{"id":612463,"date":"2026-04-19T23:09:54","date_gmt":"2026-04-19T21:09:54","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-22-mai-2024-n-2023-04389\/"},"modified":"2026-04-19T23:09:58","modified_gmt":"2026-04-19T21:09:58","slug":"tribunal-darrondissement-22-mai-2024-n-2023-04389","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-22-mai-2024-n-2023-04389\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 22 mai 2024, n\u00b0 2023-04389"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1 Jugement commercial 2024TALCH15\/00746 Audience publique du mercredi,vingt-deuxmaideux mille vingt-quatre. Num\u00e9roTAL-2023-04389du r\u00f4le Composition: Nad\u00e8ge ANEN,1 er juge-pr\u00e9sidente ; Brice HELLINCKX, 1 er juge ; \u00c4nder PROST,juge-d\u00e9l\u00e9gu\u00e9; Emmanuelle BAUER,greffi\u00e8re. E n t r e : la soci\u00e9t\u00e9par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7aisSOCIETE1.)SAS,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0F-ADRESSE1.)(France),ADRESSE1.),repr\u00e9sent\u00e9e par son pr\u00e9sident actuellement en fonctions, inscrite auregistre decommerce et dessoci\u00e9t\u00e9s deParissous le num\u00e9roNUMERO1.), demanderesse, d\u00e9fenderesse sur reconvention,aux termes de l\u2019acte del\u2019huissier de justice Geoffrey GALL\u00c9 de Luxembourg,en date du15 mars2021, comparantparMa\u00eetreThomas WALSTER, avocat \u00e0 la Courconstitu\u00e9,demeurant \u00e0 Luxembourg, et: 1)la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL,avecsi\u00e8ge social \u00e0L- ADRESSE2.),repr\u00e9sent\u00e9e par sonconseil de g\u00e9ranceactuellement en fonctions,inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO2.), 2)la soci\u00e9t\u00e9en commandite par actionsSOCIETE3.)SCA, avec si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE2.),repr\u00e9sent\u00e9e par sonconseil de g\u00e9ranceactuellementen fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro<\/p>\n<p>2 BNUMERO3.), d\u00e9fenderesses, demanderesses sur reonvention,aux fins du pr\u00e9dit acteGALL\u00c9en date du15 mars 2021, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 encommandite simple ALLEN &amp; OVERY SCS, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente par Ma\u00eetre Thomas BERGER, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, tous les deux demeurant \u00e0 Luxembourg. __________________________________________________________________ _ L e T r i b u n a l: Faits La soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7aisSOCIETE1.)SAS(ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE1.)\u00bb) a vendu, \u00e0 travers son \u00abcompte vendeur\u00bb et les sites internet \u00abENSEIGNE1.)\u00bb,des toupies \u00abENSEIGNE2.)\u00bb de la marque Takara (devenue ENSEIGNE2.)) et des accessoires t\u00e9l\u00e9phoniques. La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL (ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE2.)\u00bb) g\u00e8re le service \u00abVendre surENSEIGNE1.)\u00bb et tout vendeur, qui souscrit \u00e0 ce service, doit ouvrir un compte de paiement aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions SOCIETE3.)SCA (ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE3.)\u00bb et ensemble avecSOCIETE2.), \u00abENSEIGNE1.)\u00bb), qui permet de recevoir tout paiement d\u2019argent pour les ventes en ligne entre le vendeur et l\u2019acheteur. \u00c0 cette fin,SOCIETE1.)estli\u00e9e \u00e0SOCIETE2.)par un contrat intitul\u00e9 \u00abENSEIGNE1.) Services Europe Business Solutions Agreement\u00bb (ci-apr\u00e8s le \u00abContrat Business Solutions\u00bb) et \u00e0SOCIETE3.)par les conditions d\u2019utilisation \u00abENSEIGNE1.) Payments\u2013Selling onENSEIGNE1.)User Agreement\u00bb y aff\u00e9rentes (ci-apr\u00e8s les \u00abConditions d\u2019Utilisation\u00bb, et ensemble avec le Contrat Business Solutions,le \u00abContrat \u00bb). Par d\u00e9cision du 13 janvier 2020, le compte vendeur deSOCIETE1.)a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sactiv\u00e9. Malgr\u00e9 une mise en demeure du 24 avril 2020, du mandataire deSOCIETE1.), demandant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE4.)SARL, succursale fran\u00e7aise, de r\u00e9activerle compte vendeur deSOCIETE1.)et de lui restituer les fonds bloqu\u00e9s, les d\u00e9fenderesses n\u2019ont pas donn\u00e9 suite \u00e0 ces demandes. Proc\u00e9dure Par acte d\u2019huissier de justice du 15 mars 2021,SOCIETE1.)a fait donner assignation \u00e0SOCIETE2.)et \u00e0SOCIETE3.)\u00e0compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, selon la proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>3 L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9epar ordonnance du29 novembre 2023 et l\u2019audience des plaidoiries a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9e au 13 mars 2024. Entendu la partie demanderesse par l\u2019organe de son mandataire Ma\u00eetreThomas WALSTER, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9. Entendu la partie d\u00e9fenderesse par l\u2019organe de son mandataire Ma\u00eetreThomas BERGER, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9. Entendu le jugerapporteur en son rapport oral \u00e0 l\u2019audience du 13 mars 2024. L\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 la m\u00eame date. Pr\u00e9tentions et moyens des parties Dans son assignation,SOCIETE1.)demande principalement de prononcer l\u2019annulation, sinon l\u2019inopposabilit\u00e9 des conditions contractuelles permettant \u00e0 ENSEIGNE1.)de suspendre ou de r\u00e9silier les \u00abcontrats\u00bb avec effet imm\u00e9diat en cas de soup\u00e7on de contrefa\u00e7on ou d\u2019une quelconque activit\u00e9 pouvant lui porter pr\u00e9judice. Subsidiairement, elle demande de constater qu\u2019elle a rempli ses obligations et que SOCIETE2.)etSOCIETE3.)ne respectent pas leurs propres engagements n\u00e9s du Contrat. Partant, sur les deux bases invoqu\u00e9es ci-avant, elle demande d\u2019ordonner (i) \u00e0 SOCIETE2.)de r\u00e9tablir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 son compte vendeur et (ii) \u00e0SOCIETE3.)de restituer les avoirs sur le compte de paiement \u00e0 hauteur de 9.744,22 EUR et de 1.081,60 GBP, \u00e0 augmenter des int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du blocage des avoirs le 13 janvier 2020, sinon \u00e0 partir de la mise en demeure du 24 avril 2020, sinon \u00e0 partir de l\u2019assignation, sinon \u00e0 partir du jugement. SOCIETE1.)demande encore, sur base des principes de la responsabilit\u00e9 contractuelle, sinon d\u00e9lictuelle, la condamnation solidaire, sinonin solidum, sinon chacun pour le tout, d\u2019SOCIETE2.)et d\u2019SOCIETE3.)au paiement du montant de 400.000.-EUR, sinon tout autre montant \u00e0 dired\u2019expert ou \u00e0 \u00e9valuerex aequo et bono,\u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats pour perted\u2019exploitation. Elle demande, en outre, sur base des principes de laresponsabilit\u00e9 contractuelle, sinon d\u00e9lictuelle, la condamnation d\u2019SOCIETE2.)au paiement du montant de 3.000.- EUR, sinon tout autre montant \u00e0 dire d\u2019expert ou \u00e0 \u00e9valuerex aequo et bono, \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats en raison de la destruction de 120produits stock\u00e9s dans les entrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.). \u00c0 titre plus subsidiaire,SOCIETE1.)demande, en vertu du contrat de d\u00e9p\u00f4t entre les parties etdes articles 1915 et suivantsdu Code civil, de donner acte qu\u2019SOCIETE2.), sinonSOCIETE3.), disposent de fonds de tiers. Acte lui en est donn\u00e9.<\/p>\n<p>4 Elle demande partant d\u2019ordonner \u00e0SOCIETE3.)de restituer les avoirs sur le compte de paiement \u00e0 hauteurde 9.744,22 EUR et de 1.081,60 GBP, \u00e0 augmenter des int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du blocage des avoirs le 13janvier 2020, sinon \u00e0 partir de la mise en demeure du 24 avril 2020, sinon \u00e0 partir de l\u2019assignation, sinon \u00e0 partir du jugement. En tout \u00e9tatde cause, elle sollicite la condamnation solidaire, sinonin solidum, sinon chacun pour le tout d\u2019SOCIETE2.)etd\u2019SOCIETE3.)au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000.-EUR, sinon la condamnation de chacune des d\u00e9fenderesses individuellement au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.-EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elle demande encore la condamnation solidaire, sinonin solidum, sinon chacun pour le tout d\u2019SOCIETE2.)et d\u2019SOCIETE3.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, avec distraction au profit de son mandataire, qui affirme en avoir fait l\u2019avance, ainsi que l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement \u00e0 intervenir, sans caution. Dans ses conclusions subs\u00e9quentes,SOCIETE1.)demande acte (i) de sa demande en r\u00e9siliation du Contrat aux torts des d\u00e9fenderessesformul\u00e9e \u00e0 titre plus subsidiaire et (ii) desesdemandesen condamnation des d\u00e9fenderesses au paiement du montant de 400.000.-EUR \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats pour perted\u2019exploitationet du montant de 3.000.-EUR \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats pour la destruction du stock, formul\u00e9es dans l\u2019assignation. SOCIETE1.)augmente sa demande relative au pr\u00e9judice pour la perte d\u2019exploitation \u00e0 un montant provisoirement \u00e9valu\u00e9 \u00e0 6.338.930.-EUR. Acte lui en est donn\u00e9. Quant aux faits,SOCIETE1.), commercialisant sur des plateformes de vente en ligne, des toupiesENSEIGNE2.)de la marqueENSEIGNE2.)et des accessoires t\u00e9l\u00e9phoniques, explique avoir sign\u00e9 le Contrat Business Solutions afin de pouvoir vendre ces produits sur la plateforme d\u2019ENSEIGNE1.). Elle a, \u00e0 cet \u00e9gard, ouvert un compte de paiement aupr\u00e8s d\u2019SOCIETE3.)et adh\u00e9r\u00e9 aux Conditions d\u2019Utilisationet elle dispose ainsi, depuis 2010,de plusieurs comptesvendeur aupr\u00e8s d\u2019ENSEIGNE1.), \u00e0savoir \u00abBestventes\u00bbpour laFrance et l\u2019Espagne,\u00abXeptio Direct\u00bbpour l\u2019Allemagne,\u00abOfficiel Shop\u00bb pour l\u2019Italie et\u00abBestseller-Specialist\u00bb pourAngleterre(d\u00e9sign\u00e9s ensemble comme \u00able compte vendeur\u00bb). Elle expose qu\u2019elle a \u00e9galement adh\u00e9r\u00e9 au programme \u00abPAN EUROPE\u00bb qui consiste \u00e0 stocker des produits directement dans les entrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.), pour permettre une meilleure commercialisation des produits et de raccourcir les d\u00e9lais d\u2019envoi, et que ses produits ont rencontr\u00e9 pendant de tr\u00e8s nombreusesann\u00e9es la satisfaction totale des clients,ENSEIGNE1.)lui transmettant de nombreuses demandes de r\u00e9approvisionnement de stock en raison d\u2019une tr\u00e8s fortedemande. En 2017, son fournisseurSOCIETE5.)Co. Ltd. cessant la commercialisation des toupies, elle a trouv\u00e9 un nouveau fournisseur \u00abSOCIETE6.)S C\u00bb qui lui a fourni des attestations de conformit\u00e9 et de certification des toupiesENSEIGNE2.). Ce fournisseur est un interm\u00e9diaire qui ne s\u2019approvisionne pas directement aupr\u00e8s du<\/p>\n<p>5 distributeur officielSOCIETE7.)Ltd(ci-apr\u00e8s la \u00absoci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)\u00bb), mais qui ach\u00e8te ses stocks aupr\u00e8s de soci\u00e9t\u00e9s qui \u00abpeuvent se fournir aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE7.)Ltd.\u00bb. Ennovembre 2019,surbased\u2019une r\u00e9clamation d\u2019unclientd\u2019ENSEIGNE1.)Espagne relativeauproduitportant le num\u00e9roALIAS1.)(ENSEIGNE1.)Standard Identification Number)B0034G4FG2qui s\u2019est cass\u00e9, les servicesd\u2019ENSEIGNE1.)ont d\u00e9sactiv\u00e9 la fiche de ce produitetfait dispara\u00eetre la totalit\u00e9 du stock,emp\u00eachantSOCIETE1.)de pouvoir r\u00e9cup\u00e9rer ledit stock.Elle ajoute qu\u2019une situation identiques\u2019est reproduiteau courant du mois de d\u00e9cembre 2019, pour deux autres produits, sans aucune autre explication de la partd\u2019ENSEIGNE1.). Par courriel du13 janvier 2020,ENSEIGNE1.), l\u2019informant desoup\u00e7ons devente de produits contrefaits,a d\u00e9sactiv\u00e9soncomptevendeur,bloqu\u00e9ses fonds,sollicit\u00e9 des pi\u00e8ces justifiant que les produits mis en vente \u00e9taient des produits originaux du fabricantENSEIGNE2.), dont la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)d\u00e9tient le monopole de commercialisation, et demand\u00e9 un plan d\u2019action. Elle pr\u00e9cise que suite \u00e0 l\u2019annulation des contestations par les clients, etaux\u00e9changes entre parties, \u00ables soup\u00e7ons et le litige ne concernaient plus que deuxALIAS1.): NUMERO4.)etNUMERO5.)\u00bb. SOCIETE1.)explique qu\u2019en m\u00eame temps, par courriel du 2 janvier 2020, la directrice g\u00e9n\u00e9rale de laMarketplaceFrance, l\u2019a inform\u00e9e que le probl\u00e8me n\u2019\u00e9tait pas li\u00e9 \u00e0 un soup\u00e7on de toupies non officielles, mais \u00e0 un probl\u00e8me destock et de transfert entre deux entrep\u00f4ts. La demanderessesoutientavoircontact\u00e9 \u00e0 plusieurs reprisesENSEIGNE1.), en lui fournissant tous les documents et le plan d\u2019action demand\u00e9s, montrant ainsi que les produits propos\u00e9s \u00e0 la vente \u00e9taient des produits originaux, fabriqu\u00e9s par ENSEIGNE2.), bien qu\u2019elle passait par des centrales d\u2019achat. Afin de d\u00e9bloquer la situation, elle a m\u00eame d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019elle \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 changer de fournisseur et a transmis \u00e0ENSEIGNE1.)la facture d\u2019un nouveau fournisseur. Elle estime que la d\u00e9cision d\u2019ENSEIGNE1.)\u00e9tait bas\u00e9e uniquement sur quelques avis datant de 2018 sans tenir compte des excellents avis de milliers de clients et sans chercher \u00e0 savoir si les r\u00e9clamations des 10 clients m\u00e9contents ne r\u00e9sultentpas d\u2019un mauvais montage ou d\u2019une mauvaise utilisation du produit. Malgr\u00e9 toutes les explications et tous les \u00e9l\u00e9ments de preuve fournis,ENSEIGNE1.) a maintenu sa d\u00e9cision de d\u00e9sactivation du compte vendeur et a \u00e9galement refus\u00e9 de lib\u00e9rer les fonds, produitsdesventesr\u00e9alis\u00e9es, qui se trouvent sur le compte de paiement ouvert aupr\u00e8s d\u2019SOCIETE3.). Le 24 avril 2020, son mandataire a mis en demeureENSEIGNE1.)de d\u00e9bloquer le compte vendeur et de lib\u00e9rer les fonds. SOCIETE1.)explique encore avoir en date du 16 juin 2020, assign\u00e9ENSEIGNE1.) devant le pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement, si\u00e9geantcomme juge desr\u00e9f\u00e9r\u00e9s,<\/p>\n<p>6 pour faire cesser le blocage arbitraire et lib\u00e9rer les fonds lui appartenant, mais que sa demande a \u00e9t\u00e9rejet\u00e9e. Elle ajoute qu\u2019une partie du stock lui a \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e dans un mauvais \u00e9tat et que 120 unit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truitesparENSEIGNE1.)en novembre 2020,sans notification pr\u00e9alable, ni la moindre explication. En outre, elle a \u00e9t\u00e9 contact\u00e9e le 11 avril 2022 parENSEIGNE1.)qui demandait si elle voulait reprendre la vente sur leurs sites et qui s\u2019interrogeait quant \u00e0 la raison du blocage du compte qui n\u2019apparait pas dans leurs notifications de performance. SOCIETE1.)donne \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019ENSEIGNE1.)a bloqu\u00e9 la totalit\u00e9 de son compte vendeur, y compris la vente d\u2019accessoirest\u00e9l\u00e9phoniquesetdetablettes correspondant \u00e0 95 % de son catalogue,qui sont \u00e9trangers aux suspicions de contrefa\u00e7onetdont ENSEIGNE1.)emp\u00eache la commercialisation sans aucun motif. Elle estime quele blocage, sans preuve de contrefa\u00e7on, sur base de soup\u00e7ons, constitue une d\u00e9cision purement arbitraire.ENSEIGNE1.)n\u2019a jamais pris contact avec les fournisseurs pour v\u00e9rificationet ce n\u2019est qu\u2019en septembre 2021, soit plus de 20 mois apr\u00e8s le blocage et la cl\u00f4ture des comptes,qu\u2019ENSEIGNE1.)a fait analyser des toupies parENSEIGNE2.)(ci-apr\u00e8s le \u00abRapport\u00bb). En droit,SOCIETE1.)plaideprincipalement, la nullit\u00e9,sinon l\u2019inopposabilit\u00e9,des clauses de suspension et de r\u00e9siliation du Contrat, en raison de leur caract\u00e8re potestatif. SOCIETE1.)rappelle qu\u2019ellea ouverten2010un compte vendeur aupr\u00e8s d\u2019ENSEIGNE1.),qu\u2019elle a, \u00e0ce titre, sign\u00e9 le Contrat et que par courriel du 13 janvier 2020,ENSEIGNE1.)l\u2019a inform\u00e9ede la d\u00e9sactivation de son compte vendeur et du blocage des fonds disponibles sur le compte de paiement en raison de soup\u00e7onsde contrefa\u00e7on. ENSEIGNE1.)a invoqu\u00e9 sa politiqueanti-contrefa\u00e7on, r\u00e9sultant de l\u2019article 3 du Contrat Business Solutionset des articles 1.6, 2.7 et 5.3desConditions d\u2019Utilisation, et a estim\u00e9 avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la suspension de ses services et au blocagedu compte en conformit\u00e9 avec les dispositions du Contrat. En r\u00e9f\u00e9rence aux articles 1170 et 1174 du Code civil,SOCIETE1.)plaide que les conditions du Contrat qui donnent le droit \u00e0ENSEIGNE1.)de bloquer tout compte vendeur, de suspendre l\u2019ex\u00e9cution de ses prestations de serviceset desservicesde paiement,dontnotamment le compte de paiement, et m\u00eame de r\u00e9silier imm\u00e9diatement le contrat en cas de soup\u00e7on de contrefa\u00e7on ou de soup\u00e7on d\u2019une violation du contrat, sont \u00e0 qualifier de \u00abconditions potestatives\u00bb et \u00e0 d\u00e9clarer nulles \u00e0 ce titre. Elle pr\u00e9cise qu\u2019unsimple soup\u00e7on permettait \u00e0ENSEIGNE1.)de suspendre l\u2019ex\u00e9cution et m\u00eame de r\u00e9silier avec effet imm\u00e9diat le Contrat et que cette facult\u00e9 permet de d\u00e9cider arbitrairement du blocage d\u2019un compte vendeur pour une raison quelconque. Elle ajoute que les clauses litigieuses cr\u00e9ent ainsi un d\u00e9s\u00e9quilibre des forces \u00e9conomiques puisqu\u2019elles permettent au d\u00e9biteur de tenir le cr\u00e9ancier \u00e0 sa<\/p>\n<p>7 merci dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9biteur est libre de se soustraire \u00e0 tout moment \u00e0 son obligation sous n\u2019importe quel pr\u00e9texte et qu\u2019il n\u2019a aucune obligation de justification de ses craintes de contrefa\u00e7on. En l\u2019occurrence,ENSEIGNE1.), qui n\u2019a r\u00e9alis\u00e9 aucune enqu\u00eate avant de suspendre l\u2019ex\u00e9cution du Contrat, s\u2019est bas\u00e9e sur une vingtaine de commentaires n\u00e9gatifs, soit un nombre n\u00e9gligeable de commentairespar rapport \u00e0l\u2019importance des ventes de toupies, et ne disposait ainsi d\u2019aucun \u00e9l\u00e9mentconcernantla contrefa\u00e7on des marchandises au moment de sa d\u00e9cision de suspension du Contrat. SOCIETE1.)se r\u00e9f\u00e8re encore \u00e0 une d\u00e9cision du Tribunal de commerce de Paris du 2 septembre 2019qui a enjoint \u00e0ENSEIGNE1.)de modifier la clause 3 de son contrat (relative \u00e0 la r\u00e9siliation \u00abpour toute raison\u00bb), au motif qu\u2019elle constitue un d\u00e9s\u00e9quilibre significatif en ce qu\u2019elle est g\u00e9n\u00e9rale, discr\u00e9tionnaire, impr\u00e9cise, en raison de l\u2019absence de pr\u00e9avis, en ce que la dur\u00e9e de la suspension n\u2019est pas connue du vendeur tiers et en ce qu\u2019elle n\u2019est pas proportionnelle au manquement de ce dernier. En raison du caract\u00e8re potestatif des clauses de r\u00e9siliation et de suspension du Contrat et doncdela nullit\u00e9 deces clauses etdeleur inopposabilit\u00e9,SOCIETE1.) conclut que la d\u00e9cisionde suspension du compte vendeurn\u2019aplus de base contractuelle et qu\u2019ENSEIGNE1.)devrait continuer \u00e0 ex\u00e9cuter ses obligations en vertu de son engagement contractuel. \u00c0 titre subsidiaire, en application des articles 1101, 1134 et 1142 du Code civil, SOCIETE1.)plaide qu\u2019ENSEIGNE1.)n\u2019a pas respect\u00e9 ses obligations contractuelles et elle demande sa condamnation \u00e0 s\u2019ex\u00e9cuter. Elle pr\u00e9cise qu\u2019elle a rempli l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ses obligations duContrattandisqu\u2019ENSEIGNE1.)a bloqu\u00e9 et d\u00e9sactiv\u00e9 le compte vendeur en violation de ses engagements contractuels. A ce titre,SOCIETE1.)estime qu\u2019ENSEIGNE1.)a pris la d\u00e9cision de suspendre l\u2019ex\u00e9cution du Contrat et de bloquer les avoirs sur le compte de paiement sans avoir eu, au jour du blocagedes comptes, la moindre preuve d\u2019une vente de contrefa\u00e7ons et sans avoir r\u00e9alis\u00e9la moindre enqu\u00eatesur les accusations de contrefa\u00e7ons. Elle pr\u00e9cise qu\u2019ENSEIGNE1.)a seulement commenc\u00e9 \u00e0 investiguerapr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 assign\u00e9e enjusticeet n\u2019a pas pris contact avec le fournisseurdeSOCIETE1.)pour v\u00e9rifier les informations transmises. Elle plaide qu\u2019ENSEIGNE1.)\u00e9tait contractuellement oblig\u00e9e de r\u00e9aliser une telle enqu\u00eate. SOCIETE1.)pr\u00e9cise qu\u2019elles\u2019estconform\u00e9e \u00e0 toutes les exigences d\u2019ENSEIGNE1.) en r\u00e9alisant toutes les d\u00e9marches et en fournissantles documents n\u00e9cessaires dans les d\u00e9lais impartisafin delever la suspension de son compte vendeur.A ce titre, elle a command\u00e9, \u00e0 la demande d\u2019ENSEIGNE1.), des toupiesaupr\u00e8s d\u2019un nouveau fournisseur, elle a transmis les factures, dont la facture delasoci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.), revendeur officiel,\u00e0MEDIA1.).comet elle a fourni des explications quant aux commentaires n\u00e9gatifs, un plan d\u2019action avec des propositions pour rem\u00e9dier aux pr\u00e9tendus probl\u00e8mes (\u00e0 savoir informer \u00e0 l\u2019avenir la client\u00e8le qu\u2019ils\u2019agit de produits japonais import\u00e9s), ainsi qu\u2019une proposition de nouveau fournisseur.<\/p>\n<p>8 ENSEIGNE1.)n\u2019a cependant jamais analys\u00e9 ses propositions, son plan d\u2019action et sa proposition de nouveau fournisseur. Elle donne \u00e0 consid\u00e9rer \u00e0 cet \u00e9gard qu\u2019ENSEIGNE1.)a demand\u00e9 une information impossible \u00e0 fournir, \u00e0 savoir les coordonn\u00e9es du fournisseur de son propre fournisseurSOCIETE6.)(ci-apr\u00e8sla\u00absoci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)\u00bb). Ce dernier, ne voulant pas donner les coordonn\u00e9es de ses fournisseurs au risque deperdreson r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire en permettant au client de passer directement commande aupr\u00e8s du fournisseur, lui a envoy\u00e9\u00abunefacture\u00abcopie\/coller\u00bbsousWORD\u00bblui adress\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.),\u00abpour dissimuler certaines informations etpour ainsi\u00e9viter de r\u00e9v\u00e9ler son r\u00e9seau de fournisseur\u00bb\u00e0SOCIETE1.)etdeperdre son r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire. Elle ajoute qu\u2019il est pratique courante de ne pas se fournir directement aupr\u00e8s d\u2019un fabricant agr\u00e9\u00e9de la marqueENSEIGNE2.), mais de passer commande par un interm\u00e9diaire, quela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)etla soci\u00e9t\u00e9SOCIETE8.)Co. Ltd (ci-apr\u00e8s la \u00absoci\u00e9t\u00e9SOCIETE8.)\u00bb) font partie de la m\u00eame structure, qu\u2019elle a pr\u00e9cis\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part que\u00abSOCIETE6.)\/SOCIETE8.)\u00bbpasse commande aupr\u00e8s de soci\u00e9t\u00e9s bas\u00e9es \u00e0 HongKong faisant partie des franchis\u00e9s dela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.), que les d\u00e9fenderesses ont d\u2019ailleurs reconnuen juillet 2021 quela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)est un revendeur officiel deENSEIGNE2.). Elle pr\u00e9cise qu\u2019ENSEIGNE1.)lui a indiqu\u00e9 qu\u2019elle \u00e9tait \u00abdispos\u00e9[e]\u00e0 la r\u00e9ouverture du compte \u00e0 condition queMEDIA1.)soit votre fournisseur principal\u00bb, mais qu\u2019elle a r\u00e9pondu que ce fournisseur n\u2019avait pas la structure n\u00e9cessaire pour valider des commandes aussi importantes. En ce qui concerne les commentairesn\u00e9gatifs desclients,SOCIETE1.)estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un nombre d\u00e9risoire de r\u00e9clamations (0,01 % par rapport \u00e0 toutes les ventes r\u00e9alis\u00e9es),non v\u00e9rifi\u00e9es et anciennes, dont les accusations de contrefa\u00e7on ne sont pas fond\u00e9es. Concernant le tableau fourni parENSEIGNE1.), \u00e9num\u00e9rant 25 plaintes, elle plaide quedeuxplaintes sont relatives \u00e0 des accessoires de t\u00e9l\u00e9phone (n\u00b022 et n\u00b023), quedeuxplaintes y figurent deux fois (n\u00b06, n\u00b07 et n\u00b012, n\u00b013), qu\u2019uneplainte date de deux ans avant les faits (n\u00b01),que plusieurs commentaires sont relatifs \u00e0 des demandes d\u2019information sans contenir de plaintes (n\u00b09, n\u00b014 et n\u00b016), qu\u2019une plainte vise le lanceur de toupies, dont il \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un g\u00e9n\u00e9rique,et non pas la toupie elle-m\u00eame(n\u00b020) etqu\u2019une plainte est relative \u00e0 une demande de retour (n\u00b021). Ainsi la d\u00e9cisionde suspensiona \u00e9t\u00e9 prise parENSEIGNE1.)sur base d\u2019all\u00e9gations non fond\u00e9es et non prouv\u00e9esd\u00e9coulantde quelquescommentaires n\u00e9gatifs,\u00e9manant de consommateurs m\u00e9contentssouhaitant b\u00e9n\u00e9ficierd\u2019une demande de remboursement de produit apr\u00e8sune mauvaiseutilisation oudeconcurrents souhaitant lui nuire. Elle pr\u00e9cise \u00e0 cet \u00e9gard que lesclients peuvent \u00eatre \u00e9tonn\u00e9sde recevoir \u00ableur ENSEIGNE2.)avec \u00e9criture chinoise\u00bbversion \u00abimportENSEIGNE2.)\u00bb, alors qu\u2019ils sont habitu\u00e9s aux versions europ\u00e9ennes distribu\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE9.). Elle conclut qu\u2019elle a donn\u00e9 toutes les explications n\u00e9cessaires et apport\u00e9 suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments prouvant l\u2019authenticit\u00e9 des produits commercialis\u00e9s et que les quelques commentaires n\u00e9gatifs ne sauraient prouver la vente de produits<\/p>\n<p>9 contrefaits, de sorte qu\u2019ENSEIGNE1.)a ferm\u00e9 le compte vendeur sur base de simples suspicions. SOCIETE1.)conteste la validit\u00e9 du Rapport deENSEIGNE2.)vers\u00e9 par les d\u00e9fenderesses, faute de constituer une expertise s\u00e9rieuser\u00e9alis\u00e9epar une personne autoris\u00e9e et qualifi\u00e9e, l\u2019identit\u00e9 et la qualit\u00e9 de la personne dont \u00e9mane le rapport n\u2019\u00e9tant ni d\u00e9clin\u00e9e, ni prouv\u00e9e. Elle estimeque le Rapport, qui \u00abd\u00e9note un amateurisme certain\u00bb en raison de sa forme et de son contenu, n\u2019est pas non plus un rapport ind\u00e9pendant, mais \u00e9mane deENSEIGNE2.)qui, en tant que marchand de jouets, d\u00e9pend \u00e9conomiquement de la premi\u00e8re plateforme de vente au niveau mondial. Elle donne \u00e0 consid\u00e9rer que le rapport date de septembre 2021, soitunan et demi apr\u00e8s le blocage du compte vendeur, cette communication tardive d\u00e9montrant qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque des faitsENSEIGNE1.)n\u2019avait pas le moindre \u00e9l\u00e9ment de preuve de contrefa\u00e7on. A ce titre, elle plaideencorequ\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du Rapport nepermet de conclure que les produits analys\u00e9s sont ceux qu\u2019elle a commercialis\u00e9s (lapreuve de retrait de l\u2019inventaire indique uniquement l\u2019envoi de 2 exemplaires du mod\u00e8le BB 70 Galaxy Pegasus \u00e0ENSEIGNE2.)pour contr\u00f4le). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le Rapport analyse plusieurs mod\u00e8les de toupies (BB 70, BB 105, BB 108, BB 119 et BB 122), mais les demandes d\u2019explications adress\u00e9es parENSEIGNE1.)\u00e0SOCIETE1.)concernent les mod\u00e8les BB 28, BB 70, BB 119 et BB 123, de sorte qu\u2019\u00e0 l\u2019exception des mod\u00e8les BB 70 et BB 119, les autres mod\u00e8les expertis\u00e9s parENSEIGNE2.)n\u2019ont pas de lien avec le pr\u00e9sent litige. Elle ajoute qu\u2019une \u00e9tiquette personnalis\u00e9e figurait sur chacune des toupies qu\u2019elle commercialisait, mais que celle-ci ne figure pas sur les photos du Rapport, photos qui ne montrent pas non plus de traces d\u2019endommagement laiss\u00e9es par l\u2019enl\u00e8vementde ces \u00e9tiquettes. Elle estime encore que leRapport ne met pas en cause la qualit\u00e9 des mat\u00e9riaux,mais uniquementquelques d\u00e9tails de pr\u00e9sentation ou de packaginget que la modification de la cha\u00eene de production peut expliquer ces diff\u00e9rencesmineures entre les produits, sans pour autant r\u00e9v\u00e9ler une contrefa\u00e7on. Elle conteste en dernier lieu les conclusions du Rapport concernant le code de production A0813 grav\u00e9 sur les emballages des toupies, l\u2019analyse ayant retenu qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un faux puisqu\u2019il indique une production de 2013, alors m\u00eame que la production s\u2019est arr\u00eat\u00e9e en 2011. Elle pr\u00e9cise qu\u2019elle a command\u00e9 certainsmod\u00e8les vendus directement parENSEIGNE1.)qui portent le m\u00eame code et qu\u2019elle afait dresserun constat d\u2019huissier de justice duquel il ressort que les produits achet\u00e9s sur ENSEIGNE1.)portent le code de production F1512, correspondant \u00e0 une production de 2012.Elle en conclut que soitENSEIGNE1.)continue \u00e0 vendre des contrefa\u00e7ons, soit les indications deENSEIGNE2.)sont erron\u00e9es et qu\u2019il existe une production de ces toupiesENSEIGNE2.)apr\u00e8s 2011. Elle donne encore \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019ENSEIGNE1.)n\u2019a jamais demand\u00e9 auparavant des documents et que siENSEIGNE1.)avaitd\u00e9tenu une preuve qu\u2019il s\u2019agit de<\/p>\n<p>10 contrefa\u00e7ons, elle aurait r\u00e9sili\u00e9 le compte vendeur et d\u00e9truit la marchandise (et non pas renvoy\u00e9 la totalit\u00e9 des toupies,soit plusieurs milliers de pi\u00e8ces) ou d\u00e9nonc\u00e9 les faits \u00e0 la marqueENSEIGNE2.).Or en l\u2019occurrence,ENSEIGNE1.)a seulement suspendu le Contrat pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e. SOCIETE1.)souligne encore que les m\u00eames toupies ont \u00e9t\u00e9 commercialis\u00e9es sur d\u2019autres plateformes de vente en ligne, qu\u2019elle a un tr\u00e8s bon taux de satisfaction des clients sur d\u2019autres plateformes de vente et sur les sites d\u2019ENSEIGNE1.)en Europe, que les douanes fran\u00e7aises ont r\u00e9alis\u00e9 de nombreux contr\u00f4les sur la marchandise sans jamais constater aucune irr\u00e9gularit\u00e9, qu\u2019elle se conforme \u00e0 ses obligations fiscales et sociales, que son chiffre d\u2019affaires global est d\u2019approximativement 8,5 milliond\u2019euros, correspondant \u00e0 pr\u00e8s d\u2019un million de pi\u00e8ces d\u2019accessoires t\u00e9l\u00e9phoniques,tablettes et toupiesENSEIGNE2.)vendues, de sorte quelesfaits reproch\u00e9s repr\u00e9sentent un pourcentage d\u00e9risoire de contestations sur la quantit\u00e9 tr\u00e8s importante de ventesr\u00e9alis\u00e9es par la demanderesse. SOCIETE1.)conteste partant avoir mis en vente des produits contrefaits et estime qu\u2019ENSEIGNE1.)a cherch\u00e9 des pr\u00e9textes pour fermer son compte vendeur,afin d\u2019\u00e9liminer un concurrent et de s\u2019appropriersoncommerce de mani\u00e8re unilat\u00e9rale. Elle ajoutequeENSEIGNE2.)n\u2019a pas non plus entrepris d\u2019action pour contrefa\u00e7on \u00e0 son \u00e9gard et qu\u2019ENSEIGNE1.)continue \u00e0 vendre directement en mode \u00abvendu et exp\u00e9di\u00e9 parENSEIGNE1.)\u00bb des toupies dont elle pr\u00e9tend qu\u2019il s\u2019agit de contrefa\u00e7ons (lui permettant deb\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une marge sur les ventes plus \u00e9lev\u00e9e que les commissions vers\u00e9es par la demanderesse). Elle conclut qu\u2019iln\u2019existe aucun motif justifiant le maintien de la suspension du compte vendeur et le blocage du compte de paiement et elledemande la condamnation d\u2019ENSEIGNE1.)\u00e0s\u2019ex\u00e9cuter, enr\u00e9tablissant l\u2019acc\u00e8s aux comptes, et \u00e0 l\u2019indemniser de son pr\u00e9judice. En r\u00e9plique aux d\u00e9veloppements adverses relatifs \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 pourENSEIGNE1.) de restituer les fonds en raison de ses obligations d\u00e9coulant de la loimodifi\u00e9edu 12 novembre2004 relative \u00e0 la lutte contre le blanchimentet contre lefinancement du terrorisme et du lien de ces avoirs avec une infraction p\u00e9nale, elle donne \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019ENSEIGNE1.)a pr\u00e9lev\u00e9ses propres fraissur les avoirs bloqu\u00e9s. Concernant le pr\u00e9judice,SOCIETE1.)expose avoir r\u00e9alis\u00e9 un chiffre d\u2019affaires de 8.453.671.-EUR entre 2011 \u00e0 2019, dont 5.705.037.-EUR de marge, soit une marge moyenne de 633.893.-EUR par an. Elle \u00e9value son pr\u00e9judice en multipliant la marge moyenne r\u00e9alis\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es par\u00able nombre d\u2019ann\u00e9es minimum d\u2019exploitation future du commerce\u00bb, soit 6.338.930.-EUR (633.893 x 10). \u00c0 titre plus subsidiaire, en application du Contrat et des dispositions des articles 1915 et suivants du Code civil,SOCIETE1.)plaide qu\u2019SOCIETE3.)est tenue \u00e0 une obligation de restitution de r\u00e9sultat dont il est demand\u00e9 ex\u00e9cution. Elle demande la restitution des avoir bloqu\u00e9ssur le compte de paiementet la r\u00e9siliation judiciaire du Contrat aux torts des d\u00e9fenderesses. Elle estime qu\u2019ind\u00e9pendamment de la qualification des op\u00e9rations effectu\u00e9es par SOCIETE3.)d\u2019un point de vue r\u00e9glementaire (si elle re\u00e7oit ou non des d\u00e9p\u00f4ts publics<\/p>\n<p>11 et dispose des agr\u00e9ementsn\u00e9cessaires), cette derni\u00e8re d\u00e9tient pour les vendeurs tiers des comptes de paiement qu\u2019elle g\u00e8re et sur lesquels sont vers\u00e9s les fonds appartenant aux vendeurs. SOCIETE1.)demande encorela r\u00e9siliation judiciaire du Contrat auxtortsdes d\u00e9fenderesses. En d\u00e9cidant de d\u00e9sactiver le compte vendeur et en bloquantl\u2019actif et son stock, sans explication,ENSEIGNE1.)a viol\u00e9: -son obligation de restitution ou de mise \u00e0 disposition des actifs du compte de paiement, -son obligation de restitution du stock des produits entrepos\u00e9s dans les entrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.), -toutes ses obligations contractuelles de prestataire de serviceset de services de paiement, en refusantde poursuivre l\u2019ex\u00e9cution du contrat, et -son obligation de diligence et de bonne foi dans l\u2019ex\u00e9cution du contrat en refusant notamment de donner des explications compl\u00e9mentaires et de formuler des demandes claires et pr\u00e9cisesau sujet des suspicions de contrefa\u00e7on. SOCIETE1.)fait part d\u2019une communication floue, de demandesimpr\u00e9cises, impossibles\u00e0 satisfaire de la partd\u2019ENSEIGNE1.)et elle donne\u00e0consid\u00e9rer que la suspicion de contrefa\u00e7on invoqu\u00e9e parENSEIGNE1.)n\u2019\u00e9tait qu\u2019un pr\u00e9texte pour d\u00e9sactiverson compte vendeur. Ellerappelleque des toupies litigieuses\u00e9taientpar la suitevenduesdirectement parENSEIGNE1.). Au vu des nombreux manquements d\u2019ENSEIGNE1.)dans l\u2019ex\u00e9cution duContrat, elle estime qu\u2019il convient de prononcer la r\u00e9siliation judiciaire duContratet d\u2019ordonner l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice subi. Elle ajoute qu\u2019elle est emp\u00each\u00e9e de poursuivre ses activit\u00e9s commerciales en ligne, alors que la d\u00e9cision de blocaged\u2019ENSEIGNE1.) n\u2019impactepas seulement les ventes des toupies, mais tous les produits qui \u00e9taient vendus sur la plateforme, dontnotamment les accessoires de t\u00e9l\u00e9phonie. SOCIETE1.)demande encore le rejet des demandes reconventionnelles d\u2019SOCIETE2.)et d\u2019SOCIETE3.). Elle conteste toute faute, tout pr\u00e9judice r\u00e9putationnel ettoutlien de causalit\u00e9 entrela fautereproch\u00e9eet le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9. Elle demande enfin le rejet de la demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et la demande en remboursement des frais et honoraires d\u2019avocat formul\u00e9e par les d\u00e9fenderesses. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)demandentau tribunalde d\u00e9clarer irrecevables, sinon non fond\u00e9es, les demandes deSOCIETE1.). Elles demandent principalement de constater la validit\u00e9 des conditions du Contrat Business Solutions et des Conditions d\u2019Utilisation et de rejeter la demande d\u2019annulation et d\u2019inopposabilit\u00e9 desdites conditions.<\/p>\n<p>12 Subsidiairement, elles demandent de constater qu\u2019elles se sont conform\u00e9es au Contrat Business Solutions et aux Conditions d\u2019Utilisation et de rejeter les demandes adverses, y compris la demande en r\u00e9siliation du Contrat Business Solutions et des Conditions d\u2019Utilisation \u00e0 leurs torts exclusifs. Plus subsidiairement,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)demandent de constaterl\u2019absence d\u2019obligation de restitution de fonds dans le chef d\u2019SOCIETE3.), ou de produits dans le chef d\u2019SOCIETE2.)et de rejeter les demandes adverses. En tout \u00e9tat de cause, elles sollicitent la r\u00e9siliation du Contrat Business Solutions et des Conditionsd\u2019Utilisation aux torts exclusifs deSOCIETE1.). Quant aux faits,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)exposent que le service \u00abvendre sur ENSEIGNE1.)\u00bb permet \u00e0 des vendeurs de g\u00e9rer et de vendre leurs biens et services sur les diff\u00e9rents sites internet d\u2019ENSEIGNE1.)par le biais d\u2019un ou de plusieurs comptes vendeurs. A ce titre, les vendeurs consentent, d\u2019une part, au Contrat Business Solutions d\u2019SOCIETE2.), qui r\u00e8gle l\u2019acc\u00e8s et l\u2019utilisation des services d\u2019ENSEIGNE1.)et \u00e9nonce les r\u00e8gles en mati\u00e8re de vente surles sites internet d\u2019ENSEIGNE1.), et, d\u2019autre part, aux Conditions d\u2019Utilisation d\u2019SOCIETE3.), tout vendeur devant en effet ouvrir un compte de paiement aupr\u00e8s d\u2019SOCIETE3.)afinde lui permettre de recevoir tout paiement pour les ventes en ligne entre le vendeur et les acheteurs et de transf\u00e9rer ensuite les fonds re\u00e7us vers le compte bancaire du vendeur. Elles expliquent que la demanderesse a souscrit en d\u00e9cembre 2011 aux services pr\u00e9cit\u00e9sd\u2019ENSEIGNE1.)afin de vendreentre autres,des toupies de la marque ENSEIGNE2.)par le biais de plusieurs comptes vendeurs en France, Espagne, Allemagne, Italie et auRoyaume-Uni (d\u00e9sign\u00e9s ensemble comme \u00able compte vendeur\u00bb). Le 13 janvier 2020, le comptevendeurdeSOCIETE1.)a\u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9parSOCIETE2.) en raison de pr\u00e8s de 25 plaintes pour contrefa\u00e7on\u00e9manant de consommateurs et visantl\u2019authenticit\u00e9 des produits vendus parSOCIETE1.),ENSEIGNE1.)n&#039;ayant en outre pas \u00e9t\u00e9 en mesure de v\u00e9rifier que les produits vendus n\u2019\u00e9taient pas contrefaits. Elles expliquent qu\u2019afin de r\u00e9activer le compte vendeur, la demanderesse a fourni le 4 f\u00e9vrier 2020 un plan d\u2019action, qui n\u2019identifiait cependant pas les causes des plaintes et les mesures prises pour les r\u00e9soudre, et une facture d\u2019MEDIA1.).com, soci\u00e9t\u00e9 qui n\u2019estpas un distributeur autoris\u00e9 deENSEIGNE2.). Aucun \u00e9l\u00e9ment apport\u00e9 ne permettant de conclure que les produits vendus \u00e9taient authentiques,ENSEIGNE1.)a inform\u00e9 la demanderesse le 24 f\u00e9vrier 2020 que les informations communiqu\u00e9es \u00e9taient insuffisantes etqu\u2019elle devait fournir d\u2019autres factures, ainsi qu\u2019un plan d\u2019action mis \u00e0 jour. Elles ajoutent que la demanderesse a tout d\u2019abord, le 25 f\u00e9vrier 2020, soumis le m\u00eame plan d\u2019action, sans pr\u00e9cision ou d\u00e9tail suppl\u00e9mentaire, et qu\u2019elle a ensuite fourni une facture \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)\u00e0 l\u2019attention d\u2019MEDIA1.).com,ainsi qu\u2019une nouvelle fois le m\u00eame plan d\u2018action.<\/p>\n<p>13 Elles donnent \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019il n\u2019a d\u00e8s lors pas pu \u00eatre confirm\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE7.)est un distributeur autoris\u00e9 deENSEIGNE2.), les factures communiqu\u00e9es ne permettant pas de prouver que les produits vendus par SOCIETE1.)n\u2019\u00e9taient pas contrefaits et d\u2019apaiser leurs inqui\u00e9tudes quant \u00e0 la possibilit\u00e9 de nouvelles plaintes. En r\u00e9plique aux arguments adverses, elles pr\u00e9cisent quele courriel du 2 janvier 2020, auquel se r\u00e9f\u00e8re la demanderesse, date d\u2019avant le blocage du comptevendeur, alors que l\u2019investigation interne \u00e9tait toujours men\u00e9e par l\u2019\u00e9quipePerfect Order Experience et qu\u2019en avril 2022, une personne non inform\u00e9e des d\u00e9tails du dossier a contact\u00e9 la demanderesse par erreur. Elles estiment ainsi que contrairement aux affirmations deSOCIETE1.), le blocagedu comptevendeurn\u2019a pas seulement \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par les r\u00e9clamations de clients, mais la d\u00e9cision d\u2019SOCIETE2.)a \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e par une concordance d\u2019\u00e9l\u00e9ments comprenant l\u2019existence de plusieurs r\u00e9clamations de clients et l\u2019incapacit\u00e9 de la demanderesse \u00e0 fournir des \u00e9l\u00e9ments attestant de l\u2019authenticit\u00e9 des produits vendus. Elles expliquent queSOCIETE1.)disposait de la possibilit\u00e9 de faire r\u00e9activer son comptevendeurd\u00e8s que les inqui\u00e9tudes concernant son circuit d\u2019approvisionnement seraient lev\u00e9es et queSOCIETE2.)lui a demand\u00e9 (i) de fournir une facture provenant d\u2019un nouveau fournisseur autoris\u00e9 \u00e0 vendre des produits deENSEIGNE2.)refl\u00e9tant au moins 10 unit\u00e9s d\u2019inventaire, prouvant que le fournisseur actuel serait remplac\u00e9, (ii) d\u2019\u00e9tablir un plan d\u2019action expliquant la cause probable des plaintes, les actions prises pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes et \u00e9viter qu\u2019ils nese reproduisent et (iii) le cas \u00e9ch\u00e9ant de retirer les produitsENSEIGNE2.)fournis par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.) subsistant dans son inventaire. Malgr\u00e9 lefait qu\u2019il revenait \u00e0 la demanderesse de d\u00e9montrer que l\u2019origine des produits \u00e9tait authentique ou de modifier sa cha\u00eene d\u2019approvisionnement,SOCIETE2.)a lanc\u00e9 une investigation pour \u00e9claircir les raisons quiont provoqu\u00e9ces plaintes des consommateurs. Elles exposent encore, qu\u2019\u00e9tant donn\u00e9queSOCIETE1.)est un vendeur qui se fournit aupr\u00e8s d\u2019un interm\u00e9diaire, il s\u2019agissait principalement de se rassurer sur ses circuits d\u2019approvisionnement, et non pas \u00e0 ce stade de chercher \u00e0 d\u00e9montrer que les produits \u00e9taient contrefaits.SOCIETE2.)lui a d\u2019abord demand\u00e9 des factures provenant d\u2019un fournisseur autoris\u00e9 etSOCIETE1.)lui a expliqu\u00e9 \u00e0 ce moment qu\u2019elle se fournissait aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.). Cette soci\u00e9t\u00e9 n\u2019\u00e9tant pas un distributeur autoris\u00e9 de lamarqueENSEIGNE2.), la demanderesse a ensuite fourni une facture \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)\u00e0 l\u2019attention de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.). Cette facture a cependant cr\u00e9\u00e9 des doutes aupr\u00e8s d\u2019ENSEIGNE1.)quant \u00e0 sa v\u00e9racit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 il n\u2019y a pas de num\u00e9ro de facture sur le document, que l\u2019adresse ne correspond pas \u00e0 celle de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)et qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e au moyen de \u00abl\u2019\u00e9quivalent chinois de Microsoft Word\u00bb. Elle ajoute que cette facture ne correspond pas au format habituel des factures \u00e9mises par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.). Les d\u00e9fenderessesestiment que les explications deSOCIETE1.)\u00e0 cet \u00e9gard sont confuses, cette derni\u00e8re affirmant d\u2019abord que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)ne s\u2019approvisionne pas directement aupr\u00e8s du distributeur officiel,la soci\u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>14 SOCIETE7.), ensuite qu\u2019il lui serait impossible d\u2019obtenir des factures du fournisseur de son interm\u00e9diaire (en raison dela crainte dece dernier deperdre son r\u00f4le d\u2019interm\u00e9diaire) pour enfin envoyer \u00e0SOCIETE2.)une facture de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE7.). Ainsi,SOCIETE2.)au moment de l\u2019investigation initiale, n\u2019a jamais pu obtenir une confirmation que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)\u00e9tait bien elle-m\u00eame un distributeur autoris\u00e9 de la marqueENSEIGNE2.), m\u00eame si cela a entretemps \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9. Elle ajouteque les preuves d\u2019authenticit\u00e9 des produits vers\u00e9es parSOCIETE1.)datent de 2017 et qu\u2019elles sont relatives \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE8.)(et non \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE6.)), de sorte qu\u2019elles ne permettent pas de d\u00e9montrer que les produits fournis par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)et vendus par la demanderesse en 2019 \u00e9taient authentiques. M\u00eame si la demanderesse pr\u00e9sente les deux revendeurs, la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE8.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.), comme une seule entit\u00e9, elle rel\u00e8veque ni les noms, ni les adresses de ces entit\u00e9snecorrespondent. Elle ajoute que le fait queSOCIETE1.)ne se fournissequ\u2019aupr\u00e8s d\u2019interm\u00e9diaireset non aupr\u00e8s d\u2019un fabricantautoris\u00e9 est confirm\u00e9 par les \u00e9changes entreENSEIGNE2.) et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.), qui a indiqu\u00e9 \u00e0ENSEIGNE2.)ne pas avoir de relation commerciale avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE8.). Les d\u00e9fenderesses estiment d\u00e8s lors queSOCIETE1.)n\u2019estpas en mesure de prouver l\u2019authenticit\u00e9 de son circuit d\u2019approvisionnement et l\u2019authenticit\u00e9 de ses produits, sinon qu\u2019ellea refus\u00e9 de modifier ses circuits d\u2019approvisionnement. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)plaident encore qu\u2019elles ont contact\u00e9 le fabricant et d\u00e9tenteur des marques,ENSEIGNE2.)et lui ont envoy\u00e9 des \u00e9chantillons des produits vendus.ENSEIGNE2.), apr\u00e8s avoir analys\u00e9 l\u2019emballage des produits, le mode d\u2019emploi et les produits eux-m\u00eames, a confirm\u00e9 dans son Rapport qu\u2019au moins une partie des produits vendus parSOCIETE1.)au moment du blocage desoncompte vendeursont des contrefa\u00e7ons. Elles pr\u00e9cisent avoir conserv\u00e9 quelques \u00e9chantillons pour leur analyse et que la demanderesse reconna\u00eet elle-m\u00eame qu\u2019un des produits envoy\u00e9s \u00e0ENSEIGNE2.)provient de son stock (le mod\u00e8le BB70 envoy\u00e9 par ENSEIGNE3.)). Ellesconcluent qu\u2019ilestd\u00e9montr\u00e9 aujourd\u2019hui qu\u2019au moins une partie des produits vendus \u00e9taient contrefaits et queSOCIETE1.)n\u2019a pas d\u00e9montr\u00e9 sa volont\u00e9 de modifier son circuit d\u2019approvisionnement afin d\u2019obtenir une garantie que des marchandises contrefaites ne seront plus vendues. Elles plaident \u00e9galement que ni les demandes de r\u00e9approvisionnement effectu\u00e9es avant d\u2019obtenir la conclusion de l\u2019investigation quant aux suspicions de contrefa\u00e7on, ni le fait queSOCIETE1.)ait vendu d\u2019autres produits que les toupies,nepeuvent remettre encause le fait que la demanderesse a commercialis\u00e9des toupies via des interm\u00e9diaires et que ces produits se sont av\u00e9r\u00e9s contrefaits. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)contestent encore l\u2019affirmation adversequ\u2019ellesne disposaient pas d\u2019unepreuve de contrefa\u00e7on au moment de la d\u00e9cision de suspension,au motifque ce n\u2019est pas le crit\u00e8re qui doit \u00eatre appliqu\u00e9 pour d\u00e9terminer<\/p>\n<p>15 le caract\u00e8re justifi\u00e9 ou non de la suspension. La d\u00e9cision de suspendre le compte vendeurde la demanderesse ne requ\u00e9rait pas de disposer de preuve de contrefa\u00e7on \u00e0 ce stade, maisrequ\u00e9raitseulement des suspicions r\u00e9elles et s\u00e9rieusesde contrefa\u00e7on. Cette suspicion \u00e9tait pr\u00e9sente,alors que la demanderesse \u00e9tait incapable de d\u00e9montrer sa chaine d\u2019approvisionnement et cessuspicions ont \u00e9t\u00e9 corrobor\u00e9es par la suite par des \u00e9l\u00e9ments probants. D\u00e8s lors queSOCIETE1.)a vendu, m\u00eame de fa\u00e7on involontaire, au moins certains produits contrefaits en 2019 et qu\u2019il existait \u00e0 l\u2019\u00e9poque des indices s\u00e9rieux de contrefa\u00e7on, les mesuresadopt\u00e9es pour limiter les cons\u00e9quences des activit\u00e9s ill\u00e9gales \u00e9taient justifi\u00e9es. Elles estiment que lesarguments adverses tir\u00e9s descontr\u00f4les effectu\u00e9s par la douane fran\u00e7aise,dutaux de satisfaction des clients,dela pr\u00e9tendue insignifiance du chiffre d\u2019affaires pour les produits concern\u00e9s,du respect deses obligations fiscales et sociales etdela commercialisation par d\u2019autres vendeurs de toupiessimilaires, ne sont pas pertinents. Elles contestent encore les affirmations adverses que le but du blocage ducompte vendeur \u00e9tait de permettre \u00e0SOCIETE2.)de vendre directement des toupies et qu\u2019une telle vente ait eu lieu. En droit,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)exposent que la politique anti-contrefa\u00e7on d\u2019ENSEIGNE1.)interdit express\u00e9ment la vente sur les sites d\u2019ENSEIGNE1.)de marchandises non authentiques ou sous une marque non autoris\u00e9e. Outre la possibilit\u00e9 de la suspension du compte vendeur pr\u00e9vu dans la politique anti- contrefa\u00e7on,SOCIETE2.)est autoris\u00e9e, en vertude l\u2019article 3 du Contrat Business Solutions, de suspendre ou de mettre fin au contrat ou \u00e0 un service en d\u00e9coulant, notamment lorsque le compte vendeur est utilis\u00e9 pour une activit\u00e9 ill\u00e9gale et ou porte ou pourrait porter pr\u00e9judice aux clients ou \u00e0ENSEIGNE1.). Elles ajoutent que les articles 1.6 et 2.7 des Conditions d\u2019Utilisation permettent de suspendre un compte de paiement et de limiter la disponibilit\u00e9 du solde de ce compte, lorsqueSOCIETE3.)suspecte que ce compte est utilis\u00e9 de mani\u00e8re frauduleuse ou d\u2019une mani\u00e8re inhabituelle par rapport aux op\u00e9rations ant\u00e9rieures et que l\u2019article 5.3 desdites conditions permet \u00e0SOCIETE3.)de suspendre le service etdebloquer l\u2019acc\u00e8s au compte vendeur, notamment en cas de violation des termes des Conditions d\u2019Utilisation, de fournitures d\u2019informations fausses, incompl\u00e8tes, inexactes ou trompeusesou d\u2019implication dans des activit\u00e9s frauduleusesou ill\u00e9gales. Elles pr\u00e9cisent que les suspensionsne durent que tant queles raisons de suspicion persistentet que les vendeurs ont la possibilit\u00e9 de demander la r\u00e9activation de leur compte suspendu. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)plaidentprincipalementque le ContratBusiness Solutions et les Conditions d\u2019Utilisation sont valables etopposables, de sorte qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de prononcer leur annulation. Elles exposent que la condition purement potestative au sens de l\u2019article 1170 du Code civil est \u00e0 d\u00e9finir de mani\u00e8re restrictive, seules les conditionsquid\u00e9pendent \u00e0 la<\/p>\n<p>16 fois\u00abdiscr\u00e9tionnairement etsans inconv\u00e9nient\u00bbde la seule volont\u00e9 du d\u00e9biteur, \u00e9tant prohib\u00e9es. En l\u2019occurrence, elles estiment que la possibilit\u00e9desuspendre, voire demettre fin au Contrat Business Solutions ou aux Conditions d\u2019Utilisation en cas de soup\u00e7ons n\u2019est ni libre, ni arbitraire, en ce qu\u2019elle est fond\u00e9e sur des consid\u00e9rations objectives susceptibles d\u2019un contr\u00f4le judiciaire. Elles pr\u00e9cisent que les dispositions contractuelles am\u00e9nagent la charge de la preuve entre les parties, permettant \u00e0ENSEIGNE1.)de ne devoir prouver qu\u2019un soup\u00e7on de contrefa\u00e7on et non l\u2019activit\u00e9 ill\u00e9gale en elle-m\u00eame. Ainsi,SOCIETE2.)etSOCIETE3.) ne peuvent recourir \u00e0 la suspension d\u2019uncomptevendeurquequandil existe un faisceau d\u2019indices, soit des donn\u00e9es objectives tendant \u00e0 conclure qu\u2019il existe une suspicion que les comptes sont utilis\u00e9s pour vendre des produits contrefaits. Elles ajoutent que l\u2019opportunit\u00e9 de la suspension d\u2019uncomptevendeurest susceptible d\u2019une v\u00e9rificationa posteriori, notamment par voied\u2019expertise et de contr\u00f4le judiciaire, et qu\u2019elle n\u2019est pas potestative. Par ailleurs, la suspension d\u2019un compte vendeur est une mesure temporaire qui peut \u00eatre \u00abrenvers\u00e9e\u00bb \u00e0 tout moment. Elles n\u2019ont d\u2019ailleurs aucun int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique \u00e0 suspendreuncomptevendeur\u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elles subissent une perte dechiffre d\u2019affairesen cas de suspension. En l\u2019occurrence la d\u00e9cision d\u2019ENSEIGNE1.)de proc\u00e9der \u00e0 la suspension ducompte vendeurest bas\u00e9e sur des consid\u00e9rations objectives et v\u00e9rifiables li\u00e9es au nombre de plaintes et\u00e0l\u2019absence de toute information ou document deSOCIETE1.)permettant de pr\u00e9senter avec certitude ses circuits d\u2019approvisionnement. Elles donnent \u00e0 consid\u00e9rer que la clause 3 du Contrat Business Solutions permet une suspension parSOCIETE1.)du contrat avec effet imm\u00e9diat sans devoir se justifier, tandis queSOCIETE2.)nepeut mettre fin \u00e0 la relation contractuellesans se justifier que sous r\u00e9serve d\u2019un pr\u00e9avis de 30 jours, sauf dans des circonstances graves (notamment lorsque le compte vendeur est utilis\u00e9 pour une activit\u00e9 ill\u00e9gale) dans lesquelles une suspension ou r\u00e9siliation avec effet imm\u00e9diatestpermise. Elles concluent que cette clause n\u2019est ni g\u00e9n\u00e9rale, ni arbitraire, ni constitutive d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre significatif, mais qu\u2019elle est pr\u00e9cise et proportionn\u00e9e. En r\u00e9plique aux d\u00e9veloppements adverses, elles plaident que la jurisprudence fran\u00e7aise invoqu\u00e9e parSOCIETE1.)est bas\u00e9esur l\u2019article L.442-6 ducode de commerce fran\u00e7ais relatif aux clauses abusives entre commer\u00e7ants qui n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent en droit luxembourgeois et que le litige concernait une autre clause que celleinvoqu\u00e9e en l\u2019esp\u00e8cepar les demanderesses pour justifier la suspension du compte vendeur. Elles se r\u00e9f\u00e8rent encore \u00e0 une d\u00e9cision de la Cour d\u2019appel de Munich du 20 octobre 2021 qui a retenu qu\u2019en application des Conditions d\u2019Utilisation il revenait au vendeur de d\u00e9monter qu\u2019il n\u2019a pas vendu des produits contrefaits. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)concluent que le but des clauses critiqu\u00e9es est de lutter contre la vente de produits contrefaits et non d\u2019instaurer un d\u00e9s\u00e9quilibre des forces.<\/p>\n<p>17 A titre subsidiaire,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)plaident queSOCIETE1.)n\u2019a pas respect\u00e9 ses obligations contractuelles. Premi\u00e8rement, concernant la suspension du compte vendeur, elles soutiennent, sur base des articles 1101 et 1134 du Code civil, qu\u2019elles ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0cettesuspension et aublocage des fonds conform\u00e9ment auxdispositions contractuelles du Contrat BusinessSolutionset des Conditions d\u2019Utilisation. Elles se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 la politique anti-contrefa\u00e7on (relative \u00e0 la vente de produits authentiques et la possibilit\u00e9 de suspension du compte vendeur),\u00e0l\u2019article 3 du Contrat Business Solutions, aux articles 1.6 et 2.7 des Conditions d\u2019Utilisation (suspension du compte vendeur en cas de suspicion d\u2019utilisation de mani\u00e8re frauduleuse ou inhabituelle par rapport aux op\u00e9rations ant\u00e9rieures) et\u00e0l\u2019article 5.3 des Conditions d\u2019Utilisation (possibilit\u00e9 de suspendre le service et bloquer l\u2019acc\u00e8s au compte vendeur). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, elles exposent que le comptevendeuret le compte de paiement de SOCIETE1.)ont \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9s pour les raisons suivantes: -les plaintes pour contrefa\u00e7on \u00e9mises par les consommateurs et le fonctionnement deSOCIETE1.)en tant que revendeur, -lors de l\u2019enqu\u00eate r\u00e9alis\u00e9e parSOCIETE2.)avant la suspension ducompte vendeur, la demanderesse n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 capable de fournir les preuves de l\u2019authenticit\u00e9 de ses produits, de sorte qu\u2019il existait des suspicions r\u00e9elles et s\u00e9rieuses de contrefa\u00e7on, -la vente de produits contrefaits sur les sitesENSEIGNE1.), m\u00eame partielle ou de mani\u00e8re inconsciente repr\u00e9sente une activit\u00e9 interdite au regard de la politique anti-contrefa\u00e7on, donc une violation du Contrat Business Solutions et des Conditions d\u2019Utilisation, et -toute violation du Contrat Business Solutions ou des Conditions d\u2019Utilisation peut conduire \u00e0 la suspension du compte vendeur ou du compte de paiement. Elles pr\u00e9cisent que la suspension ne requiert pas la d\u00e9monstration positive d\u2019une contrefa\u00e7on, mais la d\u00e9monstration de suspicions r\u00e9elles et s\u00e9rieuses de contrefa\u00e7on. Elles donnent \u00e0 consid\u00e9rer queSOCIETE1.)n\u2019a pas d\u00fb d\u00e9montrer que les produits vendus sont authentiques (par exemple par un certificat d\u2019authenticit\u00e9 ou en d\u00e9montrant que la cha\u00eene d\u2019approvisionnement conduitin fine\u00e0 un fournisseur autoris\u00e9 de la marque) et queENSEIGNE2.)aconfirm\u00e9 qu\u2019au moins une partie des produits vendus parSOCIETE1.)\u00e9taitcontrefaite. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)plaident encore que ni le fait que la demanderesse a un bon taux de satisfaction aupr\u00e8s des consommateurs, ni le fait que la relation commerciale entre parties a dur\u00e9e plusieurs ann\u00e9es, ni le fait que d\u2019autres vendeurs vendent des \u00abcopies\u00bb, ne peuvent remettre en cause queSOCIETE1.)a viol\u00e9 le Contrat Business Solutions, les Conditions d\u2019Utilisation et lapolitique anti-contrefa\u00e7on. Elles contestent encore les affirmations adversessuivant lesquellesENSEIGNE1.) aurait vendu les toupies litigieuses en direct et qu\u2019SOCIETE2.)aurait refus\u00e9 de donner des explications quant \u00e0 la raison de la suspension ducomptevendeur(des<\/p>\n<p>18 demandes claires et pr\u00e9cises pour rem\u00e9dier \u00e0 la situation ayant \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es par SOCIETE2.)qui a indiqu\u00e9 \u00e0SOCIETE1.)les d\u00e9marches \u00e0 suivre pour r\u00e9activer son compte). Deuxi\u00e8mement, concernant les demandes de r\u00e9paration formul\u00e9es parSOCIETE1.), SOCIETE2.)etSOCIETE3.)s\u2019opposent tant \u00e0 la demande deSOCIETE1.)en r\u00e9tablissement de l\u2019acc\u00e8s au comptevendeuret en restitution des avoirs pr\u00e9sents sur le compte de paiement, qu\u2019\u00e0 la demande deSOCIETE1.)en indemnisation pour perte d\u2019exploitation \u00e0 hauteur de 6.338.930.-EUR. Elles plaident qu\u2019ellesn\u2019avaientpas pour intention de suspendre le comptevendeur et le compte de paiement de mani\u00e8re d\u00e9finitive, mais qu\u2019ils ne pouvaientpas \u00eatre r\u00e9activ\u00e9s carSOCIETE1.)ne leur assuraitpas que \u00able dernier maillon de la cha\u00eene d\u2019approvisionnement est un fournisseur autoris\u00e9 deENSEIGNE2.)\u00bb, cequi\u00f4terait tout doute relatif aux contrefa\u00e7ons. Elles pr\u00e9cisent que, m\u00eame si certaines commandes ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es aupr\u00e8s d\u2019un autre fournisseur,MEDIA1.).com, SOCIETE1.)souhaitait continuer \u00e0 exploiter la vente des toupies command\u00e9esaupr\u00e8s dela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.), outre le fait que les produits propos\u00e9s \u00e0 la vente sont contrefaits selon le Rapport. Elles estiment encore qu\u2019SOCIETE3.)ne peut pas restituer les avoirs pr\u00e9sents sur le compte de paiement, un tel transfert de fonds engageantsa responsabilit\u00e9 p\u00e9nale. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)contestent encore la r\u00e9alit\u00e9 dudommage \u00e0 hauteur de 6.338.930.-EUR et le lien de causalit\u00e9 entre les pr\u00e9tendus manquements et le dommage all\u00e9gu\u00e9. Elles pr\u00e9cisent que le dommage all\u00e9gu\u00e9 n\u2019est pas licite, alors qu\u2019il provient d\u2019une activit\u00e9 ill\u00e9gale, \u00e0 savoir la vente de produits contrefaits, et qu\u2019il ne peut pas s\u2019analyser en une perte de profits, mais tout au plus en une perte de la chance de r\u00e9aliser des profits potentiels. Elles plaident encore que le pr\u00e9judice est hypoth\u00e9tique,alors qu\u2019elles auraient pu mettre fin \u00e0 larelation contractuelle \u00e0 tout moment moyennant un pr\u00e9avis et que la demanderesse ne prouve pas que la marge moyenne r\u00e9alis\u00e9 esur les sites ENSEIGNE1.)entre 2011 et 2019 aurait \u00e9t\u00e9 la m\u00eame pour les 10 ann\u00e9es \u00e0 venir. Elles donnent \u00e0 consid\u00e9rer que le chiffre d\u2019affaires deSOCIETE1.)a commenc\u00e9 \u00e0 baisser en 2019 et que les toupies peuvent se vendre via d\u2019autres moyens de distribution et d\u2019autres sites internet. Elles concluent au rejet de la demande au motif que le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 n\u2019est pas prouv\u00e9, sinon quel\u2019indemnisation peut tout au plus correspondre \u00e0 la part duchiffre d\u2019affaires d\u00e9coulant des ventes effectu\u00e9es sur une p\u00e9riode de 30 jours, voire 2 mois (soit 27.924,03 EUR, voire 55.848,06 EUR), alors que le Contrat Business Solutions et les Conditions d\u2019Utilisation sont des contrats \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e pouvant \u00eatre r\u00e9sili\u00e9s \u00e0 tout moment sans avoir \u00e0 se justifier,moyennant un pr\u00e9avis de 30 jours, respectivementde2 mois. Troisi\u00e8mement, quant \u00e0 la destruction des stocks,SOCIETE2.)etSOCIETE3.) pr\u00e9cisent qu\u2019elleneconcerne que les unit\u00e9sNUMERO6.)et non pas tous les produits ENSEIGNE2.)deSOCIETE1.). Elles plaident, sur base de l\u2019article 7 du Contrat Business Solutions aff\u00e9rent au stockage et\u00e0la restitution des produits entrepos\u00e9s<\/p>\n<p>19 dans les entrep\u00f4ts, qu\u2019en raison des plaintespourcontrefa\u00e7on\u00e9mises par les consommateurs,dufonctionnement deSOCIETE1.)en tant que revendeur etdes justifications insuffisantes fournies par la demanderesse etdela confirmation obtenue parENSEIGNE2.), il peut \u00eatre d\u00e9duit que les produits vendus sont des contrefa\u00e7ons. Comme le produit r\u00e9sultant de la vente deces marchandises constitue le produit d\u2019une infraction p\u00e9nale sous-jacente associ\u00e9e au blanchiment d\u2019argent, vis\u00e9e par l\u2019article 506-1 du Code p\u00e9nal, elles concluent qu\u2019SOCIETE2.)a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 bon droit \u00e0 la destruction de 120 unit\u00e9s stock\u00e9es dans les entrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.). Plus subsidiairement,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)plaident qu\u2019SOCIETE3.)n\u2019est pas tenue d\u2019une obligation de restitution des avoirs pr\u00e9sents sur le compte de paiement deSOCIETE1.). Elles plaident qu\u2019SOCIETE3.)est soumise \u00e0 la surveillance de la Commission de Surveillance du Secteur Financier en tant qu\u2019\u00e9tablissement de monnaie \u00e9lectronique et qu\u2019elle dispose d\u2019un agr\u00e9ment pour ex\u00e9cuter des op\u00e9rations de paiement, mais pas d\u2019un agr\u00e9ment pour d\u00e9tenir des fonds de tiers (r\u00e9serv\u00e9 aux banques et \u00e9tablissements de cr\u00e9dit). Elles ajoutent que si certesSOCIETE3.)g\u00e8re les comptes de paiement et les transferts de fonds, elle n\u2019est pas d\u00e9positaire de fonds de tiers et aucun contrat de d\u00e9p\u00f4t n\u2019a \u00e9t\u00e9 conclu entre les parties. Elles estiment qu\u2019SOCIETE3.), en rendant les fonds, se rend coupable ou complice de l\u2019infraction p\u00e9nale de blanchiment d\u2019argent et engage sa responsabilit\u00e9 p\u00e9nale. En application de la politique anti-contrefa\u00e7on, de l\u2019article 2.7 des Conditions d\u2019Utilisation et de l\u2019article 82 de la loimodifi\u00e9edu 10 novembre 2009 relative aux services de paiement,SOCIETE3.)ne dispose de la facult\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 la restitution des fonds qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9elle est certaine que les produits mis en vente par la demanderesse ne sont pas des contrefa\u00e7ons. Encore plus subsidiairement,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)demandent le rejet de la demande en r\u00e9siliation du Contrat Business Solutions et des Conditions d\u2019Utilisation aux torts d\u2019ENSEIGNE1.), aux motifs qu\u2019elles n\u2019ont commis aucune faute dans l\u2019ex\u00e9cution du Contrat et que le blocageducompte vendeur et du compte de paiement deSOCIETE1.)\u00e9tait justifi\u00e9. A titre reconventionnel,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)sollicitent, sur base de l\u2019article 1184 du Code civil, la r\u00e9siliation du Contrat Business Solutions et des Conditions d\u2019Utilisation aux torts de la demanderesse. Elles demandent en outre chacune la condamnation deSOCIETE1.)au paiement d\u2019une indemnisation \u00e0 hauteur de 20.000.-EUR pour atteinte \u00e0 leurs r\u00e9putations. SOCIETE2.)demande \u00e9galement, sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil, la condamnationdeSOCIETE1.)au paiement du montant de 30.000.-EUR au titre des frais et honoraires d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s. Enfin,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)demandent chacune la condamnation de SOCIETE1.)au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 3.000.-EUR sur le fondement de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>20 Motifs de la d\u00e9cision Les demandes, introduites dans les forme et d\u00e9lai de la loi, sont recevables. 1.Quant aux demandes deSOCIETE1.) SOCIETE1.)base sa demande sur les articles 1170 et 1174 du Code civil, en soutenant que les articles 1.6, 2.7 et 5.3 desConditions d\u2019Utilisationconclues avec SOCIETE3.), ainsi que l\u2019article 3 du Contrat Business Solutionsconclu avec SOCIETE2.), sont \u00e0 qualifierde \u00abconditions potestatives\u00bb au sens de l\u2019article 1170 du Code civil et qu\u2019elles sont \u00e0 d\u00e9clarer nulles, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1174 du m\u00eame code. Subsidiairement,SOCIETE1.)base sa demande sur le droit commun des contrats, en particulier les articles 1101, 1134 et 1142 du Code civil, en exposant que les d\u00e9fenderesses n\u2019ont pas respect\u00e9 leurs obligations contractuelles. A titre plus subsidiaire, elle demande la r\u00e9siliation judiciaire du Contrat aux torts des d\u00e9fenderesses et elle base sa demande enrestitution des fonds sur les r\u00e8gles du contrat de d\u00e9p\u00f4t pr\u00e9vues par les articles 1915 et suivants du Code civil. SOCIETE3.)etSOCIETE2.)demandent de d\u00e9clarer les demandes deSOCIETE1.) non fond\u00e9es et elles demandent la r\u00e9siliation judiciaire du Contrat aux torts de SOCIETE1.). 1.1.La demande sur base des articles 1170 et 1174 du Code civil A l\u2019appui de sa demande,SOCIETE1.)fait valoir que les articles 1.6, 2.7 et 5.3 des Conditions d\u2019Utilisationconclues avecSOCIETE3.), ainsi que l\u2019article 3 duContrat Business Solutionsconclu avecSOCIETE2.), qui donnent le droit \u00e0ENSEIGNE1.)de bloquer arbitrairement le compte d\u2019un vendeur et de suspendre l\u2019ex\u00e9cution de ses prestations de services et de ses services de paiement pour une raison quelconque, sont \u00e0 qualifier de \u00abconditions potestatives\u00bb et \u00e0 d\u00e9clarer nulles \u00e0 ce titre. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)plaident que lesdites clauses sont valables et opposables. Aux termes de l\u2019article 1170 du Code civil, la condition potestative est celle qui fait d\u00e9pendre l\u2019ex\u00e9cution de la convention d\u2019un \u00e9v\u00e8nement qu\u2019il est au pouvoir de l\u2019une ou de l\u2019autre des parties contractantes de faire arriver ou d\u2019emp\u00eacher. Pour d\u00e9terminer si une clause contractuelle correspond \u00e0 cette d\u00e9finition, il faut examiner si ellecr\u00e9e concr\u00e8tement un d\u00e9s\u00e9quilibre des forces \u00e9conomiques en pr\u00e9sence et si elle permet au d\u00e9biteur de tenir le cr\u00e9ancier \u00e0 sa merci. L\u2019article 1174 du m\u00eame code dispose que toute obligation est nulle lorsqu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 contract\u00e9e sous une condition potestative de la part de celui qui s\u2019oblige.<\/p>\n<p>21 Le d\u00e9biteur d\u2019une obligation s\u2019est engag\u00e9 sous une condition potestative, lorsqu\u2019il d\u00e9pend de son seul pouvoir discr\u00e9tionnaire de d\u00e9cider qu\u2019il ex\u00e9cutera ou non ladite obligation. Cette condition est dite purement potestative. En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019article 1.6 (Limites applicables aux Comptes) desConditions d\u2019Utilisationd\u2019SOCIETE3.)stipule que \u00ab[\u2026] Nonobstant les limites applicables aux comptes, nous pouvons retarder, suspendre ou rejeter l\u2019ex\u00e9cution d\u2019unetransaction provenant de tout acheteur ou suspendre un Compte si nous soup\u00e7onnons la transaction ou le Compte d\u2019\u00eatre utilis\u00e9(e) sans autorisation, frauduleusement, de mani\u00e8re suspecte ou \u00eatre d\u2019une quelconque autre mani\u00e8re inhabituelle sur base de l\u2019historique des transactions ou en application de nos contr\u00f4les internes de lutte contre la fraude\u00bb et l\u2019article 2.7 (Virements) desdites conditions stipule que \u00ab[\u2026] En plus de toute limite applicable aux comptes, nous pouvons restreindre les transactions sur ou depuis votre Compte ou limiter l\u2019acc\u00e8s au et la disponibilit\u00e9 du solde de votre Compte pour les montants et la p\u00e9riode que nous estimons n\u00e9cessaires pour notre protection et celle des autres utilisateurs si: (a) nous sommes expos\u00e9s \u00e0 un risque financier[\u2026], (b) nous vous suspectons d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019un des termes de ce Contrat, (c) nous ne sommes pas en mesure de v\u00e9rifier votre identit\u00e9, (d) une r\u00e9clamation est en cours concernant votre Compte ou les transactions effectu\u00e9es en rapport avec celui-ci ou (e)cela est n\u00e9cessaire pour prot\u00e9ger la s\u00e9curit\u00e9 de nos syst\u00e8mes. [\u2026]\u00bb. L\u2019article 5.2 (R\u00e9siliation par Vous) desConditions d\u2019Utilisationd\u2019SOCIETE3.)stipule que \u00abSauf en cas d\u2019accord \u00e9crit express de votre part, vous pourrez r\u00e9silier ce Contrat \u00e0 tout moment en contactant le service clients et en fermant votre Compte [\u2026]\u00bb. L\u2019article 5.3 (Suspension ou R\u00e9siliation par Nous) desdites conditions stipule que \u00ab Sauf accord express \u00e9crit, nous pouvons r\u00e9silier le Service et ce Contrat pour toute raison et \u00e0tout moment moyennant une notification pr\u00e9alable de deux (2) mois effectu\u00e9e par \u00e9crit. Sans limiter ce qui pr\u00e9c\u00e8de, nous pouvons suspendre le Service et bloquer l\u2019acc\u00e8s \u00e0 votre Compte (y compris, sans limitation, l\u2019acc\u00e8s aux fonds sur votre Compte) si (a)vous avez viol\u00e9 les termes de ce Contrat, (b) nous estimons que vous repr\u00e9sentez un risque inacceptable pour nous, (c) vous fournissez ou avezfourni des informations fausses, incompl\u00e8tes, inexactes ou trompeuses (en ce compris, mais sans limitation, les informations d\u2019inscription) ou \u00eates impliqu\u00e9 dans une activit\u00e9 frauduleuse ou ill\u00e9gale, (d) nous avons des inqui\u00e9tudes concernant la s\u00e9curit\u00e9 de votre Compte, y compris celle de vos Identifiants, ou (e) nous suspectons une utilisation non-autoris\u00e9e ou frauduleuse de votre Compte ou de toute information de paiement dans votre Compte. Dans ces circonstances, nous vous informerons de la suspension de votre Compte et des raisons de celle-ci avant la suspension lorsque cela est possible, et au plus tard imm\u00e9diatement apr\u00e8s celle-ci, except\u00e9 si nous estimons que vous fournir ces informations compromettrait des mesures de s\u00e9curit\u00e9 ou est interdit par la loi applicable. Nous r\u00e9activerons votre Compte ou vos Identifiants, ou le ou les replacerons, le cas \u00e9ch\u00e9ant, unefois que les raisons de la suspension auront \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9es. [\u2026]\u00bb. Ces stipulations permettent, d\u2019une part, \u00e0SOCIETE1.)de r\u00e9silier le contrat avec effet imm\u00e9diat, et, d\u2019autre part, \u00e0SOCIETE3.)de r\u00e9silier le contrat avec un pr\u00e9avis de deux mois et de suspendre ou bloquer l\u2019acc\u00e8s au compte notamment en cas de manquement fautif du cocontractant ou de suspicion d\u2019activit\u00e9 frauduleuse.<\/p>\n<p>22 L\u2019article 3 (Dur\u00e9e et r\u00e9siliation) du Contrat Business Solutions d\u2019SOCIETE2.)critiqu\u00e9 parSOCIETE1.)stipule : \u00ab[\u2026] Vouspouvez \u00e0 tout moment mettre fin \u00e0 votre utilisation de tout Service ou mettre fin \u00e0 ce Contrat, imm\u00e9diatement apr\u00e8s nous avoir averti [\u2026]. Nous pouvons mettre fin \u00e0 votre utilisation des Services sous r\u00e9serve d\u2019un pr\u00e9avis de trente (30) jours. Nous pouvons suspendre ou mettre un terme \u00e0 votre utilisation de tout Service ou mettre un terme au pr\u00e9sent Contrat, imm\u00e9diatement si nous d\u00e9terminons que (a) vous avez de mani\u00e8re substantielle enfreint le Contrat et n\u2019avez pas rem\u00e9di\u00e9 au probl\u00e8me dans les sept (7) jours suivant une notification pour correction, \u00e0 moins que votre violation ne nous expose \u00e0 une responsabilit\u00e9 envers un tiers auquel cas, nous serons en droit de r\u00e9duire ou de renoncer \u00e0 la p\u00e9riode corrective susmentionn\u00e9e \u00e0 notre discr\u00e9tion dans une mesure raisonnable ; (b) votre compte a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 ou notre syst\u00e8me de contr\u00f4le identifie qu\u2019il pourrait \u00eatre utilis\u00e9 pour une activit\u00e9 trompeuse, frauduleuse ou ill\u00e9gale ; ou (c) votre utilisation des Services a port\u00e9 pr\u00e9judice ou notre syst\u00e8me de contr\u00f4le identifie qu\u2019il pourrait porter pr\u00e9judice \u00e0 d\u2019autres vendeurs, des clients ou aux int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes d\u2019ENSEIGNE1.)[\u2026]\u00bb. Cette stipulation permet, d\u2019une part, \u00e0SOCIETE1.)de r\u00e9silier le contrat avec effet imm\u00e9diat et d\u2019autre part, \u00e0SOCIETE2.)de r\u00e9silier le contrat avec un pr\u00e9avis d\u2019un mois et de suspendre ouder\u00e9silier le contrat avec effet imm\u00e9diat en cas de manquement fautif du cocontractant, de suspicion d\u2019activit\u00e9 trompeuse, frauduleuse ou ill\u00e9gale, ou en cas de pr\u00e9judice port\u00e9 \u00e0 un tiers ou \u00e0ENSEIGNE1.)elle-m\u00eame. Le tribunal rel\u00e8ve que si les clauses litigieuses 1.6, 2.7 et 5.3 desConditions d\u2019Utilisation, ainsi que la clause3 du Contrat Business Solutions, critiqu\u00e9es par SOCIETE1.), ouvrent \u00e0 l\u2019une des parties contractantes,ENSEIGNE1.),la facult\u00e9 de mettre un terme au Contrat dans les conditions \u00e9num\u00e9r\u00e9es ci-dessus, elles n\u2019ont cependant pas pour effet de faire d\u00e9pendre l\u2019ex\u00e9cution du Contrat d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qu\u2019une seule partie a le pouvoir de faire survenir ou d\u2019emp\u00eacher. Lesdites clauses de r\u00e9siliation permettant aux d\u00e9fenderesses de mettre fin \u00e0 leurs obligations, ne s\u2019analysent donc pas en une condition, de sorte que les articles pr\u00e9cit\u00e9s relatifs aux conditions potestatives ne trouvent pas \u00e0 s\u2019appliquer. Il convient de pr\u00e9ciser \u00e0 cet \u00e9gard que la d\u00e9cision jurisprudentielle cit\u00e9e par SOCIETE1.), outre le fait qu\u2019elle a trait \u00e0 une clause de rupture d\u2019un contrat permettant \u00e0 l\u2019une des parties une rupture sans pr\u00e9avis, ne retient pas que les clauses de r\u00e9siliation constituent des conditions potestatives, mais que la r\u00e9siliation avec effet imm\u00e9diat est constitutive d\u2019un d\u00e9s\u00e9quilibre en ce qu\u2019elle est g\u00e9n\u00e9rale, discr\u00e9tionnaire, impr\u00e9cise, en raison de l\u2019absence de pr\u00e9avis au regard de l\u2019article L.442-6 1 2\u00b0 du code de commerce fran\u00e7ais pr\u00e9voyant qu\u2019\u00ab engage la responsabilit\u00e9 de son auteur, et l\u2019oblige \u00e0 r\u00e9parer le pr\u00e9judice caus\u00e9, le fait, par tout commer\u00e7ant : [\u2026] 2\u00b0 de soumettre ou tenter de soumettre un partenaire commercial \u00e0 des obligations cr\u00e9ant un d\u00e9s\u00e9quilibre significatif dans les droits et obligations des parties \u00bb, disposition qui n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent en droit luxembourgeois. Il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que la demande deSOCIETE1.)tendant \u00e0 la nullit\u00e9 des clauses de r\u00e9siliation pr\u00e9vuesaux articles 1.6, 2.7 et 5.3 desConditions<\/p>\n<p>23 d\u2019Utilisationd\u2019SOCIETE3.)et \u00e0 l\u2019article 3 du Contrat Business Solutions d\u2019SOCIETE2.),fond\u00e9e sur l\u2019article 1174 du Code civil,est \u00e0 rejeter. 1.2.La demande bas\u00e9e sur le droit commun des contrats A l\u2019appui de sa demande,SOCIETE1.)expose qu\u2019SOCIETE2.)etSOCIETE3.)n\u2019ont pas respect\u00e9 leurs obligations contractuelles en bloquant et en d\u00e9sactivant le compte vendeur de la demanderesse. Elle demande sur base des articles 1101, 1134 et 1142 du Code civil d\u2019ordonner \u00e0SOCIETE2.)de r\u00e9tablir l\u2019acc\u00e8s au compte vendeur de la demanderesse et d\u2019ordonner \u00e0SOCIETE3.)de restituer les avoirs sur le compte de paiement de la demanderesse, \u00e0 hauteur de 9.744,22 EUR et de 1.081,60 GBP, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux. Elle demande encore la condamnation solidaire, sinonin solidum, sinon chacun pour le tout, d\u2019SOCIETE2.)et d\u2019SOCIETE3.)au paiement du montant de 6.338.930.-EUR \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats pour perte exploitation depuis le blocage de son compte vendeur. Elle demande, en outre, la condamnation d\u2019SOCIETE2.)au paiement du montant de 3.000.-EUR, sinon tout autre montant \u00e0 dire d\u2019expert ou \u00e9valuerex aequo et bono, \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats en raison de la destruction de ses 120 produits stock\u00e9s dans lesentrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.). 1.2.1.Quant \u00e0 la demande en r\u00e9tablissement de l\u2019acc\u00e8s au compte vendeur SOCIETE1.)demande la r\u00e9activation de son compte vendeur. Elle plaide que la d\u00e9cision de d\u00e9sactiver le compte est bas\u00e9e sur des all\u00e9gations,ENSEIGNE1.)restant en d\u00e9faut de rapporter la preuve de la contrefa\u00e7on au moment de sa d\u00e9cision. Elle estime encore s\u2019\u00eatreconform\u00e9e\u00e0 toutes les exigences d\u2019ENSEIGNE1.), en fournissant notamment le plan d\u2019action et la facture d\u2019un nouveau fournisseur et elle conteste toute contrefa\u00e7on. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)s\u2019opposent \u00e0 la demande et plaident que la d\u00e9cision de suspensiondu compte vendeur ne requiert pas la d\u00e9monstration positive d\u2019une contrefa\u00e7on, mais la d\u00e9monstration de suspicions r\u00e9elles et s\u00e9rieuses de contrefa\u00e7ons. Elles plaident encore qu\u2019il ressort du Rapport que les toupies vendues sont des contrefa\u00e7ons. Il convient d\u2019analyser dans un premier temps la validit\u00e9 de la d\u00e9cision de blocage du compte vendeur deSOCIETE1.)et ensuite, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la demande de SOCIETE1.)en ex\u00e9cution du Contrat. 1.2.1.1.Quant \u00e0 la validit\u00e9 de la suspension du compte vendeur de SOCIETE1.) L\u2019article 1134 du Code civil disposeque\u00ables conventions l\u00e9galement form\u00e9es tiennent lieu de loi \u00e0 ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9es que de leurconsentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise. Elles doivent \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es de bonne foi\u00bb.<\/p>\n<p>24 Le tribunal rappelle que les parties peuvent invoquer une clause de r\u00e9siliation unilat\u00e9rale pr\u00e9vue au contrat ou tirer argument d&#039;un mauvais comportement pour mettre fin au contrat. En effet, les parties peuvent, lors de la formation du contrat, convenir d\u2019une clause de r\u00e9siliation et elles peuvent librement fixer les modalit\u00e9s de cette facult\u00e9 de r\u00e9siliation. Il en est de m\u00eame pour les clauses de suspension de la relation contractuelle. Ces modalit\u00e9s pr\u00e9vues contractuellement par les parties vont alors s\u2019imposer \u00e0 elles, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1134 du Code civil, et elles ne pourront pas arguer qu\u2019une r\u00e9siliation ou suspension faite en conformit\u00e9 avec ces modalit\u00e9s est irr\u00e9guli\u00e8re. Tel que le tribunal l\u2019a retenu ci-avant, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 3 du Contrat Business Solutions, les parties ont express\u00e9ment convenu qu\u2019SOCIETE2.)peut suspendre ou r\u00e9silier le Contrat en cas d\u2019activit\u00e9 trompeuse, frauduleuse ou ill\u00e9gale, ou en cas de suspicion d\u2019une telle activit\u00e9 (\u00ab[\u2026] votre compte a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 ou notre syst\u00e8me de contr\u00f4le identifie qu\u2019il pourrait \u00eatre utilis\u00e9 pour une activit\u00e9 trompeuse, frauduleuse ou ill\u00e9gale\u00bb). Ainsi, contrairement aux affirmations de la demanderesse, il n\u2019est pas exig\u00e9 d\u2019SOCIETE2.)de rapporter la preuve de la contrefa\u00e7on ou une enqu\u00eate, mais il lui appartient de pr\u00e9ciser et d\u2019\u00e9tayerles soup\u00e7ons de contrefa\u00e7on par des \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels de preuve qui sont clairs, par opposition \u00e0 une preuve concr\u00e8te et irr\u00e9futable d\u2019une contrefa\u00e7on. Afin d\u2019examiner la validit\u00e9 de la suspension du compte vendeur parSOCIETE2.), il convient d\u00e8s lors de retracer le d\u00e9tail des \u00e9changes de courriels entre les parties. Par courriel du2 janvier 2020(cf.pi\u00e8ce 35 de Ma\u00eetre Thomas Walster),ENSEIGNE1.) a inform\u00e9SOCIETE1.)que \u00ab[\u2026]lesALIAS1.)sNUMERO7.)andNUMERO5.)sont bien actives comme indiqu\u00e9 fin novembre. En fait, il semble que le probl\u00e8me avec ces deuxALIAS1.)s ne vient pas d\u2019un soup\u00e7on de toupie non officielle (j\u2019avais bien contact\u00e9 l\u2019\u00e9quipe en charge de la surveillance de la conformit\u00e9 qui m\u2019avait confirm\u00e9 que les ASI[N]s \u00e9taient bien actives). Le probl\u00e8me vient du fait que l\u2019inventaire de ces deux Asins soitindiqu\u00e9 en \u00abstock r\u00e9serv\u00e9\u00bb [\u2026]\u00bb. Par courriel du13 janvier 2020(cf.pi\u00e8ce 9 de Ma\u00eetre Thomas Berger), la \u00abPolitique Performance Vendeur\u00bb d\u2019ENSEIGNE1.)a inform\u00e9SOCIETE1.)que son compte vendeur a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sactiv\u00e9 au motif que \u00abwe received complaints about the authenticity of the items listed at the end of this email[ALIAS1.)NUMERO4.),NUMERO8.), NUMERO5.)etNUMERO9.)].In order to ensure that customers can shop with confidence onENSEIGNE1.), we take \u201cinauthentic\u201d complaints seriously. The sale of counterfeit products onENSEIGNE1.)is strictly prohibited. We reviewed the invoices you sent in the past month and we were not able to verify that your supplier is an authorized distributor ofENSEIGNE2.)\u00bb. ENSEIGNE1.)a indiqu\u00e9 en outre \u00e0SOCIETE1.)qu\u2019elle a besoin, afin de pouvoir r\u00e9activer son compte vendeur, d\u2019une part, de copies des factures finales ou re\u00e7us d\u2019un nouveau fournisseur autoris\u00e9 \u00e0 revendre des produitsENSEIGNE2.)concernant au moins dix unit\u00e9s d\u2019inventaire (comprenant les donn\u00e9es de contact dudit fournisseur),<\/p>\n<p>25 et, d\u2019autre part, d\u2019un plan d\u2019action exposant notamment les probl\u00e8mes qui ont caus\u00e9 les plaintes relatives \u00e0 l\u2019authenticit\u00e9 des produits, les actions entreprises afin de r\u00e9soudre lesdits probl\u00e8mes et les mesures prises pour pr\u00e9venir de futures plaintes. Elle a encore inform\u00e9SOCIETE1.)que dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 les informations demand\u00e9es ne sont pas re\u00e7ues end\u00e9ans un d\u00e9lai de 17 jours, ou apr\u00e8s deux appels infructueux, le compte vendeur peut \u00eatre d\u00e9sactiv\u00e9. Elle a pr\u00e9cis\u00e9 encore \u00e0 la demanderesse de l\u2019informer au cas o\u00f9 son compte vendeur a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sactiv\u00e9 en raison d\u2019une erreur, notamment en raison d\u2019une plainte faite par un vendeur concurrent. Le4 f\u00e9vrier 2020(cf.pi\u00e8ces 9 \u00e0 11 de Ma\u00eetre Thomas Walster),SOCIETE1.)a inform\u00e9 ENSEIGNE1.)qu\u2019elle a soumis le plan d\u2019action (reprenant la cause du probl\u00e8me et les actions entreprises pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me), ainsi qu\u2019une facture de 10 unit\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019un nouveau fournisseur,MEDIA1.).com, du 2 f\u00e9vrier 2020, pour lesALIAS1.) NUMERO4.)(ENSEIGNE2.)Metal Fight BB 70),NUMERO8.)(ENSEIGNE2.)Metal Fight BB 123),NUMERO5.)(ENSEIGNE2.)Metal Fight BB 119) etNUMERO9.) (ENSEIGNE2.)Metal Fight BB 28). Par courriel du11 f\u00e9vrier 2020(cf.pi\u00e8ce 11 de Ma\u00eetre Thomas Walster),ENSEIGNE1.) a inform\u00e9SOCIETE1.)qu\u2019elle ne dispose pas \u00abd\u2019informations suffisantes pour r\u00e9activer vos mises en vente pour le moment. Nous ne pouvons pas accepter cette facture, carnous ne sommes pas en mesure de v\u00e9rifier les informations relatives au fournisseur. Suite de la proc\u00e9dure Vos mises en vente pour les articles ci-dessous[NUMERO9.)etNUMERO10.)] resteront inactives. Si nous recevons d\u2019autres plaintes concernant vos mises en vente, nous nous r\u00e9servons le droit de d\u00e9sactiver votre compte vendeurENSEIGNE1.)\u00bb. Par courriel du24 f\u00e9vrier 2020(cf.pi\u00e8ce 7 de Ma\u00eetre Thomas Walster),ENSEIGNE1.) a inform\u00e9 \u00e0 nouveauSOCIETE1.)qu\u2019elle ne dispose pas d\u2019informations suffisantes pour r\u00e9activer le compte vendeur. Pour r\u00e9activer le compte,ENSEIGNE1.)demande de lui envoyer les informations suivantes: \u00ab1)Copies d\u2019autres factures ou r\u00e9c\u00e9piss\u00e9s \u00e9mis par votre fournisseur au cours des 365 derniers jours pourENSEIGNE2.)\/ENSEIGNE2.)items: &#8212;Ces documents doivent refl\u00e9ter votre volume de ventes au cours des 365 derniers jours. &#8212;Veuillez inclure les coordonn\u00e9es de votre fournisseur (nom, num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone, adresse et site Web). Nous pr\u00e9serverons la confidentialit\u00e9 des coordonn\u00e9es de votre fournisseur. &#8212;Vous avez le droit de masquer les informations de tarification, mais vous devez vous assurer de la bonne visibilit\u00e9 du reste du document. Pour faciliter l\u2019examen des \u00e9l\u00e9ments fournis, mettez en surbrillance ou entourez lesALIAS1.)en cours de r\u00e9vision. 2)Un plan d\u2019action mis \u00e0 jour contenant:<\/p>\n<p>26 &#8212;Des d\u00e9tails suppl\u00e9mentaires sur le(s) probl\u00e8me(s) \u00e0 l\u2019origine des plaintes concernant l\u2019authenticit\u00e9 de vos articles. &#8212;Des d\u00e9tails suppl\u00e9mentaires sur les mesures que vous avez prises pourr\u00e9soudre les probl\u00e8mes qui ont entra\u00een\u00e9 les plaintes concernant l\u2019authenticit\u00e9 de vos articles. &#8212;Des d\u00e9tails suppl\u00e9mentaires sur les \u00e9tapes que vous avez mis en place pour \u00e9viter de futures plaintes concernant l\u2019authenticit\u00e9 de vos articles\u00bb. Par courriel du25 f\u00e9vrier 2020(cf.pi\u00e8ce 12 de Ma\u00eetre Thomas Berger),SOCIETE1.) a soumis le m\u00eame plan que celui qu\u2019elle avaitd\u00e9j\u00e0 communiqu\u00e9 par courriel du 4 f\u00e9vrier 2020. Par courriel du27 f\u00e9vrier 2020(cf.pi\u00e8ce 13 de Ma\u00eetre Thomas Berger),ENSEIGNE1.) a inform\u00e9SOCIETE1.)qu\u2019elle ne dispose pas \u00abd\u2019informations suffisantes pour r\u00e9activer votre compte\u00bb au motif qu\u2019elle n\u2019a \u00abpas envoy\u00e9 suffisamment [d\u2019]informations demand\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment pour r\u00e9pondre \u00e0 nos questions\u00bb et que le compte vendeur reste d\u00e9sactiv\u00e9. Elle l\u2019a encore inform\u00e9 que les fonds pr\u00e9sents sur le compte vendeur peuvent \u00eatre retenus si elleconstateque le \u00abcompte a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour vendre des produits non authentiques ou interdits, que vous avez fraud\u00e9 ou que vous exercez une activit\u00e9 ill\u00e9gale ou abusive\u00bb. Par courriel du2 mars 2020(cf.pi\u00e8ce 14 de Ma\u00eetre Thomas Berger),SOCIETE1.)a soumis une nouvelle fois le m\u00eame plan que celui communiqu\u00e9 par courriel du 4 f\u00e9vrier 2020 en pr\u00e9cisant qu\u2019elle rappelle \u00ab\u00e9galement \u00e0 titre indicatif que ces mod\u00e8les ont \u00e9t\u00e9 vendus depuis pr\u00e8s de dix ans par dizaine de milliers avec un taux de satisfaction record. Je vous invite \u00e9galement \u00e0 v\u00e9rifier que ce n\u2019est pas un concurrent qui veut nous nuire\u00bb. Outre la facture d\u2019MEDIA1.).com du 2 f\u00e9vrier 2020 et le document d\u00e9taillant les \u00abALIAS1.)des Produits de la facture\u00bb, elle a joint \u00e0 son courriel un document intitul\u00e9 \u00abInvoicemaniVG200201126\u00bb, soit la facture du 19 f\u00e9vrier 2020 adress\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)\u00e0 l\u2019attention d\u2019MEDIA1.).com (cf.pi\u00e8ce 6 de Ma\u00eetre Thomas Berger). Par courriel du3 mars 2020(cf.pi\u00e8ce 15 de Ma\u00eetre Thomas Walster),ENSEIGNE1.) a inform\u00e9SOCIETE1.)qu\u2019elle n\u2019a \u00abpas fourni suffisamment d\u2019informations pour r\u00e9activer votre compte\u00bb. Le16 juin 2020,SOCIETE1.)a assign\u00e9ENSEIGNE1.)devant le pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement, si\u00e9geant comme juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s, pour faire cesser le blocage arbitraire et lib\u00e9rer les fonds lui appartenant. Le tribunal pr\u00e9cise qu\u2019il ne dispose pas d\u2019autres \u00e9changes de courriels. Il ressort cependant des d\u00e9veloppements, non contest\u00e9s, d\u2019ENSEIGNE1.)queSOCIETE1.)l\u2019a inform\u00e9e qu\u2019elle se fournissait aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE6.)et a communiqu\u00e9 \u00e0 ce titre une facture \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)\u00e0 l\u2019attention de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE6.)(cf.pi\u00e8ce 5 de Ma\u00eetre Thomas Berger). En l\u2019occurrence, il se d\u00e9gage des \u00e9changes de courriels qu\u2019ENSEIGNE1.)a inform\u00e9 SOCIETE1.)de l\u2019existence de soup\u00e7ons de contrefa\u00e7on relatifs \u00e0 quatre produits.<\/p>\n<p>27 Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, par courriel du 13 janvier 2020,ENSEIGNE1.)a inform\u00e9 SOCIETE1.)que son compte vendeur a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sactiv\u00e9 au motif qu\u2019elle a re\u00e7u des plaintes concernant l\u2019authenticit\u00e9 des produitsSOCIETE10.),NUMERO8.), NUMERO5.)etNUMERO9.)et qu\u2019elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 en mesure de v\u00e9rifier, sur base des factures soumises par la demanderesse, que le fournisseur de cette derni\u00e8re est un revendeur autoris\u00e9 deENSEIGNE2.). Par la suite, elle a inform\u00e9SOCIETE1.)que les soup\u00e7ons ne concernaient que les produitsNUMERO9.)etNUMERO8.). Le tribunal tient \u00e0 pr\u00e9ciser \u00e0 cet \u00e9gard que les deux autres r\u00e9f\u00e9rences sont celles \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans le courriel d\u2019ENSEIGNE1.)du 2 janvier 2020, dans lequelENSEIGNE1.)avait indiqu\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas de \u00absoup\u00e7on de toupie non officielle\u00bb. Afin d\u2019\u00e9tayer ses soup\u00e7ons de contrefa\u00e7on,ENSEIGNE1.)se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 plusieurs plaintes \u00e9mises par des consommateurs (cf.pi\u00e8ce 4 de Ma\u00eetre Thomas Berger). Le tribunal rel\u00e8ve que si certaines de ces 25 plaintes font double emploi (n\u00b06\/7 et n\u00b012\/13) ou ont trait \u00e0 d\u2019autres produits que les toupiesENSEIGNE2.)(n\u00b024 et n\u00b025), la majorit\u00e9 de ces plaintes n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e parSOCIETE1.), dont notamment celles relatives aux produitsNUMERO4.)(n\u00b02 et n\u00b03),NUMERO9.)(n\u00b04 et n\u00b05), NUMERO5.)(n\u00b011) etNUMERO8.)(n\u00b016), ces plaintes \u00e9mettant toutes des doutes quant \u00e0l\u2019authenticit\u00e9des produits. Le fait qu\u2019il s\u2019agissede \u00abquantit\u00e9s d\u00e9risoires\u00bb selon la demanderesse ne porte cependant pas \u00e0 cons\u00e9quence, la clause de suspension ne donnant aucune pr\u00e9cision ni quant au nombrede plaintes requises, ni quant \u00e0 leurfr\u00e9quence, mais fait \u00e9tat d\u2019\u00abune\u00bb activit\u00e9 trompeuse, frauduleuse ou ill\u00e9gale. Dans la mesure o\u00f9 la clause de suspension de plein droit est une clause du contrat, elle demeure, comme toutes les autres stipulations, soumise au principe de l&#039;ex\u00e9cution debonne foi formul\u00e9 par l&#039;article 1134, alin\u00e9a 3, du Code civil, de sorte que le cr\u00e9ancier a le devoir de faciliter \u00e0 son contractant l&#039;ex\u00e9cution de ses engagements. Conform\u00e9ment au principe de l\u2019ex\u00e9cution de bonne foi des contrats,ENSEIGNE1.)a sollicit\u00e9aupr\u00e8s deSOCIETE1.)des explications quant aux plaintes en demandant notamment des copies des factures finales ou re\u00e7us d\u2019un nouveau fournisseur autoris\u00e9 \u00e0 revendre des produitsENSEIGNE2.)concernant au moins dix unit\u00e9s d\u2019inventaire (comprenant les donn\u00e9es de contact dudit fournisseur), des clarifications quant \u00e0 son fournisseur actuel, ainsi qu\u2019un plan d\u2019action. Si certesSOCIETE1.)a r\u00e9pondu \u00e0 la demande du 13 janvier 2020 d\u2019ENSEIGNE1.)et a fourni le 4 f\u00e9vrier 2020 un plan d\u2019action, ainsi qu\u2019une facture du fournisseur MEDIA1.).com, elle n\u2019a plus donn\u00e9 suite aux demandes d\u2019informations additionnelles \u00e9mises parENSEIGNE1.). En effet, en date du 11 f\u00e9vrier 2020,ENSEIGNE1.)a indiqu\u00e9 que la facture d\u2019MEDIA1.).com n\u2019est pas \u00abaccept\u00e9e\u00bb, lesinformations relatives au fournisseur n\u2019\u00e9tant pas v\u00e9rifiables, et en date du 24 f\u00e9vrier 2020,ENSEIGNE1.)a demand\u00e9 des copies d\u2019autres factures ou r\u00e9c\u00e9piss\u00e9s \u00e9mis par son fournisseur, ainsi qu\u2019un plan d\u2019action mis \u00e0 jour contenantdes d\u00e9tails suppl\u00e9mentaires sur les probl\u00e8mes \u00e0 l\u2019origine<\/p>\n<p>28 des plaintes concernant l\u2019authenticit\u00e9 des articles, sur les mesures prises pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes et sur les \u00e9tapes mises en place pour \u00e9viter de futures plaintes. Or,SOCIETE1.)a soumis les 25 f\u00e9vrier 2020 et 2 mars 2020 le m\u00eame plan d\u2019action que celui du 4 f\u00e9vrier 2020, sans aucune mise \u00e0 jour ou explication additionnelle. De m\u00eame, concernant les informations relatives \u00e0 son fournisseur actuel, il ne ressort pas non plus des pi\u00e8ces queSOCIETE1.)a soumis des factures additionnelles de son fournisseur actuel, \u00e0 part celle d\u00e9j\u00e0 communiqu\u00e9e. Il ne se d\u00e9gage pas non plus des \u00e9l\u00e9ments du dossier queSOCIETE1.)a fourni des explications concernant son circuit d\u2019approvisionnement ou a indiqu\u00e9 les raisons pour lesquelles elle est dans l\u2019impossibilit\u00e9 de fournir des informations concernant son fournisseur actuel. Le tribunal rel\u00e8ve enfin qu\u2019il ressort des d\u00e9veloppements de SOCIETE1.) qu\u2019ENSEIGNE1.)\u00e9tait dispos\u00e9e \u00e0 la r\u00e9ouverture du compte vendeur siMEDIA1.).com \u00e9taitle fournisseur principal, mais que la demanderesse a r\u00e9pondu par la n\u00e9gative au motif qu\u2019MEDIA1.).com n\u2019avait pas la structure n\u00e9cessaire pour valider des commandes aussi importantes, sans pour autant communiquer le nom d\u2019un autre nouveau fournisseur. Ainsi, contrairement \u00e0 ses affirmations,SOCIETE1.)ne s\u2019est pas conform\u00e9e \u00e0 toutes les exigences d\u2019ENSEIGNE1.)afin de lever les soup\u00e7ons de contrefa\u00e7ons. Sous ce rapport, les faits queSOCIETE1.)aitdes bonnes \u00e9valuations clients, qu\u2019elle aitpass\u00e9 le contr\u00f4le des douanes, qu\u2019elle aitun chiffre d\u2019affaires cons\u00e9quent ou qu\u2019elle se soitconform\u00e9e \u00e0 ses obligations fiscales, ne portent pas \u00e0 cons\u00e9quence. Il r\u00e9sulte de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que le blocage du compte vendeur deSOCIETE1.)parSOCIETE2.)en janvier 2020 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 en violation des dispositions contractuelles. 1.2.1.2.Quant \u00e0 la demande en ex\u00e9cution du Contrat SOCIETE1.)plaide que depuis la suspension du compte vendeur aucune preuve de la contrefa\u00e7on n\u2019est rapport\u00e9e et qu\u2019il est \u00e9tabli que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE7.)est un revendeur officiel deENSEIGNE2.)et elle demande, sur base des articles 1101, 1134 et 1142 du Code civil,la r\u00e9activation de son compte vendeur et la restitution des avoirs.Elle conteste sous ce rapport la validit\u00e9 du Rapport. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)s\u2019y opposent au motif que le\u00abcircuit de distribution de SOCIETE1.)n\u2019est toujours pas clair\u00bb et queENSEIGNE2.)a entretemps confirm\u00e9 dans son Rapport que les produits vendus sont contrefaits. Afin de prosp\u00e9rer dans son action dirig\u00e9e \u00e0 l\u2019encontred\u2019SOCIETE2.)etd\u2019SOCIETE3.), SOCIETE1.)doit \u00e9tabliruneinex\u00e9cution ouuneex\u00e9cution d\u00e9fectueuse par les d\u00e9fenderessesde l\u2019une des obligations qui s\u2019inscrivaient dans le champ contractuel entre parties.<\/p>\n<p>29 SOCIETE1.)reproche tout d\u2019abord aux d\u00e9fenderesses d\u2019avoir bloqu\u00e9 l\u2019acc\u00e8s au comptevendeur en l\u2019absence de toute preuve de contrefa\u00e7on. La contrefa\u00e7on \u00e9tant un fait juridique, par application des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales du droit de la preuve, la preuve de la contrefa\u00e7onpeut \u00eatre apport\u00e9e par tous moyens, dont notamment un rapport d\u2019expertise. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)se basent sur le Rapport,SOCIETE1.)estimant n\u00e9anmoins qu\u2019il ne peut pas valoir rapport d\u2019expertise. Elle plaide tout d\u2019abord que ni l\u2019identit\u00e9, ni la qualit\u00e9 de l\u2019auteur n\u2019est d\u00e9clin\u00e9e dans le Rapport et qu\u2019iln\u2019est pas ind\u00e9pendant, mais \u00abd\u00e9note un amateurisme certain\u00bb. Force est de constater que si les diff\u00e9rents \u00abAppraisal Results\u00bb des toupies ne sont pas sign\u00e9s (cf.pi\u00e8ces 20 a) \u00e0 20 d) de Ma\u00eetre Thomas Berger), ils sont accompagn\u00e9s d\u2019un courrier sign\u00e9 intitul\u00e9 \u00abDeclaration of Non-authenticity\u00bb du 30 septembre 2021 deSOCIETE11.)Ltd (actuellementENSEIGNE2.)) adress\u00e9 \u00e0SOCIETE2.), qui pr\u00e9cise que les \u00abAppraisal Results\u00bb des toupies BB 70, BB 119, BB 122, BB 105 et BB 108 y sont annex\u00e9s. Ces \u00abAppraisal Results\u00bbet la \u00abDeclaration of Non- authenticity\u00bb ont encore \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s par courriel du 1 er octobre 2021 par un employ\u00e9 deSOCIETE11.)Ltd \u00e0SOCIETE2.)(cf.pi\u00e8ce 20 deMa\u00eetre Thomas Berger). Contrairement aux affirmations deSOCIETE1.), tant l\u2019identit\u00e9 que la qualit\u00e9 de l\u2019auteur du Rapport sont partant connues. Le Rapport est \u00e9galement impartial,ENSEIGNE2.) n\u2019\u00e9tant pas partie au litige. En ce qui concerne la forme du Rapport, le tribunal rel\u00e8ve qu\u2019ila\u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement vers\u00e9 aux d\u00e9bats par les d\u00e9fenderesses et qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 contradictoirement discut\u00e9, de sorte qu\u2019il y a lieu de le prendre en consid\u00e9ration comme \u00e9l\u00e9ment de preuve de l\u2019existence ou non de la contrefa\u00e7on et qu\u2019il ne peut \u00eatre \u00e9cart\u00e9 en raison de son seul caract\u00e8re informel. Il s\u2019ensuit que le tribunal peut y puiser des \u00e9l\u00e9ments de conviction. SOCIETE1.)plaide ensuite que le Rapport n\u2019analyse pas les toupies qu\u2019elle a vendues surENSEIGNE1.), d\u2019une part au motif qu\u2019il s\u2019agit d\u2019autres mod\u00e8les et qu\u2019ils ne proviennent pas de son stock, et, d\u2019autre part, que les toupies n\u2019ont pas d\u2019\u00e9tiquette personnalis\u00e9e,appos\u00e9e parSOCIETE1.), indiquant le mode d\u2019emploi des toupies en fran\u00e7ais. Il ressort des d\u00e9veloppements deSOCIETE1.)qu\u2019elle commercialisait notamment les produits portant lesALIAS1.)NUMERO4.)(ENSEIGNE2.)Metal Fight BB 70), NUMERO8.)(ENSEIGNE2.)Metal Fight BB 123),NUMERO5.)(ENSEIGNE2.)Metal Fight BB 119) etNUMERO9.)(ENSEIGNE2.)Metal Fight BB 28). Le Rapport, quant \u00e0 lui, concerneles toupies BB 70 et BB 119, BB 122, BB 105 et BB 108 (cf.pi\u00e8ces 20 a) \u00e0 20 d) deMa\u00eetre Thomas Berger). D\u00e8s lors, les mod\u00e8les BB 70 et BB 119 analys\u00e9s parENSEIGNE2.)(cf.pi\u00e8ces 20 a) et 20 b) de Ma\u00eetre Thomas Berger) sont des mod\u00e8les de toupies qui ont \u00e9t\u00e9 vendus parSOCIETE1.).<\/p>\n<p>30 Le tribunal rel\u00e8ve qu\u2019il ressort tant des affirmations de lademanderesse (\u00aben exp\u00e9diant plusieurs mod\u00e8les n\u2019appartenant pas \u00e0SOCIETE1.), \u00e0 l\u2019exception du mod\u00e8le BB70 qui est attest\u00e9 par l\u2019envoi duENSEIGNE3.)\u00bb), que des pi\u00e8ces, qu\u2019ENSEIGNE1.)a envoy\u00e9 en date du 7 juillet 2021 deux exemplaires des toupies BB 70du stock deSOCIETE1.)\u00e0ENSEIGNE2.)pour analyse (cf.pi\u00e8ce 22 de Ma\u00eetre Thomas Berger). Contrairement aux affirmations de la demanderesse, l\u2019\u00e9tiquette personnalis\u00e9e indiquant en fran\u00e7ais le mode d\u2019emploi de la toupie, appos\u00e9e sur l\u2019emballage par SOCIETE1.), figure \u00e9galement sur le produit analys\u00e9 parENSEIGNE2.)et est visible au point 5 du \u00abAppraisal Results\u00bb de la toupie BB 70 sur la photo juxtaposant l\u2019original et la contrefa\u00e7on (cf.pi\u00e8ce 20 a) de Ma\u00eetre Thomas Berger). Ces moyens ne sauraient partant valoir. Le tribunal rel\u00e8ve ensuite qu\u2019il ressort du Rapport que la toupie BB 70 analys\u00e9e est une contrefa\u00e7on. ENSEIGNE2.)rel\u00e8ve dans son analyse, entre autres, des incoh\u00e9rences entre les num\u00e9ros figurant sur l\u2019emballage et les produits (point 1),des incoh\u00e9rences concernant le code relatif \u00e0 la date de production de la toupie (point 2), des incoh\u00e9rences dans l\u2019impression, les couleurs et les photos des lanceurs figurant sur les emballages (points 3 et 4), l\u2019absence de carte IC (point 5) et des diff\u00e9rences dans les couleurs et les formes des toupies et les num\u00e9ros y figurant (points 6 et 7). Le moyen deSOCIETE1.)suivant lequelle Rapport ne met pas en cause la qualit\u00e9 des mat\u00e9riaux, mais seulement le packaging, ne saurait partant valoiretl\u2019affirmation de la demanderessesuivant laquelleles diff\u00e9rences relev\u00e9es s\u2019expliquent par des changements danslacha\u00eene de production n\u2019est \u00e9tay\u00e9epar aucune pi\u00e8ce. Enfin, en ce qui concerne l\u2019argument de la demanderesse que le code A0813figurant sur latoupie BB 70 analys\u00e9e figure \u00e9galement sur des produits vendus directement parENSEIGNE1.), le tribunal rel\u00e8ve que, outre le fait queSOCIETE1.)ne tire aucune cons\u00e9quence en droit de cette affirmation, la question d\u2019une \u00e9ventuelle vente directe de toupies parENSEIGNE1.)ne fait pas l\u2019objet du litige, de sorte que les d\u00e9veloppements pr\u00e9sent\u00e9s parSOCIETE1.)quant \u00e0 une vente parENSEIGNE1.)de toupies contrefaites sont d\u00e9nu\u00e9s de pertinence. Malgr\u00e9 le fait que la toupie BB 70 n\u2019\u00e9tait plus \u00e9num\u00e9r\u00e9e dans le courriel du 11 f\u00e9vrier 2020 d\u2019ENSEIGNE1.)relatif aux raisons de la suspension du compte vendeur, le tribunal rappelle qu\u2019il s\u2019agit n\u00e9anmoins d\u2019un produit commercialis\u00e9 parSOCIETE1.). Il r\u00e9sulte de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent queles d\u00e9fenderesses ont valablement invoqu\u00e9 la contrefa\u00e7on comme motif de suspension du compte vendeur. SOCIETE1.)reproche encore \u00e0ENSEIGNE1.)d\u2019avoir bloqu\u00e9 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de son compte vendeur. La vente de produits contrefaits peut porter atteinte \u00e0 la r\u00e9putation de la marque dont l\u2019authenticit\u00e9 est compromise et peut \u00e9galement entra\u00eener une perte de confiance et de fid\u00e9lit\u00e9 des consommateurs pour le d\u00e9taillant en ligne.<\/p>\n<p>31 Compte tenu des risques, notamment financiers, associ\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9sence de produits de contrefa\u00e7on,ENSEIGNE1.)a l\u00e9gitimement pu perdre confiance dans les qualit\u00e9s deSOCIETE1.), cette perte de confiance \u00e9tant la cons\u00e9quence de la violation de SOCIETE1.)de ses obligations contractuelles. A cela s\u2019ajoute queSOCIETE1.)n\u2019a pas non plus propos\u00e9 un nouveau fournisseur, permettant de commercialiser des toupiesENSEIGNE2.)par un autre circuit de distribution. Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent et en l\u2019absence d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner \u00e0SOCIETE2.)de r\u00e9tablir l\u2019acc\u00e8s au compte vendeur de la demanderesseetd\u2019ordonner \u00e0SOCIETE3.)de restituer les avoirs sur le compte de paiement. 1.2.2.Quant \u00e0 la demande en indemnisation pour la perte d\u2019exploitation SOCIETE1.)demande, sur base des principes de la responsabilit\u00e9 contractuelle, sinon d\u00e9lictuelle, la condamnation solidaire, sinonin solidum, sinon chacun pour le tout, d\u2019SOCIETE2.)et d\u2019SOCIETE3.)au paiement du montant de 6.338.930.-EUR, sinon tout autre montant \u00e0 dire expert ou \u00e0 \u00e9valuerex aequo etbono, \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats pour perte exploitation depuis lasuspension de son compte vendeur. SOCIETE2.)etSOCIETE3.)s\u2019opposent \u00e0 la demande en r\u00e9paration formul\u00e9e. Elles contestent tout pr\u00e9judice dans le chef de la demanderesse et toute faute dans leurs propres chefs. La mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 contractuelle au sens des articles 1142 et suivants du Code civil suppose la r\u00e9union de trois conditions : une faute ou une inex\u00e9cution contractuelle, un dommage et un lien de causalit\u00e9 entre cette inex\u00e9cution contractuelle et le dommage. Pour qu\u2019il y ait responsabilit\u00e9 contractuelle, il ne suffit pas que le dommage ait \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un contrat, il faut encore qu\u2019il r\u00e9sulte de l\u2019inex\u00e9cution d\u2019une obligation, principale ou accessoire,engendr\u00e9e par le contrat \u00e0 charge de l\u2019un des cocontractants. Il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que la suspension des comptes de SOCIETE1.)parENSEIGNE1.)n\u2019\u00e9tait pas fautive, de sorte que la demande en indemnisation deSOCIETE1.)de son pr\u00e9judice \u00e9conomique all\u00e9gu\u00e9 est \u00e0 rejeter sur toutes les bases invoqu\u00e9es. 1.2.3.Quant\u00e0la demande en indemnisation pour la destruction des produits stock\u00e9s SOCIETE1.)demande encoresur base des principes de la responsabilit\u00e9 contractuelle, sinon d\u00e9lictuelle, la condamnation d\u2019SOCIETE2.)au paiement du montant de 3.000.-EUR, sinon tout autre montant \u00e0 dire d\u2019expert ou \u00e9valuerex aequo<\/p>\n<p>32 et bono, \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats en raison de la destruction de ses 120 produits stock\u00e9s dans les entrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.). Elle explique que \u00ab120 unit\u00e9s\u00bb, portant lar\u00e9f\u00e9renceNUMERO6.)dont le \u00abprix de vente moyen \u00e9tait de 27,90 euros pi\u00e8ce\u00bb,ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites, sans notification pr\u00e9alable,ni la moindre explication, en novembre 2020, parSOCIETE2.). SOCIETE2.)conteste la demandeen indemnisation. Elle soutient qu\u2019elle \u00e9tait, en application de l\u2019article 7 du Contrat Business Solutions relatif au stockage et la non- restitution de produits, en droit de proc\u00e9der \u00e0 la destruction de \u00ab120 unit\u00e9s stock\u00e9es dansles entrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.)\u00bb, portant la r\u00e9f\u00e9renceNUMERO6.), et que le pr\u00e9judice n\u2019est pas licite, le produit de la vente des unit\u00e9s d\u00e9truites constituant une infraction p\u00e9nale sous-jacente associ\u00e9e au blanchiment d\u2019argent. La mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 contractuelle ausens des articles 1142 et suivants du Code civil suppose la r\u00e9union de trois conditions : une faute ou une inex\u00e9cution contractuelle, un dommage et un lien de causalit\u00e9 entre cette inex\u00e9cution contractuelle et le dommage. SOCIETE1.)doit d\u00e8s lors, pourprosp\u00e9rer dans sa demande, rapporter la preuve de la violation d\u2019une obligation contractuelle parSOCIETE2.)et du pr\u00e9judice qu\u2019elle all\u00e8gue avoir subi en relation avec l\u2019inex\u00e9cution reproch\u00e9e. La preuve du dommage ob\u00e9it aux r\u00e8gles ordinaires de preuve telles qu\u2019elles se d\u00e9gagentde l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile etdes articles 1315 et suivants du Code civil, ce qui signifie que la victime est oblig\u00e9e de prouver l\u2019existence et l\u2019\u00e9tendue du pr\u00e9judice pour lequel elle demande r\u00e9paration. Eu \u00e9gard aux contestationsde la d\u00e9fenderesse, il appartient ainsi \u00e0 la demanderesse de rapporter la preuve du pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9. Le tribunal rel\u00e8veque,si certesSOCIETE2.)ne conteste pas avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la destruction de\u00ab120unit\u00e9s\u00bb portant la r\u00e9f\u00e9renceNUMERO6.),SOCIETE1.) n\u2019explique pas autrement \u00e0 quel objet (toupies ou accessoires t\u00e9l\u00e9phoniques) sinon \u00e0 quel mod\u00e8le de toupie correspondent ces\u00abunit\u00e9s\u00bb d\u00e9truites et elle ne verse pas non plus de pi\u00e8ces probantes permettant d\u2019identifier lar\u00e9f\u00e9renceNUMERO6.). Le tribunal constate encore que le montant du \u00abprix de ventemoyen\u00bb qu\u2019elle sollicite de ce chef ne s\u2019appuie sur aucune pi\u00e8ce vers\u00e9e en cause. La demande subsidiaire en instauration d\u2019une mesure d\u2019expertise est \u00e0 rejeter, dans la mesure o\u00f9 le montant des unit\u00e9s d\u00e9truites devrait pouvoir \u00eatre \u00e9tabli par les pi\u00e8ces deSOCIETE1.)et o\u00f9 une mesure d\u2019instruction telle qu\u2019une expertise ne peut \u00eatre ordonn\u00e9e pour pallier \u00e0 la carence des parties dans l\u2019administration de la preuve. De m\u00eame, la demande en \u00e9valuationex aequo et bonodu pr\u00e9judice par le tribunal, formul\u00e9e \u00e0 titre subsidiaire est \u00e0 rejeter en l\u2019absence d\u2019information quant \u00e0 la nature des objets d\u00e9truits.<\/p>\n<p>33 Dans ces circonstances et en l\u2019absence d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments permettant d\u2019\u00e9tablir le dommage d\u00e9coulant de la destruction, la demande deSOCIETE1.)en paiement du montant de 3.000.-EUR \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats est \u00e0 rejeter sur toutes les bases invoqu\u00e9es, sans qu\u2019il y aitlieu d\u2019analyser autrement les d\u00e9veloppements des parties quant aux clauses contractuelles du Contrat relativesau stockage et la non- restitution desproduits. 1.3.La demande bas\u00e9e sur les articles 1915 et suivants du Code civil SOCIETE1.)demande, sur base del\u2019existence d\u2019un contrat de d\u00e9p\u00f4t entre partieset des articles 1915 et suivants du Code civil,la condamnation d\u2019SOCIETE3.)\u00e0 la restitution des montantsbloqu\u00e9s sur son compte de paiement. SOCIETE3.)conteste cependant l\u2019existence d\u2019un contrat de d\u00e9p\u00f4t \u00e0 son \u00e9gard,et l\u2019existenceune obligation de restitution de fonds. En application de l\u2019article 1915 du Code civil, le d\u00e9p\u00f4t est le contrat par lequel une personne, le d\u00e9positaire, re\u00e7oit une chose, \u00e0 charge de la garder et de la restituer quand son co-contractant, le d\u00e9posant, la lui r\u00e9clame. Le d\u00e9p\u00f4t est un contrat r\u00e9el en ce sens qu\u2019il se forme par la remise de la chose (cf.F. Collart Dutilleul et P. Delebecque, Contrats civils et commerciaux, Dalloz, 6\u00e8me \u00e9dition, p. 713). Dans le cadre d\u2019un contrat de d\u00e9p\u00f4t, le d\u00e9positaire doit toujours \u00eatre pr\u00eat \u00e0 restituer le bien et doit s\u2019ex\u00e9cuter d\u00e8s que le d\u00e9posant l\u2019y invite. La solution est dict\u00e9e \u00e0 la fois par les textes et par l\u2019essence m\u00eame du d\u00e9p\u00f4t qui est d\u2019\u00eatre un contrat conclu dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du d\u00e9posant. Le bien d\u00e9pos\u00e9 doit donc \u00eatre remis au d\u00e9posant aussit\u00f4t qu\u2019il le r\u00e9clame, soit verbalement, soit par sommation, soit par tout autre acte \u00e9quivalent. Dans ce contexte, il est admis que deux \u00e9l\u00e9ments tir\u00e9s de la d\u00e9finition du d\u00e9p\u00f4t\u2013la garde et la restitution d&#039;une chose\u2013le singularisent et permettent de le distinguer d&#039;autres contrats sp\u00e9ciaux. On reconna\u00eet, par exemple, le mandat du d\u00e9p\u00f4t en se demandant si le but dominant de la remise de la chose est simplement le transfert de la garde de celle-ci ainsi que sa conservation, ou s&#039;il consiste, au contraire, dans l&#039;intention de passer un acte juridique dont cette chose soit le moyen, ce qui constitue l&#039;ex\u00e9cution du mandat. La jurisprudence affirme ainsi que \u00able seul fait pour un mandataire de recevoir des fonds pour le compte de son mandant ne suffit pas \u00e0 transformer le mandat en d\u00e9p\u00f4t\u00bb. Dans un m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, il convient de distinguer le contrat d\u2019entreprise du contrat de d\u00e9p\u00f4t. Les deux conventions diff\u00e8rent largement en ce que le d\u00e9p\u00f4t implique seulement une attitude passive de la part du d\u00e9positaire alors que, au contraire, c&#039;est une prestation positive qui est attendue du locateur d&#039;ouvrage dans le contrat d&#039;entreprise.\u00abTandis que le contrat d&#039;entreprise tend \u00e0 cr\u00e9er une valeur nouvelle, le d\u00e9p\u00f4t ne vise qu&#039;\u00e0 conserver une valeur d\u00e9j\u00e0 n\u00e9e en la pr\u00e9servant de toute d\u00e9t\u00e9rioration. Le d\u00e9posant n&#039;esp\u00e8re qu&#039;une restitution alors que le ma\u00eetre de l&#039;ouvrage attend une am\u00e9lioration,un accroissement\u00bb (cf.Dalloz-R\u00e9pertoire de droit civil- D\u00e9p\u00f4t\u2013G. Pignarre\u2013Novembre 2017 (actualisation : Avril 2021), n\u00b034 et s., et les r\u00e9f\u00e9rences cit\u00e9es).<\/p>\n<p>34 Il ressort des pi\u00e8ces vers\u00e9es qu\u2019SOCIETE3.)dispose d\u2019un agr\u00e9ment en tant qu\u2019\u00ab \u00e9tablissement de monnaie \u00e9lectronique \u00bb au sens de la loi modifi\u00e9e du 10 novembre 2009 relative aux services de paiement (la \u00ab loi de 2009 \u00bb). Selon l\u2019article 24-6 de la loi de 2009, outre l\u2019\u00e9mission de monnaie \u00e9lectronique, les \u00e9tablissements de monnaie \u00e9lectronique sont habilit\u00e9s \u00e0 exercer la prestation des services de paiement \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans l\u2019annexe de cette loi. En l\u2019occurrence SOCIETE3.)estautoris\u00e9e \u00e0 exercer l\u2019ex\u00e9cution de domiciliations de cr\u00e9ances, l\u2019ex\u00e9cution d\u2019op\u00e9rations de paiement par le biais d\u2019une carte de paiement ou d\u2019un dispositif similaire, l\u2019ex\u00e9cution de virements, l\u2019acquisition d\u2019op\u00e9rations de paiement et les transmissions defonds, soit les activit\u00e9s vis\u00e9es aux points 3, 5 et 6 de l\u2019annexe de cette loi (cf.pi\u00e8ce 18 de Ma\u00eetre Thomas Walster). En ce sens les Conditions d\u2019Utilisation stipulent des services de mise \u00e0 disposition de comptes de paiement. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article10 (2) de la loi de 2009, \u00ablorsque des \u00e9tablissements de paiement fournissent un ou plusieurs services de paiement, ils ne peuvent d\u00e9tenir que des comptes de paiement utilis\u00e9s exclusivement pour des op\u00e9rations de paiement. Les fonds d\u2019utilisateurs de services de paiement re\u00e7us par des \u00e9tablissements de paiement en vue de la prestation de services de paiement ne constituent pas des d\u00e9p\u00f4ts ou autres fonds remboursables au sens de l\u2019article 2, paragraphe (3) de la loi modifi\u00e9e du 5 avril 1993 relative au secteur financier\u00bb. La doctrine enseigne dans le m\u00eame sens que \u00able compte de d\u00e9p\u00f4t ouvert dans un \u00e9tablissement de cr\u00e9dit est un compte de paiement mais pas seulement. En revanche, le compte de paiement ouvert dans un \u00e9tablissement de paiement n\u2019est pas un compte de d\u00e9p\u00f4t. Les comptes ouverts par les \u00e9tablissements de paiement sont [\u2026] des comptes de paiement qui sont exclusivement utilis\u00e9s pour des op\u00e9rations de paiement. Cette destination exclusive doit \u00eatre express\u00e9ment pr\u00e9vue dans le contrat- cadre de services de paiement qui r\u00e9git le compte. [\u2026] les fonds d\u2019utilisateurs de services de paiement collect\u00e9s par des \u00e9tablissements de paiement en vue de la prestation de services de paiement ne constituent pas des fonds re\u00e7us du public\u00bb (cf. Jurisclasseur commercial, Fasc. 352 : Compte de d\u00e9p\u00f4t.\u2013Fonctionnement, n\u00b01). Par ailleurs, en vertu de l\u2019article 14 de la loi de 2009 intitul\u00e9 \u00ab[l]es exigences en mati\u00e8re de protection des fonds\u00bb : \u00abL\u2019\u00e9tablissement de paiement, qui fournit des servicesde paiement vis\u00e9s \u00e0 l\u2019annexe, points 1 \u00e0 6, doit prot\u00e9ger l\u2019ensemble des fonds qu\u2019il a re\u00e7us soit des utilisateurs de services de paiement, soit par le biais d\u2019un autre prestataire de services de paiement pour l\u2019ex\u00e9cution d\u2019op\u00e9rations de paiement de l\u2019unedes deux mani\u00e8res suivantes : a) ces fonds ne sont jamais m\u00e9lang\u00e9s avec les fonds de personnes autres que les utilisateurs de services de paiement pour le compte desquels les fonds sont d\u00e9tenus et, lorsqu\u2019ils sont encore d\u00e9tenus par l\u2019\u00e9tablissement de paiement et n\u2019ont pas encore \u00e9t\u00e9 remis au b\u00e9n\u00e9ficiaire ou vir\u00e9s \u00e0 un autre prestataire de services de paiement \u00e0 la fin du jour ouvrable suivant le jour o\u00f9 ils ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us, ils sont d\u00e9pos\u00e9s sur un compte distinct aupr\u00e8s d\u2019un \u00e9tablissement de cr\u00e9dit ou investis en actifs \u00e0 faible risque, liquides et s\u00fbrs, tels que d\u00e9finis par la CSSF. Les fonds ainsi s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9s ne font pas<\/p>\n<p>35 partie du patrimoine propre de l\u2019\u00e9tablissement de paiement et sont soustraits, pour le seul b\u00e9n\u00e9fice des utilisateurs de services de paiement, aux recours d\u2019autres cr\u00e9anciers de l\u2019\u00e9tablissement de paiement. Ils ne tombent pas dans la masse des avoirs de l\u2019\u00e9tablissement de paiement en cas de liquidation, de faillite ou de toute autre situation de concours de ce dernier. Les avoirs inscrits encomptes d\u2019instruments financiers et en comptes d\u2019esp\u00e8ces tenus en leur nom par des \u00e9tablissements de paiement aupr\u00e8s d\u2019un d\u00e9positaire et identifi\u00e9s aupr\u00e8s du d\u00e9positaire comme avoirs de clients de ces \u00e9tablissements de paiement, ne peuvent sous peine de nullit\u00e9 \u00eatre affect\u00e9s en garantie par l\u2019\u00e9tablissement de paiement en couverture de ses obligations ou de celles d\u2019un tiers ni \u00eatre saisis ni par les cr\u00e9anciers de ces \u00e9tablissements de paiement ni par les cr\u00e9anciers des clients de ces derniers ; ou bien : b) ces fonds sont couverts par une police d\u2019assurance ou une autre garantie comparable d\u2019une entreprise d\u2019assurances ou d\u2019un \u00e9tablissement de cr\u00e9dit n\u2019appartenant pas au m\u00eame groupe que l\u2019\u00e9tablissement de paiement lui-m\u00eame pour un montant \u00e9quivalent \u00e0 celui qui aurait \u00e9t\u00e9 s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9 en l\u2019absence d\u2019une police d\u2019assurance ou d\u2019une autre garantie comparable, payable au cas o\u00f9 l\u2019\u00e9tablissement de paiement ne serait pas en mesure de faire face \u00e0 ses obligations financi\u00e8res\u00bb. Au vu de ces d\u00e9veloppements,SOCIETE3.), en tant qu\u2019\u00e9tablissement de paiement, ne saurait, au v\u0153u de la loi, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9ecomme d\u00e9positaire de fonds dans le cadre d\u2019un contrat de d\u00e9p\u00f4t r\u00e9gi par les dispositions des articles 1915 et suivants du Code civil. La demande, en ce qu\u2019elle est bas\u00e9e sur l\u2019existence d\u2019une telle obligation d\u00e9coulant d\u2019un contrat de d\u00e9p\u00f4t, est d\u00e8s lors \u00e0 rejeter. 1.4.Lademande enr\u00e9siliation SOCIETE1.)conclut encore \u00e0 la r\u00e9siliation du Contrat aux torts d\u2019ENSEIGNE1.). Elle estime qu\u2019ENSEIGNE1.)a viol\u00e9: -son obligation de restitution ou de mise \u00e0 disposition des actifs du compte de paiement, -son obligation de restitution du stock des produits entrepos\u00e9s dans les entrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.), -toutes ses obligations contractuelles deprestataire de serviceset de services de paiement, en refusant de poursuivre l\u2019ex\u00e9cution du contrat, et -son obligation de diligence et de bonne foi dans l\u2019ex\u00e9cution du contrat en refusant notamment de donner des explications compl\u00e9mentaires et de formulerdes demandes claires et pr\u00e9cisesau sujet des suspicions de contrefa\u00e7on. De son c\u00f4t\u00e9,ENSEIGNE1.)fait valoir, sur base de l\u2019article 1184 du Code civil, que la r\u00e9siliation du Contrat doit \u00eatre prononc\u00e9eaux torts de la demanderesse en raison de la ventede produits contrefaits. Par application de l\u2019article 61 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, il appartient au juge de donner aux faits qui lui sont soumis leur exacte qualification, sans s\u2019arr\u00eater \u00e0 la d\u00e9nomination que les parties en auraient propos\u00e9e.<\/p>\n<p>36 Il incombe ainsi \u00e0 la juridiction saisie de toiser le litige moyennant les r\u00e8gles de droit objectivement applicables, quoique non invoqu\u00e9es par le demandeur. Le tribunal retient, en application des crit\u00e8res ci-avant d\u00e9velopp\u00e9s, que la demande en restitution des fonds bloqu\u00e9s sur le compte de paiement deSOCIETE1.)est virtuellement comprise dans sa demande en r\u00e9siliation du Contrat, le but de son action \u00e9tant, entre autres, le d\u00e9blocage de ces fonds. Le tribunal rappelle que le Contrat est suspendu depuis le blocage du compte vendeur deSOCIETE1.)en janvier 2020. Pendant la p\u00e9riode de suspension, les contractants restent li\u00e9s par le contrat. La force obligatoire continue donc de d\u00e9ployer ses effets pendant la p\u00e9riode de suspension, ce qui force lesparties, ou celle qui b\u00e9n\u00e9ficie seule de la suspension, \u00e0 ne rien faire qui pourrait compromettre l&#039;ex\u00e9cution future du contrat. La suspension du contrat ne peut ensuite \u00eatre qu&#039;un \u00e9tat transitoire, purement temporaire, destin\u00e9 \u00e0 d\u00e9boucher, soit sur la r\u00e9solution du contrat, soit sur la reprise de sa pleine efficacit\u00e9 (cf. Jurisclasseur Contrats-Distribution Fasc. 171 : Suspension du contrat, \u00a7 2 et suivants). Partant la suspension du contrat doit faire place \u00e0 la r\u00e9siliation des relations contractuelles, d\u00e8s que la rupture du contrat est consomm\u00e9e. En l\u2019occurrence, tant la demanderesse, que les d\u00e9fenderesses estiment que la relation contractuelle ne peut plus \u00eatre maintenue et demandent la r\u00e9siliation des relations contractuelles. Aux termes de l\u2019article 1184 du Code civil, \u00abla condition r\u00e9solutoire est toujours sous- entendue dans les contrats synallagmatiques, pour le cas o\u00f9 l\u2019une des deux parties ne satisfera point \u00e0 son engagement. Dans ce cas, le contrat n\u2019est point r\u00e9solu de plein droit. La partie envers laquelle l\u2019engagement n\u2019a point \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9, a le choix ou de forcer l\u2019autre \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de la convention lorsqu\u2019elle est possible, ou d\u2019en demander la r\u00e9solution avec dommages et int\u00e9r\u00eats. La r\u00e9solution doit \u00eatre demand\u00e9e en justice, et ilpeut \u00eatre accord\u00e9 au d\u00e9fendeur un d\u00e9lai selon les circonstances\u00bb. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9, si l\u2019une des parties \u00e0 un contrat synallagmatique n\u2019ex\u00e9cute pas ses obligations, le cocontractant a la possibilit\u00e9 de poursuivre l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e ou dedemander au juge de prononcer la r\u00e9solution du contrat. Pour obtenir en justice le prononc\u00e9 de la r\u00e9siliation d\u2019une convention, une partie \u00e0 l\u2019acte doit \u00e9tablir que son cocontractant n\u2019a pas ex\u00e9cut\u00e9 ses engagements contractuels. Tant l\u2019inex\u00e9cution totale que l\u2019inex\u00e9cution partielle des obligations peuvent entra\u00eener la r\u00e9siliation du contrat.<\/p>\n<p>37 Ce sont les juges du fond qui appr\u00e9cient souverainement si, compte tenu des circonstances, l\u2019inex\u00e9cution invoqu\u00e9e est d\u2019une gravit\u00e9 suffisante pour justifier la r\u00e9siliation du contrat. La demande est rejet\u00e9e si l\u2019inex\u00e9cution all\u00e9gu\u00e9e par le demandeur n\u2019existe pas, ou n\u2019est pas prouv\u00e9e, ou si elle n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9e comme suffisante pour justifier la r\u00e9solution, ou encore si elle porte sur une obligation accessoire, ou sur un engagement du cocontractant n\u2019ayant pas valeur contractuelle. Le manquement grave se d\u00e9finit comme toute faute contractuelle qui rend impossible la collaboration que l\u2019ex\u00e9cution de la convention requiert des parties. Tout d\u2019abord le tribunal rappelle qu\u2019il r\u00e9sulte de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements ci- dessus que les reproches \u00e9num\u00e9r\u00e9s par SOCIETE1.)ne sont pas donn\u00e9s. ENSEIGNE1.)n\u2019a en effet ni viol\u00e9 son obligation de restitution ou de mise \u00e0 disposition des actifs, ni refus\u00e9 de poursuivre l\u2019ex\u00e9cution du Contrat. Elle a \u00e9galement formul\u00e9 des demandes claires et pr\u00e9cises au sujet des suspicions de contrefa\u00e7on. En ce qui concernele reproche d\u2019une violation de son obligation de restitution du stock des produits entrepos\u00e9s dans les entrep\u00f4ts d\u2019ENSEIGNE1.), le tribunal rel\u00e8ve que ce reproche n\u2019est pas autrement \u00e9tay\u00e9,SOCIETE1.)n\u2019expliquant pas quel stock n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retourn\u00e9. Le tribunal rappelle ensuite queSOCIETE1.)a manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations contractuelles en mettant en vente des contrefa\u00e7ons sur la plateforme de vente en ligne, contrairement aux obligations contractuelles r\u00e9sultant du Contrat. Cette violation contractuelle est suffisamment grave pour justifier la r\u00e9siliation du Contrat aux torts deSOCIETE1.), en vertu de l\u2019article 1184 du Code civil. Il n\u2019y a partant pas lieu de faire droit \u00e0 la demande deSOCIETE1.)de prononcer la r\u00e9siliation du Contrat aux torts d\u2019ENSEIGNE1.), mais de faire droit \u00e0 la demande d\u2019ENSEIGNE1.)et de prononcer la r\u00e9siliation du Contrat aux torts deSOCIETE1.). Au vu de la r\u00e9siliation judiciaire du Contrat, et face \u00e0 la d\u00e9tention parSOCIETE3.)des fonds deSOCIETE1.), il y a lieu de retenirqu\u2019SOCIETE3.)est tenue de restituer \u00e0 SOCIETE1.)les fonds bloqu\u00e9s sur son compte de paiement. SOCIETE2.)s\u2019oppose \u00e0 la demande en restitution des avoirs au motif que le transfert des fonds engagesa responsabilit\u00e9 p\u00e9nale en se r\u00e9f\u00e9rant\u00e0 sapolitique anti- contrefa\u00e7on,\u00e0l\u2019article 2.7 des Conditions d\u2019Utilisation et\u00e0l\u2019article 82 de la loide 2009 relative aux services de paiement.Elle estimenedisposerde la facult\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 la restitution des fonds qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9elle est certaine que les produits mis en vente par la demanderesse ne sont pas des contrefa\u00e7ons. En application de l\u2019article 82 de la loi de 2009le prestataire de services de paiement peut, \u00e0 condition que le contrat le pr\u00e9voit, \u00abse r\u00e9server le droitde bloquer l\u2019instrument de paiement, pour des raisons objectivement motiv\u00e9es ayant trait \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019instrument de paiement, \u00e0 la pr\u00e9somption d\u2019une utilisation non autoris\u00e9e ou frauduleuse de l\u2019instrument de paiement\u00bb.<\/p>\n<p>38 En l\u2019occurrence, l\u2019article 2.7 des Conditions d\u2019Utilisation \u00e9num\u00e8re les diff\u00e9rentes hypoth\u00e8ses dans lesquellesSOCIETE3.)peut restreindre l\u2019acc\u00e8s aux fonds :\u00ab[\u2026]En plus de toute limite applicable aux comptes, nous pouvons restreindre les transactions sur ou depuis votre Compte ou limiter l&#039;acc\u00e8s au et la disponibilit\u00e9 du solde de votre Compte pour les montants et la p\u00e9riode que nous estimons n\u00e9cessaire pour notre protection et celles des autres utilisateurs si : (a) nous sommes expos\u00e9s \u00e0 un risque financier (en ce compris, sans limitation, pour les Annulations en cours), (b) nous vous suspectons d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019un des termes de ce Contrat, (c) nous ne sommes pas en mesure de v\u00e9rifier votre identit\u00e9, (d) une r\u00e9clamation est en cours concernant votre Compte ou les transactions effectu\u00e9es en rapport avec celui-ci ou (e) cela est n\u00e9cessaire pour prot\u00e9ger la s\u00e9curit\u00e9 de nos syst\u00e8mes. Nous pouvons restreindre l&#039;acc\u00e8s au solde de votre Compte pour le temps n\u00e9cessaire \u00e0 la conduite de toute enqu\u00eate ou \u00e0 la r\u00e9solution d\u2019une r\u00e9clamation. Nous pouvons \u00e9galement garder le solde de votre Compte dans les cas requis par la loi ou une ordonnance d\u2019un tribunal, ou si cela nous est impos\u00e9 par une autorit\u00e9 gouvernementale ou r\u00e9glementaire\u00bb. La politique anti-contrefa\u00e7on pr\u00e9voit encore la possibilit\u00e9 pourENSEIGNE1.)de proc\u00e9der au paiement des vendeursseulement\u00e0 partir du moment o\u00f9 elle est certaine que ses clients ont re\u00e7u les produits command\u00e9s et non des contrefa\u00e7ons. Le tribunal rel\u00e8ve tout d\u2019abord que les d\u00e9fenderesses ne font pas \u00e9tat d\u2019une d\u00e9cision judiciaire, r\u00e9glementaire ou gouvernementale sur base de laquelle les fonds seront \u00e0 retenir. De m\u00eame, aucune disposition l\u00e9gale n\u2019est invoqu\u00e9e par les d\u00e9fenderesses afin de justifier une obligation l\u00e9gale de retenir lesfonds. Le tribunal note ensuite qu\u2019il n\u2019est pas non plus \u00e9tabli ou all\u00e9gu\u00e9 qu\u2019un des cas de figure \u00e9num\u00e9r\u00e9s aux points (a), (c) \u00e0 (e) de l\u2019article 2.7 des Conditions d\u2019Utilisation est donn\u00e9. En outre, en ce qui concerne le point (b), relatif \u00e0 une violation contractuelle, le tribunal rel\u00e8ve que si certes, il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent queSOCIETE1.)a manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations contractuelles en mettant en vente des contrefa\u00e7ons sur la plateforme de vente en ligne, il est \u00e9galement constanten cause queSOCIETE1.)a vendu d\u2019autres produits sur la plateforme de vente en ligne, notamment des accessoires t\u00e9l\u00e9phoniques, dont l\u2019authenticit\u00e9 n\u2019est pas contest\u00e9e parSOCIETE3.). SOCIETE3.)ne fournit cependant pas d\u2019\u00e9l\u00e9ments permettant au tribunal de d\u00e9terminer si les montants actuellement bloqu\u00e9s r\u00e9sultent de la vente de produits contrefaits ou d\u2019autres produits. Elle ne donne pas non plus d\u2019informations quant aux clients qui auraient re\u00e7us des contrefa\u00e7ons. A cela s\u2019ajoute qu\u2019aucune action en violation des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle n\u2019a \u00e9t\u00e9 intent\u00e9e parENSEIGNE2.)et les d\u00e9fenderesses ne font pas non plus \u00e9tat d\u2019actionsdirig\u00e9es \u00e0 leur encontre par des consommateurs l\u00e9s\u00e9s. Enfin, le tribunal rel\u00e8ve qu\u2019ENSEIGNE1.)n\u2019est ni propri\u00e9taire des fonds, nin\u2019expose en quoi elle est cr\u00e9anci\u00e8re deSOCIETE1.)pouvant faire valoir un droit de r\u00e9tention. A cet \u00e9gard les juridictions allemandes (cf.Landgericht M\u00fcnchen I, 6 octobre 2020, AZ 31 O 17559\/19) ont retenu qu\u2019SOCIETE2.)n\u2019\u00e9tait pas en droit d\u2019op\u00e9rer un blocage<\/p>\n<p>39 des fonds, m\u00eame dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 la vente de contrefa\u00e7ons viole des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et les conditions contractuelles, cette derni\u00e8re n\u2019\u00e9tant pas propri\u00e9taire des fonds:\u00abDie Verletzung derNutzungsbedingungen alleine rechtfertigt eine Zur\u00fcckhaltung des Geldes nicht.Ein Zur\u00fcckbehaltungsrecht kann nur bestehen, solange ein billigenswerter Bedarf der Beklagten einer Zur\u00fcckbehaltung besteht. Denn das Geld steht dem H\u00e4ndler zu, nicht der Beklagten. Zweck und Gesamtschau der Regelung ergeben sich f\u00fcr den redlichen Rechtsverkehr-wie vom Gericht mit den Parteivertretern im Rahmen der m\u00fcndlichen Verhandlung er\u00f6rtert-, dass das Zur\u00fcckbehaltungsrecht nach billigem Ermessen ausge\u00fcbt werden muss unddavon abh\u00e4ngt, dass die Zur\u00fcckbehaltung aus Sicht der Beklagten bei vern\u00fcnftiger Betrachtungsweise zu ihrem Schutz oder dem Schutz anderer Nutzer erforderlich erscheint, insbesondere weil sie einem finanziellen Risiko ausgesetzt ist. Diese Voraussetzung ist vorliegend nicht gegeben\u00bb.Le tribunal allemand ajoute que \u00abFinanzielle Risiken wegen der beklagtenseits behaupteten Lizenzverletzungen gegen\u00fcber Microsoft muss die Beklagte nicht f\u00fcrchten. Die Beklagte ist gegen\u00fcber Microsoft nicht f\u00fcr die behauptetenLizenzverletzungen verantwortlich\u00bb. Pour \u00eatre complet, le tribunal rappelle encore que si l\u2019ex\u00e9cution d\u00e9fectueuse d&#039;un contrat peut autoriser l&#039;exception d&#039;inex\u00e9cution, elle ne peut pas justifier un refus d\u00e9finitif d&#039;ex\u00e9cution. En effet, elle ne dispense pas le cocontractant d\u2019ex\u00e9cuter ses obligations contractuelles, mais peut donner lieu, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la violation contractuelle parSOCIETE1.)ne justifie pas la non-restitution parSOCIETE3.)desfonds dont elle n\u2019est pas propri\u00e9taire. SOCIETE1.)demande les montants de 9.744,22 EUR et de 1.081,60 GBP, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux\u00e0 partir du blocage des avoirs le 13 janvier 2020, sinon \u00e0 partir de la mise en demeure du 24 avril 2020, sinon \u00e0 partirde l\u2019assignation, sinon \u00e0 partir du jugement. Elle se pr\u00e9vaut de plusieurs extraits de compte de son compte vendeur, desquels il r\u00e9sulte un solde de 9.744,22 EUR (3.040,61 + 5.624,26 + 593,10 + 486,25) etde 1.081,60 GBP en sa faveur. Ces montants ne rencontrant pas de contestations de la part d\u2019SOCIETE3.), la demande deSOCIETE1.)est justifi\u00e9e pour les montants de 9.744,22 EUR et de 1.081,60 GBP. Le montant devenant exigible par la r\u00e9siliation du Contrat, il y a partant lieu de condamnerSOCIETE3.)\u00e0payer \u00e0SOCIETE1.)les fonds disponibles sur le compte vendeur de la demanderesse d\u2019un montant de 9.744,22 EUR et de 1.081,60 GBP, avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du prononc\u00e9 du jugement, jusqu\u2019\u00e0 solde. 2.Quant aux demandes reconventionnelles d\u2019SOCIETE2.)et d\u2019SOCIETE3.) SOCIETE2.)etSOCIETE3.)demandent la r\u00e9siliation judiciaire du Contrat aux torts de SOCIETE1.)et ellessollicitent chacuneune indemnisation \u00e0 hauteur de 20.000.-EUR pour atteinte \u00e0 leur r\u00e9putation.<\/p>\n<p>40 Elles plaident queSOCIETE1.)a terni la confiance des consommateursen elles, portant atteinte \u00e0 la r\u00e9putation d\u2019ENSEIGNE1.)qui a d\u00fb mettre en \u0153uvre des moyens humains et financiers pour prendre en charge les r\u00e9clamations et les investigations rendues n\u00e9cessaires par l\u2019attitude de la demanderesse. SOCIETE1.)conteste le pr\u00e9judice r\u00e9putationnel all\u00e9gu\u00e9 tant en son principe que dans sonquantum, sinon elle demande \u00e0 le r\u00e9duire \u00e0 de plus justes proportions. Elle conteste encore toute faute et le lien de causalit\u00e9 entre cette faute et le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9. Le tribunal rappelle qu\u2019il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dentque le Contrat est r\u00e9sili\u00e9 aux torts deSOCIETE1.). SOCIETE1.)est d\u00e8s lors tenue d\u2019indemniser le pr\u00e9judice qui en est r\u00e9sult\u00e9 dans le chef des d\u00e9fenderesses. Le tribunal rappelle que la preuve du dommage ob\u00e9it aux r\u00e8gles ordinaires de preuve telles qu\u2019elles se d\u00e9gagentde l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile etdes articles 1315 et suivants du Code civil, ce qui signifie que la victime est oblig\u00e9e de prouver l\u2019existence et l\u2019\u00e9tendue du pr\u00e9judice pour lequel elle demande r\u00e9paration. En l\u2019occurrence,SOCIETE2.)etSOCIETE3.)restent cependant en d\u00e9faut de fournir de plus amples pr\u00e9cisions concernant leur dommage moral et de justifier en quoi la vente des produits a port\u00e9 atteinte \u00e0leur image et \u00e0leurcr\u00e9dibilit\u00e9 vis-\u00e0-vis deleurs consommateurs. Il n\u2019est pas prouv\u00e9, ni m\u00eame all\u00e9gu\u00e9, qu \u2019SOCIETE2.)ou SOCIETE3.)ontd\u00fb se justifier, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, vis-\u00e0-vis deleursclients. Elles ne justifient pas non plus le montant de l\u2019indemnisation qu\u2019elles sollicitent de ce chef. A d\u00e9faut d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, le tribunal retient qu\u2019SOCIETE2.)etSOCIETE3.)restent en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir le pr\u00e9judice dont elles demandent r\u00e9paration. Ilr\u00e9sulte de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que la demande en indemnisation d\u2019SOCIETE2.)et d\u2019SOCIETE3.)n\u2019est pas fond\u00e9e et qu\u2019elle est \u00e0 rejeter. 3.Quant aux demandes accessoires Les frais et honoraires d\u2019avocat SOCIETE2.)demande \u00e0 voir condamnerSOCIETE1.)au paiement des montants expos\u00e9s parelleau titre des frais et honoraires d\u2019avocat, sur base des articles 1382 et suivants du Code civil, montants qu\u2019elle \u00e9value provisoirement \u00e0 30.000.-EUR. Elle verse \u00e0 cet\u00e9gard les m\u00e9moires d\u2019honoraires de son mandataire, ainsi que plusieurs preuves de paiement. SOCIETE1.)s\u2019oppose \u00e0 cette demande pour \u00eatre non fond\u00e9e. Il est admis que la circonstance que l&#039;article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile permet au juge, sur le fondement de l&#039;\u00e9quit\u00e9, d&#039;allouer \u00e0 une partie un certain montant<\/p>\n<p>41 au titre des sommes non comprises dans les d\u00e9pens, dont les honoraires d&#039;avocat, n&#039;emp\u00eache pas une partie de r\u00e9clamer ces honoraires au titre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice sur base dela responsabilit\u00e9 contractuelle ou d\u00e9lictuelle, \u00e0 condition d&#039;\u00e9tablir les \u00e9l\u00e9ments conditionnant une telle indemnisation, \u00e0 savoir une faute, un pr\u00e9judice et une relation causale entre la faute et le pr\u00e9judice. En effet, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Courde cassation du 9 f\u00e9vrier 2012 (n\u00b05\/12), les frais et honoraires d\u2019avocat peuvent donner lieu \u00e0 indemnisation sur base de la responsabilit\u00e9 civile de droit commun en dehors de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Le caract\u00e8re r\u00e9parable du pr\u00e9judice consistant dansles frais d\u2019avocat engag\u00e9s est reconnu en cas d\u2019abus du droit d\u2019agir en justice. Ainsi si l\u2019action en justice n\u2019avait pas lieu d\u2019\u00eatre engag\u00e9e, celui qui a d\u00fb se d\u00e9fendre a droit au remboursement des frais d\u2019avocat inutilement engag\u00e9s. Il en va de m\u00eame d\u00e8slors qu\u2019une partie r\u00e9siste de mani\u00e8re injustifi\u00e9e \u00e0 une demande en paiement intent\u00e9e \u00e0 son encontre. Il s\u2019agit, alors, d\u2019une responsabilit\u00e9 pour faute (cf.Cour d\u2019appel, 6 janvier 2021, n\u00b0CAL-2019-01017 du r\u00f4le). Le simple fait de succomber dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure judiciaire ne saurait automatiquement ouvrir le droit\u00e0 l\u2019autre partie en cause\u00e0 indemnisation autitre des honoraires d\u2019avocat support\u00e9s, ce d\u2019autant moins que, comme en l\u2019esp\u00e8ce, les demandes respectives des parties dans le cadre de leurs relations contractuelles sont source de discussions juridiques et doivent donc \u00eatre fix\u00e9es par d\u00e9cision judiciaire. Dans ces conditions, l\u2019existence d\u2019une faute dans le chefdeSOCIETE1.)n\u2019\u00e9tant pas \u00e9tablie, il convient de rejeter comme non fond\u00e9e la demande en indemnisation des frais et honorairesd\u2019SOCIETE2.). Les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure SOCIETE1.),SOCIETE2.)etSOCIETE3.)sollicitent chacune l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elles sont \u00e0 d\u00e9bouter de leur demande de ce chef, alors qu\u2019elles n\u2019\u00e9tablissent pas en quoi il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 leur charge l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des frais non compris dans les d\u00e9pens. La demande tendant \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du jugement et les frais et d\u00e9pens Il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement, alors que les conditions de l\u2019article 567 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ne sont pas donn\u00e9es en l\u2019esp\u00e8ce. Enfin, auvu du sort r\u00e9serv\u00e9 aux demandes respectives des parties, il y a lieu d\u2019op\u00e9rer conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 238 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile un partage des frais, \u00e0 raison de la moiti\u00e9 \u00e0 charge d\u2019SOCIETE2.)etd\u2019SOCIETE3.)et de la moiti\u00e9 \u00e0 charge deSOCIETE1.), avec distraction, pour la part qui lui revient, au profit de Ma\u00eetre Thomas WALSTER, qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<p>42 Par ces motifs : le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, quinzi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, selon la proc\u00e9dure civile, statuant contradictoirement, d\u00e9clareles demandes principale et reconventionnelle recevables, d\u00e9clarela demande principale partiellement fond\u00e9e, condamnela soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actionsSOCIETE3.)SCA \u00e0 rembourser \u00e0 lasoci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7aisSOCIETE1.)SASle montant de 9.744,22 EUR et de 1.081,60 GBP, avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir duprononc\u00e9 du jugement, jusqu\u2019\u00e0 solde, lad\u00e9clarenon fond\u00e9e pour le surplus, d\u00e9clarela demande reconventionnelle partiellement fond\u00e9e, prononcela r\u00e9siliation du contrat intitul\u00e9 \u00abENSEIGNE1.)Services Europe Business Solutions Agreement\u00bb et ducontrat intitul\u00e9 \u00abENSEIGNE1.)Payments\u2013Selling on ENSEIGNE1.)User Agreement\u00bb conclus entre la soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7aisSOCIETE1.)SASet la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.) SARL, respectivement la soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actionsSOCIETE3.)SCA, aux torts de la soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7aisSOCIETE1.)SAS, lad\u00e9clarenon fond\u00e9e pour le surplus, ditla demande de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL en indemnisation des frais et honoraires d\u2019avocat non fond\u00e9e, ditles demandes respectives des parties en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civilenon fond\u00e9es, ditqu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement, fait massedes frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, et les impose pour moiti\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions SOCIETE3.)SCA et pour moiti\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7ais SOCIETE1.)SAS, avec distraction, pour la part qui lui revient, au profit de Ma\u00eetre Thomas WALSTER, qui affirme en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20240828-002547\/20240522-tal15-tal-2023-04389-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Jugement commercial 2024TALCH15\/00746 Audience publique du mercredi,vingt-deuxmaideux mille vingt-quatre. Num\u00e9roTAL-2023-04389du r\u00f4le Composition: Nad\u00e8ge ANEN,1 er juge-pr\u00e9sidente ; Brice HELLINCKX, 1 er juge ; \u00c4nder PROST,juge-d\u00e9l\u00e9gu\u00e9; Emmanuelle BAUER,greffi\u00e8re. 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