{"id":1164238,"date":"2026-06-21T21:36:20","date_gmt":"2026-06-21T19:36:20","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-132\/"},"modified":"2026-06-21T21:36:20","modified_gmt":"2026-06-21T19:36:20","slug":"eclibeghcc2024arr-132","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-132\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.132"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nCour constitutionnelle (Cour d&apos;arbitrage)  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 21 novembre 2024            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.132<\/p>\n<p>No Arr\u00eat\/No R\u00f4le:<\/p>\n<p>132\/2024<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit constitutionnel<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2024-12-02<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>697 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-01 07:42<\/p>\n<p>Version(s):<\/p>\n<p>Version NL\n        <\/p>\n<p>Version DE\n        <\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>COUR CONSTITUTIONNELLE\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; COUR CONSTITUTIONNELLE\n <\/p>\n<p>Mots libres:<\/p>\n<p>\nle recours en annulation partielle de l&apos;ordonnance de la R\u00e9gion<br \/>\n         de Bruxelles-Capitale du 2 mars 2023 \u00ab modifiant l&apos;ordonnance du<br \/>\n         1er mars 2007 relative \u00e0 la protection de l&apos;environnement contre<br \/>\n         les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations<br \/>\n         non ionisantes, l&apos;ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d&apos;environnement<br \/>\n         et l&apos;ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxellois de l&apos;Air,<br \/>\n         du Climat et de la Ma\u00eetrise de l&apos;\u00c9nergie \u00bb, introduit par l&apos;ASBL<br \/>\n         \u00ab Groupe de R\u00e9flexion et d&apos;Action Pour une Politique Ecologique<br \/>\n         et de la sant\u00e9 \u00bb et autres. Environnement &#8211; R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale<br \/>\n         &#8211; D\u00e9veloppement de la technologie 5G &#8211; Antenne \u00e9mettrice stationnaire<br \/>\n         &#8211; Radiations non ionisantes &#8211; Zones accessibles au public &#8211; Situations<br \/>\n         d&apos;urgence &#8211; Limites d&apos;immission<\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       Cour constitutionnelle<br \/>\n       Arr\u00eat n\u00b0 132\/2024<br \/>\n       du 21 novembre 2024<br \/>\n       Num\u00e9ro du r\u00f4le : 8085<br \/>\n       En cause : le recours en annulation partielle de l\u2019ordonnance de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale du 2 mars 2023 \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes, l\u2019ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d\u2019environnement et l\u2019ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxellois de l\u2019Air, du Climat et de la Ma\u00eetrise de l\u2019\u00c9nergie \u00bb, introduit par l\u2019ASBL \u00ab Groupe de R\u00e9flexion et d\u2019Action Pour une Politique Ecologique et de la sant\u00e9 \u00bb et autres.<br \/>\n       La Cour constitutionnelle,<br \/>\n       compos\u00e9e des pr\u00e9sidents Pierre Nihoul et Luc Lavrysen, et des juges Thierry Giet, Jos\u00e9phine Moerman, Michel P\u00e2ques, Yasmine Kherbache, Danny Pieters, Sabine de Bethune, Emmanuelle Bribosia et Kattrin Jadin, assist\u00e9e du greffier Frank Meersschaut, pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident Pierre Nihoul,<br \/>\n       apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, rend l\u2019arr\u00eat suivant :<br \/>\n       I. Objet du recours et proc\u00e9dure<br \/>\n       Par requ\u00eate adress\u00e9e \u00e0 la Cour par lettre recommand\u00e9e \u00e0 la poste le 4 octobre 2023 et parvenue au greffe le 5 octobre 2023, un recours en annulation partielle de l\u2019ordonnance de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale du 2 mars 2023 \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 1er mars 2007<br \/>\n       relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes, l\u2019ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d\u2019environnement et l\u2019ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxellois de l\u2019Air, du Climat et de la Ma\u00eetrise de l\u2019\u00c9nergie \u00bb (publi\u00e9e au Moniteur belge du 4 avril 2023) a \u00e9t\u00e9 introduit par l\u2019ASBL \u00ab Groupe de R\u00e9flexion et d\u2019Action Pour une Politique Ecologique et de la sant\u00e9 \u00bb, l\u2019ASBL \u00ab Association pour la Reconnaissance de l\u2019ElectroHyperSensibilit\u00e9 \u00bb, Colette Devillers, Marie Demortier et Martine Grynberg, assist\u00e9es et repr\u00e9sent\u00e9es par Me Denis Brusselmans, avocat au barreau du Brabant wallon.<br \/>\n       Des m\u00e9moires et m\u00e9moires en r\u00e9plique ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       2<br \/>\n       &#8211; la SA de droit public \u00ab Proximus \u00bb, assist\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Bart Martel et Me Margaux De Backer, avocats au barreau de Bruxelles (partie intervenante);<br \/>\n       &#8211; le Gouvernement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, assist\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 par Me Ivan-Serge Brouhns et Me Guillaume Possoz, avocats au barreau de Bruxelles.<br \/>\n       Les parties requ\u00e9rantes ont introduit un m\u00e9moire en r\u00e9ponse.<br \/>\n       Par ordonnance du 25 septembre 2024, la Cour, apr\u00e8s avoir entendu les juges-rapporteurs Kattrin Jadin et Danny Pieters, a d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019affaire \u00e9tait en \u00e9tat, qu\u2019aucune audience ne serait tenue, \u00e0 moins qu\u2019une partie n\u2019ait demand\u00e9, dans le d\u00e9lai de sept jours suivant la r\u00e9ception de la notification de cette ordonnance, \u00e0 \u00eatre entendue, et qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une telle demande, les d\u00e9bats seraient clos \u00e0 l\u2019expiration de ce d\u00e9lai et l\u2019affaire serait mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Aucune demande d\u2019audience n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 introduite, l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Les dispositions de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle relatives \u00e0 la proc\u00e9dure et \u00e0 l\u2019emploi des langues ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es.<br \/>\n       II. En droit<br \/>\n       -A-<br \/>\n       Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 du recours en annulation<br \/>\n       A.1.1. Afin de d\u00e9montrer son int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander l\u2019annulation de l\u2019article 2, c) et d), et de l\u2019article 3, b), c), d), e) et f), de l\u2019ordonnance de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale du 2 mars 2023 \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes, l\u2019ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d\u2019environnement et l\u2019ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxellois de l\u2019Air, du Climat et de la Ma\u00eetrise de l\u2019\u00c9nergie \u00bb (ci-apr\u00e8s :<br \/>\n       l\u2019ordonnance du 2 mars 2023), l\u2019association sans but lucratif \u00ab Groupe de R\u00e9flexion et d\u2019Action Pour une Politique Ecologique \u00bb expose qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 exprim\u00e9 publiquement, de diverses mani\u00e8res, son opposition \u00e0 l\u2019utilisation de la technologie \u00ab 5G \u00bb, que les dispositions l\u00e9gislatives attaqu\u00e9es ont pour but de favoriser. L\u2019association requ\u00e9rante ajoute que ces dispositions affectent la \u00ab v\u00e9ritable politique \u00e9cologique \u00bb qu\u2019elle a pour but statutaire de promouvoir, ainsi que la Cour l\u2019a constat\u00e9 dans l\u2019arr\u00eat n\u00b0 144\/2020 du 12 novembre 2020<br \/>\n       (ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.144).<br \/>\n       A.1.2. Afin de d\u00e9montrer son int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander l\u2019annulation des dispositions l\u00e9gislatives pr\u00e9cit\u00e9es, l\u2019association sans but lucratif \u00ab Association pour la Reconnaissance de l\u2019ElectroHyperSensibilit\u00e9 \u00bb rel\u00e8ve qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour faire reconna\u00eetre par la loi les nuisances que peuvent causer les champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques \u00e9mis entre autres par les antennes-relais et les \u00ab bornes wifi \u00bb et pour garantir aux personnes un environnement non pollu\u00e9 par ces champs.<br \/>\n       La deuxi\u00e8me association requ\u00e9rante souligne aussi \u00eatre membre d\u2019un collectif d\u2019associations qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 dans le but de faire opposition \u00e0 l\u2019utilisation de la technologie \u00ab 5G \u00bb.<br \/>\n       A.1.3. Colette Devillers, Marie Demortier et Martine Grynberg arguent, de leur c\u00f4t\u00e9, qu\u2019elles r\u00e9sident en r\u00e9gion bruxelloise, qu\u2019un m\u00e9decin a attest\u00e9 qu\u2019elles souffraient de l\u2019exposition aux ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques<br \/>\n       3<br \/>\n       \u00e9mises par divers appareils et que ce m\u00e9decin leur a recommand\u00e9 d\u2019\u00e9viter cette exposition. Elles estiment justifier de l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 demander l\u2019annulation des dispositions l\u00e9gislatives attaqu\u00e9es, d\u00e8s lors que l\u2019utilisation de la technologie \u00ab 5G \u00bb sur le territoire de la r\u00e9gion bruxelloise, que ces dispositions ont pour but de permettre, les exposera davantage aux champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques.<br \/>\n       A.2. Le Gouvernement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale soutient que le recours en annulation est irrecevable en ce qu\u2019il porte sur l\u2019article 3, d), e) et f), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023.<br \/>\n       Il observe que les requ\u00e9rantes n\u2019expliquent pas, dans leur requ\u00eate, en quoi ces dispositions l\u00e9gislatives seraient incompatibles avec les normes dont elles d\u00e9noncent la violation.<br \/>\n       Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 du m\u00e9moire d\u00e9pos\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit public \u00ab Proximus \u00bb<br \/>\n       A.3. La soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit public \u00ab Proximus \u00bb (ci-apr\u00e8s : Proximus) expose que sa situation pourrait \u00eatre directement affect\u00e9e par l\u2019arr\u00eat que la Cour rendra \u00e0 propos du recours en annulation.<br \/>\n       Elle remarque que cet arr\u00eat aura une incidence sur ses droits et obligations relatifs aux activit\u00e9s d\u2019exploitation de son r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9phonie mobile. Elle observe que l\u2019un des objectifs des dispositions l\u00e9gislatives attaqu\u00e9es est d\u2019offrir aux op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9communication une plus grande marge de man\u0153uvre quant \u00e0 la conception de leurs r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9communication.<br \/>\n       Quant aux moyens<br \/>\n       En ce qui concerne le premier moyen<br \/>\n       A.4. Les requ\u00e9rantes all\u00e8guent que l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 3, b), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, viole les articles 10, 11, et 23, alin\u00e9a 3, 4\u00b0, de la Constitution ainsi que le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique et le principe de pr\u00e9caution, en ce que, en autorisant des densit\u00e9s de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes d\u2019une valeur plus de vingt fois plus \u00e9lev\u00e9e que la valeur maximale qui \u00e9tait autoris\u00e9e auparavant, la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e r\u00e9duirait significativement le degr\u00e9 de protection qu\u2019offrait la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9demment applicable, sans que cela soit justifi\u00e9 par l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n       A.5.1. Les requ\u00e9rantes observent d\u2019abord que la norme chiffr\u00e9e que contient la disposition attaqu\u00e9e va \u00e0 l\u2019encontre des recommandations que le Conseil sup\u00e9rieur de la sant\u00e9 a faites le 4 f\u00e9vrier 2009 et le 1er octobre 2014 \u00e0 propos des \u00e9ventuelles nuisances des rayonnements li\u00e9s au d\u00e9veloppement de la t\u00e9l\u00e9phonie mobile. Elles notent aussi que le Conseil sup\u00e9rieur de la sant\u00e9 a reconnu, en mai 2019, que l\u2019exposition aux champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques utilis\u00e9s pour ce mode de communication pouvait \u00eatre nocive. Les requ\u00e9rantes font aussi valoir que la disposition attaqu\u00e9e autorise l\u2019exposition \u00e0 une pollution \u00e9lectromagn\u00e9tique d\u2019un niveau bien sup\u00e9rieur \u00e0 celui que les experts scientifiques ind\u00e9pendants recommandent de ne pas d\u00e9passer. Elles soulignent en outre que la r\u00e9solution adopt\u00e9e \u00e0 ce sujet en 2011 par l\u2019Assembl\u00e9e parlementaire du Conseil de l\u2019Europe pr\u00e9conise une norme beaucoup plus stricte que celle de l\u2019International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : ICNIRP), \u00e0 laquelle renvoient l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 et l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       Les requ\u00e9rantes remarquent que l\u2019augmentation de la pollution \u00e9lectromagn\u00e9tique que permet la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e affectera non seulement la sant\u00e9 des personnes qui souffrent d\u2019\u00e9lectrohypersensibilit\u00e9, mais aussi celle de toute personne expos\u00e9e aux ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques. Les requ\u00e9rantes d\u00e9duisent de plusieurs \u00e9tudes scientifiques su\u00e9doises r\u00e9alis\u00e9es en 2023 que la mise en service d\u2019une \u00ab antenne 5G \u00bb (bande de 3,5 GHz) \u00e0 proximit\u00e9 du lieu de vie d\u2019humains en bonne sant\u00e9 provoque chez ces derniers des sympt\u00f4mes graves, dont la plupart disparaissent, plus ou moins rapidement, lorsque ces personnes s\u2019en vont vivre ailleurs.<br \/>\n       Les requ\u00e9rantes insistent sur le fait que l\u2019existence en dehors de la r\u00e9gion bruxelloise de normes destin\u00e9es \u00e0 limiter la pollution \u00e9lectromagn\u00e9tique qui sont moins s\u00e9v\u00e8res que celles que contient la disposition attaqu\u00e9e ne<br \/>\n       4<br \/>\n       suffit pas pour consid\u00e9rer que cette derni\u00e8re ne r\u00e9duit pas le degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement qui r\u00e9sultait de la pr\u00e9c\u00e9dente r\u00e8gle bruxelloise.<br \/>\n       A.5.2. Les requ\u00e9rantes exposent ensuite que la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e est presque exclusivement inspir\u00e9e de consid\u00e9rations d\u2019ordre \u00e9conomique, technologique ou technocratique, qui, selon elles, ne peuvent \u00eatre qualifi\u00e9es de motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral permettant de justifier la r\u00e9duction du degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement et la prise de distance par rapport au principe de pr\u00e9caution. Les requ\u00e9rantes observent qu\u2019en 2007, c\u2019est le principe de pr\u00e9caution qui avait justifi\u00e9 l\u2019adoption d\u2019une limite de densit\u00e9 de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes d\u2019une valeur vingt fois moins \u00e9lev\u00e9e que la limite \u00e9dict\u00e9e par la disposition attaqu\u00e9e. Elles n\u2019aper\u00e7oivent pas quelles seraient les donn\u00e9es scientifiques qui permettraient de comprendre en quoi cette disposition ne heurte pas ce principe, sur lequel reposent aussi les recommandations qui ont \u00e9t\u00e9 faites par le Conseil sup\u00e9rieur de la sant\u00e9 en 2009, en 2010 et en 2014.<br \/>\n       Les requ\u00e9rantes ajoutent que le d\u00e9veloppement de la technologie \u00ab 5G \u00bb est n\u00e9faste pour la sant\u00e9 publique et qu\u2019il aggrave le r\u00e9chauffement climatique en raison de l\u2019augmentation des gaz \u00e0 effet de serre que provoque la forte hausse de la consommation d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 r\u00e9sultant de l\u2019usage de cette technologie.<br \/>\n       Les requ\u00e9rantes se demandent si, dans ce contexte, la disponibilit\u00e9 de services de mobilophonie de qualit\u00e9 et le souci d\u2019accompagner les \u00e9volutions technologiques en la mati\u00e8re afin de r\u00e9pondre aux besoins des utilisateurs constituent r\u00e9ellement des n\u00e9cessit\u00e9s susceptibles de constituer un motif d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral permettant de diminuer la protection de l\u2019environnement et, partant, d\u2019affecter la sant\u00e9 des humains.<br \/>\n       A.6. Selon le Gouvernement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale (ci-apr\u00e8s : le Gouvernement), le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       A.7. Il soutient, \u00e0 titre principal, que l\u2019obligation de standstill qui d\u00e9coule de l\u2019article 23, alin\u00e9a 3, 4\u00b0, de la Constitution n\u2019est pas applicable en l\u2019esp\u00e8ce, puisque la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue compte tenu du principe de pr\u00e9caution.<br \/>\n       Le Gouvernement consid\u00e8re qu\u2019il est impossible de d\u00e9terminer si une norme qui est adopt\u00e9e dans un contexte d\u2019incertitude scientifique relative au caract\u00e8re nuisible des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques r\u00e9duit significativement le degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement.<br \/>\n       A.8.1. \u00c0 titre subsidiaire, le Gouvernement soutient que la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e ne r\u00e9duit pas significativement le degr\u00e9 de pr\u00e9caution ou de protection de l\u2019environnement qu\u2019offrait la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9demment applicable. Il consid\u00e8re que tant l\u2019ancienne norme que la nouvelle norme d\u2019immission offrent un niveau \u00e9lev\u00e9 de protection de la sant\u00e9 contre les risques li\u00e9s \u00e0 l\u2019exposition aux ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques.<br \/>\n       Il affirme aussi qu\u2019il n\u2019existe pas de consensus scientifique \u00e0 propos des effets n\u00e9fastes des radiations non ionisantes pour l\u2019environnement et la sant\u00e9, lorsque de telles radiations restent dans les limites d\u00e9termin\u00e9es par la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e.<br \/>\n       A.8.2. Le Gouvernement rel\u00e8ve que les normes qui sont applicables dans chacune des deux autres r\u00e9gions de l\u2019\u00c9tat, dans la plupart des autres \u00c9tats de l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi que dans une petite dizaine d\u2019autres \u00c9tats du monde sont moins protectrices de l\u2019environnement, alors que les autorit\u00e9s de ces \u00c9tats et r\u00e9gions se sont aussi pr\u00e9occup\u00e9es de l\u2019incidence de la technologie \u00ab 5G \u00bb sur l\u2019environnement et la sant\u00e9. Le Gouvernement ajoute que le degr\u00e9 de protection contre les champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques qu\u2019offre la disposition attaqu\u00e9e demeure beaucoup plus \u00e9lev\u00e9 que celui qui \u00e9tait recommand\u00e9 en juillet 1999 par le Conseil de l\u2019Union europ\u00e9enne et qui est aujourd\u2019hui recommand\u00e9 par l\u2019ICNIRP.<br \/>\n       Le Gouvernement rappelle en outre que la Cour, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 12\/2016 du 27 janvier 2016<br \/>\n       (ECLI:BE:GHCC:2016:ARR.012), a jug\u00e9 que le principe de pr\u00e9caution est respect\u00e9 lorsque l\u2019assouplissement d\u2019une norme d\u2019immission par le pouvoir l\u00e9gislatif n\u2019a pas pour effet de rendre cette norme moins contraignante que les recommandations internationales et europ\u00e9ennes. Il souligne que ce principe n\u2019oblige pas le pouvoir l\u00e9gislatif \u00e0 interdire une activit\u00e9 dont les risques pour la sant\u00e9 restent incertains.<br \/>\n       A.8.3. Le Gouvernement observe aussi que, compte tenu des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques et sociaux li\u00e9s au d\u00e9veloppement de la t\u00e9l\u00e9phonie mobile, le degr\u00e9 de protection impos\u00e9 par la norme d\u2019immission attaqu\u00e9e est<br \/>\n       5<br \/>\n       particuli\u00e8rement strict au regard des valeurs recommand\u00e9es par l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9, tout en restant proche des recommandations du Conseil sup\u00e9rieur de la sant\u00e9.<br \/>\n       Le Gouvernement d\u00e9duit de l\u2019avis \u00e9mis par ce Conseil en 2014, des travaux du comit\u00e9 d\u2019experts des radiations non ionisantes institu\u00e9 par l\u2019article 3, \u00a7 2, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 (ci-apr\u00e8s : le comit\u00e9 d\u2019experts), ainsi que du rapport sur les incidences environnementales relatif \u00e0 l\u2019avant-projet d\u2019ordonnance qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, que l\u2019existence des effets nocifs pour l\u2019homme et l\u2019environnement des radiations non ionisantes provoqu\u00e9es par la communication sans fil, ainsi que l\u2019ampleur de ces effets, restent incertains lorsque ces radiations n\u2019exc\u00e8dent pas les limites recommand\u00e9es par l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 et l\u2019Union europ\u00e9enne.<br \/>\n       Le Gouvernement remarque que, dans ce contexte, les recommandations du Conseil sup\u00e9rieur de la sant\u00e9 de 2014 sont donc uniquement inspir\u00e9es du principe de pr\u00e9caution. Il pr\u00e9cise que, lorsqu\u2019il tient compte de ce principe, le pouvoir l\u00e9gislatif dispose d\u2019une large marge d\u2019appr\u00e9ciation et reste libre de tenir compte d\u2019int\u00e9r\u00eats non sanitaires. Il note que les mesures \u00e9nonc\u00e9es par la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e visent \u00e0 pr\u00e9venir le risque de nocivit\u00e9 des ondes \u00e9mises par les antennes-relais utilis\u00e9es pour la technologie \u00ab 5G \u00bb.<br \/>\n       A.8.4. Le Gouvernement ajoute qu\u2019il y a lieu de tenir compte non seulement du fait que la disposition attaqu\u00e9e \u00e9nonce, pour les zones accessibles au public qui se trouvent \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un b\u00e2timent, une norme plus protectrice que celle qui est applicable aux zones qui se trouvent \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, mais aussi du fait que l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 contient d\u2019autres mesures qui tendent \u00e0 renforcer la protection des personnes contre les ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques \u00e9mises par les antennes de t\u00e9l\u00e9communication.<br \/>\n       A.8.5. Le Gouvernement expose, de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, que la Cour est d\u2019autant moins en mesure de d\u00e9terminer la valeur des \u00e9tudes scientifiques pr\u00e9sent\u00e9es par les parties que le monde scientifique n\u2019est pas unanime.<br \/>\n       Il d\u00e9duit de l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 76\/2023 du 17 mai 2023 (ECLI:BE:GHCC:2023:ARR.076) que c\u2019est au requ\u00e9rant qu\u2019il revient de d\u00e9montrer qu\u2019une \u00e9tude scientifique qu\u2019il utilise comme argument est plus fiable que l\u2019\u00e9tude scientifique sur laquelle l\u2019autorit\u00e9 s\u2019est appuy\u00e9e pour adopter la norme attaqu\u00e9e dans le cadre d\u2019un recours en annulation.<br \/>\n       A.9.1. \u00c0 titre plus subsidiaire encore, le Gouvernement soutient que, s\u2019il est consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019assouplissement, par la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e, de la norme d\u2019immission des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques des antennes de t\u00e9l\u00e9phonie mobile r\u00e9duit significativement le degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement qu\u2019offrait la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9demment applicable, cette r\u00e9duction est justifi\u00e9e par des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral pris en consid\u00e9ration de mani\u00e8re proportionn\u00e9e.<br \/>\n       Le Gouvernement consid\u00e8re que la nouvelle norme d\u2019immission est proportionn\u00e9e, mod\u00e9r\u00e9e et inspir\u00e9e par le souci de prot\u00e9ger la population contre les effets incertains de la technologie r\u00e9glement\u00e9e sur la sant\u00e9, tout en permettant l\u2019utilisation de cette technologie jug\u00e9e essentielle pour la R\u00e9gion.<br \/>\n       Il souligne que la Cour ne peut faire primer sa propre conception de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral sur celle du pouvoir l\u00e9gislatif r\u00e9gional, qui r\u00e9sulte d\u2019arbitrages \u00e9quilibr\u00e9s entre divers int\u00e9r\u00eats.<br \/>\n       A.9.2. Le Gouvernement observe que le l\u00e9gislateur ordonnanciel a largement tenu compte, lors des travaux pr\u00e9paratoires de la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e, des int\u00e9r\u00eats sanitaires, environnementaux, \u00e9conomiques et sociaux du d\u00e9veloppement de la t\u00e9l\u00e9phonie mobile.<br \/>\n       Il remarque que les auteurs du rapport sur les incidences environnementales relatif \u00e0 l\u2019avant-projet d\u2019ordonnance ont attir\u00e9 l\u2019attention sur l\u2019importante augmentation de la consommation \u00e9lectrique et des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre qu\u2019entra\u00eenera le d\u00e9veloppement de la technologie \u00ab 5G \u00bb, et qu\u2019ils ont observ\u00e9 que l\u2019abandon de cet avant-projet ne permettrait pas l\u2019adoption de mesures visant \u00e0 diminuer l\u2019importante consommation d\u2019\u00e9nergie li\u00e9e au march\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9phonie mobile.<br \/>\n       Le Gouvernement ajoute que l\u2019article 2, c), l\u2019article 3, j) et k), l\u2019article 4, l\u2019article 8, \u00a7\u00a7 2 et 3, ainsi que l\u2019article 11, \u00a7 2, de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 contiennent des mesures visant \u00e0 prot\u00e9ger l\u2019environnement.<br \/>\n       6<br \/>\n       Le Gouvernement insiste enfin sur le fait que l\u2019adoption de la norme d\u2019immission \u00e9nonc\u00e9e par la disposition attaqu\u00e9e \u00e9tait indispensable au d\u00e9veloppement de la technologie \u00ab 5G \u00bb.<br \/>\n       A.10. \u00c0 titre principal, Proximus soutient que le premier moyen est irrecevable parce que la requ\u00eate ne pr\u00e9cise pas en quoi la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e serait incompatible avec le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9, avec le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique et avec le principe de pr\u00e9caution.<br \/>\n       A.11.1. \u00c0 titre subsidiaire, Proximus soutient que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       A.11.2. La soci\u00e9t\u00e9 intervenante expose d\u2019abord que la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e respecte le principe de pr\u00e9caution.<br \/>\n       Elle observe que, m\u00eame si la nocivit\u00e9 des champs \u00e9lectromagn\u00e9tiques n\u2019est pas scientifiquement \u00e9tablie, l\u2019exploitation des antennes d\u2019un r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9communication mobile qui \u00e9mettent des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques fait l\u2019objet de r\u00e8gles strictes, en application du principe de pr\u00e9caution. Elle souligne que l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 ne fait courir aucun risque \u00e0 la population, vu que les normes d\u2019immission qu\u2019il \u00e9nonce sont beaucoup plus contraignantes que celles que recommande l\u2019ICNIRP, lesquelles sont elles-m\u00eames, par pr\u00e9caution, d\u00e9j\u00e0 cinquante fois plus protectrices que le seuil de risque sanitaire admis \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale.<br \/>\n       Proximus estime que les normes d\u2019immission \u00e9nonc\u00e9es par la disposition attaqu\u00e9e respectent le principe de pr\u00e9caution, pour des motifs similaires \u00e0 ceux qui ont amen\u00e9 la Cour \u00e0 rejeter, par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 12\/2016, pr\u00e9cit\u00e9, le recours en annulation qui avait \u00e9t\u00e9 introduit contre le pr\u00e9c\u00e9dent rel\u00e8vement de la norme d\u2019immission par l\u2019ordonnance du 3 avril 2014. La soci\u00e9t\u00e9 intervenante renvoie, entre autres, aux rapports remis par le comit\u00e9 d\u2019experts en 2018 et en 2020.<br \/>\n       A.11.3.1. La soci\u00e9t\u00e9 intervenante expose ensuite que la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e n\u2019est pas incompatible avec l\u2019obligation de standstill qui d\u00e9coule de l\u2019article 23 de la Constitution.<br \/>\n       A.11.3.2. Selon Proximus, la disposition attaqu\u00e9e ne r\u00e9duit pas significativement le degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement contre les radiations non ionisantes.<br \/>\n       La soci\u00e9t\u00e9 intervenante souligne que les normes \u00e9nonc\u00e9es par cette disposition sont beaucoup plus strictes que celles qui sont recommand\u00e9es par l\u2019ICNIRP, alors que celles-ci constituent la principale r\u00e9f\u00e9rence internationale, qu\u2019elles sont suivies par les trois quarts des \u00c9tats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne, qu\u2019elles sont recommand\u00e9es par l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9 et qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es eu \u00e9gard au principe de pr\u00e9caution. Proximus affirme que la modification des normes d\u2019immission par la disposition attaqu\u00e9e a \u00e9t\u00e9 soutenue par le comit\u00e9 d\u2019experts.<br \/>\n       Proximus consid\u00e8re qu\u2019il y a aussi lieu de tenir compte d\u2019autres dispositions de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, telles celles qui ont pour effet que les op\u00e9rateurs broadcast sont dor\u00e9navant tenus de respecter les normes d\u2019immission \u00e9nonc\u00e9es dans l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 et celles qui tendent \u00e0 obliger les prestataires de services de t\u00e9l\u00e9phonie \u00e0 am\u00e9liorer la gestion des d\u00e9chets caus\u00e9s par le d\u00e9veloppement des r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9phonie mobile, ou \u00e0 contribuer \u00e0 la diminution de la consommation d\u2019\u00e9nergie et des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre.<br \/>\n       La soci\u00e9t\u00e9 intervenante conteste enfin la pertinence des \u00e9tudes scientifiques relatives \u00e0 la nocivit\u00e9 des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques auxquelles les requ\u00e9rantes font r\u00e9f\u00e9rence. Elle soutient que ces derni\u00e8res ne d\u00e9montrent pas que ces \u00e9tudes scientifiques sont plus fiables que les donn\u00e9es fournies par le monde scientifique sur lesquelles s\u2019appuie la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e.<br \/>\n       A.11.3.3. Proximus consid\u00e8re qu\u2019\u00e0 supposer que la disposition attaqu\u00e9e r\u00e9duise significativement le degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement contre les radiations non ionisantes, cette r\u00e9duction est en tout \u00e9tat de cause justifi\u00e9e par des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n       La soci\u00e9t\u00e9 intervenante rel\u00e8ve que, lors des travaux pr\u00e9paratoires, la disposition attaqu\u00e9e a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00e9tant n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019installation de services de t\u00e9l\u00e9phonie de qualit\u00e9 et \u00e0 la r\u00e9ponse aux besoins des utilisateurs de ces services. Elle observe que tant l\u2019IBPT que le comit\u00e9 d\u2019experts jugent que les normes d\u2019immission ant\u00e9rieures ne permettaient ni de faire face \u00e0 l\u2019augmentation consid\u00e9rable de la transmission de donn\u00e9es \u00e0 distance, ni de garantir une utilisation de la technologie \u00ab 5G \u00bb. Proximus rappelle aussi les obligations faites aux \u00c9tats<br \/>\n       7<br \/>\n       membres de l\u2019Union europ\u00e9enne par la directive (UE) 2018\/1972 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 11 d\u00e9cembre 2018 \u00ab \u00e9tablissant le code des communications \u00e9lectroniques europ\u00e9en (refonte) \u00bb.<br \/>\n       En ce qui concerne le deuxi\u00e8me moyen<br \/>\n       A.12.1. Les requ\u00e9rantes all\u00e8guent que l\u2019article 2, \u00a7 2, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 2, d), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, viole les articles 10, 11, et 23, alin\u00e9a 3, 4\u00b0, de la Constitution, ainsi que le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique et le principe de pr\u00e9caution, en ce qu\u2019en autorisant \u00ab lors de situations d\u2019urgence \u00bb un d\u00e9passement illimit\u00e9 de la norme d\u2019immission \u00e9dict\u00e9e \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e r\u00e9duirait significativement le degr\u00e9 de protection qu\u2019offrait la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9demment applicable, sans que cela soit justifi\u00e9 par l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n       A.12.2. Les requ\u00e9rantes reconnaissent qu\u2019une situation d\u2019urgence peut n\u00e9cessiter un assouplissement d\u2019une norme d\u2019immission.<br \/>\n       Elles remarquent cependant que la d\u00e9finition de la \u00ab situation d\u2019urgence \u00bb \u00e9nonc\u00e9e \u00e0 l\u2019article 2, \u00a7 1er, 8\u00b0, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 2, c), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, manque de pr\u00e9cision. Elles rel\u00e8vent que cette d\u00e9finition ne d\u00e9signe pas l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente pour constater l\u2019existence d\u2019une telle situation, qu\u2019elle ne contient aucune r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 d\u2019autres textes \u00ab \u00e0 caract\u00e8re r\u00e9glementaire \u00bb en la mati\u00e8re et qu\u2019elle contient des notions vagues comme \u00ab trouble grave de la s\u00e9curit\u00e9 publique \u00bb et \u00ab int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels importants \u00bb.<br \/>\n       Les requ\u00e9rantes consid\u00e8rent que la d\u00e9rogation qu\u2019autorise la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e est donc excessive et susceptible de mettre en grave danger l\u2019environnement et la sant\u00e9 de la population de la r\u00e9gion bruxelloise, parce qu\u2019elle permet aux op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie d\u2019augmenter, sans faire l\u2019objet de contr\u00f4les, le rayonnement des radiations non ionisantes sans aucune limite autre que celle de leurs capacit\u00e9s techniques.<br \/>\n       Les requ\u00e9rantes observent aussi que, telle qu\u2019elle \u00e9tait libell\u00e9e \u00e0 la suite de sa modification par l\u2019ordonnance du 3 avril 2014 \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes et modifiant l\u2019ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d\u2019environnement \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 3 avril 2014), l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 ne disposait pas que les r\u00e8gles destin\u00e9es \u00e0 limiter les effets des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques \u00e9taient inapplicables dans des situations d\u2019urgence.<br \/>\n       Les requ\u00e9rantes estiment que l\u2019absence totale de cadre normatif relatif \u00e0 cette d\u00e9rogation n\u2019est pas justifiable.<br \/>\n       Elles soulignent qu\u2019il n\u2019est pas d\u00e9montr\u00e9 que la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e soit la seule mesure susceptible d\u2019emp\u00eacher la saturation du r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9phonie mobile dans des circonstances constitutives d\u2019une \u00ab situation d\u2019urgence \u00bb.<br \/>\n       A.13.1. Le Gouvernement soutient, \u00e0 titre principal, que le deuxi\u00e8me moyen est irrecevable parce que la requ\u00eate ne pr\u00e9cise pas en quoi la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e serait incompatible avec les r\u00e8gles dont la violation est all\u00e9gu\u00e9e.<br \/>\n       Il observe que les d\u00e9veloppements de ce moyen ne font \u00e9tat d\u2019aucune diff\u00e9rence de traitement entre des cat\u00e9gories de personnes, et qu\u2019ils n\u2019expliquent pas en quoi la disposition attaqu\u00e9e r\u00e9duirait la protection de l\u2019environnement ou porterait atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 juridique.<br \/>\n       A.13.2.1. \u00c0 titre subsidiaire, le Gouvernement soutient que ce moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       A.13.2.2. Il expose d\u2019abord que la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e ne r\u00e9duit pas le degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement qu\u2019offrait la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9demment applicable.<br \/>\n       Le Gouvernement observe que cette disposition reproduit la d\u00e9finition de la situation d\u2019urgence \u00e9nonc\u00e9e \u00e0 l\u2019article 1er, 3\u00b0, de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 22 mai 2019 \u00ab relatif \u00e0 la planification d\u2019urgence et la gestion de situations d\u2019urgence \u00e0 l\u2019\u00e9chelon communal et provincial et au r\u00f4le des bourgmestres et des gouverneurs de province en cas d\u2019\u00e9v\u00e9nements et de situations de crise n\u00e9cessitant une coordination ou une gestion \u00e0 l\u2019\u00e9chelon national \u00bb en y<br \/>\n       8<br \/>\n       ajoutant que l\u2019\u00ab \u00e9v\u00e8nement \u00bb en question doit \u00eatre \u00ab ponctuel \u00bb. Il rel\u00e8ve aussi que, lors des travaux pr\u00e9paratoires de la disposition attaqu\u00e9e, il a \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9 pourquoi il n\u2019\u00e9tait pas possible de d\u00e9terminer \u00e0 l\u2019avance la dur\u00e9e de la \u00ab situation d\u2019urgence \u00bb. Le Gouvernement ajoute que ces travaux pr\u00e9paratoires indiquent que les auteurs de cette disposition ont tenu compte d\u2019un protocole d\u2019accord qui avait \u00e9t\u00e9 conclu en 2016 entre l\u2019Institut belge des postes et t\u00e9l\u00e9communications et les op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie mobile. Il observe que ce document organise un contr\u00f4le de la situation et qu\u2019il contient des crit\u00e8res d\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019existence d\u2019une situation d\u2019urgence, ainsi que des r\u00e8gles de communication relatives \u00e0 la modification des \u00ab param\u00e8tres d\u2019\u00e9mission \u00bb, \u00e0 l\u2019information des autorit\u00e9s bruxelloises, et \u00e0 la fin de la situation d\u2019urgence.<br \/>\n       Le Gouvernement souligne en outre que la d\u00e9rogation critiqu\u00e9e ne sera applicable que durant une courte p\u00e9riode et qu\u2019elle ne peut avoir une incidence sur l\u2019environnement et la sant\u00e9 qui soit similaire \u00e0 une exposition \u00e0 long terme aux radiations ionisantes.<br \/>\n       Le Gouvernement remarque que les requ\u00e9rantes n\u2019exposent pas en quoi la disposition attaqu\u00e9e r\u00e9duit le degr\u00e9 de protection de la sant\u00e9 qu\u2019offrait la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9demment applicable. Il observe qu\u2019au contraire, cette disposition renforce cette protection, puisqu\u2019elle a pour but de garantir la rapidit\u00e9 d\u2019intervention et l\u2019efficacit\u00e9 des services de secours en cas d\u2019urgence sanitaire. Le Gouvernement observe aussi que le r\u00e9gime d\u00e9rogatoire qui est contest\u00e9 n\u2019est applicable qu\u2019\u00e0 des situations ponctuelles, de sorte qu\u2019il ne peut r\u00e9duire la protection de la sant\u00e9, vu que les requ\u00e9rantes n\u2019envisagent une incidence n\u00e9gative des radiations non ionisantes sur la sant\u00e9 que dans le cadre d\u2019une exposition \u00e0 long terme \u00e0 ces radiations.<br \/>\n       Il note enfin que le contr\u00f4le de l\u2019application de cette d\u00e9rogation rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence des cours et tribunaux et il rappelle que la Cour ne peut se prononcer sur l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une disposition l\u00e9gislative. Il note aussi qu\u2019au-del\u00e0 d\u2019une certaine puissance, les antennes qui \u00e9mettent des ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques sont des installations qui doivent faire l\u2019objet d\u2019un permis d\u2019environnement et qu\u2019\u00e0 ce titre, elles sont contr\u00f4l\u00e9es par l\u2019administration r\u00e9gionale bruxelloise comp\u00e9tente en la mati\u00e8re.<br \/>\n       A.13.2.3. Le Gouvernement affirme ensuite que, si la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e devait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme r\u00e9duisant la protection de l\u2019environnement, il y aurait lieu de constater que cette r\u00e9duction est justifi\u00e9e par des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, parmi lesquels le souci de permettre une intervention des services de s\u00e9curit\u00e9 et d\u2019urgence lors de situations d\u2019urgence.<br \/>\n       Le Gouvernement consid\u00e8re qu\u2019il serait d\u00e9raisonnable d\u2019obliger le pouvoir l\u00e9gislatif \u00e0 d\u00e9finir chacun des termes d\u2019une d\u00e9finition, en particulier lorsque, comme en l\u2019esp\u00e8ce, il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 leur sens courant.<br \/>\n       A.14.1. \u00c0 titre principal, Proximus soutient que le troisi\u00e8me moyen est irrecevable parce que la requ\u00eate ne pr\u00e9cise pas en quoi la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e serait incompatible avec les r\u00e8gles dont la violation est soulev\u00e9e.<br \/>\n       A.14.2.1. \u00c0 titre subsidiaire, Proximus soutient que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       A.14.2.2. La soci\u00e9t\u00e9 intervenante expose d\u2019abord que la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e ne r\u00e9duit pas significativement le degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement qu\u2019offrait la l\u00e9gislation ant\u00e9rieure.<br \/>\n       Elle rel\u00e8ve que la d\u00e9rogation pr\u00e9vue par cette disposition doit permettre de tirer les le\u00e7ons des attentats terroristes du 22 mars 2016, tragiques \u00e9v\u00e9nements que la r\u00e9gion bruxelloise n\u2019avait pas encore connus au moment de l\u2019adoption de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 et de sa modification en 2014. Elle rel\u00e8ve qu\u2019on ne voit pas en quoi cette d\u00e9rogation limit\u00e9e aux cas d\u2019urgence du type de celui qui s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 le 22 mars 2016 serait susceptible de mettre en danger la sant\u00e9 de la population bruxelloise.<br \/>\n       Proximus observe aussi que, dans une situation d\u2019urgence, la seule pr\u00e9occupation des op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie mobile sera d\u2019assurer le bon fonctionnement du r\u00e9seau sans chercher \u00e0 cr\u00e9er le champ \u00e9lectromagn\u00e9tique le plus puissant possible.<br \/>\n       Proximus d\u00e9taille en outre les limites physiques, techniques et mat\u00e9rielles d\u2019un d\u00e9passement de la norme d\u2019immission. La puissance des antennes est d\u00e9termin\u00e9e par la valeur de cette norme. Un op\u00e9rateur qui dispose d\u2019\u00e9metteurs dans une zone ne peut techniquement d\u00e9cider d\u2019utiliser la fr\u00e9quence d\u2019un autre op\u00e9rateur pr\u00e9sent dans<br \/>\n       9<br \/>\n       la m\u00eame zone, sans risquer de cr\u00e9er une interf\u00e9rence. En tout \u00e9tat de cause, compte tenu du nombre actuel d\u2019op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie mobile, un \u00e9ventuel d\u00e9passement de la norme d\u2019immission dans une zone donn\u00e9e resterait compatible avec les recommandations de l\u2019ICNIRP.<br \/>\n       Proximus ajoute que le protocole d\u2019accord de 2016 pr\u00e9cit\u00e9 (A.13.2.2) encadre avec pr\u00e9cision le recours \u00e0 la d\u00e9rogation instaur\u00e9e par la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e.<br \/>\n       A.14.2.3. Proximus soutient ensuite que, comme cela ressort du compte rendu des travaux pr\u00e9paratoires de la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e, la d\u00e9rogation en cause est en tout \u00e9tat de cause justifi\u00e9e par des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et qu\u2019elle r\u00e9sulte d\u2019une balance des int\u00e9r\u00eats en pr\u00e9sence.<br \/>\n       La soci\u00e9t\u00e9 intervenante pr\u00e9cise que l\u2019objectif est d\u2019\u00e9viter, dans des situations exceptionnelles, une longue saturation du r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9phonie mobile susceptible d\u2019augmenter la panique.<br \/>\n       En ce qui concerne le troisi\u00e8me moyen<br \/>\n       A.15.1. Les requ\u00e9rantes all\u00e8guent que les mots \u00ab \u00e0 aucun moment \u00bb, contenus dans l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 3, b), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, sont incompatibles avec les articles 10, 11, et 23, alin\u00e9a 3, 4\u00b0, de la Constitution et avec le principe de la s\u00e9curit\u00e9 juridique et le principe de pr\u00e9caution, en ce que l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 ne pr\u00e9voit pas l\u2019adoption de mesures garantissant que la norme d\u2019immission \u00e9nonc\u00e9e par le nouvel article 3, \u00a7 1er \/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007<br \/>\n       ne sera \u00e0 aucun moment d\u00e9pass\u00e9e dans les zones accessibles au public.<br \/>\n       A.15.2. Les requ\u00e9rantes soutiennent que la technologie \u00ab 5G \u00bb ne permet pas de garantir la norme pr\u00e9cit\u00e9e \u00e0 tout moment et dans toutes les zones accessibles au public.<br \/>\n       Elles produisent nombre de donn\u00e9es techniques destin\u00e9es \u00e0 d\u00e9montrer que, dans une r\u00e9gion \u00e0 haute densit\u00e9 de population dans laquelle cette technologie sera massivement utilis\u00e9e, il est physiquement impossible d\u2019emp\u00eacher que l\u2019in\u00e9vitable cumul de nombreuses sources de rayonnement entra\u00eene un d\u00e9passement de ladite norme \u00e0 des moments et en des lieux qu\u2019il est impossible de d\u00e9terminer \u00e0 l\u2019avance.<br \/>\n       A.16.1. Le Gouvernement soutient, \u00e0 titre principal, que ce moyen est irrecevable parce que la requ\u00eate ne pr\u00e9cise pas en quoi la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e serait incompatible avec les r\u00e8gles dont la violation est soulev\u00e9e.<br \/>\n       Il consid\u00e8re aussi que ce moyen exc\u00e8de la comp\u00e9tence de la Cour, puisque le grief des requ\u00e9rantes porte sur l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une disposition l\u00e9gislative.<br \/>\n       A.16.2. \u00c0 titre subsidiaire, le Gouvernement soutient que ce moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       Il expose d\u2019abord que la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e ne r\u00e9duit pas le degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement qu\u2019offrait la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9demment applicable. Le Gouvernement pr\u00e9cise que cette l\u00e9gislation disposait d\u00e9j\u00e0 que la norme d\u2019immission devait \u00eatre respect\u00e9e de mani\u00e8re permanente. Il remarque aussi que le rapport sur les incidences environnementales relatif \u00e0 l\u2019avant-projet d\u2019ordonnance qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 indique que les antennes requises par la technologie \u00ab 5G \u00bb pouvaient d\u00e9j\u00e0 \u00eatre utilis\u00e9es en r\u00e9gion bruxelloise avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de cette ordonnance. Le Gouvernement ajoute qu\u2019en tout \u00e9tat de cause, les motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral mentionn\u00e9s dans sa r\u00e9ponse au premier moyen permettraient de justifier une \u00e9ventuelle r\u00e9duction significative de la protection de l\u2019environnement qui r\u00e9sulterait de la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e.<br \/>\n       Le Gouvernement conteste ensuite la d\u00e9monstration technique des requ\u00e9rantes. Il souligne, entre autres, que l\u2019arr\u00eat\u00e9 du Gouvernement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale du 30 octobre 2009 \u00ab relatif \u00e0 certaines antennes \u00e9mettrices d\u2019ondes \u00e9lectromagn\u00e9tiques \u00bb organise un contr\u00f4le pr\u00e9cis du respect de la norme d\u2019immission que contient la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e. Il ajoute que l\u2019article 3\/1 de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 4 de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, oblige tout exploitant d\u2019une antenne \u00e0 \u00eatre en mesure de justifier \u00e0 tout moment du respect de la norme d\u2019immission et de prendre imm\u00e9diatement toutes les mesures n\u00e9cessaires lorsqu\u2019il est inform\u00e9 d\u2019un d\u00e9passement de cette norme.<br \/>\n       10<br \/>\n       A.17.1. \u00c0 titre principal, Proximus soutient que le troisi\u00e8me moyen est irrecevable parce que la requ\u00eate ne pr\u00e9cise pas en quoi la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e serait incompatible avec les r\u00e8gles dont la violation est soulev\u00e9e.<br \/>\n       A.17.2. \u00c0 titre subsidiaire, Proximus soutient que le moyen est irrecevable parce qu\u2019il invite la Cour \u00e0 exc\u00e9der sa comp\u00e9tence, en examinant la constitutionnalit\u00e9 d\u2019un acte du pouvoir ex\u00e9cutif, de l\u2019application d\u2019une disposition l\u00e9gislative ou des mesures de contr\u00f4le d\u2019une telle disposition.<br \/>\n       Proximus souligne que les critiques des requ\u00e9rantes ne portent pas sur le contenu de la disposition l\u00e9gislative attaqu\u00e9e, mais sur la mani\u00e8re dont celle-ci sera appliqu\u00e9e. La soci\u00e9t\u00e9 intervenante reconna\u00eet que l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 ne contient pas les mesures d\u2019ex\u00e9cution de la norme d\u2019immission qu\u2019elle \u00e9dicte, mais elle rel\u00e8ve qu\u2019elle habilite le pouvoir ex\u00e9cutif \u00e0 adopter des r\u00e8gles en la mati\u00e8re. Proximus ajoute que cette ordonnance sera ex\u00e9cut\u00e9e entre autres lors de l\u2019application des r\u00e8gles l\u00e9gislatives relatives \u00e0 la d\u00e9livrance des permis d\u2019environnement.<br \/>\n       -B-<br \/>\n       Quant \u00e0 la port\u00e9e du recours en annulation<br \/>\n       B.1. Le recours en annulation porte sur l\u2019article 2, c) et d), ainsi que l\u2019article 3, b), c), d), e) et f), de l\u2019ordonnance de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale du 2 mars 2023 \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes, l\u2019ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d\u2019environnement et l\u2019ordonnance du 2 mai 2013 portant le Code bruxellois de l\u2019Air, du Climat et de la Ma\u00eetrise de l\u2019\u00c9nergie \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 2 mars 2023).<br \/>\n       B.2. La Cour d\u00e9termine l\u2019\u00e9tendue d\u2019un recours en annulation en tenant compte des d\u00e9veloppements de la requ\u00eate, et en particulier de l\u2019expos\u00e9 des moyens.<br \/>\n       En l\u2019esp\u00e8ce, le recours ne porte que sur l\u2019article 2, d), et sur l\u2019article 3, b), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023.<br \/>\n       Quant aux dispositions attaqu\u00e9es et \u00e0 leur contexte<br \/>\n       B.3.1. L\u2019article 3, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale du 1er mars 2007 \u00ab relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances<br \/>\n       11<br \/>\n       provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 1er mars 2007), tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 3 de l\u2019ordonnance du 3 avril 2014 \u00ab modifiant l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes et modifiant l\u2019ordonnance du 5 juin 1997 relative aux permis d\u2019environnement \u00bb (ci-apr\u00e8s : l\u2019ordonnance du 3 avril 2014), disposait :<br \/>\n       \u00ab Le Gouvernement fixe les normes g\u00e9n\u00e9rales de qualit\u00e9 auxquelles tout milieu doit r\u00e9pondre afin d\u2019assurer la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes.<br \/>\n       Dans toutes les zones accessibles au public, la densit\u00e9 de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes ne peut d\u00e9passer, \u00e0 aucun moment, la norme de 0,096 W\/m\u00b2 (soit, \u00e0 titre indicatif, 6 V\/m) pour une fr\u00e9quence de r\u00e9f\u00e9rence de 900 MHz.<br \/>\n       La densit\u00e9 de puissance des radiations non ionisantes ne peut donc d\u00e9passer, \u00e0 aucun moment, la valeur maximale de :<br \/>\n       &#8211; 0,043 W\/m\u00b2 pour les fr\u00e9quences comprises entre 0,1 MHz et 400 MHz;<br \/>\n       &#8211; f\/9375, exprim\u00e9e en W\/m\u00b2 entre 400 MHz et 2 GHz (o\u00f9 f est la fr\u00e9quence exprim\u00e9e en MHz);<br \/>\n       &#8211; 0,22 W\/m\u00b2 pour les fr\u00e9quences comprises entre 2 GHz et 300 GHz.<br \/>\n       Pour les champs compos\u00e9s, la densit\u00e9 de puissance doit \u00eatre limit\u00e9e de sorte que :<br \/>\n       300 GHz<br \/>\n       \u2211 Si\/Sri \u2264 1<br \/>\n       0,1 MHz<br \/>\n       o\u00f9 Si est la densit\u00e9 de puissance du champ \u00e9lectrique \u00e0 une fr\u00e9quence i comprise entre 0,1 MHz et 300 GHz et o\u00f9 Sri est la valeur de la densit\u00e9 de puissance maximale exprim\u00e9e en W\/m\u00b2 et telle que d\u00e9finie dans le troisi\u00e8me alin\u00e9a du pr\u00e9sent article \u00bb.<br \/>\n       B.3.2. L\u2019article 3, a), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 abroge les alin\u00e9as 2 \u00e0 4 de l\u2019article 3, \u00a7 1er, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007.<br \/>\n       B.3.3. L\u2019article 3, b), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 ins\u00e8re, \u00e0 l\u2019article 3 de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, un \u00a7 1er\/1, libell\u00e9 comme suit :<br \/>\n       12<br \/>\n       \u00ab Sans pr\u00e9judice des paragraphes 1er\/3 et 4, dans toutes les zones accessibles au public \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, les densit\u00e9s de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes ne peuvent d\u00e9passer, \u00e0 aucun moment, les valeurs suivantes dans les zones accessibles au public \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ( Sint ) et dans les zones accessibles au public \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur (Sext ) :<br \/>\n       Fr\u00e9quences Sext Sint Frequenties Sext Sint (W\/m2) (W\/m2) (W\/m2) (W\/m2)<br \/>\n       0.1 \u00e0 400 MHz 0,2497 0,0994 0.1 tot 400 MHz 0,2497 0,0994<br \/>\n       400 \u00e0 2000 MHz f \/ 1597,28 f \/ 4012,19 400 tot 2000 MHz f \/ 1597,28 f \/ 4012,19<br \/>\n       2 \u00e0 300 GHz 1,2539 0,4992 2 tot 300 GHz 1,2539 0,4992<br \/>\n       o\u00f9 f est la fr\u00e9quence exprim\u00e9e en MHz.<br \/>\n       \u00c0 titre indicatif, \u00e0 900 MHz, la norme Sint = 0.2243 W\/m\u00b2 correspond \u00e0 un champ \u00e9lectrique, Eint = 9,19 V\/m; tandis que la norme Sext = 0.5635 W\/m\u00b2 correspond \u00e0 un champ \u00e9lectrique, Eext = 14,57 V\/m.<br \/>\n       Par d\u00e9rogation \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er, les densit\u00e9s de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes applicables dans les zones accessibles au public \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur sont \u00e9galement applicables dans les zones accessibles au public \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur lorsque, dans ces derni\u00e8res, les fen\u00eatres ou portes, donnant vers l\u2019ext\u00e9rieur, sont ouvertes \u00bb.<br \/>\n       B.4.1. L\u2019article 2 de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par l\u2019article 2, \u00a7 2, de l\u2019ordonnance du 3 avril 2014, disposait :<br \/>\n       \u00ab \u00a7 1er. &#8211; Pour l\u2019application de la pr\u00e9sente ordonnance et de ses arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution, on entend par :<br \/>\n       1\u00b0 \u2018 radiations non ionisantes \u2019 : les rayonnements \u00e9lectromagn\u00e9tiques dont la fr\u00e9quence est comprise entre 0,1 MHz et 300 GHz;<br \/>\n       2\u00b0 \u2018 zones accessibles au public \u2019 :<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       3\u00b0 \u2018 broadcast \u2019 : les radiations \u00e9mises en vue de transmettre des programmes de radiodiffusion aux fr\u00e9quences autoris\u00e9es par l\u2019Institut Belge des Postes et T\u00e9l\u00e9communications :<br \/>\n       &#8211; pour la fr\u00e9quence modul\u00e9e, dans la bande FM;<br \/>\n       &#8211; pour la modulation d\u2019amplitude ou autre dans les bandes des ondes longues, moyennes et courtes;<br \/>\n       &#8211; pour les fr\u00e9quences autoris\u00e9es du DAB (digital audio broadcasting);<br \/>\n       13<br \/>\n       et<br \/>\n       &#8211; pour les fr\u00e9quences autoris\u00e9es du DVB (digital video broadcasting\/t\u00e9l\u00e9vision num\u00e9rique terrestre).<br \/>\n       La notion de broadcast peut \u00eatre compl\u00e9t\u00e9e par le Gouvernement;<br \/>\n       4\u00b0 \u2018 pouvoir public \u2019 : [&#8230;]<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       \u00a7 2 \u2013 La pr\u00e9sente ordonnance n\u2019est pas applicable aux ra[dia]tions non ionisantes d\u2019origine naturelle, ni \u00e0 celles \u00e9mises par les appareillages utilis\u00e9s par des particuliers tels que, notamment, les GSM, les terminaux de t\u00e9l\u00e9communication mobile, les r\u00e9seaux WiFi locaux des particuliers, les syst\u00e8mes de t\u00e9l\u00e9phonie de type DECT et les radiations \u00e9mises par les radios amateurs.<br \/>\n       Les radiations issues du broadcast sont soumises \u00e0 la pr\u00e9sente ordonnance, \u00e0 l\u2019exclusion de la norme vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er \u00bb.<br \/>\n       B.4.2. L\u2019article 2, d), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 remplace l\u2019article 2, \u00a7 2, alin\u00e9a 2, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 par la phrase suivante :<br \/>\n       \u00ab Les dispositions de la pr\u00e9sente ordonnance ne sont pas applicables lors de situations d\u2019urgence \u00bb.<br \/>\n       Quant aux moyens<br \/>\n       En ce qui concerne le premier moyen<br \/>\n       B.5. Il ressort des d\u00e9veloppements du moyen que la Cour est invit\u00e9e \u00e0 v\u00e9rifier si l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 3, b), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, viole l\u2019article 23, alin\u00e9a 3, 4\u00b0, de la Constitution, lu en combinaison avec le principe de pr\u00e9caution, en ce qu\u2019en autorisant des densit\u00e9s de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes d\u2019une valeur bien sup\u00e9rieure \u00e0 la valeur maximale qui \u00e9tait autoris\u00e9e auparavant, la disposition attaqu\u00e9e r\u00e9duirait significativement le degr\u00e9 de protection qu\u2019offrait la l\u00e9gislation pr\u00e9c\u00e9demment applicable, sans que cela soit justifi\u00e9 par un motif d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\n       B.6.1. L\u2019article 23 de la Constitution dispose :<br \/>\n       14<br \/>\n       \u00ab Chacun a le droit de mener une vie conforme \u00e0 la dignit\u00e9 humaine.<br \/>\n       A cette fin, la loi, le d\u00e9cret ou la r\u00e8gle vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 134 garantissent, en tenant compte des obligations correspondantes, les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels, et d\u00e9terminent les conditions de leur exercice.<br \/>\n       Ces droits comprennent notamment :<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       4\u00b0 le droit \u00e0 la protection d\u2019un environnement sain;<br \/>\n       [&#8230;] \u00bb.<br \/>\n       L\u2019article 23 de la Constitution contient une obligation de standstill qui interdit au l\u00e9gislateur comp\u00e9tent de r\u00e9duire significativement, sans qu\u2019existe une justification raisonnable, le degr\u00e9 de protection offert par la l\u00e9gislation applicable.<br \/>\n       B.6.2. En mati\u00e8re de politique environnementale, la Cour doit, compte tenu de l\u2019obligation faite aux l\u00e9gislateurs r\u00e9gionaux, par l\u2019article 23, alin\u00e9a 3, 4\u00b0, de la Constitution, de garantir le droit \u00e0 la protection d\u2019un environnement sain, respecter l\u2019appr\u00e9ciation de ces l\u00e9gislateurs quant \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, sauf si cette appr\u00e9ciation est d\u00e9raisonnable.<br \/>\n       B.6.3. Selon l\u2019article 191, paragraphe 2, du Trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne, la politique de l\u2019Union dans le domaine de l\u2019environnement est notamment fond\u00e9e sur le principe de pr\u00e9caution.<br \/>\n       Ce principe implique que, lorsque des incertitudes subsistent quant \u00e0 l\u2019existence ou \u00e0 la port\u00e9e de risques pour la sant\u00e9 des personnes, des mesures de protection peuvent \u00eatre prises sans qu\u2019il faille attendre que la r\u00e9alit\u00e9 et la gravit\u00e9 de ces risques soient pleinement d\u00e9montr\u00e9es (CJCE, 9 septembre 2003, C-236\/01, Monsanto Agricoltura Italia SpA e.a., ECLI:EU:C:2003:431, point 111; CJUE, grande chambre, 1er octobre 2019, C\u2011616\/17, Blaise e.a., ECLI:EU:C:2019:800, point 43; grande chambre, 5 d\u00e9cembre 2023, C-128\/22, Nordic Info BV, ECLI:EU:C:2023:951, point 79). Si la Cour de justice a d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 que l\u2019\u00e9valuation du risque ne peut \u00eatre fond\u00e9e sur des consid\u00e9rations purement hypoth\u00e9tiques, elle a ajout\u00e9 que lorsqu\u2019il s\u2019av\u00e8re impossible de d\u00e9terminer avec certitude l\u2019existence ou la port\u00e9e du risque all\u00e9gu\u00e9, en raison de la nature insuffisante, non concluante ou impr\u00e9cise des r\u00e9sultats des \u00e9tudes<br \/>\n       15<br \/>\n       men\u00e9es, mais que la probabilit\u00e9 d\u2019un dommage r\u00e9el pour la sant\u00e9 publique persiste dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le risque se r\u00e9aliserait, le principe de pr\u00e9caution justifie l\u2019adoption de mesures restrictives (CJCE, 23 septembre 2003, C-192\/01, Commission c. Danemark, ECLI:EU:C:2003:492, points 49 et 52; CJUE, grande chambre, 1er octobre 2019, pr\u00e9cit\u00e9, point 43; 19 novembre 2020, C\u2011663\/18, B.S. et C .A., ECLI:EU:C:2020:938, point 92; 9 mars 2023, C-119\/21, PlasticsEurope AISBL, ECLI:EU:C:2023:180, point 127).<br \/>\n       B.7.1. Le \u00ab comit\u00e9 d\u2019experts des radiations non ionisantes \u00bb institu\u00e9 par l\u2019article 3, \u00a7 2, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 se compose de personnes \u00ab dot\u00e9[e]s d\u2019une exp\u00e9rience m\u00e9dicale, scientifique, \u00e9conomique ou technique pertinente \u00bb. Ce comit\u00e9 est \u00ab charg\u00e9 d\u2019\u00e9valuer la mise en \u0153uvre de \u00bb cette ordonnance et de ses arr\u00eat\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution, \u00ab notamment au regard des \u00e9volutions des technologies et des connaissances scientifiques, des imp\u00e9ratifs \u00e9conomiques et de sant\u00e9 publique \u00bb. Il est tenu d\u2019\u00e9tablir un rapport annuel \u00e0 ce sujet, et le Gouvernement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale peut, \u00e0 tout moment, lui demander un rapport et des recommandations (article 3, \u00a7 2, alin\u00e9a 3, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007). Dans l\u2019exercice de ses missions, le comit\u00e9 peut consulter notamment le Conseil sup\u00e9rieur de la Sant\u00e9 (article 3, \u00a7 2, alin\u00e9a 4, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007).<br \/>\n       Le 4 f\u00e9vrier 2022, ce comit\u00e9 d\u2019experts a donn\u00e9 au Gouvernement un avis sur un avant-<br \/>\n       projet d\u2019ordonnance autorisant une densit\u00e9 de puissance de rayonnement des radiations non ionisantes similaire \u00e0 celle que contient la disposition attaqu\u00e9e (Doc. parl., Parlement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, 2022-2023, A-654\/1, p. 43; Bruxelles Environnement, rapport du comit\u00e9 d\u2019experts sur les radiations non ionisantes 2021).<br \/>\n       B.7.2. L\u2019avant-projet d\u2019ordonnance qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023 a aussi fait l\u2019objet d\u2019une \u00ab \u00e9valuation environnementale \u00bb au sens de l\u2019ordonnance de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale du 18 mars 2004 \u00ab relative \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des incidences de certains plans et programmes sur l\u2019environnement \u00bb, et donc d\u2019un rapport sur les incidences environnementales, dont il a \u00e9t\u00e9 tenu compte lors des travaux pr\u00e9paratoires de la disposition attaqu\u00e9e (Doc. parl., Parlement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, 2022-2023, A-654\/1, pp. 9-<br \/>\n       11 et 20).<br \/>\n       16<br \/>\n       Examinant les \u00ab risques \u00bb pour la sant\u00e9 humaine de la disposition attaqu\u00e9e, la synth\u00e8se de ce rapport mentionne :<br \/>\n       \u00ab L\u2019avant-projet d\u2019Ordonnance augmente l\u2019exposition maximale \u00e0 laquelle la population peut \u00eatre soumise. Auparavant de 6 V\/m (0,096 W\/m\u00b2) quels que soient les espaces int\u00e9rieurs ou ext\u00e9rieurs concern\u00e9s, la nouvelle norme passe \u00e0 9,19 V\/m (0,2243 W\/m\u00b2) pour les espaces int\u00e9rieurs et 14,57 V\/m (0,5633 W\/m\u00b2) pour les espaces ext\u00e9rieurs. Les valeurs limites sont donc respectivement 2,3 et 5,9 fois plus \u00e9lev\u00e9es que la norme actuelle pour la densit\u00e9 de puissance (exprim\u00e9e en W\/m\u00b2). Les nouvelles normes restent n\u00e9anmoins 20,3 (en int\u00e9rieur) et 8,1 (en ext\u00e9rieur) fois moins \u00e9lev\u00e9es en densit\u00e9 de puissance que l\u2019exposition maximale pr\u00e9conis\u00e9es par l\u2019ICNIRP de 41,2 V\/m (4,502 W\/m\u00b2).<br \/>\n       Ces normes respectent donc le principe de pr\u00e9caution dans le sens o\u00f9 elles restent largement en dessous des normes recommand\u00e9es au niveau international et europ\u00e9en et constituent donc toujours une mesure de protection face \u00e0 des risques non d\u00e9montr\u00e9s.<br \/>\n       Dans le cas le plus d\u00e9favorable pouvant \u00eatre envisag\u00e9, actuellement dans les zones accessibles, les personnes peuvent \u00eatre expos\u00e9es \u00e0 maximum 6 V\/m. \u00c0 l\u2019avenir, cette exposition pourra \u00eatre plus \u00e9lev\u00e9e et atteindre 9,19 V\/m en int\u00e9rieur et 14,57 V\/m en ext\u00e9rieur. Comme d\u00e9taill\u00e9 au point 3.6.1 (Situation existante du point de vue de la sant\u00e9) aucun effet biologique n\u2019a pu \u00eatre d\u00e9montr\u00e9 en dessous de 292 V\/m (seuil au-del\u00e0 duquel des effets thermiques sur les tissus ont pu \u00eatre observ\u00e9s). En passant de 6 V\/m \u00e0 9,19 V\/m ou m\u00eame 14,57 V\/m, on se rapproche de la valeur de 292 V\/m mais en restant tr\u00e8s loin de celle-ci. Le risque que des effets encore non d\u00e9montr\u00e9s s\u2019affirment est donc d\u2019une certaine mani\u00e8re augment\u00e9, mais n\u00e9anmoins maintenu \u00e0 un niveau tr\u00e8s faible.<br \/>\n       En ce qui concerne l\u2019hypersensibilit\u00e9 \u00e9lectromagn\u00e9tique (EHS), comme d\u00e9taill\u00e9 au point 3.6, aucune corr\u00e9lation n\u2019a pu \u00eatre trouv\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent entre celle-ci et la pr\u00e9sence de proximit\u00e9 avec des sources d\u2019\u00e9missions, y compris \u00e0 des valeurs plus \u00e9lev\u00e9es que 14,57 V\/m.<br \/>\n       Il n\u2019est donc pas attendu que l\u2019augmentation de la norme ait un impact sur le d\u00e9veloppement de l\u2019EHS \u00bb (STRATEC, Rapport sur les incidences environnementales relatif \u00e0 l\u2019avant-projet d\u2019ordonnance modifiant l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 relative \u00e0 la protection de l\u2019environnement contre les \u00e9ventuels effets nocifs et nuisances provoqu\u00e9s par les radiations non ionisantes, 28 avril 2022, pp. 67-68).<br \/>\n       Synth\u00e9tisant leurs constats, les auteurs de ce rapport \u00e9crivent aussi :<br \/>\n       \u00ab L\u2019avant-projet d\u2019Ordonnance augmente l\u2019exposition maximale \u00e0 laquelle la population et la faune et la flore peuvent \u00eatre soumises. Si l\u2019\u00e9tat actuel des connaissances ne permet pas de d\u00e9montrer d\u2019effet n\u00e9faste sur la sant\u00e9 pour les fr\u00e9quences utilis\u00e9es et devant \u00eatre exploit\u00e9es avec la 5G, il convient de rappeler que le principe de pr\u00e9caution implique que lorsque des incertitudes subsistent quant \u00e0 l\u2019existence de risques pour la sant\u00e9 des personnes, des mesures de protection doivent \u00eatre prises sans avoir \u00e0 attendre que la r\u00e9alit\u00e9 ou la gravit\u00e9 de ces risques soient pleinement d\u00e9montr\u00e9es. En conservant une norme largement en dessous du seuil d\u2019apparition d\u2019effet biologique (\u00e9tabli \u00e0 292 V\/m) et des normes maximales recommand\u00e9es au niveau international et europ\u00e9en (41,2 V\/m), l\u2019avant-projet respecte ce principe de pr\u00e9caution, d\u00e8s lors<br \/>\n       17<br \/>\n       qu\u2019il constitue donc toujours une mesure de protection face \u00e0 des risques non d\u00e9montr\u00e9s.<br \/>\n       N\u00e9anmoins, en se rapprochant de ces valeurs seuils, il augmente le risque que des effets encore non d\u00e9montr\u00e9s s\u2019affirment. Il convient de noter qu\u2019en int\u00e9grant les ondes broadcast dans le respect de la norme, l\u2019avant-projet permet de cadrer davantage les risques \u00e9ventuels sur la sant\u00e9 en comparaison \u00e0 la situation existante \u00bb (ibid., p. 81).<br \/>\n       B.7.3. Il a donc pu \u00eatre soutenu, lors des travaux pr\u00e9paratoires, que celle-ci \u00e9tait conforme au principe de pr\u00e9caution parce que les densit\u00e9s de puissance maximales fix\u00e9es par cette disposition sont, selon le type de zone accessible au public, environ huit \u00e0 vingt fois moins \u00e9lev\u00e9es que la norme arr\u00eat\u00e9e par l\u2019International Commission on Non-Ionizing Radiation Protection, et restent parmi les plus basses de l\u2019Union europ\u00e9enne (Doc. parl., Parlement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, 2022-2023, A-654\/1, pp. 22-23; ibid., A-654\/2, p. 6).<br \/>\n       B.7.4. Compte tenu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il n\u2019est pas d\u00e9montr\u00e9 que le rel\u00e8vement par la disposition attaqu\u00e9e de la valeur maximale de la densit\u00e9 de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes autoris\u00e9e repose sur une conception erron\u00e9e du principe de pr\u00e9caution.<br \/>\n       B.8.1. Ce rel\u00e8vement de la valeur maximale de la densit\u00e9 de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes autoris\u00e9e a \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9 par le souci de permettre l\u2019utilisation de la technologie \u00ab 5G \u00bb pour la transmission de donn\u00e9es sur le territoire de la R\u00e9gion de Bruxelles-<br \/>\n       Capitale, sans qu\u2019il faille renoncer aux technologies ant\u00e9rieures ou augmenter consid\u00e9rablement le nombre d\u2019antennes produisant des radiations, tout en tenant compte, pour les zones situ\u00e9es \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, des radiations provenant du broadcast (Doc. parl., Parlement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, 2022-2023, A-654\/1, pp. 12-13, 19-21 et 25). Le l\u00e9gislateur a ainsi recherch\u00e9 un nouvel \u00e9quilibre entre les d\u00e9veloppements technologiques r\u00e9cents et le maintien d\u2019une protection efficace contre les \u00e9ventuels effets nocifs des radiations non ionisantes (ibid., p. 13).<br \/>\n       Selon les travaux pr\u00e9paratoires mentionn\u00e9s plus haut, une augmentation du nombre d\u2019antennes provoquerait pour les prestataires de services de t\u00e9l\u00e9phonie une augmentation des co\u00fbts qui serait r\u00e9percut\u00e9e sur le prix demand\u00e9 aux utilisateurs. La fabrication de ces antennes suppl\u00e9mentaires aurait aussi une incidence environnementale. En outre, cette augmentation du<br \/>\n       18<br \/>\n       nombre d\u2019antennes se heurterait \u00e0 l\u2019opposition des personnes r\u00e9sidant \u00e0 proximit\u00e9 de ces antennes, notamment pour des motifs d\u2019ordre sanitaire ou urbanistique (ibid., pp. 12, 20-21).<br \/>\n       De plus, l\u2019utilisation de la technologie \u00ab 5G \u00bb est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant indispensable pour r\u00e9pondre aux \u00ab besoins des utilisateurs \u00bb des \u00ab services de mobilophonie \u00bb, qui souhaitent des services \u00ab de qualit\u00e9 \u00bb adapt\u00e9s aux \u00e9volutions technologiques. Il est \u00e9galement jug\u00e9 important de \u00ab disposer d\u2019un r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9phonie et d\u2019internet mobile performant afin d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 des services rendus \u00e0 la population : services d\u2019urgence, pompiers, police, transports, antennes d\u2019urgences lors d\u2019\u00e9v\u00e9nements exceptionnels, etc. \u00bb (ibid., pp. 11, 13 et 24).<br \/>\n       En disposant d\u2019\u00ab une capacit\u00e9 de transmission de donn\u00e9es beaucoup plus \u00e9lev\u00e9e que la 2G, la 3G et la 4G pour une m\u00eame puissance \u00e9mise \u00bb, la technologie \u00ab 5G \u00bb permet d\u2019augmenter la digitalisation et l\u2019interconnexion dans de nombreux secteurs d\u2019activit\u00e9s \u00e9conomiques et sociales tr\u00e8s importants dans une grande ville, tels que les transports publics, les soins de sant\u00e9, l\u2019\u00e9nergie, la s\u00fbret\u00e9 publique, l\u2019industrie, les m\u00e9dias et l\u2019informatique. Cette technologie offre aussi des perspectives de croissance \u00e9conomique et de cr\u00e9ation d\u2019emplois (ibid., p. 8).<br \/>\n       Par ailleurs, la n\u00e9cessit\u00e9 de permettre l\u2019utilisation de la technologie \u00ab 5G \u00bb r\u00e9pond \u00e9galement \u00e0 la volont\u00e9 de l\u2019Union europ\u00e9enne de d\u00e9velopper les r\u00e9seaux de t\u00e9l\u00e9phonie mobile et aux obligations \u00e9nonc\u00e9es en la mati\u00e8re qui visent \u00e0 permettre l\u2019usage g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de cette technologie (ibid., pp. 7 et 24-25), compte tenu du \u00ab Plan pour la reprise et la r\u00e9silience \u00bb de la Belgique transmis \u00e0 la Commission europ\u00e9enne. Le d\u00e9ploiement de la technologie 5G dans les \u00c9tats membres a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 par l\u2019Union europ\u00e9enne, dont le cadre strat\u00e9gique et normatif pertinent comprend le \u00ab plan d\u2019action 5G pour l\u2019Europe \u00bb adopt\u00e9 par la Commission europ\u00e9enne en 2016, la directive (UE) 2016\/1148 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 6 juillet 2016 \u00ab concernant des mesures destin\u00e9es \u00e0 assurer un niveau \u00e9lev\u00e9 commun de s\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9seaux et des syst\u00e8mes d&#8217;information dans l&#8217;Union \u00bb, abrog\u00e9e et remplac\u00e9e par la directive (UE) 2022\/2555 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 14 d\u00e9cembre 2022<br \/>\n       \u00ab concernant des mesures destin\u00e9es \u00e0 assurer un niveau \u00e9lev\u00e9 commun de cybers\u00e9curit\u00e9 dans l\u2019ensemble de l\u2019Union, modifiant le r\u00e8glement (UE) no 910\/2014 et la directive (UE) 2018\/1972, et abrogeant la directive (UE) 2016\/1148 (directive SRI 2) \u00bb, la directive (UE) 2018\/1972 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 11 d\u00e9cembre 2018<br \/>\n       \u00ab \u00e9tablissant le code des communications \u00e9lectroniques europ\u00e9en (refonte) \u00bb, la bo\u00eete \u00e0 outils<br \/>\n       19<br \/>\n       de l\u2019UE relative \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 du d\u00e9ploiement de la 5G, adopt\u00e9e le 18 septembre 2020, ainsi que le programme d\u2019action de la Commission europ\u00e9enne pour la d\u00e9cennie num\u00e9rique \u00e0 l&#8217;horizon 2030.<br \/>\n       Enfin, le rel\u00e8vement de la valeur maximale de la densit\u00e9 de puissance du rayonnement des radiations non ionisantes est justifi\u00e9 par le \u00ab r\u00f4le international et europ\u00e9en de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale \u00bb (ibid., pp. 13 et 25).<br \/>\n       B.8.2 Sans qu\u2019il soit besoin de se prononcer sur l\u2019existence d\u2019une r\u00e9duction significative du niveau de protection qu\u2019offrait l\u2019ancienne l\u00e9gislation, la r\u00e9forme des normes d\u2019immission est raisonnablement justifi\u00e9e par les motifs indiqu\u00e9s en B.8.1. Par ailleurs, la r\u00e9forme attaqu\u00e9e ne produit pas des effets disproportionn\u00e9s, eu \u00e9gard \u00e0 ce qui est mentionn\u00e9 en B.7.1 \u00e0 B.7.4. Au demeurant, les parties requ\u00e9rantes n\u2019apportent pas d\u2019\u00e9l\u00e9ment attestant de tels effets, d\u2019autant que le l\u00e9gislateur ordonnanciel a maintenu des valeurs bien plus s\u00e9v\u00e8res que celles pr\u00e9conis\u00e9es au niveau international par l\u2019ICNIRP.<br \/>\n       B.9. Le premier moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       En ce qui concerne le deuxi\u00e8me moyen<br \/>\n       B.10. Il ressort des d\u00e9veloppements du moyen que la Cour est invit\u00e9e \u00e0 statuer sur la compatibilit\u00e9 de l\u2019article 2, \u00a7 2, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 2, d), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, avec l\u2019article 23, alin\u00e9a 3, 4\u00b0, de la Constitution, en ce qu\u2019en autorisant \u00ab lors de situations d\u2019urgence \u00bb un d\u00e9passement illimit\u00e9 des normes \u00e9dict\u00e9es \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, la disposition attaqu\u00e9e r\u00e9duirait significativement le degr\u00e9 de protection offert par la l\u00e9gislation qui \u00e9tait applicable auparavant, sans que cela soit raisonnablement justifi\u00e9.<br \/>\n       B.11. Il ressort clairement de la disposition attaqu\u00e9e que les normes \u00e9dict\u00e9es \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 ne sont pas applicables \u00ab lors de situations d\u2019urgence \u00bb.<br \/>\n       20<br \/>\n       B.12. Avant l\u2019adoption de la disposition attaqu\u00e9e, il n\u2019existait aucune d\u00e9rogation de ce type \u00e0 l\u2019application des normes d\u2019immission pr\u00e9vues par l\u2019ordonnance du 1er mars 2007. En ce qu\u2019elle permet aux op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie mobile, lors de situations d\u2019urgence, d\u2019\u00e9mettre un rayonnement potentiellement sup\u00e9rieur aux valeurs pr\u00e9conis\u00e9es au niveau international par l\u2019ICNIRP, la disposition attaqu\u00e9e entra\u00eene une r\u00e9duction significative du degr\u00e9 de protection de l\u2019environnement.<br \/>\n       B.13. Le l\u00e9gislateur ordonnanciel a justifi\u00e9 cette mesure par son caract\u00e8re strictement limit\u00e9.<br \/>\n       D\u2019une part, elle ne vise que la \u00ab situation d\u2019urgence \u00bb, \u00e0 savoir \u00ab tout \u00e9v\u00e9nement ponctuel qui entra\u00eene ou qui est susceptible d\u2019entra\u00eener des cons\u00e9quences dommageables pour la vie sociale, comme un trouble grave de la s\u00e9curit\u00e9 publique, une menace grave contre la vie ou la sant\u00e9 des personnes et\/ou contre des int\u00e9r\u00eats mat\u00e9riels importants, et qui n\u00e9cessite la coordination des acteurs comp\u00e9tents, en ce compris les disciplines, afin de faire dispara\u00eetre la menace ou de limiter les cons\u00e9quences n\u00e9fastes de l\u2019\u00e9v\u00e9nement \u00bb (article 2, \u00a7 1er, 8\u00b0, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 2, c), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023).<br \/>\n       Cette d\u00e9finition de la \u00ab situation d\u2019urgence \u00bb correspond \u00e0 celle que contient l\u2019article 1er, 3\u00b0, de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 22 mai 2019 \u00ab relatif \u00e0 la planification d\u2019urgence et la gestion de situations d\u2019urgence \u00e0 l\u2019\u00e9chelon communal et provincial et au r\u00f4le des bourgmestres et des gouverneurs de province en cas d\u2019\u00e9v\u00e9nements et de situations de crise n\u00e9cessitant une coordination ou une gestion \u00e0 l\u2019\u00e9chelon national \u00bb, \u00e0 ceci pr\u00e8s que le mot \u00ab ponctuel \u00bb y a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 pour indiquer que les situations \u00ab durables dans le temps \u00bb ne peuvent \u00eatre qualifi\u00e9es de \u00ab situations d\u2019urgence \u00bb, dans le but de \u00ab limiter les risques pour l\u2019environnement et la sant\u00e9 \u00bb<br \/>\n       en cas d\u2019application de l\u2019article 2, \u00a7 2, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007 (Doc. parl., Parlement de la R\u00e9gion de Bruxelles-Capitale, 2022-2023, A-654\/1, p. 17).<br \/>\n       D\u2019autre part, la disposition attaqu\u00e9e vise \u00e0 dispenser les op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9phonie mobile du respect des normes \u00e9dict\u00e9es \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, dans des \u00ab circonstances exceptionnelles \u00bb qui pr\u00e9sentent les caract\u00e9ristiques d\u2019un \u00ab cas de force majeure \u00bb requ\u00e9rant une augmentation de la puissance de \u00ab certaines stations de base mobiles \u00bb<br \/>\n       (ibid., pp. 18-19).<br \/>\n       21<br \/>\n       Cette dispense permet de donner suite \u00e0 certaines recommandations formul\u00e9es par la commission institu\u00e9e par la Chambre des repr\u00e9sentants pour enqu\u00eater sur les attentats terroristes qui ont \u00e9t\u00e9 commis le 22 mars 2016 \u00e0 Zaventem et \u00e0 Bruxelles. Ayant constat\u00e9 que, peu apr\u00e8s ces attentats, le r\u00e9seau de t\u00e9l\u00e9phonie mobile avait \u00e9t\u00e9 satur\u00e9 \u00e0 Bruxelles pendant plusieurs heures, cette commission recommandait entre autres de rendre possible, en cas de crise, une augmentation imm\u00e9diate et maximale de la capacit\u00e9 d\u2019\u00e9mission de t\u00e9l\u00e9communications (ibid., p. 18).<br \/>\n       Ce faisant, le l\u00e9gislateur ordonnanciel a \u00e9tabli un \u00e9quilibre entre les droits fondamentaux concern\u00e9s.<br \/>\n       B.14. Par cons\u00e9quent, cette r\u00e9duction significative du degr\u00e9 de protection offert par la l\u00e9gislation applicable est raisonnablement justifi\u00e9e.<br \/>\n       B.15. Le deuxi\u00e8me moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<br \/>\n       En ce qui concerne le troisi\u00e8me moyen<br \/>\n       B.16. Il ressort des d\u00e9veloppements du moyen que la Cour est invit\u00e9e \u00e0 statuer sur la constitutionnalit\u00e9 de l\u2019article 3, \u00a7 1er\/1, alin\u00e9a 1er, de l\u2019ordonnance du 1er mars 2007, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 ins\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 3, b), de l\u2019ordonnance du 2 mars 2023, dans la mesure o\u00f9 la disposition attaqu\u00e9e \u00e9nonce qu\u2019une norme technique ne peut \u00eatre d\u00e9pass\u00e9e \u00ab \u00e0 aucun moment \u00bb, alors qu\u2019il serait techniquement impossible d\u2019emp\u00eacher \u00e0 tout moment ce d\u00e9passement.<br \/>\n       B.17. Le moyen revient \u00e0 demander \u00e0 la Cour de v\u00e9rifier si une disposition l\u00e9gislative est effectivement applicable.<br \/>\n       B.18. La Cour n\u2019est pas comp\u00e9tente pour ce faire.<br \/>\n       B.19. Le troisi\u00e8me moyen est irrecevable.<br \/>\n       22<br \/>\n       Par ces motifs,<br \/>\n       la Cour<br \/>\n       rejette le recours.<br \/>\n       Ainsi rendu en langue fran\u00e7aise, en langue n\u00e9erlandaise et en langue allemande, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 65 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 21 novembre 2024.<br \/>\n       Le greffier, Le pr\u00e9sident,<br \/>\n       Frank Meersschaut Pierre Nihoul<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.132\n       <\/p>\n<p>            Publication(s) li\u00e9e(s)              <\/p>\n<p>citant:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2016:ARR.012         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2020:ARR.144         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2023:ARR.076         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2003:431        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2003:492        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2019:800        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2020:938        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2023:180        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2023:951        <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p><!-- Action LOG \nfunction JUPORTARecordLogViewDecision  $iubel_id        : 279797\n                                       $action_type     : VIEW\n                                      &amp;$action_startmt  : 1780546337.9565\n                                      &amp;$action_duration : 104\n                                      &amp;$addressipremote : 103.115.10.116\n                                      &amp;$latitude        : null\n                                      &amp;$longitude       : null\n                                      &amp;$accuracy        : null\n                                      &amp;$altitude        : null\n                                      &amp;$langue_view     : FR\n--><br \/>\n<!-- Action_duration 104 millisec --><br \/>\n      <!-- end of main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>    <!-- end of division \"page_main\" --><\/p>\n<p>              &#9993; info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.132\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. 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