{"id":675828,"date":"2026-04-24T23:09:42","date_gmt":"2026-04-24T21:09:42","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-de-cassation-16-decembre-2021-n-2020-00133\/"},"modified":"2026-04-24T23:09:46","modified_gmt":"2026-04-24T21:09:46","slug":"cour-de-cassation-16-decembre-2021-n-2020-00133","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-16-decembre-2021-n-2020-00133\/","title":{"rendered":"Cour de cassation, 16 d\u00e9cembre 2021, n\u00b0 2020-00133"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>N\u00b0 157 \/ 2021 du 16.12.2021 Num\u00e9ro CAS -2020-00133 du registre<\/p>\n<p>Audience publique de la Cour de cassation du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg du jeudi, seize d\u00e9cembre deux mille vingt -et-un.<\/p>\n<p>Composition:<\/p>\n<p>Roger LINDEN, pr\u00e9sident de la Cour, Serge THILL, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Agn\u00e8s ZAGO, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Mich\u00e8le HORNICK, conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel, Nadine WALCH, conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel, Simone FLAMMANG, premier avocat g\u00e9n\u00e9ral, Daniel SCHROEDER, greffier \u00e0 la Cour.<\/p>\n<p>Entre:<\/p>\n<p>1) Dr K), avocat, pris en sa qualit\u00e9 d\u2019 Insolvenzverwalter de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro B186314, ayant son domicile professionnel \u00e0 D-,<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G), repr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019 Insolvenzverwalter Dr K),<\/p>\n<p>demandeurs en cassation,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple BONN STEICHEN &amp; PARTNERS, inscrite \u00e0 la liste V du t ableau de l\u2019Ordre des a vocats du barreau de Luxembourg, en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Fabio TREVISAN , avocat \u00e0 la Cour,<\/p>\n<p>et:<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB),<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e M) IV,<\/p>\n<p>d\u00e9fenderesses en cassation,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple KLEYR GRASSO, inscrite \u00e0 la liste V du t ableau de l\u2019Ordre des a vocats du barreau de Luxembourg, en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Pascal SASSEL, avocat \u00e0 la Cour,<\/p>\n<p>2 3) Ma\u00eetre Alain RUKAVINA, avocat \u00e0 la Cour, pris en sa qualit\u00e9 de s\u00e9questre, d\u00e9sign\u00e9 par ordonnance pr\u00e9sidentielle du 26 novembre 2019, r\u00e9tract\u00e9e par l\u2019ordonnance 2020TALREFO\/00217 du 5 juin 2020, r\u00e9tractation confirm\u00e9e par arr\u00eat de la Cour d\u2019appel num\u00e9ro 114\/20- VII-REF du 22 juillet 2020, \u00e9tabli \u00e0 L -1142 Luxembourg, 9, rue Pierre d&#039;Aspelt,<\/p>\n<p>4) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e S) II,<\/p>\n<p>5) la soci\u00e9t\u00e9 A) ICVC, repr\u00e9sent\u00e9e par le repr\u00e9sentant l\u00e9gal, agissant au nom et pour le compte de son compartiment \u00ab A) Investors Higher Income Plus Fund \u00bb,<\/p>\n<p>6) la soci\u00e9t\u00e9 NN (L) SICAV, agissant au nom et pour le compte de ses compartiments \u00ab NN (L) European High Yield \u00bb, \u00ab NN (L) Glogal High Yield \u00bb et \u00ab NN (L) US High Yield \u00bb,<\/p>\n<p>7) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit allemand X) GmbH, repr\u00e9sent\u00e9e par le repr\u00e9sentant l\u00e9gal et agissant en sa qualit\u00e9 de gestionnaire du \u00ab Sonderverm\u00f6gen de droit allemand L1- \u2026-Absolute Return \u00bb<\/p>\n<p>8) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7ais F) ,<\/p>\n<p>d\u00e9fendeurs en cassation.<\/p>\n<p>_____________________________________________________________<\/p>\n<p>Vu l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, num\u00e9ro 114\/20- VII-REF, rendu le 22 juillet 2020 sous le num\u00e9ro CAL-2020-00511 du r\u00f4le par l a Cour d\u2019appel du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, sept i\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re d\u2019appel de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 ;<\/p>\n<p>Vu le m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le 7 octobre 2020 par le Dr K) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e M) IV (ci-apr\u00e8s \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 M) \u00bb), \u00e0 Ma\u00eetre Alain RUKAVINA, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e S) II, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 A) ICVC, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable de droit luxembourgeois NN (L) SICAV, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 X) GmbH et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme F) , d\u00e9pos\u00e9 le 9 octobre 2020 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice ;<\/p>\n<p>Vu le m\u00e9moire en r\u00e9ponse signifi\u00e9 le 4 d\u00e9cembre 2020 par les soci\u00e9t\u00e9s GB) et M) au Dr K) , \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 G) , \u00e0 Ma\u00eetre Alain RUKAVINA, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 S) II, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 A) ICVC, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 NN (L) SICAV, \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 X) et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 F) , d\u00e9pos\u00e9 le 7 d\u00e9cembre 2020 au greffe de la Cour ;<\/p>\n<p>Sur les conclusions du pr emier avocat g\u00e9n\u00e9ral Marie-Jeanne KAPPWEILER ;<\/p>\n<p>Sur les faits<\/p>\n<p>Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 G) avait consenti \u00e0 certains de ses cr\u00e9anciers dans le cadre d\u2019une \u00e9mission d\u2019obligations un gage sur l es parts sociales de la soci\u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>3 GB) qu\u2019elle d\u00e9tenait en int\u00e9gralit\u00e9. Suite \u00e0 la r\u00e9alisation du gage par les cr\u00e9anciers gagistes, la soci\u00e9t\u00e9 M) avait acquis ces parts sociales dans le cadre d\u2019une vente de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9.<\/p>\n<p>Par ordonnance du 26 novembre 2019, un vice-pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, saisi d\u2019une requ\u00eate sur base de l\u2019article 66 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile par le Dr K) et la soci\u00e9t\u00e9 G) , avait nomm\u00e9 un s\u00e9questre charg\u00e9 de recevoir, conserver et administrer la totalit\u00e9 des parts \u00e9mises par la soci\u00e9t\u00e9 GB) , charg\u00e9 celui-ci de prendre possession et de conserver le registre des parts sociales, d\u2019exercer les droits de vote rattach\u00e9s aux actions et de pr\u00e9server les droits de la soci\u00e9t\u00e9 G) . Il avait, en outre, ordonn\u00e9 la suspension de toute assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale visant \u00e0 d\u00e9cider de la dissolution de la soci\u00e9t\u00e9 GB) .<\/p>\n<p>Le Dr K) et la soci\u00e9t\u00e9 G) avaient, par acte d\u2019huissier de justice subs\u00e9quent du 24 d\u00e9cembre 2019, assign\u00e9 les soci\u00e9t\u00e9s GB) et M) devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, aux fins de voir prononcer l\u2019annulation de la r\u00e9alisation du gage.<\/p>\n<p>Par ordonnance du 5 juin 2020, le magistrat si\u00e9geant en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 en remplacement du pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, saisi par les soci\u00e9t\u00e9s M) et GB), avait r\u00e9tract\u00e9 l\u2019ordonnance du 26 novembre 2019.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel a confirm\u00e9 cette ordonnance et a d\u00e9clar\u00e9 recevables et fond\u00e9es les interventions volontaires des soci\u00e9t\u00e9s S) II, A) ICVC, NN (L) SICAV, X) et F).<\/p>\n<p>Sur le premier moyen de cassation<\/p>\n<p>Enonc\u00e9 du moyen<\/p>\n<p>\u00ab tir\u00e9 de la violation, sinon de la fausse application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l&#039;article 20(4) la loi du 5 ao\u00fbt 2005 sur les contrats de garantie financi\u00e8re, telle que modifi\u00e9e<\/p>\n<p>En ce que l&#039;arr\u00eat attaqu\u00e9, confirmant l&#039;ordonnance de premi\u00e8re instance du 5 juin 2020, a ordonn\u00e9 la r\u00e9tractation de l&#039;ordonnance pr\u00e9sidentielle du 26 novembre 2019, et, partant, a r\u00e9tract\u00e9 (i) la mesure de s\u00e9questre qui avait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e le 26 novembre 2019 portant sur l&#039;int\u00e9gralit\u00e9 des actions de GB) actuellement d\u00e9tenues par M) IV, et a donc d\u00e9charg\u00e9 le s\u00e9questre de la mission qui lui avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e et (ii) la suspension de toute assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de GB) visant \u00e0 d\u00e9cider de sa dissolution<\/p>\n<p>Aux motifs que<\/p>\n<p>&lt;&lt; l&#039;intention des r\u00e9dacteurs du projet de loi \u00e9tait d&#039;immuniser l&#039;ex\u00e9cution des garanties financi\u00e8res contre tous incidents et de ne renvoyer qu&#039;\u00e0 la responsabilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires apr\u00e8s r\u00e9alisation &gt;&gt;,<\/p>\n<p>4 Que &lt;&lt; c&#039;est cependant \u00e0 juste titre que le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s a examin\u00e9 l&#039;opportunit\u00e9 de la mesure sollicit\u00e9e par rapport \u00e0 son caract\u00e8re conservatoire et par rapport \u00e0 l&#039;article 20 (4) de la loi du 16 ao\u00fbt 2005 sur les garanties financi\u00e8res qui dispose qu\u2019&quot; \u00e0 l&#039;exception des dispositions de la loi du 8 d\u00e9cembre 2000 sur le surendettement, les dispositions du Livre III, Titre XVII du Code Civil, du Livre 1 er<\/p>\n<p>Titre VIII et du Livre III du Code de commerce ainsi que les dispositions nationales ou \u00e9trang\u00e8res r\u00e9gissant les mesures d&#039;assainissement, les proc\u00e9dures de liquidation, les autres situations de concours et les saisies ou autres mesures vis\u00e9es au point b) de l&#039;article 19 ne sont pas applicables aux contrats de garantie financi\u00e8re et aux contrats de compensation et ne font pas obstacle \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution de ces contrats et \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution par les parties de leurs obligations notamment de retransfert ou de r\u00e9trocession&quot; &gt;&gt;,<\/p>\n<p>Et que &lt;&lt; certes, l&#039;article en question n&#039;interdit pas au juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s de prendre des mesures urgentes. Mais ce juge ne saurait toutefois prendre des mesures (&#8230;) qui rendraient inop\u00e9rantes les dispositions aux termes desquelles l&#039;ex\u00e9cution des contrats de garantie financi\u00e8re et l&#039;ex\u00e9cution des obligations contract\u00e9es par les parties en vertu de ces contrats se poursuit, nonobstant d&#039;ailleurs toutes sortes de mesures coercitives pr\u00e9vues \u00e0 l&#039;article 19 (b) de la m\u00eame loi (cf Cour d&#039;appel r\u00e9f\u00e9r\u00e9 3 novembre 2010) &gt;&gt; ,<\/p>\n<p>Et enfin que &lt;&lt; si les garanties financi\u00e8res donn\u00e9es peuvent faire l&#039;objet d\u2019un contr\u00f4le a posteriori par l&#039;engagement de la responsabilit\u00e9 des entit\u00e9s ayant proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution du gage, il n&#039;y a pas lieu de remettre en cause en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 la r\u00e9alisation des garanties financi\u00e8res en \u00e9dictant des mesures de suspension d&#039;effet &gt;&gt; (page 14 de l&#039;arr\u00eat attaqu\u00e9),<\/p>\n<p>Alors que<\/p>\n<p>l&#039;article 20(4) de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 sur les garanties financi\u00e8res (la &lt;&lt; Loi de 2005 &gt;&gt;) n&#039;interdit pas au juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s de prononcer des mesures conservatoires visant \u00e0 pr\u00e9server, en cas de fraude ou d&#039;abus constat\u00e9s dans l&#039;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de la r\u00e9alisation de la s\u00fbret\u00e9, les droits du constituant du gage. \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de la Cour<\/p>\n<p>Vu l\u2019article 20, paragraphe 4 , de la loi modifi\u00e9e du 5 ao\u00fbt 2005 sur les contrats de garantie financi\u00e8re qui dispose :<\/p>\n<p>\u00ab A l\u2019exception des dispositions de la loi du 8 d\u00e9cembre 2000 sur le surendettement, les dispositions du Livre III, Titre XVII du Code Civil, du Livre 1er Titre VIII et du Livre III du Code de commerce ainsi que les dispositions nationales ou \u00e9trang\u00e8res r\u00e9gissant les mesures d\u2019assainissement, les proc\u00e9dures de liquidation, les autres situations de concours et les saisies ou autres mesures vis\u00e9es au point b) de l\u2019article 19 ne sont pas applicables aux contrats de garantie financi\u00e8re, aux contrats de compensation et aux renonciations vis\u00e9es par les articles 2 (5) et 2 (6), et ne font pas obstacle \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de ces contrats et \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution par les parties de leurs obligations notamment de retransfert ou de r\u00e9trocession.<\/p>\n<p>5 Les m\u00eames r\u00e8gles valent en cas de d\u00e9c\u00e8s ou d\u2019incapacit\u00e9 du constituant de la garantie financi\u00e8re, du d\u00e9biteur des obligations financi\u00e8res couvertes ou d\u2019une partie \u00e0 un contrat de compensation \u00bb.<\/p>\n<p>Les \u00ab saisies et mesures vis\u00e9es au point b) de l\u2019article 19 \u00bb sont, aux termes dudit texte, \u00ab toute saisie civile, p\u00e9nale ou judiciaire ou confiscation p\u00e9nale ainsi que toute cession ou autre ali\u00e9nation all\u00e9gu\u00e9e des droits concern\u00e9s ou concernant lesdits droits \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019article 20, paragraphe 4, de la loi modifi\u00e9e du 5 ao\u00fbt 2005 sur les contrats de garantie financi\u00e8re ne s\u2019oppose pas \u00e0 ce qu\u2019en cas d\u2019all\u00e9gation de fraude ou d\u2019abus de droit dans l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de la r\u00e9alisation de la s\u00fbret\u00e9, le pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement, saisi par requ\u00eate unilat\u00e9rale ou si\u00e9geant en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9, prononce une mesure conservatoire visant \u00e0 pr\u00e9server les droits du constituant du gage.<\/p>\n<p>En statuant comme ils l\u2019ont fait, le s juges d\u2019appel ont viol\u00e9 la disposition vis\u00e9e au moyen.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que l\u2019arr\u00eat encourt la cassation.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS,<\/p>\n<p>et sans qu\u2019il y ait lieu de statuer sur les autres moyens de cassation,<\/p>\n<p>la Cour de cassation :<\/p>\n<p>casse et annule l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, num\u00e9ro 114\/20- VII-REF, rendu le 22 juillet 2020 sous le num\u00e9ro CAL-2020-00511 du r\u00f4le par l a Cour d\u2019appel du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re d\u2019appel de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 ;<\/p>\n<p>d\u00e9clare nuls et de nul effet ladite d\u00e9cision judiciaire et les actes qui s\u2019en sont suivis, remet les parties dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 elles se sont trouv\u00e9es avant l\u2019arr\u00eat cass\u00e9 et pour \u00eatre fait droit, les renvoie devant la Cour d\u2019appel du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, autrement compos\u00e9e ;<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e M) IV aux d\u00e9pens de l\u2019instance en cassation avec distraction au profit de la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple BONN STEICHEN &amp; PARTNERS, sur ses affirmations de droit ;<\/p>\n<p>ordonne qu\u2019\u00e0 la diligence du procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, le pr\u00e9sent arr\u00eat soit transcrit sur le registre de la Cour d\u2019appel et qu\u2019une mention renvoyant \u00e0 la transcription de l\u2019arr\u00eat soit consign\u00e9e en marge de la minute de l\u2019arr\u00eat annul\u00e9.<\/p>\n<p>6 La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par le pr\u00e9sident Roger LINDEN en pr\u00e9sence du premier avocat g\u00e9n\u00e9ral Simone FLAMMANG et du greffier Daniel SCHROEDER.<\/p>\n<p>Conclusions du Parquet G\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019affaire de cassation<\/p>\n<p>Dr K) en sa qualit\u00e9 d\u2019Insolvenzverwalter de la soci\u00e9t\u00e9 G) S.A. et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) S.A<\/p>\n<p>contre<\/p>\n<p>la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) s.\u00e0 r.l., la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e M) IV s.\u00e0 r.l., et Ma\u00eetre Alain RUKAVINA en sa qualit\u00e9 de s\u00e9questre d\u00e9sign\u00e9 par ordonnance du 26 novembre 2019 (r\u00e9tract\u00e9e par la suite)<\/p>\n<p>en pr\u00e9sence de : la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e S) II s.\u00e0 r.l., la soci\u00e9t\u00e9 de droit anglais A) INVESTORS INVESTMENT FUNDS ICVC, la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable NN (L) SICAV, la soci\u00e9t\u00e9 de droit allemand X) GmbH, et la soci\u00e9t\u00e9 de droit fran\u00e7ais F) S.A.<\/p>\n<p>Le pourvoi en cassation, introduit par Dr K) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) S.A. par un m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le 7 octobre 2020 aux parties d\u00e9fenderesses en cassation et d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour Sup\u00e9rieure de Justice le 9 octobre 2020, est dirig\u00e9 contre un arr\u00eat n\u00b0114\/20 rendu par la Cour d\u2019appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re d\u2019appel de r\u00e9f\u00e9r\u00e9, statuant contradictoirement, en date du 22 juillet 2020 (n\u00b0 CAL-2020 -00511 du r\u00f4le). Cet arr\u00eat ne semble pas avoir \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 aux demandeurs en cassation.<\/p>\n<p>Le pourvoi en cassation a d\u00e8s lors \u00e9t\u00e9 interjet\u00e9 dans les forme et d\u00e9lai pr\u00e9vus aux articles 7 et 10 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation.<\/p>\n<p>Les parties d\u00e9fenderesses ont signifi\u00e9 un m\u00e9moire en r\u00e9ponse le 4 d\u00e9cembre 2020 et elles l\u2019ont d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour le 7 d\u00e9cembre 2020.<\/p>\n<p>Ayant \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 et d\u00e9pos\u00e9 au greffe de la Cour dans le d\u00e9lai de deux mois \u00e0 compter du jour de la signification du m\u00e9moire en cassation, conform\u00e9ment aux articles 15 et 16 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885, ce m\u00e9moire est \u00e0 consid\u00e9rer.<\/p>\n<p>Sur les faits et ant\u00e9c\u00e9dents :<\/p>\n<p>Suite \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un gage portant sur les actions de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) s.\u00e0 r.l., la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e M) IV s.\u00e0 r.l. a acquis dans le cadre d\u2019une vente de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9 100 % des actions de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) s.\u00e0 r.l., auaparavant d\u00e9tenues par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) S.A. et ayant fait l\u2019objet du gage. Par requ\u00eate unilat\u00e9rale d\u00e9pos\u00e9e au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg en date du 22 novembre 2019, Dr K), en sa qualit\u00e9 d\u2019Insolvenzverwalter de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) S.A., et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) S.A. ont demand\u00e9 sur base de l\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile la nomination d\u2019un s\u00e9questre pour y placer 100 % des actions \u00e9mises par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) s.\u00e0 r.l., ainsi que la suspension de la tenue de toute assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9cidant de la dissolution avec ou sans liquidation de la soci\u00e9t\u00e9 GB) s.\u00e0 r.l. jusqu\u2019\u00e0 l\u2019intervention d\u2019une d\u00e9cision d\u00e9finitive dans la proc\u00e9dure en annulation de gage \u00e0 introduire par les requ\u00e9rants dans le mois de l\u2019ordonnance \u00e0 intervenir. Par ordonnance rendue en date du 26 novembre 2019, le magistrat si\u00e9geant en remplacement du pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement a fait droit \u00e0 la requ\u00eate et a nomm\u00e9 s\u00e9questre Ma\u00eetre Alain RUKAVINA avec la mission de recevoir, conserver et administrer 100 % des actions de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) s.\u00e0 r.l., de prendre possession du registre des parts sociales et de le conserver, ainsi que d\u2019exercer les droits de vote rattach\u00e9s aux actions et de pr\u00e9server les droits de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) S.A. De m\u00eame, la suspension de toute assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) s.\u00e0 r.l. visant \u00e0 d\u00e9cider de sa dissolution, a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e. En date du 24 d\u00e9cembre 2019, Dr K) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme G) S.A. ont fait signifier une assignation au fond devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale visant \u00e0 voir d\u00e9clarer nulle la r\u00e9alisation du gage portant sur les actions de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) s.\u00e0 r.l. en raison d\u2019une fraude, sinon d\u2019un abus de droit dans l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de la r\u00e9alisation du gage. Ils ont demand\u00e9 la restitution des actions gag\u00e9es. Par assignation en r\u00e9tractation du 13 f\u00e9vrier 2020, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e M) IV s.\u00e0 r.l. et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) s.\u00e0 r.l. ont demand\u00e9 la r\u00e9tractation de la mesure de s\u00e9questre ordonn\u00e9e par ordonnance du 26 novembre 2019. En date du 5 juin 2020, une ordonnance rendue par un magistrat si\u00e9geant en remplacement du pr\u00e9sident du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en la forme des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s, a ordonn\u00e9 la r\u00e9tractation de l\u2019ordonnance pr\u00e9sidentielle du 26 novembre 2019 et a d\u00e9charg\u00e9 Ma\u00eetre Alain RUKAVINA de la mission de s\u00e9questre lui confi\u00e9e.<\/p>\n<p>1 Cette ordonnance a encore d\u00e9clar\u00e9 irrecevables plusieurs interventions volontaires et a statu\u00e9 sur les frais et les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure demand\u00e9es<\/p>\n<p>9 Les parties demanderesses en cassation ont relev\u00e9 appel de cette ordonnance par exploit d\u2019huissier du 26 juin 2020, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9es \u00e0 assigner en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 extraordinaire pour l\u2019audience du 7 juillet 2020. En date du 22 juillet 2020, la Cour d\u2019appel a rendu un arr\u00eat d\u00e9clarant l\u2019appel principal non fond\u00e9. 2 Les appelants ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s \u00e0 payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 \u20ac \u00e0 chacune des soci\u00e9t\u00e9s intim\u00e9es, ainsi que les frais de l\u2019instance d\u2019appel. Ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9bout\u00e9s de leur demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Cet arr\u00eat fait l\u2019objet du pr\u00e9sent pourvoi.<\/p>\n<p>Sur le premier moyen de cassation:<\/p>\n<p>Le premier moyen est tir\u00e9 de la violation, sinon de la fausse application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019article 20(4) de la loi modifi\u00e9e du 5 ao\u00fbt 2005 sur les contrats de garantie financi\u00e8re (ci-apr\u00e8s \u00ab la loi du 5 ao\u00fbt 2005 \u00bb).<\/p>\n<p>Ledit article 20(4) dispose :<\/p>\n<p>\u00ab A l\u2019exception des dispositions de la loi du 8 d\u00e9cembre 2000 sur le surendettement, les dispositions du Livre III, Titre XVII du Code Civil, du Livre 1er Titre VIII et du Livre III du Code de commerce ainsi que les dispositions nationales ou \u00e9trang\u00e8res r\u00e9gissant les mesures d\u2019assainissement, les proc\u00e9dures de liquidation, les autres situations de concours et les saisies ou autres mesures vis\u00e9es au point b) de l\u2019article 19 ne sont pas applicables aux contrats de garantie financi\u00e8re et aux contrats de compensation et ne font pas obstacle \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de ces contrats et \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution par les parties de leurs obligations notamment de retransfert ou de r\u00e9trocession. Les m\u00eames r\u00e8gles valent en cas de d\u00e9c\u00e8s ou d\u2019incapacit\u00e9 du constituant de la garantie financi\u00e8re, du d\u00e9biteur des obligations financi\u00e8res couvertes ou d\u2019une partie \u00e0 un contrat de compensation. \u00bb<\/p>\n<p>Le premier moyen fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 d\u2019avoir retenu que l\u2019intention des r\u00e9dacteurs du projet de loi \u00e9tait d\u2019immuniser l\u2019ex\u00e9cution des garanties financi\u00e8res contre tous incidents et de ne renvoyer qu\u2019\u00e0 la responsabilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires apr\u00e8s r\u00e9alisation, et que c\u2019\u00e9tait \u00e0 juste titre que le juge de premi\u00e8re instance avait examin\u00e9 l\u2019opportunit\u00e9 de la mesure de s\u00e9questre sollicit\u00e9e par rapport \u00e0 son caract\u00e8re conservatoire et par rapport \u00e0 l\u2019article 20(4) pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<p>Ce serait \u00e0 tort que la Cour d\u2019appel aurait d\u00e9cid\u00e9 que cette disposition lui interdirait de prendre des mesures rendant inop\u00e9rantes les dispositions aux termes desquelles l\u2019ex\u00e9cution des contrats de garantie financi\u00e8re et l\u2019ex\u00e9cution des obligations contract\u00e9es par les parties en vertu de ces contrats se poursuit, nonobstant toutes sortes de mesures<\/p>\n<p>2 L\u2019appel incident des intervenants volontaires a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 recevable et fond\u00e9, de sorte que leur intervention volontaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e recevable. Ce volet ne fait pas l\u2019objet du pr\u00e9sent pourvoi. L\u2019ordonnance entreprise a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e pour le surplus.<\/p>\n<p>10 coercitives pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 19(b) de la m\u00eame loi. Ce serait \u00e9galement \u00e0 tort qu\u2019elle aurait refus\u00e9 d\u2019ordonner une mesure \u00ab de suspension d\u2019effet \u00bb en renvoyant \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019un contr\u00f4le a posteriori par l\u2019engagement de la responsabilit\u00e9 des entit\u00e9s ayant proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du gage.<\/p>\n<p>Les demandeurs en cassation font valoir que l\u2019article 20(4) de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 sur les garanties financi\u00e8res n\u2019interdirait pas au juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s de prononcer des mesures conservatoires visant \u00e0 pr\u00e9server les droits du constituant du gage en cas de fraude ou d\u2019abus constat\u00e9s dans l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de la r\u00e9alisation de la s\u00fbret\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le d\u00e9veloppement du moyen, ils soul\u00e8vent plus particuli\u00e8rement que l\u2019article 20(4) de loi du 5 ao\u00fbt 2005 n\u2019aurait pas \u00e9vinc\u00e9 les articles 932 et 933 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile, mais aurait au contraire maintenu leur application en ne faisant pas figurer ces deux dispositions dans la liste des dispositions l\u00e9gales que l\u2019article 20(4) de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 rend inapplicables.<\/p>\n<p>Cette argumentation proc\u00e8de d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat dont pourvoi. La Cour d\u2019appel n\u2019a pas statu\u00e9 en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 ordinaire sur base des articles 932 et 933 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile, mais elle a statu\u00e9 sur une demande de r\u00e9tractation d\u2019une ordonnance pr\u00e9sidentielle prise sur base de l\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile en la forme des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019article 66 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile dispose que : \u00ab Lorsque la loi permet ou la n\u00e9cessit\u00e9 commande qu\u2019une mesure soit ordonn\u00e9e \u00e0 l\u2019insu d\u2019une partie, celle-ci dispose d\u2019un recours appropri\u00e9 contre la d\u00e9cision qui lui fait grief \u00bb. Sur base de cette disposition, et par exception au principe de contradiction, une ordonnance sur requ\u00eate unilat\u00e9rale est susceptible d\u2019\u00eatre ordonn\u00e9e dans deux cas de figure, \u00e0 savoir, soit lorsque la loi le permet, soit lorsque la n\u00e9cessit\u00e9 commande d\u2019ordonner la mesure \u00e0 l\u2019insu d\u2019une partie. Le r\u00e9gime juridique de l\u2019action en r\u00e9tractation de l\u2019ordonnance pr\u00e9sidentielle se diff\u00e9rencie de celui des proc\u00e9dures de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 proprement dites. En effet, ce mode de contestation ne constitue pas \u00e0 proprement parler un recours, en ce sens qu\u2019il ne s\u2019agit pas de juger une nouvelle fois l\u2019affaire, mais d\u2019instaurer le contentieux et la discussion contradictoire qui, par hypoth\u00e8se, n\u2019a pu avoir lieu auparavant.<\/p>\n<p>3 Jurisclasseur Proc\u00e9dure civile, fasc. 480, n\u00b0 55<\/p>\n<p>11 D\u00e8s lors, il s\u2019agit d\u2019un r\u00e9f\u00e9r\u00e9 autonome, et la comp\u00e9tence et les pouvoirs du juge appel\u00e9 \u00e0 statuer ne sont pas conditionn\u00e9s par les limites traditionnelles du r\u00e9f\u00e9r\u00e9 que sont l\u2019urgence 4 et l\u2019absence de contestation s\u00e9rieuse.<\/p>\n<p>En instance d\u2019appel, les demandeurs en cassation ont invoqu\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er un effet de surprise afin d\u2019\u00e9viter que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB) ne soit dissoute en attendant une d\u00e9cision d\u00e9finitive sur leur demande en restitution des actions gag\u00e9es. L\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 s\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 juste titre r\u00e9f\u00e9r\u00e9 au crit\u00e8re l\u00e9gal de la n\u00e9cessit\u00e9 qui doit commander l\u2019octroi de la mesure sollicit\u00e9e et a retenu que, s\u2019agissant d\u2019une d\u00e9rogation substantielle au principe fondamental du contradictoire, la notion de n\u00e9cessit\u00e9 devait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e restrictivement.<\/p>\n<p>Il ne fait pas de doute que la jurisprudence luxembourgeoise consid\u00e8re que les gages (tout comme les nantissements) tombent dans le champ d\u2019application de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 sur les contrat de garantie financi\u00e8re 7 .<\/p>\n<p>Cette loi a transpos\u00e9 au Luxembourg la directive 2002\/47\/CE du Parlement Europ\u00e9en et du Conseil du 6 juin 2002 concernant les contrats de garantie financi\u00e8re.<\/p>\n<p>La directive transpos\u00e9e visait essentiellement \u00e0 renforcer la s\u00e9curit\u00e9 juridique des contrats de garantie financi\u00e8re en pr\u00e9voyant des proc\u00e9dures simples de constitution et d\u2019ex\u00e9cution des s\u00fbret\u00e9s et en soustrayant ces contrats aux incertitudes g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la l\u00e9gislation sur les proc\u00e9dures d\u2019insolvabilit\u00e9. Le l\u00e9gislateur luxembourgeois est all\u00e9 au &#8212; del\u00e0 du r\u00e9gime minimum requis par la Directive et a \u00ab r\u00e9affirm\u00e9 avec force l\u2019objectif de renforcement du r\u00e9gime juridique des contrats de garantie financi\u00e8re et de leur s\u00e9curit\u00e9 juridique, celle-ci \u00e9tant un \u00e9l\u00e9ment indispensable au d\u00e9veloppement d\u2019une place financi\u00e8re internationale. \u00bb<\/p>\n<p>Il ressort notamment des travaux parlementaires que le Gouvernement a consid\u00e9r\u00e9 comme loi de police l\u2019article 20(4) de la loi, qui pr\u00e9voit qu\u2019 \u00ab \u00e0 l\u2019exception des dispositions de la loi du 8 d\u00e9cembre 2000 sur le surendettement, les dispositions du Livre III, Titre XVII du Code Civil, du Livre 1er Titre VIII et du Livre III du Code de commerce ainsi que les dispositions nationales ou \u00e9trang\u00e8res r\u00e9gissant les mesures d\u2019assainissement, les proc\u00e9dures de liquidation, les autres situations de concours et les saisies ou autres mesures vis\u00e9es au point b) de l\u2019article 19 ne sont pas applicables aux contrats de garantie financi\u00e8re et aux contrats de compensation et ne font pas obstacle \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de ces contrats et \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution par les parties de leurs obligations notamment de retransfert ou de r\u00e9trocession \u00bb.<\/p>\n<p>4 Cass. n\u00b008\/2018 du 25.01.2018, n\u00b03906 du registre (4 e moyen) : \u00ab l\u2019urgence, qui ne constitue pas en tant que telle une condition d\u2019application requise par l\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile,.. \u00bb<\/p>\n<p>5 Thierry Hoscheit, Le droit judiciaire priv\u00e9 au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, 2 e \u00e9d., n\u00b01505<\/p>\n<p>6 Pages 10 et 11 de l\u2019arr\u00eat du 22 juillet 2020<\/p>\n<p>7 TAL 10 juillet 2013, 15 e , r\u00f4les n\u00b0120206, 121127 et 122468 ; TAL 12 juillet 2017, 15 e , n\u00b0 du r\u00f4le 170744 8 doc. parl., n\u00b05251, p. 20<\/p>\n<p>La jurisprudence luxembourgeoise a encore consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019il d\u00e9coule clairement des travaux parlementaires que l\u2019intention des r\u00e9dacteurs du projet de loi a \u00e9t\u00e9 d\u2019immuniser l\u2019ex\u00e9cution des garanties financi\u00e8res contre tous incidents et man\u0153uvres, pour ne renvoyer qu\u2019\u00e0 la responsabilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires apr\u00e8s r\u00e9alisation :<\/p>\n<p>\u00ab Au vu de cette intention affich\u00e9e du l\u00e9gislateur, ensemble avec l\u2019objectif d\u2019un renforcement de la s\u00e9curit\u00e9 juridique exigeant que les interventions judiciaires soient cantonn\u00e9es \u00e0 une juste mesure (cf. D. Boone et D. Maria, Renforcer la s\u00e9curit\u00e9 juridique de la r\u00e9alisation des garanties financi\u00e8res : l\u2019appel \u00e0 la loi, ACE, n\u00b0 9, nov. 2010, page 20), s\u2019impose le constat g\u00e9n\u00e9ral que le contr\u00f4le judiciaire doit \u00eatre essentiellement limit\u00e9 \u00e0 un contr\u00f4le a posteriori (cf. F.G. De Liedekerke, Les garanties financi\u00e8res en droit luxembourgeois : un gage de solidit\u00e9 en des temps incertains, Droit Bancaire et Financier au Luxembourg \u2013 2014, Vol 3, p. 1259), sans pr\u00e9judice des mesures urgentes pouvant le cas \u00e9ch\u00e9ant \u00eatre prises par le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s, auquel cas l\u2019intervention de ce dernier peut ne pas se justifier apr\u00e8s la mise en balance des int\u00e9r\u00eats respectifs (Cour, 3 novembre 2010, Pas. 35, p.528).<\/p>\n<p>Ce constat g\u00e9n\u00e9ral est \u00e9galement confirm\u00e9 par diverses dispositions de la Directive, tel son article 4 (4) b) interdisant que la r\u00e9alisation des garanties financi\u00e8res soit soumise \u00e0 un r\u00e9gime d\u2019autorisation judiciaire pr\u00e9alable et son consid\u00e9rant 17 confirmant la possibilit\u00e9 pour les \u00c9tats membres de conserver ou d\u2019introduire dans leur l\u00e9gislation nationale un contr\u00f4le a posteriori en ce qui concerne la r\u00e9alisation ou l\u2019\u00e9valuation de la garantie financi\u00e8re et le calcul des obligations financi\u00e8res couvertes.<\/p>\n<p>Au vu de ces principes, il para\u00eet que les contrats de garantie financi\u00e8re r\u00e9gis par la Loi de 2005, leurs modalit\u00e9s d\u2019\u00e9valuation et d\u2019ex\u00e9cution, ne sont, en principe, pas annulables, mais peuvent engager la responsabilit\u00e9 civile en cas de concert frauduleux entre parties. \u00bb<\/p>\n<p>Il a ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019annulation d\u2019un contrat de garantie financi\u00e8re pour \u00ab fraude manifeste ou abus \u00bb constitue une \u00ab br\u00e8che exceptionnelle \u00bb au principe d\u00e9gag\u00e9 par la jurisprudence selon laquelle les contrats de garantie financi\u00e8re ne peuvent \u00eatre remis en cause quant \u00e0 leur validit\u00e9 ou celle de leur \u00e9valuation ou ex\u00e9cution convenues.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 s\u2019est bas\u00e9 sur cette jurisprudence et sur la doctrine pour souligner quelle \u00e9tait l\u2019intention du l\u00e9gislateur :<\/p>\n<p>\u00ab Lors du d\u00e9p\u00f4t de la loi, le Gouvernement a clairement marqu\u00e9 son intention de donner \u00e0 cet article le caract\u00e8re d\u2019une loi de police et le texte a l\u2019ambition de mettre les contrats de prises de garantie financi\u00e8re \u00e0 l\u2019abri d\u2019une possible remise en cause<\/p>\n<p>9 Jugements TAL 15 e pr\u00e9cit\u00e9s<\/p>\n<p>13 et d\u2019offrir ainsi aux organismes pr\u00eateurs un cadre dans lequel ils peuvent op\u00e9rer en toute s\u00e9curit\u00e9 (voir l\u2019expos\u00e9 des motifs TP 5251 p. 20 sous article 20). Certes, l\u2019article en question n\u2019interdit pas au juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s de prendre des mesures urgentes. Mais ce juge ne saurait toutefois prendre des mesures (\u2026) qui rendraient inop\u00e9rantes les dispositions aux termes desquelles l\u2019ex\u00e9cution des contrats de garantie financi\u00e8re et l\u2019ex\u00e9cution des obligations contract\u00e9es par les parties en vertu de ces contrats se poursuit, nonobstant d\u2019ailleurs toutes sortes de mesures coercitives pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 19 (b) de la m\u00eame loi (cf Cour d\u2019appel r\u00e9f\u00e9r\u00e9 3 novembre 2010). La doctrine avait soulign\u00e9 \u00e0 l\u2019instar de la jurisprudence pr\u00e9cit\u00e9e, que l\u2019intention des r\u00e9dacteurs du projet de loi \u00e9tait d\u2019immuniser l\u2019ex\u00e9cution des garanties financi\u00e8res contre tous incidents et de ne renvoyer qu\u2019\u00e0 la responsabilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires apr\u00e8s r\u00e9alisation (cf P. SCHLEIMER r\u00e9alisation des garanties financi\u00e8res et pratiques des pr\u00eateurs bancaires). Les d\u00e9cisions cit\u00e9es par les appelantes, qui ont toutes \u00e9t\u00e9 rendues par des juridictions de fond, s\u2019inscrivent dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le a posteriori de la r\u00e9alisation du gage. La Cour ne saurait suivre le raisonnement des appelants consistant \u00e0 dire que l\u2019existence d\u2019un contr\u00f4le a posteriori impliquerait que le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s serait comp\u00e9tent dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le a priori pour prendre des mesures paralysant les effets d\u2019une ex\u00e9cution de gage d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9e. En effet si l\u2019ex\u00e9cution de contrats de garantie financi\u00e8re ne peut \u00eatre interrompue, a fortiori ne saurait-elle \u00eatre remise en cause par des mesures qui affectent les op\u00e9rations d\u00e9j\u00e0 ex\u00e9cut\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Il ressort de cette motivation que la Cour d\u2019appel n\u2019a pas retenu que l\u2019article 20(4) de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 lui interdisait de prendre des mesures urgentes, mais elle a d\u00e9cid\u00e9 que la mesure sollicit\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas compatible avec l\u2019objectif de la loi du 5 ao\u00fbt 2005, et que c\u2019\u00e9tait partant \u00e0 juste titre que le premier juge avait d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas opportune par rapport \u00e0 son caract\u00e8re conservatoire et par rapport \u00e0 l\u2019article 20(4) de la loi du 5 ao\u00fbt 2005.<\/p>\n<p>Votre Cour a d\u00e9cid\u00e9 dans le cadre d\u2019un pourvoi dirig\u00e9 contre un arr\u00eat rendu en mati\u00e8re d\u2019appel de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 qu\u2019il relevait du pouvoir souverain des juges du fond d\u2019appr\u00e9cier si les conditions d\u2019une mise sous s\u00e9questre \u00e9taient remplies : \u00ab Attendu qu&#039;il ressort de l&#039;\u00e9nonc\u00e9 des trois moyens de cassation que les juges du fond, qui disposent \u00e0 cet \u00e9gard d&#039;un pouvoir d&#039;appr\u00e9ciation souverain, ont \u00e0 suffisance d\u00e9crit les faits leur ayant permis de retenir que les conditions d&#039;une mise sous s\u00e9questre, respectivement de la d\u00e9signation d&#039;un administrateur provisoire, par le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s \u00e9taient remplies, sans s&#039;exposer aux reproches, ni d&#039;une violation<\/p>\n<p>14 des dispositions l\u00e9gales invoqu\u00e9es aux moyens, ni d&#039;un d\u00e9faut de base l\u00e9gale par rapport \u00e0 ces dispositions ; Qu&#039;il en ressort encore que les mesures provisoires n&#039;ont pas \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9es pour une dur\u00e9e illimit\u00e9e, mais l&#039;ont \u00e9t\u00e9 en attendant de voir toiser d\u00e9finitivement au fond la question de la propri\u00e9t\u00e9 des actions litigieuses, ou en attendant un accord \u00e0 intervenir entre parties, les juges d\u2019appel ayant d\u00e9duit, en usant de leur pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation souverain, de la proc\u00e9dure au fond pendante entre parties et des circonstances expos\u00e9es dans les motifs de l\u2019arr\u00eat reproduits aux moyens, l\u2019existence d\u2019un litige quant \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des actions en question ; Que les moyens ne sont d\u00e8s lors pas fond\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Sous le couvert d\u2019une violation de l\u2019article 20(4) de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 sur les contrats de garantie financi\u00e8re, les demandeurs en cassation tentent de remettre en cause l\u2019appr\u00e9ciation souveraine des juges du fond quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019ordonner la mesure sollicit\u00e9e \u00e0 l\u2019insu des parties adverses.<\/p>\n<p>Le moyen ne saurait \u00eatre accueilli, sinon n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le deuxi\u00e8me moyen de cassation :<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation, sinon de la fausse application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019adage \u00ab fraus omnia corrumpit \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019article 10, alin\u00e9a 2, de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation exige que chaque moyen ou chaque branche pr\u00e9cise, sous peine d\u2019irrecevabilit\u00e9, le cas d\u2019ouverture invoqu\u00e9.<\/p>\n<p>Les demandeurs en cassation invoquent la violation de l\u2019adage \u00ab fraus omnia corrumpit \u00bb. Or, conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence de votre Cour, un principe g\u00e9n\u00e9ral du droit ne donne ouverture \u00e0 cassation que s\u2019il trouve son expression dans un texte de loi ou s\u2019il est consacr\u00e9 par une juridiction supranationale.<\/p>\n<p>Le moyen n\u2019indique pas de texte de loi exprimant le principe invoqu\u00e9 ni de jurisprudence d\u2019une juridiction supranationale consacrant ce principe.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me moyen est partant irrecevable.<\/p>\n<p>Sur le troisi\u00e8me moyen de cassation :<\/p>\n<p>10 Cass n\u00b0 84\/15 du 19 novembre 2015, n\u00b0 3538 du registre 11 p.ex. Cass. n\u00b027\/2019 du 14 f\u00e9vrier 2019, n\u00b0 4022 du registre concernant l\u2019adage \u00ab fraus omnia corrumpit \u00bb<\/p>\n<p>15 Le troisi\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation, sinon de la fausse application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019article 6- 1 du Code civil, qui dispose :<\/p>\n<p>\u00ab Tout acte ou tout fait qui exc\u00e8de manifestement, par l&#039;intention de son auteur, par son objet ou par les circonstances dans lesquelles il est intervenu, l&#039;exercice normal d&#039;un droit, n&#039;est pas prot\u00e9g\u00e9 par la loi, engage la responsabilit\u00e9 de son auteur et peut donner lieu \u00e0 une action en cessation pour emp\u00eacher la persistance dans l&#039;abus. \u00bb Les demandeurs en cassation font grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 d\u2019avoir confirm\u00e9 l\u2019ordonnance de premi\u00e8re instance du 5 juin 2020 ordonnant la r\u00e9tractation de l\u2019ordonnance pr\u00e9sidentielle du 26 novembre 2019, \u00ab alors que les parties demanderesses en cassation ayant fait valoir des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9montrant l\u2019existence d\u2019une fraude sinon d\u2019un abus de droit dans le cadre de l\u2019exercice de l\u2019ex\u00e9cution du gage sur les actions de GB) , les dispositions de le Loi de 2005 ne pouvaient \u00eatre invoqu\u00e9es par la Cour d\u2019appel pour se d\u00e9clarer incomp\u00e9tente pour prendre les mesures sollicit\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Ce grief proc\u00e8de d\u2019une lecture erron\u00e9e de l\u2019arr\u00eat entrepris, dans la mesure o\u00f9 la Cour d\u2019appel ne s\u2019est pas d\u00e9clar\u00e9e incomp\u00e9tente pour prendre les mesures sollicit\u00e9es, mais elle a confirm\u00e9 l\u2019ordonnance entreprise en approuvant son appr\u00e9ciation quant \u00e0 l\u2019opportunit\u00e9 de la mesure sollicit\u00e9e par rapport \u00e0 son caract\u00e8re conservatoire et par rapport \u00e0 l\u2019article 20(4) de la loi du 5 ao\u00fbt 2005.<\/p>\n<p>Le moyen manque en fait.<\/p>\n<p>Subsidiairement :<\/p>\n<p>Sous le couvert d\u2019une violation de l\u2019article 6-1 du Code civil, les demandeurs en cassation tentent de remettre en cause l\u2019appr\u00e9ciation souveraine des juges du fond quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019ordonner la mesure sollicit\u00e9e \u00e0 l\u2019insu des parties adverses.<\/p>\n<p>Le moyen ne saurait \u00eatre accueilli, sinon n\u2019est pas fond\u00e9. Sur le quatri\u00e8me moyen de cassation :<\/p>\n<p>Le quatri\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation, sinon de la fausse application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019article 6- 1 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019Homme.<\/p>\n<p>Le moyen fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat entrepris d\u2019avoir priv\u00e9 les demandeurs en cassation de leur droit \u00e0 un recours effectif, ainsi que de leur droit \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions de justice.<\/p>\n<p>L\u2019article 6 \u00a7 1 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019Homme garantit au justiciable un droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un tribunal, le droit de voir sa cause entendue et d\u2019obtenir une d\u00e9cision motiv\u00e9e, mais il ne garantit pas au justiciable le droit de voir ordonner par ce tribunal toute mesure sollicit\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans la pr\u00e9sente affaire, la Cour d\u2019appel a statu\u00e9 sur le recours des demandeurs en cassation par une d\u00e9cision motiv\u00e9e. Si les demandeurs en cassation n\u2019acceptent pas la<\/p>\n<p>16 d\u00e9cision intervenue, cela n\u2019implique pas pour autant que leur droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un tribunal aurait \u00e9t\u00e9 viol\u00e9.<\/p>\n<p>Les arr\u00eats de la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019Homme cit\u00e9s dans le m\u00e9moire en cassation ont trait au non-respect par un gouvernement d\u2019une d\u00e9cision ex\u00e9cutoire par provision 12 , respectivement \u00e0 l\u2019inex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision d\u00e9finitive. 13 Par contre, les demandeurs en cassation ne disposent ni d\u2019une d\u00e9cision d\u00e9finitive ni d\u2019une d\u00e9cision ex\u00e9cutoire par provision. La pr\u00e9tendue impossibilit\u00e9 de pouvoir faire ex\u00e9cuter la d\u00e9cision \u00e0 intervenir dans l\u2019affaire pendante au fond, n\u2019est pas autrement \u00e9tay\u00e9e. En cas de vente des actions de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e GB), suivie de la liquidation de ladite soci\u00e9t\u00e9, une restitution des actions gag\u00e9es sera certes imposssible, mais la responsabilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires de la garantie financi\u00e8re reste intacte. L\u2019objectif du l\u00e9gislateur de 2005 \u00e9tait d\u2019immuniser l\u2019ex\u00e9cution des garanties financi\u00e8res contre tous les incidents afin de renforcer le r\u00e9gime juridique des contrats de garantie financi\u00e8re et leur s\u00e9curit\u00e9 juridique, consid\u00e9r\u00e9s comme indispensables au d\u00e9veloppement d\u2019une place financi\u00e8re internationale. A cette fin, il a privil\u00e9gi\u00e9 le contr\u00f4le a posteriori intervenant apr\u00e8s la r\u00e9alisation de la garantie et a renvoy\u00e9 \u00e0 la responsabilit\u00e9 civile des b\u00e9n\u00e9ficiaires.<\/p>\n<p>Votre Cour a d\u00e9cid\u00e9 \u00ab que le droit conf\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 11, alin\u00e9a 1, de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 sur les contrats de garanties financi\u00e8re au cr\u00e9ancier gagiste de s\u2019approprier, en vertu de la convention entre parties, les avoirs gag\u00e9s en cas de survenance d\u2019un fait entra\u00eenant l\u2019ex\u00e9cution de la garantie ne s\u2019oppose pas \u00e0 ce que le juge, au cas o\u00f9 ce fait proc\u00e8de, comme en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019un abus de droit ou d\u2019une fraude, mette fin \u00e0 l\u2019appropriation en ordonnant la restitution des avoirs appropri\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Cela ne veut pas dire pour autant que la restitution des avoirs gag\u00e9s soit de droit. L\u2019ex\u00e9cution par \u00e9quivalent constitue un mode d\u2019ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision de justice au m\u00eame titre que l\u2019ex\u00e9cution par nature.<\/p>\n<p>Au cas o\u00f9 la responsabilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires de la garantie \u00e9tait retenue par la juridiction appel\u00e9e \u00e0 statuer sur l\u2019affaire au fond et que l\u2019ex\u00e9cution en nature s\u2019av\u00e9rait impossible, cette juridiction pourra prononcer une condamnation \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats susceptible d\u2019\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9e.<\/p>\n<p>Le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le cinqui\u00e8me moyen de cassation :<\/p>\n<p>Le cinqui\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation, sinon de la fausse application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Les demandeurs en cassation font valoir que la juridiction appel\u00e9e \u00e0 statuer sur une demande de r\u00e9tractation d\u2019une ordonnance rendue sur base de l\u2019article 66 du Nouveau<\/p>\n<p>12 Arr\u00eat CEDH du 11 janvier 2018 dans l\u2019affaire Sharkxi et autres c. Albanie , req. n\u00b0 10613\/16 13 Arr\u00eat CEDH du 7 mai 2002 dans l\u2019affaire Bourdov c. Russie , req. n\u00b0 59498\/00 14 Cass. N\u00b027\/2019 du 14.02.2019, n\u00b0 4022 du registre (5\u00e8me moyen, troisi\u00e8me branche)<\/p>\n<p>17 code de proc\u00e9dure civile si\u00e8ge \u00ab comme en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00bb, et non pas comme juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Le moyen est dirig\u00e9 contre les dispositions suivantes figurant \u00e0 la page 14 de l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 :<\/p>\n<p>\u00ab Si les garanties financi\u00e8res donn\u00e9es peuvent faire l\u2019objet d\u2019un contr\u00f4le a posteriori par l\u2019engagement de la responsabilit\u00e9 des entit\u00e9s ayant proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du gage, il n\u2019y a pas lieu de remettre en cause en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 la r\u00e9alisation des garanties financi\u00e8res en \u00e9dictant des mesures de suspension d\u2019effet. \u00bb<\/p>\n<p>et<\/p>\n<p>\u00ab la Cour d\u2019appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re d\u2019appel de r\u00e9f\u00e9r\u00e9, statuant contradictoirement,\u2026 \u00bb.<\/p>\n<p>Tel que nous l\u2019avons expos\u00e9 dans le cadre du premier moyen, la proc\u00e9dure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile constitue un r\u00e9f\u00e9r\u00e9 autonome, et la comp\u00e9tence et les pouvoirs du juge appel\u00e9 \u00e0 statuer ne sont pas conditionn\u00e9s par les limites traditionnelles du r\u00e9f\u00e9r\u00e9 que sont l\u2019urgence et l\u2019absence de contestation s\u00e9rieuse.<\/p>\n<p>Le moyen ne pr\u00e9cise pas en quoi l\u2019arr\u00eat entrepris aurait viol\u00e9 l\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile, si ce n\u2019est que la terminologie employ\u00e9e (\u00ab en r\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00bb) peut sembler ambigu\u00eb ou pr\u00eater \u00e0 confusion.<\/p>\n<p>Le moyen n\u2019indique pas que la Cour d\u2019appel aurait exerc\u00e9 une comp\u00e9tence ou us\u00e9 de pouvoirs qui n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 les siens dans le cadre de la proc\u00e9dure pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile. Il n\u2019est d\u00e8s lors pas \u00e9tabli que la terminologie utilis\u00e9e dans les deux dispositions attaqu\u00e9es aurait eu une quelconque incidence sur la solution du litige.<\/p>\n<p>Le moyen est inop\u00e9rant.<\/p>\n<p>Sur le sixi\u00e8me moyen de cassation :<\/p>\n<p>Le sixi\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation, sinon de la fausse application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019article 1961, point 2\u00b0, du Code civil, qui dispose que \u00ab la justice peut ordonner le s\u00e9questre : \u2026 2\u00b0 d\u2019un immeuble ou d\u2019une chose mobili\u00e8re dont la propri\u00e9t\u00e9 ou la possession est litigieuse entre deux ou plusieurs personnes. \u00bb<\/p>\n<p>Le moyen fait grief \u00e0 l\u2019arr\u00eat dont pourvoi de pas avoir appliqu\u00e9 l\u2019article 1961 du Code civil, qui serait le r\u00e9gime juridique pr\u00e9\u00e9tabli en mati\u00e8re de nomination d\u2019un s\u00e9questre.<\/p>\n<p>18 Aux termes de l\u2019article 1961 du code civil, les tribunaux et le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s, en cas d\u2019urgence, peuvent ordonner le s\u00e9questre d\u2019une chose mobili\u00e8re dont la propri\u00e9t\u00e9 ou la possession est litigieuse entre deux ou plusieurs personnes. L\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile constitue la disposition l\u00e9gale sp\u00e9cifique permettant au pr\u00e9sident du tribunal d\u2019ordonner pareille mesure par voie d\u2019ordonnance sur requ\u00eate, lorsque la n\u00e9cessit\u00e9 commande d\u2019ordonner la mesure \u00e0 l\u2019insu d\u2019une partie. Il appartient partant \u00e0 aux parties requ\u00e9rantes d\u2019\u00e9tablir que la \u00abn\u00e9cessit\u00e9\u00bb commandait une telle mesure. Sous le couvert de la violation de l\u2019article 1961 du Code civil, les demandeurs en cassation tentent de remettre en cause l\u2019appr\u00e9ciation souveraine des juges du fond quant \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019ordonner la mesure sollicit\u00e9e \u00e0 l\u2019insu des parties adverses.<\/p>\n<p>Le moyen ne saurait \u00eatre accueilli.<\/p>\n<p>Subsidiairement :<\/p>\n<p>Il ne ressort ni de l\u2019expos\u00e9 ni de la discussion du moyen, en quoi l\u2019application de l\u2019article 1961 du Code civil aurait d\u00fb avoir une incidence sur le dispositif de l\u2019arr\u00eat entrepris.<\/p>\n<p>Le moyen est inop\u00e9rant.<\/p>\n<p>Sur les septi\u00e8me et huiti\u00e8me moyens de cassation (subsidiaires par rapport aux cinqui\u00e8me et sixi\u00e8me moyens de cassation) :<\/p>\n<p>Le septi\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation, sinon de la fausse application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation des articles 932 et 933 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile, tandis que le huiti\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la violation de ces m\u00eames articles par d\u00e9faut de base l\u00e9gale.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat entrepris a statu\u00e9 sur un appel contre une ordonnance pr\u00e9sidentielle d\u00e9cidant la r\u00e9tractation de l\u2019ordonnance unilat\u00e9rale du 26 novembre 2019 prise sur base de l\u2019article 66 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile. La Cour d\u2019appel a partant \u00e9galement statu\u00e9 sur base de cette m\u00eame disposition en la forme des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s, et non pas sur base des articles 932 et 933 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Les deux moyens visent d\u00e8s lors des dispositions \u00e9trang\u00e8res au litige et sont irrecevables.<\/p>\n<p>Sur le neuvi\u00e8me moyen de cassation:<\/p>\n<p>Le neuvi\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation, du refus d\u2019application, sinon de la fausse interpr\u00e9tation de l\u2019article 249 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>19 Le moyen reproche \u00e0 l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 un d\u00e9faut de r\u00e9ponse \u00e0 conclusions. La Cour d\u2019appel aurait omis de r\u00e9pondre au moyen d\u00e9velopp\u00e9 en appel par les demandeurs en cassation, selon lequel les mesures ordonn\u00e9es par l\u2019ordonnance pr\u00e9sidentielle du 26 novembre 2019 ne violaient pas les dispositions de la loi du 5 ao\u00fbt 2005 en raison de l\u2019existence de la fraude ou de l\u2019abus de droit dans l\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de la r\u00e9alisation du gage. Conform\u00e9ment \u00e0 la jurisprudence constante de Votre Cour, le moyen tir\u00e9 de la violation de l\u2019article 249 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile est un vice de forme qui sanctionne le d\u00e9faut de motivation sur un point d\u00e9termin\u00e9. Le jugement est r\u00e9gulier en la forme d\u00e8s qu\u2019il comporte un motif expr\u00e8s ou implicite, si incomplet ou si vicieux soit-il sur le point consid\u00e9r\u00e9. Il suffit d\u00e8s lors de constater qu\u2019une d\u00e9cision est motiv\u00e9e sur le point concern\u00e9 pour \u00e9carter le moyen tir\u00e9 de l\u2019article 249 du Nouveau code de proc\u00e9dure civile. En r\u00e9pondant aux conclusions des parties, les juges du fond ne sont pas non plus tenus de suivre les parties dans le d\u00e9tail de leur argumentation.<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 la fraude et \u00e0 l\u2019abus de droit invoqu\u00e9s par les actuels demandeurs en cassation \u00e0 l\u2019appui des mesures sollicit\u00e9es, l\u2019arr\u00eat dont pourvoi a clairement d\u00e9cid\u00e9 que seul un contr\u00f4le a posteriori est possible et qu\u2019il ne saurait \u00eatre question d\u2019interrompre l\u2019ex\u00e9cution des contrats de garantie de garantie financi\u00e8re ou de paralyser les effets d\u2019une ex\u00e9cution de gage par des mesures qui affectent les op\u00e9rations d\u00e9j\u00e0 ex\u00e9cut\u00e9es : \u00ab C\u2019est cependant \u00e0 juste titre que le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s a examin\u00e9 l\u2019opportunit\u00e9 de la mesure sollicit\u00e9e par rapport \u00e0 son caract\u00e8re conservatoire et par rapport \u00e0 l\u2019article 20 (4) de la loi du 16 ao\u00fbt 2005 sur les garanties financi\u00e8res qui dispose qu\u2019 \u00ab \u00e0 l\u2019exception des dispositions de la loi du 8 d\u00e9cembre 2000 sur le surendettement, les dispositions du Livre III, Titre XVII du Code Civil, du Livre 1er Titre VIII et du Livre III du Code de commerce ainsi que les dispositions nationales ou \u00e9trang\u00e8res r\u00e9gissant les mesures d\u2019assainissement, les proc\u00e9dures de liquidation, les autres situations de concours et les saisies ou autres mesures vis\u00e9es au point b) de l\u2019article 19 ne sont pas applicables aux contrats de garantie financi\u00e8re et aux contrats de compensation et ne font pas obstacle \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de ces contrats et \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution par les parties de leurs obligations notamment de retransfert ou de r\u00e9trocession \u00bb. Lors du d\u00e9p\u00f4t de la loi, le Gouvernement a clairement marqu\u00e9 son intention de donner \u00e0 cet article le caract\u00e8re d\u2019une loi de police et le texte a l\u2019ambition de mettre les contrats de prises de garantie financi\u00e8re \u00e0 l\u2019abri d\u2019une possible remise en cause et d\u2019offrir ainsi aux organismes pr\u00eateurs un cadre dans lequel ils peuvent op\u00e9rer en toute s\u00e9curit\u00e9 (voir l\u2019expos\u00e9 des motifs TP 5251 p. 20 sous article 20). Certes, l\u2019article en question n\u2019interdit pas au juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s de prendre des mesures urgentes. Mais ce juge ne saurait toutefois prendre des mesures (\u2026) qui rendraient inop\u00e9rantes les dispositions aux termes desquelles l\u2019ex\u00e9cution des contrats de garantie financi\u00e8re et l\u2019ex\u00e9cution des obligations contract\u00e9es par les parties en vertu<\/p>\n<p>15 J. et L. Bor\u00e9, La cassation an mati\u00e8re civile, Dalloz, 5e \u00e9d. 2015\/2016, n\u00b077.204<\/p>\n<p>20 de ces contrats se poursuit, nonobstant d\u2019ailleurs toutes sortes de mesures coercitives pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 19 (b) de la m\u00eame loi (cf Cour d\u2019appel r\u00e9f\u00e9r\u00e9 3 novembre 2010). La doctrine avait soulign\u00e9 \u00e0 l\u2019instar de la jurisprudence pr\u00e9cit\u00e9e, que l\u2019intention des r\u00e9dacteurs du projet de loi \u00e9tait d\u2019immuniser l\u2019ex\u00e9cution des garanties financi\u00e8res contre tous incidents et de ne renvoyer qu\u2019\u00e0 la responsabilit\u00e9 des b\u00e9n\u00e9ficiaires apr\u00e8s r\u00e9alisation (cf P. SCHLEIMER r\u00e9alisation des garanties financi\u00e8res et pratiques des pr\u00eateurs bancaires). Les d\u00e9cisions cit\u00e9es par les appelantes, qui ont toutes \u00e9t\u00e9 rendues par des juridictions de fond, s\u2019inscrivent dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le a posteriori de la r\u00e9alisation du gage. La Cour ne saurait suivre le raisonnement des appelants consistant \u00e0 dire que l\u2019existence d\u2019un contr\u00f4le a posteriori impliquerait que le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s serait comp\u00e9tent dans le cadre d\u2019un contr\u00f4le a priori pour prendre des mesures paralysant les effets d\u2019une ex\u00e9cution de gage d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9e. En effet si l\u2019ex\u00e9cution de contrats de garantie financi\u00e8re ne peut \u00eatre interrompue, a fortiori ne saurait-elle \u00eatre remise en cause par des mesures qui affectent les op\u00e9rations d\u00e9j\u00e0 ex\u00e9cut\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9 a partant r\u00e9pondu \u00e0 la conclusion en question.<\/p>\n<p>Le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Conclusion<\/p>\n<p>Le pourvoi est recevable, mais non fond\u00e9.<\/p>\n<p>Pour le Procureur G\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, Le premier avocat g\u00e9n\u00e9ral<\/p>\n<p>Marie-Jeanne Kappweiler<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-de-cassation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-de-cassation\/20240806-153800\/20211216-cas-2020-00133-157a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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