{"id":652835,"date":"2026-04-22T23:23:25","date_gmt":"2026-04-22T21:23:25","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-de-cassation-30-juin-2022-n-2021-00062\/"},"modified":"2026-04-22T23:23:28","modified_gmt":"2026-04-22T21:23:28","slug":"cour-de-cassation-30-juin-2022-n-2021-00062","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-30-juin-2022-n-2021-00062\/","title":{"rendered":"Cour de cassation, 30 juin 2022, n\u00b0 2021-00062"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>N\u00b0 94 \/ 2022 du 30.06.2022 Num\u00e9ro CAS -2021-00062 du registre<\/p>\n<p>Audience publique de la Cour de cassation du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg du jeudi, trente juin deux mille vingt-deux.<\/p>\n<p>Composition:<\/p>\n<p>Roger LINDEN, pr\u00e9sident de la Cour, Th\u00e9a HARLES-WALCH, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Christiane JUNCK, conseiller \u00e0 la Cour d e cassation, Agn\u00e8s ZAGO, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Jean ENGELS, premier conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel, Monique SCHMITZ, avocat g\u00e9n\u00e9ral, Daniel SCHROEDER, greffier \u00e0 la Cour.<\/p>\n<p>Entre:<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ASSURANCES X) ,<\/p>\n<p>demanderesse en cassation,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Michel SCHWARTZ , avocat \u00e0 la Cour, en l\u2019\u00e9tude duquel domicile est \u00e9lu,<\/p>\n<p>et:<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ASSURANCES Y) ,<\/p>\n<p>d\u00e9fenderesse en cassation,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Gast NEU , avocat \u00e0 la Cour, en l\u2019\u00e9tude duquel domicile est \u00e9lu.<\/p>\n<p>2 Vu l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, num\u00e9ro 159\/ 20-IV-COM, rendu le 1 er d\u00e9cembre 2020, sous le num\u00e9ro CAL-2019-00420 du r\u00f4le par l a Cour d\u2019appel du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale ;<\/p>\n<p>Vu le m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le 10 juin 2021 par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ASSURANCES X) (ci-apr\u00e8s \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 ASSURANCES X) \u00bb) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ASSURANCES Y), (ci-apr\u00e8s \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 ASSURANCES Y) \u00bb), d\u00e9pos\u00e9 le 11 juin 2021 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice ;<\/p>\n<p>Vu le m\u00e9moire en r\u00e9ponse signifi\u00e9 le 30 juillet 2021 par la soci\u00e9t\u00e9 ASSURANCES Y) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ASSURANCES X) , d\u00e9pos\u00e9 le 4 ao\u00fbt 2021 au greffe de la Cour ;<\/p>\n<p>Sur les conclusions de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Sandra KERSCH ;<\/p>\n<p>Vu la rupture du d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 ordonn\u00e9e par la Cour pour permettre aux parties de prendre position quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 du pourvoi au regard de l\u2019article 3 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation ;<\/p>\n<p>Vu les conclusions additionnelles de la demanderesse en cassation et celles de la d\u00e9fenderesse en cassation d\u00e9pos\u00e9es le 2 j uin 2022 au greffe de la Cour.<\/p>\n<p>Sur les faits<\/p>\n<p>Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg avait d\u00e9clar\u00e9 la demande de la soci\u00e9t\u00e9 ASSURANCES Y), dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 ASSURANCES X), irrecevable pour \u00eatre prescrite. La Cour d\u2019appel a, par r\u00e9formation, dit la demande non prescri te et renvoy\u00e9 le dossier devant les juges de premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Sur la recevabilit\u00e9 du pourvoi<\/p>\n<p>L\u2019article 3 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation dispose en ses alin\u00e9as 2 et 3,<\/p>\n<p>\u00ab Les arr\u00eats et jugements rendus en dernier ressort qui tranchent dans leur dispositif une partie du principal et ordonnent une mesure d\u2019instruction ou une mesure provisoire peuvent \u00e9galement \u00eatre d\u00e9f\u00e9r\u00e9s \u00e0 la Cour de cassation comme les d\u00e9cisions qui tranchent tout le principal.<\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame lorsque l\u2019arr\u00eat ou le jugement rendu en dernier ressort qui statue sur une exception de proc\u00e9dure, une fin de non- recevoir ou tout autre incident de proc\u00e9dure met fin \u00e0 l\u2019instance. \u00bb.<\/p>\n<p>En retenant, par r\u00e9formation, que l\u2019action intent\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 ASSURANCES Y) contre la soci\u00e9t\u00e9 ASSURANCES X) n\u2019\u00e9tait pas prescrite et en renvoyant l\u2019affaire devant les juges de premi\u00e8re instance, les juges d\u2019appel n\u2019ont,<\/p>\n<p>3 dans le dispositif de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, ni tranch\u00e9 une partie du principal ni statu\u00e9 sur un incident de proc\u00e9dure mettant fin \u00e0 l\u2019instance.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le pourvoi est irrecevable.<\/p>\n<p>Sur les demandes en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure<\/p>\n<p>La demanderesse en cassation \u00e9tant \u00e0 condamner aux d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation, sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge de la d\u00e9fenderesse en cassation l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais expos\u00e9s non compris dans les d\u00e9pens. Il convient de lui allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS,<\/p>\n<p>la Cour de cassation :<\/p>\n<p>d\u00e9clare le pourvoi irrecevable;<\/p>\n<p>rejette la demande de la demanderesse en cassation en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure ;<\/p>\n<p>condamne la demanderesse en cassation \u00e0 payer \u00e0 la d\u00e9fenderesse en cassation une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 euros ;<\/p>\n<p>la condamne aux d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation avec distraction au profit de Ma\u00eetre Gast NEU, sur ses affirmations de droit.<\/p>\n<p>La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par le pr\u00e9sident Roger LINDEN en pr\u00e9sence de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Monique SCHMITZ et du greffier Daniel SCHROEDER .<\/p>\n<p>Conclusions du Parquet G\u00e9n\u00e9ral<\/p>\n<p>dans l\u2019affaire de cassation de<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Assurances X) SA,<\/p>\n<p>contre<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Assuances Y) SA.<\/p>\n<p>N\u00b0 2021-00062 du registre<\/p>\n<p>Par m\u00e9moire d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour d\u2019appel le 11 juin 2021, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ASSURANCES X) (ci-apr\u00e8s ASSURANCES X)), a introduit un pourvoi en cassation contre l\u2019arr\u00eat n\u00b0 159\/20-IV-COM du r\u00f4le, contradictoirement rendu entre parties le 1 er<\/p>\n<p>d\u00e9cembre 2020 par la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale.<\/p>\n<p>Le pourvoi est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 introduit dans les forme 1 et d\u00e9lai 2 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Gast NEU, avocat \u00e0 la Cour, mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ASSURANCES Y) SA (ci-apr\u00e8s ASSURANCES Y)), a fait signifier le 30 juillet 2021, au domicile \u00e9lu de la partie demanderesse en cassation, un m\u00e9moire en r\u00e9ponse et l\u2019a d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour d\u2019appel le 4 ao\u00fbt 2021.<\/p>\n<p>Ce m\u00e9moire peut \u00eatre pris en consid\u00e9ration pour avoir \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 dans les formes et d\u00e9lai de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation.<\/p>\n<p>Sur les ant\u00e9c\u00e9dents factuels et proc\u00e9duraux<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 25 novembre 2015, ASSURANCES Y) a donn\u00e9 assignation \u00e0 ASSURANCES X) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de<\/p>\n<p>1 La demanderesse en cassation a d\u00e9pos\u00e9 un m\u00e9moire sign\u00e9 par un avocat \u00e0 la Cour, signifi\u00e9 le 10 juin 2021 au domicile de la partie adverse, donc ant\u00e9rieurement au d\u00e9p\u00f4t du pourvoi, de sorte que les formalit\u00e9s de l\u2019article 10 de la loi du 18 f\u00e9vrier de 1885 ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es. 2 Selon les \u00e9l\u00e9ments du dossier, le jugement entrepris a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 le 14 avril 2021, de sorte que le pourvoi a \u00e9t\u00e9 introduit end\u00e9ans le d\u00e9lai pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 7 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation.<\/p>\n<p>5 Luxembourg pour s\u2019entendre condamner \u00e0 lui payer la somme de 600.528,55 euros, augment\u00e9e des int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du jour du sinistre, sinon \u00e0 partir de chaque d\u00e9caissement, sinon \u00e0 partir de l\u2019assignation en justice, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>ASSURANCES Y) a encore r\u00e9clam\u00e9 la condamnation d\u2019ASSURANCES X) \u00e0 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et aux frais et d\u00e9pens.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de sa demande, elle exposa que son assur\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 C) s\u00e0rl (ci-apr\u00e8s C)) avait en date du 13 septembre 2005 command\u00e9 aupr\u00e8s de l\u2019Entreprise B) s\u00e0rl (ci-apr\u00e8s B)) d\u2019importants travaux de terrassements et de blindage pour la construction d\u2019un immeuble sis \u00e0 ____. B) avait sous-trait\u00e9 diff\u00e9rents travaux de terrassements \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 E) s.a. Le 10 octobre 2005 des probl\u00e8mes de mouvements de terrain sont apparus ; la route s\u2019est fissur\u00e9e et les deux immeubles A1) et A2), situ\u00e9s en face de la zone des travaux, ont \u00e9t\u00e9 endommag\u00e9s de mani\u00e8re \u00e0 les rendre inhabitables.<\/p>\n<p>Selon ASSURANCES Y) , la responsabilit\u00e9 de son assur\u00e9 aurait \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019A1), propri\u00e9taire de l\u2019immeuble sis au ____, sur base de l\u2019article 544 du Code civil.<\/p>\n<p>Elle a d\u00e8s lors r\u00e9gl\u00e9 \u00ab pour compte de qui il appartiendra \u00bb la somme de 600.528,55 euros, en ex\u00e9cution d\u2019un contrat d\u2019assurance \u00ab Tous Risques Chantier \u00bb.<\/p>\n<p>La demanderesse fit valoir \u00eatre subrog\u00e9e dans les droits et actions d\u2019A1) \u00e0 l\u2019encontre du ou des responsables du sinistre.<\/p>\n<p>Suivant rapport d\u2019expertise judiciaire les travaux auraient \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9s par B) et ses sous- traitants selon une m\u00e9thode diff\u00e9rente des prescriptions initiales du cahier des charges et sans respect des r\u00e8gles de l\u2019art, de sorte que les responsabilit\u00e9s des soci\u00e9t\u00e9s B) et E), vis-\u00e0-vis d\u2019A1) seraient clairement \u00e9tablies principalement sur base de l\u2019article 1382 du Code civil, subsidiairement sur base de l\u2019article 1383 du m\u00eame Code et plus subsidiairement sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 2 du pr\u00e9dit Code.<\/p>\n<p>ASSURANCES Y), d\u00e9clarant \u00eatre subrog\u00e9e dans les droits d\u2019A1) , indiqua exercer l\u2019action directe \u00e0 l\u2019encontre d\u2019ASSURANCES X), assureur des parties B) et E) en application des articles 52 et 89 de la loi modifi\u00e9e du 27 juillet 1997 sur le contrat d\u2019assurance (ci-apr\u00e8s LCA).<\/p>\n<p>Par jugement rendu contradictoirement en date du 6 d\u00e9cembre 2018, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, a constat\u00e9 que le d\u00e9lai de prescription de cinq ans pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 44 point 2 de la Loi de 1997 a expir\u00e9 le 11 octobre 2010. L\u2019action de ASSURANCES Y), qualifi\u00e9e de tardive, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e irrecevable en l\u2019absence d\u2019une quelconque interruption de la prescription.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 11 avril 2019, ASSURANCES Y) a interjet\u00e9 appel \u00e0 l\u2019encontre de ce jugement qui lui avait \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 en date du 12 mars 2019.<\/p>\n<p>6 L\u2019appelante conclut, par r\u00e9formation du jugement, \u00e0 la condamnation d\u2019ASSURANCES X) au paiement de la somme de 600.528,55 euros, augment\u00e9e des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour du sinistre, sinon \u00e0 partir du jour de chaque d\u00e9caissement, sinon \u00e0 partir de \u00ab la pr\u00e9sente demande en justice. A l\u2019appui de son appel, elle fait valoir que la d\u00e9claration du mandataire d\u2019A1) lors d\u2019une r\u00e9union d\u2019expertise du 6 septembre 2007 aurait un effet interruptif, de sorte que son action directe ne serait pas prescrite.<\/p>\n<p>Par arr\u00eat du 1 er d\u00e9cembre 2020, la Cour d\u2019appel a confirm\u00e9 le jugement de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019il a retenu que la d\u00e9claration du mandataire d\u2019A1) lors d\u2019une r\u00e9union d\u2019expertise du 6 septembre 2007 ne saurait interrompre la prescription de l\u2019action directe, mais a retenu que c\u2019est \u00e0 tort que les juges de premi\u00e8re instance ont estim\u00e9 qu\u2019un courrier du 16 mai 2008 ne valait pas interruption de la prescription. Elle a retenu que l\u2019appel est fond\u00e9 sur ce point.<\/p>\n<p>ASSURANCES Y) avait encore fait \u00e9tat de deux courriers qu\u2019elle avait adress\u00e9s en date des 25 juin 2012 et 6 novembre 2014, donc post\u00e9rieurement \u00e0 la date de prescription, au mandataire d\u2019ASSURAN CES X) pour soutenir que la prescription avait \u00e9t\u00e9 interrompue.<\/p>\n<p>Au vu du fait que le contenu du courrier du 16 mai 2008 avait \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 d\u2019interruptif de la prescription, il n\u2019y avait plus lieu d\u2019examiner les courriers des 25 juin 2012 et 6 novembre 2014.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 la demande des parties, l\u2019affaire avait \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e devant les premiers juges pour continuation des d\u00e9bats.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat du 1 er d\u00e9cembre 2020 fait l\u2019objet du pr\u00e9sent pourvoi.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019unique moyen de cassation<\/p>\n<p>Il est fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 rendu en date du 1er d\u00e9cembre 2020 d\u2019avoir, par r\u00e9formation du jugement du 6 d\u00e9cembre 2018, dit que la lettre du 16 mai 2008 valait interruption de la prescription au sens de l\u2019article 45 point 4 de la LCA, et d\u00e9chargeait la compagnie ASSURANCES Y) de la condamnation prononc\u00e9e \u00e0 son encontre sur base de l\u2019article 240 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>\u00ab Au motif qu\u2019au travers du courrier du 16 mai 2018 ASSURANCES Y) demande (ainsi) \u00e0 ASSURANCES X) de supporter seule et int\u00e9gralement les frais de d\u00e9molition et de reconstruction de l\u2019immeuble A1) . L\u2019assureur ASSURANCES X) est donc inform\u00e9 de la volont\u00e9 de ASSURANCES Y), subrog\u00e9e dans les droits et actions de la personne l\u00e9s\u00e9e, d\u2019obtenir l\u2019indemnisation de son pr\u00e9judice. Contrairement \u00e0 ce qu\u2019ont retenu les juges de premi\u00e8re instance, il ne s\u2019agit pas d\u2019une tentative d\u2019arrangement alors que ASSURANCES Y) indique sans \u00e9quivoque qu\u2019elle veut obtenir l\u2019indemnisation int\u00e9grale du dommage. Il convient encore de rappeler qu\u2019ASSURANCES X) n\u2019a pas contest\u00e9 que<\/p>\n<p>7 ASSURANCES Y) avait seule avanc\u00e9 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ces frais. Il convient donc d\u2019admettre que ASSURANCES Y) agit ici en tant que subrog\u00e9e d\u2019A1) . Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, l\u2019indication de l\u2019article 55 de la Loi de 1997 n\u2019a pour cons\u00e9quence que le courrier ne peut valoir interruption de la prescription au sens de l\u2019article 45 point 4 de la Loi de 1997. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019unique moyen de cassation est pr\u00e9sent\u00e9 en huit branches, qui critiquent toutes, sous diff\u00e9rents aspects, le passage pr\u00e9cit\u00e9 de la d\u00e9cision et s\u2019articulent autour du grief que la Cour d\u2019appel se serait prononc\u00e9e d\u2019office sur la subrogation de ASSURANCES Y) dans les droits et actions de son assur\u00e9e, ainsi que sur l\u2019effet interruptif d\u2019un courrier du 16 mai 2008, adress\u00e9 par ASSURANCES Y) \u00e0 ASSURANCES X).<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la premi\u00e8re branche<\/p>\n<p>La partie demanderesse en cassation fait grief aux juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 les articles 585, point 3) et 586, alin\u00e9a 1, du Nouveau code de proc\u00e9dure civile, en ce que la Cour d\u2019appel a d\u00e9pass\u00e9 le p\u00e9rim\u00e8tre des points jug\u00e9s litigieux sur lesquels la compagnie ASSURANCES Y) lui demandait de statuer en \u00e9largissant le d\u00e9bat en appel \u00e0 la question de l\u2019effet interruptif, qu\u2019il y aurait lieu de reconna\u00eetre au courrier du 16 mai 2008, alors que ni l\u2019acte d\u2019appel, ni les conclusions subs\u00e9quentes de la compagnie ASSURANCES Y) ne remettaient en cause cette question tranch\u00e9e en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Les dispositions l\u00e9gales vis\u00e9es au moyen se lisent comme suit :<\/p>\n<p>Article 585 (3) du Nouveau code de proc\u00e9dure civile :<\/p>\n<p>\u00ab Outre les mentions prescrites \u00e0 l\u2019article 153 et \u00e0 l\u2019article 154 l\u2019appel contient \u00e0 peine de nullit\u00e9 (\u2026)<\/p>\n<p>3) l\u2019indication du jugement ainsi que, le cas \u00e9ch\u00e9ant, les chefs du jugement auxquels l\u2019appel est limit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Article 586 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile :<\/p>\n<p>\u00ab Les conclusions d\u2019appel doivent formuler express\u00e9ment les pr\u00e9tentions de la partie et les moyens sur lesquels chacune de ces pr\u00e9tentions est fond\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>Il ressort de la lecture m\u00eame de l\u2019extrait critiqu\u00e9 de la d\u00e9cision dont pourvoi, que les textes de loi dont la violation est all\u00e9gu\u00e9e, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s par la juridiction d\u2019appel. Les articles vis\u00e9s au moyen \u00e9tant \u00e9trangers au grief formul\u00e9, cette branche du moyen est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable sous ce rapport.<\/p>\n<p>3 Extrait qui reprend le dernier alin\u00e9a de la page 9 de l\u2019arr\u00eat dont pourvoi<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la deuxi\u00e8me branche<\/p>\n<p>La partie demanderesse en cassation critique ensuite les juges d\u2019appel d\u2019avoir viol\u00e9 l\u2019article 54 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile, qui dispose que \u00ab le juge doit se prononcer sur tout ce qui est demand\u00e9 et uniquement sur ce qui est demand\u00e9&quot;, ce qui est instance d\u2019appel, signifie qu\u2019il doit se limiter \u00e0 trancher les termes du litige lui ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9volus. \u00bb.<\/p>\n<p>Selon la lecture de la d\u00e9cision entreprise, faite par la partie demanderesse 4 \u00ab pour en arriver \u00e0 la conclusion que le courrier de la compagnie ASSURANCES Y) du 16 mai 2008 aurait eu pour effet d\u2019interrompre le d\u00e9lai de prescription de l\u2019action directe dont le titulaire originaire \u00e9tait Madame A1) , il fallut \u00e0 la Cour d\u2019appel pr\u00e9alablement constater l\u2019existence d\u2019une subrogation de la compagnie ASSURANCES Y) dans les droits et actions de Madame A1) puisque, m\u00eame si la Cour d\u2019appel ne le dit pas express\u00e9ment, la compagnie ASSURANCES Y) ne pouvait, par l\u2019envoi de son courrier, esp\u00e9rer interrompre la prescription de l\u2019action directe que si, par voie de subrogation, elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 titulaire de l\u2019action directe soumise \u00e0 prescription quinquennale au moment de l\u2019envoi de son courrier. \u00bb<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel aurait donc statu\u00e9 sur un moyen, celui de la subrogation, dont l\u2019examen ne lui avait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9volu, outrepassant ainsi les termes du litige pendant en appel, et violant ainsi l\u2019article 54 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat dont pourvoi pr\u00e9cise express\u00e9ment que \u00ab Le jugement n\u2019est pas entrepris en ce qu\u2019il a retenu que le moyen relatif \u00e0 l\u2019absence de subrogation de ASSURANCES Y) dans les droits et actions d\u2019A1) touche \u00e0 sa qualit\u00e9 \u00e0 agir et que celle-ci n\u2019est pas une condition de recevabilit\u00e9 de l\u2019action exerc\u00e9e par celui m\u00eame qui se pr\u00e9tend titulaire du droit.<\/p>\n<p>La Cour n\u2019est donc pas saisie de ce moyen.<\/p>\n<p>Comme il ressort des derni\u00e8res conclusions que les parties se sont mises d\u2019accord \u00e0 voir limiter les d\u00e9bats \u00e0 la prescription, la Cour n\u2019est saisie que de l\u2019examen de ce moyen. \u00bb<\/p>\n<p>Les premiers juges ont retenu sur ce point 5 :<\/p>\n<p>\u00ab ASSURANCES X) soul\u00e8ve en premier lieu l\u2019absence de subrogation dans le chef de ASSURANCES Y) dans les droits et actions d\u2019A1) pour conclure au rejet de la demande. En second lieu, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 une subrogation dans le chef de ASSURANCES Y)<\/p>\n<p>4 Page 5 infra \u00ab Appr\u00e9ciation \u00bb de l\u2019arr\u00eat entrepris 5 Jugement commercial n\u00b02018TALCH06\/01127, du 6 d\u00e9cembre 2018, num\u00e9ro 174672 du r\u00f4le , figurant comme pi\u00e8ce 2.8 de la farde de pi\u00e8ces, communiqu\u00e9e par Maitre Michel SCHWARTZ<\/p>\n<p>9 devait \u00eatre constat\u00e9e, elle conclut \u00e0 la prescription de l\u2019action que ASSURANCES Y) entend exercer \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>Le moyen relatif \u00e0 l\u2019absence de subrogation dans le chef de ASSURANCES Y) dans les droits et actions d\u2019A1) touche \u00e0 la qualit\u00e9 \u00e0 agir de ASSURANCES Y) qui n&#039;est pas une condition particuli\u00e8re de recevabilit\u00e9 lorsque l&#039;action est exerc\u00e9e par celui m\u00eame qui se pr\u00e9tend titulaire du droit.<\/p>\n<p>L&#039;existence effective du droit invoqu\u00e9 par le demandeur \u00e0 l&#039;encontre du d\u00e9fendeur n&#039;est pas une condition de recevabilit\u00e9 de la demande, mais uniquement la condition de son succ\u00e8s au fond, ou, en d&#039;autres termes, de son bien-fond\u00e9 (Trib. Arr, 12 mars 2003, r\u00f4le n\u00b0 51114).<\/p>\n<p>Comme ASSURANCES Y) all\u00e8gue dans son chef un droit de se retourner contre ASSURANCES X), assureur des pr\u00e9tendus responsables du sinistre caus\u00e9 \u00e0 l\u2019immeuble appartenant \u00e0 A1) , suite \u00e0 la prise en charge du sinistre indemnis\u00e9 au titre du contrat d\u2019assurance, elle justifie sa qualit\u00e9 \u00e0 agir, les \u00e9ventuelles contestations d\u2019ASSURANCES X) s\u2019analysant ult\u00e9rieurement dans le cadre du bien-fond\u00e9 de la demande de ASSURANCES Y) au principal.<\/p>\n<p>Le moyen d\u2019ASSURANCES X) tir\u00e9 de la prescription de l\u2019action directe exerc\u00e9e par ASSURANCES Y) est d\u00e8s lors \u00e0 analyser en premier lieu. \u00bb<\/p>\n<p>La lecture conjointe des d\u00e9cisions de premi\u00e8re et de deuxi\u00e8me instance montre que la question de la subrogation n\u2019a pas (encore) \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e par les juridictions du fond, mais elle le sera dans la cadre de l\u2019analyse du bien-fond\u00e9 de la demande de ASSURANCES Y). En effet la juridiction de p remi\u00e8re instance n\u2019a pas suivi l\u2019ordre de pr\u00e9sentation des moyens de ASSURANCES X) et a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019analyser \u00e0 titre pr\u00e9alable le moyen de prescription et de se pencher seulement dans le cadre de l\u2019examen du bien- fond\u00e9 de la demande sur la question de la subrogation de la compagnie ASSURANCES Y) dans les droits et actions de Madame A1) . Or la partie demanderesse en cassation persiste dans son raisonnement juridique initial, pourtant r\u00e9fut\u00e9 par les premiers juges, et affirme que la question de l\u2019existence ou de l\u2019absence d\u2019une subrogation dans le chef de ASSURANCES Y) est pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019analyse de la prescription, voire que l\u2019analyse de la prescription pr\u00e9suppose l\u2019existence de la subrogation dans le chef de ASSURANCES Y).<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me branche du moyen r\u00e9sulte d\u00e8s lors d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat entrepris, de sorte qu\u2019elle manque en fait.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire :<\/p>\n<p>10 Le grief est en outre irrecevable, \u00e9tant donn\u00e9 que suivant Votre jurisprudence constante 6 , la violation de l\u2019article 54 pr\u00e9cit\u00e9, ne donne pas ouverture \u00e0 cassation, mais \u00e0 requ\u00eate civile suivant l\u2019article 617, alin\u00e9a 3, du Nouveau code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la troisi\u00e8me branche<\/p>\n<p>Dans le cadre de la troisi\u00e8me branche du moyen la partie demanderesse en cassation fait \u00e9tat d\u2019une violation du principe du contradictoire au regard de l\u2019article 65 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile qui dispose que &quot;le juge doit en toutes circonstances faire observer et observer lui-m\u00eame le principe du contradictoire. Il ne peut retenir dans sa d\u00e9cision les moyens les explications et les documents invoqu\u00e9s ou produits par les parties que si celles-ci ont \u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019en d\u00e9battre contradictoirement. Il ne peut fonder sa d\u00e9cision sur les moyens de droit qu\u2019il a relev\u00e9s d\u2019office sans avoir au pr\u00e9alable invit\u00e9 les parties \u00e0 pr\u00e9senter leurs observations&quot;.<\/p>\n<p>\u00ab En se saisissant de la question de l\u2019effet interruptif de prescription qu\u2019il y aurait lieu de reconna\u00eetre au courrier du 16 mai 2008, et en traitant dans ce contexte de la question de l\u2019existence d\u2019une subrogation de la compagnie ASSURANCES Y) dans les droits et actions de Madame A1) sans que ces deux questions n\u2019aient \u00e0 aucun moment \u00e9t\u00e9 discut\u00e9es en instance d\u2019appel, pr\u00e9cis\u00e9ment parce que la compagnie ASSURANCES Y) avait imprim\u00e9 au d\u00e9bat une direction enti\u00e8rement focalis\u00e9e sur l\u2019effet interruptif de prescription qu\u2019il y aurait lieu de reconna\u00eetre aux d\u00e9clarations du mandataire de Madame A1) lors de la r\u00e9union du 5 juillet 2006 o\u00f9 cette probl\u00e9matique de la subrogation ne se posait pas tout, la Cour d\u2019appel aurait au minimum d\u00fb rouvrir les d\u00e9bats afin de permettre aux parties de prendre utilement position sur les points non d\u00e9battus, et en particulier sur la probl\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 l\u2019existence d\u2019une subrogation en faveur de la compagnie ASSURANCES Y) et la date de sa prise d\u2019effet (avant ou apr\u00e8s envoi du courrier du 16 mai 2018) 7 \u00bb<\/p>\n<p>Cette branche du moyen comporte deux aspects diff\u00e9rents, \u00e0 savoir d\u2019une part celui de la subrogation et d\u2019autre part celui de l\u2019effet interruptif de la prescription \u00e0 attribuer au courrier du 16 mai 2008, qui suscitent des remarques diff\u00e9rentes :<\/p>\n<p>Comme d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9 dans le cadre de la deuxi\u00e8me branche du moyen, la question de la subrogation n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9f\u00e9r\u00e9e et n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9e par la juridiction d\u2019appel, la troisi\u00e8me branche du moyen r\u00e9sulte, sous cet aspect, d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat entrepris, de sorte qu\u2019elle manque en fait.<\/p>\n<p>Concernant la question de l\u2019effet interruptif de prescription \u00e0 attribuer au courrier du 16 mai 2008 :<\/p>\n<p>6 A titre exemplatif: Cour de cassation, arr\u00eat du 25 avril 2002, num\u00e9ro 1880 du registre. 7 Page 10 sous troisi\u00e8me branche du m\u00e9moire en cassation<\/p>\n<p>L\u2019article 65 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile se lit comme suit :<\/p>\n<p>\u00ab Le juge doit en toutes circonstances faire observer et observer lui- m\u00eame le principe de la contradiction.<\/p>\n<p>Il ne peut retenir dans sa d\u00e9cision les moyens, les explications et les documents invoqu\u00e9s ou produits par les parties que si celles-ci ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00eame d\u2019en d\u00e9battre contradictoirement.<\/p>\n<p>Il ne peut fonder sa d\u00e9cision sur les moyens de droit qu\u2019il a relev\u00e9s d\u2019office sans avoir au pr\u00e9alable invit\u00e9 les parties \u00e0 pr\u00e9senter leurs observations. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019article 65 a \u00e9t\u00e9 repris de l\u2019article 16 du Code de proc\u00e9dure civile fran\u00e7ais. Si la disposition fran\u00e7aise a fait l\u2019objet de remaniements successifs, dont l\u2019analyse d\u00e9passe le cadre du moyen sous examen, elle se lit depuis le d\u00e9cret du 12 mai 1981 comme suit :<\/p>\n<p>\u00ab Le juge doit, en toutes circonstances, faire observer et observer lui- m\u00eame le principe de la contradiction.<\/p>\n<p>Il ne peut retenir, dans sa d\u00e9cision, les moyens, les explications et les documents invoqu\u00e9s ou produits par les parties que si celles-ci ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00ea me d&#039;en d\u00e9battre contradictoirement.<\/p>\n<p>Il ne peut fonder sa d\u00e9cision sur les moyens de droit qu&#039;il a relev\u00e9s d&#039;office sans avoir au pr\u00e9alable invit\u00e9 les parties \u00e0 pr\u00e9senter leurs observations. \u00bb<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les controverses qui ont affect\u00e9 la r\u00e9daction de l\u2019article en question, la Cour de cassation fran\u00e7aise a fait preuve de constance quant aux exigences pesant sur les juges du fond. Depuis trois arr\u00eats de la Chambre mixte du 10 juillet 1981 8 , bien que statuant sous l\u2019empire de la r\u00e9daction ant\u00e9rieure de l\u2019article 16, la Cour de cassation a impos\u00e9 aux juges du fond dans de nombreux arr\u00eats l\u2019observation du principe de contradiction lorsqu\u2019ils rel\u00e8vent d\u2019office un moyen, y compris d\u2019ailleurs pour les moyens d\u2019ordre public.<\/p>\n<p>Si le principe de contradiction est une r\u00e8gle d\u2019ordre public, le domaine de la r\u00e8gle, donc la notion de \u00ab moyens de droit que [le juge] a relev\u00e9s d\u2019office \u00bb, est interpr\u00e9t\u00e9e d\u2019une fa\u00e7on restrictive. \u00ab Relever d\u2019office un moyen de droit, c\u2019est faire spontan\u00e9ment application au litige de r\u00e8gles de droit autres que celles dont le demandeur ou le d\u00e9fendeur sollicitait le profit \u00bb 9 .<\/p>\n<p>8 Cass. Ch. mixte, 10 juillet 1981, n\u00b077-10.745, n\u00b078- 10.425, Bull. ch. mixte, n\u00b0 6; D. 1981. 637, conclusions Cabanes 9 JCL, Proc\u00e9dure civile, Fasc. 500-35 Principes directeurs du proc\u00e8s, no 45<\/p>\n<p>12 Cet article constitue en effet la contrepartie n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019article 12 du m\u00eame code. Selon l\u2019article 12 alin\u00e9a 1 er , du Code de proc\u00e9dure civile fran\u00e7ais, repris \u00e0 l\u2019article 61 alin\u00e9a 1 er du Nouveau code de proc\u00e9dure civile : \u00ab le juge tranche le litige conform\u00e9ment aux r\u00e8gles de droit qui lui sont applicables \u00bb. D\u00e8s lors que le juge \u00e9largit le d\u00e9bat \u00e0 des points de droit sur lesquels les parties \u00e9taient rest\u00e9es silencieuses, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019une contestation, il y a lieu d\u2019ouvrir un nouveau dialogue 10 .<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 de l&#039;article 16, alin\u00e9a 3, certaines initiatives du juge continuent d&#039;\u00e9chapper, de fa\u00e7on plus ou moins l\u00e9gitime, \u00e0 la contradiction.<\/p>\n<p>Une s\u00e9rie d&#039;exceptions \u00e0 l&#039;obligation du juge de se soumettre au principe du contradictoire r\u00e9sulte d&#039;une construction jurisprudentielle visant \u00e0 soustraire \u00e0 la contradiction les moyens dits \u00ab dans la cause \u00bb, qui seraient ceux qui, bien que non invoqu\u00e9s par les parties, auraient n\u00e9anmoins pu \u00eatre d\u00e9battus par elles, ces derni\u00e8res ayant \u00e9t\u00e9 au moins fictivement \u00e0 m\u00eame d&#039;en d\u00e9battre contradictoirement, car ils ne r\u00e9sultent pas de l&#039;introduction d&#039;\u00e9l\u00e9ments nouveaux dans le d\u00e9bat. La notion de moyen dans la cause a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par la jurisprudence dans deux s\u00e9ries d&#039;hypoth\u00e8ses, dont la v\u00e9rification des conditions d&#039;application de la loi 11 .<\/p>\n<p>Lorsque le juge v\u00e9rifie si les conditions d&#039;application de la r\u00e8gle de droit invoqu\u00e9e par les parties sont r\u00e9unies, la jurisprudence consid\u00e8re que le juge peut dans ce cas \u00e9chapper \u00e0 la contradiction, parce qu&#039;il ne rel\u00e8ve pas un nouveau moyen de droit. Cette exclusion du contradictoire a pu \u00eatre justifi\u00e9e par la doctrine par le fait qu&#039;aucun effet de surprise n&#039;\u00e9tait susceptible de pr\u00e9judicier aux parties d\u00e8s lors que le moyen \u00e9tant dans la cause, il \u00e9tait cens\u00e9 \u00eatre connu des parties \u00e0 qui il revenait d&#039;en d\u00e9battre spontan\u00e9ment. Si certains auteurs critiquent cette exclusion, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019elle fait preuve de pragmatisme et permet au juge de mettre un terme \u00e0 des discussions sans fin.<\/p>\n<p>Dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, ASSURANCES X) a, en premi\u00e8re instance, soulev\u00e9 le moyen de prescription de l\u2019action directe de ASSURANCES Y), contest\u00e9 par ASSURANCES Y). Les premiers juges se sont livr\u00e9s \u00e0 une analyse de tous les faits soumis par les parties en vue de corroborer leur position respective, y compris un courrier du 16 mai 2008, et ont retenu sur ce point 13 :<\/p>\n<p>\u00ab ASSURANCES Y) se pr\u00e9vaut encore de son courrier du 16 mai 2008 adress\u00e9 \u00e0 ASSURANCES X) comme acte interruptif du d\u00e9lai de prescription.<\/p>\n<p>Par ce courrier, qui intervient suite au d\u00e9p\u00f4t du rapport d\u2019expertise, ASSURANCES Y) exprime sa position en s\u2019appuyant sur l\u2019article 55 de la loi modifi\u00e9e du 27 juillet 1997 et demande \u00e0 ASSURANCES X) de lui faire part de ses intentions. L\u2019article 55 de la loi<\/p>\n<p>10 BORE, La cassation en mati\u00e8re civile, 5 \u00e8me \u00e9dition, Dalloz action, No 74.152 11 R\u00e9pertoire de proc\u00e9dure civile, Principes directeurs du proc\u00e8s, Le principe du contradictoire, Ana\u00efs DANET, no 302 12 Idem, no 303 13 , Jugement commercial n\u00b02018TALCH06\/01127, du 6 d\u00e9cembre 2018, num\u00e9ro 174672 du r\u00f4le , page 7, deux derniers alin\u00e9as figurant comme pi\u00e8ce 2.8 de la farde de pi\u00e8ces, communiqu\u00e9e par Maitre Michel SCHWARTZ<\/p>\n<p>13 modifi\u00e9e du 27 juillet 1997 est relatif \u00e0 la r\u00e9partition de la charge du sinistre en cas de pluralit\u00e9 de contrats d\u2019assurance qui couvrent un m\u00eame risque. Ce courrier se situe d\u00e8s lors dans le cadre d\u2019une tentative d\u2019arrangement de ASSURANCES Y) avec ASSURANCES X) en application de l\u2019article 55 de la loi du 27 juillet 1997. Il ne s\u2019agit pas d\u2019une demande qui se situe dans le cadre d\u2019une action sur base de l\u2019article 89 de la loi modifi\u00e9e du 27 juillet 1997 et ne saurait consister en une manifestation de la volont\u00e9 d\u2019A1) d\u2019\u00eatre indemnis\u00e9e par ASSURANCES X) de sorte \u00e0 valoir interruption du d\u00e9lai de prescription. \u00bb<\/p>\n<p>Dans son acte d\u2019appel, ASSURANCES Y) conclut \u00e0 l\u2019existence d\u2019une interruption de la prescription, au vu des d\u00e9clarations faites par le mandataire de la partie l\u00e9s\u00e9e lors d\u2019une r\u00e9union de chantier du 5 juillet 2006.<\/p>\n<p>Dans les motifs critiqu\u00e9s de la d\u00e9cision, les juges d\u2019appel se livrent \u00e0 l\u2019analyse du moyen de la prescription et reprennent les \u00e9l\u00e9ments factuels leurs d\u00e9f\u00e9r\u00e9s en vue de rechercher si un \u00e9ventuel caract\u00e8re interruptif de la prescription peut \u00eatre attribu\u00e9 \u00e0 un de ces \u00e9l\u00e9ments, sans pour autant proc\u00e9der \u00e0 une quelconque modification du fondement juridique de la pr\u00e9tention.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que les juges d\u2019appel n\u2019ont donc pas relev\u00e9 d\u2019office un moyen de droit, ils n\u2019\u00e9taient pas tenus d\u2019inviter les parties \u00e0 un d\u00e9bat contradictoire.<\/p>\n<p>Le grief n\u2019est donc pas fond\u00e9, de sorte que la branche du moyen, sous cet aspect, doit \u00eatre rejet\u00e9e.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la quatri\u00e8me, cinqui\u00e8me, sixi\u00e8me, septi\u00e8me et huiti\u00e8me branche, r\u00e9unies<\/p>\n<p>Les cinq branches susvis\u00e9es du moyen touchent toutes, \u00e0 la question de la subrogation de la compagnie ASSURANCES Y) dans les droits et actions de Madame A1). La probl\u00e9matique est envisag\u00e9e sous l\u2019aspect d\u2019un d\u00e9faut de base l\u00e9gale (quatri\u00e8me branche), d\u2019une insuffisance de motifs, constitutive d\u2019une violation de l\u2019article 89 de la Constitution et l\u2019article 249, combin\u00e9 \u00e0 l\u2019article 587 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile (cinqui\u00e8me branche), d\u2019une violation de la loi et plus particuli\u00e8rement de l\u2019article 52 de la LCA (sixi\u00e8me branche), de l\u2019article 1250, alin\u00e9a 1 du Code civil (septi\u00e8me branche) et de l\u2019article 45 point 4 de la LCA (huiti\u00e8me branche).<\/p>\n<p>Or comme expos\u00e9 dans le cadre de la deuxi\u00e8me branche du moyen, la juridiction d\u2019appel a non seulement express\u00e9ment pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019elle limiterait son analyse au moyen de la prescription de l\u2019action directe intent\u00e9e par ASSURANCES Y), mais ne s\u2019est \u00e9galement pas prononc\u00e9e sur la question de l\u2019existence ou de l\u2019absence d\u2019une subrogation de ASSURANCES Y) dans les droits et actions de son assur\u00e9e, et a renvoy\u00e9 l\u2019affaire pour continuation \u00e0 la juridiction de premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>14 Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de les branches susvis\u00e9es du moyen r\u00e9sultent d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat entrepris, de sorte qu\u2019elles manquent en fait.<\/p>\n<p>Conclusion<\/p>\n<p>Le pourvoi est recevable, mais non fond\u00e9.<\/p>\n<p>Pour le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral,<\/p>\n<p>Sandra KERSCH<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-de-cassation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-de-cassation\/20240806-154612\/20220630-cas-2021-00062-94a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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