{"id":598519,"date":"2026-04-18T23:13:09","date_gmt":"2026-04-18T21:13:09","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-mai-2024-n-2022-00834\/"},"modified":"2026-04-18T23:13:13","modified_gmt":"2026-04-18T21:13:13","slug":"cour-superieure-de-justice-8-mai-2024-n-2022-00834","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-8-mai-2024-n-2022-00834\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 8 mai 2024, n\u00b0 2022-00834"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0062\/24\u2013VII\u2013CIV Audience publique du huit mai deux mille vingt-quatre Num\u00e9ro CAL-2022-00834 du r\u00f4le. Composition: Jean ENGELS, pr\u00e9sident de chambre; Nadine WALCH,1 er conseiller; Fran\u00e7oise SCHANEN, conseiller; Andr\u00e9 WEBER, greffier. E n t r e : 1)PERSONNE1.), demeurant \u00e0 L-ADRESSE1.), 2) la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE2.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonction, 3) la compagnie d\u2019assurancesSOCIETE2.), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE3.), inscrite au registre de rommerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonction, , 4) la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE4.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO3.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonction, parties appelantes aux fins: -d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice Geoffrey GALL\u00c9 de Luxembourg du 8 ao\u00fbt 2022, et<\/p>\n<p>2 -d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice Georges WEBER de Diekirch du 8 ao\u00fbt 2022, comparant par Ma\u00eetre Nicolas BANNASCH, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t : 1) la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE4.), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8gesocial \u00e0 L- ADRESSE5.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO4.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonction, 2) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE5.), \u00e9tablie et ayant sonsi\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE6.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO5.), repr\u00e9sent\u00e9e par son sinon ses g\u00e9rants actuellement en fonctions, 3)PERSONNE2.), demeurant \u00e0 L-ADRESSE6.), parties intim\u00e9es aux fins des susdits exploitsPERSONNE3.)et WEBER du 8 ao\u00fbt 2022, comparant par Ma\u00eetre Anne-Marie SCHMIT, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg. __________________________________________________________ LA COUR D\u2019APPEL: Par exploit d\u2019huissier du 20 mars 2020, la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE4.)S.A. (ci- apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)) a fait donner assignation \u00e0PERSONNE1.)(ci-apr\u00e8s PERSONNE1.)), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)(ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)) et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)(ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg,si\u00e9geant en mati\u00e8re civile,pour les voir condamner solidairement, sinonin solidum, sinon chacun pour le tout, au paiement d\u2019un montant de 10.520,81 euros, avec lesint\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 compter du jour de l\u2019accident, sinon \u00e0 partir de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde, au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000,-euros sur le fondement de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ainsi qu\u2019\u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance (num\u00e9ro TAL- NUMERO6.)du r\u00f4le). Par exploit d\u2019huissier du 27 ao\u00fbt 2020, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)a fait donner assignation en intervention \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE6.)S.A. (ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE6.))\u00e0 compara\u00eetredevant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile,pour s\u2019entendre dire qu\u2019elle est tenue d\u2019intervenir dans l\u2019instance pendante entre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), d\u2019une part, etPERSONNE1.), la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), d\u2019autre part, voir joindre l\u2019instance<\/p>\n<p>3 introduite par la demande en intervention \u00e0 l\u2019instance principale introduite par assignation du 20 mars 2020, voir statuer par un seul et m\u00eame jugement, s\u2019entendre condamner solidairement, sinonin solidum, avec lesparties assign\u00e9es vis\u00e9es par l\u2019exploit d\u2019huissier du 20 mars 2020, sinon chacune pour le tout, au paiement d\u2019un montant de 10.520,81 euros, avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 compter du jour de l\u2019accident, sinon \u00e0 partir de l\u2019exploit d\u2019huissier du 20 mars2020, sinon de l\u2019assignation en intervention du 27 ao\u00fbt 2020 jusqu\u2019\u00e0 solde, ainsi qu\u2019au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000,-euros sur le fondement de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et de tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance (num\u00e9roNUMERO7.)du r\u00f4le). Les deux affaires inscrites au r\u00f4le sous les num\u00e9ros TAL-NUMERO6.)et NUMERO7.)ont \u00e9t\u00e9 jointes aux termes d\u2019une ordonnance de jonction du 22 octobre 2020. Par exploit d\u2019huissier du 20 septembre 2021, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)a fait donner citation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE5.)S.\u00e0 r.l. (ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE5.)) et \u00e0PERSONNE2.)(ci-apr\u00e8sPERSONNE2.)) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal depaix de Diekirch, pour les voir condamner au paiement d\u2019un montant de 4.317,44 euros avec les int\u00e9r\u00eats compensatoires, sinon moratoires au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du jour des faits, sinon, \u00e0 compter de la demande en justice, sinon du jugement \u00e0 intervenir, letout jusqu\u2019\u00e0 solde, ainsi qu\u2019au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500,-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et de tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. En date du 15 octobre 2021, le tribunal de paix de Diekircha rendu un jugement aux termes duquel il a renvoy\u00e9 les parties \u00e0 proc\u00e9der devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, saisi d\u2019une demande connexe. Par exploit d\u2019huissier du 11 novembre 2021, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)a fait donner assignation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)et \u00e0PERSONNE2.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, pour voir renvoyer l\u2019affaire devant la10\u00e8me chambre de ce tribunal, les voir condamner conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019exploit d\u2019huissier du 20 septembre 2021 et pour les voir condamner solidairement, sinonin solidum, sinon chacun pour le tout, \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance (num\u00e9ro TAL-2021-09770 du r\u00f4le). Les trois affaires inscrites au r\u00f4le sous les num\u00e9ros TAL-NUMERO6.), NUMERO7.)et TAL-NUMERO8.)ont \u00e9t\u00e9 jointes par une ordonnance de jonction en date du 8 d\u00e9cembre 2021. Le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, suivant jugement rendu le 1 er juillet 2022 a: -dit les demandes principales et reconventionnelles recevables en leur pure forme, -ditirrecevable la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)et contrePERSONNE1.)sur le fondement de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil,<\/p>\n<p>4 -dit non-fond\u00e9es les demandes de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)sur le fondement des articles 1384 alin\u00e9a 3, 1382 et 1383 du Code civil, -dit la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.) sur le fondement de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil recevable et fond\u00e9e, -condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)in solidum\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)le montant de 10.520,81 euros, augment\u00e9 des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 compter du 18 d\u00e9cembre 2018, jour de l\u2019accident, jusqu\u2019\u00e0 solde, -dit non-fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)sur le fondement des articles 1384 alin\u00e9a 1 er , 1384 alin\u00e9a 3, 1382 et 1383 du Code civil, -dit non fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)et dePERSONNE2.)en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire, -dit non-fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)en paiementd\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, -dit fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure fond\u00e9e sur l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile \u00e0 concurrence du montant de 2.000,-euros, -condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)in solidum\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)le montant de 2.000 euros sur le fondement de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, -condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)in solidumaux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance avec distraction au profit de Ma\u00eetre Anne-Marie SCHMIT qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance. Par exploit d\u2019huissier du 8 ao\u00fbt 2022,PERSONNE1.), la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)SA (ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)), ayant repris l\u2019actif et le passif de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.),ont relev\u00e9 appel du jugement du 1 er juillet 2022. Demandes des parties Les parties appelantesexpliquent \u00e0 titre liminaire que lors de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire du 15 juillet 2021, a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e la cl\u00f4ture de la liquidation de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE6.)laquelle a \u00e9t\u00e9 radi\u00e9e et que suivant les r\u00e9solutions prises lors de cette m\u00eame assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire, le patrimoine de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 son actionnaire unique, \u00e0 savoir la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)qui aurait partant int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir dans le cadre de la pr\u00e9sente instance d\u2019appel. Par r\u00e9formation du jugement entrepris, les parties appelantes demandent \u00e0 la Cour de d\u00e9clarer la demande en indemnisation non fond\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 er du Code civil au motif principalement,que la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 ne s\u2019applique pas \u00e0 elle.<\/p>\n<p>5 Subsidiairement, elles demandent \u00e0 la Cour de dire que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) s\u2019exon\u00e8re de toute pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 par la conduite fautive de PERSONNE2.). Elles demandent \u00e0 voir dire non fond\u00e9e la demande form\u00e9e contrePERSONNE1.) sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil. Elles demandent \u00e0 voir dire que la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 d\u00e9coulant de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 er du Code civil s\u2019applique \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)entant que gardien du v\u00e9hicule TOYOTA, et subsidiairement \u00e0PERSONNE2.)en tant que gardien de ce m\u00eame v\u00e9hicule, et que ni l\u2019un ni l\u2019autre de ces gardiens ne s\u2019exon\u00e8rent de cette pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9. Subsidiairement, elles demandent \u00e0 voir dire que la responsabilit\u00e9 de PERSONNE2.)est engag\u00e9e sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil. Elles estiment encore que la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)est engag\u00e9e sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 3 du Code civil en tant que commettant de PERSONNE2.)au moment des faits. Elles demandent \u00e0 voir nommer un expert afin de d\u00e9terminer le d\u00e9roulement du sinistre survenu en date du 18 d\u00e9cembre 2018. Elles offrent de prouver le d\u00e9roulement de cet accidentpar l\u2019audition du t\u00e9moinPERSONNE4.). Elles contestent le quantum de la demande. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)demande encore la r\u00e9paration de son pr\u00e9judice consistant en ses frais d\u2019avocat \u00e0 hauteur de 8.720,82 euros sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil, sinon sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Les parties appelantes demandent la condamnation des parties intim\u00e9es aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Elles demandent \u00e0 voir d\u00e9clarer la demande adverse en indemnisation \u00e0 titre de frais d\u2019avocat sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil irrecevable sinon non fond\u00e9e et de rejeter la demande adverse introduite sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elles concluent \u00e0 la r\u00e9formation du jugement en ce qu\u2019elles devraient \u00eatre d\u00e9charg\u00e9es des condamnations prononc\u00e9es \u00e0 leur encontre sur base des articles 238 et 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Les parties intim\u00e9esdemandent \u00e0 voir dire l\u2019appel non fond\u00e9 et \u00e0 voir confirmer le jugement du 1 er juillet 2022, principalement en ce qu\u2019il a retenu la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), gardien du v\u00e9hicule AUDI sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 er du Code civil, en sa qualit\u00e9 de commettant du conducteur PERSONNE1.). Elles demandent \u00e0 titre subsidiairederetenir la responsabilit\u00e9 du conducteur PERSONNE1.)sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 du Code civil en tant que gardien du v\u00e9hicule, plus subsidiairement,deretenir la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)sur<\/p>\n<p>6 base du m\u00eamearticle en tant que gardien du v\u00e9hicule, encore plus subsidiairement,de retenir la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 3 du Code civil en sa qualit\u00e9 de commettant dePERSONNE1.)au moment des faits et \u00e0 titre infiniment subsidiairederetenir la responsabilit\u00e9 du conducteurPERSONNE1.)sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil. Elles demandent la condamnation des parties appelantes au paiement de la somme de 9.477,-euros \u00e0 titre de frais d\u2019avocat sur basedes articles 1382 et 1383 du Code civil et d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000,-euros pour chacune d\u2019entre elles sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elles demandent la condamnation des parties appelantes aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Par ordonnance du magistrat de la mise en \u00e9tat du 31 octobre 2023, l\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e et l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e \u00e0 l\u2019audience des plaidoiries du 13 mars 2024. Faits constants En date du 18 d\u00e9cembre 2018, vers 12.15 heures, un accident de la circulation s\u2019est produit sur la route principale \u00e0ADRESSE7.), impliquant d\u2019une part le v\u00e9hicule de la marque TOYOTA, appartenant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)et conduit parPERSONNE2.), et d\u2019autre part le v\u00e9hicule de la marque AUDI, appartenant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)et conduit parPERSONNE1.). Il est constant en cause que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)a donn\u00e9 son v\u00e9hicule AUDI en location \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)ayant repris la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)et que PERSONNE1.)qui conduisait le v\u00e9hicule se trouvaitau service de cette soci\u00e9t\u00e9 au moment des faits. Quant au v\u00e9hicule TOYOTA, il est constant en cause quePERSONNE2.)qui conduisait ce v\u00e9hicule se trouvait au service de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)au moment des faits. Bien que les circonstances exactes de l\u2019accident fassent l\u2019objet de vives discussions entre les parties, il peut \u00eatre retenu comme constant quePERSONNE1.)voulait sortir d\u2019un parking pour s\u2019engager dans la route principale sur laquelle circulait PERSONNE2.). A un moment donn\u00e9, le v\u00e9hicule conduit parPERSONNE1.), sortant du parking, d\u00e9passait sur la route principale.PERSONNE2.)a continu\u00e9 sa route et \u00e0 hauteur du parking duquelPERSONNE1.)voulait sortir, les deux v\u00e9hicules sont entr\u00e9s en collision.<\/p>\n<p>7 Positions des parties Les parties appelantesfont valoir en premier lieu qu\u2019aucune pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 ne s\u2019appliquerait \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)au motif que le v\u00e9hicule AUDI conduit parPERSONNE1.)aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019arr\u00eat au moment de l\u2019accident, de sorte qu\u2019il ne saurait \u00eatre qualifi\u00e9 de chose en mouvement dont le r\u00f4le causal dans la gen\u00e8se de l\u2019accident pourrait \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9. Au cas o\u00f9 il \u00e9tait retenu que cette pr\u00e9somption venait n\u00e9anmoins \u00e0 s\u2019appliquer, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)s\u2019exon\u00e9rerait de toute responsabilit\u00e9 en raison des fautes de conduite dans le chef dePERSONNE2.), conducteur de la voiture TOYOTA qui aurait conduit \u00e0 une vitesse excessive et inadapt\u00e9e aux circonstances de temps et de lieu, et ne serait pas rest\u00e9 ma\u00eetre de son v\u00e9hicule \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9viter le v\u00e9hicule AUDI malgr\u00e9 une visibilit\u00e9 parfaite. De son c\u00f4t\u00e9, le conducteur du v\u00e9hicule AUDI,PERSONNE1.), n\u2019aurait commis aucune faute de conduite \u00e9tant donn\u00e9 que, voulant sortir d\u2019un parking, et avant de s\u2019engager dans la route principale, il serait roul\u00e9 au pas et se serait arr\u00eat\u00e9, d\u00e9bordant l\u00e9g\u00e8rement sur la chauss\u00e9e, pour s\u2019assurer qu\u2019il pouvait s\u2019ins\u00e9rer sans danger dans le trafic. Ensuite, il aurait \u00e9t\u00e9 violemment percut\u00e9, \u00e0 l\u2019arr\u00eat, par le v\u00e9hicule TOYOTA conduit parPERSONNE2.). Or, il aurait \u00e9t\u00e9 contraint de s\u2019avancer l\u00e9g\u00e8rement sur la chauss\u00e9e en raison de la pr\u00e9sence d\u2019arbres sur les c\u00f4t\u00e9s droit et gauche du parking qui auraient entrav\u00e9 sa vue. Les parties appelantesestiment que leur version des faits serait \u00e9tablienotamment par le constat \u00e0 l\u2019amiable dans lequelPERSONNE1.)aurait not\u00e9 quePERSONNE2.) aurait conduit \u00e0 une vitesse excessive, ainsi que par les photos des v\u00e9hicules endommag\u00e9s et par l\u2019emplacement des d\u00e9g\u00e2ts sur les v\u00e9hicules respectifs. Ainsi, la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 devrait s\u2019appliquer au gardien du v\u00e9hicule TOYOTA dont la responsabilit\u00e9 serait engag\u00e9e sans qu\u2019une faute susceptible de l\u2019exon\u00e9rer de cette responsabilit\u00e9 ne soit \u00e9tablie dans le chef dePERSONNE1.). Elles contestent le quantum de la demande,soit 10.340,81 euros,au motif que les montants retenus par l\u2019expert inclueraient des d\u00e9g\u00e2ts importants pr\u00e9existants. A d\u00e9faut de ventilation faite par l\u2019expert, il ne serait pas possible de retenir ce montant. Les parties intim\u00e9es contestent toute fautedans le chef dePERSONNE2.)pour n\u2019\u00eatre \u00e9tablie par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier.PERSONNE1.)en revanche aurait manifestement viol\u00e9 son obligation de c\u00e9der la priorit\u00e9 en sortant d\u2019un parking aux usagers circulant d\u00e9j\u00e0 sur la voie. Elles entendent voir retenir le montant de 10.520,81 euros tel que r\u00e9sultant du rapport d\u2019expertise du 29 mars 2019 au motif qu\u2019aucun d\u00e9g\u00e2t ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019accident litigieux n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 inclus dans ce montant.<\/p>\n<p>8 Elles s\u2019opposent \u00e0 la nomination d\u2019un expert en automobile estimant qu\u2019ilexisterait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments permettant \u00e0 la Cour de d\u00e9terminer le d\u00e9roulement exact de l\u2019accident. Appr\u00e9ciation de la Cour Au vu de l\u2019extrait RCS concernant la radiation de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)du 15 juillet 2021 et le proc\u00e8s-verbal de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire du 15 juillet 2021 aux termes de laquelle la totalit\u00e9 du patrimoine de cette soci\u00e9t\u00e9 est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 son actionnaire unique, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), et en l\u2019absence de contestations sur ce point de la part des parties intim\u00e9es, la Cour retient que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)a int\u00e9r\u00eat et qualit\u00e9 \u00e0 agir dans le cadre de la pr\u00e9sente instance d\u2019appel. -Quant \u00e0 la garde des v\u00e9hicules impliqu\u00e9s dans l\u2019accident Le tribunal est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu que la garde du v\u00e9hicule AUDI appartenait au moment des faits \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.), eu \u00e9gard au fait que la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)lui a transf\u00e9r\u00e9 le pouvoir d\u2019usage, de direction et de contr\u00f4le, dudit v\u00e9hicule. Il est encore \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.), en tant que commettant dePERSONNE1.)au moment des faits, a pr\u00e9serv\u00e9 la garde dudit v\u00e9hicule \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019est ni \u00e9tabli ni all\u00e9gu\u00e9 quePERSONNE1.)se serait servi du v\u00e9hicule AUDI en dehors de son travail et \u00e0 des fins personnelles. Quant au v\u00e9hicule TOYOTA, il est constant en cause que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)en est le propri\u00e9taire, mais qu\u2019il \u00e9tait conduit parPERSONNE2.)au moment des faits. Il n\u2019est par ailleurs pas contest\u00e9 quePERSONNE2.)se trouvait au moment des faits au service de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.). Au vu de ces \u00e9l\u00e9ments et \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il ne ressort d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment de la cause quePERSONNE2.)se serait servi dudit v\u00e9hicule en dehors de son travail et \u00e0 desfins personnelles, le tribunal est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu que c\u2019est la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE5.)qui avait la garde du v\u00e9hicule TOYOTA au moment des faits. -Quant aux pr\u00e9somptions de responsabilit\u00e9 La pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil joue, sans qu\u2019il ne soit n\u00e9cessaire de prouver autre chose, d\u00e8s que la chose sous garde qui est intervenue mat\u00e9riellement dans le dommage, \u00e9tait en mouvement au moment de cette intervention. Les parties appelantes contestent que la voiture conduit parPERSONNE1.)ait jou\u00e9 un r\u00f4le actif dans la gen\u00e8se de l\u2019accident au motif qu\u2019elle \u00e9tait au moment du choc immobilis\u00e9e \u00abdepuis un certain temps d\u00e9j\u00e0\u00bb. La Cour rappelle que la jurisprudence admet que la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 er du Code civil s\u2019applique \u00e9galement aux v\u00e9hicules \u00ab momentan\u00e9ment \u00e0 l\u2019arr\u00eat\u00bb. Ainsi, \u00able fait de participer \u00e0 la circulation imprime \u00e0 une<\/p>\n<p>9 voiture un r\u00f4le pr\u00e9sum\u00e9 actif, ind\u00e9pendamment de la question de savoir si elle se trouvait momentan\u00e9ment \u00e0 l\u2019arr\u00eat ou non\u00bb. Il a encore \u00e9t\u00e9 retenu qu\u2019il est \u00abinop\u00e9rant de savoir si le v\u00e9hicule [\u2026] \u00e9tait en mouvement au moment du heurt ou s\u2019il venait de s\u2019arr\u00eater juste avant le heurt, \u00e9tant donn\u00e9 que [\u2026] le v\u00e9hicule s\u2019est trouv\u00e9 dans une positionsusceptible de causer le dommage et qu\u2019il participait \u00e0 la circulation\u00bb (G. RAVARANI,La responsabilit\u00e9 des personnes priv\u00e9es et publiques, 3\u00e8me \u00e9dition, n\u00b0 799). Par le fait d\u2019effectuer une man\u0153uvre de sortie de stationnement,PERSONNE1.)a particip\u00e9 \u00e0la circulation de sorte que la question de savoir s\u2019il se trouvait \u00e0 l\u2019arr\u00eat ou non au moment pr\u00e9cis de la collision n\u2019est pas pertinente. Son v\u00e9hicule est pr\u00e9sum\u00e9 avoir jou\u00e9 un r\u00f4le actif, de sorte que la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pr\u00e9vue par l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1er du Code civil joue \u00e0 son \u00e9gard. C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 bon droit que le tribunal a retenu que les v\u00e9hicules TOYOTA et AUDI sont tous les deux intervenus mat\u00e9riellement dans la gen\u00e8se de l\u2019accident. Il faut en tirer la conclusion que la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 d\u00e9coulant de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil s\u2019applique en l\u2019esp\u00e8ce aux deux gardiens en cause et que les demandes dirig\u00e9es contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)et contrePERSONNE1.)sur cette base l\u00e9gale sont irrecevables. De m\u00eame, dans la mesure o\u00f9 il vient d\u2019\u00eatre retenu que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)avait la garde du v\u00e9hicule TOYOTA, la demande dirig\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre dePERSONNE2.)sur cette base l\u00e9gale est \u00e9galement irrecevable. -Quant \u00e0 l\u2019exon\u00e9ration de la responsabilit\u00e9 Tandis que pour l\u2019application du m\u00e9canisme des pr\u00e9somptions de responsabilit\u00e9s \u00e9dict\u00e9es \u00e0 l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 er du Code civil, il suffit d\u2019analyser si les choses sous garde sont intervenues activement dans la gen\u00e8se du dommage, d\u2019\u00e9ventuelles exon\u00e9rations deresponsabilit\u00e9 d\u00e9pendent de l\u2019existence de fautes dans le chef de tiers ou des victimes. Tant les parties appelantes que les parties intim\u00e9es soul\u00e8vent l\u2019existence de fautes exon\u00e9ratoires de responsabilit\u00e9 commises par les conducteurs respectifs des deux v\u00e9hicules impliqu\u00e9s dans l\u2019accident et il est d\u00e8s lors n\u00e9cessaire d\u2019examiner le d\u00e9roulement exact de l\u2019accident en analysant si des fautes de conduite sont \u00e9tablies par les \u00e9l\u00e9ments du dossier dans le chef de l\u2019un ou de l\u2019autre de ces conducteurs. LaCour rappelle les positions des parties par rapport \u00e0 cette demande. Les parties appelantessoutiennent que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)s\u2019exon\u00e8rerait int\u00e9gralement de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 par la faute commise par PERSONNE2.)qui aurait circul\u00e9 \u00e0 unevitesse excessive et inadapt\u00e9e aux circonstances de lieu et de temps et qui aurait ainsi viol\u00e9 les r\u00e8gles de prudence ainsi que l\u2019obligation de rester toujours ma\u00eetre de son v\u00e9hicule telles que pr\u00e9vues aux articles 139 et 140 du Code de la route. En raisonde ces fautes de conduite, il n\u2019aurait pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9viter le<\/p>\n<p>10 v\u00e9hicule AUDI qui aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019arr\u00eat depuis \u00abun certain moment\u00bb et qui aurait \u00e9t\u00e9 bien visible de loin. Elles notent quePERSONNE1.)a bien coch\u00e9 la case \u00ab\u00e0 l\u2019arr\u00eat\u00bb du constat amiable. En raison de la pr\u00e9sence d\u2019arbres sur le trottoir \u00e0 gauche et \u00e0 droite du parking, les v\u00e9hicules d\u00e9sireux de quitter le parking auraient \u00e9t\u00e9 contraints de d\u00e9passer l\u00e9g\u00e8rement sur la chauss\u00e9e de sorte \u00e0 pouvoir apercevoir les v\u00e9hicules venant dans les deux sens de circulation.PERSONNE1.)aurait allum\u00e9 son clignoteur. Elles offrent de prouver le d\u00e9roulement exact de l\u2019accident par t\u00e9moin et proposent dans ce cadre d\u2019entendre un d\u00e9nomm\u00e9PERSONNE4.), ainsi que par expertise. Les parties intim\u00e9esestiment quePERSONNE1.), au lieu de s\u2019arr\u00eater et de c\u00e9der le passage aux usagers circulant sur la route, se serait engag\u00e9 sur la route principale brusquement et sans \u00e9gard au conducteur du v\u00e9hicule TOYOTA qui \u00e9tait prioritaire. Elles contestent la conduite \u00e0 une vitesseexcessive et plus g\u00e9n\u00e9ralement toute faute dans le chef dePERSONNE2.). Elles contestent \u00e9galement quePERSONNE1.)\u00e9tait \u00e0 l\u2019arr\u00eat au moment des faits. Elles notent qu\u2019au moment de l\u2019accident, le v\u00e9hicule conduit par PERSONNE1.)aurait d\u00e9bord\u00e9 de fa\u00e7on cons\u00e9quente sur la chauss\u00e9e sur laquelle circulait le v\u00e9hicule prioritaire conduit parPERSONNE2.). Elles contestent \u00e9galement que la vue dePERSONNE1.)ait \u00e9t\u00e9 entrav\u00e9e par la pr\u00e9sence d\u2019arbres aux c\u00f4t\u00e9s du parking. La Cour note tout d\u2019abord que le d\u00e9roulement exact de l\u2019accident est contest\u00e9 entre les parties depuis le d\u00e9but du litige et c\u2019est d\u00e8s lors surprenant qu\u2019au cas o\u00f9 un t\u00e9moin non partie \u00e0 l\u2019instance existe, il soit propos\u00e9 pour la premi\u00e8re fois quatre ans apr\u00e8s cet accident. Les parties appelantesrestent par ailleurs en d\u00e9faut de pr\u00e9ciser \u00e0 quel titre et dans quelles circonstances le t\u00e9moin propos\u00e9 aurait pris connaissance des faits dont il est suppos\u00e9 attester et donc s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin direct de ces faits \u00e9tant entendu qu\u2019il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que l\u2019un des deux conducteurs en cause \u00e9tait accompagn\u00e9 au moment des faits. La Cour n\u2019est d\u00e8s lors pas en mesure d\u2019appr\u00e9cier l\u2019utilit\u00e9 et la pertinence de cette offre de preuve qui est \u00e0 rejeter. Quant \u00e0 l\u2019offre de preuve par expertise, les parties appelantes restent en d\u00e9faut de justifier comment un expert pourrait, sur base des seules pi\u00e8ces et photos du dossier (les v\u00e9hicules \u00e9tant probablement r\u00e9par\u00e9s entretemps), se prononcer avec une certitude suffisante sur la question de savoirsi au moment du choc, le v\u00e9hicule conduit par PERSONNE1.)\u00e9tait \u00e0 l\u2019arr\u00eat ou roulait au pas ou encore quelle \u00e9tait la vitesse exacte \u00e0 laquelle conduisaitPERSONNE2.)au moment de l\u2019accident. Cette offre de preuve est d\u00e8s lors \u00e9galement \u00e0 rejeter. Sur leconstat amiable,PERSONNE1.)a coch\u00e9 les cases \u00aben stationnement\/\u00e0 l\u2019arr\u00eat\u00bb et \u00absortait d\u2019un parking\u00bb.PERSONNE2.)n\u2019a pas coch\u00e9 de cases. PERSONNE1.)a not\u00e9 sur le verso du constat amiable \u00abil me semble que le v\u00e9hicule B ne respectait pas lalimite de vitesse, j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019arr\u00eat au moment de l\u2019accident et ma voiture n\u2019\u00e9tait pas trop sur la voie de circulation (voir photo)\u00bb.<\/p>\n<p>11 Sur le croquis, l\u2019on voit le v\u00e9hicule conduit parPERSONNE1.)qui d\u00e9passe \u00e0 l\u2019avant le bord de la chauss\u00e9e. Sur la photodu lieu de l\u2019accident l\u2019on voit le v\u00e9hicule AUDI, endommag\u00e9, qui d\u00e9passe sur la route jusqu\u2019au milieu de son pneu avant \u00e0 peu pr\u00e8s. Le constat et le croquis et les mentions l\u2019accompagnant valent aveu extrajudiciaire, s\u2019agissant de d\u00e9clarations sur un faitque l\u2019auteur reconna\u00eet pour vrai et comme devant \u00eatre tenu comme av\u00e9r\u00e9 \u00e0 son \u00e9gard avec telles cons\u00e9quences juridiques d\u00e9favorables pour lui. La force probante de l\u2019aveu extrajudiciaire est laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation des juges du fond. Sa fiabilit\u00e9 est fonction de sa pr\u00e9cision et du mode par lequel il a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 au tribunal. Il peut \u00eatre combattu par tout moyen de preuve. (Cour d\u2019appel, 20 f\u00e9vrier 2008, n\u00b0 32855 du r\u00f4le). Cet aveu ne peut cependant porter que sur des d\u00e9clarations \u00e9manant de la partie \u00e0 laquelle on l\u2019oppose, et non pas sur les observations personnelles de l\u2019autre partie (Cour d\u2019appel, 21 mars 1995, n\u00b0 14948 du r\u00f4le). Si en effetPERSONNE1.)est l\u2019auteur de la mention indiquant quePERSONNE2.) a roul\u00e9 \u00e0 une vitesse excessive, cette observation ne peut \u00eatre oppos\u00e9e \u00e0PERSONNE2.) et en tout \u00e9tat de cause ne peut valoir comme preuve de cette all\u00e9gation,PERSONNE1.) \u00e9tant partie au litige. Le tribunal est d\u00e8s lors \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu qu\u2019il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier quePERSONNE2.)a conduit \u00e0 une vitesse excessive et qu\u2019il aurait ainsi viol\u00e9 les r\u00e8gles de prudence ou l\u2019obligation de rester toujours ma\u00eetre de son v\u00e9hicule telles qu\u2019\u00e9dict\u00e9es par les articles 139 et 140 du Code de la route. Par ailleurs, la localisation etl\u2019ampleur des d\u00e9g\u00e2ts occasionn\u00e9s aux v\u00e9hicules impliqu\u00e9s dans l\u2019accident ne d\u00e9montrent pas un comportement fautif dans la conduite adopt\u00e9e parPERSONNE2.). La Cour n\u2019entend pas entrer dans les d\u00e9bats inop\u00e9rants des parties sur la question de la bonne ou lamauvaise visibilit\u00e9 dePERSONNE1.)\u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il appartenait en tout \u00e9tat de cause \u00e0 ce dernier de s\u2019assurer que la rue principale \u00e9tait libre, avant de s\u2019y engager. Sur la question largement d\u00e9battue entre les parties de savoir si au moment du choc, le v\u00e9hicule AUDI \u00e9tait \u00e0 l\u2019arr\u00eat ou non, le seul \u00e9l\u00e9ment du dossier s\u2019y r\u00e9f\u00e9rant est le constat amiable sur lequelPERSONNE1.)a coch\u00e9 \u00ab\u00e0 l\u2019arr\u00eat\u00bb. Or, cette mention \u00e9manant dePERSONNE1.)ne peut \u00eatre oppos\u00e9e aux parties intim\u00e9es. Par ailleurs, cette mention est quelque peu \u00e9quivoque \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019en m\u00eame temps, la case \u00absortait d\u2019un parking\u00bb est coch\u00e9e. Aussi, un arr\u00eat momentan\u00e9 ne permet pas n\u00e9cessairement de conclure \u00e0 une faute dans le chef dePERSONNE2.), sauf \u00e0 consid\u00e9rer que PERSONNE1.)\u00e9taitcarr\u00e9ment immobilis\u00e9 bien visiblement sur la chauss\u00e9e pendant un temps assez prolong\u00e9 de sorte quePERSONNE2.)aurait d\u00fb le voir de loin et aurait effectivement d\u00fb \u00eatre en mesure de l\u2019\u00e9viter. Or, aucun \u00e9l\u00e9ment objectif du dossier ne permet de retenir comme\u00e9tablieune telle version des faits.<\/p>\n<p>12 La Cour renvoie aux dispositions du Code de la route et \u00e0 la jurisprudence cit\u00e9es par le tribunal concernant les r\u00e8gles de priorit\u00e9 ainsi qu\u2019aux d\u00e9veloppements exhaustifsde ce dernier sur ce point, qu\u2019elle adopte. En application de ces principes,PERSONNE1.)\u00e9tait d\u00e9biteur de priorit\u00e9 par rapport \u00e0PERSONNE2.). Eu \u00e9gard au fait constant qu\u2019au moment du choc, le v\u00e9hicule conduit parPERSONNE1.)d\u00e9passait sur la chauss\u00e9e, il faut conclure qu\u2019il n\u2019a pas enti\u00e8rement respect\u00e9 cette priorit\u00e9 et que donc en empi\u00e9tant sur la route principale malgr\u00e9 le trafic existant,PERSONNE1.)a commis une faute. C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 bon escient, pour des motifs que la Cour adopte, que le tribunal a retenu que l\u2019accident de la circulation litigieux est d\u00fb \u00e0 la faute de conduite exclusive de PERSONNE1.), que cette faute de conduite dePERSONNE1.)\u00e9tait normalement impr\u00e9visible et irr\u00e9sistible pourPERSONNE2.), qui ne pouvait l\u00e9gitimement s\u2019attendre \u00e0 ce quePERSONNE1.)empi\u00e8te sur la route principale. Cette faute est d\u00e8s lors de nature \u00e0 exon\u00e9rer int\u00e9gralement la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pesant sur elle. De m\u00eame, le tribunal est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu qu\u2019en l\u2019absence de preuve quant \u00e0 une quelconque faute commise parPERSONNE2.), la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) n\u2019est, quant \u00e0 elle, pas en mesure de s\u2019exon\u00e9rer de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pesant sur elle. La demande des parties intim\u00e9es sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil, est partant \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e en son principe, tandis que les parties appelantes sont \u00e0 d\u00e9bouter de leur demande fond\u00e9e sur cette m\u00eame base l\u00e9gale. La responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)\u00e9tant \u00e0 retenir sur le fondement de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil, il est devenu sans objet d\u2019examiner la demande subsidiaire de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)cherchant \u00e0 engager sa responsabilit\u00e9 sur le fondement de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du m\u00eame code. Par ailleurs, il n\u2019y a plus lieu d\u2019analyser la demande subsidiaire de cette derni\u00e8re \u00e0 l\u2019encontre dePERSONNE1.) bas\u00e9e sur les articles 1382 et 1383 du m\u00eame code. Quant \u00e0 la demande formul\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)et visant \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE5.)en sa qualit\u00e9 de commettant dePERSONNE2.) sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 3 du Code civil, il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que l\u2019accident est d\u00fb \u00e0 la faute exclusive dePERSONNE1.)et qu\u2019aucune faute n\u2019est imputable \u00e0PERSONNE2.), de sorte que cette demande est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e. Quant \u00e0 la demande visant \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 dePERSONNE2.)formul\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)sur le fondement des articles 1382 et 1383 du Code civil, il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que l\u2019accident est d\u00fb \u00e0 la faute exclusive de PERSONNE1.)et qu\u2019aucune faute n\u2019est imputable \u00e0PERSONNE2.), de sorte que cette demande est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e. La responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)ayant \u00e9t\u00e9 retenue, il y a lieu de d\u00e9clarer l&#039;action directe dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), qui ne conteste pas sa qualit\u00e9<\/p>\n<p>13 d\u2019assureur du v\u00e9hicule AUDI et ses obligations qui en d\u00e9coulent, \u00e9galement fond\u00e9e en son principe sur base de l\u2019article 89 de la loi du 27 juillet 1997 sur le contrat d\u2019assurance. Le jugement entrepris est d\u00e8s lors \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE6.)ayant \u00e9t\u00e9 reprise par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)et lasoci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)in solidum\u00e0 r\u00e9parer le dommage accru au v\u00e9hicule TOYOTA conduit parPERSONNE2.). -Quant aux montants Les parties appelantes contestent le montantallou\u00e9de 10.520,81 euros du chef des dommages accrus au v\u00e9hicule TOYOTA au motif que le rapport d\u2019expert incluerait des d\u00e9g\u00e2ts \u00e0 l\u2019avant et au flanc droit mais aussi \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de ce v\u00e9hicule. Aussi, l\u2019expert ferait \u00e9tat de d\u00e9g\u00e2ts pr\u00e9existants sans pr\u00e9ciser o\u00f9se situeraient ces d\u00e9g\u00e2ts. Le montant retenu serait d\u00e8s lors n\u00e9cessairement surfait, de m\u00eame que les montants r\u00e9clam\u00e9s \u00e0 titre d\u2019immobilisation. Il ressort du rapport d\u2019expertise \u00e9tabli le 29 mars 2019 par l\u2019expert Jean-Philippe Octaveque la r\u00e9paration du v\u00e9hicule de marque TOYOTA a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e au montant de 10.340,81 euros. Le rapport d\u2019expertise contient une liste d\u00e9taill\u00e9e des travaux de r\u00e9paration n\u00e9cessaires pour rem\u00e9dier aux d\u00e9g\u00e2ts occasionn\u00e9s par l\u2019accident litigieux. L\u2019expert a \u00e9galement \u00e9tabli une liste des travaux \u00e0 r\u00e9aliser pour r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts non li\u00e9s audit accident, cette liste portant le titre \u00abChoc arri\u00e8re\u2013dommage secondaire\u2013X non pris en charge\u00bb. Contrairement aux pr\u00e9tentions des partiesappelantes, l\u2019expert a distingu\u00e9 dans son rapport entre les d\u00e9g\u00e2ts occasionn\u00e9s au v\u00e9hicule de marque TOYOTA \u00e0 la suite de l\u2019accident litigieux du 18 d\u00e9cembre 2018 et ceux qui \u00e9taient pr\u00e9existants, tout en veillant \u00e0 ne pas inclure ces derniers dans l\u2019\u00e9valuation du montant de la r\u00e9paration. Le tribunal est d\u00e8s lors \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu l\u2019indemnisation telle que propos\u00e9e par l\u2019expert, soit 10.340,81 euros. Les parties appelantes n\u2019expliquent pas pour quels motifs elles estiment que l\u2019indemnit\u00e9 d\u2019immobilisation serait surfaite. L\u2019immobilisation du v\u00e9hicule de six jours, retenue par l\u2019expert ne para\u00eet pas excessive eu \u00e9gard aux circonstances de la cause et l\u2019indemnit\u00e9 journali\u00e8re de 30,-euros para\u00eet \u00e9galement raisonnable. Le tribunal est d\u00e8s lors \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu une indemnit\u00e9 d\u2019immobilisation de 180,-euros (6 jours x 30,-euros). Le pr\u00e9judice caus\u00e9 lors de l\u2019accident litigieux doit d\u00e8s lors \u00eatre chiffr\u00e9 \u00e0 10.340,81 + 180,-= 10.520,81 euros, et le jugement entrepris est d\u00e8s lors \u00e0 confirmer sur ce point. -Quant aux demandes en recouvrement des frais d\u2019avocat sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)demande r\u00e9paration au titre des frais d\u2019avocat qu\u2019elle a d\u00fb d\u00e9bourser pour se d\u00e9fendre contre la demande adverse, frais qu\u2019elle \u00e9value \u00e0 8.720,82 euros sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil.<\/p>\n<p>14 Elle reproche \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)un comportement fautif consistant en la persistance de cette derni\u00e8re de tenter de faire croire que l\u2019accident litigieux \u00e9tait caus\u00e9 parPERSONNE1.). Eu \u00e9gard au sort de la demande et notamment \u00e0 la faute retenue dans le chef de PERSONNE1.), la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)reste en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir une faute dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)en rapport avec son pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9. Cette demande est d\u00e8s lors \u00e0 rejeter. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)demande r\u00e9paration des frais d\u2019avocat qu\u2019elle a d\u00fb d\u00e9bourser pour se d\u00e9fendre contre la demande adverse, frais qu\u2019elle \u00e9value \u00e0 9.477,- euros sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil. Elle reproche aux parties appelantes d\u2019avoir refus\u00e9 d\u2019assumer leurs responsabilit\u00e9s et de r\u00e9parer le dommage caus\u00e9, engendrant ainsi un dommage suppl\u00e9mentaire consistant en leurs frais d\u2019avocat de 9.477,-euros pour la premi\u00e8re instance et de 2.000,- euros pour l\u2019instance d\u2019appel. Les parties appelantes demandent le rejet de cette demande pour \u00eatre irrecevable sinon non fond\u00e9e pour \u00eatre formul\u00e9e la premi\u00e8re fois en instance d\u2019appel et en affirmant que le fait de r\u00e9sister judiciairement \u00e0 une demande constitue l\u2019exercice d\u2019un droit et ne saurait d\u00e8s lors\u00eatre fautif. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)r\u00e9plique que les frais d\u2019avocat constituent un pr\u00e9judice souffert au sens de l\u2019alin\u00e9a 2 de l\u2019article 592 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et que lademande serait d\u00e8s lors recevable. Aux termes de l\u2019article 592 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile,\u00ab ilne sera form\u00e9, en cause d\u2019appel, aucune nouvelle demande, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse de compensation, ou que la demande nouvelle ne soit la d\u00e9fense \u00e0 l\u2019action principale. Pourront aussi les parties demander des int\u00e9r\u00eats, arr\u00e9rages, loyers et autres accessoires \u00e9chus depuis le jugement de premi\u00e8re instance, et les dommages et int\u00e9r\u00eats pour le pr\u00e9judice souffert depuis ledit jugement\u00bb. En application de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9, la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)est irrecevable en ce qui concerne les frais d\u2019avocat ayant trait \u00e0 la premi\u00e8re instance du pr\u00e9sent litige, dans la mesure o\u00f9 elle ne constitue ni une demande en compensation ni une d\u00e9fense \u00e0 l\u2019action principale et qu\u2019elle n\u2019a pas trait \u00e0 un pr\u00e9judice souffert depuis le jugement entrepris. La demande est cependant recevable sur base de l\u2019article 592, alin\u00e9a 2 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, en ce qu\u2019elle a trait aux frais d\u2019avocat expos\u00e9s en instance d\u2019appel. Or, pour pr\u00e9tendre \u00e0 cette indemnisation, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)doit \u00e9tablir la r\u00e9union des conditions n\u00e9cessaires pour la mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 civile, soit apporter la preuve d\u2019un pr\u00e9judice en lien causal avec une faute dans le chef de la partie adverse.<\/p>\n<p>15 Elle verse des pi\u00e8ces justifiant ses frais d\u2019avocat pour la premi\u00e8re instance, mais reste en d\u00e9faut de documenter le montant de ces frais et leur paiement dans le cadre de l\u2019instance d\u2019appel. En l\u2019absence de toute pi\u00e8ce \u00e9tablissant le pr\u00e9judice de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)et au vu descontestations des parties appelantes, cette demande doit \u00eatre rejet\u00e9e sans qu\u2019il ne soit n\u00e9cessaire d\u2019analyser si l\u2019attitude proc\u00e9durale de ces derni\u00e8res est susceptible d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9e de fautive. -Quant aux indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure Les parties appelantes succombant dans leurs pr\u00e9tentions, le jugement entrepris doit \u00eatre confirm\u00e9 en ce qu\u2019il les a d\u00e9bout\u00e9es de leur demande bas\u00e9e sur l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et la demande aff\u00e9rente pr\u00e9sent\u00e9e pour l\u2019instance d\u2019appel doit \u00eatre rejet\u00e9e. Il serait en revanche in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge des parties intim\u00e9es les frais d\u2019avocat qu\u2019elles ont d\u00fb exposer pour assurer la d\u00e9fense de leurs droits. Il y a lieu de confirmer le jugement entrepris en ce qu\u2019il leur a allou\u00e9 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000,-euros et de leur allouer le montant de 1.000,-euros par partie pour l\u2019instance d\u2019appel. Les parties appelantes succombant tant en premi\u00e8re instance qu\u2019en instance d\u2019appel sont \u00e0 condamner aux frais est d\u00e9pens des deux instances avec distraction au profit de Ma\u00eetre Anne-Marie SCHMIT qui affirme en avoir fait l\u2019avance. Par ces motifs, la Cour d\u2019appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile statuant contradictoirement, re\u00e7oit l\u2019appel ; le dit non fond\u00e9 ; confirme le jugement entrepris ; dit irrececable la demandede la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)SA.en indemnisation \u00e0 titre des frais d\u2019avocat sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil pour la premi\u00e8re instance ; rejette les demandes respectives en indemnisation \u00e0 titre des frais d\u2019avocat sur base des articles 1382 et 1383 du Code civilpour l\u2019instance d\u2019appel; dit non fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)SA form\u00e9e sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile;<\/p>\n<p>16 dit fond\u00e9e la demande des partiesSOCIETE4.)SA,SOCIETE5.)S.\u00e0 r.l. et PERSONNE2.)bas\u00e9e sur l\u2019article 240 duNouveau Code de proc\u00e9dure civile\u00e0 concurrence de 1.000,-euros par partie; condamne partant les partiesSOCIETE2.)SA,SOCIETE1.)SA,SOCIETE3.)SA etPERSONNE1.)in solidum\u00e0 payer \u00e0 chacune des partiesSOCIETE4.)SA, SOCIETE5.)S.\u00e0 r.l. etPERSONNE2.)le montant de 1.000,-euros pour l\u2019instance d\u2019appel, condamne les parties appelantesSOCIETE2.)SA,SOCIETE1.)SA,SOCIETE3.) SA etPERSONNE1.)in solidumaux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel et en ordonne la distraction au profit de Ma\u00eetre Anne-MarieSCHMIT qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/20240827-191045\/20240508-ca7-cal-2022-00834-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arr\u00eat N\u00b0062\/24\u2013VII\u2013CIV Audience publique du huit mai deux mille vingt-quatre Num\u00e9ro CAL-2022-00834 du r\u00f4le. Composition: Jean ENGELS, pr\u00e9sident de chambre; Nadine WALCH,1 er conseiller; Fran\u00e7oise SCHANEN, conseiller; Andr\u00e9 WEBER, greffier. 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