{"id":596669,"date":"2026-04-18T19:29:34","date_gmt":"2026-04-18T17:29:34","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-19-juin-2025-n-2023-00852\/"},"modified":"2026-04-18T19:29:37","modified_gmt":"2026-04-18T17:29:37","slug":"cour-superieure-de-justice-19-juin-2025-n-2023-00852","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-19-juin-2025-n-2023-00852\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 19 juin 2025, n\u00b0 2023-00852"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b060\/25-IX\u2013CIV Audience publique dudix-neufjuin deux mille vingt-cinq Num\u00e9roCAL-2023-00852 et CAL-2023-00887dur\u00f4le Composition: Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre, Fran\u00e7oise WAGENER,premierconseiller, AntoineSCHAUS, conseiller, Linda CLESEN, greffier assum\u00e9. I. E n t r e: 1)PERSONNE1.), et son \u00e9pouse 2)PERSONNE2.), demeurant touslesdeux \u00e0 L-ADRESSE1.), appelantsaux termes d\u2019un exploitde l\u2019huissier de justiceNadine dite NanouTAPELLAde Luxembourg du25 juillet 2023, comparant par Ma\u00eetreArs\u00e8ne KRONSHAGEN , avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t: l\u2019Administration communale deSOCIETE1.), repr\u00e9sent\u00e9e parsoncoll\u00e8ge des Bourgmestre etEchevins actuellement en fonctions, \u00e9tablie \u00e0 L-ADRESSE2.), intim\u00e9eaux termes du pr\u00e9dit exploit TAPELLA<\/p>\n<p>2 comparant par Ma\u00eetreSteve HELMINGER,avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, II. E n t r e: l\u2019Administration communale deSOCIETE1.), repr\u00e9sent\u00e9e par son coll\u00e8ge des Bourgmestre et Echevins actuellement en fonctions, \u00e9tablie \u00e0 L-ADRESSE2.), appelanteaux termes d\u2019un exploitde l\u2019huissier de justicePatrick KURDYBANde Luxembourg du7 ao\u00fbt 2023, comparant par Ma\u00eetreSteve HELMINGER,avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t: 1)PERSONNE1.), et son \u00e9pouse 2)PERSONNE2.), demeurant touslesdeux \u00e0 L-ADRESSE1.), intim\u00e9saux termesdu pr\u00e9dit exploitKURDYBAN, comparant par Ma\u00eetreArs\u00e8ne KRONSHAGEN , avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, LA COUR D&#039;APPEL : Expos\u00e9 du litige Une meilleure compr\u00e9hension de ce litige justifie un bref rappel des faits et circonstances de la cause, \u00e9tantpr\u00e9cis\u00e9 que la Cour d\u2019appel s\u2019inspire, \u00e0 cet effet, essentiellement des renseignements incontest\u00e9s, d\u00e9coulant des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et en partie contenus dans le jugement de premi\u00e8re instance, auquel il convient de renvoyer pour davantage de d\u00e9tails. Le 22 janvier 2016,PERSONNE1.)etson \u00e9pousePERSONNE2.)(ci-apr\u00e8s: PERSONNE1.)) ont introduit aupr\u00e8s de l\u2019SOCIETE1.)(ci-apr\u00e8s:laSOCIETE1.)) une demande en autorisation de d\u00e9molition d\u2019une maison unifamiliale et une demande en autorisation de construire pour une maison bi-familiale sur le fonds<\/p>\n<p>3 inscrit au cadastre de la commune deADRESSE3.)sous le num\u00e9roNUMERO1.), sis \u00e0ADRESSE4.). Le 6 avril 2016, laSOCIETE1.)a d\u00e9livr\u00e9 l\u2019autorisation de construire et les travaux ont commenc\u00e9 en date du 25 avril 2016 par la d\u00e9molition de l\u2019ancienne b\u00e2tisse. Au d\u00e9but du mois de mai 2016, le constructeur desPERSONNE1.)a relev\u00e9 une erreurau niveau desplans d\u2019architecterelatifs ausous-sol(\u00abGrundriss Kellergeschoss\u00bb),en ceque lescoins desmurs arri\u00e8rede la construction n\u2019\u00e9taient pas indiqu\u00e9s sur ce plan. Apr\u00e8s entretien avec le service technique de laSOCIETE1.),PERSONNE1.)ont d\u00e9pos\u00e9aupr\u00e8s de laSOCIETE1.)des plans corrig\u00e9s en date du 20 mai 2016. Le 3 juin 2016, laSOCIETE1.)afait notifier auxPERSONNE1.)un arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier avec effet imm\u00e9diat. PERSONNE1.)ont introduit un recours en annulation contre l\u2019arr\u00eat\u00e9de fermeture dechantier, lequel a par la suite \u00e9t\u00e9 ray\u00e9d\u2019un commun accorddesparties. Le 7 juin 2016,PERSONNE1.)se sont vu signifier par les propri\u00e9taires du fonds voisin,une requ\u00eate en institution d\u2019un sursis \u00e0 ex\u00e9cution ainsi qu\u2019unrecours en annulation dirig\u00e9scontre l\u2019autorisation deconstruiredu 6 avril 2016. Par ordonnancedu pr\u00e9sident dutribunaladministratif rendue le 28 juin 2016, l\u2019autorisation de b\u00e2tir du 6 avril 2016 a \u00e9t\u00e9 suspendue. Par jugement rendu par letribunaladministratif en date du 29 mars 2017, l\u2019autorisation de b\u00e2tir du 6 avril 2016 a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e. Par arr\u00eat rendu le 17 octobre 2017, la Cour administrative a d\u00e9clar\u00e9 irrecevable le recours en annulation dirig\u00e9 contre l\u2019autorisation de construire. En date du 9 novembre 2017, laSOCIETE1.)a lev\u00e9 l\u2019arr\u00eat de chantier avec effet imm\u00e9diat. Saisi de la demande desPERSONNE1.)bas\u00e9eprincipalement sur l\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loi du 1 er septembre 1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques(ci-apr\u00e8s: la loi de 1988), sinon subsidiairement sur l\u2019article 1 er alin\u00e9a 2 de laditeloi, sinon plus subsidiairement sur les articles 1382 et 1383 du Code civil, tendant \u00e0 la condamnation de la SOCIETE1.)\u00e0 leur payer: (i)\u00e0 titre der\u00e9paration du pr\u00e9judice mat\u00e9riel subi par eux,la sommede 259.677,28eurosventil\u00e9e comme suit: Perte de l\u2019avantage du taux de TVA super-r\u00e9duit 100.000.-euros Frais de litige 74.451,88 euros Frais et honoraires d\u2019expert dans le cadre du litige 2.896,73 euros Frais et honoraires d\u2019architecte dans le cadre du litige 2.294,05 euros FactureSOCIETE3.)(s\u00e9curisation et nettoyage du chantier)5.234,62 euros<\/p>\n<p>4 Perte de jouissance du terrain et perte de loyer 74.800.-euros sinon tout autre montant \u00e0 d\u00e9terminerex aequo et bonoou\u00e0dires d\u2019experts, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier, sinon \u00e0 partir de la lev\u00e9e de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture, sinon \u00e0 partir de la mise en demeure, sinon \u00e0 partir de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde, (ii)lemontant de 5.000.-euros\u00e0 chacun d\u2019eux\u00e0 titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral subi, sinon tout autre montant \u00e0 d\u00e9terminerex aequo et bonoou par dires d\u2019expert, (iii)le montant de 5.000.-euros au titre des frais d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s, et (iv)une indemnit\u00e9 de 10.000.-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code deproc\u00e9durecivile, ainsi que de la demande de laSOCIETE1.)en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 3.500.-euros, le tribunal d\u2019\u2019arrondissement de Luxembourg si\u00e9geant en mati\u00e8re civile a, par jugement du13 janvier 2021, -re\u00e7ula demande en la forme, -l\u2019a dite partiellement fond\u00e9e, -partant condamn\u00e9 laSOCIETE1.)\u00e0 payer auxPERSONNE1.)la somme de 87.034,62 euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 15 mars 2019, jusqu\u2019\u00e0 solde, -condamn\u00e9 laSOCIETE1.)\u00e0 payer auxPERSONNE1.)la somme de 5.000.-euros \u00e0 titre de remboursement des honoraires d\u2019avocats, -condamn\u00e9 laSOCIETE1.)\u00e0 payer auxPERSONNE1.)la somme de 5.000.-eurossur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code deproc\u00e9durecivile, -d\u00e9bout\u00e9 laSOCIETE1.)de sa demande sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code deproc\u00e9durecivile, -dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 ex\u00e9cution provisoire du jugement, -condamn\u00e9 laSOCIETE1.)aux d\u00e9pens de l\u2019instance. Pour statuer ainsi, les juges de premier degr\u00e9 ont d\u2019abord pr\u00e9cis\u00e9 que le recours en annulation dirig\u00e9 contre l\u2019autorisation de b\u00e2tir est sans incidence sur le pr\u00e9sent litige, \u00e9tant donn\u00e9 que les reproches desPERSONNE1.)portent sur la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture de leur chantier. Ils ont ensuite consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019un administr\u00e9 ne peut pas, dans le cadre d\u2019une action enresponsabilit\u00e9 civile entam\u00e9e devant le juge judiciaire, remettre en cause la l\u00e9galit\u00e9 d\u2019un acte administratif qu\u2019il n\u2019a pas entrepris devant le juge administratif, pour conclure qu\u2019ils ne sauraient analyser la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture ni faire application du principe de l\u2019unicit\u00e9 de la faute et de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9. Ils ont encore ditque leur analyse se limite d\u00e8s lors \u00e0 v\u00e9rifier l\u2019existenced\u2019une faute, respectivement d\u2019un dysfonctionnement d\u00e9fectueux des services de laSOCIETE1.). Apr\u00e8s avoir expos\u00e9 les principes r\u00e9gissant l\u2019action en responsabilit\u00e9 bas\u00e9e sur l\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988, lesdits magistrats ont retenu,qu\u2019afin de prosp\u00e9rer dans leur demande,PERSONNE1.)doivent \u00e9tablir l\u2019existence d\u2019une<\/p>\n<p>5 faute ou d\u2019un fonctionnement d\u00e9fectueux d\u2019un service communal, l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9judice dans leur chef et d\u2019un lien de cause \u00e0 effet entre ces deux \u00e9l\u00e9ments. S\u2019agissant du fonctionnement d\u00e9fectueux, les m\u00eames juges ont, apr\u00e8s avoir \u00e9cart\u00e9 l\u2019argument de laSOCIETE1.)tentant \u00e0justifier la lev\u00e9e tardive de l\u2019arr\u00eat de chantier par le fait qu\u2019elle \u00e9tait tenue d\u2019attendre l\u2019issue du recours en annulation intent\u00e9 contre l\u2019autorisation de b\u00e2tir, relev\u00e9 (i) quel\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture pr\u00e9cise\u00ab\u2026 que lors d\u2019une visite du chantier le service technique de la commune a d\u00fb constater que les travaux ne sont pas ex\u00e9cut\u00e9s en conformit\u00e9 aux plans autoris\u00e9s, \u2026 que le ma\u00eetre d\u2019ouvrage a notamment proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une extension de la partie arri\u00e8re du sous-sol non indiqu\u00e9e sur les plans de construction autoris\u00e9s\u00bb,(ii)que les plans rectifi\u00e9s comprenant l\u2019indication des coins de murs du niveau-1 de la construction autoris\u00e9e ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s en date du 20 mai 2016 donc avant l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture, (iii) que l\u2019implantation de la construction a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le service technique de laSOCIETE1.)en date du 20 mai 2016 sur base des plans rectifi\u00e9s et (iv) que la situation est rest\u00e9e inchang\u00e9e entrel\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture et la lev\u00e9e de cet arr\u00eat\u00e9. Ils en ont d\u00e9duit qu\u2019en ordonnant la fermeture du chantier desPERSONNE1.) pour non-conformit\u00e9 \u00e0 l\u2019autorisation de b\u00e2tir en date du 3 juin 2016 et en proc\u00e9dant \u00e0 la lev\u00e9e de cet arr\u00eat de chantier seulement en date du 9 novembre 2017, alors qu\u2019elle \u00e9tait en possession des plans rectifi\u00e9s \u00e0 partir du 20 mai 2016 et en l\u2019absence d\u2019\u00e9l\u00e9ment nouveau suite \u00e0 l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture, laSOCIETE1.) a commis une faute engageant saresponsabilit\u00e9 sur base de l\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988. Quant \u00e0 l\u2019indemnisation sollicit\u00e9e parPERSONNE1.), les magistrats de premi\u00e8re instance ont rejet\u00e9 la demande au titre des frais d\u2019architecte et d\u2019expert, motif pris que les demandeurs restent en d\u00e9faut de prouver la n\u00e9cessit\u00e9 de ces frais dans le cadre du litige les opposant \u00e0 laSOCIETE1.). Pour \u00e9carter, la demande indemnitaire au titre de la perte du taux de TVA super r\u00e9duit, lesdits magistrats ont consid\u00e9r\u00e9 que la pr\u00e9tendue perte de l\u2019avantage fiscal li\u00e9 \u00e0 l\u2019application d\u2019un taux de TVA super r\u00e9duit n\u2019est pas \u00e9tablie, qu\u2019il r\u00e9sulte au contraire des \u00e9l\u00e9ments du dossier que le solde du montant de la faveur fiscale de la TVA dont disposentPERSONNE1.)est de 0.-euros, que ces deniers ont d\u00e8s lors atteint la limite de 50.000.-euros pour laquelle la faveur fiscale est accord\u00e9e et ne peuvent plus b\u00e9n\u00e9ficier de cette faveur, ce fait n\u2019\u00e9tant pas imputable \u00e0 laSOCIETE1.). Les m\u00eames magistrats ont ensuite relev\u00e9 que selon l\u2019attestation produite en cause, les frais et honoraires d\u2019avocat r\u00e9clam\u00e9s \u00e0 hauteur de 68.465.-euros ont trait \u00e0 deux proc\u00e9dures distinctes, \u00e0 savoir le recours en annulation dirig\u00e9 contre l\u2019autorisationde b\u00e2tir et un litige opposantPERSONNE1.)\u00e0 laSOCIETE1.)sans autre pr\u00e9cision et sans qu\u2019il soit indiqu\u00e9 comment les frais et honoraires ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9partis entre ces deux dossiers. Toutefois, commePERSONNE1.)ont d\u00fb exposer des frais et honoraires d\u2019avocat dans le cadre de la proc\u00e9dure en annulation dirig\u00e9e contre l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016, lesdits magistrats leur ont allou\u00e9,de ce chef,le montant forfaitaire de 5.000.-euros.<\/p>\n<p>6 Le tribunal a ensuite fait droit \u00e0 la demande desPERSONNE1.)en rapport avec les frais de s\u00e9curisation et de nettoyage du chantier durant la p\u00e9riode de fermeture du chantier, \u00e9tablis par la facture de l\u2019entrepriseSOCIETE3.)pour le montant de 5.234,62 euros. Il a \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9 que la SOCIETE1.)est tenue d\u2019indemniser PERSONNE1.)pour les pertes subies en raison de la d\u00e9cision de fermeture de leur chantier, d\u00e9cision constituant un fonctionnement d\u00e9fectueux de ses services et ayant entra\u00een\u00e9 l\u2019indisponibilit\u00e9 de l\u2019immeuble \u00e0 l\u2019issue de la date pr\u00e9vue pour son ach\u00e8vement. Le montantmensuel de 2.200.-euros r\u00e9clam\u00e9 pour chacun des deux logements ne paraissant pas disproportionn\u00e9 et la dur\u00e9e avanc\u00e9e par PERSONNE1.)\u00e9tant \u00e0 retenir, ledit tribunal a d\u00e9clar\u00e9 lademande fond\u00e9e \u00e0 concurrencedumontant de 74.800.-euros (17 x 4.400). S\u2019agissant de l\u2019indemnit\u00e9 pour dommage moral, le tribunal a consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019atteinte \u00e0 la r\u00e9putation, \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 et \u00e0 l\u2019honneur dont font \u00e9tat PERSONNE1.)tout comme l\u2019humiliation qu\u2019ils affirment avoir subie, ne sont corrobor\u00e9es par aucun \u00e9l\u00e9ment de la cause et restent d\u00e8s lors \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pure all\u00e9gation. N\u00e9anmoins, pour les tracas subis pareuxdu fait de la situation dans laquelle ils se sont retrouv\u00e9s en raison du fonctionnement d\u00e9fectueux des services de laSOCIETE1.), il leur a allou\u00e9 forfaitairement\u00e0chacun un montant de 1.000.-euros. En conclusion, le tribunal a fait droit \u00e0 la demande desPERSONNE1.)\u00e0 concurrencedumontant de 87.034,62 euros (5.000 +5.234,62+74.800+ 2.000), augment\u00e9 des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 15 mars 2019, date de la demande en justice,jusqu\u2019\u00e0 solde. Quant aux frais et honoraires d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s, le tribunal a, apr\u00e8s avoir formul\u00e9les principes r\u00e9gissant l\u2019indemnisation pour frais d\u2019avocatexpos\u00e9set son cumul avec une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur le fondement de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, estim\u00e9 au regard des\u00e9l\u00e9ments du dossier que la demande desPERSONNE1.)estfond\u00e9e\u00e0 concurrence de5.000.-euros. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019issue du litige,le tribunal a allou\u00e9 auxPERSONNE1.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.-euros et a rejet\u00e9la demande\u00e0 ce titrede laSOCIETE1.). Il a encoremisles frais et d\u00e9pens de l\u2019instance\u00e0 charge de cette derni\u00e8re. Enfin,PERSONNE1.)ne justifiant pas qu\u2019il y ait urgence ou p\u00e9ril en la demeure, l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e. Contre ce jugement qui, suivant les informations \u00e0 disposition de la Cour n\u2019a pas fait l\u2019objet d\u2019une signification,PERSONNE1.)ont r\u00e9guli\u00e8rement interjet\u00e9 appel limit\u00e9, par exploit d\u2019huissier de justice du 25 juillet 2023. Cette affaire a \u00e9t\u00e9 inscrite sous le num\u00e9ro CAL-2023-00852 du r\u00f4le. Par exploit d\u2019huissier de justice du 7 ao\u00fbt 2023, laSOCIETE1.)a, \u00e0 son tour, r\u00e9guli\u00e8rement relev\u00e9 appel du jugement du 13 janvier 2021. Cette affaire a \u00e9t\u00e9 inscrite sous le num\u00e9ro CAL-2023-00887 du r\u00f4le.<\/p>\n<p>7 Par ordonnance du magistrat de la mise en \u00e9tat du 12 octobre 2023, les proc\u00e9dures inscrites sous les num\u00e9ros CAL-2023-00852et CAL-2023-00887du r\u00f4le ont \u00e9t\u00e9 jointes. L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e par ordonnance du 26 f\u00e9vrier 2025 et les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s que l\u2019affaire serait plaid\u00e9e \u00e0 l\u2019audience du 19 mars 2025. L\u2019affaire a \u00e9t\u00e9prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 la m\u00eame dateet les parties inform\u00e9es de la date du prononc\u00e9. Discussion PERSONNE1.)rel\u00e8vent appel du jugement du 13 janvier 2021 uniquement en ce qu\u2019il a rejet\u00e9 leurs demandes en indemnisation relatives \u00e0 la perte du taux de TVA super r\u00e9duit et aux frais et honoraires d\u2019avocat. Ils sollicitent la confirmation dudit jugement pour le surplus, en particulier en ce qu\u2019il a retenu la responsabilit\u00e9 de laSOCIETE1.)en application de l\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988. S\u2019agissant de la perte de l\u2019avantage fiscal, les appelants soutiennent que le tribunal aurait par une appr\u00e9ciation erron\u00e9e de la d\u00e9cision de l\u2019administration de l\u2019enregistrement, des domaines et de la TVA, rejet\u00e9 ce volet de leur demande. Ils expliquent que depuis le r\u00e8glement grand-ducal du 19 d\u00e9cembre 2014, modifiant le r\u00e8glement grand-ducal du 30 juillet 2002, l\u2019application du taux super r\u00e9duit de 3% serait r\u00e9serv\u00e9e aux seuls logements qui servent de r\u00e9sidence principale au propri\u00e9taire, mais qu\u2019une p\u00e9riode transitoire aurait \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9e pour les logements pour lesquels les demandes d\u2019application du taux super r\u00e9duit ont \u00e9t\u00e9 introduites avant le 1 er janvier 2015 et pour lesquels les travaux de cr\u00e9ation sont ex\u00e9cut\u00e9s jusqu\u2019au 31 d\u00e9cembre 2016. En l\u2019occurrence, suite \u00e0 leur demande introduite le 19 d\u00e9cembre 2014, deux autorisationsNUMERO2.)etNUMERO3.) auraient \u00e9t\u00e9 \u00e9mises par cette administration en date du 19 janvier 2015 indiquant un avantage fiscal \u00e0 raison de 100.000.-euros (2x 50.000) pour les deuxunit\u00e9s de logement \u00e0 r\u00e9aliser. Or, comme leur chantier aurait \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9 par la d\u00e9cision ill\u00e9gitime de laSOCIETE1.)en date du 3 juin 2016, jusqu\u2019au 9 novembre 2017, ils n\u2019auraient pas pu profiter de l\u2019avantage fiscal non encore consomm\u00e9. A l\u2019appui de leur demande,PERSONNE1.)produisent un avis circonstanci\u00e9 \u00e9tabli par le cabinetSOCIETE4.)aux termes duquel la perte de l\u2019avantage fiscal se chiffrerait au montant de 77.273,82 euros. Par r\u00e9formation, il y aurait donc lieu de faire droit \u00e0 ce chef de leur demande en obtention de dommages et int\u00e9r\u00eats pour le montant de 77.273,80 euros + PM \u00absous r\u00e9serve de toute augmentation \u2026 pour le cas o\u00f9 l\u2019SOCIETE5.)venait cl\u00f4turer les dossiers d\u2019agr\u00e9ment tel que d\u00e9crit par l\u2019expertise et exigerait le cas \u00e9ch\u00e9ant \u00e0 leur encontre le remboursement de 22.726,18 \u20ac respectivement 32.195,42 \u20ac\u00bb. Il y aurait \u00e9galement, par r\u00e9formation, lieu de faire droit \u00e0 leur demande en paiement des frais d\u2019expertiseSOCIETE4.)\u00e0 concurrence de la somme de 2.403,22 euros.<\/p>\n<p>8 Quant \u00e0 l\u2019indemnisation pour frais d\u2019avocat,PERSONNE1.)font valoir que ce serait \u00e0 juste titre que le tribunal a consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019il serait incontestable qu\u2019ils ont d\u00fb exposer des frais et honoraires d\u2019avocat dans le cadre de la proc\u00e9dure en annulation dirig\u00e9e contre l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016. Compte tenu des pi\u00e8ces produites en appel, il y aurait lieu de dire leur demande fond\u00e9e pour le montant de 17.770,33 euros \u00abpour la premi\u00e8re instance\u00bb et de leur allouer le montant suppl\u00e9mentaire de 12.770,33 euros (17.770,33\u20135.000), le forfait de 5.000.-euros retenu en premi\u00e8re instance \u00e9tant insuffisant pour couvrir les frais et honoraires d\u2019avocat expos\u00e9s dans la proc\u00e9dure les opposant \u00e0 laSOCIETE1.). Le jugement devrait donc \u00eatre r\u00e9form\u00e9 sur ce point. LaSOCIETE1.)conclut, par r\u00e9formation du jugement entrepris, \u00e0 voir dire non fond\u00e9es les demandes en indemnisation desPERSONNE1.)y compris leur demande en indemnisation des frais d\u2019avocat, sinon \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 la taxation des frais et honoraires dont le remboursement est demand\u00e9, \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de toute condamnation prononc\u00e9e \u00e0 son encontre et \u00e0 condamnerPERSONNE1.) solidairement, sinon in solidum, sinon chacun pour sa part, \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.-euros \u00abpour les deux instances\u00bb, ainsi qu\u2019aux frais et d\u00e9pens des deux instances. Pour voir statuer dans ce sens, l\u2019appelante revient sur les r\u00e9troactes de l\u2019affaire, expliquant qu\u2019en date du 20 mai 2016,PERSONNE1.)auraient d\u00e9pos\u00e9 par l\u2019entremise de leur architecte des plans rectifi\u00e9s, qu\u2019ils auraient d\u00e9but\u00e9 les travaux de construction le 30 mai 2016 sans attendre le retour de laSOCIETE1.) quant \u00e0 ces plans, pour conclure que les travaux en cours de r\u00e9alisation auraient \u00e9t\u00e9 ill\u00e9gaux, faute d\u2019autorisation aff\u00e9rente, et que le bourgmestre n\u2019aurait eu d\u2019autre choix que de rendre un arr\u00eat\u00e9 de fermeture de chantier avec effet imm\u00e9diat. Ledit arr\u00eat\u00e9 de fermeture serait donc le r\u00e9sultat de la seule faute, s\u2019agissant au demeurant d\u2019une infraction p\u00e9nale, desPERSONNE1.). Elle poursuit que le 28 juin 2016, le pr\u00e9sident du tribunal administratif aurait ordonn\u00e9 le sursis \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019autorisation de construire du 6 avril 2016 et aurait ainsi priv\u00e9 l\u2019autorisation de construire de tout effet. D\u00e8s lors, \u00e0 partir du 28 juin2016 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour administrative du 17 octobre 2017, l\u2019autorisation de construire n\u2019aurait pas pu \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e et aucune modification \u00e0 cette autorisation n\u2019aurait pu \u00eatre autoris\u00e9e. Ainsi, m\u00eame si aucun arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier n\u2019avait \u00e9t\u00e9 pris, les travaux de construction n\u2019auraient pas pu \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s entre le 28 juin 2016 et le 17 octobre 2017. Les effets de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture auraient donc \u00e9t\u00e9 limit\u00e9s \u00e0 24 jours, entre le 3 et le 28 juin 2016 et \u00e0 21 jours entre le 19 octobre(date de la notification de l\u2019arr\u00eat) et le 9 novembre 2017 (date de la lev\u00e9e de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture \u00e0 la suite de la d\u00e9livrance d\u2019une autorisation de construire rectificatrice en date du 30 octobre 2017). Prenant en consid\u00e9ration le fait (i) que la fermeture du chantier aurait d\u00fb \u00eatre d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e en raison de la seule faute desPERSONNE1.)et (ii) qu\u2019un bourgmestre dispose d\u2019un d\u00e9lai de 90 jours pour prendre sa d\u00e9cision, aucune faute justifiant indemnisation ne saurait \u00eatre retenue \u00e0 charge de laSOCIETE1.). LaSOCIETE1.)conteste dans ce contexte avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019implantation de la construction suite \u00e0 la soumission de plans rectificatifs; ceci aurait d\u2019ailleurs\u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>9 parfaitement inop\u00e9rant, la comp\u00e9tence en mati\u00e8re de police urbanistique et la d\u00e9livrance des autorisations de construire relevantexclusivement du bourgmestre. Selon elle, contrairement \u00e0 ce qui fut retenu par le tribunal, l&#039;arr\u00eat\u00e9 de fermeture de chantier aurait un lien corr\u00e9latif \u00e9vident et ind\u00e9niable avec l&#039;autorisation de construire initiale. Il ne pourrait lui \u00eatre reproch\u00e9 d&#039;avoir attendu la fin de l&#039;instance au fond concernant la l\u00e9galit\u00e9 de l&#039;autorisation de construire du 6 avril 2016, avant de d\u00e9livrer l&#039;autorisation modificatrice et de lever l&#039;arr\u00eat de chantier, ce d\u2019autant plus que l\u2019ordonnance du pr\u00e9sident du tribunal administratif aurait \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e, entre autres, par le fait que la construction telle qu\u2019originairement autoris\u00e9e d\u00e9passerait \u00abla profondeur autorisable\u00bb. Le bourgmestre n\u2019aurait donc pas pu l\u00e9galement approuver une modification d&#039;une autorisation priv\u00e9e de ses effets par une ordonnancedu pr\u00e9sident du tribunal administratif et ce jusqu&#039;\u00e0 la d\u00e9cision au fond en date du 17 octobre 2017. Elle aurait agi en toute l\u00e9galit\u00e9, sans qu&#039;on puisse lui reprocher une faute ou un fonctionnement d\u00e9fectueux de ses services au sens de l&#039;article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988. Le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 serait partant \u00e0 r\u00e9former sous cet aspect. LaSOCIETE1.)continue \u00e0 d\u00e9nier tout lien causal entre cette faute et les dommages invoqu\u00e9s parPERSONNE1.), dans la mesure o\u00f9 l&#039;impossibilit\u00e9 de r\u00e9aliser le projet immobilier ne proviendrait pas de l&#039;arr\u00eat\u00e9 de fermeture de chantier, qui aurait impact\u00e9 le chantier seulement durant quelques jours, mais de l&#039;ordonnance pr\u00e9sidentielle intervenue entretemps, emp\u00eachant la poursuite des travaux durant pr\u00e8s de 16 mois. Le jugement serait donc encore \u00e0 r\u00e9former sur ce point. L\u2019appelante prend ensuite position par rapport aux diff\u00e9rents pr\u00e9judices invoqu\u00e9s parPERSONNE1.)qui auraient, selon elle, \u00e9t\u00e9 reconnus \u00e0 tort comme \u00e9tant justifi\u00e9s par le tribunal, qui se serait livr\u00e9 \u00e0 une analyse erron\u00e9e tant de la situation de fait que des effets des diff\u00e9rentes d\u00e9cisions intervenues. En r\u00e9plique,PERSONNE1.)r\u00e9it\u00e8rent leur version des faits telle qu\u2019expos\u00e9e en premi\u00e8re instance. Ilsexpliquentqu\u2019une erreur mat\u00e9rielle aurait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e au niveau des seuls plans du sous-sol,pourtant autoris\u00e9spar laSOCIETE1.):les deux ouvertures dans les murs porteurs de la dallesur cave auraient r\u00e9sult\u00e9 d&#039;un recopiageerron\u00e9 des terrasses du rez-de-chauss\u00e9e sur le plan du sous-sol, alors que\u00abla fermeture de ces ouvertures\u00bbaurait \u00e9t\u00e9 indispensable \u00e0 la stabilit\u00e9 de la construction dans son ensemble. Il n&#039;y aurait jamais eu d&#039;extension comme en attesteraient les plans et photographies vers\u00e9es en cause, aucun changement n\u2019aurait\u00e9t\u00e9 apport\u00e9 \u00e0 la construction envisag\u00e9e. Apr\u00e8s consultation, le pr\u00e9pos\u00e9 technique de laSOCIETE1.)aurait partag\u00e9 cette analyse et aurait sollicit\u00e9 la remise d\u2019un plan rectifi\u00e9 pour l&#039;annexer de fa\u00e7on informelle \u00e0 l&#039;autorisation de construire, afin de conformer ce plan aux dispositions du r\u00e8glement des b\u00e2tisses relatives\u00e0 la stabilit\u00e9 des constructions sans pour autant apporter une quelconque modification \u00e0 la construction telle que projet\u00e9e, ni \u00e0 son gabarit, ni \u00e0 son emprise au sol, ni \u00e0 ses dimensions. Ledit pr\u00e9pos\u00e9 aurait donc agi avec diligence et le service technique de laSOCIETE1.)<\/p>\n<p>10 aurait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&#039;implantation de la construction, en date du20 mai 2016, en int\u00e9grant le plan rectifi\u00e9 remis parPERSONNE1.).Par ce processus technique, laSOCIETE1.)aurait fait acte de son accord pour commencer les travaux de constructionet les appelants n\u2019auraient pas pu douter que la situation allait entra\u00eener un pr\u00e9judice dans leur chef. D\u00e8s le 20 mai 2016, le bourgmestre aurait \u00e9t\u00e9 en possession du plan rectifi\u00e9 et du rapport de l\u2019implantation r\u00e9alis\u00e9e par le service technique:\u00e0 aucun moment,il n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 auxPERSONNE1.) d&#039;introduire une nouvelle demande d&#039;autorisation. Les appelants poursuivent que sans avertissement pr\u00e9alable et en violation des dispositions l\u00e9gales sur ce point, un arr\u00eat\u00e9de fermeture du chantier leur aurait \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9 ceci \u00absous un pr\u00e9texte fallacieux, \u00e0 savoir une extension du niveau du sous-sol de la construction\u00bb. Cette d\u00e9cision serait intervenue de mani\u00e8re soudaine,en totale contradiction avec les instructions et les d\u00e9marches entreprises par le service technique de laSOCIETE1.). Il s\u2019y ajouterait qu\u2019apr\u00e8s avoir prononc\u00e9 cet arr\u00eat de chantierau motif que la construction serait contraire aux plans autoris\u00e9s, laSOCIETE1.)aurait d\u00e9fendu \u00abune position strictement oppos\u00e9e \u00e0 la sienne et identique \u00e0 celle des parties concluantes, dans le cadre du recours en annulation\u00bb dirig\u00e9 contre l&#039;autorisation de construire. Ensuite, post\u00e9rieurement \u00e0 l&#039;arr\u00eat de la Cour administrative, elle aurait subitement Iev\u00e9 l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture de chantier, admettant ainsi que le plan rectifi\u00e9 en sa possession depuis le 20 mai 2016aurait \u00e9t\u00e9suffisant et conforme. Selon lesappelants, entre le d\u00e9p\u00f4t du plan rectifi\u00e9 \u00e0 laSOCIETE1.)le 20 mai 2016 et l&#039;ordonnance pr\u00e9sidentielle du 28 juin 2016,s\u2019agissant d\u2019une simple formalit\u00e9,le bourgmestre aurait eu le temps d&#039;accepter et d&#039;int\u00e9grer ledit plan rectifi\u00e9 \u00e0 l&#039;autorisation de b\u00e2tir d\u00e9livr\u00e9e. Il y aurait eu dysfonctionnement des services de laSOCIETE1.)qui ne pourrait se disculper en invoquant l\u2019ordonnance du 28 juin 2016. Ils mettent encore en avant que la fabrication de l&#039;ossature en boisaurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue dans la semaine du 6 juin 2016, suivie du montage sur place,en ce sens quele montage de la construction aurait d\u00fb \u00eatre finalis\u00e9 bien avant le prononc\u00e9 du sursis \u00e0 ex\u00e9cution,le 28 juin 2016. PERSONNE1.)de conclure qu\u2019il y aurait lieu \u00e0 confirmer le jugement entrepris en ce qu&#039;il a constat\u00e9 qu&#039;en ordonnant la fermeture du chantier pour non- conformit\u00e9 \u00e0 l&#039;autorisation de b\u00e2tir en date du 3 juin 2016 sur base d&#039;une pr\u00e9tendue extension et en proc\u00e9dant \u00e0 lalev\u00e9e de cet arr\u00eat de chantier en date du 9 novembre 2017 seulement, sur base du m\u00eame plan rectifi\u00e9 du 20mai 2016, montrantune implantation de la construction identique \u00e0 celle du plan autoris\u00e9 et en l\u2019absence d&#039;\u00e9l\u00e9ment nouveau, laSOCIETE1.)auraitcommis une faute engageant sa responsabilit\u00e9. Selon eux, le lien causal entre les indemnit\u00e9s sollicit\u00e9es etla fautede la SOCIETE1.)serait indiscutable en l&#039;esp\u00e8ce, alors que contrairement aux d\u00e9veloppements adverses, l&#039;arr\u00eat de chantier n&#039;aurait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 du seul fait de la faute desPERSONNE1.), mais de mani\u00e8re discr\u00e9tionnaire et injustifi\u00e9e par le bourgmestre,en violation des constatations de son service technique et du plan rectifi\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 ant\u00e9rieurement.La fermeture du chantier aurait entrav\u00e9 tout<\/p>\n<p>11 avancement des travaux de construction du 3 juin 2016 au 9 novembre 2017 et aurait, par sa dur\u00e9e, d\u00e9pass\u00e9 toutes les proc\u00e9dures administratives. Les appelants prennent ensuite position en d\u00e9tail sur les diff\u00e9rents volets du pr\u00e9judice qu\u2019ils affirment avoir subi et pour lequel une indemnisation est demand\u00e9e tout en pr\u00e9cisant qu\u2019ils souhaitent que les chefs d\u2019indemnisation relatifs \u00e0 la perte de l\u2019avantage fiscal et les frais de litige soient r\u00e9\u00e9valu\u00e9s. Enfin, ils sollicitent l\u2019attribution de la sommede 11.226,46 euros au titre des frais d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s pour l\u2019instance d\u2019appelainsi qu\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.-euros sur le fondement de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. En revanche, la demande de laSOCIETE1.)en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure serait \u00e0 rejeter. Appr\u00e9ciation de la Cour 1.Le fonctionnement d\u00e9fectueux des services de laSOCIETE1.) A titre liminaire, la Cour constate que les magistrats de premi\u00e8re instance ne sont pas critiqu\u00e9s en ce qu\u2019ilsont retenuquedans le cadre de ce litige visant \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de laSOCIETE1.),ils ne sauraientanalyser la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeturedu chantier desPERSONNE1.)du 3 juin 2016,ni faire application du principe de l\u2019unicit\u00e9 de la faute et de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 en l\u2019absence d\u2019une d\u00e9cisiondes juridictions administrativesconstant une ill\u00e9galit\u00e9et que par voie de cons\u00e9quence,leuranalyse se limite \u00e0 v\u00e9rifier l\u2019existenced\u2019une faute, respectivement d\u2019un dysfonctionnement des services de laSOCIETE1.). La Cour n\u2019analysera d\u00e8s lors pas autrement les d\u00e9veloppements des parties concernant la question de savoir si l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture de chantier a \u00e9t\u00e9 \u00abpris en toute l\u00e9galit\u00e9\u00bb, tel que soutenu par laSOCIETE1.), ou si au contraire, tel que le font plaiderPERSONNE1.), cette d\u00e9cision se trouve \u00eatre \u00abparfaitement ill\u00e9gale\u00bb. L\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988dispose que\u00abl\u2019Etat et les autres personnes morales de droit public r\u00e9pondent, chacun dans le cadre de ses missions de service public, de tout dommage caus\u00e9 par le fonctionnement d\u00e9fectueux de leurs services, tant administratifs que judiciaires, sous r\u00e9serve de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e\u00bb. Ainsi que le tribunal l\u2019a rappel\u00e9 \u00e0 juste titre, ce texte, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019article 1382 du Code civil, introduit une responsabilit\u00e9 pour faute de la puissance publique, de sorte que la victime qui l\u2019invoque, \u00e0l\u2019appui de sa demande, doit prouver l\u2019existence d\u2019une faute dans le chef du pouvoir public concern\u00e9 ou elle doit prouver que dans le cas concret, le service public n\u2019a pas fonctionn\u00e9 normalement,conform\u00e9ment \u00e0 la mission pour laquelle il est constitu\u00e9. Le comportement du service public doit constituer un fonctionnement non conforme aux normes d\u2019action g\u00e9n\u00e9rale qui devraient \u00eatre celles d\u2019un service public.<\/p>\n<p>12 Cet article ne constitue que le doublon, au niveau de la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat, de l\u2019article 1382 du Code civil. Il ne d\u00e9passe pas le domaine de ce dernier en ce sens qu\u2019il ne saurait y avoir un cas o\u00f9 l\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988 s\u2019appliquerait sans que la responsabilit\u00e9 de droit commun pour faute s\u2019applique (cf.G. Ravarani, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3\u00e8me \u00e9dition, p. 150). L\u2019innovation par rapport \u00e0 la responsabilit\u00e9 pour faute \u00e9labor\u00e9e par la jurisprudence sur base des articles 1382 et suivants du Code civil fut, dans l\u2019institution d\u2019un syst\u00e8me de responsabilit\u00e9 pour la faute anonyme de service, constitu\u00e9e par un fonctionnement non conforme aux normes d\u2019action g\u00e9n\u00e9rales qui devraient \u00eatre celles d\u2019un service public (cf.doc.parl.n\u00b02665, expos\u00e9 des motifs, commentaire des articles, p. 4 et 5). La faute qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9tablir n\u2019est pas celle d\u2019un agent d\u00e9termin\u00e9 ou d\u2019un fonctionnaire pr\u00e9cis, mais la personne l\u00e9s\u00e9e devra \u00e9tablir que,dans le cas concret,le service en cause n\u2019a pas fonctionn\u00e9 normalement et elle peut se borner \u00e0 d\u00e9montrer qu\u2019en agissant comme il l\u2019a fait, le service n\u2019a pas observ\u00e9 les r\u00e8gles de diligence et de prudence qu\u2019on devrait normalement attendre de la part d\u2019un service public (G.Ravarani, La responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques, Pas. XXVIII, no 118). En l\u2019occurrence, lar\u00e9gularit\u00e9des d\u00e9cisions administratives se mesure, non seulement au respect des r\u00e8gles du droit administratif, mais encore \u00e0 celui des r\u00e8gles de conduite trac\u00e9es par les articles 1382 et 1383 du Code civil, respectivement par l\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loide 1988. Dans ce contexte, il est de r\u00e8gle que les pouvoirs publics ont le devoir de ne pas tromper la l\u00e9gitime confiance des administr\u00e9s et qu\u2019ils engagent leur responsabilit\u00e9 en cas de manquement \u00e0 la conduite \u00e0laquelle, selon le droit, on peut raisonnablement s\u2019attendre de leur part \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la personne l\u00e9s\u00e9e.Ilen estnotammentainsi lorsqu\u2019une autorit\u00e9\u00e9tatique, respectivement communale,a manqu\u00e9 \u00e0 une promesse ou qu\u2019elle s\u2019est montr\u00e9e incons\u00e9quente dans ses desseins, en s\u2019\u00e9cartant de ce qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 la cons\u00e9quence logique et n\u00e9cessaire d\u2019une situation de droit existante et \u00e0 peine cr\u00e9\u00e9e. C\u2019est \u00e0 juste titre que le tribunal a retenu qu\u2019il appartient auxPERSONNE1.) d\u2019\u00e9tablir l\u2019existence d\u2019une faute ou d\u2019un fonctionnement d\u00e9fectueux d\u2019un service communal, l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9judice dans leur chef et un lien decause \u00e0 effet entre ces deux \u00e9l\u00e9ments. S\u2019agissant des manquements invoqu\u00e9s, la Cour rel\u00e8ve, ainsi que le tribunal l\u2019a soulign\u00e9, que les reproches desPERSONNE1.)portent sur l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier qui aurait \u00e9t\u00e9 pris \u00e0 tort en date 3 juin 2016 puis maintenu \u00e0 tort jusqu\u2019au 9 novembre 2017, alors que laSOCIETE1.)aurait \u00e9t\u00e9 en possession du plan rectifi\u00e9 du sous-sol demand\u00e9 d\u00e8s le 20 mai 2016. Tandis qu\u2019aucun manquement n\u2019est reproch\u00e9 \u00e0 laSOCIETE1.)en relation avec l\u2019autorisation de construire du 6 avril 2016, le recours introduit par les voisins des PERSONNE1.)visant le sursis \u00e0 ex\u00e9cution del\u2019autorisation de b\u00e2tirainsi que l\u2019annulation de ladite autorisation, ne peut avoir d\u2019incidence quant \u00e0l\u2019appr\u00e9ciation de la faute ou du dysfonctionnement des services communaux.<\/p>\n<p>13 Les magistrats de premi\u00e8re instance ont, par un examend\u00e9taill\u00e9 des pi\u00e8ces du dossier,auquella Cour se rapporte,constat\u00e9(i) que le bourgmestre de la SOCIETE1.)a accord\u00e9 en date du 6 avril 2016 l\u2019autorisation (r\u00e9f. n\u00b0NUMERO4.)) auxPERSONNE1.)pour la construction d\u2019une maison bi-familiale sur la parcelle sise \u00e0 L-ADRESSE4.), inscrite au cadastre sous le num\u00e9roNUMERO1.), section C deADRESSE3.)et (ii) que le20 mai 2016,PERSONNE1.)ont soumis des plans rectifi\u00e9scomportantles coins desmursarri\u00e8redu niveau-1 de la construction autoris\u00e9e,\u00e0 laSOCIETE1.). Il r\u00e9sulte encore despi\u00e8ces soumisesque le 20 mai 2016, le \u00abresponsable de la SOCIETE1.)\u00bb a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la \u00abv\u00e9rification de l\u2019implantation de l\u2019immeuble\u00bb \u00e0 construire et \u00e0 l\u2019\u00e9tat des lieux des infrastructures du domaine public. En date du 3 juin 2016, lebourgmestre aarr\u00eat\u00e9 que le chantier des PERSONNE1.)\u00abest ferm\u00e9 avec effet imm\u00e9diat\u00bb. Les consid\u00e9rants de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture indiquent ce qui suit: \u00abconsid\u00e9rant que lors d\u2019une visite du chantier le service technique de la commune a d\u00fb constater que les travaux ne sont pas ex\u00e9cut\u00e9s enconformit\u00e9 aux plans autoris\u00e9s, consid\u00e9rant que le ma\u00eetre d\u2019ouvrage a notamment proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une extension de la partie arri\u00e8re du sous-sol non indiqu\u00e9e sur les plans de construction autoris\u00e9s, consid\u00e9rant qu\u2019il y a urgence, pour \u00e9viter que les travaux sur les constructions non autoris\u00e9es ne soient poursuivis (\u2026)\u00bb. Ledit arr\u00eat defermeture du chantiera \u00e9t\u00e9 lev\u00e9 en datedu 9 novembre 2017,\u00e0 la suite de la notification de l\u2019arr\u00eat de la Cour administrative du 17 octobre 2017 d\u00e9clarant le recours en annulation de l\u2019autorisation de b\u00e2tir introduit par les voisins desPERSONNE1.)irrecevable.A cette d\u00e9cision de lev\u00e9e de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture est joint le plan rectifi\u00e9 du sous-sol qui a \u00e9t\u00e9 avalis\u00e9 par le bourgmestre en date du 30 octobre 2017. Tout d\u2019abord, s\u2019agissant de l\u2019argument de laSOCIETE1.)consistant \u00e0 dire que l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture querell\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 parfaitement justifi\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 que PERSONNE1.)n\u2019auraient pas respect\u00e9 l\u2019autorisation de construire du 6 avril 2016, il y a lieu de relever que l\u2019autorisation de construire a \u00e9t\u00e9 prise sur base de plans avalis\u00e9s par le bourgmestre apr\u00e8s v\u00e9rification par les services communaux. Comme il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 lors des travaux que les plans \u00e9taient incomplets ou erron\u00e9s,PERSONNE1.)ont accompli les diligences n\u00e9cessaires et ont d\u00e9pos\u00e9 des plans rectifi\u00e9s dans les meilleurs d\u00e9lais, en ce sens quele service technique a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019implantation de l\u2019immeuble le 20 mai 2016. Compte tenu de ces \u00e9l\u00e9ments et \u00e0 d\u00e9faut d\u2019explications en quoiPERSONNE1.) auraient \u00abproc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une extension de la partie arri\u00e8re du sous-sol non indiqu\u00e9e sur les plans de construction autoris\u00e9s\u00bb, laSOCIETE1.)ne saurait argumenter que le comportement fautif desPERSONNE1.)serait \u00e0 l\u2019origine de l\u2019arr\u00eat de chantier ordonn\u00e9.<\/p>\n<p>14 LaSOCIETE1.)ne saurait pas davantage faire valoir que le bourgmestre disposerait g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019un d\u00e9lai de 90 jours pour d\u00e9livrer une autorisation de construire modificatrice, alors qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce aucune telle autorisation n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9e auxPERSONNE1.), seul le plan rectificatif du niveau-1 de la construction a \u00e9t\u00e9 avis\u00e9 par le bourgmestre au moment de la lev\u00e9e de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture. Il s\u2019y ajoute que les travaux de construction \u00e9taient en cours et que la SOCIETE1.)reste en d\u00e9faut d\u2019expliquer etde justifier quelles v\u00e9rifications portant sur la\u00abconformit\u00e9 avec la r\u00e9glementation urbanistique communale\u00bb auraient d\u00fb \u00eatre effectu\u00e9es par ses services avant la validation des plans modifi\u00e9s par le bourgmestre. Elle reste, de m\u00eame, en d\u00e9faut d\u2019expliquer les raisons pour lesquelles ces v\u00e9rifications n\u2019auraient pas pu se faire d\u00e8s le 20 mai 2016. L\u2019argumentaired\u00e9velopp\u00e9 par laSOCIETE1.)dans ce contexte est d\u00e8s lors \u00e9galement \u00e0 rejeter. Enfin, c\u2019est par une motivation correcte que la Cour fait sienne, que le tribunal a retenu que laSOCIETE1.)ne sauraitjustifier la lev\u00e9e tardive de l\u2019arr\u00eat de chantier par le fait qu\u2019elleaurait \u00e9t\u00e9tenue d\u2019attendre l\u2019issue du recours en annulationdirig\u00e9 contre l\u2019autorisation de b\u00e2tir.En effet, ainsi quele tribunall\u2019a justement consid\u00e9r\u00e9, ce recours visant l\u2019annulation de l\u2019autorisation de construire est ind\u00e9pendant de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier, alors qu\u2019il porte sur unacte administratif distinct. L\u2019argument de laSOCIETE1.)ne saurait partant valoir. C\u2019est encore \u00e0 juste titre que le tribunal a relev\u00e9 qu\u2019aucun\u00e9l\u00e9ment nouveau n\u2019est venu s\u2019ajouter au dossier desPERSONNE1.)apr\u00e8s le d\u00e9p\u00f4t des plans rectifi\u00e9s en date du 20 mai 2016, c\u2019est-\u00e0-dire avant la d\u00e9cision de fermeture: la situation est rest\u00e9e inchang\u00e9eentrele moment o\u00f9laSOCIETE1.)a pris l\u2019arr\u00eat\u00e9critiqu\u00e9et le moment o\u00f9 elle a lev\u00e9la fermeture du chantier. La Cour approuve partant le tribunal en ce qu\u2019il a conclu que le fait pour la SOCIETE1.)d\u2019ordonner, le 3 juin 2016,la fermeture du chantier des PERSONNE1.)pour non-conformit\u00e9 \u00e0 l\u2019autorisation de b\u00e2tir,alors qu\u2019elle \u00e9tait en possession des plans rectifi\u00e9sdepuis le20 mai 2016 et qu\u2019elle avait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019implantation de la construction sur base de ces plans, ainsi que de lever l\u2019arr\u00eat de chantierseulementen date du 9 novembre 2017,en consid\u00e9ration de ces m\u00eames plans et en l\u2019absence d\u2019un quelconque \u00e9l\u00e9ment nouveau survenu apr\u00e8s la fermeture du chantier, constitue un fonctionnement d\u00e9fectueux des services dans le chef de laSOCIETE1.), au sensde l\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loide1988. L\u2019appel de laSOCIETE1.)n\u2019est en cons\u00e9quence pas fond\u00e9 quant \u00e0 ce point et le jugement est \u00e0 confirmer. Le fonctionnement d\u00e9fectueux des services communaux retenu est de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de laSOCIETE1.)enversPERSONNE1.), \u00e0 condition que le dommage invoqu\u00e9 par ces derniers et la relation de cause \u00e0 effet entre le dommage et le dysfonctionnement soient \u00e9tablis. 2.Le lien causal Concernant le lien de causalit\u00e9,il convient derappeler que l\u2019appr\u00e9ciation de la causalit\u00e9 entre un \u00e9v\u00e9nement et undommage qui s\u2019est produit s\u2019analyse en droit<\/p>\n<p>15 luxembourgeois suivant la th\u00e9orie de la causalit\u00e9 ad\u00e9quate. Selon cette th\u00e9orie, il ne faut rattacher le dommage qu\u2019\u00e0 celui des ant\u00e9c\u00e9dents qui normalement est de nature \u00e0 le produire, \u00e0 l\u2019exclusion d\u2019autres ant\u00e9c\u00e9dents qui ne sont de nature \u00e0 le produireque dans des circonstances exceptionnelles(cf.G. Ravarani : La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 e \u00e9d. n\u00b0999 et suiv.). Ainsi, pour se voir indemniser sur la base del\u2019article 1 er alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988,il incombe auxPERSONNE1.)d\u2019\u00e9tablir que c\u2019est le fonctionnement d\u00e9fectueux ci-avant d\u00e9fini qui est \u00e0 l\u2019origine du dommage dont ils demandent r\u00e9paration,ce qui, par application de la th\u00e9orie de la causalit\u00e9 ad\u00e9quate, pr\u00e9suppose la preuve d\u2019un lien de causalit\u00e9 direct entre ledit fonctionnement d\u00e9fectueux et les diff\u00e9rents volets du pr\u00e9judice invoqu\u00e9, respectivement les pertes all\u00e9gu\u00e9es. A cet \u00e9gard, ainsi que le fait plaider laSOCIETE1.), les d\u00e9cisions rendues par les juridictions administratives sur le recours dirig\u00e9 par les voisins des PERSONNE1.)contre l\u2019autorisation de construire du 6 avril 2016, en particulier l\u2019ordonnance du 28 juin 2016, par laquelle le pr\u00e9sident du tribunal administratif a ordonn\u00e9 \u00abqu\u2019il sera sursis \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019autorisation de construire d\u00e9livr\u00e9e le 6 avril 2016 par le bourgmestre \u2026 [auxPERSONNE1.)] \u2026 en attendant la solution du litige au fond\u00bb, ont eu un impact sur la poursuite des travaux de construction faisant l\u2019objet de ladite autorisation. En effet, par ladite ordonnance du 28 juin 2016, l\u2019autorisation de construire d\u00e9livr\u00e9e auxPERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 suspendue en attendant l\u2019issue du recours en annulation dirig\u00e9e contre ladite autorisation. D\u00e8s lors, en ex\u00e9cution de cette d\u00e9cision judiciaire, les travaux de construction vis\u00e9s par l\u2019autorisation de construire critiqu\u00e9e ont d\u00fb \u00eatre arr\u00eat\u00e9s, en attendant la d\u00e9cision d\u00e9finitive des juridictions administratives sur la validit\u00e9 de cette autorisation qui \u00e9tait entreprise, en l\u2019occurrence jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arr\u00eatde la Cour administrative du 17 octobre 2017. Il en d\u00e9coule que les effets de l\u2019arr\u00eat\u00e9 querell\u00e9 ordonnant la fermeture du chantier desPERSONNE1.)sont limit\u00e9s \u00e0 la p\u00e9riode allant du 3 au 28 juin 2016, date du prononc\u00e9 de la suspension de l\u2019autorisation de construire, ainsi qu\u2019\u00e0 celle allant du 17 octobre 2017, date de l\u2019arr\u00eat de la Cour administrative, au 9 novembre 2017, date de la lev\u00e9e de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016, c\u2019est-\u00e0- dire au total \u00e0 une p\u00e9riode de pr\u00e8s de deux mois. La Cour consid\u00e8re d\u00e8s lors que seuls les chefs de dommages relatifs \u00e0 ces p\u00e9riodes d\u2019arr\u00eat des travaux sont en lien causal direct avec le fonctionnement d\u00e9fectueux des services communaux retenu en rapport avec l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016. L\u2019appel de laSOCIETE1.)est partant fond\u00e9 sur ce point. La Cour analysera les diff\u00e9rents volets de la demande indemnitaire pr\u00e9sent\u00e9e parPERSONNE1.)sous cet aspect.<\/p>\n<p>16 3.L\u2019indemnisation La Cour constate d\u2019embl\u00e9e que le jugement n\u2019est pas entrepris en ce qu\u2019il a rejet\u00e9 la demande desPERSONNE1.)relative aux frais d\u2019architecte et d\u2019expert \u00e0 hauteur des montants de 1.141,60 euros et de 2.896,73 euros. La Cour n\u2019est partant pas saisie de ces demandes. 3.1.La perte du taux de TVA super r\u00e9duit PERSONNE1.)concluent, par r\u00e9formation, \u00e0 voir faire droit \u00e0 leur demande pour le montant de 77.273,80 euros + PM \u00absous r\u00e9serve de toute augmentation \u2026 pour le cas o\u00f9 l\u2019SOCIETE5.)venait cl\u00f4turer les dossiers d\u2019agr\u00e9ment tel que d\u00e9crit par l\u2019expertise et exigerait le cas \u00e9ch\u00e9ant \u00e0 leur encontre le remboursement de 22.726,18 \u20ac respectivement 32.195,42 \u20ac\u00bb, ainsi qu\u2019\u00e0 leur demande en paiement des frais d\u2019expertiseSOCIETE4.)\u00e0 concurrence de la somme de 2.403,22 euros. Pr\u00e9cisant que la pr\u00e9sentation des d\u00e9cisions de l\u2019administration de l\u2019enregistrement, des domaines et de la TVA serait de nature \u00e0 induire en erreur, les appelants exposent que le montant maximal \u00e9ligible pour le taux super-r\u00e9duit se serait chiffr\u00e9 au momentdonn\u00e9 \u00e0 416.666,67 euros et qu\u2019en consid\u00e9ration du devis du fournisseur d\u00e9passant ce montant maximal, deux d\u00e9cisions accordant l\u2019application du taux de TVA super r\u00e9duit sur les deux logements, \u00e0 concurrence du montant de 50.000.-euros chacune, auraient\u00e9t\u00e9 rendues. Selon eux, lorsqu&#039;il est \u00e9nonc\u00e9, comme en l\u2019esp\u00e8ce, que le \u00absolde du montant-limite de 50.000,-\u20ac de la faveur fiscale de la T.V.A. est de 0.-\u20ac\u00bb, il faudrait comprendre que l&#039;administration partirait de l&#039;id\u00e9e que la totalit\u00e9 de la faveur accord\u00e9e sera consomm\u00e9e par cette construction et qu&#039;il n&#039;y aura plus lieu d&#039;introduire dans le futur une nouvelle demande pour des travaux sur ce m\u00eame logement. Toutefois, il aurait \u00e9t\u00e9 imp\u00e9ratif de consommer le montantaccord\u00e9 et d&#039;achever la constructionavant le 31 d\u00e9cembre 2016.PERSONNE1.)auraient ainsi perdu une fois pour toutes l&#039;avantage fiscal de 100.000.-euros, les logements pouvant \u00eatre construitsseulementpost\u00e9rieurement au 31 d\u00e9cembre 2016 en raison de la faute commise par laSOCIETE1.). LaSOCIETE1.)conclut \u00e0 la confirmation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 en ce qu\u2019il a rejet\u00e9 la demandedesPERSONNE1.)relative \u00e0 l\u2019avantage fiscal. Ainsi qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 retenu ci-dessus, il appartient auxPERSONNE1.)de prouver que le pr\u00e9judice pour lequel ils demandent r\u00e9paration se trouve en relation causale avec le dysfonctionnement retenu \u00e0 charge de laSOCIETE1.), partant avec la fermeture du chantier d\u00e9coulant de l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 3 juin 2016. A cet \u00e9gard, laCourrel\u00e8ve que les \u00e9l\u00e9ments du dossier ne permettent pas de d\u00e9gager que les travaux de construction n\u2019ont pas pu se terminer avant la fin de la p\u00e9riode transitoire pr\u00e9vue par les dispositions r\u00e9glementaires en mati\u00e8re de TVA, c\u2019est-\u00e0-dire avant le 31 d\u00e9cembre2016, en raison de la fermeture ordonn\u00e9e par l\u2019arr\u00eat\u00e9 communal du 3 juin 2016dont les effets sont limit\u00e9s \u00e0 la p\u00e9riode allant du 3 au 28 juin 2016, respectivement du 17 octobre au 9 novembre 2017.<\/p>\n<p>17 En l\u2019occurrence, les appelants affirment dans leurs conclusions que \u00abla fabrication de l\u2019ossature en bois\u00bb aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue pour la semaine du 6 juin 2016 et qu\u2019apr\u00e8s \u00abmontage sur place\u00bb, les travaux auraient \u00e9t\u00e9 finalis\u00e9s avant la prise de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture en date du 3 juin 2016. Ils restent cependant en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tayer leurs affirmations et de fournir des pr\u00e9cisions quant \u00e0 l\u2019envergure et la dur\u00e9e des travaux qui auraient d\u00fb \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s durant la p\u00e9riode de fermeture d\u00e9coulant de l\u2019arr\u00eat\u00e9 du 3juin 2016, respectivement quant aux modalit\u00e9s de facturation pr\u00e9vues en rapport avec ces travaux. PERSONNE1.)versent \u00e0 l\u2019appui de leur demande un avis du cabinet d\u2019expertise comptableSOCIETE4.)venant \u00e0 la conclusion que la perte de l\u2019avantage fiscal li\u00e9 \u00e0 l\u2019application du taux super r\u00e9duit se chiffrerait \u00e0 77.273,82 euros. A cet avis est annex\u00e9 \u00abun tableau des travaux factur\u00e9s \u00e0 3% parSOCIETE6.)GmbH\u00bb suivant lequel, le constructeur a \u00e9mis entre le 28 avril et le 6 juin 2016 plusieurs factures pour la somme totale de 116.398,20 euros TTC, le montant de la TVA \u00e9tant 3.390,24 euros, au titre des travaux de terrassement et de construction entam\u00e9s;ces factures ont \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9es par les appelants. Si au vu de ce relev\u00e9, le taux super r\u00e9duit a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 aux factures \u00e9mises au fur et \u00e0 mesure par le constructeur, il ne permet cependant pas de conclure que cet avantage fiscal aurait \u00e9t\u00e9 \u00abperdu\u00bb par la suite. Ledit tableau renseigne encore deux factures \u00e9mises le 15 ao\u00fbt 2016 pour la somme de 76.376,86 euros, relatives \u00e0 des \u00abtravaux en usine\u00bb, lesquelles sont \u00abcontest\u00e9es non r\u00e9gl\u00e9es\u00bb.PERSONNE1.)ne fournissent aucune explication \u00e0 ce sujet, ils ne pr\u00e9cisent pas si les factures en question concernent la p\u00e9riode retenue par la Cour ni si elles ont entretemps \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9es ni si le taux super r\u00e9duit appliqu\u00e9 a \u00e9t\u00e9 \u00abperdu\u00bb. Les appelants ne versent pas au d\u00e9bat le contrat conclu avec le constructeur de l\u2019\u00e9poque, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)GmbH ni les factures \u00e9mises lors de la poursuite des travaux apr\u00e8s la lev\u00e9e de l\u2019arr\u00eat de chantier, permettant de d\u00e9montrer qu\u2019en d\u00e9pit des deux d\u00e9cisions de l\u2019administration de l\u2019enregistrement, des domaines et de la TVA leur accordant la faveur fiscaledemand\u00e9e \u00e0 concurrence de 50.000.- euros chacune, la TVA au taux normal a finalement \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e et r\u00e9gl\u00e9e par eux. Contrairement au sout\u00e8nement des appelants, il n\u2019est donc pas \u00e9tabli que \u00abl\u2019avantage fiscal de 100.000.-euros a \u00e9t\u00e9 perdu une fois pour toutes\u00bb. Au vu de ces consid\u00e9rations, la Cour est amen\u00e9e \u00e0 retenir quePERSONNE1.) restent en d\u00e9faut de prouver tant la perte d\u00e9finitive de l\u2019avantage fiscal qu\u2019ils affirment avoir subie que le lien direct de cause \u00e0 effet entre la perte all\u00e9gu\u00e9e et la fermeture de leur chantier d\u00e9coulant de l\u2019arr\u00eat\u00e9 communal du 3 juin 2016. Il en d\u00e9coule que le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a rejet\u00e9 ce volet de leur demande indemnitaire, quoique pour d\u2019autres motifs. PERSONNE1.)n\u2019ayant pas \u00e9tabli ce volet du dommage qu\u2019ils affirment avoir subi en raison du dysfonctionnement des services communaux, ils ne sauraient pas pr\u00e9tendre au paiement desfrais mis en compte par le cabinetSOCIETE4.).<\/p>\n<p>18 L\u2019appel desPERSONNE1.)n\u2019est en cons\u00e9quencepasfond\u00e9 sur ce point. 3.2.Les frais et honoraires d\u2019avocat pour les instances administratives PERSONNE1.)font valoir que le tribunal aurait consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 juste titre qu\u2019il serait incontestable qu\u2019ils ont d\u00fb exposer des frais et honoraires d\u2019avocat dans le cadre de la proc\u00e9dure en annulation dirig\u00e9e contre l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016, m\u00eame s\u2019il a estim\u00e9 qu\u2019ils n\u2019apporteraient pas de pr\u00e9cision suffisante pour distinguer la proc\u00e9dure en annulation de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier de la proc\u00e9dure administrative introduite par les propri\u00e9taires voisins en pr\u00e9sence de laSOCIETE1.). Compte tenu des pi\u00e8ces produites en appel, ils concluent \u00e0 voir dire leur demande \u00e0 ce titre fond\u00e9e pour le montant de 17.770,33 euros \u00abpour la premi\u00e8re instance\u00bb et de leur allouer le montant suppl\u00e9mentaire de 12.770,33 euros (17.770,33\u20135.000), le forfait de 5.000.-euros retenu en premi\u00e8re instance \u00e9tant insuffisant pour couvrir les frais et honoraires d\u2019avocat expos\u00e9s dans la proc\u00e9dure les opposant \u00e0 laSOCIETE1.). Ces frais support\u00e9s \u00abdans le cadre de la proc\u00e9dure administrative relative \u00e0 la fermeture de chantier\u00bb seraient en lien direct avec la fermeture de chantier arr\u00eat\u00e9e fautivement par laSOCIETE1.). Le droit \u00e0 la r\u00e9paration totale du pr\u00e9judice subi inclurait les frais de repr\u00e9sentation, la r\u00e9alit\u00e9 des prestations \u00e9tant rapport\u00e9e \u00e0 suffisance de droit par les pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause.Le jugement devrait donc \u00eatre r\u00e9form\u00e9 sur ce point. LaSOCIETE1.)reproche au tribunal de l\u2019avoir condamn\u00e9e au paiement d&#039;un montant forfaitaire de 5.000 euros, en soutenant que le recours en annulation contre l&#039;arr\u00eat\u00e9 de fermeture de chantier du 3 juin 2016 serait ind\u00e9pendant de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure et ne se serait pas sold\u00e9 par une annulation de cet arr\u00eat\u00e9 qui devrait donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u00e9gal. Aucune faute reconnue comme telle par les juridictions administratives ne pourrait \u00eatre retenue \u00e0 sa charge et il appartiendrait d\u00e8s lors auxPERSONNE1.)de supporter seuls les frais des proc\u00e9dures judiciaires qu&#039;ils ont d\u00e9cid\u00e9 de mener et non \u00e0 laSOCIETE1.)qui ne saurait \u00eatre tenue responsable de ces derni\u00e8res. En outre, la note d&#039;honoraires g\u00e9n\u00e9rale vers\u00e9e en cause ne permettrait pas de prouver avec suffisamment de pr\u00e9cision que la somme de 5.000.-euros a effectivement \u00e9t\u00e9 d\u00e9bours\u00e9e par PERSONNE1.)dans le cadre dudit recours. Par r\u00e9formation du jugement entrepris, il y aurait lieu de les d\u00e9bouter de ce chef de la demande et non pas de statuer par voie de quantification forfaitaire du dommage subi. Concernant la demande en attribution du montant de17.770,33 euros au titre des honoraires d&#039;avocat, pr\u00e9sent\u00e9e en appel, laSOCIETE1.)conclut \u00e0 la dire non fond\u00e9e, les conditions de l\u2019article 1382 du Code civil ne seraient pas r\u00e9unies. PERSONNE1.)resteraient en d\u00e9faut de produire le d\u00e9tail aux notes d&#039;honoraires et la Cour ne pourrait statuer par voie de quantification forfaitaire du dommage subi, alors qu&#039;il appartiendrait aux appelants de prouver leur dommage. D\u2019ailleurs, ils auraient initialement r\u00e9clam\u00e9 le montant de 68.445,41 euros, ce qui \u00e9tablirait que les montants sollicit\u00e9s seraient d\u00e9nu\u00e9s de tout fondement s\u00e9rieux. A titre subsidiaire, il y aurait lieu de proc\u00e9der \u00e0 la taxation des honoraires dont le remboursement est demand\u00e9.<\/p>\n<p>19 La Cour constate que les parties font un amalgame entre (i) le chef de la demande desPERSONNE1.)correspondant aux honoraires d\u2019avocat expos\u00e9s dans le cadre des proc\u00e9dures devant les juridictions administratives \u00e0 hauteur de 68.465.-euros, d\u00e9clar\u00e9e justifi\u00e9e par le tribunal \u00e0 concurrence du montant forfaitaire de 5.000.-euros et (ii) la demande enindemnisation des frais d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s dans le cadre de la proc\u00e9dure devant le tribunal d\u2019arrondissement \u00e0 hauteur du montant de 5.000.-euros, d\u00e9clar\u00e9e \u00e9galement fond\u00e9e pour le montant r\u00e9clam\u00e9. En effet, la somme de 17.770,33 euros d\u00e9sormais r\u00e9clam\u00e9e parPERSONNE1.) concerne, au regard des pi\u00e8ces produites en cause (pi\u00e8ce 5 de Ma\u00eetre KRONSHAGEN) qui font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00abassignation dommages int\u00e9r\u00eats\u00bb, le litige actuellement soumis \u00e0 la Cour. Ce volet sera analys\u00e9 plus loin, ensemble avec la demande relative aux frais d\u2019avocat expos\u00e9s dans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019appel. Concernant des frais et honoraires d\u2019avocat en lien avec les proc\u00e9dures introduites devant les juridictions administratives, la Cour rel\u00e8ve que PERSONNE1.) ne versent aucune pi\u00e8ce en rapport avec les frais de repr\u00e9sentation engag\u00e9s dans le cadre desdites proc\u00e9dures, en particulier celle dirig\u00e9e contre l\u2019arr\u00eat de fermeture querell\u00e9, telles des notes d\u2019honoraires d\u00e9taill\u00e9es et les preuves de paiement aff\u00e9rentes. Dans ces conditions, s\u2019agissant d\u2019un dommage mat\u00e9riel devant s\u2019\u00e9tablir par pi\u00e8ces, la Cour retient quePERSONNE1.)restent en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir le pr\u00e9judice pour lequel ils demandent r\u00e9paration. Ce volet de leur demande indemnitaire doit d\u00e8s lors \u00eatre rejet\u00e9. L\u2019appel de laSOCIETE1.)est partant fond\u00e9 quant \u00e0 ce point. Le jugement entrepris est en cons\u00e9quence \u00e0 r\u00e9former en ce sens et la SOCIETE1.)est \u00e0 d\u00e9charger de la condamnation prononc\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard, \u00e0 hauteur de5.000.-euros. 3.3.Les frais de s\u00e9curisation du chantier LaSOCIETE1.)conclut \u00e0 la r\u00e9formation du jugement a quo en ce qu\u2019il l\u2019a condamn\u00e9e au paiement du montant de5.234,62 euros au titre defrais de s\u00e9curisation du chantier, ces frais d\u00e9coulant, selon elle, du seul comportement fautif desPERSONNE1.). De plus, comme il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 par les juridictions administratives, l&#039;arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier serait pr\u00e9sum\u00e9 l\u00e9gal, de sorte que les frais de s\u00e9curisation du chantier en cons\u00e9quence de cet arr\u00eat\u00e9 ne sauraient lui \u00eatre imput\u00e9s. Ensuite, m\u00eame \u00e0 consid\u00e9rer qu&#039;une faute puisse \u00eatre retenue dans son chef, les frais de s\u00e9curisation et de nettoyage de l&#039;ensemble du chantier ne seraient en lien causal avec cette faute que pour les p\u00e9riodes entre l&#039;arr\u00eat\u00e9 de fermeture et l&#039;ordonnance dupr\u00e9sident du tribunal administratif, respectivement entre la notification de l&#039;arr\u00eat de la Cour administrative et la lev\u00e9e de l&#039;arr\u00eat\u00e9.<\/p>\n<p>20 PERSONNE1.)r\u00e9pliquent que le tribunal de premi\u00e8re instance aurait \u00e0 juste titre fait droit \u00e0 leur demande en paiement des frais des\u00e9curisation de chantier,ces frais, d\u00e9coulant du seul comportement fautif de laSOCIETE1.), \u00e9tant \u00e9tablis par la facture de l\u2019entrepriseSOCIETE3.)qui aurait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des travaux de nettoyage de remblai et de s\u00e9curisation du chantier pendant la p\u00e9riode de fermeture. L\u2019appel de laSOCIETE1.)ne serait donc pas fond\u00e9 quant \u00e0 ce point. Ainsi que le tribunal de premier degr\u00e9 l\u2019a not\u00e9 \u00e0 juste titre, il n\u2019est pas contest\u00e9 quePERSONNE1.)ont d\u00fb faire proc\u00e9der \u00e0 la s\u00e9curisation du chantier pendant la fermeture de celui-ci. Conform\u00e9ment aux d\u00e9veloppements ci-avant, la p\u00e9riode de fermeture d\u00e9coulant de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture \u00e0 raison duquel un fonctionnement d\u00e9fectueux des services de laSOCIETE1.)a \u00e9t\u00e9 retenu, s\u2019\u00e9tale du 3 au 28 juin 2016 et du 17 octobre au 9 novembre 2017, c\u2019est-\u00e0-dire sur une p\u00e9riode totale de pr\u00e8s de 2 mois, tandis que la p\u00e9riode totale durant laquelle le chantier desPERSONNE1.) \u00e9tait ferm\u00e9 et sur laquelle portent les frais mis en compte, s\u2019\u00e9tale surpr\u00e8s de 17 mois. Face aux contestations de laSOCIETE1.),PERSONNE1.)restent en d\u00e9faut d\u2019expliquer et d\u2019\u00e9tablir quelles sont les prestations de s\u00e9curisation et de nettoyage du chantier qui visent les p\u00e9riodes de fermeture du chantier retenues ci-avant, respectivement quelles sont les prestations qui ont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9es dans la suite directe de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016. Ils ne produisent aucune pi\u00e8ce en rapport avec les prestations r\u00e9alis\u00e9es par l\u2019entrepriseSOCIETE3.)sur le chantier post\u00e9rieurement au 3 juin 2016 et ne versent pas non plus la facture \u00e9mise par l\u2019entrepriseSOCIETE3.)dans ce contexte. Dans ces conditions et en l\u2019absence d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, la Cour retient qu\u2019il n\u2019est pas d\u00e9montr\u00e9 que le pr\u00e9judice r\u00e9clam\u00e9 parPERSONNE1.)au titre de frais de s\u00e9curisation et de nettoyage du chantier se trouve en relation causale directe avec la fermeture de leur chantier d\u00e9coulant de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture critiqu\u00e9. Ce volet de leur demande en indemnisation est d\u00e8s lors \u00e0 rejeter. L\u2019appel de laSOCIETE1.)est partant \u00e9galement fond\u00e9 quant \u00e0 ce point. Le jugement entrepris est en cons\u00e9quence \u00e0 r\u00e9former en ce sens et la SOCIETE1.)est \u00e0 d\u00e9charger de la condamnation prononc\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard, \u00e0 hauteur de 5.234,62 euros. 3.4.La perte de loyers S\u2019agissant de la condamnation au paiement de la somme de74.800.-euros (17 mois x 2.200 x 2) au titre de laperte de loyers, laSOCIETE1.)r\u00e9it\u00e8re d\u2019abord son argumentation suivant laquelle, \u00e0 supposer qu&#039;une quelconque responsabilit\u00e9 puisse \u00eatre retenue \u00e0 son \u00e9gard, seules les pertes de loyer en relation avec la p\u00e9riode entre l&#039;arr\u00eat\u00e9 de fermeture et l&#039;ordonnance de suspension<\/p>\n<p>21 de l\u2019autorisation de construire, respectivement entre la notification de l&#039;arr\u00eat du 17 octobre 2017 et la lev\u00e9e de l&#039;arr\u00eat\u00e9 pourraient lui \u00eatre imput\u00e9es. Elle soutient ensuite que le pr\u00e9judice en cause serait constitu\u00e9 par la perte d&#039;une chance dans le chef desPERSONNE1.)de pouvoir louer l\u2019immeuble \u00e0 r\u00e9aliser une fois le chantier fini. Ce serait \u00e0 tort que le tribunal a reconnu une perte de loyer pendant 17 mois pour un montant mensuel de 2.200.-euros par logement, alors quePERSONNE1.)n\u2019auraient pas prouv\u00e9 dans quelle mesure la jouissance de tels loyers aurait \u00e9t\u00e9 probable ni m\u00eame que la chance aurait \u00e9t\u00e9 certaine. Le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 devrait donc \u00eatre r\u00e9form\u00e9. PERSONNE1.)concluent \u00e0 la confirmation du jugement entrepris en ce qu\u2019il leur a allou\u00e9 la somme de 74.800.-euros \u00e0 titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice subiquant aux pertes de loyer deleur nouvelle construction \u00e0 r\u00e9aliser. La fermeture du chantier d\u00e9coulant d\u2019un fonctionnement d\u00e9fectueux des services de la SOCIETE1.)aurait entra\u00een\u00e9 l&#039;indisponibilit\u00e9 de l&#039;immeuble \u00e0 l&#039;issue de la date pr\u00e9vue pour son ach\u00e8vement. La p\u00e9riode retenue \u00e0 juste titre par le tribunal correspondrait au retardement caus\u00e9 directementpar l&#039;arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier. L&#039;appel adverse ne serait donc pas fond\u00e9. Ainsi que le fait plaider laSOCIETE1.), ce volet de la demande des PERSONNE1.)s\u2019analyse en l\u2019indemnisation de la perte de la chance de louer l\u2019immeuble \u00e0 construire \u00e0 partir de la date d\u2019ach\u00e8vement initialement pr\u00e9vue, en raison de la fermeture du chantier d\u00e9coulant de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016. La perte d\u2019une chance se d\u00e9finit comme la disparition de la probabilit\u00e9 d\u2019un \u00e9v\u00e8nement favorable. La chance \u00e9tant par nature al\u00e9atoire, la r\u00e9paration de la perte d\u2019une chance doit \u00eatre mesur\u00e9e \u00e0 la chance perdue et ne peut \u00eatre \u00e9gale \u00e0 l\u2019avantage qu\u2019elle aurait procur\u00e9, si elle s\u2019\u00e9tait r\u00e9alis\u00e9e. L\u2019indemnisation doit donc prendre en compte l\u2019al\u00e9a, d\u2019une mani\u00e8re plus ou moins importante selon les chances de succ\u00e8s qu\u2019avait la victime. Cette appr\u00e9ciation rel\u00e8ve du pouvoir souverain des juges du fond (cf. JurisClasseur Code civil, articles 1382 \u00e0 1386, fasc. 101, nos 46 et 41). Celui qui pr\u00e9tend \u00e0 l\u2019indemnisation de la perte d\u2019une chance doit \u00e9tablir la chance qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement favorable se serait produit. La Cour rappelle que l\u2019arr\u00eat des travaux de construction d\u00e9coulant de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016 porte sur une p\u00e9riode totale de pr\u00e8s de deux mois. En l\u2019occurrence, siPERSONNE1.)affirment que \u00abdes contrats de location auraient \u00e9t\u00e9 conclus d\u00e8s l&#039;ach\u00e8vement desconstructions, ce qui prouverait l&#039;attractivit\u00e9 des biens soumis \u00e0 location\u00bb,ils ne versent cependant aucune pi\u00e8ce \u00e0 ce sujet. Les intim\u00e9s ne documentent pas les d\u00e9marches qu\u2019ils ont entreprises en vue de mettre leur immeuble sur le march\u00e9 locatif et ne renseignent pas la Cour sur le d\u00e9lai end\u00e9ans lequel ils ont pu trouver un locataire. Ils ne versent pas<\/p>\n<p>22 davantage les contrats de bail qu\u2019ils affirment avoir conclus, permettant de d\u00e9gager le montant du loyer per\u00e7u. Dans les conditions donn\u00e9es, compte tenu des al\u00e9as que comporte la mise en location d\u2019un bien immeuble et en l\u2019absence de tout autre \u00e9l\u00e9ment, la Cour retient quePERSONNE1.)n\u2019\u00e9tablissent pas en quoi ils auraient \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de la chance de donner leur immeuble en location, en raison de l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du 3 juin 2016, qui a, tel que retenu ci-dessus, entra\u00een\u00e9 un retard dans l\u2019ach\u00e8vement des travaux de pr\u00e8s de deux mois. PERSONNE1.) n\u2019ayant pas \u00e9tabli la r\u00e9alit\u00e9 du pr\u00e9judice pour lequel ils demandent r\u00e9paration, ce volet de leur demande en indemnisation est \u00e0 rejeter. L\u2019appel de laSOCIETE1.)est d\u00e8s lors \u00e9galement fond\u00e9 quant \u00e0 ce point. Le jugement entrepris est en cons\u00e9quence \u00e0 r\u00e9former en ce sens et la SOCIETE1.)est \u00e0 d\u00e9charger de la condamnation prononc\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard, \u00e0 hauteur de 74.800.-euros. 3.5.Le dommage moral LaSOCIETE1.)conclut encore \u00e0 la r\u00e9formation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 en ce qu\u2019il a allou\u00e9 le montant forfaitaire de 2.000.-euros auxPERSONNE1.)\u00e0titre d\u2019indemnisation dudommage moralpour les tracas occasionn\u00e9s. Elle fait valoir, outre l&#039;absence de fonctionnement d\u00e9fectueux dans son chef, qu\u2019il serait difficile de cerner les tracas vis\u00e9s par le tribunal dans sa condamnation. En effet, l&#039;impossibilit\u00e9 temporaire de r\u00e9aliser le projet immobilier ne serait pas due \u00e0 l&#039;arr\u00eat\u00e9 de fermeture, qui devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u00e9gal et r\u00e9sulterait d\u2019une faute commise parPERSONNE1.). LaSOCIETE1.)ne saurait d\u00e8s lors \u00eatre tenue d&#039;indemniser un dommage qu&#039;elle n&#039;a pas caus\u00e9. PERSONNE1.)concluent \u00e0 la confirmation du jugement entrepris sur ce point, en expliquant qu\u2019en raison des agissements de laSOCIETE1.), ils auraient \u00e9t\u00e9 mis dans une situation extr\u00eamement pr\u00e9caire et que leur cadre de vie aurait \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9 de fa\u00e7on inacceptable impliquant des cons\u00e9quences jusqu\u2019\u00e0 ce jour. La Cour rejoint le tribunal en ce qu\u2019il a consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019atteinte\u00e0 la r\u00e9putation, \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 et \u00e0 l\u2019honneur, ainsi que l\u2019humiliationdont font \u00e9tatPERSONNE1.) ne sont corrobor\u00e9s par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier. C\u2019est encore par une saine appr\u00e9ciation des circonstances de la cause que le tribunal a, compte tenu des tracas et \u00e9nervement subis en rapport avec l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture litigieux d\u00e9coulant d\u2019un fonctionnement d\u00e9fectueux des services de laSOCIETE1.), \u00e9valu\u00e9ex aequo et bonole pr\u00e9judice moral desPERSONNE1.) \u00e0 la somme de (2 x1.000) de 2.000.-euros. L\u2019appel de laSOCIETE1.)n\u2019est donc pas fond\u00e9 quant \u00e0 ce point et le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 est \u00e0 confirmer. 3.6.Conclusion<\/p>\n<p>23 Au de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, il y alieu, par r\u00e9formation, de dire la demande desPERSONNE1.)non fond\u00e9e en ce qui concerne les frais d\u2019avocat expos\u00e9s dans le cadre des proc\u00e9dures administratives, les frais de s\u00e9curisation du chantier et les pertes de loyer et de d\u00e9charger laSOCIETE1.) des condamnations prononc\u00e9es \u00e0 ce titre, \u00e0 son encontre. Le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il rejet\u00e9 la demande des PERSONNE1.)concernant la perte de l\u2019avantage fiscal. Il est encore \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a dit fond\u00e9e leur demande en indemnisation du pr\u00e9judice moral \u00e0 concurrence de la somme de 2.000.-euros augment\u00e9e des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 15 mars 2019 jusqu\u2019\u00e0 solde. 4.Les demandes accessoires 4.1.Les honoraires d\u2019avocat En appel,PERSONNE1.)augmentent leur demande au titre des honoraires d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s pour la premi\u00e8re instance \u00e0 17.770,33 euros et concluent, par r\u00e9formation, \u00e0 la condamnation de laSOCIETE1.)\u00e0 leur payer le montant suppl\u00e9mentaire de (17.770,33-5.000) 12.770,33.-euros. Au dernier \u00e9tat de leurs conclusions, ils sollicitent en outre l\u2019attribution de la somme de 11.226,46 euros au titre des frais d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s pour l\u2019instance d\u2019appel. LaSOCIETE1.)critique les magistratsde premier degr\u00e9 en ce qu\u2019ils l\u2019ont condamn\u00e9e au paiementd&#039;une indemnit\u00e9 de 5.000.-euros pour les frais d\u2019avocat et \u00e0 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure suppl\u00e9mentaire de 5.000.-euros. Selon elle, il ne serait pas \u00e9tabli par les pi\u00e8ces du dossier quePERSONNE1.)ont d\u00e9pens\u00e9 10.000.-euros pour leur d\u00e9fense en justice dans le cadre de la pr\u00e9sente affaire civile. Il s\u2019y ajouterait que les conditions pr\u00e9vues par l\u2019article 1382 du Code civil ne seraient pas remplies, outre l\u2019absence de faute dans son chef, le dommage r\u00e9el en lien direct avec la faute all\u00e9gu\u00e9e ne serait pas prouv\u00e9. Le jugement appel\u00e9 devrait partant \u00eatre r\u00e9form\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard. La demande en allocation du montant de17.770,33 euros au titre des honoraires d&#039;avocat ne serait pas davantage fond\u00e9e, les conditions de l\u2019article 1382 du Code civil ne seraient pas r\u00e9unies.PERSONNE1.)resteraient en d\u00e9faut de produire le d\u00e9tail aux notes d&#039;honoraires et la Cour ne saurait statuer par voie de quantification forfaitaire du dommage. A titre subsidiaire, il y aurait lieu de proc\u00e9der \u00e0 la taxation des honoraires. A l\u2019instar du tribunal, la Cour rappellequ\u2019il est de principe aujourd\u2019hui que les honoraires que le justiciable doit exposer pour obtenir gain de cause en justice constituent un pr\u00e9judice r\u00e9parable qui trouve son origine dans une faute de la partie qui succombe. Les frais et honoraires d\u2019avocatpeuvent ainsi donner lieu \u00e0<\/p>\n<p>24 indemnisation sur base de la responsabilit\u00e9 civile de droit commun en dehors de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Par arr\u00eat du 9 f\u00e9vrier 2012 la Cour de cassation (n\u00b05\/12, n\u00b02881 du registre) a condamn\u00e9 la solution de droit fran\u00e7ais suivant laquelle les frais et honoraires d\u2019avocat ne constituent pas un pr\u00e9judice r\u00e9parable au titre de la responsabilit\u00e9 civile. La Coura retenu que les frais non compris dans les d\u00e9pens, donc \u00e9galement les honoraires d\u2019avocat, constituent un pr\u00e9judice r\u00e9parable et peuvent \u00eatre rembours\u00e9s sur base de la responsabilit\u00e9 pour faute des articles 1382 et 1383 du Code civil. Il est, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, \u00e9galement de principe, que l\u2019exercice d\u2019une action en justice est libre de m\u00eame que le fait de r\u00e9sister \u00e0 une action. On ne peut \u00abadmettre que le seul fait d\u2019engager un proc\u00e8s sans avoir la certitude absolue de r\u00e9ussir constitue une faute \u00bb (Mazeaud et Tunc, Trait\u00e9 de responsabilit\u00e9 civile, nos 591 et suiv.). L\u2019exercice d\u2019une action en justice, de m\u00eame que la r\u00e9sistance \u00e0 une telle demande, n\u2019est en principe pas fautif et ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en faute qu\u2019en cas d\u2019exercice abusif ou anormal de l\u2019action en justice (cf. G. Ravarani, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 e \u00e9d., p.1124; Cour d\u2019appel 14 f\u00e9vrier 2024, n\u00b0CAL-2023-00109 du r\u00f4le). Le caract\u00e8re r\u00e9parable du pr\u00e9judice consistant dans les frais d\u2019avocat expos\u00e9s est reconnu en cas d\u2019abus du droit d\u2019agir en justice. Ainsi,si l\u2019action en justice n\u2019avait pas lieu d\u2019\u00eatre engag\u00e9e, celui qui a d\u00fb se d\u00e9fendre a droit au remboursement des frais d\u2019avocat inutilement engag\u00e9s. Il en va de m\u00eame d\u00e8s lors qu\u2019une partie r\u00e9siste de mani\u00e8re injustifi\u00e9e \u00e0 une demande en paiement intent\u00e9e \u00e0son encontre. Il s\u2019agit, alors, d\u2019une responsabilit\u00e9 pour faute (cf. Cour d\u2019appel 6 janvier 2021, n\u00b0CAL-2019-01017 du r\u00f4le). Le simple fait de succomber dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure judiciaire ne saurait d\u00e8s lors automatiquement ouvrir le droit \u00e0 indemnisation au titre des honoraires d\u2019avocat support\u00e9s, ce d\u2019autant moins lorsque, comme en l\u2019esp\u00e8ce, la responsabilit\u00e9 de laSOCIETE1.)en rapport avec l\u2019arr\u00eat\u00e9 de fermeture du chantier querell\u00e9 et lesrevendications indemnitaires en d\u00e9coulant \u00e9taient source de discussions juridiques et ont d\u00fb \u00eatre fix\u00e9es par d\u00e9cision judiciaire. En l\u2019occurrence, sitel que les magistrats du premier degr\u00e9 l\u2019ont relev\u00e9, la SOCIETE1.)a engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 enversPERSONNE1.), en d\u00e9cr\u00e9tant la fermeture du chantier alors que ces derniers avaient accompli toutes les diligences requises, en levant cet arr\u00eat\u00e9 seulement apr\u00e8s 17 mois et sans disposer d\u2019\u00e9l\u00e9ments nouveaux par rapport \u00e0 ceux dont elle disposait auparavant, il n\u2019est toutefois pas \u00e9tabli au regard des \u00e9l\u00e9ments du dossier qu\u2019elleait r\u00e9sist\u00e9 de fa\u00e7on injustifi\u00e9e ou anormale auxrevendicationsindemnitaires des PERSONNE1.). D\u00e8s lors, dans les conditions factuelles de l\u2019esp\u00e8ce, il n\u2019est pas \u00e9tabli quela SOCIETE1.)a commis une faute civile devant engager sa responsabilit\u00e9dans ce contexte.<\/p>\n<p>25 Aucun comportement fautif dans le sens pr\u00e9d\u00e9crit n\u2019\u00e9tant \u00e9tabli dans le chef de laSOCIETE1.),l\u2019appeldecette derni\u00e8reestfond\u00e9 quant \u00e0 ce volet. En revanche,l\u2019appeldesPERSONNE1.)est \u00e0 dire nonfond\u00e9sur ce point. En cons\u00e9quence, il y a, par r\u00e9formation, lieu de d\u00e9clarer la demande des PERSONNE1.)en remboursement des frais et honoraires d\u2019avocats pour la premi\u00e8re instance non fond\u00e9e et de d\u00e9chargerlaSOCIETE1.)de la condamnation intervenue \u00e0 son encontre, \u00e0 raison de5.000.-euros. Cette solution vaut \u00e9galement pour les honoraires d\u00e9bours\u00e9s \u00e0 la suite du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 parPERSONNE1.)\u00e0 d\u00e9faut de preuve d\u2019une faute dans le chef de laSOCIETE1.)de nature \u00e0 engager sa responsabilit\u00e9 civile. La demande desPERSONNE1.)en r\u00e9p\u00e9tition des frais et honoraires expos\u00e9s en instance d\u2019appel est d\u00e8s lors \u00e0 rejeter. 4.2.Les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure Le jugemententreprisest \u00e0 confirmerpar adoption des motifsen ce qu\u2019il a allou\u00e9 auxPERSONNE1.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de5.000.-euros et en ce qu\u2019il a rejet\u00e9 la demande \u00e0 ce titre delaSOCIETE1.). Aucune des parties n\u2019ayant \u00e9tabli l\u2019iniquit\u00e9 requise parl\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, leurs demandes respectives en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel sont \u00e0 rejeter. Le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 est encore \u00e0 confirmer, par adoption des motifs, en ce qu\u2019il a mis les frais et d\u00e9pens de cette instance \u00e0 charge de laSOCIETE1.). PERSONNE1.)n\u2019obtenant pour l\u2019essentiel pas gain de cause en appel, les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel sont \u00e0 mettre \u00e0 leur charge. PAR CES MOTIFS la Cour d\u2019appel, neuvi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8recivile,statuant contradictoirement, re\u00e7oit les appels, dit l\u2019appel dePERSONNE1.)et de son \u00e9pousePERSONNE2.)non fond\u00e9, dit l\u2019appel de l\u2019Administration communale deSOCIETE1.)partiellement fond\u00e9, parr\u00e9formation,<\/p>\n<p>26 dit la demande en allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats dePERSONNE1.)et de son \u00e9pousePERSONNE2.)en ce qui concerne les frais et honoraires d\u2019avocat relatifs aux proc\u00e9dures devant les juridictions administratives, les frais de s\u00e9curisation et de nettoyage du chantier et la perte des loyers, non fond\u00e9e, d\u00e9charge l\u2019Administration communale deSOCIETE1.)de la condamnation au paiement des montants de 5.000.-euros, de 5.234,62 euros et de 74.800.-euros augment\u00e9s des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 15 mars 2019 jusqu\u2019\u00e0 solde, d\u00e9charge l\u2019Administration communale deSOCIETE1.)de la condamnation au paiement du montant de 5.000.-euros au titre des frais et honoraires d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s dans le cadre de la premi\u00e8re instance, confirmele jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 pour le surplus, d\u00e9clare la demandePERSONNE1.)et de son \u00e9pousePERSONNE2.)en remboursement des frais d\u2019avocat expos\u00e9s non fond\u00e9e, dit non fond\u00e9es les demandes respectives des parties en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, condamnePERSONNE1.)et son \u00e9pousePERSONNE2.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre,en pr\u00e9sence dugreffier assum\u00e9 Linda CLESEN.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/20250630-010612\/20250619-ca09-cal-2023-00852-cal-2023-00887-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arr\u00eat N\u00b060\/25-IX\u2013CIV Audience publique dudix-neufjuin deux mille vingt-cinq Num\u00e9roCAL-2023-00852 et CAL-2023-00887dur\u00f4le Composition: Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre, Fran\u00e7oise WAGENER,premierconseiller, AntoineSCHAUS, conseiller, Linda CLESEN, greffier assum\u00e9. I. 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