{"id":611735,"date":"2026-04-19T22:14:57","date_gmt":"2026-04-19T20:14:57","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-2-decembre-2024-n-2020-03544\/"},"modified":"2026-04-19T22:15:02","modified_gmt":"2026-04-19T20:15:02","slug":"tribunal-darrondissement-2-decembre-2024-n-2020-03544","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-2-decembre-2024-n-2020-03544\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 2 d\u00e9cembre 2024, n\u00b0 2020-03544"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Jugement commercial2024TALCH15\/01457 Audience publique dulundi,deux d\u00e9cembredeux millevingt-quatre. Num\u00e9rosTAL-2020-03544et TAL-2021-06638du r\u00f4le Composition : Anne LAMB\u00c9, Vice-pr\u00e9sidente; Nad\u00e8ge ANEN,vice-pr\u00e9sidente-juge; Fernand PETTINGER, juge ; Emmanuelle BAUER,greffi\u00e8re. R\u00f4le I (TAL-2020-03544) E n t r e : la soci\u00e9t\u00e9 de droit des \u00celes Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITED,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0ADRESSE1.)(\u00celes Vierges Britanniques), repr\u00e9sent\u00e9e par son organe de repr\u00e9sentation actuellement en fonctions, inscrite au registre des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9roNUMERO1.), ayant initialement \u00e9ludomicile enl\u2019\u00e9tude dela soci\u00e9t\u00e9anonymeWILDGEN SA, inscrite\u00e0 la liste Vdu tableau de l\u2019Ordre des avocats du barreau de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2320Luxembourg,69,boulevard de la P\u00e9trusse, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 212 946, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente parMa\u00eetreKarine VILRET, avocat\u00e0 la Cour, demanderesse, d\u00e9fenderesse sur reconvention,comparant parMa\u00eetreEric PERRU, avocat \u00e0 la Cour,demeurant \u00e0 Luxembourg, et:<\/p>\n<p>2 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro NUMERO2.), d\u00e9fenderesse, demanderesse sur reconvention,comparantpar Ma\u00eetreAndreas KOMNINOS, avocat\u00e0 la Cour,assist\u00e9 de Ma\u00eetre Mireille JAMMAERS, avocat \u00e0 la Cour,en remplacement de Ma\u00eetreLydie LORANG, avocat \u00e0 la Cour, tousles troisdemeurant \u00e0Luxembourg. __________________________________________________________ ________ R\u00f4le II (TAL-2021-06638) E n t r e : la soci\u00e9t\u00e9 de droit des \u00celes Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITED,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0ADRESSE1.)(\u00celes Vierges Britanniques), repr\u00e9sent\u00e9e par son organe de repr\u00e9sentation actuellement en fonctions, inscrite au registre des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9roNUMERO1.), ayant initialement \u00e9ludomicile enl\u2019\u00e9tude de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme WILDGEN SA, inscrite \u00e0 la liste V du tableau de l\u2019Ordre des avocats du barreau de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2320 Luxembourg, 69, boulevard de la P\u00e9trusse, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 212 946, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente parMa\u00eetre Karine VILRET, avocat \u00e0 la Cour, demanderesse, d\u00e9fenderesse sur reconvention, comparant parMa\u00eetre Eric PERRU, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, et: la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA,\u00e9tablie et ayant sonsi\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro NUMERO2.), d\u00e9fenderesse,<\/p>\n<p>3 demanderesse sur reconvention, comparant par Ma\u00eetreAndreas KOMNINOS, avocat \u00e0 la Cour, assist\u00e9 de Ma\u00eetre Mireille JAMMAERS, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Lydie LORANG, avocat \u00e0 la Cour, tous les trois demeurant \u00e0 Luxembourg. R\u00f4le I (TAL-2020-03544) Faits: Les faits et r\u00e9troactes del\u2019affairer\u00e9sultent \u00e0 suffisance de droit des qualit\u00e9s et consid\u00e9rants du jugement commercialn\u00b02022TALCH15\/00365du9 mars 2022et dont le dispositif est con\u00e7u comme suit : \u00able tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, quinzi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, d\u00e9clarerecevable et fond\u00e9e l\u2019exception de caution judiciaire soulev\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA, ordonne\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit des \u00celes Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITED de fournir une caution et de consigner \u00e0 la Caisse de consignation le montant de 20.000.- EUR \u00e0 titre de caution judiciaire, ditqu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de versement de ce montant, le jugement ne pourra intervenir \u00e0 la demande de la soci\u00e9t\u00e9 de droit des\u00celes Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITED, r\u00e9servele surplus, fixel\u2019affaire au r\u00f4le g\u00e9n\u00e9ral.\u00bb R\u00f4le II (TAL-2021-06638) Faits: Les faits et r\u00e9troactes del\u2019affairer\u00e9sultent \u00e0 suffisance de droit des qualit\u00e9s et consid\u00e9rants du jugement commercialn\u00b02022TALCH15\/00366du9 mars 2022et dont le dispositif est con\u00e7u comme suit : \u00able tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, quinzi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement,<\/p>\n<p>4 d\u00e9clarerecevable et fond\u00e9e l\u2019exception de caution judiciaire soulev\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA, ordonne\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit des \u00celes Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITED de fournir unecaution et de consigner \u00e0 la Caisse de consignation le montant de 10.000.- EUR \u00e0 titre de caution judiciaire, ditqu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de versement de ce montant, le jugement ne pourra intervenir \u00e0 la demande de la soci\u00e9t\u00e9 de droit des \u00celes Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITED, r\u00e9servele surplus, fixel\u2019affaire au r\u00f4le g\u00e9n\u00e9ral.\u00bb Lesaffaires des deux r\u00f4lesfurent utilement retenues\u00e0 l\u2019audience du1 er octobre2024 lorsde laquelleles d\u00e9bats eurent lieu comme suit : Ma\u00eetreEric PERRU,mandataire de la partie demanderesse,donna lecture de l\u2019assignation et exposa ses moyens. Ma\u00eetreAndreas KOMNINOS , assist\u00e9 de Ma\u00eetre Mireille JAMMAERS , en remplacement de Ma\u00eetreLydie LORANG,mandataire de la partied\u00e9fenderesse, r\u00e9pliquaet exposa ses moyens. Sur ce, le tribunal prit l&#039;affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l\u2019audience publique de ce jour le j u g e m e n t q u i s u i t: La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e r\u00e9gie par le droit des Iles Vierges Britanniques SOCIETE1.)LIMITED (ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE1.)\u00bb)\u00e9taitpropri\u00e9taire d\u2019un avion Bombardier Global 6000 immatricul\u00e9 au Luxembourg sous le num\u00e9ro LX -NAD jusqu\u2019au 29 mars 2019 et immatricul\u00e9 en R\u00e9publique de Malte sous le num\u00e9ro 9H- KLS depuiscette date(ci-apr\u00e8s l\u2019\u00ab Avion\u00bb). En date du 15 septembre 2015,SOCIETE1.)a conclu un contrat intitul\u00e9 \u00abOperating Management Agreement\u00bb avec la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA (ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE2.)\u00bb), portant sur l\u2019exploitation et la gestion de l\u2019Avion parSOCIETE2.)(ci- apr\u00e8s le \u00abContrat\u00bb). En date du 5 mai 2016,SOCIETE1.)a sign\u00e9 un contrat de prestation de services avec la soci\u00e9t\u00e9de droit russeSOCIETE3.)(ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE3.)\u00bb), portant sur l\u2019organisation, la coordination et la supervision de certains services d\u2019assistance a\u00e9roportuaire fournis par des parties tierces locales, tels que la prise en charge des passagers, la mise en hangar et le stationnement de l\u2019a\u00e9ronef, ainsi que les services de nettoyage et de lavage de l\u2019Avion,danscertains a\u00e9roports de Russie (ci-apr\u00e8s le \u00abContratSOCIETE1.)-SOCIETE3.)\u00bb).<\/p>\n<p>5 D\u00e9but janvier 2019, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 la date exacte,SOCIETE1.)et SOCIETE3.)ont mis fin \u00e0 leur contrat. Suivant lettre d\u2019avenant du 27 mars 2019, le Contrat a \u00e9t\u00e9 r\u00e9sili\u00e9 avec effet au jour de la remise de l\u2019AvionparSOCIETE2.)\u00e0SOCIETE1.), \u00e0 savoir le 29 mars 2019. En date des 29 et 30 ao\u00fbt 2019,SOCIETE1.)a re\u00e7u des avis de non-paiement dans le d\u00e9lai fix\u00e9relatifs \u00e0des droits de douane, droits sp\u00e9ciaux, droits antidumping et indemnitaires, int\u00e9r\u00eats et amendes pour un montant total en principal de 233.729.552,97 RUB, \u00e9mis par le bureau de douane deADRESSE3.)(Russie) \u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE2.)en sa qualit\u00e9 d\u2019op\u00e9rateur de l\u2019Avion et deSOCIETE1.)en sa qualit\u00e9 de propri\u00e9taire de l\u2019Avion pour des vols effectu\u00e9s au courant de l\u2019ann\u00e9e 2018 (ci-apr\u00e8s la \u00abR\u00e9clamation 2018\u00bb), ce dont elle f\u00fbt \u00e9galement inform\u00e9 par SOCIETE2.)suivant courriel du 8 octobre 2019. Par courrier du 14 octobre 2019,SOCIETE1.)a misSOCIETE2.)en demeure de proc\u00e9der au paiement des droits de douane en question en l\u2019alertant du risque de la prise de mesures conservatoires et\/ou ex\u00e9cutoires que les autorit\u00e9s russes seraient en droit de prendre, incluant la saisie de l\u2019Avion et du risqued\u2019aggravationdu pr\u00e9judice au jour le jour,r\u00e9sultant de l\u2019immobilisation de l\u2019Avion dans l\u2019attente du paiement des droits de douane. Par courrier du 28 octobre 2019,SOCIETE1.)a inform\u00e9SOCIETE2.)qu\u2019elle rel\u00e8verait appel contre laR\u00e9clamation2018pour contester la valeur en douane de l\u2019Avion ayant servi de base au calcul des droits de douane \u00e0 payer. Suivant d\u00e9cision rendue par l\u2019administration douani\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale russe le 13 janvier 2020, le montant des droits de douane \u00e0 payer au titre de la R\u00e9clamation 2018 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit de 83.777.160,22 RUB, soit au montant de 149.952.392,75 RUB et de nouvelles notifications ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises par les autorit\u00e9s douani\u00e8res russes les 25 et 26 mars 2020 pour ce montant. Par courrier du 17 avril 2020,SOCIETE1.)a inform\u00e9SOCIETE2.)qu\u2019elle a eu gain de cause dans le cadre de la proc\u00e9dure d\u2019appel introduite contre la R\u00e9clamation 2018. SOCIETE1.)a pay\u00e9 le montant de 149.952.392,75 RUB \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 douani\u00e8re russe. En date du 30 juin 2020, un avis de non-paiement dans le d\u00e9lai fix\u00e9relatif \u00e0desdroits de douane, taxes, int\u00e9r\u00eats et p\u00e9nalit\u00e9s sp\u00e9ciaux, anti-dumping et compensatoires pour un montant total en principal de 26.558.028,68 RUB a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis par le bureau de douane deADRESSE3.)et adress\u00e9 \u00e0SOCIETE2.)en sa qualit\u00e9 d\u2019op\u00e9rateur de l\u2019Avion et \u00e0SOCIETE1.)en sa qualit\u00e9 de propri\u00e9taire de l\u2019Avion, concernant des vols effectu\u00e9s par l\u2019Avion en 2019 (ci-apr\u00e8s la \u00abR\u00e9clamation 2019\u00bb). SOCIETE1.)a pay\u00e9 le montant de 26.558.028,68 RUB \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 douani\u00e8re russe en date du 7 juillet 2020.<\/p>\n<p>6 Par acte d\u2019huissier de justice du 28 avril 2020,SOCIETE1.)a fait donner assignation \u00e0SOCIETE2.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale. Par acte d\u2019huissier de justice du 21 juillet 2021,SOCIETE1.)a fait donner assignation \u00e0SOCIETE2.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale. Suivant jugement commercial n\u00b02022TALCH15\/00365 du 9 mars 2022 (n\u00b0TAL-2020- 03544 du r\u00f4le),le tribunal de ce si\u00e8ge a ordonn\u00e9 \u00e0SOCIETE1.)de fournir caution et de consigner le montant de 20.000.-EUR \u00e0 la Caisse de consignation. Suivant jugement commercial n\u00b02022TALCH15\/00366 du 9 mars 2022 (n\u00b0TAL-2021- 06638 du r\u00f4le), le tribunal de ce si\u00e8gea ordonn\u00e9 \u00e0SOCIETE1.)de fournir caution et de consigner le montant de 10.000.-EUR \u00e0 la Caisse de consignation. Lesmontantsde 20.000.-EUR et de 10.000.-EUR ont \u00e9t\u00e9consign\u00e9s aupr\u00e8s dela Caisse de consignation par virements bancaires du 29 mars 2022. Pr\u00e9tentionset moyens des parties Dansl\u2019assignation du 28 avril 2020,SOCIETE1.)demande la condamnation de SOCIETE2.)au paiement des montants de: -149.952.392,75 RUB \u00e0 titre de remboursement des droits de douane pay\u00e9s par lademanderesse, sinon de 74.976.196,27 RUB \u00e0 titre de remboursement de 50% des droits de douane pay\u00e9s, \u00e0 convertir en euros avec date effective au 2 octobre 2019, date \u00e0 laquelle le d\u00e9lai de paiement a expir\u00e9 suivant l\u2019avis de non- paiement des 29 et 30 ao\u00fbt2019, au taux de change tel que publi\u00e9 par la Banque Centrale Europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s la \u00abBCE\u00bb), avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux tels que pr\u00e9vus par la loi modifi\u00e9e du 18avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et aux int\u00e9r\u00eats de retard (ci-apr\u00e8s la \u00abLoi de 2004\u00bb) \u00e0 partir du paiement desdits droits de douane, sinon \u00e0 partir de la demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde, -70.000.-EUR \u00e0 titre de remboursement des honoraires de gestion ind\u00fbment pay\u00e9s \u00e0SOCIETE2.)au vu de la mauvaise gestion de l\u2019Avion, avec les int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 partir de la demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde, -64.080.-EUR \u00e0 titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice caus\u00e9 par l\u2019immobilisation de l\u2019Avion et le paiement des fraisde location d\u2019un hangar en Russie, avec les int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 partir de la demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde, -1.313.346.-EUR \u00e0 titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice caus\u00e9 par la perte de chance engendr\u00e9e par le refus des demandes d\u2019affr\u00e8tement de l\u2019Avion en cons\u00e9quence de son immobilisation, avec les int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 partir de la demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde, -70.000.-EUR \u00e0 titre de pr\u00e9judice moral, avec les int\u00e9r\u00eatsl\u00e9gaux \u00e0 partir de la demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>7 Elle demande encore d\u2019ordonner \u00e0SOCIETE2.)la restitution du montant de 204.000.- EUR \u00e0 titre du d\u00e9p\u00f4t de garantie, avec les int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 partir dela demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde, sous peine d\u2019une astreinte de 15.000.-EUR par jour de retard \u00e0 compter de la signification du jugement \u00e0 intervenir. SOCIETE1.)sollicite enfin l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 deproc\u00e9dure d\u2019un montant de 50.000.-EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, la condamnation deSOCIETE2.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance avec distraction au profit de son mandataire, et l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement sanscaution. Dansl\u2019assignation du 21 juillet 2021,SOCIETE1.)demande la condamnation de SOCIETE2.)au paiement des montants de: -26.558.028,68 RUB \u00e0 titre de remboursement des droits de douane pay\u00e9s par la demanderesse, sinon 13.279.014,34 RUB \u00e0 titre deremboursement de 50% des droits de douane pay\u00e9s, \u00e0 convertir en euros avec date effective au 15 juillet 2020, date \u00e0 laquelle le d\u00e9lai de paiement a expir\u00e9 suivant l\u2019avis de non-paiement du 30 juin 2020, au taux de change tel que publi\u00e9 par la BCE, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux tels que pr\u00e9vus par la Loi de 2004 \u00e0 partir du paiement desdits droits de douane, sinon \u00e0 partir de la demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde, -42.000.-EUR \u00e0 titre de remboursement des honoraires de gestion ind\u00fbment pay\u00e9s \u00e0SOCIETE2.)au vu de la mauvaise gestion de l\u2019Avion sur la p\u00e9riode de janvier \u00e0 mars 2019, avec les int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 partir de la demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde, -15.000.-EUR \u00e0 titre depr\u00e9judice moral, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la demande en justice, sinon \u00e0 partir du jugement \u00e0 intervenir, jusqu\u2019\u00e0 solde. Elle sollicite encore l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure d\u2019un montant de 15.000.-EUR sur base de l\u2019article 240 duNouveau Code de proc\u00e9dure civile, la condamnation deSOCIETE2.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance avec distraction au profit de son mandataire, et l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement sans caution. A l\u2019audience,SOCIETE1.)augmente sa demande en allocationd\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019assignation du 28 avril 2020 au montant de 50.000.-EUR et elle demande au tribunal de se prononcer quant aux cautions judiciaires. SOCIETE1.)demande ensuite de d\u00e9bouterSOCIETE2.)de sa demande en condamnationau paiement du montantde 80.000.-EUR sur base de l\u2019article 8.1.12 du Contrat, de sa demande en condamnationau paiement du montantde 30.000.- EUR pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire et de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure d\u2019un montant de 40.000.-EUR. SOCIETE1.)base sa demande en indemnisation des droits de douane pay\u00e9s \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 douani\u00e8re russe sur les articles1134, 1135, 1142 et 1147 du Code civil. Elle soutient qu\u2019\u00abaux termesdu Contrat de gestion, l\u2019Avion devait \u00eatre utilis\u00e9, respectivement affr\u00e9t\u00e9, en conformit\u00e9 avec les lois et r\u00e8glements y applicables, et ce<\/p>\n<p>8 afin de g\u00e9n\u00e9rer des revenus en faveur de son propri\u00e9taireSOCIETE1.)\u00bb et que SOCIETE2.)\u00abne devait pas utiliser l\u2019Avion pour des op\u00e9rations interdites par la loi\u00bb. SOCIETE1.)explique \u00abqu\u2019en application du droit russe, un a\u00e9ronef, dont le propri\u00e9taire ne fait pas partie de l\u2019union \u00e9conomique eurasiatique (comprenant la Russie, la Serbie, Kirghizistan, Kazakhstan, Bi\u00e9lorussie et l\u2019Arm\u00e9nie) (\u00abUEEA\u00bb), peut \u00eatre utilis\u00e9 pour des vols domestiques priv\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Russie sous le r\u00e9gime de l\u2019importation temporaire (\u00abtemporary import regime\u00bb), \u00e0 l\u2019appui d\u2019une d\u00e9claration d\u2019importation simplifi\u00e9e, b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une exemption int\u00e9grale de paiement de droits de douane et taxes, si et seulement si cet a\u00e9ronef avait un poids \u00e0 vide inf\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 20 tonnes\u00bb et qu\u2019un a\u00e9ronef ne remplissant pas cette condition ne pouvait pas rester en Russie sous le r\u00e9gime de l\u2019importation temporaire. La R\u00e9clamation 2018 aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9mise alors que pendant la p\u00e9riode du 2 ao\u00fbt 2018 au 29 d\u00e9cembre 2018, l\u2019Avion a effectu\u00e9 des vols domestiques \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Russie et de l\u2019UEEA, auxquelles fins l\u2019Avion avait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 sous le r\u00e9gime de l\u2019importation temporaire aux termes de plusieurs d\u00e9clarations d\u2019importation simplifi\u00e9es renseignant que le poids net de l\u2019Avion serait inf\u00e9rieur \u00e0 20 tonnes(ci-apr\u00e8s les \u00abD\u00e9clarations\u00bb), bien qu\u2019il d\u00e9passe ce poids. La R\u00e9clamation2019 aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9mise pour les m\u00eames motifs pour la p\u00e9riode du 13 janvier 2019 au 15 mars 2019. SelonSOCIETE1.), lesD\u00e9clarations ont \u00e9t\u00e9 sign\u00e9es par les pilotes, employ\u00e9s de SOCIETE2.), lors de chaque entr\u00e9e de l\u2019Avion en Russie, bien qu\u2019ils savaient que le poids de l\u2019Avion d\u00e9passait les 20 tonnes. Elle pr\u00e9cise queSOCIETE2.), et nonSOCIETE3.), \u00e9tait en charge de pr\u00e9parer les documents de vols et le dossier qui devait \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 aux autorit\u00e9s douani\u00e8res russes.Ce serait pr\u00e9cis\u00e9ment cette t\u00e2che queSOCIETE2.)d\u00e9crit comme \u00abtraduction op\u00e9rationnelle des instructions donn\u00e9es par la partie demanderesse\u00bb. Elle renvoie \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil en plaidant qu\u2019un commettant peut \u00eatre tenu contractuellement du fait d\u2019autrui et qu\u2019il existe un principe g\u00e9n\u00e9ral de responsabilit\u00e9 contractuelle du fait des auxiliaires et des substituts qui englobe la responsabilit\u00e9 du fait des pr\u00e9pos\u00e9s. Elle explique que lesD\u00e9clarations ont \u00e9t\u00e9 soumises aux autorit\u00e9s douani\u00e8res russes parSOCIETE2.), en renvoyant aux d\u00e9cisions d\u2019arbitrage russes vers\u00e9es en cause et m\u00eame si elles avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9es parSOCIETE3.), elle estime queSOCIETE2.) en serait en tout \u00e9tat de cause responsable au vu de leur signature par les pilotes et vu queSOCIETE3.)aurait alors agi en qualit\u00e9 de sous-traitant deSOCIETE2.)et suivant ses instructions. Elle fait remarquer queSOCIETE3.)a adress\u00e9 des factures \u00e0SOCIETE2.)par l\u2019interm\u00e9diaire de \u00abSOCIETE4.)\u00bb en renvoyant \u00e0la clause 7 du ContratSOCIETE1.)- SOCIETE3.). Par rapport \u00e0 la contestation de ces factures par la d\u00e9fenderesse, elle r\u00e9plique que \u00abcela ne fait pas de sens, alors que ces factures aient \u00e9t\u00e9 \u00e9mises dans la \u00abp\u00e9riode de trois mois qui se situe juste avant la r\u00e9siliation du Contrat par SOCIETE1.)\u00bb est totalement inop\u00e9rant et que la preuve de la pr\u00e9tendue erreur n\u2019est \u00e0 ce stade pas rapport\u00e9e\u00bb. Elle plaide encore que \u00abla facturation directe ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme unmotif d\u2019exclusion de la partie d\u00e9fenderesse. Bien au contraire, cela montre la responsabilit\u00e9 directe de la partie d\u00e9fenderesse dans le dommage<\/p>\n<p>9 caus\u00e9 \u00e0 la partie demanderesse par la non-d\u00e9claration d\u2019un poids de l\u2019Avion correct aux autorit\u00e9s douani\u00e8res russes\u00bb. Elle conteste queSOCIETE3.)\u00e9tait charg\u00e9 d\u2019un service d\u2019assistance en faveur de l\u2019\u00e9quipage de l\u2019Avion ou d\u2019un \u00abservice de droits de douane en Russie\u00bb et explique que \u00abSOCIETE3.)n\u2019\u00e9tait responsable seulement de l\u2019assistance au d\u00e9p\u00f4t des documents pr\u00e9paratoires au vol, mais pas de leur r\u00e9daction\u00bb et que lesD\u00e9clarations ne peuvent \u00eatre qualifi\u00e9es de documents pr\u00e9paratoires au vol. Elle soutient que \u00abconform\u00e9ment aux termes des contrats\u00bbSOCIETE2.)donnait les instructions \u00e0SOCIETE3.)en vue de la fourniture des services a\u00e9roportuaires, en renvoyant \u00e0 plusieurs \u00e9changes de courriels entre ces deux entit\u00e9s et \u00e0 un courrier de SOCIETE2.)du 16 octobre 2019. Elle conclut queSOCIETE3.)\u00abne faisait que suivre les instructions de [SOCIETE2.)] etque sa mission se limitait \u00e0 l\u2019impression des documents que [SOCIETE2.)] avait pr\u00e9par\u00e9s pour les divers vols\u00bb et que l\u2019\u00e9quipage poss\u00e9dait d\u00e8s lors les informations relatives au poids correct de l\u2019Avion. Elle plaide queSOCIETE2.)reste en d\u00e9faut de rapporter la preuve queSOCIETE1.) lui aurait donn\u00e9 des instructions concernant le poids de l\u2019Avion \u00e0 indiquer dans les documents pertinents, alors que les instructions donn\u00e9es parSOCIETE1.)\u00e0 SOCIETE2.)ne portaient que sur la date etl\u2019heure du vol, l\u2019itin\u00e9raire et le nombre d\u2019h\u00f4tesses de l\u2019air n\u00e9cessaires pour le vol. SOCIETE1.)conteste la recevabilit\u00e9 et la validit\u00e9 des attestations testimoniales d\u2019PERSONNE1.), pilote de l\u2019Avion, et dePERSONNE2.),key account managerde SOCIETE2.)et demande\u00e0lesvoir\u00e9carter. Elle soutient que ces attestations correspondent davantage \u00e0 un formulaire-questionnaire pr\u00e9\u00e9tabli auquel les t\u00e9moins ont r\u00e9pondu, qu\u2019\u00e0 des d\u00e9clarations spontan\u00e9es des t\u00e9moins. Les t\u00e9moins seraient d\u2019ailleurs des employ\u00e9sdeSOCIETE2.)et tenus par un lien de subordination de nature \u00e0 influencer leur t\u00e9moignage. Pour le cas o\u00f9 les attestations testimoniales n\u2019\u00e9taient pas \u00e9cart\u00e9es,SOCIETE1.) soutient qu\u2019PERSONNE1.) a indiqu\u00e9 qu\u2019il \u00absuppose\u00bb simplement que les D\u00e9clarations avaient \u00e9t\u00e9 remplies par l\u2019agent d\u2019assistance qui les a transmises au pilote. Quant \u00e0 l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE2.),SOCIETE1.)soutient que la m\u00e9connaissance du russe n\u2019exclut pas la responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.). SOCIETE1.)conteste la pertinence de la question de savoir si les pilotes maitrisaient le russe, \u00abaucune connaissance de la langue russe n\u2019est n\u00e9cessaire pour constater que le poids indiqu\u00e9 en chiffres \u00e9tait erron\u00e9\u00bb. SOCIETE1.)appuie sa demande plus particuli\u00e8rement sur la clause 8.1.13 du Contrat, en expliquant qu\u2019il y a eu faute ou n\u00e9gligence dans le chef deSOCIETE2.), alors que ses employ\u00e9s ont r\u00e9dig\u00e9, pr\u00e9par\u00e9 et sign\u00e9 lesD\u00e9clarations. Elle conteste avoir eu connaissance de fausses d\u00e9clarations. SOCIETE1.)se r\u00e9f\u00e8re encore \u00e0 plusieurs d\u00e9cisions de la Cour d\u2019arbitrage du district de Moscou relatives \u00e0 la R\u00e9clamation 2018 et \u00e0 la R\u00e9clamation 2019, ayant retenu que lesD\u00e9clarations ont \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 douani\u00e8re parSOCIETE2.)et que<\/p>\n<p>10 SOCIETE1.)etSOCIETE2.)sont solidairement responsables du paiement des droits de douane et des taxes. Elle se base ensuite sur la clause 9 du Contrat suivant laquelle, \u00e0 moins d\u2019\u00eatre caus\u00e9e par la faute intentionnelle deSOCIETE1.),SOCIETE2.)doit prendre en charge le paiement et indemniser et d\u00e9gagerSOCIETE1.)de toute responsabilit\u00e9 relative \u00e0 une quelconque dette fiscale concernant l\u2019Avionou r\u00e9sultant de l\u2019ex\u00e9cution du Contrat et qui seraientpr\u00e9lev\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE1.)par toute autorit\u00e9 douani\u00e8re pendant la dur\u00e9edu Contratou concernant ce Contrat,y compris tous droits de douane, p\u00e9nalit\u00e9s, amendes et int\u00e9r\u00eats qui les gr\u00e8vent. Elle conteste que cet article contiendrait des erreurs de r\u00e9daction et estime qu\u2019il est correctement r\u00e9dig\u00e9etparfaitement clair, de sorte qu\u2019il n\u2019y aurait pas lieu \u00e0 interpr\u00e9tation et \u00e0 r\u00e9\u00e9criture du Contrat. En r\u00e9plique aux moyens adverses,SOCIETE1.)fait valoir qu\u2019il ne ressort pas des termes des clauses 4.2 et 4.4 du Contrat qu\u2019elle devait s\u2019acquitter desdroits de douane, ceux-ci ne seraient pas compris dans lesCo\u00fbts Directs d\u2019Exploitationque SOCIETE1.)devait supporter aux termes desditesclauses. La clause 9 du Contrat pr\u00e9voirait sp\u00e9cialement l\u2019indemnisation de taxes, et elle souligne qu\u2019en pr\u00e9sence d\u2019une disposition sp\u00e9ciale du contrat, celle-ci doit pr\u00e9valoir sur toute disposition g\u00e9n\u00e9rale. Dans sa version litt\u00e9rale, ladite clauserefl\u00e8terait la r\u00e9elle intention des parties, ne serait pas en contradiction avec d\u2019autres dispositions du Contrat et il s\u2019agirait d\u2019une r\u00e8gle d\u2019indemnisation sp\u00e9cifique sur la r\u00e9partition des co\u00fbts relatifs \u00e0 toutes les taxes, en ce compris les droits de douane. Plus particuli\u00e8rement, cette clauseserait conformeauxdispositions de la clause 8.1.13 qui est une r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale d\u2019indemnisation.SOCIETE1.)ajoute que la commission non seulementd\u2019une erreur, mais de quatre erreurs exclurait l\u2019id\u00e9e ou la possibilit\u00e9 quela clauseaurait \u00e9t\u00e9 mal r\u00e9dig\u00e9eou ne refl\u00e8terait pas la r\u00e9elle intention des parties. En plus, le Contrat aurait \u00e9t\u00e9 conclu sous la forme fournie parSOCIETE2.)et qu\u2019il y aurait lieu d\u2019interpr\u00e9ter le contrat contre la partie quil\u2019a r\u00e9dig\u00e9, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 4.6 des principes UNIDROIT 2016, \u00e0 l\u2019article 1162 du Code civil et \u00e0 l\u2019article L.211-2 (2) du Codede la consommation. Elle plaide ne pas disposer d\u2019expertise \u00abdans les questions en cause\u00bb, raison pour laquelle elle aurait impliqu\u00e9SOCIETE2.)qui ne pouvait pas ignorer que le cabotage est interdit ou du moins r\u00e9glement\u00e9. SelonSOCIETE1.), l\u2019obligation \u00e0 charge deSOCIETE2.)de ne pas faire de fausses d\u00e9clarations aupr\u00e8s des douanes constitue une obligation de r\u00e9sultat de ne pas faire. Elle soutient queSOCIETE2.)ne saurait s\u2019exon\u00e9rer de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pesant sur elle que par la seule preuve d\u2019une cause \u00e9trang\u00e8re, qui fait d\u00e9faut et que \u00abSOCIETE1.)peut obtenir la condamnation de la partie d\u00e9fenderesse sur le seul fondement de la constatation de l\u2019inex\u00e9cution, voire la mauvaise ex\u00e9cution du Contrat de gestion, sans avoir \u00e0 prouver la faute du d\u00e9biteur\u00bb. Elle conclutque\u00absi la partie assign\u00e9e n\u2019avait pas viol\u00e9 ses obligations contractuelles et avait assum\u00e9 ses responsabilit\u00e9s par rapport \u00e0 la R\u00e9clamation,SOCIETE1.)n\u2019aurait pas eu \u00e0 d\u00e9bourser une somme de 149.952.392,75 RUB [pour la R\u00e9clamation 2018<\/p>\n<p>11 respectivement de 26.558.028,68 RUB pour la R\u00e9clamation 2019] \u00e0 titre de droits de douane et p\u00e9nalit\u00e9s de retard\u00bb. Au titre de sa demande subsidiaire,SOCIETE1.)invoque l\u2019article 56, paragraphe 2 du code des douanes de \u00abl\u2019UEFA\u00bb, aux termes duquel,selonelle,\u00abl\u2019obligation de payer les droits dedouane et les taxes en cas de transfert ill\u00e9gal de marchandises \u00e0 travers la fronti\u00e8re de l\u2019UE incombe aux personnes qui transf\u00e8rent ill\u00e9galement les marchandises. Les personnes impliqu\u00e9es dans le transport ill\u00e9gal, si elles connaissaient ou auraient d\u00fb conna\u00eetre l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de ce transport, et lors de l\u2019importation de marchandises sur le territoire douanier de l\u2019Union\u2013ainsi que les personnes qui ont acquis la propri\u00e9t\u00e9 ou la possession de marchandises import\u00e9es ill\u00e9galement, si au moment de l\u2019acquisition elles connaissaient ou auraient d\u00fb conna\u00eetre l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de leur importation sur le territoire douanier de l\u2019Union, sont conjointement et solidairement responsables du paiement des droits de douane et des taxes avec les personnes qui transportent ill\u00e9galement les marchandises (\u2026)\u00bb. SOCIETE1.)soutient qu\u2019aux v\u0153ux dela clause2.1.2. du Contrat,SOCIETE2.)devait surveiller les co\u00fbts \u00e0 tout moment et g\u00e9rer l\u2019Avion le plus efficacement possible, qu\u2019aux termes de la clause2.7.7 du Contrat, elle \u00e9tait seule responsable \u00abdes arrangements de l\u2019assistance au sol pour les passagers, l\u2019\u00e9quipage et les bagages\u00bb, ainsi que \u00abde toutes les communications en relation avec l\u2019exploitation de l\u2019Avion\u00bb, qu\u2019aux termes de la clause3 du Contrat elle devait informerSOCIETE1.)imm\u00e9diatement de tous \u00e9v\u00e9nements ou de toutes circonstances affectant sa capacit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuter toutes obligations d\u00e9coulant dudit contrat et qu\u2019aux termes de la clause4.1 du Contrat, SOCIETE2.)exploitait l\u2019Avion sans l\u2019ing\u00e9rence de la part deSOCIETE1.). Elle plaide queSOCIETE2.)a exploit\u00e9 l\u2019Avion \u00e0 perte en violation du Contrat, alors qu\u2019elle savait ou aurait d\u00fb savoir que les droits de douane \u00e0 payer en rapport avec l\u2019utilisation de l\u2019Avion pour des vols domestiques \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Russie \u00e9taient exorbitants.Les co\u00fbts engendr\u00e9s ne seraient pas raisonnables. SOCIETE1.)estime encore queSOCIETE2.)aurait d\u00fb l\u2019avertir du montant exorbitant des droits de douane et lui d\u00e9conseiller une telle exploitationde l\u2019Avion au titre de son obligation contractuelle accessoire d\u2019information et de conseil et au titre de son obligation d\u2019information pr\u00e9vue \u00e0la clause3 du Contrat. Elle se consid\u00e8re comme un \u00abclient profane\u00bb. Elle conclut queSOCIETE2.)\u00aba port\u00e9 gravement pr\u00e9judice aux int\u00e9r\u00eats de SOCIETE1.), qui est d\u00e8s lors en droit de demander le remboursement des honoraires ind\u00fbment pay\u00e9s \u00e0 la partie assign\u00e9e, \u00e0 savoir en contrepartie des services qui auraient dus \u00eatre fournis en conformit\u00e9 avec le Contrat de gestion\u00bb. A l\u2019appui de sa demande en indemnisation des frais de location d\u2019un hangar en Russie, SOCIETE1.)explique que \u00abla mauvaise gestion de l\u2019Avion par la partie d\u00e9fenderesse et le fait de ne pas assumer ses responsabilit\u00e9s contractuelles en rapportavec les R\u00e9clamations ont \u00e9galement port\u00e9 pr\u00e9judice \u00e0SOCIETE1.)dans la mesure o\u00f9 l\u2019Avion a d\u00fb \u00eatre immobilis\u00e9 dans l\u2019attente du paiement des droits de douane, alors que le risque d\u2019une mesure conservatoire ou ex\u00e9cutoire par les autorit\u00e9s russes, \u00e0 savoir une saisie sur l\u2019Avion, est trop \u00e9lev\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p>12 Dans ce contexte, selonSOCIETE1.), l\u2019Avion \u00e9tait immobilis\u00e9 depuis le 2 octobre 2019, date \u00e0 laquelle le d\u00e9lai de paiement avait expir\u00e9 suivant avis de non-paiement des 29 et 30 ao\u00fbt 2019, et elle a pay\u00e9 le montant de 64.080.-EUR de frais de location d\u2019un hangar \u00e0 l\u2019a\u00e9roport deADRESSE3.). Elle soutient que l\u2019immobilisation de l\u2019Avion s\u2019imposait pour \u00e9viter sa saisie, sachant que l\u2019Avion figure \u00absur la liste des v\u00e9hicules \u00e0 saisir par les autorit\u00e9s russes d\u00e8s son entr\u00e9e sur le territoire russe, tant que les droits de douane restent impay\u00e9s\u00bb. SOCIETE1.)se base encore sur la clause2.1.3 du Contrat en vertu duquel SOCIETE2.)a garanti que l\u2019Avion ne soit pas utilis\u00e9 d\u2019une fa\u00e7on qui pourrait l\u2019exposer \u00e0 une saisie ou une confiscation par les autorit\u00e9s. En r\u00e9plique aux moyens adverses, elle estime qu\u2019il est \u00abtotalement inop\u00e9rant et vain pour la partie d\u00e9fenderesse de se r\u00e9fugier derri\u00e8re le fait que le hangar dans lequel \u00e9tait stationn\u00e9 l\u2019Avion pendant la p\u00e9riode d\u2019immobilisation \u00e9tait lou\u00e9 depuis le 1 er janvier 2019, alors que les frais de stationnement qui lui sont r\u00e9clam\u00e9s sont ceux couvrant uniquement la p\u00e9riode d\u2019immobilisation de l\u2019Avion en raison du non-paiement des droits de douane aux autorit\u00e9s russes\u00bb. A l\u2019appui de sa demande en indemnisation de la perte d\u2019une chance,SOCIETE1.)fait valoir que cette indemnisation est soumise au principe de la r\u00e9paration int\u00e9grale. Elle explique avoir subi une perte de chance par le fait que l\u2019Avion n\u2019a pu \u00eatre affr\u00e9t\u00e9 depuis le 2 octobre 2019 pour des vols impliquant la Russie et\/ou l\u2019UEEA, malgr\u00e9 diverses demandes d\u2019affr\u00e8tement. Elle \u00e9value ce pr\u00e9judice au montant de 1.313.346.-EUR. Contrairement \u00e0 la position deSOCIETE2.), elle estime qu\u2019il appartenait \u00e0 SOCIETE2.)de payer les droits de douane afin de rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019immobilisation de l\u2019Avion.SOCIETE1.)consid\u00e8re avoir \u00e9t\u00e9 diligente, en exer\u00e7ant un recours pour r\u00e9duire le montant des droits de douane \u00e0 payer et en payant effectivement les droits de douane, malgr\u00e9 les nombreuses fautes relev\u00e9es dans le chef deSOCIETE2.). SOCIETE1.)soutient qu\u2019aux termes de la clause 11 de la lettre d\u2019avenant du 27 mars 2019, le d\u00e9p\u00f4t de garantie doit \u00eatre restitu\u00e9 parSOCIETE2.)end\u00e9ans un d\u00e9lai de douze mois \u00e0 compter de la r\u00e9siliation du Contrat, soit au plus tard le 29 mars 2020. Elle expose avoir misSOCIETE2.)en demeure de la restituer par courrier du 17 avril 2020 et que\u00abc\u2019est de mani\u00e8re tout \u00e0 fait abusive que la partie d\u00e9fenderesse refuse la restitution du d\u00e9p\u00f4t de garantie suivant courrier dat\u00e9 du 24 avril 2020\u00bb. Elle conclut \u00e0 la \u00abcondamnation de la partie d\u00e9fenderesse \u00e0 la restitution \u00e0 la partie demanderesse du d\u00e9p\u00f4t de garantie d\u2019un montant de 204.000.-EUR\u00bb. La demanderesse conteste qu\u2019il y ait de dettes impay\u00e9es dans son chef au titre du Contrat alors qu\u2019elle a seule pay\u00e9 les droits de douane en Russie. De m\u00eame, elle conteste commettre une violation contractuelle lorsqu\u2019elle r\u00e9clame le paiement des droits de douane \u00e0 la d\u00e9fenderesse. Quant \u00e0 l\u2019indemnisation sollicit\u00e9 \u00e0 titre de pr\u00e9judice moral,SOCIETE1.)fait valoir que les personnes morales peuvent subir un dommage moral pour atteinte \u00e0 la r\u00e9putation. Elle explique avoir subi un pr\u00e9judice moral consid\u00e9rable par les tracas lui caus\u00e9s par la r\u00e9clamation en paiement des droits de douane et au vu des risques li\u00e9s \u00e0 un d\u00e9faut<\/p>\n<p>13 de paiement ou un simple retard de paiement des droits de douane. Elle soutient avoir en outre subiune \u00abatteinte non n\u00e9gligeable \u00e0 sa r\u00e9putation\u00bb. Pour s\u2019opposer \u00e0 la demande deSOCIETE2.)en indemnisation du montant de 80.000.-EUR sur base de la clause 8.1.12 du Contrat,SOCIETE1.)soutient que SOCIETE2.)n\u2019a subi aucune perte, qu\u2019elle n\u2019apporte aucune preuve concernant la perte all\u00e9gu\u00e9e,qui serait caus\u00e9epar sa n\u00e9gligence grave ou son manquement d\u00e9lib\u00e9r\u00e9,et qu\u2019elle ne rapporte aucune preuve d\u2019une violation ou du non-respect d\u2019une quelconque obligation parSOCIETE1.). SOCIETE1.)conteste enfin la demande deSOCIETE2.)en indemnisation du montant de 30.000.-EUR sur base de l\u2019article 6-1 du Code civil. Elle contestetoutacte de malice ou mauvaise foi. SOCIETE2.)demande\u00e0 voird\u00e9bouterSOCIETE1.)de l\u2019ensemble de ses demandes. A titre reconventionnel, elle sollicite la condamnation deSOCIETE1.)au paiement du montant de 80.000.-EUR, sous r\u00e9serve d\u2019augmentation, au titre de dommages et int\u00e9r\u00eats sur base dela clause8.1.12 du Contrat avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 28 avril 2020, sinon du 21 juillet 2021, sinon \u00e0 compter du jugement. Elle demande en outre la condamnation deSOCIETE1.)au paiement du montant de 30.000.-EUR pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire,au paiement du montant de 40.000.-EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile,ainsi qu\u2019aux frais et d\u00e9pens des deux instances, avec distraction au profit de son mandataire. SOCIETE2.)fait valoir, en s\u2019appuyant sur la clause 1 du Contrat, que la gestion op\u00e9rationnelle et l\u2019exploitation de l\u2019Avion devaient \u00eatre effectu\u00e9es par elle sur base des instructions re\u00e7ues deSOCIETE1.)et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat et aux frais de cette derni\u00e8re, de sorte queSOCIETE1.)intervenaitdans l\u2019exploitation et la gestion de l\u2019Avion. Elle plaide qu\u2019en vertu des clauses 1, 2.1.2 et 4.2 du Contrat,SOCIETE1.)devait supporter tous les co\u00fbts associ\u00e9s \u00e0 la gestion et \u00e0 l\u2019exploitation de l\u2019Avion et \u00abqu\u2019il n\u2019aurait fait aucun sens que la partie d\u00e9fenderesse qui devait agir sur instructions de la partie demanderesse doive supporter des co\u00fbts (en ce compris les droits de douane) li\u00e9s \u00e0 des vols effectu\u00e9s sur instructions de la partie demanderesse\u00bb. Ainsi, les droits de douanes seraient compris dans la d\u00e9finition desco\u00fbts directs d\u2019exploitationde la clause 4.4 du Contrat en tant que \u00abtoutes les autres d\u00e9penses de quelque nature que ce soit, directement ou indirectement, en relation avec ou li\u00e9es \u00e0 l\u2019utilisation, au d\u00e9placement et \u00e0 l\u2019exploitation de l\u2019Avion sur toute mission\u00bb. SOCIETE2.)soutient que les juridictions russes ont reconnu queSOCIETE1.), en sa qualit\u00e9 de propri\u00e9taire de l\u2019Avion, est \u00e0 consid\u00e9rer comme le \u00abpayeur final\u00bb des droits de douane et que le Contrat \u00abest un contrat d\u2019agent dans le cadre duquel la gestion op\u00e9rationnelle de l\u2019Avion est effectu\u00e9e dans l\u2019int\u00e9r\u00eat et aux frais de lapartie demanderesse, en sa qualit\u00e9 de propri\u00e9taire, et sur instructions de cette derni\u00e8re\u00bb. En renvoyant \u00e0 la clause 2.7.5 du Contrat, la d\u00e9fenderesse explique queSOCIETE1.) a \u00e9mis des instructions de vol, ce qui a aussi \u00e9t\u00e9 retenu dans une d\u00e9cision du30<\/p>\n<p>14 d\u00e9cembre 2021dela Cour d\u2019arbitrage de Moscou, aux termes de laquelle l\u2019Avion a vol\u00e9 sur le territoire de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie exclusivement pourSOCIETE1.). SOCIETE2.)aurait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la traduction op\u00e9rationnelle des instructions de vol re\u00e7ues parSOCIETE1.), par l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un document intitul\u00e9 \u00abFlight packages\u00bb. Elle conteste \u00eatre en relation contractuelle avecSOCIETE3.)qui est un agent (\u00abhandling agent\u00bb) deSOCIETE1.)en vertudu ContratSOCIETE1.)-SOCIETE3.), auquelSOCIETE2.)n\u2019est pas partie. Elle soutient avoir \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e de la d\u00e9cision de SOCIETE1.)d\u2019avoir recours \u00e0SOCIETE3.)en tant que \u00abhandling agent\u00bbpour les vols en Russie au d\u00e9but du mois de mai 2016 et qu\u2019il lui a \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 qu\u2019une facturation directe \u00e9tait \u00e9tablie entreSOCIETE3.)etSOCIETE1.). Elle soutient qu\u2019en vertu duContratSOCIETE1.)-SOCIETE3.), cette derni\u00e8re \u00e9tait en charge d\u2019un service d\u2019assistance en faveur de l\u2019\u00e9quipage de l\u2019Avion, et pr\u00e9parait et g\u00e9rait dans ce cadre les d\u00e9clarations requises enmati\u00e8re de droitsde douane en Russie. Elle renvoie dans ce contexte \u00e0 un courriel dat\u00e9 du 27 d\u00e9cembre 2018, dans lequelSOCIETE3.)a demand\u00e9 \u00e0SOCIETE2.)une s\u00e9rie d\u2019informations concernant l\u2019Avion,dont le poids de ce dernier, en indiquant que la demande\u00e9tait faite dans le but suivant: \u00abFor Customs procedure purpose at URSS\u00bb. Elle ajoute queSOCIETE3.) devait remplir lesD\u00e9clarations alors que celles-ci \u00e9taient libell\u00e9es en russe\/cyrillique et que l\u2019\u00e9quipage de l\u2019Avion ne ma\u00eetrisait pas le russe. Lad\u00e9fenderesse renvoie dans ce contexte \u00e0 une attestation testimoniale d\u2019PERSONNE1.), qui confirme le r\u00f4le deSOCIETE3.)dans le cadre desD\u00e9clarations. Ainsi, selonPERSONNE1.), toute la documentation requise \u00e0 soumettre aux autorit\u00e9s douani\u00e8resrusses lors de l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019Avion sur le territoire de la F\u00e9d\u00e9ration russe \u00e9tait pr\u00e9par\u00e9e au pr\u00e9alable par la \u00abhandling company\u00bb engag\u00e9e par le propri\u00e9taire de l\u2019Avion pour notamment assister l\u2019\u00e9quipage dans les proc\u00e9dures d\u2019arriv\u00e9e et de d\u00e9part sur leterritoire de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie. La \u00abhandling company\u00bb \u00e9tait r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e parSOCIETE1.)pour ses services selon le t\u00e9moin. SOCIETE2.)se base en outre sur une attestation testimoniale dePERSONNE2.), suivant laquelleSOCIETE1.)ne souhaitait en aucun cas que l\u2019\u00e9quipage de l\u2019Avion ne soit de nationalit\u00e9 russe ou ma\u00eetrise la langue russe. Elle s\u2019appuie sur la clause 2.5.2 du Contrat, pour r\u00e9it\u00e9rer queSOCIETE1.)avait le contr\u00f4le sur l\u2019\u00e9quipage de l\u2019Avion et qu\u2019elle demandait express\u00e9ment un \u00e9quipage ne ma\u00eetrisant pas le russe. Contrairement \u00e0SOCIETE1.),SOCIETE2.)estime que la connaissance de la langue russe \u00e9tait requise pour comprendre lesD\u00e9clarations. Elle s\u2019oppose \u00e0 la demande deSOCIETE1.)\u00e0voir \u00e9carter les deux attestations testimoniales. SOCIETE2.)explique encore que le document concernant le poids de l\u2019Avion intitul\u00e9 \u00abAircraft Weight and Balance Report\u00bb ne faisait pas l\u2019objet d\u2019une signature syst\u00e9matique, qu\u2019il se trouvait \u00e0 bord de l\u2019Avion et que le poids de l\u2019Avion y mentionn\u00e9 diff\u00e8re de celui indiqu\u00e9 dans les documents soumis parSOCIETE3.)aux autorit\u00e9s douani\u00e8res. Elle ajoute que l\u2019original de ce document renseigne un poids de 50.809,24 livres (soit un poids sup\u00e9rieur \u00e0 20 tonnes) alors que le document remis aux autorit\u00e9s,<\/p>\n<p>15 pourtant dat\u00e9 de la m\u00eame date que l\u2019original, renseigne un poids de l\u2019Avion de 40.089,24 livres (soit un poids inf\u00e9rieur \u00e0 20 tonnes). Elle soutient que la raison de cette diff\u00e9rence est que le document a \u00e9t\u00e9 falsifi\u00e9 pour changer le 5 en 4 dans la version remise parSOCIETE3.)aux autorit\u00e9s douani\u00e8res, bien qu\u2019elle-m\u00eamea indiqu\u00e9 le poids correct de l\u2019Avion dans les \u00abflight packages\u00bb transmises \u00e0 SOCIETE3.), en renvoyant en particulier \u00e0 la mention \u00abBOW 051864\u00bb qui se traduirait dans un langage moins op\u00e9rationnel en \u00abBasic Operating Weight\u00bb 51.864 livres. Elle soutient qu\u2019au titre de la clause 7.4 duContratSOCIETE1.)-SOCIETE3.), cette derni\u00e8re s\u2019occupait desD\u00e9clarations. La d\u00e9fenderesse r\u00e9sume les relations contractuelles comme suit:SOCIETE2.) agissait sur instruction deSOCIETE1.)en ce sens que c\u2019est cette derni\u00e8re qui donnait \u00e0SOCIETE2.)les instructions de vols, dontSOCIETE2.)proc\u00e9dait \u00e0 la traduction op\u00e9rationnelle par l\u2019\u00e9tablissement des \u00abflight packages\u00bb dans lesquels le poids correct de l\u2019Avion \u00e9tait indiqu\u00e9. La traduction op\u00e9rationnelle des instructions re\u00e7ues parSOCIETE1.)\u00e9tait ensuite transmise \u00e0SOCIETE3.)pour que cette derni\u00e8re puisse prester ses services en tant que\u00abhandling agent\u00bb deSOCIETE1.), de sorte que SOCIETE2.)n\u2019\u00e9mettait en r\u00e9alit\u00e9 aucune instruction \u00e0l\u2019attention deSOCIETE3.). En ce qui concerne les factures \u00e9mises par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)au nom de SOCIETE3.),SOCIETE2.)fait remarquer qu\u2019elles sont seulement intervenues lorsdes trois derniers mois de la relation entreSOCIETE1.)etSOCIETE2.), et qu\u2019elles rel\u00e8vent d\u2019une erreur, de sorte qu\u2019elle a refactur\u00e9 les montants \u00e0SOCIETE1.). Les prestations factur\u00e9es seraient couvertes par leContratSOCIETE1.)-SOCIETE3.). Quant \u00e0la clause 9 du Contrat,SOCIETE2.)estime que \u00abtant des facteurs internes qu\u2019externes au Contrat d\u00e9montrent que l\u2019article 9 du Contrat contient une erreur malencontreuse de r\u00e9daction en ce que les termes \u00abCLIENT\u00bb et \u00ab OPERATEUR\u00bb ont \u00e9t\u00e9 invertis\u00bb. Elle soutient dans ce contexte que l\u2019erreur de r\u00e9daction de cette clause ne fait aucun doute \u00e0 la lumi\u00e8re (i) du contenu m\u00eame de la clause et notamment de l\u2019exception qu\u2019il pr\u00e9voit, (ii) de toutes les autres clauses du Contrat qui traitent de la r\u00e9partition des co\u00fbts et expriment l\u2019intention v\u00e9ritable des parties lors de la conclusion du Contrat, (iii) du comportement des parties et (iv) de la pratique du march\u00e9. SelonSOCIETE2.), la clause pr\u00e9voirait dans sa version litt\u00e9rale qu\u2019\u00e0 moins d\u2019\u00eatre le r\u00e9sultat d\u2019une faute intentionnelle deSOCIETE1.),SOCIETE2.)s\u2019engagerait \u00e0 prendre en charge le paiement et indemniserait et d\u00e9gageraitSOCIETE1.)de toute responsabilit\u00e9 concernant toute dette fiscale, commissions, cotisations dues, impos\u00e9es, per\u00e7ues ou pr\u00e9lev\u00e9es concernant l\u2019Avion (et\/ou son importation, exportation, propri\u00e9t\u00e9, livraison, location, affr\u00e8tement, possession, maintenance, utilisation ou exploitation), les services rendus dans le cadre de ce Contrat, pr\u00e9lev\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE2.)par toute autorit\u00e9 fiscale, douani\u00e8re ou autres (\u2026) \u00e0 l\u2019exception toutefois de l\u2019imp\u00f4t sur le b\u00e9n\u00e9fice net et l\u2019imp\u00f4t sur le capital auxquels SOCIETE1.)est assujettie, le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/p>\n<p>16 Ainsi, selonSOCIETE2.), cette clause serait d\u00e9nu\u00e9e de sens alors qu\u2019elle imposerait \u00e0SOCIETE2.)d\u2019indemniserSOCIETE1.)pour des taxes que cette derni\u00e8re se serait elle-m\u00eame impos\u00e9es et qu\u2019elle fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des taxes sur les services rendus en vertu du Contrat qui font l\u2019objet de l\u2019indemnisation. Elle poursuit qu\u2019\u00e9tant donn\u00e9 que c\u2019est elle qui fournit les services dansle cadre du Contrat, les taxes ne peuvent \u00eatre per\u00e7ues que sur ses services, de sorte que l\u2019indemnisation de telles taxes n\u2019a de sens que s\u2019il s\u2019agit d\u2019une indemnisation en sa faveur. De m\u00eame, l\u2019indemnisation pour l\u2019imp\u00f4t sur le b\u00e9n\u00e9fice net n\u2019aurait de sens que si l\u2019on se r\u00e9f\u00e9rait aux b\u00e9n\u00e9fices de SOCIETE2.), car c\u2019est elle qui re\u00e7oit une r\u00e9mun\u00e9ration en vertu du Contrat. Cette clause serait encore en contradiction avec les autres clauses contractuelles qui pr\u00e9voient queSOCIETE1.)supporte tous les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la gestion et \u00e0 l\u2019exploitation de l\u2019Avion. Le libell\u00e9 de la clause 9 du Contrat serait selonSOCIETE2.)encore en contradiction avec les clauses 10.2 et 10.3 du m\u00eame contrat aux termes desquels les co\u00fbts associ\u00e9s \u00e0 l\u2019enregistrement de l\u2019Avion aupr\u00e8s de la \u00abDAC\u00bb sont \u00e0 supporter parSOCIETE1.). La d\u00e9fenderesse estime encore que la clause 9 du Contrat n\u2019est \u00e9conomiquement pas rationnelle,alors qu\u2019elle aurait pour cons\u00e9quence que les co\u00fbts qui seraient \u00e0 supporter parSOCIETE2.)pour des volscommand\u00e9s parSOCIETE1.)d\u00e9passeraient la r\u00e9mun\u00e9ration per\u00e7ue parSOCIETE2.)pour les services rendus en vertu du Contrat. SOCIETE2.)soutient enfin que d\u2019apr\u00e8s la pratique du march\u00e9, le propri\u00e9taire de l\u2019Avion supporte les co\u00fbts en lien avec les vols, tels que les droits de douane dont le montant varie en fonction des vols de l\u2019Avion d\u00e9cid\u00e9s par le client, en l\u2019occurrence SOCIETE1.). Selon la d\u00e9fenderesse, la clause 9 du Contrat devrait se lire comme suit: \u00abUnless caused by OPERATOR\u2019s willful misconduct, CUSTOMER covenants that it shall be responsible for paying, and shall indemnify and hold harmless OPERATOR from any liability with respect to any and all taxes (including but not limited to value added taxes), fees, assessments due, imposed, assessed or levied on the AIRCRAFT (\u2026), the services rendered under this Agreement, levied on the OPERATOR by any taxing authority, any customs or other governmental authority of whatever country (\u2026) excluding however the net profit tax on net profit and the capital tax levied on the OPERATOR if any\u00bb. Elle en conclut qu\u2019il revient \u00e0SOCIETE1.)de supporter les droits de douane litigieux et queSOCIETE2.)n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre tenue au paiement de ceux-ci, alors qu\u2019elle n\u2019a commis aucune faute intentionnelle dans l\u2019ex\u00e9cution de ses obligations. En r\u00e9plique aux moyens deSOCIETE1.), elle conteste l\u2019interpr\u00e9tation \u00abcontra proferentem\u00bb du Contrat, en soulignant qu\u2019il ne s\u2019agit en l\u2019occurrence pas d\u2019un contrat de consommation et elle conteste avoir r\u00e9dig\u00e9 la clause 9 du Contrat en ces termes. Elle conteste ainsi queSOCIETE1.)soit un \u00abclient profane\u00bb \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il r\u00e9sulte du Contrat queSOCIETE2.)agissait sur instructions deSOCIETE1.).<\/p>\n<p>17 SOCIETE2.)conteste les all\u00e9gations adverses selon lesquellesSOCIETE1.)lui reproche une absence de collaboration et une inactivit\u00e9 dans le contexte des R\u00e9clamations 2018 et 2019. Quant \u00e0 la R\u00e9clamation 2019,SOCIETE2.)explique avoir re\u00e7u les avis de non- paiement parce que l\u2019autorit\u00e9 douani\u00e8re russe consid\u00e9rait qu\u2019elle \u00e9tait tenue solidairement \u00e0 l\u2019obligation de paiement. La d\u00e9fenderesse conteste toutefois \u00eatre redevable de ces montants. Quant \u00e0 la clause 8.1.13 du Contrat invoqu\u00e9e parSOCIETE1.), la d\u00e9fenderesse soutient qu\u2019elle n\u2019a commis aucune faute, n\u00e9gligence et violation duContrat. Elle fait valoir que le dommage invoqu\u00e9 parSOCIETE1.)n\u2019enest pas un, vu que les droits de douane r\u00e9clam\u00e9s \u00e9taient r\u00e9ellement dus. En plus, si une faute \u00e9tait retenue, elle serait imputable \u00e0SOCIETE1.), dont l\u2019agentSOCIETE3.)a intentionnellement soumis de fausses d\u00e9clarations aux autorit\u00e9s douani\u00e8res russes pour faire b\u00e9n\u00e9ficier SOCIETE1.)d\u2019une exon\u00e9ration des droits de douane qui \u00e9taient pourtant dus. SOCIETE2.)conteste avoir commis une faute consistant en l\u2019utilisation de l\u2019Avion pour des vols domestiques \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Russie, eu \u00e9gard aux droits de douane que cela implique. Elle rappelle avoir effectu\u00e9 ces vols sur instruction deSOCIETE1.)et souligne qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 retenu dans la d\u00e9cision de la Cour d\u2019arbitrage du district de Moscou du 16 novembre 2021 queSOCIETE1.)avait des informations correctes sur le poids de l\u2019Avion et connaissait les conditions du r\u00e9gime douanier applicable. Elle conteste aussi avoir expos\u00e9SOCIETE1.)\u00e0 des mesures d\u2019ex\u00e9cution par les autorit\u00e9s russes,alors que ceci ne r\u00e9sulte pas d\u2019une faute dans son chef. Concernant l\u2019obligation accessoire d\u2019information et de conseil invoqu\u00e9e par SOCIETE1.),SOCIETE2.)conteste laqualit\u00e9 de client profane dans le chef de la demanderesse \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle agissait sur instruction decelle-ci.Elle conteste en outre l\u2019existence m\u00eame d\u2019une obligation accessoire d\u2019information et de conseil en mati\u00e8re de droits de douane applicables\u00e0des vols effectu\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la Russie. Pour s\u2019opposer \u00e0 la demande en remboursement des frais et honoraires de gestion, SOCIETE2.)fait valoir qu\u2019elle n\u2019a commis aucune faute de sorte qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 remboursement de ses frais et honoraires qui sont effectivement dus au regard des services prest\u00e9s, conform\u00e9ment au Contrat. SOCIETE2.)s\u2019oppose \u00e0 la demande en indemnisation des frais de location d\u2019un hangar lou\u00e9 \u00e0 l\u2019a\u00e9roport deADRESSE3.), en soutenant que les frais n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 engag\u00e9s en raison d\u2019agissements ou d\u2019omissions dans son chef mais en raison d\u2019agissements deSOCIETE3.)en tant que \u00abhandling agent\u00bb deSOCIETE1.). Elle soutient en outre que le hangar a \u00e9t\u00e9 lou\u00e9 d\u00e8s le 1 er janvier 2019, de sorte que les frais de location n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 engendr\u00e9s du fait des avis de non-paiement post\u00e9rieurs au 1 er janvier 2019 et du risque d\u2019une saisie de l\u2019Avion. Elle en conteste lequantum\u00e0 titre subsidiaire. Quant \u00e0 la demande en indemnisation de la perte d\u2019une chance du fait de l\u2019immobilisation de l\u2019Avion,SOCIETE2.)conteste \u00eatre \u00e0 l\u2019origine d\u2019une perte de chance<\/p>\n<p>18 dans le chef deSOCIETE1.). Elle conteste en outre le caract\u00e8re r\u00e9el et s\u00e9rieux des demandes d\u2019affr\u00e8tement et refus y aff\u00e9rents. La d\u00e9fenderesse fait ensuite valoir queSOCIETE1.)aurait pu rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019affr\u00e9ter l\u2019Avion en payant les droits de douane jusqu\u2019au 2 octobre 2019, en sa qualit\u00e9 de cod\u00e9biteur renseign\u00e9 sur les avis de non-paiement des 29 et 30 ao\u00fbt 2019. Elle r\u00e9it\u00e8re qu\u2019en vertu du Contrat, il appartenaiten tout \u00e9tat de cause \u00e0SOCIETE1.)de payer les droits de douane et non pas \u00e0SOCIETE2.). SOCIETE2.)s\u2019oppose \u00e0 la restitution du d\u00e9p\u00f4t de garantie sur base de la clause 4.9 du Contrat, qui lui accorde un droit de r\u00e9tention en pr\u00e9sence de deux situations, \u00e0 savoir celle o\u00f9SOCIETE1.)ne paie pas des sommes dues au titre du Contrat et celle o\u00f9SOCIETE1.)a commis une violation mat\u00e9rielle du Contrat. Elle estime que les deux situations sont donn\u00e9es en l\u2019esp\u00e8ce, en soutenant d\u2019une part queSOCIETE1.)lui r\u00e9clame le paiement de droits de douane dontSOCIETE1.)est pourtant redevable aux termes du Contrat et d\u2019autre part que le fait de lui r\u00e9clamer le paiement des droits de douane constitue une violation des clauses 2.1.2 et 4.2 du Contrat. A titre subsidiaire, elle conteste le point de d\u00e9part des int\u00e9r\u00eats demand\u00e9s et demande \u00absi par impossible, il devait \u00eatre fait droit \u00e0 la demande adverse, il y a lieu d\u2019y faire droit uniquement \u00e0 compter de la d\u00e9cision en justice\u00bb. SOCIETE2.)conteste le principe et lequantumdu pr\u00e9judice moral invoqu\u00e9 par SOCIETE1.)qui n\u2019est \u00e9tay\u00e9 par aucun \u00e9l\u00e9ment de preuve et elle conteste avoir commis une faute en lien causal avec le pr\u00e9tendu dommage moral. A titre subsidiaire, elle sollicite la r\u00e9duction duquantumsollicit\u00e9 qu\u2019elle qualifie de \u00abmanifestement exag\u00e9r\u00e9\u00bb. SOCIETE2.)appuie sa demande reconventionnelle en indemnisation du montant de 80.000.-EUR sur la clause 8.1.12 du Contrat. Elle soutient avoir \u00e9t\u00e9 attraite devant les tribunaux luxembourgeois et russes parSOCIETE1.)\u00abdans le but de faire peser sur [elle] la responsabilit\u00e9 du paiement des droits de douane litigieux\u00bb bien que SOCIETE2.)consid\u00e8re que les droits de douane sont \u00e0 la charge deSOCIETE1.). SelonSOCIETE2.), ceci a caus\u00e9 des \u00abpr\u00e9judices importants\u00bbalors qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 contrainte de recourir aux services d\u2019un avocat pour assurer la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats. Le pr\u00e9judice subi consisterait \u00aben le fait qu\u2019elle s\u2019est vue contrainte d\u2019agir en justice pour assurer la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats\u00bb. Elle estime que ce pr\u00e9judice d\u00e9coule d\u2019une violation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e du Contrat par SOCIETE1.), en soulignant qu\u2019en vertu du Contrat,SOCIETE2.)n\u2019est pas tenue au paiement des montants r\u00e9clam\u00e9s parSOCIETE1.)et en agissant en justice contre SOCIETE2.)pour obtenir paiement de ces montants,SOCIETE1.)ne respecterait pas ses obligations aux termes du Contrat. Quant \u00e0 sa demande reconventionnelle en indemnisation du montant de 30.000.- EUR,SOCIETE2.)fait valoir que les assignations en justice constituent des proc\u00e9duresabusives et vexatoires. Elle soutient que l\u2019exercice fautif d\u2019une action en justice \u00abengage la responsabilit\u00e9 civile de la partie demanderesse \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la<\/p>\n<p>19 partie d\u00e9fenderesse, si cette derni\u00e8re prouve avoir subi un pr\u00e9judice\u00bb. Selon SOCIETE2.), l\u2019action en justice deSOCIETE1.)lui a caus\u00e9 un pr\u00e9judice alors qu\u2019elle s\u2019est retrouv\u00e9e attraite de mani\u00e8re injustifi\u00e9e devant le tribunal et a d\u00fb engager des frais pour assurer la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats et avu son honorabilit\u00e9 et son professionnalisme mis en cause. Les deux partiesdemandent la jonction des deux r\u00f4les. Motifs de la d\u00e9cision I. La jonction des r\u00f4les Dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une bonne administration de la justice, il y a lieu de joindre lesaffaires inscrites sous les num\u00e9ros TAL-2020-03544 et TAL-2021-06638 du r\u00f4le, afin qu\u2019il y soit statu\u00e9 par un seul et m\u00eame jugement. II. La recevabilit\u00e9 Les demandes deSOCIETE1.)ayant \u00e9t\u00e9 introduites conform\u00e9ment aux formes et d\u00e9lais l\u00e9gaux, et non autrement contest\u00e9es sous ce rapport, sont recevables. III.Lebien-fond\u00e9des demandes principales Le tribunal tient \u00e0 faire remarquer, \u00e0 titre liminaire, que la pr\u00e9sentation delaposition de chacune des deuxparties est synth\u00e9tique et ne relate pas en d\u00e9tail la multitude d\u2019arguments paraphras\u00e9s et \u00e9l\u00e9ments propos\u00e9s dans l\u2019assignation de 39 pages et dansles notes de plaidoiries de 85 et 53 pages. En effet, le tribunal n\u2019est pas le notaire des \u00e9crits des parties, mais il lui incombe d\u2019en tenir compte, dans la mesure o\u00f9 ils sont pertinents, de d\u00e9gager avec pr\u00e9cision les questions litigieuses \u00e0 trancher, d\u2019appliquer les dispositions de droit pertinentes par rapport aux \u00e9l\u00e9ments de fait de la cause et de d\u00e9gager les cons\u00e9quences juridiques des op\u00e9rations de qualification ainsi men\u00e9es dans le cadre de l&#039;ordonnancement juridique en place, en vue de solutionner le cas d\u2019esp\u00e8ce lui soumis (cf. Cour d\u2019appel (2 e chambre), 14 f\u00e9vrier 2024, n\u00b0CAL-2023-00011 du r\u00f4le; TAL (8 e chambre), 8 mars 2023, n\u00b0TAL-2020-04592 du r\u00f4le; TAL (8 e chambre), 25 mai 2021, n\u00b0183.798 du r\u00f4le; TAL (1 e chambre), 9 janvier 2024, n\u00b0TAL-2021-02510 du r\u00f4le; TAL (1 e chambre), 11 juillet 2023, n\u00b0TAL-2021-07029 du r\u00f4le). L\u2019objet du litige porte enl\u2019esp\u00e8cesur (1) la demande deSOCIETE1.)en indemnisation des droits de douane pay\u00e9s \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 douani\u00e8re russe, (2) la demande en remboursement d\u2019honoraires de gestion, (3) la demande en r\u00e9paration du pr\u00e9judice caus\u00e9 par l\u2019immobilisation de l\u2019Avion, (4)la demande en r\u00e9paration d\u2019une perte de chance, (5) la demande en r\u00e9paration d\u2019un pr\u00e9judice moral et (6) la demande en restitution d\u2019un d\u00e9p\u00f4t de garantie, le tout sous l\u2019angle de la responsabilit\u00e9 contractuelle. L\u2019article 1134 du Code civil dispose que \u00abLes conventions l\u00e9galement form\u00e9es tiennent lieu de loi \u00e0 ceux qui les ont faites.<\/p>\n<p>20 Elles ne peuvent \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9es que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise. Elles doivent \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es de bonne foi\u00bb. Aux termes de l\u2019article 1142 du Code civil \u00abtoute obligation de faire ou de ne pas faire se r\u00e9sout en dommages et int\u00e9r\u00eats, en cas d\u2019inex\u00e9cution de la part du d\u00e9biteur\u00bb, l\u2019article 1147 du m\u00eame code pr\u00e9cisant que dans ce cas \u00able d\u00e9biteur est condamn\u00e9, s\u2019il y a lieu, au paiement de dommages et int\u00e9r\u00eats, [\u2026] toutes les fois qu\u2019il ne justifie pas que l\u2019inex\u00e9cution provient d\u2019une cause \u00e9trang\u00e8re qui ne peut lui \u00eatre imput\u00e9e, encore qu\u2019il n\u2019y ait aucune mauvaise foi de sa part\u00bb. La mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 contractuelle suppose la r\u00e9union de trois conditions : une faute ou une inex\u00e9cution contractuelle, un dommage et un lien de causalit\u00e9 entre cette inex\u00e9cution et le dommage. Pour qu\u2019il y ait responsabilit\u00e9 contractuelle, il ne suffit pas que le dommage ait \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un contrat, il faut encore qu\u2019il r\u00e9sulte de l\u2019inex\u00e9cution d\u2019une obligation, principale ou accessoire, engendr\u00e9e par le contrat \u00e0 charge de l\u2019un des cocontractants. La charge de la preuve de la r\u00e9union de ces trois conditions repose sur la demanderesse, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile qui dispose \u00ab[i]l incombe \u00e0 chaque partie de prouver conform\u00e9ment \u00e0 la loi les faits n\u00e9cessaires au succ\u00e8s de sa pr\u00e9tention\u00bb et \u00e0 l\u2019article 1315 du Code civil qui dispose: \u00ab[c]elui qui r\u00e9clame l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une obligation, doit la prouver. R\u00e9ciproquement, celui qui se pr\u00e9tend lib\u00e9r\u00e9, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l\u2019extinction de son obligation\u00bb. Il convient de rappeler\u00e0 ce sujet que l\u2019examen auquel le tribunal doit se livrer ne peut s\u2019effectuer que dans le cadre des moyens invoqu\u00e9s et des pi\u00e8ces vers\u00e9es par les parties, mais que son r\u00f4le ne consiste en revanche pas \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 un r\u00e9examen g\u00e9n\u00e9ral et global de la situation des parties, ni \u00e0 suppl\u00e9er \u00e0 la carence des parties et \u00e0 rechercher lui-m\u00eame les moyens en droit et en fait qui auraient pu se trouver \u00e0 la base de leurs conclusions. Il y a lieu d\u2019examiner la demande deSOCIETE1.)successivement en fonction des pr\u00e9judices invoqu\u00e9s. 1. L\u2019indemnisation des droits de douane SOCIETE1.)invoque \u00e0 l\u2019appui de ce chef de pr\u00e9judice les clauses 8.1.13 et 9 du Contrat, ainsi qu\u2019une obligation accessoire d\u2019information et de conseil. A. Les clauses d\u2019indemnisation Il y a lieu de relever tout d\u2019abord queSOCIETE1.)base sa demande d\u2019une part surla clause 8.1.13 du Contrat et d\u2019autre part sur la clause 9 du Contrat. La clause 8.1.13 du Contrat dispose:<\/p>\n<p>21 Aux termes de cette clause,SOCIETE2.)doit indemniserSOCIETE1.)de tous dommages de toutes natures r\u00e9sultant ou \u00e9tant en lien avec le Contrat, lorsqu\u2019un tel dommage a \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par la n\u00e9gligence ou la faute intentionnelle deSOCIETE2.), de ses agents, employ\u00e9s ou repr\u00e9sentants l\u00e9gaux, sauf si ces dommages sont pris en charge par une assurance ou caus\u00e9s par la n\u00e9gligence ou la faute intentionnelle de SOCIETE1.), ses agents, employ\u00e9s ou repr\u00e9sentants l\u00e9gaux. Le tribunal rel\u00e8ve que la clause 8.1.13, ins\u00e9r\u00e9e dans le titre 8. \u00abIndemnity\u00bb et plus pr\u00e9cis\u00e9ment sous le titre 8.1 \u00abGeneral\u00bb, constitue une clause d\u2019indemnisation g\u00e9n\u00e9rale. La demande deSOCIETE1.)ayant sp\u00e9cifiquement trait \u00e0 l\u2019indemnisation de droits de douane, elle est r\u00e9gie par la clause 9 du Contrat intitul\u00e9e \u00abIndemnification of Taxes\u00bb, qui est de la teneur suivante: SelonSOCIETE1.), qui s\u2019attache au sens litt\u00e9ral de cette clause, les parties auraient convenudefaire supporter \u00e0SOCIETE2.)tous les taxes et imp\u00f4ts li\u00e9s \u00e0 l\u2019Avion,\u00e0 la gestion et \u00e0 l\u2019exploitation de celui-ci, m\u00eame si tous les autres co\u00fbts r\u00e9sultant de<\/p>\n<p>22 l\u2019ex\u00e9cution du Contrat seraient \u00e0 charge deSOCIETE1.). La clause refl\u00e8terait ainsi la volont\u00e9 des parties. SOCIETE2.)estime qu\u2019il y a lieu \u00e0 interpr\u00e9tation du Contrat afin d\u2019\u00e9tablir que la clause 9 contient des erreurs de r\u00e9daction, en ce sens que la volont\u00e9 des parties \u00e9tait de faire supporter \u00e0SOCIETE1.)tous les co\u00fbts associ\u00e9s \u00e0 la gestion et \u00e0 l\u2019exploitation de l\u2019Avion, dont \u00e9galement les droits de douane. Selon l\u2019article 1134 du Code civil, les conventions l\u00e9galement form\u00e9es tiennent lieu de loi \u00e0 ceux qui les ont faites. Aux termes de l\u2019article 1156 du Code civil, on doit dans les conventions rechercher quellea \u00e9t\u00e9 la commune intention des parties contractantes, plut\u00f4t que de s&#039;arr\u00eater au sens litt\u00e9ral des termes. Il n&#039;y a lieu \u00e0 interpr\u00e9tation que si un acte est obscur, ambigu ou s&#039;il comporte des incoh\u00e9rences, des contradictions ou d&#039;\u00e9videntes lacunes (cf.JurisClasseur Notarial, Contrats et obligations\u2013Fasc. 31: CONTRAT\u2013Interpr\u00e9tation du contrat\u2013La mise en \u0153uvre: r\u00f4le respectif des juges du fond et de la Cour de cassation, Ph. Simler, \u00a72 (publication: 4 mai 2017)). Une clause peut \u00eatre intrins\u00e8quement ou extrins\u00e8quement ambigu\u00eb. (\u2026) Une clause d\u2019un acte, en elle-m\u00eame claire et pr\u00e9cise, peut \u00eatre ambigu\u00eb d\u00e8s lors qu\u2019elle est confront\u00e9e aux autres stipulations adopt\u00e9es par les parties (cf.J. Ghestin,Les effets du contratinTrait\u00e9 de droit civil,3 e \u00e9dition, \u00a727). Le tribunal constate que, prise dans son sens litt\u00e9ral, la clause 9 du Contrat impose \u00e0 SOCIETE2.)de payer, sinon de tenir quitte et indemneSOCIETE1.)de toute responsabilit\u00e9 en lien avec tous les imp\u00f4ts et taxes g\u00e9n\u00e9ralement quelconques, incluant la taxe sur la valeur ajout\u00e9e, cotisations dues, impos\u00e9es, \u00e9valu\u00e9es ou pr\u00e9lev\u00e9es sur l\u2019Avion [et\/ou] les services rendus dans le cadre du Contrat, pr\u00e9lev\u00e9s surSOCIETE2.)pendant la dur\u00e9e ou en lien avec le Contrat. Appliquer la clause 9 du Contrat \u00e0 la lettre reviendrait \u00e0 laisser la taxe sur la valeur ajout\u00e9e factur\u00e9e, le cas \u00e9ch\u00e9ant,au titre des co\u00fbts d\u2019exploitations\u2013qui sont \u00e0 charge deSOCIETE1.)\u2013\u00e0 charge deSOCIETE2.). Or, la clause 5.4 du Contratstipule que: \u00abAny and allcharges mentioned in Clauses 4 and 5 shall be exclusive of any VAT or any similar tax or duty which shall be, if applicable, payable in addition at the applicable rate\u00bb. La clause 9 du Contrat est donc en contradiction avec la clause 5.4 pr\u00e9cit\u00e9e selon laquelle les co\u00fbts fix\u00e9s dans les clauses 4 et 5 s\u2019entendent hors TVA, laquelle est toutefois payable en suppl\u00e9mentlorsqu\u2019elle s\u2019applique. De m\u00eame, le tribunal rel\u00e8ve qu\u2019il n\u2019est pas coh\u00e9rent queSOCIETE2.)se soitengag\u00e9e \u00e0 prendre en charge les imp\u00f4ts li\u00e9s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019Avion,alorsque le Contrat stipule en sa clause 2.1.5 que l\u2019Avionrestela propri\u00e9t\u00e9 deSOCIETE1.).<\/p>\n<p>23 En plus, il n\u2019est pas contest\u00e9 qu\u2019aux termes des clauses 1, 2.1.2 et 4.2 du Contrat, SOCIETE1.)doit en principe supporter tous les co\u00fbts li\u00e9s \u00e0 la gestion et \u00e0 l\u2019exploitation de l\u2019Avion. Confront\u00e9e aux clauses 1, 2.1.2, 4.2 et 5.4 du Contrat,laclause9pr\u00e9sente manifestement une ambigu\u00eft\u00e9. Dans l\u2019exercice de son pouvoir d\u2019interpr\u00e9tation,le juge du fond pourra s\u2019inspirer des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales d\u2019interpr\u00e9tation des contrats \u00e9nonc\u00e9es aux articles 1156 et suivants du Code civil.Selon l\u2019article 1161 du Code civil, toutes les clauses des conventions s&#039;interpr\u00e8tent les unes par les autres, en donnant \u00e0 chacune le sens qui r\u00e9sulte de l&#039;acte entier. La th\u00e8se soutenue parSOCIETE2.), selon laquelle les termes \u00abCLIENT\u00bb et \u00abOPERATOR\u00bb ont \u00e9t\u00e9 invers\u00e9s reviendrait \u00e0 mettre \u00e0 charge deSOCIETE1.)tous les imp\u00f4ts, taxes et autres dus au titre de la gestion et de l\u2019exploitation de l\u2019Avion, sauf en cas de faute intentionnelle commise parSOCIETE2.). Une telle interpr\u00e9tation de la clause est conforme au Contrat dans sa globalit\u00e9 et en particulier \u00e0 la clause 1 qui expose en des termes g\u00e9n\u00e9raux l\u2019objet et l\u2019\u00e9conomie du Contrat, \u00e0 savoir la gestion et l\u2019exploitation de l\u2019Avion parSOCIETE2.)sur instructions deSOCIETE1.), cette derni\u00e8re supportant tous les co\u00fbts relatifs \u00e0 la gestion et \u00e0 l\u2019exploitation de l\u2019Avion. D\u2019apr\u00e8s cette interpr\u00e9tation, le Contrat demeure en outre \u00e9conomiquement \u00e9quilibr\u00e9 et rationnel, dans la mesure o\u00f9SOCIETE2.)g\u00e8re et exploite l\u2019Avion sur instruction de SOCIETE1.)et n\u2019a ainsi aucun contr\u00f4le sur les droits de douanes applicables en fonction des vols sollicit\u00e9s. Au contraire, laisser les imp\u00f4ts et taxes \u00e0 la charge du propri\u00e9taire de l\u2019Avion qui a par ailleurs un pouvoir de d\u00e9cision quant aux vols \u00e0 effectuer,s\u2019inscrit parfaitement dans l\u2019esprit du Contrat:SOCIETE2.)g\u00e8reet exploite l\u2019Avion sur instructions, au b\u00e9n\u00e9fice et aux frais deSOCIETE1.). Conform\u00e9ment \u00e0 la position deSOCIETE2.), le tribunal retient d\u00e8s lors que la clause 9 du Contrat de gestion doit se lire comme suit: \u00abUnless caused by OPERATOR\u2019s willfulmisconduct, CUSTOMER covenants that it shall be responsible for paying, and shall indemnify and hold harmless OPERATOR from any liability with respect to any and all taxes (including but not limited to value added taxes), fees, assessments due, imposed, assessed or levied against the Aircraft (and\/or the import, export, ownership, delivery, leasing, chartering, possession, maintenance, use or operation thereof), the services rendered under this Agreement, levied on the OPERATOR by any taxing authority, anycustoms or other governmental authority of whatever country aviation authorities, agencies or any other authority during, or related to, this Agreement, including without limitation, all license and registration fees, and all sales, personal property, excise, gross receipts, stamp, value added, customs duties, or other taxes, imposts, duties and charges, together with any penalties, fines or interest thereon, excluding, however, the net profit tax on net profit and the capital tax levied on OPERATOR, if any\u00bb.<\/p>\n<p>24 Les droits de douane et p\u00e9nalit\u00e9s litigieux sont donc aux termes du Contrat \u00e0 charge deSOCIETE1.), sauf s\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9s \u00e0 celle-ci en raison d\u2019une faute intentionnelle commise parSOCIETE2.). Or, il y a lieu de relever que les droits de douane sont dus, ind\u00e9pendamment de toute faute ou n\u00e9gligence de la part deSOCIETE2.), du simple fait que l\u2019Avion a effectu\u00e9 des vols en Russie \u00e0 la demande deSOCIETE1.), de sorte que tout lien de causalit\u00e9 entre une faute intentionnelle all\u00e9gu\u00e9e dans le chef de la d\u00e9fenderesse et le paiement des droits de douane fait d\u00e9faut. Le tribunal constate \u00e0 ce titre que la demanderesse op\u00e8re une ventilation,non contest\u00e9e, entredroits de douane et p\u00e9nalit\u00e9s de retard pay\u00e9s au titre de la R\u00e9clamation 2018, \u00e0 savoir des p\u00e9nalit\u00e9s pour un montant total de 14.121.664,53 RUB. Une telle ventilation n\u2019est pas op\u00e9r\u00e9e pour la R\u00e9clamation 2019. Les droits de douane, hors p\u00e9nalit\u00e9s de retard \u00e9tant selon la clause 9 du Contrat \u00e0 charge deSOCIETE1.), il y a lieu de dire la demande deSOCIETE1.)non fond\u00e9e pour le montant r\u00e9clam\u00e9 au titre des droits de douane pay\u00e9s d\u2019un montant de 135.830.728,22 RUB(149.952.392,75\u201314.121.664,53) pour la R\u00e9clamation 2018. La demande en condamnation de SOCIETE2.)au paiement du montant de 26.558.028,68 RUB au titre de la R\u00e9clamation 2019 n\u2019ayant pas fait l\u2019objet d\u2019une ventilation, ni dans l\u2019assignation du 21 juillet 2021, ni dans la note de plaidoiries du 24 septembre 2024, ni \u00e0 l\u2019audience du 1 er octobre 2024 et une ventilation ne pouvant pas \u00eatre op\u00e9r\u00e9e sur base del\u2019avis de non-paiement du 30 juin 2020qui contientune \u00e9num\u00e9ration dedivers montants dus \u00e0 traversdes codes chiffr\u00e9s et non d\u00e9finis, il convient de la dire non fond\u00e9e dans sa totalit\u00e9. Il s\u2019ensuit que la demande en indemnisation des droits de douane pay\u00e9sdoit \u00eatre circonscrite aux p\u00e9nalit\u00e9s de retard pay\u00e9es, soit aumontant de 14.121.664,53 RUB. Conform\u00e9ment \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 retenu ci-avant, pour que la demande deSOCIETE1.) sur base de la clause 9 du Contrat puisse aboutir, il lui appartient d\u2019\u00e9tablir une faute intentionnelle dans le chef deSOCIETE2.)qui est en lien causal avec le paiement des p\u00e9nalit\u00e9s de retard. En mati\u00e8re contractuelle, la faute intentionnelle ou dolosive n\u2019exige pas que l\u2019auteur ait eu la volont\u00e9 ou la conscience de nuire. Le dol est une inex\u00e9cution consciente, sans que le d\u00e9biteur ait n\u00e9cessairement eu l\u2019intention de nuire,ni la conscience du dommage qui r\u00e9sulte de son attitude. Peu importe que le dommage n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9; il suffit que, de mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e le d\u00e9biteur essaie de se soustraire \u00e0 ses obligations, ou prenne le risque des cons\u00e9quences dommageables queson action ou son inaction peut causer \u00e0 son contractant. Il se montre ainsi de mauvaise foi, malhonn\u00eate, mais sans avoir \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessairement malveillant; le dol est en quelque sorte l\u2019envers de la bonne foi devant r\u00e9gner entre contractants (cf.G. Ravarani,La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 e \u00e9dition, \u00a7723).<\/p>\n<p>25 Force est de constater queSOCIETE1.), sur qui repose la charge de la preuve de la faute qualifi\u00e9e all\u00e9gu\u00e9e, ne motive pas, et n\u2019all\u00e8gue pas, que le d\u00e9p\u00f4taux autorit\u00e9s douani\u00e8res russesde d\u00e9clarations renseignant un poids erron\u00e9 de l\u2019Avion constituerait une faute dolosive ou intentionnelle dans le chef deSOCIETE2.). La qualification de faute \u00abgrave\u00bb ne correspond en effet pas \u00e0 la faute \u00abintentionnelle\u00bb. En tout \u00e9tat de cause, il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment soumis \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation du tribunal queSOCIETE2.)aurait intentionnellement renseign\u00e9 un poids erron\u00e9 sur les D\u00e9clarations. Le tribunal rejoint par ailleurs l\u2019appr\u00e9ciationdela Cour d\u2019arbitrage du district de Moscou dans sa d\u00e9cision du 16 novembre 2021, en ce que \u00ab[SOCIETE2.)] n\u2019avait rien \u00e0 gagner \u00e0 sous-estimer le poids afin de r\u00e9duire les paiements douaniers, puisque tous les paiements, y compris les paiements douaniers, ont \u00e9t\u00e9 refactur\u00e9s par [SOCIETE2.)] \u00e0 [SOCIETE1.)]\u00bb (cf. pi\u00e8ce n\u00b024 de Ma\u00eetre Lorang). A d\u00e9faut de motiver le caract\u00e8re intentionnel de la faute all\u00e9gu\u00e9e, le tribunal ne saurait faire droit \u00e0 la demande deSOCIETE1.)sur base de la clause 9 du Contrat et il devient oiseux d\u2019examiner les autres d\u00e9veloppements des parties sous ce rapport, concernant en particulier le r\u00f4le jou\u00e9 parSOCIETE3.)et une \u00e9ventuelle n\u00e9gligence commise par les pilotes en signant lesD\u00e9clarations. A titre superf\u00e9tatoire, le tribunal note qu\u2019il n\u2019est pas pertinent d\u2019examiner les longs d\u00e9veloppements des parties quant \u00e0 une \u00e9ventuelle faute (non qualifi\u00e9e) ou n\u00e9gligence commise parSOCIETE2.)dans le cadre du d\u00e9p\u00f4t desD\u00e9clarations sous l\u2019angle de la clause 8.1.13 du Contrat,alors qu\u2019en application de la clause 9 du Contrat, seule la faute intentionnelle commise parSOCIETE2.)exon\u00e8reSOCIETE1.) de son obligation de payer les droits de douane ou de tenir quitte et indemne SOCIETE2.)des droits de douane que celle-ci aurait le cas \u00e9ch\u00e9ant \u00e0 payer. Enfin, la solidarit\u00e9 retenue par l\u2019autorit\u00e9 douani\u00e8re russe entreSOCIETE1.)et SOCIETE2.)concernant l\u2019obligation de payer les droits de douane, notamment sur base del\u2019article 56, paragraphe 2 du code des douanes de l\u2019UEEA invoqu\u00e9 par SOCIETE1.)\u00e0 l\u2019appui de sa demande subsidiaire, est \u00e9trang\u00e8re au pr\u00e9sent d\u00e9bat dans la mesure o\u00f9 les parties ont retenu \u00e0 la clause 9 du Contrat queSOCIETE1.) doit payer les droits de douane, sinon tenir quitte et indemneSOCIETE2.)des droits de douane pay\u00e9s. Le tribunal n\u2019ayant pas d\u00fb prendre appui sur les attestations testimonialesproduites parSOCIETE2.), il n\u2019y a pas lieu de les \u00e9carter des d\u00e9bats. B. L\u2019obligation accessoire d\u2019information et de conseil Le tribunal tient \u00e0 relever au pr\u00e9alable queSOCIETE1.)fait \u00e9tat d\u2019un manquement \u00e0 une obligation de conseil et d\u2019information en cours d\u2019ex\u00e9cution du contrat et non pas relative \u00e0 la phase pr\u00e9contractuelle. Le professionnel se voit imposer, outre l\u2019ex\u00e9cution de son obligation principale, une obligation accessoire de renseignement, l\u2019obligeant d\u2019\u00e9clairer le client profane, afin que son choix soit effectu\u00e9 en pleine connaissance de cause.<\/p>\n<p>26 L\u2019obligation de conseil lui impose une charge plus lourde : il s\u2019agit d\u2019une information personnalis\u00e9e orient\u00e9e (positivement ou n\u00e9gativement) consistant \u00e0 faire part de son opinion quant \u00e0 l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019effectuer ou non une op\u00e9ration. Le conseil est une recommandation tendant \u00e0 d\u00e9terminer le client \u00e0 r\u00e9aliser ou non une op\u00e9ration adapt\u00e9e \u00e0 sa situation. Il incombe au professionnel de conseiller l\u2019autre partie quant \u00e0 l\u2019opportunit\u00e9 des d\u00e9cisions \u00e0 prendre, c\u2019est-\u00e0-dire de lui indiquer la voie qui lui para\u00eet la meilleure et de la pousser \u00e0 l\u2019adopter. Il est possible d\u2019y voir une application du devoir plus g\u00e9n\u00e9ral de collaboration entre les parties d\u00e9coulant de la bonne foi qui doit dominer les rapports contractuels et, en derni\u00e8re analyse, de l\u2019obligation de loyaut\u00e9 en vertu de laquelle chacune des parties doit \u00e0 l\u2019autre une collaboration qui permette au contratde produire son plein effet (cf.G. Ravarani,op.cit.,\u00a7510). La port\u00e9e de l\u2019obligation de renseignement et de conseil varie selon la qualit\u00e9 du destinataire, autrement dit, en fonction de ses comp\u00e9tences et de la nature du service fourni. En outre, les renseignements et conseils doivent \u00eatre pertinents et il incombe au client de caract\u00e9riser la teneur et l\u2019utilit\u00e9 du conseil dont il aurait \u00e9t\u00e9 priv\u00e9. Par ailleurs, le cocontractant, cr\u00e9ancier de l\u2019obligation, ne saurait se contenter d\u2019un r\u00f4le passif et doit solliciter l\u2019information. Cette obligation de s\u2019informer est \u00e0 appr\u00e9cier avec d\u2019autant plus de rigueur en pr\u00e9sence d\u2019un cocontractant \u00e9galement professionnel. Il y a lieu de relever tout d\u2019abord queSOCIETE1.), soci\u00e9t\u00e9 commerciale et propri\u00e9taire de l\u2019Avion, n\u2019est pas \u00e0 qualifier de profane dans le contexte de la relation contractuelle la liant \u00e0SOCIETE2.), alors queSOCIETE2.)doit, en application de la clause 1 du Contrat, exploiter et g\u00e9rer l\u2019Avion conform\u00e9ment aux instructions deSOCIETE1.). A supposer queSOCIETE2.)soittenue \u00e0 une obligation d\u2019information ou de conseil en mati\u00e8re de droits de douane, il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment soumis \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation du tribunal queSOCIETE1.)ait sollicit\u00e9 une quelconque information en rapport avec les droits de douane applicables \u00e0 des vols effectu\u00e9s en Russie. Enfin,SOCIETE1.)reste en d\u00e9faut de motiver et de justifier en quoi il lui aurait \u00e9t\u00e9 utile d\u2019obtenir de tels renseignements. En effet, il n\u2019est pas \u00e9tabli que par le paiement des droits de douane, l\u2019Avionaurait\u00e9t\u00e9 exploit\u00e9 \u00e0 perte pourSOCIETE1.), ni que SOCIETE1.)aurait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019abandonner les vols sollicit\u00e9s si elle avait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e des droits de douane applicables. Au contraire, il r\u00e9sulte des pi\u00e8ces du dossier que les instructions de vols ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es parSOCIETE1.)\u00e0SOCIETE2.)de mani\u00e8re ferme, sans r\u00e9serve et \u00e0 tr\u00e8s br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance (cf. pi\u00e8ce n\u00b012 de Ma\u00eetre Lorang). Eu \u00e9gard aux d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, il y a lieu d\u2019exclure toute violation d\u2019une obligation accessoire d\u2019information et de conseil dans le chef deSOCIETE2.)qui serait en lien causal avec le paiement des droits de douane. De m\u00eame, le tribunal note que la clause 3.i) invoqu\u00e9e parSOCIETE1.)\u00e0 l\u2019appui d\u2019une pr\u00e9tendue obligation d\u2019information et de conseil dans le chef deSOCIETE2.)n\u2019est pas pertinente, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle impose \u00e0SOCIETE2.)de notifier \u00e0SOCIETE1.)tout<\/p>\n<p>27 \u00e9v\u00e8nement ou circonstance qui peut mat\u00e9riellement affecter la capacit\u00e9 de SOCIETE2.)d\u2019ex\u00e9cuter le Contrat. Il r\u00e9sulte de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que les demandes de SOCIETE1.)enremboursement des droits de douane pay\u00e9s \u00e0 hauteurde 149.952.392,75 RUB, respectivementde 26.558.028,68 RUB encourent le rejet. Il en vade m\u00eame des demandes subsidiaires formul\u00e9esautitre de remboursement dela moiti\u00e9 des droits de douane pay\u00e9s. 2. La demande en remboursement des honoraires de gestion SOCIETE1.)sollicite le remboursement des honoraires de gestion pay\u00e9s \u00e0 SOCIETE2.)en application du Contrat pour la p\u00e9riode d\u2019ao\u00fbt \u00e0 d\u00e9cembre 2018 et pour la p\u00e9riode de janvier \u00e0 mars 2019. Il y a lieu de relever en premier lieu que les honoraires de gestion constituent la contrepartiedela gestion etdel\u2019exploitation de l\u2019Avion. Le paiement des honoraires de gestion constitue donc une obligation contractuelle dans le chef deSOCIETE1.). SOCIETE1.)reproche \u00e0SOCIETE2.)une ex\u00e9cution d\u00e9fectueuse de ses obligations contractuelles. Or, l\u2019ex\u00e9cution d\u00e9fectueuse d\u2019un contrat ne porte pas atteinte \u00e0 l\u2019exigibilit\u00e9 de la dette du d\u00e9biteur et ne dispense pas le cocontractant de payer le prix, mais peut donner lieu, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats. Le tribunal d\u00e9duit des d\u00e9veloppements deSOCIETE1.)qu\u2019elle sollicite en r\u00e9alit\u00e9 des dommages et int\u00e9r\u00eats d\u2019un montant \u00e9quivalent aux honoraires de gestion pay\u00e9s \u00e0 SOCIETE2.). Ind\u00e9pendamment de la question des inex\u00e9cutions contractuelles all\u00e9gu\u00e9es, il y a lieu de constater queSOCIETE1.)ne produit aucun \u00e9l\u00e9ment permettant d\u2019\u00e9tablir qu\u2019elle a subi un pr\u00e9judice d\u2019un montant \u00e9quivalent aux honoraires de gestion pay\u00e9s \u00e0 SOCIETE2.), pr\u00e9judice qui doit \u00eatre distinct du paiement des honoraires de gestion en soi. Il s\u2019ensuit que la demande en \u00abremboursementdes honoraires de gestion\u00bb encourt le rejet pour les montants r\u00e9clam\u00e9s de 70.000.-EUR et de 42.000.-EUR. 3. La demande en r\u00e9parationdu pr\u00e9judice caus\u00e9 par l\u2019immobilisation de l\u2019Avion SOCIETE1.)demande l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice caus\u00e9 par l\u2019immobilisation de l\u2019Avion et des frais de location d\u2019un hangar en Russie encourus par cette immobilisation. Le tribunal rel\u00e8ve que la demanderesse base cette demande surunmanquement contractuelde la part deSOCIETE2.), all\u00e9guant qu\u2019il aurait appartenu \u00e0cette derni\u00e8re de payer les droits de douane d\u00e8s r\u00e9ception des avis de non-paiement, sinon au plus tard le 2 octobre 2019, date \u00e0 laquelle le d\u00e9lai de paiement a expir\u00e9.<\/p>\n<p>28 Le tribunal rel\u00e8ve en premier lieu queSOCIETE1.)reste en d\u00e9faut de viser une clause pr\u00e9cise du Contrat qui mettrait une telle obligation \u00e0 charge deSOCIETE2.). Conform\u00e9ment \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 retenu ci-avant en rapport avec la demande en indemnisation des droits de douane pay\u00e9s parSOCIETE1.), le tribunal rappelleen second lieuqu\u2019il appartenait \u00e0SOCIETE1.)de supporter les droits de douane en application de la clause 9 du Contrat. S\u2019yajoute qu\u2019il r\u00e9sulte des avis de non-paiement (cf. pi\u00e8ces n\u00b014 de Ma\u00eetre Perru) et des d\u00e9cisions descours d\u2019arbitrage russes (cf. pi\u00e8ces n\u00b024 et 25 de Ma\u00eetre Lorang) queSOCIETE1.)etSOCIETE2.)\u00e9taient tenues solidairement au paiement des droits de douane. Il y a enfin lieu de relever que le Contrat avait pris fin au jour de l\u2019\u00e9mission des avis de non-paiement. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019ensemble des consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent,SOCIETE1.)reste en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir une inex\u00e9cution ou un manquement contractuel dans le chef deSOCIETE2.) quiseraiten lien causal avec le pr\u00e9judice invoqu\u00e9. Pour \u00eatrecomplet, il y a lieu de constater que le d\u00e9p\u00f4t d\u2019une d\u00e9claration erron\u00e9e aux autorit\u00e9s douani\u00e8resrusses ne constitue en tout \u00e9tat de cause pas un manquement contractuel qui serait en lien causal avec le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 \u00e0 titre de frais de location d\u2019unhangar, de sorte qu\u2019il n\u2019est pas pertinent d\u2019examiner autrement la demande de SOCIETE1.)sur base de la clause 2.1.3 du Contrat invoqu\u00e9e sous ce rapport. Il s\u2019ensuit que la demande en indemnisation des frais de location d\u2019un hangar en Russie pour un montant de 64.080.-EUR est \u00e0 rejeter. 4. La demande en r\u00e9parationd\u2019uneperte de chance SOCIETE1.)sollicite une indemnisation du pr\u00e9judice caus\u00e9 par la perte de chance engendr\u00e9e par le refus des demandes d\u2019affr\u00e8tement de l\u2019Avion en cons\u00e9quence de son immobilisation. Pour qu\u2019il y ait perte d\u2019une chance au sens propre du terme, la victime ne doit plus pouvoir rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de survenance de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Si elle pouvait demeurer ma\u00eetresse de sa r\u00e9alisation, elle n\u2019a rien vraiment perdu. Elle ne subit le cas \u00e9ch\u00e9ant qu\u2019un risque de subir un dommage (cf.G. Ravarani,op.cit.,\u00a71112). Conform\u00e9ment \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 retenu au point pr\u00e9c\u00e9dent et \u00e0 la position de SOCIETE2.), le tribunal constate queSOCIETE1.)pouvait rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019immobilisation de l\u2019Avion en proc\u00e9dant elle-m\u00eame au paiement des droits de douane. Il s\u2019ensuit que le non-affr\u00e8tementde l\u2019Avion ne constitue pas une perte de chance, de sorte qu\u2019il est oiseux d\u2019examiner autrement les d\u00e9veloppements des parties sous ce rapport.<\/p>\n<p>29 La demande en indemnisation de la perte d\u2019une chance all\u00e9gu\u00e9e pour un montant de 1.313.346.-EUR est \u00e0 rejeter. 5. La demande enr\u00e9parationd\u2019un pr\u00e9judice moral SOCIETE1.)sollicite une indemnisation d\u2019un montant de 70.000.-EUR et de 15.000.- EUR \u00e0 titre de pr\u00e9judice moral. Le tribunal constate \u00e0 cet \u00e9gard queSOCIETE1.)ne produit aucun \u00e9l\u00e9ment tangible permettant d\u2019\u00e9tablir qu\u2019elle ait subi une atteinte \u00e0 sa r\u00e9putation ou permettant de quantifier le pr\u00e9judice lui caus\u00e9 par les R\u00e9clamations 2018 et 2019. Face aux contestations deSOCIETE2.)quant au principe et auquantumdu pr\u00e9judice moral invoqu\u00e9 parSOCIETE1.), il y a lieu de rejeter cette demande, sans qu\u2019il n\u2019y ait lieu d\u2019examiner les autres d\u00e9veloppements des parties sous ce rapport. 6. La demande enrestitutiond\u2019un d\u00e9p\u00f4t de garantie SOCIETE1.)demande la restitution du d\u00e9p\u00f4t de garantie pr\u00e9vu \u00e0 la clause 4.9 du Contrat pour un montant de 204.000.-EUR, outre les int\u00e9r\u00eats, sous peine d\u2019une astreinte journali\u00e8re de 15.000.-EUR par jour de retard \u00e0 compter de la signification du jugement. Ellebase sa demande sur la clause 11 de la lettre d\u2019avenant du 27 mars 2019 qui dispose: \u00abThe Customer agrees to waive the requirement pursuant to Clause 4.9 of the Agreement for the Working Deposit to be returned to the Customer by the Operator within ten(10) days of the termination of the Agreement. The Customer and the Operator agree that the Operator shall return the remaining balance of the Working Deposit (net of any deduction pursuant to paragraph 9 and\/or paragraph 10 above) to the Customer by thedate falling twelve (12) months following the Termination Date\u00bb. Conform\u00e9ment \u00e0 cette stipulation contractuelle, les parties ont convenu qu\u2019il appartient \u00e0SOCIETE2.)de restituer\u00e0SOCIETE1.)le d\u00e9p\u00f4t de garantie, apr\u00e8s d\u00e9duction des montants pr\u00e9vus aux clauses 9 et 10 de la lettre d\u2019avenant,ceau plus tard douze mois apr\u00e8s la date de r\u00e9siliation du Contrat, c\u2019est-\u00e0-dire au plus tard le 29 mars 2020. La clause 4.9 du Contrat est de la teneur suivante:<\/p>\n<p>30 Le tribunal rel\u00e8ve tout d\u2019abord qu\u2019envertu de cette clause, le d\u00e9p\u00f4t de garantie a pour objet de garantir le paiement des facturesadress\u00e9es \u00e0SOCIETE2.)dans le cadre de l\u2019exploitation de l\u2019Avionen ex\u00e9cution du Contrat. Ensuite, la clause 4.9 du Contrat permet \u00e0SOCIETE2.)de recourir \u00e0 tout ou partiedu montant d\u00e9pos\u00e9 en garantie,en cas de non-paiement parSOCIETE1.),afin de compenser les montantsqui resteraient impay\u00e9s au titre desmontants expos\u00e9set refactur\u00e9sparSOCIETE2.)en ex\u00e9cution du Contrat. La clause se poursuit en imposant \u00e0SOCIETE1.)l\u2019obligation, en cas de demande formul\u00e9e en ce sens parSOCIETE2.), de r\u00e9tablir le montant donn\u00e9 en garantie lorsqueSOCIETE2.)a d\u00fb y recourir. Le non-r\u00e9tablissement du d\u00e9p\u00f4t de garantie constitue une faute grave (\u00abmaterial breach\u00bb). Enfin,cette clause pr\u00e9voit queSOCIETE2.)doit restituer le d\u00e9p\u00f4t de garantie \u00e0SOCIETE1.)end\u00e9ans un d\u00e9lai de dix jours \u00e0 compter de la fin du Contrat, \u00e0 condition qu\u2019aucune faute grave (\u00abmaterial breach\u00bb) n\u2019ait\u00e9t\u00e9 commise parSOCIETE1.). Contrairement \u00e0 la lecture qu\u2019op\u00e8reSOCIETE2.)de la clause pr\u00e9cit\u00e9e, le tribunal consid\u00e8re que le d\u00e9p\u00f4t de garantie a pour seul objet de garantir le paiement desfrais expos\u00e9s et desfactures \u00e9mises en ex\u00e9cution du Contrat et que la d\u00e9fenderesse ne saurait pas invoquer un manquement contractuel autre que le non-paiement de factures pour s\u2019opposer valablement \u00e0 la restitution du d\u00e9p\u00f4t de garantie. En tout \u00e9tat de cause, contrairement \u00e0 l\u2019avis deSOCIETE2.), les demandes en indemnisation formul\u00e9es parSOCIETE1.)aux termes des assignations des 28 avril 2020 et 21 juillet 2021 ne constituent pas des manquements contractuels aux clauses 2.1.2 et 4.2 du Contrat et \u00e0 cet \u00e9gard des fautes graves (\u00abmaterial breaches\u00bb) sur base desquellesSOCIETE2.)pourrait exercer un droit de r\u00e9tention sur le d\u00e9p\u00f4t de garantie.<\/p>\n<p>31 Conform\u00e9ment \u00e0 la position soutenue par la demanderesse et en application de la clause 11 de la lettre d\u2019avenant au Contrat du 27 mars 2019,SOCIETE2.)devait restituer le d\u00e9p\u00f4t de garantie depuis le 29 mars 2020. Lequantumde la demande n\u2019\u00e9tant pour le surplus pas discut\u00e9, il y a lieu de dire la demande deSOCIETE1.)fond\u00e9e pour le montant r\u00e9clam\u00e9 de 204.000.-EUR. SOCIETE2.)demande \u00e0 titre subsidiaire de fixer le point de d\u00e9part des int\u00e9r\u00eats demand\u00e9s parSOCIETE1.)sur le montant de 204.000.-EUR au jour du jugement, tandis queSOCIETE1.)demande les int\u00e9r\u00eats de retard sur le montant de 204.000.- EUR \u00e0 compter de la demande en justice. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1146 du Code civil, \u00ables dommageset int\u00e9r\u00eats ne sont dus que lorsque le d\u00e9biteur est en demeure de remplir son obligation, except\u00e9 n\u00e9anmoins lorsque la chose que le d\u00e9biteur s\u2019\u00e9tait oblig\u00e9 de donner ou de faire ne pouvait \u00eatre donn\u00e9e ou faite que dans un certain temps qu\u2019il a laiss\u00e9 passer. Lorsque le jour de l\u2019ex\u00e9cution a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 d\u2019un commun accord ou fix\u00e9 par l\u2019une des parties en vertu d\u2019un droit \u00e0 elle r\u00e9serv\u00e9 et au moyen d\u2019un avertissement r\u00e9gulier, le d\u00e9biteur est mis en demeure par la seule expiration de ce jour\u00bb. Selon l\u2019article 1153 du Code civil, \u00abdans les obligations qui se bornent au paiement d\u2019une certaine somme, les dommages et int\u00e9r\u00eats r\u00e9sultant du retard dans l\u2019ex\u00e9cution ne consistent jamais que dans la condamnation aux int\u00e9r\u00eats fix\u00e9s par la loi; sauf les r\u00e8glesparticuli\u00e8res au commerce et au cautionnement. Ces dommages et int\u00e9r\u00eats sont dus sans que le cr\u00e9ancier soit tenu de justifier d\u2019aucune perte. Ilsne sont dus que du jour de la sommation de payer, except\u00e9 dans les cas o\u00f9 la loi les fait courir de plein droit. (\u2026)\u00bb. En application des articles pr\u00e9cit\u00e9s, il y a lieu de faire droit \u00e0 la demande de SOCIETE1.)et de fixer le point de d\u00e9part des int\u00e9r\u00eats au 28 avril 2020,tel que demand\u00e9. Il y a partant lieu de condamnerSOCIETE2.)\u00e0 la restitution du montant de 204.000.- EUR, avec les int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 compter du 28 avril 2020, jusqu\u2019\u00e0 solde. SOCIETE1.)demande encore de voir assortir cette condamnation d\u2019une astreinte. Dans la mesure o\u00f9 l\u2019article 2059 du Code civil dispose que l\u2019astreinte ne peut \u00eatre prononc\u00e9e en cas de condamnation au paiement d\u2019une somme d\u2019argent, il n\u2019y a pas lieu d\u2019assortir la condamnation en restitution du d\u00e9p\u00f4t de garantie d\u2019une astreinte. IV. Les demandes reconventionnelles SOCIETE2.)demande des dommages et int\u00e9r\u00eats sur base de la clause 8.1.12 du Contrat et sur base de l\u2019article 6-1 du Code civil.<\/p>\n<p>32 -la clause 8.1.12 du Contrat SOCIETE2.)sollicite des dommages et int\u00e9r\u00eats d\u2019un montant de 80.000.-EUR sur base de la clause 8.1.12 du Contrat. Le tribunal rel\u00e8ve que la demanderesse sur reconvention agit sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle. Il y a lieu de rappeler dans ce contexte que la mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 contractuelle suppose la r\u00e9union de trois conditions : une faute ou une inex\u00e9cution contractuelle, un dommage et un lien de causalit\u00e9 entre cette inex\u00e9cution et le dommage. La charge de la preuve de la r\u00e9union de ces trois conditions repose sur la demanderesse, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile qui dispose \u00ab[i]l incombe \u00e0 chaque partie de prouver conform\u00e9ment \u00e0 la loi les faits n\u00e9cessaires au succ\u00e8s de sa pr\u00e9tention\u00bb et \u00e0 l\u2019article 1315 du Code civil qui dispose: \u00ab[c]elui qui r\u00e9clame l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une obligation, doit la prouver. R\u00e9ciproquement, celui qui se pr\u00e9tend lib\u00e9r\u00e9, doit justifier le paiement ou le fait qui a produit l\u2019extinction de son obligation\u00bb. En l\u2019occurrence, ind\u00e9pendamment de la question de savoir si les assignations en justice intent\u00e9es parSOCIETE1.)sont de nature \u00e0 constituer un manquement contractuel \u00e0 la clause 8.1.12 du Contrat, force est de constater queSOCIETE2.)ne produit aucun \u00e9l\u00e9ment permettant d\u2019\u00e9tablir le dommage all\u00e9gu\u00e9. Dans ces circonstances, il y a lieu de rejeter sa demande en indemnisation\u00e0 hauteur du montant de 80.000.-EUR, sans examiner autrement les d\u00e9veloppements des parties \u00e0 cet \u00e9gard. -L\u2019article 6-1 du Code civil SOCIETE2.)sollicite des dommages et int\u00e9r\u00eats d\u2019un montant de 30.000.-EUR sur base de l\u2019article 6-1 du Codecivil. Aux termes de l\u2019article 6-1 du Code civil, \u00abtout acte ou tout fait qui exc\u00e8de manifestement, par l\u2019intention de son auteur, par son objet ou par les circonstances dans lesquelles il est intervenu, l\u2019exercice normal d\u2019un droit, n\u2019est pas prot\u00e9g\u00e9par la loi, engage la responsabilit\u00e9 de son auteur [\u2026]\u00bb. Il est admis qu\u2019en mati\u00e8re d\u2019abus de droits processuels, un abus peut \u00eatre commis dans l\u2019exercice d\u2019une voie de droit. La question essentielle est \u00e9videmment celle de savoir en quoi consiste l\u2019abusdans de semblables hypoth\u00e8ses. Elle est d\u00e9licate, car il faut tenir compte de deux imp\u00e9ratifs contradictoires : d\u2019une part, la libert\u00e9 de recourir \u00e0 la justice de sorte que l\u2019\u00e9chec ne peut constituer en soi une faute (il serait excessif de sanctionner lamoindre erreur de droit). D\u2019autre part, la n\u00e9cessit\u00e9 de limiter les d\u00e9bordements de proc\u00e9dure (la justice est un service public\u2013gratuit en principe\u2013et dont il ne faut pas abuser).<\/p>\n<p>33 S\u2019agissant des abus en mati\u00e8re d\u2019action de justice, il est de r\u00e8gle quele demandeur qui \u00e9choue dans son action et le d\u00e9fendeur qui est condamn\u00e9 ne sont pas consid\u00e9r\u00e9s ipso factocomme ayant commis un abus. L\u2019exercice d\u2019une action en justice ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en faute pouvant donner lieu \u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats que s\u2019il constitue un acte de malice ou de mauvaise foi ou, au moins, une erreur grossi\u00e8re \u00e9quipollente au dol ou si le demandeur a agi avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bl\u00e2mable. Il convient de sanctionner, non pas le fait d\u2019avoir exerc\u00e9 \u00e0 tort une action en justice ou d\u2019y avoir r\u00e9sist\u00e9 injustement\u2013puisque l\u2019exercice d\u2019une action en justice est libre\u2013 mais uniquement le fait d\u2019avoir abus\u00e9 de son droit en commettant une faute ind\u00e9pendante du seul exercice des voies de droit. Cette faute intentionnelle engage la responsabilit\u00e9 civilede la partie demanderesse \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la partie d\u00e9fenderesse, si cette derni\u00e8re prouve avoir subi un pr\u00e9judice En l\u2019occurrence, il n\u2019est pas \u00e9tabli queSOCIETE1.)ait agit de mani\u00e8re intempestive, avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bl\u00e2mable ou de mauvaise foi, d\u2019autant p lus qu\u2019elle a, principalement, fond\u00e9 sa demande sur une clause contractuelle qui s\u2019est av\u00e9r\u00e9e ambigu\u00eb, mais sur base de laquelleellea l\u00e9gitimement pu d\u00e9fendre sa th\u00e8se et les droits qu\u2019elle consid\u00e9rait pouvoir tirer de cette clause. A titre surabondant, le tribunal rel\u00e8ve queSOCIETE2.)ne produit par ailleurs aucun \u00e9l\u00e9ment pour \u00e9tablir le dommage all\u00e9gu\u00e9. Dans ces circonstances, la demande reconventionnelle de SOCIETE2.)en indemnisation\u00e0 hauteurdu montant de 30.000.-EUR encourt \u00e9galement le rejet. V. Les demandes accessoires Chacune des parties sollicite l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Il y a lieu de rejeter les demandes en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, alors qu\u2019il ne para\u00eet pas in\u00e9quitable de laisser les frais non compris dans les d\u00e9pens \u00e0 charge des parties respectives. En application de l\u2019article 238 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, il y a lieu de laisser les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance introduite par assignation du 21 juillet 2021 \u00e0 charge deSOCIETE1.)qui succombe. Les frais et d\u00e9pens relatifs \u00e0 l\u2019instance introduite par assignation du 28 avril 2020 sont par contre \u00e0 mettre pour 1\/4 \u00e0 charge deSOCIETE2.), partie succombant \u00e0 la demande en restitution du d\u00e9p\u00f4t de garantie, et sont \u00e0 laisser pour 3\/4 \u00e0 charge de SOCIETE1.). Il n\u2019y a toutefois pas lieu d\u2019ordonner la distraction des frais et d\u00e9pens au profit du mandataire deSOCIETE1.), la facult\u00e9 r\u00e9serv\u00e9e par l\u2019article 242 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile \u00e0 l\u2019avocat \u00e0 la Cour de demander la distraction des d\u00e9pens n\u2019existant<\/p>\n<p>34 que pour les frais dont il a fait l\u2019avance dans les instances o\u00f9 son minist\u00e8re est obligatoire. Il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement, alors que les conditions de l\u2019article 567 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ne sont pas donn\u00e9es en l\u2019esp\u00e8ce. VI. Les cautions judiciaires L\u2019article 1 er (1) de la loi du 29 avril 1999 sur les consignations aupr\u00e8s de l\u2019Etat dispose que \u00abtout bien \u00e0 consigner en vertu (\u2026) d\u2019une d\u00e9cision judiciaire ou administrative doit\u00eatre consign\u00e9 aupr\u00e8s de la caisse de consignation, conform\u00e9ment aux dispositions de la pr\u00e9sente loi, nonobstant toutes dispositions l\u00e9gales ou r\u00e9glementaires ant\u00e9rieures\u00bb. L\u2019article 6 (1) de la m\u00eame loi pr\u00e9voit que \u00abla restitution des biens consign\u00e9saux ayants droit n\u00e9cessite une d\u00e9cision motiv\u00e9e de la part de la caisse de consignation. En cas de consignation sur base de l\u2019article 1 er (1), la restitution intervient suite \u00e0 l\u2019acte qui l\u2019autorise. (\u2026)\u00bb. En l\u2019esp\u00e8ce, il est constant que les sommes de 20.000.-EUR et de 10.000.-EUR ont \u00e9t\u00e9 consign\u00e9es \u00e0 la Caisse de consignation par virements bancaires du 29 mars 2022, conform\u00e9ment aux jugements commerciaux n\u00b02022TALCH15\/00365 du 9 mars 2022 (n\u00b0TAL-2020-03544 du r\u00f4le) et n\u00b02022TALCH15\/00366 du 9 mars2022 (n\u00b0TAL-2021- 06638 du r\u00f4le) en application de l\u2019article 258 (2) premier tiret du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Il r\u00e9sulte des r\u00e9c\u00e9piss\u00e9s des 1 er avril 2022 d\u00e9livr\u00e9s par la Caisse de consignation que lesdites sommes ont \u00e9t\u00e9 consign\u00e9es sous les num\u00e9ros 22-1-J001- 0004 et 22-1-J001-0005. Etant donn\u00e9 qu\u2019aucune condamnation n\u2019est prononc\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard deSOCIETE1.), il y a lieu d\u2019autoriser la restitution des sommes consign\u00e9es sous les num\u00e9ros 22-1-J001- 0004 et 22-1-J001-0005. Parcesmotifs: le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, quinzi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, en continuation des jugements des 9 mars 2022, ordonnela jonction des affaires inscrites sous les num\u00e9ros TAL-2020-03544 et TAL- 2021-06638 du r\u00f4le, re\u00e7oitles demandes principales et reconventionnelles, ditla demande principale partiellement fond\u00e9e,<\/p>\n<p>35 condamnela soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA\u00e0 restituer \u00e0la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e r\u00e9gie par le droit des Iles Vierges BritanniquesSOCIETE1.) LIMITEDle d\u00e9p\u00f4t de garantie d\u2019un montant de 204.000.-EUR, avec les int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 compter du 28 avril 2020, jusqu\u2019\u00e0 solde, ditqu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019assortir cette condamnation d\u2019une astreinte, ditla demande dela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e r\u00e9gie par le droit des Iles Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITEDnon fond\u00e9e pour le surplus, partant en d\u00e9boute, ditles demandes reconventionnellesdela soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA non fond\u00e9es, partant en d\u00e9boute, d\u00e9bouteles parties de leurs demandes respectives en l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9duresur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, ditqu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du jugement, laisseles frais et d\u00e9pens de l\u2019instance inscrite sous le num\u00e9ro TAL-2021-06638 du r\u00f4le \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e r\u00e9gie par le droit des Iles Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITED, faitmassedes frais et d\u00e9pens de l\u2019instance inscrite sous le num\u00e9ro TAL-2020-03544 du r\u00f4le et lesimposepour 1\/4 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE2.)SA et leslaisse pour 3\/4 \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e r\u00e9gie par le droit des Iles Vierges BritanniquesSOCIETE1.)LIMITED, autorisela restitution des montants de 20.000.-EUR et de 10.000.-EUR consign\u00e9s aupr\u00e8s dela Caisse de consignation,en ex\u00e9cution des jugements du 9 mars 2022, sous les num\u00e9ros de consignation 22-1-J001-0004 et 22-1-J001-0005.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20241230-021638\/20241202-talch15-tal-2020-03544-tal-2021-06638-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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