{"id":1213735,"date":"2026-06-29T02:19:17","date_gmt":"2026-06-29T00:19:17","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/arret-n-035-2005-affaire-madame-khouri-marie-c-societe-hyjazi-samih-et-hassan-dite-induschimie-societe-generale-de-banques-en-cote-divoire-dite-sgbci\/"},"modified":"2026-06-29T02:19:17","modified_gmt":"2026-06-29T00:19:17","slug":"arret-n-035-2005-affaire-madame-khouri-marie-c-societe-hyjazi-samih-et-hassan-dite-induschimie-societe-generale-de-banques-en-cote-divoire-dite-sgbci","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/arret-n-035-2005-affaire-madame-khouri-marie-c-societe-hyjazi-samih-et-hassan-dite-induschimie-societe-generale-de-banques-en-cote-divoire-dite-sgbci\/","title":{"rendered":"Arr\u00eat N\u00b0 035\/2005 &#8211; Affaire : Madame KHOURI Marie c\/ SOCIETE HYJAZI SAMIH et HASSAN dite INDUSCHIMIE ; SOCIETE GENERALE de BANQUES en COTE D\u2019IVOIRE dite SGBCI"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1 EXTRAIT DES MINUTES DU GREFFE DE LA COUR COMMUNE DE JUSTICE ET D\u2019ARBITRAGE DE L\u2019OHADA &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p>ORGANISATION POUR L\u2019HARMONISATION EN AFRIQUE DU DROIT DES AFFAIRES OHADA &#8212;&#8212;&#8212;- COUR COMMUNE DE JUSTICE ET D\u2019ARBITRAGE &#8212;&#8212;&#8212;- Premi\u00e8re Chambre &#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<p>Audience publique du 02 juin 2005<\/p>\n<p>Pourvoi : n\u00b0 065\/2003\/PC du 23 juillet 2003<\/p>\n<p>Affaire : Madame KHOURI Marie (Conseil : Ma\u00eetre Agn\u00e8s OUANGUI, Avocat \u00e0 la Cour) Contre 1\u00b0\/ SOCIETE HYJAZI SAMIH et HASSAN dite INDUSCHIMIE 2\u00b0\/ SOCIETE GENERALE de BANQUES en COTE D\u2019IVOIRE dite SGBCI<\/p>\n<p>ARRET N\u00b0035\/2005 du 02 juin 2005<\/p>\n<p>La Cour Commune de Justice et d\u2019Arbitrage (C.C.J.A.), Premi\u00e8re chambre, de l\u2019Organisation pour l\u2019Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (O.H.A.D.A) a rendu l\u2019Arr\u00eat suivant en son audience publique du 02 juin 2005 o\u00f9 \u00e9taient pr\u00e9sents :<\/p>\n<p>MM. Jacques M\u2019BOSSO, Pr\u00e9sident, rapporteur Ma\u00efnassara MAIDAGI, Juge Biquezil NAMBAK, Juge<\/p>\n<p>et Ma\u00eetre KEHI Colombe BINDE, Greffier ;<\/p>\n<p>Sur le pourvoi enregistr\u00e9 au greffe de la Cour de c\u00e9ans le 23 juillet 2003 sous le num\u00e9ro 065\/2003\/PC et form\u00e9 par Ma\u00eetre Agn\u00e8s OUANGUI, Avocat \u00e0 la Cour, \u00e0 Abidjan, y demeurant, 24, Boulevard Clozel, Immeuble SIPIM 5\u00e8 \u00e9tage, 01 B.P. 1306 Abidjan 01, agissant au nom et pour le compte de Madame KHOURI Marie, comptable, de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, demeurant \u00e0 Abidjan-Marcory<\/p>\n<p>2 R\u00e9sidentiel, 11 B.P. 292 Abidjan 11, dans la cause qui l\u2019oppose, d\u2019une part, \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 HYJAZI SAMIH et HASSAN dite INDUSCHIMIE, Soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, au capital de 65.000.000 F CFA dont le si\u00e8ge est \u00e0 Abidjan, zone industrielle de Koumassi, 10 B.P. 1304 Abidjan 10, repr\u00e9sent\u00e9e par Monsieur HYJAZI SAMIH son Directeur g\u00e9n\u00e9ral, demeurant en cette qualit\u00e9 au si\u00e8ge de ladite soci\u00e9t\u00e9 et, d\u2019autre part, \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 G\u00e9n\u00e9rale de Banques en COTE D\u2019IVOIRE dite SGBCI, Soci\u00e9t\u00e9 anonyme, au capital de 15.333.335.000 F CFA dont le si\u00e8ge social est \u00e0 Abidjan, 5-7 Avenue Joseph Anoma, 01 B.P. 1355 Abidjan 01,<\/p>\n<p>en cassation de l\u2019Arr\u00eat n\u00b0464 rendu le 18 avril 2003 par la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan et dont le dispositif est le suivant :<\/p>\n<p>\u00ab En la forme (\u2026) Re\u00e7oit tant dame KHOURI que la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE en leurs appels principal et incident relev\u00e9s de l\u2019Ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 n\u00b0 745 du 20 f\u00e9vrier 2003 rendue par le Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Abidjan-Plateau ; Au fond : D\u00e9boute dame KHOURI Marie de son appel principal mal fond\u00e9 ; D\u00e9clare bien fond\u00e9 l\u2019appel incident de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE ; R\u00e9formant l\u2019ordonnance entreprise ; Ram\u00e8ne \u00e0 1.000.000 F CFA la somme \u00e0 verser mensuellement \u00e0 Dame KHOURI par INDUSCHIMIE jusqu\u2019\u00e0 extinction de la dette ; Confirme l\u2019ordonnance en ses autres dispositions ; Condamne Dame KHOURI aux d\u00e9pens \u00bb ;<\/p>\n<p>La requ\u00e9rante invoque \u00e0 l\u2019appui de son pourvoi les deux moyens de cassation tels qu\u2019ils figurent \u00e0 l\u2019acte de pourvoi annex\u00e9 au pr\u00e9sent arr\u00eat ;<\/p>\n<p>Sur le rapport de Monsieur Jacques M\u2019BOSSO, Pr\u00e9sident ;<\/p>\n<p>Vu les dispositions des articles 13 et 14 du Trait\u00e9 relatif \u00e0 l\u2019harmonisation du droit des affaires en Afrique ;<\/p>\n<p>Vu le R\u00e8glement de proc\u00e9dure de la Cour Commune de Justice et d\u2019Arbitrage de l\u2019OHADA ;<\/p>\n<p>Attendu que les significations du pr\u00e9sent recours faites le 08 ao\u00fbt 2003 par le Greffe de la Cour de c\u00e9ans aux Soci\u00e9t\u00e9s INDUSCHIMIE et SGBCI et re\u00e7ues respectivement par celles-ci les 12 et 13 ao\u00fbt 2003 n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 suivies de d\u00e9p\u00f4t audit greffe, dans le d\u00e9lai de trois mois pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 30 du R\u00e8glement de proc\u00e9dure susvis\u00e9, de m\u00e9moire en r\u00e9ponse ; que le principe du contradictoire ayant \u00e9t\u00e9 respect\u00e9 et le dossier \u00e9tant en \u00e9tat, il y a lieu d\u2019examiner ledit recours ;<\/p>\n<p>3 Attendu qu\u2019il ressort des pi\u00e8ces du dossier de la proc\u00e9dure que dans un litige l\u2019opposant \u00e0 son ancien employeur, \u00e0 savoir la Soci\u00e9t\u00e9 HYJAZI SAMIH et HASSAN dite INDUSCHIMIE, Madame KHOURI Marie avait obtenu par Arr\u00eat n\u00b0 447 du 17 mai 2001 de la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan la confirmation du Jugement n\u00b0 497\/CS1 du 28 mars 2000 ayant condamn\u00e9 ledit employeur \u00e0 lui payer diff\u00e9rentes sommes s\u2019\u00e9levant au total \u00e0 26.323.094 F CFA ; qu\u2019en ex\u00e9cution de cette d\u00e9cision de condamnation, Madame KHOURI avait fait pratiquer une saisie- attribution de cr\u00e9ances entre les mains de la SGBCI-Vridi le 08 octobre 2001 au pr\u00e9judice de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE pour un montant de 28.910.515 F CFA repr\u00e9sentant la somme principale de la condamnation prononc\u00e9e par l\u2019Arr\u00eat n\u00b0 447 du 17 mai 2001 pr\u00e9cit\u00e9 ainsi que les int\u00e9r\u00eats de droit et frais ; que le 10 octobre 2001, la saisie-attribution de cr\u00e9ances susindiqu\u00e9e fut d\u00e9nonc\u00e9e par exploit de Ma\u00eetre Nicolas GAGO, huissier de justice \u00e0 Abidjan, \u00e0 INDUSCHIMIE, laquelle avait aussit\u00f4t saisi le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s du Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Abidjan d\u2019une demande de mainlev\u00e9e de ladite saisie-attribution de cr\u00e9ances ; que se pronon\u00e7ant sur la demande dont il \u00e9tait saisi, ledit juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s y avait fait droit par l\u2019Ordonnance n\u00b0 4375\/2001 rendue le 25 octobre 2001 ; que sur appel de Madame KHOURI Marie, la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan avait, par Arr\u00eat n\u00b0 148 du 29 janvier 2002, infirm\u00e9 en toutes ses dispositions l\u2019Ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 n\u00b0 4375 pr\u00e9cit\u00e9e et ordonn\u00e9 le maintien de la saisie-attribution pratiqu\u00e9e le 08 octobre 2001 ; que sur une nouvelle action de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE par exploit d\u2019huissier en date du 31 janvier 2003, nonobstant l\u2019Arr\u00eat n\u00b0 148 devenu d\u00e9finitif, le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s du Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Abidjan avait, par Ordonnance n\u00b0 745 du 20 f\u00e9vrier 2003, d\u2019une part, accord\u00e9 un d\u00e9lai de gr\u00e2ce \u00e0 ladite Soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 travers un \u00e9ch\u00e9ancier pour l\u2019apurement de sa dette \u00e0 raison de 1.500.000 F CFA par mois \u00e0 compter du jour du prononc\u00e9 de la d\u00e9cision et, d\u2019autre part, donn\u00e9 mainlev\u00e9e de la saisie-attribution de cr\u00e9ances du 08 octobre 2001 ; que sur appels principal de Madame KHOURI et incident de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE, la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan avait, par Arr\u00eat n\u00b0 464 du 18 avril 2003 dont pourvoi, d\u00e9bout\u00e9 Madame KHOURI de son appel principal mal fond\u00e9, d\u00e9clar\u00e9 la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE bien fond\u00e9e en son appel incident et r\u00e9formant l\u2019Ordonnance n\u00b0 745 entreprise, ramen\u00e9 \u00e0 un million (1.000.000) F CFA la somme \u00e0 verser mensuellement \u00e0 Madame KHOURI par INDUSCHIMIE jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extinction de la dette, puis confirm\u00e9 les autres dispositions de ladite ordonnance ;<\/p>\n<p>Sur le second moyen<\/p>\n<p>Vu l\u2019article 39 de l\u2019Acte uniforme portant organisation des proc\u00e9dures simplifi\u00e9es de recouvrement et des voies d\u2019ex\u00e9cution ;<\/p>\n<p>Attendu qu\u2019il est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 39 de l\u2019Acte uniforme susvis\u00e9 en ce que la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan, pour statuer comme elle l\u2019a fait, a consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019\u00abeu \u00e9gard aux difficult\u00e9s de tr\u00e9sorerie li\u00e9es \u00e0 la guerre dans le pays qui entrave l\u2019\u00e9coulement de sa production et dans le souci de<\/p>\n<p>4 permettre \u00e0 dame KHOURI de percevoir de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re sa cr\u00e9ance \u00bb, elle \u00ab ram\u00e8ne \u00e0 1.000.000 F CFA la somme que INDUSCHIMIE doit lui verser chaque mois, jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puisement du montant total de la condamnation \u00bb alors que, selon le moyen, \u00ab pour accorder une mesure de d\u00e9lai de gr\u00e2ce, le juge doit n\u00e9cessairement tenir compte de la situation des deux parties en litige alors que dans le cas d\u2019 esp\u00e8ce, la Cour d\u2019appel a simplement estim\u00e9 qu\u2019eu \u00e9gard aux difficult\u00e9s de tr\u00e9sorerie li\u00e9es \u00e0 la guerre dans le pays, la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE devrait b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une mesure de d\u00e9lai de gr\u00e2ce ; qu\u2019une telle appr\u00e9ciation rel\u00e8ve d\u2019une situation g\u00e9n\u00e9rale de crise et elle ne tient objectivement pas compte de la situation personnelle de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE car en p\u00e9riode de crise toutes les entreprises ne connaissent pas forc\u00e9ment des difficult\u00e9s de tr\u00e9sorerie ; que pour ce faire et pour accorder une telle mesure \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE pour le paiement de sa dette, la Cour aurait d\u00fb s\u2019appuyer sur des preuves mat\u00e9rielles attestant des difficult\u00e9s de tr\u00e9sorerie de cette derni\u00e8re, lesquelles preuves n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 produites au d\u00e9bat par le b\u00e9n\u00e9ficiaire de la mesure du d\u00e9lai de gr\u00e2ce \u00bb ; que par ailleurs, la Cour d\u2019appel, toujours selon le moyen, n\u2019a pas tenu compte de sa situation de cr\u00e9anci\u00e8re pour accorder le d\u00e9lai de gr\u00e2ce \u00e0 son ex-employeur ; qu\u2019en effet, depuis le 10 mars 1999, date de la requ\u00eate introductive d\u2019instance jusqu\u2019\u00e0 ce jour soit plus de 4 ans, elle n\u2019a pas re\u00e7u, alors qu\u2019elle est au ch\u00f4mage, le moindre r\u00e8glement de ses droits de rupture et dommages-int\u00e9r\u00eats prononc\u00e9s par l\u2019arr\u00eat dont l\u2019ex\u00e9cution est poursuivie parce que par des moyens dilatoires la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE tente de se soustraire \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des termes de la d\u00e9cision de condamnation obtenue \u00e0 son encontre ; qu\u2019enfin, et toujours selon le moyen, le paiement mensuel de la somme de 1.000.000 F CFA ordonn\u00e9 par la Cour d\u2019appel permet de constater que le r\u00e8glement du montant de la cr\u00e9ance s\u2019\u00e9levant \u00e0 ce jour \u00e0 30.358.908 F CFA se fera dans un d\u00e9lai de plus de trente mois, soit au-del\u00e0 du d\u00e9lai l\u00e9gal maximum pr\u00e9vu par l\u2019article 39 ;<\/p>\n<p>Attendu qu\u2019aux termes de l\u2019article 39 de l\u2019Acte uniforme susvis\u00e9, \u00ab le d\u00e9biteur ne peut forcer le cr\u00e9ancier \u00e0 recevoir en partie le paiement d\u2019une dette, m\u00eame divisible. Toutefois, compte tenu de la situation du d\u00e9biteur et en consid\u00e9ration des besoins du cr\u00e9ancier, la juridiction comp\u00e9tente peut, sauf pour les dettes d\u2019aliments et les dettes cambiaires, reporter ou \u00e9chelonner le paiement des sommes dues dans la limite d\u2019une ann\u00e9e. Elle peut \u00e9galement d\u00e9cider que les paiements s\u2019imputeront d\u2019abord sur le capital. Elle peut en outre subordonner ces mesures \u00e0 l\u2019accomplissement par le d\u00e9biteur d\u2019actes propres \u00e0 faciliter ou \u00e0 garantir le paiement de la dette \u00bb ;<\/p>\n<p>Attendu, en l\u2019esp\u00e8ce, qu\u2019il r\u00e9sulte de l\u2019examen des pi\u00e8ces du dossier de la proc\u00e9dure que pour accorder le d\u00e9lai de gr\u00e2ce \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE pour le paiement de sa dette \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Madame KHOURI Marie, la Cour d\u2019appel a retenu, pour motiver sa d\u00e9cision, que \u00ab la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE est dispos\u00e9e \u00e0 faire face \u00e0 sa dette mais eu \u00e9gard aux difficult\u00e9s de tr\u00e9sorerie li\u00e9es \u00e0 la guerre dans<\/p>\n<p>5 le pays qui entrave l\u2019\u00e9coulement de sa production et dans le souci de permettre \u00e0 Dame KHOURI de percevoir de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re sa cr\u00e9ance, la Cour ram\u00e8ne \u00e0 un million (1.000.000) F CFA la somme que INDUSCHIMIE doit lui verser chaque mois jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puisement du montant total de la condamnation \u00bb ; que la Cour d\u2019appel, dans cette motivation de sa d\u00e9cision, n\u2019a fait \u00e9tat, ni donn\u00e9 son appr\u00e9ciation des besoins de la cr\u00e9anci\u00e8re, Madame KHOURI, se bornant \u00e0 indiquer que c\u2019est pour permettre \u00e0 celle-ci de percevoir r\u00e9guli\u00e8rement sa cr\u00e9ance qu\u2019elle ram\u00e8ne \u00e0 1.000.000 F la somme mensuelle \u00e0 payer par INDUSCHIMIE ; que ce faisant, la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan ne s\u2019est pas conform\u00e9e aux dispositions de l\u2019article 39 sus\u00e9nonc\u00e9 de l\u2019Acte uniforme pr\u00e9cit\u00e9 ; que de m\u00eame, en ramenant \u00e0 un million (1.000.000) F CFA le montant de la somme \u00e0 verser mensuellement par INDUSCHIMIE \u00e0 Madame KHOURI dont la cr\u00e9ance totale en principal, int\u00e9r\u00eats et frais s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 28.910.515 F CFA, la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9chelonner le paiement des sommes dues au-del\u00e0 de \u00ab la limite d\u2019une ann\u00e9e \u00bb fix\u00e9e par l\u2019article 39 pr\u00e9cit\u00e9 ;<\/p>\n<p>Attendu qu\u2019il r\u00e9sulte de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de qu\u2019il \u00e9chet de casser l\u2019Arr\u00eat n\u00b0 464 rendu le 18 avril 2003 par la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan pour violation de la loi et, sans qu\u2019il soit besoin d\u2019examiner le premier moyen du pourvoi, d\u2019\u00e9voquer ;<\/p>\n<p>Sur l\u2019\u00e9vocation<\/p>\n<p>Attendu que dans l\u2019acte d\u2019appel en date du 26 f\u00e9vrier 2003, interjet\u00e9 de l\u2019Ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 n\u00b0 745 du 20 f\u00e9vrier 2003 par laquelle la Juridiction pr\u00e9sidentielle du Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Abidjan a d\u00e9clar\u00e9 la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE recevable et bien fond\u00e9e en son action, dit que INDUSCHIMIE devra payer la somme de 1.500.000 F CFA par mois \u00e0 compter du jour du prononc\u00e9 de la pr\u00e9sente d\u00e9cision et ce jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extinction de la dette et ordonn\u00e9 en cons\u00e9quence la mainlev\u00e9e de la saisie attribution du 08 octobre 2001, Madame KHOURI Marie fait valoir, au soutien de son action, que \u00ab suite \u00e0 une proc\u00e9dure de contestation de saisie initi\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE, la Cour d\u2019appel a, par Arr\u00eat n\u00b0 148 du 29 janvier 2002, ordonn\u00e9 le maintien de la saisie-attribution de cr\u00e9ance du 08 octobre 2001 (\u2026) \u00bb ; qu\u2019\u00ab en application des articles 154 et 164 de l\u2019Acte uniforme [sur les voies d\u2019ex\u00e9cution] d\u00e8s l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 29 janvier 2002 le montant des sommes saisies arr\u00eat\u00e9es, soit 28.910.515 F sont devenues la propri\u00e9t\u00e9 de la concluante et de ce fait le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s ne peut en ordonner la mainlev\u00e9e et y appliquer une mesure de gr\u00e2ce, la somme \u00e9tant d\u00e9sormais sortie du patrimoine de INDUSCHIMIE \u00bb ; qu\u2019elle demande en cons\u00e9quence d\u2019infirmer ladite ordonnance ;<\/p>\n<p>Attendu que INDUSCHIMIE, relevant appel incident par voie de conclusion de son Conseil Ma\u00eetre N\u2019GUETTA G\u00e9rard, en date du 14 mars 2003, rejette les moyens de Madame KHOURI en soutenant qu\u2019il est erron\u00e9 d\u2019\u00e9voquer la violation de l\u2019article 154 de l\u2019Acte uniforme parce que \u00ab le transfert juridique des sommes<\/p>\n<p>6 [saisies-attribu\u00e9es] dans le patrimoine du cr\u00e9ancier saisissant n\u2019intervient qu\u2019en cas de paiement effectif \u00bb ; qu\u2019\u00ab elle souligne qu\u2019au moment de la prise de cette d\u00e9cision, aucun paiement n\u2019avait eu lieu et que le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s pouvait ordonner une lib\u00e9ration par temp\u00e9rament \u00bb et fixer \u00e0 un certain montant par mois les paiements \u00e0 effectuer jusqu\u2019\u00e0 extinction de la dette ;<\/p>\n<p>Attendu que la SGBCI, par \u00e9criture en date du 06 mars 2003 de ses conseils, la SCPA DOGUE et ABBE YAO, fait valoir que le d\u00e9lai de gr\u00e2ce accord\u00e9 n\u2019est pas en contradiction avec l\u2019Arr\u00eat du 29 janvier 2002, mais intervient pour organiser le calendrier de paiement de la cr\u00e9ance et d\u00e8s lors, le maintien de la mesure de saisie-attribution ne s\u2019impose plus ; que de m\u00eame, poursuit la SGBCI, il est inadmissible d\u2019interdire au juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s d\u2019accorder un d\u00e9lai de gr\u00e2ce d\u00e8s qu\u2019une saisie-attribution de cr\u00e9ances est pratiqu\u00e9e car justement, c\u2019est lorsque sur le fond le d\u00e9biteur a \u00e9puis\u00e9 les voies de recours et qu\u2019il est confront\u00e9 \u00e0 des mesures d\u2019ex\u00e9cution qu\u2019il use du d\u00e9lai de gr\u00e2ce ; qu\u2019il n\u2019y a donc pas eu, conclut la SGBCI, la violation des articles 154 et 164 de l\u2019Acte uniforme ;<\/p>\n<p>Sur les demandes de maintien de la saisie-attribution de cr\u00e9ances du 08 octobre 2001 et de rejet de la mesure de d\u00e9lai de gr\u00e2ce formul\u00e9es par Madame KHOURI<\/p>\n<p>Vu l\u2019article 154 de l\u2019Acte uniforme portant organisation des proc\u00e9dures simplifi\u00e9es de recouvrement et des voies d\u2019ex\u00e9cution ;<\/p>\n<p>Attendu que Madame KHOURI Marie sollicite, d\u2019une part, le maintien de la saisie-attribution de cr\u00e9ances pratiqu\u00e9e le 08 octobre 2001 et dont la mainlev\u00e9e a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e par le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s du Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Abidjan en violation des articles 154 et 164 de l\u2019Acte uniforme susvis\u00e9 et, d\u2019autre part, le rejet de la mesure de d\u00e9lai de gr\u00e2ce accord\u00e9e \u00e0 INDUSCHIMIE en violation desdits articles ;<\/p>\n<p>Attendu qu\u2019aux termes de l\u2019article 154 de l\u2019Acte uniforme susvis\u00e9, \u00ab l\u2019acte de saisie emporte, \u00e0 concurrence des sommes pour lesquelles elle est pratiqu\u00e9e ainsi que tous ses accessoires, mais pour ce montant seulement attribution imm\u00e9diate au profit du saisissant de la cr\u00e9ance saisie, disponible entre les mains du tiers. Les sommes saisies sont rendues indisponibles par l\u2019acte de saisie. Cet acte rend le tiers personnellement d\u00e9biteur des causes de la saisie dans la limite de son obligation. \u00bb ;<\/p>\n<p>Attendu que la saisie-attribution de cr\u00e9ances pratiqu\u00e9e le 08 octobre 2001 par Madame KHOURI Marie entre les mains de la SGBCI-Vridi au pr\u00e9judice de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE a fait l\u2019objet de contestations de la part de celle-ci ; que lesdites contestations ont \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9es par l\u2019Arr\u00eat n\u00b0 148 du 29 janvier 2002 par<\/p>\n<p>7 lequel la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan a infirm\u00e9 en toutes ses dispositions l\u2019Ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 n\u00b0 4375 du 25 octobre 2001 puis ordonn\u00e9 le maintien de ladite saisie- attribution ; que ledit Arr\u00eat 148 du 29 janvier 2002 n\u2019a pas fait l\u2019objet de recours dans le d\u00e9lai l\u00e9gal et est devenu d\u00e9finitif ; que les contestations tranch\u00e9es par le dispositif de l\u2019Arr\u00eat n\u00b0 148 ne peuvent plus \u00eatre \u00e0 nouveau soulev\u00e9es sans violer le principe de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e et sans violer l\u2019article 154 sus\u00e9nonc\u00e9 de l\u2019Acte uniforme susvis\u00e9 ; que par ailleurs l\u2019effet attributif imm\u00e9diat de la saisie attribution entra\u00eenant transfert instantan\u00e9 de la cr\u00e9ance saisie disponible dans le patrimoine du saisissant, le juge de l\u2019ex\u00e9cution ne peut pas suspendre les effets de ladite saisie-attribution en accordant des d\u00e9lais de paiement ; qu\u2019il suit qu\u2019il faut dire et juger que la saisie-attribution de cr\u00e9ances pratiqu\u00e9e le 08 octobre 2001 au pr\u00e9judice de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE est maintenue et que la mesure de d\u00e9lai de gr\u00e2ce accord\u00e9e \u00e0 INDUSCHIMIE est annul\u00e9e ;<\/p>\n<p>Sur la demande de INDUSCHIMIE tendant \u00e0 la confirmation de l\u2019Ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 n\u00b0 745 querell\u00e9e sur le point de l\u2019octroi du d\u00e9lai de gr\u00e2ce et \u00e0 l\u2019infirmation de ladite Ordonnance pour abaisser \u00e0 1.000.000 F CFA par mois les paiements \u00e0 effectuer \u00e0 Madame KHOURI Marie<\/p>\n<p>Attendu que INDUSCHIMIE, dans ses conclusions d\u2019appel incident en date du 14 mars 2003, rejette les arguments de Madame KHOURI Marie relativement \u00e0 la violation de l\u2019article 154 de l\u2019Acte uniforme portant organisation des proc\u00e9dures simplifi\u00e9es de recouvrement et des voies d\u2019ex\u00e9cution et soutient qu\u2019\u00ab au moment de la prise de d\u00e9cision par le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s du Tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019Abidjan, aucun paiement effectif n\u2019avait eu lieu et que le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s pouvait ordonner une lib\u00e9ration par temp\u00e9rament, le transfert juridique des sommes dans le patrimoine du cr\u00e9ancier saisissant n\u2019intervenant qu\u2019en cas de paiement effectif ; qu\u2019il est erron\u00e9 d\u2019\u00e9voquer la violation de l\u2019article 154 OHADA \u00bb ; qu\u2019elle ajoute que \u00ab du fait de la guerre, elle ne peut ni exporter ni \u00e9couler sur place sa production au point que sa tr\u00e9sorerie actuelle ne peut supporter qu\u2019un million de F CFA par mois jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extinction de la dette ; qu\u2019elle demande donc \u00e0 la Cour de r\u00e9former l\u2019ordonnance dans ce sens \u00bb ;<\/p>\n<p>Attendu que pour les m\u00eames motifs que ceux sur le fondement desquels il a \u00e9t\u00e9 fait droit ci-dessus aux demandes de maintien de la saisie-attribution du 08 octobre 2001 et de rejet de la mesure de d\u00e9lai de gr\u00e2ce, il y a lieu de rejeter la demande de INDUSCHIMIE ;<\/p>\n<p>Attendu que la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE ayant succomb\u00e9, il y a lieu de la condamner aux d\u00e9pens ;<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>Statuant publiquement, apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9,<\/p>\n<p>Casse l\u2019Arr\u00eat n\u00b0 464 rendu le 18 avril 2003 par la Cour d\u2019appel d\u2019Abidjan ;<\/p>\n<p>Evoquant et statuant sur le fond,<\/p>\n<p>Dit que la saisie-attribution de cr\u00e9ances pratiqu\u00e9e le 08 octobre 2001 par Madame KHOURI Marie entre les mains de la SGBCI, tiers saisi, au pr\u00e9judice de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE est maintenue ;<\/p>\n<p>Annule la mesure de d\u00e9lai de gr\u00e2ce accord\u00e9e \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE ;<\/p>\n<p>Rejette la demande de la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE tendant \u00e0 la confirmation du d\u00e9lai de gr\u00e2ce accord\u00e9 et \u00e0 voir abaisser \u00e0 1.000.000 F CFA la somme \u00e0 verser mensuellement \u00e0 Madame KHOURI Marie ;<\/p>\n<p>Condamne la Soci\u00e9t\u00e9 INDUSCHIMIE aux d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Ainsi fait, jug\u00e9 et prononc\u00e9 les jour, mois et an que dessus et ont sign\u00e9 :<\/p>\n<p>Le Pr\u00e9sident<\/p>\n<p>Le Greffier<\/p>\n<p>Pour exp\u00e9dition \u00e9tablie en huit pages par Nous, ASSIEHUE Acka, Greffier en chef par int\u00e9rim de ladite Cour.<\/p>\n<p>Fait \u00e0 Abidjan, le<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/biblio.ohada.org\/index.php?lvl=notice_display&amp;id=5966\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/biblio.ohada.org\/doc_num.php?explnum_id=2732\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Biblioth\u00e8que num\u00e9rique OHADA. Republication conforme aux mentions l\u00e9gales.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 EXTRAIT DES MINUTES DU GREFFE DE LA COUR COMMUNE DE JUSTICE ET D\u2019ARBITRAGE DE L\u2019OHADA &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; ORGANISATION POUR L\u2019HARMONISATION EN AFRIQUE DU DROIT DES AFFAIRES OHADA &#8212;&#8212;&#8212;- COUR COMMUNE DE JUSTICE ET D\u2019ARBITRAGE &#8212;&#8212;&#8212;- Premi\u00e8re Chambre &#8212;&#8212;&#8212; Audience publique du 02 juin 2005 Pourvoi : n\u00b0 065\/2003\/PC du 23 juillet 2003 Affaire : Madame&#8230;<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":[],"kji_country":[93235],"kji_court":[93236],"kji_chamber":[108824],"kji_year":[135729],"kji_subject":[7646],"kji_keyword":[93246,8683,159285,13016,16506],"kji_language":[7733],"class_list":["post-1213735","kji_decision","type-kji_decision","status-publish","hentry","kji_country-ohada","kji_court-cour-commune-de-justice-et-darbitrage-ccja","kji_chamber-premiere-chambre","kji_year-135729","kji_subject-divers","kji_keyword-affaire","kji_keyword-arret","kji_keyword-khouri","kji_keyword-madame","kji_keyword-societe","kji_language-francais"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.9 (Yoast SEO v27.9) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Arr\u00eat N\u00b0 035\/2005 - Affaire : Madame KHOURI Marie c\/ SOCIETE HYJAZI SAMIH et HASSAN dite INDUSCHIMIE ; 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