{"id":596509,"date":"2026-04-18T19:24:54","date_gmt":"2026-04-18T17:24:54","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-3-decembre-2025\/"},"modified":"2026-04-18T19:24:57","modified_gmt":"2026-04-18T17:24:57","slug":"cour-superieure-de-justice-3-decembre-2025","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-3-decembre-2025\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 3 d\u00e9cembre 2025"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0100\/25-IX-COM Audience publique dutrois d\u00e9cembredeux mille vingt-cinq Num\u00e9roNUMERO1.)du r\u00f4le Composition: Danielle POLETTI, pr\u00e9sidentde chambre, Jo\u00eblle GEHLEN,premierconseiller, Daniel LINDEN, conseiller, Jil WEBER, greffierassum\u00e9. E n t r e: la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)SARL, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions, appelanteaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice Pierre BIEL de Luxembourg du 19 avril 2012, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simpleSOCIETE2.), inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes parMa\u00eetre Fabio TREVISAN, avocat\u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Howald, e t: la soci\u00e9t\u00e9 de droit islandaisSOCIETE3.)h.f., anciennementSOCIETE4.)h.f., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 ADRESSE2.), IS-ADRESSE3.), Islande, inscrite au registre islandais sous le num\u00e9ro NUMERO3.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseild\u2019administration actuellement en<\/p>\n<p>2 fonctions, sinon par ses organes statutaires actuellement en fonctions, sinon par ses organes l\u00e9gaux actuellement en fonctions, intim\u00e9eaux fins du pr\u00e9dit exploitPERSONNE1.)du 19 avril 2012, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simplePERSONNE2.), inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes parMa\u00eetre Donata GRASSO,avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Strassen. LA COUR D&#039;APPEL : Expos\u00e9 du litige Le fonds d\u2019investissementSOCIETE5.)avait en 2008 deux actionnaires : SOCIETE6.)hf(ci-apr\u00e8sSOCIETE6.)), banque islandaise, qui d\u00e9tenait deux tiers du capital, etSOCIETE7.)SA(ci-apr\u00e8sSOCIETE7.)), soci\u00e9t\u00e9 luxembourgeoise, qui en d\u00e9tenait un tiers. Le fonds avait emprunt\u00e9 aupr\u00e8s de SOCIETE8.)SA(ci-apr\u00e8sSOCIETE8.)), filiale luxembourgeoise de SOCIETE6.), un premier puis un second pr\u00eat \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 2008.Lors de la crise financi\u00e8re,SOCIETE6.)fut plac\u00e9e sous administration provisoire, puis restructur\u00e9e ; ses actifs sains, dont ceux li\u00e9s au litige, furent transf\u00e9r\u00e9s \u00e0\u00e0 la banque de droit islandaisSOCIETE9.)hf (ci-apr\u00e8sSOCIETE9.)), devenue ensuiteSOCIETE3.)hf(ci-apr\u00e8sSOCIETE3.)).SOCIETE8.)fut pour sa part plac\u00e9e sous sursis de paiement puis scind\u00e9e en deux entit\u00e9s :la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE10.)SA (ci-apr\u00e8sSOCIETE10.)) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE11.)SARL(ci-apr\u00e8sSOCIETE12.)),cette derni\u00e8re reprenant lesdroits et obligations pertinents dans l\u2019affaire.En d\u00e9cembre 2008, SOCIETE1.)SARL(ci-apr\u00e8sSOCIETE1.)), soci\u00e9t\u00e9 luxembourgeoise contr\u00f4l\u00e9e parPERSONNE3.), racheta l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du capital d\u2019SOCIETE5.)aupr\u00e8s deSOCIETE7.)et deSOCIETE9.), en contrepartie de diverses garanties personnelles et gages constitu\u00e9s au profit deSOCIETE7.) et deSOCIETE13.).SOCIETE8.)d\u00e9non\u00e7a ensuite le pr\u00eat de 123 millions d\u2019euros.SOCIETE1.)n\u2019ayant pas honor\u00e9 les \u00e9ch\u00e9ances,SOCIETE3.)fit jouer son gage sur les actions d\u2019SOCIETE5.)et les c\u00e9da ensuite \u00e0SOCIETE12.) pour 175.000.-euros. La Cour renvoiepour le surplus\u00e0 la version des faitsconstants, des ant\u00e9c\u00e9dents proc\u00e9duraux, ainsi qu\u2019au r\u00e9sum\u00e9 de l\u2019affaire faisant l\u2019objet de la pr\u00e9sente instanceexhaustivement expos\u00e9sdansl\u2019arr\u00eat N\u00b0 71\/24-IX-COM du 4 juillet 2024,pour la faire sienne dans son int\u00e9gralit\u00e9. Dans le cadre du pr\u00e9sent litige, les parties s\u2019opposent quant au fait de savoir si la r\u00e9alisationau 5 octobre 2009du gage deSOCIETE1.)parSOCIETE3.) aurait suffi \u00e0 d\u00e9sint\u00e9ressercette derni\u00e8reetce faisant\u00e9teintl\u2019obligation de paiementdeSOCIETE1.)\u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019SOCIETE3.),\u00e9tant rappel\u00e9 que SOCIETE1.)reproche \u00e0SOCIETE3.)d\u2019avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une valorisation erron\u00e9e, sinon frauduleuse, des actionsSOCIETE5.)gag\u00e9es en sa faveur.<\/p>\n<p>3 La Cour a fait droit \u00e0 cette argumentationpar arr\u00eat du 12 juillet 2017et ordonn\u00e9 une expertise.L\u2019expert Jean-MarcPERSONNE6.)nomm\u00e9adress\u00e9 unrapport endatedu 12 juin 2019.Le11 mai 2023, la Courarenvoy\u00e9 le dossier devant l\u2019expertcommis pour prendre position sur la valorisation des actions d\u2019SOCIETE14.).Ce dernier ayant refus\u00e9 la mission, l\u2019expertPERSONNE4.)a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 en remplacement. Iladress\u00e9 unrapportendatedu 29 ao\u00fbt 2023. L\u2019expert a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 le 25 octobre 2023 sur demande d\u2019SOCIETE3.). L\u2019affaire a reparu\u00e0 l\u2019audience du 5 juin 2024.La Cour, par son arr\u00eatdu 4 juillet 2024 pr\u00e9cit\u00e9, adit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 nullit\u00e9 durapport d\u2019expertise PERSONNE5.)du 29 ao\u00fbt 2023;avant tout autre progr\u00e8s en cause,ordonn\u00e9 un compl\u00e9ment d\u2019instructionquant \u00e0 l\u2019incidence de la plainte du 2 mai 2016 d\u00e9pos\u00e9e parSOCIETE12.)contrePERSONNE3.)sur la pr\u00e9sente proc\u00e9dure; invit\u00e9les parties\u00e0 compl\u00e9ter l\u2019instruction du dossier;r\u00e9serv\u00e9le surplus ainsi que les fraisetrenvoy\u00e9l\u2019affaire devant le magistrat de la mise en \u00e9tat. L\u2019instruction a, \u00e0 nouveau, \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e par ordonnance du 12 juin 2025, puis l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e pour d\u00e9bats \u00e0 l\u2019audience du 22 octobre 2025. Tel que pr\u00e9vu par la loi, les parties ont renonc\u00e9 \u00e0 plaider l\u2019affaire, de sorte qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 sans plaidoiries, les fardes de proc\u00e9dures ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es ant\u00e9rieurement \u00e0 l\u2019audience. Les parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9es de la date du prononc\u00e9. Discussion Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019avis valant inventaire avant cl\u00f4ture du 6 mai 2025, ayant re\u00e7u l\u2019accord des parties, la Cour a pris en consid\u00e9ration pour rendre le pr\u00e9sent arr\u00eat l\u2019acte d\u2019appel du 19 avril 2012 et les conclusions du 31 mars 2025de l\u2019appelanteSOCIETE1.), ainsi queles conclusionsdu3 d\u00e9cembre 2024 de l\u2019intim\u00e9eSOCIETE3.). SOCIETE3.)entend d\u2019abord rappeler lecontexte de restructuration des activit\u00e9s deSOCIETE6.), l&#039;acquisition des actionsSOCIETE5.)par SOCIETE1.), le d\u00e9faut de paiement du prix de cession et la r\u00e9alisation du gage litigieux, les diverses proc\u00e9dures judiciaires en lien avec la cession des actions SOCIETE5.)et la r\u00e9alisation des gages parSOCIETE8.)etSOCIETE3.), les autres proc\u00e9dures judiciaires et enfin la nomination d&#039;un premier expert et d&#039;un nouvel expert aux fins de r\u00e9aliser une expertise compl\u00e9mentaire dans le cadre du pr\u00e9sent litige. S\u2019agissant ensuite del\u2019incidence \u00e9ventuelle de la plainte p\u00e9nale d\u00e9pos\u00e9e le 2 mai 2016 parSOCIETE12.)contrePERSONNE3.),elle fait valoir quele principe selon lequel le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat ne s\u2019appliqueraitque si la proc\u00e9dure p\u00e9nale est susceptible d\u2019influer sur l\u2019issue du litige civil, c\u2019est-\u00e0-dire lorsqu\u2019un lien suffisamment \u00e9troit existe entre les deux actions et qu\u2019un risque de contradiction entre les d\u00e9cisions est possible, mais que tel ne seraitpas le cas en l\u2019esp\u00e8ce. La plainte p\u00e9nale viseraitexclusivement des faits li\u00e9s aux n\u00e9gociations du second contrat de pr\u00eat du 19 d\u00e9cembre 2008 entre<\/p>\n<p>4 SOCIETE5.)etSOCIETE8.), et porteraitsur des infractions all\u00e9gu\u00e9es de faux et d\u2019escroquerie \u00e0 jugement imput\u00e9es \u00e0PERSONNE3.). La pr\u00e9sente instance, elle, concerneraituniquement l\u2019obligation deSOCIETE1.)de payer \u00e0 SOCIETE3.)le prix de cession des actionsSOCIETE5.)en ex\u00e9cution du SPA et ne mettraitpas en cause les parties ou les faits vis\u00e9s par la proc\u00e9dure p\u00e9nale. Les questions soumises au juge civil seraient donc enti\u00e8rement distinctes de celles examin\u00e9es par le juge p\u00e9nal.M\u00eame dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 des poursuites p\u00e9nales aboutiraient \u00e0 une condamnation, cela n\u2019aurait aucune incidence sur les obligations contractuelles en litige, ni sur la validit\u00e9 ou les effets du SPA, ni sur la cr\u00e9ance d\u2019SOCIETE3.)issue du jugement du 27 janvier 2012. Il n\u2019existeraitd\u00e8s lors aucun risque de contradiction entre les d\u00e9cisions, ni aucune influence possible du p\u00e9nal sur le civil. Le principe selon lequel le criminel tient le civil en l\u2019\u00e9tat ne trouveraitdonc pas application, et aucun sursis \u00e0 statuer nepourrait\u00eatre justifi\u00e9. Au fond, elle fait valoir que le compl\u00e9ment d\u2019expertise avait pour seul objet d\u2019examiner deux questions pr\u00e9cises : v\u00e9rifier si la valorisation des actions SOCIETE5.)effectu\u00e9e parSOCIETE3.)lors de la r\u00e9alisation du gage \u00e9tait entach\u00e9e d\u2019une erreur manifeste ou d\u2019une fraude, et d\u00e9terminer si cette r\u00e9alisation avait suffi \u00e0 d\u00e9sint\u00e9resser la banque, ce qu\u2019elle conteste. Il ne s\u2019agissait donc pas de r\u00e9\u00e9valuer l\u2019ensemble du rapportPERSONNE6.), mais uniquement de combler les points jug\u00e9s incomplets par la Cour d\u2019appel.La question de la bonne ou mauvaise foi d\u2019SOCIETE3.)n\u2019entrait pas dans la mission compl\u00e9mentaire. La Cour d\u2019appel aurait d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9finitive la bonne foi d\u2019SOCIETE3.)et \u00e9cart\u00e9 l\u2019all\u00e9gation contraire figurant dans le rapport Baden. Cette appr\u00e9ciation rel\u00e8veraitdu juge et non de l\u2019expert, de sorte qu\u2019elle ne pourrait plus \u00eatre remise en cause.Elle ajoute que dans ce cadre, le rapportPERSONNE5.)apporteraitles \u00e9claircissements n\u00e9cessaires o\u00f9 le rapportPERSONNE6.)restait incomplet. Il expliqueraitnotamment la diff\u00e9rence de situation entreSOCIETE3.)etSOCIETE8.), \u00e0 savoir quela valeur des actionsSOCIETE5.)\u00e9tait n\u00e9gative pourSOCIETE3.), tandis qu\u2019elles pouvaient pr\u00e9senter une valeur politique subjective pourSOCIETE8.), d\u00e9sireuse de reprendre la main sur la restructuration d\u2019SOCIETE5.). Le rapport PERSONNE5.)montrerait\u00e9galement que l\u2019appropriation des actions n\u2019a pas \u00e9teint la dette d\u2019SOCIETE3.), aucune renonciation deSOCIETE6.)n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. Il n\u2019existeraitaucune contradiction dans le raisonnement de l\u2019expert, la valeur politique pourSOCIETE6.)ne se confondant pas avec une valeur \u00e9conomique positive. Une liquidation du fonds n\u2019aurait g\u00e9n\u00e9r\u00e9 aucun boni, confirmant la valeur n\u00e9gative des actions.Les critiques formul\u00e9es par l\u2019appelante manqueraient de fondement. Le compl\u00e9ment d\u2019expertise n\u2019avait pas \u00e0 reprendre l\u2019ensemble des travaux, puisqu\u2019il portait sur une question limit\u00e9e et d\u00e9j\u00e0 largement document\u00e9e par plusieurs expertises. Par ailleurs, la th\u00e8se d\u2019un lien capitalistique ou d\u2019une collusionentreSOCIETE3.)et SOCIETE8.)serait d\u00e9nu\u00e9e de pertinence :SOCIETE3.), cr\u00e9\u00e9e en octobre 2008, \u00e9tait int\u00e9gralement d\u00e9tenue par l\u2019\u00c9tat islandais lors de la r\u00e9alisation du gage en octobre 2009, et n\u2019avait aucun lien avecSOCIETE6.)ouSOCIETE8.). La Cour d\u2019appel aurait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 exclu toute collusion ou ensemble contractuel dans son arr\u00eat du 12 juillet 2017.Les arguments relatifs \u00e0 la forme de la r\u00e9alisation du gage, \u00e0 l\u2019augmentation de capital initi\u00e9e parSOCIETE12.) ou \u00e0 la pr\u00e9tendue contrari\u00e9t\u00e9 du gage avec sa cause seraient tout aussi<\/p>\n<p>5 inop\u00e9rants. La r\u00e9gularit\u00e9 formelle du gage auraitd\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e par la Cour, et la cause du gage\u2013l\u2019obtention d\u2019une s\u00fbret\u00e9 en contrepartie du cr\u00e9dit accord\u00e9\u2013auraitexist\u00e9ind\u00e9pendamment de la valeur ult\u00e9rieurement n\u00e9gative des actions. De plus,SOCIETE3.)auraitbien agi dans l\u2019intention de r\u00e9duire sa cr\u00e9ance, comme en t\u00e9moigneraitla revente des actions \u00e0SOCIETE12.)pour 175.000.-euros, montant venant en d\u00e9duction de la dette deSOCIETE1.).Les nombreux rapports d\u2019expertise, y compris celui de PERSONNE5.), confirmeraient la valeur n\u00e9gative des actionsSOCIETE5.).SOCIETE3.)se seraitfond\u00e9e sur les donn\u00e9es comptables disponibles et les normes applicables ; aucune erreur manifeste ne pourrait lui \u00eatre reproch\u00e9e. Elle n\u2019auraitretir\u00e9 de la r\u00e9alisation du gage qu\u2019une somme de 175.000.-euros et non plus de 30 millions d\u2019euros, comme pr\u00e9tendu par l\u2019appelante. En l\u2019absence d\u2019erreur manifeste, la valorisation du cr\u00e9ancier-gagiste lieraitles parties, si bien que la cr\u00e9ance d\u2019SOCIETE3.)demeureraitintacte. Elle en conclutque le rapport compl\u00e9mentaire de l\u2019expertPERSONNE5.) devrait\u00eatre ent\u00e9rin\u00e9, notamment son appr\u00e9ciation selon laquelle la fair market value au 5 5rztszdftz5 octobre 2009 \u00e9tait n\u00e9gative (-665.613 euros) et non positive comme avanc\u00e9 \u00e0 tort par l\u2019expertPERSONNE6.). La cr\u00e9ance del\u2019appelante ne seraitd\u00e8s lors pas \u00e9teinteet il conviendraitde confirmer purement et simplement, par adoption ou par substitution de motifs, le jugement dutribunal d\u2019arrondissement du 27 janvier 2012. L\u2019intim\u00e9e soul\u00e8ve ensuite l\u2019irrecevabilit\u00e9 des demandes formul\u00e9es par SOCIETE1.)en restitution d\u2019un pr\u00e9tendu trop-per\u00e7u, en dommages-int\u00e9r\u00eats pour mauvaise \u00e9valuation du gage ou encore sur le fondement de l\u2019enrichissement sans cause, pourconstituerdes demandes nouvelles en appel. Elles n\u2019appara\u00eetraient pas dans l\u2019acte d\u2019appel du 19 avril 2012 et ne pourraient \u00eatre introduites pour la premi\u00e8re fois dans des conclusions ult\u00e9rieures, les r\u00e9serves g\u00e9n\u00e9rales figurant dans l\u2019acte d\u2019appel ne permettant pas de contourner l\u2019interdiction des demandes nouvelles. La jurisprudence confirmeraitqu\u2019une simple r\u00e9serve ne vaut pas demande, laquelle devait\u00eatre formul\u00e9e de mani\u00e8re ferme et pr\u00e9cise d\u00e8s l\u2019acte introductif. \u00c0 supposer m\u00eame qu\u2019elles soient recevables,ces demandesseraient d\u00e9pourvues de tout fondement. Les conclusions de l\u2019expertPERSONNE5.), corrobor\u00e9es par les avisSOCIETE15.),PERSONNE7.)etPERSONNE8.), \u00e9tabliraient que l\u2019\u00e9valuation op\u00e9r\u00e9e parSOCIETE3.)\u00e9tait correcte et de bonne foi, la valeur des actions gag\u00e9es \u00e9tant n\u00e9gative \u00e0 hauteur d\u2019environ 665.613.- euros. \u00c0 aucun moment SOCIETE3.)n\u2019aurait\u00e9t\u00e9 d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e par l\u2019appropriation du gage : elle n\u2019auraitrien per\u00e7u lors de celle-ci et n\u2019aurait ult\u00e9rieurement touch\u00e9 que 175.000.-euros lors de la revente des actions, montant sans commune mesure avec la valeur de plus de 30 millions d\u2019euros arbitrairement avanc\u00e9e par l\u2019appelante.SOCIETE3.)n\u2019auraitdonc re\u00e7u aucun pr\u00e9tendu exc\u00e9dent et ne pourrait \u00eatre tenue \u00e0 aucune restitution ni condamn\u00e9e sur le fondement de l\u2019enrichissement sans cause.Il ne seraitd\u2019ailleurs nullement d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019un acqu\u00e9reur aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00eat \u00e0 payer la valeur invoqu\u00e9e parSOCIETE1.), alors que la seule transaction intervenue a eu lieu pour<\/p>\n<p>6 175.000.-euros. En tout \u00e9tat de cause, m\u00eame dans l\u2019hypoth\u00e8se, purement th\u00e9orique, o\u00f9 la valeur du gage aurait exc\u00e9d\u00e9 la cr\u00e9ance garantie, le SPA ne pr\u00e9voirait aucune restitution du surplus au constituant. La clause contractuelle applicable reprendraitla r\u00e8gle de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 : le produit exc\u00e9dentaire est conserv\u00e9 comme fonds disponibles pour un \u00e9ventuel cr\u00e9ancier de second rang ou trait\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 cette loi, sans jamais \u00eatre restitu\u00e9 au constituant. Le surplus \u00e9ventuel s\u2019analyseraitcomme une clause p\u00e9nale sanctionnant l\u2019inex\u00e9cution de l\u2019obligation garantie. Ainsi, que l\u2019on raisonne en termes de recevabilit\u00e9 ou de bien-fond\u00e9, les demandes deSOCIETE1.)devraient\u00eatre rejet\u00e9es dans leur int\u00e9gralit\u00e9. Elle demande enfin \u00e0 voir condamner l\u2019appelante \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 15.000.-euros sur le fondement de l&#039;article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, ainsi qu\u2019\u00e0 payer tous les frais et d\u00e9pens de l&#039;instance. SOCIETE1.),apr\u00e8s avoirrappel\u00e9 les ant\u00e9c\u00e9dents de proc\u00e9dure, conclut \u00e9galement \u00e0 l&#039;absence d&#039;incidence de la plainte p\u00e9nale sur la pr\u00e9sente proc\u00e9dure. Selon les informations disponibles,l\u2019instruction p\u00e9nale serait toujours en cours \u00e0 la suite de l\u2019arr\u00eat de la Cour de cassation du 8 mars 2018, lequel a partiellement annul\u00e9 une d\u00e9cision confirmant une ordonnance de non- informer. Cette cassation est limit\u00e9e \u00e0 deux points pr\u00e9cis : d\u2019une part,la n\u00e9cessit\u00e9 de v\u00e9rifier si certains documents produits parSOCIETE1.)devaient \u00eatre qualifi\u00e9s d\u2019\u00e9crits prot\u00e9g\u00e9s au sens des articles 196 et 197 du Code p\u00e9nal; d\u2019autre part, l\u2019examen de l\u2019existence \u00e9ventuelle de man\u0153uvres frauduleuses constitutives d\u2019escroquerie au sens de l\u2019article 496 du Code p\u00e9nal. L\u2019instruction en cours serait donc strictement circonscrite \u00e0 ces seules questions, sans lien direct avec le litige civil pr\u00e9sent. De plus, l\u2019arr\u00eat interpr\u00e9tatif du 28 mars 2018 serait sans incidence sur la pr\u00e9sente proc\u00e9dure, celle-ci s\u2019inscrivant uniquement dans la continuit\u00e9 de l\u2019arr\u00eat du 12 juillet 2017, par lequel la Cour d\u2019appel avait notamment ordonn\u00e9 une expertise afin d\u2019examiner la th\u00e8se deSOCIETE1.)selon laquelle la valeur des actions aurait \u00e9t\u00e9 sup\u00e9rieure au montant de sa dette, impliquant son extinction par la r\u00e9alisation du gage. L\u2019appelantene se pr\u00e9vaudrait d\u2019ailleurs d\u2019aucun des \u00e9l\u00e9ments faisant l\u2019objet de l\u2019instruction p\u00e9nale et fonderait exclusivement ses pr\u00e9tentions sur le rapport d\u2019expertise. En tout \u00e9tat de cause, m\u00eame l\u2019\u00e9ventuelle reconnaissance d\u2019infractions p\u00e9nales serait sans incidence directe sur l\u2019issue de la pr\u00e9sente instance. De plus, il ressort de l\u2019arr\u00eat du 12 juillet 2017 que la restitution des actions avait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e ind\u00e9pendamment de toute all\u00e9gation p\u00e9nale, la Cour ayant estim\u00e9 que les critiques relatives \u00e0 l\u2019\u00e9valuation des actifs \u00e9taient sans influence sur le comportement des parties. Ainsi,la plainte p\u00e9nale n\u2019aurait, en tout \u00e9tat de cause, aucune cons\u00e9quence sur la pr\u00e9sente proc\u00e9dure. Au fond,SOCIETE1.)sollicite la d\u00e9signation d\u2019un nouvel expert aux fins de proc\u00e9der \u00e0 une seconde expertise compl\u00e9mentaire, faisant valoir que l\u2019expert PERSONNE5.)n\u2019a pas r\u00e9pondu \u00e0 la mission telle que d\u00e9finie par la Cour dans son arr\u00eat du 11 mai 2023 et que son rapport est incomplet. Selonl\u2019appelante, le rapportPERSONNE5.)ne constitueraitpas un compl\u00e9ment au rapport<\/p>\n<p>7 PERSONNE6.), mais une nouvelle expertise, laquelle demeureraitd\u00e9ficiente. En effet, l\u2019expertPERSONNE5.)n\u2019auraitpas apport\u00e9 les explications attendues quant aux raisons pour lesquellesSOCIETE3.)aurait recouvr\u00e9 une dette envers elle-m\u00eame ni quant au m\u00e9canisme d\u2019extinction automatique de sa cr\u00e9ance, pas davantage qu\u2019il n\u2019auraitop\u00e9r\u00e9 la distinction claire exig\u00e9e par la Cour entre les relations juridiques existant, d\u2019une part, entreSOCIETE8.)et SOCIETE5.), et, d\u2019autre part, entreSOCIETE3.)etSOCIETE1.). Il est en outre reproch\u00e9 \u00e0 l\u2019expert d\u2019avoir fait abstraction des liens \u00e9troits unissant SOCIETE3.)etSOCIETE6.)et d\u2019avoir consid\u00e9r\u00e9SOCIETE3.)comme un tiers de bonne foi, alors que ces \u00e9l\u00e9ments exerceraient une influence d\u00e9terminante sur la valorisation des actions d\u2019SOCIETE5.). \u00c0 cet \u00e9gard, l\u2019expert n\u2019aurait pas tenu compte du rapport Badendu 18 d\u00e9cembre 2020, alors que la Cour avait express\u00e9ment requis que l\u2019expertise compl\u00e9mentaire soit men\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re des avisSOCIETE15.)du 3 juin 2016,PERSONNE7.)du 28 ao\u00fbt 2020, Baden du 18 d\u00e9cembre 2020 etPERSONNE8.)du 10 mars 2021. L\u2019appelante soutient encoreque les conclusions du rapportPERSONNE5.)ne permettraient pas \u00e0 la Cour de se forger une opinion d\u00e9finitive, d\u00e8s lors qu\u2019aucune valorisation financi\u00e8re pr\u00e9cise des actions d\u00e9tenues par SOCIETE3.)dansSOCIETE5.)n\u2019yseraitpropos\u00e9e. \u00c0 cet \u00e9gard,l\u2019appelante rel\u00e8ve que l\u2019expert affirmerait, d\u2019une part, que la valeur \u00e9conomique math\u00e9matique de la totalit\u00e9 des actions d\u2019 SOCIETE5.) au 5 octobre 2009 serait n\u00e9gative \u00e0 hauteur de 665.613.-euros, tout en retenant, d\u2019autre part, que la valeur financi\u00e8re des 25% d\u00e9tenus parSOCIETE3.)serait positive, ce qui appara\u00eet contradictoire. \u00c0 titre subsidiaire, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le rapportPERSONNE5.)ne serait ni annul\u00e9 pour violation de l\u2019article 472 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et du principe du contradictoire, ni \u00e9cart\u00e9 pour d\u00e9faut de r\u00e9ponse \u00e0 la mission confi\u00e9e,SOCIETE1.)sollicite que ses conclusions soient interpr\u00e9t\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re de la situation particuli\u00e8re d\u2019SOCIETE3.), situation qui aurait n\u00e9cessairement une incidence sur la valorisation des actions d\u2019SOCIETE16.) rejoint, sur ce point, les analyses de Ma\u00eetre Badenet del\u2019expert Faber, lesquels ont tous deux estim\u00e9 que la situation sp\u00e9cifique d\u2019SOCIETE3.)devait \u00eatre prise en consid\u00e9ration dans la valorisation des actions, notamment en ce qui concerne le traitement comptable de la dette enversSOCIETE6.).L\u2019appelante entend enfin rappeler le contexte de la cr\u00e9ation d\u2019SOCIETE3.), celui de la r\u00e9alisation du gage, et exposer les \u00e9l\u00e9ments permettant, selon elle, d\u2019\u00e9tablir qu\u2019SOCIETE3.)ne peut \u00eatre regard\u00e9e comme un tiers de bonne foi. Dans son avis juridique du 18 d\u00e9cembre 2020, Me Baden, reprenant une analyse d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9e dans son avis du 17 mai 2010, rappellerait que la seule finalit\u00e9, et partant la cause juridique, d\u2019un contrat de gage estd\u2019assurer la s\u00fbret\u00e9 et la garantie d\u2019une dette. Il en d\u00e9duirait que l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un gage portant sur un objet \u00e0 valeur n\u00e9gative ne permet pas de remplir la finalit\u00e9 propre du contrat de gage. Il s\u2019interrogerait d\u00e8s lors sur ce qui pourrait conduire un tiers pr\u00e9tendument de bonne foi, tel qu\u2019SOCIETE3.), \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un gage sur des actions pr\u00e9sent\u00e9es comme ayant une valeur n\u00e9gative, alors qu\u2019une telle op\u00e9ration ne permettrait pas d\u2019\u00e9teindre la dette garantie. Me Baden pr\u00e9ciserait que si unv\u00e9ritable tiers de bonne foi, \u00e9tranger \u00e0 la relation entre le<\/p>\n<p>8 cr\u00e9ancier gagiste, le d\u00e9biteur et la soci\u00e9t\u00e9 dont les actions sont gag\u00e9es, pourrait \u00e9ventuellement se pr\u00e9valoir d\u2019une valorisation n\u00e9gative de 665.613.- euros, il rejoindrait toutefois les conclusions de l\u2019expertPERSONNE6.) s\u2019agissant de l\u2019\u00e9valuation des actions dans le cadre pr\u00e9cis de la r\u00e9alisation du gage parSOCIETE3.). Il conviendrait de rappeler que, le 20 f\u00e9vrier 2009,SOCIETE6.)a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de son gage de premier rang portant sur 75 % des actions d\u00e9tenues parSOCIETE1.)dansSOCIETE5.), ex\u00e9cution ult\u00e9rieurement annul\u00e9e par les juridictions pour des motifs \u00e9trangers \u00e0 l\u2019\u00e9valuation de l\u2019objet gag\u00e9. Le 5 octobre 2009,SOCIETE3.)a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une seconde ex\u00e9cution partielle de gage \u00e0 hauteur des 25 % restants des actions d\u00e9tenues parSOCIETE1.)dans SOCIETE5.), en se fondant sur l\u2019\u00e9valuation r\u00e9alis\u00e9e lors de lapremi\u00e8re ex\u00e9cution du gage parSOCIETE6.). Ainsi que relev\u00e9 par Me Baden dans son avis du 17 mai 2010, suivi par l\u2019expert PERSONNE6.), l\u2019appropriation des actions d\u2019SOCIETE5.)parSOCIETE6.), m\u00eame si elle n\u2019entra\u00eenerait pas ipso jure l\u2019extinction de la cr\u00e9ance de SOCIETE6.)\u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019SOCIETE5.)et, partant, de la dette garantie par SOCIETE1.), aurait n\u00e9anmoins d\u00fb permettre \u00e0 SOCIETE6.)de se d\u00e9sint\u00e9resser totalement ou, \u00e0 tout le moins, tr\u00e8s largement sur cette dette. Il en r\u00e9sulterait que la dette d\u2019SOCIETE5.)enversSOCIETE6.)ne devait plus \u00eatre int\u00e9gr\u00e9e dans la valorisation des actions d\u2019SOCIETE5.). Or, lors de l\u2019ex\u00e9cution des gages,SOCIETE6.)n\u2019a imput\u00e9 aucune r\u00e9duction de dette, ni sur la dette existant entreSOCIETE6.)etSOCIETE5.), ni sur la dette de garantie deSOCIETE1.)enversSOCIETE6.).SOCIETE6.)aurait ainsi ex\u00e9cut\u00e9 son gage en violation du principe selon lequel la r\u00e9alisation du gage doit avoir pour finalit\u00e9 l\u2019extinction de la dette garantie. Il est fait le m\u00eame reproche \u00e0 SOCIETE3.), laquelle aurait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation de son gage en se fondant sur une \u00e9valuation reposant sur unevaleur n\u00e9gative des actions, ce qui serait \u00e9galement contraire \u00e0 la finalit\u00e9 du gage. L\u2019appelante soutient en outre, \u00e0 la lumi\u00e8re notamment de l\u2019avis de Me Baden, qu\u2019SOCIETE3.)ne saurait \u00eatre regard\u00e9e comme un v\u00e9ritable tiers de bonne foi, d\u00e8s lors qu\u2019elle faisait partie du groupe de soci\u00e9t\u00e9sSOCIETE6.)avant la d\u00e9confiture de celui-ci, qu\u2019elle n\u2019a pas proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une \u00e9valuation ind\u00e9pendante des actions d\u2019SOCIETE5.)lors de l\u2019ex\u00e9cution de son gage mais s\u2019est fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9valuation deSOCIETE8.), qu\u2019elle se contredirait ainsi par rapport \u00e0 la valeur retenue dans le cadre de la cession des actions \u00e0SOCIETE1.)ainsi qu\u2019\u00e0 la m\u00e9thodologie appliqu\u00e9e dans le contrat de vente pour l\u2019\u00e9valuation du compl\u00e9ment de prix, laquelle devait tenir compte de la valeur future des actifs sans d\u00e9duction des passifs, qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9 son gage sur un objet qu\u2019elle pr\u00e9sentait elle-m\u00eame comme ayant une valeur n\u00e9gative, et qu\u2019elle a, par la suite, revendu ces m\u00eames actions pour un prix de 175.000.-euros \u00e0 SOCIETE12.). Par ailleurs, ces op\u00e9rations auraient eu pour cons\u00e9quence d\u2019exclure SOCIETE1.)de l\u2019actionnariat d\u2019SOCIETE5.)juste avant la tenue de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale relative au projet Arsenal, assembl\u00e9e dont la convocation avait \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9e parSOCIETE1.), prorog\u00e9e \u00e0 la demande deSOCIETE6.)et<\/p>\n<p>9 tenue finalement entreSOCIETE6.)etSOCIETE3.), et de permettre \u00e0 SOCIETE12.), devenue actionnaire unique d\u2019SOCIETE5.), de proc\u00e9der \u00e0 une augmentation de capital ayant priv\u00e9 d\u2019effet utile l\u2019action en restitution des actions engag\u00e9e parSOCIETE1.), laquelle a donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour du 12 juillet 2017. Il ressortirait de l&#039;int\u00e9gralit\u00e9 des documents vers\u00e9s au d\u00e9bat, en ce compris de l&#039;avis juridique \u00e9tabli par Ma\u00eetre Hr\u00e9bjartur J\u00e9natansson concernant les liens entreSOCIETE6.)etSOCIETE9.)(SOCIETE3.)) etSOCIETE8.), ainsi que de la chronologie des \u00e9v\u00e9nements, qu&#039;il existerait une collusion patente entre SOCIETE17.)etSOCIETE12.)qui ne saurait \u00eatre ignor\u00e9e dans le cadre de la valorisation des actions. En tout \u00e9tat de cause, l\u2019appelante fait plaider l\u2019extinction de la cr\u00e9ance d&#039;SOCIETE3.).Pararr\u00eat du 12 juillet 2017, la Cour a \u00e9valu\u00e9 la cr\u00e9ance d\u2019SOCIETE3.)\u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE1.)\u00e0 un montant de 6.000.000.-euros, en application de l\u2019article 3.4 du contrat de cession, en pr\u00e9cisant que le montant de 175.000.-euros provenant de la cession des actions \u00e0SOCIETE12.)devait \u00eatre imput\u00e9 par priorit\u00e9 sur les frais et int\u00e9r\u00eats courus jusqu\u2019\u00e0 la date du jugement de premi\u00e8re instance. Afin d\u2019obtenir paiement de sa cr\u00e9ance, SOCIETE3.)a proc\u00e9d\u00e9, le 5 octobre 2009, \u00e0 la r\u00e9alisation de son gage portant sur 25 % des actions d\u2019SOCIETE5.)d\u00e9tenues parSOCIETE1.).La valeur globale des actions d\u2019SOCIETE5.)s\u2019\u00e9levait \u00e0 122.481.464 euros, de sorte que l\u2019appropriation parSOCIETE3.)de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des 25 % des actions gag\u00e9es correspondrait \u00e0 une valeur de 30.620.366.-euros, soit un montant tr\u00e8s sup\u00e9rieur \u00e0 celui de sa cr\u00e9ance.La dette deSOCIETE1.)enversSOCIETE3.) devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9teinte d\u00e8s le jour de l\u2019ex\u00e9cution du gage, de sorte qu\u2019aucun int\u00e9r\u00eat de retard ne pourrait \u00eatre r\u00e9clam\u00e9,SOCIETE3.)ayant eu la facult\u00e9 de r\u00e9aliser le gage d\u00e8s le d\u00e9faut de paiement.L\u2019appelanterappelle qu\u2019SOCIETE3.)a, par courrier du 9 mars 2009, inform\u00e9SOCIETE1.)qu\u2019\u00e0 la suite du d\u00e9faut de paiement de la premi\u00e8re tranche du prix de cession au 28 f\u00e9vrier 2009, en vertu du contrat de cession d\u2019actions portant sur les 28.154 actions ordinaires d\u00e9tenues dansSOCIETE5.), le droit de vote attach\u00e9 aux actions gag\u00e9es lui \u00e9tait d\u00e9volu et queSOCIETE1.)n\u2019\u00e9tait plus en droit de disposer desdites actions.SOCIETE3.)annon\u00e7ait \u00e9galement son intention de proc\u00e9der \u00e0 la r\u00e9alisation du gage \u00e0 l\u2019issue du d\u00e9lai de gr\u00e2ce de quinze jours. Il est toutefois constant que la r\u00e9alisation du gage n\u2019est intervenue que le 5 octobre 2009, soit sept mois apr\u00e8s la notification du d\u00e9faut. Il ne saurait appartenir \u00e0SOCIETE1.)de supporter les cons\u00e9quences de cette mise en \u0153uvre tardive et contest\u00e9e du gage.L\u2019appelantesollicite en cons\u00e9quence que la Cour constate qu\u2019SOCIETE3.)ne dispose plus d\u2019aucune cr\u00e9ance \u00e0 faire valoir \u00e0 son encontre. Au regard de l\u2019\u00e9valuation des actions d\u2019SOCIETE5.)et des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent,SOCIETE1.)entend faire valoir ses droits d\u00e9coulant de la r\u00e9alisation du gage parSOCIETE3.). Il est rappel\u00e9 qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait, dans son acte d\u2019appel du 19 avril 2012, express\u00e9ment r\u00e9serv\u00e9 le droit de formuler toute demande en paiement de dommages et int\u00e9r\u00eats ou toute demande en restitution des sommes ind\u00fbment per\u00e7ues \u00e0 la suite de cette r\u00e9alisation.Si l\u2019intim\u00e9e contesteactuellementla recevabilit\u00e9 de ces demandes au motif<\/p>\n<p>10 qu\u2019elles ne figuraient pas dans l\u2019acte d\u2019appel, il est cependantde principeque, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 53 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, l\u2019objet du litige peut \u00eatre modifi\u00e9 par des demandes incidentes d\u00e8s lors qu\u2019elles se rattachent aux pr\u00e9tentions originaires par un lien suffisant, la jurisprudence tenant notamment compte de la similarit\u00e9 des faits \u00e0 l\u2019origine des diff\u00e9rentes demandes pour appr\u00e9cier l\u2019existence d\u2019un tel lien.En l\u2019esp\u00e8ce, le litige trouveraitson origine dans la valorisation desactions gag\u00e9es op\u00e9r\u00e9e par SOCIETE3.), laquelle est contest\u00e9e parSOCIETE1.)depuis l\u2019origine, celle-ci soutenant quel\u2019intim\u00e9e ne s\u2019est pas seulement d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, mais s\u2019est en outre enrichie en percevant un montant exc\u00e9dant largement la valeur r\u00e9elle des actions. Les modalit\u00e9s d\u2019\u00e9valuation retenues, notamment dans le rapport PERSONNE5.), demeurent au c\u0153ur du d\u00e9bat, l\u2019objectif \u00e9tant de d\u00e9terminer l\u2019existence d\u2019une cr\u00e9ance et d\u2019en appr\u00e9cier le montant. Les demandes subs\u00e9quentes proc\u00e8deraient ainsi directement de la valorisation des actions gag\u00e9es et tendraient \u00e9galement \u00e0 d\u00e9terminer l\u2019existence d\u2019une cr\u00e9ance entre les parties. Elles se rattacheraient d\u00e8s lors aux pr\u00e9tentions originaires par un lien suffisant et devraient \u00eatre d\u00e9clar\u00e9es recevables.En \u00e9valuant les actions \u00e0 z\u00e9ro euro alors qu\u2019elles auraient eu une valeur de 30.620.366.-euros, SOCIETE3.)aurait commis une erreur manifeste de valorisation, de sorte que la clause contractuelle invoqu\u00e9e ne saurait lui \u00eatre oppos\u00e9e.SOCIETE3.) devrait en cons\u00e9quence \u00eatre condamn\u00e9e \u00e0 restituer \u00e0SOCIETE1.)le trop- per\u00e7u r\u00e9sultant de la diff\u00e9rence de valeur entre sa cr\u00e9ance surSOCIETE1.)et la valeur effective des actions gag\u00e9es qu&#039;elle s&#039;est appropri\u00e9e, \u00e0 savoir la somme de 24.795.366.-euros, augment\u00e9e des int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 compter du 5 octobre 2019, date de r\u00e9alisation du gage, sinon du 19 avril 2012, date de l&#039;acte d&#039;appel, sinon de l&#039;arr\u00eat \u00e0 intervenir jusqu&#039;\u00e0 solde. Atitre subsidiaire, la responsabilit\u00e9 contractuelle d\u2019SOCIETE3.)est recherch\u00e9e.La clause 7.2 du contrat de cession imposeraitau b\u00e9n\u00e9ficiaire du gage d\u2019agir de bonne foi dans la valorisation des actions. Or, en retenant une valeur nulle pour les actions gag\u00e9es alors que celles-ci auraient valu 30.620.366.-euros, puis en les c\u00e9dant \u00e0SOCIETE12.)le 15 d\u00e9cembre 2009 pour un montant de 175.000.-euros,SOCIETE3.)aurait agi de mauvaise foi. Elle auraitainsi manqu\u00e9 \u00e0 son obligation contractuelle de bonne foi, causant un pr\u00e9judice important \u00e0SOCIETE1.), laquelle s\u2019est trouv\u00e9e d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e de 25 % des actions d\u2019SOCIETE5.)pour garantir une dette d\u2019un montant tr\u00e8s inf\u00e9rieur \u00e0 la valeur r\u00e9elle des actions. Il est encore rappel\u00e9 qu\u2019SOCIETE3.)a rapidement revendu ces actions \u00e0SOCIETE18.), permettant \u00e0 celle-ci de proc\u00e9der \u00e0 une augmentation de capital ayant eu pour effet de priver SOCIETE1.)de ses droits d\u2019actionnaire majoritaire, nonobstant l\u2019annulation ult\u00e9rieure de l\u2019ex\u00e9cution du gage. La responsabilit\u00e9 contr actuelle d\u2019SOCIETE3.)serait ainsi engag\u00e9e.SOCIETE3.)devraitdans ce cas\u00eatre condamn\u00e9e \u00e0 payer \u00e0SOCIETE1.)le montant de 24.795.366.-euros, \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats correspondant \u00e0 la diff\u00e9rence entre le montant de la cr\u00e9ance d&#039;SOCIETE19.)tel qu&#039;\u00e9valu\u00e9 par la Cour et la valeur effective des actions gag\u00e9es,SOCIETE3.)ayant de mauvaise foi \u00e9valu\u00e9 ces actions \u00e0z\u00e9ro euros, augment\u00e9 des int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 compter du 5 octobre 2019, date de r\u00e9alisation du gage, sinon du 19 avril 2012, date de l&#039;acte d&#039;appel, sinon de l&#039;arr\u00eat \u00e0 intervenir jusqu&#039;\u00e0 solde.<\/p>\n<p>11 \u00c0 titre encore plus subsidiaire, l\u2019enrichissement sans cause est invoqu\u00e9. L\u2019appelanterappelleque l\u2019actionde in rem versosuppose un enrichissement d\u2019une partie corr\u00e9latif \u00e0 l\u2019appauvrissement d\u2019une autre, sans justification par une cause l\u00e9gitime. En cas de succ\u00e8s de cette action, l\u2019appauvri est en droit d\u2019obtenir restitution ou indemnisation. En l\u2019esp\u00e8ce,SOCIETE1.)aurait\u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9e de 25 % des actions d\u2019SOCIETE5.)\u00e0 la suite de la r\u00e9alisation du gage parSOCIETE3.), alors m\u00eame que la valeur des actions ainsi appr\u00e9hend\u00e9es aurait \u00e9t\u00e9 largement sup\u00e9rieure au montant de la cr\u00e9ance invoqu\u00e9e. En s\u2019appropriant l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des actions gag\u00e9es dans ces conditions,SOCIETE3.)se serait enrichie au d\u00e9triment deSOCIETE1.), laquelle se serait appauvrie de mani\u00e8re injustifi\u00e9e. Les conditions de l\u2019enrichissement sans cause seraient ainsi r\u00e9unies.SOCIETE3.)devrait ainsi \u00eatre condamn\u00e9e \u00e0 restituer \u00e0SOCIETE1.)la diff\u00e9rence de montant entre la valeur des actions et le montant de sa cr\u00e9ance envers l\u2019appelante, soit 24.795.366.-euros, augment\u00e9 des int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 compter du 5 octobre 2019, date de r\u00e9alisation du gage, sinon du 19 avril 2012, date de l&#039;acte d&#039;appel, sinon de l&#039;arr\u00eat \u00e0 intervenir jusqu&#039;\u00e0 solde. Appr\u00e9ciation de la Cour -Sursis \u00e0 statuer Le sursis \u00e0 statuer constitue une mesured\u2019exception qui ne peut \u00eatre ordonn\u00e9e que lorsqu\u2019il existe un lien de d\u00e9pendance directe et n\u00e9cessaire entre l\u2019issue du litige civil et celle de la proc\u00e9dure p\u00e9nale, de sorte que la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal serait de nature \u00e0 exercer une influence d\u00e9terminante sur la solution du litige civil. Tel n\u2019est pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce. Il ressort des \u00e9l\u00e9ments vers\u00e9s aux d\u00e9bats que l\u2019instruction p\u00e9nale encore pendante \u00e0 la suite de l\u2019arr\u00eat de la Cour de cassation du 8 mars 2018 est strictement limit\u00e9e \u00e0 deux points pr\u00e9cis, \u00e0 savoir la qualification p\u00e9nale de certains documents au regard des articles 196 et 197 du Code p\u00e9nal et l\u2019examen de l\u2019existence \u00e9ventuelle de man\u0153uvres frauduleuses au sens de l\u2019article 496 du Code p\u00e9nal. Ces questions portent sur l\u2019appr\u00e9ciation d\u2019infractions p\u00e9nales sp\u00e9cifiques et ne concernent ni la validit\u00e9 de la r\u00e9alisation du gage, ni la d\u00e9termination de la valeur des actions d\u2019SOCIETE5.), ni l\u2019existence ou l\u2019extinction de la cr\u00e9ance litigieuse, qui constituent l\u2019objet exclusif du pr\u00e9sent litige civil. En outre, les parties ne se pr\u00e9valent d\u2019aucun des documents faisant l\u2019objet de l\u2019instruction p\u00e9nale pour fonder leurs pr\u00e9tentions dans la pr\u00e9sente proc\u00e9dure. La solution du litige civil repose ainsi exclusivement sur les rapportsd\u2019expertise judiciaires et sur l\u2019appr\u00e9ciation juridique de la port\u00e9e de la r\u00e9alisation du gage, ind\u00e9pendamment de toute qualification p\u00e9nale des faits reproch\u00e9s \u00e0 certains intervenants. Il r\u00e9sulte par ailleurs de l\u2019arr\u00eat du 12 juillet 2017 que la Cour d\u2019appel avait d\u00e9j\u00e0 statu\u00e9 sur les effets civils de la restitution des actions et sur la n\u00e9cessit\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 une expertise, en pleine connaissance du contexte proc\u00e9dural et<\/p>\n<p>12 des critiques alors formul\u00e9es, sans subordonner sa d\u00e9cision \u00e0 l\u2019issue d\u2019une quelconque proc\u00e9dure p\u00e9nale. L\u2019arr\u00eat interpr\u00e9tatif du 28 mars 2018, par ailleurs, est sans incidence sur le pr\u00e9sent litige. Enfin, quand bien m\u00eame des infractions p\u00e9nales viendraient \u00e0 \u00eatre ult\u00e9rieurement retenues, celles-ci seraient, en tout \u00e9tat de cause, sans effet direct et n\u00e9cessaire sur la solution \u00e0 donner aux questions purement patrimoniales et contractuelles soumises \u00e0la Cour, d\u00e8s lors que la pr\u00e9sente instance ne porte ni sur la validit\u00e9 des contrats au regard d\u2019agissements p\u00e9nalement qualifiables, ni sur la r\u00e9paration d\u2019un dommage fond\u00e9 sur une faute p\u00e9nale. Il s\u2019ensuit qu\u2019aucun risque de contrari\u00e9t\u00e9 de d\u00e9cisions ne peut \u00eatre s\u00e9rieusement invoqu\u00e9 et que la solution du pr\u00e9sent litige ne d\u00e9pend pas de l\u2019issue de la proc\u00e9dure p\u00e9nale toujours en cours. -Valeur de l\u2019expertise La mission de l\u2019expertPERSONNE6.)\u00e9tait de d\u00e9terminer la fair market value (telle que d\u00e9finie page 63 de l&#039;arr\u00eat N\u00b0 132\/17 du 12 juillet 2017) des actions SOCIETE5.)au 5 octobre 2009. Il ressort clairement des ant\u00e9c\u00e9dents de proc\u00e9dure que ni la m\u00e9thodologie de d\u00e9termination de la fair market value ni la valorisation des actifs du fonds, en particulier immobiliers, ne sont contest\u00e9es par les parties, les d\u00e9bats des parties \u00e9tant essentiellement centr\u00e9s sur la n\u00e9cessit\u00e9 ou non de faire abstraction de la dette d\u2019SOCIETE14.)vis-\u00e0-vis deSOCIETE8.)pour le calcul du passif \u00e0 d\u00e9duire(cf. arr\u00eat N\u00b0 56\/23 du 11 mai 2023, page 13).Ce point n\u2019est plus \u00e0 remettre en cause. Il r\u00e9sulte \u00e9galement de ces m\u00eames ant\u00e9c\u00e9dents que le rapportPERSONNE9.) n\u2019est ni \u00e0 annuler, ni \u00e0 \u00e9carter des d\u00e9bats (cf. arr\u00eat N\u00b071\/24du4 juillet2024, page20).Cette question ayant \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9e, il n\u2019y a \u00e9galement plus lieu d\u2019y revenir. Le litige est strictement circonscrit \u00e0 une question juridico-comptable, \u00e0 savoir la n\u00e9cessit\u00e9 ou non de faire abstraction de ladette d\u2019SOCIETE5.)envers SOCIETE8.)dans le calcul du passif \u00e0 d\u00e9duire pour d\u00e9terminer la valeur des actions. Le d\u00e9saccord porte donc non sur des param\u00e8tres \u00e9conomiques ou techniques, mais sur la qualification juridique de cette dette dans l\u2019assiette de valorisation. L\u2019expertPERSONNE6.)avait privil\u00e9gi\u00e9 une approche consistant \u00e0 ne pas prendre en compte cette dette dans le passif. La Cour d\u2019appel a toutefois relev\u00e9 que cette position n\u2019\u00e9tait pas suffisamment justifi\u00e9e sur le plan juridique, l\u2019expert n\u2019expliquant ni pour quelles raisonsSOCIETE3.)aurait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 une dette envers elle-m\u00eame, ni de quelle mani\u00e8re sa cr\u00e9ance aurait \u00e9t\u00e9 automatiquement \u00e9teinte \u00e0 la suite de l\u2019appropriation du gage. Ces insuffisances touchent au c\u0153ur du raisonnement juridique cens\u00e9 fonder l\u2019exclusion de la dette du passif.<\/p>\n<p>13 Les diff\u00e9rents avis vers\u00e9s aux d\u00e9bats ont confirm\u00e9 les faiblesses du rapport PERSONNE6.). L\u2019avisSOCIETE15.)du 3 juin 2016 a estim\u00e9 erron\u00e9e l\u2019analyse deSOCIETE20.)etdes d\u00e9veloppements de Me Baden, en affirmant que la dette enversSOCIETE8.)devait n\u00e9cessairement figurer au titre du passif. L\u2019avisPERSONNE7.)du 28 ao\u00fbt 2020 a critiqu\u00e9 les conclusions de l\u2019expert PERSONNE6.)en ce qu\u2019elles reposaient sur le postulat inexact d\u2019une extinction automatique de la cr\u00e9ance par la r\u00e9alisation du gage et rappelaient qu\u2019SOCIETE3.)n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 cr\u00e9anci\u00e8re d\u2019SOCIETE5.), mais uniquement de SOCIETE1.). Le second avis de Me Baden du 18 d\u00e9cembre 2020 n\u2019a, quant \u00e0 lui, pas permis d\u2019\u00e9tablir de mani\u00e8re probante qu\u2019SOCIETE3.)n\u2019\u00e9tait pas un tiers de bonne foi, cette affirmation demeurant au stade de la simple all\u00e9gation. Enfin, l\u2019avisPERSONNE8.)du 10 mars 2021 a mis en \u00e9vidence une confusion, dans le raisonnement de l\u2019expertPERSONNE6.), entre les relations juridiques distinctes liant d\u2019une partSOCIETE8.)\u00e0SOCIETE5.)et d\u2019autre part SOCIETE3.)\u00e0SOCIETE1.). Cet avis a \u00e9galement critiqu\u00e9 deux pr\u00e9misses jug\u00e9es inexactes, \u00e0 savoir l\u2019obligation d\u2019ignorer la cr\u00e9ance lors de l\u2019appropriation des actions par le cr\u00e9ancier gagiste etl\u2019id\u00e9e que la cr\u00e9ance d\u2019SOCIETE21.)serait impact\u00e9e par la dette d\u2019SOCIETE5.)envers SOCIETE8.). L\u2019ensemble de ces avis converge donc pour d\u00e9montrer que les insuffisances du rapportPERSONNE6.)\u00e9taient d\u2019ordre juridique plut\u00f4t que technique. C\u2019est dans ce contexte que la Cour d\u2019appel a ordonn\u00e9 un compl\u00e9ment d\u2019expertise afin de permettre \u00e0 l\u2019expert de d\u00e9terminer la valorisation des actions d\u2019SOCIETE5.)dans l\u2019optique d\u2019un tiers,SOCIETE3.), dans la relation impliquant le cr\u00e9ancier gagisteSOCIETE8.), le d\u00e9biteurSOCIETE1.)et la soci\u00e9t\u00e9 dont les actions ont \u00e9t\u00e9 gag\u00e9es,SOCIETE5.), tout en tenant compte des avisSOCIETE15.),PERSONNE7.), Baden etPERSONNE8.). L\u2019objectif \u00e9tait donc de corriger pr\u00e9cis\u00e9ment les lacunes juridiques identifi\u00e9es dans le traitement du passif. Dans son rapport d\u00e9finitif, l\u2019expertPERSONNE5.)est parvenu \u00e0 la conclusion que la valeur \u00e9conomique math\u00e9matique de la totalit\u00e9 des actions d\u2019SOCIETE5.)au 5 octobre 2009, du point de vue d\u2019SOCIETE3.), \u00e9tait n\u00e9gative \u00e0 hauteur d\u2019environ 665.613.-euros. Cette conclusion marque un infl\u00e9chissement net par rapport aux d\u00e9bats ant\u00e9rieurs, puisqu\u2019elle r\u00e9sulte directement de la prise en compte du passif selon l\u2019optique impos\u00e9e par la Cour, mais elle demeure n\u00e9anmoins sujette \u00e0 contestation parSOCIETE1.), tant sur le raisonnement suivi que sur ses implications juridiques. L\u2019expert rel\u00e8ve que la qualit\u00e9 d\u2019actionnaire majoritaire, puis unique, conf\u00e9rait \u00e0 SOCIETE8.)un pouvoir d\u00e9terminant sur les d\u00e9cisions d\u2019SOCIETE5.), notamment quant \u00e0 une \u00e9ventuelle liquidation ou fusion. Toutefois, sur la base des valeurs des actifs et des dettes au 31 d\u00e9cembre 2009, une liquidation aurait abouti \u00e0 un mali, l\u2019actif \u00e9tant insuffisant pour couvrir l\u2019ensemble du passif. Il en r\u00e9sulte que les actions d\u00e9tenues parSOCIETE8.)n\u2019avaient intrins\u00e8quement aucune valeur \u00e9conomique positive et ne pr\u00e9sentaient qu\u2019une valeur politique tenant au pouvoir de contr\u00f4le conf\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>14 L\u2019expert consid\u00e8reencoreque l\u2019appropriation des actions parSOCIETE8.)ne pouvait entra\u00eener une r\u00e9duction de la dette d\u2019SOCIETE5.)qu\u2019\u00e0 la condition que ces actions aient eu une valeur positive, ce qui n\u2019\u00e9tait pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce. Le seul m\u00e9canisme susceptible de cr\u00e9er une valeur \u00e9conomique aurait \u00e9t\u00e9 un renoncement volontaire \u00e0 la cr\u00e9ance, hypoth\u00e8se qui ne s\u2019est pas r\u00e9alis\u00e9e. Dans ces conditions,SOCIETE3.)s\u2019est \u00e9galement appropri\u00e9e, lors de la r\u00e9alisation de son gage, des actions \u00e0 valeur \u00e9conomiquen\u00e9gative. Le prix de 175.000.- euros obtenu lors de la revente s\u2019explique exclusivement par la valeur politique attach\u00e9e \u00e0 l\u2019acc\u00e8s au contr\u00f4le exclusif de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019expert conclut en cons\u00e9quence que la valeur \u00e9conomique math\u00e9matique de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des actions d\u2019SOCIETE5.)au 5 octobre 2009, du point de vue d\u2019SOCIETE3.), \u00e9tait n\u00e9gative et s\u2019\u00e9levait approximativement \u00e0 665.613.-euros. Il pr\u00e9cise que si les 25 % d\u2019actions d\u00e9tenus parSOCIETE3.) ont pu avoir une valeur de march\u00e9 positive dans le cadre sp\u00e9cifique de la n\u00e9gociation avecSOCIETE8.), cette valeur ne peut \u00eatre chiffr\u00e9e objectivement, d\u00e8s lors qu\u2019elle d\u00e9pendait exclusivement de l\u2019int\u00e9r\u00eat subjectif de ce dernier \u00e0 devenir actionnaire unique. \u00c0 la lumi\u00e8re du rapport de l\u2019expertPERSONNE5.)tel que r\u00e9sum\u00e9 ci-avant et descritiques formul\u00e9es parSOCIETE1.), on peut examiner laposition de l\u2019expertsous trois axes, \u00e0 savoir, la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la mission donn\u00e9e par la Cour, la r\u00e9ponse (ou non) aux critiques juridiques ant\u00e9rieures et la port\u00e9e r\u00e9elle de ses conclusions face aux griefs deSOCIETE1.). D\u2019abord, l\u2019expertPERSONNE5.)s\u2019est strictement plac\u00e9 dans le cadre de la mission telle que d\u00e9finie par la Cour dans son arr\u00eat du 11 mai 2023, \u00e0 savoir une valorisation des actions d\u2019SOCIETE5.)au 5 octobre 2009 \u00ab du point de vue d\u2019un tiers \u00bb, en l\u2019occurrenceSOCIETE3.), dans la relation cr\u00e9ancier gagiste \u2013d\u00e9biteur\u2013soci\u00e9t\u00e9 dont les actions sont gag\u00e9es. Contrairement \u00e0 ce que soutientSOCIETE1.), l\u2019expert n\u2019a pas repris l\u2019approche de l\u2019expert PERSONNE6.)consistant \u00e0 neutraliser la dette enversSOCIETE6.), mais a express\u00e9ment int\u00e9gr\u00e9 cette dette dans le passif, en retenant que la r\u00e9alisation du gage parSOCIETE8.)n\u2019avait pas pour effet d\u2019\u00e9teindre ipso facto la dette d\u2019SOCIETE5.). Ce faisant, l\u2019expert se conforme pr\u00e9cis\u00e9ment aux critiques formul\u00e9es par la Cour dans sonpr\u00e9ditarr\u00eat de 2023 ainsi qu\u2019aux analyses convergentes dePERSONNE7.)etPERSONNE8.), qui contestaient le postulat d\u2019extinction automatique de la cr\u00e9ance. Contrairement \u00e0 l\u2019all\u00e9gation deSOCIETE1.)selon laquelle l\u2019expert aurait ignor\u00e9 les liens entreSOCIETE3.)etSOCIETE6.), l\u2019expertPERSONNE5.)les prend en compte, mais sur un plan strictement \u00e9conomique et fonctionnel, en relevant que la d\u00e9tention majoritaire puis exclusive du capital conf\u00e9rait \u00e0SOCIETE8.) un pouvoir politique d\u00e9terminant surSOCIETE5.). Il souligne toutefois que ce pouvoir de contr\u00f4le ne se confond pas avec une valeur \u00e9conomique positive des actions, d\u00e8s lors que l\u2019actif net est n\u00e9gatif. L\u2019expert se situe donc volontairement sur un terrain \u00e9conomique, en s\u2019abstenant de toute qualification de bonne ou mauvaise foi, qu\u2019il estime relever exclusivement de l\u2019appr\u00e9ciation du juge. Cette abstention est coh\u00e9rente avec sa mission telle que circonscrite par la Cour, laquelle ne lui a pas demand\u00e9 d\u2019appr\u00e9cier la bonne foi<\/p>\n<p>15 d\u2019SOCIETE3.), mais uniquement de proc\u00e9der \u00e0 une valorisation financi\u00e8re dans l\u2019optique d\u2019un tiers. S\u2019agissant du reproche tir\u00e9 de ce que l\u2019expert n\u2019aurait pas trait\u00e9 les avis SOCIETE15.),PERSONNE7.), BadenetPERSONNE8.), il ressort au contraire de son raisonnement qu\u2019il s\u2019inscrit clairement dans la ligneSOCIETE22.). Il rejette express\u00e9ment la th\u00e8se selon laquelle l\u2019appropriation du gage par SOCIETE8.)entra\u00eenerait une diminution automatique de la dette d\u2019SOCIETE5.), ce qui correspond pr\u00e9cis\u00e9ment aux critiques formul\u00e9es dans ces avis \u00e0 l\u2019encontre du rapportPERSONNE6.). En revanche, il \u00e9carte implicitement la th\u00e8se soutenue par BadenetPERSONNE6.) d\u2019un \u00ab remboursement par l\u2019appropriation \u00bb, au motif que celle-ci ne peutfonctionner que si les actions ont une valeur positive, ce qui n\u2019est pas le cas ici. Sur ce point, la position de l\u2019expert est juridiquement et \u00e9conomiquement coh\u00e9rente : un gage portant sur un actif \u00e0 valeur nette n\u00e9gative ne peut, par nature, op\u00e9rer extinction d\u2019une dette que l\u2019actif est incapable de couvrir. En revanche, la critique la plus s\u00e9rieuse formul\u00e9e parSOCIETE1.)concerne la pr\u00e9tendue contradiction du rapportPERSONNE5.), lequel retient \u00e0 la fois une valeur \u00e9conomique math\u00e9matique n\u00e9gative de 100 % des actions (-665.613.- euros) et l\u2019existence d\u2019une valeur financi\u00e8re positive des 25 % c\u00e9d\u00e9s par SOCIETE3.). Cette critique n\u2019est cependant fond\u00e9e qu\u2019en apparence. L\u2019expert distingue clairement deux notions : d\u2019une part, la valeur \u00e9conomique objective fond\u00e9e sur l\u2019actif net, qui est n\u00e9gative, et d\u2019autre part, une valeur de march\u00e9 purement politique, r\u00e9sultant de la capacit\u00e9, pourSOCIETE8.), d\u2019acqu\u00e9rir le contr\u00f4le exclusif de la soci\u00e9t\u00e9. Cette valeur n\u2019est pas fond\u00e9e sur la richesse \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9, mais sur l\u2019int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique et administratif de devenir actionnaire unique. Il ne s\u2019agit donc pas d\u2019une contradiction logique, maisd\u2019une dissociation entre valeur \u00e9conomique et valeur de contr\u00f4le, parfaitement admise en th\u00e9orie financi\u00e8re. En ce qui concerne la th\u00e8se centrale de SOCIETE1.)selon laquelle SOCIETE3.)ne pourrait \u00eatre qualifi\u00e9e de tiers de bonne foi et que cela devrait influencer la valorisation, l\u2019expert adopte une position m\u00e9thodologiquement d\u00e9fensive. Il consid\u00e8re que la qualification de tiers de bonne foi rel\u00e8ve du pouvoir souverain du juge et nonde l\u2019expert. Il en d\u00e9duit que, m\u00eame en pr\u00e9sence de liens structurels entreSOCIETE3.)etSOCIETE8.), la valorisation doit se faire non pas selon une logique de sanction juridique, mais selon la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique objective du bilan de la soci\u00e9t\u00e9 au 5 octobre 2009. En ce sens, l\u2019expert r\u00e9pond implicitement \u00e0SOCIETE1.)en refusant de transformer la mission de valorisation en appr\u00e9ciation de comportement fautif. Enfin, concernant l\u2019argument selon lequel l\u2019expert n\u2019aurait pas expliqu\u00e9 commentSOCIETE3.)pouvait \u00ab r\u00e9cup\u00e9rer une dette envers elle-m\u00eame \u00bb, l\u2019approche de l\u2019expertPERSONNE5.)neutralise cette difficult\u00e9 en posant pr\u00e9cis\u00e9ment que cette r\u00e9cup\u00e9ration est \u00e9conomiquement sans port\u00e9e, d\u00e8s lors que la dette subsiste int\u00e9gralement et que les actions ont une valeur \u00e9conomique n\u00e9gative. Il n\u2019y a donc, dans son raisonnement, ni \u00ab r\u00e9cup\u00e9ration utile \u00bb d\u2019une dette, ni extinction automatique de cr\u00e9ance, ce qui constitue une<\/p>\n<p>16 r\u00e9ponse indirecte mais r\u00e9elle \u00e0 la critique formul\u00e9e en 2023 contre le rapport PERSONNE6.). En d\u00e9finitive, la position de l\u2019expertPERSONNE5.)appara\u00eet juridiquement coh\u00e9rente avec la mission re\u00e7ue et techniquement align\u00e9e sur les avis PERSONNE7.)etPERSONNE8.). Les critiques deSOCIETE1.)portent moins sur une erreur m\u00e9thodologique que sur un d\u00e9saccord de fond quant \u00e0 la port\u00e9e juridique et patrimoniale de la r\u00e9alisation du gage. Le v\u00e9ritable point de fragilit\u00e9 du rapportPERSONNE5.)ne r\u00e9side pas dans sa logique \u00e9conomique, mais dans le fait qu\u2019il ne tranche pas-volontairement-la question de la bonne ou mauvaise foi d\u2019SOCIETE3.), ni celle de l\u2019\u00e9ventuel enrichissement corr\u00e9latif, laissant ces appr\u00e9ciations enti\u00e8rement au pouvoir du juge, ce qui est juridiquement fond\u00e9. S\u2019agissant de ce moyen, la Cour rappelle que SOCIETE1.)soutient qu\u2019SOCIETE3.)ne pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un tiers de bonne foi lors de la r\u00e9alisation du gage et invoque, \u00e0 l\u2019appui de cette th\u00e8se, l\u2019existence de liens structurels avec le groupeSOCIETE6.)ainsi que diverses op\u00e9rations intervenues en 2009. Toutefois, la bonne ou la mauvaise foi ne se pr\u00e9sume pas et doit \u00eatre \u00e9tablie par des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9cis, concordants et d\u00e9terminants. En l\u2019esp\u00e8ce, la seule appartenance pass\u00e9e d\u2019SOCIETE3.)au groupe SOCIETE6.)ne suffit pas, \u00e0 elle seule, \u00e0 caract\u00e9riser une mauvaise foi dans l\u2019ex\u00e9cution des droits r\u00e9sultant du contrat de gage. Il n\u2019est pas davantage \u00e9tabli qu\u2019SOCIETE3.)aurait agi dans l\u2019intention de nuire \u00e0SOCIETE1.)ou de d\u00e9tourner la finalit\u00e9 du m\u00e9canisme de garantie. Il ressort en outre des \u00e9l\u00e9ments du dossier qu\u2019SOCIETE3.)a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation du gage dans le cadre contractuel pr\u00e9vu, \u00e0 la suite du d\u00e9faut de paiement deSOCIETE1.), et conform\u00e9ment aux droits que lui conf\u00e9rait le contrat de cession. Aucune man\u0153uvre frauduleuse, dissimulation ou d\u00e9tournement de proc\u00e9dure n\u2019est caract\u00e9ris\u00e9e dans la mise en \u0153uvre de cette r\u00e9alisation. Par ailleurs, l\u2019expertise judiciaire n\u2019a pas mis en \u00e9vidence d\u2019\u00e9l\u00e9ments permettant de conclure \u00e0 une valorisation volontairement biais\u00e9e des actions dans l\u2019intention de l\u00e9serSOCIETE1.). L\u2019expert a express\u00e9ment distingu\u00e9 la valeur \u00e9conomique objective des actions de leur valeur politique de contr\u00f4le, sans retenir l\u2019existence d\u2019un comportement fautif imputable \u00e0SOCIETE3.). Il a, au contraire, soulign\u00e9 que la valeur \u00e9conomique des actions au moment de la r\u00e9alisation du gage \u00e9tait n\u00e9gative. Enfin, la Cour rel\u00e8ve que les d\u00e9veloppements relatifs \u00e0 la proc\u00e9dure p\u00e9nale pendante ne permettent pas davantage de caract\u00e9riser, \u00e0 ce stade, une mauvaise foi d\u2019SOCIETE3.)dans le cadre de la pr\u00e9sente instance civile, l\u2019instruction \u00e9tant strictement limit\u00e9e \u00e0 des questions sans lien direct avec l\u2019exercice du gage ou la valorisation des actions litigieuses. Il s\u2019ensuit queSOCIETE1.)ne rapporte pas la preuve d\u2019un comportement d\u00e9loyal ou frauduleux d\u2019SOCIETE3.)lors de la r\u00e9alisation du gage. En<\/p>\n<p>17 l\u2019absence d\u2019\u00e9l\u00e9ments objectifs \u00e9tablissant une mauvaise foi,SOCIETE3.)doit \u00eatre tenue pour avoir agi de bonne foi dans l\u2019exercice de ses droits contractuels. LaCour ayantainsi\u00e9cart\u00e9 le moyen tir\u00e9 de la mauvaise foi d\u2019SOCIETE3.), l\u2019expertise doit \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e dans une perspective strictement \u00e9conomique et objective. Or, l\u2019expertPERSONNE5.)conclut que la valeur \u00e9conomique math\u00e9matique de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des actions d\u2019SOCIETE5.)au 5 octobre 2009 \u00e9tait n\u00e9gative, \u00e0 hauteur d\u2019environ 665.613.-euros, du point de vue d\u2019SOCIETE3.). Il s\u2019ensuit que l\u2019objet du gage ne pr\u00e9sentait aucune valeur \u00e9conomique positive susceptible d\u2019\u00e9teindre la cr\u00e9ance par voie d\u2019imputation. La revente ult\u00e9rieure des actions pour le prix de 175.000.-euros proc\u00e8de uniquement de leur valeur de contr\u00f4le et non d\u2019une valeur patrimoniale imputable sur la dette. D\u00e8s lors, en l\u2019absence de mauvaise foi retenue \u00e0 l\u2019encontre d\u2019SOCIETE3.), la r\u00e9alisation du gage ne saurait \u00eatre analys\u00e9e comme ayant \u00e9teint la dette de SOCIETE1.), de sorte que la demande de cette derni\u00e8re tendant \u00e0 voir constater l\u2019extinction de sa dette ou obtenir restitution ne peut \u00eatre accueillie. Le jugement du 27 janvier 2012 entrepris est en cons\u00e9quence \u00e0 confirmer, quoiquepartiellementpour d\u2019autres motifs, en ce qu\u2019il a condamn\u00e9 SOCIETE1.), en sa qualit\u00e9 de cessionnaire, \u00e0 payer \u00e0SOCIETE3.)la somme de 6.000.000.-d\u2019euros avec les int\u00e9r\u00eats conventionnels \u00e0 7,5% l\u2019an \u00e0 partir du 28 f\u00e9vrier 2009 jusqu\u2019\u00e0 solde, montant duquelest\u00e0 d\u00e9duire celuide 175.000.- re\u00e7u le 15 d\u00e9cembre 2009. -Demandes nouvelles SOCIETE1.)a, pour la premi\u00e8re fois en cause d\u2019appel, form\u00e9 des demandes tendant notamment \u00e0 obtenir la restitution de sommes pr\u00e9tendument ind\u00fbment per\u00e7ues parSOCIETE3.), ainsi qu\u2019\u00e0 voir engager la responsabilit\u00e9 contractuelle de cette derni\u00e8re ou constater un enrichissement sans cause. Ces pr\u00e9tentions n\u2019\u00e9taient pas contenues dans l\u2019acte d\u2019appel ni dans les premi\u00e8res conclusions d\u00e9terminant l\u2019objet du litige. En application de l\u2019article 53 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, l\u2019objet du litige est fix\u00e9 par les pr\u00e9tentions respectives des parties et ne peut \u00eatre modifi\u00e9 que par des demandes incidentes se rattachant aux pr\u00e9tentions originaires par un lien suffisant. En l\u2019esp\u00e8ce, les demandes susvis\u00e9es, qui tendent \u00e0 l\u2019obtention de condamnations autonomes en restitution ou en indemnisation, modifient la nature du litige initial et ne peuvent \u00eatre regard\u00e9es comme l\u2019accessoire, la cons\u00e9quence ou le compl\u00e9ment n\u00e9cessairedes pr\u00e9tentions originaires. Il en r\u00e9sulte que, m\u00eame si ces demandes se fondent sur des \u00e9l\u00e9ments issus de l\u2019expertise post\u00e9rieure, ellessontirrecevables, parce qu\u2019elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 introduites dans les formes et au moment proc\u00e9dural requis.<\/p>\n<p>18 Sil\u2019appelantesouhaitait poursuivre ces pr\u00e9tentions, celles-ci devraient, en principe, \u00eatre introduites par uneproc\u00e9dure distincte, sous r\u00e9serve des r\u00e8gles de prescription et d\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e. Pour \u00eatre complet et m\u00eame \u00e0 admettre ces demandes recevables,en l\u2019absence de faute retenue \u00e0 l\u2019encontre d\u2019SOCIETE3.),cesdemandesdeSOCIETE1.)se heurtent\u00e0 undouble obstacle:sur le plan factuel, l\u2019expertise \u00e9tablit l\u2019insuffisance de valeur \u00e9conomique de l\u2019objet du gage;sur le plan juridique, l\u2019absence de mauvaise foi priveSOCIETE1.)de tout fondement alternatif fond\u00e9 sur l\u2019abus, la responsabilit\u00e9 contractuelle ou l\u2019enrichissement sans cause. -Demandes accessoires SOCIETE1.)n\u2019invoquant, ni a fortiori ne d\u00e9montrant de raison impliquant l\u2019inexactitude de la d\u00e9cision de premi\u00e8re instancel\u2019ayantcondamn\u00e9e \u00e0 payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9durede 750.-euros \u00e0SOCIETE3.), il convient en cons\u00e9quence de confirmer le jugement entrepris sur ce point. L\u2019appelanteayant succomb\u00e9 tant en premi\u00e8re instance qu\u2019en instance d\u2019appel, sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 rejeter. L\u2019intim\u00e9e, pour sa part, ne d\u00e9montrant pas l\u2019iniquit\u00e9 requise par les textes, sa demande est \u00e9galement \u00e0 rejeter. Les juges de premi\u00e8re instance ayant proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une saine r\u00e9partition des frais et d\u00e9pens de la premi\u00e8re instance, le jugement est encore \u00e0 confirmer sur ce point. C\u2019est encore pour les m\u00eames raisons qu\u2019il y a lieu de mettre \u00e0 charge de l\u2019appelantel\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel. En principe, les frais de justice comprennent les frais d&#039;expertise judiciaire (Morel, Trait\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire de proc\u00e9dure, n\u00b0 692, p.34) et sont \u00e0 supporter, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 238 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, par la partie qui succombe. Au vu de l\u2019issue du litige,les frais d\u2019expertisePERSONNE6.)etPERSONNE9.) seront \u00e0 supporter par l\u2019appelante. PAR CES MOTIFS la Cour d\u2019appel, neuvi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, vulesarr\u00eats N\u00b0132\/17-IV-COM du 12 juillet 2017, N\u00b047\/18-IV-COM du 28 mars 2018, N\u00b0 56\/23-IV-COM du 11 mai 2023 etN\u00b071\/24-IV-COM du4 juillet 2024; dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 surseoir \u00e0 statuer;<\/p>\n<p>19 ent\u00e9rine le rapportPERSONNE9.)du 29 ao\u00fbt 2023; d\u00e9clare l\u2019appelde la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)SARLnon fond\u00e9; confirmele jugement entrepris, quoique partiellement pour d\u2019autres motifs; dit les demandes en restitution d\u2019un trop per\u00e7u, sinon sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle, sinon sur base de l\u2019enrichissement sans cause formul\u00e9es en appel parla soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)SARL irrecevables; dit les demandes respectives des parties en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel non fond\u00e9es; condamnela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)SARLaux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, avec distraction au profit dela soci\u00e9t\u00e9 en commandite simplePERSONNE2.), repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes parMa\u00eetre Donata GRASSO, avocat concluant qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Danielle POLETTI, pr\u00e9sidentde chambre,en pr\u00e9sence du greffierassum\u00e9 Jil WEBER.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/20251215-000457\/20251203-ca09-38650-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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