{"id":1226346,"date":"2026-07-01T09:25:29","date_gmt":"2026-07-01T07:25:29","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/"},"modified":"2026-07-01T09:25:29","modified_gmt":"2026-07-01T07:25:29","slug":"eclibeghcc2025arr-019","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/","title":{"rendered":"ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge<\/p>\n<p>    <!-- continue here with main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>            <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p>        &nbsp;<br \/>\nCour constitutionnelle (Cour d&apos;arbitrage)  <\/p>\n<p>            Jugement\/arr\u00eat du 06 f&eacute;vrier 2025            <\/p>\n<p>No ECLI:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019<\/p>\n<p>No Arr\u00eat\/No R\u00f4le:<\/p>\n<p>19\/2025<\/p>\n<p>Domaine juridique:<\/p>\n<p>\n Droit constitutionnel<\/p>\n<p>Date d&#8217;introduction:<\/p>\n<p>2025-02-17<\/p>\n<p>Consultations:<\/p>\n<p>399 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-05-28 05:07<\/p>\n<p>Version(s):<\/p>\n<p>Version NL\n        <\/p>\n<p>Version DE\n        <\/p>\n<p>            Fiche            <\/p>\n<p>Th\u00e9saurus Cassation:<\/p>\n<p>COUR CONSTITUTIONNELLE\n<\/p>\n<p>Th\u00e9saurus UTU:<\/p>\n<p>DROIT PUBLIC ET ADMINISTRATIF &#8211; COUR CONSTITUTIONNELLE\n <\/p>\n<p>Mots libres:<\/p>\n<p>\nla question pr\u00e9judicielle relative \u00e0 l&apos;article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0,<br \/>\n         alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 \u00ab organisant la profession de<br \/>\n         d\u00e9tective priv\u00e9 \u00bb, pos\u00e9e par le Conseil d&apos;Etat. Droit \u00e9conomique<br \/>\n         &#8211; D\u00e9tectives priv\u00e9s &#8211; Acc\u00e8s \u00e0 la profession &#8211; Incompatibilit\u00e9 avec<br \/>\n         une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re<br \/>\n         personnel<\/p>\n<p>            Texte de la d\u00e9cision            <\/p>\n<p>\n       Cour constitutionnelle<br \/>\n       Arr\u00eat n\u00b0 19\/2025<br \/>\n       du 6 f\u00e9vrier 2025<br \/>\n       Num\u00e9ro du r\u00f4le : 8160<br \/>\n       En cause : la question pr\u00e9judicielle relative \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 \u00ab organisant la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00bb, pos\u00e9e par le Conseil d\u2019\u00c9tat.<br \/>\n       La Cour constitutionnelle,<br \/>\n       compos\u00e9e des pr\u00e9sidents Pierre Nihoul et Luc Lavrysen, et des juges Thierry Giet, Jos\u00e9phine Moerman, Michel P\u00e2ques, Danny Pieters et Kattrin Jadin, assist\u00e9e du greffier Frank Meersschaut, pr\u00e9sid\u00e9e par le pr\u00e9sident Pierre Nihoul,<br \/>\n       apr\u00e8s en avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, rend l\u2019arr\u00eat suivant :<br \/>\n       I. Objet de la question pr\u00e9judicielle et proc\u00e9dure<br \/>\n       Par l\u2019arr\u00eat n\u00b0 258.602 du 26 janvier 2024, dont l\u2019exp\u00e9dition est parvenue au greffe de la Cour le 9 f\u00e9vrier 2024, le Conseil d\u2019\u00c9tat a pos\u00e9 la question pr\u00e9judicielle suivante :<br \/>\n       \u00ab L\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 organisant la profession de d\u00e9tective priv\u00e9, viole-t-il l\u2019article 23 de la Constitution, en ce qu\u2019est d\u2019office consid\u00e9r\u00e9 comme constituant un danger pour l\u2019ordre public faisant obstacle \u00e0 l\u2019octroi d\u2019une autorisation d\u2019exercer la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00e0 titre accessoire, l\u2019exercice concomitant d\u2019une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, sauf si la profession de d\u00e9tective est une composante inh\u00e9rente \u00e0 ladite activit\u00e9, sans distinction selon le type de donn\u00e9es dont il est question ? \u00bb.<br \/>\n       Des m\u00e9moires ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       &#8211; Val\u00e9rie Conradt, assist\u00e9e et repr\u00e9sent\u00e9e par Me Aline Charlier, avocate au barreau de Li\u00e8ge-Huy;<br \/>\n       &#8211; le Conseil des ministres, assist\u00e9 et repr\u00e9sent\u00e9 par Me Bernard Renson, avocat au barreau de Bruxelles.<br \/>\n       Val\u00e9rie Conradt a \u00e9galement introduit un m\u00e9moire en r\u00e9ponse.<br \/>\n       2<br \/>\n       Par ordonnance du 9 octobre 2024, la Cour, apr\u00e8s avoir entendu les juges-rapporteurs Kattrin Jadin et Danny Pieters, a d\u00e9cid\u00e9 :<br \/>\n       &#8211; que l\u2019affaire \u00e9tait en \u00e9tat,<br \/>\n       &#8211; d\u2019inviter les parties \u00e0 r\u00e9pondre pr\u00e9alablement aux questions suivantes par un m\u00e9moire compl\u00e9mentaire, accompagn\u00e9 le cas \u00e9ch\u00e9ant de toute pi\u00e8ce utile, \u00e0 introduire par pli recommand\u00e9 \u00e0 la poste le 14 novembre 2024 au plus tard, ainsi que par courriel au greffe de la Cour (greffe@const-court.be), et \u00e0 communiquer dans le m\u00eame d\u00e9lai \u00e0 l\u2019autre partie :<br \/>\n       \u00ab 1. Il est demand\u00e9 au Conseil des ministres de faire savoir si le projet de loi \u2018 r\u00e9glementant la recherche priv\u00e9e \u2019, adopt\u00e9 par la Chambre des repr\u00e9sentants en sa s\u00e9ance pl\u00e9ni\u00e8re du 8 mai 2024 (Doc. parl., Chambre, 2023-2024, DOC 55-3935\/009), a \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9 et promulgu\u00e9 et, si oui, \u00e0 quelle date. Dans l\u2019affirmative, il est \u00e9galement demand\u00e9 au Conseil des ministres de faire savoir \u00e0 quelle date est envisag\u00e9e la publication au Moniteur belge de cette nouvelle loi.<br \/>\n       2. Il est demand\u00e9 \u00e0 Val\u00e9rie Conradt et au Conseil des ministres d\u2019exposer leur point de vue concernant l\u2019\u00e9ventuelle incidence que l\u2019entr\u00e9e en vigueur de cette nouvelle loi pourrait avoir sur la situation de Val\u00e9rie Conradt, sur le recours en annulation pendant devant la juridiction a quo et sur la pr\u00e9sente question pr\u00e9judicielle \u00bb,<br \/>\n       &#8211; qu\u2019aucune audience ne serait tenue, \u00e0 moins qu\u2019une partie n\u2019ait demand\u00e9, dans le d\u00e9lai de sept jours suivant la r\u00e9ception de la notification de cette ordonnance, \u00e0 \u00eatre entendue, et<br \/>\n       &#8211; qu\u2019en l\u2019absence d\u2019une telle demande, les d\u00e9bats seraient clos le 14 novembre 2024 et l\u2019affaire serait mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Des m\u00e9moires compl\u00e9mentaires ont \u00e9t\u00e9 introduits par :<br \/>\n       &#8211; Val\u00e9rie Conradt;<br \/>\n       &#8211; le Conseil des ministres.<br \/>\n       Aucune demande d\u2019audience n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 introduite, l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 mise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9.<br \/>\n       Les dispositions de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle relatives \u00e0 la proc\u00e9dure et \u00e0 l\u2019emploi des langues ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es.<br \/>\n       II. Les faits et la proc\u00e9dure ant\u00e9rieure<br \/>\n       Le 19 juillet 2022, Val\u00e9rie Conradt, qui exerce \u00e0 titre principal une activit\u00e9 d\u2019expert immobilier et d\u2019agent immobilier, introduit une demande d\u2019autorisation d\u2019exercer \u00e0 titre accessoire la profession de d\u00e9tective priv\u00e9. Le 29 septembre 2022, l\u2019autorit\u00e9 administrative refuse d\u2019octroyer l\u2019autorisation sollicit\u00e9e. Elle fonde cette d\u00e9cision de refus sur l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 \u00ab organisant la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00bb<br \/>\n       3<br \/>\n       (ci-apr\u00e8s : la loi du 19 juillet 1991), qui pr\u00e9voit que l\u2019exercice concomitant de la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 et d\u2019une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel est consid\u00e9r\u00e9 d\u2019office comme constituant un danger pour l\u2019ordre public au sens de l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 1er, de cette loi, sauf si la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 est une composante inh\u00e9rente \u00e0 ladite activit\u00e9. En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019autorit\u00e9 administrative constate que l\u2019activit\u00e9 principale d\u2019expert immobilier et d\u2019agent immobilier donne acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et que l\u2019activit\u00e9 de d\u00e9tective priv\u00e9 ne constitue pas une composante inh\u00e9rente \u00e0 cette autre activit\u00e9.<br \/>\n       Val\u00e9rie Conradt introduit devant le Conseil d\u2019\u00c9tat un recours en annulation de la d\u00e9cision de refus. Elle invoque notamment la violation du droit au travail et au libre choix d\u2019une activit\u00e9 professionnelle, garanti par l\u2019article 23 de la Constitution. Le Conseil d\u2019\u00c9tat rel\u00e8ve que l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 ne conf\u00e8re pas \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 administrative un pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation quant \u00e0 son application. Il consid\u00e8re \u00e9galement que la notion de \u00ab donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u00bb, telle qu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9finie \u00e0 l\u2019article 1er, \u00a7 5, de la loi du 8 d\u00e9cembre 1992 \u00ab relative \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard des traitements de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u00bb et telle qu\u2019elle est d\u00e9sormais d\u00e9finie \u00e0 l\u2019article 4, point 1), du r\u00e8glement (UE) 2016\/679 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 27 avril 2016 \u00ab relatif \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et \u00e0 la libre circulation de ces donn\u00e9es, et abrogeant la directive 95\/46\/CE<br \/>\n       (r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral sur la protection des donn\u00e9es) \u00bb, est plus large que ce que visent les travaux pr\u00e9paratoires de la disposition en cause. Selon le Conseil d\u2019\u00c9tat, le texte de la disposition en cause ne semble pas correspondre \u00e0 l\u2019intention du l\u00e9gislateur. Le Conseil d\u2019\u00c9tat reformule la question pr\u00e9judicielle sugg\u00e9r\u00e9e par Val\u00e9rie Conradt et d\u00e9cide de poser la question pr\u00e9judicielle reproduite plus haut.<br \/>\n       III. En droit<br \/>\n       -A-<br \/>\n       A.1.1. Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la jurisprudence de la Cour et \u00e0 celle du Conseil d\u2019\u00c9tat, le Conseil des ministres rel\u00e8ve tout d\u2019abord que le libre exercice d\u2019une activit\u00e9 professionnelle, garanti par l\u2019article 23 de la Constitution, peut \u00eatre limit\u00e9 par la loi, pour autant que cette limitation soit justifi\u00e9e par des imp\u00e9ratifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et qu\u2019elle soit n\u00e9cessaire et proportionn\u00e9e. Selon lui, il ressort des travaux pr\u00e9paratoires que les conditions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 3 de la loi du 19 juillet 1991 \u00ab organisant la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 19 juillet 1991) visent \u00e0 restreindre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 en raison du danger de violation de la vie priv\u00e9e des citoyens et \u00e0 r\u00e9server l\u2019acc\u00e8s \u00e0 cette profession aux personnes pr\u00e9sentant toutes les garanties suffisantes. Il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 cet \u00e9gard aux arr\u00eats de la Cour nos 42\/94 (ECLI:BE:GHCC:1994:ARR.042) et 37\/98<br \/>\n       (ECLI:BE:GHCC:1998:ARR.037), ainsi qu\u2019\u00e0 la jurisprudence du Conseil d\u2019\u00c9tat. Il fait valoir que les conditions d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 r\u00e9pondent ainsi \u00e0 des imp\u00e9ratifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et qu\u2019elles sont ad\u00e9quates, n\u00e9cessaires et proportionn\u00e9es.<br \/>\n       En ce qui concerne sp\u00e9cifiquement la condition pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991, le Conseil des ministres consid\u00e8re qu\u2019au regard du caract\u00e8re tr\u00e8s large de la notion de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, le l\u00e9gislateur a valablement pu consid\u00e9rer que le risque de confusion d\u2019int\u00e9r\u00eats entre la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 et une profession donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, comme celle d\u2019agent immobilier, est \u00e0 ce point important et grave que l\u2019exercice concomitant des deux professions constitue d\u2019office un danger pour l\u2019ordre public. Il rel\u00e8ve que l\u2019objectif est d\u2019\u00e9viter que les informations auxquelles une personne a acc\u00e8s via une profession d\u00e9termin\u00e9e soient utilis\u00e9es pour une activit\u00e9 de d\u00e9tective priv\u00e9. Il ajoute que la loi du 19 juillet 1991 vise \u00e0 permettre un contr\u00f4le renforc\u00e9 du secteur des d\u00e9tectives priv\u00e9s, quant \u00e0 l\u2019honorabilit\u00e9, la fiabilit\u00e9 et le s\u00e9rieux des intervenants, et quant aux m\u00e9thodes employ\u00e9es et \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux sources d\u2019information.<br \/>\n       Le Conseil des ministres en conclut que la disposition en cause est compatible avec l\u2019article 23 de la Constitution.<br \/>\n       A.1.2. Dans son m\u00e9moire compl\u00e9mentaire, le Conseil des ministres indique tout d\u2019abord que la date de publication de la nouvelle loi \u00ab r\u00e9glementant la recherche priv\u00e9e \u00bb n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e, mais que l\u2019objectif est qu\u2019elle soit publi\u00e9e et entre en vigueur \u00e0 l\u2019automne 2024. Il observe ensuite que l\u2019article 30, alin\u00e9a 1er, 4\u00b0, de la nouvelle loi pr\u00e9voit que les personnes travaillant dans le secteur de la recherche priv\u00e9e ne peuvent pas exercer simultan\u00e9ment une fonction permettant d\u2019acc\u00e9der \u00e0 des donn\u00e9es non accessibles au public d\u00e9tenues par des<br \/>\n       4<br \/>\n       personnes morales de droit public ou \u00e0 des donn\u00e9es non accessibles au public d\u00e9tenues par des personnes morales de droit priv\u00e9 relevant du champ d\u2019application de l\u2019article 9, paragraphe 1, du r\u00e8glement (UE) 2016\/679 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 27 avril 2016 \u00ab relatif \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et \u00e0 la libre circulation de ces donn\u00e9es, et abrogeant la directive 95\/46\/CE (r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral sur la protection des donn\u00e9es) \u00bb (ci-apr\u00e8s : le RGPD). Il rel\u00e8ve \u00e9galement que l\u2019article 24 de la nouvelle loi pr\u00e9voit un principe de sp\u00e9cialit\u00e9 en vertu duquel une entreprise de recherche priv\u00e9e ne peut exercer d\u2019autres activit\u00e9s que celles pour lesquelles elle est autoris\u00e9e sur la base de cette loi. Enfin, le Conseil des ministres consid\u00e8re que l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la nouvelle loi n\u2019aura pas d\u2019incidence sur le recours en annulation pendant devant la juridiction a quo, d\u00e8s lors qu\u2019elle ne modifie pas r\u00e9troactivement les d\u00e9cisions administratives prises sur le fondement de la loi du 19 juillet 1991.<br \/>\n       A.2.1. Val\u00e9rie Conradt, partie requ\u00e9rante devant la juridiction a quo, soutient que la disposition en cause n\u2019est pas compatible avec l\u2019article 23 de la Constitution. Elle rappelle tout d\u2019abord que cette disposition constitutionnelle garantit le droit au travail, le droit au libre choix d\u2019une activit\u00e9 professionnelle et le droit \u00e0 une r\u00e9mun\u00e9ration \u00e9quitable, et qu\u2019elle contient \u00e0 tout le moins une obligation de standstill. Elle rel\u00e8ve que l\u2019article 4<br \/>\n       de la loi du 19 juillet 1991 pr\u00e9voit que la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 peut \u00eatre exerc\u00e9e \u00e0 titre accessoire durant les cinq premi\u00e8res ann\u00e9es, afin que les personnes qui se lancent dans cette profession puissent se constituer une client\u00e8le. Selon elle, la disposition en cause non seulement compromet cette possibilit\u00e9 en ce qui concerne les personnes qui exercent une profession donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, mais elle emp\u00eache aussi ces personnes d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00e0 titre principal sans prendre le risque de n\u2019avoir aucun revenu. Elle estime que la r\u00e9duction du degr\u00e9 de protection du droit fondamental vis\u00e9 dans la question pr\u00e9judicielle n\u2019est pas raisonnablement justifi\u00e9e par des motifs d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Elle soutient qu\u2019une \u00e9ventuelle incompatibilit\u00e9 devrait \u00eatre limit\u00e9e aux professions qui donnent un large acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel qui ne sont pas accessibles au public ou qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 divulgu\u00e9es par les personnes concern\u00e9es elles-m\u00eames. Elle ajoute qu\u2019il est disproportionn\u00e9 que l\u2019autorit\u00e9 administrative ne dispose pas d\u2019un pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation. Elle observe, \u00e0 l\u2019appui de plusieurs exemples, qu\u2019il r\u00e9sulte du caract\u00e8re large de la notion de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel que toute personne exer\u00e7ant une quelconque activit\u00e9 professionnelle a n\u00e9cessairement acc\u00e8s \u00e0 de telles donn\u00e9es. Elle souligne en outre que le RGPD ne pr\u00e9voit aucune incompatibilit\u00e9 de professions et que l\u2019exigence de lic\u00e9it\u00e9 du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel (article 6 du RGPD) est respect\u00e9e, d\u00e8s lors que la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 est encadr\u00e9e par la loi du 19 juillet 1991 et que celle d\u2019agent immobilier est encadr\u00e9e par la loi du 11 f\u00e9vrier 2013 \u00ab organisant la profession d\u2019agent immobilier \u00bb et par l\u2019arr\u00eat\u00e9 royal du 29 juin 2018 \u00ab portant approbation du code de d\u00e9ontologie de l\u2019Institut professionnel des agents immobiliers \u00bb. Elle observe que les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 19 juillet 1991 font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des professions qui ne sont nullement comparables aux agents immobiliers, lesquels n\u2019ont acc\u00e8s qu\u2019aux donn\u00e9es que leurs clients leur communiquent librement. Selon elle, la r\u00e9f\u00e9rence faite par le Conseil des ministres \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour n\u00b0 42\/94, pr\u00e9cit\u00e9, n\u2019est pas pertinente. Elle conteste \u00e9galement la position du Conseil des ministres quant \u00e0 l\u2019ampleur des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel accessibles \u00e0 un agent immobilier. Elle souligne que sa d\u00e9ontologie lui imposerait de refuser une mission d\u2019enqu\u00eate portant sur un client de son activit\u00e9 d\u2019agent immobilier. Elle conclut que, pour la cat\u00e9gorie sp\u00e9cifique \u00e0 laquelle elle appartient, la restriction des droits garantis \u00e0 l\u2019article 23 de la Constitution est discriminatoire.<br \/>\n       Ensuite, Val\u00e9rie Conradt rel\u00e8ve qu\u2019il est en l\u2019occurrence question d\u2019un conflit entre des droits fondamentaux, \u00e0 savoir, d\u2019une part, le droit \u00e0 la protection des donn\u00e9es et, d\u2019autre part, le droit au travail, le droit au libre choix d\u2019une activit\u00e9 professionnelle et le droit \u00e0 une r\u00e9mun\u00e9ration \u00e9quitable. Selon elle, un tel conflit ne trouve sa solution que dans un contr\u00f4le de proportionnalit\u00e9. Elle fait valoir que la disposition en cause, en ce qu\u2019elle exclut d\u2019office de l\u2019exercice \u00e0 titre accessoire de la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 toute personne ayant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, ne respecte pas l\u2019exigence de n\u00e9cessit\u00e9. Elle rel\u00e8ve qu\u2019une mesure alternative moins contraignante, \u00e0 savoir l\u2019examen circonstanci\u00e9 de chaque demande, serait possible.<br \/>\n       A.2.2. Val\u00e9rie Conradt observe que la future loi \u00ab r\u00e9glementant la recherche priv\u00e9e \u00bb ne pr\u00e9voit plus une telle interdiction d\u2019exercer toute autre activit\u00e9, quelle qu\u2019elle soit, donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel. Elle rel\u00e8ve que l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es, dans son avis n\u00b0 127\/2020 du 27 novembre 2020<br \/>\n       sur l\u2019avant-projet de loi qui a abouti \u00e0 la nouvelle loi, a soulign\u00e9 le caract\u00e8re trop strict de l\u2019interdiction pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991, tout en mettant en \u00e9vidence le risque d\u2019un exc\u00e8s de souplesse. Sur ce dernier point, elle soutient que les exemples que l\u2019Autorit\u00e9 de protection des donn\u00e9es rel\u00e8ve dans son avis ne sont toutefois nullement similaires \u00e0 la situation d\u2019un agent immobilier. Elle observe que l\u2019expos\u00e9 des motifs de cette future loi confirme que l\u2019interdiction pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 est une r\u00e8gle trop absolue. Selon elle, l\u2019incompatibilit\u00e9 qui est d\u00e9sormais pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 30, alin\u00e9a 1er, 4\u00b0, de la future loi ne concerne pas la situation dans laquelle elle se trouve.<br \/>\n       5<br \/>\n       Dans son m\u00e9moire compl\u00e9mentaire, elle ajoute que la future loi n\u2019aura pas d\u2019incidence directe sur sa situation.<br \/>\n       D\u00e8s lors que la l\u00e9galit\u00e9 d\u2019un acte administratif s\u2019appr\u00e9cie au moment de son adoption, l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la nouvelle l\u00e9gislation n\u2019aura pas d\u2019incidence sur le recours en annulation pendant devant la juridiction a quo et la r\u00e9ponse \u00e0 la question pr\u00e9judicielle reste pertinente. Elle pr\u00e9cise que, pour l\u2019avenir, elle pourrait introduire une nouvelle demande d\u2019autorisation pour exercer \u00e0 titre accessoire la profession d\u2019enqu\u00eateur priv\u00e9, sur la base de la nouvelle l\u00e9gislation.<br \/>\n       -B-<br \/>\n       Quant \u00e0 la disposition en cause et \u00e0 son contexte<br \/>\n       B.1. La question pr\u00e9judicielle porte sur l\u2019interdiction d\u2019exercer simultan\u00e9ment la profession de d\u00e9tective priv\u00e9, en l\u2019occurrence \u00e0 titre accessoire, et une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel. La disposition en cause est l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 \u00ab organisant la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00bb (ci-apr\u00e8s :<br \/>\n       la loi du 19 juillet 1991), telle qu\u2019elle \u00e9tait applicable avant son abrogation par la loi du 18 mai 2024 \u00ab r\u00e9glementant la recherche priv\u00e9e \u00bb.<br \/>\n       B.2. La loi du 19 juillet 1991 vise \u00e0 r\u00e9glementer strictement la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 et \u00e0 en limiter l\u2019acc\u00e8s, en raison du risque de violation de la vie priv\u00e9e des citoyens li\u00e9 \u00e0 l\u2019exercice de cette profession. L\u2019expos\u00e9 des motifs du projet \u00e0 l\u2019origine de cette loi indique :<br \/>\n       \u00ab Le pr\u00e9sent projet de loi tend \u00e0 soumettre la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00e0 une r\u00e9glementation sp\u00e9cifique et restrictive. Il ne vise nullement \u00e0 favoriser une augmentation du nombre de d\u00e9tectives ou \u00e0 accorder aux d\u00e9tectives des facilit\u00e9s particuli\u00e8res. Les d\u00e9tectives sont et demeurent en effet des particuliers qui s\u2019occupent de la vie priv\u00e9e d\u2019autres particuliers &#8211; leurs concitoyens &#8211; et il n\u2019entre pas dans l\u2019intention du Gouvernement de stimuler pareilles activit\u00e9s.<br \/>\n       C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que les d\u00e9tectives priv\u00e9s sont d\u2019un point de vue professionnel souvent int\u00e9ress\u00e9s par des faits qui concernent la vie priv\u00e9e de leurs concitoyens que la profession ne peut \u00eatre accessible qu\u2019aux personnes dignes de confiance qui n\u2019utilisent pas de m\u00e9thodes non autoris\u00e9es \u00bb (Doc. parl., S\u00e9nat, 1990-1991, n\u00b0 1259\/1, p. 1).<br \/>\n       Lors des discussions en commission au S\u00e9nat, le ministre comp\u00e9tent a soulign\u00e9 que l\u2019objectif est d\u2019\u00ab assainir \u00bb le secteur des d\u00e9tectives priv\u00e9s et d\u2019\u00ab emp\u00eacher le secteur de s\u2019\u00e9tendre \u00bb (Doc. parl., S\u00e9nat, 1990-1991, n\u00b0 1259\/2, pp. 7-8). Il a expos\u00e9 que \u00ab l\u2019intention premi\u00e8re du projet [&#8230;] est de d\u00e9courager l\u2019afflux de candidats d\u00e9tectives priv\u00e9s \u00bb, autrement<br \/>\n       6<br \/>\n       dit qu\u2019il s\u2019agit de \u00ab r\u00e9duire autant que faire se peut le nombre de d\u00e9tectives priv\u00e9s \u00bb (ibid., pp. 10 et 16).<br \/>\n       B.3. En vertu de l\u2019article 1er de la loi du 19 juillet 1991, est en principe consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9tective priv\u00e9 \u00ab toute personne physique qui, dans un lien de subordination ou non, exerce habituellement, contre r\u00e9mun\u00e9ration et pour le compte d\u2019autrui, des activit\u00e9s consistant \u00e0 \u00bb<br \/>\n       \u00ab 1. rechercher des personnes disparues ou des biens perdus ou vol\u00e9s \u00bb, \u00ab 2. recueillir des informations relatives \u00e0 l\u2019\u00e9tat civil, \u00e0 la conduite, \u00e0 la moralit\u00e9 et \u00e0 la solvabilit\u00e9 de personnes \u00bb, \u00ab 3. r\u00e9unir des \u00e9l\u00e9ments de preuve ou constater des faits qui donnent ou peuvent donner lieu \u00e0 des conflits entre personnes ou qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9s pour mettre fin \u00e0 ces conflits \u00bb, \u00ab 4. rechercher des activit\u00e9s d\u2019espionnage industriel \u00bb ou \u00ab 5. exercer toute autre activit\u00e9 d\u00e9finie par un arr\u00eat\u00e9 royal d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 en Conseil des ministres \u00bb.<br \/>\n       B.4. En vertu de l\u2019article 2 de la loi du 19 juillet 1991, l\u2019exercice de la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 est soumis \u00e0 l\u2019autorisation du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. L\u2019autorisation a une dur\u00e9e de cinq ans et peut \u00eatre renouvel\u00e9e pour des p\u00e9riodes de dix ans.<br \/>\n       B.5.1. L\u2019article 3 de la loi du 19 juillet 1991 fixe les conditions d\u2019octroi de l\u2019autorisation.<br \/>\n       Tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par la loi du 30 d\u00e9cembre 1996 \u00ab modifiant la loi du 19 juillet 1991<br \/>\n       organisant la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00bb (ci-apr\u00e8s : la loi du 30 d\u00e9cembre 1996), l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, de la loi du 19 juillet 1991 dispose :<br \/>\n       \u00ab Lorsque le demandeur a un lieu d\u2019\u00e9tablissement en Belgique, l\u2019autorisation n\u2019est accord\u00e9e que s\u2019il remplit les conditions suivantes :<br \/>\n       [&#8230;]<br \/>\n       3\u00b0 ne pas exercer simultan\u00e9ment d\u2019activit\u00e9s dans une entreprise de gardiennage, une entreprise de s\u00e9curit\u00e9 ou un service interne de gardiennage, des activit\u00e9s relatives \u00e0 la fabrication, au commerce et au port d\u2019armes et au commerce de munitions ou tout[e] autre activit\u00e9 qui, du fait qu\u2019elle est exerc\u00e9e par un d\u00e9tective priv\u00e9, peut constituer un danger pour l\u2019ordre public ou pour la s\u00fbret\u00e9 int\u00e9rieure ou ext\u00e9rieure de l\u2019Etat.<br \/>\n       Est consid\u00e9r\u00e9 d\u2019office comme constituant un danger pour l\u2019ordre public au sens de l\u2019alin\u00e9a 1er, l\u2019exercice concomitant de la profession de d\u00e9tective et d\u2019une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, sauf si la profession de d\u00e9tective est une composante inh\u00e9rente \u00e0 ladite activit\u00e9 \u00bb.<br \/>\n       7<br \/>\n       B.5.2. La condition pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er de l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, de la loi du 19 juillet 1991<br \/>\n       \u00e9tait en substance d\u00e9j\u00e0 contenue dans la version originaire de cette loi. Selon les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 19 juillet 1991, cette condition \u00ab tend \u00e0 \u00e9viter que le d\u00e9tective priv\u00e9 qui a assimil\u00e9 dans le cadre de sa profession certaines techniques de recherche ne repr\u00e9sente un danger pour l\u2019ordre public ou la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019Etat en raison de certaines de ses activit\u00e9s \u00bb (Doc.<br \/>\n       parl., S\u00e9nat, 1990-1991, n\u00b0 1259\/1, p. 7).<br \/>\n       B.5.3. L\u2019interdiction d\u2019exercer simultan\u00e9ment la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 et une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 2<br \/>\n       de l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, de la loi du 19 juillet 1991, a \u00e9t\u00e9 introduite par la loi du 30 d\u00e9cembre 1996.<br \/>\n       Cette incompatibilit\u00e9 est justifi\u00e9e comme suit :<br \/>\n       \u00ab De nombreuses fonctions, entre autres dans le domaine public, donnent acc\u00e8s \u00e0 des informations \u00e0 caract\u00e8re confidentiel que les personnes concern\u00e9es ne communiquent que parce que le d\u00e9positaire de l\u2019information est tenu \u00e0 la plus stricte discr\u00e9tion, au secret professionnel et \u00e0 un devoir de r\u00e9serve tr\u00e8s net.<br \/>\n       Il serait \u00e9videmment intol\u00e9rable qu\u2019une personne qui dispose de ces informations \u00e0 titre professionnel soit tent\u00e9e de les utiliser \u00e0 d\u2019autres fins en qualit\u00e9 de d\u00e9tective.<br \/>\n       La confusion d\u2019int\u00e9r\u00eats serait in\u00e9vitable \u00bb (Doc. parl., Chambre, 1995-1996, n\u00b0 557\/3, p. 2) ;<br \/>\n       \u00ab [l\u2019objectif de l\u2019amendement consiste \u00e0] instaurer une incompatibilit\u00e9 entre l\u2019exercice de la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 et l\u2019exercice d\u2019une activit\u00e9 professionnelle, notamment dans le secteur public, donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, sauf si la profession de d\u00e9tective est une composante inh\u00e9rente \u00e0 ladite activit\u00e9 \u00bb (Doc. parl., Chambre, 1995-1996, n\u00b0 557\/4, p. 13).<br \/>\n       L\u2019exception applicable lorsque la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 est une composante inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel est justifi\u00e9e comme suit :<br \/>\n       \u00ab L\u2019exception pr\u00e9vue vise en fait [la] personne travaillant pour le compte de compagnies d\u2019assurances ou de banques qui, outre sa fonction administrative, est charg\u00e9 \u00e0 titre accessoire de proc\u00e9der \u00e0 certaines enqu\u00eates, notamment dans le domaine du r\u00e8glement des contentieux \u00bb<br \/>\n       (Doc. parl., Chambre, 1995-1996, n\u00b0 557\/3, p. 2).<br \/>\n       8<br \/>\n       B.6. L\u2019article 4 de la loi du 19 juillet 1991 pose le principe selon lequel la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 ne peut \u00eatre exerc\u00e9e qu\u2019\u00e0 titre principal et il d\u00e9termine les cas o\u00f9 il peut \u00eatre d\u00e9rog\u00e9 \u00e0 ce principe. Cet article dispose :<br \/>\n       \u00ab La profession de d\u00e9tective priv\u00e9 ne peut \u00eatre exerc\u00e9e qu\u2019\u00e0 titre principal, sauf d\u00e9rogation accord\u00e9e par le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur ou par un agent qu\u2019il a d\u00e9sign\u00e9.<br \/>\n       La d\u00e9rogation vis\u00e9e \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 1er pourra \u00eatre accord\u00e9e :<br \/>\n       &#8211; soit au d\u00e9tective priv\u00e9 dont l\u2019activit\u00e9 constitue une composante inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019activit\u00e9 principale;<br \/>\n       &#8211; soit au d\u00e9tective priv\u00e9 qui obtient pour la premi\u00e8re fois l\u2019autorisation d\u2019exercer la profession. Dans ce cas l\u2019autorisation d\u2019exercice \u00e0 titre accessoire ne sera conf\u00e9r\u00e9e que pour le premier terme de cinq ans \u00bb.<br \/>\n       La facult\u00e9 de d\u00e9rogation lors des cinq premi\u00e8res ann\u00e9es vise \u00e0 donner \u00ab \u00e0 un d\u00e9tective d\u00e9butant, qui ne peut probablement que difficilement commencer \u00e0 temps plein, l\u2019occasion de d\u00e9velopper son entreprise \u00bb (Doc. parl., S\u00e9nat, 1990-1991, n\u00b0 1259\/1, p. 8). Les d\u00e9rogations doivent \u00eatre limit\u00e9es \u00ab afin d\u2019exclure tout amateurisme dans l\u2019exercice de la profession \u00bb (Doc.<br \/>\n       parl., Chambre, 1995-1996, n\u00b0 557\/3, p. 3).<br \/>\n       Quant au fond<br \/>\n       B.7.1. Il ressort du libell\u00e9 de la question pr\u00e9judicielle et des motifs de la d\u00e9cision de renvoi que la Cour est interrog\u00e9e sur la compatibilit\u00e9 de l\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 avec le droit au travail et au libre choix d\u2019une activit\u00e9 professionnelle garanti \u00e0 l\u2019article 23 de la Constitution, en ce que l\u2019exercice concomitant d\u2019une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel s\u2019oppose, sans distinction selon le type de donn\u00e9es, \u00e0 l\u2019octroi d\u2019une autorisation d\u2019exercer \u00e0 titre accessoire la profession de d\u00e9tective priv\u00e9, sauf si la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 est une composante inh\u00e9rente \u00e0 ladite activit\u00e9.<br \/>\n       9<br \/>\n       B.7.2. \u00c0 d\u00e9faut de d\u00e9finition sp\u00e9cifique de la notion de \u00ab donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u00bb<br \/>\n       dans la loi du 19 juillet 1991, la juridiction a quo interpr\u00e8te cette notion selon la d\u00e9finition qui en est donn\u00e9e dans la r\u00e9glementation g\u00e9n\u00e9rale en mati\u00e8re de protection des donn\u00e9es.<br \/>\n       Tel qu\u2019il \u00e9tait applicable lors de l\u2019adoption de la loi du 30 d\u00e9cembre 1996, l\u2019article 1er, \u00a7 5, de la loi du 8 d\u00e9cembre 1992 \u00ab relative \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard des traitements de donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u00bb disposait :<br \/>\n       \u00ab Sont r\u00e9put\u00e9es \u2018 \u00e0 caract\u00e8re personnel \u2019, les donn\u00e9es relatives \u00e0 une personne physique identifi\u00e9e ou identifiable \u00bb.<br \/>\n       Actuellement, l\u2019article 4, 1), du r\u00e8glement (UE) 2016\/679 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 27 avril 2016 \u00ab relatif \u00e0 la protection des personnes physiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard du traitement des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel et \u00e0 la libre circulation de ces donn\u00e9es, et abrogeant la directive 95\/46\/CE (r\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral sur la protection des donn\u00e9es) \u00bb dispose :<br \/>\n       \u00ab Aux fins du pr\u00e9sent r\u00e8glement, on entend par:<br \/>\n       1) \u2018 donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel \u2019, toute information se rapportant \u00e0 une personne physique identifi\u00e9e ou identifiable (ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9e \u2018 personne concern\u00e9e \u2019); est r\u00e9put\u00e9e \u00eatre une \u2018 personne physique identifiable \u2019 une personne physique qui peut \u00eatre identifi\u00e9e, directement ou indirectement, notamment par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un identifiant, tel qu\u2019un nom, un num\u00e9ro d\u2019identification, des donn\u00e9es de localisation, un identifiant en ligne, ou \u00e0 un ou plusieurs \u00e9l\u00e9ments sp\u00e9cifiques propres \u00e0 son identit\u00e9 physique, physiologique, g\u00e9n\u00e9tique, psychique, \u00e9conomique, culturelle ou sociale \u00bb.<br \/>\n       La Cour examine la question pr\u00e9judicielle en tenant compte de cette interpr\u00e9tation de la juridiction a quo.<br \/>\n       B.8.1. L\u2019article 23 de la Constitution dispose :<br \/>\n       \u00ab Chacun a le droit de mener une vie conforme \u00e0 la dignit\u00e9 humaine.<br \/>\n       A cette fin, la loi, le d\u00e9cret ou la r\u00e8gle vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 134 garantissent, en tenant compte des obligations correspondantes, les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels, et d\u00e9terminent les conditions de leur exercice.<br \/>\n       Ces droits comprennent notamment :<br \/>\n       10<br \/>\n       1\u00b0 le droit au travail et au libre choix d\u2019une activit\u00e9 professionnelle dans le cadre d\u2019une politique g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019emploi, visant entre autres \u00e0 assurer un niveau d\u2019emploi aussi stable et \u00e9lev\u00e9 que possible, le droit \u00e0 des conditions de travail et \u00e0 une r\u00e9mun\u00e9ration \u00e9quitables, ainsi que le droit d\u2019information, de consultation et de n\u00e9gociation collective;<br \/>\n       [&#8230;] \u00bb.<br \/>\n       B.8.2. L\u2019article 23 de la Constitution contient une obligation de standstill qui interdit au l\u00e9gislateur comp\u00e9tent de r\u00e9duire significativement, sans justification raisonnable, le degr\u00e9 de protection offert par la l\u00e9gislation applicable.<br \/>\n       B.9. En mati\u00e8re socio-\u00e9conomique, le l\u00e9gislateur comp\u00e9tent dispose d\u2019un large pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation en vue de d\u00e9terminer les mesures \u00e0 adopter pour tendre vers les objectifs qu\u2019il s\u2019est fix\u00e9s.<br \/>\n       B.10. Il ressort des travaux pr\u00e9paratoires mentionn\u00e9s en B.2 que l\u2019objectif principal du l\u00e9gislateur est de prot\u00e9ger la vie priv\u00e9e des citoyens, en r\u00e9glementant strictement la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 et en limitant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 cette profession. C\u2019est \u00e0 la lumi\u00e8re de cet objectif principal que doit \u00eatre lue la disposition en cause, de sorte qu\u2019il ne peut \u00eatre d\u00e9duit des travaux pr\u00e9paratoires mentionn\u00e9s en B.5.3 que la disposition en cause ne vise que des donn\u00e9es confidentielles. La disposition en cause tend \u00e0 pr\u00e9venir les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats et vise \u00e0 \u00e9viter qu\u2019une personne utilise pour une activit\u00e9 de d\u00e9tective priv\u00e9 les donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel auxquelles une autre activit\u00e9 professionnelle lui donne acc\u00e8s. Ces objectifs sont l\u00e9gitimes.<br \/>\n       B.11. Lorsqu\u2019en raison du risque d\u2019atteinte \u00e0 la vie priv\u00e9e des citoyens qu\u2019implique l\u2019activit\u00e9 de d\u00e9tective priv\u00e9, le l\u00e9gislateur souhaite que l\u2019acc\u00e8s \u00e0 cette profession soit limit\u00e9 et qu\u2019il soit r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 des personnes pr\u00e9sentant les garanties suffisantes \u00e0 tous \u00e9gards, l\u2019exigence de conditions d\u2019acc\u00e8s strictes \u00e0 cette profession constitue un moyen ad\u00e9quat pour atteindre ce but.<br \/>\n       B.12. Compte tenu des objectifs mentionn\u00e9s en B.10, du large pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation du l\u00e9gislateur en la mati\u00e8re et de la diversit\u00e9 des situations qui peuvent se pr\u00e9senter, le l\u00e9gislateur a raisonnablement pu pr\u00e9voir une incompatibilit\u00e9 applicable de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 toute activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, plut\u00f4t qu\u2019\u00e9tablir une<br \/>\n       11<br \/>\n       distinction selon le type de donn\u00e9es ou conf\u00e9rer \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 administrative un pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation \u00e0 cet \u00e9gard.<br \/>\n       Au regard des objectifs mentionn\u00e9s en B.10, il est sans incidence que la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 serait, si elle \u00e9tait exerc\u00e9e simultan\u00e9ment avec une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, la profession exerc\u00e9e \u00e0 titre principal ou celle exerc\u00e9e \u00e0 titre accessoire.<br \/>\n       B.13. La disposition en cause ne produit pas des effets disproportionn\u00e9s pour les personnes souhaitant exercer la profession de d\u00e9tective priv\u00e9. Cette disposition concerne seulement l\u2019exercice concomitant de la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 et d\u2019une activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel. Elle n\u2019emp\u00eache d\u00e8s lors pas que la personne concern\u00e9e puisse exercer la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 apr\u00e8s avoir cess\u00e9 d\u2019exercer l\u2019activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel. Par ailleurs, le l\u00e9gislateur a pr\u00e9vu une exception lorsque la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 est une composante inh\u00e9rente \u00e0 l\u2019activit\u00e9 professionnelle donnant acc\u00e8s \u00e0 des donn\u00e9es \u00e0 caract\u00e8re personnel, comme cela est expliqu\u00e9 en B.5.3.<br \/>\n       B.14. Enfin, le fait qu\u2019une nouvelle r\u00e8gle d\u2019incompatibilit\u00e9 ait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue par une nouvelle l\u00e9gislation ne permet pas d\u2019aboutir \u00e0 une autre conclusion. La circonstance que le l\u00e9gislateur consid\u00e8re qu\u2019une nouvelle r\u00e8gle est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 l\u2019ancienne ne suffit pas \u00e0 d\u00e9montrer que la disposition ant\u00e9rieure serait incompatible avec l\u2019article 23 de la Constitution.<br \/>\n       B.15. Sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire d\u2019examiner si l\u2019incompatibilit\u00e9 pr\u00e9vue par la disposition en cause, introduite par la loi du 30 d\u00e9cembre 1996, entra\u00eene une r\u00e9duction significative du degr\u00e9 de protection du droit au travail et au libre choix d\u2019une activit\u00e9 professionnelle, il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que la mesure en cause est raisonnablement justifi\u00e9e.<br \/>\n       B.16. L\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 est compatible avec l\u2019article 23 de la Constitution.<br \/>\n       12<br \/>\n       Par ces motifs,<br \/>\n       la Cour<br \/>\n       dit pour droit :<br \/>\n       L\u2019article 3, \u00a7 1er, 3\u00b0, alin\u00e9a 2, de la loi du 19 juillet 1991 \u00ab organisant la profession de d\u00e9tective priv\u00e9 \u00bb ne viole pas l\u2019article 23 de la Constitution.<br \/>\n       Ainsi rendu en langue fran\u00e7aise et en langue n\u00e9erlandaise, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 65 de la loi sp\u00e9ciale du 6 janvier 1989 sur la Cour constitutionnelle, le 6 f\u00e9vrier 2025.<br \/>\n       Le greffier, Le pr\u00e9sident,<br \/>\n       Frank Meersschaut Pierre Nihoul<\/p>\n<p>Document PDF ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019\n       <\/p>\n<p>            Publication(s) li\u00e9e(s)              <\/p>\n<p>citant:<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:1994:ARR.042         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:GHCC:1998:ARR.037         <\/p>\n<p>cit\u00e9 par:<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2025:ARR.263.422         <\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ECLI:BE:RVSCE:2025:ARR.263.938         <\/p>\n<p>        <!-- Commandes de navigation page d\u00e9tail--> <\/p>\n<p>                  Imprimer cette page<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>          Taille d&#8217;impression          <\/p>\n<p>            S<br \/>\n            M<br \/>\n            L<br \/>\n            XL<\/p>\n<p>          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Nouvelle recherche JUPORTAL<br \/>\n          &nbsp; <\/p>\n<p>                  Fermer l&#8217;onglet          <\/p>\n<p>        <!-- Fin commandes de navigation page d\u00e9tail --><\/p>\n<p><!-- Action LOG \nfunction JUPORTARecordLogViewDecision  $iubel_id        : 281137\n                                       $action_type     : VIEW\n                                      &amp;$action_startmt  : 1779942121.3493\n                                      &amp;$action_duration : 59\n                                      &amp;$addressipremote : 103.115.10.116\n                                      &amp;$latitude        : '39.0469000'\n                                      &amp;$longitude       : '-77.4903000'\n                                      &amp;$accuracy        : null\n                                      &amp;$altitude        : null\n                                      &amp;$langue_view     : FR\n--><br \/>\n<!-- Action_duration 59 millisec --><br \/>\n      <!-- end of main block (division \"content\") --><\/p>\n<p>    <!-- end of division \"page_main\" --><\/p>\n<p>              &#9993; info-JUPORTAL@just.fgov.be<\/p>\n<p>              &copy;&nbsp; 2017-2026&nbsp;Service ICT &#8211; SPF Justice<\/p>\n<p>  <!-- end of division \"conteneur\" --><\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><\/p>\n<p>\n          Powered by PHP 8.5.0\n      <\/p>\n<p>\n          Server Software Apache\/2.4.66\n      <\/p>\n<p>\n          == Fluctuat nec mergitur ==\n      <\/p>\n<p>  <!-- Balloon system info --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa Start --><br \/>\n          <!-- BalloonObjectPrepa End --><\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/juportal.be\/content\/ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019\/FR\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>JUPORTAL. L avertissement officiel du portail precise qu il n existe pas de droit d auteur sur les arrets et jugements.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge Imprimer cette page Taille d&#8217;impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l&#8217;onglet Cour constitutionnelle (Cour d&#8217;arbitrage) Jugement\/arr\u00eat du 06 f\u00e9vrier 2025 No ECLI: ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019 No Arr\u00eat\/No R\u00f4le: 19\/2025 Domaine juridique: Droit constitutionnel Date d&#8217;introduction: 2025-02-17 Consultations: 399 &#8211; derni\u00e8re vue 2026-05-28 05:07 Version(s): Version NL Version DE Fiche Th\u00e9saurus&#8230;<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":[],"kji_country":[7731],"kji_court":[160307],"kji_chamber":[],"kji_year":[],"kji_subject":[7660],"kji_keyword":[7735,43330,7734,27026,25015],"kji_language":[7733],"class_list":["post-1226346","kji_decision","type-kji_decision","status-publish","hentry","kji_country-belgique","kji_court-eclibeghcc2025arr-019","kji_subject-constitutionnel","kji_keyword-article","kji_keyword-detective","kji_keyword-donnees","kji_keyword-prive","kji_keyword-profession","kji_language-francais"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.9 (Yoast SEO v27.9) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge Imprimer cette page Taille d&#039;impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l&#039;onglet Cour constitutionnelle (Cour d&#039;arbitrage) Jugement\/arr\u00eat du 06 f\u00e9vrier 2025 No ECLI: ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019 No Arr\u00eat\/No R\u00f4le: 19\/2025 Domaine juridique: Droit constitutionnel Date d&#039;introduction: 2025-02-17 Consultations: 399 - derni\u00e8re vue 2026-05-28 05:07 Version(s): Version NL Version DE Fiche Th\u00e9saurus...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"29 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2025arr-019\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2025arr-019\\\/\",\"name\":\"ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2026-07-01T07:25:29+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2025arr-019\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2025arr-019\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/eclibeghcc2025arr-019\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/criminal-law-attorneys-in-paris-counsel-and-strategic-defense\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Jurisprudences\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/jurisprudences\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"description\":\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#organization\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/05\\\/Logo-Kohen-1000.webp\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/05\\\/Logo-Kohen-1000.webp\",\"width\":1000,\"height\":1000,\"caption\":\"Kohen Avocats\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/en\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019","og_description":"JUPORTAL Base de donn\u00e9es publique de la jurisprudence belge Imprimer cette page Taille d'impression S M L XL Nouvelle recherche JUPORTAL Fermer l'onglet Cour constitutionnelle (Cour d'arbitrage) Jugement\/arr\u00eat du 06 f\u00e9vrier 2025 No ECLI: ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019 No Arr\u00eat\/No R\u00f4le: 19\/2025 Domaine juridique: Droit constitutionnel Date d'introduction: 2025-02-17 Consultations: 399 - derni\u00e8re vue 2026-05-28 05:07 Version(s): Version NL Version DE Fiche Th\u00e9saurus...","og_url":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/","og_site_name":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Est. reading time":"29 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/","name":"ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#website"},"datePublished":"2026-07-01T07:25:29+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/eclibeghcc2025arr-019\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/criminal-law-attorneys-in-paris-counsel-and-strategic-defense\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jurisprudences","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/jurisprudences\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"ECLI:BE:GHCC:2025:ARR.019"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#website","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/","name":"Kohen Avocats","description":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.","publisher":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#organization","name":"Kohen Avocats","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Logo-Kohen-1000.webp","contentUrl":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Logo-Kohen-1000.webp","width":1000,"height":1000,"caption":"Kohen Avocats"},"image":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision\/1226346","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision"}],"about":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/kji_decision"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1226346"}],"wp:term":[{"taxonomy":"kji_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_country?post=1226346"},{"taxonomy":"kji_court","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_court?post=1226346"},{"taxonomy":"kji_chamber","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_chamber?post=1226346"},{"taxonomy":"kji_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_year?post=1226346"},{"taxonomy":"kji_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_subject?post=1226346"},{"taxonomy":"kji_keyword","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_keyword?post=1226346"},{"taxonomy":"kji_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/kji_language?post=1226346"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}