{"id":562154,"date":"2026-04-14T23:16:01","date_gmt":"2026-04-14T21:16:01","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/"},"modified":"2026-04-14T23:16:05","modified_gmt":"2026-04-14T21:16:05","slug":"cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/","title":{"rendered":"Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>N\u00b0108\/2025 du19.06.2025 Num\u00e9roCAS-2025-00004du registre Audiencepublique dela Cour de cassation du Grand-Duch\u00e9 deLuxembourg du jeudi,dix-neufjuindeux mille vingt-cinq. Composition: Thierry HOSCHEIT,pr\u00e9sident de la Cour, Marie-Laure MEYER, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Monique HENTGEN, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Jeanne GUILLAUME, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Gilles HERRMANN, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, DanielSCHROEDER, greffier\u00e0la Cour. Entre la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), repr\u00e9sent\u00e9e par le g\u00e9rant, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9roNUMERO1.), demanderesseen cassation, comparant parMa\u00eetre Laure STACHNIK,avocat \u00e0 la Cour,en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu, et 1)PERSONNE1.),demeurant \u00e0F-ADRESSE2.), d\u00e9fendeuren cassation, comparant parMa\u00eetreFran\u00e7ois KAUFFMAN,avocat \u00e0 la Cour,en l\u2019\u00e9tude duquel domicile est \u00e9lu,<\/p>\n<p>2 2)l\u2019ETAT DU GRAND -DUCHE DE LUXEMBOURG, repr\u00e9sent\u00e9 parle Ministre d\u2019Etat, ayant ses bureaux \u00e0L-1341 Luxembourg, 2, Place de Clairefontaine, d\u00e9fendeur en cassation. ___________________________________________________________________ Vu l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 num\u00e9ro102\/24-VIII-TRAV rendu le21novembre2024 sous le num\u00e9ro CAL-2022-01054du r\u00f4le par la Cour d\u2019appel du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg,huiti\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8rede droit du travail; Vu le m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le20 d\u00e9cembre2024par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)(ci-apr\u00e8s\u00abla soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)\u00bb)\u00e0 PERSONNE1.)et \u00e0 l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DELUXEMBOURG (ci-apr\u00e8s \u00abl\u2019ETAT\u00bb), d\u00e9pos\u00e9 le6janvier2025au greffe de la Cour sup\u00e9rieure deJustice; Ecartantle m\u00e9moire en r\u00e9ponse signifi\u00e9 le27janvier2025par PERSONNE1.)\u00e0la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), d\u00e9pos\u00e9 le3f\u00e9vrier2025au greffe de la Cour, pour ne pas avoir \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 \u00e0 l\u2019ETAT; Sur les conclusions del\u2019avocatg\u00e9n\u00e9ralBob PIRON. Sur les faits Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, le Tribunal dutravail d\u2019Esch-sur-Alzette avaitconstat\u00e9 la cessation du contrat de travaildu d\u00e9fendeur en cassationau jour de la notification de la mise \u00e0 pied, avait d\u00e9clar\u00e9 celle-cijustifi\u00e9eet avait d\u00e9bout\u00e9le d\u00e9fendeur en cassationde ses demandes en indemnisation des pr\u00e9judices mat\u00e9riel et moral. La Cour d\u2019appel,parr\u00e9formation, a retenu que la mise \u00e0 pied \u00e9taitirr\u00e9guli\u00e8re et a condamn\u00e9 la demanderesse en cassation \u00e0 payer au d\u00e9fendeur en cassation certains montants\u00e0titre de r\u00e9paration des pr\u00e9judices mat\u00e9riel et moral. Sur lepremier moyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abTir\u00e9 de la violation de l\u2019article 402 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civil, de l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure Civile et de l\u2019article 6 alin\u00e9a 1 de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme et des libert\u00e9s fondamentales en ce que la Cour d\u2019Appel a d\u00e9clar\u00e9: -d\u2019une part irr\u00e9guli\u00e8re la mise \u00e0 pied de MonsieurPERSONNE1.)intervenue le 8 d\u00e9cembre 2020 en \u00e9cartant l\u2019attestation testimoniale de Monsieur PERSONNE2.)des d\u00e9bats, et ce nonobstant la constatation que l\u2019attestation testimoniale sur laquelle repose la preuve des motifs de la mise \u00e0 pied a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e<\/p>\n<p>3 par un t\u00e9moin qui a certes enregistr\u00e9 les propos tenus par MonsieurPERSONNE1.) mais les a lui-m\u00eame entendus au moment o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s, circonstances qui sont de nature \u00e0 attribuer \u00e0 ce moyen de preuve un caract\u00e8re licite au sens de la loi et de la jurisprudence; -d\u2019autre part a, par cons\u00e9quent, d\u00e9clar\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)ne rapportait pas la preuve du caract\u00e8re r\u00e9el et s\u00e9rieux des motifs de la mise \u00e0 pied ; au motif que le fait d\u2019invoquer une atteinte \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e sur base de l\u2019enregistrement effectu\u00e9 d\u2019une conversation d\u2019un salari\u00e9 \u00e0 son insu et d\u2019une attestation testimoniale en d\u00e9coulant constitue un \u00e9l\u00e9ment de preuve illicite alors que l\u2019enregistrement est un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal et que l\u2019attestation testimoniale doit \u00eatre \u00e9cart\u00e9e et ce, sans autre \u00e9l\u00e9ment et sans m\u00eame tenir compte du fait que le t\u00e9moin a lui-m\u00eame entendu la conversation par le bais d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone mal raccroch\u00e9; alors que la Cour d\u2019Appel a relev\u00e9 que le t\u00e9moin MonsieurPERSONNE2.)a bien entendu la conversation tenue par MonsieurPERSONNE1.)au sujet de sa responsable, objet de la mise \u00e0 pied; que l\u2019article 402 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile dispose : &lt;&lt;l\u2019attestation contient la relation des faitsauxquels son auteur a assist\u00e9 ou qu\u2019il a personnellement constat\u00e9&gt;&gt;; que l\u2019article 58 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile dispose:&lt;&lt;il incombe \u00e0 chaque partie de prouver conform\u00e9ment \u00e0 la loi les faits n\u00e9cessaires au succ\u00e8s de ses pr\u00e9tentions&gt;&gt;; que l\u2019article 6 alin\u00e9a 1 de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme et des libert\u00e9s fondamentales dispose&lt;&lt;toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement, publiquement et dans un d\u00e9lai raisonnable, par un tribunal ind\u00e9pendant et impartial, \u00e9tabli par la loi, qui d\u00e9cidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caract\u00e8re civil soit du bien-fond\u00e9 de toute accusation en mati\u00e8re p\u00e9nale dirig\u00e9e contre elle&gt;&gt;; que la Cour d\u2019Appel a donc manifestement viol\u00e9 les articles 402 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile, l\u2019article 58 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile ainsi que l\u2019article 6 alin\u00e9a 1 de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme et des libert\u00e9s fondamentales en \u00e9cartant cette attestation testimoniale parfaitement licite, et ce en omettant de tenir compte du fait que le t\u00e9moin certificateur a lui-m\u00eame entendu la conversation relat\u00e9e dans son attestation testimoniale.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Il r\u00e9sulte de la discussion consacr\u00e9e au moyen qu\u2019il estdivis\u00e9 en deux branches. Sur la premi\u00e8re branche du moyen La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appeld\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article402 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civilepour avoir\u00e9cart\u00e9des d\u00e9bats une<\/p>\n<p>4 attestation testimonialer\u00e9pondant aux exigences de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9,en ayant omis de tenir compte du fait que le t\u00e9moin avait personnellement entendu la conversation faisant l\u2019objet de l\u2019attestation testimoniale. Il r\u00e9sulte de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 que l\u2019attestation testimoniale consiste en une retranscription des paroles du d\u00e9fendeur en cassation sub 1) op\u00e9r\u00e9e \u00e0 partir d\u2019un enregistrement vocal que les juges d\u2019appel ont \u00e9cart\u00e9 au titre des moyens de preuve pour avoir \u00e9t\u00e9 obtenu ill\u00e9galement. Les juges d\u2019appel ont, par la suite,\u00e9cart\u00e9 l\u2019attestationtestimoniale des d\u00e9bats pour necomporterqu\u2019uneretranscription decet enregistrementd\u00e9clar\u00e9illicite. En l\u2019\u00e9tat de ces constatations,ilsn\u2019avaient pas \u00e0 v\u00e9rifiersile t\u00e9moin avait personnellement entendu la conversation faisant l\u2019objet del\u2019attestation testimoniale. Il s\u2019ensuit quele moyen, pris en sa premi\u00e8re branche,estinop\u00e9rant. Sur lasecondebranche du moyen La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales (ci- apr\u00e8s\u00abla Convention\u00bb)pour avoir \u00e9cart\u00e9une attestation testimoniale licite et recevableet l\u2019avoirainsipriv\u00e9de son droit de pr\u00e9senter sa cause et derapporterla preuve d\u2019un \u00e9l\u00e9ment de fait essentiel. L\u2019article 6 de la Convention garantit le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable. Il ne r\u00e9glemente pas l\u2019admissibilit\u00e9 des preuves en tant que telles, mati\u00e8re qui rel\u00e8ve au premier chef du droit interne. Il r\u00e9sulte de la r\u00e9ponse donn\u00e9e\u00e0 lapremi\u00e8re branchedu moyenque l\u2019attestation testimonialea \u00e9t\u00e9\u00e9cart\u00e9eau motif qu\u2019elleretranscrit le contenu d\u2019une preuve obtenue ill\u00e9galement. En l\u2019\u00e9tat de ces constatations,les juges d\u2019appel n\u2019ont pas viol\u00e9 les dispositions vis\u00e9es au moyen. Il s\u2019ensuit que lemoyen, pris en sasecondebranche,n\u2019est pas fond\u00e9. Sur lesecondmoyen de cassation Enonc\u00e9 dumoyen \u00abTir\u00e9 de la violation des articles 89 de la Constitution et de l\u2019article 249 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, ainsi que de l\u2019article 58 du Nouveau code de proc\u00e9dure civil et de l\u2019article 6 alin\u00e9a 1 de la convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme en ce que la Cour d\u2019appel a d\u00e9clar\u00e9: -d\u2019une part irr\u00e9guli\u00e8re la mise \u00e0 pied de MonsieurPERSONNE1.)intervenue le 8 d\u00e9cembre 2020 en \u00e9cartant l\u2019attestation testimoniale des d\u00e9bats et ce nonobstant la constatation que l\u2019attestation testimoniale sur laquelle repose la preuve des motifs<\/p>\n<p>5 de la mise \u00e0 pied a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e par un t\u00e9moin qui a certes enregistr\u00e9 les propos tenus par MonsieurPERSONNE1.)mais les a lui-m\u00eame entendu au moment o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s, circonstances qui sont de nature \u00e0 attribuer \u00e0 ce moyen de preuve un caract\u00e8re l\u00e9gal et loyal au sens de la loi et de la jurisprudence; -d\u2019autre part a par cons\u00e9quent d\u00e9clar\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)ne rapportait pas la preuve du caract\u00e8re r\u00e9el et s\u00e9rieux des motifs de la mise \u00e0 pied ; au motif qu\u2019il appartient aux juridictions&lt;&lt;d\u2019identifier les biens prot\u00e9g\u00e9s par le concept de vie priv\u00e9e et de mesurer la force avec laquelle ils contrebalancent les droits concurrents des agents juridiques accus\u00e9s d\u2019y avoir port\u00e9 atteinte&gt;&gt;; alors qu\u2019elle a rappel\u00e9 elle-m\u00eame ce principe g\u00e9n\u00e9ral du droit sans v\u00e9rifier si l\u2019attestation testimoniale litigieuse est un moyen de preuve portant atteinte au caract\u00e8re \u00e9quitable du proc\u00e8s dans son ensemble alors qu\u2019elle s\u2019est content\u00e9e de faire \u00e9tat du droit au respect de la vie priv\u00e9e du salari\u00e9 sans contr\u00f4ler le droit \u00e0 la preuve pour la demanderesse en cassation; et ce d\u2019autant plus que l\u2019employeur ne disposait que de cette seule attestation pour rapporter la preuve de la r\u00e9alit\u00e9 des motifs de la mise \u00e0 pied; qu\u2019en outre la Cour d\u2019Appel s\u2019est fond\u00e9e sur des d\u00e9ductions al\u00e9atoires pour rejeter l\u2019attestation testimoniale ; de sorte qu\u2019en d\u00e9clarant la mise \u00e0 pied irr\u00e9guli\u00e8re sur base du rejet de l\u2019attestation testimoniale sans m\u00eame contr\u00f4ler la mani\u00e8re dont cette preuve a \u00e9t\u00e9 recueillie et sans m\u00eame v\u00e9rifier le droit \u00e0 la preuve dans le chef de l\u2019employeur pour rapporter la r\u00e9alit\u00e9 des motifs de la mise \u00e0 pied, la Cour d\u2019Appel a manifestement viol\u00e9 les dispositions pr\u00e9cit\u00e9es.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Il r\u00e9sulte de la discussion consacr\u00e9e au moyen qu\u2019il est divis\u00e9 en deux branches. Sur la premi\u00e8re branche du moyen La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 89 de la Constitutionet l\u2019article 249 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile pour avoird\u00e9clar\u00e9 irr\u00e9guli\u00e8re la mise \u00e0 pied en \u00e9cartant des d\u00e9bats une attestation testimoniale sans\u00abv\u00e9rifier le droit \u00e0 la preuve dans le chef de l\u2019employeur pour rapporter la r\u00e9alit\u00e9 des motifs de la mise \u00e0 pied\u00bb. A l\u2019article 89 de la Constitution invoqu\u00e9 \u00e0 l\u2019appui du moyen, il y a lieu de substituer l\u2019article 109 de la Constitution dans sa version applicable depuis le 1 er juillet 2023, partant au jour du prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Vu l\u2019article 109de la Constitution, ensemble l\u2019article249 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>6 Dans le cadre de l\u2019examen de l\u2019admissibilit\u00e9 de l\u2019attestation testimoniale au regard du respect de la vie priv\u00e9e, les juges d\u2019appel ont retenu, d\u2019une part, \u00abIl est rappel\u00e9 qu\u2019il incombe \u00e0 l\u2019employeur de prouver la r\u00e9alit\u00e9 et la gravit\u00e9 des griefs formul\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de la mise \u00e0 pied.\u00bb et, d\u2019autre part, \u00abC\u2019est aux juridictions qu\u2019il appartient d\u2019identifier les biens prot\u00e9g\u00e9s par le concept de vie priv\u00e9e et demesurer la force avec laquelle ils contrebalancent les droits concurrents des agents juridiques accus\u00e9sd\u2019y avoir port\u00e9 atteinte.\u00bb. L\u2019article 6 dela Conventiongarantit le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable. Il ne r\u00e9glemente pas l\u2019admissibilit\u00e9 des preuves en tant que telles, mati\u00e8re qui rel\u00e8ve au premier chef du droit interne.Le caract\u00e8re \u00e9quitable de la proc\u00e9dure s\u2019appr\u00e9cieau vu de la proc\u00e9dure dans son ensemble et notamment de la mani\u00e8re dont les preuves ont \u00e9t\u00e9administr\u00e9es.L\u2019obligation de prouver pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civilecomporte, au titre de l\u2019\u00e9quit\u00e9etde l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes,undroit \u00e0 la preuve auprofit de celui qui en a la charge. L\u2019article 8 de la Convention,quant \u00e0 lui, garantit le droit au respect de la vie priv\u00e9eet s\u2019oppose, en principe, \u00e0 l\u2019admissibilit\u00e9 de preuves obtenues en violationde ce droit. Enomettant de motiver leur d\u00e9cision quant \u00e0 lamise en balance deces droits concurrents\u00e0 la preuveetau respect de la vie priv\u00e9e,les juges d\u2019appel ont viol\u00e9 les dispositions vis\u00e9es au moyen. Il s\u2019ensuit que l\u2019arr\u00eat encourt la cassation. Sur lasecondebranche du moyen La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et l\u2019article 6, paragraphe 1, de la Conventionen ayantrejet\u00e9 l\u2019attestation testimonialeau motif qu\u2019elle serait tir\u00e9e d\u2019un enregistrement d\u00e9loyal, la privant ainsi de son droit de pr\u00e9senter sa cause et de rapporterla preuve d\u2019un \u00e9l\u00e9ment de fait essentiel. Au vu de la r\u00e9ponse donn\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re branche du moyen, la seconde branche du moyen est sans objet. Sur lademande en allocation d\u2019uneindemnit\u00e9 de proc\u00e9dure Il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge dela demanderesse en cassation l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais expos\u00e9s non compris dans les d\u00e9pens. Il convient de lui allouer l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sollicit\u00e9e de3.000 euros.<\/p>\n<p>7 PAR CES MOTIFS, la Cour de cassation casse et annule l\u2019arr\u00eatattaqu\u00e9 num\u00e9ro102\/24-VIII-TRAVrendu le21 novembre 2024sous le num\u00e9roCAL-2022-01054 du r\u00f4lepar la Cour d\u2019appel, huiti\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8rede droit du travail; d\u00e9clare nuls et de nul effet ladite d\u00e9cision judiciaire et les actes qui s\u2019en sont suivis, remet les parties dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 elles se sont trouv\u00e9es avant l\u2019arr\u00eat cass\u00e9, et pour \u00eatre fait droit, les renvoie devant la Cour d\u2019appel, autrement compos\u00e9e ; condamne le d\u00e9fendeur en cassation sub 1)\u00e0 payer\u00e0 la demanderesseen cassationune indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de3.000 euros; lecondamne aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation avec distraction au profit deMa\u00eetreLaure STACHNIK, sur ses affirmations de droit; ordonne qu\u2019\u00e0 la diligence du Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, le pr\u00e9sent arr\u00eat soit transcrit sur le registre de la Cour d\u2019appel du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg et qu\u2019une mention renvoyant \u00e0 la transcription de l\u2019arr\u00eat soit consign\u00e9e en marge de l\u2019arr\u00eat annul\u00e9. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par le pr\u00e9sident Thierry HOSCHEITen pr\u00e9sence del\u2019avocatg\u00e9n\u00e9ralChristian ENGELet du greffier Daniel SCHROEDER.<\/p>\n<p>8 Conclusions du Parquet g\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019affaire de cassation de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.), contre PERSONNE1.), en pr\u00e9sence de l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, (CAS-2025-00004 du registre) Par m\u00e9moire d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg le 6 janvier 2025, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.), a introduit un pourvoi en cassation contre l\u2019arr\u00eat rendu le 21 novembre 2024, portant le num\u00e9ro N\u00b0102\/24-VIII-TRAV, r\u00e9put\u00e9 contradictoire \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, en sa qualit\u00e9 de gestionnaire du Fonds pour l\u2019Emploi et contradictoire \u00e0 l\u2019\u00e9gard des autres parties, par la Cour d\u2019appel, huiti\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8rede droit du travail. La demanderesse en cassation a fait signifier son m\u00e9moire, sign\u00e9 par un avocat \u00e0 la Cour, le 20 d\u00e9cembre 2024 aux parties d\u00e9fenderesses en cassation, ant\u00e9rieurement au d\u00e9p\u00f4t du pourvoi, de sorte que le pourvoi est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 introduit dans le d\u00e9lai 1 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation. Ma\u00eetre Fran\u00e7ois KAUFMAN, avocat \u00e0 la Cour, en sa qualit\u00e9 de mandataire dePERSONNE1.), a fait signifier le 27 janvier 2025, \u00e0 la partie demanderesse encassation un m\u00e9moire en r\u00e9ponse et l\u2019a d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice le 3 f\u00e9vrier 2025. 1 Il ressort de l\u2019acte de notification de l\u2019arr\u00eatdont pourvoi, vers\u00e9 audossier, que la d\u00e9cision attaqu\u00e9e a \u00e9t\u00e9signifi\u00e9e le 18 d\u00e9cembre 2024.<\/p>\n<p>9 Faits et r\u00e9troactes PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 comme responsable commercialpar la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)suivant contrat de travail \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e du 11 f\u00e9vrier 2008. Par avenant au contrat de travail datant du 1er d\u00e9cembre 2016,PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 promu au poste de directeur commercial. Depuis 2019,PERSONNE1.)\u00e9tait membre suppl\u00e9ant de la d\u00e9l\u00e9gation du personnel au sein de lasoci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.). Par courrier recommand\u00e9 du 8 d\u00e9cembre 2020,PERSONNE1.)a fait l\u2019objet d\u2019une mise \u00e0 pied avec effet imm\u00e9diat. La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)a reproch\u00e9 \u00e0PERSONNE1.)qu\u2019il aurait,le 4 d\u00e9cembre 2020, d\u00e9nigr\u00e9 la responsable de l\u2019entreprise en pr\u00e9sence de son coll\u00e8gue de travail PERSONNE3.), le d\u00e9nigrement en question ayant pu \u00eatre entendu par la responsable concern\u00e9e ainsi que par le t\u00e9moinPERSONNE2.), \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019une communication t\u00e9l\u00e9phonique ant\u00e9rieure avecPERSONNE1.)n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 correctement interrompue par ce dernier. L\u2019entretien entrePERSONNE1.)et son coll\u00e8guePERSONNE3.), lors duquel le premier aurait d\u00e9nigr\u00e9 son employeur, a en outre fait l\u2019objet d\u2019un enregistrement. Par requ\u00eate d\u00e9pos\u00e9e le 9 f\u00e9vrier 2021,PERSONNE1.)a fait convoquer la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), ainsi que l\u2019ETAT du GRAND-DUCHE DE Luxembourg, pris en sa qualit\u00e9 de gestionnaire de l\u2019Agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi (ci-apr\u00e8s l\u2019ETAT), devant le tribunal du travail d\u2019Esch-sur-Alzette, afin de voir constater, sur base de l\u2019article L. 415-10 du Code du travail, la r\u00e9siliation de son contrat de travail avec effet \u00e0 la date de notification de la mise \u00e0 pied, ainsi que le caract\u00e8re abusif de ladite mise \u00e0 pied, estimant que les faits lui reproch\u00e9s par l\u2019employeur ne constituent pas des motifs pr\u00e9cis, r\u00e9els et s\u00e9rieux et en faisant valoir desrevendications indemnitaires envers la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.). Par jugement du 19 septembre 2022, le tribunal de travaild\u2019Esch-sur-Alzette a d\u00e9cid\u00e9 que la mise \u00e0 pied du 8 d\u00e9cembre 2020 \u00e9tait justifi\u00e9e au motif que la partie d\u00e9fenderesse avait rapport\u00e9 le preuve par attestation testimoniale que le requ\u00e9rant avait employ\u00e9 des termes d\u00e9gradants et humiliants au sujet de la responsable de l\u2019entreprise, fait de nature \u00e0 rompre \u00e0 lui seul la confiance que l\u2019employeur doit n\u00e9cessairement avoir dans son personnel et le tribunal a d\u00e9bout\u00e9 PERSONNE1.)de ses demandes en indemnisation des pr\u00e9judices mat\u00e9riel et moral ainsi qu\u2019en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Par exploit d\u2019huissier de justice du 28 octobre 2022,PERSONNE1.)a r\u00e9guli\u00e8rement relev\u00e9 appel du jugement du 19 septembre 2022, qui lui a \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9 le 23 septembre 2022. L\u2019arr\u00eat entrepris a dit fond\u00e9 l\u2019appel interjet\u00e9 parPERSONNE1.)et a retenu, par r\u00e9formation du jugement du tribunal du travail d\u2019Esch-sur-Alzette du 19 septembre 2022, que la mise \u00e0 pied avec effet imm\u00e9diat du 9 d\u00e9cembre 2020 dePERSONNE1.)n\u2019\u00e9tait pas justifi\u00e9e, partant irr\u00e9guli\u00e8re pour ne pas \u00eatre bas\u00e9e sur des motifs r\u00e9els et s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>10 L\u2019arr\u00eat a encore dit fond\u00e9e la demande en indemnisation dePERSONNE1.)pour le montant de 42.433,35 euros au titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice mat\u00e9riel et pour le montant de 1.500 euros au titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral et a en outre condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0PERSONNE1.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 euros pour la premi\u00e8re instance et de 1.500 euros pour l\u2019instance d\u2019appel. Sur le premier moyen de cassation La demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 la loi, plus particuli\u00e8rement l\u2019article 402 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et l\u2019article 6, alin\u00e9a 1, de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales, en ce que la Cour d\u2019appel aurait \u00e9cart\u00e9 des d\u00e9bats l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE2.), en omettant de tenir compte d\u2019un fait que le t\u00e9moin aurait personnellement constat\u00e9 les faits relat\u00e9s (premi\u00e8re branche) et en privant la demanderesse en cassation de son droit de pr\u00e9senter sa cause et de faire la preuve d\u2019un \u00e9l\u00e9ment de fait essentiel (deuxi\u00e8me branche). Le premier moyen de cassation pris en sa premi\u00e8re branche L\u2019article 402 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile dispose ce qui suit : \u00ab L&#039;attestation contient la relation des faits auxquels son auteur a assist\u00e9 ou qu&#039;il a personnellement constat\u00e9s. Elle mentionne les nom, pr\u00e9noms, date et lieu de naissance, demeure et profession de son auteur ainsi que, s&#039;il y a lieu, son lien de parent\u00e9 ou d&#039;alliance avec les parties, de subordination \u00e0 leur \u00e9gard, de collaboration ou de communaut\u00e9 d&#039;int\u00e9r\u00eats avec elles. Elle indique en outre qu&#039;elle est \u00e9tablie envue de sa production en justice et que son auteur a connaissance qu&#039;une fausse attestation de sa part l&#039;expose \u00e0 des sanctions p\u00e9nales. L&#039;attestation est \u00e9crite, dat\u00e9e et sign\u00e9e de la main de son auteur. Celui-ci doit lui annexer, en original ou en photocopie, tout document officiel justifiant de son identit\u00e9 et comportant sa signature. L&#039;attestation peut \u00e9galement \u00eatre re\u00e7ue en brevet par un notaire \u00bb. Aux termes de son attestation testimoniale,PERSONNE2.)situe le contexte des faits dont il t\u00e9moigne et pr\u00e9cise ensuite que l\u2019actuel d\u00e9fendeur en cassation a parl\u00e9 \u00e0 son coll\u00e8gue au sujet de MadamePERSONNE4.)\u00ab en des termes grossiers et diffamants \u00bb, en poursuivant son attestation dans les termes suivants : \u00ab j\u2019\u00e9cris une transcription de l\u2019enregistrement \u00bb. Le r\u00e9cit d\u00e9taill\u00e9 des faits repris dans l\u2019attestation testimoniale en question constitue ainsi une reproduction des paroles prononc\u00e9es parPERSONNE1.)lors d\u2019un \u00e9change qu\u2019il a eu avec PERSONNE3.), \u00e9change qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9 fortuitement par l\u2019auteur de l\u2019attestation, potentiellement en raison d\u2019une erreur de manipulation d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone, laquelle aurait en outre permis la r\u00e9alisation d\u2019un enregistrement sonore r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019insu dePERSONNE1.). L\u2019attestation en question ne constitue d\u00e8s lors pas une relation des faits personnellement constat\u00e9s par son auteur, dont les \u00e9l\u00e9ments fournis auraient \u00e9t\u00e9 puis\u00e9s dans la m\u00e9moire de ce<\/p>\n<p>11 dernier mais son contenu est tir\u00e9 d\u2019un enregistrement sonore r\u00e9alis\u00e9 sans l\u2019accord de la personne enregistr\u00e9e et retranscrit par l\u2019auteur de l\u2019attestation litigieuse. Les magistrats ont \u00e0 juste titre analys\u00e9 l\u2019admissibilit\u00e9 de l\u2019attestation testimoniale sous l\u2019angle de sa conformit\u00e9 au droit au respect de la vie priv\u00e9edePERSONNE1.)et au regard de l\u2019article 8 de la ConventionEurop\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme. En effet, la Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme a retenu que le respect de la vie priv\u00e9e et de la confidentialit\u00e9 des communications continue \u00e0 s\u2019imposer aux activit\u00e9s professionnelles et commerciales, m\u00eame si ces derni\u00e8res peuvent \u00eatre limit\u00e9es dans lamesure du n\u00e9cessaire 2 . La Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme a plus particuli\u00e8rement retenu que les communications \u00e9manant de locaux professionnels peuvent aussi se trouver comprises dans les notions de \u00ab Vie priv\u00e9e \u00bb et de \u00ab Correspondance \u00bb vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 8 (CEDH, 5 septembre 2017, Barbulescu c\/ Roumanie, n\u00b061496\/08, \u00a7 73) et a reconnu qu\u2019un salari\u00e9 pouvait raisonnablement croire au caract\u00e8re priv\u00e9 des appels t\u00e9l\u00e9phoniques non professionnels(CEDH, 22 f\u00e9vrier 2018, Libert c. France, n\u00b0588\/13, \u00a7 23). La Cour de cassation fran\u00e7aise a d\u00e9cid\u00e9 que l&#039;enregistrement d&#039;une conversation t\u00e9l\u00e9phonique priv\u00e9e, effectu\u00e9 et conserv\u00e9 \u00e0 l&#039;insu de l&#039;auteur des propos invoqu\u00e9s, est un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal rendant irrecevable en justice la preuve ainsi obtenue 3 . L\u2019article 2 de la loi du 11 ao\u00fbt 1982 concernant la protection de la vie priv\u00e9e \u00e9rige en d\u00e9lit l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019intimit\u00e9 de la vie priv\u00e9e commise notamment par le fait d\u2019\u00e9couter ou de faire \u00e9couter, d\u2019enregistrer ou de faire enregistrer, de transmettre ou defaire transmettre, au moyen d\u2019un appareil quelconque, des paroles prononc\u00e9es en priv\u00e9 par une personne, sans le consentement de celle-ci. En tenant compte de ces consid\u00e9rations, l\u2019arr\u00eat entrepris a relev\u00e9 \u00e0 bon droit que le fait que l\u2019interlocuteur \u00e9cout\u00e9 soit inform\u00e9 ou non de l\u2019\u00e9coute ou de l\u2019enregistrement de ses d\u00e9clarations constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel pour d\u00e9terminer si oui ou non ily a violation du respect \u00e0 la vie priv\u00e9e et a retenu que l\u2019enregistrement litigieux, r\u00e9alis\u00e9 sans le consentement et \u00e0 l\u2019insu de PERSONNE1.), constitue un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal et a \u00e9t\u00e9 fait en violation du respect \u00e0 la vie priv\u00e9e. C\u2019est partant \u00e0 bon droit que les magistrats d\u2019appel ont retenu que l\u2019attestation litigieuse ne constituait qu\u2019une retranscription d\u2019un enregistrement constitutif d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal et devait ainsi \u00eatre \u00e9cart\u00e9 pour constituer un \u00e9l\u00e9ment de preuve illicite attentatoire au droit au respect de la vie priv\u00e9e. Il peut encore \u00eatre relev\u00e9 que dans la mesureo\u00f9 l\u2019attestation testimoniale constitue une simple retranscription de l\u2019enregistrement litigieux, elle n\u2019est pas constitutive d\u2019une relation des faits que son auteur a personnellement constat\u00e9s, pour ne pas contenir une relation des faits puis\u00e9e dans la m\u00e9moire de ce dernier. La Cour a pour le moins implicitement tir\u00e9 cette conclusion en ce qu\u2019elle a relev\u00e9 que \u00ab\u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 l\u2019enregistrement litigieux et l\u2019avoir fid\u00e8lement retranscrit dans le cadre de la susdite attestation, il [PERSONNE2.)] ne puiserait (\u2026) non dans les souvenirs ayant 2 Guide sur l\u2019article8de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, n\u00b0119: file:\/\/\/C:\/Users\/uoa867\/Downloads\/Guide_Art_8_FRE.pdf. 3 Cour de cassation, 2\u00e8me chambre civile, 7 octobre 2004, Pourvoi n\u00b0 03-12.653.<\/p>\n<p>12 leur source dans la conversation qu\u2019il a entendue le 4 d\u00e9cembre 2020, mais dans ceux trouvant leur source dans l\u2019\u00e9coute de l\u2019enregistrement litigieux, de sorte \u00e0 constituer un moyen de preuve ill\u00e9gal\u00bb. Il convient par ailleurs de noter que l\u2019\u00e9coute et l\u2019enregistrement, au moyen d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone mal raccroch\u00e9, partant \u00e0 l\u2019insu dePERSONNE1.)et sans le consentement de ce dernier, de la conversation pouvant \u00eatre qualifi\u00e9e de priv\u00e9e, en ce sens que son contenu n\u2019\u00e9tait \u00e0 aucun moment destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre diffus\u00e9 au-del\u00e0 du seul \u00e9change entrePERSONNE1.)etPERSONNE3.), constituent une infraction \u00e0 l\u2019article 2 de la loi du 11 ao\u00fbt 1982 concernant la protection de la vie priv\u00e9e. Tout enseignement tir\u00e9 parPERSONNE2.)de cette \u00e9coute constitue partant une preuve ill\u00e9gale. La Cour a ainsi \u00e0 bon droit \u00e9cart\u00e9 l\u2019attestation testimoniale pour constituer uneretranscription d\u2019un enregistrement constitutif d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal. M\u00eame si on consid\u00e9rait que le passage de l\u2019attestation litigieuse, aux termes duquel PERSONNE2.)a indiqu\u00e9 quePERSONNE1.)a parl\u00e9 \u00e0 son coll\u00e8gue au sujet de Madame PERSONNE4.)\u00ab en des termes grossiers et diffamants \u00bb constituerait un constat personnel, non puis\u00e9 dans l\u2019enregistrement litigieux, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il r\u00e9sulte toujours d\u2019une \u00e9coute r\u00e9alis\u00e9e en m\u00e9connaissance de l\u2019article 8 de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme et de l\u2019article 2 de la loi du 11 ao\u00fbt 1982 concernant la protection de la vie priv\u00e9e et serait partant \u00e0 \u00e9carter comme r\u00e9sultant d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal. Le moyen n\u2019est partant pas fond\u00e9. Le premier moyen de cassation pris en sa deuxi\u00e8me branche Le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable, garanti par l\u2019article 6 alin\u00e9a 1 de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme implique que toute personne a le droit que sa cause soit entendue \u00e9quitablement par un tribunal ind\u00e9pendant et impartial qui d\u00e9cidera des contestations sur ses droits et obligations de caract\u00e8re civil. Ce droit implique celui pour toute personne de pouvoir raisonnablement pr\u00e9senter sa cause et de faire la preuve d\u2019un \u00e9l\u00e9ment de fait essentiel pour le succ\u00e8s de ses pr\u00e9tentions. La Convention ne r\u00e9glemente pas le r\u00e9gime des preuves en tant que tel. L\u2019admissibilit\u00e9 des preuves et leur appr\u00e9ciation rel\u00e8vent en principe du droit interne et des juridictions nationales. Il en va de m\u00eame de la force probante et de la charge de la preuve 4 . La Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme n\u2019a donc pas \u00e0 se prononcer, par principe, sur l\u2019admissibilit\u00e9 de certaines sortes d\u2019\u00e9l\u00e9ments de preuve, par exemple des \u00e9l\u00e9ments obtenus de mani\u00e8re ill\u00e9gale au regard du droit interne.Elle doit examiner si la proc\u00e9dure, y compris la mani\u00e8re dont les \u00e9l\u00e9ments de preuve ont \u00e9t\u00e9 recueillis, a \u00e9t\u00e9 \u00e9quitable dans son ensemble, ce qui implique l\u2019examen de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 en question et, dans le cas o\u00f9 se trouve en cause la violation d\u2019un autre droit prot\u00e9g\u00e9 par la Convention, de la nature de cette violation 5 . 4 Guide sur l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, Droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable, (volet civil), n\u00b0450:<a href=\"https:\/\/ks.echr.coe.int\/documents\/d\/echr-ks\/guide_art_6_civil_fre\" rel=\"nofollow\">https:\/\/ks.echr.coe.int\/documents\/d\/echr-ks\/guide_art_6_civil_fre<\/a>. 5 Guide sur l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, Droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable, (volet civil), n\u00b0452.<\/p>\n<p>13 Dans cet arr\u00eatL\u00f3pez Ribalda et autres c. Espagnedu 17 octobre 2019, la Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme a pos\u00e9 les crit\u00e8res pour d\u00e9terminer si l\u2019utilisation comme preuves d\u2019informations obtenues au m\u00e9pris de l\u2019article 8 de la Convention, ou en violation du droit interne, rendait le proc\u00e8s civil in\u00e9quitable.Pour d\u00e9terminer si l\u2019utilisation comme preuves d\u2019informations obtenues au m\u00e9pris de l\u2019article 8 ou en violation du droit interne a priv\u00e9 le proc\u00e8s du caract\u00e8re \u00e9quitable voulu par l\u2019article 6, ilfaut prendre en compte toutes les circonstances de la cause et se demander en particulier si les droits de la d\u00e9fense ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s et quelles sont la qualit\u00e9 et l\u2019importance des \u00e9l\u00e9ments en question (\u00a7\u00a7 151-152 de l\u2019arr\u00eat en question). Les magistrats d\u2019appel, en \u00e9cartant l\u2019attestation testimoniale apr\u00e8s avoir conclu qu\u2019elle r\u00e9sulte d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal et a \u00e9t\u00e9 faite en violation du respect \u00e0 la vie priv\u00e9e consacr\u00e9 par l\u2019article 8 de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme et l\u2019article 2 de la loi du 11 ao\u00fbt 1982 concernant la protection de la vie priv\u00e9e, n\u2019ont pas priv\u00e9 l\u2019actuelle demanderesse en cassation de faire la preuve d\u2019un \u00e9l\u00e9ment de fait essentiel mais ont \u00e9cart\u00e9 une preuvepour sonill\u00e9galit\u00e9 caus\u00e9e par la violation d\u2019unautre droit prot\u00e9g\u00e9 par la Convention. L\u2019arr\u00eat entrepris n\u2019a partant ni viol\u00e9 l\u2019article 6 alin\u00e9a 1 de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme, ni l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, en vertu duquel chaque partie doit prouver conform\u00e9ment \u00e0 la loi les faits n\u00e9cessaires au succ\u00e8s de sa pr\u00e9tention. Le moyen n\u2019est partant pas fond\u00e9. Sur le deuxi\u00e8me moyen de cassation La demanderesse en cassation reproche aux juges d\u2019appel un d\u00e9faut de motivation en ce qu\u2019ils auraient\u00e9cart\u00e9 l\u2019attestation testimoniale litigieuse au motif qu\u2019elle est tir\u00e9e d\u2019un enregistrement constituant un moyen de preuve d\u00e9loyal sans m\u00eame appr\u00e9cier le droit \u00e0 la preuve de l\u2019employeur (premi\u00e8re branche) ainsi qu\u2019une violation de la loi, plusparticuli\u00e8rement de l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et de l\u2019article 6, alin\u00e9a 1, de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales, en ce que la Cour d\u2019appel, quand-bien m\u00eame que l\u2019attestation testimonialeaurait \u00e9t\u00e9 irrecevable au sensde l\u2019article 402 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, n\u2019aurait pas pu rejeter cette attestation au seul motif qu\u2019elle serait tir\u00e9e d\u2019un enregistrement d\u00e9loyal (deuxi\u00e8me branche). Aux termes de l\u2019article 10, alin\u00e9a 2, de la loi pr\u00e9cit\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885, un moyen ou un \u00e9l\u00e9ment de moyen ne doit, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, mettre en \u0153uvre qu\u2019un seul cas d\u2019ouverture. Le deuxi\u00e8me moyen de cassation articule des cas d\u2019ouverture distincts, en reprochant aux juges d\u2019appel un d\u00e9faut de motivation et une violation de la loi, de telle sorte que le deuxi\u00e8me moyen est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable pour \u00eatre un moyen complexe. Le deuxi\u00e8me moyen est irrecevable. En ordre subsidiaire: Le deuxi\u00e8me moyen de cassation pris en sa premi\u00e8re branche<\/p>\n<p>14 L\u2019article 249, alin\u00e9a premier, du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile sanctionne l\u2019absence de motifs. Il concerne la r\u00e9gularit\u00e9 formelle et en particulier l\u2019obligation de motiver les jugements qui s\u2019applique \u00e9galement aux arr\u00eats rendus par la Cour d\u2019appel. La violation de l\u2019article 249 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile vise uniquement le d\u00e9faut de motivation au sens de l\u2019absence totale de motivation qui est un vice de forme. Ainsi le jugement est r\u00e9gulier en la forme d\u00e8s qu\u2019il comporte un motif expr\u00e8s ou implicite, si incomplet ou si vicieux soit-il, sur le point consid\u00e9r\u00e9. Il se d\u00e9duit de la formulation du moyen que la demanderesse en cassation reproche \u00e0 la juridiction d\u2019appel d\u2019avoir \u00e9cart\u00e9 l\u2019attestation testimoniale litigieuse au motif qu\u2019elle est tir\u00e9e d\u2019un enregistrement constituant un moyen de preuve d\u00e9loyal \u00absans m\u00eame appr\u00e9cier le droit \u00e0 la preuve de l\u2019employeur.\u00bb L\u2019arr\u00eat entrepris a notamment retenu ce qui suit: \u00abIl est rappel\u00e9 qu&#039;il incombe \u00e0 l&#039;employeur de prouver la r\u00e9alit\u00e9 et la gravit\u00e9 des griefs formul\u00e9s \u00e0 l\u2019appui de la mise \u00e0 pied. Il ressort non seulement des conclusions de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), mais encore de l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE2.), que cette attestation est la retranscription de l\u2019enregistrement r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone portable des propos litigieux tenus parPERSONNE1.)en date du 4 d\u00e9cembre 2020. Il y a d\u00e8s lors lieu d\u2019examiner de prime abord l\u2019admissibilit\u00e9 de cette attestation testimoniale au regard du respect de la vie priv\u00e9e. (\u2026) C\u2019est aux juridictions qu\u2019il appartient d\u2019identifier les biens prot\u00e9g\u00e9s par le concept de vie priv\u00e9e et de mesurer la force avec laquelle ils contrebalancent les droits concurrents des agents juridiques accus\u00e9s d\u2019y avoir port\u00e9 atteinte. Si une partie \u00e0 unproc\u00e8s a obtenu une preuve en ayant recours \u00e0 un proc\u00e9d\u00e9 illicite, l\u2019une des cons\u00e9quences de la faute ainsi commise est de faire \u00e9carter un tel mode de preuve des d\u00e9bats judiciaires (Rigaux : La protection de la vie priv\u00e9e et des autres biens de la personnalit\u00e9, n\u00b0 139 et 647). Dans ce contexte, le fait que l\u2019interlocuteur \u00e9cout\u00e9 soit inform\u00e9 ou non de l\u2019\u00e9coute ou de l\u2019enregistrement de ses d\u00e9clarations constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel pour d\u00e9terminer si oui ou non il y a violation du respect \u00e0 la vie priv\u00e9e et usage d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal (Cass. fr. chambre civile 2, 7 octobre 2004, n\u00b0 03-12653, Bulletin 2004, II, n\u00b0 447, p.380 et Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re 7 janvier 2011, n\u00b0 09-14316 09-14667). En l\u2019esp\u00e8ce, il est constant en cause, pour r\u00e9sulter notamment des conclusions de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.), que les paroles enregistr\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es en priv\u00e9 entrePERSONNE1.)et PERSONNE3.)et que l\u2019enregistrement a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 sans le consentement et \u00e0 l\u2019insu de PERSONNE1.). D\u00e8s lors, l\u2019enregistrement litigieux constitue un proc\u00e9d\u00e9 d\u00e9loyal et a \u00e9t\u00e9 fait en violation du respect \u00e0 la vie priv\u00e9e. Etant donn\u00e9, qu\u2019il ressort aussi bien des affirmations de<\/p>\n<p>15 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)que de l\u2019attestation dePERSONNE2.), que cette attestation constitue une simple retranscription de l\u2019enregistrement litigieux, cette attestation constitue partant un \u00e9l\u00e9ment de preuve illicite portant atteinte \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e dePERSONNE1.)et doit en cons\u00e9quence \u00eatre \u00e9cart\u00e9e\u00bb. Il en suit que l\u2019arr\u00eat entrepris comporte unemotivation sur le point consid\u00e9r\u00e9. En pr\u00e9cisant que la juridiction, \u00e0 laquelle est soumise la question de l\u2019admissibilit\u00e9 d\u2019un \u00e9l\u00e9ment probant auquel il est reproch\u00e9 de constituer un moyen de preuve d\u00e9loyal pour avoir \u00e9t\u00e9 obtenu en violation du droit au respect de la vie priv\u00e9e, doit identifierles biens prot\u00e9g\u00e9s par le concept de vie priv\u00e9e et de mesurer la force avec laquelle ils contrebalancent les droits concurrents des agents juridiques accus\u00e9s d\u2019y avoir port\u00e9 atteinte, la Cour d\u2019appel a clairement retenu que le droit de la partie, invoquant une violation de son droit au respect de la vie priv\u00e9e, devait \u00eatre mis en balance avec l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019autre partie qui se pr\u00e9vaut du moyen de preuve pour prosp\u00e9rer dans ses pr\u00e9tentions, en rejoignant la jurisprudence de la Cour Europ\u00e9enne des Droitsde l\u2019Homme qui a d\u00e9cid\u00e9 \u00abque le droit des requ\u00e9rants au respect de leur vie priv\u00e9e devait \u00eatre mis en balance avec l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019employeur \u00e0 la pr\u00e9servation de ses droits patrimoniaux 6 \u00bb. En \u00e9cartant l\u2019attestation comme constituant un \u00e9l\u00e9ment de preuve illicite portant atteinte \u00e0 la protection de la vie priv\u00e9e dePERSONNE1.), les magistrats d\u2019appel ont implicitement mais n\u00e9cessairement d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019actuelle demanderesse en cassation ne pouvait avancer un int\u00e9r\u00eat susceptible de contrebalancer l\u2019int\u00e9r\u00eatdePERSONNE1.)prot\u00e9g\u00e9 par le concept de vie priv\u00e9e qui devait partant primer et avoir comme seule cons\u00e9quence possible l\u2019inadmissibilit\u00e9 de l\u2019attestation testimoniale obtenue au m\u00e9pris de cetint\u00e9r\u00eat. Le moyen n\u2019est partant pas fond\u00e9. Le deuxi\u00e8me moyen de cassation pris en sa deuxi\u00e8me branche Dans l\u2019arr\u00eat L\u00f3pez Ribalda et autres c. Espagne du 17 octobre 2019, la Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme a retenu que pour d\u00e9terminer si l\u2019utilisation comme preuves d\u2019informations obtenues au m\u00e9pris de l\u2019article 8 ou en violation du droit interne a priv\u00e9 le proc\u00e8s du caract\u00e8re \u00e9quitable voulu par l\u2019article 6, il faut prendre en compte toutes les circonstances de la cause et se demander en particulier si les droits de la d\u00e9fense ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9s et quelles sont la qualit\u00e9 et l\u2019importance des \u00e9l\u00e9ments enquestion. Il convient de rechercher en particulier si le requ\u00e9rant s\u2019est vu offrir la possibilit\u00e9 de remettre en question l\u2019authenticit\u00e9 de l\u2019\u00e9l\u00e9ment de preuve et de s\u2019opposer \u00e0 son utilisation. Il faut prendre \u00e9galement en compte la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9l\u00e9mentde preuve, y compris le point de savoir si les circonstances dans lesquelles il a \u00e9t\u00e9 recueilli font douter de sa fiabilit\u00e9 ou de son exactitude (Schenk, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 46-48, P.G. et J.H. c. Royaume- Uni, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 77-79, et G\u00e4fgen, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7 164). Si un probl\u00e8me d\u2019\u00e9quit\u00e9 ne se pose pas n\u00e9cessairement lorsque la preuve obtenue n\u2019est pas corrobor\u00e9e par d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, il faut noter que lorsqu\u2019elle est tr\u00e8s solide et ne pr\u00eate \u00e0 aucun doute, le besoin d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments \u00e0 l\u2019appui devient moindre (G\u00e4fgen, loc. cit.) 7 . La Cour de Strasbourg a pr\u00e9cis\u00e9 que les principes expos\u00e9s ci-dessus concernant l\u2019admissibilit\u00e9 des preuves ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s dans un contexte p\u00e9nal, m\u00eame si elle a d\u00e9j\u00e0 eu l\u2019occasion d\u2019en faire 6 Guide sur l\u2019article 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, Droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable, (volet civil), n\u00b0120:<a href=\"https:\/\/ks.echr.coe.int\/documents\/d\/echr-ks\/guide_art_8_fre\" rel=\"nofollow\">https:\/\/ks.echr.coe.int\/documents\/d\/echr-ks\/guide_art_8_fre<\/a> 7 arr\u00eatL\u00f3pez Ribalda et autres c. Espagnedu 17 octobre 2019, \u00a7\u00a7 151<\/p>\n<p>16 application dans une affaire concernant l\u2019\u00e9quit\u00e9 d\u2019une proc\u00e9dure civile (Vukota-Boji\u0107, pr\u00e9cit\u00e9, \u00a7\u00a7 92-100). Si les garanties du \u00ab proc\u00e8s \u00e9quitable \u00bb ne sont pas n\u00e9cessairement les m\u00eames dans les domaines p\u00e9nal et civil, les \u00c9tats disposant d\u2019une marge d\u2019appr\u00e9ciation plus ample dans le deuxi\u00e8me cas, elle peut n\u00e9anmoins s\u2019inspirer, pour l\u2019examen de l\u2019\u00e9quit\u00e9 d\u2019une proc\u00e9dure civile, des principes d\u00e9velopp\u00e9s sous l\u2019angle du volet p\u00e9nal de l\u2019article 6 (Carmel Saliba c. Malte, no 24221\/13, \u00a7 67, 29 novembre 2016) 8 . LaCour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme admet donc que l\u2019utilisation comme preuves d\u2019informations obtenues au m\u00e9pris de l\u2019article 8 est en principe de nature \u00e0 priver potentiellement un proc\u00e8s du caract\u00e8re \u00e9quitable voulu par l\u2019article 6, \u00e0 moins que certains crit\u00e8res ne soient remplis en vertu desquels la juridiction nationale devant laquelle se pose la question, puisse conclure, en appr\u00e9ciation des crit\u00e8res d\u00e9finis par la Cour de Strasbourg, tels que la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9l\u00e9ment de preuve et les circonstancesdans lesquelles il a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9, que les garanties du proc\u00e8s \u00e9quitable soient remplies nonobstant l\u2019utilisation du moyen de preuve violant l\u2019article 8 de la Convention, respectivement une r\u00e8gle de droit interne. Il ressort des \u00e9l\u00e9ments sur lesquels le soussign\u00e9 peut avoir \u00e9gard que les circonstances exactes dans lesquelles l\u2019\u00e9coute et l\u2019enregistrement de la conversation litigieuse entrePERSONNE1.) etPERSONNE3.)ont eu lieu, sont rest\u00e9es floues et sujet \u00e0 sp\u00e9culations, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019est pas clair si cette \u00e9coute a \u00e9t\u00e9 rendue possible en raison d\u2019une erreur de manipulation d\u2019un t\u00e9l\u00e9phone, voire de deux t\u00e9l\u00e9phones mal raccroch\u00e9s ou gr\u00e2ce \u00e0 la mise en place d\u2019unev\u00e9ritable mesure de surveillance par l\u2019actuelledemanderesse en cassation. Or, l\u2019analyse de la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9l\u00e9ment de preuve et des circonstances dans lesquelles il a \u00e9t\u00e9 obtenu rel\u00e8ve de l\u2019appr\u00e9ciation souveraine des juges du fond qui \u00e9chappe au contr\u00f4le de Votre Cour. Le deuxi\u00e8me moyen de cassation pris en sa deuxi\u00e8me branche ne tend qu\u2019\u00e0 remettre en cause l\u2019appr\u00e9ciation souveraine de magistrats d\u2019appel de la qualit\u00e9 de l\u2019\u00e9l\u00e9ment de preuve et des circonstances dans lesquelles il a \u00e9t\u00e9 obtenu. Le moyen ne saurait d\u00e8s lors \u00eatre recueilli. Conclusion Le pourvoi est recevable, mais non fond\u00e9. Pour le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, L\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral, Bob PIRON 8 arr\u00eatL\u00f3pez Ribalda et autres c. Espagnedu 17 octobre 2019, \u00a7\u00a7 152<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-de-cassation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-de-cassation\/20250630-012152\/20250619-cas-2025-00004-108-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00b0108\/2025 du19.06.2025 Num\u00e9roCAS-2025-00004du registre Audiencepublique dela Cour de cassation du Grand-Duch\u00e9 deLuxembourg du jeudi,dix-neufjuindeux mille vingt-cinq. Composition: Thierry HOSCHEIT,pr\u00e9sident de la Cour, Marie-Laure MEYER, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Monique HENTGEN, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Jeanne GUILLAUME, conseiller \u00e0 la Cour de\u2026<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_crdt_document":""},"kji_country":[8418],"kji_court":[8423],"kji_chamber":[],"kji_year":[8463],"kji_subject":[7724],"kji_keyword":[8424],"kji_language":[7733],"class_list":["post-562154","kji_decision","type-kji_decision","status-publish","hentry","kji_country-luxembourg","kji_court-cour-de-cassation","kji_year-8463","kji_subject-civil","kji_keyword-cassation","kji_language-francais"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.4 (Yoast SEO v27.4) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"ru_RU\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"N\u00b0108\/2025 du19.06.2025 Num\u00e9roCAS-2025-00004du registre Audiencepublique dela Cour de cassation du Grand-Duch\u00e9 deLuxembourg du jeudi,dix-neufjuindeux mille vingt-cinq. Composition: Thierry HOSCHEIT,pr\u00e9sident de la Cour, Marie-Laure MEYER, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Monique HENTGEN, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Jeanne GUILLAUME, conseiller \u00e0 la Cour de\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-04-14T21:16:05+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"36 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\\\/\",\"name\":\"Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2026-04-14T21:16:01+00:00\",\"dateModified\":\"2026-04-14T21:16:05+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/avocats-en-droit-penal-a-paris-conseil-et-defense-strategique\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Jurisprudences\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"description\":\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"ru-RU\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#organization\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"width\":2114,\"height\":1253,\"caption\":\"Kohen Avocats\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/","og_locale":"ru_RU","og_type":"article","og_title":"Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004","og_description":"N\u00b0108\/2025 du19.06.2025 Num\u00e9roCAS-2025-00004du registre Audiencepublique dela Cour de cassation du Grand-Duch\u00e9 deLuxembourg du jeudi,dix-neufjuindeux mille vingt-cinq. Composition: Thierry HOSCHEIT,pr\u00e9sident de la Cour, Marie-Laure MEYER, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Monique HENTGEN, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Jeanne GUILLAUME, conseiller \u00e0 la Cour de\u2026","og_url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/","og_site_name":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","article_modified_time":"2026-04-14T21:16:05+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f":"36 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/","name":"Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#website"},"datePublished":"2026-04-14T21:16:01+00:00","dateModified":"2026-04-14T21:16:05+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/#breadcrumb"},"inLanguage":"ru-RU","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-19-juin-2025-n-2025-00004\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/avocats-en-droit-penal-a-paris-conseil-et-defense-strategique\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jurisprudences","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Cour de cassation, 19 juin 2025, n\u00b0 2025-00004"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#website","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/","name":"Kohen Avocats","description":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.","publisher":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"ru-RU"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#organization","name":"Kohen Avocats","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"ru-RU","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","contentUrl":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","width":2114,"height":1253,"caption":"Kohen Avocats"},"image":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision\/562154","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision"}],"about":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/types\/kji_decision"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=562154"}],"wp:term":[{"taxonomy":"kji_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_country?post=562154"},{"taxonomy":"kji_court","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_court?post=562154"},{"taxonomy":"kji_chamber","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_chamber?post=562154"},{"taxonomy":"kji_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_year?post=562154"},{"taxonomy":"kji_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_subject?post=562154"},{"taxonomy":"kji_keyword","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_keyword?post=562154"},{"taxonomy":"kji_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_language?post=562154"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}