{"id":673287,"date":"2026-04-24T15:28:57","date_gmt":"2026-04-24T13:28:57","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-9-fevrier-2022-n-2021-01193\/"},"modified":"2026-04-24T15:29:01","modified_gmt":"2026-04-24T13:29:01","slug":"cour-superieure-de-justice-9-fevrier-2022-n-2021-01193","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-9-fevrier-2022-n-2021-01193\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 9 f\u00e9vrier 2022, n\u00b0 2021-01193"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b020\/22 &#8212; I &#8212; r\u00e9f\u00e9r\u00e9 exceptionnel (aff.fam.)<\/p>\n<p>Arr\u00eat civil<\/p>\n<p>Audience publique du neuf f\u00e9vrier deux mille vingt-deux<\/p>\n<p>Num\u00e9ros CAL-2021- 01193 et CAL- 2022- 00015 du r\u00f4le<\/p>\n<p>rendu par la premi\u00e8re chambre de la Cour d\u2019appel, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, dans la cause<\/p>\n<p>I) : CAL-2021- 01193<\/p>\n<p>E n t r e:<\/p>\n<p>A., n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant \u00e0 (\u2026), \u00e9lisant domicile en l\u2019\u00e9tude de Ma\u00eetre Estelle BARBOTIN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 L-1510 Luxembourg, 60, avenue de la Fa\u00efencerie,<\/p>\n<p>appelant aux termes d\u2019une requ\u00eate d\u2019appel signifi\u00e9e le 15 d\u00e9cembre 2021 et d\u00e9pos\u00e9e au greffe de la Cour d\u2019appel le 29 d\u00e9cembre 2021,<\/p>\n<p>repr\u00e9sent\u00e9 par Ma\u00eetre Estelle BARBOTIN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1. B., n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant \u00e0 (\u2026),<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins de la susdite requ\u00eate,<\/p>\n<p>repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Claudine ERPELDING, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>2. Le Procureur d\u2019Etat pr\u00e8s le Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, ayant ses bureaux au Plateau du Saint Esprit \u00e0 Luxembourg, Cit\u00e9 Judiciaire \u00e0 L-2080 Luxembourg,<\/p>\n<p>repr\u00e9sent\u00e9 par Serge WAGNER, premier avocat g\u00e9n\u00e9ral, en remplacement de Madame le Procureur G\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat aupr\u00e8s du Parquet G\u00e9n\u00e9ral du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212; II) : CAL-2022- 00015<\/p>\n<p>E n t r e:<\/p>\n<p>Le Procureur d\u2019Etat pr\u00e8s le Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, ayant ses bureaux au Plateau du Saint Esprit \u00e0 Luxembourg, Cit\u00e9 Judiciaire \u00e0 L-2080 Luxembourg,<\/p>\n<p>appelant aux termes d\u2019une requ\u00eate d\u2019appel d\u00e9pos\u00e9e au greffe de la Cour d\u2019appel le 5 janvier 2022 ,<\/p>\n<p>repr\u00e9sent\u00e9 par Serge WAGNER, premier avocat g\u00e9n\u00e9ral, en remplacement de Madame le Procureur G\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat aupr\u00e8s du Parquet G\u00e9n\u00e9ral du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg,<\/p>\n<p>et :<\/p>\n<p>1. B., n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant \u00e0 (\u2026)<\/p>\n<p>intim\u00e9e aux fins de la susdite requ\u00eate,<\/p>\n<p>repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Claudine ERPELDING, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>2. A., n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant \u00e0 (\u2026), \u00e9lisant domicile en l\u2019\u00e9tude de Ma\u00eetre Estelle BARBOTIN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 L- 1510 Luxembourg, 60, avenue de la Fa\u00efencerie,<\/p>\n<p>intim\u00e9 aux fins de la susdite requ\u00eate,<\/p>\n<p>repr\u00e9sent\u00e9 par Ma\u00eetre Estelle BARBOTIN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<p>L A C O U R D &#039; A P P E L :<\/p>\n<p>Par ordonnance rendue contradictoirement en date du 1 er d\u00e9cembre 2021, le juge aux affaires familiales pr\u00e8s le Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, statuant comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9, sur base de la Convention de la Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l\u2019enl\u00e8vement international d\u2019enfants (ci-apr\u00e8s la Convention) et de l\u2019article 1110 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, a re\u00e7u la demande du Minist\u00e8re Public tendant \u00e0 voir ordonner le retour imm\u00e9diat de l\u2019enfant commun mineur C., n\u00e9 le (\u2026), en (\u2026), s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 comp\u00e9tent pour en conna\u00eetre, a constat\u00e9 que le d\u00e9placement de l\u2019enfant C. a eu lieu un an avant l\u2019introduction d\u2019une requ\u00eate par A. pour enl\u00e8vement d\u2019enfant, dit qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de<\/p>\n<p>3 l\u2019enfant C. de retourner en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie, et a d\u00e9bout\u00e9 le Minist\u00e8re Public de sa demande.<\/p>\n<p>De cette ordonnance, non signifi\u00e9e, appel a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9 par A. par exploit d\u2019huissier de justice du 15 d\u00e9cembre 2021, d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour le 29 d\u00e9cembre 2021, (enr\u00f4l\u00e9e sous le num\u00e9ro CAL- 2021- 001193) et par le Minist\u00e8re Public par exploit d\u2019huissier de justice du 23 d\u00e9cembre 2021, d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour le 5 janvier 2022 (enr\u00f4l\u00e9e sous le num\u00e9ro CAL- 2022- 00015).<\/p>\n<p>Ils demandent \u00e0 la Cour, par r\u00e9formation, de dire que le d\u00e9placement de l\u2019enfant C. a eu lieu moins d\u2019un an avant l\u2019introduction de la requ\u00eate par A. et d\u2019ordonner le retour imm\u00e9diat de l\u2019enfant C. en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie.<\/p>\n<p>A. demande en outre une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 euros, ainsi que la condamnation de l\u2019intim\u00e9e aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>A. et le Minist\u00e8re Public font valoir que ce serait \u00e0 tort que le juge de premi\u00e8re instance a d\u00e9cid\u00e9 que le d\u00e9placement de l\u2019enfant C. avait eu lieu plus d\u2019un an avant l\u2019introduction de la requ\u00eate et qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de ce dernier de retourner en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie.<\/p>\n<p>Ils exposent que contrairement \u00e0 ce qu\u2019a retenu ledit juge, B. n\u2019aurait pas r\u00e9sid\u00e9 de mani\u00e8re continue pendant plus d\u2019un an en Hongrie avant de se rendre au Luxembourg, mais serait retourn\u00e9e avec l\u2019enfant commun vivre en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie du 3 ao\u00fbt 2020 au 25 octobre 2020, de sorte que la requ\u00eate introduite en date du 27 mai 2021 par A. serait recevable.<\/p>\n<p>Quant au fond, la demande serait fond\u00e9e sur base des articles 3 et 12 de la Convention.<\/p>\n<p>B. demande la confirmation de l\u2019ordonnance entreprise.<\/p>\n<p>Elle ne conteste pas que les conditions de l\u2019article 3 a) de la Convention soient r\u00e9unies, A. b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un droit de visite et d\u2019h\u00e9bergement \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019enfant commun.<\/p>\n<p>Elle nie cependant qu\u2019A. ait exerc\u00e9 de mani\u00e8re effective son droit de visite, au demeurant tr\u00e8s r\u00e9duit, qui lui avait \u00e9t\u00e9 octroy\u00e9 en janvier 2020 par le tribunal, l\u2019arr\u00eat lui ayant octroy\u00e9 \u00e9galement un droit d\u2019h\u00e9bergement, n\u2019\u00e9tant devenu d\u00e9finitif qu\u2019apr\u00e8s le d\u00e9placement de l\u2019enfant commun vers le Luxembourg, et n\u2019ayant partant jamais \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9. En outre, A. ne se serait oppos\u00e9 ni \u00e0 ce qu\u2019elle vienne travailler au Luxembourg de mars \u00e0 mai 2019 en emmenant l\u2019enfant commun, ni \u00e0 ce qu\u2019elle parte travailler en Hongrie en f\u00e9vrier 2020, \u00e9galement avec l\u2019enfant. Elle estime d\u2019ailleurs \u00eatre en droit de choisir librement son lieu de r\u00e9sidence, aucune disposition l\u00e9gale arm\u00e9nienne ne limitant ce droit. Elle en conclut qu\u2019en application de l\u2019article 13 b) de la Convention, le d\u00e9placement ne serait pas illicite.<\/p>\n<p>En outre, elle conteste que la demande ait \u00e9t\u00e9 introduite end\u00e9ans le d\u00e9lai d\u2019un an apr\u00e8s son d\u00e9part de la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie avec l\u2019enfant commun, exposant qu\u2019elle serait partie travailler en Hongrie en f\u00e9vrier 2020 et qu\u2019elle y aurait eu sa r\u00e9sidence habituelle jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part vers le Luxembourg.<\/p>\n<p>4 Elle ne serait rentr\u00e9e en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie en ao\u00fbt 2020 que pour y passer des vacances et y serait rest\u00e9e en raison de la Covid, son employeur lui ayant demand\u00e9 de \u00ab travailler de la maison \u00bb (t\u00e9l\u00e9travail). Elle y serait rest\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9part vers le Luxembourg, tout en travaillant pour son employeur hongrois. Ayant \u00e9t\u00e9 contrainte d\u2019attendre son permis de s\u00e9jour avant de partir vers le Luxembourg, elle aurait, en attendant, scolaris\u00e9 C. en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie.<\/p>\n<p>Elle donne encore \u00e0 consid\u00e9rer que C. serait actuellement tr\u00e8s bien int\u00e9gr\u00e9 au Luxembourg, qu\u2019il y serait heureux et qu\u2019il ne serait pas dans son int\u00e9r\u00eat de retourner en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie. Ayant toujours v\u00e9cu seul avec sa m\u00e8re, les cons\u00e9quences psychiques pour l\u2019enfant seraient \u00e9videntes s\u2019il devait partir vivre chez son p\u00e8re et un danger physique ne serait pas exclu non plus eu \u00e9gard \u00e0 la situation de guerre existant entre l\u2019Azerba\u00efdjan et la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie. Elle pr\u00e9cise \u00e0 cet \u00e9gard qu\u2019en raison du danger li\u00e9 \u00e0 la situation politique, les autorit\u00e9s luxembourgeoises ne renverraient actuellement aucun demandeur d\u2019asile en Arm\u00e9nie.<\/p>\n<p>Pour autant que de besoin, elle demande qu\u2019un avocat soit nomm\u00e9 pour repr\u00e9senter les int\u00e9r\u00eats de l\u2019enfant, sinon que ce dernier soit entendu.<\/p>\n<p>Elle renvoie \u00e0 l\u2019article 20 de la Convention, selon lequel \u00ab le retour de l\u2019enfant (\u2026.) peut \u00eatre refus\u00e9 quand il ne serait pas permis par les principes fondamentaux de l\u2019Etat requis sur la sauvegarde des droit de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales \u00bb, ainsi qu\u2019\u00e0 la Convention internationale des droits de l\u2019enfant, en vertu de laquelle il conviendrait de faire primer l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de l\u2019enfant.<\/p>\n<p>A. r\u00e9plique que l\u2019article 3 de la Convention se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la garde, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la notion \u00ab d\u2019autorit\u00e9 parentale \u00bb et non \u00e0 l\u2019exercice effectif du droit de visite et d\u2019h\u00e9bergement. Or, il serait d\u00e9tenteur, conjointement avec la m\u00e8re, de l\u2019autorit\u00e9 parentale sur l\u2019enfant commun C.. Il pr\u00e9cise \u00e9galement s\u2019\u00eatre toujours oppos\u00e9 aux d\u00e9placements de l\u2019intim\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tranger avec l\u2019enfant, raison pour laquelle il voulait faire acter dans le jugement de divorce que B. devait \u00e9tablir sa r\u00e9sidence en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie. Concernant le d\u00e9placement \u00e0 Luxembourg, il n\u2019en aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 qu\u2019a posteriori.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>Les appels, non contest\u00e9s par l\u2019intim\u00e9e quant \u00e0 leur recevabilit\u00e9, ont \u00e9t\u00e9 introduits dans les formes et d\u00e9lai de la loi et sont recevables.<\/p>\n<p>Dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une bonne administration de la justice, il y a lieu de joindre les affaires introduites sous les num\u00e9ros CAL- 2021- 01193 et CAL- 2022- 00015.<\/p>\n<p>Selon l\u2019article 12 de la Convention \u00ab lorsqu\u2019un enfant a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9 ou retenu illicitement au sens de l\u2019article 3 et qu\u2019une p\u00e9riode de moins d\u2019un an s\u2019est \u00e9coul\u00e9e \u00e0 partir du d\u00e9placement ou du non- retour au moment de l\u2019introduction de la demande devant l\u2019autorit\u00e9 judiciaire ou administrative de l\u2019Etat contractant o\u00f9 se trouve l\u2019enfant, l\u2019autorit\u00e9 saisie ordonne son retour imm\u00e9diat \u00bb.<\/p>\n<p>5 Aux termes dudit article 3 \u00ab le d\u00e9placement ou le non- retour est consid\u00e9r\u00e9 comme illicite : a) lorsqu\u2019il a eu lieu en violation du droit de garde, attribu\u00e9 \u00e0 une personne, une institution ou tout autre organisme, seul ou conjointement, par le droit de l\u2019 Etat dans lequel l\u2019enfant avait sa r\u00e9sidence habituelle imm\u00e9diatement avant son d\u00e9placement ou son non-retour ; et b) que ce droit \u00e9tait exerc\u00e9 de fa\u00e7on effective seul ou conjointement au moment du d\u00e9placement ou du non-retour, ou l\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 si de tels \u00e9v\u00e8nements n\u2019\u00e9taient survenus. Le droit de garde vis\u00e9 en a) peut notamment r\u00e9sulter d\u2019une attribution de plein droit, d\u2019une d\u00e9cision judiciaire ou administrative, ou d\u2019un accord en vigueur selon le droit de cet E tat \u00bb.<\/p>\n<p>Il convient de pr\u00e9ciser d\u2019embl\u00e9e que l\u2019objectif de la Convention est d\u2019\u00e9tablir une proc\u00e9dure visant \u00e0 obtenir le retour rapide dans leur E tat de r\u00e9sidence habituelle des enfants qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9s ou retenus illicitement et de faire respecter les droits de garde et de visite existant dans un E tat contractant (article 1 er de la Convention). La Convention s\u2019appuie sur le principe selon lequel, sauf circonstances exceptionnelles, le d\u00e9placement ou le non-retour illicite d\u2019un enfant au-del\u00e0 des fronti\u00e8res internationales ne r\u00e9pond pas \u00e0 son int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur. Le retour de l\u2019enfant dans son E tat de r\u00e9sidence habituelle prot\u00e8ge son droit d\u2019entretenir des contacts avec ses deux parents et garantit que toute d\u00e9cision relative au droit de garde ou au droit de visite soit rendue par le tribunal appropri\u00e9. La d\u00e9cision de retour a vocation \u00e0 restaurer le statu quo existant avant le d\u00e9placement ou le non-retour (cf. Pr\u00e9ambule de la Convention et Rapport explicatif d\u2019Elisa P\u00e9rez-Vera, n\u00b0 16 et ss.).<\/p>\n<p>Dans son article 13, la Convention pr\u00e9voit cependant certains cas, dans lesquels les juges ne sont pas tenus d\u2019ordonner le retour.<\/p>\n<p>En effet, ledit article 13 dispose que :<\/p>\n<p>\u00ab Nonobstant les dispositions de l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent, l\u2019autorit\u00e9 judiciaire ou administrative de l\u2019Etat requis n\u2019est pas tenue d\u2019ordonner le retour de l\u2019enfant lorsque la personne, l\u2019institution ou l\u2019organisme qui s\u2019oppose \u00e0 son retour, \u00e9tablit a) que la personne, l\u2019institution ou l\u2019organisme qui avait le soin de la personne de l\u2019enfant n\u2019exer\u00e7ait pas effectivement le droit de garde \u00e0 l\u2019\u00e9poque du d\u00e9placement ou du non-retour, ou avait consenti ou acquiesc\u00e9 post\u00e9rieurement \u00e0 ce d\u00e9placement, ou \u00e0 ce non- retour ; ou b) qu\u2019il existe un risque grave que le retour de l \u2018enfant ne l\u2019expose \u00e0 un danger physique ou psychique, ou de toute autre mani\u00e8re ne le place dans une situation intol\u00e9rable.<\/p>\n<p>L\u2019autorit\u00e9 judiciaire ou administrative peut aussi refuser d\u2019ordonner le retour de l\u2019enfant si elle constate que celui-ci s\u2019oppose \u00e0 son retour et qu\u2019il a atteint un \u00e2ge ou une maturit\u00e9 o\u00f9 il se r\u00e9v\u00e8le appropri\u00e9 de tenir compte de cette opinion.<\/p>\n<p>Dans l\u2019appr\u00e9ciation des circonstances vis\u00e9es dans cet article, les autorit\u00e9s judiciaires ou administratives doivent tenir compte des informations fournies<\/p>\n<p>6 par l\u2019Autorit\u00e9 centrale ou toute autre autorit\u00e9 comp\u00e9tente de l\u2019Etat de la r\u00e9sidence habituelle de l\u2019enfant sur sa situation sociale \u00bb.<\/p>\n<p>Il suit de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que si les conditions de l\u2019article 12 de la Convention sont r\u00e9unies, le retour doit \u00eatre ordonn\u00e9, sauf si les conditions de l\u2019une des exceptions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 13 sont r\u00e9unies, sachant que ces exceptions doivent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es restrictivement si l\u2019on veut \u00e9viter que la Convention devienne lettre morte (Rapport explicatif d\u2019Elisa P\u00e9rez-Vera, n\u00b0 34).<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments du dossier qu\u2019A. et B. se sont mari\u00e9s en date (\u2026); qu\u2019ils ont un enfant; que leur mariage a \u00e9t\u00e9 dissout en date du 14 janvier 2020; que les parents exercent conjointement l\u2019autorit\u00e9 parentale (cf. jugement divorce du 14 janvier 2020, pi\u00e8ce 1, p.31 de la farde de pi\u00e8ces de Ma\u00eetre Barbotin, Article 35 de la Constitution de la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie et article 49 du Code de la famille de la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie) ; que par jugement du 14 janvier 2020, les juges ont fix\u00e9 la r\u00e9sidence de l\u2019enfant aupr\u00e8s de la m\u00e8re et ont accord\u00e9 \u00e0 A. un droit de visite; que suite \u00e0 l\u2019appel relev\u00e9 par A., la Cour d\u2019appel civile de la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie a, par arr\u00eat du 19 juin 2020, accord\u00e9 \u00e0 A. un droit de visite et d\u2019h\u00e9bergement \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019enfant C. \u00e0 exercer chaque mardi et jeudi de 10.00 heures \u00e0 21.00 heures et du samedi de 12.00 heures au dimanche 12.00 heures sans la pr\u00e9sence de la m\u00e8re; que B. a introduit un recours en cassation contre l\u2019arr\u00eat du 19 juin 2020; qu\u2019elle a, en date du 27 juillet 2020, sign\u00e9 un contrat de travail avec la soci\u00e9t\u00e9 BDO \u00e0 Luxembourg avec effet au 1 er octobre 2020 et que la Cour de cassation a en date du 4 novembre 2020 rejet\u00e9 le recours introduit contre l\u2019arr\u00eat du 19 juin 2020 par B. .<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 bon droit que le juge de premi\u00e8re instance a retenu que le droit de garde au sens de la Convention est \u00e0 assimiler \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 parentale (Rapport explicatif d\u2019Elisa P\u00e9rez-Vera, nos 65, 71 et 84, Cass. 1 \u00e8re civ., 13 d\u00e9cembre 2017, n\u00b0 17- 19.727), et que selon les articles 35 de la Constitution de la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie et 49 du Code de la famille de la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie, ainsi qu\u2019en vertu du jugement rendu entre A. et B. le 14 janvier 2020, l\u2019autorit\u00e9 parentale \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019enfant C. \u00e9tait exerc\u00e9e de fa\u00e7on conjointe par les deux parents au moment du d\u00e9placement.<\/p>\n<p>A cet \u00e9gard, il convient de pr\u00e9ciser, contrairement aux affirmations de l\u2019intim\u00e9e, qu\u2019en raison de l\u2019autorit\u00e9 parentale conjointe, cette derni\u00e8re ne peut emmener l\u2019enfant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sans avoir obtenu au pr\u00e9alable l\u2019accord du p\u00e8re de l\u2019enfant. L\u2019intim\u00e9e devait d\u2019ailleurs \u00eatre consciente de ce fait, les juges d\u2019appel arm\u00e9niens ayant pr\u00e9cis\u00e9 dans leur arr\u00eat du 19 juin 2020 que \u00ab le changement du pays de la r\u00e9sidence habituelle de l\u2019enfant par l\u2019autre parent sans le consentement de l\u2019un des parents, c\u2019est-\u00e0-dire le transfert ou la d\u00e9tention ill\u00e9gale de l\u2019enfant, est consid\u00e9r\u00e9 comme un enl\u00e8vement au sens de l\u2019article 3 de la Convention de la Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l\u2019enl\u00e8vement international d\u2019enfants \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est cependant \u00e0 tort que le juge de premi\u00e8re instance a retenu que la r\u00e9sidence habituelle de l\u2019enfant imm\u00e9diatement avant son d\u00e9placement \u00e9tait situ\u00e9e en Hongrie.<\/p>\n<p>En effet, il r\u00e9sulte du courrier du Service de la S\u00e9curit\u00e9 Nationale de la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie du 20 octobre 2021 que, hormis quelques s\u00e9jours<\/p>\n<p>7 d\u2019environ chaque fois une semaine, un s\u00e9jour de trois mois du 26 f\u00e9vrier au 31 mai 2019 et un s\u00e9jour de 5 mois du 28 f\u00e9vrier au 3 ao\u00fbt 2020, C. a toujours v\u00e9cu en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie jusqu\u2019au 25 octobre 2020, date de son d\u00e9placement vers le Luxembourg (pi\u00e8ce 7 de la farde de pi\u00e8ces de Ma\u00eetre Barbotin).<\/p>\n<p>L\u2019 \u00ab accord de r\u00e9siliation de l\u2019appartement de Hongrie \u00bb (pi\u00e8ce 21 de la farde 3 de la farde de pi\u00e8ces de Ma\u00eetre Erpelding), de m\u00eame que l\u2019 \u00ab attestation fiscale hongroise attestant comme fin du contrat de travail avec PWC Hongrie le 26 octobre 2020 \u00bb (pi\u00e8ce 23 de la farde 3 de pi\u00e8ces de Ma\u00eetre Erpelding), ne sont pas de nature \u00e0 \u00e9tablir le contraire, l\u2019intim\u00e9e ayant admis \u00e0 l\u2019audience \u00eatre rentr\u00e9e avec l\u2019enfant commun en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie en ao\u00fbt 2020 et y \u00eatre rest\u00e9e jusque fin octobre 2020, la soci\u00e9t\u00e9 PWC Hongrie lui ayant demand\u00e9 de travailler depuis \u00ab la maison \u00bb.<\/p>\n<p>Le fait que C. a eu sa r\u00e9sidence habituelle en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie au moment du d\u00e9placement r\u00e9sulte encore des attestations de D. , d\u2019E.et de F. , ce dernier pr\u00e9cisant \u00e9galement que depuis le 1 er septembre 2020, C. avait \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9 en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie, ce que la m\u00e8re a confirm\u00e9.<\/p>\n<p>De m\u00eame, c\u2019est \u00e0 tort que le juge de premi\u00e8re instance a retenu qu\u2019A. n\u2019exer\u00e7ait pas de fa\u00e7on effective son droit de garde, c\u2019est -\u00e0-dire son autorit\u00e9 parentale qui \u00e0 l\u2019\u00e9poque se concr\u00e9tisait principalement par l\u2019ex\u00e9cution du droit de visite.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte, en effet, des attestations cit\u00e9es ci-avant que lorsque C. \u00e9tait en Arm\u00e9nie, les droits de visite \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement ex\u00e9cut\u00e9s et qu\u2019A. s\u2019occupait de son fils pendant les quelques heures o\u00f9 il \u00e9tait chez lui, respectivement chez ses parents, sachant qu\u2019avant l\u2019arr\u00eat du 19 juin 2020 lui accordant \u00e9galement un droit d\u2019h\u00e9bergement, son droit de visite avait \u00e9t\u00e9 limit\u00e9 aux mardis de 18.00 heures \u00e0 21.00 heures et aux samedis de 10.00 heures \u00e0 16.00 heures. Pendant les droits de visite, l\u2019enfant n\u2019avait pas seulement l\u2019occasion de voir son p\u00e8re, mais \u00e9galement ses grands-parents, sa tante, son cousin et sa cousine, avec lesquels il s\u2019entendait tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p>De mars \u00e0 mai 2019 et de f\u00e9vrier \u00e0 fin juillet 2020, le droit de visite n\u2019a pu \u00eatre exerc\u00e9 par l\u2019appelant, parce que l\u2019intim\u00e9e \u00e9tait partie avec l\u2019enfant commun au Luxembourg, respectivement en Hongrie. De m\u00eame, le droit d\u2019h\u00e9bergement accord\u00e9 \u00e0 l\u2019appelant par l\u2019arr\u00eat du 19 juin 2020 n\u2019a pu \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 par l\u2019appelant en raison du pourvoi en cassation introduit contre cet arr\u00eat par l\u2019intim\u00e9e, pourvoi qui a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 en date du 4 novembre 2020 lorsque l\u2019enfant commun avait d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie. L\u2019exercice du droit de visite, puis du droit de visite et d\u2019h\u00e9bergement, n\u2019ayant pendant ces p\u00e9riodes pas \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9 en raison du comportement de l\u2019intim\u00e9e, cette derni\u00e8re est actuellement malvenue d\u2019en faire \u00e9tat \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019appelant.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il y a lieu de dire que le lieu de r\u00e9sidence habituelle de l\u2019enfant imm\u00e9diatement avant son d\u00e9placement en date du 25 octobre 2020 \u00e9tait la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie, qu\u2019A. exer\u00e7ait son droit de garde de fa\u00e7on effective et qu\u2019au moment de l\u2019introduction de la demande en retour, moins d\u2019un an s\u2019\u00e9tait \u00e9coul\u00e9 depuis le d\u00e9placement illicite de C. , de sorte que<\/p>\n<p>8 les conditions de l\u2019article 3 sont r\u00e9unies et que la demande a \u00e9t\u00e9 introduite end\u00e9ans le d\u00e9lai pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 12 de la Convention.<\/p>\n<p>Il convient partant d\u2019ordonner le retour, \u00e0 moins que l\u2019intim\u00e9e qui s\u2019oppose audit retour et sur laquelle repose la charge de la preuve, n\u2019\u00e9tablisse une des exceptions pr\u00e9vues par la Convention.<\/p>\n<p>Concernant le point a) de l\u2019article 13, alin\u00e9a 1 er , il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements ci-avant qu\u2019au moment du d\u00e9placement litigieux l\u2019appelant exer\u00e7ait de fa\u00e7on effective son droit de garde. Par ailleurs, bien que le contrat de travail avec la soci\u00e9t\u00e9 BDO \u00e0 Luxembourg ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 en date du 27 juillet 2020 et que l\u2019intim\u00e9e ait encore v\u00e9cu les trois mois suivants en Arm\u00e9nie, il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier qu\u2019elle ait inform\u00e9 l\u2019appelant de son projet de partir s\u2019\u00e9tablir avec l\u2019enfant commun au Luxembourg. Ce dernier n\u2019y a partant ni consenti, ni acquiesc\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019alin\u00e9a 1 er , point b) de l\u2019article 13 de la Convention introduit quant \u00e0 lui au sein du m\u00e9canisme de retour imm\u00e9diat une prise en consid\u00e9ration du fond de l&#039;affaire. Son existence se justifie par le souhait de contrecarrer l&#039;automaticit\u00e9 du retour, laquelle pourrait se r\u00e9v\u00e9ler pr\u00e9judiciable \u00e0 l&#039;enfant, dans certaines situations extr\u00eames. L&#039;appr\u00e9ciation de ce qui constitue un risque grave de danger pour l&#039;enfant ou de situation intol\u00e9rable doit se faire strictement, au risque de priver le m\u00e9canisme de retour imm\u00e9diat de son efficacit\u00e9 et, par cons\u00e9quent, de couvrir a posteriori le d\u00e9placement illicite d\u2019enfants que pr\u00e9cis\u00e9ment la Convention de la Haye a pour objectif de combattre (JCl Droit international, Fasc. 549- 30, Enl\u00e8vement international d\u2019enfants, La Convention de La Haye du 25 octobre 1980, Droit g\u00e9n\u00e9ral de l&#039;enl\u00e8vement international d&#039;enfants, Date fasc. 19 juillet 2019, par E. Gallant, n\u00b0 85 et ss.). L\u2019objectif de la Convention est de faire cesser une voie de fait et non de prendre parti sur le fond de l\u2019autorit\u00e9 parentale.<\/p>\n<p>Force est de constater au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier que l\u2019intim\u00e9e n\u2019\u00e9tablit aucun danger r\u00e9sultant des conditions de vie de l\u2019enfant en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie ou du comportement du p\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9gard de celui-ci. Avant son d\u00e9placement, C. voyait r\u00e9guli\u00e8rement son p\u00e8re et sa famille paternelle. Il est, par ailleurs, constant en cause qu\u2019A. est venu \u00e0 Luxembourg pour voir son fils.<\/p>\n<p>S\u2019il est vrai que le retour de l\u2019enfant en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie risque de le priver de la relation privil\u00e9gi\u00e9e qu\u2019il entretient avec sa m\u00e8re, au cas o\u00f9 cette derni\u00e8re restait \u00e0 Luxembourg, ainsi que de l\u2019entourage social qu\u2019il s\u2019est \u00e9difi\u00e9 depuis qu\u2019il est \u00e0 Luxembourg, il n\u2019est cependant pas \u00e0 craindre que l\u2019enfant souffre de difficult\u00e9s de r\u00e9adaptation dans son pays d\u2019origine, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 pendant la plus grande partie de sa vie, o\u00f9 il \u00e9tait scolaris\u00e9, dont il parle la langue et o\u00f9 sont domicili\u00e9s son p\u00e8re et ses grands-parents tant paternels que maternels (ses grands-parents maternels n\u2019\u00e9tant venus \u00e0 Luxembourg que pour aider leur fille), ainsi que ses cousins.<\/p>\n<p>Il ne r\u00e9sulte, par ailleurs, pas des \u00e9l\u00e9ments du dossier que son p\u00e8re ne dispose pas des capacit\u00e9s \u00e9ducatives et financi\u00e8res n\u00e9cessaires pour prendre soin de son fils.<\/p>\n<p>9 Rien ne permet d\u00e8s lors de conclure qu\u2019un retour n\u2019expose l\u2019enfant C. \u00e0 un grand danger psychique, et ce d\u2019autant plus, que C. a d\u00e9j\u00e0 par deux fois quitt\u00e9 la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie pendant plusieurs mois avec sa m\u00e8re en raison des activit\u00e9s professionnelles de cette derni\u00e8re (de mars \u00e0 mai 2019 au Luxembourg et de f\u00e9vrier \u00e0 ao\u00fbt 2020 \u00e0 Budapest) pour y retourner par la suite sans qu\u2019il ne soit \u00e9tabli qu\u2019il en ait souffert o\u00f9 qu\u2019il ait eu du mal \u00e0 se r\u00e9adapter.<\/p>\n<p>Il laisse \u00e9galement d\u2019\u00eatre \u00e9tabli qu\u2019un retour l\u2019exposerait \u00e0 un risque physique, le conflit entre la R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie et l\u2019Azerba\u00efdjan \u00e9tant suffisamment \u00e9loign\u00e9 du lieu de vie de C. (Erevan). L\u2019intim\u00e9e ne s\u2019est d\u2019ailleurs pas formellement oppos\u00e9e \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019un retour en R\u00e9publique d\u2019Arm\u00e9nie au cas o\u00f9 son contrat avec BDO n\u2019\u00e9tait pas prolong\u00e9 (cf. Rapport de la Police grand- ducale du 4 juin 2021) ce qui contredit les craintes qu\u2019elle invoque actuellement.<\/p>\n<p>Les affirmations de l\u2019intim\u00e9e concernant le sort r\u00e9serv\u00e9 aux demandeurs d\u2019asile arm\u00e9niens par les autorit\u00e9s luxembourgeoises ne sont \u00e9tablies par aucune pi\u00e8ce et restent \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pures all\u00e9gations.<\/p>\n<p>Concernant la demande de l\u2019intim\u00e9e de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019audition de l\u2019enfant ou de lui nommer un avocat, il y a lieu de pr\u00e9ciser qu\u2019aucun \u00e2ge seuil n&#039;est fix\u00e9 par la Convention pour savoir quels sont les enfants dont l&#039;opinion peut \u00eatre prise en compte, mais son \u00e9conomie postule ind\u00e9niablement en faveur des \u00ab grands \u00bb enfants. L&#039;\u00e2ge et la maturit\u00e9 sont en effet des \u00e9l\u00e9ments que le juge doit prendre en compte pour d\u00e9terminer si l&#039;opinion exprim\u00e9e par l&#039;enfant est vraiment la sienne, et non celle du parent chez qui il vit \u00e0 ce jour et qui l&#039;influence tr\u00e8s certainement (JCl Droit international, Fasc. 549- 30, Enl\u00e8vement international d\u2019enfants, La Convention de La Haye du 25 octobre 1980, Droit g\u00e9n\u00e9ral de l&#039;enl\u00e8vement international d&#039;enfants, Date fasc. 19 juillet 2019, par E. Gallant, n\u00b0 96).<\/p>\n<p>Par ailleurs, l&#039;opposition manifest\u00e9e par l\u2019enfant au retour dans son \u00c9tat de r\u00e9sidence habituelle ne constitue en aucun cas une cause de refus automatique. La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme consid\u00e8re ainsi que la Convention de La Haye ne conf\u00e8re pas \u00e0 l\u2019enfant d\u00e9plac\u00e9 la libert\u00e9 de choisir l\u2019endroit o\u00f9 il veut vivre et, si le point de vue des enfants doit \u00eatre pris en compte par les juridictions nationales, leur opposition ne fait pas n\u00e9cessairement obstacle \u00e0 leur retour. L\u2019appr\u00e9ciation de la question de savoir si l\u2019opposition de l\u2019enfant peut ou non justifier le refus du retour rel\u00e8ve des autorit\u00e9s nationales qui jouissent en ce domaine d\u2019une certaine latitude (JCl Droit international, Fasc. 549-30, Enl\u00e8vement international d\u2019enfants, La Convention de La Haye du 25 octobre 1980, Droit g\u00e9n\u00e9ral de l&#039;enl\u00e8vement international d&#039;enfants, Date fasc. 19 juillet 2019, par E. Gallant, n\u00b0 95).<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard au jeune \u00e2ge de l\u2019enfant (8 ans) et au fait qu\u2019il a toujours v\u00e9cu avec sa m\u00e8re, la Cour n\u2019estime pas opportun de demander son avis, C. \u00e9tant encore trop sous l\u2019influence de sa m\u00e8re et ne r\u00e9alisant pas suffisamment la port\u00e9e de ses d\u00e9clarations.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 ce qui pr\u00e9c\u00e8de, c\u2019est encore \u00e0 tort que l\u2019intim\u00e9e invoque l\u2019article 20 de la Convention, de m\u00eame que la Convention internationale des droits de l\u2019enfant, le but de la Convention \u00e9tant justement, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur<\/p>\n<p>10 de l\u2019enfant, d\u2019\u00e9viter son d\u00e9placement illicite par-del\u00e0 les fronti\u00e8res internationales, le privant ainsi de fa\u00e7on non concert\u00e9e et abrupte de son entourage habituel et de la possibilit\u00e9 d\u2019entretenir un contact r\u00e9gulier avec son parent rest\u00e9 sur place.<\/p>\n<p>Aucune des exceptions pr\u00e9vues aux articles 13 et 20 n\u2019\u00e9tant donn\u00e9e, il y a lieu de r\u00e9former l\u2019ordonnance entreprise et de prononcer le retour imm\u00e9diat de l\u2019enfant C. .<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019issue du litige, la demande d\u2019A. en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e \u00e0 concurrence de 2.000 euros, alors qu\u2019il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 sa charge l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais expos\u00e9 et non compris dans les d\u00e9pens.<\/p>\n<p>De m\u00eame, il y a lieu de condamner l\u2019intim\u00e9e aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>P A R C E S M O T I F S<\/p>\n<p>la Cour d&#039;appel, premi\u00e8re chambre, si\u00e9geant comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9, sur la base de la Convention de La Haye du 25 octobre 1980 sur les aspects civils de l\u2019enl\u00e8vement international d\u2019enfants et de l\u2019article 1110 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, statuant contradictoirement,<\/p>\n<p>ordonne la jonction des affaires introduites sous les num\u00e9ros du r\u00f4le CAL- 2021- 01193 et CAL- 2022- 00015,<\/p>\n<p>re\u00e7oit les appels en la forme,<\/p>\n<p>les dit fond\u00e9s,<\/p>\n<p>r\u00e9formant,<\/p>\n<p>ordonne le retour imm\u00e9diat de l\u2019enfant C. , n\u00e9 le (\u2026) , en (\u2026)<\/p>\n<p>condamne B. \u00e0 payer \u00e0 A. une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2 .000 euros,<\/p>\n<p>condamne B. aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>Ainsi fait, jug\u00e9 et prononc\u00e9 \u00e0 l\u2019audience publique o\u00f9 \u00e9taient pr\u00e9sents :<\/p>\n<p>Jeanne GUILLAUME, pr\u00e9sident de chambre, Rita BIEL, premier conseiller, Thierry SCHILTZ, conseiller, Serge WAGNER, premier avocat g\u00e9n\u00e9ral, Amra ADROVIC, greffier.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-1e-chambre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-1e-chambre\/20240827-123751\/20220209-cal-2021-01193-cal-2022-00015-20.-refere-exceptionnel-a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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