{"id":652669,"date":"2026-04-22T23:18:13","date_gmt":"2026-04-22T21:18:13","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-14-juillet-2022-n-5063-45064\/"},"modified":"2026-04-22T23:18:17","modified_gmt":"2026-04-22T21:18:17","slug":"cour-superieure-de-justice-14-juillet-2022-n-5063-45064","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-14-juillet-2022-n-5063-45064\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 14 juillet 2022, n\u00b0 5063-45064"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 112\/22-IX-CIV Audience publique du quatorze juillet deux mille vingt-deux Num\u00e9ros 45063 et 45064 du r\u00f4le Composition: Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre, Danielle POLETTI, premier conseiller, St\u00e9phane PISANI, conseiller, Laetitia D\u2019ALESSANDRO, greffier assum\u00e9. I. E n t r e: l\u2019ETAT DU GRAND-DUCHE DELUXEMBOURG , repr\u00e9sent\u00e9 par son Ministre d\u2019Etat actuellement en fonctions, ayant ses bureaux \u00e0 L-1352 Luxembourg, 4, rue de la Congr\u00e9gation, et pour autant que de besoin par le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, ayant dans ses attributions le Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, dont les bureaux sont \u00e9tablis \u00e0 L-1219 Luxembourg, 19, rue Beaumont, appelantaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice Guy ENGEL de Luxembourg du 29 juin 2017 et aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice Alex MERTZIG de Diekirch du 29 juin 2017, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple BONN STEICHEN &amp; PARTNERS, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Fabio TREVISAN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t:<\/p>\n<p>2 1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit luxembourgeoisSOCIETE1.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, intim\u00e9eaux fins du pr\u00e9dit exploit MERTZIG du 29 juin 2017, comparant par Ma\u00eetre Elisabeth MACHADO, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, 2) l\u2019ADMINISTRATION COMMUNALE DE LIEU1.), \u00e9tablie \u00e0 L-ADRESSE2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son coll\u00e8ge des Bourgmestre et \u00e9chevins actuellement enfonctions, intim\u00e9eaux fins du pr\u00e9dit exploit ENGEL du 29 juin 2017, comparant par comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e PAULY AVOCATS, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Diab BOUDENE, avocat \u00e0 Luxembourg. II. En t r e: l\u2019ADMINISTRATION COMMUNALE DE LIEU1.), \u00e9tablie \u00e0 L-ADRESSE2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son coll\u00e8ge des Bourgmestre et \u00e9chevins actuellement en fonctions, appelanteaux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justicePierre BIEL de Luxembourg du 3 juillet 2017 et d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justiceGeorge WEBERde Diekirch du 4 juillet 2017, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e PAULY AVOCATS, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Diab BOUDENE, avocat \u00e0 Luxembourg, e t: 1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit luxembourgeoisSOCIETE1.), \u00e9tablie etayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), inscrite au registre de commerce et des<\/p>\n<p>3 soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, intim\u00e9eaux fins du pr\u00e9dit exploit WEBER du 4 juillet 2017, comparant par Ma\u00eetre Elisabeth MACHADO, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, 2) l\u2019ETAT DU GRAND -DUCHE DE LUXEMBOURG , repr\u00e9sent\u00e9 par son Ministre d\u2019Etat actuellement en fonctions, ayant ses bureaux \u00e0 L-1352 Luxembourg, 4, rue de la Congr\u00e9gation, et pour autant que de besoin par le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, ayant dans ses attributions le Minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, dont lesbureaux sont \u00e9tablis \u00e0 L-1219 Luxembourg, 19, rue Beaumont, intim\u00e9eaux termes du pr\u00e9dit exploit BIEL du 3 juillet 2017, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple BONN STEICHEN &amp; PARTNERS, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Fabio TREVISAN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg. LA COUR D&#039;APPEL : Vu l\u2019arr\u00eat de la CourN\u00b0 90\/22\u2013IX\u2013CIV du 22 juin 2022. En r\u00e9sum\u00e9, le litige a trait\u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un compromis de venteconclu le 4 mars 2014 entre la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA (ci-apr\u00e8sSOCIETE1.)), comme partie acqu\u00e9reuse, et l\u2019Administration communale deLIEU1.)(ci-apr\u00e8s la COMMUNE), comme partie venderesse, authentifi\u00e9 par acte de vente notari\u00e9 du 28 novembre 2014 et portant sur une parcelle de terrain d\u2019une contenance de 2,57 ares, sise \u00e0LIEU2.), au lieu-dit \u00abLIEU3.)\u00bb, inscrite au cadastre sous lenum\u00e9roNUMERO2.), section(&#8230;)deLIEU2.), commune de LIEU1.)dont l\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg (ci-apr\u00e8sl\u2019ETAT) pr\u00e9tend actuellement \u00eatre propri\u00e9taire. Statuant sur l\u2019appel interjet\u00e9 parl\u2019ETAT et la COMMUNE les29 juin et 3 juillet 2017contre lejugement contradictoiren\u00b0 818\/2017du 10 mai 2017du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg ayant d\u00e9clar\u00e9parfaite avec effet au 4 mars 2014 la vente conclue entre la COMMUNE etSOCIETE1.)suivant compromis sous seing priv\u00e9 du 4 mars 2014, act\u00e9e suivant actenotari\u00e9 Alex Weber du 28 novembre 2014, portant sur une parcelle de terrain d\u2019une contenance de 2,57 ares, sise \u00e0LIEU2.), au lieu-dit \u00abLIEU3.)\u00bb, inscrite au cadastre sous le num\u00e9ro NUMERO2.), section(&#8230;)deLIEU2.), commune deLIEU1.)et condamn\u00e9 la COMMUNE \u00e0 payer \u00e0 SOCIETE1.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.- euros,la Cour, par arr\u00eatN\u00b0 90\/22-IX\u2013CIV du 22 juin 2022 pr\u00e9cit\u00e9, aprononc\u00e9, avant tout autre progr\u00e8s en cause, la r\u00e9vocation de l\u2019ordonnance de cl\u00f4ture par<\/p>\n<p>4 application des articles 225 et 598 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile aux fins d\u2019examen du probl\u00e8me relev\u00e9 dans la motivation de l\u2019arr\u00eat et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de r\u00e9gularisation de la proc\u00e9dure. La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e PAULY AVOCATS, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Diab BOUDENE, s\u2019est constitu\u00e9e le 28 juin 2022 en remplacement de Ma\u00eetre Claude PAULY, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en cours de d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, suite audit arr\u00eat. L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e une troisi\u00e8me fois par ordonnance du 30 juin 2022. Les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1 de la loi du 17 d\u00e9cembre 2021 portant modification de la loi du 19 d\u00e9cembre 2020 portant adaptation temporaire de certaines mesures proc\u00e9durales en mati\u00e8re civile et commercialeles mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par \u00e9crit le 30 juin 2022 que l\u2019affaire serait prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du 7 juillet 2022 et de la composition de la Cour. Les mandataires des parties ayant inform\u00e9 la Cour qu\u2019ils n\u2019entendaient pas plaider l\u2019affaire, et les fardes de proc\u00e9dure ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es au greffe, l\u2019audience a \u00e9t\u00e9 tenue et l\u2019affaire prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 la date indiqu\u00e9e, suivant les modalit\u00e9s annonc\u00e9esaux parties. Les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par \u00e9crit de la date du prononc\u00e9. Le magistrat ayant pr\u00e9sid\u00e9 l\u2019audience a rendu compte \u00e0 la Cour dans son d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. Discussion Pour rappel: L\u2019ETATconclut, par r\u00e9formation, \u00e0 la mise \u00e0 n\u00e9ant du jugement a quo,motif pris que les juges de premi\u00e8re instance ont commis un exc\u00e8s de pouvoir, qu\u2019ils ont statu\u00e9 ultra petita et au m\u00e9pris de la s\u00e9paration des pouvoirs en d\u00e9cidant que la vente \u00e9tait parfaite se substituant ce faisant au Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur seul comp\u00e9tent pour donner son approbation \u00e0 l\u2019op\u00e9ration litigieuse. Il sollicite encore l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000.-euros et la condamnation deSOCIETE1.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Subsidiairement, et pour le cas o\u00f9 la Cour devait consid\u00e9rer la vente parfaite, il demande \u00e0 voir d\u00e9clarer cette vente nulle sur base de l\u2019article 1599 du Code civil. La COMMUNE conclut \u00e9galement \u00e0 la r\u00e9formation du jugement entrepris et demande \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation \u00e0 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.-euros au profit deSOCIETE1.).<\/p>\n<p>5 Pour voir statuer en ce sens, et s\u2019opposer \u00e0l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e ducompromis de vente du 4 mars 2014,ellesoul\u00e8ve d\u2019une part, la nullit\u00e9 de la vente sur base de l\u2019article 1599 du Code civil pour vente de la chose d\u2019autrui et d\u2019autre part, pour non-r\u00e9alisation des conditions suspensives, tenant l\u2019une \u00e0 l\u2019approbation de la vente par le conseil communal et la seconde \u00e0 l\u2019approbation de l\u2019acte par l\u2019autorit\u00e9 de tutelle. Elle ajoute que la validit\u00e9 du compromis du 4 mars 2014 \u00e9tant limit\u00e9e au 31 d\u00e9cembre 2014 et la preuve de la r\u00e9alisation des deux conditions suspensives avant cette date n\u2019\u00e9tant pas rapport\u00e9e, le compromis serait caduc etSOCIETE1.)ne pourrait pas en poursuivre l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e. Elle partage encore l\u2019argumentation de l\u2019ETAT et reproche au tribunal d\u2019avoir commis un exc\u00e8s de pouvoir en se substituant au Ministre de l\u2019int\u00e9rieur pour d\u00e9clarer la vente parfaite prenant ce faisant une d\u00e9cision qui viole les articles 2 et 3 de la loi du 7 novembre 1996 portant organisation des juridictions de l\u2019ordre administratif. Elle demande enfin l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de5.000.-euros pour chacune des deux instances et la condamnation deSOCIETE1.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Par conclusions subs\u00e9quentes, elle demande \u00e0 la Cour de constater que la parcelle litigieuse appartient \u00e0 l\u2019ETAT et \u00e0 d\u00e9clarer la vente nulle ab initio. Elle conteste finalement tant le principe que le quantum de la demande subsidiaire de l\u2019intim\u00e9e et conteste formellement avoir engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 civile. SOCIETE1.)conclutin limine litis\u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel de l\u2019ETAT du chef de libell\u00e9 obscur. Ellese rapporte pour le surplus \u00e0 prudence de justice en ce qui concerne la recevabilit\u00e9 des deux actes d\u2019appel. Elle conclut ensuite \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019exception de nullit\u00e9 de la vente soulev\u00e9e par la COMMUNE.La demande s&#039;analyserait en une demande en annulation de la vente de la chose d&#039;autrui au sens de l&#039;article 1599 du Code civil. Or, la sanction \u00e9dict\u00e9e par cette disposition l\u00e9gale consisterait en une nullit\u00e9 relative qui ne pourrait \u00eatre invoqu\u00e9e que parl&#039;acqu\u00e9reur l\u00e9s\u00e9. Au fond, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 sa version des faits, elle conclut \u00e0 la confirmation du jugement entrepris.Elle r\u00e9plique, comme en premi\u00e8re instance, que la tutelle minist\u00e9rielle exerc\u00e9e par le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur sur les communes sur base de l\u2019article 107, paragraphe 6 de la Constitution et de l\u2019article 106 de la loi communale du 13 d\u00e9cembre 1988 ne permettrait pas au ministre d\u2019exercer un contr\u00f4le d\u2019opportunit\u00e9, mais simplement un contr\u00f4le de conformit\u00e9 \u00e0 la loi et \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral de la d\u00e9cision communale. Le ministre de l\u2019Int\u00e9rieur ne disposant d\u2019aucune marge d\u2019appr\u00e9ciation, la proc\u00e9dure d\u2019approbation de la vente serait limit\u00e9e \u00e0 un simple visa l\u00e9gal d\u00e9pourvu d\u2019existence l\u00e9gale autonome, de sorte que la r\u00e9serve de cette approbation port\u00e9e dans le compromis ne saurait \u00eatre analys\u00e9e comme condition suspensive de la validit\u00e9 de la vente. La vente serait ainsi devenue parfaite du fait de la seule condition suspensive y ins\u00e9r\u00e9e par suite de l\u2019approbation du compromis de vente par le<\/p>\n<p>6 conseil communal en date du 14 mars 2014. A supposer que l\u2019approbation minist\u00e9rielle constitue une seconde condition suspensive, elle serait r\u00e9put\u00e9e accomplie \u00e0 d\u00e9faut de la moindre diligence de la COMMUNE suivant l\u2019article 1178 du Code civil. La vente serait encore l\u00e9gale, contrairement aux all\u00e9gations des appelants, la preuve de la domanialit\u00e9 publique du bien immobilier litigieux n\u2019\u00e9tant pas rapport\u00e9e en cause. Dans la n\u00e9gative, la parcelle litigieuse n\u2019en serait pas pour autant inali\u00e9nable le conseil communal ayant le pouvoir de d\u00e9cider du d\u00e9classement des parcelles vers le domaine communal priv\u00e9. Subsidiairement, et pour autant que la vente soit d\u00e9clar\u00e9e nulle ou imparfaite, elle forme appel incident pour voir dire que la COMMUNE a engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 civile contractuelle sur base de l\u2019article 1599 du Code civil, sinon sur base des articles 1142 et suivants du Code civil, sinon sa responsabilit\u00e9 civile d\u00e9lictuelle sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil, sinon de l\u2019article 1 er de la loi du 1 er septembre 1988 relative \u00e0 la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat et des collectivit\u00e9s publiques pour avoir tromp\u00e9 la confiance l\u00e9gitime et la voir condamner \u00e0 lui payer la somme de 1.000.000.-euros au titre de dommage mat\u00e9riel et la somme de 100.000.-euros au titre de dommage moral, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 14 mars 2014, sinon \u00e0 partir du 28 novembre 2014, avec majoration du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u00e9gal de trois points \u00e0 l\u2019expiration d\u2019un d\u00e9lai de trois mois suivant la signification du jugement. Elle r\u00e9clame encore le remboursement de ses frais d\u2019avocat \u00e9valu\u00e9s \u00e0 35.000.- euros, \u00e9tant entendu qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 d\u00fb d\u00e9bourser la montant de 17.293,89 euros \u00e0 ce jour. Elle demande enfin \u00e0 voir condamner chacun des appelants \u00e0 une indemnit\u00e9 de 5.000.-euros pour l\u2019instance d\u2019appel, ainsi qu\u2019\u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats de l\u2019ordre de 5.000.-euros pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire. Appr\u00e9ciation de la Cour -Moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur de l\u2019acte d\u2019appel du 29 juin 2017 SOCIETE1.)a ensuite oppos\u00e9 avant toute d\u00e9fense au fond l\u2019exception de libell\u00e9 obscur \u00e0 l\u2019acte d\u2019appel de l\u2019ETAT. L\u2019article 585 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile renvoyant \u00e0 l\u2019article 154 du m\u00eame code, il faut en d\u00e9duire que l\u2019acte d\u2019appel doit comprendre l\u2019objet et un expos\u00e9 sommaire des moyens, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que la nullit\u00e9 pour d\u00e9faut de motivation de l&#039;acte d&#039;appel est r\u00e9gie par l&#039;article 264 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Les dispositions l\u00e9gales pr\u00e9cit\u00e9es ont pour but de faire conna\u00eetre, d\u00e8s l&#039;ingr\u00e8s, \u00e0 la partie intim\u00e9e les critiques \u00e9mises par la partie appelante \u00e0 l&#039;encontre de la d\u00e9cision de premi\u00e8re instance, ceci avec suffisamment de pr\u00e9cision pour lui permettre de pr\u00e9parer utilement sa d\u00e9fense. L\u2019inobservation de cette r\u00e8gle,<\/p>\n<p>7 lorsqu\u2019elle cause grief \u00e0 la partie intim\u00e9e, rend l&#039;acte d\u2019appel nul pour libell\u00e9 obscur. Il ressort \u00e0 suffisance de l\u2019acte d\u2019appel du 29 juin 2017 que l\u2019ETAT reproche au jugement entrepris d\u2019avoir fait droit \u00e0 la demande de l\u2019intim\u00e9e et d\u00e9clar\u00e9parfaite avec effet au 4 mars 2014 la vente conclue entre la COMMUNE etSOCIETE1.) et qu\u2019il en demande la r\u00e9formation en sa totalit\u00e9. C\u2019est dans ce but qu\u2019il entend actuellement soumettre tout le litige \u00e0 la Cour. LaCourconstateparailleursqueSOCIETE1.)aamplementprispositionsur lesmoyensd\u00e9velopp\u00e9sparl\u2019ETATetcemalgr\u00e9unemotivationdel\u2019exploit pr\u00eatantselonelle\u00e0confusion. Und\u00e9batsurlefonddel\u2019affaireadoncbieneulieu. SOCIETE1.)n\u2019ayant pour le surplus, pas non plus \u00e9tabli avoir subi un pr\u00e9judice, le moyende nullit\u00e9 ayant trait au libell\u00e9 obscur de l\u2019acte d\u2019appel est, partant, \u00e0 rejeter. -Recevabilit\u00e9 des appels principaux SOCIETE1.)s\u2019est rapport\u00e9e \u00e0 prudence de justice quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 des actes d\u2019appel en la pure forme. Dans la mesure o\u00f9 les appelsne sont pas autrement contest\u00e9set qu\u2019un moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 \u00e0 soulever d\u2019office par la Cour n\u2019est pas donn\u00e9, il y a lieu de retenir que ceux-ci sont recevables pour avoir \u00e9t\u00e9 introduits dans les formes et d\u00e9lais de la loi. -Appel incident deSOCIETE1.) La COMMUNE conclut \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande en indemnisation de SOCIETE1.)qualifi\u00e9 d\u2019appel incident. Il y a lieu de rappeler que l\u2019appel incident est l\u2019appel form\u00e9 par la partie intim\u00e9e en vue d\u2019une r\u00e9formation, dans son int\u00e9r\u00eat propre, de la d\u00e9cision qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par son adversaire, appelant principal, \u00e9tant entendu queseules les demandes analys\u00e9es par la juridiction du premier degr\u00e9 peuvent faire l\u2019objet d\u2019un appel principal ou incident. La Cour rel\u00e8ve que la demande pr\u00e9sent\u00e9e initialement en premi\u00e8re instance parSOCIETE1.)en ordre de subsidiarit\u00e9 \u00e9taitfonction du bien-fond\u00e9 ou non de sa demande principale en ex\u00e9cution forc\u00e9e de la convention. Ayant fait droit \u00e0 la demande principale, c\u2019est \u00e0 juste titre que le tribunal n\u2019a plus tois\u00e9 la demande subsidiaire en indemnisation. C\u2019est cette demande subsidiaire qui est maintenue en instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>8 Intim\u00e9 sur appel, le demandeur originaire peut reproduire ses conclusions subsidiaires formul\u00e9es en premi\u00e8re instance, comme moyen de d\u00e9fense, sans recourir \u00e0 un appel incident (cf. Cour 20 avril 1971, P.21, p. 502). Il convient en cons\u00e9quence, au vu de la formulation employ\u00e9e par l\u2019intim\u00e9e, de conclure non pas \u00e0 un appel incident, mais \u00e0 une r\u00e9it\u00e9ration en appel par SOCIETE1.)de sa demande subsidiaire de premi\u00e8re instance en cas de rejet de sa demande principale et qui se trouve ainsi d\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 la connaissance de la Cour d\u2019appel. La demande de l\u2019intim\u00e9e est donc sous cet aspect recevable. -Moyen tir\u00e9 de l\u2019ultra petita du jugement entrepris Les appelants reprochent autribunal, en toisant la pr\u00e9dite demande, d\u2019avoir statu\u00e9 ultra petita. Si l\u2019article 54 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile dispose que \u00able juge doit se prononcer sur tout ce qui est demand\u00e9 et seulement sur ce qui est demand\u00e9\u00bb, il s\u2019agit certes d\u2019une formulation extr\u00eamement large, mais il faut tenir compte de ce que l\u2019article 54 fait partie de la section 2 intitul\u00e9e \u00abObjet du litige\u00bb. Aux termes de l\u2019article 53 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, \u00abl\u2019objet du litige est d\u00e9termin\u00e9 par les pr\u00e9tentions respectives des parties. Ces pr\u00e9tentions sont fix\u00e9es par l\u2019acte introductif d\u2019instance et par les conclusions en d\u00e9fense. Toutefois l\u2019objet de litige peut \u00eatre modifi\u00e9 par les demandes incidentes lorsque celles-ci se rattachent aux pr\u00e9tentions originaires par un lien suffisant\u00bb. C\u2019est la sanction du pouvoir qu\u2019a la partie d\u2019\u00e9mettre la pr\u00e9tention et l\u2019existence de la sanction confirme le pouvoir. Ce pouvoir d\u00e9tenu par la partie borne le r\u00f4le du juge ; suivant une formule consacr\u00e9e et ramass\u00e9e, on ditqu\u2019il ne peut statuer sur une pr\u00e9tention dont la juridiction n\u2019est pas du tout saisie (ultra petita) ni omettre de statuer sur une pr\u00e9tention qui leur a \u00e9t\u00e9 soumise (infra petita). Il est acquis en cause queSOCIETE1.)a demand\u00e9 au tribunal de d\u00e9clarer la vente conclue suivant compromis du 4 mars 2014parfaite avec effet au 14 mars 2014, date de l\u2019approbation de la vente par le conseil communal de la COMMUNE, sinon \u00e0 compter de toute autre date \u00e0 arbitrer par le tribunal. En d\u00e9clarantparfaite avec effet au 4 mars 2014 la vente conclue entre la COMMUNE etSOCIETE1.)suivant compromis sous seing priv\u00e9 du 4 mars 2014, la juridiction du premier degr\u00e9 est rest\u00e9e dans les limites de la demande form\u00e9e parSOCIETE1.)et n\u2019a pas statu\u00e9 ultra petita. -Exceptionde nullit\u00e9 de la vente du 4 mars 2014<\/p>\n<p>9 Aux termes de l\u2019article 1599 du Code civil, \u00abla vente de la chose d\u2019autrui est nulle ; elle peut donner lieu \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats lorsque l\u2019acheteur a ignor\u00e9 que la chose f\u00fbt \u00e0 autrui\u00bb. L\u2019objectif de la nullit\u00e9 de la vente de la chose d\u2019autrui est uniquement de prot\u00e9ger l\u2019acheteur contre un risque d\u2019\u00e9viction, \u00e0 la suite d\u2019une action diligent\u00e9e par le v\u00e9ritable propri\u00e9taire ; aussi il ne s\u2019agit que d\u2019une nullit\u00e9 relative (se prescrivant par cinq ans, l\u2019acte peut \u00eatre confirm\u00e9, et ne pouvant \u00eatre invoqu\u00e9e que par l\u2019acheteur ; i.e. ni par le v\u00e9ritable propri\u00e9taire, ni par le vendeur). L\u2019acheteur peut opposer la nullit\u00e9 par voie d\u2019exception au vendeur qui lui r\u00e9clame le prix ; ou bien agir parvoie d\u2019action en demandant la nullit\u00e9, et sa cons\u00e9quence la r\u00e9p\u00e9tition du prix (\u2026). L\u2019acheteur, en agissant ainsi, anticipe la garantie contre l\u2019\u00e9viction due par le vendeur qui jouerait si le v\u00e9ritable propri\u00e9taire exer\u00e7ait l\u2019action en revendication de son bien. Du reste, c\u2019est la seule voie ouverte \u00e0 ce dernier puisque la nullit\u00e9 est relative et que la vente ne le regarde pas :Res inter alios acta; l\u2019annulation de la vente n\u2019est pas une condition de l\u2019action en revendication du propri\u00e9taire (Philippe LETOURNEAU, Dalloz Action, Droit de la responsabilit\u00e9 et des contrats, \u00e9d. 2004\/2005, n\u00b05816, p.965 et les jurisprudences y cit\u00e9es). La demande de la COMMUNE, agissant en sa qualit\u00e9 de venderesse, en annulation de la vente du 4 mars 2014 est partant irrecevable, alors qu\u2019une telle action n\u2019est ouverte qu\u2019\u00e0SOCIETE1.), en sa qualit\u00e9 d\u2019acqu\u00e9reuse. -Les faits Une meilleure compr\u00e9hension de ce litige justifie un bref rappel des faits et circonstances de la cause, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que la Cour d\u2019appel s\u2019inspire, \u00e0 cet effet, essentiellement des renseignements incontest\u00e9s, d\u00e9coulant des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et en partie contenus dans le jugement de premi\u00e8re instance, auquel il convient de renvoyer pour davantage de d\u00e9tails. En date du 4 mars 2014, la COMMUNE, en tant que partie venderesse, et SOCIETE1.), en tant que partie acheteuse, ont sign\u00e9 un compromis de vente sous seing priv\u00e9 portant sur une parcelle de terrain d\u2019une contenance de 2,57 ares, sise \u00e0LIEU2.), au lieu-dit \u00abLIEU3.)\u00bb, inscrite au cadastre sous le num\u00e9ro NUMERO2.), section(&#8230;)deLIEU2.), commune deLIEU1.), au prix total de 128.500.-euros. Ce compromis contenait en son article 5 la clause suivante: \u00abLa validit\u00e9 du pr\u00e9sent compromis est soumise \u00e0 l\u2019approbation du conseil communal de LIEU1.)et de l\u2019autorit\u00e9 sup\u00e9rieure. Il ne sortira ses effets qu\u2019apr\u00e8s ces approbations\u00bb. L\u2019article 6 du compromis pr\u00e9voyait encore que:\u00abLa validit\u00e9 du pr\u00e9sent compromis expirera le 31.12.2014.\u00bb. Lors de sa s\u00e9ance du 14 mars 2014, le Conseil communal de la COMMUNE a approuv\u00e9 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 cette transaction immobili\u00e8re.<\/p>\n<p>10 Le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur n\u2019a, selon toute \u00e9vidence, pas \u00e9t\u00e9 saisi d\u2019une requ\u00eate aff\u00e9rente de la COMMUNE visant \u00e0 approuver la d\u00e9lib\u00e9ration du Conseil communal du 14 mars 2014 ayant approuv\u00e9 le compromis de ventedu 4 mars 2014. Par acte notari\u00e9 du 28 novembre 2014, la COMMUNE etSOCIETE1.)ont authentifi\u00e9 la vente portant sur le m\u00eame objet immobilier au prix convenu de 128.500.-euros.Cet acte reprend \u00e0 l\u2019identique les stipulations du compromis sur les \u00e9l\u00e9ments essentiels que sont l\u2019objet de la vente et le prix de vente, y compris la modalit\u00e9 tenant au d\u00e9lai de paiement de deux mois. Il comporte encore des modalit\u00e9s portant sur les int\u00e9r\u00eats dus en cas de retard et des stipulations habituelles aux actes notari\u00e9s, mais omet la clause tenant \u00e0 la limitation de la dur\u00e9e de validit\u00e9 de l\u2019accord. Sous l\u2019intitul\u00e9 \u00abAPPROBATION\u00bb figurant \u00e0 la page 4 de cet acte figurait la stipulation suivante: \u00abLa convention pr\u00e9liminaire \u00e0 la pr\u00e9sente a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e par le Conseil communal en date du 14 mars 2014. Le pr\u00e9sent acte reste soumis \u00e0 l\u2019acceptation parle conseil communal et \u00e0 l\u2019approbation par le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur\u00bb.Aucune stipulation sur l\u2019\u00e9ch\u00e9ance end\u00e9ans laquelle la ou les conditions suspensives doivent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es n\u2019a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9. Dans sa s\u00e9ance du 8 mai 2015, le Conseil communal de la COMMUNE a d\u00e9cid\u00e9 de refuser \u00abl\u2019approbation de l\u2019acte d\u2019acquisition du 28 novembre 2014\u00bb. Par courrier du 29 juillet 2015, le Conseil communal a inform\u00e9 le mandataire deSOCIETE1.)que son refus est motiv\u00e9 par des consid\u00e9rations et informations qui n\u2019\u00e9taient pas en sa possession en mars 2014, \u00e0 savoir que la parcelle litigieuse n\u00b0NUMERO2.)se trouve dans le domaine public communal et non dans le domaine priv\u00e9 communal excluant ainsi toute possibilit\u00e9 de vente. -Ex\u00e9cution forc\u00e9e du compromis du 4 mars 2014 Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1134 du Code civil, les obligations l\u00e9galement form\u00e9es tiennent lieu de loi \u00e0 ceux qui les ont faites et doivent \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es de bonne foi. Aux termes de l\u2019article 1583 du Code civil, la vente est parfaite entre les parties, et la propri\u00e9t\u00e9 est acquise de droit \u00e0 l\u2019acheteur \u00e0 l\u2019\u00e9gard du vendeur, d\u00e8s qu\u2019on est convenu de la chose et du prix, quoique la chose n\u2019ait pas encore \u00e9t\u00e9 livr\u00e9e, ni le prix pay\u00e9. Le contrat de vente se forme ainsi d\u00e8s l&#039;instant o\u00f9 se rencontrent les volont\u00e9s concordantes du vendeur et de l&#039;acheteur sur la chose et sur le prix, sans qu&#039;il soit n\u00e9cessaire que les parties se soient expliqu\u00e9es sur les conditions accessoires de la vente, car elles sont pr\u00e9sum\u00e9es s&#039;en \u00eatre rapport\u00e9es pour ces derni\u00e8res au droit commun.<\/p>\n<p>11 Il s\u2019ensuit que la vente est un contrat consensuel pour lequel aucune forme n\u2019est requise en vue de sa conclusion. Cette r\u00e8gle vaut \u00e9galement en mati\u00e8re de vente d\u2019immeubles, aucun formalisme n\u2019\u00e9tant, en principe, impos\u00e9 par le Code civil. L\u2019\u00e9change de consentement quant \u00e0 l\u2019immeuble vendu et le prix de vente suffit d\u00e8s lors \u00e0 former la vente entre le vendeur et l\u2019acheteur. L\u2019acte authentique, qui doit n\u00e9cessairement \u00eatre \u00e9tabli en raison des exigences de la publicit\u00e9 fonci\u00e8re, n\u2019est pas requis pour la validit\u00e9 de la vente, mais uniquement pour en assurer l\u2019opposabilit\u00e9 aux tiers. L\u2019op\u00e9ration de vente d\u2019un immeuble doit d\u00e8s lors \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9finitivement conclue \u00e0 partir du moment o\u00f9 les parties se sont engag\u00e9es par une promesse synallagmatique de vente ou un compromis de vente. En effet, l&#039;acte authentique joue uniquement son r\u00f4le de simple mesure d&#039;ex\u00e9cution d&#039;une vente que le compromis a d\u00e9j\u00e0 pleinement r\u00e9alis\u00e9e. On ne doit pas consid\u00e9rer, \u00e0 moins que la volont\u00e9 des parties soit clairement en sens contraire, que la formation etl&#039;efficacit\u00e9 de la vente sont subordonn\u00e9es \u00e0 l&#039;\u00e9tablissement de cet acte. L\u2019avant-contrat vaut d&#039;ores et d\u00e9j\u00e0 vente, m\u00eame si sa constatation en la forme authentique est report\u00e9e \u00e0 une date ult\u00e9rieure (Cass. 3e civ., 11 juin 1992, n\u00b090-12.415 : JurisData n\u00b01992-001243 ; Bull. civ. III, n\u00b0206) et ses effets se produisent sans attendre l&#039;\u00e9tablissement de l&#039;acte authentique, soit imm\u00e9diatement (s&#039;il n&#039;y a pas de condition suspensive, ce qui est assez rare) soit \u00e0 la date de la r\u00e9alisation des conditions. C\u2019estseulement apr\u00e8s la r\u00e9alisation des conditions suspensives que la passation de l\u2019acte notari\u00e9 peut \u00eatre exig\u00e9e. C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 juste titre que le tribunal a retenuque le compromis vaut vente et d\u00e9termine la nature et le contenu des relations contractuelles entre parties. Ainsi, si deux parties signent, comme en l\u2019occurrence, un compromis de vente dans lequel elles ont convenu de la chose vendue et du prix, ce compromis vaut vente, \u00e0 moins qu\u2019il ne r\u00e9sulte des termes de cette convention que les parties ont entendu suspendrela r\u00e9alisation de la vente \u00e0 la survenance d\u2019un \u00e9v\u00e9nement futur. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 un compromis de vente contiendrait plusieurs conditions suspensives, l\u2019ex\u00e9cution du contrat est soumise \u00e0 la r\u00e9alisation de toutes les conditions. Il appartient au juge d\u2019analyser si, comme le concluent les parties au litige, ledit compromis comporte une ou des conditions suspensives et le cas \u00e9ch\u00e9ant, si ces conditions suspensives ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es en l\u2019esp\u00e8ce. Il est constant que la convention a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9e le 14 mars 2014 par le Conseil communal. La premi\u00e8re condition est d\u00e8s lors acquise d\u00e8s cette date comme le tribunal l\u2019a correctement retenu.<\/p>\n<p>12 Il est cependant \u00e9galement constant en cause que la convention n\u2019a \u00e0 ce jour pas fait l\u2019objet d\u2019uneapprobation expresse, sinon tacite par le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. Il est admis qu\u2019un contrat sign\u00e9 par la Commune dont la d\u00e9cision est assujettie \u00e0 la formalit\u00e9 d\u2019approbation, est un contrat assorti d\u2019une condition suspensive (cf. Pr\u00e9cis de Droit Communal, par Robert WILKIN, \u00e9dition 1959, n\u00b0 634). Le compromis sign\u00e9 entre parties \u00e9tait partant soumis \u00e0 la condition suspensive que la COMMUNE obtienne l\u2019approbation minist\u00e9rielle pr\u00e9vue par la loi.Il en r\u00e9sulte clairement et contrairement aux affirmations deSOCIETE1.)que ce n\u2019est pas l\u2019acte notari\u00e9 de vente qui devait \u00eatre soumis \u00e0 l\u2019approbation du ministre mais la d\u00e9lib\u00e9ration du Conseil communal. L\u2019approbation par le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur trouve sa base l\u00e9gale dans l\u2019article 106 de la loicommunale modifi\u00e9e du 13 d\u00e9cembre 1988 aux termes duquel \u00abSans pr\u00e9judice d\u2019autres dispositions l\u00e9gales sp\u00e9ciales sont soumises \u00e0 l\u2019approbation du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur les d\u00e9lib\u00e9rations des conseils communaux portant sur les objets suivants : 1\u00b0 \u2026 2\u00b0 Les ali\u00e9nations et \u00e9changes de biens ou droits immobiliers dela commune, les partages de biens immobiliers indivis, \u00e0 moins que ces partages ne soient ordonn\u00e9s par l\u2019autorit\u00e9 judiciaire, les constitutions d\u2019hypoth\u00e8ques, les emprunts, les garanties d\u2019emprunts, les ouvertures de cr\u00e9dits, le tout si la valeur en d\u00e9passe 50.000.- euros. Cette somme pourra \u00eatre relev\u00e9e par r\u00e8glement grand-ducal\u00bb. L&#039;autorit\u00e9 communale exerce ses comp\u00e9tences sous l&#039;approbation du Ministre de l&#039;Int\u00e9rieur. Il appartient \u00e0 celui-ci, en tant qu&#039;autorit\u00e9 de tutelle, de veiller \u00e0 ce que les d\u00e9cisions de l&#039;autorit\u00e9 communale ne violent aucune r\u00e8gle de droit et ne heurtent pas l&#039;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. Le droit d&#039;approuver la d\u00e9cision du Conseil communal a comme corollaire celui de ne pas approuver cette d\u00e9cision. Cette approbation implique n\u00e9cessairement l&#039;examen du dossier et comporte l&#039;appr\u00e9ciation du ministre sur la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure et des propositions du Conseil communal, ainsi que sur les modifications de la partie graphique et \u00e9crite des plans. La vente conclue entre la COMMUNE etSOCIETE1.)devant d\u2019abord, de par la loi, \u00eatre pourvue de l\u2019approbation par l\u2019autorit\u00e9 de tutelle pour \u00eatre effective, l\u2019observation de ladite condition, qui est toujours sous-entendue, s\u2019impose qu\u2019elle f\u00fbt express\u00e9ment stipul\u00e9e ou non dans le contrat. Les parties contractantes en \u00e9taient d\u2019ailleurs conscientes en l\u2019occurrence dans la mesure o\u00f9 elles ont formul\u00e9 une r\u00e9serve en ce sens. Cette exigence l\u00e9gale \u00e0 respecter pour tous les actes concern\u00e9s ne peut \u00eatre assimil\u00e9e \u00e0 une condition conventionnelle stipul\u00e9e dans l\u2019int\u00e9r\u00eat exclusif de l\u2019une ou de l\u2019autre, voire m\u00eame des deux parties. Son observation s\u2019impose. En cas de d\u00e9faut, l\u2019acte-les arguments des parties quant \u00e0 la nature de l\u2019acte qui devrait en \u00eatre muni en d\u00e9finitive sont du moins en l\u2019occurrence sans int\u00e9r\u00eat dans la mesure o\u00f9 la susdite d\u00e9lib\u00e9ration communale devait d\u2019abord en \u00eatre pourvue en vue de la r\u00e9alisation de la vente-conclu avec la commune et un particulier est \u00e0 ce seul titre priv\u00e9 d\u2019effet.<\/p>\n<p>13 La Cour approuve en cons\u00e9quence le tribunal d\u2019avoir retenu quel\u2019acte d\u2019approbation est un acte essentiel \u00e0 la validit\u00e9 de l\u2019engagement contractuel de la COMMUNE en ce qu\u2019elle ne peut pas s\u2019engager d\u00e9finitivement sans ou outre l\u2019approbation minist\u00e9rielle. C\u2019est \u00e9galement \u00e0 raison que le tribunal a relev\u00e9 quel\u2019approbation minist\u00e9rielle ne constitue pas un terme suspensif, qui tient en suspens une convention d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 l\u00e9galement form\u00e9e, mais qu\u2019elle constitue une condition suspensive consubstantielle \u00e0 la validit\u00e9 m\u00eame de la convention. Le tribunal a encore, pour des motifs exacts, d\u00e9duits par une appr\u00e9ciation correcte et exhaustive des \u00e9l\u00e9ments du dossier, auxquels la Cour renvoie, d\u00e9cid\u00e9quele d\u00e9faut de saisine par la COMMUNE du Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur aux fins d\u2019approbation de la d\u00e9lib\u00e9ration du Conseil communal du 14 mars 2014 n\u2019entra\u00eene pas pour cons\u00e9quence la r\u00e9alisation fictive de la condition suspensive tenant \u00e0 l\u2019approbation par le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur en application de l\u2019article 1178 du Code civil. C\u2019est enfin \u00e0 bon droit que les juges de premi\u00e8re instance en ont d\u00e9duitd\u2019une part que le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur doit \u00eatre saisi aux fins d\u2019approbation ou de d\u00e9sapprobation de la d\u00e9lib\u00e9ration du conseil communal du 14 mars 2014 portant approbation de la vente de la parcelle de terrain litigieuse par la COMMUNE \u00e0SOCIETE1.), et d\u2019autre part que le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur n\u2019a pas \u00e0 ce jour \u00e9t\u00e9 saisi \u00e0 ces fins, de sorte qu\u2019il n\u2019existe pas de d\u00e9cision \u00e0 cet \u00e9gard. La Cour ne saurait n\u00e9anmoins suivre le raisonnement du tribunal qui sous couvert d\u2019appliquer le principe du r\u00e9alisme a poursuivi son examen pour en arriver \u00e0 la conclusion que nila COMMUNE, ni l\u2019ETAT n\u2019ayant \u00e9tablile caract\u00e8re d\u2019inali\u00e9nabilit\u00e9 de la parcelle litigieuse, et par cons\u00e9quent la nullit\u00e9 de la vente,le Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur ne pouvait pas refuser l\u2019approbation de la d\u00e9lib\u00e9ration du conseil communal du 14 mars 2014 pour des raisons tir\u00e9es de l\u2019inali\u00e9nabilit\u00e9 de ladite parcelle, de sorte que les deux conditions suspensives dont \u00e9tait affect\u00e9 le compromis de vente du 4 mars 2014 s\u2019\u00e9tant r\u00e9alis\u00e9es, la vente entre la COMMUNE etSOCIETE1.)act\u00e9e suivant acte notari\u00e9 du 28 novembre 2014 avec effet au jour de l\u2019accord contractuel initial, le constat de la r\u00e9alisation de la condition suspensive tenant \u00e0 l\u2019approbation de la vente par l\u2019ETAT en la personne de son Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur entra\u00eenant validation r\u00e9troactive de la convention. L\u2019analyse faite \u00e0 cet \u00e9gard par les juges du premier degr\u00e9 ne saurait en effet \u00eatre reprise en appel. La Cour entend encore souligner que tel que cela a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises par la Cour administrative, juridiction supr\u00eame de l\u2019ordre administratif luxembourgeois, le principe g\u00e9n\u00e9ral ne saurait \u00eatre utilement invoqu\u00e9 \u00abpour aboutir \u00e0 une interpr\u00e9tation non conforme \u00e0 la loi\u00bb (Cour adm. 19 octobre 2017, n\u00b0 39576C ; Cour adm., 26 f\u00e9vrier 2019, n\u00b0 41644C).<\/p>\n<p>14 Si l\u2019arr\u00eat de la Cour administrative du 27 octobre 2016 cit\u00e9 par le tribunal \u00e0 l\u2019appui de sa motivation s\u2019est \u00e9mancip\u00e9 de cette jurisprudence constante pour consacrer l\u2019application du principe de s\u00e9curit\u00e9 juridique \u00e0 une situation d\u00e9pourvue de fondement l\u00e9gal, c\u2019est uniquement au regard du contexte et de la situation particuli\u00e8re de l\u2019affaire en question. Cette d\u00e9cision n\u2019est aucunement transposable au pr\u00e9sent litige. En faisant fi de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une approbation expresse, sinon tacite de la d\u00e9lib\u00e9ration du Conseil communal par l\u2019autorit\u00e9 de tutelle, et ce au m\u00e9pris de l\u2019article106 de la loi communale pr\u00e9cit\u00e9e, les juges du premier degr\u00e9 se sont arrog\u00e9s un pouvoir que la loi ne leur conf\u00e8re pas, caract\u00e9risant ainsi une m\u00e9connaissance par le tribunal de l\u2019\u00e9tendue de ses pouvoirs juridictionnels. Les appelsde la COMMUNE et de l\u2019ETATsont d\u00e8s lors fond\u00e9s. Au vu des termes confus utilis\u00e9s par les appelants, il convient de pr\u00e9ciser que le jugement entrepris encourt non pas la r\u00e9formation, mais l\u2019annulation pour exc\u00e8s de pouvoir. L\u2019\u00e9vocation, pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 597 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, est facultative. Afin de pr\u00e9server aux parties au litige un double degr\u00e9 de juridiction, la Cour d\u00e9cide de renvoyer l\u2019affaire en premi\u00e8re instance. -Demandes accessoires L\u2019intim\u00e9e demande la condamnation de la COMMUNE \u00e0 l\u2019indemniser de ses frais et honoraires d\u2019avocat. En application de l\u2019article592 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile,la demande deSOCIETE1.)est irrecevable pour autant qu\u2019elle concerne les frais d\u2019avocat expos\u00e9s dans la premi\u00e8re instance du pr\u00e9sent litige. Elle est cependant recevable sur base de ce m\u00eame article en ce qu\u2019elle a trait aux frais d\u2019avocat expos\u00e9s en instance d\u2019appel. Cette demande n\u2019est cependant, au vu de l\u2019issue du litige, pas fond\u00e9e. L\u2019intim\u00e9e demande encore la condamnation des deux appelants au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et de dommages et int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire. Au vu de l\u2019issue de l\u2019appel ces demandes sont aussi \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9es. N\u2019ayantpasjustifi\u00e9del\u2019iniquit\u00e9requiseparlaloi,laCOMMUNE etl\u2019ETATsont \u00e9galement\u00e0d\u00e9bouterdeleurdemanded\u2019octroid\u2019uneindemnit\u00e9deproc\u00e9dure pourl\u2019instanced\u2019appel. PAR CES MOTIFS la Cour d\u2019appel, neuvi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement,<\/p>\n<p>15 vu l\u2019article 1 de la loi du 17 d\u00e9cembre 2021 portant modification de la loi modifi\u00e9e du 19 d\u00e9cembre 2020 portant prorogation des mesures devant les juridictions soumises \u00e0 la proc\u00e9dure civile; vul\u2019arr\u00eat de la CourN\u00b0 90\/22\u2013IX\u2013CIV du 22 juin 2022; re\u00e7oit les appels principaux en la forme; rejette le moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur de l\u2019exploit du 29 juin 2017; rejette le moyen tir\u00e9 de l\u2019ultra petita dujugement entrepris; d\u00e9clare la demande dela soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SAdu chef des demandes subsidiaires en indemnisationrecevable ; d\u00e9clare la demande de l\u2019Administration communale deLIEU1.)en annulation de la vente du 4 mars 2014 irrecevable; dit les appels principaux fond\u00e9s; partant,annule le jugement entrepris ; dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de proc\u00e9der par voie d\u2019\u00e9vocation ; renvoie devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg autrement compos\u00e9 ; dit non fond\u00e9e la demande de lasoci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SAen paiement de dommages et int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire ; dit non fond\u00e9e la demande dela soci\u00e9t\u00e9anonymeSOCIETE1.)SAdu chef de remboursement des frais et honoraires d\u2019avocat expos\u00e9s; d\u00e9boute les parties de leurs demandes bas\u00e9es sur l&#039;article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile; condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)SA aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre,en pr\u00e9sence du greffier assum\u00e9 Laetitia D\u2019ALESSANDRO.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/20251012-230237\/20220714-cach09-45063-45064-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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