{"id":676149,"date":"2026-04-24T23:20:48","date_gmt":"2026-04-24T21:20:48","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-3-novembre-2021\/"},"modified":"2026-04-24T23:20:51","modified_gmt":"2026-04-24T21:20:51","slug":"cour-superieure-de-justice-3-novembre-2021","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-3-novembre-2021\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 3 novembre 2021"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 148\/21\u2013VII\u2013CIV Audience publique du trois novembre deux mille vingt-et-un Num\u00e9ro CAL-45059 Composition: Thierry HOSCHEIT, pr\u00e9sident de chambre; Nadine WALCH, conseiller; Fran\u00e7oise SCHANEN, conseiller; Andr\u00e9 WEBER,greffier. E n t r e : la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.), soci\u00e9t\u00e9 d\u2019avocats, (anciennementSOCIETE2.))\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE1.), , inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le n\u00b0NUMERO1.),repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil de g\u00e9rance actuellement en fonctions, appelante aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Laura GEIGER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Frank SCHAAL de Luxembourg en date du 15 f\u00e9vrier 2017, comparant par Ma\u00eetre Benjamin MARTHOZ, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, e t :<\/p>\n<p>2 1. la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE2.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, intim\u00e9e aux fins du susdit exploit GEIGER du 15 f\u00e9vrier 2017, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e KRIEPS-PUCURICA Avocat, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-1917 Luxembourg, 11, rue Large,inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B241603,repr\u00e9sent\u00e9e elle-m\u00eame aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Admir PUCURICA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, 2. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7aisSOCIETE4.),\u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 F-ADRESSE3.), inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Paris sous le num\u00e9roNUMERO3.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, intim\u00e9e aux fins du susdit exploit GEIGER du 15 f\u00e9vrier 2017, comparant par Ma\u00eetre Alex ENGEL, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, ________________________________________________________ LA COUR D\u2019APPEL: Saisi -d\u2019une action principale de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOCIETE2.)(ci-apr\u00e8s soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.); la soci\u00e9t\u00e9 se d\u00e9nomme actuellementSOCIETE1.)) contre la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.) (ci-apr\u00e8s soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)) en paiement de la somme de 98.106,99 euros du chef d\u2019honoraires d\u2019avocat -d\u2019unedemande reconventionnellede la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)en paiement de la somme de 98.106,99 euros du chef de dommages-int\u00e9r\u00eats au cas o\u00f9 la demande principale dirig\u00e9e \u00e0 son encontre devait \u00eatre fond\u00e9e -d\u2019une demande incidente de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)contre la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)en paiement de dommages-int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire en raison de la demande reconventionnelle -d\u2019une demande en garantie de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7aisSOCIETE4.)(anciennement SOCIETE5.)) (ci-apr\u00e8s soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)) pour \u00eatre tenue quitte et<\/p>\n<p>3 indemne de toute condamnation pouvant intervenir \u00e0 sa charge au profit de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) -d\u2019une action principale de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)contre la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)en paiement de la somme de 98.106,99 euros du chef d\u2019honoraires d\u2019avocat, subsidiaire \u00e0 celle dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.) le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, par jugement du 9 d\u00e9cembre 2016, -a dit non-fond\u00e9e la demande principale de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), tant sur la base contractuelle du mandat que sur les bases de la gestion d\u2019affaires, de la stipulation pour autrui et de l\u2019enrichissement sans cause -a dit sans objet lademande reconventionnellede la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) -a d\u00e9bout\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)de la demande en dommages- int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire soulev\u00e9e en r\u00e9action \u00e0 la demande reconventionnellede la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) -a d\u00e9bout\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)de la demande bas\u00e9e surl\u2019article 240 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile dirig\u00e9e contre lasoci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.) -a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)\u00e0 payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 750,-euros \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) -a dit sans objet la demande en garantie de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.) -a d\u00e9bout\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)de la demande bas\u00e9e surl\u2019article 240 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile dirig\u00e9e contre lasoci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.) -a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)\u00e0 payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 750,-euros \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.) -a dit non fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), tant sur la base contractuelle que sur la base d\u00e9lictuelle -a d\u00e9bout\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)de la demande bas\u00e9e surl\u2019article 240 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile dirig\u00e9e contre lasoci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.) -a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 750,-euros. Pour statuer comme il l\u2019a fait, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg a retenu -que l\u2019existence d\u2019un mandat confi\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9montr\u00e9e -que les conditions de la gestion d\u2019affaire n\u2019\u00e9taient pas r\u00e9unies dans la mesure o\u00f9 le suppos\u00e9 g\u00e9r\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 absent<\/p>\n<p>4 -que les donn\u00e9es de l\u2019esp\u00e8ce ne caract\u00e9risaient pas une stipulation pour autrui entre le suppos\u00e9 stipulant, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), le suppos\u00e9 promettant, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), et le suppos\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficiaire, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), mais une situation de sous-traitance entre le ma\u00eetre de l\u2019ouvrage, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), le ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), et le sous-traitant, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), et ce pour une p\u00e9riode limit\u00e9e ne couvrant pas la p\u00e9riode au titre de laquelle les honoraires \u00e9taient r\u00e9clam\u00e9s -que le caract\u00e8re subsidiaire de l\u2019action bas\u00e9e sur l\u2019enrichissement sans cause s\u2019opposait \u00e0 son admission dans la mesure o\u00f9 la demande en tant que bas\u00e9e sur le mandat n\u2019aboutissait pas pour une raison d\u2019absence de preuve -que du fait du rejet de la demande dirig\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), tant lademande reconventionnellede la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)que la demande en garantie de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.) devenaient sans objet -que lademande reconventionnellede la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) n\u2019exc\u00e9dait pas les limites de l\u2019exercice l\u00e9gitime d\u2019une action en justice, de sorte que la demande en dommages-int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)devait \u00eatre rejet\u00e9e -que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)ne d\u00e9montrait pas avoir conclu un contrat de mandat ou un contrat de prestation de services avec la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)sur la p\u00e9riode couverte par sa demande en paiement d\u2019honoraires -qu\u2019aucune faute d\u00e9lictuelle ayant pu conduire au dommage all\u00e9gu\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), r\u00e9sultant de l\u2019impossibilit\u00e9 de pouvoir se retourner sur la base contractuelle contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), ne pouvait \u00eatre imput\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), dans la mesure o\u00f9 il aurait appartenu \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)de consolider juridiquement ses relations contractuelles avec la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)avant de prester ses services. De ce jugement, non signifi\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)a relev\u00e9 appel suivant exploit d\u2019huissier du 15 f\u00e9vrier 2017 en intimant la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.). En appel, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) maintient au d\u00e9part ses demandes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des deux parties intim\u00e9es telles qu\u2019elle les avait pr\u00e9sent\u00e9es en premi\u00e8re instance. Au dernier \u00e9tat de ses conclusions, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)demande, par ordre croissant de subsidiarit\u00e9, en ce qui concerne le montant de 98.106,99 euros, \u00e0 voir condamner -la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)sur la base contractuelle du mandat sinon du mandat apparent -la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)sur la base contractuelle du mandat<\/p>\n<p>5 -la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)sur la base d\u00e9lictuelle -la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)sur la base de l\u2019enrichissement sans cause. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)demande encore \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)\u00e0 lui payer des dommages-int\u00e9r\u00eats \u00e0 concurrence de 10.000,- euros pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire en raison de lademande reconventionnellepr\u00e9sent\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)conclut \u00e0 la confirmation du jugement de premi\u00e8re instance. En ordre subsidiaire, elle demande \u00e0 voir ramener \u00e0 un montant ne d\u00e9passant pas 10.000,-euros la demande en paiement d\u2019honoraires de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). Au cas o\u00f9 la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)devait \u00eatre reconnue comme \u00e9tant justifi\u00e9e, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)demande -\u00e0 ce que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)soit condamn\u00e9e \u00e0 la tenir quitte et indemne de toute condamnation, principalement sur base des articles 1142 et suivants du Code civil et subsidiairement sur base des articles 1382 et 1383 du Code civil -sinon \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)sur base de la responsabilit\u00e9 civile d\u00e9lictuelle \u00e0 lui payer la somme de 98.106,99 euros. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)conclut \u00e0 la confirmation du jugement de premi\u00e8re instance, sinon au cas o\u00f9 la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)devait \u00eatre reconnue comme \u00e9tant fond\u00e9e au rejet de la demande en garantie dirig\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)\u00e0 son encontre. Par ordonnance du magistrat de la mise en \u00e9tat du 1 er avril 2021, l\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 cl\u00f4tur\u00e9e. Par avis du 29 septembre 2021,l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement renvoy\u00e9e \u00e0 l\u2019audience des plaidoiries du 6 octobre 2021 et, conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article 2, (2) de la loi modifi\u00e9e du 19 d\u00e9cembre 2020 portant adaptation temporaire de certaines modalit\u00e9s proc\u00e9durales en mati\u00e8recivile et commerciale, les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s de la composition du si\u00e8ge. Les mandataires des parties ayant inform\u00e9 la Cour qu\u2019ils n\u2019entendaient pas plaider l\u2019affaire et les fardes de proc\u00e9dure ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es au greffe, l\u2019audience a \u00e9t\u00e9 tenue \u00e0 la date indiqu\u00e9e. Le pr\u00e9sident de chambre Thierry HOSCHEIT a pris l\u2019affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et a fix\u00e9 le prononc\u00e9 de l\u2019arr\u00eat au 3 novembre 2021.<\/p>\n<p>6 Les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par \u00e9crit de la composition de la Cour et de la date du prononc\u00e9. Le magistrat ayant pr\u00e9sid\u00e9 l\u2019audience a rendu compte \u00e0 la Cour dans son d\u00e9lib\u00e9r\u00e9. 1.Faits Par lettre de mission du 9 f\u00e9vrier 2010, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)s\u2019adjoint les services de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)pour l\u2019assister dans une op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds et de recherche de partenaires financiers, jusqu\u2019au d\u00e9nouement final de l\u2019op\u00e9ration. La lettre de mission pr\u00e9cise -en pr\u00e9ambule qu\u2019il faut entendre par Intervenants Sp\u00e9cialis\u00e9s Tout tiers \u00e0 la pr\u00e9sente lettre de mission participant au projet vis\u00e9 en pr\u00e9ambule: avocat, auditeur, conseiller fiscal, expert- comptable ou tout autre expert technique. -\u00e0 l\u2019article 3 que La mission ne fait pas obstacle \u00e0 l\u2019intervention \u00e9ventuelle d\u2019Intervenantssp\u00e9cialis\u00e9s utiles \u00e0 la r\u00e9alisation du projet vis\u00e9 en pr\u00e9ambule, ceux-ci \u00e9tant tiers \u00e0 la pr\u00e9sente lettre de mission. -\u00e0 l\u2019article 4 que La pr\u00e9sente lettre de mission n\u2019est en aucun cas et d\u2019aucune mani\u00e8re un contrat de mandat,SOCIETE5.)ne pouvant en aucune mani\u00e8re agir au nom et pour le compte de la Soci\u00e9t\u00e9[i.e. la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)]au titre des pr\u00e9sentes. -\u00e0 l\u2019article 6, apr\u00e8s avoir fix\u00e9 les honoraires dus \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.), que Ces honoraires s\u2019entendent hors frais et hors honoraires d\u2019Intervenants Sp\u00e9cialis\u00e9s, r\u00e9alis\u00e9s comme \u00e0 la demande expresse de la Soci\u00e9t\u00e9[i.e. de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)]. -\u00e0 l\u2019article 7 que SOCIETE5.)ne sera en aucune mani\u00e8re tenu responsable des honoraires des Intervenants Sp\u00e9cialis\u00e9s et des frais engag\u00e9s le cas \u00e9ch\u00e9ant par ces derniers. -\u00e0 l\u2019article 15 que En cas de contradiction entre les dispositions de la pr\u00e9sente lettre de mission et les conditions g\u00e9n\u00e9rales des contrats de conseil et de prestation de services deSOCIETE5.), les pr\u00e9sentes conditionsparticuli\u00e8res pr\u00e9vaudront. Dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution de sa mission, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)a eu besoin \u00e0 un certain moment d\u2019une assistance juridique au Luxembourg, ce pour quoi elle s\u2019est adress\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). Les parties sont d\u2019accord pour dire que sur la p\u00e9riode du 14 septembre 2010 au 24 septembre<\/p>\n<p>7 2010, lasoci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)a ex\u00e9cut\u00e9 une mission de conseil juridique pour compte de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.). Elle a dress\u00e9 \u00e0 ce titre un m\u00e9moire d\u2019honoraires n\u00b0 2010-1042 en date du 24 septembre 2010 qui lui a \u00e9t\u00e9 pay\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.). La demande actuelle de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)porte sur la p\u00e9riode allant du 27 septembre 2010 au 31 octobre 2010 au titre de laquelle elle a \u00e9tabli deux m\u00e9moires d\u2019honoraires -un m\u00e9moire n\u00b0 2010-1043 du 30 septembre 2010 couvrant la p\u00e9riode du 27 septembre 2010 au 30 septembre 2010 pour un total de 7.647,50 euros -un m\u00e9moire n\u00b0 2010-1506 du 31d\u00e9cembre 2010 couvrant la p\u00e9riode du 1 er octobre 2010 au 28 octobre 2010 pour un total de 90.459,49 euros. L\u2019op\u00e9ration de refinancement de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e avec succ\u00e8s. 2.Demande contractuelle de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) Il appartient \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)en tant que demandeur en paiement d\u2019honoraires pour prestations juridiques d\u2019apporter positivement la preuve de l\u2019existence d\u2019un contrat entre elle et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). La Cour souligne au d\u00e9part que c\u2019est \u00e0 tort que les premiers juges et les parties ont ax\u00e9 leurs d\u00e9veloppements autour de la notion de contrat de mandat, d\u00e8s lors que le mandat se caract\u00e9rise par le pouvoir donn\u00e9 par une personne \u00e0 une autre de faire quelque chose pour le mandant et en son nom (article 1984 du Code civil). Or, les prestations factur\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)ne rel\u00e8vent pas de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019actes au nom et pour compte de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), mais en de simples services de conseils juridiques (discussions, assistance des r\u00e9unions, r\u00e9daction et r\u00e9vision de textes). C\u2019est notamment \u00e0 tort que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)place un certain nombre de ses d\u00e9veloppements dans le contexte de la repr\u00e9sentation en justice. Les premiers juges sont toutefois \u00e0 confirmer en ce qu\u2019ils ont retenu que la preuve du contrat all\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)en tant que soci\u00e9t\u00e9 commerciale est libre et peut \u00eatre rapport\u00e9e par tous moyens, sans que l\u2019article 1341 du Code civil ne puisse induire la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une preuve par \u00e9crit. Si la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)reproche aux premiers juges d\u2019avoir soulev\u00e9 d\u2019office ce moyen apr\u00e8s que les parties aient estim\u00e9 que la preuve du contrat n\u2019\u00e9tait pas libre, et d\u2019avoir ainsi viol\u00e9 le principe du contradictoire tir\u00e9 de<\/p>\n<p>8 l\u2019article 65, alin\u00e9a 3 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile, elle n\u2019en tire toutefois aucune cons\u00e9quence juridique, de sorte qu\u2019il n\u2019y a pas autrement lieu de s\u2019y arr\u00eater. A toutes fins utiles, la Cour rel\u00e8ve que les premiers juges se sont born\u00e9s \u00e0 faire application de l\u2019article 61, alin\u00e9a 1 er du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile qui leur fait obligation de trancher le litige conform\u00e9ment aux r\u00e8gles de droit qui lui sont applicables, sans que toute op\u00e9ration de requalification ou de recadrage des d\u00e9bats ne requiert la r\u00e9ouverture des d\u00e9bats. Ces pr\u00e9cisions \u00e9tant apport\u00e9es, il convient de v\u00e9rifier si la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)\u00e9tablit la preuve de l\u2019existence du contrat de conseils juridiques. 2.1.Existence du lien contractuel 2.1.1.Aveu C\u2019est \u00e0 bon droit que les premiers juges ont d\u00e9ni\u00e9 la qualification d\u2019aveu \u00e0 un courriel envoy\u00e9 en date du 27 janvier 2011 parPERSONNE1.), administrateur de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), \u00e0PERSONNE2.), responsable de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.). En \u00e9crivant J\u2019ai vraiment l\u2019impression qu\u2019il y eu un tr\u00e8s grand malentendu dans cette affaire. De mon c\u00f4t\u00e9 j\u2019\u00e9tais certain que ceci rentrait dans la prestation SOCIETE4.), pour cette raison je n\u2019avais pas sign\u00e9 le contrat avec SOCIETE2.). D\u2019ailleurs il y a eu une facturation d\u2019avocats partag\u00e9e entre nous en fin de mission si je me souviens bien. On vous avait donn\u00e9 l\u2019autorisation de placer votre avocat dans la boucle car vous aviez not\u00e9 des retards deSOCIETE6.)et pour cette prestation, somme toute tr\u00e8s limit\u00e9e dans le temps, je vous mal comment elle peut facturer une somme aussi gigantesque. En ce qui nous concerne, sachez que nous avons aussi re\u00e7u les facturations deSOCIETE6.). Pour arr\u00eater l\u2019affaire je veux bien donner 10000 euro. PERSONNE1.)exprime tr\u00e8s clairement sa d\u00e9n\u00e9gation de tout lien contractuel avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). Ce n\u2019est pas de son offre conciliante de payer 10.000,-euros faite en bout de compte qu\u2019on peut distiller l\u2019aveu du contraire de ce qu\u2019il affirme sur les 10 lignes pr\u00e9c\u00e9dentes. 2.1.2.Attestations testimoniales Pour \u00e9tablir l\u2019existence du contrat de prestations juridiques, la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)verse aux d\u00e9bats deux attestations testimoniales, l\u2019une \u00e9manant d\u2019PERSONNE2.), responsable de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), l\u2019autre \u00e9manant de PERSONNE3.), exer\u00e7ant professionnellement au sein de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.). La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)y oppose \u00e0 titre de contrepreuve une attestation testimoniale r\u00e9dig\u00e9e parPERSONNE4.), conforme en son dernier<\/p>\n<p>9 \u00e9tat aux exigences formelles du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile. Avant d\u2019examiner le contenu de ces attestations, il convient d\u2019en toiser l\u2019admissibilit\u00e9. 2.1.2.1.Admissibilit\u00e9s C\u2019est \u00e0 tort que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)conclut au rejet de l\u2019attestation r\u00e9dig\u00e9e parPERSONNE3.)au motif qu\u2019elle travaille au sein de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)et qu\u2019elle aurait de ce fait un int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019issue du litige. Le principe est aujourd\u2019hui l\u2019ouverture \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre t\u00e9moin la plus large possible, seules certaines personnes limitativement \u00e9num\u00e9r\u00e9es par la loi en \u00e9tant exclues, au nombre desquellesne figure ni une collaboratrice ind\u00e9pendante ni une salari\u00e9e d\u2019une des parties au litige. Depuis la r\u00e9forme des mesures d\u2019instruction op\u00e9r\u00e9e par le r\u00e8glement grand-ducal du 22 ao\u00fbt 1985 portant modification du code de proc\u00e9dure civile et de certains articles du Code civil, le potentiel int\u00e9r\u00eat \u00e0 l\u2019issue du litige n\u2019est plus de nature \u00e0 \u00f4ter \u00e0 une personne la capacit\u00e9 de t\u00e9moigner. A cela s\u2019ajoute que la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)n\u2019a pas autrement expliqu\u00e9 en quoi pourrait concr\u00e8tement consister l\u2019int\u00e9r\u00eat personnel dePERSONNE3.)\u00e0 l\u2019issue du litige. Cette attestation est partant \u00e0 consid\u00e9rer. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)s\u2019oppose \u00e0 l\u2019admissibilit\u00e9 de l\u2019attestation r\u00e9dig\u00e9e parPERSONNE4.)au motif quePERSONNE4.)\u00e9tait administrateur de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)au jour de la r\u00e9daction de son attestation testimoniale. A ce titre, il devrait \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 une partie au proc\u00e8s et ne pourrait de ce fait pas rev\u00eatir la qualit\u00e9 de t\u00e9moin, sans qu\u2019il ne faille tenir compte de ses fonctions ou absence de fonctions au jour des faits sur lesquels il atteste. Sur ce dernier point, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)rel\u00e8ve toutefois encore que PERSONNE4.)avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 CEO de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), partant d\u00e9l\u00e9gu\u00e9\u00e0 la gestion journali\u00e8re, avec effet au 1 er octobre 2010 lors de la r\u00e9union du conseil de g\u00e9rance du 2 septembre 2010. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)conclut \u00e0 l\u2019admissibilit\u00e9 de l\u2019attestation r\u00e9dig\u00e9e parPERSONNE4.)au motif que celui-ci n\u2019aurait occup\u00e9 aucune fonction dirigeante au sein de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)au jour des faits qu\u2019il relate, 30 septembre 2010, et que les faits dont il a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin n\u2019auraient partant pas relev\u00e9 de son autorit\u00e9. Il ne serait pas \u00e0 assimiler \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)en tant que partie au proc\u00e8s. Seules ses fonctions au jour des faits seraient \u00e0 prendre en consid\u00e9ration, sans \u00e9gard aux fonctions qu\u2019iloccupe par la suite, de sorte que tant la fonction de CEO occup\u00e9e \u00e0 partir du 1 er octobre 2010 que ses fonctions d\u2019administrateur de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)au jour de son attestation seraient sans incidence. Elle ajoute qu\u2019en tout \u00e9tat de cause, PERSONNE4.)aurait \u00e9t\u00e9 CEO puis simple administrateur sans pouvoir d\u2019engagement individuel, et ne pourrait donc pas \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 partie au proc\u00e8s.<\/p>\n<p>10 Le simple administrateur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 anonyme fait partie de l\u2019organe coll\u00e9gial que constitue le conseil d\u2019administration qui repr\u00e9sente la soci\u00e9t\u00e9 en justice. Par analogie avec l\u2019organe coll\u00e9gial constitu\u00e9 par le coll\u00e8ge des bourgmestre et \u00e9chevins, au sujet duquel il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que \u00abLa commune, entit\u00e9 morale disposant de la personnalit\u00e9 juridique, est physiquement repr\u00e9sent\u00e9e en justice par ses bourgmestre et \u00e9chevins r\u00e9unis en coll\u00e8ge. Le bourgmestre, en tant que membre de ce coll\u00e8ge, n\u2019est pas une partie tierce au proc\u00e8s. Son t\u00e9moignage est partant irrecevable\u00bb (Cour de cassation 22 mai 2008, Pas. 34, page 209), il faut retenir que le simple administrateur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 anonyme partie au proc\u00e8s ne peut se voir reconna\u00eetre la capacit\u00e9 de t\u00e9moigner, peu importe qu\u2019il ait pouvoir de signature individuel. Les conclusions des parties am\u00e8nent toutefois la Cour \u00e0 devoir r\u00e9pondre \u00e0 la question de savoir \u00e0 quel moment doit s\u2019appr\u00e9cier la qualit\u00e9 d\u2019administrateur pour d\u00e9cider de sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre t\u00e9moin. La soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)soutient que c\u2019est le jour de la d\u00e9position testimoniale qu\u2019il faut consid\u00e9rer, tandis que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)fait valoir que c\u2019est le jour des faits sur lesquels porte la d\u00e9position testimoniale qui est d\u00e9terminante. La Cour rajoutera que d\u2019autres \u00e9poques peuvent \u00eatre prises en consid\u00e9ration, tel que le jour de l\u2019acte introductif d\u2019instance ou le jour des plaidoiries. Il est constant en cause que suite \u00e0 la modification de la forme sociale de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e en une soci\u00e9t\u00e9 anonyme lors d\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale tenue en date du 8 d\u00e9cembre 2010, PERSONNE4.)a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 le m\u00eame jour aux fonctions d\u2019administrateur de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.).PERSONNE4.)renseigne cette qualit\u00e9 dans l\u2019attestation testimoniale irr\u00e9guli\u00e8re du 23 juin 2013 ainsi que dans l\u2019attestation r\u00e9guli\u00e8re du 17 septembre 2019. Il n\u2019est pas all\u00e9gu\u00e9 que ces fonctions aient cess\u00e9 depuis cette \u00e9poque. Il en r\u00e9sulte quePERSONNE4.)a \u00e9t\u00e9 administrateur de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)tout au long de la proc\u00e9dure en premi\u00e8re instance ayant d\u00e9but\u00e9 avec l\u2019assignation dirig\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)en date du 30 mai 2011 jusqu\u2019au jour des plaidoiries en instance d\u2019appel. Sous le r\u00e9gime de l\u2019article 399 (\u00abLorsque la preuve testimoniale est admissible, le juge peut recevoir des tiers les d\u00e9clarations de nature \u00e0 l\u2019\u00e9clairer sur les faits litigieux dont ils ont personnellement connaissance\u00bb) et de l\u2019article 405, alin\u00e9a 1 er du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile (\u00abChacun peut \u00eatre entendu comme t\u00e9moin, \u00e0 l\u2019exception des personnes qui sont frapp\u00e9es d\u2019une incapacit\u00e9 de t\u00e9moigner en justice\u00bb) tel qu\u2019introduits par le r\u00e8glement grand-ducal du 22 ao\u00fbt 1985 portant modification ducode de proc\u00e9dure civile et de certains articles du Code civil, la capacit\u00e9 de t\u00e9moigner constitue le principe et l\u2019incapacit\u00e9 l\u2019exception et doit \u00e0 ce titre \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e restrictivement. L\u2019incapacit\u00e9 des parties au litige de t\u00e9moigner dans leur propre cause tient au cumul des qualit\u00e9s de partie au litige et de<\/p>\n<p>11 t\u00e9moin, qui ne peut \u00eatre admis. L\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9terminant pour toiser la capacit\u00e9 de t\u00e9moigner tient par voie de cons\u00e9quence \u00e0 l\u2019existence de l\u2019instance judiciaire, et non pas au fait juridique dont il convient de rapporter la preuve. Il en r\u00e9sulte que l\u2019attestation de t\u00e9moignage r\u00e9dig\u00e9e par un particulier du temps o\u00f9 il occupe la fonction d\u2019administrateur de la soci\u00e9t\u00e9 partie au litige ne peut \u00eatre re\u00e7ue, ind\u00e9pendamment de la question de savoir s\u2019il a occup\u00e9 ces fonctions du temps du fait juridique en cause. Il r\u00e9sulte de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que c\u2019est \u00e0 tort que les premiers juges ont re\u00e7u l\u2019attestation testimoniale dePERSONNE4.). 2.1.2.2.Appr\u00e9ciation Le t\u00e9moinPERSONNE2.), qui estintervenu au service de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)en tant que coordinateur du projet, atteste comme suit: Je confirme que dans un premier temps, le cabinetSOCIETE7.)est intervenu dans le dossier \u00e0 la demande deSOCIETE5.), car les n\u00e9gociations avec les candidats investisseurs n\u00e9cessitaient l\u2019intervention urgente d\u2019un avocat luxembourgeois sp\u00e9cialis\u00e9 dans le domaine des fusions-acquisitions. En effet, le conseil habituel du groupeSOCIETE3.)\u00e0(&#8230;), le cabinetSOCIETE6.), \u00e9tait indisponible et ne disposait pas de l\u2019expertise juridique n\u00e9cessaire pour ce type de dossier; par ailleurs, ce cabinet faisait montre d\u2019une attitude peu coop\u00e9rative, ce qui s\u2019est confirm\u00e9 parla suite et notamment lorsque les relations de ce cabinet avec l\u2019un des actionnaires minoritaires (SOCIETE8.)) se sont faites jour. Le cabinetSOCIETE7.)a \u00e9t\u00e9 contact\u00e9 \u00e0 cette fin le 14.9.2010 par le biais du cabinetSOCIETE9.),(&#8230;),qui \u00e9tait l\u2019un de nos conseils juridiques habituels. Dans l\u2019urgence et au vu du besoin de r\u00e9activit\u00e9 que n\u00e9cessitaient les travaux d\u2019analyse n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des documents de r\u00e9ponse aux investisseurs pressentis,SOCIETE5.), en relation avec les actionnaires deSOCIETE3.)s\u00e0rl, a pris en charge dans un premier temps le mandat donn\u00e9 au cabinetSOCIETE7.)afin qu\u2019il puisse intervenir imm\u00e9diatement et ne pas retarder ainsi l\u2019avanc\u00e9e des n\u00e9gociations. Une fois cette phase de travaux d\u2019analyse pr\u00e9liminaires termin\u00e9e, en date du 24.9.2010, et suite \u00e0 la r\u00e9ception de deux offres indicatives d\u2019investissement, le conseil de g\u00e9rance de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)s\u00e0rl a statu\u00e9 sur la poursuite des n\u00e9gociations avec ces deux candidats pour l\u2019\u00e9tape suivante. J\u2019ai assist\u00e9 \u00e0 ce conseil de g\u00e9rance auquel j\u2019ai \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 en tant que coordinateur du projet et lors duquel il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 de donner mandat directement au cabinetSOCIETE7.)pour assister la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)s\u00e0rl en compl\u00e9ment du cabinetSOCIETE6.), et ce au<\/p>\n<p>12 vu de l\u2019ampleur de la transaction et des d\u00e9lais qui n\u00e9cessitaient le renfort d\u2019un avocat sp\u00e9cialis\u00e9. La r\u00e9partition du travail entre les deux cabinets \u00e9tait la suivante: le cabinetSOCIETE6.)\u00e9tait en charge de la r\u00e9daction des documents sociaux de type standard tels que les notices de convocation et PV du conseil de g\u00e9rance ou de l\u2019assembl\u00e9e des associ\u00e9s alors que le cabinetSOCIETE2.)se charge des aspects plus particuli\u00e8rement li\u00e9s \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds et aux relations avec le nouvel investisseur (ex.: pacte d\u2019associ\u00e9s, contrat de cession, probl\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 l\u2019actionnariat minoritaire). SOCIETE5.)restait coordinateur g\u00e9n\u00e9ral du projet. Concernant les honoraires, il a par cons\u00e9quent \u00e9t\u00e9 convenu que SOCIETE5.)prenne en charge les honoraires du cabinet SOCIETE7.)pour les prestations accomplies jusqu\u2019au 24.9.2010 inclus et le groupeSOCIETE3.)ceux ensuite factur\u00e9s \u00e0 compter du 27.9.2010. Cette fa\u00e7on de proc\u00e9der a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e dans un \u00e9change d\u2019emails entre Ma\u00eetrePERSONNE5.)et moi-m\u00eame du 8.10.2010 avec les dirigeants du groupeSOCIETE3.)en copie, sans aucune r\u00e9action cons\u00e9cutive. Dans ce contexte, le cabinetSOCIETE2.)avait pr\u00e9alablement envoy\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)s\u00e0rl, par mail du 6.10.2010, sa lettre d\u2019engagement pour signature par M. PERSONNE1.). J\u2019\u00e9tais \u00e9galement pr\u00e9sent notamment lors de la conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique du 30.9.2010 \u00e0 laquelle M.PERSONNE1.), pr\u00e9sident du groupeSOCIETE3.)et Ma\u00eetrePERSONNE5.)participaient notamment et o\u00f9 l\u2019intervention du cabinetSOCIETE2.)aux c\u00f4t\u00e9s du cabinetSOCIETE6.)a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9e clairement et sans ambigu\u00eft\u00e9s. Suite \u00e0 cela, il r\u00e9sulte que de nombreux \u00e9changes par emails et t\u00e9l\u00e9phone ont eu lieu entreSOCIETE2.)et le groupeSOCIETE3.), en vue d\u2019assurer le service de l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds (r\u00e9daction et relecture de la documentation juridique, conseils sur les points en discussion, conseils sur la gestion des minoritaires notamment). A mon sens, il n\u2019y a aucun doute quant au fait que le cabinet SOCIETE7.)a \u00e9t\u00e9 mandat\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)s\u00e0rl pour agir en son nom et ce \u00e0 partir du 27.9.2010. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)conclut au rejet de cette attestation alors qu\u2019elle serait contraire \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. Ainsi, -le conseil de g\u00e9rance de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)n\u2019aurait pas d\u00e9cid\u00e9 lors de sa r\u00e9union du 24 septembre 2010 de confier une mission \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). La preuve en serait que rien de tel ne serait act\u00e9 au proc\u00e8s-verbal de cette r\u00e9union. -le t\u00e9moinPERSONNE2.)n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent \u00e0 la r\u00e9union du conseil de g\u00e9rance de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)du 24 septembre 2010.<\/p>\n<p>13 La preuve en serait que cette pr\u00e9sence neserait pas act\u00e9e au proc\u00e8s- verbal de cette r\u00e9union. -PERSONNE1.)n\u2019aurait confi\u00e9 aucune mission \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)lors de l\u2019entretien t\u00e9l\u00e9phonique du 30 septembre 2010. -Les limites d\u2019une \u00e9ventuelle mission de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9finies lors de l\u2019entretien t\u00e9l\u00e9phonique du 30 septembre 2010. La preuve en serait que le t\u00e9moin n\u2019apporterait aucune pr\u00e9cision \u00e0 ce sujet. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)met encore en doute l\u2019attestation testimoniale d\u2019PERSONNE2.)en \u00e9voquant un courriel de ce dernier du 3 octobre 2010 dans lequel il aurait mis en doute la l\u00e9gitimit\u00e9 de la pr\u00e9sence de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)dans le d\u00e9roulement de l\u2019op\u00e9ration. Les contestations de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)ne convainquent pas. Il faut constater au d\u00e9part que l\u2019attestation est conforme aux exigences l\u00e9gales, et que l\u2019attestant y pr\u00eate serment, sous la menace de sanctions p\u00e9nales, de relater la v\u00e9rit\u00e9. En ce qui concerne le d\u00e9roulement de la r\u00e9union du conseil de g\u00e9rance de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)du 24 septembre 2010, le proc\u00e8s-verbal n\u2019est pas de nature \u00e0 renverser la foi \u00e0 accorder aux affirmations de l\u2019attestant. D\u2019une part, ce proc\u00e8s-verbal ne contient pas express\u00e9ment l\u2019infirmation de la pr\u00e9sence d\u2019PERSONNE2.), mais renseigne que \u00abSOCIETE4.)informe\u00bb, ce qui am\u00e8ne \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019un repr\u00e9sentant de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)\u00e9tait pr\u00e9sent. Si l\u2019information fournie par celle-ci devait avoir \u00e9t\u00e9 fournie par \u00e9crit en amont de la tenue du conseil de g\u00e9rance, il aurait \u00e9t\u00e9 loisible \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)de verser aux d\u00e9bats les pi\u00e8ces aff\u00e9rentes. Ne l\u2019ayant pas fait, la Cour admet que ces pi\u00e8ces n\u2019existent pas et que la mention \u00abSOCIETE4.) informe\u00bb renvoie \u00e0 la pr\u00e9sence physique d\u2019un repr\u00e9sentant de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.), dont il faut admettre \u00e0 d\u00e9faut de preuve contraire qu\u2019il s\u2019agissait, conform\u00e9ment \u00e0 son attestation testimoniale, d\u2019PERSONNE2.). D\u2019autre part, si ce proc\u00e8s-verbal ne contient pas express\u00e9ment la d\u00e9cision de confier une mission de conseil juridique \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), il n\u2019affirme pas non plus lecontraire. En ce qui concerne l\u2019entretien t\u00e9l\u00e9phonique du 30 septembre 2010, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)n\u2019apporte aucun \u00e9l\u00e9ment, \u00e0 part ses propres d\u00e9n\u00e9gations, pour mettre en doute les d\u00e9positions du t\u00e9moinPERSONNE2.). C\u2019est sans aucune pertinence que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)fait valoir que l\u2019attestation testimoniale n\u2019apporterait pas de pr\u00e9cisions sur les limites et l\u2019\u00e9tendue de la mission confi\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), alors que ce faisant elle ne discute pas l\u2019existence d\u2019une mission, mais ses conditions et modalit\u00e9s. C\u2019est ensuite \u00e0 tort que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)fait valoir que l\u2019attestation testimoniale n\u2019apporterait pas de pr\u00e9cisions sur les limites et l\u2019\u00e9tendue de la mission confi\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), alors qu\u2019il est<\/p>\n<p>14 pr\u00e9cis\u00e9 que celle-ci \u00abse charge des aspects plus particuli\u00e8rement li\u00e9s \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds et aux relations avec le nouvel investisseur (ex.: pacte d\u2019associ\u00e9s, contrat de cession, probl\u00e9matique li\u00e9e \u00e0 l\u2019actionnariat minoritaire)\u00bb. En ce qui concerne le principe m\u00eame de la mission confi\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)et le courriel d\u2019PERSONNE2.)du 3 octobre 2010, c\u2019est \u00e0 bon droit que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)d\u00e9nie toute pertinence \u00e0 ce courriel, d\u00e8s lors qu\u2019il appara\u00eet, tel que vers\u00e9 aux d\u00e9bats, comme sorti de son contexte et en tout \u00e9tat il ne permet pas de constater avec certitude qu\u2019il aurait voulu viser la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)en \u00e9crivant \u00abSur les diligences? Etonnant car ils ne sont pas sollicites\u2013et ils n\u2019ont pas produit, ni \u00e9t\u00e9 r\u00e9actifs. En tout cas nous ne leur demandons rien. Leur pr\u00e9sence est li\u00e9e \u00e0 des facteurs historiques\u00bb. Le t\u00e9moinPERSONNE3.), qui est intervenue au dossier en tant que collaboratrice de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), atteste comme suit: Je confirme avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente lors de la conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique du jeudi 30 septembre 2010. Je suis effectivement collaboratrice au sein de l\u2019\u00e9tudeSOCIETE2.)et mon intervention a \u00e9t\u00e9 requise dans le cadre du dossier de lev\u00e9e de fonds au b\u00e9n\u00e9fice de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.). Au vu de l\u2019urgence et du timing r\u00e9duit dont nous disposions, j\u2019ai activement travaill\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de Ma\u00eetre PERSONNE5.)pour mener \u00e0 bien notre mission. Parmi les participants pr\u00e9sents lors de cette conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique, Mr PERSONNE1.)(notamment) repr\u00e9sentait les int\u00e9r\u00eats du groupe SOCIETE3.). Dans un premier temps, Ma\u00eetrePERSONNE5.)et moi-m\u00eame avons confirm\u00e9 notre intervention aupr\u00e8s deSOCIETE5.), \u00e0 la demande expresse du cabinet parisienSOCIETE9.). Ma\u00eetrePERSONNE5.)a ainsi d\u00e9taill\u00e9 les prestations d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9es, alors que nous \u00e9tions mandat\u00e9s parSOCIETE5.), et ce jusqu\u2019au 24 septembre 2010. Dans un second temps, nous avons clarifi\u00e9 notre compr\u00e9hension, \u00e0 savoir qu\u2019\u00e0 compter du 27.9.2010, nous agissions pour SOCIETE3.)et ce suite \u00e0 la confirmation d\u2019PERSONNE2.)apr\u00e8s la tenue du conseil de g\u00e9rance. Au vu des besoins du groupe SOCIETE3.)et notamment de la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9activit\u00e9 et de comp\u00e9tence dans le domaine \u00abMerger &amp; Acquisition\u00bb, Ma\u00eetre PERSONNE5.)a clairement d\u00e9taill\u00e9 le cadre de l\u2019intervention du cabinetSOCIETE2.). Il a alors \u00e9t\u00e9 convenu que nous devrions intervenir dans ceregistreM&amp;A aupr\u00e8sdes deux investisseurs potentiels, MrPERSONNE6.)et lafamillePERSONNE7.)et ainsi remanier le pacte d\u2019actionnaires et r\u00e9diger d\u2019autres documents contractuels qui seraient n\u00e9cessaires afin d\u2019assurer l\u2019assistance juridique durant tout le projet de lev\u00e9e de fonds.<\/p>\n<p>15 L\u2019intervention deSOCIETE2.)avait donc \u00e9t\u00e9 clairement d\u00e9finie et il ne fait aucun doute que le groupeSOCIETE3.), par l\u2019interm\u00e9diaire de son directeur, MrPERSONNE1.), a marqu\u00e9 son accord pour donner mandat \u00e0SOCIETE2.)de les assister dans le cadre de l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds, en compl\u00e9ment du cabinet SOCIETE6.). A cet \u00e9gard, pour \u00e9viter toute ambigu\u00eft\u00e9, les limites du mandat accord\u00e9 \u00e0SOCIETE2.)ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9voqu\u00e9es. Pour \u00e9viter un empi\u00e8tement sur le travail fourni par le cabinetSOCIETE6.)et ainsi \u00e9viter tout doublon, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que le cabinetSOCIETE6.) conservait le volet \u00abcorporate\u00bb traditionnel, sauf besoin particulier. Dans cette optique, nous avons \u00e9t\u00e9 instruits de prendre contact avec Ma\u00eetrePERSONNE8.). Concernant la formalisation de l\u2019intervention du cabinet SOCIETE2.), il a \u00e9t\u00e9 convenu qu\u2019elle serait d\u00e9taill\u00e9e dans la lettre d\u2019engagement qui allait \u00eatre envoy\u00e9e dans les jours suivant la conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique. Cette lettre d\u2019engagement, refl\u00e9tant la conf\u00e9rence t\u00e9l\u00e9phonique, a ainsi \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e, par email le 6.10.2010. Au vu de l\u2019ensemble des emails \u00e9chang\u00e9s et des nombreuses conversations t\u00e9l\u00e9phoniques avec MrPERSONNE1.), il ne peut subsister aucun doute quant \u00e0 l\u2019existence d\u2019un mandat entre SOCIETE3.)et le cabinetSOCIETE2.). La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)conclut au rejet de cette attestation pour manquer de pr\u00e9cision quant aux propos qui auraient \u00e9t\u00e9 tenus parPERSONNE1.). La Cour ne saurait partager cette appr\u00e9ciation de manque de pr\u00e9cision. Le t\u00e9moin relate concr\u00e8tement les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui ont \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s au cours de l\u2019entretien, dont notamment \u00abqu\u2019\u00e0 compter du 27.9.2010, nous agissions pourSOCIETE3.)et ce suite \u00e0 la confirmation d\u2019PERSONNE2.) apr\u00e8s la tenue du conseil de g\u00e9rance\u00bb, que \u00abpour \u00e9viter toute ambigu\u00eft\u00e9, les limites du mandat accord\u00e9 \u00e0SOCIETE2.)ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9voqu\u00e9es\u00bb, avec une description pr\u00e9cise de la r\u00e9partition du travail entre la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)et le cabinetSOCIETE6.)et l\u2019instruction de prendre contact \u00e0 cet effet avec MePERSONNE8.)de ce dernier cabinet et que l\u2019intervention de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)devait \u00eatre formalis\u00e9e \u00e0 travers une lettre d\u2019engagement. La circonstance que les propos pr\u00e9cis dePERSONNE1.)ne soient pas rapport\u00e9s reste sans incidence. Si les \u00e9crits dePERSONNE4.)ne peuvent \u00eatre retenus au titre d\u2019attestations testimoniales, ses d\u00e9clarations en tant que personne incapable de t\u00e9moigner peuvent toutefois \u00eatre prises en consid\u00e9ration \u00e0 titre de simples renseignements. C\u2019est \u00e0 ce titre qu\u2019il convient d\u2019examiner les affirmations de PERSONNE4.)qui \u00e9crit que<\/p>\n<p>16 Je soussign\u00e9PERSONNE4.)confirme avoir assist\u00e9 \u00e0 la conversation t\u00e9l\u00e9phonique du 30.9.2010 entrePERSONNE1.), PERSONNE2.), le cabinetSOCIETE2.)repr\u00e9sent\u00e9 par Ma\u00eetre PERSONNE5.)et le cabinetSOCIETE9.). Lors de cette conversation t\u00e9l\u00e9phonique,PERSONNE2.)nous a effectivement confirm\u00e9 avoir fait appel \u00e0 Ma\u00eetrePERSONNE5.) dans le cadre du mandat deSOCIETE4.)avec le cabinet SOCIETE2.)pour le seconder dans l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds. A aucun moment lors de cette conversation,PERSONNE2.)n\u2019a parl\u00e9 de cette intervention dans le cadre d\u2019un nouveau mandat entreSOCIETE2.)etSOCIETE3.), mais toujours dans le cadre de son mandat entreSOCIETE4.)etSOCIETE2.). La Cour constate tout d\u2019abord que ces \u00e9crits restent muets sur le d\u00e9roulement de la r\u00e9union du conseil de g\u00e9rance de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) du 24 septembre 2010 et ne peuvent partant d\u2019aucune fa\u00e7on contredire les d\u00e9positions faites parPERSONNE2.)\u00e0 ce sujet. Pour ce qui est de l\u2019entretien t\u00e9l\u00e9phonique du 30 septembre 2010, les d\u00e9n\u00e9gations sommaires de PERSONNE4.)sur le contenu de cet entretien ne sauraient emporter la conviction face aux explications longues et d\u00e9taill\u00e9es fournies \u00e0 ce sujet par PERSONNE2.)etPERSONNE3.). La Cour est partant amen\u00e9e \u00e0 retenir sur base des preuves testimoniales et renseignements figurant au dossier que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)\u00e9tablit avec une certitude suffisante avoir \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)d\u2019une mission de conseils juridiques. Il convient toutefois de v\u00e9rifier si cette appr\u00e9ciation n\u2019est pas mise \u00e0 n\u00e9ant par les preuves documentaires figurant au dossier. 2.1.3.Preuves documentaires 2.1.3.1.Lettre d\u2019engagement Par courriel du 28 septembre 2010, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)(Me PERSONNE5.)) envoie \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)d\u2019une part une lettre d\u2019engagement devant couvrir les prestations effectu\u00e9es pour la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)jusqu\u2019au 24 septembre 2010 et d\u2019autre part une lettre d\u2019engagement devant couvrir les prestations \u00e0 effectuer pour la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)\u00e0 partir du 27 septembre 2010, avec la demande de \u00abfaire le lien avec le client en vue de sa signature\u00bb. Il n\u2019est pas \u00e9tabli que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)ait continu\u00e9 cette demande \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), de sorte que ni ce courriel ni le silence gard\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)ne permettent de tirer des conclusions quant \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de la preuve d\u2019une relation contractuelle entre la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.).<\/p>\n<p>17 Par courriel du 6 octobre 2010, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)(Me PERSONNE3.)) envoie une lettre d\u2019engagement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)en la personne dePERSONNE9.)(@SOCIETE10.).com) et dePERSONNE4.) (@SOCIETE3.).com). Par courriel du 8 octobre 2010, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)(Me PERSONNE5.)) revient \u00e0 charge aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)en la personne dePERSONNE9.)(@SOCIETE10.).com) et dePERSONNE4.) (@SOCIETE3.).com) au sujet de la lettre d\u2019engagement. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)conteste en vain que la lettre d\u2019engagement ait valablement pu \u00eatre adress\u00e9e \u00e0PERSONNE9.)et \u00e0PERSONNE4.)pour pouvoir \u00eatre opposable \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). Il r\u00e9sulte d\u2019une part des \u00e9l\u00e9ments du dossier quePERSONNE4.)\u00e9tait \u00e0 partir du 1 er octobre 2010 CEO de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), partant en charge de la gestion journali\u00e8re. C\u2019est vainement que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)expose \u00e0 un certain moment que PERSONNE4.)n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 CEO de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)mais d\u2019une soci\u00e9t\u00e9fran\u00e7aiseSASSOCIETE11.), d\u00e8slors qu\u2019il r\u00e9sulte clairement du proc\u00e8s-verbal du conseil de g\u00e9rance de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)du 2 septembre 2010 que c\u2019est bien cette soci\u00e9t\u00e9 qui l\u2019a d\u00e9sign\u00e9 aux fonctions de CEO. Il r\u00e9sulte d\u2019autre part des \u00e9l\u00e9ments du dossier (retrac\u00e9s ci-dessous) que PERSONNE9.)etPERSONNE4.)\u00e9taient \u00e9troitement associ\u00e9s au d\u00e9roulement de l\u2019op\u00e9ration de refinancement pour \u00eatre en copie d\u2019un nombre impressionnant de courriels et pour prendre part aux discussions et \u00e9changes d\u2019informations. Il r\u00e9sulte enfin des \u00e9l\u00e9ments du dossier quePERSONNE9.) etPERSONNE4.)\u00e9taient associ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), ce qui ne leur conf\u00e9rait certes pas de r\u00f4le dans la gestion de la soci\u00e9t\u00e9, mais leur conf\u00e9rait un int\u00e9r\u00eat dans le d\u00e9roulement de l\u2019op\u00e9ration. La circonstance, relev\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), que les communications aient pour partie \u00e9t\u00e9 adress\u00e9es \u00e0 des adresses de courriel \u00e9trang\u00e8res \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)ne porte pas \u00e0 cons\u00e9quence, d\u00e8s lors que d\u2019une part ce qui importe en premier lieu est la qualit\u00e9 du destinataire physique et que d\u2019autre part il r\u00e9sulte par ailleurs du dossier que les entreprises auxquelles sont associ\u00e9es les adresses de courriel utilis\u00e9es forment un groupe de soci\u00e9t\u00e9s avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). Il en r\u00e9sulte que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)ne peut pas valablement contester avoir eu communication de la lettre d\u2019engagement. Elle ne l\u2019a certes pas sign\u00e9e, mais elle n\u2019a pas non plus contest\u00e9 contre cet envoi en tentant de clarifier au mois d\u2019octobre 2010 les conditions d\u2019intervention de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)si elles ne devaient pas comporter un lien contractuel direct avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.).<\/p>\n<p>18 2.1.3.2.Pr\u00e9sence de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)dans le d\u00e9roulement de l\u2019op\u00e9ration Par courriel du 14 octobre 2010, ayant notammentPERSONNE1.)et PERSONNE4.)en copie, MePERSONNE5.)pr\u00e9sente un certain nombre de commentaires au sujet d\u2019un proc\u00e8s-verbal de r\u00e9union du conseil de g\u00e9rance de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)et d\u2019un projet de convocation \u00e0 une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. En r\u00e9action,PERSONNE4.)s\u2019interroge de savoir qui a demand\u00e9 cette analyse, mais sans mettre en cause quelle ait \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.). Par courriel du 15 octobre 2010, ayantPERSONNE1.)en copie, Me PERSONNE5.)demande \u00e0 MePERSONNE8.)de l\u2019appeler pour se coordonner sur un point sp\u00e9cifique soulev\u00e9 par un investisseur. Entre les 18 et 20 octobre 2010 a lieu un \u00e9change de courriels, faisant activement intervenir la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), ayant notamment PERSONNE1.)etPERSONNE4.)en copie, au sujet de la demande de l\u2019investisseur de voir les projets de proc\u00e8s-verbaux des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 tenir et de la nouvelle version des statuts et du pacte d\u2019associ\u00e9s. Dans ce cadre,PERSONNE1.)pose en date du 17 octobre 2010 des questions pr\u00e9cises au sujet du pacte d\u2019actionnaires \u00e0 MePERSONNE5.).PERSONNE9.)fourni en date du 18 octobre 2010 des informations concr\u00e8tes \u00e0 MePERSONNE5.). Par courriel du 20 octobre 2010, ayant notammentPERSONNE1.)et PERSONNE4.)en copie, MePERSONNE5.)fait circuler un premier projet de convention de cession de parts en sollicitant des informations concr\u00e8tes qui lui sont fournies parPERSONNE1.). Le 20 octobre 2010, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)adresse encore aux m\u00eames personnes une analyse juridique au sujet de l\u2019exercice du droit de pr\u00e9emption par un des actionnaires qui connait une r\u00e9action virulente de la part de PERSONNE1.). Mais cette r\u00e9action ne met en cause que la fa\u00e7on de proc\u00e9der de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), qui est qualifi\u00e9e d\u2019attitude \u00abparapluie\u00bb, sans mettre en cause le fait qu\u2019une telle prise de position fasse partie des devoirs de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). Ces \u00e9l\u00e9ments ne permettent pas d\u2019autre conclusion que celle que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)ne pouvait pas ignorer l\u2019intervention de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)dans la mise en place de l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds. 2.1.3.3.Facturation Le m\u00e9moire n\u00b0 2010-1043 du 30 septembre 2010 couvrant la p\u00e9riode du 27 septembre 2010 au 30 septembre 2010 pour un total de 7.647,50 euros est adress\u00e9 par courrier physique dat\u00e9 du 30 septembre 2010 \u00e0 l\u2019adresse de la<\/p>\n<p>19 soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). Apr\u00e8s un rappel du 13 d\u00e9cembre 2010, et l\u2019interrogation dePERSONNE9.)\u00e0 quoi correspond cette facture pas re\u00e7ue, elle est r\u00e9exp\u00e9di\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)par courriel \u00e0PERSONNE9.), PERSONNE1.)etPERSONNE4.). Dans le cadre des discussions ult\u00e9rieures sur le bienfond\u00e9 des revendications de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.),PERSONNE1.)se r\u00e9f\u00e8re dans un courriel du 16 d\u00e9cembre 2010 au m\u00e9moire du 30 septembre 2010, mais en relevant dans ce cadre seulement que s\u2019il avait re\u00e7u ce m\u00e9moire, il aurait \u00e9t\u00e9 alert\u00e9, mais non pas en raison de l\u2019intervention de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), mais seulement \u00abcompte tenu de la somme\u00bb. Le m\u00e9moire n\u00b0 2010-1506 du 31 d\u00e9cembre 2010 couvrant la p\u00e9riode du 1 er octobre 2010 au 28 octobre 2010 pour un total de 90.459,49 euros a fait l\u2019objet de l\u2019envoi pour discussion d\u2019un projet le 17 novembre 2010 qui a suscit\u00e9 l\u2019opposition dePERSONNE1.)dans un courriel en retour du 30 novembre 2010 par lequel il contestait tout engagement envers la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.). Par un courriel parall\u00e8le adress\u00e9 le m\u00eame jour \u00e0 PERSONNE2.), il \u00e9crit que \u00abIl \u00e9tait convenu que vous preniez en charge les honoraires de MePERSONNE5.)\u00bb. Le m\u00e9moire d\u00e9finitif est adress\u00e9 par courrier physique dat\u00e9 du 31 d\u00e9cembre 2010, post\u00e9 par voie recommand\u00e9e en date du 4 f\u00e9vrier 2011, \u00e0 l\u2019adresse de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). Ce courrier a \u00e9t\u00e9 re\u00e7u en date du 7 f\u00e9vrier 2011. Il est \u00e9tabli que les deux m\u00e9moires ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us en fin de compte par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). La date effective de r\u00e9ception est sans incidence, de sorte qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de s\u2019interroger autrement sur cette question. La r\u00e9action dePERSONNE1.)enversPERSONNE2.)(\u00abIl \u00e9tait convenu que vous preniez en charge les honoraires de MePERSONNE5.)\u00bb) d\u00e9montre toutefois par ailleurs quePERSONNE1.)\u00e9tait au courant de l\u2019intervention de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), sa seule contestation portant sur la question de savoir qui devait prendre en charge les honoraires aff\u00e9rents. Or, \u00e0 cet \u00e9gard, les stipulations contractuelles entre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)et la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)rev\u00eatent toute leur importance. 2.1.3.4.Relation contractuelle entre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.) La lettre de mission du 9 f\u00e9vrier 2010 pr\u00e9voyait express\u00e9ment que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)pouvait avoir recours \u00e0 des tiers sp\u00e9cialis\u00e9s, que ses propres honoraires s\u2019entendaient hors les honoraires de ces tiers sp\u00e9cialis\u00e9s et que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)ne pouvait \u00eatre tenue des honoraires de ces tiers sp\u00e9cialis\u00e9s. Il est exact que notamment l\u2019article 6 de cette lettre de mission<\/p>\n<p>20 permet de retenir que les honoraires des tiers sp\u00e9cialis\u00e9s ne sont \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)que pour autant que ceux-ci interviennent \u00e0 la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), mais force est de constater sur base de l\u2019ensemble des \u00e9l\u00e9ments du dossier que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)est intervenue dans le d\u00e9roulement de l\u2019op\u00e9ration de financement \u00e0 la demande de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.), ou du moins de l\u2019accord de cette derni\u00e8re. C\u2019est \u00e0 tort que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)oppose \u00e0 cette lettre de mission l\u2019article 4 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), alors qu\u2019il r\u00e9sulte express\u00e9ment de l\u2019article 15 de la lettre de mission que celle-ci supplante les stipulations des conditions g\u00e9n\u00e9rales. 2.1.4.Conclusion Si les preuves documentaires n\u2019\u00e9tablissent pas \u00e0 elles seules l\u2019existence d\u2019un lien contractuel entre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), elles ne sont pas non plus de nature \u00e0 renverser les d\u00e9ductions faites sur base des preuves testimoniales, et viennent au contraire les conforter. Ainsi, la Cour est amen\u00e9e \u00e0 retenir que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)\u00e9tablit la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un lien contractuel direct entre elle et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)qui lui permet d\u2019agir \u00e0 l\u2019encontre de cette derni\u00e8re en paiement de ses honoraires. La circonstance relev\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)que la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)\u00e9tait en copie dans tous les \u00e9changes de courriel ne contredit pas cette conclusion, d\u00e8s lors que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)continuait \u00e0 assumer le r\u00f4le de coordinateur de l\u2019op\u00e9ration et devait \u00e0 ce titre n\u00e9cessairement \u00eatre inform\u00e9e de toutes les d\u00e9marches. Il en r\u00e9sulte que la demande principale de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)est fond\u00e9e en son principe et que les demandes subsidiaires dirig\u00e9es contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)sur d\u2019autres bases l\u00e9gales et contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)n\u2019ont pas besoin d\u2019\u00eatre analys\u00e9es. 2.2.Etendue de l\u2019obligation La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)conteste le montant r\u00e9clam\u00e9 au titre d\u2019honoraires par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). A cet \u00e9gard, elle soul\u00e8ve 3 contestations: -Le nombre d\u2019heures mis en compte serait excessif. Cet argument est appuy\u00e9 d\u2019abord par la consid\u00e9ration que le m\u00e9moire ne d\u00e9taillerait pas le temps consacr\u00e9 \u00e0 chaque prestation individuelle. Cet argument est appuy\u00e9 ensuite par la consid\u00e9ration que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) aurait consacr\u00e9 pr\u00e8s de 11 heures (237,50 heures sur 22 jours du 27 septembre 2010 au 30 octobre 2010) par jour au traitement du dossier, ce qui serait excessif m\u00eame en prenant en compte que plusieurs collaborateurs auraient travaill\u00e9 sur le dossier. Cetargument est appuy\u00e9 enfin par la consid\u00e9ration que la mission de la soci\u00e9t\u00e9<\/p>\n<p>21 SOCIETE2.)aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 la simple r\u00e9daction de documents et qu\u2019elle se serait limit\u00e9e \u00e0 r\u00e9diger des documents simples, facilement modifiables. Il conviendrait d\u2019exclure du d\u00e9compte les prestations en rapport avecl\u2019investisseurPERSONNE7.)quin\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). -La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)aurait d\u00e9pass\u00e9 la mission telle qu\u2019elle la d\u00e9finit elle-m\u00eame comme portant sur les aspects plus particuli\u00e8rement li\u00e9s \u00e0 l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds en \u00e9tendant ses travaux \u00e0 des documents sociaux de type standard (procurations, proc\u00e8s-verbaux d\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, statuts) et la modification du pacte d\u2019actionnaires qui auraient relev\u00e9 de la mission de l\u2019\u00e9tude SOCIETE6.). -Le m\u00e9moire d\u2019honoraires contiendrait des postes \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition, soit au cours de la m\u00eame journ\u00e9e, soit au cours de journ\u00e9es successives, sans qu\u2019il ne s\u2019en d\u00e9gage quels auraient pu \u00eatre les points sp\u00e9cifiques qui auraient \u00e9t\u00e9 successivement trait\u00e9s. C\u2019est \u00e0tort que la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)facturerait le temps consacr\u00e9 en interne \u00e0 la revue des documents \u00e9tablis. -La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)aurait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment accompli des devoirs sans avoir \u00e9t\u00e9 invit\u00e9e de ce faire et sans qu\u2019ils ne rentrent dans la d\u00e9finition de sa mission. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)y r\u00e9plique que son m\u00e9moire se justifie par l\u2019ampleur de sa mission et le temps r\u00e9duit au cours duquel l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds devait \u00eatre finalis\u00e9e, l\u2019obligeant d\u2019une part \u00e0 consacrer du personnel exp\u00e9riment\u00e9 au dossier et d\u2019autre part \u00e0 y travailler tard le soir et pendant les fins de semaine. Elle explique encore que le d\u00e9roulement a connu des difficult\u00e9s, li\u00e9es notamment \u00e0 l\u2019exercice du droit de pr\u00e9emption par un associ\u00e9 minoritaire et l\u2019opposition d\u2019un autre associ\u00e9 minoritaire m\u00e9content du choixde l\u2019investisseur retenu. Sur les reproches concrets soulev\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)prend position comme suit: -Elle aurait consacr\u00e9 9 heures de travail par jour au dossier (237,50 heures sur 26 jours du 27 septembre 2010 au30 octobre 2010). Cette ampleur serait justifi\u00e9e par le nombre de versions des diff\u00e9rents documents qu\u2019elle aurait d\u00fb \u00e9tablir. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 titre exceptionnel et sur demande expresse qu\u2019elle aurait \u00e9tabli des projets sommaires. -Elle n\u2019aurait effectu\u00e9 que des travaux relevant de la r\u00e9partition des missions entre elle et le cabinetSOCIETE6.)telle que convenue, respectivement qui lui auraient \u00e9t\u00e9 demand\u00e9s express\u00e9ment. Elle aurait \u00e9t\u00e9 en contact \u00e9troit avec le cabinetSOCIETE6.)et la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)resterait en d\u00e9faut de d\u00e9montrer qu\u2019une m\u00eame prestation aurait \u00e9t\u00e9 factur\u00e9e simultan\u00e9ment par elle et par le cabinet SOCIETE6.). L\u2019existence de doublons ne serait donc pas d\u00e9montr\u00e9e. -Il serait normal que le temps consacr\u00e9 \u00e0 une m\u00eame t\u00e2che s\u2019\u00e9tale sur diff\u00e9rents jours, d\u2019une part en raison de la complexit\u00e9 m\u00eame de la t\u00e2che, d\u2019autre part en raison des modifications op\u00e9r\u00e9es au fur et \u00e0<\/p>\n<p>22 mesure de l\u2019avancement des n\u00e9gociations avec l\u2019investisseur. Il serait encore tout \u00e0 fait normal que pour des raisons de qualit\u00e9 du travail et de responsabilit\u00e9, les travaux effectu\u00e9s fassent l\u2019objet d\u2019une revue par un autre associ\u00e9 avant d\u2019\u00eatre partag\u00e9s avec le client. Les l\u00e9g\u00e8res variations dans les intitul\u00e9s proviendraient de ce que les collaborateurs encoderaient individuellement leurs travaux dans le syst\u00e8me de facturation, conduisant naturellement \u00e0 des libell\u00e9s l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rents, sans qu\u2019on ne puisse en d\u00e9duire une impr\u00e9cision. -La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)conteste avoir provoqu\u00e9 de quelconques prestations. Les contestations sur ce point de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) serait d\u00e9nu\u00e9es de fondement et de mauvaise foi. A aucun moment au cours de l\u2019op\u00e9ration, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)n\u2019aurait contest\u00e9 l\u2019utilit\u00e9 des travaux fournis par elle. Aux termes de l\u2019article 38 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1991 sur la profession d\u2019avocat, \u00abDans la fixation des honoraires l\u2019avocat prend en compte les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments du dossier, tels l\u2019importance de l\u2019affaire, le degr\u00e9 de difficult\u00e9, le r\u00e9sultat obtenu et la situation de fortune du client\u00bb. A la lecture des conclusions des deux parties et \u00e0 l\u2019inspection des pi\u00e8ces vers\u00e9es de part et d\u2019autre, la Cour constate que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)a fourni en un temps d\u2019\u00e0 peine 4 semaines un travail d\u00e9taill\u00e9, tenant compte des \u00e9volutions des n\u00e9gociations, r\u00e9pondant aux demandes qui \u00e9taient formul\u00e9es, montrant un engagement continu se prolongeant dans les soir\u00e9es et les fins de semaine, conduisant \u00e0un d\u00e9nouement de l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds telle que souhait\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), sans qu\u2019il ne soit concr\u00e8tement \u00e9tabli par cette derni\u00e8re ni que les t\u00e2ches factur\u00e9es fassent double emploi au sein du cabinetSOCIETE2.)ni que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) aurait accompli des t\u00e2ches qui \u00e9taient d\u00e9volues au cabinetSOCIETE6.)et qui auraient fait l\u2019objet d\u2019une facturation parall\u00e8le par celui-ci. La demande est partant fond\u00e9e \u00e0 concurrence du montant de 98.106,99 euros, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour de la demande en justice du 30 mai 2011, valant mise en demeure. 3.Demande reconventionnelle de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)rel\u00e8ve que le lien contractuel qui la liait \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)faisait obligation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)pour tout recours \u00e0 un tiers qualifi\u00e9 de recueillir l\u2019accord de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)sur base d\u2019un devis, et que l\u2019existence de ce lien contractuel faisait obligation \u00e0 tous tiers, dont la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), de le respecter. La soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)aurait d\u00fb, par voie de parall\u00e9lisme, avoir connaissance de ces<\/p>\n<p>23 stipulations pour les avoir int\u00e9gr\u00e9es de fa\u00e7on similaire dans la lettre d\u2019engagement qu\u2019elle avait envoy\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). En faisant n\u00e9anmoins en sorte d\u2019\u00eatre engag\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)pour compte de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)sans avoir recueilli l\u2019accord de cette derni\u00e8re et sans avoir pr\u00e9sent\u00e9 un devis, partant en contribuant \u00e0 une violation de ses obligations contractuelles dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)aurait engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 contractuelle. Cette faute aurait engendr\u00e9 un dommage mat\u00e9riel et moral dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)\u00e0 hauteur de 98.106,99 euros, montant \u00e0 concurrence duquel la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)demande \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)oppose \u00e0 cet argumentaire que le lien contractuel entre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)lui aurait \u00e9t\u00e9 inopposable et qu\u2019on ne saurait raisonner par parall\u00e9lisme, de sorte qu\u2019on ne saurait lui reprocher d\u2019avoir contribu\u00e9 \u00e0 la violation d\u2019une stipulation contractuelle dont elle ignorait l\u2019existence. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)conteste encore tout dommage dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), alors que l\u2019op\u00e9ration de lev\u00e9e de fonds aurait \u00e9t\u00e9 conclue avec succ\u00e8s. Sans m\u00eame qu\u2019il n\u2019y ait lieu d\u2019examiner plus en avant les moyens de d\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), la Cour rel\u00e8ve que la demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)repose sur un fondement factuel erron\u00e9 en ce que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)aurait permis \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)de violer le contrat conclu avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)en ayant recours \u00e0 un tiers qualifi\u00e9 sans accord de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)et sans pr\u00e9sentation pr\u00e9alable d\u2019un devis, alors qu\u2019il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que l\u2019intervention dela soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)trouve son fondement dans un lien contractuel direct entre elle et la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). La demande reconventionnelle est partant \u00e0 rejeter. 4.Demande en dommages-int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) Qualifiant la demande reconventionnelle de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)de fantaisiste qui tenterait d\u2019engager la responsabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) sans d\u00e9monstration d\u2019aucune faute ni d\u2019aucun pr\u00e9judice et par laquelle la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)ne tenterait qu\u2019\u00e0 gagner du temps, la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)formule en cours d\u2019instance une demande incidente tendant \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)\u00e0 lui payer la somme de 10.000,- euros du chef de dommages-int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire. Cette demande n\u2019a connu aucune r\u00e9ponse de la part de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.).<\/p>\n<p>24 Aux termes de l\u2019article 6-1 du Code civil, \u00abtout acte ou tout fait qui exc\u00e8de manifestement, par l\u2019intention de son auteur, par son objet ou par les circonstances dans lesquelles il est intervenu, l\u2019exercice normal d\u2019un droit, n\u2019est pas prot\u00e9g\u00e9 par la loi, engage la responsabilit\u00e9 de son auteur [\u2026]\u00bb. Il est admis qu\u2019en mati\u00e8re d\u2019abus de droits processuels, un abus peut \u00eatre commis dans l\u2019exercice d\u2019une voie de droit. La question essentielle est \u00e9videmment celle de savoir en quoi consiste l\u2019abus dans de semblables hypoth\u00e8ses. Elle est d\u00e9licate, car il faut tenir compte de deux imp\u00e9ratifs contradictoires: d\u2019une part, la libert\u00e9 de recourir \u00e0 la justice de sorte que l\u2019\u00e9chec ne peut constituer en soi une faute (il serait excessif de sanctionner la moindre erreur de droit). D\u2019autre part, la n\u00e9cessit\u00e9 de limiter les d\u00e9bordements de proc\u00e9dure (la justice est un service public\u2013gratuit en principe\u2013et dont il ne faut pas abuser). S\u2019agissant des abus en mati\u00e8re d\u2019action de justice, il est de r\u00e8gle que le demandeur qui \u00e9choue dans son action et le d\u00e9fendeur qui est condamn\u00e9 ne sont pas consid\u00e9r\u00e9s ipso facto comme ayant commis un abus (Civ. 1e, 18.5.1949, Bull.Civ, I, n\u00b0 175; Soc. 7.1.1955, Gaz. Pal. 1955.1.182; Civ. 2e, 19.4.1958, Bull. Civ.II, n\u00b0 260;Civ. 1e, 8.11.1976, JCP 1976.IV.395; Civ. 2e, 24.6.1987, Bull. Civ.II, n\u00b0 137). L\u2019exercice d\u2019une action en justice ne d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en faute pouvant donner lieu \u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats que s\u2019il constitue un acte de malice ou de mauvaise foi ou, au moins, une erreur grossi\u00e8re \u00e9quipollente au dol ou si le demandeur a agi avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9bl\u00e2mable. Il convient de sanctionner, non pas le fait d\u2019avoir exerc\u00e9 \u00e0 tort une action en justice ou d\u2019y avoir r\u00e9sist\u00e9 injustement\u2013puisque l\u2019exercice d\u2019une action en justice est libre\u2013mais uniquement le fait d\u2019avoir abus\u00e9 de son droit en commettant une faute ind\u00e9pendante du seul exercice des voies de droit (Cour d\u2019appel, 17 mars 1993, n\u00b0 14446 du r\u00f4le et Cour d\u2019appel, 22 mars 1993, n\u00b0 14971 du r\u00f4le; Cour d\u2019appel, 20 mars 1991, Pas. 28, p. 150: Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, 9 f\u00e9vrier 2001, n\u00b0 25\/2001du registre). Il ne suffit cependant pas que la demande soit t\u00e9m\u00e9raire, mais il faut un comportement proc\u00e9dural exc\u00e9dant l\u2019exercice l\u00e9gitime du droit d\u2019ester en justice. Le juge doit \u00e9galement tenir compte, dans l\u2019appr\u00e9ciation de la responsabilit\u00e9, de l\u2019importance du pr\u00e9judice que l\u2019initiative du demandeur risque d\u2019entra\u00eener pour le d\u00e9fendeur (R\u00e9p. Civ Dalloz, verbo Abus de droit, n\u00b0. 119 et suivants). Cette faute intentionnelle engage la responsabilit\u00e9 civile de la partie demanderesse \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la partie d\u00e9fenderesse, si cette derni\u00e8re prouve<\/p>\n<p>25 avoir subi un pr\u00e9judice (Cour d\u2019appel, 16 f\u00e9vrier 1998, nos. 21687 et 22631 du r\u00f4le). Dans ce contexte, ilconvient aussi de rappeler que ne constitue pas un acharnement judiciaire, l\u2019opini\u00e2tret\u00e9 \u00e0 d\u00e9fendre sa th\u00e8se devant les juridictions et de montrer de l\u2019obstination \u00e0 vouloir que ses droits\u2013ou du moins ce que l\u2019on consid\u00e8re comme tels\u2013soient reconnus l\u00e9gitimes (Cour d\u2019appel, 21 mars 2002, n\u00ba 25297 du r\u00f4le). En l\u2019occurrence, la demande reconventionnelle de la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)\u00e9tait d\u00e9nu\u00e9e de tout fondement d\u00e8s le d\u00e9part. Les relations entre parties ne pouvaient se r\u00e9soudre en effet que de trois fa\u00e7ons: soit la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)avait conclu un contrat avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)sans accord de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), et alors cette derni\u00e8re ne pouvait \u00eatre tenue au paiement des honoraires; soit la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)avait conclu un contrat avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)avec l\u2019accord de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), etalors cette derni\u00e8re \u00e9tait tenue au paiement des honoraires; soit la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)avait directement conclu un contrat avec la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.), et alors elle \u00e9tait tenue au paiement des honoraires. La demande reconventionnelle telle que pr\u00e9sent\u00e9e a partant introduit dans les d\u00e9bats une demandefutile, d\u00e9nu\u00e9e de pertinence et sans fondement aucun, avec pour seule finalit\u00e9 de faire \u00e9chapper la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)aux cons\u00e9quences financi\u00e8res de ses obligations contractuelles dans l\u2019hypoth\u00e8se invraisemblable de l\u2019admission de sa demande. Or, le fait de pr\u00e9senter une demande sans n\u00e9cessit\u00e9 aucune et sans fondement tant soit peu s\u00e9rieux doit \u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019acte abusif et vexatoire de nature \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de son auteur. Le dommage subi par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.), consistant en les complications rencontr\u00e9es par elle dans le d\u00e9roulement de l\u2019instance, est ad\u00e9quatement indemnis\u00e9 par l\u2019allocation d\u2019un montantde 1.000,-euros. 5.Demande en garantie de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)contre la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.) Cette demande en garantie est pr\u00e9sent\u00e9e pour le cas o\u00f9 la demande dirig\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)\u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.) devait \u00eatre reconnue comme \u00e9tant fond\u00e9e. Tel \u00e9tant le cas, il y a lieu de l\u2019examiner. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)reproche \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)d\u2019avoir charg\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)d\u2019une mission de conseil juridique sans y avoir \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9e par leur propre relation contractuelle, d\u00e8s lors que la lettre de mission du 9 f\u00e9vrier 2010 excluait tout pouvoir de mandat au profit de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.). Cette derni\u00e8re aurait viol\u00e9 une obligation de ne pas faire en proc\u00e9dant nonobstant cette stipulation \u00e0 un engagement contractuel avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)au nom et pour compte de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.). La<\/p>\n<p>26 soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)aurait encore viol\u00e9 son obligation de faire d\u00e9coulant de l\u2019article 6 de la lettre de mission du 9 f\u00e9vrier 2010 et des conditions g\u00e9n\u00e9rales de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)consistant en l\u2019obligation de devoir recueillir l\u2019accord de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)avant d\u2019avoir recours aux services d\u2019un tiers sp\u00e9cialis\u00e9. La violation de ces obligations contractuelles devrait se r\u00e9soudre aux termes de l\u2019article 1142 du Code civil en des dommages-int\u00e9r\u00eats \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.), le dommage se chiffrant \u00e0 la somme de 98.106,99 euros ou tout autre montant que la Cour devrait retenir. En ordre subsidiaire, la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)invoque encore la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle des articles 1382 et 1383 du Code civil. En r\u00e9ponse \u00e0 cette demande en garantie, il suffit de retenir avec la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE4.)que celle-ci n\u2019a pas pris d\u2019engagement au nom et pour compte de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), et qu\u2019elle n\u2019a pas eu recours aux services d\u2019un tiers sp\u00e9cialis\u00e9 pour effectuer la mission dont elle avait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), mais que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)a directement et personnellement conclu un contrat de prestation de services juridiques avec la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). La demande de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)prenantappui sur des \u00e9l\u00e9ments factuels faux, elle doit \u00eatre rejet\u00e9e en toutes ses bases l\u00e9gales. 6.Indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)demande \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE3.)\u00absinon\u00bb la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500,-euros pour la premi\u00e8re instance et \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)\u00abet\/ou\u00bb la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)\u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.-euros pour l\u2019instance d\u2019appel. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)demande \u00e0 voir condamner la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)\u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000,-euros. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)demande \u00e0 voir condamner tant la soci\u00e9t\u00e9 SOCIETE2.)que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)\u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500,-euros pour la premi\u00e8re instance et de 5.000,-euros pour l\u2019instance d\u2019appel. L\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure ne peut \u00eatre allou\u00e9e \u00e0 la partie succombante. Pour le surplus, l\u2019application de l\u2019article 240 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile rel\u00e8ve du pouvoir discr\u00e9tionnaire du juge (Cour de cassation 2 juillet 2015, Arr\u00eat N\u00b0 60\/15, JTL 2015, N\u00b0 42, page 166). Il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 la seule charge de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.) tous les frais d\u2019avocat qu\u2019elle a d\u00fb exposer, tant en premi\u00e8re instance qu\u2019en instance d\u2019appel, pour assurer le recouvrement d\u2019une cr\u00e9ance d\u2019argent \u00e0<\/p>\n<p>27 laquelle la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)n\u2019a su opposer d\u2019argument valable. Il y a lieu de lui allouer, \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.), les montants r\u00e9clam\u00e9s par elle. La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)succombe dans sa d\u00e9fense et doit partant \u00eatre d\u00e9bout\u00e9e de sa demande dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.). Il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 la seule charge de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.) tous les frais d\u2019avocat qu\u2019elle a d\u00fb exposer pour assurer sa d\u00e9fense tant \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019appel en garantie de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)que de la demande en paiement de la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)dirig\u00e9es \u00e0 son encontre, ces deux demandes \u00e9tant d\u00e8s l\u2019origine manifestement non fond\u00e9es. Il y a lieu de condamner tant la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)que la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE3.)\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9SOCIETE4.)une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000,-euros pour les besoins de la premi\u00e8re instance et de 3.000,-euros pour les besoins de l\u2019instance d\u2019appel. 7.Ex\u00e9cution provisoire La soci\u00e9t\u00e9SOCIETE2.)demande \u00e0 voir assortir le pr\u00e9sent arr\u00eat de l\u2019ex\u00e9cution provisoire. Le pourvoi en cassation contre un arr\u00eat d\u2019appel ne produisant pas d\u2019effet suspensif au regard de l\u2019ex\u00e9cution de la condamnation intervenue, la demande est sans objet. PAR CES MOTIFS: la Cour d\u2019appel, septi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re civile, statuant contradictoirement, dit recevable l\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.), dit fond\u00e9 l\u2019appel en tant que dirig\u00e9 contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOCIETE3.), partant, r\u00e9formant, condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)la somme de 98.106,99 euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 30 mai 2011 jusqu\u2019\u00e0 solde, d\u00e9boute la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)de la demande en paiement dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.),<\/p>\n<p>28 condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)la somme de 1.000,-euros au titre de dommages-int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire, dit non fond\u00e9e l\u2019appel en tant que dirig\u00e9 contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7aisSOCIETE4.), partant en d\u00e9boute, d\u00e9boute la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)de la demande en garantie dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7aisSOCIETE4.), condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)des indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure de 2.500,- euros et de 5.000,-euros, d\u00e9boute la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)des demandes bas\u00e9es sur l\u2019article 240 du Nouveau Code de Proc\u00e9dure Civile, condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7aisSOCIETE4.)des indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure de 2.000,-euros et de 3.000,-euros, condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)\u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7aisSOCIETE4.)des indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure de 2.000,-euros et de 3.000,-euros, condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)aux frais et d\u00e9pens des deux instances en tant que dirig\u00e9es \u00e0 son encontre, condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE1.)aux frais et d\u00e9pens des deux instances en tant que dirig\u00e9es par elle contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7aisSOCIETE4.)et en ordonne la distraction au profit de Ma\u00eetre Alex ENGEL, avocat \u00e0 la Cour concluant qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance, condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)aux frais et d\u00e9pens des deux instances en tant que dirig\u00e9es par elle contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit fran\u00e7aisSOCIETE4.)et en ordonne la distraction au profit de Ma\u00eetre Alex ENGEL, avocat \u00e0 la Cour concluant qui la demande, affirmant en avoir fait l\u2019avance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-7-civil\/20251201-000222\/20211103-cach07-45059-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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