{"id":671717,"date":"2026-04-24T10:58:59","date_gmt":"2026-04-24T08:58:59","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-16-mars-2022-n-2019-01042\/"},"modified":"2026-04-24T10:59:03","modified_gmt":"2026-04-24T08:59:03","slug":"cour-superieure-de-justice-16-mars-2022-n-2019-01042","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-16-mars-2022-n-2019-01042\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 16 mars 2022, n\u00b0 2019-01042"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b034\/22-IX-CIV Audience publique duseizemarsdeux millevingt-deux Num\u00e9roCAL-2019-01042du r\u00f4le Composition: Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre, DaniellePOLETTI, premier conseiller, St\u00e9phane PISANI, conseiller, Laetitia D\u2019ALESSANDRO, greffierassum\u00e9. E n t r e: 1)la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), inscrite au registre de commerceet des soci\u00e9t\u00e9sde Luxembourg sous lenum\u00e9roNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par song\u00e9rant actuellement en fonctions, 2) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE1.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro NUMERO2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions, appelantesaux termes desexploitsde l\u2019huissier de justicePierre BIELde Luxembourgdu4 septembre 2019 et de l\u2019huissier de justice Georges WEBER de Diekirch du 5 septembre 2019, comparant par Ma\u00eetreDavid YURTMAN, avocat \u00e0 laCour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t:<\/p>\n<p>2 1)PERSONNE1.), demeurant \u00e0 L-ADRESSE2.), intim\u00e9aux fins du pr\u00e9dit exploit WEBER du 5 septembre 2019 , comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e AS-AVOCATS ETUDE ASSA ET SCHAACK, inscrite \u00e0 la liste V duTableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetre Roland ASSA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, 2)la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0L- ADRESSE3.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO3.), repr\u00e9sent\u00e9epar son conseil d\u2019administrationactuellement en fonctions, intim\u00e9eaux fins dupr\u00e9dit exploit BIELdu4 septembre 2019, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonymeARENDT &amp;MEDERNACH, inscrite \u00e0 la liste V du Tableau de l\u2019Ordre des Avocats du Barreau de Luxembourg, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins des pr\u00e9sentes par Ma\u00eetreChristian POINT, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0Luxembourg. LA COUR D&#039;APPEL : Le litige a trait\u00e0l\u2019action dePERSONNE1.)tendant \u00e0l\u2019indemnisation des cons\u00e9quences dommageables tant mat\u00e9rielles que morales r\u00e9sultant des d\u00e9g\u00e2ts survenus \u00e0 son immeuble du fait d\u2019une construction voisine et circonscritessur based\u2019une expertiseRobertKOUSMANN. PERSONNE1.) est propri\u00e9taire d\u2019une maison d\u2019habitation sise \u00e0 L- ADRESSE4.). Au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2013, la soci\u00e9t\u00e9\u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.) SARL(ci-apr\u00e8sSOCIETE1.)), en tant que propri\u00e9taire du fonds voisin sis \u00e0 L- ADRESSE5.), chargea la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL (ci-apr\u00e8sSOCIETE2.)) des travaux de construction d\u2019un immeuble de quatre unit\u00e9s sur la parcelle. SOCIETE1.)fut assur\u00e9e aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)SA(ci- apr\u00e8sSOCIETE3.)) suivant police d\u2019assurance\u00ab TousRisques Chantier \u00bbn\u00b0 292393. SOCIETE2.)fut assur\u00e9een responsabilit\u00e9 civileaupr\u00e8s deSOCIETE3.)suivant police d\u2019assurancen\u00b0 10075265. Le 16 ao\u00fbt 2013, l\u2019huissier de justice Luc KONSBRUCK proc\u00e9da \u00e0 un constat des lieux de la maison d\u2019habitation dePERSONNE1.)et constata une fissure<\/p>\n<p>3 verticale se prolongeant jusqu\u2019au rebord de fen\u00eatre sur le mur au-dessus de l\u2019entr\u00e9e du garage, plusieurs fissures autour des pierres de la fa\u00e7ade, une fissure dans la buanderie s\u2019\u00e9talant le long des carrelages muraux etune grande fissure dans la cave. Exposant que suite \u00e0 la r\u00e9alisation des travaux de construction des d\u00e9g\u00e2ts seraient apparus \u00e0 son immeuble d\u2019habitation,PERSONNE1.)assigna par acte d\u2019assignation des 23 et 24 octobre 2013,SOCIETE1.),SOCIETE2.)et l\u2019Administration communale deLIEU1.)en r\u00e9f\u00e9r\u00e9-expertise. Par ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 n\u00b0760\/2013 du 13 d\u00e9cembre 2013, l\u2019expert Robert KOUSMANN futnomm\u00e9 expert. Sa mission consista en substance \u00e0constater et dresser un relev\u00e9 de tous les d\u00e9sordres, vices etmalfa\u00e7ons affectant l\u2019immeubledePERSONNE1.), de d\u00e9terminer les causes et origines de ces d\u00e9sordres, et le cas \u00e9ch\u00e9ant de proposer les mesures pour y rem\u00e9dier et en \u00e9valuer le co\u00fbt, respectivement les moins-values en r\u00e9sultant pour l\u2019immeuble. L\u2019expertRobertKOUSMANN dressaun rapport pr\u00e9liminaire le 5 septembre 2014 et un rapport d\u00e9finitif le 29 juillet 2015. Se pr\u00e9valant des constatations de l\u2019expert RobertKOUSMANN, PERSONNE1.)assigna, par acte d\u2019huissier de justice du 29 juin 2016, SOCIETE1.)etSOCIETE2.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, pour voir, sous le b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019ex\u00e9cution provisoire, condamnerSOCIETE1.)etSOCIETE2.), \u00e0 lui payer (i) la somme de 27.576,90 euros (7.277,40 + 3.346,20 + 15.795 + 752,70 +405,60) correspondant au co\u00fbt des travaux de r\u00e9fection pr\u00e9conis\u00e9s par l\u2019expertRobertKOUSMANN dans son rapport d\u2019expertise du 29 juillet 2015\u00ab sans pr\u00e9judice au co\u00fbt r\u00e9el de ces travaux, tel qu\u2019il se consolidera \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution sous r\u00e9serve des co\u00fbts et d\u00e9pens effectifs desdits travaux \u00bb, (ii) la somme de 10.000.-euros pour le pr\u00e9judice moral, (iii) la somme de 8.366,52 euros correspondant aux frais d\u2019expertise et (iv) le montant de 20.000.-euros, r\u00e9duit, suivant le dernier \u00e9tatde ses conclusions \u00e0 la somme de 13.355.-euros au titre des honoraires d\u2019avocat, le tout avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 2 avril, sinon du 20 juillet 2015, sinon \u00e0 compter de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde. Il demanda que le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u00e9galsoit augment\u00e9 de trois points \u00e0 l\u2019expiration du troisi\u00e8me mois \u00e0 compter de la signification de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir. Il demanda \u00e9galement de condamner SOCIETE1.)etSOCIETE2.) solidairement aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance et au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000.-euros, chacune, sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, sous r\u00e9serve de toute somme sup\u00e9rieure \u00e0 fixerex aequo et bonopar le tribunal. PERSONNE1.)d\u00e9clara s\u2019opposer \u00e0 la r\u00e9paration en nature de son pr\u00e9judice exposant n\u2019avoir ni confiance en la bonne foi ni en la comp\u00e9tence de SOCIETE1.)et deSOCIETE2.). La demande fut dirig\u00e9e contreSOCIETE1.)sur base de l\u2019article 544 du Code civil. Celle introduite contreSOCIETE2.)fut bas\u00e9esur les dispositions de<\/p>\n<p>4 l\u2019article 1384 alin\u00e9a 1 er du Code civil, sinonsur les articles 1382 et 1383 de ce m\u00eamecode. SOCIETE1.)etSOCIETE2.)demand\u00e8rent le rejet durapport d\u2019expertise RobertKOUSMANN critiquant le caract\u00e8re contradictoire du rapport d\u2019expertise, ainsi quel\u2019impartialit\u00e9 et l\u2019objectivit\u00e9 de l\u2019expert. Ellesreproch\u00e8rent ainsi\u00e0 l\u2019expert: -de ne pas avoir tenu compte de leurs observations formul\u00e9esdans un courrier du 17 ao\u00fbt 2015 concernant le contenu du rapport pr\u00e9liminaire et d\u2019avoir cl\u00f4tur\u00e9 les op\u00e9rations d\u2019expertise sans r\u00e9pondre \u00e0 leurs remarques; -d\u2019\u00eatreparti du postulat que les fissures trouvent leur origine dans les travaux entrepris, sansproc\u00e9der \u00e0 la datation des fissures permettantde d\u00e9terminer leur anciennet\u00e9 et partant leur origine; -de ne pas avoir, suite \u00e0 la derni\u00e8re r\u00e9union du 6 juillet 2015, envoy\u00e9 une interpr\u00e9tation des relev\u00e9s effectu\u00e9s sur les fissurom\u00e8tres afin qu\u2019elles puissent le cas \u00e9ch\u00e9ant discuter de cette interpr\u00e9tation devant l\u2019expert et formuler des observations. -de ne pas les avoir misesen mesure de prendre position quant \u00e0 l\u2019\u00e9valuation du co\u00fbt de r\u00e9fection des travaux faite par l\u2019expert; -d\u2019avoirretenuque le pompage d\u2019eaux souterraines a entra\u00een\u00e9 un abaissement du niveau des eaux affectant l\u2019\u00e9quilibre du sol sous le terrain de la maison dePERSONNE1.)en l\u2019absence d\u2019un telpompage d\u2019eaux souterraines, tout en relevant \u00e0 cet \u00e9gardque le d\u00e9caissement r\u00e9alis\u00e9 sur le chantier n\u2019\u00e9tait que de 80 cm de profondeur,alors que les fondations et la dalle du sol du terrain dePERSONNE1.)se situent en dessous de 2,50 m\u00e8tres, de sorte quepomper de l\u2019eau depuis le fond de d\u00e9caissementaurait \u00e9t\u00e9 impossible; -de ne pas avoir examin\u00e9 si les fissures constat\u00e9es sur la propri\u00e9t\u00e9 de PERSONNE1.)n\u2019ont pas une autre origine que les travaux effectu\u00e9s sur la propri\u00e9t\u00e9 voisine et notamment un d\u00e9faut de construction de la maison de PERSONNE1.)ou les travaux de remplacement des joints entre les pierres de parement ext\u00e9rieur r\u00e9alis\u00e9s en 2004. Elles contest\u00e8rentencoretout lien causal entre les travaux r\u00e9alis\u00e9s et les d\u00e9sordres relev\u00e9s par l\u2019expertetdemand\u00e8rent au tribunal de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019audition de l\u2019expert conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 479 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civileet d\u2019ordonnerune nouvelle expertise avec la mission de d\u00e9terminer dans quelle mesure une excavation de 80 cm a pu avoir un impact sur la maison d\u2019une rue avoisinante situ\u00e9e en contre-bas et de daterl\u2019apparition des fissures sur l\u2019immeuble dePERSONNE1.). En cas de condamnation, ellesoffrirent de proc\u00e9der \u00e0 la r\u00e9paration en nature des d\u00e9sordres. Elles contest\u00e8rent\u00e9galementlesco\u00fbtsretenuspar l\u2019expertetvers\u00e8rent trois devis \u00e9manant d\u2019entreprisestiercesretenant un co\u00fbt moindre pour lespostes 3.1., 3.2.,3.4.et 3.5.du rapport d\u2019expertise.<\/p>\n<p>5 Elles contest\u00e8rentenfinl\u2019existence d\u2019un quelconque pr\u00e9judice moral dans le chef dePERSONNE1.), ainsi queles montants r\u00e9clam\u00e9s \u00e0 titre defrais d\u2019expertise et d\u2019avocatetdemand\u00e8rent pour leur part l\u2019octroi d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 3.000.-eurossur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Par acte d\u2019huissier de justice du 26 avril 2017,SOCIETE1.)etSOCIETE2.) donn\u00e8rent assignation \u00e0SOCIETE3.)\u00e0 compara\u00eetre devant le m\u00eame tribunal pour les tenir quitte et indemne de toutes les condamnations qui interviendraient \u00e0 leur \u00e9gard. SOCIETE3.)se rapporta \u00e0 prudence de justice concernant la recevabilit\u00e9 de l\u2019assignationen intervention du 26 avril 2017. Au fond,elleconclut au d\u00e9bout\u00e9 de la demande au motif que lespolicesd\u2019assurances souscritespar SOCIETE1.)etSOCIETE2.)ne couvriraient pas les revendications de PERSONNE1.). Selon elle,l\u2019assurance tous risqueschantiersdeSOCIETE1.), outre qu\u2019elle auraitpris effet le 17 juillet 2013, soit \u00e0 une date post\u00e9rieure aux travaux de d\u00e9molition et d\u2019excavation r\u00e9alis\u00e9s entre f\u00e9vrier et avril 2013,ne pourrait couvrir les d\u00e9g\u00e2ts constat\u00e9s sur la propri\u00e9t\u00e9 dePERSONNE1.)en l\u2019absence d\u2019\u00e9tat des lieux de la maison avant le d\u00e9but des travaux conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article 6.2.3. des conditions g\u00e9n\u00e9rales, sinon ne saurait donner lieu qu\u2019\u00e0 l\u2019application de la franchise de 2.500.-eurospar sinistre pour les d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels. Lapolice d\u2019assurances responsabilit\u00e9 civile deSOCIETE2.)ne jouerait \u00e9galement pas en l\u2019absence d\u2019\u00e9tat des lieux de l\u2019immeuble dePERSONNE1.) dress\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1.1.2.2.1. des conditions sp\u00e9ciales.De plus, aux termes del\u2019article 1.1.2.2.2. des conditions sp\u00e9ciales, les dommages caus\u00e9s aux b\u00e2timents avoisinants ne seraient couverts que s\u2019ils r\u00e9sultent d\u2019un accident, ce qui ne serait pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce,l\u2019expertiseROBERT KOUSMANN ayantretenu que le promoteur avait \u00e9t\u00e9 averti des risques, respectivement de la forte probabilit\u00e9 de l\u2019apparition des d\u00e9sordres. Elledemanda enfinla condamnation deSOCIETE1.)etSOCIETE2.)aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance en intervention. Par jugement n\u00b0 2019TALCH17\/00160 du 19 juin 2019, le tribunal are\u00e7ules demandes principale et en intervention; ad\u00e9bout\u00e9PERSONNE1.)de la demande en condamnation dirig\u00e9e contreSOCIETE2.); adit fond\u00e9e la demande dePERSONNE1.)contreSOCIETE1.); acondamn\u00e9SOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0PERSONNE1.)la somme de 22.264,64euros(11.898,12euros\u00e0 titre du co\u00fbt des travaux de remise en \u00e9tat + 2.000.-eurospour le pr\u00e9judice moral + 8.366,52eurosdu chef des frais d\u2019expertise), avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de 29 juin 2016; adit que le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat l\u00e9gal sera augment\u00e9 de trois points \u00e0 l\u2019expiration d\u2019un d\u00e9lai de trois mois \u00e0 compter de la signification du jugement; acondamn\u00e9SOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0PERSONNE1.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000.-eurossur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile; adit non fond\u00e9e les demandes dirig\u00e9es \u00e0 l\u2019encontre de<\/p>\n<p>6 SOCIETE3.); acondamn\u00e9SOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0SOCIETE3.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500.-eurossur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile; ad\u00e9bout\u00e9SOCIETE2.)etSOCIETE1.)de leurs demandes respectives en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure; adit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 ex\u00e9cution provisoire du jugementet acondamn\u00e9SOCIETE1.)aux frais et d\u00e9pens des instances principale et en garantie. Pour statuerainsi qu\u2019il l\u2019a fait, le tribunal ad\u2019abordretenu qu\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier ne permet de conclure \u00e0 un manque d\u2019impartialit\u00e9 subjective de l\u2019expert RobertKOUSMANN n\u00e9cessitant d\u2019\u00e9carter le rapport du 29 juillet 2015 des d\u00e9bats. Il a ensuiteconstat\u00e9 queSOCIETE1.)a, en tant que propri\u00e9taire du fonds voisin, fait effectuer des travaux de construction d\u2019un immeuble nouveau sur le terrain adjacent \u00e0 celui dePERSONNE1.)et que ces travaux ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s parSOCIETE2.).Il a encore retenu quela responsabilit\u00e9 deSOCIETE1.), en sa qualit\u00e9 de ma\u00eetre d\u2019ouvrage de la nouvelle construction,peut \u00eatre engag\u00e9e sur base de l\u2019article 544 du Code civil. Il s\u2019est enfin r\u00e9f\u00e9r\u00e9 aux conclusions de l\u2019expertRobertKOUSMANN non autrement \u00e9nerv\u00e9es selon luipar les contestations deSOCIETE1.)et SOCIETE2.)tant en ce qui concerne les causes des d\u00e9gradations relev\u00e9es par l\u2019expert que les moyens de remises en \u00e9tat pr\u00e9conis\u00e9s par ce dernier pour examiner les \u00e9ventuelles responsabilit\u00e9s engag\u00e9s. Au vu de l\u2019ensemble de ces consid\u00e9rations, il aenfind\u00e9clar\u00e9 la demande de PERSONNE1.)contreSOCIETE1.)fond\u00e9e sur base de l\u2019article 544 du Code civil pour la somme de22.264,64 euros\u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats en r\u00e9paration du pr\u00e9judice mat\u00e9riel et moral subi, frais d\u2019expertise compris. Le tribunal a cependant rejet\u00e9 la demande dePERSONNE1.)contreSOCIETE2.) sur base des articles 1382 et 1383 et 1384, alin\u00e9a 1 er du Code civil en l\u2019absence de justification des conditions d\u2019application de ces bases l\u00e9gales. Par exploitsdes 4 et 5 septembre 2019,SOCIETE1.)etSOCIETE2.)ont r\u00e9guli\u00e8rement relev\u00e9 appel de ce jugementqui, selon les informations \u00e0 disposition de la Cour, ne leur a pas \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9. L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e par ordonnance du14 d\u00e9cembre 2021et les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s que l\u2019affaire serait prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du10 f\u00e9vrier2022. Par avis du2 f\u00e9vrier2022, les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s de la tenue de l\u2019audience et de la composition de la Cour. Les mandataires des parties ayant inform\u00e9 la Cour qu\u2019ils n\u2019entendaient pas plaider l\u2019affaire, et les fardes de proc\u00e9dure ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es au greffe, l\u2019audience a \u00e9t\u00e9 tenue et l\u2019affaire prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 la date indiqu\u00e9e, suivant les modalit\u00e9s annonc\u00e9es aux parties. Les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par \u00e9crit de la date du prononc\u00e9.<\/p>\n<p>7 Le magistrat ayant pr\u00e9sid\u00e9 l\u2019audience a rendu compte \u00e0 la Cour dans son d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. Discussion SOCIETE1.)conclut par r\u00e9formationdu jugement entrepris: -\u00e0 titre principal, \u00e0voir dire et constaterlanullit\u00e9 du rapportd&#039;expertiseRobert KOUSMANN,partant lalib\u00e9rer de sa condamnation aupaiementdela somme de 22.264,64euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux\u00e0partirdu 29 juin 2016; -\u00e0titre subsidiaire, \u00e0 voir dire que le rapportd&#039;expertiseRobertKOUSMANN est d\u00e9nu\u00e9de toutfondement,partant la d\u00e9charger desa condamnationau paiementde la somme de 22.264,64 eurosavec les int\u00e9r\u00eatsl\u00e9gaux\u00e0partirdu 29juin2016; -\u00e0 titre tout\u00e0faitsubsidiaire, voirnommer un nouvel expert pourlesbesoins d&#039;une contre-expertiseavec pourmissions : 1. de d\u00e9terminer pr\u00e9cis\u00e9ment dans quelle mesure une excavation de 80 centim\u00e8tres a\/ait pu avoir un impact sur la maison d&#039;une rue avoisinante situ\u00e9e en contre-bas de celle o\u00f9 est sise la construction litigieuse ; 2. de dater l&#039;apparition des fissures sur l&#039;immeubledePERSONNE1.); 3. de se prononcer sur les causes et origines des fissures pr\u00e9sentes sur l&#039;immeuble dePERSONNE1.); 4. le cas \u00e9ch\u00e9ant, se prononcer sur les techniques et les co\u00fbts de remise en\u00e9tat. -\u00e0 titreencoreplus subsidiaire, voird\u00e9clarer fond\u00e9e son offre d&#039;ex\u00e9cuter en nature les travaux der\u00e9fection; -en dernier ordre de subsidiarit\u00e9,voirSOCIETE3.)latenir quitte et indemne de toute condamnation pouvant \u00eatre prononc\u00e9e \u00e0 son encontre; -entout \u00e9tat de cause,la d\u00e9chargerde lacondamnationau paiement de la somme de 2.000.-euros,au titre de pr\u00e9judicemoral, de la somme de 8.366,52 eurosau titre des fraisd&#039;expertise etdes sommes de 2.000.-euroset 1.500.- eurosau titre desindemnit\u00e9sde proc\u00e9dure,ainsi que desfrais etd\u00e9pens de l&#039;instance. Elle demande enfin \u00e0 voir condamnerPERSONNE1.)etSOCIETE3.)chacun \u00e0luipayerle montantde3.000.-eurospourla premi\u00e8re instance et de 3.500.- eurospour l&#039;instance d&#039;appelsur base de l&#039;article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9durecivile,ainsi qu\u2019\u00e0 payerlesfrais et d\u00e9pens des deux instances. Elleinvoque, \u00e0 l\u2019appui de sa demande en nullit\u00e9 en instance d\u2019appel, les m\u00eames arguments qu\u2019en premi\u00e8re instance. Pour le surplus, eller\u00e9it\u00e8reses moyens d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9sdevant letribunal.<\/p>\n<p>8 SOCIETE2.)conclut \u00e0 la confirmation du jugement de premi\u00e8re instanceen ce qui la concerne et fait valoir que le litige \u00e9tant indivisible elle devait continuer \u00e0 figurer dans la proc\u00e9dure d\u2019appel. SOCIETE3.)conclut \u00e9galement \u00e0 la confirmation du jugement de premi\u00e8re instance. Subsidiairement,eller\u00e9it\u00e8re ses contestations en ce qui concerne les polices d\u2019assurance souscrites par les appelantes. Elle renonce en tout \u00e9tat de cause \u00e0 solliciter l\u2019ex\u00e9cution dela condamnation deSOCIETE1.)\u00e0 lui payer le montant de 1.500.-eurossur base de l&#039;article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Elle conclut enfin \u00e0 la condamnation des appelantes aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance. PERSONNE1.)conclut aux termes d\u2019un appel incident \u00e0 voir condamner SOCIETE1.)etSOCIETE2.)solidairement, sinonin solidum, sinon chacune pour le tout\u00e0 lui payerle montant de7.277,40 euros au titre du co\u00fbt de remise en \u00e9tat pour le poste 3.1. du rapport d\u2019expertise,les montants de3.346,20 euros et 752,70 euros au titre du co\u00fbt de remise en \u00e9tat pour les postes 3.2. et 3.5. du rapport d\u2019expertise,le montant de15.795.-euros au titre du co\u00fbt de remise en \u00e9tat pour le poste 3.4. du rapport d\u2019expertise,ainsi quele montant de 10.000.-euros, sinon plus de 2.000.-euros,\u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats en r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral subiet enfin le montant de 13.355.-euros au titre des frais d\u2019avocats expos\u00e9s. Il sollicite enfin \u00e0 voir condamnerles appelantessolidairement, sinonin solidum, sinon chacune pour le tout,\u00e0 luipayer chacunele montantde2.000.- euros\u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9durepour l&#039;instance d&#039;appel, ainsi qu\u2019\u00e0 payer lesfrais et d\u00e9pens de l\u2019instance. Appr\u00e9ciation de la Cour -Recevabilit\u00e9 des appels principal et incident PERSONNE1.)etSOCIETE3.)se sont rapport\u00e9s \u00e0 prudence de justice quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel en la pure forme. S\u2019il est exact que le fait, pour une partie de se rapporter \u00e0 prudence de justice \u00e9quivaut \u00e0 une contestation, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019une contestation non autrement \u00e9tay\u00e9e est \u00e0 \u00e9carter, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019appartient pas au juge de suppl\u00e9er la carencedes parties au litige et de rechercher lui-m\u00eame les moyens juridiques qui auraient pu se trouver \u00e0 la base de leurs conclusions. Il en d\u00e9coule qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de contestation pr\u00e9cise, l\u2019appel est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 introduit selon les forme et d\u00e9lai pr\u00e9vus par la loi. Concernant la recevabilit\u00e9 de l\u2019appel incident, il y a lieu de rappeler que l\u2019appel incident est l\u2019appel form\u00e9 par la partie intim\u00e9e en vue d\u2019une r\u00e9formation, dans son int\u00e9r\u00eat propre, de la d\u00e9cision qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 par son adversaire,<\/p>\n<p>9 appelant principal. Il peut \u00eatre form\u00e9 en tout \u00e9tat de cause. Il n\u2019est soumis \u00e0 aucun d\u00e9lai et peut \u00eatre \u00e9lev\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la cl\u00f4ture des d\u00e9bats. Dans la mesure o\u00f9 l\u2019appeln\u2019est pas autrement contest\u00e9et qu\u2019un moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 \u00e0 soulever d\u2019office par la Cour n\u2019estpas donn\u00e9, il y a lieu de retenir que celui-ci est recevable. -Validit\u00e9 de l\u2019expertise judiciaire Les faits tels qu\u2019ils r\u00e9sultent des pi\u00e8ces mises \u00e0 disposition de la Cour peuvent se r\u00e9sumer comme suit : RobertKOUSMANN a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 expert par ordonnancen\u00b0 760\/2013 du 13 d\u00e9cembre 2013avec la mission de concilier les parties si faire se peut, sinon dans un rapport \u00e9crit, motiv\u00e9 et d\u00e9taill\u00e9 de : \u00ab1. constater et dresser un relev\u00e9 de tous les d\u00e9sordres, vices et malfa\u00e7ons affectant l\u2019immeuble sis \u00e0 L-ADRESSE4.), et notamment sur les points suivants sans que la pr\u00e9sente liste ne soit exhaustive : \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, le mur au-dessus de l\u2019entr\u00e9e du garage pr\u00e9sente une fissure verticale se prolongeant presque jusqu\u2019au rebord de fen\u00eatre, \u00e0 droite de la portedu garage, plusieurs fissures sont visibles autour des pierres de la fa\u00e7ade, dans la buanderie, \u00e0 droite du meuble-\u00e9vier, le mur pr\u00e9sente une fissure le long des carrelages muraux vers le sol, la pi\u00e8ce arri\u00e8re gauche de la cave pr\u00e9sente sur le sol carrel\u00e9 une grande fissure qui se divise en deux \u00e0 ses extr\u00e9mit\u00e9s, pour se prolonger vers les quatre coins de la pi\u00e8ce,\u2026 2. d\u00e9terminer les causes et origines de ces d\u00e9sordres, vices, malfa\u00e7ons, 3.le cas \u00e9ch\u00e9ant proposer les mesures propres pour y rem\u00e9dier et en \u00e9value le co\u00fbt, respectivement les moins-values en r\u00e9sultant pour l\u2019immeuble.\u00bb Une premi\u00e8re visite des lieux s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e le 22 avril 2014 en pr\u00e9sence notammentdu g\u00e9rant deSOCIETE1.)etSOCIETE2.), dePERSONNE1.),ainsi que de leursavocats respectifs.L\u2019expert a relev\u00e9 un certain nombre de fissurations tant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019immeuble (points 1.1. \u00e0 1.5.). A l\u2019issue de la r\u00e9union, il a \u00e9t\u00e9 convenu d\u2019avoir recours \u00e0 la pose de t\u00e9moins d\u2019ouverture de fissures afin de surveiller l\u2019\u00e9volution ou la stabilisationde l\u2019immeuble dePERSONNE1.)pendant une p\u00e9riode d\u2019environ 12 mois. L\u2019expert a encore d\u00e9clar\u00e9 que dans l\u2019attente du r\u00e9sultat de ladite p\u00e9riode, il r\u00e9digerait unrapport d\u2019expertise pr\u00e9liminaire pouvant servir dans un premier temps de base \u00e0 la r\u00e9flexion des parties, respectivement \u00e0 une hypoth\u00e9tique conciliation. L\u2019installation des fissurom\u00e8tres a eu lieu le 27 mai 2014. Une visite de contr\u00f4le a eu lieu le 15 juillet 2014.<\/p>\n<p>10 Le 29 octobre 2014, l\u2019expert a fait parvenir aux partiessonrapport d\u2019expertise pr\u00e9liminairedat\u00e9 du5 septembre 2014.Ce rapport a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 au tribunal le 21 octobre 2014. Uneconclusion de l\u2019expertquant aux causes des fissurationsfigure en page 15 et est libell\u00e9e comme suit: \u00abEn conclusion, nous sommes d\u2019avis que les causes et origines des fissurations pr\u00e9sentes dans l\u2019immeuble appartenant \u00e0 Monsieur PERSONNE1.)sont \u00e0 rechercher dans le fait d\u2019avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la construction de la r\u00e9sidence \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, siseADRESSE5.), occasionnant la modification du sch\u00e9ma des terres. Or toute modification du cheminement des eaux, entre autre, abaissement des eaux souterraines (superficielles et\/ou nappe phr\u00e9atique) par pompage dans ce typede sol, impacte l\u2019\u00e9quilibre du sol en place, ce qui risque de provoquer des d\u00e9g\u00e2ts. La pr\u00e9sence, respectivement l\u2019absence d\u2019eau souterraine est un param\u00e8tre cl\u00e9 dans notrecas. Au vu des explications fournies dans le rapport de sol de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.), il est \u00e9vident que le promoteur de ladite r\u00e9sidence, sise ADRESSE5.), \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la propri\u00e9t\u00e9 subissant les dommages, \u00e9tait bien avertit des risques, respectivement de la forte probabilit\u00e9 d\u2019apparition de d\u00e9sordres. En cons\u00e9quence, ilavait tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 provisionner les fonds n\u00e9cessaires afin de r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts pr\u00e9visibles, susceptibles de se produire aux constructions limitrophes.\u00bb. L\u2019expert a encore indiqu\u00e9 que les mesures de remise en \u00e9tat et leur co\u00fbt seraient trait\u00e9s dans lerapport d\u2019expertise final apr\u00e8s obtention des informations manquantes, entre autre du r\u00e9sultat du mesurage de l\u2019\u00e9volution des fissures par t\u00e9moins. Par courrier du17 d\u00e9cembre2014, l\u2019expertRobertKOUSMANN a inform\u00e9 les parties qu\u2019il a proc\u00e9d\u00e9 le 16 d\u00e9cembre 2014 \u00e0 un relev\u00e9 interm\u00e9diaire des valeurs des jauges install\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019immeuble et il a communiqu\u00e9 ces relev\u00e9s aux parties. Le 13 janvier 2015, faisant suite \u00e0 un courrier du mandataire dePERSONNE1.) du 19 d\u00e9cembre 2014, l\u2019expert a \u00e9tabli une estimationsuperficielle de la remise en \u00e9tat des fissurations constat\u00e9es. Le 6 juillet 2015, une seconde visite des lieux s\u2019est d\u00e9roul\u00e9een pr\u00e9sence des m\u00eames parties. Lors de cette r\u00e9union, l\u2019expertRobertKOUSMANNa \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 que les parties n\u2019ont pas trouv\u00e9 un arrangement \u00e0 l\u2019amiable. Ila d\u00e8s lors \u00e9t\u00e9convenu que l\u2019expert proc\u00e8de \u00e0 la r\u00e9daction du rapport d\u2019expertise sur base de ses derni\u00e8res conclusionsissuesdu relev\u00e9 final des fissurom\u00e8tres.<\/p>\n<p>11 Le dernier relev\u00e9 des fissurom\u00e8tres a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 le 6 juillet 2015 lors decette seconde visite des lieux. Le 17 ao\u00fbt 2015, le mandatairedeSOCIETE1.)etSOCIETE2.)a \u00e9crit \u00e0 l\u2019expert en ces termes: \u00abMonsieur l&#039;Expert, Je reviens vers vous suite \u00e0 la visite des lieux du 6 juillet 2015. (\u2026) Dans le rapport d&#039;expertise pr\u00e9liminaire d\u00e9pos\u00e9 le 31 octobre 2014, il est indiqu\u00e9, sous \u00ab CAUSES ET ORIGINES \u00bb, en page 12, que les causes des fissurations observ\u00e9es\u00abpeuvent \u00eatre d\u00e9termin\u00e9es en poursuivant certains axes d&#039;\u00e9tudes et d&#039;analyse\u00bb, dont notamment l&#039;\u00e9volution des fissures dans le temps. Les \u00ab fissurom\u00e8tres \u00bb install\u00e9s le 27 mai 2014 devaient faire l&#039;objet d&#039;une surveillance et de relev\u00e9s durant ann\u00e9e. En d&#039;autres termes, il est n\u00e9cessaire d&#039;observer l&#039;\u00e9volution des fissures pendant une ann\u00e9e au moins pour se prononcer d\u00e9finitivement sur leur origine. Nonobstant ce qui pr\u00e9c\u00e8de, vous indiquez en page 15 du m\u00eame rapport que \u00ables causes et origines desfissurationspr\u00e9sentes dans l&#039;immeuble appartenant \u00e0 MonsieurPERSONNE1.)sont \u00e0 rechercher dans le fait d&#039;avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0la construction de la r\u00e9sidence \u00e0 l&#039;arri\u00e8re, siseADRESSE5.), occasionnant la modification du sch\u00e9ma des terres\u00bb. Cette conclusion provisoireintervenueavant l&#039;ach\u00e8vementdud\u00e9lai d&#039;observation des fissures est pr\u00e9matur\u00e9e. Aussi, je vous prie de bien vouloir prendre position par rapport \u00e0 cette incoh\u00e9rence. A cet \u00e9gard encore, je vous prie de bien vouloir pr\u00e9ciser comment un d\u00e9caissement de seulement 80 cm pourrait avoir une influence surlanappe phr\u00e9atique, qui de toute \u00e9vidence se trouve bien plus en profondeur. A toutes fins utiles, je rappelle que mes mandantes contestent formellement tout lien entre les fissures affectant l&#039;immeuble de MonsieurPERSONNE1.)et les travaux de construction de la r\u00e9sidence. Il n&#039;est en effet pas exclu que lesdites fissures soient ant\u00e9rieures aux travaux, ni qu&#039;elles aient d&#039;autres origines, comme par exemple un d\u00e9faut de construction de la maison PERSONNE1.). En effet, \u00e0 suivre votre avis provisoire, le terrain sur lequel sont construites cette maison et la r\u00e9sidence est travers\u00e9 par des eaux souterraines, de sorte que les fondations de pareille b\u00e2tisses devraient en principe \u00eatre adapt\u00e9es. Votrerapport mentionne d&#039;ailleurs en page 9 que tous les joints entre les pierres de parement auraient \u00e9t\u00e9 refaits ilya une dizaine ann\u00e9es, ce qui confirme que la maison avait d\u00e9j\u00e0\u00abbouger\u00bbbien avant la construction de la r\u00e9sidence mise en cause. (\u2026)<\/p>\n<p>12 Vu les d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, je vous prie de bien vouloir, avant de d\u00e9poser votre rapport, communiquer aux parties votre prise de position par rapport \u00e0 la pr\u00e9sente, ainsi que votre interpr\u00e9tation des relev\u00e9s effectu\u00e9s le 6 juillet 2015 sur les \u00abfissurom\u00e8tres\u00bb.Je vous prie \u00e9galement de laisser par la suite un d\u00e9lai raisonnable aux parties pour prendre \u00e0 nouveau position avant le d\u00e9p\u00f4t de votre rapport d\u00e9finitif. Il reste d&#039;ailleurs\u00e0examiner la question du co\u00fbt de remise en \u00e9tat, qui devrait \u00e9galement pouvoir \u00eatre discut\u00e9e entre parties avant vos conclusions finales. Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der permettra \u00e9galement\u00e0mes parties de faire intervenir leur assureur. Je vous saurais gr\u00e9 de joindre la pr\u00e9sente prise de position \u00e0 votre avis, conform\u00e9ment\u00e0 ce que pr\u00e9voir l&#039;article 473 du nouveau code de proc\u00e9dure civile. (\u2026)\u00bb. Le m\u00eame jour, l\u2019expert a inform\u00e9 les parties que le rapport d\u2019expertise vient d\u2019\u00eatre cl\u00f4tur\u00e9 et qu\u2019il sera communiqu\u00e9 au tribunal d\u00e8s r\u00e9ceptiondu solde de ses honoraires. Le 2 septembre 2015, le mandatairedeSOCIETE1.)etSOCIETE2.)a, \u00e0 nouveau, \u00e9crit \u00e0 l\u2019expert en ces termes: \u00abMonsieur l&#039;Expert, Je me r\u00e9f\u00e8re au courrier que vous avez adress\u00e9 le 17 ao\u00fbt 2015 \u00e0 Madame PERSONNE2.)et \u00e0 MonsieurPERSONNE1.), et dont vous m&#039;avez transmis une copie le m\u00eame jour \u00e0 15.57 heures. Dans un courrier que je vous ai adress\u00e9 par fax le 17 ao\u00fbt 2015 \u00e0 14.44 heures, je vous demandais une prise de position concernant certaines incoh\u00e9rences figurant dans votre rapport pr\u00e9liminaire. Je vous informais par ailleurs d&#039;une mise en intervention de l&#039;assureur de mes mandantes et vous demandais de ne pas d\u00e9poser votre rapport d\u00e9finitif avant que toutes les parties aient eu l&#039;occasion de prendre position. Je constate \u00e0 mon grand\u00e9tonnement que vous avez cl\u00f4tur\u00e9 votre rapport juste apr\u00e8s avoir re\u00e7u mon courrier, sans que les parties n&#039;aient jamais eu l&#039;occasion de faire valoir leur point de vue. En effet,lorsde la premi\u00e8re visite des lieux, il fut retenu qu&#039;avant toute autre chose, il y avait lieu de placer des\u00ab fissurom\u00e8tres \u00bbet d&#039;en observer les relev\u00e9s durant une p\u00e9riode d&#039;un an. Par cons\u00e9quent, les visites des lieux qui se sont tenues jusqu&#039;ici ont eu pour seul objet concret de placer, relever, et retirer des\u00abfissurom\u00e8tres\u00bb.Aucune interpr\u00e9tation des relev\u00e9s que vous avez effectu\u00e9s le 6 juillet 2015 n\u2019a \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e aux parties pour discussion. J&#039;ai n\u00e9anmoins pris position concernant votre rapport pr\u00e9liminaire du 31 octobre 2014, dont les conclusions \u00e9taient manifestement h\u00e2tives. Plut\u00f4t que r\u00e9pondre \u00e0 cette prise de position, vous avez cl\u00f4tur\u00e9 votre rapport.<\/p>\n<p>13 L\u2019assureur de mesmandantes a entre-temps marqu\u00e9 son accord\u00e0participer aux op\u00e9rations (cf. copie du courrier re\u00e7u le 27 ao\u00fbt 2015 de la part de la compagnieSOCIETE3.)S.A., jointe en annexe). Cette participation est dans l&#039;int\u00e9r\u00eat de toutes les parties, mais suppose toutefois que l&#039;expertise ne soit pas cl\u00f4tur\u00e9e avant que l&#039;assureur ait lui aussi pu prendre position. Je vous prie d\u00e8s lors de bien vouloir meconfirmer que vous allez prendre position par rapport \u00e0 mon courrier du 17 ao\u00fbt 2015 et laisser l&#039;occasion aux autres parties et \u00e0 l&#039;assureur de r\u00e9pondre avant de cl\u00f4turer votre rapport Dans le cas contraire, votre rapport sera inopposable\u00e0mes clients, alors que la fa\u00e7on dont vous avez proc\u00e9d\u00e9 constitue une violation du principe du contradictoire. Les parties n&#039;ont en effet pas eu l&#039;occasion de d\u00e9battre en cours d&#039;expertise de votre analyse des causes et origines des d\u00e9g\u00e2ts constat\u00e9s, ni des pi\u00e8ces surlesquelles vous \u00e9valuez leur co\u00fbt de r\u00e9fection. (\u2026)\u00bb. Le14 septembre 2015, l\u2019expert ad\u00e9pos\u00e9son rapport d\u2019expertisefinaldat\u00e9 du 29 juillet 2015augreffe dutribunal. La conclusiond\u00e9finitivede l\u2019expert quant aux causes des fissurationsfigure en page19et est libell\u00e9een grascomme suit: \u00abEn conclusion, nous sommes d\u2019avis que les causes et origines des fissurations pr\u00e9sentes dans l\u2019immeuble appartenant \u00e0 Monsieur PERSONNE1.)sont \u00e0 rechercher dans le fait d\u2019avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la construction de la r\u00e9sidence \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, siseADRESSE5.), occasionnant la modification du sch\u00e9ma des terres. Or toute modification du cheminement des eaux, entre autre, abaissement des eaux souterraine s (superficielles et\/ou nappe phr\u00e9atique) par pompage dans ce type de sol, impacte l\u2019\u00e9quilibre du sol en place, ce qui risque de provoquer des d\u00e9g\u00e2ts. La pr\u00e9sence, respectivement l\u2019absence d\u2019eau souterraine est un param\u00e8tre cl\u00e9 dans notre cas. Au vu des explications fournies dans le rapport de sol de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.), il est \u00e9vident que le promoteur de ladite r\u00e9sidence, sise ADRESSE5.), \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la propri\u00e9t\u00e9 subissant les dommages, \u00e9tait bien avertit des risques, respectivement de la forte proba bilit\u00e9 d\u2019apparition de d\u00e9sordres. En cons\u00e9quence, il avait tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 provisionner les fonds n\u00e9cessaires afin de r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts pr\u00e9visibles, susceptibles de se produire aux constructions limitrophes.\u00bb. Reprochantprincipalement\u00e0 l\u2019expert de nepas avoir pris en compteses remarques et observationscontenues dans le courrier envoy\u00e9 en date du 17<\/p>\n<p>14 ao\u00fbt 2015,SOCIETE1.)aconclu en ordre principal \u00e0 la nullit\u00e9 du rapport d\u2019expertiseRobertKOUSMANN en application de l\u2019article 472 duNouveau Code deproc\u00e9dure civile.Elleestime que l\u2019expert judiciaire aurait viol\u00e9 le principe du contradictoireetfait encore valoir que\u00ab l\u2019absence d\u2019impartialit\u00e9 et d\u2019objectivit\u00e9 \u00bbnuirait gravement \u00e0sesint\u00e9r\u00eats. Avant d&#039;analyser les moyens des parties quant \u00e0 la validit\u00e9 du rapport d\u2019expertiseRobertKOUSMANN du29 juillet 2015, d\u00e9pos\u00e9 le 15 septembre 2015,il y a lieu de rappeler les principes d\u00e9gag\u00e9s par la doctrine et la jurisprudence en mati\u00e8re de nullit\u00e9 de rapports d&#039;expertise, \u00e0 d\u00e9faut de texte l\u00e9gislatif pr\u00e9cis en cette mati\u00e8re(cf. Tony MOUSSA, Dictionnaire juridique, Expertise en mati\u00e8re civile etp\u00e9nale, 2e \u00e9dition, p. 269 et suivants; Jacques VOULET, La pratique des expertises judiciaires, sub I, Jugement apr\u00e8s expertise; JCL Proc. civ., fasc. 662, nos 209 et suivants)lesquelsdistinguent entre trois sortes d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s : * les irr\u00e9gularit\u00e9sde fond portant atteinte \u00e0 l\u2019ordre public, comme par exemple l\u2019expertise non accomplie personnellement par l\u2019expert commis, ou l\u2019expertise faite par une personne frapp\u00e9e d\u2019une incapacit\u00e9 absolue d\u2019\u00eatre expert ; * les irr\u00e9gularit\u00e9s frappant des formalit\u00e9ssubstantielles, celles dont l\u2019inobservation porte atteinte aux int\u00e9r\u00eats de l\u2019une des parties ; ces irr\u00e9gularit\u00e9s se ram\u00e8nent en principe au d\u00e9faut du caract\u00e8re contradictoire de l\u2019expertise sous ses diverses formes ; * et enfin les irr\u00e9gularit\u00e9s secondaires dont l\u2019inobservation ne pr\u00e9judicie pas aux int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes des parties ou aux droits de la d\u00e9fense et qui sont sans influence sur la validit\u00e9 de l\u2019expertise ; parmi les exemples cit\u00e9s figurent le d\u00e9p\u00f4t tardif du rapport, la convocation irr\u00e9guli\u00e8re mais pr\u00e9sence des parties, l\u2019absence d\u2019indication de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019expert,led\u00e9faut de mentionner les observations des parties en violation de l\u2019article 472 du Nouveau Code de proc\u00e9durecivile, alors qu\u2019il y a \u00e9t\u00e9 implicitement r\u00e9pondu dans le rapport. La jurisprudence fait donc une distinction suivant la nature de la formalit\u00e9 ou de la r\u00e8gle qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e. Si les irr\u00e9gularit\u00e9s de fond affectant une expertise peuvent \u00eatre oppos\u00e9es \u00e0 tout moment, l\u2019exception de nullit\u00e9 tir\u00e9e d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9sde forme doit \u00eatre soulev\u00e9e avant toute d\u00e9fense au fond (Jurisclasseur Proc\u00e9dure Civile, Mesures d\u2019instruction ex\u00e9cut\u00e9es par un technicien, Fasc. 662, no 217, \u00e9dition 1995). Les nullit\u00e9s de l\u2019expertise qui r\u00e9sultent de l\u2019inobservation d\u2019une formalit\u00e9, m\u00eame substantielle, tel le d\u00e9faut de respect du principe du contradictoire, ne sont pas d\u2019ordre public et sont partant couvertes par l\u2019accord expr\u00e8s ou tacite des parties, et notamment par toute d\u00e9fense au fond. Le premier reproche de l\u2019appelante a trait au non-respect du principe du contradictoire pour violation de l\u2019article 472 du Nouveau Code deproc\u00e9dure civile. Le d\u00e9faut de prise en consid\u00e9ration des observations d\u2019une des parties est une violation du principe du contradictoire et constitue l\u2019inobservation d\u2019une<\/p>\n<p>15 formalit\u00e9 substantielle, sanctionn\u00e9e par une nullit\u00e9 pour vice de forme qui ne peut \u00eatre prononc\u00e9e qu\u2019\u00e0charge pour celui qui l\u2019invoque de prouver le grief que lui cause l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 (Cass. civ. 2\u00e8me , 6 juin 2013, no 12-13.682 ; Cass. com. 24 sept. 2013, no 12-23.856 ; Cass. civ. 1\u00e8re , 21 sept.2016, no 15-24.804 ; (R\u00e9p. de proc.civile, Mesures d&#039;instruction confi\u00e9es \u00e0 un technicien\u2013Michel Redon\u2013Octobre 2017 (actualisation : D\u00e9cembre 2019). Ayant \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9 d\u00e8s l\u2019ingr\u00e8sen premi\u00e8re instance,l\u2019appelanteest recevable \u00e0 invoquer la nullit\u00e9 de l\u2019expertise du chef de l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de forme ci-avant \u00e9marg\u00e9e. Reste \u00e0 voir si cette irr\u00e9gularit\u00e9 est de nature \u00e0 entacher l\u2019expertise de nullit\u00e9, l\u2019appelante devant encore rapporter la preuve que le vice incrimin\u00e9 a concr\u00e8tement nui \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats. Aux termes de l\u2019article 472 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, l\u2019expert doit prendre en consid\u00e9ration les observations ou r\u00e9clamations des parties, et, lorsqu\u2019elles sont \u00e9crites, les joindre \u00e0 son avis si les parties le demandent. Les observations ou r\u00e9clamations des parties dont il est question \u00e0 l\u2019article 472 pr\u00e9cit\u00e9 et que l\u2019expert doit prendre en consid\u00e9ration sont celles que les parties lui font parvenir au cours du d\u00e9roulement des op\u00e9rations d\u2019expertise. L\u2019expert est tenu d&#039;appliquer, au cours de ses op\u00e9rations, le principe de la contradiction. Le principe du contradictoire suppose que le technicien commis dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure judiciaire veille, tout comme le juge, \u00e0 pr\u00e9server le caract\u00e8re contradictoire de ses op\u00e9rations et \u00e0 associerles parties aux diff\u00e9rentes \u00e9tapes de l\u2019ex\u00e9cution de sa mission. Le technicien doit ainsi convoquer les parties aux op\u00e9rations d\u2019expertise, il doit leur communiquer les r\u00e9sultats des investigations techniques qu&#039;il a r\u00e9alis\u00e9es hors leur pr\u00e9sence, le cas \u00e9ch\u00e9ant, et leur fournir l\u2019ensemble de la documentation sur laquelle il se fonde pour forger son opinion. Il doit encore donner aux parties l\u2019occasion de formuler des observations, explications ou r\u00e9clamations avant le d\u00e9p\u00f4t du rapport et y r\u00e9pondre dans le rapport. Selon la jurisprudence europ\u00e9enne, comme les mesures d&#039;instruction confi\u00e9es \u00e0 un technicien et, en particulier, l&#039;expertise, sont de nature \u00e0 influencer fortement la d\u00e9cision du juge, leur importance dans l&#039;appr\u00e9ciation des faits par le juge justifie qu\u2019elles soient soumises aux dispositions de l&#039;article 6, paragraphe 1er, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l&#039;homme (CEDH, 18 mars 1997, n\u00b021497\/93,M.)c\/ France : Rec. CEDH 1997, p. 424). S&#039;appuyant sur le caract\u00e8re d\u00e9terminant de l&#039;avis des experts sur la d\u00e9cision, la juridiction europ\u00e9enne sanctionne les proc\u00e9dures qui ne permettent pas aux parties d&#039;en prendre connaissance et de le discuter. Cela ne signifie pas que l&#039;expertise elle-m\u00eame doive \u00eatre contradictoirement \u00e9labor\u00e9e, les exigences de l&#039;article 6, paragraphe 1, ne concernant au premier chef que les juges : en revanche, en cours de proc\u00e9dure, l&#039;expertise doit \u00eatre soumise \u00e0 la discussion<\/p>\n<p>16 contradictoire (Jurisclasseur, proc\u00e9dure civile, mesures d\u2019instruction, fasc. 700- 80, no. 68). Le principe du contradictoire et ses limites sont encore consacr\u00e9s par le guide des bonnes pratiques de l\u2019expertise judiciaire civile dans l\u2019Union europ\u00e9enne : \u00ab4.1 Les preuves soumises \u00e0 l\u2019expertise et les hypoth\u00e8ses sur lesquelles les conclusions de l\u2019expert sont fond\u00e9es doivent \u00eatre communiqu\u00e9es \u00e0 toutes les parties, sauf si le juge, ayant entendu les parties, en d\u00e9cide autrement, ou si les parties sont d\u2019accord sur le fait qu\u2019il existe des raisons suffisantes pour qu\u2019elles restent confidentielles. Dans ce cas, le juge d\u00e9finit les conditions dans lesquelles l\u2019expert pourra conduire ses op\u00e9rations d\u2019expertise de mani\u00e8re non contradictoire. 4.2 Dans tous les autres cas, l\u2019expert doit, sous le contr\u00f4le du juge, s\u2019assurer que les pi\u00e8ces de l\u2019expertise sont mises \u00e0 la disposition de toutes les parties, respectant ainsi le principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes. 4.3 En amont de l\u2019audience devant le juge,et sauf d\u00e9cision contraire de ce dernier ou interdiction de la loi, l\u2019expert d\u00e9sign\u00e9 par le juge communiquera aux parties un pr\u00e9-rapport comprenant ses conclusions techniques en veillant \u00e0 ce qu\u2019elles soient compr\u00e9hensibles par un non-sp\u00e9cialiste de tellemani\u00e8re que celles-ci puissent les discuter utilement et poser \u00e0 l\u2019expert toutes les questions utiles \u00e0 la compr\u00e9hension et \u00e0 l\u2019exploitation du rapport. Le simple rappel des constats effectu\u00e9s ne peut \u00e0 cet \u00e9gard \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme suffisant. L\u2019expert d\u00e9sign\u00e9 par une partie aura la m\u00eame obligation, mais \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la seule partie qui l\u2019a mandat\u00e9. 4.4 Si aucun pr\u00e9-rapport n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli, les parties doivent n\u00e9anmoins toujours pouvoir faire part \u00e0 l\u2019expert de leurs questions et observations techniques sur ses conclusions avant d\u2019\u00eatre entendues par le juge\u00bb. En l\u2019occurrence, s\u2019il est vrai que l\u2019expert judiciairea r\u00e9dig\u00e9 son rapport d\u2019expertise final, d\u00e9pos\u00e9 le 14 septembre 2015, sans consultation pr\u00e9alable d\u2019aucune des parties \u00e0 l\u2019instance et qu\u2019il n\u2019apas pris position sur les critiques et observations soulev\u00e9es par l\u2019appelante en date du 17 ao\u00fbt 2015, soit avant le d\u00e9p\u00f4t du rapport au tribunal op\u00e9rantledessaisissementde l\u2019expert, l\u2019appelanten\u2019an\u00e9anmoinspas rapport\u00e9 la preuve d\u2019un grief, dans la mesure o\u00f9 le rapport final de l\u2019expert judiciaire a \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 la libre discussion des parties, qu\u2019elleapu critiquer les conclusions de l&#039;expert judiciaire tant en premi\u00e8re instance que devant la Cour et faire valoir tous \u00e9l\u00e9ments de nature \u00e0 permettreau juge d&#039;appr\u00e9cier s&#039;il y a lieu de les remettre en discussion en ordonnant, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une nouvelle expertise (en ce sens Cass. 2\u00e8me civ., 29 novembre 2012, n\u00b0 11-10.805 : JurisData n\u00b0 2012-027516, JCP G 2013, 15, note D.CHOLET). En effet, Il appartient aux juges du fond de se prononcer sur l\u2019objectivit\u00e9 m\u00eame du rapport d\u2019expertise judiciaire et d\u2019analyser si les constatations de cet expert sont concordantes, voire si elles ne sont pas \u00e9nerv\u00e9es par d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments du dossier, de sorte que le non-respect de l\u2019article 472 pr\u00e9cit\u00e9, \u00e0 le supposer \u00e9tabli, n\u2019a pas pu porter \u00e0 cons\u00e9quence. ll s\u2019y ajoute que les op\u00e9rations d\u2019expertise entach\u00e9es d\u2019irr\u00e9gularit\u00e9s sont susceptibles d\u2019\u00eatre r\u00e9gularis\u00e9es ce, le cas \u00e9ch\u00e9ant, m\u00eame apr\u00e8s le d\u00e9p\u00f4t du<\/p>\n<p>17 rapport d&#039;expertise (Tony MOUSSA, Dictionnaire juridique, Expertise, mati\u00e8res civile et p\u00e9nale, p. 272, point 11, 2e \u00e9dition). L\u2019existence d\u2019ungrief caus\u00e9parl&#039;atteinte all\u00e9gu\u00e9e au principe de la contradictionlaisse en cons\u00e9quence d\u2019\u00eatre \u00e9tablie(voir en ce sensCass.civ. 1\u00e8re, 30 avril 2014, no 13-13.579, Bull. civ. I, no 74), de sorte que le premier reproche est \u00e0 \u00e9carter. Le second reproche de l\u2019appelante a trait au manque d\u2019impartialit\u00e9 et d\u2019objectivit\u00e9 de l\u2019expert judiciaire. Le technicien est aux termes del\u2019article 437 du NouveauCode de proc\u00e9dure civiletenu d\u2019accomplir sa mission avec conscience, objectivit\u00e9 et impartialit\u00e9 et il est selon l\u2019article 432 duNouveau Code de proc\u00e9dure civilesoumis aux m\u00eames obligations d\u2019impartialit\u00e9 que le juge. Lorsqu\u2019une partie all\u00e8gue un doute sur l\u2019impartialit\u00e9 d\u2019un expert judiciaire, elle est tenue de s\u2019adresser au magistrat charg\u00e9 du contr\u00f4le des op\u00e9rations d\u2019expertise, respectivement aux juges du fond qui sont d\u00e8s lors amen\u00e9s \u00e0 examiner les circonstances de nature \u00e0susciter un doute quant \u00e0 l\u2019impartialit\u00e9 de l\u2019expert judiciaire.Aux termes de l\u2019article 438 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, le technicien ne doit donner son avis que sur les points pour l\u2019examen desquels il a \u00e9t\u00e9 commis et il ne doit jamais porter d\u2019appr\u00e9ciations d\u2019ordre juridique. L&#039;appr\u00e9ciation de l\u2019impartialit\u00e9 de l&#039;expert conduit \u00e0 analyser ses relations non seulement avec les parties, mais aussi avec les tiers qui ont \u00e9t\u00e9 ou se trouvent en situation de concurrence avec l&#039;une des parties. L\u2019impartialit\u00e9 de l&#039;expert est ainsi \u00e9lev\u00e9e au rang de principe essentiel du proc\u00e8s \u00e9quitable. L\u2019expert doit faire abstraction de ses \u00e9ventuels pr\u00e9jug\u00e9s dans la conduite de ses investigations et dans la r\u00e9alisation de sa mission et il doit \u00e9galement \u00e9viter de se trouver confront\u00e9 \u00e0 une circonstance pouvant faire douter objectivement de son impartialit\u00e9 (Cass. 2\u00e8me civ., 8 f\u00e9vr. 2006, n\u00b0 04-12.864, n\u00b0 04-14.455 : JurisData n\u00b0 2006-032062.-CA Bordeaux, 1\u00e8re ch., 20 mars 2012, n\u00b0 05\/02\/193). L\u2019homme de l\u2019art auquel fait appel le juge doit remplir sa mission avec honn\u00eatet\u00e9, probit\u00e9 et sens de responsabilit\u00e9. Il doit \u00eatre attentif aux parties, exact dans ses constatations, fiable dans ses avis, minutieux et s\u00e9rieux dans son travail. Le devoir d\u2019objectivit\u00e9 se d\u00e9duit de celui d\u2019exercer ses fonctions avec conscience. Le technicien doit s\u2019imposer une stricte neutralit\u00e9 et s\u2019interdire de tenir compte, dans son activit\u00e9, de l\u2019inclinaison ou de la r\u00e9serve qu\u2019il \u00e9prouve \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un des plaideurs (Droit de l\u2019expertise,Dalloz action, 3e \u00e9dition, n\u00b0 231.21, page 174). Il appartient \u00e0l\u2019appelantede d\u00e9montrer de mani\u00e8re concr\u00e8te les circonstances de nature \u00e0 susciter un doute l\u00e9gitime quant \u00e0 l&#039;impartialit\u00e9 de l&#039;expert. La Cour ne voit pas en quoi l\u2019expertRobertKOUSMANNaurait en l\u2019esp\u00e8ce manqu\u00e9 \u00e0 son obligation d\u2019impartialit\u00e9. Si l\u2019appelante devait avoir dout\u00e9 de l\u2019impartialit\u00e9 de l\u2019expert judiciaire il lui aurait appartenu de solliciter la r\u00e9cusation de l\u2019expert soit avant le d\u00e9but des op\u00e9rations d\u2019expertise, sinon d\u00e8s la<\/p>\n<p>18 r\u00e9v\u00e9lation de la cause de la r\u00e9cusation. Force est cependant de constater que ni au d\u00e9but, ni au cours des op\u00e9rations d\u2019expertise men\u00e9es par l\u2019expertRobert KOUSMANN, l\u2019appelante a reproch\u00e9 \u00e0 l\u2019expert judiciaire d\u2019avoir manqu\u00e9 d\u2019impartialit\u00e9. Le fait pour l\u2019expert de ne pas avoir pris position par rapport au courrier du 17 ao\u00fbt 2015, telle que sollicit\u00e9e par l\u2019appelante avant le d\u00e9p\u00f4t du rapport d\u2019expertise est inop\u00e9rant, et n\u2019est pas de nature \u00e0 faire douter de son impartialit\u00e9 dans l\u2019accomplissement de la mission lui confi\u00e9e. Il ne r\u00e9sulte\u00e9galementpas du rapportRobertKOUSMANN ni d\u2019un autre \u00e9l\u00e9ment du dossier que l\u2019expert aurait fait preuve d\u2019hostilit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019appelante, cette conclusion ne pouvant \u00eatre d\u00e9duite du fait que l\u2019expert conclut \u00e0 l\u2019existence ded\u00e9sordres dus \u00e0l\u2019ex\u00e9cution des travaux incrimin\u00e9s. Enfin, lefait que l\u2019expertRobertKOUSMANN n\u2019a pas donn\u00e9 satisfaction aux explications dont a fait\u00e9tatl\u2019appelanteet a retenu des travaux de remise en \u00e9tat que cette derni\u00e8re qualifie d\u2019injustifi\u00e9s et disproportionn\u00e9s ne permet \u00e9galementpas de conclure \u00e0 un manque d\u2019impartialit\u00e9 subjective de l\u2019expert. Ce sera lors de l\u2019examen au fond des diff\u00e9rents points en litige quela Course prononcera sur la question de savoir si les r\u00e9ponses donn\u00e9es par l\u2019expert judiciaire sont suffisamment compl\u00e8tes et claires, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que lorsque le rapport s\u2019av\u00e8re \u00eatre incomplet ou ne pas r\u00e9pondre \u00e0 toutes les questions, il n\u2019encourt pas la nullit\u00e9, mais ses lacunes doivent \u00eatre combl\u00e9es par un compl\u00e9ment d\u2019expertise. C\u2019est donc \u00e0 raison que le tribunal de premi\u00e8re instance a rejet\u00e9 la demande en annulationdu rapport d\u2019expertise judiciaire du 14 septembre 2015. Il s\u2019ensuit que le rapport dress\u00e9 par l\u2019expertRobertKOUSMANN n\u2019est ni \u00e0 annuler, ni \u00e0 \u00e9carter des d\u00e9bats. -Responsabilit\u00e9s en jeu L\u2019article 544 du Code civil relie clairement les troubles de voisinage \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 en \u00e9non\u00e7ant que la propri\u00e9t\u00e9 est ledroit de jouir et de disposer des choses, pourvu qu\u2019on n\u2019en fasse pas un usage prohib\u00e9 par les lois ou par les r\u00e8glements ou qu\u2019on ne cause un trouble exc\u00e9dant les inconv\u00e9nients normaux du voisinage rompant l\u2019\u00e9quilibre entre des droits \u00e9quivalents (G.RAVARANI, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 \u00e9dition, n\u00b0 350). La Cour approuve le tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019avoir retenu que la victime d\u2019un trouble de voisinage n\u2019a pas besoin de prouver une faute de l\u2019auteur du trouble. L\u2019anormalit\u00e9 du trouble suffit \u00e0 entra\u00eener une r\u00e9paration (Cass. 29 juin 2000, P. 31, 438). Ainsi que le jugement a quo l\u2019\u00e9nonce, il appartient \u00e0PERSONNE1.)de rapporter la preuve de l\u2019existence d\u2019un lien de causalit\u00e9 entre les travaux de construction entrepris sur le terrain deSOCIETE1.)et les d\u00e9sordres all\u00e9gu\u00e9s.<\/p>\n<p>19 PERSONNE1.) renvoie auxconstatations de l\u2019expert judiciaireRobert KOUSMANN, tandisqueSOCIETE1.)remet en causeles conclusions de l\u2019expertcomme en premi\u00e8re instanceet reprend ses critiques et observations contenues dans son courrier du 17 ao\u00fbt 2015. S\u2019agissant d\u2019une question technique, la Cour n\u2019estpas en mesure d&#039;en appr\u00e9cier une incidence sur les conclusions d\u00e9finitives de l\u2019expert contenues au rapport du 14 septembre 2015. Il para\u00eet d\u00e8s lors utile de demander des explications et pr\u00e9cisions suppl\u00e9mentaires \u00e0 l&#039;expertRobertKOUSMANN sur ce point. Au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier, des conclusions de l\u2019expert Robert KOUSMANN, et eu \u00e9gard aux critiques formul\u00e9es par l\u2019appelante, au demeurant non d\u00e9nu\u00e9es de fondement, et pour permettre tant \u00e0 l\u2019expert d\u2019y prendre position qu\u2019\u00e0 la Cour de se forger une opinion d\u00e9finitive,il y a lieu en cons\u00e9quence, avant tout autre progr\u00e8s en cause, d&#039;ordonner l&#039;audition de l\u2019expertRobertKOUSMANN. Les parties sont invit\u00e9es \u00e0 remettre les pi\u00e8ces et observations n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019expertRobertKOUSMANN et au greffe de la Cour trois semaines avant la date d\u2019audition. Il y a lieu, pour le surplus, de r\u00e9server les demandes jusqu\u2019\u00e0 l\u2019issue de cette mesured\u2019instruction. PAR CES MOTIFS la Cour d\u2019appel, neuvi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8recivile, statuant contradictoirement, vu l\u2019article 1 de la loi du 17 d\u00e9cembre 2021 portant modification de la loi modifi\u00e9e du 19 d\u00e9cembre 2020 portant prorogation des mesures devant les juridictions soumises \u00e0 la proc\u00e9dure civile; re\u00e7oit les appels principal et incident; dit quele rapportfinaldress\u00e9 par l\u2019expertRobertKOUSMANN le 29 juillet 2015 et d\u00e9pos\u00e9 le 14 septembre 2015n\u2019est ni \u00e0 annuler, ni \u00e0 \u00e9carter des d\u00e9bats; avant tout autre progr\u00e8s en cause, dit qu&#039;il sera proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&#039;audition personnelle de l&#039;expertRobertKOUSMANN en pr\u00e9sence des parties et de leurs mandataires, lemercredi11 mai2022\u00e0<\/p>\n<p>20 10.00 heuresdans lasalle d\u2019audience 2.29, audeuxi\u00e8me \u00e9tage du b\u00e2timent CRde la Cit\u00e9 Judiciaire \u00e0 L-2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit; charge le premier conseiller DaniellePOLETTIde l\u2019ex\u00e9cution de cette mesure d\u2019instruction; invite les parties \u00e0 remettre les pi\u00e8ces et observations n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019expert trois semaines avant la date d\u2019audition; r\u00e9serve les droits des parties et les frais. La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Carole KERSCHEN, pr\u00e9sident de chambre,en pr\u00e9sence du greffierassum\u00e9 Laetitia D\u2019ALESSANDRO.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-9\/20240827-220623\/20220316-ca9-cal-2019-01042-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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