{"id":596663,"date":"2026-04-18T19:29:21","date_gmt":"2026-04-18T17:29:21","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-juin-2025-n-2023-00489\/"},"modified":"2026-04-18T19:29:25","modified_gmt":"2026-04-18T17:29:25","slug":"cour-superieure-de-justice-26-juin-2025-n-2023-00489","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-juin-2025-n-2023-00489\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 juin 2025, n\u00b0 2023-00489"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b062\/25-IX\u2013CIV Audience publique duvingt-sixjuindeux mille vingt-cinq Num\u00e9roCAL-2023-00489du r\u00f4le Composition Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre, Danielle POLETTI, premier conseiller, Fran\u00e7oise WAGENER,premierconseiller, Linda CLESEN, greffierassum\u00e9. E n t r e: 1)PERSONNE1.), demeurant \u00e0 L-ADRESSE1.), 2)PERSONNE2.), demeurant \u00e0 L-ADRESSE2.), 3)la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)(ANC.SOCIETE2.)), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE3.), repr\u00e9sent\u00e9e par son\/ses g\u00e9rant\/s actuellement en fonctions, inscrite auregistre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourgsous le num\u00e9roNUMERO1.), 4)la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE3.)(ANC.SOCIETE4.)), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE3.), repr\u00e9sent\u00e9e par son\/ses g\u00e9rant\/s actuellement en fonction, inscrite auregistre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourgsous le num\u00e9roNUMERO2.), appelantsaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justicePatrick MULLERde Diekirch du31 mars 2023, comparant par Ma\u00eetrePascale HANSEN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Diekirch, e t:<\/p>\n<p>2 PERSONNE3.), demeurant \u00e0 L-ADRESSE4.), intim\u00e9aux termes du pr\u00e9dit exploitMULLERdu31 mars 2023, comparant par Ma\u00eetrePatrick KINSCH, avocat \u00e0 la Cour,demeurant \u00e0 Luxembourg, LA COUR D&#039;APPEL : Expos\u00e9 du litige Une meilleure compr\u00e9hension de ce litige justifie un bref rappel des faits et circonstances de la cause, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que la Cour d\u2019appel s\u2019inspire, \u00e0 cet effet, essentiellement des renseignements incontest\u00e9s, d\u00e9coulant des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et en partie contenus dans le jugement de premi\u00e8re instance, auquel il convient de renvoyer pour davantage de d\u00e9tails. Par acte sous seing priv\u00e9 du 21 d\u00e9cembre 1990,PERSONNE3.),PERSONNE1.) (PERSONNE1.))etPERSONNE2.)ont cr\u00e9\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE4.) (actuellement la soci\u00e9t\u00e9civileSOCIETE3.)). Le capital social a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 100.000.-francs luxembourgeois, repr\u00e9sent\u00e9 par 100 parts de 1.000.-francs (soit 24,79 euros) chacune. Lors de la constitution, les parts de la soci\u00e9t\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties comme suit: 40 parts pourPERSONNE3.), 40 parts pourPERSONNE1.)et 20 parts pour PERSONNE2.). \u00c0 la suite d\u2019unecession de parts sociales en date du 3 juin 1994,PERSONNE3.) s\u2019est vu attribuer34 parts,PERSONNE1.)s\u2019est \u00e9galement vu attribuer 34 parts et 32 parts ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es \u00e0PERSONNE2.). Par acte sous seing priv\u00e9 du 9 janvier 1991,PERSONNE3.),PERSONNE1.)et PERSONNE2.)ont encore cr\u00e9\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE2.)(actuellement la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)). Le capital social a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 100.000.-francs luxembourgeois, repr\u00e9sent\u00e9 par 100 parts de 1.000.-francs (soit 24,79 euros) chacune. Lors de la constitution, les parts de laditesoci\u00e9t\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties comme suit: 40 parts pourPERSONNE3.), 40 parts pourPERSONNE1.), et 20 parts pour PERSONNE2.). Par suite d\u2019unecession de parts sociales en date du 3 septembre 1996, PERSONNE3.)s\u2019est vu attribuer35 parts,PERSONNE1.)s\u2019est \u00e9galement vu attribuer 35 parts et 30 parts ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es \u00e0PERSONNE2.).<\/p>\n<p>3 Cette deuxi\u00e8me cession a \u00e9t\u00e9 suivie des trois cessionssuivantesqui forment l\u2019objetdu pr\u00e9sentlitige: 1.le10 mars 2005,PERSONNE3.)a c\u00e9d\u00e9 10 de ses partsde la soci\u00e9t\u00e9 civile SOCIETE2.)(actuellementSOCIETE1.))\u00e0PERSONNE1.)etPERSONNE2.) pour un prix de24,79 euros par part, 2.le 4 juin 2009,PERSONNE3.)a c\u00e9d\u00e9ses34 parts de la soci\u00e9t\u00e9 civile SOCIETE4.)(actuellementSOCIETE3.))\u00e0PERSONNE1.)etPERSONNE2.) pour un prix de 24,79 euros par part, et 3.le 15 octobre 2009,PERSONNE3.)ac\u00e9d\u00e9 ses 25 parts restantesde la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE2.)(actuellementSOCIETE1.))\u00e0PERSONNE1.)et PERSONNE2.)pour un prix de 24,79 euros par part, en ce sens quePERSONNE3.)a c\u00e9d\u00e9 \u00e0PERSONNE1.)etPERSONNE2.),ses 69 parts socialesqu\u2019il d\u00e9tenait dans les deux soci\u00e9t\u00e9spour un prix total de 1.710,51 euros. Le 15 d\u00e9cembre 2014, PERSONNE3.) a fait donner assignation \u00e0 PERSONNE1.),PERSONNE2.),la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)et lasoci\u00e9t\u00e9 civile SOCIETE3.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de Diekirch aux fins de: -voir d\u00e9clarer nulles les cessions de parts sociales des 10 mars 2005, 4 juin 2009 et 15 octobre 2009 sur base de l\u2019article 1591 du Code civil pour absence de prix s\u00e9rieux, -voir dire que les b\u00e9n\u00e9fices touch\u00e9s parPERSONNE1.)etPERSONNE2.)\u00e0 titre de la d\u00e9tention des parts sociales c\u00e9d\u00e9es doiventlui\u00eatre restitu\u00e9s, -voir condamnerPERSONNE1.)etPERSONNE2.)chacun \u00e0 lui payer le montant de 83.336,19 euros (= 166.672,38 euros \/ 2) avec les int\u00e9r\u00eatsau taux l\u00e9gal\u00e0 partir de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde, \u00e0 titre des b\u00e9n\u00e9fices r\u00e9alis\u00e9s lors des ann\u00e9es 2005 \u00e0 2008, -voir ordonner \u00e0PERSONNE1.)etPERSONNE2.)de communiquer le montant des b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019ils ont touch\u00e9s \u00e0 titre de la d\u00e9tention des parts sociales c\u00e9d\u00e9es pour les ann\u00e9es 2009 et suivantes dans le mois de la signification du jugement \u00e0 intervenir sous peine d\u2019une astreinte de 5.000.-euros par jour de retard, -voir condamnerPERSONNE1.)etPERSONNE2.)\u00e0 lui payer ledit montant des b\u00e9n\u00e9fices avec les int\u00e9r\u00eatsau taux l\u00e9gal\u00e0 partir de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde, -voir d\u00e9clarer le jugement \u00e0 intervenir commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.) et la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE3.), -voir condamnerPERSONNE1.) etPERSONNE2.) au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500.-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ainsi qu\u2019aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>4 Le 10 novembre 2016, PERSONNE3.) a fait donner assignation \u00e0 PERSONNE1.),PERSONNE2.)et\u00e0la soci\u00e9t\u00e9civileSOCIETE3.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissementde Diekirchaux fins de: -voir constater qu\u2019il est rest\u00e9 propri\u00e9taire des 34 parts sociales qu\u2019il d\u00e9tenait dans l\u2019ancienne soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE4.)\u00e0 laquelle il a \u00e9t\u00e9 irr\u00e9guli\u00e8rement donn\u00e9 la nouvelle d\u00e9signation socialeSOCIETE3.), -se voir donner acte qu\u2019il conteste avoir par un quelconque acte r\u00e9gulier pass\u00e9 sous seing priv\u00e9 ou devant notaire, c\u00e9d\u00e9 ses parts sociales \u00e0PERSONNE1.) etPERSONNE2.), -voir ordonner \u00e0PERSONNE1.)etPERSONNE2.)de communiquer le montant des b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019ils ont touch\u00e9s \u00e0 titre de la d\u00e9tention des parts sociales c\u00e9d\u00e9es pour les ann\u00e9es 2009 et suivantes dans le mois de la signification du jugement \u00e0 intervenir sous peine d\u2019une astreinte de 5.000.-euros par jour de retard, -voir d\u00e9clarer le jugement \u00e0 intervenir commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE3.), -voir condamnerPERSONNE1.) etPERSONNE2.) au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500.-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ainsi qu\u2019aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Saisi de ces demandes qui avaient \u00e9t\u00e9 jointes par ordonnance du 24 janvier 2017, le tribunal d\u2019arrondissement de Diekirch si\u00e9geant en mati\u00e8re civile a, par jugement du 17 janvier 2023: -dit recevable la premi\u00e8re assignation dePERSONNE3.)du 15 d\u00e9cembre 2014, -donn\u00e9acte \u00e0PERSONNE3.)qu\u2019il a renonc\u00e9 \u00e0 sa demande tendant \u00e0 voir d\u00e9clarer nulle la cession de parts sociales du 4 juin 2009 pour faux dans l\u2019acte notari\u00e9 la constatant telle que formul\u00e9e dans ses conclusions du 7 d\u00e9cembre 2015, -dit recevable la deuxi\u00e8me assignation dePERSONNE3.)du 20 novembre 2016, -dit que dans cette deuxi\u00e8me assignation du 20 novembre 2016, PERSONNE3.)a valablement reformul\u00e9 sa demande tendant \u00e0 voir d\u00e9clarer nulle la cession de parts sociales du 4 juin 2009 pour faux dans l\u2019acte notari\u00e9 la constatant, -dit recevable mais non fond\u00e9e la demande reconventionnelle de PERSONNE1.)etPERSONNE2.)tendant \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une indemnit\u00e9 pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire, la deuxi\u00e8me assignation dePERSONNE3.) du 20 novembre 2016 n\u2019\u00e9tant pas \u00e0 qualifier d\u2019abusive, ni de vexatoire, oquant \u00e0 la cession de parts sociales du 10 mars 2005: -dit non fond\u00e9s les moyens dePERSONNE1.)etPERSONNE2.)tir\u00e9s de l\u2019irrecevabilit\u00e9 et de la prescription de la demande dePERSONNE3.)tendant \u00e0 voir d\u00e9clarer nulle la cession de parts sociales du 10 mars 2005, -dit recevable et fond\u00e9e la demande dePERSONNE3.)tendant \u00e0 voir d\u00e9clarer nulle la cession de parts sociales du 10 mars 2005, -d\u00e9clar\u00e9nulle la cession des 10 parts sociales de la soci\u00e9t\u00e9civileSOCIETE2.) (actuellement la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)) parPERSONNE3.) \u00e0<\/p>\n<p>5 PERSONNE1.)etPERSONNE2.)en date du 10 mars 2005, pour absence de prix s\u00e9rieux, -ordonn\u00e9\u00e0PERSONNE1.)etPERSONNE2.)de communiquer les montants des b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019ils ont touch\u00e9s \u00e0 titre de la d\u00e9tention des parts sociales de PERSONNE3.)dans la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE2.)(actuellement la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)) depuis l\u2019ann\u00e9e 2005 jusqu\u2019\u00e0 ce jour, dans le mois de la signification du jugement, oquant aux cessions departs sociales des 4 juin 2009 et 15 octobre 2009: -rejet\u00e9l\u2019inscription de faux dePERSONNE3.), -avant tout autre progr\u00e8s en cause: admisPERSONNE1.)etPERSONNE2.)\u00e0 d\u00e9f\u00e9rer les serments d\u00e9cisoires suivants \u00e0PERSONNE3.): \u00abS\u2019il n\u2019est pas vrai que le prix de cession des 34 parts sociales de la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE4.)appartenant \u00e0PERSONNE3.)dans le cadre de la cession en date du 4 juin 2009 fut fix\u00e9 d\u2019un commun accord entre tous les associ\u00e9s au montant de 160.000.-euros.\u00bb et \u00abS\u2019il n\u2019est pas vrai que le prix de cession des 25 parts sociales de la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE2.)appartenant \u00e0PERSONNE3.)dans le cadre de la cession en date du 15 octobre 2009 fut fix\u00e9 d\u2019un commun accord entre tous les associ\u00e9s au montant de 90.000.-euros.\u00bb, -sursis\u00e0 statuer quant au surplus de l\u2019affaire, -r\u00e9serv\u00e9les demandes des parties ainsi que les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, -d\u00e9clar\u00e9le jugement commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)et la soci\u00e9t\u00e9 civile SOCIETE1.). Pour statuer ainsi, apr\u00e8s avoir \u00e9cart\u00e9 le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 de la deuxi\u00e8me assignation dePERSONNE3.)pour \u00eatre contraire \u00e0 la premi\u00e8re et rejet\u00e9 la demande reconventionnelle dePERSONNE1.)etPERSONNE2.)en allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire en raison de cette deuxi\u00e8me assignation, les juges de premi\u00e8re instance ont analys\u00e9 les trois cessions de parts sociales critiqu\u00e9es. S\u2019agissant dela premi\u00e8re cession de parts sociales du 10 mars 2005, lesdits magistratsse sont r\u00e9f\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019article 1591 du Code civilaux termes duquel le prix de la vente doit \u00eatre d\u00e9termin\u00e9 et d\u00e9sign\u00e9 par les parties. Ils ont ensuiterelev\u00e9(i) qu\u2019il n\u2019est pas contest\u00e9 que les 10 parts ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9es pour un prix de 24,79 euroschacune,(ii) qu\u2019il r\u00e9sulte du rapport dress\u00e9 par la CompagnieLuxembourgeoise d\u2019Expertise et deR\u00e9visionComptable (SOCIETE5.))du 16 mai 2014 qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, la valeur des parts\u00e9tait de loinplus \u00e9lev\u00e9e alors que pour les 25 parts qu\u2019il d\u00e9tenait encore dans la soci\u00e9t\u00e9 civile SOCIETE2.),PERSONNE3.) s\u2019est vu attribuer en 2005, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration de 7.500.-euros par mois, un b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un montant de 103.920,44 euros, (iii) que tout en contestant la pertinence du rapportSOCIETE5.), PERSONNE1.)etPERSONNE2.)ne contestent pas que la soci\u00e9t\u00e9 civile SOCIETE2.)ag\u00e9n\u00e9r\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices importants en 2005et (iv) que ces derniers ont,en cours d\u2019instance,affirm\u00e9 que latroisi\u00e8me cession de parts,qui a port\u00e9 sur<\/p>\n<p>6 les 25 parts restantes de la soci\u00e9t\u00e9 concern\u00e9e,n\u2019auraiten r\u00e9alit\u00e9 pas port\u00e9 sur un prix de 24,79 euros par part, tel que figurant dans l\u2019acte authentique la documentant, mais sur un montant total de 90.000.-euros. Les jugesen ont d\u00e9duit que dans ces conditions,PERSONNE3.)a \u00e9tabli \u00e0 suffisance de droit que la cession de parts sociales du 10 mars 2005, n\u2019a pas port\u00e9 sur un prix s\u00e9rieux. Pour rejeter ensuite les moyensdePERSONNE1.)etdePERSONNE2.)tir\u00e9s de l\u2019irrecevabilit\u00e9 et de la prescription de la demande dePERSONNE3.), lesjuges de premier degr\u00e9 ont consid\u00e9r\u00e9que la vente consentie sans prix s\u00e9rieux, vente \u00e0 laquelle est assimil\u00e9e la vente \u00e0 prix d\u00e9risoire, est affect\u00e9e d\u2019une nullit\u00e9 qui, fond\u00e9e sur l\u2019absence d\u2019un \u00e9l\u00e9ment essentiel du contrat, est une nullit\u00e9 absolue soumise \u00e0 la prescription trentenaire de droit commun et que d\u00e8s lors,la prescription quinquennale instaur\u00e9e par l\u2019article 1304 du Code civil ne trouve pas application.Ils ont encore consid\u00e9r\u00e9 que lademandeen nullit\u00e9n\u2019est pas non plus soumise au d\u00e9lai de prescription d\u2019un an de l\u2019article 1118 du Code civil, PERSONNE3.)n\u2019ayant aucunement fait \u00e9tat de l\u2019existence d\u2019une l\u00e9sion dans son chef. En se rapportant aux consid\u00e9rations reprises ci-dessus, les m\u00eames juges ont dit la demande dePERSONNE3.)fond\u00e9e etont d\u00e9clar\u00e9 la cession de partssociales du 10 mars 2005 nullepour absence de prixs\u00e9rieux. Encons\u00e9quence de cette nullit\u00e9,ils ont retenu quePERSONNE3.)peut pr\u00e9tendre r\u00e9troactivement \u00e0 sa part des b\u00e9n\u00e9fices de la soci\u00e9t\u00e9 civile SOCIETE2.)\u00e0 compterdu 10 mars 2005 et ont ordonn\u00e9 \u00e0PERSONNE1.)et PERSONNE2.)de communiquer, dans le mois de la signification du jugement, les montants des b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019ils ont touch\u00e9sautitre de la d\u00e9tention des parts sociales dePERSONNE3.)dansla soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.),depuis l\u2019ann\u00e9e 2005 jusqu\u2019au jour dujugement. \u00c9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tabli quePERSONNE1.) etPERSONNE2.)ne s\u2019ex\u00e9cuteraientpas, cette injonction n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 assortie d\u2019uneastreinte. Concernantla deuxi\u00e8me cession de parts sociales du 4 juin 2009,le tribunal a rejet\u00e9la demande principale dePERSONNE3.)en inscriptionde faux visant l\u2019acte notari\u00e9re\u00e7u parMa\u00eetre Urbain THOLL le4 juin 2009. Quant \u00e0 la demande subsidiaire tendant \u00e0 l\u2019annulation de la cession de parts sociales pour absence de prix s\u00e9rieux, ledit tribunal a relev\u00e9 quePERSONNE1.) etPERSONNE2.)sont, apr\u00e8s avoir repris les m\u00eames moyens d\u2019irrecevabilit\u00e9 et de prescription de la demande, revenus sur leur position initiale etont faitvaloir qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, le prix convenu d\u2019un commun accord entre parties pour la cession des 34 parts sociales d\u00e9tenues parPERSONNE3.)dans la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.) aurait \u00e9t\u00e9 de 160.000.-euros, montant qu\u2019ils seraient toujours dispos\u00e9s \u00e0 r\u00e9gler \u00e0 ce dernier. Letribunalen a d\u00e9duitquePERSONNE1.)etPERSONNE2.) entendent, de mani\u00e8re certes implicite, mais non \u00e9quivoque, exercer l\u2019action en simulation.<\/p>\n<p>7 Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre r\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019article 1321 du Code civil, le tribunal a longuementexpos\u00e9 les r\u00e8gles de preuve d\u00e9coulant de l\u2019article 1341 du m\u00eame code. Il aconsid\u00e9r\u00e9 quele sermentd\u00e9cisoiretel que formul\u00e9 parPERSONNE1.)etPERSONNE2.) tendant \u00e0 \u00e9tablir l\u2019existence d\u2019une \u00abcontre-lettre orale\u00bbsatisfait aux conditions pr\u00e9vues par les articles 1358 et 1359 du Code civilet admis, avant tout autre progr\u00e8s en cause,PERSONNE1.)etPERSONNE2.)\u00e0 d\u00e9f\u00e9rer \u00e0PERSONNE3.) le sermentd\u00e9cisoire tel que repris ci-dessus. Ence qui concernela troisi\u00e8me cession de parts sociales du 15 octobre 2009, apr\u00e8s avoir constat\u00e9 quePERSONNE1.)etPERSONNE2.)sont ici aussi revenus sur leur position en faisantvaloirqu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, le prix convenu d\u2019un commun accord entre parties pour la cession des 25 parts sociales restantes d\u00e9tenues par PERSONNE3.)dans la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE2.)aurait \u00e9t\u00e9 de 90.000.-euros, le tribunal a, pour les m\u00eames motifs que ceux expos\u00e9sen rapport avec la deuxi\u00e8me cession de parts, admisPERSONNE1.)etPERSONNE2.)\u00e0 d\u00e9f\u00e9rer \u00e0 PERSONNE3.)le serment d\u00e9cisoire tel que repris ci-dessus. Dans l\u2019attente, le tribunal a sursis\u00e0 statuer sur le surplus de l\u2019affaire et a r\u00e9serv\u00e9 les demandes des parties ainsi que les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. En dernier lieu, il a d\u00e9clar\u00e9 le jugement commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.) et \u00e0 la civile soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). De ce jugement leur signifi\u00e9 les 23 et 24 f\u00e9vrier 2023,PERSONNE1.), PERSONNE2.), la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)et la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE3.)ont, par acte d\u2019huissier de justice du 31 mars 2023,relev\u00e9appellimit\u00e9 quant \u00e0 la partie du dispositif ayant statu\u00e9 sur lapremi\u00e8recession de parts sociales du 10 mars 2005. L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e par ordonnance du7 mars 2025et les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s que l\u2019affairepara\u00eetrait\u00e0 l\u2019audience du 26mars 2025. A cette date, l\u2019affairea \u00e9t\u00e9plaid\u00e9e etprise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019accord des parties conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 227 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.Les parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9es de la date du prononc\u00e9. Discussion Aux termes de leur acte d\u2019appel,PERSONNE1.),PERSONNE2.), la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)et la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE3.)(ci-apr\u00e8s: les appelants) demandent, par r\u00e9formation du jugement entrepris, principalement \u00e0 voir dire irrecevable la demande en nullit\u00e9 de la cession de parts sociales du 10 mars 2005 sur base de l\u2019article 1118 du Code civil, subsidiairement \u00e0 voir direprescrite ladite demande en application de l\u2019article 1304 du Code civil, plus subsidiairement, \u00e0 la voir dire non fond\u00e9eainsi qu\u2019\u00e0 voirdire non fond\u00e9e la demande en communication des b\u00e9n\u00e9fices touch\u00e9s par PERSONNE1.)et PERSONNE2.)autitre de la d\u00e9tention des parts sociales dePERSONNE3.)dans la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)depuis l\u2019ann\u00e9e 2005 jusqu\u2019\u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>8 Ils concluent encore \u00e0 la condamnation dePERSONNE3.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel. Pour voir statuer dans ce sens, les appelants font valoir qu\u2019endroit luxembourgeois, sauf les r\u00e8gles particuli\u00e8res \u00e0 certains contrats ou \u00e0 l&#039;\u00e9gard de certaines personnes, la l\u00e9sionseraitadmise de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale comme cause de rescision, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que la sanction de la l\u00e9sionseraitla nullit\u00e9 relative du contrat. Ainsi, si l\u2019intim\u00e9 avait estim\u00e9 que d\u00e8s la conclusion de la cession litigieuse que le prix\u00e9taitdisproportionn\u00e9, il lui aurait appartenu d\u2019agir en rescision pour l\u00e9sion. En effet, \u00e0supposer que le prix de vente des parts sociales soit d\u00e9risoire, cela ne justifierait pas pour autant la nullit\u00e9 absolue de la cession de parts, mais tout au plus une rescision pour l\u00e9sion.Selon les appelants,qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 un ouvrage de doctrine belge (Henri DePageTrait\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire de droit civil belge T. IV Les principaux contrats vol. 1 \u00e9d., 1997, par Anne Meinertzhagen-Limpens n o 43), le contrat de vente qui \u00e9nonce un prix d\u00e9risoire, ou vil,auraitune causeet ne serait pas vici\u00e9 par ce vil prix. Le prix \u00e9tant disproportionn\u00e9 \u00e0 la valeur de la chose,l\u2019on se trouverait dans un autre domaine, celui dela disproportion entre les prestations r\u00e9ciproques, c\u2019est-\u00e0-dire de la l\u00e9sion. Led\u00e9lai d&#039;action d&#039;un an pr\u00e9vu parl\u2019article 1118 du Code civilayant \u00e9t\u00e9largement d\u00e9pass\u00e9 au moment de l&#039;introduction de la demandeen date du 15 d\u00e9cembre 2014, ce serait \u00e0 tort que le tribunal ne l\u2019a pas d\u00e9clar\u00e9eirrecevable sur fondement de cette disposition l\u00e9gale. Les appelants poursuivent que ce serait \u00e9galement \u00e0 tort que les juges de premi\u00e8re instance ontretenuque l&#039;action en nullit\u00e9dirig\u00e9e contre la cession de parts du 10 mars 2005n&#039;est pas prescrite par application del&#039;article 1304 du Code civil, alors que le prix d\u00e9risoireseraitsanctionn\u00e9 par unenullit\u00e9 relative, et non par une nullit\u00e9 absolue. La jurisprudence classique aurait, certes,toujours retenu une nullit\u00e9 absolue, mais plusieurs arr\u00eatsplus r\u00e9centsdela Cour de cassation fran\u00e7aise(1 re Chambre civile et 3 e Chambre civile),intervenusavant la r\u00e9forme de 2016ayantalign\u00e9 le d\u00e9lai de l&#039;action en nullit\u00e9 absolue sur le d\u00e9lai de l&#039;action en nullit\u00e9 relative, auraientconsacr\u00e9 le caract\u00e8re relatif de la nullit\u00e9 pour absence de cause dans l&#039;esprit de la th\u00e9orie moderne des nullit\u00e9s.L&#039;arr\u00eat de la Cour d&#039;appel du 4 f\u00e9vrier 2009 (Pas. 34, p. 421) cit\u00e9 par lejugement entrepris feraitr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un seul arr\u00eat de la chambre commerciale de la Cour de cassation fran\u00e7aisedu23 octobre 2007,n\u00b006-13.979, Bull. civ. IV, n\u00b0266)pour retenir que le d\u00e9lai pour agirserait de trente ans. Cette d\u00e9cision fran\u00e7aiseaurait pourtant \u00e9t\u00e9minoritaire\u00e0 l\u2019\u00e9poque et refl\u00e8terait une position dissidente de lachambre commerciale. De nombreuses d\u00e9cisions destribunauxd&#039;arrondissement de Diekirch et de Luxembourgconsid\u00e9reraientaujourd\u2019huique l&#039;absence de cause constitue une injustice contre laquelle il faut prot\u00e9ger la partie l\u00e9s\u00e9e, mais qu&#039;elle ne porte aucune atteinte \u00e0 l&#039;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, pour retenir en cons\u00e9quencequela nullit\u00e9, protectrice de l&#039;int\u00e9r\u00eat particulier de l&#039;un des contractants, ne doit \u00eatre qu&#039;une nullit\u00e9 relative\u00e0 laquelle s\u2019appliquela prescription quinquennale de l&#039;article 1304<\/p>\n<p>9 du Code civil.Un arr\u00eat r\u00e9cent de la Cour d&#039;appel auraitstatu\u00e9 \u00e9galement implicitement en ce sens (Cour d&#039;appel, 21 d\u00e9cembre 2021,n\u00b043989 du r\u00f4le), en retenant que l\u2019article 1304 du Code civil ne vise que lanullit\u00e9 relativequi \u00abconcerne\u2026 notamment les cas suivants:vices de consentements, l\u00e9sion ou d\u00e9s\u00e9quilibre du contrat, d\u00e9faut de cause d&#039;une obligation\u00bb. Les appelants donnent encore \u00e0 consid\u00e9rer que ladoctrine fran\u00e7aise dominante, en partant du constat qu&#039;une vente \u00e0 prix d\u00e9risoire correspond \u00e0 une absence de cause,se serait clairementprononc\u00e9e en faveur de la nullit\u00e9 relative d&#039;une telle vente. L&#039;absence de causeserait\u00e9galement une cause de nullit\u00e9 relative en droit belgeet cette positionserait aussid\u00e9fendue par la doctrine luxembourgeoise. Ilsend\u00e9duisent quela demandedePERSONNE3.)ennullit\u00e9 de la cession de parts en date du 10 mars 2005seraitprescrite,en application de l\u2019article 1304 du Code civil.Le jugement entrepris devrait donc\u00e9galement\u00eatre r\u00e9form\u00e9sur ce point. Plus subsidiairement,quant au bien-fond\u00e9 de lademande en nullit\u00e9 de la cession de partssociales, les appelants demandent \u00e0 la voirdire non fond\u00e9eet \u00e0 voir dire que ladite cessiondu 10 mars 2005n\u2019est pas nulle,\u00e0 d\u00e9faut deprix d\u00e9risoire. Le rapport unilat\u00e9ralSOCIETE5.)que l&#039;intim\u00e9 a fait \u00e9tablirseraitcontest\u00e9 pour ne pas avoir d&#039;assise r\u00e9elle. L&#039;\u00e9valuation de la quote-part de l&#039;intim\u00e9 au 31 d\u00e9cembre 2008seraitsans rapport avec la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomiqueet lademandeadverseen institution d&#039;une expertiseserait\u00e0 rejeter. Parvoie de cons\u00e9quence, en l\u2019absence d\u2019annulation de la cession, la demande en communication du montant des b\u00e9n\u00e9fices touch\u00e9s pour les ann\u00e9es 2005 et suivantesserait \u00e0rejeter comme non fond\u00e9e.Il s\u2019y ajouterait quePERSONNE3.) aurait \u00e9t\u00e9associ\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)jusqu&#039;en 2009etaurait connaissance descomptes annuelsde la soci\u00e9t\u00e9relatifs aux exercices 2005\u00e0 2009, de sorte quelademandeen communication du montant des b\u00e9n\u00e9ficesne serait pasnon plus justifi\u00e9eau vu decette consid\u00e9ration. Le jugementdont appelseraitpartant \u00e0 r\u00e9former. PERSONNE3.)revient d\u2019abord sur sa version des faits, exposantqu\u2019\u00e0 l\u2019occasion des trois cessions en cause,il aurait c\u00e9d\u00e9 ses 69 partssociales dans les deux soci\u00e9t\u00e9s concern\u00e9es pourun prix total de1.710,51 euros,prix qui n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle,tel que pr\u00e9vu dans les statutsdes soci\u00e9t\u00e9s concern\u00e9es, tandis qu\u2019envertu durapportunilat\u00e9ral deSOCIETE5.)du 16 mai 2014,le prix total des partsc\u00e9d\u00e9esaurait d\u00fb \u00eatre \u00e9valu\u00e9 au minimum \u00e0 2.850.000.-euros. Quant \u00e0la cession du 10 mars 2005, l\u2019intim\u00e9explique qu\u2019elleaurait\u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e dans un souci de se conformer aux r\u00e8gles \u00e9mises par l&#039;Ordre des architectes et des ing\u00e9nieurs-conseils (OAI) en vertu desquelles, 75% des parts sociales d&#039;une soci\u00e9t\u00e9 d&#039;architectes doivent \u00eatre d\u00e9tenus par des architectes inscrits \u00e0 l&#039;OAI, alors qu\u2019il n\u2019aurait pas pu\u00eatre inscrit \u00e0 l&#039;OAIen tant qu&#039;architecte d&#039;int\u00e9rieur.Il aurait\u00e9t\u00e9 convenu entrepartiesque la cession des 10 parts parPERSONNE3.) n&#039;allait avoir de cons\u00e9quences ni sur la r\u00e9mun\u00e9ration ni sur la valeur de la<\/p>\n<p>10 participationde l\u2019intim\u00e9dans la soci\u00e9t\u00e9.Toutefois, lors de la r\u00e9partition du b\u00e9n\u00e9fice de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)des ann\u00e9es 2005 \u00e0 2008, la part du b\u00e9n\u00e9fice luiattribu\u00e9eaurait\u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e sur baseseulementdes25 partsrestantesau lieu des 35 qu&#039;il aurait \u00e9t\u00e9convenu de consid\u00e9rer. La part de b\u00e9n\u00e9fice relative \u00e0 cette diff\u00e9rence s&#039;\u00e9l\u00e8veraitau montant de 166.672,38euros, conform\u00e9ment \u00e0 l&#039;\u00e9valuation faite parSOCIETE5.)dans son rapportdu 16 mai 2014. En droit,PERSONNE3.), concluant \u00e0 la recevabilit\u00e9 de l\u2019appel au regard des articles 579 et 580 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile,faitvaloir que letribunal aurait,\u00e0 juste titre, rejet\u00e9 ladoublefin de non-recevoir tir\u00e9e de la prescription oppos\u00e9e par les parties adverses. Une vente consentie au moyen d&#039;un prix d\u00e9risoireseraitassimil\u00e9e parla jurisprudence constante \u00e0 une vente entach\u00e9e d\u2019uneabsence de prix.Le prix \u00e9tantl&#039;objet m\u00eame de la prestation de l&#039;acqu\u00e9reuren vertu de l\u2019article 1582 du Code civil,dans une telle vente,l&#039;objet de la prestation de l&#039;un des contractants seraitinexistant. D\u00e8s lorsque l&#039;un des \u00e9l\u00e9ments constitutifs de cette vente ferait d\u00e9faut,la vente seraitnulle.Il s\u2019agirait d\u2019unenullit\u00e9 absolueet elle ne se confondrait pas avec la l\u00e9sion. L&#039;article 1118 du Code civil, quiserait certesd&#039;application g\u00e9n\u00e9rale, ne contiendraitaucune r\u00e8gle automatique de rescision des ventes, quelle que soit la disproportion qui existe entre les prestations des deux partieset iln&#039;emp\u00eacherait pas le vendeur d&#039;un bien d\u2019agir enannulation de la vente pour d\u00e9faut de prix s\u00e9rieux, si la disproportion est non seulement une \u00abdisproportion \u00e9vidente\u00bb au sens dudit article,mais une disproportion totale, correspondant \u00e0 un prix d\u00e9risoire, c&#039;est-\u00e0-dire, en substance, \u00e0 un prix pratiquement inexistant.La cession de parts en cause rel\u00e8verait decette derni\u00e8re hypoth\u00e8se, \u00e0 laquelle l&#039;article 1118 du Code civilserait\u00e9tranger. La nullit\u00e9 de cette vente ne serait, contrairement au sout\u00e8nement desappelants, pasune nullit\u00e9 relative soumise \u00e0 la prescription quinquennale de l&#039;article 1304 du Code civil, mais il s\u2019agirait d\u2019une nullit\u00e9 absolue, ainsi qu&#039;il r\u00e9sulteraitde la vision classique des \u00e9l\u00e9ments constitutifs d&#039;un contrat de vente. Une nullit\u00e9 absolueseprescriraitpar 30 ans; cetteprescriptionserait d\u2019application en l\u2019esp\u00e8ce, compte tenu de la gravit\u00e9 du vice d&#039;une vente conclue sans prix s\u00e9rieux. Les tribunaux luxembourgeois n\u2019auraient pas suivi la jurisprudence de la Cour de cassation fran\u00e7aise cit\u00e9e par les appelants;la Courd\u2019appel aurait au contraire maintenu la solution classique de la nullit\u00e9 absoluedanssonarr\u00eat du 4f\u00e9vrier 2009cit\u00e9 par le jugement entrepris. La question aurait \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 la Cour de cassation quiaurait maintenul&#039;analyse classique selon laquelle il s&#039;agit d&#039;une nullit\u00e9 absolue soumise \u00e0 la prescription trentenaire de l&#039;article 2262 du Code civil (Cour de cassation,6juillet 2017,n\u00b057\/2017), par confirmation dela position de laCour d\u2019appel du 18 mai 2016 (n\u00b039020et39430 du r\u00f4le). Dans cette affaire, leParquet G\u00e9n\u00e9ralaurait\u00e9galementpr\u00e9conis\u00e9 l\u2019application de la th\u00e9orie classique des nullit\u00e9slaquelle permettrait d\u2019assurerune s\u00e9curit\u00e9 juridique aux justiciables, apr\u00e8s avoirsoulign\u00e9quel&#039;\u00e9volution jurisprudentielle fran\u00e7aise se seraitvisiblementinspir\u00e9ed&#039;un mouvement l\u00e9gislatifvers un raccourcissement des d\u00e9lais de prescription, en cours en France mais non repris au Luxembourg.<\/p>\n<p>11 PERSONNE3.)en conclutque son action ne serait d\u00e8s lors pas prescrite etque l\u2019appelserait\u00e0 dire non fond\u00e9 quant \u00e0 ces points. Quant au fond,l\u2019intim\u00e9 insistesurleprix d\u00e9risoirequine serait pascontestable en l\u2019esp\u00e8ce.La cession de partscritiqu\u00e9e aurait eulieu en 2005 pour un prix de 24,79eurospar part,correspondant\u00e0 laseule valeur nominale des parts, telle qu&#039;elle r\u00e9sultait de leur souscription en 1991. Pourtant, il ne serait pas contest\u00e9 par les appelants quela soci\u00e9t\u00e9 aitfait des b\u00e9n\u00e9fices importants, et continuerait d&#039;en faire en 2005. Selon l\u2019intim\u00e9, unprix de vente qui ne tiendraitaucuncompte de ces b\u00e9n\u00e9ficesserait unprix de vente d\u00e9risoire ; il ne respecteraitpas les principes g\u00e9n\u00e9ralement adopt\u00e9spour lad\u00e9termination du prix de vente de parts sociales.Le rapportSOCIETE5.),m\u00eame s\u2019il est unilat\u00e9ral,serait\u00e9loquentquant \u00e0 la valeur r\u00e9elle des parts c\u00e9d\u00e9es. De plus, ainsi que le tribunal l\u2019ajustement relev\u00e9, les appelants auraient admis que la cession des 25 parts restantes ne se seraitpas faite pour le prix de 24,79 eurostel qu\u2019indiqu\u00e9 dans l\u2019acte de cession, mais pour un montant total de 90.000.-euros. L\u2019appel ne serait donc pas fond\u00e9 et le jugementserait\u00e0 confirmer. Subsidiairement,PERSONNE3.)reprendson offre de preuve par expertise afin d\u2019\u00e9tablir la valeur r\u00e9elle des parts c\u00e9d\u00e9es. A titre plus subsidiaire et pour lecas o\u00f9 l&#039;appel serait jug\u00e9 fond\u00e9,PERSONNE3.) r\u00e9it\u00e8re sa demande subsidiaire tendant \u00e0 fairerespecterl&#039;engagementqui aurait \u00e9t\u00e9pris \u00e0 son \u00e9gard le 10 mars 2005 par les deux cessionnairesPERSONNE1.) etPERSONNE2.), \u00e0 savoir qu\u2019ilcontinuerait d&#039;\u00eatre trait\u00e9, au niveau financier, comme si les10partssociales n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9es.Il demande ainsi, au titre des b\u00e9n\u00e9fices non vers\u00e9s,la condamnation dePERSONNE1.)(acqu\u00e9reur de 4 parts)au paiement dela somme de66.668,95 euros etdePERSONNE2.) (acqu\u00e9reur de 6 parts) au paiement dela somme de100.003,43 euros,soit la somme totale de 166.672,38 euros d\u00e9gag\u00e9e par le rapportSOCIETE5.),chaque fois avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 compter du 15d\u00e9cembre 2014jusqu&#039;\u00e0 solde. Dans la mesure o\u00f9les appelants contestent, comme en premi\u00e8re instance, cette demande, il r\u00e9it\u00e8re son offre de preuve par d\u00e9lation de serment d\u00e9cisoire sur les questions suivantes: o\u00e0PERSONNE1.): \u00abS&#039;il n&#039;est pas vrai que le 10 mars 2005, M. PERSONNE1.)s&#039;est engag\u00e9 \u00e0 l&#039;\u00e9gard du concluant de traiter le concluant, au niveau financier comme si les 4 parts deSOCIETE2.)&amp; associ\u00e9s n&#039;avaient pas \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9es \u00e0 M.PERSONNE1.)\u00bb; o\u00e0PERSONNE2.): \u00abS&#039;il n&#039;est pas vrai que le 10 mars 2005, M. PERSONNE2.)a acquiesc\u00e9 \u00e0 traiter le concluant, au niveau financier, comme si les6 parts deSOCIETE2.)&amp; associ\u00e9s n&#039;avaient pas \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9es \u00e0 M.PERSONNE2.)\u00bb. En r\u00e9plique\u00e0 lademande subsidiaire de l&#039;intim\u00e9 tendant \u00e0 la condamnation de PERSONNE1.)et dePERSONNE2.)au paiement du montant de166.672,38 euros,au titre des b\u00e9n\u00e9fices r\u00e9alis\u00e9s,les appelantsfont valoirqu\u2019\u00e0la suite de<\/p>\n<p>12 la cession de parts du 10 mars 2005,les b\u00e9n\u00e9fices attribu\u00e9s \u00e0PERSONNE3.) auraient \u00e9t\u00e9calcul\u00e9s strictement sur base des 25 partsrestanteslui ayant appartenu.Dans les ann\u00e9es qui ont suivi cette cession, l&#039;intim\u00e9 n&#039;auraitjamais revendiqu\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices calcul\u00e9s en tenant compte des 35 parts qu&#039;il d\u00e9tenait ant\u00e9rieurement.L\u2019existence d\u2019un accorddans le sens voulu par l\u2019intim\u00e9 serait formellementcontest\u00e9e.Pour cette raison,l&#039;offre de preuve par serment d\u00e9cisoire serait\u00e0 rejeteret la demande adverse\u00e0d\u00e9clarer non fond\u00e9e. Appr\u00e9ciation de la Cour La recevabilit\u00e9 de l\u2019appel L\u2019appel ne visant que la partie du dispositif du jugement du 17 janvier 2023 dans laquelle le tribunal a (i) dit non fond\u00e9sles moyens tir\u00e9s de l\u2019irrecevabilit\u00e9 et de la prescription de la demande tendant \u00e0 voir d\u00e9clarer nulle la cession de parts sociales du 10 mars 2005,(ii)dit recevable et fond\u00e9e laditedemandeen annulation dela cession de parts,(iii) d\u00e9clar\u00e9nulle la cession des 10 parts sociales de lasoci\u00e9t\u00e9civileSOCIETE2.)parPERSONNE3.)\u00e0PERSONNE1.)et \u00e0PERSONNE2.)en date du 10 mars 2005,pour absence de prix s\u00e9rieux,et (iv) ordonn\u00e9\u00e0PERSONNE1.)et\u00e0PERSONNE2.)de communiquer les montants des b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019ils ont touch\u00e9s \u00e0 titre de la d\u00e9tention des parts sociales de PERSONNE3.)dans laditesoci\u00e9t\u00e9, est recevable au regard des dispositions des articles 579 et 580 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. L\u2019appel ayant pour le surplus \u00e9t\u00e9 introduit dans les formes et d\u00e9lai de la loi,et n\u2019\u00e9tant pas critiqu\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard,est \u00e9galement recevable sous cet aspect. Au fond 1.La recevabilit\u00e9 de la demande en annulation delacession de parts Dans un souci de logique juridique, il convient d\u2019examiner dans un premier temps les moyens d\u2019irrecevabilit\u00e9 et de prescriptionoppos\u00e9s \u00e0la demande en annulation de la cession de parts du 10 mars 2005 pr\u00e9sent\u00e9e parPERSONNE3.), avant d\u2019analyser lebien-fond\u00e9 de cette demande. -L\u2019article 1118 du Code civil L\u2019article 1118 du Code civil dispose : \u00abSauf les r\u00e8gles particuli\u00e8res \u00e0 certains contrats ou \u00e0 l&#039;\u00e9gard de certaines personnes, la l\u00e9sion vicie le contrat, lorsqu&#039;elle r\u00e9sulte d&#039;une disproportion \u00e9vidente au moment de la conclusion du contrat entre la prestation promise par l&#039;une des parties et la contre-partie de l&#039;autre et que cette disproportion a \u00e9t\u00e9 introduite dans le contrat par exploitation d&#039;une position de force, en abusant sciemment de la g\u00eane, de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ou de l&#039;inexp\u00e9rience de l&#039;autre partie. La charge de la preuve incombe \u00e0 la partie qui se pr\u00e9tend l\u00e9s\u00e9e.<\/p>\n<p>13 La partie l\u00e9s\u00e9e pourra, n\u00e9anmoins, demander l&#039;ex\u00e9cution du contrat, apr\u00e8s r\u00e9duction des obligations l\u00e9sionnaires. L&#039;action en rescision du contrat ou en r\u00e9duction des obligations doit \u00eatre exerc\u00e9e dans un d\u00e9lai d&#039;un an \u00e0 partir de la conclusion du contrat\u00bb. La l\u00e9sion peut \u00eatre d\u00e9finie comme le pr\u00e9judice subi par un contractant, li\u00e9 au d\u00e9s\u00e9quilibre existant d\u00e8s la formation du contrat entre la prestation fournie par ce contractant et celle re\u00e7ue de l\u2019autre partie. Le prix de vente est l\u00e9sionnaire quand il traduit un d\u00e9faut d\u2019\u00e9quivalence avec la chose vendue. Le prix l\u00e9sionnaire n\u2019est pas un prix vil, car, \u00e0 la diff\u00e9rence de celui-ci, iln\u2019est pas hors de proportion, mais dans une proportion insuffisante avec la valeur du bien vendu. L\u2019action en nullit\u00e9 pour vilet\u00e9 du prixsur base de l\u2019article 1591 du Code civilest distincte de l\u2019action en rescision pourcause del\u00e9sionbas\u00e9e sur l\u2019article 1118 du m\u00eame code,ces deux actions diff\u00e8rent tant par leur cause que par leurs conditions d\u2019exercice. CommePERSONNE3.)aagien premi\u00e8re instanceenannulation de la vente du 10 mars2005uniquementpour prix d\u00e9risoiresurbase del\u2019article1591 du Code civil etn\u2019a pasinvoqu\u00e9la rescisionde la ventepour cause de l\u00e9sion, c\u2019est \u00e0 juste titre que la juridiction de premi\u00e8re instance a retenu que l\u2019article 1118 du Code civil pr\u00e9cit\u00e9 ne trouve pas \u00e0 s\u2019appliquer en l\u2019esp\u00e8ce. L\u2019appel n\u2019est en cons\u00e9quence pas fond\u00e9 et le jugement \u00e0 confirmer sur ce point. -L\u2019article 1304 du Code civil Aux termes de l\u2019article 1304 du Code civil \u00abDans tous les cas o\u00f9 l\u2019action en nullit\u00e9 ou en rescision d\u2019une convention n\u2019est pas limit\u00e9e \u00e0 un moindre temps par une loi particuli\u00e8re, cette action dure cinq ans\u00bb. Bien que le texte ne le dise pas express\u00e9ment, c\u2019est \u00e0 juste titre que PERSONNE3.)fait valoir que ce texte ne vise que les actions en nullit\u00e9 relative, les actions en nullit\u00e9 absolue \u00e9tant soumises \u00e0 la prescription trentenaire de l\u2019article 2262 duCode civil(cf.P. Ancel, Contrats et Obligations conventionnelles en droit luxembourgeois, Ed Larcier, n\u00b0433;JurisClasseur,Codecivil(archives), art. 1304 \u00e0 1314, fasc. 40, n\u00b063). Sont \u00e0 consid\u00e9rer comme nullit\u00e9s relatives toutes les nullit\u00e9s sanctionnant la violation de r\u00e8gles destin\u00e9es \u00e0 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s.La nullit\u00e9 relative concerne les cas o\u00f9 la r\u00e8gle m\u00e9connue prot\u00e9geait un int\u00e9r\u00eat particulier : la nullit\u00e9 est alors \u00abrelative \u00e0 un contractant\u00bb, celui qui \u00e9tait prot\u00e9g\u00e9 par la r\u00e8gle m\u00e9connue.Lesnullit\u00e9s absoluesvisent en revanchela violation des r\u00e8gles tourn\u00e9es vers l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.La nullit\u00e9 absolue concerne la plupart des r\u00e8gles qui ont trait non point aux parties, mais au\u00abcontrat lui-m\u00eame\u00bb (cf. Cour d\u2019appel 21 d\u00e9cembre 2021, n\u00b043989 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>14 Cette distinction conduit \u00e0 dire que la nullit\u00e9 relative prot\u00e8ge la libert\u00e9 du consentement, tandis que la nullit\u00e9 absolue la d\u00e9truit. La nullit\u00e9 relative est celle qui permet de ne pas ex\u00e9cuter un engagement qu\u2019on n\u2019a pas librement contact\u00e9, tandis que lanullit\u00e9 absolue emp\u00eache d\u2019ex\u00e9cuter un engagement librement contract\u00e9 (cf.JurisClasseur,Codecivil(archives), art. 1304 \u00e0 1314, fasc. 10, n\u00b012). Le prix est un \u00e9l\u00e9ment essentiel de la vente. Le prix doit \u00eatre r\u00e9el et il doit \u00eatre s\u00e9rieux. La vente consentie sans prix s\u00e9rieux, vente \u00e0 laquelle est assimil\u00e9e la vente \u00e0 prix d\u00e9risoire, est nulle pour absence de cause. La cause d\u2019un contrat est objective;n\u00e9cessaire \u00e0 la validit\u00e9 des actes juridiques, elle est toujours la m\u00eame pour chaque cat\u00e9gorie d\u2019actes. Dans un contrat synallagmatique, la cause de l\u2019obligation de l\u2019une des parties est l\u2019obligation de l\u2019autre. Ainsi, dans la vente, la cause objective de l\u2019obligation du vendeur est l\u2019obtention de la contre-valeur en argent. La cause objective de l\u2019obligation de l\u2019acheteur est le transfert de la propri\u00e9t\u00e9 de la chose. Au regard des principes \u00e9nonc\u00e9s ci-avant, la Cour rejoint lesmagistrats de premi\u00e8re instanceen ce qu\u2019ils ont retenu que lavente consentie sans prix s\u00e9rieux estaffect\u00e9e d\u2019une nullit\u00e9 qui, \u00e9tant fond\u00e9e sur l\u2019absence d\u2019un \u00e9l\u00e9ment essentiel du contrat au jour de sa formation, est une nullit\u00e9absolue(cf. Cour de cassation, 6 juillet 2017, n\u00b03823 du registre; Cour d\u2019appel, 29 juin 2021, n\u00b0CAL-2020-00990 du r\u00f4le; Cour d\u2019appel, 9 janvier 2025, n\u00b0CAL-2021-00915 du r\u00f4le). C\u2019estd\u00e8s lors \u00e0 bon droitque ces magistrats ontconclu que,la sanction d\u2019une vente consentie sans prix s\u00e9rieux \u00e9tant une nullit\u00e9 absolue, l\u2019action en nullit\u00e9 introduite parPERSONNE3.)n\u2019est pas soumise\u00e0 l\u2019article 1304 du Code civil, mais \u00e0 la prescription trentenairede droit commun. L\u2019appel n\u2019est d\u00e8s lors pas fond\u00e9 quant \u00e0 ce point et le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 est \u00e0 confirmer. 2.Le bien-fond\u00e9 de la demande en annulation de la cession de parts Selon l\u2019article 1583 duCode civil, la vente est parfaite, d\u00e8s qu\u2019on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n\u2019ait pas encore \u00e9t\u00e9 livr\u00e9e ni le prix pay\u00e9. Aux termes de l\u2019article 1591 du m\u00eame code, \u00able prixdoit \u00eatre d\u00e9termin\u00e9 et d\u00e9sign\u00e9 par les parties\u00bb. Pour qu\u2019une vente soit valable,leprixdoit \u00eatre r\u00e9el ets\u00e9rieux, c\u2019est-\u00e0-dire\u00eatre repr\u00e9sentatif, jusqu\u2019\u00e0 un minimum au moins, de la valeur de la chose. Par opposition au prix s\u00e9rieux, le prix est d\u00e9risoire ou vil, lorsqu\u2019il est sans proportion avec la valeur du bien vendu.<\/p>\n<p>15 Un prix d\u00e9risoire n\u2019est pas un prix insuffisant,mais un prixridiculementbas, de sortequ\u2019ilne constitue pas v\u00e9ritablement de prix.Le vil prix est un prix excessivement bas, sans aucun rapport avec la valeur de la chose vendue. Pour que la vente soit nulle en raison de la vilet\u00e9 du prix, il faut que le prix soit tellement bas qu&#039;il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme inexistant.Du fait de l\u2019absence de proportion du prix vil avec la chose vendue, l\u2019obligation de l\u2019acheteur est sans objet v\u00e9ritable et l\u2019obligation du vendeur est d\u00e9pourvue de cause. En revanche, lorsque le prix n\u2019est pas d\u00e9risoire ou inexistant, m\u00eame s\u2019il ne correspond pas \u00e0 la valeur r\u00e9elle du bien vendu, la vente est valable. Le caract\u00e8re s\u00e9rieux du prix s&#039;appr\u00e9cie \u00e0 la date de la vente.Les juges du fond appr\u00e9cient souverainement si le prix stipul\u00e9 est d\u00e9risoire.(cf. JurisClasseur, Code civil, Art. 1561 \u00e0 1593, fasc. unique: Vente\u2013Nature et forme\u2013Prix et frais, n\u00b014 et suiv.). La nullit\u00e9 pour vil prix suppose des cas extr\u00eamesdans lesquels le prix est d\u00e9risoire,commelaventepour unprix inf\u00e9rieur au revenu du bien,lavente faussement d\u00e9clar\u00e9e al\u00e9atoireou encore la vente pour un prix symbolique. N\u00e9anmoins,tout prix bas ou symbolique n\u2019est pas n\u00e9cessairement un prix d\u00e9risoire.Les cessions de droits sociauxen particuliers\u2019effectuent r\u00e9guli\u00e8rement en contrepartie d\u2019un prix symbolique, ce qui n\u2019emp\u00eache pas la cession de conserver sa nature d\u2019acte \u00e0 titre on\u00e9reux:parce que le prixcorrespond dans certains cas \u00e0 la valeur r\u00e9elle de la chose vendue (Cass. com. 3 janv. 1985 : Bull. civ. 1985, IV, n\u00b08) ou parce que le paiement de ce prix s&#039;accompagne d&#039;autres obligations \u00e0 la charge de l&#039;acheteur (Cass. 3 e civ.17 mars 1981 : Bull. civ. 1981, III, n\u00b056)ou encore parce quel&#039;acheteur s&#039;engage par ailleurs \u00e0 supporter certaines dettes du vendeur(Cass. 1 re civ., 17 janv. 1995 : JCP G 1995, I, 3869). De m\u00eame, le prix est s\u00e9rieux si le transfert de propri\u00e9t\u00e9 a une autre cause que le paiement du prix, si le contrat de cession s&#039;inscrit \u00abdans le cadre d&#039;une op\u00e9ration \u00e9conomique constituant un ensemble contractuel indivisible propre \u00e0 lui conf\u00e9rer une contrepartie r\u00e9elle et s\u00e9rieuse\u00bb (Cass. 1 re civ. 13 juin 2006,RTDcom. 2006, 593, obs. Pollaud-Dulian; voir \u00e9galement: Dalloz,R\u00e9pertoire des soci\u00e9t\u00e9s, v\u00b0 Cession de droits sociaux-Conditions de formation de l\u2019acte de cession, Beno\u00eet Lecourt, avril 2017 (actualisation mai 2025), n\u00b0268 et suiv.;Cour d\u2019appel, 11 juillet 2018, n\u00b044614 et 45193 du r\u00f4le). Il d\u00e9coule de cesprincipesque contrairement aux sout\u00e8nements de PERSONNE3.), le fait que les 10 parts sociales ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9es en 2005 au prix de 24,79 euros, correspondant \u00e0 leur valeur nominale lors de la souscription en 1991, n\u2019est pas \u00e0 lui seul suffisant pour\u00e9tablir la vilet\u00e9 du prix ainsi convenu. Les juges de premi\u00e8re instanceont relev\u00e9 (i) qu\u2019il n\u2019est pas contest\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE2.)a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices importants en 2005, (ii) qu\u2019il se d\u00e9gage du rapportSOCIETE5.)produit parPERSONNE3.)qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, la valeur des parts sociales \u00e9tat largement plus \u00e9lev\u00e9e, alors que pour les 25 parts restantes, l\u2019intim\u00e9 s\u2019\u00e9tait vu attribuer en 2005, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration de 7.500.-euros par mois, un b\u00e9n\u00e9fice d\u2019un montant de 103.920,44 euros et (iii)<\/p>\n<p>16 qu\u2019en cours d\u2019instance, les appelants ont affirm\u00e9 que la cession des 25 parts restantes aurait en r\u00e9alit\u00e9port\u00e9 sur un montant total de 90.000.-euros. Il convient de rappeler dans ce contexte quesi une expertise \u00e0 laquelle une partie n\u2019a pas particip\u00e9 n\u2019est certes pas contradictoire \u00e0 son \u00e9gard, le rapport dress\u00e9 \u00e0 la suite de ces op\u00e9rations constituen\u00e9anmoinsun \u00e9l\u00e9ment de preuve au sens de l\u2019article 64 duNouveauCode de proc\u00e9dure civile. S\u2019il est r\u00e9guli\u00e8rement communiqu\u00e9 et soumis \u00e0 la libre discussion des parties,ce rapportvaut comme \u00e9l\u00e9mentde preuve et les juges peuvent le prendre en consid\u00e9ration en tant que tel et y puiser des \u00e9l\u00e9ments de conviction. D\u00e8s lors que le rapportSOCIETE5.)a \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement vers\u00e9 aux d\u00e9bats et contradictoirement discut\u00e9,tant en premi\u00e8re instance qu\u2019en instance d\u2019appel,la Courle prend en consid\u00e9ration en tant qu\u2019\u00e9l\u00e9ment de preuve, maisellene saurait puiser dans ce seul rapportles \u00e9l\u00e9ments \u00e0 la base de sa d\u00e9cision. Dans son rapport,apr\u00e8s avoir expliqu\u00e9 en d\u00e9tail la m\u00e9thode d\u2019\u00e9valuation adopt\u00e9e et les ajustements appliqu\u00e9s etapr\u00e8s avoirexamin\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments \u00e0 sa disposition,l\u2019expertvient \u00e0 la conclusion que la \u00abValeur ajust\u00e9e de l\u2019entreprise au 31 d\u00e9cembre 2008 (100 parts)\u00bb \u00e9quivaut \u00e0 7.020.000.-euros, ce qui correspond, pour la \u00abpart revenant \u00e0PERSONNE3.)au 31 d\u00e9cembre 2008\u00bb \u00e0 2.457.000.-euros (35 \/ 100 x7.020.000) (page 14 du rapport). A part l\u2019indication relev\u00e9e par le tribunal qu\u2019en 2005,des b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 hauteur de 103.920,44 euros ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s \u00e0PERSONNE3.), le rapportSOCIETE5.)ne contient aucun \u00e9l\u00e9ment visant \u00e0 d\u00e9terminer la valeur des parts de la soci\u00e9t\u00e9 en 2005, \u00e0 une dateplusproche de la cession critiqu\u00e9e. L\u2019information fournie \u00e0 la Cour que les 25 parts restantes ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9es le 15 octobre 2009 non pas pour le prix unitaire de 24,79 euros indiqu\u00e9 dans l\u2019acte de cession, mais en r\u00e9alit\u00e9 pour un montant de 90.000.-euros, c\u2019est-\u00e0-dire pour un prix de 3.600.-euros par part, n\u2019est, en l\u2019absence de tout autre \u00e9l\u00e9ment, pas non plusde nature \u00e0fournir des pr\u00e9cisions quant\u00e0 la valeur des parts en 2005, \u00e0 une date proche de la cessionlitigieuse. Les parties n\u2019ont pasdavantage renseign\u00e9 la Cour sur les circonstances qui ont entour\u00e9 la cession de parts litigieuse et les accords qui ont pu \u00eatre conclus entre elles dans le contexte plus global du d\u00e9part dePERSONNE3.)de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019architecture. Les \u00e9l\u00e9ments \u00e0 la disposition de la Coursont ainsiinsuffisants pour lui permettre deseprononcersurle caract\u00e8re s\u00e9rieux du prix de cession de 24,79 euros par part etde d\u00e9partager les parties sur cette question. Aux termes de l\u2019article 348 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, les faits dont d\u00e9pend la solution du litige peuvent \u00e0 la demande des parties ou d\u2019office, \u00eatre l\u2019objet de toute mesure d\u2019instruction l\u00e9galement admissible.<\/p>\n<p>17 L\u2019article 349 du m\u00eame code pr\u00e9voit que les mesures d\u2019instruction peuvent \u00eatre ordonn\u00e9es en tout \u00e9tat de cause, d\u00e8s lors que le juge ne dispose pas d\u2019\u00e9l\u00e9ments suffisants pour statuer. Au vu des \u00e9l\u00e9ments ci-avant expos\u00e9s, la Cour d\u00e9cidede faire droit \u00e0 l\u2019offre de preuve pr\u00e9sent\u00e9e parPERSONNE3.)et de nommer,avant tout autre progr\u00e8s en cause, un expert avec la mission telle que sp\u00e9cifi\u00e9e au dispositif du pr\u00e9sent arr\u00eat. En attendant le r\u00e9sultat de la mesure d&#039;instruction ordonn\u00e9e, il y a lieu de r\u00e9server lesdemandes des parties ainsi que les frais et d\u00e9pens. Enfin, il y a lieu de d\u00e9clarer le pr\u00e9sent arr\u00eat commun \u00e0la soci\u00e9t\u00e9 civile SOCIETE1.)et\u00e0la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE3.). PAR CES MOTIFS la Cour d\u2019appel, neuvi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement, re\u00e7oit l\u2019appel, confirme le jugement entrepris en ce qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 la demande de PERSONNE3.)tendant \u00e0 l\u2019annulation de la cession de parts du 10 mars 2005 recevable, avant tout autre progr\u00e8s en cause, ordonne une expertise et commet pour y proc\u00e9der MonsieurPERSONNE4.), expert-comptable, demeurant professionnellement \u00e0 L-ADRESSE5.), avec la mission de concilier les parties si faire se peut, sinon dans un rapport \u00e9crit, d\u00e9taill\u00e9 et motiv\u00e9,de: \u00abd\u00e9terminer la valeurr\u00e9elledes parts d\u00e9tenues parPERSONNE3.)dans la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE2.)au jour de la cession de parts en date du 10 mars 2005\u00bb, fixe la provision \u00e0 valoir sur les honoraires et frais de l\u2019expert au montant de 2.500.-euros, ordonne \u00e0PERSONNE3.)de payer ladite provision \u00e0 l\u2019expertau plus tard le 31 juillet2025et d\u2019en justifier au greffe de la Cour sous peine de poursuite de l\u2019instance selon les dispositions de l\u2019article 468 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, charge le premier conseillerFran\u00e7oise WAGENERdu contr\u00f4le de cette mesure d\u2019instruction,<\/p>\n<p>18 dit que si les honoraires de l\u2019expert devaient d\u00e9passer le montant de la provision vers\u00e9e, il devra en avertir ledit magistrat et ne continuer ses op\u00e9rations qu\u2019apr\u00e8s paiement ou consignation d\u2019une provision suppl\u00e9mentaire, dit que si l&#039;expert rencontre des difficult\u00e9s dans l&#039;ex\u00e9cution de sa mission, il devra en r\u00e9f\u00e9rer au m\u00eame magistrat, dit que le paiement de la provision se fait sans pr\u00e9judice du droit de taxation des honoraires et frais, dit que l\u2019expert d\u00e9posera son rapport au greffe de la Cour, apr\u00e8s paiement de la provision et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de la provision suppl\u00e9mentaireau plus tard le 30 novembre2025, dit que, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019expert demandera au magistrat commis un report de la date de d\u00e9p\u00f4t en indiquant sommairement les motifs qui emp\u00eachent le d\u00e9p\u00f4t dans le d\u00e9lai pr\u00e9vu, dit qu\u2019en cas d\u2019emp\u00eachement de l\u2019expert il sera proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 son remplacement par ordonnance du magistrat charg\u00e9 du contr\u00f4le de la mesure d\u2019instruction, r\u00e9serve le surplus et les frais, d\u00e9clare le pr\u00e9sent arr\u00eat commun \u00e0la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE1.)et\u00e0la soci\u00e9t\u00e9 civileSOCIETE3.). La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre,enpr\u00e9sence du greffierassum\u00e9 Linda CLESEN.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/20250707-010536\/20250626-ca09-cal-2023-00489-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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