{"id":608814,"date":"2026-04-19T18:03:13","date_gmt":"2026-04-19T16:03:13","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-15-novembre-2023-n-2021-01073\/"},"modified":"2026-04-19T18:03:17","modified_gmt":"2026-04-19T16:03:17","slug":"cour-superieure-de-justice-15-novembre-2023-n-2021-01073","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-15-novembre-2023-n-2021-01073\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 15 novembre 2023, n\u00b0 2021-01073"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eatN\u00b0129\/23\u2013VII\u2013CIV Audience publique duquinze novembredeux millevingt-trois Num\u00e9roCAL-NUMERO1.)du r\u00f4le Composition: Jean ENGELS, pr\u00e9sident de chambre; Nadine WALCH, conseiller; Fran\u00e7oise SCHANEN, conseiller; Andr\u00e9 WEBER,greffier. E n t r e : PERSONNE1.), demeurant \u00e0 L-ADRESSE1.), partieappelanteaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justiceGilles HOFFMANN de Luxembourgen date du14 septembre2021, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SORELAVOCAT, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-1212 Luxembourg, 14A, rue des Bains, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 250783, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Karim SOREL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant professionnellement \u00e0 la m\u00eame adresse. e t : L\u2019\u00c9TAT DU GRAND -DUCH\u00c9 DE LUXEMBOURG , repr\u00e9sent\u00e9 par son Ministre d\u2019\u00c9tat actuellement en fonctions, MonsieurXavier BETTEL, ayant ses bureaux \u00e0 L-1341Luxembourg,2, Place Clairefontaine, et pour autant que de besoin par MonsieurDan KERSCH, Ministre du Travail, de l\u2019Emploi et de l\u2019\u00c9conomie sociale et solidaire, dont les bureaux sont \u00e9tablis \u00e0 L-2763 Luxembourg,26, rue Sainte-Zithe, partie intim\u00e9e aux fins du susdit exploitHOFFMANNdu14 septembre 2021,<\/p>\n<p>2 comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple KLEYR GRASSO, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2361 Strassen, 7, rue des Primeurs, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 220509, inscrite sur la liste V de l\u2019Ordredes Avocats du Barreau de Luxembourg, qui est constitu\u00e9e et en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e KLEYR GRASSO GP, \u00e9tablie \u00e0 la m\u00eame adresse, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 220442, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetreHenry DE RON, avocat \u00e0 la Cour, demeurant professionnellement \u00e0 la m\u00eame adresse. __________________________________________________________________ LA COURD\u2019APPEL: Statuant sur une demande tendant \u00e0 la condamnation de l\u2019ETAT DU GRAND- DUCHE DE LUXEMBOURG (ci -apr\u00e8s l\u2019ETAT) \u00e0 payer \u00e0PERSONNE1.)(ci-apr\u00e8s PERSONNE1.))la somme de66.641,72 eurosen principal du chef de fonctionnement d\u00e9fectueux de sesservices, sinon pour faute, le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, suivant jugement rendu le16 juillet 2021, a: -re\u00e7u la demande en la forme, -rejet\u00e9 la demande en surs\u00e9ance, -rejet\u00e9 les offres de preuve formul\u00e9es par l\u2019ETAT, -d\u00e9clar\u00e9 la demande fond\u00e9e \u00e0 hauteur du montant de 2.500,-euros \u00e0 titre d\u2019indemnisation pour pr\u00e9judice moral, ce montant avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 4 janvier 2019 jusqu\u2019\u00e0 solde, -d\u00e9clar\u00e9 la demande non fond\u00e9e pour le surplus, -d\u00e9bout\u00e9 l\u2019ETAT de sa demande enallocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, -condamn\u00e9 l\u2019ETAT \u00e0 payer \u00e0PERSONNE1.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000,-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, -condamn\u00e9l\u2019ETAT \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Par exploit d\u2019huissier du14 septembre 2021,PERSONNE1.)a r\u00e9guli\u00e8rement relev\u00e9 appel du jugement du 16 juillet 2021, lequel lui a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 le 26 ao\u00fbt 2021. Il d\u00e9clare limiter son appel \u00e0 laquestiondu dommage subi par lui et dulien causal entre le dommage subi et la faute de l\u2019ETAT. Par r\u00e9formation du jugement entrepris,PERSONNE1.)demande la condamnation de l\u2019ETAT au paiement du montant de40.289,24 euros, \u00e0 majorer des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de l\u2019acte introductif d\u2019instance jusqu\u2019\u00e0 solde. Sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, il requiert la condamnation de l\u2019ETAT au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 7.500,-euros pour la premi\u00e8re instance et de 5.000,-euros pour l\u2019instance d\u2019appel. Ildemande finalementla condamnation de la partie intim\u00e9e aux frais et d\u00e9pens des deux instances.<\/p>\n<p>3 L\u2019ETAT interjette appel incident et demande, par r\u00e9formation du jugement entrepris,de dire que les conditions de mise en \u0153uvre del\u2019article 1 er de la loi du 1 er septembre 1988relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques (ci-apr\u00e8s la loi de 1988) ne sont pas remplies et il requiert \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9 des condamnations prononc\u00e9es \u00e0 son encontre. En ordresubsidiaire, ildemande la confirmation du jugement entrepris. En tout \u00e9tat de cause,ilsollicitel\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de2.500,- euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile pour l\u2019instance d\u2019appel et la condamnation dePERSONNE1.)aux frais et d\u00e9pens des deux instances, avec distraction au profit de son avocat \u00e0 la Cour concluant, affirmant en avoir fait l\u2019avance. L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e par ordonnance du15 mai 2023et les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s que l\u2019affaire est renvoy\u00e9e devant la Cour \u00e0 l\u2019audience des plaidoiries du4 octobre2023. Faits et r\u00e9troactes Depuis le 15 mai 2006PERSONNE1.)a occup\u00e9un poste de travail en tant que chauffeur de bus aupr\u00e8s de lasoci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)(ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)ou l\u2019Employeur). Suivant certificat m\u00e9dical \u00e9tabli le 9 juin 2016, le docteur Joao Paulo Vivas, m\u00e9decin-g\u00e9n\u00e9ralistetraitant dePERSONNE1.),certifieque son patient n\u00e9cessite, d\u2019un point de vue m\u00e9dical,un horaire de travail plus ad\u00e9quat, c\u2019est-\u00e0-dire entre 6h00 et 20h00, avec la pr\u00e9cision quele concern\u00e9a besoin de sommeilen raison dela m\u00e9dication qu\u2019il prend. Lem\u00e9decin du travailPERSONNE2.)a \u00e9tabli en date du 8 septembre 2016 un avis concernantPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019attention de la Commission mixte de reclassement des travailleurs incapables \u00e0 exercer leur dernier poste de travail(ci-apr\u00e8s la COMI). S\u2019agissant descapacit\u00e9s r\u00e9siduelles du salari\u00e9, le m\u00e9decin du travail a retenu ce qui suit: \u00abHerrPERSONNE1.)darf aufgrund seiner Erkrankung keinen Personentransport mit Bus oder Taxi mehr aus\u00fcben. Gefordert ist eine T\u00e4tigkeit mit festen Arbeitszeiten von 8 Stunden zwischen 6:00 Uhr und 18:00 Uhr. Geteilte Arbeitszeiten sind zu vermeiden. Davon abgesehen kann er alle anderen k\u00f6rperlichen und\/oder T\u00e4tigkeiten ausf\u00fchren, die im Unternehmen gefordert sind, wie beispielsweise die Aufbereitung der Busse (Reinigen, Tanken, etc), Hilfsarbeiten in der Werkstatt, o.\u00e4. Dabei ist das Rangieren von Bussen auf dem Privatgel\u00e4nde der FirmaSOCIETE1.)erlaubt. Der Beginn der Berentung ist nach eigenen Angaben f\u00fcr September 2017 geplant.\u00bb<\/p>\n<p>4 S\u2019agissant des orientations possibles \/ t\u00e2ches \u00e0 attribuer \u00e9ventuellement, ils\u2019est prononc\u00e9comme suit: \u00ab1. Mutation de poste propos\u00e9e par l\u2019entreprise oui x In einem Telefonat mit HerrnPERSONNE3.)\u00e4usserte dieser die m\u00f6gliche Verwendung des Arbeitnehmers in den beschriebenen Arbeitsbereichen und unter den genannten Einschr\u00e4nkungen. Mutation compatible avec capacit\u00e9s restantes: oui 2. R\u00e9duction du temps de travail Une r\u00e9duction du temps de travail est m\u00e9dicalement justifi\u00e9e. non x Conclusion: Damit ist eine interne Wiedereingliederung gebahnt. Cet avis est d\u00e9finitif.\u00bb La COMIa d\u00e9cid\u00e9 dans sa s\u00e9ance du 7 octobre 2016\u00abd\u2019admettre lereclassement professionnel internesans r\u00e9duction du temps de travail deMonsieurPERSONNE1.) aupr\u00e8s de l\u2019employeurSOCIETE1.)SARL,conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019avis du m\u00e9decindu travail comp\u00e9tent\u00bb. Cette d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9e en date du 25 octobre 2016 par la voie postale en recommand\u00e9 et par envoi simple aux deux destinatairesPERSONNE1.)et lasoci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.). Suivant lettre du 7 novembre 2016, l\u2019Employeurs\u2019est adress\u00e9 dans les termes suivants \u00e0 la COMI: \u00abHiermit antworten wir auf Ihren Brief vom 25.10.2016 \u00fcber den Fahrer PERSONNE1.). Wir bieten dem HerrnPERSONNE1.)eine Stelle als \u00abhomme \u00e0 tout faire (nettoyagedes bus)\u00bban. Die Arbeitszeiten sind von 20:00 Uhrabends bis 04:00 morgens festgelegt. Mit freundlichen Gr\u00fc\u00dfen PERSONNE3.) SOCIETE1.)\u00bb Positions des parties<\/p>\n<p>5 PERSONNE1.) L\u2019appelant rappelle que le reclassement professionnel interne a pour but de faciliter la r\u00e9insertion d\u2019un salari\u00e9au sein d\u2019une entreprise apr\u00e8s une p\u00e9riode d\u2019incapacit\u00e9 de travail, tandis que le reclassement professionnel externe a pour but de faciliter la r\u00e9insertion du salari\u00e9 sur le march\u00e9 de travail. Conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article L.551-5(1) du Codedu travail, un salari\u00e9 reclass\u00e9 externe serait d\u2019office inscrit comme demandeur d\u2019emploi aupr\u00e8s de l\u2019Agence pour le d\u00e9veloppement de l\u2019emploi (ci-apr\u00e8s l\u2019ADEM). PERSONNE1.)soutient que ce serait \u00e0 bon droit que les juges de premi\u00e8re instance ont retenula responsabilit\u00e9 de l\u2019ETATaumotif que la COMI n\u2019a pas correctement g\u00e9r\u00e9 son cas.Apartir du d\u00e9but de mois de novembre 2016, la COMI aurait dispos\u00e9 de tous les \u00e9l\u00e9ments lui permettant de constater qu\u2019un reclassement interne dePERSONNE1.) au sein de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)aurait \u00e9t\u00e9 impossible. En omettant deproc\u00e9der\u00e0 ce constat, ellel\u2019aurait priv\u00e9 de la chanceplus que certainede b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un reclassement externe, de sorte que\u00abl\u2019indemnisation devra \u00eatre admisetant dansson principe qu\u2019en sonquantum\u00bb. PERSONNE1.)soutient qu\u2019\u00e0 partir du jour o\u00f9 il aurait \u00e9t\u00e9 reclass\u00e9 en externe, il aurait \u00e9t\u00e9 inscrit d\u2019office comme demandeur d\u2019emploi aupr\u00e8s de l\u2019ADEM et b\u00e9n\u00e9ficiaire des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage complet durant douze mois, sous r\u00e9serve des p\u00e9riodes de prolongations. Le montant des prestations de ch\u00f4mage correspondrait \u00e0 80% du salaire brut touch\u00e9 au cours des trois mois ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les droits aux indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage et au maximum \u00e9quivalent \u00e0 2,5 fois le salaire social minimum. Sous r\u00e9servede tout autre montant sup\u00e9rieur \u00e0 d\u00e9terminer en cours d\u2019instanceau besoin par voie d\u2019expertise, sinon par voie de consultation,PERSONNE1.)consid\u00e8re qu\u2019il aurait pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019uneindemnit\u00e9 de ch\u00f4mage mensuelle de 2.807,64 euros. Il base son calcul surla moyenne du salaire brut touch\u00e9 au cours des trois mois ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le droit aux prestations de ch\u00f4mage, \u00e0 savoir le montant de 3.509,55 euros. L\u2019appelant explique qu\u2019il\u00aba \u00e9t\u00e9 reconnu en p\u00e9riode de maladie indemnisable par la CNSdu 01.11au 31.12.2016, du 1.01 au 31.01.2017 etdu 01.02au 8.06.2017 (fin des droits aux indemnit\u00e9s de maladie des suites de la survenance de la 52 \u00e8me semaine)\u00bb et qu\u2019il\u00aba b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de son droit de pension vieillesse \u00e0 partir du 08.09.2017\u00bb. Il estime d\u00e8slors qu\u2019il \u00e9tait en droit de faire valoir une perte indemnitaire de 10.289,24 euros correspondant aux indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage non touch\u00e9espour les p\u00e9riodes suivantes: -du 26.10 au 31.10.2016 778,99 euros, -du 08.06 au 7.09.2017 9.510,25 euros.<\/p>\n<p>6 A ce chef depr\u00e9judice mat\u00e9riel, il y aurait lieu de rajouter le pr\u00e9judice tir\u00e9 de la perte de ses droits \u00e0 la retraite qu\u2019il chiffre au montant de 15.000,-euros. Il consid\u00e8re que le fait d\u2019avoir subi une perte de r\u00e9mun\u00e9ration durant la p\u00e9riode du 26 octobre 2016 au8 septembre 2017 aurait n\u00e9cessairement entra\u00een\u00e9 une diminution des cotisations et d\u00e8s lors de la base de calcul de ses droits \u00e0 la retraite, ce qui aurait engendr\u00e9 une perte au niveau de la retraite. Par r\u00e9formation de la d\u00e9cision entreprise,PERSONNE1.)demande \u00e0 se voir allouer le montant de 15.000,-euros \u00e0 titre de pr\u00e9judicemoralau motif que les agissements fautifs de l\u2019ETAT auraient profond\u00e9mentboulevers\u00e9sa vie. En ordre subsidiaire, l\u2019appelant sollicite la nomination\u00abd\u2019un expert, sinon d\u2019un consultant, ex\u00e9cutant lecalculdes montants indemnitaires revendiqu\u00e9s (perte mat\u00e9riel [sic]\u00e9quivalente \u00e0 la perte de son droit \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage et perte de ses droits \u00e0 retraite subs\u00e9quents)\u00bb. Concernant l\u2019appel incident relev\u00e9 parl\u2019ETAT,PERSONNE1.)demande \u00e0 le voir d\u00e9clarer non fond\u00e9 et il demande la confirmation du jugement entrepris par adoption des motifs. En ordre subsidiaire,PERSONNE1.)conteste toute exon\u00e9ration de responsabilit\u00e9 dans le chefde l\u2019ETAT. L\u2019ETAT A l\u2019appui de son appel incident, l\u2019ETAT soutient que ce serait \u00e0 tort que lesjuges de premi\u00e8re instance ont retenu un fonctionnement d\u00e9fectueux des services de la COMI. Si le mandataire dePERSONNE1.)s\u2019est certes adress\u00e9 de nombreuses fois \u00e0 la COMI, toujours est-il qu\u2019il aurait seulement pris contact avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)en date du 10 avril 2017. Il serait d\u00e8s lors \u00e9tabli que jusqu\u2019\u00e0 cette date,PERSONNE1.)ne se serait pas pr\u00e9sent\u00e9\u00e0 son lieu de travail. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)nie par ailleurs tout contactt\u00e9l\u00e9phonique entre parties. Suite \u00e0 un rapport d\u2019enqu\u00eate de l\u2019ADEM du 25 avril 2017, la COMI aurait, par courriers des 18 mai 2017 et 10 ao\u00fbt 2017, invit\u00e9PERSONNE1.)\u00e0 contacter son employeur. L\u2019appelant n\u2019y aurait cependant r\u00e9serv\u00e9 aucunesuite. L\u2019ETAT consid\u00e8re que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)aurait propos\u00e9 un poste \u00e0 PERSONNE1.)qui aurait r\u00e9pondu aux exigences d\u2019un travail continu permettant des plages de repos prolong\u00e9es. Ce constat aurait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 fait par l\u2019enqu\u00eateur de l\u2019ADEM, lequelne serait pas charg\u00e9 de v\u00e9rifier si le poste de travail propos\u00e9 serait conforme \u00e0 l\u2019avis \u00e9mis par le service de sant\u00e9 au travail. A d\u00e9faut parPERSONNE1.)de s\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 au m\u00e9decin du travail avant la reprise de son activit\u00e9, il aurait mis la COMI dans l\u2019impossibilit\u00e9 de disposer d\u2019un dossier complet afin de veiller \u00e0 la bonne mise en \u0153uvre de la d\u00e9cision de reclassement.<\/p>\n<p>7 L\u2019ETAT conclut que\u00ablors de ce rendez-vous aupr\u00e8s du m\u00e9decin conseil, ce dernier aurait ou bien d\u00e9cern\u00e9une fiche d\u2019aptitude pour le poste propos\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)SARL ou bien indiqu\u00e9 dans un rapport \u00e9crit que, d\u2019un point de vue m\u00e9dical, le poste propos\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)comportant un horaire de travail entre 20.00 heures et 4.00 heures ne correspondrait pas aux capacit\u00e9s de Monsieur PERSONNE1.). Sur base d\u2019un rapport m\u00e9dical et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, en l\u2019absence de proposition de poste par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)conformeaux exigences m\u00e9dicales, la commission mixte aurait pu acter un refus et donc par la suite proposer un reclassement externe\u00bb. M\u00eame \u00e0 supposer que la proposition de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 conforme aux recommandations m\u00e9dicales, l\u2019attitudedePERSONNE1.)de ne jamais s\u2019\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9au lieu de travail aurait emp\u00each\u00e9 le m\u00e9decin du travail comp\u00e9tent de dresser un constat d\u2019aptitude au nouveau poste de travail en vertu de l\u2019article L.552-1(3) du Code du travail. L\u2019ETAT conteste d\u00e8s lors d\u2019avoir engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 sur base de l\u2019article 1, alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988, sinon sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil. En ordre subsidiaire, il estime qu\u2019il s\u2019exon\u00e8re totalement ou partiellement de sa responsabilit\u00e9 par la faute dePERSONNE1.)ayant consist\u00e9 en un refustotalde collaboration. Dans le m\u00eame ordre de subsidiarit\u00e9, l\u2019ETAT conteste tant le principe que lequantum despr\u00e9judicesmat\u00e9riel et moral invoqu\u00e9s. En l\u2019absence de preuve d\u2019un pr\u00e9judice,PERSONNE1.)serait \u00e0 d\u00e9bouter de ses pr\u00e9tentions, sinon il y aurait lieu de les r\u00e9duire \u00e0 de plus justes proportions. Appr\u00e9ciation de la Cour Dans un souci de logique juridique, il convient en premier lieu d\u2019analyser le bien- fond\u00e9 de l\u2019appel incident. Quant au bien-fond\u00e9 del\u2019appel incident Aux termes de l\u2019article 1 er , alin\u00e9a 1 er de la loi de 1988\u00abl\u2019ETAT et les autres personnes morales de droit public r\u00e9pondent, chacun dans le cadre de ses missions de service public, de tout dommage caus\u00e9 par le fonctionnement d\u00e9fectueuxde leurs services, tant administratifs que judiciaires, sous r\u00e9serve de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e\u00bb. Il r\u00e9sulte de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e que pour retenir un fonctionnement d\u00e9fectueux des services de la COMI, le tribunal a consid\u00e9r\u00e9 que\u00abla faute de laCOMI est \u00e9tablie \u00e0 suffisance de droit. Ses services n\u2019ont pas correctementg\u00e9r\u00e9 le cas dePERSONNE1.), alors que tel que cela r\u00e9sulte de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, ils<\/p>\n<p>8 disposaient de tous les \u00e9l\u00e9ments n\u00e9cessaires leur permettant, d\u00e8s lemois de novembre 2016, de constater qu\u2019un reclassement interne dePERSONNE1.)aupr\u00e8s de lasoci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)\u00e9tait impossible\u00bb. L\u2019ETAT soutient qu\u2019il y aurait eu des \u00e9changes entre les mandataires des parties post\u00e9rieurement au mois de novembre 2016 etillaisse sous-entendre qu\u2019il y aurait eu des discussions entre parties. Il en d\u00e9duit que la COMI n\u2019aurait pas dispos\u00e9 de tous les \u00e9l\u00e9ments d\u2019appr\u00e9ciation en novembre 2016. Fait est n\u00e9anmoins de constater que le courrier du 7 novembre 2016 adress\u00e9 par l\u2019Employeur \u00e0 la COMI est r\u00e9dig\u00e9 dans des termes tr\u00e8s clairsdans la mesure o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)propose un travail de nuit \u00e0PERSONNE1.)pour le nettoyage de bus. Il convient de relever que la d\u00e9cision de la COMI a \u00e9t\u00e9 prise sur base de l\u2019avis du m\u00e9decin du travail du 8 septembre 2016 duquel il r\u00e9sulte clairement que\u00abHerr PERSONNE1.)darf aufgrund seiner Erkrankung keinen Personentransport mit Bus oder Taxi mehr aus\u00fcben.Gefordert ist eine T\u00e4tigkeit mit festen Arbeitszeiten von 8 Stunden zwischen 6:00 Uhr und 18:00 Uhr.Geteilte Arbeitszeiten sind zu vermeiden\u00bb. C\u2019est en vain que l\u2019ETAT essaie de jouer sur les mots en faisant plaider que le fait que l\u2019avis contienne la mention\u00abgefordert\u00bbet non\u00aberfordert\u00bbconstituerait la preuve que l\u2019exigence d\u2019un travail diurne n\u2019\u00e9manerait pas du m\u00e9decin du travail, mais de PERSONNE1.). L\u2019avis a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli et sign\u00e9 le 8 septembre 2016 par le docteur PERSONNE2.)sur base des constats qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 de faire et des conclusions qu\u2019il a puentirer.D\u2019ailleurs,le m\u00e9decin du travail relate qu\u2019il a contact\u00e9 l\u2019Employeur par t\u00e9l\u00e9phone, en la personne dePERSONNE3.), lequel lui aurait confirm\u00e9\u00abdie m\u00f6gliche Verwendung des Arbeitnehmers in den beschriebenen Arbeitsbereichen und unter den genannten Einschr\u00e4nkungen\u00bb. C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0juste titreque le tribunal a retenu que l\u2019ETAT ne saurait remettre en question le fait quec\u2019estle m\u00e9decin du travailquia requis un travail diurne pour PERSONNE1.). C\u2019est encore \u00e0 bon droit que les juges de premi\u00e8re instance ont retenu que\u00abdevant la proposition telle qu\u2019\u00e9mise par l\u2019Employeur d\u00e8s le 7 novembre 2016, la COMI aurait du moins d\u00fb l\u2019interpeller \u00e0 ce sujet et aurait, en cas de persistance de l\u2019Employeur, d\u00fb constaterson refus de reclasserPERSONNE1.)en interne et le fait qu\u2019un reclassement interne s\u2019av\u00e9rait en r\u00e9alit\u00e9 impossible et en tirer les cons\u00e9quences en entamant la proc\u00e9dure de reclassement externe, qui aurait permis l\u2019inscription dePERSONNE1.) entant que demandeur d\u2019emploi, ce au lieu de maintenir une situation irr\u00e9solue pendant des mois en laissantPERSONNE1.)vainement d\u00e9ployer des efforts pour obtenir de la COMI le constat qui s\u2019imposait et la mise en place d\u2019un reclassement externe\u00bb. Lefait quePERSONNE1.)ne se soit pas pr\u00e9sent\u00e9 aupr\u00e8s de sonEmployeur pour un travail nocturne ne saurait lui \u00eatre imput\u00e9 en faute\u00e9tant donn\u00e9 que le travail propos\u00e9 par l\u2019Employeurn\u2019\u00e9tait pas conforme \u00e0 la d\u00e9cision dereclassement interne de la COMI. C\u2019est encore \u00e0 juste titre que les juges de premi\u00e8re instanceont relev\u00e9 que\u00able fait quePERSONNE1.)n\u2019ait plus r\u00e9pondu aux sollicitations tardives de la COMI des mois<\/p>\n<p>9 de mai et ao\u00fbt 2017 se con\u00e7oit \u00e9galement alors que cette derni\u00e8re avait jusque-l\u00e0 obstin\u00e9ment refus\u00e9 de constater ce qui \u00e9tait une r\u00e9alit\u00e9 depuis led\u00e9but du mois de novembre 2016 et qu\u2019il \u00e9tait dans ce contexte parfaitement inutile de faire repasser PERSONNE1.)devant le m\u00e9decin de travail pour savoir si la nouvelle occupation propos\u00e9e lui convenait\u00bb. C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 bon droit que le tribunal a retenu un fonctionnement d\u00e9fectueux des services de la COMI, \u00e0 l\u2019exclusion de tout comportement fautif dePERSONNE1.). L\u2019appel incident n\u2019est d\u00e8s lors pas fond\u00e9 et il y a lieu \u00e0 confirmation de la d\u00e9cision entreprise par adoption des motifs. Quant aubien-fond\u00e9 de l\u2019appel principal En instance d\u2019appel,PERSONNE1.)demandela condamnationdel\u2019ETATau paiement du montant de40.289,24 euros qui se d\u00e9compose comme suit: -perte d\u2019une chance de percevoir des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage 10.289,24 euros -perte desdroits \u00e0 retraite 15.000,00 euros -pr\u00e9judice moral 15.000,00 euros. A titre depr\u00e9judice mat\u00e9riel,PERSONNE1.)r\u00e9clame l\u2019allocation de la somme de 10.289,24 euros pour ne pas avoir pu toucher des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage pour: 1)la p\u00e9riode du 26 au 31octobre 2016 (778,99 euros), 2)la p\u00e9riode du 8 juin 2017 au 7 septembre 2017 (9.510,25 euros). L\u2019appelant soutient lui-m\u00eame que la COMI aurait, d\u00e8sla premi\u00e8re semaine du mois denovembre 2016, dispos\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments n\u00e9cessaires pour acter un refus de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)de proc\u00e9der \u00e0 un reclassement interne. Aucunfonctionnementd\u00e9fectueux ne luiest d\u00e8s lorsreproch\u00e9 au courant du mois d\u2019octobre 2016, de sorte que le pr\u00e9judice invoqu\u00e9 pour le moisen questionn\u2019est manifestement pas en relation causaleavec un quelconque agissement, sinonune omission,de la COMI.PERSONNE1.)est d\u00e8s lors \u00e0 d\u00e9bouter de sa demande en allocation du montant de 778,99 euros. Quant \u00e0 la deuxi\u00e8me p\u00e9riode, il est de principe que ledommage r\u00e9parable doit \u00eatre direct, actuel etcertain. En l\u2019esp\u00e8ce, le raisonnement dePERSONNE1.)base sur la pr\u00e9misse qu\u2019il aurait, dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un reclassementexterne,pu toucher des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage pendantune dur\u00e9e de douze mois,notamment durantla p\u00e9riode du 8 juin 2017 au 7 septembre 2017. La perte d\u2019une chance peut se d\u00e9finir comme la disparition de la probabilit\u00e9 d\u2019un \u00e9v\u00e9nement favorable lorsque cette chance appara\u00eet suffisamment s\u00e9rieuse. Les juges du fond jouissent, en la mati\u00e8re, d\u2019un pouvoir souverain d\u2019appr\u00e9ciation (voir PERSONNE4.)etPERSONNE5.), Droit de la responsabilit\u00e9, Dalloz action 1996, n\u00b0652).<\/p>\n<p>10 Si la COMI avait act\u00e9 en novembre 2016 le refus de l\u2019Employeur de proc\u00e9der \u00e0 un reclassement professionnel interne dePERSONNE1.), ce dernier aurait pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019unreclassement externe avec comme cons\u00e9quence qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 d\u2019office inscrit comme demandeur d\u2019emploi aupr\u00e8s de l\u2019ADEM sur base de l\u2019article L.551-5(1) du Code du travail. S\u2019il y a effectivement eu perte d\u2019une chance d\u2019avoir pu b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un reclassement externe, toujours est-il quePERSONNE1.)invoque un pr\u00e9judice futur, \u00e0 savoir la possibilit\u00e9 de toucher des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage \u00e0 partir du mois de juin 2017, soit plus de six mois apr\u00e8s l\u2019inscription comme demandeur d\u2019emploi. Il est admis endoctrine que\u00abquant au pr\u00e9judice futur, qui se r\u00e9alisera dans l\u2019avenir, il convient de distinguer. Le pr\u00e9judice virtuel ou potentiel est celui qui existe en puissance dans l\u2019acte incrimin\u00e9, qui comporte en soi toutes les conditions de sa r\u00e9alisation. Le pr\u00e9judice \u00e9ventuel n\u2019est qu\u2019une expectative: il est hypoth\u00e9tique. Cette division du futur entre le probable et l\u2019al\u00e9atoire marque la fronti\u00e8re entre ce qui est r\u00e9parable et ce qui ne l\u2019est point. Sans doute cette fronti\u00e8re est floue, ses contours sont impr\u00e9cis car le passage s\u2019op\u00e8re insensiblement de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre. Le pr\u00e9judice actuel et le pr\u00e9judice virtuel sont \u00abcertains\u00bb, alors que le pr\u00e9judice \u00e9ventuel ne peut pas \u00eatre qualifi\u00e9 de la sorte.\u00bb(voirouvrage pr\u00e9cit\u00e9,n\u00b0644 et suivants). Le faitd\u2019\u00eatre inscrit comme demandeur d\u2019emploi aupr\u00e8s de l\u2019ADEM ne se suffit pas \u00e0 lui-m\u00eame pour en d\u00e9duire que le concern\u00e9 aurait touch\u00e9 des indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage pendant toute une ann\u00e9e. La situation dans laquelle se serait trouv\u00e9ePERSONNE1.)en juin 2017 dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un reclassement externe est incertaine et ne permet pas d\u2019\u00eatre d\u00e9gag\u00e9e des \u00e9l\u00e9ments soumis \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de la Cour. En effet,la r\u00e9ponse \u00e0 la question de savoir si leconcern\u00e9avait toujours pupr\u00e9tendre aux indemnit\u00e9s de ch\u00f4mageen juin 2017ou s\u2019il avait r\u00e9ussi \u00e0 trouver un nouvel emploi, est compl\u00e8tement al\u00e9atoire. Le pr\u00e9judice dont se pr\u00e9vautPERSONNE1.)est d\u00e8s lors purement hypoth\u00e9tique et n\u2019ouvre pas droit \u00e0 r\u00e9paration. Il n\u2019y a d\u00e8s lors pas non plus lieu de faire droit \u00e0 l\u2019offre de preuve par expertise, sinon consultation, formul\u00e9e en ordre subsidiaire. Il r\u00e9sulte desd\u00e9veloppementsquipr\u00e9c\u00e8dent que l\u2019appelant est \u00e0 d\u00e9bouter de sa demandeindemnitaire pour perte de ch\u00f4mage et perte de droits de retraite y aff\u00e9rente. S\u2019agissant du pr\u00e9judice moral invoqu\u00e9 parPERSONNE1.), les juges de premi\u00e8re instance ont \u00e9valu\u00e9 ce chef de pr\u00e9judiceex aequo et bonoau montant de 2.500,-euros.<\/p>\n<p>11 Par r\u00e9formation de la d\u00e9cision entreprise, l\u2019appelant demande l\u2019allocation du montant de 15.000,-eurosen se contentant d\u2019affirmer que les agissements fautifs de l\u2019ETAT auraientprofond\u00e9mentboulevers\u00e9 sa vie. A d\u00e9faut de fournir la moindre explication pour justifier une augmentation du montant de 2.500,-euros, la Cour confirme la d\u00e9cision entreprise. Il r\u00e9sulte de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que l\u2019appel n\u2019est pas fond\u00e9 et qu\u2019il y a lieu \u00e0 confirmation pure et simple du jugement du 16 juillet 2021. Au vu du sort r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 son acte d\u2019appel,PERSONNE1.)est \u00e0 d\u00e9bouter de sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de 5.000,-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile pour l\u2019instance d\u2019appel alors qu\u2019il est de principe que la partie qui succombe ne saurait b\u00e9n\u00e9ficier de ces dispositions. La demande del\u2019ETATen allocation d\u2019une indemnit\u00e9 sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile n\u2019est pas fond\u00e9e alors qu\u2019il ne justifie pas en quoi il serait in\u00e9quitable de laisser les frais non compris dans les d\u00e9pens \u00e0 sa charge. PAR CES MOTIFS: la Cour d\u2019appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement,sur rapport du magistrat de la mise en \u00e9tat, re\u00e7oit les appels principalet incident; lesditnon fond\u00e9s; confirme le jugemententrepris; d\u00e9boute les parties de leurs demandes en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile pour l\u2019instance d\u2019appel; condamnePERSONNE1.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel, avec distraction au profit de la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple KLEYR GRASSO, affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/20240827-190728\/20231115-ca7-cal-2021-01073-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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