{"id":664713,"date":"2026-04-23T23:07:30","date_gmt":"2026-04-23T21:07:30","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-17-juin-2022-n-2021-05451-2\/"},"modified":"2026-04-23T23:07:36","modified_gmt":"2026-04-23T21:07:36","slug":"tribunal-darrondissement-17-juin-2022-n-2021-05451-2","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-17-juin-2022-n-2021-05451-2\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 17 juin 2022, n\u00b0 2021-05451"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Jugement commercial 2022 TALCH02\/00 934 Audience publique du vendredi , dix-sept juin deux mille vingt-deux. Num\u00e9ros TAL-2021-05451 et TAL-2022-02620 du r\u00f4le Composition : Anick WOLFF, 1 \u00e8re vice-pr\u00e9sidente ; Marlene MULLER, juge ; Tania CARDOSO, juge ; Paul BRACHMOND, greffier.<\/p>\n<p>I. (TAL-2021- 05451)<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e E2M SARL, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 2342 Luxembourg, 52, rue Poincar\u00e9, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B210821, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Max MAILLIET, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, agissant en sa qualit\u00e9 de curateur que de repr\u00e9sentant de la masse des cr\u00e9anciers de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE1.), en abr\u00e9g\u00e9 SOCIETE1.), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (&#8230;), d\u00e9clar\u00e9e en faillite suivant jugement du Tribunal d\u2019Arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, 2 e chambre, du 12 octobre 2018, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B(&#8230;),<\/p>\n<p>\u00e9lisant domicile en sa propre \u00e9tude,<\/p>\n<p>partie demanderesse, comparant par Ma\u00eetre Max MAILLIET, avocat \u00e0 la Cour, susdit,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) Monsieur PERSONNE1.), sans \u00e9tat connu, demeurant \u00e0 F-(&#8230;), sinon \u00e0 c\/o SOCIETE2.) SAS, (&#8230;), F-(&#8230;), sinon \u00e0 (&#8230;) (Maroc), tant en sa qualit\u00e9 d\u2019ancien administrateur de SOCIETE1.) qu\u2019en sa qualit\u00e9 de repr\u00e9sentant permanent au<\/p>\n<p>conseil d\u2019administration de SOCIETE1.) de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7ais SOCIETE3.) SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 F-(&#8230;), immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Reims sous le num\u00e9ro (&#8230;) , repr\u00e9sent\u00e9e par son repr\u00e9sentant l\u00e9gal actuellement en fonctions, au conseil d\u2019administration (SOCIETE3.)), partie d\u00e9fenderesse, d\u00e9faillant,<\/p>\n<p>2) Monsieur PERSONNE2.), sans \u00e9tat connu, demeurant \u00e0 L- (&#8230;), pris en sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur de SOCIETE1.) ,<\/p>\n<p>partie d\u00e9fenderesse, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple DENTONS LUXEMBOURG, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 8070 Bertrange, 33, rue du Puits Romain, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B202324, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Martine GERBER-LEMAIRE, avocat \u00e0 la Cour, assist\u00e9e de Ma\u00eetre Carole RHEIN, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Bertrange, repr\u00e9sentant la soci\u00e9t\u00e9 DENTONS LUXEMBOURG pr\u00e9qualifi\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure,<\/p>\n<p>3) La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOCIETE4.) Luxembourg SARL, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (&#8230;), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B(&#8230;), repr\u00e9sent\u00e9e par ses repr\u00e9sentants l\u00e9gaux actuellement en fonctions, tant en sa qualit\u00e9 de domiciliataire de SOCIETE1.) qu\u2019en sa qualit\u00e9 d\u2019employeur de Monsieur PERSONNE2.) ,<\/p>\n<p>partie d\u00e9fenderesse, comparant par Ma\u00eetre Raphael COLLIN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>II. (TAL-2022-02620)<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>Monsieur PERSONNE2.), retrait\u00e9, demeurant \u00e0 L- (&#8230;), pris en sa qualit\u00e9 d\u2019ancien administrateur de SOCIETE1.) , \u00e9lisant domicile en l\u2019\u00e9tude de la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple DENTONS LUXEMBOURG, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 8070 Bertrange, 33, rue du Puits Romain, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B202324, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Martine GERBER-LEMAIRE, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Bertrange, partie demanderesse, comparant par Ma\u00eetre Martine GERBER-LEMAIRE, avocat \u00e0 la Cour, susdit assist\u00e9e de Ma\u00eetre Carole RHEIN, avocat \u00e0 la Cour, repr\u00e9sentant la soci\u00e9t\u00e9 DENTONS LUXEMBOURG pr\u00e9qualifi\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) Madame PERSONNE3.), \u00e9pouse PERSONNE4.) , sans \u00e9tat connu, demeurant \u00e0 (&#8230;), sinon \u00e0 F-(&#8230;), en sa qualit\u00e9 d\u2019ancien administrateur de SOCIETE1.) , partie d\u00e9fenderesse, d\u00e9faillante ;<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7ais SOCIETE3.) SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 F- (&#8230;), immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Reims sous le num\u00e9ro B (&#8230;), dont la liquidation judiciaire a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e par jugement du Tribunal de Commerce de Reims du 21 juillet 2015, repr\u00e9sent\u00e9e par son liquidateur judiciaire, la SELARL (soci\u00e9t\u00e9 d\u2019exercice lib\u00e9ral \u00e0 responsabilit\u00e9) Armandine RIQUELME, ayant son si\u00e8ge social \u00e0 F-(&#8230;), immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Reims sous le num\u00e9ro D(&#8230;), repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Armandine RIQUELME, nomm\u00e9e auxdites fonctions par jugement du tribunal de commerce de Reims du 21 juillet 2015, sinon par toute personne actuellement en fonctions et habilit\u00e9e \u00e0 repr\u00e9senter SOCIETE3.) SA, au si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9qualifi\u00e9e ainsi qu\u2019au si\u00e8ge de son liquidateur, parties d\u00e9fenderesses, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative organis\u00e9e comme une soci\u00e9t\u00e9 anonyme VANDENBULKE, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 1882 Luxembourg, 12C, Impasse Drosbach, immatricul\u00e9e au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B183487, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Val\u00e9rie KOPERA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, repr\u00e9sentant la soci\u00e9t\u00e9 VANDENBULKE pr\u00e9qualifi\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>I. F a i t s :<\/p>\n<p>Par exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Laura GEIGER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg, en date du 3 juin 2021, l a partie demanderesse a fait donner assignation aux parties d\u00e9fenderesses \u00e0 compara\u00eetre le vendredi 9 juillet 2021 \u00e0 9h00 heures devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, Cit\u00e9 Judiciaire, Plateau du Saint-Esprit, B\u00e2timent CO , salle CO.1.01 , pour y entendre statuer sur le m\u00e9rite de la demande contenue dans ledit exploit d\u2019huissier ci-apr\u00e8s reproduit :<\/p>\n<p>Par exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Laura GEIGER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg, en date du 18 ao\u00fbt 2021, la partie demanderesse a fait donner r\u00e9assignation \u00e0 la partie d\u00e9fenderesse sub 1) \u00e0 compara\u00eetre le vendredi 12 novembre 2021 \u00e0 9h00 heures devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, Cit\u00e9 Judiciaire, Plateau du Saint-Esprit, B\u00e2timent CO, salle CO.1.01, pour y entendre statuer sur le m\u00e9rite de la demande contenue dans ledit exploit d\u2019huissier ci-apr\u00e8s reproduit :<\/p>\n<p>II. F a i t s :<\/p>\n<p>Par exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Kelly FERREIRA SIMOES en remplacement de l\u2019huissier de justice Frank SCHAAL de Luxembourg, en date du 4 janvier 2022, la partie demanderesse a fait donner assignation en intervention aux parties d\u00e9fenderesses \u00e0 compara\u00eetre le vendredi 1 er avril 2022 \u00e0 9h00 heures devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, Cit\u00e9 Judiciaire, Plateau du Saint-Esprit, B\u00e2timent CO, salle CO.1.01, pour y entendre statuer sur le m\u00e9rite de la demande contenue dans ledit exploit d\u2019huissier ci- apr\u00e8s reproduit :<\/p>\n<p>L\u2019affaire sub I. fut inscrite sous le num\u00e9ro TAL- 2021- 05451 du r\u00f4le pour l\u2019audience publique du 9 juillet 2021 devant la deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale. L\u2019affaire sub II. fut inscrite sous le num\u00e9ro TAL- 2022-02620 du r\u00f4le pour l\u2019audience publique du 12 novembre 2021 devant la deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale. Les deux affaires furent utilement retenues \u00e0 l\u2019audience publique du 4 mai 2022, lors de laquelle les d\u00e9bats eurent lieu comme suit : Ma\u00eetre Max MAILLIET, donna lecture de l\u2019assignation et exposa ses moyens. Ma\u00eetre Martine GERBER-LEMAIRE et Ma\u00eetre Carole RHEIN r\u00e9pliqu\u00e8rent et expos\u00e8rent leurs moyens. Ma\u00eetre Raphael COLLIN exposa les moyens de sa partie. Ma\u00eetre Val\u00e9rie KOPERA exposa les moyens de sa partie. Sur ce, le tribunal prit l\u2019affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l\u2019audience publique de ce jour le<\/p>\n<p>j u g e m e n t q u i s u i t :<\/p>\n<p>Faits<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE1.) SA, en abr\u00e9g\u00e9 SOCIETE1.) (ci-apr\u00e8s \u00ab SOCIETE1.) \u00bb) a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e le 3 octobre 1996, son objet social consistant notamment en la prise de participations \u00e0 Luxembourg ou \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019au 16 avril 2018, la soci\u00e9t\u00e9 de droit fran\u00e7ais SOCIETE3.) SA (ci-apr\u00e8s \u00ab SOCIETE3.) \u00bb) \u00e9tait l\u2019actionnaire unique de SOCIETE1.) et PERSONNE1.) en \u00e9tait le b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif.<\/p>\n<p>Aux termes de deux contrats de pr\u00eat des 30 novembre 2000 et 20 d\u00e9cembre 2006, la soci\u00e9t\u00e9 de droit panam\u00e9en SOCIETE5.) SA a mis \u00e0 la disposition de SOCIETE1.) les montants de 10 millions de francs fran\u00e7ais et de 4 millions d\u2019euros respectivement (ci- apr\u00e8s les \u00ab Contrats de pr\u00eat \u00bb).<\/p>\n<p>Par jugement du 10 juin 2014, SOCIETE3.) a \u00e9t\u00e9 mise en redressement judiciaire.<\/p>\n<p>Aux termes d\u2019un Loan Recognition Agreement sign\u00e9 le 10 juillet 2014, SOCIETE5.) et SOCIETE1.) ont red\u00e9fini les modalit\u00e9s de remboursement des Contrats de pr\u00eats. Pour garantir les obligations de SOCIETE1.) d\u00e9coulant des Contrats de pr\u00eat et du Loan Recognition Agreement, cette derni\u00e8re s\u2019est engag\u00e9e, aux termes d\u2019un trust agreement<\/p>\n<p>restant \u00e0 conclure, \u00e0 transf\u00e9rer \u00e0 un trustee les actions qu\u2019elle d\u00e9tenait dans ses filiales argentines, les soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE6.) et SOCIETE7.) (ci-apr\u00e8s les \u00ab Filiales \u00bb).<\/p>\n<p>Par requ\u00eate du 12 ao\u00fbt 2014, SOCIETE5.) a entam\u00e9 une proc\u00e9dure de saisie- arr\u00eat visant les actions des Filiales.<\/p>\n<p>Par jugement du 21 juillet 2015, le redressement judiciaire de SOCIETE3.) a \u00e9t\u00e9 converti en liquidation judiciaire.<\/p>\n<p>La proc\u00e9dure de saisie-arr\u00eat entam\u00e9e le 12 ao\u00fbt 2014 a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9e par un jugement du 18 novembre 2015.<\/p>\n<p>Le 22 juin 2016, les actions des Filiales ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9es \u00e0 SOCIETE5.) .<\/p>\n<p>Aux termes d\u2019une convention de cession d\u2019actions, SOCIETE3.) a c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit chypriote SOCIETE8.) toutes les actions de SOCIETE1.) pour un prix de 380.000,- EUR, ainsi qu\u2019une cr\u00e9ance d\u2019associ\u00e9 qu\u2019elle d\u00e9tenait sur SOCIETE1.) , \u00e9valu\u00e9e par SOCIETE8.) \u00e0 plus que 45 millions d\u2019euros, pour un prix de cession de 20.000,- EUR.<\/p>\n<p>Par jugement du 12 octobre 2018, SOCIETE1.) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e en \u00e9tat de faillite et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e E2M SARL, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Max MAILLET, a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e curateur.<\/p>\n<p>Proc\u00e9dure<\/p>\n<p>Par exploits d\u2019huissier de justice des 19 avril et 18 ao\u00fbt 2021, le curateur a fait donner assignation \u00e0 PERSONNE1.) , PERSONNE2.) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOCIETE4.) LUXEMBOURG SARL (ci- apr\u00e8s \u00ab SOCIETE4.) \u00bb) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale.<\/p>\n<p>Cette affaire a \u00e9t\u00e9 enr\u00f4l\u00e9e sous le num\u00e9ro TAL- 2021- 05451.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 4 janvier 2022, PERSONNE2.) a assign\u00e9 en intervention PERSONNE3.) et SOCIETE3.), repr\u00e9sent\u00e9e par son curateur, \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale.<\/p>\n<p>Cette affaire a \u00e9t\u00e9 enr\u00f4l\u00e9e sous le num\u00e9ro TAL- 2022- 02620.<\/p>\n<p>Pr\u00e9tentions et moyens de parties<\/p>\n<p>Le curateur demande \u00e0 voir condamner PERSONNE1.) , PERSONNE2.) et SOCIETE4.) solidairement, sinon in solidum , sinon individuellement mais chacun pour le tout, sinon<\/p>\n<p>chacun pour sa part, \u00e0 payer entre ses mains le montant de 45.921.779,19 EUR avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la demande en justice, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>Il sollicite par ailleurs la condamnation des parties d\u00e9fenderesses solidairement, sinon in solidum, sinon individuellement mais chacun pour le tout, sinon chacun pour sa part au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de 10.000,- EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de ses pr\u00e9tentions, le curateur fait valoir que PERSONNE1.) et PERSONNE2.), en leur qualit\u00e9 d\u2019anciens administrateurs de SOCIETE1.), auraient commis des fautes graves et caract\u00e9ris\u00e9es ayant contribu\u00e9 \u00e0 la faillite.<\/p>\n<p>Il leur reproche notamment d\u2019avoir orchestr\u00e9 la cession des actions des Filiales dans des conditions douteuses, d\u00e9pouillant ainsi SOCIETE1.) de son seul actif, \u00e0 des fins purement personnelles et dans un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat flagrant.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019ouverture de la proc\u00e9dure de redressement judiciaire \u00e0 l\u2019encontre du seul actionnaire de SOCIETE1.), SOCIETE3.), SOCIETE5.) et la faillie auraient subitement conclu le Loan Recognition Agreement aux termes duquel SOCIETE1.) aurait reconnu sa dette envers SOCIETE5.) et se serait engag\u00e9e \u00e0 garantir cette dette par le transfert des actions des Filiales \u00e0 un trust . Le Loan Recognition Agreement aurait ensuite servi de titre \u00e0 SOCIETE5.) pour justifier la proc\u00e9dure de saisie- arr\u00eat visant les actions des Filiales entam\u00e9e le 27 ao\u00fbt 2014 \u00e0 laquelle aucun des repr\u00e9sentants de SOCIETE1.) n\u2019aurait comparu. Il serait toutefois curieux de constater que SOCIETE5.) aurait eu recours \u00e0 la proc\u00e9dure de saisie- arr\u00eat, alors m\u00eame qu\u2019elle avait convenu avec SOCIETE1.) de mettre en place le trust.<\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause, le fait pour SOCIETE1.) d\u2019avoir fait d\u00e9faut dans le cadre de la proc\u00e9dure de saisie- arr\u00eat sans \u00e9mettre la moindre contestation \u00e0 l\u2019\u00e9gard des pr\u00e9tentions de SOCIETE5.) violerait l\u2019obligation d\u2019avoir un comportement diligent et prudent dans le chef de ses repr\u00e9sentants qui auraient fait pr\u00e9valoir leurs propres int\u00e9r\u00eats sur les int\u00e9r\u00eats de la faillie.<\/p>\n<p>Le but de PERSONNE1.) aurait \u00e9t\u00e9 de d\u00e9tourner les actions des Filiales et les cr\u00e9ances que SOCIETE1.) aurait d\u00e9tenu sur celles-ci et il serait parvenu \u00e0 r\u00e9aliser cette op\u00e9ration gr\u00e2ce \u00e0 sa qualit\u00e9 de repr\u00e9sentant \u00e0 la fois de SOCIETE5.) et de SOCIETE1.) .<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration litigieuse aurait en outre servi \u00e0 soustraire de l\u2019actif \u00e0 SOCIETE3.) , en redressement judiciaire puis en liquidation judiciaire, alors que sa participation dans SOCIETE1.) n\u2019aurait eu une valeur que pour autant que la faillie d\u00e9tienne les Filiales. Aucun de ses repr\u00e9sentants n\u2019aurait en outre inform\u00e9 le liquidateur fran\u00e7ais de la cession des actions des Filiales intervenue le 22 juin 2016, alors m\u00eame que celui-ci aurait inform\u00e9<\/p>\n<p>SOCIETE1.) qu\u2019il entendait c\u00e9der les actions de la faillie d\u00e8s janvier 2016. SOCIETE1.) n\u2019aurait toutefois eu plus aucune valeur sans la participation dans ses filiales.<\/p>\n<p>PERSONNE1.) et PERSONNE2.) auraient simplement accept\u00e9 l\u2019accroissement du passif de SOCIETE1.) et privil\u00e9gi\u00e9 un de ses cr\u00e9anciers, SOCIETE5.) .<\/p>\n<p>Ils auraient en outre eu un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat manifeste dans la gestion de SOCIETE1.) d\u00fb \u00e0 leurs multiples fonctions tant au sein de la faillie qu\u2019au sein de SOCIETE5.) et de SOCIETE3.).<\/p>\n<p>Le curateur souligne dans ce contexte que PERSONNE1.) \u2019aurait non seulement \u00e9t\u00e9 l\u2019administrateur de SOCIETE1.) en nom personnel mais aurait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 le repr\u00e9sentant permanent de SOCIETE3.) en sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur de la faillie, ce qui serait clairement contraire \u00e0 la l\u00e9gislation luxembourgeoise. Cette man\u0153uvre lui aurait cependant permise d\u2019exercer seul le contr\u00f4le au sein de la faillie.<\/p>\n<p>SOCIETE1.), devenue une coquille vide suite \u00e0 la cession des actions des Filiales, n\u2019aurait plus pay\u00e9 ses imp\u00f4ts depuis l\u2019ann\u00e9e 2015, ni publi\u00e9 ses comptes annuels, les derniers se rapportant \u00e0 l\u2019exercice 2013.<\/p>\n<p>Le curateur soutient que SOCIETE1.) se serait trouv\u00e9e en \u00e9tat de cessation des paiements depuis au moins l\u2019ann\u00e9e 2014, soit depuis le lancement de la proc\u00e9dure de saisie-arr\u00eat.<\/p>\n<p>Ni PERSONNE1.), ni PERSONNE2.) n\u2019auraient toutefois jug\u00e9 n\u00e9cessaire de faire l\u2019aveu de faillite et auraient d\u00e8s lors maintenu une activit\u00e9 d\u00e9ficitaire, aggravant le passif de SOCIETE1.) ce qui aurait contribu\u00e9 \u00e0 sa faillite.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) aurait commis de graves n\u00e9gligences en sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur de SOCIETE1.) laissant PERSONNE1.) g\u00e9rer la faillie \u00e0 son gr\u00e9 et en assistant aux op\u00e9rations litigieuses sans d\u00e9noncer le caract\u00e8re qualifi\u00e9 de frauduleux de celles-ci. Son ind\u00e9pendance aurait donc de toute fa\u00e7on \u00e9t\u00e9 compromise ce qui l\u2019aurait emp\u00each\u00e9 d\u2019exercer son mandant conform\u00e9ment aux r\u00e8gles de bonne gouvernance. PERSONNE2.) se serait content\u00e9 d\u2019agir sur base des instructions lui donn\u00e9es par PERSONNE1.) , qui \u00e9tait le client de son propre employeur SOCIETE4.). Or, l\u2019attitude passive d\u2019un dirigeant dans la gestion d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 serait sanctionn\u00e9e par les tribunaux luxembourgeois.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) serait ainsi \u00e9galement pleinement responsable de l\u2019absence de d\u00e9p\u00f4t des comptes annuels de SOCIETE1.) et ne saurait \u00eatre admis de se d\u00e9charger de cette responsabilit\u00e9 en invoquant un pr\u00e9tendu manque d\u2019informations de la part du b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif de SOCIETE1.) , sinon de son actionnaire unique.<\/p>\n<p>Les fautes graves dans le chef des anciens administrateurs PERSONNE1.) et PERSONNE2.) seraient \u00e9tablies, alors qu\u2019ils auraient organis\u00e9 l\u2019insolvabilit\u00e9 de SOCIETE1.), la laissant ensuite perdurer dans un \u00e9tat d\u2019activit\u00e9 d\u00e9ficitaire ce qui aurait finalement conduit \u00e0 sa mise en faillite.<\/p>\n<p>Ils devraient partant supporter la totalit\u00e9 du passif d\u00e9clar\u00e9 de SOCIETE1.).<\/p>\n<p>Subsidiairement, le curateur base son action \u00e0 l\u2019encontre de PERSONNE1.) et PERSONNE2.) sur la responsabilit\u00e9 des dirigeants pour faute de gestion pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 441-9 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 relative aux soci\u00e9t\u00e9s commerciales (ci-apr\u00e8s \u00ab LSC \u00bb).<\/p>\n<p>PERSONNE1.) et PERSONNE2.) auraient viol\u00e9 des dispositions l\u00e9gales et les statuts de SOCIETE1.) et commis de nombreuses fautes de gestion, \u00e0 savoir :<\/p>\n<p>&#8212; la signature du Loan Recognition Agreement en m\u00e9connaissance de la situation financi\u00e8re de la faillie, &#8212; le d\u00e9pouillement de SOCIETE1.) de son seul actif, &#8212; le non- d\u00e9p\u00f4t des comptes annuels et l\u2019absence de publication.<\/p>\n<p>La m\u00e9connaissance des dispositions l\u00e9gales et statutaires et les fautes de gestion commises justifieraient la condamnation de PERSONNE1.) et PERSONNE2.) au paiement de la totalit\u00e9 du passif d\u00e9clar\u00e9.<\/p>\n<p>La demande du curateur est bas\u00e9e plus subsidiairement sur les dispositions des articles 1382 et 1383 du Code civil.<\/p>\n<p>Le curateur recherche la responsabilit\u00e9 d\u2019 SOCIETE4.) en sa qualit\u00e9 de domiciliataire de SOCIETE1.) en ce qu\u2019elle aurait d\u00fb veiller \u00e0 ce que SOCIETE1.) se conforme aux dispositions l\u00e9gales en vigueur, ce qu\u2019elle n\u2019aurait pas fait. Il aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que les repr\u00e9sentants de la faillie auraient d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment m\u00e9connu les dispositions de la LSC. SOCIETE4.) n\u2019aurait cependant jamais signal\u00e9 ces violations aux dirigeants de SOCIETE1.), m\u00e9connaissant elle- m\u00eame son obligation de surveillance de mani\u00e8re \u00e0 engager sa responsabilit\u00e9 contractuelle, sinon d\u00e9lictuelle.<\/p>\n<p>SOCIETE4.) aurait par ailleurs et en tout \u00e9tat de cause engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 en tant que commettant de PERSONNE2.) sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 et 3 du Code civil. Ce dernier serait l\u2019employ\u00e9 d\u2019SOCIETE4.), de sorte qu\u2019il existerait un lien de subordination entre les deux parties. PERSONNE2.) aurait \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 disposition de SOCIETE1.) par SOCIETE4.) pour assurer les fonctions d\u2019administrateur, impliquant qu\u2019il aurait agi comme pr\u00e9pos\u00e9 et engageant la responsabilit\u00e9 d\u2019SOCIETE4.) \u00e0 travers les fautes qu\u2019il aurait commises.<\/p>\n<p>Le curateur demande partant \u00e0 voir condamner SOCIETE4.) solidairement avec PERSONNE1.) et PERSONNE2.) \u00e0 supporter la totalit\u00e9 du passif d\u00e9clar\u00e9 de SOCIETE1.).<\/p>\n<p>PERSONNE2.) conclut en premier lieu \u00e0 la nullit\u00e9 de l\u2019exploit introductif d\u2019instance et \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande sur base de l\u2019exception de d\u00e9faut profit joint.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 \u00e0 l\u2019audience des plaidoiries que PERSONNE1.) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9assign\u00e9 et valablement touch\u00e9 par l\u2019exploit d\u2019huissier, il n\u2019y pas lieu de d\u00e9tailler l\u2019argumentation de PERSONNE2.) en lien avec ces demandes.<\/p>\n<p>Concernant le fond du litige, PERSONNE2.) conteste avoir commis une quelconque faute grave et caract\u00e9ris\u00e9e qui aurait contribu\u00e9 \u00e0 la faillite de SOCIETE1.). Il aurait agi en parfaite bonne foi sur base des informations mises \u00e0 sa disposition par PERSONNE1.) , en lequel il avait confiance, et n\u2019aurait jamais poursuivi un int\u00e9r\u00eat contraire \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat social de SOCIETE1.). PERSONNE1.) avec lequel il entretenait une relation professionnelle depuis 20 ans serait une personnalit\u00e9 reconnue et respectable dans la r\u00e9gion de Champagne, de sorte qu\u2019aucune vigilance particuli\u00e8re de sa part aurait \u00e9t\u00e9 requise.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 au courant de la situation financi\u00e8re de SOCIETE3.) qui aurait \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9e par PERSONNE1.) , mais il ne lui aurait en tout \u00e9tat de cause pas appartenu en sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur de SOCIETE1.) de solliciter des informations sur son actionnaire unique. Il n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 que tr\u00e8s tardivement des op\u00e9rations de redressement et de liquidation judiciaires de cette derni\u00e8re. PERSONNE2.) donne \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019il n\u2019aurait jamais tir\u00e9 un avantage personnel des actes litigieux lui reproch\u00e9s par le curateur. Ces actes auraient uniquement servi l\u2019int\u00e9r\u00eat de PERSONNE1.) qui aurait en r\u00e9alit\u00e9 proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des man\u0153uvres de dissimulation tant envers le liquidateur de SOCIETE3.), qu\u2019envers PERSONNE2.) .<\/p>\n<p>Concernant les fautes lui reproch\u00e9es par le curateur, PERSO NNE2.) soutient que les pr\u00eats auraient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9chus depuis deux ans avant la signature du Loan Recognition Agreement qui n\u2019aurait fait que constater que SOCIETE5.) disposait d\u2019une cr\u00e9ance certaine, liquide et exigible \u00e0 l\u2019encontre de SOCIETE1.). Lors de la signature du Loan Recognition Agreement, la dette de SOCIETE5.) aurait \u00e9t\u00e9 la seule dette \u00e9chue, de sorte qu\u2019il serait faux de pr\u00e9tendre que SOCIETE5.) aurait \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9 par rapport \u00e0 d\u2019autres cr\u00e9anciers. PERSONNE2.) souligne qu\u2019il n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 au courant \u00e0 ce moment que SOCIETE3.) venait d\u2019\u00eatre mise en redressement judiciaire. En tout \u00e9tat de cause, la signature du Loan Recognition Agreement ne constituerait pas une faute de gestion en relation avec la faillite de SOCIETE1.), dans la mesure o\u00f9 cette convention n\u2019aurait pas accru le passif de la faillie, la dette sous-jacente r\u00e9sultant des pr\u00eats contract\u00e9s en 2000 et 2006.<\/p>\n<p>L\u2019absence de SOCIETE1.) devant les juridictions dans le cadre de la proc\u00e9dure de saisie- arr\u00eat ne serait pas non plus \u00e0 qualifier de faute dans le chef de PERSONNE2.) , dans la mesure o\u00f9 toute contestation des dettes manifestement \u00e9chues de SOCIETE1.) aurait \u00e9t\u00e9 vou\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chec.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) conteste que la cession des actions des Filiales \u00e0 SOCIETE5.) aurait contribu\u00e9 \u00e0 la faillite de SOCIETE1.) Elle aurait au contraire contribu\u00e9 \u00e0 \u00e9teindre consid\u00e9rablement le passif de la faillie, les Filiales n\u2019ayant pour le surplus jamais g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des dividendes. Le curateur serait d\u00e8s lors malvenu d\u2019affirmer que l\u2019\u00e9tat de cessation des paiements aurait \u00e9t\u00e9 caus\u00e9e par la cession des actions des Filiales.<\/p>\n<p>Les imp\u00f4ts de la faillie auraient toujours \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s par SOCIETE3.) , dans la mesure o\u00f9 SOCIETE1.) n\u2019aurait g\u00e9n\u00e9r\u00e9 aucun profit. PERSONNE2.) aurait imm\u00e9diatement inform\u00e9 PERSONNE1.) de la notification des bulletins d\u2019imposition les 28 septembre 2016 et 11 octobre 2017 sans que ce dernier n\u2019aurait entrepris une quelconque d\u00e9marche. Les dirigeants de SOCIETE1.) n\u2019auraient pas non plus \u00e9t\u00e9 alert\u00e9s suite \u00e0 la notification des bulletins d\u2019imposition qui n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 contenu de demande de payer.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) aurait toutefois d\u00e9missionn\u00e9 de son mandat d\u2019administrateur suite \u00e0 la r\u00e9ception du second bulletin d\u2019imposition, faute de soutien du conseil d\u2019administration de SOCIETE1.) en vue du paiement de la dette fiscale.<\/p>\n<p>Il ne lui aurait par ailleurs pas appartenu de faire l\u2019aveu de faillite, le second bulletin d\u2019imposition ayant \u00e9t\u00e9 re\u00e7u moins d\u2019un mois avant sa d\u00e9mission. En tout \u00e9tat de cause, le passif de SOCIETE1.) n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 aggrav\u00e9 de ce fait, alors que la dette fiscale aurait \u00e9t\u00e9 relative \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2015.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) donne encore \u00e0 consid\u00e9rer que SOCIETE1.) \u00e9tait certes en d\u00e9faut de d\u00e9poser et de publier ses comptes annuels, mais cette d\u00e9faillance r\u00e9sulterait d\u2019une absence de communication des pi\u00e8ces comptables par PERSONNE1.).<\/p>\n<p>PERSONNE2.) conteste avoir eu un conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat dans le cadre de son mandat d\u2019administrateur de SOCIETE1.) en raison du seul fait que PERSONNE1.) aurait \u00e9t\u00e9 un client de son employeur SOCIETE4.) .<\/p>\n<p>Subsidiairement, il conviendrait de r\u00e9duire sa charge de responsabilit\u00e9 au minimum eu \u00e9gard au fait qu\u2019il n\u2019aurait tir\u00e9 aucun avantage des op\u00e9rations et transactions litigieuses, contrairement \u00e0 PERSONNE1.) qui devrait assumer la totalit\u00e9, sinon la quasi-totalit\u00e9 du passif de SOCIETE1.) , mais en tout \u00e9tat de cause la cr\u00e9ance de SOCIETE8.) constitu\u00e9e du pr\u00eat d\u2019associ\u00e9 SOCIETE3.) , acquis par celle- ci.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) conteste en outre avoir commis une faute de gestion susceptible d\u2019engager sa responsabilit\u00e9 sur base de l\u2019article 441- 9 de la LSC et sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil.<\/p>\n<p>Il soutient enfin qu\u2019au vu du fait que PERSONNE1.) aurait dissimul\u00e9 des informations importantes concernant la situation financi\u00e8re de SOCIETE3.) que PERSONNE2.) n\u2019aurait pas pu conna\u00eetre, il ne conviendrait pas de prononcer une condamnation solidaire, sinon in solidum des parties.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) r\u00e9clame de son c\u00f4t\u00e9 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000,- EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et la condamnation du curateur au paiement des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 4 janvier 2022, PERSONNE2.) a assign\u00e9 en intervention PERSONNE3.) et SOCIETE3.), en leur qualit\u00e9 d\u2019anciens administrateurs de SOCIETE1.), aux fins de les voir condamner \u00e0 le tenir quitte et indemne de toutes condamnations en principal, int\u00e9r\u00eats, frais et accessoires qui seraient prononc\u00e9s \u00e0 son encontre en vertu du jugement \u00e0 intervenir.<\/p>\n<p>Il sollicite la jonction des deux r\u00f4les.<\/p>\n<p>SOCIETE4.) conteste que sa responsabilit\u00e9 serait engag\u00e9e tant en sa qualit\u00e9 d\u2019ancien domiciliataire de SOCIETE1.) , qu\u2019en sa capacit\u00e9 d\u2019employeur de PERSONNE2.) .<\/p>\n<p>L\u2019article 2 (1) de la loi modifi\u00e9e du 31 mai 1999 r\u00e9gissant la domiciliation des soci\u00e9t\u00e9s (ci- apr\u00e8s la \u00ab Loi de 1999 \u00bb) pr\u00e9voirait une simple facult\u00e9 au profit du domiciliataire de d\u00e9noncer la convention de domiciliation chaque fois que les repr\u00e9sentants et organes sociaux de la soci\u00e9t\u00e9 domicili\u00e9e contreviendraient aux dispositions l\u00e9gales r\u00e9gissant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales ou le droit d\u2019\u00e9tablissement. La Loi de 1999 ne mettrait pas \u00e0 charge du domiciliataire une quelconque obligation de contr\u00f4le ni des comptes de la soci\u00e9t\u00e9 domicili\u00e9e, ni de la l\u00e9galit\u00e9 des actions de celle- ci.<\/p>\n<p>L\u2019appr\u00e9ciation des actes sociaux pos\u00e9s \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019int\u00e9r\u00eat social reviendrait en outre aux seuls dirigeants sociaux, le domiciliataire n\u2019ayant aucun droit de s\u2019immiscer dans la gestion de la soci\u00e9t\u00e9 domicili\u00e9e.<\/p>\n<p>Le curateur ne pourrait d\u00e8s lors pas tenir SOCIETE4.) responsable, en sa qualit\u00e9 de domiciliataire de SOCIETE1.) , pour le paiement du passif d\u00e9clar\u00e9 de la faillie.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 d\u2019SOCIETE4.) ne pourrait pas non plus \u00eatre recherch\u00e9e sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 3 du Code civil, faute de tout lien de subordination avec PERSONNE2.) en sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur de SOCIETE1.), fonction exerc\u00e9e en toute<\/p>\n<p>ind\u00e9pendance par lui et qui ne serait pas en lien avec son statut de salari\u00e9 au sein d\u2019SOCIETE4.).<\/p>\n<p>SOCIETE4.) aurait toujours \u00e9t\u00e9 totalement \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la relation ayant exist\u00e9 entre PERSONNE2.) et SOCIETE1.) et ne lui aurait jamais donn\u00e9 une quelconque instruction dans le cadre de l\u2019accomplissement de son mandant. Il conviendrait encore de souligner que PERSONNE2.) aurait \u00e9t\u00e9 l\u2019administrateur de SOCIETE1.) bien avant la constitution d\u2019SOCIETE4.) en 2008. Enfin, les faits que le curateur reproche actuellement \u00e0 PERSONNE2.) seraient sans rapport avec les fonctions que ce dernier occupe en tant que salari\u00e9 d\u2019SOCIETE4.).<\/p>\n<p>SOCIETE4.) sollicite l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500,- EUR.<\/p>\n<p>Elle s\u2019oppose \u00e9galement \u00e0 la jonction des deux r\u00f4les au motif que SOCIETE3.) lui aurait communiqu\u00e9 ses pi\u00e8ces tardivement.<\/p>\n<p>SOCIETE3.) conclut \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019assignation en intervention, alors qu\u2019elle se trouve en liquidation judiciaire depuis 2015, ce qui mettrait en suspens toute poursuite individuelle dirig\u00e9e \u00e0 son encontre. Tout cr\u00e9ancier potentiel devrait ainsi imp\u00e9rativement proc\u00e9der par la voie d\u2019une d\u00e9claration de cr\u00e9ance pour faire valoir ses droits.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, SOCIETE3.) fait valoir que la demande en garantie de PERSONNE2.) serait non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle n\u2019aurait jamais sign\u00e9, ni pris part \u00e0 un quelconque acte pos\u00e9 par SOCIETE1.) , tous les documents litigieux ayant \u00e9t\u00e9 sign\u00e9s par PERSONNE1.) en sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur en nom personnel et non pas en tant que repr\u00e9sentant permanent de SOCIETE3.). Ce dernier n\u2019aurait pas non plus pu engager SOCIETE3.) sans l\u2019autorisation du liquidateur depuis la mise en liquidation judiciaire de SOCIETE3.).<\/p>\n<p>Le liquidateur aurait voulu vendre SOCIETE1.) , y inclus les Filiales, et n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 de la cession des Filiales intervenue au profit de SOCIETE5.) .<\/p>\n<p>Le prix de cession des actions de SOCIETE1.) pay\u00e9 par SOCIETE8.) s\u2019expliquerait par le fait que la situation financi\u00e8re de la faillie n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 clairement d\u00e9termin\u00e9e. SOCIETE3.) aurait \u00e9t\u00e9 elle- m\u00eame victime des agissements frauduleux de PERSONNE1.).<\/p>\n<p>SOCIETE3.) r\u00e9clame une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000,- EUR et la condamnation de PERSONNE2.) au paiement des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>PERSONNE1.) et PERSONNE3.) n\u2019ont pas comparu.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation<\/p>\n<p>I. Quant \u00e0 la demande de jonction des affaires n\u00b0 TAL -2021- 05451 et n\u00b0 TAL-2022- 02620<\/p>\n<p>La jonction de plusieurs affaires est une question d&#039;opportunit\u00e9 r\u00e9gie par le souci d&#039;une bonne administration de la justice et les juges du fond disposent d&#039;un pouvoir d&#039;appr\u00e9ciation souverain quant \u00e0 l&#039;utilit\u00e9 de la jonction.<\/p>\n<p>Il existe seulement deux conditions qui doivent \u00eatre r\u00e9unies pour que la jonction d\u2019instances puisse \u00eatre prononc\u00e9e : les instances doivent \u00eatre unies par un lien qu\u2019il soit de l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une bonne administration de la justice de les faire instruire ou juger ensemble et les instances doivent \u00eatre pendantes devant la m\u00eame juridiction (Jurisclasseur, Proc\u00e9dure civile, Fasc. 677, n\u00b04).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, PERSONNE2.) demande \u00e0 voir condamner SOCIETE3.) et PERSONNE3.) \u00e0 le tenir quitte et indemne de toutes condamnations en principal, int\u00e9r\u00eats, frais et accessoires qui seraient prononc\u00e9es \u00e0 son encontre en vertu du jugement \u00e0 intervenir. Les deux instances \u00e9tant par ailleurs pendantes devant la m\u00eame juridiction.<\/p>\n<p>Il convient partant d\u2019admettre qu\u2019il est dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une bonne administration de la justice de juger ensemble les instances introduites sous les n\u00b0 TAL- 2021- 05451 et n\u00b0 TAL-2022- 02620 du r\u00f4le et d\u2019en ordonner la jonction.<\/p>\n<p>Le fait qu\u2019SOCIETE4.) s\u2019est vue communiquer tardivement les pi\u00e8ces produites par SOCIETE3.) n\u2019emp\u00eache pas la jonction sollicit\u00e9e des instances.<\/p>\n<p>II. Quant \u00e0 l\u2019action en comblement du passif dirig\u00e9e contre PERSONNE1.) et PERSONNE2.)<\/p>\n<p>L\u2019action en comblement du passif est bas\u00e9e sur l\u2019article 495 -1 du Code de commerce qui dispose que : \u00abLorsque la faillite d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fait appara\u00eetre une insuffisance d\u2019actif, le tribunal peut d\u00e9cider, \u00e0 la requ\u00eate du curateur, que les dettes doivent \u00eatre support\u00e9es, en tout ou en partie, avec ou sans solidarit\u00e9, par les dirigeants sociaux, de droit ou de fait, apparents ou occultes, r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s ou non, \u00e0 l\u2019\u00e9gard desquels sont \u00e9tablies des fautes graves et caract\u00e9ris\u00e9es ayant contribu\u00e9 \u00e0 la faillite.<\/p>\n<p>L\u2019action se prescrit par trois ans \u00e0 partir de la v\u00e9rification d\u00e9finitive des cr\u00e9ances. En cas de r\u00e9solution ou d\u2019annulation du concordat, la prescription, suspendue pendant le temps qu\u2019a dur\u00e9 le concordat, recommence \u00e0 courir, sans toutefois que le d\u00e9lai pour exercer l\u2019action puisse \u00eatre inf\u00e9rieure \u00e0 un an \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019article 495- 1 du Code de commerce met, en cas d\u2019insuffisance d\u2019actif de la faillite, le passif social \u00e0 charge des dirigeants sociaux &#8212; de droit ou de fait &#8212; qui ont commis des fautes graves et caract\u00e9ris\u00e9es, ayant contribu\u00e9 \u00e0 la faillite.<\/p>\n<p>Il faut donc qu\u2019il y ait faillite, il doit \u00eatre constat\u00e9 en outre que l\u2019actif est insuffisant pour payer les cr\u00e9anciers et il faut \u00e9tablir qu\u2019il y a une faute grave \u00e0 charge des dirigeants \u2013 faute grave qui a contribu\u00e9 \u00e0 la faillite de la soci\u00e9t\u00e9. Enfin, le juge doit \u00eatre convaincu que la condamnation est \u00e9quitable dans les circonstances de fait car la condamnation rev\u00eat toujours un caract\u00e8re facultatif. Finalement, l\u2019action est r\u00e9serv\u00e9e au curateur (Jan RONSE : La responsabilit\u00e9 facultative des administrateurs et g\u00e9rants en cas de faillite avec insuffisance d\u2019actif, RPS 1979 n\u00b0 6049).<\/p>\n<p>Il est constant que SOCIETE1.) se trouve en \u00e9tat de faillite depuis le jugement d\u00e9claratif du 12 octobre 2018 et que la pr\u00e9sente action est exerc\u00e9e par le curateur contre les dirigeants de droit.<\/p>\n<p>Il n\u2019est par ailleurs pas contest\u00e9 que le curateur n\u2019a r\u00e9alis\u00e9 aucun actif et que SOCIETE1.) dispose d\u2019un passif d\u00e9clar\u00e9 de 45.921.779,19 EUR se composant d\u2019une cr\u00e9ance de l\u2019administration des contributions directes d\u2019un montant total de 74.636,23 EUR et d\u2019une cr\u00e9ance de SOCIETE8.) d\u2019un montant de 45.847.142,96 EUR lui c\u00e9d\u00e9e par SOCIETE3.) pour un montant de 20.000,- EUR en 2018.<\/p>\n<p>Il reste partant \u00e0 analyser si PERSONNE1.) et PERSONNE2.) ont commis des fautes graves et caract\u00e9ris\u00e9es ayant contribu\u00e9 \u00e0 la faillite.<\/p>\n<p>Le curateur, sur lequel p\u00e8se la charge de la preuve de la faute des dirigeants, invoque, \u00e0 l\u2019appui de sa demande, les faits ci-apr\u00e8s, qu\u2019il qualifie de fautes graves et caract\u00e9ris\u00e9es :<\/p>\n<p>&#8212; la signature du Loan Recognition Agreement et la cession pr\u00e9tendument frauduleuse subs\u00e9quente des actions des Filiales \u00e0 SOCIETE5.) qui \u00e9quivaudrait \u00e0 une cessation des paiements \u00ab orchestr\u00e9e \u00bb, &#8212; une proc\u00e9dure de saisie- arr\u00eat initi\u00e9e de facto par PERSONNE1.) et PERSONNE2.) au nom de SOCIETE5.) contre SOCIETE1.), sans pourtant repr\u00e9senter SOCIETE1.) devant les juridictions durant cette proc\u00e9dure, &#8212; le non- paiement d\u2019un cr\u00e9ancier public, &#8212; le non- d\u00e9p\u00f4t et la non- publication des comptes annuels, &#8212; le maintien en vie de SOCIETE1.) en tant que coquille vide et la poursuite d\u2019une activit\u00e9 d\u00e9ficitaire.<\/p>\n<p>La faute doit d\u2019abord pr\u00e9senter un caract\u00e8re manifeste. \u00ab Caract\u00e9ris\u00e9e \u00bb signifie que lors de l\u2019examen judiciaire, le comportement de l\u2019administrateur doit \u00eatre jug\u00e9 en comparaison avec une gestion normale avec la marge n\u00e9cessaire d\u2019appr\u00e9ciation. En outre, la faute \u00e0 \u00e9tablir par le curateur doit \u00eatre une faute grave.<\/p>\n<p>La faute lourde est la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ou l\u2019insouciance impardonnable, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019acte ou l\u2019omission o\u00f9 l\u2019auteur est conscient ou ne pouvait pas ne pas l\u2019\u00eatre, de ce que son comportement contribuera au dommage, ce qui, dans notre mati\u00e8re, signifie qu\u2019il contribuera \u00e0 la faillite de la soci\u00e9t\u00e9. La faute grave peut consister en une faute de gestion, comme elle peut \u00eatre une infraction \u00e0 la loi sur les soci\u00e9t\u00e9s, ou bien aussi un acte illicite, de nature p\u00e9nale ou non (Jan RONSE pr\u00e9cit\u00e9 p. 300 et 301).<\/p>\n<p>Finalement, il faut un lien de causalit\u00e9 entre la faute grave et l\u2019insuffisance d\u2019actif de la faillite mais la faute grave ne doit \u00eatre ni la condition unique, ni m\u00eame la condition n\u00e9cessaire sans laquelle il n\u2019y aurait pas eu de faillite.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il est constant que PERSONNE1.) \u00e9tait l\u2019administrateur de SOCIETE1.) depuis sa constitution le 3 octobre 1996, jusqu\u2019au 15 juin 2018. PERSONNE2.) a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 administrateur de SOCIETE1.) le 8 juillet 1999 et a d\u00e9missionn\u00e9 de son mandat le 17 octobre 2017.<\/p>\n<p>Il est encore constant que PERSONNE1.) \u00e9tait le repr\u00e9sentant permanent de SOCIETE3.) en sa qualit\u00e9 d\u2019administrateur de SOCIETE1.) du 3 octobre 1996, jusqu\u2019au 15 juin 2018.<\/p>\n<p>PERSONNE1.) \u00e9tait par ailleurs le b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif de SOCIETE1.) jusqu\u2019au 16 avril 2018, date \u00e0 laquelle les actions de SOCIETE1.) ont \u00e9t\u00e9 acquises par SOCIETE8. ). PERSONNE2.) \u00e9tait un des repr\u00e9sentants de SOCIETE5.).<\/p>\n<p>Le reproche principal du curateur consiste \u00e0 dire que PERSONNE1.) aurait orchestr\u00e9 la cession des Filiales et d\u00e9pouill\u00e9 SOCIETE1.) de son seul actif dans un int\u00e9r\u00eat purement personnel au d\u00e9triment des cr\u00e9anciers de la faillie. L\u2019accomplissement de ses man\u0153uvres aurait par ailleurs \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9 par le fait qu\u2019il occupait diverses fonctions au sein des soci\u00e9t\u00e9s SOCIETE1.) , SOCIETE3.) et SOCIETE5.) ce qui lui aurait permis de leur imposer sa gestion sans se soucier des int\u00e9r\u00eats sociaux en jeu et sans prendre en consid\u00e9ration ses propres conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats \u00e9ventuels.<\/p>\n<p>PERSONNE2.), en sa qualit\u00e9 de repr\u00e9sentant de SOCIETE1.) et SOCIETE5.) aurait de son c\u00f4t\u00e9 facilit\u00e9 ces man\u0153uvres en adaptant une attitude purement passive et en suivant simplement les consignes donn\u00e9es par PERSONNE1.) lors des transactions litigieuses.<\/p>\n<p>Il est constant qu\u2019en date du 14 juin 2014, SOCIETE5.) , repr\u00e9sent\u00e9e par un individu non identifiable, et SOCIETE1.) , repr\u00e9sent\u00e9e par PERSONNE2.) et PERSONNE1.), ont sign\u00e9 le Loan Recognition Agreement qui constituerait, selon le curateur, une reconnaissance de dette irr\u00e9guli\u00e8re, conclue dans des conditions temporelles tr\u00e8s suspectes et qui serait \u00e0 l\u2019origine d\u2019une asphyxie financi\u00e8re de SOCIETE1.) .<\/p>\n<p>Il convient de rappeler qu\u2019il r\u00e9sulte des termes du Loan Recognition Agreement non contest\u00e9s par les parties que SOCIETE1.) avait conclu deux contrats de pr\u00eat avec SOCIETE5.) portant sur plusieurs millions d\u2019euros, qui \u00e9taient venus \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance et dont le remboursement (principal + int\u00e9r\u00eats) n\u2019avait plus \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 par SOCIETE1.) depuis l\u2019ann\u00e9e 2013.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 cette convention SOCIETE1.)<\/p>\n<p>&#8212; a reconnu \u00eatre d\u00e9bitrice d\u2019un solde de pr\u00eat non rembours\u00e9 de 12.190.206,32 EUR, et &#8212; a consenti \u00e0 un plan de paiement pr\u00e9voyant des remboursements trimestriels, dont la premi\u00e8re \u00e9ch\u00e9ance \u00e9tait fix\u00e9e au 1 er ao\u00fbt 2014, soit deux semaines apr\u00e8s la conclusion du Loan Recognition Agreement .<\/p>\n<p>SOCIETE5.) et SOCIETE1.) se sont par ailleurs engag\u00e9es \u00e0 cr\u00e9er un trust auquel les actions des Filiales devaient \u00eatre transf\u00e9r\u00e9es pour garantir le remboursement des pr\u00eats.<\/p>\n<p>Le curateur fait valoir que SOCIETE1.) aurait accept\u00e9 les nouvelles modalit\u00e9s de remboursement tout en sachant pertinemment qu\u2019elle n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 en mesure de s\u2019y conformer.<\/p>\n<p>Il convient toutefois de relever que les dettes qui font l\u2019objet du Loan Recognition Agreement ont \u00e9t\u00e9 contract\u00e9es en 2000, respectivement en 2006, en vertu de deux contrats de pr\u00eat. Elles ne r\u00e9sultent donc pas du Loan Recognition Agreement qui ne fait que repousser leurs \u00e9ch\u00e9ances, SOCIETE1.) ayant \u00e9t\u00e9 depuis longtemps en d\u00e9faut de rembourser les pr\u00eats. Le fait que SOCIETE1.) ait par ce bais reconnu la dette qui r\u00e9sulte sans \u00e9quivoque des contrats de pr\u00eat, dont la r\u00e9gularit\u00e9 n\u2019est par ailleurs pas contest\u00e9e par le curateur, n\u2019est en tant que tel pas fautif.<\/p>\n<p>Le curateur soutient par ailleurs, que le Loan Recognition Agreement aurait permis \u00e0 SOCIETE5.) d\u2019entamer la proc\u00e9dure de saisie- arr\u00eat et de s\u2019accaparer les actions des Filiales.<\/p>\n<p>Or, les tribunaux luxembourgeois ont autoris\u00e9 SOCIETE5.) \u00e0 saisir les actions des Filiales sur base de dettes certaines, liquides et exigibles de SOCIETE1.), non apur\u00e9es, r\u00e9sultant des contrats de pr\u00eats.<\/p>\n<p>Par ailleurs, le curateur ne d\u00e9montre, ni m\u00eame all\u00e8gue que les actions des Filiales auraient \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9es \u00e0 SOCIETE5.) \u00e0 vil prix ou que la valeur de ces actions aurait d\u00e9pass\u00e9 le montant de la dette de SOCIETE1.) ou encore, faute d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, que cette cession serait autrement irr\u00e9guli\u00e8re sur base du seul fait que PERSONNE1.) occupait des mandats au sein de SOCIETE 1.) et de SOCIETE5.) .<\/p>\n<p>Il n\u2019est d\u00e8s lors pas \u00e9tabli que l\u2019op\u00e9ration critiqu\u00e9e qui a abouti \u00e0 la cession des Filiales trouve son origine dans des agissements frauduleux ou fautifs commis par PERSONNE1.) et PERSONNE2.).<\/p>\n<p>Force est toutefois de constater que suite \u00e0 la cession des Filiales, SOCIETE1.) ne disposait plus d\u2019aucun actif, n\u2019a plus d\u00e9pos\u00e9, ni publi\u00e9 ses bilans et a laiss\u00e9 s\u2019accumuler une dette fiscale de plusieurs dizaines de milliers d\u2019euros, se trouvant \u00e0 l\u2019origine de la demande de mise en faillite, tout en continuant son activit\u00e9.<\/p>\n<p>Or, l\u2019absence de publication de bilans, en violation de l\u2019article 1500- 2 de la LSC, met les cr\u00e9anciers, tant publics que priv\u00e9s, dans l\u2019impossibilit\u00e9 de v\u00e9rifier la situation financi\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 et constitue d\u2019ailleurs un d\u00e9lit.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) tend \u00e0 se d\u00e9charger de sa responsabilit\u00e9 en faisant plaider que le d\u00e9p\u00f4t et la publication des comptes annuels aurait \u00e9t\u00e9 impossible, faute d\u2019obtention des informations n\u00e9cessaires de la part de PERSONNE1.) .<\/p>\n<p>Il aurait toutefois appartenu \u00e0 PERSONNE2.), en tant que dirigeant de droit, de veiller \u00e0 ce que les dispositions l\u00e9gales sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales soient respect\u00e9es.<\/p>\n<p>En outre, la personne qui accepte d\u2019\u00eatre administrateur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 doit n\u00e9cessairement en accepter les obligations et ne peut se limiter \u00e0 dire qu\u2019il aurait appartenu \u00e0 un autre administrateur ou encore au b\u00e9n\u00e9ficiaire effectif de respecter les obligations l\u00e9gales de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Il convient \u00e9galement de relever que SOCIETE1.) a laiss\u00e9 sa dette fiscale s\u2019accro\u00eetre consid\u00e9rablement \u00e0 partir de 2015 et a simplement ignor\u00e9 les contraintes et commandement \u00e0 payer lui adress\u00e9s par l\u2019Administration des contributions directes en 2017 et 2018.<\/p>\n<p>Un administrateur de soci\u00e9t\u00e9 prudent et avis\u00e9 ne peut se d\u00e9sint\u00e9resser des cons\u00e9quences dommageables qui r\u00e9sulteront \u00e0 coup s\u00fbr pour les cr\u00e9anciers de la poursuite de l\u2019activit\u00e9. La poursuite d\u2019une activit\u00e9 nettement d\u00e9ficitaire devient une faute grave et caract\u00e9ris\u00e9e lorsqu\u2019elle heurte les normes essentielles de la vie de la soci\u00e9t\u00e9 ou lorsqu\u2019elle est impardonnable d\u00e8s lors que l\u2019auteur \u00e9tait conscient ou devait l\u2019\u00eatre qu\u2019elle contribue \u00e0 la faillite de la soci\u00e9t\u00e9 (Cour d\u2019appel Bruxelles, 15 novembre 2007, JLMB 2009\/07 p. 305).<\/p>\n<p>Sachant pertinemment que SOCIETE1.) ne disposait plus d\u2019actif et qu\u2019elle n\u2019avait visiblement aucune autre source de revenu, il aurait appartenu aux administrateurs de faire l\u2019aveu de faillite au plus tard en 2015.<\/p>\n<p>Or, PERSONNE1.) et PERSONNE2.) ont laiss\u00e9 se poursuivre une activit\u00e9 nettement d\u00e9ficitaire au- del\u00e0 du raisonnable, soit pendant trois ann\u00e9es, ce qui constitue \u00e9galement une faute qui, en plus de la m\u00e9connaissance des int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9, m\u00e9conna\u00eet ceux des tiers, en l\u2019occurrence ceux de l\u2019administration fiscale.<\/p>\n<p>L\u2019absence d\u2019aveu de la cessation de paiement dans le mois de la survenance de celle- ci constitue une faute grave susceptible d\u2019entra\u00eener une sanction p\u00e9nale et d\u2019engager la responsabilit\u00e9 des dirigeants.<\/p>\n<p>Le tribunal rel\u00e8ve d\u00e8s lors que par le non- paiement des dettes fiscales de SOCIETE1.) et faute d\u2019avoir fait l\u2019aveu de faillite \u00e0 un moment o\u00f9 PERSONNE1.) et PERSONNE2.) devaient s\u2019apercevoir que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait en cessation de paiements, ils ont commis une faute grave et caract\u00e9ris\u00e9e, qui a, par le biais de la cr\u00e9ation d\u2019un passif plus \u00e9lev\u00e9, contribu\u00e9 \u00e0 la faillite telle que prononc\u00e9e le 12 octobre 2018.<\/p>\n<p>PERSONNE1.) et PERSONNE2.) ont agi avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et avec une insouciance impardonnable entra\u00eenant des cons\u00e9quences dommageables pour la soci\u00e9t\u00e9 et pour le cr\u00e9ancier public.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors qu\u2019il est \u00e9tabli que les fautes graves commises par les dirigeants de la soci\u00e9t\u00e9 ont contribu\u00e9 \u00e0 la faillite de cette soci\u00e9t\u00e9 et qu\u2019il y a insuffisance d\u2019actif, le juge d\u00e9cide en toute libert\u00e9 si les responsables doivent \u00eatre condamn\u00e9s \u00e0 toute l\u2019insuffisance de l\u2019actif ou seulement \u00e0 une partie de celle- ci. (Jan RONSE pr\u00e9cit\u00e9, page 305).<\/p>\n<p>Le quantum de la condamnation est laiss\u00e9 \u00e0 la discr\u00e9tion du juge, l\u2019article 495- 1 du Code de commerce permettant aux juridictions, en cas d\u2019accueil favorable de la demande, de d\u00e9cider que les dettes de la personne morale doivent \u00eatre support\u00e9es, en tout ou en partie, par les dirigeants sociaux ou par certains d\u2019entre eux.<\/p>\n<p>Ainsi le tribunal peut arr\u00eater le montant de la condamnation sans avoir \u00e0 justifier le chiffre qu\u2019il retient (les travaux pr\u00e9paratoires de la loi du 21 juillet 1992 pr\u00e9cit\u00e9e qui se r\u00e9f\u00e8rent express\u00e9ment au mod\u00e8le fran\u00e7ais ; Juris-Classeur, Soci\u00e9t\u00e9s Trait\u00e9, fascicule 41- 52, n\u00b0 126).<\/p>\n<p>En l\u2019occurrence, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019avoir fait l\u2019aveu de faillite, les administrateurs ont fait augmenter le passif au montant de 74.636,23 EUR qui correspond \u00e0 la dette fiscale d\u00e9clar\u00e9e au passif de SOCIETE1.) par l\u2019Administration des contributions directes et se rapporte aux ann\u00e9es 2014 \u00e0 2018.<\/p>\n<p>Le seul autre passif d\u00e9clar\u00e9, \u00e0 l\u2019exception de la dette fiscale, est une cr\u00e9ance d\u2019actionnaire d\u2019un montant de 38.193.221,39 EUR, n\u00e9e en 2001. Cette cr\u00e9ance a \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9e par SOCIETE3.) \u00e0 SOCIETE8.) en 2018 pour un montant de 20.000,- EUR et<\/p>\n<p>d\u00e9clar\u00e9e au passif de SOCIETE1.) par SOCIETE8.) pour un montant de 45.847.142,96 EUR.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas \u00e9tabli, ni m\u00eame all\u00e9gu\u00e9 que cette dette ait caus\u00e9 la faillite de SOCIETE1.) ou contribu\u00e9 \u00e0 celle- ci. Il ne r\u00e9sulte pas non plus des \u00e9l\u00e9ments du dossier que SOCIETE8.) aurait entrepris une quelconque d\u00e9marche pour r\u00e9cup\u00e9rer cette cr\u00e9ance avant la faillite de SOCIETE1.).<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, il y a lieu de retenir que PERSONNE1.) et PERSONNE2.) devront supporter la partie du passif de SOCIETE1.) constitu\u00e9 de la dette fiscale.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) ayant d\u00e9missionn\u00e9 de son poste d\u2019administrateur de SOCIETE1.) le 17 octobre 2017, n\u2019est cependant plus responsable des dettes fiscales se rapportant \u00e0 l\u2019ann\u00e9e 2018 d\u2019un montant de 1.362,83 EUR.<\/p>\n<p>Il y a donc lieu de condamner PERSONNE1.) et PERSONNE2.) solidairement \u00e0 payer entre les mains du curateur le montant de 73.273,34 EUR (74.636,23 \u2013 1.362,83) avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 19 avril 2021, date de la demande en justice, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>Il y a encore lieu de condamner PERSONNE1.) seul au paiement du montant de 1.362,83 EUR avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 19 avril 2021, date de la demande en justice, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>III. Quant \u00e0 la responsabilit\u00e9 d\u2019SOCIETE4.)<\/p>\n<p>a) SOCIETE4.) agissant comme domiciliataire de SOCIETE1.) Le curateur soutient qu\u2019SOCIETE4.), en sa qualit\u00e9 de domiciliataire de SOCIETE1.), aurait engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9, faute d\u2019avoir d\u00e9nonc\u00e9 les violations des dispositions l\u00e9gales applicables aux soci\u00e9t\u00e9s commerciales commises par PERSONNE1.) et PERSONNE2.), de sorte que la demande en paiement dirig\u00e9e contre SOCIETE4.) serait \u00e9galement fond\u00e9e. Pour justifier sa demande \u00e0 l\u2019encontre d\u2019SOCIETE4.), le curateur fait valoir que celle- ci aurait viol\u00e9 son \u00ab obligation de surveillance des organes de SOCIETE1.) \u00bb.<\/p>\n<p>Une telle obligation \u00e0 charge d\u2019SOCIETE4.) ne se d\u00e9gage cependant pas des dispositions de la Loi de 1999.<\/p>\n<p>Cette loi se limite, en effet, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le domiciliataire constaterait que les organes statutaires et les mandataires de la soci\u00e9t\u00e9 cliente contreviendraient aux dispositions l\u00e9gales r\u00e9gissant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales et le droit d\u2019\u00e9tablissement,<\/p>\n<p>d\u2019autoriser le domiciliataire \u00e0 d\u00e9noncer le contrat de domiciliation avec effet imm\u00e9diat, sans pour autant imposer un contr\u00f4le syst\u00e9matique des comptes et de la l\u00e9galit\u00e9 des actions de la cliente au domiciliataire.<\/p>\n<p>Les reproches formul\u00e9s par le curateur \u00e0 l\u2019encontre d\u2019 SOCIETE4.) ne se trouvent ainsi pas en relation avec le contrat de domiciliation, ni avec la l\u00e9gislation y relative, de sorte qu\u2019SOCIETE4.) n\u2019encourt aucune responsabilit\u00e9 \u00e0 ce titre.<\/p>\n<p>La demande en condamnation d\u2019SOCIETE4.) en sa qualit\u00e9 d\u2019ancien domiciliataire de SOCIETE1.) est partant non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>b) La responsabilit\u00e9 d\u2019SOCIETE4.) en tant que commettant de son pr\u00e9pos\u00e9 PERSONNE2.)<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 3 du Code civil, les commettants sont responsables du dommage caus\u00e9 par leurs pr\u00e9pos\u00e9s dans les fonctions auxquelles ils les ont employ\u00e9s.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 consacr\u00e9e par cet article suppose que le commettant a eu le droit de donner au pr\u00e9pos\u00e9 des ordres ou des instructions sur la mani\u00e8re de remplir des fonctions auxquelles il est employ\u00e9 ; c\u2019est ce droit qui fonde l\u2019autorit\u00e9 et la subordination sans lesquelles il n\u2019existe pas de v\u00e9ritable commettant.<\/p>\n<p>Force est de constater qu\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier ne fait pr\u00e9sumer qu\u2019en tant qu\u2019administrateur de SOCIETE1.), PERSONNE2.) aurait agi pour le compte et sous le contr\u00f4le d\u2019SOCIETE4.) m\u00eame si ce fut \u00e9ventuellement sur son lieu de travail de pr\u00e9pos\u00e9 d\u2019SOCIETE4.) et le cas \u00e9ch\u00e9ant avec des moyens de son employeur.<\/p>\n<p>La demande du curateur \u00e0 l\u2019encontre d\u2019SOCIETE4.) n\u2019est partant pas non plus fond\u00e9e sur base de l\u2019article 1384 alin\u00e9a 3 du Code civil.<\/p>\n<p>IV. La demande en garantie<\/p>\n<p>a) La recevabilit\u00e9 de la demande dirig\u00e9e contre SOCIETE3.)<\/p>\n<p>Il est constant que SOCIETE1.) se trouve depuis le 21 juillet 2017 en liquidation judiciaire en France, celle- ci \u00e9tant \u00e0 qualifier de proc\u00e9dure d\u2019insolvabilit\u00e9 au sens des dispositions du r\u00e8glement (UE) 2015\/848 parlement europ\u00e9en et du conseil du 20 mai 2015 relatif aux proc\u00e9dures d&#039;insolvabilit\u00e9 et \u00e9quivaut \u00e0 l\u2019\u00e9tat de faillite d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 luxembourgeoise.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article L622- 7 du Code de commerce fran\u00e7ais, le jugement ouvrant la proc\u00e9dure d\u2019insolvabilit\u00e9 emporte, de plein droit, interdiction de payer toute cr\u00e9ance n\u00e9e ant\u00e9rieurement au jugement d\u2019ouverture, \u00e0 l\u2019exception du paiement par compensation de<\/p>\n<p>cr\u00e9ances connexes. Il emporte \u00e9galement, de plein, droit, interdiction de payer certaines cr\u00e9ances n\u00e9es apr\u00e8s le jugement d\u2019ouverture.<\/p>\n<p>L\u2019article L622- 24 du m\u00eame code dispose encore qu\u2019\u00e0 partir de la publication du jugement, tous les cr\u00e9anciers dont la cr\u00e9ance est n\u00e9e ant\u00e9rieurement au jugement d\u2019ouverture, [\u2026], adressent la d\u00e9claration de leurs cr\u00e9ances au mandataire judiciaire [\u2026].<\/p>\n<p>La l\u00e9gislation fran\u00e7aise s\u2019apparente \u00e0 la l\u00e9gislation luxembourgeoise en ce qu\u2019elle pr\u00e9voit la suspension des poursuites individuelles d\u00e8s le prononc\u00e9 de la liquidation judiciaire et s\u2019oppose donc \u00e0 l\u2019introduction d\u2019actions patrimoniales contre une soci\u00e9t\u00e9 en liquidation judiciaire.<\/p>\n<p>La suspension des poursuites individuelles est le corollaire de la proc\u00e9dure obligatoire de la v\u00e9rification des cr\u00e9ances (Cour 18 juin 2015, n\u00b0 41293 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>Les curateurs et liquidateurs centralisent pour le compte commun les poursuites qui appartenaient ant\u00e9rieurement aux multiples cr\u00e9anciers. Cette proc\u00e9dure de centralisation est inh\u00e9rente \u00e0 une proc\u00e9dure collective.<\/p>\n<p>Comme PERSONNE2.) n\u2019a pas d\u00e9pos\u00e9 une d\u00e9claration de cr\u00e9ance ant\u00e9rieurement \u00e0 son assignation en intervention, sa demande dirig\u00e9e contre SOCIETE3.) est irrecevable (Cour, 18 juin 2015, supra ).<\/p>\n<p>b) La demande en garantie dirig\u00e9e contre PERSONNE3.)<\/p>\n<p>PERSONNE2.) fait valoir que PERSONNE3.) , fille de PERSONNE1.) , aurait exerc\u00e9 la fonction d\u2019administrateur au sein de SOCIETE1.) du 11 novembre 2013 au 2 octobre 2014, soit pendant une p\u00e9riode qui couvre certains faits que le curateur aurait reproch\u00e9 \u00e0 PERSONNE2.), et aurait notamment \u00ab approuv\u00e9 la signature \u00bb du Loan Recognition Agreement.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des pi\u00e8ces vers\u00e9es que PERSONNE3.) occupait la fonction d\u2019administrateur de SOCIETE1.) du 11 novembre 2013 au 2 octobre 2014.<\/p>\n<p>La seule faute que PERSONNE2.) reproche \u00e0 la partie assign\u00e9e en intervention est d\u2019avoir approuv\u00e9 la signature du Loan Recognition Agreement .<\/p>\n<p>Or, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 ci -dessus, la signature du Loan Recognition Agreement n\u2019a en tant que telle pas \u00e9t\u00e9 fautive. En tout \u00e9tat de cause, cette convention n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e par PERSONNE3.).<\/p>\n<p>La demande en garantie formul\u00e9e par PERSONNE2.) n\u2019est par ailleurs bas\u00e9e sur aucune disposition l\u00e9gale ou stipulation contractuelle et il ne r\u00e9sulte en outre d\u2019aucune pi\u00e8ce du<\/p>\n<p>dossier que PERSONNE3.) serait d\u00e9bitrice d\u2019une obligation de tenir quitte et indemne PERSONNE2.) de la condamnation qui sera prononc\u00e9e \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>Dans ces conditions et \u00e0 d\u00e9faut d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, la demande en garantie dirig\u00e9e contre PERSONNE3.) est non fond\u00e9e et \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>c) Les demandes accessoires<\/p>\n<p>Le curateur r\u00e9clame encore une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Il convient de rappeler que le curateur, agissant dans le cadre de sa mission, ne peut \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 une partie qui est oblig\u00e9e d\u2019exposer des sommes non comprises dans les d\u00e9pens.<\/p>\n<p>Dans ces conditions et sur base des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019esp\u00e8ce, sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 rejeter, la condition de l\u2019iniquit\u00e9 requise par la loi faisant d\u00e9faut.<\/p>\n<p>Les demandes d\u2019SOCIETE4.) et de SOCIETE3.) au m\u00eame titre sont \u00e9galement \u00e0 rejeter faute pour elles d\u2019avoir \u00e9tabli l\u2019iniquit\u00e9 requise au v\u0153u de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019issue du litige, la demande de PERSONNE2.) \u00e0 se voir allouer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 dire non fond\u00e9e.<\/p>\n<p>PERSONNE1.) et PERSONNE2.) succombant \u00e0 l\u2019instance, ils sont \u00e0 condamner aux frais et d\u00e9pens qui se rapportent \u00e0 l\u2019instance principale.<\/p>\n<p>PERSONNE2.) est \u00e0 condamner aux frais et d\u00e9pens qui se rapportent \u00e0 l\u2019instance de la mise en intervention.<\/p>\n<p>En application de l\u2019article 76 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, il y a lieu de statuer par un jugement contradictoire \u00e0 l\u2019encontre de PERSONNE1.) et PERSONNE3.).<\/p>\n<p>P a r c e s m o t i f s :<\/p>\n<p>le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement,<\/p>\n<p>ordonne la jonction des affaires introduites sous les n\u00b0 TAL-2021- 05451 et n\u00b0 TAL-2022- 02620 du r\u00f4le,<\/p>\n<p>dit la demande principale recevable,<\/p>\n<p>la dit partiellement fond\u00e9e,<\/p>\n<p>condamne PERSONNE1.) et PERSONNE2.) solidairement \u00e0 payer entre les mains de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e E2M SARL, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Max MAILLET, agissant en sa qualit\u00e9 de curateur de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE1.) SA, en abr\u00e9g\u00e9 SOCIETE1.), le montant de 73.273,34 EUR avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 19 avril 2021, jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>condamne encore PERSONNE1.) \u00e0 payer entre les mains de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e E2M SARL, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Max MAILLET, agissant en sa qualit\u00e9 de curateur de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCI ETE1.) SA, en abr\u00e9g\u00e9 SOCIETE1.) , le montant de 1.362,83 EUR avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 19 avril 2021, jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9e la demande principale pour le surplus,<\/p>\n<p>dit irrecevable la demande en garantie en ce qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 de droit fran\u00e7ais SOCIETE3.) SA,<\/p>\n<p>la dit recevable mais non fond\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de PERSONNE3.) ,<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9es les demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile,,<\/p>\n<p>condamne PERSONNE1.) et PERSONNE2.) aux frais et d\u00e9pens qui se rapporte \u00e0 l\u2019instance principale,<\/p>\n<p>condamne PERSONNE2.) aux frais et d\u00e9pens qui se rapportent \u00e0 l\u2019instance de la mise en intervention.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20240827-235950\/20220617-tal2-tal-2021-05451-tal-2022-02620-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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