{"id":641256,"date":"2026-04-21T23:10:51","date_gmt":"2026-04-21T21:10:51","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-de-cassation-23-mars-2023-n-2022-00052\/"},"modified":"2026-04-21T23:10:56","modified_gmt":"2026-04-21T21:10:56","slug":"cour-de-cassation-23-mars-2023-n-2022-00052","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-23-mars-2023-n-2022-00052\/","title":{"rendered":"Cour de cassation, 23 mars 2023, n\u00b0 2022-00052"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>N\u00b034\/2023 du 23.03.2023 Num\u00e9ro CAS-2022-00052 du registre Audience publique de la Cour de cassation du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg du jeudi, vingt-trois mars deux mille vingt-trois. Composition: MAGISTRAT1.), conseiller \u00e0 la Cour decassation,pr\u00e9sident MAGISTRAT2.), conseiller \u00e0 la Cour de cassation, MAGISTRAT3.), conseiller \u00e0 la Cour de cassation, MAGISTRAT4.), conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel, MAGISTRAT5.), conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel, GREFFIER1.), greffier \u00e0 la Cour. Entre PERSONNE1.),demeurant \u00e0 D-ADRESSE1.), demandeur en cassation, comparant parMa\u00eetreAVOCAT1.),avocat \u00e0 la Cour, en l\u2019\u00e9tude duqueldomicile est \u00e9lu, et 1. l\u2019\u00e9tablissement public CAISSE NATIONALE D\u2019ASSURANCE PENSION, \u00e9tabli \u00e0 L-1724 Luxembourg, 1a, boulevard Prince Henri, repr\u00e9sent\u00e9 par le pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration, inscrit au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro J35, d\u00e9fendeuren cassation, comparant parMa\u00eetreAVOCAT2.),avocat \u00e0 la Cour,en l\u2019\u00e9tude duqueldomicile est \u00e9lu,<\/p>\n<p>2 2. l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG, repr\u00e9sent\u00e9 par le Ministre d\u2019Etat, dont les bureaux sont \u00e9tablis \u00e0 L-1341 Luxembourg, 2, Place de Clairefontaine et pour autant que de besoin par le Ministre de la S\u00e9curit\u00e9 Sociale, dont les bureaux sont \u00e9tablis \u00e0 L-2763 Luxembourg, 26, rue Sainte Zithe, d\u00e9fendeuren cassation, comparant parMa\u00eetreAVOCAT3.),avocat \u00e0 la Cour,en l\u2019\u00e9tude duqueldomicile est \u00e9lu. _____________________________________________________________ Vu l\u2019arr\u00eatattaqu\u00e9, num\u00e9ro 14\/22-IX-CIV, rendu le 2 f\u00e9vrier 2022 sous le num\u00e9ro CAL-2020-00724du r\u00f4le par la Cour d\u2019appel du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, neuvi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile; Vu le m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le30 mai2022parPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019\u00e9tablissement public CAISSE NATIONALE D\u2019ASSURANCE PENSION (ci-apr\u00e8s \u00abla CNAP\u00bb) et \u00e0 l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG (ci -apr\u00e8s\u00ab l\u2019ETAT\u00bb),d\u00e9pos\u00e9 le1 er juin 2022au greffe de la Coursup\u00e9rieure de justice; Vu le m\u00e9moire enr\u00e9ponsesignifi\u00e9 le8 juillet2022parla CNAP \u00e0 PERSONNE1.)et \u00e0 l\u2019ETAT,d\u00e9pos\u00e9 le13 juillet 2022au greffe de la Cour; Vu le m\u00e9moire en r\u00e9ponse signifi\u00e9 le 25 juillet 2022 par l\u2019ETAT \u00e0 PERSONNE1.)et \u00e0la CNAP, d\u00e9pos\u00e9 le 27 juillet 2022 au greffe de la Cour; Sur les conclusions du premier avocat g\u00e9n\u00e9ralMAGISTRAT6.). Sur les faits Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, le tribunal d\u2019arrondissement avait dit fond\u00e9e, sur base de l\u2019article 1, alin\u00e9a 1, de la loi du 1 er septembre 1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques, la demande dePERSONNE1.)dirig\u00e9e contre la CNAPen r\u00e9paration du pr\u00e9judicemoralsubisuite au refusde lui accorder une pension d\u2019invalidit\u00e9. La Cour d\u2019appel ar\u00e9form\u00e9 le jugement et d\u00e9clar\u00e9 la demande du demandeur en cassation non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>3 Sur le premier moyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abPrisdelaviolationdelaloiparmauvaiseapplicationouinterpr\u00e9tation,en l\u2019occurrencedel\u2019article1 er ,alin\u00e9apremierdelaloidu1 er septembre1988relative \u00e0laresponsabilit\u00e9civiledel\u2019Etatetdescollectivit\u00e9spubliques, encequelaCourd\u2019appel,pourrejeterlademandeenindemnisationde MonsieurPERSONNE1.),ar\u00e9form\u00e9lejugementdepremi\u00e8reinstance,quis\u2019\u00e9tait fond\u00e9surl\u2019identificationdesnotionsd\u2019ill\u00e9galit\u00e9etdefautepourend\u00e9duirequela fautedelaCNAPsetrouvaitautomatiquement\u00e9tabliedufaitquelad\u00e9cisionderefus delapensiond\u2019invalidit\u00e9a\u00e9t\u00e9r\u00e9form\u00e9eparleConseilarbitraldelas\u00e9curit\u00e9 sociale;quelaCourd\u2019Appelaentendu&lt;&lt;nuancer&gt;&gt;cettevisiondudroitdela responsabilit\u00e9del\u2019Etatetdescollectivit\u00e9spubliquesaumotifquelath\u00e9oriede l\u2019unit\u00e9 des notions d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 etde faute se justifieraitparfaitement en cas d\u2019annulation d\u2019un acte par une juridiction administrative, le juge d\u2019annulation exer\u00e7ant un contr\u00f4le de la l\u00e9galit\u00e9 et ne devant pas se livrer \u00e0 des appr\u00e9ciations d&#039;opportunit\u00e9 de l\u2019action administrative, ni sesubstituer \u00e0 l\u2019administration en se pronon\u00e7ant sur des appr\u00e9ciations subjectivestout en sepla\u00e7ant au moment o\u00f9 la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise pour en appr\u00e9cier la l\u00e9galit\u00e9 et en se basant sur le dossier administratif vers\u00e9 aux d\u00e9bats,lui permettantde v\u00e9rifier les faits et d\u2019exercer son contr\u00f4le de l\u00e9galit\u00e9 et de r\u00e9gularit\u00e9 formelle de l\u2019acte, sans tenir compte des \u00e9l\u00e9ments de fait post\u00e9rieurs au moment o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 statue, tandis que le juge de r\u00e9formation statuerait\u00e0 nouveau, en se substituant \u00e0 l\u2019administration par le r\u00e9examen de la d\u00e9cision entreprise sous tous ses aspects (les points de fait et de droit, la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019acte mais aussi son caract\u00e8re appropri\u00e9, voire son opportunit\u00e9 pouvant \u00eatre remis en cause) en se pla\u00e7ant au moment o\u00f9 il statue pour prendre en consid\u00e9ration les \u00e9volutions factuelles et r\u00e8glementaires survenues depuis l\u2019adoption de l\u2019acte, y compris les nouveaux moyens et pi\u00e8ces produites en cours d\u2019instance. Se poseraitd\u00e8s lors le probl\u00e8me de l\u2019automatisme de la faute en cas de r\u00e9formation d\u2019un jugementen ce qu\u2019uned\u00e9cisionpourrait \u00eatrer\u00e9form\u00e9e sur base de pi\u00e8ces nouvelles sans que la d\u00e9cision r\u00e9form\u00e9e n\u2019ait \u00e9t\u00e9 ill\u00e9gale au vu des pi\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise, voire sans qu\u2019une erreur d\u2019appr\u00e9ciation ne puisse \u00eatre reproch\u00e9e au juge(ou plut\u00f4t \u00e0 la CNAP). Dans le cadre de l\u2019affaire opposantPERSONNE1.)\u00e0 la CNAP,aucun moyen en annulation n\u2019aurait\u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9 dans le cadre de l\u2019exercice desvoies de recours en r\u00e9formationpr\u00e9vues devant les juridictions socialeset aucune ill\u00e9galit\u00e9 n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e. Il conviendraitdonc de retenir que ceserait \u00e0 tort que le tribunal seserait fond\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e d\u2019identification de l&#039;ill\u00e9galit\u00e9 et de lafaute pour juger que du seul fait qu\u2019une d\u00e9cision aurait\u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9e par la juridiction de recours, la faute de la CNAP se trouverait\u00e9tablie. Il conviendrait au contraire, m\u00eame par application de la jurisprudence \u00e0 laquelle le tribunal s\u2019estr\u00e9f\u00e9r\u00e9, dedistinguer selon les motifs de la r\u00e9formation : ill\u00e9galit\u00e9 de la d\u00e9cision du 20 novembre 2014 ou alors une simple diff\u00e9rence<\/p>\n<p>4 d\u2019appr\u00e9ciation quant \u00e0 l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019octroyer la pension d\u2019invalidit\u00e9 litigieuse. Ainsi, la solution qui conviendrait dans le cadre du syst\u00e8me luxembourgeois bas\u00e9 sur le&lt;&lt;fonctionnement d\u00e9fectueux&gt;&gt;des services judiciaires et administratifs consisterait\u00e0 le d\u00e9tacher du syst\u00e8me de la responsabilit\u00e9 de l\u2019administration pour actes administratifs ill\u00e9gaux et \u00e0rechercher si lad\u00e9cision incrimin\u00e9e serait le r\u00e9sultat, non pas d\u2019une appr\u00e9ciation de l\u2019opportunit\u00e9 ni m\u00eame d\u2019une interpr\u00e9tation du droit divergeant de celle adopt\u00e9e par la juridiction de recours (ni l\u2019une ni l\u2019autre ne pourraient \u00eatre r\u00e9put\u00e9es fautives en elles-m\u00eames), mais d\u2019un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent des services de la justice. Sur base du constat fait par le tribunalqu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas du dossier de quelles pi\u00e8ces la CNAPauraitdispos\u00e9\u00e0 l\u2019appui de la demande en octroi des allocations d\u2019invalidit\u00e9-outre le certificat m\u00e9dical du DocteurEXPERT1.)du 2 octobre 2014 vers\u00e9 parPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014-et compte tenu de la reconnaissance implicite par le tribunal que le CASS,pour prendre sa d\u00e9cision, aurait dispos\u00e9 d\u2019un dossier plus \u00e9toff\u00e9que la CNAP au moment de sa d\u00e9cision de refus de la pension d\u2019invalidit\u00e9-la Cour d\u2019Appel est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion qu\u2019uneappr\u00e9ciation diff\u00e9rente faite par le CASS n\u2019\u00e9tabliraitpas pour autant un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent au niveau de la prise de d\u00e9cision par le comit\u00e9-directeur de la CNAP de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de la CNAP. Contrairement aux juges de premi\u00e8re instance, la Cour estime d\u00e8s lors qu\u2019une faute de la CNAPdans la prise de d\u00e9cision de refus du 20 novembre 2014 neserait pas \u00e9tablie. Premi\u00e8rebranche: alorsquecettedemande\u00e9taitpourtantjustifi\u00e9esurbaseduprincipedel\u2019unit\u00e9 del\u2019ill\u00e9galit\u00e9etdelafauteconsacr\u00e9eparletextevis\u00e9aumoyenetunejurisprudence constanteenlamati\u00e8resanctionnantlefonctionnementd\u00e9fectueuxdesservices publics,quelaresponsabilit\u00e9delaCNAP\u00e9taitengag\u00e9eenvertudelad\u00e9cision d\u00e9finitiveduConseilarbitraldelas\u00e9curit\u00e9socialedu21avril2017ayantd\u00e9cid\u00e9 quel\u2019assur\u00e9PERSONNE1.),parsuitedespathologiesdontilestatteint,n\u2019estplus enmesured\u2019assumeruntravailprofessionneletqu\u2019ilest\u00e0consid\u00e9rercommeatteint d\u2019invalidit\u00e9permanentedepuisle28mars2014,datedesademandeenobtentionde lapensiond\u2019invalidit\u00e9,etquelaCNAPnepouvaitpasfairevaloiruneerreur invincibledenature\u00e0l\u2019exon\u00e9rerdesaresponsabilit\u00e9pouravoirill\u00e9galementpriv\u00e9 l\u2019actueldemandeurencassationdesondroitl\u00e9gitime\u00e0l\u2019obtentiond\u2019unepension d\u2019invalidit\u00e9enraisondeson\u00e9tat de sant\u00e9 l\u2019emp\u00eachant d\u2019exercer sa profession d\u2019architecte ind\u00e9pendant ou uneautre occupation correspondant \u00e0 ses forces et aptitudes etdontlaCourd\u2019Appelreconna\u00eetqu\u2019ellea\u00e9t\u00e9certifi\u00e9eparaumoinsun certificatm\u00e9dical,\u00e0savoirceluiduDocteurEXPERT1.), m\u00e9decin sp\u00e9cialiste en neuro-psychiatrie, du 2 octobre 2014 vers\u00e9 parPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014. Deuxi\u00e8mebranche: Alorsqu\u2019enmati\u00e8redes\u00e9curit\u00e9sociale,mati\u00e8reparticuli\u00e8resitu\u00e9eentrele<\/p>\n<p>5 droitadministratifetledroitjudiciaireavecunnetpenchantduc\u00f4t\u00e9decedernier, ladistinctionop\u00e9r\u00e9eparl\u2019arr\u00eatentreprisentrelespouvoirsrespectifsdujuge d\u2019annulationetdujugeder\u00e9formationnepr\u00e9senteaucunint\u00e9r\u00eatettombe\u00e0faux dansuncontentieuxo\u00f9-tout\u00e0l\u2019oppos\u00e9ducontentieuxadministratif-lesrecoursen r\u00e9formationsontlar\u00e8gleetlesrecoursenannulationl\u2019exception; QuelerefusdelaCNAPd\u2019accorderunepensiond\u2019invalidit\u00e9\u00e0unepersonne yayantdroitenvertudeson\u00e9tatdesant\u00e9ob\u00e9r\u00e9constitueuneviolationd\u2019undroit garantiparleCodedelas\u00e9curit\u00e9socialeetnesaurait\u00eatreconsid\u00e9r\u00e9commeune d\u00e9cisionprise&lt;&lt;enpureopportunit\u00e9&gt;&gt;,laiss\u00e9e\u00e0ladiscr\u00e9tiondel\u2019organismede s\u00e9curit\u00e9socialecomp\u00e9tent,alorsquecerefusconstitueenderni\u00e8reanalyseune ill\u00e9galit\u00e9\u00e0l\u2019\u00e9garddel\u2019assur\u00e9social,ayantcotis\u00e9pendanttoutesavie professionnellepour\u00eatrecouvertcontrelerisqued\u2018invalidit\u00e9. Troisi\u00e8mebranche: alorsqu\u2019encasdedoutequantaucaract\u00e8red\u00e9finitifetirr\u00e9versiblede l\u2019incapacit\u00e9detravaildel\u2019actueldemandeurencassation,ilauraitpourlemoins appartenu\u00e0laCNAPdefaireb\u00e9n\u00e9ficiercelui-cid\u2019uneinvalidit\u00e9temporaireou provisoireenattendantune\u00e9ventuelleam\u00e9liorationdeson\u00e9tatdesant\u00e9;\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Sur les deux premi\u00e8res branches du moyenr\u00e9unies Il se d\u00e9duit du principe de l\u2019unit\u00e9 des notions d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de l\u2019acte administratif et delafaute valant fonctionnement d\u00e9fectueux de la puissance publique au sens de l\u2019article 1 er , alin\u00e9a premier, de la loi du1 er septembre 1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques,que le fonctionnement d\u00e9fectueux de l\u2019administration d\u00e9coule du constatde l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de l\u2019acte administratifpar les juridictions de recours. Ce principe est \u00e9galement applicable au recours en r\u00e9formation en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 sociale. En consid\u00e9rant que la d\u00e9cision de la CNAP de ne pas accorder de pension d\u2019invalidit\u00e9 au demandeur en cassation n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e ill\u00e9gale par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale et quele seul fait que cette d\u00e9cision ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9e n\u2019\u00e9tablissait pas une faute dans le chef de la CNAP propre \u00e0 engager sa responsabilit\u00e9, les juges d\u2019appel n\u2019ont pas viol\u00e9 la disposition vis\u00e9e au moyen. Il s\u2019ensuit que le moyen,pris en ses deux branches,n\u2019est pas fond\u00e9. Sur la troisi\u00e8me branche du moyen Le grief adress\u00e9 \u00e0 la CNAP, de ne pas avoir reconnu au demandeur en cassation une invalidit\u00e9 temporaire ou provisoire en attendant une \u00e9ventuelle am\u00e9lioration de son \u00e9tat de sant\u00e9, est \u00e9tranger \u00e0 la disposition vis\u00e9e au moyen. Il s\u2019ensuit que le moyen,pris en sa troisi\u00e8me branche,est irrecevable.<\/p>\n<p>6 Sur le deuxi\u00e8me moyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abPrisdud\u00e9fautdebasel\u00e9galedel\u2019arr\u00eatauregarddel\u2019article1 er ,alin\u00e9a premierdelaloidu1 er septembre1988relative\u00e0laresponsabilit\u00e9civiledel\u2019Etatet descollectivit\u00e9spubliques, encequelaCourd\u2019appelaretenuqu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, le tribunal auraitdans un premier temps relev\u00e9 qu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas du dossier de quelles pi\u00e8ces la CNAP auraitdispos\u00e9\u00e0 l\u2019appui de la demande en octroi des allocations d\u2019invalidit\u00e9, outre le certificat m\u00e9dical du DocteurEXPERT1.)du 2 octobre 2014 vers\u00e9 par PERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014.Il auraitencore relev\u00e9 que le CASS, quant \u00e0 lui,auraitdispos\u00e9 n\u00e9cessairement de pi\u00e8ces suppl\u00e9mentaires afin d\u2019appr\u00e9cier la situation de PERSONNE1.)\u00e0 l\u2019origine de ladite d\u00e9cision de refus qui l\u2019auraientpar ailleurs amen\u00e9 \u00e0 ordonner des mesures d&#039;instruction. Le tribunal auraitn\u00e9anmoins constat\u00e9 dans un second temps que la CNAP auraitd\u00e9j\u00e0 en 2014 en possession de pi\u00e8ces qui auraient justifi\u00e9 la mise en invalidit\u00e9 dePERSONNE1.), ou du moins des investigations compl\u00e9mentaires sans pour autant pr\u00e9ciserces pi\u00e8ces. En retenant cependant que la CNAP serait rest\u00e9e en d\u00e9faut de rapporter la preuve que la d\u00e9cision du 20 novembre 2014 aurait \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente, si elle avait \u00e9t\u00e9 en possession des pi\u00e8ces quePERSONNE1.)a vers\u00e9 ult\u00e9rieurement en cours de la proc\u00e9dure devant le CASS, le tribunal reconna\u00eet implicitement que le CASS avait en sa possession un dossier plus \u00e9toff\u00e9 pour prendre sa d\u00e9cision. PERSONNE1.)n\u2019affirmeraitd\u2019ailleurs pas avoir d\u00e9j\u00e0 soumis lesdites pi\u00e8ces au comit\u00e9-directeur de la CNAP. Il y auraitdonc lieu d\u2019admettre que ceserait seulement au moment de son recours devant le CASS qu\u2019il auraitpr\u00e9sent\u00e9 ces pi\u00e8ces. alorsqued\u2019unepart,premi\u00e8rebranche,quelaCourd\u2019appelestrest\u00e9een d\u00e9fautd\u2019expliquerenquoilaproductiondepi\u00e8cesm\u00e9dicales &lt;&lt;suppl\u00e9mentaires&gt;&gt;auraiteuuneincidencesurlasolutiondulitige,\u00e9tantdonn\u00e9 queson\u00e9tatdesant\u00e9a\u00e9t\u00e9examin\u00e9\u00e0deuxreprisesdiff\u00e9rentesparlem\u00e9decin-conseil duContr\u00f4lem\u00e9dical. alorsqued\u2019autrepart,deuxi\u00e8mebranche,laCourd\u2019appelauraitd\u00fb demander\u00e0laCNAPsinonauConseilarbitraldelas\u00e9curit\u00e9sociale,deproduire l\u2019int\u00e9gralit\u00e9dudossieradministratifcontenantl\u2019ensembledescertificatsm\u00e9dicaux produitsparMonsieurPERSONNE1.)tantaumomentdesademandeenobtention delapensiond\u2019invalidit\u00e9endatedu28mars2014qu\u2019aumomentdesonopposition du10octobre2014toutcommependantlaproc\u00e9duredevantleConseilarbitralde las\u00e9curit\u00e9socialeaulieudesebasersurdesimplesconjectures;\u00bb.<\/p>\n<p>7 R\u00e9ponse de la Cour Sur la premi\u00e8re branche du moyen Le d\u00e9faut de base l\u00e9gale se d\u00e9finit comme l\u2019insuffisance des constatations de fait qui sont n\u00e9cessaires pourstatuer sur le droit. En retenantqu\u2019aucune ill\u00e9galit\u00e9 n\u2019avait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e par le Conseil arbitral des assurances sociales dansprise ded\u00e9cision de la CNAP, que celui-ci avait\u00e0 sa dispositionplus de pi\u00e8cesque la CNAPpour appr\u00e9cier la situation d\u2019invalidit\u00e9 du demandeur en cassation et qu\u2019aucun comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent n\u2019avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli dans le chef de cette derni\u00e8re, propre \u00e0 engager sa responsabilit\u00e9 au sens de la disposition vis\u00e9e au moyen, les juges d\u2019appel ontmotiv\u00e9\u00e0 suffisance leur d\u00e9cision sur le point consid\u00e9r\u00e9. Il s\u2019ensuit que le moyen,pris en sapremi\u00e8re branche,n\u2019est pas fond\u00e9. Sur la seconde branche du moyen Le demandeur en cassation fait grief aux juges d\u2019appel de ne pas avoir ordonn\u00e9 une mesure d\u2019instruction. Ce grief est \u00e9tranger au cas d\u2019ouverture tir\u00e9 du d\u00e9faut de base l\u00e9gale. Il s\u2019ensuit que le moyen,pris en sa seconde branche,est irrecevable. Sur le troisi\u00e8me moyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abPrisdelaviolationdelaloiparmauvaiseapplicationouinterpr\u00e9tation,en l\u2019occurrencedesarticles1350et1351duCodecivilrelatif\u00e0l\u2019autorit\u00e9dechose jug\u00e9eattach\u00e9eaujugementd\u00e9finitifduConseilarbitraldelas\u00e9curit\u00e9socialedu21 avril2017 EncequelaCourd\u2019appelaretenuqu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, le tribunal auraitdans un premier temps relev\u00e9 qu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas du dossier de quelles pi\u00e8ces la CNAP auraitdispos\u00e9\u00e0 l\u2019appui de la demande en octroi des allocations d\u2019invalidit\u00e9, outre le certificat m\u00e9dical du DocteurEXPERT1.)du 2 octobre 2014 vers\u00e9 par PERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014. Il auraitencore relev\u00e9 que le CASS, quant \u00e0 lui,auraitdispos\u00e9 n\u00e9cessairement de pi\u00e8cessuppl\u00e9mentaires afin d\u2019appr\u00e9cier la situation de PERSONNE1.)\u00e0 l\u2019origine de ladite d\u00e9cision de refus qui l\u2019auraientpar ailleurs amen\u00e9 \u00e0 ordonner des mesures d&#039;instruction. Que le tribunal auraitn\u00e9anmoins constat\u00e9 dans un second temps que la CNAPauraitd\u00e9j\u00e0 en 2014 en possession de pi\u00e8ces qui auraient justifi\u00e9 la mise en invalidit\u00e9 dePERSONNE1.), ou du moins des investigations compl\u00e9mentaires sans<\/p>\n<p>8 pour autant pr\u00e9ciser ces pi\u00e8ces. Quesur base du constat fait par le tribunalqu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas du dossier de quelles pi\u00e8ces la CNAPauraitdispos\u00e9\u00e0 l\u2019appui de la demande en octroi des allocations d\u2019invalidit\u00e9-outre le certificat m\u00e9dical du DocteurEXPERT1.)du 2 octobre 2014 vers\u00e9 parPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014-et compte tenu de la reconnaissance implicite par le tribunal que le CASS,pour prendre sa d\u00e9cision, aurait dispos\u00e9 d\u2019un dossier plus \u00e9toff\u00e9que la CNAP au moment de sa d\u00e9cision de refus de la pension d\u2019invalidit\u00e9-la Cour d\u2019Appel est arriv\u00e9e \u00e0 la conclusion qu\u2019uneappr\u00e9ciation diff\u00e9rente faite par le CASS n\u2019\u00e9tabliraitpas pour autant un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent au niveau de la prise de d\u00e9cision par le comit\u00e9-directeur de la CNAP de nature \u00e0 engagerla responsabilit\u00e9 de la CNAP. Contrairement aux juges de premi\u00e8re instance, la Cour estime d\u00e8s lors qu\u2019une faute de la CNAP dans la prise de d\u00e9cision de refus du 20 novembre 2014 neserait pas \u00e9tablie AlorsquelejugementduConseilarbitraldelas\u00e9curit\u00e9socialea d\u00e9finitivementjug\u00e9quel\u2019actueldemandeurencassation\u00e9taitinvalided\u00e8ssa demandeenobtentiond\u2019unepensiond\u2019invalidit\u00e9du28mars2014etquel\u2019autorit\u00e9 delachosejug\u00e9einterditderemettreencausecequia\u00e9t\u00e9d\u00e9finitivementjug\u00e9; Qu\u2019ilenvaplusparticuli\u00e8rementainsilorsquelaCourd\u2019Appelcherche\u00e0 semerledoutesurled\u00e9butdel\u2019invalidit\u00e9enseposantdesquestionssurladatede productiondescertificatsm\u00e9dicauxyrelatifsparMonsieurPERSONNE1.),comme sicederniern\u2019avaitpas\u00e9t\u00e9examin\u00e9parlem\u00e9decin-conseilduContr\u00f4lem\u00e9dicalet sondossiertrait\u00e9parlaCNAP,qui-encasdebesoin-\u00e9taienthabilit\u00e9stouslesdeux \u00e0luidemanderdeplusamplescertificatsm\u00e9dicauxetrenseignementsou\u00e0recourir \u00e0l\u2019avisd\u2019unm\u00e9decinsp\u00e9cialisteenpsychiatrie,\u00e9tantdonn\u00e9quel\u2019invalidit\u00e9deM. PERSONNE1.)relevait du domaine psychique (&lt;&lt;burn-out&gt;&gt;et s\u00e9v\u00e8re d\u00e9pression endog\u00e8ne) plut\u00f4t que physique.\u00bb. R\u00e9ponse de la Cour Tout jugement qui tranche dans sondispositif tout ou partie du principal, a, d\u00e8s son prononc\u00e9, autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e. L\u2019exercice d\u2019une voie de recours en suspend la force ex\u00e9cutoire, mais non l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e y attach\u00e9e qui demeure tant que le jugement n\u2019est pas r\u00e9form\u00e9. Elle fait obstacle \u00e0 soulever dans le cadre d\u2019une autre demande entre parties une pr\u00e9tention dont le fondement est inconciliable avec ce qui a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9. En statuant comme ils l\u2019ont fait, les juges d\u2019appel n\u2019ont pas viol\u00e9 les dispositions vis\u00e9es au moyen. Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>9 Sur le quatri\u00e8me moyen de cassation Enonc\u00e9 du moyen \u00abPrisdud\u00e9fautder\u00e9ponse\u00e0conclusionsvalantviolationdel\u2019article89de laConstitutionetdel\u2019article249alin\u00e9a1 er encombinaisonavecl\u2019article587du NouveauCodedeproc\u00e9durecivile, EncequelaCourd\u2019appels\u2019estlimit\u00e9e\u00e0ser\u00e9f\u00e9rerauxconclusionsdu mandatairedeMonsieurPERSONNE1.)du10avril2021danslestermessuivants: &lt;&lt;Quantaufond,laCourretientqu\u2019eu\u00e9gard\u00e0lad\u00e9cisionrelative\u00e0la responsabilit\u00e9delaCNAPtellequepr\u00e9cis\u00e9eci-dessus(\u00e0savoirsonrefus d\u2019appliquerenl\u2019esp\u00e8celeprincipedel\u2019unit\u00e9d\u2019ill\u00e9galit\u00e9etdefaute\u00e0lad\u00e9cisiondu Conseilarbitraldelas\u00e9curit\u00e9socialedu21avril2017l),lademandeen indemnisationdePERSONNE1.),renseign\u00e9edanssesconclusionsdu10avril2021, n\u2019estpasjustifi\u00e9e&gt;&gt;sansautrementaborderlafautedistinctereproch\u00e9e\u00e0laCNAP ayantconsist\u00e9\u00e0refuserdereconsid\u00e9rersad\u00e9cisiondu30juin2017(ayantaccord\u00e9 lapensiond\u2019invalidit\u00e9\u00e0partirdu1 er janvier2017seulementnonobstantla survenancedel\u2019\u00e9l\u00e9mentnouveauqueconstituaitlad\u00e9cisionduCCSSdu25 septembre2016portantdispensedescotisationssocialespourlesrisquesde maladie,pensionetaccidentaccord\u00e9e\u00e0MonsieurPERSONNE1.)du28mars2014 au31d\u00e9cembre2015\u00e9tantdonn\u00e9quesonrevenu\u00e9taitinf\u00e9rieur\u00e0untiersdusalaire socialminimum. Alorsquel\u2019actueldemandeurencassationavaitreproch\u00e9\u00e0laCNAPd\u2019avoir, enfaisantobstruction\u00e0sademande,unefoisdeplusengag\u00e9saresponsabilit\u00e9caril luiappartenaitdelimiterautantquefairesepeutlapertederevenudeMonsieur PERSONNE1.)aulieudes\u2019acharner\u00e0m\u00e9conna\u00eetrelesnouvellesdonn\u00e9esd\u2019acc\u00e8s\u00e0 lapensionparsuitedelad\u00e9saffiliationop\u00e9r\u00e9eparleCCSSetqu\u2019enagissantainsi etenrefusantobstin\u00e9mentd\u2019\u00e9mettreunenouvelled\u00e9cisionquisoitconforme\u00e0la d\u00e9cisionduConseilarbitraldelas\u00e9curit\u00e9socialeenmati\u00e8reded\u00e9saffiliation(celle- ciayantfaitcourirlapensiond\u2019invalidit\u00e9deMonsieurPERSONNE1.)\u00e0partirdesa d\u00e9saffiliation),laCNAPanonseulementl\u00e9s\u00e9,unefoisdeplus,lesint\u00e9r\u00eatsl\u00e9gitimes desonassur\u00e9,mais\u00e9galementpriv\u00e9celui-cid\u2019unacc\u00e8s\u00e0lajusticepourtantgaranti parl\u2019article6alin\u00e9a1erdelaConv.EDHcontreuned\u00e9cisionparfaitementill\u00e9gale pour\u00eatrecontraire\u00e0l\u2019autorit\u00e9dechosejug\u00e9edelad\u00e9cisionduConseilarbitral. Qu\u2019ilappartenait\u00e0laCourd\u2019Appeldeprendrepositionquant\u00e0cettefaute reproch\u00e9e\u00e0laCNAP,alorsquecettefaute\u00e9taitdistinctedecelleconsistantdans l\u2019ill\u00e9galit\u00e9delad\u00e9cisioninitialederefusdelapensiond\u2019invalidit\u00e9etqu\u2019elle engageaitpareillementlaresponsabilit\u00e9delaCNAPpouravoirl\u00e9s\u00e9Monsieur PERSONNE1.)d\u2019unepartiedesarri\u00e9r\u00e9sdepensiond\u2019invalidit\u00e9auxquelsilaurait pupr\u00e9tendreenfaisantr\u00e9troagirsad\u00e9saffiliationau28mars2014,quitte\u00e0enperdre leb\u00e9n\u00e9ficependantl\u2019ann\u00e9e2016,pendantlaquellesesrevenusavaientd\u00e9pass\u00e9le tiersdusalairesocialminimum.\u00bb.<\/p>\n<p>10 R\u00e9ponsedelaCour Il ne ressort ni del\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 ni des conclusions d\u2019appel et pi\u00e8ces auxquelles la Cour peut avoir \u00e9gard que le demandeur en cassation ait fond\u00e9 son action en indemnisation sur une faute commise par la CNAP en rapport avec la d\u00e9cision du 30 juin 2017, intervenue post\u00e9rieurement au jugement du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 21 avril 2017. Le grief est, d\u00e8s lors, \u00e9tranger \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Il s\u2019ensuit que le moyen est irrecevable. Sur lesdemandesen allocation d\u2019une indemnit\u00e9de proc\u00e9dure Le demandeurencassation \u00e9tant \u00e0 condamner aux d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation, sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 rejeter. Il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge desd\u00e9fendeursen cassation l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais expos\u00e9s non compris dansles d\u00e9pens. Il convient d\u2019allouer\u00e0 chacund\u2019euxuneindemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros. PAR CES MOTIFS, la Cour de cassation rejette le pourvoi; condamne le demandeuren cassation\u00e0payer\u00e0 chacun desd\u00e9fendeursen cassation une indemnit\u00e9deproc\u00e9dure de 2.500 euros ; lecondamne aux d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation avec distraction au profit de Ma\u00eetreAVOCAT2.)et de Ma\u00eetreAVOCAT3.),surleursaffirmations de droit. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par le conseillerMAGISTRAT1.)en pr\u00e9sence du premieravocat g\u00e9n\u00e9ralMAGISTRAT7.) et du greffierGREFFIER1.).<\/p>\n<p>11 Conclusions du Parquet g\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019affaire de cassation PERSONNE1.) contre 1.l\u2019\u00e9tablissement public CAISSE NATIONALE D\u2019ASSURANCE PENSION 2.l\u2019ETAT DU GRAND DUCH\u00c9 DE LUXEMBOURG (n\u00b0 CAS-2022-00052 du registre) Par m\u00e9moiresignifi\u00e9 le 30 mai 2022 etd\u00e9pos\u00e9 le 1 er juin 2022au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice, Ma\u00eetreAVOCAT1.), avocat \u00e0 la Cour, agissant au nom et pour le compte dePERSONNE1.), a form\u00e9 un pourvoi en cassation contre un arr\u00eat rendu contradictoirement le 2 f\u00e9vrier 2022 par la Cour d\u2019appel, neuvi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, dans la cause inscrite sous le num\u00e9ro CAL-2020-00724 du r\u00f4le. Le pourvoi introduit est recevable au regard des d\u00e9lais pr\u00e9vus dans la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation 1 . Le pourvoir\u00e9pond encore aux conditions de forme pr\u00e9vues dans cette loi. Le pourvoi est partant recevable. Un m\u00e9moire en r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 le 8 juillet 2022 au demandeur en cassation par Ma\u00eetreAVOCAT2.), avocat \u00e0 la Cour, agissant au nom et pour le compte de l\u2019\u00e9tablissement public Caisse nationale d\u2019assurance pension (ci-apr\u00e8s la \u00abCNAP \u00bb) et a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice le 13 juillet 2022. Ce m\u00e9moire peut \u00eatre pris en consid\u00e9ration pour avoir \u00e9t\u00e9 introduit dans les conditions de forme et de d\u00e9lai pr\u00e9vues dans la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885. 1 Le demandeur encassation r\u00e9sidant enAllemagne,led\u00e9laipour l\u2019introduction du pourvoiest, en vertude l\u2019article 7, alin\u00e9as 1 et 2 de la loi modifi\u00e9e du18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, ensemble avec l\u2019article 167, sous 1\u00b0, premier tiret du Nouveaucode de proc\u00e9dure civile,fix\u00e9 \u00e0 deux mois et quinze jours. L\u2019arr\u00eatentreprisayant\u00e9t\u00e9 notifi\u00e9au demandeuren cassation le23mars 2022 (pi\u00e8ce n\u00b0 27 de Ma\u00eetreAVOCAT1.)) et le pourvoi ayant \u00e9t\u00e9 introduit le 1 er juin 2022, ce-dernier est recevable quant aux d\u00e9lais.<\/p>\n<p>12 Un autre m\u00e9moire en r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 le 25 juillet 2022 au demandeur en cassation par Ma\u00eetreAVOCAT3.), avocat \u00e0 la Cour, agissant au nom et pour le compte de l\u2019ETAT DU GRAND -DUCH\u00c9 DE LUXEMBOURG (ci -apr\u00e8s l\u2019\u00abETAT\u00bb) et a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice le 27 juillet 2022. Ce m\u00e9moire peut pareillement \u00eatre pris en consid\u00e9ration pour avoir \u00e9t\u00e9 introduit dans les conditions de forme et de d\u00e9lai pr\u00e9vues dans la loimodifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885. Sur les ant\u00e9c\u00e9dents: Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, par un jugement du 21 avril 2017, Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 socialeavait r\u00e9form\u00e9 une d\u00e9cision de la CNAP du 20 novembre 2014 qui, sur avis n\u00e9gatif du Contr\u00f4le m\u00e9dical de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, avait refus\u00e9 l\u2019octroi \u00e0 PERSONNE1.)d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9. Dans son jugement, non frapp\u00e9 de recours, le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale avait consid\u00e9r\u00e9 quePERSONNE1.) \u00e9tait atteint d\u2019une invalidit\u00e9 permanente depuis l\u2019introduction de sa demande le 28 mars 2014 et qu\u2019il avait droit \u00e0 une pension d\u2019invalidit\u00e9 \u00e0 partir de sa d\u00e9saffiliation. Par un jugement du 27 mai 2020, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg avait d\u00e9clar\u00e9 fond\u00e9e, pour un montant fix\u00e9ex aequo et bono, la demande en indemnisation dirig\u00e9e, sur base de l\u2019article 1 er , alin\u00e9a 1 er de la loi du 1 er septembre 1988 sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques, parPERSONNE1.)contre la CNAP pour le pr\u00e9judice qu\u2019il avait subi du fait du fonctionnement d\u00e9fectueux des services de la CNAP dans la reconnaissance de son \u00e9tat d\u2019invalidit\u00e9. Par statuer ainsi, les juges du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg se sont fond\u00e9s sur la th\u00e8se de l\u2019unit\u00e9 des notions d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 et de faute en retenant que la d\u00e9cision r\u00e9form\u00e9e de la CNAP du 20 novembre 2014 constituait une faute de nature \u00e0 engager sa responsabilit\u00e9. Par l\u2019arr\u00eat entrepris par le pourvoi, la Cour d\u2019appel a r\u00e9form\u00e9 le jugement du 27 mai 2020 et a d\u00e9clar\u00e9 la demande en indemnisation dePERSONNE1.)non fond\u00e9e. Les juges d\u2019appel ont consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019une appr\u00e9ciation diff\u00e9rente faite par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du bien-fond\u00e9 de la demande dePERSONNE1.)n\u2019\u00e9tablissait pas ipso facto une faute de la CNAP, que cette faute ne pouvait r\u00e9sulter que d\u2019un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent au niveau de la prise de d\u00e9cision et qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, un tel comportement fautif n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tabli. Sur le premier moyen de cassation: Le premier moyen se pr\u00e9sent comme suit:<\/p>\n<p>13 \u00abPREMIER MOYEN Pris de la violation de la loi par mauvaise application ou interpr\u00e9tation, en l\u2019occurrence de l\u2019article 1er, alin\u00e9a premier de la loi du 1er septembre 1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques, en ce quela Cour d\u2019appel, pour rejeter la demande en indemnisation de Monsieur PERSONNE1.), a r\u00e9form\u00e9 le jugement de premi\u00e8re instance, qui s\u2019\u00e9tait fond\u00e9 sur l\u2019identification des notions d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 et de faute pour en d\u00e9duire que la faute de la CNAP se trouvait automatiquement \u00e9tablie du fait que la d\u00e9cision de refus de la pension d\u2019invalidit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9e par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale ; que la Cour d\u2019Appel a entendu \u00ab nuancer \u00bb cette vision du droit de la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques au motif que la th\u00e9orie de l\u2019unit\u00e9 des notions d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 et de faute se justifierait parfaitement en cas d\u2019annulation d\u2019un acte par une juridiction administrative, le juge d\u2019annulation exer\u00e7ant un contr\u00f4le de la l\u00e9galit\u00e9 et ne devant pas se livrer \u00e0 des appr\u00e9ciations d&#039;opportunit\u00e9 de l\u2019action administrative, ni se substituer \u00e0 l\u2019administration en se pronon\u00e7ant sur des appr\u00e9ciations subjectives tout en se pla\u00e7ant au moment o\u00f9 la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise pour en appr\u00e9cier la l\u00e9galit\u00e9 et en se basant sur le dossier administratif vers\u00e9 aux d\u00e9bats, lui permettant de v\u00e9rifier les faits et d\u2019exercer son contr\u00f4le de l\u00e9galit\u00e9 et de r\u00e9gularit\u00e9 formelle de l\u2019acte, sans tenir compte des \u00e9l\u00e9ments de fait post\u00e9rieurs au moment o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 statue, tandis que le juge de r\u00e9formation statuerait \u00e0 nouveau, en se substituant \u00e0 l\u2019administration par le r\u00e9examen de la d\u00e9cision entreprise sous tous ses aspects (les points de fait et de droit, la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019acte mais aussi son caract\u00e8re appropri\u00e9, voire son opportunit\u00e9 pouvant \u00eatre remis en cause) en se pla\u00e7ant au moment o\u00f9 il statue pour prendre en consid\u00e9ration les \u00e9volutions factuelles et r\u00e8glementaires survenues depuis l\u2019adoption de l\u2019acte, y compris les nouveaux moyens et pi\u00e8ces produites en cours d\u2019instance. Se poserait d\u00e8s lors le probl\u00e8me de l\u2019automatisme de la faute en cas der\u00e9formation d\u2019un jugement en ce qu\u2019une d\u00e9cision pourrait \u00eatre r\u00e9form\u00e9e sur base de pi\u00e8ces nouvelles sans que la d\u00e9cision r\u00e9form\u00e9e n\u2019ait \u00e9t\u00e9 ill\u00e9gale au vu des pi\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise, voire sans qu\u2019une erreur d\u2019appr\u00e9ciationne puisse \u00eatre reproch\u00e9e au juge (ou plut\u00f4t \u00e0 la CNAP). Dans le cadre de l\u2019affaire opposantPERSONNE1.)\u00e0 la CNAP, aucun moyen en annulation n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9 dans le cadre de l\u2019exercice des voies de recours en r\u00e9formation pr\u00e9vues devant les juridictions sociales et aucune ill\u00e9galit\u00e9 n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e.<\/p>\n<p>14 Il conviendrait donc de retenir que ce serait \u00e0 tort que le tribunal se serait fond\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e d\u2019identification de l&#039;ill\u00e9galit\u00e9 et de la faute pour juger que du seul fait qu\u2019une d\u00e9cision aurait \u00e9t\u00e9r\u00e9form\u00e9e par la juridiction de recours, la faute de la CNAP se trouverait \u00e9tablie. Il conviendrait au contraire, m\u00eame par application de la jurisprudence \u00e0 laquelle le tribunal s\u2019est r\u00e9f\u00e9r\u00e9, de distinguer selon les motifs de la r\u00e9formation : ill\u00e9galit\u00e9de la d\u00e9cision du 20 novembre 2014 ou alors une simple diff\u00e9rence d\u2019appr\u00e9ciation quant \u00e0 l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019octroyer la pension d\u2019invalidit\u00e9 litigieuse. Ainsi, la solution qui conviendrait dans le cadre du syst\u00e8me luxembourgeois bas\u00e9 sur le \u00ab fonctionnement d\u00e9fectueux \u00bb des services judiciaires et administratifs consisterait \u00e0 le d\u00e9tacher du syst\u00e8me de la responsabilit\u00e9 de l\u2019administration pour actes administratifs ill\u00e9gaux et \u00e0 rechercher si la d\u00e9cision incrimin\u00e9e serait le r\u00e9sultat, non pas d\u2019une appr\u00e9ciation de l\u2019opportunit\u00e9 ni m\u00eame d\u2019une interpr\u00e9tation du droit divergeant de celle adopt\u00e9e par la juridiction de recours (ni l\u2019une ni l\u2019autre ne pourraient \u00eatre r\u00e9put\u00e9es fautives en elles-m\u00eames), mais d\u2019un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent des services de lajustice. Sur base du constat fait par le tribunal qu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas du dossier de quelles pi\u00e8ces la CNAP aurait dispos\u00e9 \u00e0 l\u2019appui de la demande en octroi des allocations d\u2019invalidit\u00e9-outre le certificat m\u00e9dical du DocteurEXPERT1.)du 2 octobre 2014 vers\u00e9 parPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014-et compte tenu de la reconnaissance implicite par le tribunal que le CASS, pour prendre sa d\u00e9cision, aurait dispos\u00e9 d\u2019un dossier plus \u00e9toff\u00e9que la CNAP au moment de sa d\u00e9cision de refus de la pension d\u2019invalidit\u00e9-la Cour d\u2019Appel est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion qu\u2019une appr\u00e9ciation diff\u00e9rente faite par le CASS n\u2019\u00e9tablirait pas pour autant un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent au niveau de la prisede d\u00e9cision par le comit\u00e9-directeur de la CNAP de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de la CNAP. Contrairement aux juges de premi\u00e8re instance, la Cour estime d\u00e8s lors qu\u2019une faute de la CNAP dans la prise de d\u00e9cision de refus du 20 novembre 2014 ne seraitpas \u00e9tablie. Premi\u00e8re branche: alors que cette demande \u00e9tait pourtant justifi\u00e9e sur base du principe de l\u2019unit\u00e9 de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 et de la faute consacr\u00e9e par le texte vis\u00e9 au moyen et une jurisprudence<\/p>\n<p>15 constante en la mati\u00e8re sanctionnant le fonctionnement d\u00e9fectueux des services publics, que la responsabilit\u00e9 de la CNAP \u00e9tait engag\u00e9e en vertu de la d\u00e9cision d\u00e9finitive du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 21 avril 2017 ayant d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019assur\u00e9PERSONNE1.), par suite des pathologies dont il est atteint, n\u2019est plus en mesure d\u2019assumer un travail professionnel et qu\u2019il est \u00e0 consid\u00e9rer comme atteint d\u2019invalidit\u00e9 permanente depuis le 28 mars 2014, date de sa demande en obtention de la pension d\u2019invalidit\u00e9, et que la CNAP ne pouvait pas faire valoir une erreur invincible de nature \u00e0l\u2019exon\u00e9rer de sa responsabilit\u00e9 pour avoir ill\u00e9galement priv\u00e9 l\u2019actuel demandeur en cassation de son droit l\u00e9gitime \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9 en raison de son \u00e9tat de sant\u00e9 l\u2019emp\u00eachant d\u2019exercer sa profession d\u2019architecte ind\u00e9pendant ou uneautre occupation correspondant \u00e0 ses forces et aptitudes et dont la Cour d\u2019Appel reconna\u00eet qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 certifi\u00e9e par au moins un certificat m\u00e9dical, \u00e0 savoir celui du DocteurEXPERT1.), m\u00e9decin sp\u00e9cialiste en neuro-psychiatrie, du 2 octobre 2014 vers\u00e9 parPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014. Deuxi\u00e8me branche: Alors qu\u2019en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 sociale, mati\u00e8re particuli\u00e8re situ\u00e9e entre le droit administratif et le droit judiciaire avec un net penchant du c\u00f4t\u00e9 de ce dernier, la distinction op\u00e9r\u00e9e par l\u2019arr\u00eat entrepris entre les pouvoirs respectifs du juge d\u2019annulation et du juge de r\u00e9formation ne pr\u00e9sente aucun int\u00e9r\u00eat et tombe \u00e0 faux dans un contentieux o\u00f9-tout \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du contentieux administratif-les recours en r\u00e9formation sont la r\u00e8gle et les recours en annulation l\u2019exception ; Que le refus de la CNAP d\u2019accorder une pension d\u2019invalidit\u00e9 \u00e0 une personne y ayant droit en vertu de son \u00e9tat de sant\u00e9 ob\u00e9r\u00e9 constitue une violation d\u2019un droit garanti par le Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale et ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une d\u00e9cision prise \u00ab en pure opportunit\u00e9 \u00bb, laiss\u00e9e \u00e0 la discr\u00e9tion de l\u2019organisme de s\u00e9curit\u00e9 sociale comp\u00e9tent, alors que ce refus constitue en derni\u00e8re analyse une ill\u00e9galit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019assur\u00e9 social, ayant cotis\u00e9 pendant toute sa vie professionnelle pour \u00eatre couvert contre le risque d\u2018invalidit\u00e9. Troisi\u00e8me branche: alors qu\u2019en de doute quant au caract\u00e8re d\u00e9finitif et irr\u00e9versible de l\u2019incapacit\u00e9 de travail de l\u2019actuel demandeur en cassation, il aurait pour le moins appartenu \u00e0 la CNAP de faire b\u00e9n\u00e9ficier celui-ci d\u2019une invalidit\u00e9 temporaire ou provisoire en attendant une \u00e9ventuelle am\u00e9lioration de son \u00e9tat de sant\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>16 La disposition l\u00e9gale vis\u00e9e au moyen dispose comme suit: \u00abL\u2019Etat et les autres personnes morales de droit public r\u00e9pondent, chacun dans le cadre de ses missions de service public, de tout dommage caus\u00e9 par le fonctionnement d\u00e9fectueux de leurs services, tant administratifs que judiciaires, sous r\u00e9serve de l\u00b4autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e.\u00bb Aux termes des trois branches du moyen, le demandeur en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019une appr\u00e9ciation diff\u00e9rente du bien-fond\u00e9 de la demande en allocation d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9 faite par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale n\u2019\u00e9tablirait pas pour autant un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent au niveau de la prise de d\u00e9cision par la CNAP de nature \u00e0 engager sa responsabilit\u00e9. Il consid\u00e8re que la responsabilit\u00e9 de la CNAP aurait d\u00fb \u00eatre retenue sur base de la dispositionl\u00e9gale vis\u00e9e au moyen conform\u00e9ment au principe de l\u2019unit\u00e9 de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 et de la faute (premi\u00e8re branche). Il fait encore valoir qu\u2019en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 sociale, la distinction op\u00e9r\u00e9e entre les pouvoirs respectifs du juge de l\u2019annulation et du juge der\u00e9formation tomberait \u00e0 faux puisque dans ce contentieux, les recours en r\u00e9formation seraient la r\u00e8gle et les recours en annulation l\u2019exception (deuxi\u00e8me branche). Finalement, il consid\u00e8re qu\u2019en cas de doute quant au caract\u00e8re d\u00e9finitif ou irr\u00e9versible deson incapacit\u00e9 de travail, la CNAP aurait d\u00fb faire b\u00e9n\u00e9ficier celui-ci d\u2019une invalidit\u00e9 temporaire ou provisoire (troisi\u00e8me branche). Sur les deux premi\u00e8res branches du moyen: A titre principal, il est rappel\u00e9 que Votre Cour consid\u00e8re que rel\u00e8ve de l\u2019appr\u00e9ciation souveraine des juges du fond l\u2019existence d\u2019une faute de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 civile d\u00e9lictuelle 2 ou contractuelle 3 . Le moyen ne saurait ainsi \u00eatre accueilli en aucune de ses branches, puisque sous le couvert de la disposition l\u00e9gale vis\u00e9e au moyen, il ne tend qu\u2019\u00e0 remettre en discussion l\u2019appr\u00e9ciation souveraine par les juges du fond quant \u00e0 l\u2019existence d\u2019une faute de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de la CNAP, en ce qu\u2019ils ont consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de preuve d\u2019un comportementill\u00e9gal ou n\u00e9gligent au niveau de la prise de d\u00e9cision, le seul fait que sa d\u00e9cision ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9e par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale 2 Cass. 9 novembre 2017, n\u00b0 3853 du registre, r\u00e9ponse au huiti\u00e8me moyen de cassation;Cass. 17 d\u00e9cembre2015, n\u00b0 3569du registre, r\u00e9ponse aux quatri\u00e8me etcinqui\u00e8me moyensde cassation; Cass. 27 f\u00e9vrier 2014, n\u00b0 3289, r\u00e9ponse au quatri\u00e8me moyen de cassation. 3 Cass. 27 avril 2017, n\u00b0 3781 du registre, r\u00e9ponse au troisi\u00e8me moyen de cassation; Cass. 7 juillet 2016, n\u00b0 3626 du registre, r\u00e9ponse au quatri\u00e8me moyen de cassation; Cass. 21 avril 2016, n\u00b0 3631, r\u00e9ponse au troisi\u00e8me moyen de cassation.<\/p>\n<p>17 n\u2019\u00e9tablissait pas une faute dans le chef de la CNAP, cette appr\u00e9ciation \u00e9chappant au contr\u00f4le de Votre Cour. A titre subsidiaire, il est rappel\u00e9 que suivant Votre Cour, l\u2019article 1 er , alin\u00e9a 1 er , de la loi du 1 er septembre 1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques ne fait qu\u2019appliquer aux personnes morales de droit public, dans une terminologie adapt\u00e9e \u00e0 celles-ci, le principe de la responsabilit\u00e9 civile d\u00e9lictuelle de droit commun qui se fonde sur le concept de la faute 4 . C\u2019est partant \u00e0 juste titre que certaines jurisprudences ant\u00e9rieures \u00e0 la loi du 1 er septembre 1988 ont pu \u00eatre invoqu\u00e9es, et notamment un arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 13 d\u00e9cembre 1983 qui a fond\u00e9 en droit luxembourgeois la th\u00e8se de l\u2019unit\u00e9 des notions d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 et de faute. Dans cette d\u00e9cision, la Cour a retenu qu\u2019 \u00abun acte administratif annul\u00e9 parle Conseil d\u2019Etat est un acte illicite, m\u00eame s\u2019il est imputable \u00e0 une simple erreur d\u2019interpr\u00e9tation ou d\u2019appr\u00e9ciation, et constitue une faute de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat, une fois \u00e9tablie la relation entre l\u2019acte fautif et le pr\u00e9judice subi.\u00bb 5 Ce principe a depuis lors \u00e9t\u00e9 r\u00e9affirm\u00e9 \u00e0 de nombreuses reprises par la Cour d\u2019appel et les tribunaux d\u2019arrondissements 6 . Dans l\u2019arr\u00eat entrepris par le pourvoi, la Cour d\u2019appel n\u2019a pas entendu se d\u00e9partir de ce principe, mais l\u2019a nuanc\u00e9 etconsid\u00e9rant que ce principe sortait pleinement ses effets pour le contentieux de l\u2019annulation o\u00f9 le juge exerce un contr\u00f4le de la l\u00e9galit\u00e9 de la d\u00e9cision administrative, mais non celui de la r\u00e9formation o\u00f9 le juge statue \u00e0 nouveau, en se substituant \u00e0 l\u2019administration par le r\u00e9examen de la d\u00e9cision entreprise sous tous ses aspects. D\u2019apr\u00e8s la Cour, dans le cadre du recours en r\u00e9formation, le principe sortirait ses effets si la r\u00e9formation est prononc\u00e9e en raison de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 sous-jacente de l\u2019acte administratif, mais non lorsque le juge administratif estime que la d\u00e9cision administrative est l\u00e9gale, mais ne r\u00e9pond pas \u00e0 sa propre appr\u00e9ciation de l\u2019opportunit\u00e9 administrative. Pour appr\u00e9cier si la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019administration est engag\u00e9e, il conviendrait ainsi de rechercher si la d\u00e9cision litigieuse est ou non le r\u00e9sultat d\u2019un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent 7 . 4 Cass. 24 avril 2003, Pas. 32, p.368. 5 Tr. arr. Luxembourg, 4 novembre 1981, confirm\u00e9 par Cour d\u2019appel 13 d\u00e9cembre 1983, n\u00b0 6539 du r\u00f4le; Pas. 26, p.252. 6 Georges RAVARANI, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 \u00e8me \u00e9dition, Pasicrisie luxembourgeoise 2014, n\u00b0 199, p. 218. 7 Arr\u00eat entrepris, pages 8 \u00e0 10.<\/p>\n<p>18 Il est rappel\u00e9 que suivant la jurisprudence des juridictions administratives, \u00able juge administratif, saisi d\u2019un recours en annulation, doit se limiter \u00e0 contr\u00f4ler si la d\u00e9cision lui d\u00e9f\u00e9r\u00e9e n&#039;est pas entach\u00e9e de nullit\u00e9 pour incomp\u00e9tence, exc\u00e8s ou d\u00e9tournement de pouvoir, ou violation de la loi ou des formes destin\u00e9es \u00e0 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s, sans pouvoir substituer \u00e0 l&#039;appr\u00e9ciation de l&#039;autorit\u00e9 administrative sa propre appr\u00e9ciation sur base de consid\u00e9rations d&#039;opportunit\u00e9\u00bb 8 . Le juge de l\u2019annulation doit se placer au moment o\u00f9 la d\u00e9cision de l\u2019administration a \u00e9t\u00e9 prise pour en appr\u00e9cier la l\u00e9galit\u00e9. \u00abLa l\u00e9galit\u00e9 d\u2019une d\u00e9cision administrative s\u2019appr\u00e9cie, dans le cadre d\u2019un recours en annulation, en consid\u00e9ration de la situation de droit et de fait au jour o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 prise, puisque le juge, lorsqu\u2019il contr\u00f4le les d\u00e9cisions de l\u2019administration, doit se placer au m\u00eame moment et il ne peut tenir compte des circonstances de droit ou de fait post\u00e9rieures \u00e0 l\u2019acte attaqu\u00e9, puisque dans le contentieux de l\u2019annulation, il ne peut pas substituer son appr\u00e9ciation \u00e0 celle de l\u2019autorit\u00e9 administrative. La l\u00e9galit\u00e9 d\u2019un acte administratifse trouve donc en principe cristallis\u00e9e au moment o\u00f9 cet acte est pris et le juge se place exactement dans les m\u00eames conditions o\u00f9 se trouvait l\u2019administration : c\u2019est la logique du proc\u00e8s fait \u00e0 un acte.\u00bb 9 \u00abC\u2019est d\u2019abord le dossier administratif vers\u00e9aux d\u00e9bats qui permet au juge[de l\u2019annulation]de v\u00e9rifier les faits et d\u2019exercer son contr\u00f4le de l\u00e9galit\u00e9 et de la r\u00e9gularit\u00e9 formelle de l\u2019acte. Il n\u2019est pas tenu compte des \u00e9l\u00e9ments de fait post\u00e9rieurs au moment o\u00f9 l\u2019autorit\u00e9 statue. On ne peut en effet reprocher \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de ne pas avoir tenu compte d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui ne lui ont pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s en temps utile.\u00bb 10 Les pouvoirs du juge de r\u00e9formation sont plus \u00e9tendus, il ne se limite pas \u00e0 contr\u00f4ler la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019acte: \u00abLorsqu\u2019il r\u00e9forme, il statue \u00e0 nouveau, en se substituant \u00e0 l\u2019administration par le r\u00e9examen de la d\u00e9cision entreprise sous tous ses aspects. Les points de fait et de droit, la l\u00e9galit\u00e9 de l\u2019acte mais aussi son caract\u00e8re appropri\u00e9, voire son opportunit\u00e9 peuvent \u00eatre remis en cause.Les seules consid\u00e9rations d\u2019opportunit\u00e9 peuvent donc entra\u00eener la r\u00e9formation, alors m\u00eame que l\u2019acte serait parfaitement l\u00e9gal\u00bb 11 . S\u2019y rajoute qu\u2019\u00ab[\u00e0]la diff\u00e9rence du recours en annulation o\u00f9 il s\u2019agit de confronter l\u2019acte \u00e0 la l\u00e9galit\u00e9 objective, cequi oblige le juge \u00e0 se placer au moment o\u00f9 l\u2019acte a \u00e9t\u00e9 pris, le recours en r\u00e9formation am\u00e8ne n\u00e9cessairement le juge administratif \u00e0 se placer au moment o\u00f9 il statue pour prendre en consid\u00e9ration les \u00e9volutions factuelles 8 Bulletin de jurisprudence administrative, Pasicrisie 2022, verbo Recours en annulation, n\u00b0 49, p. 1242. 9 Idem, n\u00b0 18, p. 1234. 10 Rusen ERGEC, Francis DELAPORTE,Le contentieux administratif en droit luxembourgeois, Bulletin de jurisprudence administrative, Pasicrisie 2021, n\u00b0 85. 11 Idem, n\u00b0 98.<\/p>\n<p>19 et r\u00e9glementaires survenues depuis l\u2019adoption de l\u2019acte. Si le juge ne peut statuer que dans les limites des moyens articul\u00e9s par les parties, celles-ci sont en revanche libres de les compl\u00e9ter par de nouveaux moyens et pi\u00e8ces en cours d\u2019instance\u00bb 12 . L\u2019arr\u00eat entrepris est conforme \u00e0 cette jurisprudence administrative dont il a repris les principes 13 . C\u2019est \u00e0 juste titre que la Cour d\u2019appel a consid\u00e9r\u00e9 dans ce contexte que \u00abSe pose d\u00e8s lors le probl\u00e8me de l\u2019automatisme de la faute en cas de r\u00e9formation d\u2019un jugement, \u00e9tant donn\u00e9 que le recours en r\u00e9formation oblige le juge \u00e0 se placer au moment o\u00f9 il statue, il ne statue pas n\u00e9cessairement sur base des m\u00eames pi\u00e8ces que la juridiction dont la d\u00e9cision est attaqu\u00e9e. Il se peut qu\u2019une d\u00e9cision soit r\u00e9form\u00e9e sur base de pi\u00e8ces nouvelles sans que la d\u00e9cision r\u00e9form\u00e9e n\u2019ait \u00e9t\u00e9 ill\u00e9gale au vu des pi\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise, voire sans qu\u2019une erreur d\u2019appr\u00e9ciation ne puisse \u00eatre reproch\u00e9e au juge.\u00bb 14 Il convient d\u00e8s lors de se reporter aux motifs de la d\u00e9cisionattaqu\u00e9e pour d\u00e9terminer les motifs de la r\u00e9formation. En l\u2019esp\u00e8ce, il appert de l\u2019arr\u00eat entrepris que la Cour a consid\u00e9r\u00e9, en vertu de son pouvoir souverain d\u2019appr\u00e9ciation des faits et des \u00e9l\u00e9ments de preuve, d\u2019une part, qu\u2019aucune ill\u00e9galit\u00e9 de la d\u00e9cision de la CNAP n\u2019avait \u00e9t\u00e9 ni soulev\u00e9e, ni constat\u00e9e par leConseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale 15 et, d\u2019autre part, que le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale disposait, pour prendre sa d\u00e9cision, de pi\u00e8ces suppl\u00e9mentaires dont la CNAP ne disposait pas 16 . C\u2019est partant \u00e0 juste titre, au vu du r\u00e9gime de droit commun de la faute, qu\u2019elle a pu retenir que la responsabilit\u00e9 de la CNAP pour avoir pris une d\u00e9cision r\u00e9form\u00e9e par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tablie en l\u2019absence de preuve d\u2019un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent\u2013et donc d\u2019un comportement fautif\u2013au niveau de la prise de d\u00e9cision. Il est encore relev\u00e9 que cette d\u00e9cision s\u2019inscrit dans une jurisprudence constante de la Cour d\u2019appel concernant la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat et des autres personnes morales de droit public du fait de d\u00e9cisions administratives ou judiciaires infirm\u00e9es dans le 12 Idem, n\u00b0 99. 13 Arr\u00eat entrepris, pages 8 et 9. 14 Arr\u00eat entrepris, page9, deuxi\u00e8me alin\u00e9a. 15 Arr\u00eat entrepris, page 9, avant-dernier alin\u00e9a. 16 Arr\u00eat entrepris, page 10.<\/p>\n<p>20 cadre d\u2019un recours en r\u00e9formation. En effet, deux arr\u00eats d\u2019appel, rendus tous les deux le 18 f\u00e9vrier 2016 dans deux causes diff\u00e9rentes ont retenu la m\u00eame solution 17 . Il en suit que le moyen n\u2019est fond\u00e9 en aucune de ses deux premi\u00e8res branches. Sur la troisi\u00e8me branche du moyen: La troisi\u00e8me branche du moyen, en ce qu\u2019elle fait grief \u00e0 la CNAP de ne pas avoir fait \u00abb\u00e9n\u00e9ficier[le demandeur en cassation]d\u2019une invalidit\u00e9 temporaire ou provisoireen attendant une \u00e9ventuelle am\u00e9lioration de son \u00e9tat de sant\u00e9\u00bb est \u00e9tranger \u00e0 la disposition vis\u00e9e au moyen qui d\u00e9termine les conditions de la mise en \u0153uvre de la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etatet des autres personnes morales de droit public. Il en suit que le moyen est irrecevable en sa troisi\u00e8me branche. A titre subsidiaire, \u00e0 supposer que cette branche soit \u00e0 analyser comme tendant \u00e0 remettre en question l\u2019appr\u00e9ciation souveraine par les juges du fond quant \u00e0 l\u2019existence d\u2019une faute dans le chef de la CNAP, elle ne saurait \u00eatre accueillie. A titre plus subsidiaire, il est renvoy\u00e9 aux d\u00e9veloppements ci-dessus quant au bien fond\u00e9 des deux premi\u00e8res branches du moyen pour dire que la troisi\u00e8mebranche du moyen n\u2019est pas fond\u00e9e non plus. Sur le deuxi\u00e8me moyen de cassation: Le deuxi\u00e8me moyen se lit comme suit: \u00abDEUXI\u00c8ME MOYEN : Pris du d\u00e9faut de base l\u00e9gale de l\u2019arr\u00eat au regard de l\u2019article 1er, alin\u00e9a premier de la loi du 1er septembre1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques, en ce quela Cour d\u2019appel a retenu qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, le tribunal aurait dans un premier temps relev\u00e9 qu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas du dossier de quelles pi\u00e8ces la CNAP aurait dispos\u00e9 \u00e0 l\u2019appui de la demande en octroi des allocations d\u2019invalidit\u00e9, outre le 17 Cour d\u2019appel 18 f\u00e9vrier 2016, n\u00b0 41647 du r\u00f4le, un pourvoi dirig\u00e9 contre cet arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 (Cass. 6 f\u00e9vrier 2020, n\u00b0 CAS-2019-00041 du r\u00f4le); Cour d\u2019appel 18 f\u00e9vrier 2016, n\u00b0 41490 du r\u00f4le.<\/p>\n<p>21 certificat m\u00e9dical du DocteurEXPERT1.)du 2 octobre 2014 vers\u00e9 par PERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014. Il aurait encore relev\u00e9 que le CASS, quant \u00e0 lui, aurait dispos\u00e9 n\u00e9cessairement de pi\u00e8ces suppl\u00e9mentaires afin d\u2019appr\u00e9cier la situation de PERSONNE1.)\u00e0 l\u2019origine de ladite d\u00e9cision de refus qui l\u2019auraient par ailleurs amen\u00e9 \u00e0 ordonner des mesures d&#039;instruction. Le tribunal aurait n\u00e9anmoins constat\u00e9 dans un second temps que la CNAP aurait d\u00e9j\u00e0 en 2014 en possession de pi\u00e8ces qui auraient justifi\u00e9 la mise en invalidit\u00e9 de PERSONNE1.), ou du moins des investigations compl\u00e9mentaires sans pour autant pr\u00e9ciser ces pi\u00e8ces. En retenant cependant que la CNAP serait rest\u00e9e en d\u00e9faut de rapporter la preuve que la d\u00e9cision du 20 novembre 2014 aurait \u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente, si elle avait \u00e9t\u00e9 en possession des pi\u00e8ces quePERSONNE1.)a vers\u00e9 ult\u00e9rieurement en cours de la proc\u00e9dure devant le CASS, le tribunal reconna\u00eet implicitement que le CASS avait en sa possession un dossierplus \u00e9toff\u00e9 pour prendre sa d\u00e9cision. PERSONNE1.)n\u2019affirmerait d\u2019ailleurs pas avoir d\u00e9j\u00e0 soumis lesdites pi\u00e8ces au comit\u00e9-directeur de la CNAP. Il y aurait donc lieu d\u2019admettre que ce serait seulement au moment de son recours devant le CASS qu\u2019il auraitpr\u00e9sent\u00e9 ces pi\u00e8ces. alors qued\u2019une part,premi\u00e8re branche, que la Cour d\u2019appel est rest\u00e9e en d\u00e9faut d\u2019expliquer en quoi la production de pi\u00e8ces m\u00e9dicales \u00ab suppl\u00e9mentaires \u00bb aurait eu une incidence sur la solution du litige, \u00e9tant donn\u00e9 que son \u00e9tat desant\u00e9 a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9 \u00e0 deux reprises diff\u00e9rentes par le m\u00e9decin-conseil du Contr\u00f4le m\u00e9dical. alors qued\u2019autre part,deuxi\u00e8me branche, la Cour d\u2019appel aurait d\u00fb demander \u00e0 la CNAP sinon au Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, de produire l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dossier administratif contenant l\u2019ensemble des certificats m\u00e9dicaux produits par MonsieurPERSONNE1.)tant au moment de sa demande en obtention de la pension d\u2019invalidit\u00e9 en date du 28 mars 2014 qu\u2019au moment de son opposition du 10 octobre 2014 tout comme pendant la proc\u00e9dure devant le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale au lieu de se baser sur de simples conjectures.\u00bb Le d\u00e9faut de base l\u00e9gale vise le cas o\u00f9 la d\u00e9cision entreprise comporte des motifs, de sorte que sa r\u00e9gularit\u00e9 formelle ne saurait \u00eatre contest\u00e9e, mais o\u00f9 les motifs sont impr\u00e9cis ou incomplets \u00e0 un point tel que la Cour de cassation est dans l\u2019impossibilit\u00e9 de contr\u00f4ler<\/p>\n<p>22 l\u2019application de la loi 18 . Ce cas d\u2019ouverture \u00e0 cassation est d\u00e9fini comme \u00e9tant l\u2019insuffisance des constatationsde fait qui sont n\u00e9cessaires pour statuer sur le droit 19 . Sur la premi\u00e8re branche: Aux termes de la premi\u00e8re branche du moyen, le demandeur en cassation fait grief aux juges d\u2019appel de ne pas avoir motiv\u00e9 \u00e0 suffisance \u00aben quoi la production de pi\u00e8ces m\u00e9dicales \u00absuppl\u00e9mentaires\u00bb aurait eu une incidence sur la solution du litige,\u00e9tant donn\u00e9 que son \u00e9tat de sant\u00e9 a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9 \u00e0 deux reprises diff\u00e9rentes par le m\u00e9decin conseil du Contr\u00f4le m\u00e9dical.\u00bb En consid\u00e9rant qu\u2019aucune ill\u00e9galit\u00e9 n\u2019avait \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e par le juge de la r\u00e9formation dans le chef de la d\u00e9cision de la CNAP, que celui-ci avait dispos\u00e9 de davantage de pi\u00e8ces pour appr\u00e9cier la situation d\u2019invalidit\u00e9 de l\u2019actuel demandeur en cassation que n\u2019en disposait la CNAP au moment de la prise de la d\u00e9cision et que de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, qu\u2019aucun comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent n\u2019avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli dans le chef de la CNAP au niveau de la prise de d\u00e9cisionde ne pas allouer une pension d\u2019invalidit\u00e9 au demandeur en cassation, pour en d\u00e9duire que la CNAP n\u2019avait pas engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 au sens de la disposition l\u00e9gale vis\u00e9e au moyen, les juges d\u2019appel ont motiv\u00e9 \u00e0 suffisance leur d\u00e9cision sur le point consid\u00e9r\u00e9. Il en suit que la premi\u00e8re branche du moyen n\u2019est pas fond\u00e9e. Sur la deuxi\u00e8me branche: Aux termes de la deuxi\u00e8me branche du moyen, le demandeur en cassation fait grief \u00e0 la Cour d\u2019appel de ne pas avoir ordonn\u00e9 une mesure d\u2019instruction.Ce grief est \u00e9tranger au cas d\u2019ouverture du d\u00e9faut de base l\u00e9gale vis\u00e9 au moyen. Il en suit que le moyen,pris en sa deuxi\u00e8me branche, est irrecevable. Sur le troisi\u00e8me moyen de cassation: Le troisi\u00e8me moyen de cassation se lit comme suit: \u00abTROISIEME MOYEN : 18 J. et L. BOR\u00c9, La cassationen mati\u00e8re civile, 5e \u00e9dition,n\u00b0 s 78.04 et 78.31. 19 Idem, n\u00b0 78.21.<\/p>\n<p>23 Pris de la violation de la loi par mauvaise application ou interpr\u00e9tation, en l\u2019occurrence desarticles 1350 et 1351 du Code civil relatif \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e attach\u00e9e au jugement d\u00e9finitif du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 21 avril 2017. En ce quela Cour d\u2019appel a retenu qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, le tribunal aurait dans un premier temps relev\u00e9 qu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas du dossier de quelles pi\u00e8ces la CNAP aurait dispos\u00e9 \u00e0 l\u2019appui de la demande en octroi des allocations d\u2019invalidit\u00e9, outre le certificat m\u00e9dical du DocteurEXPERT1.)du 2 octobre 2014 vers\u00e9 par PERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de sonopposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014. Il aurait encore relev\u00e9 que le CASS, quant \u00e0 lui, aurait dispos\u00e9 n\u00e9cessairement de pi\u00e8ces suppl\u00e9mentaires afin d\u2019appr\u00e9cier la situation de PERSONNE1.)\u00e0 l\u2019origine de ladite d\u00e9cision de refus qui l\u2019auraient par ailleurs amen\u00e9 \u00e0 ordonner des mesures d&#039;instruction. Quele tribunal aurait n\u00e9anmoins constat\u00e9 dans un second temps que la CNAP aurait d\u00e9j\u00e0 en 2014 en possession de pi\u00e8ces qui auraient justifi\u00e9 la mise en invalidit\u00e9 de PERSONNE1.), ou du moins des investigations compl\u00e9mentaires sans pour autant pr\u00e9ciser ces pi\u00e8ces. Quesur base du constat fait par le tribunal qu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas du dossier de quelles pi\u00e8ces la CNAP aurait dispos\u00e9 \u00e0 l\u2019appui de la demande en octroi des allocations d\u2019invalidit\u00e9-outre le certificat m\u00e9dical du DocteurEXPERT1.)du 2 octobre 2014 vers\u00e9 parPERSONNE1.)\u00e0 l\u2019appui de son opposition introduite contre la d\u00e9cision de refus du 12 septembre 2014-et compte tenu de la reconnaissance implicite par le tribunal que le CASS, pour prendre sa d\u00e9cision, aurait dispos\u00e9 d\u2019un dossier plus \u00e9toff\u00e9 que la CNAP au moment de sa d\u00e9cision de refus de la pension d\u2019invalidit\u00e9-la Cour d\u2019Appel est arriv\u00e9e \u00e0 la conclusion qu\u2019une appr\u00e9ciation diff\u00e9rente faite par le CASS n\u2019\u00e9tablirait pas pour autant un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent au niveau de la prise de d\u00e9cision par le comit\u00e9-directeur de la CNAP de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de la CNAP. Contrairement aux juges de premi\u00e8re instance, la Cour estime d\u00e8s lors qu\u2019une faute de la CNAP dans la prise de d\u00e9cision de refus du 20 novembre 2014 ne serait pas \u00e9tablie Alors quele jugement du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale a d\u00e9finitivement jug\u00e9 que l\u2019actuel demandeur en cassation \u00e9tait invalide d\u00e8s sa demande enobtention d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9 du 28 mars 2014 et que l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e interdit de remettre en cause ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement jug\u00e9 ;<\/p>\n<p>24 Qu\u2019il en va plus particuli\u00e8rement ainsi lorsque la Cour d\u2019Appel cherche \u00e0 semer le doute sur le d\u00e9butde l\u2019invalidit\u00e9 en se posant des questions sur la date de production des certificats m\u00e9dicaux y relatifs par MonsieurPERSONNE1.), comme si ce dernier n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 examin\u00e9 par le m\u00e9decin-conseil du Contr\u00f4le m\u00e9dical et son dossier trait\u00e9 par la CNAP, qui-en cas de besoin-\u00e9taient habilit\u00e9s tous les deux \u00e0 lui demander de plus amples certificats m\u00e9dicaux et renseignements ou \u00e0 recourir \u00e0 l\u2019avis d\u2019un m\u00e9decin sp\u00e9cialiste en psychiatrie, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019invalidit\u00e9 de M. PERSONNE1.)relevait du domaine psychique (\u00ab burn-out \u00bb et s\u00e9v\u00e8re d\u00e9pression endog\u00e8ne) plut\u00f4t que physique.\u00bb Aux termes du moyen, il est fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir retenu que le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale avait dispos\u00e9 de davantage de pi\u00e8ces que la CNAP pour appr\u00e9cier l\u2019\u00e9tat d\u2019invalidit\u00e9 du demandeur en cassation. Ce faisant la Cour d\u2019appel \u00abchercherait \u00e0 semer le doute sur le d\u00e9but de l\u2019invalidit\u00e9 en se posant des questions sur la date de production des certificats m\u00e9dicaux y relatifspar Monsieur PERSONNE1.)\u00bb alors que, suivant l\u2019argumentaire du demandeur en cassation, le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale avait consid\u00e9r\u00e9 que le demandeur en cassation avait \u00e9t\u00e9 invalide d\u00e8s sa demande en obtention d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9 le 28 mars 2014 et que cette d\u00e9cision d\u00e9finitive s\u2019imposait aux juges d\u2019appel en vertu de l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e. A titre principal, ce moyen proc\u00e8de d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat entrepris. En consid\u00e9rant que la d\u00e9cision de la CNAP de ne pas accorder de pension d\u2019invalidit\u00e9 au demandeur en cassation n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 jug\u00e9e ill\u00e9gale par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale et que ce-dernier, au moment de prendre son jugement de r\u00e9formation de la d\u00e9cision de la CNAP, avait dispos\u00e9 de davantage de pi\u00e8ces pour appr\u00e9cier de l\u2019\u00e9tat d\u2019invalidit\u00e9 du demandeur en cassation, pour en d\u00e9duire qu\u2019en l\u2019absence preuve d\u2019un comportement ill\u00e9gal ou n\u00e9gligent de la part de la CNAP au niveau de la prise de d\u00e9cision, aucune faute ne pouvait lui \u00eatre reproch\u00e9e, les juges d\u2019appel n\u2019ont pas remis en cause la date de d\u00e9but de l\u2019invalidit\u00e9 du demandeur en cassation telle que fix\u00e9e par leConseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, mais se sont prononc\u00e9s sur la responsabilit\u00e9 de la CNAP du fait de la r\u00e9formation de sa d\u00e9cision par le Conseil arbitral de las\u00e9curit\u00e9 sociale. Il en suit qu\u2019\u00e0 titre principal, le moyen manque en fait. A titre subsidiaire, ce moyen ne saurait \u00eatre accueilli, puisque sous le couvert de la disposition l\u00e9gale vis\u00e9e au moyen, il ne tend en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019\u00e0 remettre en discussion l\u2019appr\u00e9ciation par les juges du fond des faits, en ce qu\u2019ils ont consid\u00e9r\u00e9, dans le cadre<\/p>\n<p>25 de l\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019existence d\u2019une faute de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de la CNAP sur base de la loi du 1 er septembre 1988 sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etatet des collectivit\u00e9s publiques, que le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale avait dispos\u00e9 de davantage de pi\u00e8ces pour appr\u00e9cier la situation d\u2019invalidit\u00e9 de l\u2019actuel demandeur en cassation que n\u2019en disposait la CNAP au moment de la prise de la d\u00e9cision, cette appr\u00e9ciation relevant du pouvoir souverain des juges du fond qui \u00e9chappe au contr\u00f4le de Votre Cour. A titre plus subsidiaire, il est rappel\u00e9 que pour que joue l\u2019effet de chose jug\u00e9e, il faut qu\u2019il y ait une identit\u00e9 d\u2019objet entre la nouvelle demande et le jugement d\u00e9j\u00e0 rendu 20 . Or, en l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019objet de la demande nouvelle dont \u00e9taient saisis les juges d\u2019appel est distinct de l\u2019objet du jugement du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. En effet, la demande nouvelle porte sur la mise en \u0153uvre dela responsabilit\u00e9 de la CNAP et de l\u2019ETAT pour fonctionnement d\u00e9fectueux de leurs services sur base de la loi du 1 er septembre 1988 sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques, alors que le jugement du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale avait pour objet de statuer sur l\u2019octroi d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9 \u00e0PERSONNE1.)en application des articles 186 et suivants du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Il en suit qu\u2019\u00e0 titre plus subsidiaire, le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le quatri\u00e8me moyende cassation: Le quatri\u00e8me moyen se pr\u00e9sente comme suit: \u00abQUATRIEME MOYEN : Pris du d\u00e9faut de r\u00e9ponse \u00e0 conclusions valant violation de l\u2019article 89 de la Constitution et de l\u2019article 249 alin\u00e9a 1er en combinaison avec l\u2019article 587 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, En ce quela Cour d\u2019appel s\u2019est limit\u00e9e \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer aux conclusions du mandataire de MonsieurPERSONNE1.)du 10 avril 2021 dans les termes suivants : \u00ab Quant au fond, la Cour retient qu\u2019eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 de la CNAP telle que pr\u00e9cis\u00e9e ci-dessus (\u00e0 savoir son refus d\u2019appliquer en l\u2019esp\u00e8ce le principe de l\u2019unit\u00e9 d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 etde faute \u00e0 la d\u00e9cision du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 21 avril 2017), la demande en indemnisation dePERSONNE1.), renseign\u00e9e dans ses conclusions du 10 avril 2021, n\u2019est pas justifi\u00e9e \u00bb sans autrement aborder la faute 20 C\u00e9dric BOUTY, R\u00e9pertoire Dalloz de proc\u00e9dure civile, Chose jug\u00e9e, n\u00b0 576.<\/p>\n<p>26 distincte reproch\u00e9e \u00e0 la CNAP ayant consist\u00e9 \u00e0 refuser de reconsid\u00e9rer sa d\u00e9cision du 30 juin 2017 (ayant accord\u00e9 la pension d\u2019invalidit\u00e9 \u00e0 partir du 1er janvier 2017 seulement) nonobstant la survenance de l\u2019\u00e9l\u00e9ment nouveau que constituait la d\u00e9cision du CCSS du 25 septembre 2016 portant dispense des cotisations sociales pour les risques de maladie, pension et accident accord\u00e9e \u00e0 MonsieurPERSONNE1.) du 28 mars 2014 au 31 d\u00e9cembre 2015 \u00e9tant donn\u00e9 que son revenu \u00e9tait inf\u00e9rieur \u00e0 un tiers du salaire social minimum. Alors quel\u2019actuel demandeur en cassation avait reproch\u00e9 \u00e0 la CNAP d\u2019avoir, en faisant obstruction \u00e0 sa demande, une fois de plus engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 car il lui appartenait de limiter autant que faire se peut la perte de revenu de Monsieur PERSONNE1.)au lieu de s\u2019acharner \u00e0 m\u00e9conna\u00eetre les nouvelles donn\u00e9es d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la pension par suite de la d\u00e9saffiliation op\u00e9r\u00e9e par le CCSS et qu\u2019en agissant ainsi et en refusant obstin\u00e9ment d\u2019\u00e9mettre une nouvelle d\u00e9cision qui soit conforme \u00e0 la d\u00e9cision du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale en mati\u00e8re de d\u00e9saffiliation (celle- ci ayant fait courir la pension d\u2019invalidit\u00e9 de MonsieurPERSONNE1.)\u00e0 partir de sa d\u00e9saffiliation), la CNAP a non seulement l\u00e9s\u00e9, une fois de plus, les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes de son assur\u00e9, mais \u00e9galementpriv\u00e9 celui-ci d\u2019un acc\u00e8s \u00e0 la justice pourtant garanti par l\u2019article 6 alin\u00e9a 1er de la Conv.EDH contre une d\u00e9cision parfaitement ill\u00e9gale pour \u00eatre contraire \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e de la d\u00e9cision du Conseil arbitral. Qu\u2019il appartenait \u00e0 la Cour d\u2019Appel de prendre position quant \u00e0 cette faute reproch\u00e9e \u00e0 la CNAP, alors que cette faute \u00e9tait distincte de celle consistant dans l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de la d\u00e9cision initiale de refus de la pension d\u2019invalidit\u00e9 et qu\u2019elle engageait pareillement la responsabilit\u00e9 de la CNAP pour avoir l\u00e9s\u00e9 MonsieurPERSONNE1.) d\u2019une partie des arri\u00e9r\u00e9s de pension d\u2019invalidit\u00e9 auxquels il aurait pu pr\u00e9tendre en faisant r\u00e9troagir sa d\u00e9saffiliation au 28 mars 2014, quitte \u00e0 en perdre le b\u00e9n\u00e9fice pendant l\u2019ann\u00e9e 2016, pendant laquelle ses revenus avaient d\u00e9pass\u00e9 le tiers du salaire social minimum.\u00bb Aux termes du moyen, le demandeur en cassation fait grief aux juges d\u2019appel de ne pas avoir r\u00e9pondu \u00e0 ses conclusions de dire que la CNAP avait commis une faute distincte ayant consist\u00e9 \u00e0 refuser de reconsid\u00e9rer sa d\u00e9cision du 30 juin 2017 qui avait accord\u00e9 la pension d\u2019invalidit\u00e9 \u00e0 partir du 1 er janvier 2017. Le grief tir\u00e9 de la violation des dispositions l\u00e9gales reproduites au moyen vise le d\u00e9faut de motivation, dont le d\u00e9faut de r\u00e9ponse \u00e0conclusions constitue une expression, et qui est constitutif d\u2019un vice de forme. Une d\u00e9cision judiciaire est r\u00e9guli\u00e8re en la forme d\u00e8s qu\u2019elle comporte une motivation expresse ou implicite, f\u00fbt-<\/p>\n<p>27 elle incompl\u00e8te ou vici\u00e9e, sur le point consid\u00e9r\u00e9. Le d\u00e9fautde motifs suppose donc l\u2019absence de toute motivation sur le point consid\u00e9r\u00e9. 21 Il r\u00e9sulte de l\u2019arr\u00eat entrepris que l\u2019objet du litige a consist\u00e9 en ce que le demandeur en cassation a fait valoir, en se fondant sur la th\u00e8se de l\u2019unit\u00e9 des notionsd\u2019ill\u00e9galit\u00e9 et de faute, que la d\u00e9cision de la CNAP du 20 novembre 2014 de consid\u00e9rer que le demandeur en cassation ne remplissait pas les conditions pour pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9 constituerait la CNAP et l\u2019ETAT en faute et engagerait leur responsabilit\u00e9 au sens de l\u2019article 1 er , alin\u00e9a 1 er de la loi du 1 er septembre 1988 sur la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques, du seul fait que la d\u00e9cision litigieuse avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9e par le Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Il ne r\u00e9sulte ni de l\u2019arr\u00eat entrepris, ni des conclusions d\u2019appel ou autre pi\u00e8ces auxquelles le soussign\u00e9 peut avoir \u00e9gard, que le demandeur en cassation ait fond\u00e9 son action en indemnisation, outre la faute all\u00e9gu\u00e9e commise par la CNAP en rapport avec la d\u00e9cision r\u00e9form\u00e9e du 20 novembre 2014 ayant rejet\u00e9 la demande en allocation de la pension d\u2019invalidit\u00e9, faute sur laquelle les juges d\u2019appel se sont prononc\u00e9s dans l\u2019arr\u00eat entrepris, encore sur une faute distincte commise par la CNAP en rapport avec une d\u00e9cision du 30 juin 2017, intervenue post\u00e9rieurement au jugement du Conseil arbitral de la s\u00e9curit\u00e9 sociale du 21 avril 2017 et qui, suivant les \u00e9nonciations de l\u2019arr\u00eat entrepris 22 , a eu pour objet de fixer le point de d\u00e9part de l\u2019allocation de la pension d\u2019invalidit\u00e9 allou\u00e9e au demandeur en cassation. En effet, il r\u00e9sulte des conclusions d\u2019appel de l\u2019actuel demandeur en cassation du 10 avril 2021 23 que son appel incident portait sur l\u2019\u00e9tendue du pr\u00e9judice subi du fait de la d\u00e9cision r\u00e9form\u00e9e de la CNAPdu 20 novembre 2014, le demandeur en cassation consid\u00e9rant que du fait de cette d\u00e9cision, il aurait subi un pr\u00e9judice mat\u00e9riel r\u00e9sultant d\u2019un retard pris dans sa d\u00e9saffiliation aupr\u00e8s des organismes de s\u00e9curit\u00e9 sociale comme travailleur ind\u00e9pendant. Puisque sa demande en allocation d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par cette d\u00e9cision, il aurait \u00e9t\u00e9 contraint de continuer \u00e0 exercer sa profession un certain temps, ce qui aurait retard\u00e9 sa d\u00e9saffiliation et, par voie de cons\u00e9quence, l\u2019allocation de lapension d\u2019invalidit\u00e9 qui ne lui a \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9e qu\u2019\u00e0 partir du 1 er janvier 2017. Il en a conclu qu\u2019il avait droit, outre le montant allou\u00e9 par les juges de premi\u00e8re instance pour le pr\u00e9judice corporel et moral, \u00e9galement \u00e0 une indemnisation pour la perte derevenus subie par lui pendant la p\u00e9riode du 28 mars 2014, date de sa demande d\u2019invalidit\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 la date du 1 er janvier 2017, date du d\u00e9but de l\u2019octroi de la pension. 21 J. et L. BOR\u00c9,pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 77.31. 22 Arr\u00eat entrepris, page 2, avant-dernier alin\u00e9a. 23 Pi\u00e8ce n\u00b0 31 de Ma\u00eetreAVOCAT1.).<\/p>\n<p>28 Il en suit, \u00e0 titre principal, que le grief tir\u00e9 d\u2019une faute commise par la CNAP dufait d\u2019une d\u00e9cision du 30 juin 2017 distincte de la d\u00e9cision r\u00e9form\u00e9e du 20 novembre 2014 est \u00e9tranger \u00e0 l\u2019arr\u00eat entrepris, de sorte que le moyen tir\u00e9 d\u2019un d\u00e9faut de motivation par rapport \u00e0 ce grief est irrecevable, sinon n\u2019est pas fond\u00e9. A titre subsidiaire, en consid\u00e9rant que la d\u00e9cision du 20 novembre 2014 n\u2019\u00e9tait pas fautive, la Cour d\u2019appel n\u2019avait pas \u00e0 r\u00e9pondre au moyen relatif au pr\u00e9judice subi du fait de cette d\u00e9cision en rapport avec la d\u00e9saffiliation tardive de l\u2019actuel demandeur en cassation,ce d\u2019autant plus que la d\u00e9cision de la CNPA du 30 juin 2017, qui avait fix\u00e9 au 1 er janvier 2017 le point de d\u00e9part du droit dePERSONNE1.)\u00e0 une pension d\u2019invalidit\u00e9, n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e de recours et avait donc \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e par ce dernier. Il en suit, \u00e0 titre subsidiaire, que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Conclusion Le pourvoi est recevable, mais n\u2019est pas fond\u00e9. Pour le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, le premier avocat g\u00e9n\u00e9ral, MAGISTRAT6.)<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-de-cassation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-de-cassation\/20240806-155423\/20230323-cas-2022-00052-34-pseudonymise.docx-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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