{"id":749173,"date":"2026-04-29T10:02:11","date_gmt":"2026-04-29T08:02:11","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-2-avril-2020-n-2019-00836\/"},"modified":"2026-04-29T10:02:14","modified_gmt":"2026-04-29T08:02:14","slug":"tribunal-darrondissement-2-avril-2020-n-2019-00836","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-2-avril-2020-n-2019-00836\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 2 avril 2020, n\u00b0 2019-00836"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Jugement commercial n\u00b02020TALCH06\/00489 Audience publique du jeudi, deux avril deux mille vingt. Num\u00e9ro TAL-2019-00836 du r\u00f4le Composition: Nadine WALCH, vice-pr\u00e9sidente ; Jackie MORES, 1 er juge; FarialSTOFFEL,juge-d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e; Claude ROSENFELD, greffier. E n t r e : la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)(EUROPE), \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- ADRESSE1.), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9roNUMERO1.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions, sinon par tout autre organe autoris\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9senter l\u00e9galement; \u00e9lisant domicile enl\u2019\u00e9tude de Ma\u00eetre Nicolas THIELTGEN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, demanderesse, d\u00e9fenderesse sur reconvention,comparant par Ma\u00eetre Fanny GILLIERS, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Nicolas THIELTGEN, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, e t : la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-ADRESSE2.), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous<\/p>\n<p>2 le num\u00e9roNUMERO2.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil de g\u00e9rance actuellement en fonctions, sinon par tout autre organe autoris\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9senter l\u00e9galement; d\u00e9fenderesse, demanderesse par reconvention,comparant par Ma\u00eetre Deniz TESONE, avocat, en remplacement de Ma\u00eetre Paulo LOPES DA SILVA, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg. ______________________________________________________________________ Faits: Par exploit d\u2019huissier de justice Guy ENGEL de Luxembourg du 22 janvier 2019, la demanderesse a fait donner assignation \u00e0 la d\u00e9fenderesse \u00e0 compara\u00eetre \u00e0 l\u2019audience publique du vendredi, 8 f\u00e9vrier 2019 \u00e0 9.00 heures devant le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, Cit\u00e9 Judiciaire, Plateau du Saint-Esprit, 1er \u00e9tage, salle CO.1.01, pour y entendre statuer sur lem\u00e9rite de la demande contenue dans ledit exploit d\u2019huissier ci-apr\u00e8s reproduit :<\/p>\n<p>3 L\u2019affaire fut inscrite sous le num\u00e9ro TAL-2019-00836 du r\u00f4le pour l\u2019audience publique du 8 f\u00e9vrier 2019 devant la deuxi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8recommerciale et remise \u00e0 celle du 12 f\u00e9vrier 2019 devant la sixi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale. L\u2019affaire fut utilement retenue \u00e0 l\u2019audience publique du 3 mars 2020, lors de laquelle les d\u00e9bats eurent lieu comme suit: Ma\u00eetre Fanny GILLIERS, en remplacement de Ma\u00eetre Nicolas THIELTGEN, donna lecture de l\u2019acte introductif d\u2019instance et exposa les moyens de sa partie. Ma\u00eetre Deniz TESONE, en remplacement de Ma\u00eetre Paulo LOPES DA SILVA, r\u00e9pliqua et exposa les moyens de sa partie. Sur ce, le tribunal prit l\u2019affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l\u2019audience publique de ce jour le jugement qui suit : Faits En mai 2017,PERSONNE1.)et la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)(Europe) SA (ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE1.)\u00bb) sont entr\u00e9s en relation pour mettre en place unestructure pour le financement de l\u2019acquisition d\u2019un bien immobilier situ\u00e9 au Royaume-Uni. Le 19 juin 2017,PERSONNE1.)etSOCIETE1.)ont conclu les contrats suivants: -\u00abCOMPANY INCORPORATION AGREEMENT UNDER LAWS OF Luxembourg \u00bb ayant comme objet la constitution d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOCIETE2.)SARL (ci-apr\u00e8s \u00abSOCIETE2.)\u00bb); -\u00abREPRESENTATIVES AND AGENTS AGREEMENT \u00bb, ayant comme objet la mise \u00e0 disposition parSOCIETE1.)\u00e0SOCIETE2.)de dirigeants de soci\u00e9t\u00e9; -\u00abDOMICILIATIONAGREEMENT \u00bb, ayant comme objet la prestation de services de domiciliation parSOCIETE1.)\u00e0SOCIETE2.). Par acte notari\u00e9 du 20 juin 2017,SOCIETE2.)a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e.PERSONNE1.)est l\u2019associ\u00e9 unique d\u2019SOCIETE2.).PERSONNE1.), la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE3.)SA (ci- apr\u00e8s \u201eSOCIETE3.)\u201c) et la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE4.)SA (\u201eSOCIETE4.)\u201c) ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s g\u00e9rants d\u2019SOCIETE2.). Le 22 juin 2017,SOCIETE1.)etSOCIETE2.)ont conclu un contrat de pr\u00eat pour un montant de 3.750.000,-GBP (ci-apr\u00e8s \u00able contrat de pr\u00eat\u00bb). Les conditions g\u00e9n\u00e9rales gouvernant les activit\u00e9s de cr\u00e9dit deSOCIETE1.)dites \u00abgeneral regulations governing credit transaction\u00bb (ci-apr\u00e8s \u00ables conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit\u00bb) et les conditions g\u00e9n\u00e9rales deSOCIETE1.)dites\u00abgeneral terms and conditions\u00bb (ci-apr\u00e8s \u00ables conditions g\u00e9n\u00e9rales de Banque\u00bb) font partie int\u00e9grante du contrat de pr\u00eat.<\/p>\n<p>4 Par courrier du 27 d\u00e9cembre 2017,SOCIETE1.)a misSOCIETE2.)en demeure de proc\u00e9der au paiement du montant de 1.000.000,-GBP en application de l\u2019article 10 du contrat de pr\u00eat. Par courrier du 18 janvier 2018,SOCIETE1.)a accord\u00e9 un d\u00e9lai jusqu\u2019au 28 f\u00e9vrier 2018 \u00e0SOCIETE2.)pour proc\u00e9der au remboursement dudit montant. SOCIETE1.)a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 sa demande de remboursement du montant de 1.000.000,-GBP par courrier du 29 mai 2018. Par courriers des 16 juillet et 7 septembre 2018,SOCIETE1.) a de nouveau accord\u00e9 \u00e0SOCIETE2.)des d\u00e9lais pour proc\u00e9der au remboursement dudit montant. Le 31 mai 2018,SOCIETE3.)etSOCIETE4.)ont d\u00e9missionn\u00e9 de leurs fonctions de g\u00e9rants d\u2019SOCIETE2.). Par lettre recommand\u00e9e du 3 janvier 2019,SOCIETE1.)a misSOCIETE2.)en demeure de proc\u00e9der au remboursement du montant total du pr\u00eat de 3.750.000,-GBP. Proc\u00e9dure Par exploit d\u2019huissier du 22 janvier 2019,SOCIETE1.)a r\u00e9guli\u00e8rement assign\u00e9 SOCIETE2.)\u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale. Pr\u00e9tentions et moyens des parties SOCIETE1.)demande la condamnation d\u2019SOCIETE2.)au paiement du montant de 3.468.813,36 EUR avec les int\u00e9r\u00eats de retard conventionnels au tauxcontractuel (LIBOR + 1,8 %) major\u00e9 de 5% par an, \u00e0 partir de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de chacune des tranches de remboursement, sinon \u00e0 partir de la mise en demeure du 3 janvier 2019, sinon \u00e0 partirde la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde. Elle sollicite encore l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de 2.000,-EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, la condamnation d\u2019SOCIETE2.)au paiement des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance avec distraction au profit de Ma\u00eetre Nicolas THIELTGEN affirmant en avoir fait l\u2019avance, ainsi que l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement. A l\u2019audience du 3 mars 2020,SOCIETE1.)a modifi\u00e9 sa demande pour solliciter d\u00e9sormais la condamnation d\u2019SOCIETE2.)au paiement du montant de 3.450.000,-GBP avec les int\u00e9r\u00eats de retard conventionnels au taux contractuel (LIBOR + 1,8 %) major\u00e9 de 5% par an, \u00e0 partir de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de chacune des tranches de remboursement, sinon \u00e0 partir de la mise en demeure du 3 janvier 2019, sinon \u00e0 partir de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde. Elle a demand\u00e9 encore la condamnation d\u2019SOCIETE2.)au paiement du montant de 12.510,-GBP \u00e0 titre de frais d\u2019avocats et elle a sollicit\u00e9 l\u2019ex\u00e9cution provisoire du pr\u00e9sent<\/p>\n<p>5 jugement sur minute et avant l\u2019enregistrement. Elle a renonc\u00e9 \u00e0 sa demande en distraction des frais et d\u00e9pens au profit de son mandataire. SOCIETE1.)base sa demande sur les articles 1134 et suivants du Code civil et sur l\u2019article 1184 du m\u00eame code. SOCIETE1.)conclut \u00e0 la recevabilit\u00e9 de son action. Elle expose qu\u2019elle aurait respect\u00e9 la clause de r\u00e8glement \u00e0 l\u2019amiable pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 7.5.2 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de Banque en ayant accord\u00e9 plusieurs d\u00e9lais de gr\u00e2ce \u00e0SOCIETE2.)pour proc\u00e9der au remboursement du montant de 1.000.000,-GBP et en ayant men\u00e9 des discussions avec SOCIETE2.)lors d\u2019une entrevue en date du 6 septembre 2018, \u00e0 l\u2019issue de laquelle un nouveau d\u00e9lai de gr\u00e2ce aurait \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 \u00e0SOCIETE2.). Elle soutient que cet article ne renfermerait qu\u2019une clause facultative de m\u00e9diation et ne pr\u00e9voirait pas d\u2019obligation de proc\u00e9der \u00e0 une m\u00e9diation avant de porter son action devant le juge. Elle s\u2019oppose pour les m\u00eames raisons \u00e0 ce qu\u2019une surs\u00e9ance \u00e0 statuer soit ordonn\u00e9e sur base de l\u2019article 1251-5 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. A l\u2019appui de sa demande,SOCIETE1.)expose qu\u2019SOCIETE2.)aurait manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations contractuelles \u00e0 d\u00e9faut d\u2019avoir rembours\u00e9 une tranche provisionnelle du pr\u00eat d\u2019un montant de 1.000.000,-GBP, devenue exigible le 30 novembre 2017, et la premi\u00e8re \u00e9ch\u00e9ance annuelle d\u2019un montant de 587.500,-GBP, devenue exigible au 22 juin 2018. Elle pr\u00e9cise que le remboursement du montant de 1.000.000,-GBP serait devenu exigible en application de l\u2019article 10 du contrat de pr\u00eat au motif qu\u2019SOCIETE2.)aurait manqu\u00e9 \u00e0 son obligation de constitueraupr\u00e8s deSOCIETE5.)unegarantie \u00e0 premi\u00e8re demande. Ces manquements lui auraient permis, aux termes de l\u2019article 6 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit et de l\u2019article 7 du contrat de pr\u00eat, d\u2019exiger imm\u00e9diatement le remboursement de toutes les sommes dues en principal et int\u00e9r\u00eats en vertu du contrat de pr\u00eat. Les int\u00e9r\u00eats de retard seraient dus en vertu de l\u2019article 9 et les frais d\u2019avocat en vertu de l\u2019article 11 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit. Elle estime qu\u2019il y aurait lieu de prononcer l\u2019ex\u00e9cutionprovisoire du pr\u00e9sent jugement, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 547 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, au motif qu\u2019SOCIETE2.)reconna\u00eetrait redevoir le montant de 3.450.000,-GBP. SOCIETE1.)conteste que sa demande en remboursement anticip\u00e9e du contrat de pr\u00eat serait abusive en faisant valoir qu\u2019elle serait en droit d\u2019exiger le remboursement int\u00e9gral du pr\u00eat avant son \u00e9ch\u00e9ance sur base des dispositions contractuelles. Elle y ajoute qu\u2019elle aurait accord\u00e9 plusieurs d\u00e9lais \u00e0SOCIETE2.)pour proc\u00e9der au paiement du montant de 1.000.000,-GBP et pour se conformer aux obligations contractuelles lui incombant. SOCIETE1.)estime qu\u2019SOCIETE2.)entend soulever l\u2019exception d\u2019inex\u00e9cution pour s\u2019opposer au remboursement du pr\u00eat en lui reprochant des manquements contractuels qui seraient la cause du d\u00e9faut de paiement d\u2019SOCIETE2.). Elle soutient qu\u2019SOCIETE2.) ne saurait s\u2019opposer au remboursement du pr\u00eat en invoquant l\u2019exception d\u2019inex\u00e9cution \u00e9tant donn\u00e9 que les conditions d\u2019application de ce moyen de d\u00e9fense ne seraient pas remplies en l\u2019esp\u00e8ce en ce que les manquements contractuels, qu\u2019SOCIETE2.)lui<\/p>\n<p>6 reproche, ne constitueraient pas la contrepartie directe de son obligation de mettre les sommes pr\u00eat\u00e9es \u00e0 disposition d\u2019SOCIETE2.). SOCIETE1.)conclut d\u00e8s lors au bienfond\u00e9 de sa demande en soulignant qu\u2019SOCIETE2.) ne conteste pas redevoir le montant de 3.450.000,-GPB. Dans le cas o\u00f9 l\u2019exception d\u2019inex\u00e9cution devait \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e recevable,SOCIETE1.) conteste avoir commis les manquements lui reproch\u00e9s parSOCIETE2.). Elle conteste plus particuli\u00e8rement avoir manqu\u00e9 \u00e0 son obligation de loyaut\u00e9 et de bonne foi dans l\u2019ex\u00e9cution du contrat de pr\u00eat. Elle conteste avoir fait obstruction au remboursement anticip\u00e9 du pr\u00eat parSOCIETE2.)et d\u2019avoir emp\u00each\u00e9 des pr\u00e9tendues tentatives de refinancement du contrat de pr\u00eat. Elle donne \u00e0 consid\u00e9rer qu\u2019elle n\u2019aurait m\u00eame pas re\u00e7u de la part d\u2019SOCIETE2.)une demande formelle pour proc\u00e9der au remboursement anticip\u00e9 du pr\u00eat conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 7 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit. Elle estime que l\u2019email lui adress\u00e9 parPERSONNE1.)ne saurait constituer une telle demande formelle. Elle soutient encore que le fait que les pr\u00e9tendues tentatives de refinancement n\u2019aient pas abouti ne saurait lui \u00eatre reproch\u00e9 dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution du contrat de pr\u00eat \u00e9tant donn\u00e9 que lerefinancement parSOCIETE6.)aurait\u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9 par une \u00abdivergence de positions\u00bb entre les g\u00e9rants d\u2019SOCIETE2.). En ce qui concerne un pr\u00e9tendu refinancement par l\u2019\u00e9tablissement bancaireSOCIETE7.), elle soul\u00e8ve que cette derni\u00e8re n\u2019aurait \u00e9mis aucune offre de pr\u00eat. Elle conteste encore avoir manqu\u00e9 \u00e0 son obligation de conseil et de diligence. Elle donne \u00e0 consid\u00e9rer que cette obligation se situerait en amont de la souscription d\u2019un contrat de pr\u00eat. Il s\u2019y ajouterait qu\u2019SOCIETE2.)aurait \u00e9t\u00e9 conseill\u00e9e par ses propres conseils. SOCIETE1.)conteste finalement avoir commis une faute d\u00e9lictuelle. Elle r\u00e9fute l\u2019affirmation d\u2019SOCIETE2.)consistant \u00e0 dire qu\u2019elle se serait comport\u00e9e en tant que dirigeant de fait de cette derni\u00e8re. Elle fait valoir qu\u2019SOCIETE2.)resterait en d\u00e9faut de rapporter la preuve qu\u2019elle se serait immisc\u00e9e \u00abdans les fonctions d\u00e9terminantes pour la direction g\u00e9n\u00e9rale d\u2019SOCIETE2.)impliquant une participation continue \u00e0 cette direction et un contr\u00f4le effectif et constant de la marche de la soci\u00e9t\u00e9\u00bb. Elle soutient queSOCIETE3.)etSOCIETE4.)seraient des entit\u00e9s juridiques distinctes et ind\u00e9pendantes et que ces derni\u00e8res auraient pris leur d\u00e9cision de ne pas approuver le refinancement dupr\u00eat parSOCIETE6.)demani\u00e8re ind\u00e9pendante et sans avoir re\u00e7u des instructions deSOCIETE1.). SOCIETE1.)pr\u00e9cise encore qu\u2019PERSONNE1.), en sa qualit\u00e9 d\u2019associ\u00e9 unique d\u2019SOCIETE2.), aurait nomm\u00e9SOCIETE3.)etSOCIETE4.)aux fonctions de g\u00e9rants d\u2019SOCIETE2.)et que ce dernier n\u2019aurait pas pu ignorer que ces soci\u00e9t\u00e9s \u00e9taient li\u00e9es \u00e0 SOCIETE1.).<\/p>\n<p>7 SOCIETE1.)fait valoir que cette d\u00e9cision aurait d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019SOCIETE2.) en invoquant que \u00abla souscription d\u2019un pr\u00eat par un associ\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 garantie par une hypoth\u00e8que portant sur l\u2019unique bien immobilier appartenant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 risque d\u2019entra\u00eener un risque de confusion des patrimoines ainsi qu\u2019un appauvrissement dans le chef de la soci\u00e9t\u00e9 pouvant \u00e9ventuellement entra\u00eener la mise en cause de la responsabilit\u00e9 de ses dirigeants\u00bb. Elle conteste d\u00e8s lors avoir commis une faute de gestion. SOCIETE1.)soul\u00e8ve l\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande reconventionnelle d\u2019SOCIETE2.)en ce qu\u2019elle ne constituerait pas une d\u00e9fense \u00e0 l\u2019action principale destin\u00e9e \u00e0 entra\u00eener le rejet de la demande principale. Les demandes principale et reconventionnelle ne seraient pas non plus connexes et ne pr\u00e9senteraient pas de liens entre elles. SOCIETE1.)conteste, \u00e0 titre subsidiaire, le pr\u00e9judice invoqu\u00e9 parSOCIETE2.)tant en son principe qu\u2019en son quantum \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019SOCIETE2.)resterait en d\u00e9faut de rapporter la preuve de l\u2019\u00e9tendue de son pr\u00e9judice. Le tableau vers\u00e9 en cause par SOCIETE2.)serait d\u00e9nu\u00e9 de force probante pour avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli unilat\u00e9ralement par les soins de cette derni\u00e8re. SOCIETE1.)s\u2019oppose \u00e0 l\u2019instauration d\u2019une expertise afin d\u2019\u00e9tablir le pr\u00e9tendu dommage invoqu\u00e9 par la partie adverse, dans la mesure o\u00f9 il ne saurait \u00eatre palli\u00e9 \u00e0 la carence de cette derni\u00e8re dans l\u2019administration de la preuve. Elle conteste encore l\u2019existence d\u2019un lien causal \u00e0 d\u00e9faut de faute dans son chef. Elle s\u2019oppose finalement \u00e0 la demande d\u2019SOCIETE2.)de se voir octroyer un d\u00e9lai de six mois pour proc\u00e9der au remboursement du pr\u00eat. SOCIETE2.)soul\u00e8ve in limine litis l\u2019irrecevabilit\u00e9 de la demande deSOCIETE1.)pour non-respect de l\u2019obligation de r\u00e9gler leur litige \u00e0 l\u2019amiable. Elle expose qu\u2019en application de l\u2019article 7.5.2 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de Banque, les parties auraient l\u2019obligation, avant l\u2019introduction d\u2019une action en justice, de r\u00e9gler leur diff\u00e9rend \u00e0 l\u2019amiable et auraient la possibilit\u00e9 d\u2019avoir recours \u00e0 une proc\u00e9dure de m\u00e9diation si un r\u00e8glement \u00e0 l\u2019amiable resterait infructueux. Elle soutient que les parties n\u2019auraient pas entrepris des tentatives pour r\u00e9soudre leur litige \u00e0 l\u2019amiable et ne se seraient de ce fait pas non plus engag\u00e9es dans une proc\u00e9dure formelle de m\u00e9diation. Elle conteste avoir eu une entrevue avecSOCIETE1.)et estime que le fait d\u2019accorder des d\u00e9lais de gr\u00e2ce ne saurait s\u2019analyser en une tentative de r\u00e8glement \u00e0 l\u2019amiable. SOCIETE2.)fait valoir que le non-respect de cette clause de m\u00e9diation ou de r\u00e8glement \u00e0 l\u2019amiable constituerait une fin de non-recevoir de sorte que la demande deSOCIETE1.) devrait \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e irrecevable.<\/p>\n<p>8 Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 la demande ne devait pas \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e irrecevable,SOCIETE2.) estime que le tribunal saisi devrait surseoir \u00e0 statuer en application de l\u2019article 1251-5 (2) du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. Quant au fond,SOCIETE2.)conteste la demande deSOCIETE1.). Elle fait valoir que la demande en remboursement anticip\u00e9 du pr\u00eat constituerait une violation des obligations de bonne foi et de loyaut\u00e9 impos\u00e9es par l\u2019article 1134, alin\u00e9a 3, du Code civil et m\u00eame un abus de droit au sens de l\u2019article 6-1 du m\u00eame code. Elle reproche \u00e0SOCIETE1.)d\u2019avoir pris des d\u00e9marches l\u2019ayant priv\u00e9e de mettre en \u0153uvre son droit au remboursement anticipatif du pr\u00eat pr\u00e9vu aux article 11 du contrat de pr\u00eat, article 7 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2018article 5.1.7 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de Banque. SOCIETE2.)estime d\u00e8s lors que les manquements contractuels queSOCIETE1.)lui reproche, seraient imputables \u00e0 cette derni\u00e8re qui aurait fait obstruction au refinancement. Elle soutient que si le refinancement avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9, les manquements queSOCIETE1.)lui reproche n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9s. SOCIETE2.)expose qu\u2019PERSONNE1.)aurait inform\u00e9SOCIETE1.)de son intention de proc\u00e9der \u00e0 un remboursement anticip\u00e9 dupr\u00eat par email du 25 juillet 2017 moyennant un refinancement par l\u2019\u00e9tablissement bancaireSOCIETE6.). Paremail du 29 novembre 2017,SOCIETE1.)tout en affirmant prendre position au nom deSOCIETE4.)et SOCIETE3.), aurait refus\u00e9 un tel refinancement au motif qu\u2019un remboursement du pr\u00eat moyennant un pr\u00eat octroy\u00e9 \u00e0 PERSONNE1.) serait contraire \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat social d\u2019SOCIETE2.).SOCIETE1.)aurait encore fait de la m\u00eame fa\u00e7on obstruction \u00e0 la tentative de refinancement du pr\u00eat par l\u2019\u00e9tablissement bancaireSOCIETE7.). SOCIETE2.)admet toutefois que son associ\u00e9 unique,PERSONNE1.), a nomm\u00e9 SOCIETE3.)etSOCIETE4.)aux fonctions de g\u00e9rants d\u2019SOCIETE2.), mais soutient qu\u2019il aurait ignor\u00e9 le fait queSOCIETE3.)etSOCIETE4.)soient li\u00e9es \u00e0SOCIETE1.). SOCIETE2.)reproche encore \u00e0SOCIETE1.)de ne pas l\u2019avoir conseill\u00e9e sur la meilleure fa\u00e7on de restructurer le cr\u00e9dit. Elle aurait par ailleurs donn\u00e9 son accord pour un remboursement anticip\u00e9 du pr\u00eat mais sans faire le n\u00e9cessaire pour que le refinancement soit finalis\u00e9 avant les premi\u00e8res \u00e9ch\u00e9ances contractuelles. A titre subsidiaire,SOCIETE2.)fait valoir queSOCIETE1.)aurait engag\u00e9 sa responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle en ayant agi en tant que g\u00e9rant de fait d\u2019SOCIETE2.). En cette qualit\u00e9SOCIETE1.)aurait \u00abg\u00e9n\u00e9ralement dict\u00e9 la conduite des g\u00e9rantsSOCIETE4.)et SOCIETE3.)\u00bb et aurait agi \u00abau nom et pour le compte deSOCIETE4.)etSOCIETE3.) en s\u2019opposant ou faisant obstruction aux solutions de refinancement apport\u00e9es par MonsieurPERSONNE1.)\u00bb. La d\u00e9cision de faire obstacle au remboursement anticip\u00e9 du pr\u00eat constituerait une violation de l\u2019article 441-7 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 concernant les soci\u00e9t\u00e9s commerciales.SOCIETE1.)n\u2019aurait pas d\u00fb prendre part aux d\u00e9cisions concernant<\/p>\n<p>9 l\u2019appr\u00e9ciation des opportunit\u00e9s de refinancement \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle aurait eu un int\u00e9r\u00eat patrimonial au maintien du pr\u00eat. SOCIETE2.)souligne que le fait que le refinancement aurait d\u00fb se faire par un pr\u00eat conclu par son associ\u00e9 unique ne serait ni ill\u00e9gal, ni pr\u00e9judiciable \u00e0SOCIETE2.). L\u2019argument de SOCIETE1.)pour s\u2019opposer \u00e0 l\u2019offre deSOCIETE6.), consistant \u00e0 dire qu\u2019un engagement personnel d\u2019PERSONNE1.)pr\u00e9senterait des risques, ne serait d\u00e8s lors pas fond\u00e9. SOCIETE2.)en conclut que cette opposition constituerait une faute de gestion au motif que le refinancement aurait \u00e9t\u00e9 dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019SOCIETE2.). SOCIETE2.)en conclut que les demandes formul\u00e9es parSOCIETE1.)ne sauraient \u00eatre accueillies favorablement et que cette derni\u00e8re devrait indemniserSOCIETE2.)des cons\u00e9quences pr\u00e9judiciables de ces manquements. Elle demande \u00e0 titre reconventionnel la condamnation deSOCIETE1.)au paiement du montant de 363.000,-GBP.SOCIETE2.)fait valoir que les fautes deSOCIETE1.)lui auraient caus\u00e9 un pr\u00e9judice qu\u2019elle chiffre au montant de 363.000,-GBP \u00absur base des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause\u00bb. Elle offre \u00e0 titre subsidiaire de prouver son pr\u00e9judice par voie d\u2019expertise. Elle conclut \u00e0 la compensation judiciaire entre les cr\u00e9ances r\u00e9ciproques. Elle demande encore \u00e0 se voir octroyer un d\u00e9lai de 6 mois pour proc\u00e9der au remboursement du montant r\u00e9clam\u00e9 parSOCIETE1.)ainsi que la suspension des obligations respectives des parties au contrat de pr\u00eat, alors que l\u2019ex\u00e9cution ordinaire dudit contrat aurait \u00e9t\u00e9 irr\u00e9m\u00e9diablement compromise. Elle sollicite finalement une indemnit\u00e9 de 4.000,-EUR sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, la condamnation deSOCIETE1.)au paiement des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance, ainsi que l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du jugement \u00e0 intervenir sur minute et sans enregistrement. Motifs de la d\u00e9cision Quant \u00e0 la demande principale Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9 L\u2019article 7.5.2 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de Banque dispose que : \u00abLa Banque et le Client conviennent de rechercher une solution amiable \u00e0 tout diff\u00e9rend qui les oppose. A d\u00e9faut d\u2019y parvenir, mais avant de porter le litige en justice, la Banque et le Client pourront recourir \u00e0 une m\u00e9diation. Celle-ci se d\u00e9roulera conform\u00e9ment au R\u00e8glement de m\u00e9diation du Centre de M\u00e9diation Civile et Commerciale\u00bb. Les parties ont pr\u00e9vu par cette clause de rechercher dans un premier temps une solution \u00e0 l\u2019amiable \u00e0 leur litige. Il s\u2019agit d\u2019un engagement moral, aucune condition de mise en \u0153uvre ou ded\u00e9roulement d\u2019une v\u00e9ritable proc\u00e9dure de conciliation, qui serait pr\u00e9alable \u00e0 une action en justice, n\u2019\u00e9tant pr\u00e9vue.<\/p>\n<p>10 La clause contractuelle pr\u00e9voyant une tentative de r\u00e8glement \u00e0 l\u2019amiable non assortie de conditions particuli\u00e8res de mise en \u0153uvre, ne constitue pas une proc\u00e9dure de conciliation obligatoire pr\u00e9alable \u00e0 la saisine du juge, dont le non-respect caract\u00e9rise une fin de non- recevoir s\u2019imposant \u00e0 celui-ci (voir Cass. fr. chambre commerciale, financi\u00e8re et \u00e9conomique, 29 avril 2014, n\u00b0414, (12-27.004)). Il s\u2019ensuit qu\u2019ind\u00e9pendamment de la question de savoir si les parties ont mis en \u0153uvre des d\u00e9marches pour rechercher une solution \u00e0 l\u2019amiable, la demande deSOCIETE1.)ne se heurte pas \u00e0 une fin de non-recevoir et elle ne devient pas irrecevable de ce fait, \u00e9tant donn\u00e9 que la clause de r\u00e8glement \u00e0 l\u2019amiable pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 7.5.2 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de Banque, \u00e0 d\u00e9faut de pr\u00e9voir de conditions particuli\u00e8res de mise en \u0153uvre, n\u2019est pas obligatoire. Ce n\u2019est que dans un deuxi\u00e8me temps que les parties ont pr\u00e9vu la facult\u00e9 d\u2019avoir recours \u00e0 une m\u00e9diation. Il r\u00e9sulte clairement des termes de l\u2019article 7.5.2 pr\u00e9cit\u00e9 qu\u2019il n\u2019existe aucune obligation dans le chef des parties d\u2019entamer une m\u00e9diation. La demande deSOCIETE1.)ne devient d\u00e8s lors pas non plus irrecevable du fait que les parties n\u2019ont pas eu recours \u00e0 une m\u00e9diation. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de la demande deSOCIETE1.)est recevable. Pour les m\u00eames raisons que celles expos\u00e9es ci-avant, il n\u2019y a pas non plus lieu de surseoir \u00e0 statuer. Quant au fond L\u2019article 10 du contrat de pr\u00eat dispose que : \u00abOn each Interest Payment Date the Customer shall pay to the Bank the interest accrued during the Interest Period. Yearly on each anniversary date of the Agreement, the Customer shall pay to the Bank (i) a sum of \u00a3587.500 (five hundred and eighty seven thousand Pounds Sterling) in repayment of the principal oustanding amount of the Loan. In addition, the Customer shall pay to the Bank by 30 November 2017 a sum of \u00a31.000.000 (one million Pounds Sterling) in repayment of the principal oustanding amount of the Loan, unless the Bank receives by this date the GBP 1.000.000.First Demand Guarantee. \u00bb SOCIETE2.)admet ne pas avoir fourni une telle garantie \u00e0SOCIETE1.). Elle ne conteste pas non plus \u00eatre en d\u00e9faut du paiement du montant de 1.000.000,-GBP et du montant de 587.500,-GBP. L\u2019article 6.1 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit pr\u00e9voit que :<\/p>\n<p>11 \u00abAny sums owed by the Customer to the Bank under the Credit Facility may be payable early, immediately and automatically, without the Customer being entitled to claim any compensation whatsoever from the Bank, in any of the following cases: (\u2026) d)failure by the Customer to pay any sum whatsoever payable under the Credit Facility; e) failure by the Customer to fulfil any of its commitments or obligations under the Credit Facility; f) failure to provide a guarantee requested by the Bank, or provision of a guarantee with a rank that is different from the rank agreed by the parties; (\u2026) In any of the above-mentioned cases, the Bank shall be entitled to declare the Credit Facility to be subject to accelerated maturity. \u00bb Aux termes de l\u2019aricle 6.2 \u00abaccelerated maturity of the Credit Facility shall automatically entail: b) all sums owed by the Customer under the credit agreement, plus the Early Repayment Penalty, shall be immediately payable, without any other formality. \u00bb L\u2019article 7 du contrat de pr\u00eat stipule que: \u00abIn addition to the provisions found in article 6 (Accelerated Maturity) of the General Regulations, each of the following circumstances set out below shall be an event of default: (a) the Customer does not pay on a due date any amount payable pursuant to a Credit Document unless such amount is paid in full within 5 (five) Working Days of its due date unless such delay is a direct result of administrative or technical difficulties causing delay in payment in which case the period may be extended from 5 (five) to 10 (ten) Working Days (or such shorter period necessary to resolve such administrative or technical difficulty); (\u2026) Without prejudice to article 6.2 (consequences of accelerated maturity) of the General Regulations, on and at anytime after the occurrence of an Event of Default which is continuing the Bank, by written notice to the Customer, may cancel its commitments to the Customer (including the Available Facility) may demand immediate repayment of all amounts owing to the Bankand may exercise all or any of its rights under the Security Documents. \u00bb Il r\u00e9sulte de ces dispositions contractuelles queSOCIETE1.)peut r\u00e9clamer le remboursement anticip\u00e9 de toutes sommes dues r\u00e9sultant du contrat de pr\u00eat avant son \u00e9ch\u00e9ance dans le cas d\u2019un manquement d\u2019SOCIETE2.)\u00e0 une des obligations du contrat de pr\u00eat. Tel que constat\u00e9 ci-avant,SOCIETE2.)ne conteste pas avoir manqu\u00e9 \u00e0 ses obligations contractuelles pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 10 du contrat de pr\u00eat.<\/p>\n<p>12 Pour s\u2019opposer au remboursement du pr\u00eat,SOCIETE2.)soul\u00e8ve que la demande en remboursement anticipatif du pr\u00eat constituerait un abus de droit, respectivement une violation parSOCIETE1.)de son obligation de bonne foi en faisant valoir que les manquements queSOCIETE1.)lui reproche seraient imputables \u00e0 cette derni\u00e8re. Il \u00e9chet de soulever qu\u2019il ne r\u00e9sulte pas des d\u00e9veloppements d\u2019SOCIETE2.)qu\u2019elle entend faire valoir l\u2019exception d\u2019inex\u00e9cution, tel que le sugg\u00e8reSOCIETE1.). L\u2019exception d\u2019inex\u00e9cution a pour base l\u2019interd\u00e9pendance des obligations, ce qui n\u2019est pas le cas en l\u2019esp\u00e8ce \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019obligation de remboursement n\u2019est pas la contrepartie des obligations dontSOCIETE2.)reproche la violation \u00e0SOCIETE1.). Aux termes de l\u2019article 6-1 du Code civil, l\u2019abus de droit est tout acte ou tout fait qui exc\u00e8de manifestement, par l\u2019intention de son auteur, par son objet ou par les circonstances dans lesquelles il est intervenu, l\u2019exercice normal d\u2019un droit. Cet article pr\u00e9cise qu\u2019un tel acte n\u2019est pas prot\u00e9g\u00e9 par la loi et engage la responsabilit\u00e9 de son auteur. M\u00eame dans l\u2019exercice l\u00e9gitime d\u2019un droit, il doit \u00eatre tenu compte des cons\u00e9quences pouvant en r\u00e9sulter pour des tiers et il doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9 de leur causer unpr\u00e9judice important, ind\u00e9pendamment de toute intention de nuire. L\u2019article 6-1 appara\u00eet comme un correctif exceptionnel apport\u00e9 \u00e0 la mise en \u0153uvre des droits et comme un moyen de faire respecter positivement la fonction sociale des droits. Ce que le texte entend sanctionner, de fa\u00e7on directe et sans recours forc\u00e9 et artificiel \u00e0 la notion de faute quasi-d\u00e9lictuelle, c\u2019est l\u2019exercice malveillant, de mauvaise foi, des droits ou sans utilit\u00e9 r\u00e9elle pour leur titulaire et sans \u00e9gard aux droits concurrents de tiers par un d\u00e9tournement de leur fonction sociale. Toute d\u00e9viationpar rapport \u00e0 cette finalit\u00e9, m\u00eame si elle n\u2019est pas intentionnelle, encourt la sanction. D\u2019apr\u00e8s l\u2019esprit de ce texte, celui qui use d\u2019un droit est appel\u00e9 \u00e0 avoir \u00e9gard \u00e0 la situation de ceux qui sont susceptibles de subir les effets de l\u2019exercice de cedroit. Entre diff\u00e9rentes fa\u00e7ons d\u2019exercer son droit, le titulaire est invit\u00e9 \u00e0 choisir la moins dommageable pour autrui ou m\u00eame s\u2019abstenir de l\u2019exercice du droit s\u2019il ne pr\u00e9sente pour lui qu\u2019un int\u00e9r\u00eat minime compar\u00e9 au pr\u00e9judice qu\u2019il causerait (voir Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, jugement civil no 77\/2008, 19 mars 2008, XVIIe chambre). Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019abus de droit est une sous-cat\u00e9gorie de la mauvaise foi contractuelle. L\u2019auteur engagera sa responsabilit\u00e9 contractuelle chaque fois que son attitude aura \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e par la mauvaise foi (voir Jurisclasseur, Code civil, articles 1134 et 1135, effet obligatoire des conventions, l\u2019ex\u00e9cution de bonne foi des conventions, no 16). Il y a lieu de relever queSOCIETE1.)reproche \u00e0SOCIETE2.)d\u2019avoir manqu\u00e9 aux obligations pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 10 du contrat de pr\u00eat. Elle lui reproche notamment de ne pas avoir proc\u00e9d\u00e9 au remboursement du montant de 1.000.000,-GBP. Aux termes de l\u2019article 10, le montant de 1.000.000,-GBP devient exigible en date du 30 novembre 2017 siSOCIETE2.)ne constitue pas une garantie \u00e0 premi\u00e8re demande du m\u00eame montant. Tel que relev\u00e9 ci-avant,SOCIETE2.)admet ne pas avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la constitution d\u2019une telle garantie \u00e0 premi\u00e8re demande de sorte que le montant de 1.000.000,-GBP est devenu exigible de ce seul fait.<\/p>\n<p>13 Le fait de ne pas avoir constitu\u00e9 une garantie \u00e0 premi\u00e8re demande et le d\u00e9faut de paiement du montant de 1.000.000,-GBP, devenu exigible du fait de cette omission, ne sauraient d\u00e8s lors constituer des inex\u00e9cutions contractuelles imputables \u00e0SOCIETE1.) et n\u2019ont rien \u00e0 voir avec une pr\u00e9tendue obstruction au refinancement du pr\u00eat. Il s\u2019y ajoute qu\u2019au moment o\u00f9 le montant de 1.000.000,-GBP est devenu exigible, \u00e0 savoir le 30 novembre 2017,SOCIETE1.)n\u2019\u00e9tait pas saisie d\u2019une demande formelle de la part d\u2019SOCIETE2.)en remboursement anticip\u00e9 du pr\u00eat.L\u2019article 7.3 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit pr\u00e9voit que \u00abthe request for early repayment sent to the Bank shall specify the amount of the early repayment being planned and the date on which the Customer wishes to make such payment\u00bb.L\u2019email d\u2019PERSONNE1.)du 25 juillet 2017 ne saurait constituer une telle demande formelle de remboursement anticip\u00e9 en ne sp\u00e9cifiant ni le montant du remboursement projet\u00e9 ni la date \u00e0 laquelle il devrait intervenir. Il y a encore lieu de relever queSOCIETE1.)a accord\u00e9 plusieurs d\u00e9lais \u00e0SOCIETE2.) pour proc\u00e9der au paiement du montant de 1.000.000,-GBP afin de rem\u00e9dier \u00e0 cette inex\u00e9cution contractuelle. La demande deSOCIETE1.)ne saurait d\u00e8s lors constituer un abus de droit. Le manquement \u00e0 l\u2019obligation de conseil contractuelle ainsi que la faute d\u00e9lictuelle qu\u2019SOCIETE2.)reproche \u00e0SOCIETE1.)ne sauraient faire obstacle \u00e0 la demande au remboursement du pr\u00eat mais se r\u00e9soudraient tout au plus par l\u2019allocation de dommages et int\u00e9r\u00eats de sorte qu\u2019ils sont \u00e0 analyser dans le cadre de la demande reconventionnelle formul\u00e9e parSOCIETE2.). Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, la demande deSOCIETE1.)est \u00e0 d\u00e9clarer fond\u00e9e. L\u2019article5 du contrat de pr\u00eat pr\u00e9voit que \u00abthe loan shall bear interest at the rate of the LIBOR (the \u00abReference Rate\u00bb) for the Interest Period concerned plus a margin of 1,80% (one point eight per cent) per year (\u2026).\u00bb L\u2019article 9 intitul\u00e9 \u00ablate payment interest\u00bb des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit dispose que \u00abwithout prejudice to the Bank\u2019s rights and actions, the Customer shall be required to pay, par day late, interest on any sum owed under the credit agreement and which has not been paid on due date. Payment of late payment interest shall be due automatically as from the date on which a payment was normally payable or payable early (inclusive) and until the actual date of payment (exclusive). The late payment interest payable by the Customer shall be added to the contractual interest rate which shall be increased by 5% per year, and the Bank shall not be required to give any prior formal notice in this respect\u00bb. Il s\u2019ensuit qu\u2019\u00e0 d\u00e9faut de contestations circonstanci\u00e9es de la part d\u2019SOCIETE2.)en ce qui concerne le montant r\u00e9clam\u00e9, la demande en paiement deSOCIETE1.)est fond\u00e9e en son principe pour le montant r\u00e9clam\u00e9 de 3.450.000,-EUR, augment\u00e9 des int\u00e9r\u00eats conventionnels major\u00e9s de 5% par an \u00e0 compter de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de chacune des tranches de remboursement jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>14 SOCIETE1.)demande encore la condamnation d\u2019SOCIETE2.)au montant de 12.510,- GBP \u00e0 titre de frais d\u2019avocat sur base de l\u2019article 11 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit qui dispose que\u00abThe Customer shall be liable to the Bank for all expenses, duties and fees incurred by it in exercising or protecting its rights arising from the credit agreement and the guarantees granted, such as collection and procedural costs, including lawyer\u2019s fees\u00bb. Pour \u00e9tablir le montant des frais d\u2019avocat qu\u2019elle a expos\u00e9s,SOCIETE1.)verse en cause une facture deSOCIETE8.)d\u2019un montant de 6.010,-GBP ainsi qu\u2019une attestation de Ma\u00eetre Marie BENA affirmant que l\u2019\u00e9tuded\u2019avocats Brucher Thieltgen &amp; Partners a re\u00e7u le paiement de frais et honoraires \u00e0 hauteur de 7.695,56 EUR. A d\u00e9faut de contestations circonstanci\u00e9es de la part d\u2019SOCIETE2.)quant au principe et quantum de cette demande, il y a lieu de la condamner \u00e0 payer \u00e0SOCIETE1.)le montant de 6.010,-GBP ainsi que le montant de 7.695,56 EUR. Quant \u00e0 la demande en octroi d\u2019un d\u00e9lai de paiement formul\u00e9e par la d\u00e9fenderesse, l\u2019article 1244 du Code civil dispose que\u00abLe d\u00e9biteur ne peut point forcer le cr\u00e9ancier \u00e0 recevoir en partie le paiement d\u2019une dette, m\u00eame divisible. Les juges peuvent n\u00e9anmoins, en consid\u00e9ration de la position du d\u00e9biteur et en usant de ce pouvoir avec une grande r\u00e9serve, accorder des d\u00e9lais mod\u00e9r\u00e9s pour le paiement, et surseoir l\u2019ex\u00e9cution des poursuites, toutes choses demeurant en \u00e9tat\u00bb. Il se d\u00e9gage de la lecture de cet article que les d\u00e9lais de paiement sont des moyens exceptionnels et facultatifs que la loi permet d\u2019octroyer pour venir en aide \u00e0 un d\u00e9biteur malheureux en reportant ou \u00e9chelonnant le paiement de la dette. Ces moyens doivent \u00eatre utilis\u00e9s avec mod\u00e9ration, le principe \u00e9tant que le d\u00e9biteur doit ex\u00e9cuter l\u2019obligation imm\u00e9diatement, sauf le cas o\u00f9 un terme est fix\u00e9 par la loi ou la convention entre parties. Le d\u00e9lai de gr\u00e2ce pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 1244 du Code civil n\u2019est \u00e0 accorder que s\u2019il appara\u00eet comme vraisemblable qu\u2019\u00e0 l\u2019expiration du terme de gr\u00e2ce sollicit\u00e9, le d\u00e9biteur pourra s\u2019acquitter int\u00e9gralement de sa dette, ce qui pr\u00e9suppose qu\u2019il soumette \u00e0 la juridiction saisie une projection approximative de l\u2019\u00e9volution future de sa situation financi\u00e8re et en fonction de cette projection indique la dur\u00e9e requise du terme de gr\u00e2ce sollicit\u00e9. A d\u00e9faut pour la d\u00e9fenderesse de verser des pi\u00e8ces probantes \u00e0 ce sujet, le tribunal n\u2019est pas en mesure d\u2019entrevoir l\u2019\u00e9volution future de sa situation financi\u00e8re. La demande d\u2019SOCIETE2.)tendant \u00e0 l\u2019octroi d\u2019un d\u00e9lai de paiement en vertu de l\u2019article 1244 du Code civil n\u2019est d\u00e8s lors pas fond\u00e9e. Quant \u00e0 la demande reconventionnelle Quant \u00e0 la recevabilit\u00e9<\/p>\n<p>15 Une demande reconventionnelle s\u2019analyse en une demande incidente form\u00e9e par le d\u00e9fendeur qui ne se contente pas de r\u00e9sister \u00e0 la pr\u00e9tention du demandeur mais demande au tribunal de prononcer une condamnation contre ce dernier. Une demande reconventionnellepour \u00eatre recevable doit servir de d\u00e9fense \u00e0 l\u2019action principale, soit tendre \u00e0 la compensation judiciaire ou \u00eatre unie \u00e0 la demande principale par un lien de connexit\u00e9 ( voir Cour d\u2019appel, 16 juin 2004, n\u00b0 27652 du r\u00f4le). La demande reconventionnelle formul\u00e9e parSOCIETE2.)est \u00e0 d\u00e9clarer recevable dans la mesure o\u00f9 elle tend \u00e0 une compensation judiciaire. En effet, le tribunal se trouve saisi tant d\u2019une demande principale que d\u2019une demande reconventionnelle en paiement et statue en m\u00eame temps sur les deux demandes afin de n\u2019adjuger que l\u2019exc\u00e9dent d\u2019une cr\u00e9ance sur l\u2019autre, d\u00e9clarant le surplus compens\u00e9. La demande reconventionnelle est d\u00e8s lors recevable. Quant au fond SOCIETE2.)entend mettre en cause la responsabilit\u00e9 contractuelle deSOCIETE1.)pour avoir manqu\u00e9 \u00e0 son obligation d\u2019ex\u00e9cution de bonne foi du contrat de pr\u00eat et \u00e0 son obligation de conseil en ayant fait obstruction aux tentatives d\u2019SOCIETE2.)au refinancement du pr\u00eat alors m\u00eame que la possibilit\u00e9 de rembourser le pr\u00eat de fa\u00e7on anticipative parSOCIETE2.)aurait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 7.2 et 7.3 des conditions g\u00e9n\u00e9rales de cr\u00e9dit. Il \u00e9chet de constater qu\u2019SOCIETE2.)omet de pr\u00e9ciser en quoi consiste exactement le pr\u00e9judice qu\u2019elle invoque. Elle ne produit en cause qu\u2019un tableau \u00e9tabli par ses propres soins qui reprendrait les frais que le non-aboutissement du refinancement parSOCIETE6.)auraient engendr\u00e9s. Ce tableau pr\u00e9sente d\u00e8s lors un caract\u00e8re unilat\u00e9ral et ne saurait valoir preuve du pr\u00e9judice en vertu du principe que nul ne peut se constituer de preuve \u00e0 lui-m\u00eame, une preuve partiale manquant d&#039;objectivit\u00e9 ne pouvant pas contribuer \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9. En vertu de cette r\u00e8gle, le juge ne peut en principe retenir comme preuves les d\u00e9clarations et documents \u00e9manant des plaideurs (voir Jurisclasseur, Code civil, Art.1315 et 1315-1, Fasc. 10, n\u00b053). SOCIETE2.)reste d\u00e8s lors en d\u00e9faut de rapporter la preuve de son pr\u00e9judice. La demande d\u2019SOCIETE2.)en nomination d\u2019un expert est \u00e0 rejeter, alors qu\u2019une mesure d\u2019instruction n\u2019est pas destin\u00e9e \u00e0 pallier la carence d\u2019une partie dans l\u2019administration de la preuve, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 351 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile. SOCIETE2.)entend encore mettre en cause la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle deSOCIETE1.) pour avoir agi en tant que dirigeant de fait d\u2019SOCIETE2.)et d\u2019avoir en cette qualit\u00e9 viol\u00e9 l\u2019article 441-7 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 et d\u2019avoir commis des fautes de gestion en ayant refus\u00e9 d\u2019\u00abavaliser le contrat de pr\u00eat sign\u00e9avecSOCIETE6.)\u00bb.<\/p>\n<p>16 Il y a lieu de relever qu\u2019en ce qui concerne le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9 parSOCIETE2.), les m\u00eames observations que celles effectu\u00e9es dans le cadre de la mise en cause de la responsabilit\u00e9 contractuelle deSOCIETE1.)s\u2019imposent. A part le d\u00e9faut de rapporter la preuve de son pr\u00e9judice, il y a lieu de relever qu\u2019ind\u00e9pendamment de la question de savoir siSOCIETE1.)a agi en tant que dirigeant de fait d\u2019SOCIETE2.)et si elle a engag\u00e9 en cette qualit\u00e9 sa responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle, SOCIETE2.)reste en d\u00e9faut de rapporter la preuve d\u2019un lien causal entre la faute reproch\u00e9e et le pr\u00e9judice all\u00e9gu\u00e9. A titre superf\u00e9tatoire, il y a lieu de relever qu\u2019il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments soumis \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation du tribunal que l\u2019associ\u00e9 unique d\u2019SOCIETE2.),PERSONNE1.), a conclu avecSOCIETE1.), un contrat ayant comme objet la mise \u00e0 disposition de dirigeants \u00e0 SOCIETE2.).PERSONNE1.)ne pouvait d\u00e8s lors ignorer au moment de la conclusion de ce contrat que les dirigeants mis \u00e0 disposition d\u2019SOCIETE2.), \u00e0 savoirSOCIETE3.)et SOCIETE4.), seraient li\u00e9es de quelque fa\u00e7on \u00e0SOCIETE1.)\u00e9tant donn\u00e9 que ce contrat s\u2019inscrivait dans un ensemble contractuel ayant comme objet la mise en place d\u2019une structure propos\u00e9e parSOCIETE1.)pour financer l\u2019acquisition d\u2019un bien immobilier. SOCIETE2.)aurait pu proc\u00e9der \u00e0 la r\u00e9vocation ad nutuum de SOCIETE3.)et SOCIETE4.)de leurs fonctions de g\u00e9rants, d\u00e8s le premier refus de ces derniers quant \u00e0 un refinancement du contrat de pr\u00eat parSOCIETE6.).Par email du 7 f\u00e9vrier 2018, PERSONNE2.), employ\u00e9eSOCIETE1.), a inform\u00e9PERSONNE1.)que les dirigeants d\u2019SOCIETE2.)\u00abaren\u2019tcomfortable with the loan on the name of the shareholder secured by the property of the company\u00bb et lui a sugg\u00e9r\u00e9 que\u00ab if you wish to proceed with the dealproposed bySOCIETE6.)thedirectors shall be replaced before documents related to the loan are signed and deal is concluded\u00bb.SOCIETE2.)aurait d\u00e8s lors pu \u00e9viter la survenance du pr\u00e9judice qu\u2019elle invoque en proc\u00e9dant \u00e0 la r\u00e9vocation des g\u00e9rants r\u00e9ticents. Il y a encore lieu de constater qu\u2019SOCIETE2.)ne rapporte pas non plus la preuve qu\u2019elle aurait entrepris des d\u00e9marches pour refinancer le pr\u00eat suite \u00e0 la d\u00e9mission de SOCIETE3.)etSOCIETE4.)de leurs fonctions de g\u00e9rants. Au vu des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, la demande reconventionnelle d\u2019SOCIETE2.) est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9e. Quant aux demandes accessoires SOCIETE1.)est \u00e0 d\u00e9bouter de sa demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, alors qu\u2019elle ne justifie pas en quoi il serait in\u00e9quitable de laisser les frais non compris dans les d\u00e9pens \u00e0 sa charge et ce d\u2019autant plus qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 indemnis\u00e9e de ce pr\u00e9judice sur base contractuelle. La demande de m\u00eame nature d\u2019SOCIETE2.)est \u00e0 rejeter au vu de l\u2019issue du litige.<\/p>\n<p>17 Il n\u2019y a pas lieu d\u2019ordonner l\u2019ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement alors que les conditions de l\u2019article 567 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ne sont pas donn\u00e9es en l\u2019esp\u00e8ce. Par ces motifs: le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, sixi\u00e8me chambre,si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, re\u00e7oitles demandes principale et reconventionnelle ; ditla demande principale fond\u00e9e; condamnela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)(Europe) SA le montant de 3.450.000,-EUR, augment\u00e9 des int\u00e9r\u00eats conventionnels major\u00e9s de 5% par an \u00e0 compter de l\u2019\u00e9ch\u00e9ance de chacune des tranches de remboursement jusqu\u2019\u00e0 solde; condamnela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)(Europe) SA le montant de 6.010,-GBP; condamnela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)(Europe) SA le montant le montant de 7.695,56 EUR; ditla demande reconventionnelle non fond\u00e9e; d\u00e9boutela soci\u00e9t\u00e9 anonymeSOCIETE1.)(Europe) SA de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile ; d\u00e9boutela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL de sa demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile; ditqu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 ex\u00e9cution provisoire sans caution du pr\u00e9sent jugement ; condamnela soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9eSOCIETE2.)SARL aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20251110-000649\/20200402-talch06-tal-2019-00836-pseudonymise-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jugement commercial n\u00b02020TALCH06\/00489 Audience publique du jeudi, deux avril deux mille vingt. Num\u00e9ro TAL-2019-00836 du r\u00f4le Composition: Nadine WALCH, vice-pr\u00e9sidente ; Jackie MORES, 1 er juge; FarialSTOFFEL,juge-d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e; Claude ROSENFELD, greffier. 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