{"id":652499,"date":"2026-04-22T23:12:12","date_gmt":"2026-04-22T21:12:12","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-9-novembre-2022-n-1109-40678\/"},"modified":"2026-04-22T23:12:19","modified_gmt":"2026-04-22T21:12:19","slug":"cour-superieure-de-justice-9-novembre-2022-n-1109-40678","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-9-novembre-2022-n-1109-40678\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 9 novembre 2022, n\u00b0 1109-40678"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 144\/22 &#8212; II \u2013 COM &#8212; CIV<\/p>\n<p>Audience publique du neuf novembre deux mille vingt-deux<\/p>\n<p>Num\u00e9ros 40678 et 40942 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Num\u00e9ros 42919 et CAL-2020- 00461 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition: Danielle SCHWEITZER, pr\u00e9sident de chambre, B\u00e9atrice KIEFFER, premier conseiller, Martine WILMES, premier conseiller, Alexandra NICOLAS, greffier.<\/p>\n<p>I.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions, appelante aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Nadine, dite Nanou TAPELLA, en remplacement de l\u2019huissier de justice Yves TAPELLA d\u2019Esch-sur-Alzette, du 2 octobre 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre James JUNKER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit TAPELLA du 2 octobre 2013, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple KLEYR GRASSO, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg,<\/p>\n<p>2 repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois COLLOT, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Strassen,<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit TAPELLA du 2 octobre 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre St\u00e9phane BOHR, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>3) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e D) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit TAPELLA du 2 octobre 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Jean- Georges GREMLING, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>4) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme E) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit TAPELLA du 2 octobre 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois TURK, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>5) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de Bruxelles sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration, sinon par son repr\u00e9sentant l\u00e9gal actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit TAPELLA du 2 octobre 2013,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple KLEYR GRASSO, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois COLLOT, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Strassen,<\/p>\n<p>6) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge G) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>7) la soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge H) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son ou ses g\u00e9rants actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9es aux fins du pr\u00e9dit exploit TAPELLA du 2 octobre 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Beno\u00eet ENTRINGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Howald.<\/p>\n<p>II.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de Bruxelles sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration, sinon par son repr\u00e9sentant l\u00e9gal actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>appelantes aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant V\u00e9ronique REYTER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Jean -Claude STEFFEN d\u2019Esch-sur-Alzette, du 19 juin 2013,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple KLEYR GRASSO, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois COLLOT, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Strassen,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 19 juin 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre James JUNKER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>4 2) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 19 juin 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre St\u00e9phane BOHR, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>3) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge G) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 19 juin 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Beno\u00eet ENTRINGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Howald,<\/p>\n<p>4) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e D) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 19 juin 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Jean- Georges GREMLING, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>5) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme E) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 19 juin 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois TURK, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>6) la soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge H) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son ou ses g\u00e9rants actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 19 juin 2013,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Beno\u00eet ENTRINGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Howald.<\/p>\n<p>III.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de Bruxelles sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration, sinon par son repr\u00e9sentant l\u00e9gal actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>appelantes aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant V\u00e9ronique REYTER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Jean- Claude STEFFEN d\u2019Esch-sur-Alzette, du 6 mars 2015,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple KLEYR GRASSO, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois COLLOT, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Strassen,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme I), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 6 mars 2015,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ARENDT &amp; MEDERNACH, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Christian POINT, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e J), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 6 mars 2015,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme KRIEGER ASSOCIATES, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Georges KRIEGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>6 3) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 6 mars 2015,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre St\u00e9phane BOHR, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>4) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K1), anciennement la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K2), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026], inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026] , repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 6 mars 2015,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SCHILTZ &amp; SCHILTZ, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Franz SCHILTZ, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>5) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e D) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 [\u2026], inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B [\u2026], repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 6 mars 2015,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Jean- Georges GREMLING, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>6) L), demeurant \u00e0 [\u2026],<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 6 mars 2015,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre S\u00e9bastien CO\u00cf, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>7) M), demeurant \u00e0 [\u2026], actuellement demeurant \u00e0 [\u2026] ,<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du pr\u00e9dit exploit REYTER du 6 mars 2015,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Perrine LAURICELLA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>7 IV.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K1) , anciennement la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K2) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026] , inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026] , repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>demanderesse aux termes d\u2019une assignation en intervention de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Kelly FERREIRA SIMOES, en remplacement de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO, du 18 mai 2020,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SCHILTZ &amp; SCHILTZ, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Franz SCHILTZ, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge G), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social en Belgique \u00e0 [\u2026] , inscrite \u00e0 la BCE sous le num\u00e9ro [\u2026] , repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>d\u00e9fenderesse aux fins du pr\u00e9dit exploit FERREIRA SIMOES du 18 mai 2020,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Beno\u00eet ENTRINGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Howald.<\/p>\n<p>LA COUR D&#039;APPEL : Par exploit d\u2019huissier de justice du 18 mai 2010, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A) (ci- apr\u00e8s A)) a fait donner assignation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit belge N) (ci-apr\u00e8s N)), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme C) (ci-apr\u00e8s C)), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e D) (ci-apr\u00e8s D)), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) (ci-apr\u00e8s F)), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme E) (ci-apr\u00e8s E)) et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge G) (ci-apr\u00e8s G)) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg pour les voir condamner solidairement, sinon in solidum , sinon chacune pour sa part \u00e0 lui payer, \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats, le montant de 110.080,50 EUR, outre les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux et la somme de 5.000 EUR \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. Par exploit d\u2019huissier de justice du 22 septembre 2010, N) , F) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) (ci-apr\u00e8s B)) ont fait donner assignation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge H) (ci-apr\u00e8s H)) et \u00e0 G) pour s\u2019entendre<\/p>\n<p>8 intervenir dans le litige les opposant \u00e0 A) et les voir tenir quittes et indemnes de toute condamnation prononc\u00e9e \u00e0 leur encontre.<\/p>\n<p>Par mention au dossier du 21 novembre 2011, le juge de la mise en \u00e9tat a joint les deux affaires.<\/p>\n<p>A) a expos\u00e9 \u00e0 l\u2019appui de sa demande les faits suivants :<\/p>\n<p>A partir du 30 avril 2002, elle a lou\u00e9 un local commercial qu\u2019elle a exploit\u00e9 sous la d\u00e9nomination \u00ab O) \u00bb dans la galerie marchande du centre commercial dit \u00ab P) \u00bb \u00e0 [\u2026].<\/p>\n<p>Le propri\u00e9taire de l\u2019immeuble, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e J) (ci-apr\u00e8s J)) a charg\u00e9 N) de travaux de r\u00e9novation et de transformation du centre commercial.<\/p>\n<p>Divers travaux ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s par C) et D).<\/p>\n<p>E) a assur\u00e9 la mission de coordinateur en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 et de sant\u00e9 sur le chantier.<\/p>\n<p>A) a ensuite soutenu qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion de ces travaux, un incendie s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 le 9 avril 2009 et que suite \u00e0 une d\u00e9cision de l\u2019Inspection du Travail et des Mines, le centre commercial a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9 pour d\u00e9contamination et assainissement, de sorte que l\u2019exploitation commerciale n\u2019\u00e9tait plus possible jusqu\u2019au 27 octobre 2009, date \u00e0 laquelle elle a ouvert un commerce similaire \u00e0 [\u2026].<\/p>\n<p>Elle a r\u00e9clam\u00e9, \u00e0 titre de pr\u00e9judice mat\u00e9riel, la somme de 110.080,50 EUR se composant comme suit :<\/p>\n<p>&#8212; perte d\u2019exploitation du 9.04.2009 au 26.10.2009 68.874,43 EUR &#8212; perte sur stock de cigarettes 7.207,02 EUR &#8212; part du loyer ind\u00fbment pay\u00e9e 1.874,05 EUR &#8212; honoraires de l\u2019expert- comptable 2.875 EUR &#8212; honoraires d\u2019avocat 4.240 EUR &#8212; perte de client\u00e8le 25.000 EUR soit au total 110.080,50 EUR A) a recherch\u00e9 la responsabilit\u00e9 de N) , principalement, sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil, en sa qualit\u00e9 d\u2019entrepreneur gardien de l\u2019immeuble en chantier et, subsidiairement, sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du m\u00eame Code en sa qualit\u00e9 de commettant du fait de ses pr\u00e9pos\u00e9s, pour autant que les ouvriers \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie qui s\u2019est produit sur les lieux aient travaill\u00e9 sous les ordres de N) .<\/p>\n<p>C) et D) ont \u00e9t\u00e9 assign\u00e9es sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil, en leur qualit\u00e9 de commettant du fait d\u2019un de leurs pr\u00e9pos\u00e9s \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie tandis qu\u2019F), assureur de N), et G), assureur de C), l\u2019ont \u00e9t\u00e9 sur base de l\u2019action directe l\u00e9gale.<\/p>\n<p>Admettant que les travaux de d\u00e9molition et de d\u00e9mant\u00e8lement ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s par ses soins et non pas par N) , B) a demand\u00e9 acte qu\u2019elle intervient volontairement au litige introduit suivant exploit d\u2019huissier de justice du 18 mai 2010.<\/p>\n<p>Elle a demand\u00e9, en ordre subsidiaire, \u00e0 ce que C) , D), E) et H) soient condamn\u00e9s solidairement, sinon in solidum , sinon chacune pour sa part \u00e0 la tenir quitte et indemne de toute \u00e9ventuelle condamnation \u00e0 intervenir \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>C) et G) ont demand\u00e9, en ordre subsidiaire, \u00e0 ce que B) , D) et E) les tiennent quittes et indemnes de toutes condamnations prononc\u00e9es \u00e0 leur encontre.<\/p>\n<p>Elles ont r\u00e9clam\u00e9 la condamnation solidaire, sinon in solidum , sinon chacune pour sa part de A), B) , D) et de E) \u00e0 leur payer chacune une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 EUR.<\/p>\n<p>D) a demand\u00e9, en ordre subsidiaire, \u00e0 ce que B) , C) et E) la tiennent quitte et indemne de toute condamnation prononc\u00e9e \u00e0 son encontre. Elle a sollicit\u00e9 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR.<\/p>\n<p>H) et G) ont conclu \u00e0 l\u2019incomp\u00e9tence du tribunal d\u2019arrondissement en raison d\u2019une clause attributive de juridiction en faveur des tribunaux de Bruxelles, sinon au d\u00e9bout\u00e9 de la demande et ont demand\u00e9 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de la part de B) du montant de 3.000 EUR.<\/p>\n<p>Par jugement du 20 d\u00e9cembre 2012, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande en intervention dirig\u00e9e contre H) et comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande principale, de la demande en intervention contre G) et des demandes incidentes. Il a d\u00e9clar\u00e9 la demande principale contre B) et F) fond\u00e9e \u00e0 hauteur de 62.546,02 EUR et a condamn\u00e9 ces deux soci\u00e9t\u00e9s in solidum \u00e0 payer \u00e0 A) cette somme avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 avril 2009 jusqu\u2019\u00e0 solde ainsi qu\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 EUR.<\/p>\n<p>Les demandes contre C), G), D), E) et G) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es non fond\u00e9es.<\/p>\n<p>Les demandes en garantie de B) et de son assureur ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es.<\/p>\n<p>N) a \u00e9t\u00e9 mise hors de cause.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 19 juin 2013, B) et F) ont relev\u00e9 appel de la d\u00e9cision du 20 d\u00e9cembre 2012.<\/p>\n<p>Elles demandent de la r\u00e9former en ce que les juges de premi\u00e8re instance :<\/p>\n<p>&#8212; se sont d\u00e9clar\u00e9s incomp\u00e9tents pour conna\u00eetre de la demande en intervention dirig\u00e9e contre H),<\/p>\n<p>&#8212; ont dit la demande de A) partiellement fond\u00e9e \u00e0 leur \u00e9gard,<\/p>\n<p>&#8212; les ont condamn\u00e9s au paiement de la somme de 62.546,02 EUR, outre les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux et au montant de 2.000 EUR \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure,<\/p>\n<p>&#8212; ont rejet\u00e9 leur demande r\u00e9cursoire et leurs demandes en allocation d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, les parties appelantes demandent de d\u00e9clarer non fond\u00e9es toutes les demandes de A) et de les d\u00e9charger des condamnations intervenues. Subsidiairement, elles demandent de condamner solidairement, sinon in solidum, sinon chacune pour le tout les parties intim\u00e9es C) , G), D), E) et H) \u00e0 les tenir quittes et indemnes de toutes condamnations \u00e0 intervenir \u00e0 leur \u00e9gard ainsi qu\u2019au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 EUR.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 2 octobre 2013, A) a relev\u00e9 appel de la d\u00e9cision du 20 d\u00e9cembre 2012.<\/p>\n<p>Elle demande la r\u00e9formation du jugement entrepris en ce qui concerne le montant de l\u2019indemnisation.<\/p>\n<p>Elle demande, principalement, la condamnation des parties B) et F) au paiement de la somme de 137.157,24 EUR, outre les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux et une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000 EUR pour chaque instance, sinon, subsidiairement, pour le cas o\u00f9 la d\u00e9cision \u00e9tait r\u00e9form\u00e9e en ce qui concerne les responsabilit\u00e9s retenues, la condamnation solidaire, sinon in solidum , sinon chacun pour sa part de C) , D), E) et G) au paiement de la somme de 137.157,24 EUR, outre les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux et une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000 EUR pour chaque instance et de d\u00e9clarer l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir commun \u00e0 H).<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 17 janvier 2013, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme I) (ci &#8212; apr\u00e8s I)) a fait donner assignation \u00e0 J) , \u00e0 B), \u00e0 F), \u00e0 C) , \u00e0 D), \u00e0 L) et \u00e0 M) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, pour les voir condamner solidairement, sinon in solidum, sinon chacun pour le tout \u00e0 lui payer la somme de 102.543,12 euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux du jour des d\u00e9caissement, sinon de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde. En cours d\u2019instance, I) a d\u00e9clar\u00e9 r\u00e9clamer le paiement de la somme de 87.543,12 EUR. I) a, en outre, demand\u00e9 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 EUR.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 2 avril 2013, I) a fait donner assignation \u00e0 D) aux m\u00eames fins.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 14 juin 2013, I) a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la r\u00e9assignation de L).<\/p>\n<p>11 I) a expos\u00e9 avoir indemnis\u00e9 son assur\u00e9e A) du pr\u00e9judice subi suite \u00e0 l\u2019incendie qui a eu lieu le 9 avril 2009 vers 9.00 heures dans l\u2019immeuble \u00ab P) \u00bb sis \u00e0 [\u2026], de sorte qu\u2019elle affirme se trouver subrog\u00e9e dans les droits de celle- ci. Elle s\u2019est bas\u00e9e sur le proc\u00e8s-verbal de police no. [\u2026] du 9 avril 2009 selon lequel la cause de l\u2019incendie aurait \u00e9t\u00e9 les travaux d\u2019oxycoupage effectu\u00e9s par L) et M) sur le chantier de l\u2019immeuble \u00ab P) \u00bb dans lequel la soci\u00e9t\u00e9 O), actuellement A), avait lou\u00e9 un local commercial. Elle a affirm\u00e9 que l\u2019immeuble appartient \u00e0 J), que B) \u00e9tait charg\u00e9e d\u2019ex\u00e9cuter des travaux de r\u00e9novation et que cette derni\u00e8re avait conclu un contrat d\u2019assurance aupr\u00e8s d\u2019F). Elle explique encore que L) \u00e9tait salari\u00e9 de C) et que M) \u00e9tait salari\u00e9 int\u00e9rimaire, mis ce jour-l\u00e0 \u00e0 disposition par D).<\/p>\n<p>I) a recherch\u00e9 la responsabilit\u00e9 de J) sur base des articles 1384, alin\u00e9a 1 er et 1386 du Code civil, en sa qualit\u00e9 de propri\u00e9taire de l\u2019immeuble et de ma\u00eetre d\u2019ouvrage des travaux \u00e0 r\u00e9aliser ainsi que des articles 1382 et 1383 du Code civil pour ne pas avoir pris les mesures n\u00e9cessaires pour ne pas causer de dommages aux occupants de l\u2019immeuble pendant les travaux et notamment s\u2019\u00eatre assur\u00e9e que les travaux litigieux pouvaient \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s en toute s\u00e9curit\u00e9. Par conclusions ult\u00e9rieures, elle a d\u00e9clar\u00e9 invoquer encore l\u2019article 1719, alin\u00e9a 1 er , point 3 du Code civil.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 de B) a \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er<\/p>\n<p>du Code civil en sa qualit\u00e9 de gardien du chantier ainsi que sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du m\u00eame Code en tant qu\u2019employeur de L) et de M) et subsidiairement sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil pour ne pas avoir pris les mesures de s\u00e9curit\u00e9 n\u00e9cessaires et de ne pas s\u2019\u00eatre assur\u00e9 que les travaux dangereux, tels que les travaux d\u2019oxycoupage, ne sont pas effectu\u00e9s pr\u00e8s de mati\u00e8res inflammables.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 de C) a \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e, principalement, sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a, 1 er du Code civil en sa qualit\u00e9 de gardienne de la machine ayant caus\u00e9 l\u2019incendie et, subsidiairement, sur base de l\u2019article 1383, alin\u00e9a 3 du Code civil alors que l\u2019incendie r\u00e9sulte des travaux ex\u00e9cut\u00e9s par son salari\u00e9 L).<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 de D) a \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er<\/p>\n<p>du Code civil en sa qualit\u00e9 de gardienne de la machine ayant caus\u00e9 l\u2019incendie et, subsidiairement, sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil alors que l\u2019incendie r\u00e9sulte des travaux ex\u00e9cut\u00e9s par son salari\u00e9 M).<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 de L) et de M) a encore \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil au motif que l\u2019incendie r\u00e9sulte de leur imprudence respectivement de leur n\u00e9gligence de s\u2019assurer que l\u2019ex\u00e9cution des travaux d\u2019oxycoupage pouvait \u00eatre faite en toute s\u00e9curit\u00e9 et \u00e0 distance de toute mati\u00e8re inflammable.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 16 juillet 2014, J) a fait donner assignation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K1), anciennement la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K2) (ci-apr\u00e8s K1)) pour voir dire que qu\u2019elle est tenue d\u2019intervenir dans le litige principal opposant, d\u2019une part, I) comme partie demanderesse et, d\u2019autre part, J) comme partie d\u00e9fenderesse introduite par l\u2019exploit d\u2019huissier du<\/p>\n<p>12 17 janvier 2013. Elle a conclu \u00e0 voir dire que la partie assign\u00e9e devra la tenir quitte et indemne de toute \u00e9ventuelle condamnation qui pourrait intervenir \u00e0 son encontre dans le cadre du litige l\u2019opposant \u00e0 I). Elle a demand\u00e9 \u00e0 se voir allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 EUR.<\/p>\n<p>Par un jugement du 7 janvier 2015, le tribunal d\u2019arrondissement a :<\/p>\n<p>&#8212; donn\u00e9 acte \u00e0 I) de ce qu\u2019elle se d\u00e9siste de l\u2019instance introduite contre D) par exploit d\u2019huissier de justice Guy ENGEL du 13 octobre 2006,<\/p>\n<p>&#8212; donn\u00e9 acte \u00e0 D) de ce qu\u2019elle accepte ledit d\u00e9sistement d\u2019instance,<\/p>\n<p>&#8212; fait droit au d\u00e9sistement,<\/p>\n<p>&#8212; dit \u00e9teinte l\u2019instance introduite par I),<\/p>\n<p>&#8212; dit qu\u2019il n\u2019y a pas autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e du jugement du 20 d\u00e9cembre 2012,<\/p>\n<p>&#8212; d\u00e9clar\u00e9 irrecevable la demande de I) dirig\u00e9e contre J) sur base de l\u2019article 1719, alin\u00e9a 1 er , point 3 du Code civil ainsi que sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil,<\/p>\n<p>&#8212; dit les demandes principale et en intervention recevables pour le surplus,<\/p>\n<p>&#8212; dit la demande principale fond\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de B) et F) \u00e0 hauteur d\u2019un montant de 87.543,12 EUR,<\/p>\n<p>&#8212; condamn\u00e9 B) et F) in solidum \u00e0 payer \u00e0 I) le montant de 87.543,12 EUR avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>&#8212; rejet\u00e9 les demandes r\u00e9cursoires introduites par J) , B), F), C) , D) et K1),<\/p>\n<p>&#8212; rejet\u00e9 la demande en intervention introduite par J) ,<\/p>\n<p>&#8212; dit la demande de I) sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile fond\u00e9e pour le montant de 1.500 EUR,<\/p>\n<p>&#8212; condamn\u00e9 B) et F) in solidum \u00e0 payer \u00e0 I) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 euros,<\/p>\n<p>&#8212; dit la demande de D) sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile fond\u00e9e pour le montant de 500 EUR,<\/p>\n<p>&#8212; condamn\u00e9 I) \u00e0 payer \u00e0 D) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 500 EUR,<\/p>\n<p>&#8212; dit non fond\u00e9es les demandes des autres parties d\u00e9fenderesses sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>13 Par exploit d\u2019huissier de justice du 6 mars 2015, B) et F) ont relev\u00e9 appel de cette d\u00e9cision. Elles demandent de d\u00e9clarer non fond\u00e9 l\u2019ensemble des revendications de I) et de les d\u00e9charger des condamnations intervenues. Subsidiairement, elles demandent de condamner solidairement, sinon in solidum, sinon chacune pour leur part, les parties intim\u00e9es C) et D) \u00e0 les tenir quittes et indemnes de toutes les condamnations \u00e9ventuellement \u00e0 intervenir. Les appelants sollicitent une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour chacune d\u2019entre elles de 2.500 EUR.<\/p>\n<p>Par exploit du 18 mai 2020, K1) a fait donner assignation \u00e0 G) \u00e0 compara\u00eetre devant la Cour d\u2019appel pour s\u2019entendre dire qu\u2019elle est tenue d\u2019intervenir dans l\u2019instance introduite suivant acte d\u2019appel du 6 mars 2015, pour voir joindre les affaires et voir d\u00e9clarer commun \u00e0 G) toute d\u00e9cision \u00e0 intervenir dans l\u2019affaire dont question.<\/p>\n<p>Il est constant en cause et il r\u00e9sulte des conclusions prises par toutes les parties en cause que B) a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e par le propri\u00e9taire de l\u2019immeuble \u00ab P) \u00bb d\u2019effectuer des travaux de d\u00e9molition et de d\u00e9mant\u00e8lement dans le cadre du chantier d\u00e9nomm\u00e9 Q) 2, 3 et 4 dont faisait partie le centre commercial \u00ab P) \u00bb.<\/p>\n<p>B) a fait appel pour proc\u00e9der aux travaux de d\u00e9molition et de d\u00e9mant\u00e8lement \u00e0 C), assur\u00e9e aupr\u00e8s de G), et \u00e0 D) pour effectuer les travaux d\u2019\u00e9vacuation des mat\u00e9riaux d\u00e9mantel\u00e9s et des d\u00e9chets produits. Les menus d\u00e9montages incombaient \u00e9galement aux ouvriers de D).<\/p>\n<p>E) \u00e9tait charg\u00e9e de l\u2019\u00e9tablissement du plan de s\u00e9curit\u00e9 et de sant\u00e9 au chantier.<\/p>\n<p>B) rassemblait tous les matins les diff\u00e9rents ouvriers de C) et de D). Ils \u00e9taient r\u00e9partis en \u00e9quipes pour effectuer des t\u00e2ches pr\u00e9cises.<\/p>\n<p>Le 9 avril 2009, un incendie s\u2019est d\u00e9clench\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de l\u2019endroit d\u2019un salari\u00e9 de C) , L), charg\u00e9 d\u2019effectuer des travaux de coupage de pi\u00e8ces m\u00e9talliques \u00e0 un endroit d\u00e9termin\u00e9 du chantier. M), salari\u00e9 de D) qui faisait partie de son \u00e9quipe, \u00e9tait charg\u00e9 de ramasser les d\u00e9chets occasionn\u00e9s par les travaux et de couper des c\u00e2bles se trouvant au sol.<\/p>\n<p>Lors de l\u2019audition par les services de police, L) a affirm\u00e9 qu\u2019\u00e0 l\u2019endroit d\u00e9sign\u00e9 pour effectuer les travaux, le sol \u00e9tait couvert de c\u00e2bles, bois, plastique et fer et que les c\u00e2bles \u00e9taient sous \u00e9lectricit\u00e9. Il aurait, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un chalumeau, proc\u00e9d\u00e9 aux travaux en utilisant la m\u00e9thode de l\u2019oxycoupage, \u00e0 savoir moyennant l\u2019oxydation continue et localis\u00e9e par un jet d\u2019oxyg\u00e8ne pur. C\u2019est alors que des \u00e9tincelles furent projet\u00e9es sur des d\u00e9chets compos\u00e9s de plastique et de bois amass\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate et que ces d\u00e9chets ont pris feu. L\u2019incendie n\u2019a pu \u00eatre circonscrit que par l\u2019intervention des pompiers.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que toutes les affaires \u00e9num\u00e9r\u00e9es plus haut ont trait au m\u00eame incendie et tendent \u00e0 l\u2019indemnisation du dommage r\u00e9sultant de cet incendie, il est dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une bonne administration de la justice de les joindre et de statuer par un seul et unique arr\u00eat.<\/p>\n<p>Quant aux appels contre le jugement du 20 d\u00e9cembre 2012<\/p>\n<p>Les appels de B) , F) et de A) sont recevables pour avoir \u00e9t\u00e9 introduits dans les forme et d\u00e9lai de la loi.<\/p>\n<p>Les parties appelantes B) et F) critiquent le jugement entrepris en ce que la demande de A) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e et justifi\u00e9e \u00e0 leur \u00e9gard sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil et de l\u2019action directe.<\/p>\n<p>Elles font d\u2019abord valoir que la garde de l\u2019immeuble en chantier appartient au propri\u00e9taire J) qui est pr\u00e9sum\u00e9e gardienne de cet immeuble.<\/p>\n<p>C) et D) seraient sinon \u00e0 consid\u00e9rer comme commettants de leurs pr\u00e9pos\u00e9s et C) gardienne du chalumeau \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie en vertu d\u2019un contrat de sous-traitance conclu entre les parties B) et C) et D).<\/p>\n<p>Comme en premi\u00e8re instance, elles exposent que B) a, en effet, sous-trait\u00e9 l\u2019ensemble des travaux de d\u00e9coupage \u00e0 C) et \u00e0 D) et que ce sont les ouvriers de ces deux soci\u00e9t\u00e9s qui avaient la ma\u00eetrise et le pouvoir de direction exclusifs du chalumeau et des travaux de d\u00e9coupage.<\/p>\n<p>Elles font valoir que contrairement \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 retenu en premi\u00e8re instance, la personne ayant manipul\u00e9 la chose \u00e0 l\u2019origine du dommage n\u2019\u00e9tait pas un employ\u00e9 de B) , mais un employ\u00e9 de C) . Ce serait \u00e0 tort que le tribunal de premi\u00e8re instance aurait retenu la responsabilit\u00e9 de B) en tant que gardien du chalumeau manipul\u00e9 par le salari\u00e9 de C) et qualifi\u00e9 comme \u00e9tant un pr\u00e9pos\u00e9 de B).<\/p>\n<p>Le tribunal aurait \u00e0 tort conclu que le contrat liant B) \u00e0 C) \u00e9tait un contrat de mise \u00e0 disposition de salari\u00e9s et que C) \u00e9tait ainsi d\u00e9charg\u00e9e de sa responsabilit\u00e9. Il n\u2019y aurait aucun lien de subordination entre B) et les pr\u00e9pos\u00e9s de C), respectivement de D), de sorte que B) ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le commettant de ces pr\u00e9pos\u00e9s. Les relations entre B) et C) et D) ne sauraient, en outre, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme un pr\u00eat de main d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>Le tribunal aurait d\u00e8s lors \u00e9cart\u00e9 \u00e0 tort la relation de sous-traitance entre elle et C) et la qualit\u00e9 de gardienne de cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>Elles argumentent que C) est une soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans le proc\u00e9d\u00e9 d\u2019oxycoupage, raison pour laquelle B) , qui n\u2019est pas sp\u00e9cialis\u00e9e dans ce domaine, aurait fait appel \u00e0 ses services.<\/p>\n<p>La relation contractuelle et le contrat de sous-traitance entre B) et C) seraient document\u00e9s par une offre de prix du 12 d\u00e9cembre 2008 et un email du 15 d\u00e9cembre 2008.<\/p>\n<p>Dans le cadre du courriel du 15 d\u00e9cembre 2008, C) aurait indiqu\u00e9 \u00e0 B) que le prix contenu dans l\u2019offre comprend la r\u00e9gie des ouvriers. Le contrat conclu n\u2019aurait pas eu pour objet une simple mise \u00e0 disposition de personnels, mais<\/p>\n<p>15 un service bien d\u00e9termin\u00e9. L\u2019offre portait, selon les appelantes, \u00e9galement sur la location de mat\u00e9riel n\u00e9cessaire \u00e0 ces travaux dont la location d\u2019un Tyrak, la s\u00e9curisation de la sortie du c\u00e2ble d\u2019acier, la location d\u2019un bloc-moteur, la mise \u00e0 disposition de larmes de scie ainsi que le mat\u00e9riel de d\u00e9coupage au chalumeau. C) devait r\u00e9aliser la t\u00e2che lui confi\u00e9e en pleine ind\u00e9pendance en y affectant hommes et mat\u00e9riel n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Les crit\u00e8res relatifs au lien de subordination ne seraient par ailleurs pas remplis. Les ouvriers de C) auraient agi de leur propre chef, en vertu de l\u2019exp\u00e9rience acquise et du mat\u00e9riel leur fourni par leur employeur.<\/p>\n<p>B) et F) se pr\u00e9valent de l\u2019article L- 133-1 du Code du travail pour conclure qu\u2019une mise \u00e0 disposition de personnel aurait \u00e9t\u00e9 interdite.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le propri\u00e9taire J) , les appelantes estiment que l\u2019immeuble n\u2019est pas \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie, mais que ce seraient les d\u00e9chets jonchant le sol et ayant pris feu qui seraient \u00e0 consid\u00e9rer comme la cause de l\u2019incendie.<\/p>\n<p>Dans la motivation de son acte d\u2019appel A) expose \u00e0 la page 2 :<\/p>\n<p>\u00ab &#8212; que le pr\u00e9dit jugement n\u2019est pas critiqu\u00e9 en ce qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 responsable la partie intim\u00e9e sub 1) (B)) du dommage subi par la partie appelante sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil et a d\u00e9clar\u00e9 fond\u00e9e l\u2019action directe de la partie appelante contre la partie intim\u00e9e sub 5) assureur de la partie intim\u00e9e sub1),<\/p>\n<p>&#8212; que pour le cas o\u00f9 la Cour viendrait \u00e0 consid\u00e9rer que la responsabilit\u00e9 de la partie intim\u00e9e sub 1) n\u2019est pas bas\u00e9e sur le fondement de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil, la partie appelante maintient sa demande \u00e0 l\u2019encontre de la partie intim\u00e9e sub 1) sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 3,<\/p>\n<p>&#8212; que pour le cas o\u00f9 le jugement entrepris viendrait \u00e0 \u00eatre r\u00e9form\u00e9 concernant la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 B) dans la gen\u00e8se de l\u2019accident, la partie appelante sollicite \u00e0 titre subsidiaire et pour autant que de besoin de voir reconna\u00eetre responsables les parties intim\u00e9es sub 2), 3) et 4) et de condamner solidairement, sinon in solidum, sinon chacun pour sa part et portion les parties intim\u00e9es sub 2), 3) et 4) et la partie intim\u00e9e sub 6) assureur de l\u2019assign\u00e9 sub 2) au montant du pr\u00e9judice accru \u00e0 la partie appelante,<\/p>\n<p>&#8212; que pour le surplus, le jugement entrepris du 20 d\u00e9cembre 2012 cause torts et griefs \u00e0 la partie appelante en ce que les premiers juges n\u2019ont pas fait droit \u00e0 la r\u00e9paration int\u00e9grale. \u00bb<\/p>\n<p>A la page 3, sous le point I intitul\u00e9 \u00ab Quant aux \u00e9l\u00e9ments factuels \u00bb, A) soutient :<\/p>\n<p>\u00ab &#8212; que la responsabilit\u00e9 dans la gen\u00e8se de cet incendie incombe \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 B) sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 er du Code civil, en sa qualit\u00e9 d\u2019entrepreneur-gardien de l\u2019immeuble en chantier dont incendie, sinon sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil, en sa qualit\u00e9 de commettant du<\/p>\n<p>16 fait de ses pr\u00e9pos\u00e9s, pour autant que les ouvriers \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie aient travaill\u00e9 sous les ordres de la soci\u00e9t\u00e9 B),<\/p>\n<p>&#8212; que la responsabilit\u00e9 dans la gen\u00e8se de cet incendie incombe encore \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 C), sous-traitant de la soci\u00e9t\u00e9 B), sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil, en sa qualit\u00e9 de commettant du fait de l\u2019un de ses pr\u00e9pos\u00e9s, alors que c\u2019est un des pr\u00e9pos\u00e9s de ladite soci\u00e9t\u00e9 qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie (Pi\u00e8ce n\u00b0 2 : proc\u00e8s-verbal de la police de Luxembourg, pr\u00e9cit\u00e9 annexe 5),<\/p>\n<p>&#8212; que la responsabilit\u00e9 dans la gen\u00e8se de cet incendie incombe encore \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 D) SARL, sous -traitant de la soci\u00e9t\u00e9 B), sinon sous-traitant de la soci\u00e9t\u00e9 C), sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil, en sa qualit\u00e9 de commettant du fait de l\u2019un de ses pr\u00e9pos\u00e9s, alors que c\u2019est un des pr\u00e9pos\u00e9s de ladite soci\u00e9t\u00e9 qui est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie (Pi\u00e8ce n\u00b0 2 : proc\u00e8s-verbal de la police de Luxembourg, pr\u00e9cit\u00e9 annexe 6),<\/p>\n<p>&#8212; que la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 E) SA est engag\u00e9e sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil, alors que c\u2019est un de ses pr\u00e9pos\u00e9s qui a mal ex\u00e9cut\u00e9 la mission de coordination en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9 et sant\u00e9 sur ledit chantier, rendant ainsi possible l\u2019incendie, sinon sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil, pour avoir commis des fautes, sinon des n\u00e9gligences dans l\u2019ex\u00e9cution de sa mission de s\u00e9curit\u00e9 et sant\u00e9 sur ledit chantier,<\/p>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<p>&#8212; qu\u2019elle a donc sollicit\u00e9 la condamnation des parties intim\u00e9es sub 1), 2), 3) et 4) par assignation du 18 mai 2010 en vue d\u2019obtenir r\u00e9paration de son pr\u00e9judice, [\u2026]<\/p>\n<p>&#8212; que c\u2019est \u00e0 juste titre que les premiers juges ont retenu la responsabilit\u00e9 de la partie intim\u00e9e sub 1) et d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e l\u2019action directe de la partie appelante \u00e0 l\u2019encontre de la partie assign\u00e9e sub 5), assureur de la partie assign\u00e9e sub 1),<\/p>\n<p>&#8212; que cependant, les juges de premi\u00e8re instance ont \u00e0 tort r\u00e9duit ou \u00e9cart\u00e9 les diff\u00e9rents postes de pr\u00e9judice subi par la partie appelante,<\/p>\n<p>&#8212; qu\u2019il y a partant lieu de r\u00e9former le jugement entrepris concernant le montant de l\u2019indemnisation \u00e0 allouer \u00e0 la partie appelante. \u00bb<\/p>\n<p>Au dispositif de son acte d\u2019appel du 2 octobre 2013, A) demande de :<\/p>\n<p>\u00ab &#8212; voir dire que l\u2019appel tel que limit\u00e9 ci-avant est recevable en la forme et justifi\u00e9 quant au fond,<\/p>\n<p>&#8212; principalement, par r\u00e9formation du jugement entrepris, voir condamner les parties intim\u00e9es sub 1) (B)) et sub 5) (F)) solidairement, sinon in solidum, sinon chacune pour sa part \u00e0 payer \u00e0 la partie appelante du chef des causes sus\u00e9nonc\u00e9es le montant de 137.157,24 euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir<\/p>\n<p>17 du 9 avril 2009, sinon \u00e0 partir du 18 mai 2010, jour de l\u2019introduction de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>&#8212; voir dire que le taux d\u2019int\u00e9r\u00eats sera automatiquement major\u00e9 de trois points \u00e0 l\u2019expiration du 3 \u00e8me mois qui suit le jour de la signification de l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir,<\/p>\n<p>&#8212; voir condamner les parties intim\u00e9es sub1) et sub 5) solidairement, sinon in solidum, sinon chacune pour sa part \u00e0 payer tous les frais et d\u00e9pens des deux instances, avec distraction au profit de l\u2019avocat \u00e0 la Cour concluant, qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance,<\/p>\n<p>&#8212; voir condamner encore les parties intim\u00e9es sub 1) et sub 5) solidairement, sinon in solidum, sinon chacune pour sa part \u00e0 payer \u00e0 l\u2019appelante une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000 euros (pi\u00e8ce n\u00b0 32) pour chaque instance, sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile,<\/p>\n<p>&#8212; subsidiairement, et pour autant que la d\u00e9cision \u00e0 intervenir r\u00e9formerait le jugement entrepris concernant la responsabilit\u00e9 de la partie intim\u00e9e sub 1), voir condamner les parties intim\u00e9es sub 2), 3), 4) et 6) solidairement, sinon in solidum, sinon chacune pour sa part \u00e0 payer \u00e0 la partie appelante du chef des causes sus\u00e9nonc\u00e9es le montant de 137.157,24 euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 avril 2009, sinon \u00e0 partir du 18 mai 2010, jour de l\u2019introduction de la demande en justice, jusqu\u2019\u00e0 solde, [\u2026] &#8212; voir d\u00e9clarer l\u2019arr\u00eat commun \u00e0 la partie assign\u00e9e sub 7). \u00bb<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel d\u00e9duit de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de que A) sollicite principalement la confirmation du jugement entrepris en ce qui concerne la responsabilit\u00e9 de B) et de son assureur sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil et de l\u2019action directe et, par r\u00e9formation de ce jugement, la condamnation de ces parties au paiement du montant de 137.157,24 EUR, outre les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux, augment\u00e9 selon le dernier \u00e9tat de ses conclusions \u00e0 la somme de 179.492,73 EUR, sinon de 175.602,40 EUR et qu\u2019elle entend, \u00e0 titre subsidiaire, engager la responsabilit\u00e9 de C), D), E) et G) et la condamnation de ces parties aux paiements des m\u00eames montants.<\/p>\n<p>En ordre subsidiaire et pour le cas o\u00f9 la demande contre B) \u00e9tait d\u00e9clar\u00e9e non fond\u00e9e, sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 er du Code civil, A) maintient ses demandes contre B) sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil, ainsi que contre C) et D) sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil, sinon sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil et sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil sinon des articles 1382 et 1383 du Code civil contre E) .<\/p>\n<p>A) estime que c\u2019est \u00e0 juste titre que les juges de premi\u00e8re instance ont retenu la responsabilit\u00e9 de B) sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil et d\u00e9clar\u00e9 fond\u00e9e l\u2019action directe de l\u2019appelante \u00e0 l\u2019encontre d\u2019F), assureur de B) .<\/p>\n<p>18 Elle se base sur le contrat d\u2019entreprise du 13 janvier 2009 ainsi que sur les documents produits par le coordinateur de s\u00e9curit\u00e9 pour dire que l\u2019entrepreneur g\u00e9n\u00e9ral des travaux de d\u00e9mant\u00e8lement du \u00ab P) \u00bb \u00e9tait B). B) aurait eu la responsabilit\u00e9 de l\u2019organisation et de la surveillance du chantier et, par cons\u00e9quent, la garde de ce chantier et des diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui le composent.<\/p>\n<p>B) aurait fait appel aux ouvriers de C) et de D) \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie, de sorte qu\u2019elle aurait eu la garde de l\u2019immeuble, du chantier dont litige ainsi que du mat\u00e9riel se trouvant sur le chantier.<\/p>\n<p>A) pr\u00e9tend que m\u00eame si actuellement en instance d\u2019appel, il n\u2019est pas d\u00e9termin\u00e9 avec certitude, au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier, si le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage est bien J) ou une soci\u00e9t\u00e9 R) , il n\u2019en demeure pas moins que le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage ne s\u2019est pas r\u00e9serv\u00e9 un contr\u00f4le sur le d\u00e9roulement des op\u00e9rations et que B) d\u00e9tenait seule les pouvoirs d\u2019usage de direction et de contr\u00f4le qu\u2019elle exer\u00e7ait sur l\u2019immeuble, le chantier et le mat\u00e9riel. Au vu des d\u00e9clarations des ouvriers L) et M), B) \u00e9tait gardienne du chantier de d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019immeuble et donc de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de l\u2019immeuble, qui comprenait l\u2019amas de d\u00e9chets ayant pris feu, des \u00e9tincelles et du chalumeau mani\u00e9 par L). Elle estime qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut par B) de prouver d\u2019avoir transf\u00e9r\u00e9 la garde du chalumeau ou de l\u2019amas de d\u00e9chets ayant pris feu aux ouvriers L) et M), elle en a conserv\u00e9 l\u2019usage, la direction et le contr\u00f4le.<\/p>\n<p>C) conteste, comme en premi\u00e8re instance, sa qualit\u00e9 de gardienne du chantier et du chalumeau \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie. Elle expose qu\u2019\u00e0 aucun moment, elle n\u2019exer\u00e7ait un r\u00e9el pouvoir de direction, d\u2019usage et de contr\u00f4le sur un \u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel du chantier. B) aurait \u00e9t\u00e9 en charge de la direction et de l\u2019organisation journali\u00e8re du chantier. Elle aurait mis \u00e0 disposition de B) certains \u00e9l\u00e9ments de son personnel sur lesquels B) exer\u00e7ait pleinement son autorit\u00e9. C) conteste avoir conclu un contrat de sous-traitance avec B) . La convention entre parties \u00e9tait, selon elle, un contrat de mise \u00e0 disposition de personnel.<\/p>\n<p>D) conteste \u00e9galement tout lien de sous-traitance et sa qualit\u00e9 de commettant au cours de la mise \u00e0 disposition d\u2019ouvriers au profit de B).<\/p>\n<p>Il convient d\u2019abord de rappeler que la responsabilit\u00e9 de B) a \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9e, principalement, par A) sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil, sinon, subsidiairement, sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du m\u00eame Code.<\/p>\n<p>Le tribunal d\u2019arrondissement a retenu que B) devait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le commettant des ouvriers de C) , \u00e0 l\u2019origine de l\u2019incendie, que le contrat entre B) et C) est un contrat de mise \u00e0 disposition et que C) est d\u00e9charg\u00e9e de toute responsabilit\u00e9 au motif que le lien de subordination a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 B) .<\/p>\n<p>Les parties sont, comme en premi\u00e8re instance, en d\u00e9saccord sur la qualification des relations existant entre elles.<\/p>\n<p>Il convient d\u00e8s lors d\u2019abord de rappeler les principes juridiques applicables \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>La garde se caract\u00e9rise, se d\u00e9finit m\u00eame par les pouvoirs de direction, de contr\u00f4le et d\u2019usage qu\u2019une personne exerce sur une chose. Le gardien est celui qui a l\u2019usage, la direction et le contr\u00f4le de la chose et qui peut exercer sur elle une surveillance ; c\u2019est la personne qui, au moment de la r\u00e9alisation du dommage, exer\u00e7ait en toute ind\u00e9pendance un pouvoir d\u2019usage, de direction et de contr\u00f4le sur la chose (cf. Georges RAVARANI, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 e \u00e9d., n\u00b0 808).<\/p>\n<p>Lorsque le propri\u00e9taire transmet ou confie \u00e0 un tiers l\u2019usage, la surveillance et le contr\u00f4le de la chose qui lui appartient, la responsabilit\u00e9 du tiers remplace celle du propri\u00e9taire qui, priv\u00e9 lui-m\u00eame de l\u2019usage, de la direction et du contr\u00f4le de la chose, n\u2019en a plus la garde et n\u2019est plus soumis \u00e0 la pr\u00e9somption de responsabilit\u00e9 de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil. Pour se lib\u00e9rer de la pr\u00e9somption de garde, il ne suffit pas au propri\u00e9taire de prouver que la chose a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 sa ma\u00eetrise. Il faut qu\u2019il prouve positivement qu\u2019elle est pass\u00e9e sous la garde d\u2019une autre personne (op. cit n\u00b0 819).<\/p>\n<p>Concernant les chantiers non \u00e9tablis sur la voie publique, c\u2019est l\u2019entrepreneur qui en est consid\u00e9r\u00e9 le gardien pendant la dur\u00e9e des travaux, \u00e0 moins que la personne qui l\u2019a charg\u00e9 ne se soit r\u00e9serv\u00e9e un contr\u00f4le sur le d\u00e9roulement des travaux. Il est encore admis que l\u2019entrepreneur peut, dans le cadre d\u2019un contrat de sous-traitance, transf\u00e9rer la garde d\u2019un chantier ou des instruments du dommage (op. cit n\u00b0 820).<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 des accidents de chantier incombe exclusivement \u00e0 l&#039;entrepreneur.<\/p>\n<p>Le ma\u00eetre de l&#039;ouvrage confie au locateur d&#039;ouvrage la garde juridique du chantier, de la construction elle- m\u00eame et de tout le mat\u00e9riel n\u00e9cessaire, sur lesquels il n&#039;a plus aucun pouvoir de direction, voire de contr\u00f4le et par le fait desquels sa responsabilit\u00e9 ne peut plus \u00eatre engag\u00e9e, sinon au titre des troubles occasionn\u00e9s au voisinage par l&#039;implantation de l&#039;immeuble et ult\u00e9rieurement par la construction r\u00e9ceptionn\u00e9e.<\/p>\n<p>Le gardien est celui qui utilise la chose et en assure le contr\u00f4le et la direction, c\u2019est normalement le constructeur jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9ception et le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage au-del\u00e0 (La responsabilit\u00e9 des constructeurs, Michel ZAVARO, 3 e \u00e9d. Lexisnexis n\u00b0 269).<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019un pr\u00e9pos\u00e9 utilise une chose dans l\u2019exercice de ses fonctions et que cette chose est \u00e0 l\u2019origine du dommage, la garde appartient normalement au commettant de ce pr\u00e9pos\u00e9 et \u00e0 lui seul, la victime peut alors agir sur le fondement de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil ou sur celui de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du m\u00eame Code.<\/p>\n<p>Il est \u00e9tabli, au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier, que le propri\u00e9taire de l\u2019immeuble a confi\u00e9 les travaux de r\u00e9novation \u00e0 B) .<\/p>\n<p>20 Selon les termes du contrat d\u2019entreprise conclu entre parties :<\/p>\n<p>\u00ab Le terrain et son immeuble o\u00f9 les travaux doivent \u00eatre effectu\u00e9s est mis \u00e0 disposition de l\u2019entrepreneur dans l\u2019\u00e9tat dans lequel il se trouve ainsi que parfaitement connu de l\u2019entrepreneur. \u00bb<\/p>\n<p>Il ne r\u00e9sulte d\u2019aucune disposition de ce contrat que le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage se soit r\u00e9serv\u00e9 un contr\u00f4le personnel sur le d\u00e9roulement des op\u00e9rations.<\/p>\n<p>Il y a partant lieu de retenir d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 qu\u2019il y a eu transfert de garde du propri\u00e9taire de l\u2019immeuble \u00e0 l\u2019entrepreneur B) et que la garde de ce chantier implique n\u00e9cessairement la garde des engins et du mat\u00e9riel qui s\u2019y trouvent et qui y interviennent.<\/p>\n<p>Le contrat de sous-traitance est un contrat par lequel un entrepreneur confie \u00e0 un autre entrepreneur tout ou partie de l\u2019ex\u00e9cution du contrat d\u2019entreprise conclu avec le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p>Ce contrat doit avoir pour objet l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une t\u00e2che nettement d\u00e9finie que le donneur d\u2019ordre ne veut ou ne peut pas accomplir lui-m\u00eame avec son personnel, pour des raisons d\u2019opportunit\u00e9 \u00e9conomique ou de sp\u00e9cificit\u00e9 technique.<\/p>\n<p>Le sous-traitant doit \u00eatre le seul employeur du personnel utilis\u00e9, g\u00e9r\u00e9 et r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 par lui, qu\u2019il encadre et dirige dans l\u2019accomplissement de sa t\u00e2che et qui demeure soumis \u00e0 sa seule autorit\u00e9. Le sous-traitant est li\u00e9 \u00e0 l\u2019entrepreneur principal par un contrat de louage d\u2019ouvrage, le contrat de sous-traitance \u00e9tablissant une relation entre professionnels qui disposent d\u2019un degr\u00e9 de comp\u00e9tence diff\u00e9rent dans leurs domaines d\u2019activit\u00e9s respectifs.<\/p>\n<p>Le sous-traitant ex\u00e9cute des actes mat\u00e9riels dont il est charg\u00e9 en toute ind\u00e9pendance par rapport \u00e0 l\u2019entrepreneur principal. Il devient ainsi le gardien de la partie du chantier de laquelle il est charg\u00e9, respectivement des instruments ayant conduit \u00e0 un dommage.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019op\u00e9ration de sous-traitance, il est admis que le contrat de sous-traitance a pour objet l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une t\u00e2che d\u00e9finie et identifiable distincte de celle de l\u2019entreprise donneuse d\u2019ordres, que le personnel d\u00e9tach\u00e9 dans l\u2019entreprise utilisatrice conserve une totale autonomie par rapport aux salari\u00e9s de l\u2019utilisateur et que l\u2019entreprise utilisatrice ne donne pas d\u2019ordres au personnel d\u00e9tach\u00e9.<\/p>\n<p>Un contrat de sous-traitance repose, en outre, sur une prestation d\u00e9finie par un prix forfaitaire global et sur un travail sp\u00e9cifique d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 l\u2019avance.<\/p>\n<p>Dans le pr\u00eat de main de personnel, l\u2019employeur met \u00e0 la disposition d\u2019un tiers au contrat de travail le droit d\u2019utiliser \u00e0 son profit la force de travail d\u2019un salari\u00e9. Lorsque ce tiers a, au moment du fait dommageable, l\u2019autorit\u00e9 effective ou principale sur le salari\u00e9, il devient commettant de ce salari\u00e9 au sens de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 3 du Code civil et, par cons\u00e9quent, gardien au sens de l\u2019article<\/p>\n<p>21 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil de l\u2019instrument du dommage manipul\u00e9 par le salari\u00e9.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte du proc\u00e8s-verbal de police que le jour du sinistre des salari\u00e9s de C) , \u00e0 savoir L) et celui de D), \u00e0 savoir M), travaillaient sur le chantier.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s les d\u00e9clarations de M) : \u00ab Pendant les travaux, un objet chaud est tomb\u00e9 par terre, o\u00f9 il y avait beaucoup de plastic et d\u2019autres mat\u00e9riaux. Tout \u00e0 coup, il y avait un petit feu et nous avons essay\u00e9 de l\u2019\u00e9teindre \u00e0 l\u2019aide d\u2019extincteurs [\u2026]. \u00bb<\/p>\n<p>L) a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab Vers 10.30 heures, j\u2019ai d\u00e9coup\u00e9 le fer avec un soudeur. Sur le sol, il y avait assez de d\u00e9chets du plafond et de l\u2019entourage. Essentiellement du plastique et du bois. Tout \u00e0 coup, quand j\u2019\u00e9tais en train de couper, j\u2019ai remarqu\u00e9 de la fum\u00e9e et puis du feu. Le feu s\u2019est r\u00e9pandu rapidement et nous avons essay\u00e9 de l\u2019\u00e9teindre avec des extincteurs. Mais c\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 trop tard. \u00bb<\/p>\n<p>Selon les attestations testimoniales des deux ouvriers, B) rassemblait tous les matins les diff\u00e9rents ouvriers dont les ouvriers des soci\u00e9t\u00e9s C) et D). Elle r\u00e9partissait les ouvriers aux t\u00e2ches pr\u00e9cises.<\/p>\n<p>L), n\u00e9 le 18 novembre 1971, qui n\u2019est pas celui qui a manipul\u00e9 le chalumeau, a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab J\u2019ai travaill\u00e9 au Luxembourg dans l\u2019\u00e9quipe B) .<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions 3 ouvriers de C) et parfois 1, parfois 2 ouvriers de D) et ils ne parlent pas bien le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Chaque matin, le responsable S) vient nous dire ce qu\u2019il faut faire, et ce que nous devons d\u00e9molir.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques semaines S) laisse travailler un ouvrier de C) et un de D) dans le b\u00e2timent I, et moi et mon coll\u00e8gue allons dans un autre b\u00e2timent, le jour m\u00eame il y avait un incendie dans le b\u00e2timent I. \u00bb<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel approuve d\u2019abord les juges de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019ils ont, sur base des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et notamment des diff\u00e9rentes offres de C), dit que ces offres portaient sur la mise \u00e0 disposition de trois ouvriers pour effectuer les travaux de d\u00e9molissage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019immeuble ainsi que du mat\u00e9riel.<\/p>\n<p>Suivant courrier \u00e9lectronique du 13 janvier 2009, B) a en effet r\u00e9pliqu\u00e9 \u00e0 C) : \u00ab Par la pr\u00e9sente nous confirmons notre accord pour la mise \u00e0 disposition de 3 ouvriers + mat\u00e9riel de d\u00e9coupage au chalumeau et ce \u00e0 partir du 19 janvier 2009 au plus tard. \u00bb<\/p>\n<p>Le prix consistait dans un tarif variant en fonction du nombre d\u2019ouvriers et de jours d\u2019intervention.<\/p>\n<p>22 La prestation du travail en tant que telle n\u2019\u00e9tait pas factur\u00e9e. Les factures adress\u00e9es par C) \u00e0 B) \u00e9taient faites sur base de fiches de travail \u00e9tablies par B) renseignant les heures de travail prest\u00e9es par les trois ouvriers.<\/p>\n<p>Il est partant \u00e9tabli que C) ne s\u2019est pas engag\u00e9e \u00e0 effectuer un travail ind\u00e9pendant d\u00e9termin\u00e9, mais qu\u2019au contraire, elle a mis ses ouvriers et son mat\u00e9riel \u00e0 la disposition de B) .<\/p>\n<p>B) conteste tout lien de subordination entre elle et les salari\u00e9s de C) .<\/p>\n<p>C) de son c\u00f4t\u00e9 expose qu\u2019aux termes du contrat d\u2019entreprise du 13 janvier 2009 entre B) et J), la direction des travaux de d\u00e9molition sur les chantiers \u00e9tait assur\u00e9e par B) . B) aurait quotidiennement proc\u00e9d\u00e9 aux partages des ouvriers sur le chantier. Elle aurait indiqu\u00e9 aux ouvriers mis \u00e0 sa disposition par C) et D) la nature des travaux \u00e0 op\u00e9rer.<\/p>\n<p>Le lien de pr\u00e9position est habituellement d\u00e9fini comme un lien de subordination r\u00e9sultant de l\u2019autorit\u00e9 du commettant sur le pr\u00e9pos\u00e9. Il s\u2019agit du \u00ab droit de donner des ordres et des instructions \u00e0 une personne sur la mani\u00e8re de remplir ses fonctions \u00bb (La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, Georges Ravarani, 3 e \u00e9d., n\u00b0 870).<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte \u00e0 suffisance du contrat d\u2019entreprise que la mission de B) comprenait le planning de l\u2019ex\u00e9cution des travaux lui confi\u00e9s, le suivi, la coordination et l\u2019organisation des travaux qui lui sont confi\u00e9s sur le chantier et l\u2019organisation et le bon fonctionnement des r\u00e9unions.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments du dossier \u00e9tablissent, en outre, que chaque matin, B) indiquait aux ouvriers mis \u00e0 sa disposition par C) et D) la nature et l\u2019endroit des travaux \u00e0 effectuer. Ni C) ni D) ne donnait d\u2019instructions aux personnes d\u00e9tach\u00e9es. L\u2019autorit\u00e9 effective sur les salari\u00e9s de C) et de D) a \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e par B). La fa\u00e7on de travailler des ouvriers sur le chantier \u00e9tait identique.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, il est \u00e9tabli que B) s\u2019est comport\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard des ouvriers de C) et D) comme \u00e9tant leur commettant.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 qu\u2019il est, au vu de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de, ni \u00e9tabli que la garde du chantier et le mat\u00e9riel a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 C) ou D) ni que le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage s\u2019est r\u00e9serv\u00e9 un droit de surveillance sur le chantier, c\u2019est \u00e0 bon droit que le tribunal de premi\u00e8re instance a dit que B) , en sa qualit\u00e9 d\u2019entrepreneur, est rest\u00e9e gardienne du chantier, du personnel et du mat\u00e9riel ayant caus\u00e9 l\u2019incendie et que la demande de A) \u00e0 l\u2019encontre de B) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e en principe sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil et de l\u2019action directe contre son assureur.<\/p>\n<p>B) et son assureur critiquent ensuite le jugement entrepris en ce qu\u2019il a rejet\u00e9 leurs demandes en garantie contre C) , D), E) et H).<\/p>\n<p>En ce qui concerne la demande en garantie contre H), B) et son assureur estiment que c\u2019est \u00e0 tort que le tribunal s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 incomp\u00e9tent au motif que<\/p>\n<p>23 l\u2019article 6.2 du r\u00e8glement CE n\u00b0 44\/2001 du conseil du 22 d\u00e9cembre 2000 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re commerciale pr\u00e9voit qu\u2019une personne domicili\u00e9e sur le territoire d\u2019un Etat membre peut \u00eatre attraite dans un autre Etat membre, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une demande en garantie ou d\u2019une demande en intervention devant le tribunal saisi de la demande originaire.<\/p>\n<p>H) conclut, par application de l\u2019article 12.1 du contrat entre elle et B) , \u00e0 la confirmation du jugement entrepris en ce qu\u2019il a dit que les premiers juges sont incomp\u00e9tents pour conna\u00eetre de la demande en intervention dirig\u00e9e contre H).<\/p>\n<p>L\u2019article 12.1 du contrat conclu entre B) et H) est libell\u00e9 comme suit : \u00ab Tout diff\u00e9rend entre B) et le Sous-traitant sera de la comp\u00e9tence exclusive des tribunaux de Bruxelles. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019article 2, point 1 du r\u00e8glement CE n\u00b0 44\/2001 stipule que les personnes domicili\u00e9es sur le territoire d\u2019un Etat membre sont attraites quelle que soit leur nationalit\u00e9 devant les juridictions de cet Etat membre.<\/p>\n<p>L\u2019article 3 du r\u00e8glement pr\u00e9voit que les personnes domicili\u00e9es sur le territoire d\u2019un Etat membre ne peuvent \u00eatre attraites devant les tribunaux d\u2019un autre Etat membre qu\u2019en vertu des r\u00e8gles \u00e9nonc\u00e9es aux sections 2 \u00e0 7 du chapitre II.<\/p>\n<p>L\u2019article 5 pr\u00e9voit qu\u2019une personne domicili\u00e9e sur le territoire d\u2019un Etat membre peut \u00eatre attraite dans un autre Etat membre, en mati\u00e8re contractuelle devant le tribunal du lieu o\u00f9 l\u2019obligation qui sert de base \u00e0 la demande a \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9e. Sauf convention contraire, le lieu de l\u2019ex\u00e9cution de l\u2019obligation qui sert de base \u00e0 la demande est pour la vente de marchandises, le lieu d\u2019un Etat membre o\u00f9 en vertu du contrat, les marchandises ont \u00e9t\u00e9 ou auraient \u00e9t\u00e9 livr\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019article 6 stipule que cette m\u00eame personne peut aussi \u00eatre attraite :<\/p>\n<p>1) s&#039;il y a plusieurs d\u00e9fendeurs, devant le tribunal du domicile de l&#039;un d&#039;eux, \u00e0 condition que les demandes soient li\u00e9es entre elles par un rapport si \u00e9troit qu&#039;il y a int\u00e9r\u00eat \u00e0 les instruire et \u00e0 les juger en m\u00eame temps afin d&#039;\u00e9viter des solutions qui pourraient \u00eatre inconciliables si les causes \u00e9taient jug\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment,<\/p>\n<p>2) s&#039;il s&#039;agit d&#039;une demande en garantie ou d&#039;une demande en intervention, devant le tribunal saisi de la demande originaire, \u00e0 moins qu&#039;elle n&#039;ait \u00e9t\u00e9 form\u00e9e que pour traduire hors de son tribunal celui qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9,<\/p>\n<p>3) s&#039;il s&#039;agit d&#039;une demande reconventionnelle qui d\u00e9rive du contrat ou du fait sur lequel est fond\u00e9e la demande originaire, devant le tribunal saisi de celle- ci,<\/p>\n<p>4) en mati\u00e8re contractuelle, si l&#039;action peut \u00eatre jointe \u00e0 une action en mati\u00e8re de droits r\u00e9els immobiliers dirig\u00e9e contre le m\u00eame d\u00e9fendeur, devant le tribunal de l&#039;\u00c9tat membre sur le territoire duquel l&#039;immeuble est situ\u00e9.<\/p>\n<p>24 L\u2019article 23, paragraphe 1, figurant dans la section 7 du r\u00e8glement, intitul\u00e9 \u00ab Prorogation de comp\u00e9tence \u00bb, dispose que : \u00ab Si les parties dont l\u2019une au moins a son domicile sur le territoire d\u2019un Etat membre, sont convenues d\u2019un tribunal ou de tribunaux d\u2019un Etat membre pour conna\u00eetre des diff\u00e9rends n\u00e9s ou \u00e0 na\u00eetre \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un rapport de droit d\u00e9termin\u00e9, ce tribunal ou les tribunaux de cet Etat membre sont comp\u00e9tents. Cette comp\u00e9tence est exclusive, sauf convention contraire des parties. Cette convention attributive de juridiction est conclue :<\/p>\n<p>a) par \u00e9crit ou verbalement avec confirmation \u00e9crite, ou<\/p>\n<p>b) sous une forme qui soit conforme aux habitudes que les parties ont \u00e9tablies entre elles, ou<\/p>\n<p>c) dans le commerce international, sous une forme qui soit conforme \u00e0 un usage dont les parties avaient connaissance ou \u00e9taient cens\u00e9es avoir connaissance et qui est largement connu et r\u00e9guli\u00e8rement observ\u00e9 dans ce type de commerce par les parties \u00e0 des contrats du m\u00eame type dans la branche commerciale consid\u00e9r\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que c\u2019est \u00e0 juste titre que le tribunal de premi\u00e8re instance a dit qu\u2019en vertu de la clause attributive de comp\u00e9tence convenue entre parties, il est incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande en intervention contre H).<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que la clause attributive de juridiction ne lie pas l\u2019assureur de H), c\u2019est aussi \u00e0 juste titre que les juges de premi\u00e8re instance se sont d\u00e9clar\u00e9s comp\u00e9tents pour conna\u00eetre de la demande en intervention contre G).<\/p>\n<p>En ce qui concerne la demande en garantie contre C) et D) Dans le cadre de ces demandes, les appelantes B) et F) entendent engager la responsabilit\u00e9 de C) du fait des fautes, imprudences sinon des n\u00e9gligences commises par son pr\u00e9pos\u00e9 L) et la responsabilit\u00e9 de D) pour les fautes commises par M) pour ne pas avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement des d\u00e9chets pr\u00e9alablement aux travaux. D) aurait commis une faute en ne tirant pas l\u2019attention de C) sur la dangerosit\u00e9 induite par la pr\u00e9sence des d\u00e9chets \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une zone d\u2019oxycoupage. Il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que le lien de subordination a, en ce qui concerne l\u2019ouvrier L), \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 B) , de sorte que c\u2019est \u00e0 juste titre que les juges de premi\u00e8re instance ont dit qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut par C) d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 le commettant de cet ouvrier au moment du sinistre et en l\u2019absence de faute \u00e9tablie et commise par C), la demande en garantie est \u00e0 rejeter aussi bien \u00e0 l\u2019\u00e9gard de C) qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019G). En ce qui concerne la demande en garantie contre D), B) et son assureur ne produisent, comme en premi\u00e8re instance, pas de contrat avec D). Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il est \u00e9tabli que B) s\u2019est comport\u00e9e vis-\u00e0-vis des salari\u00e9s de D) comme \u00e9tant leur commettant, de sorte que c\u2019est \u00e9galement \u00e0 juste titre et en<\/p>\n<p>25 l\u2019absence de faute commise et \u00e9tablie dans le chef de D) en relation causale avec l\u2019incendie que cette demande en garantie a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la demande en garantie contre E) B) et F) critiquent ensuite les juges de premi\u00e8re instance pour ne pas avoir retenu la responsabilit\u00e9 de E) qui, en sa qualit\u00e9 de coordinateur de s\u00e9curit\u00e9, avait pour t\u00e2che de veiller \u00e0 ce que la coordination des corps de m\u00e9tier se d\u00e9roule de fa\u00e7on \u00e0 n\u2019entra\u00eener aucun risque pour la s\u00e9curit\u00e9 du chantier. E) aurait \u00e9t\u00e9 en d\u00e9faut de donner des consignes strictes aux pr\u00e9pos\u00e9s de C) et de D) sur la fa\u00e7on de proc\u00e9der au d\u00e9mant\u00e8lement en pr\u00e9sence de d\u00e9chets dans la zone de travaux, sinon d\u2019enjoindre \u00e0 D) de proc\u00e9der, pr\u00e9alablement \u00e0 l\u2019oxycoupage, au nettoyage de la zone de travaux. B) et F) restent, au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier, en d\u00e9faut de prouver une quelconque faute ou n\u00e9gligence dans le chef de E) en relation causale avec l\u2019incendie, de sorte que c\u2019est \u00e0 bon droit que la demande en garantie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e non fond\u00e9e pour autant qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9e contre cette soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la demande en garantie contre G) B) et F) restent \u00e9galement, comme en premi\u00e8re instance, en d\u00e9faut de prouver une faute dans le chef de H) en relation causale avec la gen\u00e8se du sinistre, de sorte qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de responsabilit\u00e9 dans le chef de cette derni\u00e8re, la demande en garantie contre G) a, \u00e0 juste titre, \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e en premi\u00e8re instance. Il r\u00e9sulte de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de que le jugement entrepris est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a accueilli en principe la demande de A) contre B) et F) sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil et de l\u2019action directe et en ce qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 non fond\u00e9es les demandes en garanties de B) et d\u2019F) dirig\u00e9es contre C), E), G) et D).<\/p>\n<p>Quant au dommage de A) A) critique le jugement entrepris en ce que les juges de premi\u00e8re instance ne lui ont allou\u00e9 de ce chef que le montant de 62.546,02 EUR.<\/p>\n<p>Perte d\u2019exploitation A) estime avoir droit \u00e0 la r\u00e9paration de la perte d\u2019exploitation tant en ce qui concerne la p\u00e9riode du 9 avril 2009 au 26 octobre 2009 qu\u2019en ce qui concerne la perte d\u2019exploitation apr\u00e8s l\u2019ouverture d\u2019un nouveau local de commerce. Ce serait \u00e0 tort que les juges de premi\u00e8re instance ont retenu, sur base des conclusions de l\u2019expert Pascal CLAEYS, mandat\u00e9 unilat\u00e9ralement par F), de ce chef un montant de 54.387,84 EUR HTVA pour la p\u00e9riode du 9 au 26 octobre 2009 et que pour le surplus, ils ont d\u00e9clar\u00e9 la demande non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>26 Elle argumente qu\u2019au vu du rapport \u00e9tabli par la fiduciaire Fernand SASSEL sur base des bilans et chiffres d\u2019affaires r\u00e9alis\u00e9s par A) pendant les ann\u00e9es 2007, 2008 et au 9 avril 2009, la perte d\u2019exploitation de la p\u00e9riode du 9 avril 2009 au 26 octobre 2009 serait de 75.986,14 EUR.<\/p>\n<p>A) conteste \u00e9nergiquement l\u2019existence d\u2019un commun accord et d\u00e9finitif quant au montant de 54.387,84 EUR du chef de la perte d\u2019exploitation pendant la p\u00e9riode du 9 au 26 avril 2009.<\/p>\n<p>B) et son assureur estiment que l\u2019\u00e9valuation de 54.387,84 EUR retenue en premi\u00e8re instance \u00ab para\u00eet \u00bb plus conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Elles font valoir qu\u2019une \u00e9valuation d\u00e9finitive et \u00e0 l\u2019amiable aurait eu lieu entre A) et F) aux termes de laquelle F) et A) ont, d\u2019un commun accord, fix\u00e9 le dommage mat\u00e9riel occasionn\u00e9 par le sinistre \u00e0 titre de perte d\u2019exploitation \u00e0 54.387,84 EUR. Elles contestent tout autre montant actuellement r\u00e9clam\u00e9 par A).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9valuation judiciaire des dommages-int\u00e9r\u00eats se fait selon le principe essentiel de la r\u00e9paration int\u00e9grale sans perte ni profit pour la victime. Ce principe soumet le juge \u00e0 un double devoir : il lui faut r\u00e9parer le dommage, mais seulement le dommage. Les dommages -int\u00e9r\u00eats doivent couvrir tous les aspects du pr\u00e9judice. Pour respecter cet imp\u00e9ratif, le juge se fonde sur les preuves \u00e0 rapporter par les parties. Le demandeur en indemnisation ne doit pas seulement rapporter la preuve de son pr\u00e9judice, il doit aussi \u00e9tablir son importance. La r\u00e9paration int\u00e9grale consistant \u00e0 r\u00e9tablir l&#039;\u00e9quilibre d\u00e9truit par le dommage \u00ab aussi exactement que possible \u00bb, il faut, pour la d\u00e9terminer, se livrer, dans chaque esp\u00e8ce, \u00e0 une appr\u00e9ciation a posteriori et concr\u00e8te du pr\u00e9judice subi, \u00ab tel qu&#039;il se pr\u00e9sente avec toutes ses particularit\u00e9s \u00bb. Le propre de la responsabilit\u00e9 civile est de r\u00e9tablir aussi exactement que possible l&#039;\u00e9quilibre d\u00e9truit par le dommage et de replacer la victime dans la situation o\u00f9 elle se serait trouv\u00e9e si l&#039;acte dommageable n&#039;avait pas eu lieu (J-CL Code civil, art : 1382 \u00e0 1386 &#8212; fasc. 201 : R\u00e9gime de la r\u00e9paration \u2013 Modalit\u00e9s de la r\u00e9paration \u2013 R\u00e8gles communes aux responsabilit\u00e9s d\u00e9lictuelle et contractuelle).<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte de la lecture du proc\u00e8s-verbal de l\u2019expert CLAEYS qui est sign\u00e9 par le g\u00e9rant de A) que :<\/p>\n<p>\u00ab La compagnie AXA, repr\u00e9sent\u00e9e par Pascal CLAEYS et le tiers A), ont de commun accord et \u00e0 titre d\u00e9finitif, estim\u00e9 comme suit les dommages immat\u00e9riels occasionn\u00e9s, par le sinistre r\u00e9f\u00e9rence sous rubrique. La pr\u00e9sente \u00e9valuation est \u00e9tablie sans reconnaissance pr\u00e9judiciable et sous r\u00e9serve de son approbation par la direction de la compagnie AXA. \u00bb<\/p>\n<p>Il s\u2019y ajoute que le mandataire de A) a annex\u00e9 la pr\u00e9dite \u00e9valuation \u00e0 un courrier adress\u00e9 au mandataire de C) et dans lequel il r\u00e9clame le montant retenu par l\u2019expert CLAEYS \u00e0 titre de perte d\u2019exploitation pour la p\u00e9riode avril-octobre 2009.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 tort que A) affirme ne pas avoir ratifi\u00e9 l\u2019\u00e9valuation de l\u2019expert.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019\u00e9valuation de la fiduciaire SASSEL, il r\u00e9sulte d\u2019un courrier adress\u00e9 \u00e0 A) que \u00ab d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0, nous attirons votre attention que nous n\u2019avons pas tenu les livres comptables de la soci\u00e9t\u00e9 A) S.\u00e0r.l. et n\u2019avons pas effectu\u00e9 de contr\u00f4le quant \u00e0 conna\u00eetre la co\u00efncidence entre les comptes annuels et les pi\u00e8ces comptables \u00bb.<\/p>\n<p>En outre, selon les graphiques et tableaux fournis, le chiffre d\u2019affaires de A) \u00e9tait en baisse depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2009 et le calcul effectu\u00e9 par la fiduciaire repose sur une prise en compte des r\u00e9sultats fournis durant l\u2019ann\u00e9e 2008, de sorte qu\u2019il prend \u00e9galement en compte la perte du chiffre d\u2019affaires due aux travaux de r\u00e9novation. M\u00eame si A) pr\u00e9tend que la perte d\u2019exploitation pendant l\u2019ann\u00e9e 2008 est sans aucune mesure avec la perte d\u2019exploitation subie par le fait de l\u2019arr\u00eat total de l\u2019exploitation entre avril et octobre 2009, il n\u2019en demeure pas moins que la perte durant l\u2019ann\u00e9e 2008 a \u00e9t\u00e9 prise en consid\u00e9ration dans l\u2019\u00e9valuation du pr\u00e9judice subi par la fiduciaire SASSEL.<\/p>\n<p>En pr\u00e9sence du rapport CLAEYS d\u00fbment sign\u00e9 par le g\u00e9rant de A) et faute d\u2019\u00e9l\u00e9ments probants et s\u00e9rieux de nature \u00e0 contredire l\u2019\u00e9valuation CLAEYS, il convient, par cons\u00e9quent, de confirmer le jugement entrepris en ce qu\u2019il a allou\u00e9 \u00e0 A) \u00e0 titre de perte d\u2019exploitation en relation avec le sinistre le montant de 54.387,84 EUR HTVA, soit 62.546,02 EUR TTC.<\/p>\n<p>B) et son assureur s\u2019opposent ensuite au montant de 41.074,70 EUR r\u00e9clam\u00e9 par A) \u00e0 titre de perte d\u2019exploitation pour la p\u00e9riode post\u00e9rieure au 27 octobre 2009 apr\u00e8s l\u2019ouverture d\u2019un nouveau local de commerce pour absence de lien causal avec le sinistre.<\/p>\n<p>A) expose \u00e0 l\u2019appui de sa demande que lors de la r\u00e9ouverture du commerce, [\u00e0 \u2026], il a fallu reconqu\u00e9rir la client\u00e8le. Elle aurait d\u00fb proc\u00e9der par distribution de prospectus publicitaires. La baisse significative du chiffre d\u2019affaires pour la p\u00e9riode du 1 er novembre 2009 au 30 avril 2010 serait en relation causale directe avec l\u2019incendie.<\/p>\n<p>Le principe de la r\u00e9paration int\u00e9grale implique que le montant de l\u2019indemnit\u00e9 ne saurait \u00eatre ni inf\u00e9rieur au pr\u00e9judice ni lui \u00eatre sup\u00e9rieur en ce sens qu\u2019il procurerait \u00e0 la victime un profit.<\/p>\n<p>La victime doit \u00eatre indemnis\u00e9e de l\u2019entier dommage, mais rien que le dommage. \u00ab La r\u00e9paration du dommage ne peut exc\u00e9der le montant du pr\u00e9judice. \u00bb C\u2019est une des raisons pour lesquelles, tant en mati\u00e8re d\u00e9lictuelle que contractuelle, le seul dommage r\u00e9parable est celui qui est \u00ab direct \u00bb. Seul le pr\u00e9judice direct pourra \u00eatre r\u00e9par\u00e9, car seul il est rattach\u00e9 par ce lien de cause \u00e0 effet \u00e0 l\u2019acte illicite imput\u00e9 au responsable, le fait g\u00e9n\u00e9rateur (Dalloz action, Droit de la responsabilit\u00e9 et des contrats Chapitre 2321 &#8212; Montant de l\u2019\u00e9valuation de la r\u00e9paration et d\u00e9termination de la quotit\u00e9 n\u00b0 2321.171).<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 il n\u2019est pas \u00e9tabli en cause que la perte d\u2019exploitation pour la p\u00e9riode post\u00e9rieure au 27 octobre 2009 apr\u00e8s l\u2019ouverture d\u2019un nouveau local<\/p>\n<p>28 de commerce all\u00e9gu\u00e9e par A) est en relation causale avec l\u2019incendie, sa demande aff\u00e9rente n\u2019est pas fond\u00e9e.<\/p>\n<p>Perte sur stock de cigarettes A) critique le jugement entrepris en ce qu\u2019il ne lui a pas allou\u00e9 la diff\u00e9rence entre l\u2019\u00e9valuation du pr\u00e9judice faite par son assureur I) \u00e0 titre de stock de cigarettes et l\u2019indemnit\u00e9 lui allou\u00e9e par ce dernier. I) l\u2019aurait seulement indemnis\u00e9e du plafond indemnisable suivant la police d\u2019assurance, de sorte que le surplus devrait n\u00e9cessairement \u00eatre r\u00e9gl\u00e9 par B) et son assureur. Elle r\u00e9clame du fait de la perte du stock de cigarettes non indemnis\u00e9e par l\u2019assurance le montant de 11.097,35 EUR, sinon le montant de 7.207,02 EUR. B) et son assureur pr\u00e9tendent, comme en premi\u00e8re instance, que I), apr\u00e8s avoir \u00e9valu\u00e9 unilat\u00e9ralement la perte \u00e0 31.996,37 EUR et r\u00e9gl\u00e9 le plafond indemnisable de 24.789,35 EUR en raison de la limite d\u2019indemnisation, aurait elle-m\u00eame consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019une partie du stock \u00e9tait r\u00e9cup\u00e9rable et que chaque paquet pouvait \u00eatre vendu s\u00e9par\u00e9ment. I) aurait sollicit\u00e9 de son assur\u00e9e A) un remboursement partiel de l\u2019indemnit\u00e9 vers\u00e9e. I) aurait consid\u00e9r\u00e9 que la valeur du stock irr\u00e9cup\u00e9rable ne s\u2019\u00e9levait au final qu\u2019au montant de 6.000 EUR. Aucun montant ne serait d\u00e8s lors d\u00fb. Suivant courrier du 18 septembre 2009, I) a inform\u00e9 A) que suite \u00e0 l\u2019expertise contradictoire du 21 septembre 2009, elle a \u00e9valu\u00e9 le pr\u00e9judice \u00e0 titre de marchandises cigarettes et autres \u00e0 la somme de 24.789,35 EUR (somme assur\u00e9e) + 7.790,78 EUR. Le 22 septembre 2009, une convention de r\u00e8glement et quittance anticipative et subrogatoire a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e par le g\u00e9rant de A). Suivant courriel du 3 mai 2010, de la part de T), inspecteur aupr\u00e8s de I), et adress\u00e9 \u00e0 A), celui-ci informe cette derni\u00e8re qu\u2019un arrangement a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 avec \u00ab le client \u00bb concernant le tabac qui \u00e9tait jug\u00e9 non r\u00e9cup\u00e9rable et que lors d\u2019une r\u00e9union \u00ab entre client et assureur \u00bb, les parties ont conclu qu\u2019une bonne partie de la marchandise peut \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e. Or, force est de constater que le document annex\u00e9 au pr\u00e9dit email et contest\u00e9 par A) n\u2019est ni dat\u00e9 ni sign\u00e9. Suivant proc\u00e8s-verbal de l\u2019huissier de justice Martine LISE du 15 mai 2013, le stock invendable r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s l\u2019incendie du 9 avril 2009 se chiffre en outre \u00e0 la somme de 11.097,35 EUR et se trouve dans un immeuble sis \u00e0 [\u2026]. Dans ces conditions et en prenant en consid\u00e9ration le proc\u00e8s-verbal d\u2019expertise contradictoire du 21 ao\u00fbt 2009 sign\u00e9 entre I) et A), le courriel du 18 septembre 2009 et la convention de r\u00e8glement sign\u00e9e le 22 septembre 2009, il convient d\u2019allouer \u00e0 A) du chef de la perte du stock de cigarettes non indemnis\u00e9e par I) la somme de 7.207,02 EUR.<\/p>\n<p>29 L\u2019appel est d\u00e8s lors partiellement fond\u00e9 de ce chef.<\/p>\n<p>Prorata du loyer d\u2019avril 2009<\/p>\n<p>A) critique les juges de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019ils ne lui ont pas allou\u00e9 le montant de 1.874,05 EUR correspondant au prorata du loyer du mois d\u2019avril 2009 par application de l\u2019article 1722 du Code civil.<\/p>\n<p>Elle estime que le pr\u00e9dit article ne trouve pas \u00e0 s\u2019appliquer puisque, d\u2019une part, l\u2019immeuble donn\u00e9 en location par J) n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit en totalit\u00e9 et que, d\u2019autre part, la destruction de l\u2019immeuble n\u2019a pas eu lieu par cas fortuit.<\/p>\n<p>B) et son assureur s\u2019opposent au paiement de ce montant au motif que le loyer du mois d\u2019avril n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9 et que de toute fa\u00e7on, il appartient au bailleur de rembourser ce montant \u00e0 son locataire pour absence de jouissance paisible des lieux.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 1722 du Code civil, si pendant la dur\u00e9e du bail, la chose lou\u00e9e est d\u00e9truite par cas fortuit, le bail est r\u00e9sili\u00e9 de plein droit.<\/p>\n<p>Une chose est r\u00e9put\u00e9e d\u00e9truite au sens de l\u2019article 1722 du Code civil lorsqu\u2019elle a subi une destruction mat\u00e9rielle. Il n\u2019y a destruction au sens de l\u2019article 1722 du Code civil qu\u2019autant que la perte atteint la chose elle- m\u00eame. Il faut encore distinguer entre la perte (totale ou partielle) et l\u2019endommagement (J-Cl Fasc. 286 : BAIL D&#039;HABITATION \u2013 Locations r\u00e9gies par le droit commun du louage (Code civil) \u2013 Fin du bail : perte de la chose lou\u00e9e).<\/p>\n<p>Il y a perte totale au sens de l&#039;article 1722 du Code civil non seulement en cas de disparition enti\u00e8re de la chose lou\u00e9e, mais encore lorsque l&#039;usage ou la jouissance auxquels la chose \u00e9tait destin\u00e9e est devenu impossible. C&#039;est ainsi qu&#039;il y a lieu d&#039;assimiler \u00e0 la perte totale le cas o\u00f9 la chose, bien que subsistant partiellement, est devenue impropre \u00e0 sa destination pr\u00e9vue au contrat.<\/p>\n<p>A la notion de destruction totale requise pour l&#039;application de ce texte est assimil\u00e9e la destruction d&#039;une ampleur telle que ce qui subsiste ne peut assurer la destination pr\u00e9vue au contrat.<\/p>\n<p>Au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier, il est \u00e9tabli que c\u2019est suite \u00e0 l\u2019incendie du 9 avril 2009 que A) n\u2019a plus pu jouir des lieux lou\u00e9s.<\/p>\n<p>Une chose est r\u00e9put\u00e9e d\u00e9truite au sens de l&#039;article 1722 du Code civil lorsqu&#039;elle a subi une destruction mat\u00e9rielle en raison par exemple, comme en l\u2019esp\u00e8ce, d&#039;un incendie (op. cit).<\/p>\n<p>Le principe, affirm\u00e9 par l&#039;article 1722 du Code civil, est une application du principe g\u00e9n\u00e9ral res perit debitori : ne pouvant plus assurer la jouissance du logement au locataire, le bailleur ne peut plus lui r\u00e9clamer en contrepartie le paiement d&#039;un loyer. La cons\u00e9quence de la r\u00e9siliation est que le preneur n&#039;a plus \u00e0 payer le loyer. La r\u00e9siliation intervient de plein droit au jour du sinistre et les loyers vers\u00e9s d\u00e8s cette date sont indus. Si son obligation d&#039;acquitter le<\/p>\n<p>30 montant du loyer cesse \u00e0 partir du jour o\u00f9 la perte s&#039;est consomm\u00e9e, il lui appartient de justifier que l&#039;\u00e9v\u00e9nement s&#039;est produit ant\u00e9rieurement \u00e0 l&#039;\u00e9poque o\u00f9 il a cess\u00e9 de payer les loyers.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le preneur ne doit les loyers que proportionnellement au temps de sa jouissance. Il est donc fond\u00e9 \u00e0 se faire rembourser les loyers pay\u00e9s d&#039;avance.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que c\u2019est \u00e0 juste titre que les juges de premi\u00e8re instance ont dit qu\u2019il appartient au bailleur de restituer le prorata du loyer pour la p\u00e9riode du bail r\u00e9sili\u00e9 par le cas fortuit constitu\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce par l\u2019incendie du 9 avril 2009.<\/p>\n<p>Le jugement est par cons\u00e9quent \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a d\u00e9bout\u00e9 A) de sa demande.<\/p>\n<p>Honoraires expert-comptable Etant donn\u00e9 que le rapport de la fiduciaire SASSEL n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 pris en consid\u00e9ration pour l\u2019\u00e9valuation de la perte d\u2019exploitation de A), le jugement entrepris est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a d\u00e9bout\u00e9 A) de sa demande en remboursement des frais et honoraires relatifs \u00e0 l\u2019expertise comptable SASSEL.<\/p>\n<p>Honoraires d\u2019avocat A) r\u00e9clame, en instance d\u2019appel, un montant de 38.617,50 EUR \u00e0 titre de frais et honoraires d\u2019avocat suivant m\u00e9moires d\u2019honoraires des 14 juillet 2009, 19 mars 2010, 22 avril 2013, 18 mars 2015, 30 mars 2017 et 6 mai 2021. Elle pr\u00e9tend que ces m\u00e9moires concernent tous des prestations effectu\u00e9es apr\u00e8s l\u2019incendie du 9 avril 2009, prestations consistant essentiellement en des tentatives pour aboutir \u00e0 un arrangement extrajudiciaire en relation avec l\u2019incendie dans le \u00ab P) \u00bb. B) et son assureur soutiennent \u00e0 juste titre qu\u2019il ne r\u00e9sulte pas des notes produites en cause, qui sont par ailleurs des demandes d\u2019acomptes, dans quelle mesure les montants r\u00e9clam\u00e9s concernaient des prestations effectu\u00e9es dans le cadre de la question de responsabilit\u00e9 B) et de son assureur. En l\u2019absence de relev\u00e9 d\u00e9taill\u00e9 quant aux prestations effectu\u00e9es, les montants r\u00e9clam\u00e9s ne sont d\u00e8s lors pas dus. La demande est non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>Indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure A) demande, principalement, suivant le dernier \u00e9tat de ses conclusions, \u00e0 voir condamner B) et F) solidairement, sinon in solidum , sinon chacune pour sa part \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000 EUR pour chaque instance.<\/p>\n<p>31 Au vu de l\u2019issue du litige, c\u2019est d\u2019abord \u00e0 bon droit que B) et F) ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9es in solidum \u00e0 payer \u00e0 A) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 EUR pour la premi\u00e8re instance. L\u2019appel est partant non fond\u00e9 de ce chef.<\/p>\n<p>Pour l\u2019instance d\u2019appel, la demande aff\u00e9rente de A) est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e et justifi\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de B) et F) pour la somme de 1.500 EUR.<\/p>\n<p>B) et F) r\u00e9clament, suivant le dernier \u00e9tat de leurs conclusions, \u00e0 voir condamner chacune des parties intim\u00e9es au paiement de la somme de 2.500 EUR.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard au r\u00e9sultat du litige en instance d\u2019appel, ces demandes ne sont pas fond\u00e9es.<\/p>\n<p>C) et son assureur G) soul\u00e8vent r\u00e9guli\u00e8rement appel incident en ce que les juges de premi\u00e8re instance les ont d\u00e9bout\u00e9es de leur demande tendant \u00e0 l\u2019octroi d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 EUR. Ils demandent \u00e0 se voir allouer solidairement, sinon in solidum, sinon chacune pour leur part de A), B) et F) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 4.000 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019issue du litige, il convient d\u2019allouer \u00e0 C) et \u00e0 son assureur G) de la part de A), B) et F) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour chacune des deux instances.<\/p>\n<p>La demande de D) tendant \u00e0 voir condamner B) , F) et A) in solidum au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e et justifi\u00e9e pour la somme de 1.500 EUR.<\/p>\n<p>Il en va de m\u00eame des demandes aff\u00e9rentes pr\u00e9sent\u00e9es pour chacune des deux instances par H) et G).<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019issue du litige, le jugement entrepris est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a condamn\u00e9 B) et F) aux frais et d\u00e9pens de la demande principale et de la demande en intervention avec distraction au profit de Ma\u00eetres Jean- Georges GREMLING, James JUNKER, Beno\u00eet ENTRINGER et Paulo LOPES DA SILVA qui la demandent affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<p>B) et AXA sont \u00e0 condamner in solidum aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel avec distraction au profit de Ma\u00eetres James JUNKER, Beno\u00eet ENTRINGER et Jean-Georges GREMLING qui la demandent, affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019appel contre le jugement du 7 janvier 2015<\/p>\n<p>Dans leur acte d\u2019appel du 6 mars 2015, B) et F) demandent au dispositif, par r\u00e9formation du jugement de premi\u00e8re instance, de d\u00e9clarer non fond\u00e9 l\u2019ensemble des demandes formul\u00e9es par I) \u00e0 leur encontre, au besoin de les d\u00e9charger des condamnations prononc\u00e9es, subsidiairement, condamner solidairement, sinon in solidum , sinon chacune pour leur part, les parties<\/p>\n<p>32 intim\u00e9es C) et D) \u00e0 les tenir quittes et indemnes de toutes les condamnations pouvant intervenir \u00e0 leur \u00e9gard.<\/p>\n<p>Dans leurs derni\u00e8res conclusions r\u00e9capitulatives, les parties appelantes demandent, principalement, de d\u00e9clarer non fond\u00e9 l\u2019ensemble des demandes formul\u00e9es par I) \u00e0 leur encontre, pour autant que de besoin, de les d\u00e9charger des condamnations prononc\u00e9es en premi\u00e8re instance, de dire que la responsabilit\u00e9 du sinistre repose dans le seul chef du ma\u00eetre de l\u2019ouvrage J), de constater et dire que le sinistre rentre dans le champs d\u2019application de l\u2019assurance TRC, de d\u00e9clarer la demande en intervention du ma\u00eetre de l\u2019ouvrage J) contre K1) en sa qualit\u00e9 d\u2019assurance TRC fond\u00e9e et justifi\u00e9e, de dire qu\u2019K1) sera tenue d\u2019indemniser I) et A) des montants r\u00e9clam\u00e9s, d\u00e9duction faite, le cas \u00e9ch\u00e9ant d\u2019une franchise de 5.000 EUR, sinon, subsidiairement, d\u2019une franchise de 50.000 EUR, de d\u00e9clarer la demande de I) et celle de A), le cas \u00e9ch\u00e9ant dirig\u00e9e \u00e0 leur encontre, non fond \u00e9es faute d\u2019objet, subsidiairement, condamner solidairement, sinon in solidum , sinon chacune pour leur part, les parties intim\u00e9es C) et D) \u00e0 les tenir quittes et indemnes de toutes les condamnations pouvant intervenir \u00e0 leur \u00e9gard.<\/p>\n<p>J) conclut, en ordre principal, \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des demandes pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 son encontre par B) et F) dans ses conclusions r\u00e9capitulatives. L\u2019acte d\u2019appel, qui forme le contrat judiciaire, ne contiendrait en effet ni de demande en responsabilit\u00e9 \u00e0 son encontre ni de demande en condamnation d\u2019K1).<\/p>\n<p>K1), assureur TRC de J) , rejoint les conclusions de J) et conclut \u00e9galement \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des demandes dirig\u00e9es \u00e0 son encontre par voie de conclusions. Elle argumente que l\u2019acte d\u2019appel ne contient aucune remise en cause des points du dispositif du jugement dont appel en relation causale avec K1) et J) , m\u00eame \u00e0 titre subsidiaire. A d\u00e9faut de remise en cause formelle du jugement entrepris, qui a mis hors de cause tant J) qu\u2019K1), il y aurait acquiescement au jugement par les parties appelantes.<\/p>\n<p>Selon B) et son assureur, leur acte d\u2019appel porte sur l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du jugement de premi\u00e8re instance, de sorte qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un appel limit\u00e9 et que toutes les demandes dirig\u00e9es contre J) et K1) sont recevables.<\/p>\n<p>L\u2019effet d\u00e9volutif est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9fini comme \u00e9tant l\u2019effet produit par certaines voies de recours (appel, opposition) qui, remettant en question une chose jug\u00e9e, en d\u00e9f\u00e8rent la connaissance \u00e0 la juridiction de recours avec pouvoir et obligation pour elle de statuer \u00e0 nouveau en fait et en droit sur tous les points qu\u2019elles critiquent dans la d\u00e9cision attaqu\u00e9e (et sur ces points seulement). Le litige se trouve donc transport\u00e9 du premier juge devant le juge du second degr\u00e9. L\u2019acte d\u2019appel saisit la juridiction d\u2019appel et d\u00e9termine l\u2019\u00e9tendue de sa saisine suivant l\u2019adage \u00ab tantum devolutum, quantum appelatum \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019effet d\u00e9volutif de l\u2019appel d\u00e9termine donc dans quelle mesure un litige se trouve d\u00e9f\u00e9r\u00e9 de la premi\u00e8re instance \u00e0 l\u2019instance sup\u00e9rieure.<\/p>\n<p>33 L\u2019\u00e9tendue de la d\u00e9volution est d\u00e9termin\u00e9e par les termes de l\u2019exploit d\u2019appel. Lorsque l\u2019exploit d\u2019appel est con\u00e7u en termes g\u00e9n\u00e9raux, la d\u00e9volution embrasse toutes les dispositions de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e qui sont pr\u00e9judiciables \u00e0 l\u2019appelant. Pour que la d\u00e9volution ne soit que partielle, il faut que l\u2019acte d\u2019appel s\u2019exprime en termes clairs et pr\u00e9cis \u00e0 cet \u00e9gard. Si l\u2019appel est, d\u2019une mani\u00e8re non ambigu\u00eb, limit\u00e9 \u00e0 certains chefs d\u00e9termin\u00e9s, la d\u00e9volution est restreinte \u00e0 ces chefs et la juridiction d\u2019appel ne pourrait statuer sur les autres chefs sans violer \u00e0 la fois l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e et le contrat judiciaire qui s\u2019est form\u00e9 entre les parties litigantes.<\/p>\n<p>Si B) et son assureur d\u00e9clarent \u00e0 la page 6 de leur acte d\u2019appel que le jugement entrepris leur cause torts et griefs en recopiant l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dispositif du jugement, il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il r\u00e9sulte \u00e0 suffisance de la lecture de la motivation de l\u2019acte d\u2019appel ainsi que de son dispositif que l\u2019appel se cantonne exclusivement \u00e0 la condamnation intervenue \u00e0 tort en faveur de I) et, en ordre subsidiaire, aux demandes en garantie contre C) et D).<\/p>\n<p>Il est en effet dit \u00e0 la page 7 de l\u2019acte d\u2019appel, sous le point 3.1., que \u00ab c\u2019est \u00e0 tort que le Tribunal d\u00e9clara la demande de la soci\u00e9t\u00e9 I) fond\u00e9e sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil, \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 B) et de son assurance, la compagnie F) \u00bb.<\/p>\n<p>Les points 3.1.1. ont trait aux relations entre B) et C) et D) et le point 3.2. se rapporte \u00e0 l\u2019action en garantie des appelantes contre C) et D).<\/p>\n<p>L\u2019acte d\u2019appel ne contient aucune conclusion ou demande \u00e0 l\u2019\u00e9gard de J) ou d\u2019K1).<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que dans leurs corps de conclusions subs\u00e9quents que les appelantes concluent \u00e0 la r\u00e9formation du jugement entrepris par rapport \u00e0 J) et K1).<\/p>\n<p>Comme l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, auquel renvoie l\u2019article 585 du m\u00eame Code, exige que l\u2019acte d\u2019appel contienne, \u00e0 peine de nullit\u00e9, l\u2019objet et un expos\u00e9 sommaire des moyens, la Cour n\u2019est en principe pas saisie valablement des chefs du jugement entrepris \u00e0 propos desquels l\u2019acte d\u2019appel n\u2019\u00e9nonce aucun grief ni fait valoir le moindre moyen. Si l\u2019appelant peut d\u00e9velopper ses moyens dans ses conclusions post\u00e9rieures, il ne peut cependant pas \u00e9tendre la saisine op\u00e9r\u00e9e par l\u2019acte d\u2019appel en critiquant dans ses conclusions des chefs non entrepris dans l\u2019acte d\u2019appel.<\/p>\n<p>Comme les appelantes ont entendu limiter leur appel exclusivement \u00e0 la condamnation intervenue \u00e0 tort en faveur de I) et, en ordre subsidiaire, aux demandes en garantie contre C) et D), elles ne sauraient \u00e9tendre la saisine de la juridiction d\u2019appel par des conclusions ult\u00e9rieures, de sorte que leurs demandes sont, pour autant qu\u2019elles concernent J) et K1), irrecevables.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir conclu \u00e0 la confirmation du jugement entrepris et en cas de r\u00e9formation de ce jugement \u00e0 la condamnation des parties B) , C), D), L) et M) au paiement de la somme de 87.543,12 EUR, I) demande, en formulant appel incident dans ses conclusions r\u00e9capitulatives, en ordre subsidiaire \u00e0 ce que la<\/p>\n<p>34 responsabilit\u00e9 de J) soit retenue et la condamnation de B), C), D), J), K1), L) et M) solidairement sinon in solidum , sinon chacune pour le tout au paiement de la somme de 87.543,10 EUR, outre les int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>En premi\u00e8re instance, I) recherchait la responsabilit\u00e9 de J) sur base de l\u2019article 1719, alin\u00e9a 1 er , point 3 du Code civil. Elle n\u2019a formul\u00e9 aucune demande \u00e0 l\u2019encontre d\u2019K1). J) a mis K1) en intervention aux fins de se tenir quitte et indemne de toute condamnation \u00e9ventuelle \u00e0 intervenir. Dans ces conditions, la demande de I) tendant \u00e0 la condamnation subsidiaire d\u2019K1) solidairement, sinon in solidum avec les autres parties pr\u00e9mentionn\u00e9es est, conform\u00e9ment aux conclusions d\u2019K1), \u00e0 consid\u00e9rer comme demande nouvelle irrecevable en instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>En ce qui concerne J), I) sollicite la condamnation de cette derni\u00e8re en formulant appel incident dans ses conclusions r\u00e9capitulatives du 11 octobre 2019.<\/p>\n<p>J) et K1) estiment que par le fait d\u2019avoir d\u2019abord conclu \u00e0 la confirmation du jugement entrepris et, en cas de r\u00e9formation de ce jugement, \u00e0 la condamnation des parties B), C), D), L) et M), I) aurait acquiesc\u00e9 au jugement de premi\u00e8re instance et ne saurait plus, dans le cadre d\u2019un appel incident, demander la condamnation de J) au paiement de la somme de 87.543,12 EUR.<\/p>\n<p>L&#039;acquiescement expr\u00e8s ou tacite au jugement frapp\u00e9 de l&#039;appel principal, donn\u00e9 par l&#039;intim\u00e9, fait obstacle \u00e0 ce que ce dernier puisse interjeter appel incident, puisqu&#039;il \u00ab emporte soumission aux chefs de celui-ci et renonciation aux voies de recours \u00bb. Il faut que l&#039;acquiescement ne soit pas \u00e9quivoque. Si l&#039;intim\u00e9 a conclu \u00e0 la confirmation pure et simple du jugement, m\u00eame sans faire de r\u00e9serve d&#039;en appeler incidemment, la jurisprudence admet n\u00e9anmoins la recevabilit\u00e9 de son appel incident consid\u00e9rant qu&#039;il n&#039;a pas acquiesc\u00e9 au jugement (J-Cl, Proc\u00e9dure civile, fasc. 900- 70 : APPEL &#8212; Parties \u00e0 l&#039;instance d&#039;appel &#8212; Appel incident- Appel incident provoqu\u00e9, n\u00b0 37).<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que la demande subsidiaire de I) formul\u00e9e en ordre subsidiaire contre J) est recevable.<\/p>\n<p>Il convient, avant d\u2019examiner le fond du litige et les moyens d\u2019appel de B) et de son assureur, de rappeler que suivant jugement du 7 janvier 2015, B) et F) ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9es \u00e0 payer \u00e0 I) le montant de 87.543,12 EUR, outre les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux. Ce m\u00eame jugement a rejet\u00e9 les demandes r\u00e9cursoires introduites par J), B), C), D) et K1). La demande de I) contre J) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e irrecevable sur base de l\u2019article 1719, alin\u00e9a 1 er , point 3 du Code civil ainsi que sur base de l\u2019article 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil. La demande en intervention de J) a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e.<\/p>\n<p>B) et son assureur estiment qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 tort condamn\u00e9es au paiement de la somme de 87.543,12 EUR.<\/p>\n<p>Elles argumentent que le sinistre en relation avec l\u2019accident aurait d\u00fb \u00eatre support\u00e9 par l\u2019assurance TRC souscrite par J) et que subsidiairement, B) ne<\/p>\n<p>35 saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme gardienne du chantier, le transfert de garde pouvait tout au plus \u00eatre intervenu dans le chef de C) et de D).<\/p>\n<p>Il est constant en cause que I) est l\u2019assureur de la soci\u00e9t\u00e9 O), actuellement A), suivant contrat d\u2019assurances conclu le 12 d\u00e9cembre 2002. En vertu des dispositions l\u00e9gales sur le contrat d\u2019assurance, elle est subrog\u00e9e dans les droits de son assur\u00e9e.<\/p>\n<p>I) a, en premi\u00e8re instance, suivant le dernier \u00e9tat de ses conclusions, r\u00e9clam\u00e9 la somme de 87.543,12 EUR correspondant au montant qu\u2019elle dit avoir d\u00e9bours\u00e9 \u00e0 son assur\u00e9e A).<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas contest\u00e9 et il r\u00e9sulte des pi\u00e8ces produites en cause qu\u2019une assurance TRC a \u00e9t\u00e9 souscrite par le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage.<\/p>\n<p>C\u2019est cependant \u00e0 tort que B) et son assureur concluent au rejet de la demande de I) dirig\u00e9e \u00e0 leur encontre au motif que \u00ab I) doit se voir indemniser par ALLIANZ \u00bb, assureur de J) en vertu de l\u2019assurance TRC. Or, aucune demande de B) et de son assureur n\u2019a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre de J) et d\u2019K1) dans le cadre de leur acte d\u2019appel. Il s\u2019y ajoute que I) a demand\u00e9 la confirmation du jugement entrepris en ce qui concerne B) et F).<\/p>\n<p>Les arguments de B) et de son assureur pour s\u2019opposer \u00e0 la demande de I) et pour autant qu\u2019ils concernent J) et son assureur K1) sont d\u00e8s lors \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Il devient d\u00e8s lors superf\u00e9tatoire d\u2019analyser le contenu, la nature de la couverture de l\u2019assurance TRC et la validit\u00e9 de la clause de subsidiarit\u00e9 stipul\u00e9e au contrat d\u2019assurance TRC selon laquelle la responsabilit\u00e9 civile pour des dommages caus\u00e9s \u00e0 des tiers n\u2019est couverte que \u00ab in excess and in difference in conditions of the third party liability policies of the participants, which have covered a minimum amount of Euro 50.000 \u00bb.<\/p>\n<p>B) et F) contestent, comme en premi\u00e8re instance, la qualit\u00e9 de gardienne du chantier de l\u2019entrepreneur. Elles exposent que la garde du chantier a appartenu \u00e0 J) et que, s\u2019il y a eu transfert de garde, ce transfert s\u2019est op\u00e9r\u00e9 dans le chef de C) et de D). B) ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme le commettant des deux ouvriers L) et M), mais comme donneur d\u2019ordre ayant charg\u00e9 C) et D) d\u2019ex\u00e9cuter des travaux de d\u00e9molition \u00e0 l\u2019origine du sinistre et seules responsables de celui-ci.<\/p>\n<p>Les faits gisant \u00e0 la base de l\u2019appel de B) et de son assureur r\u00e9sultent \u00e0 suffisance de ce qui a \u00e9t\u00e9 dit dans le cadre des appels contre le jugement du 20 d\u00e9cembre 2012.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte, en outre, \u00e0 suffisance de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que C) et D) n\u2019ont pas conclu un contrat de sous-traitance avec B) , que B) s\u2019est comport\u00e9e envers les ouvriers qui lui ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 disposition par ces soci\u00e9t\u00e9s comme leur commettant et qu\u2019au moment de l\u2019accident, B) avait la garde du chantier et du chalumeau ayant caus\u00e9 le sinistre.<\/p>\n<p>36 Le jugement de premi\u00e8re instance est d\u00e8s lors, au vu de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de et par adoption de ses motifs, \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 la demande de I) contre B) et son assureur fond\u00e9e en principe.<\/p>\n<p>La demande en garantie de B) et d\u2019F) contre C) a, \u00e0 bon droit, \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e, le lien de subordination avec l\u2019ouvrier L) responsable de l\u2019incendie ayant \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 B). B) s\u2019est comport\u00e9e vis-vis des salari\u00e9s de D) comme \u00e9tant leur commettant, de sorte que c\u2019est \u00e9galement \u00e0 juste titre et, en l\u2019absence de faute commise et \u00e9tablie dans le chef de D) en relation causale avec l\u2019incendie, que cette demande en garantie a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e.<\/p>\n<p>Les appelantes critiquent les conclusions de l\u2019expert Fran\u00e7ois WIES pour \u00eatre unilat\u00e9rales, pour manquer de transparence et pour ne pas refl\u00e9ter la r\u00e9alit\u00e9 du pr\u00e9judice mat\u00e9riel de A). Ils contestent le montant fix\u00e9 par l\u2019expert \u00e0 titre de dommage et allou\u00e9 \u00e0 I) en premi\u00e8re instance faute de pi\u00e8ces quant aux factures d\u2019achat des cigarettes, du mobilier, du mat\u00e9riel de bureau, \u2026. Il n\u2019y aurait par ailleurs aucun lien causal \u00ab entre la faute et les montants r\u00e9clam\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>Suivant document intitul\u00e9 \u00ab Acte de nomination d\u2019experts \u00bb, les experts Marc OSTYN et Fran\u00e7ois WIES ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s par l\u2019assur\u00e9e A) et I).<\/p>\n<p>Le rapport d\u2019expertise WIES du 25 ao\u00fbt 2009 renseigne que plusieurs r\u00e9unions ont eu lieu sur place lors desquelles les experts des intervenants, dont \u00e9galement celui de B) , \u00e9taient pr\u00e9sents. Ces experts ont ainsi pu faire leurs observations.<\/p>\n<p>L\u2019expert WIES note \u00e0 la page 3 de son rapport :<\/p>\n<p>\u00ab Au re\u00e7u des premi\u00e8res \u00e9valuations faites par l\u2019expert-client M. Marc OSYTN une visite des lieux \u00e9tait convenue au jeudi, 11 juin 2009 \u00e0 10.30h en pr\u00e9sence de l\u2019inspecteur M. T) , de la propri\u00e9taire- g\u00e9rante du P.A. et des experts respectivement certains contrema\u00eetres des divers intervenants.<\/p>\n<p>J\u2019ai surtout pu noter en cette dite r\u00e9union un d\u00e9sagr\u00e9able comportement des deux experts MM. VAN BRUSSELEN et VAN DER SCHUEREN lesquels n\u2019ont par ailleurs pas sign\u00e9 la nomination d\u2019experts et sont partis vers 16 heures. L\u2019expert Philippe NORMAND assistant sous toutes r\u00e9serves \u00e0 une partie de cette r\u00e9union.<\/p>\n<p>Une seconde r\u00e9union a eu lieu sur place vendredi, 19 juin 2009 laquelle s\u2019est \u00e0 nouveau d\u00e9roul\u00e9 dans une atmosph\u00e8re tr\u00e8s tendue du fait du comportement des m\u00eames experts des intervenants B) et C). Lors de cette r\u00e9union nous avons pu obtenir une autorisation exceptionnelle de p\u00e9n\u00e9tration des locaux de commerce ab\u00eem\u00e9 pour deux personnes et, comme le soussign\u00e9 y avait d\u00e9j\u00e0 pu p\u00e9n\u00e9trer le 10 avril et M. OSTYN le 14 ou 15 avril 2009 nous avons laiss\u00e9, logiquement, la priorit\u00e9 aux deux experts MM. VAN DER SCHUEREN et VAN BRUSSELEN.<\/p>\n<p>Le dernier m\u2019a fait parvenir par ailleurs un mail du 22.06.09 contenant des remarques d\u00e9sagr\u00e9ables \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019expert-client au sujet de diverses<\/p>\n<p>37 points \u00e9num\u00e9r\u00e9s tels l\u2019\u00e9limination compl\u00e8te du mobilier, la possibilit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer les droits d\u2019accises sur les \u02batabacs et cigarettes\u02ba et encore l\u2019absence d\u2019inventaire d\u00e9taill\u00e9 des marchandises sinistr\u00e9s. Ce mail est clos par la remarque \u02basous toutes r\u00e9serves de responsabilit\u00e9 et sans reconnaissance pr\u00e9judiciable\u02ba. \u00bb<\/p>\n<p>A la page 4 il ajoute :<\/p>\n<p>\u00ab Lors d\u2019une r\u00e9union en mes bureaux en date du jeudi 16 juillet 2009 j\u2019ai, ensemble avec M. T) et M. Marc OSTYN recontr\u00f4l\u00e9 les \u00e9tats de pertes, discut\u00e9 au sujet de la responsabilit\u00e9 du\/des intervenants et essay\u00e9 de trouver une date possible pour une troisi\u00e8me r\u00e9union d\u2019experts pour laquelle le 31 juillet aurait convenu. Suite \u00e0 l\u2019emp\u00eachement des experts contact\u00e9s par le Bureau AEL cette r\u00e9union a \u00e9t\u00e9 convenue pour le vendredi, 31 ao\u00fbt 2009 aux bureaux de la Compagnie et y a eu lieu. Une fois de plus, MM. VAN DER SCHUEREN et VAN BRUSSELEN ont principalement manifest\u00e9 leurs mauvais vouloir, m\u00eame s\u2019il a \u00e9t\u00e9 retenu express\u00e9ment que seul le volet \u02bapertes du locataire\u02ba serait contr\u00f4l\u00e9 et parachev\u00e9 de fa\u00e7on contradictoire et le volet \u02baresponsabilit\u00e9\u02ba serait laiss\u00e9 en litige. Ces experts ont par ailleurs quitt\u00e9 la r\u00e9union vers 16h. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 tort que les appelantes critiquent les conclusions de l\u2019expert pour \u00eatre unilat\u00e9rales.<\/p>\n<p>Il convient de rappeler qu\u2019une convention de r\u00e8glement et quittance anticipative et subrogatoire portant sur la somme de 87.543,12 EUR a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e en faveur de I) par le g\u00e9rant de A).<\/p>\n<p>Suivant courrier du 18 septembre 2009, I) a inform\u00e9 A) que suite \u00e0 l\u2019expertise contradictoire, elle a \u00e9valu\u00e9 le pr\u00e9judice \u00e0 titre de \u00ab marchandises : cigarettes et autres \u00bb \u00e0 la somme de 24.789,35 EUR (somme assur\u00e9e) + 7.790,78 EUR.<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019appel de A) contre le jugement du 20 d\u00e9cembre 2012, la demande de A) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e et justifi\u00e9e pour la somme de 7.207,02 EUR du chef de la perte du stock de cigarettes non indemnis\u00e9e par I)<\/p>\n<p>Ce montant non pris en charge par I) n\u2019est pas r\u00e9clam\u00e9 dans le cadre de sa demande dirig\u00e9e contre B) et son assureur.<\/p>\n<p>I) a r\u00e9clam\u00e9 le montant de 87.543,12 EUR suivant quittance et sur base des conclusions de l\u2019expert.<\/p>\n<p>En l\u2019absence de contestations s\u00e9rieuses quant aux montants retenus par l\u2019expert et quant \u00e0 leur relation causale avec l\u2019incendie du 9 avril 2009 dont la responsabilit\u00e9 incombe \u00e0 B) et au vu du rapport d\u2019expertise WIES qui n\u2019est mis en doute par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier, le jugement entrepris est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a allou\u00e9 \u00e0 I) le montant de 87.543,12 EUR.<\/p>\n<p>Assignation en intervention<\/p>\n<p>38 Au vu de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la demande en intervention d\u2019K1) contre G) est sans objet.<\/p>\n<p>Indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure I) r\u00e9clame de la part de B) , C), D), L), M), K1) et J) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 EUR. Au vu de l\u2019issue du litige, il convient de d\u00e9clarer cette demande fond\u00e9e en son principe pour autant qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre B). Elle est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e et justifi\u00e9e pour un montant de 1.000 EUR. B) et F) sont, eu \u00e9gard au r\u00e9sultat du litige en instance d\u2019appel, \u00e0 d\u00e9bouter chacune de leur demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure dirig\u00e9e contre I). En ce qui concerne les demandes en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel dirig\u00e9es par D) contre B) et F) et K1) contre B) , F), I), C) et D), elles sont \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9es et justifi\u00e9es chacune pour le montant de 2.000 EUR pour autant qu\u2019elles sont dirig\u00e9es contre B) et F) et non fond\u00e9es pour le surplus. Il convient ensuite, au vu de l\u2019issu du litige, d\u2019allouer \u00e0 J) de la part de B) et d\u2019F) et, par r\u00e9formation du jugement entrepris, une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour la premi\u00e8re instance et de 2.000 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel. La demande aff\u00e9rente de L) dirig\u00e9e contre B) et F) est au regard de l\u2019issue du litige et en l\u2019absence de toute demande dirig\u00e9e \u00e0 son encontre \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e et justifi\u00e9e pour la somme de 2.000 EUR. Par r\u00e9formation du jugement entrepris, il convient d\u2019allouer \u00e0 C) de la part de B) et d\u2019F) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour la premi\u00e8re instance et pour l\u2019instance d\u2019appel de ce chef un montant de 2.000 EUR.<\/p>\n<p>La demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure d\u2019G) dirig\u00e9e contre B) et F) est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e pour la somme de 1.000 EUR. Elle n\u2019est, au vu de l\u2019issue du litige, pas fond\u00e9e pour autant qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre K1).<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS la Cour d\u2019appel, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale et civile, statuant contradictoirement, joint les affaires introduites sous les num\u00e9ros de r\u00f4le 40678, 40942, 42919 et CAL-2020- 00461 pour y statuer par un seul et unique arr\u00eat,<\/p>\n<p>quant aux appels dirig\u00e9s contre le jugement du 20 d\u00e9cembre 2012 :<\/p>\n<p>d\u00e9clare les appels principaux et incident recevables,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) non fond\u00e9,<\/p>\n<p>en d\u00e9boute,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A) contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) partiellement fond\u00e9,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel incident de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge G) partiellement fond\u00e9,<\/p>\n<p>r\u00e9formant<\/p>\n<p>d\u00e9clare la demande de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A) du chef de dommages et int\u00e9r\u00eats pour perte sur stock de cigarettes fond\u00e9e et justifi\u00e9e pour le montant de 7.207,02 EUR,<\/p>\n<p>dit que la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A) intervenue en premi\u00e8re instance est \u00e0 porter \u00e0 la somme de 69.753,04 EUR (= 62.546,02 EUR + 7.207,02 EUR) avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 avril 2009 jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) in solidum \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge G) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour la premi\u00e8re instance,<\/p>\n<p>confirme le jugement entrepris pour le surplus,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) in solidum \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>d\u00e9boute la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) de leurs demandes en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e A) in solidum \u00e0 payer tant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) qu\u2019\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e D) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) \u00e0 payer tant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge H) qu\u2019\u00e0 son assureur, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme<\/p>\n<p>40 de droit belge G), une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) in solidum aux frais et des d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel avec distraction au profit de Ma\u00eetres James JUNKER, Beno\u00eet ENTRINGER et Jean- Georges GREMLING qui la demandent, affirmant en avoir fait l\u2019avance,<\/p>\n<p>quant \u00e0 l\u2019appel contre le jugement du 7 janvier 2015 et quant \u00e0 l\u2019assignation en intervention du 18 mai 2020 : d\u00e9clare l\u2019appel principal recevable, d\u00e9clare la demande de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme I) tendant \u00e0 la condamnation subsidiaire de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K1) irrecevable pour \u00eatre une demande nouvelle, d\u00e9clare l\u2019appel incident de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme I) tendant \u00e0 la condamnation subsidiaire de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e J) recevable, d\u00e9clare les demandes de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) dirig\u00e9es contre la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e J) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K1) irrecevables, dit l\u2019appel principal de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) non fond\u00e9, en d\u00e9boute, dit les appels incidents de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e J) et de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) recevables et partiellement fond\u00e9s, r\u00e9formant condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) in solidum \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e J) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour la premi\u00e8re instance,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) in solidum \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 EUR pour la premi\u00e8re instance,<\/p>\n<p>confirme le jugement entrepris pour le surplus,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme I) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>d\u00e9boute la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) de leurs demandes en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) in solidum \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e D), \u00e0 L) et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit belge C) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) in solidum \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge K1) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge G) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 EUR pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>dit que l\u2019assignation en intervention est sans objet,<\/p>\n<p>pour autant que de besoin, d\u00e9clare l\u2019arr\u00eat commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge G) et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e \u00e0 responsabilit\u00e9 de droit belge H),<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge B) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit belge F) in solidum aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel introduite suivant exploit d\u2019huissier du 6 mars 2015, ainsi que l\u2019assignation en intervention avec distraction au profit de Ma\u00eetres Beno\u00eet ENTRINGER, Jean- Georges GREMLING et S\u00e9bastien CO\u00cf, de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ARENDT &amp; MEDERNACH et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SCHILTZ &amp; SCHILTZ qui la demandent, affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<p>La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Danielle SCHWEITZER, pr\u00e9sident de chambre, en pr\u00e9sence du greffier Alexandra NICOLAS.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-2-civil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-2-civil\/20240827-133336\/20221109-40678etc-144-anonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p 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