{"id":672445,"date":"2026-04-24T13:11:52","date_gmt":"2026-04-24T11:11:52","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-3-mars-2022-n-2020-00492\/"},"modified":"2026-04-24T13:11:56","modified_gmt":"2026-04-24T11:11:56","slug":"cour-superieure-de-justice-3-mars-2022-n-2020-00492","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-3-mars-2022-n-2020-00492\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 3 mars 2022, n\u00b0 2020-00492"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 30\/2 2 &#8212; III \u2013 C OM<\/p>\n<p>Arr\u00eat commercial<\/p>\n<p>Audience publique du trois mars deux mille vingt-deux<\/p>\n<p>Num\u00e9ro CAL -2020-00492 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition:<\/p>\n<p>Alain THORN, pr\u00e9sident de chambre, Paul VOUEL, conseiller, Anne-Fran\u00e7oise GREMLING, conseiller, Isabelle Hippert, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 anonyme S0C 1) S.A., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L -(\u2026), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>appelante aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice Gilles HOFFMANN de Luxembourg du 11 mai 2020,<\/p>\n<p>intim\u00e9e sur appel incident,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Laurent RIES, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t :<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandai s S0C 2) BUSINESS INFORMATION SOLUTIONS B.V., anciennement S0C 2) GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 NL &#8212; (\u2026), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s d\u2019Amsterdam sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par ses organ es statutaires actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins du susdit exploit HOFFMANN,<\/p>\n<p>appelante par incident,<\/p>\n<p>2 comparant par Ma\u00eetre Christian GAILLOT , avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>LA COUR D\u2019APPEL :<\/p>\n<p>Vu l\u2019ordonnance de cl\u00f4ture de l\u2019instruction du 13 juillet 2021.<\/p>\n<p>Par acte d\u2019huissier du 22 octobre 2015, la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais S0C 2) GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V., actuellement S0C 2) BUSINESS INFORMATION SOLUTIONS BV (ci -apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) ), a fait assigner la soci\u00e9t\u00e9 anonyme S0C 1) S.A. (ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) ) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, aux fins de la voir condamner \u00e0 lui payer, \u00e0 titre de solde sur factures impay\u00e9es relatives aux mois de septembre 2012 \u00e0 avril 2013 et aux mois de juin 2013 \u00e0 septembre 2013, le montant de 39.000 euros, \u00e0 majorer des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux pr\u00e9vus par la loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et aux int\u00e9r\u00eats de retard, (ci-apr\u00e8s \u00ab la loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004 \u00bb), \u00e0 partir de la date d\u2019exigibilit\u00e9 des factures respectives, sinon \u00e0 partir du jour de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde. Elle a, en outre, sollicit\u00e9 l\u2019allocation du montant forfaitaire de 40 euros, en application de l\u2019article 5 (1) de la loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004.<\/p>\n<p>Elle a finalement r\u00e9clam\u00e9 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 euros sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, ainsi que l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du jugement \u00e0 intervenir.<\/p>\n<p>A l\u2019audience des plaidoiries de premi\u00e8re instance, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) a demand\u00e9 acte de sa demande additionnelle en paiement du montant de 5.000 euros, au titre de la facture du mois de mai 2013 et a renonc\u00e9 \u00e0 sa demande en paiement du m\u00eame montant au titre de la facture du mois de septembre 2013.<\/p>\n<p>Elle a expos\u00e9 que les factures avaient trait \u00e0 la mise \u00e0 disposition d\u2019une licence permettant des recherches sur les bases de donn\u00e9es fournies par elle.<\/p>\n<p>Elle a, \u00e0 titre principal, bas\u00e9 sa demande sur le principe de la facture accept\u00e9e, tir\u00e9 de l\u2019article 109 du Code de commerce et, \u00e0 titre subsidiaire, sur la responsabilit\u00e9 contractuelle pr\u00e9vue aux articles 1134 et suivants du Code civil.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) a, in limine litis, soulev\u00e9 l\u2019incomp\u00e9tence territoriale du tribunal saisi, au motif que le contrat de service \u00ab S0C 2) UK \u00bb attribuait comp\u00e9tence aux juridictions anglaises pour conna\u00eetre de tout litige.<\/p>\n<p>3 Pour le cas o\u00f9 le tribunal se d\u00e9clarerait n\u00e9anmoins comp\u00e9tent pour conna\u00eetre du litige, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) a expos\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) , n\u2019ayant plus \u00e9t\u00e9 en mesure de remplir ses obligations contractuelles en raison de l\u2019ouverture d\u2019une nouvelle plateforme, avait propos\u00e9 par courriel de terminer le contrat entre parties.<\/p>\n<p>En violation des dispositions contractuelles, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) aurait proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une cession des contrats \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) . Cette cession n\u2019aurait, en outre, pas respect\u00e9 les formalit\u00e9s pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 1690 du Code civil.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) a contest\u00e9 la cr\u00e9ance de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) , au motif que cette derni\u00e8re n\u2019avait plus ex\u00e9cut\u00e9 ses prestations contractuelles depuis 2013.<\/p>\n<p>La preuve du contenu de la loi \u00e9trang\u00e8re &#8212; \u00e0 savoir de la loi anglaise, d\u00e9sign\u00e9e par le contrat S0C 2) UK, sinon de la loi n\u00e9erlandaise &#8212; ne serait, par ailleurs, pas rapport\u00e9e, de sorte qu\u2019il serait impossible de d\u00e9terminer si la cr\u00e9ance \u00e9tait justifi\u00e9e en application du droit \u00e9tranger.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) a conclu au rejet du moyen d\u2019incomp\u00e9tence soulev\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1), en faisant valoir que la demande avait trait \u00e0 des factures se r\u00e9f\u00e9rant au contrat du 4 septembre 2012. Ce contrat ne pr\u00e9voirait aucune clause attributive de juridiction, de sorte qu\u2019en application du R\u00e8glement UE 1215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 d\u00e9cembre 2012 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale (ci- apr\u00e8s le \u00ab R\u00e8glement Bruxelles I bis \u00bb), les tribunaux luxembourgeois auraient comp\u00e9tence pour conna\u00eetre du litige.<\/p>\n<p>Elle a contest\u00e9 toute cession de contrat \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3), qui serait un intervenant charg\u00e9 du recouvrement des factures impay\u00e9es.<\/p>\n<p>Face \u00e0 l\u2019argumentaire adverse, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) a soulev\u00e9 l\u2019exception du libell\u00e9 obscur de l\u2019assignation du 22 octobre 2015, au motif qu\u2019elle ne contenait aucune pr\u00e9cision quant au contrat applicable aux factures litigieuses. Il lui aurait ainsi \u00e9t\u00e9 impossible de pr\u00e9parer sa d\u00e9fense.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) a conclu au rejet du moyen soulev\u00e9 pour ne pas avoir \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9 in limine litis.<\/p>\n<p>Par jugement du 27 f\u00e9vrier 2019, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 territorialement comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande, a rejet\u00e9 le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019assignation, a dit que la relation entre parties \u00e9tait soumise \u00e0 la loi n\u00e9erlandaise, a dit partiellement fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2), a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) \u00e0 payer \u00e0 cette derni\u00e8re le montant total de 39.000 euros , a dit non fond\u00e9es les demandes de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) en allocation d\u2019int\u00e9r\u00eats de retard et d\u2019une indemnit\u00e9 pour frais de<\/p>\n<p>4 recouvrement, bas\u00e9es sur la loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004, a dit non fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, a dit qu\u2019il n\u2019y avait pas lieu \u00e0 ex\u00e9cution provisoire du jugement et a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la comp\u00e9tence territoriale, le tribunal a constat\u00e9 que la partie d\u00e9fenderesse se pr\u00e9valait de la clause attributive de juridiction contenue dans un contrat entre la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab S0C 4) (UK) Ltd trading as S0C 2) BUTTERWORTHS \u00bb et la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1), d\u2019ailleurs non sign\u00e9, tandis que la demande dont il \u00e9tait saisi \u00e9manait d\u2019une entit\u00e9 diff\u00e9rente, \u00e0 savoir la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais S0C 2) GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V. et se greffait sur le contrat conclu le 4 septembre 2012 entre cette derni\u00e8re et la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) .<\/p>\n<p>En se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019article 4 du R\u00e8glement Bruxelles I bis, posant le principe de la comp\u00e9tence du domicile du d\u00e9fendeur, le tribunal s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1), dont le si\u00e8ge social se trouve au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg.<\/p>\n<p>L\u2019exception du libell\u00e9 obscur a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e, faute d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e in limine litis par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) .<\/p>\n<p>Le tribunal a ensuite constat\u00e9 qu\u2019il ne r\u00e9sultait d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) aurait c\u00e9d\u00e9 les contrats conclus avec la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3).<\/p>\n<p>Il a retenu que les factures litigieuses se rapportaient au contrat du 4 septembre 2012, conclu pour une p\u00e9riode de 13 mois, soit du 1 er ao\u00fbt 2012 au 31 ao\u00fbt 2013, dans la mesure o\u00f9 elles avaient trait \u00e0 cette m\u00eame p\u00e9riode et mentionnaient toutes comme \u00ab account number \u00bb le num\u00e9ro \u00ab (\u2026) \u00bb, repris dans ledit contrat.<\/p>\n<p>Il a dit qu\u2019en vertu de l\u2019article 3 du r\u00e8glement (CE) n\u00b0 593\/2008 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 17 juin 2008 sur la loi applicable aux obligations contractuelles (ci-apr\u00e8s \u00ab le r\u00e8glement Rome I \u00bb), aux termes duquel \u00ab le contrat est r\u00e9gi par la loi choisie par les parties [\u2026] \u00bb, la loi n\u00e9erlandaise, d\u00e9sign\u00e9e au point 5.7 du contrat, s\u2019applique au rapport contractuel entre parties.<\/p>\n<p>Il a ensuite rappel\u00e9 qu\u2019aux termes du paragraphe 3 de son article 1 er , le r\u00e8glement Rome I exclut de son champ d\u2019application la preuve et la proc\u00e9dure, sauf en ce qui concerne l\u2019objet et la charge de la preuve ainsi que l\u2019admissibilit\u00e9 des modes de preuve des actes juridiques, le paragraphe 1 er de l\u2019article 18 soumettant les pr\u00e9somptions l\u00e9gales et la r\u00e9partition de la charge de la preuve \u00e0 la loi r\u00e9gissant l\u2019obligation contractuelle et le paragraphe 2 du m\u00eame article soumettant l\u2019admissibilit\u00e9 des modes de preuve soit \u00e0 la loi du for, soit \u00e0 l&#039;une des lois vis\u00e9es \u00e0<\/p>\n<p>5 l&#039;article 11, selon laquelle l&#039;acte est valable quant \u00e0 la forme, pour autant que la preuve puisse \u00eatre administr\u00e9e selon ce mode devant la juridiction saisie.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rant que l\u2019article 109 du Code de commerce luxembourgeois, aux termes duquel \u00ab les achats et les ventes se constatent par une facture accept\u00e9e \u00bb, est relatif aux modes de preuve sp\u00e9cifiques en mati\u00e8re commerciale et que, par cons\u00e9quent, \u00ab la preuve de la cr\u00e9ance all\u00e9gu\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) par l\u2019acceptation de la facture rel\u00e8ve de l\u2019admissibilit\u00e9 des preuves et est soumise \u00e0 la loi du for \u00bb, les juges de premi\u00e8re instance ont retenu que l\u2019article 109 du Code de commerce \u00e9tait applicable au litige.<\/p>\n<p>Concernant le bien-fond\u00e9 de la demande, ils ont dit que la th\u00e9orie de la facture accept\u00e9e a une port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale et s\u2019applique non seulement aux ventes commerciales, mais encore \u00e0 tous les autres contrats \u00e0 caract\u00e8re commercial.<\/p>\n<p>Soulignant que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) ne contestait pas avoir r\u00e9ceptionn\u00e9 les factures litigieuses et relevant qu\u2019\u00e0 la suite de la r\u00e9ception de celles -ci, elle n\u2019avait pas \u00e9mis de contestations s\u00e9rieuses et circonstanci\u00e9es dans un bref d\u00e9lai, le tribunal a dit que les factures \u00e9taient \u00e0 consid\u00e9rer comme ayant \u00e9t\u00e9 accept\u00e9es.<\/p>\n<p>La demande en paiement a donc \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e pour le montant principal r\u00e9clam\u00e9 de 39.000 euros.<\/p>\n<p>Les demandes en allocation d\u2019int\u00e9r\u00eats de retard et du montant forfaitaire de 40 euros \u00e0 titre d\u2019indemnisation des frais de recouvrement, bas\u00e9es sur les dispositions de la loi luxembourgeoise modifi\u00e9e de 2004, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es non f ond\u00e9es, au motif que les relations contractuelles entre parties \u00e9taient r\u00e9gies par la loi n\u00e9erlandaise et que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) n\u2019avait pas vers\u00e9 aux d\u00e9bats les \u00e9l\u00e9ments essentiels de droit n\u00e9erlandais aff\u00e9rents.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier du 11 mai 2020, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) a relev\u00e9 appel du pr\u00e9dit jugement, qui lui avait \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 le 30 avril 2020.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) n\u2019entreprend pas le jugement en ce que le tribunal s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 territorialement comp\u00e9tent pour conna\u00eetre du litige, mais demande \u00e0 la Cour de la d\u00e9charger de la condamnation prononc\u00e9e \u00e0 son encontre, sollicite une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel et conclut \u00e0 la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) aux frais et d\u00e9pens des deux instances.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de son appel, elle fait valoir que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) , n\u2019ayant pas rapport\u00e9 la preuve du contenu de la loi n\u00e9erlandaise, n\u2019a pas \u00e9tabli les obligations en cause.<\/p>\n<p>L\u2019appelante soutient que l\u2019article 109 du Code de commerce luxembourgeois n\u2019est pas applicable au litige. Dans la mesure o\u00f9 il \u00e9noncerait une pr\u00e9somption, cet<\/p>\n<p>6 article n\u2019aurait trait ni \u00e0 l\u2019administration ni \u00e0 l\u2019admissibilit\u00e9 de la preuve, mais \u00e0 une question de fond.<\/p>\n<p>Le droit n\u00e9erlandais serait, d\u00e8s lors, applicable. Etant donn\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) n\u2019aurait pas rapport\u00e9 la preuve de l\u2019existence ou de la valeur juridique d\u2019une \u00e9ventuelle \u00ab pr\u00e9somption d\u2019acceptation \u00bb en droit n\u00e9erlandais, la dispensant de prouver la r\u00e9alit\u00e9 de sa cr\u00e9ance \u00ab au sens de l\u2019article 1315 du Code civil \u00bb, sa demande laisserait d\u2019\u00eatre fond\u00e9e.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) conclut \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel pour cause de libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>Elle donne \u00e0 consid\u00e9rer que l\u2019argumentation de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) , consistant \u00e0 lui reprocher de ne pas avoir satisfait aux exigences de l\u2019article 1315 du Code civil luxembourgeois et d\u2019avoir omis \u00ab de ramener la preuve de la loi n\u00e9erlandaise qui la dispenserait \u00e9ventuellement de devoir ramener la preuve au sens de l\u2019article 1315 du Code civil \u00bb est incompr\u00e9hensible, voire contradictoire. Du fait de l\u2019incoh\u00e9rence de l\u2019acte d\u2019appel, elle aurait \u00e9t\u00e9 dans l\u2019impossibilit\u00e9 de pr\u00e9parer utilement sa d\u00e9fense.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, elle conclut \u00e0 la confirmation du jugement entrepris en ce qu\u2019il a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) \u00e0 lui payer le montant de 39.000 euros.<\/p>\n<p>Elle rel\u00e8ve appel incident en demandant \u00e0 la Cour, par r\u00e9formation du jugement entrepris, de condamner la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.500 euros pour la premi\u00e8re instance. Elle r\u00e9clame finalement une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure du m\u00eame montant pour l\u2019instance d\u2019appel ainsi que la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) aux frais et d\u00e9pens des deux instances.<\/p>\n<p>Par conclusions du 22 janvier 2021, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) soutient que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) a c\u00e9d\u00e9 sa cr\u00e9ance \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) et n\u2019a donc aucune qualit\u00e9 pour agir.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019intim\u00e9e se serait pr\u00e9sent\u00e9e sous la d\u00e9nomination \u00ab BESLOTEN VENNOOTSCHAP S0C 2) GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V. \u00bb, qui aurait \u00e9t\u00e9 reprise dans le jugement a quo. Or, ces \u00ab forme et d\u00e9nomination \u00bb auraient disparu au cours de la premi\u00e8re instance et n\u2019auraient plus exist\u00e9 au jour de la prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019affaire. Il y aurait donc d\u00e9faut de capacit\u00e9 d\u2019agir dans le chef de la demanderesse initiale et actuelle intim\u00e9e, tenant \u00e0 \u00ab son inexistence au jour du premier jugement \u00bb.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) conclut ensuite au rejet du moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur de l\u2019acte d\u2019appel, soulev\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) , au motif que ce moyen aurait d\u00fb \u00eatre soulev\u00e9 avant toute d\u00e9fense au fond et d\u00e8s la premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>7 Quant aux faits, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) maintient, par ailleurs, ses moyens d\u00e9velopp\u00e9s dans son acte d\u2019appel. Quant aux faits, elle pr\u00e9cise qu\u2019elle avait initialement conclu un contrat de services soumis au droit anglais avec S0C 2) . Par la suite, un deuxi\u00e8me contrat soumis au droit anglais serait intervenu entre parties. S0C 2) , qui n\u2019aurait plus \u00e9t\u00e9 \u00e0 m\u00eame de remplir les obligations d\u00e9coulant de ce contrat, aurait propos\u00e9 de le terminer, voire de le modifier. Les contrats auraient alors \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s aux Pays-Bas. Par courrier du 30 octobre 2013, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) aurait contest\u00e9 les d\u00e9comptes re\u00e7us. Par courriel du 27 janvier 2014, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3), \u00e0 laquelle les contrats anglais et n\u00e9erlandais auraient \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9s sans autorisation de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1), aurait affirm\u00e9 revoir les chiffres \u00e0 la suite des r\u00e9clamations de cette derni\u00e8re. Le 6 f\u00e9vrier 2014, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) aurait confirm\u00e9 proc\u00e9der par paiements mensuels de 1.000 euros et aurait exig\u00e9 un d\u00e9compte pr\u00e9cis et exact de la cr\u00e9ance. Par courriel du 10 octobre 2014, elle aurait encore r\u00e9clam\u00e9 un d\u00e9compte exact.<\/p>\n<p>Par conclusions du 30 mars 2021, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) conclut \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des moyens tir\u00e9s du d\u00e9faut de qualit\u00e9 pour agir et du \u00ab d\u00e9faut d\u2019exister sinon d\u00e9faut de capacit\u00e9 \u00bb dans son chef, soulev\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) , pour ne pas avoir \u00e9t\u00e9 formul\u00e9s dans l\u2019acte d\u2019appel, mais par voie de conclusions ult\u00e9rieures.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, elle conteste avoir c\u00e9d\u00e9 sa cr\u00e9ance \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3), qui aurait uniquement \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e du recouvrement des sommes impay\u00e9es.<\/p>\n<p>Elle explique ensuite avoir chang\u00e9 sa d\u00e9nomination de \u00ab S0C 2) GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V. \u00bb en \u00ab S0C 2) BUSINESS INFORMATION SOLUTIONS B.V. \u00bb. Son adresse, son num\u00e9ro d\u2019inscription au registre de commerce d\u2019Amsterdam ainsi que sa forme sociale de soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e (\u00ab Bestolen Vennootschap \u00bb) seraient rest\u00e9s les m\u00eames. Le moyen tir\u00e9 de son d\u00e9faut d\u2019existence et de capacit\u00e9 ne serait donc pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019intim\u00e9e fait finalement valoir qu\u2019il ne saurait lui \u00eatre reproch\u00e9 de ne pas avoir soulev\u00e9 l\u2019exception du libell\u00e9 obscur de l\u2019acte d\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) en premi\u00e8re instance, soit avant la signification dudit acte d\u2019appel.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 des appels<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) conclut \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019acte d\u2019appel pour cause de libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>8 Elle donne \u00e0 consid\u00e9rer que l\u2019argumentation de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) , consistant \u00e0 lui reprocher l\u2019omission \u00ab de ramener la preuve de la loi n\u00e9erlandaise qui la dispenserait \u00e9ventuellement de devoir ramener la preuve au sens de l\u2019article 1315 du Code civil \u00bb est incompr\u00e9hensible, voire contradictoire. Du fait de l\u2019incoh\u00e9rence de l\u2019acte d\u2019appel, elle aurait \u00e9t\u00e9 dans l\u2019impossibilit\u00e9 de pr\u00e9parer utilement sa d\u00e9fense.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) conclut au rejet du moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur de l\u2019acte d\u2019appel, en soutenant que ce moyen aurait d\u00fb \u00eatre soulev\u00e9 avant toute d\u00e9fense au fond et d\u00e8s la premi\u00e8re instance. Elle ajoute que le moyen ne peut \u00eatre soulev\u00e9 par une partie qui a communiqu\u00e9 ou r\u00e9ceptionn\u00e9 des pi\u00e8ces sans formuler de r\u00e9serves sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 le jugement a quo n\u2019a pu \u00eatre entrepris qu\u2019\u00e0 la suite de son prononc\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) ne saurait raisonnablement faire grief \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) de ne pas s\u2019\u00eatre pr\u00e9value du libell\u00e9 obscur de l\u2019acte d\u2019appel d\u00e8s la premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Il faut ensuite admettre que le fait de r\u00e9ceptionner des pi\u00e8ces ou de communiquer des pi\u00e8ces sans formuler de r\u00e9serves, ne constitue pas une d\u00e9fense au fond (cf. en ce sens : Cour d\u2019appel 24 avril 2013, n\u00b0 36934 du r\u00f4le ; Cour d\u2019appel 16 octobre 2014, n\u00b0 40214 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) ayant soulev\u00e9 l\u2019exception du libell\u00e9 obscur dans ses premi\u00e8res conclusions en instance d\u2019appel, notifi\u00e9es le 30 septembre 2020, et avant d\u2019engager le d\u00e9bat sur le fond du litige, le moyen de forclusion invoqu\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) est \u00e0 rejeter. Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 585 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, combin\u00e9 \u00e0 l\u2019article 154 du m\u00eame Code, l\u2019acte d\u2019appel doit contenir l\u2019objet et un expos\u00e9 sommaire des moyens, ce \u00e0 peine de nullit\u00e9. Une motivation non conforme aux articles 154 et 585 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ne saurait, en soi, emporter l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel, les nullit\u00e9s pour vice de forme des exploits ou des actes de proc\u00e9dure ne pouvant aux termes de l\u2019article 264 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, \u00eatre prononc\u00e9es que s\u2019il est justifi\u00e9 que l\u2019inobservation de la formalit\u00e9, fut-elle substantielle, aura eu pour effet de porter atteinte aux int\u00e9r\u00eats de la partie qui en excipe (cf. Cass. 11 janvier 2001, arr\u00eat n\u00b0 3\/01, n\u00b0 1737 du registre). Si le reproche fait par la partie appelante \u00e0 la partie intim\u00e9e d\u2019avoir manqu\u00e9 de rapporter la preuve de la loi n\u00e9erlandaise susceptible de la dispenser, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de prouver l\u2019existence d\u2019une obligation conform\u00e9ment aux exigences de la loi luxembourgeoise, peut para\u00eetre contradictoire, il n\u2019en reste pas moins qu\u2019il r\u00e9sulte sans ambigu\u00eft\u00e9s de l\u2019acte d\u2019appel que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) fait grief aux juges de premi\u00e8re instance d\u2019avoir fait application de la pr\u00e9somption pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 109<\/p>\n<p>9 du Code de commerce luxembourgeois, alors que le domaine des pr\u00e9somptions rel\u00e8ve du fond du litige, auquel, suivant le constat du m\u00eame tribunal, le droit n\u00e9erlandais est applicable. La partie intim\u00e9e, qui a r\u00e9pondu par des conclusions exhaustives audit moyen, ne justifie pas de l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019organiser sa d\u00e9fense. Elle n\u2019\u00e9tablit partant pas avoir subi un pr\u00e9judice du fait de l\u2019incoh\u00e9rence ponctuelle de l\u2019acte d\u2019appel dont elle fait \u00e9tat. Il s\u2019ensuit que l\u2019exception du libell\u00e9 obscur est \u00e0 \u00e9carter et que l\u2019appel principal, interjet\u00e9 par ailleurs dans les formes et le d\u00e9lai pr\u00e9vus par la loi, est \u00e0 d\u00e9clarer recevable. L\u2019appel incident est \u00e9galement recevable.<\/p>\n<p>Quant aux fins de non- recevoir soulev\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) fait valoir que l\u2019intim\u00e9e s\u2019est initialement pr\u00e9sent\u00e9e sous la d\u00e9nomination \u00ab BESLOTEN VENNOOTSCHAP S0C 2) GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V. \u00bb. Elle aurait chang\u00e9 de forme et de d\u00e9nomination au cours de la premi\u00e8re instance et n\u2019aurait donc plus exist\u00e9 ou, du moins, n\u2019aurait plus eu la capacit\u00e9 d\u2019agir, ni au jour de la prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019affaire ni au jour du prononc\u00e9 du jugement. L\u2019appelante soul\u00e8ve, en outre, le d\u00e9faut de qualit\u00e9 pour agir de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) , en soutenant que S0C 2) a c\u00e9d\u00e9 sa cr\u00e9ance \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) . La soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) conclut \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des pr\u00e9dits moyens pour ne pas avoir \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9s dans l\u2019acte d\u2019appel, mais dans les conclusions ult\u00e9rieures de l\u2019appelante. Les moyens tir\u00e9s de l\u2019inexistence et du d\u00e9faut de capacit\u00e9 d\u2019ester en justice de la partie intim\u00e9e, ainsi que du d\u00e9faut de qualit\u00e9 dans son chef, constituent des fins de non-recevoir. Comme les d\u00e9fenses au fond, les fins de non- recevoir, qui s\u2019attaquent aux conditions de recevabilit\u00e9 de l\u2019action, peuvent \u00eatre oppos\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 la cl\u00f4ture des d\u00e9bats et si la renonciation est invoqu\u00e9e, elle ne peut \u00eatre tacite et doit \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e, les simples conclusions au fond \u00e9tant insuffisantes pour valoir preuve de la renonciation (cf. Cour d\u2019appel 23 juillet 2003, n\u00b0 22316 du r\u00f4le). Ainsi, l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 li\u00e9e au pouvoir d\u2019agir en justice peut \u00eatre invoqu\u00e9e sans grief, en tout \u00e9tat de cause (cf. Cour d\u2019appel 24 novembre 2016, n\u00b0 42391 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>10 Il en est de m\u00eame du d\u00e9faut de qualit\u00e9 d\u2019une partie \u00e0 figurer \u00e0 l\u2019instance, qui peut \u00eatre soulev\u00e9 en tout \u00e9tat de cause (cf. Cour de cassation fr. chambre sociale, 26 janvier 1993, Cour d\u2019appel 14 mars 2018, n\u00b0 41513 du r\u00f4le) et pour la premi\u00e8re fois en instance d\u2019appel (cf. Cour d\u2019appel 13 juin 1990, Pas. 28, 45 ; voir \u00e9ga lement en ce sens en mati\u00e8re d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir : Cour de cassation lux. 16 f\u00e9vrier 2017, arr\u00eat n\u00b0 20\/2017, n\u00b0 3741 du registre). La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) n\u2019est donc pas forclose \u00e0 soulever les pr\u00e9dits moyens en instance d\u2019appel et apr\u00e8s avoir conclu au fond.<\/p>\n<p>&#8212; Quant \u00e0 l\u2019existence et \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019agir de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) Seules les personnes qui jouissent de la capacit\u00e9 peuvent faire valoir dans leur chef l\u2019existence de droits, et notamment le droit d\u2019agir en justice (cf. Thierry HOSCHEIT, Le droit judiciaire priv\u00e9 au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, 2 e \u00e9d., n\u00b0 1009).<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas contest\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab S0C 2) GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V. \u00bb avait une existence l\u00e9gale et jouissait de la capacit\u00e9 d\u2019ester en justice au moment de la signification de l\u2019assignation introductive de premi\u00e8re instance. Son existence l\u00e9gale et sa personnalit\u00e9 juridique n\u2019ont pas disparu en raison du changement de sa d\u00e9nomination au cours de la premi\u00e8re instance, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 n\u2019a chang\u00e9 ni de forme juridique (\u00ab besloten vennootschap \u00bb) ni de num\u00e9ro d\u2019immatriculation au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s d\u2019Amsterdam. Le fait que la d\u00e9nomination ayant figur\u00e9 dans l\u2019assignation dans le jugement du 27 f\u00e9vrier 2019 ait \u00e9t\u00e9 reprise dans le jugement attaqu\u00e9 n\u2019implique donc pas que ce jugement ait \u00e9t\u00e9 rendu \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une personne inexistante.<\/p>\n<p>Il convient encore de noter que la soci\u00e9t\u00e9 demanderesse en premi\u00e8re instance a signifi\u00e9 le jugement du 27 f\u00e9vrier 2019 sous sa nouvelle d\u00e9nomination \u00ab S0C 2) BUSINESS INFORMATION SOLUTIONS BV \u00bb \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) , qui, \u00e0 son tour, a indiqu\u00e9 cette d\u00e9nomination dans l\u2019acte d\u2019appel.<\/p>\n<p>La proc\u00e9dure est donc r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 cet \u00e9gard et le moyen tir\u00e9 de l\u2019inexistence et du d\u00e9faut de capacit\u00e9 d\u2019agir en justice de la soci\u00e9t\u00e9 intim\u00e9e, li\u00e9 \u00e0 son changement de d\u00e9nomination au cours de la premi\u00e8re instance, est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>&#8212; Quant \u00e0 la qualit\u00e9 pour agir de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) Quant au moyen tir\u00e9 du d\u00e9faut de qualit\u00e9 \u00e0 agir de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) du fait d\u2019une cession de cr\u00e9ance \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) , il convient de rappeler que la qualit\u00e9 pour agir peut \u00eatre d\u00e9finie comme le titre juridique permettant \u00e0 une personne d\u2019invoquer en justice le droit dont elle demande la sanction (cf. G. Couchez, Proc\u00e9dure civile, Sirey, 5e \u00e9d., n\u00b0 156).<\/p>\n<p>11 Il est g\u00e9n\u00e9ralement admis qu\u2019il suffit que le demandeur se pr\u00e9tende \u00eatre le titulaire du droit dont il demande la sanction pour que la qualit\u00e9 pour agir lui soit reconnue et que la demande soit recevable, sous ce rapport. Autrement dit, la question de savoir si le demandeur est r\u00e9ellement titulaire du droit litigieux n\u2019a aucune incidence au stade de la recevabilit\u00e9, mais rel\u00e8ve du fond du litige. En l\u2019esp\u00e8ce, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) affirme \u00eatre cr\u00e9anci\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) en raison de la non- ex\u00e9cution par cette derni\u00e8re de ses obligations r\u00e9sultant du contrat conclu entre parties. Elle se pr\u00e9vaut, d\u00e8s lors, de droits dont elle r\u00e9clame la sanction. Il s\u2019ensuit que le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9 du d\u00e9faut de qualit\u00e9 pour agir dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) est \u00e0 rejeter et que la question de savoir si celle-ci est r\u00e9ellement titulaire de droits \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) en vertu du contrat invoqu\u00e9 rel\u00e8ve du fond du litige. La Cour note, \u00e0 cet \u00e9gard, qu\u2019il r\u00e9sulte d\u2019une mise en demeure adress\u00e9e le 24 septembre 2013 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) (pi\u00e8ce 16 de la partie intim\u00e9e), ainsi que d\u2019un \u00e9change de courriel de l\u2019ann\u00e9e 2014 entre ces deux soci\u00e9t\u00e9s (pi\u00e8ce 7 de la partie appelante), que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) a charg\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) de proc\u00e9der au recouvrement des sommes impay\u00e9es. Tel que l\u2019ont \u00e0 juste titre constat\u00e9 les juges de premi\u00e8re instance, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) n\u2019apporte en revanche pas le moindre \u00e9l\u00e9ment laissant conclure \u00e0 une cession de cr\u00e9ance de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) . En l\u2019absence de preuve d\u2019une cession de ses droits d\u00e9coulant du contrat de mise \u00e0 disposition \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 tierce, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) peut donc se pr\u00e9valoir d\u2019\u00e9ventuelles inex\u00e9cutions contractuelles dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) et r\u00e9clamer payement de sommes rest\u00e9es en souffrance.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la loi applicable au rapport contractuel entre parties Les juges de premi\u00e8re instance sont \u00e0 approuver en ce qu\u2019ils ont retenu que loi applicable au pr\u00e9sent litige est \u00e0 d\u00e9terminer au regard des dispositions du r\u00e8glement Rome I, qui, en vertu de son article 1 er , s\u2019applique dans des situations comportant un conflit de lois, aux obligations contractuelles relevant de la mati\u00e8re civile et commerciale. Aux termes de l&#039;article 3 dudit r\u00e8glement, \u00ab le contrat est r\u00e9gi par la loi choisie par les parties. Le choix est expr\u00e8s ou r\u00e9sulte de fa\u00e7on certaine des dispositions du contrat ou des circonstances de la cause \u00bb.<\/p>\n<p>12 Eu \u00e9gard au fait que les factures en cause en l\u2019esp\u00e8ce se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 un \u00ab account number \u00bb (\u2026), figurant \u00e9galement dans le contrat conclu entre parties le 4 septembre 2012, pour la p\u00e9riode du mois d\u2019ao\u00fbt 2012 au mois d\u2019ao\u00fbt 2013, et qu\u2019elles concernent les mois de septembre 2012 \u00e0 ao\u00fbt 2013, la Cour retient, \u00e0 l\u2019instar des juges de premi\u00e8re instance, qu\u2019elles se rapportent \u00e0 ce contrat. Au point 5.7 du \u00ab Subscription Agreement, General Terms and Conditions \u00bb, annex\u00e9 audit contrat, il est stipul\u00e9 que \u00ab This Agreement and the Additional Terms shall be governed by Dutch Law \u00bb. Le tribunal est donc \u00e0 approuver en ce qu\u2019il a retenu que la loi n\u00e9erlandaise est applicable au rapport contractuel entre parties.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019application de la th\u00e9orie de la facture accept\u00e9e Aux termes de l\u2019article 109 du Code de commerce, les achats et les ventes se constatent par une facture accept\u00e9e. L\u2019article 109 du Code de commerce instaure une pr\u00e9somption l\u00e9gale, irr\u00e9fragable, de l\u2019existence de la cr\u00e9ance affirm\u00e9e dans la facture accept\u00e9e pour le seul contrat de vente. Pour les autres contrats commerciaux, la facture accept\u00e9e n\u2019engendre qu\u2019une pr\u00e9somption simple de l\u2019existence de la cr\u00e9ance, le juge \u00e9tant libre d\u2019admettre ou de refuser l\u2019acceptation de la facture comme pr\u00e9somption suffisante de l\u2019existence de la cr\u00e9ance affirm\u00e9e (cf. Cour de cassation lux. 24 janvier 2019, arr\u00eat n\u00b0 16\/2019, n\u00b0 4072 du registre ; 3 juin 2021, arr\u00eat n\u00b0 93\/2021, n\u00b0 CAS-2020-00088 du registre). Le contrat conclu entre parties, en l\u2019esp\u00e8ce, ne constitue pas un contrat de vente, mais un contrat de prestation de services. En son article 1 er , paragraphe 3, le r\u00e8glement Rome I exclut de son champ d\u2019application la preuve et la proc\u00e9dure, \u00ab sans pr\u00e9judice de l\u2019article 18 \u00bb. L\u2019article 18, intitul\u00e9 \u00ab Charge de la preuve \u00bb, est libell\u00e9 comme suit : \u00ab 1. La loi r\u00e9gissant l&#039;obligation contractuelle en vertu du pr\u00e9sent r\u00e8glement s&#039;applique dans la mesure o\u00f9, en mati\u00e8re d&#039;obligations contractuelles, elle \u00e9tablit des pr\u00e9somptions l\u00e9gales ou r\u00e9partit la charge de la preuve. 2. Les actes juridiques peuvent \u00eatre prouv\u00e9s par tout mode de preuve admis soit par la loi du for, soit par l&#039;une des lois vis\u00e9es \u00e0 l&#039;article 11, selon laquelle l&#039;acte est valable quant \u00e0 la forme, pour autant que la preuve puisse \u00eatre administr\u00e9e selon ce mode devant la juridiction saisie \u00bb. Dans ses conclusions du 4 f\u00e9vrier 2021 concernant le pourvoi n\u00b0 CAS-2020-00092 contre deux arr\u00eats rendus les 13 juillet 2018 (n\u00b0 44682 du r\u00f4le) et 21 juillet 2020 (n\u00b0 44682 du r\u00f4le) par la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re<\/p>\n<p>13 commerciale, le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 la distinction entre la pr\u00e9somption l\u00e9gale r\u00e9sultant de l\u2019article 109 du Code de commerce en mati\u00e8re de vente et la \u00ab pr\u00e9somption de l\u2019homme \u00bb, qui est susceptible de s\u2019appliquer pour les autres contrats commerciaux et se fonde sur l\u2019article 1353 du Code civil, a \u00e9crit que la pr\u00e9somption de l\u2019homme ou \u00ab pr\u00e9somption judiciaire \u00bb \u00ab ne prend [\u2026] sa valeur que par l\u2019interpr\u00e9tation et l\u2019usage qu\u2019en fait le juge \u00bb et \u00ab constitue donc, non point une dispense de preuve comme la pr\u00e9somption l\u00e9gale, mais un mode de preuve d\u2019un fait pr\u00e9cis, dans une instance d\u00e9termin\u00e9e, mode de preuve fond\u00e9 sur la force de conviction que ce raisonnement entra\u00eene dans l\u2019esprit du juge saisi \u00bb (r\u00e9f\u00e9rence cit\u00e9e : Jurisclasseur Civil, Art. 1382, Fascicule unique : Preuve des obligations \u2013 Modes de preuve \u2013 Preuve par pr\u00e9somption judiciaire, par Didier GUEVEL, mars 2018, n o 12). Dans l\u2019affaire susvis\u00e9e, la Cour de cassation (arr\u00eat du 1 er juillet 2021 n\u00b0 109 \/ 2021, n\u00b0 CAS-2020-00092 du registre) a dit que : \u00ab En retenant qu\u2019en rapport avec un contrat commercial autre que la vente l\u2019acceptation de la facture pr\u00e9vue par l\u2019article 109 du Code de commerce n\u2019engendre qu\u2019une pr\u00e9somption de l\u2019homme de l\u2019existence de la cr\u00e9ance all\u00e9gu\u00e9e et qu\u2019elle a, en tant que telle, trait \u00e0 l\u2019admissibilit\u00e9 du mode de preuve r\u00e9gie par l\u2019article 18, paragraphe 2, du r\u00e8glement Rome I, les juges d\u2019appel n\u2019ont pas viol\u00e9 la disposition vis\u00e9e au moyen. \u00bb A la lumi\u00e8re de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il y a lieu de consid\u00e9rer que la pr\u00e9somption de l\u2019homme de l\u2019existence de la cr\u00e9ance all\u00e9gu\u00e9e, engendr\u00e9e par l\u2019acceptation de la facture, constitue un mode de preuve au sens de l\u2019article 18, paragraphe 2 du r\u00e8glement Rome I. Son admissibilit\u00e9 est donc r\u00e9gie par la loi du for, en l\u2019occurrence, la loi luxembourgeoise. La loi luxembourgeoise admettant la pr\u00e9somption de l\u2019homme comme mode de preuve, il y a lieu d\u2019analyser si, en l\u2019esp\u00e8ce, il y a eu acceptation des factures en cause par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) et si cette acceptation constitue une pr\u00e9somption suffisante de l\u2019existence de la cr\u00e9ance all\u00e9gu\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2). La facture peut \u00eatre d\u00e9finie comme un \u00e9crit dress\u00e9 par un commer\u00e7ant dans lequel sont mentionn\u00e9s l\u2019esp\u00e8ce et le prix de marchandises ou de services, le nom du client et l\u2019affirmation de la dette de ce dernier. Ce dont une facture fait \u00e9tat, c\u2019est d\u2019une cr\u00e9ance qui se rapporte \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un contrat. Elle fait \u00e9tat du prix d\u2019une prestation. (A. Cloquet, La facture, \u00e9d. 1959, n\u00b0 32 et 40). L\u2019acceptation des factures re\u00e7ues peut \u00eatre expresse ou tacite. Le silence gard\u00e9 au- del\u00e0 du temps n\u00e9cessaire pour prendre connaissance de la facture, pour contr\u00f4ler ses mentions, ainsi que les fournitures auxquelles elle se rapporte, fait pr\u00e9sumer que la facture a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e.<\/p>\n<p>14 Il incombe au destinataire commer\u00e7ant de renverser cette pr\u00e9somption en \u00e9tablissant, soit qu\u2019il a protest\u00e9 en temps utile, soit que son silence s\u2019explique autrement que par une acceptation. Pour avoir une valeur probante, les protestations doivent \u00eatre pr\u00e9cises, en effet des protestations vagues ne sont pas de nature \u00e0 emp\u00eacher la pr\u00e9somption d\u2019acceptation de sortir ses effets (cf. A. Cloquet, op.cit., nos 563, 566, 567). La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) ne nie pas que les douze factures \u00e9mises par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) entre le 30 septembre 2012 et le 31 ao\u00fbt 2013 et portant chacune sur le montant de 5.000 euros, constituent des factures en bonne et due forme. Elle ne conteste pas non plus leur r\u00e9ception. Par courriers des 24 septembre 2013 et 30 octobre 2013, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) , charg\u00e9e du recouvrement des factures par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) , a mis en demeure la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) de proc\u00e9der au payement. L\u2019\u00e9change de courriel entre parties du mois de mai \u00e0 juin 2013 (pi\u00e8ce 5 de la partie appelante) ne contient aucune remise en cause des factures, mais a trait \u00e0 une proposition \u00e9manant de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) de proc\u00e9der au payement de montants mensuels de 1.000 \u00e0 2.000 euros ainsi qu\u2019\u00e0 un payement forfaitaire de 45.000 euros \u00e0 intervenir au plus tard \u00e0 l\u2019expiration du contrat, soit au mois de septembre 2013. Dans un courrier du 30 octobre 2013 (pi\u00e8ce 6 de la partie appelante), la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1), se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 un courriel de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) du mois d\u2019octobre 2013, non vers\u00e9 en cause, indique pour la premi\u00e8re fois qu\u2019elle conteste le montant r\u00e9clam\u00e9 par S0C 2) (\u00ab we dispute the amount \u00bb). Elle reconna\u00eet n\u00e9anmoins redevoir le montant de 45.000 euros, tout en affirmant ne pas \u00eatre en mesure de proc\u00e9der au r\u00e8glement de ce montant en une seule fois pour l\u2019instant. Elle se dit dispos\u00e9e \u00e0 n\u00e9gocier un plan de payement. Force est de constater que le courrier du 30 octobre 2013, \u00e9tabli plus d\u2019un an apr\u00e8s l\u2019\u00e9mission de la premi\u00e8re facture et deux mois apr\u00e8s celle de la derni\u00e8re facture, n\u2019est pas intervenu dans le d\u00e9lai qui aurait normalement d\u00fb suffire au destinataire des factures pour v\u00e9rifier les mentions de celles-ci. Ledit courrier ne contient, par ailleurs, pas la moindre pr\u00e9cision quant aux raisons de la contestation du montant r\u00e9clam\u00e9. Tel que l\u2019ont relev\u00e9 les juges de premi\u00e8re instance, il ne ressort donc d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier que les factures litigieuses aient fait l\u2019objet de contestations s\u00e9rieuses et circonstanci\u00e9es dans un bref d\u00e9lai suivant leur r\u00e9ception.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) n\u2019a pas non plus \u00e9tabli, ni m\u00eame all\u00e9gu\u00e9 que son silence s\u2019expliquait autrement que par l\u2019acceptation des factures. L\u2019acceptation des factures, ainsi \u00e9tablie, engendre, conform\u00e9ment aux principes expos\u00e9s ci-avant, une pr\u00e9somption de l\u2019homme de l\u2019existence des cr\u00e9ances<\/p>\n<p>15 auxquelles se rapportent les factures, le contrat en cause constituant un contrat de prestation de services. Il r\u00e9sulte des indications contenues dans le jugement entrepris qu\u2019en premi\u00e8re instance, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) a contest\u00e9 la cr\u00e9ance de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) en affirmant que, depuis l\u2019ann\u00e9e 2013, cette derni\u00e8re n\u2019a \u00ab plus ex\u00e9cut\u00e9 ses prestations contractuelles \u00bb.<\/p>\n<p>En instance d\u2019appel, elle maintient que la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) n\u2019a pas \u00ab su livrer les services comme discut\u00e9s \u00bb, raison pour laquelle elle-m\u00eame n\u2019aurait pas \u00ab fait les payements comme discut\u00e9 \u00bb. Elle conteste \u00ab le bien fond\u00e9 et caract\u00e8re exigible et certain de la cr\u00e9ance \u00bb.<\/p>\n<p>Il appert que les contestations soulev\u00e9es manquent de la pr\u00e9cision la plus \u00e9l\u00e9mentaire, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) n\u2019expliquant pas en quoi la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) aurait omis d\u2019ex\u00e9cuter ses obligations contractuelles et de prester les services convenus. Elle n\u2019indique pas non plus pour quelles raisons la cr\u00e9ance affirm\u00e9e dans les factures litigieuses ne serait ni exigible, ni certaine.<\/p>\n<p>Il s\u2019y ajoute qu\u2019entre novembre 2013 et la date de l\u2019acte introductif de premi\u00e8re instance, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des payements partiels.<\/p>\n<p>Les pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) ne permettent pas non plus de conclure \u00e0 une violation de ses obligations contractuelles par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) .<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019\u00e9change de courriel de janvier \u00e0 octobre 2014 entre les soci\u00e9t\u00e9s S0C 3) et S0C 1) (pi\u00e8ce 7 de la partie appelante) ne contient aucune remise en cause des services prest\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) , mais a trait \u00e0 des pourparlers entre parties en vue de trouver un \u00e9ventuel arrangement et d\u2019\u00e9tablir un plan de payement quant au solde \u00e0 payer. Il ne r\u00e9sulte pas du dossier que les parties se soient mises d\u2019accord sur un tel plan de payement, la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) n\u2019ayant pas marqu\u00e9 son accord quant \u00e0 des payements mensuels se limitant au montant de 1.000 euros.<\/p>\n<p>Il convient de d\u00e9duire des circonstances d\u00e9crites ci-avant une pr\u00e9somption suffisante de l\u2019existence de la cr\u00e9ance affirm\u00e9e par les factures litigieuses.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) est titulaire de la cr\u00e9ance litigieuse, dans la mesure o\u00f9, tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 retenu ci-avant, une cession de la cr\u00e9ance en faveur de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 3) laisse d\u2019\u00eatre \u00e9tablie.<\/p>\n<p>C\u2019est, d\u00e8s lors, \u00e0 juste titre que les juges de premi\u00e8re instance, apr\u00e8s avoir pris en compte les paiements partiels d\u2019un montant total de 21.000 euros effectu\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1), ont retenu que cette derni\u00e8re restait redevable du montant de 39.000 euros.<\/p>\n<p>16 Le jugement entrepris est donc \u00e0 confirmer, quoique partiellement pour d\u2019autres motifs, en ce qu\u2019il a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 1) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) le montant de 39.000 euros.<\/p>\n<p>Quant aux indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure Il y a encore lieu \u00e0 confirmation du jugement entrepris en ce qu\u2019il a d\u00e9bout\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) de sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, la condition de l\u2019iniquit\u00e9 pr\u00e9vue par l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile laissant d\u2019\u00eatre \u00e9tablie en ce qui concerne la premi\u00e8re instance. L\u2019appel incident de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) \u00e0 cet \u00e9gard laisse donc d\u2019\u00eatre fond\u00e9. Comme il serait n\u00e9anmoins in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9 S0C 2) l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais non compris dans les d\u00e9pens en ce qui concerne l\u2019instance d\u2019appel, sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour la pr\u00e9sente instance est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e \u00e0 concurrence de 1.000 euros. La soci\u00e9t\u00e9 appelante succombant \u00e0 l\u2019instance et devant supporter la charge des d\u00e9pens, sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel n\u2019est pas fond\u00e9e.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS: la Cour d\u2019appel, troisi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, dit recevable, mais non fond\u00e9 le moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur de l\u2019acte d\u2019appel, soulev\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais S0C 2) BUSINESS INFORMATION SOLUTIONS BV, anciennement S0C 2) GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V.,<\/p>\n<p>dit recevable l\u2019appel principal,<\/p>\n<p>dit recevables, mais non fond\u00e9es les fins de non- recevoir soulev\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme S0C 1) S.A.,<\/p>\n<p>dit recevable l\u2019appel incident,<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9s les appels principal et incident,<\/p>\n<p>confirme le jugement entrepris,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme S0C 1) S.A. \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais S0C 2) BUSINESS INFORMATION SOLUTIONS BV, anciennement S0C 2)<\/p>\n<p>17 GROUP EUROPE &amp; AFRICA (AMSTERDAM) B.V., une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 euros pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>d\u00e9boute la soci\u00e9t\u00e9 anonyme S0C 1) S.A. de sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme S0C 1) S.A. aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel, avec distraction au profit de Christian GAILLOT, sur ses affirmations de droit.<\/p>\n<p>La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par Monsieur le pr\u00e9sident de chambre Alain THORN, en pr\u00e9sence du greffier Isabelle HIPPERT.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-3\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-3\/20240827-155303\/20220303-cal-2020-00492-30-arret-comm-a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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