{"id":1162988,"date":"2026-06-21T17:26:14","date_gmt":"2026-06-21T15:26:14","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-116\/"},"modified":"2026-06-21T17:26:14","modified_gmt":"2026-06-21T15:26:14","slug":"eclibeghcc2024arr-116","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-116\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.116"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nCour constitutionnelle (Cour d&apos;arbitrage)  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 07 novembre 2024            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.116<\/p>\n<p>No Arr\u00eat\/No R\u00f4le:<\/p>\n<p>116\/2024<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit constitutionnel<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2024-11-18<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>591 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-04 09:52<\/p>\n<p>Version(s):<\/p>\n<p>Version NL\n        <\/p>\n<p>Version DE\n        <\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>COUR CONSTITUTIONNELLE\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; COUR CONSTITUTIONNELLE\n <\/p>\n<p>Mots libres:<\/p>\n<p>\nles recours en annulation partielle de l&apos;ordonnance de la Commission<br \/>\n         communautaire commune du 15 d\u00e9cembre 2022 \u00ab modifiant l&apos;ordonnance<br \/>\n         du 24 avril 2008 relative aux \u00e9tablissements d&apos;accueil ou d&apos;h\u00e9bergement<br \/>\n         pour personnes \u00e2g\u00e9es \u00bb, introduits par la SRL \u00ab Seniors Care-Ion \u00bb<br \/>\n         et par la SA \u00ab Aedifica \u00bb et autres. Droit social &#8211; Politique du troisi\u00e8me<br \/>\n         \u00e2ge &#8211; R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale &#8211; Maisons de repos &#8211; Programmation<br \/>\n         &#8211; Agr\u00e9ment &#8211; Places agr\u00e9\u00e9es pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif<br \/>\n         &#8211; Limitation &#8211; Interdiction de cession de lits ou de places entre \u00e9tablissements<br \/>\n         de m\u00eame type &#8211; Libert\u00e9 d&apos;entreprendre des gestionnaires des \u00e9tablissements<br \/>\n         pour a\u00een\u00e9s<\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       Cour constitutionnelle<br \/>\n       Arr\u00eat n\u00b0 116\/2024<br \/>\n       du 7 novembre 2024<br \/>\n       Num\u00e9ros du r\u00f4le : 8069 et 8070<br \/>\n       En cause : les recours en annulation partielle de l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune du 15 d\u00e9cembre 2022 \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 24 avril 2008<br \/>\n       relative aux \u00e9tablissements d\u2019accueil ou d\u2019h\u00e9bergement pour personnes \u00e2g\u00e9es \u00bb, introduits par la SRL \u00ab Seniors Care-Ion \u00bb et par la SA \u00ab Aedifica \u00bb et autres.<br \/>\n       La Cour constitutionnelle,<br \/>\n       compos\u00e9e des pr\u00e9sidents Luc Lavrysen et Pierre Nihoul, et des juges Thierry Giet, Jos\u00e9phine Moerman, Michel P\u00e2ques, Yasmine Kherbache, Danny Pieters, Sabine de Bethune, Emmanuelle Bribosia et Kattrin Jadin, assist\u00e9e du greffier Nicolas Dupont, pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident Luc Lavrysen,<br \/>\n       apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, rend l\u2019arr\u00eat suivant :<br \/>\n       I. Objet des recours et proc\u00e9dure<br \/>\n       Par deux requ\u00eates adress\u00e9es \u00e0 la Cour par lettres recommand\u00e9es \u00e0 la poste les 27 et 28 juillet 2023 et parvenues au greffe les 31 juillet 2023 et 1er ao\u00fbt 2023, des recours en annulation partielle de l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune du 15 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 relative aux \u00e9tablissements d\u2019accueil ou d\u2019h\u00e9bergement pour personnes \u00e2g\u00e9es \u00bb (publi\u00e9e au Moniteur belge du 30 janvier 2023) ont \u00e9t\u00e9 introduits par la SRL \u00ab Seniors Care-Ion \u00bb, assist\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Kristiaan Caluwaerts, Me Kristof Uytterhoeven et Me Jorge Ch\u00e1vez Ar\u00e9stegui, avocats au barreau d\u2019Anvers, et par la SA \u00ab Aedifica \u00bb, la SA \u00ab Care Property Invest \u00bb et la SA \u00ab Cofinimmo \u00bb, assist\u00e9es et repr\u00e9sent\u00e9es par Me Barteld Schutyser et Me Bart Martel, avocats au barreau de Bruxelles.<br \/>\n       Ces affaires, inscrites sous les num\u00e9ros 8069 et 8070 du r\u00f4le de la Cour, ont \u00e9t\u00e9 jointes.<br \/>\n       2<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni de la Commission communautaire commune, assist\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 par Me Michel Kaiser, Me Marc Verdussen, Me C\u00e9cile Jadot et Me Pierre Bellemans, avocats au barreau de Bruxelles, et par Me Anthony Poppe, avocat au barreau de Gand, a introduit des m\u00e9moires, les parties requ\u00e9rantes ont introduit des m\u00e9moires en r\u00e9ponse et le Coll\u00e8ge r\u00e9uni de la Commission communautaire commune a \u00e9galement introduit des m\u00e9moires en r\u00e9plique.<br \/>\n       Par ordonnance du 26 juin 2024, la Cour, apr\u00e8s avoir entendu les juges-rapporteurs Yasmine Kherbache et Michel P\u00e2ques, a d\u00e9cid\u00e9 :<br \/>\n       &#8211; que la juge Magali Plovie s\u2019abstiendrait en tant que juge,<br \/>\n       &#8211; que les affaires \u00e9taient en \u00e9tat,<br \/>\n       &#8211; d\u2019inviter toutes les parties requ\u00e9rantes \u00e0 r\u00e9pondre, dans un m\u00e9moire compl\u00e9mentaire \u00e0 introduire par lettre recommand\u00e9e \u00e0 la poste au plus tard le 9 septembre 2024, dont elles \u00e9changeront une copie dans le m\u00eame d\u00e9lai, aux questions suivantes :<br \/>\n       \u00ab Quelle est l\u2019incidence du remplacement, par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune du 22 d\u00e9cembre 2023 \u2018 portant [des] dispositions diverses en mati\u00e8re de sant\u00e9, d\u2019aide aux personnes et de prestations familiales \u2019, de l\u2019article 15, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune du 24 avril 2008 \u2018 relative aux \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s \u2019, tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune du 15 d\u00e9cembre 2022 \u2018 modifiant l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 relative aux \u00e9tablissements d&#8217;accueil ou d\u2019h\u00e9bergement pour personnes \u00e2g\u00e9es \u2019, sur l\u2019objet du recours, en ce qui concerne l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 ? \u00bb;<br \/>\n       \u00ab La version de l\u2019article 15, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance, pr\u00e9cit\u00e9e, du 24 avril 2008 qui r\u00e9sulte de son remplacement par l\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune, pr\u00e9cit\u00e9e, du 15 d\u00e9cembre 2022 a-t-elle sorti des effets entre son entr\u00e9e en vigueur, le 1er janvier 2023, et son remplacement par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance, pr\u00e9cit\u00e9e, du 22 d\u00e9cembre 2023, qui est entr\u00e9 en vigueur le 11 janvier 2024 ? \u00bb,<br \/>\n       &#8211; qu\u2019aucune audience ne serait tenue, \u00e0 moins qu\u2019une partie n\u2019ait demand\u00e9, dans le d\u00e9lai de sept jours suivant la r\u00e9ception de la notification de cette ordonnance, \u00e0 \u00eatre entendue, et<br \/>\n       &#8211; qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une telle demande, les d\u00e9bats seraient clos le 18 septembre 2024 et les affaires seraient mises en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Des m\u00e9moires compl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       &#8211; la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069;<br \/>\n       &#8211; les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070.<br \/>\n       \u00c0 la suite des demandes de plusieurs parties \u00e0 \u00eatre entendues, la Cour, par ordonnance du 17 juillet 2024, a fix\u00e9 l\u2019audience au 25 septembre 2024.<br \/>\n       3<br \/>\n       \u00c0 l\u2019audience publique du 25 septembre 2024 :<br \/>\n       &#8211; ont comparu :<br \/>\n       . Me Jorge Ch\u00e1vez Ar\u00e9stegui, pour la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069;<br \/>\n       . Me Barteld Schutyser, Me Bart Martel et Me Quinten Jacobs, avocat au barreau de Bruxelles, pour les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070;<br \/>\n       . Me Anthony Poppe, \u00e9galement loco Me Michel Kaiser, Me Marc Verdussen, Me C\u00e9cile Jadot et Me Pierre Bellemans, pour le Coll\u00e8ge r\u00e9uni de la Commission communautaire commune;<br \/>\n       &#8211; les juges-rapporteurs Yasmine Kherbache et Michel P\u00e2ques ont fait rapport;<br \/>\n       &#8211; les avocats pr\u00e9cit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 entendus;<br \/>\n       &#8211; les affaires ont \u00e9t\u00e9 mises en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Les dispositions de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle relatives \u00e0 la proc\u00e9dure et \u00e0 l\u2019emploi des langues ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es.<br \/>\n       II. En droit<br \/>\n       -A-<br \/>\n       Quant \u00e0 l\u2019objet des requ\u00eates nos 8069 et 8070<br \/>\n       A.1.1. Dans l\u2019affaire n\u00b0 8069, la SRL \u00ab Seniors Care-ION \u00bb a introduit un recours en annulation des articles 5, 9\u00b0, 9, c), 10, a) et b), et 18 de l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune du 15 d\u00e9cembre 2022 \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 relative aux \u00e9tablissements d\u2019accueil ou d\u2019h\u00e9bergement pour personnes \u00e2g\u00e9es \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022).<br \/>\n       A.1.2. Dans l\u2019affaire n\u00b0 8070, la SA \u00ab Aedifica \u00bb, la SA \u00ab Care Property Invest \u00bb et la SA \u00ab Cofinimmo \u00bb<br \/>\n       demandent l\u2019annulation des articles 9, c), 10, a) et b), et 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes situent tout d\u2019abord les dispositions attaqu\u00e9es et attirent notamment l\u2019attention sur l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 \u00ab relative aux \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 24 avril 2008), avant sa modification par l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, ainsi que sur le syst\u00e8me de programmation, sur l\u2019autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation (ci-apr\u00e8s : l\u2019ASMESE), sur l\u2019agr\u00e9ment, sur l\u2019autorisation de fonctionnement provisoire et sur la situation actuelle des soins aux a\u00een\u00e9s \u00e0 Bruxelles.<br \/>\n       Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 des requ\u00eates introduites et \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat des parties requ\u00e9rantes<br \/>\n       A.2. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 fait valoir son int\u00e9r\u00eat, ainsi que la non-tardivet\u00e9 de son recours en annulation. La partie requ\u00e9rante est gestionnaire de plusieurs \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s situ\u00e9s en R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale; elle est organis\u00e9e sous la forme d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e et exerce ses activit\u00e9s<br \/>\n       4<br \/>\n       dans un but lucratif. Les articles attaqu\u00e9s de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 affecteraient ses possibilit\u00e9s d\u2019obtenir les ASMESE et les agr\u00e9ments et d\u2019exploiter les places agr\u00e9\u00e9es acquises.<br \/>\n       A.3. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 sont toutes propri\u00e9taires de biens immobiliers consacr\u00e9s aux soins sur le territoire de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale et, contre paiement, elles mettent leurs biens immobiliers \u00e0 la disposition de gestionnaires d\u2019\u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s qui, pour l\u2019essentiel, g\u00e8rent des \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif. Leur revenu d\u00e9pend des recettes qu\u2019elles retirent de cette mise \u00e0 disposition. Les dispositions attaqu\u00e9es auraient d\u2019importantes cons\u00e9quences financi\u00e8res sur les \u00e9tablissements et, partant, sur les parties requ\u00e9rantes, de sorte qu\u2019elles disposeraient de l\u2019int\u00e9r\u00eat requis en droit.<br \/>\n       A.4.1. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni de la Commission communautaire commune (ci-apr\u00e8s : le Coll\u00e8ge r\u00e9uni) observe dans son m\u00e9moire en r\u00e9plique que, le 22 d\u00e9cembre 2023, l\u2019Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune a adopt\u00e9 l\u2019ordonnance \u00ab portant des dispositions diverses en mati\u00e8re de sant\u00e9, d\u2019aide aux personnes et de prestations familiales \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023). L\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023 remplace l\u2019article 15, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       Les modifications principales concernent les aspects suivants : (1) il est pr\u00e9vu une d\u00e9finition pr\u00e9cise du mode de calcul du taux d\u2019inoccupation moyen d\u2019un \u00e9tablissement, (2) les places agr\u00e9\u00e9es pour de courts s\u00e9jours sont exclues de la possibilit\u00e9 d\u2019expiration de l\u2019agr\u00e9ment, (3) l\u2019expiration des agr\u00e9ments est constat\u00e9e par Iriscare le 15 avril de chaque ann\u00e9e T sur la base du taux d\u2019inoccupation moyen annuel de chaque \u00e9tablissement et une premi\u00e8re fois le 15 avril 2024, (4) un m\u00e9canisme de protection est pr\u00e9vu, (5) le minimum de trois places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es est port\u00e9 \u00e0 25 si l\u2019application de l\u2019alin\u00e9a 2 ou de l\u2019alin\u00e9a 3 de l\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 r\u00e9duit \u00e0 moins de 25 le nombre total de places b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un agr\u00e9ment sp\u00e9cial pour la prise en charge des a\u00een\u00e9s fortement d\u00e9pendants et n\u00e9cessitant des soins au sein d\u2019un \u00e9tablissement.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime que l\u2019int\u00e9r\u00eat actuel peut dispara\u00eetre \u00e0 la suite de l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la nouvelle l\u00e9gislation s\u2019il est satisfait \u00e0 la double condition selon laquelle les dispositions concern\u00e9es n\u2019ont pas trouv\u00e9 \u00e0 s\u2019appliquer \u00e0 la situation des parties requ\u00e9rantes et que les nouvelles dispositions ne sont pas similaires aux dispositions attaqu\u00e9es. Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019a pas encore trouv\u00e9 \u00e0 s\u2019appliquer \u00e0 la situation des parties requ\u00e9rantes, d\u00e8s lors qu\u2019au moment de l\u2019introduction du m\u00e9moire en r\u00e9plique, aucune des places agr\u00e9\u00e9es n\u2019est encore d\u00e9chue de l\u2019agr\u00e9ment; leur agr\u00e9ment n\u2019expirera pour la premi\u00e8re fois que le 15 avril 2024, sur la base de l\u2019article 15, \u00a7 1er, nouveau, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023. Par ailleurs, l\u2019article 15, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023, diff\u00e8re, sur le plan du contenu, de l\u2019article 15, \u00a7 1er, tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, pour autant qu\u2019un recours en annulation n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 introduit contre l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023, les parties requ\u00e9rantes ne disposent pas de l\u2019int\u00e9r\u00eat requis en droit \u00e0 l\u2019annulation de l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       A.4.2. Par ailleurs, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe que la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 donne un aper\u00e7u du tarif journalier moyen pratiqu\u00e9 dans trois de ses \u00e9tablissements situ\u00e9s en R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale. Il en ressort que ces tarifs journaliers sont inf\u00e9rieurs aux prix moyens pratiqu\u00e9s dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif et dans le secteur public. Toutefois, la partie requ\u00e9rante omet de donner les prix moyens pratiqu\u00e9s dans deux autres \u00e9tablissements qu\u2019elle g\u00e8re, qui sont substantiellement sup\u00e9rieurs aux tarifs journaliers moyens pratiqu\u00e9s dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif.<br \/>\n       En ce qui concerne la critique des parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070, selon laquelle le Coll\u00e8ge r\u00e9uni omet de r\u00e9pondre \u00e0 certaines critiques, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni souligne qu\u2019il a d\u00e9montr\u00e9 dans son m\u00e9moire que l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e n\u2019est pas contraire aux dispositions constitutionnelles cit\u00e9es, lues en combinaison ou non avec des dispositions de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme et du Trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s : le TFUE). Le m\u00e9moire r\u00e9pond d\u00e8s lors \u00e0 tout le moins implicitement \u00e0 toutes les critiques des parties requ\u00e9rantes.<br \/>\n       5<br \/>\n       Quant au fond<br \/>\n       En ce qui concerne la violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9<br \/>\n       A.5. Le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 est pris de la violation, par les articles 5, 9\u00b0, 9, c), 10, a) et b), et 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, des articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec le principe de la non-r\u00e9troactivit\u00e9, avec le principe de la confiance l\u00e9gitime et avec le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique.<br \/>\n       Selon la partie requ\u00e9rante, le l\u00e9gislateur ordonnanciel lui-m\u00eame a admis explicitement vouloir toucher le secteur commercial. Ainsi, les places agr\u00e9\u00e9es dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s sont consid\u00e9r\u00e9es comme \u00e9tant \u00ab inoccup\u00e9es \u00bb sur la base d\u2019un syst\u00e8me peu objectif et leur nombre expire partiellement, sans m\u00eame que le gestionnaire soit entendu. Pour r\u00e9cup\u00e9rer les agr\u00e9ments, il faut introduire une nouvelle demande pour obtenir une ASMESE, mais les gestionnaires commerciaux individuels sont mis dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019acqu\u00e9rir une telle autorisation tant que l\u2019ensemble du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif dispose de plus de 50 % des lits agr\u00e9\u00e9s. Le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment pr\u00e9judici\u00e9 par la diminution du nombre des agr\u00e9ments octroy\u00e9s ant\u00e9rieurement et par le fait d\u2019avantager les autres secteurs.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante estime que la mesure attaqu\u00e9e ne poursuit pas un objectif l\u00e9gitime. Il est question en r\u00e9alit\u00e9 de trois objectifs, \u00e0 savoir les deux objectifs pr\u00e9sent\u00e9s par le l\u00e9gislateur, qui sont la libert\u00e9 de choix et les objectifs budg\u00e9taires, et le v\u00e9ritable objectif de cette mesure, qui est de toucher le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif et d\u2019avantager le secteur public et le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif. Le v\u00e9ritable objectif ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un but d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un but arbitraire, apparemment inspir\u00e9 par la supposition totalement erron\u00e9e, et qui n\u2019est \u00e9tay\u00e9e par aucune preuve objective, selon laquelle le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif propose, par d\u00e9finition, des soins qui sont plus on\u00e9reux mais de moindre qualit\u00e9. Force est de constater ensuite que la libert\u00e9 de choix vis\u00e9e n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un pr\u00e9texte. Les a\u00een\u00e9s veulent juste b\u00e9n\u00e9ficier de soins de qualit\u00e9 et abordables, le statut de droit priv\u00e9 ou de droit public du gestionnaire ou le fait de savoir si cet \u00e9tablissement poursuit ou non un but de lucre ne jouant aucun r\u00f4le \u00e0 cet \u00e9gard. Par ailleurs, la libert\u00e9 de choix sera moins grande \u00e0 la suite de l\u2019expiration des agr\u00e9ments, puisque le nombre de places agr\u00e9\u00e9es diminue et n\u2019augmentera que si les autres secteurs, \u00e0 l\u2019exclusion du secteur commercial, parviennent \u00e0 cr\u00e9er des places suppl\u00e9mentaires. Quant aux consid\u00e9rations budg\u00e9taires, le l\u00e9gislateur ordonnanciel ne d\u00e9montre pas en quoi ses interventions seraient positives pour le budget. Les lits agr\u00e9\u00e9s qui ne sont pas occup\u00e9s ne b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019aucune aide financi\u00e8re. En outre, le financement des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s est assur\u00e9 principalement par des interventions de l\u2019Institut national d\u2019assurance maladie-invalidit\u00e9 (ci-apr\u00e8s : l\u2019INAMI), qui est une institution f\u00e9d\u00e9rale sur laquelle la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale n\u2019a aucune autorit\u00e9 et dont le budget ne rel\u00e8ve pas de ses comp\u00e9tences. Cet objectif d\u00e9passe le champ des comp\u00e9tences constitutionnelles de la R\u00e9gion et est d\u00e8s lors a priori inconstitutionnel. Par ailleurs, un \u00e9largissement d\u2019\u00e9chelle du secteur public entra\u00eenerait des investissements n\u00e9cessaires qui exc\u00e8dent les moyens financiers des CPAS bruxellois.<br \/>\n       Ensuite, la partie requ\u00e9rante all\u00e8gue que le crit\u00e8re de distinction n\u2019est pas pertinent pour atteindre l\u2019objectif fix\u00e9 par le l\u00e9gislateur ordonnanciel. La question de savoir si le gestionnaire est public ou priv\u00e9 et agit dans un but de lucre ou non n\u2019a aucune incidence sur le choix d\u2019une personne individuelle quant \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement qu\u2019elle souhaite occuper. De plus, le crit\u00e8re n\u2019est pas utile pour atteindre un meilleur \u00e9quilibre budg\u00e9taire, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019est nullement d\u00e9montr\u00e9 que les \u00e9tablissements des gestionnaires poursuivant un but de lucre seraient plus pr\u00e9judiciables pour le budget que les \u00e9tablissements du secteur public ou du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif. En outre, la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale dispose d\u00e9j\u00e0 d\u2019un moyen pour r\u00e9duire le nombre de places agr\u00e9\u00e9es (article 7, \u00a7 4, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008).<br \/>\n       En derni\u00e8re instance, la partie requ\u00e9rante observe que le pr\u00e9judice subi par le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est totalement disproportionn\u00e9 et va bien au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire. La certitude concernant les agr\u00e9ments acquis est d\u2019un int\u00e9r\u00eat primordial pour les d\u00e9cisions d\u2019investissement \u00e0 long terme. Le constat qu\u2019une large part des places agr\u00e9\u00e9es appartient au secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif existe d\u00e9j\u00e0 depuis longtemps et a en outre \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 par la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale elle-m\u00eame. Le mode d\u2019expiration des agr\u00e9ments est disproportionn\u00e9 parce qu\u2019aucune possibilit\u00e9 de d\u00e9fense n\u2019est pr\u00e9vue. Le nombre de lits inoccup\u00e9s est compt\u00e9 sur la base des lits pour lesquels l\u2019\u00e9tablissement re\u00e7oit une intervention de l\u2019INAMI, de sorte que de nombreux lits occup\u00e9s concr\u00e8tement sur l\u2019ann\u00e9e seront quand m\u00eame consid\u00e9r\u00e9s comme inoccup\u00e9s. Le calcul est fait sur la base du nombre de lits inoccup\u00e9s annuel moyen de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, de sorte que, m\u00eame si un lit est devenu occup\u00e9 dans l\u2019intervalle, il peut \u00eatre retir\u00e9. La premi\u00e8re expiration des agr\u00e9ments en 2024 se fera sur la base de chiffres \u00e0 partir de juin 2022, qui sont donc ant\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019instauration de l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e. Il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suffisamment tenu compte du fait que des places sont temporairement inoccup\u00e9es \u00e0 la suite de travaux d\u2019entretien ou de r\u00e9novation. Il n\u2019est pas possible de<br \/>\n       6<br \/>\n       solliciter de nouveaux agr\u00e9ments sans demander une nouvelle ASMESE. Les gestionnaires individuels du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ne peuvent pas obtenir de telles autorisations tant que l\u2019ensemble du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ne d\u00e9tient pas moins de 50 % des places autoris\u00e9es.<br \/>\n       A.6. Le second moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 est pris de la violation, par l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, des articles 10 et 11 de la Constitution.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes estiment que la limitation \u00e0 50 % du total des places qui sont agr\u00e9\u00e9es en tant que places de maison de repos pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, telle qu\u2019elle est pr\u00e9vue dans l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, a pour effet que ce secteur perdra de nombreux lits qu\u2019il ne pourra pas r\u00e9cup\u00e9rer. Les parties requ\u00e9rantes ne peuvent d\u00e8s lors pas compenser, par de nouvelles places, les lits qu\u2019elles ont perdus \u00e0 la suite d\u2019agr\u00e9ments qui ont expir\u00e9 et elles perdent des revenus futurs. En revanche, le l\u00e9gislateur ordonnanciel n\u2019a pas pr\u00e9vu de plafond pour le nombre de lits agr\u00e9\u00e9s comme places de maisons de repos pour le secteur public ni pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif.<br \/>\n       Selon les parties requ\u00e9rantes, les diff\u00e9rences de traitement ne sauraient \u00eatre raisonnablement justifi\u00e9es. Il n\u2019y a pas d\u2019objectif l\u00e9gitime d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, d\u00e8s lors qu\u2019un droit d\u2019option fond\u00e9 simplement sur le secteur n\u2019est pas pertinent. Actuellement, la population bruxelloise a suffisamment de choix, puisque les \u00e9tablissements relevant du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif et du secteur public ont eux aussi un taux d\u2019inoccupation important. La Commission communautaire commune affirme, dans les travaux pr\u00e9paratoires, que les diff\u00e9rences entre les secteurs ont un impact sur la prestation de services \u00e0 la population bruxelloise, sans toutefois pr\u00e9ciser la nature de cet impact. Et, si l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e entend pr\u00e9server la libert\u00e9 de choix de la population bruxelloise, il conviendrait aussi de d\u00e9finir un seuil pour la part des lits en maison de repos attribu\u00e9e au secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif. L\u2019ordonnance attaqu\u00e9e peut en effet avoir pour cons\u00e9quence que le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif dispara\u00eetra totalement.<br \/>\n       Enfin, selon les parties requ\u00e9rantes, la norme attaqu\u00e9e est disproportionn\u00e9e. La population bruxelloise a en effet un choix suffisant, la norme attaqu\u00e9e est contre-productive \u00e0 moyen terme, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni re\u00e7oit un ch\u00e8que en blanc pour combler l\u2019\u00e9quilibre entre les secteurs, les lits agr\u00e9\u00e9s expirent de plein droit, plus aucune cession n\u2019est possible et les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s subissent un pr\u00e9judice \u00e9conomique important qui n\u2019est pas compens\u00e9.<br \/>\n       A.7.1. Tout d\u2019abord, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe qu\u2019en ce que la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 vise dans le premier moyen les articles 5, 9\u00b0, 9, c), 10, a), et 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Ces articles s\u2019appliquent sans distinction \u00e0 tous les \u00e9tablissements dans le secteur des soins aux personnes \u00e2g\u00e9es, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019\u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ou d\u2019\u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif ou du secteur public.<br \/>\n       Seul l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 \u00e9tablit une distinction entre les \u00e9tablissements de soins aux a\u00een\u00e9s qui rel\u00e8vent du secteur public et du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif, d\u2019une part, et ceux qui rel\u00e8vent du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, d\u2019autre part. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime que les \u00e9tablissements qui rel\u00e8vent du secteur public et du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif, d\u2019une part, et ceux qui rel\u00e8vent du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, d\u2019autre part, ne sont pas comparables \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019article 10, b). Les \u00e9tablissements qui rel\u00e8vent du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif sont soumis au contr\u00f4le des soci\u00e9t\u00e9s au sens de l\u2019article I:14, \u00a7 1er, du Code des soci\u00e9t\u00e9s et des associations.<br \/>\n       Ces \u00e9tablissements visent \u00e0 tirer profit des soins aux personnes \u00e2g\u00e9es et \u00e0 distribuer celui-ci \u00e0 leurs actionnaires.<br \/>\n       L\u2019article 10, b), a pour but de garantir la libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s entre les \u00e9tablissements relevant des diff\u00e9rents secteurs et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9tablissements abordables. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel souhaite pr\u00e9server cette pluralit\u00e9 des secteurs parce qu\u2019ils sont diff\u00e9rents. La circonstance qu\u2019un secteur poursuit un but de lucre le distingue n\u00e9cessairement d\u2019autres secteurs pour ce qui est de l\u2019accessibilit\u00e9 et du caract\u00e8re abordable de ses \u00e9tablissements. Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, l\u2019absence de comparabilit\u00e9 ressort \u00e9galement de la disproportion entre le nombre de lits agr\u00e9\u00e9s dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif et le nombre peu \u00e9lev\u00e9 de lits agr\u00e9\u00e9s dans les deux autres secteurs. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre a un impact sur la nature de la prestation de services aux a\u00een\u00e9s et peut entraver le choix des personnes qui souhaitent trouver un \u00e9tablissement public ou un \u00e9tablissement \u00e0 but non lucratif \u00e0 proximit\u00e9 de leur lieu de r\u00e9sidence.<br \/>\n       A.7.2. Quant au fond, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe que les mesures sont raisonnablement justifi\u00e9es, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elles poursuivent un objectif l\u00e9gitime, qu\u2019il existe un crit\u00e8re de distinction objectif et pertinent et qu\u2019elles n\u2019entra\u00eenent manifestement pas de cons\u00e9quences d\u00e9raisonnables.<br \/>\n       7<br \/>\n       A.7.3. En ce qui concerne les objectifs l\u00e9gitimes, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni soutient que l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 poursuit les objectifs suivants : (1) renforcer et r\u00e9\u00e9quilibrer l\u2019ensemble du continuum d\u2019aide et de soins aux a\u00een\u00e9s, allant du domicile \u00e0 la maison de repos et de soins, (2) offrir une vie digne aux a\u00een\u00e9s, qui sont souvent invisibles dans notre soci\u00e9t\u00e9, et (3) garantir \u00e0 chaque a\u00een\u00e9 l\u2019acc\u00e8s aux aides et aux services qui lui conviennent, dans le cadre qui lui pla\u00eet, avec les intervenants qui lui correspondent.<br \/>\n       L\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 entend r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre entre les diff\u00e9rents secteurs d\u2019exploitants de maisons de repos agr\u00e9\u00e9es. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre a un impact sur la nature de la prestation de services rendus aux a\u00een\u00e9s et peut entraver le choix des personnes qui souhaitent trouver un \u00e9tablissement public ou un \u00e9tablissement \u00e0 but non lucratif \u00e0 proximit\u00e9 de leur lieu de r\u00e9sidence. Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, ces objectifs sont l\u00e9gitimes.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime aussi que l\u2019objectif consistant \u00e0 pr\u00e9judicier le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est une pr\u00e9sentation erron\u00e9e des faits, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019ordonnance vise uniquement \u00e0 r\u00e9tablir \u00e0 l\u2019avenir le d\u00e9s\u00e9quilibre existant. Dans ce cadre, il n\u2019est pas pr\u00e9tendu que les soins offerts dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif seraient de moindre qualit\u00e9; ces soins sont toutefois plus on\u00e9reux que ceux propos\u00e9s dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif et dans le secteur public.<br \/>\n       Il ne peut pas \u00eatre admis que la libert\u00e9 de choix des personnes \u00e2g\u00e9es n\u2019est qu\u2019un pr\u00e9texte. Les citoyens fondent leur choix non pas tant sur le statut du gestionnaire, mais sur le co\u00fbt des soins, qui sont toutefois plus on\u00e9reux dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif. La mesure consistant \u00e0 faire expirer les agr\u00e9ments de lits inoccup\u00e9s ne vise pas le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, mais vaut pour tous les secteurs.<br \/>\n       La th\u00e8se de la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 selon laquelle, pour calculer le taux d\u2019occupation, il n\u2019est tenu compte que des places occup\u00e9es par des personnes qui re\u00e7oivent une intervention de l\u2019INAMI ne peut pas non plus \u00eatre suivie. Les personnes qui rel\u00e8vent de la notion de \u00ab patient \u00bb, telle qu\u2019elle est d\u00e9finie dans l\u2019article 1er, 7\u00b0, de l\u2019arr\u00eat\u00e9 minist\u00e9riel du 6 novembre 2003 \u00ab fixant le montant et les conditions d\u2019octroi de l\u2019intervention vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 37, \u00a7 12, de la loi relative \u00e0 l\u2019assurance obligatoire soins de sant\u00e9 et indemnit\u00e9s, coordonn\u00e9e le 14 juillet 1994, dans les maisons de repos et de soins et dans les maisons de repos pour personnes \u00e2g\u00e9es \u00bb, sont aussi des personnes pour lesquelles l\u2019institution ne re\u00e7oit pas d\u2019intervention de l\u2019INAMI, mais qui figurent bien dans l\u2019application de financement \u00ab RaaS\/Curas \u00bb. Seuls les lits qui sont temporairement inoccup\u00e9s en raison de l\u2019hospitalisation des r\u00e9sidents, de petits travaux de r\u00e9novation ou de l\u2019inoccupation d\u2019une chambre entre deux r\u00e9sidents n\u2019apparaissent pas dans l\u2019application RaaS\/Curas. Cet aspect a \u00e9t\u00e9 pris en compte dans l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, qui ins\u00e8re l\u2019article 15, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, qui pr\u00e9voit que tout \u00e9tablissement peut disposer de places inoccup\u00e9es \u00e0 hauteur de 5 % de ses places agr\u00e9\u00e9es, avec un minimum de trois places inoccup\u00e9es. Dans le cas o\u00f9 des lits sont inoccup\u00e9s pour cause de \u00ab gros travaux \u00bb, l\u2019article 15\/1, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 est d\u2019application.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime en outre qu\u2019il est inexact de pr\u00e9tendre que l\u2019ordonnance aura pour effet que le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif dispara\u00eetra. L\u2019ordonnance a uniquement pour cons\u00e9quence qu\u2019aucune nouvelle autorisation ne sera octroy\u00e9e aussi longtemps que l\u2019\u00e9quilibre n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 atteint entre, d\u2019une part, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif et, d\u2019autre part, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif ou le secteur public. Le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif maintient les agr\u00e9ments existants pour les lits occup\u00e9s et demeurera de loin le secteur le plus important.<br \/>\n       En ce qui concerne les consid\u00e9rations budg\u00e9taires, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe que la sixi\u00e8me r\u00e9forme de l\u2019\u00c9tat a transf\u00e9r\u00e9 aux communaut\u00e9s l\u2019ensemble de la mati\u00e8re relative \u00e0 la dispensation de soins aux a\u00een\u00e9s et donc \u00e9galement le financement des maisons de repos pour a\u00een\u00e9s (MRPA), des maisons de repos et de soins (MRS) et des centres de soins de jour (CSJ). \u00c0 partir du 1er janvier 2019, Iriscare assure le financement des comp\u00e9tences transf\u00e9r\u00e9es pour la Commission communautaire commune. \u00c0 partir de cette date, les institutions bicommunautaires situ\u00e9es sur le territoire de la r\u00e9gion bilingue de Bruxelles-Capitale sont financ\u00e9es par Iriscare.<br \/>\n       Les b\u00e9n\u00e9ficiaires du remboursement des prestations par un organisme assureur bruxellois dans ces institutions sont les assur\u00e9s bruxellois au sens de l\u2019ordonnance du 21 d\u00e9cembre 2018 \u00ab relative aux organismes assureurs bruxellois dans le domaine des soins de sant\u00e9 et de l\u2019aide aux personnes \u00bb. En cas d\u2019occupation, une place agr\u00e9\u00e9e entre en consid\u00e9ration pour un financement. L\u2019existence de ces lits implique un risque financier pour la Commission communautaire commune. Par cons\u00e9quent, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni entend \u00e9liminer le risque budg\u00e9taire d\u00e9coulant du nombre important de lits agr\u00e9\u00e9s en maisons de repos.<br \/>\n       8<br \/>\n       A.7.4. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni soutient que le crit\u00e8re de distinction est objectif et pertinent. Tout d\u2019abord, la mesure relative \u00e0 l\u2019expiration des agr\u00e9ments des lits inoccup\u00e9s s\u2019applique sans distinction \u00e0 tous les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, quel que soit le secteur dont ils rel\u00e8vent. Seul l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 introduit une distinction, qui est objective et pertinente. Le non-octroi de nouvelles autorisations au secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif se situe dans le droit fil de l\u2019objectif visant \u00e0 garantir la libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s entre les \u00e9tablissements des diff\u00e9rents secteurs et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9tablissements abordables et accessibles.<br \/>\n       A.7.5. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ajoute qu\u2019il ne peut pas \u00eatre admis que les mesures attaqu\u00e9es produisent des effets manifestement d\u00e9raisonnables.<br \/>\n       En ce qui concerne l\u2019expiration des agr\u00e9ments de places inoccup\u00e9es, les consid\u00e9rations budg\u00e9taires sont li\u00e9es \u00e0 la diversification de l\u2019offre de soins aux a\u00een\u00e9s que le l\u00e9gislateur ordonnanciel souhaite pouvoir proposer \u00e0 terme aux a\u00een\u00e9s bruxellois. La circonstance que certaines institutions disposent d\u2019un grand nombre de lits agr\u00e9\u00e9s qui sont structurellement inoccup\u00e9s emp\u00eache toutefois une telle diversification; en effet, un lit agr\u00e9\u00e9 vide peut \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 tout moment pour b\u00e9n\u00e9ficier du financement par Iriscare s\u2019il venait \u00e0 \u00eatre occup\u00e9. Ces lits agr\u00e9\u00e9s inoccup\u00e9s repr\u00e9sentent ainsi un important risque budg\u00e9taire, ce qui emp\u00eache la Commission communautaire commune d\u2019op\u00e9rer de nouveaux choix politiques. Et, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit de lits structurellement inoccup\u00e9s, cette mesure ne causera aucun pr\u00e9judice financier pour les \u00e9tablissements concern\u00e9s. En outre, le l\u00e9gislateur ordonnanciel a pr\u00e9vu, dans l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e, des mesures d\u2019accompagnement m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chies.<br \/>\n       Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 ne saurait \u00eatre suivie lorsqu\u2019elle affirme que le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est l\u00e9s\u00e9 de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e et que la d\u00e9ch\u00e9ance des agr\u00e9ments d\u00e9j\u00e0 acquis ant\u00e9rieurement viole le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique et le principe de la confiance l\u00e9gitime. Le principe de la confiance l\u00e9gitime n\u2019emp\u00eache pas le l\u00e9gislateur de modifier des r\u00e8gles existantes qui peuvent avoir des cons\u00e9quences pr\u00e9judiciables pour certaines cat\u00e9gories de personnes. Si le l\u00e9gislateur estime qu\u2019un changement de politique est n\u00e9cessaire, il peut d\u00e9cider de l\u2019instaurer avec effet imm\u00e9diat et il n\u2019est en principe pas tenu de pr\u00e9voir un r\u00e9gime transitoire. De plus, le syst\u00e8me d\u2019expiration des agr\u00e9ments qui a \u00e9t\u00e9 mis en place s\u2019applique sans distinction \u00e0 tous les secteurs. En outre, les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s ne pouvaient pas escompter que les agr\u00e9ments resteraient accord\u00e9s pour toujours; l\u2019article 7, \u00a7 4, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 pr\u00e9voyait d\u00e9j\u00e0 un syst\u00e8me d\u2019expiration des ASMESE et l\u2019existence de l\u2019article 7, \u00a7 4, n\u2019a pas pour effet que le nouveau r\u00e9gime ne serait pas pertinent.<br \/>\n       L\u2019absence d\u2019une possibilit\u00e9 de d\u00e9fense ne peut pas non plus amener \u00e0 conclure au caract\u00e8re manifestement disproportionn\u00e9 de la mesure attaqu\u00e9e. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe que les agr\u00e9ments expirent de plein droit, de sorte que le principe g\u00e9n\u00e9ral de bonne administration du devoir d\u2019audition ne trouve pas \u00e0 s\u2019appliquer si l\u2019autorit\u00e9 publique exerce une comp\u00e9tence li\u00e9e.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni soutient \u00e9galement que la circonstance que les agr\u00e9ments expireront pour la premi\u00e8re fois en 2024 sur la base des chiffres de 2022 ne permet pas de conclure que l\u2019interdiction de la r\u00e9troactivit\u00e9 serait viol\u00e9e. La disposition attaqu\u00e9e ne produit ses effets qu\u2019\u00e0 partir du 1er janvier 2024, de sorte qu\u2019elle n\u2019a pas d\u2019effet r\u00e9troactif et qu\u2019une p\u00e9riode transitoire est pr\u00e9vue. Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, aucun \u00e9l\u00e9ment n\u2019\u00e9taye l\u2019affirmation selon laquelle la norme attaqu\u00e9e serait contre-productive parce qu\u2019elle contribue \u00e0 cr\u00e9er une p\u00e9nurie de places \u00e0 moyen terme. Il ressort des donn\u00e9es historiques qu\u2019il n\u2019y aura pas de p\u00e9nuries \u00e0 moyen terme et que le l\u00e9gislateur ordonnanciel peut ajuster sa politique \u00e0 l\u2019avenir s\u2019il s\u2019av\u00e9rait malgr\u00e9 tout que les a\u00een\u00e9s choisiraient davantage de s\u00e9journer dans une maison de repos.<br \/>\n       En ce qui concerne le non-octroi de nouvelles autorisations pour des places dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni soutient que le nombre de lits disponibles pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif varie en fonction du nombre total de lits et de places octroy\u00e9s. Le nombre maximum de lits et de places attribu\u00e9 au secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif augmente \u00e0 mesure que le nombre absolu de lits et de places agr\u00e9\u00e9s augmente. En d\u2019autres termes, plus des lits et places agr\u00e9\u00e9s sont attribu\u00e9s au secteur public et au secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif, plus le nombre de lits et de places maximum pouvant \u00eatre attribu\u00e9 au secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif augmente. En termes absolus, le nombre maximum de places pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif augmente proportionnellement \u00e0 la demande de lits et de places dans les institutions relevant du secteur public et du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif.<br \/>\n       Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, il convient aussi d\u2019observer \u00e0 cet \u00e9gard que l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019est pas encore entr\u00e9 en vigueur. Les secteurs se voient offrir l\u2019opportunit\u00e9 de s\u2019y pr\u00e9parer.<br \/>\n       9<br \/>\n       Enfin, lorsque la mesure sera d\u2019application, le plafond de 50 % des lits et des places agr\u00e9\u00e9s n\u2019aura pas n\u00e9cessairement d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 atteint pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif. Cela laisse une marge de croissance \u00e0 ce secteur.<br \/>\n       En fixant au 1er janvier 2023 la date d\u2019entr\u00e9e en vigueur de la mesure mettant fin de plein droit \u00e0 l\u2019agr\u00e9ment des lits inoccup\u00e9s et en reportant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019article 10, b), le l\u00e9gislateur ordonnanciel permet une meilleure r\u00e9partition des lits et places agr\u00e9\u00e9s entre les secteurs dont les lits inoccup\u00e9s sont redistribu\u00e9s.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime que la th\u00e8se de la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 selon laquelle l\u2019arr\u00eat n\u00b0 135\/2010 du 9 d\u00e9cembre 2010 (ECLI:BE:GHCC:2010:ARR.135) n\u2019est pas applicable ne peut \u00eatre suivie. La mesure entend \u00e9liminer le d\u00e9s\u00e9quilibre en ce qui concerne les places de maisons de repos agr\u00e9\u00e9es. L\u2019interdiction d\u2019octroi de nouvelles autorisations est a fortiori raisonnablement justifi\u00e9e sur le territoire de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, \u00e9tant donn\u00e9 que le d\u00e9s\u00e9quilibre est encore plus important qu\u2019en R\u00e9gion wallonne. En outre, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif restera de loin le premier fournisseur de places agr\u00e9\u00e9es sur le territoire de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale. Par ailleurs, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne re\u00e7oit pas une \u00ab carte blanche \u00bb pour d\u00e9terminer ce qu\u2019il faut entendre par une r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e de la capacit\u00e9 des \u00e9tablissements sur le territoire de Bruxelles-Capitale.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni devra respecter les dispositions constitutionnelles et les principes g\u00e9n\u00e9raux de bonne administration dans l\u2019arr\u00eat\u00e9 qui d\u00e9finit cette r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e.<br \/>\n       Contrairement \u00e0 ce que fait valoir la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069, la cession des autorisations entre \u00e9tablissements est toujours possible, selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni. En cas de changement du gestionnaire de l\u2019\u00e9tablissement auquel se rapporte l\u2019autorisation, celle-ci peut \u00eatre c\u00e9d\u00e9e, moyennant l\u2019accord du Coll\u00e8ge r\u00e9uni et pour autant qu\u2019elle soit concr\u00e9tis\u00e9e sur le m\u00eame site et dans les m\u00eames conditions et d\u00e9lais que ceux d\u00e9termin\u00e9s lors de l\u2019octroi de cette autorisation, en vertu de l\u2019article 7, \u00a7 3, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008. L\u2019article 7, \u00a7 3, n\u2019interdit pas qu\u2019une maison de repos existante qui est exploit\u00e9e par un exploitant X dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif soit reprise par un exploitant Y, \u00e9galement dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif. Ce que l\u2019ordonnance interdit, c\u2019est la cession de lits autoris\u00e9s de l\u2019exploitant X, qui exploite une maison de repos X, vers l\u2019exploitant Y, qui exploite une maison de repos Y.<br \/>\n       En ce qui concerne la perte de revenus pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe que les \u00e9tablissements ne subissent pas de perte \u00e0 la suite de l\u2019expiration des agr\u00e9ments de places inoccup\u00e9es. Il n\u2019est du reste d\u2019aucune utilit\u00e9 pour ces \u00e9tablissements de demander des ASMESE pour obtenir de nouvelles places, puisque celles-ci resteraient quand m\u00eame inoccup\u00e9es et donc non financ\u00e9es.<br \/>\n       A.8.1. Tout d\u2019abord, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 observe dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse qu\u2019il est juridiquement correct d\u2019estimer que le retrait de l\u2019agr\u00e9ment de lits structurellement inoccup\u00e9s touche tous les secteurs. Toutefois, la discrimination manifeste r\u00e9side dans le fait que le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif se voit de facto priv\u00e9 de l\u2019opportunit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer ult\u00e9rieurement les lits dont l\u2019agr\u00e9ment a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9. La demande d\u2019une nouvelle ASMESE pour obtenir un nouvel agr\u00e9ment d\u00e9pend du statut juridique du gestionnaire.<br \/>\n       A.8.2. En ce qui concerne la comparabilit\u00e9, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 soutient dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse qu\u2019on ne saurait suivre le raisonnement du Coll\u00e8ge r\u00e9uni selon lequel il suffirait qu\u2019un \u00e9tablissement soit g\u00e9r\u00e9 par une personne morale \u00e0 but lucratif pour qu\u2019il ne soit pas comparable aux \u00e9tablissements d\u2019autres secteurs. La disposition vise toutes les personnes morales \u00e0 but lucratif, alors que, selon le nouveau Code des soci\u00e9t\u00e9s et des associations, les soci\u00e9t\u00e9s peuvent, outre le but de lucre, aussi poursuivre d\u2019autres objectifs tels qu\u2019un objectif caritatif, social ou culturel. En outre, \u00ab comparable \u00bb ne signifie pas identique. Les \u00e9tablissements qui fournissent les m\u00eames services aux a\u00een\u00e9s se destinent au m\u00eame march\u00e9 et sont financ\u00e9s principalement au moyen d\u2019interventions de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, ce qui confirme leur comparabilit\u00e9.<br \/>\n       De plus, on ne saurait suivre la th\u00e8se du Coll\u00e8ge r\u00e9uni selon laquelle le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif se distinguerait \u00ab n\u00e9cessairement \u00bb des autres secteurs pour ce qui est de l\u2019accessibilit\u00e9 et du caract\u00e8re abordable.<br \/>\n       Premi\u00e8rement, il s\u2019agit d\u2019une pr\u00e9somption inacceptable fond\u00e9e sur un pr\u00e9jug\u00e9 discriminatoire. Deuxi\u00e8mement, cette th\u00e8se nie la grande diversit\u00e9 qui existe au sein des diff\u00e9rents secteurs. Troisi\u00e8mement, l\u2019affirmation est inexacte, d\u00e8s lors qu\u2019il existe plusieurs \u00e9tablissements priv\u00e9s \u00e0 but lucratif qui pratiquent des tarifs journaliers similaires voire moins chers. Enfin, le lien pr\u00e9sum\u00e9 entre la nature du secteur et le caract\u00e8re accessible et abordable d\u2019un \u00e9tablissement pour personnes \u00e2g\u00e9es est erron\u00e9 et superflu.<br \/>\n       10<br \/>\n       Selon la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069, la r\u00e9f\u00e9rence au d\u00e9s\u00e9quilibre dans la r\u00e9partition des lits agr\u00e9\u00e9s ne peut pas non plus \u00e9tayer la non-comparabilit\u00e9. Les prestataires priv\u00e9s \u00e0 but lucratif ont demand\u00e9 ces agr\u00e9ments sous le m\u00eame r\u00e9gime et dans les m\u00eames circonstances que les deux autres secteurs. La circonstance que ces prestataires ont davantage de lits agr\u00e9\u00e9s ne saurait justifier la non-comparabilit\u00e9. En outre, La Cour a d\u00e9j\u00e0 reconnu la comparabilit\u00e9 de ces secteurs dans son arr\u00eat n\u00b0 42\/2008 du 4 mars 2008 (ECLI:BE:GHCC:2008:ARR.042).<br \/>\n       A.8.3. En ce qui concerne l\u2019objectif l\u00e9gitime, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 r\u00e9p\u00e8te que la r\u00e9duction de la part des agr\u00e9ments du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif n\u2019est pas un objectif l\u00e9gitime en soi, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle vise arbitrairement un groupe d\u00e9termin\u00e9, uniquement sur la base de sa forme juridique et de son statut. Le fait de pr\u00e9senter la proportion qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e au fil du temps comme un probl\u00e8me en soi est, pour cette raison, d\u00e9j\u00e0 inacceptable.<br \/>\n       Les tarifs journaliers mentionn\u00e9s par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne tiennent pas compte d\u2019\u00e9ventuelles promotions des institutions et les prix moyens ne sont pas non plus pond\u00e9r\u00e9s, ce qui ne donne pas une vue d\u2019ensemble correcte du secteur. Cette pond\u00e9ration est importante, puisque ce secteur propose un choix \u00e9tendu de chambres dans des cat\u00e9gories de prix diff\u00e9rentes, permettant aussi aux a\u00een\u00e9s de choisir une chambre plus ch\u00e8re. En outre, il n\u2019est pas tenu compte de la diff\u00e9rence entre les divers gestionnaires au sein du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ni des prix diff\u00e9rents entre les \u00e9tablissements de ce secteur. Dans le cas de la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069, elle peut d\u00e9montrer que ses tarifs journaliers pour ses trois \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s sont beaucoup plus proches des prix pratiqu\u00e9s par les autres secteurs, voire parfois moins chers.<br \/>\n       L\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re des \u00e9tablissements est d\u00e8s lors un pr\u00e9texte, d\u2019autant plus que les gestionnaires du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif sont dans l\u2019impossibilit\u00e9 de demander de nouvelles autorisations tant que leur part n\u2019est pas devenue inf\u00e9rieure \u00e0 50 %. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 7, nouveau, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, l\u2019octroi d\u2019une autorisation est soumis \u00e0 diff\u00e9rents crit\u00e8res \u00ab qualitatifs \u00bb, parmi lesquels \u00ab l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re de l\u2019\u00e9tablissement \u00bb. Il en ressort que l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re est d\u00e9j\u00e0 une condition et ne saurait donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un v\u00e9ritable objectif.<br \/>\n       En ce qui concerne l\u2019objectif budg\u00e9taire \u00e9galement, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 r\u00e9p\u00e8te qu\u2019il ne s\u2019agit de rien d\u2019autre qu\u2019un pr\u00e9texte. L\u2019existence de lits agr\u00e9\u00e9s ne saurait constituer un risque budg\u00e9taire et repr\u00e9sente une consid\u00e9ration d\u00e9nu\u00e9e de toute pertinence \u00e0 la lumi\u00e8re de la distinction entre les diff\u00e9rents secteurs.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne d\u00e9montre pas qu\u2019une place agr\u00e9\u00e9e dans un \u00e9tablissement g\u00e9r\u00e9 par un gestionnaire commercial serait plus ch\u00e8re qu\u2019une place agr\u00e9\u00e9e dans un \u00e9tablissement du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif ou du secteur public.<br \/>\n       Les consid\u00e9rations budg\u00e9taires ne peuvent par ailleurs pas justifier la diminution des agr\u00e9ments, puisque le but du l\u00e9gislateur ordonnanciel est de r\u00e9partir \u00e0 nouveau ces agr\u00e9ments. En outre, l\u2019augmentation de la part du secteur public suppose des investissements massifs, qui p\u00e8seront sur les finances publiques et, partant, pourraient avoir des effets n\u00e9fastes.<br \/>\n       A.8.4.1. En ce qui concerne l\u2019objectivit\u00e9 et la pertinence du crit\u00e8re de distinction, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 observe que le crit\u00e8re de distinction n\u2019a aucun lien avec les objectifs cit\u00e9s. L\u2019objectif consistant \u00e0 assurer l\u2019accessibilit\u00e9 des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s est d\u00e9j\u00e0 un crit\u00e8re dans le cadre de l\u2019octroi d\u2019une ASMESE, de sorte que l\u2019introduction d\u2019un crit\u00e8re relatif au type de secteur dont rel\u00e8ve l\u2019\u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s n\u2019a aucun sens. En outre, il n\u2019est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment pas tenu compte des diff\u00e9rences de prix au sein du secteur lui-m\u00eame.<br \/>\n       L\u2019exclusion du gestionnaire priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est contraire \u00e0 l\u2019objectif de garantir l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re, parce qu\u2019un \u00e9tablissement priv\u00e9 \u00e0 but lucratif qui est moins cher, mais qui est g\u00e9r\u00e9 par une personne morale \u00e0 but lucratif, n\u2019obtiendrait pas d\u2019ASMESE, alors qu\u2019un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s plus on\u00e9reux relevant d\u2019un autre secteur l\u2019obtiendrait en revanche.<br \/>\n       Pour le budget de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, la question de savoir si les fonds publics sont utilis\u00e9s en faveur de places autoris\u00e9es dans un \u00e9tablissement priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ou dans un autre secteur n\u2019importe pas. Les co\u00fbts budg\u00e9taires restent les m\u00eames.<br \/>\n       A.8.4.2. En ce qui concerne la proportionnalit\u00e9 et les cons\u00e9quences d\u00e9raisonnables, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 observe que le gestionnaire priv\u00e9 \u00e0 but lucratif devra remettre des lits agr\u00e9\u00e9s, sans pouvoir r\u00e9cup\u00e9rer ceux-ci. Le caract\u00e8re disproportionn\u00e9 se mat\u00e9rialise \u00e9galement dans le mode de calcul du nombre de lits occup\u00e9s; ainsi, il n\u2019est pas tenu compte de l\u2019hospitalisation des r\u00e9sidents, des petits travaux de r\u00e9novation ou de la p\u00e9riode d\u2019inoccupation des lits entre deux r\u00e9sidents, parce que ces lits ne figurent pas dans l\u2019application RaaS\/Curas. L\u2019application RaaS\/Curas ne tient pas compte de l\u2019occupation r\u00e9elle. Cela signifie que les gestionnaires priv\u00e9s \u00e0 but lucratif n\u2019auront plus de marge en termes de chambres vides, ce qui entra\u00eenera assez rapidement une p\u00e9nurie de places agr\u00e9\u00e9es et n\u00e9cessitera de travailler avec des listes d\u2019attente. Par ailleurs, les<br \/>\n       11<br \/>\n       gestionnaires commerciaux n\u2019auront pas int\u00e9r\u00eat \u00e0 effectuer des petits travaux de r\u00e9novation dans les chambres, d\u00e8s lors que celles-ci seront alors consid\u00e9r\u00e9es comme inoccup\u00e9es.<br \/>\n       En derni\u00e8re instance, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 r\u00e9p\u00e8te que les dispositions attaqu\u00e9es violent le principe de la confiance l\u00e9gitime et le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique. Les gestionnaires priv\u00e9s \u00e0 but lucratif ont construit leur mod\u00e8le \u00e9conomique sur les agr\u00e9ments, qui sont d\u2019un int\u00e9r\u00eat vital pour l\u2019exploitation des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s. En outre, ils ont consenti de tr\u00e8s lourds investissements notamment pour acheter les terrains et construire et \u00e9quiper les b\u00e2timents, dans l\u2019id\u00e9e que les places pour lesquelles ils avaient obtenu les agr\u00e9ments seraient occup\u00e9es \u00e0 terme par des r\u00e9sidents.<br \/>\n       A.9.1. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 font valoir dans leur m\u00e9moire en r\u00e9ponse que les cat\u00e9gories d\u2019\u00e9tablissements \u00e0 comparer sont comparables. Il ne faut pas confondre \u00ab diff\u00e9rence \u00bb et \u00ab non-<br \/>\n       comparabilit\u00e9 \u00bb. La Cour a d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 express\u00e9ment que les \u00e9tablissements de soins aux personnes \u00e2g\u00e9es sont comparables dans les diff\u00e9rents secteurs (arr\u00eat n\u00b0 42\/2008, pr\u00e9cit\u00e9).<br \/>\n       A.9.2. En ce qui concerne le crit\u00e8re de distinction, les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 r\u00e9p\u00e8tent que ce crit\u00e8re n\u2019est pas pertinent. Abstraction faite de la circonstance que la libert\u00e9 de choix n\u2019est pas entrav\u00e9e \u00e0 ce jour par le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni lui-m\u00eame admet dans son m\u00e9moire que les citoyens ne fondent pas tant leur choix sur le statut du gestionnaire. Ni les travaux pr\u00e9paratoires, ni la disposition attaqu\u00e9e elle-m\u00eame, ni le m\u00e9moire du Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne permettent de d\u00e9duire en quoi les a\u00een\u00e9s ne disposeraient actuellement pas d\u2019une libert\u00e9 de choix suffisante et en quoi le fait de limiter cette libert\u00e9 et, \u00e0 tout le moins, l\u2019offre du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif sous la forme d\u2019un plafond de 50 % contribuerait \u00e0 cette libert\u00e9 de choix.<br \/>\n       La d\u00e9fense du Coll\u00e8ge r\u00e9uni manque en fait et en droit. Les donn\u00e9es historiques sur lesquelles se fonde le Coll\u00e8ge r\u00e9uni portent sur des chiffres \u00e0 partir de 2013. La disposition attaqu\u00e9e complique et limite la libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s au lieu de pr\u00e9server celle-ci. Cette libert\u00e9 ne peut \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e que par l\u2019introduction d\u2019un seuil pour la part des lits en maison de repos par secteur, car seul un seuil garantit que chaque secteur reste suffisamment repr\u00e9sent\u00e9.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes r\u00e9p\u00e8tent que l\u2019on n\u2019aper\u00e7oit pas clairement ce que le l\u00e9gislateur ordonnanciel et le Coll\u00e8ge r\u00e9uni entendent par la diff\u00e9rence sur le plan de la \u00ab nature \u00bb du service. Il n\u2019est nulle part pr\u00e9cis\u00e9 concr\u00e8tement ce qu\u2019il y a lieu d\u2019entendre par la \u00ab nature \u00bb du service, en quoi le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif diff\u00e9rerait, sur ce point, des autres secteurs et en quoi le r\u00e9gime attaqu\u00e9 serait pertinent pour agir dans un sens d\u00e9termin\u00e9 sur la \u00ab nature \u00bb du service. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne parle pas de la diff\u00e9rence de qualit\u00e9, ce qui est \u00e9tonnant vu que l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 fixe les \u00ab crit\u00e8res qualitatifs \u00bb. Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, l\u2019un de ces crit\u00e8res qualitatifs, \u00e0 savoir le plafond de 50 % pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, n\u2019a cependant rien \u00e0 voir avec la qualit\u00e9 des \u00e9tablissements. Ce qui pr\u00e9c\u00e8de d\u00e9montre que la Commission communautaire commune fait un amalgame d\u2019une multitude d\u2019objectifs, mais elle-m\u00eame prouve ainsi que l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de traitement du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif n\u2019est pas pertinente et encore moins n\u00e9cessaire pour atteindre ces objectifs.<br \/>\n       Selon les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070, s\u2019il devait \u00eatre admis que les citoyens fondent leur choix d\u2019un \u00e9tablissement sur le co\u00fbt des soins et si la Commission communautaire commune souhaite effectivement pr\u00e9server la libert\u00e9 de choix \u00e0 la lumi\u00e8re du co\u00fbt des soins, la Commission communautaire commune devrait pr\u00e9cis\u00e9ment garantir que le secteur commercial repr\u00e9sente et continue \u00e0 repr\u00e9senter une part suffisamment grande de tous les secteurs. Alors seulement peut-on assurer que chaque citoyen puisse choisir lui-m\u00eame le budget qu\u2019il souhaite d\u00e9gager pour s\u00e9journer dans un \u00e9tablissement et ait une vraie libert\u00e9 de choix entre les \u00e9tablissements et leurs diff\u00e9rents co\u00fbts. Toutefois, il convient d\u2019observer que le tarif journalier d\u2019un \u00e9tablissement ne d\u00e9pend pas tant du secteur dont celui-ci rel\u00e8ve, mais bien du moment o\u00f9 ont eu lieu les investissements dans les biens immobiliers consacr\u00e9s aux soins. Plus l\u2019infrastructure est r\u00e9cente, plus le tarif journalier moyen sera \u00e9lev\u00e9. Il serait absurde de sanctionner le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif \u00e0 cet \u00e9gard au motif qu\u2019il est le seul secteur qui a investi massivement dans son infrastructure et dans sa capacit\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es.<br \/>\n       \u00c0 ce sujet, les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 observent que le prix d\u2019un s\u00e9jour dans un \u00e9tablissement constitue d\u00e9j\u00e0 un crit\u00e8re distinct pour octroyer l\u2019ASMESE (article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022). L\u2019on n\u2019aper\u00e7oit pas et il n\u2019est pas expliqu\u00e9 en quoi il serait alors pertinent, et encore moins n\u00e9cessaire, de soumettre un secteur \u00e0 une diff\u00e9rence de traitement compl\u00e9mentaire, alors qu\u2019un \u00e9tablissement d\u00e9j\u00e0 trop on\u00e9reux pourrait de toute fa\u00e7on d\u00e9j\u00e0 se voir refuser une ASMESE. En outre, c\u2019est Iriscare lui-m\u00eame qui<br \/>\n       12<br \/>\n       approuve toutes les augmentations de prix et de marges et m\u00eame les indexations des prix que lui soumettent les \u00e9tablissements de soins aux a\u00een\u00e9s. \u00c0 supposer que les tarifs journaliers du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif soient trop \u00e9lev\u00e9s et doivent \u00eatre limit\u00e9s, ces prix sont imputables \u00e0 la Commission communautaire commune elle-m\u00eame, \u00e9tant donn\u00e9 que c\u2019est elle qui les a approuv\u00e9s.<br \/>\n       En ce qui concerne le pr\u00e9tendu \u00ab risque budg\u00e9taire \u00bb pour la Commission communautaire commune, les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 soulignent que chaque secteur fait face \u00e0 un nombre important de lits inoccup\u00e9s. L\u2019on n\u2019aper\u00e7oit pas et le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne d\u00e9montre pas en quoi le plafonnement de la part d\u2019un secteur serait pertinent pour pouvoir utiliser les cr\u00e9dits budg\u00e9taires qui seraient pr\u00e9tendument bloqu\u00e9s dans l\u2019attente de l\u2019occupation des lits agr\u00e9\u00e9s dans chacun des secteurs. Lorsqu\u2019elle \u00e9tablit son budget de d\u00e9penses, la Commission communautaire commune peut raisonnablement estimer les cr\u00e9dits en vue de couvrir le forfait pour les lits agr\u00e9\u00e9s occup\u00e9s en se basant sur le taux d\u2019occupation des ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Cette estimation peut pr\u00e9voir des cr\u00e9dits dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un taux d\u2019occupation de 75 % ou de 80 %. Il est d\u2019usage de proc\u00e9der \u00e0 de telles estimations lors de l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un budget de d\u00e9penses. Rien n\u2019oblige la Commission communautaire commune \u00e0 bloquer chaque ann\u00e9e des cr\u00e9dits fond\u00e9s sur un taux d\u2019occupation de 100 %. Pour combler un taux d\u2019occupation sup\u00e9rieur non pr\u00e9vu et le taux de financement plus \u00e9lev\u00e9 qui en d\u00e9coule, la Commission communautaire commune peut inscrire une provision dans son budget qui pr\u00e9cise que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut utiliser celle-ci en vue de couvrir les diff\u00e9rents postes de d\u00e9penses, parmi lesquels le poste qui porte sur le financement de lits occup\u00e9s. Cette habilitation permet \u00e0 la Commission communautaire commune de r\u00e9partir le pr\u00e9tendu \u00ab risque financier \u00bb sur un grand nombre de postes de d\u00e9penses et, ainsi, de \u00ab bloquer \u00bb chaque ann\u00e9e moins de cr\u00e9dits pour le financement de lits qui pourraient \u00eatre occup\u00e9s. En outre, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni se base sur un taux d\u2019occupation de 100 %, alors qu\u2019un des principes fondamentaux de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 est que les lits inoccup\u00e9s ne seront pas occup\u00e9s \u00e0 court terme et que les agr\u00e9ments concern\u00e9s doivent d\u00e8s lors \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s.<br \/>\n       A.9.3. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 r\u00e9p\u00e8tent que l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de traitement du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif a des cons\u00e9quences manifestement disproportionn\u00e9es. L\u2019incidence \u00e9conomique \u00e9norme sur les \u00e9tablissements qui rel\u00e8vent du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif et l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019utiliser encore ces lits agr\u00e9\u00e9s \u00e0 l\u2019avenir font baisser la valeur marchande de l\u2019immobilier, \u00e9tant donn\u00e9 que ces \u00e9tablissements perdent toute perspective de rentabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019avenir. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni nie l\u2019effet du vieillissement de la population dans la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale et semble penser que les lits inoccup\u00e9s le resteront pour toujours, sans compter que l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 aura pour effet de r\u00e9duire substantiellement le nombre de lits inoccup\u00e9s.<br \/>\n       En outre, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni minimise l\u2019incidence sur le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 observent que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni oublie que l\u2019article 34 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       habilite le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, dans l\u2019attente d\u2019une programmation d\u00e9finitive, \u00e0 fixer, par cat\u00e9gorie d\u2019\u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, un programme transitoire du nombre maximal de places pouvant b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une ASMESE. Il sera pr\u00e9vu un nombre maximal absolu d\u2019ASMESE, de sorte qu\u2019une augmentation du nombre de places agr\u00e9\u00e9es dans le secteur public et dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif n\u2019aura pas pour effet, certainement pas par d\u00e9finition, que le nombre d\u2019ASMESE pourra augmenter pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif .<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 observent \u00e9galement que la date incertaine d\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 ne d\u00e9montre pas la proportionnalit\u00e9 du r\u00e9gime attaqu\u00e9.<br \/>\n       C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment en raison de l\u2019incertitude qui entoure cette date d\u2019entr\u00e9e en vigueur qu\u2019il est impossible pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif de se pr\u00e9parer. \u00c0 moins que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne s\u2019engage juridiquement \u00e0 ne faire entrer en vigueur la mesure attaqu\u00e9e qu\u2019apr\u00e8s que la part du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est pass\u00e9e sous les 50 %, les observations \u00e9mises par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni n\u2019ont aucune valeur.<br \/>\n       A.10.1. En ce qui concerne la non-comparabilit\u00e9, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe dans son m\u00e9moire en r\u00e9plique que les cat\u00e9gories \u00e0 comparer doivent \u00eatre compar\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re de la mesure attaqu\u00e9e. Dans les recours en annulation pr\u00e9sentement examin\u00e9s, le but du l\u00e9gislateur ordonnanciel est de garantir \u00ab la libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s entre \u00e9tablissements appartenant aux diff\u00e9rents secteurs, et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9tablissements abordables et accessibles \u00bb.<br \/>\n       Le l\u00e9gislateur ordonnanciel souhaite r\u00e9tablir cette libert\u00e9 de choix en ramenant \u00e0 50 % la disproportion du nombre de lits agr\u00e9\u00e9s entre les \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif et ceux des deux autres secteurs. Dans ce r\u00e9gime, ces \u00e9tablissements ne sont pas comparables \u00e0 ceux du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif ni \u00e0 ceux du secteur public.<br \/>\n       13<br \/>\n       A.10.2. Quant au fond, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni r\u00e9p\u00e8te que l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       poursuit un objectif l\u00e9gitime.<br \/>\n       La th\u00e8se selon laquelle les \u00e9tablissements priv\u00e9s \u00e0 but lucratif ne sont pas toujours plus on\u00e9reux que les \u00e9tablissements publics et les \u00e9tablissements \u00e0 but non lucratif ne r\u00e9fute pas les objectifs g\u00e9n\u00e9raux de la Commission communautaire commune. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel peut appr\u00e9hender la diversit\u00e9 des situations en faisant usage de cat\u00e9gories qui correspondent souvent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de mani\u00e8re simplificatrice et approximative. Les tarifs journaliers pr\u00e9sent\u00e9s par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni sont des prix moyens pond\u00e9r\u00e9s qui tiennent compte du nombre de chambres qui sont lou\u00e9es \u00e0 un prix d\u00e9termin\u00e9.<br \/>\n       Il est possible que le risque budg\u00e9taire que repr\u00e9sentent les lits agr\u00e9\u00e9s inoccup\u00e9s pour la Commission communautaire commune soit th\u00e9orique, eu \u00e9gard au fait que le nombre de lits est rest\u00e9 stable au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, mais ce risque emp\u00eache surtout la Commission communautaire commune d\u2019op\u00e9rer de nouveaux choix politiques.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe aussi que le crit\u00e8re de l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re existant n\u2019a pas pu emp\u00eacher que les \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif aient la part du lion en ce qui concerne les lits agr\u00e9\u00e9s sur le territoire de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale ni que les lits agr\u00e9\u00e9s de ce secteur soient en g\u00e9n\u00e9ral plus on\u00e9reux que ceux des \u00e9tablissements des autres secteurs. Le crit\u00e8re existant n\u2019est d\u00e8s lors pas une condition suffisante pour garantir l\u2019objectif de la libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       En outre, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni constate que la fermeture des \u00e9tablissements par Orpea est li\u00e9e non pas \u00e0 l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e, mais aux difficult\u00e9s financi\u00e8res auxquelles l\u2019entreprise est confront\u00e9e. Orpea va \u00e9galement fermer des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s en Flandre, o\u00f9 l\u2019ordonnance ne produit pas d\u2019effets.<br \/>\n       A.10.3. En ce qui concerne l\u2019expiration des agr\u00e9ments de places inoccup\u00e9es, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni souligne dans son m\u00e9moire en r\u00e9plique que la qualification de places \u00ab inoccup\u00e9es \u00bb tient bien compte de travaux de r\u00e9novation importants, de l\u2019hospitalisation de r\u00e9sidents et de l\u2019inoccupation d\u2019une chambre entre deux r\u00e9sidents. C\u2019est toutefois l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, qui pr\u00e9voit que tout \u00e9tablissement peut disposer de places inoccup\u00e9es \u00e0 hauteur de 5 % de ces places agr\u00e9\u00e9es, avec un minimum de trois places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es, qui r\u00e9pond \u00e0 cette pr\u00e9occupation.<br \/>\n       Le l\u00e9gislateur ordonnanciel n\u2019est pas tenu d\u2019adapter sa politique par l\u2019introduction d\u2019un r\u00e9gime transitoire et l\u2019expiration de la moiti\u00e9 des places inoccup\u00e9es ne sera appliqu\u00e9e pour la premi\u00e8re fois que le 15 avril 2024. En outre, seule la moiti\u00e9 des places inoccup\u00e9es peut expirer, compte tenu du taux d\u2019occupation moyen annuel. La circonstance qu\u2019une place ou qu\u2019un certain nombre de places seraient occup\u00e9es entre la p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence et la d\u00e9ch\u00e9ance n\u2019aura pas de cons\u00e9quences. L\u2019article 11 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023 a encore ajout\u00e9 des mesures de protection suppl\u00e9mentaires.<br \/>\n       A.10.4. En ce qui concerne le non-octroi d\u2019autorisations pour des places dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni souligne qu\u2019il ne nie pas le vieillissement de la population. Cependant, il peut \u00eatre constat\u00e9 que cela fait d\u00e9j\u00e0 dix ans que le nombre de lits occup\u00e9s dans la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale n\u2019augmente pas, alors que la population vieillit. Cela est d\u00fb au fait que les a\u00een\u00e9s optent pour d\u2019autres types de soins et de soutien.<br \/>\n       En ce qui concerne la violation de la libre prestation des services, du droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019\u00e9tablissement et de la libert\u00e9 d\u2019entreprendre<br \/>\n       A.11. Dans le deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069, la partie requ\u00e9rante all\u00e8gue la violation des articles 10<br \/>\n       et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec la libert\u00e9 d\u2019\u00e9tablissement (article 49 du TFUE) et la libre prestation de services (article 56 du TFUE) garanties par le droit de l\u2019Union europ\u00e9enne, avec la libert\u00e9 d\u2019entreprendre, avec les articles II.3 et II.4 du Code de droit \u00e9conomique, avec l\u2019article 4 de la loi sp\u00e9ciale du 12 janvier 1989 relative aux institutions bruxelloises juncto l\u2019article 6, \u00a7 1er, VI, de la loi sp\u00e9ciale du 8 ao\u00fbt 1980<br \/>\n       de r\u00e9formes institutionnelles et avec l\u2019article 16 de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       Conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne, des objectifs \u00e9conomiques ne sauraient en principe justifier une entrave aux libert\u00e9s de l\u2019Union. La Cour de justice a toutefois reconnu qu\u2019une atteinte grave \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre financier du r\u00e9gime de s\u00e9curit\u00e9 sociale peut constituer un motif imp\u00e9rieux d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral susceptible de justifier une limitation des libert\u00e9s de l\u2019Union. Selon la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire<br \/>\n       14<br \/>\n       n\u00b0 8069, le l\u00e9gislateur ordonnanciel n\u2019a, \u00e0 aucun moment, pu d\u00e9montrer ni chiffrer, m\u00eame de mani\u00e8re approximative, qu\u2019il est question d\u2019un grave d\u00e9s\u00e9quilibre financier ou que la limitation des agr\u00e9ments et des autorisations pour le secteur commercial pourrait rem\u00e9dier \u00e0 un tel d\u00e9s\u00e9quilibre.<br \/>\n       A.12. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni soutient que la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 ne d\u00e9montre en aucune mani\u00e8re en quoi les dispositions attaqu\u00e9es auraient un caract\u00e8re transfrontalier pour elle, ni en quoi ces dispositions affecteraient sa libre prestation des services et son droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019\u00e9tablissement. La mesure attaqu\u00e9e s\u2019applique sans distinction \u00e0 tous les \u00e9tablissements situ\u00e9s sur le territoire de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, quel que soit l\u2019\u00c9tat membre d\u2019origine de l\u2019exploitant en question. La mesure ne saurait donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une limitation de la libre prestation des services des ressortissants d\u2019autres \u00c9tats membres.<br \/>\n       De m\u00eame, la libert\u00e9 d\u2019entreprendre n\u2019est pas limit\u00e9e. Les limitations de la libert\u00e9 d\u2019entreprendre d\u00e9coulent des circonstances propres \u00e0 l\u2019affaire. La cession de lits et de places reste possible, mais pas \u00e0 titre on\u00e9reux. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni r\u00e9partit les lits dont l\u2019agr\u00e9ment a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9 automatiquement en raison d\u2019une inoccupation structurelle, entre les \u00e9tablissements qui le demandent et qui remplissent les exigences de qualit\u00e9 de l\u2019article 7, nouveau, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019article 10, a), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       La Cour a d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 qu\u2019un plafond pour les \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est raisonnablement justifi\u00e9 (arr\u00eat n\u00b0 135\/2010, pr\u00e9cit\u00e9).<br \/>\n       L\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 est n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019instauration du m\u00e9canisme de r\u00e9partition des lits et des places agr\u00e9\u00e9s au moyen d\u2019une proc\u00e9dure objective qui est entre les mains du Coll\u00e8ge r\u00e9uni. Les lits inoccup\u00e9s doivent en effet se lib\u00e9rer d\u2019abord pour pouvoir \u00eatre r\u00e9partis. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime aussi que la mesure est proportionn\u00e9e, parce que le l\u00e9gislateur a limit\u00e9 celle-ci \u00e0 ce qui est strictement n\u00e9cessaire pour atteindre l\u2019objectif souhait\u00e9. Si des places sont inoccup\u00e9es, l\u2019agr\u00e9ment de ces places n\u2019expire de plein droit que pour la moiti\u00e9 d\u2019entre elles. En outre, le seuil de 5 % du nombre de places disponibles, avec un minimum de trois places, s\u2019applique toujours. La mesure attaqu\u00e9e a uniquement pour but de r\u00e9cup\u00e9rer les places qui n\u2019emp\u00eachent pas le fonctionnement normal d\u2019un \u00e9tablissement pendant l\u2019ann\u00e9e en cours, compte tenu de l\u2019occupation fluctuante de ses places.<br \/>\n       A.13.1. Tout d\u2019abord, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 observe qu\u2019elle ne doit pas avoir un int\u00e9r\u00eat \u00e0 son moyen. L\u2019inconstitutionnalit\u00e9 de principe d\u2019une norme ne saurait \u00eatre justifi\u00e9e par le fait que la norme de r\u00e9f\u00e9rence n\u2019est pas applicable \u00e0 la partie requ\u00e9rante. La circonstance que la norme attaqu\u00e9e est applicable \u00e0 tous les gestionnaires et \u00e9tablissements situ\u00e9s dans la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale n\u2019emp\u00eache pas que la libre circulation au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne est entrav\u00e9e. En outre, les victimes potentielles de la mesure sont les a\u00een\u00e9s d\u2019autres \u00c9tats membres, \u00e0 savoir les expatri\u00e9s pensionn\u00e9s qui s\u2019installent dans un \u00e9tablissement bruxellois.<br \/>\n       Les places qu\u2019ils occupent ne sont pas comptabilis\u00e9es comme des \u00ab lits occup\u00e9s \u00bb, de sorte que l\u2019agr\u00e9ment de ces lits risque d\u2019expirer.<br \/>\n       A.13.2. Quant au fond, la partie requ\u00e9rante souligne que le l\u00e9gislateur ordonnanciel entend octroyer \u00e0 nouveau les places agr\u00e9\u00e9es au secteur public ou au secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif. Cela signifie non seulement que la situation actuelle ne s\u2019am\u00e9liorera pas, mais qu\u2019elle se d\u00e9t\u00e9riorera m\u00eame pour le secteur public. Actuellement, aucune ressource publique n\u2019est consacr\u00e9e aux places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es. S\u2019il est fait appel au secteur public pour compenser la capacit\u00e9 perdue, cela n\u00e9cessitera d\u2019importants investissements qui auront une incidence n\u00e9gative sur le budget public.<br \/>\n       A.14. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime que le moyen est irrecevable en ce qu\u2019il porte sur la libre circulation des r\u00e9sidents des \u00e9tablissements provenant d\u2019autres \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ce moyen n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 pour la premi\u00e8re fois que dans le m\u00e9moire en r\u00e9ponse de la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069.<br \/>\n       En toute hypoth\u00e8se, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni souhaite souligner que les quatre libert\u00e9s de l\u2019Union europ\u00e9enne ne sont pas applicables \u00e0 des situations purement internes \u00e0 un \u00c9tat membre. \u00c9tant donn\u00e9 que l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e n\u2019est applicable qu\u2019aux \u00e9tablissements de soins situ\u00e9s dans la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, aucun \u00e9l\u00e9ment transfrontalier n\u2019est pr\u00e9sent. Par ailleurs, le pr\u00e9judice se situe non pas au niveau des a\u00een\u00e9s, mais au niveau des \u00e9tablissements.<br \/>\n       En outre, le calcul du taux d\u2019occupation tient compte des ressortissants de l\u2019Union europ\u00e9enne. Soit ils sont d\u00e9sign\u00e9s dans le r\u00e9gime de s\u00e9curit\u00e9 sociale belge et ils sont pris en compte pour le calcul du taux d\u2019occupation par le logiciel RaaS\/Curas, de la m\u00eame mani\u00e8re que tout ressortissant belge. Soit ils d\u00e9pendent du r\u00e9gime de s\u00e9curit\u00e9<br \/>\n       15<br \/>\n       sociale de leur \u00c9tat membre d\u2019origine et ils sont pris en compte comme des \u00ab non-affili\u00e9s \u00bb dans le calcul du taux d\u2019occupation par le logiciel RaaS\/Curas. Un lit occup\u00e9 par un ressortissant de l\u2019Union europ\u00e9enne sera toujours consid\u00e9r\u00e9 comme un lit occup\u00e9.<br \/>\n       En ce qui concerne la violation du droit de propri\u00e9t\u00e9<br \/>\n       A.15. Dans le troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069, la partie requ\u00e9rante invoque la violation, par les articles 9, c), 10, a), et 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, de l\u2019article 16 de la Constitution, lu en combinaison avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel \u00e0 la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (ci-apr\u00e8s : le Premier Protocole additionnel).<br \/>\n       Une ASMESE ou un agr\u00e9ment est une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb. Par ailleurs, les ASMESE et les agr\u00e9ments comportent l\u2019attente l\u00e9gitime que le gestionnaire peut exploiter ceux-ci \u00e0 l\u2019avenir, m\u00eame si cela n\u2019est temporairement pas le cas et que la place est inoccup\u00e9e. L\u2019incidence de la privation de libert\u00e9 est disproportionn\u00e9e, \u00e9tant donn\u00e9 que le fait de retirer l\u2019agr\u00e9ment prive le gestionnaire de toute possibilit\u00e9 d\u2019exploitation et ce, alors que toute l\u2019infrastructure des \u00e9tablissements a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en vue de l\u2019exploitation de ces places agr\u00e9\u00e9es. Le retrait abrupt des agr\u00e9ments prive de tout fondement les d\u00e9cisions d\u2019investissement ant\u00e9rieures.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante conteste que le retrait d\u2019un agr\u00e9ment, qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une expropriation, est d\u2019utilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Pour que ce retrait soit l\u00e9gitime, l\u2019utilit\u00e9 publique doit pouvoir \u00eatre constat\u00e9e avec certitude.<br \/>\n       Les motifs all\u00e9gu\u00e9s \u2013 la pr\u00e9tendue libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s et les consid\u00e9rations budg\u00e9taires \u2013 ne sont pas des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Le mode d\u2019expiration de l\u2019agr\u00e9ment est disproportionn\u00e9 et la disposition attaqu\u00e9e ne pr\u00e9voit aucune indemnisation \u00e9quitable et pr\u00e9alable.<br \/>\n       Par ailleurs, selon la partie requ\u00e9rante, l\u2019interdiction de cession de propri\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas une expropriation sensu stricto, mais une r\u00e9glementation de l\u2019usage des biens, qui doit \u00e9galement \u00eatre conforme \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et ne peut pas \u00eatre disproportionn\u00e9e. Selon le l\u00e9gislateur ordonnanciel, l\u2019interdiction de cession de places servirait \u00e0 assurer que toutes les places qui sont autoris\u00e9es remplissent les conditions d\u2019obtention de l\u2019ASMESE. Cette mesure, combin\u00e9e au plafond maximal de 50 %, constitue une fois de plus une tentative du l\u00e9gislateur ordonnanciel de r\u00e9duire la part du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif.<br \/>\n       A.16.1. Dans le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8070, les parties requ\u00e9rantes invoquent la violation de l\u2019article 16 de la Constitution, lu en combinaison avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel. Par l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, les agr\u00e9ments que l\u2019autorit\u00e9 publique a octroy\u00e9s ant\u00e9rieurement aux \u00e9tablissements expireront de plein droit; selon les parties requ\u00e9rantes, cela repr\u00e9sente 50 % des places agr\u00e9\u00e9es mais inoccup\u00e9es. Sur la base de leurs ASMESE et agr\u00e9ments obtenus l\u00e9galement, les parties requ\u00e9rantes ont contract\u00e9 d\u2019importants engagements, comme des contrats de location de longue dur\u00e9e qui tiennent compte de la capacit\u00e9 future et d\u2019un taux d\u2019occupation de 95 % en vitesse de croisi\u00e8re.<br \/>\n       A.16.2. En ce qui concerne l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, la suppression des agr\u00e9ments a, selon les parties requ\u00e9rantes, une incidence dramatique sur la marge b\u00e9n\u00e9ficiaire op\u00e9rationnelle d\u2019un projet immobilier en vitesse de croisi\u00e8re. La suppression annuelle des agr\u00e9ments en fonction de la situation actuelle fait dispara\u00eetre ipso facto d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e le potentiel \u00e9conomique pour r\u00e9aliser une marge op\u00e9rationnelle saine pour le gestionnaire. Si le taux d\u2019occupation actuel de 60 lits occup\u00e9s se poursuit \u00e0 moyen terme, la cons\u00e9quence directe des agr\u00e9ments supprim\u00e9s est qu\u2019il devient, apr\u00e8s quatre ans, techniquement impossible de rendre cet \u00e9tablissement lucratif en termes op\u00e9rationnels. Ainsi, le potentiel \u00e9conomique dispara\u00eet \u00e9galement et le gestionnaire de l\u2019\u00e9tablissement ne peut plus supporter le loyer, de sorte que l\u2019exploitation du centre de soins r\u00e9sidentiels est compromise et doit finalement \u00eatre arr\u00eat\u00e9e. Par cons\u00e9quent, la valeur de l\u2019infrastructure immobili\u00e8re baisse aussi imm\u00e9diatement. D\u00e8s lors que l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e rend cette croissance impossible et entend m\u00eame r\u00e9duire la part du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, le droit de propri\u00e9t\u00e9 est viol\u00e9, puisque les investissements ne sont plus rentables.<br \/>\n       La valeur marchande de l\u2019immobilier baisse d\u00e9j\u00e0 actuellement du fait que l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e prive l\u2019investissement contract\u00e9 de toute rentabilit\u00e9.<br \/>\n       La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme a d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 que les autorisations octroy\u00e9es aux entreprises sont une propri\u00e9t\u00e9 au sens de l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel et que leur retrait constitue une atteinte au droit de propri\u00e9t\u00e9. La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme a \u00e9galement jug\u00e9 que les revenus futurs sont une \u00ab propri\u00e9t\u00e9 \u00bb au sens de l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel si les int\u00e9ress\u00e9s disposent d\u2019un droit exigible<br \/>\n       16<br \/>\n       sur ces revenus. Les restrictions pr\u00e9cit\u00e9es du droit de propri\u00e9t\u00e9 fond\u00e9es sur l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel constituent \u00e9galement des restrictions \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019article 16 de la Constitution. Selon les parties requ\u00e9rantes, ces restrictions sont d\u2019autant plus graves qu\u2019une expiration de plein droit des agr\u00e9ments aura lieu d\u00e8s le 1er janvier 2024, pour la p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence du 1er juillet 2022 au 30 juin 2023, alors que cette p\u00e9riode se situe pendant et juste apr\u00e8s la pand\u00e9mie de COVID. En raison de la surmortalit\u00e9 et de la r\u00e9ticence des a\u00een\u00e9s \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager vers des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s juste apr\u00e8s la pand\u00e9mie, le taux d\u2019inoccupation est plus \u00e9lev\u00e9 que pr\u00e9vu. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni re\u00e7oit \u00e9galement un ch\u00e8que en blanc pour pr\u00e9ciser et compl\u00e9ter les r\u00e8gles de calcul du taux d\u2019inoccupation moyen des places et pour adapter les param\u00e8tres relatifs \u00e0 l\u2019application des exceptions \u00e0 la d\u00e9ch\u00e9ance. Partant, il est impossible de comprendre et de pr\u00e9dire comment le Coll\u00e8ge r\u00e9uni donnera concr\u00e8tement forme \u00e0 la norme attaqu\u00e9e et quelle application il en fera.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 soutiennent que la norme attaqu\u00e9e est justifi\u00e9e par la th\u00e8se selon laquelle des lits inoccup\u00e9s \u00e0 long terme montreraient qu\u2019ils ne r\u00e9pondent pas \u00e0 un besoin. Or, les lits agr\u00e9\u00e9s mais inoccup\u00e9s r\u00e9pondent \u00e0 un besoin, \u00e0 savoir celui qui se r\u00e9alisera dans quelques ann\u00e9es en raison du vieillissement croissant. En outre, un certain degr\u00e9 d\u2019inoccupation est m\u00eame souhaitable. Tout centre de soins r\u00e9sidentiels dispose de plusieurs types de chambres, de sorte que, pour qu\u2019il y ait assez de choix, une inoccupation suffisante est n\u00e9cessaire. L\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 et les travaux pr\u00e9paratoires n\u2019expliquent pas non plus en quoi de nouveaux projets r\u00e9pondraient davantage aux besoins des a\u00een\u00e9s. Tant les secteurs priv\u00e9s \u00e0 but lucratif et \u00e0 but non lucratif que le secteur public connaissent un taux d\u2019inoccupation important.<br \/>\n       Enfin, selon les parties requ\u00e9rantes, l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019est pas proportionn\u00e9e. Les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s ont re\u00e7u les agr\u00e9ments l\u00e9galement, \u00e0 l\u2019issue de proc\u00e9dures organis\u00e9es \u00e0 cet effet par l\u2019autorit\u00e9 publique. La mesure entend rectifier une situation qui est n\u00e9e tout \u00e0 fait l\u00e9galement et qui est la cons\u00e9quence des choix politiques ant\u00e9rieurs de l\u2019autorit\u00e9 publique. Son incidence \u00e9conomique grave sur les \u00e9tablissements contribue au caract\u00e8re disproportionn\u00e9 de la limitation du droit de propri\u00e9t\u00e9. La circonstance que les premiers agr\u00e9ments expireront d\u00e9j\u00e0 le 1er janvier 2024 signifie que le secteur ne pouvait pas se pr\u00e9parer \u00e0 cette mesure pendant un d\u00e9lai raisonnable. La mesure attaqu\u00e9e sanctionne tr\u00e8s rapidement une place inoccup\u00e9e, \u00e0 savoir le 1er janvier de l\u2019ann\u00e9e T, compte tenu de la p\u00e9riode allant du 1er juillet de l\u2019ann\u00e9e T &#8211; 2 au 30 juin de l\u2019ann\u00e9e T &#8211; 1. Cette mesure est d\u2019autant plus dure que l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9e \u00e0 un moment o\u00f9 le taux d\u2019occupation \u00e9tait historiquement bas en raison de la COVID et qu\u2019il est probable que, lorsque les agr\u00e9ments seront supprim\u00e9s, certains de ces lits agr\u00e9\u00e9s seront \u00e0 nouveau occup\u00e9s.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 estiment que la d\u00e9ch\u00e9ance des agr\u00e9ments, aux fins d\u2019un besoin futur d\u00e9montr\u00e9 dans les grandes lignes, est une mesure excessive. D\u2019autant que, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est l\u2019unique secteur qui a consenti des investissements en mati\u00e8re d\u2019infrastructure et de capacit\u00e9.<br \/>\n       Par ailleurs, les \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif n\u2019ont pas l\u2019opportunit\u00e9 de compenser les lits dont les agr\u00e9ments ont expir\u00e9 par de nouvelles ASMESE, tant que le nombre de places en maison de repos pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 plus de 50 %. En outre, les \u00e9tablissements touch\u00e9s ne disposent d\u2019aucun moyen de d\u00e9fense.<br \/>\n       A.16.3. En ce qui concerne les articles 9, c), et 10, a), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 observent que les lits et les places qui pouvaient \u00eatre c\u00e9d\u00e9s avaient une valeur patrimoniale pour les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s. Ceux-ci pouvaient vendre \u00e0 titre on\u00e9reux des lits ou des places structurellement inoccup\u00e9s \u00e0 un autre \u00e9tablissement. L\u2019interdiction de cession de lits ou de places limite le droit de propri\u00e9t\u00e9 des \u00e9tablissements. La circonstance que les ASMESE seront octroy\u00e9es \u00e0 l\u2019avenir selon les crit\u00e8res qualitatifs pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 7, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 est la justification avanc\u00e9e par le l\u00e9gislateur ordonnanciel. Le souhait d\u2019imposer des crit\u00e8res qualitatifs aux titulaires d\u2019autorisations est un objectif l\u00e9gitime d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, mais la norme attaqu\u00e9e n\u2019est pas pertinente ni proportionn\u00e9e. La Commission communautaire commune peut contr\u00f4ler certaines exigences qualitatives li\u00e9es \u00e0 la programmation lorsqu\u2019il lui est demand\u00e9 d\u2019approuver la cession de lits et de places entre \u00e9tablissements. Cet objectif ne l\u2019emporte pas sur le pr\u00e9judice \u00e9conomique important que subissent les \u00e9tablissements parce qu\u2019ils ne peuvent plus c\u00e9der des lits ou des places \u00e0 un autre \u00e9tablissement contre paiement. Par ailleurs, les \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ne peuvent pas obtenir de nouvelles ASMESE et aucune compensation n\u2019est pr\u00e9vue pour la limitation du droit de propri\u00e9t\u00e9.<br \/>\n       A.17.1. Tout d\u2019abord, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe que le droit de propri\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas applicable en l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       L\u2019agr\u00e9ment n\u2019est en effet pas un droit r\u00e9el, mais une autorisation administrative. \u00c0 titre subsidiaire, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni soutient que la limitation du droit de propri\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas contraire \u00e0 l\u2019article 16 de la Constitution ni \u00e0 l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel, \u00e9tant donn\u00e9 que cette limitation est pr\u00e9vue dans l\u2019ordonnance elle-<br \/>\n       m\u00eame.<br \/>\n       17<br \/>\n       A.17.2. Quant au fond, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime que l\u2019article 9, c), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 a pour but de mettre fin \u00e0 la possibilit\u00e9 de c\u00e9der des lits autoris\u00e9s ou agr\u00e9\u00e9s entre gestionnaires, afin de garantir que les ASMESE sont accord\u00e9es conform\u00e9ment aux crit\u00e8res qualitatifs fix\u00e9s dans la l\u00e9gislation, ce qui est un but l\u00e9gitime.<br \/>\n       L\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 pr\u00e9cise que, tout comme l\u2019agr\u00e9ment, l\u2019ASMESE ne vaut que pour l\u2019\u00e9tablissement qui est \u00e9tabli \u00e0 l\u2019adresse de la demande d\u2019autorisation. Ceci permet de faire la clart\u00e9 sur ce point. Un gestionnaire qui exploite plusieurs \u00e9tablissements ne peut pas c\u00e9der de lits autoris\u00e9s d\u2019un \u00e9tablissement \u00e0 l\u2019autre. Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 poursuit lui aussi un objectif l\u00e9gitime. Une place agr\u00e9\u00e9e entre en consid\u00e9ration pour un financement lorsqu\u2019elle est occup\u00e9e.<br \/>\n       L\u2019existence de ces lits implique un risque financier pour la Commission communautaire commune, auquel il faut mettre fin, ce que permet l\u2019application de l\u2019article 18.<br \/>\n       Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, l\u2019ing\u00e9rence op\u00e9r\u00e9e par le l\u00e9gislateur ordonnanciel est proportionn\u00e9e. Tout d\u2019abord, parce que le march\u00e9 relatif \u00e0 la cession de lits agr\u00e9\u00e9s est un ph\u00e9nom\u00e8ne que le l\u00e9gislateur ordonnanciel n\u2019a jamais voulu cr\u00e9er. Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019un \u00ab droit \u00bb dont les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s peuvent se pr\u00e9valoir.<br \/>\n       L\u2019abrogation de l\u2019article 6, alin\u00e9a 2, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 ne met pas fin \u00e0 toutes les redistributions de lits et de places entre \u00e9tablissements; seule la cession \u00e0 titre on\u00e9reux de lits et de places qui avait lieu directement entre \u00e9tablissements est exclue. L\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 confie la cession de lits et de places au Coll\u00e8ge r\u00e9uni. Celui-ci redistribue les lits dont l\u2019agr\u00e9ment a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9 automatiquement en raison d\u2019une inoccupation de longue dur\u00e9e aux \u00e9tablissements qui le demandent et qui remplissent les exigences de qualit\u00e9 pr\u00e9vues par l\u2019article 7, nouveau, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008.<br \/>\n       Contrairement \u00e0 ce que font valoir les parties requ\u00e9rantes, une telle limitation de la propri\u00e9t\u00e9, qui tend \u00e0 rectifier des erreurs du pass\u00e9, n\u2019appelle pas une indemnisation \u00e9quitable, selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni. La fin de la possibilit\u00e9 de cession de lits et de places entre \u00e9tablissements du m\u00eame type est n\u00e9cessaire \u00e0 la mise en place d\u2019un m\u00e9canisme d\u2019attribution objective de lits et de places agr\u00e9\u00e9s. La suppression des cessions permet \u00e9galement d\u2019instaurer un syst\u00e8me de s\u00e9lection comparatif pour tous les nouveaux dossiers de demande.<br \/>\n       L\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019emporte pas non plus de restriction disproportionn\u00e9e.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 pr\u00e9tend, \u00e0 tort, que l\u2019exploitation de centres de soins r\u00e9sidentiels priv\u00e9s \u00e0 but lucratif est compromise. Les lits inoccup\u00e9s ne sont pas financ\u00e9s et l\u2019expiration des agr\u00e9ments n\u2019a aucune incidence \u00e9conomique sur les exploitants des \u00e9tablissements. Il ne peut pas non plus \u00eatre admis que les lits inoccup\u00e9s r\u00e9pondront \u00e0 un besoin futur pour lutter contre le vieillissement croissant de la population. Le constat est que le nombre de lits occup\u00e9s \u00e0 Bruxelles-Capitale n\u2019a pas augment\u00e9 depuis dix ans.<br \/>\n       Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, le \u00ab business case \u00bb des parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 ne convainc pas non plus. Premi\u00e8rement, les parties requ\u00e9rantes consid\u00e8rent erron\u00e9ment qu\u2019un projet immobilier consacr\u00e9 aux soins aurait un taux d\u2019occupation de 95 % \u00ab en vitesse de croisi\u00e8re \u00bb. La r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9montre qu\u2019un tel taux d\u2019occupation n\u2019est pas atteint. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni n\u2019aper\u00e7oit pas non plus en quoi un potentiel \u00e9conomique peut \u00eatre li\u00e9 \u00e0 des lits inoccup\u00e9s. \u00c0 supposer que seuls 60 lits sur 100 soient occup\u00e9s, l\u2019exploitant ne recevra un financement forfaitaire que pour ces 60 lits, quel que soit le nombre de lits agr\u00e9\u00e9s dans l\u2019\u00e9tablissement.<br \/>\n       Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, les dispositions attaqu\u00e9es n\u2019entra\u00eenent manifestement pas une ing\u00e9rence disproportionn\u00e9e dans le droit de propri\u00e9t\u00e9.<br \/>\n       A.18. Selon la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069, le raisonnement du Coll\u00e8ge r\u00e9uni va \u00e0 l\u2019encontre des objectifs li\u00e9s aux soins de qualit\u00e9 aux a\u00een\u00e9s et \u00e0 leur accessibilit\u00e9. Le retrait des agr\u00e9ments a pour effet de limiter les choix des a\u00een\u00e9s \u00e0 l\u2019avenir et ne r\u00e9duit pas le risque financier pour la Commission communautaire commune.<br \/>\n       Par ailleurs, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif perd d\u00e9finitivement un potentiel de revenus, \u00e9tant donn\u00e9 que, m\u00eame si de nouvelles personnes \u00e2g\u00e9es se pr\u00e9sentent dans ses \u00e9tablissements, ceux-ci ne pourraient pas leur proposer une place agr\u00e9\u00e9e.<br \/>\n       A.19.1. Tout d\u2019abord, les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 observent que la th\u00e8se du Coll\u00e8ge r\u00e9uni selon laquelle l\u2019agr\u00e9ment n\u2019est pas un droit r\u00e9el, mais une autorisation administrative, n\u2019est \u00e9tay\u00e9e en aucune mani\u00e8re. Pour que le droit de propri\u00e9t\u00e9, tel qu\u2019il est prot\u00e9g\u00e9 par l\u2019article 16 de la Constitution et par l\u2019article 1er<br \/>\n       18<br \/>\n       du Premier Protocole additionnel, soit applicable, il suffit qu\u2019il soit question d\u2019un \u00e9l\u00e9ment patrimonial qui fait l\u2019objet d\u2019une ing\u00e9rence des pouvoirs publics.<br \/>\n       A.19.2.1. En ce qui concerne l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 all\u00e8guent quant au fond que la d\u00e9fense du Coll\u00e8ge r\u00e9uni se fonde sur la pr\u00e9misse erron\u00e9e selon laquelle les effets de la crise de COVID peuvent \u00eatre limit\u00e9s \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2020 et que les taux d\u2019occupation en juillet 2022 n\u2019\u00e9taient plus influenc\u00e9s par la COVID. En outre, la crise de COVID a suscit\u00e9 une grande r\u00e9ticence chez les personnes \u00e2g\u00e9es \u00e0 s\u2019installer dans un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s. Les nombreuses mesures privatives de libert\u00e9 et le r\u00e8glement tr\u00e8s strict des visites ont dissuad\u00e9 les a\u00een\u00e9s et leurs familles. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni n\u2019\u00e9tablit pas clairement le mode de calcul du taux d\u2019occupation pendant la p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence, parce qu\u2019il n\u2019est pr\u00e9cis\u00e9 nulle part quand un lit agr\u00e9\u00e9 est qualifi\u00e9 d\u2019\u00ab inoccup\u00e9 \u00bb. On ne sait donc pas si un lit est consid\u00e9r\u00e9 comme inoccup\u00e9 parce qu\u2019il \u00e9tait inoccup\u00e9 le jour \u2013 choisi arbitrairement \u2013 o\u00f9 le contr\u00f4le a eu lieu ou parce qu\u2019il \u00e9tait inoccup\u00e9 pour une p\u00e9riode d\u00e9termin\u00e9e.<br \/>\n       En ce qui concerne l\u2019incidence \u00e9conomique, l\u2019expiration de la moiti\u00e9 des lits inoccup\u00e9s aura une grande incidence sur le potentiel \u00e9conomique des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s. L\u2019expiration des agr\u00e9ments d\u00e9valorise \u00e9norm\u00e9ment les infrastructures immobili\u00e8res. Une certaine inoccupation est utile voire n\u00e9cessaire, parce qu\u2019il est logique que certaines chambres soient inoccup\u00e9es pour assurer un fonctionnement optimal de l\u2019offre de tous les types de chambres, de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir proposer un choix.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 reconnaissent que la th\u00e8se du Coll\u00e8ge r\u00e9uni est correcte en ce sens qu\u2019un lit inoccup\u00e9 ne rapporte pas d\u2019argent. Cet argument n\u2019est toutefois pas pertinent, parce que la contestation porte en l\u2019esp\u00e8ce sur le fait que ce lit qui est agr\u00e9\u00e9, mais qui est encore inoccup\u00e9, peut rapporter de l\u2019argent s\u2019il venait \u00e0 \u00eatre occup\u00e9 \u00e0 l\u2019avenir. Tel sera tr\u00e8s probablement le cas, puisque le taux d\u2019occupation des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s bruxellois augmentera en raison du vieillissement futur de la population, m\u00eame si l\u2019on conserve le nombre de lits qui sont agr\u00e9\u00e9s \u00e0 ce jour.<br \/>\n       A.19.2.2. En ce qui concerne les articles 9, c), et 10, a), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 r\u00e9p\u00e8tent que la suppression de la possibilit\u00e9 de c\u00e9der des lits ou des places viole le droit de propri\u00e9t\u00e9. La th\u00e8se du Coll\u00e8ge r\u00e9uni selon laquelle la possibilit\u00e9 de cession permettait \u00ab au plus offrant d\u2019obtenir des lits et des places suppl\u00e9mentaires sans le moindre contr\u00f4le du Coll\u00e8ge r\u00e9uni \u00bb est manifestement inexacte. La Commission communautaire commune elle-m\u00eame devait approuver la cession et une telle approbation prenait la forme d\u2019une nouvelle demande d\u2019ASMESE, \u00e0 laquelle \u00e9tait joint le contrat de cession. En outre, une inspection de l\u2019\u00e9tablissement avait lieu pr\u00e9alablement.<br \/>\n       Le plafond de 50 % et l\u2019interdiction simultan\u00e9e de c\u00e9der des lits \u00e0 titre on\u00e9reux entre \u00e9tablissements privent le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif de tout moyen de temp\u00e9rer l\u2019incidence \u00e9conomique importante caus\u00e9e par l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       L\u2019argument du Coll\u00e8ge r\u00e9uni selon lequel aucune indemnisation \u00e9quitable ne serait requise parce que la limitation du droit propri\u00e9t\u00e9 tend \u00e0 rectifier des erreurs du pass\u00e9 ne peut pas \u00eatre suivi. Selon les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070, il est curieux que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni se pr\u00e9vale de ses propres erreurs pour justifier pourquoi il faudrait tol\u00e9rer des limitations importantes du droit de propri\u00e9t\u00e9, sans la moindre indemnisation.<br \/>\n       A.20. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni r\u00e9p\u00e8te que seuls les agr\u00e9ments des lits structurellement inoccup\u00e9s expirent. En outre, ces agr\u00e9ments d\u00e9chus peuvent \u00eatre r\u00e9affect\u00e9s dans les \u00e9tablissements du secteur public et du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif. Par ailleurs, les a\u00een\u00e9s optent de plus en plus pour d\u2019autres formes de soins et de soutien. Enfin, des soins de qualit\u00e9 appellent une affectation des ressources disponibles aussi efficace que possible.<br \/>\n       Eu \u00e9gard \u00e0 la sous-occupation structurelle sur l\u2019ensemble des secteurs, la plupart des agr\u00e9ments expir\u00e9s le resteront. De ce fait, les cr\u00e9dits budg\u00e9taires r\u00e9serv\u00e9s pour ces places agr\u00e9\u00e9es peuvent \u00eatre affect\u00e9s \u00e0 d\u2019autres fins dans le cadre des soins aux a\u00een\u00e9s. Les gestionnaires ont d\u2019ailleurs encore le temps pour prendre leurs dispositions et faire en sorte que les lits inoccup\u00e9s soient occup\u00e9s.<br \/>\n       19<br \/>\n       En ce qui concerne la violation du droit de mener une vie conforme \u00e0 la dignit\u00e9 humaine<br \/>\n       A.21. Le quatri\u00e8me moyen invoqu\u00e9 par la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 concerne la violation de l\u2019article 23 de la Constitution, lu en combinaison avec les articles 10 et 11 de la Constitution. L\u2019ordonnance attaqu\u00e9e viole le droit de mener une vie conforme \u00e0 la dignit\u00e9 humaine. Le nombre de places agr\u00e9\u00e9es dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s baisse, ce qui signifie qu\u2019\u00e0 terme, la capacit\u00e9 d\u2019accueil des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s va baisser; elle n\u2019augmentera \u00e0 nouveau que si les acteurs du secteur public ou du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif ouvrent de nouveaux \u00e9tablissements et consentent les investissements n\u00e9cessaires \u00e0 cette fin.<br \/>\n       De plus, l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 pr\u00e9voit que l\u2019ensemble du secteur commercial peut prendre en charge 50 % maximum du nombre de places disponibles. Cela signifie qu\u2019un grand nombre d\u2019\u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif disposeront encore de lits, mais qu\u2019ils ne pourront pas louer ceux-ci s\u2019ils ne sont pas titulaires d\u2019une ASMESE ou d\u2019un agr\u00e9ment, alors m\u00eame que des personnes souhaiteraient obtenir une telle place, compte tenu du prix et\/ou de la qualit\u00e9 et\/ou de l\u2019emplacement de cet \u00e9tablissement.<br \/>\n       A.22. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni soutient que le niveau de protection de la sant\u00e9 des a\u00een\u00e9s ne baissera pas \u00e0 la suite de la diminution du nombre de places agr\u00e9\u00e9es. Il s\u2019agit en effet de places structurellement inoccup\u00e9es. Par ailleurs, seule la moiti\u00e9 des places structurellement inoccup\u00e9es expire chaque ann\u00e9e et les \u00e9tablissements peuvent toujours demander de nouveaux agr\u00e9ments et de nouvelles ASMESE, s\u2019ils en d\u00e9montrent la n\u00e9cessit\u00e9 dans leur \u00e9tablissement et s\u2019ils remplissent les conditions de qualit\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard. L\u2019expiration des agr\u00e9ments lib\u00e9rera de l\u2019espace dans la programmation. Du reste, le plafond ne diminuera pas la libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       A.23. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 r\u00e9p\u00e8te que le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est exclu a priori de la possibilit\u00e9 d\u2019obtenir de nouvelles ASMESE et de nouveaux agr\u00e9ments, ind\u00e9pendamment de leurs atouts qualitatifs ou d\u2019\u00e9ventuels avantages en termes de prix. Cela signifie que le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif d\u00e9pend des augmentations de capacit\u00e9 dans le secteur public et dans le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif.<br \/>\n       Ensuite, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 r\u00e9p\u00e8te que la diminution de moiti\u00e9, chaque ann\u00e9e, des places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es se fera relativement vite. Elle souligne encore une fois le danger de tenir compte du taux d\u2019occupation moyen de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e au lieu du taux d\u2019occupation r\u00e9el; le risque est qu\u2019expirent des agr\u00e9ments de lits qui sont pourtant bien occup\u00e9s \u00e0 ce moment par de nouveaux r\u00e9sidents.<br \/>\n       A.24. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni r\u00e9p\u00e8te que la r\u00e9duction de la capacit\u00e9 se fait graduellement et que les \u00e9tablissements ont suffisamment de temps pour veiller \u00e0 ce que les places inoccup\u00e9es soient occup\u00e9es. En outre, l\u2019ordonnance tend \u00e0 augmenter la qualit\u00e9 des soins aux a\u00een\u00e9s en R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale. Le fait de pouvoir affecter les moyens financiers disponibles au bon endroit est une mesure qui augmentera la qualit\u00e9.<br \/>\n       Rien n\u2019emp\u00eache le l\u00e9gislateur ordonnanciel d\u2019adapter sa politique \u00e0 l\u2019avenir s\u2019il s\u2019av\u00e9rait qu\u2019il faille malgr\u00e9 tout augmenter \u00e0 nouveau la capacit\u00e9. En toute hypoth\u00e8se, le l\u00e9gislateur ordonnanciel veillera dans toutes les circonstances \u00e0 ce que le droit de mener une vie conforme \u00e0 la dignit\u00e9 humaine reste garanti.<br \/>\n       Quant au fait de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne<br \/>\n       A.25. Enfin, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 demande \u00e0 la Cour de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne afin de v\u00e9rifier si les mesures attaqu\u00e9es violent la libert\u00e9 d\u2019\u00e9tablissement et la libre prestation de services.<br \/>\n       A.26. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni observe que la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 ne propose pas de question pr\u00e9judicielle, de sorte qu\u2019il ne faut pas acc\u00e9der \u00e0 ce moyen.<br \/>\n       A.27. Sur le conseil du Coll\u00e8ge r\u00e9uni, la partie requ\u00e9rante propose, dans son m\u00e9moire en r\u00e9ponse, une question pr\u00e9judicielle dans l\u2019affaire n\u00b0 8069.<br \/>\n       \u00ab Le droit de l\u2019Union, et plus particuli\u00e8rement les articles 49 et 56 du TFUE, doivent-ils \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s comme s\u2019opposant \u00e0 une r\u00e9glementation dans laquelle les agr\u00e9ments pour des places dans des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s expirent de plein droit sur la base du taux d\u2019occupation moyen de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, sans qu\u2019il soit tenu<br \/>\n       20<br \/>\n       compte des r\u00e9sidents hospitalis\u00e9s, des travaux de r\u00e9novation effectu\u00e9s dans les chambres ni de l\u2019inoccupation temporaire des chambres entre deux r\u00e9sidents ? \u00bb.<br \/>\n       Quant aux m\u00e9moires compl\u00e9mentaires<br \/>\n       A.28.1. Dans leurs m\u00e9moires compl\u00e9mentaires, les parties requ\u00e9rantes soutiennent que le remplacement, par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023, du r\u00e9gime de suppression attaqu\u00e9 a une incidence tr\u00e8s limit\u00e9e, n\u2019a pas apport\u00e9 de changements notables et ne r\u00e9pond pas aux critiques que les parties requ\u00e9rantes ont formul\u00e9es, de sorte que les critiques d\u2019inconstitutionnalit\u00e9 de principe qui ont \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9es valent toujours pleinement.<br \/>\n       A.28.2. En outre, la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 souscrit au fait que l\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, dans la version issue de sa modification par l\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, n\u2019a pas produit d\u2019effets juridiques avant son remplacement par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023. L\u2019expiration de plein droit de la moiti\u00e9 des places inoccup\u00e9es n\u2019a effectivement \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e par Iriscare que le 22 avril 2024, avec effet au 15 avril 2024, en application de la nouvelle version de l\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008.<br \/>\n       Cependant, les parties requ\u00e9rantes observent que l\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, dans la version issue de sa modification par l\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, a en revanche eu une incidence sur le fonctionnement op\u00e9rationnel et les d\u00e9cisions y aff\u00e9rentes, d\u00e8s lors qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 lieu \u00e0 une diminution des investissements.<br \/>\n       -B-<br \/>\n       Quant aux dispositions attaqu\u00e9es et \u00e0 leur contexte<br \/>\n       B.1. L\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune du 15 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 relative aux \u00e9tablissements d\u2019accueil ou d\u2019h\u00e9bergement pour personnes \u00e2g\u00e9es \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022), dont les articles 5, 9\u00b0, 9, c), 10, a) et b), et 18 sont attaqu\u00e9s dans les diff\u00e9rents recours en annulation, modifie l\u2019ordonnance, pr\u00e9cit\u00e9e, de la Commission communautaire commune du 24 avril 2008.<br \/>\n       Elle en modifie \u00e9galement l\u2019intitul\u00e9 : il s\u2019agit d\u00e9sormais de l\u2019ordonnance \u00ab relative aux \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 24 avril 2008).<br \/>\n       B.2. L\u2019ordonnance du 24 avril 2008 organise le secteur des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s situ\u00e9s sur le territoire de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale qui, en raison de leur organisation, ne rel\u00e8vent pas de la comp\u00e9tence de la Communaut\u00e9 fran\u00e7aise ou de la Communaut\u00e9 flamande.<br \/>\n       Aux termes de l\u2019article 2, 4\u00b0, de cette ordonnance, il faut entendre par \u00ab \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s \u00bb les habitations pour a\u00een\u00e9s (article 2, 4\u00b0, a)), les r\u00e9sidences-services et complexes r\u00e9sidentiels proposant des services (article 2, 4\u00b0, b)), les maisons de repos, en ce compris les<br \/>\n       21<br \/>\n       places en maisons de repos et de soins (article 2, 4\u00b0, c)), les centres de soins de jour (article 2, 4\u00b0, d)), les centres d\u2019accueil de jour et de nuit (article 2, 4\u00b0, e) et g)), ainsi que les places de court s\u00e9jour (article 2, 4\u00b0, f)).<br \/>\n       B.3.1. L\u2019article 4 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 habilite le Coll\u00e8ge r\u00e9uni de la Commission communautaire commune (ci-apr\u00e8s : le Coll\u00e8ge r\u00e9uni) \u00e0 arr\u00eater une programmation de tout ou partie des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, \u00e0 l\u2019exception des r\u00e9sidences-<br \/>\n       services et des complexes r\u00e9sidentiels proposant des services r\u00e9gis par la copropri\u00e9t\u00e9 forc\u00e9e.<br \/>\n       Cette programmation vise \u00e0 ma\u00eetriser l\u2019\u00e9volution de l\u2019offre d\u2019accueil, d\u2019h\u00e9bergement ou de soins aux a\u00een\u00e9s en fonction de l\u2019\u00e9volution des besoins de la population bruxelloise (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2006-2007, B-102\/1, p. 4).<br \/>\n       B.3.2. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni n\u2019a jusqu\u2019ici pas adopt\u00e9 de programmation en vertu de l\u2019article 4<br \/>\n       pr\u00e9cit\u00e9. L\u2019article 31 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 34<br \/>\n       de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, permet au Coll\u00e8ge r\u00e9uni, dans l\u2019attente d\u2019une programmation d\u00e9finitive, de fixer, par cat\u00e9gorie d\u2019\u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s qui peuvent faire l\u2019objet d\u2019une programmation en vertu de l\u2019article 4 pr\u00e9cit\u00e9, le nombre maximal de places pouvant b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation (ci-apr\u00e8s :<br \/>\n       ASMESE). En vertu du m\u00eame article 31 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni doit en tout cas fixer le nombre maximal de places dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, en ce compris celles qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un agr\u00e9ment sp\u00e9cial pour la prise en charge des a\u00een\u00e9s fortement d\u00e9pendants et n\u00e9cessitant des soins, et de places en centre de soins de jour qui peuvent b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une ASMESE. Cette possibilit\u00e9 de limiter le nombre de places pouvant b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une ASMESE est qualifi\u00e9e de \u00ab programmation transitoire \u00bb et constitue une innovation de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       Par son arr\u00eat\u00e9 du 28 mars 2024 \u00ab modifiant l\u2019arr\u00eat\u00e9 du Coll\u00e8ge r\u00e9uni du 4 juin 2009 fixant les proc\u00e9dures de programmation et d\u2019agr\u00e9ment des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s et fixant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de certaines dispositions de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 modifiant l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 relative aux \u00e9tablissements d\u2019accueil ou d\u2019h\u00e9bergement pour personnes \u00e2g\u00e9es \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 28 mars 2024), le Coll\u00e8ge r\u00e9uni a arr\u00eat\u00e9 une programmation transitoire, limitant le nombre de places en maisons de repos \u00e0 12 060<br \/>\n       22<br \/>\n       (article 1er\/1 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 du Coll\u00e8ge r\u00e9uni de la Commission communautaire commune du 4 juin 2009 \u00ab fixant les proc\u00e9dures de programmation et d\u2019agr\u00e9ment des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s \u00bb<br \/>\n       (ci-apr\u00e8s : l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 4 juin 2009), tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 3 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 28 mars 2024).<br \/>\n       B.3.3. Avant l\u2019adoption de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni pouvait, en vertu de l\u2019article 32 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, abrog\u00e9 par l\u2019article 35 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, accorder des ASMESE en dehors de toute programmation, si ces derni\u00e8res \u00e9taient compatibles avec les protocoles d\u2019accord conclus avec l\u2019autorit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale, laquelle \u00e9tait, jusqu\u2019\u00e0 la sixi\u00e8me r\u00e9forme de l\u2019\u00c9tat, comp\u00e9tente en mati\u00e8re de r\u00e8gles de base de la programmation en vertu de l\u2019article 5, \u00a7 1er, I, 1\u00b0, c), de la loi sp\u00e9ciale du 8 ao\u00fbt 1980 de r\u00e9formes institutionnelles (ci-apr\u00e8s : la loi sp\u00e9ciale du 8 ao\u00fbt 1980).<br \/>\n       B.4.1. Le r\u00e9gime des ASMESE est r\u00e9gl\u00e9 par les articles 6 \u00e0 8 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008. Pour pouvoir mettre en service ou exploiter un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s (ou une extension de la capacit\u00e9 d\u2019accueil d\u2019un tel \u00e9tablissement) relevant d\u2019une cat\u00e9gorie pour laquelle le Coll\u00e8ge r\u00e9uni a adopt\u00e9 une programmation d\u00e9finitive ou transitoire (par application de l\u2019article 31 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008), le gestionnaire d\u2019un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s doit obtenir l\u2019autorisation du Coll\u00e8ge r\u00e9uni. Cette autorisation, qui signifie qu\u2019un projet s\u2019ins\u00e8re dans la programmation \u2013 d\u00e9finitive ou transitoire \u2013, est qualifi\u00e9e d\u2019ASMESE (article 6 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008).<br \/>\n       B.4.2. L\u2019ASMESE doit fixer le nombre de places pour lequel elle est accord\u00e9e (article 7, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008). Elle perd par ailleurs de plein droit ses effets si, dans les cinq ans de son obtention, le gestionnaire de l\u2019\u00e9tablissement n\u2019introduit pas une demande d\u2019agr\u00e9ment (article 7, \u00a7 2, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008).<br \/>\n       B.4.3. En principe, l\u2019ASMESE ne peut pas \u00eatre c\u00e9d\u00e9e, que ce soit \u00e0 titre gratuit ou on\u00e9reux (article 7, \u00a7 3, alin\u00e9a 1er, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008). Toutefois, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut autoriser la cession d\u2019une ASMESE, uniquement en cas de changement de gestionnaire de l\u2019\u00e9tablissement auquel elle se rapporte et pour autant qu\u2019elle soit concr\u00e9tis\u00e9e sur le m\u00eame site et dans les m\u00eames conditions et d\u00e9lais que ceux d\u00e9termin\u00e9s lors de l\u2019octroi de cette autorisation (article 7, \u00a7 3, alin\u00e9a 2, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008). L\u2019article 10, d), de l\u2019ordonnance du<br \/>\n       23<br \/>\n       15 d\u00e9cembre 2022 permet au Coll\u00e8ge r\u00e9uni de refuser la cession d\u2019ASMESE, m\u00eame dans les conditions pr\u00e9cit\u00e9es, notamment si la cession rev\u00eat un caract\u00e8re on\u00e9reux ou si elle ne s\u2019inscrit pas dans le cadre de la programmation.<br \/>\n       B.4.4. En vertu de l\u2019article 7, \u00a7 3\/1, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, l\u2019ASMESE peut, sur demande du gestionnaire, en tout ou en partie, \u00eatre reconvertie en ASMESE ou agr\u00e9ment d\u2019un autre type d\u2019\u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       B.4.5. Enfin, l\u2019article 7, \u00a7 4, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 pr\u00e9voit que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut supprimer ou diminuer le nombre de lits ou places autoris\u00e9s dans le cadre d\u2019une ASMESE<br \/>\n       dans la mesure o\u00f9 ces lits ou places sont structurellement inoccup\u00e9s durant trois ann\u00e9es cons\u00e9cutives apr\u00e8s leur mise en service ou exploitation.<br \/>\n       B.5.1. Apr\u00e8s l\u2019obtention d\u2019une ASMESE, aucun \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s ne peut \u00eatre mis en service ou offrir des services sans avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement agr\u00e9\u00e9 par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ou sans avoir obtenu une autorisation de fonctionnement provisoire, comme le pr\u00e9voit l\u2019article 11, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008.<br \/>\n       B.5.2. L\u2019agr\u00e9ment est accord\u00e9 \u00e0 un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e (article 11, \u00a7 1er, alin\u00e9a 2, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008). La d\u00e9cision d\u2019agr\u00e9ment indique le nombre maximal d\u2019a\u00een\u00e9s pouvant \u00eatre accueillis dans l\u2019\u00e9tablissement et donc le nombre maximal de places sur lesquelles elle porte (article 11, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008). Pour \u00eatre agr\u00e9\u00e9, un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s doit \u00eatre conforme aux normes arr\u00eat\u00e9es tant par les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales comp\u00e9tentes que par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni (article 11, \u00a7 1er, alin\u00e9a 4, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008). Ces normes d\u2019agr\u00e9ment sont d\u00e9taill\u00e9es, par cat\u00e9gorie d\u2019\u00e9tablissement, dans l\u2019arr\u00eat\u00e9 du Coll\u00e8ge r\u00e9uni de la Commission communautaire commune du 18 janvier 2024 \u00ab fixant les normes d\u2019agr\u00e9ment auxquelles doivent r\u00e9pondre les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, et les normes sp\u00e9ciales applicables aux groupements et fusions d\u2019\u00e9tablissements \u00bb.<br \/>\n       B.5.3. L\u2019autorisation de fonctionnement provisoire est accord\u00e9e par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni (article 13 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008). Elle peut \u00eatre octroy\u00e9e aux \u00e9tablissements<br \/>\n       24<br \/>\n       disposant d\u2019une ASMESE, pour une p\u00e9riode d\u2019un an, renouvelable une fois. Comme l\u2019agr\u00e9ment, elle fixe le nombre maximal d\u2019a\u00een\u00e9s pouvant \u00eatre h\u00e9berg\u00e9s ou accueillis dans l\u2019\u00e9tablissement. Lorsqu\u2019une demande d\u2019agr\u00e9ment est en cours alors que l\u2019autorisation de fonctionnement provisoire expire, cette derni\u00e8re peut \u00eatre prorog\u00e9e par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni (article 14 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008).<br \/>\n       B.5.4. Il r\u00e9sulte des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es que la proc\u00e9dure permettant la mise en service et l\u2019exploitation d\u2019un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s relevant d\u2019une cat\u00e9gorie soumise \u00e0 programmation se d\u00e9roule comme suit : le gestionnaire souhaitant exploiter un \u00e9tablissement doit solliciter une ASMESE, qui vise \u00e0 v\u00e9rifier que son projet est compatible avec la programmation (d\u00e9finitive ou transitoire) arr\u00eat\u00e9e par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni. Lorsque l\u2019ASMESE est octroy\u00e9e, le gestionnaire doit demander l\u2019agr\u00e9ment de son \u00e9tablissement. Dans un premier temps, il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une autorisation de fonctionnement provisoire. Durant cette phase de fonctionnement temporaire, s\u2019il appara\u00eet que l\u2019\u00e9tablissement fonctionne conform\u00e9ment aux r\u00e8gles d\u2019agr\u00e9ment, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni lui octroie un agr\u00e9ment \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e.<br \/>\n       B.6.1. Avant son abrogation par l\u2019article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, lequel est entr\u00e9 en vigueur le 11 avril 2024, l\u2019article 6, alin\u00e9a 2, ancien, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 permettait au Coll\u00e8ge r\u00e9uni de d\u00e9terminer les conditions dans lesquelles des lits et places pouvaient \u00eatre c\u00e9d\u00e9s entre \u00e9tablissements du m\u00eame type.<br \/>\n       B.6.2. Avant son abrogation par l\u2019article 5 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 28 mars 2024, l\u2019article 4 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 4 juin 2009 encadrait cette cession de lits ou de places, qui pouvait se faire \u00e0 titre on\u00e9reux uniquement si le c\u00e9dant avait acquis lesdites places \u00e0 titre on\u00e9reux. La cession consistait plus pr\u00e9cis\u00e9ment en une fermeture, dans l\u2019\u00e9tablissement c\u00e9dant, d\u2019un certain nombre de places, dont les ASMESE expiraient donc, et en une demande de nouvelles ASMESE, introduite par l\u2019\u00e9tablissement b\u00e9n\u00e9ficiant de la cession, portant sur un nombre de places \u00e9quivalent.<br \/>\n       B.7.1. Il ressort de l\u2019expos\u00e9 des motifs de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 que celle-ci poursuit explicitement trois objectifs. Premi\u00e8rement, le l\u00e9gislateur ordonnanciel entend tenir compte de la cr\u00e9ation de l\u2019Office bicommunautaire de la sant\u00e9, de l\u2019aide aux personnes et des prestations familiales (Iriscare) par l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune<br \/>\n       25<br \/>\n       du 23 mars 2017 \u00ab portant cr\u00e9ation de l\u2019Office bicommunautaire de la sant\u00e9, de l\u2019aide aux personnes et des prestations familiales \u00bb. Deuxi\u00e8mement, l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       apporte \u00e0 l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 des corrections techniques et urgentes. Troisi\u00e8mement, l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 modifie le r\u00e9gime des autorisations sp\u00e9cifiques de mise en service et d\u2019exploitation \u00ab pour rem\u00e9dier aux dysfonctionnements du r\u00e9gime actuel [&#8230;] et tendre vers une meilleure r\u00e9ponse aux besoins des a\u00een\u00e9s \u00e0 Bruxelles [&#8230;] dans l\u2019attente d\u2019une r\u00e9forme de plus grande envergure \u00bb (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-2023, B-132\/1, p. 2).<br \/>\n       Il se d\u00e9duit encore des travaux pr\u00e9paratoires que l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       poursuit \u00e9galement d\u2019autres objectifs : plus sp\u00e9cifiquement, le l\u00e9gislateur ordonnanciel entend garantir le libre choix des a\u00een\u00e9s en assurant l\u2019accessibilit\u00e9 des \u00e9tablissements, tant en termes financiers qu\u2019en termes de r\u00e9partition des lits (ibid., p. 3), et vise aussi \u00e0 r\u00e9former le r\u00e9gime des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s afin de ma\u00eetriser son incidence budg\u00e9taire (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-2023, B-132\/2, p. 8).<br \/>\n       B.7.2. \u00c0 propos des dysfonctionnements du r\u00e9gime des ASMESE, les travaux pr\u00e9paratoires mentionnent :<br \/>\n       \u00ab Le r\u00e9gime actuel des ASMESE est source d\u2019inad\u00e9quation entre l\u2019offre d\u2019\u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s et les besoins des a\u00een\u00e9s, d\u2019une part, et comporte un risque de d\u00e9passement budg\u00e9taire, d\u2019autre part.<br \/>\n       La programmation des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s constitue la pierre angulaire de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008. Or, il faut constater que, depuis treize ans, aucune programmation n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni. Les ASMESE ont ainsi \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9es en dehors du cadre de toute programmation, de sorte qu\u2019au fil des ann\u00e9es, s\u2019est form\u00e9 un important surplus de places qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une ASMESE mais qui ne sont pas exploit\u00e9es dans le cadre d\u2019un agr\u00e9ment ou d\u2019une autorisation de fonctionnement provisoire \u00bb (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-2023, B-132\/1, p. 2).<br \/>\n       B.8.1. Pour rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019exc\u00e9dent des places dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s qui ne sont pas exploit\u00e9es dans le cadre d\u2019un agr\u00e9ment ou d\u2019une autorisation de fonctionnement provisoire bien qu\u2019elles soient couvertes par une ASMESE, mais aussi pour tendre vers une meilleure r\u00e9ponse aux besoins des a\u00een\u00e9s, ainsi que pour assurer la ma\u00eetrise du budget, l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 instaure trois mesures.<br \/>\n       26<br \/>\n       B.8.2. Premi\u00e8rement, comme il est dit en B.3.2, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni est habilit\u00e9 \u00e0 fixer une programmation transitoire, dans l\u2019attente de la programmation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 4 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, ce qu\u2019il a fait en adoptant l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 28 mars 2024.<br \/>\n       Ainsi, l\u2019article 31 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 34<br \/>\n       de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, dispose :<br \/>\n       \u00ab Dans l\u2019attente d\u2019une programmation arr\u00eat\u00e9e conform\u00e9ment au chapitre II, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut fixer, par cat\u00e9gorie d\u2019\u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, le nombre maximal de places pouvant b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du territoire de Bruxelles-Capitale. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni fixe en tout cas le nombre maximal de places de maisons de repos, en ce compris celles qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un agr\u00e9ment sp\u00e9cial pour la prise en charge des a\u00een\u00e9s fortement d\u00e9pendants et n\u00e9cessitant des soins, et de centre de soins de jour qui peuvent b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du territoire de Bruxelles-Capitale \u00bb.<br \/>\n       La programmation transitoire vise \u00e0 neutraliser le risque de d\u00e9passement budg\u00e9taire car \u00ab tant que le nombre de places qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une ASMESE restera sup\u00e9rieur au nombre de places pr\u00e9vues dans la programmation transitoire, aucune nouvelle ASMESE ne sera octroy\u00e9e \u00bb<br \/>\n       (ibid., p. 4).<br \/>\n       B.8.3. Deuxi\u00e8mement, l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 introduit des crit\u00e8res qualitatifs pour l\u2019octroi des ASMESE (article 7, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 10, b), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022), qui permettent d\u2019accro\u00eetre le contr\u00f4le du Coll\u00e8ge r\u00e9uni et d\u2019Iriscare sur la qualit\u00e9 des projets d\u2019ouverture ou d\u2019extension d\u2019\u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s (ibid., p. 4). Parmi ces crit\u00e8res figure celui du secteur d\u2019appartenance du gestionnaire de l\u2019\u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       L\u2019article 7, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 pr\u00e9cit\u00e9 dispose :<br \/>\n       \u00ab Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni arr\u00eate, sur avis du Conseil de gestion, des modalit\u00e9s suppl\u00e9mentaires de la proc\u00e9dure d\u2019octroi de l\u2019autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation. Il arr\u00eate notamment, sur avis du Conseil de gestion, les crit\u00e8res applicables pour l\u2019octroi de l\u2019autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation.<br \/>\n       27<br \/>\n       Les crit\u00e8res vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er portent notamment sur :<br \/>\n       1\u00b0 l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re de l\u2019\u00e9tablissement;<br \/>\n       2\u00b0 la volont\u00e9 de l\u2019\u00e9tablissement de s\u2019inscrire dans une offre diversifi\u00e9e de services et de collaborer avec les services existants dans un secteur g\u00e9ographique donn\u00e9 afin d\u2019assurer une continuit\u00e9 de l\u2019aide et des soins aux a\u00een\u00e9s;<br \/>\n       3\u00b0 l\u2019ad\u00e9quation du projet de vie d\u2019\u00e9tablissement avec le public b\u00e9n\u00e9ficiaire concern\u00e9;<br \/>\n       4\u00b0 la participation des a\u00een\u00e9s, des aidants proches et du personnel \u00e0 l\u2019organisation de la vie et des soins au sein de l\u2019\u00e9tablissement;<br \/>\n       5\u00b0 le taux d\u2019encadrement de l\u2019\u00e9tablissement en personnel d\u2019entretien, d\u2019aide et de soins;<br \/>\n       6\u00b0 la bonne gestion administrative et financi\u00e8re de l\u2019\u00e9tablissement;<br \/>\n       7\u00b0 la qualit\u00e9 architecturale du projet en ce compris sa structuration en petites unit\u00e9s de vie, son implantation et les moyens mis en \u0153uvre pour contribuer au d\u00e9veloppement durable;<br \/>\n       8\u00b0 la capacit\u00e9 d\u2019h\u00e9bergement maximale de l\u2019\u00e9tablissement;<br \/>\n       9\u00b0 la r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e de la capacit\u00e9 des \u00e9tablissements sur le territoire de Bruxelles-<br \/>\n       Capitale;<br \/>\n       10\u00b0 le secteur d\u2019appartenance du gestionnaire, en vue d\u2019assurer une r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e de la capacit\u00e9 des \u00e9tablissements entre le secteur public, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif et le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif. En vue de garantir la libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s entre \u00e9tablissements appartenant aux diff\u00e9rents secteurs, et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9tablissements abordables et accessibles, aucune autorisation pour l\u2019exploitation de places de maisons de repos ne sera octroy\u00e9e aux \u00e9tablissements appartenant au secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, tant que ce secteur repr\u00e9sente une part de plus de 50 % du total des places qui sont agr\u00e9\u00e9es en tant que places de maison de repos en vertu de la pr\u00e9sente ordonnance ou de ses arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution, en ce compris les places de maisons de repos qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une autorisation de fonctionnement provisoire. Sans pr\u00e9judice du principe pr\u00e9c\u00e9dent, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni d\u00e9termine ce qu\u2019il convient d\u2019entendre par \u2018 r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e \u2019.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut fixer les modalit\u00e9s des crit\u00e8res vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a pr\u00e9c\u00e9dent, dont la pond\u00e9ration \u00bb.<br \/>\n       Il s\u2019ensuit que les \u00e9tablissements du \u00ab secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif \u00bb se voient refuser toute nouvelle ASMESE qui porterait sur l\u2019exploitation de places de maisons de repos tant que ce secteur repr\u00e9sente plus de 50 % du total des places qui sont agr\u00e9\u00e9es en tant que places de<br \/>\n       28<br \/>\n       maisons de repos, en ce compris celles qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une autorisation de fonctionnement provisoire.<br \/>\n       Le \u00ab secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif \u00bb regroupe les \u00ab \u00e9tablissements dont le gestionnaire est soit constitu\u00e9 sous la forme d\u2019une personne morale \u00e0 but lucratif, soit soumis au contr\u00f4le d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 au sens de l\u2019article I:14, \u00a7 1er, du Code des soci\u00e9t\u00e9s et des associations tout en \u00e9tant constitu\u00e9 sous la forme d\u2019une personne morale \u00e0 but non lucratif. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut d\u00e9terminer ce qu\u2019il faut entendre par \u2018 soumis au contr\u00f4le de \u2019 [&#8230;] \u00bb (article 2, 15\u00b0, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 5, 9\u00b0, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022).<br \/>\n       Les travaux pr\u00e9paratoires mentionnent :<br \/>\n       \u00ab Aujourd\u2019hui, sur le territoire de Bruxelles-Capitale, l\u2019\u00e9quilibre des places agr\u00e9\u00e9es de maisons de repos entre les secteurs est absent, avec une pr\u00e9pond\u00e9rance de 65 % pour le secteur marchand, contre 20 % pour le secteur public et 15 % pour le secteur priv\u00e9 non-marchand.<br \/>\n       Ce d\u00e9s\u00e9quilibre a un impact sur la nature de la prestations [sic] de services aux a\u00een\u00e9s, et peut entraver le choix des personnes qui souhaitent trouver un \u00e9tablissement public ou un \u00e9tablissement \u00e0 but non lucratif \u00e0 proximit\u00e9 de leur lieu de r\u00e9sidence \u00bb (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-2023, B-132\/1, p. 10).<br \/>\n       B.8.4. Troisi\u00e8mement, pour renforcer le contr\u00f4le que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni et Iriscare exercent par l\u2019application des crit\u00e8res qualitatifs vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 7, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 aux ASMESE, l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 supprime la possibilit\u00e9 de c\u00e9der, entre \u00e9tablissements du m\u00eame type, des lits ou des places autoris\u00e9s (article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, qui abroge l\u2019alin\u00e9a 2 de l\u2019article 6 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008).<br \/>\n       Il ressort en effet des travaux pr\u00e9paratoires :<br \/>\n       \u00ab Pour s\u2019assurer que les ASMESE seront \u00e0 l\u2019avenir octroy\u00e9es conform\u00e9ment aux crit\u00e8res qualitatifs pr\u00e9vus par le nouvel article 7, \u00a7 1er\/1 en projet, cet article met fin aux possibilit\u00e9s de cessions de lits (ou places) autoris\u00e9s ou agr\u00e9\u00e9s entre gestionnaires.<br \/>\n       En autorisant, dans les conditions fix\u00e9es par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, la cession de lits ou de places entre \u00e9tablissements du m\u00eame type, l\u2019article 6, alin\u00e9a 2, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 avait,<br \/>\n       29<br \/>\n       en r\u00e9alit\u00e9, cr\u00e9\u00e9 un \u2018 march\u00e9 \u2019 des \u2018 lits autoris\u00e9s ou agr\u00e9\u00e9s \u2019, en particulier depuis l\u2019instauration du moratoire sur les ASMESE et agr\u00e9ments de lits MRPA et MRS.<br \/>\n       \u00c9tant donn\u00e9 que l\u2019ordonnance \u2018 moratoire \u2019 emp\u00eachait l\u2019octroi de nouvelles ASMESE (et de nouveaux agr\u00e9ments), les gestionnaires qui souhaitaient d\u00e9velopper un nouveau projet de MRPA(-MRS) devaient, lors de l\u2019introduction de leur demande d\u2019ASMESE, pouvoir d\u00e9montrer que le nombre de lits autoris\u00e9s demand\u00e9s correspondait \u00e0 une r\u00e9duction d\u2019autant de lits autoris\u00e9s dans le chef d\u2019un autre gestionnaire.<br \/>\n       Malgr\u00e9 le fait que l\u2019ASMESE ne pouvait pas \u00eatre c\u00e9d\u00e9e en tant que telle (c\u2019est-\u00e0-dire en tant qu\u2019autorisation minist\u00e9rielle), l\u2019op\u00e9ration de cession de places \u2013 g\u00e9n\u00e9ralement conclues \u00e0 titre on\u00e9reux, sous la condition suspensive d\u2019obtention d\u2019une ASMESE par le gestionnaire cessionnaire \u2013 portait ainsi de facto sur ces \u2018 lits autoris\u00e9s \u2019 ou autorisations.<br \/>\n       Les \u2018 lits agr\u00e9\u00e9s \u2019 pouvaient faire l\u2019objet d\u2019une op\u00e9ration analogue, \u00e9tant entendu que l\u2019op\u00e9ration de cession ne pouvait jamais porter sur l\u2019agr\u00e9ment lui-m\u00eame, dans la mesure o\u00f9<br \/>\n       l\u2019agr\u00e9ment n\u2019est pas un droit r\u00e9el mais une autorisation administrative \u00bb (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-2023, B-132\/1, pp. 8-9).<br \/>\n       B.9. Parall\u00e8lement aux trois mesures d\u00e9crites en B.8.2 \u00e0 B.8.4, l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 introduit plusieurs autres mesures, parmi lesquelles celle qui consiste en l\u2019expiration de plein droit de l\u2019agr\u00e9ment de la moiti\u00e9 des places agr\u00e9\u00e9es mais inoccup\u00e9es, pour autant que certaines conditions soient remplies.<br \/>\n       Concr\u00e8tement, pour favoriser le d\u00e9veloppement de projets qui r\u00e9pondent davantage aux besoins des a\u00een\u00e9s (ibid., p. 13), l\u2019article 15, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, dans la version r\u00e9sultant de son remplacement par l\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, pr\u00e9voyait que, lorsqu\u2019un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s, hormis les centres de soins de jour, a un taux d\u2019inoccupation moyen annuel de ses places agr\u00e9\u00e9es sup\u00e9rieur \u00e0 z\u00e9ro sur une p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence, les agr\u00e9ments de la moiti\u00e9 des places inoccup\u00e9es expirent de plein droit. Toutefois, un \u00e9tablissement peut disposer de places inoccup\u00e9es \u00e0 hauteur de 5 % de ses places agr\u00e9\u00e9es, avec un minimum de trois places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es.<br \/>\n       Cette disposition a toutefois \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance de la Commission communautaire commune du 22 d\u00e9cembre 2023 \u00ab portant des dispositions diverses en mati\u00e8re de sant\u00e9, d\u2019aide aux personnes et de prestations familiales \u00bb (ci-apr\u00e8s :<br \/>\n       l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023). Cette disposition reproduit le m\u00e9canisme d\u2019expiration de<br \/>\n       30<br \/>\n       plein droit de la moiti\u00e9 des places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es lorsqu\u2019un \u00e9tablissement a un taux moyen annuel d\u2019inoccupation de ses places agr\u00e9\u00e9es sup\u00e9rieur \u00e0 z\u00e9ro sur une p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence, mais introduit une d\u00e9rogation suppl\u00e9mentaire : le nombre des agr\u00e9ments qui expirent de plein droit ne peut \u00eatre sup\u00e9rieur au nombre moyen de places inoccup\u00e9es durant le dernier trimestre de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<br \/>\n       B.10. L\u2019article 40, alin\u00e9a 1er, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e au Moniteur belge du 30 janvier 2023, fixe l\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019ordonnance au 1er janvier 2023.<br \/>\n       L\u2019article 40, alin\u00e9a 2, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019article 22 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023, dispose toutefois que les articles 9, c), 10, b), et 36 de l\u2019ordonnance entrent en vigueur \u00e0 une date fix\u00e9e par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni. En vertu des articles 8 et 10 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 28 mars 2024, ces trois dispositions sont entr\u00e9es en vigueur le 11 avril 2024.<br \/>\n       L\u2019article 40, alin\u00e9a 3, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 22, 2\u00b0, de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023, pr\u00e9voit que l\u2019article 35 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 est entr\u00e9 en vigueur le 1er mars 2024.<br \/>\n       Il en r\u00e9sulte que l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 a produit ses effets le 1er janvier 2023, \u00e0 l\u2019exception de ses articles 9, c), 10, b), et 36, qui ont produit leurs effets le 11 avril 2024, et de son article 35, qui a produit ses effets le 1er mars 2024.<br \/>\n       En ce qui concerne l\u2019int\u00e9r\u00eat des parties requ\u00e9rantes<br \/>\n       B.11. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni rel\u00e8ve que l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023<br \/>\n       remplace l\u2019article 15, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       Selon le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019a pas encore trouv\u00e9 \u00e0 s\u2019appliquer \u00e0 la situation des parties requ\u00e9rantes, d\u00e8s lors qu\u2019au moment de l\u2019introduction du m\u00e9moire en r\u00e9plique, aucune des places agr\u00e9\u00e9es n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9chue de son<br \/>\n       31<br \/>\n       agr\u00e9ment. En ce qu\u2019aucun recours en annulation n\u2019a \u00e9t\u00e9 introduit contre l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni estime que les parties requ\u00e9rantes ne justifient pas de l\u2019int\u00e9r\u00eat requis \u00e0 l\u2019annulation de l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       B.12. La Constitution et la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle imposent \u00e0 toute personne physique ou morale qui introduit un recours en annulation de justifier d\u2019un int\u00e9r\u00eat. Ne justifient de l\u2019int\u00e9r\u00eat requis que les personnes dont la situation pourrait \u00eatre affect\u00e9e directement et d\u00e9favorablement par la norme attaqu\u00e9e.<br \/>\n       B.13.1. L\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 dispose :<br \/>\n       \u00ab L\u2019article 15, \u00a7 1er, de la m\u00eame ordonnance est remplac\u00e9 comme suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 1er. Dans le pr\u00e9sent paragraphe, on entend par \u201c \u00e9tablissement \u201d, un \u00e9tablissement qui rel\u00e8ve d\u2019une cat\u00e9gorie d\u2019\u00e9tablissements pour laquelle le Coll\u00e8ge r\u00e9uni a arr\u00eat\u00e9 une programmation conform\u00e9ment au chapitre II ou par application de l\u2019article 31, \u00e0 l\u2019exception des centres de soins de jour.<br \/>\n       Si un \u00e9tablissement a un taux d\u2019inoccupation moyen annuel de ses places agr\u00e9\u00e9es sup\u00e9rieur \u00e0 z\u00e9ro, les agr\u00e9ments de la moiti\u00e9 des places inoccup\u00e9es expirent de plein droit.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a pr\u00e9c\u00e9dent, tout \u00e9tablissement peut disposer de places inoccup\u00e9es \u00e0 hauteur de 5 % de ses places agr\u00e9\u00e9es, avec un minimum de trois places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es.<br \/>\n       Le minimum de trois places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es est port\u00e9 \u00e0 25 lorsque les places b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un agr\u00e9ment sp\u00e9cial pour la prise en charge des a\u00een\u00e9s fortement d\u00e9pendants et n\u00e9cessitant des soins.<br \/>\n       Toute augmentation ult\u00e9rieure de la capacit\u00e9 d\u2019accueil ou d\u2019h\u00e9bergement doit faire l\u2019objet d\u2019une nouvelle demande d\u2019autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation.<br \/>\n       Pour l\u2019application de l\u2019alin\u00e9a 2, l\u2019expiration est constat\u00e9e par les services d\u2019Iriscare le 1er janvier de chaque ann\u00e9e T sur la base du taux d\u2019inoccupation moyen de l\u2019\u00e9tablissement, tel qu\u2019il est disponible dans l\u2019application de calcul des interventions, pendant la p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence commen\u00e7ant le 1er juillet de l\u2019ann\u00e9e T-2 et se terminant le 30 juin de l\u2019ann\u00e9e T-1, o\u00f9<br \/>\n       la premi\u00e8re ann\u00e9e T se rapporte \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2024.<br \/>\n       Le taux d\u2019inoccupation moyen, vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a pr\u00e9c\u00e9dent, est calcul\u00e9 sur la base du nombre moyen pond\u00e9r\u00e9 de places de l\u2019\u00e9tablissement pendant la p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence mentionn\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a pr\u00e9c\u00e9dent.<br \/>\n       32<br \/>\n       Le nombre de places inoccup\u00e9es pour lequel l\u2019agr\u00e9ment doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme expir\u00e9 par application de l\u2019alin\u00e9a 2 est, le cas \u00e9ch\u00e9ant, arrondi \u00e0 l\u2019unit\u00e9 inf\u00e9rieure.<br \/>\n       Le nombre de places inoccup\u00e9es dont un \u00e9tablissement peut disposer en application de l\u2019alin\u00e9a 3 est, le cas \u00e9ch\u00e9ant, arrondi \u00e0 l\u2019unit\u00e9 sup\u00e9rieure.<br \/>\n       L\u2019alin\u00e9a 2 n\u2019est pas d\u2019application pendant les 5 premi\u00e8res ann\u00e9es suivant la d\u00e9livrance de la premi\u00e8re autorisation de fonctionnement provisoire de l\u2019\u00e9tablissement, ni pendant les 5 premi\u00e8res ann\u00e9es suivant la d\u00e9livrance d\u2019une autorisation de fonctionnement provisoire portant sur une extension de plus de 20 % de la capacit\u00e9 agr\u00e9\u00e9e de l\u2019\u00e9tablissement.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut pr\u00e9ciser et compl\u00e9ter les modalit\u00e9s de calcul du taux d\u2019inoccupation moyen des places vis\u00e9 par le pr\u00e9sent paragraphe. Il peut modifier le pourcentage et le nombre de places vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 3. Il peut \u00e9galement modifier les nombres d\u2019ann\u00e9es et le pourcentage vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 9. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 pr\u00e9voit l\u2019expiration automatique, sur une base annuelle, de la moiti\u00e9 des agr\u00e9ments des places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es dans un \u00e9tablissement. Le caract\u00e8re inoccup\u00e9 de ces places, durant une p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence d\u2019un an, tend \u00e0 indiquer qu\u2019elles ne r\u00e9pondent pas \u00e0 un besoin (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-2023, B-132\/1, p. 13). L\u2019expiration des agr\u00e9ments, et donc indirectement des ASMESE portant sur ces places inoccup\u00e9es, permet, dans le cadre d\u2019une programmation limitant le nombre de places agr\u00e9\u00e9es et d\u2019ASMESE disponibles, d\u2019assurer la redistribution desdites places selon une s\u00e9rie de crit\u00e8res, lesquels permettent de d\u00e9terminer l\u2019\u00e9tablissement o\u00f9 ces places r\u00e9pondront le mieux au besoin des a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       B.13.2. L\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023. La version de l\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008<br \/>\n       qui est issue de sa modification par l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e n\u2019a donc \u00e9t\u00e9 en vigueur et n\u2019a pu produire des effets qu\u2019entre le 1er janvier 2023 (date d\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022) et le 11 janvier 2024 (date d\u2019entr\u00e9e en vigueur de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023).<br \/>\n       L\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023 reproduit le m\u00e9canisme d\u2019expiration de plein droit de la moiti\u00e9 des places agr\u00e9\u00e9es inoccup\u00e9es lorsqu\u2019un \u00e9tablissement a un taux moyen annuel d\u2019inoccupation de ses places agr\u00e9\u00e9es sup\u00e9rieur \u00e0 z\u00e9ro sur une p\u00e9riode de r\u00e9f\u00e9rence, mais<br \/>\n       33<br \/>\n       introduit une d\u00e9rogation suppl\u00e9mentaire : le nombre des agr\u00e9ments qui expirent de plein droit ne peut \u00eatre sup\u00e9rieur au nombre moyen de places inoccup\u00e9es durant le dernier trimestre de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<br \/>\n       B.13.3. L\u2019unique effet que la version de l\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 qui est issue de sa modification par l\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       aurait pu produire r\u00e9side dans l\u2019expiration de plein droit de l\u2019agr\u00e9ment, et donc de l\u2019ASMESE, portant sur la moiti\u00e9 des places inoccup\u00e9es de chaque \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s soumis \u00e0 une programmation, d\u00e9finitive ou transitoire. Cette expiration aurait d\u00fb \u00eatre constat\u00e9e par Iriscare le 1er janvier 2024.<br \/>\n       Or, \u00e0 cette date, aucune programmation, qu\u2019elle soit d\u00e9finitive ou transitoire, n\u2019avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni. Iriscare n\u2019a donc constat\u00e9 l\u2019expiration d\u2019aucun agr\u00e9ment. Une telle expiration a \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9e, en application de l\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, dans la version qui est issue de son remplacement par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023, aux \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s en date du 22 avril 2024, avec effet au 15 avril 2024.<br \/>\n       L\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019a donc produit aucun effet juridique avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la r\u00e9forme op\u00e9r\u00e9e par l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023.<br \/>\n       B.13.4. Il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les recours sont sans objet en ce qui concerne l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       Quant au fond<br \/>\n       En ce qui concerne la violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 (premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 et second moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8070)<br \/>\n       B.14.1. Le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 est pris de la violation, par les articles 5, 9\u00b0, 9, c), 10, a) et b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, des articles 10 et 11 de la<br \/>\n       34<br \/>\n       Constitution, lus en combinaison avec le principe de la non-r\u00e9troactivit\u00e9, avec le principe de la confiance l\u00e9gitime et avec le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique.<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 all\u00e8gue que l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e ne poursuit pas un objectif l\u00e9gitime. Elle renvoie \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 trois objectifs distincts : les deux objectifs explicitement vis\u00e9s par le l\u00e9gislateur ordonnanciel, qui sont la libert\u00e9 de choix et les objectifs budg\u00e9taires, ainsi que l\u2019objectif v\u00e9ritable, qui est de toucher le secteur commercial et d\u2019avantager le secteur public, aucun de ces objectifs n\u2019\u00e9tant d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Cette partie requ\u00e9rante all\u00e8gue ensuite que le crit\u00e8re de distinction n\u2019est pas pertinent pour atteindre les objectifs fix\u00e9s par le l\u00e9gislateur ordonnanciel. La question de savoir si le gestionnaire est public ou priv\u00e9 et agit dans un but de lucre ou non n\u2019a aucune incidence sur le choix d\u2019un individu quant \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement qu\u2019il souhaite occuper. Enfin, la partie requ\u00e9rante observe que le pr\u00e9judice subi par le secteur commercial est totalement disproportionn\u00e9 et va bien au-del\u00e0 de ce qui est n\u00e9cessaire.<br \/>\n       B.14.2. Le second moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 est pris de la violation des articles 10 et 11 de la Constitution par l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 all\u00e8guent que la limitation \u00e0 50 % du total des places agr\u00e9\u00e9es en tant que places de maison de repos pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, telle qu\u2019elle est pr\u00e9vue par l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, a pour effet que ce secteur perdra de nombreux lits qu\u2019il ne pourra pas r\u00e9cup\u00e9rer. Les diff\u00e9rences de traitement entre, d\u2019une part, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif et, d\u2019autre part, le secteur public ne sauraient \u00eatre raisonnablement justifi\u00e9es. Il n\u2019est pas question d\u2019objectif d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n       Enfin, la norme attaqu\u00e9e est disproportionn\u00e9e : il y a suffisamment de choix, la norme attaqu\u00e9e est contreproductive \u00e0 moyen terme, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni se voit remettre un ch\u00e8que en blanc pour assurer l\u2019\u00e9quilibre entre les secteurs, les lits agr\u00e9\u00e9s expirent de plein droit, plus aucune cession n\u2019est possible, et les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s subissent un pr\u00e9judice \u00e9conomique important qui n\u2019est pas compens\u00e9.<br \/>\n       B.15.1. L\u2019article 5, 9\u00b0, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00c0 l\u2019article 2 de la m\u00eame ordonnance, modifi\u00e9 par l\u2019ordonnance du 25 avril 2019, les modifications suivantes sont apport\u00e9es :<br \/>\n       35<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       9\u00b0 l\u2019article est compl\u00e9t\u00e9 par les points 12\u00b0 \u00e0 15\u00b0, r\u00e9dig\u00e9s comme suit :<br \/>\n       \u2018 12\u00b0 secteur : le secteur public, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif ou le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif;<br \/>\n       13\u00b0 secteur public : le secteur compos\u00e9 des \u00e9tablissements dont le gestionnaire a la forme juridique d\u2019une personne morale de droit public ou dont le gestionnaire est une personne morale organis\u00e9e par une ou plusieurs personnes morales de droit public;<br \/>\n       14\u00b0 secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif : secteur compos\u00e9 des \u00e9tablissements dont le gestionnaire est constitu\u00e9 sous la forme d\u2019une association sans but lucratif ou sous la forme d\u2019une fondation, qui, dans les deux cas, ne sont pas organis\u00e9es par une ou plusieurs personnes morales de droit public ou qui ne sont pas soumises au contr\u00f4le d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 au sens de l\u2019article I:14, \u00a7 1er, du Code des soci\u00e9t\u00e9s et des associations. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut d\u00e9terminer ce qu\u2019il faut entendre par \u201c soumises au contr\u00f4le de \u201d, vis\u00e9 dans la phrase pr\u00e9c\u00e9dente;<br \/>\n       15\u00b0 secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif : secteur compos\u00e9 des \u00e9tablissements dont le gestionnaire est soit constitu\u00e9 sous la forme d\u2019une personne morale \u00e0 but lucratif, soit soumis au contr\u00f4le d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 au sens de l\u2019article I:14, \u00a7 1er, du Code des soci\u00e9t\u00e9s et des associations tout en \u00e9tant constitu\u00e9 sous la forme d\u2019une personne morale \u00e0 but non lucratif. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut d\u00e9terminer ce qu\u2019il faut entendre par \u201c soumis au contr\u00f4le de \u201d, vis\u00e9 dans la phrase pr\u00e9c\u00e9dente. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       B.15.2. L\u2019article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 abroge l\u2019alin\u00e9a 2, ancien, de l\u2019article 6 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008. Il en r\u00e9sulte que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne peut plus autoriser les cessions directes de lits ou de places entre \u00e9tablissements, quelles qu\u2019en soient les conditions. Cette disposition vise \u00e0 mettre fin au \u00ab \u2018 march\u00e9 \u2019 des \u2018 lits autoris\u00e9s ou agr\u00e9\u00e9s \u2019 \u00bb, et donc \u00e0 \u00ab s\u2019assurer que les ASMESE seront \u00e0 l\u2019avenir octroy\u00e9es conform\u00e9ment aux crit\u00e8res qualitatifs pr\u00e9vus par le nouvel article 7, \u00a7 1er\/1 \u00bb (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-2023, B-132\/1, p. 8).<br \/>\n       B.15.3. L\u2019article 10, a) et b), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 dispose :<br \/>\n       \u00ab \u00c0 l\u2019article 7 de la m\u00eame ordonnance, modifi\u00e9 par l\u2019ordonnance du 6 d\u00e9cembre 2018, les modifications suivantes sont apport\u00e9es :<br \/>\n       a) au paragraphe 1er, les alin\u00e9as 1er \u00e0 7 sont remplac\u00e9s par ce qui suit :<br \/>\n       36<br \/>\n       \u2018 L\u2019autorisation pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 6 est accord\u00e9e par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni sur avis du Conseil de gestion et fixe le nombre de places pour lequel elle est accord\u00e9e.<br \/>\n       L\u2019autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation n\u2019est valable que pour l\u2019\u00e9tablissement situ\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse indiqu\u00e9e dans la demande d\u2019autorisation.<br \/>\n       La demande d\u2019autorisation est accompagn\u00e9e d\u2019un dossier descriptif dont le contenu est arr\u00eat\u00e9 par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, sur avis du Conseil de gestion.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni accuse r\u00e9ception de la demande dans les quinze jours de sa r\u00e9ception et indique s\u2019il y a lieu les documents compl\u00e9mentaires n\u00e9cessaires \u00e0 son examen.<br \/>\n       La d\u00e9cision du Coll\u00e8ge r\u00e9uni, prise de l\u2019avis du Conseil de gestion, est notifi\u00e9e au demandeur dans les 120 jours suivant la r\u00e9ception d\u2019un dossier de demande complet.<br \/>\n       Le d\u00e9lai vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a pr\u00e9c\u00e9dent est suspendu pendant les mois de juillet et ao\u00fbt. \u2019<br \/>\n       b) entre le paragraphe 1er et le paragraphe 2, il est ins\u00e9r\u00e9 un paragraphe 1er\/1 r\u00e9dig\u00e9 comme suit :<br \/>\n       \u2018 \u00a7 1er\/1. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni arr\u00eate, sur avis du Conseil de gestion, des modalit\u00e9s suppl\u00e9mentaires de la proc\u00e9dure d\u2019octroi de l\u2019autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation. Il arr\u00eate notamment, sur avis du Conseil de gestion, les crit\u00e8res applicables pour l\u2019octroi de l\u2019autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation.<br \/>\n       Les crit\u00e8res vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er portent notamment sur :<br \/>\n       1\u00b0 l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re de l\u2019\u00e9tablissement;<br \/>\n       2\u00b0 la volont\u00e9 de l\u2019\u00e9tablissement de s\u2019inscrire dans une offre diversifi\u00e9e de services et de collaborer avec les services existants dans un secteur g\u00e9ographique donn\u00e9 afin d\u2019assurer une continuit\u00e9 de l\u2019aide et des soins aux a\u00een\u00e9s;<br \/>\n       3\u00b0 l\u2019ad\u00e9quation du projet de vie d\u2019\u00e9tablissement avec le public b\u00e9n\u00e9ficiaire concern\u00e9;<br \/>\n       4\u00b0 la participation des a\u00een\u00e9s, des aidants proches et du personnel \u00e0 l\u2019organisation de la vie et des soins au sein de l\u2019\u00e9tablissement;<br \/>\n       5\u00b0 le taux d\u2019encadrement de l\u2019\u00e9tablissement en personnel d\u2019entretien, d\u2019aide et de soins;<br \/>\n       6\u00b0 la bonne gestion administrative et financi\u00e8re de l\u2019\u00e9tablissement;<br \/>\n       7\u00b0 la qualit\u00e9 architecturale du projet en ce compris sa structuration en petites unit\u00e9s de vie, son implantation et les moyens mis en \u0153uvre pour contribuer au d\u00e9veloppement durable;<br \/>\n       8\u00b0 la capacit\u00e9 d\u2019h\u00e9bergement maximale de l\u2019\u00e9tablissement;<br \/>\n       37<br \/>\n       9\u00b0 la r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e de la capacit\u00e9 des \u00e9tablissements sur le territoire de Bruxelles-<br \/>\n       Capitale;<br \/>\n       10\u00b0 le secteur d\u2019appartenance du gestionnaire, en vue d\u2019assurer une r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e de la capacit\u00e9 des \u00e9tablissements entre le secteur public, le secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif et le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif. En vue de garantir la libert\u00e9 de choix des a\u00een\u00e9s entre \u00e9tablissements appartenant aux diff\u00e9rents secteurs, et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des \u00e9tablissements abordables et accessibles, aucune autorisation pour l\u2019exploitation de places de maisons de repos ne sera octroy\u00e9e aux \u00e9tablissements appartenant au secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, tant que ce secteur repr\u00e9sente une part de plus de 50 % du total des places qui sont agr\u00e9\u00e9es en tant que places de maison de repos en vertu de la pr\u00e9sente ordonnance ou de ses arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution, en ce compris les places de maisons de repos qui b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une autorisation de fonctionnement provisoire. Sans pr\u00e9judice du principe pr\u00e9c\u00e9dent, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni d\u00e9termine ce qu\u2019il convient d\u2019entendre par \u201c r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e \u201d.<br \/>\n       Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut fixer les modalit\u00e9s des crit\u00e8res vis\u00e9s \u00e0 l\u2019alin\u00e9a pr\u00e9c\u00e9dent, dont la pond\u00e9ration. \u2019 \u00bb.<br \/>\n       B.16. Le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination n\u2019exclut pas qu\u2019une diff\u00e9rence de traitement soit \u00e9tablie entre des cat\u00e9gories de personnes, pour autant qu\u2019elle repose sur un crit\u00e8re objectif et qu\u2019elle soit raisonnablement justifi\u00e9e.<br \/>\n       L\u2019existence d\u2019une telle justification doit s\u2019appr\u00e9cier en tenant compte du but et des effets de la mesure critiqu\u00e9e ainsi que de la nature des principes en cause; le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination est viol\u00e9 lorsqu\u2019il est \u00e9tabli qu\u2019il n\u2019existe pas de rapport raisonnable de proportionnalit\u00e9 entre les moyens employ\u00e9s et le but vis\u00e9.<br \/>\n       B.17.1. Les mesures mises en place par les articles 9, c), et 10, a) et b), attaqu\u00e9s, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 visent \u00e0 rendre la ma\u00eetrise au Coll\u00e8ge r\u00e9uni sur la r\u00e9partition de l\u2019offre des lits et places dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s soumis \u00e0 la programmation.<br \/>\n       Par l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, le l\u00e9gislateur ordonnanciel a entendu rem\u00e9dier aux dysfonctionnements du r\u00e9gime ant\u00e9rieur applicable aux \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel a d\u2019abord voulu r\u00e9pondre de la mani\u00e8re la plus ad\u00e9quate possible aux besoins des a\u00een\u00e9s et garantir leur libert\u00e9 de choix, en assurant la qualit\u00e9 et l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re des \u00e9tablissements, leur r\u00e9partition g\u00e9ographique et leur r\u00e9partition entre les diff\u00e9rents secteurs public, associatif et commercial. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel a \u00e9galement<br \/>\n       38<br \/>\n       souhait\u00e9 assurer le caract\u00e8re finan\u00e7able du syst\u00e8me en limitant son incidence budg\u00e9taire et en permettant aux pouvoirs publics de r\u00e9cup\u00e9rer la ma\u00eetrise de l\u2019offre des places dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       B.17.2. Pour ce faire, le l\u00e9gislateur ordonnanciel a mis en place un syst\u00e8me qui peut se r\u00e9sumer comme suit : d\u2019abord, la moiti\u00e9 des places agr\u00e9\u00e9es qui sont inoccup\u00e9es voient leur agr\u00e9ment expirer de plein droit, sur une base annuelle (article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 et par l\u2019article 10 de l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023).<br \/>\n       Cette expiration d\u2019office permet au Coll\u00e8ge r\u00e9uni de redistribuer les places \u00e0 d\u2019autres \u00e9tablissements, en fonction d\u2019une s\u00e9rie de crit\u00e8res qualitatifs fix\u00e9s par l\u2019article 10, b), attaqu\u00e9, de la m\u00eame ordonnance. Parmi ces crit\u00e8res figure le secteur d\u2019appartenance des \u00e9tablissements sollicitant l\u2019octroi d\u2019une ASMESE pour des places en maisons de repos. En outre, pour assurer que la distribution des places soit effectivement soumise aux crit\u00e8res arr\u00eat\u00e9s par le l\u00e9gislateur ordonnanciel, ce dernier a pr\u00e9vu que la cession directe des lits et places entre \u00e9tablissements de m\u00eame type n\u2019est plus possible (article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022) et que la cession d\u2019ASMESE, qui n\u2019est possible que dans le cas d\u2019un changement de gestionnaire d\u2019un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s, peut \u00eatre refus\u00e9e par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni \u00ab notamment si elle rev\u00eat un caract\u00e8re on\u00e9reux \u00bb (article 10, d), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022).<br \/>\n       B.17.3. Toutefois, les articles 5, 9\u00b0, 9, c), et 10, a), attaqu\u00e9s, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019op\u00e8rent aucune distinction entre les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s dans le secteur des soins aux personnes \u00e2g\u00e9es, de sorte que les dispositions attaqu\u00e9es sont applicables \u00e0 tous les \u00e9tablissements du secteur public, aux \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif ainsi qu\u2019aux \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif.<br \/>\n       Le moyen relatif \u00e0 la violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 n\u2019est d\u00e8s lors pas fond\u00e9 en ce qui concerne les articles 5, 9\u00b0, 9, c), et 10, a), attaqu\u00e9s, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022.<br \/>\n       39<br \/>\n       B.18.1. L\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 fait na\u00eetre une diff\u00e9rence de traitement entre les \u00e9tablissements relevant du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, qui ne pourront plus se voir attribuer des ASMESE tant qu\u2019ils repr\u00e9senteront plus de 50 % du total des places agr\u00e9\u00e9es comme places en maisons de repos, et les \u00e9tablissements relevant des autres secteurs, lesquels ne sont pas soumis \u00e0 ce refus de nouvelles ASMESE.<br \/>\n       B.18.2. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni all\u00e8gue que les \u00e9tablissements qui rel\u00e8vent du secteur public et du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif, d\u2019une part, et les \u00e9tablissements qui rel\u00e8vent du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, d\u2019autre part, ne sont pas comparables. Les \u00e9tablissements relevant du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif sont soumis au contr\u00f4le des soci\u00e9t\u00e9s au sens de l\u2019article I:14, \u00a7 1er, du Code des soci\u00e9t\u00e9s et des associations et ont pour objectif de r\u00e9aliser des b\u00e9n\u00e9fices gr\u00e2ce aux soins aux personnes \u00e2g\u00e9es pour les redistribuer \u00e0 leurs actionnaires, ce qui n\u2019est pas le cas des \u00e9tablissements relevant du secteur public ou du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif.<br \/>\n       B.18.3. Il ne faut pas confondre diff\u00e9rence et non-comparabilit\u00e9. Le caract\u00e8re lucratif ou non lucratif d\u2019un \u00e9tablissement de soins aux personnes \u00e2g\u00e9es peut certes constituer un \u00e9l\u00e9ment dans l\u2019appr\u00e9ciation du caract\u00e8re raisonnable et proportionn\u00e9 d\u2019une diff\u00e9rence de traitement, mais il ne suffit pas pour conclure \u00e0 la non-comparabilit\u00e9, sous peine de priver de sa substance le contr\u00f4le qui est exerc\u00e9 au regard du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination.<br \/>\n       Contrairement \u00e0 ce que soutient le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, les cat\u00e9gories d\u2019\u00e9tablissements susmentionn\u00e9es sont comparables, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit dans les deux cas d\u2019\u00e9tablissements qui accueillent des personnes \u00e2g\u00e9es.<br \/>\n       B.19. Les objectifs du l\u00e9gislateur ordonnanciel, mentionn\u00e9s en B.17.1, sont l\u00e9gitimes.<br \/>\n       B.20.1. La diff\u00e9rence de traitement repose sur un crit\u00e8re objectif, \u00e0 savoir le secteur dont rel\u00e8vent les \u00e9tablissements et, partant, le fait qu\u2019ils poursuivent ou non un but de lucre.<br \/>\n       40<br \/>\n       B.20.2. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel peut raisonnablement veiller \u00e0 r\u00e9partir \u00e9quitablement le nombre de places en maison de repos disponibles dans les \u00e9tablissements. La circonstance qu\u2019il soit pr\u00e9vu en l\u2019esp\u00e8ce une limitation du nombre de places en maison de repos disponibles pour le secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif est justifi\u00e9e par les objectifs poursuivis par le l\u00e9gislateur ordonnanciel.<br \/>\n       Il n\u2019est en effet pas d\u00e9pourvu de justification raisonnable de pratiquer une politique qui tend notamment \u00e0 la ma\u00eetrise des d\u00e9penses publiques et qui, \u00e0 cette fin, d\u00e9courage le d\u00e9veloppement excessif d\u2019\u00e9tablissements poursuivant un but de lucre. De m\u00eame, il n\u2019est pas d\u00e9pourvu de justification raisonnable de s\u2019assurer que les \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ne concentrent au maximum que la moiti\u00e9 des places agr\u00e9\u00e9es et donc que les \u00e9tablissements des secteurs public et priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif disposent, ensemble, de l\u2019autre moiti\u00e9 des places, en vue de permettre aux a\u00een\u00e9s d\u2019opter pour un \u00e9tablissement relevant du secteur de leur choix, ainsi que de leur assurer l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re des \u00e9tablissements.<br \/>\n       Eu \u00e9gard \u00e0 ces consid\u00e9rations et au fait que le refus d\u2019attribution de nouvelles ASMESE<br \/>\n       aux \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif tant qu\u2019ils repr\u00e9sentent plus de la moiti\u00e9 des places agr\u00e9\u00e9es est limit\u00e9 aux places en maisons de repos, \u00e0 l\u2019exclusion de tous les autres types d\u2019\u00e9tablissements, la diff\u00e9rence de traitement qui r\u00e9sulte de l\u2019article 10, b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 est raisonnablement justifi\u00e9e.<br \/>\n       B.21.1. En ce qui concerne la violation all\u00e9gu\u00e9e du principe de la confiance l\u00e9gitime, du principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique et du principe de la non-r\u00e9troactivit\u00e9, il r\u00e9sulte de ce qui est dit en B.10 que l\u2019article 10, b), attaqu\u00e9, ne produit des effets qu\u2019\u00e0 partir du 11 avril 2024.<br \/>\n       Une r\u00e8gle ne peut \u00eatre qualifi\u00e9e de r\u00e9troactive que si elle s\u2019applique \u00e0 des faits, actes et situations qui \u00e9taient d\u00e9finitifs au moment o\u00f9 elle est entr\u00e9e en vigueur, ce qui n\u2019est pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       Par ailleurs, si le l\u00e9gislateur ordonnanciel estime qu\u2019un changement de politique s\u2019impose, il peut d\u00e9cider de lui donner un \u00ab effet imm\u00e9diat \u00bb et il n\u2019est pas tenu, en principe, de pr\u00e9voir un r\u00e9gime transitoire. Les articles 10 et 11 de la Constitution ne sont viol\u00e9s que si le r\u00e9gime<br \/>\n       41<br \/>\n       transitoire ou l\u2019absence d\u2019un tel r\u00e9gime entra\u00eene une diff\u00e9rence de traitement non susceptible de justification raisonnable ou s\u2019il est port\u00e9 une atteinte excessive au principe de la confiance l\u00e9gitime. Tel est le cas lorsqu\u2019il est port\u00e9 atteinte aux attentes l\u00e9gitimes d\u2019une cat\u00e9gorie de justiciables sans qu\u2019un motif imp\u00e9rieux d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral puisse justifier l\u2019absence d\u2019un r\u00e9gime transitoire.<br \/>\n       B.21.2. En instaurant la mesure selon laquelle les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s relevant du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ne pourront plus se voir attribuer des ASMESE tant qu\u2019ils repr\u00e9senteront plus de 50 % du total des places agr\u00e9\u00e9es comme places de maison de repos dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, la disposition attaqu\u00e9e ne porte pas atteinte \u00e0 des attentes l\u00e9gitimes de ces \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s qui l\u2019emporteraient sur les objectifs l\u00e9gitimes mentionn\u00e9s en B.17.1, et elle est raisonnablement justifi\u00e9e (B.20.2).<br \/>\n       B.21.3. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que la disposition attaqu\u00e9e, en ce qu\u2019elle a un effet imm\u00e9diat, ne viole pas les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec le principe de la confiance l\u00e9gitime, avec le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique et avec le principe de la non-r\u00e9troactivit\u00e9.<br \/>\n       B.22. Le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 et le second moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8070<br \/>\n       ne sont pas fond\u00e9s.<br \/>\n       En ce qui concerne la violation de la libert\u00e9 d\u2019\u00e9tablissement, de la libre prestation des services et de la libert\u00e9 d\u2019entreprendre (deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069)<br \/>\n       B.23. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 prend un deuxi\u00e8me moyen de la violation, par les articles 5, 9\u00b0, 9, c), et 10, a) et b), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, des articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec la libert\u00e9 d\u2019\u00e9tablissement (article 49 du Trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s : le TFUE)) et la libre prestation des services (article 56 du TFUE) garanties par le droit de l\u2019Union europ\u00e9enne, avec la libert\u00e9 d\u2019entreprendre, avec les articles II.3 et II.4 du Code de droit \u00e9conomique, avec l\u2019article 4 de la loi sp\u00e9ciale du 12 janvier 1989 relative aux institutions bruxelloises juncto l\u2019article 6, \u00a7 1er, VI, de la loi sp\u00e9ciale du 8 ao\u00fbt 1980, ainsi qu\u2019avec l\u2019article 16 de la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s : la Charte).<br \/>\n       42<br \/>\n       Conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne, des objectifs \u00e9conomiques ne sauraient en principe justifier une entrave aux libert\u00e9s de l\u2019Union. La Cour de justice a toutefois reconnu qu\u2019une atteinte grave \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre financier du r\u00e9gime de s\u00e9curit\u00e9 sociale peut constituer un motif imp\u00e9rieux d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral susceptible de justifier une limitation des libert\u00e9s de l\u2019Union. Selon la partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069, le l\u00e9gislateur ordonnanciel n\u2019a, \u00e0 aucun moment, pu d\u00e9montrer ni chiffrer, m\u00eame de mani\u00e8re approximative, qu\u2019il serait question d\u2019un grave d\u00e9s\u00e9quilibre financier ou que la limitation des agr\u00e9ments et des autorisations pour le secteur commercial pourrait rem\u00e9dier \u00e0 un tel d\u00e9s\u00e9quilibre.<br \/>\n       B.24.1. Les articles 56 et 57 du TFUE portent sur la libre prestation des services.<br \/>\n       L\u2019article 56 du TFUE dispose :<br \/>\n       \u00ab Dans le cadre des dispositions ci-apr\u00e8s, les restrictions \u00e0 la libre prestation des services \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Union sont interdites \u00e0 l\u2019\u00e9gard des ressortissants des \u00c9tats membres \u00e9tablis dans un \u00c9tat membre autre que celui du destinataire de la prestation.<br \/>\n       Le Parlement europ\u00e9en et le Conseil, statuant conform\u00e9ment \u00e0 la proc\u00e9dure l\u00e9gislative ordinaire, peuvent \u00e9tendre le b\u00e9n\u00e9fice des dispositions du pr\u00e9sent chapitre aux prestataires de services ressortissants d\u2019un \u00c9tat tiers et \u00e9tablis \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019Union \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 57 du TFUE dispose :<br \/>\n       \u00ab Au sens des trait\u00e9s, sont consid\u00e9r\u00e9es comme services les prestations fournies normalement contre r\u00e9mun\u00e9ration, dans la mesure o\u00f9 elles ne sont pas r\u00e9gies par les dispositions relatives \u00e0 la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes.<br \/>\n       Les services comprennent notamment :<br \/>\n       a) des activit\u00e9s de caract\u00e8re industriel,<br \/>\n       b) des activit\u00e9s de caract\u00e8re commercial,<br \/>\n       c) des activit\u00e9s artisanales,<br \/>\n       d) les activit\u00e9s des professions lib\u00e9rales.<br \/>\n       43<br \/>\n       Sans pr\u00e9judice des dispositions du chapitre relatif au droit d\u2019\u00e9tablissement, le prestataire peut, pour l\u2019ex\u00e9cution de sa prestation, exercer, \u00e0 titre temporaire, son activit\u00e9 dans l\u2019\u00c9tat membre o\u00f9 la prestation est fournie, dans les m\u00eames conditions que celles que cet \u00c9tat impose \u00e0 ses propres ressortissants \u00bb.<br \/>\n       B.24.2. En principe, les dispositions du TFUE en mati\u00e8re de libre prestation des services ne trouvent pas \u00e0 s\u2019appliquer \u00e0 une situation dont tous les \u00e9l\u00e9ments se cantonnent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un seul \u00c9tat membre (CJUE, 3 d\u00e9cembre 2020, C-62\/19, Star Taxi App SPRL, ECLI:EU:C:2020:980, point 71).<br \/>\n       B.25.1. Il ressort de la jurisprudence de la Cour de justice que la libre prestation des services consacr\u00e9e par l\u2019article 56 du TFUE couvre \u00ab toutes les prestations qui ne sont pas offertes de mani\u00e8re stable et continue, \u00e0 partir d\u2019un domicile professionnel dans l\u2019\u00c9tat membre de destination \u00bb (CJUE, 23 f\u00e9vrier 2016, C-179\/14, Commission c. Hongrie, ECLI:EU:C:2016:108, point 150). Au contraire, d\u00e8s lors qu\u2019un op\u00e9rateur entend exercer, de mani\u00e8re effective, son activit\u00e9 \u00e9conomique au moyen d\u2019une installation stable et pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, sa situation doit \u00eatre examin\u00e9e \u00e0 l\u2019aune de la libert\u00e9 d\u2019\u00e9tablissement, telle que d\u00e9finie \u00e0 l\u2019article 49 du TFUE (CJUE, 14 novembre 2018, C-342\/17, Memoria Srl, ECLI:EU:C:2018:906, point 44).<br \/>\n       B.25.2. Les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, tels que d\u00e9finis par l\u2019article 2, 4\u00b0, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, constituent des infrastructures stables \u00e0 partir desquelles la fourniture de services aux a\u00een\u00e9s est r\u00e9ellement assur\u00e9e. Par cons\u00e9quent, quel que soit l\u2019\u00c9tat membre dans lequel le prestataire de services qui exploite des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s situ\u00e9s dans la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale est principalement \u00e9tabli, ce prestataire dispose par d\u00e9finition d\u2019un \u00e9tablissement en Belgique.<br \/>\n       Il d\u00e9coule de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les articles 5, 9\u00b0, 9, c), et 10, a) et b), attaqu\u00e9s, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 ne constituent pas des restrictions \u00e0 la libre prestation des services fournis par les ressortissants des \u00c9tats membres (ou par les personnes morales assimil\u00e9es \u00e0 des ressortissants de l\u2019Union par l\u2019article 54 du TFUE) \u00e9tablis dans un \u00c9tat membre autre que celui du destinataire de la prestation, et \u00e9chappent donc au champ d\u2019application des articles 56 et 57 du TFUE.<br \/>\n       44<br \/>\n       B.26. Le deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 n\u2019est pas fond\u00e9 en ce qu\u2019il est pris de la violation des articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec les articles 56 et 57<br \/>\n       du TFUE.<br \/>\n       B.27. La Cour doit encore examiner si les articles 5, 9\u00b0, 9, c), et 10, a) et b), attaqu\u00e9s, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 portent atteinte aux articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec la libert\u00e9 d\u2019entreprendre des gestionnaires des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       B.28.1. La loi du 28 f\u00e9vrier 2013, qui a introduit l\u2019article II.3 du Code de droit \u00e9conomique, a abrog\u00e9 le d\u00e9cret dit d\u2019Allarde des 2-17 mars 1791. Ce d\u00e9cret, qui garantissait la libert\u00e9 de commerce et d\u2019industrie, a r\u00e9guli\u00e8rement servi de norme de r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Cour dans son contr\u00f4le du respect des articles 10 et 11 de la Constitution.<br \/>\n       B.28.2. La libert\u00e9 d\u2019entreprendre, vis\u00e9e par l\u2019article II.3 du Code de droit \u00e9conomique, doit s\u2019exercer \u00ab dans le respect des trait\u00e9s internationaux en vigueur en Belgique, du cadre normatif g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019union \u00e9conomique et de l\u2019unit\u00e9 mon\u00e9taire tel qu\u2019\u00e9tabli par ou en vertu des trait\u00e9s internationaux et de la loi \u00bb (article II.4 du m\u00eame Code).<br \/>\n       La libert\u00e9 d\u2019entreprendre doit par cons\u00e9quent \u00eatre lue en combinaison avec les dispositions de droit de l\u2019Union europ\u00e9enne applicables, ainsi qu\u2019avec l\u2019article 6, \u00a7 1er, VI, alin\u00e9a 3, de la loi sp\u00e9ciale du 8 ao\u00fbt 1980, au regard duquel la Cour peut effectuer directement un contr\u00f4le, d\u00e8s lors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une r\u00e8gle r\u00e9partitrice de comp\u00e9tences.<br \/>\n       Enfin, la libert\u00e9 d\u2019entreprendre est \u00e9galement garantie par l\u2019article 16 de la Charte.<br \/>\n       B.28.3. La libert\u00e9 d\u2019entreprendre ne peut \u00eatre con\u00e7ue comme une libert\u00e9 absolue. Elle ne fait pas obstacle \u00e0 ce que le l\u00e9gislateur comp\u00e9tent r\u00e8gle l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique des personnes et des entreprises. Celui-ci n\u2019interviendrait de mani\u00e8re d\u00e9raisonnable que s\u2019il limitait la libert\u00e9 d\u2019entreprendre sans aucune n\u00e9cessit\u00e9 ou si cette limitation \u00e9tait disproportionn\u00e9e au but poursuivi.<br \/>\n       45<br \/>\n       La libert\u00e9 d\u2019entreprise \u00ab doit \u00eatre prise en consid\u00e9ration par rapport \u00e0 sa fonction dans la soci\u00e9t\u00e9 \u00bb. Elle peut d\u00e8s lors \u00ab \u00eatre soumise \u00e0 un large \u00e9ventail d\u2019interventions de la puissance publique susceptibles d\u2019\u00e9tablir, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, des limitations \u00e0 l\u2019exercice de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique \u00bb (CJUE, grande chambre, 22 janvier 2013, C-283\/11, Sky \u00d6sterreich GmbH, ECLI:EU:C:2013:28, points 45 et 46; grande chambre, 21 d\u00e9cembre 2016, C-201\/15, AGET<br \/>\n       Iraklis, ECLI:EU:C:2016:972, points 85 et 86).<br \/>\n       B.29. La Cour doit examiner si les articles 5, 9\u00b0, 9, c), et 10, a) et b), attaqu\u00e9s, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 limitent la libert\u00e9 d\u2019entreprendre des gestionnaires des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s sans n\u00e9cessit\u00e9 ou de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e au but poursuivi par le l\u00e9gislateur ordonnanciel.<br \/>\n       B.30.1. Comme il est dit en B.7.1 et en B.17.1, il ressort des travaux pr\u00e9paratoires que l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 poursuit plusieurs objectifs. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel a entendu rem\u00e9dier aux dysfonctionnements du r\u00e9gime ant\u00e9rieur applicable aux \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel a d\u2019abord voulu r\u00e9pondre de la mani\u00e8re la plus ad\u00e9quate possible aux besoins des a\u00een\u00e9s et garantir leur libert\u00e9 de choix, en assurant la qualit\u00e9 et l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re des \u00e9tablissements, leur r\u00e9partition g\u00e9ographique et leur r\u00e9partition entre les diff\u00e9rents secteurs public, associatif et commercial. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel a \u00e9galement souhait\u00e9 assurer le caract\u00e8re finan\u00e7able du syst\u00e8me en limitant son incidence budg\u00e9taire et en permettant aux pouvoirs publics de r\u00e9cup\u00e9rer la ma\u00eetrise de l\u2019offre des places dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       B.30.2. Les objectifs sp\u00e9cifiques de chacune de ces dispositions peuvent se r\u00e9sumer comme suit.<br \/>\n       B.30.3. L\u2019article 5, 9\u00b0, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 contient une d\u00e9finition des notions de \u00ab secteur \u00bb, de \u00ab secteur public \u00bb, de \u00ab secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif \u00bb<br \/>\n       et de \u00ab secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif \u00bb. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel entendait \u00ab ins\u00e9rer [&#8230;] une d\u00e9finition autonome du secteur public, du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif et du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif \u00bb (Doc. parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-<br \/>\n       2023, B-132\/1, p. 7).<br \/>\n       46<br \/>\n       B.30.4. L\u2019article 10, a), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 attribue au Coll\u00e8ge r\u00e9uni la comp\u00e9tence relative \u00e0 l\u2019octroi des ASMESE. Le Coll\u00e8ge r\u00e9uni r\u00e9partit les lits dont l\u2019agr\u00e9ment a \u00e9t\u00e9 retir\u00e9 automatiquement en raison d\u2019une inoccupation structurelle, entre les \u00e9tablissements qui le demandent et qui remplissent les exigences de qualit\u00e9 de l\u2019article 7, nouveau, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008.<br \/>\n       B.30.5. L\u2019article 10, b), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 vise \u00e0 d\u00e9terminer les crit\u00e8res qualitatifs que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni doit prendre en compte lors de la proc\u00e9dure d\u2019octroi d\u2019une ASMESE. Ces crit\u00e8res visent entre autres l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re de l\u2019\u00e9tablissement, la r\u00e9partition g\u00e9ographique des places, la taille des \u00e9tablissements ou l\u2019ad\u00e9quation du projet de vie de l\u2019\u00e9tablissement avec le public b\u00e9n\u00e9ficiaire concern\u00e9. Cette disposition pr\u00e9voit \u00e9galement qu\u2019en ce qui concerne les places en maisons de repos, le secteur dont rel\u00e8ve l\u2019\u00e9tablissement qui demande une ASMESE est un crit\u00e8re \u00e0 prendre en compte : tant que les \u00e9tablissements du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif repr\u00e9senteront plus de la moiti\u00e9 des places agr\u00e9\u00e9es comme places en maisons de repos, aucune nouvelle ASMESE ne leur sera accord\u00e9e. Ce dernier crit\u00e8re est justifi\u00e9 par les consid\u00e9rations suivantes :<br \/>\n       \u00ab Le crit\u00e8re relatif \u00e0 la r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e de la capacit\u00e9 sur le territoire de Bruxelles-<br \/>\n       Capitale doit permettre de cr\u00e9er des places o\u00f9 celles-ci sont g\u00e9ographiquement n\u00e9cessaires.<br \/>\n       Le crit\u00e8re relatif \u00e0 la r\u00e9partition \u00e9quilibr\u00e9e de la capacit\u00e9 des \u00e9tablissements appartenant au secteur public, au secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif et au secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif doit permettre d\u2019offrir aux a\u00een\u00e9s un libre choix entre les \u00e9tablissements du secteur public, du secteur non-<br \/>\n       marchand et du secteur marchand, et pour r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre entre les \u00e9tablissements des trois secteurs.<br \/>\n       Aujourd\u2019hui, sur le territoire de Bruxelles-Capitale, l\u2019\u00e9quilibre des places agr\u00e9\u00e9es de maisons de repos entre les secteurs est absent, avec une pr\u00e9pond\u00e9rance de 65 % pour le secteur marchand, contre 20 % pour le secteur public et 15 % pour le secteur priv\u00e9 non-marchand.<br \/>\n       Ce d\u00e9s\u00e9quilibre a un impact sur la nature de la prestations de services aux a\u00een\u00e9s, et peut entraver le choix des personnes qui souhaitent trouver un \u00e9tablissement public ou un \u00e9tablissement \u00e0 but non lucratif \u00e0 proximit\u00e9 de leur lieu de r\u00e9sidence.<br \/>\n       \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019avant-projet d\u2019ordonnance pr\u00e9voyait qu\u2019aucune nouvelle ASMESE ne pourrait \u00eatre octroy\u00e9e au secteur marchand, tant que ce secteur repr\u00e9senterait plus de 50 % de la capacit\u00e9 totale de tous les \u00e9tablissements agr\u00e9\u00e9s en vertu de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008.<br \/>\n       Il ressort toutefois de l\u2019avis du Conseil de gestion de la Sant\u00e9 et de l\u2019Aide aux personnes<br \/>\n       47<br \/>\n       d\u2019Iriscare du 22 f\u00e9vrier 2022 que ce dispositif avait notamment pour effet que les maisons de repos du secteur marchand se verraient priv\u00e9s de la possibilit\u00e9 d\u2019obtenir une ASMESE<br \/>\n       suppl\u00e9mentaire dite \u2018 MRS \u2019 (pour maison de repos et de soins) sur leurs places de maison de repos qui sont occup\u00e9es par des r\u00e9sidents pr\u00e9sentant un profil de d\u00e9pendance dit \u2018 lourd \u2019, afin d\u2019en am\u00e9liorer le taux d\u2019encadrement en personnel soignant et de r\u00e9activation. Pour \u00e9viter toute discrimination entre les r\u00e9sidents des \u00e9tablissements des secteurs public, priv\u00e9 non-marchand et marchand quant \u00e0 l\u2019encadrement auquel ils peuvent pr\u00e9tendre en fonction de leur profil de d\u00e9pendance, le dispositif pr\u00e9cit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 limit\u00e9 aux ASMESE qui portent sur des places de \u2018 maisons de repos \u2019. Dans le dispositif tel qu\u2019adapt\u00e9 suite \u00e0 l\u2019avis pr\u00e9cit\u00e9 du 22 f\u00e9vrier 2022, les \u00e9tablissements du secteur marchand peuvent donc pr\u00e9tendre \u00e0 la requalification de leurs places de maisons de repos en places de maisons de repos et de soins, au m\u00eame titre que les \u00e9tablissements des secteurs public et priv\u00e9 non-marchand (c\u2019est-\u00e0-dire dans le respect des crit\u00e8res qualitatifs pr\u00e9vus par le nouvel article 7, \u00a7 1er\/1 en projet et sous r\u00e9serve de places disponibles dans la programmation (le cas \u00e9ch\u00e9ant, la programmation transitoire)) \u00bb (ibid., pp. 10-11).<br \/>\n       B.30.6. Avant sa modification par l\u2019article 9 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, l\u2019article 6 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 disposait :<br \/>\n       \u00ab Il est interdit de mettre en service ou d\u2019exploiter un nouvel \u00e9tablissement vis\u00e9 \u00e0 l\u2019article 2, 4\u00b0, ou de mettre en service ou d\u2019exploiter une extension de la capacit\u00e9 d\u2019accueil ou d\u2019h\u00e9bergement d\u2019un de ces \u00e9tablissements existants sans y \u00eatre autoris\u00e9 par le Coll\u00e8ge r\u00e9uni, si l\u2019\u00e9tablissement concern\u00e9 entre dans une cat\u00e9gorie d\u2019\u00e9tablissements pour laquelle le Coll\u00e8ge r\u00e9uni a arr\u00eat\u00e9 une programmation conform\u00e9ment au chapitre II. L\u2019autorisation pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, qui signifie qu\u2019un projet s\u2019ins\u00e8re dans la programmation, est appel\u00e9e \u2018 autorisation sp\u00e9cifique de mise en service et d\u2019exploitation \u2019.<br \/>\n       Pour l\u2019application de l\u2019alin\u00e9a 1er, le Coll\u00e8ge r\u00e9uni peut, de l\u2019avis de la section, arr\u00eater les conditions de cession de lits ou de places entre \u00e9tablissements du m\u00eame type \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 abroge l\u2019alin\u00e9a 2, ancien, de l\u2019article 6 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008. Il en r\u00e9sulte que le Coll\u00e8ge r\u00e9uni ne peut plus autoriser les cessions directes de lits ou de places entre \u00e9tablissements, quelles qu\u2019en soient les conditions. Cette disposition vise \u00e0 mettre fin au \u00ab \u2018 march\u00e9 \u2019 des \u2018 lits autoris\u00e9s ou agr\u00e9\u00e9s \u2019 \u00bb, et donc \u00e0 \u00ab s\u2019assurer que les ASMESE seront \u00e0 l\u2019avenir octroy\u00e9es conform\u00e9ment aux crit\u00e8res qualitatifs pr\u00e9vus par le nouvel article 7, \u00a7 1er\/1 \u00bb (ibid., p. 8).<br \/>\n       B.31.1. L\u2019abrogation de l\u2019alin\u00e9a 2, ancien, de l\u2019article 6 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008<br \/>\n       par l\u2019article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019a pas pour effet de rendre<br \/>\n       48<br \/>\n       impossible la redistribution des lits et des places : elle ne fait obstacle qu\u2019\u00e0 leur cession directe.<br \/>\n       Il sera par cons\u00e9quent toujours possible, pour les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, de se voir attribuer de nouveaux lits ou de nouvelles places agr\u00e9\u00e9s, s\u2019ils en font la demande aupr\u00e8s du Coll\u00e8ge r\u00e9uni.<br \/>\n       B.31.2. Cette disposition ne fait pas obstacle, de mani\u00e8re absolue, \u00e0 l\u2019augmentation de la capacit\u00e9 d\u2019accueil des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s. Cette disposition ne porte pas plus atteinte \u00e0 l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique principale des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, laquelle consiste, en fonction du type d\u2019\u00e9tablissement, \u00e0 accueillir, h\u00e9berger ou soigner les a\u00een\u00e9s et non \u00e0 vendre et acheter des places et des lits.<br \/>\n       B.31.3. Il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que l\u2019article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019impose pas de limitation disproportionn\u00e9e \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019entreprendre des gestionnaires d\u2019\u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       B.31.4. Certes, combin\u00e9e au refus d\u2019octroi de nouvelles ASMESE aux \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s relevant du secteur priv\u00e9 tant que ces derniers repr\u00e9sentent plus de la moiti\u00e9 du total des places agr\u00e9\u00e9es en maisons de repos, cette mesure p\u00e8se particuli\u00e8rement sur les maisons de repos appartenant au secteur commercial.<br \/>\n       Toutefois, la diff\u00e9rence de traitement qui r\u00e9sulte de la combinaison des articles 9, c), et 10, a) et b), est raisonnablement justifi\u00e9e, dans la mesure o\u00f9, d\u2019une part, elle est limit\u00e9e aux maisons de repos du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif, \u00e0 l\u2019exclusion des autres types d\u2019\u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s relevant de ce m\u00eame secteur, et o\u00f9, d\u2019autre part, elle participe de mani\u00e8re d\u00e9cisive \u00e0 l\u2019objectif de r\u00e9cup\u00e9ration par les pouvoirs publics de la ma\u00eetrise de l\u2019offre \u00e0 destination des a\u00een\u00e9s.<br \/>\n       B.32. Le deuxi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       49<br \/>\n       En ce qui concerne la violation du droit de propri\u00e9t\u00e9 (troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 et premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8070)<br \/>\n       B.33.1. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 prend un troisi\u00e8me moyen de la violation, par les articles 9, c), et 10, a), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, de l\u2019article 16<br \/>\n       de la Constitution, lu en combinaison avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel \u00e0 la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (ci-apr\u00e8s : le Premier Protocole additionnel).<br \/>\n       Les ASMESE et les agr\u00e9ments comporteraient l\u2019attente l\u00e9gitime que le gestionnaire pourrait exploiter ceux-ci \u00e0 l\u2019avenir, m\u00eame si tel n\u2019\u00e9tait temporairement pas le cas et que la place \u00e9tait inoccup\u00e9e. L\u2019incidence de la privation de propri\u00e9t\u00e9 serait disproportionn\u00e9e, \u00e9tant donn\u00e9 que le retrait de l\u2019agr\u00e9ment prive le gestionnaire de toute possibilit\u00e9 d\u2019exploitation, et ce, alors que toute l\u2019infrastructure des \u00e9tablissements a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en vue de l\u2019exploitation de ces places agr\u00e9\u00e9es. Le retrait abrupt des agr\u00e9ments priverait de tout fondement les d\u00e9cisions d\u2019investissement ant\u00e9rieures.<br \/>\n       B.33.2. Les parties requ\u00e9rantes dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 prennent un premier moyen de la violation de l\u2019article 16 de la Constitution, lu en combinaison avec l\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel. L\u2019expiration automatique annuelle, en vertu de l\u2019article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022, de la moiti\u00e9 des lits agr\u00e9\u00e9s inoccup\u00e9s produirait des effets manifestement disproportionn\u00e9s, compte tenu de l\u2019incidence \u00e9conomique consid\u00e9rable pour les parties requ\u00e9rantes.<br \/>\n       En outre, l\u2019interdiction de cession de lits agr\u00e9\u00e9s violerait le droit de propri\u00e9t\u00e9. Les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s pouvaient auparavant l\u00e9gitiment s\u2019attendre \u00e0 pouvoir, sous certaines conditions, c\u00e9der des lits \u00e0 un autre \u00e9tablissement contre r\u00e9mun\u00e9ration. Ils seraient \u00e0 pr\u00e9sent priv\u00e9s de cette possibilit\u00e9.<br \/>\n       B.34.1. L\u2019article 16 de la Constitution dispose :<br \/>\n       \u00ab Nul ne peut \u00eatre priv\u00e9 de sa propri\u00e9t\u00e9 que pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique, dans les cas et de la mani\u00e8re \u00e9tablis par la loi, et moyennant une juste et pr\u00e9alable indemnit\u00e9 \u00bb.<br \/>\n       B.34.2. L\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel dispose :<br \/>\n       50<br \/>\n       \u00ab Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut \u00eatre priv\u00e9 de sa propri\u00e9t\u00e9 que pour cause d\u2019utilit\u00e9 publique et dans les conditions pr\u00e9vues par la loi et les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international.<br \/>\n       Les dispositions pr\u00e9c\u00e9dentes ne portent pas atteinte au droit que poss\u00e8dent les Etats de mettre en vigueur les lois qu\u2019ils jugent n\u00e9cessaires pour r\u00e9glementer l\u2019usage des biens conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ou pour assurer le paiement des imp\u00f4ts ou d\u2019autres contributions ou des amendes \u00bb.<br \/>\n       B.34.3. L\u2019article 1er du Premier Protocole additionnel ayant une port\u00e9e analogue \u00e0 celle de l\u2019article 16 de la Constitution, les garanties qu\u2019il contient forment un ensemble indissociable avec celles qui sont inscrites dans cette disposition constitutionnelle, de sorte que la Cour en tient compte lors de son contr\u00f4le des dispositions attaqu\u00e9es.<br \/>\n       B.35.1. La possibilit\u00e9, supprim\u00e9e, de cession de lits agr\u00e9\u00e9s entre les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s constitue un \u00e9l\u00e9ment patrimonial, d\u00e8s lors que m\u00eame un lit agr\u00e9\u00e9 inoccup\u00e9 a une valeur, \u00e0 savoir la valeur des revenus futurs que ce lit produira lorsqu\u2019il sera occup\u00e9.<br \/>\n       B.35.2. L\u2019expiration de plein droit des agr\u00e9ments (article 18 de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022) permet au Coll\u00e8ge r\u00e9uni de redistribuer les places \u00e0 d\u2019autres \u00e9tablissements, en fonction d\u2019une s\u00e9rie de crit\u00e8res qualitatifs fix\u00e9s par l\u2019article 10, b), attaqu\u00e9, de la m\u00eame ordonnance. Parmi ces crit\u00e8res figure le secteur d\u2019appartenance des \u00e9tablissements sollicitant l\u2019octroi d\u2019une ASMESE pour des places dans un \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s. En outre, pour assurer que la distribution des places soit effectivement soumise aux crit\u00e8res arr\u00eat\u00e9s par le l\u00e9gislateur ordonnanciel, ce dernier a pr\u00e9vu que la cession directe de lits et de places entre \u00e9tablissements du m\u00eame type n\u2019est plus possible (article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022).<br \/>\n       B.35.3. Comme il est dit en B.13.3, l\u2019unique effet que la version de l\u2019article 15 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 qui est issue de sa modification par l\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 aurait pu produire r\u00e9side dans l\u2019expiration de plein droit de l\u2019agr\u00e9ment, et donc de l\u2019ASMESE, portant sur la moiti\u00e9 des places inoccup\u00e9es de chaque \u00e9tablissement pour a\u00een\u00e9s soumis \u00e0 une programmation, d\u00e9finitive ou transitoire. Cette expiration aurait d\u00fb \u00eatre constat\u00e9e par Iriscare le 1er janvier 2024. Cependant, d\u00e8s lors que le<br \/>\n       51<br \/>\n       Coll\u00e8ge r\u00e9uni n\u2019avait encore arr\u00eat\u00e9 aucune programmation, d\u00e9finitive ou transitoire, \u00e0 cette date, Iriscare n\u2019a pu constater l\u2019expiration d\u2019aucun agr\u00e9ment.<br \/>\n       L\u2019article 18, attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019a donc pas produit d\u2019effets juridiques avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la r\u00e9forme op\u00e9r\u00e9e par l\u2019ordonnance du 22 d\u00e9cembre 2023, de sorte que le moyen, en ce qu\u2019il porte sur l\u2019expiration automatique des agr\u00e9ments, n\u2019a plus d\u2019objet.<br \/>\n       B.36.1. En ce qui concerne la possible cession des lits agr\u00e9\u00e9s, la cession directe de lits ou de places entre \u00e9tablissements ne peut plus \u00eatre autoris\u00e9e, qu\u2019elles qu\u2019en soient les conditions (article 9, c)). Selon le l\u00e9gislateur ordonnanciel, il convenait de mettre fin au \u00ab \u2018 march\u00e9 \u2019 des \u2018 lits autoris\u00e9s ou agr\u00e9\u00e9s \u2019 \u00bb, et donc de \u00ab s\u2019assurer que les ASMESE [seraient] \u00e0 l\u2019avenir octroy\u00e9es conform\u00e9ment aux crit\u00e8res qualitatifs pr\u00e9vus par le nouvel article 7, \u00a7 1er\/1 \u00bb (Doc.<br \/>\n       parl., Assembl\u00e9e r\u00e9unie de la Commission communautaire commune, 2022-2023, B-132\/1, p. 8).<br \/>\n       B.36.2. Comme il est dit en B.31.1, l\u2019abrogation de l\u2019alin\u00e9a 2, ancien, de l\u2019article 6 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008 par l\u2019article 9, c), attaqu\u00e9, de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       n\u2019a pas pour effet de rendre impossible la redistribution des lits et des places : elle ne fait obstacle qu\u2019\u00e0 leur cession directe. Il sera par cons\u00e9quent toujours possible, pour les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s, de se voir attribuer de nouveaux lits ou de nouvelles places agr\u00e9\u00e9s, s\u2019ils en font la demande aupr\u00e8s du Coll\u00e8ge r\u00e9uni.<br \/>\n       B.36.3. Par ailleurs, l\u2019interdiction de principe de la cession d\u2019ASMESE reproduite dans l\u2019article 10, d), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 n\u2019est pas une interdiction nouvelle : elle figurait d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019article 7, \u00a7 3, de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008, telle que publi\u00e9e au Moniteur belge du 16 mai 2008, qui disposait :<br \/>\n       \u00ab L\u2019autorisation accord\u00e9e ne peut \u00eatre c\u00e9d\u00e9e sauf en cas de changement de gestionnaire de l\u2019\u00e9tablissement auquel elle se rapporte et pour autant qu\u2019elle soit concr\u00e9tis\u00e9e sur le m\u00eame site et dans les m\u00eames conditions et d\u00e9lais \u00bb.<br \/>\n       La l\u00e9gislation ant\u00e9rieure n\u2019a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e que pour permettre au Coll\u00e8ge r\u00e9uni de refuser la cession d\u2019une ASMESE en cas de changement de gestionnaire de l\u2019\u00e9tablissement auquel elle<br \/>\n       52<br \/>\n       se rapporte, \u00ab notamment si [la cession] rev\u00eat un caract\u00e8re on\u00e9reux \u00bb (article 10, d), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022).<br \/>\n       B.36.4. En ce qu\u2019il ne cr\u00e9e aucune interdiction nouvelle et en ce qu\u2019il offre la possibilit\u00e9 (et non l\u2019obligation) au Coll\u00e8ge r\u00e9uni de refuser une cession d\u2019ASMESE si cette derni\u00e8re a un caract\u00e8re on\u00e9reux, cession qui n\u2019est possible que dans le cadre de la reprise d\u2019un \u00e9tablissement par un autre gestionnaire, l\u2019article 9, c), de l\u2019ordonnance du 15 d\u00e9cembre 2022 ne porte pas une atteinte disproportionn\u00e9e au droit de propri\u00e9t\u00e9.<br \/>\n       B.37. Le troisi\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 et le premier moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8070 ne sont pas fond\u00e9s.<br \/>\n       En ce qui concerne la violation de l\u2019article 23 de la Constitution (quatri\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069)<br \/>\n       B.38. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 prend un quatri\u00e8me moyen de la violation de l\u2019article 23 de la Constitution, lu en combinaison avec ses articles 10 et 11. L\u2019ordonnance attaqu\u00e9e violerait le droit de mener une vie conforme \u00e0 la dignit\u00e9 humaine. Le nombre de places agr\u00e9\u00e9es dans les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s est en diminution, ce qui signifie, \u00e0 terme, une baisse de la capacit\u00e9 d\u2019accueil des \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s; cette capacit\u00e9 n\u2019augmentera \u00e0 nouveau que si les acteurs du secteur public ou du secteur priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif ouvrent de nouveaux \u00e9tablissements et consentent les investissements n\u00e9cessaires \u00e0 cette fin.<br \/>\n       B.39.1. L\u2019article 23 de la Constitution dispose :<br \/>\n       \u00ab Chacun a le droit de mener une vie conforme \u00e0 la dignit\u00e9 humaine.<br \/>\n       \u00c0 cette fin, la loi, le d\u00e9cret ou la r\u00e8gle vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 134 garantissent, en tenant compte des obligations correspondantes, les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels, et d\u00e9terminent les conditions de leur exercice.<br \/>\n       Ces droits comprennent notamment :<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       53<br \/>\n       2\u00b0 le droit \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 sociale, \u00e0 la protection de la sant\u00e9 et \u00e0 l\u2019aide sociale, m\u00e9dicale et juridique;<br \/>\n       3\u00b0 le droit \u00e0 un logement d\u00e9cent;<br \/>\n       [&#8230;] \u00bb.<br \/>\n       B.39.2. L\u2019article 23 de la Constitution dispose que chacun a le droit de mener une vie conforme \u00e0 la dignit\u00e9 humaine. \u00c0 cette fin, les diff\u00e9rents l\u00e9gislateurs garantissent, en tenant compte des obligations correspondantes, les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels, et d\u00e9terminent les conditions de leur exercice. Ces droits comprennent notamment le droit \u00e0 la protection de la sant\u00e9 et le droit \u00e0 un logement d\u00e9cent. L\u2019article 23 de la Constitution ne pr\u00e9cise pas ce qu\u2019impliquent ces droits dont seul le principe est exprim\u00e9, chaque l\u00e9gislateur \u00e9tant charg\u00e9 de les garantir, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2 de cet article, en tenant compte des obligations correspondantes.<br \/>\n       B.39.3. L\u2019article 23 de la Constitution contient une obligation de standstill qui interdit au l\u00e9gislateur comp\u00e9tent de r\u00e9duire significativement, sans justification raisonnable, le degr\u00e9 de protection offert par la l\u00e9gislation applicable.<br \/>\n       B.39.4. En mati\u00e8re socio-\u00e9conomique, le l\u00e9gislateur comp\u00e9tent dispose d\u2019un large pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation en vue de d\u00e9terminer les mesures \u00e0 prendre pour tendre vers les objectifs qu\u2019il s\u2019est fix\u00e9s.<br \/>\n       B.40.1. Comme il est dit en B.7.1 et en B.17.1, le l\u00e9gislateur ordonnanciel a, par l\u2019ordonnance attaqu\u00e9e, entendu rem\u00e9dier aux dysfonctionnements du r\u00e9gime ant\u00e9rieur applicable aux \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel a d\u2019abord voulu r\u00e9pondre de la mani\u00e8re la plus ad\u00e9quate possible aux besoins des a\u00een\u00e9s et garantir leur libert\u00e9 de choix, en assurant la qualit\u00e9 et l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re des \u00e9tablissements, leur r\u00e9partition g\u00e9ographique et leur r\u00e9partition entre les diff\u00e9rents secteurs public, associatif et commercial.<br \/>\n       B.40.2. Par ailleurs, seule la moiti\u00e9 des places structurellement inoccup\u00e9es expire chaque ann\u00e9e et les \u00e9tablissements peuvent toujours demander de nouveaux agr\u00e9ments et de nouvelles ASMESE, s\u2019ils en d\u00e9montrent la n\u00e9cessit\u00e9 dans leur \u00e9tablissement et s\u2019ils remplissent les conditions de qualit\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard (article 7 de l\u2019ordonnance du 24 avril 2008). Il n\u2019est pas<br \/>\n       54<br \/>\n       d\u00e9pourvu de justification raisonnable de s\u2019assurer que les \u00e9tablissements pour a\u00een\u00e9s du secteur priv\u00e9 \u00e0 but lucratif ne concentrent au maximum que la moiti\u00e9 des places agr\u00e9\u00e9es, et donc que les maisons de repos des secteurs public et priv\u00e9 \u00e0 but non lucratif disposent, ensemble, de l\u2019autre moiti\u00e9 des places, en vue de permettre aux a\u00een\u00e9s d\u2019opter pour un \u00e9tablissement relevant du secteur de leur choix, ainsi que de leur assurer l\u2019accessibilit\u00e9 financi\u00e8re des maisons de repos.<br \/>\n       De surcro\u00eet, l\u2019expiration des agr\u00e9ments lib\u00e9rera de l\u2019espace dans la programmation pour le Coll\u00e8ge r\u00e9uni.<br \/>\n       B.41. Le quatri\u00e8me moyen dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       En ce qui concerne la question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne<br \/>\n       B.42. La partie requ\u00e9rante dans l\u2019affaire n\u00b0 8069 demande \u00e0 la Cour de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne portant sur l\u2019interpr\u00e9tation des articles 49 et 56 du TFUE.<br \/>\n       B.43.1. Lorsqu\u2019une question d\u2019interpr\u00e9tation du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne est soulev\u00e9e dans une affaire pendante devant une juridiction nationale dont les d\u00e9cisions ne sont pas susceptibles de recours en vertu du droit national, cette juridiction est tenue de poser la question \u00e0 la Cour de justice, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 267, troisi\u00e8me alin\u00e9a, du TFUE.<br \/>\n       Ce renvoi n\u2019est toutefois pas n\u00e9cessaire lorsque cette juridiction a constat\u00e9 que la question soulev\u00e9e n\u2019est pas pertinente, que la disposition du droit de l\u2019Union en cause a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019une interpr\u00e9tation de la part de la Cour ou que l\u2019interpr\u00e9tation correcte du droit de l\u2019Union s\u2019impose avec une telle \u00e9vidence qu\u2019elle ne laisse place \u00e0 aucun doute raisonnable (CJCE, 6 octobre 1982, C-283\/81, CILFIT, ECLI:EU:C:1982:335, point 21; CJUE, grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19, Consorzio Italian Management et Catania Multiservizi SpA, ECLI:EU:C:2021:799, point 33). \u00c0 la lumi\u00e8re de l\u2019article 47 de la Charte, ces motifs doivent ressortir \u00e0 suffisance de la motivation de l\u2019arr\u00eat par lequel la juridiction refuse de poser la question pr\u00e9judicielle (CJUE, grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19, pr\u00e9cit\u00e9, point 51).<br \/>\n       55<br \/>\n       L\u2019exception du d\u00e9faut de pertinence a pour effet que la juridiction nationale n\u2019est pas tenue de poser une question lorsque \u00ab la question n\u2019est pas pertinente, c\u2019est-\u00e0-dire dans les cas o\u00f9 la r\u00e9ponse \u00e0 cette question, quelle qu\u2019elle soit, ne pourrait avoir aucune influence sur la solution du litige \u00bb (CJUE, 15 mars 2017, C-3\/16, Aquino, ECLI:EU:C:2017:209, point 43; grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19, pr\u00e9cit\u00e9, point 34).<br \/>\n       L\u2019exception selon laquelle l\u2019interpr\u00e9tation correcte du droit de l\u2019Union s\u2019impose avec \u00e9vidence implique que la juridiction nationale doit \u00eatre convaincue que la m\u00eame \u00e9vidence s\u2019imposerait \u00e9galement aux autres juridictions de dernier ressort des autres \u00c9tats membres et \u00e0 la Cour de justice. Elle doit \u00e0 cet \u00e9gard tenir compte des caract\u00e9ristiques propres au droit de l\u2019Union, des difficult\u00e9s particuli\u00e8res que pr\u00e9sente l\u2019interpr\u00e9tation de ce dernier et du risque de divergences de jurisprudence au sein de l\u2019Union. Elle doit \u00e9galement tenir compte des diff\u00e9rences entre les versions linguistiques de la disposition concern\u00e9e dont elle a connaissance, notamment lorsque ces divergences sont expos\u00e9es par les parties et sont av\u00e9r\u00e9es. Enfin, elle doit \u00e9galement avoir \u00e9gard \u00e0 la terminologie propre \u00e0 l\u2019Union et aux notions autonomes dans le droit de l\u2019Union, ainsi qu\u2019au contexte de la disposition applicable \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019ensemble des dispositions du droit de l\u2019Union, de ses finalit\u00e9s et de l\u2019\u00e9tat de son \u00e9volution \u00e0 la date \u00e0 laquelle l\u2019application de la disposition en cause doit \u00eatre faite (CJUE, grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19, pr\u00e9cit\u00e9, points 40-46).<br \/>\n       Pour le surplus, une juridiction nationale statuant en dernier ressort peut s\u2019abstenir de soumettre une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour \u00ab pour des motifs d\u2019irrecevabilit\u00e9 propres \u00e0 la proc\u00e9dure devant cette juridiction, sous r\u00e9serve du respect des principes d\u2019\u00e9quivalence et d\u2019effectivit\u00e9 \u00bb (CJCE, 14 d\u00e9cembre 1995, C-430\/93 et C-431\/93, Van Schijndel et Van Veen, ECLI:EU:C:1995:441, point 17; CJUE, 15 mars 2017, C-3\/16, pr\u00e9cit\u00e9, point 56; grande chambre, 6 octobre 2021, C-561\/19, pr\u00e9cit\u00e9, point 61).<br \/>\n       B.43.2. Compte tenu de ce qui est dit en B.25.1 et B.25.2, les dispositions attaqu\u00e9es ne violent pas la libert\u00e9 d\u2019\u00e9tablissement et la libre prestation des services, de sorte qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de poser une question pr\u00e9judicielle \u00e0 la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       56<br \/>\n       Par ces motifs,<br \/>\n       la Cour<br \/>\n       rejette les recours.<br \/>\n       Ainsi rendu en langue n\u00e9erlandaise, en langue fran\u00e7aise et en langue allemande, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 65 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 7 novembre 2024.<br \/>\n       Le greffier, Le pr\u00e9sident,<br \/>\n       Nicolas Dupont Luc Lavrysen<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.116\n       <\/p>\n<p>            Publication(s) li\u00e9e(s)              <\/p>\n<p>citant:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2008:ARR.042         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2010:ARR.135         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:1982:335        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:1995:441        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2013:28        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2016:108        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2016:972        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2017:209        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2018:906        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2020:980        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2021:799        <\/p>\n<p>cit\u00e9 par:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.091         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2025:ARR.265.261         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2025:ARR.265.262         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.339         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.340         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.341         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.342         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.720         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.721         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.265.908         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.266.340         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.266.341         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2026:ARR.266.342         <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p><!-- Action LOG \nfunction JUPORTARecordLogViewDecision  $iubel_id        : 279471\n                                       $action_type     : VIEW\n                                      &amp;$action_startmt  : 1780559586.0138\n                                      &amp;$action_duration : 232\n                                      &amp;$addressipremote : 103.115.10.116\n                                      &amp;$latitude        : '39.0469000'\n                                      &amp;$longitude       : '-77.4903000'\n                                      &amp;$accuracy        : null\n                                      &amp;$altitude        : null\n                                      &amp;$langue_view     : FR\n--><br \/>\n<!-- Action_duration 232 millisec --><br \/>\n      <!-- end of main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>    <!-- end of division \"page_main\" --><\/p>\n<p>              &#9993; info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.116\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. 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