{"id":1164234,"date":"2026-06-21T21:30:48","date_gmt":"2026-06-21T19:30:48","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-137\/"},"modified":"2026-06-21T21:30:48","modified_gmt":"2026-06-21T19:30:48","slug":"eclibeghcc2024arr-137","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-137\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.137"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nCour constitutionnelle (Cour d&apos;arbitrage)  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 21 novembre 2024            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.137<\/p>\n<p>No Arr\u00eat\/No R\u00f4le:<\/p>\n<p>137\/2024<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit constitutionnel<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2024-12-02<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>618 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-03 13:02<\/p>\n<p>Version(s):<\/p>\n<p>Version NL\n        <\/p>\n<p>Version DE\n        <\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>COUR CONSTITUTIONNELLE\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; COUR CONSTITUTIONNELLE\n <\/p>\n<p>Mots libres:<\/p>\n<p>\nla question pr\u00e9judicielle relative \u00e0 l&apos;article 330\/2, alin\u00e9a 5,<br \/>\n         de l&apos;ancien Code civil, pos\u00e9e par le tribunal de la famille et de<br \/>\n         la jeunesse du Tribunal de premi\u00e8re instance d&apos;Anvers, division<br \/>\n         d&apos;Anvers. Droit civil &#8211; Filiation &#8211; Reconnaissance &#8211; Refus de l&apos;officier<br \/>\n         de l&apos;\u00e9tat civil d&apos;\u00e9tablir l&apos;acte de reconnaissance &#8211;<br \/>\n         Possibilit\u00e9 de recours &#8211; Limitation &#8211; Candidat \u00e0 la reconnaissance<\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       Cour constitutionnelle<br \/>\n       Arr\u00eat n\u00b0 137\/2024<br \/>\n       du 21 novembre 2024<br \/>\n       Num\u00e9ro du r\u00f4le : 8117<br \/>\n       En cause : la question pr\u00e9judicielle relative \u00e0 l\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, de l\u2019ancien Code civil, pos\u00e9e par le tribunal de la famille et de la jeunesse du Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Anvers, division d\u2019Anvers.<br \/>\n       La Cour constitutionnelle,<br \/>\n       compos\u00e9e des pr\u00e9sidents Luc Lavrysen et Pierre Nihoul, et des juges Thierry Giet, Michel P\u00e2ques, Yasmine Kherbache, Danny Pieters et Magali Plovie, assist\u00e9e du greffier Frank Meersschaut, pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident Luc Lavrysen,<br \/>\n       apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, rend l\u2019arr\u00eat suivant :<br \/>\n       I. Objet de la question pr\u00e9judicielle et proc\u00e9dure<br \/>\n       Par jugement du 23 novembre 2023, dont l\u2019exp\u00e9dition est parvenue au greffe de la Cour le 6 d\u00e9cembre 2023, le tribunal de la famille et de la jeunesse du Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Anvers, division d\u2019Anvers, a pos\u00e9 la question pr\u00e9judicielle suivante :<br \/>\n       \u00ab L\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, de l\u2019ancien Code civil viole-t-il le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination pr\u00e9vu par les articles 10 et 11 de la Constitution et, par extension, l\u2019article 13 de la Constitution, l\u2019article 6, paragraphe 1, et l\u2019article 13 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, qui garantissent le droit d\u2019acc\u00e8s au juge et le droit \u00e0 un recours effectif, en ce que l\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, pr\u00e9cit\u00e9, permet uniquement au candidat \u00e0 la reconnaissance d\u2019introduire un recours contre le refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019\u00e9tablir un acte de reconnaissance, mais non \u00e0 d\u2019autres personnes int\u00e9ress\u00e9es, en particulier \u00e0 l\u2019autre parent dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est requis ? \u00bb.<br \/>\n       Des m\u00e9moires ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       &#8211; M.A., assist\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Brecht De Schutter, avocat au barreau d\u2019Anvers;<br \/>\n       2<br \/>\n       &#8211; le Conseil des ministres, assist\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 par Me Steve Ronse et Me Thomas Quintens, avocats au barreau de Flandre occidentale.<br \/>\n       Le Conseil des ministres a \u00e9galement introduit un m\u00e9moire en r\u00e9ponse.<br \/>\n       Par ordonnance du 25 septembre 2024, la Cour, apr\u00e8s avoir entendu les juges-rapporteurs Yasmine Kherbache et Michel P\u00e2ques, a d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019affaire \u00e9tait en \u00e9tat, qu\u2019aucune audience ne serait tenue, \u00e0 moins qu\u2019une partie n\u2019ait demand\u00e9, dans le d\u00e9lai de sept jours suivant la r\u00e9ception de la notification de cette ordonnance, \u00e0 \u00eatre entendue, et qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une telle demande, les d\u00e9bats seraient clos \u00e0 l\u2019expiration de ce d\u00e9lai et l\u2019affaire serait mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Aucune demande d\u2019audience n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 introduite, l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Les dispositions de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle relatives \u00e0 la proc\u00e9dure et \u00e0 l\u2019emploi des langues ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es.<br \/>\n       II. Les faits et la proc\u00e9dure ant\u00e9rieure<br \/>\n       Le litige au fond concerne la reconnaissance d\u2019un enfant mineur dont M.A. est la m\u00e8re. O.H. souhaite reconna\u00eetre l\u2019enfant, mais l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil comp\u00e9tent refuse d\u2019\u00e9tablir l\u2019acte de reconnaissance, au motif que la reconnaissance de l\u2019enfant mineur a manifestement pour seul but de conf\u00e9rer un avantage en mati\u00e8re de droit de s\u00e9jour en faveur de M.A.<br \/>\n       O.H. n\u2019a pas introduit de recours contre cette d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil. M.A., par contre, a introduit un tel recours aupr\u00e8s du tribunal de la famille et de la jeunesse du Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Anvers, division d\u2019Anvers. L\u2019ancien Code civil ne pr\u00e9voit toutefois pas la possibilit\u00e9 pour l\u2019autre partie int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la proc\u00e9dure de reconnaissance, \u00e0 savoir l\u2019autre parent, d\u2019introduire un recours contre la d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, de l\u2019ancien Code civil, seul le candidat \u00e0 la reconnaissance peut former un recours contre la d\u00e9cision de refus.<br \/>\n       Dans ce cadre, et compte tenu notamment de l\u2019\u00e9ventuelle irrecevabilit\u00e9 de son action, M.A. demande \u00e0 la juridiction a quo de poser \u00e0 la Cour la question pr\u00e9judicielle reproduite plus haut, demande \u00e0 laquelle la juridiction a quo fait droit.<br \/>\n       III. En droit<br \/>\n       -A-<br \/>\n       A.1.1. Tout d\u2019abord, M.A., partie demanderesse devant la juridiction a quo, estime qu\u2019elle doit pouvoir disposer d\u2019une possibilit\u00e9 autonome d\u2019introduire un recours contre la d\u00e9cision de refus d\u2019\u00e9tablissement d\u2019un acte de reconnaissance. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, de l\u2019ancien Code civil, le recours contre le refus de reconnaissance n\u2019est ouvert qu\u2019au candidat \u00e0 la reconnaissance, \u00e0 l\u2019exclusion des autres parties int\u00e9ress\u00e9es, notamment l\u2019autre parent qui doit donner son consentement. C\u2019est en raison de l\u2019absence d\u2019une possibilit\u00e9 de recours pour toutes les parties int\u00e9ress\u00e9es que la Cour, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 58\/2020 du 7 mai 2020<br \/>\n       (ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.058), a annul\u00e9 partiellement l\u2019article 330\/2 de l\u2019ancien Code civil, apr\u00e8s quoi l\u2019article 39, 4\u00b0, de la loi du 31 juillet 2020 \u00ab portant dispositions urgentes diverses en mati\u00e8re de justice \u00bb (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : la loi du 31 juillet 2020) a ins\u00e9r\u00e9 de nouveaux alin\u00e9as dans l\u2019article 330\/2.<br \/>\n       3<br \/>\n       Par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 58\/2020, pr\u00e9cit\u00e9, la Cour a jug\u00e9 que la simple possibilit\u00e9 pour les personnes concern\u00e9es d\u2019introduire une action en recherche de maternit\u00e9, de paternit\u00e9 ou de comaternit\u00e9 sans que soit ouvert un recours contre la d\u00e9cision m\u00eame de refus d\u2019acter une reconnaissance par l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil, violait le droit d\u2019acc\u00e8s au juge, en particulier parce que, du fait de l\u2019article 332quinquies de l\u2019ancien Code civil, la proc\u00e9dure d\u2019\u00e9tablissement de la paternit\u00e9 ou de la maternit\u00e9 est rejet\u00e9e lorsqu\u2019il est prouv\u00e9 que la personne dont la filiation est recherch\u00e9e n\u2019est pas le p\u00e8re ou la m\u00e8re biologique de l\u2019enfant. Partant, la Cour a jug\u00e9 qu\u2019il appartenait au l\u00e9gislateur de r\u00e9gler une proc\u00e9dure juridictionnelle qui compense ces restrictions, permettant aux parties int\u00e9ress\u00e9es, dans l\u2019attente de cette intervention l\u00e9gislative, d\u2019introduire, devant le pr\u00e9sident du tribunal de la famille, un recours dirig\u00e9 contre la d\u00e9cision de refus.<br \/>\n       D\u2019apr\u00e8s M.A., il ressort de l\u2019emploi des termes \u00ab parties int\u00e9ress\u00e9es \u00bb que le l\u00e9gislateur n\u2019\u00e9tait pas tenu de n\u2019accorder cette possibilit\u00e9 qu\u2019au seul candidat \u00e0 la reconnaissance, mais qu\u2019il pouvait \u00e9galement l\u2019accorder aux autres parties int\u00e9ress\u00e9es, donc aussi \u00e0 la personne dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est exig\u00e9. Le raisonnement, d\u00e9velopp\u00e9 dans les travaux pr\u00e9paratoires, selon lequel la personne dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est exig\u00e9 peut encore introduire une action en recherche de maternit\u00e9, de paternit\u00e9 ou de comaternit\u00e9 ne tient pas compte du raisonnement fondamental de la Cour, selon lequel, notamment, sont exclues \u00e0 cet \u00e9gard les reconnaissances socio-affectives par des auteurs de reconnaissance n\u2019ayant pas de lien de filiation biologique avec l\u2019enfant. Par cons\u00e9quent, le l\u00e9gislateur a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une transposition non conforme de l\u2019arr\u00eat et la question pr\u00e9judicielle appelle une r\u00e9ponse affirmative.<br \/>\n       A.1.2. Le Conseil des ministres all\u00e8gue que M.A. fait de l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 58\/2020, pr\u00e9cit\u00e9, une lecture incompl\u00e8te et donc erron\u00e9e. De la lecture compl\u00e8te de l\u2019arr\u00eat pr\u00e9cit\u00e9, il faut d\u00e9duire, selon lui, que la Cour a condamn\u00e9 le fait qu\u2019aucune possibilit\u00e9 de recours n\u2019\u00e9tait ouverte au candidat \u00e0 la reconnaissance contre la d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019acter une reconnaissance. La contrari\u00e9t\u00e9 au droit d\u2019acc\u00e8s au juge r\u00e9sidait dans la circonstance que le candidat \u00e0 la reconnaissance \u00e9tait priv\u00e9 de toute possibilit\u00e9 d\u2019avoir un lien de filiation qui n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessairement de nature biologique. L\u2019autre renvoi, par la Cour, aux \u00ab parties int\u00e9ress\u00e9es \u00bb doit s\u2019entendre comme visant les candidats \u00e0 la reconnaissance et non les personnes qui doivent marquer leur consentement \u00e0 celle-ci.<br \/>\n       Ceci rejoint aussi l\u2019une des caract\u00e9ristiques essentielles de la figure juridique de la reconnaissance, \u00e0 savoir que la reconnaissance est un acte juridique volontaire qui \u00e9mane d\u2019une femme ou d\u2019un homme qui souhaite cr\u00e9er un lien de filiation \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un enfant (voy. C.C., n\u00b0 2\/2020, 16 janvier 2020, ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.002, B.6.3). Une reconnaissance ne peut jamais \u00eatre impos\u00e9e par la contrainte, sans initiative de l\u2019auteur de la reconnaissance.<br \/>\n       A.2.1. M.A. consid\u00e8re ensuite que l\u2019article en cause est contraire aux articles 10 et 11 de la Constitution, en ce que le l\u00e9gislateur n\u2019a op\u00e9r\u00e9 aucune distinction selon que le candidat \u00e0 la reconnaissance a pour seule intention d\u2019obtenir un avantage en mati\u00e8re de droit de s\u00e9jour pour lui-m\u00eame ou pour l\u2019autre parent dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est requis. L\u2019autre parent dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est requis ne peut agir lui-<br \/>\n       m\u00eame contre le caract\u00e8re pr\u00e9tendument fictif de la reconnaissance. La personne \u00e0 l\u2019\u00e9gard de laquelle la filiation est d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablie se trouve dans une position qui d\u00e9pend totalement du choix autonome du candidat \u00e0 la reconnaissance d\u2019introduire ou non un recours contre le refus. Selon la partie demanderesse devant la juridiction a quo, cela ouvre la porte au chantage et \u00e0 l\u2019abus de la part du candidat \u00e0 la reconnaissance qui ne poursuit pas un avantage en mati\u00e8re de droit de s\u00e9jour par rapport \u00e0 l\u2019autre parent qui pourrait ambitionner un tel avantage.<br \/>\n       A.2.2. En ce qui concerne la violation, soulev\u00e9e, du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9, le Conseil des ministres observe que la pr\u00e9tendue in\u00e9galit\u00e9 de traitement ne d\u00e9coule pas de la disposition en cause et que cette assertion n\u00e9glige l\u2019objectif de la norme. La disposition en cause vise \u00e0 offrir au candidat \u00e0 la reconnaissance la possibilit\u00e9 de reconna\u00eetre un enfant, par le biais d\u2019une proc\u00e9dure de recours. Le candidat \u00e0 la reconnaissance doit avoir la volont\u00e9 d\u2019\u00e9tablir un lien de filiation \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un enfant et l\u2019int\u00e9r\u00eat de ce dernier est primordial. La disposition en cause ne peut pas avoir pour but de cr\u00e9er des avantages en mati\u00e8re de droit de s\u00e9jour pour l\u2019auteur de la reconnaissance.<br \/>\n       A.3. Le Conseil des ministres soutient que, pour pouvoir r\u00e9pondre \u00e0 la question pr\u00e9judicielle pr\u00e9cit\u00e9e, il importe d\u2019insister sur la port\u00e9e du terme \u00ab reconnaissance \u00bb. Ainsi que la Cour l\u2019a constat\u00e9 par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 58\/2020, pr\u00e9cit\u00e9, la reconnaissance est un acte juridique volontaire qui \u00e9mane d\u2019une femme ou d\u2019un homme qui a l\u2019intention de cr\u00e9er un lien de filiation avec un enfant. Le caract\u00e8re volontaire de la figure juridique signifie que seul le candidat \u00e0 la reconnaissance peut effectuer une d\u00e9claration de reconnaissance. En cas de refus de cette reconnaissance, il d\u00e9coule \u00e9galement du caract\u00e8re volontaire de la reconnaissance que seul le candidat \u00e0 la reconnaissance peut introduire un recours contre cette d\u00e9cision de refus, devant le tribunal de la famille. \u00c9tant<br \/>\n       4<br \/>\n       donn\u00e9 que, conform\u00e9ment \u00e0 la disposition en cause, le candidat \u00e0 la reconnaissance dispose d\u2019un recours juridictionnel effectif pour contester la d\u00e9cision de refus, cette disposition est en tout \u00e9tat de cause conforme au droit d\u2019acc\u00e8s au juge et au droit \u00e0 un recours juridictionnel effectif.<br \/>\n       Cela ne signifie pas que les autres parties int\u00e9ress\u00e9es, en particulier l\u2019autre parent dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est requis, ne disposeraient pas d\u2019autres possibilit\u00e9s l\u00e9gales pour tout de m\u00eame faire \u00e9tablir le lien de filiation du candidat \u00e0 la reconnaissance qui n\u2019a pas introduit de recours contre la d\u00e9cision de refus, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019une action en recherche de maternit\u00e9 ou de paternit\u00e9 peut \u00eatre introduite devant le tribunal de la famille (article 332quinquies, \u00a7\u00a7 1er, 1\/1, 2 et 4, de l\u2019ancien Code civil).<br \/>\n       -B-<br \/>\n       B.1. La juridiction a quo demande \u00e0 la Cour si l\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, de l\u2019ancien Code civil viole les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 13 de la Constitution et avec les articles 6, paragraphe 1, et 13 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, en ce que seul le candidat \u00e0 la reconnaissance a la possibilit\u00e9 d\u2019introduire un recours contre le refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019\u00e9tablir un acte de reconnaissance, \u00e0 l\u2019exclusion des autres parties int\u00e9ress\u00e9es, notamment du parent \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel la filiation est \u00e9tablie et dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est requis.<br \/>\n       B.2.1. L\u2019article 330\/2, de l\u2019ancien Code civil, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019article 39, 4\u00b0, de la loi du 31 juillet 2020 \u00ab portant dispositions urgentes diverses en mati\u00e8re de justice \u00bb (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : la loi du 31 juillet 2020), dispose :<br \/>\n       \u00ab L\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil refuse d\u2019\u00e9tablir l\u2019acte de reconnaissance lorsqu\u2019il constate que la d\u00e9claration se rapporte \u00e0 une situation telle que vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 330\/1.<br \/>\n       S\u2019il existe une pr\u00e9somption s\u00e9rieuse que la reconnaissance se rapporte \u00e0 une situation telle que vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 330\/1, l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil peut surseoir \u00e0 \u00e9tablir l\u2019acte de reconnaissance, \u00e9ventuellement apr\u00e8s avoir recueilli l\u2019avis du procureur du Roi de l\u2019arrondissement judiciaire dans lequel la personne qui veut reconna\u00eetre l\u2019enfant a l\u2019intention de reconna\u00eetre l\u2019enfant, pendant un d\u00e9lai de deux mois au maximum \u00e0 partir de la signature de la d\u00e9claration, afin de proc\u00e9der \u00e0 une enqu\u00eate compl\u00e9mentaire. Le procureur du Roi peut prolonger ce d\u00e9lai de trois mois au maximum. Dans ce cas, il en informe l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil qui en informe \u00e0 son tour les parties int\u00e9ress\u00e9es.<br \/>\n       S\u2019il n\u2019a pas pris de d\u00e9cision d\u00e9finitive dans le d\u00e9lai pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil est tenu d\u2019\u00e9tablir sans d\u00e9lai l\u2019acte de reconnaissance.<br \/>\n       5<br \/>\n       En cas de refus vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil notifie sans d\u00e9lai sa d\u00e9cision motiv\u00e9e aux parties int\u00e9ress\u00e9es. Une copie de celle-ci, accompagn\u00e9e d\u2019une copie de tous documents utiles, est, en m\u00eame temps, transmise au procureur du Roi de l\u2019arrondissement judiciaire dans lequel la d\u00e9cision de refus a \u00e9t\u00e9 prise et \u00e0 l\u2019Office des \u00e9trangers.<br \/>\n       Le refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019\u00e9tablir l\u2019acte de reconnaissance est susceptible de recours par la personne qui veut reconna\u00eetre l\u2019enfant pendant un d\u00e9lai d\u2019un mois suivant la notification de sa d\u00e9cision, devant le tribunal de la famille.<br \/>\n       Les personnes dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est requis sont appel\u00e9es \u00e0 la cause.<br \/>\n       Le tribunal d\u00e9termine s\u2019il s\u2019agit d\u2019une situation telle que vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 330\/1 en tenant compte des int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence et de l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019enfant de mani\u00e8re primordiale \u00bb.<br \/>\n       B.2.2. Avant cette modification l\u00e9gislative, l\u2019article 330\/2 de l\u2019ancien Code civil disposait :<br \/>\n       \u00ab L\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil refuse d\u2019\u00e9tablir l\u2019acte de reconnaissance lorsqu\u2019il constate que la d\u00e9claration se rapporte \u00e0 une situation telle que vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 330\/1.<br \/>\n       S\u2019il existe une pr\u00e9somption s\u00e9rieuse que la reconnaissance se rapporte \u00e0 une situation telle que vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 330\/1, l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil peut surseoir \u00e0 \u00e9tablir l\u2019acte de reconnaissance, \u00e9ventuellement apr\u00e8s avoir recueilli l\u2019avis du procureur du Roi de l\u2019arrondissement judiciaire dans lequel la personne qui veut reconna\u00eetre l\u2019enfant a l\u2019intention de reconna\u00eetre l\u2019enfant, pendant un d\u00e9lai de deux mois au maximum \u00e0 partir de la signature de la d\u00e9claration, afin de proc\u00e9der \u00e0 une enqu\u00eate compl\u00e9mentaire. Le procureur du Roi peut prolonger ce d\u00e9lai de trois mois au maximum. Dans ce cas, il en informe l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil qui en informe \u00e0 son tour les parties int\u00e9ress\u00e9es.<br \/>\n       S\u2019il n\u2019a pas pris de d\u00e9cision d\u00e9finitive dans le d\u00e9lai pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2, l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil est tenu d\u2019\u00e9tablir sans d\u00e9lai l\u2019acte de reconnaissance.<br \/>\n       En cas de refus vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil notifie sans d\u00e9lai sa d\u00e9cision motiv\u00e9e aux parties int\u00e9ress\u00e9es. Une copie de celle-ci, accompagn\u00e9e d\u2019une copie de tous documents utiles, est, en m\u00eame temps, transmise au procureur du Roi de l\u2019arrondissement judiciaire dans lequel la d\u00e9cision de refus a \u00e9t\u00e9 prise et \u00e0 l\u2019Office des \u00e9trangers.<br \/>\n       En cas de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019acter la reconnaissance, la personne qui veut faire \u00e9tablir le lien de filiation, peut introduire une action en recherche de maternit\u00e9, de paternit\u00e9 ou de comaternit\u00e9 aupr\u00e8s du tribunal de la famille du lieu de d\u00e9claration de la reconnaissance.<br \/>\n       6<br \/>\n       Dans le cas vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 5, l\u2019exploit de citation ou la requ\u00eate contient, \u00e0 peine de nullit\u00e9, la d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil \u00bb.<br \/>\n       B.2.3. Par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 58\/2020 du 7 mai 2020 (ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.058), la Cour a annul\u00e9 les alin\u00e9as 5 et 6 de l\u2019article 330\/2 de l\u2019ancien Code civil, au motif que \u00ab l\u2019auteur de la reconnaissance et l\u2019enfant [\u00e9taient] totalement priv\u00e9s de la possibilit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un lien de filiation s\u2019il n\u2019[existait] pas de lien biologique entre eux \u00bb et que le juge qui se pronon\u00e7ait sur une action en recherche de paternit\u00e9 ou de maternit\u00e9 \u00ab n\u2019[avait] aucune possibilit\u00e9 d\u2019appr\u00e9cier in concreto les int\u00e9r\u00eats [&#8230;] des enfants \u00bb (B.27.4).<br \/>\n       \u00c0 la suite de l\u2019arr\u00eat n\u00b0 58\/2020, pr\u00e9cit\u00e9, le l\u00e9gislateur a ins\u00e9r\u00e9, par l\u2019article 39, 4\u00b0, de la loi du 31 juillet 2020, l\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, en cause, de l\u2019ancien Code civil, qui permet au candidat \u00e0 la reconnaissance d\u2019introduire devant le tribunal de la famille un recours contre la d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019\u00e9tablir l\u2019acte de reconnaissance. Le tribunal de la famille d\u00e9termine s\u2019il est question d\u2019une des situations vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 330\/1 de l\u2019ancien Code civil, en tenant compte des int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence, en particulier de l\u2019int\u00e9r\u00eat primordial de l\u2019enfant.<br \/>\n       B.2.4. L\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, en cause, de l\u2019ancien Code civil est justifi\u00e9 comme suit, dans les travaux pr\u00e9paratoires :<br \/>\n       \u00ab Cet article vise \u00e0 adapter la disposition concernant le recours contre une d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019acter une reconnaissance afin de rendre cette disposition conforme \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour Constitutionnelle n\u00b0 58\/2020 du 7 mai 2020.<br \/>\n       Dans cet arr\u00eat, la Cour Constitutionnelle a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019annuler l\u2019article 330\/2, alin\u00e9as 5 et 6, du Code civil, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 10 de la loi du 19 septembre 2017 modifiant le Code civil, le Code judiciaire, la loi du 15 d\u00e9cembre 1980 sur l\u2019acc\u00e8s au territoire, le s\u00e9jour, l\u2019\u00e9tablissement et l\u2019\u00e9loignement des \u00e9trangers et le Code consulaire, en vue de lutter contre la reconnaissance frauduleuse et comportant diverses dispositions en mati\u00e8re de recherche de paternit\u00e9, de maternit\u00e9 et de comaternit\u00e9, ainsi qu\u2019en mati\u00e8re de mariage de complaisance et de cohabitation l\u00e9gale de complaisance.<br \/>\n       Par ailleurs, la Cour a jug\u00e9 qu\u2019il appartient au l\u00e9gislateur de mettre en place une proc\u00e9dure d\u2019appel.<br \/>\n       7<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       Il appartient au l\u00e9gislateur d\u2019organiser une proc\u00e9dure d\u2019appel qui donne au juge saisi toute juridiction pour \u00e9valuer les diff\u00e9rents int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence, la prise en compte de l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019enfant restant toutefois primordiale.<br \/>\n       Le tribunal de la famille doit ainsi avoir la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir qu\u2019il ne ressort manifestement pas de la combinaison des circonstances que la reconnaissance vise uniquement l\u2019obtention d\u2019un avantage en mati\u00e8re de s\u00e9jour, mais \u00e9galement l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un lien de filiation dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019enfant, et que par cons\u00e9quent, les conditions d\u2019application de l\u2019article 330\/1 du Code civil ne sont pas remplies, de sorte que cette disposition ne peut trouver \u00e0 s\u2019appliquer et que rien n\u2019emp\u00eache la reconnaissance (B.28.2).<br \/>\n       Lors d\u2019un tel recours, l\u2019article 332quinquies, \u00a7 3, du Code civil ne peut faire obstacle \u00e0 ce que la filiation soit \u00e9tablie, le cas \u00e9ch\u00e9ant, sur une base socio-affective.<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       La nouvelle proc\u00e9dure de recours contre le refus qui vient s\u2019ajouter n\u2019est ouverte qu\u2019\u00e0 la personne qui souhaite reconna\u00eetre l\u2019enfant. La reconnaissance demeure en effet un acte juridique volontaire et unilat\u00e9ral \u00e9manant d\u2019une personne qui souhaite cr\u00e9er de sa propre initiative un lien de filiation \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un enfant. La personne qui souhaite reconna\u00eetre un enfant est par cons\u00e9quent \u2018 la personne int\u00e9ress\u00e9e \u2019 qui doit pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une proc\u00e9dure d\u2019appel sp\u00e9cifique.<br \/>\n       Si l\u2019auteur de la reconnaissance en question ne souhaite pas former de recours contre le refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019acter la reconnaissance, les personnes qui ont donn\u00e9 leur consentement pr\u00e9alable \u00e0 la reconnaissance refus\u00e9e (l\u2019autre auteur et l\u2019enfant) et qui souhaitent n\u00e9anmoins l\u2019\u00e9tablissement du lien de filiation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019auteur de la reconnaissance refus\u00e9e, peuvent introduire une action en recherche de maternit\u00e9, de paternit\u00e9 ou de comaternit\u00e9 aupr\u00e8s du tribunal de la famille. Lorsque le lien de filiation n\u2019est pas \u00e9tabli en vertu de la pr\u00e9somption l\u00e9gale ni sur la base d\u2019une reconnaissance, il peut \u00eatre \u00e9tabli par jugement aux conditions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 332quinquies, \u00a7\u00a7 1er, 1er\/1, 2 et 4, du Code civil \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2019-2020, DOC 55-1295\/001, pp. 24-27).<br \/>\n       B.3. L\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, en cause, de l\u2019ancien Code civil limite la possibilit\u00e9 de recours au candidat \u00e0 la reconnaissance qui souhaite attaquer la d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil.<br \/>\n       La question pr\u00e9judicielle porte sur l\u2019absence d\u2019une possibilit\u00e9 de recours contre la d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019acter la reconnaissance, pour le parent \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel la filiation est \u00e9tablie et qui a donn\u00e9 son consentement pr\u00e9alablement \u00e0 la reconnaissance.<br \/>\n       8<br \/>\n       La Cour limite son examen \u00e0 cette hypoth\u00e8se.<br \/>\n       B.4.1. Le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination n\u2019exclut pas qu\u2019une diff\u00e9rence de traitement soit \u00e9tablie entre des cat\u00e9gories de personnes, pour autant qu\u2019elle repose sur un crit\u00e8re objectif et qu\u2019elle soit raisonnablement justifi\u00e9e.<br \/>\n       L\u2019existence d\u2019une telle justification doit s\u2019appr\u00e9cier en tenant compte du but et des effets de la mesure critiqu\u00e9e ainsi que de la nature des principes en cause; le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination est viol\u00e9 lorsqu\u2019il est \u00e9tabli qu\u2019il n\u2019existe pas de rapport raisonnable de proportionnalit\u00e9 entre les moyens employ\u00e9s et le but vis\u00e9.<br \/>\n       B.4.2. L\u2019article 13 de la Constitution dispose :<br \/>\n       \u00ab Nul ne peut \u00eatre distrait, contre son gr\u00e9, du juge que la loi lui assigne \u00bb.<br \/>\n       B.4.3. L\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme dispose :<br \/>\n       \u00ab Toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement, publiquement et dans un d\u00e9lai raisonnable, par un tribunal ind\u00e9pendant et impartial, \u00e9tabli par la loi, qui d\u00e9cidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caract\u00e8re civil, soit du bien-fond\u00e9 de toute accusation en mati\u00e8re p\u00e9nale dirig\u00e9e contre elle. Le jugement doit \u00eatre rendu publiquement, mais l\u2019acc\u00e8s de la salle d\u2019audience peut \u00eatre interdit \u00e0 la presse et au public pendant la totalit\u00e9 ou une partie du proc\u00e8s dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la moralit\u00e9, de l\u2019ordre public ou de la s\u00e9curit\u00e9 nationale dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, lorsque les int\u00e9r\u00eats des mineurs ou la protection de la vie priv\u00e9e des parties au proc\u00e8s l\u2019exigent, ou dans la mesure jug\u00e9e strictement n\u00e9cessaire par le tribunal, lorsque dans des circonstances sp\u00e9ciales la publicit\u00e9 serait de nature \u00e0 porter atteinte aux int\u00e9r\u00eats de la justice \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 13 de cette Convention dispose :<br \/>\n       \u00ab Toute personne dont les droits et libert\u00e9s reconnus dans la pr\u00e9sente Convention ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s, a droit \u00e0 l\u2019octroi d\u2019un recours effectif devant une instance nationale, alors m\u00eame que la violation aurait \u00e9t\u00e9 commise par des personnes agissant dans l\u2019exercice de leurs fonctions officielles \u00bb.<br \/>\n       9<br \/>\n       B.5.1. Selon la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme garantit le \u00ab droit \u00e0 un tribunal \u00bb, dont le droit d\u2019acc\u00e8s, \u00e0 savoir le droit de saisir un tribunal en mati\u00e8re civile, constitue un aspect.<br \/>\n       B.5.2. Le droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un juge n\u2019est toutefois pas absolu. Les limitations apport\u00e9es \u00e0 ce droit ne peuvent porter atteinte \u00e0 la substance de ce droit. Elles doivent, en outre, pr\u00e9senter un lien raisonnable de proportionnalit\u00e9 avec le but l\u00e9gitime qu\u2019elles poursuivent (CEDH, 7 juillet 2009, Stagno c. Belgique, ECLI:CE:ECHR:2009:0707JUD000106207, \u00a7 25; grande chambre, 17 janvier 2012, Stanev c. Bulgarie, ECLI:CE:ECHR:2012:0117:JUD003676006, \u00a7\u00a7 229 et 230). La r\u00e9glementation du droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un juge ne peut cesser de servir les buts de la s\u00e9curit\u00e9 juridique et de la bonne administration de la justice et constituer une sorte de barri\u00e8re qui emp\u00eache le justiciable de voir la substance de son litige tranch\u00e9e par la juridiction comp\u00e9tente (CEDH, 7 juillet 2009, Stagno c. Belgique, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 25; 29 mars 2011, RTBF c. Belgique, ECLI:CE:ECHR:2011:0329JUD005008406, \u00a7 69). La compatibilit\u00e9 de ces limitations avec le droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un juge s\u2019appr\u00e9cie en tenant compte des particularit\u00e9s de la proc\u00e9dure en cause et de l\u2019ensemble du proc\u00e8s (CEDH, 29 mars 2011, RTBF c. Belgique, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 70).<br \/>\n       B.6.1. Comme il est dit en B.2.4, le l\u00e9gislateur n\u2019a pas organis\u00e9 de recours sp\u00e9cifique contre le refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019acter la reconnaissance pour le parent \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel la filiation est \u00e9tablie et qui a consenti \u00e0 cette reconnaissance. Par contre, il donne \u00e0 cet autre parent la possibilit\u00e9 de demander, dans un tel cas, l\u2019\u00e9tablissement judiciaire d\u2019un lien de filiation aupr\u00e8s du tribunal de la famille.<br \/>\n       Les actions en recherche de maternit\u00e9, de paternit\u00e9 ou de comaternit\u00e9 sont r\u00e9gl\u00e9es par les articles 314, 322 \u00e0 325, 325\/8 \u00e0 325\/10 et 332quinquies du Code civil.<br \/>\n       B.6.2. La diff\u00e9rence de traitement repose sur un crit\u00e8re objectif, \u00e0 savoir le constat de ce que la d\u00e9cision de refus de l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil d\u2019acter la reconnaissance est attaqu\u00e9e ou non par le candidat \u00e0 la reconnaissance. Seul le candidat \u00e0 la reconnaissance peut introduire un recours contre une telle d\u00e9cision de refus, devant le tribunal de la famille.<br \/>\n       10<br \/>\n       B.7.1. La reconnaissance est un acte juridique volontaire qui \u00e9mane d\u2019une personne qui a l\u2019intention de cr\u00e9er un lien de filiation avec un enfant. Le candidat \u00e0 la reconnaissance est r\u00e9put\u00e9 poser un tel acte juridique de mani\u00e8re \u00e9clair\u00e9e et ne peut contester la reconnaissance que s\u2019il prouve que son consentement a \u00e9t\u00e9 vici\u00e9.<br \/>\n       Pour proc\u00e9der \u00e0 la reconnaissance, le candidat \u00e0 la reconnaissance ne doit pas d\u00e9montrer son lien biologique avec l\u2019enfant. Il est donc possible, pour une personne, de reconna\u00eetre un enfant dont elle n\u2019est pas le parent biologique.<br \/>\n       B.7.2. Le caract\u00e8re volontaire de la figure juridique de la reconnaissance signifie que seul un candidat \u00e0 la reconnaissance peut faire une d\u00e9claration de reconnaissance. Si l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil refuse la reconnaissance en raison d\u2019une situation telle que vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 330\/1 de l\u2019ancien Code civil, il d\u00e9coule du caract\u00e8re volontaire de la reconnaissance que seul le candidat \u00e0 la reconnaissance peut introduire un recours contre cette d\u00e9cision de refus, devant le tribunal de la famille.<br \/>\n       B.7.3. Il est raisonnablement justifi\u00e9 qu\u2019un recours contre une telle d\u00e9cision de refus devant le tribunal de la famille ne soit ouvert qu\u2019au candidat \u00e0 la reconnaissance, \u00e0 l\u2019exclusion du parent \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel la filiation est \u00e9tablie et qui a consenti \u00e0 la reconnaissance, d\u00e8s lors que la reconnaissance est un acte juridique volontaire et qu\u2019elle ne peut donc en aucun cas \u00eatre impos\u00e9e \u00e0 une personne d\u00e9termin\u00e9e.<br \/>\n       Ainsi, le l\u00e9gislateur pouvait limiter la facult\u00e9 de recours au candidat \u00e0 la reconnaissance, \u00e9tant donn\u00e9 que la demande de reconnaissance \u00e9mane de la personne qui, d\u2019initiative, souhaite cr\u00e9er un lien de filiation \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un enfant. En juger autrement aurait pour cons\u00e9quence qu\u2019il serait port\u00e9 atteinte au caract\u00e8re unilat\u00e9ral et volontaire de la reconnaissance.<br \/>\n       Le parent \u00e0 l\u2019\u00e9gard duquel la filiation est \u00e9tablie et dont le consentement \u00e0 la reconnaissance est requis peut toujours se pr\u00e9valoir de la proc\u00e9dure judiciaire d\u2019\u00e9tablissement de la filiation, dans le cadre de laquelle l\u2019absence d\u2019un lien biologique emp\u00eachera, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un lien de filiation (article 332quinquies de l\u2019ancien Code civil).<br \/>\n       11<br \/>\n       Cette restriction aussi est raisonnablement justifi\u00e9e, \u00e9tant donn\u00e9 que la d\u00e9cision d\u2019\u00e9tablir un lien de filiation qui ne correspond pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 biologique appartient au seul candidat \u00e0 la reconnaissance.<br \/>\n       B.7.4. L\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, de l\u2019ancien Code civil est par cons\u00e9quent compatible avec les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 13 de la Constitution et avec les articles 6, paragraphe 1, et 13 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       12<br \/>\n       Par ces motifs,<br \/>\n       la Cour<br \/>\n       dit pour droit :<br \/>\n       L\u2019article 330\/2, alin\u00e9a 5, de l\u2019ancien Code civil ne viole pas les articles 10 et 11 de la Constitution, lus en combinaison avec l\u2019article 13 de la Constitution et avec les articles 6, paragraphe 1, et 13 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme.<br \/>\n       Ainsi rendu en langue n\u00e9erlandaise et en langue fran\u00e7aise, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 65 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 21 novembre 2024.<br \/>\n       Le greffier, Le pr\u00e9sident,<br \/>\n       Frank Meersschaut Luc Lavrysen<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.137\n       <\/p>\n<p>            Publication(s) li\u00e9e(s)              <\/p>\n<p>citant:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.002         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.058         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2009:0707JUD000106207        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2011:0329JUD005008406        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:CE:ECHR:2012:0117:JUD003676006        <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p><!-- Action LOG \nfunction JUPORTARecordLogViewDecision  $iubel_id        : 279793\n                                       $action_type     : VIEW\n                                      &amp;$action_startmt  : 1780546340.1028\n                                      &amp;$action_duration : 126\n                                      &amp;$addressipremote : 103.115.10.116\n                                      &amp;$latitude        : null\n                                      &amp;$longitude       : null\n                                      &amp;$accuracy        : null\n                                      &amp;$altitude        : null\n                                      &amp;$langue_view     : FR\n--><br \/>\n<!-- Action_duration 126 millisec --><br \/>\n      <!-- end of main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>    <!-- end of division \"page_main\" --><\/p>\n<p>              &#9993; info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.137\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. 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