \u00eatre utilis\u00e9es par la suite est \u00e9galement sans pertinence, d\u00e8s lors que l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es constitue une ing\u00e9rence distincte dans les droits fondamentaux. Par ailleurs, les donn\u00e9es relatives au trafic et \u00e0 la localisation sont susceptibles de r\u00e9v\u00e9ler des informations sur un nombre important d\u2019aspects de la vie priv\u00e9e des personnes concern\u00e9es, comme l\u2019orientation sexuelle, les opinions politiques, les convictions religieuses ou encore l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9. Prises dans leur ensemble, ces donn\u00e9es donnent des indications tr\u00e8s pr\u00e9cises sur les personnes dont les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es et permettent d\u00e8s lors d\u2019\u00e9tablir leur profil.<br \/>\n       A.10.5. Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que la conservation des donn\u00e9es relatives au trafic et \u00e0 la localisation \u00e0 des fins polici\u00e8res est susceptible, \u00e0 elle seule, de porter atteinte au droit garanti par l\u2019article 7 de la Charte et d\u2019entra\u00eener des effets dissuasifs sur les utilisateurs en ce qui concerne l\u2019utilisation de leurs moyens de communications \u00e9lectroniques, ce qui constitue une ing\u00e9rence dans la libert\u00e9 d\u2019expression garantie par l\u2019article 11<br \/>\n       de la Charte. Ces effets dissuasifs affectent en particulier les personnes dont les communications sont soumises au secret professionnel ainsi que les lanceurs d\u2019alertes. Par ailleurs, la quantit\u00e9 importante de donn\u00e9es relatives au trafic et \u00e0 la localisation susceptibles de r\u00e9v\u00e9ler des informations sensibles, collect\u00e9e en vertu d\u2019une mesure de<br \/>\n       11<br \/>\n       conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e, comporte des risques d\u2019abus et d\u2019acc\u00e8s illicite. La Cour de justice impose dans ce cadre que la conservation des donn\u00e9es relatives aux communications \u00e9lectroniques soit l\u2019exception et non la r\u00e8gle. Elle doit en outre \u00eatre soumise \u00e0 des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises, et respecter par ailleurs des exigences minimales. L\u2019ing\u00e9rence doit se limiter au strict n\u00e9cessaire et respecter le principe de proportionnalit\u00e9. En toute hypoth\u00e8se, l\u2019objectif de lutter contre la criminalit\u00e9 grave n\u2019est pas de nature \u00e0 justifier une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e de l\u2019ensemble des donn\u00e9es relatives au trafic et \u00e0 la localisation telle qu\u2019elle est pr\u00e9vue par la loi du 20 juillet 2022. En effet, bien que cette loi pr\u00e9voie la cr\u00e9ation de zones en fonction du taux de criminalit\u00e9, elle ne pr\u00e9cise pas comment le comptage des infractions est r\u00e9alis\u00e9. Par ailleurs, cette loi ne se limite pas \u00e0 viser des situations ponctuelles li\u00e9es \u00e0 une menace grave et effective pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Elle ne pr\u00e9voit pas non plus un r\u00e9gime sp\u00e9cifique pour les personnes soumises au secret professionnel ni pour celles qui font l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate.<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7930<br \/>\n       A.11.1. La partie requ\u00e9rante prend un premier moyen de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, et des articles 5, 6, 9 et 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, de la violation des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 27 avril 2016 \u00ab relative \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes \u00e0 des fins de pr\u00e9vention et de d\u00e9tection des infractions p\u00e9nales, d\u2019enqu\u00eates et de poursuites en la mati\u00e8re ou d\u2019ex\u00e9cution de sanctions p\u00e9nales, et \u00e0 la libre circulation de ces donn\u00e9es, et abrogeant la d\u00e9cision-cadre 2008\/977\/JAI du Conseil \u00bb (ci-apr\u00e8s : la directive (UE) 2016\/680). Elle soutient que les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 12 et 13 de la loi du 20 juillet 2022 sont des mesures qui instaurent de iure et de facto une obligation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de conservation des donn\u00e9es de communications, ainsi qu\u2019un acc\u00e8s tr\u00e8s large aux donn\u00e9es conserv\u00e9es.<br \/>\n       Selon la partie requ\u00e9rante, les dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la loi du 20 juillet 2022 ne sont pas conformes \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice qui est applicable en la mati\u00e8re. En effet, celles-ci visent une cinquantaine de types de donn\u00e9es diff\u00e9rentes qui constituent la majorit\u00e9 des donn\u00e9es de trafic et de localisation. L\u2019article 11 de cette loi d\u00e9termine cinq zones g\u00e9ographiques dans lesquelles les donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs sous certaines conditions, ce qui aboutit de facto \u00e0 ce que l\u2019ensemble du territoire belge puisse tomber sous le coup de l\u2019obligation de conservation, et ce, pendant des p\u00e9riodes longues ou ind\u00e9termin\u00e9es. L\u2019article 13 de cette loi d\u00e9termine quant \u00e0 lui dix autorit\u00e9s qui, sous certaines conditions, peuvent obtenir un acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs. Il s\u2019agit d\u2019un nombre tr\u00e8s important d\u2019autorit\u00e9s, dont la plupart sortent du cadre des objectifs de l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE. Parmi ces autorit\u00e9s, on retrouve certaines autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite de faits qui constituent une simple infraction p\u00e9nale, sans que ces faits rel\u00e8vent de la criminalit\u00e9 grave.<br \/>\n       A.11.2. La partie requ\u00e9rante ajoute que la loi du 20 juillet 2022 doit \u00eatre examin\u00e9e dans son int\u00e9gralit\u00e9, d\u00e8s lors que c\u2019est l\u2019ensemble de cette loi qui viole les principes d\u00e9gag\u00e9s par la jurisprudence de la Cour de justice, tant du point de vue de la conservation des donn\u00e9es que de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 celles-ci. En effet, le caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral des mesures viole le principe de proportionnalit\u00e9, d\u00e8s lors que toutes les donn\u00e9es de trafic et de localisation sont conserv\u00e9es, que pratiquement l\u2019ensemble du territoire tombe sous l\u2019obligation de conservation et qu\u2019un large groupe d\u2019autorit\u00e9s peut acc\u00e9der aux donn\u00e9es, ce qui va \u00e0 l\u2019encontre des objectifs poursuivis par l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE. En r\u00e9alit\u00e9, la loi du 20 juillet 2022 instaure une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es.<br \/>\n       Selon la partie requ\u00e9rante, les conditions exceptionnelles dans lesquelles la Cour de justice autorise une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es ne sont pas remplies par la loi du 20 juillet 2022. En effet, la conservation des donn\u00e9es dans le cadre de la s\u00e9curit\u00e9 nationale sur la base du niveau de menace d\u00e9termin\u00e9 par l\u2019Organe de coordination pour l\u2019analyse de la menace (ci-apr\u00e8s : l\u2019OCAM) ne pr\u00e9voit pas le moindre contr\u00f4le par une juridiction ou par une autorit\u00e9 administrative ind\u00e9pendante et \u00e9tablit des d\u00e9lais dont la dur\u00e9e n\u2019appara\u00eet pas, en l\u2019esp\u00e8ce, comme \u00e9tant n\u00e9cessaire. En outre, les dispositions relatives \u00e0 la conservation des donn\u00e9es dans le cadre de la criminalit\u00e9 grave visent des infractions qui ne rel\u00e8vent pas de ce type de criminalit\u00e9. La notion m\u00eame de criminalit\u00e9 grave est d\u00e9finie de mani\u00e8re trop large en ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite, par rapport \u00e0 la d\u00e9finition de criminalit\u00e9 grave pour la conservation des donn\u00e9es. En effet, alors que, pour la conservation des donn\u00e9es, l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2<br \/>\n       \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle est vis\u00e9, l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es renvoie quant \u00e0 lui l\u2019article 88bis, \u00a7 1er, du<br \/>\n       12<br \/>\n       Code d\u2019instruction criminelle ainsi qu\u2019aux infractions relatives aux abus de march\u00e9, qui pr\u00e9sentent un seuil de peine beaucoup plus faible que l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle.<br \/>\n       A.11.3. La partie requ\u00e9rante ajoute, en ce qui concerne la proportionnalit\u00e9 de la conservation des donn\u00e9es, que contrairement \u00e0 ce que soutient le Conseil des ministres, la conservation d\u2019un grand nombre de donn\u00e9es est pr\u00e9vue non seulement par l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022, mais \u00e9galement par les articles 5 et 12 de cette loi.<br \/>\n       Il ressort de ces dispositions qu\u2019il est possible de conserver des donn\u00e9es d\u2019identification sans que cela s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire ou strictement limit\u00e9. En outre, l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 n\u2019est pas compatible avec la jurisprudence de la Cour de justice en ce qu\u2019il porte sur d\u2019autres donn\u00e9es que l\u2019adresse IP et les donn\u00e9es civiles de l\u2019utilisateur, comme la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat l\u2019a mis en \u00e9vidence. De surcro\u00eet, les donn\u00e9es concern\u00e9es ne pr\u00e9sentent pas de lien avec les finalit\u00e9s de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de pr\u00e9vention des menaces graves pour la s\u00e9curit\u00e9 publique. La partie requ\u00e9rante souligne par ailleurs que le nombre important de donn\u00e9es vis\u00e9es ne saurait \u00eatre justifi\u00e9 par une n\u00e9cessit\u00e9 technique. Elle attire en outre l\u2019attention sur le fait que la conservation des donn\u00e9es, d\u2019une part, et l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9s, d\u2019autre part, constituent des ing\u00e9rences diff\u00e9rentes, de sorte qu\u2019une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de donn\u00e9es ne peut \u00eatre justifi\u00e9e \u00e0 l\u2019aide des garanties relatives \u00e0 l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces donn\u00e9es. Enfin, l\u2019ing\u00e9rence dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e doit \u00eatre examin\u00e9e \u00e0 l\u2019aune de l\u2019identification concr\u00e8te des personnes concern\u00e9es et non du point de vue g\u00e9n\u00e9ral et abstrait des technologies disponibles.<br \/>\n       A.12.1. Un deuxi\u00e8me moyen est pris de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, de la violation des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680. La partie requ\u00e9rante soutient que les articles 5, 6, 8, 9, 10 et 12 de la loi du 20 juillet 2022, qui portent sur les donn\u00e9es que les op\u00e9rateurs sont tenus de conserver, violent les principes de proportionnalit\u00e9 et de n\u00e9cessit\u00e9 en ce qui concerne le nombre et les cat\u00e9gories de donn\u00e9es vis\u00e9es. La partie requ\u00e9rante pr\u00e9cise que les dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la loi du 20 juillet 2022 permettent de tirer des conclusions tr\u00e8s pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e des personnes vis\u00e9es, notamment sur les habitudes de la vie quotidienne, le lieu de r\u00e9sidence ou encore les relations sociales, ce qui permet d\u2019\u00e9tablir le profil de ces personnes.<br \/>\n       La loi du 20 juillet 2022 entra\u00eene la conservation d\u2019un grand nombre de donn\u00e9es de cat\u00e9gories diverses, ce qui entra\u00eene en soi la violation de l\u2019article 22 de la Constitution et des articles 7 et 8 de la Charte, d\u00e8s lors que la vie priv\u00e9e des citoyens n\u2019est plus prot\u00e9g\u00e9e.<br \/>\n       Par ailleurs, les articles 5, 6, 8, 9, 10 et 12 de la loi du 20 juillet 2022 visent un ensemble de donn\u00e9es trop large au regard de la jurisprudence de la Cour de justice et pr\u00e9voient des d\u00e9lais de conservation trop longs. De surcro\u00eet, aucune profession n\u2019est exempt\u00e9e de la conservation des donn\u00e9es, pas m\u00eame les m\u00e9decins, les avocats ou les journalistes. En outre, l\u2019obligation de conservation qui incombe aux op\u00e9rateurs porte sur la quasi-totalit\u00e9 des donn\u00e9es et permet d\u2019identifier avec pr\u00e9cision les communications concern\u00e9es. La conservation de ces donn\u00e9es concerne presque toute la population, sans que celle-ci se trouve n\u00e9cessairement dans une situation donnant lieu \u00e0 des poursuites p\u00e9nales. Autrement dit, la loi du 20 juillet 2022 impose la conservation, sans motif, g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e d\u2019un point de vue personnel, temporel et g\u00e9ographique, de l\u2019essentiel des donn\u00e9es de trafic et de localisation.<br \/>\n       \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 n\u2019impose pas de mentionner le fondement de la conservation, contrairement aux articles 5 et 6 de cette loi. La partie requ\u00e9rante ajoute que les donn\u00e9es vis\u00e9es peuvent \u00eatre demand\u00e9es par les autorit\u00e9s sans que cet acc\u00e8s ait n\u00e9cessairement un lien avec l\u2019objectif mentionn\u00e9.<br \/>\n       En ce qui concerne la conservation des donn\u00e9es dans les zones g\u00e9ographiques, l\u2019article 9 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       mentionne comme objectifs la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, la pr\u00e9vention de menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique ainsi que la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique.<br \/>\n       Cependant, ce m\u00eame article 9 pr\u00e9cise aussi que les zones g\u00e9ographiques ne peuvent \u00eatre incluses que dans le but de sauvegarder la s\u00e9curit\u00e9 nationale ou en cas de risque \u00e9lev\u00e9 de criminalit\u00e9 grave, ce qui est contradictoire.<br \/>\n       L\u2019article 11, quant \u00e0 lui, pr\u00e9voit une obligation de conservation susceptible de couvrir l\u2019ensemble du territoire.<br \/>\n       A.12.2. La partie requ\u00e9rante rappelle que l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es a soulign\u00e9 que la loi du 20 juillet 2022 revient dans les faits \u00e0 une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9. En outre, cette Autorit\u00e9 s\u2019est interrog\u00e9e sur la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019obligation de conservation pr\u00e9ventive et syst\u00e9matique des donn\u00e9es pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 5 de cette loi. Selon la partie requ\u00e9rante, les remarques de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es sont aussi pertinentes en ce qui concerne l\u2019obligation de<br \/>\n       13<br \/>\n       conserver syst\u00e9matiquement les donn\u00e9es de trafic de tous les utilisateurs des moyens de communications \u00e9lectroniques et la possibilit\u00e9 de traiter des donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es de trafic pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement du r\u00e9seau ou du service ou pour d\u00e9tecter ou analyser les fraudes ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau. Les articles 6, 8 et 9 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9cisent qu\u2019ils s\u2019appliquent sans pr\u00e9judice du r\u00e8glement (UE) 2016\/679 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 27 avril 2016 \u00ab relatif \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et \u00e0 la libre circulation de ces donn\u00e9es, et abrogeant la directive 95\/46\/CE (r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral sur la protection des donn\u00e9es) \u00bb (ci-apr\u00e8s : le RGPD) et de la loi du 30 juillet 2018 \u00ab relative \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard des traitements de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 30 juillet 2018). Selon la partie requ\u00e9rante, cette affirmation ne suffit pas \u00e0 garantir le respect du RGPD.<br \/>\n       A.12.3. Si l\u2019obligation de conservation exclut formellement le contenu de la communication, la partie requ\u00e9rante observe que la Cour de justice a jug\u00e9 que la conservation de cat\u00e9gories de donn\u00e9es tr\u00e8s pr\u00e9cises permettant d\u2019\u00e9tablir le profil des personnes vis\u00e9es, comme c\u2019est le cas de celles qui sont vis\u00e9es par la loi du 20 juillet 2022, n\u2019\u00e9tait pas admissible. En ce qui concerne, en particulier, la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs ainsi que des adresses IP, la partie requ\u00e9rante affirme qu\u2019une telle conservation est autoris\u00e9e en vue de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, et uniquement aux fins de lutter contre la criminalit\u00e9 grave et de pr\u00e9venir les menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, pourvu que cette possibilit\u00e9 soit soumise au strict respect de conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales, que la dur\u00e9e de conservation n\u2019exc\u00e8de pas celle qui est strictement n\u00e9cessaire au regard de l\u2019objectif poursuivi et que la mesure pr\u00e9voie des conditions et des garanties strictes quant \u00e0 l\u2019utilisation des donn\u00e9es.<br \/>\n       Dans ce cadre, la partie requ\u00e9rante observe que l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale l\u2019obligation de conserver le num\u00e9ro de registre national, les donn\u00e9es de l\u2019identifiant ainsi que l\u2019adresse IP<br \/>\n       ayant servi lors de la souscription ou de l\u2019activation des services de communications \u00e9lectroniques. Il ne pr\u00e9cise pas le cadre dans lequel ces donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es, contrairement \u00e0 ce qui est pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 5 de cette loi. Ces donn\u00e9es sont conserv\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 douze mois apr\u00e8s la fin du service. L\u2019article 9 de la loi du 20 juillet 2022, lui, dispose que, pour les zones g\u00e9ographiques, les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 10, notamment les donn\u00e9es d\u2019identification et l\u2019adresse IP, font l\u2019objet d\u2019une conservation. Ce n\u2019est que dans l\u2019article 9 qu\u2019il est pr\u00e9cis\u00e9 que les finalit\u00e9s sont la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, la pr\u00e9vention de menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique et la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique. Enfin, l\u2019article 12<br \/>\n       impose la conservation d\u2019un large \u00e9ventail de donn\u00e9es d\u2019identification. La partie requ\u00e9rante all\u00e8gue que ce syst\u00e8me n\u2019est pas conforme aux exigences de la Cour de justice, d\u00e8s lors que la finalit\u00e9 de la conservation d\u00e9passe largement les seules fins de s\u00e9curit\u00e9 nationale, de criminalit\u00e9 grave et de pr\u00e9vention de menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique. En effet, les dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la loi du 20 juillet 2022 n\u2019offrent aucun fondement \u00e0 la conservation ni ne pr\u00e9voient un fondement qui consiste en la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau ou en la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique. Seul l\u2019article 9 de la loi d\u00e9finit un certain cadre. Par ailleurs, aucune disposition ne pr\u00e9voit des conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales r\u00e9gissant l\u2019utilisation des donn\u00e9es vis\u00e9es.<br \/>\n       A.12.4. La partie requ\u00e9rante formule des observations compl\u00e9mentaires au sujet de la finalit\u00e9 de lutte contre la fraude et l\u2019utilisation malveillante de r\u00e9seaux, d\u2019une part, et concernant la finalit\u00e9 de pr\u00e9servation de la s\u00e9curit\u00e9 et de bon fonctionnement du r\u00e9seau, d\u2019autre part. Elle soutient que l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 \u00e9tablit clairement une distinction entre ces finalit\u00e9s et que cette disposition instaure une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des donn\u00e9es de trafic des utilisateurs. Par ailleurs, aucun contr\u00f4le de n\u00e9cessit\u00e9 n\u2019est pr\u00e9vu en ce qui concerne la conservation des donn\u00e9es.<br \/>\n       En ce qui concerne, plus pr\u00e9cis\u00e9ment, la responsabilit\u00e9 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e aux op\u00e9rateurs pour qu\u2019ils conservent les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement des r\u00e9seaux et des services, la partie requ\u00e9rante soutient que cette finalit\u00e9 n\u2019est pas mentionn\u00e9e \u00e0 l\u2019article 23 du RGPD, de sorte que la mesure n\u2019est pas admissible. Dans ce cadre, l\u2019article 6, paragraphe 1, f), du RGPD ne peut pas \u00eatre invoqu\u00e9. Enfin, \u00e0 supposer que cette mesure trouve une justification dans l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 aboutirait \u00e0 une conservation g\u00e9n\u00e9rale de donn\u00e9es qui est incompatible avec l\u2019article 6, paragraphes 1 et 2, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       A.13.1. La partie requ\u00e9rante prend un troisi\u00e8me moyen de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, de la violation des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention<br \/>\n       14<br \/>\n       europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680. Elle soutient que les articles 10 et 11 de la loi du 20 juillet 2022 imposent aux op\u00e9rateurs de conserver certaines donn\u00e9es dans cinq zones bien d\u00e9termin\u00e9es, ce qui aboutit dans les faits \u00e0 une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e indiff\u00e9renci\u00e9e de la majeure partie des donn\u00e9es de trafic et de localisation, pour une p\u00e9riode qui n\u2019est pas syst\u00e9matiquement d\u00e9termin\u00e9e par la loi mais qui doit notamment \u00eatre pr\u00e9cis\u00e9e par arr\u00eat\u00e9 royal. L\u2019article 10 de la loi du 20 juillet 2022, en particulier, aboutit \u00e0 la conservation des donn\u00e9es de localisation appartenant \u00e0 des personnes qui ne se trouvent pas dans la zone g\u00e9ographique pour laquelle les donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es.<br \/>\n       A.13.2. La partie requ\u00e9rante pr\u00e9cise que l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit que les donn\u00e9es vis\u00e9es sont conserv\u00e9es soit pour une p\u00e9riode de six \u00e0 douze mois, soit pour une p\u00e9riode non d\u00e9termin\u00e9e par la loi, soit pour une p\u00e9riode \u00e0 d\u00e9terminer par arr\u00eat\u00e9 royal. Selon elle, l\u2019article 11 ne remplit d\u00e8s lors pas la condition de p\u00e9riode limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire impos\u00e9e par la Cour de justice. Tout d\u2019abord, les d\u00e9lais de conservation de six \u00e0 douze mois sont d\u2019une dur\u00e9e telle qu\u2019ils permettent de fournir des informations pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e de l\u2019utilisateur du moyen de communications \u00e9lectroniques. Ensuite, en ce qui concerne les zones d\u00e9termin\u00e9es par l\u2019OCAM, l\u2019obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e s\u2019applique \u00e0 l\u2019ensemble du territoire d\u00e8s que cet organe \u00e9value le niveau de la menace au niveau 3 pour l\u2019ensemble du territoire. Dans cette hypoth\u00e8se, l\u2019obligation de conservation doit \u00eatre confirm\u00e9e par arr\u00eat\u00e9 royal, \u00e9tant entendu qu\u2019en l\u2019absence de confirmation, il est mis fin \u00e0 la conservation des donn\u00e9es. Le d\u00e9lai de conservation n\u2019est donc pas tr\u00e8s clair. Enfin, aucun d\u00e9lai n\u2019est pr\u00e9vu pour les zones vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7\u00a7 3 \u00e0 5, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       En ce qui concerne ces derni\u00e8res, le l\u00e9gislateur a uniquement pr\u00e9vu que le d\u00e9lai de conservation est fix\u00e9 par arr\u00eat\u00e9 royal, sans fixer de d\u00e9lai minimum ou maximum. Partant, l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 ne r\u00e9pond pas \u00e0 la condition d\u00e9gag\u00e9e par la Cour de justice selon laquelle la conservation des donn\u00e9es est subordonn\u00e9e au respect de conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales \u00e9nonc\u00e9es par des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises.<br \/>\n       A.13.3. En ce qui concerne les zones g\u00e9ographiques organis\u00e9es autour du taux de criminalit\u00e9 pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022, la partie requ\u00e9rante soutient que la n\u00e9cessit\u00e9 de la mesure n\u2019est pas d\u00e9montr\u00e9e. En effet, les travaux pr\u00e9paratoires de cette loi attestent du fait qu\u2019il n\u2019existe aucune donn\u00e9e pr\u00e9cise quant aux r\u00e9percussions de la conservation des donn\u00e9es sur la lutte contre la criminalit\u00e9 grave. En outre, la mesure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 n\u2019est pas li\u00e9e \u00e0 des lieux strat\u00e9giques ou \u00e0 des lieux fr\u00e9quent\u00e9s par un nombre \u00e9lev\u00e9 de personnes, mais uniquement aux chiffres de la criminalit\u00e9. Une situation permanente est cr\u00e9\u00e9e, d\u00e8s lors que la liste des zones est \u00e9tablie annuellement. Par ailleurs, le taux de criminalit\u00e9 li\u00e9 aux infractions de la zone est faible, de sorte que le crit\u00e8re retenu est trop large. La mesure en elle-m\u00eame affecte la grande majorit\u00e9 des citoyens qui ne sont pas concern\u00e9s par des infractions p\u00e9nales. Selon la partie requ\u00e9rante, le faible taux de criminalit\u00e9 retenu \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 ne permet pas de d\u00e9duire un risque d\u2019infractions \u00e9lev\u00e9, m\u00eame compte tenu de la nature des infractions vis\u00e9es. Partant, la mesure n\u2019est pas proportionn\u00e9e et elle s\u2019av\u00e8re incompatible avec les droits fondamentaux des citoyens, comme cela ressort d\u2019ailleurs des travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022, qui attestent en outre du fait que le l\u00e9gislateur est dans l\u2019impossibilit\u00e9 de pr\u00e9ciser les pourcentages du territoire et de la population qui sont effectivement vis\u00e9s.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante rel\u00e8ve que le crit\u00e8re retenu par le l\u00e9gislateur est celui des infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle. En raison du grand nombre d\u2019infractions vis\u00e9s dans cette disposition, le crit\u00e8re pr\u00e9cit\u00e9 appara\u00eet comme \u00e9tant trop large pour d\u00e9terminer les infractions \u00e0 retenir dans le cadre de la conservation des donn\u00e9es. Selon la partie requ\u00e9rante, la comp\u00e9tence du juge d\u2019instruction dans le cadre de l\u2019article 90ter du Code d\u2019instruction criminelle ne permet pas de justifier la mesure de conservation des donn\u00e9es qui est attaqu\u00e9e, laquelle appara\u00eet comme une mesure de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e incompatible avec le caract\u00e8re exceptionnel et subsidiaire d\u2019une m\u00e9thode d\u2019ing\u00e9rence dans les droits fondamentaux garantis par les articles 7 et 8 de la Charte ainsi que par l\u2019article 22 de la Constitution dans le cadre de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave. La partie requ\u00e9rante pr\u00e9cise que l\u2019ensemble des infractions vis\u00e9es par l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle ne rel\u00e8vent pas toutes de la notion de criminalit\u00e9 grave, d\u00e8s lors que certaines de ces infractions sont punies d\u2019un emprisonnement de trois mois \u00e0 deux ans. Par ailleurs, la liste figurant \u00e0 l\u2019article 90ter du Code d\u2019instruction criminelle a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour d\u00e9limiter la comp\u00e9tence sp\u00e9cifique du juge d\u2019instruction et non pour d\u00e9finir la criminalit\u00e9 grave dans le cadre de la protection des donn\u00e9es, ce qui n\u2019est pas compatible avec la jurisprudence de la Cour de justice. En outre, la notion de criminalit\u00e9 grave en soi n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9e en droit p\u00e9nal.<br \/>\n       Le crit\u00e8re retenu ne fait par ailleurs aucune distinction entre les poursuites, la condamnation, l\u2019absence de poursuite et le classement sans suite. Du reste, il y a lieu de relever que la notion d\u2019infraction grave ne peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e de mani\u00e8re excessivement large par les \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       15<br \/>\n       A.13.4. La partie requ\u00e9rante conteste l\u2019affirmation selon laquelle les constatations pr\u00e9vues du nombre d\u2019infractions peuvent se faire de mani\u00e8re scientifique et objective sur la base des donn\u00e9es statistiques vis\u00e9es par la loi du 20 juillet 2022, d\u00e8s lors que la banque de donn\u00e9e d\u00e9sign\u00e9e par le l\u00e9gislateur n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 cette fin.<br \/>\n       Cette banque de donn\u00e9es contient un grand nombre d\u2019informations qui sont simplement en lien avec des infractions, notamment les donn\u00e9es des victimes, les signalements d\u2019infractions justifi\u00e9s ou non, ainsi que des faits ayant men\u00e9 \u00e0 une d\u00e9claration de culpabilit\u00e9. Autrement dit, le l\u00e9gislateur ne vise pas uniquement les faits port\u00e9s devant le juge et ayant abouti \u00e0 une condamnation, alors que c\u2019est pourtant le nombre d\u2019infractions effectivement commises qui d\u00e9termine s\u2019il peut \u00eatre proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la conservation des donn\u00e9es dans un arrondissement d\u00e9termin\u00e9.<br \/>\n       Du reste, l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es a mis en doute, dans le cadre de son avis sur la loi du 20 juillet 2022, la pertinence du recours \u00e0 cette banque de donn\u00e9es.<br \/>\n       Contrairement \u00e0 ce que soutient le Conseil des ministres, la partie requ\u00e9rante affirme qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de mettre en \u00e9vidence une solution de remplacement en ce qui concerne la banque de donn\u00e9es retenue par le l\u00e9gislateur pour d\u00e9montrer l\u2019absence de pertinence de cette derni\u00e8re. En toute hypoth\u00e8se, il serait souhaitable que la loi du 20 juillet 2022 vise une banque de donn\u00e9es sp\u00e9cifique, compte tenu de l\u2019incidence consid\u00e9rable qu\u2019elle exerce sur le droit au respect de la vie priv\u00e9e, et que cette banque de donn\u00e9es repose sur des affaires dont le parquet ou les tribunaux ont \u00e9t\u00e9 effectivement saisis \u00e0 des fins de poursuites.<br \/>\n       A.13.5. En ce qui concerne la conservation des donn\u00e9es dans le cadre d\u2019une menace de niveau 3, \u00e9galement pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022, la partie requ\u00e9rante soutient que les exigences d\u00e9gag\u00e9es par la Cour de justice sont viol\u00e9es. En effet, aucun contr\u00f4le juridictionnel et effectif pour v\u00e9rifier l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un tel niveau n\u2019est pr\u00e9vu. Par ailleurs, si le niveau 4 de la menace correspond \u00e0 une menace s\u00e9rieuse et imminente, il y a lieu de constater que le niveau 3 n\u2019atteint pas ce seuil de gravit\u00e9, de sorte que ce dernier niveau ne r\u00e9pond pas \u00e0 la notion de \u00ab menace pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale qui s\u2019av\u00e8re r\u00e9elle et actuelle ou pr\u00e9visible \u00bb consacr\u00e9e par la jurisprudence de la Cour de justice. En outre, l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 ne r\u00e9pond pas \u00e0 la condition selon laquelle la mesure de conservation des donn\u00e9es ne peut \u00eatre impos\u00e9e que pour une p\u00e9riode limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire. Du reste, l\u2019article 11 ne pr\u00e9cise pas la mani\u00e8re dont il est mis fin \u00e0 cette mesure, except\u00e9 en ce qui concerne la fin automatique d\u2019une mesure couvrant l\u2019ensemble du territoire en l\u2019absence d\u2019arr\u00eat\u00e9 royal de confirmation.<br \/>\n       A.13.6. L\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 vise par ailleurs trois zones, ins\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7 3 \u00e0 5, de la loi du 13 juin 2005, qu\u2019il distingue sur la base de la nature de la menace \u00e0 laquelle elles sont susceptibles d\u2019\u00eatre expos\u00e9es. Selon la partie requ\u00e9rante, le nombre de lieux et d\u2019infrastructures pour lesquels des donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es dans le cadre de ces zones est \u00e9lev\u00e9 au point qu\u2019est vis\u00e9e la quasi-totalit\u00e9 du territoire belge, ce qui aboutit \u00e0 une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es de l\u2019ensemble de la population.<br \/>\n       En outre, le p\u00e9rim\u00e8tre des zones n\u2019est pas d\u00e9termin\u00e9 par la loi mais par un arr\u00eat\u00e9 royal, le l\u00e9gislateur n\u2019ayant pas pr\u00e9vu de p\u00e9rim\u00e8tre maximum ni minimum. Du reste, l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es a mis en \u00e9vidence que l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 vise des lieux qui ne sont pas uniquement caract\u00e9ris\u00e9s par un risque \u00e9lev\u00e9 de pr\u00e9paration ou de commission d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave, comme l\u2019exige la jurisprudence de la Cour de justice.<br \/>\n       En ce qui concerne la conservation de facto g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de donn\u00e9es, vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022, la partie requ\u00e9rante pr\u00e9cise que cette disposition pr\u00e9voit la conservation de donn\u00e9es dans les communes comportant des infrastructures critiques. Dans les faits, cette mesure vise les donn\u00e9es de toute personne qui se connecte aux serveurs internet de ces infrastructures, notamment les serveurs d\u2019un h\u00f4pital mais aussi les serveurs lou\u00e9s dans un centre de donn\u00e9es commercial ou aupr\u00e8s de fournisseurs de services dans le cloud. L\u2019incidence d\u2019une telle conservation des donn\u00e9es est \u00e9norme et \u00e9quivaut en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<br \/>\n       De m\u00eame, les personnes qui disposent d\u2019une connexion internet fixe et qui habitent dans le voisinage de certains b\u00e2timents ou de certaines zones, par exemple \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une gare, sont aussi affect\u00e9es par la conservation des donn\u00e9es. En effet, l\u2019article 10 de la loi du 20 juillet 2022 ne porte pas uniquement sur les r\u00e9seaux mobiles mais \u00e9galement sur certaines connexions internet fixes. Cette mesure n\u2019est absolument pas pertinente en mati\u00e8re de criminalit\u00e9 grave ou de s\u00e9curit\u00e9 nationale.<br \/>\n       A.13.7. L\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 dispose que l\u2019\u00e9tendue du p\u00e9rim\u00e8tre de certaines zones est d\u00e9termin\u00e9e par arr\u00eat\u00e9 royal, le l\u00e9gislateur n\u2019ayant pas d\u00e9termin\u00e9 lui-m\u00eame les p\u00e9rim\u00e8tres minimum et maximum \u00e0 respecter. Une telle mesure s\u2019av\u00e8re contraire \u00e0 l\u2019interdiction de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es, d\u00e8s lors qu\u2019elle ne remplit pas \u00e0 la condition de clart\u00e9 et de pr\u00e9cision. Par ailleurs, il appartient au l\u00e9gislateur de fixer lui-m\u00eame la liste des zones ainsi que le p\u00e9rim\u00e8tre de celles-ci. Le principe de la l\u00e9galit\u00e9 formelle contenu dans l\u2019article 22 de la Constitution est viol\u00e9.<br \/>\n       16<br \/>\n       A.13.8. La partie requ\u00e9rante observe que l\u2019article 45 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit que la conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es sur la base des crit\u00e8res pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7\u00a7 3 \u00e0 5, de la loi du 13 juin 2005 entre en vigueur \u00e0 une date fix\u00e9e par arr\u00eat\u00e9 royal, au plus tard le 1er janvier 2027. Cette date butoir confirme que la mesure de conservation des donn\u00e9es n\u2019est pas r\u00e9alisable, puisqu\u2019il faudra beaucoup de temps pour rendre le syst\u00e8me op\u00e9rationnel dans les zones vis\u00e9es. Par ailleurs, il est incoh\u00e9rent que cette mesure transitoire concerne certaines zones et non d\u2019autres, alors que les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes et les difficult\u00e9s techniques sont les m\u00eames pour les diff\u00e9rentes zones.<br \/>\n       A.13.9. En ce qui concerne l\u2019utilisation de variables, \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022, pour organiser un syst\u00e8me souple correspondant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du terrain, la partie requ\u00e9rante soutient que le l\u00e9gislateur a cr\u00e9\u00e9 des crit\u00e8res quantitatifs purement arbitraires et contestables au regard des principes de n\u00e9cessit\u00e9, de proportionnalit\u00e9 et de subsidiarit\u00e9. Les seuils retenus dans la loi du 20 juillet 2022 font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 de faibles pourcentages de criminalit\u00e9, qui ne sont pas s\u00e9rieux. Contrairement \u00e0 ce que soutient le Conseil des ministres, il appartient effectivement \u00e0 la Cour d\u2019examiner ces seuils dans le cadre de son contr\u00f4le de proportionnalit\u00e9. En ce qui concerne les variables relatives au d\u00e9lai de conservation, la partie requ\u00e9rante rel\u00e8ve que ce m\u00e9canisme est en contradiction flagrante avec, d\u2019une part, la disposition de la loi du 20 juillet 2022 qui fixe l\u2019importance des infractions sur la base des statistiques relatives au nombre d\u2019infractions commises sur une moyenne de trois ans et, d\u2019autre part, la disposition qui fixe chaque ann\u00e9e la liste des arrondissements et des zones de police. L\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 est incompatible avec la n\u00e9cessit\u00e9 de lutter contre le risque \u00e9lev\u00e9 d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave, d\u00e8s lors que, dans les faits, les zones sont fix\u00e9es a posteriori, chaque ann\u00e9e, pour une p\u00e9riode de conservation variable, puisqu\u2019elles sont issues de statistiques criminelles ant\u00e9rieures. En r\u00e9alit\u00e9, la liste \u00e9tablie annuellement ne tient tout simplement pas compte de la r\u00e9alit\u00e9 actuelle du terrain. Pour le surplus, la partie requ\u00e9rante consid\u00e8re que l\u2019applicabilit\u00e9 du m\u00e9canisme de r\u00e9vision p\u00e9riodique est contestable et que ce m\u00e9canisme ne d\u00e9montre pas que la mesure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 est n\u00e9cessaire.<br \/>\n       A.13.10. La partie requ\u00e9rante insiste sur le fait que l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 \u00e9quivaut \u00e0 une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es. Dans son avis sur l\u2019avant-projet de loi \u00e0 l\u2019origine de cette loi, la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat s\u2019est d\u2019ailleurs interrog\u00e9e sur le choix des zones g\u00e9ographiques et sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir les diff\u00e9rents types de zones. La mesure s\u2019av\u00e8re donc disproportionn\u00e9e et incompatible avec la jurisprudence de la Cour de justice. La partie requ\u00e9rante soutient par ailleurs que l\u2019argument du Conseil des ministres, selon lequel les caract\u00e9ristiques propres \u00e0 l\u2019\u00c9tat belge le distingueraient d\u2019autres \u00c9tats et justifieraient la n\u00e9cessit\u00e9 et la proportionnalit\u00e9 de la mesure, n\u2019est pas d\u00e9fendable. Dans les faits, cet argument justifierait que chaque \u00c9tat membre dont la superficie est r\u00e9duite puisse se soustraire au champ d\u2019application de l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE. Partant, il ne peut \u00eatre soutenu que des facteurs objectifs justifient une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de donn\u00e9es sur l\u2019ensemble du territoire.<br \/>\n       A.14.1. Un quatri\u00e8me moyen est pris de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680. La partie requ\u00e9rante soutient que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022, qui vise les autorit\u00e9s pouvant acc\u00e9der aux donn\u00e9es conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs en vertu des articles 5 et 6 de cette loi, n\u2019est pas compatible avec la jurisprudence de la Cour de justice. Selon celle-ci, l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es doit \u00eatre justifi\u00e9 afin de pr\u00e9server la s\u00e9curit\u00e9 nationale ou de lutter contre la criminalit\u00e9 grave, \u00e9tant entendu que, lorsque des donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es sur le fondement de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, le fondement de la criminalit\u00e9 grave ne peut \u00eatre invoqu\u00e9. Or, l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 a une port\u00e9e trop large, d\u00e8s lors que les autorit\u00e9s vis\u00e9es ne sont pas comp\u00e9tentes pour pr\u00e9server la s\u00e9curit\u00e9 nationale ni pour lutter contre la criminalit\u00e9 grave. Partant, la mesure n\u2019est pas conforme \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       L\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 autorise dix autorit\u00e9s distinctes \u00e0 acc\u00e9der aux donn\u00e9es vis\u00e9es. Ces autorit\u00e9s sont, pour la plupart, nouvelles par rapport aux r\u00e9gimes ant\u00e9rieurs qui avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 censur\u00e9s par la Cour. La circonstance que l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es est dans une certaine mesure limit\u00e9 n\u2019est pas de nature \u00e0 d\u00e9montrer le caract\u00e8re justifi\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence dans les droits fondamentaux, d\u00e8s lors que les donn\u00e9es vis\u00e9es sont tr\u00e8s \u00e9tendues.<br \/>\n       En outre, la notion de \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb vis\u00e9e audit article 13 n\u2019est pas la m\u00eame que celle qui est vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle, dont il est question \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022. Ce m\u00eame article 13 a une port\u00e9e beaucoup plus large dans cette perspective, ce qui entra\u00eene une contradiction sur la notion de \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb dans le cadre de la conservation de donn\u00e9es, d\u2019une part, et dans le cadre de<br \/>\n       17<br \/>\n       l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, d\u2019autre part. Pour cette raison, l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE est viol\u00e9.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante soutient par ailleurs que les autorit\u00e9s administratives vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 ne peuvent pas acc\u00e9der aux donn\u00e9es dans le cadre de la criminalit\u00e9 grave et que les diff\u00e9rentes finalit\u00e9s mentionn\u00e9es dans cette disposition ne constituent pas des fondements de traitement de donn\u00e9es admissibles au regard de la jurisprudence de la Cour de justice, de la directive 2002\/58\/CE et du RGPD.<br \/>\n       A.14.2. La partie requ\u00e9rante soutient qu\u2019en ce qu\u2019il vise les \u00ab autorit\u00e9s administratives ou judiciaires comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019une infraction commise en ligne ou par le biais d\u2019un r\u00e9seau ou service de communications \u00e9lectroniques \u00bb, l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 pose probl\u00e8me d\u00e8s lors qu\u2019il ne se limite pas aux infractions relevant de la criminalit\u00e9 grave mais qu\u2019il s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019ensemble des infractions p\u00e9nales. En outre, l\u2019article 13 mentionne que les autorit\u00e9s vis\u00e9es dans cette disposition ne peuvent acc\u00e9der aux donn\u00e9es qu\u2019en vertu d\u2019une norme l\u00e9gislative formelle, sans identifier celle-ci. Par ailleurs, le l\u00e9gislateur a pr\u00e9vu que la liste des autorit\u00e9s habilit\u00e9es \u00e0 obtenir les donn\u00e9es conserv\u00e9es de la part d\u2019un op\u00e9rateur est fix\u00e9e par une circulaire minist\u00e9rielle. La partie requ\u00e9rante observe \u00e0 cet \u00e9gard que le ministre comp\u00e9tent \u00e0 cette fin n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9 et ce n\u2019est en toute hypoth\u00e8se pas une circulaire qui doit modifier le contenu de la loi. Cette mesure s\u2019av\u00e8re \u00e9galement contraire au fait que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 dispose aussi que seules les autorit\u00e9s vis\u00e9es par la loi peuvent obtenir un acc\u00e8s aux donn\u00e9es aupr\u00e8s des op\u00e9rateurs.<br \/>\n       A.14.3. La partie requ\u00e9rante prend un cinqui\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec l\u2019article 15, paragraphe 1, et les articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680. La partie requ\u00e9rante observe que la loi du 20 juillet 2022 vise notamment la conservation de donn\u00e9es de communication de personnes soumises au secret professionnel, \u00e0 savoir les m\u00e9decins, les avocats et les journalistes, et ce, de la m\u00eame mani\u00e8re que pour la conservation des donn\u00e9es de communication des autres personnes, qui ne sont pas soumises au secret professionnel. Or, le l\u00e9gislateur n\u2019a pr\u00e9vu aucun m\u00e9canisme de contr\u00f4le pertinent pour permettre aux personnes soumises au secret professionnel de s\u2019opposer \u00e0 la collecte, \u00e0 la conservation ou \u00e0 la prise de connaissance de leurs donn\u00e9es, alors qu\u2019elles se trouvent dans une situation objectivement diff\u00e9rente de la situation des autres personnes.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante observe en outre que l\u2019article 88bis du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022, autorise le juge d\u2019instruction \u00e0 viser un avocat ou un m\u00e9decin qui est lui-m\u00eame soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019une infraction. Il est certes pr\u00e9vu que le b\u00e2tonnier ou le repr\u00e9sentant provincial de l\u2019Ordre des m\u00e9decins est averti lors de la mise en \u0153uvre de la mesure et que les \u00e9l\u00e9ments relevant du secret professionnel ne sont pas consign\u00e9s dans le proc\u00e8s-verbal. Cependant, ces garanties sont insuffisantes pour garantir la constitutionnalit\u00e9 du proc\u00e9d\u00e9. Par ailleurs, aucune garantie n\u2019est pr\u00e9vue en ce qui concerne les autorit\u00e9s autres que le juge d\u2019instruction, alors que celles-ci peuvent aussi demander acc\u00e8s aux donn\u00e9es d\u2019avocats, de m\u00e9decins ou de journalistes.<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7931<br \/>\n       A.15. La partie requ\u00e9rante prend un moyen unique de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte , avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680.<br \/>\n       A.16.1. Tout d\u2019abord, en ce qui concerne la collecte syst\u00e9matique et indiff\u00e9renci\u00e9e de certaines donn\u00e9es, la partie requ\u00e9rante observe que la loi du 20 juillet 2022 impose aux op\u00e9rateurs la conservation de certaines donn\u00e9es d\u2019identification, qui s\u2019ajoutent \u00e0 celles qui doivent d\u00e9j\u00e0 \u00eatre collect\u00e9es pour identifier les abonn\u00e9es, comme le num\u00e9ro de registre national. Les donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es pendant toute la dur\u00e9e d\u2019activation du service et jusqu\u2019\u00e0 douze mois apr\u00e8s la date de la derni\u00e8re communication \u00e0 l\u2019aide du service, sans toutefois que le l\u00e9gislateur indique en quoi cette dur\u00e9e de conservation s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire par rapport \u00e0 l\u2019objectif poursuivi. Par ailleurs, si la Cour de justice admet en principe que les donn\u00e9es collect\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs soient conserv\u00e9es sans d\u00e9lai particulier, il y a lieu de constater qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, la loi du 20 juillet 2022 porte sur d\u2019autres donn\u00e9es, notamment l\u2019identifiant cr\u00e9\u00e9 pour chaque communication, la date du d\u00e9but de l\u2019abonnement ou encore les donn\u00e9es relatives au paiement. En toute hypoth\u00e8se, ces informations permettent de localiser des personnes. Or,<br \/>\n       18<br \/>\n       le l\u00e9gislateur n\u2019indique pas en quoi la collecte de ces donn\u00e9es est n\u00e9cessaire au regard \u00e0 l\u2019objectif poursuivi, de sorte que l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 est disproportionn\u00e9 et qu\u2019il viole les dispositions cit\u00e9es dans le moyen.<br \/>\n       En cas de doute au sujet de l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022, il y a lieu, selon la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931, de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice, afin de d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11 et 52, paragraphe 1, de la Charte, s\u2019oppose \u00e0 une mesure l\u00e9gislative imposant, sans d\u00e9lai particulier, la conservation de plusieurs donn\u00e9s d\u2019identification de l\u2019ensemble des utilisateurs de moyens de communications \u00e9lectronique afin de lutter contre les infractions p\u00e9nales et de sauvegarder la s\u00e9curit\u00e9 publique, ou si cette disposition doit \u00eatre limit\u00e9e \u00e0 la collecte de donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile de l\u2019utilisateur.<br \/>\n       A.16.2. La partie requ\u00e9rante rel\u00e8ve que la Cour de justice admet la collecte syst\u00e9matique et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP dans le cadre de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique. N\u00e9anmoins, la loi du 20 juillet 2022 autorise l\u2019acc\u00e8s aux adresses IP dans des hypoth\u00e8ses plus larges. Par ailleurs, l\u2019article 13 de cette loi admet que des autorit\u00e9s qui ne sont pas charg\u00e9es de lutter contre la criminalit\u00e9 grave acc\u00e8dent aux adresses IP, ce qui n\u2019est pas admissible. En outre, la Cour de justice impose que la dur\u00e9e de conservation soit limit\u00e9e \u00e0 ce qui est strictement n\u00e9cessaire au regard de l\u2019objectif poursuivi, ce que le l\u00e9gislateur n\u2019explique pas, et que des conditions et des garanties strictes en ce qui concerne l\u2019exploitation des donn\u00e9es soient \u00e9tablies, ce ne pr\u00e9voit pas la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       A.16.3. La partie requ\u00e9rante rel\u00e8ve par ailleurs que l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 oblige les op\u00e9rateurs \u00e0 conserver, et \u00e0 traiter le cas \u00e9ch\u00e9ant, les donn\u00e9es de localisation et les autres donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires pour d\u00e9tecter et analyser une fraude pr\u00e9sum\u00e9e ou une utilisation malveillante pr\u00e9sum\u00e9e du r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques. Les notions de \u00ab fraude \u00bb et d\u2019\u00ab utilisation malveillante du r\u00e9seau \u00bb sont d\u00e9finies par la loi et par les travaux pr\u00e9paratoires de celle-ci en donnent plusieurs exemples concrets. De la sorte, le l\u00e9gislateur instaure en r\u00e9alit\u00e9 une obligation de collecte ainsi qu\u2019une conservation syst\u00e9matique et indiff\u00e9renci\u00e9e de certaines donn\u00e9es \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Or, la Cour de justice pr\u00e9cise que seule la lutte contre la criminalit\u00e9 grave est susceptible de justifier des ing\u00e9rences dans les droits fondamentaux garantis par les articles 7 et 8 de la Charte, ce qui n\u2019est pas le cas pour la fraude pr\u00e9sum\u00e9e ni pour l\u2019utilisation malveillante de r\u00e9seau. Dans ce cadre, la circonstance que la collecte est limit\u00e9e \u00e0 certaines cat\u00e9gories de donn\u00e9es n\u2019est pas pertinente. Selon le l\u00e9gislateur, il n\u2019est pas possible de pr\u00e9voir un syst\u00e8me moins intrusif. N\u00e9anmoins, l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es a soulign\u00e9 que des mesures moins attentatoires \u00e9taient possibles, par exemple en pr\u00e9voyant une obligation de conservation des donn\u00e9es lorsqu\u2019il existe des indices de fraude ou d\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau. Par ailleurs, la dur\u00e9e de conservation des donn\u00e9es appara\u00eet manifestement disproportionn\u00e9e. En toute hypoth\u00e8se, le Conseil des ministres tente de d\u00e9montrer le caract\u00e8re n\u00e9cessaire de la mesure alors que c\u2019est la proportionnalit\u00e9 de celle-ci qui est mise en cause.<br \/>\n       Du reste, selon la partie requ\u00e9rante, en cas de doute en ce qui concerne l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022, il conviendrait de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice pour d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, s\u2019oppose \u00e0 une obligation g\u00e9n\u00e9rale, pour les op\u00e9rateurs et les fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques, applicable \u00e0 d\u2019autres faits que les actes de criminalit\u00e9 grave, en vue de d\u00e9tecter et d\u2019analyser une fraude pr\u00e9sum\u00e9e ou une utilisation malveillante pr\u00e9sum\u00e9e d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques, de conserver les donn\u00e9es de trafic et de localisation au sens de cette directive, g\u00e9n\u00e9r\u00e9es ou trait\u00e9es dans le cadre de la fourniture de ces services.<br \/>\n       A.16.4. L\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 laisse la possibilit\u00e9 aux op\u00e9rateurs de conserver et de traiter les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement des r\u00e9seaux et services de communications \u00e9lectroniques, en particulier pour d\u00e9tecter et analyser une atteinte potentielle ou r\u00e9elle \u00e0 cette s\u00e9curit\u00e9, y compris pour identifier l\u2019origine de cette atteinte. La partie requ\u00e9rante constate que les op\u00e9rateurs sont par ailleurs d\u00e9j\u00e0 tenus par une obligation de prendre les mesures d\u2019ordre technique et organisationnel n\u00e9cessaires pour g\u00e9rer les risques en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9seaux et des services de mani\u00e8re appropri\u00e9e, le cas \u00e9ch\u00e9ant conjointement pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau. Ils peuvent aussi identifier les personnes concern\u00e9es par une transmission d\u2019informations et prendre connaissance de donn\u00e9es en mati\u00e8re de communications \u00e9lectroniques si le bon fonctionnement du r\u00e9seau et la bonne ex\u00e9cution d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques l\u2019exigent.<br \/>\n       Partant, la partie requ\u00e9rante n\u2019aper\u00e7oit pas en quoi l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire en sus des obligations d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9vues. Par ailleurs, cette disposition autorise le responsable de traitement \u00e0 ne plus effectuer<br \/>\n       19<br \/>\n       une mise en balance des int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019existe pas, pour atteindre l\u2019objectif vis\u00e9, d\u2019autres moyens qui soient moins intrusifs pour la personne concern\u00e9e. La mesure est donc disproportionn\u00e9e.<br \/>\n       A.17.1. En ce qui concerne la conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es pr\u00e9vue par la loi du 20 juillet 2022, la partie requ\u00e9rante indique que le l\u00e9gislateur a pr\u00e9vu un crit\u00e8re statistique et a vis\u00e9 certaines zones sujettes \u00e0 un taux important de criminalit\u00e9 grave. Les donn\u00e9es qui doivent \u00eatre conserv\u00e9es sont list\u00e9es \u00e0 l\u2019article 10 de la loi du 20 juillet 2022. Celles-ci sont conserv\u00e9es de mani\u00e8re syst\u00e9matique et indiff\u00e9renci\u00e9e en vertu de l\u2019article 9 de cette loi, sur la base d\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique d\u00e9taill\u00e9 \u00e0 l\u2019article 11. Selon ce syst\u00e8me, le l\u00e9gislateur impose la collecte des donn\u00e9es de trafic et de localisation sur certaines zones sujettes \u00e0 un taux important de criminalit\u00e9 grave, calcul\u00e9 sur la base de la moyenne annuelle des infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle constat\u00e9es par zone de police ou par arrondissement judiciaire, par mille habitants, sur une moyenne de trois ans.<br \/>\n       La dur\u00e9e de conservation des donn\u00e9es varie, entre six et douze mois, en fonction du nombre d\u2019infractions constat\u00e9es. Or, selon la partie requ\u00e9rante, le l\u00e9gislateur ne justifie pas les raisons pour lesquelles ces donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es durant ce d\u00e9lai ni en quoi cette conservation est n\u00e9cessaire. Par ailleurs, si la Cour de justice autorise la collecte syst\u00e9matique et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 grave, force est de constater que la loi du 20 juillet 2022 vise la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, d\u00e8s lors que les infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter du Code d\u2019instruction criminelle sont notamment des infractions de droit commun comme le faux informatique, la fraude informatique ou le vol avec violence. En r\u00e9alit\u00e9, le l\u00e9gislateur aurait pu cibler certaines infractions en fonction de la peine qui y est attach\u00e9e. Il y a donc lieu d\u2019annuler les dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       Contrairement \u00e0 ce qu\u2019indique le Conseil des ministres, la notion d\u2019infraction grave ne peut \u00eatre enti\u00e8rement laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation des \u00c9tats membres, sous peine d\u2019entra\u00eener des divergences d\u2019interpr\u00e9tation quant aux objectifs vis\u00e9s par l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE. En cas de doute \u00e0 ce sujet, il y a lieu de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice, afin de d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, s\u2019oppose \u00e0 une conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es relatives au trafic et \u00e0 la localisation, limit\u00e9e au moyen d\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique \u00e0 des fins autres que la criminalit\u00e9 grave, \u00e0 savoir la lutte contre le faux informatique, la fraude informatique ou encore le vol avec violence, ind\u00e9pendamment du seuil de la peine. Dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, la partie requ\u00e9rante propose d\u2019interroger \u00e9galement la Cour de justice pour d\u00e9terminer si les notions d\u2019infractions p\u00e9nales graves et de criminalit\u00e9 grave au sens de la jurisprudence de la Cour de justice sont des notions autonomes du droit de l\u2019Union ou s\u2019il appartient aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes des \u00c9tats membres d\u2019en pr\u00e9ciser elles-m\u00eames le contenu et, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 il s\u2019agirait de notions autonomes du droit de l\u2019Union, les modalit\u00e9s selon lesquelles il convient de d\u00e9terminer s\u2019il est question d\u2019infractions p\u00e9nales graves ou de criminalit\u00e9 grave.<br \/>\n       A.17.2. La partie requ\u00e9rante ajoute que les dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la loi du 20 juillet 2022 n\u2019\u00e9tablissent pas un indicateur relatif au nombre de faits commis, contrairement \u00e0 ce qui est mentionn\u00e9 dans les travaux pr\u00e9paratoires, d\u00e8s lors qu\u2019elles pr\u00e9voient un crit\u00e8re bas\u00e9 sur des donn\u00e9es relatives \u00e0 la qualification des faits au d\u00e9but de l\u2019enqu\u00eate, de sorte que des erreurs existent, notamment lorsque la qualification des faits est modifi\u00e9e en cours d\u2019enqu\u00eate ou lorsque les faits sont class\u00e9s sans suite. Un crit\u00e8re plus pr\u00e9cis aurait pu \u00eatre retenu, comme le nombre d\u2019infractions ayant abouti \u00e0 une condamnation par les cours et tribunaux. Contrairement \u00e0 ce qu\u2019indique le Conseil des ministres, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 l\u2019ensemble du territoire devrait \u00eatre vis\u00e9 par l\u2019obligation de conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es, ce ne serait pas en raison d\u2019un taux de criminalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9 dans les diff\u00e9rentes zones, mais en raison d\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique particuli\u00e8rement large incluant la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et fond\u00e9 sur des donn\u00e9es erron\u00e9es, d\u00e8s lors que les statistiques retenues par la loi du 20 juillet 2022 ne sont pas fiables. Par ailleurs, l\u2019application du crit\u00e8re g\u00e9ographique entra\u00eene certaines difficult\u00e9s pour les services comme \u00ab WhatsApp \u00bb, \u00ab Skype \u00bb ou \u00ab Facebook \u00bb, soumis aux m\u00eames obligations que les autres op\u00e9rateurs alors que ces services ne sont pas toujours en mesure de d\u00e9terminer la localisation de l\u2019utilisateur. Dans cette hypoth\u00e8se, il ressort de la loi du 20 juillet 2022, notamment de son article 9, qu\u2019il convient de stocker a minima l\u2019ensemble des donn\u00e9es pour couvrir la zone concern\u00e9e, ce qui suppose donc une collecte des donn\u00e9es trait\u00e9es sur l\u2019ensemble du territoire belge, ce qui n\u2019est pas admis par la Cour de justice.<br \/>\n       Par ailleurs, si l\u2019op\u00e9rateur n\u2019est pas en mesure de limiter la conservation des donn\u00e9es aux seules zones vis\u00e9es par la loi du 20 juillet 2022, il est tenu de conserver ces donn\u00e9es en limitant au strict n\u00e9cessaire leur conservation en dehors de cette zone, au regard des possibilit\u00e9s techniques. Ce faisant, le l\u00e9gislateur a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019appliquer le principe de minimisation des donn\u00e9es de mani\u00e8re souple, afin d\u2019\u00e9viter une discrimination entre les victimes de<br \/>\n       20<br \/>\n       faits graves de criminalit\u00e9 en fonction des moyens des op\u00e9rateurs. En r\u00e9alit\u00e9, il porte de la sorte atteinte \u00e0 un principe fondamental du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel auquel il ne peut pas \u00eatre d\u00e9rog\u00e9.<br \/>\n       Afin de limiter l\u2019ing\u00e9rence au strict n\u00e9cessaire, le l\u00e9gislateur aurait d\u00fb pr\u00e9voir qu\u2019en cas de doute, l\u2019op\u00e9rateur ne peut conserver que les donn\u00e9es relatives \u00e0 la zone concern\u00e9e.<br \/>\n       A.17.3. L\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit que le p\u00e9rim\u00e8tre des zones sujettes \u00e0 un taux important de criminalit\u00e9 grave est d\u00e9termin\u00e9 par le Roi, alors que le principe de l\u00e9galit\u00e9 contenu dans l\u2019article 22 de la Constitution et dans les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte impose que cet \u00e9l\u00e9ment soit fix\u00e9 dans une loi formelle. Du reste, le l\u00e9gislateur impose la conservation des donn\u00e9es sur un nombre tr\u00e8s important de zones qu\u2019il estime sujettes \u00e0 un taux de criminalit\u00e9 grave, sans justifier concr\u00e8tement en quoi ces zones sont effectivement caract\u00e9ris\u00e9es par un tel taux ni, partant, les raisons pour lesquelles la collecte des donn\u00e9es est n\u00e9cessaire eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019objectif poursuivi.<br \/>\n       A.17.4. L\u2019article 11 \u00e9tablit en outre la conservation cibl\u00e9e de m\u00e9tadonn\u00e9es \u00e0 des fins de s\u00e9curit\u00e9 nationale, ce qui n\u2019est pas admissible pour les m\u00eames raisons que celles qui concernent la conservation des donn\u00e9es \u00e0 des fins p\u00e9nales. De plus, les missions de l\u2019OCAM, qui d\u00e9termine sur la base du niveau de la menace les zones g\u00e9ographiques concern\u00e9es dans ce cadre, sont plus larges que celles qui sont relatives \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Or, la Cour de justice pr\u00e9cise que la criminalit\u00e9, m\u00eame grave, n\u2019est pas assimilable \u00e0 une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Par ailleurs, les zones concern\u00e9es par la conservation des donn\u00e9es \u00e0 des fins de s\u00e9curit\u00e9 nationale sont celles dont le niveau de la menace est au moins de 3, et ce, aussi longtemps que ce niveau perdure. Ce crit\u00e8re ne s\u2019av\u00e8re pas non plus conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice, qui semble imposer le recours au niveau 4, plus \u00e9lev\u00e9, ainsi qu\u2019une p\u00e9riode dans laquelle le degr\u00e9 de menace doit \u00eatre r\u00e9\u00e9valu\u00e9.<br \/>\n       Il ressort aussi de l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 que le l\u00e9gislateur impose la conservation des donn\u00e9es sur un nombre tr\u00e8s important de zones qu\u2019il estime sujettes \u00e0 une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale, sans justifier concr\u00e8tement cette mesure ni la n\u00e9cessit\u00e9 de la collecte des donn\u00e9es. Par ailleurs, cette collecte est \u00e9galement pr\u00e9vue pour des zones potentiellement soumises \u00e0 des menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale, ce qui n\u2019est pas conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice, qui exige une menace r\u00e9elle et actuelle, ou pr\u00e9visible, pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale. L\u2019article 11 vise aussi la menace potentielle pour les int\u00e9r\u00eats des institutions internationales sans que cela ne soit raisonnablement justifi\u00e9. La partie requ\u00e9rante constate qu\u2019il est \u00e9galement pr\u00e9vu que le Roi puisse compl\u00e9ter la liste des zones \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 11, ainsi qu\u2019adapter le p\u00e9rim\u00e8tre des zones couvertes par l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es, ce qui est contraire au principe de l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019article 22 de la Constitution. La Cour de justice impose par ailleurs que la conservation de donn\u00e9es fasse l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le effectif par une juridiction ou par une autorit\u00e9 administrative ind\u00e9pendante, dont la d\u00e9cision est dot\u00e9e d\u2019un effet contraignant, afin de v\u00e9rifier le respect des conditions et garanties qui doivent \u00eatre pr\u00e9vues.<br \/>\n       A.18. En ce qui concerne les r\u00e8gles relatives au gel rapide des donn\u00e9es, la partie requ\u00e9rante all\u00e8gue que les hypoth\u00e8ses vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 25 de la loi du 20 juillet 2022 sont plus larges que celles qu\u2019autorise la Cour de justice, qui se limitent aux cas de criminalit\u00e9 grave et ne s\u2019\u00e9tendent pas \u00e0 la lutte contre la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Par ailleurs, la dur\u00e9e de conservation des donn\u00e9es est manifestement disproportionn\u00e9e \u00e0 l\u2019objectif poursuivi.<br \/>\n       A.19.1. En ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9cise les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, notamment les autorit\u00e9s financi\u00e8res, de sorte que le l\u00e9gislateur a estim\u00e9 que les infractions \u00e0 la r\u00e9glementation relative aux abus de march\u00e9s relevaient de la criminalit\u00e9 grave. Cependant, la Cour de justice consid\u00e8re qu\u2019il s\u2019agit d\u2019infractions qui rel\u00e8vent de la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. L\u2019article 9 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       pr\u00e9cise en outre que le Roi peut compl\u00e9ter la liste des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, ce qui est contraire au principe de l\u00e9galit\u00e9 contenu dans l\u2019article 22 de la Constitution et dans les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, qui exigent le recours \u00e0 une loi formelle. Par ailleurs, selon l\u2019article 13 de cette loi, une circulaire minist\u00e9rielle \u00e9num\u00e8re les autorit\u00e9s habilit\u00e9es \u00e0 obtenir les donn\u00e9es vis\u00e9es par la loi, ce qui est \u00e9galement contraire au principe de la l\u00e9galit\u00e9 formelle pr\u00e9cit\u00e9. La partie requ\u00e9rante rel\u00e8ve encore que les finalit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 13 de la loi sont plus larges que celles qui sont fix\u00e9es \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       A.19.2. Les conditions d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es collect\u00e9es sont pr\u00e9cis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       et elles n\u2019exigent pas que la demande d\u2019acc\u00e8s soit motiv\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019objectif poursuivi, alors qu\u2019un lien avec<br \/>\n       21<br \/>\n       l\u2019objectif de lutte contre la criminalit\u00e9 est exig\u00e9. En outre, l\u2019article 26 de la loi du 20 juillet 2022, qui encadre les conditions d\u2019acc\u00e8s des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes aux donn\u00e9es collect\u00e9es \u00e0 des fins p\u00e9nales, autorise le procureur du Roi ou l\u2019officier de police judiciaire en cas d\u2019urgence \u00e0 acc\u00e9der aux donn\u00e9es d\u2019identification, alors que la Cour de justice impose un contr\u00f4le pr\u00e9alable de la part d\u2019une juridiction ou d\u2019une autorit\u00e9 administrative ind\u00e9pendante. Or, le procureur du Roi ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un tiers dans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es concern\u00e9es.<br \/>\n       En cas de doute sur ce point, il convient de poser des questions pr\u00e9judicielles \u00e0 la Cour de justice afin de d\u00e9terminer, d\u2019une part, si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, s\u2019oppose \u00e0 ce que le procureur du Roi, voire en cas d\u2019urgence un officier de police judiciaire, acc\u00e8de aux donn\u00e9es d\u2019identification collect\u00e9es de mani\u00e8re syst\u00e9matique et indiff\u00e9renci\u00e9e \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et, d\u2019autre part, si l\u2019article 15, paragraphe 1, pr\u00e9cit\u00e9, lu en combinaison avec les m\u00eames dispositions de la Charte, s\u2019oppose \u00e0 ce que le procureur du Roi acc\u00e8de en cas d\u2019urgence aux donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n       A.19.3. Par ailleurs, l\u2019article 26 de la loi du 20 juillet 2022 permet au procureur du Roi d\u2019imposer la collaboration des centres ferm\u00e9s et des lieux d\u2019h\u00e9bergement au sens de la loi du 15 d\u00e9cembre 1980 \u00ab sur l\u2019acc\u00e8s au territoire, le s\u00e9jour, l\u2019\u00e9tablissement et l\u2019\u00e9loignement des \u00e9trangers \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 15 d\u00e9cembre 1980), sans expliquer en quoi cette collaboration est n\u00e9cessaire par rapport \u00e0 l\u2019objectif poursuivi, \u00e0 savoir la lutte contre la criminalit\u00e9.<br \/>\n       A.19.4. L\u2019article 25 de la loi du 20 juillet 2022, quant \u00e0 lui, autorise un acc\u00e8s aux donn\u00e9es lorsqu\u2019existent des indices s\u00e9rieux d\u2019infraction de nature \u00e0 entra\u00eener un emprisonnement correctionnel principal d\u2019un an ou d\u2019une peine plus lourde, ce qui vise en r\u00e9alit\u00e9 la grande majorit\u00e9 des infractions pr\u00e9vues dans le Code p\u00e9nal, qui ne peuvent donc \u00eatre qualifi\u00e9es de criminalit\u00e9 grave.<br \/>\n       En cas de doute sur ce point, il convient de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice afin de d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, s\u2019oppose \u00e0 ce que le juge d\u2019instruction, ou le procureur du Roi en cas d\u2019urgence, acc\u00e8de aux donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, d\u00e8s lors que les infractions vis\u00e9es sont punissables d\u2019un an d\u2019emprisonnement au minimum.<br \/>\n       L\u2019article 24 de la loi du 20 juillet 2022 permet l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es par un officier de police judiciaire, qui n\u2019est pas un tiers \u00e0 la proc\u00e9dure et ne peut donc \u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019autorit\u00e9 ind\u00e9pendante comme l\u2019exige la Cour de justice. De surcro\u00eet, en cas d\u2019urgence, cet officier de police judiciaire peut exiger que l\u2019op\u00e9rateur lui fournisse les m\u00e9tadonn\u00e9es, moyennant le contr\u00f4le ult\u00e9rieur du juge d\u2019instruction. Or, la Cour de justice impose un contr\u00f4le judiciaire pr\u00e9alable dans cette hypoth\u00e8se.<br \/>\n       A.19.5. La partie requ\u00e9rante ajoute que la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas qu\u2019une personne soit inform\u00e9e du traitement des donn\u00e9es une fois que la limitation du traitement n\u2019est plus justifi\u00e9e au regard de l\u2019objectif poursuivi, ce qui est le cas lorsque cette information n\u2019est pas susceptible de compromettre l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par les autorit\u00e9s, contrairement \u00e0 ce qui est exig\u00e9 par la Cour de justice. En cas de doute sur ce point, il convient de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 cette juridiction afin de d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte et les articles 13<br \/>\n       et 54 de la directive (UE) 2016\/680, impose une telle information.<br \/>\n       Par ailleurs, la partie requ\u00e9rante constate que la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas non plus une protection effective contre les risques d\u2019abus et d\u2019acc\u00e8s illicite aux donn\u00e9es pour les personnes concern\u00e9es. En effet, dans le cas o\u00f9 les autorit\u00e9s acc\u00e8dent aux donn\u00e9es mais estiment qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019entamer des poursuites, la personne ne peut pas contester la l\u00e9galit\u00e9 de la mesure d\u2019enqu\u00eate, sauf \u00e0 introduire une action en responsabilit\u00e9 civile devant le tribunal de premi\u00e8re instance, ce qui constitue une hypoth\u00e8se assez peu probable et ne permet pas d\u2019offrir un recours effectif. Ensuite, dans le cas o\u00f9 la personne concern\u00e9e conteste la l\u00e9galit\u00e9 de la mesure d\u2019enqu\u00eate dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure p\u00e9nale au cours de laquelle cette personne est amen\u00e9e \u00e0 compara\u00eetre devant un juge, la mesure concern\u00e9e ne peut pas n\u00e9cessairement \u00eatre \u00e9cart\u00e9e des d\u00e9bats et il ne peut pas en \u00eatre tenu compte dans l\u2019appr\u00e9ciation de la peine, compte tenu de l\u2019article 32 du titre pr\u00e9liminaire du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale. Par ailleurs, les organes et autorit\u00e9s cit\u00e9s par le Conseil des ministres n\u2019offrent pas non plus de voie de recours juridictionnelle aux personnes concern\u00e9es, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019autorit\u00e9s administratives ind\u00e9pendantes.<br \/>\n       22<br \/>\n       Partant, la loi du 20 juillet 2022 viole les dispositions cit\u00e9es au moyen en ce qu\u2019elle ne pr\u00e9voit pas que les personnes soient inform\u00e9es que les autorit\u00e9s nationales comp\u00e9tentes ont acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 leurs donn\u00e9es ni que ces personnes disposent d\u2019une voie de recours \u00e0 contre un acc\u00e8s ill\u00e9gal aux donn\u00e9es.<br \/>\n       A.20. En ce qui concerne le chiffrement des communications, la partie requ\u00e9rante rel\u00e8ve que l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022 dispose que les op\u00e9rateurs ne peuvent, en faisant usage d\u2019un syst\u00e8me de cryptographie, emp\u00eacher l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une demande cibl\u00e9e d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, d\u2019une part, et que l\u2019utilisation de la cryptographie par un op\u00e9rateur \u00e9tranger ne peut avoir pour cons\u00e9quence d\u2019emp\u00eacher les op\u00e9rateurs de conserver les donn\u00e9es dans le cas o\u00f9 une personne utilise une carte SIM \u00e9trang\u00e8re sur le territoire belge. Selon la partie requ\u00e9rante, cette mesure est manifestement disproportionn\u00e9e. En effet, les mesures de cryptage permettent d\u2019assurer la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et donc de contribuer \u00e0 prot\u00e9ger le droit au respect de la vie priv\u00e9e. Diff\u00e9rents instruments de droit international pr\u00e9conisent d\u2019ailleurs le chiffrement des donn\u00e9es afin d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des flux et la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel.<br \/>\n       A.21. Enfin, en ce qui concerne les cons\u00e9quences de l\u2019annulation de la loi du 20 juillet 2022, la partie requ\u00e9rante soutient que l\u2019utilisation, dans le cadre d\u2019une enqu\u00eate p\u00e9nale, de donn\u00e9es collect\u00e9es en violation de la directive 2002\/58\/CE et des articles 7 et 8 de la Charte constitue un dommage qui doit pouvoir \u00eatre r\u00e9par\u00e9 de mani\u00e8re effective par une appr\u00e9ciation et une pond\u00e9ration des informations et des \u00e9l\u00e9ments de preuve, voire par une prise en compte de leur caract\u00e8re ill\u00e9gal dans le cadre de la d\u00e9termination de la peine, comme l\u2019exige la jurisprudence de la Cour de justice. Or, la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas de telles garanties.<br \/>\n       \u00c0 tout le moins, la Cour devrait pr\u00e9ciser qu\u2019il appartient au juge p\u00e9nal de constater que les \u00e9l\u00e9ments de preuve collect\u00e9s en violation de la directive 2002\/58\/CE et des articles 7 et 8 de la Charte qui ne peuvent pas \u00eatre \u00e9cart\u00e9s des d\u00e9bats doivent en tous cas \u00eatre pris en consid\u00e9ration, au regard de leur caract\u00e8re ill\u00e9gal, dans le cadre de la d\u00e9termination de la peine. La partie requ\u00e9rante soutient que la Cour est bien comp\u00e9tente dans ce cadre, de mani\u00e8re similaire \u00e0 ce que fait la Cour de justice dans plusieurs de ses arr\u00eats.<br \/>\n       En cas de doute \u00e0 cet \u00e9gard, il convient de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice afin de d\u00e9terminer, d\u2019une part, s\u2019il est admis que des violations du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne, en particulier de la directive 2002\/58\/CE ainsi que des articles 7 et 8 de la Charte, entachant la collecte de preuves dans une proc\u00e9dure p\u00e9nale nationale, puissent rester sans cons\u00e9quence, m\u00eame en cas d\u2019infraction grave, et, d\u2019autre part, si les violations pr\u00e9cit\u00e9es doivent \u00eatre prises en compte en faveur de la personne poursuivie au moins au stade de l\u2019appr\u00e9ciation des preuves ou de la fixation de la peine.<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7932<br \/>\n       A.22. Les parties requ\u00e9rantes prennent un premier moyen de la violation articles 10, 11, 13, 15, 22, 23 et 29<br \/>\n       de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne ainsi qu\u2019avec l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD. Ce moyen porte sur la collecte et la conservation des donn\u00e9es de trafic et de localisation.<br \/>\n       A.23.1. Dans une premi\u00e8re branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que les articles 4 et 5 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voient une conservation de donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e qui ne r\u00e9pond pas aux exigences du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       A.23.2. En particulier, l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit notamment l\u2019obligation pour un op\u00e9rateur de conserver des donn\u00e9es de trafic et de localisation pendant quatre mois pour pouvoir constater d\u2019\u00e9ventuelles fraudes ou utilisations malveillantes du r\u00e9seau ou du service. Un tel traitement constitue une conservation de donn\u00e9es de trafic g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e et ne respecte pas les exigences de l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE. Il ressort \u00e9galement de la jurisprudence constante de la Cour de Justice qu\u2019une telle conservation de donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e n\u2019est admissible que dans le cadre de la protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale. La fraude ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau sont des ph\u00e9nom\u00e8nes qui ne r\u00e9pondent<br \/>\n       23<br \/>\n       absolument pas \u00e0 cette exigence. L\u2019obligation de conservation pr\u00e9vue ne rel\u00e8ve donc manifestement pas de l\u2019exception vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit par ailleurs l\u2019obligation pour un op\u00e9rateur de conserver pendant douze mois le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone ou l\u2019adresse IP attribu\u00e9e \u00e0 l\u2019origine de la communication entrante, l\u2019horodatage et le port utilis\u00e9, ainsi que les dates et heures pr\u00e9cises de d\u00e9but et de fin de la communication, afin de pouvoir constater des fraudes ou des utilisations malveillantes du r\u00e9seau ou du service. Il s\u2019agit d\u2019une obligation de conservation qui est contraire \u00e0 l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE et qui entra\u00eene une violation des droits fondamentaux.<br \/>\n       En outre, l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit la possibilit\u00e9 pour les op\u00e9rateurs de conserver les donn\u00e9es de trafic qui sont n\u00e9cessaires pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement de leur r\u00e9seau ou service, mais aussi pour d\u00e9tecter et analyser une atteinte potentielle ou r\u00e9elle au r\u00e9seau. La dur\u00e9e de conservation maximale est de douze mois, mais en cas d\u2019atteinte sp\u00e9cifique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, les donn\u00e9es peuvent m\u00eame \u00eatre conserv\u00e9es plus longtemps. Selon les parties requ\u00e9rantes, il s\u2019agit d\u2019un v\u00e9ritable droit de conservation qui ne respecte pas l\u2019article 6<br \/>\n       de la directive 2002\/58\/CE, lequel exige que les donn\u00e9es de trafic soient effac\u00e9es ou rendues anonymes d\u00e8s qu\u2019elles ne sont plus n\u00e9cessaires \u00e0 la transmission. L\u2019exception pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de cette directive n\u2019est pas non plus applicable, sauf s\u2019il devait s\u2019agir de criminalit\u00e9 grave ou d\u2019une question de s\u00e9curit\u00e9 nationale. La loi applique toutefois une d\u00e9finition bien plus large, qui ne correspond pas au champ d\u2019application europ\u00e9en.<br \/>\n       A.23.3. Selon les parties requ\u00e9rantes, la conservation indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es, en violation du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne, entra\u00eene une violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9. En effet, les donn\u00e9es des parties requ\u00e9rantes sont trait\u00e9es de la m\u00eame mani\u00e8re que les donn\u00e9es qui font l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate p\u00e9nale relative \u00e0 des infractions criminelles graves, alors que rien n\u2019indique que les parties requ\u00e9rantes se trouvent dans une m\u00eame situation. Il ressort de la jurisprudence de la Cour de justice que le droit au respect de la vie priv\u00e9e est \u00e9galement compromis.<br \/>\n       A.24. Dans une deuxi\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes all\u00e8guent que la conservation pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 6<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022, en ce qui concerne les donn\u00e9es de localisation pour la lutte contre la fraude et l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau, n\u2019est pas conforme au droit de l\u2019Union europ\u00e9enne ni aux droits fondamentaux.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que l\u2019article 6 de la loi du 20 juillet 2022 permet la conservation des donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es relatives au trafic. La dur\u00e9e de conservation est de douze mois pour le bon fonctionnement et la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau et de quatre mois pour d\u00e9tecter une fraude ou une utilisation malveillante du r\u00e9seau. Cependant, l\u2019article 9 de la directive 2002\/58\/CE exclut explicitement un tel traitement.<br \/>\n       A.25.1. La troisi\u00e8me branche porte sur la conservation dans des zones g\u00e9ographiques sp\u00e9cifiques, pr\u00e9vue aux articles 9, 10 et 11 de la loi du 20 juillet 2022. Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent tout d\u2019abord que la conservation dans les zones autres que les zones g\u00e9ographiques sp\u00e9cifiques n\u2019est pas n\u00e9cessaire. \u00c0 cet \u00e9gard, elles affirment que, bien qu\u2019il soit indiqu\u00e9 explicitement que les donn\u00e9es sont conserv\u00e9es aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, de la pr\u00e9vention de menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique et de la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique, de sorte que les exigences de la Cour de justice paraissent formellement respect\u00e9es, il d\u00e9coule toutefois de la mise en \u0153uvre concr\u00e8te du syst\u00e8me que celui-ci entra\u00eene de facto une conservation de donn\u00e9es indiff\u00e9renci\u00e9e. Les parties requ\u00e9rantes soutiennent par ailleurs que la loi du 20 juillet 2022 ne permet pas de faire la distinction entre les diff\u00e9rents objectifs et ne respecte pas la hi\u00e9rarchie entre eux lorsqu\u2019elle r\u00e8gle l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, contrairement \u00e0 ce qu\u2019exige la Cour de justice. Les donn\u00e9es qui, par exemple, sont conserv\u00e9es en vertu d\u2019un objectif de s\u00e9curit\u00e9 nationale ne peuvent pas \u00eatre utilis\u00e9es pour la recherche d\u2019infractions graves et la lutte contre celles-ci. Les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes en mati\u00e8re d\u2019enqu\u00eates p\u00e9nales ne peuvent donc pas acc\u00e9der aux donn\u00e9es s\u2019il s\u2019agit d\u2019une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e.<br \/>\n       Partant, la loi du 20 juillet 2022 est insuffisamment pr\u00e9visible et viole les directives cit\u00e9es au moyen.<br \/>\n       En outre, le d\u00e9lai de conservation est en principe fix\u00e9 \u00e0 douze mois, \u00e0 moins qu\u2019un d\u00e9lai plus court soit fix\u00e9.<br \/>\n       Ce d\u00e9lai standard est disproportionn\u00e9 et d\u00e9passe le d\u00e9lai strictement n\u00e9cessaire. Du reste, au lieu de recourir par d\u00e9faut \u00e0 un d\u00e9lai court, en limitant les d\u00e9lais plus longs \u00e0 des circonstances exceptionnelles et moyennant une motivation s\u00e9rieuse, il est choisi de faire usage du d\u00e9lai le plus long par d\u00e9faut, de sorte que le principe de proportionnalit\u00e9 est viol\u00e9. Les donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es, tant en ce qui concerne la communication en provenance de la zone g\u00e9ographique d\u00e9termin\u00e9e que vers cette zone. Partant, les donn\u00e9es de localisation d\u2019un utilisateur final qui communique avec un utilisateur final dans une zone g\u00e9ographique concern\u00e9e sont conserv\u00e9es, m\u00eame si le premier utilisateur final ne se trouve pas dans une zone g\u00e9ographique soumise \u00e0 une obligation de<br \/>\n       24<br \/>\n       conservation. Une telle obligation en dehors de la zone g\u00e9ographique concern\u00e9e n\u2019est pas strictement n\u00e9cessaire.<br \/>\n       Enfin, la description des diff\u00e9rentes zones g\u00e9ographiques \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 est extr\u00eamement large et comprend des zones qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de soumettre \u00e0 une obligation de conservation, de sorte que celle-ci est de facto indiff\u00e9renci\u00e9e, ce qui n\u2019est pas conforme aux exigences de la Cour de justice ni au principe de proportionnalit\u00e9.<br \/>\n       A.25.2. En ce qui concerne la conservation des donn\u00e9es dans les arrondissements judiciaires et dans les zones de police, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022, les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent qu\u2019une obligation de conservation est impos\u00e9e d\u00e8s qu\u2019un certain nombre d\u2019infractions est d\u00e9pass\u00e9. Cependant, les statistiques utilis\u00e9es dans ce cadre ne refl\u00e8tent pas de mani\u00e8re fiable la criminalit\u00e9, d\u00e8s lors qu\u2019elles concernent non seulement des condamnations ou des faits \u00e9tablis, mais aussi tout enregistrement d\u2019un fait unilat\u00e9ralement catalogu\u00e9 par la police comme constituant potentiellement une infraction. Selon les parties requ\u00e9rantes, ces statistiques risquent de fournir syst\u00e9matiquement une surestimation du nombre r\u00e9el d\u2019infractions, en raison de doubles enregistrements ou de faits enregistr\u00e9s qui ne sont pas des infractions mais qui sont pourtant catalogu\u00e9s comme tels. Par ailleurs, le seuil d\u2019infractions retenu a pour effet que la quasi-totalit\u00e9 du territoire est soumise \u00e0 l\u2019obligation de conservation, comme il ressort d\u2019une analyse r\u00e9alis\u00e9e sur la base des statistiques de criminalit\u00e9 pour l\u2019ann\u00e9e civile 2021. Partant, la loi du 20 juillet 2022 aboutit \u00e0 introduire une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e de donn\u00e9es. En r\u00e9alit\u00e9, ce n\u2019est que dans des cas exceptionnels que le crit\u00e8re combin\u00e9 des statistiques au niveau de l\u2019arrondissement judiciaire et de la zone de police n\u2019entra\u00eene pas une obligation de conservation. En outre, la mesure est en vigueur de mani\u00e8re permanente. Les conditions fix\u00e9es par la Cour de justice pour une telle obligation de conservation, qui n\u2019est admissible que dans un but de s\u00e9curit\u00e9 nationale, pour une dur\u00e9e limit\u00e9e et dans des circonstances concr\u00e8tes, ne sont donc pas respect\u00e9es.<br \/>\n       Du reste, selon les parties requ\u00e9rantes, le choix de d\u00e9signer les arrondissements judiciaires comme zones g\u00e9ographiques est disproportionn\u00e9, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une zone de taille importante et que les chiffres en mati\u00e8re de criminalit\u00e9 pour tout l\u2019arrondissement ne sont pas n\u00e9cessairement repr\u00e9sentatifs des diff\u00e9rentes parties de la zone. L\u2019utilisation des arrondissements judiciaires entra\u00eene d\u00e8s lors une obligation de conservation disproportionn\u00e9e, qui n\u2019est pas strictement n\u00e9cessaire. De m\u00eame, le d\u00e9lai de conservation pr\u00e9vu est particuli\u00e8rement long et donne lieu \u00e0 la conservation d\u2019une \u00e9norme quantit\u00e9 de donn\u00e9es, de nature extr\u00eamement sensibles et relatives \u00e0 de nombreuses personnes. Ce d\u00e9lai est donc disproportionn\u00e9 et n\u2019est pas strictement n\u00e9cessaire, de sorte qu\u2019il viole les articles 10, 11 et 22 de la Constitution ainsi que les droits fondamentaux garantis par des dispositions analogues.<br \/>\n       A.26.1. Les parties requ\u00e9rantes affirment que la d\u00e9termination des zones g\u00e9ographiques dont le niveau de la menace est au moins de niveau 3, vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022, est d\u00e9pourvue de fondement l\u00e9gal d\u00e8s lors que les niveaux de menace sont d\u00e9finis uniquement par arr\u00eat\u00e9 royal et non dans une loi formelle.<br \/>\n       Partant, il n\u2019est pas satisfait \u00e0 l\u2019exigence de l\u2019article 22 de la Constitution. En outre, le principe de pr\u00e9visibilit\u00e9 exige que le citoyen puisse d\u00e9terminer, sur la base du libell\u00e9 l\u00e9gal, la signification des niveaux de menace, en raison des r\u00e9percussions de ceux-ci sur la conservation obligatoire de ses donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel. Par ailleurs, la Cour de justice autorise une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e en ce qui concerne la s\u00e9curit\u00e9 nationale lorsqu\u2019existe une menace grave qui s\u2019av\u00e8re r\u00e9elle, actuelle ou pr\u00e9visible. Le niveau 3 ne r\u00e9pond pas \u00e0 cette exigence, d\u00e8s lors que la menace qu\u2019il vise ne doit \u00eatre que possible et vraisemblable, et non s\u00e9rieuse et r\u00e9elle.<br \/>\n       A.26.2. Selon les parties requ\u00e9rantes, la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit aucun effacement des donn\u00e9es en cas de baisse du niveau de la menace dans une zone sp\u00e9cifique ou sur la totalit\u00e9 du territoire, ni de modalit\u00e9s de notification au citoyen concern\u00e9 par la conservation des donn\u00e9es, ni encore la possibilit\u00e9 d\u2019introduire un recours contre cette conservation, comme l\u2019exige pourtant la Cour de justice. Partant, la loi du 20 juillet 2022 viole les articles 10, 11 et 13 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14, 15, 17 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       A.26.3. En ce qui concerne les zones g\u00e9ographiques sp\u00e9cifiques vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022, les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que le p\u00e9rim\u00e8tre de celles-ci n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9 mais qu\u2019il appartient au Roi d\u2019en \u00e9tablir l\u2019\u00e9tendue. D\u00e8s lors, l\u2019obligation de conservation n\u2019est pas strictement n\u00e9cessaire et ne respecte pas le principe de l\u00e9galit\u00e9 contenu dans l\u2019article 22 de la Constitution. \u00c0 cet \u00e9gard, il y a lieu de pr\u00e9ciser que l\u2019article 9<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022 permet d\u00e9j\u00e0 une extension de la zone concern\u00e9e. Selon les parties requ\u00e9rantes, un p\u00e9rim\u00e8tre de zone est superflu en ce qui concerne les connexions internet fixes, dont la localisation est connue avec pr\u00e9cision, de sorte que la mesure est disproportionn\u00e9e \u00e0 leur \u00e9gard. En outre, la dur\u00e9e de la conservation des donn\u00e9es est ind\u00e9termin\u00e9e pour la plupart des zones concern\u00e9es, ce qui n\u2019est pas conforme \u00e0 la jurisprudence de la<br \/>\n       25<br \/>\n       Cour de justice, laquelle exige que les mesures ne durent pas plus longtemps que ce qui est absolument n\u00e9cessaire \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019objectif poursuivi et des circonstances justifiant les mesures. \u00c0 cet \u00e9gard, la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       ne pr\u00e9voit pas d\u2019\u00e9valuation du caract\u00e8re n\u00e9cessaire du syst\u00e8me. Les mesures de conservation permanente que cette loi cr\u00e9e sont disproportionn\u00e9es.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes affirment par ailleurs qu\u2019une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e ressort de la d\u00e9finition des zones g\u00e9ographiques sp\u00e9cifiques, qui a pour effet que des territoires entiers de communes sont soumis \u00e0 une obligation de conservation permanente. L\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 vise \u00e9galement les centres de donn\u00e9es et services dans le cloud, ce qui a une incidence non seulement sur les visiteurs de ces infrastructures mais aussi sur leurs utilisateurs en ligne et sur les tiers auquel celles-ci fournissent des services. Partant, l\u2019obligation de conservation touche l\u2019ensemble des utilisateurs \u00e0 distance de ces services num\u00e9riques, de sorte que quiconque utilise un service se trouvant par hasard sur ces serveurs est soumis \u00e0 une conservation de donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Celle-ci n\u2019est pas proportionn\u00e9e \u00e0 l\u2019objectif de protection de l\u2019infrastructure, d\u00e8s lors qu\u2019elle s\u2019applique par voie d\u00e9tourn\u00e9e \u00e0 tous les services propos\u00e9s \u00e0 distance depuis cette infrastructure.<br \/>\n       D\u2019ailleurs, une protection et une obligation plus cibl\u00e9es sont possibles. Les parties requ\u00e9rantes \u00e9num\u00e8rent d\u2019autres zones g\u00e9ographiques ne remplissant pas le crit\u00e8re de stricte n\u00e9cessit\u00e9 en raison de leur \u00e9tendue. La pr\u00e9sence d\u2019un centre de donn\u00e9es entra\u00eene automatiquement une obligation de conservation qui s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019ensemble du b\u00e2timent.<br \/>\n       Selon les parties requ\u00e9rantes, la protection des b\u00e2timents affect\u00e9s aux personnes morales dont le potentiel \u00e9conomique ou scientifique doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9, constitue toutefois un crit\u00e8re vague. En outre, la liste pr\u00e9cise des lieux concern\u00e9s n\u2019est pas soumise \u00e0 publication. Les autoroutes, qui entra\u00eenent une tr\u00e8s large conservation des donn\u00e9es de toute personne qui s\u2019y d\u00e9place avec des appareils mobiles ou qui se trouve dans les environs, sont aussi concern\u00e9es. En r\u00e9alit\u00e9, la conservation des donn\u00e9es de localisation sur les autoroutes constitue un enregistrement permanent des d\u00e9placements de tous les v\u00e9hicules avec carte SIM int\u00e9gr\u00e9e et permet d\u2019enregistrer les d\u00e9placements des citoyens.<br \/>\n       A.26.4. En ce qui concerne l\u2019application de la loi du 22 juillet 2022 aux fournisseurs de service de communication tels que \u00ab Skype \u00bb ou \u00ab Whatsapp \u00bb, qui doivent aussi proc\u00e9der \u00e0 la conservation obligatoire des donn\u00e9es de trafic et de localisation, les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que ceux-ci ne disposent pas de la localisation de l\u2019utilisateur et qu\u2019ils sont dans l\u2019impossibilit\u00e9 de d\u00e9terminer si celui-ci se trouve ou non dans la zone g\u00e9ographique concern\u00e9e. L\u2019article 9 de la loi du 20 juillet 2022 impose dans cette situation la localisation satellite de l\u2019\u00e9quipement terminal. Or, l\u2019op\u00e9rateur \u00ab classique \u00bb du r\u00e9seau de communication avec lequel l\u2019utilisateur final se connecte est d\u00e9j\u00e0 tenu de conserver des donn\u00e9es. Une obligation compl\u00e9mentaire pour les services de communications \u00e9lectroniques tels que \u00ab Skype \u00bb ou \u00ab Whatsapp \u00bb n\u2019est donc ni n\u00e9cessaire ni proportionn\u00e9e.<br \/>\n       A.26.5. Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que les donn\u00e9es \u00e0 conserver, vis\u00e9es par l\u2019article 10 de la loi du 20 juillet 2022, permettent une identification de l\u2019origine et de la destination, ainsi que de la date et de l\u2019heure de la communication, de la nature et de la quantit\u00e9 des donn\u00e9es qui sont transmises. Les donn\u00e9es concernent en outre la localisation dans le cas d\u2019une communication mobile, ainsi que la localisation au moment d\u2019une communication, mais aussi \u00e0 chaque moment o\u00f9 l\u2019\u00e9quipement terminal est d\u00e9marr\u00e9 ou \u00e9teint ou lorsque l\u2019op\u00e9rateur cherche \u00e0 conna\u00eetre quels \u00e9quipements terminaux sont connect\u00e9s \u00e0 son r\u00e9seau. Autrement dit, cette disposition cr\u00e9e un \u00ab droit de suivi \u00bb de l\u2019utilisateur final sans qu\u2019une telle mesure soit n\u00e9cessaire ni proportionn\u00e9e. En outre, la conservation de plusieurs \u00e9l\u00e9ments des donn\u00e9es est disproportionn\u00e9e en soi, d\u00e8s lors que ces \u00e9l\u00e9ments ne contribuent pas \u00e0 la lutte contre la criminalit\u00e9 grave ou \u00e0 la protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale et d\u00e8s lors que les crit\u00e8res sont si larges que les donn\u00e9es sont collect\u00e9es de mani\u00e8re indiff\u00e9renci\u00e9e. \u00c9tant donn\u00e9 que les donn\u00e9es concernant l\u2019origine et la destination de la communication sont d\u00e9j\u00e0 conserv\u00e9es, le volume des donn\u00e9es envoy\u00e9es n\u2019a aucune valeur ajout\u00e9e.<br \/>\n       Celui-ci permet m\u00eame de r\u00e9v\u00e9ler partiellement le contenu de la communication, de sorte que l\u2019article 29 de la Constitution est viol\u00e9. Enfin, la conservation de la taille des donn\u00e9es transf\u00e9r\u00e9es, qui ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une simple donn\u00e9e de trafic, n\u2019est pas strictement n\u00e9cessaire, pas plus que la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification de l\u2019\u00e9quipement terminal pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 10 de la loi du 20 juillet 2022, \u00e9tant donn\u00e9 que d\u2019autres donn\u00e9es permettent d\u00e9j\u00e0 d\u2019identifier l\u2019utilisateur final.<br \/>\n       A.27. Dans une quatri\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019obligation de conservation cibl\u00e9e pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 33 de la loi du 20 juillet 2022 viole la pr\u00e9visibilit\u00e9 exig\u00e9e par l\u2019article 22 de la Constitution, en ce que le l\u00e9gislateur n\u2019a pas d\u00e9crit avec pr\u00e9cision les donn\u00e9es de trafic et de localisation. Il est pr\u00e9cis\u00e9 que la conservation s\u2019inscrit dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exercice des missions des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9.<br \/>\n       Cependant, la Cour de justice exige que la conservation soit strictement n\u00e9cessaire. Par ailleurs, l\u2019article 33<br \/>\n       n\u2019impose pas que l\u2019objet de la conservation pr\u00e9sente un lien quelconque avec un comportement suspect ou dangereux. Le fait de soumettre l\u2019ensemble des utilisateurs potentiels de certains moyens de communications, dans de grandes zones g\u00e9ographiques \u00e0 la mesure vis\u00e9e par l\u2019article 33 constitue une obligation de conservation<br \/>\n       26<br \/>\n       g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e. En outre, aucune voie de recours ni notification de la conservation des donn\u00e9es ne sont pr\u00e9vues, contrairement \u00e0 ce qu\u2019exige la Cour de justice. Le l\u00e9gislateur n\u2019a pas non plus pr\u00e9vu l\u2019intervention pr\u00e9alable d\u2019un juge, ni une mesure d\u2019effacement des donn\u00e9es collect\u00e9es en cas d\u2019ill\u00e9galit\u00e9. Il en r\u00e9sulte qu\u2019une autorit\u00e9 est autoris\u00e9e \u00e0 collecter des \u00e9l\u00e9ments illicites sans \u00eatre sanctionn\u00e9e, ce qui n\u2019est pas dissuasif.<br \/>\n       A.28. Dans une cinqui\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes critiquent l\u2019obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e contenue dans l\u2019article 34 de la loi du 20 juillet 2022. Elles rel\u00e8vent \u00e0 cet \u00e9gard que ni cette disposition ni d\u2019ailleurs l\u2019article 33 de la loi du 20 juillet 2022 ne d\u00e9finissent la notion de \u00ab donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00bb, ce qui ne satisfait pas au crit\u00e8re de pr\u00e9visibilit\u00e9 impos\u00e9 par l\u2019article 22 de la Constitution et par la jurisprudence de la Cour de justice. De plus, en l\u2019absence de confirmation par arr\u00eat\u00e9 royal, aucune forme de publicit\u00e9 n\u2019est pr\u00e9vue afin d\u2019informer les personnes qui ont fait l\u2019objet de la mesure pr\u00e9vue par l\u2019article 34 de la loi du 20 juillet 2022, ce qui ne leur permet pas d\u2019introduire valablement un recours. Partant, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice est entrav\u00e9 alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un \u00e9l\u00e9ment essentiel dans le cas d\u2019une mesure constituant une telle ing\u00e9rence dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e. Le l\u00e9gislateur n\u2019a pas non plus pr\u00e9cis\u00e9 ce qui devait advenir des donn\u00e9es collect\u00e9es ill\u00e9galement, alors que celles-ci doivent \u00eatre effac\u00e9es selon les exigences de la jurisprudence de la Cour de justice.<br \/>\n       A.29. Dans une sixi\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes affirment que l\u2019article 37 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       ne d\u00e9finit pas la notion de \u00ab donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00bb, ce qui est contraire \u00e0 l\u2019article 22 de la Constitution et \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice. L\u2019absence de contr\u00f4le quant \u00e0 la stricte n\u00e9cessit\u00e9 de la communication des donn\u00e9es et l\u2019absence du caract\u00e8re n\u00e9cessaire de la consultation des donn\u00e9es sont \u00e9galement d\u00e9nonc\u00e9es. Partant, l\u2019article 37 viole les articles 10, 11 et 22 de la Constitution.<br \/>\n       A.30. Dans une septi\u00e8me branche, il est relev\u00e9 que la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit aucune disposition particuli\u00e8re en ce qui concerne la conservation des donn\u00e9es de trafic et de localisation des avocats, des m\u00e9decins et des journalistes, alors qu\u2019il s\u2019agit de donn\u00e9es sensibles relevant du secret professionnel ou du secret des sources.<br \/>\n       Selon les parties requ\u00e9rantes, il est requis, au regard de la protection particuli\u00e8re dont ces groupes professionnels b\u00e9n\u00e9ficient mais aussi du droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable, du droit au respect de la vie priv\u00e9e, de la libert\u00e9 d\u2019expression et de la libert\u00e9 de presse, que des garanties ad\u00e9quates soient pr\u00e9vues d\u00e8s le niveau de la conservation des donn\u00e9es pour garantir le caract\u00e8re strictement n\u00e9cessaire de la mesure, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait par le l\u00e9gislateur. Le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination est donc viol\u00e9. En ce qui concerne le client ou le patient des groupes professionnels pr\u00e9cit\u00e9s, la loi du 20 juillet 2022 constitue un recul du degr\u00e9 de protection du droit \u00e0 l\u2019assistance au sens de l\u2019article 23 de la Constitution et, partant, une violation de l\u2019obligation de standstill que cette disposition constitutionnelle contient. Le l\u00e9gislateur a par ailleurs viol\u00e9 la pr\u00e9somption d\u2019innocence et les droits de la d\u00e9fense, d\u00e8s lors que les avocats doivent pouvoir assister leurs clients sans surveillance, et du droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, d\u00e8s lors que les donn\u00e9es des contacts des journalistes sont vis\u00e9es, ce qui emp\u00eache le travail de la presse.<br \/>\n       A.31. Un deuxi\u00e8me moyen est pris de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne ainsi qu\u2019avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD.<br \/>\n       A.32.1. Dans une premi\u00e8re branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de conserver certaines donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 jusqu\u2019\u00e0 douze mois apr\u00e8s la fin du service, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit de donn\u00e9es superflues pour d\u00e9terminer l\u2019identit\u00e9 de l\u2019utilisateur si d\u2019autres donn\u00e9es sont d\u00e9j\u00e0 conserv\u00e9es. La conservation devrait au moins \u00eatre limit\u00e9e aux situations dans lesquelles aucune autre donn\u00e9e n\u2019est disponible. Les parties requ\u00e9rantes doutent par ailleurs de l\u2019ad\u00e9quation de la conservation de l\u2019adresse IP, d\u00e8s lors qu\u2019il existe des m\u00e9thodes emp\u00eachant de remonter \u00e0 l\u2019utilisateur final via cette adresse. Enfin, l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 n\u2019impose aucune hi\u00e9rarchie entre les donn\u00e9es qu\u2019il vise, alors que certaines donn\u00e9es ne sont pas n\u00e9cessaires lorsque d\u2019autres sont d\u00e9j\u00e0 connues. Il se peut aussi que certaines donn\u00e9es ne soient plus exactes, par exemple en cas de changement d\u2019adresse. Au regard de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 viole le droit au respect de la vie priv\u00e9e et l\u2019article 5, paragraphe 1, c) et d), du RGPD.<br \/>\n       A.32.2. Dans une deuxi\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes affirment que l\u2019article 8 impose aux services de communication \u00e9lectronique gratuits tels que \u00ab Whatsapp \u00bb et \u00ab Skype \u00bb, en l\u2019absence de paiement ou<br \/>\n       27<br \/>\n       d\u2019utilisation d\u2019un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, de conserver l\u2019adresse IP, non seulement lors de la souscription ou de l\u2019activation, mais aussi l\u2019adresse IP \u00e0 la source de la connexion. Cette obligation implique une collecte et une conservation permanente des adresses IP de l\u2019utilisateur, ce qui entra\u00eene l\u2019identification de celui-ci, alors que rien ne d\u00e9montre la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une telle mesure, puisque les autorit\u00e9s disposent d\u00e9j\u00e0, via les op\u00e9rateurs de r\u00e9seau, des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source et peuvent, dans les cas o\u00f9 la conservation des donn\u00e9es de trafic est autoris\u00e9e, relier ces adresses IP au service de communications \u00e9lectroniques gratuit utilis\u00e9. Par ailleurs, les parties requ\u00e9rantes n\u2019aper\u00e7oivent pas pourquoi ces services sont ajout\u00e9s \u00e0 la d\u00e9finition d\u2019\u00ab op\u00e9rateurs \u00bb alors que de nombreux autres services en ligne n\u2019y sont pas inclus. Elles soutiennent que le crit\u00e8re permettant de d\u00e9terminer qui est un op\u00e9rateur n\u2019est pas clair, de sorte que le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9, lu en combinaison avec le principe de l\u00e9galit\u00e9, est viol\u00e9.<br \/>\n       A.32.3. Dans une troisi\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes all\u00e8guent que l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022 autorise l\u2019utilisation d\u2019une technologie de reconnaissance faciale, ce qui constitue une mesure extr\u00eamement intrusive pr\u00e9sentant des risques particuliers compte tenu de la sensibilit\u00e9 des donn\u00e9es concern\u00e9es. Or, il existe d\u2019autres solutions, autoris\u00e9es par la loi du 20 juillet 2022, comme l\u2019utilisation de la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique avec le code PIN. En outre, il n\u2019est pas r\u00e9aliste de parler de consentement explicite et inform\u00e9 de l\u2019utilisateur dans le contexte d\u2019un point de vente, tel qu\u2019il est exig\u00e9 par le RGPD. La loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas non plus de consentement \u00e9crit. Or, un consentement oral ne suffit pas en l\u2019esp\u00e8ce. Partant, selon les parties requ\u00e9rantes, la loi du 20 juillet 2022 viole l\u2019article 22 de la Constitution et les dispositions du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne cit\u00e9es au moyen.<br \/>\n       A.32.4. La quatri\u00e8me branche porte sur les cartes SIM int\u00e9gr\u00e9es dans les v\u00e9hicules. Selon les parties requ\u00e9rantes, l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022, en ce qu\u2019il pr\u00e9voit la conservation obligatoire du num\u00e9ro de ch\u00e2ssis si une carte SIM est int\u00e9gr\u00e9e dans un v\u00e9hicule, en guise d\u2019alternative aux autres m\u00e9thodes d\u2019identification, entra\u00eene le tra\u00e7age permanent d\u2019un v\u00e9hicule via la connexion internet, d\u00e8s lors que l\u2019utilisateur final du v\u00e9hicule n\u2019a que peu de contr\u00f4le sur la carte SIM et sur cette connexion internet. Or, rien ne d\u00e9montre que cette identification du v\u00e9hicule soit n\u00e9cessaire. Combin\u00e9e avec la conservation obligatoire des donn\u00e9es de localisation sur les autoroutes, la mesure est disproportionn\u00e9e.<br \/>\n       A.32.5. Dans une cinqui\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022, en ce qu\u2019il pr\u00e9voit la conservation de l\u2019adresse IP attribu\u00e9e \u00e0 la source et des donn\u00e9es d\u2019identification des \u00e9quipements terminaux pour un d\u00e9lai de douze ou six mois, est disproportionn\u00e9. Par ailleurs, l\u2019utilisation des donn\u00e9es n\u2019est pas limit\u00e9e aux objectifs fix\u00e9s par la Cour de justice, \u00e0 savoir la protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, la pr\u00e9vention de menaces graves pour la s\u00e9curit\u00e9 publique et la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une condition essentielle. En outre, la conservation des donn\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es n\u2019est pas strictement n\u00e9cessaire, d\u00e8s lors que d\u2019autres donn\u00e9es permettent d\u00e9j\u00e0 d\u2019identifier l\u2019utilisateur final.<br \/>\n       A.32.6. La sixi\u00e8me branche porte sur la pr\u00e9somption d\u2019innocence. Les parties requ\u00e9rantes affirment que l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022 instaure la pr\u00e9somption qu\u2019un service de communications \u00e9lectroniques est utilis\u00e9 par la personne identifi\u00e9e, applicable de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, y compris dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale et du droit p\u00e9nal. Selon elles, cette pr\u00e9somption est particuli\u00e8rement probl\u00e9matique dans une situation dans laquelle il existe d\u00e9j\u00e0 un doute raisonnable quant \u00e0 l\u2019utilisateur r\u00e9el d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques, ce qui est courant. En r\u00e9alit\u00e9, cette mesure a pour effet que l\u2019utilisateur final pr\u00e9sum\u00e9 doit fournir une preuve n\u00e9gative, \u00e0 savoir la preuve qu\u2019il n\u2019est pas la personne ayant effectu\u00e9 la transmission de donn\u00e9es, ce qui n\u2019est absolument pas r\u00e9aliste. Partant, l\u2019utilisateur final est en r\u00e9alit\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de fournir une preuve contraire, en violation du droit \u00e0 la pr\u00e9somption d\u2019innocence et \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes ajoutent que, contrairement \u00e0 ce que soutient le Conseil des ministres, le fait que le l\u00e9gislateur veuille faciliter l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 par la r\u00e9ception d\u2019un sms de l\u2019op\u00e9rateur lors de l\u2019utilisation d\u2019un service fixe d\u2019acc\u00e8s \u00e0 internet n\u2019est pas pertinent lorsque l\u2019op\u00e9rateur n\u2019intervient pas lui-m\u00eame dans la fourniture du service internet, par exemple dans un caf\u00e9 ou un restaurant.<br \/>\n       A.33. Les parties requ\u00e9rantes prennent un troisi\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29<br \/>\n       de la Constitution, lus en combinaison ou non ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi qu\u2019avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD.<br \/>\n       A.34.1. Dans une premi\u00e8re branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 ne respecte pas la jurisprudence de la Cour de justice selon laquelle il existe une stricte hi\u00e9rarchie des<br \/>\n       28<br \/>\n       finalit\u00e9s, \u00e9tant entendu que les donn\u00e9es collect\u00e9es pour la protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale ne peuvent pas \u00eatre utilis\u00e9es pour la lutte contre la criminalit\u00e9 grave. En effet, la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas, lors de la conservation, un compartimentage des donn\u00e9es fond\u00e9 sur le but poursuivi et elle n\u2019effectue pas non plus une telle distinction au moment l\u2019acc\u00e8s, de sorte que l\u2019article 13 est manifestement contraire aux dispositions cit\u00e9es au moyen.<br \/>\n       A.34.2. Les parties requ\u00e9rantes ajoutent que la d\u00e9finition de la \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb retenue \u00e0 l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 est trop \u00e9tendue et va au-del\u00e0 de ce qui est strictement n\u00e9cessaire, alors que cette d\u00e9finition a une incidence sur la possibilit\u00e9 d\u2019avoir acc\u00e8s aux donn\u00e9es de trafic et de localisation conserv\u00e9es.<br \/>\n       A.34.3. Par ailleurs, les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que les articles 5 et 6 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       instaurent une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e dans le cadre de laquelle certaines autorit\u00e9s se voient octroyer un acc\u00e8s \u00ab dans le cadre de leurs missions \u00bb. Cette obligation est d\u00e9limit\u00e9e dans des termes trop vagues et trop larges. \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019article 13 de la loi autorise un acc\u00e8s pour d\u2019autres finalit\u00e9s que celles qu\u2019a accept\u00e9es la Cour de justice, \u00e0 savoir la d\u00e9tection et la lutte contre la fraude et les utilisations malveillantes du r\u00e9seau ou du service. Le principe de pr\u00e9visibilit\u00e9 est viol\u00e9, d\u00e8s lors qu\u2019un acc\u00e8s est possible, notamment, pour la pr\u00e9vention de menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux de personnes physiques et pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019un fait qui rel\u00e8ve de la criminalit\u00e9 grave. Dans ce cadre, les comp\u00e9tences des autorit\u00e9s vis\u00e9es ne sont pas d\u00e9limit\u00e9es, de sorte que leurs pouvoirs apparaissent comme \u00e9tant relativement larges.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes affirment que la liste des autorit\u00e9s qui peuvent avoir acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 8 et 12 de la loi du 20 juillet 2022, \u00e9tablie \u00e0 l\u2019article 13 de cette loi, est particuli\u00e8rement longue et comprend des entit\u00e9s comp\u00e9tentes pour la d\u00e9tection d\u2019infractions p\u00e9nales qui ne rel\u00e8vent pas de la criminalit\u00e9 grave, contrairement \u00e0 ce qui est exig\u00e9 par la Cour de justice. Partant, les dispositions cit\u00e9es au moyen sont viol\u00e9es.<br \/>\n       A.34.4. En ce qui concerne les autorit\u00e9s ayant acc\u00e8s aux donn\u00e9es de trafic et de localisation conserv\u00e9es en vertu des articles 9 et 11 de la loi du 20 juillet 2022, fix\u00e9es \u00e0 l\u2019article 13 de cette loi, les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent qu\u2019il n\u2019est pas tenu compte de la hi\u00e9rarchie exig\u00e9e par la Cour de justice en ce qui concerne les finalit\u00e9s, de sorte que les donn\u00e9es peuvent \u00eatre utilis\u00e9es \u00e0 des fins de moindre importance que celle pour laquelle la conservation est autoris\u00e9e, ce qui appara\u00eet contraire aux dispositions du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne vis\u00e9es au moyen ainsi qu\u2019au droit au respect de la vie priv\u00e9e.<br \/>\n       A.35. Dans une deuxi\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que les griefs dirig\u00e9s contre l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 valent aussi pour les modalit\u00e9s sp\u00e9cifiques d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es pr\u00e9vues sur la base de cette disposition, \u00e9num\u00e9r\u00e9es aux chapitres 3 \u00e0 10 de cette loi. En effet, ces modalit\u00e9s sont trop larges et ne pr\u00e9voient pas les garanties proc\u00e9durales n\u00e9cessaires, comme un contr\u00f4le ind\u00e9pendant au moment de l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es sensibles telles que les adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source. Ce n\u2019est que dans certains cas que l\u2019intervention d\u2019un juge d\u2019instruction ou d\u2019un organe administratif ind\u00e9pendant est pr\u00e9vue en ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es de trafic et de localisation. Partant, ces modalit\u00e9s sp\u00e9cifiques d\u2019acc\u00e8s, pr\u00e9vues aux articles 21, 24, 26, 27, 28, 33, 34, 35, 37, 40, 41, 42 et 44 de la loi du 20 juillet 2022, sont contraires aux dispositions du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne cit\u00e9es au moyen, au droit au respect de la vie priv\u00e9e et au droit d\u2019acc\u00e8s au juge en ce qu\u2019elles ne r\u00e9pondent pas \u00e0 la condition de pr\u00e9visibilit\u00e9 et de l\u00e9galit\u00e9.<br \/>\n       A.36. La troisi\u00e8me branche est consacr\u00e9e en particulier \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es des avocats, des m\u00e9decins et des journalistes. Les parties requ\u00e9rantes soutiennent que, hormis dans le cadre de l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022, il n\u2019existe pas de protection particuli\u00e8re pour ces professions, et ce, m\u00eame dans le cas pour lequel cette loi pr\u00e9voit l\u2019intervention d\u2019un juge d\u2019instruction. En d\u00e9coule une violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 au regard de la nature particuli\u00e8re de ces groupes professionnels. En effet, les donn\u00e9es couvertes par le secret professionnel ou par le secret des sources journalistiques sont trait\u00e9es exactement de la m\u00eame mani\u00e8re que celles des autres personnes.<br \/>\n       Compte tenu de la protection particuli\u00e8re dont b\u00e9n\u00e9ficient ces groupes professionnels eu \u00e9gard au droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable, au droit au respect de la vie priv\u00e9e, \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression et \u00e0 la libert\u00e9 de presse, il y a lieu de pr\u00e9voir des garanties ad\u00e9quates pour ne permettre que l\u2019acc\u00e8s strictement n\u00e9cessaire. Par ailleurs, les donn\u00e9es de ces groupes professionnels sont trait\u00e9es diff\u00e9remment selon que l\u2019acc\u00e8s s\u2019effectue sur le fondement de l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022 ou non, ce qui constitue \u00e9galement une violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9. Pour le surplus, les parties requ\u00e9rantes pr\u00e9cisent que les d\u00e9veloppements relatifs aux donn\u00e9es des avocats, des m\u00e9decins et des journalistes, expos\u00e9s dans la septi\u00e8me branche du premier moyen, valent mutatis mutandis dans le cadre de la troisi\u00e8me branche du troisi\u00e8me moyen, cette fois en ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es.<br \/>\n       29<br \/>\n       A.37. Le quatri\u00e8me moyen est pris de la violation des articles 10, 11, 13 et 22 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne ainsi qu\u2019avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD. Selon les parties requ\u00e9rantes, en application de la directive (UE) 2016\/680 et de la jurisprudence de la Cour de justice, le droit interne doit pr\u00e9voir une notification \u00e0 l\u2019utilisateur dont les donn\u00e9es de trafic et de localisation ont \u00e9t\u00e9 consult\u00e9es par les autorit\u00e9s charg\u00e9es d\u2019enqu\u00eates p\u00e9nales. La loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas une telle notification et, partant, rend l\u2019introduction d\u2019un recours effectif illusoire. L\u2019article 13 de la Constitution et les articles 6 et 13 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme sont donc viol\u00e9s.<br \/>\n       Par ailleurs, le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination est \u00e9galement viol\u00e9 d\u00e8s lors qu\u2019une personne qui fait l\u2019objet d\u2019autres mesures violant les droits fondamentaux sait qu\u2019elle en fait l\u2019objet et peut donc s\u2019y opposer.<br \/>\n       Pour le surplus, les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent que la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas non plus de notification en dehors d\u2019une enqu\u00eate p\u00e9nale, d\u2019une part, et qu\u2019en ce qui concerne de nombreuses modalit\u00e9s de consultation organis\u00e9es par cette loi, il n\u2019est pas pr\u00e9vu que la consultation fasse l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le ind\u00e9pendant, d\u2019autre part. La loi du 20 juillet 2022 viole donc le droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice et la facult\u00e9 de faire usage d\u2019un recours effectif.<br \/>\n       A.38. Les parties requ\u00e9rantes prennent un cinqui\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29<br \/>\n       de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14, 15, 17 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi qu\u2019avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD. Elles soutiennent que l\u2019interdiction, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022, pour les op\u00e9rateurs d\u2019avoir recours \u00e0 la cryptographie si celle-ci emp\u00eache l\u2019identification de l\u2019utilisateur final ou la d\u00e9tection ou la localisation d\u2019une communication constitue une ing\u00e9rence disproportionn\u00e9e dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e des int\u00e9ress\u00e9s et va au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique. Une telle interdiction n\u2019est pas n\u00e9cessaire et les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes disposent en outre de nombreuses autres possibilit\u00e9s pour rep\u00e9rer une communication et identifier des utilisateurs, qui sont moins drastiques qu\u2019une interdiction g\u00e9n\u00e9rale pour l\u2019op\u00e9rateur. L\u2019interdiction de la cryptographie rend les donn\u00e9es accessibles, alors qu\u2019une donn\u00e9e crypt\u00e9e n\u2019est pas une donn\u00e9e ill\u00e9gale par d\u00e9finition. Ainsi, des donn\u00e9es qui ne concernent pas les pouvoirs publics deviennent \u00e9galement accessibles. Une telle interdiction a \u00e9galement des cons\u00e9quences pour tous les utilisateurs de l\u2019op\u00e9rateur, \u00e9tant donn\u00e9 que celui-ci devra opter pour une technologie de s\u00e9curisation plus faible afin de pouvoir satisfaire aux demandes des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes.<br \/>\n       A.39. Enfin, les parties requ\u00e9rantes prennent un sixi\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 22 et 29<br \/>\n       de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14, 15, 17 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte et avec la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       Elles all\u00e8guent que les mesures pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 4, \u00a7 2, de la loi du 20 juillet 2022 peuvent \u00eatre mises en \u0153uvre pour des finalit\u00e9s qui d\u00e9passent le simple bon fonctionnement des services de communications \u00e9lectroniques, notamment \u00e0 des fins de censure. Or, le l\u00e9gislateur n\u2019a pr\u00e9vu aucune \u00e9valuation par un organe ind\u00e9pendant, ni aucun crit\u00e8re d\u2019\u00e9valuation clair. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019op\u00e9rateur se voit confier tout le soin d\u2019\u00e9valuer s\u2019il est satisfait \u00e0 la d\u00e9finition de \u00ab fraude \u00bb ou d\u2019\u00ab utilisateur malveillant du r\u00e9seau ou du service \u00bb et de jauger l\u2019ad\u00e9quation et la proportionnalit\u00e9 d\u2019une mesure. La d\u00e9finition d\u2019\u00ab utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service \u00bb est en outre bien trop large, d\u00e8s lors qu\u2019elle comprend toute utilisation d\u2019un r\u00e9seau ou service de communications \u00e9lectroniques aux fins de \u00ab provoquer des dommages \u00bb. Une telle d\u00e9finition ouvre la porte \u00e0 la censure et permet de bloquer, sans contr\u00f4le judiciaire, des opinions jug\u00e9es nuisibles. Partant, l\u2019article 4 de la loi du 20 juillet 2022 viole la libert\u00e9 d\u2019expression et d\u2019information.<br \/>\n       En ce qui concerne la position du Conseil des ministres<br \/>\n       Affaire n\u00b0 7907<br \/>\n       A.40.1. En ce qui concerne les premi\u00e8re et deuxi\u00e8me branches du moyen unique, le Conseil des ministres soutient que l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 limite drastiquement l\u2019ing\u00e9rence dans le secret<br \/>\n       30<br \/>\n       professionnel de l\u2019avocat. Il pr\u00e9cise que la mesure vis\u00e9e par cette disposition consiste en l\u2019acc\u00e8s, ordonn\u00e9 par le juge d\u2019instruction, aux m\u00e9tadonn\u00e9es relatives au moyen de communication \u00e9lectronique d\u00e9tenu par un avocat ou par un m\u00e9decin. Cette mesure ne peut \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e que si l\u2019avocat ou le m\u00e9decin est lui-m\u00eame soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir commis ou particip\u00e9 \u00e0 une infraction grave vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 88bis, \u00a7 1er, du Code d\u2019instruction criminelle, ou si des faits pr\u00e9cis laissent pr\u00e9sumer que des tiers soup\u00e7onn\u00e9s d\u2019avoir commis une telle infraction utilisent le moyen de communication concern\u00e9. En ce qui concerne les avocats, le b\u00e2tonnier est syst\u00e9matiquement averti de la mesure.<br \/>\n       Le Conseil des ministres ajoute que l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 ne suppose aucun concours actif de l\u2019avocat et ne porte pas sur le contenu des communications, mais uniquement sur les m\u00e9tadonn\u00e9es relatives au moyen de communication concern\u00e9.<br \/>\n       En outre, le Conseil des ministres consid\u00e8re que l\u2019ing\u00e9rence dans le secret professionnel de l\u2019avocat est justifi\u00e9e au regard d\u2019objectifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9cis et document\u00e9s dans les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022. En effet, celle-ci poursuit un objectif de protection des citoyens, en ce compris des avocats, eu \u00e9gard au tournant num\u00e9rique que prend la soci\u00e9t\u00e9, qui rejaillit sur les formes les plus graves de criminalit\u00e9 et d\u2019atteintes \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Il s\u2019agit d\u2019objectifs l\u00e9gitimes. Dans ce cadre, l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 n\u2019autorise l\u2019acc\u00e8s aux m\u00e9tadonn\u00e9es que dans des hypoth\u00e8ses d\u2019infractions consid\u00e9r\u00e9es comme relevant de la criminalit\u00e9 grave.<br \/>\n       A.40.2. Selon le Conseil des ministres, l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 par la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7907 est erron\u00e9e, d\u00e8s lors que cette disposition vise les moyens de communications des avocats dans leur globalit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la fois comme \u00e9metteurs et comme r\u00e9cepteurs des communications \u00e9lectroniques, ainsi qu\u2019il est pr\u00e9cis\u00e9 dans les travaux pr\u00e9paratoires. Partant, les deux premi\u00e8res branches du moyen unique reposent sur une interpr\u00e9tation erron\u00e9e de la disposition attaqu\u00e9e et ne sont pas fond\u00e9es.<br \/>\n       Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 il existerait un doute quant \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation correcte \u00e0 conf\u00e9rer \u00e0 l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022, il revient \u00e0 la Cour d\u2019acter une interpr\u00e9tation de cette disposition qui soit conforme aux dispositions cit\u00e9es au moyen.<br \/>\n       A.40.3. Le Conseil des ministres ajoute que l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 est une forme classique, ad\u00e9quate et proportionn\u00e9e de disposition protectrice du secret professionnel des avocats. Elle emprunte d\u2019ailleurs une formulation comparable \u00e0 d\u2019autres dispositions du Code d\u2019instruction criminelle visant \u00e0 prot\u00e9ger le secret professionnel de l\u2019avocat, lesquelles ont d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 valid\u00e9es par la Cour constitutionnelle, \u00e0 savoir les articles 39bis, \u00a7 9, 56bis, \u00a7 3, et 90octies de ce Code, qui se focalisent sur les outils professionnels de l\u2019avocat, comme les moyens de communication, les syst\u00e8mes informatiques, les locaux ou les r\u00e9sidences, plut\u00f4t que sur les interactions des clients avec ces outils. De mani\u00e8re similaire au syst\u00e8me pr\u00e9vu par ces dispositions, la protection sp\u00e9cifique pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 ne remet pas en cause le secret professionnel qui attach\u00e9 aux m\u00e9tadonn\u00e9es relatives \u00e0 d\u2019autres outils de communication, par exemple ceux qui sont d\u00e9tenus par le client lui-m\u00eame. Dans le cadre de l\u2019instruction, il appartient au juge d\u2019instruction de trier les m\u00e9tadonn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es relativement \u00e0 d\u2019autres outils de communication, pour \u00e9carter les donn\u00e9es prot\u00e9g\u00e9es par le secret professionnel de l\u2019avocat.<br \/>\n       Le Conseil des ministres rappelle que la protection proc\u00e9durale sp\u00e9cifique mise en place a priori par l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 ne vise que les moyens de communication d\u00e9tenus par les avocats, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que ceux-ci sont d\u00e9positaires du secret professionnel en vertu de l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal, qu\u2019ils entretiennent une relation de confiance avec leurs clients et qu\u2019ils rel\u00e8vent d\u2019instances organis\u00e9es par la loi charg\u00e9es de veiller au respect de la d\u00e9ontologie professionnelle. \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019intervention obligatoire du b\u00e2tonnier, pr\u00e9vue par la disposition attaqu\u00e9e, constitue une garantie importante du secret professionnel de l\u2019avocat.<br \/>\n       A.40.4. Le Conseil des ministres ajoute que les \u00e9l\u00e9ments prot\u00e9g\u00e9s par le secret professionnel ne sont pas consign\u00e9s au proc\u00e8s-verbal. Ces \u00e9l\u00e9ments ne sont pas d\u00e9truits imm\u00e9diatement, mais conserv\u00e9s d\u00e8s lors que la mise en balance entre les int\u00e9r\u00eats prot\u00e9g\u00e9s par le secret professionnel et ceux qui pourraient lui \u00eatre sup\u00e9rieurs est une analyse essentiellement casuistique, comme il ressort de la jurisprudence de la Cour et de celle de la Cour de cassation. La suppression d\u00e9finitive des donn\u00e9es conserv\u00e9es ne survient qu\u2019\u00e0 la fin des diff\u00e9rentes dur\u00e9es de conservation \u00e9tablies dans la loi du 20 juillet 2022. Par ailleurs, la disposition attaqu\u00e9e pr\u00e9voit l\u2019intervention syst\u00e9matique du juge d\u2019instruction, ce qui est conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice.<br \/>\n       A.41.1. En ce qui concerne les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me branches, le Conseil des ministres estime tout d\u2019abord que la conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es relatives au moyen de communication des avocats n\u2019implique pas<br \/>\n       31<br \/>\n       d\u2019ing\u00e9rence dans le secret professionnel. En r\u00e9alit\u00e9, l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone confond la conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces donn\u00e9es. Selon le Conseil des ministres, il faut distinguer la protection accord\u00e9e au secret professionnel de l\u2019avocat et la protection de la vie priv\u00e9e des individus. En ce qui concerne le secret professionnel, seul l\u2019acc\u00e8s aux m\u00e9tadonn\u00e9es est susceptible d\u2019engendrer une ing\u00e9rence concr\u00e8te, contrairement \u00e0 la conservation des donn\u00e9es, qui appara\u00eet comme \u00e9tant neutre vis-\u00e0-vis du secret professionnel, d\u00e8s lors que les donn\u00e9es sont stock\u00e9es par les op\u00e9rateurs qui ignorent l\u2019activit\u00e9 professionnelle de leurs abonn\u00e9s.<br \/>\n       Par ailleurs, la loi du 20 juillet 2022 \u00e9rige en infraction p\u00e9nale tout acc\u00e8s non autoris\u00e9 aux m\u00e9tadonn\u00e9es conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs en vertu de cette loi.<br \/>\n       A.41.2. Selon le Conseil des ministres, la mise en place d\u2019un filtre pr\u00e9ventif, tel qu\u2019il est \u00e9voqu\u00e9 par l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone, serait impraticable, contre-productive et potentiellement discriminatoire, outre qu\u2019il n\u2019appartient pas \u00e0 la Cour de se substituer au l\u00e9gislateur sur l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019une mesure l\u00e9gislative, qui rel\u00e8ve du choix politique du l\u00e9gislateur. En effet, un tel syst\u00e8me entra\u00eenerait des difficult\u00e9s techniques de mise en \u0153uvre, qui ressortent des travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022. Les bases de donn\u00e9es des op\u00e9rateurs devraient \u00eatre obligatoirement li\u00e9es \u00e0 la qualit\u00e9 professionnelle des avocats, ce qui obligerait tous les avocats \u00e0 disposer d\u2019une ligne t\u00e9l\u00e9phonique professionnelle. Les op\u00e9rateurs seraient par ailleurs oblig\u00e9s d\u2019interroger leurs clients professionnels afin de d\u00e9terminer leurs activit\u00e9s et de v\u00e9rifier cette information aupr\u00e8s de l\u2019ordre professionnel concern\u00e9. En outre, la liste des avocats change constamment au gr\u00e9 des nouvelles arriv\u00e9es au barreau, des radiations et des d\u00e9parts en retraite, ce qui exigerait une mise \u00e0 jour continue qui engendrerait une charge de travail impraticable pour les op\u00e9rateurs et pour les ordres professionnels concern\u00e9s.<br \/>\n       Pour les adresses IP, le filtrage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e serait inop\u00e9rant, d\u00e8s lors que la plupart de celles-ci sont des adresses dynamiques dont l\u2019attribution varie constamment. D\u2019autres difficult\u00e9s \u00e9mergeraient lorsque les personnes en communication sont abonn\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019op\u00e9rateurs diff\u00e9rents, qui devraient s\u2019\u00e9changer en permanence des donn\u00e9es pour identifier quelles donn\u00e9es conserver. Les avocats inscrits aux barreaux \u00e9trangers mais s\u00e9journant \u00e0 Bruxelles ne seraient quant \u00e0 eux pas couverts par le filtre \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, ce qui cr\u00e9erait une discrimination entre les avocats inscrits \u00e0 un barreau belge et les autres avocats, alors que tous sont pourtant tenus au secret professionnel.<br \/>\n       Le Conseil des ministres ajoute que ce filtre serait contre-productif, d\u00e8s lors qu\u2019il impliquerait d\u2019identifier d\u2019entr\u00e9e de jeu les avocats dans les bases de donn\u00e9es constitu\u00e9es en application de la loi, ce qui permettrait de tirer syst\u00e9matiquement des conclusions \u00e0 partir des m\u00e9tadonn\u00e9es des clients. Enfin, d\u2019un point de vue juridique, ce syst\u00e8me aurait pour effet de transformer le devoir attach\u00e9 au secret professionnel en un privil\u00e8ge pour l\u2019avocat, ainsi que pour les personnes qui parviendraient \u00e0 d\u00e9tourner les moyens de communication d\u00e9tenus par un avocat.<br \/>\n       En effet, les m\u00e9tadonn\u00e9es seraient de toute fa\u00e7on immunis\u00e9es, m\u00eame si le moyen de communication \u00e9tait utilis\u00e9 \u00e0 des fins criminelles. En r\u00e9alit\u00e9, la conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es de l\u2019avocat est \u00e9galement susceptible de prot\u00e9ger celui-ci, puisqu\u2019une proc\u00e9dure sp\u00e9cifique d\u2019acc\u00e8s aux m\u00e9tadonn\u00e9es conserv\u00e9es est pr\u00e9vue en cas de disparition inqui\u00e9tante d\u2019une personne dont il existe des indices s\u00e9rieux portant \u00e0 croire que son int\u00e9grit\u00e9 physique se trouve en danger imminent, ce qui peut \u00eatre le cas d\u2019un avocat.<br \/>\n       A.41.3. Le Conseil des ministres ajoute par ailleurs que la loi du 20 juillet 2022 met en place une conservation cibl\u00e9e des m\u00e9tadonn\u00e9es, justifi\u00e9e par les objectifs poursuivis et conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour. En effet, si la conservation des donn\u00e9es est cibl\u00e9e sur la base de crit\u00e8res g\u00e9ographiques, l\u2019acc\u00e8s aux m\u00e9tadonn\u00e9es est strictement encadr\u00e9 par l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022. L\u2019expos\u00e9 des motifs de cette loi pr\u00e9cise par ailleurs de mani\u00e8re transparente pourquoi la conservation ne peut \u00eatre cibl\u00e9e que sur la base de crit\u00e8res g\u00e9ographiques. Le Conseil des ministres pr\u00e9cise en outre que, par l\u2019adoption de la loi du 20 juillet 2022, le l\u00e9gislateur exerce la marge d\u2019appr\u00e9ciation que lui reconna\u00eet la jurisprudence europ\u00e9enne en mati\u00e8re de protection des donn\u00e9es, en prenant soin de se conformer aux indications fournies par cette jurisprudence. C\u2019est notamment le cas de l\u2019utilisation des crit\u00e8res g\u00e9ographiques pr\u00e9cit\u00e9s, qui renvoient \u00e0 cinq cat\u00e9gories de lieux, correspondant \u00e0 des cat\u00e9gories mises en \u00e9vidence par la Cour de justice elle-m\u00eame. Il s\u2019agit des zones caract\u00e9ris\u00e9es par un taux important de criminalit\u00e9 grave, par un niveau de menace grave, par une exposition particuli\u00e8re \u00e0 la criminalit\u00e9 grave, par une menace grave potentielle pour les int\u00e9r\u00eats vitaux du pays ou pour les besoins essentiels de la population, et par une menace potentielle grave pour les int\u00e9r\u00eats des institutions internationales \u00e9tablies sur le territoire national. Le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es est par ailleurs adapt\u00e9 au degr\u00e9 d\u2019intensit\u00e9 de la criminalit\u00e9 dans chaque zone. Ces choix sont justifi\u00e9s dans les travaux pr\u00e9paratoires au moyen d\u2019exemples concrets et prenant comme r\u00e9f\u00e9rence la jurisprudence de la Cour et celle de la Cour de justice. En toute hypoth\u00e8se, la partie requ\u00e9rante ne d\u00e9montre pas en quoi la marge d\u2019appr\u00e9ciation reconnue par la jurisprudence de la Cour de<br \/>\n       32<br \/>\n       justice aurait \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e ni en quoi la justification minutieuse de la mesure serait entach\u00e9e d\u2019erreurs ou de lacunes.<br \/>\n       Le Conseil des ministres souligne que la loi du 20 juillet 2022 proc\u00e8de d\u2019un \u00e9quilibre complexe r\u00e9alis\u00e9 par le l\u00e9gislateur, notamment sur le plan technique. Cette complexit\u00e9 est confirm\u00e9e par l\u2019entr\u00e9e en vigueur diff\u00e9r\u00e9e pr\u00e9vue par l\u2019article 45, alin\u00e9a 1er, de cette loi, qui t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9quilibre trouv\u00e9 par le l\u00e9gislateur entre diff\u00e9rents int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes, \u00e0 savoir la protection de l\u2019\u00c9tat et de ses citoyens, le respect de la vie priv\u00e9e et les capacit\u00e9s techniques des op\u00e9rateurs. Le Conseil des ministres rappelle par ailleurs que la Cour n\u2019exerce pas de contr\u00f4le juridictionnel sur le contenu des travaux pr\u00e9paratoires ni sur le processus d\u2019\u00e9laboration de la loi. En outre, l\u2019appr\u00e9ciation des dispositifs techniques envisageables rel\u00e8ve de la marge d\u2019appr\u00e9ciation du pouvoir l\u00e9gislatif, en particulier dans les domaines techniquement complexes.<br \/>\n       Affaires nos 7929, 7930, 7931 et 7932<br \/>\n       La conservation des donn\u00e9es<br \/>\n       A.42.1. En ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes \u00e0 propos de la conservation des donn\u00e9es, le Conseil des ministres soutient que les articles 8 et 12 de la loi du 20 juillet 2022, qui imposent aux op\u00e9rateurs de conserver les donn\u00e9es d\u2019identification des utilisateurs finaux pendant une p\u00e9riode de douze mois, d\u2019identifier les abonn\u00e9s et de conserver certaines donn\u00e9es permettant d\u2019identifier ceux-ci, sont proportionn\u00e9s. Selon lui, il n\u2019est pas toujours facile, en pratique, d\u2019identifier un utilisateur final, un \u00e9quipement ou un service, de sorte qu\u2019il est parfois n\u00e9cessaire de conserver des donn\u00e9es compl\u00e9mentaires ou de croiser des donn\u00e9es pour obtenir une identification exacte au sens de l\u2019article 5, paragraphe 1, d), du RGPD, comme le pr\u00e9cisent les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022. Par ailleurs, il est essentiel que les op\u00e9rateurs conservent suffisamment de donn\u00e9es d\u2019identification pour permettre aux autorit\u00e9s d\u2019identifier rapidement, pr\u00e9cis\u00e9ment et sans erreur les personnes, \u00e9quipements ou services qui pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat pour l\u2019enqu\u00eate. \u00c0 cet \u00e9gard, chaque type de donn\u00e9e d\u2019identification a fait l\u2019objet d\u2019une justification minutieuse dans les travaux pr\u00e9paratoires. Par ailleurs, la liste des donn\u00e9es vis\u00e9es est issue d\u2019une consultation publique et des apports techniques des op\u00e9rateurs. En outre, les bases de donn\u00e9es sont r\u00e9alis\u00e9es de mani\u00e8re automatis\u00e9e en application de l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022, ce qui ne permet de tenir compte de chaque cas individuel qu\u2019au seul stade de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une donn\u00e9e conserv\u00e9e. Pour le surplus, il revient au Roi de pr\u00e9ciser les donn\u00e9es vis\u00e9es, dans le respect du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018, afin d\u2019adapter les bases de donn\u00e9es aux \u00e9volutions techniques \u00e0 venir.<br \/>\n       Au sujet de la p\u00e9riode de douze mois de conservation des donn\u00e9es, le Conseil des ministres soutient que cette dur\u00e9e est justifi\u00e9e dans les travaux pr\u00e9paratoires et que ce d\u00e9lai g\u00e9n\u00e9rique est assorti de nuances afin de correspondre aux r\u00e9alit\u00e9s techniques auxquelles sont confront\u00e9s les op\u00e9rateurs. Partant, le l\u00e9gislateur a pris soin de fixer des d\u00e9lais correspondant \u00e0 ses besoins en ce qui concerne les finalit\u00e9s poursuivies.<br \/>\n       A.42.2. \u00c0 propos de la critique relative \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tendre l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es aux op\u00e9rateurs tels que \u00ab WhatsApp \u00bb ou \u00ab Skype \u00bb, le Conseil des ministres rel\u00e8ve qu\u2019en vertu de la directive (UE) 2018\/1972 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 11 d\u00e9cembre 2018 \u00ab \u00e9tablissant le code des communications \u00e9lectroniques europ\u00e9en (refonte) \u00bb, certains services fournis par ces op\u00e9rateurs sont d\u00e9sormais inclus dans la d\u00e9finition de \u00ab services de communications \u00e9lectroniques \u00bb, de sorte que ceux-ci ont la qualit\u00e9 d\u2019op\u00e9rateur au m\u00eame titre que les op\u00e9rateurs traditionnels. En r\u00e9alit\u00e9, les parties requ\u00e9rantes critiquent la d\u00e9finition m\u00eame et non la loi du 20 juillet 2022. En toute hypoth\u00e8se, d\u00e8s lors que les entreprises pr\u00e9cit\u00e9es fournissent des services de communications \u00e9lectroniques, il est justifi\u00e9, dans le respect des principes d\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement, de non-discrimination et de neutralit\u00e9 technologique, de traiter celles-ci de la m\u00eame mani\u00e8re que les fournisseurs de services de communications traditionnels en ce qui concerne la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification, d\u2019autant que les personnes faisant l\u2019objet d\u2019enqu\u00eates utilisent de plus en plus les services des \u00ab nouveaux \u00bb op\u00e9rateurs.<br \/>\n       A.42.3. Le Conseil des ministres observe, au sujet de la critique relative \u00e0 l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022, qui permet \u00e0 un op\u00e9rateur d\u2019identifier un de ses abonn\u00e9s via la carte SIM embarqu\u00e9e dans un v\u00e9hicule, que cette disposition n\u2019autorise aucunement le tra\u00e7age des personnes. Il ne s\u2019agit que d\u2019une mani\u00e8re de retrouver l\u2019identit\u00e9 du conducteur principal du v\u00e9hicule, qui est minutieusement justifi\u00e9e dans les travaux pr\u00e9paratoires, ce qui atteste d\u2019une mise en balance effective des int\u00e9r\u00eats op\u00e9r\u00e9e sur ce point pr\u00e9cis. Le Conseil des ministres ajoute<br \/>\n       33<br \/>\n       que cette mesure est autoris\u00e9e par la jurisprudence de la Cour de justice, d\u00e8s lors qu\u2019elle ne permet pas concr\u00e8tement de d\u00e9duire des informations relatives aux communications effectu\u00e9es par le conducteur.<br \/>\n       A.42.4. Selon le Conseil des ministres, l\u2019identification de l\u2019adresse IP source, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022, est conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice. Par ailleurs, la n\u00e9cessit\u00e9 de conserver l\u2019identifiant de l\u2019\u00e9quipement terminal de l\u2019utilisateur final, notamment l\u2019identit\u00e9 internationale d\u2019\u00e9quipement mobile, l\u2019identifiant permanent de l\u2019\u00e9quipement et l\u2019adresse du contr\u00f4leur d\u2019acc\u00e8s au r\u00e9seau, vis\u00e9s par l\u2019article 8<br \/>\n       de cette loi, fait l\u2019objet d\u2019un expos\u00e9 pr\u00e9cis dans les travaux pr\u00e9paratoires. La conservation de ces donn\u00e9es est en outre encadr\u00e9e par l\u2019article 13 de la loi.<br \/>\n       A.42.5. Par ailleurs, la Cour a d\u00e9j\u00e0, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 158\/2021 du 18 novembre 2021<br \/>\n       (ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.158), r\u00e9pondu aux critiques relatives \u00e0 la pr\u00e9somption d\u2019utilisation par la personne identifi\u00e9e, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022. En effet, dans le cadre de l\u2019utilisation du r\u00e9seau wifi, l\u2019abonn\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur peut renverser la pr\u00e9somption pr\u00e9vue dans cette disposition en d\u00e9montrant qu\u2019il n\u2019est pas le seul utilisateur de ce r\u00e9seau. En ce qui concerne plus sp\u00e9cifiquement les services fixes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 internet utilis\u00e9s par des personnes physiques en dehors de leur lieu de r\u00e9sidence et de leur lieu d\u2019exercice d\u2019activit\u00e9 professionnelle, comme les services de communications \u00e9lectroniques offerts gratuitement \u00e0 l\u2019aide de bornes wifi, le l\u00e9gislateur entend faciliter l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9, notamment par la r\u00e9ception d\u2019un SMS de l\u2019op\u00e9rateur. Enfin, quant \u00e0 la critique relative \u00e0 l\u2019utilisation d\u2019une borne wifi \u00e0 l\u2019insu de l\u2019abonn\u00e9, le Conseil des ministres pr\u00e9cise qu\u2019il incombe \u00e0 celui-ci de prendre les mesures ad\u00e9quates et n\u00e9cessaires pour emp\u00eacher de telles intrusions. Aucune violation de la pr\u00e9somption d\u2019innocence ou des droits de la d\u00e9fense ne ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de.<br \/>\n       A.42.6. Le Conseil des ministres observe, au sujet des critiques g\u00e9n\u00e9rales relatives \u00e0 la conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es, que l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 vise \u00e0 lutter contre la fraude et l\u2019utilisation malveillante des r\u00e9seaux ainsi qu\u2019\u00e0 permettre la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement des r\u00e9seaux. Pour ce faire, il impose notamment la conservation de certaines m\u00e9tadonn\u00e9es jug\u00e9es n\u00e9cessaires, ce qui suppose que les op\u00e9rateurs r\u00e9alisent une mise en balance des int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence dans chaque cas de conservation, ainsi qu\u2019il ressort des travaux pr\u00e9paratoires. En effet, dans le cadre de la lutte contre la fraude et l\u2019utilisation malveillante de r\u00e9seaux, les op\u00e9rateurs sont les mieux plac\u00e9s pour examiner concr\u00e8tement la n\u00e9cessit\u00e9 de conserver des m\u00e9tadonn\u00e9es dans le cadre des objectifs pr\u00e9vus par le l\u00e9gislateur. Le caract\u00e8re n\u00e9cessaire de cette mesure a par ailleurs \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9 avec pr\u00e9cision dans les travaux pr\u00e9paratoires. Un test de n\u00e9cessit\u00e9 est du reste pr\u00e9vu en amont de la conservation effectu\u00e9e par les op\u00e9rateurs. Enfin, l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 ne fait nullement double emploi avec l\u2019article 107\/2 de la loi du 13 juin 2005, d\u00e8s lors que l\u2019articulation entre ces dispositions fait l\u2019objet d\u2019une explication dans les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022. En r\u00e9alit\u00e9, celles-ci sont compl\u00e9mentaires, d\u00e8s lors que l\u2019article 107\/2 de la loi du 13 juin 2005 oblige les op\u00e9rateurs \u00e0 prendre les mesures n\u00e9cessaires pour g\u00e9rer le risque en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9seaux et des services, tandis que l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       permet aux op\u00e9rateurs de collecter et de conserver des donn\u00e9es de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019obligation l\u00e9gale pr\u00e9cit\u00e9e.<br \/>\n       En effet, l\u2019article 107\/2 de la loi du 13 juin 2005, pris isol\u00e9ment, ne constitue pas une base l\u00e9gale suffisante pour permettre le traitement et la conservation des donn\u00e9es vis\u00e9es, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une ing\u00e9rence dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e et compte tenu de la protection particuli\u00e8re dont b\u00e9n\u00e9ficient les donn\u00e9es de trafic et de localisation. Autrement dit, sans l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022, les op\u00e9rateurs ne seraient pas en mesure de collecter et de conserver lesdites donn\u00e9es de mani\u00e8re conforme \u00e0 la directive 2002\/58\/CE, qui est moins flexible et plus stricte que le RGPD, par rapport auquel elle constitue une lex specialis. Les droits et libert\u00e9s des personnes concern\u00e9es ne sont donc nullement amoindris par l\u2019adoption de l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       A.42.7. Au sujet de la pr\u00e9visibilit\u00e9 et du contr\u00f4le de l\u00e9galit\u00e9 de la conservation et de l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es de trafic et de localisation requis par les services de renseignement, le Conseil des ministres soutient que l\u2019article 34<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022 met scrupuleusement en \u0153uvre la jurisprudence de la Cour de justice relative \u00e0 la directive 2002\/58\/CE. Il ressort d\u2019ailleurs des concepts juridiques utilis\u00e9s par l\u2019article 34 pr\u00e9cit\u00e9 que la pr\u00e9visibilit\u00e9 de la mesure est garantie et que, dans chaque situation de menace grave pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale, seules les donn\u00e9es strictement n\u00e9cessaires \u00e0 la r\u00e9alisation de l\u2019objectif poursuivi sont conserv\u00e9es. Un raisonnement identique s\u2019impose en ce qui concerne l\u2019article 37 de la loi du 20 juillet 2022, qui fait par ailleurs l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le par une autorit\u00e9 ind\u00e9pendante.<br \/>\n       A.43.1. Dans son m\u00e9moire en r\u00e9plique, le Conseil des ministres apporte plusieurs pr\u00e9cisions compl\u00e9mentaires au sujet des critiques des parties requ\u00e9rantes relatives \u00e0 la conservation des donn\u00e9es.<br \/>\n       34<br \/>\n       A.43.2. Tout d\u2019abord, le Conseil des ministres soutient qu\u2019il y a bien lieu d\u2019op\u00e9rer une distinction entre les donn\u00e9es d\u2019identification et les m\u00e9tadonn\u00e9es dans le cadre de la loi du 20 juillet 2022. L\u2019autre d\u00e9finition des m\u00e9tadonn\u00e9es propos\u00e9e par la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 n\u2019est, \u00e0 cet \u00e9gard, pas correcte. En outre, la jurisprudence de la Cour de justice n\u2019a pas identifi\u00e9 de mani\u00e8re exhaustive les donn\u00e9es qui pouvaient faire l\u2019objet d\u2019une obligation de conservation ni les donn\u00e9es d\u2019identification qui pouvaient faire l\u2019objet d\u2019une ing\u00e9rence sous la forme d\u2019une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9, le l\u00e9gislateur belge a r\u00e9alis\u00e9 un exercice plus complet et pr\u00e9cis que celui auquel s\u2019est livr\u00e9e la Cour de justice, qui ne s\u2019est prononc\u00e9e que sur l\u2019adresse IP et sur les donn\u00e9es d\u2019identit\u00e9 civile. Ces donn\u00e9es sont d\u2019ailleurs insuffisantes pour r\u00e9aliser la finalit\u00e9 d\u2019identification, d\u00e8s lors qu\u2019il importe de croiser les informations relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile pour s\u2019assurer de leur fiabilit\u00e9. En outre, l\u2019identit\u00e9 civile n\u2019est pas r\u00e9colt\u00e9e par les op\u00e9rateurs de services de communications interpersonnelles non fond\u00e9es sur la num\u00e9rotation. Par ailleurs, l\u2019adresse IP \u00e0 la source est elle aussi insuffisante, en ce que certaines infractions peuvent \u00eatre commises \u00e0 l\u2019aide d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques pour lequel l\u2019adresse IP n\u2019est pas utilis\u00e9e. Enfin, la conservation de la seule adresse IP, sans les date et heure de la communication ni le port utilis\u00e9, ne permet pas d\u2019identifier l\u2019utilisateur dans le cas des adresses IP partag\u00e9es.<br \/>\n       Le Conseil des ministres ajoute que, contrairement \u00e0 ce que soutient la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, l\u2019adresse IP \u00e0 la source ne permet pas \u00e0 elle seule de reconstituer l\u2019historique complet d\u2019un utilisateur d\u2019internet. C\u2019est dans cette logique que le l\u00e9gislateur a choisi de traiter l\u2019adresse IP en tant que donn\u00e9e d\u2019identification lorsqu\u2019elle est utilis\u00e9e \u00e0 cette seule fin et en tant que m\u00e9tadonn\u00e9e soumise \u00e0 un r\u00e9gime tr\u00e8s strict dans les autres cas. Il en va de m\u00eame pour les autres donn\u00e9es techniques qui permettent d\u2019identifier l\u2019utilisateur d\u2019un service. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le Conseil des ministres observe que l\u2019ensemble des donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 8<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022 r\u00e9pondent \u00e0 l\u2019objectif unique d\u2019identifier l\u2019utilisateur. La circonstance que ces donn\u00e9es sont nombreuses n\u2019emporte pas une ing\u00e9rence plus grave que si leur nombre \u00e9tait plus r\u00e9duit, d\u00e8s lors qu\u2019aucune de ces donn\u00e9es ne r\u00e9v\u00e8le autre chose que l\u2019identit\u00e9 de la personne vis\u00e9e.<br \/>\n       A.43.3. \u00c0 propos des conditions de l\u2019obligation des donn\u00e9es de conservation, le Conseil des ministres rel\u00e8ve que le d\u00e9lai de conservation est pertinent pour appr\u00e9cier le degr\u00e9 d\u2019ing\u00e9rence de la mesure dans les droits fondamentaux. En l\u2019esp\u00e8ce, le fait que la loi du 20 juillet 2022 distingue plusieurs hypoth\u00e8ses de d\u00e9lai t\u00e9moigne de la volont\u00e9 du l\u00e9gislateur de limiter au strict n\u00e9cessaire l\u2019obligation de conservation, y compris dans sa dur\u00e9e.<br \/>\n       Du reste, la jurisprudence de la Cour de justice cit\u00e9e par la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 n\u2019est pas pertinente en l\u2019esp\u00e8ce puisqu\u2019elle concerne les donn\u00e9es relatives au trafic et \u00e0 la localisation, et non les donn\u00e9es d\u2019identification. En outre, le Conseil des ministres conc\u00e8de que la conservation des donn\u00e9es, d\u2019une part, et l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, d\u2019autre part, constituent des op\u00e9rations distinctes. Cependant, la conservation \u00e0 elle seule est inutile pour lutter contre la criminalit\u00e9 ou pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Il est donc artificiel d\u2019envisager la conservation des donn\u00e9es sans avoir \u00e0 l\u2019esprit les r\u00e8gles qui gouvernent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 celles-ci. Par ailleurs, le Conseil des ministres met en \u00e9vidence que les diff\u00e9rents avis r\u00e9colt\u00e9s dans le cadre de l\u2019\u00e9laboration de la loi du 20 juillet 2022 attestent d\u2019un \u00e9quilibre entre diff\u00e9rents objectifs, illustr\u00e9s par le point de vue des acteurs de terrain. Du reste, en ce qui concerne l\u2019absence de donn\u00e9es statistiques qui seraient, selon la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, indispensables pour autoriser une ing\u00e9rence dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e, le Conseil des ministres rel\u00e8ve que le l\u00e9gislateur n\u2019est pas soumis \u00e0 la production de sources documentaires ni \u00e0 la v\u00e9rification qu\u2019une m\u00e9thode particuli\u00e8re a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e, sans pr\u00e9judice des exigences pr\u00e9vues par la Constitution ou par la loi. La Cour, quant \u00e0 elle, n\u2019est pas comp\u00e9tente pour v\u00e9rifier la mani\u00e8re de travailler du l\u00e9gislateur ni le fondement scientifique d\u2019une mesure l\u00e9gislative.<br \/>\n       A.43.4. Le Conseil des ministres ajoute, en ce qui concerne la lutte contre la fraude et l\u2019utilisation malveillante de r\u00e9seaux, ainsi que la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement des r\u00e9seaux, dont il est question \u00e0 l\u2019article 5<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022, que les donn\u00e9es vis\u00e9es dans cette disposition sont des informations qui sont toujours n\u00e9cessaires pour permettre au service de m\u00e9diation de remplir sa mission et de communiquer au plaignant l\u2019identit\u00e9 de l\u2019auteur d\u2019appels malveillants. Il n\u2019est donc pas n\u00e9cessaire de laisser une marge d\u2019appr\u00e9ciation \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur.<br \/>\n       Par ailleurs, la finalit\u00e9 de lutte contre la fraude et contre l\u2019utilisation malveillante des r\u00e9seaux, ainsi que la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement des r\u00e9seaux ne sont pas exclues par la jurisprudence de la Cour de justice, laquelle ne s\u2019est pas prononc\u00e9e sur ces sujets. En outre, certaines donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 sont en toute hypoth\u00e8se d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9es par les op\u00e9rateurs pour d\u00e9tecter les incidents ou les anomalies ainsi que pour g\u00e9rer et optimiser les flux de trafic sur leurs r\u00e9seaux. Enfin, selon le Conseil des ministres, l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE et l\u2019article 23 du RGPD constituent un fondement valable de l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022, comme les travaux pr\u00e9paratoires de cette loi le mettent en \u00e9vidence.<br \/>\n       35<br \/>\n       L\u2019obligation de conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es et le crit\u00e8re de diff\u00e9renciation g\u00e9ographique<br \/>\n       A.44.1. En ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes \u00e0 propos de l\u2019obligation de conservation cibl\u00e9e des m\u00e9tadonn\u00e9es et \u00e0 propos du crit\u00e8re de diff\u00e9renciation g\u00e9ographique, le Conseil des ministres commence par relever que si la Cour de justice a condamn\u00e9 l\u2019obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de donn\u00e9es, elle a n\u00e9anmoins formul\u00e9 des suggestions d\u2019approches alternatives, notamment une diff\u00e9renciation des cat\u00e9gories de personnes et une diff\u00e9renciation sur une base g\u00e9ographique. Selon le Conseil des ministres, le l\u00e9gislateur a suivi cette seconde suggestion avec l\u2019adoption de l\u2019article 9 de la loi du 20 juillet 2022. Les crit\u00e8res g\u00e9ographiques \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans cette disposition proc\u00e8dent de la recherche d\u2019un \u00e9quilibre entre les int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence et constituent par ailleurs une application scrupuleuse de la jurisprudence de la Cour de justice, qui sugg\u00e8re qu\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique soit bas\u00e9 sur le risque de pr\u00e9paration ou de commission d\u2019infraction, \u00e9valu\u00e9 de mani\u00e8re objective. Le l\u00e9gislateur a traduit cette invitation en distinguant cinq cat\u00e9gories de lieux correspondant aux cat\u00e9gories list\u00e9es par la Cour de justice, mais avec davantage de pr\u00e9cision.<br \/>\n       Par ailleurs, le Conseil des ministres souligne que le l\u00e9gislateur a veill\u00e9 \u00e0 la proportionnalit\u00e9 de la mesure en pr\u00e9voyant des crit\u00e8res quantitatifs progressifs, de sorte que, m\u00eame dans les lieux vis\u00e9s par l\u2019obligation de conservation, une distinction est faite en fonction de l\u2019intensit\u00e9 de la mat\u00e9rialisation du crit\u00e8re g\u00e9ographique retenu.<br \/>\n       La d\u00e9termination du niveau de ces crit\u00e8res rel\u00e8ve, pour le surplus, de la marge d\u2019appr\u00e9ciation du l\u00e9gislateur et \u00e9chappe au contr\u00f4le de la Cour. Le Conseil des ministres ajoute que les lieux pour lesquels une conservation est pr\u00e9vue sont li\u00e9s \u00e0 une variable, c\u2019est-\u00e0-dire une donn\u00e9e susceptible d\u2019\u00e9voluer dans le temps, de sorte que le lieu concern\u00e9 sera vis\u00e9 ou non par l\u2019obligation de conservation en fonction de l\u2019\u00e9volution de la variable. Le l\u00e9gislateur a donc \u00e9labor\u00e9 un dispositif clair et pr\u00e9cis, dont l\u2019application n\u2019est pas fig\u00e9e. Par ailleurs, un m\u00e9canisme de contr\u00f4le p\u00e9riodique est \u00e9tabli afin de garantir que la conservation ne soit pas maintenue lorsque le lieu ne correspond plus aux crit\u00e8res pr\u00e9vus par la loi en raison de l\u2019\u00e9volution de la situation concr\u00e8te. L\u2019obligation de conservation est donc limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire et cette n\u00e9cessit\u00e9 fait l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le p\u00e9riodique strict. En outre, le l\u00e9gislateur a pr\u00e9vu que l\u2019atteinte d\u2019un seuil, concernant un crit\u00e8re quantitatif, en raison de l\u2019\u00e9volution d\u2019une variable qui y est attach\u00e9e, est parfaitement objectiv\u00e9e. Il a en effet lui-m\u00eame d\u00e9termin\u00e9, de mani\u00e8re pr\u00e9cise, la source fiable et objective qui devait \u00eatre prise en consid\u00e9ration pour appr\u00e9cier l\u2019\u00e9volution des variables, \u00e0 l\u2019article 11 de la loi, qui \u00e9nonce les sources prises en compte. En ce qui concerne l\u2019entr\u00e9e en vigueur diff\u00e9r\u00e9e de la loi du 20 juillet 2022, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 45, alin\u00e9a 1er, de cette loi, le Conseil des ministres rel\u00e8ve qu\u2019il revient en premier lieu au l\u00e9gislateur de r\u00e9gler l\u2019effet dans le temps des nouvelles dispositions l\u00e9gislatives. Pour le surplus, l\u2019entr\u00e9e en vigueur diff\u00e9r\u00e9e t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9quilibre entre diff\u00e9rents int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes, \u00e0 savoir les finalit\u00e9s de protection de l\u2019\u00c9tat et de ses citoyens, le respect de la vie priv\u00e9e et les capacit\u00e9s techniques des op\u00e9rateurs. D\u00e8s lors que le l\u00e9gislateur a fait le choix de pr\u00e9voir une obligation de conservation cibl\u00e9e, cela engendre certaines difficult\u00e9s techniques pour les op\u00e9rateurs, de sorte qu\u2019il est justifi\u00e9 et proportionn\u00e9 de leur laisser un certain temps afin de mettre en place les nouvelles mesures.<br \/>\n       A.44.2. La mise en \u0153uvre concr\u00e8te de la diff\u00e9renciation g\u00e9ographique n\u2019aboutit pas, selon le Conseil des ministres, \u00e0 une obligation de conservation indiff\u00e9renci\u00e9e, comme le mettent en \u00e9vidence les travaux pr\u00e9paratoires.<br \/>\n       La circonstance que la loi du 20 juillet 2022 peut entra\u00eener, \u00e0 un moment donn\u00e9, une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e n\u2019est pas de nature \u00e0 modifier ce constat, d\u00e8s lors que, dans cette hypoth\u00e8se th\u00e9orique, l\u2019obligation serait diff\u00e9renci\u00e9e. Par ailleurs, si l\u2019ensemble du territoire devait \u00eatre vis\u00e9, ce serait par la conjonction de l\u2019application de crit\u00e8res objectifs et proportionn\u00e9s. En outre, les crit\u00e8res g\u00e9ographiques sont utilis\u00e9s sur la base de variables qui ne sont pas fig\u00e9es dans le temps, de sorte que, dans le cas o\u00f9 l\u2019ensemble des zones du territoire devrait \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9 par un taux de criminalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9, il s\u2019agirait d\u2019une situation exceptionnelle et temporaire. La critique des parties requ\u00e9rantes selon laquelle le nombre des zones et lieux vis\u00e9s dans la loi du 20 juillet 2022 serait particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 alors que la Belgique est un \u00c9tat \u00e0 taille r\u00e9duite n\u2019est pas fond\u00e9e. En effet, les travaux pr\u00e9paratoires exposent soigneusement les raisons pour lesquelles la loi comporte tel lieu ou tel crit\u00e8re de diff\u00e9renciation g\u00e9ographique. Par ailleurs, la Belgique pr\u00e9sente certaines caract\u00e9ristiques sp\u00e9cifiques qui la diff\u00e9rencient des autres \u00c9tats voisins et qui engendrent un nombre et une densit\u00e9 plus grande de lieux justifiant l\u2019imposition cibl\u00e9e d\u2019une obligation de conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es.<br \/>\n       Le Conseil des ministres ajoute que les crit\u00e8res de diff\u00e9renciation g\u00e9ographiques cit\u00e9s \u00e0 titre d\u2019exemple par la Cour de justice ne sont pas cumulatifs. Du reste, s\u2019il est vrai qu\u2019il n\u2019est pas possible de d\u00e9terminer \u00e0 l\u2019avance quel pourcentage du territoire ou de la population pourrait \u00eatre concern\u00e9 par l\u2019obligation de conservation diff\u00e9renci\u00e9e des m\u00e9tadonn\u00e9es, cette mesure ne doit pas pour autant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant disproportionn\u00e9e.<br \/>\n       Au contraire, le syst\u00e8me est proportionn\u00e9 en raison pr\u00e9cis\u00e9ment du caract\u00e8re \u00e9volutif et non fig\u00e9 des variables retenues par les crit\u00e8res \u00e9tablis par le l\u00e9gislateur. En particulier, le Conseil des ministres soutient que le crit\u00e8re li\u00e9<br \/>\n       36<br \/>\n       aux faits de criminalit\u00e9 grave au niveau de l\u2019arrondissement judiciaire ou de la zone de police n\u2019est ni injustifi\u00e9, ni disproportionn\u00e9. L\u2019arrondissement judiciaire est en effet le niveau auquel les donn\u00e9es statistiques pertinentes sont principalement \u00e9tablies. Par ailleurs, le recours \u00e0 la zone de police permet de pallier les disparit\u00e9s trop grandes qui pourraient survenir au sein d\u2019un m\u00eame arrondissement judiciaire et d\u2019apporter davantage de pr\u00e9cisions. Enfin, il n\u2019est pas opportun de d\u00e9couper le territoire en des zones plus petites qu\u2019une zone de police, d\u00e8s lors que la fiabilit\u00e9 des donn\u00e9es risque d\u2019\u00eatre alt\u00e9r\u00e9e, d\u2019une part, et qu\u2019une charge de travail disproportionn\u00e9e est susceptible d\u2019\u00eatre engendr\u00e9e, notamment pour les op\u00e9rateurs, d\u2019autre part. Au sujet de la fiabilit\u00e9 des donn\u00e9es statistiques r\u00e9colt\u00e9es, le Conseil des ministres soutient que le l\u00e9gislateur a pris le soin de recourir aux sources les plus objectives possibles pour l\u2019observation de l\u2019\u00e9volution des variables utilis\u00e9es, que les statistiques polici\u00e8res concern\u00e9es sont actuelles et que celles-ci portent sur des faits ind\u00e9pendamment des suites proc\u00e9durales qui y sont r\u00e9serv\u00e9es, de sorte que ces donn\u00e9es permettent de donner une image fid\u00e8le du caract\u00e8re criminog\u00e8ne d\u2019une zone.<br \/>\n       A.44.3. \u00c0 propos de la r\u00e9f\u00e9rence faite \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 aux infractions graves d\u00e9finies \u00e0 l\u2019article 90ter du Code d\u2019instruction criminelle, le Conseil des ministres rel\u00e8ve que la Cour de justice ne d\u00e9finit pas elle-m\u00eame la notion de criminalit\u00e9 grave, de sorte qu\u2019il appartient aux \u00c9tats membres de d\u00e9terminer celle-ci.<br \/>\n       Les travaux pr\u00e9paratoires apportent de nombreuses pr\u00e9cisions dans ce cadre. En toute hypoth\u00e8se, les parties requ\u00e9rantes ne d\u00e9montrent pas en quoi la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article 90ter du Code d\u2019instruction criminelle s\u2019\u00e9carte de l\u2019objectif de lutte contre la criminalit\u00e9 grave, compte tenu des comp\u00e9tences des \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne ni en quoi le l\u00e9gislateur aurait exc\u00e9d\u00e9 la marge nationale d\u2019appr\u00e9ciation. Pour le surplus, le Conseil des ministres soutient que la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article 90ter du Code d\u2019instruction criminelle est ad\u00e9quate, d\u00e8s lors que cette disposition vise des infractions pour lesquelles le juge d\u2019instruction dispose de pouvoirs d\u2019enqu\u00eate sp\u00e9cifiques, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le Code pr\u00e9cit\u00e9 consid\u00e8re ces infractions comme \u00e9tant graves. Il n\u2019\u00e9tait d\u00e8s lors pas pertinent de recourir \u00e0 une d\u00e9finition ad hoc de la notion d\u2019infraction grave dans la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       A.44.4. La circonstance que l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 autorise le Roi \u00e0 \u00e9tendre la liste des lieux et des zones vis\u00e9es par l\u2019obligation de conservation cibl\u00e9e des m\u00e9tadonn\u00e9es ne viole aucunement le principe de l\u00e9galit\u00e9, d\u00e8s lors qu\u2019il n\u2019existe aucune marge d\u2019appr\u00e9ciation dans le cadre de cette extension, puisque l\u2019ajout des zones g\u00e9ographiques doit r\u00e9pondre aux crit\u00e8res de la loi et que l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal pris sur cette base doit \u00eatre renouvel\u00e9 tous les trois ans. Partant, cette mesure permet d\u2019adapter la liste avec plus de souplesse que la loi, mais sans violer le principe de l\u00e9galit\u00e9. Il en va de m\u00eame en ce qui concerne la question de la fixation du p\u00e9rim\u00e8tre des zones, examin\u00e9e par la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat qui a estim\u00e9 qu\u2019il importait que la d\u00e9termination de ce p\u00e9rim\u00e8tre soit attribu\u00e9e \u00e0 une seule autorit\u00e9, \u00e0 savoir, en l\u2019esp\u00e8ce, le Roi.<br \/>\n       A.44.5. \u00c0 propos de la critique des parties requ\u00e9rantes relative \u00e0 la conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es en dehors des zones g\u00e9ographiques identifi\u00e9es, le Conseil des ministres soutient que la loi du 20 juillet 2022 ne vise pas \u00e0 conserver les m\u00e9tadonn\u00e9es d\u2019une personne se situant en dehors d\u2019une zone ou d\u2019un lieu vis\u00e9 dans la loi, mais d\u2019identifier la destination d\u2019une communication \u00e9mise depuis une telle zone ou un tel lieu.<br \/>\n       A.45. Dans son m\u00e9moire en r\u00e9plique, le Conseil des ministre ajoute, en ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes relatives \u00e0 l\u2019obligation de conservation des m\u00e9tadonn\u00e9es, cibl\u00e9e sur une diff\u00e9renciation g\u00e9ographique et sur l\u2019application de cette diff\u00e9renciation, que le crit\u00e8re bas\u00e9 sur le nombre de faits de criminalit\u00e9 grave est incontestablement objectif. Le Conseil des ministres rel\u00e8ve que la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930<br \/>\n       ne d\u00e9montre pas en quoi le seuil de criminalit\u00e9 retenu est disproportionn\u00e9. En ce qui concerne les variables \u00e9tablies par la loi du 20 juillet 2022, le Conseil des ministres soutient qu\u2019elles constituent des donn\u00e9es r\u00e9colt\u00e9es de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re et agr\u00e9g\u00e9es sur une p\u00e9riode de trois ans afin de corriger les anomalies \u00e9ventuelles li\u00e9es \u00e0 un \u00e9v\u00e8nement ponctuel. Du reste, il est impossible de d\u00e9terminer \u00e0 l\u2019avance le lieu o\u00f9 le risque que des infractions soient commises est le plus \u00e9lev\u00e9. Par ailleurs, les zones vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 font l\u2019objet d\u2019une \u00e9valuation statistique annuelle. En outre, l\u2019entr\u00e9e en vigueur diff\u00e9r\u00e9e de cette disposition s\u2019explique par des raisons techniques, d\u00e8s lors que certaines zones vis\u00e9es correspondent \u00e0 un d\u00e9coupage pr\u00e9existant, tandis que la mise en \u0153uvre d\u2019autres zones est plus complexe techniquement, tant pour l\u2019autorit\u00e9 que pour les op\u00e9rateurs.<br \/>\n       Le gel rapide de donn\u00e9es<br \/>\n       A.46. En ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes \u00e0 propos de la technique du \u00ab quick-freeze \u00bb, qui est une mesure de conservation rapide des donn\u00e9es, le Conseil des ministres observe que l\u2019article 25 de la loi<br \/>\n       37<br \/>\n       du 20 juillet 2022 vise \u00e0 compl\u00e9ter l\u2019article 88bis du Code d\u2019instruction criminelle, qui r\u00e9glemente l\u2019acc\u00e8s des autorit\u00e9s judiciaires, \u00e0 des fins p\u00e9nales, \u00e0 des donn\u00e9es de trafic et de localisation d\u00e9j\u00e0 conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs.<br \/>\n       Il s\u2019agit donc d\u2019un dispositif compl\u00e9mentaire portant sur le gel de donn\u00e9es pour le futur, dans le cadre d\u2019une enqu\u00eate judiciaire. L\u2019article 25 de la loi du 20 juillet 2022 porte donc sur les m\u00eames cat\u00e9gories de donn\u00e9es que celles vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 88bis du Code d\u2019instruction criminelle. La mesure doit par ailleurs se limiter aux seules donn\u00e9es susceptibles de contribuer \u00e0 identifier l\u2019auteur de l\u2019infraction, de sorte que la port\u00e9e du gel de donn\u00e9es est clairement et sp\u00e9cifiquement limit\u00e9e dans la d\u00e9cision du procureur du Roi.<br \/>\n       L\u2019article 25 de la loi du 20 juillet 2022 ne peut \u00eatre mobilis\u00e9 que lorsqu\u2019il existe des indices s\u00e9rieux que les infractions peuvent donner lieu \u00e0 un emprisonnement correctionnel principal d\u2019un an ou \u00e0 une peine plus lourde, afin de garantir que la mesure ne s\u2019applique que dans le cadre de la recherche et de la poursuite des infractions d\u2019une certaine gravit\u00e9, ce qui est conforme aux enseignements de la jurisprudence de la Cour de justice. Le Conseil des ministres rel\u00e8ve encore que la mesure de gel des donn\u00e9es est entour\u00e9e de garanties proc\u00e9durales strictes pour \u00e9viter les risques d\u2019abus et d\u2019acc\u00e8s illicite. Il observe que le gel est ponctuel, limit\u00e9 dans le temps et ax\u00e9 sur la cible d\u2019une information ou d\u2019une instruction. Les principes essentiels en mati\u00e8re d\u2019information et d\u2019instruction s\u2019appliquent d\u2019office, la dur\u00e9e de la mesure de gel est limit\u00e9e \u00e0 deux mois et la p\u00e9riode de conservation des donn\u00e9es par les op\u00e9rateurs est de six mois. Les dur\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es sont renouvelables aux m\u00eames conditions, de sorte qu\u2019il n\u2019existe pas de prolongation automatique. Comme les travaux pr\u00e9paratoires l\u2019indiquent, ces garanties sont par ailleurs conformes aux enseignements de la jurisprudence de la Cour et de la Cour de justice.<br \/>\n       L\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es<br \/>\n       A.47.1. En ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes \u00e0 propos de l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, le Conseil des ministres rel\u00e8ve tout d\u2019abord que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022, qui permet aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes en mati\u00e8re financi\u00e8re d\u2019acc\u00e9der aux donn\u00e9es de trafic et de localisation, est conforme aux enseignements de la Cour de justice, qui attribuent aux \u00c9tats membres le soin de d\u00e9terminer si une infraction rel\u00e8ve de la criminalit\u00e9 grave. Dans ce cadre, l\u2019article 13 inclut dans cette notion les infractions relatives aux abus de march\u00e9, \u00e9tant entendu que les travaux pr\u00e9paratoires justifient de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e cette classification, qui est par ailleurs autoris\u00e9e par le droit d\u00e9riv\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne. Contrairement \u00e0 ce qu\u2019indiquent les parties requ\u00e9rantes, le Roi ne peut pas \u00e9tendre ou compl\u00e9ter la liste des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, qui sont vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022. Il Lui appartient seulement de mettre en \u0153uvre op\u00e9rationnellement les principes qui se trouvent dans celle-ci. Par ailleurs, le pouvoir d\u2019ex\u00e9cution du Roi vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 9 de la loi est facultatif, comme le confirment les travaux pr\u00e9paratoires, et est strictement balis\u00e9. Enfin, l\u2019article 13 de la loi ne contient pas de d\u00e9l\u00e9gation en mati\u00e8re d\u2019autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, d\u00e8s lors qu\u2019il ne porte pas sur cette question et vise une norme l\u00e9gislative formelle de droit belge.<br \/>\n       Le Conseil des ministres soutient par ailleurs que la liste des finalit\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 est conforme \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, tel qu\u2019il est interpr\u00e9t\u00e9 par la Cour de justice. En effet, les \u00c9tats membres peuvent pr\u00e9voir les motifs d\u2019exception au sens de l\u2019article 15, paragraphe 1, de cette directive lorsqu\u2019ils concernent la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection et la poursuite d\u2019utilisations non autoris\u00e9es du syst\u00e8me de communications \u00e9lectroniques, \u00e0 savoir les utilisations qui remettent en cause l\u2019int\u00e9grit\u00e9 ou la s\u00e9curit\u00e9 m\u00eame du syst\u00e8me, d\u2019une part, et lorsqu\u2019ils sont pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 23, paragraphe 1, du RGPD, d\u2019autre part. Le Conseil des ministres pr\u00e9cise que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       op\u00e8re une distinction entre les donn\u00e9es vis\u00e9es aux articles 126 et 127 de la loi du 13 juin 2005, auxquelles les autorit\u00e9s peuvent acc\u00e9der pour les finalit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022, et les adresses IP<br \/>\n       attribu\u00e9es \u00e0 la source d\u2019une connexion, qui font l\u2019objet d\u2019un r\u00e9gime sp\u00e9cifique. Les finalit\u00e9s relatives \u00e0 la premi\u00e8re cat\u00e9gorie de donn\u00e9es sont parfaitement conformes au droit de l\u2019Union europ\u00e9enne, d\u00e8s lors qu\u2019elles proviennent de la jurisprudence de la Cour de justice et de l\u2019article 23 du RGPD. Elles sont aussi justifi\u00e9es dans les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022. Un raisonnement similaire s\u2019impose en ce qui concerne les adresses IP, d\u00e8s lors que l\u2019encadrement de cette seconde cat\u00e9gorie de donn\u00e9es reproduit strictement le cadre fix\u00e9 par la jurisprudence europ\u00e9enne. Enfin, l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es sur une base g\u00e9ographique, pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 11<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022, n\u2019est autoris\u00e9 que dans le cadre de finalit\u00e9s qui s\u2019av\u00e8rent une nouvelle fois conformes \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice ou qui sont \u00e0 tout le moins proportionn\u00e9es \u00e0 l\u2019objectif poursuivi.<br \/>\n       38<br \/>\n       A.47.2. \u00c0 propos des conditions d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es en particulier, le Conseil des ministres observe que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 ne dispense pas les autorit\u00e9s vis\u00e9es de motiver la demande d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es au regard d\u2019une des finalit\u00e9s pr\u00e9vues. En outre, la critique des parties requ\u00e9rantes selon laquelle les articles 26 et 27 de cette loi ne pr\u00e9voiraient pas de contr\u00f4le pr\u00e9alable de l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es \u00e0 des fins p\u00e9nales n\u2019est pas fond\u00e9e. En effet, l\u2019article 46bis, \u00a7 1er, du Code d\u2019instruction criminelle, modifi\u00e9 par l\u2019article 26<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022, ne porte pas sur l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es de trafic et de localisation, de sorte que l\u2019exigence d\u2019un contr\u00f4le pr\u00e9alable, impos\u00e9e par la Cour de justice, ne s\u2019applique pas en l\u2019esp\u00e8ce. En outre, l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle contient des garanties appropri\u00e9es entourant l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es qu\u2019il vise. Par ailleurs, l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022 modifie l\u2019article 88bis du Code d\u2019instruction criminelle afin que soit pr\u00e9vue une intervention syst\u00e9matique du juge d\u2019instruction, ce qui est conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice.<br \/>\n       Enfin, la possibilit\u00e9 donn\u00e9e au Roi d\u2019imposer la collaboration des centres ferm\u00e9s ou des lieux d\u2019h\u00e9bergement au sens de la loi du 15 d\u00e9cembre 1980, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 26 de la loi du 20 juillet 2022, est justifi\u00e9e avec pr\u00e9cision dans les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022, qui \u00e9noncent les objectifs d\u00e9montrant la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une telle collaboration. Par ailleurs, l\u2019article 26 de la loi du 20 juillet 2022 ne vise qu\u2019une hypoth\u00e8se d\u2019identification indirecte, sur la base des coordonn\u00e9es du centre ou du lieu d\u2019h\u00e9bergement vis\u00e9 dans les informations re\u00e7ues de mani\u00e8re directe de la part de l\u2019op\u00e9rateur. Sans cette mesure, le procureur du Roi ne serait pas en mesure d\u2019identifier un abonn\u00e9 qui r\u00e9side dans un centre ferm\u00e9 ou dans un lieu d\u2019h\u00e9bergement au sens de la loi du 15 d\u00e9cembre 1980.<br \/>\n       A.47.3. Dans son m\u00e9moire en r\u00e9plique, le Conseil des ministres apporte plusieurs pr\u00e9cisions compl\u00e9mentaires au sujet des critiques des parties requ\u00e9rantes relatives \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es. Il rel\u00e8ve tout d\u2019abord que les critiques de la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 relatives \u00e0 l\u2019assimilation de l\u2019abus de march\u00e9 \u00e0 une infraction relevant de la criminalit\u00e9 grave r\u00e9sultent d\u2019une opinion politique diff\u00e9rente de celle qui a \u00e9t\u00e9 retenue par le l\u00e9gislateur, ce qui ne suffit pas \u00e0 justifier un moyen d\u2019annulation. Ensuite, le Conseil des ministres pr\u00e9cise que la circulaire vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 n\u2019ajoute rien au texte l\u00e9gal. Il s\u2019agit d\u2019une circulaire interpr\u00e9tative destin\u00e9e \u00e0 d\u00e9terminer les autorit\u00e9s qui peuvent avoir acc\u00e8s aux donn\u00e9es qui sont conserv\u00e9es, d\u00e8s lors que l\u2019article 13 doit se lire de concert avec d\u2019autres dispositions l\u00e9gislatives formelles, ce qui en alt\u00e8re la lisibilit\u00e9.<br \/>\n       En revanche, la circulaire ne peut donner aucune habilitation \u00e0 une autorit\u00e9 qui n\u2019est pas vis\u00e9e par la loi.<br \/>\n       En outre, le Conseil des ministres affirme que, d\u00e8s lors que certaines infractions sont poursuivies par des autorit\u00e9s administratives et non juridictionnelles, il convient que ces autorit\u00e9s puissent avoir acc\u00e8s aux donn\u00e9es et aux m\u00e9tadonn\u00e9es n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019exercice de leur mission, ce qui n\u2019est nullement interdit par le droit d\u00e9riv\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ensuite, la loi du 20 juillet 2022 n\u2019\u00e9tend pas en substance les possibilit\u00e9s d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es vis\u00e9es, d\u00e8s lors que plusieurs autorit\u00e9s d\u00e9sign\u00e9es par cette loi disposaient d\u00e9j\u00e0 d\u2019une facult\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 ces informations en vertu de la l\u00e9gislation ant\u00e9rieure. Si certaines autorit\u00e9s re\u00e7oivent effectivement ce pouvoir en vertu de la loi du 20 juillet 2022, c\u2019est en raison du fait qu\u2019un nombre croissant d\u2019infractions se produit en ligne ou \u00e0 l\u2019aide de services de communications \u00e9lectroniques. Enfin, contrairement \u00e0 ce qu\u2019indique la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, la notion de sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux au sens de l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       trouve bien un appui dans le RGPD, en particulier dans son consid\u00e9rant 73.<br \/>\n       Les voies de recours<br \/>\n       A.48. En ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes \u00e0 propos des voies de recours quant \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es, qui seraient insuffisantes en raison de l\u2019absence d\u2019information des personnes concern\u00e9es en la mati\u00e8re, le Conseil des ministres soutient tout d\u2019abord que l\u2019article 37 de la loi du 30 juillet 2018 pr\u00e9voit de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale un droit \u00e0 l\u2019information. Certaines exceptions sont toutefois \u00e9tablies afin d\u2019assurer l\u2019effectivit\u00e9 des enqu\u00eates p\u00e9nales, la protection de la s\u00e9curit\u00e9 publique, la protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale et la protection des droits fondamentaux d\u2019autrui. Par ailleurs, pour certaines autorit\u00e9s particuli\u00e8res, la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit des exigences sp\u00e9cifiques et adapt\u00e9es en mati\u00e8re d\u2019information, \u00e9tant entendu que les autres types d\u2019acc\u00e8s b\u00e9n\u00e9ficient de la protection g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019article 37 de la loi du 30 juillet 2018. Partant, un large \u00e9ventail de recours effectifs est accessible aux personnes concern\u00e9es par la conservation des donn\u00e9es pr\u00e9vue par la loi du 20 juillet 2022 et par l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces donn\u00e9es conserv\u00e9es. Pour le surplus, le Conseil des ministres soutient que les critiques des parties requ\u00e9rantes en la mati\u00e8re sont particuli\u00e8rement sommaires.<br \/>\n       39<br \/>\n       Les donn\u00e9es crypt\u00e9es et le blocage de num\u00e9ros ou de services<br \/>\n       A.49. En ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes \u00e0 propos des donn\u00e9es crypt\u00e9es et du blocage de num\u00e9ros ou de services, le Conseil des ministres rel\u00e8ve que l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022 r\u00e9affirme la libert\u00e9 du chiffrement tout en pr\u00e9voyant trois restrictions strictement limit\u00e9es et r\u00e9pondant \u00e0 des objectifs clairement justifi\u00e9s. La premi\u00e8re restriction vise \u00e0 assurer l\u2019efficacit\u00e9 des communications d\u2019urgence vers les services d\u2019urgence. La deuxi\u00e8me restriction vise \u00e0 assurer l\u2019efficacit\u00e9 de la loi du 20 juillet 2022 en soi afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019un op\u00e9rateur utilise des syst\u00e8mes de chiffrement en vue d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019application des obligations en mati\u00e8re de conservation des donn\u00e9es. La troisi\u00e8me restriction concerne uniquement le cas sp\u00e9cifique des cartes SIM<br \/>\n       \u00e9trang\u00e8res actives sur le territoire belge afin de garantir que la conclusion des contrats d\u2019itin\u00e9rance avec des op\u00e9rateurs \u00e9trangers soit conforme aux exigences de la l\u00e9gislation belge, de mani\u00e8re \u00e0 permettre aux op\u00e9rateurs belges de se conformer aux m\u00eames dispositions l\u00e9gales que pour leurs propres utilisateurs. Partant, l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022 est justifi\u00e9 et proportionn\u00e9 \u00e0 l\u2019objectif poursuivi.<br \/>\n       Au sujet du blocage de num\u00e9ros autoris\u00e9 \u00e0 l\u2019article 4 de la loi du 20 juillet 2022, le Conseil des ministres affirme que cette disposition vise \u00e0 rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019insuffisance du cadre juridique, de mani\u00e8re \u00e0 lutter de mani\u00e8re plus efficace face \u00e0 la nature des fraudes et des autres utilisations malveillantes, tant dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des utilisateurs que des services de communications \u00e9lectroniques. L\u2019article 4 laisse aux op\u00e9rateurs le soin de d\u00e9terminer les mesures appropri\u00e9es \u00e0 prendre, telles que des mesures anti-spam ou un blocage de num\u00e9ro, d\u00e8s lors qu\u2019ils sont les mieux plac\u00e9s pour \u00e9valuer l\u2019opportunit\u00e9 de celles-ci. Par ailleurs, en mati\u00e8re de fraude et d\u2019utilisation malveillante, il est essentiel d\u2019agir tr\u00e8s rapidement. En outre, l\u2019article 4 fournit des exemples de mesures visant \u00e0 garantir une plus grande s\u00e9curit\u00e9 juridique, et des limitations sont pr\u00e9vues. Dans ce cadre, il est interdit aux op\u00e9rateurs de prendre connaissance du contenu des communications, il est pr\u00e9vu que l\u2019IBPT peut v\u00e9rifier l\u2019existence d\u2019une fraude ou d\u2019une utilisation malveillante d\u2019un r\u00e9seau pour imposer des instructions aux op\u00e9rateurs dans le but de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des utilisateurs, et il appartient au Roi, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de pr\u00e9ciser les mesures \u00e0 prendre.<br \/>\n       Les \u00e9l\u00e9ments de preuve recueillis ill\u00e9galement<br \/>\n       A.50. En ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes \u00e0 propos du sort des \u00e9l\u00e9ments de preuve recueillis ill\u00e9galement, le Conseil des ministres soutient qu\u2019il n\u2019appartient pas \u00e0 la Cour de se prononcer sur cet \u00e9l\u00e9ment, d\u00e8s lors qu\u2019une telle demande exc\u00e8de le cadre du contr\u00f4le objectif de constitutionnalit\u00e9 de la loi du 20 juillet 2022. En r\u00e9alit\u00e9, le sort des preuves p\u00e9nales recueillies ill\u00e9galement est r\u00e9gl\u00e9 dans le Code d\u2019instruction criminelle et dans le titre pr\u00e9liminaire du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale. Il appartient le cas \u00e9ch\u00e9ant au juge de fond d\u2019appliquer les dispositions pertinentes, dans chaque affaire concr\u00e8te, compte tenu des circonstances de l\u2019esp\u00e8ce et de la jurisprudence europ\u00e9enne applicable.<br \/>\n       La protection du secret professionnel<br \/>\n       A.51. En ce qui concerne les critiques des parties requ\u00e9rantes \u00e0 propos de la protection du secret professionnel, le Conseil des ministres renvoie tout d\u2019abord \u00e0 ses \u00e9crits de proc\u00e9dures dans l\u2019affaire n\u00b0 7907. Pour le surplus, il pr\u00e9cise qu\u2019il ressort de l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 26\/96 du 27 mars 1996 (ECLI:BE:GHCC:1996:ARR.026)<br \/>\n       que la diff\u00e9rence de traitement entre les m\u00e9decins et les avocats, d\u2019une part, et les professionnels comptables et fiscaux, d\u2019autre part, n\u2019est pas discriminatoire. En effet, la protection proc\u00e9durale mise en place par la loi du 20 juillet 2022 ne vaut que pour les m\u00e9decins et pour les avocats parce qu\u2019ils sont d\u00e9positaires du secret professionnel en vertu de l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal, qu\u2019ils entretiennent avec leurs clients et leurs patients une relation de confiance et qu\u2019ils rel\u00e8vent d\u2019instances organis\u00e9es par la loi veillant au respect de la d\u00e9ontologie professionnelle.<br \/>\n       Les demandes faites par la partie requ\u00e9rante de poser des questions pr\u00e9judicielles \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne<br \/>\n       A.52.1. En ce qui concerne les demandes faites par la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 de poser des questions pr\u00e9judicielles \u00e0 la Cour de justice formul\u00e9es, le Conseil des ministres pr\u00e9cise qu\u2019il n\u2019est pas oppos\u00e9 par principe \u00e0 ces demandes, pourvu que les questions soient reformul\u00e9es. En effet, la formulation propos\u00e9e par cette<br \/>\n       40<br \/>\n       partie requ\u00e9rante est trop orient\u00e9e, en ce qu\u2019elle sugg\u00e8re que les dispositions attaqu\u00e9es ne sont pas conformes au droit de l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       A.52.2. Au sujet de la question pr\u00e9judicielle portant sur la conservation des donn\u00e9es de communication, le Conseil des ministres consid\u00e8re que les enseignements de l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice du 6 octobre 2020 en cause de La Quadrature du Net e.a. (C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, ECLI:EU:C:2020:791) sont transposables en l\u2019esp\u00e8ce. En cas de doute sur ce point, la Cour de justice pourrait \u00eatre interrog\u00e9e afin de d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8, 11 et 52, paragraphe 1, de la Charte, autorise une mesure l\u00e9gislative imposant aux fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques de conserver les donn\u00e9es techniques qui permettent d\u2019identifier les auteurs d\u2019infractions en ligne ou hors ligne.<br \/>\n       A.52.3. Au sujet de la question pr\u00e9judicielle portant sur la conservation et le traitement de certaines donn\u00e9es de trafic et de localisation en vue de d\u00e9tecter et d\u2019analyser une fraude pr\u00e9sum\u00e9e ou une utilisation malveillante pr\u00e9sum\u00e9e d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques, le Conseil des ministres soutient que ces mesures entrent dans les limites permises par la directive 2002\/58\/CE. En cas de doute sur ce point, la Cour de justice pourrait \u00eatre interrog\u00e9e afin de d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, autorise une mesure l\u00e9gislative ayant pour objet la conservation et le traitement de certaines donn\u00e9es de trafic et de localisation n\u00e9cessaires pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats de l\u2019op\u00e9rateur et de l\u2019utilisateur final contre la fraude et l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau.<br \/>\n       A.52.4. Au sujet de la question pr\u00e9judicielle portant sur la conservation des donn\u00e9es de trafic et de localisation en vue de lutter contre certaines infractions sp\u00e9cifiques, \u00e0 savoir le faux informatique, la fraude informatique et le vol avec violence, sans tenir compte du seuil de la peine, le Conseil des ministres affirme que la notion de criminalit\u00e9 grave est une notion dynamique et \u00e9volutive, mais aussi qu\u2019il appartient aux \u00c9tats membres de d\u00e9terminer les infractions qui rel\u00e8vent de cette cat\u00e9gorie. Il n\u2019appartient pas \u00e0 la Cour de justice de se prononcer sur le point de savoir si une infraction sp\u00e9cifique peut, en fonction des circonstances, relever de la criminalit\u00e9 grave.<br \/>\n       En cas de doute \u00e0 ce sujet, la Cour de justice pourrait \u00eatre interrog\u00e9e afin de d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, autorise une mesure l\u00e9gislative \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer aux dispositions de droit national pour d\u00e9terminer les infractions qui rel\u00e8vent de la criminalit\u00e9 grave.<br \/>\n       A.52.5. Au sujet des questions pr\u00e9judicielles ayant pour objet les facult\u00e9s offertes au juge d\u2019instruction, au procureur du Roi et aux officiers de police judiciaire, le Conseil des ministres rappelle que les articles 26 et 27 de la loi du 20 juillet 2022 sont conformes \u00e0 la directive 2002\/58\/CE. En cas de doute \u00e0 ce sujet, la Cour de justice pourrait \u00eatre saisie afin de d\u00e9terminer, tout d\u2019abord, si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, autorise une mesure l\u00e9gislative habilitant le Procureur du Roi \u00e0 faire identifier l\u2019abonn\u00e9 ou l\u2019utilisateur habituel d\u2019un service ou d\u2019un moyen de communications \u00e9lectroniques, ainsi qu\u2019\u00e0 faire identifier les services de communications \u00e9lectroniques auxquels une personne d\u00e9termin\u00e9e est abonn\u00e9e ou qui sont habituellement utilis\u00e9s par une personne d\u00e9termin\u00e9e. Ensuite, une autre question pr\u00e9judicielle pourrait \u00eatre pos\u00e9e afin de d\u00e9terminer si l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, autorise une mesure l\u00e9gislative habilitant le juge d\u2019instruction ou, en cas de flagrant d\u00e9lit, le procureur du Roi \u00e0 acc\u00e9der aux donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 grave.<br \/>\n       A.52.6. Au sujet de la question pr\u00e9judicielle relative \u00e0 l\u2019information de la personne concern\u00e9e, le Conseil des ministres soutient que cette question est inutile \u00e0 la solution du litige. Il n\u2019est toutefois pas oppos\u00e9 \u00e0 ce que la question soit pos\u00e9e. En revanche, en ce qui concerne la derni\u00e8re question pr\u00e9judicielle, relative aux \u00e9l\u00e9ments de preuves recueillis en application de la loi du 20 juillet 2022 dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 celle-ci devrait \u00eatre annul\u00e9e, le Conseil des ministres rappelle qu\u2019il appartient au juge p\u00e9nal concern\u00e9 de se prononcer sur la question du sort de ces preuves, de sorte que la question est inutile.<br \/>\n       41<br \/>\n       -B\u2013<br \/>\n       Quant \u00e0 la loi attaqu\u00e9e et \u00e0 son contexte<br \/>\n       B.1. Les recours en annulation portent sur la loi du 20 juillet 2022 \u00ab relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification et des m\u00e9tadonn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques et \u00e0 la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 20 juillet 2022).<br \/>\n       Celle-ci apporte des modifications \u00e0 la loi du 13 juin 2005 \u00ab relative aux communications \u00e9lectroniques \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 13 juin 2005) (articles 2 \u00e0 17 de la loi du 20 juillet 2022), \u00e0 la loi du 1er juillet 2011 \u00ab relative \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et la protection des infrastructures critiques \u00bb<br \/>\n       (ci-apr\u00e8s : la loi du 1er juillet 2011) (article 18 de la loi du 20 juillet 2022), \u00e0 la loi du 17 janvier 2003 \u00ab relative au statut du r\u00e9gulateur des secteurs des postes et des t\u00e9l\u00e9communications belges \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 17 janvier 2003) (articles 19 \u00e0 24 de la loi du 20 juillet 2022), au Code d\u2019instruction criminelle (articles 25 \u00e0 27 de la loi du 20 juillet 2022), \u00e0 la loi du 5 ao\u00fbt 1992 \u00ab sur la fonction de police \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 5 ao\u00fbt 1992) (article 28<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022), \u00e0 la loi du 30 novembre 1998 \u00ab organique des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 30 novembre 1998) (articles 29 \u00e0 39 de la loi du 20 juillet 2022), \u00e0 la loi du 2 ao\u00fbt 2002 \u00ab relative \u00e0 la surveillance du secteur financier et aux services financiers \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 2 ao\u00fbt 2002) (articles 40 et 41 de la loi du 20 juillet 2022), \u00e0 la loi du 7 avril 2019 \u00ab \u00e9tablissant un cadre pour la s\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9seaux et des syst\u00e8mes d\u2019information d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral pour la s\u00e9curit\u00e9 publique \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 7 avril 2019) (articles 42 et 43 de la loi du 20 juillet 2022) et \u00e0 la loi du 24 janvier 1977<br \/>\n       \u00ab relative \u00e0 la protection de la sant\u00e9 des consommateurs en ce qui concerne les denr\u00e9es alimentaires et les autres produits \u00bb (article 44 de la loi du 20 juillet 2022). La loi du 20 juillet 2022 comporte \u00e9galement plusieurs dispositions \u00ab transitoires \u00bb (articles 45 \u00e0 48 de la loi du 20 juillet 2022).<br \/>\n       B.2.1. Par la loi du 20 juillet 2022, le l\u00e9gislateur a entendu r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019annulation, par l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 57\/2021 du 22 avril 2021 (ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.057), de la loi du 29 mai 2016 \u00ab relatif \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 29 mai 2016) (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, p. 4). La Cour a rendu cet arr\u00eat apr\u00e8s avoir pos\u00e9 plusieurs<br \/>\n       42<br \/>\n       questions pr\u00e9judicielles \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s : la Cour de justice) (voy. arr\u00eat n\u00b0 96\/2018 du 19 juillet 2018, ECLI:BE:GHCC:2018:ARR.096), laquelle y a r\u00e9pondu par l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020 en cause de La Quadrature du Net e.a., rendu en grande chambre (C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, ECLI:EU:C:2020:791).<br \/>\n       B.2.2. Les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9cisent \u00e0 cet \u00e9gard :<br \/>\n       \u00ab \u00c0 la suite de l\u2019arr\u00eat La Quadrature du Net rendu par la Cour de Justice [(CJUE)] le 6 octobre 2020 (affaires jointes C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18), la Cour constitutionnelle belge a, par arr\u00eat du 22 avril 2021, annul\u00e9 les articles 2, b), 3 \u00e0 11 et 14 de la loi du 29 mai 2016<br \/>\n       relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques. Cette loi est connue sous le nom de \u2018 loi data retention \u2019. Le pr\u00e9sent projet vise essentiellement \u00e0 r\u00e9parer cette loi et \u00e0 r\u00e9tablir un cadre juridique conforme \u00e0 la jurisprudence en mati\u00e8re de conservation des \u2018 donn\u00e9es de trafic et de localisation \u2019 au sens de la directive 2002\/58\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 juillet 2002 concernant le traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et la protection de la vie priv\u00e9e dans le secteur des communications \u00e9lectroniques (directive \u2019 vie priv\u00e9e et communications \u00e9lectroniques \u2019, aussi appel\u00e9e \u2018 directive e-privacy \u2019). Cette directive sera remplac\u00e9e par un r\u00e8glement, qui utilise une nouvelle terminologie, \u00e0 savoir \u2018 m\u00e9tadonn\u00e9es \u2019 au lieu de \u2018 donn\u00e9es de trafic et de localisation \u2019.<br \/>\n       Cette loi pr\u00e9voyait l\u2019obligation pour les fournisseurs au public de services de t\u00e9l\u00e9phonie, en ce compris par internet, d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019internet et de courrier \u00e9lectronique par internet (qu\u2019ils soient op\u00e9rateurs notifi\u00e9s \u00e0 l\u2019IBPT ou non) de conserver certaines donn\u00e9es de localisation et de trafic, pr\u00e9cis\u00e9es par arr\u00eat\u00e9 royal, pendant une dur\u00e9e de 12 mois, afin que ces donn\u00e9es soient disponibles pour des finalit\u00e9s r\u00e9pressives (enqu\u00eates p\u00e9nales) ou pour l\u2019accomplissement des missions des services de renseignement.<br \/>\n       La vice-premi\u00e8re ministre fait remarquer que ces donn\u00e9es ne concernent pas le contenu des communications. C\u2019est pour cela qu\u2019on parle de \u2018 m\u00e9tadonn\u00e9es \u2019 (par exemple \u2018 qui appelle qui \u2019). Il ne s\u2019agit donc pas du contenu des appels t\u00e9l\u00e9phoniques.<br \/>\n       La loi du 29 mai 2016 pr\u00e9voyait une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e de certaines m\u00e9tadonn\u00e9es.<br \/>\n       Or, par son arr\u00eat La Quadrature du Net, la CJUE a jug\u00e9 que la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e telle que pr\u00e9vue par la loi du 29 mai 2016 relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques violait certains principes de droit europ\u00e9en et notamment le droit \u00e0 la vie priv\u00e9e. Sur la base de la directive e-privacy et de la Charte, l\u2019arr\u00eat de la CJUE a sugg\u00e9r\u00e9 certaines pistes alternatives \u00e0 la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e en tout temps :<br \/>\n       43<br \/>\n       1) la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e de m\u00e9tadonn\u00e9es en cas de menace, r\u00e9elle et actuelle ou pr\u00e9visible pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale;<br \/>\n       2) la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es d\u2019identit\u00e9 civile pour la recherche des infractions ne relevant pas de la criminalit\u00e9 grave;<br \/>\n       3) la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP \u00e0 la source d\u2019une connexion \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 grave, la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique et la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale;<br \/>\n       4) \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique, la conservation cibl\u00e9e de m\u00e9tadonn\u00e9es sur une base g\u00e9ographique ou sur la base des personnes dans certaines zones ou pour certaines cat\u00e9gories de personnes pr\u00e9-identifi\u00e9es comme pr\u00e9sentant des risques particuliers, et la conservation rapide de m\u00e9tadonn\u00e9es (\u2018 quick-freeze \u2019), \u00e0 savoir une demande de gel de m\u00e9tadonn\u00e9es relatives \u00e0 une personne sur une courte p\u00e9riode.<br \/>\n       Dans son arr\u00eat d\u2019annulation du 22 avril 2021, la Cour constitutionnelle a repris l\u2019argumentaire de la CJUE.<br \/>\n       Dans le projet de loi, certaines pistes \u00e9voqu\u00e9es par la CJUE ont \u00e9t\u00e9 suivies et d\u00e9velopp\u00e9es, d\u2019autres pas comme la conservation cibl\u00e9e sur la base des personnes dans certaines zones ou pour certaines cat\u00e9gories de personnes pr\u00e9-identifi\u00e9es comme pr\u00e9sentant des risques particuliers.<br \/>\n       Par ailleurs, la vice-premi\u00e8re ministre souligne que des garanties compl\u00e9mentaires ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es au niveau du traitement de ces donn\u00e9es par les op\u00e9rateurs (les mesures de s\u00e9curit\u00e9 impos\u00e9es aux op\u00e9rateurs sont plus d\u00e9taill\u00e9es), ainsi qu\u2019au niveau de la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s (encadrement plus strict des conditions entourant cette fourniture et contr\u00f4le pr\u00e9alable de la demande de l\u2019autorit\u00e9 envers l\u2019op\u00e9rateur). Les exigences de la jurisprudence ont ainsi \u00e9t\u00e9 mises en \u0153uvre.<br \/>\n       Enfin, le projet de loi vise \u00e9galement \u00e0 r\u00e9pondre aux attentes soci\u00e9tales d\u2019un monde de plus en plus digitalis\u00e9 : les transactions \u00e9lectroniques (e-commerce) deviennent la norme dans beaucoup de secteurs. Afin de lutter contre certaines formes d\u2019infractions se commettant exclusivement en ligne, il est donc n\u00e9cessaire que les autorit\u00e9s charg\u00e9es de la pr\u00e9vention, de la d\u00e9tection et de la poursuite de ces infractions puissent obtenir des op\u00e9rateurs les donn\u00e9es dont ils disposent, dans la mesure n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019accomplissement de leurs missions respectives.<br \/>\n       C\u2019est dans cette optique qu\u2019il est pr\u00e9vu, au chapitre [10] du projet de loi, d\u2019accorder au Service d\u2019inspection des produits de consommation du SPF Sant\u00e9 publique, S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire et Environnement, la possibilit\u00e9 d\u2019identifier des personnes morales ou physiques sur la base d\u2019un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone ou d\u2019une adresse IP. Il ne s\u2019agit en d\u2019autres termes que de donn\u00e9es qui ne donnent pas d\u2019information pr\u00e9cise sur la vie priv\u00e9e des personnes concern\u00e9es puisqu\u2019elles concernent des donn\u00e9es d\u2019identification. Sans la fourniture de ces donn\u00e9es, il y aurait une impossibilit\u00e9 mat\u00e9rielle pour ce service de remplir sa mission l\u00e9gale et les enqu\u00eates resteraient immuablement \u00e0 charge de \u2018 X \u2019.<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat d\u2019annulation de la Cour constitutionnelle du 22 avril 2021 a \u00e9galement rendu n\u00e9cessaire une modification de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal 19 septembre 2013 portant ex\u00e9cution de l\u2019article 126 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques (ci-apr\u00e8s<br \/>\n       44<br \/>\n       \u2018 arr\u00eat\u00e9 royal data \u2019). En outre, l\u2019arr\u00eat d\u2019annulation a \u00e9galement rendu n\u00e9cessaire la modification de certaines lois organiques, notamment le Code d\u2019instruction criminelle, ou la loi sur la fonction de police. Ce sont ces lois organiques qui fixent les conditions de fourniture des donn\u00e9es conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs aux diff\u00e9rentes autorit\u00e9s concern\u00e9es \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/003, pp. 3-6).<br \/>\n       B.2.3. Par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 57\/2021 pr\u00e9cit\u00e9, la Cour a jug\u00e9 :<br \/>\n       \u00ab B.18. L\u2019arr\u00eat de la Cour de justice du 6 octobre 2020 impose un changement de perspective par rapport au choix que le l\u00e9gislateur a effectu\u00e9 : l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es relatives aux communications \u00e9lectroniques doit \u00eatre l\u2019exception, et non la r\u00e8gle. La r\u00e9glementation pr\u00e9voyant une telle obligation doit par ailleurs \u00eatre soumise \u00e0 des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises concernant la port\u00e9e et l\u2019application de la mesure en cause et imposant des exigences minimales (point 133). Cette r\u00e9glementation doit garantir que l\u2019ing\u00e9rence se limite au strict n\u00e9cessaire et doit toujours \u2018 r\u00e9pondre \u00e0 des crit\u00e8res objectifs, \u00e9tablissant un rapport entre les donn\u00e9es \u00e0 conserver et l\u2019objectif poursuivi \u2019 (points 132 et 133).<br \/>\n       B.19. Il appartient au l\u00e9gislateur d\u2019\u00e9laborer une r\u00e9glementation qui respecte les principes applicables en mati\u00e8re de protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, \u00e0 la lumi\u00e8re de la jurisprudence de la Cour de justice, et de tenir compte, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des pr\u00e9cisions apport\u00e9es par celle-ci en ce qui concerne les diff\u00e9rents types de mesures l\u00e9gislatives jug\u00e9es compatibles avec l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11<br \/>\n       et 52, paragraphe 1, de la Charte. En particulier, il appartient \u00e9galement au l\u00e9gislateur, dans ce contexte, d\u2019op\u00e9rer les distinctions qui s\u2019imposent entre les diff\u00e9rents types de donn\u00e9es soumises \u00e0 conservation, de mani\u00e8re \u00e0 garantir que, pour chaque type de donn\u00e9e, l\u2019ing\u00e9rence soit limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire \u00bb.<br \/>\n       B.2.4. Par cet arr\u00eat, la Cour a jug\u00e9 qu\u2019il appartient au l\u00e9gislateur d\u2019\u00e9laborer une nouvelle r\u00e9glementation quant \u00e0 l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es relatives aux communications \u00e9lectroniques, dans le respect des principes applicables en la mati\u00e8re, \u00e0 la lumi\u00e8re de la jurisprudence de la Cour de justice relative \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 juillet 2002 \u00ab concernant le traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et la protection de la vie priv\u00e9e dans le secteur des communications \u00e9lectroniques (directive vie priv\u00e9e et communications \u00e9lectroniques \u00bb (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : la directive 2002\/58\/CE), lui-m\u00eame lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11 et 52, paragraphe 1, de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s : la Charte).<br \/>\n       45<br \/>\n       B.2.5. L\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE \u00e9nonce :<br \/>\n       \u00ab Les \u00c9tats membres peuvent adopter des mesures l\u00e9gislatives visant \u00e0 limiter la port\u00e9e des droits et des obligations pr\u00e9vus aux articles 5 et 6, \u00e0 l\u2019article 8, paragraphes 1, 2, 3 et 4, et \u00e0 l\u2019article 9 de la pr\u00e9sente directive lorsqu\u2019une telle limitation constitue une mesure n\u00e9cessaire, appropri\u00e9e et proportionn\u00e9e, au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, pour sauvegarder la s\u00e9curit\u00e9 nationale &#8211; c\u2019est-\u00e0-dire la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat &#8211; la d\u00e9fense et la s\u00e9curit\u00e9 publique, ou assurer la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection et la poursuite d\u2019infractions p\u00e9nales ou d\u2019utilisations non autoris\u00e9es du syst\u00e8me de communications \u00e9lectroniques, comme le pr\u00e9voit l\u2019article 13, paragraphe 1, de la directive 95\/46\/CE. \u00c0 cette fin, les \u00c9tats membres peuvent, entre autres, adopter des mesures l\u00e9gislatives pr\u00e9voyant la conservation de donn\u00e9es pendant une dur\u00e9e limit\u00e9e lorsque cela est justifi\u00e9 par un des motifs \u00e9nonc\u00e9s dans le pr\u00e9sent paragraphe. Toutes les mesures vis\u00e9es dans le pr\u00e9sent paragraphe sont prises dans le respect des principes g\u00e9n\u00e9raux du droit communautaire, y compris ceux vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 6, paragraphes 1 et 2, du trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne \u00bb.<br \/>\n       B.2.6. Dans le dispositif de l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9, la Cour de justice a dit pour droit :<br \/>\n       \u00ab 1) L\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil, du 12 juillet 2002, concernant le traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et la protection de la vie priv\u00e9e dans le secteur des communications \u00e9lectroniques (directive vie priv\u00e9e et communications \u00e9lectroniques), telle que modifi\u00e9e par la directive 2009\/136\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil, du 25 novembre 2009, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8 et 11<br \/>\n       ainsi que de l\u2019article 52, paragraphe 1, de la Charte, doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en ce sens qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 des mesures l\u00e9gislatives pr\u00e9voyant, aux fins pr\u00e9vues \u00e0 cet article 15, paragraphe 1, \u00e0 titre pr\u00e9ventif, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation. En revanche, l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58, telle que modifi\u00e9e par la directive 2009\/136, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8 et 11 ainsi que de l\u2019article 52, paragraphe 1, de la Charte, ne s\u2019oppose pas \u00e0 des mesures l\u00e9gislatives<br \/>\n       &#8211; permettant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, le recours \u00e0 une injonction faite aux fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques de proc\u00e9der \u00e0 une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation, dans des situations o\u00f9 l\u2019\u00c9tat membre concern\u00e9 fait face \u00e0 une menace grave pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale qui s\u2019av\u00e8re r\u00e9elle et actuelle ou pr\u00e9visible, la d\u00e9cision pr\u00e9voyant cette injonction pouvant faire l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le effectif, soit par une juridiction, soit par une entit\u00e9 administrative ind\u00e9pendante, dont la d\u00e9cision est dot\u00e9e d\u2019un effet contraignant, visant \u00e0 v\u00e9rifier l\u2019existence d\u2019une de ces situations ainsi que le respect des conditions et des garanties devant \u00eatre pr\u00e9vues, et ladite injonction ne pouvant \u00eatre \u00e9mise que pour une p\u00e9riode temporellement limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire, mais renouvelable en cas de persistance de cette menace;<br \/>\n       &#8211; pr\u00e9voyant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, une conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation qui soit d\u00e9limit\u00e9e, sur la base d\u2019\u00e9l\u00e9ments objectifs et non discriminatoires, en fonction de cat\u00e9gories de<br \/>\n       46<br \/>\n       personnes concern\u00e9es ou au moyen d\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique, pour une p\u00e9riode temporellement limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire, mais renouvelable;<br \/>\n       &#8211; pr\u00e9voyant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source d\u2019une connexion, pour une p\u00e9riode temporellement limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire;<br \/>\n       &#8211; pr\u00e9voyant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 et de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs de moyens de communications \u00e9lectroniques, et<br \/>\n       &#8211; permettant, aux fins de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et, a fortiori, de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, le recours \u00e0 une injonction faite aux fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques, par le biais d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente soumise \u00e0 un contr\u00f4le juridictionnel effectif, de proc\u00e9der, pour une dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, \u00e0 la conservation rapide des donn\u00e9es relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation dont disposent ces fournisseurs de services,<br \/>\n       d\u00e8s lors que ces mesures assurent, par des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises, que la conservation des donn\u00e9es en cause est subordonn\u00e9e au respect des conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales y aff\u00e9rentes et que les personnes concern\u00e9es disposent de garanties effectives contre les risques d\u2019abus \u00bb.<br \/>\n       B.3.1. Il ressort par ailleurs des travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 que le l\u00e9gislateur a \u00e9galement souhait\u00e9 r\u00e9agir \u00e0 l\u2019annulation, par l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 158\/2021 du 18 novembre 2021 (ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.158), de la loi du 1er septembre 2016<br \/>\n       \u00ab portant modification de l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques et de l\u2019article 16\/2 de la loi du 30 novembre 1998 organique des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 1er septembre 2016) (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/003, p. 7).<br \/>\n       B.3.2. Les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 mentionnent \u00e0 ce sujet :<br \/>\n       \u00ab Le 18 novembre 2021, la Cour constitutionnelle a en effet rendu un arr\u00eat au sujet de la loi du 1er septembre 2016. Cette loi a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e apr\u00e8s les attentats de Paris, afin de mettre fin \u00e0 l\u2019anonymat des utilisateurs de cartes pr\u00e9pay\u00e9es permettant l\u2019utilisation de services mobiles (appel, acc\u00e8s \u00e0 Internet, envoi de SMS, etc.) en obligeant les op\u00e9rateurs \u00e0 les identifier.<br \/>\n       Dans cet arr\u00eat, la Cour ne remet pas en cause le principe de l\u2019identification des utilisateurs de cartes pr\u00e9pay\u00e9es, mais elle annule la modification apport\u00e9e par la loi du 1er septembre 2016<br \/>\n       \u00e0 l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005, \u2018 uniquement en ce qu\u2019(elle) ne d\u00e9termine pas les donn\u00e9es d\u2019identification qui sont collect\u00e9es et trait\u00e9es et les documents d\u2019identification qui entrent en consid\u00e9ration \u2019. La Cour consid\u00e8re que l\u2019article 22 de la Constitution exige que ces<br \/>\n       47<br \/>\n       donn\u00e9es et documents soient \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans la loi. Elle maintient les effets de la disposition annul\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur d\u2019une norme l\u00e9gislative qui \u00e9num\u00e8re ces donn\u00e9es d\u2019identification et ces documents d\u2019identification et au plus tard jusqu\u2019au 31 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       inclus.<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat du 18 novembre 2021 de la Cour constitutionnelle porte uniquement sur l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005. Lorsqu\u2019on analyse cette d\u00e9cision, on constate toutefois que ses enseignements &#8211; \u00e0 savoir le fait que les donn\u00e9es \u00e0 conserver par les op\u00e9rateurs doivent \u00eatre mentionn\u00e9es dans la loi \u2013 s\u2019appliquent \u00e9galement aux articles 126 et 126\/1 de cette loi tels qu\u2019ils figurent dans le projet de loi relatif \u00e0 la \u2018 conservation des donn\u00e9es \u2019. Il s\u2019ensuit que ces articles 126 et 126\/1 doivent \u00e9galement \u00eatre modifi\u00e9s \u00bb (ibid., p. 7).<br \/>\n       B.4. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 que le l\u00e9gislateur a examin\u00e9 en profondeur tant l\u2019arr\u00eat n\u00b0 57\/2021 pr\u00e9cit\u00e9 que l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice du 6 octobre 2020, sur lequel il est bas\u00e9, mais aussi l\u2019arr\u00eat n\u00b0 158\/2021 pr\u00e9cit\u00e9.<br \/>\n       Quant \u00e0 l\u2019\u00e9tendue des recours en annulation<br \/>\n       B.5.1. La Cour doit d\u00e9terminer l\u2019\u00e9tendue des recours en annulation sur la base du contenu des requ\u00eates.<br \/>\n       La Cour peut uniquement annuler des dispositions l\u00e9gislatives explicitement attaqu\u00e9es contre lesquelles des moyens sont invoqu\u00e9s et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des dispositions qui ne sont pas attaqu\u00e9es mais qui sont indissociablement li\u00e9es aux dispositions qui doivent \u00eatre annul\u00e9es.<br \/>\n       B.5.2.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7907 demande l\u2019annulation des articles 5, 4\u00b0 et 6\u00b0, 8 \u00e0 11, 13 \u00e0 15, 19, 21, 22, 24 \u00e0 42 et 44 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.5.2.2. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7929 demandent l\u2019annulation des articles 2 \u00e0 17 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.5.2.3. Les parties requ\u00e9rantes dans les affaires nos 7930, 7931 et 7932 demandent l\u2019annulation de la loi du 20 juillet 2022 dans son int\u00e9gralit\u00e9.<br \/>\n       48<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 ne d\u00e9veloppe cependant des moyens que contre les articles 5, 6, 8, 9, 11, 12, 13, 27 et 45 de la loi du 20 juillet 2022. Elle d\u00e9nonce par ailleurs l\u2019existence d\u2019une lacune l\u00e9gislative en ce qui concerne les donn\u00e9es couvertes par le secret professionnel.<br \/>\n       Du reste, le moyen unique de la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 n\u2019est dirig\u00e9 que contre les articles 3, 5, 8, 9, 10, 11, 13, 24, 25, 26 et 27 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       En outre, les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 ne d\u00e9veloppent des moyens que contre les articles 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 15, 33, 34 et 37 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       Elles d\u00e9noncent \u00e9galement l\u2019existence d\u2019une lacune l\u00e9gislative en ce qui concerne les donn\u00e9es couvertes par le secret professionnel.<br \/>\n       B.6. L\u2019examen de la Cour porte donc sur les articles 3 \u00e0 6, 8 \u00e0 15, 19, 21, 22, 24 \u00e0 42 et 45<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022, ainsi que sur la lacune l\u00e9gislative pr\u00e9cit\u00e9e.<br \/>\n       Quant \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat<br \/>\n       B.7.1. Le Conseil des ministres conteste l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir de l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone, qui est la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7907.<br \/>\n       L\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone serait limit\u00e9 \u00e0 l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022, d\u00e8s lors que les griefs dirig\u00e9s contre les autres dispositions ne porteraient pas sur le secret professionnel de l\u2019avocat.<br \/>\n       B.7.2. La Constitution et la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle imposent \u00e0 toute personne physique ou morale qui introduit un recours en annulation de justifier d\u2019un int\u00e9r\u00eat. Ne justifient de l\u2019int\u00e9r\u00eat requis que les personnes dont la situation pourrait \u00eatre affect\u00e9e directement et d\u00e9favorablement par la norme attaqu\u00e9e; il s\u2019ensuit que l\u2019action populaire n\u2019est pas admissible.<br \/>\n       49<br \/>\n       B.7.3. L\u2019article 495 du Code judiciaire, alin\u00e9as 1er et 2, dispose :<br \/>\n       \u00ab L\u2019Ordre des Barreaux francophones et germanophone et l\u2019Orde van Vlaamse balies ont, [chacun] en ce qui concerne les barreaux qui en font partie, pour mission de veiller \u00e0 l\u2019honneur, aux droits et aux int\u00e9r\u00eats professionnels communs de leurs membres et sont [comp\u00e9tents] en ce qui concerne l\u2019aide juridique, le stage, la formation professionnelle des avocats-stagiaires et la formation de tous les avocats appartenant aux barreaux qui en font partie.<br \/>\n       [Ils] prennent les initiatives et les mesures utiles en mati\u00e8re de formation, de r\u00e8gles disciplinaires et de loyaut\u00e9 professionnelle, ainsi que pour la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats de l\u2019avocat et du justiciable \u00bb.<br \/>\n       B.7.4. Les Ordres des barreaux sont des groupements professionnels de droit public qui ont \u00e9t\u00e9 institu\u00e9s par la loi et qui regroupent obligatoirement tous ceux qui exercent la profession d\u2019avocat.<br \/>\n       Sauf dans les cas o\u00f9 ils d\u00e9fendent leur int\u00e9r\u00eat personnel, les Ordres des barreaux ne peuvent agir en justice que dans le cadre de la mission que le l\u00e9gislateur leur a confi\u00e9e. Ainsi donc, ils peuvent en premier lieu agir en justice lorsqu\u2019ils d\u00e9fendent les int\u00e9r\u00eats professionnels de leurs membres ou lorsque l\u2019exercice de la profession d\u2019avocat est en cause. Selon l\u2019article 495, alin\u00e9a 2, du Code judiciaire, les Ordres peuvent \u00e9galement prendre des initiatives et des mesures \u00ab utiles [&#8230;] pour la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats de l\u2019avocat et du justiciable \u00bb.<br \/>\n       B.7.5. Il ressort de l\u2019article 495 du Code judiciaire, lu en combinaison avec les articles 2<br \/>\n       et 87 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 pr\u00e9cit\u00e9e, que les Ordres des barreaux ne peuvent agir devant la Cour comme partie requ\u00e9rante ou partie intervenante pour d\u00e9fendre l\u2019int\u00e9r\u00eat collectif des justiciables qu\u2019en ce qu\u2019une telle action est li\u00e9e \u00e0 la mission et au r\u00f4le de l\u2019avocat en ce qui concerne la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats du justiciable.<br \/>\n       Des mesures qui n\u2019ont aucune incidence sur le droit d\u2019acc\u00e8s au juge, sur l\u2019administration de la justice ou sur l\u2019assistance que les avocats peuvent offrir \u00e0 leurs clients, que ce soit lors d\u2019un recours administratif, lors d\u2019une conciliation amiable ou lors d\u2019un litige soumis aux juridictions judiciaires ou administratives, ne rel\u00e8vent d\u00e8s lors pas de l\u2019article 495 du Code judiciaire, lu en combinaison avec les articles 2 et 87 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989<br \/>\n       pr\u00e9cit\u00e9e.<br \/>\n       50<br \/>\n       B.7.6. Les dispositions attaqu\u00e9es visent \u00e0 \u00e9tablir un cadre juridique en mati\u00e8re de conservation et d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel dans le secteur des communications \u00e9lectroniques, \u00e0 la suite de l\u2019annulation de la loi du 1er septembre 2016 par l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 57\/2021 pr\u00e9cit\u00e9 .<br \/>\n       Le constat que les dispositions attaqu\u00e9es par l\u2019Ordre des barreaux francophones et germanophone, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019article 27, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022, ne visent pas express\u00e9ment les moyens de communications \u00e9lectroniques des avocats ne permet pas de d\u00e9duire que celles-ci ne leur sont pas applicables.<br \/>\n       La loi du 20 juillet 2022 rev\u00eat une port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale et s\u2019applique \u00e0 l\u2019ensemble des moyens de communications \u00e9lectroniques, dont ceux qui b\u00e9n\u00e9ficient de la protection de l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal.<br \/>\n       Les informations confidentielles confi\u00e9es \u00e0 un avocat dans l\u2019exercice de sa profession b\u00e9n\u00e9ficient de la protection d\u00e9coulant, pour le justiciable, des garanties inscrites \u00e0 l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, d\u00e8s lors que la r\u00e8gle du secret professionnel impos\u00e9e \u00e0 l\u2019avocat est un \u00e9l\u00e9ment fondamental des droits de la d\u00e9fense du justiciable qui se confie \u00e0 lui (voy. not. l\u2019arr\u00eat n\u00b0 174\/2018 du 6 d\u00e9cembre 2018, ECLI:BE:GHCC:2018:ARR.174, B.25).<br \/>\n       B.7.7. Il d\u00e9coule de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit des mesures qui peuvent avoir une incidence sur l\u2019exercice de la profession d\u2019avocat.<br \/>\n       B.7.8. L\u2019exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 est rejet\u00e9e.<br \/>\n       Quant au fond<br \/>\n       B.8.1. L\u2019article 6 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 pr\u00e9cit\u00e9e pr\u00e9cise que la requ\u00eate \u00ab indique l\u2019objet du recours et contient un expos\u00e9 des faits et moyens \u00bb.<br \/>\n       51<br \/>\n       B.8.2. Pour satisfaire aux exigences de l\u2019article 6 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989<br \/>\n       pr\u00e9cit\u00e9e, les moyens et branches de moyens doivent faire conna\u00eetre, parmi les r\u00e8gles dont la Cour garantit le respect, celles qui seraient viol\u00e9es ainsi que les dispositions qui violeraient ces r\u00e8gles et exposer en quoi ces r\u00e8gles auraient \u00e9t\u00e9 transgress\u00e9es par ces dispositions.<br \/>\n       Cette exigence n\u2019est pas de pure forme. Elle vise \u00e0 fournir \u00e0 la Cour ainsi qu\u2019aux institutions et aux personnes qui peuvent adresser un m\u00e9moire \u00e0 la Cour un expos\u00e9 clair et univoque des moyens.<br \/>\n       B.8.3. Les moyens dans les affaires jointes comprennent un grand nombre de griefs, souvent r\u00e9p\u00e9titifs et redondants. Ces moyens portent principalement sur la compatibilit\u00e9 des dispositions attaqu\u00e9es avec le droit au respect de la vie priv\u00e9e et avec le droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les articles 7 et 8 de la Charte et par plusieurs dispositions du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne. D\u2019autres normes de r\u00e9f\u00e9rence sont \u00e9galement invoqu\u00e9es, sans toutefois que leur violation soit syst\u00e9matiquement \u00e9tay\u00e9e. La Cour limite son examen aux normes de r\u00e9f\u00e9rence faisant l\u2019objet de d\u00e9veloppements de la part des parties, conform\u00e9ment aux exigences mentionn\u00e9es en B.8.2.<br \/>\n       B.8.4. Pour autant que les moyens dans les affaires jointes satisfassent aux exigences qui pr\u00e9c\u00e8dent, la Cour examine les griefs des parties requ\u00e9rantes dans l\u2019ordre suivant :<br \/>\n       1. L\u2019utilisation de la cryptographie (article 3);<br \/>\n       2. Les mesures employ\u00e9es au niveau du r\u00e9seau ou de l\u2019utilisateur final pour d\u00e9tecter la fraude et les utilisations malveillantes des r\u00e9seaux et des services (article 4);<br \/>\n       3. La conservation des donn\u00e9es de trafic (article 5);<br \/>\n       4. La conservation des donn\u00e9es de localisation (article 6);<br \/>\n       5. La conservation des donn\u00e9es de souscription et d\u2019identification (article 8);<br \/>\n       52<br \/>\n       6. L\u2019obligation d\u2019identification des abonn\u00e9s et des utilisateurs finaux de services de communication \u00e9lectronique (article 12);<br \/>\n       7. La conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es sur la base d\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique (articles 9 \u00e0 11);<br \/>\n       8. L\u2019\u00e9num\u00e9ration des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes et des finalit\u00e9s dans le cadre de l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es (article 13);<br \/>\n       9. Les comp\u00e9tences des officiers de police judiciaire de l\u2019IBPT (article 24);<br \/>\n       10. Les comp\u00e9tences du procureur du Roi (articles 25 et 26);<br \/>\n       11. Les comp\u00e9tences du juge d\u2019instruction (article 27);<br \/>\n       12. Les comp\u00e9tences des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 (articles 33, 34 et 37);<br \/>\n       13. L\u2019entr\u00e9e en vigueur (article 45);<br \/>\n       14. La protection du secret professionnel.<br \/>\n       1. L\u2019utilisation de la cryptographie (article 3)<br \/>\n       B.9. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 et le cinqui\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932<br \/>\n       portent sur l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022, qui remplace l\u2019article 107\/5 de la loi du 13 juin 2005 comme suit :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Afin de favoriser la s\u00e9curit\u00e9 num\u00e9rique, l\u2019utilisation de la cryptographie est libre dans les limites pr\u00e9vues aux paragraphes 2 \u00e0 4.<br \/>\n       \u00a7 2. Le recours \u00e0 la cryptographie ne peut pas emp\u00eacher les communications d\u2019urgence, en ce compris l\u2019identification de la ligne appelante ou la fourniture des donn\u00e9es d\u2019identification de l\u2019appelant.<br \/>\n       53<br \/>\n       \u00a7 3. Le recours \u00e0 la cryptographie, utilis\u00e9e par un op\u00e9rateur, visant \u00e0 garantir la s\u00e9curit\u00e9 des communications, ne peut pas emp\u00eacher l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une demande cibl\u00e9e d\u2019une autorit\u00e9 comp\u00e9tente, dans les conditions pr\u00e9vues par la loi, dans le but d\u2019identifier l\u2019utilisateur final, de rep\u00e9rer et localiser des communications non accessibles au public.<br \/>\n       \u00a7 4. L\u2019utilisation de la cryptographie par un op\u00e9rateur \u00e9tranger, dont l\u2019utilisateur final ou l\u2019abonn\u00e9 est situ\u00e9 sur le territoire belge, ne peut pas emp\u00eacher l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une demande d\u2019une autorit\u00e9 comp\u00e9tente telle que vis\u00e9e aux paragraphes 2 et 3.<br \/>\n       Toute clause contractuelle prise par les op\u00e9rateurs faisant obstacle \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019alin\u00e9a 1er est interdite et nulle de plein droit \u00bb.<br \/>\n       B.10.1. Dans son moyen unique, pris de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 27 avril 2016 \u00ab relative \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes \u00e0 des fins de pr\u00e9vention et de d\u00e9tection des infractions p\u00e9nales, d\u2019enqu\u00eates et de poursuites en la mati\u00e8re ou d\u2019ex\u00e9cution de sanctions p\u00e9nales, et \u00e0 la libre circulation de ces donn\u00e9es, et abrogeant la d\u00e9cision-cadre 2008\/977\/JAI du Conseil \u00bb (ci-apr\u00e8s : la directive (UE) 2016\/680), la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 soutient que l\u2019article 107\/5, \u00a7\u00a7 3 et 4, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022, est disproportionn\u00e9, d\u00e8s lors que les mesures de cryptage permettent pr\u00e9cis\u00e9ment de garantir la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et de prot\u00e9ger le droit au respect de la vie priv\u00e9e.<br \/>\n       B.10.2. Dans leur cinqui\u00e8me moyen, pris de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29<br \/>\n       de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14, 15, 17 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne et avec la directive 2002\/58\/CE, la directive (UE) 2016\/680 et le r\u00e8glement (UE) 2016\/679 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 27 avril 2016 \u00ab relatif \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et \u00e0 la libre circulation de ces donn\u00e9es, et abrogeant la directive 95\/46\/CE (r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral sur la protection des donn\u00e9es) \u00bb (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : le RGPD), les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 soutiennent que l\u2019article 107\/5, \u00a7 3, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       54<br \/>\n       constitue une ing\u00e9rence disproportionn\u00e9e dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e et pr\u00e9voit une mesure qui n\u2019est pas n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique.<br \/>\n       B.11.1. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 et les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 ne formulent des griefs \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019article 107\/5<br \/>\n       de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022, qu\u2019en ce qui concerne l\u2019atteinte au droit au respect de la vie priv\u00e9e et au droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, tels qu\u2019ils sont garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et par les articles 7, 8 et 52 de la Charte. La Cour limite son examen \u00e0 ces dispositions.<br \/>\n       B.11.2. L\u2019article 22 de la Constitution dispose :<br \/>\n       \u00ab Chacun a droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale, sauf dans les cas et conditions fix\u00e9s par la loi.<br \/>\n       La loi, le d\u00e9cret ou la r\u00e8gle vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 134 garantissent la protection de ce droit \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme dispose :<br \/>\n       \u00ab 1. Toute personne a droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale, de son domicile et de sa correspondance.<br \/>\n       2. Il ne peut y avoir ing\u00e9rence d\u2019une autorit\u00e9 publique dans l\u2019exercice de ce droit que pour autant que cette ing\u00e9rence est pr\u00e9vue par la loi et qu\u2019elle constitue une mesure qui, dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, est n\u00e9cessaire \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale, \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 publique, au bien-\u00eatre \u00e9conomique du pays, \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019ordre et \u00e0 la pr\u00e9vention des infractions p\u00e9nales, \u00e0 la protection de la sant\u00e9 ou de la morale, ou \u00e0 la protection des droits et libert\u00e9s d\u2019autrui \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 7 de la Charte dispose :<br \/>\n       \u00ab Toute personne a droit au respect de sa vie priv\u00e9e et familiale, de son domicile et de ses communications \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 8 de la Charte dispose :<br \/>\n       \u00ab 1. Toute personne a droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel la concernant.<br \/>\n       55<br \/>\n       2. Ces donn\u00e9es doivent \u00eatre trait\u00e9es loyalement, \u00e0 des fins d\u00e9termin\u00e9es et sur la base du consentement de la personne concern\u00e9e ou en vertu d\u2019un autre fondement l\u00e9gitime pr\u00e9vu par la loi. Toute personne a le droit d\u2019acc\u00e9der aux donn\u00e9es collect\u00e9es la concernant et d\u2019en obtenir la rectification.<br \/>\n       3. Le respect de ces r\u00e8gles est soumis au contr\u00f4le d\u2019une autorit\u00e9 ind\u00e9pendante \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 52, paragraphe 1, de la Charte dispose :<br \/>\n       \u00ab Toute limitation de l\u2019exercice des droits et libert\u00e9s reconnus par la pr\u00e9sente Charte doit \u00eatre pr\u00e9vue par la loi et respecter le contenu essentiel desdits droits et libert\u00e9s. Dans le respect du principe de proportionnalit\u00e9, des limitations ne peuvent \u00eatre apport\u00e9es que si elles sont n\u00e9cessaires et r\u00e9pondent effectivement \u00e0 des objectifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral reconnus par l\u2019Union ou au besoin de protection des droits et libert\u00e9s d\u2019autrui \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 52, paragraphe 3, de la Charte dispose :<br \/>\n       \u00ab Dans la mesure o\u00f9 la pr\u00e9sente Charte contient des droits correspondant \u00e0 des droits garantis par la Convention europ\u00e9enne de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales, leur sens et leur port\u00e9e sont les m\u00eames que ceux que leur conf\u00e8re ladite convention. Cette disposition ne fait pas obstacle \u00e0 ce que le droit de l\u2019Union accorde une protection plus \u00e9tendue \u00bb.<br \/>\n       B.11.3. Le Constituant a recherch\u00e9 la plus grande concordance possible entre l\u2019article 22<br \/>\n       de la Constitution et l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (Doc. parl., Chambre, 1992-1993, n\u00b0 997\/5, p. 2).<br \/>\n       La port\u00e9e de cet article 8 est analogue \u00e0 celle de la disposition constitutionnelle pr\u00e9cit\u00e9e, de sorte que les garanties que fournissent ces deux dispositions forment un tout indissociable.<br \/>\n       Lorsque la Charte contient des droits correspondant \u00e0 des droits garantis par la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, \u00ab leur sens et leur port\u00e9e sont les m\u00eames que ceux que leur conf\u00e8re ladite convention \u00bb. Cette disposition aligne le sens et la port\u00e9e des droits qui sont garantis par la Charte sur les droits correspondants qui sont garantis par la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       56<br \/>\n       Les explications relatives \u00e0 la Charte (2007\/C-303\/02), publi\u00e9es au Journal officiel du 14 d\u00e9cembre 2007, indiquent que, parmi les articles \u00ab dont le sens et la port\u00e9e sont les m\u00eames que ceux des articles correspondants dans la CEDH \u00bb, l\u2019article 7 de la Charte correspond \u00e0 l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       La Cour de justice rappelle \u00e0 cet \u00e9gard que \u00ab l\u2019article 7 de la Charte, relatif au droit au respect de la vie priv\u00e9e et familiale, contient des droits correspondant \u00e0 ceux garantis par l\u2019article 8, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales, sign\u00e9e \u00e0 Rome le 4 novembre 1950 (ci-apr\u00e8s : la CEDH), et qu\u2019il convient donc, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 52, paragraphe 3, de la Charte, de donner audit article 7<br \/>\n       le m\u00eame sens et la m\u00eame port\u00e9e que ceux conf\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019article 8, paragraphe 1, de la CEDH, tel qu\u2019il est interpr\u00e9t\u00e9 par la jurisprudence de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme \u00bb (CJUE, 17 d\u00e9cembre 2015, C-419\/14, WebMindLicenses Kft., ECLI:EU:C:2015:832, point 70;<br \/>\n       14 f\u00e9vrier 2019, C-345\/17, Buivids, ECLI:EU:C:2019:122, point 65).<br \/>\n       En ce qui concerne l\u2019article 8 de la Charte, la Cour de justice consid\u00e8re qu\u2019\u00ab ainsi que le pr\u00e9voit express\u00e9ment l\u2019article 52, paragraphe 3, seconde phrase, de la Charte, l\u2019article 52, paragraphe 3, premi\u00e8re phrase, de celle-ci ne fait pas obstacle \u00e0 ce que le droit de l\u2019Union accorde une protection plus \u00e9tendue que la CEDH \u00bb, et que \u00ab l\u2019article 8 de la Charte concerne un droit fondamental distinct de celui consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019article 7 de celle-ci et qui n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent dans la CEDH \u00bb (CJUE, grande chambre, 21 d\u00e9cembre 2016, C-203\/15 et C-<br \/>\n       698\/15, Tele2 Sverige AB, ECLI:EU:C:2016:970, point 129).<br \/>\n       Il d\u00e9coule de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que, dans le champ d\u2019application du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne, l\u2019article 22 de la Constitution, l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et l\u2019article 7 de la Charte garantissent des droits fondamentaux analogues, tout comme l\u2019article 8 de cette Charte qui vise sp\u00e9cifiquement la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel.<br \/>\n       B.12.1. L\u2019article 107\/5 de la loi du 13 juin 2005, ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022, pr\u00e9voit que l\u2019utilisation de la cryptographie est libre, sous r\u00e9serve des trois exceptions qu\u2019il \u00e9num\u00e8re.<br \/>\n       57<br \/>\n       B.12.2. Les travaux pr\u00e9paratoires de la disposition attaqu\u00e9e mettent en \u00e9vidence que le l\u00e9gislateur a souhait\u00e9 favoriser l\u2019utilisation de la cryptographie, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un syst\u00e8me efficace pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des communications, ce qui permet de prot\u00e9ger la vie priv\u00e9e, le potentiel scientifique et \u00e9conomique, la comp\u00e9titivit\u00e9 des entreprises, le secret m\u00e9dical et le secret des affaires (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, p. 17).<br \/>\n       B.12.3. L\u2019article 107\/5 de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022, \u00e9tablit des exceptions \u00e0 la libre utilisation de la cryptographie, afin d\u2019\u00e9viter que le recours \u00e0 ce proc\u00e9d\u00e9 emp\u00eache les communications d\u2019urgence, dont l\u2019identification de la ligne appelante ou la fourniture des donn\u00e9es d\u2019identification de l\u2019appelant (\u00a7 2), afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019un op\u00e9rateur ne puisse ex\u00e9cuter une demande cibl\u00e9e d\u2019une autorit\u00e9 comp\u00e9tente, dans les conditions pr\u00e9vues par la loi, dans le but d\u2019identifier l\u2019utilisateur final, de rep\u00e9rer et de localiser des communications non accessibles au public (\u00a7 3) et afin d\u2019\u00e9viter qu\u2019un op\u00e9rateur \u00e9tranger dont l\u2019utilisateur final ou l\u2019abonn\u00e9 est situ\u00e9 sur le territoire belge emp\u00eache l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une demande d\u2019une autorit\u00e9 comp\u00e9tente, \u00e9tant entendu que, dans ce dernier cas, toute clause contractuelle contraire est frapp\u00e9e de nullit\u00e9 (\u00a7 4).<br \/>\n       B.12.4. Comme il est dit en B.10.1 et B.10.2, les griefs des parties requ\u00e9rantes portent sur les deux derni\u00e8res exceptions.<br \/>\n       B.12.5. Ces exceptions visent \u00e0 \u00e9viter que le recours \u00e0 la cryptographie emp\u00eache un op\u00e9rateur de remplir les obligations en mati\u00e8re de conservation des donn\u00e9es qui sont fix\u00e9es par la loi, notamment dans le cas d\u2019un utilisateur qui aurait fait appel aux services d\u2019un op\u00e9rateur \u00e9tranger (ibid., pp. 19-21). Il s\u2019agit d\u2019objectifs l\u00e9gitimes au sens de l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, de l\u2019article 52, paragraphe 1, de la Charte et de l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, qui est transpos\u00e9 par la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.13.1. Il ressort tant de l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 57\/2021 pr\u00e9cit\u00e9 que de l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice en cause de La Quadrature du Net e.a. pr\u00e9cit\u00e9, sur lequel il est bas\u00e9, que l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, ne s\u2019oppose pas \u00e0 la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification, des donn\u00e9es<br \/>\n       58<br \/>\n       relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation, dans le respect de certaines conditions, notamment que les mesures concern\u00e9es pr\u00e9voient, aux termes de r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises, que la conservation des donn\u00e9es soit subordonn\u00e9e au respect des conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales y aff\u00e9rentes et que les personnes concern\u00e9es disposent de garanties effectives contre les risques d\u2019abus.<br \/>\n       B.13.2. Concernant la conservation de communications internet crypt\u00e9es et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 celles-ci, la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme a jug\u00e9, dans l\u2019arr\u00eat Podchasov c. Russie (CEDH, 13 f\u00e9vrier 2024, ECLI:CE:ECHR:2024:0213JUD003369619) :<br \/>\n       \u00ab 63. Dans le contexte de la collecte et du traitement de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, il est essentiel de fixer des r\u00e8gles claires et d\u00e9taill\u00e9es r\u00e9gissant la port\u00e9e et l\u2019application des mesures et imposant un minimum d\u2019exigences concernant, notamment, la dur\u00e9e, le stockage, l\u2019utilisation, l\u2019acc\u00e8s des tiers, les proc\u00e9dures destin\u00e9es \u00e0 pr\u00e9server l\u2019int\u00e9grit\u00e9 et la confidentialit\u00e9 des donn\u00e9es et les proc\u00e9dures de destruction de celles-ci, de mani\u00e8re \u00e0 ce que les justiciables disposent de garanties suffisantes contre les risques d\u2019abus et d\u2019arbitraire (ibid., \u00a7 99; voy.<br \/>\n       \u00e9galement P.N. c. Allemagne, n\u00b0 74440\/17, \u00a7 62, 11 juin 2020). Le droit interne doit notamment assurer que les donn\u00e9es enregistr\u00e9es sont pertinentes et non excessives par rapport aux finalit\u00e9s pour lesquelles elles sont enregistr\u00e9es, et qu\u2019elles sont conserv\u00e9es sous une forme permettant l\u2019identification des personnes concern\u00e9es pendant une dur\u00e9e n\u2019exc\u00e9dant pas celle n\u00e9cessaire aux finalit\u00e9s pour lesquelles elles sont enregistr\u00e9es. Le droit interne doit aussi contenir des garanties aptes \u00e0 prot\u00e9ger efficacement les donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel enregistr\u00e9es contre les usages impropres et abusifs (voy. S. et Marper, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 103). D\u2019apr\u00e8s les principes cl\u00e9s en la mati\u00e8re, la conservation des donn\u00e9es doit \u00eatre proportionn\u00e9e au but pour lequel elles ont \u00e9t\u00e9 recueillies et \u00eatre limit\u00e9e dans le temps (ibid., \u00a7 107).<br \/>\n       64. Dans le contexte de la surveillance secr\u00e8te, o\u00f9 un pouvoir de l\u2019ex\u00e9cutif s\u2019exerce en secret, le risque d\u2019arbitraire appara\u00eet avec nettet\u00e9. Pour satisfaire \u00e0 l\u2019exigence de \u00ab pr\u00e9visibilit\u00e9 \u00bb, la loi doit \u00eatre r\u00e9dig\u00e9e avec suffisamment de clart\u00e9 pour indiquer \u00e0 tous de mani\u00e8re ad\u00e9quate en quelles circonstances et sous quelles conditions elle habilite la puissance publique \u00e0 prendre pareilles mesures secr\u00e8tes. En outre, puisque l\u2019application de mesures de surveillance secr\u00e8te des communications \u00e9chappe au contr\u00f4le des int\u00e9ress\u00e9s comme du public, la \u00ab loi \u00bb irait \u00e0 l\u2019encontre de la pr\u00e9\u00e9minence du droit si le pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation accord\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutif ou \u00e0 un juge ne connaissait pas de limites. En cons\u00e9quence, elle doit d\u00e9finir l\u2019\u00e9tendue et les modalit\u00e9s d\u2019exercice d\u2019un tel pouvoir avec une clart\u00e9 suffisante pour fournir \u00e0 l\u2019individu une protection ad\u00e9quate contre l\u2019arbitraire (voy. Roman Zakharov, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 229-30). Pour une description d\u00e9taill\u00e9e des garanties que doit pr\u00e9voir la loi pour r\u00e9pondre aux exigences de \u00ab qualit\u00e9 de la loi \u00bb et pour garantir que les mesures de surveillance secr\u00e8te soient appliqu\u00e9es uniquement lorsqu\u2019elles sont \u00ab n\u00e9cessaires dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique \u00bb, voir Roman Zakharov, \u00a7\u00a7 231-34, et Big Brother Watch et autres, \u00a7\u00a7 335-39, tous deux pr\u00e9cit\u00e9s.<br \/>\n       65. La Cour rappelle enfin que la confidentialit\u00e9 des communications est un \u00e9l\u00e9ment fondamental du droit au respect de la vie priv\u00e9e et de la correspondance, tel que garanti par<br \/>\n       59<br \/>\n       l&#8217;article 8. Les utilisateurs de services de t\u00e9l\u00e9communications et de services internet doivent se voir garantir le respect de leur vie priv\u00e9e et de leur libert\u00e9 d&#8217;expression, m\u00eame si cette garantie ne peut \u00eatre absolue et doit parfois s\u2019effacer devant d\u2019autres imp\u00e9ratifs l\u00e9gitimes, tels que la pr\u00e9vention des troubles \u00e0 l\u2019ordre public ou la lutte contre la criminalit\u00e9, ou encore la protection des droits et des libert\u00e9s d\u2019autrui (voy. K.U. c. Finlande, n\u00b0 2872\/02, \u00a7 49, CEDH 2008, et Delfi AS c. Estonie [GC], n\u00b0 64569\/09, \u00a7 149, CEDH 2015) \u00bb (traduction libre).<br \/>\n       Dans cet arr\u00eat, la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme a jug\u00e9 que la l\u00e9gislation russe en cause \u00e9tait disproportionn\u00e9e aux objectifs l\u00e9gitimes poursuivis, \u00e0 savoir la protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, la d\u00e9fense de l\u2019ordre et la pr\u00e9vention du crime, ainsi que la protection des droits d\u2019autrui. Dans la mise en balance op\u00e9r\u00e9e par la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, l\u2019obligation pesant en vertu de la l\u00e9gislation russe sur les organisateurs de communication num\u00e9rique de d\u00e9crypter toutes les donn\u00e9es conserv\u00e9es \u00e0 la demande des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, en ce compris les contenus de communications chiffr\u00e9es de bout en bout (end-to-end) a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e disproportionn\u00e9e en raison du risque d\u2019affaiblissement du m\u00e9canisme de chiffrement pour tous les utilisateurs de services de communication num\u00e9rique (CEDH, 13 f\u00e9vrier 2024, Podchasov c. Russie, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 68-80).<br \/>\n       B.13.3. \u00c0 la diff\u00e9rence de la l\u00e9gislation russe en cause dans l\u2019arr\u00eat Podchasov c. Russie pr\u00e9cit\u00e9, l\u2019article 107\/5, \u00a7\u00a7 3 et 4, de la loi du 13 juin 2005 encourage le recours \u00e0 la cryptographie (\u00a7 1er) et se limite \u00e0 modaliser l\u2019\u00e9tendue des pouvoirs des op\u00e9rateurs concernant l\u2019utilisation de cette cryptographie afin qu\u2019une demande cibl\u00e9e d\u2019une autorit\u00e9 comp\u00e9tente, qui viserait \u00e0 identifier l\u2019utilisateur final et \u00e0 rechercher et localiser des communications non accessibles au public, dans le cas pr\u00e9vu par une autre disposition l\u00e9gale et dans les conditions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, soit effectivement possible.<br \/>\n       En outre, les donn\u00e9es qui doivent \u00eatre conserv\u00e9es pour pouvoir satisfaire \u00e0 une demande cibl\u00e9e d\u2019une autorit\u00e9 comp\u00e9tente sont d\u00e9termin\u00e9es avec pr\u00e9cision et ne portent pas sur le contenu de la communication. L\u2019on n\u2019aper\u00e7oit pas en quoi les conditions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 107\/5, \u00a7\u00a7 3 et 4, de la loi du 13 juin 2005 produiraient des effets disproportionn\u00e9s pour les utilisateurs.<br \/>\n       60<br \/>\n       B.13.4. En ce qu\u2019ils portent sur l\u2019article 3 de la loi du 20 juillet 2022, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 et le cinqui\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 ne sont pas fond\u00e9s.<br \/>\n       2. Les mesures employ\u00e9es au niveau du r\u00e9seau ou de l\u2019utilisateur final pour d\u00e9tecter la fraude et les utilisations malveillantes des r\u00e9seaux et des services (article 4)<br \/>\n       B.14. Le sixi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 porte sur l\u2019article 4 de la loi du 20 juillet 2022, qui ins\u00e8re, dans la loi du 13 juin 2005, un article 121\/8 r\u00e9dig\u00e9 comme suit :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Sans prendre connaissance du contenu des communications, les op\u00e9rateurs prennent les mesures appropri\u00e9es, proportionn\u00e9es, pr\u00e9ventives et curatives, compte tenu des possibilit\u00e9s techniques les plus r\u00e9centes, de mani\u00e8re \u00e0 d\u00e9tecter les fraudes et utilisations malveillantes sur leurs r\u00e9seaux et services et \u00e9viter que les utilisateurs finaux ne subissent un pr\u00e9judice ou ne soient importun\u00e9s.<br \/>\n       Le Roi peut pr\u00e9ciser les mesures \u00e0 prendre par les op\u00e9rateurs en vertu de l\u2019alin\u00e9a 1er.<br \/>\n       L\u2019Institut a le pouvoir de donner des instructions contraignantes, y compris des instructions concernant les d\u00e9lais d\u2019ex\u00e9cution, en vue de l\u2019application du pr\u00e9sent paragraphe.<br \/>\n       \u00a7 2. Lorsque cela se justifie au regard de la gravit\u00e9 des circonstances, qui doivent \u00eatre examin\u00e9es au cas par cas, les mesures appropri\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, peuvent comprendre notamment :<br \/>\n       &#8211; des mesures au niveau du r\u00e9seau, tels que le blocage des num\u00e9ros, de services, des URLs, de noms de domaine, d\u2019adresses IP ou de tout autre \u00e9l\u00e9ment d\u2019identification de la communication \u00e9lectronique;<br \/>\n       &#8211; des mesures au niveau de l\u2019utilisateur final, telles que la d\u00e9sactivation compl\u00e8te ou partielle de certains services ou \u00e9quipements \u00bb.<br \/>\n       B.15.1. Les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 121\/8, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 4 de la loi du 20 juillet 2022, n\u2019est pas compatible avec les articles 10, 11, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14, 15, 17 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte et avec la directive 2002\/58\/CE. Selon elles, des mesures de blocage et de d\u00e9sactivation peuvent \u00eatre mises en \u0153uvre pour des finalit\u00e9s plus larges que celles qui sont vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 1er, de la loi du 13 juin 2005, notamment \u00e0<br \/>\n       61<br \/>\n       des fins de censure. Par ailleurs, aucune \u00e9valuation par un organe ind\u00e9pendant ni aucun crit\u00e8re d\u2019\u00e9valuation n\u2019est \u00e9tabli pour v\u00e9rifier si ces mesures s\u2019inscrivent dans les finalit\u00e9s pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 1er, pr\u00e9cit\u00e9. Partant, selon les parties requ\u00e9rantes, l\u2019article 121\/8, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005 viole la libert\u00e9 d\u2019expression et d\u2019information.<br \/>\n       B.15.2. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les parties requ\u00e9rantes formulent des griefs contre l\u2019article 4 de la loi du 20 juillet 2022 en ce qui concerne la libert\u00e9 d\u2019expression et d\u2019information.<br \/>\n       B.15.3. L\u2019article 10 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme dispose :<br \/>\n       \u00ab 1. Toute personne a droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression. Ce droit comprend la libert\u00e9 d\u2019opinion et la libert\u00e9 de recevoir ou de communiquer des informations ou des id\u00e9es sans qu\u2019il puisse y avoir ing\u00e9rence d\u2019autorit\u00e9s publiques et sans consid\u00e9ration de fronti\u00e8re. Le pr\u00e9sent article n\u2019emp\u00eache pas les \u00c9tats de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cin\u00e9ma ou de t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 un r\u00e9gime d\u2019autorisations.<br \/>\n       2. L\u2019exercice de ces libert\u00e9s comportant des devoirs et des responsabilit\u00e9s peut \u00eatre soumis \u00e0 certaines formalit\u00e9s, conditions, restrictions ou sanctions pr\u00e9vues par la loi, qui constituent des mesures n\u00e9cessaires, dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 nationale, \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale ou \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 publique, \u00e0 la d\u00e9fense de l\u2019ordre et \u00e0 la pr\u00e9vention du crime, \u00e0 la protection de la sant\u00e9 ou de la morale, \u00e0 la protection de la r\u00e9putation ou des droits d\u2019autrui, pour emp\u00eacher la divulgation d\u2019informations confidentielles ou pour garantir l\u2019autorit\u00e9 et l\u2019impartialit\u00e9 du pouvoir judiciaire \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 11 de la Charte dispose :<br \/>\n       \u00ab 1. Toute personne a droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression. Ce droit comprend la libert\u00e9 d\u2019opinion et la libert\u00e9 de recevoir ou de communiquer des informations ou des id\u00e9es sans qu\u2019il puisse y avoir ing\u00e9rence d\u2019autorit\u00e9s publiques et sans consid\u00e9ration de fronti\u00e8res.<br \/>\n       2. La libert\u00e9 des m\u00e9dias et leur pluralisme sont respect\u00e9s \u00bb.<br \/>\n       B.15.4. En ce qu\u2019ils reconnaissent le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression, l\u2019article 10 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et l\u2019article 11, paragraphe 1, de la Charte ont une port\u00e9e analogue \u00e0 celle de l\u2019article 19 de la Constitution, qui reconna\u00eet la libert\u00e9 de manifester ses opinions en toute mati\u00e8re.<br \/>\n       D\u00e8s lors, les garanties fournies par ces dispositions forment un ensemble indissociable.<br \/>\n       62<br \/>\n       B.15.5. L\u2019article 19 de la Constitution dispose :<br \/>\n       \u00ab La libert\u00e9 des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la libert\u00e9 de manifester ses opinions en toute mati\u00e8re, sont garanties, sauf la r\u00e9pression des d\u00e9lits commis \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019usage de ces libert\u00e9s \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 19 de la Constitution interdit que la libert\u00e9 d\u2019expression soit soumise \u00e0 des restrictions pr\u00e9ventives, mais non que les infractions qui sont commises \u00e0 l\u2019occasion de la mise en \u0153uvre de cette libert\u00e9 soient sanctionn\u00e9es.<br \/>\n       B.15.6. La Cour n\u2019associe \u00e0 son examen de l\u2019article 19 de la Constitution que l\u2019article 10<br \/>\n       de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et les articles 11 et 52 de la Charte, d\u00e8s lors que la violation des autres dispositions cit\u00e9es en B.15.1 ne fait l\u2019objet d\u2019aucun d\u00e9veloppement.<br \/>\n       B.16.1. La libert\u00e9 d\u2019expression peut, en vertu de l\u2019article 10, paragraphe 2, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, \u00eatre soumise, sous certaines conditions, \u00e0 des formalit\u00e9s, conditions, restrictions ou sanctions, en vue de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 territoriale, de la s\u00fbret\u00e9 publique, de la d\u00e9fense de l\u2019ordre et de la pr\u00e9vention du crime, de la protection de la sant\u00e9 ou de la morale, de la protection de la r\u00e9putation ou des droits d\u2019autrui, pour emp\u00eacher la divulgation d\u2019informations confidentielles ou pour garantir l\u2019autorit\u00e9 et l\u2019impartialit\u00e9 du pouvoir judiciaire. Les exceptions dont elle est assortie appellent toutefois \u00ab une interpr\u00e9tation \u00e9troite, et le besoin de la restreindre doit se trouver \u00e9tabli de mani\u00e8re contraignante \u00bb (CEDH, grande chambre, 20 octobre 2015, Pentik\u00e4inen c. Finlande, ECLI:CE:ECHR:2015:1020JUD001188210, \u00a7 87).<br \/>\n       B.16.2. Une ing\u00e9rence dans la libert\u00e9 d\u2019expression doit \u00eatre pr\u00e9vue par une loi suffisamment accessible et pr\u00e9cise. Elle doit donc \u00eatre formul\u00e9e en des termes clairs et suffisamment pr\u00e9cis pour que chacun puisse \u2013 en s\u2019entourant au besoin de conseils \u00e9clair\u00e9s \u2013<br \/>\n       pr\u00e9voir, \u00e0 un degr\u00e9 raisonnable, dans les circonstances de la cause, les cons\u00e9quences d\u2019un acte d\u00e9termin\u00e9. Ces exigences ne peuvent cependant pas aboutir \u00e0 une rigidit\u00e9 excessive, emp\u00eachant de tenir compte des circonstances ou conceptions sociales changeantes dans l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019une norme l\u00e9gislative (CEDH, grande chambre, 22 octobre 2007, Lindon, Otchakovsky-Laurens et July c. France, ECLI:CE:ECHR:2007:1022JUD002127902, \u00a7 41;<br \/>\n       63<br \/>\n       grande chambre, 7 juin 2012, Centro Europa 7 S.R.L. et Di Stefano c. Italie, ECLI:CE:CEDH:2012:0607JUD003843309, \u00a7\u00a7 141-142; grande chambre, 15 octobre 2015, Perin\u00e7ek c. Suisse, ECLI:CE:CEDH:2015:1015JUD002751008, \u00a7\u00a7 131-133). Il doit ensuite \u00eatre d\u00e9montr\u00e9 que la restriction est n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, qu\u2019elle r\u00e9pond \u00e0 un besoin social imp\u00e9rieux et qu\u2019elle est proportionn\u00e9e aux buts l\u00e9gitimes poursuivis.<br \/>\n       B.17. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires que, par l\u2019article 121\/8, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 4 de la loi du 20 juillet 2022, le l\u00e9gislateur entendait faire face \u00e0 la situation dans laquelle l\u2019utilisateur final du r\u00e9seau de communications est victime d\u2019une fraude, en incitant les op\u00e9rateurs \u00e0 r\u00e9agir en faveur de cet utilisateur et en pr\u00e9voyant que dans des cas graves de fraude ou d\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau, des \u00ab mesures fortes \u00bb et rapides puissent \u00eatre prises. Dans ce cadre, l\u2019\u00e9num\u00e9ration des mesures de blocage et de d\u00e9sactivation vis\u00e9es dans cet article a aussi pour objectif d\u2019offrir une plus grande s\u00e9curit\u00e9 juridique aux op\u00e9rateurs (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, pp. 21-<br \/>\n       22).<br \/>\n       Ces objectifs sont l\u00e9gitimes et peuvent fonder une restriction de la libert\u00e9 d\u2019expression. Il faut encore examiner si la mesure attaqu\u00e9e est pertinente et proportionn\u00e9e au regard de ces objectifs.<br \/>\n       B.18. Afin d\u2019\u00e9viter des cas graves de fraude et d\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau au pr\u00e9judice de l\u2019utilisateur final, le l\u00e9gislateur pouvait pr\u00e9voir la possibilit\u00e9 de prendre les mesures vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 2, d\u00e8s lors que celles-ci sont de nature \u00e0 r\u00e9aliser les objectifs pr\u00e9cit\u00e9s.<br \/>\n       Par ailleurs, les parties requ\u00e9rantes ne d\u00e9montrent pas en quoi ces mesures ne sont pas pertinentes au regard de ces objectifs.<br \/>\n       B.19.1. Enfin, les mesures vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005 ne vont pas au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire pour r\u00e9aliser les objectifs poursuivis par le l\u00e9gislateur.<br \/>\n       B.19.2. Tout d\u2019abord, les notions de \u00ab fraude \u00bb et d\u2019\u00ab utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service \u00bb sont d\u00e9finies \u00e0 l\u2019article 2, 5\/5\u00b0 et 5\/6\u00b0, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9<br \/>\n       64<br \/>\n       modifi\u00e9 par l\u2019article 2 de la loi du 20 juillet 2022. Aux termes de ces dispositions, la fraude renvoie \u00e0 \u00ab un acte malhonn\u00eate fait dans l\u2019intention de tromper en contrevenant \u00e0 la loi, aux r\u00e8glements ou au contrat et de se procurer ou de procurer \u00e0 autrui un avantage illicite au pr\u00e9judice de l\u2019op\u00e9rateur ou de l\u2019utilisateur final, commis par le biais de l\u2019utilisation d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques \u00bb (5\/5\u00b0), tandis que l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service consiste en une \u00ab utilisation du r\u00e9seau ou du service de communications \u00e9lectroniques afin d\u2019importuner son correspondant ou de provoquer des dommages \u00bb (5\/6\u00b0).<br \/>\n       B.19.3. Il appartient aux op\u00e9rateurs de v\u00e9rifier l\u2019existence d\u2019une fraude ou d\u2019une utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service et d\u2019appr\u00e9cier, au cas par cas, la \u00ab gravit\u00e9 des circonstances \u00bb avant de pouvoir prendre les mesures pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 4 de la loi du 20 juillet 2022. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires de la disposition attaqu\u00e9e que, dans cette hypoth\u00e8se, les op\u00e9rateurs agissent soit d\u2019initiative, soit \u00e0 la suite d\u2019un signalement de l\u2019utilisateur final ou d\u2019un tiers; dans tous les cas, il est interdit aux op\u00e9rateurs de prendre connaissance du contenu des communications (Doc.<br \/>\n       parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/003, pp. 85-87).<br \/>\n       Dans ce cadre, les op\u00e9rateurs agissent sous le contr\u00f4le de l\u2019Institut belge des services postaux et des t\u00e9l\u00e9communications (ci-apr\u00e8s : l\u2019IBPT), qui, en vertu de l\u2019article 14, \u00a7 1er, 3\u00b0, a), de la loi du 17 janvier 2003, est charg\u00e9 de contr\u00f4ler le respect de la loi du 13 juin 2005 et de ses arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution. L\u2019article 121\/8 de la loi du 13 juin 2005 ajoute que l\u2019IBPT \u00ab a le pouvoir de donner des instructions contraignantes, y compris des instructions concernant les d\u00e9lais d\u2019ex\u00e9cution \u00bb (\u00a7 1er, alin\u00e9a 3), en ce qui concerne les mesures prises par les op\u00e9rateurs sur la base de cette disposition.<br \/>\n       \u00c0 l\u2019occasion du contr\u00f4le qu\u2019il exerce sur les mesures prises par les op\u00e9rateurs sur la base de l\u2019article 121\/8, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005, l\u2019IBPT v\u00e9rifie notamment l\u2019existence d\u2019une fraude ou d\u2019une utilisation malveillante du r\u00e9seau, le caract\u00e8re appropri\u00e9 et proportionn\u00e9 de la mesure ainsi que la gravit\u00e9 des circonstances de l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       Enfin, en vertu de l\u2019article 2, \u00a7 1er, de loi du 17 janvier 2003 \u00ab concernant les recours et le traitement des litiges \u00e0 l\u2019occasion de la loi du 17 janvier 2003 relative au statut du r\u00e9gulateur des secteurs des postes et t\u00e9l\u00e9communications belges \u00bb, les d\u00e9cisions de l\u2019IBPT \u00ab peuvent faire<br \/>\n       65<br \/>\n       l\u2019objet d\u2019un recours en pleine juridiction devant la Cour des march\u00e9s statuant comme en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00bb, \u00e9tant entendu que \u00ab toute personne ayant un int\u00e9r\u00eat pour agir peut introduire le recours \u00bb.<br \/>\n       B.20. Le sixi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       3. La conservation des donn\u00e9es de trafic (article 5)<br \/>\n       B.21.1. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931, la premi\u00e8re branche du premier moyen et la premi\u00e8re branche du troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 portent sur l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00c0 l\u2019article 122 de la [loi du 13 juin 2005], modifi\u00e9 en dernier lieu par la loi du 21 d\u00e9cembre 2021, les modifications suivantes sont apport\u00e9es :<br \/>\n       1\u00b0 dans le paragraphe 1er, l\u2019alin\u00e9a 2 est abrog\u00e9;<br \/>\n       2\u00b0 dans le paragraphe 2, les modifications suivantes sont apport\u00e9es :<br \/>\n       a) l\u2019alin\u00e9a 1er est remplac\u00e9 par ce qui suit :<br \/>\n       \u2018 Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, et dans le seul but d\u2019\u00e9tablir les factures des abonn\u00e9s ou d\u2019effectuer les paiements d\u2019interconnexion, les op\u00e9rateurs peuvent conserver et traiter les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires \u00e0 cette fin. \u2019;<br \/>\n       b) dans l\u2019alin\u00e9a 2, les mots \u2018 de la loi du 8 d\u00e9cembre 1992 relative \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard des traitements de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u2019 sont remplac\u00e9s par les mots \u2018 du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018 \u2019;<br \/>\n       c) dans l\u2019alin\u00e9a 3, le mot \u2018 \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u2019 est remplac\u00e9 par le mot \u2018 vis\u00e9es \u2019;<br \/>\n       3\u00b0 dans le paragraphe 3, les modifications suivantes sont apport\u00e9es :<br \/>\n       a) dans l\u2019alin\u00e9a 1er, 2\u00b0, les mots \u2018 la manifestation de volont\u00e9 libre, sp\u00e9cifique et bas\u00e9e sur des informations par laquelle l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ou son repr\u00e9sentant l\u00e9gal accepte que des donn\u00e9es relatives au trafic se rapportant \u00e0 lui soient trait\u00e9es \u2019 sont remplac\u00e9s par les mots \u2018 le consentement au sens de l\u2019article 4, 11), du RGPD \u2019;<br \/>\n       b) dans l\u2019alin\u00e9a 1er, 3\u00b0, les mots \u2018 de mani\u00e8re simple \u2019 sont remplac\u00e9s par les mots \u2018 facilement et \u00e0 tout moment \u2019;<br \/>\n       66<br \/>\n       c) dans l\u2019alin\u00e9a 2, les mots \u2018 de la loi du 8 d\u00e9cembre 1992 relative \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard des traitements de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u2019 sont remplac\u00e9s par les mots \u2018 du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018 \u2019;<br \/>\n       4\u00b0 le paragraphe 4 est remplac\u00e9 par ce qui suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 4. Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir prendre les mesures appropri\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 1er, de permettre d\u2019\u00e9tablir la fraude ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service ou d\u2019identifier son auteur et son origine, et pour autant qu\u2019il les traite ou les g\u00e9n\u00e8re dans le cadre de la fourniture de ce r\u00e9seau ou de ce service, l\u2019op\u00e9rateur :<br \/>\n       1\u00b0 conserve, dans le cadre de la fourniture d\u2019un service de communications interpersonnelles et pendant quatre mois \u00e0 partir de la date de la communication, les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires \u00e0 ces fins parmi les donn\u00e9es de trafic suivantes :<br \/>\n       &#8211; l\u2019identifiant de l\u2019origine de la communication;<br \/>\n       &#8211; l\u2019identifiant de la destination de la communication;<br \/>\n       &#8211; les dates et heures pr\u00e9cises de d\u00e9but et de fin de la communication;<br \/>\n       &#8211; la localisation des \u00e9quipements terminaux des parties \u00e0 la communication au d\u00e9but et \u00e0 la fin de la communication;<br \/>\n       2\u00b0 conserve pendant douze mois \u00e0 partir de la date de la communication les donn\u00e9es de trafic suivantes relatives aux communications entrantes dans le cadre de la fourniture de services de communications interpersonnelles afin d\u2019identifier l\u2019auteur de la communication :<br \/>\n       &#8211; le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 l\u2019origine de la communication entrante, ou;<br \/>\n       &#8211; l\u2019adresse IP ayant servi \u00e0 l\u2019envoi de la communication entrante, l\u2019horodatage et le port utilis\u00e9, et;<br \/>\n       &#8211; les dates et heures pr\u00e9cises du d\u00e9but et de fin de la communication entrante;<br \/>\n       3\u00b0 conserve les donn\u00e9es vis\u00e9es au 1\u00b0 qui sont relatives \u00e0 une fraude sp\u00e9cifique identifi\u00e9e ou une utilisation malveillante du r\u00e9seau sp\u00e9cifique identifi\u00e9e le temps n\u00e9cessaire \u00e0 son analyse et \u00e0 sa r\u00e9solution, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-del\u00e0 du d\u00e9lai de quatre mois vis\u00e9 au 1\u00b0;<br \/>\n       4\u00b0 conserve les donn\u00e9es de trafic vis\u00e9es au 2\u00b0 et relatives \u00e0 une utilisation malveillante sp\u00e9cifique du r\u00e9seau, le temps n\u00e9cessaire au traitement de cette derni\u00e8re, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-del\u00e0 du d\u00e9lai de douze mois vis\u00e9 au 2\u00b0;<br \/>\n       5\u00b0 traite les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires \u00e0 ces fins, en ce compris, lorsque c\u2019est n\u00e9cessaire, les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 2.<br \/>\n       67<br \/>\n       Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir prendre les mesures appropri\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 1er, de permettre d\u2019\u00e9tablir la fraude ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service ou d\u2019identifier son auteur et son origine, l\u2019op\u00e9rateur peut conserver et traiter d\u2019autres donn\u00e9es que celles vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er consid\u00e9r\u00e9es n\u00e9cessaires \u00e0 ces fins.<br \/>\n       Le Roi peut pr\u00e9ciser et \u00e9tendre, par arr\u00eat\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres et apr\u00e8s avis de l\u2019Institut et de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es, les donn\u00e9es de trafic dont la conservation doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme n\u00e9cessaire pour la poursuite des finalit\u00e9s pr\u00e9vues au pr\u00e9sent paragraphe.<br \/>\n       En cas de fraude pr\u00e9sum\u00e9e ou d\u2019utilisation malveillante pr\u00e9sum\u00e9e, les op\u00e9rateurs peuvent transmettre aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes toutes les donn\u00e9es l\u00e9galement conserv\u00e9es en relation avec la fraude pr\u00e9sum\u00e9e ou l\u2019utilisation malveillante pr\u00e9sum\u00e9e. \u2019;<br \/>\n       5\u00b0 il est ins\u00e9r\u00e9 un paragraphe 4\/1 r\u00e9dig\u00e9 comme suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 4\/1. Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, les op\u00e9rateurs peuvent conserver et traiter les donn\u00e9es de trafic qui sont n\u00e9cessaires pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement de leurs r\u00e9seaux et services de communications \u00e9lectroniques, et en particulier pour d\u00e9tecter et analyser une atteinte potentielle ou r\u00e9elle \u00e0 cette s\u00e9curit\u00e9, en ce compris identifier l\u2019origine de cette atteinte.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs peuvent les conserver pour une dur\u00e9e de douze mois \u00e0 partir de la date de la communication.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs peuvent conserver les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er relatives \u00e0 une atteinte sp\u00e9cifique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau pendant la dur\u00e9e n\u00e9cessaire pour la traiter, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-<br \/>\n       del\u00e0 du d\u00e9lai de douze mois vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2.<br \/>\n       En cas d\u2019atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de leurs r\u00e9seaux et services de communications \u00e9lectroniques, les op\u00e9rateurs peuvent transmettre aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes toutes les donn\u00e9es l\u00e9galement conserv\u00e9es en relation avec l\u2019atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de leurs r\u00e9seaux et services de communications \u00e9lectroniques. \u2019;<br \/>\n       6\u00b0 il est ins\u00e9r\u00e9 un paragraphe 4\/2 r\u00e9dig\u00e9 comme suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 4\/2. Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, les op\u00e9rateurs conservent et traitent les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre \u00e0 une obligation impos\u00e9e par une norme l\u00e9gislative formelle, pour la dur\u00e9e requise \u00e0 cette fin. \u2019;<br \/>\n       7\u00b0 le paragraphe 5 est remplac\u00e9 par ce qui suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 5. Les donn\u00e9es \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans le pr\u00e9sent article ne peuvent \u00eatre trait\u00e9es que par les personnes charg\u00e9es par l\u2019op\u00e9rateur de la facturation ou de la gestion du trafic, du traitement des demandes de renseignements des abonn\u00e9s, de la lutte contre les fraudes ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau, de la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau, du respect de ses obligations l\u00e9gales, du marketing des services de communications \u00e9lectroniques propres ou de la fourniture de services<br \/>\n       68<br \/>\n       qui font usage de donn\u00e9es de trafic ou de localisation et par les membres de sa Cellule de coordination vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 127\/3. \u2019;<br \/>\n       8\u00b0 dans le paragraphe 6, les mots \u2018 L\u2019Institut \u2019 sont remplac\u00e9s par les mots \u2018 L\u2019Institut, le Service de m\u00e9diation pour les t\u00e9l\u00e9communications. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       B.21.2. Du fait de cette modification, l\u2019article 122 de la loi du 13 juin 2005 dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Les op\u00e9rateurs suppriment les donn\u00e9es de trafic concernant les abonn\u00e9s ou les utilisateurs finaux de leurs donn\u00e9es de trafic ou rendent ces donn\u00e9es anonymes, d\u00e8s qu\u2019elles ne sont plus n\u00e9cessaires pour la transmission de la communication.<br \/>\n       \u00a7 2. Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, et dans le seul but d\u2019\u00e9tablir les factures des abonn\u00e9s ou d\u2019effectuer les paiements d\u2019interconnexion, les op\u00e9rateurs peuvent conserver et traiter les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires \u00e0 cette fin.<br \/>\n       Sans pr\u00e9judice de l\u2019application du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018, l\u2019op\u00e9rateur informe, avant le traitement, l\u2019abonn\u00e9 ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019utilisateur final auquel les donn\u00e9es se rapportent :<br \/>\n       1\u00b0 des types de donn\u00e9es de trafic trait\u00e9es;<br \/>\n       2\u00b0 des objectifs pr\u00e9cis du traitement;<br \/>\n       3\u00b0 de la dur\u00e9e du traitement.<br \/>\n       Le traitement des donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, est seulement autoris\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin de la p\u00e9riode de contestation de la facture ou jusqu\u2019\u00e0 la fin de la p\u00e9riode au cours de laquelle une action peut \u00eatre men\u00e9e pour en obtenir le paiement.<br \/>\n       \u00a7 3. Par d\u00e9rogation au \u00a7 1er et dans le seul but d\u2019assurer le marketing des services de communications \u00e9lectroniques propres et d\u2019\u00e9tablir le profil d\u2019utilisation vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 110, \u00a7 4, alin\u00e9a premier, article 110\/1 et article 111, \u00a7 3, alin\u00e9a 2, ou des services \u00e0 donn\u00e9es de trafic ou de localisation, les op\u00e9rateurs ne peuvent traiter les donn\u00e9es vis\u00e9es au \u00a7 1er qu\u2019aux conditions suivantes :<br \/>\n       1\u00b0 L\u2019op\u00e9rateur informe l\u2019abonn\u00e9 ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019utilisateur final auquel se rapportent les donn\u00e9es, avant d\u2019obtenir le consentement de celui-ci en vue du traitement :<br \/>\n       a) des types de donn\u00e9es de trafic trait\u00e9es;<br \/>\n       b) des objectifs pr\u00e9cis du traitement;<br \/>\n       c) de la dur\u00e9e du traitement.<br \/>\n       2\u00b0 L\u2019abonn\u00e9 ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019utilisateur final, a, pr\u00e9alablement au traitement, donn\u00e9 son consentement pour le traitement.<br \/>\n       69<br \/>\n       Par consentement pour le traitement au sens du pr\u00e9sent article, on entend le consentement au sens de l\u2019article 4, 11), du RGPD.<br \/>\n       3\u00b0 L\u2019op\u00e9rateur concern\u00e9 offre gratuitement \u00e0 ses abonn\u00e9s ou ses utilisateurs finaux la possibilit\u00e9 de retirer le consentement donn\u00e9 facilement et \u00e0 tout moment.<br \/>\n       4\u00b0 Le traitement des donn\u00e9es en question se limite aux actes et \u00e0 la dur\u00e9e n\u00e9cessaires pour fournir le service \u00e0 donn\u00e9es de trafic ou de localisation en question pour l\u2019\u00e9tablissement du plan d\u2019utilisation vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 110, \u00a7 4, alin\u00e9a 1er, article 110\/1 et article 111, \u00a7 3, alin\u00e9a 2 ou pour l\u2019action de marketing en question.<br \/>\n       Ces conditions sont d\u2019application sous r\u00e9serve des conditions compl\u00e9mentaires d\u00e9coulant de l\u2019application du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018.<br \/>\n       \u00a7 4. Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir prendre les mesures appropri\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 1er, de permettre d\u2019\u00e9tablir la fraude ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service ou d\u2019identifier son auteur et son origine, et pour autant qu\u2019il les traite ou les g\u00e9n\u00e8re dans le cadre de la fourniture de ce r\u00e9seau ou de ce service, l\u2019op\u00e9rateur :<br \/>\n       1\u00b0 conserve, dans le cadre de la fourniture d\u2019un service de communications interpersonnelles et pendant quatre mois \u00e0 partir de la date de la communication, les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires \u00e0 ces fins parmi les donn\u00e9es de trafic suivantes :<br \/>\n       &#8211; l\u2019identifiant de l\u2019origine de la communication;<br \/>\n       &#8211; l\u2019identifiant de la destination de la communication;<br \/>\n       &#8211; les dates et heures pr\u00e9cises de d\u00e9but et de fin de la communication;<br \/>\n       &#8211; la localisation des \u00e9quipements terminaux des parties \u00e0 la communication au d\u00e9but et \u00e0 la fin de la communication;<br \/>\n       2\u00b0 conserve pendant douze mois \u00e0 partir de la date de la communication les donn\u00e9es de trafic suivantes relatives aux communications entrantes dans le cadre de la fourniture de services de communications interpersonnelles afin d\u2019identifier l\u2019auteur de la communication :<br \/>\n       &#8211; le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 l\u2019origine de la communication entrante, ou;<br \/>\n       &#8211; l\u2019adresse IP ayant servi \u00e0 l\u2019envoi de la communication entrante, l\u2019horodatage et le port utilis\u00e9, et;<br \/>\n       &#8211; les dates et heures pr\u00e9cises du d\u00e9but et de fin de la communication entrante;<br \/>\n       3\u00b0 conserve les donn\u00e9es vis\u00e9es au 1\u00b0 qui sont relatives \u00e0 une fraude sp\u00e9cifique identifi\u00e9e ou une utilisation malveillante du r\u00e9seau sp\u00e9cifique identifi\u00e9e le temps n\u00e9cessaire \u00e0 son analyse et \u00e0 sa r\u00e9solution, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-del\u00e0 du d\u00e9lai de quatre mois vis\u00e9 au 1\u00b0;<br \/>\n       70<br \/>\n       4\u00b0 conserve les donn\u00e9es de trafic vis\u00e9es au 2\u00b0 et relatives \u00e0 une utilisation malveillante sp\u00e9cifique du r\u00e9seau, le temps n\u00e9cessaire au traitement de cette derni\u00e8re, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-del\u00e0 du d\u00e9lai de douze mois vis\u00e9 au 2\u00b0;<br \/>\n       5\u00b0 traite les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires \u00e0 ces fins, en ce compris, lorsque c\u2019est n\u00e9cessaire, les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 2.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir prendre les mesures appropri\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 1er, de permettre d\u2019\u00e9tablir la fraude ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service ou d\u2019identifier son auteur et son origine, l\u2019op\u00e9rateur peut conserver et traiter d\u2019autres donn\u00e9es que celles vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er consid\u00e9r\u00e9es n\u00e9cessaires \u00e0 ces fins.<br \/>\n       Le Roi peut pr\u00e9ciser et \u00e9tendre, par arr\u00eat\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres et apr\u00e8s avis de l\u2019Institut et de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es, les donn\u00e9es de trafic dont la conservation doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme n\u00e9cessaire pour la poursuite des finalit\u00e9s pr\u00e9vues au pr\u00e9sent paragraphe.<br \/>\n       En cas de fraude pr\u00e9sum\u00e9e ou d\u2019utilisation malveillante pr\u00e9sum\u00e9e, les op\u00e9rateurs peuvent transmettre aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes toutes les donn\u00e9es l\u00e9galement conserv\u00e9es en relation avec la fraude pr\u00e9sum\u00e9e ou l\u2019utilisation malveillante pr\u00e9sum\u00e9e.<br \/>\n       \u00a7 4\/1. Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, les op\u00e9rateurs peuvent conserver et traiter les donn\u00e9es de trafic qui sont n\u00e9cessaires pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement de leurs r\u00e9seaux et services de communications \u00e9lectroniques, et en particulier pour d\u00e9tecter et analyser une atteinte potentielle ou r\u00e9elle \u00e0 cette s\u00e9curit\u00e9, en ce compris identifier l\u2019origine de cette atteinte.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs peuvent les conserver pour une dur\u00e9e de douze mois \u00e0 partir de la date de la communication.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs peuvent conserver les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er relatives \u00e0 une atteinte sp\u00e9cifique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau pendant la dur\u00e9e n\u00e9cessaire pour la traiter, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-<br \/>\n       del\u00e0 du d\u00e9lai de douze mois vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2.<br \/>\n       En cas d\u2019atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de leurs r\u00e9seaux et services de communications \u00e9lectroniques, les op\u00e9rateurs peuvent transmettre aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes toutes les donn\u00e9es l\u00e9galement conserv\u00e9es en relation avec l\u2019atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de leurs r\u00e9seaux et services de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       \u00a7 4\/2. Par d\u00e9rogation au paragraphe 1er, les op\u00e9rateurs conservent et traitent les donn\u00e9es de trafic n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre \u00e0 une obligation impos\u00e9e par une norme l\u00e9gislative formelle, pour la dur\u00e9e requise \u00e0 cette fin.<br \/>\n       \u00a7 5. Les donn\u00e9es \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans le pr\u00e9sent article ne peuvent \u00eatre trait\u00e9es que par les personnes charg\u00e9es par l\u2019op\u00e9rateur de la facturation ou de la gestion du trafic, du traitement des demandes de renseignements des abonn\u00e9s, de la lutte contre les fraudes ou l\u2019utilisation<br \/>\n       71<br \/>\n       malveillante du r\u00e9seau, de la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau, du respect de ses obligations l\u00e9gales, du marketing des services de communications \u00e9lectroniques propres ou de la fourniture de services qui font usage de donn\u00e9es de trafic ou de localisation et par les membres de sa Cellule de coordination vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 127\/3.<br \/>\n       \u00a7 6. L\u2019Institut, le Service de m\u00e9diation pour les t\u00e9l\u00e9communications, l\u2019Autorit\u00e9 belge de la concurrence, les juridictions de l\u2019ordre judiciaire et le Conseil d\u2019Etat peuvent, dans le cadre de leurs comp\u00e9tences, \u00eatre inform\u00e9s des donn\u00e9es de trafic et de facture pertinentes en vue du r\u00e8glement de litiges, parmi lesquels des litiges relatifs \u00e0 l\u2019interconnexion et la facturation \u00bb.<br \/>\n       B.22.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 prend les premier et deuxi\u00e8me moyens de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680, en ce que l\u2019article 5, 4\u00b0 et 5\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 instaure une obligation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de conservation des donn\u00e9es de communications, sans que cette conservation soit n\u00e9cessaire et strictement limit\u00e9e au regard du but poursuivi. La partie requ\u00e9rante ne formule aucun grief explicite contre l\u2019article 5, 1\u00b0 \u00e0 3\u00b0 et 6\u00b0 \u00e0 8\u00b0.<br \/>\n       B.22.2. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 prend un moyen unique de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54<br \/>\n       de la directive (UE) 2016\/680. Elle soutient que l\u2019article 5, 4\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       pr\u00e9voit une obligation de conservation syst\u00e9matique et indiff\u00e9renci\u00e9e de certaines donn\u00e9es afin de lutter contre la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, alors qu\u2019une telle conservation n\u2019est admise que dans le cadre de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, et en ce que l\u2019obligation de conservation qu\u2019il \u00e9tablit est en toute hypoth\u00e8se disproportionn\u00e9e.<br \/>\n       \u00c0 titre subsidiaire, la partie requ\u00e9rante demande de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice. Par ailleurs, selon la partie requ\u00e9rante, l\u2019article 5, 5\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       n\u2019est pas n\u00e9cessaire au regard des autres obligations qui incombent aux op\u00e9rateurs et pr\u00e9voit un d\u00e9lai de conservation trop long.<br \/>\n       72<br \/>\n       B.22.3. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 prennent un premier moyen de la violation des articles 10, 11, 13, 15, 22, 23 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne et avec l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD. Dans la premi\u00e8re branche de ce moyen, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 5, 4\u00b0 et 5\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es qui n\u2019est admissible que dans le cadre de la protection de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, sans qu\u2019il soit pr\u00e9vu que les donn\u00e9es conserv\u00e9es soient effac\u00e9es ou rendues anonymes lorsque la conservation n\u2019est plus n\u00e9cessaire. Par ailleurs, l\u2019article 5 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit une identit\u00e9 de traitement entre toutes les donn\u00e9es, sans distinction en fonction de la finalit\u00e9 (lutte contre la criminalit\u00e9 grave).<br \/>\n       Les m\u00eames parties requ\u00e9rantes prennent un troisi\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47<br \/>\n       et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne ainsi qu\u2019avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD. Dans la premi\u00e8re branche de ce moyen, elles affirment que l\u2019article 5, 4\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 cr\u00e9e une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es afin de lutter contre la fraude et les utilisations malveillantes du r\u00e9seau ou du service, et ce, au profit des op\u00e9rateurs dans le cadre de leurs missions, ce qui est trop vague et trop large.<br \/>\n       B.23. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les griefs des parties requ\u00e9rantes portent sur l\u2019article 5, 4\u00b0 et 5\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022. Par ailleurs, ces griefs sont principalement pris de la violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, par la directive 2002\/58\/CE, par la directive (UE) 2016\/680 et par le RGPD.<br \/>\n       73<br \/>\n       B.24.1. L\u2019article 22 de la Constitution r\u00e9serve au l\u00e9gislateur comp\u00e9tent le pouvoir de fixer dans quels cas et \u00e0 quelles conditions il peut \u00eatre port\u00e9 atteinte au droit au respect de la vie priv\u00e9e. Il garantit ainsi \u00e0 tout citoyen qu\u2019aucune ing\u00e9rence dans l\u2019exercice de ce droit ne peut avoir lieu qu\u2019en vertu de r\u00e8gles adopt\u00e9es par une assembl\u00e9e d\u00e9lib\u00e9rante, d\u00e9mocratiquement \u00e9lue.<br \/>\n       Une d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 un autre pouvoir n\u2019est toutefois pas contraire au principe de l\u00e9galit\u00e9, pour autant que l\u2019habilitation soit d\u00e9finie de mani\u00e8re suffisamment pr\u00e9cise et qu\u2019elle porte sur l\u2019ex\u00e9cution de mesures dont les \u00e9l\u00e9ments essentiels ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9s pr\u00e9alablement par le l\u00e9gislateur.<br \/>\n       Par cons\u00e9quent, les \u00e9l\u00e9ments essentiels du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel doivent \u00eatre fix\u00e9s dans la loi, le d\u00e9cret ou l\u2019ordonnance m\u00eame. \u00c0 cet \u00e9gard, quelle que soit la mati\u00e8re concern\u00e9e, les \u00e9l\u00e9ments suivants constituent, en principe, des \u00e9l\u00e9ments essentiels :<br \/>\n       (1\u00b0) la cat\u00e9gorie de donn\u00e9es trait\u00e9es, (2\u00b0) la cat\u00e9gorie de personnes concern\u00e9es, (3\u00b0) la finalit\u00e9 poursuivie par le traitement, (4\u00b0) la cat\u00e9gorie de personnes ayant acc\u00e8s aux donn\u00e9es trait\u00e9es et (5\u00b0) le d\u00e9lai maximal de conservation des donn\u00e9es.<br \/>\n       B.24.2. Outre l\u2019exigence de l\u00e9galit\u00e9 formelle, l\u2019article 22 de la Constitution, lu en combinaison avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec les articles 7, 8 et 52 de la Charte, impose que l\u2019ing\u00e9rence dans l\u2019exercice du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel soit d\u00e9finie en des termes clairs et suffisamment pr\u00e9cis qui permettent d\u2019appr\u00e9hender de mani\u00e8re pr\u00e9visible les hypoth\u00e8ses dans lesquelles le l\u00e9gislateur autorise une pareille ing\u00e9rence.<br \/>\n       En mati\u00e8re de protection des donn\u00e9es, cette exigence de pr\u00e9visibilit\u00e9 implique qu\u2019il doit \u00eatre pr\u00e9vu de mani\u00e8re suffisamment pr\u00e9cise dans quelles circonstances les traitements de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel sont autoris\u00e9s (CEDH, grande chambre, 4 mai 2000, Rotaru c. Roumanie, ECLI:CE:ECHR:2000:0504JUD002834195, \u00a7 57; grande chambre, 4 d\u00e9cembre 2008, S. et Marper c. Royaume-Uni, ECLI:CE:ECHR:2008:1204JUD003056204, \u00a7 99). L\u2019exigence selon laquelle la limitation doit \u00eatre pr\u00e9vue par la loi implique notamment que la base l\u00e9gale qui permet l\u2019ing\u00e9rence dans ces droits doit elle-m\u00eame d\u00e9finir la port\u00e9e de la limitation de l\u2019exercice du droit concern\u00e9 (CJUE, 6 octobre 2020, C-623\/17, Privacy International, ECLI:EU:C:2020:790, point 65).<br \/>\n       74<br \/>\n       Toute personne doit d\u00e8s lors pouvoir avoir une id\u00e9e suffisamment claire des donn\u00e9es trait\u00e9es, des personnes concern\u00e9es par un traitement de donn\u00e9es d\u00e9termin\u00e9 et des conditions et finalit\u00e9s dudit traitement.<br \/>\n       B.25. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires de l\u2019article 5, 4\u00b0 et 5\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       que celui-ci vise notamment \u00e0 transposer l\u2019article 15 de la directive 2002\/58\/CE, en ce que cet article 15 d\u00e9roge \u00e0 l\u2019article 6, paragraphe 5, de cette directive et autorise les \u00c9tats membres \u00e0 prendre des mesures en vue d\u2019assurer la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection et la poursuite d\u2019utilisations non autoris\u00e9es du syst\u00e8me de communications \u00e9lectroniques (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, pp. 28, 29, 36 et 37).<br \/>\n       Ces objectifs sont l\u00e9gitimes au sens de l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et de l\u2019article 52 de la Charte.<br \/>\n       Dans ce cadre, le l\u00e9gislateur a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas possible de pr\u00e9voir une conservation de donn\u00e9es \u00ab r\u00e9active et cibl\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part \u00bb en raison de la structure m\u00eame des r\u00e9seaux et des services concern\u00e9s (ibid., pp. 27-28). Il a en outre estim\u00e9 que le syst\u00e8me de conservation des donn\u00e9es de trafic pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 5, 4\u00b0 et 5\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022 l\u2019est \u00ab dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des utilisateurs finaux des services de l\u2019op\u00e9rateur \u00bb (ibid., p. 26) et vise \u00e0 permettre aux victimes d\u2019une fraude ou d\u2019une utilisation malveillante du r\u00e9seau d\u2019identifier l\u2019auteur de celle-ci (ibid., p. 28). Par ailleurs, ce syst\u00e8me est pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00e9tant \u00ab intrins\u00e8quement li\u00e9 \u00e0 la fourniture du service de communications \u00e9lectroniques \u00bb (ibid., p. 26) et comme permettant de moderniser la loi du 13 juin 2005 au regard de l\u2019importance croissante de l\u2019objectif de lutte contre la fraude et l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau dans le droit de l\u2019Union europ\u00e9enne (ibid., p. 29).<br \/>\n       B.26. Il appartient \u00e0 la Cour de v\u00e9rifier si l\u2019ing\u00e9rence qu\u2019engendre l\u2019article 122, \u00a7\u00a7 4 et 4\/1, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 5, 4\u00b0 et 5\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022, dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e et dans le droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel ne produit pas des effets disproportionn\u00e9s pour les personnes qui font l\u2019objet des mesures vis\u00e9es dans cette disposition.<br \/>\n       75<br \/>\n       B.27.1. L\u2019article 122, \u00a7 4, de la loi du 13 juin 2005 pr\u00e9voit, \u00e0 charge des op\u00e9rateurs, une obligation de conservation de plusieurs donn\u00e9es de trafic en vue de \u00ab prendre les mesures appropri\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 1er, de permettre d\u2019\u00e9tablir la fraude ou l\u2019utilisation malveillante de r\u00e9seau ou du service ou d\u2019identifier son auteur et son origine \u00bb, pour autant que les op\u00e9rateurs traitent ces donn\u00e9es \u00ab dans le cadre de la fourniture de ce r\u00e9seau ou de ce service \u00bb.<br \/>\n       B.27.2. Les donn\u00e9es de trafic vis\u00e9es sont \u00ab l\u2019identifiant de l\u2019origine de la communication \u00bb, \u00ab l\u2019identifiant de la destination de la communication \u00bb, les \u00ab dates et heures pr\u00e9cises de d\u00e9but et de fin de la communication \u00bb et \u00ab la localisation des \u00e9quipements terminaux des parties \u00e0 la communication au d\u00e9but et \u00e0 la fin de la communication \u00bb (alin\u00e9a 1er, 1\u00b0). Il est aussi pr\u00e9vu que les op\u00e9rateurs conservent plusieurs donn\u00e9es de trafic relatives aux communications entrantes afin d\u2019identifier l\u2019auteur de la communication, \u00e0 savoir \u00ab le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 l\u2019origine de la communication entrante \u00bb, \u00ab l\u2019adresse IP ayant servi \u00e0 l\u2019envoi de la communication entrante, l\u2019horodatage et le port utilis\u00e9 \u00bb, ainsi que \u00ab les dates et heures pr\u00e9cises du d\u00e9but et de la fin de la communication entrante \u00bb (alin\u00e9a 1er, 2\u00b0).<br \/>\n       En vertu de l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 1er, 5\u00b0, de la loi du 13 juin 2005, les op\u00e9rateurs traitent les diff\u00e9rentes donn\u00e9es vis\u00e9es en vue des finalit\u00e9s pr\u00e9cit\u00e9es.<br \/>\n       B.27.3. La liste des donn\u00e9es de trafic \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 n\u2019est pas exhaustive.<br \/>\n       Tout d\u2019abord, l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 2, \u00e9nonce que, \u00ab de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir prendre les mesures appropri\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 121\/8, \u00a7 1er, [\u00e0] permettre d\u2019\u00e9tablir la fraude ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service ou [\u00e0] identifier son auteur et son origine, l\u2019op\u00e9rateur peut conserver et traiter d\u2019autres donn\u00e9es que celles vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er consid\u00e9r\u00e9es comme n\u00e9cessaires \u00e0 cette fin \u00bb. Cette facult\u00e9 donn\u00e9e aux op\u00e9rateurs de conserver et de traiter des donn\u00e9es autres que celles vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 1er, n\u2019est pas soumise \u00e0 un avis pr\u00e9alable de l\u2019IBPT ni de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es ou \u00e0 une notification \u00e0 ces autorit\u00e9s. Les travaux pr\u00e9paratoires de la disposition attaqu\u00e9e ne fournissent aucune justification quant \u00e0 cette facult\u00e9 (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/003, pp. 87-<br \/>\n       92).<br \/>\n       76<br \/>\n       Ensuite, l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 3, pr\u00e9voit que \u00ab le Roi peut pr\u00e9ciser et \u00e9tendre, par arr\u00eat\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres et apr\u00e8s avis de l\u2019[IBPT] et de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es, les donn\u00e9es de trafic dont la conservation doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme n\u00e9cessaire pour la poursuite des finalit\u00e9s pr\u00e9vues au pr\u00e9sent paragraphe \u00bb. Les travaux pr\u00e9paratoires de la disposition attaqu\u00e9e justifient cette habilitation par le fait que les fraudes \u00e9voluent de mani\u00e8re significative dans le temps et que les donn\u00e9es conserv\u00e9es peuvent diff\u00e9rer selon le type de service de communications \u00e9lectroniques, la taille de l\u2019op\u00e9rateur, les outils dont celui-ci dispose et les utilisateurs du service (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, p. 35).<br \/>\n       B.27.4. Les donn\u00e9es de trafic vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 1er, 1\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 sont en principe conserv\u00e9es durant quatre mois. Les donn\u00e9es qui sont vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 1er, 2\u00b0, sont en principe conserv\u00e9es pendant douze mois.<br \/>\n       B.27.5. Ces d\u00e9lais de conservation des donn\u00e9es peuvent \u00eatre prolong\u00e9s. L\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 1er, 3\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 dispose que les donn\u00e9es vis\u00e9es au 1\u00b0 qui sont relatives \u00e0 une fraude sp\u00e9cifique ou \u00e0 une utilisation malveillante du r\u00e9seau sp\u00e9cifique peuvent \u00eatre conserv\u00e9es \u00ab le temps n\u00e9cessaire \u00e0 son analyse et \u00e0 sa r\u00e9solution, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-del\u00e0 du d\u00e9lai de quatre mois vis\u00e9 au 1\u00b0 \u00bb. L\u2019article 122, \u00a7 4, 4\u00b0, pr\u00e9cise que les donn\u00e9es vis\u00e9es au 2\u00b0 qui sont relatives \u00e0 une utilisation malveillante sp\u00e9cifique du r\u00e9seau peuvent \u00eatre conserv\u00e9es \u00ab le temps n\u00e9cessaire au traitement de cette derni\u00e8re, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-del\u00e0 du d\u00e9lai de douze mois vis\u00e9 au 2\u00b0 \u00bb.<br \/>\n       B.28.1. L\u2019article 122, \u00a7 4\/1, de la loi du 13 juin 2005 pr\u00e9voit quant \u00e0 lui, \u00e0 charge des op\u00e9rateurs, la possibilit\u00e9 de conserver et de traiter les donn\u00e9es de trafic \u00ab n\u00e9cessaires pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement de leurs r\u00e9seaux et services de communication \u00e9lectroniques, et en particulier pour d\u00e9tecter et analyser une atteinte potentielle ou r\u00e9elle \u00e0 cette s\u00e9curit\u00e9, en ce compris identifier l\u2019origine de cette atteinte \u00bb. Cette facult\u00e9 donn\u00e9e aux op\u00e9rateurs n\u2019est pas soumise \u00e0 un avis pr\u00e9alable de l\u2019IBPT et de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es ni \u00e0 une notification \u00e0 ces autorit\u00e9s.<br \/>\n       77<br \/>\n       B.28.2. Les donn\u00e9es de trafic dont il est question \u00e0 l\u2019article 122, \u00a7 4\/1, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 peuvent \u00eatre conserv\u00e9es pour une dur\u00e9e d\u2019en principe douze mois. Les donn\u00e9es relatives \u00e0 une atteinte \u00ab sp\u00e9cifique \u00bb \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau peuvent cependant \u00eatre conserv\u00e9es \u00ab pendant la dur\u00e9e n\u00e9cessaire pour la traiter, le cas \u00e9ch\u00e9ant au-del\u00e0 du d\u00e9lai de douze mois vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2 \u00bb (article 122, \u00a7 4\/1, alin\u00e9a 3).<br \/>\n       B.29. L\u2019article 122, \u00a7 4, de la loi du 13 juin 2005 pr\u00e9voit, d\u2019une part, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et syst\u00e9matique des donn\u00e9es de trafic qu\u2019il vise et impose, d\u2019autre part, une obligation de conservation et de traitement aux op\u00e9rateurs, tout en leur laissant le soin d\u2019identifier, parmi celles qui sont vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 1er, 1\u00b0 et 2\u00b0, les donn\u00e9es qu\u2019il y a lieu de conserver. Autrement dit, l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es ne constitue pas l\u2019exception mais la r\u00e8gle dans le cadre de l\u2019article 122, \u00a7 4, de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       Ce constat vaut d\u2019autant plus qu\u2019en vertu de l\u2019article 122, \u00a7 4, alin\u00e9a 4, de la loi du 13 juin 2005, les donn\u00e9es de trafic conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs qui pr\u00e9sentent un lien avec une fraude pr\u00e9sum\u00e9e ou avec une utilisation malveillante pr\u00e9sum\u00e9e peuvent \u00eatre transf\u00e9r\u00e9es aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, notamment aux autorit\u00e9s judiciaires, aux services de police et aux officiers de police judiciaire de l\u2019IBPT (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, p. 35), de sorte que la conservation et le traitement de donn\u00e9es effectu\u00e9s par les op\u00e9rateurs sur la base de l\u2019article 122, \u00a7 4, de la loi du 13 juin 2005 peuvent donner lieu \u00e0 des poursuites p\u00e9nales.<br \/>\n       B.30.1. En ce qui concerne l\u2019article 122, \u00a7 4\/1, de la loi du 13 juin 2005, il y a lieu de relever que cette disposition ne pr\u00e9cise pas quelles donn\u00e9es peuvent \u00eatre conserv\u00e9es. Par ailleurs, les donn\u00e9es relatives \u00e0 une atteinte \u00ab sp\u00e9cifique \u00bb \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau peuvent \u00eatre conserv\u00e9es \u00ab au-del\u00e0 du d\u00e9lai de douze mois vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2 \u00bb, sans que le libell\u00e9 de l\u2019article 122, \u00a7 4\/1, de la loi du 13 juin 2005 ni les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9cisent ce que recouvre l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une atteinte sp\u00e9cifique.<br \/>\n       B.30.2. \u00c0 la date du prononc\u00e9 du pr\u00e9sent arr\u00eat, la Cour de justice n\u2019aura pas encore \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 statuer sur l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019article 15 de la directive 2002\/58\/CE en ce qu\u2019il autorise les \u00c9tats membres \u00e0 prendre des mesures de conservation de donn\u00e9es de<br \/>\n       78<br \/>\n       communications \u00e9lectroniques en vue d\u2019assurer la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection et la poursuite d\u2019utilisations non autoris\u00e9es du syst\u00e8me de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       B.30.3. Les points de vue des parties devant la Cour divergent quant \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation \u00e0 donner \u00e0 l\u2019article 15 de la directive 2002\/58\/CE, en ce qu\u2019il porte sur la finalit\u00e9 pr\u00e9cit\u00e9e et, dans ce cadre, en ce qu\u2019il doit ou non s\u2019interpr\u00e9ter comme autorisant l\u2019adoption de mesures nationales telles que celles qui sont pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 5, 4\u00b0 et 5\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.31. Lorsqu\u2019une question d\u2019interpr\u00e9tation du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne est soulev\u00e9e dans une affaire pendante devant une juridiction nationale dont les d\u00e9cisions ne sont pas susceptibles de recours en vertu du droit national, cette juridiction est tenue de poser la question \u00e0 la Cour de justice, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 267, troisi\u00e8me alin\u00e9a, du Trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       Ce renvoi n\u2019est toutefois pas n\u00e9cessaire lorsque cette juridiction constate que la question soulev\u00e9e n\u2019est pas pertinente, que la disposition du droit de l\u2019Union en cause a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019une interpr\u00e9tation de la part de la Cour ou que l\u2019interpr\u00e9tation correcte du droit de l\u2019Union s\u2019impose avec une telle \u00e9vidence qu\u2019elle ne laisse place \u00e0 aucun doute raisonnable (CJCE, 6 octobre 1982, C-283\/81, CILFIT, ECLI:EU:C:1982:335, point 21; CJUE, grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19, Consorzio Italian Management et Catania Multiservizi SpA, ECLI:EU:C:2021:799, point 33). \u00c0 la lumi\u00e8re de l\u2019article 47 de la Charte, ces motifs doivent ressortir \u00e0 suffisance de la motivation de l\u2019arr\u00eat par lequel la juridiction refuse de poser la question pr\u00e9judicielle (CJUE, grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19 pr\u00e9cit\u00e9, point 51).<br \/>\n       L\u2019exception du d\u00e9faut de pertinence a pour effet que la juridiction nationale n\u2019est pas tenue de poser une question lorsque \u00ab la question n\u2019est pas pertinente, c\u2019est-\u00e0-dire dans les cas o\u00f9 la r\u00e9ponse \u00e0 cette question, quelle qu\u2019elle soit, ne pourrait avoir aucune influence sur la solution du litige \u00bb (CJUE, 15 mars 2017, C-3\/16, Aquino, ECLI:EU:C:2017:209, point 43; grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19 pr\u00e9cit\u00e9, point 34).<br \/>\n       L\u2019exception selon laquelle l\u2019interpr\u00e9tation correcte du droit de l\u2019Union s\u2019impose avec \u00e9vidence implique que la juridiction nationale doit \u00eatre convaincue que la m\u00eame \u00e9vidence s\u2019imposerait \u00e9galement aux autres juridictions de dernier ressort des autres \u00c9tats membres et \u00e0<br \/>\n       79<br \/>\n       la Cour de justice. Elle doit \u00e0 cet \u00e9gard tenir compte des caract\u00e9ristiques propres au droit de l\u2019Union, des difficult\u00e9s particuli\u00e8res que pr\u00e9sente l\u2019interpr\u00e9tation de ce dernier et du risque de divergences de jurisprudence au sein de l\u2019Union. Elle doit \u00e9galement tenir compte des diff\u00e9rences entre les versions linguistiques de la disposition concern\u00e9e dont elle a connaissance, notamment lorsque ces divergences sont expos\u00e9es par les parties et sont av\u00e9r\u00e9es. Enfin, elle doit \u00e9galement avoir \u00e9gard \u00e0 la terminologie propre \u00e0 l\u2019Union et aux notions autonomes dans le droit de l\u2019Union, ainsi qu\u2019au contexte de la disposition applicable \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019ensemble des dispositions du droit de l\u2019Union, de ses finalit\u00e9s et de l\u2019\u00e9tat de son \u00e9volution \u00e0 la date \u00e0 laquelle l\u2019application de la disposition en cause doit \u00eatre faite (CJUE, grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19 pr\u00e9cit\u00e9, points 40-46).<br \/>\n       Pour le surplus, une juridiction nationale statuant en dernier ressort peut s\u2019abstenir de soumettre une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice \u00ab pour des motifs d\u2019irrecevabilit\u00e9 propres \u00e0 la proc\u00e9dure devant cette juridiction, sous r\u00e9serve du respect des principes d\u2019\u00e9quivalence et d\u2019effectivit\u00e9 \u00bb (CJCE, 14 d\u00e9cembre 1995, C-430\/93 et C-431\/93, Van Schijndel et Van Veen, ECLI:EU:C:1995:441, point 17; CJUE, 15 mars 2017, C-3\/16<br \/>\n       pr\u00e9cit\u00e9, point 56; grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19 pr\u00e9cit\u00e9, point 61).<br \/>\n       B.32. D\u00e8s lors que l\u2019affaire pr\u00e9sentement examin\u00e9e soul\u00e8ve un doute sur l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019article 15 de la directive 2002\/58\/CE, il convient de poser \u00e0 la Cour de justice la premi\u00e8re question pr\u00e9judicielle formul\u00e9e dans le dispositif.<br \/>\n       4. La conservation des donn\u00e9es de localisation (article 6)<br \/>\n       B.33.1. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 ainsi que la deuxi\u00e8me branche du premier moyen et la premi\u00e8re branche du troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932<br \/>\n       portent sur l\u2019article 6 de la loi du 20 juillet 2022, qui modifie l\u2019article 123 de la loi du 13 juin 2005 comme suit :<br \/>\n       \u00ab 1\u00b0 le paragraphe 1er est remplac\u00e9 par ce qui suit :<br \/>\n       \u2018 Art. 123. \u00a7 1er. Sans pr\u00e9judice de l\u2019application du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018, les op\u00e9rateurs de r\u00e9seaux mobiles ne peuvent conserver et traiter de donn\u00e9es de localisation<br \/>\n       80<br \/>\n       autres que les donn\u00e9es relatives au trafic se rapportant \u00e0 un abonn\u00e9 ou un utilisateur final que dans les cas suivants :<br \/>\n       1\u00b0 lorsque cela est n\u00e9cessaire pour le bon fonctionnement et la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau ou du service, les donn\u00e9es \u00e9tant conserv\u00e9es maximum douze mois \u00e0 partir de la date de la communication, sauf en cas d\u2019atteinte sp\u00e9cifique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau n\u00e9cessitant de prolonger la conservation des donn\u00e9es concern\u00e9es au-del\u00e0 de ce d\u00e9lai;<br \/>\n       2\u00b0 lorsque cela est n\u00e9cessaire pour d\u00e9tecter ou analyser les fraudes ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau, les donn\u00e9es \u00e9tant conserv\u00e9es maximum quatre mois \u00e0 partir de la date de la communication, sauf en cas de fraude ou d\u2019utilisation malveillante sp\u00e9cifique n\u00e9cessitant de prolonger la conservation des donn\u00e9es concern\u00e9es au-del\u00e0 de ce d\u00e9lai;<br \/>\n       3\u00b0 lorsque les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 rendues anonymes;<br \/>\n       4\u00b0 lorsque le traitement s\u2019inscrit dans le cadre de la fourniture d\u2019un service qui fait usage de donn\u00e9es de trafic ou de localisation;<br \/>\n       5\u00b0 lorsque le traitement est n\u00e9cessaire pour r\u00e9pondre \u00e0 une obligation impos\u00e9e par une norme l\u00e9gislative formelle. \u2019;<br \/>\n       2\u00b0 dans le paragraphe 2, dans le 2\u00b0, les mots \u2018 la manifestation de volont\u00e9 libre, sp\u00e9cifique et bas\u00e9e sur des informations par laquelle l\u2019int\u00e9ress\u00e9 ou son repr\u00e9sentant l\u00e9gal accepte que des donn\u00e9es de localisation se rapportant \u00e0 lui soient trait\u00e9es \u2019 sont remplac\u00e9s par les mots \u2018 le consentement au sens de l\u2019article 4, 11), du RGPD \u2019;<br \/>\n       3\u00b0 dans le paragraphe 4, l\u2019alin\u00e9a 1er est remplac\u00e9 par ce qui suit :<br \/>\n       \u2018 Les donn\u00e9es vis\u00e9es au pr\u00e9sent article ne peuvent \u00eatre trait\u00e9es que par des personnes qui travaillent sous l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur ou du tiers qui fournit le service qui fait usage de donn\u00e9es de trafic ou de localisation, ou par la Cellule de coordination de l\u2019op\u00e9rateur vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 127\/3. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       B.33.2. Du fait de la modification vis\u00e9e ci-dessus, l\u2019article 123 de la loi du 13 juin 2005<br \/>\n       dispose d\u00e9sormais :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Sans pr\u00e9judice de l\u2019application du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018, les op\u00e9rateurs de r\u00e9seaux mobiles ne peuvent conserver et traiter de donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es relatives au trafic se rapportant \u00e0 un abonn\u00e9 ou un utilisateur final que dans les cas suivants :<br \/>\n       1\u00b0 lorsque cela est n\u00e9cessaire pour le bon fonctionnement et la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau ou du service, les donn\u00e9es \u00e9tant conserv\u00e9es maximum douze mois \u00e0 partir de la date de la communication, sauf en cas d\u2019atteinte sp\u00e9cifique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau n\u00e9cessitant de prolonger la conservation des donn\u00e9es concern\u00e9es au-del\u00e0 de ce d\u00e9lai;<br \/>\n       81<br \/>\n       2\u00b0 lorsque cela est n\u00e9cessaire pour d\u00e9tecter ou analyser les fraudes ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau, les donn\u00e9es \u00e9tant conserv\u00e9es maximum quatre mois \u00e0 partir de la date de la communication, sauf en cas de fraude ou d\u2019utilisation malveillante sp\u00e9cifique n\u00e9cessitant de prolonger la conservation des donn\u00e9es concern\u00e9es au-del\u00e0 de ce d\u00e9lai;<br \/>\n       3\u00b0 lorsque les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 rendues anonymes;<br \/>\n       4\u00b0 lorsque le traitement s\u2019inscrit dans le cadre de la fourniture d\u2019un service qui fait usage de donn\u00e9es de trafic ou de localisation;<br \/>\n       5\u00b0 lorsque le traitement est n\u00e9cessaire pour r\u00e9pondre \u00e0 une obligation impos\u00e9e par une norme l\u00e9gislative formelle.<br \/>\n       \u00a7 2. Le traitement dans le cadre de la fourniture d\u2019un service \u00e0 donn\u00e9es de trafic ou de localisation est soumis aux conditions suivantes :<br \/>\n       1\u00b0 L\u2019op\u00e9rateur informe l\u2019abonn\u00e9 ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019utilisateur final auquel se rapportent les donn\u00e9es, avant d\u2019obtenir le consentement de celui-ci pour le traitement :<br \/>\n       a) des types de donn\u00e9es de localisation trait\u00e9s;<br \/>\n       b) des objectifs pr\u00e9cis du traitement;<br \/>\n       c) de la dur\u00e9e du traitement;<br \/>\n       d) des tiers \u00e9ventuels auxquels ces donn\u00e9es seront transmises;<br \/>\n       e) de la possibilit\u00e9 de retirer \u00e0 tout moment, d\u00e9finitivement ou temporairement, le consentement donn\u00e9 pour le traitement.<br \/>\n       2\u00b0 L\u2019abonn\u00e9 ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019utilisateur final, a pr\u00e9alablement au traitement, donn\u00e9 son consentement pour le traitement.<br \/>\n       Par consentement pour le traitement au sens du pr\u00e9sent article, on entend le consentement au sens de l\u2019article 4, 11), du RGPD.<br \/>\n       3\u00b0 Le traitement des donn\u00e9es en question se limite aux actes et \u00e0 la dur\u00e9e n\u00e9cessaires pour fournir le service \u00e0 donn\u00e9es de trafic ou de localisation en question.<br \/>\n       4\u00b0 L\u2019op\u00e9rateur concern\u00e9 offre gratuitement \u00e0 ses abonn\u00e9s ou \u00e0 ses utilisateurs finaux la possibilit\u00e9 de retirer le consentement donn\u00e9, facilement et \u00e0 tout moment, d\u00e9finitivement ou temporairement.<br \/>\n       \u00a7 4. Les donn\u00e9es vis\u00e9es au pr\u00e9sent article ne peuvent \u00eatre trait\u00e9es que par des personnes qui travaillent sous l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur ou du tiers qui fournit le service qui fait usage de donn\u00e9es de trafic ou de localisation, ou par la Cellule de coordination de l\u2019op\u00e9rateur vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 127\/3.<br \/>\n       82<br \/>\n       Le traitement est limit\u00e9 \u00e0 ce qui est strictement n\u00e9cessaire pour pouvoir fournir au service concern\u00e9 les donn\u00e9es de trafic ou de localisation.<br \/>\n       \u00a7 5. En cas de communication d\u2019urgence aux centrales de gestion des services d\u2019urgence offrant de l\u2019aide sur place, les op\u00e9rateurs annulent, pour autant que cela soit techniquement possible, en vue de permettre le traitement de la communication d\u2019urgence par les centrales de gestion concern\u00e9es, le refus temporaire ou l\u2019absence de consentement de l\u2019abonn\u00e9 ou de l\u2019utilisateur final concernant le traitement de donn\u00e9es de localisation par ligne distincte.<br \/>\n       Cette annulation est gratuite \u00bb.<br \/>\n       B.33.3.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 prend les premier et deuxi\u00e8me moyens de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680, en ce que l\u2019article 6 de la loi du 20 juillet 2022 instaure une obligation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de conservation des donn\u00e9es de communication, sans que cette conservation s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire et strictement limit\u00e9e au regard du but poursuivi.<br \/>\n       B.33.3.2. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 prennent un premier moyen de la violation des articles 10, 11, 13, 15, 22, 23 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne ainsi qu\u2019avec l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD. Dans une deuxi\u00e8me branche, elles all\u00e8guent que l\u2019article 6 de la loi du 20 juillet 2022 autorise la conservation pendant douze mois des donn\u00e9es qu\u2019il vise afin d\u2019assurer le bon fonctionnement et la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau, alors que l\u2019article 9 de la directive 2002\/58\/CE exclut un tel traitement.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes prennent un troisi\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne ainsi qu\u2019avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD. Dans une premi\u00e8re branche, elles soutiennent que l\u2019article 6 de la loi du 20 juillet 2022 cr\u00e9e une obligation de<br \/>\n       83<br \/>\n       conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es au profit des op\u00e9rateurs agissant dans le cadre de leurs missions, ce qui est trop vague et trop large.<br \/>\n       B.34. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les griefs des parties requ\u00e9rantes portent sur l\u2019article 123, \u00a7 1er, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 6, 1\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022. Ces griefs sont principalement pris de la violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par l\u2019article 22<br \/>\n       de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, par la directive 2002\/58\/CE, par la directive (UE) 2016\/680 et par le RGPD.<br \/>\n       B.35.1. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires de l\u2019article 6, 1\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       que celui-ci vise \u00e0 transposer l\u2019article 9 de la directive 2002\/58\/CE (Doc. parl., Chambre, 2021-<br \/>\n       2022, DOC 55-2572\/001, pp. 39-40), qui dispose :<br \/>\n       \u00ab Donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es relatives au trafic<br \/>\n       1. Lorsque des donn\u00e9es de localisation, autres que des donn\u00e9es relatives au trafic, concernant des utilisateurs ou abonn\u00e9s de r\u00e9seaux publics de communications ou de services de communications \u00e9lectroniques accessibles au public ou des abonn\u00e9s \u00e0 ces r\u00e9seaux ou services, peuvent \u00eatre trait\u00e9es, elles ne le seront qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rendues anonymes ou moyennant le consentement des utilisateurs ou des abonn\u00e9s, dans la mesure et pour la dur\u00e9e n\u00e9cessaires \u00e0 la fourniture d\u2019un service \u00e0 valeur ajout\u00e9e. Le fournisseur du service doit informer les utilisateurs ou les abonn\u00e9s, avant d\u2019obtenir leur consentement, du type de donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es relatives au trafic qui sera trait\u00e9, des objectifs et de la dur\u00e9e de ce traitement, et du fait que les donn\u00e9es seront ou non transmises \u00e0 un tiers en vue de la fourniture du service \u00e0 valeur ajout\u00e9e. Les utilisateurs ou les abonn\u00e9s ont la possibilit\u00e9 de retirer \u00e0 tout moment leur consentement pour le traitement des donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es relatives au trafic.<br \/>\n       2. Lorsque les utilisateurs ou les abonn\u00e9s ont donn\u00e9 leur consentement au traitement des donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es relatives au trafic, ils doivent garder la possibilit\u00e9 d\u2019interdire temporairement, par un moyen simple et gratuit, le traitement de ces donn\u00e9es pour chaque connexion au r\u00e9seau ou pour chaque transmission de communication.<br \/>\n       3. Le traitement des donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es relatives au trafic effectu\u00e9 conform\u00e9ment aux paragraphes 1 et 2 doit \u00eatre restreint aux personnes agissant sous l\u2019autorit\u00e9 du fournisseur du r\u00e9seau public de communications ou service de communications \u00e9lectroniques accessible au public ou du tiers qui fournit le service \u00e0 valeur ajout\u00e9e, et doit se limiter \u00e0 ce qui est n\u00e9cessaire pour assurer la fourniture du service \u00e0 valeur ajout\u00e9e \u00bb.<br \/>\n       84<br \/>\n       B.35.2. En ce que l\u2019article 123, \u00a7 1er, de la loi du 13 juin 2005 pr\u00e9voit la conservation des donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es de trafic se rapportant \u00e0 un abonn\u00e9 ou \u00e0 un utilisateur final lorsque les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 rendues anonymes (3\u00b0) et lorsque le traitement s\u2019inscrit dans le cadre de la fourniture d\u2019un service qui fait usage de donn\u00e9es de trafic ou de localisation (4\u00b0) \u2013 \u00e0 condition que, dans ce dernier cas, l\u2019abonn\u00e9 ou l\u2019utilisateur final ait pr\u00e9alablement donn\u00e9 son consentement en vertu de l\u2019article 123, \u00a7 2 \u2013, cette disposition s\u2019inscrit dans les cas vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 9, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       B.35.3. L\u2019article 123, \u00a7 1er, de la loi du 13 juin 2005, en revanche, vise \u00e9galement d\u2019autres hypoth\u00e8ses de conservation des donn\u00e9es de localisation, autres que les donn\u00e9es de trafic, que celles qui sont autoris\u00e9es par l\u2019article 9 de la directive 2002\/58\/CE, comme la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat et l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es l\u2019ont relev\u00e9 dans leurs avis sur l\u2019avant-projet de loi \u00e0 l\u2019origine de la loi du 20 juillet 2022 (ibid., pp. 306-308 et 677-678).<br \/>\n       En ce qui concerne ces autres hypoth\u00e8ses, il y a lieu de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, qui permet de limiter la port\u00e9e des droits pr\u00e9vus notamment en son article 9, \u00ab lorsqu\u2019une telle limitation constitue une mesure n\u00e9cessaire, appropri\u00e9e et proportionn\u00e9e, au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, pour sauvegarder la s\u00e9curit\u00e9 nationale &#8211; c\u2019est-\u00e0-dire la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat &#8211; la d\u00e9fense et la s\u00e9curit\u00e9 publique, ou assurer la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection et la poursuite d\u2019infractions p\u00e9nales ou d\u2019utilisations non autoris\u00e9es du syst\u00e8me de communications \u00e9lectroniques \u00bb.<br \/>\n       B.36. Les griefs des parties requ\u00e9rantes portent plus particuli\u00e8rement sur les hypoth\u00e8ses de conservation des donn\u00e9es de localisation, autres que les donn\u00e9es de trafic, qui rel\u00e8vent du r\u00e9gime de limitation pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE et qui sont vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 123, \u00a7 1er, 1\u00b0, 2\u00b0 et 5\u00b0, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 6 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.37.1. L\u2019article 123, \u00a7 1er, de la loi du 13 juin 2005 pr\u00e9voit que les op\u00e9rateurs de r\u00e9seaux mobiles ne peuvent conserver et traiter les donn\u00e9es de localisation pr\u00e9cit\u00e9es se rapportant \u00e0 un abonn\u00e9 ou \u00e0 un utilisateur final que \u00ab lorsque cela est n\u00e9cessaire pour le bon fonctionnement et<br \/>\n       85<br \/>\n       la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau ou du service \u00bb (1\u00b0) et \u00ab lorsque cela est n\u00e9cessaire pour d\u00e9tecter ou analyser les fraudes ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau \u00bb (2\u00b0).<br \/>\n       Les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 123, \u00a7 1er, 1\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 sont en principe conserv\u00e9es pendant douze mois \u00e0 partir de la date de la communication. Celles qui sont vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 123, \u00a7 1er, 2\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 sont en principe conserv\u00e9es pendant quatre mois.<br \/>\n       B.37.2. Les hypoth\u00e8ses vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 123, \u00a7 1er, 1\u00b0 et 2\u00b0, de la loi du 13 juin 2005<br \/>\n       permettent de garantir la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection et la poursuite d\u2019utilisations non autoris\u00e9es du syst\u00e8me de communications \u00e9lectroniques au sens de l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       B.38. Il appartient \u00e0 la Cour de v\u00e9rifier si l\u2019ing\u00e9rence qu\u2019engendre l\u2019article 123, \u00a7 1er, 1\u00b0<br \/>\n       et 2\u00b0, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 6, 1\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022, dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e et dans le droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel est n\u00e9cessaire, raisonnable et proportionn\u00e9e au sein d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique en vue de pr\u00e9venir les utilisations non autoris\u00e9es du syst\u00e8me de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       B.39.1. Les op\u00e9rateurs d\u00e9terminent les donn\u00e9es de localisation autres que les donn\u00e9es relatives au trafic qui peuvent \u00eatre conserv\u00e9es et trait\u00e9es. Ils appr\u00e9cient \u00e9galement, dans chaque cas, la n\u00e9cessit\u00e9 de cette conservation et de ce traitement.<br \/>\n       Par ailleurs, en ce qui concerne le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es cit\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 123, \u00a7 1er, 1\u00b0 et 2\u00b0, de la loi du 13 juin 2005, il est pr\u00e9vu que la dur\u00e9e de douze mois pr\u00e9cit\u00e9e peut \u00eatre prolong\u00e9e \u00ab en cas d\u2019atteinte sp\u00e9cifique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau n\u00e9cessitant de prolonger la conservation des donn\u00e9es concern\u00e9es au-del\u00e0 de ce d\u00e9lai \u00bb et que la dur\u00e9e de quatre mois pr\u00e9cit\u00e9e peut \u00eatre prolong\u00e9e \u00ab en cas de fraude ou d\u2019utilisation malveillante sp\u00e9cifique n\u00e9cessitant de prolonger la conservation des donn\u00e9es concern\u00e9es au-del\u00e0 de ce d\u00e9lai \u00bb.<br \/>\n       86<br \/>\n       B.39.2. L\u2019article 123, \u00a7 1er, 1\u00b0 et 2\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 laisse aux op\u00e9rateurs le soin d\u2019identifier, parmi les donn\u00e9es de localisation, les donn\u00e9es qu\u2019il est n\u00e9cessaire de conserver et de traiter, et de prolonger le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es concern\u00e9es en cas d\u2019atteinte sp\u00e9cifique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau, d\u2019une part, et en cas de fraude ou d\u2019utilisation malveillante sp\u00e9cifique, d\u2019autre part.<br \/>\n       B.39.3. Pour les m\u00eames motifs que ceux qui sont \u00e9nonc\u00e9s en B.30 et B.31, d\u00e8s lors que l\u2019affaire pr\u00e9sentement examin\u00e9e soul\u00e8ve un doute quant \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, il convient de poser \u00e0 la Cour de justice la deuxi\u00e8me question pr\u00e9judicielle formul\u00e9e dans le dispositif.<br \/>\n       Par ailleurs, il y a lieu de poser la troisi\u00e8me question pr\u00e9judicielle mentionn\u00e9e dans le dispositif.<br \/>\n       B.40.1. Enfin, l\u2019article 123, \u00a7 1er, 5\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 autorise la conservation des donn\u00e9es de localisation, autres que les donn\u00e9es de trafic, se rapportant \u00e0 un abonn\u00e9 ou \u00e0 un utilisateur final, \u00ab lorsque le traitement est n\u00e9cessaire pour r\u00e9pondre \u00e0 une obligation impos\u00e9e par une norme l\u00e9gislative formelle \u00bb.<br \/>\n       Dans cette hypoth\u00e8se, les griefs des parties requ\u00e9rantes ne sauraient, en soi, \u00eatre imput\u00e9s \u00e0 l\u2019article 123 de la loi du 13 juin 2005, mais, le cas \u00e9ch\u00e9ant, aux obligations impos\u00e9es par une norme l\u00e9gislative formelle auxquelles il est fait r\u00e9f\u00e9rence.<br \/>\n       B.40.2. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 ainsi que le premier moyen, en sa deuxi\u00e8me branche, et le troisi\u00e8me moyen, en sa premi\u00e8re branche, dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, relatifs \u00e0 l\u2019article 123, \u00a7 1er, 5\u00b0, de la loi du 13 juin 2005, ne sont pas fond\u00e9s en ce qu\u2019ils sont pris de la violation des dispositions cit\u00e9es en B.34. L\u2019examen au regard des autres normes de r\u00e9f\u00e9rence, cit\u00e9es en B.33.3.1 et B.33.3.2, \u00e0 supposer que la violation de celles-ci soit valablement invoqu\u00e9e par les parties requ\u00e9rantes, ne saurait, en toute hypoth\u00e8se, mener \u00e0 une autre conclusion.<br \/>\n       87<br \/>\n       5. La conservation des donn\u00e9es de souscription et d\u2019identification (article 8)<br \/>\n       B.41.1. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 ainsi que les premi\u00e8re, deuxi\u00e8me et cinqui\u00e8me branches du deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 portent sur l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab L\u2019article 126 de la [loi du 13 juin 2005], remplac\u00e9 par l\u2019article 5 de la loi du 30 juillet 2013, annul\u00e9 lui-m\u00eame par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 84\/2015 de la Cour constitutionnelle, et par l\u2019article 4 de la loi du 29 mai 2016, annul\u00e9 lui-m\u00eame par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 57\/2021 de la Cour constitutionnelle, est remplac\u00e9 par ce qui suit :<br \/>\n       \u2018 Art. 126. \u00a7 1er. Sans pr\u00e9judice du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018, les op\u00e9rateurs qui offrent aux utilisateurs finaux des services de communications \u00e9lectroniques, ainsi que les op\u00e9rateurs fournissant les r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques sous-jacents qui permettent la fourniture de ces services, conservent les donn\u00e9es suivantes, pour autant qu\u2019ils les traitent ou les g\u00e9n\u00e8rent dans le cadre de la fourniture de ces r\u00e9seaux ou services :<br \/>\n       1\u00b0 le num\u00e9ro de Registre national ou un num\u00e9ro \u00e9quivalent, le nom et le pr\u00e9nom de l\u2019utilisateur final qui est une personne physique ou la d\u00e9nomination de l\u2019abonn\u00e9 qui est une personne morale;<br \/>\n       2\u00b0 l\u2019alias \u00e9ventuel choisi par l\u2019utilisateur final lors de la souscription au service ou de l\u2019activation du service;<br \/>\n       3\u00b0 les coordonn\u00e9es de l\u2019abonn\u00e9 qui ont \u00e9t\u00e9 fournies lors de la souscription au service, notamment son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, son adresse e-mail et son adresse postale;<br \/>\n       4\u00b0 la date et l\u2019heure de la souscription au service et de l\u2019activation du service et les \u00e9l\u00e9ments permettant de d\u00e9terminer le lieu \u00e0 partir duquel cette souscription et cette activation ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es, \u00e0 savoir notamment :<br \/>\n       &#8211; l\u2019adresse physique du point de vente o\u00f9 la souscription ou l\u2019activation ont eu lieu, ou;<br \/>\n       &#8211; l\u2019adresse physique du point de terminaison du r\u00e9seau ayant servi \u00e0 la souscription ou \u00e0 l\u2019activation, ou;<br \/>\n       &#8211; l\u2019adresse IP ayant servi \u00e0 la souscription ou \u00e0 l\u2019activation ainsi que le port source de la connexion et l\u2019horodatage, ou;<br \/>\n       &#8211; dans le cadre d\u2019un r\u00e9seau t\u00e9l\u00e9phonique mobile, la localisation g\u00e9ographique de l\u2019\u00e9quipement terminal qui a permis la souscription ou l\u2019activation au moyen d\u2019un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone;<br \/>\n       5\u00b0 l\u2019adresse physique de livraison du service;<br \/>\n       88<br \/>\n       6\u00b0 l\u2019adresse de facturation du service et les donn\u00e9es relatives au type et au moyen de paiement, \u00e0 la date des paiements, et la r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019op\u00e9ration de paiement en cas de paiement en ligne;<br \/>\n       7\u00b0 le service principal et les services annexes que l\u2019abonn\u00e9 peut utiliser;<br \/>\n       8\u00b0 la date \u00e0 partir de laquelle ces services peuvent \u00eatre utilis\u00e9s, la date de la premi\u00e8re utilisation de ces services et la date de fin de ces services;<br \/>\n       9\u00b0 en cas de transfert de l\u2019identifiant de l\u2019abonn\u00e9, tel son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, l\u2019identit\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur qui transf\u00e8re l\u2019identifiant et l\u2019identit\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur auquel l\u2019identifiant est transf\u00e9r\u00e9 et la date \u00e0 laquelle le transfert est effectu\u00e9;<br \/>\n       10\u00b0 le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone attribu\u00e9;<br \/>\n       11\u00b0 l\u2019adresse de messagerie principale et les adresses de messagerie employ\u00e9es comme alias;<br \/>\n       12\u00b0 l\u2019identit\u00e9 internationale d\u2019abonn\u00e9 mobile, \u201c International Mobile Subscriber Identity \u201d, en abr\u00e9g\u00e9 \u201c IMSI \u201d;<br \/>\n       13\u00b0 l\u2019identifiant permanent d\u2019abonnement, \u201c Subscription Permanent Identifier \u201d, en abr\u00e9g\u00e9 \u201c SUPI \u201d;<br \/>\n       14\u00b0 l\u2019identifiant cach\u00e9 d\u2019abonnement, \u201c Subscription Concealed Identifier \u201d, en abr\u00e9g\u00e9 \u201c SUCI \u201d;<br \/>\n       15\u00b0 l\u2019adresse IP \u00e0 la source de la connexion, l\u2019horodatage de l\u2019attribution ainsi que, en cas d\u2019utilisation partag\u00e9e d\u2019une adresse IP de l\u2019utilisateur final, les ports qui lui ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s;<br \/>\n       16\u00b0 l\u2019identifiant de l\u2019\u00e9quipement terminal de l\u2019utilisateur final, ou lorsque l\u2019op\u00e9rateur ne le traite pas ou ne le g\u00e9n\u00e8re pas, l\u2019identifiant de l\u2019\u00e9quipement qui est le plus proche de cet \u00e9quipement terminal, \u00e0 savoir notamment :<br \/>\n       &#8211; l\u2019identit\u00e9 internationale d\u2019\u00e9quipement mobile, \u201c International Mobile Equipment Identity \u201d, en abr\u00e9g\u00e9 \u201c IMEI \u201d;<br \/>\n       &#8211; l\u2019identifiant permanent de l\u2019\u00e9quipement, \u201c Permanent Equipment Identifier \u201d, en abr\u00e9g\u00e9 \u201c PEI \u201d;<br \/>\n       &#8211; l\u2019adresse du contr\u00f4leur d\u2019acc\u00e8s au r\u00e9seau, \u201c Media Access Control address \u201d, en abr\u00e9g\u00e9 \u201c MAC \u201d;<br \/>\n       17\u00b0 les autres identifiants relatifs \u00e0 l\u2019utilisateur final, \u00e0 l\u2019\u00e9quipement terminal ou \u00e0 l\u2019\u00e9quipement le plus proche de cet \u00e9quipement terminal, qui r\u00e9sultent de l\u2019\u00e9volution technologique et qui sont d\u00e9termin\u00e9s par le Roi, pour autant que cet arr\u00eat\u00e9 soit confirm\u00e9 par la loi dans les six mois suivant la publication de cet arr\u00eat\u00e9.<br \/>\n       89<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs ne doivent pas conserver les adresses MAC vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, 16\u00b0, troisi\u00e8me tiret, pour les services de communications \u00e9lectroniques qu\u2019ils offrent uniquement \u00e0 des entreprises ou \u00e0 des personnes morales.<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat\u00e9 royal vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, 17\u00b0, ne porte pas sur le contenu des communications \u00e9lectroniques, ni sur des m\u00e9tadonn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques qui donnent des informations sur le destinataire de la communication, comme l\u2019adresse IP du destinataire de la communication, ou sur la localisation de l\u2019\u00e9quipement terminal.<br \/>\n       Le Roi :<br \/>\n       1\u00b0 peut pr\u00e9ciser les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er;<br \/>\n       2\u00b0 fixe les exigences en mati\u00e8re de pr\u00e9cision et de fiabilit\u00e9 auxquelles ces donn\u00e9es doivent r\u00e9pondre.<br \/>\n       \u00a7 2. Les op\u00e9rateurs conservent les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 1\u00b0 \u00e0 14\u00b0, aussi longtemps que le service de communications \u00e9lectroniques est utilis\u00e9 ainsi que douze mois apr\u00e8s la fin du service.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs conservent les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 15\u00b0 et 16\u00b0, pour une dur\u00e9e de douze mois apr\u00e8s la fin de la session.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, la dur\u00e9e de conservation des donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 16\u00b0, troisi\u00e8me tiret, est r\u00e9duite \u00e0 six mois apr\u00e8s la fin de la session lorsque l\u2019op\u00e9rateur conserve une autre donn\u00e9e vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 16\u00b0.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs conservent les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 17\u00b0, pour la dur\u00e9e fix\u00e9e par le Roi. Cette dur\u00e9e ne peut pas \u00eatre plus longue que la dur\u00e9e de conservation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er.<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat\u00e9 royal vis\u00e9 au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 17\u00b0, et alin\u00e9a 4 et au paragraphe 2, alin\u00e9a 4, est propos\u00e9 par le ministre de la Justice, le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, le ministre de la D\u00e9fense et le ministre, fait l\u2019objet d\u2019un avis de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es et de l\u2019Institut et est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       B.41.2.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 prend les premier et deuxi\u00e8me moyens de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680, en ce que l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 instaure une obligation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de conservation des donn\u00e9es de communication, sans que cette conservation s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire et strictement limit\u00e9e au regard du but poursuivi.<br \/>\n       90<br \/>\n       B.41.2.2. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 prend un moyen unique de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680. Elle soutient que l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit une obligation de conservation syst\u00e9matique et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es d\u2019identification qui n\u2019est pas n\u00e9cessaire au regard de l\u2019objectif poursuivi. \u00c0 titre subsidiaire, la partie requ\u00e9rante demande de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice.<br \/>\n       B.41.2.3. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 prennent un deuxi\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD.<br \/>\n       Dans les premi\u00e8re et troisi\u00e8me branches, elles soutiennent que l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voit une conservation de donn\u00e9es qui n\u2019est pas n\u00e9cessaire ainsi qu\u2019un d\u00e9lai de conservation trop long, de sorte qu\u2019il n\u2019est pas compatible avec le droit au respect de la vie priv\u00e9e ni avec l\u2019article 5, \u00a7 1er, c) et d), du RGPD. Dans une deuxi\u00e8me branche, elles all\u00e8guent qu\u2019en tant que l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 s\u2019applique aux services de communication \u00e9lectroniques \u00ab over the top \u00bb (ci-apr\u00e8s : les services OTT), tels que \u00ab WhatsApp \u00bb et \u00ab Skype \u00bb, il engendre une identit\u00e9 de traitement qui est contraire au principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination et au principe de l\u00e9galit\u00e9.<br \/>\n       B.42. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931, ainsi que la premi\u00e8re et la troisi\u00e8me branches du deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 sont principalement pris de la violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, par la directive 2002\/58\/CE, par la directive (UE) 2016\/680 et par le RGPD.<br \/>\n       91<br \/>\n       B.43.1. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires de l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 que, par cette disposition, le l\u00e9gislateur a entendu r\u00e9agir \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 158\/2021 en \u00e9num\u00e9rant lui-m\u00eame les diff\u00e9rentes donn\u00e9es d\u2019identification qu\u2019il y a lieu de conserver (Doc.<br \/>\n       parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/002, pp. 5-7).<br \/>\n       B.43.2. En outre, il ressort de ces travaux pr\u00e9paratoires que le l\u00e9gislateur a \u00e9galement souhait\u00e9 instaurer, pour les op\u00e9rateurs vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 126, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, l\u2019obligation de conserver les donn\u00e9es d\u2019identification pr\u00e9cit\u00e9es (ibid., pp. 7-10).<br \/>\n       \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es a relev\u00e9, dans son avis sur l\u2019amendement qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022 :<br \/>\n       \u00ab 23. En transposant le Code de communications \u00e9lectroniques europ\u00e9en (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : \u2018 CCEE \u2019) dans la loi t\u00e9l\u00e9com, le l\u00e9gislateur a red\u00e9finit, entre autres, les notions d\u2019\u2018 op\u00e9rateur \u2019 et de \u2018 services de communications \u00e9lectroniques \u2019, qui sont utilis\u00e9es pour d\u00e9terminer le champ d\u2019application personnel des obligations impos\u00e9es aux op\u00e9rateurs de conserver les donn\u00e9es de trafic et de localisation des abonn\u00e9s et de l\u2019obligation d\u2019identification des abonn\u00e9s et des utilisateurs finaux des services de communications \u00e9lectroniques. Comme l\u2019Autorit\u00e9 l\u2019a d\u00e9j\u00e0 soulev\u00e9 dans son avis n\u00b0 108\/2021, ces nouvelles d\u00e9finitions aboutissent \u00e0 \u00e9tendre consid\u00e9rablement le champ d\u2019application des obligations de conservation des donn\u00e9es et d\u2019identification des abonn\u00e9s et utilisateurs finaux. Avec la transposition du CCE dans la loi t\u00e9l\u00e9com, les entreprises qui fournissent des services de communications \u00e9lectroniques \u2018 over-<br \/>\n       the-top \u2019, \u00e0 l\u2019instar de services de t\u00e9l\u00e9phonie par Internet (Voice over IP), de services de messageries (p.ex. : WhatsApp, Signal, Telegram, Facebook Messenger), ou encore de services de courrier \u00e9lectroniques en ligne (p.ex. : Gmail ou Hotmail) sont soumises \u00e0 des obligations de conservation de donn\u00e9es et doivent proc\u00e9der \u00e0 l\u2019identification de leurs abonn\u00e9s ou utilisateurs finaux. De m\u00eame, les entreprises qui fournissent des \u2018 services consistant enti\u00e8rement ou principalement en la transmission de signaux, tels que les services de transmission utilis\u00e9s pour la fourniture de services de machine \u00e0 machine \u2019 \u2013 il s\u2019agit de services portant sur l\u2019internet des objets \u2013 doivent, \u00e0 pr\u00e9sent, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des op\u00e9rateurs soumis \u00e0 des obligations de conservation des donn\u00e9es et \u00e0 l\u2019obligation d\u2019identifier leurs abonn\u00e9s et utilisateurs finaux.<br \/>\n       24. Ainsi, les nouvelles d\u00e9finitions des notions d\u2019 \u2018 op\u00e9rateur \u2019 et de \u2018 services de communications \u00e9lectroniques \u2019, coupl\u00e9es, notamment, \u00e0 l\u2019obligation d\u2019identification impos\u00e9e par les nouveaux articles 126 et 127 de la loi t\u00e9l\u00e9com (introduits par les amendements n\u00b0 1 et 6), aboutissent \u00e0 rendre impossible \u2013 ou en tout cas tr\u00e8s difficile \u2013 toute correspondance anonyme sur Internet. En outre, pour les services de messagerie \u2018 OTT \u2019 (comme Signal ou WhatsApp), l\u2019Autorit\u00e9 rel\u00e8ve que la collecte et la conservation des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source de la connexion permet, non seulement d\u2019identifier de mani\u00e8re indirecte l\u2019utilisateur, mais \u00e9galement (potentiellement) de le localiser. En effet, il est souvent possible de localiser un \u00e9quipement terminal (et donc la personne qui l\u2019utilise) \u00e0 partir de l\u2019adresse IP qui lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e. La collecte syst\u00e9matique des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source de la connexion et leur horodatage permettent ainsi potentiellement de suivre les d\u00e9placements des utilisateurs de ces services; ce<br \/>\n       92<br \/>\n       qui constitue une ing\u00e9rence particuli\u00e8rement importante dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e de ces utilisateurs.<br \/>\n       25. Ceci constitue un changement de paradigme par rapport au paradigme de, et aux r\u00e8gles de confidentialit\u00e9 impos\u00e9es par, la directive ePrivacy. L\u2019Autorit\u00e9 insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de tenir un d\u00e9bat parlementaire approfondi sur les implications de ce changement, notamment, au regard du droit \u00e0 la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression. En tout \u00e9tat de cause, l\u2019Autorit\u00e9 rappelle que toute ing\u00e9rence dans les droits et libert\u00e9s des personnes concern\u00e9es n\u2019est admissible que si elle s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire et proportionn\u00e9e \u00e0 l\u2019objectif d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral poursuivi \u00bb (Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es, avis n\u00b0 66\/2022 du 1er avril 2022, points 23 \u00e0 25).<br \/>\n       B.44.1. Dans le dispositif de l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020 en cause de La Quadrature du Net e.a., la Cour de justice a dit pour droit que l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8 et 11 ainsi que de l\u2019article 52, paragraphe 1, de la Charte, ne s\u2019oppose pas, notamment, \u00e0 des mesures l\u00e9gislatives \u00ab pr\u00e9voyant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source d\u2019une connexion, pour une p\u00e9riode temporellement limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire \u00bb, d\u2019une part, et \u00ab pr\u00e9voyant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 et de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs de moyens de communications \u00e9lectroniques \u00bb, d\u2019autre part.<br \/>\n       B.44.2. Comme la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat l\u2019a observ\u00e9 dans son avis sur l\u2019avant-projet de loi qui est \u00e0 l\u2019origine de la loi du 20 juillet 2022, la Cour de justice op\u00e8re donc une distinction entre, d\u2019une part, la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP<br \/>\n       attribu\u00e9es \u00e0 une source de connexion, qui peut \u00eatre impos\u00e9e aux op\u00e9rateurs aux seules fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, et ce, pour une p\u00e9riode temporellement limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire, et, d\u2019autre part, la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs de moyens de communications \u00e9lectroniques, qui peut \u00eatre impos\u00e9e aux op\u00e9rateurs \u00e0 des fins plus larges, \u00e0 savoir la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, la lutte contre la criminalit\u00e9, que celle-ci soit grave ou non, et la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique, m\u00eame lorsque cette s\u00e9curit\u00e9 ne fait pas l\u2019objet de menaces graves, et ce, sans<br \/>\n       93<br \/>\n       que ces donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es pour une p\u00e9riode limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire (Doc.<br \/>\n       parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, p. 296).<br \/>\n       B.44.3. Par ailleurs, la Cour de justice estime que les adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source de connexion doivent faire l\u2019objet d\u2019un r\u00e9gime particulier, d\u00e8s lors que celles-ci \u00ab [peuvent] \u00eatre utilis\u00e9es pour effectuer notamment le tra\u00e7age exhaustif du parcours de navigation d\u2019un internaute et, par suite, de son activit\u00e9 en ligne, ces donn\u00e9es permettent d\u2019\u00e9tablir le profil d\u00e9taill\u00e9 de ce dernier. Ainsi, la conservation et l\u2019analyse de ces adresses IP que n\u00e9cessite un tel tra\u00e7age constituent des ing\u00e9rences graves dans les droits fondamentaux de l\u2019internaute consacr\u00e9s par les articles 7 et 8 de la Charte \u00bb (CJUE, arr\u00eat du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9, C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, point 153).<br \/>\n       B.45. Par l\u2019arr\u00eat du 30 avril 2024 en cause de La Quadrature du Net e.a. rendu en assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re (Donn\u00e9es personnelles et lutte contre la contrefa\u00e7on) (C-470\/21, ECLI:EU:C:2024:370), la Cour de justice a pr\u00e9cis\u00e9 cela en ces termes :<br \/>\n       \u00ab 75. [&#8230;] [I]l y a lieu de relever que, selon la jurisprudence de la Cour, si [&#8230;] les adresses IP constituent des donn\u00e9es relatives au trafic aux fins de la directive 2002\/58, ces adresses se distinguent des autres cat\u00e9gories de donn\u00e9es relatives au trafic ainsi que des donn\u00e9es de localisation.<br \/>\n       76. \u00c0 cet \u00e9gard, la Cour a relev\u00e9 que les adresses IP sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es sans \u00eatre rattach\u00e9es \u00e0 une communication d\u00e9termin\u00e9e et servent principalement \u00e0 identifier, par l\u2019interm\u00e9diaire des fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques, le propri\u00e9taire d\u2019un \u00e9quipement terminal \u00e0 partir duquel une communication au moyen d\u2019Internet est effectu\u00e9e. Ainsi, en mati\u00e8re de courrier \u00e9lectronique et de t\u00e9l\u00e9phonie par Internet, pour autant que seules les adresses IP de la source de la communication sont conserv\u00e9es et non celles du destinataire de celle-ci, ces adresses ne r\u00e9v\u00e8lent, en tant que telles, aucune information sur les tierces personnes ayant \u00e9t\u00e9 en contact avec la personne \u00e0 l\u2019origine de la communication. Dans cette mesure, cette cat\u00e9gorie de donn\u00e9es pr\u00e9sente un degr\u00e9 de sensibilit\u00e9 moindre que les autres donn\u00e9es relatives au trafic (voir, en ce sens, arr\u00eat du 6 octobre 2020, La Quadrature du Net e.a., C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, EU:C:2020:791, point 152).<br \/>\n       77. Certes, au point 156 de l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020, La Quadrature du Net e.a.<br \/>\n       (C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, EU:C:2020:791), la Cour a jug\u00e9 que, en d\u00e9pit du constat d\u2019une moindre sensibilit\u00e9 des adresses IP lorsqu\u2019elles servent exclusivement \u00e0 identifier l\u2019utilisateur d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques, l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58 s\u2019oppose \u00e0 ce qu\u2019une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des seules adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source d\u2019une connexion soit effectu\u00e9e pour des objectifs autres que la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique ou la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Toutefois, la Cour s\u2019est express\u00e9ment fond\u00e9e, pour parvenir \u00e0 cette conclusion, sur le caract\u00e8re grave de l\u2019ing\u00e9rence dans les droits fondamentaux<br \/>\n       94<br \/>\n       consacr\u00e9s aux articles 7, 8 et 11 de la Charte qu\u2019est susceptible de comporter une telle conservation des adresses IP.<br \/>\n       78. En effet, la Cour a consid\u00e9r\u00e9, au point 153 du m\u00eame arr\u00eat, que, dans la mesure o\u00f9 les adresses IP peuvent, notamment, lorsqu\u2019elles sont utilis\u00e9es pour effectuer le \u2018 tra\u00e7age exhaustif du parcours de navigation d\u2019un internaute \u2019 et, par suite, de son activit\u00e9 en ligne, permettre d\u2019\u00e9tablir le \u00ab profil d\u00e9taill\u00e9 \u00bb de ce dernier, la conservation et l\u2019analyse desdites adresses IP que n\u00e9cessite un tel tra\u00e7age constituent des ing\u00e9rences graves dans les droits fondamentaux de la personne concern\u00e9e consacr\u00e9s aux articles 7 et 8 de la Charte, pouvant \u00e9galement avoir des effets dissuasifs sur l\u2019exercice par les utilisateurs des moyens de communications \u00e9lectroniques de leur libert\u00e9 d\u2019expression garantie \u00e0 l\u2019article 11 de la Charte.<br \/>\n       79. Toutefois, il y a lieu de souligner que toute conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e d\u2019un ensemble, le cas \u00e9ch\u00e9ant vaste, d\u2019adresses IP statiques et dynamiques utilis\u00e9es par une personne dans une p\u00e9riode donn\u00e9e ne constitue pas n\u00e9cessairement une ing\u00e9rence grave dans les droits fondamentaux garantis aux articles 7, 8 et 11 de la Charte.<br \/>\n       80. \u00c0 cet \u00e9gard, tout d\u2019abord, les affaires ayant donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020, La Quadrature du Net e.a. (C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, EU:C:2020:791), portaient sur des r\u00e9glementations nationales qui impliquaient une obligation de conservation d\u2019un ensemble de donn\u00e9es n\u00e9cessaires pour d\u00e9terminer la date, l\u2019heure, la dur\u00e9e et le type de la communication, identifier le mat\u00e9riel de communication utilis\u00e9 ainsi que localiser les \u00e9quipements terminaux et les communications, donn\u00e9es au nombre desquelles figuraient, notamment, le nom et l\u2019adresse de l\u2019 utilisateur, les num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone de l\u2019appelant et de l\u2019appel\u00e9 ainsi que l\u2019adresse IP<br \/>\n       pour les services Internet. De surcro\u00eet, dans deux de ces affaires, les r\u00e9glementations nationales en cause semblaient couvrir \u00e9galement les donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019acheminement des communications \u00e9lectroniques par les r\u00e9seaux, celles-ci permettant \u00e9galement d\u2019identifier la nature des informations consult\u00e9es en ligne (voir, en ce sens, arr\u00eat du 6 octobre 2020, La Quadrature du Net e.a., C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, EU:C:2020:791, points 82 et 83).<br \/>\n       81. La conservation des adresses IP op\u00e9r\u00e9e dans le cadre de telles r\u00e9glementations nationales \u00e9tait donc de nature, au regard des autres donn\u00e9es dont ces r\u00e9glementations imposaient la conservation et de la possibilit\u00e9 de combiner ces diff\u00e9rentes donn\u00e9es, \u00e0 permettre de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e des personnes dont les donn\u00e9es \u00e9taient concern\u00e9es et, partant, de conduire \u00e0 une ing\u00e9rence grave dans les droits fondamentaux, consacr\u00e9s aux articles 7 et 8 de la Charte, relatifs \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e et des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel de ces personnes, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019article 11 de cette charte, relatif \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression de celles-ci.<br \/>\n       82. En revanche, l\u2019obligation faite aux fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques, par une mesure l\u00e9gislative au titre de l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58, d\u2019assurer la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP peut, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00eatre justifi\u00e9e par l\u2019objectif de la lutte contre les infractions p\u00e9nales en g\u00e9n\u00e9ral lorsqu\u2019il est effectivement exclu que cette conservation puisse engendrer des ing\u00e9rences graves dans la vie priv\u00e9e de la personne concern\u00e9e en raison de la possibilit\u00e9 de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur celle-ci moyennant, notamment, une mise en relation de ces adresses IP avec un ensemble de donn\u00e9es de trafic ou de localisation qui auraient \u00e9galement \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es par ces fournisseurs.<br \/>\n       95<br \/>\n       83. Partant, un \u00c9tat membre qui entend imposer aux fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP en vue d\u2019atteindre un objectif li\u00e9 \u00e0 la lutte contre les infractions p\u00e9nales en g\u00e9n\u00e9ral doit s\u2019assurer que les modalit\u00e9s de conservation de ces donn\u00e9es soient de nature \u00e0 garantir qu\u2019est exclue toute combinaison desdites adresses IP avec d\u2019autres donn\u00e9es conserv\u00e9es, dans le respect de la directive 2002\/58, qui permettrait de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e des personnes dont les donn\u00e9es seraient ainsi conserv\u00e9es.<br \/>\n       84. Afin d\u2019assurer que soit exclue une telle combinaison de donn\u00e9es permettant de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e de la personne en cause, les modalit\u00e9s de conservation doivent concerner la structure m\u00eame de la conservation qui, en substance, doit \u00eatre organis\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 garantir une s\u00e9paration effectivement \u00e9tanche des diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de donn\u00e9es conserv\u00e9es.<br \/>\n       85. \u00c0 cet \u00e9gard, il appartient certes \u00e0 l\u2019\u00c9tat membre qui entend imposer aux fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP en vue d\u2019atteindre un objectif li\u00e9 \u00e0 la lutte contre les infractions p\u00e9nales en g\u00e9n\u00e9ral de pr\u00e9voir, dans sa l\u00e9gislation, des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises relatives auxdites modalit\u00e9s de conservation, ces modalit\u00e9s devant r\u00e9pondre \u00e0 des exigences strictes. La Cour peut toutefois fournir des pr\u00e9cisions relatives \u00e0 ces modalit\u00e9s.<br \/>\n       86. En premier lieu, les r\u00e8gles nationales mentionn\u00e9es au point pr\u00e9c\u00e9dent doivent assurer que chaque cat\u00e9gorie de donn\u00e9es, y compris les donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile et les adresses IP, est conserv\u00e9e de mani\u00e8re pleinement s\u00e9par\u00e9e des autres cat\u00e9gories de donn\u00e9es conserv\u00e9es.<br \/>\n       87. En deuxi\u00e8me lieu, ces r\u00e8gles doivent garantir que, sur un plan technique, la s\u00e9paration des diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de donn\u00e9es conserv\u00e9es, notamment les donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile, les adresses IP, les diff\u00e9rentes donn\u00e9es relatives au trafic autres que les adresses IP et les diff\u00e9rentes donn\u00e9es de localisation, est effectivement \u00e9tanche, moyennant un dispositif informatique s\u00e9curis\u00e9 et fiable.<br \/>\n       88. En troisi\u00e8me lieu, en tant que lesdites r\u00e8gles pr\u00e9voient la possibilit\u00e9 d\u2019une mise en relation des adresses IP conserv\u00e9es avec l\u2019identit\u00e9 civile de la personne concern\u00e9e dans le respect des exigences d\u00e9coulant de l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8 et 11 de la Charte, elles ne doivent permettre une telle mise en relation que par l\u2019usage d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 technique performant ne remettant pas en cause l\u2019efficacit\u00e9 de la s\u00e9paration \u00e9tanche de ces cat\u00e9gories de donn\u00e9es.<br \/>\n       89. En quatri\u00e8me lieu, la fiabilit\u00e9 de cette s\u00e9paration \u00e9tanche doit faire l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le r\u00e9gulier par une autorit\u00e9 publique autre que celle qui cherche \u00e0 obtenir l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel conserv\u00e9es par les fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       90. Pour autant que sont pr\u00e9vues, dans la l\u00e9gislation nationale applicable, de telles exigences strictes relatives aux modalit\u00e9s de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP et des autres donn\u00e9es conserv\u00e9es par les fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques, l\u2019ing\u00e9rence r\u00e9sultant de cette conservation des adresses IP ne saurait, en raison de la structure m\u00eame de ladite conservation, \u00eatre qualifi\u00e9e de \u2018 grave \u2019.<br \/>\n       96<br \/>\n       91. En effet, dans le cas o\u00f9 un tel dispositif l\u00e9gislatif est institu\u00e9, les modalit\u00e9s de conservation des adresses IP ainsi prescrites excluent que ces donn\u00e9es puissent \u00eatre combin\u00e9es avec d\u2019autres donn\u00e9es conserv\u00e9es dans le respect de la directive 2002\/58, permettant de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e de la personne concern\u00e9e.<br \/>\n       92. Par cons\u00e9quent, en pr\u00e9sence d\u2019un dispositif l\u00e9gislatif r\u00e9pondant aux exigences expos\u00e9es aux points 86 \u00e0 89 du pr\u00e9sent arr\u00eat, garantissant qu\u2019aucune combinaison de donn\u00e9es ne permettra de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e de la personne en cause, l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8 et 11 de la Charte, ne s\u2019oppose pas \u00e0 ce que l\u2019\u00c9tat membre concern\u00e9 impose une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP aux fins d\u2019un objectif de lutte contre les infractions p\u00e9nales en g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n       93. Enfin, un tel dispositif l\u00e9gislatif doit, ainsi qu\u2019il ressort du point 168 de l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020, La Quadrature du Net e.a. (C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, EU:C:2020:791), pr\u00e9voir une dur\u00e9e de conservation limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire et assurer, par des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises, que la conservation des donn\u00e9es en cause est subordonn\u00e9e au respect des conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales y aff\u00e9rentes et que les personnes concern\u00e9es disposent de garanties effectives contre les risques d\u2019abus ainsi que contre tout acc\u00e8s \u00e0 ces donn\u00e9es et toute utilisation illicites de celles-ci \u00bb.<br \/>\n       B.46.1. L\u2019article 126, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 vise dix-sept donn\u00e9es d\u2019identification que les op\u00e9rateurs pr\u00e9cit\u00e9s doivent conserver lorsqu\u2019ils traitent ou g\u00e9n\u00e8rent ces donn\u00e9es dans le cadre des services et r\u00e9seaux qu\u2019ils fournissent. Il s\u2019agit du num\u00e9ro de registre national ou d\u2019un num\u00e9ro \u00e9quivalent, des nom et pr\u00e9nom de l\u2019utilisateur final qui est une personne physique ou de la d\u00e9nomination de l\u2019abonn\u00e9 qui est une personne morale (1\u00b0); de l\u2019alias \u00e9ventuel choisi par l\u2019utilisateur final lors de la souscription au service ou de l\u2019activation du service (2\u00b0); des coordonn\u00e9es de l\u2019abonn\u00e9 qui ont \u00e9t\u00e9 fournies lors de la souscription au service, notamment son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, son adresse e-mail et son adresse postale (3\u00b0); de la date et de l\u2019heure de la souscription au service et de l\u2019activation du service ainsi que les \u00e9l\u00e9ments permettant de d\u00e9terminer le lieu \u00e0 partir duquel cette souscription et cette activation ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es, \u00e0 savoir notamment l\u2019adresse physique du point de vente o\u00f9 la souscription ou l\u2019activation ont eu lieu, ou l\u2019adresse physique du point de terminaison du r\u00e9seau ayant servi \u00e0 la souscription ou \u00e0 l\u2019activation, ou l\u2019adresse IP ayant servi \u00e0 la souscription ou \u00e0 l\u2019activation ainsi que le port source de la connexion et l\u2019horodatage, ou dans le cadre d\u2019un r\u00e9seau t\u00e9l\u00e9phonique mobile, la localisation g\u00e9ographique de l\u2019\u00e9quipement terminal qui a permis la souscription ou l\u2019activation au moyen d\u2019un num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone (4\u00b0); de l\u2019adresse physique de livraison du service (5\u00b0); de l\u2019adresse de facturation du service et des donn\u00e9es relatives au type et au moyen de paiement, \u00e0 la date des paiements, et la r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019op\u00e9ration de paiement en<br \/>\n       97<br \/>\n       cas de paiement en ligne (6\u00b0); du service principal et des services annexes que l\u2019abonn\u00e9 peut utiliser (7\u00b0); de la date \u00e0 partir de laquelle ces services peuvent \u00eatre utilis\u00e9s, de la date de la premi\u00e8re utilisation de ces services et de la date de fin de ces services (8\u00b0); en cas de transfert de l\u2019identifiant de l\u2019abonn\u00e9, tel son num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur qui transf\u00e8re l\u2019identifiant et l\u2019identit\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur auquel l\u2019identifiant est transf\u00e9r\u00e9 et la date \u00e0 laquelle le transfert est effectu\u00e9 (9\u00b0); du num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone attribu\u00e9 (10\u00b0); de l\u2019adresse de messagerie principale et des adresses de messagerie employ\u00e9es comme alias (11\u00b0); de l\u2019identit\u00e9 internationale d\u2019abonn\u00e9 mobile, \u00ab International Mobile Subscriber Identity \u00bb (en abr\u00e9g\u00e9 \u00ab IMSI \u00bb) (12\u00b0); de l\u2019identifiant permanent d\u2019abonnement, \u00ab Subscription Permanent Identifier \u00bb (en abr\u00e9g\u00e9 \u00ab SUPI \u00bb) (13\u00b0); de l\u2019identifiant cach\u00e9 d\u2019abonnement, \u00ab Subscription Concealed Identifier \u00bb (en abr\u00e9g\u00e9 \u00ab SUCI \u00bb) (14\u00b0); de l\u2019adresse IP \u00e0 la source de la connexion, de l\u2019horodatage de l\u2019attribution ainsi que, en cas d\u2019utilisation partag\u00e9e d\u2019une adresse IP de l\u2019utilisateur final, des ports qui lui ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s (15\u00b0); de l\u2019identifiant de l\u2019\u00e9quipement terminal de l\u2019utilisateur final, ou lorsque l\u2019op\u00e9rateur ne le traite pas ou ne le g\u00e9n\u00e8re pas, de l\u2019identifiant de l\u2019\u00e9quipement qui est le plus proche de cet \u00e9quipement terminal, \u00e0 savoir notamment l\u2019identit\u00e9 internationale d\u2019\u00e9quipement mobile, \u00ab International Mobile Equipment Identity \u00bb (en abr\u00e9g\u00e9 \u00ab IMEI \u00bb), l\u2019identifiant permanent de l\u2019\u00e9quipement, \u00ab Permanent Equipment Identifier \u00bb (PEI), et l\u2019adresse du contr\u00f4leur d\u2019acc\u00e8s au r\u00e9seau, \u00ab Media Access Control address \u00bb (en abr\u00e9g\u00e9 \u00ab MAC \u00bb) (16\u00b0); des autres identifiants relatifs \u00e0 l\u2019utilisateur final, \u00e0 l\u2019\u00e9quipement terminal ou \u00e0 l\u2019\u00e9quipement le plus proche de cet \u00e9quipement terminal, qui r\u00e9sultent de l\u2019\u00e9volution technologique et qui sont d\u00e9termin\u00e9s par le Roi, pour autant que cet arr\u00eat\u00e9 soit confirm\u00e9 par la loi dans les six mois suivant la publication de cet arr\u00eat\u00e9, \u00e0 condition que ces autres identifiants ne concernent pas le contenu des communications \u00e9lectroniques, ni les m\u00e9tadonn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques qui donnent des informations sur le destinataire de la communication, comme l\u2019adresse IP du destinataire de la communication, ou sur la localisation de l\u2019\u00e9quipement terminal.<br \/>\n       B.46.2. En vertu de l\u2019article 126, \u00a7 1er, alin\u00e9a 4, de la loi du 13 juin 2005, le Roi peut pr\u00e9ciser les donn\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es et fixer les exigences en mati\u00e8re de pr\u00e9cision et de fiabilit\u00e9 auxquelles ces donn\u00e9es doivent r\u00e9pondre.<br \/>\n       98<br \/>\n       B.46.3. L\u2019article 126 de la loi du 13 juin 2005 ne pr\u00e9cise pas lui-m\u00eame les finalit\u00e9s pour lesquelles ces donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es. Il renvoie \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 3, de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab Les donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 126 et 127 le sont pour les autorit\u00e9s et les finalit\u00e9s vis\u00e9es au paragraphe 2, 1\u00b0 \u00e0 8\u00b0.<br \/>\n       Seules les autorit\u00e9s vis\u00e9es au paragraphe 2 peuvent obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 126 et 127, pour les finalit\u00e9s pr\u00e9vues dans ce m\u00eame paragraphe, pour autant que pr\u00e9vu par et aux conditions fix\u00e9es dans une norme l\u00e9gislative formelle.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, les autorit\u00e9s vis\u00e9es au paragraphe 2, 10\u00b0, ne peuvent pas obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source de la connexion.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, une demande d\u2019une autorit\u00e9 d\u2019obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source d\u2019une connexion n\u2019est autoris\u00e9e qu\u2019aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique et de la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique, lorsque cette autorit\u00e9 serait en mesure, \u00e0 l\u2019aide des informations en sa possession et des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source de la connexion obtenues de l\u2019op\u00e9rateur, de tracer le parcours de navigation d\u2019un utilisateur final sur Internet \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 127\/1, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005 \u00e9nonce :<br \/>\n       \u00ab Seules les autorit\u00e9s suivantes peuvent obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 122 et 123, pour les finalit\u00e9s ci-dessous, pour autant que pr\u00e9vu par et aux conditions fix\u00e9es dans une norme l\u00e9gislative formelle :<br \/>\n       1\u00b0 les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9, afin d\u2019accomplir les missions qui leur sont attribu\u00e9es par la loi du 30 novembre 1998 organique des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9;<br \/>\n       2\u00b0 les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes aux fins de la pr\u00e9vention de menaces graves pour la s\u00e9curit\u00e9 publique;<br \/>\n       3\u00b0 les autorit\u00e9s charg\u00e9es de la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux de personnes physiques;<br \/>\n       4\u00b0 les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour l\u2019examen d\u2019une d\u00e9faillance de la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau ou du service de communications \u00e9lectroniques ou des syst\u00e8mes d\u2019information;<br \/>\n       5\u00b0 les autorit\u00e9s administratives ou judiciaires comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019une infraction commise en ligne ou par le biais d\u2019un r\u00e9seau ou service de communications \u00e9lectroniques;<br \/>\n       99<br \/>\n       6\u00b0 les autorit\u00e9s administratives ou judiciaires comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019un fait qui rel\u00e8ve de la criminalit\u00e9 grave;<br \/>\n       7\u00b0 les autorit\u00e9s administratives charg\u00e9es de pr\u00e9server un int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique ou financier important de l\u2019Union europ\u00e9enne ou de la Belgique, y compris dans les domaines mon\u00e9taire, budg\u00e9taire et fiscal, de la sant\u00e9 publique et de la s\u00e9curit\u00e9 sociale;<br \/>\n       8\u00b0 les autorit\u00e9s administratives ou judiciaires comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019un fait qui constitue une infraction p\u00e9nale mais qui ne rel\u00e8ve pas de la criminalit\u00e9 grave;<br \/>\n       9\u00b0 l\u2019[IBPT] dans le cadre du contr\u00f4le de la pr\u00e9sente loi et les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour la protection des donn\u00e9es dans le cadre de leurs missions de contr\u00f4le;<br \/>\n       10\u00b0 les autorit\u00e9s qui sont l\u00e9galement habilit\u00e9es \u00e0 r\u00e9utiliser des donn\u00e9es \u00e0 des fins de recherche scientifique ou historique ou \u00e0 des fins statistiques \u00bb.<br \/>\n       B.46.4. En ce qui concerne le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es, l\u2019article 126, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005 pr\u00e9voit que les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 1\u00b0 \u00e0 14\u00b0, sont conserv\u00e9es tant que le service de communications \u00e9lectroniques est utilis\u00e9 et douze mois apr\u00e8s la fin de ce service. En ce qui concerne les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 15\u00b0 et 16\u00b0, celles-ci sont conserv\u00e9es pendant douze mois apr\u00e8s la fin de la session.<br \/>\n       Toutefois, l\u2019adresse du contr\u00f4leur d\u2019acc\u00e8s au r\u00e9seau (MAC) est conserv\u00e9e pendant six mois apr\u00e8s la fin de la session lorsque l\u2019op\u00e9rateur conserve une autre donn\u00e9e vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 16\u00b0, du m\u00eame article. Enfin, les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 17\u00b0, de cet article sont conserv\u00e9es pendant la dur\u00e9e fix\u00e9e par le Roi, sans que celle-ci puisse exc\u00e9der douze mois apr\u00e8s la fin du service.<br \/>\n       B.47.1. L\u2019ensemble des donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005, dont l\u2019\u00ab adresse IP \u00e0 la source de la connexion \u00bb (4\u00b0 et 15\u00b0), peuvent \u00eatre conserv\u00e9es pour les finalit\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 2, 1\u00b0 \u00e0 8\u00b0, de cette loi. Ces finalit\u00e9s sont d\u00e9finies de mani\u00e8re large et couvrent notamment l\u2019examen d\u2019une d\u00e9faillance de la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau ou du service de communications \u00e9lectroniques ou des syst\u00e8mes d\u2019information (4\u00b0), la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019une infraction commise en ligne ou par le biais d\u2019un r\u00e9seau ou service de communications \u00e9lectroniques (5\u00b0) et la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019un fait qui constitue une infraction p\u00e9nale mais qui ne rel\u00e8ve pas de la criminalit\u00e9 grave (8\u00b0).<br \/>\n       100<br \/>\n       B.47.2. L\u2019article 126, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 vise certaines donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs de moyens de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Comme il est dit en B.44.2, ces donn\u00e9es peuvent \u00eatre conserv\u00e9es de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e \u00e0 des fins de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de lutte contre la criminalit\u00e9, que celle-ci soit grave ou non, et de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique. Les finalit\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 2, 1\u00b0 \u00e0 8\u00b0, peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme correspondant \u00e0 cette exigence.<br \/>\n       B.47.3. Comme il est dit en B.44.3, il convient d\u2019\u00e9viter que les donn\u00e9es en cause puissent \u00eatre combin\u00e9es avec d\u2019autres donn\u00e9es conserv\u00e9es permettant de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e des personnes concern\u00e9es.<br \/>\n       B.48.1. Le Conseil des ministres all\u00e8gue, \u00e0 cet \u00e9gard, dans son m\u00e9moire compl\u00e9mentaire du 30 mai 2024, que l\u2019exigence d\u2019une s\u00e9paration \u00e9tanche entre les cat\u00e9gories de donn\u00e9es concern\u00e9es, telle qu\u2019elle est mentionn\u00e9e dans l\u2019arr\u00eat pr\u00e9cit\u00e9 de la Cour de justice du 30 avril 2024, est n\u00e9cessaire dans le cadre d\u2019un acc\u00e8s d\u2019une autorit\u00e9 aux bases de donn\u00e9es conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs de communications \u00e9lectroniques, en raison du risque que cette autorit\u00e9 analyse ces donn\u00e9es et exploite les possibilit\u00e9s offertes par cette base de donn\u00e9es de combiner ces donn\u00e9es entre elles pour tirer des conclusions pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e des personnes concern\u00e9es.<br \/>\n       Or, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005, les autorit\u00e9s qui peuvent obtenir des donn\u00e9es que les op\u00e9rateurs doivent conserver en vertu des articles 122 et 123 de la m\u00eame loi n\u2019acc\u00e8dent pas elles-m\u00eames aux banques de donn\u00e9es des op\u00e9rateurs de communications \u00e9lectroniques avec la possibilit\u00e9 de les analyser et de les combiner (extraction de donn\u00e9es, \u00ab pull \u00bb). Ces autorit\u00e9s doivent adresser, dans les conditions fix\u00e9es par la loi attaqu\u00e9e et les lois organiques qui leur sont applicables, une demande cibl\u00e9e de fourniture de certaines donn\u00e9es conserv\u00e9es par l\u2019op\u00e9rateur de communications \u00e9lectroniques (fourniture de donn\u00e9es, \u00ab push \u00bb), sans pour autant que ce dernier laisse entrer ces autorit\u00e9s dans la base de donn\u00e9es.<br \/>\n       101<br \/>\n       B.48.2. L\u2019article 124 de la loi du 13 juin 2005 dispose, \u00e0 cet \u00e9gard :<br \/>\n       \u00ab S\u2019il n\u2019y est pas autoris\u00e9 par toutes les personnes directement ou indirectement concern\u00e9es, nul ne peut :<br \/>\n       1\u00b0 prendre intentionnellement connaissance de l\u2019existence d\u2019une information de toute nature transmise par voie de communication \u00e9lectronique et qui ne lui est pas destin\u00e9e personnellement;<br \/>\n       2\u00b0 identifier intentionnellement les personnes concern\u00e9es par la transmission de l\u2019information et son contenu;<br \/>\n       3\u00b0 sans pr\u00e9judice de l\u2019application des articles 122 et 123 prendre connaissance intentionnellement de donn\u00e9es en mati\u00e8re de communications \u00e9lectroniques et relatives a une autre personne;<br \/>\n       4\u00b0 modifier, supprimer, r\u00e9v\u00e9ler, stocker ou faire un usage quelconque de l\u2019information, de l\u2019identification ou des donn\u00e9es obtenues intentionnellement ou non \u00bb.<br \/>\n       Les articles 127\/2 et 127\/3 disposent :<br \/>\n       \u00ab Art. 127\/2. \u00a7 1er. Les op\u00e9rateurs veillent \u00e0 garantir la qualit\u00e9 des m\u00e9tadonn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques conserv\u00e9es et, pour ce qui concerne les donn\u00e9es conserv\u00e9es pour les autorit\u00e9s, \u00e0 ce qu\u2019elles soient de la m\u00eame qualit\u00e9 que les donn\u00e9es trait\u00e9es dans le cadre de la fourniture du r\u00e9seau ou du service de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs mettent tout en \u0153uvre pour \u00e9tablir les liens techniques entre les donn\u00e9es conserv\u00e9es pour les autorit\u00e9s qui sont n\u00e9cessaires pour r\u00e9pondre \u00e0 leurs demandes.<br \/>\n       \u00a7 2. Pour ce qui concerne les donn\u00e9es d\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 et les m\u00e9tadonn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques, conserv\u00e9es pour les autorit\u00e9s, les op\u00e9rateurs :<br \/>\n       1\u00b0 garantissent que les donn\u00e9es conserv\u00e9es sont soumises aux m\u00eames exigences de s\u00e9curit\u00e9 et de protection que les donn\u00e9es sur le r\u00e9seau ou trait\u00e9es par le service;<br \/>\n       2\u00b0 mettent en \u0153uvre des mesures de protection technologique qui rendent les donn\u00e9es conserv\u00e9es, d\u00e8s leur enregistrement, illisibles et inutilisables par toute personne qui n\u2019est pas autoris\u00e9e \u00e0 y avoir acc\u00e8s;<br \/>\n       3\u00b0 ne peuvent utiliser les donn\u00e9es conserv\u00e9es pour d\u2019autres finalit\u00e9s que la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s, sauf lorsqu\u2019ils obtiennent le consentement des abonn\u00e9s concern\u00e9s conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 4, 11), du RGDP et sans pr\u00e9judice d\u2019autres dispositions l\u00e9gales.<br \/>\n       \u00a7 3. Pour ce qui concerne les donn\u00e9es d\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 et les m\u00e9tadonn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques, les op\u00e9rateurs :<br \/>\n       102<br \/>\n       1\u00b0 conservent les donn\u00e9es sur le territoire de l\u2019Union europ\u00e9enne et fournissent en Belgique les donn\u00e9es demand\u00e9es par une autorit\u00e9 belge;<br \/>\n       2\u00b0 veillent \u00e0 ce que les donn\u00e9es conserv\u00e9es soient d\u00e9truites de tout support lorsqu\u2019est expir\u00e9 le d\u00e9lai de conservation applicable \u00e0 ces donn\u00e9es ou que ces donn\u00e9es soient rendues anonymes;<br \/>\n       3\u00b0 veillent \u00e0 ce que les donn\u00e9es conserv\u00e9es fassent l\u2019objet de mesures techniques et organisationnelles appropri\u00e9es afin de les prot\u00e9ger contre la destruction accidentelle ou illicite, la perte ou l\u2019alt\u00e9ration accidentelle, ou le stockage, le traitement, l\u2019acc\u00e8s ou la divulgation non autoris\u00e9s ou illicites, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 107\/2;<br \/>\n       4\u00b0 garantissent que l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es pour r\u00e9pondre aux demandes des autorit\u00e9s n\u2019est effectu\u00e9 que par un ou plusieurs membres de la Cellule de coordination vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 127\/3, \u00a7 1er, de mani\u00e8re manuelle ou automatis\u00e9e;<br \/>\n       5\u00b0 assurent une tra\u00e7abilit\u00e9 de l\u2019exploitation des donn\u00e9es conserv\u00e9es.<br \/>\n       \u00a7 4. La tra\u00e7abilit\u00e9 vis\u00e9e au paragraphe 3, 5\u00b0, s\u2019effectue \u00e0 l\u2019aide d\u2019un journal.<br \/>\n       L\u2019op\u00e9rateur prend les mesures n\u00e9cessaires pour que chaque consultation des donn\u00e9es qu\u2019il conserve pour les autorit\u00e9s g\u00e9n\u00e8re de mani\u00e8re automatis\u00e9e un enregistrement dans le journal des donn\u00e9es suivantes : l\u2019identit\u00e9 de la personne ayant consult\u00e9 les donn\u00e9es, le moment de la consultation et les donn\u00e9es consult\u00e9es.<br \/>\n       Ce journal comprend \u00e9galement les informations et documents suivants, qui, le cas \u00e9ch\u00e9ant, y sont introduits de mani\u00e8re manuelle :<br \/>\n       1\u00b0 l\u2019identit\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9 demanderesse, l\u2019objet, la date et l\u2019heure de la demande, une copie de la demande ou un lien vers cette derni\u00e8re;<br \/>\n       2\u00b0 pour ce qui concerne la r\u00e9ponse de l\u2019op\u00e9rateur \u00e0 la demande de l\u2019autorit\u00e9: l\u2019identit\u00e9 de son destinataire, la date et l\u2019heure de son envoi ainsi que le moyen de communication utilis\u00e9 pour l\u2019envoyer.<br \/>\n       Le journal peut comprendre d\u2019autres documents ou informations, pour autant que ces informations et documents ne r\u00e9v\u00e8lent pas d\u2019informations confidentielles sur l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par l\u2019autorit\u00e9, telles que sa finalit\u00e9 ou son contexte.<br \/>\n       Les donn\u00e9es de ce journal sont conserv\u00e9es pendant une p\u00e9riode de dix ans. \u00c1 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de la p\u00e9riode de conservation, les donn\u00e9es du journal sont d\u00e9truites.<br \/>\n       L\u2019op\u00e9rateur adopte des mesures appropri\u00e9es pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 du journal. Toute modification des donn\u00e9es reprises dans le journal est interdite. Toute consultation du journal est journalis\u00e9e.<br \/>\n       Le Roi peut pr\u00e9ciser, apr\u00e8s avis de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es et de l\u2019Institut, les exigences \u00e0 respecter par les op\u00e9rateurs concernant le journal.<br \/>\n       103<br \/>\n       Dans le cadre du contr\u00f4le de l\u2019op\u00e9rateur, l\u2019Institut ainsi que l\u2019inspecteur g\u00e9n\u00e9ral et les inspecteurs d\u00e9sign\u00e9s par l\u2019inspecteur g\u00e9n\u00e9ral, au sein de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es, vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 66, \u00a7 1er, de la loi du 3 d\u00e9cembre 2017 portant cr\u00e9ation de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es, peuvent consulter ce journal ou exiger une copie de tout ou partie de ce journal.<br \/>\n       \u00a7 5. Si l\u2019Institut dispose d\u2019indices qui pourraient indiquer une infraction d\u2019un op\u00e9rateur au paragraphe 2, 3 ou 4, il peut l\u2019obliger \u00e0 se soumettre \u00e0 un contr\u00f4le de s\u00e9curit\u00e9 effectu\u00e9 par un organisme qualifi\u00e9 ind\u00e9pendant, propos\u00e9 par l\u2019op\u00e9rateur \u00e0 l\u2019Institut pour accord.<br \/>\n       Cet organisme ne prend pas connaissance des demandes des autorit\u00e9s envers les op\u00e9rateurs, en ce compris le journal vis\u00e9 au paragraphe 4.<br \/>\n       Le rapport et les r\u00e9sultats de ce contr\u00f4le de s\u00e9curit\u00e9 sont communiqu\u00e9s \u00e0 l\u2019Institut. Le co\u00fbt du contr\u00f4le est \u00e0 la charge de l\u2019op\u00e9rateur.<br \/>\n       Art. 127\/3. \u00a7 1er. Aupr\u00e8s de chaque op\u00e9rateur est constitu\u00e9e une Cellule de coordination, charg\u00e9e de fournir aux autorit\u00e9s l\u00e9galement habilit\u00e9es, \u00e0 leur demande, des donn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Seuls les membres de la Cellule de coordination peuvent r\u00e9pondre aux demandes des autorit\u00e9s portant sur les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er. Ils peuvent cependant, sous leur surveillance et dans la limite du strict n\u00e9cessaire, obtenir une aide technique de pr\u00e9pos\u00e9s de l\u2019op\u00e9rateur.<br \/>\n       Ces autorit\u00e9s adressent leurs demandes \u00e0 cette cellule.<br \/>\n       Le cas \u00e9ch\u00e9ant, plusieurs op\u00e9rateurs peuvent cr\u00e9er une Cellule de coordination commune.<br \/>\n       En pareil cas, chaque op\u00e9rateur prend les mesures n\u00e9cessaires pour que cette Cellule de coordination commune soit en mesure de r\u00e9pondre aux demandes qui lui sont adress\u00e9es.<br \/>\n       Le Roi d\u00e9termine, apr\u00e8s avis des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour la protection des donn\u00e9es et de l\u2019Institut, les exigences auxquelles la Cellule de coordination doit r\u00e9pondre, en particulier au niveau de la disponibilit\u00e9 et de l\u2019accessibilit\u00e9.<br \/>\n       \u00a7 2. Les membres de la Cellule de coordination et les pr\u00e9pos\u00e9s apportant une aide technique sont soumis au secret professionnel. Ces membres ne communiquent aux pr\u00e9pos\u00e9s que les donn\u00e9es strictement n\u00e9cessaires pour obtenir cette aide.<br \/>\n       Chaque op\u00e9rateur veille \u00e0 la confidentialit\u00e9 des donn\u00e9es trait\u00e9es par la Cellule de coordination.<br \/>\n       Les membres de la Cellule de coordination disposent d\u2019un avis de s\u00e9curit\u00e9 positif et non p\u00e9rim\u00e9, vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 22quinquies\/1 de la loi du 11 d\u00e9cembre 1998 relative \u00e0 la classification et aux habilitations, attestations et avis de s\u00e9curit\u00e9.<br \/>\n       104<br \/>\n       L\u2019autorit\u00e9 administrative comp\u00e9tente pour le traitement des avis est le ministre de la Justice.<br \/>\n       Le Roi d\u00e9finit des mesures de s\u00e9curit\u00e9 alternatives \u00e0 un avis de s\u00e9curit\u00e9, qui sont adapt\u00e9es aux personnes pour lesquelles un avis de s\u00e9curit\u00e9 ne peut \u00eatre rendu, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019informations suffisantes les concernant.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 3, une personne vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 5 peut faire partie de la Cellule de coordination, en respectant ces mesures de s\u00e9curit\u00e9 alternatives et sans disposer d\u2019un avis de s\u00e9curit\u00e9.<br \/>\n       Le Roi d\u00e9termine, apr\u00e8s avis des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour la protection des donn\u00e9es et de l\u2019Institut :<br \/>\n       1\u00b0 pour les op\u00e9rateurs autres que ceux qui disposent d\u00e9j\u00e0 d\u2019un officier de s\u00e9curit\u00e9 en raison d\u2019autres activit\u00e9s que la Cellule de coordination, les cat\u00e9gories d\u2019op\u00e9rateurs qui sont dispens\u00e9s de l\u2019obligation de d\u00e9signer un tel officier en fonction du nombre de demandes re\u00e7ues de la part des autorit\u00e9s judiciaires, ainsi que les r\u00e8gles qui s\u2019appliquent en l\u2019absence d\u2019un tel officier;<br \/>\n       2\u00b0 les exigences auxquelles un membre de la Cellule de coordination doit r\u00e9pondre, en particulier en mati\u00e8re d\u2019emploi des langues;<br \/>\n       3\u00b0 les r\u00e8gles permettant l\u2019acc\u00e8s des autorit\u00e9s belges habilit\u00e9es aux coordonn\u00e9es de la Cellule de coordination et de ses membres.<br \/>\n       \u00a7 3. Chaque op\u00e9rateur \u00e9tablit une proc\u00e9dure interne permettant de r\u00e9pondre aux demandes d\u2019acc\u00e8s des autorit\u00e9s aux donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel concernant les utilisateurs finaux. Il met, sur demande, \u00e0 la disposition de l\u2019Institut, des informations sur ces proc\u00e9dures, sur le nombre de demandes re\u00e7ues, sur la base juridique invoqu\u00e9e et sur sa r\u00e9ponse.<br \/>\n       Chaque op\u00e9rateur est consid\u00e9r\u00e9 comme responsable du traitement au sens du RGDP pour les donn\u00e9es trait\u00e9es sur la base des articles 122, 123, 126, 126\/1, 126\/2, 126\/3 et 127.<br \/>\n       \u00a7 4. Le Roi d\u00e9termine, apr\u00e8s avis des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour la protection des donn\u00e9es et de l\u2019Institut, les r\u00e8gles r\u00e9gissant la collaboration entre les op\u00e9rateurs et les autorit\u00e9s belges ou avec certaines d\u2019entre elles. Sont d\u00e9termin\u00e9s, entre autres, les \u00e9l\u00e9ments suivants, le cas \u00e9ch\u00e9ant et par autorit\u00e9 concern\u00e9e :<br \/>\n       a) le mode de transfert, la forme et le contenu des demandes et des r\u00e9ponses;<br \/>\n       b) le degr\u00e9 d\u2019urgence de traitement des demandes;<br \/>\n       c) le d\u00e9lai de r\u00e9ponse;<br \/>\n       d) la disponibilit\u00e9 requise du service;<br \/>\n       e) les modalit\u00e9s de test de la collaboration;<br \/>\n       f) les tarifs de r\u00e9tribution de cette collaboration.<br \/>\n       105<br \/>\n       Si n\u00e9cessaire et pour l\u2019application du pr\u00e9sent article, le Roi peut pr\u00e9voir des r\u00e8gles diff\u00e9rentes pour diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d\u2019op\u00e9rateurs, notamment selon le nombre de demandes qu\u2019ils re\u00e7oivent des autorit\u00e9s judiciaires et des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9, le lieu de leur \u00e9tablissement et la fourniture ou non d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques en Belgique \u00bb.<br \/>\n       B.48.3. Comme le soutient le Conseil des ministres dans son m\u00e9moire compl\u00e9mentaire du 30 mai 2024, la loi attaqu\u00e9e fixe ainsi des conditions strictes qui emp\u00eachent tant les op\u00e9rateurs que les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes d\u2019utiliser les adresses IP pour effectuer le tra\u00e7age exhaustif du parcours de navigation d\u2019un internaute et, ensuite, de son activit\u00e9 en ligne, ainsi que pour \u00e9tablir, \u00e0 l\u2019aide de ces donn\u00e9es, le profil d\u00e9taill\u00e9 de ce dernier.<br \/>\n       B.48.4. Du reste, l\u2019on n\u2019aper\u00e7oit pas en quoi l\u2019applicabilit\u00e9 aux services OTT de l\u2019article 8<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022 serait contraire au principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination et au principe de l\u00e9galit\u00e9.<br \/>\n       B.49. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931, ainsi que le deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en sa premi\u00e8re et sa troisi\u00e8me branches, ne sont pas fond\u00e9s en ce qu\u2019ils sont pris de la violation de l\u2019article 22 de la Constitution, lu en combinaison avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte et avec l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       6. L\u2019obligation d\u2019identification des abonn\u00e9s et des utilisateurs finaux de services de communication \u00e9lectronique (article 12)<br \/>\n       B.50. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 et les troisi\u00e8me, quatri\u00e8me et sixi\u00e8me branches du deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 portent sur l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022, qui remplace l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 comme suit :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Le pr\u00e9sent article s\u2019applique aux op\u00e9rateurs qui fournissent en Belgique, aux utilisateurs finaux, un service de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       106<br \/>\n       Il est interdit de distribuer en Belgique, en ce compris par internet, aux utilisateurs finaux, sans l\u2019accord de l\u2019entreprise \u00e9trang\u00e8re qui fournit le service de communications \u00e9lectroniques accessible au public :<br \/>\n       &#8211; des cartes pr\u00e9pay\u00e9es ou des abonnements de cette entreprise qui leur permettent d\u2019y utiliser un service de communications \u00e9lectroniques;<br \/>\n       &#8211; des objets connect\u00e9s dans lesquels un produit de cette entreprise est int\u00e9gr\u00e9 et qui leur permettent d\u2019y utiliser un service d\u2019acc\u00e8s \u00e0 internet ou un service de communication interpersonnelle d\u2019un op\u00e9rateur.<br \/>\n       La personne qui distribue en Belgique ces cartes pr\u00e9pay\u00e9es, ces abonnements ou ces objets connect\u00e9s fournit aux officiers de police judiciaire de l\u2019Institut, \u00e0 leur demande, la preuve de cet accord.<br \/>\n       En cas d\u2019accord de l\u2019entreprise, cette derni\u00e8re est op\u00e9rateur et se conforme \u00e0 l\u2019article 9, \u00a7 1er.<br \/>\n       \u00a7 2. Pour l\u2019application du pr\u00e9sent article, il faut entendre par :<br \/>\n       1\u00b0 \u2019 service de communications \u00e9lectroniques payant \u2019 : le service de communications \u00e9lectroniques pour lequel un paiement de l\u2019abonn\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur est n\u00e9cessaire pour utiliser le service ou continuer \u00e0 l\u2019utiliser, ainsi que tout service de communications \u00e9lectroniques offert sans surco\u00fbt par l\u2019op\u00e9rateur \u00e0 l\u2019abonn\u00e9 conjointement \u00e0 ce service;<br \/>\n       2\u00b0 \u2019 service de communications \u00e9lectroniques gratuit \u2019 : le service de communications \u00e9lectroniques offert par l\u2019op\u00e9rateur \u00e0 l\u2019abonn\u00e9 autre que le service de communications \u00e9lectroniques payant;<br \/>\n       3\u00b0 \u2019 m\u00e9thode d\u2019identification directe \u2019 : la m\u00e9thode par laquelle l\u2019op\u00e9rateur collecte et conserve pour les besoins des autorit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 3, alin\u00e9a 1er :<br \/>\n       &#8211; des donn\u00e9es fiables relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile d\u2019une personne physique, qui est son abonn\u00e9 ou qui agit pour le compte d\u2019une personne morale qui est l\u2019abonn\u00e9e de l\u2019op\u00e9rateur afin de remplir l\u2019obligation d\u2019identification de la personne morale et, le cas \u00e9ch\u00e9ant;<br \/>\n       &#8211; une copie du document d\u2019identification de cette personne physique;<br \/>\n       4\u00b0 \u2019 m\u00e9thode d\u2019identification indirecte \u2019 : la m\u00e9thode par laquelle l\u2019op\u00e9rateur collecte et conserve des donn\u00e9es qui permettent aux autorit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 3, alin\u00e9a 1er, d\u2019obtenir d\u2019un tiers l\u2019identit\u00e9 de ses abonn\u00e9s;<br \/>\n       5\u00b0 \u2019 point de vente \u2019 : le point de vente physique de cartes pr\u00e9pay\u00e9es ou d\u2019abonnements d\u2019un op\u00e9rateur.<br \/>\n       \u00a7 3. L\u2019op\u00e9rateur qui fournit un service de communications \u00e9lectroniques payant identifie ses abonn\u00e9s au moyen d\u2019une m\u00e9thode d\u2019identification directe ou indirecte, \u00e0 l\u2019exception des m\u00e9thodes d\u2019identification indirecte vis\u00e9es au paragraphe 10, alin\u00e9a 1er, 1\u00b0 et 2\u00b0.<br \/>\n       107<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, l\u2019op\u00e9rateur vis\u00e9 \u00e0 cet alin\u00e9a peut \u00e9galement identifier l\u2019abonn\u00e9 au moyen de la m\u00e9thode d\u2019identification indirecte vis\u00e9e au paragraphe 10, alin\u00e9a 1er, 2\u00b0, lorsqu\u2019il offre un service de communications \u00e9lectroniques pour lequel les m\u00e9thodes d\u2019identification directe et indirecte autoris\u00e9es par l\u2019alin\u00e9a 2 impliquent des contraintes importantes pour les abonn\u00e9s et l\u2019op\u00e9rateur, \u00e0 savoir :<br \/>\n       &#8211; les services fixes d\u2019acc\u00e8s \u00e0 internet utilis\u00e9s par des personnes physiques en dehors de leur lieu de r\u00e9sidence et du lieu o\u00f9 elles exercent une activit\u00e9 professionnelle, tels que les services de communications \u00e9lectroniques offerts \u00e0 l\u2019aide de bornes WiFi des op\u00e9rateurs;<br \/>\n       &#8211; les autres services d\u00e9termin\u00e9s par le Roi.<br \/>\n       L\u2019op\u00e9rateur qui fournit un service de communications \u00e9lectroniques gratuit identifie ses abonn\u00e9s au moyen d\u2019une m\u00e9thode d\u2019identification indirecte vis\u00e9e au paragraphe 10.<br \/>\n       \u00a7 4. Il est interdit aux points de vente de conserver des donn\u00e9es d\u2019identification ou des copies de documents d\u2019identification ou d\u2019en faire un usage quelconque autre que l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs prennent les mesures d\u2019ordre technique et organisationnel ad\u00e9quates et proportionn\u00e9es pour la mise en \u0153uvre de l\u2019interdiction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, en ce compris en permettant aux points de vente d\u2019introduire directement les donn\u00e9es d\u2019identification et les copies de documents d\u2019identification dans leurs syst\u00e8mes informatiques.<br \/>\n       Si une introduction directe dans les syst\u00e8mes informatiques de l\u2019op\u00e9rateur n\u2019est temporairement pas possible en raison d\u2019une d\u00e9faillance de ces syst\u00e8mes, les donn\u00e9es d\u2019identification et les copies de documents d\u2019identification gard\u00e9es par le point de vente lors de cette d\u00e9faillance sont d\u00e9truites au plus tard apr\u00e8s l\u2019activation du service de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Sauf disposition l\u00e9gale contraire, les donn\u00e9es d\u2019identification et les copies de document d\u2019identification collect\u00e9es en vertu du pr\u00e9sent article sont conserv\u00e9es \u00e0 partir de la date d\u2019activation du service jusqu\u2019\u00e0 douze mois apr\u00e8s la fin du service de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       \u00a7 5. L\u2019op\u00e9rateur met tout en \u0153uvre pour assurer la fiabilit\u00e9 de l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 qui est une personne physique.<br \/>\n       Lorsque l\u2019op\u00e9rateur identifie l\u2019abonn\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019un document d\u2019identification, il s\u2019assure :<br \/>\n       &#8211; que les donn\u00e9es d\u2019identification collect\u00e9es correspondent aux donn\u00e9es sur ce document;<br \/>\n       &#8211; que la date de validit\u00e9 de ce document n\u2019est pas d\u00e9pass\u00e9e au moment de l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9.<br \/>\n       Lorsque l\u2019op\u00e9rateur identifie l\u2019abonn\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019un document d\u2019identification, il met tout en \u0153uvre pour v\u00e9rifier :<br \/>\n       108<br \/>\n       &#8211; que ce document est l\u2019original, lisible et pr\u00e9sente l\u2019apparence d\u2019authenticit\u00e9;<br \/>\n       &#8211; que ce document est relatif \u00e0 la personne identifi\u00e9e.<br \/>\n       Afin d\u2019assurer la fiabilit\u00e9 vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er et d\u2019\u00e9viter les fraudes \u00e0 l\u2019identit\u00e9, l\u2019op\u00e9rateur ou le point de vente peut r\u00e9aliser de mani\u00e8re automatique une comparaison entre les param\u00e8tres biom\u00e9triques sur la photo du document d\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 et ceux de son visage, aux conditions suivantes :<br \/>\n       1\u00b0 l\u2019outil de comparaison a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 par le ministre et le ministre de la Justice, apr\u00e8s v\u00e9rification que cet outil assure la fiabilit\u00e9 de l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 pour les besoins des autorit\u00e9s, en tenant compte en particulier du risque de fraude \u00e0 l\u2019identit\u00e9 de la part de la personne qui s\u2019identifie;<br \/>\n       2\u00b0 l\u2019op\u00e9rateur offre \u00e0 l\u2019abonn\u00e9 au moins une mani\u00e8re alternative de s\u2019identifier;<br \/>\n       3\u00b0 l\u2019abonn\u00e9 a donn\u00e9 son consentement explicite au sens de l\u2019article 4, 11), du RGPD, ce qui implique notamment que l\u2019abonn\u00e9 soit inform\u00e9 des finalit\u00e9s pour lesquelles ces donn\u00e9es seront r\u00e9colt\u00e9es, \u00e0 savoir la mise en \u0153uvre de l\u2019obligation l\u00e9gale d\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 de mani\u00e8re fiable et la lutte contre la fraude \u00e0 l\u2019identit\u00e9;<br \/>\n       4\u00b0 l\u2019op\u00e9rateur et le point de vente ne peuvent communiquer ces donn\u00e9es biom\u00e9triques \u00e0 un tiers au sens de l\u2019article 4, 10), du RGPD et ne peuvent les traiter que dans les limites n\u00e9cessaires en vue d\u2019accomplir les finalit\u00e9s de comparaison faciale vis\u00e9es au pr\u00e9sent alin\u00e9a;<br \/>\n       5\u00b0 il est interdit de conserver ces donn\u00e9es biom\u00e9triques au-del\u00e0 de cette comparaison.<br \/>\n       Lorsque l\u2019abonn\u00e9 s\u2019identifie \u00e0 l\u2019aide d\u2019une carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge et que l\u2019op\u00e9rateur n\u2019a pas mis en \u0153uvre la m\u00e9thode de comparaison faciale vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 4, l\u2019op\u00e9rateur peut demander \u00e0 l\u2019abonn\u00e9 l\u2019introduction du code PIN.<br \/>\n       \u00a7 6. Les documents d\u2019identification qui sont admis pour identifier l\u2019abonn\u00e9 qui est une personne physique sont les suivants :<br \/>\n       1\u00b0 la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge;<br \/>\n       2\u00b0 le passeport belge;<br \/>\n       3\u00b0 le certificat d\u2019inscription au registre des \u00e9trangers \u2013 s\u00e9jour temporaire, d\u00e9livr\u00e9 avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte A);<br \/>\n       4\u00b0 le titre de s\u00e9jour limit\u00e9 (carte A);<br \/>\n       5\u00b0 le certificat d\u2019inscription au registre des \u00e9trangers, d\u00e9livr\u00e9 avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte B);<br \/>\n       6\u00b0 le titre de s\u00e9jour illimit\u00e9 (carte B);<br \/>\n       109<br \/>\n       7\u00b0 la carte d\u2019identit\u00e9 d\u2019\u00e9tranger, d\u00e9livr\u00e9e avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte C);<br \/>\n       8\u00b0 le titre d\u2019\u00e9tablissement (carte K);<br \/>\n       9\u00b0 le titre de s\u00e9jour de r\u00e9sident de longue dur\u00e9e \u2013 UE, d\u00e9livr\u00e9 avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte D);<br \/>\n       10\u00b0 le titre de s\u00e9jour de r\u00e9sident de longue dur\u00e9e \u2013 UE (carte L);<br \/>\n       11\u00b0 l\u2019attestation d\u2019enregistrement, d\u00e9livr\u00e9e avant le 10 mai 2021, en cours de validit\u00e9 (carte E);<br \/>\n       12\u00b0 le document d\u2019enregistrement \u2018 Art 8 DIR 2004\/38\/CE \u2019 E (carte EU);<br \/>\n       13\u00b0 le document attestant de la permanence de s\u00e9jour, d\u00e9livr\u00e9 avant le 10 mai 2021, en cours de validit\u00e9 (carte E+);<br \/>\n       14\u00b0 le document de s\u00e9jour permanent \u2018 Art 19 DIR 2004\/38\/CE \u2019 (carte EU+);<br \/>\n       15\u00b0 la carte de s\u00e9jour de membre de la famille d\u2019un citoyen de l\u2019Union, d\u00e9livr\u00e9e avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte F);<br \/>\n       16\u00b0 la carte de s\u00e9jour de membre de la famille d\u2019un citoyen de l\u2019Union \u2018 membre famille UE \u2013 Art 10 DIR 2004\/38\/CE \u2019 (carte F);<br \/>\n       17\u00b0 la carte de s\u00e9jour permanent de membre de la famille d\u2019un citoyen de l\u2019Union, d\u00e9livr\u00e9e avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte F+);<br \/>\n       18\u00b0 la carte de s\u00e9jour permanent de membre de la famille d\u2019un citoyen de l\u2019Union \u2018 membre famille UE \u2013 Art. 20 DIR 2004\/38\/CE \u2019 (carte F+);<br \/>\n       19\u00b0 la carte bleue europ\u00e9enne (carte H);<br \/>\n       20\u00b0 le permis pour personne faisant l\u2019objet d\u2019un transfert temporaire intragroupe \u2019 ICT \u2019 (carte I);<br \/>\n       21\u00b0 le permis pour mobilit\u00e9 de longue dur\u00e9e \u2018 mobile ICT \u2019 (carte J);<br \/>\n       22\u00b0 la carte de s\u00e9jour pour b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019accord de retrait \u2018 Art. 50 TUE \u2019 (carte M);<br \/>\n       23\u00b0 la carte de s\u00e9jour permanent pour b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019accord de retrait \u2018 Art. 50 TUE \u2019 (carte M);<br \/>\n       24\u00b0 la carte pour petit trafic frontalier pour b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019accord de retrait \u2018 Art. 50 TUE \u2013 Travailleur frontalier \u2019 (carte N);<br \/>\n       25\u00b0 l\u2019acte de notori\u00e9t\u00e9;<br \/>\n       110<br \/>\n       26\u00b0 l\u2019annexe 12 d\u00e9livr\u00e9e en application de l\u2019article 6 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 25 mars 2003<br \/>\n       relatif aux cartes d\u2019identit\u00e9 ou en application de l\u2019article 36bis de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 8 octobre 1981 sur l\u2019acc\u00e8s au territoire, le s\u00e9jour, l\u2019\u00e9tablissement et l\u2019\u00e9loignement des \u00e9trangers;<br \/>\n       27\u00b0 l\u2019attestation d\u2019immatriculation (carte orange);<br \/>\n       28\u00b0 la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re, lorsqu\u2019un passeport international n\u2019est pas n\u00e9cessaire pour s\u00e9journer en Belgique;<br \/>\n       29\u00b0 les cartes d\u2019identit\u00e9 sp\u00e9ciales d\u00e9livr\u00e9es aux cat\u00e9gories de personnel actives dans les missions diplomatiques et consulaires et aux membres de leur famille, en vertu des Conventions de Vienne de 1961 et 1963 et de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 30 octobre 1991 relatif aux documents de s\u00e9jour en Belgique de certains \u00e9trangers;<br \/>\n       30\u00b0 la carte d\u2019identit\u00e9 d\u00e9livr\u00e9e conform\u00e9ment aux Conventions de Gen\u00e8ve du 12 ao\u00fbt 1949<br \/>\n       relatif \u00e0 la protection des victimes des conflits arm\u00e9s internationaux;<br \/>\n       31\u00b0 le passeport \u00e9tranger;<br \/>\n       32\u00b0 tout autre document d\u00e9termin\u00e9 par le Roi, pour autant que l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal soit confirm\u00e9 par la loi dans les six mois suivant la publication de cet arr\u00eat\u00e9.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs qui disposent de points de vente permettent \u00e0 leurs abonn\u00e9s de s\u2019identifier \u00e0 l\u2019aide de n\u2019importe lequel des documents d\u2019identification vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, dans le cadre d\u2019au moins une m\u00e9thode d\u2019identification de leur choix.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, un op\u00e9rateur peut refuser d\u2019identifier un abonn\u00e9 sur base d\u2019un document d\u2019identification vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er autre que la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge s\u2019il lui offre la possibilit\u00e9 de s\u2019identifier selon une des mani\u00e8res alternatives vis\u00e9es \u00e0 l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 27 novembre 2016 relatif \u00e0 l\u2019identification de l\u2019utilisateur final de services de communications \u00e9lectroniques publics mobiles fournis sur la base d\u2019une carte pr\u00e9pay\u00e9e et pour autant que l\u2019abonn\u00e9 soit en mesure de mettre en \u0153uvre cette alternative.<br \/>\n       Lorsqu\u2019un op\u00e9rateur identifie l\u2019abonn\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un document d\u2019identification, il conserve une copie de ce document, sauf lorsqu\u2019il s\u2019agit de la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs prennent les mesures d\u2019ordre technique et organisationnel ad\u00e9quates et proportionn\u00e9es pour emp\u00eacher que les points de vente ou des tiers ne prennent une copie de la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge, sans pr\u00e9judice du paragraphe 4, alin\u00e9a 3.<br \/>\n       \u00a7 7. Sans pr\u00e9judice de l\u2019article 126, lorsqu\u2019un op\u00e9rateur identifie l\u2019abonn\u00e9 qui est une personne physique \u00e0 partir de sa carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge, il conserve son num\u00e9ro de registre national, son nom et son pr\u00e9nom.<br \/>\n       Sans pr\u00e9judice de l\u2019article 126, lorsqu\u2019un op\u00e9rateur identifie l\u2019abonn\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un autre document que la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge ou au moyen d\u2019une autre m\u00e9thode<br \/>\n       111<br \/>\n       d\u2019identification directe que la pr\u00e9sentation d\u2019un document d\u2019identification, il conserve parmi les donn\u00e9es suivantes celles qui se trouvent sur le document d\u2019identification pr\u00e9sent\u00e9 ou qui sont trait\u00e9es lors de la mise en \u0153uvre de la m\u00e9thode d\u2019identification directe :<br \/>\n       1\u00b0 le nom et le pr\u00e9nom;<br \/>\n       2\u00b0 la nationalit\u00e9;<br \/>\n       3\u00b0 la date de naissance;<br \/>\n       4\u00b0 l\u2019adresse du domicile, l\u2019adresse e-mail et le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone;<br \/>\n       5\u00b0 le num\u00e9ro du document d\u2019identification et le pays d\u2019\u00e9mission du document lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un document \u00e9tranger;<br \/>\n       6\u00b0 le lien entre le nouveau service de communications \u00e9lectroniques auquel l\u2019abonn\u00e9 souscrit et le service pour lequel il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9.<br \/>\n       \u00a7 8. Lorsqu\u2019un op\u00e9rateur fournit \u00e0 un abonn\u00e9 qui est une personne morale un service de communications \u00e9lectroniques mobile sur la base d\u2019une carte pr\u00e9pay\u00e9e et qu\u2019il l\u2019identifie par le biais d\u2019une m\u00e9thode d\u2019identification directe, il collecte et conserve, en respectant les exigences vis\u00e9es aux paragraphes 4 \u00e0 7, l\u2019identit\u00e9 civile d\u2019une personne physique qui agit pour le compte de la personne morale.<br \/>\n       \u00a7 9. Pour ce qui concerne les m\u00e9thodes d\u2019identification directe, le Roi peut :<br \/>\n       1\u00b0 d\u00e9terminer les seules m\u00e9thodes que les op\u00e9rateurs peuvent utiliser;<br \/>\n       2\u00b0 pr\u00e9voir, par m\u00e9thode, les conditions \u00e0 respecter, en ce compris soumettre une m\u00e9thode d\u2019identification propos\u00e9e par une entreprise \u00e0 une autorisation pr\u00e9alable du ministre et du ministre de la Justice;<br \/>\n       3\u00b0 imposer des obligations aux op\u00e9rateurs, aux points de vente, aux entreprises fournissant un service d\u2019identification et aux abonn\u00e9s, en vue de l\u2019identification de ces derniers.<br \/>\n       \u00a7 10. L\u2019op\u00e9rateur permet aux autorit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 3, alin\u00e9a 1er, d\u2019identifier ses abonn\u00e9s par le biais d\u2019une m\u00e9thode d\u2019identification indirecte :<br \/>\n       1\u00b0 en conservant, en ex\u00e9cution de l\u2019article 126 et pendant les d\u00e9lais pr\u00e9vus par cet article, l\u2019adresse IP ayant servi \u00e0 la souscription au service de communications \u00e9lectroniques ou \u00e0 son activation, l\u2019adresse IP \u00e0 la source de la connexion et les donn\u00e9es qui doivent \u00eatre conserv\u00e9es avec ces adresses, ou;<br \/>\n       2\u00b0 en collectant et conservant le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone de l\u2019abonn\u00e9 attribu\u00e9 dans le cadre d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques payant pour lequel un op\u00e9rateur doit identifier l\u2019abonn\u00e9 conform\u00e9ment au pr\u00e9sent article, ou;<br \/>\n       3\u00b0 en cas de paiement en ligne sp\u00e9cifique \u00e0 la souscription d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques, en collectant et conservant :<br \/>\n       112<br \/>\n       &#8211; la r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019op\u00e9ration de paiement, et;<br \/>\n       &#8211; le nom, le pr\u00e9nom, l\u2019adresse du domicile et la date de naissance d\u00e9clar\u00e9s par la personne physique qui est l\u2019abonn\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur ou qui agit pour le compte d\u2019une personne morale qui est l\u2019abonn\u00e9e de l\u2019op\u00e9rateur afin de remplir son obligation en mati\u00e8re d\u2019identification, ou;<br \/>\n       4\u00b0 en cas de carte SIM (\u2018 subscriber identity\/identification module \u2019) ou toute autre carte \u00e9quivalente int\u00e9gr\u00e9e dans un v\u00e9hicule, en collectant et conservant le num\u00e9ro de ch\u00e2ssis de ce v\u00e9hicule ainsi que le lien entre ce num\u00e9ro et le num\u00e9ro de cette carte;<br \/>\n       5\u00b0 en cas de souscription d\u2019un abonn\u00e9 qui r\u00e9side dans un centre ferm\u00e9 ou un lieu d\u2019h\u00e9bergement au sens des articles 74\/8 et 74\/9 de la loi du 15 d\u00e9cembre 1980 sur l\u2019acc\u00e8s au territoire, le s\u00e9jour, l\u2019\u00e9tablissement et l\u2019\u00e9loignement des \u00e9trangers \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques mobile fourni au moyen d\u2019une carte pr\u00e9pay\u00e9e, en collectant et conservant le nom et le pr\u00e9nom de l\u2019abonn\u00e9, son num\u00e9ro de s\u00e9curit\u00e9 publique, \u00e0 savoir le num\u00e9ro de dossier attribu\u00e9 par l\u2019Office des Etrangers et les coordonn\u00e9es du centre ou du lieu d\u2019h\u00e9bergement o\u00f9 la souscription a eu lieu, ou;<br \/>\n       6\u00b0 en cas de souscription \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques par une personne morale au nom et pour le compte d\u2019une personne physique qui rencontre des difficult\u00e9s \u00e0 effectuer cette souscription, en collectant et conservant la d\u00e9nomination pr\u00e9cise de cette personne morale et, pour ce qui concerne cette personne physique, au minimum son nom, son pr\u00e9nom, son adresse de r\u00e9sidence, lorsqu\u2019elle en dispose, sa date de naissance et le num\u00e9ro par lequel elle est identifi\u00e9e, tel un num\u00e9ro de registre national, ces informations lui \u00e9tant transmises par cette personne morale.<br \/>\n       Pour l\u2019application de l\u2019alin\u00e9a 1er, 6\u00b0, la personne morale :<br \/>\n       1\u00b0 doit, avant de pouvoir souscrire \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques pour la personne physique, obtenir un agr\u00e9ment, d\u00e9livr\u00e9 par le ministre et le ministre de la Justice, et ayant pour objet de v\u00e9rifier qu\u2019elle respecte les valeurs d\u00e9mocratiques inscrites dans la Constitution ainsi que le pr\u00e9sent article;<br \/>\n       2\u00b0 s\u2019identifie aupr\u00e8s de l\u2019op\u00e9rateur conform\u00e9ment au pr\u00e9sent article;<br \/>\n       3\u00b0 identifie les abonn\u00e9s \u00e0 l\u2019aide d\u2019un des documents d\u2019identification vis\u00e9s au paragraphe 6, conform\u00e9ment aux exigences de fiabilit\u00e9 vis\u00e9es au paragraphe 5, ou \u00e0 l\u2019aide d\u2019une autre m\u00e9thode autoris\u00e9e dans l\u2019agr\u00e9ment vis\u00e9 au 1\u00b0;<br \/>\n       4\u00b0 conserve une copie du document d\u2019identification des abonn\u00e9s autre que la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge, sauf d\u00e9rogation accord\u00e9e dans l\u2019agr\u00e9ment vis\u00e9 au 1\u00b0;<br \/>\n       5\u00b0 conserve une liste actualis\u00e9e permettant de faire le lien entre le service de communications \u00e9lectroniques et les abonn\u00e9s, comprenant au minimum le nom, le pr\u00e9nom,<br \/>\n       113<br \/>\n       l\u2019adresse de la r\u00e9sidence, lorsque la personne en dispose, la date de naissance et le num\u00e9ro par lequel elle est identifi\u00e9e, tel le num\u00e9ro de registre national.<br \/>\n       Le Roi peut :<br \/>\n       1\u00b0 pr\u00e9voir par m\u00e9thode vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er les conditions \u00e0 respecter, une condition pouvant \u00eatre l\u2019obtention d\u2019une autorisation pr\u00e9alable du ministre et du ministre de la Justice;<br \/>\n       2\u00b0 imposer des obligations aux op\u00e9rateurs, aux personnes morales vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, aux entreprises fournissant un service d\u2019identification et aux abonn\u00e9s, en vue de l\u2019identification de ces derniers.<br \/>\n       \u00a7 11. Sauf preuve contraire, la personne identifi\u00e9e est pr\u00e9sum\u00e9e utiliser elle-m\u00eame le service de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Pour les services de communications \u00e9lectroniques mobiles fournis au moyen d\u2019une carte pr\u00e9pay\u00e9e, le Roi :<br \/>\n       1\u00b0 restreint la possibilit\u00e9 pour l\u2019abonn\u00e9 de permettre \u00e0 des tiers de b\u00e9n\u00e9ficier du service;<br \/>\n       2\u00b0 impose des obligations aux abonn\u00e9s qui sont des personnes morales afin de d\u00e9terminer les utilisateurs habituels du service.<br \/>\n       L\u2019op\u00e9rateur qui offre une carte SIM ou toute carte \u00e9quivalente, destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e dans un v\u00e9hicule, conserve le num\u00e9ro de ch\u00e2ssis de ce v\u00e9hicule ainsi que le lien entre ce num\u00e9ro et le num\u00e9ro de cette carte. \u00c0 la demande d\u2019une autorit\u00e9, l\u2019op\u00e9rateur ne lui communique que ce num\u00e9ro de ch\u00e2ssis ou le num\u00e9ro de cette carte.<br \/>\n       Le Roi peut fixer les modalit\u00e9s de l\u2019obligation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 3 et peut imposer aux entreprises qui disposent du num\u00e9ro de ch\u00e2ssis de le transmettre aux op\u00e9rateurs.<br \/>\n       \u00a7 12. Si un op\u00e9rateur ne respecte pas les mesures qui lui sont impos\u00e9es par le pr\u00e9sent article ou par le Roi, il lui est interdit de fournir le service pour lequel les mesures en question n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 prises.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs d\u00e9connectent les abonn\u00e9s qui ne respectent pas les mesures qui leur sont impos\u00e9es par le pr\u00e9sent article ou par le Roi, des r\u00e9seaux et services auxquels les mesures impos\u00e9es s\u2019appliquent. Ces abonn\u00e9s ne sont en aucune mani\u00e8re indemnis\u00e9s pour la d\u00e9connexion.<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat\u00e9 royal vis\u00e9 dans le pr\u00e9sent article est propos\u00e9 par le ministre de la Justice, le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, le ministre de la D\u00e9fense et le ministre, fait l\u2019objet d\u2019un avis de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es et de l\u2019Institut et est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       114<br \/>\n       B.51.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 prend les premier et deuxi\u00e8me moyens de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680, en ce que l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022 instaure une obligation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de conservation des donn\u00e9es d\u2019identification, sans que cette conservation s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire ni strictement limit\u00e9e au regard du but poursuivi. En particulier, elle all\u00e8gue que ce syst\u00e8me n\u2019est pas conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice relative \u00e0 l\u2019article 15 de la directive 2002\/58\/CE et aux articles 7, 8 et 52 de la Charte, qui n\u2019autorise une telle conservation qu\u2019aux fins de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique.<br \/>\n       Il ressort des d\u00e9veloppements des premier et deuxi\u00e8me moyens relatifs \u00e0 l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022 que les griefs formul\u00e9s par cette partie requ\u00e9rante doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s comme portant uniquement, dans ce cadre, sur la liste des donn\u00e9es d\u2019identification vis\u00e9es dans cette disposition et sur leur d\u00e9lai de conservation, en ce que ces mesures ne seraient pas compatibles avec le droit au respect de la vie priv\u00e9e ni avec le droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par les dispositions cit\u00e9es en B.11.2.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante ne prend aucun grief de la violation des autres normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es aux premier et deuxi\u00e8me moyens dans le cadre de l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.51.2. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 prennent un deuxi\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne ainsi qu\u2019avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD.<br \/>\n       Les griefs des parties requ\u00e9rantes portent tout d\u2019abord sur l\u2019article 127, \u00a7 5, alin\u00e9a 3, de la loi du 13 juin 2005 en ce que cet article autoriserait l\u2019utilisation de la technologie de la<br \/>\n       115<br \/>\n       reconnaissance faciale, ce qui serait contraire au droit au respect de la vie priv\u00e9e et au droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel (troisi\u00e8me branche). Ensuite, les parties requ\u00e9rantes d\u00e9noncent la mesure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7 10, 4\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 qui pr\u00e9voit, dans le cas de la carte SIM ou d\u2019une carte \u00e9quivalente int\u00e9gr\u00e9e dans un v\u00e9hicule, la collecte et la conservation du num\u00e9ro de ch\u00e2ssis de ce v\u00e9hicule et le lien entre ce num\u00e9ro et le num\u00e9ro de la carte. Selon elles, cette mesure serait disproportionn\u00e9e, notamment par sa combinaison avec la conservation obligatoire des donn\u00e9es de localisation sur les autoroutes. Il y a lieu d\u2019interpr\u00e9ter ce grief comme portant sur la compatibilit\u00e9 de la mesure pr\u00e9cit\u00e9e avec le droit au respect de la vie priv\u00e9e (quatri\u00e8me branche). Enfin, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 127, \u00a7 11, de la loi du 13 juin 2005 n\u2019est pas compatible avec le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable, garanti par l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, en ce qu\u2019il instaurerait la pr\u00e9somption qu\u2019un service de communications \u00e9lectroniques est utilis\u00e9 par la personne qui a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e sur la base de cette disposition (sixi\u00e8me branche).<br \/>\n       B.52. La Cour examine d\u2019abord la liste des donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022 \u2013 dont la mesure relative aux cartes SIM ou aux cartes \u00e9quivalentes \u2013 et leur d\u00e9lai de conservation (premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, deuxi\u00e8me moyen, quatri\u00e8me branche, dans l\u2019affaire n\u00b0 7932), puis la pr\u00e9somption d\u2019utilisation du service de communications \u00e9lectroniques (deuxi\u00e8me moyen, sixi\u00e8me branche, dans l\u2019affaire n\u00b0 7932)<br \/>\n       et enfin l\u2019utilisation de la technologie de la reconnaissance faciale (deuxi\u00e8me moyen, troisi\u00e8me branche, dans l\u2019affaire n\u00b0 7932).<br \/>\n       B.53.1. En vertu de l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 12 de la loi du 20 juillet 2022, il incombe aux \u00ab op\u00e9rateurs qui fournissent en Belgique, aux utilisateurs finaux, un service de communications \u00e9lectroniques \u00bb d\u2019identifier les abonn\u00e9s \u00e0 ce service (article 127, \u00a7 3), et ce, au moyen d\u2019une m\u00e9thode d\u2019identification directe ou indirecte (article 127, \u00a710).<br \/>\n       La m\u00e9thode d\u2019identification directe constitue la m\u00e9thode par laquelle l\u2019op\u00e9rateur collecte et conserve, d\u2019une part, \u00ab des donn\u00e9es fiables relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile d\u2019une personne physique, qui est son abonn\u00e9 ou qui agit pour le compte d\u2019une personne morale qui est l\u2019abonn\u00e9e de l\u2019op\u00e9rateur afin de remplir l\u2019obligation d\u2019identification de la personne morale \u00bb<br \/>\n       116<br \/>\n       et, d\u2019autre part, \u00ab une copie du document d\u2019identification de cette personne physique \u00bb, et ce, pour les besoins des autorit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 3 , alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005<br \/>\n       (article 127, \u00a7 2, 3\u00b0).<br \/>\n       La m\u00e9thode d\u2019identification indirecte constitue \u00ab la m\u00e9thode par laquelle l\u2019op\u00e9rateur collecte et conserve des donn\u00e9es qui permettent aux autorit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 3, alin\u00e9a 1er, d\u2019obtenir d\u2019un tiers l\u2019identit\u00e9 de ses abonn\u00e9s \u00bb (article 127, \u00a7 2, 4\u00b0).<br \/>\n       B.53.2.1. Les documents admis pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 sont ceux qui sont vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7 6, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005. Il s\u2019agit de la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge (1\u00b0), du passeport belge (2\u00b0), du certificat d\u2019inscription au registre des \u00e9trangers \u2013 s\u00e9jour temporaire, d\u00e9livr\u00e9 avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte A) (3\u00b0), du titre de s\u00e9jour limit\u00e9 (carte A) (4\u00b0), du certificat d\u2019inscription au registre des \u00e9trangers, d\u00e9livr\u00e9 avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte B) (5\u00b0), du titre de s\u00e9jour illimit\u00e9 (carte B) (6\u00b0), de la carte d\u2019identit\u00e9 d\u2019\u00e9tranger, d\u00e9livr\u00e9e avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte C) (7\u00b0), du titre d\u2019\u00e9tablissement (carte K) (8\u00b0), du titre de s\u00e9jour de r\u00e9sident de longue dur\u00e9e \u2013 UE, d\u00e9livr\u00e9 avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte D) (9\u00b0), du titre de s\u00e9jour de r\u00e9sident de longue dur\u00e9e \u2013 UE (carte L) (10\u00b0), de l\u2019attestation d\u2019enregistrement, d\u00e9livr\u00e9e avant le 10 mai 2021, en cours de validit\u00e9 (carte E) (11\u00b0), du document d\u2019enregistrement \u00ab Art. 8 DIR 2004\/38\/CE \u00bb E (carte EU) (12\u00b0), du document attestant de la permanence de s\u00e9jour, d\u00e9livr\u00e9 avant le 10 mai 2021, en cours de validit\u00e9 (carte E+) (13\u00b0), du document de s\u00e9jour permanent \u00ab Art.19 DIR 2004\/38\/CE \u00bb<br \/>\n       (carte EU+) (14\u00b0), de la carte de s\u00e9jour de membre de la famille d\u2019un citoyen de l\u2019Union, d\u00e9livr\u00e9e avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte F) (15\u00b0), de la carte de s\u00e9jour de membre de la famille d\u2019un citoyen de l\u2019Union \u00ab membre famille UE<br \/>\n       \u2013 Art.10 DIR 2004\/38\/CE \u00bb (carte F) (16\u00b0), de la carte de s\u00e9jour permanent de membre de la famille d\u2019un citoyen de l\u2019Union, d\u00e9livr\u00e9e avant le 11 octobre 2021, en cours de validit\u00e9 (carte F+) (17\u00b0), de la carte de s\u00e9jour permanent de membre de la famille d\u2019un citoyen de l\u2019Union \u00ab membre famille UE \u2013 Art.20 DIR 2004\/38\/CE \u00bb (carte F+) (18\u00b0), de la carte bleue europ\u00e9enne (carte H) (19\u00b0), du permis pour personne faisant l\u2019objet d\u2019un transfert temporaire intragroupe \u00ab ICT \u00bb (carte I) (20\u00b0), du permis pour mobilit\u00e9 de longue dur\u00e9e \u00ab mobile ICT \u00bb<br \/>\n       (carte J) (21\u00b0), de la carte de s\u00e9jour pour b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019accord de retrait \u00ab Art. 50 TUE \u00bb<br \/>\n       (carte M) (22\u00b0), de la carte de s\u00e9jour permanent pour b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019accord de retrait<br \/>\n       117<br \/>\n       \u00ab Art. 50 TUE \u00bb (carte M) (23\u00b0), de la carte pour petit trafic frontalier pour b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019accord de retrait \u00ab Art. 50 TUE \u2013 Travailleur frontalier \u00bb (carte N) (24\u00b0), de l\u2019acte de notori\u00e9t\u00e9 (25\u00b0), de l\u2019annexe 12 d\u00e9livr\u00e9e en application de l\u2019article 6 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 25 mars 2003 \u00ab relatif aux cartes d\u2019identit\u00e9 \u00bb ou en application de l\u2019article 36bis de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 8 octobre 1981 \u00ab sur l\u2019acc\u00e8s au territoire, le s\u00e9jour, l\u2019\u00e9tablissement et l\u2019\u00e9loignement des \u00e9trangers \u00bb (26\u00b0), de l\u2019attestation d\u2019immatriculation (carte orange) (27\u00b0), de la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re, lorsqu\u2019un passeport international n\u2019est pas n\u00e9cessaire pour s\u00e9journer en Belgique (28\u00b0), des cartes d\u2019identit\u00e9 sp\u00e9ciales d\u00e9livr\u00e9es aux cat\u00e9gories de personnel actives dans les missions diplomatiques et consulaires et aux membres de leur famille, en vertu des Conventions de Vienne de 1961 et 1963 et de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 30 octobre 1991 \u00ab relatif aux documents de s\u00e9jour en Belgique de certains \u00e9trangers \u00bb (29\u00b0), de la carte d\u2019identit\u00e9 d\u00e9livr\u00e9e conform\u00e9ment aux Conventions de Gen\u00e8ve du 12 ao\u00fbt 1949 relatif \u00e0 la protection des victimes des conflits arm\u00e9s internationaux (30\u00b0), du passeport \u00e9tranger (31\u00b0), et, enfin, de tout autre document d\u00e9termin\u00e9 par le Roi, pour autant que l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal soit confirm\u00e9 par la loi dans les six mois suivant la publication de cet arr\u00eat\u00e9 (32\u00b0).<br \/>\n       B.53.2.2. En vertu de l\u2019article 127, \u00a7 6, alin\u00e9a 2, de la loi du 13 juin 2005, l\u2019op\u00e9rateur disposant de points de vente permet \u00e0 son abonn\u00e9 de s\u2019identifier au moyen du document d\u2019identification de son choix parmi ceux qui sont \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er. En vertu de l\u2019alin\u00e9a 3, l\u2019op\u00e9rateur peut toutefois refuser d\u2019identifier l\u2019abonn\u00e9 au moyen d\u2019un des documents d\u2019identification pr\u00e9cit\u00e9s si l\u2019abonn\u00e9 a la possibilit\u00e9 de s\u2019identifier selon une des autres mani\u00e8res vis\u00e9es dans l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 27 novembre 2016 \u00ab relatif \u00e0 l\u2019identification de l\u2019utilisateur final de services de communications \u00e9lectroniques accessibles au public mobiles fournis sur la base d\u2019une carte pr\u00e9pay\u00e9e \u00bb. Cette solution n\u2019est pas possible lorsque l\u2019abonn\u00e9 souhaite \u00eatre identifi\u00e9 au moyen de sa carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge.<br \/>\n       B.53.2.3. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 l\u2019abonn\u00e9 est identifi\u00e9 au moyen d\u2019un des documents d\u2019identification pr\u00e9cit\u00e9s, l\u2019op\u00e9rateur conserve une copie de ce document, sauf lorsqu\u2019il s\u2019agit de la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge (article 127, \u00a7 6, alin\u00e9a 4).<br \/>\n       118<br \/>\n       B.53.3.1. \u00c0 la suite de l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9, il incombe \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur de conserver certaines donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel en vertu de l\u2019application de l\u2019article 127, \u00a7\u00a7 7 et 8, de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       B.53.3.2. Lorsque l\u2019abonn\u00e9 est une personne physique et que l\u2019identification est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir de la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge, l\u2019op\u00e9rateur conserve le num\u00e9ro de registre national, le nom et le pr\u00e9nom de l\u2019abonn\u00e9 (article 127, \u00a7 7, alin\u00e9a 1er).<br \/>\n       B.53.3.3. Lorsque l\u2019abonn\u00e9 est une personne physique et que l\u2019identification est r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir d\u2019un document autre que la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge, vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7 6, alin\u00e9a 1er, 2\u00b0 \u00e0 32\u00b0, ou \u00e0 partir d\u2019une autre m\u00e9thode d\u2019identification directe que la pr\u00e9sentation d\u2019un document d\u2019identification, l\u2019op\u00e9rateur conserve parmi les donn\u00e9es qui se trouvent sur le document d\u2019identification ou qui sont trait\u00e9es lors de la mise en \u0153uvre de la m\u00e9thode d\u2019identification directe les nom et pr\u00e9nom, la nationalit\u00e9, la date de naissance, l\u2019adresse du domicile, l\u2019adresse e-mail, le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, le num\u00e9ro du document d\u2019identification et le pays d\u2019\u00e9mission du document lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019un document \u00e9tranger et, enfin, le lien entre le nouveau service de communications \u00e9lectroniques auquel l\u2019abonn\u00e9 souscrit et le service pour lequel il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 (article 127, \u00a7 7, alin\u00e9a 2).<br \/>\n       B.53.3.4. Lorsque l\u2019abonn\u00e9 est une personne morale, que le service de communication \u00e9lectronique est fourni sur la base d\u2019une carte pr\u00e9pay\u00e9e et que l\u2019identification est r\u00e9alis\u00e9e au moyen d\u2019une m\u00e9thode d\u2019identification directe, l\u2019op\u00e9rateur collecte et conserve les donn\u00e9es, vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7\u00a7 4 \u00e0 7, de la loi du 13 juin 2005, qui sont relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile d\u2019une personne physique agissant pour le compte de la personne morale (article 127, \u00a7 8).<br \/>\n       B.53.4. Enfin, en vertu de l\u2019article 127, \u00a7 10, de la loi du 13 juin 2005, il incombe aux op\u00e9rateurs de permettre aux autorit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 3, alin\u00e9a 1er, de la m\u00eame loi d\u2019identifier leurs abonn\u00e9s au moyen d\u2019une m\u00e9thode d\u2019identification indirecte.<br \/>\n       Pour ce faire, l\u2019article 127, \u00a7 10, alin\u00e9a 1er, pr\u00e9voit que les op\u00e9rateurs conservent, en ex\u00e9cution de l\u2019article 126 de la loi du 13 juin 2005 et pendant les d\u00e9lais pr\u00e9vus par cet article, l\u2019adresse IP ayant servi \u00e0 la souscription au service de communications \u00e9lectroniques ou \u00e0 son activation, l\u2019adresse IP \u00e0 la source de la connexion et les donn\u00e9es qui doivent \u00eatre conserv\u00e9es<br \/>\n       119<br \/>\n       avec ces adresses (1\u00b0) ou le num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone de l\u2019abonn\u00e9 attribu\u00e9 dans le cadre d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques payant pour lequel un op\u00e9rateur doit identifier l\u2019abonn\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 (2\u00b0); que les op\u00e9rateurs collectent et conservent, en cas de paiement en ligne sp\u00e9cifique \u00e0 la souscription d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques, la r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019op\u00e9ration de paiement et le nom, le pr\u00e9nom, l\u2019adresse du domicile et la date de naissance d\u00e9clar\u00e9s par la personne physique qui est l\u2019abonn\u00e9 de l\u2019op\u00e9rateur ou qui agit pour le compte d\u2019une personne morale qui est l\u2019abonn\u00e9e de l\u2019op\u00e9rateur afin de remplir leur obligation en mati\u00e8re d\u2019identification (3\u00b0) ou, dans le cas d\u2019une carte SIM<br \/>\n       ou de toute autre carte \u00e9quivalente int\u00e9gr\u00e9e dans le v\u00e9hicule, le num\u00e9ro de ch\u00e2ssis du v\u00e9hicule et le lien entre ce num\u00e9ro et le num\u00e9ro de la carte (4\u00b0); que les op\u00e9rateurs collectent et conservent, en cas de souscription d\u2019un abonn\u00e9 r\u00e9sidant dans un centre ferm\u00e9 ou un lieu d\u2019h\u00e9bergement au sens des articles 74\/8 et 74\/9 de la loi du 15 d\u00e9cembre 1980 \u00ab sur l\u2019acc\u00e8s au territoire, le s\u00e9jour, l\u2019\u00e9tablissement et l\u2019\u00e9loignement des \u00e9trangers \u00bb \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques mobile fourni au moyen d\u2019une carte pr\u00e9pay\u00e9e, le nom et pr\u00e9nom de l\u2019abonn\u00e9 et le num\u00e9ro de s\u00e9curit\u00e9 publique (5\u00b0) ou, dans le cas d\u2019une souscription \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques par une personne morale au nom et pour le compte d\u2019une personne physique qui rencontre des difficult\u00e9s \u00e0 effectuer cette souscription, la d\u00e9nomination pr\u00e9cise de cette personne morale et, pour ce qui concerne cette personne physique, au minimum son nom, son pr\u00e9nom, son adresse de r\u00e9sidence, lorsqu\u2019elle en dispose, sa date de naissance et le num\u00e9ro par lequel elle est identifi\u00e9e, tel un num\u00e9ro de registre national, ces informations leur \u00e9tant transmises par cette personne morale (6\u00b0).<br \/>\n       B.53.5. Les donn\u00e9es vis\u00e9es en B.53.2.1 \u00e0 B.53.4 sont, sauf disposition l\u00e9gale contraire, conserv\u00e9es \u00ab \u00e0 partir de la date d\u2019activation du service jusqu\u2019\u00e0 douze mois apr\u00e8s la fin du service de communications \u00e9lectroniques \u00bb (article 127, \u00a7 4, alin\u00e9a 4).<br \/>\n       B.54.1. Les donn\u00e9es \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 ont pour objectif d\u2019identifier les abonn\u00e9s des op\u00e9rateurs vis\u00e9s dans cette disposition. Les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9cisent, \u00e0 cet \u00e9gard :<br \/>\n       \u00ab Un principe essentiel est qu\u2019une personne doit rendre compte de ses actes, tant sur le plan civil que p\u00e9nal. L\u2019anonymat met en p\u00e9ril ce principe. La possibilit\u00e9 d\u2019identifier l\u2019abonn\u00e9 permet de le mettre en \u0153uvre. Il est \u00e9galement essentiel qu\u2019il soit possible pour les autorit\u00e9s (autorit\u00e9s<br \/>\n       120<br \/>\n       judiciaires, services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 et autres autorit\u00e9s qui peuvent demander des donn\u00e9es de trafic ou d\u2019identification aux op\u00e9rateurs) de pouvoir retrouver l\u2019identit\u00e9 de l\u2019abonn\u00e9 \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/002, p. 71).<br \/>\n       Dans ce cadre, l\u2019objectif est aussi de lutter contre la fraude \u00e0 l\u2019identit\u00e9 (ibid., pp. 96-97).<br \/>\n       B.54.2. Comme il est dit en B.44.2, il y a lieu d\u2019op\u00e9rer, parmi les donn\u00e9es d\u2019identification, une distinction entre, d\u2019une part, les adresses IP \u00e0 la source et, d\u2019autre part, les donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs de moyens de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       B.55.1. L\u2019article 127, \u00a7 10, alin\u00e9a 1er, 1\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 rappelle l\u2019obligation qui incombe aux op\u00e9rateurs de conserver \u00ab l\u2019adresse IP ayant servi \u00e0 la souscription au service de communication \u00e9lectronique ou \u00e0 son activation, l\u2019adresse IP \u00e0 la source de la connexion et les donn\u00e9es qui doivent \u00eatre conserv\u00e9es avec ces adresses \u00bb, contenue dans l\u2019article 126, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, 4\u00b0 et 15\u00b0.<br \/>\n       B.55.2. D\u00e8s lors que, pour les motifs mentionn\u00e9s en B.48.1 \u00e0 B.48.4, l\u2019article 126 de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022, ne viole pas les normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es en B.49, et que les griefs pr\u00e9sentement examin\u00e9s sont en substance pris de la violation des m\u00eames normes de r\u00e9f\u00e9rence, il en va de m\u00eame en ce qui concerne l\u2019article 127, \u00a7 10, alin\u00e9a 1er, 1\u00b0, de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       B.55.3. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 ne sont pas fond\u00e9s en ce qu\u2019ils portent sur la mesure de conservation des donn\u00e9es mentionn\u00e9es en B.55.1.<br \/>\n       B.56. Les autres donn\u00e9es d\u2019identification vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7\u00a7 4, 6 \u00e0 8, et 10, de la loi du 13 juin 2005 peuvent \u00eatre assimil\u00e9es \u00e0 des donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs de moyens de communications \u00e9lectroniques d\u00e8s lors qu\u2019elles ne permettent pas \u00e0 elles seules de conna\u00eetre la date, l\u2019heure, la dur\u00e9e et les destinataires d\u2019une communication, ni l\u2019endroit o\u00f9<br \/>\n       cette communication a eu lieu ou la fr\u00e9quence de communication avec certaines personnes pendant une p\u00e9riode donn\u00e9e. La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et la Cour de justice consid\u00e8rent en effet que ces donn\u00e9es ne fournissent aucune information sur les communications donn\u00e9es par ces personnes ni sur leur vie priv\u00e9e. Ces seules donn\u00e9es ne permettent pas d\u2019\u00e9tablir<br \/>\n       121<br \/>\n       un profil de l\u2019utilisateur ni de suivre ses mouvements (CEDH, 30 janvier 2020, Breyer c. Allemagne, ECLI:CE:ECHR:2020:0130JUD005000112, \u00a7\u00a7 92-95; CJUE, grande chambre, 2 octobre 2018, C-207\/16, Ministerio Fiscal, ECLI:EU:C:2018:788, point 62; grande chambre, 6 octobre 2020, C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18, La Quadrature du Net e.a., pr\u00e9cit\u00e9, point 157).<br \/>\n       La Cour de justice en d\u00e9duit que le droit au respect de la vie priv\u00e9e ne s\u2019oppose pas \u00e0 une collecte, \u00e0 un traitement et \u00e0 une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s et indiff\u00e9renci\u00e9s de donn\u00e9es d\u2019identification d\u2019utilisateurs de r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques aux fins de la recherche, de la d\u00e9tection et de la poursuite d\u2019infractions p\u00e9nales ainsi que de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique. \u00c0 cet \u00e9gard, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019infractions p\u00e9nales graves ni de menaces ou d\u2019atteintes graves \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 publique (CJUE, grande chambre, 6 octobre 2020, C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18 pr\u00e9cit\u00e9s). Par contre, il y a lieu de d\u00e9montrer que \u00ab ces mesures assurent, par des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises, que la conservation des donn\u00e9es en cause est subordonn\u00e9e au respect des conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales y aff\u00e9rentes et que les personnes concern\u00e9es disposent de garanties effectives contre les risques d\u2019abus \u00bb (ibid., point 168).<br \/>\n       La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme contr\u00f4le la collecte, le traitement et la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s et indiff\u00e9renci\u00e9s de ces donn\u00e9es d\u2019identification de mani\u00e8re moins intensive que la collecte, le traitement et la conservation de donn\u00e9es relatives au trafic et de donn\u00e9es de localisation. Elle v\u00e9rifie si le d\u00e9lai de conservation est raisonnable, compte tenu de la dur\u00e9e habituelle d\u2019une enqu\u00eate p\u00e9nale. La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme n\u2019exige pas qu\u2019une supervision a priori soit organis\u00e9e pour la collecte et la conservation de simples donn\u00e9es d\u2019identification : un acc\u00e8s a posteriori \u00e0 une instance judiciaire ou administrative ind\u00e9pendante combin\u00e9 aux recours de droit commun dont le pr\u00e9venu dispose au cours d\u2019un proc\u00e8s p\u00e9nal suffit (CEDH, 30 janvier 2020, Breyer c. Allemagne, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 96-107).<br \/>\n       B.57.1. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 soutiennent que la mesure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7 10, alin\u00e9a 1er, 4\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 dans le cas d\u2019une carte SIM ou d\u2019une carte \u00e9quivalente ins\u00e9r\u00e9e dans un v\u00e9hicule, qui autorise la collecte et la conservation du num\u00e9ro de ch\u00e2ssis du v\u00e9hicule et le lien entre ce num\u00e9ro et le num\u00e9ro de la carte, permet le tra\u00e7age permanent de ce v\u00e9hicule via la connexion internet, notamment par la combinaison de cette<br \/>\n       122<br \/>\n       donn\u00e9e d\u2019identification avec la donn\u00e9e de localisation sur les autoroutes dont la conservation est autoris\u00e9e en vertu de l\u2019article 126\/3, \u00a7 4, c), de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       B.57.2. L\u2019article 127, \u00a7 10, alin\u00e9a 1er, 4\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 n\u2019autorise ni la conservation ni la collecte des donn\u00e9es relatives \u00e0 la connexion internet des v\u00e9hicules vis\u00e9s dans cette disposition.<br \/>\n       En outre, il n\u2019est pas possible, \u00e0 l\u2019aide du num\u00e9ro de ch\u00e2ssis du v\u00e9hicule, du num\u00e9ro de la carte SIM ou de la carte \u00e9quivalente ins\u00e9r\u00e9e dans le v\u00e9hicule et du lien entre les num\u00e9ros pr\u00e9cit\u00e9s de suivre les d\u00e9placements, les communications, les activit\u00e9s ou les relations sociales d\u2019une personne, ni d\u2019\u00e9tablir un profil personnel permettant de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur son orientation sexuelle, ses convictions et son \u00e9tat de sant\u00e9. En soi, les donn\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es ne divulguent donc pas d\u2019informations sensibles sur la vie priv\u00e9e.<br \/>\n       Enfin, s\u2019il est exact que ces donn\u00e9es d\u2019identification peuvent ensuite \u00eatre associ\u00e9es \u00e0 d\u2019autres donn\u00e9es et contribuer, de cette mani\u00e8re, \u00e0 la divulgation de telles informations sensibles sur la vie priv\u00e9e d\u2019une personne, ces autres donn\u00e9es sont collect\u00e9es diff\u00e9remment et cette collecte doit aussi s\u2019effectuer dans le respect de la l\u00e9gislation applicable et des droits fondamentaux de l\u2019int\u00e9ress\u00e9.<br \/>\n       B.57.3. Le deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en sa quatri\u00e8me branche, n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       B.58.1. En ce qui concerne les griefs des parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7930<br \/>\n       d\u00e9velopp\u00e9s dans leurs premier et deuxi\u00e8me moyens, il y a lieu d\u2019appr\u00e9cier la compatibilit\u00e9 des mesures de collecte et de conservation des donn\u00e9es pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7\u00a7 6 \u00e0 8 et 10, alin\u00e9a 1er, 2\u00b0 \u00e0 6\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 avec le droit au respect de la vie priv\u00e9e \u00e0 l\u2019aide des crit\u00e8res mentionn\u00e9s en B.56.<br \/>\n       B.58.2. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires cit\u00e9s en B.54.1 que, par l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005, le l\u00e9gislateur poursuivait des objectifs de recherche, de d\u00e9tection et de poursuite d\u2019infractions p\u00e9nales ainsi que de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique au sens de l\u2019article 15 de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       123<br \/>\n       B.58.3.1. Les conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales de la collecte, du traitement et de la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification des abonn\u00e9s d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques sont r\u00e9gl\u00e9es aux articles 127 et 127\/3 de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       B.58.3.2. L\u2019article 127, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 d\u00e9termine les personnes qui se voient imposer des obligations dans ce cadre, \u00e0 savoir les op\u00e9rateurs qui fournissent aux utilisateurs finaux en Belgique un service de communications \u00e9lectroniques. L\u2019article 127\/3, \u00a7 3, alin\u00e9a 2, de la loi du 13 juin 2005 d\u00e9signe en outre les op\u00e9rateurs pr\u00e9cit\u00e9s comme responsables du traitement de donn\u00e9es. L\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 d\u00e9finit par ailleurs le principe selon lequel tous les abonn\u00e9s doivent \u00eatre identifiables et dispose que l\u2019identification doit \u00eatre effectu\u00e9e au moyen d\u2019une m\u00e9thode d\u2019identification directe ou indirecte.<br \/>\n       B.58.3.3. L\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 \u00e9tablit les conditions de conservation des donn\u00e9es collect\u00e9es. Le paragraphe 6 de cette disposition \u00e9num\u00e8re les documents qui sont admis pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019identification d\u2019une personne physique, qui agit pour une personne morale, le cas \u00e9ch\u00e9ant.<br \/>\n       Les paragraphes 7 et 8 pr\u00e9cisent quelles donn\u00e9es d\u2019identification doivent \u00eatre conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs. Le paragraphe 10 de la loi du 13 juin 2005, enfin, \u00e9num\u00e8re quelles donn\u00e9es d\u2019identification peuvent \u00eatre collect\u00e9es et conserv\u00e9es en vue de permettre aux autorit\u00e9s vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1, \u00a7 3, alin\u00e9a 1er, d\u2019identifier les abonn\u00e9s par une m\u00e9thode d\u2019identification indirecte.<br \/>\n       B.58.3.4. L\u2019article 127 fixe le d\u00e9lai de conservation maximal des donn\u00e9es d\u2019identification qu\u2019il vise. Le paragraphe 4, alin\u00e9a 4, de cette disposition pr\u00e9voit que celles-ci sont conserv\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 douze mois apr\u00e8s la fin du service de communications \u00e9lectroniques, sauf lorsqu\u2019une disposition l\u00e9gale pr\u00e9voit un autre d\u00e9lai.<br \/>\n       B.58.3.5. Par ailleurs, l\u2019article 127 interdit explicitement aux points de vente de conserver des donn\u00e9es d\u2019identification ou des copies de documents d\u2019identification, mais il leur incombe d\u2019introduire directement ces donn\u00e9es et copies dans leurs syst\u00e8mes informatiques, \u00e9tant entendu qu\u2019il appartient aux op\u00e9rateurs de prendre les mesures d\u2019ordre technique et organisationnel,<br \/>\n       124<br \/>\n       ad\u00e9quates et proportionn\u00e9es, pour mettre en \u0153uvre l\u2019interdiction pr\u00e9cit\u00e9e, y compris en permettant l\u2019introduction imm\u00e9diate des donn\u00e9es et des copies dans les syst\u00e8mes informatiques (\u00a7 4, alin\u00e9as 1er et 2). Une exception est pr\u00e9vue en cas de d\u00e9faillance du syst\u00e8me informatique rendant impossible l\u2019introduction imm\u00e9diate pr\u00e9cit\u00e9e. Dans ce cas, les points de vente peuvent temporairement conserver les donn\u00e9es et les copies \u00e0 condition que celles-ci soient d\u00e9truites au plus tard apr\u00e8s l\u2019activation du service de communications \u00e9lectroniques (\u00a7 4, alin\u00e9a 3).<br \/>\n       B.58.3.6. Enfin, il est pr\u00e9vu que, si l\u2019op\u00e9rateur ne respecte pas les mesures impos\u00e9es en vertu de l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005, il lui est interdit de fournir le service pour lequel les mesures en question n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 prises (article 127, \u00a7 12, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005).<br \/>\n       B.58.3.7. Pour le surplus, s\u2019il est exact que l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 ne pr\u00e9voit pas de contr\u00f4le juridictionnel sp\u00e9cifique du traitement des donn\u00e9es d\u2019identification collect\u00e9es et conserv\u00e9es en vertu de cette disposition, il y a toutefois lieu de rappeler, comme il est dit en B.56, que les recours de droit commun suffisent en mati\u00e8re de traitement de simples donn\u00e9es d\u2019identification (CEDH, 30 janvier 2020, Breyer c. Allemagne, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 106).<br \/>\n       Dans le cadre de la proc\u00e9dure p\u00e9nale, le pr\u00e9venu dispose \u00e0 cet \u00e9gard du droit d\u2019invoquer devant les juridictions d\u2019instruction ou devant la juridiction de jugement la nullit\u00e9 d\u2019un acte d\u2019instruction qui viole son droit au respect de la vie priv\u00e9e ou son droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable.<br \/>\n       Par ailleurs, dans le cadre du fonctionnement des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 dispose, en vertu de l\u2019article 79 de la loi du 30 juillet 2018 \u00ab relative \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard des traitements de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u00bb, du droit de demander au Comit\u00e9 permanent R de faire rectifier ou supprimer ses donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel inexactes et de v\u00e9rifier le respect des dispositions applicables.<br \/>\n       En outre, chaque abonn\u00e9 d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques dont les donn\u00e9es d\u2019identification ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es en violation de l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 dispose<br \/>\n       125<br \/>\n       d\u2019une action en responsabilit\u00e9 de droit commun contre la personne qui a enfreint cette disposition l\u00e9gislative.<br \/>\n       Enfin, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 peut, en vertu de l\u2019article 58 de la loi du 3 d\u00e9cembre 2017 \u00ab portant cr\u00e9ation de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es \u00bb, d\u00e9poser sans frais une plainte aupr\u00e8s de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es en cas de traitement ill\u00e9gitime de ses donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel.<br \/>\n       B.59. Les premier et deuxi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 ne sont pas fond\u00e9s en ce qu\u2019ils portent sur les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7\u00a7 6 \u00e0 8 et 10, alin\u00e9a 1er, 2\u00b0 \u00e0 6\u00b0, de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       B.60. L\u2019article 127, \u00a7 11, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 dispose que \u00ab sauf preuve contraire, la personne identifi\u00e9e est pr\u00e9sum\u00e9e utiliser elle-m\u00eame le service de communications \u00e9lectroniques \u00bb.<br \/>\n       Selon les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, cette disposition viole le droit au proc\u00e8s \u00e9quitable, en particulier la pr\u00e9somption d\u2019innocence, garantie par l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, en ce que l\u2019utilisateur final pr\u00e9sum\u00e9 serait dans l\u2019impossibilit\u00e9 de fournir la preuve contraire, en particulier lorsque cet utilisateur autorise l\u2019acc\u00e8s de son r\u00e9seau wifi au public ou en cas d\u2019acc\u00e8s non autoris\u00e9 \u00e0 ce r\u00e9seau.<br \/>\n       B.61.1. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 6, paragraphe 2, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, toute personne accus\u00e9e d\u2019une infraction est pr\u00e9sum\u00e9e innocente jusqu\u2019\u00e0 ce que sa culpabilit\u00e9 ait \u00e9t\u00e9 l\u00e9galement \u00e9tablie.<br \/>\n       B.61.2. Consid\u00e9r\u00e9e comme une garantie proc\u00e9durale en mati\u00e8re p\u00e9nale, la pr\u00e9somption d\u2019innocence impose des conditions concernant notamment la charge de la preuve, les pr\u00e9somptions l\u00e9gales de fait et de droit, le droit de ne pas contribuer \u00e0 sa propre incrimination, la publicit\u00e9 pouvant \u00eatre donn\u00e9e \u00e0 l\u2019affaire avant la tenue du proc\u00e8s, la formulation par le juge du fond ou toute autre autorit\u00e9 publique de d\u00e9claration pr\u00e9matur\u00e9e quant \u00e0 la culpabilit\u00e9 d\u2019un pr\u00e9venu (CEDH, grande chambre, 12 juillet 2013, Allen c. Royaume-Uni, ECLI:CE:ECHR:2013:0712JUD002542409, \u00a7 93).<br \/>\n       126<br \/>\n       B.61.3. Le droit de toute personne accus\u00e9e d\u2019une infraction en mati\u00e8re p\u00e9nale \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9e innocente et \u00e0 faire supporter au minist\u00e8re public la charge de la preuve n\u2019est toutefois pas absolu. Tout syst\u00e8me juridique conna\u00eet en effet des pr\u00e9somptions de fait ou de droit. De telles pr\u00e9somptions ne sont en principe pas interdites, aussi longtemps qu\u2019elles restent dans des limites raisonnables prenant en compte la gravit\u00e9 de l\u2019enjeu et pr\u00e9servant les droits de la d\u00e9fense. En cas de recours \u00e0 des pr\u00e9somptions en mati\u00e8re p\u00e9nale, il convient donc de m\u00e9nager un juste \u00e9quilibre entre l\u2019importance de ce qui se trouve en jeu et les droits de la d\u00e9fense. En d\u2019autres termes, les moyens employ\u00e9s doivent \u00eatre proportionn\u00e9s au but l\u00e9gitime poursuivi (CEDH, d\u00e9cision, 19 octobre 2004, Falk c. Pays-Bas, ECLI:CE:ECHR:2004:1019DEC006627301; 23 juillet 2002, V\u00e4stberga Taxi Aktiebolag et Vulic c. Su\u00e8de, ECLI:CE:ECHR:2002:0723JUD003698597, \u00a7 113).<br \/>\n       B.62.1. L\u2019article 127, \u00a7 11, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 n\u2019\u00e9tablit pas une responsabilit\u00e9 p\u00e9nale automatique ou une responsabilit\u00e9 objective de l\u2019utilisateur final d\u2019une carte de t\u00e9l\u00e9phonie mobile pr\u00e9pay\u00e9e qui a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e en ce qui concerne l\u2019utilisation qu\u2019en fait un tiers. Il remplit principalement une fonction d\u2019avertissement, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il rappelle la pr\u00e9somption de d\u00e9part de toute enqu\u00eate p\u00e9nale et de toute enqu\u00eate par les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 savoir la pr\u00e9somption selon laquelle c\u2019est le propri\u00e9taire ou l\u2019utilisateur habituel d\u2019un objet qui l\u2019a utilis\u00e9 pour commettre l\u2019infraction ou pour menacer la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Les enqu\u00eateurs \u00e9cartent cette pr\u00e9somption d\u00e8s qu\u2019elle est infirm\u00e9e par les \u00e9l\u00e9ments de preuve recueillis.<br \/>\n       B.62.2. La disposition attaqu\u00e9e est donc en rapport avec les objectifs que poursuit le l\u00e9gislateur par l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005, mentionn\u00e9s en B.54.<br \/>\n       B.62.3. En outre, l\u2019utilisateur final pr\u00e9sum\u00e9 dispose de plusieurs possibilit\u00e9s pour se d\u00e9fendre dans le cadre des poursuites p\u00e9nales qui pourraient d\u00e9couler de l\u2019utilisation du service de communications \u00e9lectroniques faite par un tiers. S\u2019il fait conna\u00eetre aux enqu\u00eateurs l\u2019identit\u00e9 de la personne qui a utilis\u00e9 ce service, ceux-ci doivent examiner l\u2019implication de cette personne.<br \/>\n       Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le service de communications \u00e9lectroniques est rendu accessible aux tiers, il appartient \u00e0 l\u2019utilisateur final pr\u00e9sum\u00e9 d\u2019en faire part aux enqu\u00eateurs, qui doivent tenter d\u2019identifier la personne qui a effectivement utilis\u00e9 le service ainsi que son implication.<br \/>\n       127<br \/>\n       Du reste, l\u2019article 127, \u00a7 11, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 se borne \u00e0 instaurer une pr\u00e9somption r\u00e9fragable, que le pr\u00e9venu peut contester par toutes voies de droit. Il ne lui interdit pas de pr\u00e9senter tous les \u00e9l\u00e9ments de fait qui infirment son implication dans les infractions commises ou dans les menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale qui font l\u2019objet d\u2019une enqu\u00eate.<br \/>\n       Par ailleurs, la disposition pr\u00e9cit\u00e9e n\u2019enl\u00e8ve rien au principe selon lequel il revient au minist\u00e8re public, dans un proc\u00e8s p\u00e9nal, de prouver la culpabilit\u00e9 du pr\u00e9venu. Il appartient au juge r\u00e9pressif d\u2019appr\u00e9cier la valeur probante de tous les \u00e9l\u00e9ments de preuve, en ce compris les explications du pr\u00e9venu, en respectant son droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable.<br \/>\n       B.62.4. L\u2019article 127, \u00a7 11, alin\u00e9a 1er, de la loi du 13 juin 2005 ne compromet pas la pr\u00e9somption d\u2019innocence.<br \/>\n       B.63. Le deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en sa sixi\u00e8me branche, n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       B.64. L\u2019article 127, \u00a7 5, alin\u00e9a 4, de la loi du 13 juin 2005 pr\u00e9voit qu\u2019aux fins d\u2019assurer la fiabilit\u00e9 de l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 qui est une personne physique et d\u2019\u00e9viter les fraudes \u00e0 l\u2019identit\u00e9, l\u2019op\u00e9rateur ou le point de vente peut r\u00e9aliser, de mani\u00e8re automatique, une comparaison entre les param\u00e8tres biom\u00e9triques pr\u00e9sents sur la photo du document d\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9, d\u2019une part, et ceux de son visage, d\u2019autre part.<br \/>\n       Selon les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, cette disposition autorise le recours \u00e0 une technologie de reconnaissance faciale qui viole le droit au respect de la vie priv\u00e9e et \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, tel qu\u2019il est notamment garanti par le RGPD, en ce que cette mesure ne serait ni n\u00e9cessaire, ni proportionn\u00e9e, et ne respecterait pas non plus l\u2019exigence du consentement explicite et inform\u00e9 de l\u2019abonn\u00e9 concern\u00e9.<br \/>\n       B.65.1. Le droit au respect de la vie priv\u00e9e n\u2019est pas absolu. L\u2019article 22 de la Constitution et l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme n\u2019excluent pas une ing\u00e9rence d\u2019une autorit\u00e9 publique dans l\u2019exercice de ce droit, pourvu que cette ing\u00e9rence soit pr\u00e9vue par une disposition l\u00e9gislative suffisamment pr\u00e9cise, qu\u2019elle r\u00e9ponde \u00e0 un besoin social imp\u00e9rieux<br \/>\n       128<br \/>\n       dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique et qu\u2019elle soit proportionn\u00e9e \u00e0 l\u2019objectif l\u00e9gitime qu\u2019elle poursuit.<br \/>\n       Le l\u00e9gislateur dispose en la mati\u00e8re d\u2019une marge d\u2019appr\u00e9ciation. Cette marge n\u2019est toutefois pas illimit\u00e9e : pour qu\u2019une norme soit compatible avec le droit au respect de la vie priv\u00e9e, il faut que le l\u00e9gislateur ait \u00e9tabli un juste \u00e9quilibre entre tous les droits et int\u00e9r\u00eats en cause.<br \/>\n       B.65.2. En outre, comme il est dit en B.11.2, les articles 7 et 8 de la Charte ont, en ce qui concerne le traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, une port\u00e9e analogue \u00e0 celle de l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       B.66.1. L\u2019article 5 du RGPD \u00e9dicte les principes relatifs au traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel :<br \/>\n       \u00ab 1. Les donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel doivent \u00eatre :<br \/>\n       a) trait\u00e9es de mani\u00e8re licite, loyale et transparente au regard de la personne concern\u00e9e (lic\u00e9it\u00e9, loyaut\u00e9, transparence);<br \/>\n       b) collect\u00e9es pour des finalit\u00e9s d\u00e9termin\u00e9es, explicites et l\u00e9gitimes, et ne pas \u00eatre trait\u00e9es ult\u00e9rieurement d\u2019une mani\u00e8re incompatible avec ces finalit\u00e9s; le traitement ult\u00e9rieur \u00e0 des fins archivistiques dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public, \u00e0 des fins de recherche scientifique ou historique ou \u00e0 des fins statistiques n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 89, paragraphe 1, comme incompatible avec les finalit\u00e9s initiales (limitation des finalit\u00e9s);<br \/>\n       c) ad\u00e9quates, pertinentes et limit\u00e9es \u00e0 ce qui est n\u00e9cessaire au regard des finalit\u00e9s pour lesquelles elles sont trait\u00e9es (minimisation des donn\u00e9es);<br \/>\n       d) exactes et, si n\u00e9cessaire, tenues \u00e0 jour; toutes les mesures raisonnables doivent \u00eatre prises pour que les donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel qui sont inexactes, eu \u00e9gard aux finalit\u00e9s pour lesquelles elles sont trait\u00e9es, soient effac\u00e9es ou rectifi\u00e9es sans tarder (exactitude);<br \/>\n       e) conserv\u00e9es sous une forme permettant l\u2019identification des personnes concern\u00e9es pendant une dur\u00e9e n\u2019exc\u00e9dant pas celle n\u00e9cessaire au regard des finalit\u00e9s pour lesquelles elles sont trait\u00e9es; les donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel peuvent \u00eatre conserv\u00e9es pour des dur\u00e9es plus longues dans la mesure o\u00f9 elles seront trait\u00e9es exclusivement \u00e0 des fins archivistiques dans l\u2019int\u00e9r\u00eat public, \u00e0 des fins de recherche scientifique ou historique ou \u00e0 des fins statistiques conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 89, paragraphe 1, pour autant que soient mises en \u0153uvre les mesures techniques et organisationnelles appropri\u00e9es requises par le pr\u00e9sent r\u00e8glement afin de garantir les droits et libert\u00e9s de la personne concern\u00e9e (limitation de la conservation);<br \/>\n       129<br \/>\n       f) trait\u00e9es de fa\u00e7on \u00e0 garantir une s\u00e9curit\u00e9 appropri\u00e9e des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, y compris la protection contre le traitement non autoris\u00e9 ou illicite et contre la perte, la destruction ou les d\u00e9g\u00e2ts d\u2019origine accidentelle, \u00e0 l\u2019aide de mesures techniques ou organisationnelles appropri\u00e9es (int\u00e9grit\u00e9 et confidentialit\u00e9);<br \/>\n       2. Le responsable du traitement est responsable du respect du paragraphe 1 et est en mesure de d\u00e9montrer que celui-ci est respect\u00e9 (responsabilit\u00e9) \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 9 du RGPD concerne le traitement portant sur des cat\u00e9gories particuli\u00e8res de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel :<br \/>\n       \u00ab 1. Le traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel qui r\u00e9v\u00e8le l\u2019origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l\u2019appartenance syndicale, ainsi que le traitement des donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9tiques, des donn\u00e9es biom\u00e9triques aux fins d\u2019identifier une personne physique de mani\u00e8re unique, des donn\u00e9es concernant la sant\u00e9 ou des donn\u00e9es concernant la vie sexuelle ou l\u2019orientation sexuelle d\u2019une personne physique sont interdits.<br \/>\n       2. Le paragraphe 1 ne s\u2019applique pas si l\u2019une des conditions suivantes est remplie :<br \/>\n       a) la personne concern\u00e9e a donn\u00e9 son consentement explicite au traitement de ces donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel pour une ou plusieurs finalit\u00e9s sp\u00e9cifiques, sauf lorsque le droit de l\u2019Union ou le droit de l\u2019\u00c9tat membre pr\u00e9voit que l\u2019interdiction vis\u00e9e au paragraphe 1 ne peut pas \u00eatre lev\u00e9e par la personne concern\u00e9e;<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       g) le traitement est n\u00e9cessaire pour des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat public important, sur la base du droit de l\u2019Union ou du droit d\u2019un \u00c9tat membre qui doit \u00eatre proportionn\u00e9 \u00e0 l\u2019objectif poursuivi, respecter l\u2019essence du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es et pr\u00e9voir des mesures appropri\u00e9es et sp\u00e9cifiques pour la sauvegarde des droits fondamentaux et des int\u00e9r\u00eats de la personne concern\u00e9e;<br \/>\n       [&#8230;] \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 9 du RGPD doit \u00eatre lu en combinaison avec l\u2019article 4, point 14), du RGPD, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab Aux fins du pr\u00e9sent r\u00e8glement, on entend par :<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       14) \u2019 donn\u00e9es biom\u00e9triques \u2019, les donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel r\u00e9sultant d\u2019un traitement technique sp\u00e9cifique, relatives aux caract\u00e9ristiques physiques, physiologiques ou<br \/>\n       130<br \/>\n       comportementales d\u2019une personne physique, qui permettent ou confirment son identification unique, telles que des images faciales ou des donn\u00e9es dactyloscopiques \u00bb.<br \/>\n       B.66.2. L\u2019article 9, paragraphe 2, g), du RGPD permet le traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel sensibles, telles les donn\u00e9es biom\u00e9triques, lorsqu\u2019il est \u00ab n\u00e9cessaire pour des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat public important, sur la base du droit de l\u2019Union ou du droit d\u2019un \u00c9tat membre qui doit \u00eatre proportionn\u00e9 \u00e0 l\u2019objectif poursuivi, respecter l\u2019essence du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es et pr\u00e9voir des mesures appropri\u00e9es et sp\u00e9cifiques pour la sauvegarde des droits fondamentaux et des int\u00e9r\u00eats de la personne concern\u00e9e \u00bb.<br \/>\n       B.67.1. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires de l\u2019article 127, \u00a7 5, alin\u00e9a 4, de la loi du 13 juin 2005 que cette disposition vise \u00e0 permettre l\u2019identification la plus efficace possible des individus, notamment en vue de renforcer la lutte contre la fraude \u00e0 l\u2019identit\u00e9 tant de la part des abonn\u00e9s que des points de vente eux-m\u00eames (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-<br \/>\n       2572\/002, pp. 90-91).<br \/>\n       B.67.2. Par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 2\/2021 du 14 janvier 2021 (ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.002), la Cour a jug\u00e9 que les objectifs pr\u00e9cit\u00e9s sont l\u00e9gitimes, d\u00e8s lors qu\u2019ils visent \u00e0 prot\u00e9ger les droits et les libert\u00e9s d\u2019autrui, qu\u2019ils constituent par ailleurs des objectifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral reconnus par l\u2019Union europ\u00e9enne et qu\u2019ils peuvent \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat public important, au sens de l\u2019article 9, paragraphe 2, g), du RGPD (B.20.2).<br \/>\n       B.68. L\u2019article 127, \u00a7 5, alin\u00e9a 4, de la loi du 13 juin 2005 est pertinent en vue de la r\u00e9alisation des objectifs poursuivis, d\u00e8s lors que la comparaison des param\u00e8tres biom\u00e9triques de la photo du document d\u2019identification et de ceux du visage de l\u2019abonn\u00e9 est susceptible, d\u2019une part, de faciliter la t\u00e2che des op\u00e9rateurs de mettre tout en \u0153uvre pour assurer la fiabilit\u00e9 de l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 qui est une personne physique et, d\u2019autre part, de pr\u00e9venir l\u2019utilisation frauduleuse des documents d\u2019identification vis\u00e9s.<br \/>\n       131<br \/>\n       L\u2019\u00e9ventuelle non-fiabilit\u00e9 totale du proc\u00e9d\u00e9 et l\u2019impossibilit\u00e9 corr\u00e9lative d\u2019exclure la non-<br \/>\n       d\u00e9tection de certains cas de fraude \u00e0 la ressemblance ne conduisent pas \u00e0 une conclusion diff\u00e9rente.<br \/>\n       B.69. La mesure de comparaison faciale attaqu\u00e9e est par ailleurs pr\u00e9vue par une disposition l\u00e9gislative suffisamment pr\u00e9cise, d\u00e8s lors que l\u2019article 127, \u00a7 5, alin\u00e9a 4, de la loi du 13 juin 2005 d\u00e9termine les donn\u00e9es qui font l\u2019objet de la mesure litigieuse, \u00e0 savoir les param\u00e8tres biom\u00e9triques sur la photo des documents d\u2019identification vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7 6, de cette loi et ceux du visage de l\u2019abonn\u00e9, qu\u2019il est interdit de conserver les donn\u00e9es biom\u00e9triques pr\u00e9cit\u00e9es au-del\u00e0 du proc\u00e9d\u00e9 de comparaison, que les donn\u00e9es sont lisibles exclusivement de mani\u00e8re \u00e9lectronique et que seuls les op\u00e9rateurs et les points de vente au sens de l\u2019article 127 pr\u00e9cit\u00e9 sont autoris\u00e9s \u00e0 lire ces donn\u00e9es.<br \/>\n       De la sorte, les abonn\u00e9s vis\u00e9s par cette disposition peuvent conna\u00eetre de mani\u00e8re suffisamment pr\u00e9cise les conditions dans lesquelles les donn\u00e9es biom\u00e9triques pr\u00e9cit\u00e9es sont trait\u00e9es.<br \/>\n       B.70. La Cour examine maintenant la n\u00e9cessit\u00e9 et la proportionnalit\u00e9 de l\u2019ing\u00e9rence.<br \/>\n       B.71.1. Dans le cadre de l\u2019examen de la n\u00e9cessit\u00e9, il y a lieu de v\u00e9rifier si l\u2019ing\u00e9rence ne va pas au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs poursuivis, et en particulier s\u2019il existe des mesures qui sont moins attentatoires aux droits concern\u00e9s, tout en contribuant de mani\u00e8re efficace au but de la r\u00e9glementation en cause (CJUE, 17 octobre 2013, C-291\/12, Schwarz c. Stadt Bochum, ECLI:EU:C:2013:670, points 46 et 47).<br \/>\n       B.71.2. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires de la disposition attaqu\u00e9e que le l\u00e9gislateur a estim\u00e9 que la mesure de comparaison faciale pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 127, \u00a7 5, alin\u00e9a 4, de la loi du 13 juin 2005 \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 la r\u00e9alisation des objectifs mentionn\u00e9s en B.67.1 :<br \/>\n       \u00ab La m\u00e9thode de comparaison faciale est une bonne m\u00e9thode pour atteindre les finalit\u00e9s vis\u00e9es par le gouvernement.<br \/>\n       132<br \/>\n       Avec cette m\u00e9thode de reconnaissance faciale, les op\u00e9rateurs peuvent r\u00e9duire l\u2019usurpation d\u2019identit\u00e9. Cette m\u00e9thode permet aussi de ne pas faire intervenir les points de vente, qui sont les \u2018 maillons faibles \u2019 en mati\u00e8re de fiabilit\u00e9 de l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9. Cette augmentation de la fiabilit\u00e9 de l\u2019identification est b\u00e9n\u00e9fique pour les autorit\u00e9s, pour les op\u00e9rateurs, qui sont victimes des fraudes (d\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de plusieurs op\u00e9rateurs de mettre en \u0153uvre cette m\u00e9thode)<br \/>\n       et pour l\u2019abonn\u00e9 (\u00e9viter un d\u00e9tournement de son identit\u00e9). M\u00eame si une personne parvient \u00e0 s\u2019identifier avec un faux document d\u2019identification, la copie de ce document d\u2019identification autre que la carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique belge comprendra une photo correcte de l\u2019abonn\u00e9, ce qui pourrait permettre aux autorit\u00e9s de d\u00e9marrer une enqu\u00eate.<br \/>\n       La m\u00e9thode de comparaison faciale permet aux op\u00e9rateurs de r\u00e9pondre \u00e0 leur obligation d\u2019effectuer une identification fiable de l\u2019abonn\u00e9 et de s\u2019adapter aux besoins des abonn\u00e9s (voir infra).<br \/>\n       Il s\u2019agit d\u2019une m\u00e9thode acceptable du point de vue de la vie priv\u00e9e, d\u00e8s lors que les donn\u00e9es de biom\u00e9trie du visage ne sont pas conserv\u00e9es. Comme d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9, cela permet de ne pas faire intervenir les points de vente, qui sont parfois eux-m\u00eames \u00e0 l\u2019origine de fraude (ex. r\u00e9utilisation frauduleuse de donn\u00e9es d\u2019identification d\u2019une personne pour identifier une autre personne).<br \/>\n       Cela permet aussi d\u2019augmenter les possibilit\u00e9s pour un abonn\u00e9 de s\u2019identifier et de faciliter son identification, en particulier pour les identifications en ligne. Pour de nombreux utilisateurs qui ma\u00eetrisent la technologie, c\u2019est devenu une habitude quotidienne. La comparaison des param\u00e8tres biom\u00e9triques d\u2019un selfie et de la photo sur un document d\u2019identit\u00e9 offre de nouvelles possibilit\u00e9s d\u2019identification fiable. Cette solution en particulier peut fortement faciliter l\u2019identification de clients, surtout en cas d\u2019identification par smartphone, o\u00f9 l\u2019utilisation du lecteur d\u2019eID belge n\u2019est pas possible \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/002, pp. 90-91).<br \/>\n       B.71.3. \u00c0 cet \u00e9gard, le l\u00e9gislateur a souhait\u00e9 \u00e9tablir un syst\u00e8me permettant une r\u00e9ponse appropri\u00e9e \u00e0 chaque cas particulier, notamment celui des r\u00e9sidents non belges sans carte d\u2019identit\u00e9 \u00e9lectronique, celui des \u00e9trangers en visite en Belgique ou encore celui des personnes moins familiaris\u00e9es avec le monde num\u00e9rique. Dans cette perspective, les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9cisent que \u00ab l\u2019identification sur la base de la comparaison faciale est compl\u00e9mentaire et constitue un compl\u00e9ment n\u00e9cessaire aux m\u00e9thodes existantes \u00bb (ibid., p. 84).<br \/>\n       B.72.1. En ce qui concerne la proportionnalit\u00e9 de la mesure, l\u2019article 127, \u00a7 5, alin\u00e9a 4, de la loi du 13 juin 2005 \u00e9tablit lui-m\u00eame plusieurs garanties au profit de l\u2019abonn\u00e9 concern\u00e9 par la mesure de comparaison faciale.<br \/>\n       133<br \/>\n       L\u2019outil de comparaison doit \u00eatre autoris\u00e9 par le ministre comp\u00e9tent pour les mati\u00e8res relatives aux communications \u00e9lectroniques et par le ministre de la Justice, apr\u00e8s v\u00e9rification de ce que l\u2019outil assure la fiabilit\u00e9 de l\u2019identification, en tenant compte du risque de fraude \u00e0 l\u2019identit\u00e9 (1\u00b0).<br \/>\n       Par ailleurs, l\u2019op\u00e9rateur propose \u00e0 l\u2019abonn\u00e9 au moins une autre mani\u00e8re de s\u2019identifier (2\u00b0), de sorte que l\u2019abonn\u00e9 ne peut jamais \u00eatre contraint de recourir \u00e0 la m\u00e9thode de reconnaissance faciale afin de souscrire \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Ensuite, l\u2019abonn\u00e9 doit donner son consentement explicite au sens de l\u2019article 4, point 11), du RGPD (3\u00b0), \u00e9tant entendu que, contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tendent les parties requ\u00e9rantes, l\u2019article 9, paragraphe 2, a), du RGPD n\u2019exige pas que ce consentement soit \u00e9crit.<br \/>\n       Enfin, il est interdit aux op\u00e9rateurs et aux points de vente de communiquer \u00e0 un tiers les donn\u00e9es biom\u00e9triques trait\u00e9es ou de les traiter \u00e0 d\u2019autres fins que l\u2019identification des abonn\u00e9s (4\u00b0).<br \/>\n       B.72.2. Pour le surplus, il n\u2019appara\u00eet pas que la mesure attaqu\u00e9e affecterait le contenu essentiel du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel.<br \/>\n       B.73. Le deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en sa troisi\u00e8me branche, n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       7. La conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es sur la base d\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique (articles 9 \u00e0 11)<br \/>\n       B.74.1. Les premier, deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 et la troisi\u00e8me branche du premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932<br \/>\n       portent sur la mesure de conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es de trafic et de localisation, pr\u00e9vue aux articles 9, 10 et 11 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       134<br \/>\n       B.74.2. L\u2019article 9 de la loi du 20 juillet 2022 ins\u00e8re, dans la loi du 13 juin 2005, un article 126\/1, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Sans pr\u00e9judice du RGPD et de la loi du 30 juillet 2018, les op\u00e9rateurs qui offrent aux utilisateurs finaux des services de communications \u00e9lectroniques, ainsi que les op\u00e9rateurs fournissant les r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques sous-jacents, conservent les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, pour les zones g\u00e9ographiques vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3, pendant douze mois \u00e0 partir de la date de la communication, sauf si une autre dur\u00e9e est fix\u00e9e dans l\u2019article 126\/3.<br \/>\n       Chaque op\u00e9rateur conserve les donn\u00e9es qu\u2019il a g\u00e9n\u00e9r\u00e9es ou trait\u00e9es dans le cadre de la fourniture des services et r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques concern\u00e9s.<br \/>\n       Ces donn\u00e9es sont conserv\u00e9es aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, de la pr\u00e9vention de menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, et de la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique.<br \/>\n       \u00a7 2. Les m\u00e9tadonn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques, en ce compris les m\u00e9tadonn\u00e9es pour les appels infructueux, auxquelles s\u2019applique l\u2019obligation de conservation vis\u00e9e au paragraphe 1er, sont \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2.<br \/>\n       \u00a7 3. Les op\u00e9rateurs conservent les donn\u00e9es de trafic pour toutes les communications ou appels infructueux effectu\u00e9s \u00e0 partir d\u2019une zone g\u00e9ographique vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 126\/3 ou vers une telle zone.<br \/>\n       Lorsque, compte tenu de la technologie utilis\u00e9e par l\u2019op\u00e9rateur, celui-ci n\u2019est pas en mesure de localiser l\u2019\u00e9quipement terminal ayant particip\u00e9 \u00e0 la communication, y compris l\u2019appel infructueux, de fa\u00e7on plus pr\u00e9cise que sa localisation sur le territoire national, l\u2019op\u00e9rateur conserve les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, pour la dur\u00e9e la plus courte fix\u00e9e en ex\u00e9cution du pr\u00e9sent article et de l\u2019article 126\/3, \u00e0 la condition qu\u2019en ex\u00e9cution du pr\u00e9sent article et de l\u2019article 126\/3 l\u2019ensemble du territoire national soit soumis \u00e0 une obligation de conservation.<br \/>\n       Lorsque cette condition n\u2019est pas remplie, l\u2019op\u00e9rateur concern\u00e9 par le pr\u00e9sent alin\u00e9a ne conserve pas ces donn\u00e9es.<br \/>\n       Lorsque l\u2019utilisateur final se d\u00e9place pendant une communication \u00e9lectronique, l\u2019op\u00e9rateur conserve les donn\u00e9es de trafic pour autant que l\u2019utilisateur final se trouve \u00e0 un moment de la communication dans une zone vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 126\/3.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs conservent les donn\u00e9es relatives \u00e0 la connexion de l\u2019\u00e9quipement terminal au r\u00e9seau et au service et \u00e0 la localisation de cet \u00e9quipement, y compris le point de terminaison du r\u00e9seau, \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, lorsque cet \u00e9quipement se trouve dans une zone vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 126\/3.<br \/>\n       Pour d\u00e9terminer si l\u2019\u00e9quipement terminal se trouve dans une zone g\u00e9ographique vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 126\/3, les op\u00e9rateurs utilisent les donn\u00e9es les plus fiables et pr\u00e9cises possibles. Ils utilisent, si disponible \u00e0 cet effet, la localisation satellitaire d\u2019un \u00e9quipement terminal.<br \/>\n       135<br \/>\n       Lorsque la technologie utilis\u00e9e par l\u2019op\u00e9rateur ne permet pas de limiter la conservation de donn\u00e9es \u00e0 une zone vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 126\/3, il conserve les donn\u00e9es n\u00e9cessaires pour couvrir la totalit\u00e9 de la zone concern\u00e9e tout en limitant la conservation de donn\u00e9es en dehors de cette zone au strict n\u00e9cessaire au regard de ses possibilit\u00e9s techniques.<br \/>\n       Lorsqu\u2019un point d\u2019agr\u00e9gation de l\u2019op\u00e9rateur, telle une antenne, couvre plusieurs zones g\u00e9ographiques vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3 qui sont soumises \u00e0 des dur\u00e9es de conservation diff\u00e9rentes, l\u2019op\u00e9rateur conserve les donn\u00e9es pour ce point d\u2019agr\u00e9gation pendant la dur\u00e9e de conservation la plus courte.<br \/>\n       Lorsqu\u2019en application du pr\u00e9sent article et de l\u2019article 126\/3, diff\u00e9rentes dur\u00e9es de conservation sont applicables aux m\u00eames donn\u00e9es, les op\u00e9rateurs conservent les donn\u00e9es pendant la dur\u00e9e la plus courte.<br \/>\n       \u00a7 4. Le Roi peut fixer, par arr\u00eat\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres, sur proposition du ministre de la Justice, du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, du ministre de la D\u00e9fense, et du ministre, et apr\u00e8s avis des autorit\u00e9s de protection des donn\u00e9es comp\u00e9tentes et de l\u2019Institut, les \u00e9l\u00e9ments suivants :<br \/>\n       &#8211; les param\u00e8tres techniques et les donn\u00e9es que les op\u00e9rateurs utilisent pour limiter la conservation de donn\u00e9es aux zones vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3;<br \/>\n       &#8211; la liste des diff\u00e9rentes autorit\u00e9s comp\u00e9tentes dans les mati\u00e8res vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 5;<br \/>\n       &#8211; les modalit\u00e9s de communication des informations par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes au service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi, les modalit\u00e9s de communication des informations par ce service vers les op\u00e9rateurs concern\u00e9s, ainsi que le d\u00e9lai dans lequel les op\u00e9rateurs mettent en \u0153uvre annuellement la conservation vis\u00e9e au paragraphe 1er;<br \/>\n       &#8211; s\u2019il \u00e9chet, les zones g\u00e9ographiques additionnelles vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7 3, m), \u00a7 4, g), et \u00a7 5, f).<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat\u00e9 royal vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, quatri\u00e8me tiret, est renouvel\u00e9 tous les trois ans. En l\u2019absence de renouvellement, l\u2019obligation de conservation vis\u00e9e au paragraphe 1er en ce qui concerne ces zones g\u00e9ographiques additionnelles cesse de s\u2019appliquer, et ce jusqu\u2019\u00e0 l\u2019entr\u00e9e en vigueur d\u2019un nouvel arr\u00eat\u00e9 royal.<br \/>\n       \u00a7 5. Le ministre de la Justice, le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, le ministre de la D\u00e9fense et le ministre pr\u00e9sentent annuellement, apr\u00e8s avis pr\u00e9alable du Comit\u00e9 de coordination du Renseignement et de la S\u00e9curit\u00e9, et de l\u2019Institut et des autorit\u00e9s de protection des donn\u00e9es comp\u00e9tentes, un rapport d\u2019\u00e9valuation \u00e0 la Chambre des repr\u00e9sentants, sur la mise en \u0153uvre du pr\u00e9sent article et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal vis\u00e9 au paragraphe 4, afin de v\u00e9rifier si des dispositions doivent \u00eatre adapt\u00e9es.<br \/>\n       Ce rapport d\u2019\u00e9valuation examine en particulier si les cat\u00e9gories de zones g\u00e9ographiques \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans la loi et dans l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal vis\u00e9 au paragraphe 4 r\u00e9pondent toujours aux crit\u00e8res vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7\u00a7 3 \u00e0 5, et s\u2019il est n\u00e9cessaire de les maintenir ou si d\u2019autres doivent \u00eatre incluses.<br \/>\n       136<br \/>\n       Des cat\u00e9gories de zones g\u00e9ographiques ne peuvent \u00eatre incluses que dans le but de sauvegarder la s\u00e9curit\u00e9 nationale ou s\u2019il peut \u00eatre \u00e9tabli, sur la base d\u2019\u00e9l\u00e9ments objectifs et non discriminatoires, qu\u2019il existe dans ces zones une situation pr\u00e9sentant un risque \u00e9lev\u00e9 de pr\u00e9paration ou de commission d\u2019actes criminels graves.<br \/>\n       Le rapport d\u2019\u00e9valuation comprend \u00e9galement le pourcentage du territoire national auquel s\u2019applique l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es en vertu du pr\u00e9sent article et de l\u2019article 126\/3.<br \/>\n       Ce rapport d\u2019\u00e9valuation est envoy\u00e9 \u00e0 l\u2019Organe de contr\u00f4le de l\u2019information polici\u00e8re et au Comit\u00e9 permanent R \u00bb.<br \/>\n       B.74.3. L\u2019article 10 de la loi du 20 juillet 2022 ins\u00e8re, dans la loi du 13 juin 2005, un article 126\/2, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Pour l\u2019application du pr\u00e9sent article, il y a lieu d\u2019entendre par \u2018 communication \u2019, toute information \u00e9chang\u00e9e ou achemin\u00e9e entre un nombre fini de parties au moyen d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques accessible au public, \u00e0 l\u2019exclusion des informations qui sont achemin\u00e9es dans le cadre d\u2019un service de radiodiffusion au public par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques, sauf dans la mesure o\u00f9 un lien peut \u00eatre \u00e9tabli entre l\u2019information et l\u2019abonn\u00e9 ou utilisateur identifiable qui la re\u00e7oit.<br \/>\n       \u00a7 2. Les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/1, \u00a7 2, qui doivent \u00eatre conserv\u00e9es en ex\u00e9cution des articles 126\/1 et 126\/3 par les op\u00e9rateurs qui offrent aux utilisateurs finaux des services de communications \u00e9lectroniques, ainsi que par les op\u00e9rateurs fournissant les r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques sous-jacents qui permettent la fourniture de ces services, sont les suivantes :<br \/>\n       1\u00b0 la description et les caract\u00e9ristiques techniques du service de communications \u00e9lectroniques utilis\u00e9 lors de la communication;<br \/>\n       2\u00b0 les donn\u00e9es d\u2019identification vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126, \u00a7 1er, 2\u00b0, 10\u00b0 \u00e0 14\u00b0, et 16\u00b0, du destinataire de la communication;<br \/>\n       3\u00b0 pour les services de communications \u00e9lectroniques \u00e0 l\u2019exception des services d\u2019acc\u00e8s \u00e0 Internet, l\u2019adresse IP utilis\u00e9e par le destinataire de la communication, l\u2019horodatage ainsi que, en cas d\u2019utilisation partag\u00e9e d\u2019une adresse IP du destinataire, les ports qui lui ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s;<br \/>\n       4\u00b0 en cas d\u2019appel multiple, de d\u00e9viation ou de renvoi, l\u2019identification de toutes les lignes en ce compris celles vers lesquelles l\u2019appel a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9;<br \/>\n       5\u00b0 la date et l\u2019heure exacte du d\u00e9but et de la fin de la session du service de communications \u00e9lectroniques concern\u00e9, en ce compris la date et l\u2019heure exacte du d\u00e9but et de la fin de l\u2019appel;<br \/>\n       6\u00b0 les donn\u00e9es permettant d\u2019identifier et de localiser les cellules ou d\u2019autres points de terminaison du r\u00e9seau mobile, qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es pour effectuer la communication, du d\u00e9but<br \/>\n       137<br \/>\n       jusqu\u2019\u00e0 la fin de la communication, ainsi que les dates et heures pr\u00e9cises de ces diff\u00e9rentes localisations;<br \/>\n       7\u00b0 le volume de donn\u00e9es envoy\u00e9es vers le r\u00e9seau et t\u00e9l\u00e9charg\u00e9es pendant la dur\u00e9e de la session;<br \/>\n       8\u00b0 pour ce qui concerne les services de communications \u00e9lectroniques mobiles, la date et l\u2019heure de la connexion de l\u2019\u00e9quipement terminal au r\u00e9seau en raison du d\u00e9marrage de cet \u00e9quipement et le moment de la d\u00e9connexion de cet \u00e9quipement terminal au r\u00e9seau en raison de l\u2019extinction de cet \u00e9quipement;<br \/>\n       9\u00b0 pour ce qui concerne les services de communications \u00e9lectroniques mobiles, la localisation de l\u2019\u00e9quipement terminal et la date et l\u2019heure de cette localisation chaque fois que l\u2019op\u00e9rateur cherche \u00e0 conna\u00eetre quels \u00e9quipements terminaux sont connect\u00e9s \u00e0 son r\u00e9seau;<br \/>\n       10\u00b0 les autres identifiants relatifs au destinataire de la communication \u00e9lectronique, \u00e0 son \u00e9quipement terminal ou \u00e0 l\u2019\u00e9quipement le plus proche de cet \u00e9quipement terminal, qui r\u00e9sultent de l\u2019\u00e9volution technologique et qui sont d\u00e9termin\u00e9s par le Roi, apr\u00e8s avis de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es et de l\u2019Institut, pour autant que cet arr\u00eat\u00e9 soit confirm\u00e9 par la loi dans les six mois suivant la publication de cet arr\u00eat\u00e9.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation aux articles 126\/1 et 126\/3, la dur\u00e9e de conservation de la donn\u00e9e vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, 8\u00b0, est de six mois apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9r\u00e9e ou trait\u00e9e.<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat\u00e9 royal vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, 10\u00b0, ne porte pas sur le contenu des communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Le Roi peut, apr\u00e8s avis de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es et de l\u2019Institut, pr\u00e9ciser les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er.<br \/>\n       \u00a7 3. La combinaison des donn\u00e9es conserv\u00e9es en ex\u00e9cution de l\u2019article 126 et du pr\u00e9sent article doit permettre d\u2019\u00e9tablir la relation entre l\u2019origine de la communication et sa destination.<br \/>\n       Le Roi peut fixer, par arr\u00eat\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres, sur proposition du ministre de la Justice, du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, du ministre de la D\u00e9fense, et du ministre, apr\u00e8s avis des autorit\u00e9s de protection des donn\u00e9es comp\u00e9tentes et de l\u2019Institut, les exigences en mati\u00e8re de pr\u00e9cision et de fiabilit\u00e9 auxquelles les donn\u00e9es vis\u00e9es au pr\u00e9sent article doivent r\u00e9pondre \u00bb.<br \/>\n       B.74.4. L\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 ins\u00e8re, dans la loi du 13 juin 2005, un article 126\/3, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, sont conserv\u00e9es dans la zone g\u00e9ographique compos\u00e9e des :<br \/>\n       &#8211; arrondissements judiciaires dans lesquels au moins trois infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par 1 000 habitants par an ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours;<br \/>\n       138<br \/>\n       &#8211; zones de police dans lesquelles au moins trois infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par 1 000 habitants par an ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours, et situ\u00e9es dans les arrondissements judiciaires dans lesquels pendant l\u2019ann\u00e9e calendrier qui pr\u00e9c\u00e8de celle en cours, moins de trois infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par 1 000 habitants par an sur une moyenne de trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9es.<br \/>\n       Dans l\u2019hypoth\u00e8se vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, premier tiret, le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, est de :<br \/>\n       a) six mois, s\u2019il y a trois ou quatre infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par an par 1 000 habitants constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours;<br \/>\n       b) neuf mois, s\u2019il y a cinq ou six infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par an par 1 000 habitants constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours;<br \/>\n       c) douze mois, s\u2019il y a sept ou plus de sept infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par an par 1 000 habitants constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours.<br \/>\n       Dans l\u2019hypoth\u00e8se vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, deuxi\u00e8me tiret, le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, est de :<br \/>\n       a) six mois, s\u2019il y a trois ou quatre infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par an par 1 000 habitants constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours;<br \/>\n       b) neuf mois, s\u2019il y a cinq ou six infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par an par 1 000 habitants constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours;<br \/>\n       c) douze mois, s\u2019il y a sept ou plus de sept infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par an par 1 000 habitants constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours.<br \/>\n       Le nombre d\u2019infractions ainsi d\u00e9termin\u00e9 est arrondi \u00e0 l\u2019unit\u00e9 sup\u00e9rieure ou inf\u00e9rieure, selon que le chiffre de la premi\u00e8re d\u00e9cimale atteint ou non cinq.<br \/>\n       Les statistiques relatives au nombre d\u2019infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par an par 1 000 habitants constat\u00e9es sur une moyenne des trois ann\u00e9es calendriers qui pr\u00e9c\u00e8dent celle en cours sont issues de la Banque de donn\u00e9es Nationale G\u00e9n\u00e9rale vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 44\/7 de la loi du 5 ao\u00fbt 1992 sur la fonction de police.<br \/>\n       Les p\u00e9rim\u00e8tres des arrondissements judiciaires vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, premier tiret, sont fix\u00e9s par l\u2019article 4 de l\u2019annexe au Code judiciaire.<br \/>\n       139<br \/>\n       Les p\u00e9rim\u00e8tres des zones de police vis\u00e9es \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, deuxi\u00e8me tiret, sont ceux fix\u00e9s \u00e0 l\u2019annexe de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 24 octobre 2001 portant la d\u00e9nomination des zones de police.<br \/>\n       La direction, vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 44\/11 de la loi du 5 ao\u00fbt 1992 sur la fonction de police, envoie les statistiques relatives au nombre d\u2019infractions et la dur\u00e9e de conservation pour chaque arrondissement judiciaire et chaque zone de police \u00e0 l\u2019Organe de contr\u00f4le de l\u2019information polici\u00e8re, qui, dans le mois, apr\u00e8s que toutes les donn\u00e9es n\u00e9cessaires \u00e0 cette fin lui aient \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9es, proc\u00e8de \u00e0 leur validation. L\u2019Organe de contr\u00f4le peut exercer, aux fins de cette validation, toutes ses comp\u00e9tences octroy\u00e9es par le titre 7 de la loi du 30 juillet 2018.<br \/>\n       Les statistiques et les dur\u00e9es de conservation sont transmises par la direction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 44\/11 de la loi du 5 ao\u00fbt 1992 sur la fonction de police au service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi, uniquement apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de leur validation par l\u2019Organe de contr\u00f4le.<br \/>\n       Sur proposition du service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi, chaque ann\u00e9e, les ministres de la Justice et de l\u2019Int\u00e9rieur adoptent la liste des arrondissements judiciaires et des zones de police soumises \u00e0 l\u2019obligation de conservation de donn\u00e9es ainsi que leur dur\u00e9e de conservation.<br \/>\n       Apr\u00e8s cette adoption, le service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi transmet la liste des arrondissements judiciaires et des zones de police soumises \u00e0 l\u2019obligation de conservation de donn\u00e9es, ainsi que leur dur\u00e9e de conservation, aux op\u00e9rateurs.<br \/>\n       \u00a7 2. Les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, sont conserv\u00e9es dans les zones g\u00e9ographiques d\u00e9termin\u00e9es par l\u2019Organe de coordination pour l\u2019analyse de la menace, dont le niveau de la menace, d\u00e9termin\u00e9 par l\u2019\u00e9valuation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 8, 1\u00b0 et 2\u00b0, de la loi du 10 juillet 2006 relative \u00e0 l\u2019analyse de la menace, est au moins de niveau 3, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 11 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 28 novembre 2006 portant ex\u00e9cution de la loi du 10 juillet 2006<br \/>\n       relative \u00e0 l\u2019analyse de la menace, et, aussi longtemps que le niveau de la menace d\u2019au moins niveau 3 perdure pour ces zones.<br \/>\n       Si le niveau de la menace est au moins de niveau 3 et couvre l\u2019ensemble du territoire, l\u2019Organe de coordination pour l\u2019analyse de la menace informe imm\u00e9diatement le service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi afin que ce service prenne les mesures n\u00e9cessaires pour informer les op\u00e9rateurs et proc\u00e9der \u00e0 une conservation g\u00e9n\u00e9rale et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, sur l\u2019ensemble du territoire.<br \/>\n       L\u2019obligation de conservation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2 est confirm\u00e9e par arr\u00eat\u00e9 royal, sur proposition conjointe du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur et du ministre de la Justice. En l\u2019absence de confirmation par arr\u00eat\u00e9 royal, publi\u00e9 dans le mois de la d\u00e9cision vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, la conservation de donn\u00e9es prend fin et les op\u00e9rateurs en sont avertis par le service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi le plus rapidement possible. Apr\u00e8s cette notification, les op\u00e9rateurs suppriment les donn\u00e9es qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es \u00e0 cette fin.<br \/>\n       140<br \/>\n       \u00a7 3. Les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, sont conserv\u00e9es dans les zones particuli\u00e8rement expos\u00e9es \u00e0 des menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale ou \u00e0 la commission d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave, \u00e0 savoir :<br \/>\n       a) les installations portuaires, les ports et les zones de s\u00fbret\u00e9 portuaire vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 2.5.2.2, 3\u00b0 \u00e0 5\u00b0, du Code de la Navigation belge;<br \/>\n       b) les gares au sens de l\u2019article 2, 5\u00b0, de la loi du 27 avril 2018 sur la police des chemins de fer;<br \/>\n       c) les stations de m\u00e9tro et de pr\u00e9-m\u00e9tro;<br \/>\n       d) les a\u00e9roports au sens de l\u2019article 2, point 1), de la directive 2009\/12\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 11 mars 2009 sur les redevances a\u00e9roportuaires, y compris les a\u00e9roports du r\u00e9seau central \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019annexe II, section II, du r\u00e8glement (UE) n\u00b0 1315\/2013<br \/>\n       du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 11 d\u00e9cembre 2013 sur les orientations de l\u2019Union pour le d\u00e9veloppement du r\u00e9seau transeurop\u00e9en de transport et abrogeant la d\u00e9cision n\u00b0 661\/2010\/UE, et les entit\u00e9s exploitant les installations annexes se trouvant dans les a\u00e9roports;<br \/>\n       e) les b\u00e2timents affect\u00e9s \u00e0 l\u2019administration des douanes et accises;<br \/>\n       f) les prisons au sens de l\u2019article 2, 15\u00b0, de la loi de principes du 12 janvier 2005<br \/>\n       concernant l\u2019administration p\u00e9nitentiaire ainsi que le statut juridique des d\u00e9tenus, les centres communautaires pour mineurs ayant commis un fait qualifi\u00e9 infraction, vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 606 du Code d\u2019instruction criminelle, et les centres de psychiatrie l\u00e9gale, vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 3, 4\u00b0, c), de la loi du 5 mai 2014 relative \u00e0 l\u2019internement;<br \/>\n       g) les armuriers et les stands de tir au sens de l\u2019article 2, 1\u00b0 et 19\u00b0, de la loi du 8 juin 2006<br \/>\n       r\u00e9glant des activit\u00e9s \u00e9conomiques et individuelles avec des armes;<br \/>\n       h) les \u00e9tablissements vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 3.1.a), de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 20 juillet 2001 portant r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral de la protection de la population, des travailleurs et de l\u2019environnement contre le danger des rayonnements ionisants;<br \/>\n       i) les \u00e9tablissements vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 2, 1\u00b0, de l\u2019accord de coop\u00e9ration du 16 f\u00e9vrier 2016<br \/>\n       entre l\u2019\u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral, la R\u00e9gion flamande, la R\u00e9gion wallonne et la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale concernant la ma\u00eetrise des dangers li\u00e9s aux accidents majeurs impliquant des substances dangereuses;<br \/>\n       j) les communes dans lesquelles il y a un ou plusieurs \u00e9l\u00e9ments critiques du r\u00e9seau ou une ou plusieurs infrastructures critiques, vis\u00e9s dans la loi du 1er juillet 2011 relative \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 et la protection des infrastructures critiques et ses arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution; lorsque l\u2019ensemble du r\u00e9seau a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 comme infrastructure critique, seuls les \u00e9l\u00e9ments critiques du r\u00e9seau sont pris en compte pour l\u2019application du pr\u00e9sent article;<br \/>\n       k) le si\u00e8ge de la SA Astrid et les b\u00e2timents o\u00f9 sont situ\u00e9s ses centres de donn\u00e9es centraux et provinciaux ainsi que les b\u00e2timents o\u00f9 sont situ\u00e9s les centres de donn\u00e9es centraux et les n\u0153uds de communication du syst\u00e8me de communication et d\u2019informations s\u00e9curis\u00e9 et crypt\u00e9<br \/>\n       141<br \/>\n       vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 11, \u00a7 7, de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 28 novembre 2006 portant ex\u00e9cution de la loi du 10 juillet 2006 relative \u00e0 l\u2019analyse de la menace;<br \/>\n       l) les syst\u00e8mes de r\u00e9seau et d\u2019information qui soutiennent la fourniture des services essentiels des fournisseurs de service essentiels d\u00e9sign\u00e9s sur la base de la loi du 7 avril 2019<br \/>\n       \u00e9tablissant un cadre pour la s\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9seaux et des syst\u00e8mes d\u2019information d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral pour la s\u00e9curit\u00e9 publique;<br \/>\n       m) le cas \u00e9ch\u00e9ant, sans pr\u00e9judice de l\u2019article 126\/1, \u00a7 5, alin\u00e9a 3, les autres zones particuli\u00e8rement expos\u00e9es \u00e0 des menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale ou \u00e0 la commission d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave fix\u00e9es par arr\u00eat\u00e9 royal.<br \/>\n       \u00a7 4. Les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, sont conserv\u00e9es dans les zones o\u00f9 il y a une menace grave potentielle pour les int\u00e9r\u00eats vitaux du pays ou pour les besoins essentiels de la population, \u00e0 savoir :<br \/>\n       a) en mati\u00e8re d\u2019ordre public, les zones neutres au sens de l\u2019article 3 de la loi du 2 mars 1954 tendant \u00e0 pr\u00e9venir et r\u00e9primer les atteintes au libre exercice des pouvoirs souverains \u00e9tablis par la Constitution, et les organes strat\u00e9giques minist\u00e9riels;<br \/>\n       b) pour ce qui concerne le potentiel scientifique et \u00e9conomique, les b\u00e2timents affect\u00e9s aux personnes morales dont le potentiel \u00e9conomique et\/ou scientifique doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 et repris sur une liste \u00e9tablie annuellement par la S\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat et le Service g\u00e9n\u00e9ral du Renseignement et de la S\u00e9curit\u00e9 sur proposition du ministre de la Justice et du ministre de la D\u00e9fense et approuv\u00e9e par le Conseil national de s\u00e9curit\u00e9;<br \/>\n       c) pour le transport, les autoroutes et les parkings publics attenants;<br \/>\n       d) pour ce qui concerne la souverainet\u00e9 nationale et les institutions \u00e9tablies par la Constitution et les lois, les d\u00e9crets ou les ordonnances :<br \/>\n       i) les assembl\u00e9es l\u00e9gislatives vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 1er de la loi du 2 mars 1954 tendant \u00e0 pr\u00e9venir et r\u00e9primer les atteintes au libre exercice des pouvoirs souverains \u00e9tablis par la Constitution;<br \/>\n       ii) les maisons communales et les h\u00f4tels de ville;<br \/>\n       iii) le palais royal;<br \/>\n       iv) les domaines royaux;<br \/>\n       v) les b\u00e2timents affect\u00e9s aux institutions vis\u00e9es au titre III, chapitres 5 \u00e0 7, de la Constitution;<br \/>\n       vi) les communes dans lesquelles se trouvent des domaines militaires;<br \/>\n       vii) les b\u00e2timents affect\u00e9s \u00e0 la police locale, \u00e0 la police f\u00e9d\u00e9rale, ainsi qu\u2019\u00e0 la S\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat;<br \/>\n       142<br \/>\n       e) pour ce qui concerne l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du territoire national, les communes frontali\u00e8res;<br \/>\n       f) pour ce qui concerne les int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques ou financiers importants, y compris dans les domaines mon\u00e9taire, budg\u00e9taire et fiscal, de la sant\u00e9 publique et de la s\u00e9curit\u00e9 sociale :<br \/>\n       i) les h\u00f4pitaux vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 2 de la loi coordonn\u00e9e du 10 juillet 2008 sur les h\u00f4pitaux et autres \u00e9tablissements de soins;<br \/>\n       ii) la Banque nationale de Belgique;<br \/>\n       g) le cas \u00e9ch\u00e9ant, et sans pr\u00e9judice de l\u2019article 126\/1, \u00a7 5, alin\u00e9a 3, les autres zones o\u00f9 il y a une menace grave potentielle pour les int\u00e9r\u00eats vitaux du pays ou pour les besoins essentiels de la population fix\u00e9es par arr\u00eat\u00e9 royal.<br \/>\n       \u00a7 5. Les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, sont conserv\u00e9es dans les zones o\u00f9 il y a une menace potentielle grave pour les int\u00e9r\u00eats des institutions internationales \u00e9tablies sur le territoire national, \u00e0 savoir :<br \/>\n       a) les ambassades et les repr\u00e9sentations diplomatiques;<br \/>\n       b) les b\u00e2timents affect\u00e9s \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne;<br \/>\n       c) les b\u00e2timents et infrastructures affect\u00e9s \u00e0 l\u2019OTAN;<br \/>\n       d) les institutions de l\u2019Espace \u00e9conomique europ\u00e9en;<br \/>\n       e) les institutions des Nations Unies;<br \/>\n       f) le cas \u00e9ch\u00e9ant, et sans pr\u00e9judice de l\u2019article 126\/1, \u00a7 5, alin\u00e9a 3, les autres zones o\u00f9 il y a une menace potentielle grave pour les int\u00e9r\u00eats des institutions internationales \u00e9tablies sur le territoire national fix\u00e9es par arr\u00eat\u00e9 royal.<br \/>\n       \u00a7 6. Pour chaque cat\u00e9gorie de zone vis\u00e9e aux paragraphes 3 \u00e0 5, le Roi d\u00e9termine l\u2019\u00e9tendue du p\u00e9rim\u00e8tre de la zone.<br \/>\n       Chaque autorit\u00e9 comp\u00e9tente dans l\u2019une des mati\u00e8res vis\u00e9es aux paragraphes 3 \u00e0 5, transmet chaque ann\u00e9e \u00e0 la date d\u00e9termin\u00e9e par le Roi, uniquement au service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi, les informations n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9termination concr\u00e8te des zones g\u00e9ographiques.<br \/>\n       Ces autorit\u00e9s informent sans d\u00e9lai uniquement ce service lorsqu\u2019une zone g\u00e9ographique ne correspond plus au crit\u00e8re concern\u00e9 afin qu\u2019il soit mis fin le plus rapidement possible \u00e0 l\u2019obligation de conservation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 126\/1, \u00a7 1er, dans cette zone.<br \/>\n       \u00c0 l\u2019exception de la liste des lieux vis\u00e9s au paragraphe 4, b), mise exclusivement \u00e0 la disposition du Comit\u00e9 permanent R par les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9, le service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi tient \u00e0 la disposition de l\u2019Organe de contr\u00f4le de l\u2019information polici\u00e8re et du Comit\u00e9 permanent R, chacun dans le cadre de ses comp\u00e9tences, la liste actualis\u00e9e des zones vis\u00e9es aux paragraphes 3 \u00e0 5, o\u00f9 une conservation de donn\u00e9es est obligatoire.<br \/>\n       143<br \/>\n       L\u2019Organe de contr\u00f4le de l\u2019information polici\u00e8re et le Comit\u00e9 permanent R peuvent, chacun dans le cadre de ses comp\u00e9tences, formuler des recommandations \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette liste ou ordonner de mani\u00e8re motiv\u00e9e que certaines zones g\u00e9ographiques vis\u00e9es aux paragraphes 3 \u00e0 5<br \/>\n       soient retir\u00e9es de la liste.<br \/>\n       Sur proposition du service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi, chaque ann\u00e9e et lors de chaque modification vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 5, le ministre de la D\u00e9fense, le ministre de la Justice et le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur adoptent la liste des zones g\u00e9ographiques soumises \u00e0 l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es ainsi que leur dur\u00e9e de conservation.<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat\u00e9 minist\u00e9riel vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 6 est publi\u00e9 par voie de mention au Moniteur belge.<br \/>\n       Apr\u00e8s cette approbation, le service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi transmet la liste des zones g\u00e9ographiques soumises \u00e0 l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es, ainsi que leur dur\u00e9e de conservation, aux op\u00e9rateurs.<br \/>\n       Toute personne qui, du chef de sa fonction, a connaissance des donn\u00e9es communiqu\u00e9es par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes au service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi ou de la liste des zones g\u00e9ographiques soumises \u00e0 l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es, ou pr\u00eate son concours \u00e0 la mise en \u0153uvre du pr\u00e9sent article, est tenue de garder le secret. Toute violation du secret est punie conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal \u00bb.<br \/>\n       B.75.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 prend les premier, deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me moyens de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680. Selon elle, les articles 9 \u00e0 11 de la loi du 20 juillet 2022 instaurent une obligation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de conservation des donn\u00e9es de communication, sans que cette conservation s\u2019av\u00e8re n\u00e9cessaire ni strictement limit\u00e9e au regard du but poursuivi. Elle soutient que l\u2019article 9 se contredit en ce qui concerne les finalit\u00e9s de conservation qu\u2019il \u00e9num\u00e8re. Par ailleurs, en ce qui concerne l\u2019article 11, elle affirme que cette disposition autorise de facto une conservation sur l\u2019ensemble du territoire belge, que la conservation des donn\u00e9es dans le cadre de la s\u00e9curit\u00e9 nationale sur la base du niveau de la menace d\u00e9termin\u00e9 par l\u2019OCAM ne fait pas l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le ind\u00e9pendant et que ce niveau n\u2019atteint pas le seuil exig\u00e9 par la Cour de justice, que les d\u00e9lais de conservation pr\u00e9vus ne sont pas limit\u00e9s au strict n\u00e9cessaire, que le syst\u00e8me de zones d\u00e9termin\u00e9es sur la base du taux d\u2019infractions n\u2019est ni pertinent ni proportionn\u00e9, notamment en ce qui concerne la notion de \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb et le syst\u00e8me de statistique retenu, et, enfin, que les zones sp\u00e9cifiques vis\u00e9es couvrent en r\u00e9alit\u00e9 l\u2019ensemble du territoire belge. La partie<br \/>\n       144<br \/>\n       requ\u00e9rante d\u00e9nonce aussi la circonstance que le p\u00e9rim\u00e8tre des zones est fix\u00e9 par le Roi, ce qui violerait le principe de la l\u00e9galit\u00e9 formelle.<br \/>\n       B.75.2. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 prend un moyen unique de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54<br \/>\n       de la directive (UE) 2016\/680.<br \/>\n       En ce qui concerne les zones caract\u00e9ris\u00e9es par un taux important de criminalit\u00e9 grave, la partie requ\u00e9rante soutient que les articles 9 \u00e0 11 de la loi du 20 juillet 2022 pr\u00e9voient la conservation des donn\u00e9es durant une p\u00e9riode qui ne satisfait pas au principe de n\u00e9cessit\u00e9 et qu\u2019ils visent certaines infractions qui rel\u00e8vent de la criminalit\u00e9 ordinaire. \u00c0 titre subsidiaire, la partie requ\u00e9rante demande de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 ce sujet \u00e0 la Cour de justice.<br \/>\n       Elle ajoute que les statistiques retenues renvoient \u00e0 la qualification des faits en d\u00e9but d\u2019enqu\u00eate et non aux infractions aboutissant \u00e0 une condamnation p\u00e9nale, ce qui ne serait pas pertinent, et qu\u2019il revient au Roi de fixer le p\u00e9rim\u00e8tre de la zone, ce qui ne serait pas compatible avec le principe de la l\u00e9galit\u00e9 formelle.<br \/>\n       En ce qui concerne les zones caract\u00e9ris\u00e9es par une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale, la partie requ\u00e9rante conteste le niveau de menace retenu, qui ne serait pas conforme aux exigences de la Cour de justice, et la circonstance que des donn\u00e9es puissent \u00eatre conserv\u00e9es \u00e0 d\u2019autres fins que celles de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale. La partie requ\u00e9rante d\u00e9nonce \u00e9galement l\u2019absence de contr\u00f4le effectif exerc\u00e9 par une autorit\u00e9 ind\u00e9pendante ainsi que la possibilit\u00e9, pour le Roi, de fixer le p\u00e9rim\u00e8tre des zones et de compl\u00e9ter la liste des zones, ce qui ne serait pas compatible avec le principe de la l\u00e9galit\u00e9 formelle.<br \/>\n       En ce qui concerne les mesures qui peuvent \u00eatre prises par les op\u00e9rateurs, la partie requ\u00e9rante estime que l\u2019article 9 de la loi du 20 juillet 2022 autorise une conservation plus \u00e9tendue des donn\u00e9es lorsque l\u2019op\u00e9rateur n\u2019est pas en mesure de d\u00e9terminer la localisation des utilisateurs ou de limiter la conservation \u00e0 la zone concern\u00e9e, ce qui ne serait pas proportionn\u00e9.<br \/>\n       145<br \/>\n       B.75.3. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 prennent le premier moyen de la violation des articles 10, 11, 13, 15, 22, 23 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi qu\u2019avec l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD.<br \/>\n       Dans la troisi\u00e8me branche de ce moyen, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que les mesures de conservation des donn\u00e9es pr\u00e9vues aux articles 9, 10 et 11 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       entra\u00eenent de facto la conservation indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es. \u00c0 cet \u00e9gard, elles rel\u00e8vent que ces dispositions n\u2019op\u00e8rent pas une distinction entre les finalit\u00e9s qu\u2019elles poursuivent, contrairement \u00e0 ce qui est exig\u00e9 par la Cour de justice. Les parties requ\u00e9rantes soutiennent par ailleurs que le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es pr\u00e9vu dans les dispositions attaqu\u00e9es est disproportionn\u00e9 et que ces dispositions autorisent une conservation en dehors de la zone g\u00e9ographique concern\u00e9e. En outre, elles affirment que les diff\u00e9rentes zones g\u00e9ographiques \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 20 juillet 2022 sont trop larges et ne respectent pas le principe de n\u00e9cessit\u00e9. Elles d\u00e9noncent \u00e9galement l\u2019absence de recours effectif organis\u00e9 contre la mesure de conservation pr\u00e9vue aux articles 9 \u00e0 11 de la loi du 20 juillet 2022 ainsi que l\u2019habilitation faite au Roi de d\u00e9terminer le p\u00e9rim\u00e8tre des zones. Enfin, selon les parties requ\u00e9rantes, les obligations suppl\u00e9mentaires de conservation pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 9 de la loi du 20 juillet 2022 pour les services OTT ne sont pas proportionn\u00e9es.<br \/>\n       B.76. Les griefs des parties requ\u00e9rantes sont principalement pris de la violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, par la directive 2002\/58\/CE, par la directive (UE) 2016\/680 et par le RGPD.<br \/>\n       B.77. La Cour de justice a jug\u00e9, par l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9, que l\u2019obligation de conservation des donn\u00e9es relatives aux communications \u00e9lectroniques doit \u00eatre l\u2019exception et non la r\u00e8gle.<br \/>\n       146<br \/>\n       B.78.1. Les articles 126\/1 \u00e0 126\/3 de la loi du 13 juin 2005, tels qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9s par les articles 9 \u00e0 11 de la loi du 20 juillet 2022, obligent les op\u00e9rateurs qu\u2019ils visent \u00e0 conserver une s\u00e9rie de donn\u00e9es (article 126\/2) \u00e0 des fins de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de lutte contre la criminalit\u00e9 grave, de pr\u00e9vention de menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique et de sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique (article 126\/1), dans cinq types de zones g\u00e9ographiques, \u00e0 savoir, premi\u00e8rement, celles qui sont caract\u00e9ris\u00e9es par un taux d\u2019au moins trois infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, du Code d\u2019instruction criminelle par 1 000 habitants par an (article 126\/3, \u00a7 1er), deuxi\u00e8mement, celles dont le niveau de menace est au moins de 3, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 dans le cadre de l\u2019\u00e9valuation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 8, 1\u00b0 et 2\u00b0, de la loi du 10 juillet 2006 \u00ab relative \u00e0 l\u2019analyse de la menace \u00bb, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 11 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 28 novembre 2006 \u00ab portant ex\u00e9cution de la loi du 10 juillet 2006 relative \u00e0 l\u2019analyse de la menace \u00bb (article 126\/3, \u00a7 2), troisi\u00e8mement, celles qui sont particuli\u00e8rement expos\u00e9es \u00e0 des menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale ou \u00e0 la commission d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave, compos\u00e9es d\u2019une s\u00e9rie de lieux limitativement \u00e9num\u00e9r\u00e9s (article 126\/3, \u00a7 3), quatri\u00e8mement, celles qui sont caract\u00e9ris\u00e9es par une menace grave potentielle pour les int\u00e9r\u00eats vitaux du pays ou pour les besoins essentiels de la population, compos\u00e9es d\u2019une s\u00e9rie de lieux limitativement \u00e9num\u00e9r\u00e9s (article 126\/3, \u00a7 4), et, cinqui\u00e8mement, celles qui sont caract\u00e9ris\u00e9es par une menace potentielle grave pour les int\u00e9r\u00eats des institutions internationales \u00e9tablies sur le territoire national, compos\u00e9es d\u2019une s\u00e9rie de lieux limitativement \u00e9num\u00e9r\u00e9s (article 126\/3, \u00a7 5).<br \/>\n       B.78.2. Dans le dispositif de l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9, la Cour de justice a dit pour droit que l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8<br \/>\n       et 11 ainsi que de l\u2019article 52, paragraphe 1, de la Charte, s\u2019oppose \u00e0 des mesures l\u00e9gislatives pr\u00e9voyant, aux fins vis\u00e9es dans cet article 15, paragraphe 1, \u00e0 titre pr\u00e9ventif, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation.<br \/>\n       Dans ce m\u00eame dispositif, la Cour de justice a dit pour droit que l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8 et 11, ainsi que de l\u2019article 52, paragraphe 1, de la Charte, ne s\u2019oppose toutefois pas \u00e0 des mesures l\u00e9gislatives :<br \/>\n       &#8211; pr\u00e9voyant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, une<br \/>\n       147<br \/>\n       conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation qui soit d\u00e9limit\u00e9e, sur la base d\u2019\u00e9l\u00e9ments objectifs et non discriminatoires, en fonction de cat\u00e9gories de personnes concern\u00e9es ou au moyen d\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique, pour une p\u00e9riode limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire mais renouvelable;<br \/>\n       &#8211; pr\u00e9voyant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source d\u2019une connexion, pour une p\u00e9riode limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire;<br \/>\n       &#8211; pr\u00e9voyant, aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 et de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique, une conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es relatives \u00e0 l\u2019identit\u00e9 civile des utilisateurs de moyens de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Les mesures l\u00e9gislatives pr\u00e9cit\u00e9es doivent toutefois garantir, par des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises, que la conservation des donn\u00e9es en cause est subordonn\u00e9e au respect de conditions mat\u00e9rielles et proc\u00e9durales et que les personnes concern\u00e9es disposent de garanties effectives contre les risques d\u2019abus.<br \/>\n       B.79.1. Les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2 de la loi du 13 juin 2005 peuvent, en principe, faire l\u2019objet d\u2019une conservation pr\u00e9ventive cibl\u00e9e en vue des finalit\u00e9s de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et de la pr\u00e9vention de menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique, vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/1, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       Comme la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat l\u2019a observ\u00e9 dans son avis sur l\u2019avant-<br \/>\n       projet de loi qui est \u00e0 l\u2019origine de la loi du 20 juillet 2022, la finalit\u00e9 de \u00ab sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique \u00bb, \u00e9galement vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 126\/1, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, de la loi du 13 juin 2005, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme relevant de la finalit\u00e9 de sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 publique (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, p. 279).<br \/>\n       148<br \/>\n       B.79.2. Il appartient \u00e0 la Cour de v\u00e9rifier, au regard desdites normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es en B.76, si les articles 126\/1 \u00e0 126\/3 de la loi du 13 juin 2005 pr\u00e9voient des r\u00e8gles claires et pr\u00e9cises concernant la port\u00e9e et l\u2019application de la mesure de conservation des donn\u00e9es pr\u00e9vues et imposent des exigences minimales. L\u2019ing\u00e9rence doit se limiter au strict n\u00e9cessaire et r\u00e9pondre \u00e0 des crit\u00e8res objectifs, \u00e9tablissant un rapport entre les donn\u00e9es conserv\u00e9es et l\u2019objectif poursuivi. Il revient au l\u00e9gislateur d\u2019op\u00e9rer les distinctions qui s\u2019imposent entre les diff\u00e9rents types de donn\u00e9es soumises \u00e0 conservation, de sorte \u00e0 garantir que, pour chaque type de donn\u00e9e, l\u2019ing\u00e9rence soit limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire.<br \/>\n       B.80.1. En ce qui concerne la mesure de conservation des donn\u00e9es \u00e0 des fins de s\u00e9curit\u00e9 nationale, la Cour de justice a jug\u00e9, dans l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9 :<br \/>\n       \u00ab 148. S\u2019agissant de la d\u00e9limitation dont doit faire l\u2019objet une telle mesure de conservation des donn\u00e9es, celle-ci peut, notamment, \u00eatre fix\u00e9e en fonction des cat\u00e9gories de personnes concern\u00e9es, d\u00e8s lors que l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58 ne s\u2019oppose pas \u00e0 une r\u00e9glementation fond\u00e9e sur des \u00e9l\u00e9ments objectifs, permettant de viser les personnes dont les donn\u00e9es relatives au trafic et les donn\u00e9es de localisation sont susceptibles de r\u00e9v\u00e9ler un lien, au moins indirect, avec des actes de criminalit\u00e9 grave, de contribuer d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre \u00e0 la lutte contre la criminalit\u00e9 grave ou de pr\u00e9venir un risque grave pour la s\u00e9curit\u00e9 publique ou encore un risque pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale (voir, en ce sens, arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Tele2, C-203\/15 et C-698\/15, EU:C:2016:970, point 111).<br \/>\n       149. \u00c0 cet \u00e9gard, il convient de pr\u00e9ciser que les personnes ainsi vis\u00e9es peuvent notamment \u00eatre celles ayant \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement identifi\u00e9es, dans le cadre des proc\u00e9dures nationales applicables et sur la base d\u2019\u00e9l\u00e9ments objectifs, comme pr\u00e9sentant une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 publique ou la s\u00e9curit\u00e9 nationale de l\u2019\u00c9tat membre concern\u00e9.<br \/>\n       150. La d\u00e9limitation d\u2019une mesure pr\u00e9voyant la conservation des donn\u00e9es relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation peut \u00e9galement \u00eatre fond\u00e9e sur un crit\u00e8re g\u00e9ographique lorsque les autorit\u00e9s nationales comp\u00e9tentes consid\u00e8rent, sur la base d\u2019\u00e9l\u00e9ments objectifs et non discriminatoires, qu\u2019il existe, dans une ou plusieurs zones g\u00e9ographiques, une situation caract\u00e9ris\u00e9e par un risque \u00e9lev\u00e9 de pr\u00e9paration ou de commission d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave (voir, en ce sens, arr\u00eat du 21 d\u00e9cembre 2016, Tele2, C-203\/15 et C-698\/15, EU:C:2016:970, point 111). Ces zones peuvent \u00eatre, notamment, des lieux caract\u00e9ris\u00e9s par un nombre \u00e9lev\u00e9 d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave, des lieux particuli\u00e8rement expos\u00e9s \u00e0 la commission d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave, tels que des lieux ou infrastructures fr\u00e9quent\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement par un nombre tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de personnes, ou encore des lieux strat\u00e9giques, tels que des a\u00e9roports, des gares ou des zones de p\u00e9ages.<br \/>\n       151. Afin d\u2019assurer que l\u2019ing\u00e9rence que comportent les mesures de conservation cibl\u00e9e d\u00e9crites aux points 147 \u00e0 150 du pr\u00e9sent arr\u00eat soit conforme au principe de proportionnalit\u00e9, leur dur\u00e9e ne saurait d\u00e9passer celle qui est strictement n\u00e9cessaire au regard de l\u2019objectif poursuivi ainsi que des circonstances les justifiant, sans pr\u00e9judice d\u2019un renouvellement \u00e9ventuel<br \/>\n       149<br \/>\n       en raison de la persistance de la n\u00e9cessit\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 une telle conservation \u00bb (CJUE, 6 octobre 2020, C-511\/18, C-512\/18 et C-520\/18 pr\u00e9cit\u00e9s).<br \/>\n       B.80.2. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires des dispositions attaqu\u00e9es que le l\u00e9gislateur a souhait\u00e9, par les articles 126\/1 \u00e0 126\/3 de la loi du 13 juin 2005, mettre en \u0153uvre la possibilit\u00e9 de d\u00e9limiter une mesure de conservation des donn\u00e9es sur la base d\u2019un crit\u00e8re g\u00e9ographique, possibilit\u00e9 mise en \u00e9vidence par l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9 (Doc.<br \/>\n       parl., Chambre, 2021-2022, Doc 55-2572\/001, pp. 45-49).<br \/>\n       B.80.3.1. La mise en \u0153uvre du crit\u00e8re g\u00e9ographique pr\u00e9cit\u00e9 doit toutefois s\u2019av\u00e9rer pertinente et proportionn\u00e9e au regard des finalit\u00e9s poursuivies.<br \/>\n       B.80.3.2. Comme la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat l\u2019a observ\u00e9 dans son avis sur l\u2019avant-projet de loi qui est \u00e0 l\u2019origine de la loi du 20 juillet 2022, le nombre et la vari\u00e9t\u00e9 des zones vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3 de la loi du 13 juin 2005 sont consid\u00e9rables et leur addition aboutit \u00e0 couvrir une partie assez importante du territoire (ibid., p. 283).<br \/>\n       B.80.3.3. Il ressort de l\u2019expos\u00e9 des motifs du projet \u00e0 l\u2019origine de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       que le l\u00e9gislateur estime que le terme \u00ab zones g\u00e9ographiques \u00bb vis\u00e9 au point 150 de l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9, \u00ab peut \u00e0 l\u2019issue de l\u2019examen des statistiques de chaque arrondissement porter sur l\u2019ensemble du territoire national s\u2019il y a dans chacun de ces arrondissements un taux de criminalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9 \u00bb (ibid., p. 65).<br \/>\n       En ce qui concerne la premi\u00e8re cat\u00e9gorie de zones g\u00e9ographiques, d\u00e9finie \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7 1er, de la loi du 13 juin 2005, lequel pr\u00e9voit la conservation des donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/2, \u00a7 2, de la loi du 13 juin 2005 sur la base de lieux caract\u00e9ris\u00e9s par un nombre \u00e9lev\u00e9 de faits de criminalit\u00e9 grave (crit\u00e8re statistique), le l\u00e9gislateur reconna\u00eet qu\u2019\u00ab on ne peut d\u00e8s lors nier qu\u2019il existe une possibilit\u00e9, sur base de donn\u00e9es statistiques, qui sont par d\u00e9finition dynamiques et \u00e9volutives, que des donn\u00e9es doivent \u00eatre conserv\u00e9es, dans tous les arrondissements judiciaires et donc pour l\u2019ensemble du territoire \u00bb (ibid., p. 66).<br \/>\n       150<br \/>\n       Le l\u00e9gislateur rel\u00e8ve \u00e9galement que \u00ab les groupes d\u2019auteurs sont, par ailleurs, tr\u00e8s mobiles et se d\u00e9placent et que le crime organis\u00e9 est par essence polycriminel. Se limiter d\u2019office \u00e0 certains lieux tr\u00e8s cibl\u00e9s au niveau local pour ce type de criminalit\u00e9 n\u2019est pas appropri\u00e9 \u00bb (ibid., pp. 63-64).<br \/>\n       Lors de l\u2019examen du projet de loi au sein de la commission comp\u00e9tente de la Chambre des repr\u00e9sentants, le ministre de la Justice a observ\u00e9, en ce qui concerne les zones strat\u00e9giques \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7\u00a7 3 \u00e0 5, de la loi du 13 juin 2005, qu\u2019\u00ab au total, environ 30 % du territoire constituera une zone strat\u00e9gique, ce qui montre avant tout que la Belgique est un pays de petite taille dens\u00e9ment peupl\u00e9 \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/003, p. 104).<br \/>\n       B.80.3.4. Le simple constat que la mesure de conservation des donn\u00e9es vis\u00e9e aux articles 126\/1 \u00e0 126\/3 peut cibler l\u2019ensemble du territoire dans certaines circonstances ne signifie toutefois pas que celle-ci doive s\u2019assimiler \u00e0 une mesure g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de conservation des donn\u00e9es visant de mani\u00e8re indiff\u00e9renci\u00e9e l\u2019ensemble des utilisateurs des moyens de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       En effet, ceci ne correspond pas \u00e0 l\u2019objectif du l\u00e9gislateur, mais uniquement \u00e0 une cons\u00e9quence possible de donn\u00e9es statistiques de zones g\u00e9ographiques d\u00e9crites et d\u00e9limit\u00e9es en d\u00e9tail \u00e0 l\u2019article 126\/3. Les statistiques relatives au nombre d\u2019infractions dans ces zones g\u00e9ographiques d\u00e9terminent avec objectivit\u00e9 et pertinence la r\u00e8gle applicable en mati\u00e8re de conservation et de traitement de donn\u00e9es.<br \/>\n       Par cons\u00e9quent, la loi r\u00e9pond \u00e0 l\u2019exigence, cit\u00e9e au point 150 de l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice du 6 octobre 2020, pr\u00e9cit\u00e9, de ce que \u00ab les autorit\u00e9s nationales comp\u00e9tentes consid\u00e8rent, sur la base d\u2019\u00e9l\u00e9ments objectifs et non discriminatoires, qu\u2019il existe, dans une ou plusieurs zones g\u00e9ographiques, une situation caract\u00e9ris\u00e9e par un risque \u00e9lev\u00e9 de pr\u00e9paration ou de commission d\u2019actes de criminalit\u00e9 grave \u00bb.<br \/>\n       B.81. Par cons\u00e9quent, par la mesure de conservation des donn\u00e9es pr\u00e9vue aux articles 9 \u00e0 11 de la loi du 20 juillet 2022, le l\u00e9gislateur s\u2019est limit\u00e9 au strict n\u00e9cessaire.<br \/>\n       151<br \/>\n       B.82. Les premier, deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 et le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en sa troisi\u00e8me branche, ne sont pas fond\u00e9s en ce qu\u2019ils sont pris de la violation de l\u2019article 22 de la Constitution, lu en combinaison avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte et avec l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       8. L\u2019\u00e9num\u00e9ration des autorit\u00e9s comp\u00e9tentes et des finalit\u00e9s dans le cadre de l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es (article 13)<br \/>\n       B.83. Les premier et quatri\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931, ainsi que les premi\u00e8re et deuxi\u00e8me branches du troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 portent sur l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       Cette disposition ins\u00e8re, dans la loi du 13 juin 2005, un article 127\/1, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Pour l\u2019application du pr\u00e9sent article, la criminalit\u00e9 grave comprend notamment les faits pour lesquels il existe des indices s\u00e9rieux :<br \/>\n       1\u00b0 qu\u2019ils sont de nature \u00e0 entra\u00eener la peine minimale d\u2019emprisonnement correctionnel principal vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 88bis, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, du Code d\u2019instruction criminelle;<br \/>\n       2\u00b0 qu\u2019ils sont de nature \u00e0 entra\u00eener une sanction de niveau 5 ou 6 vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article XV.70<br \/>\n       du Code de droit \u00e9conomique;<br \/>\n       3\u00b0 qu\u2019ils pourraient constituer une infraction aux articles 14 ou 15 du r\u00e8glement (UE) n\u00b0 596\/2014 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 16 avril 2014 sur les abus de march\u00e9 (r\u00e8glement relatif aux abus de march\u00e9) et abrogeant la directive 2003\/6\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil et les directives 2003\/124\/CE, 2003\/125\/CE et 2004\/72\/CE<br \/>\n       de la Commission ou aux dispositions prises sur la base ou en ex\u00e9cution de ces articles.<br \/>\n       \u00a7 2. Seules les autorit\u00e9s suivantes peuvent obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 122 et 123, pour les finalit\u00e9s ci-dessous, pour autant que pr\u00e9vu par et aux conditions fix\u00e9es dans une norme l\u00e9gislative formelle :<br \/>\n       1\u00b0 les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9, afin d\u2019accomplir les missions qui leur sont attribu\u00e9es par la loi du 30 novembre 1998 organique des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9;<br \/>\n       152<br \/>\n       2\u00b0 les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes aux fins de la pr\u00e9vention de menaces graves pour la s\u00e9curit\u00e9 publique;<br \/>\n       3\u00b0 les autorit\u00e9s charg\u00e9es de la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux de personnes physiques;<br \/>\n       4\u00b0 les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour l\u2019examen d\u2019une d\u00e9faillance de la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau ou du service de communications \u00e9lectroniques ou des syst\u00e8mes d\u2019information;<br \/>\n       5\u00b0 les autorit\u00e9s administratives ou judiciaires comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019une infraction commise en ligne ou par le biais d\u2019un r\u00e9seau ou service de communications \u00e9lectroniques;<br \/>\n       6\u00b0 les autorit\u00e9s administratives ou judiciaires comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019un fait qui rel\u00e8ve de la criminalit\u00e9 grave;<br \/>\n       7\u00b0 les autorit\u00e9s administratives charg\u00e9es de pr\u00e9server un int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique ou financier important de l\u2019Union europ\u00e9enne ou de la Belgique, y compris dans les domaines mon\u00e9taire, budg\u00e9taire et fiscal, de la sant\u00e9 publique et de la s\u00e9curit\u00e9 sociale;<br \/>\n       8\u00b0 les autorit\u00e9s administratives ou judiciaires comp\u00e9tentes pour la pr\u00e9vention, la recherche, la d\u00e9tection ou la poursuite d\u2019un fait qui constitue une infraction p\u00e9nale mais qui ne rel\u00e8ve pas de la criminalit\u00e9 grave;<br \/>\n       9\u00b0 l\u2019Institut dans le cadre du contr\u00f4le de la pr\u00e9sente loi et les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour la protection des donn\u00e9es dans le cadre de leurs missions de contr\u00f4le;<br \/>\n       10\u00b0 les autorit\u00e9s qui sont l\u00e9galement habilit\u00e9es \u00e0 r\u00e9utiliser des donn\u00e9es \u00e0 des fins de recherche scientifique ou historique ou \u00e0 des fins statistiques.<br \/>\n       \u00a7 3. Les donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 126 et 127 le sont pour les autorit\u00e9s et les finalit\u00e9s vis\u00e9es au paragraphe 2, 1\u00b0 \u00e0 8\u00b0.<br \/>\n       Seules les autorit\u00e9s vis\u00e9es au paragraphe 2 peuvent obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 126 et 127, pour les finalit\u00e9s pr\u00e9vues dans ce m\u00eame paragraphe, pour autant que pr\u00e9vu par et aux conditions fix\u00e9es dans une norme l\u00e9gislative formelle.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, les autorit\u00e9s vis\u00e9es au paragraphe 2, 10\u00b0, ne peuvent pas obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source de la connexion.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, une demande d\u2019une autorit\u00e9 d\u2019obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source d\u2019une connexion n\u2019est autoris\u00e9e qu\u2019aux fins de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave, de la pr\u00e9vention des menaces graves contre la s\u00e9curit\u00e9 publique et de la sauvegarde des int\u00e9r\u00eats vitaux d\u2019une personne physique, lorsque cette autorit\u00e9 serait en mesure, \u00e0 l\u2019aide des informations en sa possession et des adresses IP attribu\u00e9es \u00e0 la source de la connexion obtenues de l\u2019op\u00e9rateur, de tracer le parcours de navigation d\u2019un utilisateur final sur Internet.<br \/>\n       153<br \/>\n       \u00a7 4. Les donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 126\/1 et 126\/3 le sont pour les autorit\u00e9s et finalit\u00e9s vis\u00e9es au paragraphe 2, 1\u00b0 \u00e0 3\u00b0 et 6\u00b0.<br \/>\n       Seules les autorit\u00e9s vis\u00e9es au paragraphe 2, 1\u00b0 \u00e0 3\u00b0, 6\u00b0 et 9\u00b0, peuvent obtenir d\u2019un op\u00e9rateur, pour les finalit\u00e9s vis\u00e9es dans ce m\u00eame paragraphe, des donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 126\/1 et 126\/3, pour autant que pr\u00e9vu par et aux conditions fix\u00e9es dans une norme l\u00e9gislative formelle.<br \/>\n       \u00a7 5. La norme l\u00e9gislative formelle de droit belge vis\u00e9e aux paragraphes 2 \u00e0 4 pr\u00e9cise :<br \/>\n       &#8211; la ou les cat\u00e9gories d\u2019entreprises auxquelles l\u2019autorit\u00e9 peut demander des donn\u00e9es;<br \/>\n       &#8211; les cat\u00e9gories de donn\u00e9es qui peuvent \u00eatre demand\u00e9es;<br \/>\n       &#8211; les finalit\u00e9s poursuivies;<br \/>\n       &#8211; les m\u00e9canismes de contr\u00f4le de la demande de donn\u00e9es, qui est effectu\u00e9 en interne ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, par une juridiction ou une autorit\u00e9 administrative ind\u00e9pendante.<br \/>\n       Le ministre fait publier au Moniteur belge une circulaire qui comprend une liste des autorit\u00e9s belges qui sont habilit\u00e9es \u00e0 obtenir d\u2019un op\u00e9rateur des donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 122, 123, 126, 126\/1, 126\/3 et 127.<br \/>\n       \u00c0 la demande du ministre ou de l\u2019Institut, les autorit\u00e9s belges vis\u00e9es aux paragraphes 2 \u00e0 4<br \/>\n       fournissent les informations n\u00e9cessaires pour la r\u00e9daction de cette circulaire.<br \/>\n       \u00a7 6. Les demandes que les autorit\u00e9s adressent aux op\u00e9rateurs afin d\u2019obtenir certaines donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 122, 123, 126, 126\/1, 126\/3 ou 127 comprennent les mentions minimales suivantes :<br \/>\n       1\u00b0 l\u2019identit\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9 demanderesse, ou, lorsque la demande est envoy\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur par un service central pour le compte de cette autorit\u00e9, l\u2019identit\u00e9 de ce service;<br \/>\n       2\u00b0 la fonction de la personne de contact aupr\u00e8s de l\u2019autorit\u00e9 demanderesse, ou, lorsque la demande est envoy\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur par un service central pour le compte de l\u2019autorit\u00e9, la fonction de la personne de contact aupr\u00e8s de ce service central;<br \/>\n       3\u00b0 la base juridique sur laquelle se fonde la demande, sauf lorsque la demande est envoy\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur par le biais d\u2019un service central pour le compte d\u2019une autre autorit\u00e9;<br \/>\n       4\u00b0 le d\u00e9lai de r\u00e9ponse souhait\u00e9.<br \/>\n       \u00a7 7. L\u2019Institut transmet annuellement au ministre et au ministre de la Justice des statistiques sur la fourniture aux autorit\u00e9s de donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 122, 123,<br \/>\n       154<br \/>\n       126, 126\/1, 126\/3 et 127. Ces ministres les transmettent annuellement \u00e0 la Chambre des repr\u00e9sentants.<br \/>\n       Ces statistiques comprennent notamment :<br \/>\n       1\u00b0 les cas dans lesquels des donn\u00e9es conserv\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 transmises aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes conform\u00e9ment aux dispositions l\u00e9gales applicables;<br \/>\n       2\u00b0 le laps de temps \u00e9coul\u00e9 entre la date \u00e0 partir de laquelle les donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es et la date \u00e0 laquelle les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes ont demand\u00e9 leur transmission;<br \/>\n       3\u00b0 les cas dans lesquels des demandes de donn\u00e9es conserv\u00e9es n\u2019ont pu \u00eatre satisfaites.<br \/>\n       Ces statistiques ne peuvent comprendre des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel ou de l\u2019information confidentielle.<br \/>\n       Les donn\u00e9es qui concernent l\u2019application de l\u2019alin\u00e9a 2, 1\u00b0, sont \u00e9galement jointes au rapport que le ministre de la Justice fait au Parlement conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 90decies du Code d\u2019instruction criminelle.<br \/>\n       L\u2019Institut demande aux op\u00e9rateurs et au service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi les informations qui lui permettent de remplir l\u2019obligation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er \u00bb.<br \/>\n       B.84.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 prend les premier et quatri\u00e8me moyens de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680, en ce que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 autorise un acc\u00e8s tr\u00e8s large aux donn\u00e9es concern\u00e9es, qui font elles-m\u00eames l\u2019objet d\u2019une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. En particulier, elle soutient que les autorit\u00e9s vis\u00e9es sortent du cadre des finalit\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, qu\u2019aucune hi\u00e9rarchie entre les finalit\u00e9s n\u2019est \u00e9tablie, que la notion de \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb retenue n\u2019est pas conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice et qu\u2019il appartient au ministre comp\u00e9tent de d\u00e9terminer les autorit\u00e9s qui peuvent acc\u00e9der aux donn\u00e9es, ce qui n\u2019est pas compatible avec le principe de la l\u00e9galit\u00e9 formelle.<br \/>\n       B.84.2. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 prend un moyen unique de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54<br \/>\n       de la directive (UE) 2016\/680. La partie requ\u00e9rante affirme que l\u2019article 13 de la loi du<br \/>\n       155<br \/>\n       20 juillet 2022 autorise le ministre comp\u00e9tent \u00e0 \u00e9num\u00e9rer les autorit\u00e9s habilit\u00e9es \u00e0 acc\u00e9der aux donn\u00e9es vis\u00e9es, ce qui viole le principe de la l\u00e9galit\u00e9 formelle, que cette disposition n\u2019exige pas que la demande d\u2019acc\u00e8s soit motiv\u00e9e par rapport \u00e0 la finalit\u00e9 poursuivie et que la mani\u00e8re dont la \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb est d\u00e9finie n\u2019est pas conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice.<br \/>\n       B.84.3. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 prennent un troisi\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 15, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD.<br \/>\n       Dans une premi\u00e8re branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 ne respecte pas la hi\u00e9rarchie des finalit\u00e9s impos\u00e9e par la jurisprudence de la Cour de justice, que la d\u00e9finition de la \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb retenue n\u2019est pas conforme \u00e0 cette jurisprudence, que les autorit\u00e9s vis\u00e9es sont trop nombreuses et que celles-ci sortent du cadre des finalit\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es par l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE.<br \/>\n       Dans une deuxi\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que les griefs dirig\u00e9s contre l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022 valent aussi pour les modalit\u00e9s sp\u00e9cifiques d\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, pr\u00e9vues aux chapitres 3 \u00e0 10 de la loi du 20 juillet 2022, qui, par ailleurs, ne pr\u00e9voient pas syst\u00e9matiquement les garanties proc\u00e9durales n\u00e9cessaires ainsi qu\u2019un contr\u00f4le ind\u00e9pendant lors de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es sensibles. \u00c0 cet \u00e9gard, les parties requ\u00e9rantes citent les articles 21, 24, 26, 27, 28, 33, 34, 35, 37, 40, 41, 42 et 44 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.85. Les griefs des parties requ\u00e9rantes sont principalement pris de la violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, par la directive 2002\/58\/CE, par<br \/>\n       156<br \/>\n       la directive (UE) 2016\/680 et par le RGPD. Elles ne formulent explicitement aucun grief de violation des autres normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es en B.84.1 \u00e0 B.84.3.<br \/>\n       B.86. L\u2019article 127\/1 de la loi du 13 juin 2005 porte sur l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 122, 123, 126, 126\/1, 126\/3 et 127 de cette loi.<br \/>\n       B.87.1. Il ressort du libell\u00e9 de l\u2019article 127\/1 de la loi du 13 juin 2005 ainsi que de ses travaux pr\u00e9paratoires que cette disposition ne r\u00e8gle pas l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es vis\u00e9es aux articles 122, 123, 126, 126\/1, 126\/3 et 127 de la loi du 13 juin 2005 (Doc. parl., Chambre, 2021-<br \/>\n       2022, DOC 55-2572\/001, pp. 96-97).<br \/>\n       B.87.2. En effet, l\u2019article 127\/1 de la loi du 13 juin 2005 se limite \u00e0 \u00e9num\u00e9rer les autorit\u00e9s et les finalit\u00e9s qui peuvent permettre l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es sur la base des articles 122, 123, 126, 126\/1, 126\/3 et 127 de la loi du 13 juin 2005. Si l\u2019article 127\/1 s\u2019oppose \u00e0 ce qu\u2019une autre autorit\u00e9 soit d\u00e9sign\u00e9e ou \u00e0 ce qu\u2019une autre finalit\u00e9 soit invoqu\u00e9e en vue d\u2019acc\u00e9der aux donn\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es, il n\u2019autorise pas non plus lui-m\u00eame l\u2019ensemble des autorit\u00e9s et des finalit\u00e9s qu\u2019il \u00e9num\u00e8re \u00e0 y avoir acc\u00e8s, comme l\u2019a observ\u00e9 la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat dans son avis sur l\u2019avant-projet de loi qui est \u00e0 l\u2019origine de la loi du 20 juillet 2022 (ibid., pp. 309-311).<br \/>\n       B.87.3. Les conditions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 127\/1 de la loi du 13 juin 2005 ne sont pas suffisantes pour permettre l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es concern\u00e9es. Il est en effet exig\u00e9 qu\u2019une \u00ab norme l\u00e9gislative formelle \u00bb sp\u00e9cifique soit adopt\u00e9e (article 127\/1, \u00a7\u00a7 2 et 3) et que celle-ci pr\u00e9cise \u00ab la ou les cat\u00e9gories d\u2019entreprises auxquelles l\u2019autorit\u00e9 peut demander des donn\u00e9es \u00bb, \u00ab les cat\u00e9gories de donn\u00e9es qui peuvent \u00eatre demand\u00e9es \u00bb, \u00ab les finalit\u00e9s poursuivies \u00bb et \u00ab les m\u00e9canismes de contr\u00f4le de la demande de donn\u00e9es, qui est effectu\u00e9e en interne ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, par une juridiction ou une autorit\u00e9 administrative ind\u00e9pendante \u00bb (article 127\/1, \u00a7 5).<br \/>\n       157<br \/>\n       C\u2019est \u00e0 travers les diff\u00e9rentes \u00ab normes l\u00e9gislatives formelles \u00bb vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1 qu\u2019il appartient au l\u00e9gislateur d\u2019op\u00e9rer les distinctions qui s\u2019imposent entre les diff\u00e9rents types de donn\u00e9es conserv\u00e9es, de mani\u00e8re \u00e0 garantir que, pour chaque type de donn\u00e9es, l\u2019ing\u00e9rence soit limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire.<br \/>\n       B.88. Partant, en ce qu\u2019ils portent sur l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es dont la conservation est autoris\u00e9e par la loi du 13 juin 2005, les griefs des parties requ\u00e9rantes ne sauraient \u00eatre imputables \u00e0 l\u2019article 127\/1 de cette loi, mais aux \u00ab normes l\u00e9gislatives formelles \u00bb, vis\u00e9es dans cette disposition, qui d\u00e9terminent les donn\u00e9es cibl\u00e9es, les autorit\u00e9s qui peuvent en demander l\u2019acc\u00e8s, les finalit\u00e9s pr\u00e9cises qui sont poursuivies, ainsi que les m\u00e9canismes \u00e9ventuels de contr\u00f4le.<br \/>\n       Dans ce cadre, le troisi\u00e8me moyen, en sa deuxi\u00e8me branche, des parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme portant sur de telles normes l\u00e9gislatives formelles, d\u00e8s lors que ces parties se limitent \u00e0 citer les articles 21, 24, 26, 27, 28, 33, 34, 35, 37, 40, 41, 42 et 44 de la loi du 20 juillet 2022, sans d\u00e9montrer en quoi ceux-ci constitueraient des applications de l\u2019article 127\/1 de la loi du 13 juin 2005, et qu\u2019elles n\u2019\u00e9tayent pas davantage en quoi ces dispositions violeraient concr\u00e8tement les normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es en B.85.<br \/>\n       B.89. Enfin, en ce qui concerne la compatibilit\u00e9 de l\u2019article 127\/1, \u00a7 5, alin\u00e9a 2, de la loi du 13 juin 2005 avec le principe de la l\u00e9galit\u00e9 formelle, en ce que cette disposition pr\u00e9voit que le ministre comp\u00e9tent fait publier au Moniteur belge une circulaire comprenant la liste des autorit\u00e9s belges habilit\u00e9es \u00e0 obtenir d\u2019un op\u00e9rateur l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 122, 123, 126, 126\/1, 126\/3 et 127 de la loi du 13 juin 2005, cette disposition vise uniquement \u00e0 permettre au ministre pr\u00e9cit\u00e9 d\u2019\u00e9num\u00e9rer, dans une circulaire, l\u2019ensemble des autorit\u00e9s cibl\u00e9es dans les \u00ab normes l\u00e9gislatives formelles \u00bb dont il est question \u00e0 l\u2019article 127\/1<br \/>\n       de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       L\u2019article 127\/1, \u00a7 5, alin\u00e9a 2, n\u2019habilite pas un ministre \u00e0 d\u00e9terminer les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour acc\u00e9der aux donn\u00e9es vis\u00e9es aux articles 122, 123, 126, 126\/1, 126\/3 et 127<br \/>\n       de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       158<br \/>\n       B.90. Les premier et quatri\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 ainsi que le troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en ses premi\u00e8re et deuxi\u00e8me branches, ne sont pas fond\u00e9s en ce qu\u2019ils portent sur l\u2019article 13 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.91.1. Dans son moyen unique, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 d\u00e9nonce \u00e9galement la non-information de la personne dont les donn\u00e9es font l\u2019objet d\u2019un acc\u00e8s et l\u2019absence de voies de recours en cas d\u2019acc\u00e8s ill\u00e9gal \u00e0 ces donn\u00e9es. En ce qui concerne l\u2019absence d\u2019information pr\u00e9cit\u00e9e, elle demande \u00e0 titre subsidiaire qu\u2019une question pr\u00e9judicielle soit pos\u00e9e \u00e0 la Cour de justice.<br \/>\n       B.91.2. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 prennent un quatri\u00e8me moyen de la violation des articles 10, 11, 13 et 22 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, avec la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD.<br \/>\n       Dans ce moyen, les parties requ\u00e9rantes d\u00e9noncent de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale la non-notification \u00e0 l\u2019utilisateur de l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, ce qui serait contraire au droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice et au droit \u00e0 un recours effectif, sans toutefois viser une disposition particuli\u00e8re de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.91.3. Si ces moyens peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme portant sur l\u2019article 127\/1 de la loi du 13 juin 2005, il y a lieu de rappeler, comme il est dit en B.87.1, que cette disposition n\u2019autorise pas en soi l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es concern\u00e9es. Partant, la demande de poser une question pr\u00e9judicielle faite par la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 n\u2019est pas pertinente dans le cadre de l\u2019article 127\/1 de la loi du 13 juin 2005.<br \/>\n       Par ailleurs, en ce que le quatri\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 porterait sur les \u00ab normes l\u00e9gislatives formelles \u00bb sp\u00e9cifiques vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127\/1 de la loi du 13 juin 2005, les parties requ\u00e9rantes ne visent aucune disposition l\u00e9gislative particuli\u00e8re \u00e0 l\u2019appui de leurs griefs, ni n\u2019expliquent en quoi ces normes l\u00e9gislatives formelles sp\u00e9cifiques violeraient les normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es en B.85.<br \/>\n       159<br \/>\n       B.91.4. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931, en ce qu\u2019il porte sur les griefs mentionn\u00e9s en B.91.1, et le quatri\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 ne sont pas fond\u00e9s.<br \/>\n       9. Les comp\u00e9tences des officiers de police judiciaire de l\u2019IBPT (article 24)<br \/>\n       B.92. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 porte sur l\u2019article 24 de la loi du 20 juillet 2022. Cette disposition ins\u00e8re, dans la loi du 17 janvier 2003 \u00ab relative au statut du r\u00e9gulateur des secteurs des postes et des t\u00e9l\u00e9communications belges \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 17 janvier 2003), un article 25\/1, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Afin de rechercher, de constater ou de poursuivre une infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 145, \u00a7 3 ou \u00a7 3bis, de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques ou \u00e0 l\u2019article 24, \u00a7 1er, 2\u00b0, un officier de police judiciaire de l\u2019Institut peut, par \u00e9crit :<br \/>\n       1\u00b0 exiger d\u2019un op\u00e9rateur de r\u00e9pondre \u00e0 une demande de donn\u00e9es d\u2019identification qui est n\u00e9cessaire \u00e0 ces fins;<br \/>\n       2\u00b0 requ\u00e9rir la collaboration des personnes et institutions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 46quater, \u00a7 1er, du Code d\u2019instruction criminelle et d\u2019associations les repr\u00e9sentant, sur la base de la r\u00e9f\u00e9rence de paiement en ligne sp\u00e9cifique \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques qui a pr\u00e9alablement \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e par un op\u00e9rateur conform\u00e9ment au 1\u00b0, afin d\u2019identifier la personne qui a pay\u00e9 le service;<br \/>\n       3\u00b0 requ\u00e9rir la collaboration des centres ferm\u00e9s ou des lieux d\u2019h\u00e9bergement au sens des articles 74\/8 et 74\/9 de la loi du 15 d\u00e9cembre 1980 sur l\u2019acc\u00e8s au territoire, le s\u00e9jour, l\u2019\u00e9tablissement et l\u2019\u00e9loignement des \u00e9trangers, o\u00f9 la souscription de l\u2019abonn\u00e9 \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9, sur la base des coordonn\u00e9es du centre ou du lieu d\u2019h\u00e9bergement qui ont pr\u00e9alablement \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9es par un op\u00e9rateur conform\u00e9ment au 1\u00b0, afin d\u2019identifier l\u2019abonn\u00e9;<br \/>\n       4\u00b0 requ\u00e9rir la collaboration de toute autre personne morale qui est l\u2019abonn\u00e9e d\u2019un op\u00e9rateur ou qui souscrit \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques au nom et pour le compte de personnes physiques, sur la base des donn\u00e9es qui ont pr\u00e9alablement \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9es par un op\u00e9rateur conform\u00e9ment au 1\u00b0, afin d\u2019identifier l\u2019abonn\u00e9 ou l\u2019utilisateur habituel du service.<br \/>\n       Une demande vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er ne peut \u00eatre transmise \u00e0 un acteur vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er qu\u2019apr\u00e8s autorisation \u00e9crite d\u2019un officier de police judiciaire vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 24, \u00a7 2. Cette autorisation ne peut \u00eatre octroy\u00e9e que sur demande \u00e9crite et motiv\u00e9e adress\u00e9e \u00e0 cet officier conform\u00e9ment au paragraphe 5.<br \/>\n       \u00a7 2. Pour les besoins de l\u2019accomplissement de ses missions, un officier de police judiciaire de l\u2019Institut peut exiger d\u2019un op\u00e9rateur, par \u00e9crit, de r\u00e9pondre \u00e0 une demande de m\u00e9tadonn\u00e9es,<br \/>\n       160<br \/>\n       qui est n\u00e9cessaire afin de rechercher, de constater ou de poursuivre une infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 145, \u00a7 3, ou \u00a7 3bis, de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques ou \u00e0 l\u2019article 24, \u00a7 1er, 2\u00b0.<br \/>\n       Sauf en cas d\u2019urgence d\u00fbment justifi\u00e9e, l\u2019officier de police judiciaire de l\u2019Institut ne peut adresser la demande \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur qu\u2019apr\u00e8s avoir soumis une demande \u00e9crite et motiv\u00e9e au juge d\u2019instruction et apr\u00e8s autorisation \u00e9crite de ce dernier.<br \/>\n       En cas d\u2019urgence d\u00fbment justifi\u00e9e vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, l\u2019officier de police judiciaire de l\u2019Institut communique au juge d\u2019instruction, sans d\u00e9lai apr\u00e8s l\u2019envoi de la demande \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur, une copie de cette demande, la motivation de la demande et la justification de l\u2019urgence. Un contr\u00f4le ult\u00e9rieur est effectu\u00e9 par le juge d\u2019instruction.<br \/>\n       Lorsqu\u2019\u00e0 la suite de ce contr\u00f4le ult\u00e9rieur, le juge d\u2019instruction refuse de confirmer la validit\u00e9 de la demande envoy\u00e9e par l\u2019officier de police judiciaire de l\u2019Institut \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur, cet officier le notifie sans d\u00e9lai \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur concern\u00e9 et supprime les m\u00e9tadonn\u00e9es re\u00e7ues.<br \/>\n       \u00a7 3. Par d\u00e9rogation aux paragraphes 1er et 2, afin de contr\u00f4ler le respect des articles 126, 126\/1, 126\/2, 126\/3 ou 127 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques et de leurs arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution et \u00e0 la demande \u00e9crite et motiv\u00e9e d\u2019un officier de police judiciaire de l\u2019Institut, un op\u00e9rateur fournit, dans le d\u00e9lai fix\u00e9 dans le r\u00e9quisitoire, un acc\u00e8s permettant de consulter ses bases de donn\u00e9es qui mettent en \u0153uvre un de ces articles ou un de ces arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution.<br \/>\n       Une demande vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er ne peut \u00eatre transmise \u00e0 un op\u00e9rateur qu\u2019apr\u00e8s autorisation \u00e9crite d\u2019un officier de police judiciaire de l\u2019Institut vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 24, \u00a7 2. Cette autorisation ne peut \u00eatre octroy\u00e9e que sur demande \u00e9crite et motiv\u00e9e conform\u00e9ment au paragraphe 5.<br \/>\n       La demande adress\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur pr\u00e9cise les noms des officiers de police judiciaire de l\u2019Institut qui peuvent consulter la base de donn\u00e9es.<br \/>\n       Ces officiers ne peuvent prendre une copie des donn\u00e9es et documents consult\u00e9s dans le cadre de l\u2019alin\u00e9a 1er que dans le but de constater des infractions commises par l\u2019op\u00e9rateur.<br \/>\n       \u00a7 4. Pour l\u2019application des paragraphes 1er et 2, les acteurs vis\u00e9s au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, auxquels un officier de police judiciaire de l\u2019Institut a demand\u00e9 des donn\u00e9es, lui communiquent ces donn\u00e9es en temps r\u00e9el ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, au moment pr\u00e9cis\u00e9 dans le r\u00e9quisitoire.<br \/>\n       Pour l\u2019application des paragraphes 1er \u00e0 3, toute personne qui, du chef de sa fonction, a connaissance de la mesure ou y pr\u00eate son concours, est tenue de garder le secret. Toute violation du secret est punie conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal.<br \/>\n       161<br \/>\n       Toute personne qui refuse de communiquer les donn\u00e9es ou qui ne les communique pas en temps r\u00e9el ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, au moment pr\u00e9cis\u00e9 dans le r\u00e9quisitoire est punie d\u2019une amende de vingt-six euros \u00e0 dix mille euros.<br \/>\n       Toute personne qui refuse de permettre la consultation de la base de donn\u00e9es conform\u00e9ment au paragraphe 3 ou qui ne permet pas cette consultation dans le d\u00e9lai fix\u00e9 dans le r\u00e9quisitoire est punie d\u2019une amende de vingt-six euros \u00e0 dix mille euros.<br \/>\n       \u00a7 5. Pour l\u2019application des paragraphes 1er \u00e0 3, la motivation de la demande adress\u00e9e \u00e0 l\u2019officier de police judiciaire vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 24, \u00a7 2, ou au juge d\u2019instruction doit \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e au regard des circonstances de l\u2019enqu\u00eate.<br \/>\n       Pour l\u2019application des paragraphes 1er et 2, cette motivation indique :<br \/>\n       1\u00b0 le lien entre les donn\u00e9es demand\u00e9es et l\u2019objectif de recherche, de constat ou de poursuite de l\u2019infraction sp\u00e9cifique qui justifie la demande;<br \/>\n       2\u00b0 le caract\u00e8re strictement n\u00e9cessaire des donn\u00e9es demand\u00e9es dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate.<br \/>\n       \u00a7 6. Les officiers de police judiciaire de l\u2019Institut consignent dans un registre :<br \/>\n       1\u00b0 l\u2019ensemble des demandes vis\u00e9es aux paragraphes 1er, 2 et 3;<br \/>\n       2\u00b0 la motivation de la demande et la justification de l\u2019urgence communiqu\u00e9es au juge d\u2019instruction conform\u00e9ment au paragraphe 2, alin\u00e9a 3;<br \/>\n       3\u00b0 les autorisations pr\u00e9vues aux paragraphes 1er, 2 et 3 \u00bb.<br \/>\n       B.93. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 prend un moyen unique de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54<br \/>\n       de la directive (UE) 2016\/680. Elle soutient que l\u2019article 25\/1 de la loi du 17 janvier 2003 viole les normes de r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9cit\u00e9es en ce qu\u2019il autorise l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure p\u00e9nale, par un officier de police judiciaire, qui n\u2019est pas une autorit\u00e9 ind\u00e9pendante, et en ce qu\u2019il n\u2019impose pas de contr\u00f4le judiciaire pr\u00e9alable \u00e0 cet acc\u00e8s. Par ailleurs, elle d\u00e9nonce \u00e9galement le fait que la personne dont les donn\u00e9es font l\u2019objet de l\u2019acc\u00e8s n\u2019en soit pas pr\u00e9venue, ainsi que l\u2019absence de voies de recours en cas d\u2019acc\u00e8s ill\u00e9gal aux donn\u00e9es. En ce qui concerne la non-information pr\u00e9cit\u00e9e, elle demande \u00e0 titre subsidiaire qu\u2019une question pr\u00e9judicielle soit pos\u00e9e \u00e0 la Cour de justice.<br \/>\n       162<br \/>\n       B.94. Les griefs de la partie requ\u00e9rante sont uniquement pris de la violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, par la directive 2002\/58\/CE, par la directive (UE) 2016\/680 et par le RGPD.<br \/>\n       B.95. Dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure p\u00e9nale, l\u2019article 25\/1 de la loi du 17 janvier 2003<br \/>\n       autorise un officier de police judiciaire de l\u2019IBPT \u00e0 acc\u00e9der aux donn\u00e9es dans deux hypoth\u00e8ses.<br \/>\n       Premi\u00e8rement, l\u2019officier de police judiciaire peut acc\u00e9der \u00e0 des donn\u00e9es d\u2019identification afin de rechercher, de constater ou de poursuivre les infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 145, \u00a7\u00a7 3 et 3bis, de la loi du 13 juin 2005 et \u00e0 l\u2019article 24, \u00a7 1er, 2\u00b0, de la loi du 17 janvier 2003 (article 25\/1, \u00a7 1er).<br \/>\n       Deuxi\u00e8mement, l\u2019officier de police judiciaire peut acc\u00e9der, pour les besoins de l\u2019accomplissement de ses missions, aux m\u00e9tadonn\u00e9es n\u00e9cessaires afin de rechercher, de constater ou de poursuivre les infractions pr\u00e9cit\u00e9es (article 25\/1, \u00a7 2).<br \/>\n       B.96. Au regard de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la Cour limite son examen \u00e0 l\u2019article 25\/1, \u00a7\u00a7 1 et 2, de la loi du 17 janvier 2003.<br \/>\n       B.97. \u00c9tant donn\u00e9 que la disposition attaqu\u00e9e renvoie aux dispositions \u00e0 propos desquelles la Cour a pos\u00e9 des questions pr\u00e9judicielles \u00e0 la Cour de justice, il convient de surseoir \u00e0 statuer sur l\u2019examen de ces moyens, dans l\u2019attente de la r\u00e9ponse de la Cour de justice \u00e0 ces questions pr\u00e9judicielles.<br \/>\n       10. Les comp\u00e9tences du procureur du Roi (articles 25 et 26)<br \/>\n       B.98.1. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 porte, notamment, sur les articles 25 et 26<br \/>\n       de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.98.2. L\u2019article 25 de la loi du 20 juillet 2022 ins\u00e8re, dans le Code d\u2019instruction criminelle, un article 39quinquies , qui dispose :<br \/>\n       163<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Lors de la recherche de crimes et d\u00e9lits, le procureur du Roi peut, s\u2019il existe des indices s\u00e9rieux que les infractions peuvent donner lieu \u00e0 un emprisonnement correctionnel principal d\u2019un an ou \u00e0 une peine plus lourde, ordonner, par une d\u00e9cision \u00e9crite et motiv\u00e9e, \u00e0 un ou plusieurs acteurs vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, de conserver les donn\u00e9es vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 88bis, \u00a7 1, alin\u00e9a 1er, g\u00e9n\u00e9r\u00e9es ou trait\u00e9es par eux dans le cadre de la fourniture des services de communications concern\u00e9s, qu\u2019il juge n\u00e9cessaires.<br \/>\n       L\u2019ordre vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er peut \u00eatre donn\u00e9, directement ou par l\u2019interm\u00e9diaire du service de police d\u00e9sign\u00e9 par le Roi, \u00e0 :<br \/>\n       &#8211; l\u2019op\u00e9rateur d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques; et<br \/>\n       &#8211; toute personne qui met \u00e0 disposition ou offre, sur le territoire belge, d\u2019une quelconque mani\u00e8re, un service qui consiste \u00e0 transmettre des signaux via des r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques ou \u00e0 autoriser des utilisateurs \u00e0 obtenir, recevoir ou diffuser des informations via un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques. Est \u00e9galement compris le fournisseur d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       La d\u00e9cision \u00e9crite et motiv\u00e9e mentionne :<br \/>\n       &#8211; le nom du procureur du Roi qui ordonne la conservation;<br \/>\n       &#8211; l\u2019infraction qui fait l\u2019objet de l\u2019ordre;<br \/>\n       &#8211; les circonstances de fait de la cause qui justifient la conservation;<br \/>\n       &#8211; l\u2019indication pr\u00e9cise d\u2019un ou de plusieurs des \u00e9l\u00e9ments suivants : la personne ou les personnes, les moyens de communication ou les lieux qui font l\u2019objet de la conservation;<br \/>\n       &#8211; le cas \u00e9ch\u00e9ant, les cat\u00e9gories de donn\u00e9es de trafic et de localisation qui doivent \u00eatre conserv\u00e9es;<br \/>\n       &#8211; la dur\u00e9e de la mesure, qui ne peut exc\u00e9der deux mois \u00e0 compter de la date de l\u2019ordre, sans pr\u00e9judice de renouvellement;<br \/>\n       &#8211; la dur\u00e9e de conservation des donn\u00e9es, qui ne peut exc\u00e9der six mois. Ce d\u00e9lai peut \u00eatre prolong\u00e9 par \u00e9crit.<br \/>\n       En cas d\u2019urgence, la conservation peut \u00eatre ordonn\u00e9e verbalement. L\u2019ordre doit \u00eatre confirm\u00e9 dans les plus brefs d\u00e9lais dans la forme pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 3.<br \/>\n       \u00a7 2. Les acteurs vis\u00e9s au paragraphe 1er, alin\u00e9a 2, veillent \u00e0 ce que l\u2019int\u00e9grit\u00e9, la qualit\u00e9 et la disponibilit\u00e9 des donn\u00e9es soit garantie et \u00e0 ce que les donn\u00e9es soient conserv\u00e9es de mani\u00e8re s\u00e9curis\u00e9e.<br \/>\n       \u00a7 3. Toute personne qui, du chef de sa fonction, a connaissance de la mesure ou y pr\u00eate son concours, est tenue de garder le secret. Toute violation du secret est punie conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal.<br \/>\n       164<br \/>\n       Toute personne qui refuse de coop\u00e9rer, ou qui fait dispara\u00eetre, d\u00e9truit ou modifie les donn\u00e9es conserv\u00e9es, est punie d\u2019un emprisonnement de six mois \u00e0 un an ou d\u2019une amende de vingt-six euros \u00e0 vingt mille euros ou d\u2019une de ces peines seulement.<br \/>\n       \u00a7 4. L\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es conform\u00e9ment \u00e0 cet article n\u2019est possible qu\u2019en application de l\u2019article 88bis \u00bb.<br \/>\n       B.98.3. L\u2019article 26 de la loi du 20 juillet 2022 modifie l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle comme suit :<br \/>\n       \u00ab 1\u00b0 dans le paragraphe 1er, un alin\u00e9a r\u00e9dig\u00e9 comme suit est ins\u00e9r\u00e9 entre les alin\u00e9as 2 et 3:<br \/>\n       \u2018 Pour proc\u00e9der \u00e0 l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 ou de l\u2019utilisateur habituel d\u2019un service vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, deuxi\u00e8me tiret, il peut \u00e9galement requ\u00e9rir, directement ou par l\u2019interm\u00e9diaire du service de police d\u00e9sign\u00e9 par le Roi, la collaboration :<br \/>\n       &#8211; des personnes et institutions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 46quater, \u00a7 1er, sur la base de la r\u00e9f\u00e9rence d\u2019une transaction bancaire \u00e9lectronique qui a pr\u00e9alablement \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e par un des acteurs vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, premier et deuxi\u00e8me tirets, en application de l\u2019alin\u00e9a 1er;<br \/>\n       &#8211; des centres ferm\u00e9s ou des lieux d\u2019h\u00e9bergement au sens des articles 74\/8 et 74\/9 de la loi du 15 d\u00e9cembre 1980 sur l\u2019acc\u00e8s au territoire, le s\u00e9jour, l\u2019\u00e9tablissement et l\u2019\u00e9loignement des \u00e9trangers, sur la base des coordonn\u00e9es du centre ou du lieu d\u2019h\u00e9bergement o\u00f9 la souscription de l\u2019abonn\u00e9 \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques mobiles a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9, et qui ont pr\u00e9alablement \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9es par un des acteurs vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, premier et deuxi\u00e8me tirets, en application de l\u2019alin\u00e9a 1er;<br \/>\n       &#8211; des autres personnes morales qui sont l\u2019abonn\u00e9 d\u2019un des acteurs vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, premier ou deuxi\u00e8me tiret, ou qui souscrivent \u00e0 un service de communications \u00e9lectroniques au nom et pour le compte de personnes physiques, sur la base des donn\u00e9es qui ont pr\u00e9alablement \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9es par un des acteurs vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, premier et deuxi\u00e8me tirets, en application de l\u2019alin\u00e9a 1er. \u2019;<br \/>\n       2\u00b0 dans le paragraphe 2, les alin\u00e9as 3 et 4 sont abrog\u00e9s;<br \/>\n       3\u00b0 l\u2019article est compl\u00e9t\u00e9 par les paragraphes 3 et 4, r\u00e9dig\u00e9s comme suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 3. Les acteurs vis\u00e9s au paragraphe 1er, alin\u00e9a 3, premier \u00e0 troisi\u00e8me tiret, requis de communiquer l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 ou de l\u2019utilisateur habituel d\u2019un service vis\u00e9 au paragraphe 1er, alin\u00e9a 2, deuxi\u00e8me tiret, communiquent au procureur du Roi ou \u00e0 l\u2019officier de police judiciaire les donn\u00e9es en temps r\u00e9el ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, au moment pr\u00e9cis\u00e9 dans la r\u00e9quisition.<br \/>\n       165<br \/>\n       \u00a7 4. Toute personne qui, du chef de sa fonction, a connaissance de la mesure ou y pr\u00eate son concours, est tenue de garder le secret. Toute violation du secret est punie conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal.<br \/>\n       Toute personne qui refuse de communiquer les donn\u00e9es ou qui ne les communique pas en temps r\u00e9el ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, au moment pr\u00e9cis\u00e9 dans la r\u00e9quisition est punie d\u2019une amende de vingt-six euros \u00e0 dix mille euros. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       B.99.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 prend un moyen unique de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54<br \/>\n       de la directive (UE) 2016\/680.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 soutient que l\u2019article 39quinquies du Code d\u2019instruction criminelle vise la criminalit\u00e9 \u00ab en g\u00e9n\u00e9ral \u00bb, alors que la Cour de justice se limite aux cas de criminalit\u00e9 \u00ab grave \u00bb, d\u2019une part, et que cette disposition pr\u00e9voit une dur\u00e9e de conservation disproportionn\u00e9e, d\u2019autre part.<br \/>\n       En ce qui concerne les modifications apport\u00e9es \u00e0 l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle, la partie requ\u00e9rante all\u00e8gue tout d\u2019abord que cette disposition permet au procureur du Roi ou, en cas d\u2019extr\u00eame urgence, \u00e0 un officier de police judiciaire, d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des donn\u00e9es d\u2019identification sans que cet acc\u00e8s soit subordonn\u00e9 \u00e0 un contr\u00f4le pr\u00e9alable et ind\u00e9pendant, comme l\u2019exige la Cour de justice. \u00c0 titre subsidiaire, elle demande qu\u2019une question pr\u00e9judicielle soit pos\u00e9e \u00e0 la Cour de justice. En outre, la partie requ\u00e9rante all\u00e8gue que l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9, autorise le procureur du Roi, en cas d\u2019urgence, \u00e0 acc\u00e9der aux donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, ce qui n\u2019est pas non plus compatible avec les exigences de la Cour de justice. \u00c0 titre subsidiaire, elle demande qu\u2019une question pr\u00e9judicielle \u00e0 ce sujet soit pos\u00e9e \u00e0 cette juridiction. Par ailleurs, la partie requ\u00e9rante all\u00e8gue que la collaboration des centres ferm\u00e9s et des lieux d\u2019h\u00e9bergement vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle n\u2019est pas justifi\u00e9e au regard de la lutte contre la criminalit\u00e9. Enfin, elle all\u00e8gue que l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle ne pr\u00e9voit pas que la personne soit inform\u00e9e de l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es ni<br \/>\n       166<br \/>\n       de l\u2019existence d\u2019une voie de recours sp\u00e9cifique. En ce qui concerne la non-information pr\u00e9cit\u00e9e, elle demande qu\u2019une question pr\u00e9judicielle soit pos\u00e9e \u00e0 la Cour de justice.<br \/>\n       B.99.2. Les griefs de la partie requ\u00e9rante dirig\u00e9s contre les articles 39quinquies et 46bis du Code d\u2019instruction criminelle sont uniquement pris de la violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, tels qu\u2019ils sont garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, par la directive 2002\/58\/CE et par la directive (UE) 2016\/680.<br \/>\n       B.100. La Cour examine d\u2019abord les griefs dirig\u00e9s contre l\u2019article 39quinquies du Code d\u2019instruction criminelle, puis les griefs relatifs \u00e0 l\u2019article 46bis du m\u00eame Code.<br \/>\n       B.101.1. Dans le dispositif de son arr\u00eat du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9, la Cour de justice a dit pour droit que l\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11 et 52, paragraphe 1, de la Charte, ne s\u2019oppose pas \u00e0 une mesure \u00ab permettant, aux fins de la lutte contre la criminalit\u00e9 grave et, a fortiori, de la sauvegarde de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, le recours \u00e0 une injonction faite aux fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques, par le biais d\u2019une d\u00e9cision de l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente soumise \u00e0 un contr\u00f4le juridictionnel effectif, de proc\u00e9der, pour une dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e, \u00e0 la conservation rapide des donn\u00e9es relatives au trafic et des donn\u00e9es de localisation dont disposent ces fournisseurs de services \u00bb.<br \/>\n       B.101.2. Dans sa jurisprudence, la Cour de justice ne d\u00e9finit pas la notion de \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb. Comme il ressort des conclusions de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice du 2 octobre 2018 rendu en grande chambre en cause de Ministerio Fiscal, pr\u00e9cit\u00e9, cette notion rel\u00e8ve en principe de la comp\u00e9tence des \u00c9tats membres, m\u00eame s\u2019il appartient \u00e0 la Cour de justice de veiller au respect de toutes les exigences r\u00e9sultant du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne, et notamment d\u2019assurer une application coh\u00e9rente de la protection offerte par les dispositions de la Charte. En effet, la qualification juridique d\u2019une infraction est susceptible non seulement de varier d\u2019un \u00c9tat membre \u00e0 un autre, en fonction des traditions suivies et des priorit\u00e9s d\u00e9finies par chacun d\u2019eux, mais \u00e9galement de fluctuer dans le temps, en fonction des orientations qui sont donn\u00e9es \u00e0 la politique p\u00e9nale, vers plus ou moins de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9, pour tenir compte de<br \/>\n       167<br \/>\n       l\u2019\u00e9volution de la criminalit\u00e9, ainsi que, plus g\u00e9n\u00e9ralement, des transformations de la soci\u00e9t\u00e9 et des besoins existants, notamment en mati\u00e8re de r\u00e9pression p\u00e9nale, sur le plan national. Par ailleurs, en ce qui concerne l\u2019importance de la peine, le fait qu\u2019un \u00c9tat membre pr\u00e9voie une peine d\u2019emprisonnement peu \u00e9lev\u00e9e voire une peine alternative \u00e0 l\u2019emprisonnement ne pr\u00e9juge pas pour autant de la gravit\u00e9 intrins\u00e8que du type d\u2019infraction concern\u00e9 (conclusions de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Henrik Saugmandsgaard \u00d8e pr\u00e9c\u00e9dant CJUE, grande chambre, 2 octobre 2018, C\u2011207\/16, pr\u00e9cit\u00e9, points 93-100).<br \/>\n       \u00c0 cet \u00e9gard, la Cour de justice a soulign\u00e9 que la d\u00e9finition donn\u00e9e, en droit national, aux \u00ab infractions graves \u00bb susceptibles de permettre d\u2019acc\u00e9der aux donn\u00e9es conserv\u00e9es par les fournisseurs de services de communications \u00e9lectroniques et de tirer des conclusions pr\u00e9cises sur la vie priv\u00e9e des personnes concern\u00e9es ne doit pas \u00eatre large au point que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces donn\u00e9es devienne la r\u00e8gle plut\u00f4t que l\u2019exception. Ainsi, elle ne saurait couvrir la grande majorit\u00e9 des infractions p\u00e9nales, ce qui serait le cas si le seuil au-del\u00e0 duquel la peine de r\u00e9clusion maximale dont est punie une infraction justifie que celle-ci soit qualifi\u00e9e d\u2019infraction grave \u00e9tait fix\u00e9 \u00e0 un niveau excessivement bas (CJUE, grande chambre, 30 avril 2024, C-<br \/>\n       178\/22, Procura della Repubblica presso il Tribunale di Bolzano, ECLI:EU:C:2024:371, point 55).<br \/>\n       B.101.3. En ce qui concerne la proportionnalit\u00e9 de la dur\u00e9e de la conservation des donn\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es, la Cour de justice, par l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9, a jug\u00e9 que \u00ab la dur\u00e9e de conservation des donn\u00e9es doit \u00eatre limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire, celle-ci pouvant n\u00e9anmoins \u00eatre prolong\u00e9e lorsque les circonstances et l\u2019objectif poursuivi par ladite mesure le justifient \u00bb<br \/>\n       (point 164).<br \/>\n       B.102.1. En l\u2019esp\u00e8ce, la partie requ\u00e9rante ne d\u00e9montre pas en quoi le l\u00e9gislateur aurait exc\u00e9d\u00e9 la marge d\u2019appr\u00e9ciation nationale en d\u00e9finissant, \u00e0 l\u2019article 39quinquies, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, du Code d\u2019instruction criminelle, la notion de \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb par r\u00e9f\u00e9rence aux infractions susceptibles de \u00ab donner lieu \u00e0 un emprisonnement correctionnel principal d\u2019un an ou \u00e0 une peine plus lourde \u00bb. L\u2019on n\u2019aper\u00e7oit pas non plus en quoi cette d\u00e9finition violerait les normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es en B.99.2. \u00c0 cet \u00e9gard, la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat a pr\u00e9cis\u00e9ment observ\u00e9, dans son avis sur l\u2019avant-projet de loi qui est \u00e0 l\u2019origine de la loi du 20 juillet 2022, que \u00ab concernant le minist\u00e8re public par exemple, le respect du crit\u00e8re de \u2018 criminalit\u00e9 grave \u2019, r\u00e9sulte \u00e9galement de l\u2019article 39quinquies en projet, du Code d\u2019instruction<br \/>\n       168<br \/>\n       criminelle \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, p. 310). Du reste, le rattachement d\u2019une infraction p\u00e9nale \u00e0 la criminalit\u00e9 grave doit s\u2019appr\u00e9cier de fa\u00e7on concr\u00e8te, sous le contr\u00f4le du juge p\u00e9nal, au regard de la nature de l\u2019infraction commise et de l\u2019ensemble des faits de l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       Le juge p\u00e9nal doit en particulier \u00eatre en mesure de refuser l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es concern\u00e9es lorsque cet acc\u00e8s est sollicit\u00e9 dans le cadre de poursuites pour une infraction qui n\u2019est manifestement pas grave (CJUE, grande chambre, 30 avril 2024, C-178\/22, pr\u00e9cit\u00e9, ECLI:EU:C:2024:371, point 62).<br \/>\n       B.102.2. En ce qui concerne la dur\u00e9e de conservation des donn\u00e9es vis\u00e9es, l\u2019article 39quinquies du Code d\u2019instruction criminelle pr\u00e9voit un d\u00e9lai qui ne peut exc\u00e9der six mois, mais qui peut \u00eatre prolong\u00e9 par \u00e9crit (article 39quinquies, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3). La dur\u00e9e pr\u00e9cise de la conservation doit \u00eatre, sauf en cas d\u2019urgence, \u00e9crite et motiv\u00e9e, de sorte qu\u2019il appartient au procureur du Roi de d\u00e9montrer, sous le contr\u00f4le du juge p\u00e9nal, que le d\u00e9lai de conservation qu\u2019il impose est limit\u00e9 au strict n\u00e9cessaire et, en cas de prolongation, les circonstances et les objectifs qui justifient une telle mesure.<br \/>\n       B.103.1. L\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par la loi du 20 juillet 2022, vise \u00e0 permettre au Procureur du Roi de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019identification de l\u2019abonn\u00e9 ou de l\u2019utilisateur habituel d\u2019un service vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2 de cette disposition, \u00e0 savoir le service fourni par \u00ab l\u2019op\u00e9rateur d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques \u00bb et \u00ab toute personne qui met \u00e0 disposition ou offre, sur le territoire belge, d\u2019une quelconque mani\u00e8re, un service qui consiste \u00e0 transmettre des signaux via des r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques ou \u00e0 autoriser des utilisateurs \u00e0 obtenir, recevoir ou diffuser des informations via un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques \u00bb, d\u00e9finition qui comprend \u00e9galement \u00ab le fournisseur d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques \u00bb.<br \/>\n       B.103.2. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 20 juillet 2022 que l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par cette loi, a vocation \u00e0 porter sur les donn\u00e9es d\u2019identification vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 127 de la loi du 13 juin 2005 (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/002, pp. 148-151)<br \/>\n       169<br \/>\n       B.103.3. D\u00e8s lors que, pour les motifs mentionn\u00e9s en B.48.1 \u00e0 B.48.4, l\u2019article 126 de la loi du 13 juin 2005, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 8 de la loi du 20 juillet 2022, ne viole pas les normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es en B.49, il en va de m\u00eame en ce qui concerne l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.103.4. La Cour de justice et la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme n\u2019exigent ni la mise en place d\u2019un contr\u00f4le judiciaire ou administratif pr\u00e9alable, ni l\u2019information de la personne concern\u00e9e quant \u00e0 un acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es d\u2019identification, ni qu\u2019un recours sp\u00e9cifique soit pr\u00e9vu. Partant, il ne saurait \u00eatre reproch\u00e9 au l\u00e9gislateur de ne pas avoir pr\u00e9vu, \u00e0 l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par la loi du 20 juillet 2022, de telles modalit\u00e9s, d\u00e8s lors que cette disposition vise uniquement des donn\u00e9es d\u2019identification. Partant, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de poser les questions pr\u00e9judicielles sugg\u00e9r\u00e9es par la partie requ\u00e9rante \u00e0 ce sujet.<br \/>\n       B.103.5. En ce que la partie requ\u00e9rante all\u00e8gue que l\u2019article 46bis du Code d\u2019instruction criminelle autorise le procureur du Roi, en cas d\u2019urgence, \u00e0 acc\u00e9der aux donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 des fins de lutte contre la criminalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, le moyen unique manque en fait, puisque, comme il est dit en B.103.2, l\u2019article 26 de la loi du 20 juillet 2022, qui modifie l\u2019article 46bis pr\u00e9cit\u00e9, ne porte que sur les donn\u00e9es d\u2019identification et non sur les donn\u00e9es de trafic et de localisation. Partant, il n\u2019y a pas lieu de poser la question pr\u00e9judicielle demand\u00e9e par la partie requ\u00e9rante \u00e0 ce sujet.<br \/>\n       B.103.6. Enfin, en ce qui concerne la possibilit\u00e9 dont dispose le procureur du Roi de requ\u00e9rir la collaboration des centres ferm\u00e9s et des lieux d\u2019h\u00e9bergement vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 46bis, \u00a7 1er, alin\u00e9a 2, deuxi\u00e8me tiret, du Code d\u2019instruction criminelle, la partie requ\u00e9rante ne d\u00e9veloppe aucun \u00e9l\u00e9ment concret qui soit de nature \u00e0 d\u00e9montrer l\u2019absence du caract\u00e8re n\u00e9cessaire de la mesure.<br \/>\n       B.103.7. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 n\u2019est pas fond\u00e9 en ce qu\u2019il porte sur les articles 25 et 26 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       170<br \/>\n       11. Les comp\u00e9tences du juge d\u2019instruction (article 27)<br \/>\n       B.104. Le cinqui\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 et le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 portent sur l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab A l\u2019article 88bis du [Code d\u2019instruction criminelle], ins\u00e9r\u00e9 par la loi du 11 f\u00e9vrier 1991, remplac\u00e9 par la loi du 10 juin 1998 et modifi\u00e9 en dernier lieu par la loi du 5 mai 2019, les modifications suivantes sont apport\u00e9es :<br \/>\n       1\u00b0 le paragraphe 2, remplac\u00e9 par l\u2019article 9 de la loi du 29 mai 2016, annul\u00e9 lui-m\u00eame par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 57\/2021 de la Cour constitutionnelle, est remplac\u00e9 par ce qui suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 2. Pour ce qui concerne l\u2019application de la mesure vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, aux donn\u00e9es de trafic ou de localisation conserv\u00e9es sur la base des articles 126\/1 et 126\/3 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques, les dispositions suivantes s\u2019appliquent :<br \/>\n       &#8211; pour une infraction vis\u00e9e au livre II, titre Iter, du Code p\u00e9nal, le juge d\u2019instruction peut dans son ordonnance requ\u00e9rir les donn\u00e9es pour une p\u00e9riode de douze mois pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019ordonnance;<br \/>\n       &#8211; pour une autre infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, qui n\u2019est pas vis\u00e9e au premier tiret ou pour une infraction qui est commise dans le cadre d\u2019une organisation criminelle vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 324bis du Code p\u00e9nal, ou pour une infraction qui est de nature \u00e0 entra\u00eener un emprisonnement correctionnel principal de cinq ans ou une peine plus lourde, le juge d\u2019instruction peut dans son ordonnance requ\u00e9rir les donn\u00e9es pour une p\u00e9riode de neuf mois pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019ordonnance;<br \/>\n       &#8211; pour les autres infractions, le juge d\u2019instruction ne peut requ\u00e9rir les donn\u00e9es que pour une p\u00e9riode de six mois pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019ordonnance. \u2019;<br \/>\n       2\u00b0 \u00e0 la place du paragraphe 3, ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 9 de la loi du 29 mai 2016, annul\u00e9 lui-<br \/>\n       m\u00eame par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 57\/2021 de la Cour constitutionnelle, il est ins\u00e9r\u00e9 un paragraphe 3 r\u00e9dig\u00e9 comme suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 3. La mesure ne peut porter sur les moyens de communication \u00e9lectronique d\u2019un avocat ou d\u2019un m\u00e9decin que si celui-ci est lui-m\u00eame soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir commis une infraction vis\u00e9e au paragraphe 1er ou d\u2019y avoir particip\u00e9, ou si des faits pr\u00e9cis laissent pr\u00e9sumer que des tiers soup\u00e7onn\u00e9s d\u2019avoir commis une infraction vis\u00e9e au paragraphe 1er, utilisent ses moyens de communication \u00e9lectronique.<br \/>\n       La mesure ne peut \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e sans que le b\u00e2tonnier ou le repr\u00e9sentant de l\u2019ordre provincial des m\u00e9decins, selon le cas, en soit averti. Ces m\u00eames personnes seront inform\u00e9es par le juge d\u2019instruction des \u00e9l\u00e9ments qu\u2019il estime relever du secret professionnel. Ces \u00e9l\u00e9ments ne sont pas consign\u00e9s au proc\u00e8s-verbal. Ces personnes sont tenues au secret. Toute violation du secret est punie conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       171<br \/>\n       B.105.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 prend un cinqui\u00e8me moyen de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec l\u2019article 15, paragraphe 1, avec les articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, avec les articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec les articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680. Elle soutient que l\u2019article 88bis, \u00a7 3, du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par la loi du 20 juillet 2022, pr\u00e9voit en ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es des avocats et des m\u00e9decins une mesure sp\u00e9cifique qui ne permet pas de pallier l\u2019inconstitutionnalit\u00e9 de la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de donn\u00e9es en tant que telle, et que cette mesure ne concerne que le juge d\u2019instruction et non les autres autorit\u00e9s qui peuvent \u00e9galement demander l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es des avocats, des m\u00e9decins et des journalistes.<br \/>\n       B.105.2. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 prend un moyen unique de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 5, 6 et 15 de la directive 2002\/58\/CE et avec les articles 13 et 54<br \/>\n       de la directive (UE) 2016\/680. Elle soutient que l\u2019article 88bis, \u00a7 2, du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par la loi du 20 juillet 2022, autorise un acc\u00e8s aux donn\u00e9es lorsqu\u2019existent des indices s\u00e9rieux de la commission d\u2019une infraction de nature \u00e0 entra\u00eener un emprisonnement correctionnel principal d\u2019un an ou d\u2019une peine plus lourde, ce qui vise en r\u00e9alit\u00e9 la grande majorit\u00e9 des infractions et ne se limite pas au cas de la criminalit\u00e9 grave. \u00c0<br \/>\n       titre subsidiaire, la partie requ\u00e9rante demande qu\u2019une question pr\u00e9judicielle soit pos\u00e9e \u00e0 la Cour de justice sur ce point. Par ailleurs, la partie requ\u00e9rante d\u00e9nonce \u00e9galement la non-information de la personne dont les donn\u00e9es font l\u2019objet de l\u2019acc\u00e8s et l\u2019absence de voies de recours en cas d\u2019acc\u00e8s ill\u00e9gal aux donn\u00e9es. En ce qui concerne la non-information pr\u00e9cit\u00e9e, elle demande \u00e0 titre subsidiaire qu\u2019une question pr\u00e9judicielle soit pos\u00e9e \u00e0 la Cour de justice.<br \/>\n       B.106.1. Les griefs des parties requ\u00e9rantes dirig\u00e9s contre l\u2019article 88bis du Code d\u2019instruction criminelle sont uniquement pris de la violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, garantis par l\u2019article 22 de la Constitution, par l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, par les<br \/>\n       172<br \/>\n       articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte, par la directive 2002\/58\/CE et par la directive (UE) 2016\/680.<br \/>\n       B.106.2. La Cour examine d\u2019abord les griefs dirig\u00e9s contre le paragraphe 2 de l\u2019article 88bis du Code d\u2019instruction criminelle, puis les griefs relatifs au paragraphe 3 de cette disposition.<br \/>\n       B.107.1. L\u2019article 88bis, \u00a7 2, du Code d\u2019instruction criminelle porte sur l\u2019acc\u00e8s du juge d\u2019instruction aux donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 126\/1 et 126\/3 de la loi du 13 juin 2005, soit aux donn\u00e9es de trafic et de localisation (voy. Doc. parl., Chambre, 2021-<br \/>\n       2022, DOC 55-2572\/001, p. 145).<br \/>\n       B.107.2. En ce qui concerne les finalit\u00e9s, l\u2019article 88bis, \u00a7 2, du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022, autorise le juge d\u2019instruction \u00e0 acc\u00e9der aux donn\u00e9es conserv\u00e9es lorsqu\u2019existent des indices s\u00e9rieux de la commission d\u2019une infraction de nature \u00e0 entra\u00eener un emprisonnement correctionnel principal d\u2019un an ou d\u2019une peine plus lourde.<br \/>\n       Comme il est dit en B.102.1, la partie requ\u00e9rante ne d\u00e9montre pas en quoi le l\u00e9gislateur aurait exc\u00e9d\u00e9 sa marge d\u2019appr\u00e9ciation en d\u00e9finissant, \u00e0 l\u2019article 88bis, \u00a7 2, du Code d\u2019instruction criminelle, la notion de \u00ab criminalit\u00e9 grave \u00bb par r\u00e9f\u00e9rence aux infractions susceptibles de \u00ab donner lieu \u00e0 un emprisonnement correctionnel principal d\u2019un an ou \u00e0 une peine plus lourde \u00bb. Cette d\u00e9finition ne viole pas les normes de r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9es en B.105.2. Du reste, le rattachement d\u2019une infraction p\u00e9nale \u00e0 la criminalit\u00e9 grave doit s\u2019appr\u00e9cier in concreto, sous le contr\u00f4le du juge p\u00e9nal, au regard de la nature de l\u2019infraction commise et de l\u2019ensemble des faits de l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       B.107.3. Les parties requ\u00e9rantes d\u00e9noncent \u00e9galement la non-information de la personne dont les donn\u00e9es font l\u2019objet de l\u2019acc\u00e8s et l\u2019absence de voies de recours en cas d\u2019acc\u00e8s ill\u00e9gal aux donn\u00e9es.<br \/>\n       S\u2019il est exact que l\u2019article 88bis, \u00a7 2, du Code d\u2019instruction criminelle ne pr\u00e9voit pas de contr\u00f4le juridictionnel sp\u00e9cifique en ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s du juge d\u2019instruction aux donn\u00e9es conserv\u00e9es en vertu des articles 126\/1 et 126\/3, il importe de relever que le juge d\u2019instruction<br \/>\n       173<br \/>\n       est un magistrat ind\u00e9pendant et impartial dont l\u2019intervention est une garantie essentielle du respect des conditions auxquelles est subordonn\u00e9e une atteinte au droit au respect de la vie priv\u00e9e. M\u00eame si les d\u00e9cisions qu\u2019il prend ne sont pas rev\u00eatues de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e, elles participent de l\u2019exercice de la fonction juridictionnelle et s\u2019inscrivent dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure judiciaire.<br \/>\n       Par ailleurs, les recours de droit commun dirig\u00e9s contre une ordonnance du juge d\u2019instruction suffisent en la mati\u00e8re. Il convient de relever, notamment, que, dans le cadre de la proc\u00e9dure p\u00e9nale, le pr\u00e9venu dispose \u00e0 cet \u00e9gard du droit d\u2019invoquer devant les juridictions d\u2019instruction ou devant la juridiction de jugement la nullit\u00e9 d\u2019un acte d\u2019instruction qui viole son droit au respect de la vie priv\u00e9e ou son droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable. Par ailleurs, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 peut, en vertu de l\u2019article 58 de la loi du 3 d\u00e9cembre 2017 \u00ab portant cr\u00e9ation de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es \u00bb, d\u00e9poser sans frais une plainte aupr\u00e8s de l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es en cas de traitement illicite de ses donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel.<br \/>\n       Quant \u00e0 l\u2019information de la personne concern\u00e9e, elle se fait conform\u00e9ment aux r\u00e8gles du Code d\u2019instruction criminelle applicables \u00e0 l\u2019instruction.<br \/>\n       B.107.4. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7931 n\u2019est pas fond\u00e9 en ce qu\u2019il porte sur l\u2019article 88bis, \u00a7 2, du Code d\u2019instruction criminelle.<br \/>\n       B.108.1. En ce qui concerne l\u2019article 88bis, \u00a7 3, du Code d\u2019instruction criminelle, les griefs de la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 ne portent en r\u00e9alit\u00e9 pas sur cette disposition.<br \/>\n       En effet, \u00ab la mesure de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des donn\u00e9es en tant que telle \u00bb, que vise la partie requ\u00e9rante, n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9e \u00e0 l\u2019article 88bis, \u00a7 3 et, par ailleurs, la circonstance que le syst\u00e8me pr\u00e9vu par cette disposition n\u2019est pas \u00e9tendu aux \u00ab autres autorit\u00e9s \u00bb qui peuvent demander l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es des avocats, des m\u00e9decins et des journalistes ne saurait \u00eatre imputable \u00e0 l\u2019article 88bis, puisque celui-ci se borne \u00e0 d\u00e9limiter les pouvoirs du juge d\u2019instruction et, en cas de flagrant d\u00e9lit, du procureur du Roi (paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er).<br \/>\n       B.108.2. Le cinqui\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 n\u2019est pas fond\u00e9 en ce qu\u2019il est pris de la violation de l\u2019article 20, 2\u00b0, de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       174<br \/>\n       12. Les comp\u00e9tences des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 (articles 33, 34 et 37)<br \/>\n       B.109.1. Le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 porte notamment sur les articles 33, 34<br \/>\n       et 37 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.109.2. L\u2019article 33 de la loi du 20 juillet 2022 modifie la loi du 30 novembre 1998, en y ins\u00e9rant un article 13\/6, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 peuvent, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exercice de leurs missions, requ\u00e9rir le concours d\u2019un op\u00e9rateur de r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques ou d\u2019un fournisseur de services de communications \u00e9lectroniques pour proc\u00e9der \u00e0:<br \/>\n       1\u00b0 la conservation des donn\u00e9es de trafic et de localisation de moyens de communications \u00e9lectroniques qui sont \u00e0 sa disposition au moment de la r\u00e9quisition;<br \/>\n       2\u00b0 la conservation des donn\u00e9es de trafic et de localisation qu\u2019il g\u00e9n\u00e8re et traite \u00e0 partir de la r\u00e9quisition.<br \/>\n       La r\u00e9quisition vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er repose sur une d\u00e9cision \u00e9crite et motiv\u00e9e du dirigeant du service ou de son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9.<br \/>\n       \u00a7 2. La r\u00e9quisition vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, mentionne :<br \/>\n       1\u00b0 la nature des donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 conserver;<br \/>\n       2\u00b0 les personnes, les groupements, les zones g\u00e9ographiques, les moyens de communication et\/ou le mode d\u2019utilisation dont les donn\u00e9es de trafic et de localisation doivent \u00eatre conserv\u00e9es;<br \/>\n       3\u00b0 pour la mesure vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 1\u00b0, le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es, qui ne peut exc\u00e9der six mois \u00e0 compter de la date de la r\u00e9quisition, sans pr\u00e9judice de la possibilit\u00e9 de prolongation en suivant la m\u00eame proc\u00e9dure;<br \/>\n       4\u00b0 pour la mesure vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, 2\u00b0 :<br \/>\n       &#8211; la dur\u00e9e de la mesure, qui ne peut exc\u00e9der six mois \u00e0 compter de la date de la r\u00e9quisition, sans pr\u00e9judice de la possibilit\u00e9 de prolongation en suivant la m\u00eame proc\u00e9dure;<br \/>\n       &#8211; le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es, qui ne peut exc\u00e9der six mois \u00e0 compter de la date de la communication, sans pr\u00e9judice de la possibilit\u00e9 de prolongation en suivant la m\u00eame proc\u00e9dure;<br \/>\n       175<br \/>\n       5\u00b0 la date de la r\u00e9quisition;<br \/>\n       6\u00b0 la signature du dirigeant du service ou de son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9.<br \/>\n       \u00a7 3. En cas d\u2019extr\u00eame urgence, le dirigeant du service ou son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 peut requ\u00e9rir la conservation verbalement. Cette r\u00e9quisition verbale est confirm\u00e9e par \u00e9crit au plus tard le premier jour ouvrable qui suit.<br \/>\n       \u00a7 4. Les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 tiennent un registre de toutes les r\u00e9quisitions de conservation.<br \/>\n       Chaque d\u00e9cision de r\u00e9quisition est notifi\u00e9e avec sa motivation au Comit\u00e9 permanent R.<br \/>\n       Lorsqu\u2019il constate une ill\u00e9galit\u00e9, le Comit\u00e9 permanent R met fin \u00e0 la r\u00e9quisition.<br \/>\n       Lorsqu\u2019il est mis fin pr\u00e9matur\u00e9ment \u00e0 la r\u00e9quisition, l\u2019op\u00e9rateur d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques ou le fournisseur d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques requis en est averti le plus rapidement possible.<br \/>\n       \u00a7 5. Pour l\u2019ex\u00e9cution de la r\u00e9quisition, le dirigeant du service ou son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 peut requ\u00e9rir le concours de l\u2019Institut vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 2, 1\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques, ainsi que des personnes dont il pr\u00e9sume qu\u2019elles ont une expertise technique utile. Cette r\u00e9quisition est \u00e9crite et mentionne la base l\u00e9gale.<br \/>\n       \u00a7 6. Toute personne qui refuse de pr\u00eater son concours aux r\u00e9quisitions vis\u00e9es aux paragraphes 1er et 5 est punie d\u2019une amende de vingt-six euros \u00e0 vingt mille euros.<br \/>\n       \u00a7 7. Le Roi peut d\u00e9terminer, sur proposition du ministre de la Justice, du ministre de la D\u00e9fense et du ministre qui a les Communications \u00e9lectroniques dans ses attributions, les modalit\u00e9s de collaboration des op\u00e9rateurs d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques ou des fournisseurs d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 34 de la loi du 20 juillet 2022 modifie la loi du 30 novembre 1998 en y ins\u00e9rant un article 13\/7, qui dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 peuvent, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exercice de leurs missions et lorsqu\u2019il existe une menace grave pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale qui s\u2019av\u00e8re r\u00e9elle et actuelle ou pr\u00e9visible, requ\u00e9rir le concours des op\u00e9rateurs d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques et des fournisseurs d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques afin de proc\u00e9der \u00e0 la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es de trafic et de localisation de moyens de communications \u00e9lectroniques g\u00e9n\u00e9r\u00e9es et trait\u00e9es par eux.<br \/>\n       \u00a7 2. La r\u00e9quisition vis\u00e9e au paragraphe 1er ne peut avoir lieu qu\u2019avec l\u2019accord \u00e9crit pr\u00e9alable de la commission. La commission donne son accord dans les quatre jours suivant la r\u00e9ception de la demande \u00e9crite et motiv\u00e9e du dirigeant du service.<br \/>\n       176<br \/>\n       \u00a7 3. La demande du dirigeant du service de requ\u00e9rir la conservation mentionne, sous peine d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 :<br \/>\n       1\u00b0 la menace grave pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale qui s\u2019av\u00e8re r\u00e9elle et actuelle ou pr\u00e9visible;<br \/>\n       2\u00b0 les circonstances de fait qui justifient la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e des donn\u00e9es de trafic et de localisation;<br \/>\n       3\u00b0 la nature des donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 conserver;<br \/>\n       4\u00b0 la dur\u00e9e de la mesure de conservation, qui ne peut exc\u00e9der six mois \u00e0 compter de la date de la r\u00e9quisition. Elle peut \u00eatre prolong\u00e9e en suivant la m\u00eame proc\u00e9dure;<br \/>\n       5\u00b0 le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es, qui ne peut exc\u00e9der six mois \u00e0 compter de la date de la communication. Il peut \u00eatre prolong\u00e9 en suivant la m\u00eame proc\u00e9dure;<br \/>\n       6\u00b0 le cas \u00e9ch\u00e9ant, les motifs qui justifient l\u2019extr\u00eame urgence vis\u00e9e au paragraphe 5;<br \/>\n       7\u00b0 la date de la demande;<br \/>\n       8\u00b0 la signature du dirigeant du service.<br \/>\n       \u00a7 4. La r\u00e9quisition vis\u00e9e au paragraphe 1er mentionne :<br \/>\n       1\u00b0 la date de l\u2019accord de la commission;<br \/>\n       2\u00b0 la nature des donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 conserver;<br \/>\n       3\u00b0 la dur\u00e9e de la mesure et le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es;<br \/>\n       4\u00b0 la date de la r\u00e9quisition;<br \/>\n       5\u00b0 la signature du dirigeant du service ou de son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9.<br \/>\n       \u00a7 5. En cas d\u2019extr\u00eame urgence, le dirigeant du service demande l\u2019accord verbal pr\u00e9alable du pr\u00e9sident de la commission ou, en cas d\u2019indisponibilit\u00e9, d\u2019un autre membre de la commission. L\u2019auteur de l\u2019accord en informe imm\u00e9diatement les autres membres de la commission. Le dirigeant du service confirme sa demande par \u00e9crit dans les vingt-quatre heures suivant l\u2019accord. Le pr\u00e9sident ou le membre contact\u00e9 confirme \u00e9galement son accord par \u00e9crit le plus rapidement possible. Cet accord est valable cinq jours.<br \/>\n       \u00a7 6. La r\u00e9quisition de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e est confirm\u00e9e par arr\u00eat\u00e9 royal.<br \/>\n       L\u2019arr\u00eat\u00e9 royal ne mentionne que :<br \/>\n       1\u00b0 la date de l\u2019accord de la commission;<br \/>\n       177<br \/>\n       2\u00b0 la date de la r\u00e9quisition;<br \/>\n       3\u00b0 la nature des donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00e0 conserver;<br \/>\n       4\u00b0 la dur\u00e9e de la mesure et le d\u00e9lai de conservation des donn\u00e9es.<br \/>\n       En l\u2019absence de confirmation par arr\u00eat\u00e9 royal dans le mois de la r\u00e9quisition, cette r\u00e9quisition prend fin.<br \/>\n       Les op\u00e9rateurs d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques et les fournisseurs d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques requis en sont avertis le plus rapidement possible.<br \/>\n       \u00a7 7. Pour l\u2019ex\u00e9cution de la r\u00e9quisition, le dirigeant du service peut requ\u00e9rir le concours de l\u2019Institut vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 2, 1\u00b0, de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques, ainsi que des personnes dont il pr\u00e9sume qu\u2019elles ont une expertise technique utile. Cette r\u00e9quisition est \u00e9crite et mentionne la base l\u00e9gale et l\u2019accord de la commission.<br \/>\n       \u00a7 8. Toute personne qui refuse de pr\u00eater son concours aux r\u00e9quisitions vis\u00e9es aux paragraphes 1er et 7 est punie d\u2019une amende de vingt-six euros \u00e0 vingt mille euros.<br \/>\n       \u00a7 9. La commission transmet sans d\u00e9lai la demande du dirigeant du service et son accord au Comit\u00e9 permanent R.<br \/>\n       \u00a7 10. Le service de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 fait rapport \u00e0 la commission toutes les deux semaines sur l\u2019\u00e9volution de la menace. Ce rapport met en \u00e9vidence les \u00e9l\u00e9ments qui justifient soit le maintien de la conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e, soit la fin de celle-ci.<br \/>\n       \u00a7 11. Le dirigeant du service met fin \u00e0 la r\u00e9quisition, nonobstant la confirmation par arr\u00eat\u00e9 royal, lorsque la conservation n\u2019est plus utile pour lutter contre la menace grave pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale qui s\u2019av\u00e8re r\u00e9elle et actuelle ou pr\u00e9visible, lorsque cette menace a disparu ou lorsqu\u2019il constate une ill\u00e9galit\u00e9.<br \/>\n       Lorsque la commission ou le Comit\u00e9 permanent R constate une ill\u00e9galit\u00e9, il est mis fin \u00e0 la r\u00e9quisition nonobstant la confirmation par arr\u00eat\u00e9 royal.<br \/>\n       Lorsqu\u2019il est mis fin pr\u00e9matur\u00e9ment \u00e0 la r\u00e9quisition, les op\u00e9rateurs d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques ou les fournisseurs d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques requis en sont avertis le plus rapidement possible.<br \/>\n       \u00a7 12. Le Roi d\u00e9termine, sur proposition du ministre de la Justice, du ministre de la D\u00e9fense et du ministre qui a les Communications \u00e9lectroniques dans ses attributions, les modalit\u00e9s de collaboration des op\u00e9rateurs d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques ou des fournisseurs d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques \u00bb.<br \/>\n       178<br \/>\n       L\u2019article 37 de la loi du 20 juillet 2022 remplace l\u2019article 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998, qui dispose d\u00e9sormais :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 peuvent, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exercice de leurs missions, au besoin en requ\u00e9rant \u00e0 cette fin le concours technique de l\u2019op\u00e9rateur d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques ou du fournisseur d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques, proc\u00e9der ou faire proc\u00e9der :<br \/>\n       1\u00b0 au rep\u00e9rage des donn\u00e9es de trafic de moyens de communication \u00e9lectronique \u00e0 partir desquels ou vers lesquels des communications \u00e9lectroniques sont adress\u00e9es ou ont \u00e9t\u00e9 adress\u00e9es;<br \/>\n       2\u00b0 \u00e0 la localisation de l\u2019origine ou de la destination de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Dans les cas vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er et pour chaque moyen de communication \u00e9lectronique dont les donn\u00e9es de trafic sont rep\u00e9r\u00e9es ou dont l\u2019origine ou la destination de la communication \u00e9lectronique est localis\u00e9e, le jour, l\u2019heure et la dur\u00e9e ainsi que, si n\u00e9cessaire, le lieu de la communication \u00e9lectronique sont indiqu\u00e9s et consign\u00e9s dans un rapport.<br \/>\n       La nature de la d\u00e9cision est communiqu\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur requis du r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques ou au fournisseur du service de communications \u00e9lectroniques qui est requis.<br \/>\n       \u00a7 2. [&#8230;]<br \/>\n       \u00a7 3. Tout op\u00e9rateur d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques et tout fournisseur d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques qui est requis de communiquer les donn\u00e9es vis\u00e9es au paragraphe 1er donne au dirigeant du service les donn\u00e9es qui ont \u00e9t\u00e9 demand\u00e9es dans un d\u00e9lai et selon les modalit\u00e9s \u00e0 fixer par un arr\u00eat\u00e9 royal pris sur la proposition du ministre de la Justice, du ministre de la D\u00e9fense et du ministre qui a les Communications \u00e9lectroniques dans ses attributions.<br \/>\n       Toute personne vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er qui refuse de pr\u00eater son concours technique aux r\u00e9quisitions vis\u00e9es au pr\u00e9sent article est punie d\u2019une amende de vingt-six euros \u00e0 vingt mille euros.<br \/>\n       \u00a7 4. [\u2026] \u00bb.<br \/>\n       B.109.3. Le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 est pris de la violation des articles 10, 11, 13, 15, 22, 23 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, avec l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD.<br \/>\n       179<br \/>\n       Dans une quatri\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 13\/6 de la loi du 30 novembre 1998 viole le principe de pr\u00e9visibilit\u00e9 garanti par l\u2019article 22 de la Constitution, en ce qu\u2019il ne d\u00e9crit pas avec pr\u00e9cision les donn\u00e9es de trafic et de localisation qu\u2019il vise. Par ailleurs, elles affirment que l\u2019article 13\/6 n\u2019est pas conforme \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice en ce qu\u2019il pr\u00e9voit une obligation de conservation qui exc\u00e8de ce qui est strictement n\u00e9cessaire et qui \u00e9quivaut en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 une obligation de conservation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et indiff\u00e9renci\u00e9e de donn\u00e9es, d\u2019une part, et en ce qu\u2019il n\u2019\u00e9tablit ni une voie de recours, ni la notification de la conservation de donn\u00e9es, ni l\u2019intervention d\u2019un juge, ni, lorsqu\u2019il est mis pr\u00e9matur\u00e9ment fin \u00e0 la r\u00e9quisition par le Comit\u00e9 permanent R en raison d\u2019une ill\u00e9galit\u00e9, l\u2019effacement des donn\u00e9es collect\u00e9es, d\u2019autre part.<br \/>\n       Dans une cinqui\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 13\/7 de la loi du 30 novembre 1998 ne respecte pas le crit\u00e8re de pr\u00e9visibilit\u00e9 qui d\u00e9coule de l\u2019article 22 de la Constitution et de la jurisprudence de la Cour de justice, en ce qu\u2019il ne d\u00e9finit pas la notion de \u00ab donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00bb qu\u2019il vise. Par ailleurs, elles affirment qu\u2019aucune notification n\u2019est pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019\u00e9gard des personnes concern\u00e9es, ce qui entrave la possibilit\u00e9 de contester l\u2019ing\u00e9rence dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e. Enfin, elles all\u00e8guent que l\u2019article 13\/7 ne pr\u00e9voit pas un effacement des donn\u00e9es conserv\u00e9es en cas d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de la mesure, contrairement \u00e0 ce qu\u2019exige la Cour de justice.<br \/>\n       Dans une sixi\u00e8me branche, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que l\u2019article 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998 ne d\u00e9finit pas la notion de \u00ab donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00bb qu\u2019il vise, ni la dur\u00e9e de la mesure de conservation, ce qui viole le principe de pr\u00e9visibilit\u00e9, garanti par l\u2019article 22 de la Constitution et par la jurisprudence de la Cour de justice. Par ailleurs, les parties requ\u00e9rantes all\u00e8guent que l\u2019article 18\/8 ne pr\u00e9voit pas de contr\u00f4le quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de la mesure, contrairement \u00e0 ce qu\u2019exige la Cour de justice.<br \/>\n       B.109.4. Eu \u00e9gard \u00e0 leur connexit\u00e9, ces branches sont examin\u00e9es conjointement.<br \/>\n       180<br \/>\n       B.110. Il ressort de ce qui est dit en B.109.2 que les griefs des parties requ\u00e9rantes dirig\u00e9s contre les articles 13\/6, 13\/7 et 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998 portent en substance sur la compatibilit\u00e9 de ces dispositions avec le droit au respect de la vie priv\u00e9e et avec le droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel.<br \/>\n       B.111.1. En vertu de l\u2019article 1er, paragraphe 3, de la directive 2002\/58\/CE, cette derni\u00e8re \u00ab ne s\u2019applique pas aux activit\u00e9s qui ne rel\u00e8vent pas du Trait\u00e9 instituant la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne, telles celles qui sont vis\u00e9es dans les titres V et VI du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne et, en tout \u00e9tat de cause, aux activit\u00e9s concernant la s\u00e9curit\u00e9 publique, la d\u00e9fense, la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat (y compris la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique de l\u2019\u00c9tat lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat) ou aux activit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat dans des domaines relevant du droit p\u00e9nal \u00bb.<br \/>\n       En vertu de l\u2019article 2, paragraphe 2, a), du RGPD, ce r\u00e8glement \u00ab ne s\u2019applique pas au traitement de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel effectu\u00e9 dans le cadre d\u2019une activit\u00e9 qui ne rel\u00e8ve pas du champ d\u2019application du droit de l\u2019Union \u00bb. En vertu de l\u2019article 2, paragraphe 2, d), du RGPD, il ne s\u2019applique pas non plus au traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel effectu\u00e9 par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes \u00e0 des fins de protection et de pr\u00e9vention des menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 publique.<br \/>\n       En vertu de l\u2019article 2, paragraphe 3, a), de la directive (UE) 2016\/680, cette derni\u00e8re ne s\u2019applique pas au traitement de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel effectu\u00e9 \u00ab dans le cadre d\u2019une activit\u00e9 qui ne rel\u00e8ve pas du champ d\u2019application du droit de l\u2019Union \u00bb.<br \/>\n       Par l\u2019arr\u00eat du 6 octobre 2020 pr\u00e9cit\u00e9, la Cour de justice a jug\u00e9 :<br \/>\n       \u00ab \u00c0 cet \u00e9gard, il convient de relever, d\u2019embl\u00e9e, que l\u2019article 4, paragraphe 2, TUE \u00e9nonce que la s\u00e9curit\u00e9 nationale reste de la seule responsabilit\u00e9 de chaque \u00c9tat membre. Cette responsabilit\u00e9 correspond \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat primordial de prot\u00e9ger les fonctions essentielles de l\u2019\u00c9tat et les int\u00e9r\u00eats fondamentaux de la soci\u00e9t\u00e9 et inclut la pr\u00e9vention et la r\u00e9pression d\u2019activit\u00e9s de nature \u00e0 d\u00e9stabiliser gravement les structures constitutionnelles, politiques, \u00e9conomiques ou sociales fondamentales d\u2019un pays, et en particulier \u00e0 menacer directement la soci\u00e9t\u00e9, la population ou l\u2019\u00c9tat en tant que tel, telles que notamment des activit\u00e9s de terrorisme \u00bb<br \/>\n       (point 135).<br \/>\n       B.111.2. En vertu des articles 13\/6, 13\/7 et 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998, les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 peuvent, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exercice de leurs missions,<br \/>\n       181<br \/>\n       requ\u00e9rir le concours d\u2019un op\u00e9rateur de r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques ou d\u2019un fournisseur de services de communications \u00e9lectroniques pour proc\u00e9der \u00e0 la conservation et \u00e0 la communication de donn\u00e9es de trafic et de localisation.<br \/>\n       B.111.3. \u00c9tant donn\u00e9 que les articles 13\/6, 13\/7 et 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998 ne sont applicables que dans le cadre des missions des services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9, ils ne rel\u00e8vent pas du champ d\u2019application du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne. Le moyen est d\u00e8s lors irrecevable en ce qu\u2019il est pris de la violation des dispositions invoqu\u00e9es du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, de la Charte, du RGPD, de la directive (UE) 2016\/680 ou de la directive 2002\/58\/CE, tels qu\u2019ils sont interpr\u00e9t\u00e9s par la Cour de justice dans sa jurisprudence.<br \/>\n       B.112.1. Les autres griefs des parties requ\u00e9rantes relatifs aux articles 13\/6, 13\/7 et 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998 sont pris de la violation de l\u2019article 22 de la Constitution.<br \/>\n       B.112.2. Comme il est dit en B.11.3, le Constituant a recherch\u00e9 la plus grande concordance possible entre l\u2019article 22 de la Constitution et l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (Doc. parl., Chambre, 1992-1993, n\u00b0 997\/5, p. 2).<br \/>\n       La port\u00e9e de cet article 8 est analogue \u00e0 celle de la disposition constitutionnelle pr\u00e9cit\u00e9e, de sorte que les garanties que fournissent ces deux dispositions forment un tout indissociable.<br \/>\n       B.112.3. Par ailleurs, comme il est rappel\u00e9 en B.24.1 et B.24.2, l\u2019article 22 de la Constitution r\u00e9serve au l\u00e9gislateur comp\u00e9tent le pouvoir de fixer dans quels cas et \u00e0 quelles conditions il peut \u00eatre port\u00e9 atteinte au droit au respect de la vie priv\u00e9e. Il garantit ainsi \u00e0 tout citoyen qu\u2019aucune ing\u00e9rence dans l\u2019exercice de ce droit ne peut avoir lieu qu\u2019en vertu de r\u00e8gles adopt\u00e9es par une assembl\u00e9e d\u00e9lib\u00e9rante, d\u00e9mocratiquement \u00e9lue. \u00c0 cet \u00e9gard, les \u00e9l\u00e9ments essentiels du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel doivent \u00eatre fix\u00e9s dans la loi, le d\u00e9cret ou l\u2019ordonnance m\u00eame. \u00c0 cet \u00e9gard, quelle que soit la mati\u00e8re concern\u00e9e, les \u00e9l\u00e9ments suivants constituent, en principe, des \u00e9l\u00e9ments essentiels : (1\u00b0) la cat\u00e9gorie de donn\u00e9es trait\u00e9es; (2\u00b0) la cat\u00e9gorie de personnes concern\u00e9es; (3\u00b0) la finalit\u00e9 poursuivie par le traitement; (4\u00b0) la cat\u00e9gorie<br \/>\n       182<br \/>\n       de personnes ayant acc\u00e8s aux donn\u00e9es trait\u00e9es; (5\u00b0) le d\u00e9lai maximal de conservation des donn\u00e9es.<br \/>\n       Outre l\u2019exigence de l\u00e9galit\u00e9 formelle, l\u2019article 22 de la Constitution, lu en combinaison avec l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, impose que l\u2019ing\u00e9rence dans l\u2019exercice du droit au respect de la vie priv\u00e9e et du droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel soit d\u00e9finie en des termes clairs et suffisamment pr\u00e9cis qui permettent d\u2019appr\u00e9hender de mani\u00e8re pr\u00e9visible les hypoth\u00e8ses dans lesquelles le l\u00e9gislateur autorise pareille ing\u00e9rence. En mati\u00e8re de protection des donn\u00e9es, cette exigence de pr\u00e9visibilit\u00e9 implique qu\u2019il doit \u00eatre pr\u00e9vu de mani\u00e8re suffisamment pr\u00e9cise dans quelles circonstances les traitements de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel sont autoris\u00e9s. Toute personne doit d\u00e8s lors pouvoir avoir une id\u00e9e suffisamment claire des donn\u00e9es trait\u00e9es, des personnes concern\u00e9es par un traitement de donn\u00e9es d\u00e9termin\u00e9 et des conditions et finalit\u00e9s dudit traitement.<br \/>\n       B.113.1. Les articles 13\/6, 13\/7 et 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998 pr\u00e9voient que les services de renseignement peuvent, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exercice de leurs missions, requ\u00e9rir le concours d\u2019un op\u00e9rateur de r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques ou d\u2019un fournisseur de service de communications \u00e9lectroniques pour proc\u00e9der \u00e0 la conservation et \u00e0 la communication de \u00ab donn\u00e9es de trafic et de localisation \u00bb. Ce faisant, le l\u00e9gislateur a respect\u00e9 le principe de l\u00e9galit\u00e9 formelle garanti par l\u2019article 22 de la Constitution, d\u00e8s lors qu\u2019il a pr\u00e9cis\u00e9 les cat\u00e9gories de donn\u00e9es trait\u00e9es.<br \/>\n       B.113.2. De surcro\u00eet, les articles 13\/6, 13\/7 et 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998 exposent de mani\u00e8re claire et d\u00e9taill\u00e9e les donn\u00e9es de trafic et de localisation que les services de renseignement peuvent conserver et traiter, ainsi que les conditions et modalit\u00e9s de ces activit\u00e9s, ce qui permet aux personnes concern\u00e9es d\u2019appr\u00e9hender de mani\u00e8re suffisamment pr\u00e9visible les hypoth\u00e8ses dans lesquelles le l\u00e9gislateur autorise une ing\u00e9rence dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e et dans le droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel.<br \/>\n       B.114. Enfin, la mesure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 18\/8 de la loi du 30 novembre 1998 concerne le rep\u00e9rage ou la localisation de donn\u00e9es et non leur conservation.<br \/>\n       183<br \/>\n       En effet, le commentaire des articles pr\u00e9cise, sur ce point :<br \/>\n       \u00ab Cet article 18\/8 porte sur l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques par les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 et non sur la conservation de ces donn\u00e9es. [&#8230;].<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       [&#8230;] [I]l convient de pr\u00e9ciser qu\u2019aucune modification n\u2019est apport\u00e9e \u00e0 l\u2019acc\u00e8s par les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 aux donn\u00e9es de communications \u00e9lectroniques, ni \u00e0 ses modalit\u00e9s.<br \/>\n       La seule modification de l\u2019article 18\/8 consiste en la suppression du paragraphe 2 annul\u00e9 par la Cour constitutionnelle.<br \/>\n       L\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es par les services de renseignement et de s\u00e9curit\u00e9 vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 18\/8<br \/>\n       porte bien entendu sur toutes les donn\u00e9es conserv\u00e9es par les op\u00e9rateurs, peu importe pour quelle finalit\u00e9.<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       En r\u00e9ponse \u00e0 un commentaire du Comit\u00e9 permanent R (points 16-18), les auteurs du projet souhaitent souligner qu\u2019il n\u2019y a plus de raison de moduler l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es, puisque l\u2019acc\u00e8s d\u00e9pendra de la dur\u00e9e de conservation effective et modul\u00e9e. En outre, l\u2019acc\u00e8s devra toujours \u00eatre motiv\u00e9 de sorte que la Commission et le Comit\u00e9 permanent R puissent v\u00e9rifier la proportionnalit\u00e9, la subsidiarit\u00e9 et la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019historique demand\u00e9. Cette obligation de motivation a en effet \u00e9t\u00e9 r\u00e9introduite, \u00e0 la demande du Comit\u00e9, \u00e0 l\u2019article 18\/3, 2, 12\u00b0 \u00bb (Doc.<br \/>\n       parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, pp. 163-164).<br \/>\n       Il s\u2019ensuit que le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, qui porte sur la conservation des donn\u00e9es, en sa sixi\u00e8me branche, n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       B.115. Le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en ses quatri\u00e8me, cinqui\u00e8me et sixi\u00e8me branches, n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       13. L\u2019entr\u00e9e en vigueur (article 45)<br \/>\n       B.116.1. Le troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 porte sur l\u2019article 45 de la loi du 20 juillet 2022, qui dispose :<br \/>\n       184<br \/>\n       \u00ab La conservation cibl\u00e9e des donn\u00e9es sur la base des crit\u00e8res vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7\u00a7 3 \u00e0 5, de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques, entre en vigueur \u00e0 la date fix\u00e9e par le Roi par arr\u00eat\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres, et au plus tard le 1er janvier 2027.<br \/>\n       Pour la premi\u00e8re application de l\u2019article 126\/3, \u00a7\u00a7 3 \u00e0 5, de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques, les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 126\/3, \u00a7 6, alin\u00e9a 2, de la m\u00eame loi, transmettent les informations n\u00e9cessaires au service d\u00e9sign\u00e9 par le Roi \u00e0 une date fix\u00e9e par l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er et au plus tard le 1er janvier 2026 \u00bb.<br \/>\n       B.116.2. Le troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7930 est pris de la violation des articles 11, 12, 22 et 29 de la Constitution, de l\u2019article 15, paragraphe 1, et des articles 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, des articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et des articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680. La partie requ\u00e9rante soutient que l\u2019entr\u00e9e en vigueur r\u00e9gl\u00e9e \u00e0 l\u2019article 45 viole le principe de l\u00e9galit\u00e9 garanti par l\u2019article 22 de la Constitution.<br \/>\n       B.116.3. L\u2019expos\u00e9 du moyen ne montre pas en quoi le principe de l\u00e9galit\u00e9 pr\u00e9cit\u00e9 serait viol\u00e9. Le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       14. La protection du secret professionnel<br \/>\n       B.117.1. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7907, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7929, les deuxi\u00e8me et cinqui\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, ainsi que la septi\u00e8me branche du premier moyen et la troisi\u00e8me branche du troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932 portent sur la non-protection des informations couvertes par le secret professionnel.<br \/>\n       B.117.2.1. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7907, pris de la violation des articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 6 et 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec les articles 7, 8 et 47 de la Charte, porte sur les articles 5, 4\u00b0 et 6\u00b0, 8 \u00e0 11, 13 \u00e0 15, 19, 21, 22, 24 \u00e0 42 et 44 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       185<br \/>\n       En particulier, la partie requ\u00e9rante soutient que les dispositions attaqu\u00e9es ne diff\u00e9rencient pas, ou \u00e0 tout le moins pas suffisamment, les utilisateurs titulaires du secret professionnel par rapport aux autres utilisateurs, d\u2019une part, et les donn\u00e9es couvertes par le secret professionnel par rapport aux autres donn\u00e9es, d\u2019autre part. En ce qui concerne, en particulier, l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022, la partie requ\u00e9rante all\u00e8gue que cette disposition ne vise que les communications qui \u00e9manent d\u2019un avocat ou d\u2019un m\u00e9decin, mais pas celles qui \u00e9manent du client ou du patient, ce qui ne permet pas de r\u00e9server un traitement sp\u00e9cifique ad\u00e9quat aux d\u00e9positaires du secret professionnel (premi\u00e8re et deuxi\u00e8me branches). Par ailleurs, la partie requ\u00e9rante soutient que les dispositions attaqu\u00e9es cr\u00e9ent une surveillance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l\u2019ensemble des citoyens (troisi\u00e8me branche) et qu\u2019elles ne sont pas proportionn\u00e9es au but poursuivi (quatri\u00e8me branche).<br \/>\n       B.117.2.2. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7929 est pris de la violation des articles 10<br \/>\n       et 11 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 6 et 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec les articles 7, 8, 11 et 47 de la Charte, et porte sur les articles 2 \u00e0 17 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       En substance, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que les dispositions attaqu\u00e9es traitent de la m\u00eame mani\u00e8re les utilisateurs de services de t\u00e9l\u00e9communications ou de communications \u00e9lectroniques soumis au secret professionnel, notamment les professionnels comptables et fiscaux, d\u2019une part, et les autres utilisateurs de ces services, d\u2019autre part, sans qu\u2019il soit tenu compte du caract\u00e8re fondamental du secret professionnel.<br \/>\n       B.117.2.3. Le deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, qui est pris de la violation des articles 10, 11, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec l\u2019article 15, paragraphe 1, 5, 6 et 9 de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec les articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec les articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680, porte sur les articles 5, 6, 8, 9, 10 et 12 de la loi du 20 juillet 2022, en ce que ces dispositions ne pr\u00e9voient pas d\u2019exception, en ce qui concerne la conservation des donn\u00e9es et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 celles-ci, au b\u00e9n\u00e9fice des m\u00e9decins, des avocats ou des journalistes.<br \/>\n       Le cinqui\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, qui est pris de la violation des articles 10, 11, 22 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec l\u2019article 15, paragraphe 1, 5, 6 et 9<br \/>\n       186<br \/>\n       de la directive 2002\/58\/CE, lus \u00e0 la lumi\u00e8re des articles 7, 8, 11, 47 et 52, paragraphe 1, de la Charte, avec les articles 6, 8, 10, 11 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec les articles 13 et 54 de la directive (UE) 2016\/680, porte sur la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       dans son int\u00e9gralit\u00e9 en ce qu\u2019elle ne pr\u00e9voit aucun m\u00e9canisme de contr\u00f4le pertinent permettant aux b\u00e9n\u00e9ficiaires du secret professionnel de s\u2019opposer \u00e0 la collecte, \u00e0 la conservation ou \u00e0 la prise de connaissance de leurs donn\u00e9es.<br \/>\n       B.117.2.4. La septi\u00e8me branche du premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, lequel est pris de la violation des articles 10, 11, 13, 15, 22, 23 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi qu\u2019avec l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD, porte sur la loi du 20 juillet 2022 en ce qu\u2019elle ne pr\u00e9voit aucun traitement particulier pour la conservation des donn\u00e9es de trafic et de localisation des avocats, des m\u00e9decins et des journalistes, alors qu\u2019il s\u2019agit de donn\u00e9es sensibles, qui rel\u00e8vent du secret professionnel.<br \/>\n       La troisi\u00e8me branche du troisi\u00e8me moyen dans cette affaire, lequel est pris de la violation des articles 10, 11, 13, 15, 22, 23 et 29 de la Constitution, lus en combinaison ou non avec les articles 5, 6, 8, 9, 10, 11, 14 et 18 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, avec les articles 7, 8, 11, 47 et 52 de la Charte, avec l\u2019article 5, paragraphe 4, du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi qu\u2019avec l\u2019article 6 de la directive 2002\/58\/CE, avec la directive (UE) 2016\/680 et avec le RGPD, porte sur la loi du 20 juillet 2022 en ce qu\u2019elle ne pr\u00e9voit pas de protection particuli\u00e8re en ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es des avocats, des m\u00e9decins et des journalistes. Les parties requ\u00e9rantes soutiennent par ailleurs que les donn\u00e9es pr\u00e9cit\u00e9es sont trait\u00e9es diff\u00e9remment selon que l\u2019acc\u00e8s aux donn\u00e9es se fait ou non sur la base de l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022.<br \/>\n       B.117.3. Eu \u00e9gard \u00e0 leur connexit\u00e9, la Cour examine les moyens et branches pr\u00e9cit\u00e9es conjointement.<br \/>\n       B.118. L\u2019article 88bis du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par la loi attaqu\u00e9e dispose :<br \/>\n       187<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. S\u2019il existe des indices s\u00e9rieux que les infractions sont de nature \u00e0 entra\u00eener un emprisonnement correctionnel principal d\u2019un an ou une peine plus lourde, et lorsque le juge d\u2019instruction estime qu\u2019il existe des circonstances qui rendent le rep\u00e9rage de communications \u00e9lectroniques ou la localisation de l\u2019origine ou de la destination de communications \u00e9lectroniques n\u00e9cessaire \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9, il peut faire proc\u00e9der :<br \/>\n       1\u00b0 au rep\u00e9rage des donn\u00e9es de trafic de moyens de communication \u00e9lectronique \u00e0 partir desquels ou vers lesquels des communications \u00e9lectroniques sont adress\u00e9es ou ont \u00e9t\u00e9 adress\u00e9es;<br \/>\n       2\u00b0 \u00e0 la localisation de l\u2019origine ou de la destination de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Si n\u00e9cessaire, il peut pour ce faire requ\u00e9rir, directement ou par l\u2019interm\u00e9diaire du service de police d\u00e9sign\u00e9 par le Roi, la collaboration :<br \/>\n       &#8211; de l\u2019op\u00e9rateur d\u2019un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques; et<br \/>\n       &#8211; de toute personne qui met \u00e0 disposition ou offre, sur le territoire belge, d\u2019une quelconque mani\u00e8re, un service qui consiste \u00e0 transmettre des signaux via des r\u00e9seaux de communications \u00e9lectroniques ou \u00e0 autoriser des utilisateurs \u00e0 obtenir, recevoir ou diffuser des informations via un r\u00e9seau de communications \u00e9lectroniques. Est \u00e9galement compris le fournisseur d\u2019un service de communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       Dans les cas vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, pour chaque moyen de communication \u00e9lectronique dont les donn\u00e9es de trafic sont rep\u00e9r\u00e9es ou dont l\u2019origine ou la destination de la communication \u00e9lectronique est localis\u00e9e, le jour, l\u2019heure, la dur\u00e9e et, si n\u00e9cessaire, le lieu de la communication \u00e9lectronique sont indiqu\u00e9s et consign\u00e9s dans un proc\u00e8s-verbal.<br \/>\n       Le juge d\u2019instruction indique les circonstances de fait de la cause qui justifient la mesure, son caract\u00e8re proportionnel eu \u00e9gard au respect de la vie priv\u00e9e et subsidiaire \u00e0 tout autre devoir d\u2019enqu\u00eate, dans une ordonnance motiv\u00e9e.<br \/>\n       Il pr\u00e9cise \u00e9galement la dur\u00e9e durant laquelle la mesure pourra s\u2019appliquer pour le futur, cette dur\u00e9e ne pouvant exc\u00e9der deux mois \u00e0 dater de l\u2019ordonnance, sans pr\u00e9judice de renouvellement et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la p\u00e9riode pour le pass\u00e9 sur laquelle l\u2019ordonnance s\u2019\u00e9tend conform\u00e9ment au paragraphe 2.<br \/>\n       En cas de flagrant d\u00e9lit, le procureur du Roi peut ordonner la mesure pour les infractions vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2, 3 et 4. Dans ce cas, la mesure doit \u00eatre confirm\u00e9e dans les vingt-<br \/>\n       quatre heures par le juge d\u2019instruction.<br \/>\n       S\u2019il s\u2019agit toutefois de l\u2019infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 137, 347bis, 434 ou 470 du Code p\u00e9nal, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 137, \u00a7 3, 6\u00b0, du m\u00eame Code, le procureur du Roi peut ordonner la mesure tant que la situation de flagrant d\u00e9lit perdure, sans qu\u2019une confirmation par le juge d\u2019instruction ne soit n\u00e9cessaire.<br \/>\n       S\u2019il s\u2019agit de l\u2019infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 137 du Code p\u00e9nal, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 137, \u00a7 3, 6\u00b0, du m\u00eame Code, le procureur du Roi peut en outre ordonner la<br \/>\n       188<br \/>\n       mesure dans les septante-deux heures suivant la d\u00e9couverte de cette infraction, sans qu\u2019une confirmation par le juge d\u2019instruction soit n\u00e9cessaire.<br \/>\n       Toutefois, le procureur du Roi peut ordonner la mesure si le plaignant le sollicite, lorsque cette mesure s\u2019av\u00e8re indispensable \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 145, \u00a7 3<br \/>\n       et \u00a7 3bis de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques.<br \/>\n       En cas d\u2019urgence, la mesure peut \u00eatre ordonn\u00e9e verbalement. Elle doit \u00eatre confirm\u00e9e dans les plus brefs d\u00e9lais dans la forme pr\u00e9vue aux alin\u00e9as 4 et 5.<br \/>\n       \u00a7 2. Pour ce qui concerne l\u2019application de la mesure vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, aux donn\u00e9es de trafic ou de localisation conserv\u00e9es sur la base des articles 126\/1 et 126\/3 de la loi du 13 juin 2005 relative aux communications \u00e9lectroniques, les dispositions suivantes s\u2019appliquent :<br \/>\n       &#8211; pour une infraction vis\u00e9e au livre II, titre Iter, du Code p\u00e9nal, le juge d\u2019instruction peut dans son ordonnance requ\u00e9rir les donn\u00e9es pour une p\u00e9riode de douze mois pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019ordonnance;<br \/>\n       &#8211; pour une autre infraction vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 90ter, \u00a7\u00a7 2 \u00e0 4, qui n\u2019est pas vis\u00e9e au premier tiret ou pour une infraction qui est commise dans le cadre d\u2019une organisation criminelle vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 324bis du Code p\u00e9nal, ou pour une infraction qui est de nature \u00e0 entra\u00eener un emprisonnement correctionnel principal de cinq ans ou une peine plus lourde, le juge d\u2019instruction peut dans son ordonnance requ\u00e9rir les donn\u00e9es pour une p\u00e9riode de neuf mois pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019ordonnance;<br \/>\n       &#8211; pour les autres infractions, le juge d\u2019instruction ne peut requ\u00e9rir les donn\u00e9es que pour une p\u00e9riode de six mois pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019ordonnance.<br \/>\n       \u00a7 3. La mesure ne peut porter sur les moyens de communication \u00e9lectronique d\u2019un avocat ou d\u2019un m\u00e9decin que si celui-ci est lui-m\u00eame soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir commis une infraction vis\u00e9e au paragraphe 1er ou d\u2019y avoir particip\u00e9, ou si des faits pr\u00e9cis laissent pr\u00e9sumer que des tiers soup\u00e7onn\u00e9s d\u2019avoir commis une infraction vis\u00e9e au paragraphe 1er, utilisent ses moyens de communication \u00e9lectronique.<br \/>\n       La mesure ne peut \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e sans que le b\u00e2tonnier ou le repr\u00e9sentant de l\u2019ordre provincial des m\u00e9decins, selon le cas, en soit averti. Ces m\u00eames personnes seront inform\u00e9es par le juge d\u2019instruction des \u00e9l\u00e9ments qu\u2019il estime relever du secret professionnel. Ces \u00e9l\u00e9ments ne sont pas consign\u00e9s au proc\u00e8s-verbal. Ces personnes sont tenues au secret. Toute violation du secret est punie conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal.<br \/>\n       \u00a7 4. Les acteurs vis\u00e9s au \u00a7 1er, alin\u00e9a 2, communiquent les informations demand\u00e9es en temps r\u00e9el ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, au moment pr\u00e9cis\u00e9 dans la r\u00e9quisition, selon les modalit\u00e9s fix\u00e9es par le Roi, sur la proposition du ministre de la Justice et du ministre comp\u00e9tent pour les T\u00e9l\u00e9communications.<br \/>\n       189<br \/>\n       Toute personne qui, du chef de sa fonction, a connaissance de la mesure ou y pr\u00eate son concours, est tenue de garder le secret. Toute violation du secret est punie conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal.<br \/>\n       Toute personne qui refuse de pr\u00eater son concours technique aux r\u00e9quisitions vis\u00e9es au pr\u00e9sent article, concours dont les modalit\u00e9s sont fix\u00e9es par le Roi, sur la proposition du ministre de la Justice et du ministre comp\u00e9tent pour les T\u00e9l\u00e9communications, ou ne le pr\u00eate pas en temps r\u00e9el ou, le cas \u00e9ch\u00e9ant, au moment pr\u00e9cis\u00e9 dans la r\u00e9quisition, est punie d\u2019une amende de cent euros \u00e0 trente mille euros \u00bb.<br \/>\n       B.119. En dehors de l\u2019hypoth\u00e8se vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 88bis, \u00a7 3, du Code d\u2019instruction criminelle, la loi du 20 juillet 2022 ne pr\u00e9voit pas express\u00e9ment une protection particuli\u00e8re pour les donn\u00e9es prot\u00e9g\u00e9es par le secret professionnel.<br \/>\n       Le libell\u00e9 m\u00eame de l\u2019article 88bis, \u00a7 3, du Code d\u2019instruction criminelle, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 27 de la loi du 20 juillet 2022, pr\u00e9voit une protection particuli\u00e8re pour les moyens de communications \u00e9lectroniques des avocats et des m\u00e9decins, c\u2019est-\u00e0-dire tant pour les communications qui proviennent de l\u2019avocat et du m\u00e9decin que pour celles qui \u00e9manent des clients et patients (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/003, p. 48).<br \/>\n       B.120. Le secret professionnel auquel sont astreintes les personnes vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 458<br \/>\n       du Code p\u00e9nal, notamment les avocats et les m\u00e9decins, ne vise pas \u00e0 leur conf\u00e9rer un quelconque privil\u00e8ge, mais principalement \u00e0 prot\u00e9ger le droit fondamental au respect de la vie priv\u00e9e de la personne qui se confie \u00e0 eux, parfois dans ce qu\u2019elle a de plus intime. En outre, les informations confidentielles confi\u00e9es \u00e0 un avocat, dans l\u2019exercice de sa profession et en raison de cette qualit\u00e9, b\u00e9n\u00e9ficient aussi, dans certaines hypoth\u00e8ses, de la protection d\u00e9coulant, pour le justiciable, des garanties inscrites \u00e0 l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, d\u00e8s lors que la r\u00e8gle du secret professionnel impos\u00e9e \u00e0 l\u2019avocat est un \u00e9l\u00e9ment fondamental des droits de la d\u00e9fense du justiciable qui se confie \u00e0 lui.<br \/>\n       L\u2019effectivit\u00e9 des droits de la d\u00e9fense de tout justiciable suppose n\u00e9cessairement qu\u2019une relation de confiance puisse \u00eatre \u00e9tablie entre lui et l\u2019avocat qui le conseille et le d\u00e9fend. Cette n\u00e9cessaire relation de confiance ne peut \u00eatre \u00e9tablie et maintenue que si le justiciable a la<br \/>\n       190<br \/>\n       garantie que ce qu\u2019il confiera \u00e0 son avocat ne sera pas divulgu\u00e9 par celui-ci. Il en d\u00e9coule que la r\u00e8gle du secret professionnel impos\u00e9e \u00e0 l\u2019avocat est un \u00e9l\u00e9ment fondamental des droits de la d\u00e9fense.<br \/>\n       Comme l\u2019observe la Cour de cassation, \u00ab le secret professionnel auquel sont tenus les membres du barreau repose sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019assurer une enti\u00e8re s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 ceux qui se confient \u00e0 eux \u00bb (Cass., 13 juillet 2010, ECLI:BE:CASS:2010:ARR.20100713.1; voy. aussi Cass., 9 juin 2004, ECLI:BE:CASS:2004:ARR.20040609.10).<br \/>\n       M\u00eame s\u2019il n\u2019est \u00ab pas intangible \u00bb, le secret professionnel de l\u2019avocat constitue d\u00e8s lors \u00ab l\u2019un des principes fondamentaux sur lesquels repose l\u2019organisation de la justice dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique \u00bb (CEDH, 6 d\u00e9cembre 2012, Michaud c. France, ECLI:CE:ECHR:2012:1206JUD001232311, \u00a7 123).<br \/>\n       B.121.1. Dans ce contexte, la loi du 20 juillet 2022 doit recevoir une interpr\u00e9tation conforme \u00e0 la Constitution, compte tenu de ce que le secret professionnel de l\u2019avocat est un principe g\u00e9n\u00e9ral qui participe du respect des droits fondamentaux. Ainsi, les r\u00e8gles qui y d\u00e9rogent ne peuvent \u00eatre que de stricte interpr\u00e9tation, compte tenu de la mani\u00e8re dont est organis\u00e9e la profession d\u2019avocat dans l\u2019ordre juridique interne.<br \/>\n       Les travaux pr\u00e9paratoires relatifs \u00e0 cette disposition indiquent :<br \/>\n       \u00ab Le point 2\u00b0 de l\u2019article 21 [devenu 27] r\u00e9int\u00e8gre l\u2019ancien \u00a7 3 qui prot\u00e8ge les donn\u00e9es de communications des m\u00e9decins et des avocats. La mesure ne peut porter sur leurs moyens de communications \u00e9lectronique que dans le cadre de certaines situations tr\u00e8s sp\u00e9cifiques. Ce paragraphe est une reprise des articles 39bis, \u00a7 9, 56bis, 88bis, \u00a7 3 et 90octies CIC \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2021-2022, DOC 55-2572\/001, p. 145).<br \/>\n       \u00c0 propos de cet article 39bis, \u00a7 9, du Code d\u2019instruction criminelle, la Cour, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 66\/2021 du 29 avril 2021 (ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.066), a jug\u00e9 :<br \/>\n       \u00ab B.11.1. L\u2019article 39bis, \u00a7 9, alin\u00e9a 2, du Code d\u2019instruction criminelle pr\u00e9voit que la mesure ne peut \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e sans que le b\u00e2tonnier ou le repr\u00e9sentant du conseil provincial de l\u2019Ordre des m\u00e9decins, selon le cas, en soit averti, et que ces personnes seront inform\u00e9es par le procureur du Roi des \u00e9l\u00e9ments dont celui-ci estime qu\u2019ils rel\u00e8vent du secret professionnel.<br \/>\n       191<br \/>\n       B.11.2. Cette disposition n\u2019\u00e9tablit pas la mani\u00e8re dont l\u2019intervention du repr\u00e9sentant de l\u2019ordre concern\u00e9 doit concr\u00e8tement avoir lieu. \u00c0 cet \u00e9gard, il convient d\u2019interpr\u00e9ter l\u2019article 39bis, \u00a7 9, du Code d\u2019instruction criminelle de mani\u00e8re \u00e0 ce qu\u2019il ait un effet utile \u00e0 la lumi\u00e8re de sa ration legis, qui est de prot\u00e9ger le secret professionnel de l\u2019avocat et du m\u00e9decin.<br \/>\n       Aussi, l\u2019article 39bis, \u00a7 9, alin\u00e9a 2, du Code d\u2019instruction criminelle doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme obligeant le procureur du Roi \u00e0 avertir le b\u00e2tonnier ou le repr\u00e9sentant du conseil provincial de l\u2019Ordre des m\u00e9decins pr\u00e9alablement \u00e0 la r\u00e9alisation de la mesure, de sorte que celui-ci puisse y assister et qu\u2019il soit en mesure d\u2019examiner pr\u00e9alablement les documents, fichiers ou \u00e9l\u00e9ments que le procureur du Roi souhaite consulter et d\u2019aviser celui-ci de ce qui, selon lui, rel\u00e8ve du secret professionnel. Le repr\u00e9sentant de l\u2019ordre concern\u00e9 peut par ailleurs recommander les mesures ad\u00e9quates permettant de consulter certaines pi\u00e8ces, couvertes par le secret professionnel, sans compromettre ce secret.<br \/>\n       C\u2019est au procureur du Roi qu\u2019il appartient de statuer sur le caract\u00e8re confidentiel ou non des \u00e9l\u00e9ments qu\u2019il souhaite consulter, apr\u00e8s avoir recueilli l\u2019avis, selon le cas, du b\u00e2tonnier ou du repr\u00e9sentant du conseil provincial de l\u2019Ordre des m\u00e9decins. En cas de d\u00e9saccord, le repr\u00e9sentant de l\u2019ordre concern\u00e9 peut faire acter ses r\u00e9serves dans le proc\u00e8s-verbal.<br \/>\n       B.11.3. D\u00e8s lors que cette pr\u00e9rogative du procureur du Roi est le corollaire de sa comp\u00e9tence d\u2019ordonner des recherches non secr\u00e8tes dans un syst\u00e8me informatique, comme il est dit en B.9.3, il n\u2019est pas sans justification raisonnable que le procureur du Roi statue lui-<br \/>\n       m\u00eame sur le caract\u00e8re confidentiel ou non des \u00e9l\u00e9ments qu\u2019il souhaite consulter, moyennant l\u2019avis du repr\u00e9sentant de l\u2019ordre concern\u00e9 et sans pr\u00e9judice du contr\u00f4le de la chambre des mises en accusation et des juridictions de jugement. En effet, le procureur du Roi et l\u00e9galement responsable du bon d\u00e9roulement de l\u2019information, qui consiste \u00e0 rechercher les infractions, leurs auteurs et les preuves, et \u00e0 rassembler les \u00e9l\u00e9ments utiles \u00e0 l\u2019exercice de l\u2019action publique (article 28bis, \u00a7 1er, alin\u00e9as 1er et 3, du Code d\u2019instruction criminelle).<br \/>\n       B.11.4. En vertu de l\u2019article 39bis, \u00a7 9, alin\u00e9a 2, du Code d\u2019instruction criminelle, les \u00e9l\u00e9ments dont le procureur du Roi estime qu\u2019ils rel\u00e8vent du secret professionnel ne sont pas consign\u00e9s au proc\u00e8s-verbal et le repr\u00e9sentant de l\u2019ordre concern\u00e9 est tenu au secret.<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       B.14. Sous r\u00e9serve de l\u2019interpr\u00e9tation mentionn\u00e9e en B.11.2, les deux moyens ne sont pas fond\u00e9s \u00bb.<br \/>\n       La m\u00eame r\u00e9serve d\u2019interpr\u00e9tation s\u2019applique \u00e0 l\u2019article 88bis, \u00a7 3, attaqu\u00e9, du Code d\u2019instruction criminelle.<br \/>\n       192<br \/>\n       B.121.2. Cette m\u00eame interpr\u00e9tation doit s\u2019imposer mutatis mutandis de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale pour toutes les donn\u00e9es relevant du champ d\u2019application de l\u2019article 458 du Code p\u00e9nal et, par cons\u00e9quent, pour d\u2019autres cat\u00e9gories de professionnels, selon les modalit\u00e9s et dans les conditions pr\u00e9vues par le l\u00e9gislateur. Ainsi la r\u00e8gle du secret professionnel ne doit-elle c\u00e9der, dans chaque cas concret o\u00f9 un juge d\u2019instruction ou une autre autorit\u00e9 a acc\u00e8s aux donn\u00e9es conserv\u00e9es, que si cela peut se justifier par un motif imp\u00e9rieux d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et si la lev\u00e9e du secret est strictement proportionn\u00e9e, eu \u00e9gard \u00e0 cet objectif.<br \/>\n       B.122. Compte tenu de l\u2019interpr\u00e9tation mentionn\u00e9e en B.121, la loi du 20 juillet 2022 ne porte pas une atteinte discriminatoire au secret professionnel.<br \/>\n       B.123. Le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7907, le moyen unique dans l\u2019affaire n\u00b0 7929, les deuxi\u00e8me et cinqui\u00e8me moyens dans l\u2019affaire n\u00b0 7930, ainsi que le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en sa septi\u00e8me branche, et le troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 7932, en sa troisi\u00e8me branche, ne sont pas fond\u00e9s.<br \/>\n       193<br \/>\n       Par ces motifs,<br \/>\n       la Cour<br \/>\n       &#8211; avant de statuer sur les griefs relatifs aux articles 5, 6 et 24 de la loi du 20 juillet 2022<br \/>\n       \u00ab relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es d\u2019identification et des m\u00e9tadonn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques et \u00e0 la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s \u00bb, pose \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne les questions pr\u00e9judicielles suivantes :<br \/>\n       1. L\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 juillet 2002 \u00ab concernant le traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et la protection de la vie priv\u00e9e dans le secteur des communications \u00e9lectroniques (directive vie priv\u00e9e et communications \u00e9lectroniques ) \u00bb, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne, doit-il \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en ce sens :<br \/>\n       a) qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 une l\u00e9gislation nationale qui pr\u00e9voit une obligation pour les op\u00e9rateurs de services de communications \u00e9lectroniques de conserver et de traiter les donn\u00e9es de trafic vis\u00e9es dans cette l\u00e9gislation dans le cadre de la fourniture de ce r\u00e9seau ou de ce service, pendant une p\u00e9riode de quatre ou douze mois, selon le cas, afin qu\u2019ils prennent les mesures appropri\u00e9es, proportionn\u00e9es, pr\u00e9ventives et curatives de mani\u00e8re \u00e0 \u00e9viter les fraudes et les utilisations malveillantes sur leurs r\u00e9seaux et \u00e0 emp\u00eacher que les utilisateurs finaux subissent un pr\u00e9judice ou soient importun\u00e9s, ainsi qu\u2019\u00e0 \u00e9tablir les fraudes ou les utilisations malveillantes du r\u00e9seau ou du service ou \u00e0 pouvoir en identifier les auteurs et l\u2019origine;<br \/>\n       b) qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 une l\u00e9gislation nationale qui permet \u00e0 ces op\u00e9rateurs de conserver et de traiter les donn\u00e9es de trafic concern\u00e9es au-del\u00e0 des d\u00e9lais pr\u00e9cit\u00e9s, en cas de fraude sp\u00e9cifique identifi\u00e9e ou d\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau sp\u00e9cifique identifi\u00e9e, le temps n\u00e9cessaire \u00e0 son analyse et \u00e0 sa r\u00e9solution ou le temps n\u00e9cessaire au traitement de cette utilisation malveillante;<br \/>\n       194<br \/>\n       c) qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 une l\u00e9gislation nationale qui, sans pr\u00e9voir l\u2019obligation de solliciter un avis pr\u00e9alable ou de notifier \u00e0 une autorit\u00e9 ind\u00e9pendante, permet \u00e0 ces op\u00e9rateurs de conserver et de traiter d\u2019autres donn\u00e9es que celles vis\u00e9es dans la loi, en vue de permettre d\u2019\u00e9tablir la fraude ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau ou du service, ou d\u2019identifier son auteur et son origine;<br \/>\n       d) qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 une l\u00e9gislation nationale qui, sans pr\u00e9voir l\u2019obligation de solliciter un avis pr\u00e9alable ou de notifier \u00e0 une autorit\u00e9 ind\u00e9pendante, permet \u00e0 ces op\u00e9rateurs de conserver et de traiter pour une dur\u00e9e de douze mois les donn\u00e9es de trafic qu\u2019ils estiment n\u00e9cessaires pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 et le bon fonctionnement de leurs r\u00e9seaux et services de communications \u00e9lectroniques, et en particulier pour d\u00e9tecter et analyser une atteinte potentielle ou r\u00e9elle \u00e0 cette s\u00e9curit\u00e9, en ce compris pour identifier l\u2019origine de cette atteinte et, en cas d\u2019atteinte sp\u00e9cifique \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau, pendant la dur\u00e9e n\u00e9cessaire pour la traiter ?<br \/>\n       2. L\u2019article 15, paragraphe 1, de la directive 2002\/58\/CE, lu en combinaison avec les articles 7, 8 et 52, paragraphe 1, de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne, doit-il \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en ce sens :<br \/>\n       a) qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 une l\u00e9gislation nationale qui permet aux op\u00e9rateurs de r\u00e9seaux mobiles de conserver et de traiter les donn\u00e9es de localisation, sans que la l\u00e9gislation d\u00e9crive pr\u00e9cis\u00e9ment quelles donn\u00e9es sont vis\u00e9es, dans le cadre de la fourniture de ce r\u00e9seau ou de ce service, pendant une p\u00e9riode de quatre ou douze mois, selon le cas, lorsque cela est n\u00e9cessaire pour le bon fonctionnement et la s\u00e9curit\u00e9 du r\u00e9seau ou du service, ou pour d\u00e9tecter ou analyser les fraudes ou l\u2019utilisation malveillante du r\u00e9seau;<br \/>\n       b) qu\u2019il s\u2019oppose \u00e0 une l\u00e9gislation nationale qui permet \u00e0 ces op\u00e9rateurs de conserver et de traiter les donn\u00e9es de localisation au-del\u00e0 des d\u00e9lais pr\u00e9cit\u00e9s, en cas d\u2019atteinte sp\u00e9cifique, de fraude sp\u00e9cifique ou d\u2019utilisation malveillante sp\u00e9cifique ?<br \/>\n       3. Si, sur la base des r\u00e9ponses donn\u00e9es \u00e0 la premi\u00e8re ou \u00e0 la deuxi\u00e8me question pr\u00e9judicielle, la Cour constitutionnelle devait arriver \u00e0 la conclusion que certaines dispositions de la loi du 20 juillet 2022 \u00ab relative \u00e0 la collecte et \u00e0 la conservation des donn\u00e9es<br \/>\n       195<br \/>\n       d\u2019identification et des m\u00e9tadonn\u00e9es dans le secteur des communications \u00e9lectroniques et \u00e0 la fourniture de ces donn\u00e9es aux autorit\u00e9s \u00bb violent une ou plusieurs des obligations d\u00e9coulant des dispositions mentionn\u00e9es dans ces questions, pourrait-elle maintenir provisoirement les effets des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es de la loi du 20 juillet 2022 afin d\u2019\u00e9viter une ins\u00e9curit\u00e9 juridique et de permettre que les donn\u00e9es collect\u00e9es et conserv\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment puissent encore \u00eatre utilis\u00e9es pour les objectifs vis\u00e9s dans la loi ?<br \/>\n       &#8211; Sous r\u00e9serve de l\u2019interpr\u00e9tation mentionn\u00e9e en B.121, rejette les autres griefs.<br \/>\n       Ainsi rendu en langue fran\u00e7aise, en langue n\u00e9erlandaise et en langue allemande, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 65 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 26 septembre 2024.<br \/>\n       Le greffier, Le pr\u00e9sident,<br \/>\n       Nicolas Dupont Pierre Nihoul<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.097\n       <\/p>\n<p>            Publication(s) li\u00e9e(s)              <\/p>\n<p>citant:<\/p>\n<p>ECLI:BE:CASS:2004:ARR.20040609.10         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:CASS:2010:ARR.20100713.1         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:1996:ARR.026         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2005:ARR.126         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2013:ARR.127         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2015:ARR.084         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2018:ARR.096         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2018:ARR.174         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.002         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.057         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.066         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2021:ARR.158         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:CEDH:2012:0607JUD003843309        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:CEDH:2015:1015JUD002751008        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2000:0504JUD002834195        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2002:0723JUD003698597        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2004:1019DEC006627301        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2007:1022JUD002127902        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2008:1204JUD003056204        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2012:0607JUD003843309        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2012:1206JUD001232311        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2013:0712JUD002542409        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2015:1015JUD002751008        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2015:1020JUD001188210        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2020:0130JUD005000112        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2024:0213JUD003369619        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:1982:335        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:1995:441        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2013:670        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2015:832        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2016:970        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2017:209        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2018:788        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2019:122        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2020:790        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2020:791        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2021:799        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2024:370        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2024:371        <\/p>\n<p>cit\u00e9 par:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GBAPD:2025:AVIS.20251017.1         <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; 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info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.097\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. 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