{"id":630494,"date":"2026-04-21T03:08:06","date_gmt":"2026-04-21T01:08:06","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/"},"modified":"2026-04-21T03:08:13","modified_gmt":"2026-04-21T01:08:13","slug":"tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Jugt no 2518\/2023 not.:35303\/16\/CD \/ AUDIENCE PUBLIQUE DU 14DECEMBRE2023 LeTribunald&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg,septi\u00e8mechambre correctionnelle,a rendu le jugement qui suit: dans la cause duMinist\u00e8re Publiccontre PERSONNE1.) n\u00e9eleDATE1.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE2.), L-ADRESSE2.) PERSONNE2.) n\u00e9 leDATE2.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE3.), L-ADRESSE3.) PERSONNE3.) n\u00e9 leDATE3.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE4.), L-ADRESSE4.) PERSONNE4.) n\u00e9 leDATE4.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE5.), L-ADRESSE5.) -p r \u00e9 v e n us- en pr\u00e9sence de: PERSONNE5.) n\u00e9 leDATE5.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE6.),L-ADRESSE6.) comparant par Ma\u00eetreJean-Marie BAULER,avocat\u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Luxembourg, partie civileconstitu\u00e9e contre lespr\u00e9venusPERSONNE1.),PERSONNE2.), PERSONNE3.)etPERSONNE4.),pr\u00e9qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p>2 &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<p>3 F AI T S : Par citation du12janvier2023, le Procureur d&#039;Etat pr\u00e8s leTribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg a requis lespr\u00e9venusde compara\u00eetreaux audiencespubliquesdes28 f\u00e9vrier, 1 er et 2 mars2023devant leTribunal correctionnel de ce si\u00e8ge, pour y entendre statuer sur lespr\u00e9ventions suivantes: infraction aux articles 447 et 448 du Code p\u00e9nal; infraction aux articles 418 et 420 du Code p\u00e9nal A l\u2019audience publique du28 f\u00e9vrier 2023, le vice-pr\u00e9sident constata l&#039;identit\u00e9 des pr\u00e9venusPERSONNE2.),PERSONNE3.)etPERSONNE4.),leur donna connaissance de l&#039;acte qui a saisi le Tribunal et les informa de leur droit de se taire et de leur droit de ne pas s\u2019incriminer eux-m\u00eames. Le Tribunal autorisa, avec l&#039;accord du Minist\u00e8re Public, Ma\u00eetre Gaston VOGEL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, de repr\u00e9senter la pr\u00e9venuePERSONNE1.). Ma\u00eetreJean LUTGEN, en remplacement de Ma\u00eetre Jean-Marie BAULER, avocats\u00e0 la Cour,lesdeuxdemeurant \u00e0 Luxembourg, se constitua partie civile pour et au nom d\u2019PERSONNE5.), pr\u00e9qualifi\u00e9, demandeurau civil, contrelespr\u00e9venusPERSONNE1.),PERSONNE2.),PERSONNE3.)et PERSONNE4.), pr\u00e9qualifi\u00e9s, d\u00e9fendeursau civil. Il donna lecture des conclusions \u00e9crites qu&#039;il d\u00e9posa ensuite sur le bureau du Tribunal et qui furent sign\u00e9es par le vice-pr\u00e9sident et par le greffier. Ensuite,l\u2019affaire fut remise contradictoirement au1 er mars2023. A cette date, l\u2019affairefut remise contradictoirement aux 17, 18 et 19 avril 2023. Al\u2019audience du 17 avril 2023, l\u2019affaire fut remise contradictoirement aux 16, 17, 18 et 19 octobre 2023. A l\u2019audience du 16 octobre 2023,Ma\u00eetre Gaston VOGEL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, r\u00e9it\u00e9ra sa demande de repr\u00e9senter lapr\u00e9venue PERSONNE1.)et en futautoris\u00e9. Lest\u00e9moinsPERSONNE6.),PERSONNE7.) etPERSONNE8.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu \u00e0 l&#039;article 155 du codede proc\u00e9dure p\u00e9nale. Le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du17octobre2023. A l\u2019audience publique du17 octobre 2023,le t\u00e9moinPERSONNE8.), toujours sous la foi du serment, fut entendu enses d\u00e9clarations orales.<\/p>\n<p>4 Lespr\u00e9venusPERSONNE2.),PERSONNE3.)etPERSONNE4.)furent entendusenleurs explications et moyens de d\u00e9fense. Ensuite, le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du18octobre2023. A l\u2019audience publique du18octobre 2023, le pr\u00e9venuPERSONNE4.)fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense. Ma\u00eetre Jean LUTGEN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Luxembourg, exposa les moyens de la partie civilePERSONNE5.). Ma\u00eetreGaston VOGEL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Luxembourg, repr\u00e9senta la pr\u00e9venuePERSONNE1.)et exposa les moyens de d\u00e9fense de celle-ci. Lerepr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public,Guy BREISTROFF,substitutprincipal du Procureur d\u2019Etat,r\u00e9suma l\u2019affaire etfutentendu en son r\u00e9quisitoire. Ensuite, le Tribunal ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du19octobre2023. A l\u2019audience publique du19octobre 2023, la pr\u00e9venuePERSONNE1.)fut entendue en ses explications et moyens de d\u00e9fense. Ma\u00eetreDaniel BAULISCH, avocat\u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Diekirch, exposa les moyens de d\u00e9fense dupr\u00e9venuPERSONNE2.). Ma\u00eetreAndr\u00e9 LUTGEN, avocat\u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Luxembourg, exposa les moyensde d\u00e9fense dupr\u00e9venuPERSONNE4.). Ma\u00eetreThierry REISCH, avocat\u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Diekirch, exposales moyens de d\u00e9fense dupr\u00e9venuPERSONNE3.). Les pr\u00e9venus PERSONNE1.),PERSONNE2.),PERSONNE3.) et PERSONNE4.)eurent la parole en derniers. LeTribunalprit l&#039;affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l&#039;audiencepubliquede ce jour, date \u00e0 laquelle le prononc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9, le J U G E M E N T qui suit: Vu la citation \u00e0 pr\u00e9venusdu12janvier2023(not.35303\/16\/CD) r\u00e9guli\u00e8rement notifi\u00e9e\u00e0PERSONNE1.),PERSONNE2.),PERSONNE3.)et PERSONNE4.). Vu l&#039;ordonnance de renvoi num\u00e9ro422\/2021rendue par la chambre du conseil du Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg en date du17mars 2021,r\u00e9form\u00e9epartiellementpar arr\u00eat num\u00e9ro 929\/2021 du 19 octobre 2021 de la chambre du conseil de la Cour d\u2019appelrenvoyantles pr\u00e9venusdevant une chambre correctionnelle de ce m\u00eame Tribunaldu chefd\u2019infractionsaux articles418, 420,447et 448 du code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>5 Vu l\u2019instructionmen\u00e9e en cause par le juge d\u2019instruction. Vu la plainte avec constitution de partie civile d\u00e9pos\u00e9een date du 23d\u00e9cembre 2016 au greffe du cabinet d\u2019instruction parMa\u00eetre Jean-Marie BAULER agissant au nom et pour le compte d\u2019PERSONNE5.). Vu l\u2019ensembledu dossier r\u00e9pressif. Entendu les d\u00e9clarations dest\u00e9moinsPERSONNE6.),PERSONNE7.)et PERSONNE8.)auxaudiencespubliquesdes16 et 17octobre2023. AU PENAL: Aux termes del&#039;ordonnance de renvoi num\u00e9ro422\/2021 rendue par la chambre du conseil duTribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg en date du 17mars 2021,r\u00e9form\u00e9epartiellementpar arr\u00eat num\u00e9ro 929\/2021 du 19 octobre 2021 de la chambre du conseil de la Cour d\u2019appel,le Minist\u00e8re Public reproche auxpr\u00e9venusPERSONNE1.),PERSONNE2.), PERSONNE3.)etPERSONNE4.): \u00abcomme auteur ou coauteur d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit: de l\u2019avoir ex\u00e9cut\u00e9 ou d\u2019avoir coop\u00e9r\u00e9 directement \u00e0 son ex\u00e9cution; sinon comme compliced\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, depuisun temps non prescrit, depuis les dates indiqu\u00e9es ci-apr\u00e8s, sans pr\u00e9judice quant aux circonstances de temps et de lieux plus exactes; enleurqualit\u00e9 de collaborateursd\u2019un m\u00e9dia au sens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias, 1.le 03.10.2016 dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abdeMEDIA1.)\u00bb diffus\u00e9e sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision de la langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, en infraction aux articles 447 et 448 du Code p\u00e9nal, en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir calomni\u00e9, sinon diffam\u00e9, sinon injuri\u00e9PERSONNE5.), en publiant un reportage (contenant notamment une interview entre PERSONNE5.)etPERSONNE1.)) dans lequel, -en ce qui concerne le montage, il y a eu une dissociation des images et du son, une trentaine de secondes ayant \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e, ce quia eu pour effet d\u2019accoler les deux phrases \u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro. Dat do ass dach eng Sauerei\u00bb de sorte \u00e0 donner l\u2019impression que Monsieur PERSONNE5.) qualifie les questions de MadamePERSONNE1.) de \u00abSauerei\u00bb, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019a pasprononc\u00e9 ces deux phrases ensemble, et que la coupure brutale de l\u2019interview d\u00e9sinformait le public qu\u2019PERSONNE5.), a repris l\u2019interview de fa\u00e7on calme apr\u00e8s l\u2019incident pour r\u00e9pondre encore pendant 6 minutes et 30 secondes aux questions de PERSONNE1.),<\/p>\n<p>6 -les excuses d\u2019PERSONNE5.)ne sont pas mentionn\u00e9es,PERSONNE5.) s\u2019\u00e9tant en effet excus\u00e9 aupr\u00e8s dePERSONNE1.)\u00e0 la fin de la deuxi\u00e8me partie de l\u2019interview, -des blessures dePERSONNE1.)ont \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9es, dont ni la r\u00e9alit\u00e9, ni la gravit\u00e9, ni le lien causal existant entre cette pr\u00e9tendue blessure et l\u2019action reproch\u00e9e \u00e0 MonsieurPERSONNE5.), ne sont \u00e9tablis, -a \u00e9t\u00e9 soutenue une qualification cat\u00e9gorique de l\u2019action de Monsieur PERSONNE5.)en coups et blessures par Me URBANY, qui n\u2019a pas non plus h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 comparer l\u2019action de MonsieurPERSONNE5.)\u00e0 la r\u00e9pression turque en mati\u00e8re d\u2019atteinte \u00e0 la libert\u00e9 de presse, -il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 contrairement \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 que MonsieurPERSONNE5.) serait poursuivi p\u00e9nalement alors qu\u2019aucune plainte ni citation directe n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 son encontre. 2.depuis un temps non prescrit et notamment depuis le 03.10.2016, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, suite \u00e0 l\u2019\u00e9mission \u00abde MEDIA1.)\u00bb diffus\u00e9e sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision en langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, en infraction aux articles 418 et 420 du Code p\u00e9nal, par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, partant involontairement fait des blessures ou port\u00e9 des coups \u00e0PERSONNE5.), en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir caus\u00e9 des troubles psychiques \u00e0PERSONNE5.) consistant en une pathologie majeure apparue et provoqu\u00e9e, selon le certificat m\u00e9dical du 24 f\u00e9vrier 2021, par la diffusion, sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision de langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abdeMEDIA1.)\u00bb, du reportage du 3 octobre 2016 imputant \u00e0 PERSONNE5.)d\u2019avoir port\u00e9 des coups et blessures \u00e0PERSONNE1.), reportage dont la diffusion a eu comme cons\u00e9quence le lancement d\u2019une proc\u00e9dure disciplinaire \u00e0 l\u2019encontre d\u2019PERSONNE5.)qui a conduit \u00e0 sa d\u00e9mission en tant que directeur du MUDAM, ternissant ainsi son image publique.\u00bb I) Quant aux moyens de proc\u00e9dure A) Les demandes tendant \u00e0 la nullit\u00e9 et \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites 1) Le libell\u00e9 obscur A l\u2019audience publique du 28 f\u00e9vrier 2023, Ma\u00eetre Gaston VOGEL a soulev\u00e9 in limine litis lanullit\u00e9 de la citation du Minist\u00e8re Public pour violation de l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme(ci-apr\u00e8s \u00abCEDH\u00bb), aux termes duquel l\u2019infraction doit \u00eatre d\u00e9finie en termes clairs et pr\u00e9cis. Tel ne serait tout d\u2019abord pas le cas alors que le parquet se contente de renvoyer \u00e0 une ordonnance rendue par la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement, r\u00e9form\u00e9e par la chambre du conseil de la Cour d\u2019appel, ce qui aurait pour cons\u00e9quence que le justiciable serait dans l\u2019impossibilit\u00e9 de comprendre ce qui lui est reproch\u00e9. Ensuite et en tout \u00e9tat de cause, il serait incompr\u00e9hensible quel faitPERSONNE1.)aurait imput\u00e9 \u00e0PERSONNE5.) qui lui aurait port\u00e9 pr\u00e9judice ou atteint \u00e0 son honneur. L\u2019incident pr\u00e9cit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 joint au fond.<\/p>\n<p>7 Il convient de relever qu\u2019aux termes de l\u2019article 182 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale,\u00ab la chambre correctionnelle est saisie soit par le renvoi qui lui est fait d\u2019apr\u00e8s lesarticles 131 et 132, soit par la citation donn\u00e9e directement au pr\u00e9venu et aux personnes civilement responsables de l\u2019infraction par le procureur d\u2019Etat ou par la partie civile \u00bb. En l\u2019esp\u00e8ce, le tribunal se trouve saisi par l\u2019ordonnance de renvoi num\u00e9ro 422\/32 du 17 mars 2021 de la Chambre du conseil du Tribunal d\u2019Arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, r\u00e9form\u00e9e par l\u2019arr\u00eat num\u00e9ro 929\/21 du 19 octobre 2021 de la chambre du conseil de la Cour d\u2019appel sur le seul point de ne pas avoir renvoy\u00e9 PERSONNE4.) devant le Tribunal correctionnel. La citation \u00e0 l\u2019audience ne contient en l\u2019esp\u00e8ce que l\u2019indication des dates, heures et lieux o\u00f9 se tiendront les audiences et ne constitue qu\u2019une invitation \u00e0 compara\u00eetre. La citation \u00e0 pr\u00e9venu du 12 janvier 2023 avait uniquementpour but d\u2019aviser la pr\u00e9venue du jour de l\u2019audience \u00e0 laquelle la chambre correctionnelle serait appel\u00e9e \u00e0 statuer sur les pr\u00e9ventions pour lesquelles elle avait \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e devant la chambre correctionnelle par ordonnance de la chambre du conseil. Il s\u2019ensuit que ce n\u2019est pas cette citation qui est susceptible d\u2019induire, par un \u00e9ventuel libell\u00e9 obscur, la pr\u00e9venue en erreur et, partant, de lui causer un pr\u00e9judice d\u00fb au fait qu\u2019elle n\u2019aurait pas pu utilement pr\u00e9parer sa d\u00e9fense. En effet, c\u2019est la d\u00e9cisionde renvoi qui a saisi la chambre correctionnelle des infractions reproch\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9venue et c\u2019est cette d\u00e9cision qui aurait d\u00fb \u00eatre attaqu\u00e9e par elle (voir CSJ, 11 mars 2008, n\u00b0 152\/08 V ; CSJ, 16 avril 2008, n\u00b0 194\/08 X ; CSJ, 13 janvier 2009, n\u00b0 19\/09V ; CSJ, 18 mars 2009, n\u00b0 132\/09 X). Etant dirig\u00e9 contre la citation \u00e0 pr\u00e9venu, le moyen n\u2019est en cons\u00e9quence pas susceptible d\u2019\u00eatre accueilli. Pour autant que la demande en nullit\u00e9 serait dirig\u00e9e contre l\u2019ordonnance de renvoi, le Tribunal rappelle qu\u2019auxtermes de l\u2019article 126 du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, la demande en nullit\u00e9 dirig\u00e9e contre l\u2019ordonnance de renvoi doit \u00eatre produite devant la chambre du conseil de la Cour d\u2019appel. Le tribunal est d\u00e8s lors incomp\u00e9tent pour statuer sur une demande en annulation dirig\u00e9e contre l\u2019ordonnance de renvoi. Le Tribunal constate de plus que la pr\u00e9venue n\u2019a pas fait \u00e9tatdumoyenen questiondevant la chambre du Conseil de la Cour d\u2019appel qui a pourtant eu \u00e0 conna\u00eetre de l\u2019appel relev\u00e9 par la pr\u00e9venue contre l\u2019ordonnance de renvoi. De m\u00eame, \u00e0 interpr\u00e9ter le moyen comme visant en r\u00e9alit\u00e9 le r\u00e9quisitoire du minist\u00e8re public saisissant la chambre du conseil dans le cadre de la proc\u00e9dure de renvoi, il suffit de constater que l\u2019appr\u00e9ciation de la l\u00e9galit\u00e9 et du bien-fond\u00e9de cet acte incombe aux juridictions d\u2019instruction dans le cadre de la proc\u00e9dure de renvoi et que, en tout \u00e9tat de cause, ce n\u2019est pas le r\u00e9quisitoire qui saisit la juridiction de fond et fixe les limites de cette saisine, mais l\u2019ordonnance de renvoi (Cour d\u2019appel, 11 mars 2008, n\u00b0152\/08 V). A supposer finalement que le moyen ne doive pas \u00eatre analys\u00e9 comme un moyen d\u2019annulation, il y a lieu de rappeler que l\u2019exception du libell\u00e9 obscur rel\u00e8ve du droit de tout pr\u00e9venu \u00e0 \u00eatre inform\u00e9 dans le plus bref d\u00e9lai dans une langue qu\u2019il comprend et d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e, de la nature et de la cause de l\u2019accusation port\u00e9e contre lui ; son application est d\u00e8s lors d\u2019ordre<\/p>\n<p>8 public et elle pourra ainsi \u00eatre invoqu\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en appel (Cour d\u2019appel, 22 mai1992 ; Cour d\u2019appel, 30 janvier 1996). Elle peut \u00eatre invoqu\u00e9e en tout \u00e9tat de cause sans \u00eatre enferm\u00e9e dans un quelconque d\u00e9lai de forclusion (Ch. crim., 9 juillet 1992, n\u00b0986\/92). Le moyen est d\u00e8s lors recevable. Il appartient d\u00e8s lors au tribunal dev\u00e9rifier si le pr\u00e9venu a pu pr\u00e9parer utilement sa d\u00e9fense. L\u2019article 6 de la CEDH invoqu\u00e9 par la pr\u00e9venue dispose en son paragraphe 3 point a) que\u00abtout accus\u00e9 a droit notamment \u00e0 \u00eatre inform\u00e9, dans le plus court d\u00e9lai, dans une langue qu\u2019il comprend etd\u2019une mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e, de la nature et de la cause del\u2019accusation port\u00e9e contre lui\u00bb. La Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales ne renferme pas d&#039;exigences sp\u00e9ciales \u00e0 cet \u00e9gard et exige seulement que le pr\u00e9venu nepuisse se m\u00e9prendre sur l&#039;objet de la poursuite et qu\u2019il soit en mesure de pr\u00e9parer efficacement sa d\u00e9fense, mais n&#039;exige pas que la citation du Minist\u00e8re Public reproduise dans tous les d\u00e9tails les faits qui en font l&#039;objet (Cour, 5 novembre 1987 M.P. c\/K et W). S\u2019il est substantiel que le pr\u00e9venu, pour pr\u00e9parer sa d\u00e9fense, doit conna\u00eetre le motif de la poursuite, l\u2019\u00e9nonciation des faits n\u2019est cependant soumise \u00e0 aucune forme et la loi ne d\u00e9termine pas le caract\u00e8re de pr\u00e9cision exig\u00e9e. Il suffit que parla citation le pr\u00e9venu ait des faits une connaissance suffisante pour lui permettre de pr\u00e9parer sa d\u00e9fense (Novelles Proc\u00e9dure P\u00e9nale T I, vol 2, n\u00b0105). Le juge appr\u00e9cie en fait si les mentions permettent au pr\u00e9venu de conna\u00eetre l&#039;objet des poursuites et d&#039;assurer sa d\u00e9fense (Jurisclasseur : Proc\u00e9dure p\u00e9nale art. 550-566 no 8 ; Cass. belge 2e chambre 9 juin 1993 J.T. 1994, p.18 ; Trib. d\u2019arr. Lux. 20 d\u00e9cembre 2001, n\u00b03110\/2001). Le caract\u00e8re ad\u00e9quat des informations doit s\u2019appr\u00e9cier en relation avec l\u2019article 6 \u00a7 3 b), qui reconna\u00eet \u00e0 toute personne le droit de disposer du temps et des facilit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la pr\u00e9paration de sa d\u00e9fense, et \u00e0 la lumi\u00e8re du droit plus g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable que garantit l\u2019article 6 \u00a7 1 (Mattoccia c. Italie, 2000,\u00a7 60 ; B\u00e4ckstr\u00f6m et Andersson c. Su\u00e8de (d\u00e9c.), 2006). Certes, l\u2019\u00e9tendue de l\u2019information \u00ab d\u00e9taill\u00e9e \u00bb vis\u00e9e par cette disposition varie selon les circonstances particuli\u00e8res de la cause ; toutefois, l\u2019accus\u00e9 doit en tout cas disposer d\u2019\u00e9l\u00e9ments suffisantspour comprendre pleinement les charges port\u00e9es contre lui en vue de pr\u00e9parer convenablement sa d\u00e9fense (Mattoccia c. Italie, 2000, \u00a7 60). Par exemple, il y aura assez d\u2019\u00e9l\u00e9ments si les infractions dont l\u2019int\u00e9ress\u00e9 est accus\u00e9 sont suffisamment \u00e9num\u00e9r\u00e9es ;si le lieu et la date de l\u2019infraction sont indiqu\u00e9s ; s\u2019il est fait r\u00e9f\u00e9rence aux articles pertinents du code p\u00e9nal, et si le nom de la victime est mentionn\u00e9 (Brozicek c. Italie, 1989, \u00a7 42). Certains \u00e9l\u00e9ments particuliers relatifs \u00e0 l\u2019infraction peuvent se d\u00e9gager non pas seulement de l\u2019acte d\u2019accusation mais aussi d\u2019autres documents r\u00e9dig\u00e9s par le parquet pour les besoins de la cause ou d\u2019autres pi\u00e8ces du dossier (Previti c. Italie (d\u00e9c.), 2009, \u00a7 208). De plus, certains \u00e9l\u00e9ments de fait relatifs \u00e0 l\u2019infraction peuvent \u00eatre clarifi\u00e9s et pr\u00e9cis\u00e9s pendant la proc\u00e9dure<\/p>\n<p>9 (Sampech c. Italie (d\u00e9c.), 2015, \u00a7 110 ; Pereira Cruz et autres c. Portugal, 208). En l\u2019esp\u00e8ce, les infractions de calomnie sinon de diffamation sinon d\u2019injures reproch\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9venue, sont indiqu\u00e9es de fa\u00e7on suffisamment pr\u00e9cise pour permettre \u00e0 la pr\u00e9venue de pouvoir pr\u00e9senter une d\u00e9fense ad\u00e9quate. En effet, le r\u00e9quisitoire du Minist\u00e8re Public du 25 novembre 2020 adress\u00e9 \u00e0 la Chambre du conseil indique, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la date et du lieu des infractions, en long et en large les faits reproch\u00e9s aux pr\u00e9venus ainsi que les qualifications juridiques de ces faits. Ce n\u2019est d\u2019ailleurs pas uniquement ce seul acte qui doit \u00eatre pris en consid\u00e9ration, mais l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dossier, avec toutes les pi\u00e8ces dela proc\u00e9dure dont les pr\u00e9venus ont pu prendre connaissance et m\u00eame d\u2019\u00e9ventuelles informationsorales, donn\u00e9es de mani\u00e8re informelle, lors des interrogatoires men\u00e9s par la police ou par le magistrat instructeur. De plus et conform\u00e9ment aux d\u00e9veloppements ci-dessus, il n\u2019est pas exig\u00e9 que les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction soient diss\u00e9qu\u00e9s et analys\u00e9s en d\u00e9tail par le Minist\u00e8re Public dans son r\u00e9quisitoire, de sorte que m\u00eame si le r\u00e9quisitoire ne pr\u00e9cisait pasclairementquelestle faitquePERSONNE1.) auraitm\u00e9chammentimput\u00e9\u00e0PERSONNE5.), quod non, il n\u2019y aurait pas violation de l\u2019article 6 de la CEDH, \u00e0 partir du moment o\u00f9 les infractions dont l\u2019int\u00e9ress\u00e9e est accus\u00e9,sont suffisamment \u00e9num\u00e9r\u00e9es, le lieu et la date de l\u2019infraction sont indiqu\u00e9s, s\u2019il est fait r\u00e9f\u00e9rence aux articles pertinents du code p\u00e9nal, et si le nom de la victime est mentionn\u00e9, ce qui est le cas en l\u2019esp\u00e8ce. Au vu des consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent, le Tribunal est d\u2019avis que la pr\u00e9venue a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e, dela nature et de la cause de l\u2019accusation port\u00e9e contre elle, qu\u2019elle n\u2019a pas pu se m\u00e9prendre sur l&#039;objet de la poursuite et qu\u2019elle \u00e9tait en mesure de pr\u00e9parer efficacement sa d\u00e9fense. Il n\u2019y a partant pas eu violation de l\u2019article 6 de la CEDH et le moyenest partant \u00e0 rejeter comme non fond\u00e9. 2) Le d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable A l\u2019audience publique du 28 f\u00e9vrier 2023, Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN, mandataire du pr\u00e9venuPERSONNE4.), a soulev\u00e9 in limine litisle d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable etaconclu \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites. Les mandataires des autres pr\u00e9venus se sont ralli\u00e9s \u00e0 ce moyen. L\u2019incident a \u00e9t\u00e9 joint au fond. Aux termes de l\u2019article 6-1 de la CEDH\u00ab Toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement, publiquement et dans un d\u00e9lai raisonnable par un Tribunal ind\u00e9pendant et impartial \u00e9tabli par la loi(\u2026 )\u00bbet l\u2019article 14 (3)c. du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (ci-apr\u00e8s. PIDCP) qui dispose que\u00ab toute personne accus\u00e9e d\u2019une infraction p\u00e9nale a droit, en pleine \u00e9galit\u00e9, au moins aux garanties suivantes(\u2026)\u00e0 \u00eatre jug\u00e9e sans retard excessif \u00bb. Il incombe \u00e0 la juridiction de jugement d\u2019appr\u00e9cier, \u00e0 la lumi\u00e8re des donn\u00e9es de chaque affaire, si la cause est entendue dans un d\u00e9lai raisonnable, et, dans la n\u00e9gative, de d\u00e9terminer les cons\u00e9quences qui pourraient en r\u00e9sulter.<\/p>\n<p>10 Or, le caract\u00e8re raisonnable de la proc\u00e9dure s\u2019appr\u00e9cie suivant les circonstances de la cause et non in abstracto. Trois crit\u00e8res se sont d\u00e9gag\u00e9s de la jurisprudencede la Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme, pour appr\u00e9cier le d\u00e9lai raisonnable d\u2019un proc\u00e8s; aucun n\u2019\u00e9tant toutefois pr\u00e9dominant :1) la complexit\u00e9 de l\u2019affaire en fait et en droit, en nombre de parties, en difficult\u00e9s de preuves, etc, 2) du comportement du pr\u00e9venu (sans aller \u00e0 exiger qu\u2019il facilite la preuve des accusations port\u00e9es contre lui) et enfin 3) le comportement des autorit\u00e9s nationales comp\u00e9tentes (S. GUINCHARD et J. BUISSON, Proc\u00e9dure p\u00e9nale, n\u00b0376, p. 263). Le point de d\u00e9part du d\u00e9lai se situe\u00e0 la date o\u00f9 une personne se trouve accus\u00e9e, cette date pouvant \u00eatre suivant le cas celle de l\u2019ouverture des enqu\u00eates pr\u00e9liminaires, de l\u2019inculpation ou de l\u2019arrestation (cf. Cour d\u2019Appel, 12 juillet 1994, arr\u00eat n\u00b0273\/94). La p\u00e9riode \u00e0 prendre en consid\u00e9ration pour l\u2019appr\u00e9ciation du d\u00e9lai raisonnable ne commence \u00e0 courir qu\u2019\u00e0 partir du moment o\u00f9 une personne est accus\u00e9e au sens de l\u2019article 6 \u00a71 de la Convention, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab d\u00e8s le moment o\u00f9 elle tombe sous le coup d\u2019une accusation p\u00e9nale et sait qu\u2019elle est ou sera amen\u00e9e \u00e0 se d\u00e9fendre \u00bb. (V.F. Kuty, Justice p\u00e9nale et proc\u00e8s \u00e9quitable, \u00e9d. Larcier 2006, vol. 2, p.44-45). Il s\u2019agit de la date \u00e0 laquelle \u00ab une personne est formellement accus\u00e9e ou lorsque les soup\u00e7ons dont elle est l\u2019objet ont des r\u00e9percussions importantes sur sa situation, en raison des mesures prises par les autorit\u00e9s de poursuite \u00bb; \u00ab c\u2019est \u00e0 partir de cette date (\u2026)que s\u2019ouvre son droit \u00e0 ce que sa cause (soit) entendue dans un d\u00e9lai raisonnable\u00bb.(arr\u00eats CEDH, Martins et Garcia LAVESc. Portugal du 16 novembre 2000, Bertin-Mourot c. France du 2ao\u00fbt 2000 et Wemhoff c. Allemagne du 27 juin 1968, cit\u00e9s in F. Kuty, op. cit. p. 46, n\u00b0 1353) La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019Homme d\u00e9termine le dies a quo du d\u00e9lai raisonnable sur base des\u00e9l\u00e9ments concrets de la cause et \u00e0 travers le prisme de son crit\u00e8re qui consiste dans la connaissance qu\u2019a le pr\u00e9venu de l\u2019existence de poursuites exerc\u00e9es \u00e0 son encontre, crit\u00e8re qui conna\u00eet deux composantes que sont la notification officielle ou les r\u00e9percussions importantes sur sa situation (F. Kuty, Justice p\u00e9nale et proc\u00e8s \u00e9quitable, \u00e9d. Larcier 2006, vol. 2, p. 47, n\u00b0 1354). En l\u2019esp\u00e8ce, les faits reproch\u00e9s aux pr\u00e9venus se sont produits le 3 octobre 2016. Le Tribunal tient d\u2019embl\u00e9e \u00e0 pr\u00e9ciser que m\u00eamesiles pr\u00e9venus ont \u00e9t\u00e9 entendus sur certains faits dans le cadre de la proc\u00e9duredisciplinairelanc\u00e9e contrePERSONNE5.)respectivement dans le cadre de de l\u2019instruction de l\u2019Autorit\u00e9 luxembourgeoise ind\u00e9pendante de l&#039;audiovisuel(ALIA) ou de celle du Conseil de presse, ils ne se trouvaient\u00e0 ce momentsous aucune accusation p\u00e9nale,de sorte que ces auditions ne sont pas d\u00e9terminantes pour le d\u00e9butdela p\u00e9riode \u00e0 prendre en consid\u00e9ration pour l\u2019appr\u00e9ciation du d\u00e9lai raisonnable. L\u2019affaire p\u00e9naleproprement dite n\u2019a commenc\u00e9 que post\u00e9rieurement \u00e0 ces auditions et plus pr\u00e9cis\u00e9ment par une plainte avec constitution de partie civile du 23 d\u00e9cembre 2016, suivie d\u2019un r\u00e9quisitoire parquet de Luxembourg du 1 er f\u00e9vrier 2017, sur base duquel une instructiona \u00e9t\u00e9 ouverte contre<\/p>\n<p>11 PERSONNE1.),PERSONNE2.),PERSONNE4.),PERSONNE3.), Ma\u00eetre Pol URBANY etSOCIETE1.)S.A. (MEDIA2.)), du chef d\u2019infractions d\u2019injure et calomnie sinon diffamation, d\u2019infraction \u00e0 l\u2019article 5 de la loi du 11 ao\u00fbt 1982 concernant la protection de la vie priv\u00e9e, et d\u2019infraction, principalement de coups et blessures volontaires avec incapacit\u00e9 de travail, subsidiairement de coups et blessures involontaires. Au regard des crit\u00e8res \u00e9nonc\u00e9s ci-dessus, les dates respectives \u00e0 retenir pour lespr\u00e9venus en guise de point de d\u00e9part du d\u00e9lai \u00e0 appr\u00e9cier,sont celles de leurs auditions polici\u00e8res respectives, \u00e0 savoir le 11 janvier 2018 pourPERSONNE2.), le 14 mars 2018 pourPERSONNE1.), le 28 mai 2018 pourPERSONNE4.)et le 5 juin2018pourPERSONNE3.). Les pr\u00e9venus ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9s par le juge d\u2019instruction aux dates suivantes: PERSONNE4.)le 18 d\u00e9cembre 2018 et le 5 avril 2019,PERSONNE2.)le 17 d\u00e9cembre 2018 et le 16 mai 2019,PERSONNE3.)le 26 juin 2019 et PERSONNE1.)le 25 septembre 2019. Parall\u00e8lement, de nombreux devoirs d\u2019enqu\u00eatedont notamment l\u2019audition de nombreuxt\u00e9moinsont \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s par la police judiciaire. De plus, d\u2019innombrablescourriers ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s par la partie plaignante au juge d\u2019instruction,qui ad\u00fb y r\u00e9pondre. Le dernierrapportde la policedate du 19 d\u00e9cembre 2019. Ma\u00eetre URBANY aencore\u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 par le juge d\u2019instruction le 20 d\u00e9cembre 2019. Il y a encore lieu de relever qu\u2019au cours de l\u2019instruction, lespr\u00e9venus ont d\u00e9pos\u00e9 plusieurs requ\u00eates en nullit\u00e9 tois\u00e9es par les chambres du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement et de la Cour d\u2019appel. De plusils ont form\u00e9 des pourvois en cassation. En effet deux arr\u00eats de la Cour de Cassation du 12 mars 2020 ont d\u00e9clar\u00e9 d\u00e9chus la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)S.A. et Ma\u00eetre URBANY de leurs pourvois form\u00e9s contre un arr\u00eat de la chambre du conseilde la Cour d\u2019appeldu 5 novembre 2019. De m\u00eame,par arr\u00eat du 19 novembre 2020, la Cour de Cassation a d\u00e9clar\u00e9 irrecevable un pourvoi dePERSONNE2.)form\u00e9 contre un arr\u00eat de la chambre du conseilde la Cour d\u2019appeldu 5 novembre 2019. L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e le 20 novembre 2020. Par r\u00e9quisitoire du 25 novembre 2020,le Minist\u00e8re Public a sollicit\u00e9 le renvoi des pr\u00e9venus devant une chambre correctionnelle. Des m\u00e9moires ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 par les pr\u00e9venus les 26 janvier, 1 er mars et 2 mars2021ainsi que par la partie civile le 4 mars 2021. La chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement a examin\u00e9 le dossier le 4 mars 2021 et a rendu son ordonnance de renvoi le 17 mars 2021. Contre cette ordonnance appel a \u00e9t\u00e9 interjet\u00e9 et l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 plaid\u00e9e devant la Cour d\u2019appel le 27 septembre 2021.<\/p>\n<p>12 Le 19 octobre 2021 la chambre du conseil de la Cour d\u2019appel a rendu son arr\u00eat. Contre cette d\u00e9cisionPERSONNE4.),PERSONNE1.)etPERSONNE2.)ont form\u00e9 des pourvois en cassation que la Cour de Cassation a d\u00e9clar\u00e9 irrecevables par des arr\u00eats du 14 juillet 2022. Par citation du 12 janvier 2023, le Procureur d&#039;Etat pr\u00e8s le Tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg a requis les pr\u00e9venus de compara\u00eetre \u00e0 l\u2019audience publique des 28 f\u00e9vrier, 1er et 2 mars 2023 devant le Tribunal correctionnel de ce si\u00e8ge. A l\u2019audience du 28 f\u00e9vrier 2023,les moyens de proc\u00e9dure ont \u00e9t\u00e9expos\u00e9s mais ensuite l\u2019affairea d\u00fb \u00eatreremise contradictoirement au 1er mars2023, alors que Ma\u00eetre VOGEL n\u2019\u00e9tait plus en mesure de continuer les plaidoiries pour raisons m\u00e9dicales. A cette datel\u2019affairea \u00e9t\u00e9remise contradictoirement aux 17, 18 et 19 avril 2023. A l\u2019audience du 17 avril 2023, l\u2019affaire fut remise contradictoirement aux 16, 17, 18 et 19 octobre 2023, \u00e0 la demande dePERSONNE3.)qui ne pouvait pas se pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019audience pour des raisons de sant\u00e9. En tenant compte de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppementsqui pr\u00e9c\u00e8dent,le Tribunal se doit de constaterqu\u2019il n\u2019y a pas eu de p\u00e9riode d\u2019inaction injustifi\u00e9e. Au contraire, les diff\u00e9rents intervenants ont directement agi d\u00e8s le moment o\u00f9 ils \u00e9taient en mesure de le faire. Ainsi le juge d\u2019instruction a rendu sonordonnance de cl\u00f4ture le jour suivant l\u2019arr\u00eat de la Cour de Cassation toisant un pourvoi form\u00e9 contre l\u2019arr\u00eat la chambre du conseil de la Cour d\u2019appel confirmant une ordonnance de la chambredu conseil du Tribunal d\u2019arrondissementstatuantsur une demande en nullit\u00e9 d\u2019uneperquisitionformul\u00e9e parPERSONNE2.). De m\u00eame,le Minist\u00e8re Public ar\u00e9dig\u00e9son r\u00e9quisitoired\u00e9j\u00e0cinqjours apr\u00e8s l\u2019ordonnancede cl\u00f4tureet la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement a examin\u00e9 le dossier le jour m\u00eame du d\u00e9p\u00f4t du dernier m\u00e9moire et a rendu son ordonnance de renvoi d\u00e9j\u00e0 13 jours plus tard. Les deux d\u00e9lais qui peuvent para\u00eetre long, \u00e0 savoir celui entre le dernier interrogatoire \/ rapport de police (d\u00e9cembre 2019) et la cl\u00f4ture de l\u2019instruction (20 novembre 2020),et celui entre la cl\u00f4ture de l\u2019instruction (20 novembre 2020) et la premi\u00e8re citation \u00e0 l\u2019audience du 12 janvier 2023, trouvent leur origine exclusivement dans des recours form\u00e9s contre des d\u00e9cisions des juridictions d\u2019instructions par certains pr\u00e9venus qui sont all\u00e9s jusqu\u2019en cassation. Ceci constitue \u00e9videmment leur droit le plus strict, mais ne peut entra\u00eener une violation du d\u00e9lai raisonnable, alors que les d\u00e9lais pr\u00e9cit\u00e9s ne sontd\u00e8s lors pas imputables aux autorit\u00e9s publiques et partant \u00e0 l\u2019Etatluxembourgeois. Dans ses conclusions in limine litis, Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN critique surtout le temps et l\u2019\u00e9nergie d\u00e9pens\u00e9s par les autorit\u00e9s poursuivantes pendant l\u2019instruction.<\/p>\n<p>13 Or force et de constater, conform\u00e9ment aux d\u00e9veloppements ci-dessus, qu\u2019entre lepoint de d\u00e9part du d\u00e9lai \u00e0 appr\u00e9cier (11 janvier 2018, premi\u00e8re audition d\u2019un pr\u00e9venu aupr\u00e8s de la police) et le dernier acte de l\u2019enqu\u00eate (d\u00e9cembre 2019, dernier rapport de police et dernier interrogatoire du juge d\u2019instruction), sesont\u00e9coul\u00e9s\u00e0 peinedeux ans, ce qui n\u2019est manifestement pas excessif pour un dossier impliquant quatre pr\u00e9venus, n\u00e9cessitant \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des auditions et interrogatoires des pr\u00e9venus eux-m\u00eames, l\u2019audition de nombreux t\u00e9moins et l\u2019ex\u00e9cution d\u2019autres devoirs,et comprenant plusieurs demandes en nullit\u00e9s contre des actes d\u2019instruction. Quant \u00e0 l\u2019\u00e9nergie d\u00e9pens\u00e9e par les autorit\u00e9s poursuivantes pendant l\u2019instruction, qui peut le cas \u00e9ch\u00e9ant s\u2019expliquer par le fait que l\u2019affaire \u00e9tait m\u00e9diatis\u00e9e et impliquait d\u2019une part une personne publique qu\u2019\u00e9tait PERSONNE5.)au moment de faits et d\u2019autre part la plus grande cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision du pays, il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9cision d\u2019opportunit\u00e9 propre aux autorit\u00e9s poursuivantes, qui ne peut servir de base, au vu des crit\u00e8res d\u00e9gag\u00e9es par la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme,pourretenir une violation du d\u00e9lai raisonnable. Finalement et contrairement aux d\u00e9veloppements de Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN, le faitque l\u2019affaire concerne lamati\u00e8re de presse o\u00f9 les d\u00e9laisdeprescription ne sont que de trois mois, est sans incidence particuli\u00e8re sur la question de savoir si le d\u00e9lai raisonnable a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, le Tribunal retient qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable, ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas de prendre le cas \u00e9ch\u00e9ant en compte l\u2019anciennet\u00e9 des faits en tant que circonstance att\u00e9nuante dans le cadre de la fixation de la peine\u00e9ventuelle. 3) Quant \u00e0 la violationdes principes de l\u2019impartialit\u00e9 du Tribunal et de la pr\u00e9somption d\u2019innocence A l\u2019audience publique du 28 f\u00e9vrier 2023, Ma\u00eetre Daniel BAULISCH a soulev\u00e9 in limine litis l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites pour violation du principe du droit au proc\u00e8s \u00e9quitable pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019artice 6 de la CEDH et plus pr\u00e9cis\u00e9ment pour violation des principes de l\u2019impartialit\u00e9 du juge et de la pr\u00e9somption d\u2019innocence, au motif quePERSONNE9.), l\u2019\u00e9pouse d\u2019PERSONNE5.), aurait publi\u00e9 le 1 er mai 2021 un livre intitul\u00e9\u00abMEDIA3.)\u00bb, qui a \u00e9t\u00e9 repris dans la presse, dans lequel elle r\u00e9v\u00e8lerait par violation dusecret de l\u2019instruction,le contenude plusieurs actes et pi\u00e8ces du dossier r\u00e9pressif, ce qui aurait eu pour cons\u00e9quencequele proc\u00e8s auraitd\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 fait dans la presse et dans l\u2019opinion publique, de sorte que l\u2019impartialit\u00e9 des juges ne serait plus garantie et lapr\u00e9somptiond\u2019innocence viol\u00e9e. L\u2019incident a \u00e9t\u00e9 joint au fond. Quant \u00e0la partialit\u00e9du Tribunalall\u00e9gu\u00e9e L\u2019article 6.1 de la CEDH impose \u00e0 tout tribunal d\u2019\u00eatre impartial. L\u2019impartialit\u00e9 se d\u00e9finit d\u2019ordinaire par l\u2019absence de pr\u00e9jug\u00e9 ou de parti pris et elle peut s\u2019appr\u00e9cier de diverses mani\u00e8res. (CEDH, affaire Kyprianou c\/ Chypre ; CEDH, affaire Micalle c\/ Malte).<\/p>\n<p>14 Ainsi, la CEDH \u00e9tablit une distinction entre une d\u00e9marche subjective, c\u2019est- \u00e0-dire chercher \u00e0 d\u00e9terminer la conviction ou l\u2019int\u00e9r\u00eat personnel de tel ou tel juge dans une affaire donn\u00e9e et une d\u00e9marche objective, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9terminer si le jugeoffrait des garanties suffisantes pour exclure \u00e0 cet \u00e9gard tout doute l\u00e9gitime. La fronti\u00e8re entre les deux notions n\u2019est cependant pas herm\u00e9tique car non seulement la conduite m\u00eame d\u2019un juge peut, du point de vue d\u2019un observateur ext\u00e9rieur, entra\u00eener desdoutes objectivement justifi\u00e9s quant \u00e0 son impartialit\u00e9 (d\u00e9marche objective) mais elle peut \u00e9galement toucher \u00e0 la question de sa conviction personnelle (d\u00e9marche subjective). D\u00e8s lors, l\u2019applicabilit\u00e9 de l\u2019un ou l\u2019autre des crit\u00e8res, ou des deux, d\u00e9pendra des circonstances particuli\u00e8res entourant le comportement contest\u00e9 (Kyprianou c. Chypre [GC], 2005, \u00a7\u00a7 119 et 121). En l\u2019esp\u00e8ce, le moyen de la d\u00e9fense tend plut\u00f4t \u00e0 remettre en cause l\u2019impartialit\u00e9 objectivedu Tribunal saisi, alors qu\u2019ilne remet pas en cause l\u2019impartialit\u00e9d\u2019un des trois jugesle composant,pour une raison pr\u00e9cise. D\u2019ailleurs et pour \u00eatre complet,dans le cadre de la d\u00e9marche subjective, la CEDH a toujours consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019impartialit\u00e9 personnelle d\u2019un magistrat se pr\u00e9sume jusqu\u2019\u00e0 preuve du contraire (CEDH, affaire Kyprianou c\/ Chypre; CEDH, affaire Hauschildt c\/ Danemark) et en l\u2019esp\u00e8ce il n\u2019existe aucun \u00e9l\u00e9ment permettant d\u2019en douter. Concernant l\u2019impartialit\u00e9 objective, le Tribunal tient \u00e0 relever que m\u00eame \u00e0 supposer que le secret del\u2019instruction aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9 par la publication du livre dePERSONNE9.)et que les pi\u00e8ces y figurant aient \u00e9t\u00e9 discut\u00e9s dans la presse et l\u2019opinion publique, il y a absence totale de lien de causalit\u00e9 entre cette pr\u00e9tendue violation du secret de l\u2019instruction et laquestionde l\u2019impartialit\u00e9 du Tribunal saisi. En effetd\u2019une partle Tribunal disposeen tout \u00e9tat de causede tous les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif et ne fonde pas sa d\u00e9cisionsurdespi\u00e8ces ou actes r\u00e9v\u00e9l\u00e9s dansun livre ou dansla presse. D\u2019autre part,sugg\u00e9rer qu\u2019un Tribunal seraitpartial au motif que la presse et le public auraient \u00abcondamn\u00e9\u00bb d\u2019avance un pr\u00e9venusuite \u00e0 la publication d\u2019un livre, que les membres composant le Tribunal n\u2019ontd\u2019ailleurs jamais lu, pr\u00e9tendumentr\u00e9v\u00e9lant des actes du dossier r\u00e9pressif, \u00e9quivaut \u00e0 remettre en cause la professionnalit\u00e9 des juges en g\u00e9n\u00e9ral et plus pr\u00e9cis\u00e9ment leur capacit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de trancher avec impartialit\u00e9, alors que dans tous les proc\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9s les juges sont amen\u00e9s \u00e0 se prononcer surdes questions juridiques qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9battues d\u2019avance dans l\u2019opinion publique. A ce sujet il y a lieu de rappeler que le Tribunal est compos\u00e9 de juges professionnels et non d\u2019un jury populaire. En suivant le raisonnement de Ma\u00eetre Daniel BAULISCH, aucunjuge au Luxembourg ne pourrait conna\u00eetre de la pr\u00e9sente affaire. En tout \u00e9tat de cause,il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que les juges composant le Tribunal aient euuneid\u00e9epr\u00e9con\u00e7ue sur la culpabilit\u00e9 des pr\u00e9venus par la publication du livre pr\u00e9cit\u00e9et le moyen n\u2019\u00e9tablitpasla moindre partialit\u00e9 du Tribunal.<\/p>\n<p>15 Le moyen tenant au manqued\u2019impartialit\u00e9 du Tribunal est partant \u00e0 rejeter. Quant \u00e0 la violation de la pr\u00e9somption d\u2019innocence Tant Ma\u00eetre BAULISCH pour le compte dePERSONNE2.), que Ma\u00eetreAndr\u00e9 LUTGEN pour le compte d\u2019PERSONNE4.), ont soulev\u00e9 in limine litis l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites au motif que par la publication du livre du PERSONNE9.)en violation du secret de l\u2019instruction et articles de presses y relatifs, la pr\u00e9somption d\u2019innocence des pr\u00e9venus aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9e. Le paragraphe 2 de l\u2019article 6 de la CEDH consacre le principe de la pr\u00e9somption d\u2019innocence. Il exige, entre autres, 1) qu\u2019en remplissant leurs fonctions les membres du tribunal ne partent pas de l\u2019id\u00e9e pr\u00e9con\u00e7ue quele pr\u00e9venu a commis l\u2019acte incrimin\u00e9, 2) que la charge de la preuve p\u00e8se sur l\u2019accusation, et 3) que le doute profite \u00e0 l\u2019accus\u00e9 (Barber\u00e0, Messegu\u00e9 et Jabardo c. Espagne, 1988, \u00a7 77). Consid\u00e9r\u00e9e comme une garantie proc\u00e9durale dans le cadre du proc\u00e8s p\u00e9nal lui-m\u00eame, la pr\u00e9somption d\u2019innocence impose des conditions concernant notamment la charge de la preuve (Telfner c. Autriche, 2001, \u00a7 15) ; les pr\u00e9somptions de fait et de droit (Salabiaku c. France, 1988, \u00a7 28 ; Radio France et autres c. France, 2004, \u00a7 24); le droit de ne pas contribuer \u00e0 sa propre incrimination (Saunders c. Royaume-Uni, 1996, \u00a7 68) ; la publicit\u00e9 pouvant \u00eatre donn\u00e9e \u00e0 l\u2019affaire avant la tenue du proc\u00e8s (G.C.P. c. Roumanie, 2011, \u00a7 46) et la formulation par le juge du fond ou toute autre autorit\u00e9 publique de d\u00e9clarations pr\u00e9matur\u00e9es quant \u00e0 la culpabilit\u00e9 de l\u2019accus\u00e9 (Allenet de Ribemont, 1995, \u00a7\u00a7 35-36, Ne\u0161\u0165\u00e1k c. Slovaquie, 2007, \u00a7 88). Concernant plus sp\u00e9cifiquement le probl\u00e8me de la violation du principe d\u2019innocence par des propos tenusdans la presse avant ou pendant un proc\u00e8s p\u00e9nal, la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme estime qu\u2019une campagne de presse virulente est susceptible de nuire \u00e0 l\u2019\u00e9quit\u00e9 du proc\u00e8s en influen\u00e7ant l\u2019opinion publique et, par l\u00e0 m\u00eame, les jur\u00e9s appel\u00e9s \u00e0 se prononcer sur la culpabilit\u00e9 de l\u2019accus\u00e9 (Akay c. Turquie (d\u00e9c.), 2002 ; Craxi c. Italie (no 1), 2002, \u00a7 98 ; Beggs c. Royaume-Uni (d\u00e9c.), 2012, \u00a7 123). Ainsi, une campagne de presse virulente risque d\u2019avoir une incidence sur l\u2019impartialit\u00e9 du tribunal au regard de l\u2019article 6 \u00a7 1 ainsi que sur la pr\u00e9somption d\u2019innocence consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019article 6 \u00a7 2 (Ninn-Hansen c. Denmark (d\u00e9c.), 1999 ; Anguelov c. Bulgarie (d\u00e9c.), 2004). En revanche, les comptes rendus de la presse sur l\u2019actualit\u00e9 rel\u00e8vent de l\u2019exercice de lalibert\u00e9 d\u2019expression garantie par l\u2019article 10 de la Convention (B\u00e9dat c. Suisse [GC], 2016, \u00a7 51). Si un proc\u00e8s fait l\u2019objet d\u2019une campagne de presse virulente, l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant est non pas la craintes subjective du suspect\u2013aussi compr\u00e9hensible soit-elle\u2013quant \u00e0 l\u2019absence de parti-pris dont doit faire preuve la juridiction de jugement, mais le point de savoir si, au vu des circonstances particuli\u00e8res de l\u2019esp\u00e8ce, ces craintes pouvaient se justifier objectivement (W\u0142och c. Pologne (d\u00e9c.), 2000 ; Daktaras c. Lituanie (d\u00e9c.), 2000 ; Priebke c. Italie (d\u00e9c.), 2001 ; Butkevi\u010dius c. Lituanie (d\u00e9c.), 2002 ; G.C.P. c. Roumanie, 2011, \u00a7 46 ; Mustafa (Abu Hamza) c. Royaume- Uni (d\u00e9c.), 2011, \u00a7\u00a7 37-40).<\/p>\n<p>16 Parmi les \u00e9l\u00e9ments retenus dans la jurisprudence de laCour concernant l\u2019analyse de l\u2019incidence d\u2019une telle campagne sur l\u2019\u00e9quit\u00e9 du proc\u00e8s, il y a : le temps \u00e9coul\u00e9 entre la campagne de presse et l\u2019ouverture du proc\u00e8s, et en particulier le choix de la composition de la juridiction de jugement ; le point de savoir si les publications en cause sont imputables aux autorit\u00e9s ou si celles-ci en ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine ; le point de savoir si les publications ont influenc\u00e9 les juges ou le jury et ont ainsi pr\u00e9jug\u00e9 l\u2019issue du proc\u00e8s (Beggs c. Royaume-Uni (d\u00e9c.), 2012, \u00a7124 ; Abdulla Ali c. Royaume-Uni, 2015, \u00a7\u00a7 87- 91 ; Paulikas c. Lituanie, 2017, \u00a7 59). De plus, lorsque le proc\u00e8s est conduit devant un jury, la teneur de toute instruction donn\u00e9e au jury est \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment pertinent (Beggs c. Royaume-Uni (d\u00e9c.), 2012, \u00a7 124). Les juridictions nationales enti\u00e8rement compos\u00e9es de magistrats professionnels poss\u00e8dent g\u00e9n\u00e9ralement, \u00e0 l\u2019inverse des membres d\u2019un jury, l\u2019exp\u00e9rience et la formation suffisante pour leur permettre de r\u00e9sister \u00e0 toute influence ext\u00e9rieure(Craxic. Italie (no 1), 2002, \u00a7 104 ; Mircea c. Roumanie, 2007, \u00a7 75). En l\u2019esp\u00e8ce, le Tribunal constate tout d\u2019abord que les publications litigieuses n\u2019\u00e9manent pas d\u2019autorit\u00e9s publiques et ne leursontpasnon plus imputables. En effet il s\u2019agit de publicationsfaites par des entit\u00e9s ou personnes priv\u00e9es. Ensuite il y a lieu de relever que les publications litigieuses les plus r\u00e9centes datent de mai respectivement de juin 2021, soit plus de deux ans avant le d\u00e9but du proc\u00e8s au fond, de sorte que leur force potentielle \u00e0 influer sur le proc\u00e8s est tr\u00e8s limit\u00e9e. Finalement et conform\u00e9ment aux d\u00e9veloppements ci-dessus, l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant est le point de savoir si, au vu des circonstances particuli\u00e8res de l\u2019esp\u00e8ce, les craintes subjectives des pr\u00e9venus quant \u00e0 l\u2019absence de parti- pris du Tribunal suite aux publications litigieuses pouvaient se justifier objectivement, et plus concr\u00e8tement si les publications ont influenc\u00e9 les juges ont ainsi pr\u00e9jug\u00e9 l\u2019issue du proc\u00e8s. A ce sujet il y a lieu de rappeler que leTribunal est compos\u00e9 de magistrats professionnels, qui comme le retient \u00e0 juste titre la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, poss\u00e8dent, \u00e0 l\u2019inverse des membres d\u2019un jury, l\u2019exp\u00e9rience et la formation suffisante pour leur permettre de r\u00e9sister \u00e0 toute influence ext\u00e9rieure. En l\u2019esp\u00e8ce le Tribunal n\u2019aper\u00e7oit aucun \u00e9l\u00e9ment de nature \u00e0 conduire \u00e0 la conclusion que l\u2019un de ses juges le composant, dont d\u2019ailleursaucun n\u2019alu le livre dePERSONNE9.), aurait \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par ce livre ou les articles de pressey relatifs datant de plus de deux ans, dans la prise de d\u00e9cision du pr\u00e9sent jugement. Le Tribunal ne voit partant aucune apparence de violation de l\u2019article 6 de la Convention s\u2019agissant de de la pr\u00e9somption d\u2019innocence de sorte que le moyen est\u00e0rejeter.<\/p>\n<p>17 B) Les demandes tenant \u00e0 la nullit\u00e9 ou \u00e0 l\u2019\u00e9cartement de pi\u00e8ces 1) Quant \u00e0 la demande en nullit\u00e9 sinon \u00e0 l\u2019\u00e9cartement des proc\u00e8s- verbaux faisant \u00e9tat de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dossier m\u00e9dical de PERSONNE1.) A l\u2019audience publique du 28 f\u00e9vrier 2023, Ma\u00eetre Gaston VOGEL a soulev\u00e9 in limine litis la nullit\u00e9 sinon l\u2019\u00e9cartement des proc\u00e8s-verbaux faisant \u00e9tat de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dossier m\u00e9dical dePERSONNE1.)nonobstant l\u2019arr\u00eat de la chambre du conseil de la Courd\u2019appel du 19 mars 2019, sinon de reporter l\u2019audience en attendant que le parquet purge les imperfections. L\u2019incident a \u00e9t\u00e9 joint au fond. Le Tribunal rappelle qu\u2019il ressort de l\u2019article 48-2 paragraphe (1) du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, que toute personne justifiant d\u2019un int\u00e9r\u00eat l\u00e9gitime peut demander la nullit\u00e9 de la proc\u00e9dure de l\u2019enqu\u00eate ou d\u2019un acte quelconque de cette proc\u00e9dure. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 48-2 paragraphe (3) du m\u00eame code, la demande peut \u00eatre produite, si une instruction pr\u00e9paratoire a \u00e9t\u00e9 ouverte sur base de l\u2019enqu\u00eate, par l\u2019inculp\u00e9 devant la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement, \u00e0 peine de forclusion, dans un d\u00e9lai de 5 jours \u00e0 partir de son inculpation. Une instruction pr\u00e9paratoire ayant en l\u2019esp\u00e8ce \u00e9t\u00e9 ouverte sur la base de l\u2019enqu\u00eate, la demande en nullit\u00e9 aurait d\u00fb \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e parPERSONNE1.), \u00e0 peine de forclusion, dans un d\u00e9lai de cinq jours \u00e0 partir de son inculpation, et ce devant chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement. PERSONNE1.)est en cons\u00e9quence forclose\u00e0 se pr\u00e9valoir devant la juridiction de jugement du moyen de nullit\u00e9 et sa demande doit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e irrecevable. Il y a d\u2019ailleurs lieu de remarquer quePERSONNE1.)avait notamment d\u00e9j\u00e0 demand\u00e9 la nullit\u00e9 des m\u00eames actes devant les juridictions d\u2019instruction et obtenu gain de cause, et que par ordonnance du 20 d\u00e9cembre 2018, confirm\u00e9e par un arr\u00eat de la chambre du conseil de la Cour d\u2019appel du 19 mars 2019, lachambredu conseil du Tribunal d\u2019arrondissement avait effectivement annul\u00e9 les perquisitionset saisieseffectu\u00e9es aupr\u00e8s du docteurPERSONNE10.)et duH\u00d4PITAL1.)ainsi quedes proc\u00e8s-verbaux de perquisition y aff\u00e9rents. Or il est interdit pour but d\u2019assurer une bonne administration de la justice dans un d\u00e9lai raisonnable de former, voire de r\u00e9it\u00e9rer devant les juridictions de fond, des recours en nullit\u00e9 contre des d\u00e9cisions du juge d\u2019instruction (C.Cass p\u00e9n.n\u00b017\/2016, 28 avril 2016). Suivant la jurisprudence de la Cour de cassation\u00ab les d\u00e9lais des articles 48- 2 et 126 (3) du Code d\u2019instructioncriminelle sont des d\u00e9lais de forclusion \u00bb et\u00ab la Cour d\u2019appel qui a confirm\u00e9 la d\u00e9cision des juges de premi\u00e8re instance ayant d\u00e9clar\u00e9 le pr\u00e9venu forclos \u00e0 faire valoir l\u2019annulation de la proc\u00e9dure d\u2019enqu\u00eate pr\u00e9liminaire et de la proc\u00e9dure d\u2019instruction acorrectement appliqu\u00e9 les susdits articles du Code d\u2019instruction criminelle m\u00eame \u00e0 supposer que les causes de nullit\u00e9s invoqu\u00e9es eussent \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9es tardivement \u00bb(Cour de cassation, du 1 mars 2012, no 15\/2012).<\/p>\n<p>18 La Cour de cassation a encore pr\u00e9cis\u00e9 que\u00ab sont soumises au d\u00e9lai de forclusion des articles 48-2 et 126 (3) du m\u00eame Code, toutes les nullit\u00e9s de la proc\u00e9dure pr\u00e9liminaire et de la proc\u00e9dure d\u2019instruction, quelle que soit la violation de la r\u00e8gle de droit invoqu\u00e9e, l\u00e9gislation nationale ouinternationale \u00bb(Cour de Cassation, 31 janvier 2013, no 3108). Concernant la demande subsidiaire de voir \u00e9carterlesditsproc\u00e8s-verbauxdu dossier r\u00e9pressif, le Tribunal se doit de constater que dans son dossierlui mis \u00e0 dispositionavant l\u2019audience, lesproc\u00e8s-verbauxet pi\u00e8ces litigieux n\u2019y figurent plus et ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9s.De plus ceux qui figuraient dans le dossier original ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s dans un pli ferm\u00e9. La demande est partant sans objet. Si les proc\u00e8s-verbaux et pi\u00e8cesse trouvaient encore dansledossier r\u00e9pressif communiqu\u00e9 aux mandataires des pr\u00e9venus pour pr\u00e9parer l\u2019audience comme ils l\u2019ont soutenu \u00e0 l\u2019audience du 28 f\u00e9vrier 2023, ceci est certes d\u00e9plorable,mais constitue une erreur du service comp\u00e9tent du parquet, erreurqui est cependant sans incidence sur l\u2019issuede la pr\u00e9sente affaire, alors qu\u2019ilsnefigurentplusau dossier mis \u00e0 disposition du Tribunal, sur base duquel le pr\u00e9sent jugement a \u00e9t\u00e9 pris. 2) Quant \u00e0 la demande \u00e0 voir \u00e9carter des \u00e9changes d\u2019email du dossier r\u00e9pressif A l\u2019audience publique du 28 f\u00e9vrier 2023, Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN, mandataire du pr\u00e9venuPERSONNE4.), a demand\u00e9 in limine litis que des \u00e9changes d\u2019email entre certains des pr\u00e9venus et Ma\u00eetre Pol URBANY, vers\u00e9s par PERSONNE3.)dans le cadre de la proc\u00e9dure devant la chambre du conseil, devraient \u00eatre \u00e9cart\u00e9s du dossier et ne pourraient fonder une quelconque condamnation, sauf \u00e0 violer l\u2019article8de la CEDH en ce qu\u2019elles sont couvertes par le secret professionnel d\u2019avocat de la d\u00e9fense. L\u2019incident a \u00e9t\u00e9 joint au fond. Tout d\u2019abord il y a lieu de constater qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de jugement coul\u00e9 en force de chose jug\u00e9e en ce sens, aucune violation du secret professionnel n\u2019est \u00e9tablie \u00e0 ce stade. Ensuite le Tribunal n\u2019aper\u00e7oit, \u00e0 d\u00e9faut de d\u00e9cision ayant prononc\u00e9 la nullit\u00e9 d\u2019une saisie ayant conduit \u00e0 l\u2019obtention des pi\u00e8ces, aucune base l\u00e9gale lui permettant d\u2019\u00e9carter d\u2019office, in limine litis,avant touteanalyse au fond, des pi\u00e8ces figurant au dossier r\u00e9pressif. La question de la force probante de ces pi\u00e8ces sera analys\u00e9e si n\u00e9cessaire plus tard dans les d\u00e9veloppements quant au fond. Le moyen soulev\u00e9 in limine litis est partant \u00e0 rejeter. II) Quant \u00e0 prescription Les faits datant de 2016 et la prescription de l\u2019action publique \u00e9tant d\u2019ordre public, le Tribunal doitexaminer d\u2019office si l\u2019action publique n\u2019est pas \u00e9teinte par la prescription.<\/p>\n<p>19 Aux termes de l\u2019article 70 de la loi du 8 juin 2004, sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias, la responsabilit\u00e9, civile ou p\u00e9nale, l&#039;action publique, lorsqu\u2019elle r\u00e9sulte d\u2019une infraction commise par la voie d&#039;un m\u00e9dia, ainsi que l&#039;action civile, se prescrit apr\u00e8s trois mois \u00e0 partir de la date de premi\u00e8re mise \u00e0 disposition du public. Au cas o\u00f9 l\u2019interruption de la prescription a eu lieu end\u00e9ans ce d\u00e9lai, le nouveau d\u00e9lai deprescription est d\u2019un an (cf. Arr\u00eat n\u00b0 484\/07, Ch. C. 16 octobre 2007). En l\u2019esp\u00e8ce, la plainte avec constitution de partie civile date du 23 d\u00e9cembre 2016 et elle vise le reportage du 3 octobre 2016. La plainte a d\u00e8s lors valablement \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e dans le d\u00e9lai de trois mois. De plus il ressort du dossier r\u00e9pressifet des d\u00e9veloppements ci-dessus relatifs au d\u00e9lai raisonnable,que par la suite il n\u2019y a pas eu de p\u00e9riode d\u2019inaction sup\u00e9rieure \u00e0 un an, de sorte que les faits en relation avec le reportage du3 octobre 2016 ne sont pas prescrits. III. Quant aux faits Il ressort du dossier r\u00e9pressif que le 23 d\u00e9cembre 2016,PERSONNE5.), \u00e0 ce moment directeur du mus\u00e9e d\u2019art moderne Grand-Duc Jean (ci-apr\u00e8s \u00abMUDAM\u00bb), a d\u00e9pos\u00e9 plainte contre X avec constitutionde partie civile au cabinet d\u2019instruction du Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg. Dans le cadre de sa plainte,PERSONNE5.)consid\u00e8re avoir \u00e9t\u00e9 mis publiquement en cause de fa\u00e7on injurieuse, calomnieuse, sinon diffamatoire, pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 dansune \u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb, diffus\u00e9e le 3 octobre 2016 sur le service de t\u00e9l\u00e9visionMEDIA2.)MEDIA2.), comme ayant inflig\u00e9 des coups et blessures \u00e0 lajournalistePERSONNE1.)lors d\u2019une interview r\u00e9alis\u00e9e le 13 septembre 2016 \u00e0 propos de l\u2019artistePERSONNE11.) qui avait critiqu\u00e9 les choix artistiques du directeur du MUDAM. Mise \u00e0 part l\u2019atteinte port\u00e9e \u00e0 son honneur et \u00e0 sa consid\u00e9ration, PERSONNE5.)estime encore avoir \u00e9t\u00e9 victime de coups et blessures involontaires, alors que la suite des \u00e9v\u00e8nements l\u2019a fait subir un malaise qui a engendr\u00e9 une incapacit\u00e9 de travail. Suite \u00e0 un r\u00e9quisitoireduparquet de Luxembourg du 1 er f\u00e9vrier 2017, une instruction a \u00e9t\u00e9 ouverte contre PERSONNE1.),PERSONNE2.), PERSONNE4.),PERSONNE3.), Ma\u00eetre Pol URBANY et la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE1.)S.A. (MEDIA2.)), du chef desinfractions d\u2019injure et calomnie sinon diffamation, d\u2019infraction \u00e0 l\u2019article 5 de la loi du 11 ao\u00fbt 1982 concernant la protection de la vie priv\u00e9e, et d\u2019infraction, principalement de coups et blessures volontaires avec incapacit\u00e9 de travail, subsidiairement de coups et blessures involontaires. L\u2019enqu\u00eate subs\u00e9quente, l\u2019instructionet les autres \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif, ont permisde retracer les faitsd\u00e9crits ci-dessous.<\/p>\n<p>20 Les reportages En septembre 2016, l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb, laquelle \u00e9tait de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9raler\u00e9alis\u00e9eparPERSONNE2.), assist\u00e9 dePERSONNE1.), s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 des artistes luxembourgeois qui se plaignaient de la non- transparence des crit\u00e8res pour pouvoir exposer au Luxembourg et plus particuli\u00e8rement au MUDAM.C\u2019est dans ce cadre quel\u2019artiste PERSONNE11.)a donn\u00e9 une interviewdans la matin\u00e9e du 13 septembre 2016,lors delaquelleelle a critiqu\u00e9 directementPERSONNE5.)en sa qualit\u00e9 de directeur du MUDAM. Apr\u00e8s l\u2019entretien avecPERSONNE11.),PERSONNE1.) a contact\u00e9 PERSONNE5.)qui a accept\u00e9 de donnerune interviewet ce encorelejour m\u00eame. L\u2019entrevue a eu lieuvers13.00heures sur le parvis du MUDAM. Lors de cette interview,apr\u00e8s quePERSONNE1.)avait pos\u00e9 plusieurs questions en rafale,PERSONNE5.), visiblement m\u00e9content, a interrompu l\u2019interview et est sorti du champ de vision de la cam\u00e9ra en se plaignant dela nature des questions pos\u00e9es. S\u2019ensuit un \u00e9pisode de 59 secondes aucours duquelPERSONNE1.)d\u00e9clarera par la suite avoir \u00e9t\u00e9 agress\u00e9 physiquement parPERSONNE5.),qui lui contestera \u00e9nergiquement cette version des faits. Apr\u00e8s cet incident l\u2019interview a repris et ce pour une dur\u00e9e de plus desix minutes. Post\u00e9rieurement \u00e0 l\u2019interview proprement dit,PERSONNE5.)est revenu encore une fois surl\u2019incident en s\u2019excusant de s\u2019\u00eatre \u00e9nerv\u00e9, tout en r\u00e9affirmant son m\u00e9contentent sur la nature des questions pos\u00e9es. Le 19 septembre 2016,un premier reportage est diffus\u00e9 surMEDIA2.)dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb. Ce reportage se focalise surtout sur l\u2019artistePERSONNE11.)et a pour principal contenu la pr\u00e9sentation de son parcours professionnel et l\u2019interview men\u00e9e avec cette derni\u00e8re le 13 septembre 2019. Lors de cet entretien, PERSONNE11.) se plaint d\u2019PERSONNE5.), dans la mesure o\u00f9 depuisl\u2019entr\u00e9e en fonctions de ce dernier, ses \u0153uvres n\u2019y seraient plus expos\u00e9es. Ainsi elle aurait le sentiment d\u2019\u00eatre \u00e9vinc\u00e9e. D\u2019autres artistesauraient fait la m\u00eame exp\u00e9rience,mais n\u2019oseraient pas le dire de fa\u00e7on ouverte et officielle, craignant des cons\u00e9quences n\u00e9fastes pour leur parcours professionnel. Finalement PERSONNE11.)estime que pour rem\u00e9dier au probl\u00e8me, il faudrait changer de personnel alors qu\u2019il serait malsainde laissercertaines personnestrop longtemps sur leurposte. Le 20 septembre 2016,un deuxi\u00e8me reportage est diffus\u00e9 sur le m\u00eame sujet dans l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb.Cet \u00e9pisodecommence avec une pr\u00e9sentationdu parcours professionnel dePERSONNE11.)etun r\u00e9sum\u00e9de l\u2019\u00e9mission de la veille du 19 septembre 2016. Ensuitela prise de position d\u2019PERSONNE5.) quant aux critiques \u00e9mises parPERSONNE11.)est pr\u00e9sent\u00e9e,via l\u2019interview men\u00e9e avec celui-ci le 13 septembre 2016. Le reportage montre plusieurs r\u00e9ponses d\u2019PERSONNE5.)ayant trait \u00e0des explications \u00e9ventuelles quant au manque de succ\u00e8s all\u00e9gu\u00e9 de PERSONNE11.), sans qu\u2019il soit fait mention de l\u2019incident s\u2019\u00e9tant produit lors de l\u2019interview du 13 septembre 2016. Le reportage se termine avec l\u2019essai peu fructueux de recueillir des prises depositionsaupr\u00e8s d\u2019autres \u00e9tablissements culturelsau sujetdes crit\u00e8res des\u00e9lection desartistes.<\/p>\n<p>21 Le 3 octobre 2016, un troisi\u00e8me reportage est diffus\u00e9 sur les ondes de MEDIA2.)sur le m\u00eame sujet, de nouveau dans l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb. Cette fois-ci,apr\u00e8s un bref r\u00e9sum\u00e9 de l\u2019\u00e9mission du 19 septembre 2016 relative aux critiques de PERSONNE11.) \u00e9mises \u00e0 l\u2019encontre d\u2019PERSONNE5.), la voix-off dePERSONNE2.)explique qu\u2019PERSONNE5.) a eu la possibilit\u00e9 de prendre position par rapport aux reproches formul\u00e9spar PERSONNE11.)lors d\u2019une interview men\u00e9e parPERSONNE1.)avant la diffusion du premier reportage. L\u2019interview se serait d\u00e9roul\u00e9e normalement, jusqu\u2019\u00e0 une certaine question qui aurait fait perdre \u00e0PERSONNE5.)son sang-froid. Ensuite le reportage montrecommePERSONNE5.)sort du champ de vision de la cam\u00e9ra, pour se rediriger ensuite d\u2019un pas furtif vers l\u2019entr\u00e9e du MUDAM en pronon\u00e7ant les paroles suivantes:\u00abS\u00e9ri\u00f6 dat ass keng Fro, dat ass eng Sauerei\u00bb. Puis il fait demi-tour et revient d\u2019un pas d\u00e9cid\u00e9 versPERSONNE1.), attrape le micro et le bras dePERSONNE1.) qu\u2019ilrabaissehors du champde vision de la cam\u00e9ra.Parall\u00e8lementil prononce les paroles suivantes:\u00abHei nee lo ganz s\u00e9ri\u00f6, wanns de dat doten br\u00e9ngs, dann schw\u00e4tzen ech keen Wuert m\u00e9imatt der.\u00bb Ensuite lereportagemontre une photographiedubrasdePERSONNE1.) entour\u00e9 d\u2019un bandage, suivie d\u2019une photo d\u2019un certificat m\u00e9dical\u00e9tabli par le docteurPERSONNE12.). La voix-off dePERSONNE2.)explique \u00e0 ce sujet que plusieurs jours apr\u00e8s l\u2019incident, alorsqu\u2019elle \u00e9prouvaitde plus en plus de douleursau bras gauche,PERSONNE1.)se serait rendue aux urgences o\u00f9 un docteur aurait constat\u00e9 des contusions, prescrit des m\u00e9dicaments forts et retenu une incapacit\u00e9 de travail dedeuxjours.Puisonaper\u00e7oitun bref \u00e9pisode o\u00f9PERSONNE1.)se prom\u00e8ne sur un parkingenportantun bandage au bras gauche. Parall\u00e8lementil est expliqu\u00e9 aux t\u00e9l\u00e9spectateurs via la voix off dePERSONNE2.),quePERSONNE1.)consid\u00e9raitles agissements d\u2019PERSONNE5.)commeuneattaque et une intimidation commises \u00e0 son d\u00e9triment,ce qui l\u2019auraitamen\u00e9e \u00e0 prendre contact avec l\u2019avocat deMEDIA2.), Ma\u00eetre Pol URBANY. Le reportagecontinue parune interview men\u00e9e parPERSONNE2.)avec Ma\u00eetre Pol URBANY, \u00e0 l\u2019occasion de laquelle cedernier qualifie les agissements d\u2019PERSONNE5.)de coups et blessures volontaires au sens du code p\u00e9nal et annonce qu\u2019PERSONNE5.)sera cit\u00e9 devant le Tribunal correctionnel pour avoir commis cette infraction.Agir en justice serait primordialalors quenous ne serions pas en Turquie et quedans un pays civilis\u00e9(comme le n\u00f4tre),ilseraitinacceptable deblesser sans raison un \u00eatre humain et encore moins une femme ou unjournalistequi ne fait qu\u2019exercer son m\u00e9tier. EnsuitePERSONNE2.)pose une question relative \u00e0 une \u00e9ventuelle intimidation commise parPERSONNE5.), \u00e0 laquelle Pol URBANY r\u00e9pond que le fait parPERSONNE5.), haut fonctionnaire, d\u2019avoir menac\u00e9 PERSONNE1.)de ne plus lui adresser la parole pour le cas o\u00f9 elle diffuserait l\u2019incident, neconstitueraitpas forc\u00e9ment une infraction p\u00e9nale, mais serait moralement extr\u00eamement bl\u00e2mable. Finalement l\u2019interview et le reportage se terminent par des pr\u00e9cisions de Ma\u00eetre Pol URBANYselon lesquellesl\u2019affaire para\u00eetra en tout \u00e9tat de cause devant un Tribunal,alors qu\u2019ilsagiraientpar voie de citation directe, dans quel casle Tribunaldevraitobligatoirement<\/p>\n<p>22 statuer sur les faits,tout en estimantque l\u2019affaire serait plaid\u00e9edans les six \u00e0huitprochainsmois. Le lendemain 4 octobre 2016 leMEDIA4.)t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 deMEDIA2.)reprend les faits et montre une prise de position de Xavier BETTEL, ministre de la Culture,qui d\u00e9clare devant les cam\u00e9ras, qu\u2019apr\u00e8s avoir vu les images de l\u2019incident, il aurait d\u00e9cid\u00e9 d\u2019entamerune proc\u00e9dure disciplinaire contre PERSONNE5.), fonctionnaire actuellement encong\u00e9 sanssolde. Le 5 octobre 2016PERSONNE5.)envoieun courrier \u00e0PERSONNE1.)dans lequel il exprimesesregretsde s\u2019\u00eatre \u00abemport\u00e9\u00bb lors de l\u2019entretien du 13 septembre 2016et qualifie son comportement d\u2019inadapt\u00e9. Le m\u00eame jour,MEDIA2.)m\u00e8ne une interview avecPERSONNE5.)qui explique s\u2019\u00eatre excus\u00e9 par \u00e9crit aupr\u00e8s dePERSONNE1.), esp\u00e9rant ainsi que les esprits allaient s\u2019apaiser.Cette interview est encore diffus\u00e9e le jourm\u00eame sur les ondes deMEDIA2.). Le10octobre2016est finalement diffus\u00e9 unreportagesurMEDIA2.)o\u00f9 on informe le public encore une fois qu\u2019PERSONNE5.)s\u2019est excus\u00e9aupr\u00e8s de PERSONNE1.),quecette derni\u00e8rea accept\u00e9sesexcuses etqu\u2019elle ad\u00e9cid\u00e9 dene pas porter plainte. L\u2019instruction disciplinaireet les suites de la carri\u00e8re professionnelle d\u2019PERSONNE5.)au MUDAM Le 4 octobre 2016,leministre de la Culture Xavier BETTELdemandeau commissaire du gouvernement charg\u00e9 de l \u2019instruction disciplinaire PERSONNE13.)de proc\u00e9der \u00e0 une instruction disciplinaire \u00e0 l\u2019encontre d\u2019PERSONNE5.), au motif que ce dernier aurait gravement manqu\u00e9 \u00e0 son devoir de r\u00e9serve lors de l\u2019interview du 19 septembre 2016 diffus\u00e9e dans l\u2019\u00e9mission\u00abMEDIA1.)\u00bb du3octobre2016. Le commissaire du gouvernement adjointPERSONNE14.)estcharg\u00e9 de l\u2019instruction dans le cadre de laquelleilproc\u00e8de\u00e0 l\u2019audition de PERSONNE1.),d\u2019PERSONNE5.)et des autres membres de l\u2019\u00e9quipe de MEDIA2.)ayant assist\u00e9 \u00e0 l\u2019entretien litigieux. Dans son rapport du 23 novembre 2016,PERSONNE14.)qualifie l\u2019acte commis parPERSONNE5.),\u00e0 savoirle faitd\u2019avoir perdu son sang-froidet abaiss\u00e9 de ses deux mains dans un geste \u00e9nerg\u00e9tique le microphone et le poignet dePERSONNE1.),d\u2019inappropri\u00e9, d\u2019indigne et de non professionnel et conclut \u00e0 la violation de l\u2019article 10 paragraphe 1 alin\u00e9a premier du statut de fonctionnaire (devoir de r\u00e9serve). Finalement il propose la sanction de l\u2019avertissement, de la r\u00e9primande oudel\u2019amende. Suite \u00e0 des observations \u00e9crites formul\u00e9es par le conseil d\u2019PERSONNE5.) au sujet durapport pr\u00e9cit\u00e9,PERSONNE14.)a \u00e9tabli le 5 d\u00e9cembre 2016 un rapport compl\u00e9mentaire, danslequel il arrive \u00e0 la m\u00eame conclusion. Par arr\u00eat\u00e9 minist\u00e9riel du 19 d\u00e9cembre 2016,le Ministre de la Culture Xavier BETTEL prononce finalement la sanction disciplinaire de l\u2019avertissement \u00e0 l\u2019encontre dePERSONNE5.).<\/p>\n<p>23 EntretempsPERSONNE5.)avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9missionn\u00e9 desonposte de directeur du MUDAM. En effetpar courrier recommand\u00e9 du 28 octobre 2016,il a inform\u00e9 S.A.R. la Grande-Duchesse H\u00e9riti\u00e8re, en sa qualit\u00e9 de Pr\u00e9sidente du Conseil d\u2019administration du MUDAM, de sa d\u00e9mission de son poste de directeur g\u00e9n\u00e9ral. Les d\u00e9cisions de l\u2019autorit\u00e9 luxembourgeoise ind\u00e9pendante de l\u2019audiovisuel et du conseil de presse Dans sa s\u00e9ance du 21 novembre 2016, le conseil d\u2019administration de l\u2019autorit\u00e9 luxembourgeoise ind\u00e9pendante de l\u2019audiovisuel (ci-apr\u00e8s \u00abALIA\u00bb), a d\u00e9cid\u00e9 de se saisir de l\u2019affaire et de proc\u00e9der \u00e0 une instruction sur base de la loi modifi\u00e9e du 27 juillet 1991 sur les m\u00e9dias \u00e9lectroniques. Dans le cadre de l\u2019instruction men\u00e9e par le directeur, le mat\u00e9riel brut de l\u2019interview litigieuse a \u00e9t\u00e9 visualis\u00e9 et compar\u00e9 au reportage finalement diffus\u00e9. De plusPERSONNE4.) (Managing Director deMEDIA2.)), PERSONNE3.)(responsable de l\u2019\u00e9mission\u00abMEDIA1.)\u00bb)etdeux autres dirigeants du groupeMEDIA2.)ont \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9s. Dans sa d\u00e9cision du 12 janvier 2017, le conseil d\u2019administration de l\u2019ALIA retient que dans le reportage diffus\u00e9 le 3 octobre 2016,ily a eu manipulation de l\u2019image et du son avec pour r\u00e9sultat de cr\u00e9er l\u2019apparence d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 inexistante. En effet il serait \u00e9tabli d\u2019une part que le reportage supprime une trentaine de secondes sans clairement marquer par un moyen appropri\u00e9 que les images montr\u00e9es ne se succ\u00e9daient en r\u00e9alit\u00e9 pas et, d\u2019autre part, accole deux phrases prononc\u00e9es originairement \u00e0 trente secondes d\u2019intervalle pour en faire une affirmation unique. Par cette manipulationMEDIA2.)aurait viol\u00e9 les obligations d\u00e9coulant des textes qui r\u00e9gissent la concession qui lui a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e et en cons\u00e9quence la sanction du bl\u00e2me serait prononc\u00e9e \u00e0 son encontre. Par d\u00e9cision du 4 avril 2017, le conseil de presse a\u00e9galementprononc\u00e9 un bl\u00e2me\u00e0 l\u2019encontre deMEDIA2.)etdesjournalistesresponsables du reportage du 3 octobre 2016. A l\u2019appui de sa d\u00e9cision, le conseil de presse, qui a entenduPERSONNE3.)etPERSONNE2.)en leurs explications, retient que l\u2019interview d\u2019PERSONNE5.)tel que pr\u00e9sent\u00e9edans lereportagedu 3 octobre2016, ne respecte pas le code de d\u00e9ontologie etnotammentses articles9b) et c), dans la mesure o\u00f9 la poursuite de la bande sonore en parall\u00e8le d\u2019unraccourcissementdes images de 20 secondes, constitue une manipulation pouvant induire en erreur le public. Lesd\u00e9clarations des pr\u00e9venus et des t\u00e9moins au cours de l\u2019instruction PERSONNE4.) PERSONNE4.), administrateur dela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)S.A. et CEO de MEDIA2.)au moment des faits, a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 le 23 mai 2018 par la police et interrog\u00e9 le 18 d\u00e9cembre 2018 par le juge d\u2019instruction. Il a d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre entr\u00e9 la premi\u00e8re fois en contact avec l\u2019affaire le 25 septembre 2016,lorsque PERSONNE1.)lui a envoy\u00e9 un email dans lequel elle sollicitait une entrevue pour discuter d\u2019unincidentqui la tracassait. Le lendemain 26 septembre 2016,ils se seraient rencontr\u00e9s dans son bureau etPERSONNE1.), qui<\/p>\n<p>24 portait un bandage autour de son bras, lui aurait relat\u00e9 qu\u2019elle avait tourn\u00e9 un reportage avecPERSONNE5.)et que deux collaborateursMEDIA2.), \u00e0 savoirPERSONNE8.)etPERSONNE7.), seraient intervenus aupr\u00e8s de l\u2019\u00e9quipe de l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb pour quele reportage ne soit pas diffus\u00e9, du moins pas en la forme comme elle le pr\u00e9conisait. D\u2019apr\u00e8s elle, cette oppositiontrouveraitson origine dans une connivence existante entre PERSONNE5.)et le partenaire dePERSONNE8.),lequelaurait\u00e9t\u00e9sur le point detourner un filmau sujet dudixi\u00e8me anniversaire du MUDAM. Ensuite PERSONNE1.)lui aurait montr\u00e9 sur son portable l\u2019extrait qu\u2019ellea \u00e9t\u00e9 contrainte de sortirde son reportage, \u00e0 savoir la sc\u00e8ne o\u00f9PERSONNE5.) l\u2019attaque physiquement. PERSONNE4.)aindiqu\u00e9qu\u2019iladirectementcit\u00e9PERSONNE2.)dans son bureau, qui aurait confirm\u00e9 les dires dePERSONNE1.). Ensuite il aurait convoqu\u00e9PERSONNE8.)etPERSONNE7.)qu\u2019ilaurait r\u00e9primand\u00e9spour s\u2019\u00eatre immisc\u00e9s dans un domaine qui d\u00e9passait leur comp\u00e9tence,pour avoir censur\u00e9 un reportage etpour avoirmis sous pression un journaliste freelance.PERSONNE4.)a remarqu\u00e9 qu\u2019\u00e0 ce moment,il n\u2019avait pas encore vu tout le reportage, mais seulement la sc\u00e8ne litigieuse sur le t\u00e9l\u00e9phone portable dePERSONNE1.). Ensuite il aurait encore fait joindre PERSONNE3.),chef du\u00abMEDIA5.)\u00bbet partant responsable de l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb,\u00e0 la r\u00e9union.A celui-ci ilaurait reproch\u00e9 de ne pas \u00eatre intervenu et de ne pas avoir pris contact avecPERSONNE5.). PERSONNE4.)a encoreremarqu\u00e9avoirt\u00e9l\u00e9phon\u00e9pendant ladite r\u00e9union\u00e0 PERSONNE5.), qu\u2019il connaissait personnellement, enl\u2019informantd\u2019un ton sec que son comportement pendant l\u2019interview \u00e9tait inacceptable. Par cette d\u00e9marche il aurait voulu inciterPERSONNE5.)\u00e0 s\u2019excuser aupr\u00e8s de PERSONNE1.)et montrer \u00e0 ses collaborateurs queMEDIA2.)soutenait son personnel. Finalement,commePERSONNE1.)auraitannonc\u00e9 pendant ladite r\u00e9union qu\u2019elle jouait avec l\u2019id\u00e9e de porter plainte contrePERSONNE5.), il aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9etretenu collectivement, que sielleportait effectivement plainte contrePERSONNE5.),MEDIA2.)allait diffuser un reportage surl\u2019incident, notamment pour \u00e9viter de cr\u00e9erle sentimentqueMEDIA2.)avait l\u2019intention decacher quelque choseau publicalors que les autres m\u00e9diasdiffuseraient l\u2019informationentout \u00e9tat de cause. L\u2019int\u00e9r\u00eat journalistique du reportage aurait \u00e9t\u00e9 d\u2019informer le public d\u2019un incident qui a eu lieu entre une personne publique et un journaliste, sans porter un jugement sur l\u2019un d\u2019eux.A partir de ce moment et de cette d\u00e9cision, l\u2019histoireaurait \u00e9t\u00e9closeen ce qui le concerne. L\u2019incident afinalement\u00e9t\u00e9 montr\u00e9 dans l\u2019\u00e9mission du 3 octobre 2016, probablement parce que conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9cision pr\u00e9cit\u00e9e, PERSONNE1.)a d\u00fb porter plainte. Entre le 26 septembre et le 3octobreil seserait trouv\u00e9en vacances au Portugal etl\u2019un desseulscontactsqu\u2019ilaurait euconcernantl\u2019affaire pendant cette p\u00e9riode,aurait \u00e9t\u00e9 celui avec Ma\u00eetre URBANY,qui l\u2019informaiten tant qu\u2019avocat deMEDIA2.)quePERSONNE1.) l\u2019avaitconsult\u00e9. A cette occasion ils n\u2019auraient pas abord\u00e9 la question de savoir siPERSONNE1.)allait porter plainte ou non,alors qu\u2019ilaurait<\/p>\n<p>25 seulement demand\u00e9 \u00e0 Ma\u00eetre URBANY de v\u00e9rifier le certificat m\u00e9dical pour s\u2019assurer que tout \u00e9tait en ordre, ce quiaurait \u00e9t\u00e9confirm\u00e9parce dernier. PERSONNE3.)l\u2019aurait \u00e9galement appel\u00e9 durant cette p\u00e9riode, l\u2019informant que commePERSONNE1.)avait d\u00e9pos\u00e9 plainte, un reportage serait diffus\u00e9. Ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s la lettre d\u2019excuse d\u2019PERSONNE5.), lorsqu\u2019il a appel\u00e9 Ma\u00eetre URBANY pour lui demander de retirer la plainte, qu\u2019il aurait\u00e9t\u00e9 inform\u00e9 qu\u2019aucune plainte n\u2019avait encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e. D\u2019apr\u00e8sPERSONNE4.), c\u2019estPERSONNE2.)quiar\u00e9alis\u00e9 le montage du reportage du 3 octobre 2016. Il ignoreraitsiPERSONNE3.), responsable du programme en question,avait vu et valid\u00e9 le reportage avant sa diffusion. Lui-m\u00eame n\u2019aurait jamaisvisualis\u00e9le reportage avant sa diffusion et ne pourraiten aucun cas \u00eatre qualifi\u00e9 de collaborateur au sens de l\u2019article 3 de la loi modifi\u00e9e du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias. PERSONNE4.)a encore fait valoir que reportage litigieux serait exempt de manipulations. Ils\u2019agirait de choix journalistiques conformes au code de d\u00e9ontologie et il ne partagerait pas l\u2019opinion de l\u2019ALIA ou du conseil de presse sur ce point. Le seul but du reportage aurait \u00e9t\u00e9 de montrer le geste d\u2019PERSONNE5.)et la blessure dePERSONNE1.). Concernant cette blessure,PERSONNE1.)lui aurait expliqu\u00e9ne pas avoir consult\u00e9 de m\u00e9decin avant le 24 septembre 2016,parce quesa douleur ne seseraitaccruequ\u2019au fil du temps. En tous les cas le reportage du 3 octobre 2016refl\u00e9teraitce quePERSONNE1.)luiaindiqu\u00e9le 26 septembre 2016, \u00e0 savoirqu\u2019elle avait mal au bras,certificat m\u00e9dical \u00e0 l\u2019appui. PERSONNE2.) PERSONNE2.)a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 par la police le 11 janvier 2018 et interrog\u00e9 par le juge d\u2019instruction le 19 mai 2019. Ilconsid\u00e8relui-m\u00eameavoir agi en tant que collaborateur au sens de l\u2019article 3 de la loi modifi\u00e9e du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans lesm\u00e9dias. Lors de ses interrogatoires, ila indiqu\u00e9 quePERSONNE1.) avait effectivementr\u00e9alis\u00e9un reportage apr\u00e8s l\u2019interviewd\u2019PERSONNE5.), mais vu l\u2019opposition d\u2019PERSONNE7.)etdePERSONNE8.), r\u00e9dacteursen chef (adjoint en ce qui concerne la derni\u00e8re)du \u00abMEDIA4.)\u00bb et non du \u00abMEDIA5.)\u00bbdont faisait partiel\u2019\u00e9mission\u00abMEDIA1.)\u00bb, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de sortir l\u2019incident du reportage du 20 septembre 2016, ce qu\u2019il aurait fait le lendemain ensemble avecPERSONNE7.). Personnellement,il aurait \u00e9t\u00e9 d\u2019accordaveccette mani\u00e8re de proc\u00e9der,souscondition que les dirigeants deMEDIA2.)allaient demander \u00e0PERSONNE5.)de s\u2019excuser aupr\u00e8s de PERSONNE1.). Le 26 septembre 2016 ,il aurait \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 dans le bureau d\u2019PERSONNE4.), auquel il aurait confirm\u00e9quel\u2019incidenta \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9du reportage, sur quoi ce dernier aurait cit\u00e9PERSONNE8.)etPERSONNE7.) dans son bureau. Apr\u00e8s des discussions houleuses,PERSONNE4.)aurait retenu, sans que personne ne s\u2019y oppose, que siPERSONNE1.)d\u00e9posait plainte, un reportage serait diffus\u00e9 au sujet de l\u2019incident.<\/p>\n<p>26 Quant \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat journalistique de montrer l\u2019incident,PERSONNE2.)a expliqu\u00e9 queles actes d\u2019PERSONNE5.)constituaient une infraction p\u00e9nale, ce quirentraitpartantdans laphilosophiede l\u2019\u00e9mission de \u00abMEDIA1.)\u00bb, d\u2019autant plus quePERSONNE5.)\u00e9taitune personne publique. Apr\u00e8s la consultation avec Ma\u00eetre URBANY,PERSONNE1.)l\u2019aurait inform\u00e9 qu\u2019elleallait agir contrePERSONNE5.)et que Ma\u00eetre URBANY serait en train de pr\u00e9parerla plainte. Pour lui, celasignifiaitqu\u2019un reportage montrant l\u2019incidentpouvait \u00eatre pr\u00e9par\u00e9, conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9cision prise lors de la r\u00e9union avecPERSONNE4.)le 26 septembre 2016. A un moment donn\u00e9,il aurait d\u00e8s lors indiqu\u00e9 \u00e0PERSONNE3.), son sup\u00e9rieur, quePERSONNE1.) avaiteffectivementport\u00e9 plainte. PERSONNE2.)a confirm\u00e9avoirproc\u00e9d\u00e9 au montage du reportage du 3 octobre 2016 ensemble avecPERSONNE15.),Ma\u00eetre URBANYyayant assist\u00e9\u00e0 un moment donn\u00e9.Pendant un certain temps,PERSONNE1.)aurait \u00e9galementactivement particip\u00e9 au montage du reportage. A la question du juge d\u2019instruction de savoir qui a eu l\u2019id\u00e9e d\u2019affirmer dans le reportage litigieux quePERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e parPERSONNE5.),PERSONNE2.)a r\u00e9pondu: \u00abMadamePERSONNE1.)a assist\u00e9 au montage et elle adit qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e\u00bb. PERSONNE2.)aencorerelat\u00e9avoirsollicit\u00e9 l\u2019autorisation dePERSONNE1.) de pouvoir lafilmer pourles besoins dureportage,pour disposer d\u2019images coh\u00e9rentes,ce qu\u2019elleauraitaccept\u00e9 de faire. Ila encore confirm\u00e9qu\u2019il \u00e9tait bien probable qu\u2019PERSONNE4.)n\u2019a pas vu le reportage avant sa diffusion, alors qu\u2019il se trouvait \u00e0 l\u2019\u00e9tranger au moment des faits. Concernant la discussion de 30 secondes entre PERSONNE5.) et PERSONNE1.)qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 montr\u00e9e dans le reportage,PERSONNE2.)a expliqu\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait des 30 secondes o\u00f9PERSONNE5.)\u00e9tait sorti du champ de vision de la cam\u00e9ra.PERSONNE1.)lui auraitrelat\u00e9que pendant ces 30 secondes,PERSONNE5.)aurait encore tap\u00e9 deux fois sur le micro. Cependantiln\u2019auraitpasvoulu int\u00e9grercette s\u00e9quencedans le reportage, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut d\u2019images, ilne disposaitpas de preuvespour \u00e9tablir les dires dePERSONNE1.). Quant \u00e0 l\u2019accolement des deux phrases \u00abHei s\u00e9rieux dat do ass keng Fro\u00bb et \u00abdat do ass dach engSauerei\u00bb,PERSONNE2.)asoutenuqu\u2019il existait bel et bien une coupure clairement d\u00e9tectable entre les images accompagnant lesdeux phrases de sorte quele publicdevaitse rendre compte qu\u2019ellesn\u2019ont pas \u00e9t\u00e9prononc\u00e9esen un trait de temps. Il ne partageraitni le point de vue de l\u2019ALIA ni celui du Conseil de presse\u00e0 ce sujet. Il n\u2019auraitpas mentionn\u00e9 dans le reportage que l\u2019interview a continu\u00e9 normalementapr\u00e8s l\u2019incident, parce qu\u2019ils avaient convenu de limiter le reportage du 3 octobre 2016 \u00e0 l\u2019incident, et non pour nuire \u00e0PERSONNE5.). L\u2019absence de mentiondes excuses prononc\u00e9es parPERSONNE5.)ne serait non plus motiv\u00e9e par unemauvaise volont\u00e9 de sa part.<\/p>\n<p>27 Concernant les blessures dePERSONNE1.),PERSONNE2.)a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019elle l\u2019ainform\u00e9de l\u2019incidentun ou deux jours apr\u00e8s l\u2019interview,et que par la m\u00eame occasion, elle lui aindiqu\u00e9qu\u2019elle\u00e9prouvait des douleursau bras. Elle lui aurait \u00e9galement confi\u00e9 \u00e0ce moment qu\u2019elle avait demand\u00e9 \u00e0 son fr\u00e8re, m\u00e9decin,comment proc\u00e9deretce dernierlui aurait conseill\u00e9 d\u2019attendre un ou deux jours pour voir si la situationallaits\u2019am\u00e9liorer. Par la suite ellese seraitrendueaux urgences parce que ladouleurpersistait. A aucun moment, il se seraitimmisc\u00e9dans sad\u00e9cisionetil ne lui aurait en aucun cas demand\u00e9 dese rendre auxurgences. Au contraire, il lui auraitpropos\u00e9d\u2019attendre encore un peu,dans l\u2019espoir que les douleursallaients\u2019\u00e9clipser. Il aurait fait confiance \u00e0PERSONNE1.)lorsqu\u2019elle luiaindiqu\u00e9avoir\u00e9t\u00e9bless\u00e9e par PERSONNE5.), raison pourlaquelleil n\u2019auraitplus mis en doute le lien causal entre l\u2019incident et les blessures. Ceci expliquerait le fait que le reportage affirmequePERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e. D\u2019ailleurslors du montageelle auraitr\u00e9affirm\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e parPERSONNE5.). PERSONNE2.)\u00e9tait encoreformel pour dire qu\u2019il n\u2019a pas choisi le titre \u00abMEDIA2.)-journalistin h\u00eblt MUDAM-Direkter op d\u2019Geriicht\u00bb et que pour lui, il \u00e9tait acquis que plainte avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e. Il aurait pleinement fait confiance \u00e0 Ma\u00eetre URBANY dans ce qu\u2019ilavait d\u00e9clar\u00e9dans son interview. Concernantfinalementla discussion subs\u00e9quentequ\u2019il a eue en off avec Ma\u00eetre URBANY apr\u00e8s l\u2019interviewproprementdit,PERSONNE2.)aexpliqu\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait de commentaires purement ironiques. En tout \u00e9tat de cause, le reportage du 3 octobre 2016 n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 dans une intention m\u00e9chante. PERSONNE3.) PERSONNE3.)a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 par la police le15 juin 2018et interrog\u00e9 par le juge d\u2019instructionle 26 juin 2019. Il a expliqu\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits, il \u00e9tait responsable du \u00abMEDIA5.)\u00bb et partant \u00e9galement de l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb. Il a confirm\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas d\u2019accord avec le premier montage r\u00e9alis\u00e9 parPERSONNE1.)et qu\u2019il voulait,\u00e0 l\u2019instar d\u2019PERSONNE7.)etde PERSONNE8.) dont il avait recueilli les avis, quel\u2019incident avec PERSONNE5.)soit enlev\u00e9de ce reportage. En effetill\u2019aurait rendu incompr\u00e9hensible\u00e9tant donn\u00e9 que le sujet n\u2019\u00e9tait pas l\u2019incident lui-m\u00eame. PERSONNE1.)n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 satisfaite de cette d\u00e9cision. N\u2019ayant pas vu le mat\u00e9riel brut\u00e0 ce moment, ilaurait \u00e9t\u00e9 convaincuqu\u2019PERSONNE5.)ne s\u2019\u00e9taitf\u00e2ch\u00e9queverbalement, d\u2019autant plus quePERSONNE1.)ne lui avait pas fait part d\u2019une agression physique et encore moins de blessures. Le lundi 26 septembre 2016, il aurait \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 dans le bureau d\u2019PERSONNE4.) o\u00f9 ilauraitretrouv\u00e9PERSONNE2.),PERSONNE8.), PERSONNE4.)etPERSONNE1.), qui portait un bandage autour du bras, ce qui l\u2019aurait fortement \u00e9tonn\u00e9.PERSONNE1.)lui auraitexpliqu\u00e9\u00e0 ce moment qu\u2019PERSONNE5.)l\u2019avait bless\u00e9e de telle sorte qu\u2019elle afinalementd\u00fbse rendre \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. C\u2019est\u00e9galement\u00e0 ce moment qu\u2019elle lui auraitmontr\u00e9 la vid\u00e9oen question,sur laquelle il aurait effectivement constat\u00e9 qu\u2019ils\u2019agissait plusque d\u2019unesimple agression verbale.PERSONNE4.), visiblement f\u00e2ch\u00e9, aurait finalementannonc\u00e9, sans que personne ne s\u2019y oppose,que si<\/p>\n<p>28 PERSONNE1.)portaitplainte, un reportage serait diffus\u00e9 parMEDIA2.)sur lesujet. Suite \u00e0 cette r\u00e9union,il n\u2019aurait plus rien entendude l\u2019affaire jusqu\u2019au 3 octobre2016, lorsqu\u2019uncollaborateurMEDIA2.)aurait remarqu\u00e9 en passant que le sujet \u00abPERSONNE5.)\u00bbseraitenvoie de pr\u00e9paration.Aussit\u00f4til serait all\u00e9 voirPERSONNE2.), qui l\u2019auraitinform\u00e9 quePERSONNE1.)avait d\u00e9pos\u00e9 plainte. Ensuite il aurait t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0PERSONNE4.)qui lui aurait confirm\u00e9 quePERSONNE1.)avaitd\u00e9pos\u00e9plainte de sorte que conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9cisionprise lors de la r\u00e9union du 26 septembre 2016, le sujet allait \u00eatre diffus\u00e9. Comme tout le monde semblait \u00eatre au courantdes \u00e9v\u00e8nementssauf lui, ilauraitvraisemblablement\u00e9t\u00e9court-circuit\u00e9.PERSONNE3.)a pr\u00e9cis\u00e9 avoirvisualis\u00e9lereportagepour la premi\u00e8re foisune heure etdemieavant sa diffusion. Il ne l\u2019aurait ni valid\u00e9, ni rejet\u00e9, refusantd\u2019endosser la responsabilit\u00e9pour ce reportage.En th\u00e9orie,il aurait pu s\u2019opposer\u00e0 la diffusionvu saposition au sein de l\u2019entreprise,mais dans ce cas PERSONNE4.)aurait sans doute impos\u00e9 la diffusioncontre son gr\u00e9. Ni lui-m\u00eame, ni d\u2019autres personnes ayant visualis\u00e9 le reportageet le mat\u00e9riel brutavant sa diffusion, n\u2019auraientconstat\u00e9une dissociation du ton et de l\u2019image.Le faitcentraldu reportagedu 3 octobre 2016 que constitue l\u2019agression physique commise parPERSONNE5.),n\u2019auraitpas \u00e9t\u00e9 d\u00e9form\u00e9 eten tout \u00e9tat de cause,il y aurait absence d\u2019intentionm\u00e9chante. Il s\u2019agirait en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019une techniqued\u2019assemblagecertes discutablemais il yaurait absence demanipulationoud\u2019intention de d\u00e9former le fait. Pour le surplus,il ignoreraitpourquoi le reportage ne faisait pas \u00e9tat des excuses d\u2019PERSONNE5.). En tous les casses excuses officiellesauraient\u00e9t\u00e9 diffus\u00e9esdeux jours plustardsur les ondes deMEDIA2.). C\u2019est \u00e0 ce moment qu\u2019il auraitapprisquePERSONNE1.)n\u2019avait pas encore d\u00e9pos\u00e9 plainte. PERSONNE1.) PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9e par la police le 14 mars 2018. Elle a indiqu\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s l\u2019incident avecPERSONNE5.), elle a ressenti des douleurs au bras. Elle neseserait pas rendue imm\u00e9diatement aux urgences, alors qu\u2019elle s\u2019attendait \u00e0 ce que la douleur allait s\u2019amoindrir au fil du temps. Comme tel n\u2019aurait cependant pas \u00e9t\u00e9 le cas, elle se serait concert\u00e9e avec un membre de sa famille qui lui aurait conseill\u00e9 de consulter un m\u00e9decin. Ainsi elle se serait rendue le samedi 24 septembre aux urgences o\u00f9 le docteurPERSONNE12.)aurait constat\u00e9 un gonflement du bras et lui aurait interdit de bouger le bras. Par la suite elle se serait encore une foisrendue pour un contr\u00f4le \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, o\u00f9 le docteurPERSONNE16.)n\u2019aurait pas remis en cause lediagnosticdu docteurPERSONNE12.). Le lundi 26 septembre 2016 elle auraitdemand\u00e9 \u00e0PERSONNE4.)si elle\u00e9tait sens\u00e9eaccepter ce genre d\u2019incidents dans son m\u00e9tier de journaliste. Apr\u00e8s avoir vu la vid\u00e9o,PERSONNE4.)aurait \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9 et il l\u2019aurait rassur\u00e9een indiquantqueMEDIA2.)allait prendreen charge leshonorairesd\u2019avocat, pour le cas o\u00f9elled\u00e9ciderait de porter plainte contrePERSONNE5.). Apr\u00e8s avoir appris que certaines personnesau sein d\u2019MEDIA2.)s\u2019opposaient \u00e0 la diffusion de l\u2019incident, il aurait cit\u00e9PERSONNE7.),PERSONNE8.)et<\/p>\n<p>29 PERSONNE3.)dans son bureau. Dans cette r\u00e9unionil aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que si elle portait effectivement plainte, l\u2019incident allait \u00eatre diffus\u00e9 dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb. Elleignoreraitqui aurait \u00e9t\u00e9responsable du montagerespectivement dela diffusion du reportage du 3 octobre 2016.De son c\u00f4t\u00e9, elle se serait born\u00e9e \u00e0livrerdes informations relatives \u00e0 l\u2019incident. En tous les casPERSONNE5.)aurait continu\u00e9soncomportementagressif lors des 30 secondes qui ont \u00e9t\u00e9 sortiesdureportage, probablement parce qu\u2019on n\u2019y voyait que du pav\u00e9. Toutes les informationsressortant dureportage du 3octobre2016 correspondraient \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 etlacoupure d\u2019imagesentre les deux s\u00e9quences seraitclairement identifiable. C\u2019est elle qui auraiteffectivementr\u00e9alis\u00e9 le montagedupremierreportage du 20 septembre 2016,mais l\u2019incident n\u2019aurait finalement pas \u00e9t\u00e9diffus\u00e9, sur d\u00e9cision de la r\u00e9daction en chef. Post\u00e9rieurement \u00e0 la diffusion du reportage du 3 octobre 2016, PERSONNE5.)se serait excus\u00e9 via courrieretdevant la cam\u00e9ra, ce qui l\u2019aurait amen\u00e9e \u00e0 d\u00e9cider, ensemble avecMa\u00eetreURBANY, derenoncer aux poursuites p\u00e9nales. Lors de son interrogatoire du 25 septembre 2019 aupr\u00e8s du juge d\u2019instruction,PERSONNE1.)a fait usage de son droit de se taire. PERSONNE7.) PERSONNE7.), r\u00e9dacteur en chef du \u00abMEDIA4.)\u00bb au moment des faits, a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 par la police le 29 mai 2018. Il a d\u00e9clar\u00e9 avoir pris connaissance de l\u2019affaire le 19 septembre 2016, lorsquePERSONNE3.), le r\u00e9dacteur en chef du \u00abMEDIA5.)\u00bb, lui a demand\u00e9 son avis concernant une \u00e9ventuelle diffusion du reportage pr\u00e9par\u00e9 parPERSONNE1.). Apr\u00e8s avoir visualis\u00e9 ledit reportage, il auraitestim\u00e9qu\u2019ilne pouvait \u00eatre diffus\u00e9 en l\u2019\u00e9tat pour \u00eatreincompr\u00e9hensible,bizarre et incoh\u00e9rent.PERSONNE8.),r\u00e9dactrice en chef adjointedu \u00abMEDIA4.)\u00bb, se serait entretemps jointe \u00e0 la discussion et aurait partag\u00e9 le m\u00eame avis. Lorsqu\u2019ilsauraientfait part de leur position \u00e0 PERSONNE1.), quin\u2019auraitpasfait\u00e9tatd\u2019unquelconqueincident et encore moins d\u2019uneblessure, celle-ciauraitcommenc\u00e9 \u00e0 les insulter, en leur reprochant,\u00e0 eux,la grande \u00e9lite intellectuelle deMEDIA2.),de ne pasla soutenir, elle,la fille d\u2019unsimplepaysan,et au contrairede couvrir PERSONNE5.), un bon ami dePERSONNE8.). Vu ces insultes injustifi\u00e9es, ilaurait inform\u00e9PERSONNE1.)qu\u2019elle ne se verrait plusconfierdereportage pour le \u00abMEDIA4.)\u00bb. Le lendemainilauraitsortil\u2019incident du reportage, ensembleavecPERSONNE2.). EnsuitePERSONNE7.)a expliqu\u00e9 que lundi le 26 septembre 2016, il a \u00e9t\u00e9 cit\u00e9 ensemble avecPERSONNE8.)au bureau du directeurPERSONNE4.), o\u00f9 \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentsPERSONNE1.) etPERSONNE2.). Aussit\u00f4t PERSONNE4.)aurait commenc\u00e9 \u00e0 leur crier dessuset\u00e0les menacer de licenciement, en leur reprochant d\u2019avoir \u00abcouvert\u00bbPERSONNE5.)et ne pas avoirprot\u00e9g\u00e9une journaliste deMEDIA2.). Il aurait \u00e9t\u00e9 difficile de le calmer et de luiexposersereinement les faits. A un momentdonn\u00e9,PERSONNE4.) aurait t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0PERSONNE5.)en le r\u00e9primandant, sanslui laisser la paroleavant deraccrocher. FinalementPERSONNE4.)aurait demand\u00e9 ce<\/p>\n<p>30 qu\u2019ils envisageaient de fairedu mat\u00e9rielsiPERSONNE1.)allait effectivement porter plainte, sur quoi il auraitr\u00e9ponduque dans ce cas,leservice responsable pourrait envisager de diffuser les images, mais sous condition que les faits \u00e9taient \u00e9tablis. C\u2019est lors de cette r\u00e9union qu\u2019il auraitappris pour la premi\u00e8re fois quePERSONNE1.)aurait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e lors de l\u2019interviewavec PERSONNE5.).PERSONNE7.)ignorerait pourquoi l\u2019incident a finalement \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 alors m\u00eame qu\u2019aucune plainte n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e. Le responsable du \u00abMEDIA5.)\u00bb,PERSONNE3.),aurait en tous les cas toujours \u00e9t\u00e9 contre la diffusion de l\u2019incident. PERSONNE8.) PERSONNE8.),r\u00e9dactrice en chef adjointe du \u00abMEDIA4.)\u00bb au moment des faits, a confirm\u00e9 lors de son audition polici\u00e8re du 1 er juin 2018, avoirpartag\u00e9 l\u2019avisque le reportage ne pouvait pas \u00eatre diffus\u00e9 en l\u2019\u00e9tat, alors qu\u2019il \u00e9tait d\u2019une mauvaise qualit\u00e9, incompr\u00e9hensible et manquait de professionnalisme. PERSONNE1.), qui ne portait \u00e0 ce moment pas de bandage et qui ne se plaignait d\u2019aucune douleur, n\u2019aurait pas voulu comprendre ni accepter leur position. Ils auraient voulu lui expliquer que le comportement d\u2019PERSONNE5.)\u00e9tait effectivementintol\u00e9rableet queMEDIA2.)allait agir contre lui, mais ellen\u2019auraitpasaccept\u00e9leurs arguments.PERSONNE1.) leurauraitreproch\u00e9de ne pas la souteniretau contraire, de couvrir PERSONNE5.). Le 26 septembre 2016 elle aurait \u00e9t\u00e9 cit\u00e9e avecPERSONNE7.)dans le bureau du directeurPERSONNE4.), o\u00f9auraientd\u00e9j\u00e0\u00e9t\u00e9pr\u00e9sents PERSONNE1.)etPERSONNE2.). Aussit\u00f4tPERSONNE4.)aurait commenc\u00e9 \u00e0 leur crier dessus et les auraitmenac\u00e9sdelicenciement. Il aurait \u00e9galement t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0PERSONNE5.)en l\u2019insultant et le mena\u00e7ant, sans lui donner la moindrepossibilit\u00e9 de s\u2019expliquer.PERSONNE1.), qui portait un bandage, lui aurait encore une fois reproch\u00e9 de couvrirPERSONNE5.), notammentau motifque son partenaire aurait r\u00e9alis\u00e9 un film sur le MUDAM. D\u2019apr\u00e8s PERSONNE8.), le seul but de la r\u00e9union initi\u00e9e parPERSONNE4.)aurait \u00e9t\u00e9 de les intimider, menacer et d\u2019atteindre ainsi que l\u2019incident avec PERSONNE5.)soit finalement diffus\u00e9. M\u00eame siPERSONNE3.)\u00e9taitle responsable du \u00abMEDIA5.)\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9poque, il auraittoujours \u00e9t\u00e9 contrela diffusion de l\u2019incident.En g\u00e9n\u00e9ralPERSONNE4.)aurait toujoursdispos\u00e9 du pouvoirpourdonner le feuvertfinal, m\u00eame si unr\u00e9dacteuren chefs\u2019opposait \u00e0 la diffusion d\u2019une information, et il aurait d\u2019ailleurs souvent outrepass\u00e9les d\u00e9cisionsdesjournalistes, prenant ainsi influence sur le contenu diffus\u00e9. PERSONNE15.) PERSONNE15.), collaboratriceaupr\u00e8s d\u2019MEDIA2.)travaillant dans le montage, a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9e une premi\u00e8re fois par la police le 4 juillet 2018. Elle a indiqu\u00e9 avoir r\u00e9alis\u00e9 le montage du reportage du 3 octobre 2016 ensemble avecPERSONNE2.),Ma\u00eetre URBANY y ayantassist\u00e9 pendant un certain temps. C\u2019estPERSONNE2.)qui lui aurait donn\u00e9 les instructions relatives \u00e0 la fa\u00e7on d\u2019assembler le reportage. PERSONNE15.)a encore \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9e une deuxi\u00e8me fois par la police le 29 janvier 2019. Lors de cette audition,elle a pr\u00e9cis\u00e9 que Ma\u00eetreURBANY<\/p>\n<p>31 ne lui a pas donn\u00e9 d\u2019instructionsalorsqu\u2019il a surtout assist\u00e9 au montage pour v\u00e9rifier ses propres d\u00e9clarations faites devant la cam\u00e9ra.PERSONNE15.) \u00e9tait formelle pour dire encore une fois quePERSONNE1.)n\u2019a pas assist\u00e9 au montage. Ma\u00eetre PolURBANY Ma\u00eetre Pol URBANY a \u00e9t\u00e9 auditionn\u00e9 par la police le4 janvier 2018et interrog\u00e9 par le juge d\u2019instruction le 20 d\u00e9cembre 2019. Il a d\u00e9clar\u00e9 avoir donn\u00e9 l\u2019interview figurant dans le reportage du 3 octobre 2016 en sa qualit\u00e9 d\u2019avocat dePERSONNE1.), et non en tant qu\u2019expert neutre.PERSONNE1.) l\u2019aurait consult\u00e9 et apr\u00e8s avoir visualis\u00e9 les images au ralenti, il luiparaissait clair qu\u2019il s\u2019agissait de coups inflig\u00e9s parPERSONNE5.)\u00e0PERSONNE1.), et ceau sens du code p\u00e9nal. Il ne serappelleraitplus siPERSONNE1.)avait d\u00e9j\u00e0 port\u00e9 un bandage \u00e0 ce moment,mais elle lui auraitentous les cas expliqu\u00e9que suite \u00e0 l\u2019interview, elleaurait\u00e9prouv\u00e9des douleurs. Mais cela ne serait pas forc\u00e9ment pertinentdans la mesure o\u00f9l\u2019infraction decoups et blessuresserait donn\u00e9e m\u00eame enl\u2019absencede blessures, \u00e0 partir du moment o\u00f9 les coupsseraient\u00e9tablis.La d\u00e9cision de porter plainteaurait\u00e9t\u00e9 prise avant le 3octobre 2016. La plainte n\u2019auraitpas \u00e9t\u00e9 finalis\u00e9edans l\u2019imm\u00e9diat alors que suite \u00e0 l\u2019interviewdonn\u00e9epar Xavier BETTEL, des recherchesrelatives \u00e0 la question juridique de savoirsi une plainte avec constitution de partie civile pouvait \u00eatre d\u00e9pos\u00e9e contre un fonctionnaire d\u00e9tach\u00e9 comme l\u2019\u00e9taitPERSONNE5.), auraient d\u00fb encore \u00eatre effectu\u00e9es.Ils auraient \u00e9t\u00e9 surpris par les excuses \u00e9crites d\u2019PERSONNE5.)du5 octobre 2016suite auxquellesPERSONNE1.)auraitd\u00e9cid\u00e9 de renoncer \u00e0 la plainte. Le dossier m\u00e9dical Le 31 mars 2017 les enqu\u00eateurs ont effectu\u00e9 une perquisition aupr\u00e8s de la caissenationale de sant\u00e9 (CNS)avec pour mission de saisir un relev\u00e9 permettant d\u2019identifier tous les m\u00e9decins quePERSONNE1.)a consult\u00e9s entre le 13 septembre et le 3 octobre 2016. Il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que pendant cette p\u00e9riode,PERSONNE1.)a consult\u00e9 deux m\u00e9decins,\u00e0 savoir le docteur PERSONNE12.)(m\u00e9decin sp\u00e9cialiste en orthop\u00e9die) le 24 septembre 2016 et le docteurPERSONNE10.)(m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste) le 28 septembre 2016. Apr\u00e8s l\u2019annulationpar un arr\u00eat du 19 mars 2019dela chambre du conseil de la Cour d\u2019appel d\u2019une premi\u00e8re perquisition etd\u2019unesaisie de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dossier m\u00e9dical dePERSONNE1.) aupr\u00e8s duH\u00d4PITAL1.)(ci-apr\u00e8s \u00abH\u00d4PITAL1.)\u00bb), les enqu\u00eateurs ont proc\u00e9d\u00e9le 20 mars 2019sur based\u2018une ordonnance du juge d\u2019instruction du19 mars 2019, \u00e0 une nouvelle perquisition au sein duH\u00d4PITAL1.), avec pour mission de saisir des documents class\u00e9s dans le dossier dePERSONNE1.)\u00e0 partir du 13 septembre 2016 et qui sont en lien direct avec l\u2019interview du 13 septembre 2016. Lors de cetteperquisition, les enqu\u00eateurs ont saisitroisdocumentsdu docteurPERSONNE16.),undocumentdu docteurPERSONNE17.)ettrois documents du docteurPERSONNE12.), qui ne faisait \u00e0 ce moment plus partie du corps m\u00e9dical duH\u00d4PITAL1.).<\/p>\n<p>32 Il ressort tout d\u2019abord d\u2019un rapport \u00e9tabli par leserviced\u2018urgencesdu H\u00d4PITAL1.)\u00e9tabli le 24 septembre 2016,quePERSONNE1.) s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e le 24 septembre 2016 \u00e0 17.04heuresau service d\u2019urgences du H\u00d4PITAL1.).End\u00e9codantlesabr\u00e9viations figurantsur ce rapport,on constate qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 retenuce qui suit: \u00abAnamnese: Zustand nach linker Unterarm pl\u00f6tzliche Bewegung vor 2 Wochen: Druckschmerz proximaler Unterarm mitAusstrahlungbis ins Handgelenk. Diagnose: Unterarm Prellung links. Therapie: ElastischerVoltaren Verband, Schmerztherapie (PERSONNE12.)).\u00bb Il r\u00e9sulte du documentintitul\u00e9\u00abrapport soins\u00bb duditservice d\u2019urgences,que \u00abMadamePERSONNE1.)s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e pour le motif suivant: douleur coude\/avant-brasgauche, ledegr\u00e9d\u2019urgence \u00e9valu\u00e9 par IAO \u00e9tait un degr\u00e9 5\u00bb. Dans son certificat m\u00e9dical \u00e9tabli le 29 septembre 2016, retenant comme date de l\u2019accident le 13 septembre 2016, le docteurPERSONNE12.), m\u00e9decin sp\u00e9cialiste en orthop\u00e9die, note quePERSONNE1.)s\u2019estpr\u00e9sent\u00e9e le 24 septembre 2016 aux urgences et qu\u2019elle lui a expliqu\u00e9avoir \u00e9t\u00e9 agress\u00e9edeux semaines auparavant lors d\u2019une interview,dontelle lui a montr\u00e9les extraitssur son t\u00e9l\u00e9phone portable. L\u2019homme en question aurait frapp\u00e9PERSONNE1.)avec lemicrosur son coude etsur sonavant-bras gauche. Depuis lors,ellesouffriraitdedouleurset pr\u00e9senterait ungonflement au coude et\u00e0 l\u2019avant-brasgauche,avec rayonnement jusque dans le poignet. Lors de l\u2019examen clinique elle aurait puconstaterune douleur ressentie \u00e0 la pression et un l\u00e9ger gonflement au niveau du coude et de l\u2019avant-bras gauches. Lemouvementserait libre. Elle auraitfinalementretenu comme diagnostique une contusion du coude et de l\u2019avant-bras gauches et prescrit un bandage \u00e9lastique VOLTAREN,\u00e0 titre de traitement de la douleur. Il r\u00e9sulte encore du dossier m\u00e9dical saisi que dans le cadre de la d\u00e9claration d\u2019accident du travail faite parPERSONNE1.)suite \u00e0 l\u2019incident, le docteur PERSONNE16.)a remplile 3 f\u00e9vrier 2017un formulaire R9 derapport m\u00e9dical,destin\u00e9 \u00e0 l\u2019assurance accident. Dans la description de l\u2019accident il note \u00abagression par une autre personne qui a saisi avec force l\u2019avant-bras de la patiente et l\u2019a tordu manuellement\u00bb et retient comme diagnostic \u00abfoulure et contusionde l\u2019avant-bras gauche\u00bb. D\u2019apr\u00e8s lui les l\u00e9sions constat\u00e9esseraientimputables \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement accidentel et il n\u2019y aurait pas eu d\u2019\u00e9tat pathologique pr\u00e9existant. Le traitement prescrit aurait \u00e9t\u00e9 un pansement avec pommade recouvert d \u2019un bandage \u00e9lastique antiinflammatoire, avec repos du bras gauche. Dans son rapport imprim\u00e9 le 5 f\u00e9vrier 2017,le docteurPERSONNE16.), note que lors de la consultation du 3 f\u00e9vrier 2017, le gonflement et les douleurs avaient disparu, et que la blessure de l\u2019avant-bras gauche,caus\u00e9e par un mouvement forc\u00e9 inflig\u00e9 par une tierce personne et document\u00e9 partiellement sur vid\u00e9o, avait entretemps gu\u00e9ri.<\/p>\n<p>33 Le 26 mars 2019,les enqu\u00eateurs ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une perquisition au sein du cabinet du docteurPERSONNE10.), m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9ralistesuivant PERSONNE1.)depuis son enfance, avec pour mission de saisir tous les documents class\u00e9s dans le dossier dePERSONNE1.)\u00e0 partir du 13 septembre 2016 et qui sont en rapport direct avec l\u2019interview du 13 septembre 2016. Les enqu\u00eateurs ont saisi undocumentcontenant une note selon laquelle PERSONNE1.)s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e en son cabinet le 28 septembre 2016, en indiquant qu\u2019il y a deux semaines quelqu\u2019un lui aurait arrach\u00e9 le micro des mains lors d\u2019une interview etque cette personnelui aurait tordu la main.Il a a encore not\u00e9\u00abhyperflexion\u00bb, \u00abvu in Urgence\u00bb, \u00abVerband zu stark gewickelt5 Tage\u00bbet\u00abVoltaren Emulgel und bewegen\u00bb. Auditionn\u00e9 le m\u00eamejourpar la police, le docteurPERSONNE10.)ad\u00e9clar\u00e9 quePERSONNE1.)l\u2019a consult\u00e9 le 28 septembre 2016alorsqu\u2019elle se plaignait de douleurs \u00e0 la main, parcequ\u2019une personnelui aurait arrach\u00e9 le micro de la main lors d\u2019une interview.Elle se serait pr\u00e9sent\u00e9e chez lui avec un bandage. Il lui aurait demand\u00e9 de retirer le bandage qu\u2019elle portait depuis cinqjours,et de bouger la main. Il aurait constat\u00e9 que la main \u00e9tait un peu gonfl\u00e9e, tout en ignorantles causes de ses douleurs dontPERSONNE1.) faisait \u00e9tat. Le bandageaurait \u00e9t\u00e9soit trop fort, soit ilauraitd\u00e9j\u00e0 un peu gliss\u00e9 apr\u00e8s lescinqjours, sansqu\u2019il puisse cependant en d\u00e9duireque les douleurs provenaient d\u2019un bandage install\u00e9 trop fortement. En tous les cas,il lui aurait conseill\u00e9de bouger la maindans le futur, alors qu\u2019uneimmobilisation permanentepourraitengendrerdes cons\u00e9quences n\u00e9fastes.PERSONNE1.) n\u2019aurait pas demand\u00e9 de certificat m\u00e9dical de sa part. Le m\u00e9dicament Voltaren Emulgenseraitprescrit contre un gonflement douloureux, mais il ne s\u2019agirait pas d\u2019unm\u00e9dicamentfort.Le docteurPERSONNE10.)afinalement pr\u00e9cis\u00e9 quel\u2019Ibuprof\u00e8ne,lePantozol etleDafalganquePERSONNE1.) pr\u00e9tendaitencoreavoirpris,constituaientdesm\u00e9dicamentsdont la prise se justifiaitapr\u00e8s une telle blessure. Parmices m\u00e9dicaments, seul le DAFALGANpourrait\u00eatre consid\u00e9r\u00e9, en fonction de son dosage, comme un m\u00e9dicament fort. Les autres \u00e9l\u00e9ments de l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re Le 12 mars 2019,les enqu\u00eateurs ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une perquisition au sein de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)S.A. lors de laquelle ils ont saisi un rapport d\u2019audit interne r\u00e9dig\u00e9 en anglais, qui d\u2019apr\u00e8s l\u2019enqu\u00eateur ne r\u00e9v\u00e8le pas d\u2019autres informations que celles d\u00e9j\u00e0 obtenues lors des diff\u00e9rentes auditions men\u00e9es dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate. Une perquisition du 29mai 2019 au sein du MUDAM ayant pour but de saisir des images des cam\u00e9ras de vid\u00e9osurveillance pouvant \u00eatre utiles \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9 concernant les faits du 13 septembre 2016, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 d\u2019une part qu\u2019iln\u2019existepas de cam\u00e9ra de surveillance\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du MUDAM au niveau du rez-de-chauss\u00e9e, la cam\u00e9ra la plus proche \u00e9tant celle donnant sur l\u2019ext\u00e9rieuretse trouvant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur au niveau de la r\u00e9ception, etd\u2019autre part quetoutes les images sont supprim\u00e9es au plus tardapr\u00e8s sept jours, vu la capacit\u00e9 de stockage limit\u00e9edu serveur.<\/p>\n<p>34 Dans un dernier rapport du 2 d\u00e9cembre 2019, l\u2019enqu\u00eateurPERSONNE6.) confirme, apr\u00e8s une analyse d\u00e9taill\u00e9e des images et du son du reportage du 3 octobre 2016, les constatations du commissaire du Gouvernement adjoint PERSONNE14.)selonlesquellesil y adissociationde la bande vid\u00e9o et de la bande audio. De m\u00eame il confirme les conclusions de l\u2019ALIA selon lesquelles une trentaine de secondes ont \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9es,sans montrer par un moyenappropri\u00e9que les imagesmontr\u00e9es ne sesucc\u00e9daientpas et que deux phrases prononc\u00e9es \u00e0 30 secondes d\u2019intervalle ont \u00e9t\u00e9 accol\u00e9es pour en faire uneaffirmationunique. Les d\u00e9clarations\u00e0 l\u2019audience A l\u2019audience du 23 octobre 2023, l\u2019enqu\u00eateurPERSONNE6.)a r\u00e9sum\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif. Le t\u00e9moinPERSONNE7.)a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 sous la foi du serment ses d\u00e9clarations faites aupr\u00e8s de la police et ajout\u00e9 que s\u2019il a effectivement d\u00e9clar\u00e9 dans l\u2019audit interne que par le reportage du 3 octobre 2016,ils (MEDIA2.)) avaient menti au public, ceci se rapportait surtout au fait qu\u2019en fin de compte PERSONNE1.)n\u2019a pas port\u00e9 plainte, alors que ledit reportage sugg\u00e9rait le contraire. Il aurait finalement d\u00e9missionn\u00e9 apr\u00e8s cette affaire alors qu\u2019en imposant une diffusion contre l\u2019avis des journalistes,PERSONNE4.)aurait viol\u00e9 leur ind\u00e9pendance. PERSONNE8.)a \u00e9galement r\u00e9it\u00e9r\u00e9 sous la foi du serment ses d\u00e9clarations faites aupr\u00e8s de la police. Le pr\u00e9venuPERSONNE2.)ar\u00e9it\u00e9r\u00e9 ses d\u00e9clarations ant\u00e9rieures, en indiquantnotammentquePERSONNE1.)l\u2019avaitinform\u00e9 deux ou trois jours apr\u00e8sl\u2019interview, vers le 16 septembre 2016,qu\u2019elle \u00e9prouvait des douleurs au bras. Son fr\u00e8re m\u00e9decin lui aurait conseill\u00e9 d\u2019attendre encore deux jours avant de se rendreaux urgences, \u00e0d\u00e9faut d\u2019am\u00e9lioration. PERSONNE2.)a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il n\u2019a pas montr\u00e9 lereportage\u00e0PERSONNE4.) avant sadiffusiondu 3octobre2016. Ila r\u00e9it\u00e9r\u00e9 que c\u2019est lui qui a r\u00e9alis\u00e9 le montage du reportage du 3 octobre 2016,maismodifi\u00e9 ses d\u00e9clarations ant\u00e9rieures,en expliquantcette fois-ci quePERSONNE1.)\u00e9tait certes une fois rentr\u00e9e bri\u00e8vement dans la salle de montage, mais sansparticiperactivementau montage. Il aencorepr\u00e9cis\u00e9 que la suite de l\u2019interview apr\u00e8s l\u2019incident n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 montr\u00e9ealors que cette partie,se rapportantexclusivement\u00e0 la probl\u00e9matique culturelle, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 couverte par les deux reportages pr\u00e9c\u00e9dents. Le reportage du 3 octobre 2016constitueraitune suite de ces deuxreportageset ilauraiteupour seul but de montrer l\u2019incident, sans qu\u2019il y ait eu une intentionde nuire\u00e0 d\u2019PERSONNE5.),qu\u2019il neconna\u00eetrait d\u2019ailleurs pas. PERSONNE2.)tenait encore une fois\u00e0pr\u00e9ciser que dans le reportage,il n\u2019avait jamaispr\u00e9tenduqu\u2019une plainte avait effectivement \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e. La condition de la diffusion aurait \u00e9t\u00e9 le d\u00e9p\u00f4teffectifd\u2019une plainte, maispar la suiteil n\u2019aurait jamais v\u00e9rifi\u00e9 si tel avait \u00e9t\u00e9 le cas, alors qu\u2019onl\u2019avait inform\u00e9<\/p>\n<p>35 quela citation directe \u00e9taitsur le point d\u2019\u00eatrefinalis\u00e9e. Pour le surplus PERSONNE2.)a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 ses d\u00e9clarations ant\u00e9rieures. Le pr\u00e9venuPERSONNE3.)a indiqu\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 ses d\u00e9clarations ant\u00e9rieures,qu\u2019il avait toujours \u00e9t\u00e9 contre la diffusion de l\u2019incident. Il n\u2019aurait partant jamaisexpress\u00e9mentdonn\u00e9 le feu vert pour la diffusion du reportage du 3octobre2016,mais nes\u2019yserait non plus oppos\u00e9, alors que d\u2019une part il avait \u00e9t\u00e9court-circuit\u00e9,et que d\u2019autre partPERSONNE4.)l\u2019auraitimpos\u00e9e detoutefa\u00e7on. Il a pr\u00e9cis\u00e9 que lors de l\u2019entrevueavecPERSONNE1.)avant la diffusion du reportage du 20 septembre 2016, celle-ci auraitindiqu\u00e9vouloir montrer l\u2019incident parce quePERSONNE5.)avait perdu son sang-froid, sans mentionner des coups ou des blessures. Ce n\u2019est quelors dela r\u00e9union du 26 septembre 2016,qu\u2019elle lui auraitfait part de sesdouleurs etde sa visite aux urgences. Ilauraitl\u2019impressiond\u2019avoir \u00e9t\u00e9manipul\u00e9 alorsquele bandage et le certificat m\u00e9dicalauraient vraisemblablement eupourfinalit\u00e9de dramatiserla situation,pour que l\u2019incident soit diffus\u00e9. Mais vu l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit d\u2019PERSONNE4.)lors de cette r\u00e9union,il ne se serait pasoppos\u00e9\u00e0 la d\u00e9cision propos\u00e9e par ce dernier demontrer l\u2019incident dans unreportage si PERSONNE1.)d\u00e9poserait effectivementplainte. Ce n\u2019est que quelques jours apr\u00e8s lereportagelitigieux qu\u2019il auraitappris qu\u2019aucune plainte n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e. Pour le surplusPERSONNE3.) a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 ses d\u00e9clarations ant\u00e9rieures. PERSONNE4.)de sa parta indiqu\u00e9 qu\u2019il nefallaitpas perdre de vue que lorsquePERSONNE1.)est venue le voir dans son bureau enpr\u00e9tendant avoir \u00e9t\u00e9 agress\u00e9e parPERSONNE5.), on se trouvait \u00e0 l\u2019\u00e9poque du mouvement \u00abMeToo\u00bb encourageant la prise de parole des femmes victimes de viol etd\u2019agressions. Entant que directeur deMEDIA2.), ilavait l\u2019obligation deprendre au s\u00e9rieux cette femme qui pr\u00e9sentaitde plus un certificat m\u00e9dical. Apr\u00e8sla r\u00e9union du 26 septembre 2016,PERSONNE3.)ou PERSONNE2.)l\u2019aurait appel\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9 en l\u2019informantque PERSONNE1.)avait d\u00e9pos\u00e9 plainte, surquoiil auraitordonn\u00e9 la diffusion de l\u2019incident,conform\u00e9ment \u00e0 ce qui avait \u00e9t\u00e9 retenulors deladite r\u00e9union, sans cependant donnerde quelconquesinstructions sur la forme, le montage ou le son du reportage.Ainsiilne serait pas \u00e0 consid\u00e9rer comme collaborateur du reportage. De m\u00eame,il n\u2019aurait jamais valid\u00e9 ce reportage qu\u2019il n\u2019aurait pasvisualis\u00e9avant sa diffusion.PERSONNE4.)a contest\u00e9 \u00e0 ce sujet avoir repris les comp\u00e9tences dePERSONNE3.), qui aurait bien pus\u2019opposer \u00e0 la diffusion, notamment en se basantsur le d\u00e9faut de preuve d\u2019un d\u00e9p\u00f4t de plainte.Sur question du Tribunal,PERSONNE4.)apr\u00e9cis\u00e9que l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb avait un auditoire d\u2019environ 100.000-150.000 personnes. La pr\u00e9venuePERSONNE1.)a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019avant l\u2019incident litigieux,elle s\u2019entendait bien avecPERSONNE5.)qu\u2019elle avait d\u00e9j\u00e0 interview\u00e9 \u00e0 deux ou trois reprises. Elle a pr\u00e9cis\u00e9 que lors de l\u2019incident,PERSONNE5.)atap\u00e9 une fois sur le micro,avant de sortir de l\u2019imageet essayer\u00e0 cemomentde lui arracher le micro. Puis il se serait dirig\u00e9 versle mus\u00e9e,avant derevenir vers elle,agripper avec une main le micro et avec l\u2019autre main son brasqu\u2019il aurait tordu en le poussant avec tout son corps vers le bras. En ce faisant,il l\u2019aurait bless\u00e9e physiquement et psychiquement. L\u2019op\u00e9rateurcam\u00e9raaurait relat\u00e9 par la suite qu\u2019ilavaitcontinu\u00e9 de tourner,pour \u00e9viter quePERSONNE5.)ne<\/p>\n<p>36 commencecarr\u00e9ment\u00e0 lui administrerdescoups. C\u2019est\u00e9galementpour cette raison qu\u2019ellearefus\u00e9dele suivre\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du mus\u00e9e, comme PERSONNE5.)l\u2019avait propos\u00e9 dans la foul\u00e9e. Concernant les douleurs, elle a indiqu\u00e9 qu\u2019au d\u00e9but ellene les apas trop ressenties\u00e0 cause de l\u2019adr\u00e9nalinequi a envahi son corpslors de l\u2019incident, qui l\u2019avaittotalementchoqu\u00e9e. Apr\u00e8s les douleurs seseraientaccentu\u00e9es graduellement. Elleaurait estim\u00e9 que les douleurs allaient s\u2019affaiblir au fil du temps,mais comme tel n\u2019\u00e9tait pas le cas, elle aurait demand\u00e9 conseil aupr\u00e8s de son fr\u00e8re qui \u00e9taitm\u00e9decin. Ce dernier lui auraitconseill\u00e9de m\u00e9nager son bras et de consulter un m\u00e9decin\u00e0 d\u00e9faut d\u2019am\u00e9lioration. Etant donn\u00e9 que les douleursont persist\u00e9, elle se serait rendue aux urgences,non pourse procurerun certificat m\u00e9dicalavec l\u2019id\u00e9e dedramatiser les faits. Le m\u00e9decin sp\u00e9cialiste enorthop\u00e9diel\u2019ayant examin\u00e9eaurait constat\u00e9 une blessure et lui auraitappos\u00e9un bandage, qu\u2019elleaurait \u00e9t\u00e9sens\u00e9e porterpendant deux semaines. Elle ne serappelleraitpas siledocteurPERSONNE10.)lui a retir\u00e9 le bandage, en tous les cas elle aurait par la suite continu\u00e9\u00e0le porter. PERSONNE1.)apr\u00e9cis\u00e9qu\u2019elle avait d\u00e9j\u00e0 mal au bras lors de l\u2019entrevue avecPERSONNE3.),PERSONNE7.)etPERSONNE8.)du 19 septembre 2016, sans qu\u2019elle leur ait cependant fait part de ses douleurs. Elle en aurait inform\u00e9PERSONNE2.)et serait d\u2019avis que la plupart des employ\u00e9s aupr\u00e8s d\u2019MEDIA2.)\u00e9taient au courant de ses douleurs. Finalement elle en aurait inform\u00e9PERSONNE4.) et luiauraitfait part de la r\u00e9ticence de PERSONNE3.),PERSONNE7.)etPERSONNE8.)de montrer l\u2019incident, ce qui auraitd\u00e9clench\u00e9 la r\u00e9union du 26 septembre 2016.PERSONNE4.) l\u2019aurait rassur\u00e9een indiquantque si elle envisageait de d\u00e9poser plainte, elle pourrait faire appel aux services d\u2019un avocatdont les honoraires seraient pris en chargeparMEDIA2.). Finalement elle auraitpris lad\u00e9cisiond\u2019agir judiciairement contrePERSONNE5.). Apr\u00e8s l\u2019entrevue avec Ma\u00eetre URBANY, lequellui auraitconfirm\u00e9 qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 victime d\u2019une infraction p\u00e9naleet plus pr\u00e9cis\u00e9ment de cellede coups et blessures volontaires, elleaurait \u00e9t\u00e9 persuad\u00e9e que la citation directe \u00e9tait lanc\u00e9e. Apr\u00e8s les excuses \u00e9crites et oralesdevant la cam\u00e9ra dePERSONNE5.), elle aurait d\u00e9cid\u00e9 ensemble avec PERSONNE4.)et Ma\u00eetre URBANY de renoncer \u00e0 son action judiciaire. C\u2019est \u00e0 ce moment qu\u2019elle aurait appris que la citation directe n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9e. PERSONNE1.)afinalementr\u00e9p\u00e9t\u00e9que c\u2019estPERSONNE2.)et non elle qui a r\u00e9alis\u00e9 le reportage du 3 octobre 2016. Elle n\u2019aurait ni r\u00e9dig\u00e9 le texte accompagnant le reportage,nieffectu\u00e9le montage. Elle se serait born\u00e9e \u00e0 communiquer son certificat m\u00e9dical \u00e0PERSONNE2.)et aurait accept\u00e9 de se fairefilmer sur demande de ce dernier. En tous les cas,ellepartageraitl\u2019avis que le reportage litigieux ned\u00e9formepas la r\u00e9alit\u00e9etqu\u2019ilyaeu absence d\u2019intention de nuire \u00e0PERSONNE5.). Ma\u00eetre Jean LUTGEN, le mandataire d\u2019PERSONNE5.),a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 la partie civile de son mandant, en sollicitant tout d\u2019abord au p\u00e9nal la condamnation des quatre pr\u00e9venus pour les infractions qui leur sont reproch\u00e9es. En effet d\u2019une part l\u2019enqu\u00eate, les d\u00e9cisions du conseil de presse et de l\u2019ALIA,etle rapport disciplinaire auraient\u00e9tabliqu\u2019il y a eu manipulation du son et de<\/p>\n<p>37 l\u2019image, ce qui auraiteu pour cons\u00e9quence de pr\u00e9senter d\u2019PERSONNE5.) au public commeunebrute etunagresseur, alors que la r\u00e9alit\u00e9, \u00e9tablie notammentparles imagesbrutes,serait toute diff\u00e9rente. D\u2019autre part l\u2019enqu\u00eate et notamment les d\u00e9clarations des diff\u00e9rents collaborateurs MEDIA2.)ayant particip\u00e9 \u00e0 l\u2019interviewdu 13 septembre 2016, le comportementdePERSONNE1.)apr\u00e8s l\u2019incident, les incoh\u00e9rences au niveau des docteurs, a pu \u00e9tablir qu\u2019PERSONNE5.)n\u2019a pas bless\u00e9 PERSONNE1.), de sorte que lereportagedu 3octobre2016 qui pr\u00e9tend le contraire,seraitcalomnieuxsinon diffamatoire. Ce reportage aurait d\u00e9clench\u00e9 un d\u00e9chainement de critiques virulentes enversPERSONNE5.) contrelequelon a lanc\u00e9 de plusune affaire disciplinaire.PERSONNE5.) auraitfait un malaise etseraittomb\u00e9 dans une d\u00e9pression, de sorte que l\u2019infraction de coups et blessuresinvolontairesserait \u00e9galement \u00e9tablie\u00e0 l\u2019encontredes pr\u00e9venus. Toute cette affaire aurait bris\u00e9son parcours professionnel alors qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 contraint de d\u00e9missionner suite \u00e0 l\u2019affaire. Ainsi il aurait \u00e9galement, \u00e0c\u00f4t\u00e9de sonpr\u00e9judicemoral \u00e9valu\u00e9 \u00e0 20.000et sonpr\u00e9judicecorporel \u00e0 5.000 euros, subi une perte financi\u00e8re totale de 21.605,40 euros, alors que son salaire a baiss\u00e9 suite \u00e0 son changement de poste. Le repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public a \u00e9galement mis en doute les blessures dePERSONNE1.)qui auraient \u00e9t\u00e9 insinu\u00e9es pour dramatiser la situation. Ceci, avec l\u2019interview deMa\u00eetreURBANY qui qualifie les faits d\u2019infraction de coups et blessuresvolontairesqui feraitl\u2019objet d\u2019une audiencedevantun tribunalcorrectionnel end\u00e9ansles huit mois\u00e0 venir,ensemblele montage ayantmanipul\u00e9les images et le son, aurait calomni\u00e9 sinon diffam\u00e9 PERSONNE5.). Il y aurait partantlieude condamnerPERSONNE1.)et PERSONNE2.) pour ces infractions, les pr\u00e9venusPERSONNE4.) et PERSONNE3.)\u00e9tant cependant \u00e0acquitter, alors qu\u2019ilsnepourraient\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme \u00abcollaborateurs\u00bb du reportage du 3 octobre 2016 au sens de la loi modifi\u00e9e du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias. Le repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public s\u2019est finalement rapport\u00e9 \u00e0 prudence de justice en ce qui concerne l\u2019infractionde coups et blessures involontaires,en pr\u00e9sence d\u2019un doute concernantl\u2019existence d\u2019unlien causal entre le reportage etla blessure d\u2019PERSONNE5.)all\u00e9gu\u00e9e. Ma\u00eetre VOGEL, le mandataire dePERSONNE1.),a sollicit\u00e9 l\u2019acquittement de sa mandante de toutes les infractions lui reproch\u00e9es. Apr\u00e8s avoir relev\u00e9 quatre particularit\u00e9srelatives \u00e0la pr\u00e9sente affaire, il a estim\u00e9 qu\u2019en aucun casPERSONNE1.)ne pouvait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9ecommecollaborateur du reportage litigieux. Entout \u00e9tat de cause aucune intention m\u00e9chante ne serait \u00e9tablie dans son chef, de sorte que l\u2019infraction decalomnieou diffamation ne serait pasdonn\u00e9e.LesblessuresdePERSONNE1.)auraient \u00e9t\u00e9 r\u00e9elles et \u00e9tablies \u00e0 suffisance par les \u00e9l\u00e9ments figurant au dossier r\u00e9pressif. Finalement l\u2019infraction de coups et blessuresinvolontaires mise \u00e0 charge de sa mandante,ne seraitpasnonplus \u00e9tablie,\u00e0 d\u00e9faut de lien causal. En r\u00e9sumant ses d\u00e9veloppements figurant dans une note de plaidoiries vers\u00e9e au Tribunal,Ma\u00eetre Daniel BAULISCH, le mandataire de PERSONNE2.),asollicit\u00e9 l\u2019acquittement de ce dernier des infractions lui reproch\u00e9es. En premier lieu,il a conclu\u00e0la violation de deux grands<\/p>\n<p>38 principes du droit p\u00e9nal que sont la l\u00e9galit\u00e9 des peines et l\u2019interpr\u00e9tation stricte du droit p\u00e9nal, alors qu\u2019en reprochant \u00e0PERSONNE2.)de ne pas avoir mentionn\u00e9 les excuses d\u2019PERSONNE5.)et d\u2019avoir effectu\u00e9 une coupure de 30 secondes dans le reportage,\u00e9l\u00e9ments d\u2019un montage qui font cependant part de la libert\u00e9journalistiqueaccord\u00e9e par laConvention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme(ci-apr\u00e8s \u00abCEDH\u00bb), le Minist\u00e8re Public reprocheraiten r\u00e9alit\u00e9 une infraction par omission \u00e0PERSONNE2.)toute en libellant \u00e0 son encontre des infractions par commission que sont la calomnie ou la diffamation, de sorte que ce dernierserait \u00e0acquitter. En deuxi\u00e8me lieu sonmandantserait \u00e0 acquitter alors qu\u2019en tout \u00e9tat de cause, les \u00e9l\u00e9ments constitutifs des infractionsde calomnie, diffamation ou injures ne seraient pas \u00e9tablis. Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN, le mandataire d\u2019PERSONNE4.), a \u00e9galement conclu \u00e0 l\u2019acquittement de son mandant en r\u00e9sumant ses d\u00e9veloppements figurant dans une note de plaidoiries vers\u00e9e au Tribunal. Toutd\u2019abord, au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier et de l\u2019instruction \u00e0 l\u2019audience,PERSONNE4.)ne pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9comme collaborateurdu reportage du 3 octobre 2016 au sens de la loi modifi\u00e9e du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias. Ensuiteet\u00e0 titre subsidiaire, aucune intention m\u00e9chante, pourtant n\u00e9cessaire d\u2019\u00eatre\u00e9tablie pour les infractions lui reproch\u00e9es, ne saurait \u00eatre retenue dans le chef d\u2019PERSONNE4.),quise seraitborn\u00e9\u00e0 d\u00e9cider qu\u2019un reportage faisant\u00e9tat de l\u2019incident serait diffus\u00e9 si plainte\u00e9taitd\u00e9pos\u00e9e par PERSONNE1.).PERSONNE4.)pourrait en tout \u00e9tat de cause b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019exon\u00e9ration pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 443alin\u00e9a 2du code p\u00e9nal et une condamnation violerait l\u2019article10 de la CEDH relatif \u00e0la libert\u00e9 d\u2019expression. Finalement l\u2019infraction de coups et blessures involontairesne serait pas \u00e9tablie \u00e0 d\u00e9faut de lien de causalit\u00e9. Ma\u00eetre Thierry REISCH a sollicit\u00e9l\u2019acquittementde son mandant PERSONNE3.), en r\u00e9sumant ses d\u00e9veloppements figurant dans une note de plaidoiries vers\u00e9e au Tribunal, aux termes desquelsPERSONNE3.)ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 commecollaborateur du reportage du 3octobre2016. Ce serait son sup\u00e9rieurPERSONNE4.)qui aurait acquis cette qualit\u00e9 en prenant la place de responsable de la diffusion de ce reportage. En tout \u00e9tat de cause,PERSONNE3.)n\u2019aurait pas puv\u00e9rifiersiPERSONNE1.)a r\u00e9ellement \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e ou non, il n\u2019auraitpas pu prendre influence sur le montagepour avoir\u00e9t\u00e9court-circuit\u00e9,iln\u2019auraitpaspu\u00e9viter que la d\u00e9claration de Ma\u00eetre URBANY relative \u00e0 la Turquie figure dans lereportage, iln\u2019aurait pas pusavoir qu\u2019enr\u00e9alit\u00e9PERSONNE1.)n\u2019avait pas d\u00e9pos\u00e9 plainte alors qu\u2019onl\u2019aurait inform\u00e9 ducontraire,et iln\u2019aurait paspuse rendre compte quele son etlesimages ont \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9s, de sorte queles faits lui reproch\u00e9s dans la citationla citation \u00e0pr\u00e9venu,ne pourraient lui \u00eatre imput\u00e9s. IV) En droit A)Quant \u00e0 la qualit\u00e9 de collaborateur des pr\u00e9venus Le Minist\u00e8re Public recherche la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des pr\u00e9venusenleur qualit\u00e9 de collaborateurd\u2019un m\u00e9dia au sens loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias.<\/p>\n<p>39 Aux termes de l\u2019article 21 de la pr\u00e9dite loi, la responsabilit\u00e9, civileou p\u00e9nale, pour toute faute commise par la voie d\u2019un m\u00e9dia incombe au collaborateur, s\u2019il est connu, \u00e0 d\u00e9faut \u00e0 l\u2019\u00e9diteur et \u00e0 d\u00e9faut au diffuseur. Ledit article reprend le principe de la responsabilit\u00e9 en cascade entre auteur et \u00e9diteur, tel qu\u2019il fut ant\u00e9rieurement inscrit \u00e0 l\u2019article 24 de la Constitution luxembourgeoise, r\u00e9gime que le l\u00e9gislateur a souhait\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 un r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 solidaire. La finalit\u00e9 recherch\u00e9e par le l\u00e9gislateur \u00e9tait d\u2019\u00e9viter\u00ab que toute action en responsabilit\u00e9 soit uniquement et exclusivement diligent\u00e9e \u00e0 l&#039;encontre de l&#039;\u00e9diteur responsable qui est en principe \u00e9conomiquement le plus fort\u00bb (documents parlementaires relatifs au projet de loi n\u00b0 4910\/11, page 8). L\u2019objectif de la loi \u00e9tait ainsi de permettre \u00e0 l\u2019\u00e9diteur de pouvoir responsabiliser les auteurs et journalistes pour les propos qu\u2019ils ont tenus, en les rendant identifiables. Etant donn\u00e9qu\u2019en l\u2019esp\u00e8cela responsabilit\u00e9 des pr\u00e9venus est recherch\u00e9e en leur qualit\u00e9 exclusive de collaborateur,il n\u2019y a que lieud\u2019analyser, sans aborder la question de la responsabilit\u00e9 en cascade,pour chaque pr\u00e9venu, s\u2019il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00abcollaborateur\u00bb du reportage du 3 octobre 2016 au sens de la loi pr\u00e9cit\u00e9e, alors que dans le cas contraire, les infractions de calomnie, diffamation, injures ou coups et blessures involontaires, ne pourront lui \u00eatre imput\u00e9es. Selon l\u2019article 3 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e est qualifi\u00e9 de collaborateur au sens de cette loi\u00abtoute personne,\u00ab journalisteprofessionnel\u00bb ou nonqui, aupr\u00e8s ou pour le compte d\u2019un \u00e9diteur, participe \u00e0 la collecte, l\u2019analyse, le commentaire et le traitement r\u00e9dactionnel d\u2019informations.\u00bb Les travaux parlementaires (doc. parl. N\u00b04910)retiennentce qui suit concernant la d\u00e9finition du collaborateur: \u00abIl s\u2019agit de l\u2019auteur, au sens de cr\u00e9ateur, du ou d\u2019une partie du contenu de la publication. Sa contribution se traduit par un travail intellectuel. Elle peut \u00eatre exprim\u00e9e sous forme de sons, d\u2019\u00e9crits, de dessins et\/ou d\u2019images et elle est fournie dansle but d\u2019\u00eatre mise \u00e0 la port\u00e9e du public, susceptible d\u2019\u00eatre int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 recevoir des informations. Le terme collaborateur d\u00e9signe la personne qui est \u00e0 l\u2019origine, seule ou avec d\u2019autres, de la conception et de la cr\u00e9ation du contenu d\u2019une partie de la publication diffus\u00e9e par un \u00e9diteur. Ne rentrent pas dans cette cat\u00e9gorie, les personnes qui, tout en \u00e9tant associ\u00e9es \u00e0 la gen\u00e8se d\u2019une publication, n\u2019accomplissent que des t\u00e2ches techniques ou mat\u00e9rielles ou n\u2019exercent que des activit\u00e9s de nature commerciale. Cette collaboration peut \u00eatre exerc\u00e9e \u00e0 titre d\u2019activit\u00e9 principale et permanente, ou \u00e0 titre d\u2019activit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re sans pour autant constituer l\u2019activit\u00e9 principale de la personne concern\u00e9e, et dans ces deux cas le collaborateur pourra revendiquer la qualit\u00e9 de journaliste. Elle peut \u00e9galement \u00eatre exerc\u00e9e d\u2019une fa\u00e7on temporaire, irr\u00e9guli\u00e8re, auquel cas celui qui est l\u2019auteur de l\u2019information n\u2019a pas la qualit\u00e9 de journaliste mais constitue n\u00e9anmoins un collaborateur de l\u2019\u00e9diteur. Ainsi, les personnes qui envoient des lettres de lecteur \u00e0 l\u2019\u00e9diteur ou ceux qui, d\u2019une mani\u00e8re sporadique et irr\u00e9guli\u00e8re, font des comptes rendus d\u2019\u00e9v\u00e8nements rel\u00e8vent de cette d\u00e9finition. La collaboration avec<\/p>\n<p>40 l\u2019\u00e9diteur peut entra\u00eener la conclusion d\u2019un contrat mais l\u2019existence d\u2019un contrat n\u2019est pas indispensable pour revendiquer la qualit\u00e9 de collaborateur. A la diff\u00e9rence de la notion de journaliste et d\u2019\u00e9diteur, celle de collaborateur ne fait pas appel au crit\u00e8re de la r\u00e9gularit\u00e9 de sorte qu\u2019une collaboration unique conf\u00e8red\u00e9j\u00e0 \u00e0 celui qui l\u2019invoque la qualit\u00e9 de collaborateur au sens de la loi pour la contribution dont il est l\u2019auteur. Le crit\u00e8re de r\u00e9gularit\u00e9 intervient toutefois indirectement dans la d\u00e9finition sous examen puisqu\u2019elle renvoie \u00e0 la notion de publication qui elle est li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9diteur.\u00bb C\u00f4t\u00e9 jurisprudence, il a encore \u00e9tait retenu qu\u2019\u00abest auteur celui qui, sous son nom,remet\u00e0 la presse l\u2019expressiond\u2019une opinion pour \u00eatre publi\u00e9e ou qui, de quelque autre mani\u00e8re, s\u2019attribue le r\u00f4le d\u2019auteur.\u00bb(arr\u00eatB\u00f6ni et consorts c\/ Metzler, trib f\u00e9d\u00e9ral suisse cit\u00e9 par Hoebeke: le droit de la presse),cit\u00e9parGastonVOGEL, le nouveau droit de la presse, \u00e9dition 2004, n\u00b0385. Il y a encore lieu de relever la d\u00e9finition des termesressortant del\u2019article 3 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e: -information:\u00abtout expos\u00e9 de faits, toute opinion ou id\u00e9e exprim\u00e9s sous quelque forme que ce soit\u00bb; -m\u00e9dia:\u00abtout moyen technique, corporel ou incorporel, utilis\u00e9 en vue d\u2019une publication\u00bb; -\u00e9diteur:\u00abtoute personne physique ou morale qui, \u00e0 titre d\u2019activit\u00e9 principale ou r\u00e9guli\u00e8re, con\u00e7oit et structure une publication, en assume la direction \u00e9ditoriale, d\u00e9cide de la mettre \u00e0 la disposition du public en g\u00e9n\u00e9ral ou de cat\u00e9gories de publics par la voied\u2019un m\u00e9dia et ordonne \u00e0 cette fin sa reproduction ou multiplication\u00bb; -diffuseur: \u00abtoute personne qui, pour son compte ou pour le compte d\u2019autrui, proc\u00e8de \u00e0 la diffusion et la distribution, sous quelque forme que ce soit, d\u2019une publication. Rentrent notamment dans cette d\u00e9finition les prestataires interm\u00e9diaires vis\u00e9s aux articles 60 \u00e0 62 de la loi modifi\u00e9e du 14 ao\u00fbt 2000 relative au commerce \u00e9lectronique\u00bb 1)Quant \u00e0PERSONNE2.) PERSONNE2.)n\u2019a jamais contest\u00e9 sa qualit\u00e9 de collaborateurdu reportage litigieuxau sens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias. Au contraire, tant aupr\u00e8s du juge d\u2019instruction qu\u2019\u00e0 l\u2019audience publique, il a reconnu express\u00e9ment cette qualit\u00e9. Cependant ni la d\u00e9claration, ni l\u2019aveu de la personne d\u00e9sign\u00e9e comme auteur ne constituent une preuve d\u00e9cisive; en l\u2019absence d\u2019une pareille preuve le juge doit se baser sur lespr\u00e9somptionsfournies par les d\u00e9bats. (C.A. Lux, 24.05.1913, Pas 9, p.330). En l\u2019esp\u00e8ce les aveux du pr\u00e9venu sont enco re corrobor\u00e9s par les d\u00e9clarations dePERSONNE15.)aupr\u00e8s de la police, desquelles il ressort qu\u2019elle a proc\u00e9d\u00e9 au montage du reportage ensemble avecPERSONNE2.), qui lui aurait donn\u00e9 les instructionscommentassembler le reportage, ainsi<\/p>\n<p>41 que par celles de Ma\u00eetre Pol URBANY, qui est formel pour dire que PERSONNE2.)a r\u00e9alis\u00e9 le montage du reportage. A ceci il vient s\u2019ajouter que le reportage du 3 octobre 2016 est accompagn\u00e9 dela voix-off dePERSONNE2.)et que ce dernier m\u00e8ne l\u2019interview avec Ma\u00eetre Pol URBANYy figurant. De plus il ressort des \u00e9l\u00e9ments ci-dessus et notamment des d\u00e9clarations de PERSONNE1.)et des images du reportage lui-m\u00eame, quePERSONNE2.)a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la collecte d\u2019informations en recueillant le certificat m\u00e9dical de PERSONNE1.). Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, il est donc incontestable que PERSONNE2.)est l\u2019auteur principal du reportage du 3 octobre 2016etqu\u2019il est\u00e0 l\u2019origine de la conception et de la cr\u00e9ation du contenu d\u2019une partie de la publication diffus\u00e9eet qu\u2019il a proc\u00e9d\u00e9, pour le compte d\u2019un \u00e9diteur,\u00e0 la collecte, l\u2019analyse, le commentaire et le traitement r\u00e9dactionnel d\u2019informations en relation avec ce reportage, de sorte qu\u2019il est \u00e0 consid\u00e9rer comme collaborateur au sens de la loi pr\u00e9cit\u00e9e. 2)Quant\u00e0PERSONNE1.) Ma\u00eetre VOGEL a contest\u00e9 la qualit\u00e9 de collaborateur dans le chef de PERSONNE1.). Au vu des contestations de la d\u00e9fense, il y a lieu d\u2019analyser le r\u00f4le qu\u2019a jou\u00e9 PERSONNE1.)dans la cr\u00e9ation du reportage du 3 octobre 2016. En premier lieu, il y a lieureleverqu\u2019il n\u2019est pas \u00e9tabli quePERSONNE1.)a r\u00e9alis\u00e9 le montage du reportage du 3 octobre 2016. En effet,m\u00eame si dans un premier tempsPERSONNE2.)avait d\u00e9clar\u00e9 aupr\u00e8s du juge d\u2019instruction quePERSONNE1.)avait pendant un certain tempsactivement particip\u00e9 au montage du reportage du 3 octobre 2016, il a nuanc\u00e9 ses propos \u00e0 l\u2019audience en d\u00e9clarant qu\u2019elle \u00e9tait certes une fois rentr\u00e9e bri\u00e8vement dans la salle de montage, mais sans participer activement au montage. A ceci il vient s\u2019ajouter que le t\u00e9moinPERSONNE15.), l\u2019assistante technique ayant r\u00e9alis\u00e9 le montage avecPERSONNE2.), \u00e9tait formelle pour dire lors de ses deux auditions aupr\u00e8s de la police quePERSONNE1.)n\u2019a pas particip\u00e9 au montage du reportage du 3 octobre 2016. De plusPERSONNE4.)a d\u00e9clar\u00e9 aupr\u00e8s du juge d\u2019instruction que d\u2019apr\u00e8s lui,c\u2019\u00e9taitPERSONNE2.)quiar\u00e9alis\u00e9 le montage du reportage du 3 octobre 2016. Ensemble les contestations dePERSONNE1.)sur ce point, il y a lieu de retenir qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9tabli quePERSONNE1.)a particip\u00e9 au montage du reportage litigieux. M\u00eame siPERSONNE1.)n\u2019a pas particip\u00e9 au montage du reportage et qu\u2019elle ne figure le cas \u00e9ch\u00e9ant pas sur la liste des collaborateurs ayant contribu\u00e9 au reportage comme le soutient son mandataire, toujours est-il qu\u2019en<\/p>\n<p>42 visualisant les images du reportage du 3 octobre 2016, on constate ce qui suit: -une partie de l\u2019interview d\u2019PERSONNE5.)men\u00e9 parPERSONNE1.) figure dans le reportage et la voix-off dePERSONNE2.)pr\u00e9cise express\u00e9ment quePERSONNE1.), quiappara\u00eet \u00e9galement \u00e0 l\u2019image, l\u2019a men\u00e9e. -on entend la voix dePERSONNE1.)lorsqu\u2019elle pose les questions \u00e0 PERSONNE5.) -on aper\u00e7oit une photographie du brasentour\u00e9 d\u2019un bandagede PERSONNE1.), de son certificat m\u00e9dical, et de son certificat d\u2019incapacit\u00e9 detravail -PERSONNE1.)est film\u00e9e \u00e0 plusieursreprisesavec son brasentour\u00e9 d\u2019un bandage -la voix-off dePERSONNE2.)explique quePERSONNE1.)consid\u00e8re le geste d\u2019PERSONNE5.)comme une attaque et une intimidation,et qu\u2019elle a charg\u00e9 un avocat de la d\u00e9fensede ses int\u00e9r\u00eats De ces constatations le Tribunal tire les conclusions suivantes: Tout d\u2019abord, au vu des pr\u00e9dites images, ensemble les d\u00e9clarations de PERSONNE2.)etPERSONNE1.)elle-m\u00eame, il est \u00e9tabli quePERSONNE1.) a mis \u00e0 disposition \u00e0PERSONNE2.), l\u2019auteur principal du reportage, son certificat m\u00e9dical, son certificat d\u2019incapacit\u00e9 de travail et une photographie de sonbrasentour\u00e9 d\u2019un bandage. De plus elle a remis \u00e0 un journaliste (PERSONNE2.)) des informations et l\u2019expression d\u2019une opinion pour\u00eatre publi\u00e9e, alors qu\u2019elle fait dire par la voix- off dePERSONNE2.)qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e et intimid\u00e9e. En ce faisantPERSONNE1.)a particip\u00e9 \u00e0 la collecte, au commentaire et \u00e0 l\u2019analysed\u2019informations au sens de l\u2019article 3 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e. En effet conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9finition donn\u00e9e par cette loi, l\u2019information peut constituer \u00abtout expos\u00e9 de faits\u00bb et dans le commentaire des articles repris dans les travaux parlementaires, il estpr\u00e9cis\u00e9 que \u00abni le mode ou la forme d\u2019expression employ\u00e9, ni la valeur en soi de l\u2019information pour le public ou l\u2019int\u00e9r\u00eat du public pour celle-ci n\u2019est prise en compte \u00bb (trav. parl. 4910\/00, p. 27).Or en montrant le certificat m\u00e9dical, le bandage et lecertificat d\u2019incapacit\u00e9, l\u2019auteur principal du reportage a voulu expliquer au public que le geste d\u2019PERSONNE5.)a caus\u00e9 \u00e0PERSONNE1.)une blessure ayant engendr\u00e9 une incapacit\u00e9 de travail, ce qui constitue un expos\u00e9 de faits. En mettant \u00e0 disposition de l\u2019auteur principal du reportage ces objets, pourtant tr\u00e8s personnels que ce dernier n\u2019aurait pas pu obtenir sans elle, PERSONNE1.)a permis de soutenir le r\u00e9cit de l\u2019auteur par des \u00e9l\u00e9ments de preuve objectifs, le rendant plus cr\u00e9dible pour le public. Ainsielle a incontestablement particip\u00e9 \u00e0 la collecte d\u2019informations au sens de l\u2019article 3. Le Tribunal est encore d\u2019avis que le fait d\u2019accepter de se faire filmer pour les besoins du reportage, constitue \u00e9galement une participation \u00e0 la collecte d\u2019informations.<\/p>\n<p>43 De plus,par le faitquePERSONNE2.)relate dans le reportage que PERSONNE1.)consid\u00e9raitle geste d\u2019PERSONNE5.)comme une attaque et uneintimidation,ce qu\u2019il n\u2019aurait pu faire sans l\u2019accord dePERSONNE1.)et sans qu\u2019elle ne lui ait fait part de mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e cette opinion pour qu\u2019elle soit publi\u00e9e,PERSONNE1.)a particip\u00e9 au commentaire et \u00e0 l\u2019analysede l\u2019information. En fin de compte PERSONNE1.) a remis ainsi \u00e0 un journaliste (PERSONNE2.)) des informations et l\u2019expression d\u2019une opinion pour \u00eatre publi\u00e9e, ce qui lui conf\u00e8re la qualit\u00e9 de collaborateur, conform\u00e9ment au texte et \u00e0 la jurisprudence pr\u00e9cit\u00e9s. Ellepeut d\u00e8s lors \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme collaborateur au sens de la loi pr\u00e9cit\u00e9e, alors que deplus elle l\u2019a fait aupr\u00e8s ou pour le compte d\u2019un \u00e9diteur, comme le requiert l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9. Il \u00e9chetencorerelever que dans soninterrogatoire du 20 d\u00e9cembre 2018, PERSONNE18.), le CEO de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.)S.A.qui \u00e9tait \u00e9galement inculp\u00e9e, a d\u00e9clar\u00e9 quePERSONNE2.)etPERSONNE1.)ont travaill\u00e9 sur les reportagesdes19, 20 et3 octobre 2016, ce quiconstitueun indice suppl\u00e9mentaire selon lequelPERSONNE1.)a activement particip\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation du reportage du 3 octobre 2016. La participation dePERSONNE1.)\u00e0 la r\u00e9alisation du reportage ne se limite cependant pas \u00e0 la mise \u00e0 disposition de ces \u00e9l\u00e9ments. En effet le Tribunal est d\u2019avis quePERSONNE1.)estcarr\u00e9ment\u00e0 l\u2019initiative du reportage. Il ressort des d\u00e9veloppements ci-dessus et notamment des d\u00e9clarations des t\u00e9moinsPERSONNE8.)etPERSONNE7.), quePERSONNE1.)voulait int\u00e9grer l\u2019incident d\u00e9j\u00e0 dans son reportage du 20 septembre 2016. Suite \u00e0 l\u2019opposition dePERSONNE3.),PERSONNE8.)etPERSONNE7.)sur ce point, le reportage du 20 septembre 2016 n\u2019a finalement pas fait \u00e9tat de l\u2019incident litigieux. Sur cePERSONNE1.)est all\u00e9evoir le 26 septembre 2016PERSONNE4.), o\u00f9 ellelui relate, d\u2019apr\u00e8s les d\u00e9clarations d\u2019PERSONNE4.), qu\u2019elle avait tourn\u00e9 un reportage avecPERSONNE5.)et que deux collaborateurs de MEDIA2.), \u00e0 savoirPERSONNE8.)etPERSONNE7.), seraient intervenus aupr\u00e8s de l\u2019\u00e9quipe de l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb pour que le reportage ne soit pas diffus\u00e9, du moins pas en la forme comme elle le pr\u00e9conisait. A l\u2019issu de la r\u00e9union subs\u00e9quente il a \u00e9t\u00e9 retenu que l\u2019incident allait \u00eatre diffus\u00e9 si PERSONNE1.)portait plainte. Le Tribunal d\u00e9duit de ce d\u00e9roulement des faits que c \u2019est surtout PERSONNE1.)qui voulait que l\u2019incident soit port\u00e9 \u00e0 la connaissance du public. NaturellementPERSONNE2.)\u00e9tait \u00e9galement, au vu de la nature de l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb, int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 montrer l\u2019incident, mais sans l\u2019accord dePERSONNE1.)et surtout sans sa volont\u00e9 de le montrer, il est peu probable qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9. Ceci devient d\u2019autant plus \u00e9vident lorsquela voix off dePERSONNE2.)explique au public quePERSONNE1.)consid\u00e8re<\/p>\n<p>44 le geste d\u2019PERSONNE5.)comme une attaque sur sa personne et une intimidation, donc exprimant une opinion personnelle dePERSONNE1.), ce qu\u2019il n\u2019aurait jamais pu faire sans son accord. A ce sujet il y a \u00e9galement lieu de rappeler la r\u00e9ponse dePERSONNE2.)\u00e0 la question du juge d\u2019instruction de savoir qui a eu l\u2019id\u00e9e d\u2019affirmer dans le reportage litigieux quePERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e parPERSONNE5.): \u00abMadamePERSONNE1.)a assist\u00e9 au montage et elle a dit qu\u2019elle avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e\u00bb, dont on peut d\u00e9duire qu\u2019il voulait dire que c\u2019estPERSONNE1.)qui en avait l\u2019id\u00e9e. A ceci il vient s\u2019ajouter que le reportage du 3 octobre 2016 \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 une continuation des deux reportages des 19 et 20 septembre 2016 qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s parPERSONNE2.)etparPERSONNE1.), comme cette derni\u00e8re le reconna\u00eet elle-m\u00eame. Il para\u00eet donc inconcevable qu\u2019elle n\u2019ait pas particip\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre \u00e0 la r\u00e9alisation dureportage du 3 octobre 2016,qui constitue la suite de son propre reportage. Finalement il y a lieu de rappeler quePERSONNE1.)etPERSONNE2.) formaientd\u2019apr\u00e8s leurspropresdires\u00e0 eux seuls l\u2019\u00e9quipe de journalistes de l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb, dans le cadre de laquelle le reportage du 3 octobre 2016 a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9. Tous ces\u00e9l\u00e9ments \u00e9tablissent \u00e0 suffisance quePERSONNE1.)a particip\u00e9 activement \u00e0 la cr\u00e9ation intellectuelle, du moins d\u2019une partie, du reportage du 3 octobre 2016. Or il y a lieu de rappeler que dans l\u2019esprit desr\u00e9dacteursde la loi de 2004, le collaborateur est\u00abl\u2019auteur, au sens de cr\u00e9ateur, du oud\u2019une partie du contenude la publication. Sa contribution se traduit par un travail intellectuel. Au vude tous lesd\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, le Tribunal retient que PERSONNE1.)est \u00e0 consid\u00e9rer comme \u00abcollaborateur\u00bb du reportage du 3 octobre 2016 au sens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias. 3)Quant \u00e0PERSONNE3.) Quant \u00e0 la personne dePERSONNE3.), le Tribunal tient d\u2019embl\u00e9e \u00e0 rappeler que la responsabilit\u00e9 dePERSONNE3.)n\u2019est pasrecherch\u00e9een tant qu\u2019\u00e9diteur, mais en tant que collaborateur. Ainsi il y a lieu d\u2019analyser sur base des m\u00eames crit\u00e8res qu\u2019\u00e9nonc\u00e9s ci-dessus, s\u2019il a pris la qualit\u00e9 de collaborateur du reportage du 3 octobre 2016 ausens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias. A ce sujet le Tribunal tient \u00e0 relever qu\u2019il ressort des d\u00e9clarations de PERSONNE8.)etPERSONNE7.)aupr\u00e8s de la police et \u00e0 l\u2019audience publique, qu\u2019il a toujours \u00e9t\u00e9,\u00e0 chaque stadede l\u2019affaire, contre la diffusion de l\u2019incident. Ainsi il ressort\u00e9galementde leurs d\u00e9clarations etdecelles de PERSONNE1.)qu\u2019il s\u2019est oppos\u00e9, en tant que responsable du \u00abMEDIA5.)\u00bb dont faisait partie l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb, \u00e0 la diffusion du reportage du 20 septembre 2016 tant qu\u2019il contenait l\u2019incidentlitigieux.<\/p>\n<p>45 De plus on peut d\u00e9duire desd\u00e9clarationsdePERSONNE15.) et de PERSONNE2.), quePERSONNE3.)n\u2019a pas particip\u00e9 au montage du reportage. Au vu de ces \u00e9l\u00e9ments, le Tribunal accorde cr\u00e9dit aux d\u00e9clarations de PERSONNE3.)lorsqu\u2019il d\u00e9clare avoir \u00e9t\u00e9 court-circuit\u00e9 dans la pr\u00e9paration du reportage et dans la prise de d\u00e9cision finalede diffuserl\u2019incident, etqu\u2019il n\u2019avait vu le reportagequ\u2019uneheure etdemieavant sa diffusion. En effet il para\u00eet logiquequeles auteurs du reportage ne voulaient pas int\u00e9grer unepersonnedontilssavaient qu\u2019elle \u00e9tait fondamentalement contre son contenu, au processus de cr\u00e9ation et d\u2019assemblage d\u2019un reportage. En tout \u00e9tat de causeet au vu desd\u00e9veloppements ci-dessus, il n\u2019est \u00e9tabli par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier r\u00e9pressif et non plus par l\u2019instruction \u00e0 l\u2019audience, quePERSONNE3.)a activement particip\u00e9 \u00e0 la collecte, l\u2019analyse, le commentaire ou le traitement r\u00e9dactionnel d\u2019informations en relation avec le reportage du 3 octobre 2016,de sorte qu\u2019il n\u2019est pas \u00e0 consid\u00e9rer comme collaborateurau sens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias. Partant les infractions de calomnie, diffamation, d\u2019injuresetdecoups et blessures involontaires, qui d\u2019apr\u00e8s le r\u00e9quisitoire trouvent leur origine dans le reportage du 3 octobre 2016, ne peuvent lui \u00eatre imput\u00e9es,\u00e9tantdonn\u00e9 qu\u2019aux termes de l\u2019article 21 de la pr\u00e9dite loi, la responsabilit\u00e9 p\u00e9naledela faute commise par la voie d\u2019un m\u00e9dia incombe au collaborateur,s\u2019il est connu. PERSONNE3.)est partant \u00e0 acquitterde toutes lesinfractions lui reproch\u00e9es. 4)Quant \u00e0PERSONNE4.) ConcernantPERSONNE4.), il y a tout d\u2019abord lieu de constater qu\u2019il ressort des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif et de l\u2019instruction \u00e0 l\u2019audience, qu\u2019avant la r\u00e9union du 26 septembre2016ettout de suiteapr\u00e8s, jusqu\u2019\u00e0 la diffusion du 3 octobre 2016, il se trouvait en vacances\u00e0l\u2019\u00e9tranger. Ce premier \u00e9l\u00e9ment constitue d\u00e9j\u00e0 un indice selon lequel il a difficilement pu activement participer \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du contenu du reportage du 3 octobre 2016. Ensuite le Tribunal constate, \u00e0 l\u2019instar des d\u00e9veloppements relatifs \u00e0 PERSONNE3.),qu\u2019on peut d\u00e9duire des d\u00e9clarations dePERSONNE15.)et dePERSONNE2.),qu\u2019PERSONNE4.)n\u2019a pas particip\u00e9 au montage du reportage. Il y a \u00e9galement lieu de rappeler les d\u00e9clarations dePERSONNE2.)selon lesquelles il n\u2019a pas montr\u00e9 le reportage \u00e0PERSONNE4.)avant sa diffusion du 3 octobre 2016. De plus il y a lieu derem\u00e9morerles fonctionsPERSONNE4.)au moment des faits. En tant que CEO deMEDIA2.), il n\u2019avait pas vocation \u00e0 s\u2019immiscer dans le contenu desreportages, alors que cette fonction incombait tout au plus auxr\u00e9dacteurs en chef. M\u00eame siPERSONNE8.)etPERSONNE7.)ont d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il a souvent outrepass\u00e9 les d\u00e9cisions des journalistes, prenant<\/p>\n<p>46 ainsi influence sur le contenu diffus\u00e9, on ne peut en d\u00e9duire, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments concrets, que tel a\u00e9galement\u00e9t\u00e9 le cas en l\u2019esp\u00e8ce. Au vu de l\u2019ensemble du dossier r\u00e9pressif et de l\u2019instruction men\u00e9e \u00e0 l\u2019audience, il appert que le seul r\u00f4le jou\u00e9 parPERSONNE4.)en relation avec le reportage du 3 octobre 2016, \u00e9tait d\u2019avoir initi\u00e9 la r\u00e9union du 26 septembre 2016 \u00e0 la fin de laquelle il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9, sur sa proposition, qu\u2019un reportage au sujet de l\u2019incident allait \u00eatre diffus\u00e9 pour le cas o\u00f9PERSONNE1.) d\u00e9poserait plainte. Or il y a lieu de relever que la question de la d\u00e9cision de diffusion est \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la d\u00e9finition du collaborateurdonn\u00e9e par la loi pr\u00e9cit\u00e9e. Ainsi si sa responsabilit\u00e9 avait le cas \u00e9ch\u00e9ant pu \u00eatre recherch\u00e9e en tant qu\u2019\u00e9diteur ou diffuseur, tel n\u2019\u00e9tait plus le cas \u00e0 partir du moment o\u00f9 le collaborateur\u00e9tait connu, au vu du principe de la responsabilit\u00e9 en cascade. En tout \u00e9tat de cause, il n\u2019est pas \u00e9tabli \u00e0 suffisance de droit qu\u2019PERSONNE4.)est intervenu dans la conception ou la cr\u00e9ation du reportage du 3 octobre 2016, ni moins qu\u2019il a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la collecte, \u00e0 l\u2019analyse, au commentaire ou au traitement r\u00e9dactionneldes informations contenues dans leditreportage. Il ne saurait partant pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme collaborateur au sens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias, desorte qu\u2019il est \u00e0 acquitter de toutes lesinfractions lui reproch\u00e9es. B)Quant aux infractions reproch\u00e9es auxpr\u00e9venusPERSONNE2.)et PERSONNE1.) 1)Quantaux infractionsde calomnieet diffamation Le Minist\u00e8re Public reprochedans son r\u00e9quisitoire aux pr\u00e9venus, sous forme de tirets, cinq faits r\u00e9sultant du reportage, qui constitueraient les infractions de calomnie sinon diffamation. Il y a lieu d\u2019analyser tout d\u2019abord si ces faits sont effectivement \u00e9tablis et ensuite si, pourchacun des faits litigieux, les \u00e9l\u00e9ments constitutifs des infractions de calomnie ou diffamation sont donn\u00e9s. a) quant \u00e0 la dissociation des images et du son,de la coupure brutale de l\u2019interviewet de l\u2019absence de mention d\u2019excuses Le Minist\u00e8re Public reproche aux pr\u00e9venus danssespremier et deuxi\u00e8me tiretsles faits suivants: -\u00aben ce qui concerne le montage, il y a eu une dissociation des images et du son, une trentaine de secondes ayant \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es, ce qui a eu pour effet d\u2019accoler les deux phrases \u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro. Dat do ass dach eng Sauerei\u00bb de sorte \u00e0 donner l\u2019impression que Monsieur PERSONNE5.) qualifie les questions de MadamePERSONNE1.) de \u00abSauerei\u00bb, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019a pas prononc\u00e9 ces deux phrases ensemble, et que la coupure brutale de l\u2019interview d\u00e9sinformait le public qu\u2019PERSONNE5.), a repris l\u2019interview de fa\u00e7on calme apr\u00e8s l\u2019incident pour r\u00e9pondre encore pendant 6 minutes et 30 secondes aux questions de PERSONNE1.).\u00bb<\/p>\n<p>47 -\u00ables excuses d\u2019PERSONNE5.)ne sont pas mentionn\u00e9es,PERSONNE5.) s\u2019\u00e9tant en effet excus\u00e9 aupr\u00e8s dePERSONNE1.)\u00e0 la fin de la deuxi\u00e8me partie de l\u2019interview\u00bb. En comparant les images brutes de l\u2019interview \u00e0 celles du reportage diffus\u00e9 le 3 octobre 2016, le Tribunal constate effectivement que dans le cadre du montage du reportage du 3 octobre 2016, les auteurs ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une dissociation de la bande vid\u00e9o et de la bande audio. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, concernant la bande audio, ils ont accol\u00e9 les deux phrases prononc\u00e9es parPERSONNE5.)lors de l\u2019interview\u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro. Dat do ass dach eng Sauerei\u00bb,alors que ces deux phrases n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es parPERSONNE5.)de fa\u00e7on cons\u00e9cutive et surtout pas dans le contexte tel que sugg\u00e9r\u00e9 par les images montr\u00e9es en parall\u00e8le. En effet en visualisant le reportage, on a l\u2019impression quePERSONNE5.) r\u00e9pond \u00e0la question dePERSONNE1.)(\u00abwat gef\u00e4lltIech dann net un hire Biller?\u00bb), par les mots:\u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro. Dat do ass dach eng Sauerei\u00bb. Or force est de constater que sur le mat\u00e9riel brut, il s\u2019av\u00e8re qu\u2019PERSONNE5.) n\u2019a prononc\u00e9 ses mots \u00abDat do ass dach eng Sauerei\u00bbque 31 secondes apr\u00e8s la question dePERSONNE1.)et 29 secondes apr\u00e8s sa propre phrase \u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro(\u2026)\u00bb, qui \u00e9tait la v\u00e9ritable r\u00e9ponse\u00e0 la pr\u00e9ditequestion dePERSONNE1.). L\u2019expression \u00abDat do ass dach eng Sauerei\u00bbqui intervient 30 secondes apr\u00e8s quePERSONNE5.)etPERSONNE1.)ont d\u00e9battu derri\u00e8re la cam\u00e9ra sur la qualit\u00e9 des questions pos\u00e9es,se rapporte visiblement \u00e0 la fa\u00e7ondont PERSONNE1.)a men\u00e9 l\u2019interview en g\u00e9n\u00e9ral et non \u00e0 une question pr\u00e9cise. De m\u00eame concernant la bande vid\u00e9o, les auteurs ont sorti les trentainesde secondes du reportage et accol\u00e9 les images pr\u00e9c\u00e9dant et suivant ces 30 secondes sans montrer de fa\u00e7on perceptible au t\u00e9l\u00e9spectateur qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un d\u00e9roulement d\u2019\u00e9v\u00e9nements continu,la seconde s\u00e9parant les deux s\u00e9quences n\u2019\u00e9tant pas suffisante \u00e0 cet \u00e9gard. Ainsi on a l\u2019impression que suite \u00e0 la question pos\u00e9e parPERSONNE1.), \u00abWat gef\u00e4llt Iech dann net un hire Biller?\u00bb,PERSONNE5.)r\u00e9pond \u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro. Dat do ass dach eng Sauerei\u00bbavant dese diriger, visiblement furieux, d\u2019un pas d\u00e9cid\u00e9, vers l\u2019entr\u00e9e du MUDAM, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9PERSONNE5.)ne s\u2019est pas tout de suite dirig\u00e9 vers l\u2019entr\u00e9e du MUDAM, mais pendant ces trentaines de secondes qui ne figurent pas dans le reportage,PERSONNE5.)est sorti du champvisuelde la cam\u00e9ra et parall\u00e8lement un dialogue s\u2019est instaur\u00e9 entre ce dernier etPERSONNE1.), sur la qualit\u00e9 des questions pos\u00e9es par cette derni\u00e8re, jusqu\u2019\u00e0 ce que PERSONNE5.)en a marre et dit \u00abDatdo ass dach eng Sauerei\u00bb,avant de se diriger, visiblement furieux, d\u2019un pas d\u00e9cid\u00e9, vers l\u2019entr\u00e9e du MUDAM. Ceconstatde la dissociation de la bande sonore et de la bande vid\u00e9oest encore confirm\u00e9 par les conclusions ducommissaire dugouvernement adjointPERSONNE14.)dans son rapport du 23 novembre 2016, par la<\/p>\n<p>48 d\u00e9cision de l\u2019ALIAdu 12 janvier 2017, qui retient qu\u2019il y a eu manipulation de l\u2019image et du son avec pour r\u00e9sultat de cr\u00e9er l\u2019apparence d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 inexistante alors qu\u2019il serait \u00e9tabli d\u2019une part que le reportage supprime une trentaine de secondes sans clairement marquer par un moyen appropri\u00e9 que les images montr\u00e9es ne se succ\u00e9daient en r\u00e9alit\u00e9 pas et, d\u2019autre part, accole deux phrases prononc\u00e9es originairement \u00e0 trente secondes d\u2019intervalle pour en faire une affirmation unique, parle conseil de presse dans sa d\u00e9cision du 4 avril 2017,et par l\u2019enqu\u00eateurPERSONNE6.)danssondernier rapport du 2 d\u00e9cembre 2019. De m\u00eame on s\u2019aper\u00e7oit, en visualisant le mat\u00e9riel brut, qu\u2019apr\u00e8s l\u2019incident, l\u2019interview a encore repris normalement pendant plusieurs minutes, au cours desquellesPERSONNE5.)r\u00e9pond de fa\u00e7on calme aux questions pos\u00e9es, et qu\u2019\u00e0 la finPERSONNE5.)s\u2019excuse pour avoir perdu son sang-froid. Or dans le reportage diffus\u00e9 le 3 octobre2016, la s\u00e9quence relative \u00e0 l\u2019interview s\u2019arr\u00eate tout juste apr\u00e8s l\u2019incident, de sorte qu\u2019on a l\u2019impression quePERSONNE5.)a mis d\u00e9finitivement fin \u00e0 l\u2019interview. Deplus ses excuses ne sont pas mentionn\u00e9es. Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, la mat\u00e9rialit\u00e9 des faits reproch\u00e9s aux pr\u00e9venus est \u00e9tablie. Se pose encore la question si ces faits constituent une infraction p\u00e9nale et plus pr\u00e9cis\u00e9ment s\u2019ils sont susceptibles de recevoir la qualification de calomnie ou diffamation. Etant donn\u00e9 que lesinfractions de calomnie et diffamation ne diff\u00e8rent, en ce qui concerne les \u00e9l\u00e9ments constitutifs, que sur un point, elles seront analys\u00e9es en m\u00eame temps. Aux termes de l\u2019article 443 du Code p\u00e9nal,\u00ab celui qui, dans les cas indiqu\u00e9s dans le pr\u00e9sent article, a m\u00e9chamment imput\u00e9 \u00e0 une personne un fait pr\u00e9cis qui est de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur de cette personne ou \u00e0 l\u2019exposer au m\u00e9pris public, est coupable de calomnie, si, dans les cas o\u00f9 la loi admet la preuve l\u00e9gale du fait, cette preuve n\u2019estpas rapport\u00e9e. Il est coupable de diffamation, si la loi n\u2019admet pas cette preuve \u00bb. Les d\u00e9lits de diffamation et de calomnie consistent tous les deux dans le fait d\u2019imputer m\u00e9chamment \u00e0 une personne d\u00e9termin\u00e9e, dans les conditions de publicit\u00e9 indiqu\u00e9es par la loi, un fait pr\u00e9cis dont la preuve l\u00e9gale n\u2019est pas rapport\u00e9e et qui est de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur de cette personne et \u00e0 l\u2019exposer au m\u00e9pris public. L\u2019existence des d\u00e9lits de calomnie, respectivement de diffamation, suppose la r\u00e9union de plusieurs conditions, \u00e0 savoir: 1) l\u2019articulation d\u2019un fait pr\u00e9cis 2) l\u2019imputation de ce fait \u00e0 une personne d\u00e9termin\u00e9e 3) un fait de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur d\u2019une personne ou de l\u2019exposer au m\u00e9pris public<\/p>\n<p>49 4) la publicit\u00e9 de l\u2019imputation dans les conditions de l\u2019article 444 du Code p\u00e9nal 5) l\u2019intention m\u00e9chante 6)pour la calomnie: l\u2019imputation d\u2019un fait dont la loi autorise ou permet la preuve, mais pour lequel cette preuve n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e ; 7) pour la diffamation: l\u2019imputation d\u2019un acte de la vie priv\u00e9e ou professionnelle qui ne constitue pas une infraction et dont il est interdit ou impossible de rapporter la preuve (Marchal et Jaspar, Code p\u00e9nal sp\u00e9cial, nos 1108 et suiv, R\u00e9pertoire Pratique de Droit Belge, v\u00b0 Diffamation, Calomnie, Divulgation m\u00e9chante, n\u00b07 p. 765). Quant \u00e0 l\u2019imputation d\u2019un fait pr\u00e9cis \u00e0une personne d\u00e9termin\u00e9e Imputer un fait \u00e0 une personne, c\u2019est mettre ce fait sur le compte de cette personne, c\u2019est le lui attribuer, c\u2019est qu\u2019elle en est l\u2019auteur. On peut dire qu\u2019il y a imputation d\u2019un fait d\u00e8s que celui-ci est articul\u00e9 de fa\u00e7on \u00e0 fairecroire que l\u2019auteur de l\u2019imputation a voulu l\u2019attribuer, m\u00eame dans son opinion toute personnelle, \u00e0 la personne du plaignant. Il n\u2019y aura pas imputation lorsque cette attribution ne r\u00e9sulte pas n\u00e9cessairement des propos tenus (Novelles, Droit p\u00e9nal, t. IV, n\u00b0 7146). L\u2019imputation indirecte est punie tout comme l\u2019imputation directe ; il suffit qu\u2019il r\u00e9sulte de l\u2019ensemble des propos et des circonstances de la cause que l\u2019imputation existe (R.P.D.B., loc. cit. no 19 et les r\u00e9f\u00e9rences y cit\u00e9es). Pour que les infractions de calomnie ou de diffamation soient \u00e9tablies \u00e0 l\u2019\u00e9gard du pr\u00e9venu, l\u2019imputation d\u2019un fait pr\u00e9cis doit \u00eatre \u00e9tablie. On dit d\u2019un fait qu\u2019il est pr\u00e9cis, lorsque sa v\u00e9racit\u00e9 ou sa fausset\u00e9 peut faire l\u2019objet d\u2019une preuve directe, respectivement d\u2019une preuve contraire (Nypels et Servais, p. 445, no 2). Il faut cependant admettre en ce qui concerne le degr\u00e9 de pr\u00e9cision exig\u00e9, qu\u2019il n\u2019est \u00e9videmment pas besoin de donner des d\u00e9tails au fait pr\u00e9cis imput\u00e9. Il suffit que l\u2019allusion soit claire pour lespersonnes auxquelles elle est destin\u00e9e. L\u2019imputation d\u2019un fait vague et ind\u00e9termin\u00e9, bien que r\u00e9unissant tous les autres caract\u00e8res constitutifs de la calomnie, ne la constitue n\u00e9anmoins pas si le fait imput\u00e9 n\u2019est pas d\u00e9termin\u00e9: l\u2019imputation d\u2019un fait,pour constituer le d\u00e9lit de calomnie, doit avoir un caract\u00e8re de pr\u00e9cision tel, que, dans le cas o\u00f9 la loi admet le pr\u00e9venu \u00e0 la preuve du fait, sa v\u00e9racit\u00e9 ou sa fausset\u00e9 puissent \u00eatre l\u2019objet d\u2019une preuve directe et contraire (Novelles, Droit p\u00e9nal, t. IV, n\u00b0 7170). Il est admis que le fait pr\u00e9cis sera souvent le r\u00e9sultat de simples allusions ou d\u2019insinuations, de propos plus ou moins ambigus. Une phrase ou une expression ne peut par ailleurs \u00eatre arbitrairement isol\u00e9e du contexte. Les propos doivent \u00eatre envisag\u00e9s dans leur ensemble comme un tout indivisible (Dalloz, verbo Diffamation, no 29 et ss). Le point de savoir si un fait est suffisamment pr\u00e9cis rel\u00e8ve de l\u2019appr\u00e9ciation souveraine du juge du fond.<\/p>\n<p>50 Par ailleurs, le degr\u00e9 de pr\u00e9cision requis du fait imput\u00e9 doit r\u00e9sulter des termes m\u00eame employ\u00e9s et ne peut r\u00e9sulter d\u2019explications et d\u2019\u00e9claircissements fournis ult\u00e9rieurement afin de placerles propos dans un contexte pr\u00e9cis et d\u00e9termin\u00e9. En l\u2019esp\u00e8ce, il ressort du libell\u00e9 du Minist\u00e8re Public qu\u2019il est reproch\u00e9 aux pr\u00e9venus d\u2019avoir faussement imput\u00e9 \u00e0PERSONNE5.)d\u2019avoir qualifi\u00e9 une question dePERSONNE1.)de \u00absauerei\u00bb, de lui avoirimput\u00e9 d\u2019avoir mis fin de fa\u00e7on brusque \u00e0 l\u2019interview alors que tel n\u2019\u00e9tait pas le cas, et de de lui avoir imput\u00e9 de ne pas s\u2019\u00eatre excus\u00e9 pour son comportement alors que tel \u00e9tait le cas. Ces faits \u00e9tablis constituent trois faits pr\u00e9cis, alors leurv\u00e9racit\u00e9 ou fausset\u00e9 peut faire l\u2019objet d\u2019une preuve directe, respectivement d\u2019une preuve contraire. En effet comme \u00e9tabli ci-dessus,PERSONNE5.)n\u2019a pas qualifi\u00e9 de \u00absauerei\u00bb une question pr\u00e9cise dePERSONNE1.), il n\u2019a pas mis d\u00e9finitivement fin \u00e0 l\u2019interviewapr\u00e8s l\u2019incident, et il s\u2019est excus\u00e9 en fin d\u2019interview. Etant donn\u00e9 que les imputations supportent une preuve du contraire, il s\u2019agit de faits pr\u00e9cis. De plus ils sont imput\u00e9s \u00e0 une personne d\u00e9termin\u00e9e, \u00e0 savoir PERSONNE5.). Ma\u00eetre Daniel BAULISCH conteste les infractions d\u2019une part en invoquantla violation du principe de la l\u00e9galit\u00e9 des peines, en ce que les infractions reproch\u00e9es au pr\u00e9venuPERSONNE2.)ne pr\u00e9voient pas le cas de l\u2019esp\u00e8ce o\u00f9 l\u2019auteur ne prend pas personnellement position mais ne fait que reproduire des informations dont il \u00e9tait en possession pour monter le reportage diffus\u00e9, et d\u2019autre part une violation du principe de l\u2019interpr\u00e9tation stricte de la loi p\u00e9nale, en ce que les infractions reproch\u00e9es \u00e0PERSONNE2.)sont des infractionspar commission n\u00e9cessitant des actes positifs et qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 il est reproch\u00e9 \u00e0PERSONNE2.)de ne pas avoir diffus\u00e9 des parties de la version brute de l\u2019interview. A ce sujet il y a tout d\u2019abord lieu de relever quel\u2019alin\u00e9a 5 de l\u2019article 444 du Code p\u00e9nal, introduit notamment par la loi du 8 juin 2004 pr\u00e9cit\u00e9e, admet que l\u2019imputation du fait peut se faire par des images communiqu\u00e9es au public par quelque moyen que ce soit, y compris par la voie d\u2019un m\u00e9dia. Il n\u2019est donc pas requis par la loi, contrairement aux d\u00e9veloppements de Ma\u00eetre BAULISCH, que l\u2019auteur du reportage impute personnellement de vive voix des faits \u00e0 une personne d\u00e9termin\u00e9e pour que l\u2019infraction de calomnie ou diffamationpuisse \u00eatre constitu\u00e9e. En effet cette imputation peut r\u00e9sulter d\u2019images vid\u00e9o,qui peuvent contenir l\u2019expression d\u2019une pens\u00e9e. Cette pens\u00e9e peut \u00eatre diffus\u00e9e par des images seules et il importe peu, pour caract\u00e9riser ce mode de diffusion, que la parole soit communiqu\u00e9e directement \u00e0 l\u2019auditeur par la voix \u00e0 l\u2019\u00e9tat naturel (les novellesNovelles, Droit p\u00e9nal, t. IV, n\u00b0 7416).<\/p>\n<p>51 L\u2019utilisation de ce support mat\u00e9riel r\u00e9alisera la diffusion de cette pens\u00e9e sous la forme de paroles ou d\u2019images comme leferaitla lecture publique d\u2019un \u00e9crit. (les novellesNovelles, Droit p\u00e9nal, t. IV, n\u00b0 7286). Il n\u2019y a donc pas de violation du principe de la l\u00e9galit\u00e9 des peines, alors que la loi pr\u00e9voit express\u00e9ment ce cas. Ensuite le Tribunal ne violepasnon plus leprincipe de l\u2019interpr\u00e9tation stricte de la loi p\u00e9nale s\u2019il admet en l\u2019esp\u00e8ce que l\u2019imputation peut se faire par un montage d\u2019images. En effet ce qui est reproch\u00e9 aux pr\u00e9venus, c\u2019est que par le montage truqu\u00e9, le reportage insinue qu\u2019PERSONNE5.)a qualifi\u00e9 d\u2019un gros mot que constitue l\u2019expression luxembourgeoise \u00absauerei\u00bb une question pos\u00e9e par une journaliste et qu\u2019il a misbrusquementmis fin \u00e0 l\u2019interview, le tout sans s\u2019excuser. Ceci constituent des actes positifs reproch\u00e9s au pr\u00e9venus et mat\u00e9rialis\u00e9s par des images, qui d\u2019apr\u00e8s l\u2019article 444 du code p\u00e9nal, peuvent constituer un mode d\u2019imputation.De plus il y a lieu de rappeler qu\u2019il estadmis que le fait pr\u00e9cis sera souvent le r\u00e9sultat de simples allusions ou d\u2019insinuations, ce qui est le cas en l\u2019esp\u00e8ce. Ma\u00eetre BAULISCH conteste finalement encore l\u2019infraction au motif que PERSONNE2.)n\u2019a pas exprim\u00e9 la moindre opinion, ce qui serait pourtant requis pour constituer les d\u00e9lits de calomnie ou de diffamation. Or comme d\u00e9velopp\u00e9 ci-dessus, d\u2019une part lesimages peuvent constituer l\u2019expression d\u2019une pens\u00e9e, et d\u2019autre part il est en tout \u00e9tat de cause suffisant que le reportage se limite \u00e0 insinuer une opinion. En l\u2019esp\u00e8ce, le reportage insinuequ\u2019PERSONNE5.)aqualifi\u00e9 d\u2019un gros mot que constitue l\u2019expression luxembourgeoise \u00absauerei\u00bb une question pos\u00e9e par une journaliste et qu\u2019il a mis brutalement mis fin \u00e0 l\u2019interview, le tout sans s\u2019excuser. Ceci est partant suffisant pour constituer une imputation d\u2019un fait pr\u00e9cis. Les deux premiers \u00e9l\u00e9ments constitutifs sont partant \u00e9tablis. Un fait de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur de cette personne ou \u00e0 l\u2019exposer au m\u00e9pris public Pour que la publication incrimin\u00e9e soit r\u00e9pressible au v\u0153u de la loi, il faut que les circonstances y relat\u00e9es soient de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 l&#039;honneur de la personne vis\u00e9e ou de l&#039;exposer au m\u00e9pris public, c&#039;est-\u00e0-dire, elles doivent mettre en doute la probit\u00e9 de la personne et tenter de diminuer l&#039;estime que l&#039;on doit avoir en elle, p.ex. en leur attribuant un fait immoral ou l&#039;ex\u00e9cution d&#039;un d\u00e9lit (Marchal et Jaspar Droit Criminel 1965 t. I. no. 1261). C\u2019est le juge du fond qui appr\u00e9cie souverainement si le fait imput\u00e9 est de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur du plaignant ou \u00e0 l\u2019exposer au m\u00e9pris du public. En l\u2019esp\u00e8ce, il y a tout d\u2019abord lieu de relever qu\u2019il ne fait aucun doute que le comportement d\u2019PERSONNE5.)lors de l\u2019interview \u00e9tait totalement inadapt\u00e9 etinacceptable.<\/p>\n<p>52 Cependant, il est \u00e9galement vrai que par le montage tel que d\u00e9crit ci-dessus, PERSONNE5.)a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 de fa\u00e7on encore plus p\u00e9jorative que ce qui d\u00e9coule de la r\u00e9alit\u00e9 des faits. En effet, en visualisant le reportage du 3 octobre 2016, on a l\u2019impression que suite \u00e0 une question pr\u00e9cise,PERSONNE5.)p\u00e8te les plombs, qualifie la question de \u00absauerei\u00bb, pour ensuite attaquer physiquementPERSONNE1.) et mettre brusquement fin \u00e0 l\u2019interview. Ceci donne l\u2019impression au public quePERSONNE5.)est une personne qui n\u2019accepte aucune critique et qui d\u00e8s qu\u2019unequestion ne lui pla\u00eet pas, la qualifie de scandaleuse et met fin \u00e0 l\u2019interview. Si le montage n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9 et si le public avait, de mani\u00e8re objective, comme cela s\u2019impose par les r\u00e8gles d\u00e9ontologiques applicables aux journalistes,\u00e9t\u00e9inform\u00e9lors du reportage du 3 octobre 2016 qu\u2019apr\u00e8s l\u2019incident l\u2019interview a repris normalement et qu\u2019PERSONNE5.)s\u2019\u00e9tait excus\u00e9, la perception d\u2019PERSONNE5.)par le public aurait \u00e9t\u00e9 une autre. Il ne fait partant aucun doute que par ce reportage,on lui a imput\u00e9 un comportement immoral, en tous les cas plus immoral que celui qu\u2019il a r\u00e9ellement affich\u00e9, l\u2019exposant partant aum\u00e9pris du public. Cette condition est partant \u00e9galement remplie. La publicit\u00e9 de l\u2019imputation dans les conditions de l\u2019article 444 du Code p\u00e9nal Pour constituer le d\u00e9lit pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 443 du Code p\u00e9nal, les imputations m\u00e9chantes portant atteinte \u00e0 l\u2019honneur doivent \u00eatre faites dans les conditions de publicit\u00e9 d\u00e9termin\u00e9es par l\u2019article 444 du Code p\u00e9nal. En effet, la publicit\u00e9 est un \u00e9l\u00e9ment essentiel des d\u00e9lits de calomnie et de diffamation. Les imputations m\u00e9chantes portant atteinte \u00e0 l\u2019honneur ne constituent en effet pas l\u2019infraction de calomnie si elles ne sont pas faites dans les conditions pr\u00e9vues par l\u2019article 444 du Code p\u00e9nal (Les Novelles, Droit p\u00e9nal, tome IV, no 7285). L\u2019article 444 du Code p\u00e9nal pr\u00e9voit que\u00ab le coupable sera puni d&#039;un emprisonnement de huit jours \u00e0 un an et d&#039;une amende de 251 euros \u00e0 2.000 euros, lorsque les imputations auront \u00e9t\u00e9 faites: Soit dans des r\u00e9unions ou lieux publics; Soit en pr\u00e9sence de plusieurs individus, dans un lieu non public, mais ouvert \u00e0 un certain nombre de personnes ayant le droit de s&#039;y assembler ou de le fr\u00e9quenter ; Soit dans un lieu quelconque, enpr\u00e9sence de la personne offens\u00e9e et devant t\u00e9moins ; Soit par des \u00e9crits imprim\u00e9s ou non, des images ou des embl\u00e8mes affich\u00e9s, distribu\u00e9s ou communiqu\u00e9s au public par quelque moyen que ce soit, y compris par la voie d\u2019un m\u00e9dia, vendus, mis en vente ou expos\u00e9s aux regards du public;<\/p>\n<p>53 Soit enfin par des \u00e9crits, des images ou des embl\u00e8mes non rendus publics, mais adress\u00e9s ou communiqu\u00e9s par quelque moyen que ce soit, y compris par la voie d\u2019un m\u00e9dia, \u00e0 plusieurs personnes.\u00bb Le reportage litigieux a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 le 3 octobre 2016 sur les ondes de MEDIA2.), la plus grande cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision du pays. A ceci il vient s\u2019ajouter que d\u2019apr\u00e8s les d\u00e9clarations de l\u2019ancien CEOPERSONNE4.)\u00e0 l\u2019audience, l\u2019\u00e9mission \u00abMEDIA1.)\u00bb avait un auditoire d\u2019environ 100.000-150.000 personnes. Il ne fait partant aucun doute qu\u2019il y a eu mise \u00e0 disposition au public par la voie d\u2019un m\u00e9dia. Les propos ont donc connu la publicit\u00e9 pr\u00e9vuepar l\u2019article 444 alin\u00e9a 5 du Code p\u00e9nal. L\u2019argumentation de Ma\u00eetre BAULISCH de dire que l\u2019infraction de calomnie ou diffamation ne peut que se faire par un support \u00e9crit, est \u00e0 rejeter, notamment au vu des dispositions de l\u2019article444 alin\u00e9a 5 du Code p\u00e9nal,qui pr\u00e9voit express\u00e9ment la diffusion par images.Les d\u00e9veloppements de la d\u00e9fense \u00e0 ce sujetdans sa note se rapportent\u00e0 des d\u00e9veloppements doctrinaux ou jurisprudentiels relatifsau d\u00e9lit de presse, qui peut certes constituer en m\u00eame temps une calomnie ou une diffamation, mais qui neconcernea priorique lessupports \u00e9crits. Or les infractionsplus g\u00e9n\u00e9rales de calomnie ou diffamation, lesquelles sont reproch\u00e9es aux pr\u00e9venus,ne limitent pas le support \u00e0 l\u2019\u00e9crit. Quant \u00e0 l\u2019intention m\u00e9chante L\u2019intention m\u00e9chante est une condition essentielle des infractions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 443 du Code p\u00e9nal. La mauvaise foi est la simple conscience que les imputations prof\u00e9r\u00e9es ou \u00e9crites sont de nature \u00e0 porter atteinte \u00e0 l\u2019honneur ou la consid\u00e9ration dela personne mise en cause (J.-Cl., Droit p\u00e9nal, annexes, Fasc. 90, 3, 1996 no 104). Ainsi, il ne suffit pas que l\u2019agent ait calomni\u00e9 sciemment et volontairement une personne d\u00e9termin\u00e9e ce qui constitue la r\u00e9solution criminelle ou le dol g\u00e9n\u00e9ral, il fautqu\u2019il ait agi aussi dans l\u2019intention sp\u00e9ciale de nuire ou d\u2019offenser. C\u2019est cette condition sp\u00e9ciale que le texte de l\u2019article 443 du Code p\u00e9nal exprime par le mot \u00ab m\u00e9chamment \u00bb (R.D.P.D. loc. cit., no 90; Nypels : Code p\u00e9nal belge interpr\u00e9t\u00e9, \u00e9d. 1868, article 443, no 23, p.526). Cette intention sp\u00e9ciale de nuire n\u2019est pas pr\u00e9sum\u00e9e et sa preuve doit \u00eatre fournie par l\u2019accusateur, le pr\u00e9venu conservant en tout cas, le droit de fournir la preuve contraire, \u00e0 savoir celle de sa bonne foi. L\u2019appr\u00e9ciation decet \u00e9l\u00e9ment constitutif peut cependant \u00eatre d\u00e9duite de l\u2019acte m\u00eame ou des circonstances. Il est des expressions dont le caract\u00e8re diffamatoire est tellement \u00e9vident qu\u2019il suffit de les dire ou de les entendre pour \u00eatre fix\u00e9 sur l\u2019intention. La m\u00e9chancet\u00e9 r\u00e9sulte des termes m\u00eames des paroles prononc\u00e9es. Ce qui caract\u00e9rise l\u2019intention de nuire est la conscience du pr\u00e9judice que l\u2019agent peut causer \u00e0 la victime (A. De Nauw, op.cit., n\u00b0584, p.286). En l\u2019esp\u00e8ce,l\u2019intention d\u00e9lictueuse r\u00e9sulte tout d\u2019abord du fait que le montage a d\u00e9form\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>54 A ce sujet il y a lieu de rappeler les termes de la d\u00e9cision de l\u2019ALIA qui retient qu\u2019il y a eu\u00abmanipulation de l\u2019image et du son avec pour r\u00e9sultat de cr\u00e9er l\u2019apparence d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 inexistante\u00bb. Apr\u00e8s avoir d\u00e9form\u00e9la r\u00e9alit\u00e9 par le montage truqu\u00e9, ce qui a eu pour cons\u00e9quence qu\u2019PERSONNE5.)a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 au m\u00e9pris du public, les auteurs du reportagene peuvent pr\u00e9tendreavoiragi de bonne foi. Au contraire, en ce faisant, ils ont agi dans une intentionsp\u00e9cialed\u2019offenser. Il y a lieu de rappeler qu\u2019il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif et des d\u00e9veloppements ci-dessus que le reportage viole des r\u00e8gles d\u00e9ontologiques essentielles qui s\u2019imposaient en l\u2019esp\u00e8ce aux journalistes. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, l\u2019ALIA a constat\u00e9 une violation des obligations de d\u2019impartialit\u00e9, d\u2019objectivit\u00e9, et de l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de l\u2019information qui s\u2019imposaient aux auteurs via le cahier des charges particulier pour le programme de t\u00e9l\u00e9vision, de m\u00eame qu\u2019une violation de l\u2019obligation de ne pas alt\u00e9rer de fa\u00e7on sensible par des coupures ou des modalit\u00e9s de montage le sens des d\u00e9clarations et images recueillies, r\u00e9sultant de la charte desjournalistesde MEDIA2.)\u00e0Luxembourg, et une violation des interdictions de recourir \u00e0 des proc\u00e9d\u00e9s techniques permettant de modifier le sens et le contenu des images, r\u00e9sultant des engagements g\u00e9n\u00e9raux de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE1.) S.A.. Les pr\u00e9venus, qui connaissaient forc\u00e9ment ces r\u00e8gles d\u00e9ontologiques, savaient pertinemment que le reportage du 3 octobre 2016 les violerait. En diffusant ce reportage en violation flagrante des r\u00e8gles d\u00e9ontologiques, ils \u00e9taient conscients que les insinuationsy figurantallaient exposer PERSONNE5.)au m\u00e9pris du public. A plusieurs reprises il a \u00e9t\u00e9 soutenu par la d\u00e9fense que le montage constituait un choix journalistique qui devraitse trouver\u00e0 l\u2019abri de sanctions p\u00e9nales. Face \u00e0 cet argument,le Tribunal doit cependant relever que la libert\u00e9 de presse a ses limites et les infractions de calomnie ou de diffamation mat\u00e9rialisent ces limites et constituent une exception \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression. Si l\u2019information et la critique sont libres, elles deviennent cependant abusives et partant p\u00e9nalement r\u00e9pr\u00e9hensibles, si elles sont effectu\u00e9es sans preuve, sans objectivit\u00e9 et plus grave encore, avec alt\u00e9ration d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e des d\u00e9clarations et images recueillies par des coupures ou des modalit\u00e9s de montage. Tel est notamment le cas en l\u2019esp\u00e8ce, alors que le reportage manque manifestement d\u2019objectivit\u00e9, en ce qu\u2019il nementionne pas les excuses prononc\u00e9es en fin d\u2019interview parPERSONNE5.), en ce qu\u2019il n\u2019informe pas le public qu\u2019apr\u00e8s l\u2019incident, l\u2019interview a repris de fa\u00e7on normale pendant de longues minutes eten cequ\u2019il alt\u00e8re des d\u00e9clarations et images recueillies, en accolant deux phrases qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es de fa\u00e7on cons\u00e9cutives parPERSONNE5.)et en accolant deux s\u00e9quences vid\u00e9o sans les d\u00e9marquer par une coupure sensible, ce qui a encore une fois \u00e9t\u00e9 constat\u00e9parl\u2019enqu\u00eateurPERSONNE6.)dans son rapport du2 d\u00e9cembre 2019.<\/p>\n<p>55 Les auteurs ont donc manifestement d\u00e9pass\u00e9 les limites de la libert\u00e9 d\u2019expression en l\u2019esp\u00e8ce, et ce de fa\u00e7on d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e. En ce faisant, ils \u00e9taient forc\u00e9ment conscients que les imputations \u00e9taient de nature \u00e0 exposerPERSONNE5.)aum\u00e9pris du public. Les auteurs \u00e9taient manifestement \u00e0 la recherche du sensationnel et avaient la volont\u00e9 d\u2019attirer au maximum l\u2019int\u00e9r\u00eat et l\u2019attention du public. Par le montage pr\u00e9cit\u00e9 et le manque d\u2019objectivit\u00e9 \u00e9tablis, ils voulaient rendre l\u2019incident plus grave qu\u2019il ne l\u2019\u00e9tait, provoquer un r\u00e9el \u00abscoop\u00bb, ce qu\u2019ils ont parfaitement r\u00e9ussi au vu des suites que l\u2019affaire a connu. Ces constatations sontencore corrobor\u00e9espar le fait que dans le mat\u00e9riel brut de l\u2019interview men\u00e9 avec Ma\u00eetre Pol URBANY,PERSONNE2.)r\u00e9pond affirmativement \u00e0 la d\u00e9claration provocatrice du premier,selon laquelle PERSONNE2.)serait un journaliste ne recherchant que le sensationnel. Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, l\u2019intention m\u00e9chante est suffisamment caract\u00e9ris\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce, de sorte que cet \u00e9l\u00e9ment constitutif est \u00e9tabli. Calomnie oudiffamation La diffamation \u00e9tant l\u2019imputation d\u2019un acte de la vie priv\u00e9e ou professionnelle, qui ne constitue pas une infraction et dont il est impossible ou interdit de faire la preuve et la calomnie \u00e9tant l\u2019imputation d\u2019un fait dont la loi autorise ou permet la preuve, mais pour lequel il a \u00e9t\u00e9 omis de rapporter cette preuve. L&#039;emploi par le l\u00e9gislateur des termes \u00ab lorsque la loi admet la preuve du fait \u00bb respectivement \u00ab lorsque la loi n&#039;admet pas cette preuve \u00bb est \u00e0 entendre dans le sens que le fait doit \u00eatre susceptible d&#039;\u00eatre constat\u00e9 par un jugement ou un acte authentique. En l\u2019esp\u00e8ce les faits imput\u00e9s ne constituent pas des faits r\u00e9pr\u00e9hensibles par laloip\u00e9nale et ne sont pas susceptibles d&#039;\u00eatre constat\u00e9 par un jugement ou un acte authentique. Nous ne nous trouvons partant pas dans le cas de figure de la calomnie mais dans celui de la diffamation, de sorte que la qualification de la calomnie libell\u00e9e \u00e0 titre principalest \u00e0 \u00e9carter en l\u2019esp\u00e8ceet il y a lieu d\u2019en acquitter les pr\u00e9venus. D\u00e8s lors l\u2019article 447 du Code p\u00e9nal, libell\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce, n\u2019estpasnon plus \u00e0 retenir \u00e0 l\u2019encontre des pr\u00e9venus, alors que les dispositions y figurant se rapportent exclusivement au d\u00e9lit decalomnie. Par contre l\u2019infraction de diffamation est \u00e9tablie, alors qu\u2019il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements ci-dessus que les imputations ne correspondent pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. En effetPERSONNE5.)n\u2019a pas qualifi\u00e9 de \u00absauerei\u00bb une question pr\u00e9cise dePERSONNE1.),il n\u2019a pas mis d\u00e9finitivement fin \u00e0 l\u2019interview, et il s\u2019est excus\u00e9 en fin d\u2019interview. Les pr\u00e9venusPERSONNE2.)etPERSONNE1.)sont partant \u00e0 retenir dans les liens de l\u2019infraction de diffamation leur reproch\u00e9e.<\/p>\n<p>56 Le Tribunal tient \u00e0 pr\u00e9ciser que m\u00eame siPERSONNE1.)n\u2019a pas directement particip\u00e9 au montage du reportage litigieux, il ressort des d\u00e9veloppements relatifs \u00e0 sa qualit\u00e9 de collaborateur, qu\u2019elleaapport\u00e9 la majorit\u00e9 des informations pertinentes \u00e0PERSONNE2.)pourpouvoirr\u00e9aliser le montage litigieux, qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 l\u2019initiative du reportage et qu\u2019elle avait elle-m\u00eame d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 le reportage pr\u00e9curseur, de sorte qu\u2019il est \u00e9tabli qu\u2019elle a coop\u00e9r\u00e9 directement \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019infraction et qu\u2019elle a pr\u00eat\u00e9 pour son ex\u00e9cution une aide telle quesans son assistance,ellen\u2019aurait pu \u00eatre commise. PERSONNE1.)est d\u00e8s lors\u00e0 consid\u00e9rer commecoauteur de l\u2019infraction de diffamation. b) Quant \u00e0 la suggestion de blessures et la qualification des faits d\u2019infraction de coups et blessures volontaires Auxtroisi\u00e8me et quatri\u00e8me tirets, il est reproch\u00e9 aux pr\u00e9venus d\u2019avoir calomni\u00e9, sinon diffam\u00e9,sinon injuri\u00e9PERSONNE5.)en sugg\u00e9rant dans le reportage quePERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e alors que ni la r\u00e9alit\u00e9, gravit\u00e9 ou lien causal entre la blessure et l\u2019action dePERSONNE5.)serait \u00e9tablie et en qualifiant d\u2019infraction de coups et blessures les agissements de ce dernier. En premier lieu, il \u00e9chet d\u2019analyser si la mat\u00e9rialit\u00e9 des faits pr\u00e9cit\u00e9s est \u00e9tablie. A ce sujet le Tribunal se doittout d\u2019abordderappelerle rapport\u00e9tabli par le serviced\u2018urgenceduH\u00d4PITAL1.)du24 septembre 2016,duquel il ressort d\u2019une part que deux semaines apr\u00e8s l\u2019incident,PERSONNE1.)\u00e9prouvait encore des douleurs dans son bras gauche etd\u2019autre part, qu\u2019une contusion a \u00e9t\u00e9diagnostiqu\u00e9e.Ensuite ily a lieu de relever lecertificat m\u00e9dical \u00e9tabli le 29 septembre 2016 par le docteurPERSONNE12.),m\u00e9decin sp\u00e9cialiste en orthop\u00e9dieet donc parfaitement qualifi\u00e9e pouranalyserce genre de blessures,danslequelellecertifiequelors de l\u2019examen clinique,elleapu constaterune douleur ressentie \u00e0 la pression et un l\u00e9ger gonflement au niveau du coude et de l\u2019avant-bras gauches, ce qui l\u2019a amen\u00e9e, apr\u00e8s avoir visualis\u00e9e la vid\u00e9ocontenantl\u2019incident avecPERSONNE5.), \u00e0diagnostiquer unecontusion du coude et de l\u2019avant-bras gauches. Le docteur PERSONNE12.)retientcomme date de l\u2019accident le 13 septembre 2016, jour de l\u2019interviewavecPERSONNE5.). A ceci il vient s\u2019ajouter quePERSONNE1.)a d\u00e9clar\u00e9 les faits comme accident dutravail et que le docteurPERSONNE16.)l\u2019ayant examin\u00e9e a confirm\u00e9 lediagnostic, \u00e0 savoir unefoulure et contusion de l\u2019avant-bras gauche, apr\u00e8s avoir retenu comme cause \u00abagression par une autre personne qui a saisi avec force l\u2019avant-bras de la patienteet l\u2019a tordu manuellement.\u00bbD\u2019apr\u00e8s lui,les l\u00e9sions constat\u00e9es sont imputables \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement accidentel et il n\u2019yapas eu d\u2019\u00e9tat pathologique pr\u00e9existant. Finalementle docteurPERSONNE10.), m\u00e9decin traitant dePERSONNE1.), a constat\u00e9le 28 septembre 2016un gonflement de la main. Au vu de ces \u00e9l\u00e9ments, ensemble lesd\u00e9clarationsdePERSONNE1.)tout au long de laproc\u00e9dure, il est difficilement concevable de mettre en doute aussi bien la r\u00e9alit\u00e9 que le lien causal des blessures, sauf \u00e0 consid\u00e9rer que les certificats m\u00e9dicaux pr\u00e9cit\u00e9s ne refl\u00e8tent pas la r\u00e9alit\u00e9. Or le Tribunal ne dispose ni des comp\u00e9tences ni d\u2019\u00e9l\u00e9ments probants suffisants pour ce faire, lesd\u00e9clarationsdes divers t\u00e9moinsindiquantne pas avoirconstat\u00e9de<\/p>\n<p>57 blessuresostensiblesdirectement apr\u00e8s les faitschezPERSONNE1.)oune pasl\u2019avoir entendueseplaindre de douleurs, \u00e9tantinsuffisantes\u00e0 cet \u00e9gard. D\u2019ailleurs deux personnes, \u00e0 savoirPERSONNE2.)et Ma\u00eetre Pol URBANY, ont d\u00e9clar\u00e9dans leurs interrogatoires quePERSONNE1.)s\u2019\u00e9tait plainte de douleurs apr\u00e8s les faits.Une contusion n\u2019est forc\u00e9ment pas toujours visible \u00e0 l\u2019oeil nu et siPERSONNE1.)a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas faire part de ses douleurs \u00e0 tout le monde, c\u2019est son bon droit. A d\u00e9faut d\u2019expertise m\u00e9dicale contredisant les certificats m\u00e9dicaux pr\u00e9cit\u00e9s, il y a lieu de consid\u00e9rer qu\u2019il semble effectivement quePERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e, m\u00eame sice n\u2019est quel\u00e9g\u00e8rement, par les agissements d\u2019PERSONNE5.)lors de l\u2019interview. Ceci ne para\u00eet d\u2019ailleurspasimpossible, alors qu\u2019en visualisant les images end\u00e9tailet au ralenti, on constate qu\u2019PERSONNE5.)agrippe et rabaisse avec force le brasdePERSONNE1.)et le micro tenu parcette derni\u00e8re.Le docteurPERSONNE12.), sp\u00e9cialiste en la mati\u00e8re, a d\u2019ailleurs \u00e9tabli son diagnostique apr\u00e8s avoir visualis\u00e9 les images en question, retenant donc incontestablement un lien causal entre l\u2019acte d\u2019PERSONNE5.)et les blessures constat\u00e9es. La mat\u00e9rialit\u00e9 des faits reproch\u00e9s auxpr\u00e9venus, \u00e0 savoirque les auteurs du reportage ont calomni\u00e9 ou diffam\u00e9PERSONNE5.)en sugg\u00e9rant que PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e alors que ni la r\u00e9alit\u00e9,lagravit\u00e9 oulelien causal entre la blessure et l\u2019action dePERSONNE5.)seraientprouv\u00e9s, n\u2019est partant pas \u00e9tablie. A ceci il vient s\u2019ajouter qu\u2019aux termes de l\u2019article 443, alin\u00e9a 2, a) du code p\u00e9nal,\u00abla personne responsable au sens de l\u2019article 21 de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias n\u2019est pas non plus coupable de calomnie ou de diffamation lorsque, dans les cas o\u00f9 la loi admet la preuve l\u00e9gale du fait, cette preuve n\u2019est pas rapport\u00e9e, mais que la personne responsable au sens de l\u2019article 21 pr\u00e9cit\u00e9, sous r\u00e9serve d\u2019avoir accompli les diligences n\u00e9cessaires, prouve par toutes voies de droit qu\u2019elle avait des raisons suffisantes pour conclure \u00e0 la v\u00e9racit\u00e9 des faits rapport\u00e9s ainsi que l\u2019existence d\u2019un int\u00e9r\u00eat pr\u00e9pond\u00e9rant du public \u00e0 conna\u00eetre l\u2019information litigieuse.\u00bb En l\u2019esp\u00e8ce,PERSONNE2.)etPERSONNE1.),en tant que collaborateurs identifi\u00e9s, sont les personnes responsables au sens de l\u2019article21 de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias, de sorte que l\u2019exception pr\u00e9vue parl\u2019article 443, alin\u00e9a 2, a)du Code p\u00e9nal peut le cas \u00e9ch\u00e9ant s\u2019appliquer. ConcernantPERSONNE2.), aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier r\u00e9pressif ne permet de mettre s\u00e9rieusement en doutes ses d\u00e9clarations, confirm\u00e9es par celles de PERSONNE1.), selon lesquelles cette derni\u00e8re lui aurait indiqu\u00e9 deux ou trois jours apr\u00e8s les faits qu\u2019elle avait des douleurs au bras.PERSONNE2.) relate \u00e9galement qu\u2019\u00e0aucun moment, ilnese serait immisc\u00e9 dans sa d\u00e9cision et il ne lui aurait en aucun cas demand\u00e9 de se rendre aux urgences. Au contraire, il lui aurait propos\u00e9 d\u2019attendre encore un peu, dans l\u2019espoir que les douleurs allaient s\u2019\u00e9clipser. Il aurait fait confiance \u00e0PERSONNE1.) lorsqu\u2019elle lui aurait confi\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e parPERSONNE5.), raison pour laquelle il n\u2019aurait plus mis en doute le lien causal entre l\u2019incident et les blessures. Ceci expliquerait le fait que le reportage affirme que PERSONNE1.)a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9e.<\/p>\n<p>58 A ce sujet le Tribunal tient \u00e0 relever que la th\u00e9orie d\u2019un \u00e9ventuel complot sugg\u00e9r\u00e9 par certaines parties, \u00e0 savoir quePERSONNE2.)ait pouss\u00e9 PERSONNE1.)\u00e0 se rendre aux urgences pour obtenir un certificat m\u00e9dical et rendre ainsi plus cr\u00e9dible le r\u00e9cit, n\u2019est \u00e9tabli par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier r\u00e9pressif. Ce qui par contre est \u00e9tabli, c\u2019estquePERSONNE1.)lui a mis \u00e0 disposition le certificat m\u00e9dical pr\u00e9cit\u00e9. En pr\u00e9sence d\u2019un certificat m\u00e9dical et des d\u00e9clarations dePERSONNE1.) selon lesquelles elleavait des douleurs,PERSONNE2.)avait des raisons suffisantes pour conclure \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des blessures et de leur lien causal avec l\u2019agressiond\u2019PERSONNE5.). De m\u00eame il a l\u00e9gitimement pu croire que ces faits peuvent constituer l\u2019infraction de coups et blessures volontaires, \u00e0 partir du moment qu\u2019unavocatexp\u00e9riment\u00e9qu\u2019est Ma\u00eetre Pol URBANY,le soutient cat\u00e9goriquement.PERSONNE2.)a \u00e9galement accompli les diligences n\u00e9cessaires, alors que le Tribunal ne voit pas ce qu\u2019il aurait pu faire de plus, pour se convaincre de la r\u00e9alit\u00e9 des blessures et de l\u2019existence d\u2019une infraction commise par d\u2019PERSONNE5.), que de v\u00e9rifier le certificat m\u00e9dical, recueillir la position dePERSONNE1.)et l\u2019avis d\u2019un juriste.A ce sujet il y a lieu de rappeler quePERSONNE4.)avait \u00e9galement charg\u00e9 Ma\u00eetre URBANY dev\u00e9rifier le certificat m\u00e9dical pour s\u2019assurer que tout \u00e9tait en ordre, ce quia \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par cedernier.Finalement le Tribunal estime que le fait qu\u2019un directeur du MUDAM a bless\u00e9 une journaliste lors d\u2019une interview,apr\u00e8s avoir perdu le sang-froid et d\u2019avoir le cas \u00e9ch\u00e9ant commis une infraction p\u00e9nale, constitue une information que le public a int\u00e9r\u00eat \u00e0 conna\u00eetre. Toutes les conditions del\u2019article 443 alin\u00e9a 2 a)\u00e9tant remplies, il y a lieu de retenir quePERSONNE2.)ne peut \u00eatred\u00e9clar\u00e9coupable des infractions de calomnie ou diffamation pour les faits pr\u00e9cit\u00e9s. Le m\u00eame raisonnement s\u2019applique \u00e0PERSONNE1.), alors quel\u2019article 443, alin\u00e9a 2a)du Code p\u00e9nal n\u2019exclut pas formellement que le collaborateur en question ne peut pas \u00eatre en m\u00eame temps le protagoniste des faits \u00e0 la base de l\u2019information litigieuse. OrPERSONNE1.)avait incontestablement des raisons suffisantes pourconclure \u00e0 la v\u00e9racit\u00e9 des faits rapport\u00e9s, alors qu\u2019elle est elle-m\u00eame \u00e0 la base de la version des faits telle que pr\u00e9sent\u00e9e dans le reportage. De m\u00eame elle a pu croire \u00e0 l\u2019existence d\u2019une infraction de coups et blessures commise parPERSONNE5.), alors qu\u2019en tant que non juriste, elle n\u2019avait d\u2019autre choix que de se fier aux d\u00e9clarations de son avocat Ma\u00eetre Pol URBANY.PERSONNE1.)ne peut partantnon plus\u00eatre rendue coupable des infractions de calomnie ou diffamation pour les faits pr\u00e9cit\u00e9s, par application del\u2019article 443, alin\u00e9a 2 a)duCodep\u00e9nal. Les faits en questionne constituentpasnon plusdes injures, alors que les imputationsen questionsont beaucoup trop pr\u00e9cises pour pouvoir constituer cette infractionet qu\u2019en tout \u00e9tat de cause, et il y a lieu de le rappeler, ils ne sont m\u00eame pas \u00e9tablis. Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, il n\u2019y a pas lieu de retenir les faits libell\u00e9s sous les troisi\u00e8me et quatri\u00e8me tirets\u00e0 l\u2019encontre des pr\u00e9venus. c) Quant \u00e0 l\u2019annonce de poursuites p\u00e9nales Au dernier tiret, il est reproch\u00e9 aux pr\u00e9venus d\u2019avoir calomni\u00e9 sinon diffam\u00e9 PERSONNE5.)par le reportage litigieux, en annon\u00e7ant contrairement \u00e0 la<\/p>\n<p>59 v\u00e9rit\u00e9,quePERSONNE5.)serait poursuivi p\u00e9nalement alors qu\u2019aucune plainte ni citation directe n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 son encontre. LeTribunal se doit de constaterque ces reproches ne constituent pasune imputation d\u2019un fait pr\u00e9cis \u00e0 une personne d\u00e9termin\u00e9e. En effet il y a lieu de rappeler qu\u2019imputer un fait \u00e0 une personne, c\u2019est mettre ce fait sur le compte de cette personne, c\u2019est le lui attribuer, c\u2019est qu\u2019elle en est l\u2019auteur. En l\u2019esp\u00e8ce aucun fait n\u2019est imput\u00e9 \u00e0 la personne d\u2019PERSONNE5.)par l\u2019annonce de poursuites p\u00e9nales\u00e0 son encontre, alors que sa position n\u2019est que passive. De plus le Tribunal tient \u00e0 pr\u00e9ciser qu\u2019en tout \u00e9tat de cause,si dans le reportage il est effectivement soutenu qu\u2019PERSONNE5.)sera cit\u00e9 devant un Tribunal correctionnel via une citation directe qui sera d\u00e9pos\u00e9e, ceci constitue une affirmation future qui n\u2019exclut pas stricto sensu qu\u2019en fin de compte telne sera pas le cas. Si le reportage avait indiqu\u00e9 que plainte ou citation directea \u00e9t\u00e9d\u00e9pos\u00e9e, il s\u2019agirait d\u2019un mensonge pur et simple. Finalementil a \u00e9t\u00e9 renonc\u00e9 \u00e0 l\u2019action p\u00e9nale contrePERSONNE5.)car ce dernier s\u2019est, post\u00e9rieurement au reportage,excus\u00e9 par\u00e9critetoralement devantla cam\u00e9ra, ce que les auteurs du reportage ne pouvaient pas savoir au moment de la diffusion du reportage. Les affirmations du reportage ne sont partant pas n\u00e9cessairement fausses et en tout \u00e9tat de causeellesne sontpas susceptibles de rev\u00eatir la qualification juridique de calomnie ou diffamation, ni celles de l\u2019injure. Ce fait n\u2019est partant non plus \u00e0 retenir \u00e0 l\u2019encontre des pr\u00e9venus. Au vu de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, il y a lieu de retenir lespr\u00e9venusPERSONNE2.)etPERSONNE1.)dans les liens de l\u2019infraction de diffamation, mais seulement pour ce qui concerne les deux premiers tirets libell\u00e9s dans le r\u00e9quisitoire du Minist\u00e8re Public. Le libell\u00e9 du Minist\u00e8re Public est encore \u00e0 modifier, conform\u00e9ment aux d\u00e9veloppements ci-dessus,en ce sensque les faits ont \u00e9t\u00e9 commis en violation des articles 443 et 444 du Code p\u00e9nal et non des articles 447 et 448 du m\u00eame codetel que libell\u00e9par le Minist\u00e8re Public. 2)Quant \u00e0 l\u2019infraction de coups et blessures involontaires. Il est encore reproch\u00e9 aux pr\u00e9venus, aux termes de l\u2019ordonnance de la chambre du conseil,en infraction aux articles 418 et 420 du code p\u00e9nal, d\u2019avoir, involontairement fait desblessures ou port\u00e9 des coups \u00e0 PERSONNE5.). Plus pr\u00e9cis\u00e9ment il leur est reproch\u00e9 de lui avoir caus\u00e9, par la diffusion du reportage du 3 octobre 2016 et des cons\u00e9quences qui s\u2019en sont suivies, des troubles psychiques consistant en une pathologie majeure. Aux termes des articles 418 et 420 ducode p\u00e9nal, est coupable d\u2019homicide ou de l\u00e9sions involontaires, celui qui a caus\u00e9 le mal par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution, mais sans intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui. Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs del\u2019infraction de coups et blessures involontaires sont donc les suivantes: -des coups ou blessures<\/p>\n<p>60 -une faute -un lien de causalit\u00e9 entre la faute et les blessures Quant \u00e0 lablessureall\u00e9gu\u00e9e, il est reproch\u00e9 aux pr\u00e9venus d\u2019avoir caus\u00e9\u00e0 PERSONNE5.)par le reportagedes troubles psychiques consistant en une \u00abpathologie majeure\u00bb, qui r\u00e9sulterait d\u2019un certificat m\u00e9dical. En l\u2019esp\u00e8ce, il s\u2019agit d\u2019un certificat m\u00e9dical du docteurPERSONNE19.), \u00e9tabli le 24 f\u00e9vrier 2021, lequel retient qu\u2019PERSONNE5.), son patient de longue date,\u00aba souffert d\u2019une pathologie majeure indiquant un arr\u00eat de maladie (incapacit\u00e9 de travail du 14 au 28 octobre 2016), pathologie apparue et provoqu\u00e9epar la diffusion d\u2019un reportaget\u00e9l\u00e9vis\u00e9surMEDIA2.)T\u00e9l\u00e9 Luxembourg en date du 3 octobre 2016, dans lequel il s\u2019est sorti mis en cause et accabl\u00e9. Ce reportage l\u2019a fortement d\u00e9stabilis\u00e9, \u00e9tat compl\u00e8tement inconnu jusqu\u2019\u00e0 ce jour.\u00bb Il r\u00e9sulte encore de trois certificats m\u00e9dicaux des 13, 17 et 24 octobre 2016 \u00e9tablis par le docteurPERSONNE19.), qu\u2019PERSONNE5.)se trouvait en incapacit\u00e9 de travailler du 13 au 28 octobre 2016 inclus. La blessure all\u00e9gu\u00e9e est donc une \u00abpathologie majeure\u00bb. Le dictionnaire \u00able Robert\u00bb d\u00e9finit le terme \u00abpathologie\u00bb comme \u00abmaladie, trouble\u00bb. D\u2019apr\u00e8s le docteurPERSONNE19.),PERSONNE5.)aurait souffert d\u2019une maladie ou d\u2019un trouble important suite \u00e0 la diffusion dudit reportage. Ces termes sont trop vagues pour pouvoir \u00e9tablir \u00e0 suffisance de droit que PERSONNE5.)a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9. En effet il n\u2019est m\u00eame pas pr\u00e9cis\u00e9 s\u2019il s\u2019agit d\u2019un choc psychique ou physique et surtout il n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9 de quel trouble il s\u2019agit. A l\u2019audience publique, le mandataire d\u2019PERSONNE5.)a soutenu que ce dernier est tomb\u00e9 en d\u00e9pression suite au reportage, de sorte que l\u2019infraction de coups et blessures involontaires serait \u00e9tablie. Or la d\u00e9pression est une maladie d\u00e9termin\u00e9e, un trouble psychique, en principe d\u00e9tect\u00e9 par un m\u00e9decin sp\u00e9cialiste en psychiatrie, qui est trait\u00e9 par des m\u00e9dicaments. En l\u2019esp\u00e8ce, le docteurPERSONNE19.), m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, donc non sp\u00e9cialis\u00e9 en troubles psychiques, fait \u00e9tat d\u2019un \u00abtrouble important\u00bb, et ce plus de quatre ans apr\u00e8s les faits, sans indiquer un quelconque traitement qui aurait \u00e9t\u00e9 prescrit pourgu\u00e9rir ou soignerce \u00abtrouble\u00bb. A ce sujet il ne faut pas confondre une maladie avec un coup de blues, une tristesse passag\u00e8re un peu floue ou une d\u00e9stabilisation temporaire, comme le d\u00e9crit d\u2019ailleurs le docteurPERSONNE19.)dans son certificat. Il est tout \u00e0 fait possible et compr\u00e9hensible qu\u2019PERSONNE5.)aitpass\u00e9 un moment difficile apr\u00e8s la diffusion du reportage, mais ceci n\u2019est pas suffisant pour constituer une blessureau sensdesarticles 418 et 420 du Code p\u00e9nal. En tous les cas la blessure all\u00e9gu\u00e9e n\u2019est pas \u00e9tablie \u00e0 suffisance de droit.<\/p>\n<p>61 A ceci il vient s\u2019ajouter qu\u2019\u00e0 l\u2019instar du Minist\u00e8re Public, le Tribunal estimeen tout \u00e9tat de causequ\u2019il existe un doute concernant l\u2019existence d\u2019un lien de causalit\u00e9directentre les fautes retenues \u00e0 charge des pr\u00e9venus et la blessure all\u00e9gu\u00e9e. Si le docteurPERSONNE19.)fait certes \u00e9tat d\u2019un lien direct entre le reportage en g\u00e9n\u00e9ral et la \u00abpathologie majeure\u00bb constat\u00e9e d\u2019apr\u00e8s lui, toujours est-il que ceci n\u2019\u00e9tablit pas n\u00e9cessairement un lien causalentre les fautes commises par les pr\u00e9venus et la blessure all\u00e9gu\u00e9e. En effet il ne faut pas perdre de vue que beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments du reportage correspondent \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. En effet il est \u00e9tabli, et le Tribunal ne se lasse pas de le rappeler, qu\u2019PERSONNE5.)a perdu son sang-froid et affich\u00e9 un comportement inacceptable lors de l\u2019interview, notamment en attaquant physiquementPERSONNE1.). Si certes certains \u00e9l\u00e9ments du reportage ont d\u00e9form\u00e9 la r\u00e9alit\u00e9 de sorte \u00e0 exposerPERSONNE5.)encore davantage au m\u00e9pris du public, ce qui a d\u2019ailleurs amen\u00e9 le Tribunal \u00e0 retenir l\u2019infraction de diffamation \u00e0 l\u2019encontre des pr\u00e9venusPERSONNE2.)etPERSONNE1.), toujours est-il que le Tribunal a des doutes que ce sont ces fautes qui ont conduit \u00e0 sa d\u00e9pression all\u00e9gu\u00e9e. Les pr\u00e9venusPERSONNE1.)etPERSONNE2.)sont partant \u00e0 acquitter de l\u2019infraction de coups et blessures involontaires leur reproch\u00e9e. R\u00e9capitulatif Au vu de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, il y a lieu d\u2019acquitterles pr\u00e9venusPERSONNE4.)etPERSONNE3.)des infractions suivantes: \u00abcomme auteur ou coauteur d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit: de l\u2019avoir ex\u00e9cut\u00e9 ou d\u2019avoir coop\u00e9r\u00e9 directement \u00e0 son ex\u00e9cution; sinon comme compliced\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit, dans l\u2019arrondissement judiciaire deLuxembourg, depuis un temps non prescrit, depuis les dates indiqu\u00e9es ci-apr\u00e8s, sans pr\u00e9judice quant aux circonstances de temps et de lieux plus exactes; enleurqualit\u00e9 de collaborateursd\u2019un m\u00e9dia au sens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias, 1.le 03.10.2016 dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abdeMEDIA1.)\u00bb diffus\u00e9e sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision de la langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, en infraction aux articles 447 et 448 du Code p\u00e9nal, en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir calomni\u00e9, sinon diffam\u00e9, sinon injuri\u00e9PERSONNE5.), en publiant un reportage (contenant notamment une interview entre PERSONNE5.)etPERSONNE1.)) dans lequel, -en ce qui concerne le montage, il y a eu une dissociation des images et du son, une trentaine de secondes ayant \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e, ce qui a eu pour effet d\u2019accoler les deux phrases \u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro. Dat do ass dach eng Sauerei\u00bb de sorte \u00e0 donner l\u2019impression que Monsieur<\/p>\n<p>62 PERSONNE5.) qualifie les questions de MadamePERSONNE1.)de \u00abSauerei\u00bb, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019a pas prononc\u00e9 ces deux phrases ensemble, et que la coupure brutale de l\u2019interview d\u00e9sinformait le public qu\u2019PERSONNE5.), a repris l\u2019interview de fa\u00e7on calme apr\u00e8s l\u2019incident pour r\u00e9pondre encore pendant 6minutes et 30 secondes aux questions de PERSONNE1.), -les excuses d\u2019PERSONNE5.)ne sont pas mentionn\u00e9es,PERSONNE5.) s\u2019\u00e9tant en effet excus\u00e9 aupr\u00e8s dePERSONNE1.)\u00e0 la fin de la deuxi\u00e8me partie de l\u2019interview, -des blessures dePERSONNE1.)ont \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9es,dont ni la r\u00e9alit\u00e9, ni la gravit\u00e9, ni le lien causal existant entre cette pr\u00e9tendue blessure et l\u2019action reproch\u00e9e \u00e0 MonsieurPERSONNE5.), ne sont \u00e9tablis, -a \u00e9t\u00e9 soutenue une qualification cat\u00e9gorique de l\u2019action de Monsieur PERSONNE5.)en coups et blessures par Me URBANY, qui n\u2019a pas non plus h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 comparer l\u2019action de MonsieurPERSONNE5.)\u00e0 la r\u00e9pression turque en mati\u00e8re d\u2019atteinte \u00e0 la libert\u00e9 de presse, -il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 contrairement \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 que MonsieurPERSONNE5.) serait poursuivi p\u00e9nalementalors qu\u2019aucune plainte ni citation directe n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 son encontre. 2.depuis un temps non prescrit et notamment depuis le 03.10.2016, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, suite \u00e0 l\u2019\u00e9mission \u00abde MEDIA1.)\u00bb diffus\u00e9e sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision en langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, en infraction aux articles 418 et 420 du Code p\u00e9nal, par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, partant involontairement fait des blessures ou port\u00e9des coups \u00e0PERSONNE5.), en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir caus\u00e9 des troubles psychiques \u00e0PERSONNE5.) consistant en une pathologie majeure apparue et provoqu\u00e9e, selon le certificat m\u00e9dical du 24 f\u00e9vrier 2021, par la diffusion, sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision de langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abdeMEDIA1.)\u00bb, du reportage du 3octobre 2016 imputant \u00e0 PERSONNE5.)d\u2019avoir port\u00e9 des coups et blessures \u00e0PERSONNE1.), reportage dont la diffusion a eu comme cons\u00e9quence le lancement d\u2019une proc\u00e9dure disciplinaire \u00e0 l\u2019encontre d\u2019PERSONNE5.)qui a conduit \u00e0 sa d\u00e9mission en tant que directeur du MUDAM, ternissant ainsi son image publique.\u00bb Ily a encore lieud\u2019acquitterles pr\u00e9venusPERSONNE2.)etPERSONNE1.) des infractions suivantes: \u00abcomme auteur ou coauteur d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit: de l\u2019avoir ex\u00e9cut\u00e9 ou d\u2019avoir coop\u00e9r\u00e9directement \u00e0 son ex\u00e9cution; sinon comme compliced\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, depuis un temps non prescrit, depuis les dates indiqu\u00e9es ci-apr\u00e8s, sans pr\u00e9judice quant aux circonstances de temps et de lieuxplus exactes;<\/p>\n<p>63 enleurqualit\u00e9 de collaborateursd\u2019un m\u00e9dia au sens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias, 1.le 03.10.2016 dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abdeMEDIA1.)\u00bb diffus\u00e9e sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision de la langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, en infraction aux articles 447 et 448 du Code p\u00e9nal, en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir calomni\u00e9PERSONNE5.), en publiant un reportage (contenant notamment une interview entre PERSONNE5.) et PERSONNE1.)) dans lequel, -en ce qui concerne le montage, il y a eu une dissociation des images et du son, une trentaine de secondes ayant \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e, ce qui a eu pour effet d\u2019accoler les deux phrases \u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro. Dat do ass dach eng Sauerei\u00bb de sorte \u00e0 donner l\u2019impression que Monsieu r PERSONNE5.) qualifie les questions de MadamePERSONNE1.) de \u00abSauerei\u00bb, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019a pas prononc\u00e9 ces deux phrases ensemble, et que la coupure brutale de l\u2019interview d\u00e9sinformait le public qu\u2019PERSONNE5.), a repris l\u2019interview de fa\u00e7on calme apr\u00e8s l\u2019incident pour r\u00e9pondre encore pendant 6 minutes et 30 secondes aux questions de PERSONNE1.), -les excuses d\u2019PERSONNE5.)ne sont pas mentionn\u00e9es,PERSONNE5.) s\u2019\u00e9tant en effet excus\u00e9 aupr\u00e8s dePERSONNE1.)\u00e0 la fin de la deuxi\u00e8me partie de l\u2019interview, -des blessures dePERSONNE1.)ont \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9es, dont ni la r\u00e9alit\u00e9, ni la gravit\u00e9, ni le lien causal existant entre cette pr\u00e9tendue blessure et l\u2019action reproch\u00e9e \u00e0 MonsieurPERSONNE5.), ne sont \u00e9tablis, -a \u00e9t\u00e9 soutenue une qualification cat\u00e9gorique de l\u2019action de Monsieur PERSONNE5.)en coups et blessures par Me URBANY, qui n\u2019a pas non plus h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 comparer l\u2019action de MonsieurPERSONNE5.)\u00e0 la r\u00e9pression turque en mati\u00e8re d\u2019atteinte \u00e0 la libert\u00e9 de presse, -il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 contrairement \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 que MonsieurPERSONNE5.) serait poursuivi p\u00e9nalement alors qu\u2019aucune plainte ni citation directe n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 son encontre. 2.depuis un temps non prescrit et notamment depuis le 03.10.2016, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, suite \u00e0 l\u2019\u00e9mission \u00abde MEDIA1.)\u00bb diffus\u00e9e sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision en langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, en infraction aux articles 418et 420 du Code p\u00e9nal, par d\u00e9faut de pr\u00e9voyance ou de pr\u00e9caution, mais sans l\u2019intention d\u2019attenter \u00e0 la personne d\u2019autrui, partant involontairement fait des blessures ou port\u00e9 des coups \u00e0PERSONNE5.), en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir caus\u00e9 des troubles psychiques \u00e0PERSONNE5.) consistant en une pathologie majeure apparue et provoqu\u00e9e, selon le certificat m\u00e9dical du 24 f\u00e9vrier 2021, par la diffusion, sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision de langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abdeMEDIA1.)\u00bb, du reportage du 3 octobre 2016 imputant \u00e0 PERSONNE5.)d\u2019avoir port\u00e9 des coups et blessures \u00e0PERSONNE1.),<\/p>\n<p>64 reportage dont la diffusion a eu comme cons\u00e9quence le lancement d\u2019une proc\u00e9dure disciplinaire \u00e0 l\u2019encontre d\u2019PERSONNE5.)qui a conduit \u00e0 sa d\u00e9mission en tant que directeur du MUDAM, ternissant ainsi son image publique.\u00bb Les pr\u00e9venus PERSONNE2.) etPERSONNE1.) sont cependant convaincus,par les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif,l\u2019instruction men\u00e9e aux audiences publiques et les d\u00e9positions des t\u00e9moins, del\u2019infraction suivante: \u00abcomme auteurrespectivementcoauteur, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, en leur qualit\u00e9 de collaborateurs d\u2019un m\u00e9dia au sens de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias, le 03.10.2016,dans le cadre de l\u2019\u00e9mission \u00abdeMEDIA1.)\u00bb diffus\u00e9e sur la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision de la langue luxembourgeoise \u00abMEDIA2.)\u00bb, en infraction aux articles443et444duCode p\u00e9nal, d\u2019avoir diffam\u00e9PERSONNE5.), en publiant un reportage (contenant une interview entrePERSONNE5.)etPERSONNE1.)) dans lequel, -en ce qui concerne le montage, il y a eu une dissociation des images et du son, une trentaine de secondes ayant \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e, ce qui a eu pour effet d\u2019accolerles deux phrases \u00abHei s\u00e9rieux, dat do ass keng Fro. Dat do ass dach eng Sauerei\u00bb de sorte \u00e0 donner l\u2019impression que Monsieur PERSONNE5.)qualifie les questions de MadamePERSONNE1.)de \u00abSauerei\u00bb, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 il n\u2019a pas prononc\u00e9 ces deux phrases ensemble, et que la coupure brutale de l\u2019interview d\u00e9sinformait le public qu\u2019PERSONNE5.), a repris l\u2019interview de fa\u00e7on calme apr\u00e8s l\u2019incident pour r\u00e9pondre encore pendant 6 minutes et 30 secondes aux questions dePERSONNE1.), -les excuses d\u2019PERSONNE5.) ne sont pas mentionn\u00e9es, PERSONNE5.)s\u2019\u00e9tant en effet excus\u00e9 aupr\u00e8s dePERSONNE1.)\u00e0 la fin de la deuxi\u00e8me partie de l\u2019interview.\u00bb L\u2019infraction de diffamation commise dans les conditions de l\u2019article 444 du Code p\u00e9nal est punie conform\u00e9ment \u00e0 cet article d\u2019une peine d\u2019emprisonnement de huit jours \u00e0 un an et d\u2019une amende de 251 \u00e0 2.000 euros. Eu \u00e9gard aux circonstances de l\u2019esp\u00e8ce,\u00e0 la gravit\u00e9 relative de l\u2019infraction commise et \u00e0 l\u2019anciennet\u00e9 des faits,le Tribunal estime qu\u2019enapplication de l\u2019article 20 du Code p\u00e9nal, le trouble caus\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre public est r\u00e9par\u00e9 \u00e0 suffisance par une amende correctionnelle. En effet, parapplication de l\u2019article 20 du Code p\u00e9nal, lorsqu\u2019un d\u00e9lit est puni de l\u2019emprisonnement et de l\u2019amende le Tribunal peut, \u00e0 titre de peine principale, ne prononcer que l\u2019une ou l\u2019autre de ces peines. Si l\u2019amende est prononc\u00e9e seule, elle peut \u00eatre \u00e9lev\u00e9e au double du taux maximum pr\u00e9vu.<\/p>\n<p>66 Les pr\u00e9venusont r\u00e9alis\u00e9 un reportage qui viole manifestement les r\u00e8gles d\u00e9ontologiques leur s\u2019imposant, causantainsiune atteinte \u00e0 la r\u00e9putation d\u2019PERSONNE5.).En proc\u00e9dant de cette fa\u00e7on, ilsontagi avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bl\u00e2mable. Le Tribunalestimeen cons\u00e9quence que les faits sont ad\u00e9quatement sanctionn\u00e9s par une amende de1.000 euros,aussi bien en ce qui concerne PERSONNE2.), quePERSONNE1.). Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 30 (6) du code p\u00e9nal, la contrainte par corps ne sera pas prononc\u00e9e\u00e0 l\u2019encontre dePERSONNE2.), alors qu\u2019il aatteint sa soixante-dixi\u00e8me ann\u00e9e. AU CIVIL: A l&#039;audience publique du23f\u00e9vrier2023,Ma\u00eetreJean LUTGEN, en remplacement de Ma\u00eetre Jean-Marie BAULER, avocats \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, se constitua partie civile pour et au nom d\u2019PERSONNE5.), pr\u00e9qualifi\u00e9, demandeur au civil, contre les pr\u00e9venus PERSONNE1.),PERSONNE2.),PERSONNE3.)etPERSONNE4.), pr\u00e9qualifi\u00e9s, d\u00e9fendeurs au civil. La partie demanderesseau civilr\u00e9clame les montants suivants : -dommage moral pourl\u2019atteinte \u00e0 l\u2019honneur et \u00e0 la r\u00e9putation:20.000 euros -atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique:5.000 euros &#8212; pertes financi\u00e8res r\u00e9sultant de la fin de ses fonctions de directeurdu MUDAMavant l\u2019expiration de son mandat:21.605,40 euros Il y a lieu de donner acte \u00e0 la partie demanderesse au civil de sa constitution de partie civile. Eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision d\u2019acquittement \u00e0 intervenir au p\u00e9nal \u00e0 l&#039;\u00e9gard d\u2019PERSONNE4.)et dePERSONNE3.), le Tribunal est incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande civileformul\u00e9e \u00e0 leur encontre. Le Tribunal estcepedantcomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande civile formul\u00e9e\u00e0 l\u2019encontre dePERSONNE2.)etPERSONNE1.),eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal \u00e0leur \u00e9gard. Cettedemande civile est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 faite dans les forme et d\u00e9lai de la loi. Concernant la demande en r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral r\u00e9sultant de l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019honneur et \u00e0 la r\u00e9putation, il y a lieu de retenir que cette demande estfond\u00e9e en principe \u00e9tant donn\u00e9 que le pr\u00e9judice subi est en relation directe avec l\u2019infraction retenue \u00e0 chargedes pr\u00e9venus. Compte tenu cependant des circonstances de l\u2019esp\u00e8ce, le Tribunald\u00e9cidede ne qu\u2019allouer,\u00e0 titre de r\u00e9paration,l\u2019euro symboliqueau demandeur.<\/p>\n<p>67 Concernant la demande en r\u00e9paration de l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique,le Tribunal rappelle que les pr\u00e9venus ont \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9s de l\u2019infraction de coups et blessures involontaires leur reproch\u00e9e, de sorte qu\u2019il n\u2019existe aucun lien causal entre le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 etl\u2019infractionfinalementretenue \u00e0 charge des pr\u00e9venus.Cette demande est partant \u00e0 rejeter. Quant\u00e0lademande en r\u00e9paration des pertes financi\u00e8res r\u00e9sultant de la fin de ses fonctions de directeur du MUDAM avant l\u2019expiration de son mandat, le Tribunal constate qu\u2019il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif et des d\u00e9veloppements ci-dessus, qu\u2019PERSONNE5.)a d\u00e9mission\u00e9 lui-m\u00eame de ses fonctions. Partant le dommage all\u00e9gu\u00e9 n\u2019estpas imputable aux pr\u00e9venus et ne se trouvepas en relation causale directe avecl\u2019infraction retenue \u00e0leur charge, de sorte que la demande est \u00e0 rejeter. Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, il convient de condamner PERSONNE2.)etPERSONNE1.), solidairement,\u00e0 payer \u00e0PERSONNE5.) un euro symbolique. PERSONNE2.)etPERSONNE1.)sontencore \u00e0 condamner aux frais de la demande civile dirig\u00e9e \u00e0 leur encontre. PERSONNE5.)demande encore \u00e0 se voir allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de5.000euros. L\u2019alin\u00e9a 3 de l\u2019article 194 du code, dispose que lorsqu\u2019il para\u00eet in\u00e9quitable de laisser\u00e0 la charge d\u2019une partie les sommes expos\u00e9es par elle et non comprises dans les d\u00e9pens, le Tribunal peut condamner l\u2019autre partie \u00e0 lui payer le montant qu\u2019il d\u00e9termine. En l\u2019esp\u00e8ce, le Tribunal estime qu\u2019il nepara\u00eetpasin\u00e9quitable de laisser \u00e0 la chargede la partie civileles sommes expos\u00e9es par elle et non comprises dans les d\u00e9pens, de sorte que cette demande est \u00e0 rejeter. P A R C E S M O T I F S : leTribunald&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg,septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant enmati\u00e8recorrectionnelle, statuantcontradictoirement,les pr\u00e9venuset d\u00e9fendeursau civiletleursmandatairesentendusenleurs explications et moyens de d\u00e9fense,le mandataire dudemandeurau civil entendu en ses conclusionset lerepr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public entendu en ses r\u00e9quisitions, AU PENAL: rejett eles moyens tendant \u00e0 la nullit\u00e9 et \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites, rejetteles moyens tendant \u00e0 l\u2019annulation ou \u00e0 l\u2019\u00e9cartement despi\u00e8ces du dossierr\u00e9pressif,<\/p>\n<p>68 a c q u i t t eles pr\u00e9venusPERSONNE4.)etPERSONNE3.)des infractions non \u00e9tablies \u00e0 leur charge, l a i s s eles frais de leur poursuite p\u00e9nale \u00e0 charge de l&#039;Etat, a c q u i t t eles pr\u00e9venusPERSONNE1.)etPERSONNE2.)des infractions de calomnie et de coups et blessures involontairesnon \u00e9tablies \u00e0 leur charge, c o n d a m n elapr\u00e9venuePERSONNE1.)du chefde l\u2019infraction de diffamationretenue \u00e0 sa charge \u00e0 une amende demille(1.000)euros, ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquid\u00e9s \u00e0157,20euros; f i x ela dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non-paiement de l\u2019amende \u00e0dix(10)jours; c o n d a m n elepr\u00e9venuPERSONNE2.)du chefde l\u2019infraction de diffamationretenue\u00e0 sa charge \u00e0 une amende demille(1.000) euros, ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquid\u00e9s \u00e0216,90euros; ditqu&#039;il n&#039;y a pas lieu de prononcer une contrainte par corps \u00e0 l&#039;encontre dePERSONNE2.); AU CIVIL: d o n n e acteaudemandeurau civilPERSONNE5.)de sa constitution de partie civile; se d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tentpour conna\u00eetrede la demande formul\u00e9e \u00e0 l\u2019encontred\u2019PERSONNE4.)et dePERSONNE3.); l a i s s eles frais de cette demande civile \u00e0 chargedu demandeur au civil; se d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tentpour conna\u00eetre de la demande formul\u00e9e \u00e0 l\u2019encontredePERSONNE2.)etPERSONNE1.); lad \u00e9 c l a r efond\u00e9edu chef du pr\u00e9judice moral subi pour le montant de un (1) euro symbolique; c o n d a m n ePERSONNE2.)etPERSONNE1.)solidairement\u00e0 payer \u00e0 PERSONNE5.)le montant deun (1) euro symbolique; d\u00e9c l a r enon fond\u00e9ela demande pour le surplus, partant larejette; d \u00e9 c l a r enon fond\u00e9ela demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, partant larejette; c o n d a m n ePERSONNE2.)etPERSONNE1.)solidairementaux frais de cette demande civiledirig\u00e9e contre eux.<\/p>\n<p>69 Le tout en application des articles 14, 16,20,28, 29, 30,50,66,443 et 444 du Code p\u00e9nal, des articles 1,2, 3,155, 179, 182,183-1,184,189, 190, 190- 1,191,194, 195 et 196du Codede proc\u00e9dure p\u00e9naleet des articles 3 et 21 de la loi du 8 juin 2004 sur la libert\u00e9 d\u2019expression dans les m\u00e9dias,dont mention a \u00e9t\u00e9 faite. Ainsi fait et jug\u00e9 parSt\u00e9phane MAAS, vice-pr\u00e9sident,Ma\u00eft\u00e9 BASSANI, juge, etRapha\u00ebl SCHWEITZER, juge, et prononc\u00e9, en pr\u00e9sence d\u2019Alessandra MAZZA,substitutdu Procureur d\u2019Etat, en l&#039;audience publique du Tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg, date qu&#039;en t\u00eate, par le vice-pr\u00e9sident, assist\u00e9 du greffierassum\u00e9 Tahnee WAGNER , qui, \u00e0 l&#039;exception du repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public, ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent jugement.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/20240828-020705\/20231214-tal7-2518-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jugt no 2518\/2023 not.:35303\/16\/CD \/ AUDIENCE PUBLIQUE DU 14DECEMBRE2023 LeTribunald&#8217;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg,septi\u00e8mechambre correctionnelle,a rendu le jugement qui suit: dans la cause duMinist\u00e8re Publiccontre PERSONNE1.) n\u00e9eleDATE1.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE2.), L-ADRESSE2.) PERSONNE2.) n\u00e9 leDATE2.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE3.), L-ADRESSE3.) PERSONNE3.) n\u00e9 leDATE3.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE4.), L-ADRESSE4.) PERSONNE4.) n\u00e9 leDATE4.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE5.), L-ADRESSE5.) -p\u2026<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_crdt_document":""},"kji_country":[8418],"kji_court":[23583],"kji_chamber":[25729],"kji_year":[24566],"kji_subject":[7632],"kji_keyword":[23584,8464,7636],"kji_language":[7733],"class_list":["post-630494","kji_decision","type-kji_decision","status-publish","hentry","kji_country-luxembourg","kji_court-tribunal-darrondissement","kji_chamber-penal","kji_year-24566","kji_subject-penal","kji_keyword-arrondissement","kji_keyword-decembre","kji_keyword-tribunal","kji_language-francais"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.5 (Yoast SEO v27.5) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Tribunal d&#039;arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"ru_RU\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Tribunal d&#039;arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Jugt no 2518\/2023 not.:35303\/16\/CD \/ AUDIENCE PUBLIQUE DU 14DECEMBRE2023 LeTribunald&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg,septi\u00e8mechambre correctionnelle,a rendu le jugement qui suit: dans la cause duMinist\u00e8re Publiccontre PERSONNE1.) n\u00e9eleDATE1.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE2.), L-ADRESSE2.) PERSONNE2.) n\u00e9 leDATE2.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE3.), L-ADRESSE3.) PERSONNE3.) n\u00e9 leDATE3.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE4.), L-ADRESSE4.) PERSONNE4.) n\u00e9 leDATE4.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE5.), L-ADRESSE5.) -p\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-04-21T01:08:13+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"159 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\\\/\",\"name\":\"Tribunal d'arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2026-04-21T01:08:06+00:00\",\"dateModified\":\"2026-04-21T01:08:13+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/avocats-en-droit-penal-a-paris-conseil-et-defense-strategique\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Jurisprudences\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Tribunal d&rsquo;arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"description\":\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"ru-RU\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#organization\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"width\":2114,\"height\":1253,\"caption\":\"Kohen Avocats\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Tribunal d'arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/","og_locale":"ru_RU","og_type":"article","og_title":"Tribunal d'arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023","og_description":"Jugt no 2518\/2023 not.:35303\/16\/CD \/ AUDIENCE PUBLIQUE DU 14DECEMBRE2023 LeTribunald'arrondissement de et \u00e0 Luxembourg,septi\u00e8mechambre correctionnelle,a rendu le jugement qui suit: dans la cause duMinist\u00e8re Publiccontre PERSONNE1.) n\u00e9eleDATE1.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE2.), L-ADRESSE2.) PERSONNE2.) n\u00e9 leDATE2.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE3.), L-ADRESSE3.) PERSONNE3.) n\u00e9 leDATE3.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE4.), L-ADRESSE4.) PERSONNE4.) n\u00e9 leDATE4.)\u00e0ADRESSE1.) demeurantADRESSE5.), L-ADRESSE5.) -p\u2026","og_url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/","og_site_name":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","article_modified_time":"2026-04-21T01:08:13+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f":"159 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/","name":"Tribunal d'arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#website"},"datePublished":"2026-04-21T01:08:06+00:00","dateModified":"2026-04-21T01:08:13+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/#breadcrumb"},"inLanguage":"ru-RU","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-14-decembre-2023-10\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/avocats-en-droit-penal-a-paris-conseil-et-defense-strategique\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jurisprudences","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Tribunal d&rsquo;arrondissement, 14 d\u00e9cembre 2023"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#website","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/","name":"Kohen Avocats","description":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.","publisher":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"ru-RU"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#organization","name":"Kohen Avocats","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"ru-RU","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","contentUrl":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","width":2114,"height":1253,"caption":"Kohen Avocats"},"image":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision\/630494","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision"}],"about":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/types\/kji_decision"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=630494"}],"wp:term":[{"taxonomy":"kji_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_country?post=630494"},{"taxonomy":"kji_court","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_court?post=630494"},{"taxonomy":"kji_chamber","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_chamber?post=630494"},{"taxonomy":"kji_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_year?post=630494"},{"taxonomy":"kji_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_subject?post=630494"},{"taxonomy":"kji_keyword","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_keyword?post=630494"},{"taxonomy":"kji_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_language?post=630494"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}