{"id":652725,"date":"2026-04-22T23:19:39","date_gmt":"2026-04-22T21:19:39","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-13-juillet-2022-n-2022-00144\/"},"modified":"2026-04-22T23:19:44","modified_gmt":"2026-04-22T21:19:44","slug":"cour-superieure-de-justice-13-juillet-2022-n-2022-00144","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-13-juillet-2022-n-2022-00144\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 13 juillet 2022, n\u00b0 2022-00144"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 140\/ 22 IV-COM<\/p>\n<p>Audience publique du treize juillet deux mille vingt-deux Num\u00e9ro CAL-2022-00144 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition: Marie-Laure MEYER, pr\u00e9sident de chambre; Carole BESCH, conseiller; Nathalie HILGERT, conseiller; Eric VILVENS, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e A, sans \u00e9tat connu, veuve de feu B, demeurant aux, appelante aux termes d\u2019un acte de l&#039;huissier de justice Frank Schaal de Luxembourg du 2 d\u00e9cembre 2021, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Arendt &amp; Medernach, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 1855 Luxembourg, 41 A, avenue John F. Kennedy, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro B 186371, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Paul Mousel, avocat \u00e0 la Cour, e t 1. la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil de g\u00e9rance, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B, 2. D, administrateur de soci\u00e9t\u00e9s, demeurant \u00e0, pris en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant et\/ou membre du conseil de g\u00e9rance d\u2019C, 3. E, administrateur de soci\u00e9t\u00e9s, demeurant \u00e0, pris en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant et\/ou membre du conseil de g\u00e9rance d\u2019C,<\/p>\n<p>intim\u00e9s aux fins du pr\u00e9dit acte Schaal,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Luther, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 1736 Senningerberg, 1B, Heienhaff, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 195777, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Karine Vilret, avocat \u00e0 la Cour, 4. F, administrateur de soci\u00e9t\u00e9s, demeurant \u00e0, pris en sa qualit\u00e9 d\u2019h\u00e9ritier unique de feu B,<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du pr\u00e9d it acte Schaal,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Lydie Lorang avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>5. G, administrateur, demeurant en, pris en sa qualit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire de feu B,<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du pr\u00e9d it acte Schaal,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Pierre Hurt, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>6. le groupement d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique LUXEMBOURG BUSINESS REGISTERS, \u00e9tabli \u00e0 L- 1468 Luxembourg, 14, rue Erasme, immatricul\u00e9 au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro C24 , repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil de g\u00e9rance, en sa qualit\u00e9 de gestionnaire du Registre des B\u00e9n\u00e9ficiaires Effectifs,<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du pr\u00e9dit acte Schaal,<\/p>\n<p>comparant par Madame Sophie Guelle, juriste, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>LA COUR D&#039;APPEL<\/p>\n<p>Faits A, de nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine, a contract\u00e9 mariage avec feu B , de nationalit\u00e9 suisse, \u00e0 Hong Kong le 22 d\u00e9cembre 2008. Le couple n\u2019a pas conclu de contrat de mariage. Feu B a un fils d\u2019un lit ant\u00e9rieur, F (ci-apr\u00e8s F). Le 2 avril 2010 fut constitu\u00e9e la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit luxembourgeois C (ci-apr\u00e8s C), ainsi que sa filiale, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e H . Il r\u00e9sulte de l\u2019extrait du Registre de commerce<\/p>\n<p>et des soci\u00e9t\u00e9s qu\u2019 C est d\u00e9tenue \u00e0 100% par la soci\u00e9t\u00e9 de droit panam\u00e9en I. Feu B figurait comme b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif (ci-apr\u00e8s BE) d\u2019C suivant d\u00e9claration du 4 d\u00e9cembre 2015. Il \u00e9tait \u00e9galement g\u00e9rant d\u2019C jusqu\u2019\u00e0 sa radiation intervenue le 29 novembre 2019, suite \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s. D et E sont actuellement les membres du conseil de g\u00e9rance d\u2019 C. Le 29 septembre 2015, feu B a fait d\u00e9poser une requ\u00eate en divorce devant les juridictions mon\u00e9gasques. Apr\u00e8s une ordonnance de non- conciliation du 21 janvier 2016, le tribunal de premi\u00e8re instance a fix\u00e9 les mesures provisoires par jugement du 16 novembre 2017. Malgr\u00e9 les contestations de A, consid\u00e9rant que le statut de r\u00e9sident mon\u00e9gasque de feu B \u00e9tait fictif et obtenu de mani\u00e8re frauduleuse, le tribunal de premi\u00e8re instance de Monaco s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 territorialement comp\u00e9tent pour conna\u00eetre du divorce des \u00e9poux A-B suivant jugement du 14 f\u00e9vrier 2019. Feu B est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 26 juillet 2019 \u00e0 Ramatuelle (France) alors que le divorce entre \u00e9poux n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9. Suivant testament authentique re\u00e7u le 24 juillet 2018 par un notaire mon\u00e9gasque, feu B a exprim\u00e9 son intention de soumettre sa succession au droit suisse. Il a en outre exh\u00e9r\u00e9d\u00e9 son \u00e9pouse et institu\u00e9 son fils F comme h\u00e9ritier universel unique. G y a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 comme ex\u00e9cuteur testamentaire. A a contest\u00e9 la clause d\u2019exh\u00e9r\u00e9dation et introduit le 3 f\u00e9vrier 2020, entre autres, une proc\u00e9dure en annulation devant les tribunaux du canton de Berne en Suisse. Des demandes subsidiaires \u00e0 cette proc\u00e9dure ont \u00e9t\u00e9 introduites devant la Chambre patrimoniale cantonale de Lausanne et devant le Tribunal de premi\u00e8re instance \u00e0 Monaco. Elle s\u2019est toutefois d\u00e9sist\u00e9e de cette derni\u00e8re instance et le d\u00e9sistement a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u par jugement du 16 d\u00e9cembre 2021. F a, pour sa part, introduit une action devant les tribunaux de Lausanne tenant entre autres \u00e0 faire constater que le r\u00e9gime matrimonial des \u00e9poux A -B \u00e9tait une s\u00e9paration des biens. Cette proc\u00e9dure est toujours en cours. Suivant d\u00e9claration du 10 ao\u00fbt 2019, C a d\u00e9clar\u00e9 au Registre des B\u00e9n\u00e9ficiaires Effectifs (ci-apr\u00e8s \u00ab RBE \u00bb) que G , en sa qualit\u00e9 d\u2019\u00ab ex\u00e9cuteur testamentaire repr\u00e9sentant l\u2019indivision successorale, suite au d\u00e9c\u00e8s du BE \u00bb est son seul b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif (BE). Proc\u00e9dure de premi\u00e8re instance Par exploit d\u2019huissier de justice du 13 juin 2020, A a fait donner assignation \u00e0 C , \u00e0 D, \u00e0 E , \u00e0 F , \u00e0 G et au groupement d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique LUXEMBOURG BUSINESS REGISTERS (ci-apr\u00e8s le LBR) \u00e0 compara\u00eetre devant le magistrat pr\u00e9sidant la chambre du<\/p>\n<p>tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale. A a demand\u00e9 \u00e0 voir : * ordonner la radiation de G pris en sa qualit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire de feu B du RBE en ce qui concerne C ; * ordonner l\u2019inscription au RBE concernant C d\u2019F ; * ordonner l\u2019inscription au RBE concernant C de A ; * ordonner le d\u00e9p\u00f4t de l\u2019ordonnance \u00e0 intervenir au RBE ; * condamner C , D, E, F et G solidairement sinon in solidum sinon chacun pour sa part \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, avec distraction au profit de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019avocats Arendt &amp; Medernach, qui affirme en avoir fait l\u2019avance ; * les condamner solidairement, sinon in solidum, sinon chacun pour sa part \u00e0 payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros \u00e0 la requ\u00e9rante sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ; * d\u00e9clarer l\u2019ordonnance \u00e0 intervenir commune \u00e0 l\u2019\u00e9gard du LBR ; * ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution de l\u2019ordonnance \u00e0 intervenir. Le recours a \u00e9t\u00e9 bas\u00e9 sur l\u2019article 7 (3) de la loi du 13 janvier 2019 instituant un Registre des b\u00e9n\u00e9ficiaires effectifs (ci-apr\u00e8s la \u00ab Loi RBE \u00bb). Par ordonnance rendue le 29 octobre 2021, la premi\u00e8re vice- pr\u00e9sidente du tribunal d\u2019arrondissement, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale et comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 (ci-apr\u00e8s le magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance) a statu\u00e9 comme suit : \u00ab nous d\u00e9clarons incomp\u00e9tente pour statuer sur la demande en inscription de A et F \u00e0 titre de b\u00e9n\u00e9ficiaires effectifs de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C SARL, nous d\u00e9clarons comp\u00e9tente pour le surplus, recevons la demande en radiation de G en tant que b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C SARL, la d\u00e9clarons non fond\u00e9e, d\u00e9clarons non fond\u00e9e la demande de A sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, d\u00e9clarons fond\u00e9es les demandes de G, d\u2019F, de D , de E et de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C SARL sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile,<\/p>\n<p>condamnons A \u00e0 payer \u00e0 G le montant de 1.500,- EUR de ce chef, condamnons A \u00e0 payer \u00e0 F le montant de 1.500,- EUR de ce chef, condamnons A \u00e0 payer \u00e0 D le montant de 500,- EUR de ce chef, condamnons A \u00e0 payer \u00e0 E le montant de 500,- EUR de ce chef, condamnons A \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C SARL le montant de 500,- EUR de ce chef, condamnons A \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, d\u00e9clarons la pr\u00e9sente ordonnance commune au groupement d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9conomique LUXEMBOURG BUSINESS REGISTERS. \u00bb Pour statuer ainsi, le magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance a constat\u00e9 qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 saisi de deux demandes distinctes \u00e0 savoir d\u2019une demande en radiation d\u2019une inscription pr\u00e9tendument erron\u00e9e, celle de G et d\u2019une demande en inscription des pr\u00e9tendus BE, \u00e0 savoir F et A. Il a dit que le recours pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 7 (3) de la loi RBE donne comp\u00e9tence sp\u00e9ciale au magistrat pr\u00e9sidant la chambre commerciale du tribunal et que cette comp\u00e9tence est d\u2019interpr\u00e9tation stricte. Il en a d\u00e9duit que si l\u2019inscription de G en tant que BE d\u2019C couvre un tel droit de recours, en ce qu\u2019il tend \u00e0 mettre en cause l\u2019inscription telle qu\u2019accept\u00e9e par le LBR, les deux demandes en inscription ne rel\u00e8vent pas du recours de l\u2019article 7 (3), \u00e0 d\u00e9faut de d\u00e9cision de refus de leur inscription, aucune demande en ce sens n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e devant le LBR en tant que gestionnaire du RBE. Il a \u00e9galement relev\u00e9 que si les demandes de A tendent in fine \u00e0 obtenir le cas \u00e9ch\u00e9ant une modification de l\u2019inscription du BE d\u2019C, ce n\u2019est qu\u2019au prix d\u2019une d\u00e9cision pr\u00e9alable sur les droits \u00e9ventuels exerc\u00e9s par elle sur les actions de cette soci\u00e9t\u00e9, d\u00e9cision qui ne rel\u00e8ve pas de la comp\u00e9tence du magistrat dont le pouvoir de juridiction est clairement d\u00e9limit\u00e9 par l\u2019article 7 (3) de la Loi RBE. De m\u00eame, selon ce magistrat, compte tenu de la comp\u00e9tence exclusive confi\u00e9e au juge aux affaires familiales en mati\u00e8re de r\u00e9gimes matrimoniaux, il est incomp\u00e9tent, m\u00eame de mani\u00e8re incidente \u00e0 se prononcer sur toute question relative au r\u00e9gime matrimonial des \u00e9poux A-B. La demande de A tendant \u00e0 son inscription ainsi que celle d\u2019F en tant que BE d\u2019C a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e. Le moyen de nullit\u00e9 de l\u2019assignation pour cause de libell\u00e9 obscur, soulev\u00e9 par C , D et E a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9 motif pris que la demande en radiation a \u00e9t\u00e9 clairement \u00e9nonc\u00e9e dans l\u2019assignation. Le moyen soulev\u00e9 par ces parties quant \u00e0 l\u2019absence de qualit\u00e9 et d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir de A a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 au motif que A , affirmant disposer de droits sur les participations dans C, est susceptible d\u2019avoir<\/p>\n<p>la qualit\u00e9 de BE de l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e et qu\u2019elle est d\u00e8s lors \u00e0 consid\u00e9rer comme une personne int\u00e9ress\u00e9e au sens de la L oi RBE. La demande en radiation de G en tant que BE de C a \u00e9t\u00e9 finalement d\u00e9clar\u00e9e non fond\u00e9e. Pour d\u00e9terminer si un ex\u00e9cuteur testamentaire soumis au droit suisse peut qualifier pour \u00eatre inscrit comme BE d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 dont le BE ant\u00e9rieur \u00e9tait le de cujus, le magistrat a consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019en droit suisse, les h\u00e9ritiers deviennent propri\u00e9taires des actions (d\u00e9tenues par le de cujus) de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme, que l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire en acquiert la possession et qu\u2019il exerce un v\u00e9ritable contr\u00f4le sur une soci\u00e9t\u00e9 dont les actions font partie de la masse successorale. Il a d\u00e8s lors \u00e9t\u00e9 retenu que l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant le BE et que partant la demande en radiation de G est non fond\u00e9e. L\u2019appel Par exploit d\u2019huissier de justice du 2 d\u00e9cembre 2021, A a relev\u00e9 appel de l\u2019ordonnance. Elle demande par r\u00e9formation de : &#8212; dire que le magistrat pr\u00e9sidant la chambre du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale a comp\u00e9tence mat\u00e9rielle et territoriale pour conna\u00eetre de s a demande bas\u00e9e sur l\u2019article 7 de la loi RBE d\u2019ordonner la radiation de G et l\u2019inscription d\u2019F et de l\u2019appelante dans ledit RBE de la soci\u00e9t\u00e9 C , &#8212; ordonner la radiation de G du RBE concernant la soci\u00e9t\u00e9 C , par cons\u00e9quent : &#8212; ordonner l\u2019inscription de l\u2019appelante et d\u2019F dans le RBE concernant la soci\u00e9t\u00e9 C , &#8212; d\u00e9clarer l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir commun au LBR et voir ordonner \u00e0 ce groupement tous devoirs que de droit, &#8212; condamner les parties intim\u00e9es \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens des deux instances, &#8212; r\u00e9server la partie appelante de tout paiement en faveur des parties intim\u00e9es sub 1) \u00e0 sub 5) sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile &#8212; condamner les parties intim\u00e9es sub 1) \u00e0 sub 5) \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Les moyens de A A la base de son acte d\u2019appel, elle fait valoir qu\u2019elle agit en sa qualit\u00e9 de veuve non- divorc\u00e9e de l\u2019ancien BE et qu\u2019elle a une vocation h\u00e9r\u00e9ditaire. Dans ses notes de plaidoiries, ainsi que lors de ses plaidoiries orales, elle d\u00e9clare agir exclusivement en sa qualit\u00e9 d\u2019\u00e9pouse (actuellement veuve) commune en bien de feu B .<\/p>\n<p>Elle estime que la Cour, saisie en mati\u00e8re de recours pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 7 (3) de la loi RBE a comp\u00e9tence pour ordonner une radiation et que logiquement, elle devrait \u00e9galement avoir comp\u00e9tence pour ordonner une inscription. Ainsi, le paragraphe 4 de l\u2019article 7 donnerait pouvoir au juge d\u2019ordonner une inscription ou une modification d\u2019inscription qui doit \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e par le gestionnaire. Il r\u00e9sulterait des travaux parlementaires que le projet de loi a \u00e9t\u00e9 clairement et consciemment amend\u00e9 afin non seulement de pr\u00e9voir une voie de recours, mais \u00e9galement pour permettre au juge saisi d\u2019ordonner directement une inscription ou une modification d\u2019inscription au gestionnaire du RBE. L\u2019amendement l\u00e9gislatif donnerait au juge un vrai pouvoir de r\u00e9formation. Elle conclut d\u00e8s lors par r\u00e9formation \u00e0 la comp\u00e9tence de la Cour pour conna\u00eetre des deux demandes d\u2019inscription. Quant \u00e0 la demande de radiation de G en tant que BE, pour laquelle le magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 juste raison comp\u00e9tent, elle estime qu\u2019un ex\u00e9cuteur testamentaire, quelque soient ses pouvoirs et la loi \u00e0 laquelle il est soumis, ne saurait \u00eatre un BE au sens de la loi luxembourgeoise et des textes de droit europ\u00e9en que cette loi a transpos\u00e9s. Un ex\u00e9cuteur testamentaire ne serait jamais propri\u00e9taire de la succession qu\u2019il administre, il ne serait tout au plus \u2013 s\u2019il a la saisine \u2013 le possesseur. Or, il ne poss\u00e8de pas pour soi mais pour les h\u00e9ritiers, soit pour autrui. L\u2019\u00e9conomique de la Loi RBE consisterait cependant \u00e0 rendre public le BE (ou \u00ab v\u00e9ritable propri\u00e9taire \u00bb) des actions de soci\u00e9t\u00e9s, non les pr\u00eate- noms ou \u00e9crans qui d\u00e9tiennent ces actions pour autrui, donc pour une personne non inscrite au registre. Elle estime que pour l\u2019appr\u00e9ciation de la notion de BE, il n\u2019y aurait pas de renvoi \u00e0 la loi nationale de celui qui serait inscrit en tant que tel. Finalement, elle donne \u00e0 consid\u00e9rer que si les dirigeants d\u2019C n\u2019avaient pas pu identifier de BE et en cas du moindre doute sur l\u2019identit\u00e9 du ou des BE, ils auraient d\u00fb se faire inscrire eux-m\u00eames au RBE. En ce qui concerne l\u2019inscription d\u2019F, elle fait valoir que ce dernier a recueilli au moins une partie de la succession de son p\u00e8re en pleine propri\u00e9t\u00e9, de sorte qu\u2019il y aurait lieu d\u2019ordonner sur base du testament du 24 juillet 2018 son inscription en tant que BE d\u2019C dans le RBE. En ce qui concerne sa propre inscription, A estime se qualifier de BE d\u2019C en sa qualit\u00e9 d\u2019\u00e9pouse (actuellement veuve) commune en biens de feu B. Elle avance qu\u2019en vertu de crit\u00e8res de rattach ement fix\u00e9s par la Convention sur la loi applicable aux r\u00e9gimes matrimoniaux sign\u00e9e \u00e0 la Haye le 14 mars 1978, et \u00e0 d\u00e9faut pour les \u00e9poux A-B, de nationalit\u00e9 diff\u00e9rente, d\u2019avoir conclu un contrat de mariage et d\u2019avoir choisi une premi\u00e8re r\u00e9sidence commune, l\u2019Etat avec lequel le r\u00e9gime matrimonial pr\u00e9senterait les liens les plus \u00e9troits \u00e9tait le Luxembourg, alors que dans les premi\u00e8res ann\u00e9es qui ont suivi le mariage, le centre des affaires \u00e9conomiques aurait \u00e9t\u00e9 le Luxembourg. Elle en d\u00e9duit que l es \u00e9poux \u00e9taient mari\u00e9s sous un r\u00e9gime de communaut\u00e9 dont la moiti\u00e9 lui reviendrait lors de la liquidation de cette communaut\u00e9.<\/p>\n<p>Les moyens de G G conclut \u00e0 la confirmation de l\u2019ordonnance en ce que le magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 incomp\u00e9tent pour statuer sur les demandes en inscription de A et d\u2019F. La loi RBE aurait attribu\u00e9 une comp\u00e9tence sp\u00e9cifique et autonome au \u00ab magistrat pr\u00e9sidant la chambre du tribunal d\u2019arrondissement si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale \u00bb pour les \u00ab recours contre la d\u00e9cision d\u2019inscription ou de refus d\u2019inscription \u00bb. Cette comp\u00e9tence d\u2019attribution exclusive aurait n\u00e9cessairement pour corollaire d\u2019\u00eatre une comp\u00e9tence d\u2019interpr\u00e9tation stricte, alors qu\u2019elle d\u00e9roge \u00e0 la comp\u00e9tence de droit commun du Tribunal d\u2019arrondissement sinon de toute juridiction de droit commun. Il ne ressortirait pas des travaux parlementaires qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 l\u2019intention du l\u00e9gislateur de permettre \u00e0 toute personne int\u00e9ress\u00e9e d\u2019introduire en justice une demande pure et simple d\u2019immatriculation, pour soi-m\u00eame ou pour autrui, qui n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e ant\u00e9rieurement devant le gestionnaire du RBE. Le recours de l\u2019article 7(3) de la loi RBE serait un recours contre une d\u00e9cision du gestionnaire du RBE et non un recours pour demander la r\u00e9alisation d\u2019un droit subjectif \u00e0 une inscription. G approuve \u00e9galement que le magistrat de premi\u00e8re instance s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 incomp\u00e9tent pour statuer sur les demandes de l\u2019appelante ayant trait au r\u00e9gime matrimonial. Ces demandes seraient de la comp\u00e9tence d\u2019attribution du juge aux affaires familiales et le magistrat, saisi dans le cadre du recours pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 7(3) de la Loi RBE n\u2019aurait pas comp\u00e9tence pour statuer sur les demandes pr\u00e9alables relatives au r\u00e9gime matrimonial des \u00e9poux A -B formul\u00e9es par l\u2019appelante. Il expose encore que le recours de l\u2019article 7(3) est \u00e9troitement inspir\u00e9 d\u2019un recours similaire organis\u00e9 par l\u2019article 21 (4) de la loi du 19 d\u00e9cembre 2002 concernant le registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s ainsi que la comptabilit\u00e9 et les comptes annules des entreprise (ci- apr\u00e8s Loi RCS), laquelle pr\u00e9voit d\u2019abord l\u2019obligation pour le gestionnaire de refuser une demande d\u2019inscription au cas o\u00f9 celle- ci est incompl\u00e8te, non conforme aux dispositions l\u00e9gales en vigueur ou incoh\u00e9rente. A titre encore plus subsidiaire, G soul\u00e8ve l\u2019incomp\u00e9tence internationale de la Cour. Il donne d\u2019abord \u00e0 consid\u00e9rer que des instances relatives au r\u00e9gime matrimonial applicable aux \u00e9poux A-B ont \u00e9t\u00e9 introduites \u00e0 Monaco et en Suisse, de sorte qu\u2019il y aurait lieu de conclure \u00e0 la connexit\u00e9 de ces instances avec celle actuellement pendante devant le magistrat saisi \u00e0 Luxembourg, qui aurait \u00e9t\u00e9 saisi en cinqui\u00e8me lieu de la question relative au r\u00e9gime matrimonial applicable. Une d\u00e9cision prise \u00e0 ce sujet \u00e0 Luxembourg risquerait d\u2019entrer en contradiction avec les d\u00e9cisions \u00e0 rendre \u00e0 Monaco ou en Suisse, de sorte que le juge luxembourgeois devrait se d\u00e9clarer incomp\u00e9tent et renvoyer<\/p>\n<p>l\u2019appelante devant les juridictions \u00e9trang\u00e8res qu\u2019elle a saisies pr\u00e9alablement afin de trancher la question du r\u00e9gime matrimonial applicable \u00e0 son union avec feu B . Par ce renvoi, le magistrat de c\u00e9ans serait dessaisi, de sorte qu\u2019il y aurait lieu de d\u00e9clarer non fond\u00e9e la demande en modification de l\u2019inscription au RBE. A titre subsidiaire, il y aurait lieu de sursoir \u00e0 statuer jusqu\u2019\u00e0 ce que le juge comp\u00e9tent aura statu\u00e9 sur la question du r\u00e9gime matrimonial applicable, ainsi que sur l\u2019application de ce r\u00e9gime au cas d\u2019esp\u00e8ce. Quant au fond, G fait plaider qu\u2019en application de la Convention de La Haye, le r\u00e9gime matrimonial serait soumis \u00e0 la loi de la premi\u00e8re r\u00e9sidence habituelle des \u00e9poux apr\u00e8s le mariage, qui, en l\u2019esp\u00e8ce, serait la loi de Hong Kong, alors que les \u00e9poux y auraient eu leur r\u00e9sidence commune apr\u00e8s le mariage, tel que cela r\u00e9sulterait entre autres des cartes d\u2019identit\u00e9 \u00e9tablies par les autorit\u00e9s hongkongaises en faveur des deux \u00e9poux. Ce ne serait qu\u2019\u00e0 titre subsidiaire, et dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 il n\u2019y aurait pas eu de r\u00e9sidence commune ou de nationalit\u00e9 commune des \u00e9poux que la loi du pays avec lequel le r\u00e9gime matrimonial pr\u00e9sente les liens les plus \u00e9troits serait applicable. Or, dans des proc\u00e9dures pendantes en Suisse, A aurait affirm\u00e9 de mani\u00e8re constante que le dernier domicile commun des \u00e9poux aurait \u00e9t\u00e9 situ\u00e9 en Suisse \u00e0 Gstaad. Les \u00e9poux n\u2019auraient par contre eu aucun lien personnel avec le Luxembourg, A ne s\u2019\u00e9tant jamais rendue dans ce pays. G affirme encore que les \u00e9poux A -B n\u2019auraient jamais poss\u00e9d\u00e9 de biens en commun, feu B ayant \u00e9t\u00e9 le seul propri\u00e9taire de ces biens, y compris les actions dans la soci\u00e9t\u00e9 de droit mon\u00e9gasque C Corp, qui d\u00e9tient C \u00e0 travers la soci\u00e9t\u00e9 I. Le patrimoine de feu B d\u00e9passerait par ailleurs largement celui d\u00e9tenu dans C, trois chalets situ\u00e9s en Suisse valoris\u00e9s \u00e0 plus de 100 millions d\u2019euros n\u2019\u00e9tant notamment pas d\u00e9tenus par C . Il ne devrait en outre pas \u00eatre admis que la concentration des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques serait synonyme de la notion de \u00ab liens les plus \u00e9troits \u00bb, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019en tout \u00e9tat de cause la concentration des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques des \u00e9poux se situerait \u00e0 Monaco, puisqu\u2019C est d\u00e9tenue \u00e0 100 % par la soci\u00e9t\u00e9 de droit mon\u00e9gasque C Corp, qui emploie une dizaine de salari\u00e9s. Il serait d\u00e8s lors inexact de pr\u00e9tendre que les \u00e9poux A -B auraient eu les liens les plus \u00e9troits avec Luxembourg au regard de la d\u00e9termination de leur r\u00e9gime matrimonial.<\/p>\n<p>Cette th\u00e8se serait encore contredite par le jugement du tribunal d\u2019instance de Monaco dans le cadre de la demande en divorce introduite par feu B , qui retient que Monaco \u00e9tait le principal \u00e9tablissement \u00e9conomique de feu B , ainsi que par le juge cantonal de Lausanne du 16 juillet 2020, qui a retenu, dans le cadre de la proc\u00e9dure successorale, qu\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment objectif du dossier ne permettrait de suspecter l\u2019existence d\u2019un autre domicile ou lieu de s\u00e9jour de feu B (que celui de Monaco). G fait encore valoir que dans la mesure o\u00f9 \u00e0 l\u2019heure actuelle A n\u2019a \u00e9tabli ni l\u2019existence d\u2019un r\u00e9gime matrimonial lui conf\u00e9rant un droit de propri\u00e9t\u00e9 sur les biens ayant appartenu \u00e0 son \u00e9poux d\u00e9funt, et notamment sur les actions dans C , ni son droit \u00e0 participer dans la succession de feu B, au regard de l\u2019exh\u00e9r\u00e9dation de la requ\u00e9rante r\u00e9sultant du testament du de cujus, elle n\u2019\u00e9tablirait pas sa propri\u00e9t\u00e9 directe ou indirecte sur les actions litigieuses, de sorte que la demande tendant \u00e0 son inscription comme b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif d\u2019C ne serait pas fond\u00e9e. L\u2019inscription de l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire comme b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif d\u2019C serait en outre justifi\u00e9e, dans la mesure o\u00f9 en application du droit suisse, l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire acquiert le droit exclusif d\u2019exercer la possession sur la succession et de l\u2019administrer. En droit suisse, l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire disposerait de droits tr\u00e8s \u00e9tendus. Il exercerait ainsi les droits de l\u2019actionnaire ou du propri\u00e9taire de parts. Il agirait de mani\u00e8re ind\u00e9pendante et non sur instruction des h\u00e9ritiers. Tant que le partage n\u2019a pas eu lieu ou que la mission de l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire n\u2019a pas pris fin, il reviendrait \u00e0 celui-ci et \u00e0 lui seul, d\u2019exercer les droits de vote et de contr\u00f4le, et ce m\u00eame en pr\u00e9sence d\u2019un seul h\u00e9ritier. Il qualifierait comme b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif au sens de l\u2019article 1 (7) de la Loi LBR dans la mesure o\u00f9 pendant sa mission il agirait comme la personne physique qui, en dernier ressort, poss\u00e8de ou contr\u00f4le la soci\u00e9t\u00e9. La qualit\u00e9 d\u2019ayant droit \u00e9conomique des biens qu\u2019il fait administrer ne serait pas n\u00e9cessaire pour conf\u00e9rer la qualit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif \u00e0 l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire. A titre subsidiaire, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 G ne pourrait pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif d\u2019C, il y aurait lieu d\u2019inscrire, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1(7) de la Loi RBE toute personne physique qui occupe la position de dirigeant principal, d\u00e8s lors les membres actuels du conseil de g\u00e9rance, D et E. G demande enfin \u00e0 se voir allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000 euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Les moyens d\u2019C, de D et de E Ils font valoir que la comp\u00e9tence juridictionnelle pr\u00e9vue par l\u2019article 7 (3) de la Loi RBE est d\u2019interpr\u00e9tation stricte et d\u2019ordre public et ils demandent d\u00e8s lors la confirmation de l\u2019ordonnance en ce que la demande d\u2019inscription au RBE de A et d\u2019F a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e. Ces demandes requerraient une d\u00e9cision pr\u00e9alable sur les droits \u00e9ventuels exerc\u00e9s par l\u2019appelante sur les actions d\u2019C en vertu d\u2019une hypoth\u00e9tique communaut\u00e9 l\u00e9gale entre les \u00e9poux A -B, dont l\u2019appr\u00e9ciation ne rel\u00e8verait pas de la comp\u00e9tence de la juridiction de premi\u00e8re instance et serait par ailleurs de la comp\u00e9tence exclusive du juge aux affaires familiales. A titre subsidiaire, ils demandent \u00e0 la Cour de se dessaisir du litige en raison de la connexit\u00e9 des demandes introduites aupr\u00e8s des tribunaux mon\u00e9gasques et suisses, sinon de surseoir \u00e0 statuer jusqu\u2019\u00e0 ce que le juge comp\u00e9tent suisse, sinon mon\u00e9gasque aura statu\u00e9 sur la question du r\u00e9gime matrimonial applicable, ainsi que sur l\u2019application de ce r\u00e9gime au cas d\u2019esp\u00e8ce. Ils donnent \u00e0 consid\u00e9rer que dans aucune des proc\u00e9dures engag\u00e9es, A n\u2019a jamais r\u00e9clam\u00e9 ni \u00e9voqu\u00e9 l\u2019application d\u2019un r\u00e9gime matrimonial luxembourgeois, mais aurait conclu que ce serait le r\u00e9gime de la participation aux acqu\u00eats du droit suisse qui s\u2019appliquerait. En ce qui concerne la demande de radiation de G , ils estiment que c\u2019est \u00e0 bon droit que le magistrat de premi\u00e8re instance a confirm\u00e9 l\u2019inscription par C de l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire en tant que BE, ce dernier \u00e9tant selon le droit suisse applicable, le seul \u00e0 avoir le pouvoir d\u2019administration des biens de la succession jusqu\u2019\u00e0 la liquidation de la succession, les droits de l\u2019h\u00e9ritier unique F \u00e9tant suspendus. Ils exposent en outre que leur demande d\u2019inscription de G en tant que BE d\u2019C a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e sans aucun probl\u00e8me par le RBE et que cette inscription a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e plus tard par l\u2019acceptation du gestionnaire du RBE d\u2019inscrire G comme BE des soci\u00e9t\u00e9s H et \u2026, filiales d\u2019C . Ils ajoutent en outre que A n\u2019a jamais suivi la proc\u00e9dure sp\u00e9ciale d\u2019inscription pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 8 de la loi RBE et n\u2019a d\u00e8s lors jamais demand\u00e9 au gestionnaire son inscription au RBE. Ils concluent que l\u2019appelante t ente de mani\u00e8re malicieuse de d\u00e9tourner les termes de la loi RBE pour faire reconna\u00eetre aupr\u00e8s des juridictions luxembourgeoises, non seulement, son statut illusoire de BE d\u2019C, mais aussi de mani\u00e8re incidente, la comp\u00e9tence de la loi et des juridictions pour \u00e9tablir la loi et le r\u00e9gime matrimonial des \u00e9poux A-B et lui reconna\u00eetre des droits fantaisistes dans la succession de feu B. Ils rel\u00e8vent qu\u2019avant le d\u00e9c\u00e8s de feu B , les \u00e9poux A -B n\u2019ont jamais d\u00e9tenu de participations ensembles, sauf dans une SCI de droit fran\u00e7ais, et que A n\u2019a jamais eu le moindre droit de vote, ni le droit de<\/p>\n<p>contr\u00f4le ni aucune fonction dans aucune des soci\u00e9t\u00e9s, dont C . Seul feu B \u00e9tait le b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique d\u2019C, dont il \u00e9tait \u00e9galement l\u2019un des g\u00e9rants. C est d\u00e9tenue par la soci\u00e9t\u00e9 I , elle-m\u00eame d\u00e9tenue par la soci\u00e9t\u00e9 de droit mon\u00e9gasque C Corp, dont feu B d\u00e9tenait directement 100% du capital social. Ils contestent en outre que les \u00e9poux A-B aient eu le centre de leurs int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques \u00e0 Luxembourg et estiment que c\u2019est bien C Corp \u00e9tablie \u00e0 Monaco qui constituait le centre op\u00e9rationnel des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques de feu B , tel que les autorit\u00e9s mon\u00e9gasques l\u2019auraient retenu \u00e0 plusieurs reprises. Ils s\u2019opposent \u00e0 la demande en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure formul\u00e9e par A et ils r\u00e9clament de leur part chacun une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros. Les moyens d\u2019F F se rapporte \u00e0 prudence de justice en ce qui concerne la recevabilit\u00e9 en la forme de l\u2019acte d\u2019appel. Il d\u00e9clare se rallier aux plaidoiries faites par les mandataires de G et d\u2019C ainsi que des membres du comit\u00e9 de g\u00e9rance de celle- ci. Il soutient qu\u2019il n\u2019entend pas contester l\u2019inscription au RBE de G , cette inscription \u00e9tant parfaitement correcte au vu de la situation juridique actuelle. F conclut d\u00e8s lors \u00e0 la confirmation de l\u2019ordonnance et sollicite \u00e0 se voir allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel. Les moyens du LBR Le LBR fait valoir que le 10 octobre 2019, il accept\u00e9 la d\u00e9claration du BE d\u2019C entra\u00eenant l\u2019inscription au RBE de G comme BE \u00ab en sa qualit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire repr\u00e9sentant l\u2019indivision successorale, suite au d\u00e9c\u00e8s du BE. \u00bb Il rel\u00e8ve qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 saisi d\u2019une demande d\u2019inscription au RBE de A en qualit\u00e9 de BE d\u2019C. Son recours ne saurait d\u00e8s lors viser un refus de demande d\u2019inscription mais constituerait uniquement la contestation d\u2019une inscription au RBE, \u00e0 savoir celle du BE figurant actuellement dans le dossier d\u2019C. Il estime que si l\u2019appelante a bien qualit\u00e9 \u00e0 agir pour constater la d\u00e9cision d\u2019inscription au RBE dans le cadre du recours fond\u00e9 sur l\u2019article 7 de la loi RBE, sa demande d\u2019inscription ne rel\u00e8ve en revanche pas de cet article. Le paragraphe 4 de l\u2019article 7 serait \u00e0 lire \u00e0 la lumi\u00e8re du paragraphe 3 et aurait pour finalit\u00e9 d\u2019imposer express\u00e9ment au gestionnaire du RBE d\u2019ex\u00e9cuter la d\u00e9cision rendue. Il ressortirait des commentaires de cet article que cet ajout \u00e9tait n\u00e9cessaire afin d\u2019adapter son contenu aux modifications propos\u00e9es au paragraphe 3 et \u00e0 l\u2019ouverture du recours \u00e0 tout int\u00e9ress\u00e9 mais il serait inexact d\u2019en tirer d\u2019autres conclusions ayant trait \u00e0 la<\/p>\n<p>comp\u00e9tence du magistrat saisi ou au fait que le LBR puisse proc\u00e9der \u00e0 des inscriptions d\u2019office. Quant au fond, le LBR soutient que l\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019exactitude de la d\u00e9claration du BE d\u00e9passe sa comp\u00e9tence alors que le gestionnaire n\u2019est investi que d\u2019une mission de contr\u00f4le sommaire et qu\u2019il n\u2019est pas responsable du contenu de l\u2019information inscrite (article 5(4)). Cette responsabilit\u00e9 reviendrait en revanche \u00e0 l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e. Le LBR renvoie \u00e0 l\u2019article 7 a) i) de la loi modifi\u00e9e du 12 novembre 2004 relative \u00e0 la lutte contre le blanchiment et contre le financement du terrorisme (ci-apr\u00e8s la Loi modifi\u00e9e du 12 novembre 2004) pour d\u00e9finir le BE d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 commerciale et conclut que cette notion comprend \u00e9galement toute personne physique qui exerce autrement le pouvoir de contr\u00f4le sur la direction d\u2019une entit\u00e9 juridique. Il conclut d\u00e8s lors \u00e0 la confirmation de l\u2019ordonnance. A titre subsidiaire, si le bien- fond\u00e9 de la contestation de l\u2019inscription effectu\u00e9e au RBE \u00e9tait retenu, il demande d\u2019enjoindre \u00e0 C ou \u00e0 son mandataire de proc\u00e9der \u00e0 la modification des inscriptions au RBE la concernant suivant l\u2019arr\u00eat \u00e0 intervenir. Appr\u00e9ciation L\u2019appel introduit dans les forme et d\u00e9lai de la loi est recevable en la forme. A titre liminaire, les parties intim\u00e9es ont toutes conclu au rejet de la pi\u00e8ce n\u00b017 vers\u00e9e par Ma\u00eetre Paul Mousel au motif que cette pi\u00e8ce ne leur avait pas \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e. Aux termes de l\u2019article 279, alin\u00e9a 1er du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, la partie qui fait \u00e9tat d\u2019une pi\u00e8ce s\u2019oblige \u00e0 la communiquer \u00e0 toute autre partie \u00e0 l\u2019instance. En l\u2019esp\u00e8ce, il n\u2019est pas \u00e9tabli que la pi\u00e8ce n\u00b017 ait \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e au parties de sorte qu\u2019en application de l\u2019article 282 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, il y a lieu de l\u2019\u00e9carter du d\u00e9bat. La comp\u00e9tence mat\u00e9rielle A l\u2019instar du magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance, la Cour retient qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 saisie de deux demandes distinctes, \u00e0 savoir : &#8212; d\u2019une demande en radiation d\u2019une inscription pr\u00e9tendument erron\u00e9e, \u00e0 savoir celle de l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire G , et &#8212; d\u2019une demande en inscription des pr\u00e9tendus BE, \u00e0 savoir F et A. C\u2019est par une exacte analyse de l\u2019article 7 (3) de la loi RBE que le magistrat a retenu qu\u2019il est saisi comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 mais qu\u2019il statue au fond et qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une comp\u00e9tence sp\u00e9ciale lui attribu\u00e9e qui est interpr\u00e9tation stricte.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte de la combinaison des articles 4, 5, 6 et 7 de la loi RBE que la proc\u00e9dure d\u2019inscription, respectivement de modification d\u2019une pr\u00e9c\u00e9dente inscription d\u2019un BE se fait \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e. La proc\u00e9dur e se d\u00e9roule, sauf pendant le recours pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 7(3), entre celle- ci et le gestionnaire. Les articles 5 (4) et 5 (5) de cette loi pr\u00e9cisent que ce dernier n\u2019est pas responsable du contenu et qu\u2019il agit \u00e0 la demande et pour le compte de l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e. Son pouvoir de contr\u00f4le est limit\u00e9 et suivant l\u2019article 7 (1), il refuse toute demande d\u2019inscription incompl\u00e8te ou non conforme aux dispositions l\u00e9gales et r\u00e9glementaires, respectivement lorsque les informations ne correspondent pas aux pi\u00e8ces justificatives. En cas de refus de la demande d\u2019inscription par le gestionnaire pour l\u2019une de ces raisons, le gestionnaire demande \u00e0 l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e (ou \u00e0 son mandataire) de r\u00e9gulariser la demande dans un d\u00e9lai de 15 jours. L\u2019article 7 (2) pr\u00e9voit que si suite \u00e0 cette proc\u00e9dure, la demande n\u2019est toujours pas conforme aux dispositions l\u00e9gales et r\u00e9glementaires ou si les informations ou pi\u00e8ces justificatives manquantes n\u2019ont toujours pas \u00e9t\u00e9 fournies dans le d\u00e9lai, le gestionnaire notifie \u00e0 l\u2019entit\u00e9 concern\u00e9e son refus d\u2019inscription. L\u2019article 7(3) permet un recours contre la d\u00e9cision d\u2019inscription ou de refus d\u2019inscription. Ce recours est ouvert \u00e0 toute personne int\u00e9ress\u00e9e. Finalement l\u2019article 7(4) pr\u00e9voit que toute d\u00e9cision coul\u00e9e en force de chose jug\u00e9e ordonnant une inscription ou une modification d\u2019une inscription est ex\u00e9cut\u00e9e par le gestionnaire. En cas de confirmation du refus d\u2019inscription du gestionnaire par une d\u00e9cision coul\u00e9e en force de chose jug\u00e9e, l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e dispose de nouveau d\u2019un d\u00e9lai afin de conformer sa demande \u00e0 la loi ou de fournir les informations manquantes. Il r\u00e9sulte des travaux parlementaires (n\u00b07217 (14)) de la Loi RBE qu\u2019 \u00ab il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9tendre la voie de recours vis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 7 afin de permettre \u00e0 toute personne int\u00e9ress\u00e9e, y compris \u00e9galement l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e ainsi que, le cas \u00e9ch\u00e9ant, le b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif d\u00e9clar\u00e9, de se pourvoir en justice contre une d\u00e9cision d\u2019inscription ou une d\u00e9cision de refus d\u2019inscription au registre des b\u00e9n\u00e9ficiaires effectifs. Une personne inscrite au RBE comme b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif d\u2019une entit\u00e9 immatricul\u00e9e, qui conteste sa qualit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif, devrait pouvoir disposer d\u2019une voie de recours contre cette inscription. Le paragraphe 4 est adapt\u00e9 en cons\u00e9quence et compl\u00e9t\u00e9 par l\u2019ajoute d\u2019un alin\u00e9a 1 er nouveau qui pr\u00e9voit l\u2019obligation pour le gestionnaire d\u2019ex\u00e9cuter toute d\u00e9cision coul\u00e9e en force de chose jug\u00e9e qui ordonnerait une inscription, ou la modification d\u2019une inscription, au RBE. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019appelante ne saurait cependant d\u00e9duire du paragraphe 4 de l\u2019article 7 et plus particuli\u00e8rement du mot modification que le magistrat a un \u00ab vrai pouvoir de r\u00e9formation \u00bb. En effet, si l\u2019article 7(4) indique que la d\u00e9cision d\u2019inscription ou de modification prise par le magistrat en application du paragraphe 3 est transmise au gestionnaire, il ne r\u00e9sulte cependant ni de cet article ni de l\u2019essence m\u00eame de la proc\u00e9dure d\u2019inscription dont l\u2019\u00e9change se fait ente l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e et le gestionnaire que le juge a un pouvoir de substituer une inscription dont la demande n\u2019\u00e9manerait pas de l\u2019entit\u00e9 immatricul\u00e9e. Le mot modification doit en effet se lire en concordance avec l\u2019article 4 (\u00ab l\u2019inscription des informations vis\u00e9es \u00e0 l\u2019article 3 et de leurs modifications \u00bb) et ne conf\u00e8re d\u00e8s lors pas au juge un pouvoir de substituer une nouvelle inscription qui n\u2019aurait pas fait l\u2019objet d\u2019une demande d\u2019inscription ou de modification d\u2019une inscription pr\u00e9c\u00e9dente. La Cour confirme d\u00e8s lors l\u2019appr\u00e9ciation faite par le magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance et retient que c\u2019est \u00e0 juste titre qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que si la demande en radiation de G , en ce qu\u2019elle tend \u00e0 contester une inscription existante est de la comp\u00e9tence du juge RBE, tel n\u2019est cependant pas le cas en ce qui concerne les demandes d\u2019inscription d\u2019F et de A lesquelles n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es aupr\u00e8s du gestionnaire RBE et n\u2019ont d\u00e8s lors ni fait l\u2019objet d\u2019une d\u00e9cision de refus d\u2019inscription ni d\u2019une d\u00e9cision d\u2019inscription par le gestionnaire. Elles ne rel\u00e8vent d\u00e8s lors pas du champ d\u2019application du recours pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 7 (3) de la Loi RBE, de sorte que le magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance s\u2019est \u00e0 juste titre d\u00e9clar\u00e9 incomp\u00e9tent pour en conna\u00eetre. La demande en radiation A r\u00e9it\u00e8re son argument qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9 en premi\u00e8re instance selon lequel un ex\u00e9cuteur testamentaire, quelque soient ses pouvoirs et la loi \u00e0 laquelle il est soumis ne saurait, par hypoth\u00e8se, \u00eatre un BE au sens de la loi luxembourgeoise et des textes de droit europ\u00e9en que cette loi a transpos\u00e9s. Elle estime qu\u2019un ex\u00e9cuteur testamentaire n\u2019est jamais le propri\u00e9taire (Eigent\u00fcmer) de la succession qu\u2019il administre, il est tout au plus \u2013 s\u2019il en a la saisine \u2013 le possesseur (Besitzer). Or, il ne poss\u00e8de pas pour soi, mais pour les h\u00e9ritiers, donc pour autrui et n\u2019est d\u00e8s lors tout au plus que le d\u00e9tenteur des biens compris dans la succession. Elle estime que toute l\u2019\u00e9conomie de la Loi RBE consiste \u00e0 rendre public le BE (ou \u00ab v\u00e9ritable \u00bb propri\u00e9taire) des actions de soc i\u00e9t\u00e9s, non les pr\u00eate- nom ou \u00e9crans qui d\u00e9tiennent ces actions pour aut rui, donc une personne non inscrite au registre. Elle ajoute que les pouvoirs \u00e9ventuels d\u2019un ex\u00e9cuteur testamentaire sous la loi d\u2019origine ne sont pas pertinents pour appr\u00e9cier la notion de BE, cette notion ne saurait avoir qu\u2019une interpr\u00e9tation unique excluant les d\u00e9tenteurs qui poss\u00e8dent pour autrui.<\/p>\n<p>S\u2019il y avait eu le moindre doute sur l\u2019identit\u00e9 du ou des BE d\u2019C, ses dirigeants auraient d\u00fb se faire inscrire eux-m\u00eames. La notion de b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif est d\u00e9finie \u00e0 l\u2019article 1 er , 3\u00b0 de la loi RBE par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article 1 er , paragraphe 7 de la loi modifi\u00e9e du 12 novembre 2004 et d\u00e9signe comme BE \u00ab toute personne physique qui, en dernier lieu, poss\u00e8de ou contr\u00f4le le client et\/ou toute personne physique pour laquelle une transaction est ex\u00e9cut\u00e9e ou une activit\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e \u00bb. Le fait que le pr\u00e9dit article \u00e9num\u00e8re ensuite une s\u00e9rie non limitative de personnes qui \u00ab au moins \u00bb sont \u00e0 consid\u00e9rer comme BE dans une situation donn\u00e9e, montre \u00e0 suffisance que cette notion est \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable et difficile \u00e0 cerner de mani\u00e8re pr\u00e9cise et peut \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 des situations fort disparates. Le terme BE recouvre effectivement plut\u00f4t un concept \u00ab \u00e9conomique \u00bb qu\u2019une notion \u00ab juridique \u00bb au sens strict. En effet, ce personnage fait surface chaque fois qu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9passer les apparences juridiques pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique sous-jacente. Ainsi, et sous l\u2019appui d\u2019une forte volont\u00e9 politique, ce concept entre (essentiellement) dans le droit dans le cadre du pragmatisme de la loi fiscale et de la n\u00e9cessit\u00e9 p\u00e9nale dans la lutte contre le blanchiment d\u2019argent. Par contre, ni le droit des soci\u00e9t\u00e9s, ni le droit contractuel luxembourgeois ne connaissent aujourd\u2019hui la notion de \u00ab b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique \u00bb et aucun traitement favoris\u00e9 n\u2019est r\u00e9serv\u00e9 (par la loi) aux droits que peut tenter de faire valoir la personne \u00ab qui, en dernier lieu, poss\u00e8de ou contr\u00f4le (\u2026) [la] personne physique pour laquelle une transaction est ex\u00e9cut\u00e9e ou une activit\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e \u00bb si elle n\u2019est pas elle- m\u00eame (de mani\u00e8re directe) partie au contrat, \u00e0 l\u2019activit\u00e9 ou \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 en question. Il r\u00e9sulte de la d\u00e9finition de l\u2019article 1er, (7) de la loi du 12 novembre 2004 que la notion de contr\u00f4le est essentielle dans la d\u00e9finition du BE. Par \u00ab pouvoir de contr\u00f4le \u00bb, il faut entendre une personne qui d\u00e9termine, par les droits de vote dont elle dispose, les d\u00e9cisions dans les assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales de cette soci\u00e9t\u00e9 ou qui est associ\u00e9e ou actionnaire de cette soci\u00e9t\u00e9 et dispose du pouvoir de nommer ou de r\u00e9voquer la majorit\u00e9 des membres des organes d&#039;administration, de direction ou de surveillance de cette soci\u00e9t\u00e9. C\u2019est encore \u00e0 juste titre que le magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance, afin de d\u00e9terminer si en l\u2019esp\u00e8ce G est \u00e0 consid\u00e9rer comme BE au sens de la loi RBE, a appr\u00e9ci\u00e9 les droits que celui-ci d\u00e9tient en sa qualit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire et qu\u2019il s\u2019est pour ce faire, r\u00e9f\u00e9r\u00e9 au droit suisse, applicable au testament le nommant ex\u00e9cuteur testamentaire.<\/p>\n<p>Le contenu et l\u2019\u00e9tendue des pouvoirs d\u2019un ex\u00e9cuteur se d\u00e9terminent en effet d\u2019apr\u00e8s les dispositions des derni\u00e8res volont\u00e9s du de cujus . Le testament authentique du 24 juillet 2018 pr\u00e9voit \u00e0 l\u2019article 6 que G a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 \u00ab ex\u00e9cuteur testamentaire en application du droit suisse. \u00bb Il r\u00e9sulte des avis juridiques et jurisprudences vers\u00e9s que d ans la mesure o\u00f9 le d\u00e9funt n\u2019a pas limit\u00e9 les pouvoirs de l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire, il d\u00e9tient les pouvoirs exclusifs d\u2019administrer la succession que lui accorde l\u2019article 518 du Code civil suisse (Avis juridique de Prof. Dr Philippe Meier points 40 et 41 pi\u00e8ce n\u00b035 Me Hurt). C\u2019est par une exacte analyse des articles 518 et 560 du Code civil suisse et sur base des avis juridiques vers\u00e9s que le magistrat de premi\u00e8re instance a retenu que dans le cadre d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de capitaux, \u00e0 l\u2019instar d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 anonyme ou soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, les h\u00e9ritiers deviennent propri\u00e9taires des actions et l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire en acquiert la possession. En ce qui concerne les pouv oirs de l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 518 du Code civil, l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire acquiert le droit exclusif d\u2019exercer la possession sur la succession et de l\u2019administrer. Par ailleurs, il jouit des pouvoirs exclusifs d\u2019administrer et de disposer des biens de la masse. En particulier il exerce les droits de l\u2019actionnaire ou du propri\u00e9taire des parts (avis Antoine Eigenmann, av. , pi\u00e8ce n\u00b024 Me Hurt). D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en fonction de l\u2019ex\u00e9cuteur, les droits des h\u00e9ritiers correspondant aux pouvoirs de l\u2019ex\u00e9cuteur sont suspendus, et ceci m\u00eame en pr\u00e9sence d\u2019un seul h\u00e9ritier. M\u00eame si le principe de la saisine veut que l\u2019h\u00e9ritier acqui\u00e8re l\u2019universalit\u00e9 de la succession au moment du d\u00e9c\u00e8s du de cujus , l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire acquiert le droit d\u2019exercer la possession sur la succession [\u2026] Pendant la dur\u00e9e du mandat, l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire jouit des pouvoirs exclusifs d\u2019administrer et de disposer des biens de la masse successorale, s ont nuls les actes d\u2019un h\u00e9ritier contrevenant \u00e0 ces comp\u00e9tences, sous r\u00e9serve des droits des tiers de bonne foi ( Avis juridique de Prof. Dr Philippe Meier point s 23 et ss.). En ce qui concerne les actions ou parts sociales d\u00e9tenues par le de cujus, le droit suisse pr\u00e9voit que l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire est le titulaire des droits attach\u00e9s aux actions ou aux parts sociales, \u00e0 l\u2019exclusion de l\u2019h\u00e9ritier unique. L\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire est le seul \u00e0 exercer les droits attach\u00e9s aux actions ou parts sociales, en particulier les droits de vote \u00ab dans [une] entit\u00e9 \u00bb, ind\u00e9pendamment du droit de propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019h\u00e9ritier sur les actions ou parts sociales. Dans ce contexte, il convient de rappeler que les actes d\u2019un h\u00e9ritier contrevenant aux comp\u00e9tences de l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire sont nuls, sous r\u00e9serve des droits des tiers de bonne foi. L\u2019h\u00e9ritier unique est priv\u00e9 de son droit d\u2019administrer la succession et de disposer des<\/p>\n<p>biens qui en rel\u00e8vent lorsqu\u2019un ex\u00e9cuteur testamentaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 (Avis juridique de Prof. Dr Philippe Meier points 43, 47 et 49). C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 juste titre que le magistrat de premi\u00e8re instance a retenu qu\u2019en ex\u00e9cution du droit suisse, l\u2019ex\u00e9cuteur testamentaire exerce un v\u00e9ritable contr\u00f4le sur une soci\u00e9t\u00e9 dont les actions font partie de la masse successorale. Cette mission s\u2019exerce aussi longtemps que la succession n\u2019est pas partag\u00e9e ou qu\u2019il n\u2019a pas accompli sa mission. Compte tenu de l\u2019\u00e9tendue des pouvoirs conf\u00e9r\u00e9s \u00e0 G , c\u2019est \u00e0 juste titre que le magistrat si\u00e9geant en premi\u00e8re instance a retenu qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 consid\u00e9rer comme BE d\u2019C. A donne encore \u00e0 consid\u00e9rer que G a \u00e9t\u00e9 inscrit comme BE sans \u00e9gard \u00e0 ses droits qu\u2019elle d\u00e9tient en tant que veuve non divorc\u00e9e en application de son r\u00e9gime matrimonial. Or, \u00e0 d\u00e9faut de contrat de mariage et en l\u2019absence d\u2019une d\u00e9cision se pronon\u00e7ant sur le r\u00e9gime matrimonial applicable entre \u00e9poux, les droits all\u00e9gu\u00e9s par l\u2019appelante ne sont qu\u2019hypoth\u00e9tiques. A l\u2019instar de ce qui a \u00e9t\u00e9 retenu en premi\u00e8re instance, une d\u00e9cision pr\u00e9alable sur les droits \u00e9ventuels exerc\u00e9s par A sur les actions d\u2019C ne rel\u00e8ve pas de la comp\u00e9tence du juge saisi en application de l\u2019article 7 (3) de la Loi RBE, celle-ci se heurterait par ailleurs \u00e0 la comp\u00e9tence exclusive du juge aux affaires familiales pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 1007- 1 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. A l\u2019heure actuelle, il faut d\u00e8s lors retenir que seul G est investi d\u2019un pouvoir de contr\u00f4le d\u2019C. L\u2019ordonnance est d\u00e8s lors \u00e0 confirmer en ce que la demande en radiation a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e non fond\u00e9e. Les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure A demande la condamnation des parties intim\u00e9es sub 1) \u00e0 5) \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros. Au vu de l\u2019issue de son appel, cette demande est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e. En tant que partie succombante, elle ne saurait pr\u00e9tendre au paiement d\u2019une telle indemnit\u00e9 sur le fondement de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. En ce qui concerne les demandes introduites sur cette base par les parties intim\u00e9es sub 1 \u00e0 sub 5, c \u2019est par une exacte appr\u00e9ciation que le magistrat de premi\u00e8re instance a d\u00e9clar\u00e9 leur s demandes fond\u00e9es et a condamn\u00e9 A au paiement d\u2019indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure pour la premi\u00e8re instance. La demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel des parties intim\u00e9es sub 1 \u00e0 sub 5 est en outre \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 leur<\/p>\n<p>charge les frais non compris dans les d\u00e9pens. La Cour leur alloue les montants suivants : &#8212; 3.000 euros \u00e0 G &#8212; 3.000 euros \u00e0 F &#8212; 1.000 euros \u00e0 C &#8212; 1.000 euros \u00e0 D &#8212; 1.000 euros \u00e0 E . Il n\u2019y a pas lieu de faire droit \u00e0 la demande de l\u2019appelante tendant \u00e0 voir ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire du pr\u00e9sent arr\u00eat d\u00e8s lors qu\u2019un \u00e9ventuel pourvoi en cassation n\u2019a pas d\u2019effet suspensif.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>la Cour d&#039;appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant dans le cadre de l\u2019article 7 de la loi du 13 janvier 2019 instituant un Registre des b\u00e9n\u00e9ficiaires effectifs, statuant contradictoirement, re\u00e7oit l\u2019appel, ordonne le rejet de la pi\u00e8ce n\u00b017 vers\u00e9e par Ma\u00eetre Paul Mousel, dit l\u2019appel non fond\u00e9, confirme l\u2019ordonnance 2021TALCH02\/01503, dit non fond\u00e9e la demande de A introduite sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, condamne A \u00e0 payer \u00e0 G une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 3.000 euros, condamne A \u00e0 payer \u00e0 F une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 3.000 euros, condamne A \u00e0 payer \u00e0 D une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 euros, condamne A \u00e0 payer \u00e0 E une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 euros, condamne A \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 euros, dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire de l\u2019arr\u00eat, condamne A aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/20240827-173424\/20220713-cal-2022-00144-ii-a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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