{"id":641233,"date":"2026-04-21T23:10:23","date_gmt":"2026-04-21T21:10:23","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-28-mars-2023-n-2021-00971\/"},"modified":"2026-04-21T23:10:26","modified_gmt":"2026-04-21T21:10:26","slug":"cour-superieure-de-justice-28-mars-2023-n-2021-00971","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-28-mars-2023-n-2021-00971\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 28 mars 2023, n\u00b0 2021-00971"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1 Arr\u00eat N\u00b053\/23IV-COM Audience publique duvingt-huit marsdeux millevingt-trois Num\u00e9roCAL-2021-00971du r\u00f4le Composition: Marianne EICHER,pr\u00e9sident de chambre; Mich\u00e8le HORNICK, conseiller; Carole BESCH, conseiller; Eric VILVENS, greffier. E n t r e A,administrateur de soci\u00e9t\u00e9,demeurant\u00e0, avec adresse professionnelle au si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9anonymeF,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social\u00e0, appelantaux termes d\u2019unactede l\u2019huissier de justiceFrank Schaal de Luxembourg du19 mai 2021ainsi que d\u2019unacte der\u00e9assignation du m\u00eame huissier du 28 mars 2022, comparant par Ma\u00eetre Pierre Reuter, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t 1)B,uneexempt company de droit caymanais,\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, enregistr\u00e9e aux Cayman Islands sous le num\u00e9ro, repr\u00e9sent\u00e9e parC, LP, unelimited partnershipde droit du Delaware (USA), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, enregistr\u00e9e avec la SEC sous le num\u00e9ro de fichier, 2)D, LP,unelimited partnership de droit du Delaware (USA), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, enregistr\u00e9e aupr\u00e8s de l\u2019Etat du Delaware sous le num\u00e9ro, repr\u00e9sent\u00e9e parC, LP, unelimited<\/p>\n<p>2 partnershipde droit du Delaware (USA), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, enregistr\u00e9e avec la SEC sous le num\u00e9ro de fichier, 3)E,unelimited partnership de droit du Delaware (USA),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, enregistr\u00e9e aupr\u00e8s de l\u2019Etat du Delaware sous le num\u00e9ro, repr\u00e9sent\u00e9e parC, LP, unelimited partnershipde droit du Delaware (USA), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, enregistr\u00e9e avec la SEC sous le num\u00e9ro de fichier, intim\u00e9esaux fins despr\u00e9ditsactesSchaal, comparant par Ma\u00eetre Joram Moyal, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, 4)F,soci\u00e9t\u00e9 anonyme,anciennementGS.A., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration,inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro, 5)H,administrateur de soci\u00e9t\u00e9,demeurant \u00e0,avec adresse professionnelle au si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9anonymeF, intim\u00e9saux finsdes pr\u00e9dits actes Schaal, comparantpar la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple Clifford Chance, \u00e9tablie \u00e0 L-1330 Luxembourg, 10, boulevard Grande-Duchesse CharlMe, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, qui est constitu\u00e9e et en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e Clifford Chance GP, elle-m\u00eame repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant Ma\u00eetre Albert Moro, avocat \u00e0 la Cour, 6)I,administrateur de soci\u00e9t\u00e9,demeurant \u00e0,avec adresse professionnelleau si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9anonymeF\u00e0, intim\u00e9aux finsdes pr\u00e9dits actes Schaal, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e Pierre Thielen Avocats, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-1420 Luxembourg, 5- 11, avenue Gaston Diederich, immatricul\u00e9e auRegistre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 221629, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant, Ma\u00eetre Peggy Goossens, avocat \u00e0 la Cour, 7)J,administrateur de soci\u00e9t\u00e9,ayantdemeur\u00e9\u00e0,avec adresse professionnelle au si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9anonymeF\u00e0,d\u00e9c\u00e9d\u00e9, 8)K,administrateur de soci\u00e9t\u00e9,demeurant \u00e0,avec adresse professionnelleau si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9anonymeF\u00e0,<\/p>\n<p>3 intim\u00e9saux finsdespr\u00e9dits actes Schaal, ne comparant pas, 9)L,administrateur de soci\u00e9t\u00e9,demeurant \u00e0,avec adresse professionnelle au si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9anonymeF\u00e0, intim\u00e9aux finsdes pr\u00e9dits actes Schaal, comparantpar la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9 NC ADVOCAT, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-1222 Luxembourg, 16, rue Beck \/ Coin 95, Grand-Rue, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats de Luxembourg, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 236962, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Nadia Chouhad. LA COUR D&#039;APPEL Ant\u00e9c\u00e9dents proc\u00e9duraux Par exploit d\u2019huissier de justice du 20 janvier 2015,BLTD, une exempt companyde droit ca\u00efmanais,D, LP, unelimitedpartnershipde droit de l\u2019Etat du Delaware (USA) etE, unelimited partnershipde droit de l\u2019Etat du Delaware (ci-apr\u00e8s les partiesBDE), ont assign\u00e9A,M,H, I,N,J,K,L, la soci\u00e9t\u00e9 anonymeGSA, actuellementFSA (ci-apr\u00e8sF) et la soci\u00e9t\u00e9 anonymeOSA, anciennementP, anciennementQSA (ci-apr\u00e8sR) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg pour y voir : *principalement, constater la responsabilit\u00e9 des parties d\u00e9fenderesses sur base de l\u2019article 59 alin\u00e9a 2 (actuellement l\u2019article441-9) de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 concernant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales (ci- apr\u00e8s Loi de 1915), *sinon, subsidiairement constater l\u2019abus de majorit\u00e9 dans le chef des parties d\u00e9fenderesses, * sinon, plus subsidiairement encore, constater la responsabilit\u00e9 des parties d\u00e9fenderesses sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil, * et, en tout \u00e9tat de cause, condamner les parties d\u00e9fenderesses solidairement, sinon in solidum, sinon chacune d\u2019elles pour le tout, \u00e0 payer aux parties demanderesses le montant de 14.485.111,13 euros au titre du pr\u00e9judice mat\u00e9riel, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde, ainsi que le montant de 5.000.000 euros au titre du pr\u00e9judice moral, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la demande enjustice, jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>4 * sinon, encore plus subsidiairement, annuler les r\u00e9solutions prises par le conseil d\u2019administration deRles 27 et 29 novembre 2013 et par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 6 janvier 2014. Elles ont sollicit\u00e9 en outre l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile de 50.000 euros ainsi que la condamnation des parties adverses aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, et elles ont demand\u00e9 au tribunal d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement \u00e0 intervenir nonobstant appel, opposition ou toute autre voie de recours, et sans caution. Par jugement du 19 f\u00e9vrier 2016, le tribunal a ordonn\u00e9 aux parties demanderesses de fournir une caution judiciaire aux parties d\u00e9fenderesses. Par conclusions notifi\u00e9es le 23 octobre 2018, les parties demanderesses ont augment\u00e9 leurs demandes aux montants de 82.195.174,60 euros au titre du pr\u00e9judice mat\u00e9riel, 28.000.000 euros au titre du pr\u00e9judice moral et 200.000 euros au titre de la demande sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elles ont par ailleurs ventil\u00e9 les demandes en fonction des participations respectives qu\u2019elles avaient dansR. Par jugement du 21 juin 2019, rendu suite \u00e0 des d\u00e9bats limit\u00e9s \u00e0 la question de la recevabilit\u00e9 de la demande, le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 nulle l\u2019assignation en ce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e contreM,Net la soci\u00e9t\u00e9 anonymeR, ces parties \u00e9tant d\u00e9sormais hors cause dans le cadre du litige soumis. Dans son pr\u00e9dit jugement du 21 juin 2019, le tribunal a notamment retenu que \u00absi le tribunal a actuellement limit\u00e9 les d\u00e9bats sur la question de la recevabilit\u00e9 de la demande introduite par les parties BDE, toujours est-il que celles-ci n\u2019ont pas pris position concernant d\u2019\u00e9ventuelles cons\u00e9quences r\u00e9sultant desirr\u00e9gularit\u00e9s commises lors de la signification des exploits sur la validit\u00e9 des demandes tendant \u00e0 l\u2019annulation des r\u00e9solutions prises par le conseil d\u2019administration d\u2019OPG en date des 27 et 29 novembre 2013 et de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale d\u2019OPG du 6 janvier 2014. Il convient d\u00e8s lors de r\u00e9server ce volet afin de permettre aux parties demanderesses de prendre position\u00bb. L\u2019analyse soumise au tribunal s\u2019est d\u00e8s lors limit\u00e9e \u00e0 la recevabilit\u00e9 des demandes formul\u00e9es par les partiesBDEau regard de la nullit\u00e9 de l\u2019assignation envers certaines parties d\u00e9fenderesses. Par jugement du 4 d\u00e9cembre 2020, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, en statuant en continuation des jugements des 19 f\u00e9vrier 2016 et 21 juin 2019, a rejet\u00e9 les moyens d\u2019irrecevabilit\u00e9 bas\u00e9s sur l\u2019absence dans la proc\u00e9dure de plusieurs administrateurs deF, et a ordonn\u00e9 aux parties de conclure suivant l\u2019\u00e9ch\u00e9ancier leur soumis.<\/p>\n<p>5 Instance d\u2019appel Par exploit d\u2019huissier de justice du 19 mai 2021,Aa interjet\u00e9 appel contre ce jugement. \u00b0L\u2019appelantAconclut, par r\u00e9formation, \u00e0 voir dire que la nullit\u00e9 de l\u2019assignation introductive des partiesBDE, nullit\u00e9 prononc\u00e9e suivant le jugement du 21 juin 2019, en ce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e contre certains des administrateurs a pour cons\u00e9quence l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019action et des demandes des partiesBDEtel qu\u2019introduites par exploit d\u2019huissier de justice du 20 janvier 2015. Il sollicite en outre l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel. \u00b0Les parties intim\u00e9es,la soci\u00e9t\u00e9FetH,I, ainsi queL, concluent \u00e9galement \u00e0 la r\u00e9formation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9. Elles sollicitent, chacune, l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure,L concluant en outre \u00e0 la condamnation des partiesBDE\u00e0 lui payer le montant de 5.000 euros au titre d\u2019honoraires d\u2019avocat, sur le fondement des articles 1382 et 1383 du Code civil. \u00b0Les parties intim\u00e9esBDEconcluent \u00e0 la confirmation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9. Elles sollicitent en outre l\u2019octroi d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 15.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel. \u00b0L\u2019intim\u00e9Jest d\u00e9c\u00e9d\u00e9. \u00b0L\u2019intim\u00e9Kn\u2019a pas constitu\u00e9 avocat. Il convient, d\u00e8s lors, en premier lieu, d\u2019analyser les significations faites \u00e0 la partieK. Quant \u00e0 l\u2019acte d\u2019appel, il r\u00e9sulte de l\u2019attestation\/certificate du 17 juin 2021 que \u00abthe document has been served the 28-05-2021 at, in accordance with the following particular method, The documents were served by posting them through the defendant\u2019s letterbox. This method is good service under rule 6.3 (1) (c) of the Civil Procedure Rules of England and Wales\u201d. Quant \u00e0 l\u2019acte de r\u00e9assignation, il r\u00e9sulte de l\u2019attestation\/ certificate du 29 septembre 2022 que \u201cthe document has not been served, by reason of the following facts: it is an empty building and is undergoing construction\u201d. Il s\u2019ensuit que les d\u00e9marches effectu\u00e9es par l\u2019appelant en vue de la r\u00e9assignation deKn\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 utiles.<\/p>\n<p>6 L\u2019acte de r\u00e9assignation n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 valablement signifi\u00e9 \u00e0K, la proc\u00e9dure de l\u2019article 84 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile n\u2019a partant pas \u00e9t\u00e9 valablement suivie. Il s\u2019ensuit que l\u2019appel en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contreKdoit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 irrecevable. Bref r\u00e9sum\u00e9 des faits, tel que pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019appelant et les intim\u00e9sFetH Les partiesBDE\u00e9taient d\u00e9tenteurs de 12,52 % des actionsdeF (anciennementGou OPG), elle-m\u00eame actionnaire majoritaire \u00e0 88,22 % d\u2019Q, actuellementO, active dans le domaine immobilier. Le conseil d\u2019administration deF\u00e9tait compos\u00e9 de 9 membres :M,A, N,H,I,J,S,KetL. Srepr\u00e9sentait les partiesBDEau sein du conseil d\u2019administration et ensemble avecKetL, ils repr\u00e9sentaient les int\u00e9r\u00eats des actionnaires minoritaires. A l\u2019occasion d\u2019un conseil d\u2019administration tenu le 27 novembre 2013, prorog\u00e9 au 29 novembre 2013, il a \u00e9t\u00e9 statu\u00e9, entre autres, sur l\u2019augmentation du capital d\u2019Q, par l\u2019\u00e9mission de nouvelles actions pour un montant maximal de 100 millions d\u2019euros \u00e0 0,47 euros l\u2019unit\u00e9. Cette d\u00e9marche a suscit\u00e9 les protestations de plusieurs administrateurs, mais une \u00e9mission de 114.600.000 nouvellesactions dansQa n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e, portant le nombre d\u2019actions de 230.056.445 \u00e0 344.656.445. Le 2 d\u00e9cembre 2013,Qa annonc\u00e9 l\u2019augmentation du capital pour un montant maximal de 100 millions d\u2019euros. Toutes les actions nouvellement \u00e9mises ont \u00e9t\u00e9 souscrites au prix de 0,47 euros l\u2019unit\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 de droit tch\u00e8queT, dontAest actionnaire. Par cette op\u00e9ration, la participation deFdansQest pass\u00e9e de 88,22 % \u00e0 65,25 %. Lors de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires deFdu 6 janvier 2014, N,L,SetKont \u00e9t\u00e9 r\u00e9voqu\u00e9s de leurs fonctions. Les partiesBDEont, depuis, revendu leurs participations dans CPI.<\/p>\n<p>7 Appr\u00e9ciation de la Cour -Quant au moyen soulev\u00e9 parLconcernant les cons\u00e9quences du d\u00e9c\u00e8s deJ Lentend voir dire, \u00ab\u00e0 titre principal,que le d\u00e9c\u00e8s deJfut valablement notifi\u00e9, partant d\u00e9clarer que les actes de proc\u00e9dure intervenus post\u00e9rieurement \u00e0 la notification du d\u00e9c\u00e8s deJsont nuls et de nul effet, notamment les jugements des 21 juin 2019 et 4 d\u00e9cembre 2020, eta fortiori l\u2019acte d\u2019appel du 19 mai 2021 et partant voir renvoyer les parties devant le tribunal statuant dans l\u2019affaire portant le num\u00e9ro 171053 du r\u00f4le\u00bb. A titre subsidiaire,Lentend voir dire que\u00able d\u00e9c\u00e8s deJfut valablement notifi\u00e9 le 2 mars 2022, partant d\u00e9clarer que les actes de proc\u00e9dure intervenus post\u00e9rieurement \u00e0 cette notification sont nuls et de nul effet, partant interrompre l\u2019instance, et inviter l\u2019appelant \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 une reprise d\u2019instance par assignation des h\u00e9ritiers deJ\u00bb, \u00e0 titreplus subsidiaire, \u00abdire que le d\u00e9c\u00e8s deJne fut pas valablement notifi\u00e9 et inviter les parties \u00e0 prendre position sur la question des cons\u00e9quences de ce d\u00e9c\u00e8s avant toute d\u00e9cision au fond, sinon inviter le litismandataire deJde notifier valablement led\u00e9c\u00e8s de ce dernier\u00bb. En tout \u00e9tat de cause, voire dire que \u00abla nullit\u00e9 sinon l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019assignation du 20 janvier 2015 dirig\u00e9e contreM,NetRentra\u00eene la nullit\u00e9 des assignations dirig\u00e9es contre l\u2019ensemble des parties d\u00e9fenderesses, partant dire l\u2019assignation du 20 janvier 2015 dirig\u00e9e contreLirrecevable\u00bb. Lse pr\u00e9vaut des dispositions de l\u2019article 488 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile qui \u00e9nonce : \u00abDans les affaires qui ne seront pas en \u00e9tat, toutes proc\u00e9dures faites post\u00e9rieurement \u00e0 la notification de la mort de l&#039;une des parties seront nulles; il ne sera pas besoin de signifier les d\u00e9c\u00e8s, d\u00e9missions, interdictions ni destitutions des avocats; lespoursuites faites et les d\u00e9cisions obtenues depuis seront nulles, s&#039;il n&#039;y a constitution de nouvel avocat\u00bb. Il est admis que la notification du d\u00e9c\u00e8s d\u2019une partie peut \u00eatre faite par l\u2019avocat de la personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 l\u2019avocat de la partie adverse. L\u2019intim\u00e9Lentend se pr\u00e9valoir des courriers du mandataire des parties BDEdes 2 mars 2022 et 15 avril 2022, pour en conclure que le d\u00e9c\u00e8s deJa \u00e9t\u00e9 valablement notifi\u00e9 par conclusions de son litismandataire d\u00e9j\u00e0 en premi\u00e8re instance. Il estime que les proc\u00e9dures faites post\u00e9rieurement \u00e0 la notification du d\u00e9c\u00e8s sont nulles de plein droit, de sorte qu\u2019il y aurait lieu de d\u00e9clarer les jugements des 21 juin 2019 et 4 d\u00e9cembre 2020 ainsi que l\u2019acte d\u2019appel nuls.<\/p>\n<p>8 La Cour rel\u00e8ve que nonobstant la question de savoir\u00e0 quel moment le d\u00e9c\u00e8s deJa \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement notifi\u00e9 aux partiesBDE, selonL avant le jugement du 21 juin 2019, la nullit\u00e9 des jugements des 21 juin 2019 et 4 d\u00e9cembre 2020, sinon des actes de proc\u00e9dure faits depuis le 2 mars 2022, ne saurait \u00eatre invoqu\u00e9e parL, co-d\u00e9fendeur en premi\u00e8re instance et co-intim\u00e9 de feuJ, dans la mesure o\u00f9 une telle nullit\u00e9, qui est une nullit\u00e9 relative, ne saurait \u00eatre invoqu\u00e9e que par les h\u00e9ritiers, cr\u00e9anciers et ayants-cause de ce dernier ( dans ce sens Th. Hoscheit, Le droit judiciaire priv\u00e9, 2 i\u00e8me \u00e9dition, n\u00b0 936). Il n\u2019y a partant pas lieu \u00e0 annulation des jugements des 21 juin 2019 et 4 d\u00e9cembre 2020, ni des actes de proc\u00e9dure post\u00e9rieurs. Le moyen, ayant \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9 par l\u2019intim\u00e9L, est dans les d\u00e9bats, et il \u00e9taitloisible aux autres parties de prendre position, de sorte qu\u2019il n\u2019y a pas lieu non plus de faire droit \u00e0 la demande subsidiaire tendant \u00e0 inviter ces derni\u00e8res de ce faire. Ce moyen soulev\u00e9 parLest partant inop\u00e9rant. -Quant au moyen des parties intim\u00e9es tendant \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des demandes des partiesBDEtenant de l\u2019absence de la mise en cause de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des administrateurs deF L\u2019appelantAconclut, par r\u00e9formation du jugement entrepris, \u00e0 voir dire que la nullit\u00e9 de l\u2019assignation introductive des partiesBDEen ce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e contreM,NetR, a pour cons\u00e9quence l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019action et des demandes des partiesBDE, telles qu\u2019introduites par exploit d\u2019huissier de justice du 20 janvier 2015. Il r\u00e9it\u00e8re son moyen tir\u00e9 de l\u2019absence de logique juridique de l\u2019ordre de subsidiarit\u00e9 choisi par les partiesBDEet qui devait entra\u00eener l\u2019irrecevabilit\u00e9 de leur action. Ainsi les partiesBDEauraient pris le choix d\u2019un ordre de subsidiarit\u00e9 consistant \u00e0 demander \u00e0 titre principal \u00e0 ce que la responsabilit\u00e9 des administrateurs soit retenue pour pr\u00e9tendues irr\u00e9gularit\u00e9s commises dans le cadre de l\u2019adoption des r\u00e9solutions litigieuses et \u00e0 se voir indemniser du pr\u00e9judice pr\u00e9tendument subi de ce fait, mais \u00e0 titre subsidiaire seulement ellesconcluraient \u00e0 la nullit\u00e9 desdites r\u00e9solutions. Or, l\u2019examen de la responsabilit\u00e9 des administrateurs en raison de telles pr\u00e9tendues irr\u00e9gularit\u00e9s commises impliquerait que soit analys\u00e9 au pr\u00e9alable la r\u00e9gularit\u00e9 des r\u00e9solutions prises par le conseil d\u2019administration, soit la demande en nullit\u00e9 desdites r\u00e9solutions. Cette demande en nullit\u00e9 requ\u00e9rait, en tant que source de responsabilit\u00e9 des administrateurs, que tous les administrateurs ayant adopt\u00e9 les d\u00e9cisions litigieuses soient mis en cause. Les demandes principale et<\/p>\n<p>9 subsidiaire seraient intimement li\u00e9es et ne sauraient \u00eatre analys\u00e9es et jug\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment. Il y aurait par ailleurs violation des droits de la d\u00e9fense des administrateurs qui ne figurent pas en la cause. Ce serait encore \u00e0 tort que letribunal ait rejet\u00e9 le moyen tir\u00e9 de la th\u00e9orie de l\u2019estoppel. Les partiesBDEayant attrait en justice dans le cadre de leur assignation introductive d\u2019instance tous les administrateurs concern\u00e9s par les r\u00e9solutions litigieuses, et ayant r\u00e9assign\u00e9 les partiesMetNen 2015 et 2019, elles auraient affich\u00e9 une volont\u00e9 et position claire qu\u2019il \u00e9tait requis et indispensable que celles-ci figurent \u00e0 la cause et que partant tous les administrateurs concern\u00e9s en charge \u00e0 l\u2019\u00e9poque devaient figurer \u00e0 la proc\u00e9dure. Or, en 2020, les partiesBDEauraient soudainement chang\u00e9 de position et auraient estim\u00e9 qu\u2019il n\u2019\u00e9tait plus n\u00e9cessaire de mettre en cause les partiesMetN. L\u2019appelant fait encore grief au tribunal d\u2019avoir rejet\u00e9 le moyen de l\u2019irrecevabilit\u00e9 de lademande en annulation des r\u00e9solutions du conseil d\u2019administration et de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, d\u00e8s lors qu\u2019il serait de jurisprudence constante que le demandeur \u00e0 une action en nullit\u00e9 d\u2019une d\u00e9lib\u00e9ration d\u2019un organe social devrait mettre \u00e0 la cause \u00abtous ceux qui veulent faire usage de la d\u00e9lib\u00e9ration litigieuse et la soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame\u00bb, ce afin de permettre \u00e0 chaque partie int\u00e9ress\u00e9e de faire valoir ses moyens de d\u00e9fense concernant la validit\u00e9 des d\u00e9cisions litigieuses, une telle action \u00e9tant susceptiblede leur causer grief. L\u2019appelant critique encore la juridiction de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019elle a consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019actuel article 100-22 (3) de la Loi de 1915, introduit par la loi du 10 ao\u00fbt 2016, entr\u00e9e en vigueur le 23 ao\u00fbt 2016, soit post\u00e9rieurementaux r\u00e9solutions litigieuses et \u00e0 l\u2019action des parties BDEqui remonte au 25 janvier 2015, soit applicable. Ce serait \u00e0 tort que le tribunal ait consid\u00e9r\u00e9 ladite disposition comme r\u00e8gle de proc\u00e9dure qui s\u2019appliquerait aux situations juridiques en cours etqui r\u00e9gulariserait ex post une \u00e9ventuelle irrecevabilit\u00e9. Cette loi constituerait une loi sur le fonctionnement des soci\u00e9t\u00e9s commerciales et aucune application imm\u00e9diate ne saurait \u00eatre retenue. Il estime encore que d\u00e8s lors que les r\u00e9solutions d\u2019un conseil d\u2019administration d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 anonyme seraient mises en cause dans le cadre d\u2019une action en nullit\u00e9, non seulement la soci\u00e9t\u00e9 devrait \u00eatre partie \u00e0 l\u2019instance, mais \u00e9galement les administrateurs en charge ayant adopt\u00e9 les r\u00e9solutions en question. Ils\u2019agirait du corollaire du principe de coll\u00e9gialit\u00e9 d\u2019un conseil d\u2019administration et d\u2019une question \u00e9l\u00e9mentaire des droits de la d\u00e9fense.<\/p>\n<p>10 Les intim\u00e9sFetHconcluent \u00e9galement \u00e0 la r\u00e9formation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9, en discutant la motivation par laquelle le tribunal a rejet\u00e9 leurs moyens pr\u00e9sent\u00e9s en premi\u00e8re instance. Ils consid\u00e8rent que lorsqu\u2019une personne intente une action qui tend \u00e0 remettre en cause la validit\u00e9 d\u2019une d\u00e9lib\u00e9ration d\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ou d\u2019un conseil d\u2019administration, comme c\u2019estle cas en l\u2019esp\u00e8ce, elle devrait mettre en cause la soci\u00e9t\u00e9 ainsi que les actionnaires ou administrateurs concern\u00e9s par cette d\u00e9lib\u00e9ration sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande. L\u2019\u00e9ventuel constat d\u2019une ill\u00e9galit\u00e9 des d\u00e9cisions sociales litigieuses constituerait le fait g\u00e9n\u00e9rateur de la responsabilit\u00e9 recherch\u00e9e par les partiesBDE. Ce ne serait que si les d\u00e9cisions sociales litigieuses encourent l\u2019annulation que le fait g\u00e9n\u00e9rateur du pr\u00e9tendu pr\u00e9judice pourrait \u00eatre \u00e9tabli. L\u2019ordre de subsidiarit\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 par les parties demanderesses \u00e0 l\u2019instance n\u2019aurait pas de caract\u00e8re imp\u00e9ratif et le juge ne serait pas oblig\u00e9 de suivre l\u2019ordre indiqu\u00e9 par les parties. Les intim\u00e9s estiment encore que la faute de r\u00e9gularit\u00e9 devrait \u00eatre \u00e9tablie au pr\u00e9alable, pourpouvoir raisonner sur le terrain de la responsabilit\u00e9 solidaire des administrateurs, de sorte qu\u2019il faudrait mettre \u00e0 la cause les dirigeants et actionnaires impliqu\u00e9s dans cette d\u00e9cision sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande. Le jugement ne tiendrait pas compte de la logique de l\u2019article 441-9 de la Loi de 1915 qui serait d\u2019\u00e9tablir, dans un premier temps, une faute de r\u00e9gularit\u00e9 engageant solidairement la responsabilit\u00e9 de l\u2019ensemble des administrateurs, qui peuvent d\u00e9montrer,dans un second temps, qu\u2019ils ne sauraient \u00eatre tenus solidairement de la r\u00e9paration du pr\u00e9tendu pr\u00e9judice. Le principe applicable en droit des soci\u00e9t\u00e9s qui voudrait que toutes les parties concern\u00e9es par une d\u00e9cision soient mises \u00e0 la cause en cas de litigerelatif \u00e0 une d\u00e9cision ne ferait pas obstacle \u00e0 l\u2019application des r\u00e8gles de la solidarit\u00e9. Ce serait encore \u00e0 tort que le tribunal a retenu que les administrateurs auraient la possibilit\u00e9 de faire valoir leurs moyens relatifs \u00e0 l\u2019absence de faute dansle cadre d\u2019une \u00e9ventuelle action r\u00e9cursoire engag\u00e9e par les coresponsables \u00e0 leur \u00e9gard. Le jugement de premi\u00e8re instance aurait, de ce fait, op\u00e9r\u00e9 une confusion entre l\u2019obligation \u00e0 la dette et la contribution \u00e0 la dette. La division entre obligation \u00e0 ladette et contribution \u00e0 la dette ne serait pr\u00e9serv\u00e9e que dans le cas o\u00f9 l\u2019ensemble des administrateurs serait repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 une action tendant \u00e0 engager leur responsabilit\u00e9 sur base de l\u2019article 441-9 de la Loi de 1915, ce ne serait que dans ce cas que le\u00abp\u00e9rim\u00e8tre de la solidarit\u00e9 exacte\u00bb entre les diff\u00e9rents administrateurs pourrait \u00eatre d\u00e9termin\u00e9. Un administrateur non repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sente instance ne pourrait \u00e9chapper ult\u00e9rieurement, au stade de la contribution \u00e0 la dette, \u00e0 son<\/p>\n<p>11 obligation \u00e0 la dette, de sorte qu\u2019il y aurait atteinte aux droits de la d\u00e9fense. Le tribunal aurait consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 tort, que les administrateurs non repr\u00e9sent\u00e9s seraient ad\u00e9quatement d\u00e9fendus par les administrateurs pr\u00e9sents et que ces derniers pourraient apporter tant l\u2019absence de leur propre faute que celle d\u2019un administrateur non repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019instance. Une telle appr\u00e9ciation porterait atteinte au caract\u00e8re \u00e9quitable du proc\u00e8s consacr\u00e9 par l\u2019article 6 de la CEDH, de m\u00eame qu\u2019aux articles 63 et 65 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile consacrant le principe du contradictoire. Les administrateurs non repr\u00e9sent\u00e9s seraient priv\u00e9s d\u2019un d\u00e9bat contradictoire ce qui leur porterait pr\u00e9judice. De m\u00eame, l\u2019absence de mise en cause de l\u2019ensemble des administrateurs, et a fortiori de celui \u00e0 l\u2019encontre duquel les all\u00e9gations de fautes de r\u00e9gularit\u00e9 sont dirig\u00e9es, mettraient les concluants dans une situation de net d\u00e9savantage \u00abpar rapport aux d\u00e9fendeurs en premi\u00e8re instance\u00bb. Les intim\u00e9s font en outre grief au tribunal d\u2019avoir rejet\u00e9leur moyen tir\u00e9 de la th\u00e9orie de l\u2019estoppel. Le jugement aurait correctement expos\u00e9 les principes applicables mais en aurait tir\u00e9 les mauvaises conclusions. En assignant les partiesMetN, les partiesBDEauraient manifest\u00e9 leur volont\u00e9 d\u2019assigner tous les administrateurs, pour pr\u00e9tendre par la suite, dans leurs conclusions du 7 janvier 2020, que tel n\u2019\u00e9tait plus n\u00e9cessaire. Ce comportement contraire \u00e0 leur attitude et dires ant\u00e9rieurs devrait entra\u00eener l\u2019irrecevabilit\u00e9 de leur demande. Ils critiquent encore le raisonnement des juges de premi\u00e8re instance en ce qui concerne l\u2019application de la loi nouvelle dans le temps et du rapprochement fait par le tribunal entre le nouvel article 100-22 de la Loi de 1915 et la qualit\u00e9 \u00e0 agir qui serait infond\u00e9. Le nouvel article 100- 22 exprimerait une r\u00e8gle particuli\u00e8re que le demandeur \u00e0 l\u2019instance devrait respecter pour que son action soit recevable, et serait \u00e0 rattacher aux irrecevabilit\u00e9s proc\u00e9durales. L\u2019action des partiesBDEaurait \u00e9t\u00e9 intent\u00e9e par assignation du20 janvier 2015, soit \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le principe exprim\u00e9 par l\u2019actuel article 100-22 de la Loi de 1915 ne s\u2019appliquait pas, \u00e9poque o\u00f9 l\u2019action des partiesBDEdevait \u00eatre intent\u00e9e contre les administrateurs ou les actionnaires ayant particip\u00e9 aux d\u00e9cisions litigieuses sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9. En outre, m\u00eame l\u2019article 100-22 de la Loi de 1915 ne r\u00e9girait pas la demande en nullit\u00e9 des d\u00e9cisions d\u2019un conseil d\u2019administration. Finalement, les intim\u00e9s font valoir que le tribunal aurait, de facto, caract\u00e9ris\u00e9 une absence de leur int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir, or il reviendrait aux juges du fond de tirer les cons\u00e9quences l\u00e9gales qui d\u00e9coulent de leurs propres constatations de fait.<\/p>\n<p>12 Lr\u00e9it\u00e8re le moyen tir\u00e9 de la th\u00e9orie de l\u2019estoppel, et rel\u00e8ve que c\u2019\u00e9taient les administrateursS,Ket lui-m\u00eame, qui auraient \u00e9mis des protestations, de sorte que les partiesBDEn\u2019auraient aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019assigner. Ise rallie tant aux conclusions et demandes pr\u00e9sent\u00e9es par l\u2019appelant tendant \u00e0 r\u00e9former le jugement entrepris en ce qu\u2019ila rejet\u00e9 les moyens d\u2019irrecevabilit\u00e9 soulev\u00e9s, qu\u2019aux moyens d\u00e9velopp\u00e9s par les partiesA,F,HetL. Il estime que le tribunal, tout en ayant correctement rappel\u00e9 qu\u2019en application d\u2019une jurisprudence constante, il \u00e9tait admis que dans les actions tendant \u00e0 remettre en cause la validit\u00e9 d\u2019une d\u00e9lib\u00e9ration d\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale devaient \u00eatre mis en cause non seulement la soci\u00e9t\u00e9, mais \u00e9galement les actionnaires concern\u00e9s par cette d\u00e9lib\u00e9ration, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, aurait d\u00fb appliquer cette jurisprudence sous peine de mettre \u00e0 n\u00e9ant les droits acquis des parties au jour de l\u2019action en nullit\u00e9. La recevabilit\u00e9 d\u2019un acte de proc\u00e9dure serait d\u00e9termin\u00e9e en fonction et en conformit\u00e9 avec la loi applicable au moment de cet acte. La Cour tient \u00e0 rappeler les dispositions de l\u2019article 441-9 de la Loi de 1915, invoqu\u00e9 \u00e0 l\u2019appui de leur demande principale par les parties BDE, et qui se lit comme suit: \u00abLes administrateurs sont responsables envers la soci\u00e9t\u00e9, conform\u00e9ment au droit commun, del\u2019ex\u00e9cution du mandat qu\u2019ils ont re\u00e7u et des fautes commises dans leur gestion. Ils sont solidairement responsables, soit envers la soci\u00e9t\u00e9, soit envers tous tiers, de tous dommages-int\u00e9r\u00eats r\u00e9sultant d\u2019infractions aux dispositions de la pr\u00e9sente loi ou des statuts sociaux. Ils ne seront d\u00e9charg\u00e9s de cette responsabilit\u00e9, quant aux infractions auxquelles ils n\u2019ont pas pris part, que si aucune faute ne leur est imputable et s\u2019ils ont d\u00e9nonc\u00e9 ces infractions \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale la plus prochaine apr\u00e8s qu\u2019ils en ont eu connaissance\u00bb. Afin de d\u00e9terminer si la demande en responsabilit\u00e9 des administrateurs peut \u00eatre valablement tranch\u00e9e sans qu\u2019il ne soit au pr\u00e9alable statu\u00e9 sur la demande en nullit\u00e9 des r\u00e9solutions prises en conseil d\u2019administration et en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, le tribunal a retenu \u00e0 bon droit que dans la mesure o\u00f9 la responsabilit\u00e9 des dirigeants peut \u00eatre engag\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard des tiers, qui peuvent n\u2019avoir aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir annuler des r\u00e9solutions des organes de la soci\u00e9t\u00e9, m\u00eame si celles- ci peuvent \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de pr\u00e9judices dans leur chef, l\u2019annulation pr\u00e9alable des d\u00e9cisions susceptibles d\u2019engager la responsabilit\u00e9 de ceux qui les ont prises, n\u2019est pas juridiquement obligatoire, de sorte que la recevabilit\u00e9 des diff\u00e9rentes demandes doit \u00eatre analys\u00e9e suivant la sp\u00e9cificit\u00e9 de chacune d\u2019elles.<\/p>\n<p>13 En outre, l\u2019ordre de subsidiarit\u00e9 de la demande des partiesBDEne manque pas de logique dans la mesure o\u00f9 l\u2019annulation des diff\u00e9rentes d\u00e9cisions dont elles contestent la r\u00e9gularit\u00e9, n\u2019est pas forc\u00e9ment susceptible de r\u00e9parer le pr\u00e9judice caus\u00e9, tandis que leur action en responsabilit\u00e9, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 l\u2019augmentation de capital serait qualifi\u00e9e de contraire aux lois et aux statuts, est susceptible, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de les voir indemniser de leur pr\u00e9judice \u00e9ventuel en r\u00e9sultant. Il est certes vrai que l\u2019analyse de la validit\u00e9 des r\u00e9solutions de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale voire du conseil d\u2019administration s\u2019impose afin qu\u2019une responsabilit\u00e9 des administrateurs puisse \u00eatre retenue, cette analyse n\u2019impliquepas pour autant que la demande en nullit\u00e9 desdites r\u00e9solutions doive n\u00e9cessairement \u00eatre prononc\u00e9e. En ce qui concerne la solidarit\u00e9 entre administrateurs pour fautes de r\u00e9gularit\u00e9 (alin\u00e9a 2 de l\u2019article 441-9 de la Loi de 1915), le tribunal a correctement relev\u00e9 que la charge de la preuve de l\u2019absence de faute et de la d\u00e9nonciation incombe aux administrateurs qui peuvent, chacun individuellement, se d\u00e9charger de la responsabilit\u00e9 solidaire pesant sur eux par l\u2019absence de faute dans leur chef. L\u2019article1203 du Code civil permet au cr\u00e9ancier d\u2019une obligation solidaire de s\u2019adresser \u00e0 celui des d\u00e9biteurs qu\u2019il veut choisir, sans que celui-ci puisse lui opposer le b\u00e9n\u00e9fice de division. Il peut agir \u00e0 la fois contre tous les cod\u00e9biteurs, mais il n\u2019est pas tenu, lorsqu\u2019il poursuit un cod\u00e9biteur, de mettre en cause les autres. Le tribunal a, par des motifs exhaustifs que la Cour fait siens, relev\u00e9 que chacun des cod\u00e9biteurs peut \u00eatre contraint pour la totalit\u00e9 de la dette, sans qu\u2019il puisse demander ni la miseen cause de ses cod\u00e9biteurs, ni la division de la dette (Cass. 1re civ. 28 juin 2007, n\u00b0 05-20.527 : JurisData n\u00b0 2007-039788). Le cr\u00e9ancier d\u2019une obligation solidaire est toujours en droit de n\u2019engager des poursuites qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019un ou de l\u2019autre des cod\u00e9biteurs, sans avoir \u00e0 justifier son choix et il appartient le cas \u00e9ch\u00e9ant aux d\u00e9fendeurs de mettre en intervention leurs cod\u00e9biteurs solidaires, s\u2019ils estiment que les droits de la d\u00e9fense des parties absentes du litige ne sont pas garantis. De m\u00eame, les cod\u00e9biteurs non poursuivis peuvent intervenir \u00e0 l&#039;instance s&#039;ils le souhaitent (Cass. com., 18 mars 1980, n\u00b0 78-14.029 : Bull. civ. IV, n\u00b0 129.\u2013CA Bordeaux, 19 ao\u00fbt 1826 : DP 1830, 2, p. 46 ; Dalloz, jurispr. g\u00e9n., t. 39, V\u00b0 Rente viag\u00e8re, n\u00b0 133.\u2013CA Paris, 17 avr. 1992 : JCP G 1993, II, 22019, note D. Legeais ; RTD civ. 1993, n\u00b0 8, p. 127, obs. J. Mestre). La solidarit\u00e9 n\u2019affecte en effet que l\u2019obligation \u00e0 la dette envers le cr\u00e9ancier; elle ne modifie pas la part contributive de chaque cod\u00e9biteur, qui pourra donc, s\u2019il a pay\u00e9 plus que sa part, se retourner contre les autres.<\/p>\n<p>14 L\u2019administrateur qui aura d\u00e9dommag\u00e9 le cr\u00e9ancier pourra agir contre les autres pour r\u00e9cup\u00e9rer leur contribution \u00e0 la dette chacun selon sa part ( article 1213 du Code civil). Les r\u00e8gles de la solidarit\u00e9 ont d\u00e8s lors \u00e9t\u00e9 correctement expos\u00e9es par le tribunal. Concernant l\u2019argumentation d\u2019une violation des droits de la d\u00e9fense, il convient de relever que la preuve par chacun des administrateurs de l\u2019absence de faute dans sonchef peut \u00eatre rapport\u00e9e dans la pr\u00e9sente instance par les administrateurs mis en cause qui peuvent faire valoir des moyens de d\u00e9fense et des exceptions qui leur sont propres, alors que ceux qui ne figurent pas \u00e0 la pr\u00e9sente instance auront la possibilit\u00e9 de faire valoir leurs moyens dans le cadre d\u2019une \u00e9ventuelle action r\u00e9cursoire engag\u00e9e par les coresponsables solidaires \u00e0 leur \u00e9gard. L\u2019application des principes de la solidarit\u00e9 tels que r\u00e9gis par les articles 1302 et suivants du Code civil, expos\u00e9s ci-avant, ne porte pas atteinte ni au caract\u00e8re \u00e9quitable du proc\u00e8s consacr\u00e9 par l\u2019article 6 de la CEDH, ni aux articles 63 et 65 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile consacrant le principe du contradictoire, les cod\u00e9biteurs\/administrateurs non repr\u00e9sent\u00e9s n\u2019\u00e9tant pas priv\u00e9s d\u2019un d\u00e9bat contradictoire dans le cadre d\u2019une action r\u00e9cursoire \u00e9ventuelle, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 en outre \u00e0 ce sujet que nul ne plaide par procureur. Il \u00e9tait loisible aux parties intim\u00e9es de mettre en intervention les administrateurs non repr\u00e9sent\u00e9s s\u2019ils devaient estimer que leur absence mette en p\u00e9ril leurs droits de la d\u00e9fense. Les parties intim\u00e9esFetHestiment encore que l\u2019absence de mise en cause de l\u2019ensemble des administrateurs, et a fortiori de celui \u00e0 l\u2019encontre duquel les all\u00e9gations de fautes de r\u00e9gularit\u00e9 seraient dirig\u00e9es, mettraient les concluants dans une situation de net d\u00e9savantage \u00abpar rapport aux d\u00e9fendeurs en premi\u00e8re instance\u00bb. La Cour ne con\u00e7oit cependant pas non plus, en vertu de l\u2019application des r\u00e8gles de la solidarit\u00e9, que les partiesFetHdevaient se trouver dans une situation de net d\u00e9savantage par rapport aux d\u00e9fendeurs en premi\u00e8re instance. Il s\u2019ensuit que la nullit\u00e9 de l\u2019assignation en ce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e contre les partiesMetN, de m\u00eame que la nullit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel en ce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9 contre la partieK, n\u2019ont pas d\u2019incidence sur la recevabilit\u00e9 de l\u2019action dirig\u00e9e contre les parties toujours pr\u00e9sentes \u00e0 l\u2019instance et tendant \u00e0 voir engager leur responsabilit\u00e9. La partie appelante et les parties intim\u00e9esF,HetLcritiquent encore le tribunal d\u2019avoir \u00e9cart\u00e9 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande des partiesBDE en application de la th\u00e9orie de l\u2019estoppel.<\/p>\n<p>15 La demande des partiesBDEserait incoh\u00e9rente en ce que ces derni\u00e8res auraient estim\u00e9, au moment de l\u2019introduction de leur demande, que tous les administrateurs devaient figurer dans la cause pour ensuite consid\u00e9rer que la pr\u00e9sence de tous les administrateurs n\u2019\u00e9tait pas requise. Tel que l\u2019a relev\u00e9 \u00e0 juste titre la juridiction de premi\u00e8re instance, l\u2019estoppel est une fin de non-recevoir fond\u00e9e sur l\u2019interdiction de se contredire au d\u00e9triment d\u2019autrui, autrement qualifi\u00e9e d\u2019exception d\u2019indignit\u00e9 ou principe d\u2019incoh\u00e9rence, tir\u00e9e d\u2019une sorte de morale ou de bonne foi proc\u00e9durale. Ce principe s\u2019oppose ainsi \u00e0 ce qu\u2019une partie puisse invoquer une argumentation contraire \u00e0 celle qu\u2019elle a avanc\u00e9e auparavant ( Juris Classeur, proc\u00e9dure civile, Moyens de d\u00e9fense\u2013R\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales, fasc.128, n\u00b075). Le principe de l\u2019estoppel concerne essentiellement les relations contractuelles et il implique que deux \u00e9l\u00e9ments au moins soient r\u00e9unis: il faut que dans un m\u00eame litige opposant les m\u00eames parties, il y ait, d\u2019une part, un comportement sans coh\u00e9rence de la partie qui cr\u00e9e une apparence trompeuse et revient sur sa position qu\u2019elle avait fait valoir aupr\u00e8s de l\u2019autre partie, trompant ainsi les attentes l\u00e9gitimes de cette derni\u00e8re et, d\u2019autre part, un effet du changement de position pour l\u2019autre partie, qui est conduite elle-m\u00eame \u00e0 modifier sa position initiale du fait du comportement contradictoire de son adversaire qui lui porte pr\u00e9judice. Ces deux conditions doivent \u00eatre r\u00e9unies pour que l\u2019on puisse faire application de l\u2019estoppel, car il ne peut \u00eatre question d\u2019emp\u00eacher toutes les initiatives des parties et de porter atteinte au principe de la libert\u00e9 de la d\u00e9fense, ni d\u2019affecter la substance m\u00eame des droits r\u00e9clam\u00e9s par un plaideur, en demandant au juge de devenir le censeur de tous les moyens et arguments des parties. La Cour, \u00e0 l\u2019instar de la juridiction de premi\u00e8re instance, se doit de constater que les demandes des partiesBDEsont, en substance, rest\u00e9es inchang\u00e9es, \u00e0 la seule diff\u00e9rence qu\u2019en raison des nullit\u00e9s prononc\u00e9es par le tribunal concernant les assignations dirig\u00e9es contre certaines des parties, celles-ci ne figurent plus \u00e0 l\u2019instance. Les partiesBDEn\u2019ont, par ailleurs, \u00e0 aucun moment, d\u00e9fendu la th\u00e8se suivant laquelle la pr\u00e9sence de tous les administrateursdans la proc\u00e9dure constituait une condition de recevabilit\u00e9 de l\u2019action. Le fait d\u2019avoir souhait\u00e9 assigner tous les administrateurs, dans le but de se munir d\u2019un maximum de chances pour parvenir \u00e0 des condamnations \u00e0 l\u2019encontre des cod\u00e9biteurs solidaires,n\u2019est pas en contradiction avec la volont\u00e9 des partiesBDEde poursuivre leur action \u00e0 l\u2019encontre des parties valablement assign\u00e9es, solidairement tenues, faute d\u2019avoir r\u00e9ussi \u00e0 trouver une adresse valable de certains administrateurs en vue d\u2019une signification r\u00e9guli\u00e8re de l\u2019assignation.<\/p>\n<p>16 Il s\u2019ensuit que le moyen bas\u00e9 sur le principe de l\u2019estoppel a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 \u00e0 bon droit par le tribunal. Concernant les r\u00e9solutions prises en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, il n\u2019existait pas, avant la r\u00e9forme de 2016, de dispositions relatives aux nullit\u00e9s en mati\u00e8re de prise de r\u00e9solution soci\u00e9taire. D\u00e9sormais, l\u2019article 100-22 (2) de la Loi de 1915, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 introduit par la loi du 10 ao\u00fbt 2016, entr\u00e9e en vigueur le 23 ao\u00fbt 2016, dispose que l&#039;action en nullit\u00e9 d\u2019une d\u00e9cisionprise par une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale est dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9. Cette disposition est inspir\u00e9e du droit belge (article 190bis introduit en droit belge en 1993, devenu article 64 du Code des soci\u00e9t\u00e9s, puis article 2:45 du CSA). La partie appelante et les parties intim\u00e9esF,HetLestiment que les dispositions de cette loi relatives aux actions en nullit\u00e9 contre les d\u00e9lib\u00e9rations en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ne sont pas applicables dans la pr\u00e9sente instance introduite avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi du 10 ao\u00fbt 2016. Les partiesBDEconcluent \u00e0 la confirmation du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9, par adoption de ses motifs. La juridiction de premi\u00e8re instance a relev\u00e9 \u00e0 juste titre qu\u2019aux termes de l\u2019article 2 du Code civil, \u00abla loi ne dispose que pour l\u2019avenir ; elle n\u2019apoint d\u2019effet r\u00e9troactif\u00bb; que les lois de proc\u00e9dure sont, en l\u2019absence de disposition sp\u00e9ciale, d\u2019application imm\u00e9diate; et qu\u2019en tant qu&#039;acte de proc\u00e9dure saisissant un tribunal, la demande en justice est r\u00e9gie par la loi sous l&#039;empire de laquelle elle est form\u00e9e. Nonobstant le principe de l\u2019application imm\u00e9diate de la loi de proc\u00e9dure nouvelle aux instances en cours, les actes d\u00e9j\u00e0 accomplis avant l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi nouvelle ne peuvent \u00eatre atteints par celle-ci, \u00e0 peine de r\u00e9troactivit\u00e9. Les actes irr\u00e9guli\u00e8rement accomplis sous l\u2019empire de la loi ancienne ne peuvent \u00eatre r\u00e9gularis\u00e9s ex post par la loi nouvelle plus favorable (Conflits de lois dans le temps, C. Malpel-Bouyjou, R\u00e9pertoire de proc\u00e9dure civile\/ Dalloz, n\u00b0 21 et 87). Lar\u00e9gularit\u00e9 d\u2019un acte ou d\u2019une conduite doit \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9e au regard de la loi en vigueur au jour de cet acte ou de cette conduite. D\u2019o\u00f9 il r\u00e9sulte que l\u2019application d\u2019une loi nouvelle ne doit pas conduire \u00e0 d\u00e9clarer irr\u00e9gulier (ou, au contraire, \u00e0 d\u00e9clarer r\u00e9gulier) un acte ou une conduite, ant\u00e9rieur \u00e0 la date pr\u00e9vue normalement pour l\u2019applicabilit\u00e9 de cette loi, et r\u00e9gulier (ou irr\u00e9gulier) au regard de la loi ancienne.<\/p>\n<p>17 Un acte juridique nul parce qu\u2019il ne remplissait pas les conditions exig\u00e9es par la loien vigueur au jour de sa passation ne saurait \u00eatre valid\u00e9 par la survenance d\u2019une loi nouvelle plus lib\u00e9rale(Conflits de lois dans le temps, L. Bach, R\u00e9pertoire de droit civil\/ Dalloz, n\u00b0 257 1 et 87). Tel que relev\u00e9 ci-avant, il n\u2019existait pas, avant la r\u00e9forme de 2016, de dispositions relatives aux nullit\u00e9s des r\u00e9solutions prises en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. Bien que la jurisprudence ant\u00e9rieure \u00e0 la loi du 10 ao\u00fbt 2016 ait admis que dans les actions tendant \u00e0 remettre en cause la validit\u00e9 d\u2019une d\u00e9lib\u00e9rationd\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale devaient \u00eatre mis en cause non seulement la soci\u00e9t\u00e9, mais \u00e9galement les actionnaires concern\u00e9s par cette d\u00e9lib\u00e9ration, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, la Cour ne suit pas cette jurisprudence, qui, par la suite, en 2016, a trouv\u00e9 un terme par l\u2019introduction d\u2019une disposition l\u00e9gale, en l\u2019occurrence, l\u2019article 100-22 ( 2) pr\u00e9cit\u00e9. La soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tant la principale int\u00e9ress\u00e9e dans l\u2019action en nullit\u00e9, l\u2019absence de mise en cause d\u2019autres personnes, telles que les actionnaires ou la g\u00e9rance,n\u2019est pas une cause d\u2019irrecevabilit\u00e9, tant que l\u2019action en nullit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9(A. Steichen : Pr\u00e9cis de droit des soci\u00e9t\u00e9s ; 6e \u00e9d. n\u00b0 259, p. 206 en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 une jurisprudence du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg du 7 d\u00e9cembre 2016). La Cour fait sien ce raisonnement et en fait application dans le cas d\u2019esp\u00e8ce. Le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 tenant de l\u2019absence des administrateursM etNest partant \u00e0 rejeter. Concernant les r\u00e9solutions prises par le conseil d\u2019administration, c\u2019est \u00e0 juste titre que la juridiction de premi\u00e8re instance a relev\u00e9 que la r\u00e9forme de 2016 ne traite que des annulations de r\u00e9solutions adopt\u00e9es en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires\/associ\u00e9s. Aucune disposition de la Loi de 1915, ni ant\u00e9rieurement \u00e0 la r\u00e9forme de 2016, ni m\u00eame depuis lors, ne d\u00e9finit les r\u00e8gles applicables en mati\u00e8re d\u2019annulation des r\u00e9solutions prises lors des r\u00e9unions du conseil d\u2019administration. Or, il n\u2019est pas concevable que les r\u00e9solutions de l\u2019organe de gestion \u00e9chappent simplement \u00e0 toute proc\u00e9dure d\u2019annulation. Comme le souligne la doctrine, les d\u00e9cisions irr\u00e9guli\u00e8rement adopt\u00e9es par cet organe sont susceptibles de causer autant de dommages, si ce n\u2019est pas plus, que celles adopt\u00e9es en assembl\u00e9e (A. Steichen, Pr\u00e9cis de Droit des Soci\u00e9t\u00e9s, 6\u00e8me \u00e9dition, n\u00b0 917, p. 672).<\/p>\n<p>18 En droit belge, qui tient de source d\u2019inspiration au droit des soci\u00e9t\u00e9s au Luxembourg, le l\u00e9gislateur \u00e9tait intervenu en 1993 en introduisant desdispositions l\u00e9gislatives \u00e9num\u00e9rant les causes de nullit\u00e9 des d\u00e9cisions des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales sans cependant pr\u00e9voir de disposition sp\u00e9cifique r\u00e9gissant la nullit\u00e9 des d\u00e9cisions des autres organes de la soci\u00e9t\u00e9. Il a \u00e9t\u00e9 retenu que les principes consacr\u00e9s par l\u2019article 64 du Code des soci\u00e9t\u00e9s (\u00e0 l\u2019instar de l\u2019article 100-22 de la Loi de 1915) s\u2019appliquent par analogie aux d\u00e9cisions des autres organes de la soci\u00e9t\u00e9. La Cour se rallie encore au courant doctrinal qui rel\u00e8ve qu\u2019il n\u2019y a aucune raison de faire des raisonnements diff\u00e9rents, selon que l\u2019op\u00e9ration est d\u00e9cid\u00e9e par la g\u00e9rance ou l\u2019assembl\u00e9e : elle est \u00e0 annuler sur base des m\u00eames principes( A. Steichen, Les nouvelles r\u00e8gles communes \u00e0 l\u2019ensemble des soci\u00e9t\u00e9s, page 265). Il convient d\u00e8s lors de retenir une application par analogie des principes retenus ci-avant aux r\u00e9solutions adopt\u00e9es en conseil d\u2019administration. Tout comme pour l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, la soci\u00e9t\u00e9 est la principale int\u00e9ress\u00e9e en cas d\u2019annulation des d\u00e9cisions du conseil d\u2019administration, de sorte que l\u2019action peut \u00eatre dirig\u00e9e valablement contre la soci\u00e9t\u00e9 seule. Le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 est partant \u00e9galement \u00e0 rejeter \u00e0 cet \u00e9gard. La partie intim\u00e9eI\u00e9voque encore que la jurisprudence ant\u00e9rieure \u00e0 la r\u00e9forme de 2016 \u00e9tait d\u2019application en 2015, \u00abde sorte qu\u2019elle doit s\u2019appliquer \u00e0 la pr\u00e9sente proc\u00e9dure sous peine de mettre \u00e0 n\u00e9ant les droits acquis des parties au jour de l\u2019introduction de l\u2019action\u00bb. Dans la mesure o\u00f9 ce moyen n\u2019est pas autrement d\u00e9velopp\u00e9, et que la jurisprudence est susceptible d\u2019\u00e9voluer dans le temps, ce moyen est inop\u00e9rant. Les parties intim\u00e9esFetHfont encore valoir que le tribunal aurait, de facto, caract\u00e9ris\u00e9 une absence de l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir des partiesBDE, or il reviendrait aux juges du fond de tirerles cons\u00e9quences l\u00e9gales qui d\u00e9coulent de leurs propres constatations de fait. Le moyen soulev\u00e9 par ces parties intim\u00e9es proc\u00e8de n\u00e9anmoins d\u2019une lecture erron\u00e9e des d\u00e9veloppements des juges de premi\u00e8re instance qui ont estim\u00e9, dans le cadre de l\u2019argumentation relative \u00e0 l\u2019ordre de subsidiarit\u00e9 des demandes des partiesBDE, que ces derni\u00e8res peuvent ne pas avoir un int\u00e9r\u00eat \u00e0 voir annuler des r\u00e9solutions adopt\u00e9es par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale et\/ou le conseil d\u2019administration, ce constat s\u2019\u00e9tant inscrit dans led\u00e9bat relatif \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 ou non de solliciter, pr\u00e9alablement \u00e0 leur demande en responsabilit\u00e9 des administrateurs<\/p>\n<p>19 et en dommages et int\u00e9r\u00eats, la nullit\u00e9 des d\u00e9lib\u00e9rations des organes de la soci\u00e9t\u00e9. Le moyen tir\u00e9 du d\u00e9faut d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir des partiesBDEn\u2019est partant pas fond\u00e9. Il s\u2019ensuit que le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 est \u00e0 confirmer, quoique partiellement pour d\u2019autres motifs. -Quant aux demandes accessoires Au vu de l\u2019issue de l\u2019appel, la demande deAen allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure n\u2019est pasfond\u00e9e. La condition d\u2019iniquit\u00e9 n\u2019\u00e9tant pas remplie, les demandes respectives des partiesBDE,F,H,IetLen octroi d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure ne sont pas fond\u00e9es non plus. Lsollicite en outre la condamnation des partiesBDE\u00e0 lui payer le montantde 5.000 euros au titre de frais d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s, alors qu\u2019il devrait se d\u00e9fendre contre l\u2019action des partiesBDEqui \u00absavaient pertinemment que les demandes en r\u00e9paration ne sauraient \u00eatre valablement form\u00e9es \u00e0 son encontre\u00bb. Il y a lieu de rappeler que les frais et honoraires d\u2019avocat peuvent donner lieu \u00e0 indemnisation sur base de la responsabilit\u00e9 civile de droit commun en dehors de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Dans son arr\u00eat du 9 f\u00e9vrier 2012, la Cour de Cassation a, en effet, retenu que les fraisnon compris dans les d\u00e9pens, donc \u00e9galement les honoraires d\u2019avocat, constituent un pr\u00e9judice r\u00e9parable sur base de la responsabilit\u00e9 pour faute des articles 1382 et 1383 du Code civil. Outre qu\u2019un comportement fautif dans le chef des partiesBDEn\u2019est pas\u00e9tabli,Lne verse aucune pi\u00e8ce justificative quant \u00e0 des frais d\u2019avocat d\u00e9bours\u00e9s, de sorte que les conditions de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle ne sont pas remplies. La demande en remboursement de frais d\u2019avocat est partant non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>20 PAR CESMOTIFS la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement \u00e0 l\u2019encontre des partiesB LTD,D, LP,E,A,FSA,H,IetL, d\u00e9clare l\u2019appel irrecevable en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contreK, rejette le moyen tir\u00e9 de la violation de l\u2019article 488 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, rejette tous les moyens d\u2019irrecevabilit\u00e9 soulev\u00e9s, dit l\u2019appel non fond\u00e9, confirmele jugement entrepris, quoique partiellement pour d\u2019autres motifs, dit les demandes des parties respectives en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure non fond\u00e9es, dit la demande deLen remboursement de frais d\u2019avocat non fond\u00e9e, condamneAaux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel avec distraction au profit de la soci\u00e9t\u00e9 Clifford Chance et de la soci\u00e9t\u00e9Pierre Thielen Avocats, sur leurs affirmations de droit.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/20240827-173724\/20230328-cal-2021-00971-ii-a.docx-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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