{"id":664780,"date":"2026-04-23T23:10:22","date_gmt":"2026-04-23T21:10:22","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-9-juin-2022-n-0609-44412\/"},"modified":"2026-04-23T23:10:26","modified_gmt":"2026-04-23T21:10:26","slug":"cour-superieure-de-justice-9-juin-2022-n-0609-44412","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-9-juin-2022-n-0609-44412\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 9 juin 2022, n\u00b0 0609-44412"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 65\/2 2 &#8212; VIII \u2013 TRAV<\/p>\n<p>Exempt &#8212; appel en mati\u00e8re de droit du travail.<\/p>\n<p>Audience publique du neuf juin deux mille vingt-deux<\/p>\n<p>Num\u00e9ro 44412 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition:<\/p>\n<p>Elisabeth WEYRICH, pr\u00e9sident de chambre, Yola SCHMIT, premier conseiller, Jo\u00eblle DIEDERICH, conseiller, Andr\u00e9 WEBER, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>1) A., demeurant professionnellement \u00e0 L- (\u2026), c\/o O.. ,<\/p>\n<p>2) B., demeurant professionnellement \u00e0 L &#8212; (\u2026), c\/o O.., 3) C., demeurant professionnellement \u00e0 L &#8212; (\u2026), c\/o O.., 4) D., demeurant \u00e0 L- 9155 Grosbous, 35, rue d\u2019Arlon,<\/p>\n<p>5) E., demeurant professionnellement \u00e0 L &#8212; (\u2026), c\/o O.., 6) F., demeurant professionnellement \u00e0 L &#8212; (\u2026), c\/o O.., 7) G., demeurant professionnellement \u00e0 L &#8212; (\u2026), c\/o O.., 8) la H., en tant qu\u2019association de fait, \u00e9tablie \u00e0 L- (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son bureau ex\u00e9cutif,<\/p>\n<p>9) J., demeurant professionnellement \u00e0 L- (\u2026), c\/o H. ,<\/p>\n<p>10) K., demeurant professionnellement \u00e0 L &#8212; (\u2026), c\/o H. ,<\/p>\n<p>11) L., demeurant professionnellement \u00e0 L &#8212; (\u2026), c\/o H.,<\/p>\n<p>12) M., demeurant professionnellement \u00e0 L &#8212; (\u2026), c\/o H.,<\/p>\n<p>appelants aux termes des exploits de l\u2019huissier de justice Gilbert Rukavina de Diekirch des 2 et 16 d\u00e9cembre 2016 et de l\u2019huissier de justice Frank Schaal de Luxembourg du 5 d\u00e9cembre 2016 et aux termes des exploits de r\u00e9assignation de l\u2019huissier de justice Gilbert Rukavina de Diekirch des 27 et 28 f\u00e9vrier 2017 et Patrick Muller de Luxembourg du 15 mai 2017,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Albert Rodesch, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>et :<\/p>\n<p>1) N., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>2) P., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9s aux fins du susdit exploit Rukavina du 2 d\u00e9cembre 2016,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Jean- Marie Bauler, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>3) Q., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>4) R., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>5) S., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9s aux fins du susdit exploit Rukavina du 2 d\u00e9cembre 2016,<\/p>\n<p>6) T., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit Schaal du 5 d\u00e9cembre 2016,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Ed\u00e9vi Amegandji, avocat \u00e0 la Cour, assist\u00e9 de Ma\u00eetre Pemy Koumba- Koumba, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>3 En pr\u00e9sence de :<\/p>\n<p>7) U., demeurant \u00e0 B- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du susdit exploit Schaal du 5 d\u00e9cembre 2016 et aux fins du susdit exploit de r\u00e9assignation Rukavina du 27 f\u00e9vrier 2017,<\/p>\n<p>8 ) V., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit Rukavina du 2 d\u00e9cembre 2016 et aux fins du susdit exploit de r\u00e9assignation Rukavina du 27 f\u00e9vrier 2017,<\/p>\n<p>9 ) W., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du susdit exploit Rukavina du 2 d\u00e9cembre 2016 et aux fins du susdit exploit de r\u00e9assignation Rukavina du 27 f\u00e9vrier 2017,<\/p>\n<p>10) X., demeurant \u00e0 B- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du susdit exploit Schaal du 5 d\u00e9cembre 2016 et aux fins du susdit exploit de r\u00e9assignation Muller du 15 mai 2017,<\/p>\n<p>11) Y., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit Rukavina du 2 d\u00e9cembre 2016 et aux fins du susdit exploit de r\u00e9assignation Rukavina du 28 f\u00e9vrier 2017,<\/p>\n<p>12 ) Z., demeurant \u00e0 L- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit Rukavina du 16 d\u00e9cembre 2016 et aux fins du susdit exploit de r\u00e9assignation Rukavina du 28 f\u00e9vrier 2017,<\/p>\n<p>13) I., demeurant \u00e0 F- (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du susdit exploit Schaal du 5 d\u00e9cembre 2016 et aux fins du susdit exploit de r\u00e9assignation Rukavina du 27 f\u00e9vrier 2017,<\/p>\n<p>n\u2019ayant pas constitu\u00e9 avocat,<\/p>\n<p>14) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme O., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit Schaal du 5 d\u00e9cembre 2016,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Guy Castegnaro, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>15) l\u2019ETAT DU GRAND- DUCHE DE LUXEMBOURG , repr\u00e9sent\u00e9 par son Ministre d\u2019Etat, dont les bureaux sont \u00e9tablis \u00e0 L- 1352 Luxembourg, 4, rue de la Congr\u00e9gation, pris en sa qualit\u00e9 de veilleur de la l\u00e9galit\u00e9 des dispositions relatives \u00e0 la protection des salari\u00e9s, et ce par le biais de l\u2019Inspection du Travail et des Mines, en vertu des dispositions des articles L.611- 1 et suivants du Code du travail,<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins du susdit exploit Schaal du 5 d\u00e9cembre 2016,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Georges Pierret, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>_________________________________________________________________ LA COUR D\u2019APPEL :<\/p>\n<p>Faits et r\u00e9troactes : A. \u00e9tait au service de la soci\u00e9t\u00e9 O. depuis le 1 er avril 1997. Aux \u00e9lections de la d\u00e9l\u00e9gation principale du personnel de novembre 2013, A. a \u00e9t\u00e9 \u00e9lue membre titulaire. Lors de la r\u00e9union de la d\u00e9l\u00e9gation du 11 d\u00e9cembre 2013, A. a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9e d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e permanente, lib\u00e9r\u00e9e de tout travail, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L.415- 5(3) du Code du travail. Suivant un avenant du 20 mai 2015 au contrat de travail, suite au reclassement interne d\u00e9cid\u00e9 par la Commission Mixte, la dur\u00e9e de travail de A. a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 vingt heures par semaine. Par courrier du 31 juillet 2015, le bureau ex\u00e9cutif de l\u2019 H. a inform\u00e9 la direction de la soci\u00e9t\u00e9 O. que, A. \u00e9tant dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019exercer son mandat \u00e0 temps plein, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de la maintenir en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e lib\u00e9r\u00e9e, mais \u00e0 mi- temps et d\u2019attribuer les vingt heures restantes avec effet imm\u00e9diat \u00e0 B. , d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 effectif de la d\u00e9l\u00e9gation principale pour l\u2019H..<\/p>\n<p>5 Par courriel du 4 ao\u00fbt 2015, N., pr\u00e9sident de la d\u00e9l\u00e9gation du personnel a inform\u00e9 l\u2019employeur qu\u2019en ligne avec le vice- pr\u00e9sident et le secr\u00e9taire, il contestait la d\u00e9cision prise par l\u2019H. au motif qu\u2019un poste ne pouvait \u00eatre converti en heures de cr\u00e9dit que par la d\u00e9l\u00e9gation du personnel elle- m\u00eame, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article L.415- 5 du Code du travail.<\/p>\n<p>Par requ\u00eate d\u00e9pos\u00e9e au greffe le 2 juin 2016, A. , B., C., D., E., F., G., la conf\u00e9d\u00e9ration syndicale ind\u00e9pendante du Luxembourg H. , J., K., L. et M. ont fait convoquer N., P. et Q. devant le tribunal du travail de Luxembourg pour :<\/p>\n<p>&#8212; \u00e0 titre principal, constater que la d\u00e9signation prise unilat\u00e9ralement par le syndicat H. de B. comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 suppl\u00e9ant (\u00e0 mi-temps) de A. est l\u00e9gitime<\/p>\n<p>&#8212; en cons\u00e9quence, dire que A. est en droit d\u2019utiliser 20h du cr\u00e9dit de 40h revenant au d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 par le syndicat H. et que B. est en droit d\u2019utiliser les 20 autres heures restantes en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 mi &#8212; temps<\/p>\n<p>&#8212; \u00e0 titre subsidiaire, constater que les 20 heures non utilis\u00e9es par A. en sa qualit\u00e9 de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e lib\u00e9r\u00e9e d\u00e9sign\u00e9e par l\u2019H., doivent \u00eatre utilis\u00e9es par un autre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 appartenant \u00e0 l\u2019H. afin de respecter les r\u00e8gles de la repr\u00e9sentation proportionnelle, lequel devra \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 raison de 20 heures par semaine,<\/p>\n<p>&#8212; par cons\u00e9quent, constater qu\u2019il y a lieu de d\u00e9signer lors de la prochaine r\u00e9union de la d\u00e9l\u00e9gation, le cas \u00e9ch\u00e9ant sous astreinte, un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 mi-temps, \u00ab suppl\u00e9ant \u00bb de A., qui utilisera les 20 heures qu\u2019elle ne peut plus utiliser depuis qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 reclass\u00e9e en interne \u00e0 mi-temps et que ce d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 suppl\u00e9ant devra appartenir \u00e0 l\u2019H. afin que soit respect\u00e9es les r\u00e8gles de la repr\u00e9sentation proportionnelle.<\/p>\n<p>La convocation des membres de la d\u00e9l\u00e9gation du personnel principale de l\u2019entreprise O., U., AB., W., X., Y., AC., AD., R., AE. et T., \u00e9tait demand\u00e9e afin de leur d\u00e9clarer opposable le jugement \u00e0 intervenir.<\/p>\n<p>De m\u00eame, la convocation de l\u2019employeur, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme O. (ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9 O.), et de l\u2019\u00c9TAT DU GRAND- DUCH\u00c9 DE LUXEMBOURG (ci- apr\u00e8s l\u2019ETAT) \u00e9tait demand\u00e9e afin de leur d\u00e9clarer opposable le jugement \u00e0 intervenir.<\/p>\n<p>Par jugement du 24 octobre 2016, le tribunal du travail a dit la demande irrecevable dans le chef de l\u2019association de fait Conf\u00e9d\u00e9ration syndicale H. et l\u2019a dit recevable mais non fond\u00e9e pour le surplus, laissant les frais \u00e0 charge des requ\u00e9rants.<\/p>\n<p>6 En outre, le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 le jugement opposable \u00e0 U. , V., W., X., Y., Z., I., \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 O. et \u00e0 l\u2019ETAT.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9cider ainsi, le tribunal a retenu que les moyens tir\u00e9s de l\u2019exigence de non- discrimination des travailleurs \u00e0 temps partiel n\u2019\u00e9taient pas fond\u00e9s et que l\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail, qui permet \u00e0 chaque organisation syndicale repr\u00e9sentative de d\u00e9signer un seul d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, ne lui donnait pas le droit d\u2019en d\u00e9signer un deuxi\u00e8me, exer\u00e7ant son mandat seulement \u00e0 mi-temps, f\u00fbt-ce pour compl\u00e9ter le travail d\u2019un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 travaillant \u00e0 mi-temps.<\/p>\n<p>De m\u00eame, il a \u00e9t\u00e9 retenu qu\u2019en vertu du m\u00eame article, il appartenait \u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation du personel, et non \u00e0 l\u2019une des organisations syndicales, de d\u00e9cider de la conversion d\u2019un ou de plusieurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s dans un cr\u00e9dit d\u2019heures.<\/p>\n<p>Par acte d\u2019huissier de justice du 16 d\u00e9cembre 2016, A. , B., C., D., E., F., G., le syndicat H., J., K., L. et M. ont relev\u00e9 appel du jugement du 24 octobre 2016.<\/p>\n<p>Ils ont demand\u00e9 \u00e0 la Cour de d\u00e9clarer leur appel justifi\u00e9 et de r\u00e9former le jugement entrepris conform\u00e9ment \u00e0 leur demande pr\u00e9sent\u00e9e en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, ils ont demand\u00e9 \u00e0 la Cour de poser \u00e0 la Cour Constitutionnelle les questions suivantes :<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail en ce qu\u2019il ne permet pas aux organisations syndicales qui jouissent de la repr\u00e9sentativit\u00e9 nationale en vertu de l\u2019article L. 161- 4 repr\u00e9sent\u00e9es au sein de la d\u00e9l\u00e9gation et li\u00e9es \u00e0 l\u2019entreprise par convention collective de travail de d\u00e9cider de la conversion de leur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en cr\u00e9dit d\u2019heures, est-il conforme \u00e0 l\u2019article 11 (4) de la constitution garantissant la libert\u00e9 syndicale \u2013 libert\u00e9 syndicale qui implique en vertu de la Convention internationale du travail n\u00b0 87 sur la libert\u00e9 syndicale et la protection du droit syndical adopt\u00e9e par la Conf\u00e9rence internationale du travail ratifi\u00e9e par le Luxembourg par la loi du 10 f\u00e9vrier 1987, la libert\u00e9 pour les syndicats de d\u00e9signer librement leurs repr\u00e9sentants ? \u00bb<\/p>\n<p>et, en cas de r\u00e9ponse n\u00e9gative, de la question suivante :<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019article L.415- 5 (3) du code du travail est-il conforme \u00e0 l\u2019article 10 de la constitution en ce qu\u2019il exclut de facto les salari\u00e9s travaillant \u00e0 temps partiel, et partant majoritairement les femmes, de la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre d\u00e9sign\u00e9s d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s par une organisation syndicale jouissant de l a repr\u00e9sentativit\u00e9 nationale en vertu de l\u2019article L.161- 4 du code du travail repr\u00e9sent\u00e9e au sein de la d\u00e9l\u00e9gation et li\u00e9e \u00e0 l\u2019entreprise par une convention collective de travail ? \u00bb.<\/p>\n<p>Statuant sur l\u2019appel relev\u00e9 le 16 d\u00e9cembre 2016 par A. , B., C., D., E., F. et G. la Cour d\u2019appel a, par arr\u00eat du 13 juin 2019, d\u00e9clar\u00e9 l\u2019appel recevable. L\u2019appel de l\u2019H. a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 recevable, au motif qu\u2019il disposait de la qualit\u00e9 \u00e0 agir, \u00e9tant donn\u00e9 que les faits \u00e9taient susceptibles de constituer une violation de l\u2019article L.241- 1 du Code du travail qui porterait pr\u00e9judice aux int\u00e9r\u00eats collectifs que l\u2019H. avait pour objet de d\u00e9fendre.<\/p>\n<p>L\u2019appel incident de la soci\u00e9t\u00e9 O. tendant \u00e0 voir d\u00e9clarer l\u2019appel principal irrecevable a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9, au motif que les appelants, en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s syndicaux et membres de l\u2019H., d\u00e9fendaient des droits personnels, l\u00e9gitimes et actuels, dans la mesure o\u00f9 l\u2019affaire concernait leurs droits syndicaux.<\/p>\n<p>Quant au fond de la demande principale des appelants, la Cour, apr\u00e8s une analyse approfondie de l\u2019article L.415- 5 (3), d\u2019une interpr\u00e9tation doctrinale et des documents parlementaires, est venue \u00e0 la conclusion aux termes de la motivation de l\u2019arr\u00eat que c\u2019\u00e9tait \u00e0 bon droit que les juges de premi\u00e8re instance ont retenu que l\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail ne donnait pas le droit \u00e0 une organisation syndicale repr\u00e9sentative de d\u00e9signer un deuxi\u00e8me d\u00e9l\u00e9gu\u00e9, exer\u00e7ant son mandat seulement \u00e0 mi-temps, f\u00fbt-ce pour compl\u00e9ter le travail d\u2019un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 mi- temps.<\/p>\n<p>La demande subsidiaire des appelants tendant \u00e0 voir ordonner \u00e0 la d\u00e9l\u00e9gation, lors de la prochaine r\u00e9union, de d\u00e9signer un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 mi-temps, membre de l\u2019H., pour \u00ab utiliser \u00bb les 20 heures que A. ne pouvait effectuer en raison de son \u00e9tat de sant\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e irrecevable, au motif que la loi ne pr\u00e9voyait pas non plus la d\u00e9signation par la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9lue du personnel d\u2019un \u00ab d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 temps partiel \u00bb, ni d\u2019un \u00ab d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 suppl\u00e9ant \u00bb, appartenant au m\u00eame syndicat que le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 travaillant \u00e0 temps partiel.<\/p>\n<p>La Cour a ensuite fait droit \u00e0 la demande tendant \u00e0 voir poser deux questions pr\u00e9judicielles \u00e0 la Cour Constitutionnelle sur base du constat que si l\u2019article L.415- 5 (3) litigieux pr\u00e9voit que la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9lue du personnel peut convertir un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en cr\u00e9dit heures \u00e0 raison de 40 heures par d\u00e9l\u00e9gu\u00e9, elle ne conf\u00e8re pas cette possibilit\u00e9 aux syndicats repr\u00e9sentatifs en ce qui concerne leur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 d\u00e9sign\u00e9.<\/p>\n<p>Par un arr\u00eat du 13 d\u00e9cembre 2019, la Cour Constitutionnelle a d\u00e9clar\u00e9 les deux questions pr\u00e9judicielles irrecevables, au motif que la Cour d\u2019appel avait apport\u00e9 aux deux questions pr\u00e9judicielles qui \u00e9taient dans les d\u00e9bats devant elle des modifications substantielles par rapport auxquelles elle n\u2019avait pas invit\u00e9 les parties \u00e0 pr\u00e9senter leurs observations avant de lui soumettre les questions modifi\u00e9es, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 6 de la loi du 27 juillet 1997.<\/p>\n<p>8 Apr\u00e8s avoir receuilli les prises de positions des parties, la Cour d\u2019appel a, par un arr\u00eat du 3 d\u00e9cembre 2020, avant tout autre progr\u00e8s en cause, saisi la Cour constitutionnelle, par voie pr\u00e9judicielle, des deux questions pr\u00e9judicielles suivantes :<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail en ce qu\u2019il ne permet pas aux organisations syndicales qui jouissent de la repr\u00e9sentativit\u00e9 nationale en vertu de l\u2019article L. 161- 4 repr\u00e9sent\u00e9es au sein de la d\u00e9l\u00e9gation et li\u00e9es \u00e0 l\u2019entreprise par convention collective de travail de d\u00e9cider de la conversion de leur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en cr\u00e9dit d\u2019heures, est-il conforme \u00e0 l\u2019article 11 (4) de la Constitution garantissant la libert\u00e9 syndicale \u2013 libert\u00e9 syndicale qui implique en vertu de la Convention internationale du travail n\u00b0 87 sur la libert\u00e9 syndicale et la protection du droit syndical adopt\u00e9e par la Conf\u00e9rence internationale du travail ratifi\u00e9e par le Luxembourg par la loi du 10 f\u00e9vrier 1987, la libert\u00e9 pour les syndicats de d\u00e9signer librement leurs repr\u00e9sentants ? \u00bb<\/p>\n<p>et, en cas de r\u00e9ponse positive, de la question suivante :<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail est-il conforme \u00e0 l\u2019article 10bis de la Constitution en ce qu\u2019il exclut de facto les salari\u00e9s travaillant \u00e0 temps partiel et, partant, majoritairement les femmes, de la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre d\u00e9sign\u00e9s d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s par une organisation syndicale jouissant de la repr\u00e9sentativit\u00e9 nationale en vertu de l\u2019article L.161- 4 du Code du travail repr\u00e9sent\u00e9e au sein de la d\u00e9l\u00e9gation et li\u00e9e \u00e0 l\u2019entreprise par une convention collective de travail ? \u00bb.<\/p>\n<p>Elle a sursis \u00e0 statuer en attendant l\u2019arr\u00eat de la Cour constitutionnelle et a r\u00e9serv\u00e9 les droits des parties et les frais.<\/p>\n<p>Par un arr\u00eat du 30 avril 2021, la Cour Constitutionnelle a d\u00e9clar\u00e9 recevables les deux questions pr\u00e9judicielles et a retenu que l\u2019article L. 415- 5, paragraphe 3, du Code du travail est conforme tant \u00e0 l\u2019article 11, paragraphe 4, qu\u2019\u00e0 l\u2019article 10bis de la Constitution.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour Constitutionnelle du 30 avril 2021, A. , B., C., D., E., F., G., la conf\u00e9d\u00e9ration syndicale ind\u00e9pendante du Luxembourg H., J., K., L. et M. font valoir que la Cour constitutionnelle n\u2019aur ait pas r\u00e9pondu \u00e0 tous les aspects des questions lui soumises.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 O. conclut \u00e0 voir statuer conform\u00e9ment au dispositif de l\u2019arr\u00eat de la Cour constitutionnelle du 30 avril 2021, soit \u00e0 voir dire que l\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail est compatible avec l\u2019article 11 (4) et avec l\u2019article 10bis de la Constitution, et \u00e0 d\u00e9bouter les appelants de l\u2019ensemble de leurs pr\u00e9tentions. Elle r\u00e9clame une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>9 Jean BLUM et P. font valoir que le raisonnement de la Cour constitutionnelle rejoindrait en tous points ceux d\u00e9velopp\u00e9s par eux-m\u00eames dans leurs conclusions ant\u00e9rieures. Ils demandent d\u00e8s lors \u00e0 la Cour de statuer conform\u00e9ment au dispositif de l\u2019arr\u00eat de la Cour constitutionnelle du 30 avril 2021 et de confirmer le jugement entrepris du 24 octobre 2016. Ils sollicitent l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 euros pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>Discussion :<\/p>\n<p>Suite aux arr\u00eats de la Cour constitutionnelle des 13 d\u00e9cembre 2019 et 30 avril 2021 et aux arr\u00eats de la Cour d\u2019appel des 13 juin 2019 et 3 d\u00e9cembre 2020 , la Cour doit se prononcer sur le m\u00e9rite de l\u2019appel principal.<\/p>\n<p>Elle est amen\u00e9e \u00e0 toiser la question de savoir si la d\u00e9signation prise unilat\u00e9ralement par le syndicat H. de B. comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 suppl\u00e9ant \u00e0 mi- temps pour \u00e9pauler A. est l\u00e9gitime et en cons\u00e9quence, si \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de A. , utilisant 20 heures du cr\u00e9dit de 40 heures revenant au d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 par le syndicat H., B. est en droit d\u2019utiliser les 20 autres heures restantes en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 mi-temps.<\/p>\n<p>Si dans la motivation de l\u2019arr\u00eat du 13 juin 2019, et apr\u00e8s une analyse approfondie de l\u2019article L.415- 5 (3), d\u2019une interpr\u00e9tation doctrinale et des documents parlementaires, la Cour d\u2019appel avait estim\u00e9 que le fait pour l\u2019H. de d\u00e9signer un deuxi\u00e8me d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas conforme au texte de l\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail, il a \u00e9t\u00e9 retenu que la demande des appelants tendant \u00e0 voir poser deux questions pr\u00e9judicielles portant sur la constitutionnalit\u00e9 du pr\u00e9dit texte n\u2019est pas d\u00e9nu\u00e9e de tout fondement, de sorte que la Cour y a fait droit.<\/p>\n<p>Concernant la premi\u00e8re question pr\u00e9judicielle, la Cour constitutionnelle a retenu aux termes de l\u2019arr\u00eat du 30 avril 2021 qu\u2019 \u00ab il convient de dire que l\u2019article L.415- 5, paragraphe 3, du Code du travail est conforme \u00e0 l\u2019article 11, paragraphe 4 de la Constitution \u00bb sur base de l\u2019argumentation suivante :<\/p>\n<p>\u00ab L\u2019article L. 415- 5, paragraphe 3, du Code du travail, pr\u00e9cit\u00e9, conf\u00e8re, en son alin\u00e9a 3, aux organisations syndicales jouissant de la repr\u00e9sentativit\u00e9 nationale et li\u00e9es \u00e0 l\u2019entreprise par convention collective de travail le droit de d\u00e9signer un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 qui est membre de la d\u00e9l\u00e9gation du personnel, cette disposition ayant \u00e9t\u00e9 institu\u00e9e pour promouvoir le pluralisme syndical et l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement des syndicats repr\u00e9sentatifs dans l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>L\u2019activit\u00e9 syndicale ne doit pas \u00eatre confondue avec la repr\u00e9sentation des travailleurs dans l\u2019entreprise, le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, m\u00eame s\u2019il est d\u00e9sign\u00e9 par un syndicat, \u00e9tant investi d\u2019une mission de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats de tous les salari\u00e9s de l\u2019entreprise ind\u00e9pendamment de leur appartenance \u00e0 tel ou tel syndicat.<\/p>\n<p>10 La conversion du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en cr\u00e9dit d\u2019heures sur d\u00e9cision de la d\u00e9l\u00e9gation ne porte pas atteinte au droit des syndicats repr\u00e9sentatifs de d\u00e9signer leur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 au sein de la d\u00e9l\u00e9gation, droit consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 3 de l\u2019article L. 415- 5, paragraphe 3, pr\u00e9cit\u00e9 du Code du travail, la conversion d\u2019un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en cr\u00e9dit d\u2019heures relevant du fonctionnement de la d\u00e9l\u00e9gation et, partant, des attributions de la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9lue du personnel qui d\u00e9cide de lib\u00e9rer le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de son travail afin de lui permettre de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de tous les salari\u00e9s de l\u2019entreprise, quelle que soit leur appartenance syndicale. \u00bb<\/p>\n<p>Les appelants font valoir que la Cour constitutionnelle n\u2019a pas pris position sur le fait que si certes les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du personnel repr\u00e9sentent l\u2019ensemble des salari\u00e9s, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019en pratique, ils affichent aussi les valeurs de leur syndicat et qu\u2019une certaine concurrence entre syndicats existe malgr\u00e9 tout. L\u2019\u00e9galit\u00e9 entre syndicats ne pourrait ainsi \u00eatre maintenue dans l\u2019entreprise que si leur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 disposait de la m\u00eame dur\u00e9e de pr\u00e9sence au sein de l\u2019entreprise. Ainsi, en suivant le raisonnement de la Cour constitutionnelle, les syndicats auraient tout int\u00e9r\u00eat, voire seraient quasiment contraints, de d\u00e9signer un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 qui occupait un poste \u00e0 temps plein, et non un salari\u00e9 \u00e0 temps partiel, afin que son \u00ab repr\u00e9sentant \u00bb soit plus visible sur le terrain. Par ailleurs, ni les syndicats, ni les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s du personnel n\u2019auraient int\u00e9r\u00eat \u00e0 convertir en cr\u00e9dits d\u2019heures un \u00ab poste \u00bb de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail, \u00e9 tant donn\u00e9 que la r\u00e9partition du cr\u00e9dit d\u2019heures entre les membres de la d\u00e9l\u00e9gation \u00e9lue du personnel se ferait proportionnellement aux suffrages obtenus au moment de l\u2019\u00e9lection. La conversion en question ne concernerait n\u00e9cessairement que les postes de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s \u00e9lus par la d\u00e9l\u00e9gation, et non ceux d\u00e9sign\u00e9s par les syndicats.<\/p>\n<p>Outre le fait que les appelants ne tirent pas de cons\u00e9quences juridiques de leur argumentation consistant \u00e0 faire valoir que la Cour constitutionnelle n\u2019aurait pas analys\u00e9 la question lui pos\u00e9e sous certains aspects pratiques, celle- ci est \u00e0 \u00e9carter, \u00e9tant donn\u00e9 que, d\u2019une part, la Cour Constitutionnelle a pris le soin de pr\u00e9ciser que l\u2019activit\u00e9 syndicale ne doit pas \u00eatre confondue avec la repr\u00e9sentation des travailleurs dans l\u2019entreprise et, d\u2019autre part, ce n\u2019est pas parce que la pratique des personnes d\u00e9sign\u00e9es par un syndicat en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 faisant partie de la d\u00e9l\u00e9gation du personnel diff\u00e8re des objectifs poursuivis par le texte l\u00e9gal (d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats de tous les salari\u00e9s de l\u2019entreprise par les membres de la d\u00e9l\u00e9gation du personnel) que le texte devient anticonstitutionnel.<\/p>\n<p>Concernant la deuxi\u00e8me question pr\u00e9judicielle, la Cour constitutionnelle a retenu aux termes de l\u2019arr\u00eat du 30 avril 2021 qu\u2019 \u00ab il convient de dire que l\u2019article L. 415- 5, paragraphe 3, du Code du travail est conforme \u00e0 l\u2019article 10bis , paragraphe 1, de la Constitution \u00bb, sur base de l\u2019argumentation suivante :<\/p>\n<p>11 La mise en \u0153uvre de la r\u00e8gle constitutionnelle d\u2019\u00e9galit\u00e9 suppose que les cat\u00e9gories de personnes entre lesquelles une discrimination est all\u00e9gu\u00e9e se trouvent dans une situation comparable.<\/p>\n<p>Les salari\u00e9s travaillant \u00e0 temps plein et ceux travaillant \u00e0 temps partiel se trouvent dans une situation comparable au regard de la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre d\u00e9sign\u00e9s d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s par une organisation syndicale repr\u00e9sentative, l\u2019article L. 415- 5, paragraphe 3, du Code du travail ne faisant pas de distinction entre ces deux cat\u00e9gories de travailleurs lorsqu\u2019il pr\u00e9voit, dans son alin\u00e9a 3, la d\u00e9signation d\u2019un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 par un syndicat repr\u00e9sentatif.<\/p>\n<p>L\u2019article L. 415- 5, paragraphe 3, du Code du travail qui pr\u00e9voit, indistinctement, la conversion d\u2019un ou de plusieurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s lib\u00e9r\u00e9s dans un cr\u00e9dit d\u2019heures, sur base de quarante heures par d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 et proportionnellement aux suffrages obtenus au moment de l\u2019\u00e9lection n\u2019institue pas de discrimination entre les salari\u00e9s travaillant \u00e0 temps plein et ceux travaillant \u00e0 temps partiel, et a fortiori n\u2019institue pas de discrimination bas\u00e9e sur le sexe, le texte de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9 ne contenant aucune r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la dur\u00e9e de travail contractuelle du salari\u00e9 pouvant \u00eatre d\u00e9sign\u00e9 en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 par un syndicat repr\u00e9sentatif. Il n\u2019institue pas davantage de discrimination en fait entre les deux cat\u00e9gories de salari\u00e9s, d\u00e8s lors que la r\u00e9mun\u00e9ration du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 est maintenue pendant la dur\u00e9e de son mandat de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 en fonction de sa dur\u00e9e contractuelle de travail et que la dur\u00e9e du mandat de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 n\u2019est pas limit\u00e9e \u00e0 la dur\u00e9e contractuelle de travail. \u00bb<\/p>\n<p>Les appelants critiquent la d\u00e9cision intervenue pour ne pas r\u00e9soudre la probl\u00e9matique de l\u2019esp\u00e8ce, \u00e9tant donn\u00e9 que A. n\u2019aurait actuellement l\u00e9galement pas le droit d\u2019effectuer ses missions de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e du personnel au- del\u00e0 de 20 heures par semaine. Par ailleurs, en d\u00e9cidant qu\u2019un salari\u00e9 travaillant \u00e0 mi-temps pouvait tr\u00e8s bien exercer ses fonctions de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du personnel lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 temps plein, la Cour constitutionnelle n\u2019aurait pas r\u00e9pondu \u00e0 la question de la discrimination par rapport au salaire. Rappelant qu\u2019en application de l\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail, l\u2019employeur est tenu de lib\u00e9rer le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 en question pour tout travail g\u00e9n\u00e9ralement quelconque et d\u2019accorder une dispense permanente de service avec maintien du salaire, les appelants soul\u00e8vent que si le salari\u00e9 travaillait \u00e0 mi-temps, il percevra une r\u00e9mun\u00e9ration correspondant \u00e0 un mi &#8212; temps pendant qu\u2019il effectuera ses missions de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 mi-temps. Or, si le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 effectue ses missions \u00e0 plein temps, alors qu\u2019il ne disposait que d\u2019un mi-temps dans le cadre de son contrat de travail, il ne percevra l\u00e0 encore qu\u2019une r\u00e9mun\u00e9ration correspondant \u00e0 un mi-temps. La situation entra\u00eenerait ainsi une discrimination au niveau du salaire.<\/p>\n<p>Les appelants maintiennent leur argument tir\u00e9 du fait qu\u2019indirectement l\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail engendrerait une discrimination fond\u00e9e sur le sexe<\/p>\n<p>12 prohib\u00e9e par l\u2019article L.241- 1 du Code du travail et par l\u2019article 10 bis de la Constitution.<\/p>\n<p>La Cour constate que les appelants, \u00e0 nouveau, ne tirent pas de cons\u00e9quences juridiques des critiques \u00e9mises \u00e0 l\u2019encontre de la d\u00e9cision de la Cour constitutionnelle du 30 avril 2021.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 l\u2019affirmation des appelants, la Cour Constitutionnelle a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019aucune discrimination en fait , ni quant \u00e0 la r\u00e9mun\u00e9ration, ni quant au sexe, n\u2019existe entre les deux cat\u00e9gories de salari\u00e9s, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019existe aucune interd\u00e9pendance entre la dur\u00e9e du mandat de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 et la dur\u00e9e contractuelle de travail.<\/p>\n<p>Au vu du pr\u00e9dit arr\u00eat de la Cour constitutionnelle du 30 avril 2021 d\u00e9clarant l\u2019article L.415- 5 paragraphe 3 du Code du travail conforme aux articles 11, paragraphe 4, et 10 bis de la Constitution, la Cour d\u2019appel retient que c\u2019est \u00e0 bon droit que le tribunal du travail est venu \u00e0 la conclusion que le texte de l\u2019article L.415- 5 (3) du Code du travail permettant \u00e0 chaque organisation syndicale repr\u00e9sentative de d\u00e9signer un seul d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9, ne lui donne pas le droit d\u2019en d\u00e9signer un deuxi\u00e8me, exer\u00e7ant son mandat seulement \u00e0 mi-temps, f\u00fbt-ce pour compl\u00e9ter la mission d\u2019un d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 travaillant \u00e0 mi-temps. La d\u00e9signation prise unilat\u00e9ralement par le syndicat H. de B. comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 suppl\u00e9ant \u00e0 mi- temps de A. n\u2019est pas \u00e0 qualifier de l\u00e9gitime. En cons\u00e9quence, il y a encore lieu de retenir que B. n\u2019est pas en droit d\u2019utiliser les autres 20 heures restantes en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 mi-temps afin d\u2019\u00e9pauler A. .<\/p>\n<p>L\u2019appel principal est partant non fond\u00e9.<\/p>\n<p>La demande de la soci\u00e9t\u00e9 O. en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 rejeter \u00e0 d\u00e9faut de justifier l\u2019iniquit\u00e9 requise par l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>La demande globale de Q., de R. , de S. et de T. en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 euros est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e \u00e0 concurrence de 500 euros dans le chef de Q., intim\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il serait in\u00e9quitable de laisser l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des frais expos\u00e9s par lui pour assurer sa d\u00e9fense en justice \u00e0 sa charge, et non fond\u00e9e dans le chef de R. , de S. et de T. , assign\u00e9s en d\u00e9claration d\u2019arr\u00eat commun.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019issue du litige, il serait in\u00e9quitable de laisser l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des frais expos\u00e9s pour assurer la d\u00e9fense de leurs int\u00e9r\u00eats \u00e0 Jean BLUM et \u00e0 P. , de sorte que la Cour leur alloue \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure globale le montant r\u00e9clam\u00e9 de 1.500 euros.<\/p>\n<p>13 La demande de l\u2019ETAT, assign\u00e9 en d\u00e9claration d\u2019arr\u00eat commun, en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 3.000 euros, formul\u00e9e suivant conclusions du 16 juillet 2020, est \u00e0 rejeter, \u00e0 d\u00e9faut de justifier l\u2019iniquit\u00e9 requise par l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, huiti\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re de droit du travail, statuant contradictoirement, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 2 de la loi modifi\u00e9e du 19 d\u00e9cembre 2020 portant adaptation temporaire de certaines modalit\u00e9s proc\u00e9durales en mati\u00e8re civile et commerciale ;<\/p>\n<p>statuant en continuation des arr\u00eats de la Cour d\u2019appel des13 juin 2019 et 3 d\u00e9cembre 2020 ;<\/p>\n<p>revu l\u2019arr\u00eat de la Cour constitutionnelle du 30 avril 2021 ;<\/p>\n<p>dit l\u2019appel principal non fond\u00e9 ;<\/p>\n<p>confirme le jugement entrepris ;<\/p>\n<p>condamne A., B., C., D., E., F., G., la conf\u00e9d\u00e9ration syndicale ind\u00e9pendante du Luxembourg (H.), J., K., L. et M. \u00e0 payer \u00e0 N. et \u00e0 P. une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure globale de 1.500 euros pour l\u2019instance d\u2019appel ;<\/p>\n<p>d\u00e9clare le pr\u00e9sent arr\u00eat commun \u00e0 R. , S. et T., \u00e0 U., V., W., X., Y., Z., I., \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme O. SA et \u00e0 l\u2019ETAT DU GRAND- DUCHE DE LUXEMBOURG ;<\/p>\n<p>condamne A., B., C., D., E., F., G., la conf\u00e9d\u00e9ration syndicale ind\u00e9pendante du Luxembourg (H.), J., K., L. et M. aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel, et ordonne la distraction au profit de Ma\u00eetre Jean- Marie BAULER, avocat concluant, sur ses affirmations de droit.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-8\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-8\/20240827-210751\/20220609-44412-65-trav-a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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