{"id":1164401,"date":"2026-06-21T22:08:49","date_gmt":"2026-06-21T20:08:49","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/"},"modified":"2026-06-21T22:08:49","modified_gmt":"2026-06-21T20:08:49","slug":"eclibeghcc2024arr-146","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nCour constitutionnelle (Cour d&apos;arbitrage)  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 28 novembre 2024            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146<\/p>\n<p>No Arr\u00eat\/No R\u00f4le:<\/p>\n<p>146\/2024<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit constitutionnel<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2024-12-09<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>738 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-02 00:37<\/p>\n<p>Version(s):<\/p>\n<p>Version NL\n        <\/p>\n<p>Version DE\n        <\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>COUR CONSTITUTIONNELLE\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; COUR CONSTITUTIONNELLE\n <\/p>\n<p>Mots libres:<\/p>\n<p>\nla question pr\u00e9judicielle relative \u00e0 l&apos;article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a<br \/>\n         3, du Code de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, pos\u00e9e par la Cour d&apos;appel<br \/>\n         d&apos;Anvers. Droit fiscal &#8211; Taxe sur la valeur ajout\u00e9e &#8211; Dette fiscale<br \/>\n         &#8211; Perception &#8211; Reprise \u00e0 un registre de perception et recouvrement &#8211;<br \/>\n         Notification pr\u00e9alable de la justification de la dette fiscale &#8211; Exception<\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       Cour constitutionnelle<br \/>\n       Arr\u00eat n\u00b0 146\/2024<br \/>\n       du 28 novembre 2024<br \/>\n       Num\u00e9ro du r\u00f4le : 8165<br \/>\n       En cause : la question pr\u00e9judicielle relative \u00e0 l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, pos\u00e9e par la Cour d\u2019appel d\u2019Anvers.<br \/>\n       La Cour constitutionnelle,<br \/>\n       compos\u00e9e des pr\u00e9sidents Luc Lavrysen et Pierre Nihoul, et des juges Thierry Giet, Jos\u00e9phine Moerman, Michel P\u00e2ques, Danny Pieters et Kattrin Jadin, assist\u00e9e du greffier Nicolas Dupont, pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident Luc Lavrysen,<br \/>\n       apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, rend l\u2019arr\u00eat suivant :<br \/>\n       I. Objet de la question pr\u00e9judicielle et proc\u00e9dure<br \/>\n       Par arr\u00eat du 6 f\u00e9vrier 2024, dont l\u2019exp\u00e9dition est parvenue au greffe de la Cour le 15 f\u00e9vrier 2024, corrig\u00e9 par arr\u00eat du 20 f\u00e9vrier 2024, dont l\u2019exp\u00e9dition est parvenue au greffe de la Cour le 27 f\u00e9vrier 2024, la Cour d\u2019appel d\u2019Anvers a pos\u00e9 la question pr\u00e9judicielle suivante :<br \/>\n       \u00ab L\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e viole-t-il les articles 10, 11 et 172 de la Constitution, dans l\u2019interpr\u00e9tation selon laquelle les droits du Tr\u00e9sor sont en p\u00e9ril en cas de prescription imminente, que cette prescription imminente r\u00e9sulte d\u2019une faute\/n\u00e9gligence de l\u2019administration fiscale ou de circonstances non imputables \u00e0 l\u2019administration fiscale ? \u00bb.<br \/>\n       Des m\u00e9moires ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       &#8211; la SRL \u00ab Mey \u00bb, assist\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Henri Vandebergh, avocat au barreau du Limbourg;<br \/>\n       &#8211; le Conseil des ministres, assist\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 par Me Bert Bongaerts, avocat au barreau d\u2019Anvers.<br \/>\n       La SRL \u00ab Mey \u00bb a \u00e9galement introduit un m\u00e9moire en r\u00e9ponse.<br \/>\n       2<br \/>\n       Par ordonnance du 17 juillet 2024, la Cour, apr\u00e8s avoir entendu les juges-rapporteurs Danny Pieters et Kattrin Jadin, a d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019affaire \u00e9tait en \u00e9tat, qu\u2019aucune audience ne serait tenue, \u00e0 moins qu\u2019une partie n\u2019ait demand\u00e9, dans le d\u00e9lai de sept jours suivant la r\u00e9ception de la notification de cette ordonnance, \u00e0 \u00eatre entendue, et qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une telle demande, les d\u00e9bats seraient clos \u00e0 l\u2019expiration de ce d\u00e9lai et l\u2019affaire serait mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       \u00c0 la suite de la demande d\u2019une partie \u00e0 \u00eatre entendue, la Cour, par ordonnance du 25 septembre 2024, a fix\u00e9 l\u2019audience au 23 octobre 2024.<br \/>\n       \u00c0 l\u2019audience publique du 23 octobre 2024 :<br \/>\n       &#8211; ont comparu :<br \/>\n       . Me Henri Vandebergh, pour la SRL \u00ab Mey \u00bb;<br \/>\n       . Me Bert Bongaerts, pour le Conseil des ministres;<br \/>\n       &#8211; les juges-rapporteurs Danny Pieters et Kattrin Jadin ont fait rapport;<br \/>\n       &#8211; les avocats pr\u00e9cit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 entendus;<br \/>\n       &#8211; l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Les dispositions de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle relatives \u00e0 la proc\u00e9dure et \u00e0 l\u2019emploi des langues ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es.<br \/>\n       II. Les faits et la proc\u00e9dure ant\u00e9rieure<br \/>\n       Dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le de TVA, l\u2019administration fiscale \u00e9tablit \u00e0 charge de la SRL \u00ab Mey \u00bb un proc\u00e8s-<br \/>\n       verbal de r\u00e9gularisation pour la p\u00e9riode s\u2019\u00e9talant du 1er janvier 2017 au 31 d\u00e9cembre 2017. Ce proc\u00e8s-verbal lui est notifi\u00e9 par lettre recommand\u00e9e du 10 d\u00e9cembre 2020. Cette lettre mentionne qu\u2019eu \u00e9gard \u00e0 la prescription imminente de la dette fiscale, les droits du Tr\u00e9sor sont en p\u00e9ril, de sorte que, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (ci-apr\u00e8s : le Code de la TVA), l\u2019administration fiscale n\u2019est pas tenue de porter la justification de la dette fiscale \u00e0 la connaissance du redevable au plus tard un mois avant sa reprise \u00e0 un registre de perception et recouvrement. La dette fiscale est ensuite reprise \u00e0 un registre de perception et recouvrement le 15 d\u00e9cembre 2020.<br \/>\n       La SRL \u00ab Mey \u00bb introduit une r\u00e9clamation \u00e0 ce sujet aupr\u00e8s de l\u2019administration fiscale. Cette r\u00e9clamation ayant \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e, elle forme opposition aupr\u00e8s du Tribunal de premi\u00e8re instance du Limbourg, division de Hasselt.<br \/>\n       Par jugement du 13 octobre 2022, le premier juge rejette l\u2019opposition pour cause de non-fondement. Selon lui, l\u2019administration fiscale pouvait l\u00e9gitimement appliquer l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la TVA au cas de prescription imminente de la dette fiscale. La SRL \u00ab Mey \u00bb interjette appel de ce jugement. La juridiction a quo constate que le l\u00e9gislateur visait express\u00e9ment l\u2019application de l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la TVA au cas d\u2019une prescription imminente de la dette fiscale. Elle constate cependant que cette disposition ne fait pas de distinction selon que la prescription imminente est imputable ou non \u00e0 une faute ou n\u00e9gligence de l\u2019administration fiscale. La juridiction a quo pose d\u00e8s lors la question pr\u00e9judicielle reproduite plus haut.<br \/>\n       3<br \/>\n       III. En droit<br \/>\n       -A-<br \/>\n       A.1. La SRL \u00ab Mey \u00bb ne conteste pas que les droits du Tr\u00e9sor soient mis en p\u00e9ril par une prescription imminente de la dette fiscale. Elle consid\u00e8re toutefois que l\u2019administration fiscale ne peut pas se fonder sur cette prescription imminente dans l\u2019instance soumise \u00e0 la juridiction a quo, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle est uniquement imputable \u00e0 la propre faute de l\u2019administration fiscale, qui a en effet omis de lui notifier le proc\u00e8s-verbal plus t\u00f4t.<br \/>\n       Selon la SRL \u00ab Mey \u00bb, la disposition en cause doit d\u00e8s lors \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens qu\u2019elle ne peut \u00eatre invoqu\u00e9e en cas de prescription imminente imputable au comportement de l\u2019administration fiscale. La SRL \u00ab Mey \u00bb \u00e9tablit une comparaison avec les imp\u00f4ts sur les revenus. En vertu de l\u2019article 346 du Code des imp\u00f4ts sur les revenus 1992<br \/>\n       (ci-apr\u00e8s : le CIR 1992), le contribuable dispose d\u2019un d\u00e9lai d\u2019un mois pour r\u00e9pondre \u00e0 un avis de rectification de la d\u00e9claration. L\u2019article 355 du CIR 1992 permet cependant \u00e0 l\u2019administration fiscale, lorsqu\u2019une imposition a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e parce qu\u2019elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie conform\u00e9ment \u00e0 une r\u00e8gle l\u00e9gale autre qu\u2019une r\u00e8gle relative \u00e0 la prescription, d\u2019\u00e9tablir une nouvelle cotisation, m\u00eame si le d\u00e9lai pr\u00e9vu pour \u00e9tablir la cotisation est \u00e9coul\u00e9. Il d\u00e9coule cependant de la jurisprudence que cette derni\u00e8re disposition ne peut \u00eatre appliqu\u00e9e \u2013 et que l\u2019administration doit donc respecter le d\u00e9lai de r\u00e9ponse pour le contribuable \u2013 si l\u2019administration fiscale a commis une erreur de proc\u00e9dure dans le seul but de pouvoir invoquer cette disposition. Selon la SRL \u00ab Mey \u00bb, le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination serait viol\u00e9 s\u2019il n\u2019en \u00e9tait pas de m\u00eame en mati\u00e8re de TVA. La circonstance que l\u2019article 346 du CIR 1992 s\u2019inscrit dans le cadre des droits de la d\u00e9fense du contribuable, alors que la disposition en cause porte sur un devoir d\u2019information dans le chef de l\u2019administration, n\u2019aboutit pas \u00e0 une autre conclusion.<br \/>\n       A.2. Le Conseil des ministres rel\u00e8ve que la TVA est un imp\u00f4t indirect qui devient exigible \u00e0 la suite du fait g\u00e9n\u00e9rateur. La reprise de la dette fiscale au registre de perception et recouvrement vise uniquement \u00e0 cr\u00e9er un titre ex\u00e9cutoire. La disposition en cause s\u2019inscrit d\u00e8s lors uniquement dans le cadre de l\u2019obligation de l\u2019administration de notifier au redevable les consid\u00e9rations de droit et de fait qui fondent la dette fiscale. Eu \u00e9gard \u00e0 ce constat, il est raisonnablement justifi\u00e9 que, pour l\u2019application de la disposition en cause, il ne soit pas pertinent de savoir qui est responsable de la prescription imminente qui met les droits du Tr\u00e9sor en p\u00e9ril. Le Conseil des ministres rel\u00e8ve qu\u2019apr\u00e8s le contr\u00f4le fiscal, un relev\u00e9 de r\u00e9gularisation est d\u2019abord procur\u00e9 au redevable, lui laissant un d\u00e9lai de r\u00e9ponse d\u2019un mois. En l\u2019absence d\u2019une reconnaissance de dette r\u00e9guli\u00e8re, un rappel sera \u00e9galement envoy\u00e9. Ce n\u2019est que lorsqu\u2019il appara\u00eet qu\u2019un accord amiable n\u2019est pas possible qu\u2019un proc\u00e8s-verbal sera \u00e9tabli. Toutes ces \u00e9tapes n\u00e9cessitent du temps. Selon le Conseil des ministres, la dur\u00e9e de traitement du dossier de contr\u00f4le dans l\u2019instance soumise \u00e0 la juridiction a quo est assez normale, voire courte, l\u2019administration fiscale ayant mis\u00e9 au maximum sur la concertation. La disposition en cause n\u2019est d\u00e8s lors pas contraire aux articles 10, 11 et 172 de la Constitution.<br \/>\n       -B-<br \/>\n       Quant \u00e0 la disposition en cause et \u00e0 son contexte<br \/>\n       B.1.1. L\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e (ci-apr\u00e8s : le Code de la TVA) dispose :<br \/>\n       \u00ab La justification de la dette fiscale doit avoir \u00e9t\u00e9 port\u00e9e \u00e0 la connaissance du redevable au plus tard un mois avant que la dette fiscale ne soit reprise \u00e0 un registre de perception et<br \/>\n       4<br \/>\n       recouvrement vis\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er ou 2, sauf si les droits du Tr\u00e9sor sont en p\u00e9ril, auquel cas elle doit avoir \u00e9t\u00e9 port\u00e9e \u00e0 la connaissance du redevable au plus tard au moment o\u00f9 la dette fiscale est reprise \u00e0 un registre de perception et recouvrement. Lorsque le redevable n\u2019a pas de domicile connu en Belgique ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, cette justification est adress\u00e9e au procureur du Roi \u00e0 Bruxelles \u00bb.<br \/>\n       En vertu de l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, du Code de la TVA, en cas de non-paiement, la dette fiscale, compos\u00e9e de la taxe, des int\u00e9r\u00eats de retard, des amendes fiscales et des accessoires, est reprise \u00e0 un registre de perception et recouvrement, qui constitue le titre ex\u00e9cutoire pour le recouvrement de la dette fiscale et qui concr\u00e9tise celle-ci. L\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 2, du Code de la TVA permet \u00e0 l\u2019administration de modifier le registre de perception et recouvrement par une rectification, si les montants repris dans ce registre doivent \u00eatre modifi\u00e9s. Les registres de perception et recouvrement sont \u00e9tablis et d\u00e9clar\u00e9s ex\u00e9cutoires par l\u2019administrateur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019administration en charge de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e ou par le fonctionnaire d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 par lui (article 85, \u00a7 2, alin\u00e9a 1er, du Code de la TVA).<br \/>\n       B.1.2. Le r\u00e9gime du registre de perception et recouvrement a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 par l\u2019article 9 de la loi du 26 novembre 2018 \u00ab modifiant le Code de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e en ce qui concerne l\u2019automatisation du titre ex\u00e9cutoire en mati\u00e8re de taxe sur la valeur ajout\u00e9e \u00bb (ci-<br \/>\n       apr\u00e8s : la loi du 26 novembre 2018). Les travaux pr\u00e9paratoires de cette loi mentionnent, en ce qui concerne l\u2019objectif g\u00e9n\u00e9ral de la r\u00e9forme vis\u00e9e :<br \/>\n       \u00ab Le projet de loi que le Gouvernement a l\u2019honneur de soumettre \u00e0 votre approbation vise \u00e0 modifier et moderniser le titre ex\u00e9cutoire en mati\u00e8re de taxe sur la valeur ajout\u00e9e.<br \/>\n       En mati\u00e8re de T.V.A., l\u2019exigibilit\u00e9 de la taxe qui correspond au droit que le Tr\u00e9sor peut faire valoir aux termes de la loi pour le paiement, existe d\u00e8s le fait g\u00e9n\u00e9rateur lequel intervient au moment o\u00f9 les op\u00e9rations imposables sont op\u00e9r\u00e9es ou par le paiement du prix totalement ou partiellement dans le cas o\u00f9 ceci a lieu avant le moment o\u00f9 l\u2019op\u00e9ration ne soit consid\u00e9r\u00e9e comme imposable.<br \/>\n       La liquidation de la dette est assur\u00e9e par l\u2019assujetti \u00e0 travers son obligation d\u2019inscrire le d\u00e9compte des sommes dues et des sommes d\u00e9ductibles dans sa d\u00e9claration.<br \/>\n       Il s\u2019ensuit que le paiement volontaire par le redevable \u00e9teint valablement sa dette sans que l\u2019administration ne doive au pr\u00e9alable \u00e9tablir un titre de cr\u00e9ance.<br \/>\n       5<br \/>\n       Ce n\u2019est qu\u2019en cas de d\u00e9faut de paiement que l\u2019administration s\u2019octroie, en vertu de la l\u00e9gislation fiscale, un titre ex\u00e9cutoire en vue de l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e. Dans la l\u00e9gislation en vigueur, ce titre ex\u00e9cutoire est la contrainte administrative.<br \/>\n       En vertu de l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 1er, du Code de la T.V.A. (ci-apr\u00e8s Code), la contrainte est d\u00e9cern\u00e9e par le fonctionnaire charg\u00e9 du recouvrement. Elle est vis\u00e9e et rendue ex\u00e9cutoire par le conseiller g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019administration en charge de la T.V.A. ou par un fonctionnaire d\u00e9sign\u00e9 par lui.<br \/>\n       L\u2019\u00e9tablissement du titre ex\u00e9cutoire n\u00e9cessite dans ce contexte l\u2019intervention \u00e0 la fois des fonctionnaires charg\u00e9s de la taxation et de ceux charg\u00e9s du recouvrement.<br \/>\n       Corollaire d\u2019une nouvelle organisation administrative, le pr\u00e9sent projet de loi pr\u00e9voit, pour les dettes fiscales impay\u00e9es, la cr\u00e9ation du titre ex\u00e9cutoire \u2013 le registre de perception et recouvrement \u2013 au moyen d\u2019un syst\u00e8me automatis\u00e9.<br \/>\n       Le registre de perception et recouvrement, acte authentique, traduit d\u00e9sormais en lieu et place de la contrainte, les privil\u00e8ges administratifs du pr\u00e9alable et de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019office. \u00c0<br \/>\n       l\u2019instar de la contrainte (voir Cass., 9 mars 2006, R.G. n\u00b0 C.04 0284.N et Cass., 16 octobre 2008, R.G. n\u00b0 C.06 0433.F), le registre de perception et recouvrement constitue donc le titre ex\u00e9cutoire pour le recouvrement de la dette fiscale et concr\u00e9tise celle-ci. Toutefois, \u00e0 la diff\u00e9rence de la contrainte qui constitue un titre ex\u00e9cutoire individuel, le registre de perception et recouvrement est une liste g\u00e9n\u00e9rale \u00e9tablie p\u00e9riodiquement et de mani\u00e8re automatis\u00e9e qui reprend l\u2019identification des diff\u00e9rents redevables ainsi que le montant de la taxe, des int\u00e9r\u00eats, des amendes fiscales et des accessoires restant dus par chacun d\u2019eux. Il s\u2019agit donc en principe d\u2019un titre ex\u00e9cutoire g\u00e9n\u00e9ral dans la mesure o\u00f9 il reprend les dettes fiscales de plusieurs redevables, m\u00eame si rien n\u2019emp\u00eache qu\u2019un registre de perception et recouvrement ne contienne, dans des circonstances particuli\u00e8res, qu\u2019une seule dette fiscale.<br \/>\n       Constituant un titre ex\u00e9cutoire permettant les poursuites en recouvrement, la reprise de la dette fiscale \u00e0 un registre de perception et recouvrement intervient, comme de par le pass\u00e9, en cas de non-paiement de cette dette.<br \/>\n       Chaque dette fiscale impay\u00e9e qui fait \u00e0 l\u2019heure actuelle l\u2019objet d\u2019une contrainte administrative d\u00e9cern\u00e9e par le receveur de la T.V.A., vis\u00e9e et rendue ex\u00e9cutoire par le conseiller g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019administration en charge de la T.V.A. ou par un fonctionnaire d\u00e9sign\u00e9 par lui, sera \u00e0 l\u2019avenir reprise \u00e0 un registre de perception et recouvrement par les services de taxation.<br \/>\n       Les registres de perception et recouvrement seront donc form\u00e9s et rendus ex\u00e9cutoires par l\u2019administrateur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019administration en charge de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e ou par le fonctionnaire d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 par lui.<br \/>\n       En soustrayant le receveur charg\u00e9 de recouvrer une dette T.V.A. de l\u2019obligation d\u2019\u00e9laborer le titre ex\u00e9cutoire, ce qui est actuellement le cas notamment en mati\u00e8re d\u2019imp\u00f4ts directs, ce projet de loi permet de franchir une \u00e9tape dans l\u2019harmonisation et l\u2019automatisation accrue des<br \/>\n       6<br \/>\n       processus de recouvrement des cr\u00e9ances fiscales et d\u2019optimaliser l\u2019activit\u00e9 des services du SPF Finances, et plus particuli\u00e8rement celle de l\u2019Administration g\u00e9n\u00e9rale de la Perception et du Recouvrement [&#8230;].<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       La rationalisation des travaux de recouvrement ira de pair avec la limitation des co\u00fbts des actions de recouvrement, ce qui ne peut \u00eatre que b\u00e9n\u00e9fique tant aux citoyens et aux entreprises qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00c9tat \u00bb (Doc. parl., Chambre, 2017-2018, DOC 54-3277\/001, pp. 4-6).<br \/>\n       B.1.3. En ce qui concerne l\u2019obligation de porter la justification de la dette fiscale \u00e0 la connaissance du redevable, les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 26 novembre 2018<br \/>\n       mentionnent :<br \/>\n       \u00ab L\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9as 3 et 4, nouveaux, ins\u00e8rent dans le Code l\u2019obligation de communiquer au redevable un mois avant la reprise de la dette fiscale \u00e0 un registre de perception et recouvrement les \u00e9l\u00e9ments justificatifs de la dette fiscale. La communication de ces \u00e9l\u00e9ments justificatifs rel\u00e8ve de la motivation formelle du registre de perception et recouvrement et consiste en la mise \u00e0 connaissance des consid\u00e9rations de droit et de fait servant de fondement au registre de perception et recouvrement.<br \/>\n       Pour rappel, sous le r\u00e9gime de la contrainte administrative, la jurisprudence admet de mani\u00e8re unanime que la loi du 29 juillet 1991 relative \u00e0 la motivation formelle des actes administratifs est int\u00e9gralement applicable aux contraintes d\u00e9cern\u00e9es en mati\u00e8re de T.V.A. afin de permettre au redevable de prendre connaissance de la cause des sommes qui lui sont r\u00e9clam\u00e9es, et ce en vue d\u2019introduire, le cas \u00e9ch\u00e9ant, les voies de recours.<br \/>\n       En r\u00e9ponse \u00e0 une question parlementaire, le ministre des Finances a pr\u00e9cis\u00e9 : \u2018 En mati\u00e8re de T.V.A., la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale est d\u2019\u00e9noncer les motifs dans l\u2019acte lui-m\u00eame \u00e9tant donn\u00e9 que la motivation fait en principe partie de la d\u00e9cision elle-m\u00eame. C\u2019est ainsi que la contrainte est toujours motiv\u00e9e en fait et en droit, r\u00e9pondant ainsi aux exigences de la loi du 29 juillet 1991<br \/>\n       relative \u00e0 la motivation formelle des actes administratifs. De plus, le proc\u00e8s-verbal fait unit\u00e9 avec la contrainte et est ajout\u00e9 \u00e0 celle-ci, de sorte que l\u2019assujetti peut y v\u00e9rifier les fondements de la cr\u00e9ance. \u2019 (Question n\u00b0 1283 de M. de CLIPPELE du 11 mai 2001, Bull. Q. et R., S\u00e9nat, 2001-2002, n\u00b0 2-44, p. 2277).<br \/>\n       Comme le registre de perception et recouvrement qui se substitue \u00e0 la contrainte sera \u00e9tabli de mani\u00e8re automatis\u00e9e et dot\u00e9 d\u2019un contenu forc\u00e9ment r\u00e9duit, il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 utile d\u2019ins\u00e9rer dans le Code l\u2019obligation de communiquer, pr\u00e9alablement \u00e0 la reprise de la dette fiscale \u00e0 un registre de perception et recouvrement, les consid\u00e9rations de droit et de fait \u2013 autrement dit la justification \u2013 de la dette fiscale et de son montant. [&#8230;]<br \/>\n       Il est satisfait \u00e0 cette obligation d\u00e8s lors que l\u2019objet et le fondement de la dette fiscale \u00e9tablis par l\u2019administration sont port\u00e9s \u00e0 la connaissance du redevable \u00e0 un moment quelconque mais<br \/>\n       7<br \/>\n       au plus tard un mois avant la reprise de la dette fiscale \u00e0 un registre de perception et recouvrement.<br \/>\n       Il est cependant fait exception \u00e0 la r\u00e8gle de l\u2019ant\u00e9riorit\u00e9 dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 les droits du Tr\u00e9sor sont en p\u00e9ril, auquel cas la communication des causes justificatives de la dette peut intervenir au plus tard concurremment avec sa reprise \u00e0 un registre de perception et recouvrement. Les droits du Tr\u00e9sor peuvent \u00eatre en p\u00e9ril lorsqu\u2019il y a prescription imminente de la dette fiscale ou lorsqu\u2019il ressort des \u00e9l\u00e9ments de fait que le paiement de la dette fiscale est menac\u00e9 par des causes imputables au redevable, telle[s] que l\u2019\u00e9branlement de cr\u00e9dit, la cessation de paiement ou un d\u00e9part imminent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Il peut \u00e9galement en \u00eatre ainsi en cas d\u2019existence d\u2019un plan de r\u00e9organisation ou d\u2019une faillite, ou de divers \u00e9l\u00e9ments d\u2019o\u00f9 il ressort que le redevable se rend insolvable. L\u2019exception \u00e0 la r\u00e8gle de l\u2019ant\u00e9riorit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire au respect du d\u00e9lai d\u2019un mois entre l\u2019envoi de la justification de la dette fiscale et la reprise de cette dette \u00e0 un registre de perception et recouvrement, doit donc \u00eatre appliqu\u00e9e de mani\u00e8re restrictive.<br \/>\n       Comme de par le pass\u00e9, ces consid\u00e9rations de droit et de fait (la justification de la dette fiscale) peuvent se retrouver soit dans le proc\u00e8s-verbal (application de l\u2019article 59, \u00a7 1er, du Code), soit dans la d\u00e9cision de taxation d\u2019office (application des articles 66 et 67 du Code), soit dans le compte sp\u00e9cial (application de l\u2019article 8 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal n\u00b0 24, du 29 d\u00e9cembre 1992, relatif au paiement de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, pris en ex\u00e9cution des articles 52, 53, 53ter, 53octies, 53nonies, 54, 58, 70 et 91 du Code), soit encore dans tout autre document, tel[le] une d\u00e9cision de r\u00e9gularisation, par laquelle les fonctionnaires de l\u2019administration qui a la taxe sur la valeur ajout\u00e9e dans ses comp\u00e9tences, communiquent aux redevables l\u2019existence d\u2019une dette fiscale \u00bb (ibid., pp. 7-9).<br \/>\n       B.1.4. En vertu de l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9as 4 et 5, du Code de la TVA, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 introduit par l\u2019article 14 de la loi du 2 mai 2019 \u00ab portant des dispositions diverses en mati\u00e8re de taxe sur la valeur ajout\u00e9e et modifiant la r\u00e9duction d\u2019imp\u00f4t pour lib\u00e9ralit\u00e9s \u00bb, l\u2019administration n\u2019est pas tenue de communiquer la justification de la dette de TVA lorsque la dette d\u00e9coule de la d\u00e9claration du redevable ou lorsque le redevable a reconnu la dette. Dans ces cas, la d\u00e9claration ou la reconnaissance de dette vaut notification de la justification de la dette de TVA.<br \/>\n       B.1.5. La notification de la justification se fait par pli ordinaire (article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 6, du Code de la TVA) ou, moyennant l\u2019accord explicite du redevable, par voie \u00e9lectronique (article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 7, du Code de la TVA).<br \/>\n       Aussit\u00f4t que le registre de perception et recouvrement est rendu ex\u00e9cutoire, la reprise de la dette fiscale \u00e0 ce registre est port\u00e9e \u00e0 la connaissance du redevable par l\u2019envoi, sous pli ferm\u00e9,<br \/>\n       8<br \/>\n       d\u2019un avis de perception et recouvrement, qui mentionne la date d\u2019ex\u00e9cutoire du registre de perception et recouvrement (article 85, \u00a7 3, alin\u00e9a 1er, du Code de la TVA). Tout comme pour la justification de la dette de TVA, le redevable peut marquer son accord sur un envoi \u00e9lectronique de l\u2019avis de perception et recouvrement (article 85, \u00a7 3, alin\u00e9a 2, du Code de la TVA).<br \/>\n       B.1.6. Le d\u00e9lai de prescription pour l\u2019action en recouvrement de la taxe, des int\u00e9r\u00eats de retard et des amendes fiscales est en principe de trois ans (article 81bis, \u00a7 1er, du Code de la TVA), sauf en cas d\u2019indices de fraude fiscale. Si la dette de TVA est reprise \u00e0 un registre de perception et recouvrement d\u00e9clar\u00e9 ex\u00e9cutoire, la prescription de l\u2019action en recouvrement de la dette n\u2019est acquise qu\u2019apr\u00e8s l\u2019expiration d\u2019un d\u00e9lai de cinq ans \u00e0 compter de la date d\u2019ex\u00e9cutoire du registre (article 23, \u00a7 2, du Code du recouvrement amiable et forc\u00e9 des cr\u00e9ances fiscales et non fiscales).<br \/>\n       Quant au fond<br \/>\n       B.2. La juridiction a quo demande \u00e0 la Cour si l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la TVA est compatible avec les articles 10, 11 et 172 de la Constitution, si cette disposition est interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens que les droits du Tr\u00e9sor sont en p\u00e9ril en cas de prescription imminente de la dette fiscale, que cette prescription imminente r\u00e9sulte d\u2019une faute ou n\u00e9gligence de l\u2019administration ou de circonstances non imputables \u00e0 l\u2019administration.<br \/>\n       La Cour examine la disposition en cause dans l\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019en donne la juridiction a quo, qui n\u2019est pas manifestement erron\u00e9e.<br \/>\n       B.3.1. Les articles 10 et 11 de la Constitution garantissent le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-<br \/>\n       discrimination. L\u2019article 172 de la Constitution constitue une application particuli\u00e8re de ce principe en mati\u00e8re fiscale.<br \/>\n       B.3.2. Le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination s\u2019oppose \u00e0 ce que soient trait\u00e9es de mani\u00e8re identique, sans qu\u2019apparaisse une justification raisonnable, des cat\u00e9gories de personnes<br \/>\n       9<br \/>\n       se trouvant dans des situations qui, au regard de la mesure critiqu\u00e9e, sont essentiellement diff\u00e9rentes.<br \/>\n       L\u2019existence d\u2019une telle justification doit s\u2019appr\u00e9cier en tenant compte du but et des effets de la mesure critiqu\u00e9e ainsi que de la nature des principes en cause; le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de non-discrimination est viol\u00e9 lorsqu\u2019il est \u00e9tabli qu\u2019il n\u2019existe pas de rapport raisonnable de proportionnalit\u00e9 entre les moyens employ\u00e9s et le but vis\u00e9.<br \/>\n       B.4. La disposition en cause impose \u00e0 l\u2019administration de porter \u00e0 la connaissance du redevable, au plus tard un mois avant la reprise de la dette fiscale au registre de perception et recouvrement, la justification de la dette fiscale, sauf si les droits du Tr\u00e9sor sont en p\u00e9ril, par exemple en cas de prescription imminente de la dette fiscale, auquel cas elle doit \u00eatre port\u00e9e \u00e0 la connaissance du redevable au plus tard au moment o\u00f9 la dette fiscale est reprise au registre de perception et recouvrement.<br \/>\n       B.5. Il rel\u00e8ve du pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation du l\u00e9gislateur fiscal, lorsqu\u2019il \u00e9tablit un r\u00e9gime fiscal, de d\u00e9finir les proc\u00e9dures et d\u00e9lais de recouvrement appropri\u00e9s. Il dispose en la mati\u00e8re d\u2019un large pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation. L\u2019identit\u00e9 de traitement instaur\u00e9e doit toutefois reposer sur une justification raisonnable et ne peut pas conduire \u00e0 des restrictions disproportionn\u00e9es des droits des personnes concern\u00e9es.<br \/>\n       B.6. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires cit\u00e9s en B.1.2 et B.1.3 que la disposition en cause s\u2019inscrit dans l\u2019objectif de simplifier les proc\u00e9dures de recouvrement en mati\u00e8re de dettes de TVA, afin de contribuer \u00e0 un recouvrement et \u00e0 une perception plus efficaces de ces dettes. En exon\u00e9rant l\u2019administration de l\u2019obligation de porter la justification de la dette fiscale \u00e0 la connaissance du redevable au plus tard un mois avant la reprise de la dette fiscale au registre de perception et recouvrement, le l\u00e9gislateur entend \u00e9galement assurer la perception effective des dettes de TVA. Il s\u2019agit d\u2019objectifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral qui sont l\u00e9gitimes.<br \/>\n       B.7.1. Le bon fonctionnement du r\u00e9gime fiscal, et finalement des pouvoirs publics charg\u00e9s d\u2019accomplir des t\u00e2ches d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral au moyen d\u2019imp\u00f4ts, suppose que les imp\u00f4ts fix\u00e9s par<br \/>\n       10<br \/>\n       la loi soient correctement pay\u00e9s par les contribuables et effectivement per\u00e7us par l\u2019autorit\u00e9.<br \/>\n       L\u2019\u00e9tablissement d\u2019une cotisation ou la perception d\u2019un imp\u00f4t, dans les cas o\u00f9 l\u2019imp\u00f4t est d\u00fb<br \/>\n       conform\u00e9ment \u00e0 la loi, constitue, dans le chef de l\u2019administration, une obligation qui doit permettre de garantir l\u2019\u00e9galit\u00e9 du citoyen devant la loi fiscale. De surcro\u00eet, le r\u00e9gime de la TVA<br \/>\n       est fortement r\u00e9gi par les dispositions de la directive 2006\/112\/CE du Conseil du 28 novembre 2006 \u00ab relative au syst\u00e8me commun de taxe sur la valeur ajout\u00e9e \u00bb, sur la base desquelles les \u00c9tats membres doivent prendre toutes les mesures l\u00e9gales et administratives afin de garantir que la TVA soit int\u00e9gralement per\u00e7ue sur leurs territoires respectifs (CJUE, 14 octobre 2021, C-360\/20, Ministerul Lucr\u0103rilor Publice, Dezvolt\u0103rii \u015fi Administra\u0163iei c. NE, ECLI:EU:C:2021:856, point 36; grande chambre, 2 mai 2018, C-574\/15, Mauro Scialdone, ECLI:EU:C:2018:295, points 26 et 27; grande chambre, 20 mars 2018, C-524\/15, Luca Menci, ECLI:EU:C:2018:197, points 18 et 19; grande chambre, 8 septembre 2015, C-105\/14, Ivo Taricco e.a., ECLI:EU:C:2015:555, points 36-40).<br \/>\n       B.7.2. Comme il est \u00e9galement relev\u00e9 dans les travaux pr\u00e9paratoires cit\u00e9s en B.1.2, en mati\u00e8re de TVA, la dette fiscale na\u00eet, en vertu de la loi, de l\u2019op\u00e9ration soumise \u00e0 la TVA, sans la moindre intervention de l\u2019administration fiscale. Si l\u2019op\u00e9ration est effectu\u00e9e, la taxe est due.<br \/>\n       La disposition en cause et les \u00e9ventuelles irr\u00e9gularit\u00e9s commises par l\u2019administration dans le cadre de l\u2019application de celle-ci n\u2019interviennent qu\u2019en l\u2019absence d\u2019un paiement volontaire de la taxe par le redevable; elles n\u2019influencent, en tant que telles, que le titre ex\u00e9cutoire en vue du recouvrement de la dette fiscale et non la d\u00e9bition de la taxe (Cass., 12 d\u00e9cembre 2019, ECLI:BE:CASS:2019:ARR.20191212.1N.4; 23 d\u00e9cembre 2016, ECLI:BE:CASS:2016:ARR.20161223.2; 9 octobre 2014, ECLI:BE:CASS:2014:ARR.20141009.12; 22 mai 2014, ECLI:BE:CASS:2014:ARR.20140522.9; 3 mars 2011, ECLI:BE:CASS:2011:ARR.20110303.1); elles influencent uniquement un d\u00e9lai de prescription pour le recouvrement de la dette fiscale, et non un d\u00e9lai d\u2019imposition, qui tend \u00e0 limiter dans le temps la comp\u00e9tence de l\u2019autorit\u00e9 pour \u00e9tablir la dette fiscale.<br \/>\n       B.7.3. Eu \u00e9gard \u00e0 ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il est raisonnablement justifi\u00e9 que le l\u00e9gislateur n\u2019ait pas pr\u00e9vu express\u00e9ment que l\u2019exception \u00e0 l\u2019obligation de notification pr\u00e9alable de la justification de la dette fiscale au redevable ne peut pas s\u2019appliquer lorsque la mise en p\u00e9ril des droits du<br \/>\n       11<br \/>\n       Tr\u00e9sor par une prescription imminente de la dette fiscale r\u00e9sulte d\u2019une faute ou d\u2019une n\u00e9gligence de l\u2019administration.<br \/>\n       B.8. La Cour doit encore examiner si la disposition en cause ne limite pas de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les droits du redevable.<br \/>\n       B.9.1. La motivation expresse d\u2019un acte administratif individuel permet \u00e0 l\u2019administr\u00e9 de comprendre les consid\u00e9rations de droit et de fait qui en sont le fondement. Elle constitue un droit de l\u2019administr\u00e9, auquel est ainsi offerte une garantie suppl\u00e9mentaire contre les actes administratifs \u00e0 port\u00e9e individuelle qui seraient arbitraires.<br \/>\n       B.9.2. La disposition en cause ne prive pas le redevable de la possibilit\u00e9 de prendre connaissance de la justification de la dette fiscale, mais elle a uniquement pour cons\u00e9quence que le redevable ne peut en prendre connaissance qu\u2019au plus tard au moment de la reprise au registre de perception et recouvrement. Du fait que l\u2019administration doit envoyer une sommation de payer au redevable avant de pouvoir proc\u00e9der \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e (article 13, \u00a7 1er, du Code du recouvrement amiable et forc\u00e9 des cr\u00e9ances fiscales et non fiscales), le redevable a la possibilit\u00e9 d\u2019examiner la justification de la dette fiscale et d\u2019appr\u00e9cier s\u2019il y a lieu d\u2019intenter les voies de recours dont il dispose. Ainsi qu\u2019il ressort des travaux pr\u00e9paratoires cit\u00e9s en B.1.3, cette justification ne doit en outre pas n\u00e9cessairement \u00eatre port\u00e9e \u00e0 la connaissance du redevable de la mani\u00e8re vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la TVA, mais, comme c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 le cas dans l\u2019ancien syst\u00e8me de la contrainte, cela peut \u00e9galement se faire plus t\u00f4t dans la proc\u00e9dure administrative de recouvrement, par exemple par la reprise dans une d\u00e9cision de r\u00e9gularisation ou dans un quelconque autre document par lequel l\u2019existence d\u2019une dette fiscale est communiqu\u00e9e, tel un proc\u00e8s-verbal (en vertu de l\u2019article 59, \u00a7 1er, du Code de la TVA) ou dans le cadre d\u2019un contact avec l\u2019administration de la TVA, ce \u00e0 quoi le redevable peut en principe r\u00e9pondre (Q. R., Chambre, 2021-2022, 25 mai 2022, QRVA 55-086, pp. 151-154). Il ressort \u00e9galement de ces travaux pr\u00e9paratoires que le non-respect du d\u00e9lai d\u2019un mois entre la notification et le titre ex\u00e9cutoire constitue l\u2019exception et que celle-ci doit donc \u00eatre appliqu\u00e9e de mani\u00e8re restrictive.<br \/>\n       12<br \/>\n       B.9.3. Le redevable dispose ensuite de la possibilit\u00e9 d\u2019introduire un recours administratif non suspensif aupr\u00e8s du ministre des Finances (article 84, alin\u00e9a 1er, du Code de la TVA). Il reste \u00e9galement possible de saisir le service de conciliation fiscale apr\u00e8s la reprise de la dette de TVA au registre de perception et recouvrement (article 84quater du Code de la TVA et article 116 de la loi du 25 avril 2007 \u00ab portant des dispositions diverses (IV) \u00bb). Une demande de conciliation fiscale recevable suspend au demeurant tous les moyens d\u2019ex\u00e9cution (article 116, \u00a7 1er\/2, de la m\u00eame loi du 25 avril 2007).<br \/>\n       B.9.4. Par ailleurs, le contribuable dispose de voies de recours contre la reprise de la dette de TVA au registre de perception et recouvrement. En signifiant son opposition (article 19, \u00a7 2, du Code du recouvrement amiable et forc\u00e9 des cr\u00e9ances fiscales et non fiscales), le contribuable peut faire valoir, devant un juge de pleine juridiction, tous les griefs, notamment en ce qui concerne la base d\u2019imposition, les irr\u00e9gularit\u00e9s intervenues au cours de la phase d\u2019investigation et le recouvrement lui-m\u00eame. La proc\u00e9dure d\u2019opposition interrompt \u00e9galement l\u2019ex\u00e9cution du registre de perception et recouvrement.<br \/>\n       De plus, l\u2019administration fiscale doit, dans le cadre du recouvrement d\u2019une dette fiscale, respecter les principes g\u00e9n\u00e9raux de bonne administration comme le devoir de minutie.<br \/>\n       B.9.5. Il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que la disposition en cause ne limite pas les droits du redevable de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e.<br \/>\n       B.10. L\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la TVA est compatible avec les articles 10, 11 et 172 de la Constitution.<br \/>\n       13<br \/>\n       Par ces motifs,<br \/>\n       la Cour<br \/>\n       dit pour droit :<br \/>\n       L\u2019article 85, \u00a7 1er, alin\u00e9a 3, du Code de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e ne viole pas les articles 10, 11 et 172 de la Constitution.<br \/>\n       Ainsi rendu en langue n\u00e9erlandaise et en langue fran\u00e7aise, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 65 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 28 novembre 2024.<br \/>\n       Le greffier, Le pr\u00e9sident,<br \/>\n       Nicolas Dupont Luc Lavrysen<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146\n       <\/p>\n<p>            Publication(s) li\u00e9e(s)              <\/p>\n<p>citant:<\/p>\n<p>ECLI:BE:CASS:2011:ARR.20110303.1         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:CASS:2014:ARR.20140522.9         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:CASS:2014:ARR.20141009.12         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:CASS:2016:ARR.20161223.2         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:CASS:2019:ARR.20191212.1N.4         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2015:555        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2018:197        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2018:295        <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:EU:C:2021:856        <\/p>\n<p>cit\u00e9 par:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.146         <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p><!-- Action LOG \nfunction JUPORTARecordLogViewDecision  $iubel_id        : 279855\n                                       $action_type     : VIEW\n                                      &amp;$action_startmt  : 1780545148.3042\n                                      &amp;$action_duration : 106\n                                      &amp;$addressipremote : 103.115.10.116\n                                      &amp;$latitude        : null\n                                      &amp;$longitude       : null\n                                      &amp;$accuracy        : null\n                                      &amp;$altitude        : null\n                                      &amp;$langue_view     : FR\n--><br \/>\n<!-- Action_duration 106 millisec --><br \/>\n      <!-- end of main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>    <!-- end of division \"page_main\" --><\/p>\n<p>              &#9993; info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. L avertissement officiel du portail precise qu il n existe pas de droit d auteur sur les arrets et jugements.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge Imprimer cette page Taille d&#8217;impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l&#8217;onglet Cour constitutionnelle (Cour d&#8217;arbitrage) Jugement\/arr\u00eat du 28 novembre 2024 No ECLI: ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146 No Arr\u00eat\/No R\u00f4le: 146\/2024 Domaine juridique: Droit constitutionnel Date d&#8217;introduction: 2024-12-09 Consultations: 738 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-02 00:37 Version(s): Version NL Version DE Fiche Th\u00e9saurus&#8230;<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":[],"kji_country":[7731],"kji_court":[153403],"kji_chamber":[],"kji_year":[],"kji_subject":[7660],"kji_keyword":[7890,7735,10614,96344,85108],"kji_language":[7733],"class_list":["post-1164401","kji_decision","type-kji_decision","status-publish","hentry","kji_country-belgique","kji_court-eclibeghcc2024arr-146","kji_subject-constitutionnel","kji_keyword-administration","kji_keyword-article","kji_keyword-fiscale","kji_keyword-perception","kji_keyword-recouvrement","kji_language-francais"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.9 (Yoast SEO v27.9) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge Imprimer cette page Taille d&#039;impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l&#039;onglet Cour constitutionnelle (Cour d&#039;arbitrage) Jugement\/arr\u00eat du 28 novembre 2024 No ECLI: ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146 No Arr\u00eat\/No R\u00f4le: 146\/2024 Domaine juridique: Droit constitutionnel Date d&#039;introduction: 2024-12-09 Consultations: 738 - derni\u00e8re vue 2026-06-02 00:37 Version(s): Version NL Version DE Fiche Th\u00e9saurus...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"29 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2024arr-146\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2024arr-146\\\/\",\"name\":\"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2026-06-21T20:08:49+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2024arr-146\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2024arr-146\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2024arr-146\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/criminal-law-attorneys-in-paris-counsel-and-strategic-defense\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Jurisprudences\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"description\":\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#organization\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/05\\\/Logo-Kohen-1000.webp\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/05\\\/Logo-Kohen-1000.webp\",\"width\":1000,\"height\":1000,\"caption\":\"Kohen Avocats\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146","og_description":"JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge Imprimer cette page Taille d'impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l'onglet Cour constitutionnelle (Cour d'arbitrage) Jugement\/arr\u00eat du 28 novembre 2024 No ECLI: ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146 No Arr\u00eat\/No R\u00f4le: 146\/2024 Domaine juridique: Droit constitutionnel Date d'introduction: 2024-12-09 Consultations: 738 - derni\u00e8re vue 2026-06-02 00:37 Version(s): Version NL Version DE Fiche Th\u00e9saurus...","og_url":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/","og_site_name":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"29 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/","name":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#website"},"datePublished":"2026-06-21T20:08:49+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2024arr-146\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/criminal-law-attorneys-in-paris-counsel-and-strategic-defense\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jurisprudences","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"ECLI:BE:GHCC:2024:ARR.146"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#website","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/","name":"Kohen Avocats","description":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.","publisher":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#organization","name":"Kohen Avocats","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Logo-Kohen-1000.webp","contentUrl":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Logo-Kohen-1000.webp","width":1000,"height":1000,"caption":"Kohen Avocats"},"image":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision\/1164401","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision"}],"about":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/kji_decision"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1164401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"kji_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_country?post=1164401"},{"taxonomy":"kji_court","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_court?post=1164401"},{"taxonomy":"kji_chamber","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_chamber?post=1164401"},{"taxonomy":"kji_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_year?post=1164401"},{"taxonomy":"kji_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_subject?post=1164401"},{"taxonomy":"kji_keyword","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_keyword?post=1164401"},{"taxonomy":"kji_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_language?post=1164401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}