{"id":615275,"date":"2026-04-20T03:02:02","date_gmt":"2026-04-20T01:02:02","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-14-juillet-2023-n-2021-00576-2\/"},"modified":"2026-04-20T03:02:08","modified_gmt":"2026-04-20T01:02:08","slug":"cour-superieure-de-justice-14-juillet-2023-n-2021-00576-2","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-14-juillet-2023-n-2021-00576-2\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 14 juillet 2023, n\u00b0 2021-00576"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0111\/23\u2013VII\u2013CIV Audience publique extraordinairedu quatorze juillet deux mille vingt-trois Num\u00e9ro CAL-2021-00576du r\u00f4le. Composition: Jean ENGELS, pr\u00e9sident de chambre; Nadine WALCH, conseiller; Fran\u00e7oise SCHANEN, conseiller; Andr\u00e9 WEBER, greffier. E n t r e : 1)PERSONNE1.), et son \u00e9pouse, 2)PERSONNE2.), \u00e9pousePERSONNE1.),les deuxdemeurant \u00e0 L- ADRESSE1.), partiesappelantesaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Laura GEIGER, en remplacement de l\u2019huissier de justiceCarlos CALVO de Luxembourg, en date du21 ao\u00fbt 2020, comparant par Ma\u00eetreFerdinand BURG, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t : la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.),anciennement la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-<\/p>\n<p>2 ADRESSE2.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro NUMERO1.),repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rantactuellement en fonctions, partieintim\u00e9eaux fins du susdit exploitGEIGERdu21ao\u00fbt 2020, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e KRIEPS-PUCURICA Avocat, inscrite sur la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des avocats du barreau de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-1917 Luxembourg, 11, rue Large, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roB 241603,qui est constitu\u00e9e et occupera,repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Admir PUCURICA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg. ______________________________________________________________ LA COUR D\u2019APPEL: Statuant sur une demande dePERSONNE1.)et de son \u00e9pousePERSONNE2.), n\u00e9ePERSONNE3.)(ci-apr\u00e8s les\u00e9pouxPERSONNE1.)) tendant \u00e0 la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.), actuellementla soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.),(ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)) \u00e0 leur payer sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle,sinon de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle,le montant de 450.000,-euros, sinon tout autre somme m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 dire d\u2019experts, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde ainsiqu\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 15.000,-euros, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg,si\u00e9geanten mati\u00e8re civile, par jugement du 26 juin 2020, -a re\u00e7u la demande en la forme, -a rejet\u00e9les offres de preuve formul\u00e9es de part et d\u2019autre, -a rejet\u00e9la demande dePERSONNE1.)etd\u2019PERSONNE2.), n\u00e9e PERSONNE3.)en nomination d\u2019unexpert, -adit fond\u00e9e \u00e0 concurrence d\u2019un montant de 2.000,-euros la demandede PERSONNE1.)etd\u2019PERSONNE2.), n\u00e9ePERSONNE3.),dirig\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.), devenue en cours d\u2019instance la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.), -a condamn\u00e9la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0 PERSONNE1.)et \u00e0PERSONNE2.), n\u00e9ePERSONNE3.),le montant de 2.000.-euros avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 compter du 25 octobre 2017 jusqu\u2019\u00e0 solde, -adit non fond\u00e9e la demande reconventionnelle de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire, -enad\u00e9bout\u00e9, -adit fond\u00e9e \u00e0 concurrence d\u2019un montant de 1.000,-euros la demande de PERSONNE1.)etd\u2019PERSONNE2.), n\u00e9ePERSONNE3.),en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure,<\/p>\n<p>3 -a condamn\u00e9la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0 PERSONNE1.)et\u00e0PERSONNE2.), n\u00e9ePERSONNE3.),le montant de 1.000,-euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, -adit non fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOCIETE1.)en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, -ena d\u00e9bout\u00e9, -acondamn\u00e9la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance et enaordonn\u00e9la distraction au profit de Ma\u00eetre Ferdinand BURG, qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance. Par exploit d\u2019huissier du 21 ao\u00fbt 2020, les \u00e9pouxPERSONNE1.)ont r\u00e9guli\u00e8rementrelev\u00e9 appel du jugement du 26 juin 2020 qui leur a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 en date du 23 juillet 2020. Aux termes de leur acte d\u2019appel, les \u00e9pouxPERSONNE1.)reprochent aux juges de premi\u00e8re instance d\u2019avoir-mise \u00e0 partlademandeau titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral-rejet\u00e9 leurs demandes en indemnisationenretenant d\u2019une part, l\u2019absence de preuve des pr\u00e9judices subis et d\u2019autre part,l\u2019absence de lien de causalit\u00e9 entre la faute contractuelle retenue dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) et les pr\u00e9judices pareuxsubis. Par r\u00e9formation de la d\u00e9cision entreprise, ils demandent \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)au paiement du montant de 450.000,-euros de m\u00eame qu\u2019au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 15.000,-eurospour la premi\u00e8re instance. Ils r\u00e9clament encore paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 15.000,-euros pour l\u2019instance d\u2019appel et la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appelavec distraction au profit de leur avocat \u00e0 la Cour concluant sur ses affirmations de droit. Aux termes de ses conclusions du9 novembre 2021, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) rel\u00e8ve appel incident de la d\u00e9cision entreprise et demande \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e des condamnationsintervenues\u00e0 son encontreen premi\u00e8re instance. Pour le surplus, elle conclut \u00e0 la confirmation de la d\u00e9cision depremi\u00e8re instance en ce qu\u2019elle a d\u00e9bout\u00e9 les parties appelantes de leurs demandes en indemnisation. En toute hypoth\u00e8seet pour autant que de besoin, elle r\u00e9it\u00e8re ses offres de preuve par t\u00e9moins,telles que formul\u00e9es en premi\u00e8re instance. Elle conclut,par r\u00e9formation de la d\u00e9cisionentreprise, \u00e0l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000,-eurospour la premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>4 Ellesolliciteencore\u00e0 la condamnation des \u00e9pouxPERSONNE1.)au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000,-euros pour l\u2019instance d\u2019appel etau paiement desfrais et d\u00e9pens des deux instances. Par ordonnancedu27 mars 2023, l\u2019instruction de l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e et les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s du renvoi de l\u2019affaire devant la Cour \u00e0 l\u2019audiencepubliquedes plaidoiries du7 juin 2023. Faits Par acte de vente du 14 f\u00e9vrier 2014 dress\u00e9par-devantMa\u00eetre Christine Doerner, notaire de r\u00e9sidence \u00e0 Bettembourg, les \u00e9pouxPERSONNE1.)ont acquis la parcelle n\u00b0NUMERO2.)-place \u00e0 b\u00e2tir-vendue parPERSONNE4.)au prix de 300.000,-euros, celle-ci \u00e9tant devenue propri\u00e9taire dudit immeuble pour l\u2019avoir re\u00e7u dans le cadre d\u2019un acte de partage des consortsPERSONNE5.)en date du 19 novembre 2012. Selon un devis du 24 novembre2014, les \u00e9pouxPERSONNE1.)ont charg\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)de la construction d\u2019une maison bi-familiale sur cette parcelle pour un prix forfaitaire HTVA de 295.000,-euros et dont la fa\u00e7ade gauche\u2013vue de face\u2013devait selon les plans de l\u2019architectePERSONNE6.)se trouver sur la limiteavec la parcelle voisine n\u00b0NUMERO3.), afin de permettre par la suite la construction d\u2019un immeuble mitoyen y accol\u00e9. Par acte de vente du 17 janvier 2017, les \u00e9pouxPERSONNE1.)ont vendu \u00e0 PERSONNE7.), dans leur immeuble en copropri\u00e9t\u00e9 sis sur la parcelle n\u00b0 NUMERO2.)et dans l\u2019\u00e9tat de gros-\u0153uvre ferm\u00e9, divers lots en propri\u00e9t\u00e9 privative et exclusive,ainsi que 490,494 milli\u00e8mes en copropri\u00e9t\u00e9 et indivision forc\u00e9e moyennant le prix de 350.000,-euros. Il r\u00e9sulte du plan de situation r\u00e9alis\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)S.\u00e0 r.l. dat\u00e9 du 30 septembre 2016et d\u2019un extrait cadastral \u00e9mis en date du 28 juin 2017que la maison construite par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)\u00e0 la demande des \u00e9poux PERSONNE1.)n\u2019est pas align\u00e9e par rapport \u00e0 laADRESSE3.)et qu\u2019elle empi\u00e8te sur la parcelle voisine n\u00b0NUMERO3.). Par acte de vente du 21 juillet 2017,PERSONNE8.)a vendu aux \u00e9poux PERSONNE1.)la parcelle n\u00b0NUMERO3.)moyennant le prix de 400.000,-euros. Lors de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire du 3 juillet 2018, la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)a chang\u00e9 sa d\u00e9nomination en\u00abSOCIETE1.)\u00bb. Positions des parties Les \u00e9pouxPERSONNE1.)<\/p>\n<p>5 Quant aux faits,les \u00e9pouxPERSONNE1.)expliquent avoir acquis par acte de vente du 14 f\u00e9vrier 2014, une parcelle inscrite au cadastre de la Commune de Kayl, section B deADRESSE5.)sous le num\u00e9ro 1009\/6028, lieu-dit \u00abADRESSE3.)\u00bb, d\u2019une contenance de 4 ares 80 centiares, pour le prix de 300.000,-euros. Cette parcelle aurait \u00e9t\u00e9 acquise pour y construire une maison d\u2019habitation bi- familiale, une partie de la maison et de la parcelle \u00e9tant destin\u00e9e \u00e0 l\u2019habitation par lesparties appelantes, l\u2019autre partie de l\u2019immeuble et de la parcelle \u00e0 lavente \u00e0 un tiers. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)soutiennent avoir charg\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)de la construction de l\u2019immeuble d\u2019habitation sis \u00e0ADRESSE6.)suivant devis du 24 novembre 2014. Afin de permettre \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)d\u2019\u00e9tablir son devis, ils luiauraient transmislesplans de constructionsdress\u00e9s par l\u2019architectePERSONNE6.)et autoris\u00e9s en date du 18 juillet 2015 par l\u2019AdministrationCommunale deKayl. Suivant les plans d\u2019architecte autoris\u00e9s et conform\u00e9ment au r\u00e8glement des b\u00e2tisses de la commune de Kayl, l\u2019immeuble aurait d\u00fb \u00eatre construit \u00e0 8 m\u00e8tres de distance de laADRESSE3.), la face avant de l\u2019immeuble devant \u00eatre parall\u00e8le \u00e0 la ADRESSE3.). L\u2019immeuble aurait ensuite d\u00fb \u00eatre construit en limite de leur parcelle pour permettre sur la parcelle voisine n\u00b0NUMERO3.)la construction d\u2019une maison adjacente jumel\u00e9e \u00e0 celle des \u00e9pouxPERSONNE1.). Une fois la construction achev\u00e9e, il se serait av\u00e9r\u00e9 que l\u2019immeuble n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9construit par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)\u00e0 l\u2019emplacement pr\u00e9vu et qu\u2019il ne respecterait pas l\u2019alignement avec laADRESSE3.). En effet, l\u2019immeuble aurait \u00e9t\u00e9 construit en biais, sa face avant n\u2019\u00e9tant pas parall\u00e8le \u00e0 la chauss\u00e9e de la rue de l\u2019eau et il empi\u00e9terait de quelque 2,5 m\u00e8tres sur la parcelle voisine n\u00b0NUMERO3.)appartenant\u00e0PERSONNE8.). Les \u00e9pouxPERSONNE1.)contestent avoir eu connaissance de l\u2019empi\u00e8tement en cours de chantier et avantla signature de l\u2019acte de ventePERSONNE7.). Le relev\u00e9 de situation de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)Sarl et portant la date du 30 septembre 2016 aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 la demande dePERSONNE8.)et leuraurait\u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9 par son fils en mars 2017. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)contestent encore quePERSONNE1.)aurait indiqu\u00e9aux ouvriers de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)qu\u2019il construisait cet immeble pour financer l\u2019acquisition de la parcelle voisine et qu\u2019il serait dans lebusinessde la promotion immobili\u00e8re.<\/p>\n<p>6 Eu \u00e9gard \u00e0l\u2019obligation de r\u00e9sultatdu constructeurde remettre un ouvrage conforme et vu l\u2019empi\u00e9tement sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.)de laconstruction r\u00e9alis\u00e9e par lasoci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), il y aurait lieu pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 dans le chef de la partie intim\u00e9e. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)n\u2019\u00e9tablirait pas l\u2019existence d\u2019une cause exon\u00e9ratoire. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)contestent les affirmations adverses suivant lesquels ils auraient,en d\u00e9but des travaux,pos\u00e9 des piquets sur la parcelle ou encore auraientcharg\u00e9 le g\u00e9om\u00e8tre, en l\u2019occurrence la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)S\u00e0rl, de ce faire. Ils estiment qu\u2019il aurait,en tout \u00e9tat de cause,appartenu \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)de v\u00e9rifiersur base des plans communiqu\u00e9sl\u2019implantation de l\u2019immeuble \u00e0 construire, ce d\u2019autant plus qu\u2019elle aurait eu connaissance de la nature mitoyenne de l\u2019immeuble \u00e0 construire. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)serait encore malvenue de vouloir sesoustraire\u00e0 ses obligations contractuelles en invoquant une pr\u00e9tendue incomp\u00e9tence quant au mesurage. En cas d\u2019incomp\u00e9tence quant aux aspects techniques pour d\u00e9terminer l\u2019implantation de l\u2019immeuble, il lui aurait appartenu de missionner une entreprise comp\u00e9tente pour ce faire. Le jugement de premi\u00e8re instance serait \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu la responsabilit\u00e9 contractuelle de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.). Quant aux offres de preuve formul\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), les parties appelantes r\u00e9it\u00e8rent le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9 de l\u2019article 1341 du Code civil pour conclure \u00e0 leur rejet, sinon elles demandent, par confirmation de la d\u00e9cision entreprise, de les \u00e9carter comme non fond\u00e9es pour manque de pertinence. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)demandent encore la confirmation de la d\u00e9cision entreprise en ce qu\u2019elle a \u00e9cart\u00e9 l\u2019application de l\u2019article 1146 du Code civil alors quele litige ne tient pas \u00e0 une inex\u00e9cution ou \u00e0 un retard dans l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une obligation de la part de la soci\u00e9t\u00e9 intim\u00e9e, mais \u00e0 un d\u00e9faut de conformit\u00e9 affectant l\u2019immeuble construit par rapport aux stipulations contractuelles applicables entre parties. L\u2019appel incident serait d\u00e8s lors \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable sinon non fond\u00e9. Concernantle pr\u00e9judice subi, les \u00e9pouxPERSONNE1.)consid\u00e8rent quele tribunalaretenu \u00e0 tort qu\u2019il n\u2019y a pas de lien de causalit\u00e9 entre les fautes commises par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)et leur pr\u00e9judice, alors que leur d\u00e9cision d\u2019acqu\u00e9rir la parcelle voisine n\u2019auraitpas\u00e9t\u00e9une d\u00e9cision spontan\u00e9e et libre, maiselleaurait<\/p>\n<p>7 \u00e9t\u00e9 la cons\u00e9quence directe et imm\u00e9diate de la violation des obligations contractuelles de la partieSOCIETE1.). L\u2019alternative \u00e0 l\u2019achat de la parcelle voisine appartenant \u00e0PERSONNE8.) aurait \u00e9t\u00e9in\u00e9vitablement la d\u00e9molition de l\u2019immeuble construit apr\u00e8s de longues et co\u00fbteuses proc\u00e9dures judiciaires. En effet, une fois l\u2019empi\u00e8tement sur sa parcelle constat\u00e9e,PERSONNE8.)et son fils auraient demand\u00e9 la d\u00e9molition de leur immeuble empi\u00e9tant sur la propri\u00e9t\u00e9 voisine. La probl\u00e9matique aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9e de suite au g\u00e9rant de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)qui aurait toutefois refus\u00e9 toute tentative d\u2019arrangement ou d\u2019indemnisation. Afin d\u2019\u00e9viter le pire, ils auraient finipar offrir \u00e0PERSONNE8.)de lui acheter sa parcelle. Si celle-ci a adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette offre, elle leur aurait impos\u00e9 son prix et elle aurait vendu sa parcelle\u2013d\u2019une superficie \u00e0 un centiare pr\u00e8sidentiqueen contenance\u00e0 la leur\u2013par acte de vente Bettingen du 21juillet2017 pour le prix de 400.000,- euros apr\u00e8s avoir demand\u00e9 dans un premier temps la somme de 450.000,-euros. Ainsi, ilsauraient d\u00fb acheter la parcelle n\u00b0NUMERO3.)pour100.000,-euros au-del\u00e0 de la valeur du march\u00e9. Il tomberait sous le sens que les prix des parcelles constructibles \u00e0 ADRESSE7.), n\u2019auraient pas augment\u00e9 de 25% en un an. Ce pr\u00e9judice serait enti\u00e8rement imputable \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.). Pour autant que de besoin, les \u00e9pouxPERSONNE1.)r\u00e9it\u00e8rent leur offrede preuveformul\u00e9e en premi\u00e8reinstance afin d\u2019\u00e9tablirpar l\u2019audition des t\u00e9moins PERSONNE8.)etPERSONNE9.)les faits suivants: \u00abLa propri\u00e9taire de la parcelle voisine, la damePERSONNE8.), une fois la construction sur sa parcelle constat\u00e9e, a demand\u00e9 aux requ\u00e9rants de d\u00e9molir leur immeuble qui empi\u00e8te sur sa propri\u00e9t\u00e9. Le fils de la damePERSONNE8.), le sieurPERSONNE10.), a pour compte de sa m\u00e8re insist\u00e9 sur cette d\u00e9molition. Pour \u00e9viter le pire, les requ\u00e9rants ont offert \u00e0 la damePERSONNE8.) d\u2019acheter sa parcelle. La damePERSONNE8.)a adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette demande en son principe, mais a impos\u00e9 son prix: elle a vendu sa parcelle aux requ\u00e9rants\u2013d\u2019une superficie \u00e0 un<\/p>\n<p>8 centiare pr\u00e8s de la contenance que celle des requ\u00e9rants\u2013par acte de vente BETTINGEN du 21 juillet 2017 pour leprix de 400.000.-\u20ac (quatre cent mille euros), apr\u00e8s avoir demand\u00e9 dans un premier temps 450.000.-\u20ac (quatre cent cinquante mille euros). Ce prix n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9gociable davantage, il \u00e9tait \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser: pour les requ\u00e9rants c\u2019\u00e9tait soit d\u2019acheter la parcelle voisine au prix fort, soit d\u00e9molir leur maison.\u00bb S\u2019y ajouterait qu\u2019ils auraient d\u00fb contracter un 2 i\u00e8me emprunt pour financer l\u2019acquisition de la parcelle voisine. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)\u00e9valuent les pr\u00e9judices financiers subis de ce chef consistant en des int\u00e9r\u00eats \u00e0 payer, \u00e0 des frais d\u2019ouverture de cr\u00e9dit\u2026etc.\u00e0 la somme de 30.000,-euros. Par acte de vente Bettingen du 17 janvier 2017, ils auraient vendu \u00e0 PERSONNE7.)la partie de leur maison bi-familiale (490,NUMERO5.)) du c\u00f4t\u00e9 de la parcelle voisin n\u00b0NUMERO3.). Il se serait agid\u2019une vente de milli\u00e8mes d\u2019un immeuble en copropri\u00e9t\u00e9 prenant appui sur unactede base dress\u00e9 le m\u00eame jour par devant le notaire. Une fois l\u2019immeuble bi-familial construit,PERSONNE7.)aurait constat\u00e9 que sa partie de l\u2019immeuble avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur la parcelle voisine et qu\u2019elle se voyait ainsi menac\u00e9e par la d\u00e9molition. Elle leur aurait ainsi demand\u00e9 soitdelui racheter sa partie, soit de trouver une solution. Ils indiquent avoir introduit une demande de morcellement de la parcelle n\u00b0 NUMERO3.)afin de pouvoir r\u00e9gulariser la situation, proc\u00e9dure qui aurait abouti et suite \u00e0 laquelle, ils auraient fait dresser \u00e0 leur frais un acte rectificatif documentant les lots c\u00e9d\u00e9s \u00e0PERSONNE7.). Les cons\u00e9quences du morcellementseraient: -une cession \u00e0 titre gratuite d\u2019une partie de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)\u00e0 PERSONNE7.)leur causantunpr\u00e9judice \u00e9valu\u00e9 \u00e0 50.000,-euros, -une diminution de la surface de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)avec comme cons\u00e9quence une perte de valeur\u00e9valu\u00e9e \u00e0 100.000,-euros, -une diminution du volume constructible sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.) empi\u00e9t\u00e9e et partant une diminution consid\u00e9rable de la rentabilisation de cette parcelle causant un pr\u00e9judice \u00e9valu\u00e9 \u00e0 150.000,-euros. Les pr\u00e9judices relatifs \u00e0 ces diff\u00e9rents postes seraient \u00e9valu\u00e9sin toto\u00e0 300.000,-euros.<\/p>\n<p>9 Les \u00e9pouxPERSONNE1.)reprochent aux juges de premi\u00e8re instance d\u2019avoir retenu \u00e0 tort l\u2019absence de lien de cause \u00e0 effet entre les fautescommises par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)et ces pr\u00e9judices alors que leur d\u00e9cision de proc\u00e9der au morcellement et \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un nouvel acte de base n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 une d\u00e9cision spontan\u00e9e et libre, mais la cons\u00e9quence directe et imm\u00e9diate de la violation des obligations contractuelles de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.). L\u2019alternative aurait \u00e9t\u00e9 une demande en nullit\u00e9, sinon en r\u00e9solution judiciaire de la vente parPERSONNE7.). La perte de la valeur de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)due \u00e0 la diminution de sa surface apr\u00e8s le morcellementrespectivementdu volume constructible serait, contrairement \u00e0 l\u2019argumentation adverse, un pr\u00e9judice actuel et r\u00e9el et non pas hypoth\u00e9tique et futur. Le pr\u00e9judice r\u00e9sultant de la perte subie suite \u00e0 la diminution du volume constructible sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.)serait encore un pr\u00e9judice distinct de la valeur de la parcelle. Subsidiairement, si la perte subie suite \u00e0 la diminution du volume constructible sur laparcelle n\u00b0NUMERO3.)\u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e par la Courcomme un pr\u00e9judice futur, les \u00e9pouxPERSONNE1.)estiment que le pr\u00e9judice futur serait indemnisable au titre d\u2019une perte d\u2019une chance. En l\u2019esp\u00e8ce, ils auraient d\u00fb tirer un trait sur des chances de profit r\u00e9elles, compte tenu du fait que le volume constructible de la parcelleaurait \u00e9t\u00e9 diminu\u00e9 de fa\u00e7on cons\u00e9quente et qu\u2019a fortioritoute construction \u00e0 intervenir sur la parcelle sera de taille r\u00e9duite,et donc de valeur moindre. Il y aurait n\u00e9cessairement unimpactsur le b\u00e9n\u00e9fice qu\u2019ils auraient pu obtenir dans le futur,peuimporte la destination finale r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la construction. Il y aurait lieu \u00e0 r\u00e9formation de la d\u00e9cision sur ce point. A titreplussubsidiaire, afin de chiffrer le quantum de leurs pr\u00e9judicesen relation avec le morcellement de la parcelle, les \u00e9pouxPERSONNE1.)demandent \u00e0 voir nommer un expert avec la mission de: -d\u00e9terminer la valeur du march\u00e9 de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)au moment de l\u2019acte de vente BETTINGEN du 21 juillet 2017, -d\u00e9terminer la perte de valeur de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)suite \u00e0 la diminution de sa surface apr\u00e8s le morcellement, -d\u00e9terminer la perte subie suite \u00e0 la diminution du volume constructible sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.)suite \u00e0 la diminution de sa surface apr\u00e8s le morcellement,<\/p>\n<p>10 -d\u00e9terminer la valeur de la partie de la parcelle amput\u00e9e de la parcelle n\u00b0 NUMERO3.)de 41 centiares. Quant audommagemoral subi, les \u00e9pouxPERSONNE1.)estiment que le montant leur allou\u00e9\u00e0 titre de r\u00e9parationde ce chef de pr\u00e9judice aurait \u00e9t\u00e9 sous- \u00e9valu\u00e9 par le tribunal. En effet, la situationcaus\u00e9e par les fautes contractuelles de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)leurauraitcaus\u00e9 desinqui\u00e9tudesd\u2019avenir pendant plus d\u2019une ann\u00e9e. Par r\u00e9formation de la d\u00e9cision entreprise, ils r\u00e9clament chacun l\u2019allocation d\u2019un montant de 10.000,-euros de ce chef. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)r\u00e9clament paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 15.000,-euros pour la premi\u00e8re instance et une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure du m\u00eame montant pour l\u2019instance d\u2019appel et la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appelavec distraction au profit de leur avocat \u00e0 la Cour concluant sur ses affirmations de droit. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) Si la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)admet avoir effectivement proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la construction de l\u2019immeuble sur la parcelle n\u00b0NUMERO2.)appartenant aux partiesappelantes, selon devis du 24 novembre 2014, elle conteste les faits tels que pr\u00e9sent\u00e9s par les \u00e9pouxPERSONNE1.). Elle indique qu\u2019avant le commencement de l\u2019ex\u00e9cution des travaux, des piquets et clous d\u00e9limitant la propri\u00e9t\u00e9 auraient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s par les \u00e9poux PERSONNE1.), respectivement par le bureau de g\u00e9om\u00e8treSOCIETE3.)qu\u2019ils auraient charg\u00e9. Les contestations adverses \u00e0 ce sujettomberaient\u00e0 faux alors qu\u2019il serait impensable que les travaux de construction aient pu d\u00e9buter,sans qu\u2019une implantation pr\u00e9alable de piquets n\u2019ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par les \u00e9pouxPERSONNE1.). En date des 23 et 24 mars 2015, alors quele radier de l\u2019immeuble aurait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 et la cl\u00f4ture de la parcelle mise en place sur la limite de la propri\u00e9t\u00e9, les techniciens de la commune de Kayl auraient contr\u00f4l\u00e9 les dimensions et l\u2019implantation de l\u2019immeuble et auraient donn\u00e9 leur feu vert pour la continuation des travaux. PERSONNE1.)aurait expliqu\u00e9 \u00e0 ses ouvriers que les fonds en provenance de la vente de l\u2019un des appartements de cet immeuble lui permettraient d\u2019acqu\u00e9rir la parcelle adjacente n\u00b0NUMERO3.)qui serait en vente ou que le propri\u00e9taire envisageait de vendre.<\/p>\n<p>11 Ainsi,PERSONNE1.)aurait,d\u00e8s le d\u00e9but,eu l\u2019intention d\u2019acheter la parcelle voisine. La construction de l\u2019immeuble aurait \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e aux alentours des mois de mai-juin 2017. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)fait remarquer queles \u00e9pouxPERSONNE1.)auraient charg\u00e9 le g\u00e9om\u00e8tre, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)Sarl, de dresser un plande situation de leur immeuble qui se trouvait en phase de construction. Le plan de situation du 30 septembre 2016 du g\u00e9om\u00e8tre montreraitque l\u2019immeuble empi\u00e8te sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.). La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)soutientque les \u00e9pouxPERSONNE1.)auraient\u00e9t\u00e9 inform\u00e9s d\u00e8s le 30 septembre 2016 de l\u2019empi\u00e9tement sur la parcelle n\u00b0 NUMERO3.). Ainsi, lors de la vente de l\u2019appartement \u00e0PERSONNE7.)en date du 17 janvier 2017, les \u00e9pouxPERSONNE1.)auraient incontestablement su que leur immeuble, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment la partie acquise parPERSONNE7.), empi\u00e9tait sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.). Lasoci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)conteste l\u2019affirmation des \u00e9pouxPERSONNE1.)selon laquelle ces derniers n\u2019auraient \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s de l\u2019empi\u00e9tement qu\u2019une fois la construction achev\u00e9e. Malgr\u00e9 la menace d\u2019une demande de d\u00e9molition par le propri\u00e9taire voisin, les \u00e9pouxPERSONNE1.)ne lui auraient \u00e0 aucun moment d\u00e9nonc\u00e9 le probl\u00e8me de l\u2019empi\u00e9tement jusqu\u2019\u00e0 l\u2019assignation en justice du 25 octobre 2017. En droit, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)rel\u00e8ve appel incident contre le jugement du 26 juin 2020 en ce qu\u2019il a retenu que sa responsabilit\u00e9 est engag\u00e9eet qu\u2019il a fait application dela pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 dans son chef eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019empi\u00e8tement sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.)de la construction qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9e pour le compte des \u00e9pouxPERSONNE1.). L\u2019empi\u00e8tement,\u00e0 le supposer \u00e9tabli,ne suffirait pas \u00e0 caract\u00e9riser l\u2019existence d\u2019une faute dans son chef, encore faudrait-il que les \u00e9pouxPERSONNE1.) \u00e9tablissent un manquement \u00e0 ses obligations contractuelles. En effet, en tant qu\u2019entreprise de construction, elle serait tenue de livrer un immeuble exempt de vices. Ellen\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e d\u2019un pr\u00e9tendu probl\u00e8me d\u2019empi\u00e8tement sur le fonds voisin et les parties appelantes n\u2019auraient jamais contest\u00e9 ni l\u2019ach\u00e8vement des travaux, ni la qualit\u00e9 des travaux ex\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n<p>12 Elles ne verseraient aucune mise en demeure, ni courriers de contestations. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)rappelle qu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e d\u2019\u00e9difier une maison bi-familiale et qu\u2019elle aurait ex\u00e9cut\u00e9 les travaux conform\u00e9ment aux plans d\u2019architecte et auxr\u00e8glementsdes b\u00e2tisses alors que la commune de Kayl aurait v\u00e9rifi\u00e9 tant le gabarit que l\u2019implantation de l\u2019immeuble en date des23 et 24 mars 2015. Elle soutient que les travaux de construction auraient \u00e9t\u00e9 \u00e9rig\u00e9s suivant la situation pr\u00e9existante, telle qu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e sur place avant le d\u00e9but des travaux. Dans le cadre de sa mission, ellen\u2019aurait eu aucune obligation contractuelle d\u2019\u00e9tablir ou de v\u00e9rifier l\u2019implantation dub\u00e2timentalors que ladite implantation aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur base despiquets plac\u00e9s par les \u00e9pouxPERSONNE1.)et\/ou deleurg\u00e9om\u00e8tre,la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)Sarl. La confirmation de l\u2019implantationde l\u2019immeuble par rapport auxdits piquets par les techniciens de la commune de Kayl \u00e9tabliraitque la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) n\u2019auraitcommis aucune faute dans l\u2019ex\u00e9cution des travaux. Elle n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de proc\u00e9der \u00e0 un contr\u00f4le de l\u2019emplacement de l\u2019immeuble \u00e0 construire alors qu\u2019elle ne serait pas un g\u00e9om\u00e8tre officielet que de ce fait,elle ne saurait en aucun cas proc\u00e9derau mesurage de la parcelle et \u00e0 la pose despiquets et des clous d\u00e9limitant la parcelle n\u00b0NUMERO2.). Renvoyant \u00e0 la loi du 25 juillet 2002 portant cr\u00e9ation et r\u00e9glementationdes professionsde g\u00e9om\u00e8tre et de g\u00e9om\u00e8tre officiel, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)estime que la v\u00e9rification de la bonne implantation des piquets et clous ne serait pas incluse dans le contratd\u2019entreprise et n\u2019aurait d\u00e8s lors pas pu relever de ses obligations contractuelles. En tant que soci\u00e9t\u00e9 de construction, elle ne disposerait certainement pas d\u2019une autorisation pour exercer le m\u00e9tier de g\u00e9om\u00e8tre,telle que pr\u00e9vue par la loi pr\u00e9cit\u00e9e. Le jugement de premi\u00e8re instanceauraitretenu \u00e0 tort \u00e0 sa charge une obligation de v\u00e9rifier l\u2019implantation de l\u2019immeuble litigieux. Il serait d\u00e8s lors \u00e0 r\u00e9former en ce qu\u2019il a retenu que sa responsabilit\u00e9 est engag\u00e9e. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)demande encore \u00e0 r\u00e9former le jugementa quoet\u00e0dire que faute par les \u00e9pouxPERSONNE1.)de l\u2019avoir mis en demeure de r\u00e9parer les d\u00e9sordres, leurs demandes seraient \u00e0 rejeter sur base de l\u2019article 1146 du Code civil.<\/p>\n<p>13 Par r\u00e9formation de la d\u00e9cision entreprise, elle demande \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de toutes les condamnations intervenues \u00e0 sonencontre en premi\u00e8re instance. A titre subsidiaire, et pour autant que la Cour confirme la d\u00e9cision de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019elle a dit que la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)est engag\u00e9e, celle-ci prend position quant \u00e0 la demande en dommages-int\u00e9r\u00eats des \u00e9pouxPERSONNE1.)et demande \u00e0 voir confirmer la d\u00e9cision de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019elle a rejet\u00e9 les diff\u00e9rents chefs de pr\u00e9judice mat\u00e9riel all\u00e9gu\u00e9s par les parties adverses etelle demande\u00e0voirr\u00e9formerla d\u00e9cisionen ce qu\u2019elle a fait droit \u00e0 lademandeadverseen indemnisation du pr\u00e9judice moral. En toute hypoth\u00e8se,et pour autant que de besoin, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)offre de prouverpar l\u2019audition de t\u00e9moins les faits suivants: \u00abVers le 20 mars 2015, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 ladate plus exacte, la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)S.\u00e0 r.l. a entam\u00e9 les travaux de construction de l\u2019immeuble appartenant aux partiesPERSONNE1.)sis \u00e0 L-ADRESSE8.), parcelle n\u00b0 NUMERO2.); Les piquets et les clous qui d\u00e9limitaient la parcelle n\u00b0NUMERO2.)de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)\u00e9taient pr\u00e9sents sur la parcelle avant le d\u00e9but des travaux par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)S.\u00e0 r.l.; Les piquets et les clous qui d\u00e9limitaient la parcelle n\u00b0NUMERO2.)de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)S.\u00e0 r.l.; Les travaux de coffrage du radier ont \u00e9t\u00e9 termin\u00e9s vers le 23 mars 2015; En date du 23 mars 2015, les techniciens de la commune de Kayl sont pass\u00e9s sur le chantier et ont contr\u00f4l\u00e9 l\u2019implantation de l\u2019immeuble par rapport aux piquets et clous existants sur place sans constater d\u2019anomalies; MonsieurPERSONNE1.)a d\u00e8s le d\u00e9but et pendant toute la phase de la construction de l\u2019immeuble insist\u00e9 aupr\u00e8s des ouvriers de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) S.\u00e0 r.l. d\u2019avancer avec la construction de l\u2019immeuble; MonsieurPERSONNE1.)avait dans ce contexte pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il avait l\u2019intention de vendre un appartement dans l\u2019immeuble b\u00e2ti par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)S.\u00e0 r.l. afin de pouvoir acheter la parcelle avoisinante n\u00b0NUMERO3.)afin de faire construire un immeuble sur celle-ci.\u00bb Elle demande \u00e0 voir convoquer comme t\u00e9moinsPERSONNE11.)et PERSONNE12.). Elle offre ensuite de prouver les faits suivants:<\/p>\n<p>14 \u00abEn date du 23 mars 2015, les techniciens du Service Urbanisme de la commune de Kayl sont pass\u00e9s sur le chantier sis \u00e0 L-ADRESSE8.), parcelle n\u00b0 NUMERO2.)et ils ont contr\u00f4l\u00e9 l\u2019implantation du radier de l\u2019immeuble par rapport aux piquets et clous d\u00e9limitant la parcelle n\u00b0NUMERO2.)de la parcelle n\u00b0 NUMERO3.); A ce moment, lecoffrage du radier pour l\u2019immeuble \u00e0 b\u00e2tir \u00e9tait termin\u00e9 et la parcelle n\u00b0NUMERO2.)\u00e9tait d\u00e9limit\u00e9e par des piquets et des clous; L\u2019implantation du radier de l\u2019immeuble \u00e0 b\u00e2tir a \u00e9t\u00e9 faite en respectant les piquets et les clous qui d\u00e9limitaient la parcelle n\u00b0NUMERO2.)de la parcelle n\u00b0 NUMERO3.).\u00bb Elle demande \u00e0 voir convoquer comme t\u00e9moinPERSONNE13.), demeurant professionnellement \u00e0 L-ADRESSE9.), administration communale de Kayl. Elle offre finalement de prouver les faits suivants: \u00abQu\u2019au mois de juillet\u2013ao\u00fbt 2016, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 la date plus exacte, le g\u00e9om\u00e8trePERSONNE14.)de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)S.\u00e0 r.l. s\u2019est rendu \u00e0 L- ADRESSE10.)pour proc\u00e9der aux mesurages des parcelles n\u00b0NUMERO3.)et n\u00b0 NUMERO2.); Que lors de ce mesurage, MonsieurPERSONNE1.)et la damePERSONNE2.) \u00e9taient convoqu\u00e9s et pr\u00e9sents sur les lieux; Que lors de ce mesurage, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que l\u2019immeuble b\u00e2ti sur la parcelle n\u00b0NUMERO2.)empi\u00e8te sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.); Que le mesurage en question a donn\u00e9 lieu au Plan de situation du 30 septembre 2016.\u00bb Elle demande \u00e0 voir convoquer comme t\u00e9moinPERSONNE14.), g\u00e9om\u00e8tre et g\u00e9rant de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)demande enfin \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile intervenue en premi\u00e8re instance \u00e0 son encontre. Par r\u00e9formation du jugement entrepris, elle demande \u00e0 se voir allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000,-euros pour la premi\u00e8re instance. Elle r\u00e9clameune indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000,-euros pour l\u2019instance d\u2019appelet elleconclut \u00e0 la condamnation des \u00e9pouxPERSONNE1.)aux fraiset d\u00e9pens des deux instances. Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>15 Concernant le r\u00e9gime juridique applicable au cas d\u2019esp\u00e8ce, les premiers magistrats, apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que les parties au litige ont sign\u00e9 en date du 24 novembre 2014 un devis portant sur laconstruction d\u2019une maison bi-familiale moyennant un prix forfaitaire,ontretenu l\u2019existence d\u2019une relation contractuelle entre parties sous forme d\u2019un contrat d\u2019entreprise et ont,\u00e0bon escient,analys\u00e9le litige dans le cadre de la responsabilit\u00e9 contractuelle, la d\u00e9cision entreprise n\u2019\u00e9tant par ailleurs pas critiqu\u00e9e \u00e0 cet \u00e9gard. En s\u2019engageant dans le cadre d\u2019un contrat d\u2019entreprise, l\u2019entrepreneur a l\u2019obligation de r\u00e9aliser des travaux exempts de vices et malfa\u00e7ons, conformes aux r\u00e8gles de l\u2019art, au cahier des charges et aux dispositions du march\u00e9. Il s\u2019engage \u00e0 ex\u00e9cuter tous les travaux n\u00e9cessaires \u00e0 la perfection de l\u2019ouvrage, de mani\u00e8re que celui-ci pr\u00e9sente tous les \u00e9l\u00e9ments de stabilit\u00e9 et de dur\u00e9e par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tat actuel des connaissances, qu\u2019il respecte toutes les conditions d\u2019ach\u00e8vement et que l\u2019ouvrage soit en touspoints conforme \u00e0 l\u2019art de b\u00e2tir et aux r\u00e8gles de sa profession (Georges RAVARANI, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3e \u00e9dition, Pasicrisie luxembourgeoise, 2014, n\u00b0 620, p. 639). Il est admis que cette obligation de concevoir et de r\u00e9aliser un ouvrage exempt de vices et d\u00e9fauts de conformit\u00e9 est une obligation de r\u00e9sultat dans le chef d\u2019un entrepreneur (Cass. 8 mars 2012, n\u00b0 10\/12). L&#039;obligation de r\u00e9sultat se justifie par le fait que l&#039;entrepreneur est un fabricant, un professionnel qualifi\u00e9 qui est cens\u00e9 conna\u00eetre les d\u00e9fauts de la mati\u00e8re qu&#039;il utilise ou de l&#039;objet qu&#039;il fa\u00e7onne (J-CL Droit civil Art. 1787-Fasc. 10 : LOUAGE D&#039;OUVRAGE ET D&#039;INDUSTRIE-Contrat d&#039;entreprise n\u00b0 61). Le seul fait de ne pas avoir obtenu le r\u00e9sultat pr\u00e9cis constitue, d\u00e8s lors, l\u2019inex\u00e9cution de l\u2019obligation. La faute du d\u00e9biteur est alors \u00e9tablie ce qui permet d\u2019engager sa responsabilit\u00e9 contractuelle. (Philippe Malaurie et Laurent Aynes, Droit civil, Lesobligations, n\u00b0474). L&#039;obligation de l&#039;entrepreneur qui est de r\u00e9sultat cr\u00e9e \u00e0 l&#039;encontre de l&#039;entrepreneur une \u00ab pr\u00e9somption de faute et une pr\u00e9somption de causalit\u00e9 entre la prestation fournie et le dommage invoqu\u00e9 \u00bb (Cass. 1\u00e8re civ., 16 f\u00e9vr. 1988 :Bull. civ., 1988, I, n\u00b0 42). Conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article 1147 du Code civil, le cr\u00e9ancier d\u2019une obligation de r\u00e9sultat peut obtenir la condamnation du d\u00e9biteur sur le seul fondement de la constatation de l\u2019inex\u00e9cution, sans avoir \u00e0 prouverune faute du d\u00e9biteur de l\u2019obligation.<\/p>\n<p>16 Il suffit d\u00e8s lors que le demandeur \u00e9tablisse que le r\u00e9sultat n\u2019est pas atteint, \u00e0 savoir l\u2019existence d\u2019un d\u00e9sordre, pour que l\u2019entrepreneur en soit pr\u00e9sum\u00e9 responsable. Au vu de l\u2019obligation de r\u00e9sultat \u00e0 charge du constructeur, il n\u2019estpas n\u00e9cessaire que les\u00e9pouxPERSONNE1.)rapportent la preuve d\u2019une faute dans son chef, mais il suffitde prouver l\u2019inex\u00e9cution de ses obligations parla soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.), c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils doivent \u00e9tablir l\u2019existence des d\u00e9sordres all\u00e9gu\u00e9s par eux. Suivant les plans d\u2019architecte, la maison bi-familiale des \u00e9poux PERSONNE1.)devait \u00eatre construite sur la limite de la parcelle n\u00b0NUMERO2.) avec la parcelle n\u00b0NUMERO6.), de mani\u00e8re \u00e0 permettre la construction d\u2019un immeuble mitoyen y accol\u00e9. Conform\u00e9ment au devis du 24 novembre 2014, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)devait notamment r\u00e9aliser,au titre des travaux de gros \u0153uvre,les travaux de terrassement et de canalisation. Le plan de situation du 30 septembre 2016 et l\u2019extrait cadastral du 28 juin 2017 \u00e9tablissent que la maison bi-familiale construite par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) empi\u00e8te sur la parcelleNUMERO3.), devenue apr\u00e8s morcellement les parcelles n\u00b0 NUMERO7.)etNUMERO8.). Dans la mesure o\u00f9 le d\u00e9sordre constat\u00e9 concerne les travaux de gros-\u0153uvre entrepris parla soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), sa participation aux travaux dans lesquels les probl\u00e8mes sont apparus est \u00e9tablie. C\u2019est,d\u00e8slors,parune saine appr\u00e9ciation tant factuelle que juridique des \u00e9l\u00e9ments de la cause que les juges de premi\u00e8re instance ont dit qu\u2019eu\u00e9gard\u00e0 l\u2019obligation de r\u00e9sultat de remettre un ouvrage conforme et vu l\u2019empi\u00e9tement sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.)de la construction r\u00e9alis\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), il y a lieu de faire application de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 dans le chef de celle-ci. L\u2019entrepreneur ne peut alors se d\u00e9charger de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pesant sur lui qu\u2019en rapportant la preuve que le dommage est d\u00fb \u00e0 une autre cause que son propre fait qui rev\u00eat les caract\u00e8res de la force majeure (Cass. 9 mars 2017, n\u00b0 24\/201; Georges RAVARANI,op.cit.nos. 517 et 518, pp. 544 et 545). En faisant valoirqu\u2019elle n\u2019aurait proc\u00e9d\u00e9\u00e0 l\u2019implantation de l\u2019immeuble \u00e0 construire qu\u2019en fonction des piquets et clous de d\u00e9limitation,d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, pr\u00e9sents sur les lieux lors du commencement des travaux et r\u00e9alis\u00e9spar les \u00e9poux PERSONNE1.)ou par leur g\u00e9om\u00e8tre, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)entend d\u2019exon\u00e9rer par le faute de la victime,respectivement par la faute d\u2019un tiers, en l\u2019occurrence du g\u00e9om\u00e8tre.<\/p>\n<p>17 Dans la mesure o\u00f9 les offres de preuve formul\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) visent \u00e0 \u00e9tablir des faits et dans la mesure o\u00f9 la preuve d\u2019un fait est libre, le tribunal a correctement retenu que les offres de preuve ne se heurtent pas \u00e0 l\u2019article 1341 du Code civil invoqu\u00e9 par les \u00e9pouxPERSONNE1.)et sont en principe recevables Il y a lieu de rappelerque l\u2019entrepreneur doit participer activement \u00e0la r\u00e9alisation d\u2019un ouvrage parfaitet qu\u2019ildoit signaler toutes les erreurs qu\u2019il pourrait d\u00e9tecter dans les plans r\u00e9alis\u00e9s par l\u2019architecte. Les diff\u00e9rents professionnels li\u00e9s au ma\u00eetre de l\u2019ouvrage par un contrat de louage d\u2019ouvrage ne sauraient se retrancher les uns derri\u00e8re les autres. Bien au contraire, ils doivent se contr\u00f4ler r\u00e9ciproquement et les uns doivent signaler les fautes des autres. (Cf.GeorgesRAVARANI, op.cit. no. 614). S\u2019il est admis en jurisprudence que la faute du ma\u00eetre de l\u2019ouvrage exon\u00e8re de sa responsabilit\u00e9 le constructeur ou l\u2019architecte lorsque le ma\u00eetre est notoirement comp\u00e9tent et qu\u2019il s\u2019est immisc\u00e9 dans la construction, toujours est-il qu\u2019il appartient au constructeur, ou \u00e0 l\u2019architecte, qui invoque cette cause d\u2019exon\u00e9ration de responsabilit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir la comp\u00e9tence notoire du ma\u00eetre de l\u2019ouvrage et le fait qu\u2019il s\u2019est immisc\u00e9 dans les pr\u00e9rogatives du constructeur. En l\u2019esp\u00e8ce, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)ne d\u00e9montrepas des faitspr\u00e9cis constitutifs d\u2019uneimmixtionde la partdePERSONNE1.)dans la construction ou des\u00e9ventuelles comp\u00e9tences des \u00e9pouxPERSONNE1.)en mati\u00e8re de construction. A fortiori, \u00e0 admettre quedes piquets et clous de d\u00e9limitation\u00e9taientd\u2019ores et d\u00e9j\u00e0implant\u00e9slors du commencement des travaux, il aurait appartenu \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)de v\u00e9rifier leur conformit\u00e9 aux plans d\u2019architecte, et ce m\u00eame si la soci\u00e9t\u00e9 appelante n\u2019est pas g\u00e9om\u00e8tre. L\u2019affirmation-\u00e0 la supposer \u00e9tablie-quedes techniciens de la commune de Kayl se seraientrendus sur les lieux en date des23et 24mars 2015etauraient, apr\u00e8s avoircontr\u00f4l\u00e9 les dimensions de l\u2019implantation, donn\u00e9feuvert pour la continuation des travaux est sans pertinence alors que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)avait, \u00e0 ce moment,d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 le radier de l\u2019immeuble,sans avoir proc\u00e9d\u00e9 aux v\u00e9rifications de l\u2019implantation de l\u2019immeuble. La Cour approuve le tribunal en ce qu\u2019il a retenu que le fait que des piquets et desclous aient pr\u00e9tendument d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s sur le terrain \u00e0 construire, ainsi que le fait que des techniciens de la commune de Kayl se soient pr\u00e9tendument rendus sur les lieux en date du 23 mars 2015 n\u2019exon\u00e8re nullement la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)de son obligation de v\u00e9rifier que la construction \u00e0 r\u00e9aliser, et notamment son emplacement, soit conforme aux r\u00e8glements des b\u00e2tisses et aux plans de l\u2019architecte.<\/p>\n<p>18 C\u2019estd\u00e8s lors\u00e0 bondroitque le tribunal arejet\u00e9pour d\u00e9faut de pertinenceles offres de preuve formul\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)concernant la pr\u00e9sence des piquets et desclous sur le terrain \u00e0 construire, respectivement le contr\u00f4le de l\u2019implantation par les techniciens de la commune de Kayl. Au vu des consid\u00e9rations ci-avant, l\u2019appel incident de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9 et le jugement de premi\u00e8re instance est \u00e0 confirmer ence qu\u2019ila retenu que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)ne s\u2019exon\u00e8re pas de la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 pesant sur elle. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)demande encore \u00e0 r\u00e9former le jugementa quoet de dire que faute par les \u00e9pouxPERSONNE1.)de l\u2019avoir miseen demeure de r\u00e9parer les d\u00e9sordres, leurs demandes seraient \u00e0 rejeter sur base de l\u2019article 1146 du Code civil. Une mise en demeure est essentiellement n\u00e9cessaire dans les hypoth\u00e8ses o\u00f9le pr\u00e9judice d\u00e9coule du retard dans l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019obligation, ainsi que chaque fois que cette formalit\u00e9 sert \u00e0 caract\u00e9riser l\u2019inex\u00e9cution, c\u2019est-\u00e0-dire chaque fois que le d\u00e9biteur peutl\u00e9gitimement, tant qu\u2019elle n\u2019est pas intervenue, avoir un doute sur l\u2019exigibilit\u00e9 ou la port\u00e9e de son obligation.(Cf.GeorgesRAVARANI, op.cit. no. 1382) Le tribunal, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9que le litige ne tient en l\u2019esp\u00e8ce pas \u00e0 une inex\u00e9cution ou \u00e0 un retard dans l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une obligation de la part de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.), mais \u00e0 un d\u00e9faut de conformit\u00e9 affectant l\u2019immeuble construit par rapport aux stipulations contractuelles applicables entre parties, a retenu \u00e0 juste titre que l\u2019obligation d\u2019une mise en demeure ne se pr\u00eatepasau cas d\u2019esp\u00e8ce. Le moyen tenant\u00e0 l\u2019absence de mise en demeure suivant l\u2019article 1146 du Code civil invoqu\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)est, par confirmation dujugement entrepris, \u00e0 rejeter. Concernant le pr\u00e9judice subi, les \u00e9pouxPERSONNE1.)r\u00e9clament paiement des montants suivants: -Montant pay\u00e9 \u00e0 la damePERSONNE5.)au- del\u00e0 de la valeur du march\u00e9 de la parcelle n\u00b0 NUMERO3.) 100.000,-euros -Perte de la valeur de la parcelleNUMERO3.) suite \u00e0 la diminution de sa surface apr\u00e8s le morcellement 100.000,-euros -Perte subie suite \u00e0 la diminution du volume constructible sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.) 150.000,-euros -Cession gratuite d\u2019une partie de la parcelle n\u00b0 NUMERO3.)\u00e0 MadamePERSONNE7.) 50.000,-euros<\/p>\n<p>19 -Pr\u00e9judice moral subi par chacun des requ\u00e9rants 10.000,-euros -Pr\u00e9judices financiers subis par les requ\u00e9rants suite \u00e0 l\u2019obligation de contracter un deuxi\u00e8me pr\u00eat consistant en des int\u00e9r\u00eats \u00e0 payer, frais d\u2019ouverture de cr\u00e9dit, etc. 30.000,-euros -Frais pour l\u2019acquisition du second terrain, pour la modification de l\u2019acte de base, d\u2019acte rectificatif de la ventePERSONNE7.) -p.m. -Frais occasionn\u00e9s par le morcellement -p.m. -Frais d\u2019avocat -p.m. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)expliquent que les diff\u00e9rentspostes de pr\u00e9judices financiers et mat\u00e9rielsconstitueraient la cons\u00e9quence directeet imm\u00e9diatede l\u2019empi\u00e8tement imputable \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.). Au besoin, elle formule une offre de preuve par l\u2019audition de t\u00e9moins et une offre de preuve par voie d\u2019expertise afin d\u2019\u00e9tablir les diff\u00e9rents pr\u00e9judices. Comme en premi\u00e8re instance, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)se pr\u00e9vaut de la th\u00e9orie de la causalit\u00e9 ad\u00e9quate pour contester tout lien de causalit\u00e9 entre les pr\u00e9judices all\u00e9gu\u00e9s par les \u00e9pouxPERSONNE1.)et sa faute. Ainsi, elle estime que les \u00e9pouxPERSONNE1.)auraient librement pris l\u2019initiative d\u2019acqu\u00e9rir la parcelle n\u00b0NUMERO3.), sans lui avoir d\u00e9nonc\u00e9 le d\u00e9faut de conformit\u00e9, desorte que le lien de causalit\u00e9 aurait ainsi \u00e9t\u00e9 rompu en raison des agissements propres des \u00e9pouxPERSONNE1.). Elle soutient encore que les \u00e9pouxPERSONNE1.)restent en d\u00e9faut de rapporter la preuve despr\u00e9judices all\u00e9gu\u00e9s, son offre de preuve par voie d\u2019expertise \u00e9tant \u00e0d\u00e9clarerirrecevable au regard de l\u2019article 351 alin\u00e9a 2 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elle conteste le pr\u00e9judice moral r\u00e9clam\u00e9 par les \u00e9pouxPERSONNE1.)et demande \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation intervenue en premi\u00e8re instance \u00e0 son encontre \u00e0 hauteur de 2.000,-euros. Elle en conclut que tous les frais et co\u00fbts en relation avec l\u2019acquisition de la parcelle n\u00b0NUMERO3.), le financement et le morcellement de celle-ci ne sauraient lui \u00eatre imputables. Comme mentionn\u00e9 ci-avant, leplan de situation du 30 septembre 2016 et l\u2019extrait cadastral du 28 juin 2017 \u00e9tablissentl\u2019empi\u00e8tement dela maison bi- familiale construite par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)sur la parcelleNUMERO3.).<\/p>\n<p>20 Par acte de vente du 21 juillet 2017,PERSONNE8.)a vendu aux \u00e9poux PERSONNE1.)la parcelle n\u00b0NUMERO3.)moyennant le prix de 400.000,-euros. Il n\u2019est pas \u00e9tabli en cause que les \u00e9pouxPERSONNE1.)aient inform\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)de l\u2019empi\u00e9tement sur la parcelle voisine n\u00b0NUMERO3.) avant l\u2019acquisition de cette parcelle. Il r\u00e9sulte des photos vers\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)qu\u2019une maison a \u00e9t\u00e9 construite sur la parcellen\u00b0NUMERO8.)suite au morcellement de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)enles parcelles n\u00b0NUMERO7.)etn\u00b0NUMERO8.). Les \u00e9pouxPERSONNE1.)n\u2019ont pas fourni des informations sur cet immeuble qui est accol\u00e9 \u00e0 la maison bi-familiale construite par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.). Commeaux termes de l\u2019acte notari\u00e9 du 21 juillet 2017,les \u00e9poux PERSONNE1.)se sont engag\u00e9s \u00e0 occuper personnellement le terrain n\u00b0NUMERO3.), la Cour admet que l\u2019immeuble y \u00e9rig\u00e9 leur appartient. Ils n\u2019ont, par ailleurs, pas contest\u00e9 qu\u2019ils ont viabilis\u00e9 un projet immobilier sur la nouvelle parcelle n\u00b0NUMERO8.)apr\u00e8s l\u2019acquisition et le morcellement de la parcellen\u00b0NUMERO3.). En premier lieu,il ya lieude recherchersi les \u00e9pouxPERSONNE1.)ont r\u00e9ellement subi un pr\u00e9judice. A d\u00e9faut de la preuve du pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9, la demande serait en tout \u00e9tat de cause \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e. Si, par contre, il \u00e9tait \u00e9tabli queles \u00e9pouxPERSONNE1.)ontsubi un pr\u00e9judice, il faudrait se poser la question de savoir sil\u2019empi\u00e8tement sur la parcelle voisine de la maison nouvellement construite par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.),dont celle-ci est responsable,est en relation causale avec le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9. Par application de la th\u00e9orie de la causalit\u00e9 ad\u00e9quate, dont s\u2019inspirent les juridictions luxembourgeoises, il y a lieu de se demander, \u00e0 propos de chaque \u00e9v\u00e9nement dont l\u2019intervention causale dans la r\u00e9alisation d\u2019un dommage est invoqu\u00e9e, si cet \u00e9v\u00e9nement, dans un courshabitueldes choses et selon les exp\u00e9riences de la vie, entra\u00eene normalement tel effet dommageable (Georges RAVARANI,op.cit.n\u00b0 999et suivants). Il s\u2019agit de remonter dans le temps pour se demander r\u00e9trospectivement s\u2019il est objectivement possible de penser que tel fait provoquera normalement cet effet dommageable. Si la r\u00e9ponse \u00e0 ce calcul des probabilit\u00e9sa posterioriest affirmative, si le fait appara\u00eet comme la cause essentielle, il ya causalit\u00e9 ad\u00e9quate (cf. Droit de la responsabilit\u00e9, par Ph. Le Tourneau et L. Cadiet, \u00e9d. 1996, n\u00b0 824). Il r\u00e9sulte en outre de l\u2019article 1151 du Code civil que le cr\u00e9ancier ne peut demander r\u00e9paration que du pr\u00e9judice qui est une suite imm\u00e9diate et directe de l\u2019inex\u00e9cution de la convention. Seul le pr\u00e9judice direct est par cons\u00e9quent r\u00e9parable. L\u2019exigence du caract\u00e8re direct du dommage constitue le reflet, au niveau du pr\u00e9judice, de l\u2019exigence de cause \u00e0 effet entre la faute et le pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>21 En revanche, le dommage indirect n\u2019est pas r\u00e9parable. Ainsi, la causalit\u00e9 est indivisible lorsque,dansla cha\u00eene des \u00e9v\u00e9nements pr\u00e9c\u00e9dant le dommage, la victime intervient en toute libert\u00e9. Le lien de causalit\u00e9 doit s\u2019arr\u00eater n\u00e9cessairement d\u00e8s l\u2019instant que, enprenant un \u00e0 un les maillons qui constituent la cha\u00eene des \u00e9v\u00e9nements, depuis le fait initial jusqu\u2019au pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9, on constate \u00e0 un moment donn\u00e9 une initiative prise par la victime. A titre de premier poste de pr\u00e9judice, les \u00e9pouxPERSONNE1.)r\u00e9clament paiement de la somme de 100.000,-euros pay\u00e9e \u00e0PERSONNE8.)au-del\u00e0 de la valeur du march\u00e9 pour l\u2019acquisition de la parcelleNUMERO3.). Le prix de 400.000,-euros pay\u00e9 \u00e0PERSONNE8.)pour l\u2019acquisition de la parcelleNUMERO3.)constitue la contrevaleur de la parcelle. L\u2019all\u00e9gation de l\u2019acquisition de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)au-del\u00e0 de la valeur du march\u00e9 n\u2019est pas \u00e9tablie\u00e0 suffisance par le fait que les \u00e9pouxPERSONNE1.) ont acquis la parcelle n\u00b0NUMERO2.)d\u2019une contenance identique \u00e0 un centiare pr\u00e8s pour un montant de 300.000,-eurostrois ann\u00e9es plust\u00f4t, faute de production de pi\u00e8ces concernant l\u2019\u00e9volution des prix de terrain \u00e0 b\u00e2tir \u00e0ADRESSE5.)entre 2014 et 2017. Si les \u00e9pouxPERSONNE1.)soutiennent avoir tout fait pour minimiser leur pr\u00e9judice, il n\u2019est pasd\u00e9montr\u00e9que l\u2019acquisition de la parcelle n\u00b0NUMERO3.) aurait \u00e9t\u00e9 la seule possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9viter la d\u00e9molitionde l\u2019immeuble \u00e9rig\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.). Les \u00e9pouxPERSONNE1.)n\u2019\u00e9tablissent pas et n\u2019all\u00e8guentm\u00eame pas avoir propos\u00e9 \u00e0 leur voisine de lui racheter la seule bande de terrain empi\u00e9t\u00e9eou avoir cherch\u00e9 \u00e0 trouver une solution avec la partie intim\u00e9e. Lar\u00e9alisation d\u2019un projet immobiliersur la parcelleacquisecontredit les affirmations des \u00e9pouxPERSONNE1.)que l\u2019achat de la parcellen\u00b0NUMERO3.) ait \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9 parleseulsouci de minimiser leur pr\u00e9judice. En prenant l\u2019initiative d\u2019acqu\u00e9rir la parcelle voisine n\u00b0NUMERO3.)sur laquelle l\u2019immeuble construit par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)empi\u00e8teet en y faisant construire un immeuble, les \u00e9pouxPERSONNE1.)ontd\u00e8s lorsrompu le lien de causalit\u00e9entre les pr\u00e9judicesmat\u00e9riels all\u00e9gu\u00e9sli\u00e9s \u00e0 l\u2019acquisition de la parcelle voisineetla fautedela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), ce d\u2019autant plusqu\u2019ils n\u2019ont pas pris le soin ded\u00e9noncer\u00e0 celle-cile d\u00e9faut de conformit\u00e9. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)restent d\u00e8s lors en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir non seulement que l\u2019acquisitionde la parcelle n\u00b0NUMERO3.)s\u2019estfaiteau-del\u00e0 de la valeur du march\u00e9, mais encoreque le montant pay\u00e9 pour son acquisitionesten relation avec le fait dommageable imputable \u00e0la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.).<\/p>\n<p>22 C\u2019est encore \u00e0 juste titre que les juges de premi\u00e8re instance ont \u00e9cart\u00e9 l\u2019offre de preuve par l\u2019audition des t\u00e9moinsPERSONNE8.)et dePERSONNE9.)quant au prixd\u2019acquisition de la parcelle n\u00b0NUMERO3.),pour manque de pertinence, eu \u00e9gard \u00e0 la rupture du lien de causalit\u00e9 par les \u00e9pouxPERSONNE1.). Le jugement entrepris est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a rejet\u00e9 la demande des \u00e9poux PERSONNE1.)tendant \u00e0 la r\u00e9paration du pr\u00e9judiceen relation avec le prix d\u2019acquisition de la parcelleNUMERO3.). Les \u00e9pouxPERSONNE1.)font ensecond lieu\u00e9tat d\u2019une perte de la valeur de la parcelleNUMERO3.)suite \u00e0 la diminution de sa surface apr\u00e8s le morcellement\u00e0 hauteur de 100.000,-euros et d\u2019unepertesubie suite \u00e0 la diminution du volume constructible sur la parcelle n\u00b0NUMERO3.)de 150.000,-euros. Or, les \u00e9pouxPERSONNE1.)ont achet\u00e9 la parcelle n\u00b0NUMERO3.)en connaissance de cause de l\u2019empi\u00e8tement de leur propre construction surladite parcelle, de sorte qu\u2019ils ne sauraient se pr\u00e9valoir d\u2019un pr\u00e9judice d\u00e9coulant d\u2019unediminution de la surface de la parcelle acquise. Ils ne fournissent, par ailleurs,aucune information quant \u00e0 la surface concern\u00e9e par l\u2019empi\u00e8tement. Dans la mesure o\u00f9 unprojet immobiliera \u00e9t\u00e9r\u00e9alis\u00e9sur la parcelle litigieuseacquisepar les parties appelantes, illeuraurait appartenude documenter leuraffirmation quant\u00e0une diminution du volume constructible sur base des plans de constructionet autorisation de b\u00e2tir de la commune. Ilsrestentd\u00e8s lorsen d\u00e9faut de verser le moindre \u00e9l\u00e9ment quant\u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 despr\u00e9judicesall\u00e9gu\u00e9s relatifs \u00e0 une perte de valeur de la parcelle ou encore \u00e0 une perte du volume constructible. Eu \u00e9gard\u00e0 cesconsid\u00e9rations, leursd\u00e9veloppementssubsidiairessur base de la perte d\u2019une chance sont \u00e9galement \u00e0 \u00e9carter. Les \u00e9pouxPERSONNE1.)demandentencorel\u2019instauration d\u2019une expertise afin de chiffrer le pr\u00e9judice. Or, il n\u2019y a pas lieu de proc\u00e9der \u00e0 une expertise. En effet, l\u2019offre de preuve par expertise n\u2019est pas un mode de preuve. Elle est d\u00e8s lors \u00e0 rejeter alors que c\u2019est au plaideur tout d\u2019abord qu\u2019il appartient d\u2019agir pour se procurer les preuves n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9duction en justice de son droit et, d\u2019autre part, la mesure ordonn\u00e9e par le juge doit compl\u00e9ter ou m\u00eame remplacer une preuve, mais elle ne peut se substituer \u00e0 l\u2019absence detoute initiative du justiciable. (Projet de r\u00e8glement grand-ducal portant modification du Code de Proc\u00e9dure Civile n\u00b0 2541, commentaire des articles sous art. 255<\/p>\n<p>23 p. 17; DALLOZ, Code de Proc\u00e9dure Civile comment\u00e9, sous art. 146 p. 150 et 151). Les premiers juges sont \u00e0 confirmer en ce qu\u2019ils ont refus\u00e9 de faire droit \u00e0 la demande en instaurationd\u2019uneexpertise en vuede chiffrerle pr\u00e9judice relatif\u00e0laperte de valeur de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)et\u00e0la diminution du volume, eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019article 351,alin\u00e9a 2 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 juste titre que les premiers juges ont d\u00e9bout\u00e9 les \u00e9poux PERSONNE1.)de leur demande en r\u00e9paration d\u2019un pr\u00e9judice relatif \u00e0 la perte de valeur du terrain en raison de la diminution de sa surface respectivement en raison de la diminution du volume constructible. A l\u2019instar des juges de premi\u00e8re instance, la Cour constateque les \u00e9poux PERSONNE1.)ne versent aucun \u00e9l\u00e9mentprobantconcernant le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 en troisi\u00e8me lieuen relationavecune pr\u00e9tendue cession gratuite en faveur dePERSONNE7.)d\u2019une partie de la parcelle n\u00b0NUMERO3.)suite au morcellement. Si les parties appelantes mentionnent\u00abunnouvelacte de basede la copropri\u00e9t\u00e9 renseignant la partie de l\u2019immeuble lui r\u00e9serv\u00e9e avec la surface de terrain lui c\u00e9d\u00e9e\u00bb, elles ne versent pas cette pi\u00e8ce. Ce chef de pr\u00e9judice n\u2019est d\u00e8s lors pas \u00e9tabli, ce d\u2019autant moinsque PERSONNE7.)a pay\u00e9 aux \u00e9pouxPERSONNE1.)le prix de 340.000,-euros pour l\u2019acquisition desa partie de la maison bi-familiale (490,NUMERO5.)). Le pr\u00e9judice financier invoqu\u00e9 par les \u00e9pouxPERSONNE1.)suite \u00e0 l\u2019obligationde contracterd\u2019un deuxi\u00e8me pr\u00eat consistant en des int\u00e9r\u00eats \u00e0 payer et en desfrais d\u2019ouverture de cr\u00e9dit laisse d\u2019\u00eatre \u00e9tabli, faute de verser un exemplairesign\u00e9de l\u2019offre de cr\u00e9dit. Par ailleurs, eu \u00e9gard aux d\u00e9veloppements ci-avant sur la rupture du lien de causalit\u00e9 entre l\u2019acquisition de la parcelleNUMERO3.)et la faute de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.), la demande en r\u00e9paration du pr\u00e9judice en raison du co\u00fbt du pr\u00eat all\u00e9gu\u00e9 est encore \u00e0 rejeter, ce d\u2019autant plus que le montantde 800.000,- euros y renseign\u00e9 \u00e0 titre de la sommeemprunt\u00e9eest sans relation avecle prix d\u2019l\u2019acquisition du terrain. Lespr\u00e9judices \u00e9valu\u00e9s \u00abp.m.\u00bb dans le cadre du d\u00e9compte figurant dans leur acte d\u2019appel sont \u00e0 \u00e9carter faute d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 chiffr\u00e9s et\u00e9tablis par la production des justificatifs aff\u00e9rents. Concernant le pr\u00e9judice moral, la Cour approuve la juridiction de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019elle a allou\u00e9 \u00e0 chacun des \u00e9pouxPERSONNE1.)le montant de 1.000,-euros \u00e0 titre de r\u00e9paration de ce chef de pr\u00e9judice,l\u2019existencede<\/p>\n<p>24 l\u2019empi\u00e9tement de la parcelle voisine ayant entra\u00een\u00e9 des tracasseries dans leur chef. Le jugement entrepris est d\u00e8s lors \u00e0 confirmer paradoption de sesmotifs. L\u2019application de l\u2019article 240 duNouveauCode de proc\u00e9dure civile rel\u00e8ve du pouvoir discr\u00e9tionnaire du juge (Cass. fr., civ. 2e, arr\u00eat du 10 octobre 2002, Bull. 2002. II, n\u00b0 219, p. 172). La d\u00e9cision des premiers juges quant au rejet de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)est \u00e0 confirmer au regard du sort du litige. L\u2019appel des \u00e9pouxPERSONNE1.)quant au montant de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de premi\u00e8re instance est \u00e0 d\u00e9clarernonfond\u00e9, le montant allou\u00e9 \u00e9tant ad\u00e9quat compte tenu de l\u2019issue du litige. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019issue du litige en appel, les parties sont \u00e0 d\u00e9bouter de leurs demandes respectives sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code deproc\u00e9dure civile pour l\u2019instance d\u2019appel. PAR CES MOTIFS: La Cour d\u2019appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8recivile, statuant contradictoirement,sur rapport du magistrat de la mise en \u00e9tat, re\u00e7oit les appels principal et incident; les dit non fond\u00e9s; confirme le jugement n\u00b0NUMERO9.)du26 juin2020; d\u00e9boute les parties respectives de leurs pr\u00e9tentions sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civilepour l\u2019instance d\u2019appel; condamnePERSONNE1.)etPERSONNE2.), \u00e9pousePERSONNE1.)aux fraiset d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/20240827-190647\/20230714-ca7-cal-2021-00576-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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