{"id":562033,"date":"2026-04-14T23:12:06","date_gmt":"2026-04-14T21:12:06","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-de-cassation-4-decembre-2025-n-2025-00080\/"},"modified":"2026-04-14T23:12:10","modified_gmt":"2026-04-14T21:12:10","slug":"cour-de-cassation-4-decembre-2025-n-2025-00080","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-4-decembre-2025-n-2025-00080\/","title":{"rendered":"Cour de cassation, 4 d\u00e9cembre 2025, n\u00b0 2025-00080"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>N\u00b0167\/ 2025 du04.12.2025 Num\u00e9ro CAS-2025-00080du registre Audience publique de la Cour de cassation du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg du jeudi,quatre d\u00e9cembredeux mille vingt-cinq. Composition: Gilles HERRMANN, conseiller \u00e0 la Cour decassation,pr\u00e9sident, Rita BIEL, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Marianne EICHER, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Carole KERSCHEN,conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Jo\u00eblle GEHLEN,premier conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel, Daniel SCHROEDER, greffier \u00e0 la Cour. Entre PERSONNE1.),demeurant \u00e0 L-ADRESSE1.), demanderesseen cassation, comparant parMa\u00eetre Marc BECKER,avocat \u00e0 la Cour,en l\u2019\u00e9tude duquel domicile est \u00e9lu, et l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG , repr\u00e9sent\u00e9 par leMinistre d\u2019Etat, ayant ses bureaux \u00e0 L-1341 Luxembourg, 2, Place de Clairefontaine, d\u00e9fendeur en cassation, comparant parMa\u00eetre Fran\u00e7ois KAUFFMAN,avocat \u00e0 la Cour,en l\u2019\u00e9tude duquel domicile est \u00e9lu.<\/p>\n<p>2 Vu l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9num\u00e9ro 2025\/0053rendu le27f\u00e9vrier2025sous lenum\u00e9ro du registreADEM2024\/0189par le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale; Vu le m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le25avril2025parPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DELUXEMBOURG (ci-apr\u00e8s\u00abl\u2019ETAT\u00bb), d\u00e9pos\u00e9 le29 avril 2025au greffe de la Coursup\u00e9rieure de Justice; Vu le m\u00e9moireen r\u00e9ponsesignifi\u00e9 le20juin2025parl\u2019ETAT\u00e0 PERSONNE1.),d\u00e9pos\u00e9 le25juin2025au greffe de la Cour; Sur les conclusionsdu procureurg\u00e9n\u00e9rald\u2019Etatadjoint Marie-Jeanne KAPPWEILER. Sur les faits Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9,l\u2019Agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi (ci-apr\u00e8s \u00abl\u2019ADEM \u00bb),retenantquela demanderesse en cassationn\u2019\u00e9tait pas \u00e0 consid\u00e9rer comme ch\u00f4meur involontaire, avait d\u00e9cid\u00e9 que ledroit aupaiementdesindemnit\u00e9s de ch\u00f4mage completn\u2019\u00e9tait pas \u00e0 maintenir au-del\u00e0 d\u2019une certaine date.La Commission sp\u00e9ciale de r\u00e9examenavait d\u00e9clar\u00e9 non fond\u00e9 lerecoursdela demanderesse en cassationcontre lad\u00e9cision de l\u2019ADEM.LeConseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale avaitconfirm\u00e9 cetted\u00e9cision. Le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, apr\u00e8savoirrejet\u00e9une farde de pi\u00e8ces,renfermant notamment un corps de conclusions,et un moyen de nullit\u00e9, adit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de poserune question pr\u00e9judicielle\u00e0 la Cour constitutionnelleet aconfirm\u00e9 le jugement. Sur le premier moyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi pour refus d\u2019appliquer l\u2019article L 621-1 du code du travail en jugeant comme suit&lt;&lt;\u2026dit l\u2019appel non fond\u00e9\u2026&gt;&gt;; Aux motifs que l\u2019article L 621-1 du code du travail met notamment \u00e0 la charge de l\u2019Agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi l\u2019obligation&lt;&lt;\u2026 d\u2019accompagner, de conseiller, d\u2019orienter et d\u2019aider les personnes \u00e0 la recherche d\u2019un emploi\u2026..d\u2019assurer l\u2019orientation, la formation, la r\u00e9\u00e9ducation, l\u2019int\u00e9gration et la r\u00e9int\u00e9gration professionnelles ainsi que le suivi des salari\u00e9shandicap\u00e9s et des salari\u00e9s \u00e0 capacit\u00e9 de travail r\u00e9duite\u2026&gt;&gt;, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi s\u2019est born\u00e9e \u00e0 proposer, le 11 ao\u00fbt 2022, un emploi d\u00e9nomm\u00e9&lt;&lt;service de proximit\u00e9&gt;&gt;insuffisamment d\u00e9fini, comme tel inop\u00e9rant, au CIGR Wiltz qui imposait, pour pouvoir \u00eatre tenu, la d\u00e9tention du permis de conduire B et la connaissance d\u2019une des trois langues vernaculaires du Luxembourg, soit le<\/p>\n<p>3 luxembourgeois, le fran\u00e7ais ou l\u2019allemand, conditions cumulatives que la demanderesse en cassation ne remplit pas; alors que si incontestablement l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi a aid\u00e9 la demanderesse en cassation \u00e0 la&lt;&lt;\u2026recherche d\u2019un emploi\u2026&gt;&gt;qui cependant ne lui \u00e9tait pas appropri\u00e9 au motif qu\u2019elle ne remplissait pas les conditions pos\u00e9es \u00e0 sa tenue, si incontestablement l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi l\u2019a aid\u00e9e en lui permettant d\u2019obtenir l\u2019indemnisation d\u2019une partie de sa p\u00e9riode de ch\u00f4mage involontaire, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que la demanderesse en cassation a subi un licenciement pour motif \u00e9conomique qu\u2019elle n\u2019a pas voulu et qu\u2019elle a subi \u00e0 son corps d\u00e9fendant, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a ex\u00e9cut\u00e9 aucune des autres obligations que l\u2019article L 621-1 du code du travail met \u00e0 sa charge qui sont notamment celles&lt;&lt;\u2026d\u2019accompagner, de conseiller, d\u2019orienter\u2026\u2026. les personnes \u00e0 la recherche d\u2019un emploi\u2026..d\u2019assurer l\u2019orientation, la formation, la r\u00e9\u00e9ducation, l\u2019int\u00e9gration et la r\u00e9int\u00e9gration professionnelles ainsi que le suivi des salari\u00e9s handicap\u00e9s et des salari\u00e9s \u00e0 capacit\u00e9 de travail r\u00e9duite\u2026&gt;&gt;; alors que l\u00e9galement elle le devait, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a pas accompagn\u00e9 la demanderesse en cassation, ne l\u2019a ni conseill\u00e9e ni orient\u00e9e vers les centres de formation et d\u2019apprentissage de la langue luxembourgeoise ou de renforcement de ses connaissances rudimentaires en allemand, afin de lui permettre d\u2019\u00e9largir ses possibilit\u00e9s d\u2019embauche et ne pas les limiter au seul secteur \u00e9triqu\u00e9 des emplois manuels ne n\u00e9cessitant qu\u2019une force physique suffisante; alors que l\u00e9galement elle le devait, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a pas assur\u00e9 l\u2019orientation, la formation, la r\u00e9\u00e9ducation, l\u2019int\u00e9gration et la r\u00e9int\u00e9gration professionnelles de la demanderesse en cassation en ne tenant pas compte que son niveau de scolarit\u00e9 peu \u00e9lev\u00e9 n\u00e9cessitant des actions correctives de \u00abformation\u00bb qui seules pouvaient lui permettre&lt;&lt;d\u2019augmenter\u2026capacit\u00e9s professionnelles&gt;&gt;et, ainsi, assurer&lt;&lt;l\u2019int\u00e9gration et la r\u00e9int\u00e9gration professionnelles&gt;&gt;; alors que l\u00e9galement elle le devait, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a pas assur\u00e9 le suivi de la demanderesse en cassation, salari\u00e9e&lt;&lt;\u2026\u00e0 capacit\u00e9 de travail r\u00e9duite\u2026&gt;&gt;, d\u2019une part, en n\u2019adaptant pas son offre du 11 ao\u00fbt 2022, en r\u00e9alit\u00e9 la seule offre d\u2019emploi, \u00e0 ses capacit\u00e9s physiques et mentales, et, d\u2019autre part, en ne l\u2019orientant pas vers des centres de r\u00e9\u00e9ducation charg\u00e9s de corriger les aspects invalidants de ses affections qui limitaient, voire lui fermaient l\u2019acc\u00e8s au march\u00e9 de l\u2019emploi; alors que l\u00e9galement elle le devait, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a ni accompagn\u00e9, ni conseill\u00e9 la demanderesse en cassation en vue de pr\u00e9parer ses rencontres \u00e0 intervalles r\u00e9guliers afin que par une mesure appropri\u00e9e telle que la pr\u00e9sence souhait\u00e9e de l\u2019\u00e9poux parfait polyglotte polonais, fran\u00e7ais et allemand pour tenir le r\u00f4le n\u00e9cessaire d\u2019interpr\u00e8te, telle que le recours \u00e0 des personnels de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi maitrisant la langue polonaise, telle que la communication pr\u00e9alable de la liste des points \u00e0 aborder lors des entretiens afin que l\u2019int\u00e9ress\u00e9e puisse pr\u00e9parer ses r\u00e9ponses \u00e0 domicile gr\u00e2ce \u00e0<\/p>\n<p>4 l\u2019aide de son \u00e9poux polyglotte polonais, fran\u00e7ais et allemand, ou toute autre mesure d\u2019effet \u00e9quivalent qui, sans n\u00e9cessiter une traduction syst\u00e9matique en polonais que la demanderesse en cassation n\u2019a jamais revendiqu\u00e9e, puissent lui permettre de comprendre les propos parfois en allemand mais quasi exclusivement en fran\u00e7ais que les employ\u00e9s de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi ont tenus en sa pr\u00e9sence lors des rencontres auxquelles elle s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9es, sans pouvoir \u00e9changer avec ses interlocuteurs faute de comprendre ce qu\u2019on lui disait, rencontres au cours desquelles elle se limitait \u00e0 communiquer les pi\u00e8ces m\u00e9dicalesrelatant son mauvais \u00e9tat de sant\u00e9; alors qu\u2019est connue de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi d\u00e8s 2022 le mauvais \u00e9tat de sant\u00e9 de la demanderesse en cassation ainsi que le juge le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale en ces termes :&lt;&lt;\u2026PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 entendue le 5 d\u00e9cembre 2022\u2026.Elle pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019appui de ses dires des certificats de son m\u00e9decin traitantPERSONNE2.)des 28 septembre et 14 novembre 2022 lequel reprend les pathologies chroniques\u2026&gt;&gt;(page 8 paragraphe 4 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9) &lt;&lt;\u2026Lors de l\u2019entretien le 5 d\u00e9cembre 2022\u2026.PERSONNE1.)\u2026.a demand\u00e9 \u2026du fait qu\u2019elle ne serait pas apte \u00e0 effectuer le poste au sein du service de proximit\u00e9 en raison de diverses pathologies plus amplement d\u00e9taill\u00e9es par ses soins et reprises dans le rapport contradictoire du 12 d\u00e9cembre 2022\u2026&gt;&gt;(page 2 paragraphe 9 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); que l\u2019ensemble de ces faits connus de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi sont ant\u00e9rieurs \u00e0 sa d\u00e9cision prise de 23 janvier 2023 de lui \u00f4ter de statut de ch\u00f4meur involontaire; alorsque dans sa plaidoirie le 6 f\u00e9vrier 2025 devant Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a pas pr\u00e9tendu avoir rempli ses obligations&lt;&lt;d\u2019accompagner, de conseiller, d\u2019orienter\u2026\u2026. les personnes \u00e0 la recherche d\u2019un emploi\u2026..d\u2019assurer l\u2019orientation, la formation, la r\u00e9\u00e9ducation, l\u2019int\u00e9gration et la r\u00e9int\u00e9gration professionnelles ainsi que le suivi des salari\u00e9s handicap\u00e9s et des salari\u00e9s \u00e0 capacit\u00e9 de travail r\u00e9duite\u2026&gt;&gt;; elle n\u2019a pas fait \u00e9tat des obligations pr\u00e9cit\u00e9es, n\u2019a pas revendiqu\u00e9 les avoir ex\u00e9cut\u00e9es et n\u2019en a m\u00eame pas parl\u00e9 ; alors que dans les pi\u00e8ces que l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi verse le 6 f\u00e9vrier 2025 au Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, aucune n\u2019indique l\u2019accomplissement des obligations pr\u00e9cit\u00e9es ni m\u00eame un d\u00e9but de commencement de leur accomplissement; alors que l\u2019article L 621-1 du code de travail impose \u00e0 l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi des obligations pr\u00e9cises, obligations qui toutes sont de faire, obligations qu\u2019elle n\u2019a pas ex\u00e9cut\u00e9es et dont elle reconnait elle-m\u00eame l\u2019inex\u00e9cution en n\u2019abordant pas dans ses interventions \u00e0 la barre jusqu\u2019\u00e0 leur existence; que par cons\u00e9quent, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la demanderesse en cassation, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi a \u00e9t\u00e9 d\u00e9faillante dans l\u2019ex\u00e9cution de ses obligations l\u00e9gales, d\u00e9faillances qui la prive du droit d\u2019exclure le 23 janvier 2023, \u00e0 effet r\u00e9troactif au 3 octobre 2022, la demanderesse en cassation de son statut de ch\u00f4meur involontaire;<\/p>\n<p>5 qu\u2019\u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025, la demanderesse en cassation a demand\u00e9, oralement et par \u00e9crit, au Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale de faire application de l\u2019article L 621-1 du code du travail ainsi que le juge l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 en ces termes:&lt;&lt;\u2026Apr\u00e8s avoir repris le cadre l\u00e9gal r\u00e9gissant la mati\u00e8re, l\u2019appelante \u2026.&gt;&gt;(page 3 paragraphe 5 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); qu\u2019en refusant de faire application de l\u2019article L 621-1 du code du travail en jugeant que l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a pas ex\u00e9cut\u00e9 les obligations qu\u2019il \u00e9dicte, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a viol\u00e9 la loi et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse en cassation fait grief aux jugesd\u2019appel d\u2019avoirrefus\u00e9 d\u2019appliquer ladisposition vis\u00e9e au moyen, alors quel\u2019ADEM, enluiproposant un poste inappropri\u00e9, aurait omisd\u2019accomplir sa mission de promotion de l\u2019emploi. Il ne r\u00e9sulte pas des actes de proc\u00e9dure auxquels la Cour peut avoir \u00e9gard que le moyenait \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9 devant les juges d\u2019appel. Le moyen est partant nouveau et, en ce qu\u2019il comporterait un examen de faits non constat\u00e9s par les juges du fond, m\u00e9lang\u00e9 de fait et de droit. Il s\u2019ensuit que lemoyen est irrecevable. Sur ledeuxi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi pour refus d\u2019appliquer l\u2019article L 622-12 du code du travail; Aux motifs que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale juge le 27 f\u00e9vrier 2025 comme suit&lt;&lt;\u2026dit l\u2019appel non fond\u00e9\u2026&gt;&gt;; alors que la demanderesse en cassation, fait partie des populations \u00e0 besoins sp\u00e9cifiques pr\u00e9sentes sur le sol luxembourgeois aux motifs quela demanderesse en cassation; en premier lieu, fait partie, au Luxembourg, d\u2019une minorit\u00e9 ethnique et linguistique car polonaise elle ne connait que la langue polonaise, qu\u2019elle n\u2019a aucune connaissance, m\u00eame rudimentaire, de la langue fran\u00e7aise, langue administrative utilis\u00e9e oralement par l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi lors des rencontres des 3 octobre 2022, 5 d\u00e9cembre 2022 et 16 janvier 2023 et, par \u00e9crit, les 3 octobre 2022 \u00e0 la suite de l\u2019offre d\u2019emploi du 11 ao\u00fbt 2022, le 12 d\u00e9cembre 2022 pour r\u00e9diger le rapport de l\u2019agentPERSONNE3.)et le 16 janvier 2023 pour r\u00e9diger le rapport du m\u00e9decin<\/p>\n<p>6 du travail, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9, d\u2019une part, que ces trois documents r\u00e9dig\u00e9s en fran\u00e7ais repr\u00e9sentent les trois piliers sur lesquels repose la d\u00e9cision prise par l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi le 23 janvier 2023 d\u2019exclure la demanderesse en cassation du statut de ch\u00f4meur involontaire et, d\u2019autre part, que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale les retient comme motifs d\u00e9cisoires de son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 pour confirmer le jugement rendu le 28 juin 2024 par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9sociale qui d\u00e9boute la demanderesse en cassation de ses demandesen jugeant comme suit:&lt;&lt;\u2026Par retour du 3 octobre 2022 \u2026\u2026explication fournie par la concern\u00e9e\u2026.a \u00e9t\u00e9 contresign\u00e9e par elle. L\u2019appelante est mal venue d\u2019invoquer actuellement des probl\u00e8mes de compr\u00e9hension\u2026&gt;&gt;(page 8 paragraphe 2 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9),&lt;&lt;\u2026PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 entendue dans ses explications le 5 d\u00e9cembre 2022\u2026.Lors de ce d\u00e9bat, la partie appelante a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e avec les dires du potentiel employeur\u2026.il r\u00e9sulte du rapport contradictoire \u2026.&gt;&gt;(page 8 paragraphes 3 et 4 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9),&lt;&lt;\u2026Par d\u00e9cision du 23 janvier 2023, l\u2019ADEM a consid\u00e9r\u00e9 quePERSONNE1.)n\u2019est pas \u00e0 consid\u00e9rer comme ch\u00f4meur involontaire \u2026.sur base d\u2019un examen clinique du m\u00e9decin du travail de l\u2019ADEM, le DocteurX), du 16 janvier 2023\u2026&gt;&gt;page 2 paragraphe 10 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9)&lt;&lt;\u2026..Pour ce qui est de son aptitude m\u00e9dicale, il importe de relever que le m\u00e9decin du travail note dans son avis m\u00e9dical relatif aux capacit\u00e9s restantes dePERSONNE1.), qu\u2019il a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 son examen m\u00e9dical le 16 janvier 2023 et \u2026..conclut \u2026..proposition de poste CIGR apte travail initiative sociale\u2026\u2026&gt;&gt;(page 9 paragraphe 1 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que bien que ne connaissant pas les langues luxembourgeoise et fran\u00e7aise et seulement quelques bribes de langue allemande, la demanderesse en cassation peut se soigner et consulter les m\u00e9decins qui exercent au Luxembourg parce qu\u2019elle peut s\u2019exprimer en polonais avec le psychiatrePERSONNE4.), polyglotte polonais, luxembourgeois, fran\u00e7ais et allemand, qu\u2019elle peut, lorsqu\u2019elle n\u2019est pas accompagn\u00e9e de son \u00e9poux polyglotte polonais, fran\u00e7ais et allemand chez le chirurgienPERSONNE5.)obtenir l\u2019aide des chirurgiens polonais qui composent l\u2019\u00e9quipe chirurgicale duH\u00d4PITAL1.)et, qu\u2019elle est le plus souvent accompagn\u00e9e de son \u00e9poux lorsqu\u2019elle consulte le m\u00e9decin traitantPERSONNE2.)qui, compte tenu de sa connaissance pr\u00e9cise de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de sa patiente, n\u2019a pas toujours besoin d\u2019\u00e9changes oraux avec elle lorsqu\u2019il ausculte ses membres; \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que la demanderesse en cassation qui n\u2019est ni en mesure de s\u2019exprimer ni de comprendre le fran\u00e7ais acc\u00e8de \u00e0 la compr\u00e9hension des propos en fran\u00e7ais qui sont tenus en sa pr\u00e9sence et des \u00e9crits en fran\u00e7ais qu\u2019elle r\u00e9ceptionne \u00e0 son domicile uniquement parce que son \u00e9poux les lui traduit en polonais; en second lieu, la demanderesse en cassationsouffre d\u2019affections invalidantes ainsi qu\u2019en atteste le m\u00e9decin le DocteurPERSONNE2.)dans ses certificats depuis 2022, le psychiatre le DocteurPERSONNE4.)et le chirurgien le DocteurPERSONNE5.) dans leurs rapports respectifs, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que ces rapports ne sont pas inop\u00e9rants d\u00e8s lors qu\u2019ils fixent l\u2019\u00e9tat invalidant de la demanderesse en cassation en 2022 pour le m\u00e9decin traitant le DocteurPERSONNE2.), en 2023 pour le psychiatre le Docteur PERSONNE4.)et en 2023 et pour le chirurgien le DocteurPERSONNE5.), de sorte que les constats m\u00e9dicaux pr\u00e9cit\u00e9s refl\u00e8tent l\u2019\u00e9tat invalidant de la demanderesse en<\/p>\n<p>7 cassation d\u00e8s 2022 et sont contemporains aux d\u00e9cisions de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi, dans un premier temps, de maintenir l\u2019inscription de la demanderesse en cassation dans la cat\u00e9gorie de ch\u00f4meur involontaire en 2022, puis, dans un second temps, de l\u2019en radier le 23 janvier 2023, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que les affections invalidantes sont connues de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi d\u00e8s 2022 et lui sont confirm\u00e9es \u00e0 intervalles r\u00e9guliers gr\u00e2ce \u00e0 la production de pi\u00e8ces m\u00e9dicales par la demanderesse en cassation \u00e0 l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi lors des rencontres p\u00e9riodiques avec ses services qui vont s\u2019\u00e9taler de janvier 2022 \u00e0 avril 2023; que si l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 d\u00e9faillant peut ne pas \u00eatre connu de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi en d\u00e9cembre 2021 \u00e0 la date o\u00f9 la demanderesse en cassation s\u2019inscrit comme ch\u00f4meur involontaire, il apparait progressivement dans le courant de l\u2019ann\u00e9e 2022 de fa\u00e7on suffisamment \u00e9vidente \u00e0 la lumi\u00e8re des certificats m\u00e9dicaux produits lors des rencontres r\u00e9guli\u00e8res pour amener l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi \u00e0 classer la demanderesse en cassation dans la cat\u00e9gorie des populations \u00e0 besoins sp\u00e9cifiques d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e 2022 et faire application \u00e0 son endroit des dispositions de l\u2019articleL 622-12du code du travail; que la demanderesse en cassation est dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019obtenir par les canaux habituels les communications n\u00e9cessaires qui \u00e9manent des autorit\u00e9s, en l\u2019occurrence l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que cette impossibilit\u00e9 qui constitue pour les autorit\u00e9s le d\u00e9nominateur commun des personnes qui font partie des populations \u00e0 besoins sp\u00e9cifiques et permet leur identification; que par cons\u00e9quent, la demanderesse en cassation fait partie, au Luxembourg, de lacat\u00e9gorie des populations \u00e0 besoinssp\u00e9cifiques qui, de droit, la rend b\u00e9n\u00e9ficiaire de mesures sp\u00e9cifiques exorbitantes du droit commun assur\u00e9es par un service sp\u00e9cialis\u00e9 de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi sp\u00e9cialement cr\u00e9\u00e9 par les autorit\u00e9s luxembourgeoises afin d\u2019assurer un suivi personnalis\u00e9 et adapt\u00e9 des publics concern\u00e9s en vue de permettre leur r\u00e9insertion dans le tissu \u00e9conomique et social luxembourgeois; or, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi ne fait pas application, \u00e0 la situation de la demanderesse en cassation, de l\u2019article L 622-12 du code du travail et ne la place pas sous l\u2019autorit\u00e9 et la houlette de ceux de ses agents qui sont charg\u00e9s de s\u2019occuper des populations \u00e0 besoins sp\u00e9cifiques, c\u2019est-\u00e0-dire sous la protection de ses agents qui ont pour but et fonction non pas l\u2019exclusion de la protection \u00e9tatique mais d\u2019assurer cette protection pour favoriser l\u2019insertion ou la r\u00e9insertion de ces populations dans la communaut\u00e9 luxembourgeoise; qu\u2019en cons\u00e9quence, \u00e0l\u2019\u00e9gard de la demanderesse en cassation, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi a \u00e9t\u00e9 d\u00e9faillante dans l\u2019ex\u00e9cution de ses obligations l\u00e9gales, d\u00e9faillances qui la prive du droit d\u2019exclure le 23 janvier 2023, \u00e0 effet r\u00e9troactif au 3 octobre 2022, la demanderesse en cassation de son statut de ch\u00f4meur involontaire; qu\u2019\u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025, la demanderesse en cassation a demand\u00e9, oralement et par \u00e9crit, au Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale de faire<\/p>\n<p>8 application de l\u2019article L 622-12 du code du travail ainsi que le juge l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 en ces termes:&lt;&lt;\u2026Apr\u00e8s avoir repris le cadre l\u00e9gal r\u00e9gissant la mati\u00e8re, l\u2019appelante \u2026.&gt;&gt;(page 3 paragraphe 5 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); qu\u2019en refusant de faire application de l\u2019article L 622-12 du code du travail en jugeant que l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a pas ex\u00e9cut\u00e9 les obligations qu\u2019il \u00e9dicte, leConseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a viol\u00e9 la loi et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.&gt;&gt;. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse en cassation fait griefaux juges d\u2019appel d\u2019avoirrefus\u00e9 d\u2019appliquer la disposition vis\u00e9e au moyen, alors que l\u2019ADEM auraitomis de la consid\u00e9rer comme faisant partie des populations \u00e0 besoins sp\u00e9cifiques etdelui appliquer les mesures y aff\u00e9rentes. Il ne r\u00e9sulte pas des actes de proc\u00e9dure auxquels la Cour peut avoir \u00e9gard que le moyen ait\u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9 devant les juges d\u2019appel. Le moyen est partant nouveau et, en ce qu\u2019il comporterait un examen defaits non constat\u00e9s par les juges du fond, m\u00e9lang\u00e9 de fait et de droit. Il s\u2019ensuit que lemoyen est irrecevable. Sur letroisi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi pour d\u00e9faut de motifs tir\u00e9 du d\u00e9faut de r\u00e9ponse aux conclusions orales et \u00e9crites de la demanderesse en cassation de ses moyens tir\u00e9s de la violation des articles L 621-1 et L 622-12 du code du travail, en jugeant comme suit&lt;&lt;\u2026dit l\u2019appel non fond\u00e9\u2026&gt;&gt;; Aux motifs que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a d\u00e9laiss\u00e9 les moyens soulev\u00e9s par la demanderesse en cassation fond\u00e9es sur les articles L 621-1 et L 622-12 du code du travail qui mettent \u00e0 la charge de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi des obligations pr\u00e9cises et d\u00e9taill\u00e9es de faire que l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019a pas ex\u00e9cut\u00e9es; alors qu\u2019appliqu\u00e9s par le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale les articles L 621-1 et L622-12 du code du travail eussent modifi\u00e9 l\u2019arr\u00eat rendu le 27 f\u00e9vrier 2025, il appartenait au juge d\u2019appel de r\u00e9pondre aux deux moyens pr\u00e9cit\u00e9s soulev\u00e9s par la demanderesse en cassation, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que si les juges du fond ne sont pas tenus de suivre les parties dans le d\u00e9tail de leur argumentation ils ne peuvent d\u00e9laisser des moyens d\u00e9finis par une partie d\u2019un texte de loi auxquels ils doivent apporter r\u00e9ponse;<\/p>\n<p>9 qu\u2019\u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025, la demanderesse en cassation a demand\u00e9, oralement et par \u00e9crit, au Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale de faire application des articles L 621-1 et L 622-12 du code du travail ainsi que le juge l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 en ces termes:&lt;&lt;\u2026Apr\u00e8s avoir repris le cadre l\u00e9gal r\u00e9gissant la mati\u00e8re, l\u2019appelante \u2026.&gt;&gt;(page 3 paragraphe 5 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); qu\u2019en refusantde r\u00e9pondre aux conclusions orales et \u00e9crites de la demanderesse en cassation de ses moyens tir\u00e9s de la violation des articles L 612-1 et 622-12 du code du travail, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a viol\u00e9 la loipour d\u00e9faut de motifset l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesseen cassationfait griefaux juges d\u2019appel de ne pas avoir r\u00e9pondu \u00e0 sesconclusions relatives auxmoyens tir\u00e9s dela violation des articles L.621-1 et L.622-12 du Code du travail. Il ne r\u00e9sulte pas des actes de proc\u00e9dure auxquels la Cour peut avoir \u00e9gard que ces moyens aient \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9sen instance d\u2019appel. Lesjuges d\u2019appeln\u2019avaient partant pas \u00e0 y r\u00e9pondre. Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur lequatri\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi \u00e9dict\u00e9e \u00e0 l\u2019article L 521-9 (5) du code du travail pour manque de base l\u00e9gale en jugeant comme suit&lt;&lt;\u2026lors de l\u2019inscription dePERSONNE1.)\u2026a \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9 son curriculum vitae en langue allemande pr\u00e9cisant avoir des connaissanceslinguistiques de base dans cette langue, et a opt\u00e9 pour une convention de collaboration en langue allemande sign\u00e9e par elle et paraph\u00e9 \u00e0 chaque page o\u00f9 elle atteste avoir fourni des indications exactes et qu\u2019elle s\u2019engage \u00e0 respecter les obligations y d\u00e9taill\u00e9es\u2026..(page 7 paragraphes 1 et 2 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9)\u2026.. conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L 521-9 (5) du code du travail \u2026 qui dispose&quot;\u2026.le refus par le ch\u00f4meur indemnis\u00e9 \u2026avant de pouvoir faire l\u2019objet \u2026d\u2019un retrait des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage complet\u2026donne lieu\u00e0 un d\u00e9bat contradictoire entre le conseiller professionnel et le demandeur d\u2019emploi&quot;, PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 entendue dans ses explications le 5 d\u00e9cembre 2022 \u2026..Lors de ce d\u00e9bat, la partie appelante a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e avec les dires du potentiel employeur ayant fait obstacle \u00e0 l\u2019embauche, \u00e0 savoir les pathologies et probl\u00e8mes m\u00e9dicaux avances ne permettant pas une reprise du travail\u2026&gt;&gt;(page 8 paragraphe 3 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); aux motifs que les juges du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 n\u2019ont pas examin\u00e9 les faits qu\u2019ils auraient d\u00fb examiner pour que leur arr\u00eat f\u00fbt fond\u00e9;<\/p>\n<p>10 que dans leur arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025, les juges du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale jugent que la demanderesse en cassation connait suffisamment la langue allemande pour s\u2019exprimer auLuxembourget fondent leur jugement sur son curriculum vitae qui indique une connaissance \u00e9l\u00e9mentaire de la langue allemande &lt;&lt;Fremdsprachen \u2026Deutsch grundkenntnisse&gt;&gt;; que seule une fois les juges du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale \u00e9voque l\u2019utilisation par l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de la langue fran\u00e7aise et encore de fa\u00e7on tr\u00e8s incompl\u00e8te en ces termes&lt;&lt;\u2026..il est exact quePERSONNE1.)a re\u00e7u pendant la p\u00e9riode d\u2019indemnisation des assignations de poste r\u00e9dig\u00e9s en langue fran\u00e7aise\u2026.&gt;&gt;(page 7 paragraphe 6 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); alors que les pi\u00e8ces d\u00e9cisoires du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale pour confirmer le jugement de premi\u00e8re instance qui d\u00e9boute la demanderesse en cassation de ses demandes sont constitu\u00e9es par l\u2019offre d\u2019emploi \u00e9mise le 11 ao\u00fbt 2022 et le rapport du 3 octobre 2022, par le rapport de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi du 12 d\u00e9cembre 2022 et par le rapport du m\u00e9decin du travail du 16 janvier 2023,pi\u00e8ces quitoutes ont en commun d\u2019\u00eatre r\u00e9dig\u00e9es en langue fran\u00e7aise, langue que lademanderesse ne connait pas et qu\u2019elle n\u2019a jamais, et pour cause, affirm\u00e9 connaitre, m\u00eame de fa\u00e7on \u00e9l\u00e9mentaire, dans son curriculum vitae ou dans tout autre document, ce qui explique que l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi ne produit aucune pi\u00e8ce qui ferait \u00e9tat d\u2019une compr\u00e9hension de la langue fran\u00e7aise, m\u00eame rudimentaire, par la demanderesse en cassation et donc d\u2019une compr\u00e9hension des propos tenus par ses employ\u00e9s en fran\u00e7aislors des rencontres avec la demanderesse en cassationdes 3 octobre 2022, 5 d\u00e9cembre 2022et 16 janvier 2023; que par cons\u00e9quent l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 n\u2019a pas recherch\u00e9 les incidences du d\u00e9faut de compr\u00e9hension par la demanderesse en cassation despropos tenus en fran\u00e7ais par les employ\u00e9s de l\u2019agencepour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi lors des rencontres des 3 octobre 2022, 5 d\u00e9cembre 2022et 16 janvier 2023 dont l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi tire motifs d\u00e9cisoires pour exclure la demanderesse en cassation du statut de ch\u00f4meur involontaire le 23 janvier 2023 \u00e0 effet r\u00e9troactif au 3 octobre 2022motivant commesuit: &lt;&lt;\u2026Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L 521-9 (5) du code du travail qui dispose: &quot;le refus par le ch\u00f4meur\u2026.avant de pouvoir faire l\u2019objet d\u2019un\u2026..retrait des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage complet \u2026.donne lieu \u00e0 un d\u00e9bat contradictoire entre le conseiller professionnel et le demandeur d\u2019emploi\u2026&quot;,PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 entendue dans ses explications le 5 d\u00e9cembre 2022\u2026Lors de ce d\u00e9bat, la partie appelante a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e avec les dires du potentiel employeur ayant fait obstacle \u00e0 l\u2019embauche\u2026..&gt;&gt;(page 8 paragraphe 3 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); qu\u2019en ne recherchant pas dans son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 les incidences de la m\u00e9connaissance par la demanderesse en cassation du fran\u00e7ais,langue utilis\u00e9e par l\u2019employ\u00e9 de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi lors de la rencontre du 5 d\u00e9cembre 2022 pr\u00e9c\u00e9d\u00e9ed\u2019une convocation \u00e9crite en fran\u00e7ais du 29 d\u00e9cembre 2022 que la demanderesse en cassation \u00e0 sa r\u00e9ception fait traduire en polonais par son \u00e9poux, rencontre du 5 d\u00e9cembre 2022 qui, aux termes de l\u2019article L 521-9 (5) du code du travail, impose un d\u00e9bat contradictoire, rencontre du 5 d\u00e9cembre 2022 que l\u2019employ\u00e9 de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploiconsigne unilat\u00e9ralement<\/p>\n<p>11 par \u00e9crit en fran\u00e7ais sept jours plus tarddans son rapport du 12 d\u00e9cembre 2022, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale ne permet pas \u00e0 la Cour de cassation de reconnaitre si les \u00e9l\u00e9ments de fait n\u00e9cessaires pour dire appliqu\u00e9e la loi \u00e9dict\u00e9e \u00e0 l\u2019article L 521-9 (5) du code du travail se rencontrent dans la causeet a viol\u00e9 la loi pourmanque de base l\u00e9gale, l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoirpriv\u00e9 leur d\u00e9cision de base l\u00e9galeau regard de l\u2019article L.521-9, paragraphe 5, du Code du travailen ayant retenu qu\u2019elleavait \u00e9t\u00e9 entenduedans ses explications quantaurefus du poste propos\u00e9dans le cadre d\u2019un d\u00e9bat contradictoire, alors que les juges d\u2019appel auraient d\u00fbrechercher les incidences de sa m\u00e9connaissance de la langue fran\u00e7aise et proc\u00e9der aux constatations defait qui\u00e9taientn\u00e9cessaires pourstatuer sur le droit. Led\u00e9faut de base l\u00e9galese d\u00e9finit comme l\u2019insuffisance des constatations de fait qui sont n\u00e9cessaires pour statuer sur le droit. En retenant \u00abPERSONNE1.)a \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9 son curriculum vitae en langue allemande, pr\u00e9cisant avoir des connaissances linguistiques de base dans cette langue, et a opt\u00e9 pour une convention de collaboration en langue allemande sign\u00e9e par elle et paraph\u00e9 \u00e0 chaque page o\u00f9 elle atteste avoir fourni des indications exactes et qu\u2019elle s\u2019engage \u00e0 respecter les obligations y d\u00e9taill\u00e9es. S\u2019y ajoute qu\u2019elle est inscrite comme demandeur d\u2019emploi depuis le 31 d\u00e9cembre 2021 et \u00e9galement au moment de sa demande de prolongation de l\u2019indemnisation introduite le 30 novembre 2022, soit donc presque une ann\u00e9e plus tard, elle ne fait toujours pas \u00e9tat d\u2019un quelconque probl\u00e8me de compr\u00e9hension linguistique. Il ne ressort pas non plus du dossier qu\u2019une telle probl\u00e9matique ait \u00e9t\u00e9 sujet \u00e0 discussion \u00e0 un quelconque moment alors que le contraire se d\u00e9gage de sa propre prise de position. En effet, s\u2019il est exact qu\u2019elle s\u2019est fait assister, lors de l\u2019explorationm\u00e9dicale effectu\u00e9e par l\u2019expert commis dans le cadre de sa demande en obtention d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9, d\u2019un traducteur asserment\u00e9, elle a elle- m\u00eame indiqu\u00e9 \u00e0 la page 5 de ce rapport&lt;&lt;ihre Muttersprache sei Polnisch, sie verstehe jedoch gut Deutsch und k\u00f6nne diese Sprache auch relativ gut sprechen&gt;&gt;. S\u2019il est exact quePERSONNE1.)a re\u00e7u pendant la p\u00e9riode d\u2019indemnisation des assignations de poste r\u00e9dig\u00e9es en langue fran\u00e7aise (selon le dossier deux au total avant celle du 11 ao\u00fbt 2022), outre les d\u00e9veloppements repris ci-dessus, il s\u2019av\u00e8re qu\u2019aucun probl\u00e8me linguistique n\u2019a jamais\u00e9t\u00e9 signal\u00e9 par elle. L\u2019assignation du 11 ao\u00fbt 2022 re\u00e7ue parPERSONNE1.)fait \u00e9tat de contacter dans les meilleurs d\u00e9lais le potentiel employeur en vue de fixer un entretien d\u2019embauche. Or, le 29 septembre 2022, l\u2019appelante n\u2019avait pas encore obtemp\u00e9r\u00e9 et, suivant les extraits informatiques vers\u00e9s par l\u2019ADEM en pi\u00e8ce 2,PERSONNE1.) a contact\u00e9 son conseiller-r\u00e9f\u00e9rent pour l\u2019informer que&lt;&lt;le conjoint a fait une<\/p>\n<p>12 crise cardiaque, qu\u2019elle se sent stress\u00e9e actuellement, va tout de m\u00eame essayer de contacter le CIGR,PERSONNE1.)a \u00e9galement des probl\u00e8mes au genou&gt;&gt;. PERSONNE1.), lors de cet \u00e9change avec son conseiller, livre la preuve d\u2019une bonne compr\u00e9hension des attentes plac\u00e9es par l\u2019ADEM en elle. Ainsi elle fournit des explications quant \u00e0 son retard dans la prise de contact avec son potentiel employeur et, sans contester lecaract\u00e8re appropri\u00e9 du poste propos\u00e9, ne soumet aucune pi\u00e8ce m\u00e9dicale \u00e0 l\u2019appui de son affirmation de conna\u00eetre des probl\u00e8mes de genou. Le conseiller-r\u00e9f\u00e9rent de l\u2019ADEM note avoir rappel\u00e9 \u00e0PERSONNE1.)ses obligations et, le lendemain, cette derni\u00e8re recontacte son conseiller-r\u00e9f\u00e9rent pour l\u2019informer du contact pris avec le potentiel employeur et de la fixation du rendez- vous pour un entretien d\u2019embauche au 3 octobre 2022. [\u2026] Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L. 521-9 (5) du code pr\u00e9cit\u00e9 qui dispose :&lt;&lt;le refus par le ch\u00f4meur indemnis\u00e9 d\u2019un emploi appropri\u00e9 ou d\u2019une mesure active en faveur de l\u2019emploi propos\u00e9e par les services de l\u2019ADEM, avant de pouvoir faire l\u2019objet d\u2019un refus ou d\u2019un retrait des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage complet tel que pr\u00e9vu par l\u2019article L. 527-1 \u00a71, donne lieu \u00e0 un d\u00e9bat contradictoire entre le conseiller professionnel et le demandeur d\u2019emploi&gt;&gt;,PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 entendue dans ses explications le 5 d\u00e9cembre 2022 (pi\u00e8ce 8 de l\u2019ETAT). Lors de ce d\u00e9bat, la partie appelante a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e avec les dires du potentiel employeur ayant fait obstacle \u00e0 l\u2019embauche, \u00e0 savoir les pathologies et probl\u00e8mes m\u00e9dicaux avanc\u00e9s ne permettant pas une reprise du travail avant un moiset, dans ce cas, sur un autre poste de travail. Il r\u00e9sulte du rapport du d\u00e9bat contradictoire, que les dires rapport\u00e9s par le potentiel employeur n\u2019ont pas autrement \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s parPERSONNE1.). Au contraire, interpell\u00e9e, les explications fournies ind\u00e9pendamment \u00e0 l\u2019agent contr\u00f4leur sont identiques en substance \u00e0 celles reprises par le potentiel employeur. Elle r\u00e9affirme \u00eatre malade et que ses pathologies ne lui permettent pas de travailler. Elle pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019appui de ses dires des certificats de son m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste PERSONNE2.), des 28 septembre et14 novembre 2022, lequel reprend les pathologies chroniques de sa patiente sans pour autant lui attester une quelconque incapacit\u00e9 de travail. De toute fa\u00e7on, afin d\u2019\u00e9viter la convocation de demandeurs d\u2019emploi non disponibles, ceux-ci sont tenus de signaler sans d\u00e9lai toute non- disponibilit\u00e9 \u00e0 leur conseiller professionnel, que ce soit pour des raisons de sant\u00e9 ou de force majeure ou encore pour des raisons d\u2019ordre tout \u00e0 fait personnel\u00bb, les juges d\u2019appel,qui ont constat\u00e9qu\u2019aucun probl\u00e8me de compr\u00e9hension affectant le d\u00e9bat contradictoire n\u2019avait\u00e9t\u00e9 soulev\u00e9devant eux,n\u2019avaient pas \u00e0 approfondir leur analyse surle pointconsid\u00e9r\u00e9en l\u2019absence de toute contestation pr\u00e9cise. Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>13 Sur lecinqui\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi pour fausse application de la loi que constitue l\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-379\/87, rendu sur renvoi pr\u00e9judiciel en application de l\u2019article 267 du Trait\u00e9 sur le Fonctionnement de l\u2019Union Europ\u00e9enne, Au motif que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale retient l\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-379\/87, comme motif d\u00e9cisoire de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e; alors que la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne est l\u2019une des sept institutions de l\u2019Union (article 13 du Trait\u00e9 sur l\u2019Union Europ\u00e9enne) et que ces arr\u00eats disent le droit applicable dans l\u2019ensemble des Etats membres de l\u2019Union (article 19 du Trait\u00e9 sur l\u2019Union Europ\u00e9enne), les arr\u00eats de la Cour deJustice de l\u2019Union Europ\u00e9enne produisant un effet d\u00e9claratif de&lt;&lt;chose interpr\u00e9t\u00e9e&gt;&gt; concernant la r\u00e8gle en cause et ce d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur de celle-ci, ce que juge la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne en ces termes&lt;&lt;\u2026l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e d\u2019une r\u00e8gle du droit de l\u2019Union, dans l\u2019exercice de la comp\u00e9tence que lui conf\u00e8re l\u2019article 267 TFUE, \u00e9claire et pr\u00e9cise la signification et la port\u00e9e de cette r\u00e8gle, telle qu\u2019elle doit ou aurait d\u00fb \u00eatre comprise et appliqu\u00e9e depuis la date de son entr\u00e9e en vigueur\u2026&gt;&gt;(arr\u00eat 29 septembre 2015, Gmina Wroclaw, C-276\/14 point 44; arr\u00eat 17 mars 2021, Academia de Studii Economice diu Bucaresti, C-585\/19 point 78), les juridictions et les autorit\u00e9s nationales \u00e9tant dans l\u2019obligation d\u2019appliquer les dispositions du droit de l\u2019Union telles qu\u2019interpr\u00e9t\u00e9es par la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne (arr\u00eat 5 octobre 2010, Elchinov, C-173\/09 point 29); que par cons\u00e9quent, l\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-379\/87, est loi del\u2019Union; que l\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-379\/87, que retient le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 consacre la protection des langues officielles des Etats membres, alors, d\u2019une part, que l\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-379\/87, ne reconnait nullement un droit absolu d\u2019exiger sur le sol luxembourgeois l\u2019emploi de la langue luxembourgeoise, ce qu\u2019elle juge comme suit: &lt;&lt;Les dispositions du trait\u00e9CEE ne s\u2019opposent pas\u00e0l\u2019adoption d\u2019une politique q u i vise la d\u00e9fense et la promotion de la langue d\u2019un\u00c9tat membre [&#8230;] Toutefois, la mise en \u0153uvre de cette politique ne doit pas porter atteinte\u00e0une libert\u00e9 fondamentale telle que la libre circulation des travailleurs. D\u00e8s lors, les exigences d\u00e9coulant des mesures destin\u00e9es\u00e0mettre en oeuvre une telle politique ne doivent en aucun cas\u00eatre disproportionn\u00e9es par rapport au but poursuivi et les modalit\u00e9s de<\/p>\n<p>14 leur application ne doivent pas comporter de discriminations au d\u00e9triment des ressortissants d\u2019autres\u00c9tats membres.&gt;&gt;; que le droit de l\u2019Union impose une obligation de proportionnalit\u00e9 au but poursuivi par les Etats membres que la Cour de Justice de l\u2019UnionEurop\u00e9enne confirme dans son arr\u00eat du 2 juillet 1996, Commission c\/ Luxembourg, C-473\/93, rendu apr\u00e8s conclusions de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Philippe Leger du 5 mars 1996 qui rappelle, s\u2019agissant de l\u2019argument soulev\u00e9e par le Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg devant la Cour de la sauvegarde de la langue luxembourgeoise, au point 136 de ses conclusions&lt;&lt;53-Au grand-duch\u00e9de Luxembourg, en vertu des articles 1 , 2 et 3 de la loi du 24 f\u00e9vrier 1984 sur le r\u00e9gime des langues (M\u00e9morial A, 1984, p. 196), la langue nationale est le luxembourgeois, la langue de la l\u00e9gislation le fran\u00e7ais et les langues administratives et judiciaires le fran\u00e7ais, l\u2019allemand ou le luxembourgeois.&gt;&gt;; obligation de proportionnalit\u00e9 derechef affirm\u00e9e par la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne dans son arr\u00eat du 24 mai 2011, Commission c\/ Luxembourg, C-51\/08 point 124 en ces termes&lt;&lt;S\u2019agissant de la n\u00e9cessit\u00e9, \u00e9voqu\u00e9e par le Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, de garantir l\u2019emploi de la langue luxembourgeoise dans l\u2019exercice des activit\u00e9s du notaire, force est de constater que le premier grief du pr\u00e9sent litige porte uniquement sur la condition de nationalit\u00e9 en cause. Si la sauvegarde de l\u2019identit\u00e9 nationale des \u00c9tats membres constitue un but l\u00e9gitime respect\u00e9 par l\u2019ordre juridique de l\u2019Union, ainsi que le reconna\u00eet d\u2019ailleurs l\u2019article 4, paragraphe 2, TUE, l\u2019int\u00e9r\u00eat invoqu\u00e9 par le Grand-Duch\u00e9 peut toutefois \u00eatre utilement pr\u00e9serv\u00e9 par d\u2019autres moyens que l\u2019exclusion, \u00e0 titre g\u00e9n\u00e9ral, des ressortissants des autres \u00c9tats membres (voir, en ce sens, arr\u00eat du 2 juillet 1996, Commission\/Luxembourg, C-473\/93, Rec. p.I-3207, point 35). &gt;&gt; alors, d\u2019autre part, que l\u2019article 4 paragraphe 1 de la Constitution du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg dispose:&lt;&lt;(1)La langue du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg est le luxembourgeois. La loi r\u00e8gle l\u2019emploi des langues luxembourgeoise, fran\u00e7aise et allemande.&gt;&gt;; que la loi nationale luxembourgeoise sur le r\u00e9gime des langues du 24 f\u00e9vrier 1984 \u00e0 laquelle renvoie la Constitution dispose en son article 2&lt;&lt;\u2026Langue de la l\u00e9gislation.Les actes l\u00e9gislatifs et leurs r\u00e8glements d\u2019ex\u00e9cution sont r\u00e9dig\u00e9s en fran\u00e7ais. Lorsque les actes l\u00e9gislatifs et r\u00e9glementaires sont accompagn\u00e9s d\u2019une traduction, seul le texte fran\u00e7ais fait foi\u2026..&gt;&gt;et en son article 3&lt;&lt;\u2026Langues administratives et judiciaires.En mati\u00e8re administrative \u2026et en mati\u00e8re judiciaire, il peut \u00eatre fait usage des langues fran\u00e7aise, allemande ou luxembourgeoise, sans pr\u00e9judice des dispositions sp\u00e9ciales concernant certaines mati\u00e8res.&gt;&gt;; que par cons\u00e9quent dans son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025, de jure le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale ne pouvait, comme il l\u2019a fait, se fonder sur l\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-473\/93, qui<\/p>\n<p>15 \u00e9nonce une r\u00e8gle de protection g\u00e9n\u00e9rale de la langue officielle luxembourgeoise pour d\u00e9bouter la demanderesse en cassation de ses demandes, alors que la langue luxembourgeoise n\u2019est pas la seule pr\u00e9vue par la loi luxembourgeoise en mati\u00e8re administrative et judiciaireet que, ne b\u00e9n\u00e9ficiant pas de l\u2019exclusivit\u00e9 sur le territoire luxembourgeois, elle ne peut \u00eatre impos\u00e9e comme unique idiome ni \u00e0 un citoyen luxembourgeois ni \u00e0 un citoyen de l\u2019Union r\u00e9sidant au Luxembourg; Que rien dans la loi nationale luxembourgeoise ne subordonnait l\u2019acc\u00e8s de la demanderesse en cassation aux emplois salari\u00e9s qu\u2019elle a occup\u00e9s au Luxembourg \u00e0 la connaissance de la langue luxembourgeoise; que rien dans la loi luxembourgeoise n\u2019impose \u00e0 la demanderesse en cassation la connaissance de la langue luxembourgeoise dans ses d\u00e9marches administratives aupr\u00e8s de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi et dans ses proc\u00e9dures judiciaires, \u00e9tant rappel\u00e9 que l\u2019article 1 er de la loi nationale luxembourgeoise du 24 f\u00e9vrier 1984 dispose: &lt;&lt;La langue nationale desLuxembourgeois est le luxembourgeois.&gt;&gt;, la demanderesse en cassation n\u2019\u00e9tant pas de nationalit\u00e9 luxembourgeoise n\u2019a pas la qualit\u00e9 de&lt;&lt;Luxembourgeois&gt;&gt;. qu\u2019en faisantfausse application de la loi constitu\u00e9e par l\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-473\/93, en appliquant cette loi \u00e0 une situation de fait qu\u2019elle ne devait pas r\u00e9gir, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a viol\u00e9 la loi et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9\u00abla loi constitu\u00e9e par l\u2019arr\u00eat de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-473\/93,enappliquantcette loi \u00e0 une situation de fait qu\u2019elle ne devait pasr\u00e9gir\u00bb. Aux termes de l\u2019article 10, alin\u00e9a 2, de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation(ci-apr\u00e8s\u00abloi du 18 f\u00e9vrier 1885\u00bb), chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9,le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9,la partie critiqu\u00e9e de la d\u00e9cision etce en quoicelle-ciencourt le reproche all\u00e9gu\u00e9. Le moyen ne pr\u00e9cisepas la disposition l\u00e9gale qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9eparl\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Il s\u2019ensuit que le moyen est irrecevable. Sur lesixi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi pour d\u00e9naturation de l\u2019\u00e9crit clair et pr\u00e9cis que constitue le curriculum vitae de la demanderesse en cassation que le Conseil<\/p>\n<p>16 sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale retient comme motif d\u00e9cisoire de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e; Au motif que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale juge comme suit: \u2026 &lt;&lt;\u2026PERSONNE1.)a \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9 son curriculum vitae en langue allemande, pr\u00e9cisant avoir des connaissances linguistiques de base dans cette langue, et a opt\u00e9 pour une convention de collaboration en langue allemande sign\u00e9e par elle et paraph\u00e9 \u00e0 chaque page\u2026elle ne fait \u2026pas \u00e9tat d\u2019un quelconque probl\u00e8me de compr\u00e9hension linguistique\u2026il s\u2019av\u00e8re qu\u2019aucun probl\u00e8me linguistique n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 par elle\u2026&gt;&gt;(page 7 paragraphes3, 4 et 6 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9) alors que le volet linguistique du curriculum vitae r\u00e9dig\u00e9 comme suit&lt;&lt; Fremdsprachen, Polinisch Muttersprache, Russisch Grundkenntnisse, Deutsch grundkenntnisse&gt;&gt;est clair, net et pr\u00e9cis et donc ni ambigu ni obscur qui indique que la demanderesse en cassation connait la langue polonaise, et de fa\u00e7on rudimentaire les langues russe et allemande, ce m\u00eame curriculum vitae n\u2019indique pas qu\u2019elle connait, qu\u2019elle comprend, m\u00eame de fa\u00e7on rudimentaire, la langue fran\u00e7aise, langue administrative utilis\u00e9e oralement par l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi les 3 octobre 2022, 5 d\u00e9cembre 2022 et 16janvier 2023 et, par \u00e9crit, les 11 ao\u00fbt 2022, 12 d\u00e9cembre 2022 et 16 janvier 2023 pour fonder sa d\u00e9cision du 23 janvier 2023 d\u2019exclure la demanderesse en cassation du statut de ch\u00f4meur involontaire, \u00e9crits en langue fran\u00e7aise que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale retient comme motifs d\u00e9cisoires de son arr\u00eat confirmatif du 27 f\u00e9vrier 2025 ainsi r\u00e9dig\u00e9:&lt;&lt;\u2026Par retour du 3 octobre 2022 \u2026\u2026explication fournie par la concern\u00e9e\u2026.a \u00e9t\u00e9 contresign\u00e9e par elle. L\u2019appelante est mal venue d\u2019invoquer actuellement des probl\u00e8mes de compr\u00e9hension\u2026&gt;&gt;(page 8 paragraphe 2 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9),&lt;&lt;\u2026PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 entendue dans ses explications le 5 d\u00e9cembre 2022\u2026.Lors de ce d\u00e9bat, la partie appelante a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e avec les dires du potentiel employeur\u2026.il r\u00e9sulte du rapport contradictoire \u2026.&gt;&gt;(page 8 paragraphes 3 et 4 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9),&lt;&lt;\u2026Par d\u00e9cision du 23 janvier 2023, l\u2019ADEM a consid\u00e9r\u00e9 quePERSONNE1.)n\u2019est pas \u00e0 consid\u00e9rer comme ch\u00f4meur involontaire \u2026.sur base d\u2019un examen clinique du m\u00e9decin du travail de l\u2019ADEM, le Docteur Claude Streef, du 16 janvier 2023\u2026&gt;&gt; page 2 paragraphe 10 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9)&lt;&lt;\u2026..Pour ce qui est de son aptitude m\u00e9dicale, il importe de relever que le m\u00e9decin du travail note dans son avis m\u00e9dical relatif aux capacit\u00e9s restantes dePERSONNE1.), qu\u2019il a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 son examen m\u00e9dical le 16 janvier 2023 et \u2026..conclut \u2026..proposition de poste CIGR apte travail initiative sociale\u2026\u2026&gt;&gt;(page 9 paragraphe 1 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9), mais aussi ainsi r\u00e9dig\u00e9&lt;&lt;\u2026PERSONNE1.)a \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9son curriculum vitae en langue allemande, pr\u00e9cisant avoir des connaissances linguistiques de base dans cette langue, et a opt\u00e9 pour une convention de collaboration en langue allemande sign\u00e9e par elle et paraph\u00e9 \u00e0 chaque page\u2026&gt;&gt;(page 7 paragraphe 3 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9) que l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 d\u00e9nature l\u2019\u00e9crit que constitue le curriculum vitae en ce sens que bien que n\u2019indiquant pas que la demanderesse en cassation connait et comprend la langue fran\u00e7aise, les juges du fond qui, dans le m\u00eame arr\u00eat jugent que le curriculum vitae contient reconnaissance rudimentaire de la langue allemande, tirent de l\u2019emploi r\u00e9p\u00e9t\u00e9 par l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi du fran\u00e7ais dans ses rapports oraux avec la demanderesse en cassation les 3 octobre 2022, 5 d\u00e9cembre 2022et 16 janvier2023ainsi que dans ses \u00e9crits des 11 ao\u00fbt 2022, 3<\/p>\n<p>17 octobre 2022, 12 d\u00e9cembre 2022 et 16 janvier 2023, motifs d\u00e9cisoires de leur arr\u00eat confirmatif du 27 f\u00e9vrier 2025; \u00e9tantconstat\u00e9 que la d\u00e9naturation par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 de l\u2019\u00e9crit curriculum vitae est une alt\u00e9ration mat\u00e9rielle litt\u00e9rale des termes de l\u2019\u00e9crit curriculum vitae, en d\u00e9naturant l\u2019\u00e9crit curriculum vitae,le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 socialea viol\u00e9 le loi et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Lademanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel\u00abd\u2019avoir viol\u00e9 la loi pourd\u00e9naturation de l\u2019\u00e9crit clair et pr\u00e9cis que constituelecurriculum vitae\u00bb. Aux termes de l\u2019article 10, alin\u00e9a 2, de la loi du 18 f\u00e9vrier 1885, chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9. Le moyen ne pr\u00e9cise pas la disposition l\u00e9galequi aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9epar l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Il s\u2019ensuit que le moyen est irrecevable. Sur lesepti\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi pour d\u00e9naturation de l\u2019\u00e9crit clair et pr\u00e9cis que constitue le rapport de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi du 12 d\u00e9cembre 2022 que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale retient comme motif d\u00e9cisoire de lad\u00e9cision attaqu\u00e9e; Au motif que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale juge comme suit &lt;&lt;\u2026..Il ressort du rapport du d\u00e9bat contradictoire que les dires rapport\u00e9s par le potentiel employeur n\u2019ont pas autrement \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s parPERSONNE1.)\u2026&gt;&gt; (page 8 paragraphe 4 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); alors que l\u2019employ\u00e9 de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi indique avoir r\u00e9dig\u00e9 son rapport le 12 d\u00e9cembre 2022, soit sept jours apr\u00e8s rencontre avec la demanderesse en cassation le 5 d\u00e9cembre 2022 et attribue \u00e0 son rapport du 12 d\u00e9cembre 2022 le caract\u00e8re&lt;&lt;contradictoire&gt;&gt;qu\u2019il n\u2019a pas, alors, d\u2019une part, qu\u2019il est r\u00e9dig\u00e9 en fran\u00e7ais, langue m\u00e9connue de la demanderesse en cassation utilis\u00e9e, en vain, lors de la tentative d\u2019entretien le jour de la rencontre du 5 d\u00e9cembre 2022 et, d\u2019autre part, qu\u2019il n\u2019est pas sign\u00e9 par la demanderesse en cassation ayant \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 unilat\u00e9ralement sept jours apr\u00e8s la rencontre par le seul agent de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi,<\/p>\n<p>18 que par cons\u00e9quent, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale d\u00e9nature l\u2019\u00e9crit que constitue le rapport du 12 d\u00e9cembre 2022 en ce sens que l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 lui conf\u00e8re le statut d\u2019acte contradictoire qu\u2019il n\u2019a pas; \u00e9tant constat\u00e9 que la d\u00e9naturation par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 du rapport du 12 d\u00e9cembre 2022 est une alt\u00e9ration mat\u00e9rielle litt\u00e9rale des termes du rapport du 12 d\u00e9cembre 2022 intrins\u00e8que qui s\u2019induit du contenu m\u00eame du rapport qui ne contient ni approbation ni signature de la demanderesse en cassation; en d\u00e9naturant l\u2019\u00e9crit rapport du 12 d\u00e9cembre 2022,le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 socialea viol\u00e9 le loi et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Lademanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel\u00abd\u2019avoir viol\u00e9 la loi pourd\u00e9naturation de l\u2019\u00e9crit clair et pr\u00e9cis\u00bbque constitue lerapportdu d\u00e9bat contradictoirede l\u2019ADEM, en ayant conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 ce rapport un caract\u00e8re contradictoire, alors qu\u2019un telcaract\u00e8referait d\u00e9faut. Aux termes de l\u2019article 10, alin\u00e9a 2, de la loi du 18 f\u00e9vrier 1885, chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9. Le moyen ne pr\u00e9cise pas la disposition l\u00e9gale quiaurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9epar l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Il s\u2019ensuit que le moyen est irrecevable. Sur lehuiti\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est faitgrief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi pour refus d\u2019appliquer la directive 2000\/43\/CE du 29 juin 2000 relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethnique; Aux motifs que les juges du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 jugent comme suit:&lt;&lt;\u2026le moyen tir\u00e9 d\u2019une discrimination indirecte est\u2026.\u00e0 rejeter\u2026&gt;&gt;; alors que les pi\u00e8ces d\u00e9cisoires du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale pour confirmer le jugement de premi\u00e8re instance qui d\u00e9boute la demanderesse en cassation de ses demandes sont constitu\u00e9es par l\u2019offre d\u2019emploi \u00e9mise le 11 ao\u00fbt 2022 et le rapport du 3 octobre 2022,par le rapport de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi du 12 d\u00e9cembre 2022 et par le rapport du m\u00e9decin du travail du 16 janvier 2023, pi\u00e8ces qui toutes ont en commun d\u2019\u00eatre r\u00e9dig\u00e9es en langue fran\u00e7aise, langue que la demanderesse ne connait pas et qu\u2019elle n\u2019a jamais, et pour cause, affirm\u00e9 connaitre, m\u00eame de fa\u00e7on \u00e9l\u00e9mentaire, dans son curriculum vitae ou dans tout autre document, ce qui explique que l\u2019agence pour le<\/p>\n<p>19 d\u00e9veloppement de l\u2019emploi ne produit aucune pi\u00e8ce qui ferait \u00e9tat d\u2019une compr\u00e9hension de la langue fran\u00e7aise, m\u00eame rudimentaire, par la demanderesse en cassation et donc d\u2019une compr\u00e9hension des propos tenus par ses employ\u00e9s en fran\u00e7ais lors des rencontres avec la demanderesse en cassation; que l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 n\u2019a pas recherch\u00e9 les incidences du d\u00e9faut de compr\u00e9hension par la demanderesse en cassation des propos tenus en fran\u00e7ais par les employ\u00e9s de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi lors des rencontres p\u00e9riodiques de 2022 \u00e0 2023 dont l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi tire motifs d\u00e9cisoires pour exclure la demanderesse en cassation du statut de ch\u00f4meur involontaire le 23 janvier 2023 \u00e0 effet r\u00e9troactif au 3 octobre 2022 ; alors que de nationalit\u00e9 polonaise la demanderesse en cassation fait partie au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg de la minorit\u00e9 ethnique polonaise appartenant \u00e0 la race slave diff\u00e9rente du peuple luxembourgeois traditionnellement d\u00e9fini comme groupe r\u00e9gional d\u2019Allemands ethniques; que par cons\u00e9quent, la demanderesse en cassation b\u00e9n\u00e9ficie, au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, de la protection instaur\u00e9e par les chefs d\u2019Etat des Etats membres de l\u2019Union dans leur directive 2000\/43\/CE du 29 juin 2000; Qu\u2019en sa qualit\u00e9 de citoyenne polonaise, la demanderesse en cassation est, en application de l\u2019article 20 du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union, citoyenne de l\u2019Union statut que la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne qualifie dans son arr\u00eat Grzelczyk du 20 septembre 2001, C-184\/99, en ces termes&lt;&lt;le statut de citoyen de l\u2019Union a vocation \u00e0 \u00eatre le statut fondamental des ressortissants des Etats membres&gt;&gt;; que la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne qui conf\u00e8re \u00e0 son arr\u00eat Grzelczyk le statut de pilier du droit de l\u2019Union aux c\u00f4t\u00e9s des arr\u00eats Da Costa et Van Gend &amp; Loos fondateurs du droit de l\u2019Union, r\u00e9affirme son caract\u00e8re fondamental en jugeant le 8 mars 2011 dans son arr\u00eat Ruiz Zambrano, C-34\/09, rendu en formation grande chambre :&lt;&lt;l\u2019article 20 TFUE s\u2019oppose \u00e0 des mesures nationales ayant pour effet de priver les citoyens de l\u2019Union de la jouissance effective des droits conf\u00e9r\u00e9s par leur statut de citoyen de l\u2019Union&gt;&gt;, jugeant le 6 d\u00e9cembre 2012 dans son arr\u00eat Carpenter, C-356\/11 et C-357\/11, que le juge national a l\u2019obligation de v\u00e9rifier la privation de la jouissance effective des citoyens de l\u2019Union, jugeant dans son arr\u00eat Baumbast du 17 septembre 2002, C-413\/99, que le droit de l\u2019Union appr\u00e9hende le citoyen europ\u00e9en en tant que sujet de droit, titulaire autonome de droits et obligations, d\u00e9tach\u00e9 de son ancien statut de ressortissant communautaire, cr\u00e9ant un nouveau champ de son application, celui de ratione personae, jugeant dans son arr\u00eat Akerberg Fransson du 26 f\u00e9vrier 2013, C- 617\/10, que le statut de citoyen de l\u2019Union a un effet direct qui permet \u00e0 tout justiciable citoyen de l\u2019Union de l\u2019invoquer devant toute juridiction d\u2019un Etat membre et ne connait pas de limites, dont celle applicable \u00e0 la Charte des droits fondamentaux de l\u2019Union Europ\u00e9enne qui elle est limit\u00e9e par le champ d\u2019application du droit de l\u2019Union; que par cons\u00e9quent, l\u2019ensemble des autorit\u00e9s luxembourgeoises, y compris l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi, a l\u2019obligation de se conformer aux consid\u00e9rants et dispositions de le directive 2000\/43\/CE du 29 juin 2000 et de se<\/p>\n<p>20 comporter envers la demanderesse en cassation en s\u2019abstenant de tout acte ou omission qui seraient constitutifs d\u2019un traitement in\u00e9galitaire tir\u00e9 de son statut de citoyenne de l\u2019Union membre d\u2019une minorit\u00e9 ethnique sur le sol luxembourgeois, ceci nonobstant la condamnation du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg prononc\u00e9e par la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne le 24 f\u00e9vrier 2005, n\u00b0 320\/04, en ces termes: &lt;&lt;\u2026En ne prenant pas les dispositions l\u00e9gislatives, r\u00e9glementaires et administratives n\u00e9cessaires pour se conformer \u00e0 la directive 2000\/43\/CE du Conseil, du 29 juin 2000, relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethnique, le Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg a manqu\u00e9 aux obligations qui lui incombent en vertu de cette directive\u2026&gt;&gt;; que d\u00e8s lors que l\u2019article 3 de la directive 2000\/43\/CE dispose&lt;&lt;Champ d\u2019application.1. Dans les limites des comp\u00e9tences conf\u00e9r\u00e9es \u00e0 la Communaut\u00e9, la pr\u00e9sente directive s\u2019applique \u00e0 toutes les personnes, tant pour le secteur public que pour lesecteur priv\u00e9, y compris les organismes publics, en ce qui concerne\u2026\u2026..h) l\u2019acc\u00e8s aux biens et services et la fourniture de biens et services, \u00e0 la disposition du public, y compris en mati\u00e8re de logement\u2026&gt;&gt;, s\u2019impose \u00e0 l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi dans les services qu\u2019elle doit donner \u00e0 la demanderesse en cassation, l\u2019obligation de s\u2019abstenir de toute pratique susceptible d\u2019entrainer, pour la demanderesse en cassation, un d\u00e9savantage particulier ainsi que l\u2019impose l\u2019article 2 de la directive2000\/43\/CE ainsi r\u00e9dig\u00e9:&lt;&lt;Concept de discrimination. 1. Aux fins de la pr\u00e9sente directive, on entend par &quot;principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement&quot;, l\u2019absence de toute discrimination directe ou indirecte fond\u00e9e sur la race ou l\u2019origine ethnique.2. Aux fins du paragraphe 1: \u2026..b) une discrimination indirecte se produit lorsqu\u2019une disposition, un crit\u00e8re ou une pratique apparemment neutre est susceptible d\u2019entra\u00eener un d\u00e9savantage particulier pour des personnes d\u2019une race ou d\u2019une origine ethnique donn\u00e9e parrapport \u00e0 d\u2019autres personnes, \u00e0 moins que cette disposition, ce crit\u00e8re ou cette pratique ne soit objectivement justifi\u00e9 par un objectif l\u00e9gitime et que les moyens de r\u00e9aliser cet objectif ne soient appropri\u00e9s et n\u00e9cessaires\u2026&gt;&gt;; que par cons\u00e9quent, en ne recherchant pas lesincidences du d\u00e9faut de compr\u00e9hension par la demanderesse en cassation de la langue fran\u00e7aise utilis\u00e9e oralement et par \u00e9crit par l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi dans l\u2019acc\u00e8s aux services ouverts \u00e0 un ch\u00f4meurinvolontaire, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale ne permet pas \u00e0 la Cour de cassationdereconnaitre si les \u00e9l\u00e9ments de fait n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019application de la directive du Conseil 2000\/43\/CE du 29 juin 2000 pour discrimination indirecte, moyen soulev\u00e9 par la demanderesse en cassation devant les juges d\u2019appel, se rencontrent dans la cause; N\u2019ayant pas examin\u00e9 les faits qu\u2019ils auraient d\u00fb examiner pour que leur arr\u00eat qui juge&lt;&lt;\u2026le moyen tir\u00e9 d\u2019une discrimination indirecte est\u2026.\u00e0 rejeter\u2026&gt;&gt;f\u00fbt fond\u00e9, les juges du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale ont viol\u00e9 la loi et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb.<\/p>\n<p>21 R\u00e9ponse de la Cour Lademanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appeld\u2019avoirviol\u00e9la loi parrefus d\u2019application de la directive 2000\/43\/CE du 29 juin 2000relative\u00e0la mise en\u0153uvredu principe d\u2019\u00e9galit\u00e9detraitemententre les personnessansdistinction de race ou d\u2019origine ethnique,en se basantsur desdocumentsr\u00e9dig\u00e9s en fran\u00e7ais sans rechercher les incidences de sond\u00e9faut de compr\u00e9hension de lalanguefran\u00e7aise. Lademanderesseen cassation ne soutientpas que cette directive n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 correctement transpos\u00e9e en droit luxembourgeois. Conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne relative \u00e0 l\u2019effet des directives en g\u00e9n\u00e9ral,\u00ab dans tous les cas o\u00f9 une directive est correctement mise en \u0153uvre, ses effets atteignent les particuliers par l\u2019interm\u00e9diaire des mesures d\u2019application prises par l\u2019Etat membreconcern\u00e9 \u00bb (arr\u00eat du 19 janvier 1982, affaire 8\/81) et \u00abil d\u00e9coule de l\u2019article 189, alin\u00e9a 3,[du Trait\u00e9 CEE]que l\u2019ex\u00e9cution des directives communautaires doit \u00eatre assur\u00e9e par des mesures d\u2019application appropri\u00e9es, prises par les Etats membres. Ce n\u2019est que dans des circonstances particuli\u00e8res, notamment dans les cas o\u00f9 un Etat membre aurait omis de prendre les mesures d\u2019ex\u00e9cution requises, ou adopt\u00e9 des mesures non conformes \u00e0 une directive, que la Cour a reconnu le droit, pour les justiciables, d\u2019invoquer en justice une directive \u00e0 l\u2019encontre d\u2019un Etat membre d\u00e9faillant \u00bb(arr\u00eat du 6 mai 1980, affaire 102\/79). Lademanderesseen cassation ne peut, par cons\u00e9quent, pas invoquer devant la Cour de cassation la violation d\u2019une directive correctement transpos\u00e9e en droit national. Il s\u2019ensuit que le moyenest irrecevable. Sur leneuvi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi parrefus d\u2019application de l\u2019article 4 paragraphe 3 du trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne qui p\u00e8se sur les Etats membres leur imposant une obligation de coop\u00e9ration loyale afin d\u2019assurer sur leurs territoires respectifs l\u2019application et le respect du droit de l\u2019Union; Aux motifs que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale juge comme suit dans son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025&lt;&lt;\u2026aucun renvoi pr\u00e9judiciel ne s\u2019impose faute de pertinence pour la solution du litige\u2026&gt;&gt;; alors que le statut l\u00e9gal de la demanderesse en cassation sur le sol luxembourgeois ressortit au droit de l\u2019Union et de fa\u00e7on r\u00e9siduelle au droit national luxembourgeois, \u00e0 la condition qu\u2019il soit conforme au droit de l\u2019Union, ainsi qu\u2019il ressort de l\u2019article 20 du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union qui conf\u00e8re la citoyennet\u00e9 de l\u2019Union et la jurisprudence de la Cour de Justice de l\u2019Union<\/p>\n<p>22 europ\u00e9enne sur le statut fondamental de citoyen de l\u2019Union dans ses arr\u00eats Grzelczyk du 20 septembre 2001, C-184\/99, Zambrano du 8 mars 2011, C-34\/09, Carpenter du 6 d\u00e9cembre 2012, C-356\/11 et 357\/11, Baumbast du 17 septembre 2002, C- 413\/99, Akerberg Fransson du 26 f\u00e9vrier 2013, C-617\/10 qui disent le droit applicable par les Etats membres; alorsque chaque juge de chaque Etat membre de l\u2019Union a la qualit\u00e9 de &lt;&lt;juge communautaire de droit commun&gt;&gt;que le Tribunal de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne lui reconnait depuis son arr\u00eat du Tetra Pak c\/ Commission du 10 juillet 1990 point 42, T-51\/89, en ces termes&lt;&lt;&#8230;..le juge national agit en qualit\u00e9de juge communautaire de droit commun. Il se borne en r\u00e9alit\u00e9\u00e0appliquer, comme il y est tenu en vertu de la primaut\u00e9et de l\u2019effet direct des r\u00e8gles communautaires\u2026\u2026, les principes r\u00e9gissant en droit communautaire\u2026&gt;&gt;, que dans son avis 1\/09 du 8 mars 2011, la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne rappele&lt;&lt;\u2026les juridictions des Etats membres ne doivent pas \u00eatre priv\u00e9es de leur mission de mise en \u0153uvre du droit de l\u2019Union en tant que juges de droit commun de l\u2019ordre juridique de l\u2019Union.&gt;&gt;, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que sous l\u2019effet de l\u2019int\u00e9gration europ\u00e9enne plus aucune branche des droits nationaux n\u2019\u00e9chappe d\u00e9sormais au droit de l\u2019Union qui prime; que par cons\u00e9quent est applicable l\u2019article 267 du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union moyen soulev\u00e9 par la demanderesse en cassation devant les juges d\u2019appel auxquelles elle a demand\u00e9 de pr\u00e9senter demande de renvoi pr\u00e9judiciel ainsi r\u00e9dig\u00e9: &lt;&lt;La directive du Conseil 2000\/43 du 29 juin 2000relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethniquedoit-elle \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens que les exigences que le service \u00e9tatique d\u2019indemnisation luxembourgeois des ch\u00f4meurs involontaires, d\u00e9nomm\u00e9 l\u2019ADEM, impose \u00e0 une citoyenne polonaise r\u00e9sidente au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg ch\u00f4meuse involontaire qui ne connait aucune des trois langues officielles du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg soit le luxembourgeois, le fran\u00e7ais et l\u2019allemand, de signer des documents pr\u00e9par\u00e9s et r\u00e9dig\u00e9s en allemand et en fran\u00e7ais par l\u2019ADEM, de se rendre aux convocations adress\u00e9es par l\u2019ADEM en vue d\u2019\u00e9changer oralement en fran\u00e7ais sur sa situation de ch\u00f4meuse ouvrant droit aux indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage, constituentune discrimination directe pour des raisons d\u2019origine ethnique de la ressortissante polonaise qui est trait\u00e9e de mani\u00e8re moins favorable qu\u2019une autre personne d\u2019origine ethnique luxembourgeoise ne l\u2019est, ne l\u2019a \u00e9t\u00e9 ou ne le serait dans une situation comparable; En cas de r\u00e9ponse n\u00e9gative \u00e0 cette question pr\u00e9judicielle, ladirective du Conseil 2000\/43 du 29 juin 2000relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethniquedoit- elle \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens que les exigences que le service \u00e9tatique d\u2019indemnisation luxembourgeois des ch\u00f4meurs involontaires, d\u00e9nomm\u00e9 l\u2019ADEM, impose \u00e0 une citoyenne polonaise r\u00e9sidente au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg ch\u00f4meuse involontaire qui ne connait aucunedes trois langues officielles du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg soit le Luxembourgeois, le fran\u00e7ais et l\u2019allemand, de signer des documents pr\u00e9par\u00e9s et r\u00e9dig\u00e9s en allemand et en fran\u00e7ais par l\u2019ADEM, de se rendre aux convocations adress\u00e9es par l\u2019ADEM en vue d\u2019\u00e9changer oralement en fran\u00e7ais sur sa situation de ch\u00f4meuse ouvrant droit aux indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage,<\/p>\n<p>23 constituentune pratique susceptible d\u2019entra\u00eener un d\u00e9savantage particulier pour une personne d\u2019ethnie polonaise par rapport \u00e0 une autre personne d\u2019ethnie luxembourgeoise qui est plac\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e ou serait plac\u00e9edans une situation comparableg\u00e9n\u00e9rantune discrimination indirecte&gt;&gt;; \u00e9tant rappel\u00e9 que la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne est l\u2019une des sept institutions de l\u2019Union (article 13 du Trait\u00e9 sur l\u2019Union Europ\u00e9enne) et que ces arr\u00eats disent le droit applicable dans l\u2019ensemble des Etats membres de l\u2019Union (article 19 du Trait\u00e9 sur l\u2019Union Europ\u00e9enne), les arr\u00eats de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne produisant un effet d\u00e9claratif de&lt;&lt;chose interpr\u00e9t\u00e9e&gt;&gt; concernant la r\u00e8gle en cause et ce d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en vigueur de celle-ci, ce que juge la Cour de Justice de l\u2019UnionEurop\u00e9enne en ces termes&lt;&lt;\u2026l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e d\u2019une r\u00e8gle du droit de l\u2019Union, dans l\u2019exercice de la comp\u00e9tence que lui conf\u00e8re l\u2019article 267 TFUE, \u00e9claire et pr\u00e9cise la signification et la port\u00e9e de cette r\u00e8gle, telle qu\u2019elle doit ou aurait d\u00fb \u00eatre comprise et appliqu\u00e9e depuis la date de son entr\u00e9e en vigueur\u2026&gt;&gt;(arr\u00eat 29 septembre 2015, Gmina Wroclaw, C-276\/14 point 44; arr\u00eat 17 mars 2021, Academia de Studii Economice diu Bucaresti, C-585\/19 point 78), les juridictions et les autorit\u00e9s nationales \u00e9tant dans l\u2019obligationd\u2019appliquer lesdispositions du droit de l\u2019Union telles qu\u2019interpr\u00e9t\u00e9es par la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne (arr\u00eat 5 octobre 2010, Elchinov, C-173\/09 point 29); quedans son arr\u00eat du 19 novembre 1991, Francovich, C-6\/90 et 9\/90, la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne juge:&lt;&lt;\u2026. 32.II y a lieu de rappeler \u00e9galement que, ainsi qu\u2019il d\u00e9coule d\u2019une jurisprudence constante, il incombe aux juridictions nationales charg\u00e9es d\u2019appliquer, dans le cadre de leurs comp\u00e9tences, les dispositions du droit communautaire, d\u2019assurer le plein effet de ces normes et de prot\u00e9ger les droits qu\u2019elles conf\u00e8rent aux particuliers (voir, notamment, les arr\u00eats du 9 mars 1978, Simmenthal, point 16, 106\/77, Rec. p. 629; et du 19 juin 1990, Factortame, point 19, C-213\/89, Rec. p. I-2433)\u2026&gt;&gt;; que dans son arr\u00eat du 5 mars 1996, Brasserie du P\u00e9cheur et Fractortame, C- 46\/96 et 48\/96 la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne juge:&lt;&lt;\u2026 25. il convient de souligner que la question de l\u2019existence et de l\u2019\u00e9tendue de la responsabilit\u00e9d\u2019un \u00c9tat pour des dommages d\u00e9coulant de la violation des obligations qui lui incombent en vertu du droit communautaire concerne l\u2019interpr\u00e9tation du trait\u00e9, qui, comme telle, rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence de la Cour\u2026\u2026.II en r\u00e9sulte que le principe est valable pour toutehypoth\u00e8se de violation du droit communautaire par un\u00c9tat membre, et ce quel que soit l\u2019organe de l\u2019\u00c9tat membre dont l\u2019action ou l\u2019omission est\u00e0l\u2019origine du manquement\u2026&gt;&gt;; que dans son arr\u00eat du 30 septembre 2003, K\u00f6bler, C-224\/01, la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne juge:&lt;&lt;\u2026..30. Il y a lieu de rappeler d\u2019embl\u00e9e que la Cour a d\u00e9j\u00e0jug\u00e9que le principe de la responsabilit\u00e9d\u2019un\u00c9tat membre pour des dommages caus\u00e9s aux particuliers par des violations du droit communautaire qui lui sont imputables est inh\u00e9rent au syst\u00e8me du trait\u00e9\u2026.34.Il convient de souligner\u00e0 cet\u00e9gard qu\u2019une juridiction statuant en dernier ressort constitue par d\u00e9finition la derni\u00e8re instance devant laquelle les particuliers peuvent faire valoir les droits que le droit communautaire leur reconna\u00eet. Une violation de ces droits par une d\u00e9cision d\u2019une telle juridiction qui est devenue d\u00e9finitive ne pouvant normalement plus faire l\u2019objet d\u2019un redressement, les particuliers ne sauraient\u00eatre priv\u00e9s de la possibilit\u00e9<\/p>\n<p>24 d\u2019engager la responsabilit\u00e9de l\u2019\u00c9tat afin d\u2019obtenir par ce biais une protection juridique de leurs droits. 35.C\u2019est d\u2019ailleurs, notamment, afin d\u2019\u00e9viter que des droits conf\u00e9r\u00e9s aux particuliers par le droit communautaire soient m\u00e9connus que, en vertu de l\u2019article 234, troisi\u00e8me alin\u00e9a, CE, une juridiction dont les d\u00e9cisions ne sont pas susceptibles d\u2019un recoursjuridictionnel de droit interne est tenue de saisir la Cour\u2026&gt;&gt;; en jugeant dans son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025&lt;&lt;\u2026aucun renvoi pr\u00e9judiciel ne s\u2019impose faute de pertinence pour la solution du litige\u2026&gt;&gt;, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale,&lt;&lt;juge communautaire de droit commun&gt;&gt;a viol\u00e9 la loi\u00e9dict\u00e9e par le trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appeld\u2019avoir viol\u00e9 la loi par refus d\u2019application desarticles4, alin\u00e9a3, et 267duTrait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne(ci-apr\u00e8s\u00able TFUE\u00bb),en ayant retenu qu\u2019aucun renvoi pr\u00e9judiciel ne s\u2019imposaitfaute de pertinence pour la solution du litige. Lesjuges d\u2019appelont constat\u00e9, sur base des propres indications de la demanderesse en cassation fourniesdans soncurriculum vitae,qu\u2019elle disposait de connaissances en langue allemande. En retenantencore \u00abEn l\u2019esp\u00e8ce, il est difficile de cerner unequelconque violation du TFUE par rapport au droit des citoyens de l\u2019Union et des membres de leur famille de circuler et de s\u00e9journer librement sur le territoire des Etats membres et par rapport \u00e0 la directive 2000\/43\/CE du 29 juin 2000 relative \u00e0 la mise en oeuvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethnique, alors quePERSONNE1.), de nationalit\u00e9 polonaise, a pu \u00e9tablir sa r\u00e9sidence \u00e0 Luxembourg et y a travaill\u00e9 du 20 f\u00e9vrier 2017 au 31 d\u00e9cembre 2021, date \u00e0 partir de laquelle elle est inscrite comme demandeur d\u2019emploi \u00e0 la suite de son licenciement pour motif \u00e9conomique. Ch\u00f4meur indemnis\u00e9 au Luxembourg, elle b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un traitement identique r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 chaque demandeur d\u2019emploi plong\u00e9 dans une situation identique\u00bb, les juges d\u2019appel ont pu, sans violer lesdispositionsvis\u00e9esau moyen,rejeter la demande de renvoipr\u00e9judiciel,faute de pertinence pour la solution du litige. Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>25 Sur ledixi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi par fausse qualification des faits; Aux motifs que l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 juge comme suit:&lt;&lt;\u2026La farde de pi\u00e8ces \u2026..diverge de par son contenu de la motivation de l\u2019acte d\u2019appel notamment pour ce qui est du montant de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure\u2026.et d\u2019une formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle\u2026. (page 5 paragraphe 2 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9) \u2026.la farde de pi\u00e8ce renfermant le corps de conclusions d\u00e9pos\u00e9e le 6 f\u00e9vrier 2025 est partant \u00e0 rejeter\u2026.&gt;&gt;(page 5 paragraphe 5 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9); alors que par acte du 5 ao\u00fbt 2024, la demanderesse en cassation a interjet\u00e9 appel du jugement rendu le 28 juin 2024 par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale en exposant, sur treize pages, les moyens sur lesquels se fonde son appel notamment en ces termes:&lt;&lt;\u2026.. Dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 la juridiction de c\u00e9ans \u00e9mettrait des doutes sur l\u2019application en l\u2019esp\u00e8ce du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne dont se pr\u00e9vaut L\u2019Appelante, il lui plaira de donner acte \u00e0 L\u2019Appelante qu\u2019elle demande le renvoi pr\u00e9judiciel eninterpr\u00e9tation devant la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne sur le fondement de l\u2019article 267 du Trait\u00e9 de fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s&quot;TFUE&quot;)\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026. (page 11 paragraphe 3 de la d\u00e9claration d\u2019appel)\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026 Le tribunal donnera acte \u00e0 L\u2019Appelante qu\u2019elle se r\u00e9serve de droit d\u2019adjoindre \u00e0 ses pr\u00e9sentes \u00e9critures toutes \u00e9critures compl\u00e9mentaires n\u00e9cessaires au succ\u00e8s de sa demande de renvoi pr\u00e9judiciel fond\u00e9 sur l\u2019article 267 TFUE dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 la juridiction de c\u00e9ans serait habit\u00e9e de doutes sur l\u2019application dans la pr\u00e9sente proc\u00e9dure d\u2019appel dudroit de l\u2019Union europ\u00e9enne\u2026 (page 11 paragraphe 7 de la d\u00e9claration d\u2019appel)\u2026\u2026. PAR CES MOTIFS \u2026\u2026\u2026\u2026\u2026..Vu les articles 4, 9 et 19 \u00a7 1 du Trait\u00e9 sur l\u2019Union europ\u00e9enne,Vu les articles 18, 21 et 267 du Trait\u00e9 Fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne, Vu les articles 2.2 b) et 8 de la directive 2000\/43 CE du Conseil du 29 juin 2000, Vu la jurisprudence de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne,\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.Introduire devant la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne renvoi pr\u00e9judiciel aux fins d\u2019interpr\u00e9tation sur la compatibilit\u00e9 au droit de l\u2019Union europ\u00e9enne de la pratique de l\u2019Agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi d\u2019utiliser des langues m\u00e9connues d\u2019un citoyen de l\u2019Union\u2026\u2026\u2026\u2026..R\u00e9server \u00e0 la partie Appelante le b\u00e9n\u00e9fice de r\u00e9diger et produire tous documents et pi\u00e8ces utiles, n\u00e9cessaires et pertinents, incluant les actes de proc\u00e9dure, li\u00e9s au renvoi pr\u00e9judiciel en interpr\u00e9tation devant la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne,Condamnerl\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg \u00e0 payer \u00e0 L\u2019Appelante en allocation une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2 000,00 \u20ac,Donner acte \u00e0 L\u2019Appelantequ\u2019elle se r\u00e9serve le droit de formuler en cours d\u2019instance une demande en paiement des frais et honoraires d\u2019avocat, \u2026\u2026&gt;&gt; (pages 12 et 13 de la d\u00e9claration d\u2019appel); qu\u2019ainsi, lademanderesse en cassation fait de la pr\u00e9sentation des faits et de ses demandes en appelun expos\u00e9 clair et intelligible des faits qui se trouvent \u00e0 la base du litige, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que, de jurisprudence constante, le concept de &lt;&lt;moyen&gt;&gt;\u00e9tant d\u00e9termin\u00e9 par r\u00e9f\u00e9rence aux seuls faits, l\u2019appelant peut en cours d\u2019instance, changer de disposition l\u00e9gale servant de base \u00e0 son action \u00e0<\/p>\n<p>26 condition bien s\u00fbr de ne pas modifier l\u2019objet et les moyens de sa demande (Cour d\u2019appel 14 juillet 2005, n\u00b0 28713; 26 f\u00e9vrier 2003, n\u00b0 25758), de m\u00eame qu\u2019il peut fournir ult\u00e9rieurement des pr\u00e9cisions sur les moyens invoqu\u00e9s (T.A. Luxembourg 8 juillet 1987, n\u00b0 375\/87) et qu\u2019il peut changer l\u2019ordre de subsidiarit\u00e9 des bases l\u00e9gales qu\u2019il aurait invoqu\u00e9es (T.A. Luxembourg 23 d\u00e9cembre 1987, n\u00b0 637\/87); que la motivation en instance d\u2019appel a pour fonction de permettre \u00e0 l\u2019intim\u00e9 d\u2019aborder l\u2019instance d\u2019appel de fa\u00e7on pertinente et \u00e9clair\u00e9e d\u00e8s la r\u00e9ception de l\u2019acte d\u2019appel. D\u00e8s lors, le grief tir\u00e9 de l\u2019atteinte aux int\u00e9r\u00eats de l\u2019intim\u00e9 exig\u00e9 par l\u2019article 264 NCPC pour que l\u2019acte d\u2019appel encoure l\u2019annulation est g\u00e9n\u00e9ralement par rapport \u00e0 cette exigence, et le pr\u00e9judice n\u2019est r\u00e9alis\u00e9 que si l\u2019intim\u00e9 n\u2019a pas pu utilement pr\u00e9parer sa d\u00e9fense (Cour d\u2019appel 27 juin 2002, n\u00b0 2\/2003, page 29, confirm\u00e9 par Courde cassation 20 mars 2003, n\u00b0 18\/03; Cour d\u2019appel 28 octobre 2004, n\u00b0 24501; Cour d\u2019appel 2 f\u00e9vrier 2011, n\u00b0 1\/2011; Cour d\u2019appel 8 mars 2006, n\u00b0 29777; Cour d\u2019appel 17 novembre 2010, n\u00b0 34541) ou s\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00eame de faire valoir ses moyens de d\u00e9fense (Cour d\u2019appel 23 janvier 2002, n\u00b0 25354); or, d\u00e8s le mois d\u2019ao\u00fbt 2024, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi a connaissance des moyens d\u2019appel de la demanderesse en cassation qui sont derechef consign\u00e9s dans sesconclusions \u00e9crites remises \u00e0 l\u2019audience du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale le 6 f\u00e9vrier 2025 ainsi r\u00e9dig\u00e9es: &lt;&lt;\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.. Faire droit \u00e0 la demande de saisine de la Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne de la question pr\u00e9judicielle en interpr\u00e9tation suivante:&quot;La directive du Conseil 2000\/43 du 29 juin 2000relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethniquedoit-elle \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens que les exigences que le service \u00e9tatique d\u2019indemnisation luxembourgeois des ch\u00f4meurs involontaires, d\u00e9nomm\u00e9 l\u2019ADEM, impose \u00e0 une citoyenne polonaise r\u00e9sidente au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg ch\u00f4meuse involontaire qui ne connait aucune des trois langues officielles du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg soit le luxembourgeois, le fran\u00e7ais et l\u2019allemand, de signer des documents pr\u00e9par\u00e9s et r\u00e9dig\u00e9s en allemand et en fran\u00e7ais par l\u2019ADEM, de se rendre aux convocations adress\u00e9es par l\u2019ADEM en vue d\u2019\u00e9changer oralement en fran\u00e7ais sur sa situation de ch\u00f4meuse ouvrant droit aux indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage, constituentune discrimination directe pour des raisons d\u2019origine ethnique de la ressortissante polonaise qui est trait\u00e9e de mani\u00e8remoins favorable qu\u2019une autre personne d\u2019origine ethnique luxembourgeoise ne l\u2019est, ne l\u2019a \u00e9t\u00e9 ou ne le serait dans une situation comparable;En cas de r\u00e9ponse n\u00e9gative \u00e0 cette question pr\u00e9judicielle, ladirective du Conseil 2000\/43 du 29 juin 2000relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethniquedoit-elle \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens que les exigences que le service \u00e9tatique d\u2019indemnisation luxembourgeois des ch\u00f4meursinvolontaires, d\u00e9nomm\u00e9 l\u2019ADEM, impose \u00e0 une citoyenne polonaise r\u00e9sidente au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg ch\u00f4meuse involontaire qui ne connait aucune des trois langues officielles du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg soit le Luxembourgeois, le fran\u00e7ais et l\u2019allemand, de signer des documents pr\u00e9par\u00e9s et r\u00e9dig\u00e9s en allemand et en fran\u00e7ais par l\u2019ADEM, de se rendre aux convocations adress\u00e9es par l\u2019ADEM en vue d\u2019\u00e9changer oralement en fran\u00e7ais sur sa situation de ch\u00f4meuse ouvrant droit aux indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage, constituentune pratique susceptible d\u2019entra\u00eener un<\/p>\n<p>27 d\u00e9savantage particulier pour une personne d\u2019ethnie polonaise par rapport \u00e0 une autre personne d\u2019ethnie luxembourgeoise qui est plac\u00e9e, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e ou serait plac\u00e9edans une situation comparableg\u00e9n\u00e9rantune discrimination indirecte. Condamner l\u2019Etat luxembourgeois repr\u00e9sent\u00e9 par Monsieur le Premier Ministre de payer \u00e0PERSONNE1.)la somme de 3 500,00 \u20ac au titre des frais irr\u00e9p\u00e9tibles de premi\u00e8re instance et d\u2019appel,\u2026\u2026\u2026\u2026.&quot;&gt;&gt;; que par cons\u00e9quent, existe une parfaite concordance entre le contenu de la d\u00e9claration d\u2019appel du 5 ao\u00fbt 2024 et les conclusions \u00e9crites remises \u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025 qui ne portent nullement atteinte aux droits de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi pour connaitre ses moyens et demandes depuis le mois d\u2019ao\u00fbt 2024, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9que le passage du montant de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2 000 \u00e0 3 500 \u20ac et la formulation pr\u00e9cise de la question pr\u00e9judicielle ne sont pas de nature \u00e0 alt\u00e9rer cette parfaite concordance pour correspondre aux demandes \u00e9nonc\u00e9es d\u00e8s le 5 ao\u00fbt 2024 et pour avoir \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es oralement \u00e0 labarre le 6 f\u00e9vrier 2025; alors que l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 ne dit pas que l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi argue \u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025 d\u2019une divergence entre le contenu de la d\u00e9claration d\u2019appel du 5 ao\u00fbt 2024 et les conclusions \u00e9crites d\u00e9pos\u00e9es le 6 f\u00e9vrier 2025, jugeant uniquement comme suit&lt;&lt;\u2026L\u2019ETAT conclut \u00e0 la confirmation du jugement dont appel pour les motifs y avanc\u00e9s et demande le rejet de la farde de pi\u00e8ces d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la fin des plaidoiries \u2026.&gt;&gt;(page 4 paragraphe 3 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9), \u00e9tant rappel\u00e9 que lesjuges du fond ne disposent pas du pouvoir de soulever d\u2019office moyen tir\u00e9 d\u2019une pr\u00e9tendue divergence; qu\u2019en jugeant&lt;&lt;\u2026la farde de pi\u00e8ces d\u00e9pos\u00e9e par l\u2019appelante \u2026comprend un corps de conclusions de 22 pages lequel\u2026.diverge, de par son contenu, de la motivation de l\u2019acte d\u2019appel, notamment pour ce qui est du montant de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, d\u00e9sormais nettement plus \u00e9lev\u00e9, et d\u2019une formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle \u2026&gt;&gt;dont il tire motif pour&lt;&lt;\u2026rejeter\u2026&gt;&gt;la farde de pi\u00e8ces renfermant le corps de conclusions d\u00e9pos\u00e9e le 6 f\u00e9vrier 2025 et en faire motif d\u00e9cisoire de l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a viol\u00e9 la loi par fausse qualification des faitset l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appeld\u2019avoir viol\u00e9 la loi par\u00abfausse qualification des faits\u00bb enayantretenu que la farde de pi\u00e8ces comprenaitun corps deconclusions de 22 pageslequel\u00abdiverge, de par son contenu, de la motivation de l\u2019acte d\u2019appel, notamment pour ce qui est du montant de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, d\u00e9sormais nettement plus \u00e9lev\u00e9, et d\u2019une formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle\u00bb, alors qu\u2019elle aurait expos\u00e9 dans son acte d\u2019appel les moyens sur lesquels elle se fondait. Aux termes de l\u2019article 10, alin\u00e9a 2, de la loidu 18 f\u00e9vrier 1885,chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9,la partie critiqu\u00e9e de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e etce en quoicelle-ciencourt le reproche all\u00e9gu\u00e9.<\/p>\n<p>28 Le moyen ne pr\u00e9cise ni le texte de loi qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 ni en quoi consisterait l\u2019erreur de qualification all\u00e9gu\u00e9e. Il s\u2019ensuit que le moyen est irrecevable. Sur leonzi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi par fausse interpr\u00e9tation de la loi \u00e9dict\u00e9e \u00e0 l\u2019article 267 du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union; Aux motifs que l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 retient comme motif d\u00e9cisoire de son arr\u00eat confirmatif du 27 f\u00e9vrier 2025 &lt;&lt; \u2026une formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle\u2026&gt;&gt; par la demanderesse en cassation; alors que seules les juridictions nationales peuvent d\u00e9clencher la proc\u00e9dure de renvoi pr\u00e9judiciel pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 267 du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union \u00e0 l\u2019exclusion des parties \u00e0 l\u2019instance, ainsi qu\u2019en dispose notamment les articles 93 et suivants du r\u00e8glement de proc\u00e9dure de la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne modifi\u00e9 (J.O. L 265, 29 septembre 2012 et J.O L 316 modifi\u00e9) et ainsi que l\u2019a jug\u00e9 la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne en ces termesle 12 f\u00e9vrier 2006, C-2\/06, point 41: &lt;&lt;\u2026il convient de souligner que le syst\u00e8me instaur\u00e9 par l\u2019article 234CE en vue d\u2019assurer l\u2019unit\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation du droit communautaire dans les \u00c9tats membres institue une coop\u00e9ration directe entre la Cour et les juridictions nationales par une proc\u00e9dure \u00e9trang\u00e8re \u00e0 toute initiative des parties (voir, en ce sens, arr\u00eats du 27 mars 1963, Da Costa e.a.,28\/62 \u00e0 30\/62, Rec. p.59, 76; du 1 er mars 1973, Bollmann, 62\/72, Rec. p.269, point 4, et du 10 juillet 1997, Palmisani, C-261\/95, Rec. p.I-4025, point 31)&gt;&gt;, et le 16 d\u00e9cembre 2008, C-210\/06, points 90 et 91: &lt;&lt;\u2026..la Cour a d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 que le syst\u00e8me instaur\u00e9 par l\u2019article 234 CE en vue d\u2019assurer l\u2019unit\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation du droit communautaire dans les \u00c9tats membres institue une coop\u00e9ration directe entre la Cour et les juridictions nationales par une proc\u00e9dure \u00e9trang\u00e8re \u00e0 toute initiative des parties (arr\u00eat du 12 f\u00e9vrier 2008, Kempter, C-2\/06, non encore publi\u00e9 au Recueil, point 41). En effet, le renvoi pr\u00e9judiciel repose sur un dialogue de juge \u00e0 juge, dont le d\u00e9clenchement d\u00e9pend enti\u00e8rement de l\u2019appr\u00e9ciation que fait la juridiction nationale de la pertinence et de la n\u00e9cessit\u00e9 dudit renvoi (arr\u00eat Kempter,pr\u00e9cit\u00e9, point 42)\u2026&gt;&gt;; que les juridictions nationales disposent seules du droit de pouvoir r\u00e9diger les questions pr\u00e9judicielles soumises \u00e0 la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne ainsi que l\u2019a abondamment jug\u00e9 la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne (voir ex multis arr\u00eat Armostav Mistek du 14 novembre 2019, C-520\/19; ord. Centre d\u2019enseignement secondaire Saint-Vincent de Soignies du 23 avril 2021, C-471\/20;<\/p>\n<p>29 ord. Colt Technology Services e.a., du 26 novembre 2020, C-318\/20 point 22; arr\u00eat Sanresa du 8 juillet 2021, C-293\/20 points 68 et 69); que si la demanderesse en cassation en tant que justiciable peut, par le recours au renvoi pr\u00e9judiciel, v\u00e9rifier la l\u00e9galit\u00e9 d\u2019une loi nationale, d\u2019un acte administratif ou d\u2019une pratique interne d\u2019un Etat, les remettre en cause et demander que la loi de l\u2019Union soit interpr\u00e9t\u00e9e par l\u2019Etat conform\u00e9ment aux exigences du droit de l\u2019Union lui ouvrant ainsi le droit de former recours en manquement contre un Etat membre pour violation du droit de l\u2019Union, elle reste cependant priv\u00e9e du pouvoir de d\u00e9clencher la proc\u00e9dure de renvoi pr\u00e9judiciel et de r\u00e9diger la question pr\u00e9judicielle; que les attributions que le droit de l\u2019Union reconnait au justiciable se limitent \u00e0 la demande qu\u2019il lui est loisible de pr\u00e9senter \u00e0 la juridiction nationale pour qu\u2019elle saisisse la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne, pas celle d\u2019engager la proc\u00e9dure de renvoi pr\u00e9judiciel, sauf le droit reconnu au justiciable d\u2019engager la responsabilit\u00e9 extracontractuelle de l\u2019Etat dont la juridiction statuant en dernier ressort ne saisit pas la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne d\u2019un renvoi pr\u00e9judiciel en pr\u00e9sence qu\u2019une question portant sur l\u2019interpr\u00e9tation du droit de l\u2019Union; Par cons\u00e9quent, en retenant comme motif d\u00e9cisoire de son arr\u00eat confirmatif du 27 f\u00e9vrier 2024 la &lt;&lt;\u2026formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle\u2026&gt;&gt; par la demanderesse en cassation, le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale proc\u00e8de \u00e0 une fausse application de la loi de l\u2019Union en conf\u00e9rant \u00e0 une simpleproposition de r\u00e9daction de la question pr\u00e9judicielle que lui pr\u00e9sente la demanderesse en cassation force contraignante qu\u2019elle qualifie \u00e0 tort de moyen de droit soulev\u00e9 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025, alors que, comme tout justiciable, la demanderesse en cassation n\u2019est pas comp\u00e9tente pour r\u00e9diger une question pr\u00e9judicielle soumise \u00e0 la Cour de Justice de l\u2019Union Europ\u00e9enne; Le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a viol\u00e9 la loi par fausse interpr\u00e9tation de la loi \u00e9dict\u00e9e \u00e0 l\u2019article 267 du trait\u00e9 sur le fonctionnement de l\u2019Union europ\u00e9enne et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Lademanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoirviol\u00e9 la disposition vis\u00e9e au moyen enayantexig\u00e9\u00ablaformulationconcr\u00e8ted\u2019une question pr\u00e9judicielle\u00bb, alorsque seule une juridictionnationalepourrait renvoyer une question, \u00e0titre pr\u00e9judiciel,\u00e0 la CJUE sur le fondement de la disposition vis\u00e9e. Le moyen proc\u00e8de d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Les juges d\u2019appel, en tant que titulairesde la saisine, se sont abstenus de poser la question soulev\u00e9e au motif qu\u2019ils la consid\u00e9raient comme non pertinente pour la solution du litige. Il s\u2019ensuit que le moyen manque en fait.<\/p>\n<p>30 Sur ledouzi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi par fausse application de la loi qui \u00e9rige la r\u00e8gle du contradictoire en principe g\u00e9n\u00e9ral de droit; Aux motifs que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale retient comme motif d\u00e9cisoire dans son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 jugeant en ces termes&lt;&lt;\u2026la farde \u2026de conclusions de 22 pages\u2026.est\u2026\u00e0 rejeter pour violation\u2026du contradictoire\u2026&gt;&gt;; Alors que l\u2019article 64 du nouveau code de proc\u00e9dure civile dispose: &lt;&lt;\u2026.les parties doivent se faire connaitre mutuellement en temps utile\u2026\u2026les \u00e9l\u00e9ments de preuve qu\u2019elles produisent\u2026&gt;&gt;, l\u2019article 279 alin\u00e9a 1 dispose&lt;&lt;\u2026la partie qui fait \u00e9tat d\u2019une pi\u00e8ce s\u2019oblige \u00e0 la communiquer \u00e0 toute autre partie \u00e0 l\u2019instance\u2026&gt;&gt;l\u2019article 282 exige communication&lt;&lt;en temps utile&gt;&gt;; or, la farde que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale compos\u00e9e de ving- trois pages rejette pour violation de la r\u00e8gle du contradictoire est la note de plaidoirie qui consigne la plaidoirie orale de la demanderesse en cassation \u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025 , \u00e9crit qui n\u2019entre pas dans la cat\u00e9gorie des pi\u00e8ces \u00e0 communiquer&lt;&lt;en temps utile&gt;&gt;\u00e0 la partie intim\u00e9e; \u00e9tantrappel\u00e9 que si la proc\u00e9dure devant le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale est orale, cette oralit\u00e9 de la proc\u00e9dure se limite \u00e0 la plaidoirie et au d\u00e9bat contradictoire qui peut na\u00eetre \u00e0 la barre du tribunal au cours et \u00e0 l\u2019issue des plaidoiries, mais l\u2019\u00e9crit ne disparait pas de la proc\u00e9dure orale et se maintient sous la forme des pi\u00e8ces \u00e9crites que le demandeur doit communiquer \u00e0 l\u2019adversaire et des \u00e9crits \u00e9ventuels consignant les plaidoiries remises au juge; \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que l\u2019oralit\u00e9 de la proc\u00e9dure devant le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale se caract\u00e9rise par le fait que chaque partie ignore, avant l\u2019audience de plaidoiries, les arguments que son adversaire exposera au tribunal, \u00e0 charge pour chaque partie d\u2019y apporter lacontradiction en les d\u00e9couvrant \u00e0 l\u2019audience; qu\u2019une partie dispose du droit de se pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019audience munie d\u2019une not\u00e9 \u00e9crite pr\u00e9par\u00e9e pour l\u2019audience en vue des plaidoiries qu\u2019elle lit \u00e0 l\u2019audience, totalement ou sous forme de r\u00e9sum\u00e9, et qu\u2019elle remet au juge afin qu\u2019il en prenne connaissance en d\u00e9tail au cours de son d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 que rien dans la loi luxembourgeoise ne prohibe dans une proc\u00e9dure orale la remise au juge d\u2019\u00e9crits quels que soient leurs d\u00e9nominations, conclusions, notes de plaidoirie, notes en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 ou autres, qui consignent le contenu des plaidoiries orales tenues \u00e0 l\u2019audience, sans que cet \u00e9crit doive \u00eatre communiqu\u00e9 par le plaideur \u00e0 la partie adverse pr\u00e9alablement \u00e0 l\u2019audience ou au cours de celle-ci, puisque le contenu de l\u2019\u00e9crit lu \u00e0 l\u2019audience donne lieu \u00e0 un d\u00e9bat contradictoire \u00e0 la barre;<\/p>\n<p>31 que nonobstant le caract\u00e8re oral de la proc\u00e9dure, la consignation par \u00e9crit dans des notes de plaidoiries remises au juge permet de conserver trace de l\u2019ensemble des moyens et demandes des parties dont le juge peut prendre connaissance en d\u00e9tail au cours de son d\u00e9lib\u00e9r\u00e9; que par cons\u00e9quent, la proc\u00e9dure orale reste soumise \u00e0 l\u2019obligation des \u00e9crits qui en sont un \u00e9l\u00e9ment constitutif, \u00e9crits que le juge ne peut \u00e9carter s\u2019agissant des notes de plaidoirie d\u00e8s qu\u2019il s\u2019induit que leur contenu est conforme \u00e0 celui de la d\u00e9claration d\u2019appel dont la partie adverse a eu connaissance&lt;&lt;en temps utile&gt;&gt; et qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 d\u00e9bat contradictoire \u00e0 la barre; Qu\u2019en appliquant la r\u00e8gle du contradictoire \u00e0 une situation de fait que cette r\u00e8gle ne devait pas r\u00e9gir qu\u2019il retient comme motif d\u00e9cisoire de son arr\u00eat confirmatif attaqu\u00e9, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a viol\u00e9 la loi par fausse application de la loi et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Lademanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoirviol\u00e9 laloi par une fausse application de la r\u00e8gle du contradictoire en ayant rejet\u00e9 la farde de \u00abconclusions de 22 pages\u00bb, alors que ce document constituerait une note de plaidoiries qui aurait consign\u00e9 le contenu des plaidoiries orales tenues \u00e0 l\u2019audience. En retenant \u00abQuant \u00e0 la demande de rejet de la farde de pi\u00e8ces d\u00e9pos\u00e9e par l\u2019appelante \u00e0 l\u2019audience et \u00e0 la fin des plaidoiries au fond : Cette farde de pi\u00e8ces comprend un corps de conclusions de 22 pages lequel n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 l\u2019audience, partant n\u2019a pas fait l\u2019objet d\u2019un d\u00e9bat contradictoire, et qui diverge, de par son contenu, de la motivation de l\u2019acte d\u2019appel, notamment pour ce quiest du montant de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, d\u00e9sormais nettement plus \u00e9lev\u00e9, et d\u2019une formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle. [\u2026] Le fait pour le mandataire dePERSONNE1.)de remettre, avant la prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de l\u2019affaire et apr\u00e8s les plaidoiries au fond, une farde de pi\u00e8ces cens\u00e9e contenir des pi\u00e8ces communiqu\u00e9es et d\u00e9battues au pr\u00e9alable, mais renfermant notamment un corps de conclusion d\u2019une vingtaine de pages reprenant des pr\u00e9tentions diff\u00e9rentes, mettant ainsi la partie intim\u00e9e dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019en prendre connaissance \u00e0 un moment o\u00f9 elle aurait dispos\u00e9 encore de suffisamment de temps pour l\u2019analyser et l\u2019int\u00e9grer dans sa plaidoirie, ne saurait satisfaire au respect des principes de la contradiction[\u2026]\u00bb, les juges d\u2019appel ont fait une application correcte du principe de la contradiction. Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>32 Sur letreizi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abIl est faitgrief \u00e0 l\u2019arr\u00eat du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 27 f\u00e9vrier 2025 attaqu\u00e9 d\u2019avoir viol\u00e9 la loi par refus d\u2019application de la loi; Aux motifs que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale juge dans son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 comme suit:&lt;&lt;\u2026l\u2019Etat conclut \u00e0 la confirmation du jugement dont appel\u2026.et demande le rejet de la farde de pi\u00e8ces d\u00e9pos\u00e9es \u00e0 la fin des plaidoiries\u2026&gt;&gt;; alors que l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019invoque pas, ne se pr\u00e9vaut pas d\u2019un grief,condition pos\u00e9e par l\u2019article L 264 alin\u00e9a 2 du nouveau code de proc\u00e9dure civile pour prononcer l\u2019exclusion des conclusions de la demanderesse en cassation de la proc\u00e9dure; qu\u2019en faisant droit \u00e0 la demande de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi de rejeter les conclusions \u00e9crites de la demanderesse en cassation alors que l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi n\u2019\u00e9voque aucun grief li\u00e9 \u00e0 leur contenu et \u00e0 leur remise aux juges se bornant juste \u00e0 demander leur rejet, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a viol\u00e9 la loi en refusant d\u2019appliquer la loi, \u00e9tant rappel\u00e9 que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale ne dispose pas du droit de soulever d\u2019office la nullit\u00e9 des actes de proc\u00e9dure; l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Lademanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoirviol\u00e9la disposition vis\u00e9e au moyen enayantrejet\u00e9 la farde depi\u00e8ces d\u00e9pos\u00e9e\u00e0 la fin des plaidoiries,alors que le d\u00e9fendeur en cassation n\u2019auraitinvoqu\u00e9aucun grief. Il ne r\u00e9sulte pas de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 que la demanderesse en cassation ait soutenu devant les juges d\u2019appel que la disposition vis\u00e9e au moyen \u00e9tait applicable ou que la demande de rejet formul\u00e9e par le d\u00e9fendeur en cassation supposait l\u2019existence d\u2019un grief. Le moyen est partant nouveauet,en ce qu\u2019il comporterait un examen des faits, m\u00e9lang\u00e9 de fait et de droit. Il s\u2019ensuit que le moyen est irrecevable. Sur lequatorzi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abViolation de la loi par fausse interpr\u00e9tation de la loi \u00e9dict\u00e9e \u00e0 l\u2019article L 521-12 du code du travail, \u00e9tant constat\u00e9 que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9<\/p>\n<p>33 sociale dans son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 ajoute \u00e0 la loi une disposition qu\u2019elle ne contient pasen conf\u00e9rant \u00e0 la loi un effet r\u00e9troactif; que dans sa d\u00e9claration d\u2019appel du 5 ao\u00fbt 2024 qu\u2019elle motive comme suit &lt;&lt;\u2026L\u2019Appelante a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e en janvier 2023 que le retrait de son droit \u00e0 indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage prenait r\u00e9troactivement effet le 3 octobre 2022 et s\u2019est vue r\u00e9clamer par l\u2019ADEM, par lettre du 28 ao\u00fbt 2023 (pi\u00e8ce n\u00b0 4) la restitution des indemnit\u00e9s \u00e0 elle vers\u00e9es par cet organe du 3 octobre 2022 au 23 janvier 2023, soit la somme de 5 014,08 \u20ac\u2026&gt;&gt;, la demanderesse en cassation demande l\u2019annulation de la d\u00e9cision \u00e0 effet r\u00e9troactif etconfirme cette demande oralement \u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025 et dans ses conclusions \u00e9crites remises \u00e0 l\u2019audience; or, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale juge dans son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 l\u00e9gale la d\u00e9cision de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi prise et notifi\u00e9e \u00e0 la demanderesse en cassation le 23 janvier 2023 de l\u2019exclure du statut de ch\u00f4meur involontaire \u00e0 compter du 3 octobre 2022, soit \u00e0 effet r\u00e9troactif, disposition que ne pr\u00e9voit pas l\u2019article L 521-12 du code du travailqui dispose: &lt;&lt;Lorsque le ch\u00f4meur ne respecte pas ses obligations fix\u00e9es par la convention de collaboration individualis\u00e9e \u2026\u2026le directeur de l\u2019Agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi peut d\u00e9cider le retrait d\u00e9finitif du droit \u00e0 l\u2019indemnit\u00e9\u2026&gt;&gt;; que la loi permet \u00e0 l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi d\u2019exclure un ch\u00f4meur du statut de ch\u00f4meur involontaire mais la d\u00e9cision d\u2019exclusion ne peut avoir d\u2019effet que pour l\u2019avenir qui commence \u00e0 courir \u00e0 compter de la r\u00e9ception par son destinataire de lanotification de retrait du statut de ch\u00f4meur involontaire, mais pas pour le pass\u00e9 d\u00e9fini comme ant\u00e9rieur \u00e0 la notification d\u2019exclusion; qu\u2019en jugeant le 27 f\u00e9vrier 2025 l\u00e9galela d\u00e9cision de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi prise etnotifi\u00e9e \u00e0 la demanderesse en cassation le 23 janvier 2023 de l\u2019exclure du statut de ch\u00f4meur involontaire \u00e0 compter du 3 octobre 2022, soit \u00e0 effet r\u00e9troactif, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale viole la loi et l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Lademanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoirviol\u00e9la disposition vis\u00e9e au moyen enayant ajout\u00e9\u00e0 cette disposition un\u00abeffet r\u00e9troactif\u00bb, alors que le retrait del\u2019indemnit\u00e9de ch\u00f4mage completn\u2019auraitd\u00fbcourir qu\u2019\u00e0partir de lad\u00e9cisionde l\u2019ADEM. L\u2019article L.521-12, paragraphe 1, du Code du travaildispose:\u00abLe droit \u00e0 l\u2019indemnit\u00e9 de ch\u00f4mage complet cesse[\u2026]en cas de refus non justifi\u00e9 d\u2019un poste de travailappropri\u00e9\u00bb. En faisantcourir l\u2019effet de la cessation du droit \u00e0 l\u2019indemnit\u00e9 de ch\u00f4mage complet \u00e0 la date du refusnonjustifi\u00e9 par la demanderesse en cassation d\u2019un poste de travail appropri\u00e9,les juges d\u2019appelont fait une application correcte de la disposition vis\u00e9e au moyen.<\/p>\n<p>34 Il s\u2019ensuit que lemoyenn\u2019est pas fond\u00e9. Sur lequinzi\u00e8memoyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abViolation de la loi pour exc\u00e8s de pouvoir des juges composant le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale qui ont rendu arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025, Premi\u00e8re branche Violation de la loi pour refus d\u2019auditionner \u00e0 la barre Monsieur PERSONNE6.), Aux motifs qu\u2019\u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025, la demanderesse en cassation a demand\u00e9 l\u2019audition \u00e0 la barre de MonsieurPERSONNE6.)qui avait r\u00e9dig\u00e9 le 29 janvier 2025 l\u2019attestation testimoniale suivante: &lt;&lt;Je soussign\u00e9,PERSONNE6.), n\u00e9 leDATE1.), de nationalit\u00e9 allemande, domicili\u00e9ADRESSE1.), atteste par la pr\u00e9sente des faits suivants: mon \u00e9pouse, PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e par le m\u00e9decin de l\u2019Adem pour subir un examen clinique le 16 janvier 2023. Afin d\u2019aider mon \u00e9pouse et traduire en fran\u00e7ais, ou en allemand, ses propos car elle ne parle que le polonais, je l\u2019ai accompagn\u00e9e chez le m\u00e9decin de l\u2019Adem. Pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent dans le cabinet du m\u00e9decin de l\u2019Adem, j\u2019atteste que le m\u00e9decin de l\u2019Adem n\u2019a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 aucune auscultation m\u00e9dicale de mon \u00e9pouse, n\u2019a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 aucun examen des pi\u00e8ces m\u00e9dicales de mon \u00e9pouse. Tout au long de notre pr\u00e9sence dans son cabinet qui a \u00e9t\u00e9 courte, le m\u00e9decin de l\u2019Adem est rest\u00e9 derri\u00e8re l\u2019\u00e9cran de son ordinateur et a employ\u00e9 un ton moqueur envers mon \u00e9pouse dont il n\u2019a pas pris au s\u00e9rieux la maladie\u2026..fait\u2026.le 29 janvier 2024\u2026&gt;&gt;, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que l\u2019attestation pr\u00e9cit\u00e9e ne contient pas la formule manuscrite par laquelle son auteur reconnait \u00eatre inform\u00e9 des cons\u00e9quences p\u00e9nales qui s\u2019attachent \u00e0 une fausse d\u00e9claration, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement en a demand\u00e9 le rejet, alors que d\u00e8s le 18 avril 2023 dans la demande de r\u00e9examen qu\u2019il pr\u00e9sente, l\u2019avocat de la demanderesse en cassation \u00e9crit:&lt;&lt;..ma mandante m\u2019a affirm\u00e9 qu\u2019au cours de la rencontre qui a eu lieu avec le m\u00e9decin\u2026.de l\u2019ADEM, ce dernier n\u2019a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 aucune auscultation mais s\u2019est limit\u00e9 \u00e0 un simple examen des pi\u00e8ces m\u00e9dicales\u2026son \u00e9poux, MonsieurPERSONNE6.), pr\u00e9sent lors de cet examen m\u00e9dical l\u2019a confirm\u00e9\u2026&gt;&gt;(page 2 paragraphe 9 du recours du 18 avril 2023) dont a connaissance depuis cette date l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi; or, ni dans ses pi\u00e8ces, ni dans sa plaidoirie \u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025, l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi ne conteste la v\u00e9racit\u00e9 des faits \u00e9nonc\u00e9s par MonsieurPERSONNE6.)dans son attestation du 29 janvier 2025, qu\u2019\u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025 l\u2019avocat de la demanderesse en cassation a demand\u00e9 aux juges d\u2019auditionner, \u00e0 la barre, contradictoirement en pr\u00e9sence du repr\u00e9sentant de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi, Monsieur<\/p>\n<p>35 PERSONNE6.)pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019audience, le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale l\u2019a refus\u00e9 ainsi qu\u2019en atteste MonsieurPERSONNE6.)en ces termes: &lt;&lt;Je soussign\u00e9,PERSONNE6.), n\u00e9 leDATE1.)\u00e0ADRESSE2.)(Pologne) demeurantADRESSE3.)\u00e0 L-ADRESSE4.), exer\u00e7ant la profession de m\u00e9canicien, atteste avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019audience du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale le 6 f\u00e9vrier 2025 pour l\u2019affaire de mon \u00e9pousePERSONNE1.)contre l\u2019ADEM afin de t\u00e9moigner de l\u2019absence d\u2019examen m\u00e9dical de mon \u00e9pouse le 16 janvier 2023 par le Docteur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale qui avait convoqu\u00e9 mon \u00e9pouse que j\u2019aiaccompagn\u00e9. L\u2019avocat de mon \u00e9pouse a demand\u00e9 le 6 f\u00e9vrier 2025 au juge de m\u2019\u00e9couter \u00e0 ce sujet. Le juge a refus\u00e9 que je t\u00e9moigne. Je sais que la pr\u00e9sente attestation pourra \u00eatre utilis\u00e9e en justice et le sais que je m\u2019expose \u00e0 des sanctions p\u00e9nales en cas de fausse d\u00e9claration de ma part. Fait \u00e0ADRESSE4.)le 1 er avril 2025\u2026..&gt;&gt;; \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale retient comme motif d\u00e9cisoire de son arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 l\u2019avis du m\u00e9decin de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 16 janvier 2023 jugeant comme suit:&lt;&lt;\u2026.. Pour ce qui est de son aptitude m\u00e9dicale, il importe de relever que le m\u00e9decin du travail note dans son avis m\u00e9dical relatif aux capacit\u00e9s restantes dePERSONNE1.), qu\u2019il a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 son examen m\u00e9dical le 16 janvier 2023\u2026ce m\u00e9decin\u2026.conclut \u2026proposition de poste CIGR Wiltz apte travail initiative sociale\u2026&gt;&gt;, alors qu\u2019il n\u2019y a pas eu examen clinique comme en atteste le t\u00e9moin MonsieurPERSONNE6.); que saisie d\u2019une contradiction substantielle ayant une incidence directe sur la d\u00e9cision \u00e0 intervenir, ilappartenait au Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale d\u2019entendre \u00e0 la barre le t\u00e9moin, de proc\u00e9der \u00e0 son audition et de rendre jugement \u00e0 l\u2019issue de cette audition men\u00e9e contradictoirement; qu\u2019en le refusant, les juges du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale ontexc\u00e9d\u00e9 leur pouvoir; Seconde branche Violation pour exc\u00e8s de pouvoir des juges du Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale pourn\u2019avoir pas fait mention dans leur arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 de la demande d\u2019audition et du refus oppos\u00e9 \u00e0 cette demande; L\u2019absence de toute mention dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 de la demande d\u2019audition de MonsieurPERSONNE6.)et du refus oppos\u00e9 par les juges composant le Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale constituent un exc\u00e8s de pouvoir desdits juges; Par cons\u00e9quent, l\u2019arr\u00eat du 27 f\u00e9vrier 2025 encourt la cassation.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Sur les deux branches du moyen r\u00e9unies Lademanderesse en cassationfait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 la loi par exc\u00e8s de pouvoir enayantrefus\u00e9 d\u2019auditionner un t\u00e9moinqui avaitr\u00e9dig\u00e9 une attestation testimonialecertifiantun\u00absimpleexamendespi\u00e8cesm\u00e9dicales\u00bb,alors que le m\u00e9decin de l\u2019ADEM aurait dit avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0\u00abun examen m\u00e9dical\u00bbde la demanderesse en cassation(premi\u00e8rebranche), etenayantomis de mentionnerdans<\/p>\n<p>36 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9lademanded\u2019auditiondut\u00e9moinet le refusyoppos\u00e9\u00e0 l\u2019audience (deuxi\u00e8me branche). L\u2019exc\u00e8s de pouvoir est la transgression par le juge, comp\u00e9tent pour conna\u00eetre du litige, d\u2019une r\u00e8gle d\u2019ordre public par laquelle la loi a circonscrit son autorit\u00e9. Le cas d\u2019ouverture de l\u2019exc\u00e8s de pouvoir n\u2019est recevable que pour autant qu\u2019il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un texte de loi qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9. Lademanderesseen cassation omet de sp\u00e9cifier dans l\u2019\u00e9nonc\u00e9 du moyen quelle loi aurait \u00e9t\u00e9 m\u00e9connue par l\u2019exc\u00e8s de pouvoir. Il s\u2019ensuit que le moyen, pris en ses deux branches,est irrecevable. Sur lesdemandesen allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure La demanderesse en cassation \u00e9tant \u00e0 condamner aux d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation, sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 rejeter. Il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge du d\u00e9fendeur en cassation l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais expos\u00e9s non compris dans les d\u00e9pens. Il convient de lui allouer l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sollicit\u00e9e de 2.500 euros. PAR CES MOTIFS, la Cour de cassation rejette le pourvoi ; rejettela demande de la demanderesse en cassation en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure ; condamne la demanderesse en cassation \u00e0 payer au d\u00e9fendeur en cassation une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros ; la condamne aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation avec distraction au profit de Ma\u00eetreFran\u00e7ois KAUFFMAN, sur ses affirmations de droit. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par le conseillerGilles HERRMANNen pr\u00e9sence du premieravocatg\u00e9n\u00e9ralSandra KERSCHet du greffier Daniel SCHROEDER.<\/p>\n<p>37 Conclusions du Parquet G\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019affaire de cassation PERSONNE1.) contre \u00c9 TATDU GRAND-DUCH\u00c9DE LUXEMBOURG (CAS-2025-00080) Le pourvoi en cassation introduit parPERSONNE1.), par un m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le25avril2025 \u00e0 la partie d\u00e9fenderesse en cassation et d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour Sup\u00e9rieure de Justice le29avril2025, est dirig\u00e9 contre un arr\u00eat n\u00b02025\/0053 rendu contradictoirement le27f\u00e9vrier2025 par leConseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale (ci-apr\u00e8s le \u00abCSSS\u00bb) dans la cause inscrite sous le num\u00e9ro ADEM2024\/0189 du registre. Le pourvoi est dirig\u00e9 contre un arr\u00eat du CSSS, contre lequel un pourvoi en cassation peut \u00eatre form\u00e9 sur le fondement de l\u2019article455, alin\u00e9a2, du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Le pourvoi est dirig\u00e9 contre une d\u00e9cision contradictoire, donc non susceptible d\u2019opposition, rendue en dernier ressort qui tranche tout le principal, de sorte qu\u2019il est \u00e9galement recevable au regard des articles1 er et3 de la loi modifi\u00e9e du18f\u00e9vrier1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, rendus applicables par l\u2019article455, alin\u00e9a2, du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. L\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 a \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 458 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, le 7 mars 2025, \u00e0 la partie demanderesse en cassation, laquelle r\u00e9side au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg. La partie demanderesse en cassation a d\u00e9pos\u00e9 un m\u00e9moire sign\u00e9 par un avocat \u00e0 la Cour et signifi\u00e9 \u00e0 la partie d\u00e9fenderesse le 25 avril 2025, soit dans le d\u00e9lai du recours, de sorte que ces formalit\u00e9s impos\u00e9es par l\u2019article 10 de la loi de 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, rendues applicables par l\u2019article 455, alin\u00e9a 4, du Code la s\u00e9curit\u00e9 sociale, ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es. Le d\u00e9lai de recours de deux mois, pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 7, alin\u00e9a 1, de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement respect\u00e9. Le pourvoi est recevable au regard du d\u00e9lai et de la forme. La partie d\u00e9fenderesse en cassation a signifi\u00e9 un m\u00e9moire en r\u00e9ponse en date du 20 juin 2025 et elle l\u2019a d\u00e9pos\u00e9 au greffe en date du 25 juin 2025. Ce m\u00e9moire peut \u00eatre pris en<\/p>\n<p>38 consid\u00e9ration pour avoir \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 et d\u00e9pos\u00e9 dans la forme et le d\u00e9lai pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 16 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885. Sur les faits et ant\u00e9c\u00e9dents: La demanderesse en cassation a occup\u00e9 au Luxembourg un poste d\u2019aide cuisini\u00e8re du20f\u00e9vrier2017 au31d\u00e9cembre2021, date \u00e0 laquelle elle fut licenci\u00e9e pour motif \u00e9conomique. \u00c0 cette m\u00eame date, elle a \u00e9t\u00e9 inscrite comme demandeur d\u2019emploi aupr\u00e8s de l\u2019Agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi (ci-apr\u00e8s \u00abADEM\u00bb) puis, elle a \u00e9t\u00e9 admise, \u00e0 partir du1 er janvier2022, au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019indemnit\u00e9 de ch\u00f4mage complet. Le 30novembre2022, elle a introduit une demande de prolongation du b\u00e9n\u00e9fice de ladite indemnit\u00e9, laquelle s\u2019est poursuivie au-del\u00e0 du1 er janvier2023. Le11ao\u00fbt2022, l\u2019ADEM a invit\u00e9 la demanderesse en cassation \u00e0 se pr\u00e9senter aupr\u00e8s d\u2019un employeur potentiel en vue d\u2019un \u00e9ventuel recrutement en qualit\u00e9 de salari\u00e9e au sein d\u2019un service de proximit\u00e9. Le3octobre2022, la demanderesse en cassation a pass\u00e9un entretien d\u2019embauche, \u00e0 la suite duquel l\u2019employeur potentiel a coch\u00e9, sous la rubrique \u00abRefus de la part du candidat\u00bb, la case \u00abdivers\u00bb en pr\u00e9cisant \u00abautre poste demand\u00e9:femme de m\u00e9nage\u00bb. Le5 d\u00e9cembre2022, lors de son entretien avec l\u2019ADEM, la demanderesse en cassation a confirm\u00e9 avoir demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre recrut\u00e9e \u00e0 un autre poste que celui qu\u2019il lui avait initialement \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 dans la mesure o\u00f9 elle consid\u00e9rait ne pas \u00eatre apte \u00e0 l\u2019occuperen raison de probl\u00e8mes de sant\u00e9. Par d\u00e9cision du23janvier2023, l\u2019ADEM a consid\u00e9r\u00e9 que la demanderesse en cassation ne devait plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme ch\u00f4meuse involontaire et que son indemnit\u00e9 de ch\u00f4mage complet devait cesser \u00e0 compter du3octobre2022 conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019articleL-521-12 du Code du travail, et ce, dans la mesure o\u00f9 le m\u00e9decin du travail de l\u2019ADEM avait \u00e9tabli, lors d\u2019un examen clinique en date du16janvier2023, l\u2019aptitude m\u00e9dicale de la demanderesse en cassation \u00e0 occuper le poste de salari\u00e9e qui lui avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9. Par d\u00e9cision du20avril2023, saisie d\u2019un recours de la demanderesse en cassation, la Commission sp\u00e9ciale de r\u00e9examen a d\u00e9clar\u00e9 sa demande de r\u00e9examen de la d\u00e9cision du23janvier2023 recevable mais non fond\u00e9e, au motif que l\u2019emploi propos\u00e9 \u00e9tait \u00e0 consid\u00e9rer comme appropri\u00e9 d\u00e8s lors que le m\u00e9decin du travail de l\u2019ADEM avait attest\u00e9 de son aptitude m\u00e9dicale \u00e0 l\u2019occuper et que son refus du poste n\u2019\u00e9tait donc pas justifi\u00e9. Par cons\u00e9quent, la Commission, apr\u00e8s avoir estim\u00e9 que la demanderesse en cassation avait compromis sa r\u00e9int\u00e9gration sur le march\u00e9 du travail et n\u2019avait pas rempli ses obligations vis-\u00e0-vis de l\u2019ADEM, a confirm\u00e9 la d\u00e9cision du23janvier2023. Par jugement du28juin2024, saisi d\u2019un recours de la demanderesse en cassation contre la d\u00e9cision du20avril2023 de la Commission sp\u00e9ciale de r\u00e9examen, le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 les articles L.521-12 (1) et L.521-3 du Code du travail, l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 non fond\u00e9 au motif que le refus de poste avait \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par la demanderesse en cassation et que le caract\u00e8re appropri\u00e9 de ce poste ressortait de l\u2019aptitude m\u00e9dicale \u00e9tablie par l\u2019avis du16janvier2023 du m\u00e9decin du travail de l\u2019ADEM, de sorte que ledit refus<\/p>\n<p>39 n\u2019\u00e9tait pas justifi\u00e9. De plus, le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019incompr\u00e9hension all\u00e9gu\u00e9e par la demanderesse en cassation de la langue utilis\u00e9e dans le formulaire de l\u2019ADEM n\u2019\u00e9tait pas de nature \u00e0 remettre en cause la d\u00e9cision attaqu\u00e9e. Le6ao\u00fbt2024,la demanderesse en cassationa interjet\u00e9 appel et leCSSS a rendu, en date du27f\u00e9vrier2025, un arr\u00eat dont le dispositif se lit comme suit: \u00able Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, statuant contradictoirement, sur le rapport oral du magistrat d\u00e9sign\u00e9, d\u00e9clare l\u2019appel recevable, rejettela farde de pi\u00e8ces renfermant notamment un corps de conclusions d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 l\u2019audience du6f\u00e9vrier2025 pour violation des principes du contradictoire et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes rejette le moyen de nullit\u00e9, dit l\u2019appel non fond\u00e9, dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de saisir le Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne d\u2019une question pr\u00e9judicielle, d\u00e9boute la partie appelante de sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, confirme le jugement di Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du28juin2024 entrepris\u00bb. Cet arr\u00eat fait l\u2019objet du pr\u00e9sent pourvoi. Sur le premier moyen de cassation: Le premier moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019articleL.621-1 du Code du travail,en ce que le CSSS a dit l\u2019appel non fond\u00e9,alors quel\u2019ADEM, en proposant \u00e0 la demanderesse en cassation un poste inappropri\u00e9, n\u2019a pas accompli sa mission de promotion de l\u2019emploi. Il ne ressort pas des actes de proc\u00e9dure que la demanderesse de cassation ait fait valoir en instance d\u2019appel devant ledit Conseil le moyen tir\u00e9 de la violation de l\u2019articleL.621-1 du Code du travail, lequel porte sur la mission de l\u2019ADEM \u00abde promouvoir l\u2019emploi en renfor\u00e7ant la capacit\u00e9 de pilotage de l\u2019emploi en coordination avec la politique \u00e9conomique et sociale\u00bb et les attributions qui lui sont octroy\u00e9es \u00e0 cette fin. Le moyen est d\u00e8s lors nouveau et, en ce qu\u2019il comporterait un examen de faits nonconstat\u00e9s par les juges du fond, il est m\u00e9lang\u00e9 de fait et de droit. Le premier moyen est partant irrecevable.<\/p>\n<p>40 Sur le deuxi\u00e8me moyen decassation: Le deuxi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019articleL.622-12 du Code du travail,en ce quele CSSS a dit l\u2019appel non fond\u00e9,alors quel\u2019ADEM aurait d\u00fb consid\u00e9rer la demanderesse en cassation comme faisant partie des populations \u00e0 besoins sp\u00e9cifiques dont ses services sont en charge et lui appliquer en cons\u00e9quence des mesures sp\u00e9cifiques, dans la mesure o\u00f9, d\u2019une part, elle est de nationalit\u00e9 polonaise, n\u2019ayant aucune connaissance des langues fran\u00e7aise et luxembourgeoise sinon une connaissance rudimentaire de la langue allemande, et d\u2019autre part, elle a un \u00e9tat de sant\u00e9 fragile. Il ne ressort pas des \u00e9l\u00e9ments du dossier que la demanderesse en cassation ait fait valoir ce moyen, en instance d\u2019appel, devant le CSSS. Le moyen est d\u00e8s lors nouveau et, en ce qu\u2019il comporterait un examen de faits non constat\u00e9s par les juges du fond, ilest m\u00e9lang\u00e9 de fait et de droit. Le deuxi\u00e8me moyen est partant irrecevable. Sur le troisi\u00e8me moyen de cassation: Le troisi\u00e8me moyen est tir\u00e9 du d\u00e9faut de r\u00e9ponse \u00e0 conclusions \u00e9quivalant \u00e0 un d\u00e9faut de motifs,en ce quele CSSS a dit l\u2019appel non fond\u00e9,alors qu\u2019il n\u2019a pas r\u00e9pondu aux moyens de la demanderesse en cassation tir\u00e9s des articles L.621-1 et L.622-12 du Code du travail. M\u00eame si le moyen n\u2019indique pas la disposition l\u00e9gale vis\u00e9e, il faut supposer qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019article 109 de la Constitution qui est vis\u00e9. Il ne r\u00e9sulte pas des \u00e9l\u00e9ments du dossier que la demanderesse en cassation ait soulev\u00e9 les moyens en question en instance d\u2019appel devant le CSSS, qui n\u2019avait d\u00e8s lors pas \u00e0 y r\u00e9pondre. Il s\u2019ensuit que le troisi\u00e8me moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le quatri\u00e8me moyen de cassation: Le quatri\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019articleL.521-9(5) du Code du travail pour manque de base l\u00e9gale,en ce quele CSSS a retenu que lors de son inscription \u00e0 l\u2019ADEM, la demanderesse en cassation avait opt\u00e9 pour une convention de collaboration en langue allemande apr\u00e8s avoir indiqu\u00e9 dans son curriculum vitae avoir une connaissance rudimentaire de cette langue, et constat\u00e9 qu\u2019en vertu de la disposition pr\u00e9cit\u00e9e elle \u00abavait \u00e9t\u00e9 entendue dans ses explications le 5d\u00e9cembre2022\u00bb dans le cadred\u2019un d\u00e9bat contradictoire avec son conseiller professionnel afin d\u2019expliquer le refus du poste qui lui avait \u00e9t\u00e9 propos\u00e9,alors quele CSSS aurait d\u00fb rechercher les incidences de sa m\u00e9connaissance de la langue fran\u00e7aise afin d\u2019appr\u00e9cier le caract\u00e8re contradictoire du d\u00e9bat pr\u00e9vu par la disposition invoqu\u00e9e. Ce faisant, le CSSS n\u2019aurait pas proc\u00e9d\u00e9 aux constations de fait qui sont n\u00e9cessaires pour statuer sur le droit.<\/p>\n<p>41 En ce qui concerne le d\u00e9bat contradictoire pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article L.521-9(5) du Code du travail, l\u2019arr\u00eat entrepris est motiv\u00e9 comme suit: \u00abConform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L. 521-9 (5) du code pr\u00e9cit\u00e9 qui dispose : \u00ab le refus par le ch\u00f4meur indemnis\u00e9 d\u2019un emploi appropri\u00e9 ou d\u2019une mesure active en faveur de l\u2019emploi propos\u00e9e par les services de l\u2019ADEM, avant de pouvoir faire l\u2019objet d\u2019un refus ou d\u2019un retrait des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage complet tel que pr\u00e9vu par l\u2019article L. 527-1 \u00a71, donne lieu \u00e0 un d\u00e9bat contradictoire entre le conseiller professionnel et le demandeur d\u2019emploi\u00bb,PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 entendue dans ses explications le 5 d\u00e9cembre 2022 (pi\u00e8ce 8 de l\u2019ETAT). Lors de ce d\u00e9bat, la partie appelante a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e avec les dires du potentiel employeur ayant fait obstacle \u00e0 l\u2019embauche, \u00e0 savoir les pathologies et probl\u00e8mes m\u00e9dicaux avanc\u00e9s ne permettant pas une reprise du travail avant un mois et, dans ce cas, sur un autre poste de travail. Il r\u00e9sulte du rapport du d\u00e9bat contradictoire, que les dires rapport\u00e9s par le potentiel employeur n\u2019ont pas autrement \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s parPERSONNE1.). Au contraire, interpell\u00e9e, les explications fournies ind\u00e9pendamment \u00e0 l\u2019agent contr\u00f4leur sont identiques en substance \u00e0 celles reprises par le potentiel employeur. Elle r\u00e9affirme \u00eatre malade et que ses pathologies ne lui permettent pas de travailler. Elle pr\u00e9sente \u00e0 l\u2019appui de ses dires des certificats de son m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9ralistePERSONNE2.), des 28 septembre et14 novembre 2022, lequel reprend les pathologies chroniques de sa patiente sans pour autant lui attester une quelconque incapacit\u00e9 de travail. De toute fa\u00e7on, afin d\u2019\u00e9viter la convocation de demandeurs d\u2019emploi non disponibles, ceux-ci sont tenus de signaler sans d\u00e9lai toute non-disponibilit\u00e9 \u00e0 leur conseiller professionnel, que ce soit pour des raisons de sant\u00e9 ou de force majeure ou encore pour des raisons d\u2019ordre tout \u00e0 fait personnel.\u00bb Il ressort de cette motivation que la demanderesse en cassation a \u00e9t\u00e9 entendue et que, confront\u00e9e aux dires rapport\u00e9s par le potentiel employeur, elle ne les a pas autrement contest\u00e9s. Interpell\u00e9e, elle a m\u00eame r\u00e9it\u00e9r\u00e9 vis-\u00e0-vis de l\u2019agent contr\u00f4leur des explications identiques en substance \u00e0 celles rapport\u00e9es par le potentiel employeur. Contrairement aux all\u00e9gations soutenues dans le moyen, il n\u2019est pas \u00e9tabli que ledit d\u00e9bat se serait tenu en fran\u00e7ais, ni que la demanderesse en cassation aurait \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 des probl\u00e8mes de compr\u00e9hension dans le cadre de cet entretien. Etant donn\u00e9 qu\u2019en instance d\u2019appel, aucun probl\u00e8me de compr\u00e9hension affectant le d\u00e9bat contradictoire n\u2019a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9 1 , le CSSS n\u2019avait pas \u00e0 approfondir son analyse sur ce point en l\u2019absence de toute contestation pr\u00e9cise. 2 La rencontre du 5 d\u00e9cembre 2022 a \u00e9t\u00e9 consign\u00e9e par l\u2019agent contr\u00f4leur de l\u2019ADEM dans un rapport du 12 d\u00e9cembre 2022 auquel la demanderesse en cassation reproche son caract\u00e8re unilat\u00e9ral. Or, il va de soi que ce rapport ne devait pas \u00eatre r\u00e9dig\u00e9 conjointement par le conseiller professionnel et le demandeur d\u2019emploi, mais qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par le fonctionnaire de l\u2019ADEM afin de consigner le d\u00e9roulement du d\u00e9bat contradictoire ayant eu lieu. 1 Des probl\u00e8mes de compr\u00e9hension ont seulement \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9s dans le cadre de l\u2019entrevue avec le potentiel employeur (arr\u00eat attaqu\u00e9, page 8, paragraphe 2) 2 J. et L. Bor\u00e9, La cassation en mati\u00e8re civile, 6 e \u00e9dition, 2023\/2024, n\u00b078.102, p. 447<\/p>\n<p>42 En l\u2019esp\u00e8ce, en l\u2019absence de toute contestation pr\u00e9cise formul\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard du rapport du 12 d\u00e9cembre 2022, le CSSS a pu se baser sur celui-ci pour en d\u00e9duire que le d\u00e9bat contradictoire pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article L.521-9(5) du Code du travail avait eu lieu. Le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le cinqui\u00e8me moyen de cassation: Le cinqui\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de la loi pour fausse application de la loi que constitue l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne du 28 novembre 1989, C-379\/87,en ce quele Conseil sup\u00e9rieur de la s\u00e9curit\u00e9 sociale s\u2019est fond\u00e9 sur cette d\u00e9cision pour rendre l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9alors qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00abune loi de l\u2019Union 3 \u00bb qui aurait \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e \u00e0 une situation de fait qu\u2019elle ne devait pas r\u00e9gir. Aux termes de l\u2019article10, alin\u00e9a2, de la loi modifi\u00e9edu18f\u00e9vrier1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, en quoi la partie critiqu\u00e9e de la d\u00e9cision encourt le reproche all\u00e9gu\u00e9. Les d\u00e9veloppements en droit qui, aux termes de l\u2019alin\u00e9a3 del\u2019article10 pr\u00e9cit\u00e9 peuvent compl\u00e9ter l\u2019\u00e9nonc\u00e9 du moyen, ne peuvent suppl\u00e9er la carence de celui-ci au regard des \u00e9l\u00e9ments dont la pr\u00e9cision est requise sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9. La demanderesse en cassation ne pr\u00e9cise pas la disposition l\u00e9gale qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, et force est de constater que l\u2019arr\u00eat de la Cour de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne du 28 novembre 1989,A.Groener\/Minister for Education and the city of Dublin Vocational Educational Committee, C-379\/87, ECLI:EU:C:1989:599 ne constitue pas une loi dont la violation donnerait lieu \u00e0 cassation. 4 Le cinqui\u00e8me moyen est irrecevable. Sur le sixi\u00e8me moyen de cassation: Le sixi\u00e8me moyen est tir\u00e9 d\u2019une violation de la loi pour d\u00e9naturation de l\u2019\u00e9crit clair et pr\u00e9cis que constitue lecurriculum vitaede la demanderesse en cassation,en ce quele CSSS s\u2019est fond\u00e9 sur ce document pour rendre l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9,alors qu\u2019y figurait la mention de la connaissance rudimentaire de la langue allemande par cette derni\u00e8re, ce dont il n\u2019a pas tenu compte. Aux termes de l\u2019article10, alin\u00e9a2, de la loi modifi\u00e9e du18f\u00e9vrier1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9. Le moyen ne pr\u00e9cise pasle texte de loi qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 5 . 3 M\u00e9moire en cassation du25avril2025, page10 4 J. et L. Bor\u00e9 pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 72.06, p.365: la violation d\u2019une \u00abr\u00e8gle de droit\u00bb est requise, ce qui inclut aujourd\u2019hui les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit 5 Cour de cassation, arr\u00eat du21novembre2019, n\u00b0154\/2019, n\u00b0de registre CAS-2019-00003, page4<\/p>\n<p>43 Le sixi\u00e8me moyen est irrecevable. Subsidiairement: Le moyen fait \u00e9tat de de ce que\u00abla langue fran\u00e7aise, langue administrative [a \u00e9t\u00e9] utilis\u00e9e oralement par l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi les 3 octobre 2022, 5 d\u00e9cembre 2022 et 16 janvier 2023\u00bbet rel\u00e8ve\u00abl\u2019emploi r\u00e9p\u00e9t\u00e9 par l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi du fran\u00e7ais dans ses rapports oraux avec la demanderesse en cassation les 3 octobre 2022, 5 d\u00e9cembre 2022 et 16 janvier 2023\u00bb.Or,l\u2019utilisation all\u00e9gu\u00e9e de la langue fran\u00e7aise lors desdits entretiens oraux ne se trouve pas confirm\u00e9e par les constations de fait de l\u2019arr\u00eat entrepris. Le moyen manque en fait en ce qui concerne les rapports oraux. Concernant les comp\u00e9tences linguistiques de la demanderesse en cassation et d\u2019\u00e9ventuels probl\u00e8mes de compr\u00e9hension en d\u00e9coulant, l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 a d\u2019ailleurs retenu: \u00abPERSONNE1.)a \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9 son curriculum vitae en langue allemande, pr\u00e9cisant avoir des connaissances linguistiques de base dans cette langue, et a opt\u00e9 pour une convention de collaboration en langue allemande sign\u00e9e par elle et paraph\u00e9 \u00e0 chaque page o\u00f9 elle atteste avoir fourni des indications exactes et qu\u2019elle s\u2019engage \u00e0 respecter les obligations y d\u00e9taill\u00e9es. S\u2019y ajoute qu\u2019elle est inscrite comme demandeur d\u2019emploi depuis le 31 d\u00e9cembre 2021 et \u00e9galement au moment de sa demande de prolongation de l\u2019indemnisation introduite le 30 novembre 2022, soit donc presque une ann\u00e9e plus tard, elle ne fait toujours pas \u00e9tat d\u2019un quelconque probl\u00e8me de compr\u00e9hension linguistique. Il ne ressort pas non plus du dossier qu\u2019une telle probl\u00e9matique ait \u00e9t\u00e9 sujet \u00e0 discussion \u00e0 un quelconque moment alors que le contraire se d\u00e9gage de sa propre prise de position. En effet, s\u2019il est exact qu\u2019elle s\u2019est fait assister, lors de l\u2019explorationm\u00e9dicale effectu\u00e9e par l\u2019expert commis dans le cadre de sa demande en obtention d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9, d\u2019un traducteur asserment\u00e9, elle a elle-m\u00eame indiqu\u00e9 \u00e0 la page 5 de ce rapport \u00ab ihre Muttersprache sei Polnisch, sie verstehe jedoch gut Deutsch und k\u00f6nne diese Sprache auch relativ gut sprechen \u00bb. S\u2019il est exact quePERSONNE1.)a re\u00e7u pendant la p\u00e9riode d\u2019indemnisation des assignations de poste r\u00e9dig\u00e9es en langue fran\u00e7aise (selon le dossier deux au total avant celle du 11 ao\u00fbt 2022), outre les d\u00e9veloppements repris ci-dessus, il s\u2019av\u00e8re qu\u2019aucun probl\u00e8me linguistique n\u2019a jamais\u00e9t\u00e9 signal\u00e9 par elle. L\u2019assignation du 11 ao\u00fbt 2022 re\u00e7ue parPERSONNE1.)fait \u00e9tat de contacter dans les meilleurs d\u00e9lais le potentiel employeur en vue de fixer un entretien d\u2019embauche. Or, le 29 septembre 2022, l\u2019appelante n\u2019avait pas encore obtemp\u00e9r\u00e9 et, suivant les extraits informatiques vers\u00e9s par l\u2019ADEM en pi\u00e8ce 2,PERSONNE1.)a contact\u00e9 son conseiller- r\u00e9f\u00e9rent pour l\u2019informer que \u00ab le conjoint a fait une crise cardiaque, qu\u2019elle se sent stress\u00e9e actuellement, va tout de m\u00eame essayer de contacter le CIGR,PERSONNE1.)a<\/p>\n<p>44 \u00e9galement des probl\u00e8mes au genou \u00bb.PERSONNE1.), lors de cet \u00e9change avec son conseiller, livre la preuve d\u2019une bonne compr\u00e9hension des attentes plac\u00e9es par l\u2019ADEM en elle. Ainsi elle fournit des explications quant \u00e0 son retard dans la prise de contact avec son potentiel employeur et, sans contester lecaract\u00e8re appropri\u00e9 du poste propos\u00e9, ne soumet aucune pi\u00e8ce m\u00e9dicale \u00e0 l\u2019appui de son affirmation de conna\u00eetre des probl\u00e8mes de genou. Le conseiller-r\u00e9f\u00e9rent de l\u2019ADEM note avoir rappel\u00e9 \u00e0PERSONNE1.)ses obligations et, le lendemain, cette derni\u00e8re recontacte son conseiller-r\u00e9f\u00e9rent pour l\u2019informer du contact pris avec le potentiel employeur et de la fixation du rendez-vous pour un entretien d\u2019embauche au 3 octobre 2022. La fiche de retour que doit remplir l\u2019employeur pr\u00e9voit diff\u00e9rentes rubriques pour d\u00e9tailler les raisons pour lesquelles il n\u2019engagera pas le candidat, \u00e0 savoir un profil inad\u00e9quat, un comportement inad\u00e9quat ou un refus par le candidat. Par retour du 3 octobre 2022, l\u2019employeur, contrairement au sout\u00e8nement de l\u2019appelante que l\u2019employeur aurait d\u00fb cocher \u00ab ne correspond pas au profil \u00bb, atteste clairement d\u2019un refus de la part du candidat au motif quePERSONNE1.)demande un autre poste, \u00e0 savoir celui de femme de m\u00e9nage. Il a en outre pr\u00e9cis\u00e9 que le candidat estime que le poste \u00ab service de proximit\u00e9 \u00bb n\u2019est pas compatible pour des raisons de sant\u00e9 vu qu\u2019elle serait actuellement sous traitement m\u00e9dical avec possibilit\u00e9 de reprendre le travail uniquement dans +-1 mois. Cette explication fournie par la concern\u00e9e et reprise par \u00e9crit par le potentiel employeur a \u00e9t\u00e9 contresign\u00e9e par elle. L\u2019appelante est mal venue d\u2019invoquer actuellement des probl\u00e8mes de compr\u00e9hension puisqu\u2019il n\u2019est nullement avanc\u00e9 que le potentiel employeur aurait fait \u00e9tat d\u2019une autre explication que celle lui rapport\u00e9e par elle. Le fait quePERSONNE1.)a uniquement des connaissances de la langue allemande et ne dispose pas de permis de conduire n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 de nature \u00e0 guider la r\u00e9ponse fournie par le potentiel employeur, cochant sans \u00e9quivoque la rubrique d\u00e9di\u00e9e au refus de poste de la part du candidat.\u00bb Il ressort de cette motivation que le CSSS a tenu compte des comp\u00e9tences linguistiques de la demanderesse en cassation en ce qui concerne les assignations lui adress\u00e9es, et notamment celle du 11 ao\u00fbt 2022, et en ce qui concerne le document de l\u2019employeur potentiel qu\u2019elle a contresign\u00e9 en date du 3 octobre 2022. Le moyen n\u2019est pas fond\u00e9 en ce qui concerne ces \u00e9crits. En ce qui concerne les autres \u00ab\u00e9crits\u00bb du 12 d\u00e9cembre 2022 et du 16 janvier 2022, auxquels se r\u00e9f\u00e8re le moyen, il s\u2019agit, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, du rapport de l\u2019ADEM consignant le d\u00e9bat oral qui a eu lieu en date du 5 d\u00e9cembre 2022, et, d\u2019autre part, de l\u2019avis m\u00e9dical r\u00e9dig\u00e9 par le m\u00e9decin du travail \u00e0 la suite d\u2019un examen clinique. La demanderesse en cassation qui, devant les juges du fond, \u00e9tait assist\u00e9e d\u2019un mandataire ma\u00eetrisant les langues officielles, qui n\u2019a pas formul\u00e9 de critique sp\u00e9cifique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cesdeux \u00e9crits, reste en d\u00e9faut de pr\u00e9ciser en quoi l\u2019emploi du fran\u00e7ais dans ces \u00e9crits serait \u00e0 consid\u00e9rer comme une d\u00e9naturation de soncurriculum vitae. Le moyen est irrecevable pour nouveaut\u00e9, sinon pour manque de pr\u00e9cision.<\/p>\n<p>45 Sur le septi\u00e8me moyen de cassation: Le septi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de la loi pour d\u00e9naturation de l\u2019\u00e9crit clair et pr\u00e9cis que constitue le rapport de l\u2019agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi du12d\u00e9cembre2022,en ce quele CSSS s\u2019est fond\u00e9 sur ledit rapport pour rendre l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9,alors quece dernier n\u2019avait pas de caract\u00e8re contradictoire. Aux termes de l\u2019article10, alin\u00e9a2, de la loi modifi\u00e9e du18f\u00e9vrier1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9. Le moyen ne pr\u00e9cise pas le texte de loi qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 6 . Le septi\u00e8me moyen est irrecevable. Subsidiairement: Tel qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 dans le cadre du quatri\u00e8me moyen,l\u2019articleL.521-9(5) du Code du travail dispose que\u00ab le refus par le ch\u00f4meur indemnis\u00e9 d\u2019un emploi appropri\u00e9 ou d\u2019une mesure active en faveur de l\u2019emploi propos\u00e9e par les services de l\u2019ADEM, avant de pouvoir faire l\u2019objet d\u2019un refus oud\u2019un retrait des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage complet tel que pr\u00e9vu par l\u2019article L. 527-1 \u00a71, donne lieu \u00e0 un d\u00e9bat contradictoire entre le conseiller professionnel et le demandeur d\u2019emploi \u00bb.Cette disposition requiert l\u2019organisation d\u2019un d\u00e9bat contradictoire, mais n\u2019impose nullement la r\u00e9daction d\u2019un rapport contradictoire. En l\u2019esp\u00e8ce, si le CSSS a constat\u00e9 qu\u2019\u00abil r\u00e9sulte du rapport du d\u00e9bat contradictoire\u2026\u00bb,il a constat\u00e9 que le d\u00e9bat contradictoire a \u00e9t\u00e9 consign\u00e9 dans un rapport, sans toutefois reconna\u00eetre un caract\u00e8re contradictoire audit rapport. Le moyen proc\u00e8de d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat entrepris et manque en fait. Etant donn\u00e9 que la r\u00e9daction d\u2019un rapport contradictoire n\u2019est nullement requise par la disposition l\u00e9gale applicable, lemoyen est \u00e9galement inop\u00e9rant. Sur le huiti\u00e8me moyen de cassation: Le huiti\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de la loi pour refus d\u2019application de la directive2000\/43\/CE du29juin2000 relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethnique,en ce que le CSSS a jug\u00e9, dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, que \u00able moyen tir\u00e9 d\u2019une discrimination indirecte est \u2026 \u00e0 rejeter\u00bb,alors qu\u2019il s\u2019est fond\u00e9 sur les documents r\u00e9dig\u00e9s en langue fran\u00e7aise, sans rechercher les incidences du d\u00e9faut de compr\u00e9hension de celle-ci par la demanderesse en cassation. 6 Cour de cassation, arr\u00eat du04avril2019, n\u00b058\/2019, n\u00b0de registreCAS-2018-00020, page4<\/p>\n<p>46 Dans la mesure o\u00f9 le moyen invoque une violation de la directive 2000\/43\/CE du29juin2000, il y a lieu de relever que ladite directive a \u00e9t\u00e9 correctement transpos\u00e9e en droit luxembourgeois par une loi du28novembre2006 7 . La Cour de Justice de l\u2019Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s CJUE) a jug\u00e9 que\u00ab dans tous les cas o\u00f9 une directive est correctement mise en \u0153uvre, ses effets atteignent les particuliers par l\u2019interm\u00e9diaire des mesures d\u2019application prises par l\u2019Etat membre concern\u00e9 \u00bb.Etant donn\u00e9 que, m\u00eame dans les domaines faisant l\u2019objet d\u2019une harmonisation totale, les Etats ne sont pas oblig\u00e9s de recopier \u00e0 la lettre le texte de la directive, c\u2019estin finel\u2019acte national, qui a correctement transpos\u00e9 la directive, qui r\u00e9git la situation juridique des particuliers. En cas de transposition correcte de la directive, celle-ci est priv\u00e9e de l\u2019effet direct qui ne lui est reconnu qu\u2019\u00e0 titre exceptionnel pour pallier l\u2019absence de transposition dans les d\u00e9lais. Un particulier ne saurait d\u00e8s lors invoquer devant une juridiction nationale la violation d\u2019une directive sans invoquer la violation du texte l\u00e9gislatif ou r\u00e9glementaire qui a correctement transpos\u00e9 cette directive en droit national. Conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence constante de votre Cour 8 , la violation d\u2019une directive correctement transpos\u00e9e en droit national ne peut \u00eatre invoqu\u00e9e devant les juridictions nationales. En l\u2019esp\u00e8ce, la loi de transposition du 28 novembre 2006 est post\u00e9rieure \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la CJUE du 24 f\u00e9vrier 2005 cit\u00e9 dans la discussion du moyen. La demanderesse en cassation n\u2019invoque ni un d\u00e9faut de transposition de la Directive 2000\/43\/CE du29juin2000 ni une transposition incompl\u00e8te ou incorrecte, qui subsisteraient au-del\u00e0 de l\u2019entr\u00e9e en vigueur de ladite loi de transposition. Elle ne saurait d\u00e8s lors invoquer une violation de ladite Directive au lieu d\u2019invoquer une violation de\u00ab la mesure d\u2019application prise par l\u2019Etat concern\u00e9 \u00bb. Le huiti\u00e8me moyen, qui est exclusivement tir\u00e9 d\u2019une violation de\u00abla directive2000\/43\/CE du29juin2000 relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethnique\u00bb,est irrecevable. 7 Loi du28novembre2006 portant, notamment, transposition de la directive2000\/43\/CE du Conseil du29juin2000 relative \u00e0 la mise en \u0153uvre du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d\u2019origine ethnique.M\u00e9morial Luxembourgeois A; Num\u00e9ro du JO: 2007; Date de publication: 06\/12\/2006; Num\u00e9ro de page: 03584-03588 8 Cour de cassation, arr\u00eats du4 juillet2024, n\u00b0117\/2024, num\u00e9roCAS-2023-00159 du registre (quatri\u00e8me moyen, page6 \u00e07) et du29f\u00e9vrier2024, n\u00b036\/2024, num\u00e9roCAS-2023-00047 du registre<\/p>\n<p>47 Sur le neuvi\u00e8me moyen decassation: Le neuvi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019article4, paragraphe3 du TUE 9 ,en ce que le CSSS a jug\u00e9 qu\u2019\u00abaucun renvoi pr\u00e9judiciel ne s\u2019impos[ait] faute de pertinence pour la solution du litige\u00bb,alors quela demanderesse en cassation est citoyenne de l\u2019Union au titre de l\u2019article20 du TFUE et qu\u2019il appartenait audit Conseil, en sa qualit\u00e9 de \u00abjuge communautaire de droit commun\u00bb de poser la question pr\u00e9judicielle au titre de l\u2019article267 du TFUE. Tout d\u2019abord, il y a lieu de rappeler que l\u2019article4, paragraphe3 du TUE, qui consacre le principe de coop\u00e9ration loyale entre l\u2019Union et les \u00c9tats membres, impose \u00e0 ces derniers \u00abd\u2019assurer l\u2019ex\u00e9cution du droit de l\u2019Union, de lui faciliter l\u2019accomplissement de sa mission et des\u2019abstenir de toute mesure pouvant mettre en p\u00e9ril la r\u00e9alisation de ses objectifs 10 \u00bb. Ce principe signifie que la comp\u00e9tence d\u2019ex\u00e9cution du droit de l\u2019Union europ\u00e9enne appartient normalement aux autorit\u00e9s nationales qui ont l\u2019obligation d\u2019agir afin d\u2019en assurer l\u2019effet utile tout en respectant les principes jurisprudentiels d\u2019effectivit\u00e9et d\u2019\u00e9quivalence. L\u2019article267 du TFUE, qui constitue \u00abla clef de vo\u00fbte du syst\u00e8me juridictionnel institu\u00e9 par les trait\u00e9s\u00bb, permet d\u2019instaurer \u00abun dialogue de juge \u00e0 juge entre la Cour [de justice de l\u2019Union europ\u00e9enne] et les juridictions des \u00c9tats membres ayant pour but d\u2019assurer l\u2019unit\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tation du droit de l\u2019Union, permettant ainsi d\u2019assurer sa coh\u00e9rence, son plein effet et son autonomie ainsi que, en derni\u00e8re instance, le caract\u00e8re propre du droit institu\u00e9 par les trait\u00e9s 11 \u00bb. La CJUE rappelle r\u00e9guli\u00e8rement que, dans la mesure o\u00f9 il n\u2019existe aucun recours juridictionnel de droit interne contre la d\u00e9cision d\u2019une juridiction nationale, cette derni\u00e8re est, en principe, tenue de saisir la Cour au sens de l\u2019article 267, troisi\u00e8me alin\u00e9a, TFUE d\u00e8s lors qu\u2019une question relative \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation du droit de l\u2019Union est soulev\u00e9e devant elle. 12 Selon une jurisprudence constante de la CJUE, une juridiction nationale dont les d\u00e9cisions ne sont pas susceptibles d\u2019un recours juridictionnel de droit interne ne saurait \u00eatre lib\u00e9r\u00e9e de l\u2019obligation de saisir la CJUE d\u2019un renvoi pr\u00e9judiciel que lorsqu\u2019elle a constat\u00e9 que la 9 L\u2019article4, paragraphe3 du TUE dispose que:\u00abEn vertu du principe de coop\u00e9ration loyale, l\u2019Union et les \u00c9tats membres se respectent et s\u2019assistent mutuellement dans l\u2019accomplissement des missions d\u00e9coulant des trait\u00e9s. Les \u00c9tats membres prennent toute mesure g\u00e9n\u00e9rale ou particuli\u00e8re propre \u00e0 assurer l\u2019ex\u00e9cution des obligations d\u00e9coulant des trait\u00e9s ou r\u00e9sultant des actes des institutions de l\u2019Union. Les \u00c9tats membres facilitent l\u2019accomplissement par l\u2019Union de sa mission et s\u2019abstiennent de toute mesure susceptible de mettre ne p\u00e9ril la r\u00e9alisation des objectifs de l\u2019Union\u00bb 10 F.X.PRIOLLLAUD et D.SIRITZKY, Trait\u00e9 de Lisbonne, commentaire article par article, La documentation fran\u00e7aise, Paris, 2008 11 CJUE, arr\u00eat du6 octobre2021(grande chambre),Consorzio Italian Management e Catania Multiservizi and Catania Multiservizi,C-561\/19, ECLI:EU:C:2021:799, point27 12 arr\u00eat du 15 mars 2017,Aquino, C\u20113\/16, EU:C:2017:209, point 42 et jurisprudence cit\u00e9e<\/p>\n<p>48 question soulev\u00e9e n\u2019est pas pertinente ou que la disposition du droit de l\u2019Union en cause a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019une interpr\u00e9tation de la part de la Cour ou que l\u2019interpr\u00e9tation correcte du droit de l\u2019Union s\u2019impose avec une telle \u00e9vidence qu\u2019elle ne laisseplace \u00e0 aucun doute raisonnable. 13 Votre Cour a \u00e9galement rappel\u00e9 que, \u00ablorsqu\u2019il n\u2019existe aucun recours juridictionnel de droit interne contre la d\u00e9cision d\u2019une juridiction nationale, cette derni\u00e8re est, en principe, tenue de saisir la CJUE, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article267, alin\u00e9a 3, du TFUE, d\u00e8s lors qu\u2019une question relative \u00e0l\u2019interpr\u00e9tation du droit de l\u2019Union est soulev\u00e9e devant elle, \u00e0 moins qu\u2019elle n\u2019ait constat\u00e9 que la question soulev\u00e9e n\u2019est pas pertinente ou que la disposition du droit de l\u2019Union concern\u00e9e a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019uneinterpr\u00e9tation de la part de la CJUE ou que l\u2019application correcte du droit de l\u2019Union s\u2019impose avec une telle \u00e9vidence qu\u2019elle ne laisse place \u00e0 aucun doute raisonnable\u00bb. 14 Force est de constater que l\u2019introduction d\u2019un recours \u00e0 titre pr\u00e9judiciel par la juridiction nationale ne peut se faire que sur le fondement de l\u2019article267 du TFUE et non sur celui de l\u2019article4, paragraphe3, du TUE, qui consacre le principe de coop\u00e9ration loyale. Par cons\u00e9quent, le grief invoqu\u00e9 est \u00e9tranger \u00e0 la disposition vis\u00e9e au moyen. Partant, le neuvi\u00e8me moyen est irrecevable. Subsidiairement: Il ne ressort pas de l\u2019arr\u00eat dont pourvoi que la demanderesse en cassation ait soumis au CSSS la demande de renvoi pr\u00e9judiciel figurant dans la discussion du moyen. Or, la demanderesse en cassation y est d\u00e9crite comme\u00abcitoyenne polonaise r\u00e9sidente au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, ch\u00f4meuse involontaire qui ne conna\u00eet aucune des trois langues officielles du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg soit le luxembourgeois, le fran\u00e7ais et l\u2019allemand\u00bb,alors que ces affirmations sont en contradiction flagrante avec les constations de fait des juges d\u2019appel, qui ont retenu \u00e0 propos des connaissances linguistiques de la demanderesse en cassation: \u00abLors de l\u2019inscription dePERSONNE1.), l\u2019ADEM a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la saisine des donn\u00e9es principales tenant \u00e0 la personne du demandeur d\u2019emploi, comprenant notamment l\u2019identit\u00e9 de la personne, sa formation scolaire, son adresse \u00e9lectronique, sa mobilit\u00e9, son parcours professionnel, son projet professionnel, ses d\u00e9marches de recherche d\u2019emploi, sa situation sociale, sa sant\u00e9 et le cas \u00e9ch\u00e9ant sa condition physique ou psychique. Toutes ces donn\u00e9es personnelles ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es par le conseiller de l\u2019ADEM sur base des propres dires dePERSONNE1.)envue des d\u00e9marches possibles ou n\u00e9cessaires afin d\u2019optimiser ses chances de retrouver un emploi. 13 voir, en ce sens, arr\u00eats du 6 octobre 1982,Cilfit e.a., 283\/81, EU:C:1982:335, point 21 ; du 15 septembre 2005,Intermodal Transports, C\u2011495\/03, EU:C:2005:552, point 33, ainsi que du 4 octobre 2018,Commission\/France(Pr\u00e9compte mobilier), C\u2011416\/17, EU:C:2018:811, point 110; arr\u00eat du 6 octobre 2021 (grande chambre)Consorzio Italian Management, Catania Multiservizi SpA contre Rete Ferroviaria Italiana SpA, C\u2011561\/19, points 32 et 33 14 Cour de cassation, arr\u00eat du21avril2022, n\u00b053\/2022, num\u00e9ro CAS-2021-00044 du registre<\/p>\n<p>49 PERSONNE1.)a \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9 son curriculum vitae en langue allemande, pr\u00e9cisant avoir des connaissances linguistiques de base dans cette langue, et a opt\u00e9 pour une convention de collaboration en langue allemande sign\u00e9e par elle et paraph\u00e9 \u00e0 chaque page o\u00f9 elle atteste avoir fourni des indications exactes et qu\u2019elle s\u2019engage \u00e0 respecter les obligations y d\u00e9taill\u00e9es. S\u2019y ajoute qu\u2019elle est inscrite comme demandeur d\u2019emploi depuis le 31 d\u00e9cembre 2021 et \u00e9galement au moment de sa demande de prolongation de l\u2019indemnisation introduite le 30 novembre 2022, soit donc presque une ann\u00e9e plus tard, elle ne fait toujours pas \u00e9tat d\u2019un quelconque probl\u00e8me de compr\u00e9hension linguistique. Il ne ressort pas non plus du dossier qu\u2019une telle probl\u00e9matique ait \u00e9t\u00e9 sujet \u00e0 discussion \u00e0 un quelconque moment alors que le contraire se d\u00e9gage de sa propre prise de position. En effet, s\u2019il est exact qu\u2019elle s\u2019est fait assister, lors de l\u2019explorationm\u00e9dicale effectu\u00e9e par l\u2019expert commis dans le cadre de sa demande en obtention d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9, d\u2019un traducteur asserment\u00e9, elle a elle-m\u00eame indiqu\u00e9 \u00e0 la page 5 de ce rapport \u00ab ihre Muttersprache sei Polnisch, sie verstehe jedoch gut Deutsch und k\u00f6nne diese Sprache auch relativ gut sprechen \u00bb. S\u2019il est exact quePERSONNE1.)a re\u00e7u pendant la p\u00e9riode d\u2019indemnisation des assignations de poste r\u00e9dig\u00e9es en langue fran\u00e7aise (selon le dossier deux au total avant celle du 11 ao\u00fbt 2022), outre les d\u00e9veloppements repris ci-dessus, il s\u2019av\u00e8re qu\u2019aucun probl\u00e8me linguistique n\u2019a jamais\u00e9t\u00e9 signal\u00e9 par elle.\u00bb Dans la mesure o\u00f9 la demande de renvoi pr\u00e9judiciel, que le moyen reproche au CSSS d\u2019avoir rejet\u00e9e, repose sur des pr\u00e9misses qui ne concordent pas avec les constatations de fait retenues par le CSSS, un \u00e9ventuel renvoi pr\u00e9judiciel serait sans incidence surla solution du litige. Il s\u2019ensuit que le moyen est inop\u00e9rant. Plus subsidiairement: Il convient de relever que le CSSS a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas renvoyer la question soulev\u00e9e \u00e0 titre pr\u00e9judiciel devant la CJUE, dans la mesure o\u00f9 il a consid\u00e9r\u00e9 que cette derni\u00e8re ne s\u2019imposait pas \u00abfaute de pertinence pour la solution du litige\u00bb. \u00c0 cet \u00e9gard, il avait recherch\u00e9 si ladite question avait d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019une interpr\u00e9tation par la CJUE en citant notamment l\u2019arr\u00eat du28novembre1989,A.Groener\/Minister for Education and the City of Dublin Vocational Educational Committee,ECLI:EU:C:1989:599,dans lequel la Cour avait jug\u00e9, aupoint19 de celui-ci, que \u00ables dispositions du droit de l\u2019Union ne s\u2019opposent pas \u00e0 l\u2019adoption d\u2019une politique qui vise la d\u00e9fense et la promotion d\u2019une ou des langues officielles d\u2019un \u00c9tat membre\u00bb 15 .Le CSSS a encore pr\u00e9cis\u00e9 que\u00abla mise en oeuvre de cette politique ne doit pas porter atteinte \u00e0 une libert\u00e9 fondamentale telle que la libre circulation des travailleurs\u00bbavant de constater qu\u2019\u00ab[e]n l\u2019esp\u00e8ce, il est difficile de cerner une 15 Cette jurisprudence a \u00e9t\u00e9 plus r\u00e9cemment consacr\u00e9e par l\u2019arr\u00eat de la CJUE du 16avril2013, C-202\/11, A.Las\/PSA Antwerp NV,ECLI:EU:C:2013:239, point25<\/p>\n<p>50 quelconque violation du TFUE par rapport au droit des citoyens de l\u2019Union et des membres de leur famille de circuler et de s\u00e9journer librement sur le territoire des Etats membres et par rapport \u00e0 la directive 2000\/43\/CE du 29 juin 2000 relative \u00e0 la mise en oeuvre du principe de l&#039;\u00e9galit\u00e9 de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d&#039;origine ethnique, alors quePERSONNE1.), de nationalit\u00e9 polonaise, a pu \u00e9tablir sa r\u00e9sidence \u00e0 Luxembourg et y a travaill\u00e9 du 20 f\u00e9vrier 2017 au 31 d\u00e9cembre 2021, date \u00e0 partir de laquelle elle est inscrite comme demandeur d\u2019emploi \u00e0 la suite de son licenciement pour motif \u00e9conomique. Ch\u00f4meur indemnis\u00e9 au Luxembourg, elle b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un traitement identique r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 chaque demandeur d\u2019emploi plong\u00e9 dans une situation identique. Le moyen tir\u00e9 d\u2019une discrimination indirecte est partant \u00e0 rejeter et aucun renvoi pr\u00e9judiciel ne s\u2019impose faute de pertinence pour la solution du litige.\u00bb En statuant ainsi, les juges du fond ont pu, sans violer la disposition vis\u00e9e au moyen, rejeter la demande de renvoi pr\u00e9judiciel. Le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le dixi\u00e8me moyen de cassation: Le dixi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de la loi pour fausse qualification des faits,en ce quele CSSS a consid\u00e9r\u00e9 que \u00abla farde de pi\u00e8ces \u2026 diverge de par son contenude la motivation del\u2019acte d\u2019appel notamment pour ce qui est du montant de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure \u2026 et d\u2019une formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle\u00bb, puis a rejet\u00e9 \u00abla farde de pi\u00e8ce renfermant le corps de conclusions d\u00e9pos\u00e9e le6f\u00e9vrier2025\u00bb,alors quela demanderesse en cassation, ayant interjet\u00e9 appel du jugement du28 juin2024 du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, avait expos\u00e9 dans son acte d\u2019appel sur treize pages les moyens sur lesquels elle le fondait. Aux termes de l\u2019article10, alin\u00e9a2, de la loi modifi\u00e9e du18f\u00e9vrier1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9, la partie critiqu\u00e9e de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e et ce en quoi elle encourt le reproche formul\u00e9. Le moyen ne pr\u00e9cise ni le texte de loi qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, ni en quoi consisterait l\u2019erreur de qualification invoqu\u00e9e. Partant, le dixi\u00e8me moyen est irrecevable pour manque de pr\u00e9cision. Sur le onzi\u00e8me moyen de cassation: Le onzi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019article267 du TFUE,en ce quele CSSS a exig\u00e9, dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, comme motif d\u00e9cisoire \u00abla formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle\u00bb par la demanderesse en cassation, alors que seule une juridiction nationale peut renvoyer une question, \u00e0 titre pr\u00e9judiciel, \u00e0 la CJUE sur le fondement de la disposition susvis\u00e9e.<\/p>\n<p>51 Contrairement \u00e0 ce qu\u2019all\u00e8gue le moyen, le CSSS n\u2019a pas relev\u00e9 que la question pr\u00e9judicielle devait \u00eatre soulev\u00e9e par la demanderesse en cassation devant la CJUE afin que cette derni\u00e8re statue sur cette question, ni m\u00eame exig\u00e9 la formulation concr\u00e8te d\u2019une question pr\u00e9judicielle. Au contraire, le CSSS a retenu qu\u2019il s\u2019abstenait, en tant que titulaire de la saisine, de poser la question soulev\u00e9e d\u00e8s lors qu\u2019il la consid\u00e9rait comme n\u2019\u00e9tant pas pertinente pour la solution du litige 16 . D\u2019o\u00f9 il suit que le onzi\u00e8me moyen manque en fait, sinon n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le douzi\u00e8me moyen de cassation: Le douzi\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation de la loi qui \u00e9rige la r\u00e8gle du contradictoire en principe g\u00e9n\u00e9ral de droit,en ce quele CSSS a retenu dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 le rejet de \u00abla farde [\u2026] de conclusions de22pages\u00bb \u00abpour violation [\u2026] du contradictoire\u00bb, alors que l\u2019article64 du NCPC dispose que \u00ables parties doivent se faire conna\u00eetre mutuellement en temps utile [\u2026] les \u00e9l\u00e9ments de preuve qu\u2019elles produisent\u00bb, l\u2019article279, alin\u00e9a1, dudit Code dispose que \u00ab[\u2026]la partie qui fait \u00e9tat d\u2019une pi\u00e8ce s\u2019oblige \u00e0 la communiquer \u00e0 toute autre partie \u00e0 l\u2019instance\u00bb, et l\u2019article282 de ce m\u00eame code dispose \u00aben temps utile\u00bb. Concr\u00e8tement, la demanderesse en cassation fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 d\u2019avoir appliqu\u00e9 la r\u00e8gle du contradictoire \u00e0 des conclusions, qui ne rentreraient pas dans la cat\u00e9gorie des pi\u00e8ces \u00e0 communiquer en temps utile \u00e0 la partie adverse en application desdiff\u00e9rentes dispositions l\u00e9gales \u00e9num\u00e9r\u00e9es au moyen. Il ressort de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 qu\u2019\u00ab[\u00e0] la fin des plaidoiries au fond, l\u2019appelante a remis \u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025 une nouvelle farde de \u00ab pi\u00e8ces \u00bb comprenant une attestation testimoniale et un corps de conclusions. L\u2019ETAT conclut \u00e0 la confirmation du jugement dont appel pour les motifs y avanc\u00e9s et demande le rejet de la farde de pi\u00e8ces d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la fin des plaidoiries et soul\u00e8ve que l\u2019attestation testimoniale vers\u00e9e ne satisfait pas aux exigences de l\u2019article 402 du nouveau code de proc\u00e9dure civile.\u00bb Par contre, il ne r\u00e9sulte pas de l\u2019arr\u00eat dont pourvoi que la demanderesse en cassation ait soutenu devant le CSSS que le rejet d\u2019\u00e9crits vers\u00e9s \u00e0 la fin des plaidoiries ne pourrait \u00eatre demand\u00e9 qu\u2019en application des articles64, 279, alin\u00e9a1, et282 du NCPC. Par cons\u00e9quent, le moyen est nouveau et, en ce qu\u2019il comporterait un examen des faits, il est m\u00e9lang\u00e9 de fait et de droit. Le douzi\u00e8me moyen de cassation est irrecevable. Subsidiairement: Aux termes de l\u2019article 64 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile,\u00ab les parties doivent se faire conna\u00eetre mutuellement en temps utile les moyens de fait sur lesquels elles fondent leurs pr\u00e9tentions, les \u00e9l\u00e9ments de preuve qu\u2019elles produisent et les moyens de droit qu\u2019elles invoquent, afin que chacune soit \u00e0 m\u00eame d\u2019organiser sa d\u00e9fense \u00bb,tandis que l\u2019article 65 16 Arr\u00eat attaqu\u00e9, page6, paragraphe6<\/p>\n<p>52 dispose que\u00able juge doit en toutes circonstances faire observer et observer lui-m\u00eame le principe de contradiction. Il ne peut retenir dans sa d\u00e9cision les moyens, les explications et les documents invoqu\u00e9s ou produits par les parties que si celles-ci ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00eame d\u2019en d\u00e9battre contradictoirement. Il ne peut fonder sa d\u00e9cision sur les moyens de droit qu\u2019il a relev\u00e9s d\u2019office sans avoir au pr\u00e9alable invit\u00e9 les parties \u00e0 pr\u00e9senter leurs observations. \u00bb L\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme consacre \u00e9galement le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable, qui implique le respect de la contradiction. Le principe de la contradiction constitue un droit fondamental, et, parce qu\u2019il constitue la traduction d\u2019une valeur essentielle, il est d\u2019ordre public. 1718 Il d\u00e9coule des dispositions l\u00e9gales cit\u00e9es ci-dessus que ce principe s\u2019applique \u00e0 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la proc\u00e9dure et ne se limite pas \u00e0 la seule obligation de communiquer les pi\u00e8ces en temps utile. Le rejet des conclusions vers\u00e9es par la demanderesse en cassation est motiv\u00e9 comme suit: \u00abLe fait pour le mandataire dePERSONNE1.)de remettre, avant la prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de l\u2019affaire et apr\u00e8s les plaidoiries au fond, une farde de pi\u00e8ces cens\u00e9e contenir des pi\u00e8ces communiqu\u00e9es et d\u00e9battues au pr\u00e9alable, mais renfermant notamment un corps de conclusion d\u2019une vingtaine de pages reprenant des pr\u00e9tentions diff\u00e9rentes, mettant ainsi la partie intim\u00e9e dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019en prendre connaissance \u00e0 un moment o\u00f9 elle aurait dispos\u00e9 encore de suffisamment de temps pour l\u2019analyser et l\u2019int\u00e9grer dans sa plaidoirie, ne saurait satisfaire au respect des principes de la contradiction et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes. Dans un arr\u00eat du 16 juin 2011, la Cour de cassation a suivi les conclusions du parquet g\u00e9n\u00e9ral en ce qu\u2019il avait expos\u00e9 que le principe de la contradiction constitue un droit fondamental, et, parce qu\u2019il constitue la traduction d\u2019une valeur essentielle, il est d\u2019ordre public (Cour de cassation 16 juin 2011, n\u00b02874 du registre). La farde de pi\u00e8ce renfermant le corps de conclusions d\u00e9pos\u00e9e le 6 f\u00e9vrier 2025 est partant \u00e0 rejeter pour violation des principes du contradictoire et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes.\u00bb 19 En statuant ainsi, les juges d\u2019appel ont fait une application correcte du principe de la contradiction et des articles 64 et 65 du NCPC et de l\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme. Le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. 17 Jurisclasseur Proc\u00e9dure civile, Fasc.114 : Principe de la contradiction, Introduction 18 Jacques et Louis Bor\u00e9, La cassation en mati\u00e8re civile, Dalloz, 6\u00e8me \u00e9d. 2023\/2024, n\u00b082.331: \u00ab [..] la Cour de cassation consid\u00e8re que le principe du respect des droits de la d\u00e9fense est d\u2019ordre public et qu\u2019elle peut relever d\u2019office sa violation, si celle-ci a pu \u00eatre connue des juges du fond. \u00bb 19 Arr\u00eat attaqu\u00e9, page 5, paragraphes 4 et 5<\/p>\n<p>53 Sur le treizi\u00e8me moyen de cassation: Le treizi\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation de la loi,en ce quele CSSS a retenu dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 que \u00abl\u2019\u00c9tat conclut \u00e0 la confirmation du jugement dont appel et demande le rejet de la farde de pi\u00e8cesd\u00e9pos\u00e9es \u00e0 la fin des plaidoiries\u00bb, alors que l\u2019ADEM n\u2019invoque pas de grief, condition pos\u00e9e par l\u2019article264,alin\u00e9a2, du NCPC pour prononcer le rejet de la farde litigieuse. Il ne r\u00e9sulte pas de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 que la demanderesse en cassation ait soutenu en instance d\u2019appel que l\u2019article264 du NCPC \u00e9tait applicable ou que la demande de rejet formul\u00e9e par l\u2019ADEM supposerait l\u2019existence d\u2019un grief. Par cons\u00e9quent, le moyen estnouveau et, en ce qu\u2019il comporterait un examen des faits, il est m\u00e9lang\u00e9 de fait et de droit. Le treizi\u00e8me moyen de cassation est irrecevable. Subsidiairement: Etant donn\u00e9 que l\u2019arr\u00eat dont pourvoi n\u2019a prononc\u00e9 aucune nullit\u00e9, il n\u2019a pas appliqu\u00e9 l\u2019article 264 du NCPC, qui r\u00e9git les nullit\u00e9s d\u2019exploit ou d\u2019acte de proc\u00e9dure. La disposition vis\u00e9e au moyen est partant \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la d\u00e9cision attaqu\u00e9e. Le moyen est irrecevable. Sur le quatorzi\u00e8me moyen de cassation: Le quatorzi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019article L.521-12 du Code du travail,en ce quele CSSS a ajout\u00e9 \u00e0 ladite disposition un \u00abeffet r\u00e9troactif\u00bb en confirmant la d\u00e9cision de l\u2019ADEM du23janvier2023 et le courrier du28ao\u00fbt2023 ayant pour objet la restitution des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage ind\u00fbment pay\u00e9es \u00e0 partir du3octobre2022, alors que le retrait desdites indemnit\u00e9s aurait d\u00fb courir \u00e0 partir de la date de la d\u00e9cision y relative. Il ne r\u00e9sulte pas de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 que l\u2019argument expos\u00e9 au moyen ait \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9 par la demanderesse en cassation en instance d\u2019appel devant le CSSS. Par cons\u00e9quent, le moyen est nouveau et, en ce qu\u2019il comporterait un examen des faits, il est m\u00e9lang\u00e9 defait et de droit. Le quatorzi\u00e8me moyen de cassation est partant irrecevable. \u00c0 titre subsidiaire, il y a lieu de relever que l\u2019articleL-521-12 (1) 4 du Code du travail dispose que le droit \u00e0 l\u2019indemnit\u00e9 de ch\u00f4mage complet cesse \u00aben cas de refus non justifi\u00e9 d\u2019un poste de travail appropri\u00e9\u00bb et que l\u2019article L.527-3 dudit Code \u00abpr\u00e9voit express\u00e9ment la possibilit\u00e9 d\u2019un redressement, d\u2019une suppression ou d\u2019une restitution des indemnit\u00e9s accord\u00e9es 20 \u00bb. D\u00e8s lors, le CSSS a correctement appliqu\u00e9 la disposition vis\u00e9e 20 Conclusions du Minist\u00e8re public dans l\u2019affaire ayant donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour de cassation du11juillet2019, n\u00b0120\/2019, num\u00e9ro CAS-2018-00091 du registre<\/p>\n<p>54 au moyen en confirmant la demande de restitution de l\u2019ind\u00fb au jour du refus par la demanderesse en cassation du poste appropri\u00e9, \u00e0 savoir \u00e0 la date du 3octobre2022. Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le quinzi\u00e8me moyen de cassation: Le quinzi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de la loi pour exc\u00e8s de pouvoir des juges composant le CSSS,en ce que, premi\u00e8re branche,ledit Conseil aurait viol\u00e9 la loi pour avoir refus\u00e9 d\u2019auditionner MonsieurPERSONNE6.), qui avait r\u00e9dig\u00e9 une attestation testimoniale en date du29janvier2025 certifiant le \u00absimple examen des pi\u00e8ces m\u00e9dicales\u00bb et l\u2019absence d\u2019auscultation par le m\u00e9decin de l\u2019ADEM, alors que ce dernier a, dans son avis du16janvier2023, dit avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 \u00abun examen m\u00e9dical\u00bb; deuxi\u00e8me branche, le CSSS aurait exc\u00e9d\u00e9 son pouvoir en ne mentionnant pas, dans l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, la demande d\u2019audition de MonsieurPERSONNE6.)et le refus qui lui a \u00e9t\u00e9 oppos\u00e9. Il y a lieu de relever qu\u2019aux termes de l\u2019article10, alin\u00e9a2, de la loi modifi\u00e9e du18f\u00e9vrier1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, chaque moyen doit pr\u00e9ciser, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9. Votre Cour a jug\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises que le cas d\u2019ouverture de l\u2019exc\u00e8s de pouvoir n\u2019est recevable que pour autant qu\u2019il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un texte de loi qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 21 . Le moyen ne pr\u00e9cise pas le texte de loi qui aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 par l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Il est donc irrecevable en ses deux branches. \u00c0 titre subsidiaire, il convient de rappeler que l\u2019exc\u00e8s de pouvoir se d\u00e9finit comme \u00e9tant \u00abla transgression par le juge, comp\u00e9tent pour conna\u00eetre du litige, d\u2019une r\u00e8gle d\u2019ordre public par laquelle la loi a circonscrit son autorit\u00e9 22 \u00bb. Or, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article455ter(2) du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, rendu applicable en mati\u00e8re d\u2019appel devant le CSSS par l\u2019article456, paragraphe2, alin\u00e9a1 dudit Code,\u00able pr\u00e9sident peut, pour le d\u00e9bat oral, citer des t\u00e9moins et des experts et prendre toutes autres mesures, en particulier ordonner lacomparution personnelle du demandeur. Il peut choisir un ou plusieurs m\u00e9decins qu&#039;il s&#039;adjoint comme experts lors des d\u00e9bats oraux. Les t\u00e9moins et les experts sont cit\u00e9s par lettre recommand\u00e9e ou remise contre r\u00e9c\u00e9piss\u00e9. L&#039;avis de r\u00e9ception de la poste estvers\u00e9 au dossier\u00bb. 21 Cass. 16 juin 2022, n\u00b0 91\/2022, num\u00e9ro CAS-2021-00098 du registre ; Cass. 9 novembre 2017, n\u00b0 3861 du registre ; Cass. 12 mars 2015, n\u00b0 3424 du registre 22 Cour de cassation, arr\u00eat du14juillet2022, n\u00b0114\/2022, num\u00e9ro de cassationCAS-2021-00130 du registre<\/p>\n<p>55 Force est de constater que la demanderesse en cassation n\u2019all\u00e8gue m\u00eame pas avoir soumis au CSSS une offre de preuve demandant l\u2019audition d\u2019un t\u00e9moin. Faute d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 saisi d\u2019une telle offre de preuve, le CSSS n\u2019avait pas \u00e0 statuer sur l\u2019audition \u00e9ventuelle d\u2019un t\u00e9moin. Il ressort de la discussion du moyen que le mandataire de la demanderesse en cassation aurait demand\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du 6 f\u00e9vrier 2025 l\u2019audition \u00e0 la barre du mari de sa mandante, qui \u00e9tait pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019audience. L\u2019audition d\u2019un t\u00e9moin \u00e0 la barre n\u2019\u00e9tant paspr\u00e9vue par l\u2019article455ter(2) du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, le CSSS ne saurait avoir exc\u00e9d\u00e9 ses pouvoirs en n\u2019acc\u00e9dant pas \u00e0 la demande formul\u00e9e. Le quinzi\u00e8me moyen, pris en ses deux branches, n\u2019est pas fond\u00e9. Conclusion Le pourvoi est recevable, mais il est \u00e0 rejeter. Pour le Procureur G\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, Le procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat adjoint Marie-Jeanne Kappweiler<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-de-cassation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-de-cassation\/20251208-001845\/20251204-cas-2025-00080-167-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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