{"id":612951,"date":"2026-04-19T23:19:21","date_gmt":"2026-04-19T21:19:21","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-26-janvier-2024-n-2020-05259\/"},"modified":"2026-04-19T23:19:24","modified_gmt":"2026-04-19T21:19:24","slug":"tribunal-darrondissement-26-janvier-2024-n-2020-05259","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-26-janvier-2024-n-2020-05259\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 26 janvier 2024, n\u00b0 2020-05259"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1 Jugement commercial2024TALCH02\/00161 Audience publique duvendredi,vingt-sixjanvierdeux millevingt-quatre. Num\u00e9rodu r\u00f4leTAL-2020-05259 Composition : Anick WOLFF, 1 \u00e8re vice-pr\u00e9sidente ; Tania CARDOSO, juge Ines BIWER, juge ; Lynn BETTENDORFF,greffier assum\u00e9. Entre: la soci\u00e9t\u00e9anonymeSOCIETE1.)SA,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), repr\u00e9sent\u00e9e par sonconseil d\u2019administrationactuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9sde Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO1.), partiedemanderesse,aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justicesuppl\u00e9ant LUANA COGONI, en remplacement de l\u2019huissier de justice V\u00e9ronique REYTER d\u2019Esch-sur- Alzettedu1 er juillet 2020, partie d\u00e9fenderesse surreconvention,comparant parla soci\u00e9t\u00e9en commandite simple KLEYR GRASSO,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge \u00e0 L-ADRESSE2.),inscritesur la liste V du tableau de l\u2019Ordre des Avocats et inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO2.), repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure parMa\u00eetreYasminePOOS, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, et: 1.la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0L-ADRESSE3.), repr\u00e9sent\u00e9 par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9sde Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO3.),<\/p>\n<p>2 comparant parMa\u00eetreTom FELGEN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Luxembourg. 2. la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE4.), repr\u00e9sent\u00e9 par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro NUMERO4.), comparant parMa\u00eetre Michel SCHWARTZ, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg. partiesdemanderessesparreconvention, partiesd\u00e9fenderesses,aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant LUANA COGONI, en remplacement de l\u2019huissier de justice V\u00e9ronique REYTER d\u2019Esch-sur- Alzette du 1 er juillet 2020, Le Tribunal: Faits Par contrat d\u2019entreprise du 19 juin 2014, la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA (ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE4.)\u00bb) a charg\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL de divers travaux de chapes dans le cadre d\u2019un projet immobilier dit \u00abADRESSE5.)\u00bb \u00e0 Luxembourg-Merl (ci-apr\u00e8s le \u00abContrat\u00bb). Au courant du mois de juillet 2015, un incident s\u2019est produit en cours de chantier au sein de l\u2019appartementNUMERO5.)de la r\u00e9sidenceADRESSE5.), siseADRESSE6.)\u00e0 Luxembourg, un ph\u00e9nom\u00e8ne de soul\u00e8vement du complexe chape-carrelage y ayant \u00e9t\u00e9 constat\u00e9. Proc\u00e9dure Par exploit d\u2019huissier de justice du1 er juillet 2020,SOCIETE4.)a fait donner assignation \u00e0SOCIETE2.)et \u00e0SOCIETE5.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, selon la proc\u00e9dure civile. La cl\u00f4ture de l\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e par ordonnance du8 novembre 2023. L\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019audience publique du22 novembre 2023. Pr\u00e9tentions des parties SOCIETE4.)demande, sous leb\u00e9n\u00e9fice de l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution, \u00e0 voir:<\/p>\n<p>3 -condamnerSOCIETE2.)etSOCIETE5.)solidairement, sinonin solidum, sinon chacune pour le tout, \u00e0 lui payer le montant de159.222,66EUR, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir dusinistre, sinon \u00e0 partir de la demande en justice, jusqu\u2019\u00e0 solde, -condamnerSOCIETE2.)etSOCIETE5.)solidairement, sinonin solidum, sinon chacune pour le tout,au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code deproc\u00e9dure civile \u00e0 hauteur de 15.000,-EUR, ainsi qu\u2019aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Elle sollicite par ailleurs le rejet de toutes les demandes reconventionnelles. SOCIETE2.)conclut \u00e0 la nullit\u00e9 de l\u2019assignation pour cause de libell\u00e9 obscur sur base de l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Au fond, elle sollicite le rejet de toutes les demandes deSOCIETE4.). A titre encore plus subsidiaire, et pour le cas o\u00f9 sa responsabilit\u00e9 serait engag\u00e9e, elle demande \u00e0 voir condamner SOCIETE5.)\u00e0 la tenir quitte et indemne de toute condamnation prononc\u00e9e \u00e0 son encontre. SOCIETE2.)sollicite, \u00e0 titre reconventionnel, la condamnation deSOCIETE4.)au paiement du montant de 75.088,13 EUR,avec les int\u00e9r\u00eats de retardpr\u00e9vus parla loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et aux int\u00e9r\u00eats de retard (ci- apr\u00e8s la \u00ab Loi de 2004 \u00bb), sinon avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux, \u00e0 partir de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance des factures respectives, sinon \u00e0 partir du rappel du 24 mai 2017, sinon \u00e0 partir de la premi\u00e8re mise en demeure du 9 mars 2018, sinon \u00e0 partir de la deuxi\u00e8me mise en demeure du27 novembre 2018, sinon \u00e0 partir de la troisi\u00e8me mise en demeure du 4 f\u00e9vrier 2020,sinon \u00e0 partir de la demande en justice et jusqu\u2019\u00e0 solde. Par conclusions du 4 juillet 2012,SOCIETE2.)r\u00e9duit sa demande de paiement au montant de 74.051,21 EUR, avec lesint\u00e9r\u00eats tels que relev\u00e9s ci-avant. SOCIETE2.)demandeen outre\u00e0 se voir allouer la somme de 5.000,-EUR \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats pourproc\u00e9dure abusive et vexatoire et la somme de 3.000,-EUR \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9de proc\u00e9dure sur base del\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elle solliciteen outrela condamnation deSOCIETE4.)au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de 21.826,06EURau titre des honoraires d\u2019avocatexpos\u00e9s par allesur base des articles 1382 et 1383 du Code civil. A titre subsidiaire, eller\u00e9clame la somme forfaitaire de 40,-EUR sur base de l\u2019article 5 (1) de la Loi de 2004, ainsi que la somme de21.826,06EUR sur base de l\u2019article 5(3) de la Loi de 2004. Elle conclut finalement \u00e0 la condamnation deSOCIETE4.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>4 SOCIETE5.)soul\u00e8ve la nullit\u00e9 de l\u2019assignation en raison de son libell\u00e9 obscur sur base de l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Au fond, elle conclut au rejet des demandes principales et incidentes, formul\u00e9es \u00e0 son encontre pasSOCIETE4.)etSOCIETE2.). A titre reconventionnel, elle sollicite la condamnation deSOCIETE4.)au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de21.826,06EURau titre deshonoraires d\u2019avocats expos\u00e9s par elle et r\u00e9clame, sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure \u00e0 hauteur de 15.000,-EUR. Elle conclut finalement \u00e0 la condamnation deSOCIETE4.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, avec distraction au profit de Ma\u00eetre Michel Schwartz, qui affirme en avoir fait l\u2019avance. Motifs de la d\u00e9cision I.Le libell\u00e9 obscur 1.Le moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur soulev\u00e9 parSOCIETE5.) 1.1.Moyensdes parties SOCIETE5.)expose que l\u2019exploit introductif d\u2019instance ne luiaurait pas permis de comprendre la cause du recours engag\u00e9 contre elle parSOCIETE4.). En effet, la demanderesse se serait simultan\u00e9ment pr\u00e9sent\u00e9e comme \u00abassur\u00e9e\u00bb en vertu du contrat d\u2019assurance, en citant d\u2019une part des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la notion d\u2019inex\u00e9cution contractuelle qui permettrait \u00e0 la demanderesse de requ\u00e9rir\u00abl\u2019ex\u00e9cution en nature du contrat d\u2019assurance conclu, sinon subsidiairement \u00e0 la r\u00e9paration par \u00e9quivalent du pr\u00e9judice subi\u00bb, et d\u2019autre part, en se pr\u00e9sentant comme \u00abpersonne l\u00e9s\u00e9e\u00bb, tout en invoquant l\u2019article 89 de la loi modifi\u00e9e du 27 juillet 1997 sur le contrat d\u2019assurance (ci- apr\u00e8s la \u00abLoi du 27 juillet 1997\u00bb). Il serait partant difficile pourSOCIETE5.)de comprendre la causedu recours engag\u00e9 parSOCIETE4.). Par ailleurs, la demanderesse serait en d\u00e9faut de pr\u00e9ciser sur quel \u00abm\u00e9canisme juridique\u00bb elle se base pour requ\u00e9rir l\u2019application de la solidarit\u00e9 entreSOCIETE5.)et SOCIETE2.). Au vu de ces lacunes dans l\u2019acte introductif d\u2019instance,SOCIETE5.)n\u2019aurait pas pu utilement pr\u00e9parer sa d\u00e9fense, de sorte que l\u2019assignation devrait \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e nulle, sinon irrecevable pour libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>5 SOCIETE4.)expose que contrairement aux d\u00e9veloppements d\u2019SOCIETE5.), la qualit\u00e9 de SOCIETE4.)ressortirait clairement de l\u2019acte d\u2019assignation ainsi que des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause. Il y serait en effet pr\u00e9cis\u00e9 ce qui suit: -SOCIETE4.)\u00e9tait le promoteur de la r\u00e9sidence\u00abADRESSE5.)\u00bb; -unph\u00e9nom\u00e8ne de soul\u00e8vement du complexe chape-carrelage dans l\u2019appartement NUMERO5.), sis \u00e0ADRESSE7.), aurait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 au courant du mois de juillet 2015; -l\u2019entrepreneur ayant r\u00e9alis\u00e9 les travaux de chape, \u00e0 savoirSOCIETE2.), aurait d\u00e9clar\u00e9 le sinistre aupr\u00e8s de son assureur,SOCIETE5.); -SOCIETE5.)aurait mandat\u00e9 le bureauSOCIETE6.)aux fins d\u2019expertise; -l\u2019expert mandat\u00e9 parSOCIETE5.)se serait rendu sur les lieux le 14 juillet 2015 et aurait conseill\u00e9 un arrachage et unremplacement complet du complexe; -une d\u00e9claration de sinistre aurait \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e \u00e0 l\u2019assureur \u00abTout risque chantier\u00bb deSOCIETE4.), \u00e0 savoirSOCIETE7.), qui aurait mandat\u00e9 le bureauSOCIETE8.) aux fins d\u2019expertise; -l\u2019expertPERSONNE0.)aurait conclu \u00e0une malfa\u00e7onaffectant les travaux ex\u00e9cut\u00e9s parSOCIETE2.); -ilappartiendrait \u00e0SOCIETE5.)d\u2019intervenir en sa qualit\u00e9 d\u2019assureur \u00abresponsabilit\u00e9 civile\u00bb deSOCIETE2.). Par ailleurs, le contexte factuel motivant la demande en condamnation solidaire serait \u00e9galement suffisamment expos\u00e9 dans l\u2019assignation, alors qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 qu\u2019SOCIETE5.)\u00e9tait li\u00e9e par un contrat d\u2019assurance \u00abresponsabilit\u00e9 civile\u00bb \u00e0 SOCIETE2.). SOCIETE5.)n\u2019auraiten outresubiaucun grief, alors qu\u2019il r\u00e9sulterait de ses conclusions qu\u2019elle aurait compris le litige, et qu\u2019elle aurait d\u00e8s lors pu utilement organiser sa d\u00e9fense. La cause du recours engag\u00e9 contreSOCIETE5.)serait d\u00e8s lors claire et non \u00e9quivoque, de sorte que le moyen relatif au libell\u00e9 obscur soulev\u00e9 par celle-ci serait \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9. 1.2.Appr\u00e9ciation L\u2019article 154 duNouveauCode de proc\u00e9dure civile dispose entre autres que l\u2019assignation doit \u00e9noncer l\u2019objet de la demande et contenir l\u2019expos\u00e9 sommaire des moyens, \u00e0 peine de nullit\u00e9. Le but de lacondition pr\u00e9vue par l&#039;article 154, alin\u00e9a 1 er duNouveauCode de proc\u00e9dure civile, est que le d\u00e9fendeur puisse savoir, avant de compara\u00eetre, quel est l&#039;objet demand\u00e9 (Beltjens, Proc\u00e9dure civile, n\u00b0116, p.398 ; Dalloz, Codes annot\u00e9s, \u00e9d. 1910 ; Code de Proc\u00e9dure civile, sub. art. 61, n\u00b0721, p.270) et ceci d&#039;une mani\u00e8re expresse. D\u00e8s lors, l&#039;exploit d&#039;ajournement qui ne contient aucune conclusion pr\u00e9cise sur laquelle les juges puissent statuer est frapp\u00e9 d&#039;une nullit\u00e9 qui ne peut \u00eatre couverte par des conclusions ult\u00e9rieurement prises (Beltjens, op.cit., n\u00b0115, p.398).<\/p>\n<p>6 La prescription de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9 doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens que l&#039;indication exacte des pr\u00e9tentions et la d\u00e9signation des circonstances de fait qui forment la base de la demande sontrequises. La description des faits doit \u00eatre suffisamment pr\u00e9cise pour mettre le juge en mesure de d\u00e9terminer le fondement juridique de la demande, pour ne pas laisser le d\u00e9fendeur se m\u00e9prendre sur l&#039;objet de celle-ci et pour lui permettre le choix des moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s. L\u2019objet d\u2019une demande en justice est constitu\u00e9 par les pr\u00e9tentions du demandeur alors que la cause d\u2019une telle demande consiste dans l\u2019ensemble des faits se trouvant \u00e0 la base de la demande. Si la cause peut \u00eatre d\u00e9critesommairement, le libell\u00e9 de la pr\u00e9tention formul\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019adversaire doit \u00eatre \u00e9nonc\u00e9 de fa\u00e7on claire, compl\u00e8te et exacte de fa\u00e7on \u00e0 d\u00e9terminer et d\u00e9limiter l\u2019objet initial du litige afin de permettre non seulement \u00e0 la partie d\u00e9fenderesse d\u2019\u00e9laborer d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 ses moyens en connaissance de cause, et \u00e9ventuellement, transiger si elle l\u2019estime n\u00e9cessaire, mais encore au tribunal de conna\u00eetre exactement le litige dont il est saisi pour qu\u2019il puisse se prononcer sur le fond. C\u2019est au juge qu\u2019ilappartient d\u2019appr\u00e9cier souverainement si un libell\u00e9 donn\u00e9 est suffisamment pr\u00e9cis et explicite. La nullit\u00e9 r\u00e9sultant de l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile est une nullit\u00e9 de forme soumise \u00e0 l\u2019article 264 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, donc \u00e0 la preuve d\u2019un grief (voir Cass 25 octobre 2001, n\u00b050\/01, 1798, Cour 15 mai 2002, n\u00b024 393 ; Cour 26 juin 2002 BIJ 2\/03, p 28). Le grief dont le d\u00e9fendeur doit rapporter concr\u00e8tement la preuve, sans qu\u2019il ne puisse se borner \u00e0 en invoquer l\u2019existence dans l\u2019abstrait, peut \u00eatre de nature diverse. La notion de grief ne porte aucune restriction. Son appr\u00e9ciation se fait in concreto, en fonction des circonstances de la cause. Il est constitu\u00e9 chaque fois que l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 a pour cons\u00e9quence de d\u00e9ranger le cours normal de la proc\u00e9dure. Il r\u00e9side g\u00e9n\u00e9ralement dans l\u2019entrave ou la g\u00eane port\u00e9e \u00e0 l\u2019organisation de la d\u00e9fense en mettant le d\u00e9fendeur dans l\u2019impossibilit\u00e9 de choisir les moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s (cf. Cass., 12 mai 2005, Pas. 33, p.53). Ilappartient \u00e0 celui qui invoque le moyen du libell\u00e9 obscur d\u2019\u00e9tablir qu\u2019en raison de ce libell\u00e9 obscur de l\u2019acte, il a \u00e9t\u00e9 dans l\u2019impossibilit\u00e9 de savoir ce que le demandeur lui r\u00e9clame et pour quelle raison (cf. CA, 5 juillet 2007, n\u00b0 305). Le libell\u00e9 obscur s\u2019appr\u00e9cie uniquement sur base de l\u2019assignation introductive d\u2019instance et cette derni\u00e8re ne saurait \u00eatre rep\u00each\u00e9e ni par des conclusions ult\u00e9rieures, ni par les conclusions de l\u2019adversaire dont l\u2019\u00e9tendue ne saurait d\u00e9montrer si l\u2019objet de la demande est formul\u00e9 de fa\u00e7on suffisamment pr\u00e9cise pour permettre une d\u00e9fense ad\u00e9quate (Cour d\u2019appel, 9i\u00e8me chambre, 15 juillet 2004, n\u00b0 28.124 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>7 S\u2019agissant de la recevabilit\u00e9 du moyen tir\u00e9 de l\u2019exception du libell\u00e9 obscur, le tribunal constate en l\u2019esp\u00e8ceque celle-ci a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9ein limine litisparSOCIETE5.),dans ses conclusions du 20 octobre 2021 et est, partant, recevable. En l\u2019esp\u00e8ce, il convient de souligner que l\u2019assignation contient une br\u00e8ve description des faits \u00e0 la base de la demande, du Contrat conclu entreSOCIETE2.)etSOCIETE4.), ainsi que de l\u2019apparition de d\u00e9sordres au niveau du complexe chape-carrelage dans l\u2019appartementNUMERO5.)de la R\u00e9sidenceADRESSE5.)sise \u00e0ADRESSE7.), travaux qui auraient \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s parSOCIETE2.).SOCIETE4.)pr\u00e9cise par ailleurs qu\u2019SOCIETE5.)serait l\u2019assureur en responsabilit\u00e9 civile deSOCIETE2.), laquelle lui aurait d\u00e8s lors d\u00e9clar\u00e9 le sinistre. Pour justifier la mise en cause d\u2019SOCIETE5.),SOCIETE4.)invoque tant les principes de la responsabilit\u00e9 contractuelle que l\u2019action directe pr\u00e9vue par l\u2019article 89 de la Loi du 27 juillet 1997 qui permet \u00e0 la victime d\u2019un dommage de s\u2019adresser directement \u00e0 l\u2019assureur du responsable. Si les d\u00e9veloppements deSOCIETE4.)semblent effectivement contradictoires en ce qu\u2019elle pr\u00e9tend d\u2019une part avoir la qualit\u00e9 d\u2019assur\u00e9e et d\u2019autre part la qualit\u00e9 de victime, le tribunal retient n\u00e9anmoins que les indications dans l\u2019assignation permettent de situer de mani\u00e8re claire le litige entre parties, en ce queSOCIETE4.)demande la r\u00e9paration de son dommage et recherche la responsabilit\u00e9 deSOCIETE5.)dans le cadre de l\u2019action directe pr\u00e9vue par le pr\u00e9dit article 89. Le fait qu\u2019il existe dans l\u2019assignation une certaine confusion entre l\u2019obligation d\u2019ex\u00e9cution \u00e0 laquelle l\u2019assureur est soumis \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son assur\u00e9, et l\u2019action directe appartenant \u00e0 la victime d\u2019un dommage,qui peutse baser sur un contratauquelelle est tiers, n\u2019est d\u00e8s lors pas de nature \u00e0 induire en erreurSOCIETE5.)sur la demande dirig\u00e9e \u00e0 son encontre, en sa qualit\u00e9 d\u2019assureur en responsabilit\u00e9 civile deSOCIETE2.). La partie d\u00e9fenderesse n\u2019apartantpas pu se m\u00e9prendre sur la nature et laport\u00e9e des demandes dirig\u00e9es \u00e0 son encontre, de sorte que le moyen est \u00e0 rejeter sur ce point. La partie d\u00e9fenderesse conclutencoreau libell\u00e9 obscur de l\u2019assignation du1 er juillet 2020 en ce queSOCIETE4.)n\u2019aurait pas expos\u00e9pour quelles raisons il y aurait lieu de condamner les deux parties d\u00e9fenderesses par application du m\u00e9canisme de la solidarit\u00e9. Il y a lieu de constaterque l\u2019acte introductif d\u2019instance ne contient aucunemotivation concernantla solidarit\u00e9 sollicit\u00e9e selon la formule de style commun\u00e9ment utilis\u00e9e dans les assignations introductives d\u2019instance. Dans les constellationssans complexit\u00e9, comme celle de l\u2019esp\u00e8ce, o\u00f9 l\u2019on est en pr\u00e9sence de deux parties d\u00e9fenderesses et d\u2019une demande bas\u00e9e sur une cause unique, l\u2019absence de motivation \u00e0 ce propos d\u00e8s l\u2019assignation et donc avant toute contestation, ne justifie paslanullit\u00e9sur base de l\u2019article 154 Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>8 Au demeurant, cette lacune n\u2019a pas non plus affect\u00e9 les droits de la d\u00e9fense d\u2019SOCIETE5.), quia\u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019\u00e9lever toutes contestations quant au bien-fond\u00e9 de cette solidarit\u00e9. Au vu de cequi pr\u00e9c\u00e8de, le moyen de nullit\u00e9 de l\u2019exploit pour libell\u00e9 obscur est \u00e0 rejeter. 2.Le moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur soulev\u00e9 parSOCIETE2.) 2.1.Moyensdes parties SOCIETE2.)demande de voir d\u00e9clarer l\u2019assignation deSOCIETE4.)nulle, sinon irrecevable, pour cause de libell\u00e9 obscur, et se rapporte \u00e0 cette fin exclusivementaux \u00e9critures d\u2019SOCIETE5.). SOCIETE4.)soutient queSOCIETE2.)aurait invoqu\u00e9 l\u2019exception de libell\u00e9 obscur pour la premi\u00e8re fois dans ses conclusions r\u00e9capitulatives du 10 f\u00e9vrier 2023. Faute de l\u2019avoir soulev\u00e9inlimine litis, elle ne saurait pas se pr\u00e9valoir dudit moyen. 2.2.L\u2019appr\u00e9ciation L\u2019exception du libell\u00e9 obscur s\u2019inscrit dans le cadre des nullit\u00e9s formelles des actes de proc\u00e9dure. La jurisprudenceest constante pour retenir que la nullit\u00e9 affectant l\u2019acte qui ne r\u00e9pond pas aux exigences de l\u2019article 154, point 1 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile constitue une nullit\u00e9 de pure forme, soumise aux conditions cumulatives de l\u2019article 264 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile. Ainsi pour que l\u2019exception soit recevable, elle doit \u00eatre soulev\u00e9e au seuil de l\u2019instance et pour que l\u2019exception soit fond\u00e9e, il faut que le d\u00e9fendeur prouve que le d\u00e9faut de clart\u00e9 de l\u2019acte lui cause grief. Le tribunal constate queSOCIETE2.)a demand\u00e9 pour la premi\u00e8re fois de voir d\u00e9clarer l\u2019acte introductif d\u2019instance deSOCIETE4.)nul, sinon irrecevable, par conclusions du 10 f\u00e9vrier 2023. SOCIETE2.)n\u2019ad\u00e8s lorspas soulev\u00e9 l\u2019exception du libell\u00e9 obscurau seuil de l\u2019instance, c\u2019est-\u00e0-dire dans son premier corps de conclusions et avant toute d\u00e9fense au fond. Le moyen deSOCIETE2.)estd\u00e8s lors\u00e0 d\u00e9clarer irrecevable. II.Le fond A.La demande principale Dans un souci de logique juridique, il convient d\u2019analyser en premier lieu la demande en condamnation formul\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard deSOCIETE2.), avant de prendre position le cas \u00e9ch\u00e9ant sur la demande formul\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019SOCIETE5.).<\/p>\n<p>9 La responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.) 1.Moyens des parties A l\u2019appui de ses pr\u00e9tentions,SOCIETE4.)expose que suite aux d\u00e9g\u00e2ts constat\u00e9s dans l\u2019appartementNUMERO5.),SOCIETE2.)aurait d\u00e9clar\u00e9 le sinistre \u00e0 son assureur en responsabilit\u00e9 civile,SOCIETE5.), qui aurait par la suite mandat\u00e9 le bureauSOCIETE6.) aux fins d\u2019expertise. L\u2019expert se serait rendu sur les lieux en date du 14 juillet 2015 et aurait conseill\u00e9 un arrachage et un remplacement complet du complexe. SOCIETE4.)aurait \u00e9galement fait une d\u00e9claration de sinistre \u00e0 son assureur SOCIETE9.), qui aurait mandat\u00e9 l\u2019expertPERSONNE0.)aux fins d\u2019expertise. Celui-ci aurait conclu \u00e0 une malfa\u00e7on affectant les travaux ex\u00e9cut\u00e9s parSOCIETE2.), raison pour laquelle l\u2019assureur \u00abtous risque chantier\u00bb aurait d\u00e9clin\u00e9 son intervention. Malgr\u00e9 plusieurs \u00e9changes avecSOCIETE5.), celle-ci refuserait \u00e9galement de prendre en charge les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s parSOCIETE2.). SOCIETE4.)base sa demande \u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE2.)principalement sur les articles 1142 et suivants du Code civil, alors que les d\u00e9sordres seraient apparus avant la r\u00e9ception de l\u2019ouvrage, et subsidiairement sur les articles 1792 et 2270 du Code civil, instituant une garantie d\u00e9cennale pour les vices affectant les gros ouvrages. Conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence, le constructeur serait soumis \u00e0 une obligation de r\u00e9sultat, de sorte qu\u2019il suffirait au ma\u00eetre de l\u2019ouvrage de prouver que l\u2019immeuble serait affect\u00e9 des vices pour que la responsabilit\u00e9 du ou des constructeurs soit pr\u00e9sum\u00e9e. SOCIETE4.)rappelle que, contrairement aux d\u00e9veloppements des parties d\u00e9fenderesses, la d\u00e9molition des chapes et du dallage aurait \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9e par l\u2019expertPERSONNE1.)du bureauSOCIETE6.), mandat\u00e9 parSOCIETE5.). Ellesollicite d\u00e8s lors la production forc\u00e9e parSOCIETE5.)de tout \u00ab\u00e9crit, communication ou courrier comprenant une analyse de l\u2019expertPERSONNE1.)d\u00e9velopp\u00e9e suite \u00e0 la visite de l\u2019appartementNUMERO5.)\u00bb de la r\u00e9sidence litigieuse en date du 14 juillet 2015. Par courrier du 11 ao\u00fbt 2017, l\u2019expert mandat\u00e9 deSOCIETE4.),PERSONNE0.), aurait en outre conclu \u00e0 l\u2019existence de malfa\u00e7ons affectant les travaux ex\u00e9cut\u00e9s par SOCIETE2.), raison pour laquelle l\u2019assureur \u00abtout risque chantier\u00bb deSOCIETE4.), SOCIETE10.)(ci-apr\u00e8s \u00e9galement \u00abassureurSOCIETE9.)\u00bb) aurait d\u00e9clin\u00e9 son intervention. La r\u00e9alit\u00e9 des relations contractuelles entreSOCIETE4.)etSOCIETE10.) r\u00e9sulterait \u00e0 suffisance des \u00e9l\u00e9ments du dossier, de sorte que tous les moyens de SOCIETE2.)\u00e0 cet \u00e9gard seraient \u00e0 rejeter. SOCIETE4.)pr\u00e9cise encore que seuls les quatre appartements les plus grands de la r\u00e9sidence litigieuse auraient \u00e9t\u00e9 concern\u00e9s par le soul\u00e8vement du complexe carrelage- chape. Pour d\u00e9montrer la r\u00e9alit\u00e9 de ces faits, elle verse desphotographies de l\u2019appartement de \u00abMonsieurPERSONNE2.)\u00bb.<\/p>\n<p>10 Les faits tels que pr\u00e9sent\u00e9s parSOCIETE4.)seraient corrobor\u00e9s par un courrier de l\u2019expertPERSONNE0.)du 24 novembre 2017, dans lequel il pr\u00e9cise que: \u00ab(\u2026) Le probl\u00e8me n\u2019affectait que lesquatre appartements o\u00f9 les chapes avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s au moyen d\u2019un mortier de fibres tel que mentionn\u00e9 dans l\u2019offre de prix deSOCIETE2.)du 10\/02\/2014. Apr\u00e8s constatation des premiers probl\u00e8mes, le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage a demand\u00e9 la mise en place de chapes avec treillis d\u2019armature classique. La d\u00e9formation des chapes a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 \u00e0 peine deux mois apr\u00e8s leur r\u00e9alisation. Le probl\u00e8me semblait stabilis\u00e9 puisqu\u2019il fut d\u00e9cid\u00e9 de poser le dallage. Toutefois, il semble n\u00e9anmoins s\u2019\u00eatre poursuivi quelque peu apr\u00e8s pose du dallage puisqu\u2019il fut constat\u00e9 un soul\u00e8vement du dallage \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie des locaux. (\u2026) A cet \u00e9gard, le choix de mortier (mortier fibr\u00e9) n\u2019appara\u00eet pas des plus ad\u00e9quat et c\u2019est d\u2019ailleurs vraisemblablement la raison pour laquelle le type de chape a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 ult\u00e9rieurement. Je consid\u00e8re la d\u00e9formation des chapes et cons\u00e9quemment des dallages comme une malfa\u00e7on et non comme un dommage. C\u2019est la raison pour laquelle j\u2019avais \u00e9mis toutes r\u00e9serves quant \u00e0 l\u2019intervention de la police SOCIETE9.)\u00bb. Les fiches de correspondance du bureau de contr\u00f4leSOCIETE11.)confirmeraient \u00e9galement la version des faits de la demanderesse. SOCIETE4.)se r\u00e9f\u00e8re encore \u00e0 un courriel du 15 juillet 2015 dePERSONNE3.), dans lequel il aurait expos\u00e9 que suite \u00e0 la d\u00e9cision prise par l\u2019expertPERSONNE1.)de d\u00e9molir les chapes et le dallage dans l\u2019appartement dePERSONNE4.)et aurait \u00e9tabli le plan d\u2019action.SOCIETE2.)aurait r\u00e9pondu par courriel du 17 juillet 2015, sans pour autant contester le contenu du pr\u00e9dit courriel. Par application du principe de la correspondance accept\u00e9e, il y aurait d\u00e8s lors lieu de constater queSOCIETE2.)aurait reconnu sa responsabilit\u00e9. Tous les d\u00e9veloppements deSOCIETE2.)pour lesquels elle tenterait de faire peser la responsabilit\u00e9 sur d\u2019autres intervenants sur le chantier seraient \u00e0 \u00e9carter. SOCIETE2.)conteste la demande deSOCIETE4.). Elle pr\u00e9cise avoir mis en \u0153uvre l\u2019isolation et la chape de mani\u00e8re identique et uniforme dans l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des trente<\/p>\n<p>11 appartements de la r\u00e9sidenceADRESSE5.). Or, seul l\u2019appartement dePERSONNE4.), administrateur deSOCIETE4.)et de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE12.), auraitpr\u00e9tendument \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 de vices. La d\u00e9fenderesse pr\u00e9cise qu\u2019elle aurait ex\u00e9cut\u00e9 les travaux d\u2019installation de l\u2019isolation et de la chape selon les r\u00e8gles de l\u2019art et qu\u2019il ne ressortirait d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que la mise en \u0153uvre des travaux aurait \u00e9t\u00e9 \u00abfautive\u00bb. Il serait en outre formellement contest\u00e9 que \u00abla mise en \u0153uvre d\u2019un mortier de fibres correspond \u00e0 une malfa\u00e7onet qu\u2019il n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 que sur 4 appartements\u00bb. Avec l\u2019accord deSOCIETE4.), le mortier fibr\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 sur 100 % des appartements de la r\u00e9sidence, ladite composition ayant en outre \u00e9t\u00e9 valid\u00e9e par le bureau de contr\u00f4leSOCIETE11.). Toute ex\u00e9cution d\u00e9fectueuse deSOCIETE2.)serait d\u00e8s lors contest\u00e9e. En tout \u00e9tat de cause, le courrier de l\u2019expertPERSONNE0.), invoqu\u00e9 parSOCIETE4.)\u00e0 l\u2019appui de ses reproches, ne serait appuy\u00e9 par aucun rapport, etSOCIETE2.)n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 convi\u00e9e \u00e0 participer \u00e0 une quelconque visite des lieux. Les vices reproch\u00e9s ne seraient ni assez d\u00e9taill\u00e9s ou r\u00e9f\u00e9renc\u00e9s \u00e0 une quelconque norme en vigueur, ni seraient-ils corrobor\u00e9s par une quelconque pi\u00e8ce probante. SOCIETE2.)expose que le v\u00e9ritable probl\u00e8me aurait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 au niveau des baies vitr\u00e9es, tel qu\u2019il r\u00e9sulterait d\u2019un courriel du bureau de contr\u00f4leSOCIETE11.)du 7 juillet 2015. Or, le probl\u00e8me de frottement de la porte-fen\u00eatre s\u2019expliquerait par l\u2019affaissement du ch\u00e2ssis. Ceci aurait m\u00eame \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9 par le directeur d\u00e9veloppement deSOCIETE4.) dans un courriel du 21 septembre 2015: \u00abConcernant les deux zones o\u00f9 il y a lieu de proc\u00e9der \u00e0 un rabotage de la chape, pourriez-vous le programmer au plus vite afin de ne pas retarder les travaux? Concernant le paiement de ce travail, merci de m\u2019en communiquer le montant. Celui-ci d\u00e9coulant d\u2019un d\u00e9faut de pose des ch\u00e2ssis, il sera pris en charge par la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE13.)\u00bb. SOCIETE4.)se tournerait d\u00e8s lors uniquement contreSOCIETE2.)alors que l\u2019assureur SOCIETE9.)aurait visiblement refus\u00e9 de prendre en charge le sinistre, et que SOCIETE13.)aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e en \u00e9tat de faillite en novembre 2017. La d\u00e9fenderesse fait encore valoir qu\u2019au vu du souhait du ma\u00eetre de l\u2019ouvrage d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer le s\u00e9chage de la chape, et ce malgr\u00e9 contre-indications deSOCIETE2.), des d\u00e9shumidificateurs et des \u00abAerotherm\u00bb auraient \u00e9t\u00e9 mis en place. Par cons\u00e9quent, en raison d\u2019un chauffage trop pouss\u00e9 et d\u2019un temps de s\u00e9chage raccourci, un effet de tuilage aurait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 avec une zone l\u00e9g\u00e8rement plus haute sur les c\u00f4t\u00e9s, raison pour laquelleSOCIETE2.)aurait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un rabotage.<\/p>\n<p>12 Par apr\u00e8s, la conformit\u00e9 de la chape n\u2019aurait plus jamais \u00e9t\u00e9 remise en cause. Au contraire, elle aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptionn\u00e9e et le rev\u00eatement aurait \u00e9t\u00e9 pos\u00e9. Si le probl\u00e8me d\u2019hygrom\u00e9trie et de s\u00e9chage de la chape \u00e9tait \u00e0 consid\u00e9rer comme une cause dans le suppos\u00e9 frottement des ch\u00e2ssis sur le marbre, il ne rel\u00e8verait en aucun cas de la responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.), alors qu\u2019il serait constant en cause qu\u2019une chape doit s\u00e9cher le plus naturellement possible. Le s\u00e9chage d\u00e9pendrait en effet des conditions climatiques, de l\u2019a\u00e9ration, ainsi que de l\u2019orientation du b\u00e2timent, composantes \u00e9chappant au contr\u00f4le du chapiste. Au vu de cet al\u00e9a, aucune obligation de r\u00e9sultat ne p\u00e8serait sur le chapiste. Il appartiendrait d\u00e8s lors au professionnel charg\u00e9 du rev\u00eatement de v\u00e9rifier le taux d\u2019humidit\u00e9 avant de poser le rev\u00eatement. Il r\u00e9sulterait en effet du document CTG-036 extrait du CRTI-B, s\u2019appliquant aux travaux de rev\u00eatement de sol, qu\u2019il appartient au poseur de rev\u00eatement de v\u00e9rifier \u00abla siccit\u00e9 du support\u00bb (article 1.3.1). SOCIETE2.)conteste d\u00e8s lors qu\u2019elle aurait d\u00fb signaler, conform\u00e9ment au point 2 du bordereau, \u00ables imperfections sur les supports avant le d\u00e9but des travaux\u00bb, alors qu\u2019il n\u2019y aurait pas eu d\u2019imperfections. En tout \u00e9tat de cause, il aurait appartenu au carreleur d\u2019avertir le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage, pr\u00e9alablement \u00e0 sa pose, si la marge \u00e9tait insuffisante pour poser son marbre. Le ph\u00e9nom\u00e8ne de dilatation et de rel\u00e8vement de sol se serait en outre produit en p\u00e9riode de forte chaleur ext\u00e9rieure. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne serait consid\u00e9r\u00e9 comme un ph\u00e9nom\u00e8ne naturel et totalement externe \u00e0 la qualit\u00e9 du travail deSOCIETE2.). Tout reproche dress\u00e9 \u00e0 l\u2019encontre de lad\u00e9fenderesse serait partant \u00e0 \u00e9carter. Par ailleurs, dans la mesure o\u00f9 par nature une chape serait destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre recouverte par un rev\u00eatement de sol, tout probl\u00e8me se posant au niveau de la chape devrait \u00eatre signal\u00e9 avant l\u2019intervention du poseur. Enl\u2019esp\u00e8ce,PERSONNE5.)n\u2019aurait jamais fait \u00e9tat de d\u00e9sordres au niveau de la chape et aurait ordonn\u00e9 la pose du rev\u00eatement. Les travaux de chape auraient d\u00e8s lors incontestablement \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptionn\u00e9s. SOCIETE2.)estime encore que la partie demanderesse serait en d\u00e9faut de rapporter la preuve du pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9. Il r\u00e9sulterait en effet de deux courriels du 15 juillet 2015 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE14.), respectivement de l\u2019expertPERSONNE1.), que l\u2019assurance \u00abtout risque chantier\u00bb prendrait en charge les travaux de d\u00e9molition de la chape. Si SOCIETE4.)verse un courriel d\u2019SOCIETE5.)du 22 ao\u00fbt 2018, contenant un suppos\u00e9 refus de prise en charge, la demanderesse ne verserait aucun contrat conclu avec SOCIETE5.). Il ne serait d\u00e8s lors pas \u00e9tabli qu\u2018SOCIETE5.)aurait \u00e9t\u00e9 l\u2019assureur \u00abtout risque chantier\u00bb deSOCIETE4.).SOCIETE2.)se r\u00e9serve \u00e0 cet \u00e9gard le droit \u00abd\u2019intenter une action pour tentative d\u2019escroquerie \u00e0 jugement sans preuve de refus de la SOCIETE9.)\u00bb.<\/p>\n<p>13 Les dires de l\u2019expertPERSONNE0.)seraienten tout \u00e9tat de cause \u00e0 \u00e9carter des d\u00e9bats, alors qu\u2019il ne serait pas un expert asserment\u00e9 au Luxembourg. Il n\u2019aurait en outre pas pu se prononcer sur l\u2019\u00e9tat de la chape alors qu\u2019il n\u2019aurait pas fait de sondage ou de carottage. Il serait d\u00e8s lors incompr\u00e9hensible pourquoi les travaux d\u2019arrachage d\u2019un sol ont \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9s sur simple demande dePERSONNE4.), qui se serait bas\u00e9 sur des pr\u00e9tendus dires d\u2019un expert. En tout \u00e9tat de cause, la d\u00e9cision d\u2019arracher la pr\u00e9chape, le chauffage au sol et le complexechape et marbre aurait \u00e9t\u00e9 disproportionn\u00e9e. Un simple r\u00e9glage du ch\u00e2ssis, sinon un rabotage de la chape aurait largement pu suffire, de sorte queSOCIETE4.) aurait failli \u00e0 son obligation de minimiser son dommage. Il ne r\u00e9sulterait en effet d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que l\u2019expertPERSONNE1.)du BureauSOCIETE6.)aurait ordonn\u00e9 un arrachage et un remplacement du marbre. Dans son courrier du 11 ao\u00fbt 2017, l\u2019expertPERSONNE0.)aurait en effet fait valoir ce qui suit: \u00abIl y aurait donc lieu de savoir sic\u2019est r\u00e9ellement M.PERSONNE6.)qui a autoris\u00e9 ou demand\u00e9 la d\u00e9molition totale des chapes et dallages. L\u2019immixtion de M.PERSONNE6.) serait d\u2019autant plus \u00e9tonnante que, par la suite, sa mandante estime ne pas devoir intervenir\u00bb. Il y pr\u00e9ciserait encoreque: \u00abQuant \u00e0 la d\u00e9cision de d\u00e9molir la totalit\u00e9 des chapes et des dallages dans l\u2019appartement NUMERO5.), je rappelle que cette d\u00e9cision est ant\u00e9rieure \u00e0 mon intervention, puisque, lors de ma visite du 20\/07\/2015, la quasi-totalit\u00e9 des dallages et deschapes \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9molie et en cours d\u2019\u00e9vacuation\u00bb. SOCIETE2.)expose par ailleurs que \u00able gros changement qui a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 pour pallier les probl\u00e8mes de chauffe a \u00e9t\u00e9 la mise en place d\u2019un chauffage au sol r\u00e9versible, chaud en hiver et froid en\u00e9t\u00e9\u00bb. SOCIETE2.)conteste encore l\u2019application du principe de la correspondance accept\u00e9e \u00e0 son courriel du 17 juillet 2015, alors qu\u2019il n\u2019y aurait jamais \u00e9t\u00e9 question de la responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.). La correspondance entrePERSONNE3.) etSOCIETE2.)aurait uniquement port\u00e9 sur la commande suppl\u00e9mentaire, qui aurait en outre donn\u00e9 lieu \u00e0 une facturation par la d\u00e9fenderesse. Il ne s\u2019agirait d\u00e8s lors pas d\u2019un geste commercial ou d\u2019une quelconque reconnaissance de responsabilit\u00e9 de sa part. La d\u00e9fenderesse se base finalement sur un arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 20 mai 2015 (n\u00b0 36624 du r\u00f4le) pour souligner trois points qui seraient pertinents dans le pr\u00e9sent litige: -il appartiendrait en premier lieu \u00e0 la partie demanderesse d\u2019\u00e9tablir les pr\u00e9tendus viceset malfa\u00e7ons;<\/p>\n<p>14 -un rapport dress\u00e9 de mani\u00e8re unilat\u00e9rale par une personne qui ne serait pas expert n\u2019aurait pas de valeur probante; -les conditions de la facult\u00e9 de remplacement et les cons\u00e9quences. En l\u2019esp\u00e8ce,SOCIETE4.)ne rapporterait aucune preuvequant aux pr\u00e9tendus vices et malfa\u00e7ons. Elle ne verserait m\u00eame pas un rapport d\u2019expertise unilat\u00e9rale mais se baserait uniquement sur des pi\u00e8ces \u00absans r\u00e9elle port\u00e9e\u00bb. Les travaux auraient \u00e9t\u00e9 refaits, sans preuve quelconque, et sans reconnaissance deSOCIETE2.). Aucune expertise ne pourrait en outre \u00eatre ordonn\u00e9e alors que les travaux de remplacementauraientd\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 les courriels de l\u2019expertPERSONNE0.)seraientqualifi\u00e9sd\u2019expertise par le tribunal, ils ne seraient n\u00e9anmoins pas opposables \u00e0SOCIETE2.)du fait de leur caract\u00e8re unilat\u00e9ral. La d\u00e9fenderesse pr\u00e9cise encore quesaversion des faits serait corrobor\u00e9e par lefait que SOCIETE2.)aurait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9edes travaux de \u00abr\u00e9fections\u00bb, lesquels auraient \u00e9t\u00e9 factur\u00e9s et il n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 question qu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine des pr\u00e9tendus vices. PERSONNE5.)aurait en outre pay\u00e9 90 % desdits travaux. En conclusion,SOCIETE2.)expose que la demanderesse ne rapporterait pas la preuve des d\u00e9sordres, respectivement des inex\u00e9cutions contractuellesluireproch\u00e9es. A d\u00e9faut de rapport d\u2019expertise contradictoire, voire d\u2019autres pi\u00e8ces probantes,SOCIETE4.) n\u2019\u00e9tablirait ni l\u2019existence de vices et malfa\u00e7ons, ni queSOCIETE2.)aurait manqu\u00e9 \u00e0 son obligation debonne ex\u00e9cution des travaux dont elle avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e. L\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des demandes deSOCIETE4.)serait d\u00e8s lors \u00e0 rejeter pour \u00eatre non fond\u00e9e. Au fond,SOCIETE5.)conteste les faits tels que pr\u00e9sent\u00e9s par la demanderesse et conclut au rejet des demandes deSOCIETE4.). Elle expose que le probl\u00e8me discut\u00e9 entre parties en juillet 2015 ne concernerait pas les chapes, mais les baies vitr\u00e9es. Le mouvement des chapes remonterait en effet \u00e0 la p\u00e9riode de mars et avril 2015. Apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que les chapes s\u2019\u00e9taient stabilis\u00e9es vers mi-avril 2015, la direction de chantier, compos\u00e9e par le groupement d\u2019architectes et SOCIETE4.), aurait ordonn\u00e9 la continuation du chantier en invitant la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE15.)\u00e0 poser le rev\u00eatement de sol et le cuisiniste \u00e0 poser les \u00e9l\u00e9ments de cuisine. Le probl\u00e8me constat\u00e9 en juillet 2015 se serait en effet mat\u00e9rialis\u00e9 par un probl\u00e8me d\u2019ouverture et de fermeture des baies vitr\u00e9es. La responsabilit\u00e9 \u00e0 rechercher, soit sur base du droit commun soit sur base de la garantie des vices de construction, serait d\u00e8s lors celle de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE13.), \u00e0 laquelle il appartiendrait de rapporter la preuve que la difficult\u00e9 de fonctionnement des menuiseries serait due \u00e0 une cause \u00e9trang\u00e8re, tel un probl\u00e8me de chape, ou de rev\u00eatement de sol. Or au vu de l\u2019insolvabilit\u00e9 deSOCIETE13.), ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e en \u00e9tat de faillite en novembre<\/p>\n<p>15 2017,SOCIETE4.)se serait rabattue sur une \u00abautre piste d\u2019indemnisation\u00bb, en recherchant la responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.). La responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.)supposerait n\u00e9anmoins la double preuve que: -les chapes auraient \u00e9t\u00e9 affect\u00e9es d\u2019un d\u00e9sordre en juillet 2015, -ce d\u00e9sordre serait la cause du probl\u00e8me de fonctionnement des baies vitr\u00e9es. Or, aucune preuve n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e par la demanderesse\u00e0 cet \u00e9gard. SOCIETE5.)expose par ailleurs que les deux courriers de l\u2019expertPERSONNE0.), sur lesquelsSOCIETE4.)se baserait pour \u00e9tablir la responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.), ne seraient en tout \u00e9tat de cause pas opposables aux parties d\u00e9fenderesses. En effet, si la jurisprudence pr\u00e9voit qu\u2019un rapport unilat\u00e9ral peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 opposable \u00e0 une partie au litige, pour autant que toutes les pi\u00e8ces \u00e9chang\u00e9es au cours de l\u2019expertise soient mises \u00e0 disposition de celui \u00e0 qui le rapport est oppos\u00e9, ce principe ne s\u2019appliquerait pas \u00e0 un courrier relatant une analyse unilat\u00e9rale d\u2019un expert, tel qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce. Les conclusions de l\u2019expert ne seraient en outre pas corrobor\u00e9es par d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments du dossier. Aucune responsabilit\u00e9 ne saurait d\u00e8s lors \u00eatre imput\u00e9e \u00e0 SOCIETE2.). Les \u00e9changes de correspondances invoqu\u00e9s parSOCIETE4.)ne pourraient en outre pas entra\u00eener une \u00abreconnaissance de responsabilit\u00e9\u00bb deSOCIETE2.). Le principe de la correspondance commerciale accept\u00e9e ne serait par ailleurs pas applicable en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile. SOCIETE5.)fait encore valoir que la responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.)n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9e parPERSONNE3.)(Direction dechantier) dans son courriel du 15 juillet 2015. Le courriel subs\u00e9quent deSOCIETE2.)ne pourrait d\u00e8s lors pas entra\u00eener une reconnaissance sur un sujet non abord\u00e9 auparavant. SOCIETE4.)serait d\u00e8s lors en d\u00e9faut de rapporter la preuve d\u2019un quelconque mouvement des chapes apr\u00e8s leur stabilisation en avril 2015. Il ne serait par ailleurs pas \u00e9tabli que la chape aurait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e d\u2019un d\u00e9sordre. La responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.)ne pourrait partant pas \u00eatre engag\u00e9e. A titre subsidiaire,SOCIETE5.)expose quele d\u00e9sordre affectant l\u2019ouvrage construit par l\u2019entrepreneur n\u2019est un fait g\u00e9n\u00e9rant une responsabilit\u00e9 que s\u2019il en r\u00e9sulte un dommage pour le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage.Or, en l\u2019esp\u00e8ce, il n\u2019y aurait pas de dommage clairement identifi\u00e9 qui pourrait \u00eatre reli\u00e9 \u00e0 une dilation suppos\u00e9e des chapes. L\u2019existence d\u2019un lien causal entre les d\u00e9sordres suppos\u00e9s de la chape et un dommage qui en aurait r\u00e9sult\u00e9 pour le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage ferait d\u00e8s lors \u00e9galement d\u00e9faut. Concernant l\u2019indemnisation r\u00e9clam\u00e9e par la demanderesse,SOCIETE5.)invoque le principe selon lequel la victime a l\u2019obligation de limiter son dommage, de sorte que si les<\/p>\n<p>16 chapes auraient pu \u00eatre r\u00e9fectionn\u00e9es localement \u00e0 proximit\u00e9 des baies vitr\u00e9es pour lesquelles se posait un probl\u00e8me d\u2019ouverture et de fermeture, le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage ne pourrait pr\u00e9tendre \u00e0 une indemnisation d\u00e9coulant d\u2019un remplacement complet des chapes dans tout l\u2019appartement. SOCIETE5.)fait d\u00e8s lors valoir qu\u2019il ne r\u00e9sulterait d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que le remplacement complet des chapes, plut\u00f4t que la r\u00e9paration ponctuelle, aurait \u00e9t\u00e9 techniquement et \u00e9conomiquement n\u00e9cessaire. Les d\u00e9veloppements selon lesquels l\u2019expertPERSONNE1.)aurait, oralement, d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il fallait d\u00e9molir les chapes et le dallage de l\u2019appartementNUMERO5.), ne seraient en effet \u00e9tay\u00e9s par aucune pi\u00e8ce. L\u2019instruction dePERSONNE3.)par courrier du 15 juillet 2015 d\u2019arracher les chapes de l\u2019appartement ne serait d\u00e8s lors bas\u00e9e sur aucune justification objective. L\u2019offre de preuve formul\u00e9e parSOCIETE4.)devrait en outre \u00eatre rejet\u00e9e pour d\u00e9faut de pertinence L\u2019\u00e9valuation de son dommage \u00e0 hauteur de 159.222,66 EUR serait d\u00e8s lors \u00e0 rejeter. A titre subsidiaire,SOCIETE5.)expose que la demande en indemnisation portant sur le montant de 142.427,21 EUR (HTVA) ne serait pas justifi\u00e9e \u00e0 suffisance de droit par les pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause. La demande devrait d\u00e8s lors en tout \u00e9tat de cause \u00eatre rejet\u00e9e. Pour autantque le dommage deSOCIETE4.)existe, son montant devrait \u00eatre fix\u00e9 sur une base hors TVA. La d\u00e9fenderesse estime encore que le point de d\u00e9part des int\u00e9r\u00eats devrait \u00eatre fix\u00e9 au jour de la pr\u00e9sente d\u00e9cision, sinon, \u00e0 titre subsidiaire, au jour de la demande en justice. SOCIETE5.)demande le rejet de la demande en communication forc\u00e9e des pi\u00e8ces sollicit\u00e9es parSOCIETE4.), ainsi que de l\u2019offre de preuve par t\u00e9moins. Concernant les pi\u00e8ces r\u00e9clam\u00e9es parSOCIETE4.), elle pr\u00e9cise quePERSONNE1.) n\u2019aurait jamais r\u00e9dig\u00e9 de rapport ou de compte rendu suite \u00e0 la visite des lieux du 14 juillet 2015alors que, selon sa compr\u00e9hension, le sinistre aurait eu vocation \u00e0 \u00eatre pris en charge par l\u2019assureurSOCIETE9.), de sorte qu\u2019elle ne disposerait d\u2019aucun document dans lequelPERSONNE1.)aurait pris position sur les causes du sinistre et l\u2019\u00e9tendue des travaux de r\u00e9fection \u00e0 entreprendre. A titre subsidiaire, elle offre de prouver les faits \u00e0 l\u2019appui de ses pr\u00e9tentions par l\u2019audition du t\u00e9moinPERSONNE1.). SOCIETE5.)conclut finalement au rejet de la demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, sinon \u00e0 ce qu\u2019elle soit ramen\u00e9e \u00e0 de plus justes proportions.<\/p>\n<p>17 2.Appr\u00e9ciation Il est constant en cause queSOCIETE2.)a r\u00e9alis\u00e9 les travaux de pr\u00e9-chape et de chape dans le cadre de la construction de la r\u00e9sidence \u00abADRESSE5.)\u00bb sise \u00e0 Luxembourg- Merl. En mati\u00e8re de contrat d\u2019entreprise, l\u2019obligation de garantie contre les vices de construction d\u2019un locateur d\u2019ouvrage se trouve r\u00e9gie soit par les articles 1142 et suivants du Code civil, soit par les articles 1792 et 2270 du m\u00eame code, selon qu\u2019il y a eu r\u00e9ception des travaux ou non. Le r\u00e9gime sp\u00e9cial d\u00e9coulant des articles 1792 et 2270 du Code civil s\u2019applique \u00e0 partirde la r\u00e9ception de l\u2019ouvrage. Jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9ception ou \u00e0 d\u00e9faut de r\u00e9ception, le constructeur est soumis \u00e0 la responsabilit\u00e9 contractuelle de droit commun (article 1147 du Code civil) qui cesse avec la r\u00e9ception (PERSONNE7.), La responsabilit\u00e9 civile, Pas.2014, n\u00b0 625). La r\u00e9ception d\u2019un ouvrage peut \u00eatre d\u00e9finie comme l\u2019acte par lequel le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage d\u00e9clare accepter l\u2019ouvrage avec ou sans r\u00e9serves. Elle peut \u00eatre expresse ou tacite. SOCIETE4.)estime qu\u2019aucune r\u00e9ception de la chape n\u2019aurait eu lieu, de sorte qu\u2019elle base sa demande \u00e0 titre principal sur les articles 1146 et suivants du Code civil. SOCIETE2.)expose que dans la mesure o\u00f9, apr\u00e8s la pose de la chape, la demanderesse n\u2019aurait jamais fait \u00e9tat de d\u00e9sordres au niveau de la chape et aurait ordonn\u00e9 la pose du rev\u00eatement, les travaux litigieux auraient \u00e9t\u00e9 incontestablement r\u00e9ceptionn\u00e9s. Aucune r\u00e9ception expresse de l\u2019ouvrage n\u2019a eu lieu en l\u2019esp\u00e8ce. Concernant une \u00e9ventuelle r\u00e9ception tacite de l\u2019ouvrage, il importe de pr\u00e9ciser qu\u2019il appartient \u00e0 l\u2019entrepreneur qui se pr\u00e9vaut d\u2019une r\u00e9ception tacite de rapporter la preuve de la volont\u00e9 non \u00e9quivoque du ma\u00eetre d\u2019ouvrage d\u2019accepter l\u2019ouvrage (Cass. civ. 3e, 20 mai 2014, no 13-18.002, RDI 2014. 465; Cass.civ.3e, 10 mars 2015, no 13-19.997et no 14-10.053, RDI 2015. 300). Il est admis que la r\u00e9ception tacite peut \u00eatre retenue, s\u2019il est constat\u00e9 l\u2019existence d\u2019une volont\u00e9 non-\u00e9quivoque du ma\u00eetre de l\u2019ouvrage de recevoir l\u2019ouvrage. La prise de possession des lieux peut constituer un \u00e9l\u00e9ment \u00e0prendre en consid\u00e9ration, mais il n\u2019est pas suffisant \u00e0 lui seul pour faire retenir l\u2019existence d\u2019une r\u00e9ception tacite. S\u2019il s\u2019ajoute n\u00e9anmoins \u00e0 la prise de possession des lieux un paiement du prix sans que des r\u00e9serves ne soient formul\u00e9es, on est en droit de retenir qu\u2019il y a eu r\u00e9ception tacite de l\u2019ouvrage par le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage (PERSONNE8.),PERSONNE9.)etPERSONNE10.), Droit de l\u2019urbanisme et de la construction, 6e \u00e9d., n\u00b0 1268). Bien qu\u2019il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments du dossier quetantle dallagequedes menuiseries int\u00e9rieures avaient\u00e9t\u00e9 pos\u00e9sdans l\u2019appartementlitigieux sans que des r\u00e9verses avaient \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es, force est de constater queSOCIETE4.)n\u2019avait pas r\u00e9gl\u00e9 toutes les<\/p>\n<p>18 factures qui lui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9clam\u00e9es au titre de l\u2019ex\u00e9cution des travaux deSOCIETE2.), alors qu\u2019elle reste toujours redevable d\u2019un solde de 74.051,21 EUR. Au regard dece qui pr\u00e9c\u00e8de,le fait que les travaux de dallage avaient d\u00e9j\u00e0 d\u00e9but\u00e9, respectivement \u00e9taient achev\u00e9s, n\u2019implique pas la volont\u00e9deSOCIETE4.)d\u2019accepter les travaux ex\u00e9cut\u00e9s parSOCIETE2.). A d\u00e9fautde preuve d\u2019une r\u00e9ception des travaux, le tribunal retient que le litige est \u00e0 trancher sur base du r\u00e9gime de la responsabilit\u00e9 contractuelle de droit commun, telle qu\u2019il d\u00e9coule des articles 1142et suivants du Code civil. En s\u2019engageant dans le cadre d\u2019un contrat d\u2019entreprise, l\u2019entrepreneur s\u2019engage \u00e0 ex\u00e9cuter tous les travaux n\u00e9cessaires \u00e0 la perfection de l\u2019ouvrage, de mani\u00e8re que celui- ci pr\u00e9sente tous les \u00e9l\u00e9ments de stabilit\u00e9 et de dur\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tat actuel des connaissances, qu\u2019il respecte toutes les conditions d\u2019ach\u00e8vement et que l\u2019ouvrage soit en tous points conforme \u00e0 l\u2019art de b\u00e2tir et aux r\u00e8gles de sa profession (PERSONNE7.), La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 e \u00e9dition, Pasicrisie luxembourgeoise, 2014, n\u00b0 620, p. 639). Il est admis que cette obligation de concevoir et de r\u00e9aliser un ouvrage exempt de vices et d\u00e9fauts de conformit\u00e9 est une obligation de r\u00e9sultat dans le chef d\u2019un entrepreneur (Cour deCassation, 8 mars 2012, n\u00b0 10\/12). Conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article 1147 du Code civil, le cr\u00e9ancier d\u2019une obligation de r\u00e9sultat peut obtenir la condamnation du d\u00e9biteur sur le seul fondement de la constatation de l\u2019inex\u00e9cution, sans avoir \u00e0 prouver une faute du d\u00e9biteur de l\u2019obligation. Il suffit d\u00e8s lors que le demandeur \u00e9tablisse que le r\u00e9sultat n\u2019est pas atteint, \u00e0 savoir l\u2019existence d\u2019un d\u00e9sordre, pour que l\u2019entrepreneur en soit pr\u00e9sum\u00e9 responsable. L\u2019entrepreneur ne peut alors se d\u00e9charger de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pesant sur lui qu\u2019en rapportant la preuve que le dommage est d\u00fb \u00e0 une autre cause que son propre fait qui rev\u00eat les caract\u00e8res de la force majeure (Cour de Cassation, 9 mars 2017, n\u00b0 24\/201;PERSONNE7.), La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 e \u00e9dition, Pasicrisie luxembourgeoise, 2014, n\u00b0517 et 518, p. 544 et 545). La charge de la preuve des d\u00e9sordres incombe donc \u00e0SOCIETE4.). Elle renvoie \u00e0 cet \u00e9gardaux diff\u00e9rents courriels de l\u2019expertPERSONNE0.)et de PERSONNE3.), ainsi qu\u2019aux fiches de correspondances du bureau de contr\u00f4le SOCIETE11.). SOCIETE2.)conteste la r\u00e9alit\u00e9 des d\u00e9fauts all\u00e9gu\u00e9s, et expose quela bonne r\u00e9alisation de ses travaux n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e. Les \u00e9l\u00e9ments invoqu\u00e9s parSOCIETE4.) n\u2019\u00e9tabliraient en outre pas lesd\u00e9sordres all\u00e9gu\u00e9s. A d\u00e9faut d\u2019expertise ou autre\u00e9l\u00e9ment probant,SOCIETE4.)n\u2019\u00e9tablirait pas l\u2019existence de vices et malfa\u00e7ons. Elle renvoie par ailleurs aux conditions de la facult\u00e9 de remplacement et pr\u00e9cise avoir \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e pour<\/p>\n<p>19 r\u00e9aliserles travaux de r\u00e9fection, pour lesquels elle aurait \u00e9tabli une facture. Elle n\u2019aurait partantpasreconnu une quelconque responsabilit\u00e9 dans son chef. SOCIETE5.)conteste \u00e9galement que les travaux deSOCIETE2.)auraient \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s de vices et malfa\u00e7ons.SOCIETE4.)ne rapporteraitla preuvenidel\u2019existence des pr\u00e9tendusd\u00e9sordres, nidela responsabilit\u00e9 deSOCIETE2.). Elle pr\u00e9cise que le principe de la correspondance accept\u00e9e ne serait pas applicable dans le cadre de la responsabilit\u00e9 civile. En application de l\u2019article 1144 du Code civil, il est permis \u00e0 une partie li\u00e9e par un contrat synallagmatique, qui se plaint de l\u2019inex\u00e9cution de l\u2019obligation de son cocontractant, de faire usage de la facult\u00e9 de remplacement. La facult\u00e9 de remplacement est en principe subordonn\u00e9e \u00e0 l&#039;obtention d&#039;une autorisation de justice. Cette condition r\u00e9pond au principe g\u00e9n\u00e9ral que nul ne peut se faire justice \u00e0 soi-m\u00eame (Jurisclasseur droit civil, articles 1136-1145, contrats et obligations, fascicule 10, n\u00b0 104). Il est cependant permis d\u2019avoir recours \u00e0 la facult\u00e9 de remplacement sans autorisation judiciaire pr\u00e9alable sous certaines conditions.Il faut que le cr\u00e9ancier ait mis le d\u00e9biteur en demeure de s\u2019ex\u00e9cuter et lui ait laiss\u00e9 un d\u00e9lai raisonnable pour qu\u2019il puisse ex\u00e9cuter son obligation, que le remplacement se produise aussit\u00f4t apr\u00e8s le d\u00e9lai imparti par la mise en demeure infructueuse et que le cocontractant qui a failli \u00e0 son obligation, soit averti du remplacement, de mani\u00e8re qu\u2019il ne prenne plus ses dispositions pour tenter d\u2019ex\u00e9cuter le contrat. Une mise en demeure pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019exercice de la facult\u00e9 de remplacement n\u2019est n\u00e9anmoins pas n\u00e9cessaire en cas d\u2019urgence, le cr\u00e9ancier pouvant sans retard, proc\u00e9der de sa seule initiative au remplacement (TAL, 31 mai 2019, n\u00b0187456 du r\u00f4le). Le demandeur doit partant d\u00e9montrer que les conditions de l\u2019article 1144 du Code civil se trouvent remplies. La facult\u00e9 de remplacement pr\u00e9suppose que le d\u00e9biteur ait effectivement manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations contractuelles. Or, avant de rentrer dans les discussions relatives \u00e0 l\u2019existencedevices et malfa\u00e7ons qui auraient affect\u00e9s les travaux de chapes r\u00e9alis\u00e9s parSOCIETE2.), le tribunal rel\u00e8ve qu\u2019il neressortd\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier queSOCIETE4.)a respect\u00e9 les conditions de la facult\u00e9 de remplacement. Si par courrier du 15 juillet 2015,PERSONNE3.)a effectivement inform\u00e9SOCIETE2.), ainsi que d\u2019autres corps de m\u00e9tiers, qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9molir les chapes et dallage de l\u2019appartement dePERSONNE11.), \u00e0 aucun moment la question de la responsabilit\u00e9 n\u2019y a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e.<\/p>\n<p>20 Il convient en effet de constater queSOCIETE2.)n\u2019a ni \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e que ses travaux \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme \u00eatre affect\u00e9s de vices et malfa\u00e7ons, ni n\u2019a-t-elle \u00e9t\u00e9 mise en demeure de s\u2019ex\u00e9cuter dans un d\u00e9lai raisonnable, \u00e0 savoir de proc\u00e9der \u00e0 des travaux de redressement. SOCIETE2.), qui a certes \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e pour la r\u00e9alisation des travaux de r\u00e9fections et qui a factur\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard le montant de 6.202,43 EUR, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e, et n\u2019aurait d\u00e8s lors pas pu anticiper, que sa responsabilit\u00e9 serait mise en cause et que l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais relatifs aux travaux de d\u00e9molition et de r\u00e9fection \u00e0 hauteur de159.222,66EUR lui serait r\u00e9clam\u00e9s. Par ailleurs,SOCIETE4.)n\u2019\u00e9tablit et n\u2019all\u00e8gue m\u00eame pasl\u2019existence d\u2019uneurgence qui luiaurait permis de proc\u00e9der au remplacement deSOCIETE2.)sans mise en demeure pr\u00e9alable. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, le tribunal constate d\u00e8s lors que les conditions de l\u2019article 1144 du Code civil n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es parSOCIETE4.). La demanderesse fait encore plaiderl\u2019application de la correspondancecommerciale accept\u00e9e. Par extension du principe de la facture accept\u00e9e de l\u2019article 109 du Code de commerce, il est admis en jurisprudence qu\u2019entre commer\u00e7ants, le fait de ne pas r\u00e9pondre \u00e0 une correspondance commerciale implique une pr\u00e9somption d\u2019acceptation de son contenu. Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, et dans la mesure o\u00f9 la question de la responsabilit\u00e9 n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e dans le courrier du 15 juillet 2015 de PERSONNE12.), le moyen soulev\u00e9 parSOCIETE4.)relatif \u00e0 la correspondance accept\u00e9e est \u00e0 rejeter. A titre surabondant, le tribunal rel\u00e8ve que les courriels de l\u2019expertPERSONNE0.), mandat\u00e9 par l\u2019assureurSOCIETE9.)deSOCIETE4.), ne peuvent \u00eatre assimil\u00e9s \u00e0 un rapport d\u2019expertise. Il convient en outre de constater que l\u2019expert pr\u00e9cise dans son courriel du 24 novembre 2017 que la d\u00e9cision de proc\u00e9der \u00e0 la d\u00e9molition totale des chapes et des dalles dans l\u2019appartementNUMERO5.)a \u00e9t\u00e9 ant\u00e9rieure \u00e0 son intervention, et que la quasi-totalit\u00e9 des dallages et chapes avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie et en cours d\u2019\u00e9vacuation lors de sa visite des lieux en date du 20 juillet 2015. Au vu de son intervention tardive sur le chantier, le tribunal retient que lesdits courriels de PERSONNE0.)ne sont en tout \u00e9tat de cause pas de nature \u00e0 rapporter la preuve des vices all\u00e9gu\u00e9s. Pour \u00eatre complet, il convient de constater qu\u2019il r\u00e9sulte effectivement de la fiche de correspondance deSOCIETE11.), dont il n\u2019est pas \u00e9tabli qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9communiqu\u00e9e aux parties d\u00e9fenderesses, que la chape pr\u00e9sentait un \u00abcomportement anormal et des d\u00e9formations incontr\u00f4l\u00e9es visibles (\u2026)\u00bb. Il s\u2019av\u00e8re n\u00e9anmoins qu\u2019au vu des maintes discussions relatives \u00e0 la proc\u00e9dure des\u00e9chage de la chape,et \u00e0 d\u00e9faut derapport<\/p>\n<p>21 d\u2019expertise se pronon\u00e7ant sur la cause desdites anomalies relev\u00e9es,SOCIETE4.)est en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir la responsabilit\u00e9deSOCIETE2.). Finalement, le tribunal rel\u00e8ve qu\u2019il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment objectif que la d\u00e9molition int\u00e9grale \u00e9tait n\u00e9cessaire pour rem\u00e9dier aux pr\u00e9dites anomalies constat\u00e9es. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, et dans la mesure o\u00f9 les conditions de l\u2019article 1144 du Code civil ne sont pas remplies, la demande en paiement deSOCIETE4.)est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e. Au vu du rejet de la demande dirig\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre deSOCIETE2.), la demande \u00e0 l\u2019encontre d\u2019SOCIETE5.)est \u00e9galement \u00e0 dire non fond\u00e9e. B.La demande reconventionnelle 1.Moyens des parties SOCIETE2.)demande la condamnation deSOCIETE4.)au paiement des factures relatives aux travaux de chapes et d\u2019isolation qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9 au profit de la d\u00e9fenderesse sur reconvention. En effet, dans le cadre de sa mission,SOCIETE2.)a \u00e9mis trente factures (ci-apr\u00e8s les \u00abFactures), qui auraient \u00e9t\u00e9 \u00abcontr\u00f4l\u00e9es, valid\u00e9es et pay\u00e9es \u00e0 hauteur de 90 %\u00bb. Les montants de 74.051,22 EUR TTC encore ouverts se composeraientd\u00e8s lors des soldes suivants: [fichier] SOCIETE2.)base sa demande sur l\u2019article 109 du Code de commerce, ainsi que sur les articles 1147 et 1134 du Code civil et pr\u00e9cise queSOCIETE4.)n\u2019aurait jamais contest\u00e9 la r\u00e9ception des Factures et n\u2019affirmerait pas les avoir contest\u00e9es dans un d\u00e9lai raisonnable.Le principede la facture accept\u00e9e serait d\u00e8s lors applicable en l\u2019esp\u00e8ce. Face aux contestations deSOCIETE4.)relatives\u00e0 la r\u00e9ception des Factures, SOCIETE2.)expose qu\u2019elle ne saurait d\u2019une part contester leur r\u00e9ception, et d\u2019autre part se pr\u00e9valoir desdites Factures dans le cadre de sa demande principale.Dans le d\u00e9compte figurant dans son assignation du 1 er juillet 2020, les Factures seraient en outre mentionn\u00e9es. Par ailleurs, les douze factures qui resteraient impay\u00e9es dans leur int\u00e9gralit\u00e9, etdont le soldetotal s\u2019\u00e9l\u00e8verait\u00e0 6.202,43 EUR, auraient \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues lors de leur \u00e9mission, ainsi que dans le cadre de l\u2019envoi du relev\u00e9 de compte en date du 24 mai 2017, par courrier recommand\u00e9 avec accus\u00e9 de r\u00e9ception.<\/p>\n<p>22 En tout \u00e9tat de cause, les Factures auraient \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es \u00e0hauteur de90 %,SOCIETE4.) ne pourrait d\u00e8s lors en tout \u00e9tat de cause pas contesterleur r\u00e9ception. Concernant les moyens deSOCIETE4.)relatifsaux conditions de lib\u00e9ration des garanties retenues,SOCIETE2.)expose que dans la mesure o\u00f9 les travaux seraientachev\u00e9s depuis 2016 et que les lieux seraient habit\u00e9s, les travaux auraient manifestement \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptionn\u00e9s. La demande devrait d\u00e8s lors \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e. SOCIETE4.)expose en premier lieu que la demande deSOCIETE2.)serait \u00abpeu intelligible\u00bb alors qu\u2019elle serait fond\u00e9e tant sur l\u2019article 109 du Code de commerce, que sur la responsabilit\u00e9 contractuelle. Le quantum r\u00e9clam\u00e9 ne serait en outre pas compr\u00e9hensible. Elle fait par ailleurs valoir que l\u2019article 109 du Code de commerce ne serait pas applicable en l\u2019esp\u00e8ce alors que la facturation deSOCIETE2.)serait \u00abr\u00e9gie par le contrat d\u2019entreprise sign\u00e9 entre parties qui pr\u00e9voit toute une proc\u00e9dure de facturation etde paiement\u00bb. Or, les Factures ne respecterait pas les stipulations contractuelles et ne seraient d\u00e8s lors pas exigibles. Par ailleurs, \u00e0 d\u00e9faut pourSOCIETE2.)deprouver lar\u00e9ception d\u00e9finitive des travaux, elle ne pourrait pas demander la lib\u00e9ration des retenues de garanties. La proc\u00e9dure de paiement des retenues de garanties pr\u00e9voirait une lib\u00e9ration en deux temps, \u00e0 savoir deux fois 5 %. SOCIETE4.)expose encore qu\u2019en mati\u00e8re de contrat d\u2019entreprise, la facture accept\u00e9e n\u2019engendrerait qu\u2019une pr\u00e9somption simple de l\u2019existence de la cr\u00e9ance. Dans la mesure o\u00f9 les Factures ne seraient pas conformes aux conditions contractuelles, cette pr\u00e9somption serait en tout \u00e9tat de cause renvers\u00e9e. SOCIETE2.)n\u2019\u00e9tablirait en outre pas la date dela pr\u00e9tenduer\u00e9ception, laquelle serait contest\u00e9e. SOCIETE4.)contesteformellementavoir re\u00e7u les factures suivantes: [fichier] Il y aurait d\u00e8s lors lieu de d\u00e9clarer la demande deSOCIETE2.)non fond\u00e9e. 2.Appr\u00e9ciation D\u2019embl\u00e9e il convient de relever que contrairement aux d\u00e9veloppements deSOCIETE4.), le Contrat, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment les conditions de facturation, n\u2019exclut pas l\u2019application du principe de la facture accept\u00e9e pr\u00e9vue par l\u2019article 109 du Code de commerce.<\/p>\n<p>23 Aux termesdu pr\u00e9dit article, les achats et ventes se constatent par une facture accept\u00e9e. Le texte de cet article instaure une pr\u00e9somption l\u00e9gale, irr\u00e9fragable, de l\u2019existence de la cr\u00e9ance affirm\u00e9e dans la facture accept\u00e9e pour le seul contrat devente, tel qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce. Pour les autres contrats commerciaux, la facture accept\u00e9e n\u2019engendre qu\u2019une pr\u00e9somption simple de l\u2019existence de la cr\u00e9ance, le juge \u00e9tant libre d\u2019admettre ou de refuser l\u2019acceptation de la facture comme pr\u00e9somption suffisante del\u2019existence de la cr\u00e9ance affirm\u00e9e (Cour de cassation, 24 janvier 2019, n\u00b0 16\/2019; Cour d\u2019appel, 4e chambre, 6 mars 2019, n\u00b0 44848 du r\u00f4le). Le commer\u00e7ant qui n\u2019est pas d\u2019accord au sujet de la facture de son cocontractant doit prendre l\u2019initiative d\u2019\u00e9mettre des protestations pr\u00e9cises valant n\u00e9gation de la dette affirm\u00e9e end\u00e9ans un bref d\u00e9lai \u00e0 partir de la r\u00e9ception de la facture (Cour 12 juillet 1995, n\u00b0 16844 du r\u00f4le). La jurisprudence suivie par les tribunaux luxembourgeois fait tendre ce d\u00e9lai versla dur\u00e9e d\u2019un mois, qui devrait normalement suffire \u00e0 un commer\u00e7ant diligent pour soigner sa correspondance courante (TAL 7 juillet 2015, n\u00b0 167775 du r\u00f4le). L\u2019obligation de protester existe quelle que soit la partie de la facture que le client conteste, l\u2019existence m\u00eame du contrat, les conditions du march\u00e9, la date de la facture, l\u2019identit\u00e9 entre les choses fournies et les choses factur\u00e9es, ou bien la conformit\u00e9 de la fourniture avec les qualit\u00e9s promises (Andr\u00e9 CLOQUET, La facture, n\u00b0 446 et suivants). Afin de pouvoir aboutir dans sa demande bas\u00e9e sur la facture accept\u00e9e, il appartient en premier lieu \u00e0SOCIETE2.)de prouver la r\u00e9ception des Factures dont elle r\u00e9clame le paiement. Il est constant en cause qu\u2019une grande partie des factures a d\u2019ores etd\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet de paiements partiels \u00e0 hauteur de 90%. Si leur r\u00e9ception ne peut certes \u00eatre contest\u00e9e, il convient n\u00e9anmoins de relever que le principe de la facture accept\u00e9e ne saurait s\u2019appliquer aux factures dont le solde impay\u00e9 correspond au montant des retenues de garantie, express\u00e9ment pr\u00e9vues par le Contrat. Par ailleurs, le tribunal constate que les factures reprises dans le tableau ci-dessus n\u2019ont pas fait l\u2019objet de paiements partiels. Aucune preuve d\u2019envoi de ces factures n\u2019est en outre vers\u00e9e en cause. Il ne r\u00e9sulte pas non plus des rappels et mises en demeure qu\u2019elles y auraient \u00e9t\u00e9 annex\u00e9es. Dans ces conditions, et au vu des contestations deSOCIETE4.), le tribunal conclut que le principe de la facture accept\u00e9e ne s\u2019applique ni auxfactures dont le solde impay\u00e9 correspond \u00e0 la retenue de garantie, ni aux factures \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans le tableau repris ci- avant. Il convient d\u00e8s lors en premier lieu d\u2019analyser le bien-fond\u00e9 de la demande en paiement des retenues de garanties, s\u2019\u00e9levant \u00e0 (74.051,22 EUR\u20136.202,43 EUR =) 67.848,79 EUR.<\/p>\n<p>24 Par le proc\u00e9d\u00e9 de la retenue de garantie, le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage retient un certain pourcentage de la somme qu\u2019il devrait payer en vue de s\u2019assurer de la bonne finition des imperfections et malfa\u00e7ons pendantun d\u00e9lai de garantie (Cour d\u2019appel, 18 mars 2009, n\u00b0 32061 du r\u00f4le). Il est admis que les retenues de garanties peuvent \u00eatre maintenues aussi longtemps que l\u2019immeuble n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 agr\u00e9\u00e9 par une r\u00e9ception de l\u2019ouvrage. En effet, par l\u2019effet de la r\u00e9ception,le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage admet que l\u2019ouvrage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 suivant les sp\u00e9cifications du contrat, de sorte que tous les paiements en relation avec la r\u00e9alisation des travaux sont dus. La r\u00e9ception se d\u00e9finit comme l\u2019acte par lequel le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage d\u00e9clare accepter l\u2019ouvrage avec ou sans r\u00e9serves. Il est admis de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale que la r\u00e9ception de l\u2019ouvrage peut \u00eatre expresse ou tacite. Dans ce dernier cas, elle suppose l\u2019existence d\u2019une volont\u00e9 non \u00e9quivoque du ma\u00eetre de recevoir l\u2019ouvrage (Cassation fran\u00e7aise, 3 e chambre civile, 30 septembre 1998, Bull. civ. III, n\u00b0175, p.117 ; Tr. arr. Luxembourg, 5 juin 2003, n\u00b0 69990). Le caract\u00e8re tacite de la r\u00e9ception peut se d\u00e9duire de la prise de possession des lieux sans r\u00e9serves expresses, du paiement complet des travaux ou de la location de l\u2019immeuble. (G. Ravarani:Tableau des d\u00e9lais d\u2019action en mati\u00e8re de garantie des immeubles vendus ou construits, Pas. 28, n\u00b0 4). Conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article 1315 du Code civil, il appartient \u00e0 SOCIETE2.), qui r\u00e9clame la lib\u00e9ration des retenues de garantie, de rapporter la preuve que les conditions sont remplies. Conform\u00e9ment aux dispositions du Contrat, la lib\u00e9ration des retenues de garantie est pr\u00e9vue en deux temps, \u00e0 savoir 5 % lors de la r\u00e9ception des travaux, et 5 % un an apr\u00e8s la r\u00e9ception, respectivement apr\u00e8s la lev\u00e9e d\u2019\u00e9ventuelles r\u00e9serves. Il est constant en cause qu\u2019aucune r\u00e9ception formelle \u00e9crite telle que pr\u00e9vue au Contrat n\u2019existe. SOCIETE2.)fait plaider que les travaux auraient manifestement \u00e9t\u00e9 r\u00e9ceptionn\u00e9s alors qu\u2019ils seraient achev\u00e9s depuis 2016 et que les lieux seraient habit\u00e9s. La demanderesse sur reconvention verse les courriers recommand\u00e9s des 24 mai 2017 et 27 novembre 2018aux termes desquels elle a misSOCIETE4.)en demeure de lib\u00e9rer les retenues de garantie, ainsi que de payerles factures impay\u00e9es. Le tribunal constate queSOCIETE4.)ne contestepasle d\u00e9compte final duquel r\u00e9sulte le montant des retenues de garantie. Il ne r\u00e9sulteen outred\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que les travaux n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s dans les r\u00e8gles de l\u2019art, respectivement qu\u2019il reste des finitions ou ach\u00e8vements \u00e0faire.<\/p>\n<p>25 En effet, outre les reproches formul\u00e9s dans le cadre de sa demande principale concernant l\u2019appartementNUMERO5.), qui a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e,SOCIETE4.)n\u2019\u00e9tablit et n\u2019all\u00e8gue pas que les travaux r\u00e9alis\u00e9s dans la r\u00e9sidenceADRESSE5.)seraient inachev\u00e9s, respectivement affect\u00e9s de d\u00e9sordres. Eu \u00e9gard aux d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent,le tribunal retient que la d\u00e9fenderesse n\u2019\u00e9tablit aucun motif valable pour refuser la lib\u00e9ration des retenues de garantie. Concernant les factures dont le montant total s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 6.202,43 EUR, et qui restent impay\u00e9es dans leur int\u00e9gralit\u00e9, le tribunal constate queSOCIETE4.)ne conteste pas la r\u00e9alisation des prestations faisant l\u2019objet des pr\u00e9dites factures. Au vu de l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments qui pr\u00e9c\u00e8dent, la demande deSOCIETE2.)est d\u00e8s lors fond\u00e9e pour le montant de74.051,22 EUR,avec les int\u00e9r\u00eats de retardpr\u00e9vus parla Loi de 2004\u00e0 partir du rappel du 24 mai 2017et jusqu\u2019\u00e0 solde. C.La demande pour proc\u00e9dure abusive etvexatoire SOCIETE2.)demande \u00e0 se voir allouer la somme de 5.000,-EUR \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire sur base de l\u2019article 6-1 du Code civil, sinon sur base de l\u2019article 1382 du m\u00eame Code. Il est de principe quetoute faute dans l\u2019exercice d\u2019une action en justice est susceptible d\u2019engager la responsabilit\u00e9 des plaideurs. L\u2019exercice d\u2019une action en justice \u00e9tant un droit, l\u2019\u00e9chec du demandeur n\u2019est n\u00e9anmoins pas suffisant pour \u00e9tablir un usage fautif de ce droit. Pour qu\u2019il y ait abus de droit, il faut que le comportement du demandeur constitue une faute. L\u2019exercice d\u2019une action en justice ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en faute pouvant donner lieu \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats que s\u2019il constitue un acte de malice ou de mauvaise foi ou au moins une erreur grossi\u00e8re \u00e9quipollente au dol. En l\u2019esp\u00e8ce, il n\u2019est pas \u00e9tabli queSOCIETE4.)aagi avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bl\u00e2mable constitutive d\u2019une faute dans l\u2019exercice de son action en justice, de sorte que la demande deSOCIETE2.)n\u2019est pas fond\u00e9e de cechef. D.Les demandes en paiement des honoraires d\u2019avocats SOCIETE2.)etSOCIETE5.)demandent\u00e0 se voir indemniser au titre des honoraires d\u2019avocat \u00e0 sa charge pour la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats. Par arr\u00eat du 9 f\u00e9vrier 2012, la Cour de cassation a retenuque les frais non compris dans les d\u00e9pens, donc \u00e9galement les honoraires d\u2019avocat, constituent un pr\u00e9judice r\u00e9parable et peuvent \u00eatre rembours\u00e9s sur base de la responsabilit\u00e9 pour faute des articles 1382 et 1383 du Code Civil. S&#039;il est ainsi vrai que le paiement des honoraires d&#039;avocat trouve son origine premi\u00e8re dans le contrat qui lie le client \u00e0 son avocat, il est non moins vrai que si le dommage dont<\/p>\n<p>26 se plaint la victime trouve sa cause dans la faute du responsable, le recours \u00e0 l&#039;avocat pour obtenir indemnisation de ce dommage, bien que distinct du dommage initial, est une suite n\u00e9cessaire de cette faute et partant en lien causal avec elle (Cour 21 janvier 2014, Not. 21340\/02\/CD). Afin de prosp\u00e9rer dans leurpr\u00e9tention tendant \u00e0 voir condamnerSOCIETE4.)au remboursement des frais d\u2019avocats d\u00e9bours\u00e9s, il appartientaux demandeursde rapporter la preuve d\u2019une faute dans le chef deSOCIETE4.), d\u2019un pr\u00e9judice et d\u2019un lien de causalit\u00e9 entre les deux. A l\u2019appui de sa demande,SOCIETE2.)produitplusieursnotes d\u2019honoraires de son mandatairepour un montant total de 21.826,06 EUR. Or, elle ne rapporte pas la preuve de leur paiement. Il y apar cons\u00e9quentlieu de d\u00e9bouterSOCIETE2.)desademande de ce chef. SOCIETE5.)ne verseaucune preuve \u00e0 l\u2019appui de sa demande, de sorte qu\u2019elle est \u00e9galement \u00e0 d\u00e9bouter de lademande de ce chef. E.Les demandes accessoires SOCIETE2.)ayantencoresollicit\u00e9 les frais de recouvrement sur base de l\u2019article 5 (1)de la Loi de 2004, il y a lieu de faire droit \u00e0 cette demande et de condamnerSOCIETE4.)au paiement du montant forfaitaire de 40,-EUR. En application de l\u2019article 5 (3) de la m\u00eame loi, la demanderesse est encore en droit de r\u00e9clamer une indemnisation raisonnable pour tous les autres frais de recouvrement. Il convient de lui allouer de ce chef le montant de 1.000,-EUR. Au vu de l\u2019issue du litige la demande deSOCIETE2.)\u00e0 se voir allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile est\u00e9galement \u00e0 dire fond\u00e9e pour le montant de 1.000,-EUR. Il serait en outrein\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge d\u2019SOCIETE5.)l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des frais non compris dans les d\u00e9pens, de sorte que sa demande\u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dureest \u00e0 dire fond\u00e9epour le montant de 2.000,-EUR. SOCIETE4.)est \u00e0 d\u00e9bouter de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, alors qu\u2019il est de principe que la partie qui succombe ne saurait b\u00e9n\u00e9ficier des dispositions de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement alors que les conditions de l\u2019article 567 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ne sont pas remplies en l\u2019esp\u00e8ce. SOCIETE4.)est \u00e0 d\u00e9bouter de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 alors qu\u2019il est de principe que la partie qui succombe ne saurait b\u00e9n\u00e9ficier de ces dispositions.<\/p>\n<p>27 Il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement alors que les conditions de l\u2019article 567 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ne sont pas donn\u00e9es en l\u2019esp\u00e8ce. SOCIETE4.)succombant \u00e0 l\u2019instance, elle est \u00e0 condamner aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Par ces motifs letribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commercialeselon la proc\u00e9dure civile, statuant contradictoirement, re\u00e7oitles demandesprincipale et reconventionnelleen la forme, lesditrecevables, ditnon fond\u00e9ela demandede la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA, partant end\u00e9boute, ditla demande de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL fond\u00e9e, condamnela soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL le montant de74.051,22,avec les int\u00e9r\u00eats de retard pr\u00e9vus par la loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et aux int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 partir du rappel du 24 mai 2017 et jusqu\u2019\u00e0 solde, ditla demande de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire non fond\u00e9e et en d\u00e9boute, ditles demandes respectives de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL et de la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)SA en paiement des frais ethonoraires d\u2019avocat non fond\u00e9es et en d\u00e9boute, ditfond\u00e9es les demandes de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL sur base de l\u2019article 5 (1) et (3) de la loi du 18 avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et aux int\u00e9r\u00eats de retard, condamnela soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA\u00e0 payer \u00e0 lasoci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARLune indemnit\u00e9 de 1.040,-EUR sur base de l\u2018article 5 de la loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et auxint\u00e9r\u00eats de retard, ditla demande de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure fond\u00e9e pour le montant r\u00e9clam\u00e9 de 1.000,-EUR, partant,<\/p>\n<p>28 condamnela soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA\u00e0 payer \u00e0 lasoci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARLle montant de 1.000,-EUR de ce chef, ditla demande de la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)SAen obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure fond\u00e9e pour le montant r\u00e9clam\u00e9 de 2.000,-EUR, partant, condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA\u00e0 payer \u00e0 lasoci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE3.)SAle montant de 2.000,-EUR de ce chef, ditnon fond\u00e9e la demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA et en d\u00e9boute, ditqu\u2019iln\u2019yapaslieud\u2019ordonnerl\u2019ex\u00e9cutionprovisoiredupr\u00e9sentjugementsanscaution, condamnelasoci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA\u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20240828-001619\/20240126-talch02-tal-2020-05259-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Jugement commercial2024TALCH02\/00161 Audience publique duvendredi,vingt-sixjanvierdeux millevingt-quatre. Num\u00e9rodu r\u00f4leTAL-2020-05259 Composition : Anick WOLFF, 1 \u00e8re vice-pr\u00e9sidente ; Tania CARDOSO, juge Ines BIWER, juge ; Lynn BETTENDORFF,greffier assum\u00e9. 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