{"id":1171096,"date":"2026-06-22T15:30:27","date_gmt":"2026-06-22T13:30:27","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibervsce2024arr-261-626\/"},"modified":"2026-06-22T15:30:27","modified_gmt":"2026-06-22T13:30:27","slug":"eclibervsce2024arr-261-626","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibervsce2024arr-261-626\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.261.626"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nConseil d&apos;\u00c9tat  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 03 d&eacute;cembre 2024            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.261.626<\/p>\n<p>No R\u00f4le:<\/p>\n<p>A. 238090\/VIII-12684<\/p>\n<p>Affaire:<\/p>\n<p>Arr\u00eat 261626 &#8211; Fonction publique locale &#8211; Recrutement et carri\u00e8re &#8211; 03\/12\/2024<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit administratif<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2024-12-10<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>97 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-06-03 14:53<\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p> Arr\u00eat no 261.626 du 3 d\u00e9cembre 2024 Fonction publique &#8211; Fonction publique<br \/>\n        locale &#8211; Recrutement et carri\u00e8re D\u00e9cision :  Annulation\n    <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>CONSEIL D&apos;ETAT\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; CONSEIL D&apos;\u00c9TAT &#8211; Arr\u00eats (Conseil d&apos;\u00c9tat)\n <\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       CONSEIL D\u2019\u00c9TAT, SECTION DU CONTENTIEUX ADMINISTRATIF<br \/>\n       VIIIe CHAMBRE<br \/>\n       no 261.626 du 3 d\u00e9cembre 2024<br \/>\n       A. 238.090\/VIII-12.684<br \/>\n       En cause : la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e VIVALIA, ayant \u00e9lu domicile chez Mes Jean LAURENT, Olivier LOUPPE, et Olivier LANGLET, avocats, avenue Louise 250<br \/>\n       1050 Bruxelles, contre :<br \/>\n       la R\u00e9gion wallonne, repr\u00e9sent\u00e9e par son Gouvernement, ayant \u00e9lu domicile chez Me Geoffroy GENERET, avocat, rue Capitaine Crespel 2-4<br \/>\n       1050 Bruxelles.<br \/>\n       &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<br \/>\n       I. Objet de la requ\u00eate<br \/>\n       Par une requ\u00eate introduite le 29 d\u00e9cembre 2022, la partie requ\u00e9rante demande l\u2019annulation de \u00ab la d\u00e9cision du ministre wallon du Logement, des Pouvoirs locaux et de la Ville de date inconnue d\u2019annuler la d\u00e9lib\u00e9ration du 22 mars 2022 par laquelle le directeur g\u00e9n\u00e9ral f.f. de l\u2019intercommunale Vivalia a d\u00e9cid\u00e9 de licencier avec indemnit\u00e9s compensatoires de pr\u00e9avis Monsieur Mehdi Bouziane \u00bb.<br \/>\n       II. Proc\u00e9dure<br \/>\n       Le dossier administratif a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9.<br \/>\n       Les m\u00e9moires en r\u00e9ponse et en r\u00e9plique ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9chang\u00e9s.<br \/>\n       M. Gil Renard, auditeur adjoint au Conseil d\u2019\u00c9tat, a r\u00e9dig\u00e9 un rapport sur la base de l\u2019article 12 du r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral de proc\u00e9dure.<br \/>\n       Le rapport a \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9 aux parties.<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 1\/11<br \/>\n       Les parties ont d\u00e9pos\u00e9 un dernier m\u00e9moire.<br \/>\n       Par une ordonnance du 17 octobre 2024, l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e \u00e0 l\u2019audience du 29 novembre 2024.<br \/>\n       M. Fr\u00e9d\u00e9ric Gosselin, conseiller d\u2019\u00c9tat, a expos\u00e9 son rapport.<br \/>\n       Me Charline Servais, loco Mes Jean Laurent, Olivier Louppe et Olivier Langlet, avocat, comparaissant pour la partie requ\u00e9rante, et Me Louisanne Hamon, loco Me Geoffroy Generet, avocat, comparaissant pour la partie adverse, ont \u00e9t\u00e9 entendues en leurs observations.<br \/>\n       M. Gil Renard, auditeur adjoint, a \u00e9t\u00e9 entendu en son avis conforme.<br \/>\n       Il est fait application des dispositions relatives \u00e0 l\u2019emploi des langues, inscrites au titre VI, chapitre II, des lois sur le Conseil d\u2019\u00c9tat, coordonn\u00e9es le 12 janvier 1973.<br \/>\n       III. Faits<br \/>\n       1. Depuis 1er mars 2021, la partie adverse emploie M. B. en tant qu\u2019infirmier gradu\u00e9 sur le site d\u2019une clinique \u00e0 Arlon, en vertu d\u2019un contrat de travail \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e.<br \/>\n       2. Les 21 avril, 3 ao\u00fbt et 9 d\u00e9cembre 2021, M. B. fait l\u2019objet de trois entretiens de progression professionnelle avec son infirmi\u00e8re en chef et l\u2019infirmi\u00e8re charg\u00e9e de l\u2019accueil de nouveaux engag\u00e9s.<br \/>\n       3. Le 17 mars 2022 a lieu le quatri\u00e8me et dernier entretien de progression professionnelle. Le proc\u00e8s-verbal subs\u00e9quent indique, en ce qui concerne la \u00ab pr\u00e9paration de l\u2019entretien par [M. B.] \u00bb, qu\u2019\u00ab \u00e0 son arriv\u00e9e pour cet entretien de progression, il [\u2026] explique avoir r\u00e9alis\u00e9 son auto-\u00e9valuation mais avoir fait le choix de ne pas l\u2019apporter \u00e0 ce rdv [\u2026] \u00bb. Le proc\u00e8s-verbal expose \u00e9galement que des dysfonctionnements ont \u00e9t\u00e9 constat\u00e9s dans son chef, dont un \u00ab d\u00e9faut d\u2019analyse globale et de liens entre la th\u00e9orie (pathologies rencontr\u00e9es) et la pratique (les traitements m\u00e9dicaux) \u00bb, un \u00ab d\u00e9faut d\u2019organisation \u00bb, un \u00ab d\u00e9faut d\u2019observation du patient permettant de garantir sa s\u00e9curit\u00e9 \u00bb, un reproche de ne pas \u00eatre \u00ab assez consciencieux dans les r\u00e8gles d\u2019hygi\u00e8ne et d\u2019asepsie \u00bb, un \u00ab d\u00e9faut d\u2019empathie et d\u2019\u00e9coute envers le patient \u00bb, un \u00ab d\u00e9faut de respect de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du patient \u00bb et une \u00ab perte de confiance de l\u2019infirmi\u00e8re en chef de l\u2019\u00e9quipe \u00bb. Ce proc\u00e8s-verbal conclut notamment que M. B. \u00ab remet en question la valeur et les faits concrets repris tout au<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 2\/11<br \/>\n       long des entretiens de progression professionnel[le] \u00bb, qu\u2019il \u00ab est impossible de poursuivre la relation professionnelle au vu des faits et de leur r\u00e9currence \u00bb, que la direction des Ressources humaines ainsi que la direction du D\u00e9partement infirmier vont \u00eatre inform\u00e9es de cette position et que, \u00ab dans l\u2019attente d\u2019une d\u00e9cision prise par l\u2019institution \u00bb, M. B. est inform\u00e9 qu\u2019\u00ab il est pr\u00e9f\u00e9rable qu\u2019il ne preste pas \u00bb.<br \/>\n       4. Le 22 mars 2022, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la requ\u00e9rante notifie \u00e0 M. B.<br \/>\n       qu\u2019il est imm\u00e9diatement mis fin \u00e0 son contrat de travail avec indemnit\u00e9 compensatoire de pr\u00e9avis.<br \/>\n       5. Le 13 juin 2022, le conseil de M. B. interpelle la requ\u00e9rante en indiquant qu\u2019\u00ab un travailleur a le droit d\u2019\u00eatre inform\u00e9 des motifs r\u00e9els de son licenciement (voir CCT n\u00b0 109 et jurisprudence de la Cour constitutionnelle) \u00bb et que M. B. n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00ab mis au courant des motifs exacts de son licenciement, les documents re\u00e7us [\u2026] mettant uniquement en \u00e9vidence le type de licenciement vis\u00e9 \u00bb.<br \/>\n       6. Le 23 juin 2022, la requ\u00e9rante r\u00e9pond qu\u2019\u00ab une notification de la d\u00e9cision de licenciement a \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9e par courrier simple et par courrier recommand\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9 le 22 mars 2022 \u00bb, que \u00ab le courrier de notification de 4<br \/>\n       pages comporte une motivation d\u00e9taill\u00e9e des raisons du licenciement de l\u2019agent \u00bb et que \u00ab le licenciement fait suite \u00e0 plusieurs entretiens entre l\u2019agent et sa hi\u00e9rarchie au cours desquels l\u2019agent a pu s\u2019exprimer par rapport aux divers manquements qui lui \u00e9taient reproch\u00e9s \u00bb.<br \/>\n       7. Le 27 juin 2022, la C.G.S.P. interpelle le pr\u00e9sident de la requ\u00e9rante en soutenant que le formulaire C4 [\u2026] \u00ab ne comporte pas de motif pr\u00e9cis du licenciement et n\u2019est pas donc pas valable pour l\u2019Onem qui refuse son dossier \u00bb et que \u00ab la lettre de notification du licenciement en accompagnement du formulaire C4<br \/>\n       n\u2019est pas suffisante \u00bb. Un formulaire C4 conforme est demand\u00e9 pour qu\u2019il \u00ab puisse s\u2019inscrire valablement comme demandeur d\u2019emploi et b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019indemnit\u00e9 de ch\u00f4mage \u00bb.<br \/>\n       8. Le 28 juin 2022, un formulaire C4 est \u00e0 nouveau compl\u00e9t\u00e9 en indiquant notamment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un \u00ab licenciement moyennant indemnit\u00e9 compensatoire de pr\u00e9avis de 8 semaines, confer notification annexe (5 pages)<br \/>\n       reprenant les motifs d\u00e9taill\u00e9s \u00bb.<br \/>\n       9. Le 29 juin 2022, la C.G.S.P. saisit l\u2019autorit\u00e9 de tutelle d\u2019un recours contre le licenciement du 22 mars 2022.<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 3\/11<br \/>\n       10. Le 16 ao\u00fbt 2022, celle-ci sollicite une copie certifi\u00e9e conforme du licenciement et un rapport circonstanci\u00e9 rencontrant les griefs du r\u00e9clamant.<br \/>\n       11. La requ\u00e9rante communique ces pi\u00e8ces le 3 octobre 2022.<br \/>\n       12. Le 3 novembre 2022, l\u2019autorit\u00e9 de tutelle annule le licenciement du 22 mars 2022 dans les termes suivants :<br \/>\n       \u00ab [\u2026] ;<br \/>\n       Consid\u00e9rant que [M. B.] a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 par l\u2019intercommunale Vivalia en qualit\u00e9 d\u2019infirmier contractuel pour prester sur le site d\u2019Arlon \u00e0 partir du 4 janvier 2021 ;<br \/>\n       Consid\u00e9rant que le 17 mars 2022, M. B. a fait l\u2019objet d\u2019un quatri\u00e8me entretien de progression professionnelle en pr\u00e9sence des chefs de service ;<br \/>\n       Consid\u00e9rant qu\u2019un proc\u00e8s-verbal de cet entretien a \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 duquel il ressort diff\u00e9rents comportements dysfonctionnels de la part de M. B. ;<br \/>\n       Consid\u00e9rant que par un courrier recommand\u00e9 du 22 mars 2022, le directeur g\u00e9n\u00e9ral f.f. notifie \u00e0 M. B. sa d\u00e9cision de rompre imm\u00e9diatement son contrat de travail ; qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019acte attaqu\u00e9 ;<br \/>\n       [\u2026]<br \/>\n       Consid\u00e9rant que le directeur g\u00e9n\u00e9ral f.f. est bien comp\u00e9tent pour licencier un agent contractuel ; qu\u2019en effet, par une d\u00e9lib\u00e9ration du 11 f\u00e9vrier 2021, le conseil d\u2019administration de Vivalia a donn\u00e9 d\u00e9l\u00e9gation au directeur g\u00e9n\u00e9ral de prendre une telle d\u00e9cision ; Que toutefois, en ce qui concerne le principe g\u00e9n\u00e9ral \u201cAudi alteram partem\u201d, les arguments de l\u2019intercommunale ne peuvent \u00eatre retenus ;<br \/>\n       Consid\u00e9rant que la d\u00e9lib\u00e9ration litigieuse du 22 mars 2022 susmentionn\u00e9e motive le licenciement de M. B. de la mani\u00e8re suivante :<br \/>\n       [\u2026]<br \/>\n       Consid\u00e9rant qu\u2019il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que M. B. a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9 en raison de son comportement ; que s\u2019agissant d\u2019une mesure grave prise en raison du comportement de la personne, l\u2019int\u00e9ress\u00e9 aurait d\u00fb \u00eatre entendu pr\u00e9alablement \u00e0 cette mesure ;<br \/>\n       Qu\u2019en effet, par un arr\u00eat n\u00b0 86\/2017 du 06 juillet 2017, la Cour constitutionnelle a consid\u00e9r\u00e9 :<br \/>\n       \u201c [\u2026]<br \/>\n       B.8. Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les articles 32, 3\u00b0, et 37, \u00a7 1er, de la loi du 03 juillet 1978 pr\u00e9cit\u00e9e, interpr\u00e9t\u00e9s comme autorisant une autorit\u00e9 publique \u00e0 licencier un travailleur, avec lequel elle a conclu un contrat de travail pour des motifs graves li\u00e9s \u00e0 sa personne ou \u00e0 son comportement, sans \u00eatre tenue d\u2019entendre pr\u00e9alablement ce travailleur, ne sont pas compatibles avec les articles 10 et 11 de la Constitution\u201d ;<br \/>\n       Consid\u00e9rant que partant de cette position de la Cour constitutionnelle, il peut \u00eatre admis, afin de d\u00e9gager les conditions d\u2019application du principe \u201caudi alteram partem\u201d dans le cadre d\u2019un licenciement de contractuel, de faire un parall\u00e8le avec les modalit\u00e9s d\u2019application de ce principe aux statutaires en mati\u00e8re disciplinaire, qui conna\u00eet une jurisprudence bien plus \u00e9toff\u00e9e ;<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 4\/11<br \/>\n       Consid\u00e9rant qu\u2019avant m\u00eame que la loi du 24 mai 1991 relative au r\u00e9gime disciplinaire applicable aux agents statutaires communaux transcrite dans le CDLD ne pr\u00e9voie le principe de l\u2019audition par l\u2019autorit\u00e9 disciplinaire amen\u00e9e \u00e0 prendre la sanction, le Conseil d\u2019\u00c9tat retenait d\u00e9j\u00e0 cette r\u00e8gle de l\u2019identit\u00e9 entre autorit\u00e9 qui auditionne et autorit\u00e9 qui sanctionne, partant du postulat que les droits de la d\u00e9fense sont exerc\u00e9s de fa\u00e7on plus efficace lorsque l\u2019int\u00e9ress\u00e9 s\u2019explique directement devant son autorit\u00e9 disciplinaire ; qu\u2019en mati\u00e8re disciplinaire, l\u2019agent poursuivi doit pouvoir jouir pleinement de son droit de d\u00e9fense, et participe de ce droit celui d\u2019\u00eatre entendu par l\u2019autorit\u00e9 (C.E. n\u00b0 15.231<br \/>\n       du 24 mars 1972 ; CE n\u00b0 18.863 du 30 mars 1978 ; CE 23.978 du 25 f\u00e9vrier 1984 ; CE n\u00b0 51.199 du 18 janvier 1995 ; CE n\u00b0 212.328 du 30 mars 2011) ;<br \/>\n       Consid\u00e9rant qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, un entretien de progression professionnelle effectu\u00e9 par les chefs de service de l\u2019agent n\u2019est donc pas suffisant si le directeur g\u00e9n\u00e9ral est comp\u00e9tent pour prendre la sanction ; que par ailleurs, il n\u2019appartient pas \u00e0 l\u2019agent qui soul\u00e8ve le moyen de la violation du principe g\u00e9n\u00e9ral Audi alteram partem de d\u00e9montrer qu\u2019il a subi un pr\u00e9judice celui-ci \u00e9tant un moyen d\u2019ordre public ;<br \/>\n       Consid\u00e9rant, par cons\u00e9quent, que [M. B.] a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9 en raison de divers comportements dysfonctionnels sans avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement entendu par l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente, \u00e0 savoir le directeur g\u00e9n\u00e9ral qui a re\u00e7u d\u00e9l\u00e9gation du conseil d\u2019administration de Vivalia [\u2026] pour licencier des agents contractuels ;<br \/>\n       que le principe g\u00e9n\u00e9ral \u201cAudi alteram partem\u201d est viol\u00e9.<br \/>\n       [\u2026] \u00bb.<br \/>\n       Il s\u2019agit de l\u2019acte attaqu\u00e9.<br \/>\n       IV. Moyen unique<br \/>\n       IV.1. Th\u00e8ses des parties<br \/>\n       IV.1.1. La requ\u00eate en annulation<br \/>\n       Le moyen est pris de la violation \u00ab du Code de la d\u00e9mocratie locale et de la d\u00e9centralisation, notamment ses articles L3114-1 et L3122-1, de la loi du 29<br \/>\n       juillet 1991 relative \u00e0 la motivation formelle des actes administratifs, notamment les articles 2 et 3, du principe g\u00e9n\u00e9ral de la motivation interne des actes administratifs, de l\u2019insuffisance et de l\u2019erreur dans les motifs, des principes de bonne administration en ce compris du principe du raisonnable, et [\u2026] de l\u2019erreur manifeste d\u2019appr\u00e9ciation \u00bb.<br \/>\n       La requ\u00e9rante fait valoir que sa d\u00e9cision de licenciement du 22 mars 2022 a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e parce que M. B. n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement entendu par l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente en violation, selon la partie adverse, du principe g\u00e9n\u00e9ral audi alteram partem qu\u2019elle assimile au principe des droits de la d\u00e9fense applicable en mati\u00e8re disciplinaire. Elle cite de la jurisprudence et indique que, quant \u00e0 l\u2019\u00e9tendue des garanties qu\u2019ils offrent, il convient de distinguer ledit principe, qui s\u2019applique aux<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 5\/11<br \/>\n       mesures graves d\u00e9pourvues de caract\u00e8re punitif, de celui des droits de la d\u00e9fense propre aux sanctions disciplinaires. Elle expose que le principe audi alteram partem, contrairement au principe des droits de la d\u00e9fense, n\u2019impose pas que l\u2019agent soit n\u00e9cessairement auditionn\u00e9 et qu\u2019il suffit qu\u2019il ait pu faire part de ses observations.<br \/>\n       Elle invoque un arr\u00eat de la Cour constitutionnelle n\u00b0 86\/2017 du 6 juillet 2017 dont elle d\u00e9duit qu\u2019il est \u00e9tabli que lors d\u2019un licenciement contractuel, c\u2019est bien le principe audi alteram partem qui doit \u00eatre appliqu\u00e9. Elle conteste la \u00ab pr\u00e9misse [selon laquelle] les modalit\u00e9s de l\u2019audition pr\u00e9alable applicable [au] licenciement d\u2019un agent contractuel s\u2019apparentent aux modalit\u00e9s qui pr\u00e9valent s\u2019agissant de l\u2019audition pr\u00e9alable en mati\u00e8re disciplinaire \u00bb et r\u00e9p\u00e8te qu\u2019en mati\u00e8re disciplinaire, c\u2019est le principe des droits de la d\u00e9fense qui est de rigueur et qu\u2019il se distingue du principe audi alteram partem applicable en l\u2019esp\u00e8ce. Elle en d\u00e9duit que la partie adverse a commis une erreur manifeste d\u2019appr\u00e9ciation en donnant \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour constitutionnelle n\u00b0 86\/2017 du 6 juillet 2017 une port\u00e9e qu\u2019il n\u2019a pas et en appliquant les m\u00eames garanties proc\u00e9durales au principe audi alteram partem.<br \/>\n       Elle soutient ensuite qu\u2019il ressort d\u2019une jurisprudence constante qu\u2019elle cite que si une audition est organis\u00e9e, elle ne doit pas n\u00e9cessairement avoir lieu devant l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente pour adopter la d\u00e9cision. Elle rel\u00e8ve que M. B. a \u00e9t\u00e9 entendu le 17 mars 2022 dans le cadre de son quatri\u00e8me entretien de progression, qu\u2019il ressort du proc\u00e8s-verbal subs\u00e9quent que cette personne a pu faire valoir ses observations \u00e0 l\u2019\u00e9gard des diff\u00e9rents dysfonctionnements relev\u00e9s et fondant le licenciement, que le directeur g\u00e9n\u00e9ral f.f. s\u2019est bas\u00e9 sur ce proc\u00e8s-verbal et sur les diff\u00e9rents entretiens de progression pour d\u00e9cider le licenciement, que la personne concern\u00e9e a donc pu faire valoir tous les \u00e9l\u00e9ments qu\u2019elle jugeait utiles \u00e0 la d\u00e9fense de ses droits, et que ledit directeur g\u00e9n\u00e9ral a pu statuer en pleine connaissance de cause sur la base de ces \u00e9l\u00e9ments et de l\u2019ensemble du dossier. Elle en conclut que les objectifs que le principe d\u2019audition pr\u00e9alable vise \u00e0 rencontrer sont atteints en l\u2019esp\u00e8ce, que le principe audi alteram partem n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 m\u00e9connu et que \u00ab la partie adverse a commis une erreur manifeste d\u2019appr\u00e9ciation et un exc\u00e8s de pouvoir en consid\u00e9rant que [ledit] principe a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 [\u2026] d\u00e8s lors que le directeur g\u00e9n\u00e9ral f.f.<br \/>\n       n\u2019a pas lui-m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019audition \u00bb.<br \/>\n       Elle en d\u00e9duit que la motivation de l\u2019acte attaqu\u00e9 est erron\u00e9e et inad\u00e9quate en ce qu\u2019il consid\u00e8re que \u00ab partant de cette position de la Cour Constitutionnelle, il peut \u00eatre admis, afin de d\u00e9gager les conditions d\u2019application du principe \u201caudi alteram partem\u201d dans le cadre d\u2019un licenciement de contractuel, de faire un parall\u00e8le avec les modalit\u00e9s d\u2019application de ce principe aux statutaires en mati\u00e8re disciplinaire, qui connait une jurisprudence bien plus \u00e9toff\u00e9e ; [\u2026] qu\u2019en mati\u00e8re disciplinaire, l\u2019agent poursuivi doit pouvoir jouir pleinement de son droit de d\u00e9fense et participe de ce droit celui d\u2019\u00eatre entendu par l\u2019autorit\u00e9 ; [\u2026] consid\u00e9rant<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 6\/11<br \/>\n       qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, un entretien de progression professionnelle effectu\u00e9 par les chefs de service de l\u2019agent n\u2019est donc pas suffisant si le directeur g\u00e9n\u00e9ral est comp\u00e9tent pour prendre la sanction \u00bb.<br \/>\n       IV.1.2. Le m\u00e9moire en r\u00e9ponse<br \/>\n       La partie adverse invoque l\u2019irrecevabilit\u00e9 du moyen en ce qu\u2019il est pris de la violation des articles L3114-1 et L3122-1 du Code de la d\u00e9mocratie locale et de la d\u00e9centralisation, faute pour la requ\u00e9rante d\u2019indiquer en quoi ces dispositions seraient m\u00e9connues.<br \/>\n       Elle ne conteste pas que le principe audi alteram partem n\u2019impose pas une audition orale d\u00e8s lors que l\u2019agent peut valablement faire valoir ses observations par \u00e9crit, ni que l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente pour prendre la d\u00e9cision finale proc\u00e8de elle-<br \/>\n       m\u00eame \u00e0 l\u2019audition, ni qu\u2019elle r\u00e9ponde \u00e0 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des arguments, ni qu\u2019un proc\u00e8s-<br \/>\n       verbal de l\u2019audition soit dress\u00e9. Elle pr\u00e9cise toutefois que c\u2019est \u00ab l\u2019absence totale d\u2019audition effective par l\u2019autorit\u00e9 avant l\u2019adoption d\u2019une d\u00e9cision grave prise en raison du comportement de l\u2019agent, en l\u2019esp\u00e8ce son licenciement \u00bb, qu\u2019elle a censur\u00e9e en sa qualit\u00e9 d\u2019autorit\u00e9 de tutelle.<br \/>\n       Elle consid\u00e8re que l\u2019entretien du 22 mars 2022 \u00ab derri\u00e8re lequel se retranche \u00e0 tort \u00bb la requ\u00e9rante ne constitue pas une audition organis\u00e9e dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure de licenciement ou en pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une mesure grave prise en raison du comportement de l\u2019agent, mais un entretien de \u00ab progression professionnelle \u00bb, le quatri\u00e8me, auquel s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9 M. B. \u00ab hors la pr\u00e9sence d\u2019un d\u00e9fenseur et sans avoir eu la possibilit\u00e9 de pr\u00e9parer une note de d\u00e9fense par rapport \u00e0 des griefs qui lui seraient formul\u00e9s et qui pourraient justifier \u00e0 son encontre l\u2019adoption d\u2019une mesure aussi grave qu\u2019un licenciement \u00bb. Elle rel\u00e8ve que la requ\u00e9rante ne produit aucune convocation adress\u00e9e en vue de cet entretien qui aurait pr\u00e9cis\u00e9ment indiqu\u00e9 \u00e0 M. B. les griefs formul\u00e9s, la possibilit\u00e9 qu\u2019une d\u00e9cision grave telle que le licenciement intervienne au terme de cet entretien ou encore la possibilit\u00e9 de se faire assister au cours de celui-ci par un d\u00e9fenseur de son choix.<br \/>\n       Elle ajoute qu\u2019il \u00ab ressort d\u2019ailleurs du proc\u00e8s-verbal de cet entretien qu\u2019il lui fut m\u00eame refus\u00e9 la possibilit\u00e9 d\u2019adresser, suite \u00e0 celui-ci, ses arguments de d\u00e9fense \u00bb et qu\u2019il \u00ab est par cons\u00e9quent particuli\u00e8rement audacieux de soutenir [\u2026] que le principe audi alteram partem aurait bien \u00e9t\u00e9 respect\u00e9 par l\u2019autorit\u00e9 alors m\u00eame qu\u2019aucune des conditions de celui-ci ne semble r\u00e9unie \u00bb.<br \/>\n       Elle indique que, selon la jurisprudence qu\u2019elle cite, d\u2019une part, les modalit\u00e9s de l\u2019audition doivent permettre \u00e0 l\u2019int\u00e9ress\u00e9 d\u2019\u00eatre entendu utilement, ce qui implique, entre autres, qu\u2019il dispose d\u2019un d\u00e9lai suffisant pour contredire<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 7\/11<br \/>\n       utilement les faits que l\u2019autorit\u00e9 envisage de prendre en consid\u00e9ration \u00e0 l\u2019appui de la mesure administrative projet\u00e9e et qu\u2019il re\u00e7oive r\u00e9ellement l\u2019occasion de faire valoir ses observations pendant ce d\u00e9lai et que, d\u2019autre part, le principe g\u00e9n\u00e9ral de droit audi alteram partem impose \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 administrative d\u2019avertir explicitement la personne concern\u00e9e de la mesure qu\u2019elle entend prendre et des motifs la justifiant, ainsi que de l\u2019objet et du but de l\u2019audition afin qu\u2019elle puisse s\u2019expliquer utilement.<br \/>\n       Selon elle, il est manifeste que ces conditions ne sont pas r\u00e9unies en l\u2019esp\u00e8ce. Elle cite l\u2019acte attaqu\u00e9 et estime que sa motivation est pertinente et ad\u00e9quate dans la mesure o\u00f9 il ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 que M. B. a \u00e9t\u00e9 effectivement entendu pr\u00e9alablement \u00e0 son licenciement par l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente, f\u00fbt-ce sur d\u00e9l\u00e9gation, ce qui suffit \u00e0 justifier l\u2019annulation attaqu\u00e9e.<br \/>\n       Elle est d\u2019avis que \u00ab [ses] consid\u00e9rations [\u2026] quant aux analogies \u00e0 op\u00e9rer entre les principes audi alteram partem et des droits de la d\u00e9fense sur la base de l\u2019arr\u00eat prononc\u00e9 par le Cour constitutionnelle le 6 juillet 2017 n\u2019\u00e9nervent nullement ce constat[,] pas plus que les consid\u00e9rations sur la qualit\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9 habilit\u00e9e ou non proc\u00e9der \u00e0 une audition pr\u00e9alable \u00bb parce qu\u2019\u00e0 supposer m\u00eame qu\u2019en sa qualit\u00e9 d\u2019autorit\u00e9 de tutelle, elle aurait conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour constitutionnelle une port\u00e9e qu\u2019il n\u2019a pas et qu\u2019elle aurait erron\u00e9ment consid\u00e9r\u00e9 que les garanties conf\u00e9r\u00e9es par les deux principes en cause sont analogues, \u00ab il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019en annulant la d\u00e9cision [\u2026] du 22 mars 2022 pour violation du principe audi alteram partem, [elle] n\u2019a pas commis d\u2019erreur manifeste d\u2019appr\u00e9ciation et a agi dans les limites de son pouvoir de tutelle puisqu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019aucune audition effective au sens du[dit] principe n\u2019avait eu lieu en l\u2019esp\u00e8ce \u00bb. Elle en conclut que l\u2019acte attaqu\u00e9 est ad\u00e9quatement motiv\u00e9.<br \/>\n       IV.1.3. Le dernier m\u00e9moire de la partie adverse<br \/>\n       Elle r\u00e9pond que le rapport de l\u2019auditeur rapporteur \u00ab se heurte aux termes m\u00eames de l\u2019acte attaqu\u00e9 \u00bb et que ce dernier, contrairement \u00e0 ce que soutenait la C.G.S.P., reconna\u00eet la comp\u00e9tence du directeur g\u00e9n\u00e9ral f.f. pour prononcer le licenciement d\u2019un agent. Elle cite l\u2019acte attaqu\u00e9 et fait valoir qu\u2019il contient \u00ab bien tous les \u00e9l\u00e9ments de motivation requis pour justifier une censure sur la base du principe g\u00e9n\u00e9ral audi alteram partem en raison du fait qu\u2019aucun audition pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une mesure grave n\u2019a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e \u00bb.<br \/>\n       IV.2. Appr\u00e9ciation<br \/>\n       La loi du 29 juillet 1991 \u2018relative \u00e0 la motivation formelle des actes administratifs\u2019 impose \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 d\u2019indiquer, dans l\u2019instrumentum de l\u2019acte administratif individuel, les consid\u00e9rations de fait et de droit qui le fondent afin de<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 8\/11<br \/>\n       permettre \u00e0 son destinataire de comprendre, \u00e0 la lecture de cet acte, les raisons juridiques et factuelles qui ont conduit l\u2019autorit\u00e9 \u00e0 se prononcer dans ce sens, et d\u2019appr\u00e9cier l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019introduire un recours \u00e0 son encontre. Pour \u00eatre ad\u00e9quate, et par ailleurs rencontrer l\u2019obligation de motivation interne, la motivation doit reposer sur des \u00e9l\u00e9ments qui, au regard du dossier administratif, s\u2019av\u00e8rent exacts, c\u2019est-\u00e0-dire conformes \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, pertinents pour la solution retenue et l\u00e9galement admissibles.<br \/>\n       Le principe g\u00e9n\u00e9ral de droit audi alteram partem impose \u00e0 l\u2019administration qui envisage de prendre une mesure qui risque de produire un effet grave \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un agent d\u2019entendre ce dernier pour lui permettre de faire valoir ses observations quant \u00e0 ladite mesure, \u00e0 moins que l\u2019urgence soit telle qu\u2019une audition n\u2019est pas possible sans mettre en p\u00e9ril les int\u00e9r\u00eats publics auxquels l\u2019administration a pour mission de veiller. Le but premier de l\u2019audition pr\u00e9alable consiste \u00e0 s\u2019assurer que l\u2019autorit\u00e9 administrative se pr\u00e9pare \u00e0 statuer en connaissance de cause. Ce principe, qui a valeur l\u00e9gislative, ne peut \u00eatre confondu avec le principe des droits de la d\u00e9fense qui, lui, est d\u2019ordre public et qui offre plus de possibilit\u00e9s pour faire entendre son point de vue. Le fait de permettre \u00e0 l\u2019administr\u00e9 de faire valoir ses observations par \u00e9crit est suffisant au regard du principe audi alteram partem, qui requiert toutefois qu\u2019il puisse pr\u00e9alablement prendre connaissance du dossier et qu\u2019il dispose d\u2019un d\u00e9lai suffisant pour faire utilement valoir des observations.<br \/>\n       En l\u2019esp\u00e8ce, il ressort de l\u2019acte attaqu\u00e9 que le licenciement du 22 mars 2022 a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 au motif que \u00ab [M. B.] a \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9 en raison de divers comportements dysfonctionnels sans avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9alablement entendu par l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente, \u00e0 savoir le directeur g\u00e9n\u00e9ral qui a re\u00e7u d\u00e9l\u00e9gation du Conseil d\u2019administration de Vivalia pour licencier des agents contractuels \u00bb et que, par cons\u00e9quent, \u00ab le principe g\u00e9n\u00e9ral \u201caudi alteram partem\u201d est viol\u00e9 \u00bb. Le motif, repris en gras dans l\u2019instrumentum, selon lequel cette personne n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00ab entendu[e] par l\u2019autorit\u00e9 comp\u00e9tente \u00bb, constitue ainsi le motif d\u00e9terminant de l\u2019acte attaqu\u00e9 \u00e0 l\u2019instar du motif, \u00e9galement repris en gras, qui met en exergue la \u00ab r\u00e8gle de l\u2019identit\u00e9 entre autorit\u00e9 qui auditionne et autorit\u00e9 qui sanctionne, partant du postulat que les droits de la d\u00e9fense sont exerc\u00e9s de fa\u00e7on plus efficace lorsque l\u2019int\u00e9ress\u00e9 s\u2019explique directement devant son autorit\u00e9 disciplinaire \u00bb.<br \/>\n       Sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire de se prononcer sur les consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent cette appr\u00e9ciation au d\u00e9part de la jurisprudence cit\u00e9e dans l\u2019acte attaqu\u00e9, force est de constater qu\u2019un tel motif n\u2019est pas ad\u00e9quat au sens de l\u2019article 3 de la loi du 29 juillet 1991. Il ressort en effet de la jurisprudence plus r\u00e9cente mais n\u00e9anmoins constante que, d\u2019une part, les principes audi alteram partem et des droits<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 9\/11<br \/>\n       de la d\u00e9fense ne peuvent \u00eatre confondus compte tenu de leur champ d\u2019application respectif et distinct, le premier s\u2019appliquant avant toute mesure grave, mais non punitive, envisag\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un agent ou d\u2019un administr\u00e9 et le second s\u2019imposant avant l\u2019adoption d\u2019une mesure disciplinaire qui a sp\u00e9cifiquement pour objet de sanctionner un comportement. D\u2019autre part, et selon la jurisprudence tout aussi constante, l\u2019audition requise par ces deux principes g\u00e9n\u00e9raux ne doit pas n\u00e9cessairement \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e par la personne comp\u00e9tente pour adopter la d\u00e9cision finale.<br \/>\n       En l\u2019esp\u00e8ce, M. B., agent contractuel de la requ\u00e9rante, est licenci\u00e9 en raison de plusieurs dysfonctionnements constat\u00e9s quant \u00e0 sa mani\u00e8re d\u2019exercer ses fonctions. Il n\u2019est nullement soutenu, ni a fortiori \u00e9tabli au regard du dossier administratif, que cette d\u00e9cision s\u2019int\u00e9grerait dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure disciplinaire ayant sp\u00e9cifiquement pour objet de le punir.<br \/>\n       En consid\u00e9rant, sur la base d\u2019un postulat d\u00e9duit du principe g\u00e9n\u00e9ral des droits de la d\u00e9fense express\u00e9ment appliqu\u00e9 au principe g\u00e9n\u00e9ral audi alteram partem, que ce dernier principe serait d\u2019ordre public et que le licenciement annul\u00e9 ne pouvait \u00eatre d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s une audition r\u00e9alis\u00e9e par la seule autorit\u00e9 comp\u00e9tente pour le prononcer, l\u2019acte attaqu\u00e9 repose sur des motifs qui ne sont ni exacts ni pertinents ni l\u00e9galement admissibles. Les explications post\u00e9rieures figurant dans le m\u00e9moire en r\u00e9ponse, dont l\u2019all\u00e9gation d\u2019une audition non effective et d\u2019une m\u00e9connaissance des conditions impos\u00e9es par le principe audi alteram partem, ne peuvent pallier ce vice de motivation formelle ad\u00e9quate dont est atteint l\u2019acte attaqu\u00e9 ab initio.<br \/>\n       Le moyen unique est fond\u00e9.<br \/>\n       V. Indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure<br \/>\n       La partie requ\u00e9rante sollicite une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 770 euros.<br \/>\n       Il y a lieu de faire droit \u00e0 sa demande.<br \/>\n       PAR CES MOTIFS, LE CONSEIL D\u2019\u00c9TAT D\u00c9CIDE :<br \/>\n       Article 1er.<br \/>\n       La d\u00e9cision du ministre wallon du Logement, des Pouvoirs locaux et de la Ville du 3 novembre 2022 d\u2019annuler la d\u00e9lib\u00e9ration du 22 mars 2022, par laquelle<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 10\/11<br \/>\n       le directeur g\u00e9n\u00e9ral f.f. de l\u2019intercommunale Vivalia a d\u00e9cid\u00e9 de licencier avec indemnit\u00e9s compensatoires de pr\u00e9avis Monsieur Mehdi Bouziane, est annul\u00e9e.<br \/>\n       Article 2.<br \/>\n       La partie adverse supporte les d\u00e9pens, \u00e0 savoir le droit de r\u00f4le de 200 euros, la contribution de 24 euros et l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 770 euros accord\u00e9e \u00e0 la partie requ\u00e9rante.<br \/>\n       Ainsi prononc\u00e9 \u00e0 Bruxelles le 3 d\u00e9cembre 2024, par la VIIIe chambre du Conseil d\u2019\u00c9tat, compos\u00e9e de :<br \/>\n       Luc Detroux, pr\u00e9sident de chambre, Fr\u00e9d\u00e9ric Gosselin, conseiller d\u2019\u00c9tat, Rapha\u00ebl Born, conseiller d\u2019\u00c9tat, Florence Van Hove, greffier.<br \/>\n       Le Greffier, Le Pr\u00e9sident,<br \/>\n       Florence Van Hove Luc Detroux<br \/>\n       VIII &#8211; 12.684 &#8211; 11\/11<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.261.626\n       <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p><!-- Action LOG \nfunction JUPORTARecordLogViewDecision  $iubel_id        : 280312\n                                       $action_type     : VIEW\n                                      &amp;$action_startmt  : 1780492240.9023\n                                      &amp;$action_duration : 196\n                                      &amp;$addressipremote : 103.115.10.116\n                                      &amp;$latitude        : null\n                                      &amp;$longitude       : null\n                                      &amp;$accuracy        : null\n                                      &amp;$altitude        : null\n                                      &amp;$langue_view     : FR\n--><br \/>\n<!-- Action_duration 196 millisec --><br \/>\n      <!-- end of main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>    <!-- end of division \"page_main\" --><\/p>\n<p>              &#9993; info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:RVSCE:2024:ARR.261.626\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. 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