{"id":711207,"date":"2026-04-27T21:59:25","date_gmt":"2026-04-27T19:59:25","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-2-fevrier-2021-n-2019-00190-2\/"},"modified":"2026-04-27T21:59:31","modified_gmt":"2026-04-27T19:59:31","slug":"cour-superieure-de-justice-2-fevrier-2021-n-2019-00190-2","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-2-fevrier-2021-n-2019-00190-2\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 2 f\u00e9vrier 2021, n\u00b0 2019-00190"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 17\/ 21 IV-COM<\/p>\n<p>Audience publique du deux f\u00e9vrier deux mille vingt et un Num\u00e9ros CAL-2019-00190 et CAL- 2019- 00370 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition : Marie-Laure MEYER, pr\u00e9sident de chambre ; Carole BESCH, conseiller ; Nathalie HILGERT, conseiller ; Eric VILVENS, greffier.<\/p>\n<p>I) R\u00f4le CAL-2019- 00190<\/p>\n<p>E n t r e la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B, appelante aux termes d\u2019un acte de l&#039;huissier de justice V\u00e9ronique Reyter d\u2019Esch-sur-Alzette du 30 novembre 2018,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre C\u00e9line Marchand, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>e t B , directeur de soci\u00e9t\u00e9s de gestion de fonds d\u2019investissement , demeurant \u00e0, intim\u00e9 aux fins du pr\u00e9d it acte Reyter, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Luther, inscrite sur la liste V du tableau de l\u2019Ordre des avocats de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 1736 Senningerberg, 1B, Heienhaff, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Mathieu Laurent, avocat \u00e0 la Cour.<\/p>\n<p>II) R\u00f4le CAL-2019- 00370<\/p>\n<p>E n t r e B, directeur de soci\u00e9t\u00e9s de gestion de fonds d\u2019investissement, demeurant \u00e0,<\/p>\n<p>appelant aux termes d\u2019un acte de l&#039;huissier de justice Geoffrey Gall\u00e9 de Luxembourg du 1 er avril 2019,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme Luther, inscrite sur la liste V du tableau de l\u2019Ordre des avocats de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 1736 Senningerberg, 1B, Heienhaff, repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Mathieu Laurent, avocat \u00e0 la Cour,<\/p>\n<p>e t<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B ,<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0, repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B,<\/p>\n<p>intim\u00e9es aux fins du pr\u00e9dit acte Gall\u00e9,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre C\u00e9line Marchand, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>LA COUR D&#039;APPEL Les faits<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C (ci-apr\u00e8s \u00ab C \u00bb) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A (ci-apr\u00e8s \u00ab A \u00bb) font partie du groupe D (ci-apr\u00e8s \u00ab groupe D \u00bb), actif dans le domaine des fonds d\u2019investissement, notamment au Luxembourg, en Italie et en France.<\/p>\n<p>En 2016, Group D a lanc\u00e9 un nouveau fonds d\u2019investissement, d\u00e9nomm\u00e9 E (ci-apr\u00e8s \u00ab E \u00bb), dont la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e E GP est l\u2019associ\u00e9 commandit\u00e9 et C la soci\u00e9t\u00e9 de gestion, E GP \u00e9tant d\u00e9tenue \u00e0 100 % par A .<\/p>\n<p>Le 5 janvier 2017, B, C et A ont sign\u00e9 un document intitul\u00e9 \u00ab Memorandum of Understanding \u00bb (ci-apr\u00e8s \u00ab MoU \u00bb) \u00bb dans le contexte du fonds E, alors que le groupe a souhait\u00e9 s\u2019adjoindre les services de B , professionnel dans le domaine du private equity en France. Selon le MoU, C et A ont propos\u00e9 le \u00ab package \u00bb suivant \u00e0 B :<\/p>\n<p>&#8212; \u00ab JR will receive from D Associ\u00e9s Conseil an annual gross salary of 400K \u20ac which may, in the future, be structured in ways to be further determined. On top of this salary, JR will be awarded an envelope of 34K \u20ac for expenses (excluding expenses necessary for fundraising). &#8212; JR will also become shareholder of A (the holding company ultimately controlling the general partner of E ); he will subscribe to 8.25% of the A shares of A . &#8212; JR will also subscribe to 6.75% of the C shares issued by A if the final external LPs commitment is higher than 814M \u20ac. These shares will be vested over the life of E (30% after the second anniversary of E, then 15% each year until the fifth anniversary, the remaining 25% being vested upon disposal by E of its last portfolio company), it being specified that death or invalidity cause an acceleration of the vesting to 50% (if death or invalidity occur when the C shares are more than 50% vested, the acceleration is not triggered). &#8212; It is contemplated that the subscription of A and C shares will require a funding by JR of c. 115K \u20ac \u00bb.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 5 du MoU: \u00ab subject to clauses 6&amp;7, the present MoU is binding upon all the parties or entities designated therein. It will be implemented over the next weeks following the signature of such MoU, and no later than January 6 th , 2017. The following documents will be signed: (\u2026) Subscription to A shares of A (in agreed form as it has not yet been shared with the other signatories who may negotiate marginal amendments), Subscription to C shares of A (in agreed form as it has not yet been shared with the other signatories who may negotiate marginal amendments), (\u2026)\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019article 8 du MoU pr\u00e9cise qu\u2019il engage le groupe D et B \u00e0 partir de la date de sa signature.<\/p>\n<p>Un contrat de travail a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 entre B et D Associ\u00e9s Conseil le 5 janvier 2017, en vertu duquel B a pris les fonctions de Directeur D\u00e9veloppement et Strat\u00e9gie de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Par courrier du 13 juillet 2017, portant la r\u00e9f\u00e9rence \u00ab Drawdown notice \u2013 Shareholders loan \u00bb, A a demand\u00e9 \u00e0 B de virer la somme de 385.569,30 euros pour le 21 juillet 2017 au plus tard. Suivant d\u00e9compte vers\u00e9 en annexe de ce courrier, l\u2019engagement de B se d\u00e9composait comme suit :<\/p>\n<p>&#8212; 16.500,00 euros pour la souscription des actions de cat\u00e9gorie A &#8212; 225.631,80 euros pour la souscription des actions de cat\u00e9gorie B &#8212; 143.437,50 euros pour la souscription des actions de cat\u00e9gorie C.<\/p>\n<p>Par courrier du 24 ao\u00fbt 2017, intitul\u00e9 \u00e9galement \u00ab Drawdown notice &#8212; Shareholders loan \u00bb, envoy\u00e9 par courrier \u00e9lectronique du 25 ao\u00fbt 2017, il a en outre \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 virer le montant de 157.942,30 euros , au titre de ses engagements relatifs aux actions de cat\u00e9gorie B.<\/p>\n<p>Il est pr\u00e9cis\u00e9 dans ces deux courriers que les sommes vir\u00e9es seraient dans un premier temps mises en compte courant associ\u00e9, avant d\u2019\u00eatre converties en actions des diff\u00e9rentes cat\u00e9gories.<\/p>\n<p>Par courrier \u00e9lectronique du 28 ao\u00fbt 2017, B a demand\u00e9 \u00e0 Herv\u00e9 F , C.F.O. d\u2019C \u00e0 avoir acc\u00e8s aux documents l\u00e9gaux relatifs aux appels de fond afin de lui permettre d\u2019obtenir un financement bancaire.<\/p>\n<p>D Associ\u00e9s Conseil a notifi\u00e9 \u00e0 B son licenciement pour insuffisance professionnelle en date du 25 janvier 2018. Une proc\u00e9dure tendant \u00e0 voir constater le caract\u00e8re abusif de ce licenciement est actuellement pendante devant les juridictions fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>Le 27 mars 2018, B a mis en demeure les dirigeants de A et C de lui livrer les actions de cat\u00e9gorie A de A jusqu\u2019au 9 avril 2018 au plus tard, lui-m\u00eame s\u2019engageant \u00e0 mettre \u00e0 disposition de ses cocontractants la somme de 16.500 euros en \u00e9change des actions.<\/p>\n<p>Par courrier de son mandataire du 9 avril 2018, A a refus\u00e9 la livraison des actions, au motif que B n\u2019aurait pas souscrit aux diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d\u2019actions lors de deux appels de fonds intervenus en juillet et ao\u00fbt 2017 et que sa demande serait d\u00e8s lors tardive.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re instance<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 20 avril 2018, B a assign\u00e9 les soci\u00e9t\u00e9s C et A \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale aux fins de voir constater l\u2019inex\u00e9cution contractuelle de A et C consistant dans un d\u00e9faut de livraison des actions de cat\u00e9gorie A de A en vertu du MoU, et en cons\u00e9quence, de les voir condamner solidairement, sinon in solidum \u00e0 lui payer le montant de 2.503.270,40 euros , ainsi que les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux courus depuis la date de la mise en demeure du 27 mars 2018, sinon de la date du jugement \u00e0 intervenir, \u00e0 titre principal pour inex\u00e9cution contractuelle et \u00e0 titre subsidiaire pour la perte de chance engendr\u00e9e par le d\u00e9faut de livraison des actions.<\/p>\n<p>Il a encore demand\u00e9 de les voir condamner solidairement, sinon in solidum au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 10.000 euros et des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>B a finalement demand\u00e9 acte qu\u2019il se r\u00e9serve tous droits et actions concernant le d\u00e9faut de livraison des actions de cat\u00e9gorie C de A .<\/p>\n<p>A l\u2019appui de sa demande, B a fait valoir qu\u2019en ne proc\u00e9dant pas \u00e0 la livraison des actions de cat\u00e9gorie A, telle que pr\u00e9vue au MoU, les parties d\u00e9fenderesses auraient commis une faute engageant leur responsabilit\u00e9 contractuelle.<\/p>\n<p>Les parties d\u00e9fenderesses ont soulev\u00e9 la nullit\u00e9 de l\u2019assignation pour libell\u00e9 obscur en soutenant qu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas de mani\u00e8re claire de l\u2019acte introductif d\u2019instance quelle serait la faute reproch\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 C.<\/p>\n<p>Elles consid\u00e8rent qu\u2019il ne r\u00e9sulterait pas de l\u2019assignation sur quelle base les deux parties assign\u00e9es seraient tenues solidairement, sinon in solidum.<\/p>\n<p>Elles ont encore soulev\u00e9 l\u2019incomp\u00e9tence du tribunal saisi, le litige concernerait un \u00e9l\u00e9ment de la r\u00e9mun\u00e9ration devant revenir \u00e0 B dans le cadre des n\u00e9gociations men\u00e9es en vue de la conclusion d\u2019un contrat de travail avec une soci\u00e9t\u00e9 li\u00e9e au groupe D . Les actions de cat\u00e9gorie A de A, actuellement litigieuses, auraient fait partie d\u2019un \u00ab package \u00bb salarial, de sorte que l\u2019attribution de ces actions serait li\u00e9e \u00e0 la relation de travail et rel\u00e8verait d\u00e8s lors de la comp\u00e9tence des juridictions du travail.<\/p>\n<p>Quant au fond, les soci\u00e9t\u00e9s C et A ont invoqu\u00e9 en ordre principal l\u2019absence de faute dans leur chef au motif que la soci\u00e9t\u00e9 A a tent\u00e9 \u00e0 deux reprises de s\u2019ex\u00e9cuter par l\u2019envoi \u00e0 B d\u2019appels de fonds en vue de la souscription de nouvelles actions de cat\u00e9gorie A, B et C, mais que celui-ci n\u2019a pas manifest\u00e9 son intention de s\u2019ex\u00e9cuter.<\/p>\n<p>A et C ont ensuite soutenu que B n\u2019aurait pas rapport\u00e9 la preuve d\u2019un pr\u00e9judice dans son chef.<\/p>\n<p>Elles ont finalement demand\u00e9 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros chacune.<\/p>\n<p>Par jugement du 9 novembre 2018, le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 nulle pour libell\u00e9 obscur l\u2019assignation dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 C . Il s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande pour le surplus et a dit que la responsabilit\u00e9 contractuelle de la soci\u00e9t\u00e9 A est engag\u00e9e en raison du d\u00e9faut de d\u00e9livrance \u00e0 B de 8,25% de ses actions de cat\u00e9gorie A et qu\u2019il y avait lieu \u00e0 ordonner une expertise afin de d\u00e9terminer le pr\u00e9judice accru de ce chef \u00e0 B . Le tribunal a ordonn\u00e9 \u00e0 la partie la plus diligente de d\u00e9tailler la mission \u00e0 confier \u00e0 l\u2019expert \u00e0 nommer.<\/p>\n<p>Pour statuer ainsi le tribunal, apr\u00e8s avoir expos\u00e9 les exigences pos\u00e9es par l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, a constat\u00e9 que B demande la condamnation solidaire, sinon in solidum de A et C en raison de l\u2019inex\u00e9cution de leurs obligations contractuelles d\u00e9coulant du MoU consistant en la livraison des actions de cat\u00e9gorie A de A et que, bien que la soci\u00e9t\u00e9 C soit signataire du MoU,<\/p>\n<p>l\u2019assignation ne pr\u00e9cise pas en quelle fonction et sur quelle base elle pourrait encourir une responsabilit\u00e9 en rapport avec l\u2019\u00e9mission et la livraison des actions de A .<\/p>\n<p>Le tribunal en a conclu que la demande, en ce qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre C, ne r\u00e9pond pas aux exigences de pr\u00e9cision n\u00e9cessaires \u00e0 la validit\u00e9 de l\u2019assignation, de sorte qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e nulle en raison de son libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la demande dirig\u00e9e contre A , le tribunal a constat\u00e9 que celle- ci n\u2019a pas pu se m\u00e9prendre sur la port\u00e9e de la demande, alors qu\u2019il est clairement fait r\u00e9f\u00e9rence dans l\u2019assignation \u00e0 son obligation, d\u00e9coulant du MoU, de livrer au demandeur des actions de cat\u00e9gorie A de A . Le fait que B a demand\u00e9 une condamnation solidaire, sinon in solidum, justifi\u00e9e ou non, des deux parties assign\u00e9es ne peut cr\u00e9er dans l\u2019esprit de A de confusion entra\u00eenant la nullit\u00e9 de la demande \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>En relation avec le moyen d\u2019incomp\u00e9tence mat\u00e9rielle du tribunal saisi, celui- ci a rappel\u00e9 les termes de l\u2019article 25 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et a constat\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce que l\u2019obligation de livrer les actions n\u2019incombait pas \u00e0 l\u2019employeur, la soci\u00e9t\u00e9 D Associ\u00e9s Conseil, mais \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 tierce, la soci\u00e9t\u00e9 A et que la demande ne serait d\u00e8s lors pas \u00e0 consid\u00e9rer comme un litige se mouvant entre un employeur et un salari\u00e9. A cela s\u2019ajouterait que nulle part dans le MoU, ni dans le contrat de travail, il n\u2019a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 que la souscription et la d\u00e9tention des actions de A seraient li\u00e9es \u00e0 la qualit\u00e9 de salari\u00e9 de B d\u2019D Associ\u00e9s Conseil ou d\u2019une autre soci\u00e9t\u00e9 du groupe, de sorte qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9tabli que le sort de la demande tendant \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 de A pour le d\u00e9faut de livraison des actions soit influenc\u00e9 par le sort de la demande tendant \u00e0 voir d\u00e9clarer le licenciement de B abusif.<\/p>\n<p>Le moyen d\u2019incomp\u00e9tence du tribunal a ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 non fond\u00e9.<\/p>\n<p>Au fond, le tribunal a d\u00e9duit de l\u2019article 5 du MoU, aux termes duquel les parties s\u2019\u00e9taient engag\u00e9es, dans les semaines suivant la signature du MoU, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, \u00e0 signer le contrat de travail entre B et D Associ\u00e9s Conseil, et de l\u2019autre, \u00e0 souscrire aux actions de cat\u00e9gories A et C, avec la pr\u00e9cision suivante : \u00ab in agreed form as it has not yet been shared with the other signatories who may negotiate marginal amendments \u00bb, la question des actions de cat\u00e9gorie B ayant \u00e9t\u00e9 expr\u00e9ssement exclue (\u00ab Co-investment in E to be discussed at a later date as it is not a condition to this MoU \u00bb) que la soci\u00e9t\u00e9 A ne saurait faire d\u00e9pendre son obligation de livrer les actions des cat\u00e9gories A et C des \u00e9ventuels engagements li\u00e9s aux actions de cat\u00e9gorie B.<\/p>\n<p>Il a encore d\u00e9duit des documents intitul\u00e9s \u00ab Drawdown notice \u2013 Shareholders loan \u00bb par lesquels B a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 \u00e0 verser des montants en relation avec ses engagements, que celui-ci s\u2019\u00e9tait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0<\/p>\n<p>engag\u00e9, partant avait souscrit aux actions litigieuses, alors que la souscription ne doit pas r\u00e9pondre \u00e0 des formes sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p>Le mot \u00ab souscription \u00bb d\u00e9signe selon le tribunal l&#039;acte par lequel un investisseur fait la promesse de se porter acqu\u00e9reur d&#039;actions d&#039;une soci\u00e9t\u00e9, tandis que la lib\u00e9ration est l&#039;obligation pour l&#039;actionnaire de mettre \u00e0 la disposition de la soci\u00e9t\u00e9 l&#039;argent ou les biens en nature comme il s&#039;y est engag\u00e9 lors de la souscription. Les deux actions n&#039;ont pas n\u00e9cessairement lieu au m\u00eame moment.<\/p>\n<p>Le tribunal a analys\u00e9 la nature juridique d\u2019une souscription d\u2019actions d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 anonyme et a constat\u00e9 que les th\u00e8ses contractuelle et d\u2019engagement unilat\u00e9ral se rejoignent en reconnaissant que c\u2019est la souscription qui rend les obligations des parties parfaites.<\/p>\n<p>Selon le tribunal, B et A \u00e9taient irr\u00e9vocablement li\u00e9s par la souscription des diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d\u2019actions \u00e0 \u00e9mettre par A et, dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 B n\u2019a pas donn\u00e9 suite \u00e0 l\u2019appel de fonds, il aurait appartenu \u00e0 A soit de poursuivre B en paiement des montants r\u00e9clam\u00e9s, soit de demander la r\u00e9solution des souscriptions devenues irr\u00e9vocables. Tel n\u2019aurait cependant pas \u00e9t\u00e9 le cas et A n\u2019aurait pas non plus r\u00e9agi \u00e0 la demande de B tendant \u00e0 obtenir des renseignements sur les actions \u00e0 \u00e9mettre afin de lui permettre d\u2019obtenir un financement bancaire.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que suite au licenciement de B et \u00e0 sa demande expresse de se voir attribuer les actions de cat\u00e9gorie A que A l\u2019a inform\u00e9 qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait plus dispos\u00e9e \u00e0 faire droit \u00e0 cette demande, arguant qu\u2019en ayant laiss\u00e9 passer le d\u00e9lai imparti, il serait actuellement forclos \u00e0 demander la d\u00e9livrance des actions.<\/p>\n<p>Le tribunal a encore not\u00e9 que non seulement aucun document officiel de souscription n\u2019a \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 B dans les semaines suivant la signature du MoU, mais qu\u2019il r\u00e9sulte en outre des documents sociaux tels que publi\u00e9s au Luxembourg Business Register qu\u2019aucune augmentation de capital de A n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e depuis la constitution de la soci\u00e9t\u00e9, de sorte que les actions litigieuses n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9mises et que les sommes avanc\u00e9es par les futurs actionnaires figurent toujours dans les comptes de A comme avances en compte courant associ\u00e9s.<\/p>\n<p>Le fait, non expliqu\u00e9 par A , que plus d\u2019un an apr\u00e8s les appels de fonds \u00e9voqu\u00e9s ci-avant les actions litigieuses n\u2019ont toujours pas \u00e9t\u00e9 \u00e9mises, serait sans relation causale avec le d\u00e9faut de B d\u2019y donner suite, alors qu\u2019il r\u00e9sulte des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et notamment d\u2019un document intitul\u00e9 \u00ab Certificat de cr\u00e9ance \u00bb que c\u2019est l\u2019actionnaire unique de A, la soci\u00e9t\u00e9 G , qui a avanc\u00e9 les fonds r\u00e9clam\u00e9s \u00e0 B et qui aurait d\u00e8s lors \u00ab repris les droits de souscription \u00e0 venir de B sur les actions A, B et C \u00e0 venir \u00bb.<\/p>\n<p>Le tribunal a d\u00e9duit de l\u2019ensemble de ces d\u00e9veloppements que la soci\u00e9t\u00e9 A n\u2019a pas rempli son obligation contractuelle de d\u00e9livrance d\u2019actions de cat\u00e9gorie A en faveur de B , de sorte que sa responsabilit\u00e9 contractuelle \u00e9tait en principe engag\u00e9e. A ne s\u2019est par ailleurs pas exon\u00e9r\u00e9e de son obligation de d\u00e9livrer les actions par le fait ou la faute de B, alors que m\u00eame \u00e0 supposer que le fait de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel de fonds de mani\u00e8re tardive serait constitutif d\u2019une faute, celle- ci n\u2019\u00e9tait pas de nature \u00e0 emp\u00eacher ult\u00e9rieurement A , \u00e0 la demande expresse de B, de se conformer \u00e0 l\u2019obligation de d\u00e9livrance des actions concern\u00e9es.<\/p>\n<p>Quant au dommage, le tribunal a retenu que conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 1184 alin\u00e9a 2 du Code civil, B \u00e9tait en droit de demander l\u2019ex\u00e9cution par \u00e9quivalent du contrat et qu\u2019une \u00e9valuation s\u00e9par\u00e9e d\u2019\u00e9ventuels dommages subis en rapport avec les diff\u00e9rentes cat\u00e9gories d\u2019actions \u00e9tait possible.<\/p>\n<p>Il a encore d\u00e9duit des pi\u00e8ces vers\u00e9es que le principe d\u2019un pr\u00e9judice dans le chef de B \u00e9tait \u00e9tabli.<\/p>\n<p>Au vu du fait que les chiffres lui soumis sous la forme du tableau confectionn\u00e9 par A \u00e9taient insuffisants pour d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision le pr\u00e9judice, le tribunal a ordonn\u00e9 une expertise.<\/p>\n<p>Par jugement du 25 janvier 2019, le tribunal a prononc\u00e9 un sursis \u00e0 statuer en attendant la d\u00e9cision \u00e0 intervenir dans le cadre du pr\u00e9sent appel.<\/p>\n<p>L\u2019appel<\/p>\n<p>L\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 A Par acte d\u2019huissier de justice du 30 novembre 2018 signifi\u00e9 \u00e0 B , la soci\u00e9t\u00e9 A a relev\u00e9 appel du jugement du 9 novembre 2018 qui, selon les informations des parties, ne lui avait pas \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9. Cette affaire a \u00e9t\u00e9 inscrite sous le num\u00e9ro CAL-2019- 00190 du r\u00f4le. La soci\u00e9t\u00e9 A demande \u00e0 la Cour de constater la nullit\u00e9 de l\u2019assignation pour libell\u00e9 obscur en ce qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre elle, sinon de constater que la mati\u00e8re ressort de la comp\u00e9tence exclusive et d\u2019ordre public des juridictions du travail et de d\u00e9clarer la juridiction saisie mat\u00e9riellement incomp\u00e9tente, sinon de d\u00e9clarer les demandes non fond\u00e9es. Elle sollicite encore la condamnation de B aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel et le renvoi de l\u2019affaire devant les premiers juges. A l\u2019appui de son appel, et de son moyen de nullit\u00e9 de l\u2019assignation introductive d\u2019instance, la soci\u00e9t\u00e9 A, invoquant l\u2019article 154 du<\/p>\n<p>Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, expose que l\u2019assignation doit contenir les donn\u00e9es suffisantes pour permettre au d\u00e9fendeur de ne pas se m\u00e9prendre quant \u00e0 la port\u00e9e, la cause et le fondement de l\u2019action dirig\u00e9e contre lui. L\u2019appelante reproche au demandeur qui requiert sa condamnation solidaire, sinon in solidum avec la soci\u00e9t\u00e9 C de ne pas exposer les moyens de fait et de droit de nature \u00e0 induire une telle responsabilit\u00e9 solidaire. La demande de condamnation solidaire ne serait pas motiv\u00e9e. Elle n\u2019aurait pas pu d\u00e9terminer de mani\u00e8re pr\u00e9cise ce qu\u2019on lui reprochait et sur quelles qualit\u00e9s, titres et motifs B se fondait. L\u2019appelante reproche encore aux premiers juges de ne pas avoir d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019exception du libell\u00e9 obscur pour d\u00e9faut de motivation de la solidarit\u00e9 est indivisible et affecte toutes les parties d\u00e9fenderesses.<\/p>\n<p>L\u2019appelante critique le jugement en ce que le tribunal s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 mat\u00e9riellement comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande de Jacques B alors que celle- ci rel\u00e8ve de la comp\u00e9tence exclusive des juridictions du travail. L\u2019attribution des actions aurait fait partie du package salarial n\u00e9goci\u00e9, ce qui serait d\u2019ailleurs confirm\u00e9 par le MoU. Il y aurait eu un lien direct entre salaire mensuel et entr\u00e9e au capital.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 retenu par le tribunal, la souscription et\/ou la d\u00e9tention des actions de la soci\u00e9t\u00e9 A est li\u00e9e \u00e0 la qualit\u00e9 de salari\u00e9 de B . En effet, le MoU pr\u00e9voit la souscription d\u2019actions de cat\u00e9gorie A et de cat\u00e9gorie C pour un prix global et impose que B soit salari\u00e9 du groupe D pour d\u00e9tenir des actions de cat\u00e9gorie C. La question de la responsabilit\u00e9 contractuelle de la soci\u00e9t\u00e9 A quant \u00e0 la d\u00e9livrance des actions de cat\u00e9gorie A ne pourrait \u00eatre distingu\u00e9e de la question de la d\u00e9livrance des actions de cat\u00e9gorie C \u00e0 propos de laquelle et suivant assignation B attendra la position des tribunaux comp\u00e9tents fran\u00e7ais quant \u00e0 la lic\u00e9it\u00e9 de son licenciement avant de demander l\u2019ex\u00e9cution de cette obligation contractuelle.<\/p>\n<p>La circonstance que A n\u2019est pas l\u2019employeur de B serait inop\u00e9rante, la comp\u00e9tence exclusive des juridictions du travail s\u2019\u00e9tendrait \u00e0 la souscription d\u2019actions d\u00e8s lors que celle- ci trouve sa source dans la relation de travail et m\u00eame si cette souscription n\u2019\u00e9tait pas list\u00e9e comme \u00e9l\u00e9ment de r\u00e9mun\u00e9ration et que l\u2019\u00e9metteur des actions n\u2019est pas l\u2019employeur.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, l\u2019appelante conteste toute faute dans son chef et invoque l\u2019absence de preuve de l\u2019existence et du quantum du dommage all\u00e9gu\u00e9 par B .<\/p>\n<p>A demande encore la condamnation de B \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros.<\/p>\n<p>Les moyens des soci\u00e9t\u00e9s A et C<\/p>\n<p>Apr\u00e8s que B ait interjet\u00e9 appel contre le jugement et ait intim\u00e9 les soci\u00e9t\u00e9s A et C, ces deux soci\u00e9t\u00e9s concluent ensemble et demandent \u00e0 la Cour de statuer conform\u00e9ment au dispositif de l\u2019acte d\u2019appel du 30 novembre 2018 et de d\u00e9bouter B de ses demandes formul\u00e9es dans son acte d\u2019appel du 1 er avril 2019. Elles sollicitent encore express\u00e9ment et au dispositif de leurs conclusions la condamnation de B au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros. Dans le corps de leurs conclusions du 1 er octobre 2019, il est pr\u00e9cis\u00e9 que seule A demande l\u2019allocation de l\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A r\u00e9fute le moyen de nullit\u00e9, sinon de la fin de non- recevoir pour d\u00e9faut d\u2019avoir inti m\u00e9 C en faisant valoir que l\u2019appel ne peut \u00eatre dirig\u00e9 que contre les parties qui, en premi\u00e8re instance, ont jou\u00e9 le r\u00f4le d\u2019adversaire, sauf l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une indivisibilit\u00e9 du litige. L\u2019indivisibilit\u00e9 viserait la seule hypoth\u00e8se o\u00f9 l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une d\u00e9cision de premi\u00e8re instance et d\u2019une d\u00e9cision rendue en instance d\u2019appel s\u2019av\u00e8rerait mat\u00e9riellement impossible.<\/p>\n<p>En relation avec le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel de A en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre le rejet par le tribunal du moyen tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur, celle-ci invoque les articles 578 et 579 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et expose que l\u2019appel contre les jugements mixtes est recevable pour autant que la partie qui a tranch\u00e9 le fond soit incluse dans l\u2019objet de l\u2019appel. Elle reproche \u00e0 B de confondre le caract\u00e8re appelable d\u2019une d\u00e9cision et l\u2019\u00e9tendue de la saisine du juge d\u2019appel. L\u2019arr\u00eat du 14 janvier 2015 invoqu\u00e9 par B aurait trait \u00e0 un appel contre un jugement \u00e0 dispositions multiples qui serait \u00e0 distinguer des jugements mixtes.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re appelable du jugement entrepris devrait s\u2019appr\u00e9cier en ce qui concerne A par rapport \u00e0 l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du dispositif la concernant. A son \u00e9gard, il s\u2019agirait d\u2019un jugement mixte en ce qu\u2019il tranche une partie du fond et ordonne une mesure d\u2019instruction. Le jugement serait imm\u00e9diatement appelable en application de l\u2019article 579 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. La juridiction d\u2019appel serait saisie de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des points jug\u00e9s par les juges de premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>L\u2019appel serait pareillement recevable en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre le jugement ayant statu\u00e9 sur la comp\u00e9tence mat\u00e9rielle. A conteste qu\u2019en sollicitant la r\u00e9tractation de deux saisies-arr\u00eats pratiqu\u00e9es par B devant le tribunal d\u2018arrondissement, elle ait reconnu que cette cr\u00e9ance n\u2019\u00e9tait pas de nature salariale et donne \u00e0 consid\u00e9rer que le juge ayant ordonn\u00e9 une mesure unilat\u00e9rale est comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de sa r\u00e9tractation.<\/p>\n<p>L\u2019appel dirig\u00e9 contre la disposition du jugement ayant ordonn\u00e9 une mesure d\u2019instruction serait recevable \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019appel est dirig\u00e9 en m\u00eame temps contre la disposition tranchant le fond de la pr\u00e9tention \u00e0 laquelle se rattache cette mesure d\u2019instruction.<\/p>\n<p>L\u2019institution d\u2019une expertise est critiqu\u00e9e alors qu\u2019il n\u2019appartient pas \u00e0 un expert de suppl\u00e9er la carence de la partie ayant la charge de la preuve de son \u00e9ventuel dommage. Deux conditions cumulatives seraient requises pour recourir \u00e0 une expertise, \u00e0 savoir le bien- fond\u00e9 de la revendication de la partie concern\u00e9e doit transpara\u00eetre au moins en apparence des \u00e9l\u00e9ments de conviction apport\u00e9es par elle et elle doit avoir fait diligence pour rassembler des \u00e9l\u00e9ments de preuve propres \u00e0 d\u00e9montrer le fait qu\u2019elle entend \u00e9tablir par le biais de l\u2019expertise, sans avoir \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e de succ\u00e8s dans cette d\u00e9marche. A et C donnent \u00e0 consid\u00e9rer que B n\u2019aurait fourni aucune pi\u00e8ce permettant de chiffrer le dommage pr\u00e9tendument subi et le tribunal aurait omis d\u2019analyser la deuxi\u00e8me condition pos\u00e9e.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s A et C concluent \u00e0 la confirmation du jugement en ce que le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 la demande dirig\u00e9e contre C nulle pour libell\u00e9 obscur. Le passage de l\u2019assignation introductive d\u2019instance relatif aux responsabilit\u00e9s des d\u00e9fenderesses ne distinguerait pas entre les obligations de A et d\u2019C et ne pr\u00e9ciserait pas en quoi auraient concr\u00e8tement consist\u00e9 leurs fautes respectives.<\/p>\n<p>B serait \u00e9galement malvenu \u00e0 invoquer la r\u00e8gle coutumi\u00e8re de la pr\u00e9somption de solidarit\u00e9 entre commer\u00e7ants alors qu\u2019il faudrait, m\u00eame entre commer\u00e7ants, que les d\u00e9biteurs soient tenus \u00e0 la m\u00eame obligation. Or, l\u2019assignation ne pr\u00e9ciserait pas la nature de l\u2019obligation de la soci\u00e9t\u00e9 C .<\/p>\n<p>Le litige rel\u00e8verait de la comp\u00e9tence mat\u00e9rielle des juridictions du travail \u00e9tant donn\u00e9 que suivant le MoU, B devait rejoindre la soci\u00e9t\u00e9 D Associ\u00e9s Conseil en tant que directeur \u00ab CEO \u00bb et recevait en contrepartie un package financier. L\u2019attribution des actions de A \u00e9tait d\u00e8s lors n\u00e9cessairement li\u00e9e \u00e0 la conclusion d\u2019un contrat de travail, en l\u2019absence d\u2019une quelconque autre fonction occup\u00e9e par B justifiant une telle attribution. Le m\u00e9canisme de vested shares serait une pratique courante dans le milieu des affaires et constituerait une r\u00e9tribution de salari\u00e9s dans le domaine financier.<\/p>\n<p>L\u2019appel de B Par acte d\u2019huissier de justice du 1 er avril 2019, B a relev\u00e9 appel limit\u00e9 contre le jugement du 9 novembre 2018 qui, selon les informations des parties, ne lui a pas \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9. Cette affaire a \u00e9t\u00e9 inscrite sous le num\u00e9ro CAL-2019- 00370 du r\u00f4le. Il a sollicit\u00e9 la jonction avec l\u2019affaire enr\u00f4l\u00e9e sous le num\u00e9ro CAL- 2019- 00190 et, par r\u00e9formation, que la Cour constate que l\u2019assignation lanc\u00e9e contre C n\u2019est pas nulle pour libell\u00e9 obscur et de d\u00e9clarer que la soci\u00e9t\u00e9 C a engag\u00e9, de mani\u00e8re solidaire avec A , sa responsabilit\u00e9 contractuelle en raison du d\u00e9faut de livraison de 8,25 % des actions<\/p>\n<p>de cat\u00e9gorie A et de la condamner \u00e0 lui payer des dommages et int\u00e9r\u00eats de 2.503.270,40 euros, outre les int\u00e9r\u00eats. A titre subsidiaire, il a demand\u00e9 l\u2019institution d\u2019une expertise afin de d\u00e9terminer le quantum du pr\u00e9judice lui accru.<\/p>\n<p>Dans ses conclusions r\u00e9capitulatives du 17 janvier 2020, il sollicite:<\/p>\n<p>en ce qui concerne l\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 A:<\/p>\n<p>\u2022 de d\u00e9clarer irrecevable, sinon nul l\u2019appel en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre la partie du jugement du 9 novembre 2018 qui a rejet\u00e9 le moyen de nullit\u00e9 pour libell\u00e9 obscur,<\/p>\n<p>\u2022 de d\u00e9clarer irrecevable sinon nul l\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 A , sinon de retenir une fin de non- recevoir de l\u2019acte d\u2019appel en ce qu\u2019il est dirig\u00e9 contre la partie du jugement qui a rejet\u00e9 le moyen d\u2019incomp\u00e9tence mat\u00e9rielle,<\/p>\n<p>\u2022 de rejeter toutes les demandes de la soci\u00e9t\u00e9 A,<\/p>\n<p>en ce qui concerne son propre appel :<\/p>\n<p>\u2022 de constater qu\u2019il renonce \u00e0 sa demande de jonction des deux r\u00f4les, \u2022 de lui donner acte qu\u2019il a interjet\u00e9 partiellement appel du jugement du 9 septembre 2018 et uniquement en ce qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 nulle la demande dirig\u00e9e contre C ,<\/p>\n<p>\u2022 de constater que l\u2019assignation signifi\u00e9e le 20 avril 2018 \u00e0 C n\u2019est pas nulle pour libell\u00e9 obscur,<\/p>\n<p>\u2022 en cons\u00e9quence, de d\u00e9clarer que la responsabilit\u00e9 contractuelle de C est engag\u00e9e pour d\u00e9faut de d\u00e9livrance de 8,25% des actions de la cat\u00e9gorie A de A ,<\/p>\n<p>\u2022 de d\u00e9clarer que la responsabilit\u00e9 contractuelle de A est engag\u00e9e pour d\u00e9faut de d\u00e9livrance de 8,25% de ses actions de cat\u00e9gorie A,<\/p>\n<p>\u2022 dire que C doit participer aux op\u00e9rations d\u2019expertise ordonn\u00e9es par le jugement du 9 novembre 2018,<\/p>\n<p>\u2022 de renvoyer l\u2019affaire devant la 2e chambre du tribunal aux fins de poursuite de l\u2019instruction,<\/p>\n<p>\u2022 de condamner A et C chacune au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros, et aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>L\u2019acte d\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 A serait irrecevable sinon nul motif pris qu\u2019il n\u2019est pas dirig\u00e9 contre la soci\u00e9t\u00e9 C pourtant partie en premi\u00e8re instance et contre laquelle une condamnation solidaire est demand\u00e9e.<\/p>\n<p>B fait encore valoir que A n\u2019aurait pas pu interjeter appel quant au moyen du libell\u00e9 obscur mais aurait d\u00fb limiter son appel au volet ayant retenu sa responsabilit\u00e9. Il invoque dans ce contexte un arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 14 janvier 2015 qui, face \u00e0 un jugement contenant des dispositions multiples, a analys\u00e9 la recevabilit\u00e9 de l\u2019appel par rapport \u00e0 chacune de ces dispositions. En particulier, il ressortirait de cet arr\u00eat que la disposition par laquelle le tribunal a rejet\u00e9 le moyen de nullit\u00e9 de l\u2019assignation tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur ne met pas fin \u00e0 l\u2019instance et ne rel\u00e8ve pas du fondement de la demande, de sorte que l\u2019appel contre cette disposition n\u2019est pas recevable.<\/p>\n<p>Il faudrait distinguer les jugements \u00e0 dispositions multiples et les jugements qui contiennent plusieurs chefs de d\u00e9cisions. Dans un jugement \u00e0 dispositions multiples, il serait de principe que chaque demande doit \u00eatre examin\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment quant \u00e0 l\u2019ouverture du droit d\u2019interjeter appel. La disposition du jugement entrepris ayant rejet\u00e9 le moyen de nullit\u00e9 de l\u2019assignation dirig\u00e9e contre A serait \u00e0 consid\u00e9rer comme d\u00e9cision purement avant dire droit car elle ne tranche pas une partie du principal. L\u2019appel ne serait partant pas recevable.<\/p>\n<p>Il en serait de m\u00eame de la disposition du jugement qui a reconnu la comp\u00e9tence du tribunal saisi pour conna\u00eetre de la demande dirig\u00e9e contre A.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, B prend position quant au moyen de nullit\u00e9 pour libell\u00e9 obscur de l\u2019assignation du 20 avril 2018 dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 A et sollicite la confirmation du jugement en ce que les juges de premi\u00e8re instance ont retenu que celle- ci n\u2019a pas pu se m\u00e9prendre sur la port\u00e9e de la demande.<\/p>\n<p>Quant au reproche d\u2019avoir omis de pr\u00e9ciser les moyens de fait et de droit \u00e0 l\u2019appui de sa demande de condamnation solidaire des soci\u00e9t\u00e9s A et C, B renvoie \u00e0 la doctrine selon laquelle une demande de condamnation solidaire dirig\u00e9e contre deux parties tenues d\u2019une m\u00eame obligation serait claire et la question de savoir si les parties sont effectivement tenues pour le tout constituerait une question de fond et non de recevabilit\u00e9.<\/p>\n<p>B conteste finalement l\u2019existence d\u2019un principe d\u2019indivisibilit\u00e9 de l\u2019exception de nullit\u00e9 pour libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>Subsidiairement, il prend \u00e9galement position quant au moyen de l\u2019incomp\u00e9tence mat\u00e9rielle. Il remarque tout d\u2019abord que ce moyen n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9 dans le cadre des proc\u00e9dures de r\u00e9tractation des saisies-arr\u00eats et les magistrats saisis de ces affaires n\u2019ont pas soulev\u00e9 d\u2019office la violation d\u2019une r\u00e8gle de comp\u00e9tence d\u2019attribution pourtant<\/p>\n<p>d\u2019ordre public. Les affirmations des parties A et C selon lesquelles il existerait un lien inextricable entre salaire mensuel et entr\u00e9e au capital et que la souscription des actions de A constituerait une r\u00e9tribution salariale sont contest\u00e9es par B . La souscription des actions de A n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9e avec la soci\u00e9t\u00e9 D Associ\u00e9s Conseil et ne serait pas mentionn\u00e9e dans le contrat de travail.<\/p>\n<p>Le fait que les actions de cat\u00e9gorie C \u00e9taient soumises \u00e0 une p\u00e9riode dite de vesting et ne lui seront d\u00e9finitivement acquises qu\u2019une fois r\u00e9volue une p\u00e9riode minimale au sein du groupe D ne saurait requalifier l\u2019obligation de d\u00e9livrance de ces actions en une obligation de paiement d\u2019un salaire en nature. L\u2019attribution des actions de cat\u00e9gorie A de A n\u2019a d\u2019ailleurs jamais \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 une condition de vesting.<\/p>\n<p>L\u2019obligation de livraison des actions de A prend sa source dans le MoU et non pas dans une relation de travail de B avec le groupe D tel que soutenu par les parties adverses.<\/p>\n<p>B critique le jugement entrepris en ce que le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 sa demande dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 C irrecevable pour libell\u00e9 obscur alors que les bases de sa demande \u00e9taient clairement \u00e9nonc\u00e9es dans l\u2019assignation. Il aurait clairement indiqu\u00e9 en quelle fonction et sur quelle base la soci\u00e9t\u00e9 C avait engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 en rapport avec le d\u00e9faut d\u2019\u00e9mission et de livraison des actions de A.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulterait des exigences pos\u00e9es par l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile telles qu\u2019interpr\u00e9t\u00e9es par la jurisprudence, qu\u2019il faut qu\u2019une assignation d\u00e9montre que les faits all\u00e9gu\u00e9s (cause de la demande) permettent d\u2019obtenir le r\u00e9sultat demand\u00e9 (objet de la demande). Un expos\u00e9 sommaire des moyens dans l\u2019acte introductif serait suffisant et l\u2019indication de la base l\u00e9gale et la qualification juridique des faits ne seraient pas requises. La nullit\u00e9 pour libell\u00e9 obscur serait par ailleurs une nullit\u00e9 de forme qui requiert la preuve d\u2019un grief conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 264 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>L\u2019assignation introductive d\u2019instance serait suffisamment claire en ce que B ne reprocherait pas seulement aux parties d\u00e9fenderesses de ne pas avoir livr\u00e9 les 8,25% des actions de la cat\u00e9gorie A mais il leur reproche \u00e9galement d\u2019avoir manqu\u00e9 \u00e0 leur obligation de les lui faire livrer.<\/p>\n<p>Il aurait ainsi pr\u00e9cis\u00e9 en quelle fonction (cocontractant et promettant) et sur quelle base (responsabilit\u00e9 contractuelle pour inex\u00e9cution consistant dans un d\u00e9faut de livraison) la soci\u00e9t\u00e9 C avait engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Il leur reproche une violation de leur obligation de porte fort qui est une obligation de r\u00e9sultat. De plus, la soci\u00e9t\u00e9 C n\u2019aurait subi aucun grief d\u2019une \u00e9ventuelle impr\u00e9cision de l\u2019assignation.<\/p>\n<p>Au fond, dans le cadre de son acte d\u2019appel, la soci\u00e9t\u00e9 A reproche \u00e0 B de ne pas avoir correctement ex\u00e9cut\u00e9 ses obligations contractuelles, \u00e0 savoir d\u2019avoir omis de r\u00e9gler les montants pr\u00e9vus aux appels de fonds du 13 juillet 2017 et du 25 ao\u00fbt 2017 pour un montant total de 543.511,60 euros.<\/p>\n<p>Cet argument est contest\u00e9 par B au motif que les termes du MoU seraient clairs et que le MoU pr\u00e9vaut jusqu\u2019\u00e0 la signature de tout document compl\u00e9mentaire \u00e9ventuel (article 8). Or, le montant r\u00e9clam\u00e9 pour lib\u00e9rer les actions \u00e9tait bien sup\u00e9rieur au montant de 115.000 euros initialement convenu. Le MoU n\u2019aurait pas pr\u00e9vu que B devrait \u00e9galement acqu\u00e9rir les actions de cat\u00e9gorie B et encore moins qu\u2019il devrait les acqu\u00e9rir conjointement avec les autres actions de cat\u00e9gorie A et C.<\/p>\n<p>Il donne \u00e9galement \u00e0 consid\u00e9rer que l\u2019\u00e9mission des actions de cat\u00e9gorie A, B et C n\u2019a eu lieu qu\u2019en date du 17 juillet 2019.<\/p>\n<p>En ao\u00fbt 2017, B aurait d\u2019ailleurs rappel\u00e9 leurs obligations \u00e0 ses cocontractants.<\/p>\n<p>Il y a lieu de distinguer entre la souscription (l\u2019associ\u00e9 s\u2019engage \u00e0 effectuer un apport d\u2019un montant d\u00e9termin\u00e9) et la lib\u00e9ration du capital social (l\u2019associ\u00e9 ex\u00e9cute son engagement) et verse la somme promise). La qualit\u00e9 d\u2019associ\u00e9 est acquise d\u00e8s la souscription et quelle que soit la date de lib\u00e9ration.<\/p>\n<p>Suivant la jurisprudence, la partie devant livrer les actions ne pourrait pas invoquer le non- paiement du prix pour refuser sur base de l\u2019exception d\u2019inex\u00e9cution, de livrer les actions (Cour d\u2019appel, 21 juin 2006, n\u00b0 29783 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>B r\u00e9fute encore le moyen de l\u2019ind\u00e9termination du prix de souscription, le prix de souscription demand\u00e9 pour les actions de cat\u00e9gorie A et C ne s\u2019\u00e9cartant pas substantiellement du montant indiqu\u00e9 dans le MoU et ne rendrait pas le prix ind\u00e9termin\u00e9.<\/p>\n<p>B donne finalement encore \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019il a bel et bien chiffr\u00e9 son pr\u00e9judice en se basant sur le tableau de projection de versement de dividendes et en analysant le prospectus d\u2019E ainsi que les statuts coordonn\u00e9s d\u2019E pour d\u00e9montrer que les revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par E devaient parvenir \u00e0 A et ensuite \u00eatre distribu\u00e9s \u00e0 ses actionnaires. Des pr\u00e9cisions suppl\u00e9mentaires auraient encore \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es dans le cadre d\u2019une note de plaidoiries vers\u00e9e en premi\u00e8re instance apr\u00e8s analyse des comptes sociaux d\u2019E au 31 d\u00e9cembre 2017.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation<\/p>\n<p>Dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une bonne administration de la justice, il convient de joindre les deux r\u00f4les CAL- 2019- 00190 et CAL 2019- 00370 et de statuer par un seul et m\u00eame arr\u00eat.<\/p>\n<p>La recevabilit\u00e9 des appels L\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 A serait irrecevable, sinon nul pour ne pas avoir intim\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 C. Il est g\u00e9n\u00e9ralement admis que l\u2019appelant ne peut diriger son appel que contre celles des parties qui en premi\u00e8re instance ont rev\u00eatu le r\u00f4le d\u2019adversaire, en d\u00e9posant des conclusions contre lui, respectivement qui ont profit\u00e9 des condamnations prononc\u00e9es \u00e0 son encontre. A l\u2019inverse il ne peut pas diriger son appel contre ceux qui \u00e9taient du m\u00eame c\u00f4t\u00e9 de la barre et ont d\u00e9fendu les m\u00eames int\u00e9r\u00eats. Il y est d\u00e9rog\u00e9 en cas d\u2019indivisibilit\u00e9. Dans un tel cas de figure, l\u2019appelant peut et doit m\u00eame intimer tous ceux qui \u00e9taient partie en premi\u00e8re instance, ou du moins ceux qui sont indivisiblement concern\u00e9s par le point qu\u2019il entend remettre en discussion en instance d\u2019appel. Toutes les fois que l\u2019objet du litige est indivisible, le souci d\u2019\u00e9viter que ne soient rendues des d\u00e9cisions contradictoires ou inex\u00e9cutables si leur autorit\u00e9 ne s\u2019\u00e9tend pas \u00e0 tous les coint\u00e9ress\u00e9s commande d\u2019assigner en appel toutes les parties ayant figur\u00e9 en premi\u00e8re instance et ayant un int\u00e9r\u00eat au proc\u00e8s. Reste \u00e0 savoir quand l\u2019objet d\u2019un litige est indivisible et ne peut donner lieu qu\u2019\u00e0 une seule et m\u00eame solution. Faute de crit\u00e8re pr\u00e9cis, doctrine et jurisprudence prennent g\u00e9n\u00e9ralement pour base l\u2019impossibilit\u00e9 de fait qu\u2019il y aurait d\u2019ex\u00e9cuter deux d\u00e9cisions judiciaires, l\u2019une rendue contre la partie non appelante et l\u2019autre rendue en faveur de la partie qui a interjet\u00e9 appel. Certaines d\u00e9cisions ont retenu comme crit\u00e8re d\u2019indivisibilit\u00e9 l\u2019impossibilit\u00e9 de diff\u00e9rencier la situation des divers int\u00e9ress\u00e9s (Cour d\u2019appel, 22 octobre 2008, Pas. 34, p. 294). Le litige n\u2019est indivisible que lorsque l\u2019ex\u00e9cution conjointe des d\u00e9cisions distinctes, auxquelles il donnerait lieu, serait mat\u00e9riellement impossible (Cour d\u2019appel, 6 novembre 2008, Pas. 34, p. 351). Un litige doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme indivisible en ce qui concerne l&#039;appel lorsque l&#039;objet de l&#039;instance n&#039;est pas susceptible de division, de telle sorte que si l&#039;arr\u00eat \u00e0 intervenir sur un appel n&#039;intimant pas toutes les parties en cause en premi\u00e8re instance \u00e9tait contraire au jugement de premi\u00e8re instance, il y aurait impossibilit\u00e9 absolue d&#039;ex\u00e9cuter simultan\u00e9ment le jugement \u00e0 l&#039;\u00e9gard des parties non intim\u00e9es et l&#039;arr\u00eat \u00e0 l&#039;\u00e9gard des parties pr\u00e9sentes en instance d&#039;appel (Cour d\u2019appel, 28 mai 2014, n\u00b0 39968 du r\u00f4le; Cour d\u2019appel, 8 juillet 1998, Pas.31, p.53).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, le litige n\u2019est pas indivisible \u00e9tant donn\u00e9 que quelles que soient les issues des demandes dirig\u00e9es contre A et C, les d\u00e9cisions peuvent \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es simultan\u00e9ment sans contradiction. En effet, on peut facilement envisager l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 la responsabilit\u00e9 de l\u2019une des soci\u00e9t\u00e9s se trouve engag\u00e9e tandis qu\u2019il est jug\u00e9 que l\u2019autre soci\u00e9t\u00e9 n\u2019a pas commis de faute et ce nonobstant le fait que leur responsabilit\u00e9 solidaire est recherch\u00e9e.<\/p>\n<p>Le moyen d\u2019irrecevabilit\u00e9 tir\u00e9 du d\u00e9faut d\u2019avoir intim\u00e9 C est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>B invoque encore que l\u2019appel contre la disposition du jugement ayant rejet\u00e9 le moyen du libell\u00e9 obscur serait irrecevable. Selon lui, l\u2019acte d\u2019appel aurait d\u00fb se limiter \u00e0 la question de la responsabilit\u00e9 de A.<\/p>\n<p>Aux termes des articles 355, 579 et 580 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, seuls peuvent \u00eatre frapp\u00e9s d\u2019appel imm\u00e9diatement et ind\u00e9pendamment de la d\u00e9cision sur le fond les jugements qui, dans leur dispositif, tranchent une partie du principal et ordonnent une mesure d\u2019instruction et les jugements qui, statuant sur une exception, une fin de non- recevoir ou tout autre incident, mettent fin au litige.<\/p>\n<p>Si, par contre, le juge s\u2019est prononc\u00e9 sur une exception de proc\u00e9dure, une fin de non- recevoir ou quelque autre incident qui ne met pas fin au litige et s\u2019il n\u2019a pas, dans le dispositif, vid\u00e9 au moins une partie du fond m\u00eame du litige, l\u2019appel ne pourra \u00eatre interjet\u00e9 ind\u00e9pendamment de l\u2019appel contre le jugement sur le fond.<\/p>\n<p>La recevabilit\u00e9 de l\u2019appel d\u2019un jugement mixte suppose que l\u2019appel porte sur le chef de la demande faisant l\u2019objet de la d\u00e9cision d\u00e9finitive. En revanche, doit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 irrecevable l\u2019appel d\u2019un jugement mixte qui se borne \u00e0 critiquer la seule partie du dispositif ayant r\u00e9serv\u00e9 le bien-fond\u00e9 de la demande.<\/p>\n<p>Le principal s&#039;entend des pr\u00e9tentions respectives qui fixent l&#039;objet du litige. Il en suit qu\u2019un jugement qui statue sur une partie du principal et ordonne pour le surplus une mesure d&#039;instruction ou une surs\u00e9ance n&#039;est pas n\u00e9cessairement mixte ; il ne le sera que si les deux chefs de la d\u00e9cision sont li\u00e9s \u00e0 la m\u00eame demande. Si tel n&#039;est pas le cas, pour la recevabilit\u00e9 de l&#039;appel, on doit estimer qu&#039;il existe deux d\u00e9cisions l&#039;une, qui tranche le principal et l&#039;autre qui est purement avant dire droit (Cour d\u2018appel, 25 novembre 2009, Pas. 35.p. 44, n\u00b0 32932 et 33396 du r\u00f4le ainsi que les r\u00e9f\u00e9rences y cit\u00e9es).<\/p>\n<p>De m\u00eame en cas de pluralit\u00e9 de parties, si le tribunal a prononc\u00e9 des condamnations sur le fond \u00e0 l\u2019\u00e9gard de certaines parties, l\u2019appel n\u2019est recevable qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard de ces derni\u00e8res. Pour chaque partie, le principal s\u2019entend de l\u2019objet du litige le concernant. Chaque rapport d\u2019instance conserve sa propre autonomie et la \u00ab mixit\u00e9 \u00bb ne peut<\/p>\n<p>r\u00e9sulter d\u2019une appr\u00e9ciation d\u2019ensemble (Cour d\u2019appel, 30 juin 2010, n\u00b033686 du r\u00f4le).<\/p>\n<p>Les demandes dirig\u00e9es, comme en l&#039;esp\u00e8ce, par un m\u00eame demandeur contre deux d\u00e9fendeurs diff\u00e9rents constituent des demandes s\u00e9par\u00e9es, dont chacune a ses cause et partie d\u00e9fenderesse distinctes (Cour d\u2019appel, 12 mars 2008, n\u00b031848 du r\u00f4le, BIJ 2\/2009, p. 34).<\/p>\n<p>Il faut distinguer les jugements mixtes des jugements dits multiples qui comportent deux dispositions s\u00e9par\u00e9es, notamment lorsque la demande est dirig\u00e9e contre deux d\u00e9fendeurs diff\u00e9rents ou lorsque l\u2019instance renferme deux demandes diff\u00e9rentes. Il peut y avoir alors une disposition d\u00e9finitive sur une demande et une disposition avant dire droit sur la deuxi\u00e8me demande. Chaque demande doit \u00eatre examin\u00e9e s\u00e9par\u00e9ment quant \u00e0 l\u2019ouverture du droit d\u2019appel (Th. Hoscheit, Le droit judiciaire priv\u00e9 au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, 2 e<\/p>\n<p>\u00e9dition, p. 740, note de bas de page 1689).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il y a deux demandes diff\u00e9rentes, l\u2019une dirig\u00e9e par B contre C qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e nulle pour libell\u00e9 obscur, et l\u2019autre dirig\u00e9e contre A. Suivant le dispositif de son assignation, B a formul\u00e9 une seule demande principale \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 A , \u00e0 savoir la voir condamner au paiement de dommages et int\u00e9r\u00eats pour inex\u00e9cution contractuelle.<\/p>\n<p>Le dispositif du jugement entrepris relatif \u00e0 cette demande est comme suit : \u00ab se d\u00e9clare comp\u00e9tent pour connaitre de la demande pour le surplus, la re\u00e7oit en la forme, dit que la responsabilit\u00e9 contractuelle de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A SA est engag\u00e9e en raison du d\u00e9faut de d\u00e9livrance \u00e0 B de 8,25% de ses actions de cat\u00e9gorie A, dit qu\u2019il y a lieu d\u2019ordonner une expertise afin de d\u00e9terminer le pr\u00e9judice accru de ce chef \u00e0 B , avant toute autre progr\u00e8s en cause, ordonne \u00e0 la partie la plus diligente de d\u00e9tailler la mission qu\u2019il y a lieu de confier \u00e0 l\u2019expert qui sera nomm\u00e9 par le tribunal \u00bb.<\/p>\n<p>La recevabilit\u00e9 de l\u2019appel interjet\u00e9 par A est \u00e0 appr\u00e9cier par rapport \u00e0 ce dispositif.<\/p>\n<p>Le jugement a clairement tranch\u00e9 une partie du principal en retenant la responsabilit\u00e9 contractuelle de l\u2019appelante et a ordonn\u00e9 une expertise. L\u2019appel interjet\u00e9 par A est partant \u00e0 d\u00e9clarer recevable et dans le cadre de cet appel, elle peut \u00e9galement mettre en cause le rejet par le tribunal de son moyen de libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>En effet, avant d\u2019avoir pu aborder le fond du litige et d\u00e8s lors statuer sur une partie du principal, le tribunal a n\u00e9cessairement d\u00fb trancher tout d\u2019abord le moyen de nullit\u00e9 du libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>La Cour ne se rallie pas \u00e0 la solution retenue par l\u2019arr\u00eat du 14 janvier 2015 (Cour d\u2019appel, n\u00b0 41128 du r\u00f4le, Pas. 37, p. 452), express\u00e9ment cit\u00e9 par B . Il y a \u00e9t\u00e9 dit que la disposition par laquelle le tribunal a rejet\u00e9 le moyen de nullit\u00e9 de l\u2019assignation tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur ne met pas fin \u00e0 l\u2019instance et ne rel\u00e8ve pas du fondement de la demande, de sorte que l\u2019appel contre cette disposition n\u2019\u00e9tait pas recevable. Or, d\u00e9clarer l\u2019appel recevable uniquement par rapport \u00e0 la question principale de la responsabilit\u00e9 contractuelle pourrait conduire \u00e0 la situation regrettable en l\u2019esp\u00e8ce o\u00f9 la Cour se pencherait longuement sur la question complexe de cette responsabilit\u00e9, renverrait, le cas \u00e9ch\u00e9ant, le litige en premi\u00e8re instance pour continuation des op\u00e9rations d\u2019expertise, et une fois saisie d\u2019un appel contre le jugement d\u00e9finitif, pourrait annuler l\u2019assignation introductive d\u2019instance pour libell\u00e9 obscur.<\/p>\n<p>Du moment que la partie du jugement qui a tranch\u00e9 une partie du fond est incluse dans l\u2019objet de l\u2019appel, celui-ci est \u00e0 d\u00e9clarer recevable et il n\u2019y a pas lieu \u00e0 distinguer et analyser s\u00e9par\u00e9ment la recevabilit\u00e9 de l\u2019appel par rapport \u00e0 chaque question tranch\u00e9e.<\/p>\n<p>La m\u00eame solution s\u2019impose quant \u00e0 l\u2019appel dirig\u00e9 contre le chef du jugement qui s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 mat\u00e9riellement comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande et qui a ordonn\u00e9 le principe d\u2019une expertise.<\/p>\n<p>L\u2019appel de A est partant \u00e0 d\u00e9clarer recevable.<\/p>\n<p>L\u2019appel de B qui a \u00e9t\u00e9 introduit selon les forme et d\u00e9lai pr\u00e9vus par la loi l\u2019est \u00e9galement.<\/p>\n<p>Le bien- fond\u00e9 des appels Le moyen de nullit\u00e9 de l\u2019assignation introductive d\u2019instance tir\u00e9 du libell\u00e9 obscur La Cour est saisie tant de l\u2019appel de A quant au volet du jugement qui a rejet\u00e9 son moyen de nullit\u00e9 de l\u2019assignation pour libell\u00e9 obscur que de celui de B quant au volet du jugement ayant accueilli ce moyen par rapport \u00e0 la demande dirig\u00e9e contre C . La Cour renvoie \u00e0 l\u2019expos\u00e9 correct et exhaustif des juges de premi\u00e8re instance quant aux exigences pos\u00e9es par l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et aux conditions s\u2019imposant \u00e0 l\u2019assignation introductive d\u2019instance. Pour \u00eatre complet, la Cour ajoute que le grief dont le d\u00e9fendeur doit rapporter concr\u00e8tement la preuve, sans qu\u2019il ne puisse se borner \u00e0 en invoquer l\u2019existence dans l\u2019abstrait, peut \u00eatre de nature diverse. Il r\u00e9side g\u00e9n\u00e9ralement dans l\u2019entrave ou la g\u00eane port\u00e9e \u00e0 l\u2019organisation de la d\u00e9fense en mettant le d\u00e9fendeur dans l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019organiser sa d\u00e9fense ou de choisir les moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s.<\/p>\n<p>Appliqu\u00e9es au cas d\u2019esp\u00e8ce, le tribunal a conclu que A n\u2019a pas p u se m\u00e9prendre sur la port\u00e9e de la demande dirig\u00e9e contre elle \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019assignation fait clairement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son obligation de livrer des actions de cat\u00e9gorie A \u00e0 B en ex\u00e9cution du MoU. Il a encore jug\u00e9 que le fait de demander la condamnation solidaire, sinon in solidum des deux parties d\u00e9fenderesses ne pouvait cr\u00e9er de confusion dans l\u2019esprit de A .<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A reproche \u00e0 B , sollicitant une condamnation solidaire, sinon in solidum entre les parties d\u00e9fenderesses, de ne pas avoir expos\u00e9 les moyens de fait et de droit qui auraient \u00e9t\u00e9 de nature \u00e0 induire une telle responsabilit\u00e9 solidaire . En l\u2019absence de motivation quant \u00e0 cette solidarit\u00e9, l\u2019assignation serait \u00e9quivoque. L\u2019assignation ne sp\u00e9cifierait pas non plus de ventilation entre la part de responsabilit\u00e9 de chaque partie assign\u00e9e, il ne lui aurait pas \u00e9t\u00e9 possible de d\u00e9terminer de mani\u00e8re pr\u00e9cise ce qu\u2019on lui reprochait et sur quels qualit\u00e9s, titres et motifs le demandeur se fondait.<\/p>\n<p>L\u2019assignation du 20 avril 2018 r\u00e9sume le litige comme suit \u00e0 la page 2 : \u00ab Le pr\u00e9sent litige concerne l\u2019inex\u00e9cution d\u2019un accord contractuel portant sur l\u2019engagement de livrer sinon de faire livrer des actions de cat\u00e9gorie A de la soci\u00e9t\u00e9 A tel que convenu par les parties \u00e0 un contrat intitul\u00e9 MoU dat\u00e9 du 5 janvier 2017 entre M. Rossignol d\u2019une part et A et C d\u2019autre part \u00bb.<\/p>\n<p>Nonobstant le fait que le contexte factuel dans lequel s\u2019ins\u00e8re le pr\u00e9sent litige puisse para\u00eetre complexe, le reproche adress\u00e9 aux deux parties d\u00e9fenderesses est simple et consiste \u00e0 ne pas avoir respect\u00e9 les obligations contractuelles assum\u00e9es aux termes du MoU. Il leur est reproch\u00e9 de ne pas avoir livr\u00e9 ou fait livrer les actions de cat\u00e9gorie A \u00e0 B. Au vu de l\u2019inex\u00e9cution all\u00e9gu\u00e9e de cette obligation, B demande la condamnation solidaire, sinon in solidum des parties contractantes \u00e0 lui payer des dommages et int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 les deux parties A et C se sont engag\u00e9es \u00e0 ex\u00e9cuter cette m\u00eame obligation et o\u00f9 la solidarit\u00e9 est pr\u00e9sum\u00e9e en mati\u00e8re commerciale, la soci\u00e9t\u00e9 A n\u2019a pas pu se m\u00e9prendre sur le fait que sa responsabilit\u00e9 contractuelle pour inex\u00e9cution fautive du MoU \u00e9tait recherch\u00e9e.<\/p>\n<p>Le jugement dont A se pr\u00e9vaut (TAL, 9 mai 2018, n\u00b0 157\/2018, n\u00b0 171820, 171961, 171962, 175433, 176025 et 176026) et qui a retenu que \u00ab les diff\u00e9rents exploits, apr\u00e8s avoir expos\u00e9 les travaux et missions dont avaient \u00e9t\u00e9 charg\u00e9s les diff\u00e9rentes entreprises, restent muets sur les raisons qui selon les parties demanderesses induiraient une solidarit\u00e9 entre elles pour des travaux n\u2019ayant en partie absolument rien \u00e0 voir les uns avec les autres \u00bb et qui a conclu que les exploits ne comportent aucun expos\u00e9 des motifs sur ce point, qu\u2019ils sont partant obscurs et que l\u2019absence d\u2019une quelconque motivation permet encore de caract\u00e9riser le grief dans le chef des parties<\/p>\n<p>d\u00e9fenderesses, puisqu\u2019elles sont mises dans l\u2019impossibilit\u00e9 absolue de choisir leurs moyens de d\u00e9fense contre cette all\u00e9gation de solidarit\u00e9 n\u2019est pas transposable au cas d\u2019esp\u00e8ce. En effet, le pr\u00e9sent litige concerne une seule convention sign\u00e9e d\u2019un c\u00f4t\u00e9 par une personne et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 par deux soci\u00e9t\u00e9s auxquelles il est reproch\u00e9 d\u2019avoir fautivement inex\u00e9cut\u00e9 l\u2019obligation y assum\u00e9e.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 1200 du Code civil \u00ab il y a solidarit\u00e9 de la part des d\u00e9biteurs, lorsqu\u2019ils sont oblig\u00e9s \u00e0 une m\u00eame chose, de mani\u00e8re que chacun puisse \u00eatre contraint pour la totalit\u00e9, et que le paiement fait par un seul lib\u00e8re les autres envers le cr\u00e9ancier \u00bb.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 les parties commer\u00e7antes A et C se sont engag\u00e9es \u00e0 la m\u00eame chose, obligation que Jacques B d\u00e9crit comme \u00ab livrer ou faire livrer \u00bb les actions, une demande condamnation solidaire dirig\u00e9e contre elles n\u2019est pas obscure mais conforme au droit.<\/p>\n<p>En ce qui concerne plus particuli\u00e8rement C , le tribunal a accueilli le moyen de nullit\u00e9 pour libell\u00e9 obscur en les termes suivants : \u00ab B demande la condamnation solidaire, sinon in solidum de A et C en raison de l\u2019inex\u00e9cution de leurs obligations contractuelles d\u00e9coulant du MoU consistant en la livraison des actions de cat\u00e9gorie A de A . Or, si C est bien signataire du MoU, il n\u2019y est pas pr\u00e9cis\u00e9 en quelle fonction et sur quelle base elle pourrait encourir une responsabilit\u00e9 en rapport avec l\u2019\u00e9mission et la livraison des actions de A . Aucune pr\u00e9cision en ce sens n\u2019a par ailleurs \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e dans l\u2019acte introductif d\u2019instance, ni m\u00eame lors des plaidoiries \u00bb.<\/p>\n<p>Il est un fait que C est signataire du MoU et que B lui reproche une inex\u00e9cution contractuelle. C ne saurait raisonnablement avancer qu\u2019elle ne comprend pas le reproche lui adress\u00e9 alors qu\u2019en signant le MoU elle a n\u00e9cessairement assum\u00e9 des obligations et doit savoir exactement \u00e0 quelle fin elle est co- signataire de ce contrat. B reproche indistinctement aux deux soci\u00e9t\u00e9s d\u00e9fenderesses de ne pas avoir livr\u00e9 ou fait livrer les actions comme contractuellement convenu. Si l\u2019assignation ne qualifie pas exactement par quel m\u00e9canisme juridique C pourrait \u00eatre responsable de la non d\u00e9livrance des actions litigieuses, toujours est-il que cette impr\u00e9cision n\u2019est que le reflet de l\u2019impr\u00e9cision du MoU. Or, cette impr\u00e9cision quant aux obligations assum\u00e9es par C ne l\u2019a pas emp\u00each\u00e9e de signer le MoU et de s\u2019engager contractuellement.<\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause, B a avec suffisamment de pr\u00e9cision expos\u00e9 les faits et l\u2019objet de sa demande tant \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 A qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 C .<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute que la soci\u00e9t\u00e9 C reste en d\u00e9faut de prouver avoir concr\u00e8tement subi un grief.<\/p>\n<p>Il d\u00e9coule de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de que l\u2019appel interjet\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 A est \u00e0 rejeter et le jugement \u00e0 confirmer quant \u00e0 ce volet. L\u2019appel de B est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9 et il y a lieu de dire, par r\u00e9formation du jugement entrepris, que l\u2019assignation dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 C est r\u00e9guli\u00e8re et n\u2019encourt pas de nullit\u00e9 pour libell\u00e9 obscur. Au vu de ce constant, l\u2019analyse du moyen tir\u00e9 de l\u2019indivisibilit\u00e9 de l\u2019exception pour libell\u00e9 obscur est vain.<\/p>\n<p>B demande \u00e0 la Cour de dire que la responsabilit\u00e9 contractuelle de la soci\u00e9t\u00e9 C est engag\u00e9e \u00e0 son encontre et de dire que celle- ci doit participer aux op\u00e9rations d\u2019expertise ordonn\u00e9es par le jugement entrepris. Par une telle demande, il requiert l\u2019\u00e9vocation du litige.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 597 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, \u00ab lorsqu\u2019il aura appel d\u2019un jugement avant dire droit, si le jugement est infirm\u00e9 et que la mati\u00e8re soit dispos\u00e9e \u00e0 recevoir une d\u00e9cision d\u00e9finitive, les cours et autres tribunaux d\u2019appel pourront statuer en m\u00eame temps sur le fond d\u00e9finitivement, par un seul et m\u00eame jugement \u00bb. Cette disposition permet au juge d\u2019appel d\u2019\u00e9voquer le litige si la juridiction du premier degr\u00e9, statuant sur un incident de proc\u00e9dure ou une exception, a mis fin \u00e0 l\u2019instance par un jugement d\u00e9finitif, donc sans avoir tranch\u00e9 le fond du litige. L\u2019\u00e9vocation n\u2019est qu\u2019une facult\u00e9 et le juge d\u2019appel est libre de renvoyer le litige devant les juges du premier degr\u00e9.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, dans un souci de pr\u00e9server le principe du contradictoire et le droit au double degr\u00e9 de juridiction pour chacune des parties en cause, il n\u2019y a pas lieu \u00e0 \u00e9vocation de la demande dirig\u00e9e contre C , mais \u00e0 renvoi en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Le moyen de l\u2019incomp\u00e9tence mat\u00e9rielle<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 25 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, \u00ab le tribunal du travail est comp\u00e9tent pour conna\u00eetre des contestations relatives aux contrats de travail, aux contrats d\u2019apprentissage et aux r\u00e9gimes compl\u00e9mentaires de pension qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent entre les employeurs, d\u2019une part, et leurs salari\u00e9s, d\u2019autre part, y compris celles survenant apr\u00e8s que l\u2019engagement a pris fin \u00bb.<\/p>\n<p>La comp\u00e9tence mat\u00e9rielle du tribunal du travail s\u2019\u00e9tend \u00e0 la plupart des litiges relevant du droit du travail opposant employeur et salari\u00e9 (J.-L. Putz, Comprendre et appliquer le droit du travail, \u00e9dition 2014- 2015, p. 464, n\u00b0 710) et les litiges n\u2019impliquant pas l\u2019employeur ne rel\u00e8vent pas de cette comp\u00e9tence.<\/p>\n<p>Il en d\u00e9coule que le tribunal du travail est seul comp\u00e9tent pour conna\u00eetre des contestations entre employeur et salari\u00e9.<\/p>\n<p>La Cour renvoie \u00e0 la motivation correcte des juges de premi\u00e8re instance qui ont retenu qu\u2019\u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019obligation de livrer les<\/p>\n<p>actions n\u2019incombe pas \u00e0 l\u2019employeur de B , le litige ne saurait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme se mouvant entre un employeur et un salari\u00e9.<\/p>\n<p>En effet, il est constant en cause que B a sign\u00e9 un contrat de travail avec D Associ\u00e9s Conseil et qu\u2019il a conclu le MoU avec A et C aux termes duquel B souscrit \u00e0 8,25% d\u2019actions de cat\u00e9gorie A de la soci\u00e9t\u00e9 A.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que le pr\u00e9sent litige ne se meut pas entre B et son employeur, la comp\u00e9tence des juridictions du travail est exclue et il est oiseux pour la Cour d\u2019analyser si la souscription aux actions de A faisait ou non partie d\u2019un package salarial. En effet, m\u00eame si l\u2019attribution de ces actions devait r\u00e9mun\u00e9rer les services de B rendus \u00e0 son employeur, toujours est-il qu\u2019il n\u2019a pas actionn\u00e9 son employeur mais les signataires du MoU.<\/p>\n<p>Les d\u00e9cisions judiciaires cit\u00e9es par A ne sont pas pertinentes en l\u2019esp\u00e8ce alors que dans le cadre de ces affaires, le salari\u00e9 avait dirig\u00e9 sa demande contre son employeur.<\/p>\n<p>Le moyen d\u2019appel tir\u00e9 de l\u2019incomp\u00e9tence mat\u00e9rielle est partant \u00e0 rejeter et le jugement est \u00e0 confirmer quant \u00e0 ce volet.<\/p>\n<p>La faute contractuelle<\/p>\n<p>A fait valoir que B n\u2019aurait jamais valablement souscrit aux actions de cat\u00e9gorie A et C. Comme il avait annonc\u00e9 avoir besoin d\u2019un financement bancaire, B ne se serait pas purement et simplement engag\u00e9 \u00e0 la souscription. Il ne serait d\u2019ailleurs pas consid\u00e9r\u00e9 comme souscripteur \u00e9tant donn\u00e9 que dans son courriel du 22 d\u00e9cembre 2017 il demandait quand il serait possible de souscrire les parts A et C.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut de souscription d\u00e9finitive, il ne saurait \u00eatre question d\u2019obligation de d\u00e9livrance. B n\u2019aurait de m\u00eame pas r\u00e9agi aux appels de fonds.<\/p>\n<p>Le MoU ne r\u00e9glerait pas la question de l\u2019ant\u00e9riorit\u00e9 des obligations. Il fallait lib\u00e9rer le prix de souscription avant de proc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9mission de nouvelles actions et donc \u00e0 la d\u00e9livrance de celles-ci.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut de prix d\u00e9termin\u00e9 ou d\u00e9terminable, l\u2019obligation de d\u00e9livrer ou faire d\u00e9livrer les actions n\u2019existerait pas.<\/p>\n<p>Quant au moyen de B suivant lequel la livraison des actions aux termes du MoU ne devait pas n\u00e9cessairement se faire par le biais d\u2019une augmentation de capital mais qu\u2019elle aurait pu se faire par une autre soci\u00e9t\u00e9 du groupe D et quant \u00e0 la notion de promesse de porte- fort, la soci\u00e9t\u00e9 A donne \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019une promesse de porte- fort constitue une exception au principe selon lequel on ne peut s\u2019engager que pour soi-m\u00eame et que l\u2019article 1120 du Code civil est<\/p>\n<p>d\u2019interpr\u00e9tation stricte. En l\u2019absence de toute mention de l\u2019engagement par A pour une autre soci\u00e9t\u00e9 du groupe D dans le MoU, ce dernier ne pourrait \u00eatre qualifi\u00e9 de promesse de porte- fort.<\/p>\n<p>Les parties ne mettent pas en cause la d\u00e9finition que les juges de premi\u00e8re instance ont donn\u00e9 de la notion de souscription, ni leur expos\u00e9 sur la nature juridique d\u2019une souscription. La Cour y renvoie express\u00e9ment.<\/p>\n<p>La souscription au capital peut encore \u00eatre d\u00e9finie comme \u00e9tant un accord par lequel une personne s\u2019oblige \u00e0 contribuer \u00e0 la formation du capital par des apports en contrepartie de l\u2019engagement par la soci\u00e9t\u00e9 de remettre des droits sociaux.<\/p>\n<p>Cet engagement doit \u00eatre pur et simple, toute condition \u00e0 laquelle la souscription serait soumise \u00e9tant r\u00e9put\u00e9e nulle, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des cr\u00e9anciers comme des autres associ\u00e9s. Le souscripteur devient associ\u00e9 du fait de sa souscription, donc m\u00eame avant la lib\u00e9ration de son apport (A. Steichen, Pr\u00e9cis de droit des soci\u00e9t\u00e9s, 6 e \u00e9dition, p. 71, n\u00b0 77).<\/p>\n<p>La souscription est consid\u00e9r\u00e9e comme l&#039;acte juridique traduisant l&#039;engagement pris par une personne, physique ou morale, d&#039;\u00eatre associ\u00e9e d&#039;une soci\u00e9t\u00e9 par actions et d&#039;effectuer l&#039;apport d&#039;une somme ou d&#039;un bien en nature, pour un montant au moins \u00e9gal \u00e0 la valeur nominale des titres qu&#039;elle re\u00e7oit.<\/p>\n<p>Le mot souscription pr\u00e9sente ainsi deux aspects : d&#039;une part, et avant tout, il exprime une obligation qui fonde la qualit\u00e9 d&#039;associ\u00e9 de son d\u00e9biteur ; mais, d&#039;autre part, ce terme se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 un r\u00e9sultat mat\u00e9riel : la r\u00e9union, et non la lib\u00e9ration, de l&#039;ensemble des apports qui forment le capital de la soci\u00e9t\u00e9 ; ainsi, pour les apports en num\u00e9raire, il faut bien distinguer la promesse de r\u00e9aliser l&#039;apport (la souscription) de la r\u00e9alisation de cette promesse, c&#039;est-\u00e0-dire du versement effectif des fonds dans la caisse sociale (la lib\u00e9ration) (Jurisclasseur, Soci\u00e9t\u00e9s, Fasc. 114-10 Soci\u00e9t\u00e9s par actions, Constitution, Souscription des actions, n\u00b0 2).<\/p>\n<p>A conteste l\u2019existence d\u2019une souscription valable et ferme.<\/p>\n<p>Il est constant en cause qu\u2019aucun acte formel de souscription n\u2019a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par B contrairement \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu par l\u2019article 5 du MoU. A cet \u00e9gard, le tribunal a retenu que A ne saurait invoquer ce fait alors que l\u2019envoi des documents de souscription devait n\u00e9cessairement lui incomber, B s\u2019\u00e9tant engag\u00e9 \u00e0 les signer suivant le MoU. Ce constat des juges de premi\u00e8re instance, selon lequel la confection des documents de souscription incombait \u00e0 A, n\u2019est pas mis en cause par celle- ci, qui reste par ailleurs en d\u00e9faut de pr\u00e9ciser pour quelles raisons ces documents n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 B . La Cour en d\u00e9duit qu\u2019en ne pr\u00e9sentant pas \u00e0 B les documents de souscription \u00e0<\/p>\n<p>signer, A n\u2019a pas respect\u00e9 les termes du MoU et a commis ainsi une faute contractuelle.<\/p>\n<p>De plus, en s\u2019adressant dans le cadre des drawdown notices des 13 juillet et 24 ao\u00fbt 2017 \u00e0 B en tant que \u00ab dear Shareholder \u00bb et en exposant que \u00ab our Company is calling money from its shareholders on or der to meet its committment vis-\u00e0-vis E \u00bb, A a clairement consid\u00e9r\u00e9 B comme souscripteur de ses actions et a n\u00e9cessairement renonc\u00e9 \u00e0 la formalisation par \u00e9crit de cette souscription. Par ces courriers, elle a demand\u00e9 la lib\u00e9ration du capital souscrit (m\u00eame si en l\u2019esp\u00e8ce les fonds devraient dans une premi\u00e8re phase \u00eatre inscrits en compte-courant associ\u00e9). Comme les fonds devaient \u00eatre inscrits en compte-courant associ\u00e9, il est clair que A a trait\u00e9 B comme un actionnaire (futur).<\/p>\n<p>Ce constat n\u2019est pas affect\u00e9 par le contenu du courriel que B a adress\u00e9 \u00e0 Herv\u00e9 F le 28 ao\u00fbt 2017 et aux termes duquel il explique qu\u2019il a besoin d\u2019un financement bancaire pour honorer ces appels de fonds et que les banques auront besoin d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 la documentation juridique.<\/p>\n<p>Contrairement aux affirmations de A, B n\u2019a pas soumis la souscription \u00e0 une quelconque condition mais, tout au plus, la lib\u00e9ration du capital souscrit a \u00e9t\u00e9 conditionn\u00e9e \u00e0 l\u2019obtention d\u2019un pr\u00eat bancaire. Or, comme relev\u00e9 ci-dessus, les actes de souscription aux actions et de lib\u00e9ration de ces actions sont des op\u00e9rations juridiques distinctes.<\/p>\n<p>A avance encore que B ne se serait pas consid\u00e9r\u00e9 lui-m\u00eame comme souscripteur \u00e9tant donn\u00e9 que dans ses courriels des 22 d\u00e9cembre 2017 et 23 janvier 2018 il \u00e9crivait \u00ab quand penses-tu qu\u2019il sera possible de souscrire les parts A et les parts C du fonds \u00bb, respectivement \u00ab j\u2019imagine que la documentation juridique de souscription des A Shares et des C Shares de A est maintenant finalis\u00e9e \u00bb et \u00ab quand me sera-t-il possible de souscrire les parts A et C comme convenu dans le MOU que nous avons sign\u00e9 le 5\/01\/17 ? \u00bb. Ce faisant, B a tout au plus demand\u00e9 la formalisation par \u00e9crit de son engagement pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>Suivant les pi\u00e8ces vers\u00e9es, la soci\u00e9t\u00e9 A n\u2019a pas r\u00e9serv\u00e9 de r\u00e9ponse \u00e0 ces demandes.<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute que dans le cadre de sa mise en demeure du 27 mars 2018, B , sollicitant la livraison des actions de cat\u00e9gorie A, et offrant le paiement du prix tel que fix\u00e9 dans la drawdown notice, s\u2019est clairement vu comme souscripteur, respectivement propri\u00e9taire l\u00e9gitime, de ces actions.<\/p>\n<p>Pour le reste, il est admis que la l\u00e9gislation luxembourgeoise ne soumet pas la validit\u00e9 de la souscription \u00e0 un formalisme particulier.<\/p>\n<p>Au vu de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il y a lieu de confirmer le jugement en ce que le tribunal a retenu que B et la soci\u00e9t\u00e9 A \u00e9taient irr\u00e9vocablement li\u00e9s par la souscription des actions de cat\u00e9gorie A de A.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A critique encore le jugement en ce que le tribunal a retenu sa responsabilit\u00e9 contractuelle en faisant valoir qu\u2019une augmentation de capital par apport en num\u00e9raire pr\u00e9suppose justement des fonds disponibles et que d\u00e8s lors les souscripteurs doivent lib\u00e9rer le prix de souscription avant qu\u2019il ne soit proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mission de nouvelles actions, et donc \u00e0 la d\u00e9livrance de celles-ci. Ainsi, A n\u2019aurait pu s\u2019ex\u00e9cuter que si pr\u00e9alablement le prix de souscription avait \u00e9t\u00e9 pay\u00e9. Il est reproch\u00e9 \u00e0 B de ne pas avoir donn\u00e9 suite aux appels de fonds \u00e9mis en juillet et ao\u00fbt 2017.<\/p>\n<p>Il est constant en cause qu\u2019au moment o\u00f9 le tribunal a statu\u00e9, l\u2019augmentation du capital social de A n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e et que ce n\u2019est que par d\u00e9cision de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire du 17 juillet 2019 que le capital social de A a \u00e9t\u00e9 augment\u00e9 de 100.000 euros \u00e0 12.438.679,90 euros par l\u2019\u00e9mission d\u2019actions de cat\u00e9gorie A, B et C toutes ayant une valeur nominale de 0,10 euros et toutes \u00e0 lib\u00e9rer enti\u00e8rement par compensation avec des cr\u00e9ances d\u00e9tenues contre la soci\u00e9t\u00e9 A par diverses soci\u00e9t\u00e9s dont notamment G. Dans ce contexte, la Cour constate que l\u2019affirmation du tribunal suivant laquelle il r\u00e9sulte du document intitul\u00e9 \u00ab certificat de cr\u00e9ance \u00bb (non vers\u00e9 en appel) que la soci\u00e9t\u00e9 G a avanc\u00e9 les fonds r\u00e9clam\u00e9s \u00e0 B et a repris les droits de souscription \u00e0 venir de B sur les actions A, B et C \u00e0 venir n\u2019est pas contest\u00e9e.<\/p>\n<p>Il est pareillement constant en cause que dans le cadre de sa mise en demeure du 27 mars 2018, B a demand\u00e9 la d\u00e9livrance des 8,25% des actions de cat\u00e9gorie A et a pr\u00e9cis\u00e9 que le prix de 16.500 euros tel qu\u2019indiqu\u00e9 dans le premier appel de fonds du 13 juillet 2017 avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 sur le compte- tiers de son mandataire et serait vir\u00e9 le jour de la r\u00e9ception d\u2019une copie du registre d\u2019actionnaires de A et d\u2019une copie des statuts mis \u00e0 jour.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse \u00e0 cette mise en demeure du 9 avril 2018 fait notamment \u00e9tat du fait que B n\u2019aurait pas proc\u00e9d\u00e9 dans les d\u00e9lais aux transferts de fonds exig\u00e9s dans le cadre des appels de fonds pour la souscription des actions et qu\u2019il n\u2019aurait pas exprim\u00e9 l\u2019intention ferme de participer \u00e0 la premi\u00e8re lev\u00e9e de fonds relative \u00e0 la souscription des actions de cat\u00e9gorie A. Il lui est encore reproch\u00e9 de faire valoir son droit de fa\u00e7on uniquement parcellaire, c\u2019est-\u00e0-dire exclusivement par rapport aux actions de cat\u00e9gorie A.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces moyens, la Cour rejoint les juges de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019ils ont dit que A op\u00e8re une confusion lorsqu\u2019elle affirme qu\u2019en ne r\u00e9pondant pas favorablement aux appels de fonds, B aurait refus\u00e9 de souscrire aux actions litigieuses, alors que le non- paiement des<\/p>\n<p>sommes r\u00e9clam\u00e9es constitue seulement un d\u00e9faut de lib\u00e9ration et non de souscription. Or, A n\u2019a pas r\u00e9agi \u00e0 ce d\u00e9faut de lib\u00e9ration, aucune mise en demeure n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e \u00e0 B pour le sommer de s\u2019ex\u00e9cuter, respectivement pour l\u2019avertir des cons\u00e9quences de son manquement.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte par ailleurs des pi\u00e8ces vers\u00e9es qu\u2019en date du 28 ao\u00fbt 2017, loin de refuser de se lib\u00e9rer, B a simplement averti A qu\u2019il aurait besoin d\u2019un financement bancaire et que les banques lui r\u00e9clament des documents juridiques. A n\u2019y a cependant r\u00e9serv\u00e9 aucune suite.<\/p>\n<p>A reste par ailleurs en d\u00e9faut de prouver que la souscription des actions devrait n\u00e9cessairement se faire dans un certain d\u00e9lai et qu\u2019une fois pass\u00e9 ce d\u00e9lai, le potentiel souscripteur \u00e9tait forclos. En tout \u00e9tat de cause, ce moyen est d\u2019autant moins convaincant que l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ayant d\u00e9cid\u00e9 l\u2019augmentation de capital social ne s\u2019est tenue qu\u2019en date du 17 juillet 2019 et que l\u2019affirmation de A selon laquelle le retardement de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale \u00e9tait d\u00fb au manquement de B n\u2019est pas prouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Il d\u00e9coule de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que c\u2019est \u00e0 bon droit que le tribunal a conclu que la soci\u00e9t\u00e9 A n\u2019a pas rempli son obligation contractuelle de d\u00e9livrance d\u2019actions de cat\u00e9gorie A en faveur de B au plus tard lors de la mise en demeure lui adress\u00e9e en date du 27 mars 2018 et que l\u2019appel de A sur ce point est \u00e0 rejeter pour ne pas \u00eatre fond\u00e9.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9judice<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A fait encore valoir qu\u2019il incomberait \u00e0 B de prouver l\u2019existence et de chiffrer l\u2019\u00e9tendue de son dommage. Ainsi il lui incomberait de prouver que les actions litigieuses auraient eu une valeur de march\u00e9 sup\u00e9rieure au prix de souscription global convenu entre parties. Le dommage pourrait tout au plus consister en l\u2019impossibilit\u00e9 de jouir de la d\u00e9tention des titres.<\/p>\n<p>Elle conteste que le pr\u00e9judice pourrait correspondre \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019obtenir les dividendes promis. Une action aurait une valeur de march\u00e9 li\u00e9e \u00e0 l\u2019incertitude de la p\u00e9rennit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 et ne se r\u00e9sumerait pas \u00e0 la valeur des dividendes esp\u00e9r\u00e9s. Le droit au dividende futur est n\u00e9cessairement \u00e0 la fois un droit conditionnel \u00e0 un 1 er niveau car il d\u00e9pend de l\u2019existence de b\u00e9n\u00e9fices r\u00e9alis\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 et un droit \u00e9ventuel \u00e0 un 2 \u00e8me niveau car en pr\u00e9sence d\u2019un r\u00e9sultat distribuable, il d\u00e9pend encore d\u2019une d\u00e9cision des actionnaires de distribuer ce r\u00e9sultat \u00e0 titre de dividendes.<\/p>\n<p>L\u2019article 1184 du Code civil pr\u00e9voit que la condition r\u00e9solutoire est toujours sous-entendue dans les contrats synallagmatiques, pour le cas o\u00f9 l\u2019une des parties ne satisfera point \u00e0 son engagement. Il dispose \u00e9galement que la partie envers laquelle l\u2019engagement n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9, a le choix ou de forcer l\u2019autre \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de la<\/p>\n<p>convention lorsqu\u2019elle est possible, ou d\u2019en demander la r\u00e9solution avec des dommages et int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Par cons\u00e9quent, la loi conf\u00e8re au cr\u00e9ancier l\u2019option entre l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e du contrat et la r\u00e9solution avec dommages et int\u00e9r\u00eats du contrat.<\/p>\n<p>Or, l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e de la convention peut rev\u00eatir deux formes, celle de l\u2019ex\u00e9cution en nature ou celle de l\u2019ex\u00e9cution par \u00e9quivalent, lorsque l\u2019ex\u00e9cution en nature n\u2019est plus ou n\u2019est pas possible, cette derni\u00e8re n\u2019\u00e9tant autre qu\u2019une demande en obtention de dommages et int\u00e9r\u00eats aux fins de r\u00e9paration du pr\u00e9judice r\u00e9sultant pour le cr\u00e9ancier de l\u2019inex\u00e9cution des obligations du d\u00e9biteur (Cour d\u2019appel, 7 mai 2014, n\u00b0 39248 du r\u00f4le ainsi que les r\u00e9f\u00e9rences y cit\u00e9es).<\/p>\n<p>En effet, l&#039;ex\u00e9cution par \u00e9quivalent rev\u00eate dans ce cas la forme d&#039;une indemnisation du pr\u00e9judice subi.<\/p>\n<p>Le principe m\u00eame de l\u2019ex\u00e9cution forc\u00e9e par \u00e9quivalent n\u2019est pas mis en cause par la soci\u00e9t\u00e9 A .<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 58 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile \u00ab [i]l incombe \u00e0 chaque partie de prouver conform\u00e9ment \u00e0 la loi les faits n\u00e9cessaires au succ\u00e8s de sa pr\u00e9tention \u00bb. Il incombe d\u00e8s lors \u00e0 B de prouver la faute, son dommage et le lien de causalit\u00e9 entre la faute et le dommage.<\/p>\n<p>Afin de tenir compte de l&#039;\u00e9volution du pr\u00e9judice tant \u00e0 la hausse qu&#039;\u00e0 la baisse, les dommages et int\u00e9r\u00eats s&#039;\u00e9valuent au jour du jugement ou de la transaction qui les liquide. La victime a droit \u00e0 la r\u00e9paration totale du dommage qu&#039;elle a subi. Il s\u2019ensuit que la modification du dommage depuis le fait fautif doit \u00eatre prise en consid\u00e9ration et que l&#039;indemnit\u00e9 n\u00e9cessaire pour compenser le pr\u00e9judice doit \u00eatre calcul\u00e9e sur la valeur du dommage au jour du jugement ou de l&#039;arr\u00eat (Dalloz, R\u00e9pertoire de droit civil, Dommages et int\u00e9r\u00eats, n\u00b0 27 et 29).<\/p>\n<p>Les dommages et int\u00e9r\u00eats dus au titre de la responsabilit\u00e9 contractuelle doivent \u00eatre \u00e9valu\u00e9s par r\u00e9f\u00e9rence exacte \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution en nature du contrat. Les dommages et int\u00e9r\u00eats doivent \u00eatre calcul\u00e9s de fa\u00e7on \u00e0 placer le cr\u00e9ancier dans la situation patrimoniale qui aurait \u00e9t\u00e9 la sienne si le contrat avait \u00e9t\u00e9 correctement ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, la r\u00e9paration du pr\u00e9judice caus\u00e9 par une faute doit mettre la partie l\u00e9s\u00e9e dans la m\u00eame situation dans laquelle elle se serait trouv\u00e9e au jour o\u00f9 la r\u00e9paration est ordonn\u00e9e, si la faute n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 commise. La r\u00e9paration doit donc \u00eatre int\u00e9grale : elle doit faire dispara\u00eetre le plus compl\u00e8tement possible le dommage subi par la victime. Le pr\u00e9judice est \u00e0 r\u00e9parer in concreto (G. Ravarani, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, 3 e \u00e9dition, Pasicrisie, p. 1165, n\u00b01206).<\/p>\n<p>Le principe de la r\u00e9paration int\u00e9grale implique aussi que le montant de l\u2019indemnit\u00e9 ne saurait \u00eatre ni inf\u00e9rieur au pr\u00e9judice, ni lui \u00eatre sup\u00e9rieur en ce sens qu\u2019il procurerait un enrichissement \u00e0 la victime. Il ne doit r\u00e9sulter pour la victime ni perte, ni profit (G. Ravarani, op. cit., p. 1168, n\u00b0 1207).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, la Cour constate que depuis l\u2019assignation introductive d\u2019instance, les faits ont \u00e9volu\u00e9 mais que B , bien qu\u2019il ait mentionn\u00e9 cette \u00e9volution (dont notamment l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 17 juillet 2019 et la publication des comptes sociaux d\u2019E au 31 d\u00e9cembre 2017), continue \u00e0 solliciter des dommages et int\u00e9r\u00eats \u00e0 hauteur de 2.503.270,40 euros tel que ce montant se d\u00e9gage du tableau de projection de versement de dividendes. La Cour constate aussi que ce montant correspond \u00e0 la projection des dividendes \u00e0 verser pendant une p\u00e9riode de temps limit\u00e9e, \u00e0 savoir entre 2017 et 2022.<\/p>\n<p>Les parties restent en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir les raisons ayant retard\u00e9 la tenue de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale qui devait d\u00e9cider l\u2019augmentation du capital social et donc l\u2019\u00e9mission des actions de cat\u00e9gorie A. En tout cas, l\u2019affirmation de A selon laquelle le processus d\u2019augmentation du capital aurait \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 parce que B n\u2019aurait pas r\u00e9pondu aux appels de fonds n\u2019est pas prouv\u00e9 et reste \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019all\u00e9gation.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de six nouvelles cat\u00e9gories d\u2019actions de la soci\u00e9t\u00e9 A (et notamment la cr\u00e9ation d\u2019actions de cat\u00e9gorie A, elle- m\u00eame subdivis\u00e9e en actions de cat\u00e9gorie A-1 \u00e0 A-10) n\u2019a en effet \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e que lors de cette assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, de sorte que B n\u2019aurait mat\u00e9riellement pas pu en devenir titulaire avant le 17 juillet 2019.<\/p>\n<p>S\u2019il est vrai que la valeur d\u2019une action ne se r\u00e9sume pas seulement aux dividendes escompt\u00e9s, toujours est-il que B , en se basant sur le tableau de projections de dividendes, a limit\u00e9 le d\u00e9bat \u00e0 ce volet et estime que son dommage se r\u00e9sume \u00e0 la perte de dividendes.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 les juridictions doivent \u00e9valuer le dommage in concreto au jour de leur d\u00e9cision, le pr\u00e9judice invoqu\u00e9 par B , c\u2019est-\u00e0- dire le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 de dividendes, peut \u00eatre d\u00e9termin\u00e9 concr\u00e8tement en ayant \u00e9gard aux d\u00e9cisions prises par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de A depuis juillet 2019. La d\u00e9termination du dommage r\u00e9ellement subi par B \u00e0 ce jour est possible \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il suffit de v\u00e9rifier s\u2019il y a eu concr\u00e8tement distribution de dividendes aux titulaires des actions de cat\u00e9gorie A (sous r\u00e9serve d\u2019\u00e9ventuelles divergences quant aux diff\u00e9rentes sous-cat\u00e9gories).<\/p>\n<p>Dans ce contexte, la Cour donne \u00e0 consid\u00e9rer que le prix de souscription \u00e0 8,25% des actions de cat\u00e9gorie A, tel qu\u2019indiqu\u00e9 dans l\u2019appel de fonds du 13 juillet 2017, doit \u00eatre pris en compte et \u00eatre d\u00e9duit des dommages et int\u00e9r\u00eats \u00e0 allouer \u00e0 B.<\/p>\n<p>Par ailleurs, dans la mesure o\u00f9 B r\u00e9clame en tant que dommages et int\u00e9r\u00eats les dividendes auxquels il aurait eu droit pendant les ann\u00e9es 2017 \u00e0 2022 et dans la mesure o\u00f9 il ne saurait \u00eatre plac\u00e9 dans une situation plus favorable que celle qui aurait \u00e9t\u00e9 la sienne s\u2019il avait eu livraison des actions litigieuses, sa demande tendant \u00e0 l\u2019allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats pour les dividendes dont la distribution n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e par A doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme pr\u00e9matur\u00e9e en l\u2019\u00e9tat.<\/p>\n<p>S\u2019il est vrai qu\u2019en termes de preuve de son dommage, B a maintenu son raisonnement expos\u00e9 en premi\u00e8re instance et n\u2019a pas concr\u00e8tement tir\u00e9 les conclusions qui s\u2019imposaient apr\u00e8s la cr\u00e9ation des actions de cat\u00e9gorie A, toujours est-il qu\u2019en r\u00e9clamant au titre de dommages et int\u00e9r\u00eats les dividendes entre 2017 et 2022, il a apport\u00e9 suffisamment de pr\u00e9cisions pour situer le d\u00e9bat et pour permettre une \u00e9valuation concr\u00e8te de son dommage.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que l\u2019ensemble des informations requises pour proc\u00e9der \u00e0 la fixation des dommages et int\u00e9r\u00eats ne sont pas forc\u00e9ment \u00e0 la disposition de B, que A refuse de consid\u00e9rer comme actionnaire et qui n\u2019est pas convoqu\u00e9 aux assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales de A , il y a lieu de confirmer le jugement en ce que le tribunal a ordonn\u00e9 une expertise.<\/p>\n<p>L\u2019appel est partant \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9 quant \u00e0 ce volet. Dans la mesure o\u00f9 le tribunal ne s\u2019est pas encore prononc\u00e9 quant \u00e0 la mission \u00e0 confier \u00e0 l\u2019expert, mission qui tiendra forc\u00e9ment compte des d\u00e9veloppements pr\u00e9c\u00e9dents, il convient de renvoyer l\u2019affaire en premi\u00e8re instance pour continuation des d\u00e9bats.<\/p>\n<p>Les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure<\/p>\n<p>B sollicite de chaque partie une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000 euros. Comme il reste cependant en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir la condition d\u2019iniquit\u00e9 requise par l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, sa demande requiert un rejet.<\/p>\n<p>Comme l\u2019appelante A succombe en instance d\u2019appel, elle ne peut pr\u00e9tendre \u00e0 l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, en application de l\u2019article 2 (2) la loi du 20 juin 2020 portant prorogation de mesures concernant la tenue d\u2019audiences publiques pendant l\u2019\u00e9tat de crise devant les juridictions dans les affaires soumises \u00e0 la proc\u00e9dure \u00e9crite,<\/p>\n<p>ordonne la jonction des r\u00f4les CAL- 2019- 00190 et CAL 2019- 00370,<\/p>\n<p>rejette les moyens de nullit\u00e9s de l\u2019acte d\u2019appel introduit par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A,<\/p>\n<p>d\u00e9clare les appels recevables,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A non fond\u00e9,<\/p>\n<p>dit l\u2019appel de B partiellement fond\u00e9,<\/p>\n<p>d\u00e9clare l\u2019assignation introductive d\u2019instance du 20 avril 2018 dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e C recevable,<\/p>\n<p>renvoie la demande dirig\u00e9e contre cette soci\u00e9t\u00e9 devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale,<\/p>\n<p>confirme le jugement pour le surplus,<\/p>\n<p>d\u00e9boute B et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A de leurs demandes respectives en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure,<\/p>\n<p>condamne les soci\u00e9t\u00e9s A et C aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/20240827-172423\/20210202-cal-2019-00190-00370-ii-a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Arr\u00eat N\u00b0 17\/ 21 IV-COM Audience publique du deux f\u00e9vrier deux mille vingt et un Num\u00e9ros CAL-2019-00190 et CAL- 2019- 00370 du r\u00f4le Composition : Marie-Laure MEYER, pr\u00e9sident de chambre ; Carole BESCH, conseiller ; Nathalie HILGERT, conseiller ; Eric VILVENS, greffier. 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