{"id":1163613,"date":"2026-06-21T19:29:51","date_gmt":"2026-06-21T17:29:51","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibervsce2024arr-261-242\/"},"modified":"2026-06-21T19:29:51","modified_gmt":"2026-06-21T17:29:51","slug":"eclibervsce2024arr-261-242","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibervsce2024arr-261-242\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.261.242"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nConseil d&apos;\u00c9tat  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 29 octobre 2024            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.261.242<\/p>\n<p>No R\u00f4le:<\/p>\n<p>A. 242624\/VIII-12631<\/p>\n<p>Affaire:<\/p>\n<p>Arr\u00eat 261242 &#8211; Mandataires locaux &#8211; 29\/10\/2024<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit administratif<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2024-10-29<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>99 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-03 16:43<\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p> Arr\u00eat no 261.242 du 29 octobre 2024 Institutions, Int\u00e9rieur et pouvoirs<br \/>\n        locaux &#8211; Mandataires locaux D\u00e9cision :  Ordonn\u00e9e\n    <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>CONSEIL D&apos;ETAT\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; CONSEIL D&apos;\u00c9TAT &#8211; Arr\u00eats (Conseil d&apos;\u00c9tat)\n <\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       CONSEIL D\u2019\u00c9TAT, SECTION DU CONTENTIEUX ADMINISTRATIF<br \/>\n       LE PR\u00c9SIDENT DE LA VIIIe CHAMBRE SI\u00c9GEANT EN R\u00c9F\u00c9R\u00c9<br \/>\n       A R R \u00caT<br \/>\n       no 261.242 du 29 octobre 2024<br \/>\n       A. 242.624\/VIII-12.631<br \/>\n       En cause : B. G., ayant \u00e9lu domicile chez Me Augustin DAOUT, avocat, rue de Stassart 99<br \/>\n       1050 Bruxelles, contre :<br \/>\n       la commune de Schaerbeek, repr\u00e9sent\u00e9e par son coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins, ayant \u00e9lu domicile chez Mes Jacques SAMBON et Erim A\u00c7IKG\u00d6Z, avocats, boulevard Auguste Reyers 110<br \/>\n       1030 Bruxelles.<br \/>\n       &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<br \/>\n       I. Objet de la requ\u00eate<br \/>\n       Par une requ\u00eate introduite le 30 juillet 2024, la partie requ\u00e9rante demande, d\u2019une part, la suspension de l\u2019ex\u00e9cution de \u00ab la d\u00e9cision prise par le conseil communal de la commune de Schaerbeek du 26 juin 2024, de le d\u00e9choir de sa qualit\u00e9 de membre du conseil consultatif de la personne animale \u00bb et, d\u2019autre part, l\u2019annulation de cette d\u00e9cision.<br \/>\n       II. Proc\u00e9dure<br \/>\n       La note d\u2019observations et le dossier administratif ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s.<br \/>\n       M. Laurent Jans, premier auditeur au Conseil d\u2019\u00c9tat, a r\u00e9dig\u00e9 un rapport sur la base de l\u2019article 12 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 5 d\u00e9cembre 1991 \u2018d\u00e9terminant la proc\u00e9dure en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 devant le Conseil d\u2019\u00c9tat\u2019.<br \/>\n       Par une ordonnance du 26 septembre 2024, l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 l\u2019audience du 25 octobre 2024 et le rapport a \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9 aux parties.<br \/>\n       M. Fr\u00e9d\u00e9ric Gosselin, conseiller d\u2019\u00c9tat, pr\u00e9sident f.f., a expos\u00e9 son<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 1\/16<br \/>\n       rapport.<br \/>\n       Me Augustin Daout, avocat, comparaissant pour la partie requ\u00e9rante, et Me Jacques Sambon, avocat, comparaissant pour la partie adverse, ont \u00e9t\u00e9 entendus en leurs observations.<br \/>\n       M. Laurent Jans, premier auditeur au Conseil d\u2019\u00c9tat, a \u00e9t\u00e9 entendu en son avis conforme.<br \/>\n       Il est fait application des dispositions relatives \u00e0 l\u2019emploi des langues, inscrites au titre VI, chapitre II, des lois sur le Conseil d\u2019\u00c9tat, coordonn\u00e9es le 12 janvier 1973.<br \/>\n       III. Faits<br \/>\n       1. Selon la requ\u00eate, le requ\u00e9rant est conseiller communal \u00e0 Schaerbeek depuis 1983 et y a occup\u00e9 les fonctions d\u2019\u00e9chevin de 1989 \u00e0 1995 et de 2001 \u00e0 2018.<br \/>\n       2. Depuis 2019 et la cr\u00e9ation par la partie adverse du \u00ab conseil consultatif du bien-\u00eatre de la personne animale \u00bb (ci-apr\u00e8s : le conseil consultatif), il est membre de celui-ci en tant qu\u2019expert, en sa qualit\u00e9 de membre d\u2019une ASBL active dans le domaine de la protection de animaux. Son mandat a \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9 par une d\u00e9lib\u00e9ration du conseil communal de la partie adverse du 24 janvier 2024.<br \/>\n       Ce conseil consultatif, pr\u00e9sid\u00e9 par l\u2019\u00e9chevine du Bien-\u00eatre animal, est charg\u00e9 d\u2019 \u00ab \u00e9mettre des avis et faire des propositions sous forme de recommandations aux autorit\u00e9s communales sur les probl\u00e8mes rentrant dans le cadre de l\u2019objet [\u2026] \u00bb, \u00e0 savoir \u00ab \u00e9tudier les besoins en termes de bien-\u00eatre animal \u00e0 Schaerbeek ; [\u2026]<br \/>\n       sensibiliser, informer et responsabiliser les citoyens \u00e0 la question du bien-\u00eatre animal ;<br \/>\n       [\u2026] lutter contre la maltraitance animale ; [\u2026] proposer de nouveaux projets en la mati\u00e8re \u00bb (art. 1er du r\u00e8glement relatif au conseil consultatif du Bien-\u00eatre de la personne animale). Il comprend entre dix et vingt membres et est compos\u00e9 de \u00ab 5 experts en mati\u00e8re de bien-\u00eatre de la personne animale ; 2 v\u00e9t\u00e9rinaires domicili\u00e9s \u00e0 Schaerbeek et\/ou exer\u00e7ant le m\u00e9tier \u00e0 Schaerbeek ; 12 citoyens impliqu\u00e9s dans la cause animale \u00bb, d\u00e9sign\u00e9s pour une dur\u00e9e de trois ans par le conseil communal sur proposition du coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins.<br \/>\n       3. Une r\u00e9union du conseil consultatif a lieu le 11 juin 2024.<br \/>\n       4. Le lendemain, une fonctionnaire de la partie adverse, responsable au service Famille et Bien-\u00eatre animal et pr\u00e9sente \u00e0 cette r\u00e9union, d\u00e9nonce \u00e0 la directrice<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 2\/16<br \/>\n       et au directeur adjoint du service Vie citoyenne des propos \u00ab islamophobes et racistes \u00bb que le requ\u00e9rant aurait tenus \u00e0 cette occasion dans le cadre d\u2019une discussion sur l\u2019abattage rituel des animaux.<br \/>\n       Le m\u00eame jour, la pr\u00e9sidente du conseil consultatif, \u00e9galement pr\u00e9sente lors de la r\u00e9union litigieuse, s\u2019adresse au secr\u00e9taire communal et \u00e0 la bourgmestre f.f.<br \/>\n       pour confirmer les propos de cette plainte et d\u00e9noncer \u00ab un discours raciste clairement \u00e9lectoraliste \u00bb de la part du requ\u00e9rant.<br \/>\n       5. Le 13 juin 2024, la directrice du service Vie citoyenne \u00e9crit au secr\u00e9taire communal et \u00e0 la bourgmestre f.f. pour relater les faits qui lui ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s par la fonctionnaire susvis\u00e9e.<br \/>\n       6. Le 18 juin 2024, \u00ab l\u2019incident survenu lors de la 2e r\u00e9union du conseil consultatif du Bien-\u00eatre animal le 11 juin dernier, impliquant [le requ\u00e9rant] [\u2026]<br \/>\n       lequel a tenu des propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe \u00bb est mis \u00e0 l\u2019agenda de la r\u00e9union du coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins, et l\u2019\u00e9chevine susvis\u00e9e relate les faits.<br \/>\n       Il est sugg\u00e9r\u00e9 au coll\u00e8ge d\u2019\u00ab approuver l\u2019activation de la proc\u00e9dure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 10 du r\u00e8glement relatif au conseil consultatif du Bien-\u00eatre de la personne animale \u00bb en vertu duquel le conseil communal peut, sur proposition du coll\u00e8ge, r\u00e9voquer un membre du conseil consultatif qui ne respecterait pas \u00ab un esprit de civilit\u00e9, de respect des diff\u00e9rences et de la loi belge \u00bb, de suspendre temporairement la participation du requ\u00e9rant aux prochaines r\u00e9unions dudit conseil et de charger le secr\u00e9taire communal de lui demander de s\u2019expliquer par \u00e9crit pour le 24 juin 2024 au plus tard.<br \/>\n       7. Le m\u00eame jour, le coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins approuve cette proposition et d\u00e9cide de \u00ab suspendre temporairement [la] participation [du requ\u00e9rant]<br \/>\n       aux prochaines r\u00e9unions du conseil jusqu\u2019\u00e0 ce que le coll\u00e8ge, et le cas \u00e9ch\u00e9ant le conseil communal, prenne une d\u00e9cision d\u00e9finitive quant \u00e0 [sa] qualit\u00e9 de membre du conseil consultatif \u00bb.<br \/>\n       8. Le 24 juin suivant, le requ\u00e9rant d\u00e9pose une note de d\u00e9fense accompagn\u00e9e de deux t\u00e9moignages de membres du conseil consultatif pr\u00e9sents lors de la r\u00e9union litigieuse selon lesquels, en substance, il n\u2019aurait pas tenu de propos racistes ou islamophobes \u00e0 cette occasion.<br \/>\n       9. Le lendemain, le coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins prend acte des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense du requ\u00e9rant, \u00ab d\u00e9cide, en application de l\u2019art. 10 du R.O.I. du conseil consultatif du Bien-\u00eatre animal, de demander au conseil la r\u00e9vocation [du<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 3\/16<br \/>\n       requ\u00e9rant] de sa qualit\u00e9 de membre [dudit] conseil \u00bb et \u00ab d\u2019inscrire ce point en urgence au conseil de juin 2024 en s\u00e9ance publique \u00bb.<br \/>\n       10. Le 26 juin 2024, le point est discut\u00e9 lors de la s\u00e9ance publique du conseil communal qui, le m\u00eame jour, d\u00e9choit le requ\u00e9rant de son mandat de membre du conseil consultatif, dans les termes suivants :<br \/>\n       \u00ab [\u2026]<br \/>\n       Attendu que [le requ\u00e9rant] a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 membre du conseil consultatif de la personne animale en tant qu\u2019expert repr\u00e9sentant l\u2019asbl [\u2026]<br \/>\n       [\u2026]<br \/>\n       Attendu que l\u2019article 10 dudit r\u00e8glement stipule : \u201cLes membres s\u2019engagent \u00e0 participer aux travaux du conseil dans un esprit de civilit\u00e9, de respect des diff\u00e9rences et de la loi belge. Le conseil communal peut r\u00e9voquer un membre ne respectant pas cet esprit sur proposition du coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins.<br \/>\n       L\u2019int\u00e9ress\u00e9 pourra pr\u00e9alablement pr\u00e9senter sa d\u00e9fense par \u00e9crit adress\u00e9e au coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins\u201d.<br \/>\n       Vu l\u2019incident survenu lors de la 2e r\u00e9union du conseil consultatif du Bien-\u00eatre animal, le 11 juin dernier, impliquant [le requ\u00e9rant], lequel aurait tenu des propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe.<br \/>\n       Attendu que ces propos sont attest\u00e9s par un mail de [l\u2019\u00e9chevine] transmis le 12 juin 2024 \u00e0 Mme la Bourgmestre et \u00e0 M. le Secr\u00e9taire communal et par deux rapports transmis le 13 juin 2024 \u00e0 M. le Secr\u00e9taire communal.<br \/>\n       Vu les \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense transmis ce lundi 23 [lire : 24] juin 2024 par [le requ\u00e9rant], Attendu que dans ces \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense, [le requ\u00e9rant] conteste avoir tenu des propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe, Vu le rapport du coll\u00e8ge du 25 juin 202[4], Consid\u00e9rant que le coll\u00e8ge a d\u00e9cid\u00e9, apr\u00e8s lecture des \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense et en application de l\u2019art 10 du ROI du conseil consultatif du Bien-\u00eatre animal, de demander au conseil communal la r\u00e9vocation [du requ\u00e9rant] de sa qualit\u00e9 [de]<br \/>\n       membre du conseil consultatif.<br \/>\n       D\u00e9cide :<br \/>\n       De d\u00e9choir [le requ\u00e9rant] de sa qualit\u00e9 de membre du conseil consultatif de la personne animale \u00bb.<br \/>\n       Il s\u2019agit de l\u2019acte attaqu\u00e9, notifi\u00e9 au requ\u00e9rant le 4 juillet suivant.<br \/>\n       IV. Conditions de la suspension<br \/>\n       Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 17, \u00a7 1er, alin\u00e9a 2, des lois sur le Conseil d\u2019\u00c9tat, coordonn\u00e9es le 12 janvier 1973, la suspension de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision administrative suppose deux conditions, une urgence incompatible avec le d\u00e9lai de traitement de l\u2019affaire en annulation et l\u2019existence d\u2019au moins un moyen s\u00e9rieux susceptible, prima facie, de justifier l\u2019annulation de cette d\u00e9cision.<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 4\/16<br \/>\n       V. Expos\u00e9 de l\u2019urgence<br \/>\n       V.1. Th\u00e8ses des parties<br \/>\n       V.1.1. La requ\u00eate<br \/>\n       Le requ\u00e9rant rappelle la jurisprudence selon laquelle le risque de dommage moral est en principe r\u00e9par\u00e9 par l\u2019annulation qui serait prononc\u00e9e ult\u00e9rieurement, ce dommage pouvant toutefois justifier la suspension dans des circonstances particuli\u00e8res, notamment lorsque l\u2019acte attaqu\u00e9 porte atteinte \u00e0 l\u2019honneur et \u00e0 la r\u00e9putation de l\u2019int\u00e9ress\u00e9 dans son milieu professionnel. Il fait valoir qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, \u00ab en attestant de mani\u00e8re publique, [qu\u2019il] serait coupable de \u201cpropos racistes et islamophobes\u201d dans le cadre de son mandat au sein d\u2019une institution publique et en justifiant, de mani\u00e8re particuli\u00e8rement sommaire, qu\u2019il soit purement et simplement \u201cd\u00e9chu\u201d \u00bb, l\u2019acte attaqu\u00e9 est de nature \u00e0 lui causer imm\u00e9diatement \u00ab un pr\u00e9judice majeur \u00bb justifiant la suspension de son ex\u00e9cution. Il estime que la sanction attaqu\u00e9e \u00ab est, clairement, de nature \u00e0 faire peser une \u201csuspicion\u201d [\u2026] quant \u00e0 son comportement public, quant \u00e0 ses valeurs et quant \u00e0 sa mani\u00e8re d\u2019exercer un mandat \u00e9lectif, serait-il indirect, et que, s\u2019agissant de fonctions politiques, elles [sic] jettent un discr\u00e9dit tr\u00e8s particulier sur [lui] vis-\u00e0-vis du public \u00bb. Il affirme que le Conseil d\u2019\u00c9tat \u00ab a d\u00e9j\u00e0 eu l\u2019occasion de retenir de tels crit\u00e8res pour reconna\u00eetre l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9judice grave difficilement r\u00e9parable (\u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 c\u2019\u00e9tait ce crit\u00e8re qui conditionnait la recevabilit\u00e9 d\u2019un recours en suspension) : d\u2019une part, un dommage moral entra\u00een\u00e9 par les suspicions et insinuations injustes dont le requ\u00e9rant fait l\u2019objet et, d\u2019autre part, le maintien, pour un terme ind\u00e9terminable, d\u2019une mesure d\u2019exclusion d\u2019une fonction qu\u2019il a occup\u00e9 jusqu\u2019ici \u00e0 la satisfaction g\u00e9n\u00e9rale \u00bb.<br \/>\n       Il indique qu\u2019 \u00ab en particulier, il faut insister sur le fait que la mesure de \u201cd\u00e9ch\u00e9ance\u201d [lui] inflig\u00e9e a \u00e9t\u00e9 prise lors d\u2019une s\u00e9ance publique du conseil communal (au m\u00e9pris du huis clos l\u00e9gal), avec un vote quasiment \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 de la part des membres qui n\u2019avaient sans doute pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s correctement de l\u2019ensemble des donn\u00e9es de la cause, ce qui aggrave assur\u00e9ment [son] pr\u00e9judice professionnel \u00bb.<br \/>\n       Il ajoute qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de toute une s\u00e9rie d\u2019articles de presse faisant \u00e9tat de propos racistes, de sa suspension et de sa r\u00e9vocation, \u00ab dans le cadre d\u2019une campagne de presse qui a \u00e9t\u00e9 manifestement orchestr\u00e9e par plusieurs adversaires politiques, tout particuli\u00e8rement la conseill\u00e8re communale Madame [N. B.] (voy. son site web contenant une s\u00e9rie de d\u00e9clarations totalement fausses qu\u2019elle [lui] pr\u00eate [\u2026], pi\u00e8ce en annexe n\u00b0 10) \u00bb. Il estime que compte tenu des d\u00e9lais normaux dans lesquels un arr\u00eat en annulation pourrait intervenir, il ne pourrait jamais r\u00e9parer ni le fait que ses fonctions \u00ab lui ont \u00e9t\u00e9 retir\u00e9es sans terme extinctif, ni le pr\u00e9judice moral grave<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 5\/16<br \/>\n       r\u00e9sultant de l\u2019atteinte port\u00e9e \u00e0 son honneur, qui lui occasionnera un dommage quotidien dans l\u2019exercice de sa fonction \u00bb.<br \/>\n       Il indique enfin qu\u2019il \u00ab n\u2019est pas n\u00e9cessaire de pol\u00e9miquer davantage sur l\u2019urgence suppl\u00e9mentaire \u00e0 voir la sanction attaqu\u00e9e suspendue [\u2026] en raison de la proximit\u00e9 des \u00e9lections communales d\u2019octobre 2024, pour lesquelles [il] devrait encore se porter candidat. C\u2019est d\u2019ailleurs sans doute pour des raisons de basse politique que, quelques jours apr\u00e8s les \u00e9lections du 9 juin 2024, plusieurs membres du conseil communal ont souhait\u00e9 l\u2019\u00e9carter de sa fonction au conseil consultatif du bien-\u00eatre animal et, par suite, d\u2019entacher son honneur et sa r\u00e9putation \u00bb, et il rel\u00e8ve \u00ab que l\u2019une des deux plaignantes s\u2019est elle-m\u00eame manifest\u00e9e \u201cau nom du parti socialiste\u201d, ce qui est assez \u00e9difiant du contexte propre \u00e0 ce dossier \u00bb.<br \/>\n       V.1.2. La note d\u2019observations<br \/>\n       La partie adverse rappelle la m\u00eame jurisprudence selon laquelle un pr\u00e9judice moral r\u00e9sultant d\u2019un acte administratif est, en principe, ad\u00e9quatement r\u00e9par\u00e9 par un arr\u00eat d\u2019annulation en raison de son effet r\u00e9troactif, et elle cite des arr\u00eats prononc\u00e9s en mati\u00e8re d\u2019atteinte \u00e0 l\u2019honneur et \u00e0 la r\u00e9putation.<br \/>\n       Elle estime que les inconv\u00e9nients cit\u00e9s par le requ\u00e9rant ne proviennent pas de l\u2019acte attaqu\u00e9 mais \u00ab d\u00e9coulent des articles relay\u00e9s dans la presse et des d\u00e9clarations de [N. B.], conseill\u00e8re communale PS \u00bb. Elle constate qu\u2019il justifie l\u2019atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation par les articles de presse publi\u00e9s \u00e0 la suite de la r\u00e9union du conseil consultatif du 11 juin 2024 et en d\u00e9duit que \u00ab ce n\u2019est pas tant la d\u00e9cision adopt\u00e9e qui est la source d\u2019une \u00e9ventuelle atteinte \u00e0 [sa] r\u00e9putation, mais l\u2019\u00e9cho dont s\u2019est faite la presse du d\u00e9roul\u00e9 de la r\u00e9union litigieuse du conseil consultatif \u00bb. Elle observe encore que presque tous les articles de presse invoqu\u00e9s au titre de l\u2019urgence sont ant\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019acte attaqu\u00e9 et que le seul article qui fait \u00e9cho \u00e0 celui-ci en tant que tel, est celui de La Capitale du 28 juin 2024. Elle en conclut que \u00ab l\u2019atteinte invoqu\u00e9e est ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019acte attaqu\u00e9 et m\u00eame, pour une grande partie, ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019enclenchement de la proc\u00e9dure aboutissant \u00e0 [celui-ci] \u00bb, que la publicit\u00e9 de l\u2019incident \u00ab \u00e9tait donc d\u00e9j\u00e0 effective avant la proc\u00e9dure litigieuse, sans que celle-ci [\u2026] ait une influence d\u00e9terminante sur cette atteinte \u00bb, et elle cite des arr\u00eats n\u00b0<br \/>\n       259.982 du 3 juin 2024, n\u00b0 235.395 du 7 juillet 2016 et n\u00b0 232.502 du 8 octobre 2015, en pr\u00e9cisant que le requ\u00e9rant a pu se d\u00e9fendre puisque les articles de presse mis en exergue font \u00e9tat de ses d\u00e9n\u00e9gations. Quant aux \u00ab \u00e9chos de la r\u00e9union litigieuse relay\u00e9s par [N. B.], conseill\u00e8re communale PS \u00bb, elle r\u00e9pond qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une atteinte ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019acte attaqu\u00e9 et qui ne rel\u00e8ve ni de celui-ci ni d\u2019elle-m\u00eame, mais des opinions personnelles de cette personne. Elle pr\u00e9cise que cette conseill\u00e8re communale n\u2019est aucunement intervenue dans la proc\u00e9dure engag\u00e9e par le coll\u00e8ge des<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 6\/16<br \/>\n       bourgmestre et \u00e9chevins et qu\u2019elle a uniquement particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9lib\u00e9ration finale attaqu\u00e9e, comme tous les autres membres du conseil communal. Elle ajoute que si le requ\u00e9rant estime que les propos ainsi tenus sont diffamatoires, \u00ab il lui revient de porter l\u2019affaire devant les juridictions comp\u00e9tentes \u00bb.<br \/>\n       Elle d\u00e9duit de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que l\u2019atteinte \u00e0 la r\u00e9putation, seul inconv\u00e9nient invoqu\u00e9 par le requ\u00e9rant, ne d\u00e9coule pas de l\u2019acte attaqu\u00e9 mais des \u00e9chos du d\u00e9roul\u00e9 de la r\u00e9union litigieuse relat\u00e9s dans la presse et relay\u00e9s par N. B.<br \/>\n       Elle conteste que l\u2019annulation \u00e9ventuelle de l\u2019acte attaqu\u00e9 ne pourrait r\u00e9parer l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019honneur du requ\u00e9rant dans la mesure o\u00f9, d\u2019une part, il n\u2019est pas av\u00e9r\u00e9 qu\u2019il \u00ab soit bel et bien candidat aux prochaines \u00e9lections \u00bb, les extraits de presse attestant, d\u2019apr\u00e8s elle, que son propre parti ne le soutient pas, et o\u00f9, d\u2019autre part, \u00ab l\u2019atteinte \u00e9voqu\u00e9e est purement hypoth\u00e9tique d\u00e8s lors qu\u2019il n\u2019est pas d\u00e9montr\u00e9 que les faits aient concr\u00e8tement abouti \u00e0 lui porter pr\u00e9judice d\u2019un point de vue politique \u00bb.<br \/>\n       Elle rel\u00e8ve que seuls quelques articles restreints dans la presse locale ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, que l\u2019affaire \u00ab n\u2019a pas eu de r\u00e9el retentissement en dehors d\u2019un cercle tr\u00e8s ferm\u00e9 \u00bb et que \u00ab d\u00e8s lors que ses propos sont, par ailleurs, av\u00e9r\u00e9s, la position qu\u2019adopte le conseil communal quant \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 continuer son mandat au sein du conseil consultatif est sans incidence sur ses mandats politiques. En effet, ce n\u2019est pas sa r\u00e9vocation du conseil consultatif qui porte atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation politique, mais les propos qu\u2019il a tenus et les \u00e9chos de la presse. La r\u00e9vocation de son mandat n\u2019en est qu\u2019une cons\u00e9quence \u00bb.<br \/>\n       Selon elle, l\u2019acte attaqu\u00e9 n\u2019ajoute aucune nouvelle information au d\u00e9bat et ne contient aucun \u00e9l\u00e9ment compl\u00e9mentaire \u00e0 ceux d\u00e9j\u00e0 d\u00e9battus dans la presse et qui portent en eux-m\u00eames atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation. Elle estime que \u00ab les d\u00e9bats engendr\u00e9s par ses propos rel\u00e8vent du cours normal des choses pour un mandataire politique dont il revient qu\u2019il en assume les cons\u00e9quences politiques. De plus, [le requ\u00e9rant] a pu se d\u00e9fendre publiquement tant devant le conseil communal que devant la presse. Ce faisant, il ne peut utilement invoquer des \u00e9ventuelles cons\u00e9quences dommageables en termes politiques \u00bb.<br \/>\n       Enfin, elle r\u00e9pond que l\u2019\u00e9ventuelle irr\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure de r\u00e9vocation n\u2019\u00e9tablit pas l\u2019urgence au regard de la jurisprudence qu\u2019elle cite.<br \/>\n       V.2. Appr\u00e9ciation<br \/>\n       Selon la jurisprudence constante, l\u2019urgence au sens de l\u2019article 17, \u00a7 1er, des lois sur le Conseil d\u2019\u00c9tat, coordonn\u00e9es le 12 janvier 1973, ne peut r\u00e9sulter de la seule circonstance qu\u2019une d\u00e9cision au fond interviendrait dans un avenir plus ou<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 7\/16<br \/>\n       moins lointain. Elle ne peut \u00eatre reconnue que si la partie requ\u00e9rante d\u00e9montre que la mise en \u0153uvre de l\u2019acte attaqu\u00e9 pr\u00e9senterait des inconv\u00e9nients d\u2019une imm\u00e9diatet\u00e9 et d\u2019une gravit\u00e9 suffisantes pour qu\u2019on ne puisse les laisser se produire en attendant l\u2019issue d\u2019une proc\u00e9dure en annulation. Il appartient \u00e0 la partie requ\u00e9rante d\u2019\u00e9tablir ab initio et in concreto, dans sa requ\u00eate, pi\u00e8ces \u00e0 l\u2019appui le cas \u00e9ch\u00e9ant, les circonstances qui justifient concr\u00e8tement l\u2019urgence, le Conseil d\u2019\u00c9tat ne pouvant avoir \u00e9gard \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments produits apr\u00e8s le d\u00e9p\u00f4t de la demande de suspension. Cette d\u00e9monstration de l\u2019urgence ne peut se limiter \u00e0 un expos\u00e9 th\u00e9orique, se cantonner \u00e0 la seule \u00e9vocation de pr\u00e9c\u00e9dents ou encore tenir en des consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales, mais doit permettre d\u2019appr\u00e9cier les risques concrets que l\u2019ex\u00e9cution imm\u00e9diate de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e pourrait entra\u00eener pour le requ\u00e9rant. Il s\u2019ensuit que l\u2019urgence constitue une condition sp\u00e9cifique du r\u00e9f\u00e9r\u00e9 administratif distincte de celle relative \u00e0 l\u2019expos\u00e9 d\u2019au moins un moyen s\u00e9rieux, et que le caract\u00e8re s\u00e9rieux des moyens est insuffisant, en soi, \u00e0 \u00e9tablir l\u2019urgence l\u00e9galement requise.<br \/>\n       D\u2019embl\u00e9e, il convient de constater que, comme l\u2019indique la note d\u2019observations, la justification \u00ab particuli\u00e8rement sommaire \u00bb reproch\u00e9e \u00e0 l\u2019acte attaqu\u00e9 rel\u00e8ve d\u2019une critique de l\u00e9galit\u00e9 tout \u00e0 fait ind\u00e9pendante de la d\u00e9monstration de l\u2019urgence. Cette critique ne peut, partant, \u00eatre retenue pour justifier celle-ci.<br \/>\n       Le requ\u00e9rant invoque aussi, et m\u00eame principalement, un pr\u00e9judice moral parce que la publicit\u00e9 des griefs qui fondent l\u2019acte attaqu\u00e9 jetterait \u00ab un discr\u00e9dit tr\u00e8s particulier sur [lui] vis-\u00e0-vis du public \u00bb, et il insiste sur le caract\u00e8re public de la s\u00e9ance au cours de laquelle il a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9.<br \/>\n       Comme le rappellent les parties, en principe et sauf circonstances particuli\u00e8res qu\u2019il incombe \u00e0 la partie requ\u00e9rante d\u2019invoquer et d\u2019\u00e9tablir, un pr\u00e9judice moral r\u00e9sultant d\u2019un acte administratif est ad\u00e9quatement r\u00e9par\u00e9 par un arr\u00eat d\u2019annulation en raison de son effet r\u00e9troactif. La partie requ\u00e9rante confront\u00e9e \u00e0 pareil pr\u00e9judice pourra en effet, dans ce cas, d\u00e9montrer que l\u2019acte dont les motifs auraient eu un caract\u00e8re infamant n\u2019\u00e9tait pas r\u00e9gulier. Pour qu\u2019une atteinte \u00e0 la r\u00e9putation justifie la suspension d\u2019un acte administratif, il est requis que cette atteinte soit irr\u00e9m\u00e9diable par un arr\u00eat d\u2019annulation, ce qui implique qu\u2019elle pr\u00e9sente un certain degr\u00e9 de gravit\u00e9, qu\u2019elle d\u00e9coule directement de l\u2019acte attaqu\u00e9 ou de ses motifs infamants et que ceux-ci aient re\u00e7u une certaine publicit\u00e9.<br \/>\n       En l\u2019esp\u00e8ce, la partie adverse ne conteste pas que l\u2019attribution de propos racistes ou islamophobes au requ\u00e9rant est susceptible de porter atteinte \u00e0 son honneur et \u00e0 sa r\u00e9putation, et elle ne conteste pas davantage que cette accusation peut entra\u00eener le \u00ab pr\u00e9judice majeur \u00bb dont il est fait \u00e9tat dans la requ\u00eate. Elle estime uniquement que les articles de presse produits par le requ\u00e9rant impliquent que l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019honneur<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 8\/16<br \/>\n       dont il se pr\u00e9vaut est ant\u00e9rieure \u00e0 l\u2019acte attaqu\u00e9 et que les inconv\u00e9nients qu\u2019il d\u00e9nonce ne d\u00e9coulent donc pas de celui-ci, de sorte qu\u2019ils ne peuvent justifier l\u2019urgence au regard de la jurisprudence qu\u2019elle cite.<br \/>\n       Le pr\u00e9sent recours pr\u00e9sente toutefois des caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res qui ne permettent pas, contrairement \u00e0 ce que soutient la partie adverse, de retenir en l\u2019esp\u00e8ce l\u2019enseignement des arr\u00eats qu\u2019elle revendique. En effet, dans ces affaires, il \u00e9tait certes question d\u2019articles de presse ant\u00e9rieurs \u00e0 l\u2019adoption de l\u2019acte attaqu\u00e9 mais ils s\u2019\u00e9tendaient sur plusieurs mois, et non pas sur \u00e0 peine une semaine comme en l\u2019esp\u00e8ce. S\u2019il avait par ailleurs \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 dans ces arr\u00eats que la partie requ\u00e9rante avait pu r\u00e9agir dans la presse, la partie adverse ne peut \u00eatre suivie dans la pr\u00e9sente esp\u00e8ce lorsqu\u2019elle soutient que le requ\u00e9rant aurait pu \u00ab se d\u00e9fendre puisque les articles de presse mis en exergue font \u00e9tat de ses d\u00e9n\u00e9gations \u00bb et qu\u2019il \u00ab a pu se d\u00e9fendre publiquement [\u2026] devant la presse \u00bb. Il ressort en effet de sa note de d\u00e9fense du 24 juin 2024 que le requ\u00e9rant indique, \u00e0 titre de remarque pr\u00e9liminaire : \u00ab une campagne de presse a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e contre moi d\u00e8s le vendredi 14 juin, soit cinq jours avant que je ne re\u00e7oive l\u2019\u201cacte d\u2019accusation\u201d m\u2019emp\u00eachant de r\u00e9pondre ad\u00e9quatement aux accusations puisque je n\u2019en \u00e9tais pas inform\u00e9 officiellement. Cette situation met en \u00e9vidence des fuites inacceptables au sein de l\u2019administration \u00bb. Certains des articles de presse invoqu\u00e9s par la partie adverse attestent ainsi non pas que le requ\u00e9rant aurait pu se d\u00e9fendre, mais qu\u2019il \u00ab attend d\u2019ailleurs le texte de la plainte pour comprendre ce qui lui est reproch\u00e9 \u00bb (La Derni\u00e8re Heure \u2013 Les Sports, 18 juin 2024).<br \/>\n       Enfin, et surtout, la jurisprudence invoqu\u00e9e par la partie adverse constate que la presse s\u2019\u00e9tait fait l\u2019\u00e9cho d\u2019une d\u00e9cision \u00ab prise \u00e0 huis clos en vue d\u2019\u00e9viter une publicit\u00e9 particuli\u00e8re \u00bb (arr\u00eat n\u00b0 235.395). Or en l\u2019esp\u00e8ce, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des articles de presse qu\u2019il d\u00e9pose, le requ\u00e9rant insiste particuli\u00e8rement sur la circonstance que l\u2019acte attaqu\u00e9 a \u00e9t\u00e9 pris dans le cadre et au terme d\u2019une s\u00e9ance publique du conseil communal. Il ressort en effet du dossier administratif que, le 25 juin 2024, le coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins d\u00e9cide, en raison des propos litigieux, de demander la d\u00e9ch\u00e9ance du requ\u00e9rant \u00e0 la prochaine \u00ab s\u00e9ance publique \u00bb du conseil communal, que ce point est discut\u00e9 lors de la s\u00e9ance publique du conseil communal du 26 juin suivant ayant pour \u00ab objet : tenue de propos racistes et islamophobes par un membre du conseil consultatif [\u2026] \u00bb et que, le m\u00eame jour, le conseil communal adopte la d\u00e9ch\u00e9ance attaqu\u00e9e. Ainsi, alors que les d\u00e9lib\u00e9rations du coll\u00e8ge des 18 et 25 juin 2024 sont express\u00e9ment estampill\u00e9es \u00ab confidentiel \u2013 vertrouwelijk \u00bb (dossier administratif, pi\u00e8ces 7 et 13), l\u2019examen des propos qu\u2019aurait tenu le requ\u00e9rant le 11 juin 2024 est d\u00e9sormais trait\u00e9 en s\u00e9ance publique du conseil communal. Au terme de celle-ci, le requ\u00e9rant est ainsi d\u00e9chu de son mandat \u00ab vu l\u2019incident survenu lors de la 2e r\u00e9union du conseil consultatif [\u2026] impliquant [le requ\u00e9rant], lequel aurait tenu<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 9\/16<br \/>\n       des propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe \u00bb, propos qui, selon l\u2019acte attaqu\u00e9, sont express\u00e9ment \u00ab attest\u00e9s \u00bb. En pronon\u00e7ant cette d\u00e9ch\u00e9ance, la partie adverse consid\u00e8re donc, au terme d\u2019un d\u00e9bat en s\u00e9ance publique du conseil communal, et donc au vu et au su de tout le monde, que ces propos sont av\u00e9r\u00e9s et justifient la d\u00e9ch\u00e9ance du mandat du requ\u00e9rant. Ainsi, alors que dans les articles de presse susvis\u00e9s, ces propos \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s au conditionnel comme ceux qu\u2019il \u00ab aurait tenus \u00bb (La Derni\u00e8re Heure \u2013<br \/>\n       Les Sports, 18 et 20 juin 2024), l\u2019imputation de ces propos au requ\u00e9rant et la d\u00e9ch\u00e9ance subs\u00e9quente de son mandat tiennent au contraire pour av\u00e9r\u00e9s, officiellement et publiquement, les \u00ab \u00e9chos du d\u00e9roul\u00e9 de la r\u00e9union litigieuse \u00bb (note d\u2019observations, p. 13) relay\u00e9s jusqu\u2019alors dans la presse.<br \/>\n       Dans un tel contexte, il appara\u00eet que nonobstant les articles de presse publi\u00e9s quelques jours avant l\u2019acte attaqu\u00e9, celui-ci tient officiellement pour \u00e9tablis \u00ab des propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe \u00bb dans le chef du requ\u00e9rant. L\u2019atteinte \u00e0 l\u2019honneur et \u00e0 la r\u00e9putation que ce dernier en d\u00e9duit \u2013 dont, pour rappel, le \u00ab pr\u00e9judice majeur \u00bb subs\u00e9quent n\u2019est pas contest\u00e9 \u2013 d\u00e9coule donc bien directement de l\u2019acte attaqu\u00e9 et de ses motifs, lesquels ont par ailleurs connu une publicit\u00e9 certaine d\u00e8s lors que la d\u00e9ch\u00e9ance a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e au terme d\u2019une s\u00e9ance publique du conseil communal.<br \/>\n       Dans ces circonstances particuli\u00e8res, et sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire d\u2019examiner les autres \u00e9l\u00e9ments invoqu\u00e9s au titre de l\u2019urgence, ce constat suffit pour admettre qu\u2019un arr\u00eat d\u2019annulation interviendrait trop tard pour r\u00e9parer l\u2019atteinte \u00e0 la r\u00e9putation du requ\u00e9rant.<br \/>\n       L\u2019urgence est av\u00e9r\u00e9e.<br \/>\n       VI. Premier moyen, premi\u00e8re branche<br \/>\n       VI.1. Th\u00e8ses des parties<br \/>\n       VI.1.1. La requ\u00eate<br \/>\n       Le premier moyen est pris \u00ab d\u2019une violation des articles 1er et 3 de la loi du 29 juillet 1991 sur la motivation formelle des actes administratifs, d\u2019une violation du principe de motivation mat\u00e9rielle, du d\u00e9faut de motifs pertinents et ad\u00e9quats, de l\u2019erreur manifeste d\u2019appr\u00e9ciation, [et] d\u2019une violation du principe g\u00e9n\u00e9ral du devoir de minutie imposant \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 d\u2019exercer son pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation de mani\u00e8re effective \u00bb.<br \/>\n       \u00c0 l\u2019appui d\u2019une premi\u00e8re branche d\u00e9non\u00e7ant plus particuli\u00e8rement un<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 10\/16<br \/>\n       vice de motivation formelle, le requ\u00e9rant fait valoir que l\u2019acte attaqu\u00e9 n\u2019est motiv\u00e9 que par une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab l\u2019incident survenu lors de la r\u00e9union du conseil consultatif du 11 juin 2024 \u00bb et aux rapports transmis au secr\u00e9taire communal. Il rel\u00e8ve que la partie adverse constate, quant \u00e0 ses \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense, qu\u2019il \u00ab conteste avoir tenu des propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe \u00bb mais qu\u2019elle ne donne aucune explication plus concr\u00e8te sur les raisons pour lesquelles les faits devraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tablis tandis que ses \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense devraient \u00eatre \u00e9cart\u00e9s.<br \/>\n       Il estime que les \u00ab propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe \u00bb qui lui sont attribu\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 formellement contest\u00e9s par ses soins, t\u00e9moignages de deux personnes pr\u00e9sentes lors de la r\u00e9union litigieuse \u00e0 l\u2019appui. Il consid\u00e8re que la partie adverse \u00ab reconna\u00eet d\u2019ailleurs l\u2019incertitude qui peut subsister sur ce point, puisque l\u2019acte attaqu\u00e9 expose [qu\u2019il] \u201caurait\u201d tenu de tels propos \u00bb. Il indique ne pas comprendre \u00ab pourquoi les \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense tr\u00e8s circonstanci\u00e9s \u00bb qu\u2019il a produits \u00ab ne re\u00e7oivent aucune r\u00e9ponse permettant de comprendre pourquoi ces \u00e9l\u00e9ments, de m\u00eame que les t\u00e9moignages produits \u00e0 son appui, ont pu \u00eatre \u00e9cart\u00e9s, sinon ignor\u00e9s, par la partie adverse, la d\u00e9cision attaqu\u00e9e n\u2019en disant absolument rien \u00bb.<br \/>\n       VI.1.2. La note d\u2019observations<br \/>\n       La partie adverse indique qu\u2019elle r\u00e9pond aux trois branches r\u00e9unies du moyen d\u00e8s lors qu\u2019elles sont similaires. Elle explique que les faits reproch\u00e9s au requ\u00e9rant sont expos\u00e9s dans le rapport de la directrice du service Vie citoyenne \u00e9tabli sur la base de la plainte de la fonctionnaire communale du 12 juin 2024 et du rapport du m\u00eame jour de l\u2019\u00e9chevine et pr\u00e9sidente du conseil consultatif. Elle expose que \u00ab ces documents pr\u00e9cisent que le requ\u00e9rant a \u00e9mis, lors de la r\u00e9union du conseil consultatif du 11 juin 2024, des propos ayant un caract\u00e8re raciste et islamophobe \u00bb. Elle cite ces trois documents et en d\u00e9duit que les propos y sont tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment relat\u00e9s et que \u00ab ces \u00e9l\u00e9ments attestent \u00e0 suffisance les propos litigieux qui sont reproch\u00e9s au requ\u00e9rant \u00bb.<br \/>\n       Elle rappelle que ces faits ont initialement \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9s par une fonctionnaire communale \u00e0 sa hi\u00e9rarchie, ce qui, d\u2019apr\u00e8s elle, \u00ab revenait \u00e0 d\u00e9noncer des propos tenus par un \u00e9lu, un conseiller communal, ce qui n\u2019est pas chose facile et demande un certain courage \u00bb, et que la nature des faits a conduit cette hi\u00e9rarchie et la pr\u00e9sidente du conseil consultatif \u00e0 les relayer aupr\u00e8s du coll\u00e8ge qui en a saisi le conseil communal, lequel a adopt\u00e9 l\u2019acte attaqu\u00e9 \u00ab par 35 voix contre 2 (celles [du requ\u00e9rant]<br \/>\n       lui-m\u00eame et de [A. C.], membre MR) \u00bb.<br \/>\n       Elle observe que les \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense pr\u00e9sent\u00e9s par le requ\u00e9rant dans son courrier du 24 juin \u00ab consistent uniquement en une d\u00e9n\u00e9gation des propos qui lui sont pr\u00eat\u00e9s \u00bb mais qu\u2019il \u00ab ne parvient n\u00e9anmoins pas \u00e0 contredire les faits tels<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 11\/16<br \/>\n       qu\u2019attest\u00e9s par les deux fonctionnaires de la commune [\u2026] et par [\u2026] l\u2019\u00e9chevine \u00bb.<br \/>\n       Elle fait valoir que \u00ab s\u2019il nie avoir profess\u00e9 des propos discriminatoires, il ne nie pas que la r\u00e9union s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e comme le relatent ces derni\u00e8res et son intervention dans les sujets mentionn\u00e9s \u00bb et que cela \u00ab accr\u00e9dite la version de ces derni\u00e8res \u00bb. Elle consid\u00e8re par ailleurs que les deux t\u00e9moignages fournis par le requ\u00e9rant \u00ab tendent \u00e0 confirmer ces \u00e9v\u00e9nements \u00bb. D\u2019apr\u00e8s elle, le premier t\u00e9moin \u00ab n\u2019indique pas express\u00e9ment que les propos tels que relat\u00e9s dans les courriers et rapports pr\u00e9cit\u00e9s (D.A., pi\u00e8ces n\u00b0 4 \u00e0 6) soient faux ou inexacts, mais \u00e9met plut\u00f4t un jugement de valeur quant au caract\u00e8re discriminatoire envers la communaut\u00e9 musulmane de ces derniers \u00bb, tandis que le second confirmerait celui de la fonctionnaire communale parce que, toujours selon elle, \u00ab il corrobore le d\u00e9roulement de la r\u00e9union tel que relat\u00e9 par [ladite fonctionnaire] \u00bb, \u00ab n\u2019indique pas express\u00e9ment que les propos tels que relat\u00e9s dans les courriers et rapports (D.A., pi\u00e8ces n\u00b0 5 \u00e0 7) soient faux ou inexacts \u00bb et \u00ab \u00e9met plut\u00f4t un jugement de valeur quant au caract\u00e8re discriminatoire envers la communaut\u00e9 musulmane \u00bb. Elle en conclut que \u00ab la note de d\u00e9fense introduite par le requ\u00e9rant ne nie pas r\u00e9ellement ni le d\u00e9roul\u00e9 de la r\u00e9union ni la teneur des propos litigieux mais conteste le caract\u00e8re raciste ou islamophobe de ceux-ci \u00bb.<br \/>\n       Elle expose que le lancement de la proc\u00e9dure de r\u00e9vocation pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 10 n\u2019impose pas que les faits reproch\u00e9s soient qualifi\u00e9s de racistes ou d\u2019islamophobes, qu\u2019il suffit que l\u2019autorit\u00e9 estime, dans le cadre de son large pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation, qu\u2019ils constituent une atteinte \u00e0 l\u2019\u00ab esprit de civilit\u00e9 \u00bb, au \u00ab respect des diff\u00e9rences \u00bb et \u00e0 la \u00ab loi belge \u00bb et que \u00ab sans m\u00eame entrer dans un d\u00e9bat quant au caract\u00e8re raciste et islamophobe de ces propos, ils constituent sans conteste une atteinte \u00e0 l\u2019esprit de civilit\u00e9 et au respect des diff\u00e9rences \u00bb et s\u2019av\u00e8rent discriminatoires. Elle ajoute que ces propos \u00ab tombent sans conteste dans [les]<br \/>\n       crit\u00e8res \u00bb pr\u00e9vus par la loi du 30 juillet 1981 \u2018tendant \u00e0 r\u00e9primer certains actes inspir\u00e9s par le racisme ou la x\u00e9nophobie\u2019 et la loi du 10 mai 2007 \u2018tendant \u00e0 lutter contre certaines formes de discrimination\u2019.<br \/>\n       Elle explique encore que le coll\u00e8ge \u00e9chevinal a d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de cet incident lors de sa r\u00e9union du 18 juin 2024 au cours de laquelle il a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019inviter le requ\u00e9rant \u00e0 pr\u00e9senter ses moyens de d\u00e9fense par \u00e9crit, que cette d\u00e9lib\u00e9ration expose de mani\u00e8re compl\u00e8te les faits repris dans la plainte de la fonctionnaire communale, dans le courrier de l\u2019\u00e9chevine pr\u00e9sidente du conseil consultatif et dans le rapport de la directrice du service Vie citoyenne. Elle cite cette d\u00e9lib\u00e9ration du 18 juin 2024 et en d\u00e9duit qu\u2019elle \u00ab expose clairement les faits querell\u00e9s, la qualification de ces propos comme racistes et islamophobes et la justification, en cons\u00e9quence, d\u2019activer la proc\u00e9dure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 10 du r\u00e8glement du 19 juin 2019, \u00e0 savoir la proc\u00e9dure de r\u00e9vocation d\u2019un membre du conseil consultatif qui agirait en violation des principes de \u201cl\u2019esprit de civilit\u00e9, de respect des diff\u00e9rences et de la loi belge\u201d \u00bb. Elle indique que<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 12\/16<br \/>\n       les moyens de d\u00e9fense du requ\u00e9rant ne remettent pas en cause les constats effectu\u00e9s par le coll\u00e8ge dans cette d\u00e9lib\u00e9ration du 18 juin 2024 et en conclut qu\u2019\u00ab il ne peut \u00eatre reproch\u00e9 \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de renvoyer, \u00e0 titre de motivation, aux \u00e9l\u00e9ments du dossier \u00bb.<br \/>\n       Elle cite la d\u00e9cision du coll\u00e8ge du 25 juin 2024 et la d\u00e9lib\u00e9ration attaqu\u00e9e, adopt\u00e9e le lendemain par le conseil communal. Elle admet que la motivation de celle-ci est succincte mais consid\u00e8re qu\u2019elle \u00ab est n\u00e9anmoins ad\u00e9quate d\u00e8s lors que le requ\u00e9rant peut ais\u00e9ment comprendre que le coll\u00e8ge [\u2026] et le conseil communal ont estim\u00e9 que, malgr\u00e9 les d\u00e9n\u00e9gations qu\u2019il a \u00e9mises \u00e0 travers son courrier de d\u00e9fense du 24 juin, les propos qui lui sont reproch\u00e9s sont suffisamment attest\u00e9s [\u2026] \u201cpar un mail de [l\u2019\u00e9chevine et pr\u00e9sidente du conseil consultatif] transmis le 12 juin 2024 \u00e0 Mme la Bourgmestre et \u00e0 M. le Secr\u00e9taire communal et par deux rapports transmis le 13 juin 2024 \u00e0 M. le Secr\u00e9taire communal\u201d \u00bb. Elle en conclut que l\u2019acte attaqu\u00e9 ne repose pas sur des supputations mais sur des rapports \u00e9tablis sur la base d\u2019une plainte d\u2019une fonctionnaire communale dont les propos sont corrobor\u00e9s tant par l\u2019administration que par l\u2019\u00e9chevine.<br \/>\n       Elle observe encore que les propos tenus \u00e0 ce sujet par la conseill\u00e8re communale N. B. \u00ab n\u2019ont aucunement influenc\u00e9 ni l\u2019enclenchement de la proc\u00e9dure, ni la d\u00e9cision finale qui ne cite \u00e0 aucun moment cette derni\u00e8re \u00bb, et elle rappelle que l\u2019acte attaqu\u00e9 \u00ab a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9[\u2026] \u00e0 une large majorit\u00e9 \u00bb. Elle ajoute que le Conseil d\u2019\u00c9tat admet que les actes soient motiv\u00e9s par r\u00e9f\u00e9rence aux rapports et avis \u00e9mis dans le cadre de l\u2019instruction du dossier et indique que \u00ab les faits sont simples et suffisamment attest\u00e9s par les documents mentionn\u00e9s dont le requ\u00e9rant a bien pris connaissance et auxquels renvoie express\u00e9ment l\u2019acte attaqu\u00e9 \u00bb. Selon elle, ces mentions lui permettent ais\u00e9ment de comprendre qu\u2019elle a estim\u00e9 que les propos qui lui sont reproch\u00e9s \u00e9taient av\u00e9r\u00e9s et qu\u2019ils justifiaient sa r\u00e9vocation.<br \/>\n       VI.2. Appr\u00e9ciation<br \/>\n       Selon la jurisprudence constante, la loi du 29 juillet 1991 \u2018relative \u00e0 la motivation formelle des actes administratifs\u2019 impose \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 d\u2019indiquer, dans l\u2019instrumentum de l\u2019acte administratif individuel, les consid\u00e9rations de fait et de droit qui le fondent afin de permettre \u00e0 son destinataire de comprendre, \u00e0 la lecture de cet acte, les raisons juridiques et factuelles qui ont conduit l\u2019autorit\u00e9 \u00e0 se prononcer dans ce sens, et d\u2019appr\u00e9cier l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019introduire un recours \u00e0 son encontre. Pour \u00eatre ad\u00e9quate, et par ailleurs rencontrer l\u2019obligation de motivation interne, la motivation doit reposer sur des \u00e9l\u00e9ments qui, au regard du dossier administratif, s\u2019av\u00e8rent exacts, c\u2019est-\u00e0-dire conformes \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, pertinents pour la solution retenue et l\u00e9galement admissibles. L\u2019\u00e9tendue de cette motivation d\u00e9pend des circonstances d\u2019esp\u00e8ce et doit \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e de mani\u00e8re raisonnable. Il peut ainsi \u00eatre admis qu\u2019une motivation soit<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 13\/16<br \/>\n       plus succincte sur certains points lorsque ceux-ci sont bien connus par l\u2019administr\u00e9 et que celui-ci ne les a pas contest\u00e9s lors du d\u00e9roulement de la proc\u00e9dure administrative.<br \/>\n       Enfin, l\u2019obligation de motivation formelle d\u00e9coulant de la loi du 29 juillet 1991<br \/>\n       suppose, en principe, que la motivation soit exprim\u00e9e dans l\u2019acte lui-m\u00eame. Il est toutefois admis que la motivation soit faite par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un autre document pour autant, soit que la substance du document r\u00e9f\u00e9r\u00e9 soit rapport\u00e9e dans l\u2019acte, soit que le destinataire ait eu connaissance de ce document au plus tard au moment o\u00f9 l\u2019acte lui est notifi\u00e9.<br \/>\n       En l\u2019esp\u00e8ce, dans son courriel de d\u00e9fense du 24 juin 2024, le requ\u00e9rant indique que \u00ab toutes les all\u00e9gations contenues dans l\u2019analyse et les divers t\u00e9moignages sont non seulement faux mais aussi clairement orient\u00e9s dans le but de [lui] nuire [\u2026] \u00bb et il conteste avoir \u00ab jamais, au grand jamais \u00bb tenus les propos qui lui sont attribu\u00e9s et qui \u00ab ne correspondent absolument pas \u00e0 [sa] pens\u00e9e ni \u00e0 [ses] paroles [\u2026] \u00bb. Il indique encore \u00ab n\u2019a[voir] en rien critiqu\u00e9 les musulmans globalement \u00bb et n\u2019avoir \u00ab bien s\u00fbr tenu aucun propos raciste [\u2026]. Cette accusation est fantaisiste, totalement infond\u00e9e et ne vise qu\u2019\u00e0 ternir [sa] r\u00e9putation \u00bb. Pour \u00e9tablir la mat\u00e9rialit\u00e9 de ses d\u00e9n\u00e9gations, le requ\u00e9rant indique express\u00e9ment d\u00e9poser les t\u00e9moignages de \u00ab deux membres du conseil consultatif du bien-\u00eatre animal [qui] confirment totalement [sa] version des faits \u00bb. Il demande d\u00e8s lors \u00e0 la partie adverse \u00ab de consid\u00e9rer ces faits avec la plus grande attention et de veiller \u00e0 ce que l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de l\u2019enqu\u00eate et de la proc\u00e9dure soit assur\u00e9e. Il est imp\u00e9ratif que les accusations infond\u00e9es ne soient pas utilis\u00e9es pour [le] discr\u00e9diter \u00bb.<br \/>\n       Il appara\u00eet ainsi sans \u00e9quivoque que le requ\u00e9rant conteste, deux t\u00e9moignages \u00e0 l\u2019appui, les griefs qui fondent l\u2019acte attaqu\u00e9. La jurisprudence constante rappel\u00e9e ci-avant selon laquelle une motivation peut \u00eatre plus succincte si les \u00e9l\u00e9ments sont connus du requ\u00e9rant et non contest\u00e9s durant la proc\u00e9dure administrative, n\u2019est d\u00e8s lors pas transposable en l\u2019esp\u00e8ce.<br \/>\n       Si l\u2019autorit\u00e9 n\u2019est certes pas tenue de r\u00e9pondre exhaustivement \u00e0 tous les arguments de d\u00e9fense soulev\u00e9s durant la proc\u00e9dure, force est de constater que l\u2019acte attaqu\u00e9, adopt\u00e9 dans le cadre d\u2019une mesure de r\u00e9vocation de mandat, ne contient pas le moindre \u00e9l\u00e9ment permettant au requ\u00e9rant de comprendre pourquoi ses d\u00e9n\u00e9gations, soutenues selon lui par les deux t\u00e9moignages qu\u2019il produit, n\u2019ont pas du tout \u00e9t\u00e9 prises en compte par la partie adverse. Celle-ci se limite en effet \u00e0 viser \u00ab l\u2019incident survenu lors de la 2e r\u00e9union du conseil consultatif [\u2026] impliquant [le requ\u00e9rant], lequel aurait tenu des propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe \u00bb, et \u00e0 consid\u00e9rer que \u00ab ces propos sont attest\u00e9s par un mail de [l\u2019\u00e9chevine] transmis le 12 juin 2024 \u00e0 Mme la Bourgmestre et \u00e0 M. le Secr\u00e9taire communal et par deux rapports transmis le 13 juin 2024 \u00e0 M. le Secr\u00e9taire communal \u00bb. L\u2019acte attaqu\u00e9 se contente ensuite de viser \u00ab les<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 14\/16<br \/>\n       \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense transmis ce lundi 23 [lire : 24] juin 2024 par [le requ\u00e9rant] \u00bb dans lesquels \u00ab [il] conteste avoir tenu des propos \u00e0 caract\u00e8re raciste et islamophobe \u00bb, mais il passe notoirement sous silence les deux t\u00e9moignages pr\u00e9cit\u00e9s d\u00e9pos\u00e9s par le requ\u00e9rant et, a fortiori, n\u2019expose pas davantage pour quels motifs ses \u00ab \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense \u00bb n\u2019ont nullement \u00e9t\u00e9 pris en compte alors qu\u2019ils figurent au dossier de la proc\u00e9dure litigieuse.<br \/>\n       Ce constat suffit pour consid\u00e9rer que l\u2019acte attaqu\u00e9 n\u2019est, prima facie, pas suffisamment et ad\u00e9quatement motiv\u00e9, d\u00e8s lors qu\u2019il ne permet pas au requ\u00e9rant de comprendre pour quel motif ses \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense ne sont pas pris en consid\u00e9ration.<br \/>\n       Les explications ult\u00e9rieures fournies dans la note d\u2019observations ne peuvent, selon la m\u00eame jurisprudence constante susvis\u00e9e, pallier le d\u00e9faut de motivation formelle dont l\u2019acte attaqu\u00e9 est ainsi entach\u00e9 ab initio. La motivation par r\u00e9f\u00e9rence ne peut davantage \u00eatre retenue d\u00e8s lors qu\u2019il n\u2019est ni soutenu, ni a fortiori \u00e9tabli au regard du dossier administratif, que le requ\u00e9rant aurait re\u00e7u le moindre document pr\u00e9alable examinant ses arguments de d\u00e9fense ainsi que les deux t\u00e9moignages qu\u2019il fournit, et qui exposerait les raisons pour lesquelles ils n\u2019ont pas entra\u00een\u00e9 la conviction de la partie adverse. La d\u00e9cision du coll\u00e8ge du 25 juin 2024 que celle-ci invoque \u00e0 ce titre dans sa note d\u2019observations ne contient aucune explication en ce sens dans la mesure o\u00f9 cette d\u00e9lib\u00e9ration se limite \u00e0 indiquer : \u00ab [le requ\u00e9rant]<br \/>\n       nous a fait parvenir ce lundi 24 juin 2024, par mail, ses \u00e9l\u00e9ments de d\u00e9fense \u00bb mais ne contient pas le moindre \u00e9l\u00e9ment de r\u00e9ponse \u00e0 ceux-ci.<br \/>\n       Le premier moyen est, prima facie, s\u00e9rieux en sa premi\u00e8re branche.<br \/>\n       Les conditions requises par l\u2019article 17, \u00a7 1er, des lois sur le Conseil d\u2019\u00c9tat, coordonn\u00e9es le 12 janvier 1973, pour que celui-ci puisse ordonner la suspension de l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019acte attaqu\u00e9, sont r\u00e9unies.<br \/>\n       PAR CES MOTIFS, LE CONSEIL D\u2019\u00c9TAT D\u00c9CIDE :<br \/>\n       Article 1er.<br \/>\n       La suspension de l\u2019ex\u00e9cution de la d\u00e9cision prise par le conseil communal de la commune de Schaerbeek le 26 juin 2024 de d\u00e9choir B. G. de sa qualit\u00e9 de membre du conseil consultatif de la personne animale est ordonn\u00e9e.<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 15\/16<br \/>\n       Article 2.<br \/>\n       Les d\u00e9pens sont r\u00e9serv\u00e9s.<br \/>\n       Ainsi prononc\u00e9 \u00e0 Bruxelles le 29 octobre 2024, par la VIIIe chambre du Conseil d\u2019\u00c9tat si\u00e9geant en r\u00e9f\u00e9r\u00e9, compos\u00e9e de :<br \/>\n       Fr\u00e9d\u00e9ric Gosselin, conseiller d\u2019\u00c9tat, pr\u00e9sident f.f., Florence Van Hove, greffier.<br \/>\n       Le Greffier, Le Pr\u00e9sident,<br \/>\n       Florence Van Hove Fr\u00e9d\u00e9ric Gosselin<br \/>\n       VIIIr &#8211; 12.631 &#8211; 16\/16<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.261.242\n       <\/p>\n<p>            Publication(s) li\u00e9e(s)              <\/p>\n<p>suivi par:<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2025:ARR.262.281         <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p><!-- Action LOG \nfunction JUPORTARecordLogViewDecision  $iubel_id        : 279632\n                                       $action_type     : VIEW\n                                      &amp;$action_startmt  : 1780551416.7557\n                                      &amp;$action_duration : 64\n                                      &amp;$addressipremote : 103.115.10.116\n                                      &amp;$latitude        : '39.0469000'\n                                      &amp;$longitude       : '-77.4903000'\n                                      &amp;$accuracy        : null\n                                      &amp;$altitude        : null\n                                      &amp;$langue_view     : FR\n--><br \/>\n<!-- Action_duration 64 millisec --><br \/>\n      <!-- end of main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>    <!-- end of division \"page_main\" --><\/p>\n<p>              &#9993; info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.261.242\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. 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