{"id":652474,"date":"2026-04-22T23:11:09","date_gmt":"2026-04-22T21:11:09","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-de-cassation-10-novembre-2022-n-2021-00139\/"},"modified":"2026-04-22T23:11:16","modified_gmt":"2026-04-22T21:11:16","slug":"cour-de-cassation-10-novembre-2022-n-2021-00139","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-10-novembre-2022-n-2021-00139\/","title":{"rendered":"Cour de cassation, 10 novembre 2022, n\u00b0 2021-00139"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>N\u00b0 130 \/ 2022 du 10.11.2022 Num\u00e9ro CAS -2021-00139 du registre<\/p>\n<p>Audience publique de la Cour de cassation du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg du jeudi, dix novembre deux mille vingt-deux.<\/p>\n<p>Composition:<\/p>\n<p>MAGISTRAT1.), conseiller \u00e0 la Cour d e cassation, pr\u00e9sident, MAGISTRAT2.), conseiller \u00e0 la Cour de cassation, MAGISTRAT3.), conseiller \u00e0 la Cour de cassation, MAGISTRAT4.), conseiller \u00e0 la Cour de cassation, MAGISTRAT5.), conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel, MAGISTRAT6.), premier avocat g\u00e9n\u00e9ral, GREFFIER1.), greffier \u00e0 la Cour.<\/p>\n<p>Entre:<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 anonyme 9 SOCIETE1.) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), repr\u00e9sent\u00e9e par le conseil d\u2019administration, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro B134322,<\/p>\n<p>demanderesse en cassation,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre AVOCAT1.), avocat \u00e0 la Cour, en l\u2019\u00e9tude duquel domicile est \u00e9lu,<\/p>\n<p>et:<\/p>\n<p>la CAISSE NATIONALE DE SANT\u00c9 , \u00e9tablissement public, \u00e9tablie \u00e0 L-1471 Luxembourg, 125 route d\u2019Esch, repr\u00e9sent\u00e9e par le pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro J21,<\/p>\n<p>d\u00e9fenderesse en cassation,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre AVOCAT2.), avocat \u00e0 la Cour, en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu.<\/p>\n<p>Vu l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, num\u00e9ro 112\/ 21 \u2013 IV \u2013 COM, rendu le 19 octobre 2021 sous le num\u00e9ro CAL -2019-00028 du r\u00f4le par l a Cour d\u2019appel du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale ;<\/p>\n<p>Vu le m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le 23 d\u00e9cembre 2021 par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE1.) \u00e0 la CAISSE NATIONALE DE SANT\u00c9 (ci-apr\u00e8s la CNS ), d\u00e9pos\u00e9 le 27 d\u00e9cembre 2021 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice ;<\/p>\n<p>Vu le m\u00e9moire en r\u00e9ponse signifi\u00e9 le 17 f\u00e9vrier 2022 par la CNS \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE 1.), d\u00e9pos\u00e9 le 22 f\u00e9vrier 2022 au greffe de la Cour ;<\/p>\n<p>Sur les conclusions du pr ocureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat adjoint MAGISTRAT7.) .<\/p>\n<p>Sur les faits<\/p>\n<p>Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, le tribunal d\u2019arrondissement avait rejet\u00e9, sur base de l\u2019exception de transaction, la demande de la CNS dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE 1.) en remboursement d\u2019un certain montant expos\u00e9 au titre de frais d\u2019agence, et avait allou\u00e9 \u00e0 la CNS un montant moindre sur lequel les parties avaient transig\u00e9. La Cour d\u2019appel, apr\u00e8s avoir invit\u00e9 les parties \u00e0 conclure sur l\u2019incidence de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, a \u00e9cart\u00e9 l\u2019exception de transaction et a int\u00e9gralement fait droit \u00e0 la demande de la CNS.<\/p>\n<p>Sur la recevabilit\u00e9 du pourvoi<\/p>\n<p>La d\u00e9fenderesse en cassation soul\u00e8ve l\u2019irrecevabilit\u00e9 du pourvoi au motif que la demanderesse en cassation aurait acquiesc\u00e9 \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Suite \u00e0 la signification de cet arr\u00eat et \u00e0 la transmission du d\u00e9compte des sommes dues en ex\u00e9cution dudit arr\u00eat, la demanderesse en cassation aurait proc\u00e9d\u00e9, sans r\u00e9serves, au paiement int\u00e9gral du montant d\u00fb.<\/p>\n<p>L\u2019acquiescement est un acte juridique comportant renonciation au droit d\u2019exercer un recours contre une d\u00e9cision et acceptation de l\u2019ex\u00e9cution de celle-ci.<\/p>\n<p>Le pourvoi en cassation n\u2019\u00e9tant pas suspensif en mati\u00e8re civile, l\u2019ex\u00e9cution, m\u00eame sans r\u00e9serves, d\u2019une d\u00e9cision ne vaut acquiescement que s\u2019il r\u00e9sulte des circonstances dans lesquelles elle a eu lieu que celui qui s\u2019est ex\u00e9cut\u00e9 a, sans \u00e9quivoque, manifest\u00e9 sa volont\u00e9 d\u2019acquiescer.<\/p>\n<p>Le fait pour la demanderesse en cassation de s\u2019\u00eatre, sur demande de l\u2019avocat de la d\u00e9fenderesse en cassation, acquitt\u00e9 du montant auquel elle avait \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e , n\u2019\u00e9tablit pas son intention non \u00e9quivoque de renoncer \u00e0 se pourvoir en cassation contre l\u2019arr\u00eat en cause.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 du pourvoi n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Le pourvoi, introduit dans les formes et d\u00e9lai de la loi, est recevable.<\/p>\n<p>Sur le premier moyen de cassation<\/p>\n<p>Enonc\u00e9 du moyen<\/p>\n<p>\u00ab tir\u00e9 de la violation, sinon la mauvaise application, sinon la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019article 2045 alin\u00e9a 3 du Code civil qui dispose :<\/p>\n<p>Les communes et \u00e9tablissements publics ne peuvent transiger qu\u2019avec l\u2019autorisation expresse du Grand- Duc.<\/p>\n<p>en ce que les juges d\u2019appel ont consid\u00e9r\u00e9 que &lt; &lt; les dispositions de l\u2019article 2045 alin\u00e9a 3 du Code civil sont applicables en l\u2019esp\u00e8ce &gt; &gt;, la CNS constituant, pour la Cour d\u2019appel, un \u00e9tablissement au sens du pr\u00e9dit article,<\/p>\n<p>alors qu\u2019il ressort de la ratio legis de l\u2019article vis\u00e9 au moyen que cet article 2045 alin\u00e9a 3 du Code civil ne s\u2019applique qu\u2019aux \u00e9tablissements publics qui ne disposent pas d\u2019une capacit\u00e9 juridique autonome par rapport \u00e0 l\u2019Etat. \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de la Cour<\/p>\n<p>Le moyen vise \u00e0 d\u00e9duire le pouvoir de transiger de la CNS et l\u2019absence d\u2019obligation dans son chef de requ\u00e9rir une autorisation au sens de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, de l\u2019article 396 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale qui conf\u00e8re la personnalit\u00e9 civile \u00e0 la CNS.<\/p>\n<p>L\u2019article 2045, alin\u00e9a 3 du Code civil encadre le pouvoir des personnes morales de droit public que sont les communes et les \u00e9tablissements publics, dont la CNS, de conclure des transactions. La disposition l\u00e9gale pr\u00e9cit\u00e9e s\u2019applique nonobstant la capacit\u00e9 juridique dans le chef de la CNS , r\u00e9sultant de la reconnaissance de la personnalit\u00e9 civile pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 396 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres limitations inscrites au m\u00eame article.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le deuxi\u00e8me moyen de cassation<\/p>\n<p>Enonc\u00e9 du moyen<\/p>\n<p>\u00ab tir\u00e9 de la violation, sinon de la mauvaise application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019article 2045 alin\u00e9a 3 du Code civil,<\/p>\n<p>en ce que les juges d\u2019appel ont consid\u00e9r\u00e9 que l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3 du Code civil requerrait une autorisation grand- ducale pour que la CNS puisse transiger et conclu qu\u2019&lt;&lt; en l\u2019absence d\u2019une autorisation expresse du Grand-Duc, la transaction invoqu\u00e9e par SOCIETE 1.) est caduque &gt;&gt; (Arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 19 octobre 2021, pi\u00e8ce no. 3, p. 7).<\/p>\n<p>4 alors que, selon son libell\u00e9 r\u00e9ellement en vigueur, l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3 du Code civil dispose que &lt;&lt; Les communes et les \u00e9tablissements publics ne peuvent transiger qu\u2019avec l\u2019autorisation expresse du Gouvernement &gt;&gt;, et qu\u2019il y a lieu de lire cette disposition comme une expression sp\u00e9cifique du pouvoir de tutelle du Gouvernement sur la CNS. \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de la Cour<\/p>\n<p>L\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, n\u2019ayant pas subi de modification l\u00e9gislative depuis sa promulgation, dispose que \u00ab Les communes et \u00e9tablissements publics ne peuvent transiger qu\u2019avec l\u2019autorisation expresse du Gouvernement \u00bb.<\/p>\n<p>Le motif d\u00e9terminant de la d\u00e9cision des juges d\u2019appel r\u00e9side dans l\u2019absence d\u2019autorisation donn\u00e9e \u00e0 la CNS de conclure la transaction litigieuse . Il n\u2019est pas all\u00e9gu\u00e9 que la transaction ait \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e par le Gouvernement. En critiquant les juges d\u2019appel d\u2019avoir retenu l\u2019absence d\u2019autorisation par le \u00ab Grand- Duc \u00bb, alors qu\u2019ils auraient d\u00fb constater l\u2019absence d\u2019autorisation par le \u00ab Gouvernement \u00bb, le moyen est inop\u00e9rant.<\/p>\n<p>Sur le troisi\u00e8me moyen de cassation<\/p>\n<p>Enonc\u00e9 du moyen<\/p>\n<p>\u00ab tir\u00e9 de la violation de l\u2019article 108bis de la Constitution,<\/p>\n<p>en ce que les juges d\u2019appel ont retenu que :<\/p>\n<p>&lt;&lt; La transaction, conclue sans autorisation pr\u00e9alable, est consid\u00e9r\u00e9e comme caduque et ne peut donc produire ses effets. En l\u2019absence d\u2019une autorisation expresse du Grand- Duc, la transaction invoqu\u00e9e par SOCIETE 1.) est caduque. &gt;&gt;.<\/p>\n<p>Ce faisant, la d\u00e9cision entreprise pr\u00e9voit que l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3 du Code civil impose une autorisation pr\u00e9alable \u00e0 la conclusion d\u2019une transaction par un \u00e9tablissement public, et, par cons\u00e9quent, conclut que l\u2019\u00e9tablissement public ne disposait originellement pas de la capacit\u00e9 de transiger,<\/p>\n<p>alors que, l\u2019article 108bis de la Constitution, qui dispose :<\/p>\n<p>&lt;&lt; La loi peut cr\u00e9er des \u00e9tablissements publics, dot\u00e9s de la personnalit\u00e9 civile, dont elle d\u00e9termine l\u2019organisation et l\u2019objet. Dans la limite de leur sp\u00e9cialit\u00e9 le pouvoir de prendre des r\u00e8glements peut leur \u00eatre accord\u00e9 par la loi qui peut en outre soumettre ces r\u00e8glements \u00e0 l\u2019approbation de l\u2019autorit\u00e9 de tutelle ou m\u00eame en pr\u00e9voir l\u2019annulation ou la suspension en cas d\u2019ill\u00e9galit\u00e9, sans pr\u00e9judice des attributions des tribunaux judiciaires ou administratifs. &gt;&gt;<\/p>\n<p>implique la reconnaissance d\u2019une autonomie de direction de l\u2019\u00e9tablissement public devant conduire \u00e0 retenir qu\u2019un \u00e9tablissement public est en capacit\u00e9 de transiger, dans le respect du principe de subsidiarit\u00e9 et sous le contr\u00f4le subsidiaire<\/p>\n<p>5 de l\u2019autorit\u00e9 de tutelle ; que d\u00e8s lors la Cour d\u2019appel a appliqu\u00e9 un texte l\u00e9gislatif contraire \u00e0 la disposition constitutionnelle vis\u00e9e au moyen. \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de la Cour<\/p>\n<p>En autorisant le l\u00e9gislateur de cr\u00e9er des \u00e9tablissements publics dot\u00e9s de la personnalit\u00e9 civile, tout en r\u00e9servant \u00e0 la loi de d\u00e9terminer l\u2019organisation et l\u2019objet de ces \u00e9tablissements publics, l\u2019article 108bis de la Constitution n\u2019interdit pas au l\u00e9gislateur de pr\u00e9voir que, nonobstant la personnalit\u00e9 civile de ces \u00e9tablissements publics, certains actes requi\u00e8rent aux fins de leur validit\u00e9 l\u2019accord ex post ou ex ante d\u2019une des \u00e9manations du pouvoir \u00e9tatique. La question pr\u00e9judicielle tir\u00e9e de la violation de l\u2019article 108bis de la Constitution, en ce qu e l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil soumet \u00e0 autorisation pr\u00e9alable la conclusion d\u2019une transaction par la CNS, est d\u00e8s lors d\u00e9nu\u00e9e de tout fondement .<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le quatri\u00e8me moyen de cassation<\/p>\n<p>Enonc\u00e9 du moyen<\/p>\n<p>\u00ab tir\u00e9 de la violation du principe g\u00e9n\u00e9ral de droit nemo auditur propriam turpitudinem,<\/p>\n<p>en ce que l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e par les juges d\u2019appel de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3 du Code civil met l\u2019\u00e9tablissement public dans la possibilit\u00e9 de se pr\u00e9valoir de son propre d\u00e9faut d\u2019avoir demand\u00e9 l\u2019autorisation de conclure la transaction au Grand- Duc,<\/p>\n<p>alors qu\u2019il est de principe que nul ne peut se pr\u00e9valoir de sa propre turpitude et que la CNS avait l\u2019obligation, au sens de l\u2019article 2045 alin\u00e9a 3 du Code civil, de solliciter l\u2019accord du Grand- Duc pour transiger. \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de la Cour<\/p>\n<p>Le moyen suppose \u00e9tabli un accord de volont\u00e9s entre parties sur la transaction all\u00e9gu\u00e9e, susceptible d\u2019 \u00eatre soumise \u00e0 autorisation.<\/p>\n<p>Les juges d\u2019appel, apr\u00e8s avoir retenu que les parties avaient originairement conclu un accord sur la prise en charge d\u2019un certain montant au titre des frais d\u2019agence, ont constat\u00e9 que la demanderesse en cassation \u00ab reste en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir que l\u2019accord ainsi trouv\u00e9 entre parties aurait \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 d\u2019un commun accord \u00bb, partant l\u2019absence d\u2019une transaction sur un montant moindre .<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur les demandes en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure<\/p>\n<p>La demanderesse en cassation \u00e9tant \u00e0 condamner aux d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation, sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge de la d\u00e9fenderesse en cassation l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais expos\u00e9s non compris dans les d\u00e9pens. Il convient de lui attribuer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS,<\/p>\n<p>la Cour de cassation :<\/p>\n<p>rejette le pourvoi ;<\/p>\n<p>rejette la demande de la demanderesse en cassation en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure ;<\/p>\n<p>condamne la demanderesse en cassation \u00e0 payer \u00e0 la d\u00e9fenderesse en cassation une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros ;<\/p>\n<p>la condamne aux d\u00e9pens de l\u2019instance de cassation avec distraction au profit de Ma\u00eetre AVOCAT2.) , sur ses affirmations de droit.<\/p>\n<p>La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par le conseiller MAGISTRAT1.) en pr\u00e9sence du premier avocat g\u00e9n\u00e9ral MAGISTRAT6.) et du greffier GREFFIER1.) .<\/p>\n<p>Conclusions du Parquet G\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019affaire de cassation Soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE1.) c\/ \u00c9tablissement public CAISSE NATIONALE DE SANT\u00c9<\/p>\n<p>(affaire n\u00b0 CAS- 2021-00139 du registre)<\/p>\n<p>Le pourvoi de la demanderesse en cassation, par d\u00e9p\u00f4t au greffe de la Cour en date du 27 d\u00e9cembre 2021, d\u2019un m\u00e9moire en cassation, signifi\u00e9 le 23 d\u00e9cembre 2021 \u00e0 la d\u00e9fenderesse en cassation, est dirig\u00e9 contre un arr\u00eat num\u00e9ro 112\/21- IV-COM rendu contradictoirement en date du 19 octobre 2021 par la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, sous le num\u00e9ro CAL-2019-00028 du r\u00f4le.<\/p>\n<p>Sur la recevabilit\u00e9 du pourvoi<\/p>\n<p>Le pourvoi est recevable en ce qui concerne le d\u00e9lai 1 et la forme 2 .<\/p>\n<p>Il attaque un arr\u00eat de la Cour d\u2019appel, donc une d\u00e9cision en dernier ressort. Cet arr\u00eat tranche tout le principal.<\/p>\n<p>La d\u00e9fenderesse en cassation soutient que le pourvoi est irrecevable parce que la demanderesse en cassation aurait acquiesc\u00e9 \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9. Elle d\u00e9duit cet acquiescement du paiement sans r\u00e9serve par celle-ci du montant r\u00e9clam\u00e9 par elle par envoi d\u2019un d\u00e9compte transmis post\u00e9rieurement \u00e0 la signification de l\u2019arr\u00eat 3 . Suivant ce d\u00e9compte, du 29 octobre 2021, elle invita la demanderesse en cassation \u00e0 r\u00e9gler le montant jusqu\u2019au 10 novembre 2021 au plus tard, le paiement ayant \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 le 13 d\u00e9cembre 2021 4 .<\/p>\n<p>Suivant votre jurisprudence constante, l\u2019acquiescement tacite \u00e0 une d\u00e9cision de justice ne peut \u00eatre d\u00e9duit que d\u2019actes ou de faits pr\u00e9cis et concordants qui r\u00e9v\u00e8lent l\u2019intention certaine de la partie de donner son adh\u00e9sion \u00e0 celle-ci 5 . Ce crit\u00e8re est \u00e0 appr\u00e9cier en tenant compte de ce que,<\/p>\n<p>1 L\u2019arr\u00eat contradictoire attaqu\u00e9 a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 \u00e0 la demanderesse en cassation en date du 27 octobre 2021 (Pi\u00e8ce n\u00b0 4 annex\u00e9e au m\u00e9moire en cassation), de sorte que, le pourvoi ayant \u00e9t\u00e9 form\u00e9 le 27 d\u00e9cembre 2021, le d\u00e9lai du pourvoi, de deux mois (la demanderesse en cassation r\u00e9sidant \u00e0 Luxembourg), pr\u00e9vu par l\u2019article 7, alin\u00e9a 1, de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9. 2 La demanderesse en cassation a d\u00e9pos\u00e9 un m\u00e9moire sign\u00e9 par un avocat \u00e0 la Cour qui a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fenderesse en cassation ant\u00e9rieurement au d\u00e9p\u00f4t du pourvoi, de sorte que les formalit\u00e9s de l\u2019article 10 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e de 1885 ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es. 3 M\u00e9moire en r\u00e9ponse, page 2, ant\u00e9p\u00e9nulti\u00e8me et avant-dernier alin\u00e9a. 4 Pi\u00e8ces n\u00b0 24 et 25 annex\u00e9es au m\u00e9moire en r\u00e9ponse. 5 Cour de cassation, 6 juin 2002, n\u00b0 33\/02, num\u00e9ro 1852 du registre ; idem, 19 d\u00e9cembre 2002, n\u00b0 52\/02, num\u00e9ro 1928 du registre ; idem, 22 mai 2003, n\u00b0 33\/03, num\u00e9ro 1983 du registre ; idem, 19 avril 2007, n\u00b0 19\/07, num\u00e9ro 2368 du registre ; idem, 5 mars 2009, n\u00b0 12\/09, num\u00e9ro 2585 du registre ; idem, 8 d\u00e9cembre 2011, n\u00b0 67\/11, num\u00e9ro 2899 du registre ; idem, 1 er mars 2012, n\u00b0 8\/12, num\u00e9ro 2866 du registre ; idem, 7 novembre 2013, n\u00b0 67\/13, num\u00e9ro 3245 du registre ; idem, 8 janvier 2015, n\u00b0 4\/15, num\u00e9ro 3442 du registre ; idem, 30 avril 2015, n\u00b0 36\/15 ; idem, 2 juin 2016, n\u00b0 61\/16, num\u00e9ro 3654 du registre ; idem, 2 mars 2017, n\u00b0 21\/2017, num\u00e9ro 3758 du registre ; idem, 3 mai 2018, n\u00b0 36\/2018, num\u00e9ro 3958 du registre ; idem, 18 mai 2017, n\u00b0 51\/2017, num\u00e9ro 3799 du registre ; idem, 28 mars 2019, n\u00b0 50\/2019, num\u00e9ro 4087 du registre ; idem, 20 mai 2021, n\u00b0 86\/2021, num\u00e9ro CAS-2020-00069 du registre ; idem, 10 juin 2021, n\u00b0 96\/2021, num\u00e9ro CAS-2020-00109 du registre ; idem, 8<\/p>\n<p>8 en mati\u00e8re civile, le pourvoi en cassation n\u2019est pas suspensif 6 . Il en suit que l\u2019ex\u00e9cution par le demandeur en cassation de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 ne d\u00e9note pas que ce dernier ait renonc\u00e9 \u00e0 une voie de recours qui lui \u00e9tait ouverte lorsque cette ex\u00e9cution a eu lieu sur injonction du d\u00e9fendeur en cassation 7 ou suite \u00e0 l\u2019envoi d\u2019un d\u00e9compte 8 ou d\u2019une demande 9 par ce dernier. Il importe \u00e0 cet \u00e9gard peu que le paiement effectu\u00e9 dans de telles circonstances ait eu lieu sans r\u00e9serves 10 . En revanche, une ex\u00e9cution spontan\u00e9e de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 par le demandeur en cassation, hors de toute demande aff\u00e9rente des parties gagnantes, dans un bref d\u00e9lai apr\u00e8s que l\u2019arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 rendu, \u00e9tablit, \u00e0 l\u2019abri de tout doute que le demandeur en cassation avait intention d\u2019acquiescer 11 .<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, le paiement par le demandeur en cassation a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9, certes sans r\u00e9serves, \u00e0 la suite de l\u2019envoi d\u2019un d\u00e9compte par le d\u00e9fendeur en cassation. Ce fait ne r\u00e9v\u00e8le, conform\u00e9ment aux principes expos\u00e9s ci-avant, pas une intention certaine d\u2019acquiescer \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019exception d\u2019irrecevabilit\u00e9 est donc \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Il en suit que le pourvoi est recevable.<\/p>\n<p>Sur les faits<\/p>\n<p>Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 et l\u2019arr\u00eat avant dire droit rendu en cause en date du 26 janvier 2021 12 , saisi par la CAISSE NATIONALE DE SANT\u00c9 (ci-apr\u00e8s \u00ab CNS \u00bb) d\u2019une demande, dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE1.) , aux fins de condamnation au paiement d\u2019un montant d\u00fb au titre d\u2019une convention conclue entre parties, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg ne condamnait la d\u00e9fenderesse qu\u2019au paiement d\u2019un montant inf\u00e9rieur \u00e0 celui qui \u00e9tait r\u00e9clam\u00e9 au motif que ce montant avait \u00e9t\u00e9 stipul\u00e9 par les parties dans une transaction. Sur appel de la CNS, la Cour d\u2019appel condamna, par r\u00e9formation, la d\u00e9fenderesse au paiement du montant initialement r\u00e9clam\u00e9 au motif que la transaction invoqu\u00e9e par celle-ci, \u00e0 supposer qu\u2019elle existe, est caduque et ne saurait produire des effets en application de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, qui dispose que les \u00e9tablissements publics, telle que la CNS, ne peuvent transiger qu\u2019avec l\u2019autorisation expresse du Grand-Duc, une telle autorisation ayant en l\u2019esp\u00e8ce fait d\u00e9faut. Sur les trois premiers moyens de cassation r\u00e9unis<\/p>\n<p>Le premier moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, en ce que la Cour d\u2019appel, pour conclure que l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9 \u00e9tait applicable en cause, consid\u00e9ra que la CNS est un \u00e9tablissement public au sens de cet article, alors que ce dernier ne s\u2019applique qu\u2019aux \u00e9tablissements publics qui n\u2019ont pas une capacit\u00e9 juridique autonome par rapport \u00e0 l\u2019Etat et non \u00e0 la CNS, qui, sur base de l\u2019article 396 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, est pourvue d\u2019une<\/p>\n<p>juillet 2021, n\u00b0 113\/2021, num\u00e9ro CAS-2020-00119 du registre ; idem, 16 d\u00e9cembre 2021, n\u00b0 158\/2021, num\u00e9ro CAS-2020-00151 du registre. 6 Arr\u00eats pr\u00e9cit\u00e9s du 19 d\u00e9cembre 2002, du 22 mai 2003, du 5 mars 2009, du 7 novembre 2013, du 8 janvier 2015, du 2 juin 2016, du 2 mars 2017, du 3 mai 2017, du 18 mai 2017, du 28 mars 2019, du 20 mai 2021, du 10 juin 2021 et du 16 novembre 2021. 7 Arr\u00eats pr\u00e9cit\u00e9s du 19 d\u00e9cembre 2002, du 8 d\u00e9cembre 2011, du 3 mai 2017, 8 Arr\u00eat pr\u00e9cit\u00e9 du 22 mai 2003. 9 Arr\u00eats pr\u00e9cit\u00e9s du 18 mai 2017 et du 16 d\u00e9cembre 2021. 10 Arr\u00eats pr\u00e9cit\u00e9s du 19 avril 2007, du 1 er mars 2012, du 7 novembre 2013 11 Arr\u00eats pr\u00e9cit\u00e9s du 2 mars 2017, du 28 mars 2019 et du 8 juillet 2021. 12 Arr\u00eat n\u00b0 11\/21 IV-COM de la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, du 26 janvier 2021, num\u00e9ro CAL-2019-00028 du r\u00f4le (Pi\u00e8ce n\u00b0 2 annex\u00e9e au m\u00e9moire en cassation).<\/p>\n<p>9 personnalit\u00e9 civile, peut librement ester en justice et disposer de ses biens, ce qui implique le droit de transiger.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, en ce que la Cour d\u2019appel, pour rejeter l\u2019exception de transaction invoqu\u00e9e par la demanderesse en cassation, consid\u00e9ra que cet article impose une autorisation pr\u00e9alable de la transaction par le Grand-Duc et que la transaction n\u2019ayant pas fait l\u2019objet de cette autorisation, \u00e9tait caduque, alors que l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9, au regard de son libell\u00e9 correct, diff\u00e9rent de celui actuellement publi\u00e9, qui est le fruit d\u2019une erreur, impose une autorisation du Gouvernement et non du Grand-Duc, que cette autorisation est \u00e0 comprendre comme une expression sp\u00e9cifique du pouvoir de tutelle du Gouvernement sur la CNS, qui n\u2019a pas pour objet d\u2019autoriser la CNS \u00e0 agir, mais \u00e0 permettre au Gouvernement d\u2019annuler des d\u00e9cisions d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9es de celle-ci en cas de contrari\u00e9t\u00e9 aux lois, r\u00e8glements, conventions ou statuts, de sorte que la conclusion de la transaction litigieuse n\u2019\u00e9tait pas subordonn\u00e9e \u00e0 une autorisation pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de l\u2019article 108bis de la Constitution, en ce que la Cour d\u2019appel, pour rejeter l\u2019exception de transaction invoqu\u00e9e par la demanderesse en cassation, consid\u00e9ra que l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil impose une autorisation pr\u00e9alable de la transaction par le Grand-Duc et que la transaction n\u2019ayant pas fait l\u2019objet de cette autorisation, \u00e9tait caduque, alors que l\u2019article 108bis de la Constitution implique la reconnaissance d\u2019une autonomie de direction des \u00e9tablissements publics comportant une capacit\u00e9 de transiger, sous r\u00e9serve du contr\u00f4le subsidiaire de l\u2019autorit\u00e9 de tutelle, de sorte que l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par la Cour d\u2019appel, est contraire \u00e0 la Constitution La Cour d\u2019appel constata que, \u00e0 supposer qu\u2019il y ait eu, en l\u2019esp\u00e8ce, conclusion d\u2019une transaction entre la CNS et la demanderesse en cassation, cette transaction \u00e9tait caduque en l\u2019absence d\u2019une autorisation expresse au titre de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil 13 . Cet alin\u00e9a, dans sa version officielle publi\u00e9e sur le site internet LEGILUX, dispose que : \u00ab Les communes et \u00e9tablissements publics ne peuvent transiger qu\u2019avec l\u2019autorisation expresse du Grand- Duc \u00bb 14 . La demanderesse en cassation rend attentive, dans le cadre de sa discussion du deuxi\u00e8me moyen 15 , sur ce que le libell\u00e9 exact inchang\u00e9 de cette disposition exige en r\u00e9alit\u00e9, non une autorisation expresse \u00ab du Grand-Duc \u00bb, mais \u00ab du Gouvernement \u00bb. En effet, ainsi que le Conseil d\u2019Etat le d\u00e9veloppa dans un avis du 16 juillet 2021, le texte originaire inchang\u00e9 du Code civil exige une autorisation \u00ab du Gouvernement \u00bb, la r\u00e9f\u00e9rence faite dans l\u2019actuelle version officielle publi\u00e9e \u00e0 une autorisation \u00ab du Grand- Duc \u00bb \u00e9tant le r\u00e9sultat d\u2019une d\u00e9cision \u00e9ditoriale d\u2019un \u00e9diteur du d\u00e9but des ann\u00e9es 1900, reprise de fa\u00e7on non critique par les \u00e9diteurs de l\u2019actuelle version officielle publi\u00e9e 16 . Il y a donc lieu de consid\u00e9rer<\/p>\n<p>13 Arr\u00eat attaqu\u00e9, page 8. 14 Voir l\u2019article 2045 tel qu\u2019il est publi\u00e9 sur le site internet LEGILUX (Journal officiel du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg (public.lu) ) 15 M\u00e9moire en cassation, page 12, sous a). 16 Avis du Conseil d\u2019Etat du 16 juillet 2021 sur le projet de loi n\u00b0 7514 portant notamment modification de la loi communale modifi\u00e9e du 13 d\u00e9cembre 1988 et de l\u2019article 2045 du Code civil (Document parlementaire n\u00b0 7514- 3), page 18.<\/p>\n<p>10 que l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil exige une autorisation \u00ab du Gouvernement \u00bb et non \u00ab du Grand- Duc \u00bb. Conform\u00e9ment aux d\u00e9veloppements du Conseil d\u2019Etat, cette autorisation est dans notre syst\u00e8me constitutionnel \u00e0 comprendre comme \u00e9tant une autorisation du Ministre du ressort concern\u00e9 17 , tandis qu\u2019elle doit \u00eatre en France une autorisation du Premier ministre<\/p>\n<p>Il est constant que la transaction all\u00e9gu\u00e9e n\u2019a, en l\u2019esp\u00e8ce, pas fait l\u2019objet d\u2019une autorisation expresse au titre de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civile, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une autorisation du Grand-Duc, du Gouvernement ou du Ministre du ressort concern\u00e9.<\/p>\n<p>La demanderesse en cassation critique l\u2019applicabilit\u00e9 de cette disposition \u00e0 la CNS, dont le pouvoir de transiger sans autorisation pr\u00e9alable d\u00e9coulerait implicitement<\/p>\n<p>&#8212; de l\u2019article 396 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, conf\u00e9rant \u00e0 la CNS la qualit\u00e9 d\u2019un \u00e9tablissement public pourvu d\u2019une personnalit\u00e9 civile et du pouvoir d\u2019ester en justice et de disposer de ses biens (premier moyen),<\/p>\n<p>&#8212; de ce que la CNS est subordonn\u00e9e \u00e0 une tutelle d\u2019annulation et non \u00e0 une tutelle d\u2019autorisation (deuxi\u00e8me moyen) et<\/p>\n<p>&#8212; du statut d\u2019\u00e9tablissement public au titre de l\u2019article 108bis de la Constitution, impliquant une autonomie de direction s\u2019exer\u00e7ant sous r\u00e9serve d\u2019un contr\u00f4le seulement subsidiaire de l\u2019autorit\u00e9 de tutelle (troisi\u00e8me moyen).<\/p>\n<p>Une question de pouvoir et non de capacit\u00e9 de transiger Les auteurs du Code civil ont, dans l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, \u00ab instaur\u00e9 un m\u00e9canisme d\u2019autorisation sur les transactions conclues par les communes et les \u00e9tablissements publics, ce qui d\u00e9montre que le l\u00e9gislateur n\u2019a jamais entendu interdire aux autorit\u00e9s publiques de transiger pour r\u00e9gler leurs litiges \u00bb 19 . Cette disposition confirme ainsi implicitement la capacit\u00e9 des pouvoirs publics de transiger, vis\u00e9e par l\u2019article 2045, alin\u00e9a 1, du Code civil, qui dispose que \u00ab [p]our transiger, il faut avoir la capacit\u00e9 de disposer des objets compris dans la transaction \u00bb. \u00ab En effet, quel sens y aurait-il de soumettre le pouvoir de transaction des autorit\u00e9s locales \u00e0 une tutelle sp\u00e9ciale si, de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les pouvoirs publics ne pouvaient transiger ? \u00bb 20 . \u00ab L\u2019article 2045 traite, sans les distinguer suffisamment, de questions de capacit\u00e9 et de pouvoir \u00bb. \u00ab Apr\u00e8s avoir \u00e9nonc\u00e9 que \u00ab pour transiger, il faut avoir la capacit\u00e9 de disposer des objets compris dans la transaction \u00bb, l\u2019article 2045 traite des pouvoirs du tuteur, puis des<\/p>\n<p>17 Idem, m\u00eame page, avant-dernier alin\u00e9a. 18 \u00ab Consid\u00e9rant qu\u2019aux termes de l\u2019article 2045 du Code civil : \u00ab Les communes et les \u00e9tablissements publics ne peuvent transiger qu\u2019avec l\u2019autorisation expresse du roi \u00bb ; que l\u2019autorisation mentionn\u00e9e \u00e0 l\u2019article 2045 du Code civil n\u2019est pas au nombre des d\u00e9cisions dont l\u2019article 13 de la Constitution [fran\u00e7aise] r\u00e9serve la signature au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique mais rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence attribu\u00e9e au Premier ministre par l\u2019article 21 de la Constitution \u00bb (Conseil d\u2019Etat fran\u00e7ais, 23 avril 2001, n\u00b0 215552, Droit administratif n\u00b0 7, juillet 2001, commentaire 172, par G\u00e9raldine CHAVRIER). 19 Pauline ABBA, Le contrat de transaction en droit public, Administration publique (Trimestriel), 2017, pages 345 et suivantes, n\u00b0 40, second alin\u00e9a. 20 S\u00e9bastian RIGER-BROWN, Les personnes morales de droit public peuvent-elles transiger ?, Journal des tribunaux, 2018, pages 21 et suivantes, voir page 224, colonne de gauche, sous 2, second alin\u00e9a.<\/p>\n<p>11 communes et \u00e9tablissements publics \u00bb 21 . L\u2019exigence d\u2019autorisation de la transaction, pr\u00e9vue par l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, se rapporte donc \u00e0 la question du pouvoir des \u00e9tablissements publics d\u2019engager l\u2019Etat par une transaction et non \u00e0 celle de la capacit\u00e9 de transiger de l\u2019Etat et des personnes publiques composant ce dernier.<\/p>\n<p>Or, \u00ab [e]n principe, la sanction du d\u00e9faut de capacit\u00e9 est la nullit\u00e9 de l\u2019acte, celle du d\u00e9faut de pouvoir est l\u2019inopposabilit\u00e9 de l\u2019acte. Ne peut, en effet, demander la nullit\u00e9 d\u2019un acte que celui qui y a agi comme partie. Lorsqu\u2019il y a d\u00e9faut de pouvoir, la personne pr\u00e9tendument repr\u00e9sent\u00e9e est, en r\u00e9alit\u00e9, un tiers. Elle peut se borner \u00e0 pr\u00e9tendre que l\u2019acte ne la concerne pas ; elle ne doit pas en demander la \u00ab nullit\u00e9 \u00bb \u00bb 22 .<\/p>\n<p>Une exigence d\u2019autorisation reposant sur des motifs s\u00e9rieux, restant d\u2019actualit\u00e9 \u00ab Depuis toujours, avant comme apr\u00e8s 1789, la facult\u00e9 de transiger reconnue aux institutions d\u00e9centralis\u00e9es a toujours \u00e9t\u00e9 le type m\u00eame du pouvoir dont la mise en \u0153uvre est soumise \u00e0 autorisation pr\u00e9alable par l\u2019autorit\u00e9 de tutelle : l\u2019Etat a toujours consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019il lui appartenait d\u2019approuver des d\u00e9cisions pouvant avoir de grandes cons\u00e9quences tant sur le plan financier que sur celui de l\u2019ordre public. D\u2019o\u00f9, d\u00e8s 1804, la r\u00e9daction de l\u2019article 2045 du Code civil [\u2026] \u00bb 23 . L\u2019emploi de la transaction \u00ab par les personnes publiques a \u00e9t\u00e9 dans un premier temps particuli\u00e8rement encadr\u00e9, par crainte d\u2019un mauvais usage des deniers publics. Un d\u00e9cret des 27 et 31 ao\u00fbt 1791 indiquait ainsi que \u00ab s\u2019il s\u2019agit de transiger, l\u2019agent du Tr\u00e9sor public pourra y \u00eatre autoris\u00e9 par les commissaires de la tr\u00e9sorerie, mais la transaction n\u2019aura d\u2019effet vis-\u00e0- vis de la Nation qu\u2019apr\u00e8s approbation du corps l\u00e9gislatif \u00bb. La transaction fut d\u2019ailleurs omise des premi\u00e8res versions du code civil et n\u2019y dut son int\u00e9gration qu\u2019aux protestations form\u00e9es par les tribunaux d\u2019appel et de cassation lors de sa pr\u00e9sentation. R\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la h\u00e2te, son article 2045 pr\u00e9voyait ainsi que seuls les communes et les \u00e9tablissements publics pouvaient transiger \u00ab avec l\u2019autorisation expresse du roi \u00bb \u00bb 24 . Cette exigence d\u2019autorisation \u00ab s\u2019explique par des consid\u00e9rations philosophiques autant que juridiques et financi\u00e8res \u00bb 25 :<\/p>\n<p>\u00ab La premi\u00e8re inqui\u00e9tude que peut susciter l\u2019id\u00e9e d\u2019une transaction publique est celle de l\u2019in\u00e9galit\u00e9. Amenant la personne publique \u00e0 renoncer \u00e0 tout ou partie d\u2019un droit ou d\u2019une cr\u00e9ance au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une personne nomm\u00e9ment d\u00e9sign\u00e9e qui recueille le fruit de cet abandon, ce contrat peut s\u2019av\u00e9rer probl\u00e9matique au regard du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 des citoyens devant la loi et devant les charges publiques [\u2026] .<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me pr\u00e9occupation, assez proche de la pr\u00e9c\u00e9dente : le respect d\u00fb au principe d\u2019indisponibilit\u00e9 des comp\u00e9tences en droit public, qui interdit \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 publique<\/p>\n<p>21 Fran\u00e7ois GLANSDORFF et Eric VAN DEN HAUTE, in : DE PAGE, Trait\u00e9 de droit civil belge, Bruxelles, Bruylant, Tome III \u2013 Les contrats, Volume 4, 1 \u00e8re \u00e9dition, 2017, page 423, deuxi\u00e8me alin\u00e9a, et note de bas de page 1656. 22 Idem, m\u00eame page, quatri\u00e8me alin\u00e9a. 23 Jurisclasseur Administratif, Fasc. 136, Etablissements publics \u2013 Statut \u2013 Structures, par Beno\u00eet PLESSIX, juillet 2014, n\u00b0 43. 24 Doroth\u00e9e PRADINES et Thomas JANICOT, Le juge de la transaction, AJDA, 2022, page 740. 25 Philippe GRIMAUD et Olivier VILLEMAGNE, La transaction en droit administratif : encadrement, proc\u00e9dures, effets, AJ contrat, 2018, page 161.<\/p>\n<p>12 d\u2019ali\u00e9ner l\u2019exercice de son pouvoir, lequel n\u2019est pas un droit subjectif, a fortiori par la voie contractuelle. Cette limite essentielle \u00e0 la technique contractuelle en droit public para\u00eet tout particuli\u00e8rement en cause dans la transaction qui c\u00e8de, arrange, monnaye.<\/p>\n<p>Enfin, un troisi\u00e8me et dernier soup\u00e7on p\u00e8se sur l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la transaction en droit public, celui du risque pour les deniers publics dont on craint qu\u2019ils ne soient d\u00e9tourn\u00e9s par un simple contrat. L\u2019expression juridique de cette crainte est l\u2019interdiction faite aux personnes publiques de consentir des lib\u00e9ralit\u00e9s aux tiers, qui rejoint d\u2019ailleurs les deux principes que l\u2019on vient d\u2019\u00e9voquer. \u00bb 26 .<\/p>\n<p>Ces motifs restent d\u2019actualit\u00e9. Ainsi, la Chambre des d\u00e9put\u00e9s est actuellement en train d\u2019examiner un projet de loi qui entend assouplir la tutelle de l\u2019Etat sur les communes 27 . Cet assouplissement concernera aussi l\u2019exercice du pouvoir de tutelle de l\u2019Etat sur les transactions conclues par les communes. Vu les enjeux pr\u00e9cit\u00e9s, le l\u00e9gislateur, s\u2019il entend assouplir les modalit\u00e9s de cette tutelle, confirme l\u2019importance du maintien du principe de celle-ci : \u00ab Certaines d\u00e9cisions du conseil communal qui aujourd\u2019hui sout soumises \u00e0 l\u2019approbation du ministre deviendront ex\u00e9cutoires de plein droit dans les conditions de l\u2019article 104 [nouveau, de la loi communale modifi\u00e9e du 13 d\u00e9cembre 1988]. Il s\u2019agit des actes dont l\u2019exp\u00e9rience a montr\u00e9 que ce sont les plus importants parmi tous ceux soumis \u00e0 l\u2019actuel article 106 de la loi communale et qui continuent \u00e0 m\u00e9riter une surveillance sp\u00e9ciale et obligatoire de la part du ministre. Ce sont notamment les transactions immobili\u00e8res, les projets de construction, les transactions et les conventions. \u00bb 28 .<\/p>\n<p>Une exigence \u00e0 laquelle il ne peut \u00eatre d\u00e9rog\u00e9 que par une disposition expresse L\u2019exigence d\u2019autorisation des transactions, \u00ab compte tenu de sa g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9, concerne l\u2019ensemble des activit\u00e9s de l\u2019\u00e9tablissement, y compris celles qui s\u2019exercent dans un cadre de droit priv\u00e9 \u00bb 29 . Du point de vue de la forme il est admis en France \u00ab qu\u2019en vertu de l\u2019article 2045 du code civil, les \u00e9tablissements publics ne peuvent transiger qu\u2019apr\u00e8s une d\u00e9cision expresse du Premier ministre les y autorisant \u00bb 30 . Si, en th\u00e9orie, cette autorisation devrait \u00eatre sollicit\u00e9e au cas par cas \u00bb 31 , il est retenu en France que \u00ab [c]ette autorisation peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9rale pour un \u00e9tablissement d\u00e9termin\u00e9 [\u2026] ou pour une cat\u00e9gorie d\u2019\u00e9tablissements publics ou encore ne concerner qu\u2019une affaire d\u00e9termin\u00e9e [\u2026] , que le contenu de la transaction ait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 au Premier ministre ou non \u00bb 32 . \u00ab L\u2019autorisation, sous forme de d\u00e9cret, peut \u00eatre soit particuli\u00e8re soit g\u00e9n\u00e9rale, dans le cadre de l\u2019approbation des statuts d\u2019un \u00e9tablissement public lorsque ces statuts pr\u00e9voient la capacit\u00e9 de transiger de l\u2019\u00e9tablissement \u00bb 33 . La circonstance que les statuts<\/p>\n<p>26 Idem et loc.cit. 27 Projet de loi n\u00b0 7514, pr\u00e9cit\u00e9. 28 Projet de loi n\u00b0 7514, pr\u00e9cit\u00e9, Commentaire de l\u2019article 29 (Document parlementaire n\u00b0 7514), page 23, sixi\u00e8me alin\u00e9a, sous 2\u00b0 (c\u2019est nous qui soulignons). 29 R\u00e9pertoire Dalloz Contentieux administratif, V\u00b0 Transaction, par Gilles LE CHATELIER, avril 2019, n\u00b0 16. 30 Conseil d\u2019Etat fran\u00e7ais, 14 d\u00e9cembre 1998, n\u00b0 14351. 31 Jurisclasseur Administratif, Fasc. 136, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 43. 32 Jurisclasseur Administratif, Fasc. 1127, Contentieux des contrats administratifs \u2013 Ex\u00e9cution et fin du contrat, par Dominique POUYAUD, octobre 2021, n\u00b0 76. 33 Jurisclasseur Administratif, Fasc. 1005, Conciliation, transaction et arbitrage, par Sabine BOUSSARD, octobre 2008, n\u00b0 62.<\/p>\n<p>13 de l\u2019\u00e9tablissement public autorisent ce dernier \u00e0 transiger ne dispense donc pas, en principe, de l\u2019autorisation. \u00ab [\u2026] [L]\u2019autorisation donn\u00e9e par d\u00e9cret aux \u00e9tablissements publics nationaux, si elle peut \u00eatre faite de mani\u00e8re particuli\u00e8re pour certains litiges ou types de litiges, peut aussi l\u2019\u00eatre \u00ab de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale dans les textes statutaires qui les r\u00e9gissent \u00bb \u00bb 34 . \u00ab C\u2019est une fa\u00e7on habile de contourner la comp\u00e9tence l\u00e9gislative g\u00e9n\u00e9rale, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sans susciter certaines critiques \u00bb 35 .<\/p>\n<p>Le droit fran\u00e7ais n\u2019admet une dispense de l\u2019autorisation que si la loi d\u00e9finissant les statuts de l\u2019\u00e9tablissement public conf\u00e8re \u00e0 ce dernier un pouvoir de transiger au nom de l\u2019Etat 36 . \u00ab D\u2019ailleurs, de nombreux \u00e9tablissements publics b\u00e9n\u00e9ficient statutairement d\u2019un pouvoir g\u00e9n\u00e9ral de transaction \u00bb 37 . En effet, \u00ab [d]epuis deux si\u00e8cles, de tr\u00e8s nombreuses lois cr\u00e9ant des \u00e9tablissements publics ou des familles d\u2019\u00e9tablissements sont venues d\u00e9roger \u00e0 une telle r\u00e8gle l\u00e9gislative, habilitant l\u2019organe d\u00e9lib\u00e9rant \u00e0 transiger \u00bb 38 et ceci de fa\u00e7on encore plus prononc\u00e9e \u00ab depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es \u00bb 39 .<\/p>\n<p>Cette dispense doit \u00eatre expresse. En effet, \u00ab une mention pr\u00e9voyant que le pr\u00e9sident de l\u2019\u00e9tablissement public repr\u00e9sente celui-ci dans tous les actes de la vie civile sans \u00e9voquer le pouvoir de transiger n\u2019est pas suffisante \u00bb 40 .<\/p>\n<p>La dispense de l\u2019autorisation de la transaction par le pouvoir ex\u00e9cutif a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 admise en France dans le cas tr\u00e8s particulier d\u2019un \u00e9tablissement public plac\u00e9 par la loi sous la seule surveillance du pouvoir l\u00e9gislatif, donc soustrait \u00e0 toute tutelle du pouvoir ex\u00e9cutif 41 . Cette exemption de l\u2019\u00e9tablissement public de la tutelle du pouvoir ex\u00e9cutif \u00e9quivaut vaut dispense de l\u2019obligation, impos\u00e9e par l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, de solliciter l\u2019autorisation de ce pouvoir.<\/p>\n<p>Elle a enfin \u00e9t\u00e9 admise en droit luxembourgeois par un arr\u00eat de la Cour d\u2019appel, cit\u00e9 par la demanderesse en cassation 42 , dans lequel l\u2019application de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e, s\u2019agissant de la Banque centrale du Luxembourg, pour \u00eatre contraire au droit de l\u2019Union europ\u00e9enne, qui impose que cet \u00e9tablissement public ne saurait recevoir d\u2019instructions du Gouvernement d\u2019un Etat-membre. Dans ce cas \u00e9galement, l\u2019exemption, par le droit l\u2019Union europ\u00e9enne, de l\u2019\u00e9tablissement public de la tutelle du pouvoir ex\u00e9cutif vaut dispense de l\u2019obligation de solliciter l\u2019autorisation de ce pouvoir.<\/p>\n<p>Il en suit que l\u2019article s\u2019applique, sauf d\u00e9rogation formelle et expresse par une loi attribuant \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement public le pouvoir de transiger ou le lib\u00e9rant de la tutelle du Gouvernement.<\/p>\n<p>34 Jurisclasseur Administratif, Fasc. 136, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 43. 35 Idem et loc.cit. 36 Jurisclasseur Administratif, Fasc. 1005, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 62. 37 Jurisclasseur Contrats et march\u00e9s publics, Fasc. 195, R\u00e8glement non juridictionnel des litiges, par Thierry ABLARD et Maxime CORNILLE, juillet 2015, n\u00b0 97. 38 Jurisclasseur Administratif, Fasc. 136, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 43. 39 Jurisclasseur Administratif, Fasc. 1127, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 76. 40 R\u00e9pertoire Dalloz Contentieux administratif, V\u00b0 Transaction, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 18. 41 Cour de cassation fran\u00e7aise, chambre commerciale, 23 juin 2021, n\u00b0 19-10.697 et 19- 13.939, au sujet de la Caisse de D\u00e9p\u00f4ts et Consignations. 42 Cour d\u2019appel, deuxi\u00e8me chambre, 17 juillet 2013, n\u00b0 37167 du r\u00f4le, cit\u00e9 dans le m\u00e9moire en cassation, page 13, troisi\u00e8me alin\u00e9a.<\/p>\n<p>14 Cette solution, admise en droit fran\u00e7ais, d\u2019une obligation d\u2019autorisation de la transaction s\u2019appliquant, sur base de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, sauf dispense formelle et expresse par la loi, est \u00e9galement reconnue en droit luxembourgeois.<\/p>\n<p>Pour s\u2019en convaincre, il suffit de se r\u00e9f\u00e9rer aux travaux pr\u00e9paratoires du projet de loi n\u00b0 7514 portant notamment modification de la loi communale modifi\u00e9e du 13 d\u00e9cembre 1988 et de l\u2019article 2045 du Code civil.<\/p>\n<p>Il y est propos\u00e9 d\u2019abroger l\u2019alin\u00e9a 3 de ce dernier article aux motifs que \u00ab [c]ette disposition est caduque depuis l\u2019introduction \u00e0 l\u2019article 106- 11\u00b0 de la loi communale de la r\u00e8gle selon laquelle \u00ab les transactions et les conventions d\u2019arbitrage portant sur des litiges d\u2019une valeur sup\u00e9rieure \u00e0 100.000 euros \u00bb doivent \u00eatre approuv\u00e9es par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur \u00bb 43 .<\/p>\n<p>La loi communale modifi\u00e9e du 13 d\u00e9cembre 1988 dispose, en effet, dans son article 106, actuel, que :<\/p>\n<p>\u00ab Art. 106. Sans pr\u00e9judice d\u2019autres dispositions l\u00e9gales sp\u00e9ciales sont soumises \u00e0 l\u2019approbation du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur les d\u00e9lib\u00e9rations des conseils communaux portant sur les objets suivants :<\/p>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<p>11\u00b0 Les transactions et les conventions d\u2019arbitrage portant sur des litiges d\u2019une valeur sup\u00e9rieure \u00e0 100.000 euros. Cette somme pourra \u00eatre relev\u00e9e par r\u00e8glement grand- ducal.<\/p>\n<p>[\u2026] \u00bb.<\/p>\n<p>La loi conf\u00e8re donc express\u00e9ment aux communes le pouvoir de transiger et soumet les transactions \u00e0 l\u2019approbation du Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. Cette disposition l\u00e9gale sp\u00e9ciale d\u00e9roge ainsi \u00e0 l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil.<\/p>\n<p>Il est \u00e0 souligner que dans cette lecture de la loi r\u00e9sultant du Commentaire pr\u00e9cit\u00e9 du projet de loi n\u00b0 7514, l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, n\u2019est devenu caduc que par suite de l\u2019introduction de l\u2019article 106-11\u00b0 de la loi communale, conf\u00e9rant aux communes le pouvoir de transiger sous r\u00e9serve de l\u2019approbation du Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. Il n\u2019est donc pas devenu caduc parce que les communes sont en droit contemporain consid\u00e9r\u00e9s constituer des personnes morales de droit public qui disposent d\u2019un patrimoine qu\u2019elles g\u00e8rent et que ce statut et ce pouvoir impliquent un pouvoir de transiger. Dans la logique de cette lecture, l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, reste applicable m\u00eame en pr\u00e9sence d\u2019une personne morale de droit public disposant d\u2019un patrimoine propre et de pouvoirs de gestion, tant que cette personne ne se voit pas conf\u00e9rer formellement et express\u00e9ment par la loi un pouvoir de transiger, la loi r\u00e9glementant les conditions qui entourent l\u2019exercice de ce pouvoir.<\/p>\n<p>Cette lecture est partag\u00e9e par le Conseil d\u2019Etat. Ce dernier rel\u00e8ve dans son avis relatif \u00e0 l\u2019article du projet de loi n\u00b0 7514 proposant l\u2019abrogation de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil que :<\/p>\n<p>43 Projet de loi n\u00b0 7514, Commentaire de l\u2019article 41 (Document parlementaire n\u00b0 7514), page 27, dernier alin\u00e9a<\/p>\n<p>15 \u00ab Aucune raison de principe ne s\u2019oppose \u00e0 l\u2019abrogation de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil qui est propos\u00e9e par la disposition sous examen. Le Conseil d\u2019Etat donne toutefois \u00e0 consid\u00e9rer que la motivation mise en avant par les auteurs du texte, \u00e0 savoir que cet article se trouve supplant\u00e9 par l\u2019article 106, point 11\u00b0, de la loi communale, ne vaut que pour les autorit\u00e9s communales et non pour l\u2019ensemble des \u00e9tablissements publics. \u00bb 44 .<\/p>\n<p>Le Conseil d\u2019Etat consid\u00e8re donc que l\u2019abrogation de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, n\u2019est, en l\u2019\u00e9tat, pas justifi\u00e9e en ce qui concerne les \u00e9tablissements publics autres que les communes. Il ne consid\u00e8re donc pas que cet article est devenu caduc par la seule circonstance que les \u00e9tablissements publics jouissent de la personnalit\u00e9 morale, qu\u2019ils disposent d\u2019un patrimoine, se voient conf\u00e9rer des pouvoirs de gestion sur ce patrimoine, ou que, comme le soutient la demanderesse en cassation dans son troisi\u00e8me moyen, l\u2019article 108bis de la Constitution implique la reconnaissance d\u2019une autonomie de direction des \u00e9tablissements publics comportant une capacit\u00e9 de transiger, sous r\u00e9serve du contr\u00f4le subsidiaire de l\u2019autorit\u00e9 de tutelle.<\/p>\n<p>Dans la logique de ces observations, qui sont sur ce point conformes aux enseignements pr\u00e9cit\u00e9s du droit fran\u00e7ais, le pouvoir de transiger ne saurait \u00eatre d\u00e9duit de telles consid\u00e9rations, mais suppose une loi d\u00e9rogatoire formelle et expresse, en l\u2019absence de laquelle l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, continue \u00e0 s\u2019appliquer.<\/p>\n<p>Sur le premier moyen Dans son premier moyen, la demanderesse en cassation entend d\u00e9duire le pouvoir de transiger et la dispense de l\u2019obligation de solliciter l\u2019autorisation requise par l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, de la capacit\u00e9 juridique autonome, de la personnalit\u00e9 civile, du pouvoir d\u2019ester en justice et du pouvoir de disposer de ses biens conf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la CNS par l\u2019article 396 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale. Or, cet article, s\u2019il conf\u00e8re \u00e0 la CNS cette capacit\u00e9 et ces pouvoirs, ne lui attribue pas formellement et express\u00e9ment le pouvoir de transiger 45 . De m\u00eame, l\u2019article 397 du Code de la<\/p>\n<p>44 Avis pr\u00e9cit\u00e9 du Conseil d\u2019Etat du 16 juillet 2021 sur le projet de loi n\u00b0 7514, page 18, dernier alin\u00e9a. 45 Voir les articles 396 et 397 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale : \u00ab Situation juridique des institutions de s\u00e9curit\u00e9 sociale 1 Art. 396. 1) La Caisse nationale de sant\u00e9, les caisses de maladie vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 48, la Mutualit\u00e9 des employeurs, l\u2019Association d\u2019assurance accident, la Caisse nationale d\u2019assurance pension, le Fonds de compensation, la Caisse pour l\u2019avenir des enfants 2) et le Centre commun de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, d\u00e9sign\u00e9s ci-apr\u00e8s comme \u00abinstitutions de s\u00e9curit\u00e9 sociale\u00bb, sont des \u00e9tablissements publics. Ils jouissent de la personnalit\u00e9 civile. 2 Ils peuvent recevoir des dons et legs conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 910 du Code civil. 3 Ils ne peuvent pareillement acqu\u00e9rir ou ali\u00e9ner 3) des droits immobiliers d\u00e9passant la valeur de cinquante mille euros 3) sans l\u2019autorisation du ministre de tutelle, sur avis de l\u2019Inspection g\u00e9n\u00e9rale de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, et si de ces droits leur adviennent par donation ou legs, l\u2019acte portant autorisation de les accepter disposera en m\u00eame temps s\u2019il y aura lieu de les garder ou de les ali\u00e9ner, en fixant dans ce dernier cas, le d\u00e9lai dans lequel l\u2019ali\u00e9nation devra \u00eatre faite. 4 Ils estent en justice, repr\u00e9sent\u00e9s par le pr\u00e9sident de l\u2019organe directeur respectif. Ils peuvent se porter partie civile aux fins des articles 82, 118, 232 et 374 devant les juridictions r\u00e9pressives et \u00eatre appel\u00e9s en cause aux m\u00eames fins et devant les m\u00eames juridictions par les demandeurs et d\u00e9fendeurs au civil. 1 Art. 397. Le pr\u00e9sident de l\u2019institution de s\u00e9curit\u00e9 sociale repr\u00e9sente l\u2019institution de s\u00e9curit\u00e9 sociale judiciairement et extrajudiciairement. Cette d\u00e9l\u00e9gation s\u2019\u00e9tend aussi aux affaires et actes judiciaires pour lesquels les lois exigent une procuration sp\u00e9ciale.<\/p>\n<p>16 s\u00e9curit\u00e9 sociale, s\u2019il conf\u00e8re au pr\u00e9sident de l\u2019institution de s\u00e9curit\u00e9 sociale de repr\u00e9senter celle- ci judiciairement et extrajudiciairement, y compris dans les affaires et actes judiciaires pour lesquels les lois exigent une procuration sp\u00e9ciale, ne lui conf\u00e8re pas le pouvoir de transiger. Ces articles ne d\u00e9rogeant pas formellement et express\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, ce dernier continue \u00e0 s\u2019appliquer.<\/p>\n<p>Cette lecture est, ainsi qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 vu ci-avant, conforme \u00e0 celle des droits fran\u00e7ais et luxembourgeois. Elle se justifie par le souci de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats majeurs prot\u00e9g\u00e9s par cette disposition, qui s\u2019opposent \u00e0 une d\u00e9rogation implicite d\u00e9duite de consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales.<\/p>\n<p>Il en suit que le premier moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le deuxi\u00e8me moyen Dans son deuxi\u00e8me moyen, la demanderesse en cassation soutient que l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil est incompatible avec la tutelle \u00e0 laquelle la CNS est soumise, qui est, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 410 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, une tutelle d\u2019annulation et non d\u2019autorisation 46 . \u00ab Lorsque le contr\u00f4le exerc\u00e9 par l\u2019autorit\u00e9 sup\u00e9rieure prend la forme d\u2019une tutelle d\u2019autorisation, l\u2019obtention de l\u2019autorisation s\u2019apparente alors, par ses effets, \u00e0 une condition suspensive [ce \u00e0 quoi il y a cependant lieu d\u2019ajouter \u00ab que, s\u2019agissant d\u2019une condition de validit\u00e9 du contrat lui-m\u00eame, cet accord ne peut faire l\u2019objet d\u2019une condition suspensive \u00bb]. Une telle d\u2019annulation jouera, quant \u00e0 elle, plut\u00f4t le r\u00f4le d\u2019une condition r\u00e9solutoire. \u00bb 47 . Ainsi qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 vu ci- avant, la loi n\u2019accorde pas de fa\u00e7on formelle et expresse un pouvoir de transaction \u00e0 la CNS et, en l\u2019absence d\u2019attribution formelle et expresse d\u2019un tel pouvoir, ce dernier ne saurait, pour les motifs expos\u00e9s ci-avant, \u00eatre d\u00e9duit de la personnalit\u00e9 morale de la CNS ou des (autres) pouvoirs conf\u00e9r\u00e9s \u00e0 celle-ci par la loi. Il en suit que si la CNS est, en principe, soumise \u00e0 une tutelle d\u2019annulation, lui permettant de poser des actes sans devoir solliciter au pr\u00e9alable une autorisation, ce principe trouve exception lorsqu\u2019elle envisage de transiger. La loi ne lui accordant pas le pouvoir de transiger, elle doit, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, solliciter l\u2019autorisation d\u2019y proc\u00e9der pr\u00e9vue par cette disposition de droit commun, applicable en l\u2019absence de disposition formelle et expresse conf\u00e9rant \u00e0 un \u00e9tablissement public le pouvoir de transiger. Cette exception \u00e0 la tutelle d\u2019annulation est la cons\u00e9quence de ce que la loi a omis de lui attribuer ce pouvoir, Il en suit que le deuxi\u00e8me moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>2 Les actes pos\u00e9s par le pr\u00e9sident et le conseil d\u2019administration dans les limites de leurs pouvoirs engagent l\u2019institution de s\u00e9curit\u00e9 sociale. 3 Le pr\u00e9sident peut d\u00e9l\u00e9guer l\u2019\u00e9vacuation des affaires courantes et la repr\u00e9sentation devant les juridictions de s\u00e9curit\u00e9 sociale et autres instances \u00e0 un fonctionnaire de l\u2019\u00c9tat ou fonctionnaire dirigeant y assimil\u00e9 4) de l\u2019institution de s\u00e9curit\u00e9 sociale. 4 (alin\u00e9a abrog\u00e9). \u00bb. 46 L\u2019article 410 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale dispose, dans son paragraphe 1, que \u00ab [s]i une d\u00e9cision d\u2019un organe d\u2019une institution de s\u00e9curit\u00e9 sociale est contraire aux lois, r\u00e8glements, conventions ou statuts, l\u2019inspection g\u00e9n\u00e9rale de la s\u00e9curit\u00e9 sociale peut en suspendre l\u2019ex\u00e9cution par d\u00e9cision motiv\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9cision du ministre de tutelle qu\u2019elle saisit aux fins d\u2019annulation \u00bb. 47 Alexandre RIGOLET, Contrat de transaction, Bruxelles, Larcier, 2021, n\u00b0 85, page 68.<\/p>\n<p>Sur le troisi\u00e8me moyen Dans son troisi\u00e8me moyen, la demanderesse en cassation entend d\u00e9duire le pouvoir de transiger de la CNS de l\u2019article 108bis de la Constitution qui, selon elle, impliquerait la reconnaissance d\u2019une autonomie de direction des \u00e9tablissements publics comportant une capacit\u00e9 de transiger, sous r\u00e9serve du contr\u00f4le subsidiaire de l\u2019autorit\u00e9 de tutelle. L\u2019argument est similaire \u00e0 celui invoqu\u00e9 \u00e0 titre de premier moyen, dans lequel la demanderesse en cassation entendait d\u00e9duire le pouvoir de transiger de la CNS de son statut d\u2019\u00e9tablissement public, de sa personnalit\u00e9 morale et des pouvoirs en d\u00e9coulant. Il est traditionnellement enseign\u00e9 en mati\u00e8re de droit administratif qu\u2019il existe trois cat\u00e9gories de personnes morales de droit public, \u00e0 savoir l\u2019Etat, les communes et les \u00e9tablissements publics 48 . La Constitution a formellement pr\u00e9vu cette troisi\u00e8me cat\u00e9gorie dans un article 108 bis, qui a \u00e9t\u00e9 introduit par une R\u00e9vision constitutionnelle du 19 novembre 2004 49 et qui dispose que :<\/p>\n<p>\u00ab Art. 108bis . La loi peut cr\u00e9er des \u00e9tablissements publics, dot\u00e9s de la personnalit\u00e9 civile, dont elle d\u00e9termine l\u2019organisation et l\u2019objet. Dans la limite de leur sp\u00e9cialit\u00e9 le pouvoir de prendre des r\u00e8glements peut leur \u00eatre accord\u00e9 par la loi qui peut en outre soumettre ces r\u00e8glements \u00e0 l\u2019approbation de l\u2019autorit\u00e9 de tutelle ou m\u00eame en pr\u00e9voir l\u2019annulation ou la suspension en cas d\u2019ill\u00e9galit\u00e9, sans pr\u00e9judice des attributions judiciaires ou administratifs \u00bb. Le but de cette disposition, introduite sur proposition du Conseil d\u2019Etat 50 , a \u00e9t\u00e9, dans le contexte d\u2019une R\u00e9vision constitutionnelle visant, notamment par la modification de l\u2019article 32 de la Constitution, de pr\u00e9ciser le domaine du r\u00e8glement par rapport \u00e0 la loi, de pr\u00e9voir et d\u2019encadrer le pouvoir normatif des organismes publics cr\u00e9\u00e9s par la loi 51 . Selon la lecture du Conseil d\u2019Etat, \u00ab notre pays conna\u00eet en mati\u00e8re de d\u00e9centralisation administrative deux formes : la d\u00e9centralisation territoriale s\u2019op\u00e9rant par le truchement des communes et la d\u00e9centralisation par services, s\u2019effectuant par les \u00e9tablissements publics \u00bb 52 . La Haute Corporation rappelle ainsi la th\u00e8se traditionnelle d\u2019un triptyque de trois cat\u00e9gories de personnes morales de droit public : l\u2019Etat, les communes et les \u00e9tablissements publics. Elle d\u00e9crit ces derniers comme \u00e9tant caract\u00e9ris\u00e9s par ce qu\u2019ils : \u00ab sont cr\u00e9\u00e9s, cas par cas, par une loi sp\u00e9ciale indispensable pour d\u00e9terminer :<\/p>\n<p>o la personnalit\u00e9 publique autonome de l\u2019\u00e9tablissement ; o la mission sp\u00e9cifique de l\u2019\u00e9tablissement ; o le pouvoir tut\u00e9laire \u00bb 53 .<\/p>\n<p>48 JurisClasseur Administratif, Fasc. 135, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 31 et 32. 49 Loi du 19 novembre 2004 portant 1. R\u00e9vision des articles 11, paragraphe (6), 32, 26 et 76 de la Constitution ; 2. cr\u00e9ation d\u2019un article 108bis nouveau de la Constitution (M\u00e9morial, A, 2004, n\u00b0 186, page 2784). 50 Avis du Conseil d\u2019Etat sur la proposition de loi n\u00b0 4754 ayant donn\u00e9 lieu \u00e0 la loi pr\u00e9cit\u00e9e du 19 novembre 2004 (Document parlementaire n\u00b0 4754- 6, page 9). 51 Idem, page 9, deuxi\u00e8me alin\u00e9a. 52 Idem, m\u00eame page, troisi\u00e8me alin\u00e9a. 53 Idem, m\u00eame page, cinqui\u00e8me alin\u00e9a.<\/p>\n<p>Elle proposa finalement de retenir dans la Constitution que \u00ab La loi peut cr\u00e9er des \u00e9tablissements publics, dot\u00e9s de la personnalit\u00e9 civile, dont elle d\u00e9termine l\u2019organisation et l\u2019objet \u00bb 54 . Cette proposition a \u00e9t\u00e9 retenue.<\/p>\n<p>Il en r\u00e9sulte que, quelle que soit la description des \u00e9tablissements publics faite par le Conseil d\u2019Etat, qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 reprise dans le texte de la Constitution, celle-ci se limite \u00e0 les soumettre \u00e0 trois conditions :<\/p>\n<p>&#8212; les \u00e9tablissements publics doivent \u00eatre cr\u00e9\u00e9s par la loi ;<\/p>\n<p>&#8212; la loi doit les doter de la personnalit\u00e9 civile et<\/p>\n<p>&#8212; elle doit en d\u00e9terminer l\u2019organisation et l\u2019objet.<\/p>\n<p>La seconde phrase de l\u2019article 108bis permet en outre \u00e0 la loi de leur accorder un pouvoir r\u00e9glementaire, dont l\u2019exercice peut \u00eatre soumis au contr\u00f4le d\u2019une autorit\u00e9 de tutelle. L\u2019octroi de ce pouvoir r\u00e9glementaire, tout comme la subordination de l\u2019exercice de ce pouvoir au contr\u00f4le d\u2019une autorit\u00e9 de tutelle, sont facultatifs.<\/p>\n<p>L\u2019article 108bis ne pr\u00e9juge donc pas des pouvoirs que le l\u00e9gislateur voudra conf\u00e9rer aux \u00e9tablissements publics qu\u2019il cr\u00e9\u00e9 ou de l\u2019existence et de l\u2019\u00e9tendue du contr\u00f4le par une autorit\u00e9 de tutelle auquel il voudra les soumettre. Il n\u2019implique donc manifestement aucune obligation de doter les \u00e9tablissements publics d\u2019un pouvoir de transiger et de dispenser l\u2019exercice de ce pouvoir de tout contr\u00f4le pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>Il a par ailleurs \u00e9t\u00e9 vu ci-avant que suivant l\u2019interpr\u00e9tation commune retenue en droit fran\u00e7ais et luxembourgeois, y compris par le Conseil d\u2019Etat, un pouvoir de transiger et, \u00e0 plus forte raison, un pouvoir de transiger dispens\u00e9 de tout contr\u00f4le pr\u00e9alable, ne saurait, en l\u2019absence d\u2019une disposition formelle et expresse conf\u00e9rant un tel pouvoir, \u00eatre d\u00e9duit de la personnalit\u00e9 morale d\u2019un \u00e9tablissement public ou des pouvoirs que celle-ci implique. La circonstance qu\u2019un \u00e9tablissement public est pourvu de la personnalit\u00e9 morale et des pouvoirs y correspondant n\u2019implique pas l\u2019existence d\u2019un pouvoir de transiger et d\u2019une dispense d\u2019autorisation pr\u00e9alable de l\u2019exercice de ce pouvoir.<\/p>\n<p>La question de constitutionnalit\u00e9 soulev\u00e9e, de conformit\u00e9 de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil \u00e0 l\u2019article 128bis de la Constitution \u00e9tant d\u00e9nu\u00e9e de tout fondement au sens de l\u2019article 6, alin\u00e9a 2, sous b, de la loi modifi\u00e9e du 27 juillet 1997 portant organisation de la Cour constitutionnelle, vous \u00eates dispens\u00e9s de saisir la Cour constitutionnelle.<\/p>\n<p>Il en suit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le quatri\u00e8me moyen de cassation<\/p>\n<p>Le quatri\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation du principe g\u00e9n\u00e9ral de droit nemo auditur propriam turpitudinem, en ce que la Cour d\u2019appel, pour rejeter l\u2019exception de transaction invoqu\u00e9e par la demanderesse en cassation, consid\u00e9ra que l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil impose une<\/p>\n<p>54 Idem, m\u00eame page, avant-dernier alin\u00e9a.<\/p>\n<p>19 autorisation pr\u00e9alable de la transaction et que la transaction invoqu\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce n\u2019ayant pas fait l\u2019objet d\u2019une telle autorisation, elle \u00e9tait caduque, alors que cette interpr\u00e9tation implique que la CNS, pour se soustraire \u00e0 la transaction conclue par elle, peut se pr\u00e9valoir de son d\u00e9faut de solliciter l\u2019autorisation requise pour rendre cette conclusion parfaite. Dans son quatri\u00e8me moyen, la demanderesse en cassation critique que la Cour d\u2019appel, en constatant la caducit\u00e9 de la transaction par suite de l\u2019absence de l\u2019autorisation impos\u00e9e par l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, aurait m\u00e9connu le principe g\u00e9n\u00e9ral nemo auditur , donc aurait permis \u00e0 la CNS de se soustraire \u00e0 la transaction conclue par elle en s\u2019abstenant de solliciter l\u2019autorisation requise par la loi. Le moyen est tir\u00e9 de la violation d\u2019un principe g\u00e9n\u00e9ral de droit sans que la demanderesse en cassation n\u2019invoque aucune disposition l\u00e9gale ou jurisprudence d\u2019une juridiction supranationale qui exprimerait ce principe. Or, suivant votre jurisprudence constante la violation d\u2019un principe g\u00e9n\u00e9ral du droit ne donne ouverture \u00e0 cassation que s\u2019il trouve son expression dans un texte de loi ou s\u2019il est consacr\u00e9 par une juridiction supranationale 55 . Il en suit que le moyen est irrecevable. Dans un ordre subsidiaire, le moyen, qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9 par la demanderesse en cassation en instance d\u2019appel 56 , partant, \u00e9chappe au reproche de nouveaut\u00e9, m\u00e9conna\u00eet que \u00e0 d\u00e9faut d\u2019une autorisation au titre de l\u2019article 2045, alin\u00e9a 3, du Code civil, la CNS ne pouvait pas recourir \u00e0 une transaction 57 . Cette derni\u00e8re \u00ab m\u00e9connaissant cette obligation pr\u00e9alable ne cr\u00e9[\u2026]ait [\u2026] aucun droit au profit du cocontractant \u00bb 58 , de sorte qu\u2019elle \u00ab est consid\u00e9r\u00e9e comme caduque et ne peut donc produire ses effets \u00bb 59 . Cette \u00ab irr\u00e9gularit\u00e9 tir\u00e9e du d\u00e9faut d\u2019autorisation pr\u00e9alable ne [peut] pas \u00eatre r\u00e9gularis\u00e9e a posteriori \u00bb 60 . La transaction, \u00e0 supposer qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 conclue, ce qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 par la Cour d\u2019appel, est, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019autorisation pr\u00e9alable, caduque 61 . Le d\u00e9faut d\u2019autorisation a donc emp\u00each\u00e9 la transaction de devenir effective, de sorte qu\u2019il n\u2019est, du point de vue de l\u2019existence de celle-ci, pas pertinent de s\u2019interroger si la CNS a commis une faute en omettant de solliciter l\u2019autorisation requise et qu\u2019il ne se con\u00e7oit pas de consid\u00e9rer la transaction comme effective en faisant, en application du principe all\u00e9gu\u00e9, abstraction du d\u00e9faut d\u2019autorisation. Il en suit, \u00e0 titre subsidiaire, que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9. Conclusion :<\/p>\n<p>55 Voir, \u00e0 titre d\u2019illustration : Cour de cassation, 5 f\u00e9vrier 2022, n\u00b0 14\/2022, num\u00e9ro CAS-2021-00008 du r\u00f4le (r\u00e9ponse au premier moyen) ; idem, 19 d\u00e9cembre 2019, n\u00b0 175\/2019, num\u00e9ro CAS-2018-00124 du r\u00f4le (r\u00e9ponse au troisi\u00e8me et quatri\u00e8me moyens r\u00e9unis) (arr\u00eat rendu au sujet du principe nemo auditur ). Un recours dirig\u00e9 contre cette jurisprudence devant la Cour de Strasbourg a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 irrecevable par d\u00e9cision du 25 janvier 2022, Pillar Securisation c\/ Luxembourg, n\u00b0 40582\/19, \u00a7 12. 56 M\u00e9moire en r\u00e9ponse, page 13, sous \u00ab Quatri\u00e8me moyen de cassation \u00bb, cinqui\u00e8me alini\u00e9a : \u00ab D\u2019autant plus que la partie adverse avait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 invoqu\u00e9 l\u2019adage nemo auditur propriam turpitudinem allegans en instance d\u2019appel pour conclure \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 pour la CNS d\u2019invoquer l\u2019absence d\u2019autorisation du Grand- Duc \u00bb. 57 Conseil d\u2019Etat fran\u00e7ais, 21 juillet 2008, n\u00b0 162-606, publi\u00e9 au Recueil Lebon. 58 Jurisclasseur Contrats et march\u00e9s publics, Fasc. 195, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 98. 59 Jurisclasseur Civil, Art. 2044 \u00e0 2052, par Fr\u00e9d\u00e9rique JULIENNE, septembre 2017, n\u00b0 44. 60 R\u00e9pertoire Dalloz Contentieux administratif, V\u00b0 Transaction, pr\u00e9cit\u00e9, n\u00b0 16. 61 Cour de cassation fran\u00e7aise, premi\u00e8re chambre civile, 9 mai 1978, 76- 11.066, Bull. civ. I, n\u00b0 184, page 147.<\/p>\n<p>Le pourvoi est recevable, mais il est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Pour le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019\u00c9tat Le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019\u00c9tat adjoint<\/p>\n<p>MAGISTRAT7.)<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-de-cassation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-de-cassation\/20240806-154935\/20221110-cas-2021-00139-130-anonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00b0 130 \/ 2022 du 10.11.2022 Num\u00e9ro CAS -2021-00139 du registre Audience publique de la Cour de cassation du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg du jeudi, dix novembre deux mille vingt-deux. 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