{"id":713368,"date":"2026-04-27T23:24:19","date_gmt":"2026-04-27T21:24:19","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-de-cassation-12-novembre-2020-n-2019-00134\/"},"modified":"2026-04-27T23:24:23","modified_gmt":"2026-04-27T21:24:23","slug":"cour-de-cassation-12-novembre-2020-n-2019-00134","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-de-cassation-12-novembre-2020-n-2019-00134\/","title":{"rendered":"Cour de cassation, 12 novembre 2020, n\u00b0 2019-00134"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>N\u00b0 143 \/ 2020 p\u00e9nal du 12.11.2020 Not. 23274\/ 08\/CD Num\u00e9ro CAS -2019-00134 du registre<\/p>\n<p>La Cour de cassation du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg a rendu en son audience publique du jeudi, douze novembre deux mille vingt ,<\/p>\n<p>sur le pourvoi de :<\/p>\n<p>X, n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026), ayant \u00e9lu domicile \u00e0 (\u2026) et demeurant \u00e0 (\u2026),<\/p>\n<p>pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil,<\/p>\n<p>demandeur en cassation,<\/p>\n<p>comparant par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e MOYSE BLESER, inscrite \u00e0 la liste V du t ableau de l\u2019Ordre des a vocats du barreau de Luxembourg, en l\u2019\u00e9tude de laquelle domicile est \u00e9lu, repr\u00e9sent\u00e9e aux fins de la pr\u00e9sente proc\u00e9dure par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois MOYSE, avocat \u00e0 la Cour,<\/p>\n<p>en pr\u00e9sence du Minist\u00e8re public,<\/p>\n<p>et de :<\/p>\n<p>1) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC1) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration, inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro (\u2026),<\/p>\n<p>demanderesse au civil,<\/p>\n<p>d\u00e9fenderesse en cassation,<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN, avocat \u00e0 la Cour, en l\u2019\u00e9tude duquel domicile est \u00e9lu,<\/p>\n<p>2) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit panam\u00e9en SOC2), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par ses directeurs actuellement en fonctions, sinon tout autre repr\u00e9sentant statutaire,<\/p>\n<p>3) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit panam\u00e9en SOC3) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), num\u00e9ro d\u2019identit\u00e9 (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration,<\/p>\n<p>4) la soci\u00e9t\u00e9 de droit du Delaware SOC4), soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social au (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s<\/p>\n<p>2 de Delaware sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Mr A) , domicili\u00e9 \u00e0 (\u2026),<\/p>\n<p>5) A), domicili\u00e9 \u00e0 (\u2026), agissant en sa qualit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 SOC4) et en qualit\u00e9 de copropri\u00e9taire du compte en banque num\u00e9ro (\u2026) aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1) S.A.,<\/p>\n<p>6) B), domicili\u00e9e \u00e0 (\u2026), agissant en tant que b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 SOC4) et en qualit\u00e9 de copropri\u00e9taire avec A) du compte en banque num\u00e9ro (\u2026) aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1) S.A.,<\/p>\n<p>7) C), demeurant \u00e0 (\u2026), agissant en sa qualit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique unique de la soci\u00e9t\u00e9 SOC5) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026), et en sa qualit\u00e9 de garant \u00e0 titre personnel du pr\u00eat SGBT de 30.000.000 euros \u00e0 ladite soci\u00e9t\u00e9 SOC5),<\/p>\n<p>8) D), demeurant \u00e0 (\u2026), agissant en sa qualit\u00e9 de garante \u00e0 titre personnel du pr\u00eat SGBT de 30.000.000 euros \u00e0 ladite soci\u00e9t\u00e9 SOC5) ,<\/p>\n<p>9) la soci\u00e9t\u00e9 de droit espagnol SOC6), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son organe l\u00e9gal et statutaire,<\/p>\n<p>10) C), agissant en tant que repr\u00e9sentant respectivement mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 de droit n\u00e9erlandais SOC7) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s des Pays-Bas sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son administrateur unique C) ,<\/p>\n<p>11) C), agissant en son nom personnel en tant que b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique ou actionnaire de la soci\u00e9t\u00e9 SOC7) ou titulaire ou b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique des fonds de la soci\u00e9t\u00e9 SOC7) ,<\/p>\n<p>12) C), agissant en tant que repr\u00e9sentant respectivement mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 de droit des Antilles n\u00e9erlandaises SOC8) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social aux Antilles n\u00e9erlandaises, (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Cura\u00e7ao sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son repr\u00e9sentant C) ,<\/p>\n<p>13) C), agissant en son nom personnel et en tant que b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique ou actionnaire de la soci\u00e9t\u00e9 SOC8) ou titulaire ou b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique des fonds de la soci\u00e9t\u00e9 SOC8) ,<\/p>\n<p>14) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit espagnol SOC9), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Barcelone sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son organe l\u00e9gal ou statutaire ,<\/p>\n<p>15) C), agissant en sa qualit\u00e9 de b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 SOC9) ,<\/p>\n<p>16) la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit espagnol SOC10), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Barcelone sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son organe l\u00e9gal ou statutaire ,<\/p>\n<p>3 17) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC11), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son administrateur unique C) , demeurant \u00e0 (\u2026), sinon par son conseil d\u2019administration,<\/p>\n<p>18) C), agissant en sa qualit\u00e9 d\u2019unique investisseur de fonds de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC11), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026), au moment des faits ,<\/p>\n<p>19) D), demeurant \u00e0 (\u2026), agissant en sa qualit\u00e9 d\u2019actuel actionnaire unique et seul b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC11) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro (\u2026),<\/p>\n<p>demandeurs au civil,<\/p>\n<p>d\u00e9fendeurs en cassation,<\/p>\n<p>l\u2019arr\u00eat qui suit :<\/p>\n<p>Vu l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, rendu le 12 juillet 2019 sous le num\u00e9ro 271\/ 19 par la Cour d\u2019appel du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, cinqui\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle ; Vu le pourvoi en cassation form\u00e9 par Ma\u00eetre Giulia JAEGER , avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Fran\u00e7ois MOYSE, avocat \u00e0 la Cour, au nom de X , suivant d\u00e9claration du 9 ao\u00fbt 2019 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice ; Vu le m\u00e9moire en cassation signifi\u00e9 le 6 septembre 2019 par X \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC1), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit panam\u00e9en SOC2) , \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit panam\u00e9en SOC3), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 du droit du Delaware SOC4) , \u00e0 A), \u00e0 B), \u00e0 C), \u00e0 D), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit espagnol SOC6) , \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit espagnol SOC9) , \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e de droit espagnol SOC10), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC11) et \u00e0 D), d\u00e9pos\u00e9 le 9 septembre 2020 au greffe de la Cour ; Vu le m\u00e9moire en r\u00e9ponse, d\u00e9pos\u00e9, conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article 44, alin\u00e9a 2, de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, le 4 octobre 2019 par Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN au nom de la SOC1) au greffe de la Cour ; Ecartant le nouveau m\u00e9moire intitul\u00e9 \u00ab m\u00e9moire en r\u00e9plique \u00bb signifi\u00e9 le 7 octobre 2020 par X \u00e0 la SOC1), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC2) , \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC3) , \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC4), \u00e0 A), \u00e0 B), \u00e0 C), \u00e0 D), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC6) , \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC9) , \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC10), \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC11) et \u00e0 D), d\u00e9pos\u00e9 le 9 octobre 2020 au greffe de la Cour, pour ne pas \u00eatre pr\u00e9vu par la loi ;<\/p>\n<p>4 Sur le rapport du pr\u00e9sident Jean -Claude WIWINIUS et les conclusions de l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Sandra KERSCH ;<\/p>\n<p>Sur les faits<\/p>\n<p>Selon l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, avait condamn\u00e9 par d\u00e9faut X \u00e0 une peine d\u2019emprisonnement et \u00e0 une peine d\u2019 amende du chef de faux en \u00e9critures de banque, fausses signatures, usage de faux et abus de confiance et, au civil, avait d\u00e9clar\u00e9 partiellement fond\u00e9e la demande de la SOC1) .<\/p>\n<p>La SOC1) avait interjet\u00e9 appel au civil et le pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil X avait interjet\u00e9 appel au p\u00e9nal et au civil contre ce jugement. X avait, en outre, form\u00e9 opposition contre le m\u00eame jugement.<\/p>\n<p>Le tribunal avait d\u00e9clar\u00e9 l\u2019opposition irrecevable au motif que X avait interjet\u00e9 appel contre le jugement avant de former opposition. La Cour d\u2019appel avait r\u00e9form\u00e9 ce dernier jugement, au motif que l\u2019appel \u00e9tait irrecevable et n\u2019avait pas pu d\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la juridiction d\u2019appel la connaissance de la cause. Elle avait sursis \u00e0 statuer, en attendant que le tribunal se f\u00fbt prononc\u00e9 sur la recevabilit\u00e9 de l\u2019opposition, notamment au vu du d\u00e9lai extraordinaire d\u2019opposition de l\u2019article 187, alin\u00e9a 4, du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale.<\/p>\n<p>Par la suite, le tribunal avait dit l\u2019opposition recevable au p\u00e9nal, mais irrecevable au civil, au motif que le d\u00e9lai extraordinaire pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 187, alin\u00e9a 4, du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale ne s\u2019appliquait pas aux dispositions du jugement par d\u00e9faut ayant un caract\u00e8re civil et que l\u2019opposition au civil de X \u00e9tait intervenue apr\u00e8s la date d\u2019expiration du d\u00e9lai d\u2019opposition. La Cour d\u2019appel a confirm\u00e9 ce jugement.<\/p>\n<p>Sur le premier moyen de cassation<\/p>\n<p>Enonc\u00e9 du moyen<\/p>\n<p>\u00ab Tir\u00e9 de la violation de la loi, in specie, de l&#039;article 187 du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale (CPP), qui \u00e9tablit, en son alin\u00e9a 1 que &lt;&lt; La condamnation par d\u00e9faut sera consid\u00e9r\u00e9e comme non avenue si, dans les quinze jours de la signification ou notification qui en a \u00e9t\u00e9 faite au pr\u00e9venu \u00e0 son domicile, son domicile \u00e9lu, sa r\u00e9sidence ou son lieu de travail, celui-ci forme opposition \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution du jugement et notifie son opposition tant au minist\u00e8re public qu&#039;\u00e0 la partie civile. (\u2026) &gt;&gt;<\/p>\n<p>et \u00e0 l&#039;alin\u00e9a 4 que &lt;&lt; Toutefois, si la signification n&#039;a pas \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 personne ou s&#039;il ne r\u00e9sulte pas d&#039;actes d&#039;ex\u00e9cution du jugement que le pr\u00e9venu en a eu connaissance, l&#039;opposition sera recevable jusqu&#039;\u00e0 l&#039;expiration des d\u00e9lais de la prescription de la peine &gt;&gt; et qui prescrit donc un d\u00e9lai d&#039;opposition extraordinaire dans le cas o\u00f9 la signification du jugement rendu par d\u00e9faut n&#039;a pas \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 personne,<\/p>\n<p>en ce que, les juges de la Cour d&#039;appel ont d\u00e9cid\u00e9 que :<\/p>\n<p>&lt;&lt; c&#039;est \u00e0 bon droit et pour des motifs qu&#039;il y a lieu d&#039;adopter que le tribunal s&#039;est fond\u00e9 sur la d\u00e9cision de la Cour de cassation du 20 janvier 2011 pour en d\u00e9duire en l&#039;esp\u00e8ce que le d\u00e9lai d&#039;opposition applicable aux condamnations civiles d\u00e9coulant du jugement rendu par d\u00e9faut en date du 28 avril 2016 est le d\u00e9lai ordinaire pr\u00e9vu \u00e0 l&#039;article 187 alin\u00e9a 1er du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, m\u00eame si la signification du jugement rendu par d\u00e9faut n&#039;a pas \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 personne &gt;&gt;.<\/p>\n<p>alors que, les dispositions de l&#039;article 187 alin\u00e9a 4 du CPP ne font mention d&#039;aucune distinction entre le volet civil et le volet p\u00e9nal de l&#039;opposition,<\/p>\n<p>et que par cons\u00e9quent, en op\u00e9rant une telle distinction la Cour d&#039;appel a viol\u00e9 l&#039;article 187 alin\u00e9a 4 du CPP en lui donnant une signification qu&#039;il n&#039;a pas et d\u00e8s lors en lui donnant une fausse interpr\u00e9tation sinon en en faisant une fausse application. \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de la Cour<\/p>\n<p>La prorogation du d\u00e9lai d\u2019opposition jusqu\u2019\u00e0 l\u2019expiration des d\u00e9lais de la prescription de la peine, lorsque la signification du jugement n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 personne et qu\u2019il ne r\u00e9sulte pas d\u2019actes d\u2019ex\u00e9cution du jugement que le pr\u00e9venu en a eu connaissance, ne s\u2019applique qu\u2019aux condamnations \u00e0 l\u2019emprisonnement et \u00e0 l\u2019amende, mais ne saurait \u00eatre \u00e9tendue aux restitutions ordonn\u00e9es ni aux condamnations \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats prononc\u00e9es au profit de la partie civile.<\/p>\n<p>Il en suit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le deuxi\u00e8me moyen de cassation<\/p>\n<p>Enonc\u00e9 du moyen<\/p>\n<p>\u00ab Tir\u00e9 de la violation de l&#039;article 6 de la Convention de sauvegarde des Droits de l&#039;homme et des Libert\u00e9s fondamentales (ci-apr\u00e8s la &lt;&lt; CEDH &gt;&gt;) approuv\u00e9e par la loi du 29 ao\u00fbt 1953, qui dispose en son paragraphe 1 er que<\/p>\n<p>&lt;&lt; Toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement (&#8230;) par un tribunal ind\u00e9pendant et impartial (&#8230;) qui d\u00e9cidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caract\u00e8re civil, soit du bien- fond\u00e9 de toute accusation en mati\u00e8re p\u00e9nale dirig\u00e9e contre elle (\u2026) &gt;&gt;,<\/p>\n<p>et de son paragraphe 3<\/p>\n<p>&lt;&lt; Tout accus\u00e9 a droit notamment \u00e0 : (&#8230;)<\/p>\n<p>a) \u00eatre inform\u00e9, dans le plus court d\u00e9lai, dans une langue qu&#039;il comprend et d&#039;une mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e, de la nature et de la cause de l&#039;accusation port\u00e9e contre lui ; b) disposer du temps et des facilit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la pr\u00e9paration de sa d\u00e9fense ; c) se d\u00e9fendre lui-m\u00eame ou avoir l&#039;assistance d&#039;un d\u00e9fenseur de son choix&#8230;<\/p>\n<p>6 en ce que la Cour d&#039;appel , en d\u00e9cidant d&#039;appliquer non pas le paragraphe 4 de l&#039;article 187 du CPP, mais son paragraphe 1 er , a priv\u00e9 le demandeur en cassation de son droit \u00e0 \u00eatre jug\u00e9 \u00e9quitablement selon la loi, \u00e0 la fois au civil et au p\u00e9nal, sans que sa culpabilit\u00e9 ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement \u00e9tablie,<\/p>\n<p>alors que le principe du droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable veut que les cons\u00e9quences des actes pr\u00e9sum\u00e9s infractionnels doivent pouvoir \u00eatre d\u00e9battus en la pr\u00e9sence d&#039;un accus\u00e9, aussi bien en mati\u00e8re p\u00e9nale que civile lorsque, comme en l&#039;esp\u00e8ce, l&#039;absence de notification \u00e0 personne du premier jugement par d\u00e9faut a emp\u00each\u00e9 toute d\u00e9fense devant le tribunal. \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de la Cour<\/p>\n<p>Le droit d&#039;acc\u00e8s au juge tel que pr\u00e9vu par l\u2019article 6 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales n&#039;est pas absolu. L es Etats peuvent \u00e9dicter des prescriptions destin\u00e9es \u00e0 r\u00e9glementer les recours qu&#039;ils organisent et en fixer les conditions d&#039;exercice, pourvu que ces r\u00e9glementations aient pour but d&#039;assurer une bonne administration de la justice. Les limitations au droit d\u2019acc\u00e8s peuvent r\u00e9sulter de r\u00e8gles proc\u00e9durales tenant aux conditions de recevabilit\u00e9 d\u2019un recours.<\/p>\n<p>En retenant que<\/p>\n<p>\u00ab l\u2019existence du d\u00e9lai pr\u00e9vu aux alin\u00e9as 1 et 4 de l\u2019article 187 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale n\u2019emporte pas en elle-m\u00eame violation de l\u2019article 6 paragraphe 1 de la Convention puisque le droit d\u2019acc\u00e8s effectif \u00e0 un tribunal, c\u2019est-\u00e0-dire la possibilit\u00e9 d\u2019avoir un nouveau proc\u00e8s contradictoire, et l\u2019\u00e9quit\u00e9 de la proc\u00e9dure restent garantis au d\u00e9faillant. ( \u2026) Le fait d\u2019effectuer une distinction entre le volet p\u00e9nal et le volet civil de l\u2019opposition et de soumettre ceux-ci \u00e0 des r\u00e8gles proc\u00e9durales diff\u00e9rentes, en l\u2019occurrence \u00e0 des d\u00e9lais diff\u00e9rents, dans un souci de bonne administration de la justice, n\u2019a pas pour effet de r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant ou d\u2019entraver le droit d\u2019acc\u00e8s du d\u00e9faillant \u00e0 un tribunal et de porter atteinte au droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable. ( \u2026) En effet, le d\u00e9faillant, sous r\u00e9serve de ne pas omettre de former son opposition dans le d\u00e9lai et de respecter certaines prescriptions de proc\u00e9dure, conserve son droit \u00e0 un nouveau proc\u00e8s contradictoire \u00e9galement pour ce qui concerne les condamnations \u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats. \u00bb,<\/p>\n<p>les juges d\u2019appel n\u2019ont pas viol\u00e9 la disposition vis\u00e9e au moyen.<\/p>\n<p>Il en suit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le troisi\u00e8me moyen de cassation<\/p>\n<p>Enonc\u00e9 du moyen<\/p>\n<p>\u00ab Tir\u00e9 de la fausse interpr\u00e9tation sinon de la fausse application de l&#039;article 187, alin\u00e9as 1 et 4 du CPP, retenue par les juges d&#039;appels<\/p>\n<p>en ce que la Cour a d\u00e9cid\u00e9 que l&#039;article 9 de la Directive (UE) 2016\/343 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 9 mars 2016 portant renforcement de certains<\/p>\n<p>7 aspects de la pr\u00e9somption d&#039;innocence et du droit d&#039;assister \u00e0 son proc\u00e8s dans le cadre des proc\u00e9dures p\u00e9nales ne s&#039;appliquerait pas aux proc\u00e9dures civiles et donc au cas d&#039;esp\u00e8ce,<\/p>\n<p>alors que ladite Directive, et plus particuli\u00e8rement son article 9, ne distingue pas entre les responsabilit\u00e9s p\u00e9nale et civile \u00e9manant d&#039;une proc\u00e9dure in absentia, et oblige les Etats, ce y compris le Luxembourg, \u00e0 pr\u00e9voir que les personnes poursuivies, lorsqu&#039;elles n&#039;ont pas assist\u00e9 \u00e0 leur proc\u00e8s (&#8230;) aient droit \u00e0 un nouveau proc\u00e8s ou \u00e0 une autre voie de droit, permettant une nouvelle appr\u00e9ciation du fond de l&#039;affaire, y compris l&#039;examen de nouveaux \u00e9l\u00e9ments de preuve, et pouvant aboutir \u00e0 une infirmation de la d\u00e9cision initiale. \u00bb.<\/p>\n<p>R\u00e9ponse de la Cour<\/p>\n<p>En retenant que<\/p>\n<p>\u00ab Il r\u00e9sulte des consid\u00e9rants de la Directive qu\u2019elle s\u2019applique aux proc\u00e9dures p\u00e9nales, \u00e0 partir du moment o\u00f9 une personne est soup\u00e7onn\u00e9e d\u2019avoir commis une infraction p\u00e9nale ou est poursuivie, jusqu\u2019\u00e0 ce que la d\u00e9cision finale visant \u00e0 d\u00e9terminer si le suspect ou la personne poursuivie a commis l\u2019infraction p\u00e9nale soit devenue d\u00e9finitive, et elle ne s\u2019applique pas aux proc\u00e9dures civiles \u00bb<\/p>\n<p>et en en concluant que la Directive n\u2019est pas pertinente pour la solution du litige, les juges d\u2019appel n\u2019ont pas viol\u00e9 la disposition vis\u00e9e au moyen.<\/p>\n<p>Il en suit que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS,<\/p>\n<p>la Cour de cassation :<\/p>\n<p>rejette le pourvoi ;<\/p>\n<p>condamne le demandeur en cassation aux frais de l\u2019instance en cassation, ceux expos\u00e9s par le Minist\u00e8re public \u00e9tant liquid\u00e9s \u00e0 10,25 euros.<\/p>\n<p>Ainsi jug\u00e9 par la Cour de cassation du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg en son audience publique du jeudi, douze novembre deux mille vingt, \u00e0 la Cit\u00e9 Judiciaire, B\u00e2timent CR, Plateau du St. Esprit, compos\u00e9e de :<\/p>\n<p>Jean-Claude WIWINIUS, pr\u00e9sident de la Cour, Eliane EICHER, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Roger LINDEN, conseiller \u00e0 la Cour de cassation, Anne-Fran\u00e7oise GREMLING, conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel, Nathalie HILGERT, conseiller \u00e0 la Cour d\u2019appel,<\/p>\n<p>qui ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent arr\u00eat avec le greffier \u00e0 la Cour Viviane PROBST .<\/p>\n<p>La lecture du pr\u00e9sent arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en la susdite audience publique par le pr\u00e9sident Jean-Claude WIWINIUS, en pr\u00e9sence du premier avocat g\u00e9n\u00e9ral Marie- Jeanne KAPPWEILER et du greffier Viviane PROBST.<\/p>\n<p>9 Conclusions du Parquet G\u00e9n\u00e9ral dans l\u2019affaire de cassation X en pr\u00e9sence du Minist\u00e8re public<\/p>\n<p>(Affaire num\u00e9ro CAS- 2019-00134 du registre)<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration faite le 9 ao\u00fbt 2019 au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice, Ma\u00eetre Giulia JAEGER, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Fran\u00e7ois MOYSE, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, forma au nom et pour le compte de X, n\u00e9 le 12 mars 1974 \u00e0 Barcelone, un recours en cassation contre un arr\u00eat, rendu de fa\u00e7on contradictoire sous le num\u00e9ro 271\/19, le 12 juillet 2019, par la Cour d\u2019appel, cinqui\u00e8me chambre correctionnelle.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9claration de recours a \u00e9t\u00e9 suivie en date du 9 septembre 2019 du d\u00e9p\u00f4t d\u2019un m\u00e9moire en cassation, sign\u00e9 par Ma\u00eetre Fran\u00e7ois MOYSE, avocat \u00e0 la Cour, contenant ses moyens, pour le compte de X pr\u00e9cit\u00e9, signifi\u00e9 en date du 6 septembre 2019 dans le respect des r\u00e8gles proc\u00e9durales pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 388 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale.<\/p>\n<p>Le pourvoi respecte le d\u00e9lai d\u2019un mois courant \u00e0 partir du prononc\u00e9 de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e dans lequel la d\u00e9claration de pourvoi doit, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 41 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, intervenir. Il respecte en outre le d\u00e9lai d\u2019un mois, pr\u00e9vu par l\u2019article 43 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885, dans lequel la d\u00e9claration du pourvoi doit \u00eatre suivie du d\u00e9p\u00f4t du m\u00e9moire en cassation.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 43 de la loi pr\u00e9cit\u00e9e, ce m\u00e9moire a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par un avocat \u00e0 la Cour, pr\u00e9cise les dispositions attaqu\u00e9es de l\u2019arr\u00eat et contient des moyens de cassation.<\/p>\n<p>Le pourvoi est d\u00e8s lors recevable quant \u00e0 la pure forme et au d\u00e9lai.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN a d\u00e9pos\u00e9 le 4 octobre 2019 un m\u00e9moire en r\u00e9ponse pour le compte de la SOC1) au greffe de la Cour sup\u00e9rieure de justice, m\u00e9moire qui peut \u00eatre pris en consid\u00e9ration pour avoir \u00e9t\u00e9 introduit dans les conditions de forme et de d\u00e9lai pr\u00e9vues dans la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885.<\/p>\n<p>Faits et r\u00e9troactes<\/p>\n<p>Par jugement n\u00b0 1293\/2016 du 28 avril 2016, rendu par d\u00e9faut par une chambre correctionnelle du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, X a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 une peine d\u2019emprisonnement de 6 ans et \u00e0 une amende de 200.000 euros du chef de faux en \u00e9critures de banque, fausses signatures, d\u2019usage de faux et d\u2019abus de confiance, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019interdiction des droits pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 11 du Code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>10 Au civil, la demande de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme de droit luxembourgeois SOC1) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e \u00e0 concurrence du montant de 514.917,69 euros, avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal, tels que sp\u00e9cifi\u00e9s au dispositif de la d\u00e9cision. La demande civile de C) agissant en tant que repr\u00e9sentant, respectivement mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 de droit des Antilles n\u00e9erlandaises SOC8), a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e pour le montant de 3.000 euros. Les autres demandes civiles ont soit fait l\u2019objet d\u2019une d\u00e9cision d\u2019incomp\u00e9tence, soit ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es irrecevables ou non fond\u00e9es.<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration du 6 juin 2016, le mandataire de la SOC1) S.A. a interjet\u00e9 appel au civil contre le jugement n\u00b0 1293\/2016 du 28 avril 2016 rendu contradictoirement \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration du 6 juin 2016, le mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2) a interjet\u00e9 appel au p\u00e9nal et au civil contre ce m\u00eame jugement contradictoire \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration du 2 juin 2016, les parties civiles SOC4), A), B), C), D), SOC6), SOC7), SOC8), SOC9), C) et SOC10), ont fait interjeter appel au p\u00e9nal et au civil contre ce jugement rendu par d\u00e9faut contre X et contradictoirement \u00e0 leur encontre.<\/p>\n<p>Le 20 juillet 2016, le mandataire du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil, X a d\u00e9clar\u00e9 interjeter appel au p\u00e9nal et au civil contre ledit jugement.<\/p>\n<p>Le procureur d\u2019Etat pr\u00e8s le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg a interjet\u00e9 appel par d\u00e9claration du 25 juillet 2016, notifi\u00e9e le m\u00eame jour au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg.<\/p>\n<p>Par acte d\u2019opposition du 25 juillet 2016, X a, en sus de son appel du 20 juillet 2016, relev\u00e9 opposition contre le jugement rendu par d\u00e9faut en date du 28 avril 2016.<\/p>\n<p>Par courriers du 15 d\u00e9cembre 2016, X a inform\u00e9 les parties civiles de l\u2019opposition pr\u00e9cit\u00e9e.<\/p>\n<p>Par jugement sur incident du 18 janvier 2017, rendu contradictoirement \u00e0 l\u2019encontre de X, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, statuant sur l\u2019opposition du 25 juillet 2016, l\u2019a d\u00e9clar\u00e9e irrecevable au motif que X, qui a interjet\u00e9 appel du jugement par d\u00e9faut avant de former opposition, a saisi la juridiction du second degr\u00e9 de la cause et qu\u2019il ne lui appartient plus de dessaisir cette juridiction par un acte ult\u00e9rieur pour la d\u00e9f\u00e9rer au juge de premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Ce jugement a \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 en date du 20 janvier 2017 d\u2019un appel au p\u00e9nal et au civil par X, ainsi qu\u2019en date du 23 f\u00e9vrier 2017 d\u2019un appel au civil par la SOC1) S.A.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel a infirm\u00e9 dans son arr\u00eat n\u00b0 168\/18 du 25 avril 2018 le jugement du 18 janvier 2017. En effet, elle a retenu que c\u2019est \u00e0 tort que l\u2019opposition form\u00e9e le 25 juillet 2016 par X a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e irrecevable en raison de de l\u2019irrecevabilit\u00e9 de l\u2019appel interjet\u00e9<\/p>\n<p>11 le 20 juillet 2016 et elle a renvoy\u00e9 la cause devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg.<\/p>\n<p>Pour statuer ainsi, elle a consid\u00e9r\u00e9 que seul un appel recevable peut d\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la juridiction d\u2019appel la connaissance de la cause, de sorte qu\u2019un appel non recevable ne fait pas obstacle \u00e0 la recevabilit\u00e9 d\u2019une opposition ult\u00e9rieure. En l\u2019occurrence, la Cour d\u2019appel a constat\u00e9, sur base d\u2019une notification en date du 24 mai 2016 du jugement par d\u00e9faut, notification qu&#039;elle a qualifi\u00e9e de r\u00e9guli\u00e8re, que l\u2019appel de X du 20 juillet 2016 est tardif, donc irrecevable, et que l\u2019appel incident du minist\u00e8re public est n\u00e9cessairement irrecevable.<\/p>\n<p>Finalement, la Cour d\u2019appel a, en attendant que le tribunal se soit prononc\u00e9 sur la recevabilit\u00e9 de l\u2019opposition, notamment au vu du d\u00e9lai extraordinaire d\u2019opposition de l\u2019article 187, alin\u00e9a 4, du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, et, le cas \u00e9ch\u00e9ant sur le bien-fond\u00e9 de l\u2019opposition, sursis \u00e0 statuer quant aux appels relev\u00e9s au civil. Il est \u00e0 pr\u00e9ciser qu\u2019elle a, par ailleurs, d\u00e9clar\u00e9 les appels des parties civiles irrecevables pour autant qu\u2019ils visent l\u2019action publique.<\/p>\n<p>Par un jugement du 31 janvier 2019, le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle et statuant contradictoirement, a statu\u00e9 sur la seule question de la recevabilit\u00e9 de l\u2019opposition form\u00e9e par le pr\u00e9venu le 25 juillet 2016 contre le jugement rendu par d\u00e9faut le 28 avril 2016.<\/p>\n<p>Il a dit cette opposition recevable au niveau p\u00e9nal et donc d\u00e9clar\u00e9 non avenues les condamnations prononc\u00e9es au p\u00e9nal \u00e0 l\u2019encontre du pr\u00e9venu par le jugement du 28 avril 2016. En revanche, il a dit irrecevable au niveau civil l\u2019opposition du pr\u00e9venu. Il a encore donn\u00e9 acte \u00e0 la SOC1) S.A de l\u2019augmentation de sa demande civile contre le pr\u00e9venu et a r\u00e9serv\u00e9 les frais.<\/p>\n<p>Si le tribunal a constat\u00e9 la recevabilit\u00e9 de l\u2019opposition pour le volet p\u00e9nal, les premiers juges ont par contre consid\u00e9r\u00e9 que le d\u00e9lai extraordinaire pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 187, alin\u00e9a 4, du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale ne s\u2019applique pas aux dispositions du jugement par d\u00e9faut ayant un caract\u00e8re civil, si bien que l\u2019opposition du pr\u00e9venu \u00e0 l\u2019encontre de la partie civile doit \u00eatre faite dans le d\u00e9lai ordinaire de l\u2019article 187, alin\u00e9a 1 er , du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale. En pr\u00e9sence d\u2019une notification, effectu\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement, selon l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 25 avril 2018, en date du 24 mai 2016 au domicile \u00e9lu du pr\u00e9venu, le tribunal a constat\u00e9 que l\u2019opposition au civil est intervenue post\u00e9rieurement au 8 juin 2016, date d\u2019expiration du d\u00e9lai d\u2019opposition.<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration du 15 f\u00e9vrier 2019 au greffe du tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg, X a fait relever ap pel de ce jugement.<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration du 26 f\u00e9vrier 2019 au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, la SOC1) a fait interjeter appel au civil contre ce jugement.<\/p>\n<p>12 Par arr\u00eat no 271\/19V du 12 juillet 2019, la Cour d\u2019appel a dit l\u2019appel au civil de X non fond\u00e9 et confirm\u00e9 aux m\u00eames motifs le jugement dans la mesure o\u00f9 il \u00e9tait entrepris. L\u2019appel au civil de la SOC1) a par contre \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 irrecevable.<\/p>\n<p>Le pourvoi est dirig\u00e9 contre cet arr\u00eat du 12 juillet 2019.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 du pourvoi<\/p>\n<p>Aux termes de l&#039;article 416 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, le recours en cassation contre les arr\u00eats pr\u00e9paratoires et d&#039;instruction ou les jugements en dernier ressort de cette qualit\u00e9 n&#039;est ouvert qu&#039;apr\u00e8s l&#039;arr\u00eat ou le jugement d\u00e9finitif. Le recours en cassation est toutefois ouvert contre les arr\u00eats et jugements rendus sur la comp\u00e9tence et contre les dispositions par lesquelles il est statu\u00e9 d\u00e9finitivement sur le principe de l&#039;action civile.<\/p>\n<p>L\u2019interdiction de se pourvoir en cassation imm\u00e9diatement et avant la d\u00e9cision d\u00e9finitive contre les d\u00e9cisions pr\u00e9paratoires ou d\u2019instruction a pr\u00e9cis\u00e9ment pour but de pr\u00e9venir des recours dilatoires.<\/p>\n<p>Cette disposition l\u00e9gale s&#039;applique \u00e0 toutes les d\u00e9cisions qui n&#039;\u00e9puisent pas la juridiction du juge p\u00e9nal soit sur l&#039;action publique, soit sur l&#039;action civile. Pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9cision d\u00e9finitive au sens de l&#039;article 416, il ne suffit d\u00e8s lors pas, que la d\u00e9cision du juge \u00e9puise sa juridiction sur une question litigieuse pr\u00e9cise.<\/p>\n<p>Sont consid\u00e9r\u00e9es comme arr\u00eats pr\u00e9paratoires ou d\u2019instruction toutes les d\u00e9cisions qui mettent le litige en \u00e9tat de recevoir une solution, mais sans terminer l\u2019instance. Une d\u00e9cision termine l\u2019instance soit lorsqu\u2019elle se prononce au fond &#8212; acquittement ou condamnation \u2013 soit lorsqu\u2019elle admet une exception d\u2019incomp\u00e9tence ou une autre fin de non-recevoir qui d\u00e9nie ou enl\u00e8ve au juge la connaissance de la cause.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 qu\u2019en confirmant le jugement qui a d\u00e9clar\u00e9 irrecevable l\u2019opposition relev\u00e9e par X au niveau civil, l\u2019arr\u00eat du 12 juillet 2019 a d\u00e9finitivement mis fin \u00e0 ce volet du litige. La voie de la cassation est d\u00e8s lors ouverte contre l\u2019arr\u00eat num\u00e9ro 271\/19, rendu le 12 juillet 2019, par la Cour d\u2019appel, cinqui\u00e8me chambre correctionnelle.<\/p>\n<p>Quant au premier moyen de cassation<\/p>\n<p>Le premier moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation des alin\u00e9as 1 et 4 de l\u2019article 187 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, \u00ab en ce que les juges de la Cour d\u2019appel ont d\u00e9cid\u00e9 que \u00ab c\u2019est \u00e0 bon droit et pour des motifs qu\u2019il y a lieu d\u2019adopter que le tribunal s\u2019est fond\u00e9 sur la d\u00e9cision de la Cour de cassation du 20 janvier 2011 pour en d\u00e9duire en l\u2019esp\u00e8ce que le d\u00e9lai d\u2019opposition applicable aux condamnations civiles d\u00e9coulant du jugement rendu par d\u00e9faut en date du 28 avril 2016 est le d\u00e9lai ordinaire pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 187<\/p>\n<p>13 alin\u00e9a 1er du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, m\u00eame si la signification du jugement rendu par d\u00e9faut n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 personne \u00bb alors que les dispositions de l\u2019article 187 alin\u00e9a 4 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale ne font mention d\u2019aucune distinction entre le volet civil et le volet p\u00e9nal de l\u2019opposition et que par cons\u00e9quent, en op\u00e9rant une telle distinction la Cour d\u2019appel a viol\u00e9 l\u2019article 187 alin\u00e9a 4 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale en lui donnant une signification qu\u2019il n\u2019a pas et d\u00e8s lors en lui donnant une fausse interpr\u00e9tation sinon en en faisant une fausse application. \u00bb.<\/p>\n<p>Il y a lieu de rappeler que l\u2019actuel alin\u00e9a 4 de l\u2019article 187 1 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, rest\u00e9 inchang\u00e9 depuis son introduction en droit luxembourgeois, a \u00e9t\u00e9 repris de la l\u00e9gislation fran\u00e7aise, qui l\u2019a introduit par une loi du 27 juin 1866 \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 3 de l\u2019article 187 du Code d\u2019instruction criminelle de l\u2019\u00e9poque. La port\u00e9e en est discut\u00e9e dans le cadre du moyen sous examen.<\/p>\n<p>La question qui se pose est celle de savoir si l\u2019alin\u00e9a en question s\u2019applique \u00e0 tous les jugements correctionnels rendus par d\u00e9faut.<\/p>\n<p>La Cour de cassation fran\u00e7aise a, par un arr\u00eat du 18 janvier 1901 2 , r\u00e9pondu dans les termes suivants \u00e0 la question: \u00ab Attendu que ce texte, ainsi que l\u2019indiquent ces derniers mots se rapporte seulement \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de la peine ; que les travaux pr\u00e9paratoires de la loi montrent que telle a \u00e9t\u00e9 la seule pr\u00e9occupation du l\u00e9gislateur ; que, en dehors du cas express\u00e9ment pr\u00e9vu, la signification \u00e0 domicile conserve ses effets l\u00e9gaux ; que d\u2019apr\u00e8s le principe m\u00eame maintenu dans le premier paragraphe de l\u2019article 187, elle continue donc de faire courir le d\u00e9lai de l\u2019opposition en ce qui concerne la condamnation aux dommages-int\u00e9r\u00eats prononc\u00e9e au profit de la partie civile ; qu\u2019en d\u00e9cidant ainsi l\u2019arr\u00eat attaqu\u00e9, loin de violer l\u2019article pr\u00e9cit\u00e9, en a fait une saine application \u00bb.<\/p>\n<p>Par sa motivation la Cour de cassation a soulign\u00e9 le fait que la loi du 27 juin 1966 apporte une d\u00e9rogation aux r\u00e8gles ordinaires de la signification. Elle s\u2019est tenue \u00e0 l\u2019intention d\u00e9clar\u00e9e du l\u00e9gislateur. Ce dernier a eu en vue les condamnations p\u00e9nales, susceptibles de devenir d\u00e9finitives \u00e0 l\u2019insu du condamn\u00e9 et qu\u2019on a voulu r\u00e9server \u00e0 celui-ci un recours jusqu\u2019\u00e0 l\u2019expiration du d\u00e9lai de prescription de la peine. On a ob\u00e9i \u00e0 cela dans un sentiment d\u2019humanit\u00e9 et de justice.<\/p>\n<p>Les m\u00eames raisons ne pourraient-elles pas militer pour que la m\u00eame disposition soit appliqu\u00e9e \u00e0 la condamnation \u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats ?<\/p>\n<p>Le conseiller rapporteur BARD a dans ses observations annex\u00e9es \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la Cour de cassation fran\u00e7aise du 18 janvier 1901 3 analys\u00e9 la question dans les termes suivants : \u00ab Assur\u00e9ment la loi aurait pu le dire en vertu de consid\u00e9rations analogues, mais elle a pu aussi laisser \u00e0 l\u2019action civile et \u00e0 l\u2019action p\u00e9nale des r\u00e8gles diff\u00e9rentes et leur faire<\/p>\n<p>1 Article 187 alin\u00e9a 4 : \u00ab Toutefois, si la signification n&#039;a pas \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 personne ou s&#039;il ne r\u00e9sulte pas d&#039;actes d&#039;ex\u00e9cution du jugement que le pr\u00e9venu en a eu connaissance, l&#039;opposition sera recevable jusqu&#039;\u00e0 l&#039;expiration des d\u00e9lais de la prescription de la peine. \u00bb 2 Dalloz.1901.1. page 51 3 Dalloz.1901.1. page 51<\/p>\n<p>14 un sort diff\u00e9rent. Il faut bien convenir que la question d\u2019humanit\u00e9 et de justice pr\u00e9sente ici un double aspect. Si le pr\u00e9venu a int\u00e9r\u00eat \u00e0 pouvoir pr\u00e9senter sa d\u00e9fense, la victime du d\u00e9lit a, de son c\u00f4t\u00e9 besoin d\u2019obtenir r\u00e9paration. Pour l\u2019ex\u00e9cution de la peine la vindicte publique peut toujours retrouver son compte, et la peine, f\u00fbt-elle prescrite la condamnation reste acquise, ce qui est l\u2019essentiel. Mais la victime d\u2019un abus de confiance, la victime d\u2019un accident, ayant affaire \u00e0 un d\u00e9linquant solvable et r\u00e9solu \u00e0 se d\u00e9rober, se trouverait d\u00e9sarm\u00e9e et impuissante \u00e0 obtenir prompte justice qui est due en pareille mati\u00e8re. \u00bb.<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent la disposition vis\u00e9e au moyen est certes claire, mais dans un sens oppos\u00e9 dans lequel veut le faire entendre la partie demanderesse en cassation : elle s\u2019applique aux seules condamnations p\u00e9nales.<\/p>\n<p>Dans un arr\u00eat du 20 janvier 2011 Votre Cour a rejoint la lecture du texte en question, faite par la Cour de cassation fran\u00e7aise :<\/p>\n<p>\u00ab Vu l\u2019article 187, alin\u00e9as 1 et 4, du Code d\u2019instruction criminelle ;<\/p>\n<p>Attendu que la prorogation du d\u00e9lai d\u2019opposition jusqu\u2019\u00e0 l\u2019expiration des d\u00e9lais de la prescription de la peine, lorsque la signification du jugement n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 personne et qu\u2019il ne r\u00e9sulte pas d\u2019actes d\u2019ex\u00e9cution du jugement que le pr\u00e9venu en a eu connaissance, n\u2019est \u00e9tablie que pour les condamnations \u00e0 l\u2019emprisonnement et \u00e0 l\u2019amende mais ne saurait \u00eatre \u00e9tendue aux restitutions ordonn\u00e9es ni aux condamnations \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats prononc\u00e9es au profit de la partie civile ;<\/p>\n<p>d\u2019o\u00f9 il suit qu\u2019en retenant que le d\u00e9lai extraordinaire d\u2019opposition accord\u00e9 par l\u2019article 187, alin\u00e9a 4, au pr\u00e9venu condamn\u00e9 s\u2019applique aussi aux demandes en restitution et aux autres condamnations civiles, la Cour d\u2019appel a viol\u00e9 le texte susvis\u00e9 ; \u00bb.<\/p>\n<p>Il ressort d\u00e8s lors de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent qu\u2019en retenant que l\u2019article 187, alin\u00e9a 4, du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale ne s\u2019applique pas aux condamnations civiles, la Cour d\u2019appel n\u2019a nullement viol\u00e9 la disposition vis\u00e9e au moyen, de sorte que le moyen est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9.<\/p>\n<p>Quant au deuxi\u00e8me moyen de cassation<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me moyen de cassation est tir\u00e9 de la violation des premier et troisi\u00e8me paragraphes de l\u2019article 6 de la Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et libert\u00e9s fondamentales, \u00ab en ce que la Cour d\u2019appel la Cour d\u2019appel, en d\u00e9cidant d\u2019appliquer non pas le paragraphe 4 de l\u2019article 187 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, mais son paragraphe 1 er , a priv\u00e9 le demandeur en cassation de son droit d\u2019\u00eatre jug\u00e9<\/p>\n<p>4 Cf Pr\u00e9cis d\u2019Instruction Criminelle en Droit luxembourgeois, volume II, par Roger THIRY, no 510 \u00ab Les travaux pr\u00e9paratoires de la loi fran\u00e7aise, dont la n\u00f4tre a \u00e9t\u00e9 reprise, sont sans \u00e9quivoque sous le rapport envisag\u00e9 : il s\u2019agit uniquement de condamnations p\u00e9nales. \u00bb<\/p>\n<p>15 \u00e9quitablement selon la loi, \u00e0 la fois au civil et au p\u00e9nal, sans que sa culpabilit\u00e9 ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement \u00e9tablie, alors que le principe du droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable veut que les cons\u00e9quences des actes pr\u00e9sum\u00e9s infractionnels doivent pouvoir \u00eatre d\u00e9battus en la pr\u00e9sence d\u2019un accus\u00e9, aussi bien en mati\u00e8re p\u00e9nale que civile lorsque, comme en l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019absence de notification \u00e0 personne du premier jugement par d\u00e9faut a emp\u00each\u00e9 tout d\u00e9fense devant le tribunal \u00bb.<\/p>\n<p>Avant d\u2019aborder l\u2019analyse de l\u2019article 6 de Convention de sauvegarde des droits de l\u2019homme et libert\u00e9s fondamentales, le demandeur en cassation se livre dans le cadre de la discussion du moyen \u00e0 des d\u00e9veloppements sur le caract\u00e8re n\u00e9cessairement accessoire du volet civil et du volet p\u00e9nal d\u2019un proc\u00e8s p\u00e9nal et des cons\u00e9quences proc\u00e9durales qui devraient en d\u00e9couler.<\/p>\n<p>S\u2019il existe une interd\u00e9pendance certaine entre les deux actions, il ne reste pas moins que des diff\u00e9rences profondes les s\u00e9parent au niveau du but, du caract\u00e8re, de l\u2019objet et des sujets actifs et passifs.<\/p>\n<p>Les liens existants entre les deux types d\u2019actions n\u2019entra\u00eenent d\u00e8s lors pas ipso facto, comme veut le faire entendre le demandeur en cassation une unicit\u00e9 de r\u00e9gime proc\u00e9dural des deux types d\u2019actions.<\/p>\n<p>L\u2019article 6, \u00a7 1, de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme dispose que \u00ab toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement, publiquement et dans un d\u00e9lai raisonnable, par un tribunal ind\u00e9pendant et impartial, \u00e9tabli par la loi, qui d\u00e9cidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caract\u00e8re civil, soit du bien-fond\u00e9 de toute accusation en mati\u00e8re p\u00e9nale dirig\u00e9e contre lui. \u00bb.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu b\u00e9n\u00e9ficie en mati\u00e8re p\u00e9nale du droit \u00e0 un tribunal, droit qui consiste \u00e0 garantir un proc\u00e8s \u00e9quitable devant un tribunal ind\u00e9pendant et impartial lorsque les poursuites sont engag\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00ab La Convention se borne \u00e0 exiger que les individus jouissent d\u2019un droit d\u2019acc\u00e8s effectif \u00e0 la justice selon les modalit\u00e9s non contraires \u00e0 son article 6, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une possibilit\u00e9 claire et concr\u00e8te, reconnue tant par la loi que par la pratique, de contester un acte constituant une ing\u00e9rence dans leurs droits.<\/p>\n<p>Cette disposition internationale impose par cons\u00e9quent aux Etats contractants de d\u00e9terminer puis de prendre des mesures ad\u00e9quates afin de respecter cette obligation. L\u2019effectivit\u00e9 du droit d\u2019acc\u00e8s \u00e0 un tribunal ne se contente donc pas de l\u2019absence d\u2019obstacle mis \u00e0 son exercice. Elle requiert au contraire l\u2019adoption de formes vari\u00e9es positives de la part des Etats. \u00bb 6 .<\/p>\n<p>La Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme consid\u00e8re cependant que le droit d\u2019acc\u00e8s au juge tel que consacr\u00e9 par l\u2019article 6 \u00a71 de la Convention n\u2019est pas absolu. Les Etats sont<\/p>\n<p>5 Trait\u00e9 de droit p\u00e9nal et de criminologie, Pierre BOUZAT et Jean PINATEL, Tome II, no 964 6 Justice p\u00e9nale et proc\u00e8s \u00e9quitable, Notions g\u00e9n\u00e9rales, Volume I, Franklin KUTY, no 472<\/p>\n<p>16 habilit\u00e9s \u00e0 \u00e9dicter des prescriptions destin\u00e9es \u00e0 r\u00e8glementer les recours qu\u2019ils organisent et \u00e0 en fixer les conditions d\u2019exercice, pourvu que ces r\u00e9glementations aient pour but d\u2019assurer une bonne administration de la justice.<\/p>\n<p>La Cour estime cependant que les limitations appliqu\u00e9es ne doivent pas restreindre l\u2019acc\u00e8s ouvert \u00e0 l\u2019individu d\u2019une mani\u00e8re ou \u00e0 un point tels que le droit s\u2019en trouve atteint dans sa substance m\u00eame. En outre elles ne se concilient avec l\u2019article 6 \u00a71, qu\u2019\u00e0 la double condition de poursuivre un but l\u00e9gitime et d\u2019\u00eatre dans un rapport raisonnable de proportionnalit\u00e9 avec le but vis\u00e9.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il ne fait pas de doute que le droit luxembourgeois pr\u00e9voit l\u2019exercice de voies de recours, tel l\u2019appel et l\u2019opposition, en cas de condamnation par d\u00e9faut d\u2019une personne par une juridiction p\u00e9nale. Le droit d\u2019acc\u00e8s au juge en tant que tel \u00e9tant garanti tant au niveau de responsabilit\u00e9 p\u00e9nale que civile, la question de la compatibilit\u00e9 de la l\u00e9gislation nationale avec l\u2019article 6 se situe plut\u00f4t au niveau des r\u00e8gles de proc\u00e9dure, relatives \u00e0 la recevabilit\u00e9 des voies de recours et plus particuli\u00e8rement celles de l\u2019opposition. La limitation en soi du droit d\u2019acc\u00e8s au juge en cas de condamnation par d\u00e9faut, telle que pr\u00e9vue par l\u2019article 187 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, n\u2019est pas de nature \u00e0 m\u00e9conna\u00eetre l\u2019article 6 de la Convention, encore faut-il rechercher si le but vis\u00e9 est l\u00e9gitime et que les moyens sont proportionn\u00e9s au but \u00e0 atteindre.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas lieu de perdre de vue que le d\u00e9lai ordinaire pour l\u2019exercice de cette voie de recours est celui de l\u2019alin\u00e9a 1 de l\u2019article 187 pr\u00e9cit\u00e9 et que l\u2019alin\u00e9a 4 constitue une exception \u00e0 cette r\u00e8gle.<\/p>\n<p>Comme d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9 dans le cadre du premier moyen, ce ne sont que des consid\u00e9rations d\u2019humanit\u00e9 qui ont amen\u00e9 le l\u00e9gislateur \u00e0 porter une exception aux r\u00e8gles ordinaires en faveur du pr\u00e9venu en ce qui concerne sa condamnation par d\u00e9faut \u00e0 une peine.<\/p>\n<p>Le refus du b\u00e9n\u00e9fice du d\u00e9lai extraordinaire d\u2019opposition se justifie au vu de l\u2019\u00e9quilibre \u00e0 \u00e9tablir entre d\u2019une part le droit d\u2019acc\u00e8s effectif au juge du pr\u00e9venu, mais \u00e9galement d\u2019autre part celui de la victime et partie civile. La sauvegarde des droits d\u2019une partie ne doit en effet pas aboutir \u00e0 bafouer les droits d\u2019une autre partie au proc\u00e8s.<\/p>\n<p>Ainsi Votre Cour a retenu dans le cadre de l\u2019arr\u00eat pr\u00e9cit\u00e9 no 5\/2011 p\u00e9nal, du 20 janvier 2011:<\/p>\n<p>\u00ab Attendu que le sursis \u00e0 statuer sur les restitutions et les autres demandes civiles d\u00e9cid\u00e9 par la Cour d\u2019appel en raison du d\u00e9lai extraordinaire d\u2019opposition accord\u00e9 au pr\u00e9venu par l\u2019article 187, alin\u00e9a 4, du Code d\u2019instruction criminelle, fait d\u00e9pendre le droit des parties civiles \u00e0 voir statuer dans un d\u00e9lai raisonnable sur leurs droits de la possibilit\u00e9 factuelle de signifier le jugement de premi\u00e8re instance \u00e0 la personne du pr\u00e9venu ou d\u2019ex\u00e9cuter la d\u00e9cision ainsi que de l\u2019attitude qu\u2019adoptera le pr\u00e9venu et, au pire, renvoie<\/p>\n<p>7 Idem no 473 8 CEDH arr\u00eat KADLEC c\/ TCHEQUIE du 25 mai 2004 \u00a7\u00a7 24- 25<\/p>\n<p>17 l\u2019examen des droits des victimes jusqu\u2019apr\u00e8s l\u2019expiration du d\u00e9lai de la prescription de la peine, r\u00e9gl\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce par l\u2019article 92, alin\u00e9a 2, du Code p\u00e9nal ;<\/p>\n<p>que la d\u00e9cision de surs\u00e9ance, en ce qu\u2019elle aboutit \u00e0 un blocage de la proc\u00e9dure, interrompt le cours de la justice et porte atteinte au droit d\u2019acc\u00e8s effectif des parties civiles au juge \u00bb.<\/p>\n<p>Il y a lieu de noter que lors de l\u2019examen de la compatibilit\u00e9 des limitations pr\u00e9vues par le droit interne avec les exigences de l\u2019article 6, il convient de prendre \u00e9galement en consid\u00e9ration tant les particularit\u00e9s de la proc\u00e9dure en cours que l\u2019ensemble du proc\u00e8s men\u00e9 dans l\u2019ordre juridique interne et le r\u00f4le qu\u2019y a jou\u00e9 la juridiction saisie du recours.<\/p>\n<p>Dans cet ordre d\u2019id\u00e9es, il appartient au justiciable de veiller \u00e0 prendre toutes les dispositions utiles, afin de respecter les r\u00e8gles de proc\u00e9dure fix\u00e9es par la l\u00e9gislation nationale pour faire valoir ses droits en justice. Il doit d\u00e8s lors faire preuve de diligence et doit notamment prendre toutes les mesures n\u00e9cessaires pour recevoir sa correspondance (\u2026).<\/p>\n<p>Dans le cadre de la pr\u00e9sente affaire il ressort de la motivation de l\u2019arr\u00eat no 168\/18 du 25 avril 2018, repris dans l\u2019arr\u00eat dont pourvoi, que le justiciable a au cours de la proc\u00e9dure devant les juridictions du fond tent\u00e9 de cacher son domicile r\u00e9el, pour se retrancher derri\u00e8re un domicile \u00e9lu, dont il a contest\u00e9 l\u2019\u00e9lection par la suite, un comportement qui a consid\u00e9rablement compliqu\u00e9 la notification des actes de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Il ressort de l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que les juges d\u2019appel n\u2019ont d\u2019aucune mani\u00e8re viol\u00e9 la disposition vis\u00e9e au moyen, de sorte que le moyen est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9.<\/p>\n<p>Quant au troisi\u00e8me moyen de cassation :<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me moyen est tir\u00e9 de la fausse interpr\u00e9tation, sinon de la fausse application de l\u2019article 187, alin\u00e9as 1er et 4 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale \u00ab en ce que la Cour a d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019article 9 de la Directive (UE) 2016\/343 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 9 mars 2016 portant renforcement de certains aspects de la pr\u00e9somption d\u2019innocence et du droit d\u2019assister \u00e0 son proc\u00e8s dans le cadre des proc\u00e9dures p\u00e9nales ne s\u2019appliquerait pas aux proc\u00e9dures civiles et donc au cas d\u2019esp\u00e8ce, alors que ladite Directive, et plus particuli\u00e8rement son article 9, ne distingue pas entre les responsabilit\u00e9s p\u00e9nale et civile \u00e9manant d\u2019une proc\u00e9dure in absentia, et oblige les Etats, ce y compris le Luxembourg, \u00e0 pr\u00e9voir que les personnes poursuivies, lorsqu\u2019elles n\u2019ont pas assist\u00e9 \u00e0 leur proc\u00e8s (\u2026) aient droit \u00e0 un proc\u00e8s ou \u00e0 une autre voie de droit, permettant une nouvelle appr\u00e9ciation du fond de l\u2019affaire, y compris l\u2019examen de nouveaux \u00e9l\u00e9ments de preuve, et pouvant aboutir \u00e0 une infirmation de la d\u00e9cision initiale. \u00bb<\/p>\n<p>9 Justice p\u00e9nale et proc\u00e8s \u00e9quitable, Notions g\u00e9n\u00e9rales, Volume I, Franklin KUTY, no 483 10 Idem no 486<\/p>\n<p>Il ressort de la lecture de l\u2019article 43, alin\u00e9a 1 de la loi modifi\u00e9e du 18 f\u00e9vrier 1885 sur les pourvois et la proc\u00e9dure en cassation, que les exigences quant \u00e0 la formulation des moyens de cassation sont moins rigoureuses en mati\u00e8re p\u00e9nale, qu\u2019en mati\u00e8re civil. Un certain degr\u00e9 de pr\u00e9cision reste tout de m\u00eame requis. Or le demandeur en cassation invoque certes la fausse interpr\u00e9tation, sinon la fausse application de l\u2019article 187, alin\u00e9as 1 et 4, du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, en ce que les juges du fond auraient refus\u00e9 de tenir compte de l\u2019article 9 de la Directive (UE) 2016\/343 qui ne ferait pas de distinction entre le volet p\u00e9nal et le volet civil. Dans la discussion du moyen il d\u00e9veloppe le grief formul\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9, mais il critique ensuite \u00e9galement le d\u00e9faut d\u2019application du R\u00e8glement (UE) 1215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 d\u00e9cembre 2012 concernant la comp\u00e9tence judicaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale par la Cour d\u2019appel.<\/p>\n<p>Le demandeur en cassation m\u00e9lange ainsi p\u00eale- m\u00eale plusieurs cas d\u2019ouverture diff\u00e9rents, sans d\u2019ailleurs les subdiviser en branches diff\u00e9rentes, tels une fausse application, sinon une mauvaise interpr\u00e9tation de l\u2019article 187 du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, pour ensuite rebondir sur le refus d\u2019application de certaines dispositions communautaires.<\/p>\n<p>Or Votre Cour a d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 retenu que les moyens constitu\u00e9s par un amalgame de cas d\u2019ouverture de cassation sont complexes et ne permettent pas \u00e0 la Cour de cassation d\u2019en d\u00e9terminer le sens et la port\u00e9e. Ils n\u2019ont d\u00e8s lors pas la pr\u00e9cision requise pour \u00eatre accueillis 11 .<\/p>\n<p>M\u00eame sans prendre en consid\u00e9ration le caract\u00e8re complexe du moyen, celui-ci manque encore de la pr\u00e9cision requise puisqu\u2019il omet d\u2019indiquer en quoi les reproches formul\u00e9s sont en rapport avec le texte de loi vis\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 du moyen. Ceci vaut surtout pour les griefs en relation avec le refus d\u2019application des dispositions de la Directive 2010\/64\/UE et du R\u00e8glement no 1215\/2012, toutes relatives aux r\u00e8gles proc\u00e9durales r\u00e9gissant la notification et la signification de d\u00e9cisions judiciaires.<\/p>\n<p>Au vu des consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent le troisi\u00e8me moyen de cassation est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire, \u00e0 supposer le moyen recevable :<\/p>\n<p>&#8212; Quant au refus d\u2019application de l\u2019article 9 de la Directive (UE) 2016\/343 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 9 mars 2016 portant renforcement de certains aspects de la pr\u00e9somption d\u2019innocence et du droit d\u2019assister \u00e0 son proc\u00e8s dans le cadre des proc\u00e9dures p\u00e9nales et de la cons\u00e9cutive fausse interpr\u00e9tation, sinon fausse application de l\u2019article 187, alin\u00e9as 1er et 4, du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale.<\/p>\n<p>Le champ d\u2019application de la Directive pr\u00e9cit\u00e9e est pr\u00e9cis\u00e9 comme suit dans ses consid\u00e9rants 9 \u00e0 12 :<\/p>\n<p>11 Cassation, arr\u00eat no 135\/2019 p\u00e9nal, rendu le 31 octobre 2019, no 4075 du r\u00f4le<\/p>\n<p>19 \u00ab (9) &#8212; La pr\u00e9sente directive a pour objet de renforcer le droit \u00e0 un proc\u00e8s \u00e9quitable dans le cadre des proc\u00e9dures p\u00e9nales, en d\u00e9finissant des r\u00e8gles minimales communes concernant certains aspects de la pr\u00e9somption d&#039;innocence et le droit d&#039;assister \u00e0 son proc\u00e8s.<\/p>\n<p>(10) -En \u00e9tablissant des r\u00e8gles minimales communes relatives \u00e0 la protection des droits proc\u00e9duraux des suspects et des personnes poursuivies, la pr\u00e9sente directive vise \u00e0 renforcer la confiance des \u00c9tats membres dans le syst\u00e8me de justice p\u00e9nale des autres \u00c9tats membres et, par cons\u00e9quent, \u00e0 faciliter la reconnaissance mutuelle des d\u00e9cisions en mati\u00e8re p\u00e9nale. Ces r\u00e8gles minimales communes peuvent \u00e9galement supprimer des obstacles \u00e0 la libre circulation des citoyens sur l&#039;ensemble du territoire des \u00c9tats membres.<\/p>\n<p>(11) -La pr\u00e9sente directive ne devrait s&#039;appliquer qu&#039;aux proc\u00e9dures p\u00e9nales telles qu&#039;elles sont interpr\u00e9t\u00e9es par la Cour de justice de l&#039;Union europ\u00e9enne (ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9e \u00abCour de justice\u00bb), sans pr\u00e9judice de la jurisprudence de la Cour europ\u00e9enne des droits de l&#039;homme. La pr\u00e9sente directive ne devrait s&#039;appliquer ni aux proc\u00e9dures civiles, ni aux proc\u00e9dures administratives, y compris lorsque ces derni\u00e8res peuvent aboutir \u00e0 des sanctions, telles que les proc\u00e9dures en mati\u00e8re de concurrence, de commerce, de services financiers, de circulation routi\u00e8re, de fiscalit\u00e9 ou de majorations d&#039;imp\u00f4t, ni aux enqu\u00eates men\u00e9es par les autorit\u00e9s administratives en rapport avec ces proc\u00e9dures.<\/p>\n<p>(12)- La pr\u00e9sente directive devrait s&#039;appliquer aux personnes physiques qui sont des suspects ou des personnes poursuivies dans le cadre des proc\u00e9dures p\u00e9nales. Elle devrait s&#039;appliquer \u00e0 partir du moment o\u00f9 une personne est soup\u00e7onn\u00e9e d&#039;avoir commis une infraction p\u00e9nale ou une infraction p\u00e9nale all\u00e9gu\u00e9e, ou est poursuivie \u00e0 ce titre, et, d\u00e8s lors, avant m\u00eame que cette personne ne soit inform\u00e9e par les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes d&#039;un \u00c9tat membre, par notification officielle ou par tout autre moyen, qu&#039;elle est un suspect ou une personne poursuivie. La pr\u00e9sente directive devrait s&#039;appliquer \u00e0 tous les stades de la proc\u00e9dure p\u00e9nale jusqu&#039;\u00e0 ce que la d\u00e9cision finale visant \u00e0 d\u00e9terminer si le suspect ou la personne poursuivie a commis l&#039;infraction p\u00e9nale soit devenue d\u00e9finitive. Les actions en justice et les voies de recours qui ne sont possibles que lorsque cette d\u00e9cision est devenue d\u00e9finitive, y compris les actions devant la Cour europ\u00e9enne des droits de l&#039;homme, ne devraient pas relever du champ d&#039;application de la pr\u00e9sente directive. \u00bb.<\/p>\n<p>La simple lecture des consid\u00e9rants pr\u00e9cit\u00e9s montre \u00e0 suffisance que l\u2019article 9 de la Directive, qui porte sur le droit \u00e0 un nouveau proc\u00e8s est \u00e9tranger, \u00e0 la probl\u00e9matique de la port\u00e9e de l\u2019article 187, alin\u00e9a 4, du Code de proc\u00e9dure p\u00e9nale.<\/p>\n<p>C\u2019est donc \u00e0 juste titre que les juges d\u2019appel ont retenu 12 :<\/p>\n<p>\u00ab Le mandataire de X invoque \u00e9galement l\u2019article 9 de la Directive.<\/p>\n<p>12 Page 36 de l\u2019arr\u00eat entrepris<\/p>\n<p>20 Or, il r\u00e9sulte des consid\u00e9rants de la Directive qu\u2019elle s\u2019applique aux proc\u00e9dures p\u00e9nales, \u00e0 partir du moment o\u00f9 une personne est soup\u00e7onn\u00e9e d\u2019avoir commis une infraction p\u00e9nale ou est poursuivie, jusqu\u2019\u00e0 ce que la d\u00e9cision finale visant \u00e0 d\u00e9terminer si le suspect ou la personne poursuivie a commis l\u2019infraction p\u00e9nale soit devenue d\u00e9finitive, et elle ne s\u2019applique pas aux proc\u00e9dures civiles.<\/p>\n<p>Elle n\u2019est donc pas pertinente pour la solution du pr\u00e9sent litige. \u00bb<\/p>\n<p>Ce volet du moyen est d\u00e8s lors \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9.<\/p>\n<p>&#8212; Quant au refus d\u2019application du R\u00e8glement (UE) no 1215\/2012 du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 12 d\u00e9cembre 2012 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale ainsi que la Directive 2010\/64\/UE du Parlement europ\u00e9en et du Conseil du 20 octobre 2010, relative au droit \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation et \u00e0 la traduction dans le cadre des proc\u00e9dures p\u00e9nales.<\/p>\n<p>Il ressort de la discussion du moyen, que le demandeur en cassation critique la r\u00e9gularit\u00e9 de la notification du jugement par d\u00e9faut, rendu le 28 avril 2016, sous le num\u00e9ro 1293\/2016 par le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, chambre correctionnelle contre X, qui, selon lui, aurait d\u00fb \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e irr\u00e9guli\u00e8re par application des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es, de sorte que la notification intervenue en cause n\u2019aurait pas pu faire courir de d\u00e9lai d\u2019opposition.<\/p>\n<p>Concernant la notification du jugement par d\u00e9faut du 28 avril 2016 les juges d\u2019appel ont retenu ce qui suit:<\/p>\n<p>\u00ab Au regard d\u2019une notification effectu\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce au domicile \u00e9lu du pr\u00e9venu en date du 24 mai 2016, notification que l\u2019arr\u00eat du 25 avril 2018 de la Cour d\u2019appel a consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tant r\u00e9guli\u00e8re, c\u2019est \u00e0 juste titre que le tribunal a constat\u00e9 que le d\u00e9lai d\u2019opposition a expir\u00e9 le 8 juin 2016 et que l\u2019opposition de X, form\u00e9e le 25 juillet 2016 et relative aux condamnations civiles d\u00e9coulant du jugement frapp\u00e9 d\u2019opposition, est irrecevable. \u00bb.<\/p>\n<p>La r\u00e9gularit\u00e9 de la notification ayant d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e et constat\u00e9e dans l\u2019arr\u00eat du 25 avril 2018, il \u00e9tait en effet devenu superf\u00e9tatoire de se pencher sur l\u2019absence d\u2019application des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es. En effet la Cour d\u2019appel n\u2019\u00e9tait plus saisie de cette probl\u00e9matique, dont la solution n\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs plus \u00e0 remettre en question au vu de l\u2019arr\u00eat du 25 avril 2018.<\/p>\n<p>Ce volet du moyen, r\u00e9sultant d\u2019une lecture erron\u00e9e de la d\u00e9cision attaqu\u00e9e, est \u00e0 d\u00e9clarer inop\u00e9rant.<\/p>\n<p>A titre plus subsidiaire : Etant donn\u00e9 que la question de la r\u00e9gularit\u00e9 de la notification du jugement par d\u00e9faut du 28 avril 2016 n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9e dans le cadre de l\u2019arr\u00eat dont pourvoi, mais par l\u2019arr\u00eat rendu contradictoirement par la Cour d\u2019appel le 25 avril 2018, sous le num\u00e9ro 168\/18, ce volet du moyen est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable.<\/p>\n<p>Conclusion :<\/p>\n<p>Le pourvoi est recevable, mais \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Pour le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral,<\/p>\n<p>Sandra KERSCH<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-de-cassation\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-de-cassation\/20240806-152421\/20201112-cas-2019-00134-143a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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