{"id":713229,"date":"2026-04-27T23:20:42","date_gmt":"2026-04-27T21:20:42","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-20-novembre-2020\/"},"modified":"2026-04-27T23:20:49","modified_gmt":"2026-04-27T21:20:49","slug":"tribunal-darrondissement-20-novembre-2020","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-20-novembre-2020\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 20 novembre 2020"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Jugement commercial 2020TALCH02\/01669<\/p>\n<p>Audience publique du vendredi, vingt novembre deux mille vingt.<\/p>\n<p>Num\u00e9ro 178449 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition : Anick WOLFF, 1 \u00e8re vice-pr\u00e9sidente ; Paul ELZ, juge ; Marlene MULLER, juge ; Paul BRACHMOND, greffier. E n t r e : Monsieur A.), dirigeant de soci\u00e9t\u00e9s, demeurant \u00e0 L- (\u2026), (\u2026); partie demanderesse aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier suppl\u00e9ant Luc KONSBRUCK, en remplacement de l\u2019huissier de justice de justice Geoffrey GALLE du 13 juin 2016, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 en commandite simple BONN STEICHEN &amp; PARTNERS , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 2370 Howald, 2, rue Peternelchen, immeuble C2, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Fabio TREVISAN, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Howald , e t : 1) La soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable \u2013 fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9 SOC.1.A.) SCA, SICAV-FIS, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9 par son g\u00e9rant associ\u00e9 commandit\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.B.) SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(\u2026), (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026);<\/p>\n<p>2) La soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.B.) SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant associ\u00e9 commandit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable \u2013 fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9 SOC.1.A.), SCA, SICAV- FIS, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026);<\/p>\n<p>parties d\u00e9fenderesses aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier suppl\u00e9ant Luc KONSBRUCK, en remplacement de l\u2019huissier de justice de justice Geoffrey GALLE du 13 juin 2016, comparant par Ma\u00eetre Manuel LENTZ, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>3) Monsieur B.), demeurant \u00e0 L-(\u2026), (\u2026) ;<\/p>\n<p>4) Monsieur C.), demeurant \u00e0 CH-(\u2026), (\u2026) ; parties d\u00e9fenderesses aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huis sier suppl\u00e9ant Luc KONSBRUCK, en remplacement de l\u2019huissier de justice de justice Geoffrey GALLE du 13 juin 2016, comparant par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois PRUM, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>5) Monsieur D.), demeurant \u00e0 L- (\u2026), (\u2026) ;<\/p>\n<p>6) Monsieur E.), demeurant \u00e0 D-(\u2026), (\u2026) ;<\/p>\n<p>7) Monsieur F.), demeurant \u00e0 L-(\u2026), (\u2026) ;<\/p>\n<p>8) La soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) SCSp, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(\u2026), (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par ses organes l\u00e9gaux ou statutaires actuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026), parties d\u00e9fenderesses aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier suppl\u00e9ant Luc KONSBRUCK, en remplacement de l\u2019huissier de justice de justice Geoffrey GALLE du 13 juin 2016, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ELVINGER HOSS PRUSSEN SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 1340 Luxembourg, 2, Place Winston Churchill, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Marc ELVINGER, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg, 9) SOC.3.) PLC, \u00e9tablie et ayant son siege social au (\u2026), (\u2026), Royaume- Uni, constitu\u00e9e selon les Companies Acts et inscrie au Registrar of Companies d\u2019Ecosse sous le num\u00e9ro (\u2026), laquelle a fusionn\u00e9 par absorption avec la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.3\u2019.) (Luxembourg) SA, soci\u00e9t\u00e9 absorb\u00e9e qui a \u00e9t\u00e9 radi\u00e9e du Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg en date du 3 novembre 2014, anciennement \u00e9tablie et ayant eu son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026), prise en sa qualit\u00e9 de banque d\u00e9positaire et agent payeur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.A.) SCA, SICAV- FIS ; partie d\u00e9fenderesse aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier suppl\u00e9ant Luc KONSBRUCK, en remplacement de l\u2019huissier de justice de justice Geoffrey GALLE du 13 juin 2016,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre H\u00e9l\u00e8ne ARVIS, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg, 10) La soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.4.A.) SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026), prise en sa qualit\u00e9 d\u2019administration centrale, agent de transfert et teneur de registre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.A.) SCA, SICAV- FIS ; partie d\u00e9fenderesse aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier suppl\u00e9ant Luc KONSBRUCK, en remplacement de l\u2019huissier de justice de justice Geoffrey GALLE du 13 juin 2016, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme ELVINGER HOSS PRUSSEN SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 1340 Luxembourg, 2, Place Winston Churchill, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Marc ELVINGER, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg, 11) La soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) Limited, succursale de Luxembourg, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par les membres de sa direction actuellement en fonctions, inscrite au registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026) ; partie d\u00e9fenderesse aux termes d\u2019un exploit de l\u2019huissier suppl\u00e9ant Luc KONSBRUCK, en remplacement de l\u2019huissier de justice de justice Geoffrey GALLE du 13 juin 2016, comparant par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme WILDGEN SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-2320 Luxembourg, 69, boulevard de la P\u00e9trusse, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Michel BULACH, avocat \u00e0 la Cour constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg. _______________________________________________________________ ___ L e T r i b u n a l : Faits La soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable \u2013 fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9 SOC.1.A.) S.C.A., SICAV-FIS (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC.1.A.) \u00bb ou \u00ab le Fonds \u00bb) a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e \u00e0 l\u2019initiative de A.) et D.) le 3 juin 2014, d\u00e9tenant ensemble 99,7 % du capital social, le restant des actions, soit 100 actions sur 31.000, \u00e9tant d\u00e9tenues par la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.B.) (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC.1.B.) \u00bb), g\u00e9rant associ\u00e9 commandit\u00e9 (\u00ab general partner \u00bb) du Fonds. Il est soumis \u00e0 la loi modifi\u00e9e du 13 f\u00e9vrier 2007 relative aux fonds d\u2019investissements sp\u00e9cialis\u00e9s (ci-apr\u00e8s \u00ab la Loi de 2007 \u00bb). SOC.1.B.), constitu\u00e9e le 3 juin 2014, est d\u00e9tenue \u00e0 parts \u00e9gales par deux soci\u00e9t\u00e9s, SOC.6.) SA, \u00e0 l\u2019\u00e9poque d\u00e9tenue \u00e0 100 % par A.), et SOC.7.) SA, d\u00e9tenue \u00e0 100 % par D.).<\/p>\n<p>Suivant contrat du m\u00eame jour, SOC.3\u2019.) (Luxembourg SA) a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e banque d\u00e9positaire du Fonds. Celle- ci a \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 de droit \u00e9cossais SOC.3.) PLC (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC.3.) \u00bb) le 3 novembre 2014. Au courant de la m\u00eame ann\u00e9e, le Fonds a lanc\u00e9 deux compartiments, \u00e0 savoir : (i) SOC.1.A.) \u2013 SOC.1.) REAL ESTATE LUXEMBOURG (ci-apr\u00e8s \u00ab le Compartiment 1 \u00bb) qui a \u00e9mis 31.000 parts, A.) et D.) d\u00e9tenant chacun 15.400 parts, SOC.1.B.) d\u00e9tenant les 100 parts restantes; et (ii) SOC.1.A.) \u2013 SOC.1.) VALUE ADDED (ci-apr\u00e8s \u00ab le Compartiment 2 \u00bb), qui a \u00e9mis 2.600.000 parts, dont A.) et D.) ont souscrit chacun \u00e0 25 % des parts, tandis que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) SCSp (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC.2.) \u00bb) a souscrit \u00e0 50 % des parts. SOC.2.) est d\u00e9tenue \u00e0 100 % par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.B.) SA. Toujours le 3 juin 2014 a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.C.) SA, d\u00e9tenue \u00e0 parts \u00e9gales par SOC.6.) et SOC.7.), qui devait intervenir dans la structure pour fournir des prestations immobili\u00e8res et de conseil. Le 23 octobre 2014, A.), D.), SOC.2.), SOC.1.B.) et SOC.1.C.) ont conclu une convention pour r\u00e9gler le fonctionnement \u00e9conomique de leur partenariat au sein du Compartiment 2 (ci-apr\u00e8s \u00ab la Convention \u00bb). En octobre 2014, le Fonds, par l\u2019interm\u00e9diaire du Compartiment 2, a acquis un immeuble d\u00e9nomm\u00e9 IMMEUBLE.1.), sis \u00e0 (\u2026) , (\u2026) (ci-apr\u00e8s \u00ab l\u2019Immeuble \u00bb) au prix de 4.500.000,- EUR, auquel se sont ajout\u00e9s des frais annexes et le co\u00fbt des travaux de construction pour un montant d\u2019environ 8.000.000,- EUR, soit un co\u00fbt total d\u2019acquisition de 12.600.000,- EUR. Cette acquisition a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e \u00e0 hauteur de 10.000.000,- EUR par un cr\u00e9dit bancaire garanti par une hypoth\u00e8que sur l\u2019immeuble au profit de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) LIMITED, Succursale de Luxembourg (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC.5.) \u00bb), le solde provenant de fonds propres des actionnaires. Une partie de l\u2019Immeuble a \u00e9t\u00e9 lou\u00e9e suivant contrat de bail du 23 octobre 2014 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.C.) SA. Le 1 er juin 2015, A.) a c\u00e9d\u00e9 \u00e0 D.) les actions qu\u2019il d\u00e9tenait dans le Compartiment 1 et dans SOC.6.). Avec effet \u00e0 la m\u00eame date, A.) a d\u00e9missionn\u00e9 de ses postes d\u2019administrateur au sein de SOC.1.C.) , SOC.1.B.) et SOC.6.). A partir de cette date, la seule fonction de A.) dans la structure SOC.1.) \u00e9tait celle d\u2019actionnaire \u00e0 25 % du Compartiment 2. Suivant courrier recommand\u00e9 du 27 novembre 2015, SOC.1.B.) a inform\u00e9 les actionnaires du Compartiment 2 qu\u2019il \u00e9tait envisag\u00e9, dans le but de diversifier les investissements, d\u2019investir dans deux projets immobiliers, n\u00e9cessitant la collecte de fonds \u00e0 hauteur de 40.000.000,- EUR de la part des actionnaires, payables en deux tranches avant le 11 d\u00e9cembre 2015 et avant le 31 mars 2016.<\/p>\n<p>Il est pr\u00e9cis\u00e9 dans le document intitul\u00e9 \u00ab Commitment for Capital Injection \u00bb qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut d\u2019obtenir pour le 11 d\u00e9cembre 2015 au plus tard des engagements des actionnaires d\u2019injecter le montant total de 40.000.000,- EUR dans le Compartiment 2 \u00ab the present commitment is null and void and no additionnal investments will be made in Sub- Fund 2 \u00bb. L\u2019injection de fonds suppl\u00e9mentaires a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e par A.) suivant courrier du 11 d\u00e9cembre 2015. Le 22 d\u00e9cembre 2015, SOC.1.B.) a envoy\u00e9 aux actionnaires du Compartiment 2 une convocation \u00e0 une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires du Compartiment 2 devant se tenir le 30 d\u00e9cembre 2015 et ayant pour ordre du jour, entre autres, la cession de l\u2019Immeuble pour un prix minimum de 15.885.000,- EUR. A.) n\u2019a pas assist\u00e9 \u00e0 cette assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, qui a approuv\u00e9 la cession de l\u2019unique actif d\u00e9tenu par le Compartiment 2. Par courrier du 17 f\u00e9vrier 2016, A.) a r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 SOC.1.B.) une copie des rapports d\u2019\u00e9valuation sur base desquels le prix de mise en vente avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 ainsi que des informations sur la location des 2 e et 3 e \u00e9tages de l\u2019immeuble et sur l\u2019identit\u00e9 des acqu\u00e9reurs potentiels. Par l\u2019interm\u00e9diaire de son conseil, A.) a demand\u00e9, le 21 mars 2016, la convocation d\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale en vue d\u2019obtenir les renseignements demand\u00e9s. Le 25 mars 2016, SOC.1.B.) a inform\u00e9 A.) que l\u2019immeuble avait \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9 au Compartiment 1, en annexe du courrier se trouvant par ailleurs une copie du proc\u00e8s- verbal de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale tenue le 30 d\u00e9cembre 2015, une copie du rapport d\u2019\u00e9valuation de l\u2019immeuble \u00e9tabli par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.8.), agent \u00e9valuateur du Fonds, le 1 er d\u00e9cembre 2015, ainsi qu\u2019un rapport \u00e9tabli par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.9.) sur l\u2019apport de l\u2019immeuble au Compartiment 1. Le 17 mai 2016 s\u2019est tenue l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale convoqu\u00e9e \u00e0 la demande de A.). Proc\u00e9dure Par exploit d\u2019huissier de justice du 13 juin 2016, A.) a fait donner assignation \u00e0 SOC.1.A.), SOC.1.B.), B.), C.), D.), E.), F.), SOC.2.), SOC.3.), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.4.A.) (ci-apr\u00e8s \u00ab SOC.4.A.) \u00bb) et SOC.5.) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale selon la proc\u00e9dure civile. La cl\u00f4ture de l\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e par ordonnance du 16 septembre 2020. Vu la loi du 20 juin 2020 portant 1\u00b0 prorogation de mesures concernant &#8212; la tenue d\u2019audiences publiques pendant l\u2019\u00e9tat de crise devant les juridictions dans les affaires soumises \u00e0 la proc\u00e9dure \u00e9crite, &#8212; certaines adaptations de la proc\u00e9dure de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 exceptionnel devant le juge aux affaires familiales, &#8212; la suspension des d\u00e9lais en mati\u00e8re juridictionnelle, et &#8212; d\u2019autres modalit\u00e9s proc\u00e9durales, 2\u00b0 d\u00e9rogation temporaire aux articles 74, 75, 76 et 83 de la loi modifi\u00e9e du 9 d\u00e9cembre 1976 relative \u00e0 l\u2019organisation du notariat, 3\u00b0 d\u00e9rogation temporaire aux articles 15 et 16 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1991 sur la profession d\u2019avocat, et 4\u00b0 modification de l\u2019article 89<\/p>\n<p>de la loi modifi\u00e9e du 8 mars 2017 sur la nationalit\u00e9 luxembourgeoise (Journal officiel A523 du 24 juin 2020) &#8212; Les mandataires des parties ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s par bulletin du 16 septembre 2020 de la composition du tribunal. &#8212; Aucune des parties n\u2019a sollicit\u00e9 \u00e0 plaider oralement. &#8212; Ma\u00eetre Fabio TREVISAN, Ma\u00eetre Manuel LENTZ, Ma\u00eetre Fran\u00e7ois PRUM, Ma\u00eetre Marc ELVINGER, Ma\u00eetre Fabien DEBROISE et Ma\u00eetre Michel BULACH ont d\u00e9pos\u00e9 leurs fardes de proc\u00e9dure au greffe du tribunal. &#8212; L\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 prise en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du 30 septembre 2020 par le pr\u00e9sident du si\u00e8ge. Moyens et pr\u00e9tentions des parties A.) demande principalement \u00e0 voir constater que la cession de l\u2019Immeuble du Compartiment 2 au Compartiment 1 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e dans des circonstances frauduleuses, qu\u2019il en r\u00e9sulte que les droits et int\u00e9r\u00eats du requ\u00e9rant ont \u00e9t\u00e9 l\u00e9s\u00e9s, partant, en vertu du principe g\u00e9n\u00e9ral du droit selon lequel la fraude corrompt tout, \u00e0 voir d\u00e9clarer la vente en faveur du Compartiment 1 nulle pour fraude manifeste, \u00e0 voir dire qu\u2019elle est de nul effet, que la propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019immeuble n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e et que le propri\u00e9taire reste le Compartiment 2. Subsidiairement, il demande \u00e0 voir constater que les d\u00e9cisions prises par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du Compartiment 2 qui s\u2019est tenue le 30 d\u00e9cembre 2015 sont le r\u00e9sultat d\u2019un abus de majorit\u00e9, partant \u00e0 voir d\u00e9clarer les d\u00e9cisions ainsi prises nulles et, en cons\u00e9quence, \u00e0 voir annuler tous les actes subs\u00e9quents, dont la cession de l\u2019Immeuble du Compartiment 2 au Compartiment 1 et \u00e0 voir juger que le propri\u00e9taire de l\u2019Immeuble reste le Compartiment 2. Plus subsidiairement, A.) demande, sur base des articles 1382 et suivants du Code civil, \u00e0 voir condamner (i) les actionnaires majoritaires, \u00e0 savoir D.) et SOC.2.), (ii) SOC.1.B.) et (iii) B.) , C.), D.), E.) et F.), solidairement, sinon in solidum, sinon chacun pour sa part, \u00e0 lui verser la somme de 24.328.300,- EUR ou toute autre somme \u00e0 arbitrer par le tribunal, m\u00eame sup\u00e9rieure, au titre du pr\u00e9judice subi par A.) suite \u00e0 la vente de l\u2019Immeuble par le Compartiment 2 au Compartiment 1, augment\u00e9e des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 30 d\u00e9cembre 2015, sinon \u00e0 partir du 17 f\u00e9vrier 2016, sinon du 21 mars 2016, sinon du 12 avril 2016, sinon de la date de l\u2019assignation. Il demande, si n\u00e9cessaire, la nomination d\u2019un expert avec la mission d\u2019\u00e9valuer l\u2019Immeuble au jour de la cession, ainsi qu\u2019au jour de l\u2019assignation et de v\u00e9rifier que la cession de l\u2019Immeuble au Compartiment a \u00e9t\u00e9 faite conform\u00e9ment aux conditions du march\u00e9, notamment au vu du degr\u00e9 de la location de l\u2019Immeuble. A.) demande encore \u00e0 voir d\u00e9clarer le jugement \u00e0 intervenir commun \u00e0 SOC.3.) , SOC.4.A.) et SOC.5.). Il demande enfin \u00e0 voir condamner les parties assign\u00e9es solidairement, sinon in solidum, sinon chacune pour sa part, \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 50.000,- EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dur e civile, \u00e0 les<\/p>\n<p>voir condamner aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance et \u00e0 voir ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du jugement \u00e0 intervenir. Au dernier \u00e9tat de la proc\u00e9dure et au regard d\u2019\u00e9l\u00e9ments nouvellement d\u00e9couverts, A.) demande \u00e0 voir d\u00e9clarer que la cession de l\u2019Immeuble n\u2019est jamais intervenue. Les demandes formul\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment sont d\u00e8s lors form\u00e9es \u00e0 titre subsidiaire, dans le m\u00eame ordre de subsidiarit\u00e9. A l\u2019appui de sa demande, A.) fait exposer qu\u2019il serait important de souligner que le groupe SOC.4.) serait pr\u00e9sent \u00e0 tous les niveaux de la structure SOC.1.). Ainsi, SOC.4.B.) est actionnaire \u00e0 50 % du Compartiment 2. De m\u00eame, deux des administrateurs de SOC.1.B.), \u00e0 savoir E.) et F.), font partie du groupe SOC.4.), F.) en \u00e9tant actionnaire et administrateur. La soci\u00e9t\u00e9 SOC.4.C.) est locataire de 50 % de l\u2019immeuble appartenant au Compartiment 2. Enfin, SOC.4.A.) a conclu avec SOC.1.B.) un contrat de conseil en investissement, en vertu duquel SOC.4.A.) intervient dans le Fonds, entre autres, en tant que teneur de registre, agent de transfert et agent payeur. Cette omnipr\u00e9sence du groupe SOC.4.) aurait eu une influence d\u00e9cisive dans les d\u00e9cisions prises au niveau du Compartiment 2 \u00e0 l\u2019origine du pr\u00e9sent litige. Il serait \u00e0 cet \u00e9gard non pertinent que les membres du groupe SOC.4.) ne fassent actuellement plus partie du conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) , alors qu\u2019ils occupaient ces postes au moment des faits litigieux. A.) fait ensuite exposer qu\u2019en vertu de la Convention du 23 octobre 2014, le fonctionnement \u00e9conomique du Compartiment 2 a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9. Il en r\u00e9sulte le principe de l\u2019acquisition de l\u2019Immeuble IMMEUBLE.1.) , le budget de son acquisition, les modalit\u00e9s de son financement, les r\u00e8gles en mati\u00e8re de location des diff\u00e9rentes surfaces de l\u2019Immeuble et les principes applicables en cas de revente de l\u2019Immeuble, tels que le principe du prix de pleine concurrence et celui de la r\u00e9alisation de l\u2019Immeuble lou\u00e9 \u00e0 100% pour garantir l\u2019obtention d\u2019un prix de cession maximal, ainsi que le principe de la diversification des risques au sein du Compartiment 2. Il serait faux de pr\u00e9tendre que la cession de l\u2019Immeuble aurait \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e par des consid\u00e9rations d\u2019ordre r\u00e9glementaire, alors que les r\u00e8gles en mati\u00e8re de diversification des risques au sein du Compartiment 2 n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 d\u2019application les trois premi\u00e8res ann\u00e9es suivant la cr\u00e9ation du Compartiment, soit jusqu\u2019en juin 2017, tel que cela r\u00e9sulte du Private Placement Memorandum (ci-apr\u00e8s \u00ab PPM \u00bb). Il n\u2019y aurait d\u00e8s lors eu aucune urgence \u00e0 vendre l\u2019Immeuble sur base de ces consid\u00e9rations. Par ailleurs, m\u00eame si la Convention \u00e9voque la possibilit\u00e9 d\u2019une vente de l\u2019Immeuble alors que l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des surfaces n\u2019\u00e9tait pas lou\u00e9e, les actionnaires se sont toutefois engag\u00e9s \u00e0 employer leurs meilleurs efforts pour atteindre une location \u00e0 100% avant la revente. En vendant l\u2019Immeuble avant d\u2019avoir atteint cet objectif, le prix de cession aurait \u00e9t\u00e9 forc\u00e9ment moins \u00e9lev\u00e9, causant ainsi un pr\u00e9judice au d\u00e9triment des actionnaires du Compartiment 2. Dans la mesure cependant o\u00f9 les autres actionnaires<\/p>\n<p>du Compartiment 2 seraient aussi actionnaires du Compartiment 1, ce qui n\u2019est pas le cas de A.), seul ce dernier en subirait les cons\u00e9quences n\u00e9gatives. A cet \u00e9gard, A.) donne par ailleurs \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019en 2014 des n\u00e9gociations avaient \u00e9t\u00e9 entam\u00e9es avec la Police grand- ducale en vue de la location \u00e9ventuelle des deux \u00e9tages inoccup\u00e9s, avec une convention d\u2019achat \u00e0 terme de l\u2019Immeuble au bout de 6 ans. Ces n\u00e9gociations n\u2019ont cependant pas abouti. A l\u2019\u00e9poque les administrateurs de SOC.1.B.) en poste avaient \u00e9valu\u00e9 l\u2019Immeuble \u00e0 29.413.300,- EUR. A l\u2019appui de son all\u00e9gation de fraude, A.) fait plaider que les circonstances ayant entour\u00e9 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires du Compartiment 2 tenue le 30 d\u00e9cembre 2015 seraient suspectes et auraient eu lieu dans un but purement frauduleux. Le fait de convoquer une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale pendant la p\u00e9riode des f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e d\u00e9noterait la volont\u00e9 des d\u00e9fenderesses de d\u00e9cider la cession de l\u2019immeuble en l\u2019absence de A.). Celui- ci n\u2019aurait en effet \u00e9t\u00e9 touch\u00e9 par la convocation qu\u2019apr\u00e8s la tenue de l\u2019assembl\u00e9e. Apr\u00e8s avoir eu connaissance de l\u2019ordre du jour de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, A.) a demand\u00e9, par courrier du 17 f\u00e9vrier 2016, \u00e0 obtenir la communication des rapports d\u2019\u00e9valuation sur base desquels le prix de vente de l\u2019Immeuble avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9, des informations quant \u00e0 la location des 2 e et 3 e \u00e9tages, ainsi que sur les acqu\u00e9reurs potentiels de l\u2019immeuble. Sans obtenir de r\u00e9ponse \u00e0 ce courrier, A.) a fait convoquer une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale afin d\u2019obtenir des \u00e9claircissements sur les informations demand\u00e9es. Or, le 25 mars 2016, il a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 que l\u2019Immeuble avait d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9 au Compartiment 1. A la m\u00eame occasion, il a re\u00e7u copie des documents demand\u00e9s par courrier du 17 f\u00e9vrier 2016. La d\u00e9cision prise lors de cette assembl\u00e9e aurait nui gravement \u00e0 ses int\u00e9r\u00eats, dans la mesure o\u00f9 la cession de l\u2019immeuble aurait \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 son insu et \u00e0 un prix largement inf\u00e9rieur \u00e0 sa valeur r\u00e9elle. La vente de l\u2019immeuble ne serait r\u00e9guli\u00e8re qu\u2019en apparence. A.) s\u2019interroge sur la base l\u00e9gale qui donnerait pouvoir \u00e0 SOC.1.B.) de d\u00e9cider de ne plus proc\u00e9der au moindre investissement dans le Compartiment 2, suite au refus de ne pas souscrire \u00e0 une augmentation des investissements demand\u00e9e par courrier du 27 novembre 2015. Il n\u2019aurait par ailleurs pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9 dans ce courrier que faute d\u2019obtenir des souscriptions suppl\u00e9mentaires \u00e0 hauteur de 40.000.000,- EUR, il n\u2019y aurait pas d\u2019autre choix que de vendre l\u2019Immeuble. Il donne aussi \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas le seul \u00e0 refuser la souscription demand\u00e9e, de sorte que sa r\u00e9ponse n\u2019aurait de toute mani\u00e8re pas eu d\u2019influence sur la suite du Compartiment 2. En r\u00e9alit\u00e9, la demande de souscription aurait \u00e9t\u00e9 un leurre afin de justifier la cession de l\u2019Immeuble, profitant exclusivement aux actionnaires du Compartiment 1. Ce constat serait confort\u00e9 par le fait que le rapport d\u2019\u00e9valuation SOC.8.) a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli d\u00e8s le 1 er d\u00e9cembre 2015, d\u00e8s lors tr\u00e8s peu de temps apr\u00e8s la demande de souscription suppl\u00e9mentaire et avant la r\u00e9ponse n\u00e9gative de A.) \u00e0 cette demande, ce qui permettrait de conclure que la vente de l\u2019Immeuble avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e avant la r\u00e9ponse des actionnaires et que la demande de souscription suppl\u00e9mentaire<\/p>\n<p>n\u2019aurait jamais \u00e9t\u00e9 suppos\u00e9e aboutir \u00e0 un investissement suppl\u00e9mentaire dans le Compartiment 2. De m\u00eame, des m\u00e9tr\u00e9s pour l\u2019obtention de demandes de prix pour les travaux d\u2019am\u00e9nagement li\u00e9s aux surfaces non encore lou\u00e9es auraient \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s d\u00e8s le 11 novembre 2015, ce qui entra\u00eenerait la conclusion qu\u2019\u00e0 ce moment d\u00e9j\u00e0 il \u00e9tait \u00e9tabli que l\u2019Immeuble allait \u00eatre lou\u00e9 \u00e0 100 % apr\u00e8s la cession. A.) pr\u00e9cise encore que son refus de souscription ne valait que pour l\u2019appel de fonds pr\u00e9vu pour d\u00e9cembre 2015, mais ne signifiait en aucun cas qu\u2019il n\u2019entendait plus faire d\u2019investissements suppl\u00e9mentaires dans le Compartiment 2. Il affirme ensuite que le timing de l\u2019op\u00e9ration litigieuse montrerait clairement l\u2019intention frauduleuse, alors que peu de temps apr\u00e8s l\u2019\u00e9valuation de l\u2019immeuble par SOC.8.) , un contrat de bail aurait \u00e9t\u00e9 conclu pour les surfaces vacantes avec l\u2019Etat pour les besoins du Minist\u00e8re de la Sant\u00e9, alors que le rapport d\u2019\u00e9valuation aurait \u00e9t\u00e9 fait sur base d\u2019un immeuble lou\u00e9 \u00e0 seulement 50 % de sa surface. En votant le 30 d\u00e9cembre 2015 sur la cession de l\u2019Immeuble au Compartiment 1, les actionnaires aurait d\u00e8s lors eu parfaitement conscience que la valeur de l\u2019Immeuble d\u00e9sormais enti\u00e8rement lou\u00e9 avait une valeur sup\u00e9rieure \u00e0 celle retenue par SOC.8.) . Il est reproch\u00e9 aux parties d\u00e9fenderesses d\u2019avoir c\u00e9d\u00e9 l\u2019Immeuble sur base d\u2019un seul rapport d\u2019\u00e9valuation, sans avoir recours \u00e0 une contre- expertise, ceci d\u2019autant plus que le conseil d\u2019administration avait retenu en 2014 une valeur de 29.413.000,- EUR. Au regard de cette diff\u00e9rence significative, SOC.1.B.) aurait d\u00fb \u00eatre alert\u00e9e. Elle aurait en outre d\u00fb proposer l\u2019Immeuble \u00e0 d\u2019autres acqu\u00e9reurs potentiels afin de faire jouer la concurrence. En r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Convention, la fa\u00e7on de proc\u00e9der ne refl\u00e8terait par ailleurs pas la volont\u00e9 des actionnaires, qui souhaitaient favoriser la vente de l\u2019Immeuble enti\u00e8rement lou\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat de la transaction relative \u00e0 l\u2019Immeuble pour le Compartiment 2 n\u2019aurait en outre jamais \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9, le seul int\u00e9r\u00eat pris en compte aurait \u00e9t\u00e9 celui du Compartiment 1. A.) conclut \u00e0 une collusion frauduleuse entre SOC.1.B.) , les administrateurs de SOC.1.B.) et les actionnaires du Compartiment 1, de sorte que la vente de l\u2019Immeuble devrait \u00eatre annul\u00e9e. Il se base sur l\u2019adage suivant lequel la fraude corrompt tout, devant entra\u00eener une remise en pristin \u00e9tat, soit l\u2019annulation de la vente, et non seulement une sanction indemnitaire. En ordre subsidiaire, A.) conclut \u00e0 un abus de majorit\u00e9 de la part des autres actionnaires du Compartiment 2, alors que la d\u00e9cision prise ne servait en rien l\u2019int\u00e9r\u00eat du Compartiment 2, mais uniquement celui du Compartiment 1 et de ses actionnaires, et que les seuls actionnaires ayant vot\u00e9 pour la r\u00e9solution relative \u00e0 la cession de l\u2019Immeuble sont \u00e9galement actionnaires du Compartiment 1. Les actionnaires majoritaires auraient agi de la sorte uniquement parce que la cession de l\u2019Immeuble \u00e9tait neutre pour eux, alors qu\u2019ils en retrouveraient l\u2019avantage au travers du Compartiment 1. Il y aurait d\u00e8s lors lieu d\u2019annuler les d\u00e9cisions prises \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 30 d\u00e9cembre 2015 et en cons\u00e9quence la vente de l\u2019immeuble.<\/p>\n<p>A titre plus subsidiaire, A.) demande \u00e0 voir engager la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle de SOC.1.B.), des actionnaires majoritaires D.) et SOC.2.), ainsi que des administrateurs de SOC.1.B.). La faute d\u00e9lictuelle des actionnaires majoritaires aurait consist\u00e9 en la vente de l\u2019Immeuble \u00e0 une valeur largement inf\u00e9rieure au prix du march\u00e9, \u00e0 un prix ne tenant pas compte d\u2019une location \u00e0 100 %, en l\u2019absence de contre-expertise et de recherche d\u2019offres concurrentes. SOC.1.B.) et les actionnaires majoritaires seraient encore fautifs d\u2019avoir pr\u00e9cipit\u00e9 la vente de l\u2019Immeuble, de ne pas avoir cherch\u00e9 \u00e0 le vendre au meilleur prix possible, de ne pas avoir agi dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du Compartiment 2 et de leurs actionnaires pris dans l\u2019ensemble en privil\u00e9giant les actionnaires majoritaires. A.) consid\u00e8re encore que les administrateurs de SOC.1.B.) auraient commis des fautes \u00e0 titre personnel en confondant int\u00e9r\u00eat personnel et mandat social, en ayant fait des pouvoirs issus de leurs fonctions un usage contraire aux int\u00e9r\u00eats du Compartiment 2 en vue de favoriser une majorit\u00e9 au d\u00e9triment d\u2019une minorit\u00e9, voire d\u2019en tirer des avantages personnels. Les fautes multiples commises par les parties d\u00e9fenderesses ayant toutes contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation du m\u00eame dommage, elles devraient \u00eatre tenues in solidum \u00e0 la r\u00e9paration de celui-ci. Quant au pr\u00e9judice, A.) consid\u00e8re qu\u2019il serait compos\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 de la diff\u00e9rence de prix entre la valeur de l\u2019Immeuble retenue par le conseil d\u2019administration en 2014, soit 29.413.300,- EUR, et le prix de cession au Compartiment 1, soit 15.885.000,- EUR, en cons\u00e9quence le montant de 13.528.300,- EUR, et de l\u2019autre des loyers dont aurait \u00e9t\u00e9 priv\u00e9 le Compartiment 2 du fait de la cession pr\u00e9cipit\u00e9e de l\u2019Immeuble, soit 10.800.000, &#8212; EUR, calcul\u00e9 sur base d\u2019une dur\u00e9e de bail de 9 ans et d\u2019un loyer annuel moyen pour l\u2019Immeuble lou\u00e9 \u00e0 100 % d\u2019environ 1.200.000,- EUR. Sur base de la th\u00e9orie de la causalit\u00e9 ad\u00e9quate, le pr\u00e9judice subi par A.) serait une cause directe et imm\u00e9diate des fautes combin\u00e9es des associ\u00e9s majoritaires, de SOC.1.B.) et des administrateurs de celle- ci. A.) fait par ailleurs valoir que son pr\u00e9judice serait un pr\u00e9judice personnel justifiant son action individuelle, alors qu\u2019il serait l\u00e9s\u00e9 dans ses pr\u00e9rogatives propres, que son dommage serait r\u00e9el, personnel et direct, dans la mesure notamment o\u00f9 l\u2019Immeuble a \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9 \u00e0 un autre compartiment du Fonds, l\u2019actif du Fonds n\u2019\u00e9tant cependant pas affect\u00e9. Il conteste le moyen du libell\u00e9 obscur invoqu\u00e9 par SOC.5.) , alors qu\u2019il r\u00e9sulterait clairement de l\u2019assignation que seule la d\u00e9claration de jugement commun n\u2019a \u00e9t\u00e9 r\u00e9clam\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard. Il y aurait par ailleurs un int\u00e9r\u00eat manifeste \u00e0 faire intervenir la banque d\u00e9positaire SOC.3.) dans la proc\u00e9dure, alors que, puisque le Fonds aurait r\u00e9cemment chang\u00e9 d\u2019adresse, il y aurait lieu de conclure qu\u2019il n\u2019est plus domicili\u00e9 dans l\u2019Immeuble, faisant craindre que celui-ci sorte du patrimoine du Fonds. Il serait d\u00e8s lors primordial de faire figurer SOC.3.) dans la proc\u00e9dure afin de garantir que pendant la proc\u00e9dure aucune modification ne sera apport\u00e9e \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 de l\u2019immeuble.<\/p>\n<p>A.) conteste enfin la demande reconventionnelle du Fonds et de SOC.1.B.) , alors qu\u2019ils ne produiraient aucune preuve de l\u2019existence d\u2019\u00e9ventuelles n\u00e9gociations avec SOC.5.) et qu\u2019aucune preuve de pr\u00e9tendus dommages ne serait rapport\u00e9e. SOC.1.A.) et SOC.1.B.) font exposer que A.) \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine de l\u2019id\u00e9e du Fonds. A la recherche d\u2019un partenaire, le groupe SOC.4.), dont il \u00e9tait client, l\u2019a mis en contact avec D.) et le Fonds a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 le 3 juin 2014. Ils prennent position sur les reproches de A.) en relation avec la pr\u00e9sence du groupe SOC.4.) dans la structure SOC.1.) comme suit : Concernant la composition du conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) , ils font observer que l\u2019article 11 des statuts pr\u00e9voit que les deux administrateurs A sont nomm\u00e9s sur base d\u2019une liste de candidats propos\u00e9s par les actionnaires de classe A, que les deux administrateurs de classe B sont nomm\u00e9s sur base d\u2019une liste de candidats propos\u00e9s par les actionnaires de classe B et que l\u2019administrateur de classe C est nomm\u00e9 sur base d\u2019une liste de candidats propos\u00e9s par les actionnaires de classe A et B. A.) aurait d\u00e8s lors lui-m\u00eame particip\u00e9 au choix des administrateurs, dont ceux appartenant au groupe SOC.4.). Il n\u2019y aurait par ailleurs pas eu de modification des stipulations statutaires de SOC.1.B.) quant au syst\u00e8me de nomination des administrateurs depuis sa constitution. Il en serait de m\u00eame quant \u00e0 l\u2019actionnariat du Compartiment 2, \u00e0 la composition duquel A.) aurait activement particip\u00e9 au moment de sa constitution. Le contrat de services conclu avec SOC.4.A.) aurait pareillement \u00e9t\u00e9 conclu \u00e0 un moment o\u00f9 A.) occupait la fonction d\u2019administrateur dans SOC.1.B.). Ils contestent les conclusions tir\u00e9es par A.) de la Convention conclue en vue de r\u00e9gler le fonctionnement du Compartiment 2. Ils font valoir qu\u2019il y \u00e9tait clairement stipul\u00e9 que l\u2019Immeuble pouvait \u00eatre vendu m\u00eame sans avoir \u00e9t\u00e9 lou\u00e9 \u00e0 100 % sous condition d\u2019une garantie locative \u00e0 fournir \u00e0 l\u2019acqu\u00e9reur. Il donne \u00e0 consid\u00e9rer que l\u2019article 4.5 pr\u00e9voit express\u00e9ment la possibilit\u00e9 de c\u00e9der l\u2019actif du Compartiment 2 \u00e0 un autre compartiment du Fonds. Il r\u00e9sulterait par ailleurs du rapport d\u2019\u00e9valuation de SOC.8.) que l\u2019\u00e9valuation a \u00e9t\u00e9 faite sur base d\u2019une location \u00e0 100 %. Le Fonds et SOC.1.B.) concluent ensuite que la cession de l\u2019Immeuble aurait \u00e9t\u00e9 fait dans le but de se conformer \u00e0 l\u2019obligation de diversifier les risques au sein du Compartiment 2. A partir du moment o\u00f9 il aurait \u00e9t\u00e9 certain que A.) ne souhaitait plus effectuer d\u2019autres investissements dans le Compartiment 2, suite \u00e0 son refus de participer \u00e0 la souscription soumise par courrier du 27 novembre 2015, SOC.1.B.) aurait vu dans la cession de l\u2019Immeuble une opportunit\u00e9 de r\u00e9aliser \u00e0 court terme une plus-value et un flux de tr\u00e9sorerie important dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019ensemble des actionnaires du Compartiment 2. La cession de l\u2019Immeuble au prix du march\u00e9 n\u2019aurait pas engendr\u00e9 le moindre pr\u00e9judice dans le chef de A.). Ils contestent l\u2019\u00e9valuation de l\u2019Immeuble au prix de 29.413.300,- EUR, dans le cadre d\u2019une r\u00e9solution circulaire du conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) du 22 octobre<\/p>\n<p>2014, alors que cette \u00e9valuation ne reposerait sur aucun rapport d\u2019\u00e9valuation ind\u00e9pendant et aurait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 volontairement de mani\u00e8re tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e dans le cadre de n\u00e9gociations avec la Police grand- ducale qui \u00e9tait \u00e0 ce moment int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 louer puis \u00e9ventuellement \u00e0 acqu\u00e9rir l\u2019Immeuble, mais qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque les frais n\u00e9cessaires \u00e0 la mise en conformit\u00e9 de l\u2019Immeuble aux desideratas du locataire potentiel n\u2019\u00e9taient pas d\u00e9termin\u00e9s. Ils pr\u00e9cisent par ailleurs que les n\u00e9gociations avec la Police grand- ducale n\u2019ont pas abouti, probablement au vu du prix de vente important affich\u00e9. Le Fonds et SOC.1.B.) poursuivent en soulignant que tous les actes de gestion et d\u2019administration du Fonds rel\u00e8vent de la seule comp\u00e9tence et du seul pouvoir de SOC.1.B.), tel que cela r\u00e9sulterait de l\u2019article 14 des statuts du Fonds et des articles 6.1, 6.2 et 6.3 du PPM. Il n\u2019appartiendrait pas \u00e0 un actionnaire de fixer le prix de revente d\u2019un actif du Fonds. Aucune disposition l\u00e9gale, statutaire ou conventionnelle n\u2019imposerait par ailleurs \u00e0 SOC.1.B.) une obligation d\u2019informer les actionnaires pr\u00e9alablement \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019une op\u00e9ration de cession d\u2019actif. Il n\u2019existerait aucune obligation de rendre compte envers les actionnaires, mais la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 concernant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales dans ses articles 600- 7 et 600- 8 (ci-apr\u00e8s \u00ab Loi de 1915 \u00bb) pr\u00e9voit que le contr\u00f4le de la gestion de la soci\u00e9t\u00e9 pour compte des actionnaires est confi\u00e9 au conseil de surveillance, ou dans le cas des FIS constitu\u00e9s sous la forme de soci\u00e9t\u00e9 en commandite par actions, comme en l\u2019esp\u00e8ce, \u00e0 un r\u00e9viseur d\u2019entrepris es agr\u00e9\u00e9. Ils rappellent que dans les soci\u00e9t\u00e9s en commandite par actions, les actionnaires commanditaires ne sont responsables que jusqu\u2019\u00e0 concurrence de leurs apports, mais qu\u2019en contrepartie il leur est fait interdiction de s\u2019immiscer dans la gestion de la soci\u00e9t\u00e9, contrairement aux actionnaires commandit\u00e9s, ce qui, en l\u2019esp\u00e8ce, serait rappel\u00e9 tant par les statuts du Fonds que par le PPM. Ils rejettent encore le reproche que la cession aurait \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e \u00e0 un prix qui ne correspondrait pas au prix du march\u00e9, alors que l\u2019\u00e9valuation aurait \u00e9t\u00e9 faite par SOC.8.), en sa qualit\u00e9 d\u2019independent valuer, d\u00e9sign\u00e9 dans le PPM, qui pr\u00e9voit que chaque acquisition d\u2019un bien immobilier par le Fonds ou un compartiment doit faire l\u2019objet d\u2019une \u00e9valuation par un tel independent valuer . L\u2019\u00e9valuation de l\u2019Immeuble aurait d\u00e8s lors \u00e9t\u00e9 faite en conformit\u00e9 avec le PPM. La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un article de presse dans le quotidien MEDIA.1.) , suivant lequel un immeuble d\u2019une surface de 4.000 \u00e0 5.000 m 2 aurait une valeur entre 24 et 25 millions d\u2019euros ne saurait pas valoir comme preuve de la sous-\u00e9valuation de l\u2019Immeuble. Concernant l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale tenue le 30 d\u00e9cembre 2015, ils font valoir que les conditions de convocation avaient \u00e9t\u00e9 scrupuleusement respect\u00e9es. Ils soulignent que A.) n\u2019aurait pas toujours assist\u00e9 aux assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales, loin s\u2019en faut. Il aurait \u00e9t\u00e9 plut\u00f4t coutumier de ne pas assister aux assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales auxquelles il aurait pourtant \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement convoqu\u00e9. Ils rejettent l\u2019argumentation de A.) sur le fait que la documentation demand\u00e9e suivant courrier du 17 f\u00e9vrier 2016, soit plus d\u2019un mois et demi apr\u00e8s l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, aurait \u00e9t\u00e9 transmise de mani\u00e8re tardive, alors qu\u2019aucune disposition l\u00e9gale ne pr\u00e9voirait le droit d\u2019un actionnaire de recevoir communication du proc\u00e8s -verbal d\u2019une<\/p>\n<p>assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 laquelle il n\u2019aurait pas assist\u00e9. De toute mani\u00e8re, les documents demand\u00e9s auraient \u00e9t\u00e9 transmis \u00e0 A.) le 25 mars 2016. Ils r\u00e9futent l\u2019id\u00e9e que la cession de l\u2019Immeuble aurait \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 l\u2019insu de A.) ou en violation de ses droits, alors que la convocation \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 30 d\u00e9cembre 2015 aurait pr\u00e9cis\u00e9 que les actionnaires devaient se prononcer sur la vente de l\u2019immeuble. Concernant un pr\u00e9tendu abus de majorit\u00e9, le Fonds et SOC.1.B.) font plaider que la d\u00e9cision de transfert au prix indiqu\u00e9 a \u00e9t\u00e9 prise sur base d\u2019un rapport d\u2019\u00e9valuation fond\u00e9 sur des crit\u00e8res objectifs et en conformit\u00e9 avec les m\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation fix\u00e9es au PPM et dans les statuts du Fonds. Il n\u2019y aurait eu aucune atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral du Compartiment 2, ni aucune favorisation de certains actionnaires. Aucun abus de droit ne saurait d\u00e8s lors \u00eatre retenu. Ils contestent ensuite les all\u00e9gations de A.) suivant lesquelles le transfert de l\u2019Immeuble n\u2019aurait en r\u00e9alit\u00e9 jamais \u00e9t\u00e9 finalis\u00e9. En effet, il n\u2019y aurait en effet pas eu de vente proprement dite de l\u2019Immeuble, alors qu\u2019en l\u2019esp\u00e8ce, il s\u2019agirait seulement d\u2019un transfert entre deux compartiments d\u2019un fonds, qui n\u2019ont pas de personnalit\u00e9 juridique distincte. La cession de l\u2019Immeuble entre les deux compartiments r\u00e9sulterait cependant des documents comptables et autres rapports produits en cause. Contrairement aux indications de A.) le Compartiment 2 ne serait pas exsangue, mais disposerait des fonds r\u00e9sultant de la cession de l\u2019Immeuble, qui seraient fructifi\u00e9s au moyen de pr\u00eats allou\u00e9s aux autres compartiments moyennant paiement d\u2019int\u00e9r\u00eats. Quant au principe de la responsabilit\u00e9 de SOC.1.B.) celle-ci devrait \u00eatre qualifi\u00e9e de contractuelle pour faute de gestion sur base de l\u2019article 441 -9 de la Loi de 1915. Or la responsabilit\u00e9 des dirigeants n\u2019existerait en principe qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 et une faute de gestion mettrait en mouvement l\u2019action sociale visant \u00e0 r\u00e9parer le dommage accru \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Il ne serait fait exception au principe de l\u2019action sociale que dans le cas o\u00f9 des associ\u00e9s sont en mesure de prouver qu\u2019ils ont subi un pr\u00e9judice personnel, ind\u00e9pendant du pr\u00e9judice subi par la soci\u00e9t\u00e9 et la collectivit\u00e9 des associ\u00e9s. A.) n\u2019aurait d\u00e8s lors ni qualit\u00e9 ni int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir et sa demande bas\u00e9e sur l\u2019article 1382 et suivants devrait \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e irrecevable. En tout \u00e9tat de cause, A.) n\u2019aurait pas rapport\u00e9 la preuve d\u2019une quelconque faute dans le chef de SOC.1.B.) , de sorte que sa responsabilit\u00e9 ne pourrait pas \u00eatre engag\u00e9e. Le Fonds et SOC.1.B.) contestent \u00e9galement le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 par A.). M\u00eame \u00e0 supposer que l\u2019\u00e9valuation du prix de l\u2019Immeuble par SOC.8.) serait erron\u00e9e et que le prix du march\u00e9 serait sup\u00e9rieur, il y aurait lieu de tenir compte du fait que A.) ne d\u00e9tient que 25 % des actions du Compartiment 2, de sorte que son pr\u00e9judice ne pourrait s\u2019\u00e9lever qu\u2019\u00e0 ce pourcentage du pr\u00e9judice total. Le m\u00eame raisonnement s\u2019appliquerait au montant r\u00e9clam\u00e9 au titre de la pr\u00e9tendue perte de loyers, tout en sachant que A.) ne saurait de toute mani\u00e8re pas \u00eatre admis \u00e0 r\u00e9clamer une hypoth\u00e9tique diff\u00e9rence entre le prix de vente r\u00e9ellement obtenu et celui qu\u2019il consid\u00e8re \u00eatre le juste prix, mais \u00e9galement une perte de loyer, sans indiquer le fondement d\u2019une telle double r\u00e9paration de son pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>Le Fonds et SOC.1.B.) affirment enfin que le fait de mettre en cause, \u00e0 tort, SOC.5.) leur aurait caus\u00e9 un pr\u00e9judice, alors qu\u2019ils estiment que ceci aurait caus\u00e9 l\u2019abandon des n\u00e9gociations entre la banque et le Fonds en vue d\u2019obtenir un financement important. Ils se r\u00e9servent le droit de r\u00e9clamer la r\u00e9paration de leur pr\u00e9judice subi \u00e0 ce titre. D.), E.), F.), SOC.2.) et SOC.4.A.) font exposer que dans la mesure o\u00f9 la demande ne les concerne que dans certaines de ses branches subsidiaires, celles-ci ne devraient \u00eatre examin\u00e9es que dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 la demande \u00e0 titre principal, \u00e0 savoir celle tendant \u00e0 la nullit\u00e9 de la vente de l\u2019immeuble pour fraude, serait rejet\u00e9e. Ils se rallient aux conclusions prises par SOC.1.A.) et SOC.1.B.), non pas par mutisme ou collusion avec ces parties, mais en raison du fait que ces conclusions seraient fond\u00e9es sur des \u00e9l\u00e9ments objectifs. C.) et B.) concluent en premier lieu, et seulement dans le cadre de la demande subsidiaire en condamnation contre les administrateurs, au d\u00e9faut d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 agir de A.) en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice, alors que ce pr\u00e9judice ne serait autre qu\u2019un pr\u00e9judice social direct, consistant en la diff\u00e9rence entre la valeur r\u00e9elle de l\u2019immeuble et le prix de cession obtenu, ainsi qu\u2019en la perte de loyers dont le Compartiment 2 aurait pu b\u00e9n\u00e9ficier sur une dur\u00e9e de 9 ans. Ils font plaider que l\u2019action individuelle d\u2019un actionnaire ne pourrait \u00eatre intent\u00e9e que s\u2019il est victime d\u2019un pr\u00e9judice personnel, ind\u00e9pendant du pr\u00e9judice subi par la soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame. Or, en l\u2019esp\u00e8ce, il ne serait pas \u00e9tabli que A.) aurait subi un pr\u00e9judice affectant directement son patrimoine, sans impliquer en m\u00eame temps une atteinte au patrimoine social de la soci\u00e9t\u00e9. Sa demande \u00e0 ce titre devrait d\u00e8s lors \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e irrecevable. C.) et B.) font encore valoir que A.) ne rapporterait pas la preuve d\u2019un quelconque pr\u00e9judice dans son chef. Ils affirment que la cession de l\u2019Immeuble aurait permis de d\u00e9gager une plus-value de 3.285.000,- EUR. Son investissement de d\u00e9part de 650.000,- EUR aurait, par la cession de l\u2019immeuble, \u00e9tait port\u00e9 \u00e0 1.316.264,56 EUR, soit une plus-value de 102,5 %, excluant d\u00e8s lors toute notion de pr\u00e9judice. Ils contestent par ailleurs l\u2019existence d\u2019une quelconque faute dans leur chef. Ils auraient \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s au conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) seulement quelques semaines avant les op\u00e9rations ayant trait \u00e0 l\u2019Immeuble et n\u2019auraient en outre aucun int\u00e9r\u00eat financier dans la structure SOC.1.). Il serait d\u00e8s lors vain de conclure \u00e0 une quelconque collusion ou conflit d\u2019int\u00e9r\u00eat ou \u00e0 des int\u00e9r\u00eats p\u00e9cuniaires dans le fait d\u2019avoir vot\u00e9 pour la cession de l\u2019Immeuble d\u2019un compartiment vers un autre. Ils confirment que la d\u00e9cision de proc\u00e9der de la sorte aurait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur un imp\u00e9ratif r\u00e9glementaire, \u00e0 savoir l\u2019obligation de diversification des investissements et consid\u00e8rent que le prix de cession aurait \u00e9t\u00e9 valablement et justement bas\u00e9 sur le rapport d\u2019\u00e9valuation SOC.8.). Toutes les r\u00e8gles figurant au PPM du fonds auraient \u00e9t\u00e9 strictement respect\u00e9es par eux. L\u2019\u00e9valuation de l\u2019Immeuble \u00e0 une valeur de 29.413.300,- EUR ne serait bas\u00e9e sur aucune \u00e9tude immobili\u00e8re s\u00e9rieuse, ni support\u00e9e par aucune pi\u00e8ce du dossier, si ce<\/p>\n<p>n\u2019est une r\u00e9solution circulaire du conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) du 23 octobre 2014. Ils concluent en cons\u00e9quence au rejet de la demande en r\u00e9paration d\u2019un dommage. Pour le surplus, ils se rallient aux conclusions de SOC.1.A.) et SOC.1.B.). SOC.3.), en tant que banque d\u00e9positaire et agent payeur du Fonds, donne \u00e0 consid\u00e9rer que A.) n\u2019a exprim\u00e9 aucun reproche ni formul\u00e9 aucune demande \u00e0 son \u00e9gard, mais qu\u2019il l\u2019a uniquement assign\u00e9e en d\u00e9claration de jugement commun. Il ne serait cependant pas pr\u00e9cis\u00e9 en quoi la d\u00e9cision \u00e0 intervenir serait susceptible de l\u00e9ser les droits de SOC.3.) , ni en quoi elle aurait un int\u00e9r\u00eat dans la solution du litige. La demande dirig\u00e9e \u00e0 son encontre serait d\u00e8s lors parfaitement inutile, tout en l\u2019obligeant d\u2019exposer des frais en vue de la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats. Elle demande d\u00e8s lors \u00e0 voir condamner A.) \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile d\u2019un montant de 2.000,- EUR. SOC.5.) soul\u00e8ve in limine litis la nullit\u00e9 de l\u2019assignation dirig\u00e9e contre elle pour cause de libell\u00e9 obscur. Ainsi, il r\u00e9sulterait du dispositif de l\u2019assignation que A.) demande \u00e0 son \u00e9gard que le jugement \u00e0 intervenir lui soit d\u00e9clar\u00e9 commun, ce qui serait logique, dans la mesure o\u00f9 elle ne serait pas intervenue dans la soi -disant atteinte aux droits du demandeur. Or, dans ses d\u00e9veloppements, et notamment aux pages 18 et 19 de l\u2019assignation, A.) r\u00e9clamerait une condamnation in solidum de toutes les parties d\u00e9fenderesses sans distinction en r\u00e9paration de son pr\u00e9tendu pr\u00e9judice. Cette confusion des moyens et objets entra\u00eenerait un risque pour SOC.5.) de se tromper sur le choix des moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s, engendrant un pr\u00e9judice dans son chef, de sorte qu\u2019il y aurait lieu de d\u00e9clarer l\u2019acte introductif d\u2019instance nul pour cause de libell\u00e9 obscur. Quant au fond, SOC.5.) fait exposer qu\u2019elle a conc\u00e9d\u00e9, le 27 octobre 2014, un contrat de pr\u00eat intitul\u00e9 \u00ab facility agreement \u00bb et pass\u00e9, le 31 octobre 2014, un acte d\u2019ouverture de cr\u00e9dit par-devant notaire en vue d\u2019avancer la somme de 10.000.000,- EUR au Fonds pour l\u2019acquisition de l\u2019Immeuble. Afin de garantir le remboursement de ces sommes pr\u00eat\u00e9es au fonds, SOC.5.) avait inscrit le 17 novembre 2014 une hypoth\u00e8que premi\u00e8re en rang sur l\u2019Immeuble litigieux. SOC.5.) et le Fonds avaient \u00e9galement convenu de l\u2019ouverture d\u2019un compte bancaire gag\u00e9 en faveur de SOC.5.) sur lequel devaient transiter les revenus tir\u00e9s de l\u2019immeuble, destin\u00e9s \u00e0 garantir le remboursement du pr\u00eat. Suite au transfert de l\u2019Immeuble du Compartiment 2 au Compartiment 1, SOC.5.) et le Fonds ont lanc\u00e9 des n\u00e9gociations relatives au remboursement anticip\u00e9 du pr\u00eat et de l\u2019ouverture de cr\u00e9dit, conform\u00e9ment aux dispositions du Contrat de pr\u00eat. SOC.5.) n\u2019ayant pas donn\u00e9 son accord au transfert de l\u2019Immeuble, ni \u00e0 la reprise de la dette par le Compartiment 1, le Compartiment 2 serait rest\u00e9 d\u00e9biteur envers SOC.5.) . Les n\u00e9gociations entre SOC.5.) et le Fonds ont abouti \u00e0 un accord pr\u00e9voyant le remboursement anticip\u00e9 de la somme de 10.026.836,67 EUR pour le 4 ao\u00fbt 2016. Suite au remboursement de cette somme, l\u2019hypoth\u00e8que sur l\u2019Immeuble a \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e,<\/p>\n<p>seule une somme de 10.000,- EUR est rest\u00e9e gag\u00e9e sur le compte du Fonds afin de couvrir toute indemnit\u00e9 pendante ou future dans le cadre des relations entre la Banque et le Fonds. Au regard de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, SOC.5.) donne \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019\u00e0 l\u2019heure des plaidoiries il n\u2019existerait aucun lien entre les demandes de A.) et la situation contractuelle entre elle et le Fonds, de sorte que m\u00eame en cas d\u2019annulation de la cession, il n\u2019y aurait aucun effet sur le remboursement anticip\u00e9 du pr\u00eat. Quant \u00e0 la demande subsidiaire bas\u00e9e sur la r\u00e9paration du pr\u00e9judice subi par A.), SOC.5.) conclut \u00e0 l\u2019absence de toute faute dans son chef. Elle demande \u00e0 voir condamner A.) \u00e0 lui payer une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile de 2.500,- EUR. Appr\u00e9ciation &#8212; Le libell\u00e9 obscur<\/p>\n<p>SOC.5.) conclut en premier lieu \u00e0 la nullit\u00e9 de la demande en ce qu\u2019elle est dirig\u00e9e \u00e0 son encontre, dans la mesure o\u00f9 l\u2019assignation ne lui permettrait pas de d\u00e9terminer l\u2019envergure de la demande dirig\u00e9e contre elle. Aux termes de l\u2019article 154 alin\u00e9a 1 er du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, l\u2019exploit d\u2019ajournement contiendra, \u00ab &#8230;l\u2019objet de la demande et un expos\u00e9 sommaire des moyens, &#8230; \u00bb, le tout \u00e0 peine de nullit\u00e9. La partie assign\u00e9e doit, pour pr\u00e9parer sa r\u00e9ponse, savoir de fa\u00e7on pr\u00e9cise ce qui lui est demand\u00e9 et sur quelle qualit\u00e9, quel titre et quels motifs le demandeur se fonde. En effet, l\u2019objet de la demande doit toujours \u00eatre \u00e9nonc\u00e9 de fa\u00e7on claire et compl\u00e8te, \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019expos\u00e9 des moyens, qui peut \u00eatre sommaire (R.P.D.B., v\u00b0 exploit, n\u00b0 298, p.135 et les r\u00e9f\u00e9rences y cit\u00e9es). C\u2019est aux juges qu\u2019il appartient d\u2019appr\u00e9cier si un libell\u00e9 donn\u00e9 est suffisamment explicite (cf. Tissier et Darras, Code de Proc\u00e9dure civile, T.1., sub. art. 61, n\u00b0 325, p.345). Le but de la condition pr\u00e9vue par l&#039;article 154, alin\u00e9a 1 er du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile est que le d\u00e9fendeur puisse savoir, avant de compara\u00eetre, quel est l&#039;objet demand\u00e9 (Beltjens, Proc\u00e9dure civile, n\u00b0 116, p.398 ; Dalloz, Codes annot\u00e9s, \u00e9d. 1910 ; Code de Proc\u00e9dure civile, sub. art. 61, n\u00b0 721, p.270) et ceci d&#039;une mani\u00e8re expresse. D\u00e8s lors, l&#039;exploit d&#039;ajournement qui ne contient aucune conclusion pr\u00e9cise sur laquelle les juges puissent statuer est frapp\u00e9 d&#039;une nullit\u00e9 qui ne peut \u00eatre couverte par des conclusions ult\u00e9rieurement prises (Beltjens, op.cit., n\u00b0 115, p.398). La prescription de l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9 doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en ce sens que l&#039;indication exacte des pr\u00e9tentions et la d\u00e9signation des circonstances de fait qui forment la base de la demande sont requises. La description des faits doit \u00eatre suffisamment pr\u00e9cise pour mettre le juge en mesure de d\u00e9terminer le fondement juridique de la demande, pour ne pas laisser le d\u00e9fendeur se m\u00e9prendre sur l&#039;objet de celle- ci et pour lui permettre le choix des moyens de d\u00e9fense appropri\u00e9s.<\/p>\n<p>La nullit\u00e9 r\u00e9sultant de l\u2019article 154 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile est une nullit\u00e9 de forme soumise \u00e0 l\u2019article 264 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, donc \u00e0 la preuve d\u2019un grief (Cass 25 octobre 2001, n\u00b0 50\/01, 1798, Cour 15 mai 2002, n\u00b0 24 393 ; Cour 26 juin 2002 BIJ 2\/03, p 28). En l\u2019esp\u00e8ce, le tribunal constate que l\u2019assignation ne contient aucune indication quant aux raisons qui ont amen\u00e9 A.) \u00e0 assigner SOC.5.), qui n\u2019est intervenue dans la structuration SOC.1.) qu\u2019en tant qu\u2019organisme pr\u00eateur dans le cadre de l\u2019acquisition de l\u2019Immeuble par le Compartiment 2. Cela ne semble cependant pas \u00eatre ce qui est reproch\u00e9 \u00e0 l\u2019assignation, mais plut\u00f4t le fait que la condamnation \u00e0 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance soit demand\u00e9e indistinctement contre toutes les parties d\u00e9fenderesses. Le tribunal consid\u00e8re cependant que cette formulation malencontreuse de la demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure et en paiement des frais et d\u00e9pens ne rend pas pour autant la demande nulle pour cause de libell\u00e9 obscur, alors que SOC.5.) peut parfaitement se d\u00e9fendre en arguant qu\u2019une telle condamnation \u00e0 son \u00e9gard n\u2019est pas justifi\u00e9e. Il s\u2019ensuit que le moyen bas\u00e9 sur le libell\u00e9 obscur de l\u2019assignation n\u2019est pas fond\u00e9 et doit \u00eatre rejet\u00e9. &#8212; Consid\u00e9rations pr\u00e9liminaires<\/p>\n<p>Il y a lieu de relever d\u2019embl\u00e9e que la convocation \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 30 d\u00e9cembre 2015 a \u00e9t\u00e9 faite en conformit\u00e9 avec les dispositions l\u00e9gales et statutaires, alors que la convocation a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e aux actionnaires le 22 d\u00e9cembre 2015. Par ailleurs, s\u2019il r\u00e9sulte de la pi\u00e8ce n\u00b0 16 de A.) que celui-ci \u00e9tait absent de son domicile au moment du passage du facteur distribuant la convocation, elle ne permet pas de conclure \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de prendre connaissance de la convocation litigieuse avant la tenue de l\u2019assembl\u00e9e, celle- ci ayant \u00e9t\u00e9 tenue \u00e0 sa disposition dans le bureau de poste d\u00e9sign\u00e9 sur l\u2019avis de passage. Concernant l\u2019argument bas\u00e9 sur l\u2019obligation pour le Fonds et ses compartiments de garantir une diversification des risques, le tribunal constate qu\u2019aux termes de l\u2019article 7.5 du PPM, \u00ab no Sub- Fund will (except for the first three years following its creation) invest more than 30 % of its Total Assets in a single Real Estate Asset \u00bb. Il r\u00e9sulte de ce constat que l\u2019obligation de diversification pour le Compartiment 2 n\u2019avait pas \u00e0 \u00eatre respect\u00e9e avant juin 2017, de sorte qu\u2019il n\u2019y avait aucune urgence \u00e0 ce titre. Par ailleurs, il appert que m\u00eame si la cession devait servir \u00e0 la n\u00e9cessaire diversification de l\u2019actif du Compartiment 2, il est un fait que depuis la cession, aucune diversification n\u2019a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e. Au contraire, il r\u00e9sulte des comptes sociaux du Compartiment 2 que la seule utilisation des fonds touch\u00e9s \u00e0 la suite de la cession de l\u2019immeuble a consist\u00e9 en l\u2019octroi de pr\u00eats r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s \u00e0 d\u2019autres compartiments du Fonds. D\u00e8s lors, quoi qu\u2019il en soit, le but de la diversification n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 atteint par la cession litigieuse.<\/p>\n<p>Le tribunal en conclut que la diversification des risques ne pouvait pas servir de justification pour le transfert dans une pr\u00e9cipitation certaine de l\u2019Immeuble du Compartiment 2 vers le Compartiment 1. Toute argumentation bas\u00e9e sur l\u2019obligation de diversification des risques doit d\u00e8s lors \u00eatre \u00e9cart\u00e9e. Contrairement aux indications de A.), le rapport d\u2019\u00e9valuation SOC.8.) se base sur l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un immeuble lou\u00e9 \u00e0 100 %, m\u00eame si \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la r\u00e9daction de ce rapport, l\u2019Immeuble n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement lou\u00e9. Si dans ce rapport il est en effet fait une distinction entre les surfaces d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 lou\u00e9es et celles qui ne le sont pas, il en r\u00e9sulte \u00e9galement que l\u2019expert \u00e9valuateur a pr\u00e9vu une valeur au m\u00e8tre- carr\u00e9 sup\u00e9rieure pour la partie non- lou\u00e9e. En cons\u00e9quence, tous les d\u00e9veloppements faits par A.) concernant le fait que l\u2019Immeuble n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement lou\u00e9 tombent \u00e0 faux. Quant \u00e0 la pr\u00e9tendue implication \u00e0 tous les niveaux de la structure du groupe SOC.4.) , le tribunal constate que cette implication existe depuis le d\u00e9but de la cr\u00e9ation du Fonds, alors que A.) occupait encore des postes-cl\u00e9s dans la structure, que ce soit en ce qui concerne la nomination d\u2019administrateurs \u00e9tant impliqu\u00e9s dans le groupe SOC.4.) , notamment F.) et E.), concernant le contrat de bail conclu avec SOC.4.C.), concernant le contrat de services conclu avec SOC.4.A.) ou concernant l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019actionnariat du Compartiment 2 d\u2019SOC.2.). Initialement, le conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) \u00e9tait compos\u00e9 de A.), D.), E.), G.) et F.). Au moment des faits actuellement litigieux, le conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) \u00e9tait compos\u00e9 d\u2019B.) et E.), en tant qu\u2019administrateurs de classe A, C.) et D.) en tant qu\u2019administrateurs de classe B et F.) en tant qu\u2019administrateur de classe C. D\u00e8s lors, les repr\u00e9sentants de SOC.4.) F.) et E.) \u00e9taient administrateurs depuis la constitution du Fonds, avec l\u2019approbation de A.). Cette implication est d\u00e8s lors le fruit de la volont\u00e9 des deux actionnaires initiaux du Fonds, A.) et D.), de sorte que les implications qui peuvent en \u00eatre tir\u00e9es doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es de mani\u00e8re prudente, en ce que A.) a largement contribu\u00e9 \u00e0 cette situation. Le tribunal constate par ailleurs que A.) a de son propre chef d\u00e9cid\u00e9 de se retirer de la plus grande partie des structures et postes \u00e0 responsabilit\u00e9 de la structure SOC.1.) , ce qui a n\u00e9cessairement permis aux autres acteurs de prendre une plus grande importance non seulement dans l\u2019actionnariat mais surtout dans les positions d\u00e9cisionnaires, notamment quant aux strat\u00e9gies d\u2019investissement du Fonds et de ses diff\u00e9rents compartiments. Le tribunal fait abstraction des d\u00e9veloppements des parties quant \u00e0 la composition du conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) apr\u00e8s les faits actuellement litigieux, alors que ceux-ci sont sans pertinence pour la solution du pr\u00e9sent litige. &#8212; Quant \u00e0 l\u2019existence de la cession de l\u2019Immeuble<\/p>\n<p>A.) affirme qu\u2019il r\u00e9sulterait des \u00e9l\u00e9ments de la cause qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 aucune cession de l\u2019Immeuble n\u2019aurait eu lieu, ce qu\u2019il demande au tribunal de constater. Il r\u00e9sulte d\u2019un courrier \u00e9manant de l\u2019Administration de l\u2019enregistrement et des domaines que le pr\u00e9tendu acte de vente de l\u2019Immeuble n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 transcrit au bureau des hypoth\u00e8ques. En r\u00e9alit\u00e9, et tel que cela r\u00e9sulte des documents comptables et rapports relatifs au Fonds et au Compartiment 2, la cession a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e par voie d\u2019op\u00e9rations comptables entre deux compartiments sans personnalit\u00e9 juridique, le propri\u00e9taire de l\u2019Immeuble au vu des actes authentiques ay ant toujours \u00e9t\u00e9 le Fonds. Il est d\u00e8s lors erron\u00e9 de pr\u00e9tendre que la cession n\u2019aurait en r\u00e9alit\u00e9 pas eu lieu, alors que les op\u00e9rations comptables de transfert d\u2019un compartiment vers l\u2019autre \u00e9tablissent de mani\u00e8re non \u00e9quivoque que l\u2019Immeuble ne figure plus \u00e0 l\u2019actif du Compartiment 2. La demande \u00e0 titre principal n\u2019est d\u00e8s lors pas fond\u00e9e. &#8212; Demande en nullit\u00e9 de la vente de l&#039;Immeuble pour cause de fraude<\/p>\n<p>A.) affirme ensuite que la cession de l\u2019immeuble au Compartiment 1 serait frauduleuse en ce qu\u2019elle aurait \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 un prix ne refl\u00e9tant pas la valeur r\u00e9elle de l\u2019Immeuble, en ne faisant pas jouer la concurrence pour en obtenir un meilleur prix et en appliquant une solution b\u00e9n\u00e9ficiant exclusivement aux int\u00e9r\u00eats propres de D.), SOC.2.) et des diff\u00e9rents administrateurs, au d\u00e9triment de A.). Le tribunal constate en premier lieu qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9tabli en quoi les diff\u00e9rents administrateurs faisant partie du conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) au moment de la d\u00e9cision de cession, \u00e0 l\u2019exception de D.) qui a \u00e9galement des int\u00e9r\u00eats patrimoniaux dans le Fonds, auraient pu servir des int\u00e9r\u00eats propres par la cession de l\u2019immeuble. Constitue une fraude \u00e0 la loi, un contrat qui, sans contrevenir formellement \u00e0 une loi d\u2019ordre public, tend \u00e0 la tourner, \u00e0 en \u00e9luder l\u2019application (Jean Carbonnier, Droit civil, Volume 2, Les biens et les obligations, p.390). La notion de fraude au sens large, telle que refl\u00e9t\u00e9e par la maxime \u00ab fraus omnia corrumpit \u00bb, est synonyme de ruse, tromperie ou man\u0153uvre d\u00e9loyale (Cour, 14 juin 2000, n\u00b0 23.551 du r\u00f4le). Il y a donc n\u00e9cessairement une intention frauduleuse, qui peut notamment r\u00e9sulter du caract\u00e8re exceptionnellement anormal de la structure juridique utilis\u00e9e par les parties \u00e0 l\u2019op\u00e9ration. En revanche, le fait pour des parties de choisir, entre diff\u00e9rents m\u00e9canismes existants, celui qu\u2019elles jugent le plus favorable d\u00e8s lors que la voie choisie n&#039;est pas d\u00e9fendue par la loi, et cela m\u00eame si le contrat qui est conclu ou la structure qui est mise en place va s\u2019av\u00e9rer d\u00e9favorable \u00e0 l\u2019une d\u2019entre elles, ou \u00e0 des tiers, ne constitue pas une fraude et n\u2019entra\u00eenera pas la nullit\u00e9 de l\u2019acte (Cour, 9 mai 2001, Pas. 32, page 75 ; Olivier Poelmans, Droit des obligations au Luxembourg, Principes g\u00e9n\u00e9raux et examen de jurisprudence, Larcier, n\u00b0 124). Le principe \u00ab fraus omnia corrumpit \u00bb a un champ d\u2019application vaste, d\u00e8s lors que la fraude ne peut cr\u00e9er un droit et que l\u2019acte qui en est entach\u00e9 n\u2019est pas opposable aux tiers ni aux parties. La fraude constitue une exception \u00e0 toutes les r\u00e8gles de droit et a une fonction essentiellement correctrice.<\/p>\n<p>Lorsque, par l&#039;effet d&#039;une r\u00e8gle de droit (ou d&#039;une institution juridique, d&#039;un acte juridique, ou encore de l&#039;acquisition de la personnalit\u00e9 morale), l&#039;auteur d&#039;un comportement frauduleux est susceptible d&#039;en retirer un avantage, l&#039;application de l&#039;adage peut r\u00e9duire cet effet \u00e0 n\u00e9ant, en tout cas, dans la mesure n\u00e9cessaire pour faire \u00e9chec \u00e0 l&#039;objectif prohib\u00e9. La neutralisation des effets d&#039;un tel comportement se traduit par l&#039;inopposabilit\u00e9, \u00e9ventuellement soulev\u00e9e sous la forme d&#039;une \u00ab exception de fraude \u00bb, de l&#039;acte ou de la r\u00e8gle \u00e0 la victime, que celle- ci soit un tiers ou une partie \u00e0 un contrat. La sanction pourra finalement imposer que l&#039;acte soit compl\u00e8tement \u00e9cart\u00e9, ce qui aboutira \u00e0 sa nullit\u00e9. L&#039;application de l&#039;adage n&#039;\u00e9carte pas pour autant celle des r\u00e8gles du droit commun lorsque les conditions de celui-ci sont r\u00e9unies, ce qui se traduit, soit ici aussi par l&#039;inopposabilit\u00e9 de l&#039;acte, cette fois \u00e0 titre de r\u00e9paration en nature fond\u00e9e sur l&#039;article 1382 du Code civil, soit par des dommages et int\u00e9r\u00eats, soit encore, le cas \u00e9ch\u00e9ant, par l&#039;application du r\u00e9gime r\u00e9serv\u00e9 au dol vice de consentement. Ainsi l&#039;adage remplit-il la fonction qui lui est d\u00e9volue de longue date, en Belgique comme en France, qui prescrit au juge de faire r\u00e9gner l&#039;\u00e9quit\u00e9 avec ce correctif essentiel que si le juge \u00ab ne peut donner au juste plus que la loi ne lui donne, il se reconna\u00eet le pouvoir d&#039;enlever au coupable les avantages de la situation juridique que celui-ci avait cru acqu\u00e9rir \u00bb (F. Glansdorff, L\u2019adage \u00ab fraus omnia corrumpit \u00bb, J.T. n\u00b0 6719- 07\/2018). Il ressort de ces d\u00e9veloppements que, non seulement le champ d\u2019application de l\u2019adage fraus omnia corrumpit est tr\u00e8s \u00e9tendu, mais aussi que son application peut prendre des formes extr\u00eamement diverses (inopposabilit\u00e9 ou nullit\u00e9 d\u2019un acte, dommages-int\u00e9r\u00eats), afin que l\u2019auteur de la fraude ne puisse tirer avantage de sa fraude. Pour \u00eatre constitutif de fraude, l&#039;acte d\u00e9loyal doit \u00eatre accompli dans l&#039;intention de causer un dommage ou d&#039;obtenir un gain. Elle \u00ab implique la volont\u00e9 malicieuse, la tromperie intentionnelle, la d\u00e9loyaut\u00e9 dans le but de nuire ou de r\u00e9clamer un gain \u00bb<\/p>\n<p>(Cass. Belge 3 octobre 1997, Pas. , 1997, I, n o 386 ). Il ne suffit pas que l&#039;acte d\u00e9loyal soit volontaire et cause de la sorte un dommage (F. Glansdorff, L\u2019adage \u00ab fraus omnia corrumpit \u00bb, op.cit.; Cour de cassation belge, 16 novembre 2015, Pas., 2015, n\u00b0 679 y cit\u00e9e). Il faut donc bien, suivant la jurisprudence actuelle, une tromperie ou une d\u00e9loyaut\u00e9 &#8212; ceci pour ce qui concerne le \u00ab comportement \u00bb &#8212; commise avec l&#039;intention de nuire. La simple conscience d&#039;un dommage possible ne suffit pas. L&#039;adage implique un \u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel, \u00e0 savoir un comportement fautif de la part de celui \u00e0 qui il sera oppos\u00e9, \u00e9tant entendu que la faute ne r\u00e9sulte pas du simple fait que des atteintes seraient port\u00e9es aux int\u00e9r\u00eats ou aux droits d&#039;un tiers. Suivant la d\u00e9finition de la faute r\u00e9sultant de la jurisprudence de la Cour de cassation, il faut que l&#039;auteur de l&#039;acte (ou de l&#039;omission) ait, \u00ab soit viol\u00e9 une disposition l\u00e9gale s&#039;imposant \u00e0 (lui), soit m\u00e9connu une norme g\u00e9n\u00e9rale de bon comportement d\u00e9termin\u00e9 par r\u00e9f\u00e9rence au bon p\u00e8re de famille, avec toutes les nuances que cette notion implique \u00bb (P. Van Ommeslaghe, op. cit., p. 608 et 612 ; A. Lenaerts, op. cit., in C.U.P. 168, p. 46, n o 38).<\/p>\n<p>La pr\u00e9cipitation dans la r\u00e9alisation de l&#039;acte incite \u00e0 pr\u00e9sumer la fraude (L Sautonie- Laguionie, La fraude paulienne, pr\u00e9f. de G. Wicker LGDJ 2008, Coll. Biblioth\u00e8que de droit priv\u00e9, t. 500, n\u00b0 545). En l\u2019esp\u00e8ce, le tribunal constate tout d\u2019abord que les d\u00e9marches en vue de la cession de l\u2019Immeuble d\u2019un compartiment vers l\u2019autre ont \u00e9t\u00e9 entreprises dans une certaine pr\u00e9cipitation, en ce que l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale convoqu\u00e9e pour approuver le principe d\u2019une cession de l\u2019Immeuble s\u2019est tenue pendant la p\u00e9riode de f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e, propice aux d\u00e9parts en vacances, alors qu\u2019il n\u2019y avait aucune urgence \u00e0 d\u00e9lib\u00e9rer sur cette question. D\u2019apr\u00e8s le management report relatif \u00e0 l\u2019exercice 2016 du Compartiment 2, l\u2019Immeuble aurait \u00e9t\u00e9 c\u00e9d\u00e9 le 2 janvier 2016 au Compartiment 1, d\u00e8s lors seulement trois jours apr\u00e8s la r\u00e9solution y aff\u00e9rente de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. Par ailleurs, alors que ni la convocation \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 30 d\u00e9cembre 2015, ni le proc\u00e8s-verbal relatif \u00e0 cette assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale ne font mention du projet de c\u00e9der l\u2019immeuble au Compartiment 1, sans l\u2019avoir propos\u00e9 \u00e0 d\u2019autres acqu\u00e9reurs potentiels pour faire jouer la concurrence et obtenir le cas \u00e9ch\u00e9ant un prix plus important, il r\u00e9sulte cependant d\u2019un rapport \u00e9tabli le 29 d\u00e9cembre 2015 par SOC.9.) , en sa qualit\u00e9 de r\u00e9viseur d\u2019entreprises agr\u00e9\u00e9 du Fonds, que la cession de l\u2019Immeuble du Compartiment 2 vers le Compartiment 1 \u00e9tait envisag\u00e9e d\u00e8s avant l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, de sorte qu\u2019il y a lieu d\u2019admettre qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 dans l\u2019intention de SOC.1.B.) de vendre l\u2019Immeuble \u00e0 un autre acqu\u00e9reur potentiel et \u00e0 un prix sup\u00e9rieur au prix minimum approuv\u00e9 par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. Le Fonds et SOC.1.B.) , tout en soutenant que la d\u00e9cision de c\u00e9der l\u2019Immeuble appartenait enti\u00e8rement \u00e0 SOC.1.B.) en sa qualit\u00e9 de general partner responsable de la politique d\u2019investissement du Fonds et de ses compartiments, n\u2019expliquent pas pour quelles raisons la d\u00e9cision y relative a tout de m\u00eame \u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires du Compartiment 2, m\u00eame si ce n\u2019est que de mani\u00e8re partielle, alors que l\u2019intention de proc\u00e9der non pas \u00e0 une v\u00e9ritable vente, mais \u00e0 un transfert \u00e0 un autre compartiment du Fonds \u00e0 compartiments multiples n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 divulgu\u00e9e dans l\u2019ordre du jour de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale et n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 soumise au vote des actionnaires. Le tribunal consid\u00e8re que par cette mani\u00e8re de proc\u00e9der, ensemble avec le fait que l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale a \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9e et tenue pendant la p\u00e9riode de f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e, fait suspecter une volont\u00e9 de donner une impression de r\u00e9gularit\u00e9 \u00e0 une op\u00e9ration dont la finalit\u00e9 \u00e9tait, sinon suspecte, pour le moins sans justification, ceci plus particuli\u00e8rement en raison de l\u2019impact consid\u00e9rable de ce transfert sur la raison d\u2019\u00eatre du Compartiment 2, dont l\u2019immeuble litigieux \u00e9tait l\u2019unique actif. Le tribunal rel\u00e8ve encore que les d\u00e9fenderesses ne proposent aucune r\u00e9elle justification pour le transfert de l\u2019Immeuble d\u2019un compartiment vers un autre, la justification avanc\u00e9e, \u00e0 savoir celle de la n\u00e9cessaire diversification des actifs du Compartiment 2, ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e. Le tribunal consid\u00e8re ensuite que le fait pour A.) de refuser, en d\u00e9cembre 2015, de souscrire \u00e0 de nouveaux investissements dans le Compartiment 2, n\u2019impliquait pas n\u00e9cessairement qu\u2019il ne souhaitait plus investir dans ce compartiment pour le futur.<\/p>\n<p>Il y \u00e9galement lieu de noter que contrairement aux affirmations du Fonds et de SOC.1.B.), le fait que le document intitul\u00e9 \u00ab Commitment for capital injection \u00bb envoy\u00e9 le 27 novembre 2015 aux actionnaires du Compartiment 2, s\u2019il indique que si l\u2019injection de 40.000.000,- EUR dans le Compartiment 2 ne sera pas atteint, \u00ab the present commitment is null and void and no additionnal investments will be made in Sub- Fund 2 \u00bb, il n\u2019en r\u00e9sulte pas qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de cet engagement, l\u2019Immeuble appartenant au Compartiment 2 serait n\u00e9cessairement et imm\u00e9diatement vendu, ni m\u00eame que l\u2019affirmation suivant laquelle aucune investissement additionnel ne serait fait vaudrait n\u00e9cessairement de mani\u00e8re d\u00e9finitive. Le tribunal constate qu\u2019il ne dispose pas d\u2019indications pr\u00e9cises quant \u00e0 l\u2019actionnariat du Compartiment 1 au moment de la cession de l\u2019immeuble. Il y a lieu de rappeler que le compartiment \u00e9tait initialement d\u00e9tenu \u00e0 parts \u00e9gales par D.) et A.) (14.450 chacun, 100 parts \u00e9tant d\u00e9tenues par SOC.1.B.)), mais que ce dernier a par la suite c\u00e9d\u00e9 ses parts \u00e0 D.) . Il r\u00e9sulte cependant de la page 11 du management report relatif \u00e0 l\u2019exercice 2016 que le nombre de parts du Compartiment 1 est pass\u00e9 de 31.000 au moment de sa constitution \u00e0 1.631.000 au courant de l\u2019ann\u00e9e 2016. A.) affirme qu\u2019SOC.2.) serait \u00e9galement actionnaire du Compartiment 1, affirmation qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 contest\u00e9e par la concern\u00e9e, de sorte qu\u2019il y a lieu de retenir qu\u2019au moment de la cession de l\u2019Immeuble, D.) et SOC.2.) en \u00e9taient les actionnaires, sans que le tribunal puisse d\u00e9terminer quelle \u00e9tait la participation de chacun dans le capital du Compartiment 1. Le tribunal retient cependant que la nullit\u00e9 pour fraude ne pourrait \u00eatre prononc\u00e9e que dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 le r\u00e9sultat obtenu au moyen de la pr\u00e9tendue fraude n\u2019aurait pas pu \u00eatre atteint par d\u2019autres moyens. Il convient en effet de constater en l\u2019esp\u00e8ce que si SOC.1.B.) avait pris la d\u00e9cision de c\u00e9der l\u2019Immeuble au Compartiment 1 dans le cadre des pouvoirs lui revenant en vertu des statuts du Fonds et du PPM sans en r\u00e9f\u00e9rer au pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, ce qui aurait \u00e9t\u00e9 conforme aux dispositions l\u00e9gales, statutaires et conventionnelles, tout en respectant pour le surplus les r\u00e8gles relatives \u00e0 la cession de l\u2019Immeuble, d\u00e9coulant notamment de la Convention, le r\u00e9sultat obtenu aurait pu \u00eatre exactement identique. La possibilit\u00e9 de c\u00e9der un actif d\u2019un compartiment \u00e0 un autre, en se basant sur l\u2019\u00e9valuation qui en avait \u00e9t\u00e9 faite par le inde pendent valuer nomm\u00e9 \u00e0 ces fins par le PPM, cet organisme \u00e9valuateur ayant par ailleurs appliqu\u00e9 les m\u00e9thodes d\u2019\u00e9valuation pr\u00e9alablement fix\u00e9es, est express\u00e9ment pr\u00e9vu par la Convention entre actionnaires du 23 octobre 2014. Il convient \u00e0 cet \u00e9gard \u00e9galement de constater que le prix de vente \u00e9voqu\u00e9 dans la r\u00e9solution circulaire du conseil d\u2019administration de SOC.1.B.) en 2014 n\u2019est justifi\u00e9 par aucune \u00e9valuation objective et qu\u2019il concerne par ailleurs une valeur \u00e0 atteindre potentiellement en 2021, soit 5 ans apr\u00e8s le transfert au Compartiment 1. Or, d\u00e8s lors qu\u2019aucune stipulation statutaire ou contractuelle n\u2019imposait une dur\u00e9e minimale pendant laquelle l\u2019Immeuble devait demeurer dans l\u2019actif du Compartiment 2, une sp\u00e9culation sur une augmentation de valeur sur la dur\u00e9e ne peut pas \u00eatre pris e en consid\u00e9ration dans le cadre de l\u2019analyse quant \u00e0 un \u00e9ventuel pr\u00e9judice dans le chef de A.). A.) ne saurait par ailleurs reprocher \u00e0 SOC.1.B.) et ses administrateurs d\u2019avoir pris des d\u00e9cisions dans le cadre de la gestion du Compartiment 2, alors qu\u2019il a<\/p>\n<p>volontairement choisi de ne plus faire partie des instances dirigeantes du Fonds en se retirant de tous ses mandats d\u2019administrateur, exprimant de cette mani\u00e8re un d\u00e9sint\u00e9r\u00eat dans la gestion du fonds, et acceptant de ce fait de se priver du droit de faire valoir ses points de vue \u00e0 ce niveau. Le tribunal consid\u00e8re d\u00e8s lors qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de prouver que l\u2019op\u00e9ration litigieuse n\u2019a pu \u00eatre obtenu que gr\u00e2ce \u00e0 une collusion frauduleuse entre diff\u00e9rents intervenants, la demande en nullit\u00e9 de la cession de l\u2019Immeuble n\u2019est pas fond\u00e9e. &#8212; La demande bas\u00e9e sur l\u2019abus de majorit\u00e9<\/p>\n<p>A.) demande \u00e0 voir annuler la r\u00e9solution de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 30 d\u00e9cembre 2015 quant \u00e0 la cession de l\u2019Immeuble, alors que celle- ci serait le fruit d\u2019un abus de majorit\u00e9, en ce qu\u2019elle aurait eu pour finalit\u00e9 de procurer un avantage aux actionnaires majoritaires au d\u00e9triment de l\u2019actionnaire minoritaire. Il convient toutefois de constater que l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 30 d\u00e9cembre 2015 a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9e \u00e0 d\u00e9lib\u00e9rer, non sur le transfert de l\u2019Immeuble au Compartiment 1, mais sur le principe de la cession de ce bien \u00e0 un prix minimal fix\u00e9 suivant rapport d\u2019\u00e9valuation de SOC.8.) . La mise en \u0153uvre de la cession a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e au \u00ab board \u00bb, signifiant \u00e0 SOC.1.B.), conform\u00e9ment \u00e0 sa mission g\u00e9n\u00e9rale de g\u00e9rant associ\u00e9 commandit\u00e9, r\u00e9sultant notamment de l\u2019article 5.4 du PPM, qui stipule que \u00ab the responsability for carrying out the investment policy and strategy of each Sub- Fund lies exclusively with the general partner \u00bb ou de l\u2019article 6.3 du PPM, qui stipule que la mission du General Partner inclut \u00ab the current administration of the Company and the Sub-Funds, the taking of all investment and divestment decisions, \u2026 \u00bb. Il en d\u00e9coule que l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale n\u2019a pas pris la d\u00e9cision litigieuse de cession de l\u2019Immeuble au Compartiment 1 au prix indiqu\u00e9. Elle a uniquement donn\u00e9 son accord de principe \u00e0 la cession de l\u2019Immeuble, sans se prononcer sur l\u2019\u00e9ventuel acqu\u00e9reur ni sur le prix d\u00e9finitif, seul un prix en- dessous duquel elle n\u2019approuvait pas la vente ayant fait l\u2019objet des d\u00e9lib\u00e9rations de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. La d\u00e9cision de ne pas rechercher d\u2019acqu\u00e9reurs potentiels concurrents et de ne pas chercher \u00e0 c\u00e9der l\u2019Immeuble \u00e0 un prix sup\u00e9rieur \u00e0 la valeur retenue par l\u2019\u00e9valuateur ind\u00e9pendant \u00e9mane exclusivement de SOC.1.B.) . Dans le cadre de ses fonctions, SOC.1.B.) aurait par ailleurs \u00e9t\u00e9 en droit de proc\u00e9der \u00e0 la cession de l\u2019Immeuble sans en r\u00e9f\u00e9rer au pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. Aucun abus de majorit\u00e9 ne peut d\u00e8s lors \u00eatre retenu, de sorte que la demande n\u2019est pas fond\u00e9e de ce chef. &#8212; La demande en dommages et int\u00e9r\u00eats bas\u00e9e sur la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle<\/p>\n<p>Il convient en premier lieu de statuer sur la recevabilit\u00e9 de l\u2019action en r\u00e9paration du pr\u00e9judice intent\u00e9e par A.) , alors que les parties d\u00e9fenderesses font encore valoir que la responsabilit\u00e9 des dirigeants ne pourrait pas \u00eatre engag\u00e9e sur la base d\u00e9lictuelle . Aux termes de l\u2019article 600- 5 de la Loi de 1915, relatif aux soci\u00e9t\u00e9s en commandite par actions, forme adopt\u00e9e par le Fonds, la g\u00e9rance de la soci\u00e9t\u00e9 appartient \u00e0 un ou plusieurs g\u00e9rants, actionnaires commandit\u00e9s ou non, d\u00e9sign\u00e9s conform\u00e9ment aux<\/p>\n<p>statuts. Lorsqu\u2019un ou plusieurs g\u00e9rants sont des personnes morales, elles ne sont pas tenues de d\u00e9signer une personne physique comme repr\u00e9sentant permanent. Le g\u00e9rant du Fonds \u00e9tant SOC.1.B.) , sa responsabilit\u00e9 en tant que dirigeant peut \u00eatre engag\u00e9e de la m\u00eame mani\u00e8re que celle d es administrateurs des soci\u00e9t\u00e9s anonymes, pour les fautes de gestion et des fautes de r\u00e9gularit\u00e9 qu\u2019ils ont pu commettre. Or, cette responsabilit\u00e9 est bas\u00e9e sur le mandat qui lui a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 par le Fonds et est en cons\u00e9quence de nature contractuelle. Il s\u2019ensuit que la demande en responsabilit\u00e9 dirig\u00e9e contre SOC.1.B.) exclusivement sur la base d\u00e9lictuelle est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable. L\u2019\u00e9ventuelle responsabilit\u00e9 des administrateurs de SOC.1.B.) est quant \u00e0 elle de nature d\u00e9lictuelle, alors que ceux-ci sont dirigeants non pas du Fonds, mais du g\u00e9rant associ\u00e9 commandit\u00e9 et ne sont d\u00e8s lors pas li\u00e9s contractuellement au Fonds. A.) affirme qu\u2019ils auraient personnellement commis des fautes lui ayant caus\u00e9 un pr\u00e9judice en confondant leur int\u00e9r\u00eat personnel avec leur mandat social et en ayant fait des pouvoirs issus de leurs fonctions d\u2019administrateur de SOC.1.B.) un usage contraire aux int\u00e9r\u00eats du Compartiment 2 en vue de favoriser la majorit\u00e9 au d\u00e9triment d\u2019une minorit\u00e9. Selon la th\u00e9orie de l\u2019organe telle que consacr\u00e9e par l\u2019article 100- 16 de la Loi de 1915, les membres des organes d\u2019une personne morale n\u2019assument aucune responsabilit\u00e9 personnelle pour les actes qu\u2019ils accomplissent dans le cadre de leurs fonctions sociales en engageant directement la personne morale. L\u2019organe de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tant l\u2019incarnation l\u00e9gale de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle il s\u2019identifie, la personne morale est engag\u00e9e directement par les actes accomplis par son organe, ce dernier exprimant directement et imm\u00e9diatement la volont\u00e9 du premier. (cf. De Page, Trait\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire de droit civil belge, Les Personnes, Tome 2, vol. 1, 1990, page 402). En l\u2019esp\u00e8ce, A.) affirme cependant que les administrateurs auraient agi en dehors du cadre de leur fonction. Il n\u2019\u00e9tablit cependant pas en quoi les administrateurs de SOC.1.B.) en fonction au moment des faits litigieux auraient commis des fautes d\u00e9tachables de leurs fonctions, seules susceptibles d\u2019engager la responsabilit\u00e9 personnelle des dirigeants d\u2019une personne morale, la demande bas\u00e9e sur les r\u00e8gles de la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle doit \u00e9galement \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e non fond\u00e9e \u00e0 leur \u00e9gard. A.) affirme ensuite que les actionnaires majoritaires du Compartiment 2, D.) et SOC.2.), se seraient rendus coupables de fautes d\u00e9lictuelles en d\u00e9cidant de vendre l\u2019Immeuble \u00e0 un prix inf\u00e9rieur \u00e0 la valeur du march\u00e9, ne tenant pas compte d\u2019une location de 100 % des surfaces, sans ordonner de contre- expertise, sans mettre l\u2019Immeuble en vente sur un march\u00e9 concurrentiel. Or, il convient de renvoyer \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 l\u2019analyse faite au sujet de l\u2019abus de majorit\u00e9. A d\u00e9faut d\u2019avoir pris en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale la d\u00e9cision ayant pr\u00e9tendument caus\u00e9 le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 par A.), cette d\u00e9cision ayant \u00e9t\u00e9 prise par le general partner SOC.1.B.), la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle de D.) et d\u2019SOC.2.) ne peut pas \u00eatre engag\u00e9e \u00e0 ce titre, de sorte que la demande en r\u00e9paration d\u2019un pr\u00e9judice n\u2019est pas fond\u00e9e \u00e0 leur \u00e9gard.<\/p>\n<p>A.) entend enfin engager la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle de SOC.1.B.) et des associ\u00e9s majoritaires pour avoir pr\u00e9cipit\u00e9 la vente de l\u2019Immeuble, sans chercher \u00e0 obtenir le meilleur prix de vente possible, de ne pas avoir agi dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du Compartiment 2 et des actionnaires pris en leur ensemble. Cette demande, en ce qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre les actionnaires majoritaires, ne saurait aboutir, aux motifs expos\u00e9s ci-avant, aucune d\u00e9cision ayant pu \u00eatre \u00e0 l\u2019origine du pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 n\u2019ayant \u00e9t\u00e9 prise par eux. Concernant SOC.1.B.), il convient de rappeler que la demande bas\u00e9e exclusivement sur la responsabilit\u00e9 contractuelle est irrecevable. &#8212; La d\u00e9claration en jugement commun<\/p>\n<p>La demande en d\u00e9claration de jugement commun a pour objet de rendre le tiers partie \u00e0 la proc\u00e9dure, pour que la d\u00e9cision \u00e0 intervenir ait autorit\u00e9 de chose jug\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard. Une d\u00e9claration de jugement commun ne peut viser que les tiers auxquels le jugement \u00e0 intervenir pourrait pr\u00e9judicier dans des conditions leur ouvrant droit de former tierce opposition \u00e0 ce jugement Le tribunal constate que A.) n\u2019explique pas en quoi il y aurait un int\u00e9r\u00eat \u00e0 d\u00e9clarer le pr\u00e9sent jugement commun \u00e0 SOC.5.). Il r\u00e9sulte par ailleurs des d\u00e9veloppements non contest\u00e9s de SOC.5.) que celle- ci n\u2019est plus contractuellement li\u00e9e au Fonds en raison de l\u2019Immeuble. Le bienfond\u00e9 de la demande en d\u00e9claration de jugement commun en ce qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre SOC.5.) est d\u00e8s lors \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e. Concernant la demande dirig\u00e9e contre SOC.3.), A.) consid\u00e8re que celle- ci serait fond\u00e9e, alors que SOC.3.) est la banque d\u00e9positaire du Fonds et que la mettre en cause en vue d\u2019une d\u00e9claration de jugement commun permettrait de garantir que l\u2019Immeuble reste la propri\u00e9t\u00e9 du Fonds pendant la proc\u00e9dure. Devant les contestations de SOC.3.) qui affirme que la demande dirig\u00e9e \u00e0 son encontre serait superf\u00e9tatoire, alors qu\u2019elle n\u2019aurait aucun int\u00e9r\u00eat dans la solution du litige, et en l\u2019absence de justification pr\u00e9cise quant \u00e0 la demande formul\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de SOC.3.), il y a lieu de la d\u00e9clare non fond\u00e9e. Le tribunal constate finalement qu\u2019SOC.4.A.) ne conteste pas le bienfond\u00e9 de la demande dirig\u00e9e \u00e0 son encontre, de sorte qu\u2019il y a lieu de la d\u00e9clarer fond\u00e9e et d\u00e8s lors de d\u00e9clarer le jugement commun \u00e0 son \u00e9gard. &#8212; Les demandes bas\u00e9es sur l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019issue du litige, la demande de A.) sur cette base est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e. Le tribunal consid\u00e8re encore qu\u2019il n\u2019est pas \u00e9tabli en quoi il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 charge du Fonds et de SOC.1.B.) l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des frais non compris dans les d\u00e9pens, de sorte que leur demande de ce chef est \u00e9galement \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Au regard du fait que SOC.5.) et SOC.3.) ont \u00e9t\u00e9 assign\u00e9es en d\u00e9claration de jugement commun sans la moindre justification, le tribunal consid\u00e8re qu\u2019il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 leur charge l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des frais non compris dans les d\u00e9pens. Eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019import de l\u2019affaire, aux difficult\u00e9s qu\u2019elle comporte et aux soins qu\u2019elle requiert, le tribunal \u00e9value \u00e0 1.000,- EUR l\u2019indemnit\u00e9 redue \u00e0 chacune d\u2019elles de ce chef.<\/p>\n<p>P a r c e s m o t i f s :<\/p>\n<p>le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale selon la proc\u00e9dure civile, statuant contradictoirement, re\u00e7oit la demande en la forme, dit non fond\u00e9e la demande en annulation de la cession de l\u2019immeuble IMMEUBLE.1.) , dit non fond\u00e9e la demande en annulation des d\u00e9cisions prises par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du Compartiment 2 du 30 d\u00e9cembre 2015, d\u00e9clare irrecevable la demande en dommages int\u00e9r\u00eats dirig\u00e9e sur la base d\u00e9lictuelle \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.B.) SA, dit non fond\u00e9es les demandes en dommages et int\u00e9r\u00eats dirig\u00e9es contre B.) , C.), D.), E.), F.) et la soci\u00e9t\u00e9 en commandite sp\u00e9ciale SOC.2.) SCSp et en d\u00e9boute, dit non fond\u00e9es les demandes tendant \u00e0 la d\u00e9claration de jugement commun dirig\u00e9es contre la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) LIMITED, succursale de Luxembourg et contre la soci\u00e9t\u00e9 de droit \u00e9cossais SOC.3.) Plc, dit non fond\u00e9es les demandes de A.), de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019investissement \u00e0 capital variable \u2013 fonds d\u2019investissement sp\u00e9cialis\u00e9 SOC.1.A.) S.C.A. SICAV-FIS et de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.1.B.) SA sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile et en d\u00e9boute, dit fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) LIMITED, succursale de Luxembourg sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile \u00e0 hauteur de 1.000, &#8212; EUR, condamne A.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.5.) LIMITED, succursale de Luxembourg le montant de 1.000,- EUR de ce chef, dit fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 de droit \u00e9cossais SOC.3.) Plc sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile \u00e0 hauteur de 1.000,- EUR, condamne A.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit \u00e9cossais SOC.3.) Plc le montant de 1.000,- EUR de ce chef, d\u00e9clare le jugement commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.4.A.) , condamne A.) \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20240827-235836\/20201120-talux2-178449a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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