{"id":1161123,"date":"2026-06-21T12:16:14","date_gmt":"2026-06-21T10:16:14","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-112\/"},"modified":"2026-06-21T12:16:14","modified_gmt":"2026-06-21T10:16:14","slug":"eclibeghcc2024arr-112","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-112\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.112"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nCour constitutionnelle (Cour d&apos;arbitrage)  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 24 octobre 2024            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.112<\/p>\n<p>No Arr\u00eat\/No R\u00f4le:<\/p>\n<p>112\/2024<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit constitutionnel<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2024-11-04<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>509 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-04 13:24<\/p>\n<p>Version(s):<\/p>\n<p>Version NL\n        <\/p>\n<p>Version DE\n        <\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p> Non-violation (articles 11, 12 et 14 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004, dans<br \/>\n        leurs versions ant\u00e9rieure et post\u00e9rieure \u00e0 leur modification par la<br \/>\n        loi du 6 mai 2009 \u00ab portant des dispositions diverses \u00bb)\n    <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>COUR CONSTITUTIONNELLE\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; COUR CONSTITUTIONNELLE\n <\/p>\n<p>Mots libres:<\/p>\n<p>\nles questions pr\u00e9judicielles concernant l&apos;article 11 de la loi du<br \/>\n         9 d\u00e9cembre 2004 \u00ab relative au financement de l&apos;Agence f\u00e9d\u00e9rale<br \/>\n         pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire \u00bb, pos\u00e9es par la Cour d&apos;appel<br \/>\n         de Bruxelles. Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la s\u00e9curit\u00e9 de la cha\u00eene alimentaire<br \/>\n         (AFSCA) &#8211; Financement &#8211; R\u00e9tributions &#8211; D\u00e9faut de paiement &#8211; Sanctions<br \/>\n         &#8211; Lourdeur des sanctions administratives &#8211; Absence de possibilit\u00e9s de<br \/>\n         modulation<\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       Cour constitutionnelle<br \/>\n       Arr\u00eat n\u00b0 112\/2024<br \/>\n       du 24 octobre 2024<br \/>\n       Num\u00e9ro du r\u00f4le : 8092<br \/>\n       En cause : les questions pr\u00e9judicielles concernant l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004<br \/>\n       \u00ab relative au financement de l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire \u00bb, pos\u00e9es par la Cour d\u2019appel de Bruxelles.<br \/>\n       La Cour constitutionnelle,<br \/>\n       compos\u00e9e des pr\u00e9sidents Luc Lavrysen et Pierre Nihoul, et des juges Thierry Giet, Michel P\u00e2ques, Yasmine Kherbache, Danny Pieters et Magali Plovie, assist\u00e9e du greffier Frank Meersschaut, pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident Luc Lavrysen,<br \/>\n       apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, rend l\u2019arr\u00eat suivant :<br \/>\n       I. Objet des questions pr\u00e9judicielles et proc\u00e9dure<br \/>\n       Par arr\u00eat du 9 octobre 2023, dont l\u2019exp\u00e9dition est parvenue au greffe de la Cour le 20 octobre 2023, la Cour d\u2019appel de Bruxelles a pos\u00e9 les questions pr\u00e9judicielles suivantes :<br \/>\n       \u00ab L\u2019absence d\u2019un fondement l\u00e9gal permettant \u00e0 l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire et aux cours et tribunaux ordinaires de moduler les sanctions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 11, \u00a7 1er, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 relative au financement de l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire (tant dans sa version applicable avant sa modification par la loi du 6 mai 2009 portant des dispositions diverses que dans sa version applicable apr\u00e8s cette modification) est-elle contraire aux articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales ?<br \/>\n       L\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 relative au financement de l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire (tant dans sa version applicable avant sa modification par la loi du 6 mai 2009 portant des dispositions diverses que dans sa version applicable apr\u00e8s cette modification), lu en combinaison ou non avec les articles 12 et 14 de la m\u00eame loi, viole-t-il les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel \u00e0 la Convention europ\u00e9enne de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales, en ce qu\u2019il impose des sanctions administratives d\u00e9raisonnablement<br \/>\n       2<br \/>\n       lourdes en cas de non-paiement ou de paiement tardif des r\u00e9tributions et contributions qui sont dues \u00e0 l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire ? \u00bb.<br \/>\n       Des m\u00e9moires et m\u00e9moires en r\u00e9ponse ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       &#8211; la SA \u00ab Cadfin \u00bb, assist\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Karen De Bleecker Hernandez et Me Melanie Verroken, avocates au barreau de Bruxelles;<br \/>\n       &#8211; l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la s\u00e9curit\u00e9 de la cha\u00eene alimentaire, assist\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Daan De Jaeger, Me Wouter Moonen et Me Nick Parthoens, avocats au barreau du Limbourg;<br \/>\n       &#8211; le Conseil des ministres, assist\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 par Me S\u00e9bastien Depr\u00e9, Me Juliette Van Vyve et Me Delphine Van Den Eynde, avocats au barreau de Bruxelles.<br \/>\n       Par ordonnance du 17 juillet 2024, la Cour, apr\u00e8s avoir entendu les juges-rapporteurs Yasmine Kherbache et Michel P\u00e2ques, a d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019affaire \u00e9tait en \u00e9tat, qu\u2019aucune audience ne serait tenue, \u00e0 moins qu\u2019une partie n\u2019ait demand\u00e9, dans le d\u00e9lai de sept jours suivant la r\u00e9ception de la notification de cette ordonnance, \u00e0 \u00eatre entendue, et qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une telle demande, les d\u00e9bats seraient clos \u00e0 l\u2019expiration de ce d\u00e9lai et l\u2019affaire serait mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Aucune demande d\u2019audience n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 introduite, l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Les dispositions de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle relatives \u00e0 la proc\u00e9dure et \u00e0 l\u2019emploi des langues ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es.<br \/>\n       II. Les faits et la proc\u00e9dure ant\u00e9rieure<br \/>\n       L\u2019instance soumise \u00e0 la juridiction a quo porte sur un litige entre la SA \u00ab Cadfin \u00bb et l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la s\u00e9curit\u00e9 de la cha\u00eene alimentaire (ci-apr\u00e8s : l\u2019AFSCA). La SA \u00ab Cadfin \u00bb met en cause le m\u00e9canisme de sanction applicable aux r\u00e9tributions dues \u00e0 l\u2019AFSCA, pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 11, \u00a7 1er, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 \u00ab relative au financement de l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 9 d\u00e9cembre 2004).<br \/>\n       La SA \u00ab Cadfin \u00bb conteste le paiement des factures relatives aux majorations et aux doublements l\u00e9gaux qui lui sont r\u00e9clam\u00e9s en raison du paiement tardif des contributions et des r\u00e9tributions. Il s\u2019agit d\u2019un montant en principal de 39 754,80 euros, \u00e0 majorer des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la date des mises en demeure du 20 janvier 2012 et du 29 mars 2018 jusqu\u2019au jour du paiement total et d\u00e9finitif.<br \/>\n       Plusieurs factures en vue de la perception des r\u00e9tributions sont envoy\u00e9es \u00e0 la SA \u00ab Cadfin \u00bb, qui ne paie pas celles-ci dans le d\u00e9lai de paiement pr\u00e9vu par la loi. D\u00e8s lors, les montants des r\u00e9tributions impay\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de paiement, sont de plein droit et automatiquement major\u00e9s de 10 %, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 11, \u00a7 1er, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004. La SA \u00ab Cadfin \u00bb paie la totalit\u00e9 du montant principal des factures impay\u00e9es, mais pas la majoration de 10 % appliqu\u00e9e, qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 19 877,40 euros. L\u2019article 11, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 dispose qu\u2019en l\u2019absence de paiement, le montant des amendes sera doubl\u00e9.<br \/>\n       3<br \/>\n       Parce qu\u2019elle n\u2019a pas pay\u00e9 ces majorations (qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent au total \u00e0 un montant de 19 877,40 euros) et parce qu\u2019elle a contest\u00e9 le doublement de celles-ci (de sorte que la dette s\u2019\u00e9l\u00e8ve au total \u00e0 un montant de 39 754,80 euros), la SA \u00ab Cadfin \u00bb est mise en demeure le 20 janvier 2012 et le 29 mars 2018, puis cit\u00e9e \u00e0 compara\u00eetre par l\u2019AFSCA.<br \/>\n       En premi\u00e8re instance, le Tribunal de premi\u00e8re instance de Bruxelles rejette une partie des moyens de la SA \u00ab Cadfin \u00bb et renvoie l\u2019affaire dans l\u2019attente de la d\u00e9cision de la Cour de cassation dans deux affaires similaires.<br \/>\n       La SA \u00ab Cadfin \u00bb a interjet\u00e9 appel du jugement et la Cour d\u2019appel de Bruxelles pose, \u00e0 ce sujet, les questions pr\u00e9judicielles reproduites plus haut.<br \/>\n       III. En droit<br \/>\n       -A-<br \/>\n       Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 des questions pr\u00e9judicielles et des griefs de la partie appelante devant la juridiction a quo<br \/>\n       A.1. L\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la s\u00e9curit\u00e9 de la cha\u00eene alimentaire (ci-apr\u00e8s : l\u2019AFSCA) et le Conseil des ministres soutiennent que les questions pr\u00e9judicielles n\u2019appellent pas de r\u00e9ponse parce que la juridiction a quo n\u2019a pas formul\u00e9 celles-ci de mani\u00e8re suffisamment pr\u00e9cise, d\u00e8s lors qu\u2019elle n\u2019identifie pas quelles sont les cat\u00e9gories de personnes \u00e0 comparer.<br \/>\n       A.2. Dans son m\u00e9moire et dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, la SA \u00ab Cadfin \u00bb, partie appelante devant la juridiction a quo, observe qu\u2019en tant qu\u2019op\u00e9rateur au sens de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004, elle peut \u00eatre compar\u00e9e aux entreprises au sens de la loi du 2 ao\u00fbt 2002 \u00ab concernant la lutte contre le retard de paiement dans les transactions commerciales \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 2 ao\u00fbt 2002).<br \/>\n       La loi du 2 ao\u00fbt 2002 pr\u00e9voit la r\u00e9glementation \u00e0 suivre en cas de paiements tardifs dans le cadre de transactions commerciales, la transaction commerciale devant \u00eatre comprise comme \u00ab toute transaction entre des entreprises ou entre des entreprises et les pouvoirs publics qui conduit contre r\u00e9mun\u00e9ration \u00e0 la fourniture de biens, \u00e0 la prestation de services ou \u00e0 la conception et l\u2019ex\u00e9cution de travaux publics et de travaux de construction et de g\u00e9nie civil \u00bb (article 2 de la loi du 2 ao\u00fbt 2002). Une relation similaire existe entre la partie appelante devant la juridiction a quo, en tant qu\u2019op\u00e9rateur, et l\u2019AFSCA, en tant qu\u2019unit\u00e9 de contr\u00f4le, relation dans laquelle l\u2019AFSCA<br \/>\n       agit en tant qu\u2019agence prestataire de services et exerce sa fonction de contr\u00f4le aux fins de protection de la sant\u00e9 publique. Pour fournir ce service, les op\u00e9rateurs, telle la partie appelante, doivent payer des contributions et des r\u00e9tributions. Selon la partie appelante, la r\u00e9alit\u00e9 socio-\u00e9conomique des deux l\u00e9gislations est la m\u00eame : dans les deux cas, des services sont fournis, qui doivent faire l\u2019objet d\u2019indemnit\u00e9s.<br \/>\n       Dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, la partie appelante observe encore que l\u2019arr\u00eat de renvoi permet d\u2019identifier clairement les cat\u00e9gories de personnes \u00e0 comparer. La comparaison doit \u00eatre faite entre, d\u2019une part, les op\u00e9rateurs, telle la partie appelante, dans leur relation avec l\u2019AFSCA comme agence prestataire de services, et, d\u2019autre part, les entreprises dans leur relation avec d\u2019autres entreprises prestataires de services dans le cadre de transactions commerciales. Il n\u2019est en aucun cas question d\u2019une limitation du caract\u00e8re contradictoire des d\u00e9bats, puisque tant l\u2019AFSCA que le Conseil des ministres ont pris position quant aux questions pr\u00e9judicielles. La Cour peut en outre, si elle l\u2019estime n\u00e9cessaire, pr\u00e9ciser les questions pr\u00e9judicielles pos\u00e9es, compte tenu de leur formulation, de la motivation de la juridiction a quo et des faits qui sont \u00e0 l\u2019origine du litige au fond.<br \/>\n       La partie appelante observe de surcro\u00eet que, contrairement \u00e0 ce qu\u2019affirme le Conseil des ministres, une comparaison avec un r\u00e9gime de sanctions p\u00e9nales n\u2019est pas n\u00e9cessaire. La nature p\u00e9nale des dispositions en cause n\u2019est \u00e9voqu\u00e9e que pour justifier la demande de contr\u00f4le au regard de l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       A.3. Dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, l\u2019AFSCA observe que la comparaison avec le r\u00e9gime de droit priv\u00e9 est manifestement erron\u00e9e. L\u2019AFSCA doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une autorit\u00e9 administrative et la d\u00e9termination de la r\u00e9tribution due est un acte juridique administratif unilat\u00e9ral qui ne n\u00e9cessite pas l\u2019accord de l\u2019op\u00e9rateur. Une comparaison avec le r\u00e9gime contractuel de droit priv\u00e9 n\u2019est d\u00e8s lors pas correcte.<br \/>\n       4<br \/>\n       En ce qui concerne la comparaison avec le r\u00e9gime de droit p\u00e9nal, l\u2019AFSCA r\u00e9p\u00e8te que la sanction administrative pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 n\u2019est pas une peine, de sorte que toute comparaison est impossible.<br \/>\n       A.4. Le Conseil des ministres estime, dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, qu\u2019une comparaison avec la loi du 2 ao\u00fbt 2002 n\u2019est pas possible. Ce sont des situations totalement diff\u00e9rentes qui n\u2019exigent pas une identit\u00e9 de traitement. Tout d\u2019abord, les services et les t\u00e2ches des op\u00e9rateurs qui sont soumis \u00e0 l\u2019application de l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 diff\u00e8rent consid\u00e9rablement, par leur nature, de ceux des entreprises qui sont soumises \u00e0 l\u2019application de la loi du 2 ao\u00fbt 2002. Les op\u00e9rateurs accomplissent des t\u00e2ches essentielles de service public ou d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, notamment dans le domaine de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et de la sant\u00e9 publique, alors que les entreprises sont actives dans un contexte commercial particulier, livrent des marchandises, prestent des services ou ex\u00e9cutent des travaux sans qu\u2019elles soient directement associ\u00e9es \u00e0 des t\u00e2ches de service public ou d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Ensuite, il convient d\u2019observer que l\u2019article 11 en cause poursuit des objectifs diff\u00e9rents. L\u2019AFSCA a pour but de garantir la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et la qualit\u00e9 des produits, un objectif pour lequel elle exerce des activit\u00e9s de contr\u00f4le, de recherche et d\u2019inspection qui sont d\u2019un int\u00e9r\u00eat particulier pour la protection du consommateur et de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Le m\u00e9canisme de sanction tend \u00e0 garantir le financement de ces t\u00e2ches. La loi du 2 ao\u00fbt 2002, par contre, tend \u00e0 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats financiers et commerciaux d\u2019entreprises priv\u00e9es, sans poursuivre un objectif de protection d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Enfin, l\u2019AFSCA estime qu\u2019il convient aussi de tenir compte de son mode de financement sp\u00e9cifique. Pour financer ses activit\u00e9s, l\u2019AFSCA d\u00e9pend des contributions et des r\u00e9tributions que doivent payer les op\u00e9rateurs. Un retard de paiement aura une incidence directe sur la capacit\u00e9 de l\u2019AFSCA \u00e0 ex\u00e9cuter ses missions de service public ou d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Les cons\u00e9quences financi\u00e8res pour les entreprises n\u2019ont pas la m\u00eame incidence sur les t\u00e2ches de service public ou d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n       A.5. La partie appelante devant la juridiction a quo estime aussi qu\u2019il convient de tenir compte du droit de l\u2019Union, qui r\u00e8gle le financement des contr\u00f4les officiels et d\u2019autres activit\u00e9s officielles. Ce sont principalement les articles 78 \u00e0 85 du r\u00e8glement (UE) 2017\/625 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 15 mars 2017 \u00ab concernant les contr\u00f4les officiels et les autres activit\u00e9s officielles servant \u00e0 assurer le respect de la l\u00e9gislation alimentaire et de la l\u00e9gislation relative aux aliments pour animaux ainsi que des r\u00e8gles relatives \u00e0 la sant\u00e9 et au bien-\u00eatre des animaux, \u00e0 la sant\u00e9 des v\u00e9g\u00e9taux et aux produits phytopharmaceutiques, modifiant les r\u00e8glements du Parlement europ\u00e9en et du Conseil (CE) n\u00b0 999\/2001, (CE) n\u00b0 396\/2005, (CE) n\u00b0 1069\/2009, (CE) n\u00b0 1107\/2009, (UE) n\u00b0 1151\/2012, (UE) n\u00b0 652\/2014, (UE) 2016\/429 et (UE) 2016\/2031, les r\u00e8glements du Conseil (CE) n\u00b0 1\/2005 et (CE) n\u00b0 1099\/2009 ainsi que les directives du Conseil 98\/58\/CE, 1999\/74\/CE, 2007\/43\/CE, 2008\/119\/CE et 2008\/120\/CE, et abrogeant les r\u00e8glements du Parlement europ\u00e9en et du Conseil (CE) n\u00b0 854\/2004<br \/>\n       et (CE) n\u00b0 882\/2004, les directives du Conseil 89\/608\/CEE, 89\/662\/CEE, 90\/425\/CEE, 91\/496\/CEE, 96\/23\/CE, 96\/93\/CE et 97\/78\/CE ainsi que la d\u00e9cision 92\/438\/CEE du Conseil (r\u00e8glement sur les contr\u00f4les officiels) \u00bb (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : le r\u00e8glement (UE) 2017\/625) qui sont importants en l\u2019esp\u00e8ce. \u00c9taient auparavant applicables les articles 26<br \/>\n       \u00e0 29 du r\u00e8glement (CE) n\u00b0 882\/2004 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 29 avril 2004 \u00ab relatif aux contr\u00f4les officiels effectu\u00e9s pour s\u2019assurer de la conformit\u00e9 avec la l\u00e9gislation sur les aliments pour animaux et les denr\u00e9es alimentaires et avec les dispositions relatives \u00e0 la sant\u00e9 animale et au bien-\u00eatre des animaux \u00bb et, initialement, il fallait tenir compte de la directive 85\/73\/CEE du Conseil du 29 janvier 1985 \u00ab relative au financement des inspections et contr\u00f4les sanitaires des viandes fra\u00eeches et des viandes de volaille \u00bb.<br \/>\n       Il ressort de ce droit de l\u2019Union que les r\u00e9tributions affectent le march\u00e9 libre et qu\u2019elles pourraient perturber le march\u00e9, de sorte qu\u2019elles rel\u00e8vent de la protection du droit primaire de l\u2019Union. Selon la partie appelante, le m\u00e9canisme de perception et de sanction est incompatible avec le droit de l\u2019Union, d\u00e8s lors que le principe d\u2019\u00e9quivalence et le principe d\u2019effectivit\u00e9 sont viol\u00e9s.<br \/>\n       A.6. L\u2019AFSCA estime, dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, que le r\u00e8glement (UE) 2017\/625 ne s\u2019applique pas au litige au fond pr\u00e9sentement examin\u00e9 parce que la loi du 4 f\u00e9vrier 2000 \u00ab relative \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire \u00bb n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e en ex\u00e9cution du droit de l\u2019Union, et certainement pas en ex\u00e9cution du r\u00e8glement (UE) 2017\/625. Les t\u00e2ches de contr\u00f4le qu\u2019ex\u00e9cute l\u2019AFSCA ne lui ont pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es conform\u00e9ment au r\u00e8glement pr\u00e9cit\u00e9.<br \/>\n       A.7. Le Conseil des ministres soutient, dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, que l\u2019argument de la partie appelante devant la juridiction a quo fond\u00e9 sur le droit de l\u2019Union sort du cadre des questions pr\u00e9judicielles parce que celles-<br \/>\n       ci portent sur le respect des articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, en ce qui concerne la premi\u00e8re question pr\u00e9judicielle, et sur le respect des articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel \u00e0 la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (ci-apr\u00e8s : le Premier Protocole additionnel), en ce<br \/>\n       5<br \/>\n       qui concerne la seconde question pr\u00e9judicielle. Par ailleurs, les articles 78 \u00e0 85 du r\u00e8glement (UE) 2017\/625 ne sont pas des dispositions qui rel\u00e8vent du pouvoir de contr\u00f4le de la Cour.<br \/>\n       Quant \u00e0 la premi\u00e8re question pr\u00e9judicielle<br \/>\n       A.8. La partie appelante devant la juridiction a quo estime que les sanctions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 11, \u00a7 1er, en cause, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 sont des sanctions p\u00e9nales, de sorte que l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme est applicable. Plusieurs garanties doivent \u00eatre offertes, \u00e0 savoir le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable pr\u00e9alable avec pr\u00e9somption d\u2019innocence et le plein pouvoir de contr\u00f4le du tribunal en ce qui concerne le degr\u00e9 et le caract\u00e8re appropri\u00e9 des sanctions. Les sanctions qui d\u00e9coulent directement de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 sont appliqu\u00e9es automatiquement si les conditions factuelles et formelles sont remplies. Ainsi, la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 pr\u00e9voit une majoration de 10 % apr\u00e8s l\u2019expiration d\u2019un d\u00e9lai d\u00e9termin\u00e9, un doublement des contributions et des r\u00e9tributions apr\u00e8s quinze jours, des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux sur la majoration et sur le doublement apr\u00e8s la mise en demeure et une suspension de l\u2019agr\u00e9ment ou de l\u2019autorisation en cas de non-paiement apr\u00e8s un d\u00e9lai d\u00e9termin\u00e9.<br \/>\n       Le contr\u00f4le juridictionnel se limite toutefois \u00e0 l\u2019examen du respect des conditions formelles, \u00e0 l\u2019exclusion d\u2019un examen des circonstances factuelles concr\u00e8tes, sans que soient pr\u00e9vues des possibilit\u00e9s de modulation. Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019arr\u00eat n\u00b0 47\/2020 du 26 mars 2020 (ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.047), la partie appelante estime que l\u2019absence de modulation ne peut pas \u00eatre simplement compens\u00e9e par des mesures judiciaires. Il appartient au l\u00e9gislateur de r\u00e9gler, sans \u00e9quivoque, tous les aspects des sanctions.<br \/>\n       La partie appelante devant la juridiction a quo observe aussi qu\u2019une possibilit\u00e9 de contr\u00f4le \u00e9largie est pr\u00e9vue, dans les affaires de droit priv\u00e9 devant le juge de fond, sur la base de normes de mod\u00e9ration ou d\u2019annulation contractuelles g\u00e9n\u00e9rales et sp\u00e9cifiques. Cela contraste fortement avec le contr\u00f4le juridictionnel limit\u00e9 qui est pr\u00e9vu dans la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 en cause. Pour autant qu\u2019il puisse \u00eatre admis que les sanctions li\u00e9es au paiement tardif ne sont pas de nature p\u00e9nale, celles-ci ne visent n\u00e9cessairement qu\u2019\u00e0 compenser un paiement tardif. D\u00e8s lors que les sommes principales sont r\u00e9tributives, elles sont pay\u00e9es en \u00e9change d\u2019un service fourni. Le paiement tardif \u00e9ventuel est donc, par hypoth\u00e8se, le paiement tardif d\u2019une prestation de service. La loi du 2 ao\u00fbt 2002 permet au juge de contr\u00f4ler la justification lorsqu\u2019une augmentation de la somme est convenue ou impos\u00e9e, alors que la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 ne le permet pas. Cette diff\u00e9rence de traitement n\u2019est pas raisonnablement justifi\u00e9e.<br \/>\n       A.9. L\u2019AFSCA d\u00e9montre que les sanctions s\u00e9v\u00e8res pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 11, \u00a7 1er, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004<br \/>\n       r\u00e9sultent d\u2019abus et de cas de fraude constat\u00e9s dans le pass\u00e9. D\u00e8s lors que le financement de l\u2019AFSCA d\u00e9pend en grande partie des r\u00e9tributions obligatoires, il est n\u00e9cessaire que celles-ci soient effectivement pay\u00e9es. La justification raisonnable de l\u2019imposition des sanctions administratives tient dans la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server le bon fonctionnement et la continuit\u00e9 du r\u00e9gime de protection de la sant\u00e9 publique. Les cas d\u2019abus et de fraude compromettent le fonctionnement de l\u2019AFSCA. Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 17\/2000 du 9 f\u00e9vrier 2000<br \/>\n       (ECLI:BE:GHCC:2000:ARR.017), l\u2019AFSCA observe que l\u2019objectif des sanctions administratives r\u00e9sultant de l\u2019article 11, \u00e0 savoir \u00e9viter la fraude et les abus aux fins de garantir le meilleur fonctionnement possible de l\u2019AFSCA, est suffisamment important pour justifier une d\u00e9rogation au droit commun. Par ailleurs, la majoration des contributions ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant disproportionn\u00e9e si le redevable rest\u00e9 en d\u00e9faut de paiement est pr\u00e9alablement inform\u00e9 du fait qu\u2019il dispose d\u2019un d\u00e9lai d\u00e9termin\u00e9 pour se mettre en r\u00e8gle.<br \/>\n       En outre, l\u2019AFSCA observe que la sanction administrative r\u00e9sultant de l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 n\u2019est pas une peine au sens de l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme. Pour d\u00e9terminer si une mesure peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une sanction p\u00e9nale au sens de l\u2019article 6, paragraphe 1, de cette Convention, il faut qu\u2019une des conditions suivantes soit remplie : la mesure doit avoir un caract\u00e8re p\u00e9nal selon sa qualification en droit interne, avoir une port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, poursuivre un but pr\u00e9ventif et r\u00e9pressif et\/ou un caract\u00e8re punitif ou dissuasif, ce qui n\u2019est pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       Il convient aussi de constater que l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme ne s\u2019applique pas aux proc\u00e9dures devant les organes de l\u2019administration active et que, si une proc\u00e9dure de recours administratif est introduite, l\u2019article 6 exige uniquement qu\u2019un recours contre la d\u00e9cision d\u2019un organe de recours administratif soit ouvert devant une instance judiciaire qui satisfait aux conditions fix\u00e9es \u00e0 l\u2019article 6. En ce qui concerne le litige au fond, l\u2019AFSCA observe que l\u2019acte administratif vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 11 en cause peut faire l\u2019objet d\u2019une<br \/>\n       6<br \/>\n       proc\u00e9dure de recours administratif devant l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019AFSCA. Dans ce cas, la proc\u00e9dure de perception est suspendue. Ensuite, la d\u00e9cision de l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 peut faire l\u2019objet d\u2019un recours en annulation devant le Conseil d\u2019\u00c9tat ou une exception d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 peut \u00eatre soulev\u00e9e devant n\u2019importe quelle juridiction. Tant le Conseil d\u2019\u00c9tat que les cours et tribunaux ordinaires exercent un contr\u00f4le en fait et en droit sur les actes administratifs.<br \/>\n       D\u00e8s lors que l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme ne s\u2019applique pas aux proc\u00e9dures men\u00e9es devant les organes de l\u2019administration active, la premi\u00e8re question pr\u00e9judicielle appelle une r\u00e9ponse n\u00e9gative, selon l\u2019AFSCA.<br \/>\n       A.10.1. \u00c0 supposer que la Cour estime qu\u2019il soit tout de m\u00eame question de cat\u00e9gories de personnes pouvant \u00eatre compar\u00e9es, le Conseil des ministres objecte que les cat\u00e9gories de personnes \u00e0 comparer ne sont pas comparables. La juridiction a quo fait plusieurs comparaisons, mais celles-ci sont contradictoires, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019article 11 en cause est compar\u00e9 \u00e0 un r\u00e9gime contractuel de droit priv\u00e9, d\u2019une part, et \u00e0 un r\u00e9gime p\u00e9nal, d\u2019autre part.<br \/>\n       En ce qui concerne la comparaison avec le r\u00e9gime contractuel de droit priv\u00e9, le Conseil des ministres observe que la relation entre un op\u00e9rateur, telle la SA \u00ab Cadfin \u00bb, et l\u2019AFSCA n\u2019est pas de nature contractuelle. L\u2019AFSCA<br \/>\n       est une autorit\u00e9 administrative et le financement de ses activit\u00e9s est r\u00e9gl\u00e9 par la loi. La relation entre l\u2019AFSCA et les op\u00e9rateurs ne se base pas sur un accord de volont\u00e9 entre les parties, de sorte que les indemnit\u00e9s dues \u00e0 l\u2019AFSCA<br \/>\n       par les op\u00e9rateurs ne sont pas des obligations contractuelles, mais des obligations l\u00e9gales.<br \/>\n       En ce qui concerne la comparaison avec le r\u00e9gime p\u00e9nal, le Conseil des ministres constate que la juridiction a quo se base sur trois suppositions, \u00e0 savoir que les majorations vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004<br \/>\n       auraient un caract\u00e8re p\u00e9nal au sens de l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, que la nature p\u00e9nale impliquerait n\u00e9cessairement l\u2019application de toutes les garanties offertes par l\u2019article 6, paragraphe 1, et que ces garanties comprendraient la comp\u00e9tence du juge de moduler les peines. Le Conseil des ministres estime toutefois que la sanction administrative ne rev\u00eat pas un caract\u00e8re p\u00e9nal. Et, si la Cour estimait quand m\u00eame que la sanction administrative rev\u00eat un caract\u00e8re p\u00e9nal, le Conseil des ministres all\u00e8gue que cela n\u2019a pas automatiquement pour cons\u00e9quence que toutes les garanties de l\u2019article 6, paragraphe 1, doivent \u00eatre appliqu\u00e9es. La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme fait une distinction entre les sanctions, selon qu\u2019elles rel\u00e8vent ou non du noyau dur du droit p\u00e9nal, en particulier sur la base de la nature de la peine. La nature des sanctions est d\u00e9terminante pour \u00e9tablir avec quelle rigueur les garanties de l\u2019article 6 doivent \u00eatre appliqu\u00e9es.<br \/>\n       Il peut en \u00eatre conclu, selon le Conseil des ministres, que les op\u00e9rateurs qui doivent payer une majoration sur la base de l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 ne se trouvent pas dans une situation comparable \u00e0 celle des personnes qui se voient imposer une sanction de droit priv\u00e9, d\u2019une part, ni \u00e0 celle des personnes qui se voient imposer une sanction relevant du noyau dur du droit p\u00e9nal, d\u2019autre part.<br \/>\n       A.10.2. \u00c0 supposer que la Cour juge tout de m\u00eame que les cat\u00e9gories de personnes \u00e0 comparer sont comparables, le Conseil des ministres observe que l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme ne comprend pas le droit de modifier le montant de la majoration. Le contr\u00f4le de pleine juridiction permet de v\u00e9rifier si la sanction est justifi\u00e9e en droit et en fait et si celle-ci est conforme \u00e0 toutes les dispositions l\u00e9gales et \u00e0 tous les principes juridiques. Le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable n\u2019est effectif que si les observations formul\u00e9es par les parties concern\u00e9es sont effectivement entendues et d\u00fbment examin\u00e9es par le tribunal saisi. Ce n\u2019est toutefois pas le r\u00f4le de l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme de garantir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 un juge qui peut substituer sa propre appr\u00e9ciation \u00e0 celle de l\u2019autorit\u00e9 administrative.<br \/>\n       Compte tenu de la jurisprudence de la Cour, le contr\u00f4le de plein contentieux requiert que le tribunal puisse contr\u00f4ler le pouvoir discr\u00e9tionnaire de l\u2019autorit\u00e9 et que rien ne lui \u00e9chappe durant ce contr\u00f4le. \u00c0 l\u2019inverse, le tribunal n\u2019a pas un pouvoir plus \u00e9tendu que l\u2019autorit\u00e9 administrative. Le contr\u00f4le de plein contentieux ne conf\u00e8re pas au juge le moindre pouvoir d\u2019adapter la sanction lorsque l\u2019autorit\u00e9 administrative elle-m\u00eame ne dispose d\u2019aucune marge de man\u0153uvre concernant le montant de la sanction. Le juge ne peut exercer aucune pr\u00e9rogative qui \u00e9chappe \u00e0 l\u2019administration.<br \/>\n       Selon le Conseil des ministres, cette limitation du pouvoir judiciaire est fond\u00e9e sur la circonstance qu\u2019il n\u2019appartient qu\u2019au l\u00e9gislateur de fixer les limites dans lesquelles s\u2019exerce le pouvoir discr\u00e9tionnaire de l\u2019administration et, partant, celui du tribunal.<br \/>\n       7<br \/>\n       Il peut en \u00eatre conclu, selon le Conseil des ministres, que les garanties offertes par l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme exigent que le juge qui doit conna\u00eetre d\u2019un recours introduit contre une sanction administrative exerce un contr\u00f4le de pleine juridiction. Le contr\u00f4le de pleine juridiction requiert que le juge ne dispose pas de comp\u00e9tences moindres que l\u2019autorit\u00e9 administrative et qu\u2019il puisse, dans les m\u00eames limites que l\u2019autorit\u00e9 administrative, contr\u00f4ler si les dispositions l\u00e9gales et les autres principes, qui sont contraignants pour lui, sont respect\u00e9s. Il appartient au seul l\u00e9gislateur de fixer les limites dans lesquelles doit s\u2019exercer le pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019autorit\u00e9. La Cour ne peut sanctionner un tel r\u00e9gime de sanction que lorsque celui-ci est manifestement disproportionn\u00e9 et qu\u2019il porte atteinte au droit au respect de la propri\u00e9t\u00e9.<br \/>\n       En ce qui concerne le litige au fond, c\u2019est le tribunal qui exerce le contr\u00f4le de plein contentieux, selon le Conseil des ministres. Le juge contr\u00f4le si toutes les \u00e9tapes pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 ont \u00e9t\u00e9 suivies correctement et si les d\u00e9lais ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s. La marge d\u2019appr\u00e9ciation laiss\u00e9e au juge n\u2019est pas moins large que celle laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019AFSCA et elle ne lui permet pas d\u2019adapter la majoration. L\u2019article 11 n\u2019accorde pas non plus \u00e0 l\u2019AFSCA le pouvoir d\u2019adapter la majoration, sauf dans le cadre d\u2019un report ou d\u2019un \u00e9chelonnement, comme le pr\u00e9voit l\u2019article 11, \u00a7 2bis, auquel cas le juge dispose d\u00e8s lors d\u2019une comp\u00e9tence plus large.<br \/>\n       A.11.1. Dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, la partie appelante devant la juridiction a quo r\u00e9p\u00e8te que la sanction administrative pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 est de nature p\u00e9nale. L\u2019application des articles 11<br \/>\n       et 12 a pour effet qu\u2019en cas de retard de paiement de deux mois et demi, un op\u00e9rateur est confront\u00e9, d\u2019une part, \u00e0 une dette de 220 % du montant initial, \u00e0 laquelle s\u2019ajoutent les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux, et, d\u2019autre part, \u00e0 la cessation de ses activit\u00e9s.<br \/>\n       A.11.2. La partie appelante renvoie aux arr\u00eats de la Cour nos 105\/2012 (ECLI:BE:GHCC:2012:ARR.105), 137\/2014 (ECLI:BE:GHCC:2014:ARR.137) et 61\/2022 (ECLI:BE:GHCC:2022:ARR.061), dans lesquels celle-ci s\u2019est prononc\u00e9e sur les garanties offertes par l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, lorsqu\u2019une autorit\u00e9 poursuit le contr\u00f4le du respect de normes juridiques. Sur la base de la juridiction pr\u00e9cit\u00e9e, force est de constater que tant le but pr\u00e9ventif que le but r\u00e9pressif de la sanction suffisent pour \u00e9tablir la nature p\u00e9nale de l\u2019amende administrative, en vue de l\u2019application des garanties de l\u2019article 6, paragraphe 1. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019ampleur de la sanction, le caract\u00e8re punitif peut difficilement \u00eatre contest\u00e9 et le juge doit pouvoir moduler cette sanction.<br \/>\n       A.12. L\u2019AFSCA r\u00e9p\u00e8te, dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, que la sanction administrative n\u2019a pas un caract\u00e8re p\u00e9nal. Par ailleurs, il serait port\u00e9 atteinte \u00e0 la continuit\u00e9 des services de l\u2019AFSCA si tous les utilisateurs payaient tardivement les montants dus. Il est crucial que les d\u00e9lais de paiement soient respect\u00e9s pour que l\u2019AFSCA dispose \u00e0 tout moment de moyens financiers suffisants.<br \/>\n       Quant \u00e0 la seconde question pr\u00e9judicielle<br \/>\n       A.13. La partie appelante devant la juridiction a quo estime que les sanctions administratives pour paiement tardif des r\u00e9tributions sont d\u00e9raisonnablement lourdes et qu\u2019elles constituent d\u00e8s lors une atteinte au droit de propri\u00e9t\u00e9. Une sanction aussi lourde n\u2019est pas pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019\u00e9gard des entreprises qui sont soumises \u00e0 la loi du 2 ao\u00fbt 2002. Cette distinction est arbitraire, \u00e9tant donn\u00e9 que les entreprises aussi d\u00e9pendent totalement du paiement dans les d\u00e9lais des montants qui leur sont dus. Par ailleurs, il ne saurait \u00eatre admis que les activit\u00e9s de contr\u00f4le de l\u2019AFSCA sont menac\u00e9es, \u00e9tant donn\u00e9 que le m\u00e9canisme de sanction en cause n\u2019a en l\u2019esp\u00e8ce \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 qu\u2019aux majorations r\u00e9sultant de paiements tardifs. Les r\u00e9tributions essentielles qui devaient \u00eatre pay\u00e9es dans les d\u00e9lais pour que l\u2019AFSCA puisse continuer \u00e0 ex\u00e9cuter ses services de contr\u00f4le l\u2019ont \u00e9t\u00e9. La circonstance que ces majorations suppl\u00e9mentaires ne sont pas essentielles au fonctionnement de l\u2019AFSCA s\u2019illustre en outre par le fait que l\u2019AFSCA a report\u00e9 de plusieurs ann\u00e9es la perception des montants contest\u00e9s. En l\u2019esp\u00e8ce, il est possible d\u2019obtenir le paiement des r\u00e9tributions dans les d\u00e9lais, sans que soient appliqu\u00e9s des montants astronomiquement \u00e9lev\u00e9s et des doublements, notamment par la mise en \u0153uvre de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat similaires \u00e0 ceux qui sont pr\u00e9vus dans la loi du 2 ao\u00fbt 2002.<br \/>\n       En ce qui concerne l\u2019\u00e9ventuelle violation de l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel, la partie appelante devant la juridiction a quo soutient que les sanctions ne sont pas raisonnablement proportionn\u00e9es \u00e0 la gravit\u00e9 de l\u2019infraction, comme l\u2019exige le principe de l\u00e9galit\u00e9. Un lien raisonnable de proportionnalit\u00e9 avec la gravit\u00e9 de l\u2019infraction est l\u2019application du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u00e9gal. Tant la Cour que la section de l\u00e9gislation du Conseil d\u2019\u00c9tat ont d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 que la sanction ne peut pas \u00eatre disproportionn\u00e9e au pr\u00e9judice. La circonstance que l\u2019AFSCA est une<br \/>\n       8<br \/>\n       autorit\u00e9 administrative et qu\u2019elle est financ\u00e9e au moyen de r\u00e9tributions ne saurait justifier l\u2019absence d\u2019un lien raisonnable de proportionnalit\u00e9 entre les moyens employ\u00e9s et l\u2019objectif poursuivi.<br \/>\n       A.14. L\u2019AFSCA soutient que, selon la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, lorsqu\u2019un justiciable est tenu au paiement d\u2019une somme d\u2019argent, celui-ci perd le droit \u00e0 la libre disposition d\u2019une partie de son propre patrimoine. De ce fait, les sanctions administratives r\u00e9sultant de l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004<br \/>\n       constituent une ing\u00e9rence dans le droit de propri\u00e9t\u00e9. Cette ing\u00e9rence peut \u00eatre justifi\u00e9e lorsque trois conditions sont remplies : la limitation doit avoir un fondement l\u00e9gal, elle doit s\u2019inscrire dans un objectif d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et elle ne peut pas aller au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire, de sorte qu\u2019elle doit \u00eatre proportionn\u00e9e et qu\u2019elle ne peut donc pas entra\u00eener des charges excessives.<br \/>\n       Selon l\u2019AFSCA, ces conditions sont remplies, de sorte que la question pr\u00e9judicielle appelle une r\u00e9ponse n\u00e9gative.<br \/>\n       A.15. Le Conseil des ministres fait valoir qu\u2019il n\u2019y a pas violation du droit de propri\u00e9t\u00e9. En l\u2019esp\u00e8ce, il est question d\u2019une ing\u00e9rence l\u00e9gitime parce que la limitation repose sur une norme juridique, \u00e0 savoir la loi du 9 d\u00e9cembre 2004. La limitation poursuit en outre un objectif l\u00e9gitime d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, \u00e0 savoir la garantie du bon fonctionnement et de la continuit\u00e9 du syst\u00e8me qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 en vue de prot\u00e9ger la sant\u00e9 publique. La lutte contre la fraude est par ailleurs un objectif l\u00e9gitime. Enfin, la limitation du droit de propri\u00e9t\u00e9 peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant proportionn\u00e9e. Ainsi, notamment, les r\u00e9tributions sont factur\u00e9es chaque mois, de sorte que les montants globaux ne sauraient \u00eatre cumul\u00e9s de mani\u00e8re illimit\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 atteindre des sommes \u00e9lev\u00e9es. L\u2019article 11, \u00a7 2, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 permet au d\u00e9biteur de contester la r\u00e9tribution factur\u00e9e; dans ce cas, la proc\u00e9dure de perception est suspendue. L\u2019article 11, \u00a7 2bis, de la loi pr\u00e9cit\u00e9e ajoute une possibilit\u00e9 de mod\u00e9ration, dans la mesure o\u00f9 un d\u00e9biteur qui est confront\u00e9 \u00e0 des probl\u00e8mes de paiement pour cause de force majeure peut obtenir un plan d\u2019apurement en vertu duquel la majoration de 10 % et les int\u00e9r\u00eats de retard sont abandonn\u00e9s.<br \/>\n       Les sanctions demeurent ainsi dans les limites du raisonnable, selon le Conseil des ministres.<br \/>\n       A.16. L\u2019AFSCA conteste, dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, l\u2019all\u00e9gation selon laquelle il existe d\u2019autres solutions moins intrusives, comme le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u00e9gal soulev\u00e9 par la partie appelante. L\u2019objectif de l\u2019article 11<br \/>\n       de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004, \u00e0 savoir pr\u00e9venir la fraude et les abus pour garantir le bon fonctionnement de l\u2019AFSCA, est suffisamment important pour justifier une d\u00e9rogation au droit commun et au taux d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u00e9gal.<br \/>\n       A.17.1. Le Conseil des ministres soutient, dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, que la r\u00e9f\u00e9rence faite par la partie appelante devant la juridiction a quo \u00e0 l\u2019expos\u00e9 des motifs de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 d\u00e9montre la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une majoration. De plus, le renvoi fait par la partie appelante \u00e0 un certain nombre d\u2019arr\u00eats de la Cour et de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme n\u2019est pas pertinent, d\u00e8s lors que les circonstances de ces arr\u00eats ne sont pas comparables \u00e0 celles du litige au fond.<br \/>\n       A.17.2. En ce qui concerne le caract\u00e8re p\u00e9nal de l\u2019article 12 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 et le contr\u00f4le au regard de l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, le Conseil des ministres observe que, dans les deux questions pr\u00e9judicielles, l\u2019article 12 n\u2019est pas contr\u00f4l\u00e9 au regard de l\u2019article 6, de sorte que cet expos\u00e9 n\u2019est pas pertinent.<br \/>\n       -B-<br \/>\n       B.1. Par sa premi\u00e8re question pr\u00e9judicielle, la juridiction a quo demande \u00e0 la Cour si l\u2019absence d\u2019un fondement l\u00e9gal permettant \u00e0 l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la s\u00e9curit\u00e9 de la cha\u00eene alimentaire (ci-apr\u00e8s : l\u2019AFSCA) et aux cours et tribunaux ordinaires de moduler les sanctions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 11, \u00a7 1er, de loi du 9 d\u00e9cembre 2004 \u00ab relative au financement de l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 9 d\u00e9cembre 2004), tant<br \/>\n       9<br \/>\n       dans sa version ant\u00e9rieure \u00e0 sa modification par la loi du 6 mai 2009 \u00ab portant des dispositions diverses \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 6 mai 2009) que dans sa version post\u00e9rieure \u00e0 cette modification, est contraire aux articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       Par sa seconde question pr\u00e9judicielle, la juridiction a quo demande \u00e0 la Cour si l\u2019article 11<br \/>\n       de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004, tant dans sa version ant\u00e9rieure \u00e0 sa modification par la loi du 6 mai 2009 que dans sa version post\u00e9rieure \u00e0 cette modification, lu en combinaison ou non avec les articles 12 et 14 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004, est contraire aux articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel \u00e0 la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (ci-apr\u00e8s : le Premier Protocole additionnel), en ce qu\u2019il impose \u00ab des sanctions administratives d\u00e9raisonnablement lourdes en cas de non-<br \/>\n       paiement ou de paiement tardif des r\u00e9tributions et contributions qui sont dues \u00e0 l\u2019AFSCA \u00bb.<br \/>\n       Les deux questions pr\u00e9judicielles portent sur le caract\u00e8re raisonnable du m\u00e9canisme de sanction, la premi\u00e8re ayant trait \u00e0 l\u2019absence de possibilit\u00e9s de modulation pour l\u2019AFSCA et pour les cours et tribunaux ordinaires et la seconde \u00e0 la lourdeur des sanctions administratives.<br \/>\n       Eu \u00e9gard \u00e0 leur connexit\u00e9, la Cour examine les questions pr\u00e9judicielles conjointement.<br \/>\n       B.2.1. L\u2019AFSCA est un organisme d\u2019int\u00e9r\u00eat public dot\u00e9 de la personnalit\u00e9 juridique qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par la loi du 4 f\u00e9vrier 2000 \u00ab relative \u00e0 la cr\u00e9ation de l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 4 f\u00e9vrier 2000). Elle est charg\u00e9e des contr\u00f4les, des v\u00e9rifications et des expertises visant \u00e0 pr\u00e9server la sant\u00e9 publique.<br \/>\n       Le l\u00e9gislateur a pr\u00e9vu plusieurs m\u00e9canismes de financement de l\u2019AFSCA (article 3 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004), dont le financement au moyen de r\u00e9tributions et de contributions impos\u00e9es \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur, \u00e0 savoir \u00ab la personne physique, non salari\u00e9e, l\u2019entreprise au sens de l\u2019article 4 de la loi du 16 janvier 2003 \u2018 portant cr\u00e9ation d\u2019une Banque-Carrefour des entreprises, modernisation du registre de commerce, cr\u00e9ation de guichets-entreprises agr\u00e9\u00e9s et<br \/>\n       10<br \/>\n       portant diverses dispositions, ou l\u2019association[,] de droit public ou de droit priv\u00e9, assurant, dans un but lucratif ou non, des activit\u00e9s li\u00e9es aux \u00e9tapes de la production, de la transformation et de la distribution d\u2019un produit \u00bb (article 2, 7\u00b0, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004).<br \/>\n       Le litige au fond porte sur le m\u00e9canisme de sanction dans le cadre de la proc\u00e9dure de perception des r\u00e9tributions.<br \/>\n       B.2.2. Le choix du l\u00e9gislateur d\u2019instaurer un tel mode de financement subordonne le fonctionnement de l\u2019AFSCA au paiement, dans les d\u00e9lais, des r\u00e9tributions et contributions obligatoires. C\u2019est pourquoi le l\u00e9gislateur a pr\u00e9vu, aux articles 11 \u00e0 14 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004, une majoration automatique en cas de non-paiement des contributions et des r\u00e9tributions, ainsi que des sanctions successives, comme la suspension des agr\u00e9ments et des autorisations, l\u2019ex\u00e9cution d\u2019expertises et la r\u00e9alisation d\u2019analyses ou encore la d\u00e9livrance de certificats.<br \/>\n       B.3.1. Le chapitre III (\u00ab Proc\u00e9dures administratives et sanctions \u00bb) de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 contient les articles 11, 12 et 14 en cause.<br \/>\n       B.3.2. Jusqu\u2019\u00e0 sa modification par la loi du 6 mai 2009, l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 disposait :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Nonobstant l\u2019introduction du recours vis\u00e9 au \u00a7 2, le montant des contributions et r\u00e9tributions, impay\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de paiement, porte, de plein droit et sans mise en demeure un int\u00e9r\u00eat de retard calcul\u00e9 au taux l\u00e9gal.<br \/>\n       En outre, le montant est automatiquement major\u00e9 de 10 %.<br \/>\n       Le montant impay\u00e9 quinze jours calendrier apr\u00e8s l\u2019envoi d\u2019une premi\u00e8re mise en demeure est automatiquement major\u00e9 de 50 %.<br \/>\n       L\u2019envoi d\u2019une seconde mise en demeure emporte automatiquement le doublement du montant initial impay\u00e9.<br \/>\n       Le Roi fixe les d\u00e9lais et modalit\u00e9s de notification des mises en demeure.<br \/>\n       Ces mises en demeure reproduisent le texte du pr\u00e9sent paragraphe.<br \/>\n       11<br \/>\n       \u00a7 2. Avant l\u2019\u00e9ch\u00e9ance vis\u00e9e au \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, l\u2019op\u00e9rateur peut introduire par lettre recommand\u00e9e \u00e0 la poste aupr\u00e8s de l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019Agence un recours motiv\u00e9 auquel sont jointes les pi\u00e8ces justificatives.<br \/>\n       Ce recours suspend le d\u00e9lai d\u2019envoi des mises en demeure.<br \/>\n       Dans les trente jours suivant la r\u00e9ception de ce recours, l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 ou son d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 notifie sa d\u00e9cision motiv\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur avec, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une nouvelle invitation \u00e0 payer le montant d\u00fb, major\u00e9, au cas o\u00f9 le recours a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 non fond\u00e9, conform\u00e9ment aux dispositions du \u00a7 1er, alin\u00e9as 1er et 2.<br \/>\n       \u00a7 3. Lorsque les contr\u00f4les sont impossibles ou rendus plus difficiles ou lorsque des documents ou donn\u00e9es requis manquent ou sont inexacts, le montant des contributions est \u00e9tabli d\u2019office sur base des indices recueillis \u00bb.<br \/>\n       Apr\u00e8s sa modification par la loi du 6 mai 2009 et avant ses modifications ult\u00e9rieures, l\u2019article 11 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 disposait :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. Le montant des contributions et r\u00e9tributions, impay\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de paiement, est de plein droit et automatiquement major\u00e9 de 10 %.<br \/>\n       Il est envoy\u00e9 par recommand\u00e9 un rappel de paiement qui fixe un ultime d\u00e9lai de paiement.<br \/>\n       Le montant des contributions et r\u00e9tributions, ainsi que celui de la majoration sont automatiquement et de plein droit doubl\u00e9s lorsqu\u2019ils demeurent impay\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de l\u2019ultime d\u00e9lai de paiement.<br \/>\n       En cas de persistance de non[-]paiement total ou partiel, il est adress\u00e9 une mise en demeure, qui emporte la d\u00e9bition des int\u00e9r\u00eats de retard calcul\u00e9s au taux l\u00e9gal, portant sur les montants tels que major\u00e9s de cette mani\u00e8re.<br \/>\n       Cette mise en demeure reproduit le texte du pr\u00e9sent paragraphe.<br \/>\n       Le Roi fixe les d\u00e9lais et modalit\u00e9s de notification des rappel et mise en demeure.<br \/>\n       \u00a7 2. Avant l\u2019\u00e9ch\u00e9ance vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, l\u2019op\u00e9rateur peut introduire par lettre recommand\u00e9e \u00e0 la poste aupr\u00e8s de l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019Agence un recours motiv\u00e9 auquel sont jointes les pi\u00e8ces justificatives.<br \/>\n       Ce recours suspend le d\u00e9lai d\u2019envoi des rappel et mise en demeure.<br \/>\n       Dans les trente jours suivant la r\u00e9ception de ce recours, l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 notifie sa d\u00e9cision \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur avec, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une nouvelle invitation \u00e0 payer le montant d\u00fb,<br \/>\n       12<br \/>\n       major\u00e9, au cas o\u00f9 le recours a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 non fond\u00e9, conform\u00e9ment aux dispositions du paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er.<br \/>\n       \u00a7 2bis. Avant l\u2019\u00e9ch\u00e9ance vis\u00e9e au paragraphe 1er, alin\u00e9a 1er, l\u2019op\u00e9rateur qui se trouve dans l\u2019impossibilit\u00e9 temporaire de payer les contributions et r\u00e9tributions dans le d\u00e9lai, peut introduire, par lettre recommand\u00e9e \u00e0 la poste, aupr\u00e8s de l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 une demande motiv\u00e9e de termes et d\u00e9lais, \u00e0 laquelle sont joints les documents probants.<br \/>\n       Cette demande suspend l\u2019application des mesures vis\u00e9s au paragraphe 1er, alin\u00e9as 1er et 2.<br \/>\n       L\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9, compte tenu de la situation de l\u2019op\u00e9rateur, peut reporter ou \u00e9chelonner, dans la limite de deux ann\u00e9es, le paiement du montant d\u00fb.<br \/>\n       Il ne peut \u00eatre octroy\u00e9 de plan d\u2019apurement durant le cours d\u2019un pr\u00e9c\u00e9dent plan d\u2019apurement.<br \/>\n       La d\u00e9cision de l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 est notifi\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur.<br \/>\n       La d\u00e9cision de refus d\u2019octroi de termes et d\u00e9lais entra\u00eene automatiquement l\u2019application des mesures vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9as 1er et 2.<br \/>\n       Le non-respect du plan d\u2019apurement d\u00e9clenche de plein droit la d\u00e9ch\u00e9ance du terme ainsi que l\u2019application imm\u00e9diate des mesures vis\u00e9es au paragraphe 1er, alin\u00e9as 1er et 2 \u00bb.<br \/>\n       B.3.3. Apr\u00e8s sa modification par la loi du 6 mai 2009 et avant ses modifications ult\u00e9rieures, l\u2019article 12 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 disposait :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. En cas de non-paiement par l\u2019op\u00e9rateur, apr\u00e8s la mise en demeure, des contributions ou r\u00e9tributions vis\u00e9es aux articles 4 et 5 ou recettes de laboratoires, ainsi que des majorations et des int\u00e9r\u00eats de retard vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 11, tout agr\u00e9ment, autorisation, accord\u00e9 \u00e0 cet op\u00e9rateur par le ministre ou par l\u2019Agence ainsi que, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019expertise, la r\u00e9alisation d\u2019analyses et la d\u00e9livrance de certificats sont suspendus \u00e0 partir du quinzi\u00e8me jour calendrier qui suit celui de la notification de cette mise en demeure.<br \/>\n       Les mesures pr\u00e9cit\u00e9es cessent leurs effets le premier jour ouvrable qui suit celui o\u00f9 les montants dus, y compris les majorations et les int\u00e9r\u00eats de retard, ont \u00e9t\u00e9 effectivement cr\u00e9dit\u00e9s au compte de l\u2019Agence.<br \/>\n       La mise en demeure reproduit le texte du pr\u00e9sent paragraphe.<br \/>\n       \u00a7 2. Lorsqu\u2019il est constat\u00e9 que l\u2019op\u00e9rateur s\u2019oppose aux investigations vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 15 ou les rend plus difficiles, ou fournit des renseignements, documents ou d\u00e9clarations inexacts ou incomplets, ou encore s\u2019abstient de les fournir, l\u2019agr\u00e9ment ou l\u2019autorisation accord\u00e9, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur par le ministre ou par l\u2019Agence, ainsi que, s\u2019il \u00e9chet, l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019expertise, la r\u00e9alisation d\u2019analyses et la d\u00e9livrance de certificats sont suspendus.<br \/>\n       13<br \/>\n       Cette suspension est notifi\u00e9e \u00e0 l\u2019op\u00e9rateur et prend effet imm\u00e9diatement.<br \/>\n       Les mesures pr\u00e9cit\u00e9es cessent leurs effets lorsqu\u2019il est constat\u00e9 que l\u2019op\u00e9rateur se conforme aux exigences du contr\u00f4le \u00bb.<br \/>\n       B.3.4. L\u2019article 14 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 dispose :<br \/>\n       \u00ab En cas de d\u00e9faut de paiement des montants vis\u00e9s aux articles 4, 5, 11 et 12, l\u2019Agence en poursuit le recouvrement devant les tribunaux comp\u00e9tents \u00bb.<br \/>\n       B.4. Dans les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004, il est observ\u00e9 :<br \/>\n       \u00ab Le projet se base principalement sur la prise en charge du co\u00fbt global des contr\u00f4les par les op\u00e9rateurs.<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       Enfin, ce projet de loi, corollairement aux principes de couverture financi\u00e8re du co\u00fbt des contr\u00f4les par les secteurs et de responsabilisation des op\u00e9rateurs, pr\u00e9voit \u00e9galement un ensemble de dispositions relatives au non-paiement et contraignantes pour ces derniers.<br \/>\n       Certains comportements caract\u00e9ris\u00e9s sont \u00e9rig\u00e9s en infractions \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2003-<br \/>\n       2004, DOC 51-1228\/001, pp. 4-5).<br \/>\n       Sp\u00e9cifiquement en ce qui concerne les articles 11, 12 et 14 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004, l\u2019expos\u00e9 des motifs mentionne :<br \/>\n       \u00ab Art. 11<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       La disposition initiale qui pr\u00e9voyait la fixation d\u2019office de r\u00e9tributions et le doublement des montants dus en cas d\u2019infraction a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e afin de tenir compte de l\u2019avis du Conseil d\u2019\u00c9tat.<br \/>\n       Art. 12<br \/>\n       Cette disposition pr\u00e9voit d\u2019office, en cas de non-paiement persistant des r\u00e9tributions ou des cotisations de m\u00eame qu\u2019en cas d\u2019obstruction av\u00e9r\u00e9e de l\u2019op\u00e9rateur \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019assiette des montants dont il est redevable, la suspension des interventions de l\u2019Agence.<br \/>\n       Cette mesure, d\u00e9rogatoire certes des sanctions du droit commun, trouve en l\u2019esp\u00e8ce sa justification dans la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une part de pr\u00e9server le bon fonctionnement et la continuit\u00e9 du<br \/>\n       14<br \/>\n       r\u00e9gime \u00e9labor\u00e9 en vue de garantir la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire et d\u2019autre part d\u2019assurer l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre op\u00e9rateurs.<br \/>\n       Cette mesure est proportionn\u00e9e d\u00e8s lors que l\u2019op\u00e9rateur en est inform\u00e9 pr\u00e9alablement et dispose en outre d\u2019un recours aupr\u00e8s de l\u2019administration.<br \/>\n       D\u2019autre part, la mesure est imm\u00e9diatement lev\u00e9e d\u00e8s r\u00e9gularisation \u00bb (ibid., pp. 8-9).<br \/>\n       Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 des questions pr\u00e9judicielles<br \/>\n       B.5. L\u2019AFSCA et le Conseil des ministres soutiennent que les questions pr\u00e9judicielles n\u2019appellent pas de r\u00e9ponse parce que la juridiction a quo n\u2019a pas formul\u00e9 celles-ci de mani\u00e8re suffisamment pr\u00e9cise, en omettant de d\u00e9finir les cat\u00e9gories de personnes \u00e0 comparer.<br \/>\n       B.6. Lorsqu\u2019il est demand\u00e9 \u00e0 la Cour si une disposition l\u00e9gislative est compatible avec les articles 10 et 11 de la Constitution, combin\u00e9s avec une disposition conventionnelle garantissant un droit fondamental, la cat\u00e9gorie des personnes dont ce droit fondamental serait viol\u00e9 doit \u00eatre compar\u00e9e \u00e0 la cat\u00e9gorie des personnes auxquelles ce droit fondamental est garanti.<br \/>\n       B.7. L\u2019exception est rejet\u00e9e.<br \/>\n       Quant au fond<br \/>\n       B.8.1. Les questions pr\u00e9judicielles mentionnent l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel \u00e0 cette Convention.<br \/>\n       B.8.2. L\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme dispose :<br \/>\n       \u00ab 1. Toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement, publiquement et dans un d\u00e9lai raisonnable, par un tribunal ind\u00e9pendant et impartial, \u00e9tabli par la loi, qui d\u00e9cidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caract\u00e8re civil, soit du bien-fond\u00e9 de toute accusation en mati\u00e8re p\u00e9nale dirig\u00e9e contre elle. [&#8230;] \u00bb.<br \/>\n       15<br \/>\n       B.8.3. L\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel dispose :<br \/>\n       \u00ab Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut \u00eatre priv\u00e9 de sa propri\u00e9t\u00e9 que pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique et dans les conditions pr\u00e9vues par la loi et les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international.<br \/>\n       Les dispositions pr\u00e9c\u00e9dentes ne portent pas atteinte au droit que poss\u00e8dent les \u00c9tats de mettre en vigueur les lois qu\u2019ils jugent n\u00e9cessaires pour r\u00e9glementer l\u2019usage des biens conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ou pour assurer le paiement des imp\u00f4ts ou d\u2019autres contributions ou des amendes \u00bb.<br \/>\n       B.9.1. La partie appelante devant la juridiction a quo soutient qu\u2019il convient de tenir compte de la base de droit de l\u2019Union qui r\u00e8gle le financement de contr\u00f4les officiels et d\u2019autres activit\u00e9s officielles, en particulier les articles 78 \u00e0 85 du r\u00e8glement (UE) 2017\/625 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 15 mars 2017 \u00ab concernant les contr\u00f4les officiels et les autres activit\u00e9s officielles servant \u00e0 assurer le respect de la l\u00e9gislation alimentaire et de la l\u00e9gislation relative aux aliments pour animaux ainsi que des r\u00e8gles relatives \u00e0 la sant\u00e9 et au bien-\u00eatre des animaux, \u00e0 la sant\u00e9 des v\u00e9g\u00e9taux et aux produits phytopharmaceutiques, modifiant les r\u00e8glements du Parlement europ\u00e9en et du Conseil (CE) n\u00b0 999\/2001, (CE) n\u00b0 396\/2005, (CE) n\u00b0 1069\/2009, (CE) n\u00b0 1107\/2009, (UE) n\u00b0 1151\/2012, (UE) n\u00b0 652\/2014, (UE) 2016\/429 et (UE) 2016\/2031, les r\u00e8glements du Conseil (CE) n\u00b0 1\/2005 et (CE) n\u00b0 1099\/2009 ainsi que les directives du Conseil 98\/58\/CE, 1999\/74\/CE, 2007\/43\/CE, 2008\/119\/CE et 2008\/120\/CE, et abrogeant les r\u00e8glements du Parlement europ\u00e9en et du Conseil (CE) n\u00b0 854\/2004 et (CE) n\u00b0 882\/2004, les directives du Conseil 89\/608\/CEE, 89\/662\/CEE, 90\/425\/CEE, 91\/496\/CEE, 96\/23\/CE, 96\/93\/CE et 97\/78\/CE ainsi que la d\u00e9cision 92\/438\/CEE<br \/>\n       du Conseil (r\u00e8glement sur les contr\u00f4les officiels) \u00bb (ci-apr\u00e8s : le r\u00e8glement (UE) 2017\/625).<br \/>\n       \u00c9taient pertinents auparavant les articles 26 \u00e0 29 du r\u00e8glement (CE) n\u00b0 882\/2004 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 29 avril 2004 \u00ab relatif aux contr\u00f4les officiels effectu\u00e9s pour s&#8217;assurer de la conformit\u00e9 avec la l\u00e9gislation sur les aliments pour animaux et les denr\u00e9es alimentaires et avec les dispositions relatives \u00e0 la sant\u00e9 animale et au bien-\u00eatre des animaux \u00bb et, initialement, il fallait tenir compte de la directive 85\/73\/CEE du Conseil du 29 janvier 1985 \u00ab relative au financement des inspections et contr\u00f4les sanitaires des viandes fra\u00eeches et des viandes de volaille \u00bb.<br \/>\n       16<br \/>\n       B.9.2. Les parties devant la Cour ne peuvent modifier ou \u00e9tendre la port\u00e9e des questions pr\u00e9judicielles. La Cour peut n\u00e9anmoins tenir compte du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne applicable qui aurait une incidence sur l\u2019examen des questions pr\u00e9judicielles.<br \/>\n       B.10.1. Tant l\u2019AFSCA que le Conseil des ministres contestent l\u2019affirmation selon laquelle le r\u00e9gime en cause comprend des sanctions de nature p\u00e9nale.<br \/>\n       B.10.2. Une mesure constitue une sanction p\u00e9nale au sens de l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme si elle a un caract\u00e8re p\u00e9nal selon sa qualification en droit interne ou s\u2019il ressort de la nature de l\u2019infraction, \u00e0 savoir la port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale et le caract\u00e8re pr\u00e9ventif et r\u00e9pressif de la sanction, qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une sanction p\u00e9nale ou encore s\u2019il ressort de la nature et de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la sanction subie par l\u2019int\u00e9ress\u00e9 qu\u2019elle a un caract\u00e8re punitif et donc dissuasif (CEDH, grande chambre, 15 novembre 2016, A et B<br \/>\n       c. Norv\u00e8ge, ECLI:CE:ECHR:2016:1115JUD002413011, \u00a7\u00a7 105 \u00e0 107; grande chambre, 10 f\u00e9vrier 2009, Zolotoukhine c. Russie, ECLI:CE:ECHR:2009:0210JUD001493903, \u00a7 53;<br \/>\n       grande chambre, 23 novembre 2006, Jussila c. Finlande, ECLI:CE:ECHR:2006:1123JUD007305301, \u00a7\u00a7 30 et 31).<br \/>\n       B.10.3. Le r\u00e9gime en cause pr\u00e9voit une majoration automatique de 10 % du montant d\u00fb<br \/>\n       en cas de paiement tardif. Si le paiement n\u2019est toujours pas effectu\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une mise en demeure ou d\u2019un rappel, le montant d\u00fb est doubl\u00e9 (article 11) et \u00ab tout agr\u00e9ment, autorisation, accord\u00e9 \u00e0 cet op\u00e9rateur par le ministre ou par l\u2019Agence ainsi que, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019expertise, la r\u00e9alisation d\u2019analyses et la d\u00e9livrance de certificats sont suspendus \u00bb (article 12).<br \/>\n       Cette r\u00e8gle vise en particulier \u00e0 pr\u00e9venir et \u00e0 sanctionner le non-respect de l\u2019obligation de s\u2019acquitter de la r\u00e9tribution. Il ressort de la nature et de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la sanction subie par l\u2019op\u00e9rateur en cas de paiement tardif que la mesure en cause, en d\u00e9pit de sa qualification juridique interne en tant que sanction administrative et en d\u00e9pit de son groupe-cible, pr\u00e9sente un caract\u00e8re r\u00e9pressif et, de ce fait, dissuasif, de sorte qu\u2019elle constitue une sanction p\u00e9nale au sens de l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       17<br \/>\n       B.11. L\u2019appr\u00e9ciation de la gravit\u00e9 d\u2019un manquement et la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 avec laquelle ce manquement peut \u00eatre puni rel\u00e8vent du pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation du l\u00e9gislateur. Il peut imposer des peines particuli\u00e8rement lourdes dans des mati\u00e8res o\u00f9 les infractions sont de nature \u00e0 porter gravement atteinte aux droits fondamentaux des individus et aux int\u00e9r\u00eats de la collectivit\u00e9.<br \/>\n       C\u2019est d\u00e8s lors au l\u00e9gislateur qu\u2019il appartient de fixer les limites et les montants \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur desquels le pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019administration et, par cons\u00e9quent, celui du tribunal, doit s\u2019exercer. La Cour ne pourrait censurer un tel syst\u00e8me que s\u2019il \u00e9tait d\u00e9raisonnable, notamment parce qu\u2019il porterait une atteinte disproportionn\u00e9e au principe g\u00e9n\u00e9ral qui exige qu\u2019en mati\u00e8re de sanctions rien de ce qui appartient au pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019administration n\u2019\u00e9chappe au contr\u00f4le du juge, ou au droit au respect des biens lorsque la loi pr\u00e9voit un montant disproportionn\u00e9 et n\u2019offre pas un choix qui se situerait entre cette peine, en tant que peine maximale, et une peine minimale.<br \/>\n       Hormis de telles hypoth\u00e8ses, la Cour empi\u00e9terait sur le domaine r\u00e9serv\u00e9 au l\u00e9gislateur si, en s\u2019interrogeant sur la justification des diff\u00e9rences qui existent entre les nombreux textes l\u00e9gislatifs pr\u00e9voyant des sanctions p\u00e9nales ou administratives, elle ne limitait pas son examen, en ce qui concerne l\u2019\u00e9chelle des peines et les mesures d\u2019adoucissement de celles-ci, aux cas dans lesquels le choix du l\u00e9gislateur contient une incoh\u00e9rence telle qu\u2019il aboutit \u00e0 une diff\u00e9rence de traitement d\u00e9raisonnable.<br \/>\n       B.12. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019objectif l\u00e9gitime de garantir le financement et le bon fonctionnement de l\u2019AFSCA (Doc. parl., Chambre, 2003-2004, DOC 51-1228\/001, p. 9) et compte tenu des \u00ab abus et [des] fraudes que l\u2019on a constat\u00e9s par le pass\u00e9, notamment dans le secteur de la viande \u00bb (ibid., p. 25), le m\u00e9canisme de sanction ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant d\u00e9raisonnable.<br \/>\n       L\u2019op\u00e9rateur d\u00e9faillant est inform\u00e9 pr\u00e9alablement de ce qu\u2019il dispose d\u2019une date ultime de paiement pour se mettre en r\u00e8gle, et que la suspension de l\u2019agr\u00e9ment, de l\u2019autorisation, de l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019expertise, de la r\u00e9alisation d\u2019analyses et de la d\u00e9livrance des certificats est imm\u00e9diatement lev\u00e9e d\u00e8s le paiement de la r\u00e9tribution (article 12 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004).<br \/>\n       En outre, les r\u00e9tributions sont factur\u00e9es chaque mois, de sorte que les montants globaux dus ne<br \/>\n       18<br \/>\n       sauraient \u00eatre cumul\u00e9s de mani\u00e8re illimit\u00e9e et qu\u2019ils sont limit\u00e9s aux r\u00e9tributions relatives au mois concern\u00e9.<br \/>\n       L\u2019article 11, \u00a7 2, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 octroie au d\u00e9biteur la possibilit\u00e9 de contester la r\u00e9tribution factur\u00e9e, par le biais d\u2019un recours administratif aupr\u00e8s de l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019AFSCA, ce qui entra\u00eene la suspension de la proc\u00e9dure de recouvrement et permet d\u2019\u00e9viter des sanctions suppl\u00e9mentaires. En outre, l\u2019article 11, \u00a7 2bis, de la loi pr\u00e9cit\u00e9e instaure une possibilit\u00e9 de mod\u00e9ration, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle l\u2019op\u00e9rateur qui rencontre un probl\u00e8me de paiement pour cause de force majeure peut obtenir un plan d\u2019apurement de l\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l\u2019AFSCA. Enfin, l\u2019op\u00e9rateur peut contester la r\u00e9tribution devant le tribunal comp\u00e9tent.<br \/>\n       B.13. Le l\u00e9gislateur, compte tenu de l\u2019objectif de la loi et de la mission de l\u2019AFSCA, tels qu\u2019ils sont respectivement mentionn\u00e9s en B.2.1 et en B.4, pouvait raisonnablement consid\u00e9rer qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu de permettre \u00e0 l\u2019AFSCA de moduler la r\u00e9tribution due, sauf en cas de force majeure (article 11, \u00a7 2bis, de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004).<br \/>\n       Il pouvait donc, sans commettre une erreur manifeste d\u2019appr\u00e9ciation, d\u00e9cider de ne pas attribuer aux cours et aux tribunaux ordinaires des comp\u00e9tences dont l\u2019AFSCA ne dispose pas non plus.<br \/>\n       B.14. Le m\u00e9canisme de sanction en cause est d\u00e8s lors compatible avec les articles 10 et 11<br \/>\n       de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       B.15. Compte tenu de la mani\u00e8re progressive d\u2019\u00e9tablir les majorations et accroissements, jusqu\u2019\u00e0 un maximum correspondant au doublement du montant initial, ainsi que des modalit\u00e9s qui permettent \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9 de les \u00e9viter ou de les limiter, comme il est dit en B.12, les dispositions en cause ne portent pas une atteinte disproportionn\u00e9e au droit au respect des biens.<br \/>\n       B.16. Par cons\u00e9quent, les articles 11, 12 et 14 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 sont compatibles avec les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 6,<br \/>\n       19<br \/>\n       paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel.<br \/>\n       20<br \/>\n       Par ces motifs,<br \/>\n       la Cour<br \/>\n       dit pour droit :<br \/>\n       Les articles 11, 12 et 14 de la loi du 9 d\u00e9cembre 2004 \u00ab relative au financement de l\u2019Agence f\u00e9d\u00e9rale pour la S\u00e9curit\u00e9 de la Cha\u00eene alimentaire \u00bb, dans leurs versions ant\u00e9rieure et post\u00e9rieure \u00e0 leur modification par la loi du 6 mai 2009 \u00ab portant des dispositions diverses \u00bb, ne violent pas les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel \u00e0 la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       Ainsi rendu en langue n\u00e9erlandaise et en langue fran\u00e7aise, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 65 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 24 octobre 2024.<br \/>\n       Le greffier, Le pr\u00e9sident,<br \/>\n       Frank Meersschaut Luc Lavrysen<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.112\n       <\/p>\n<p>            Publication(s) li\u00e9e(s)              <\/p>\n<p>citant:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2000:ARR.017         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2012:ARR.105         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2014:ARR.137         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.047         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2022:ARR.061         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2006:1123JUD007305301        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2009:0210JUD001493903        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2016:1115JUD002413011        <\/p>\n<p>cit\u00e9 par:<\/p>\n<p>ECLI:BE:CASS:2025:CONC.20250502.1N.8         <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p><!-- Action LOG \nfunction JUPORTARecordLogViewDecision  $iubel_id        : 279236\n                                       $action_type     : VIEW\n                                      &amp;$action_startmt  : 1780574143.1914\n                                      &amp;$action_duration : 102\n                                      &amp;$addressipremote : 103.115.10.116\n                                      &amp;$latitude        : null\n                                      &amp;$longitude       : null\n                                      &amp;$accuracy        : null\n                                      &amp;$altitude        : null\n                                      &amp;$langue_view     : FR\n--><br \/>\n<!-- Action_duration 102 millisec --><br \/>\n      <!-- end of main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>    <!-- end of division \"page_main\" --><\/p>\n<p>              &#9993; info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.112\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. 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