{"id":664930,"date":"2026-04-23T23:15:50","date_gmt":"2026-04-23T21:15:50","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-12-mai-2022-n-2019-01046\/"},"modified":"2026-04-23T23:15:55","modified_gmt":"2026-04-23T21:15:55","slug":"cour-superieure-de-justice-12-mai-2022-n-2019-01046","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-12-mai-2022-n-2019-01046\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 12 mai 2022, n\u00b0 2019-01046"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 56\/2 2 &#8212; III \u2013 C OM<\/p>\n<p>Arr\u00eat commercial<\/p>\n<p>Audience publique du douze mai deux mille vingt -deux<\/p>\n<p>Num\u00e9ro CAL-2019-01046 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition:<\/p>\n<p>Alain THORN, pr\u00e9sident de chambre, Paul VOUEL, conseiller, Anne-Fran\u00e7oise GREMLING, conseiller, Isabelle Hippert, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>la masse en faillite de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit suisse SOC 1) S.A., en liquidation, ayant son si\u00e8ge social \u00e0 CH-(\u2026), inscrite au Registre du commerce du canton de Gen\u00e8ve sous le num\u00e9ro CHE-xxx (num\u00e9ro f\u00e9d\u00e9ral CH-xxx), repr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019administration en faillite, l\u2019Office des faillites de la R\u00e9publique et canton de Gen\u00e8ve, (\u2026),<\/p>\n<p>appelante aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg du 4 septembre 2019,<\/p>\n<p>intim\u00e9e sur appel incident,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre C\u00e9line TRITSCHLER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC 2) S.A., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L &#8212; (\u2026), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit CALVO,<\/p>\n<p>appelante par incident,<\/p>\n<p>2 comparant par Ma\u00eetre Sylvie DENAYER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>2) Ma\u00eetre Evelyne KORN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant professionnellement \u00e0 L-(\u2026), prise en sa qualit\u00e9 de curateur de la faillite de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC 3), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 Luxembourg, (\u2026), inscrite au Registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro B (\u2026), d\u00e9clar\u00e9e en \u00e9tat de faillite par jugement n o xxx\/15 rendu en date du 26 octobre 2015 par le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, 15 e chambre, confirm\u00e9 par arr\u00eat no xxx\/16IV -COM rendu le 19 octobre 2016 par la Cour d\u2019appel de Luxembourg,<\/p>\n<p>3) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC 3) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 Luxembourg, (\u2026), inscrite au Registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro B (\u2026), d\u00e9clar\u00e9e en \u00e9tat de faillite par jugement n o xxx\/15 rendu en date du 26 octobre 2015 par le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, 15 e chambre, confirm\u00e9 par arr\u00eat no xxx\/16IV -COM rendu le 19 octobre 2016 par la Cour d\u2019appel de Luxembourg,<\/p>\n<p>intim\u00e9es aux fins du susdit exploit CALVO,<\/p>\n<p>intim\u00e9es sur appel incident,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Evelyne KORN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>LA COUR D\u2019APPEL :<\/p>\n<p>Vu l\u2019ordonnance de cl\u00f4ture de l\u2019instruction du 12 juillet 2021.<\/p>\n<p>Le 29 avril 2013, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit suisse SOC 1) SA (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC 1) \u00bb) a sign\u00e9, en tant que pr\u00eateur, un contrat intitul\u00e9 Senior Loan Agreement ( ci- apr\u00e8s le \u00ab Contrat de Pr\u00eat \u00bb) avec la soci\u00e9t\u00e9 en voie de formation SOC 3) SA (ci- apr\u00e8s \u00ab SOC 3) \u00bb), en tant qu\u2019emprunteur, et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC 2) SA (ci- apr\u00e8s \u00ab SOC 2) \u00bb), en tant que \u00ab escrow agent \u00bb (\u00ab agent fiduciaire \u00bb, selon la traduction vers\u00e9e au dossier).<\/p>\n<p>En vertu du Contrat de Pr\u00eat, SOC 1) a accord\u00e9 \u00e0 SOC 3) un pr\u00eat, sous forme de ligne de cr\u00e9dit, d\u2019un montant maximal de 100.000.000 USD, qui, aux termes de l\u2019Annexe 1, devait \u00eatre utilis\u00e9 par l\u2019emprunteur, SOC 3) , pour des investissements dans des op\u00e9rateurs de t\u00e9l\u00e9communication.<\/p>\n<p>L\u2019Annexe 1 pr\u00e9cisait encore que le premier investissement \u00e0 r\u00e9aliser serait l\u2019acquisition des actions de la soci\u00e9t\u00e9 de droit maltais SOC 4) (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC 4) \u00bb) qui d\u00e9tenait, en tant que maison- m\u00e8re, les soci\u00e9t\u00e9s SOC 5) SA, op\u00e9rateur de t\u00e9l\u00e9phonie en R\u00e9publique du X , et SOC 4) Centrafrique, op\u00e9rateur de t\u00e9l\u00e9phonie en R\u00e9publique centrafricaine.<\/p>\n<p>Les actions SOC 4) \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9poque d\u00e9tenues par la soci\u00e9t\u00e9 de droit \u00e9gyptien SOC 6) SAE (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC 6) \u00bb).<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s SOC 3) et SOC 2) \u00e9taient repr\u00e9sent\u00e9es par A et B, pour la signature du Contrat de Pr\u00eat.<\/p>\n<p>C, administrateur-d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de SOC 1) , et D, administrateur de SOC 1) ont sign\u00e9 le Contrat de Pr\u00eat en tant que repr\u00e9sentants de SOC 1) .<\/p>\n<p>SOC 3) a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e le 13 juin 2013, soit post\u00e9rieurement \u00e0 la signature du Contrat de Pr\u00eat et appartient indirectement \u00e0 A et B, par le biais d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 holding, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC 7) SA.<\/p>\n<p>Le pr\u00eat n\u2019a finalement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 qu\u2019en partie, SOC 1) ayant transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 SOC 2) un montant total de 36.963.169,71 USD, en deux tranches, \u00e0 savoir :<\/p>\n<p>\u2022 un montant de 15.060.120 USD, le 30 avril 2013, et \u2022 un montant de 21.903.049,71 USD, le 17 mai 2013.<\/p>\n<p>SOC 3) \u00e9tait tenue de payer des int\u00e9r\u00eats sur le montant des fonds pr\u00eat\u00e9s par SOC 1), les 15 avril et 15 octobre de chaque ann\u00e9e, conform\u00e9ment aux dispositions du Contrat de Pr\u00eat.<\/p>\n<p>SOC 3) n\u2019ayant pas honor\u00e9 cet engagement, SOC 1) lui a adress\u00e9 plusieurs relances en vue du payement des int\u00e9r\u00eats dus.<\/p>\n<p>Le mandataire de SOC 1) a adress\u00e9 \u00e0 SOC 3) deux mises en demeure les 14 ao\u00fbt et 19 ao\u00fbt 2015, dans lesquelles il pr\u00e9cisait qu\u2019en vertu du Contrat de Pr\u00eat, le d\u00e9faut de paiement des int\u00e9r\u00eats \u00e0 l\u2019\u00e9ch\u00e9ance entra\u00eenait l\u2019exigibilit\u00e9 imm\u00e9diate du montant principal du pr\u00eat et rendait applicable la clause p\u00e9nale y stipul\u00e9e.<\/p>\n<p>Les mises en demeure adress\u00e9es \u00e0 SOC 3) \u00e9tant rest\u00e9es infructueuses, SOC 1) a assign\u00e9 SOC 3) en faillite.<\/p>\n<p>Par jugement rendu le 26 octobre 2015, SOC 3) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e en \u00e9tat de faillite et ce jugement a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par un arr\u00eat rendu le 19 octobre 2016.<\/p>\n<p>4 Le 28 mars 2013, soit un mois avant la signature du Contrat de Pr\u00eat, SOC 2) avait sign\u00e9 avec SOC 6) une convention de cession d\u2019actions intitul\u00e9e \u00ab Agreement for the Sale and Purchase of SOC 4) \u00bb (ci-apr\u00e8s le \u00ab SPA \u00bb), portant sur la vente par SOC 6) \u00e0 SOC 2) des actions SOC 4) , pour un prix de 100.000.000 USD.<\/p>\n<p>Le transfert des actions SOC 4) \u00e0 SOC 2) devait, sous r\u00e9serve de l\u2019accomplissement de certaines conditions suspensives, intervenir le 25 avril 2013, mais cette date a \u00e9t\u00e9 report\u00e9e en vertu de trois avenants sign\u00e9s par SOC 2) et SOC 6), les 25 avril 2013 (Deed of Amendment), 31 mai 2013 (Second Deed of Amendment) et 24 ao\u00fbt 2013 (Third Deed of Amendment).<\/p>\n<p>Dans chacun des trois avenants, SOC 2) s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 payer \u00e0 SOC 6) une avance sur le prix de cession.<\/p>\n<p>Ces trois avances, d\u2019un montant total de 50.000.000 USD, ont \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es comme suit : \u2022 le 30 avril 2013, un montant de 15.000.000 USD a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 SOC 6), avec la r\u00e9f\u00e9rence \u00ab SOC 4) GLOBE \u2013 DEPOSIT \u00bb, par SOC 3), en formation ; \u2022 le 31 mai 2013, un montant de 10.000.000 USD a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 par SOC 2) \u00e0 SOC 6), avec la r\u00e9f\u00e9rence \u00ab SELON SHARE PURCHASE AGREEMENT \u00bb ; et \u2022 le 10 septembre 2013, un montant de 25.000.000 USD a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 par SOC 3) \u00e0 SOC 6), avec la r\u00e9f\u00e9rence \u00ab SPA DTD, MARCH 28, 2013 AS AMENDED APRIL 25TH, 2013 AND MAY 21ST, 2013 \u00bb, d\u00e9sormais constitu\u00e9e.<\/p>\n<p>La transaction pr\u00e9vue par le SPA n\u2019a finalement pas abouti et la cession d\u2019actions ne s\u2019est pas r\u00e9alis\u00e9e, faute de payement int\u00e9gral du prix de cession.<\/p>\n<p>Cependant, SOC 6) n\u2019a pas rembours\u00e9 le montant de 50.000.000 USD, qu\u2019elle avait re\u00e7u \u00e0 titre d\u2019avances et ce, malgr\u00e9 une mise en demeure qui lui avait \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e par SOC 3), le 22 octobre 2014.<\/p>\n<p>Par la suite, SOC 6) a c\u00e9d\u00e9 les actions S OC 4) \u00e0 une entit\u00e9 tierce, la soci\u00e9t\u00e9 SOC 8) LTD.<\/p>\n<p>Au v\u0153u du SPA, tout litige relatif \u00e0 son ex\u00e9cution devait relever de la comp\u00e9tence de la London Court of International Arbitration et \u00eatre soumis au droit anglais.<\/p>\n<p>Au jour de l\u2019introduction de l\u2019instance, aucun arbitrage n\u2019avait \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 en vue de r\u00e9cup\u00e9rer le montant des trois avances pay\u00e9es \u00e0 SOC 6) .<\/p>\n<p>Par exploit du 7 mars 2018, SOC 1) a assign\u00e9 SOC 2) en faillite, en faisant valoir<\/p>\n<p>5 que SOC 2) lui serait redevable des sommes pr\u00eat\u00e9es en vertu du contrat sign\u00e9 le 29 avril 2013.<\/p>\n<p>Le tribunal a rejet\u00e9 la demande de SOC 1) , au motif que, face aux contestations de SOC 2), la certitude de la cr\u00e9ance invoqu\u00e9e par SOC 1) et partant la cessation de paiement de SOC 2) , n\u2019\u00e9taient pas \u00e9tablies.<\/p>\n<p>Par exploit du 27 juin 2018, la masse en faillite de SOC 1) , en liquidation, repr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019administration de la faillite, l\u2019Office des faillites de la R\u00e9publique et Canton de Gen\u00e8ve, a assign\u00e9 SOC 2), SOC 3), en faillite, et Ma\u00eetre Evelyne KORN, en sa qualit\u00e9 de curateur de SOC 3) , en faillite, \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, selon la proc\u00e9dure commerciale.<\/p>\n<p>SOC 1) demandait au tribunal saisi : (1) principalement, (i) de constater que SOC 2) a pris pour SOC 3) , en formation, un engagement au sens de l\u2019article 100- 17 alin\u00e9a premier (ancien article 12bis) de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 concernant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales (ci-apr\u00e8s la \u00ab loi de 1915 \u00bb), (ii) de d\u00e9clarer SOC 2) solidairement responsable des engagements de SOC 3) contenus au Contrat de Pr\u00eat sur base de la solidarit\u00e9 entre une soci\u00e9t\u00e9 en formation et ceux qui s\u2019engagent pour son compte, institu\u00e9e par l\u2019article 100- 17 pr\u00e9cit\u00e9, et (iii) de la condamner \u00e0 lui payer le montant principal de 36.963.167,71 USD, outre les int\u00e9r\u00eats, ainsi qu\u2019une p\u00e9nalit\u00e9 conventionnelle en application de l\u2019article 8 du Contrat de Pr\u00eat ;<\/p>\n<p>(2) subsidiairement,<\/p>\n<p>(a) (i) d\u2019annuler le Contrat de Pr\u00eat pour dol alors que le consentement de SOC 1) au Contrat de Pr\u00eat a \u00e9t\u00e9 soustrait par SOC 2) au moyen de man\u0153uvres dolosives, (ii) de constater que l\u2019obligation de restitution d\u00e9coulant de la nullit\u00e9 du Contrat de Pr\u00eat incombe \u00e0 SOC 2) et SOC 3) solidairement, sinon in solidum , (iii) de d\u00e9clarer le jugement \u00e0 intervenir opposable au curateur de la faillite de SOC 3) , (iv) de lui donner acte qu\u2019elle se r\u00e9serve le droit de d\u00e9poser une d\u00e9claration de cr\u00e9ance rectificative \u00e0 sa d\u00e9claration de cr\u00e9ance n\u00b02 d\u00e9pos\u00e9e dans le cadre de la faillite de SOC 3) , (v) de condamner SOC 2) \u00e0 lui restituer le montant de 36.963.167,71 USD, remis entre ses mains, outre les int\u00e9r\u00eats, et \u00e0 lui payer un montant de 150.000.- EUR en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral et mat\u00e9riel subi pour faire valoir ses droits en justice, sinon tous autres montants \u00e0 arbitrer, sin on,<\/p>\n<p>(b) pour le cas o\u00f9 le tribunal consid\u00e9rait SOC 2) comme tiers au pr\u00eat, (i) de constater que SOC 2) s\u2019est rendue coupable de man\u0153uvres dolosives<\/p>\n<p>6 envers SOC 1) en tant que tiers au contrat et (ii) de condamner SOC 2) \u00e0 lui payer, \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats, le montant de 36.963.167,71 USD, outre les int\u00e9r\u00eats, ainsi qu\u2019un montant de 150.000.- EUR en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral et mat\u00e9riel subi pour faire valoir ses droits en justice, sinon tous autres montants \u00e0 arbitrer ;<\/p>\n<p>(3) plus subsidiairement, de dire que SOC 2) a viol\u00e9 ses obligations de mandataire et de la condamner \u00e0 lui payer, \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats, le montant de 36.963.167,71 USD, outre les int\u00e9r\u00eats, ainsi qu\u2019un montant de 150.000.- EUR en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral et mat\u00e9riel subi pour faire valoir ses droits en justice, sinon tous autres montants \u00e0 arbitrer ;<\/p>\n<p>(4) encore plus subsidiairement, de condamner SOC 2) \u00e0 rembourser \u00e0 SOC 1) le montant principal de 36.963.167,71 USD, outre les int\u00e9r\u00eats, en vertu d\u2019un contrat de pr\u00eat non document\u00e9 conclu entre SOC 1) et SOC 2) et soumis au droit suisse ;<\/p>\n<p>(5) en dernier ordre de subsidiarit\u00e9, de condamner SOC 2) , sur base de la confusion de patrimoines entre SOC 2) et SOC 3), \u00e0 lui payer le montant principal de 36.963.167,71 USD, outre les int\u00e9r\u00eats, ainsi qu\u2019une p\u00e9nalit\u00e9 conventionnelle en application l\u2019article 8 du Contrat de Pr\u00eat.<\/p>\n<p>La demanderesse sollicitait encore l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure d\u2019un montant de 5.000 EUR, sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, et la d\u00e9claration de jugement commun au curateur de SOC 3) et \u00e0 SOC 3). SOC 1) a, par la suite, modifi\u00e9 l\u2019ordre de subsidiarit\u00e9 des demandes pr\u00e9sent\u00e9es dans l\u2019assignation du 27 juin 2018, en ce sens qu\u2019elle a plac\u00e9 le moyen tir\u00e9 de la confusion de patrimoines avant le moyen tir\u00e9 du pr\u00eat non mat\u00e9rialis\u00e9, lequel \u00e9tait d\u00e9sormais invoqu\u00e9 en dernier ordre de subsidiarit\u00e9. Elle a, d\u2019autre part, augment\u00e9 sa demande au titre de l\u2019indemnisation du pr\u00e9judice moral et mat\u00e9riel qu\u2019elle pr\u00e9tendait avoir subi pour faire valoir ses droits en justice et invoquait, dans le cadre des demandes sub (2) et (3) ci-avant, un pr\u00e9judice moral de 10.000 EUR et un pr\u00e9judice mat\u00e9riel de 144.705,73 EUR (au lieu de la somme totale de 150.000 EUR, r\u00e9clam\u00e9e in globo dans son acte d \u2019assignation).<\/p>\n<p>SOC 2) se rapportait \u00e0 prudence de justice quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 de l\u2019assignation et concluait, quant au fond, au rejet de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des demandes de SOC 1) .<\/p>\n<p>Elle sollicitait encore l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 EUR, sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Le curateur de SOC 3) se rapportait \u00e0 prudence de justice quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 et<\/p>\n<p>7 au bien-fond\u00e9 de l\u2019ensemble des demandes des deux autres parties au litige.<\/p>\n<p>Par jugement rendu le 29 mai 2019, le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 les demandes recevables, mais non fond\u00e9es.<\/p>\n<p>Il a encore d\u00e9bout\u00e9 les parties au litige de leurs demandes respectives en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et a d\u00e9clar\u00e9 le jugement commun \u00e0 SOC 3) en faillite.<\/p>\n<p>Concernant l\u2019article 100-17 de la loi de 1915, le tribunal a consid\u00e9r\u00e9 en substance que la solidarit\u00e9 y pr\u00e9vue ne pouvait \u00eatre appliqu\u00e9e au cas d\u2019esp\u00e8ce, en l\u2019absence de stipulation dans le contrat de pr\u00eat d\u2019apr\u00e8s laquelle \u00ab SOC 2) aurait agi au nom et pour le compte de SOC 3) en formation \u00bb.<\/p>\n<p>Concernant le dol, il a estim\u00e9 que la demande en annulation visait uniquement le Contrat de Pr\u00eat, que les obligations en r\u00e9sultant liaient uniquement SOC 1) et SOC 3), \u00ab SOC 2) ne pouvant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme partie au pr\u00eat \u00bb et que le dol all\u00e9gu\u00e9 ne pouvait pas \u00eatre imput\u00e9 \u00e0 SOC 3) , outre qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas \u00e9tabli que SOC 1) aurait ignor\u00e9 l\u2019information qu\u2019elle reprochait \u00e0 SOC 2) de lui avoir dissimul\u00e9e.<\/p>\n<p>Concernant la violation par SOC 2) de ses obligations de mandataire, le tribunal a consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019un \u00ab mandat n\u2019a pu, tout au plus, se cr\u00e9er qu\u2019entre SOC 2) , en tant que mandataire, et SOC 3) , en formation, en tant que mandant \u00bb, tandis que SOC 1) \u00e9tait \u00ab tiers par rapport \u00e0 ce lien juridique \u00bb.<\/p>\n<p>Concernant la th\u00e9orie de la confusion de patrimoines, la juridiction du premier degr\u00e9 a estim\u00e9 que celle- ci a \u00ab un champ d\u2019application restreint \u00bb et n\u2019a vocation \u00e0 s\u2019appliquer qu\u2019en mati\u00e8re de proc\u00e9dures collectives et en mati\u00e8re de voies d\u2019ex\u00e9cution et que le cas d\u2019esp\u00e8ce ne relevait d\u2019aucune de ces deux mati\u00e8res, la demande litigieuse visant \u00e0 \u00ab cr\u00e9er une obligation personnelle dans le chef de SOC 2) afin de faire reconna\u00eetre SOC 2) en tant que cooblig\u00e9 de SOC 3) \u00bb dans le cadre du Contrat de Pr\u00eat.<\/p>\n<p>Enfin, concernant \u00ab l\u2019existence d\u2019un contrat de pr\u00eat non mat\u00e9rialis\u00e9 \u00bb, le tribunal a d\u00e9cid\u00e9 que la demanderesse restait en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir les \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9ristiques d\u2019un pr\u00eat entre elle-m\u00eame et SOC 2) .<\/p>\n<p>Par exploit du 4 septembre 2019, SOC 1) a relev\u00e9 appel de ce jugement.<\/p>\n<p>Elle demande \u00e0 la Cour de faire droit \u00e0 ses demandes, par r\u00e9formation du jugement entrepris.<\/p>\n<p>L\u2019appelante met en exergue l\u2019absence de concordance entre le Contrat de Pr\u00eat et le contrat de vente des actions SOC 4) et soutient avoir \u00e9t\u00e9 la victime d\u2019une<\/p>\n<p>8 malhonn\u00eatet\u00e9 aux cons\u00e9quences gravement pr\u00e9judiciables, puisqu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9e de pr\u00e8s de 37 millions de dollars US.<\/p>\n<p>Concernant la base principale de la demande, tir\u00e9e de l\u2019article 100-17 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 concernant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales, l\u2019appelante fait valoir que SOC 2) aurait agi en l\u2019occurrence comme \u00ab promoteur \u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 SOC 3) en voie de formation, par l\u2019interm\u00e9diaire de ses administrateurs et repr\u00e9sentants, lesquels seraient d\u2019ailleurs devenus par la suite les administrateurs de SOC 3).<\/p>\n<p>Cette derni\u00e8re soci\u00e9t\u00e9 n\u2019aurait pas repris l\u2019engagement r\u00e9sultant du Contrat de Pr\u00eat dans le d\u00e9lai de deux mois, pr\u00e9vu par la disposition susmentionn\u00e9e.<\/p>\n<p>Il conviendrait partant de d\u00e9cider que SOC 2) est solidairement tenue de la dette contract\u00e9e par SOC 3) .<\/p>\n<p>Dans un ordre subsidiaire, l\u2019appelante demande \u00e0 la Cour d\u2019annuler le contrat de pr\u00eat, son consentement ayant \u00e9t\u00e9 vici\u00e9 par le dol de SOC 2) qui lui aurait fait croire que SOC 3) deviendrait l\u2019acqu\u00e9reur des actions SOC 4) , alors pourtant que le SPA avait \u00e9t\u00e9 conclu avec SOC 2) et que cette derni\u00e8re s\u2019\u00e9tait abstenue de pourvoir \u00e0 son propre remplacement comme acqu\u00e9reur desdites actions dans le SPA.<\/p>\n<p>L\u2019intim\u00e9e SOC 2) aurait agi de la sorte afin de mettre l\u2019appelante dans l\u2019impossibilit\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer les fonds pr\u00eat\u00e9s et de se les approprier, ou du moins d\u2019en tirer profit.<\/p>\n<p>Plus subsidiairement, l\u2019appelante demande la condamnation de SOC 2) \u00e0 lui payer des dommages et int\u00e9r\u00eats correspondant \u00e0 la somme pr\u00eat\u00e9e, sur base des r\u00e8gles de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, pour le cas o\u00f9 la Cour consid\u00e9rerait que la demande en nullit\u00e9 se restreint au \u00ab volet pr\u00eat du contrat \u00bb et que SOC 2) est de ce fait un \u00ab tiers par rapport \u00e0 la SOC 1) \u00bb. En ordre plus subsidiaire encore, l\u2019appelante soutient que SOC 2) aurait viol\u00e9 ses obligations contractuelles envers l\u2019appelante.<\/p>\n<p>SOC 2) aurait endoss\u00e9 les missions de d\u00e9positaire et de mandataire \u00ab non seulement vis-\u00e0-vis de SOC 3) , mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9gard de SOC 1) \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que SOC 2) se serait engag\u00e9e envers l\u2019appelante \u00e0 effectuer les payements pour le compte de SOC 3) \u00ab dans les limites strictes de la destination du pr\u00eat \u00bb, telle que d\u00e9finie dans le Contrat de Pr\u00eat.<\/p>\n<p>Or, cette destination convenue n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e.<\/p>\n<p>9 L\u2019appelante reproche encore \u00e0 SOC 2) de n\u2019avoir entrepris \u00ab aucune d\u00e9marche afin que SOC 3) se substitue \u00e0 elle \u00bb.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 de SOC 2) est recherch\u00e9e, plus subsidiairement encore, sur la base d\u00e9lictuelle, la violation du contrat constituant, selon l\u2019appelante, une faute au sens des articles 1382 ou 1383 du Code Civil.<\/p>\n<p>En dernier ordre de subsidiarit\u00e9, l\u2019appelante soutient qu\u2019il y a confusion des patrimoines des deux soci\u00e9t\u00e9s intim\u00e9es et invoque de nombreux \u00ab indices graves et concordants \u00bb de nature \u00e0 l\u2019\u00e9tablir.<\/p>\n<p>La th\u00e9orie de la confusion de patrimoines qui s\u2019appliquerait en vertu d\u2019une jurisprudence constante aux voies d\u2019ex\u00e9cution, devrait s\u2019appliquer \u00e9galement au cas d\u2019esp\u00e8ce, puisqu\u2019en l\u2019absence de \u00ab droit de cr\u00e9ance reconnu contre celui qui aurait d\u00fb, en principe, \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 par l\u2019\u00e9cran soci\u00e9tal, aucune mesure d\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e ne serait possible contre les biens propres de ce dernier \u00bb.<\/p>\n<p>SOC 2) se rapporte \u00e0 prudence de justice quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 de l\u2019appel.<\/p>\n<p>Quant au fond, SOC 2) conclut, en ordre principal, par r\u00e9formation du jugement entrepris, \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des demandes adverses, dans la mesure o\u00f9 elles sont fond\u00e9es sur la nullit\u00e9 de la convention, respectivement sur la confusion des patrimoines entre les soci\u00e9t\u00e9s intim\u00e9es, relevant ainsi appel incident du jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Pour le surplus, SOC 2) conclut \u00e0 la confirmation du jugement dont appel.<\/p>\n<p>L\u2019article 100-17 de la loi de 1915 ne pourrait pas \u00eatre \u00ab oppos\u00e9 \u00e0 SOC 2) \u00bb, aux motifs que celle-ci ne serait pas intervenue \u00ab au nom et pour le compte de SOC 3) \u00bb, que cette derni\u00e8re aurait repris \u00e0 son compte le pr\u00eat litigieux et que la convention dont il s\u2019agit aurait express\u00e9ment limit\u00e9 l\u2019engagement de SOC 2) \u00e0 celui d\u2019un d\u00e9positaire.<\/p>\n<p>La demande en annulation pour dol serait, principalement, irrecevable.<\/p>\n<p>Elle serait, en effet, prescrite en vertu de l\u2019article 1304 du Code civil, la convention datant du 29 avril 2013 et l\u2019assignation du 27 juin 2018 seulement.<\/p>\n<p>De plus, la partie appelante n\u2019aurait pas ignor\u00e9 ou du moins pas pu ignorer l\u2019existence du SPA.<\/p>\n<p>Elle serait encore irrecevable, premi\u00e8rement, au regard de l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e dont sont rev\u00eatues les d\u00e9cisions relatives \u00e0 la mise en faillite de SOC 3) , lesquelles seraient fond\u00e9es sur la reconnaissance d\u2019une cr\u00e9ance certaine, liquide et<\/p>\n<p>10 exigible de SOC 1) \u00e0 l\u2019encontre de SOC 3) et, deuxi\u00e8mement au regard de l\u2019attitude proc\u00e9durale contradictoire de la partie appelante.<\/p>\n<p>Dans un ordre subsidiaire, SOC 2) soutient que la demande adverse serait infond\u00e9e parce que le dol all\u00e9gu\u00e9 par l\u2019appelante \u00e9manerait, non pas d\u2019une partie au Contrat de Pr\u00eat, mais d\u2019un tiers et que SOC 2) n\u2019aurait de toute fa\u00e7on rien \u00e0 se reprocher.<\/p>\n<p>L\u2019appelante aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e des conditions du SPA, d\u00e8s avant sa signature.<\/p>\n<p>SOC 2) conteste s\u2019\u00eatre rendue coupable de man\u0153uvres dolosives ou d\u2019une r\u00e9ticence dolosive.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la mise en cause de sa responsabilit\u00e9 civile, SOC 2) conteste tout manquement contractuel dans son chef, de m\u00eame que toute faute d\u00e9lictuelle et tout pr\u00e9judice indemnisable dans le chef de la partie appelante.<\/p>\n<p>SOC 2) conteste en particulier avoir \u00e9t\u00e9 tenue de veiller \u00e0 son remplacement par SOC 3) dans le SPA.<\/p>\n<p>Du reste, l\u2019\u00e9chec de la transaction avec SOC 6) serait d\u00fb \u00e0 la \u00ab d\u00e9faillance \u00bb de SOC 1) qui n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 capable d\u2019honorer l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du financement.<\/p>\n<p>Concernant la mise en cause de sa responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, SOC 2) fait valoir que l\u2019appelante reste en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir que le pr\u00e9tendu manquement qui lui est reproch\u00e9 \u00ab constitue une faute d\u00e9lictuelle ind\u00e9pendamment du contrat \u00bb.<\/p>\n<p>Concernant la \u00ab confusion de patrimoines \u00bb all\u00e9gu\u00e9e par l\u2019appelante, SOC 2) oppose \u00e0 l\u2019appelante une absence de qualit\u00e9 pour agir, au motif qu\u2019une telle demande ne pourrait \u00e9maner que du curateur, en tant que repr\u00e9sentant de l\u2019ensemble des cr\u00e9anciers, eu \u00e9gard \u00e0 la suspension des poursuites individuelles d\u00e9coulant de l\u2019article 452 du Code de commerce.<\/p>\n<p>En outre, l\u2019appelante invoquerait ce concept d\u2019origine pr\u00e9torienne en dehors de ses deux domaines d\u2019application.<\/p>\n<p>Aucune des soci\u00e9t\u00e9s intim\u00e9es ne serait par ailleurs fictive et les conditions requises pour que le juge puisse constater une confusion de patrimoines ne seraient pas donn\u00e9es.<\/p>\n<p>SOC 2) conclut \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>Le curateur de la faillite de SOC 3) conclut principalement \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel.<\/p>\n<p>Celui-ci serait tardif pour n\u2019avoir \u00e9t\u00e9 interjet\u00e9 qu\u2019en date du 4 septembre 2019, alors que le jugement dont appel a \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 le 12 juillet 2019.<\/p>\n<p>Dans un ordre subsidiaire, SOC 3) se rapporte \u00e0 prudence de justice quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 et au bien-fond\u00e9 des demandes adverses.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>Si le d\u00e9lai ordinaire pour interjeter appel est de quarante jours, en vertu de l\u2019article 571 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, ce d\u00e9lai doit \u00eatre augment\u00e9 de quinze jours pour les personnes r\u00e9sidant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, \u00ab dans un autre territoire situ\u00e9 en Europe \u00bb, en vertu des articles 573 et 157 du m\u00eame Code.<\/p>\n<p>Le si\u00e8ge social de SOC 1) est situ\u00e9 en Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, le d\u00e9lai dont disposait SOC 1) pour relever appel \u00e9tait de cinquante-cinq jours.<\/p>\n<p>Comme la Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique ne fait pas partie de l\u2019Union europ\u00e9enne et ne rel\u00e8ve d\u00e8s lors pas du champ d\u2019application du r\u00e8glement (CE) 1393\/2007 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 13 novembre 2007, relatif \u00e0 la signification et \u00e0 la notification dans les Etats membres des actes judiciaires et extrajudiciaires en mati\u00e8re civile et commerciale, la signification de l\u2019acte d\u2019appel est r\u00e9put\u00e9e intervenue \u00e0 la date de l\u2019accomplissement des formalit\u00e9s pr\u00e9vues par la loi luxembourgeoise (cf. not. Cour d\u2019appel, 07.12.1993, Pas. 29, 308 ; 21.02.2001, n\u00b0 du r\u00f4le 24 191 ; 12.12.2012, n\u00b0 du r\u00f4le 36 618) .<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, les formalit\u00e9s pr\u00e9vues par la loi luxembourgeoise en vue de la signification de l\u2019acte d\u2019appel ont \u00e9t\u00e9 accomplies le 12 juillet 2019.<\/p>\n<p>Il y a partant lieu de consid\u00e9rer que la signification du jugement dont appel est intervenue le m\u00eame jour et que le d\u00e9lai d\u2019appel est venu \u00e0 expiration le 5 septembre 2019, \u00e0 minuit.<\/p>\n<p>L\u2019appel, relev\u00e9 en l\u2019occurrence le 4 septembre 2019, n\u2019est d\u00e8s lors pas tardif.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>La demande form\u00e9e par SOC 1) est bas\u00e9e principalement sur l\u2019article 100-17 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales, lequel est con\u00e7u comme suit : \u00ab Ceux qui pour une soci\u00e9t\u00e9 en formation, avant l\u2019acquisition par celle-ci de la personnalit\u00e9 juridique, ont pris un engagement \u00e0 quelque titre que ce<\/p>\n<p>12 soit, m\u00eame en se portant fort ou comme g\u00e9rant d\u2019affaires, en sont personnellement et solidairement responsables, sauf convention contraire, si ces engagements ne sont pas repris par la soci\u00e9t\u00e9 dans les deux mois de sa constitution, ou si la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas constitu\u00e9e dans les deux ans de la naissance de l\u2019engagement. \u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 tort que la juridiction du premier degr\u00e9 a estim\u00e9 que cette disposition ne pouvait pas recevoir application, au motif que le Contrat de Pr\u00eat ne renseigne \u00ab aucune mention aux termes de laquelle SOC 2) aurait agi au nom et pour le compte de SOC 3) \u00bb.<\/p>\n<p>La disposition cit\u00e9e ci- dessus requiert seulement que la personne qu\u2019il est convenu de nommer le promoteur ait agi \u00ab pour \u00bb une soci\u00e9t\u00e9 en voie de formation, autrement dit dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de cette soci\u00e9t\u00e9, et non qu\u2019il ait d\u00e9clar\u00e9 agir au nom et pour compte de celle-ci.<\/p>\n<p>La disposition l\u00e9gale cit\u00e9e ci-dessus r\u00e9sulte de la transposition en droit luxembourgeois de la \u00ab premi\u00e8re directive 68\/151\/CEE du Conseil, du 9 mars 1968, tendant \u00e0 coordonner, pour les rendre \u00e9quivalentes, les garanties qui sont exig\u00e9es des soci\u00e9t\u00e9s au sens de l\u2019article 58 du trait\u00e9 pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats tant des associ\u00e9s que des tiers \u00bb.<\/p>\n<p>Il importe de relever qu\u2019\u00e0 la diff\u00e9rence de ladite directive et des dispositions correspondantes fran\u00e7aise et belge, le l\u00e9gislateur luxembourgeois n\u2019a pas repris les termes \u00ab au nom d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en formation \u00bb.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, il ressort non seulement des travaux pr\u00e9paratoires, mais aussi des termes m\u00eames de l\u2019article 100-17 cit\u00e9 ci-dessus, que celui-ci a vocation \u00e0 recouvrir les hypoth\u00e8ses dans lesquelles le promoteur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 en formation a agi comme porte-fort ou comme g\u00e9rant d\u2019affaires.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une deuxi\u00e8me diff\u00e9rence notable que la loi luxembourgeoise pr\u00e9sente avec la directive susmentionn\u00e9e et les dispositions l\u00e9gales correspondantes fran\u00e7aise et belge.<\/p>\n<p>Or, le porte-fort ne promet pas le fait d\u2019autrui, mais le sien propre puisqu\u2019il s\u2019engage, en son propre nom, \u00e0 fournir une prestation consistant \u00e0 faire en sorte que le tiers d\u00e9sign\u00e9 dans le contrat prenne un engagement d\u00e9termin\u00e9.<\/p>\n<p>Quant au g\u00e9rant d\u2019affaires, lequel agit toujours dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019autrui, le g\u00e9r\u00e9 ou ma\u00eetre de l\u2019affaire, il est lui- m\u00eame oblig\u00e9 envers le tiers d\u00e8s lors qu\u2019il a trait\u00e9 avec lui en son nom personnel (gestion sans repr\u00e9sentation), mais n\u2019assume aucune obligation personnelle envers le tiers lorsqu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 agir au nom du g\u00e9r\u00e9 (gestion avec repr\u00e9sentation).<\/p>\n<p>13 Dans la premi\u00e8re hypoth\u00e8se, le ma\u00eetre de l\u2019affaire se trouve alors dans l\u2019obligation d\u2019indemniser le g\u00e9rant de tels engagements, au v\u0153u de l\u2019article 1375 du Code civil qui dispose que le ma\u00eetre dont l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 bien administr\u00e9e doit indemniser le g\u00e9rant \u00ab de tous les engagements personnels qu\u2019il a pris \u00bb.<\/p>\n<p>Aussi la jurisprudence luxembourgeoise tend- t-elle \u00e0 admettre, au sujet de la disposition pr\u00e9cit\u00e9e, qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de reprise de l\u2019engagement par la soci\u00e9t\u00e9 nouvellement constitu\u00e9e dans les deux mois, la personne qui a trait\u00e9 avec le tiers et qui est contrainte de s\u2019ex\u00e9cuter, peut exercer un recours contre la soci\u00e9t\u00e9 nouvellement form\u00e9e, sur base de la gestion d\u2019affaires ou de l\u2019enrichissement sans cause, si elle estime que la soci\u00e9t\u00e9 a profit\u00e9 de ses d\u00e9marches (cf. not. Cour d\u2019appel, IV, 20.03.2019, n\u00b0 du r\u00f4le CAL-2018-00472 ; IX, 12.01.2022, n\u00b0 du r\u00f4le CAL- 2020-00694).<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, si la jurisprudence admet que le g\u00e9rant d\u2019affaires puisse \u00eatre condamn\u00e9, sur le fondement de l\u2019article 100- 17 pr\u00e9cit\u00e9, \u00e0 ex\u00e9cuter lui-m\u00eame l\u2019engagement non repris dans le d\u00e9lai l\u00e9gal, elle admet implicitement que l\u2019application de cette base l\u00e9gale ne suppose pas n\u00e9cessairement une d\u00e9claration du promoteur de la soci\u00e9t\u00e9 en formation, selon laquelle il agirait au nom et pour compte de celle- ci.<\/p>\n<p>En revanche, le prescrit de l\u2019article 100-17 pr\u00e9cit\u00e9 exclut express\u00e9ment tout engagement solidaire dudit promoteur en cas de \u00ab convention contraire \u00bb, de sorte que cet engagement solidaire est \u00e0 \u00e9carter lorsque les parties au contrat ont exclu l\u2019engagement personnel de la personne agissant \u00ab pour \u00bb la soci\u00e9t\u00e9 en formation.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il r\u00e9sulte du pr\u00e9ambule du Contrat de Pr\u00eat que SOC 2) a pris l\u2019engagement d\u2019agir comme \u00ab agent fiduciaire \u00bb (cf. pi\u00e8ce n\u00b0 62 de la farde II de Me TRITSCHLER).<\/p>\n<p>Les droits et obligations en r\u00e9sultant pour SOC 2) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis limitativement \u00e0 l\u2019article 11, les parties ayant express\u00e9ment stipul\u00e9, au point 7 de ce m\u00eame article, en des termes clairs et d\u00e9pourvus de la moindre \u00e9quivoque, que \u00ab l\u2019agent fiduciaire n\u2019aura aucune obligation \u00e0 l\u2019exception de celles sp\u00e9cifiquement \u00e9nonc\u00e9es dans le pr\u00e9sent contrat \u00bb.<\/p>\n<p>Or, ces obligations \u00ab sp\u00e9cifiquement \u00e9nonc\u00e9es \u00bb sont celles d\u2019un interm\u00e9diaire et sont parfaitement \u00e9trang\u00e8res \u00e0 toute obligation de remboursement du pr\u00eat.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que la demande n\u2019est pas fond\u00e9e sur la base principale.<\/p>\n<p>En ordre subsidiaire, la demande est bas\u00e9e sur la nullit\u00e9 pour dol, pr\u00e9vue par l\u2019article 1116 du Code civil.<\/p>\n<p>14 SOC 2) soul\u00e8ve, en premier lieu, l\u2019irrecevabilit\u00e9 de cette demande, principalement, pour \u00eatre tardive au regard du d\u00e9lai de prescription quinquennal de l\u2019article 1304 du Code civil et, subsidiairement, pour se heurter \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de la chose jug\u00e9e du jugement de faillite et pour \u00eatre contraire au principe dit de l\u2019estoppel.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 1304, alin\u00e9a 2 du Code civil, le d\u00e9lai de prescription de l\u2019action en nullit\u00e9 pour dol, action en nullit\u00e9 relative, est de cinq ans et commence \u00e0 courir le jour o\u00f9 le dol a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert.<\/p>\n<p>SOC 2) soutient que le d\u00e9lai de prescription de cinq ans a commenc\u00e9 \u00e0 courir le 29 avril 2013, date de la conclusion du contrat litigieux, et que \u00ab l\u2019appelante a agi tardivement en introduisant son action le 27 juin 2018 seulement \u00bb.<\/p>\n<p>SOC 1), au contraire, affirme, dans un premier temps, n\u2019avoir \u00ab eu connaissance du SPA tel que sign\u00e9 que dans le courant du mois d\u2019ao\u00fbt 2015, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 la date exacte \u00bb, avant de soutenir, dans un deuxi\u00e8me temps, que \u00ab la r\u00e9alit\u00e9 de la supercherie n\u2019a finalement \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 jour que le 25 mars 2017 \u00bb, \u00e0 la lecture du courrier de Ma\u00eetre KORN, dans lequel celle- ci affirme ne pas pouvoir recourir \u00e0 l\u2019arbitrage \u00ab au vu de l\u2019absence de signature du SPA par SOC 3) \u00bb (cf. conclusions notifi\u00e9es le 30 octobre 2020, page 12), pour en tirer, dans un troisi\u00e8me temps, la conclusion que \u00ab le d\u00e9lai de 5 ans a commenc\u00e9 \u00e0 courir \u00e0 compter du 26 mars 2017, sinon \u00e0 compter du mois d\u2019ao\u00fbt 2015 \u00bb (cf. conclusions notifi\u00e9es le 30 octobre 2020, page 13).<\/p>\n<p>S\u2019agissant de la d\u00e9termination du point de d\u00e9part du d\u00e9lai de prescription quinquennal, il incombe \u00e0 la partie qui se pr\u00e9tend victime d\u2019un dol de prouver \u00e0 quelle date celui-ci a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert, faute de quoi la prescription court du jour de la conclusion de l\u2019acte (cf. Jurisclasseur, Civil, art. 1178 \u00e0 1185, fasc. 30, 2018, n\u00b0 80 ; J. Ghestin, Le contrat : formation, LGDJ, 2 e \u00e9d., n\u00b0 863).<\/p>\n<p>Par ailleurs, la jurisprudence retient que la prescription commence \u00e0 courir, au cas de dol ou d\u2019erreur, \u00e0 compter du jour o\u00f9 le demandeur en nullit\u00e9 avait tous les moyens de d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9, sanctionnant ainsi le caract\u00e8re inexcusable de l\u2019erreur (cf. Jurisclasseur, op. cit ., n\u00b0 81).<\/p>\n<p>L\u2019appelante reste en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir qu\u2019elle n\u2019aurait \u00ab eu connaissance du SPA tel que sign\u00e9 que dans le courant du mois d\u2019ao\u00fbt 2015, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 la date exacte \u00bb, et m\u00eame de donner de plus amples pr\u00e9cisions \u00e0 ce sujet, outre que cette affirmation de l\u2019appelante n\u2019est gu\u00e8re coh\u00e9rente avec l\u2019affirmation selon laquelle \u00ab la r\u00e9alit\u00e9 de la supercherie n\u2019a finalement \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 jour que le 25 mars 2017 \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019appelante se pr\u00e9vaut de trois lettres, adress\u00e9es entre le 27 mars et le 9 mai 2017, par Me Evelyne KORN \u00e0 Me Fran\u00e7ois KREMER, qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9poque le mandataire de l\u2019appelante, dans lesquelles celle- ci soutient que SOC 3) n\u2019a pas<\/p>\n<p>15 qualit\u00e9 pour engager un arbitrage \u00e0 l\u2019encontre de \u00ab SOC 9) \u00bb, le \u00ab cocontractant \u00bb de celle-ci \u00e9tant, non pas SOC 3) , mais SOC 2) (cf. pi\u00e8ces 17 \u00e0 19 du classeur de Me TRITSCHLER).<\/p>\n<p>Force est de constater que la partie appelante ne verse pas les courriers de son propre mandataire, auxquels Me KORN a donn\u00e9 les r\u00e9ponses susmentionn\u00e9es, de sorte que le contexte dans lequel se situent ces r\u00e9ponses est insuffisamment \u00e9clair\u00e9 ; que les r\u00e9ponses de Me KORN manquent de pr\u00e9cision \u00e0 cet \u00e9gard ; que celle- ci se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une entit\u00e9 d\u00e9nomm\u00e9e \u00ab SOC 9) \u00bb, et non pas \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC 6), partie venderesse des actions SOC 4) , et qu\u2019elle ne mentionne nullement le contrat de vente conclu en date du 28 mars 2013 entre SOC 6) et SOC 2), sauf \u00e0 \u00e9voquer, de fa\u00e7on lapidaire, un \u00ab SPA \u00bb, auquel SOC 3) ne serait pas partie.<\/p>\n<p>Ces pi\u00e8ces n\u2019\u00e9tablissent pas que SOC 1) n\u2019aurait d\u00e9couvert l\u2019existence du SPA sign\u00e9 le 28 mars 2013 qu\u2019\u00e0 la lecture de la lettre de Me KORN du 27 mars 2017.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, il r\u00e9sulte de l\u2019attestation testimoniale \u00e9tablie en date du 16 avril 2018 par T1 (cf. pi\u00e8ce n\u00b0 14 de la farde I de Me DENAYER) et d\u2019un \u00e9change de messages \u00e9lectroniques intervenus entre janvier et avril 2013 (cf. pi\u00e8ce n os 26 et 27 de la m\u00eame farde) que le d\u00e9nomm\u00e9 E , dont il est constant en cause qu\u2019il \u00e9tait, de mani\u00e8re indirecte, l\u2019actionnaire largement majoritaire et le b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique de SOC 1) \u00e9tait tenu inform\u00e9 des conditions et modalit\u00e9s du SPA, d\u00e8s avant sa signature.<\/p>\n<p>SOC 1) n\u2019oppose d\u2019ailleurs pas de contestation proprement dite sur ce point.<\/p>\n<p>L\u2019appelante ne se pr\u00e9vaut, dans ce contexte, que d\u2019une attestation testimoniale de D, son administrateur (cf. pi\u00e8ce n\u00b0 38 du m\u00eame classeur ).<\/p>\n<p>Cette attestation testimoniale ne permet pas de contredire l\u2019affirmation de SOC 2) , selon laquelle E et C, administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 appelante, auraient \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s des conditions et modalit\u00e9s du SPA, d\u00e8s avant sa signature.<\/p>\n<p>Aucune pi\u00e8ce vers\u00e9e au dossier ni aucune offre de preuve ne permet de contredire cette affirmation.<\/p>\n<p>Dans ces circonstances, l\u2019appelante n\u2019a pas \u00e9tabli qu\u2019elle n\u2019aurait d\u00e9couvert l\u2019existence du SPA qu\u2019au courant de l\u2019ann\u00e9e 2017.<\/p>\n<p>Il y a partant lieu de retenir que le d\u00e9lai de prescription de cinq ans a commenc\u00e9 \u00e0 courir le jour de la conclusion du Contrat de Pr\u00eat, soit le 29 avril 2013, et qu\u2019il \u00e9tait venu \u00e0 expiration au moment de l\u2019introduction de la demande, le 27 juin 2018.<\/p>\n<p>16 Il s\u2019ensuit que l\u2019appelante est irrecevable \u00e0 demander la nullit\u00e9 du contrat pour dol, de sorte qu\u2019il convient de r\u00e9former le jugement d\u00e9f\u00e9r\u00e9 sur ce point, conform\u00e9ment aux conclusions de SOC 2) .<\/p>\n<p>Dans un ordre subsidiaire, l\u2019appelante demande r\u00e9paration \u00e0 SOC 2) pour cause de dol, sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle.<\/p>\n<p>Concernant cette base subsidiaire, l\u2019appelante pr\u00e9cise qu\u2019elle n\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e que dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 \u00ab par impossible la Cour venait \u00e0 retenir, \u00e0 l\u2019instar du Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, quod non, que la demande en nullit\u00e9 de SOC 1) devrait se restreindre au volet pr\u00eat du Contrat et que, de ce fait, SOC 2) devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant un tiers par rapport \u00e0 SOC 1) , quod non \u00bb et renvoie, \u00ab quant aux man\u0153uvres dolosives \u00bb, \u00e0 ses d\u00e9veloppements r\u00e9sum\u00e9s ci-dessus, relatifs \u00e0 la demande en nullit\u00e9 du contrat du 29 avril 2013.<\/p>\n<p>La Cour ne peut que constater, \u00e0 l\u2019instar de la juridiction de premi\u00e8re instance, que SOC 2) est certes \u00ab un tiers par rapport \u00e0 SOC 1) \u00bb, mais que, loin d\u2019\u00eatre un tiers par rapport \u00e0 la convention sign\u00e9e le 29 avril 2013, intitul\u00e9e \u00ab Senior Loan Agreement \u00bb, ce que les parties s\u2019accordent \u00e0 traduire par \u00ab contrat de pr\u00eat \u00bb, elle est partie \u00e0 ce contrat, en tant que \u00ab escrow agent \u00bb, ce que les parties s\u2019accordent \u00e0 traduire par \u00ab agent fiduciaire \u00bb, et qu\u2019elle y a contract\u00e9 certaines obligations.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, le jugement dont appel ne retient nullement que \u00ab la demande en nullit\u00e9 devrait se restreindre au volet pr\u00eat du Contrat \u00bb.<\/p>\n<p>Les juges de premi\u00e8re instance ont simplement retenu que la demande en nullit\u00e9 telle que formul\u00e9e par SOC 1) dans ses \u00e9critures, \u00e9tait \u00e0 interpr\u00e9ter comme visant \u00ab uniquement le pr\u00eat \u00e0 l\u2019exclusion des autres volets de ce contrat complexe \u00bb.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que la Cour n\u2019a pas \u00e0 examiner davantage cette base subsidiaire.<\/p>\n<p>Cependant, pour autant que les d\u00e9veloppements pr\u00e9cit\u00e9s de l\u2019appelante signifient que la demande en r\u00e9paration sur la base d\u00e9lictuelle n\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e que dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 la Cour partagerait la position de la juridiction de premi\u00e8re instance, selon laquelle la demande de l\u2019appelante se rapporte exclusivement aux relations contractuelles engendr\u00e9es par le pr\u00eat et que SOC 2) est \u00e9trang\u00e8re \u00e0 ces relations contractuelles, la Cour examinera n\u00e9anmoins cette base subsisidiare.<\/p>\n<p>Il est vrai que le droit de demander la nullit\u00e9 d\u2019un contrat pour dol, par application de l\u2019article 1116 du Code civil, n\u2019exclut pas l\u2019exercice par la victime d\u2019un dol d\u2019une action en responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle pour obtenir de son auteur r\u00e9paration du pr\u00e9judice subi, laquelle action est soumise \u00e0 la prescription trentenaire, et non \u00e0 la prescription quinquennale de l\u2019article 1304 du Code civil (cf. Cass. 1 re civ.<\/p>\n<p>17 04.02.1975, n\u00b0 72- 13217, Bull. civ. 1975, I, n\u00b0 43 ; JCP 1975, II, 18100, note Ch. Larroumet ; RTD civ. 1975, 537, obs. G. Durry).<\/p>\n<p>En effet, comme le dol survient \u00e0 un moment o\u00f9 le contrat ne s\u2019est pas encore form\u00e9, il est constitutif d\u2019une faute pr\u00e9contractuelle et donc d\u00e9lictuelle (cf. not. J. GHESTIN, op. cit, n\u00b0 439).<\/p>\n<p>Cependant, en l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019appelante ne prouve pas l\u2019existence de manoeuvres dolosives ou d\u2019une r\u00e9ticence dolosive dans le chef des intim\u00e9es, ainsi que cela ressort des motifs adopt\u00e9s plus haut concernant l\u2019information des d\u00e9nomm\u00e9s E et C, de sorte que la demande en r\u00e9paration de l\u2019appelante n\u2019est pas fond\u00e9e sur la base d\u00e9lictuelle.<\/p>\n<p>Plus subsidiairement encore, SOC 1) invoque la violation par SOC 2) de ses obligations contractuelles, telles qu\u2019elles r\u00e9sultent de la convention sign\u00e9e en date du 29 avril 2013.<\/p>\n<p>Il est reproch\u00e9 en particulier \u00e0 SOC 2) d\u2019avoir m\u00e9connu ses obligations de mandataire \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019appelante.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte de la convention sign\u00e9e le 29 avril 2013 que SOC 2) s\u2019est oblig\u00e9e \u00e0 agir en tant que repr\u00e9sentant de \u00ab l\u2019Emprunteur \u00bb, autrement dit de SOC 3) (article 11.11), apr\u00e8s avoir re\u00e7u les fonds emprunt\u00e9s sur son compte.<\/p>\n<p>En ce sens, SOC 2) s\u2019est oblig\u00e9e \u00e0 ex\u00e9cuter les instructions de SOC 3) (article 11.12) et lui a reconnu le droit de la \u00ab d\u00e9charger de ses fonctions \u00bb (article 11.14).<\/p>\n<p>Ledit contrat ne contient aucune stipulation qui imposerait \u00e0 SOC 2) une obligation envers SOC 1) .<\/p>\n<p>L\u2019annexe I, invoqu\u00e9e dans ce contexte par l\u2019appelante, contient l\u2019engagement de \u00ab l\u2019Emprunteur \u00bb, autrement dit, de SOC 3) , d\u2019utiliser le pr\u00eat pour des investissements d\u00e9termin\u00e9s, et ne stipule aucune obligation \u00e0 charge de SOC 2) .<\/p>\n<p>Il est rappel\u00e9 qu\u2019aux termes de l\u2019article 11.7, les parties ont convenu que SOC 2) n\u2019aurait \u00ab aucune obligation \u00e0 l\u2019exception de celles sp\u00e9cifiquement \u00e9nonc\u00e9es \u00bb dans le Contrat de Pr\u00eat.<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019appelante reste en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir l\u2019existence d\u2019une obligation expresse ou m\u00eame implicite de SOC 2) de \u00ab modifier le SPA \u00bb ou de veiller \u00e0 une substitution, dans la transaction, entre les parties intim\u00e9es.<\/p>\n<p>18 C\u2019est donc \u00e9galement \u00e0 juste titre que les juges de premi\u00e8re instance ont d\u00e9clar\u00e9 la demande infond\u00e9e, en ce qu\u2019elle est bas\u00e9e sur une violation par SOC 2) du contrat sign\u00e9 le 29 avril 2013.<\/p>\n<p>Dans un ordre encore plus subsidiaire, l\u2019appelante forme \u00e0 l\u2019encontre de SOC 2) une demande en allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats \u00ab sur base de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle \u00bb et soutient que \u00ab la violation (\u2026) des termes du Contrat constituerait une faute civile au sens des articles 1382 du Code civil, sinon une n\u00e9gligence, sur base de l\u2019article 1383 du Code civil \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019appelante d\u00e9clare, dans ce contexte, reprendre ses d\u00e9veloppements pr\u00e9c\u00e9dents concernant \u00ab la r\u00e9alit\u00e9 de la faute contractuelle \u00bb reproch\u00e9e \u00e0 SOC 2) .<\/p>\n<p>Par cette formulation, l\u2019appelante identifie express\u00e9ment la faute d\u00e9lictuelle reproch\u00e9e \u00e0 SOC 2) \u00e0 une violation par celle-ci du contrat conclu le 29 avril 2013.<\/p>\n<p>Afin de ne pas bouleverser les pr\u00e9visions contractuelles et en raison des diff\u00e9rences de r\u00e9gime entre la responsabilit\u00e9 contractuelle et la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, il est interdit \u00e0 la victime d\u2019un dommage d\u2019opter, au gr\u00e9 de ses int\u00e9r\u00eats, entre l\u2019une ou l\u2019autre des deux responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Aussi les r\u00e8gles de la responsabilit\u00e9 contractuelle doivent-elles s\u2019appliquer d\u00e8s lors que le dommage appara\u00eet \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un contrat (cf. Cass. 1 re civ. 28.06.2012, n\u00b0 10- 28492, Bull. civ. 2012. I. n\u00b0 147 ; Rec. Dalloz 2013, 42, obs. Ph. BRUN) peu importe qu\u2019il ne se rattache pas \u00e0 la violation d\u2019une obligation contractuelle pr\u00e9cise (cf. Cass. Com. 24.09.2003, n\u00b0 01- 17503, Bull. civ. 2003. IV, n\u00b0 145 ; RTD civ. 2004, 94, obs. P. JOURDAIN ; B. FAGES, Les obligations, LGDJ, 4 e \u00e9d., n\u00b0 362).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, la demande en r\u00e9paration form\u00e9e par SOC 1) contre SOC 2) sur la base d\u00e9lictuelle se r\u00e9f\u00e8re express\u00e9ment \u00e0 une violation par cette derni\u00e8re du contrat conclu le 29 avril 2013 entre les parties au litige.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que la demande form\u00e9e sur base des r\u00e8gles de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle est irrecevable, en application du principe ci-dessus rappel\u00e9 de l\u2019interdiction d\u2019opter entre la responsabilit\u00e9 contractuelle et la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle.<\/p>\n<p>La Cour rel\u00e8ve, \u00e0 l\u2019instar de la juridiction de premi\u00e8re instance, que le contrat litigieux est un contrat complexe, dans lequel les deux parties intim\u00e9es ont pris des engagements nettent disctincts, de nature diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>Le fait que SOC 2) n\u2019ait pas contract\u00e9 envers l\u2019appelante une obligation de restitution, telle que l\u2019a contract\u00e9e SOC 3) , ne rend pas l\u2019appelante recevable \u00e0 former, \u00e0 l\u2019encontre de SOC 2) , une demande en r\u00e9paration bas\u00e9e sur la<\/p>\n<p>19 responsabilit\u00e9 extracontractuelle, autrement dit d\u00e9lictuelle, tendant \u00e0 obtenir un avantage \u00e9quivalent \u00e0 la sanction de l\u2019inex\u00e9cution de l\u2019obligation de restitution susmentionn\u00e9e, sous peine de m\u00e9conna\u00eetre la sp\u00e9cificit\u00e9 des obligations contract\u00e9es par SOC 2), les termes du contrat conclu le 29 avril 2013 et sa force obligatoire.<\/p>\n<p>En dernier ordre de subsidiarit\u00e9, SOC 1) fonde sa demande sur la consid\u00e9ration qu\u2019il y aurait \u00ab confusion \u00bb e ntre les patrimoines de SOC 3) et de SOC 2) ou encore que SOC 3) n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fictive, de sorte que SOC 2) se confondrait avec SOC 3) et qu\u2019elle aurait \u00ab donc la qualit\u00e9 d\u2019emprunteur ou de co- emprunteur en vertu du Contrat \u00bb.<\/p>\n<p>SOC 2) fait valoir, principalement, que cette demande serait irrecevable au motif que seul le curateur de la faillite de SOC 3) aurait \u00ab qualit\u00e9 pour agir sur base de la confusion des patrimoines \u00bb et, subsidiairement, qu\u2019elle serait infond\u00e9e, les concepts invoqu\u00e9s \u00e9tant inapplicables \u00e0 la finalit\u00e9 poursuivie.<\/p>\n<p>La qualit\u00e9 pour agir, peut \u00eatre d\u00e9finie comme le titre juridique permettant \u00e0 une personne d\u2019invoquer en justice le droit dont elle demande la sanction (cf. G. Couchez, Proc\u00e9dure civile, Sirey, 5 e \u00e9d., n\u00b0 156).<\/p>\n<p>La question de savoir si cette personne est r\u00e9ellement titulaire du droit dont elle se pr\u00e9vaut rel\u00e8ve du fond et ne se pose donc pas au stade la recevabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Celui qui se pr\u00e9tend titulaire d\u2019un droit litigieux a la qualit\u00e9 pour agir, autrement dit, le titre juridique lui permettant de saisir le juge afin qu\u2019il se prononce sur l\u2019existence et l\u2019\u00e9tendue de ce droit.<\/p>\n<p>Comme SOC 1) se pr\u00e9tend titulaire du droit d\u2019agir en remboursement sur base des notions de confusion des patrimoines et de fictivit\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, elle a de ce fait qualit\u00e9 pour agir.<\/p>\n<p>Le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 soulev\u00e9 par SOC 2) doit donc \u00eatre rejet\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019autonomie patrimoniale dont jouit chaque personne physique ou morale emp\u00eache le cr\u00e9ancier d\u2019agir \u00e0 l\u2019encontre d\u2019une personne autre que celle ayant contract\u00e9 la dette.<\/p>\n<p>Les articles 495 et 495-1 du Code de commerce d\u00e9rogent \u00e0 ce principe de l\u2019autonomie patrimoniale.<\/p>\n<p>Ils permettent de faire supporter aux dirigeants de fait ou de droit d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e en \u00e9tat faillite, tout ou partie des dettes de cette derni\u00e8re, ou d\u2019\u00e9tendre la faillite ainsi d\u00e9clar\u00e9e aux dirigeants sociaux ayant commis l\u2019une des fautes sp\u00e9cifi\u00e9es par ces dispositions.<\/p>\n<p>L\u2019un des comportements fautifs ainsi vis\u00e9s consiste \u00e0 op\u00e9rer une confusion des patrimoines entre diff\u00e9rentes soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette confusion r\u00e9sulte de l\u2019existence de relations anormales entre les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019un m\u00eame groupe, de transfert d\u2019un patrimoine \u00e0 l\u2019autre sans contrepartie (cf. A. STEICHEN, Pr\u00e9cis de droit de soci\u00e9t\u00e9s, Saint-Paul, 4 e \u00e9d., n\u00b0 501).<\/p>\n<p>L\u2019extension de la faillite susmentionn\u00e9e a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 admise par la jurisprudence entre deux soci\u00e9t\u00e9s, lorsqu\u2019il appara\u00eet qu\u2019une filiale en \u00e9tat de cessation de payements est fictive et qu\u2019elle n\u2019a partant ni patrimoine ni personnalit\u00e9 se distinguant de ceux de la soci\u00e9t\u00e9 qui en est le ma\u00eetre (ibidem).<\/p>\n<p>Cependant, en dehors des champs d\u2019application respectifs des dispositions susmentionn\u00e9es, aucune base l\u00e9gale ne permet au juge, saisi par un bailleur de fonds d\u2019une demande en remboursement dirig\u00e9e contre une personne autre que celle ayant contract\u00e9 la dette, de d\u00e9roger au principe de l\u2019autonomie patrimoniale.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que les notions de \u00ab confusion des patrimoines \u00bb et de \u00ab fictivit\u00e9 \u00bb ne permettent pas non plus de fonder la demande de SOC 1) .<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, le jugement dont appel est \u00e0 confirmer, quoique partiellement pour d\u2019autres motifs, en ce qu\u2019il a d\u00e9bout\u00e9 SOC 1) de ses demandes en remboursement et en r\u00e9paration dirig\u00e9es contre SOC 2) .<\/p>\n<p>SOC 1) conclut \u00e0 l\u2019obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros pour chaque instance, tandis que SOC 2) demande la condamnation de SOC 1) \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>Comme l\u2019appelante succombe dans ses pr\u00e9tentions et devra partant supporter la charge des d\u00e9pens, sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure doit \u00eatre rejet\u00e9e tant pour la premi\u00e8re instance, par confirmation du jugement entrepris, que pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>Faute par SOC 2) de justifier de l\u2019iniquit\u00e9 requise par l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, il y a lieu de rejeter sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS :<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, troisi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement,<\/p>\n<p>re\u00e7oit les appels principal et incident,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel principal non fond\u00e9 et en d\u00e9boute,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel incident partiellement fond\u00e9,<\/p>\n<p>r\u00e9formant,<\/p>\n<p>d\u00e9clare irrecevable la demande en annulation, pour dol, du contrat de pr\u00eat conclu le 29 avril 2013,<\/p>\n<p>le dit non fond\u00e9 pour le surplus et en d\u00e9boute,<\/p>\n<p>partant confirme le jugement entrepris dans toutes ses autres dispositions,<\/p>\n<p>rejette les demandes en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel form\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit suisse SOC 1) SA, en liquidation, et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC 2) SA,<\/p>\n<p>met les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9 de droit suisse SOC 1) SA, en liquidation,<\/p>\n<p>d\u00e9clare le pr\u00e9sent arr\u00eat commun \u00e0 Me Evelyne KORN, prise en sa qualit\u00e9 de curateur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC 3) SA, en faillite.<\/p>\n<p>La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Alain THORN, pr\u00e9sident de chambre, en pr\u00e9sence du greffier Isabelle HIPPERT.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-3\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-3\/20240827-155458\/20220512-cal-2019-01046-56-arret-comm-a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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