{"id":810488,"date":"2026-05-01T21:58:44","date_gmt":"2026-05-01T19:58:44","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-26-octobre-2017\/"},"modified":"2026-05-01T21:58:51","modified_gmt":"2026-05-01T19:58:51","slug":"tribunal-darrondissement-26-octobre-2017","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-26-octobre-2017\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 26 octobre 2017"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Jugt no 2767\/2017 Not. : 21250\/12\/CD<\/p>\n<p>Audience publique du 26 octobre 2017<\/p>\n<p>Le Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, seiz i\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle a rendu le jugement qui suit:<\/p>\n<p>Dans la cause du Minist\u00e8re Public contre<\/p>\n<p>1. P.1.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (France), demeurant \u00e0 L- (\u2026) ;<\/p>\n<p>2. la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), inscrite au registre aupr\u00e8s du registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B(\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>3. la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 actuellement en fonctions inscrite au registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B(\u2026),<\/p>\n<p>4. P.2.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (Italie), demeurant \u00e0 L- (\u2026) ;<\/p>\n<p>5. P.3.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (France), demeurant \u00e0 F- (\u2026) ;<\/p>\n<p>&#8212; p r \u00e9 v e n u s \u2013<\/p>\n<p>en pr\u00e9sence de<\/p>\n<p>PC.1.), demeurant \u00e0 L-(\u2026),<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Jean- Fran\u00e7ois PIERRET, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>partie civile constitu\u00e9e contre les pr\u00e9venus pr\u00e9qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p>1x exp\/s 3x \u00e9tr.<\/p>\n<p>F A I T S :<\/p>\n<p>Par citations du 8 ao\u00fbt 2017 Monsieur le Procureur d&#039;Etat pr\u00e8s le Tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg a cit\u00e9 les pr\u00e9venus \u00e0 compara\u00eetre \u00e0 l&#039;audience publique du 11 octobre 2017 devant le Tribunal correctionnel de ce si\u00e8ge pour y entendre statuer sur les pr\u00e9ventions suivantes:<\/p>\n<p>infractions aux articles 34, 196, 197 et 496 du code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>A cette audience Madame le vice-pr\u00e9sident constata l\u2019identit\u00e9 des pr\u00e9venus, leur donna connaissance des actes qui ont saisi le Tribunal et l\u2019informa de son droit de garder le silence.<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re public renon\u00e7a \u00e0 l\u2019audition du t\u00e9moin T.1.) .<\/p>\n<p>P.1.) fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense, lesquels furent plus amplement d\u00e9velopp\u00e9s par Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9ric KRIEG, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>P.2.) fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense, lesquels furent plus amplement d\u00e9velopp\u00e9s par Ma\u00eetre Julio STUPPIA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu P.3.) fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense, lesquels furent plus amplement d\u00e9velopp\u00e9s par Ma\u00eetre Filipe VALENTE, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Esch- sur- Alzette.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Julio STUPPIA d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l..<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Filipe VALENTE d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a..<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Jean- Fran\u00e7ois PIERRET, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, se constitua partie civile au nom et pour le compte de PC.1.), contre les pr\u00e9venus pr\u00e9qualifi\u00e9. Il donna lecture des conclusions \u00e9crites qu&#039;il d\u00e9posa sur le bureau du tribunal et qui furent sign\u00e9es par le vice-pr\u00e9sident et le greffier.<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public, Monsieur Pascal COLAS, substitut du Procureur d\u2019Etat, r\u00e9suma l&#039;affaire et fut entendu en son r\u00e9quisitoire.<\/p>\n<p>Le Tribunal prit l&#039;affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l&#039;audience publique de ce jour, date \u00e0 laquelle le prononc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9, le<\/p>\n<p>J U G E M E N T q u i s u i t :<\/p>\n<p>Vu la plainte avec constitution de partie civile d\u00e9pos\u00e9e le 2 ao\u00fbt 2012 devant le juge d\u2019instruction.<\/p>\n<p>Vu le rapport num\u00e9ro 2012\/39182\/1179\/SC du 25 mars 2013 dress\u00e9 par la police grand &#8212; ducale, circonscription r\u00e9gionale Esch\/Alzette, CPI Dudelange &#8212; service proximit\u00e9.<\/p>\n<p>Vu le rapport num\u00e9ro 39182\/2012\/354\/2013 du 15 juillet 2013 dress\u00e9 par la police grand- ducale, circonscription r\u00e9gionale Esch\/Alzette, CPI Dudelange &#8212; service proximit\u00e9.<\/p>\n<p>Vu l\u2019information men\u00e9e par le juge d\u2019instruction.<\/p>\n<p>Vu l\u2019ordonnance de renvoi num\u00e9ro 710\/17 du 7 avril 2017 rendue par la chambre du conseil du tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, renvoyant P.3.) , P.2.), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a., la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. et P.1.) devant une chambre correctionnelle du m\u00eame tribunal du chef d\u2019infractions aux articles 196, 197 et 496 du code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Vu la citation du 8 ao\u00fbt 2017 r\u00e9guli\u00e8rement notifi\u00e9e aux pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>AU PENAL<\/p>\n<p>Aux termes de la citation, ensemble l\u2019ordonnance de renvoi, le minist\u00e8re public reproche \u00e0 P.3.), P.2.), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a., la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. et P.1.),<\/p>\n<p>1) Entre le 22 f\u00e9vrier 2008 et le 24 novembre 2010, au si\u00e8ge social de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a. \u00e0 L-(&#8230;) et aux si\u00e8ges sociaux de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 L-(&#8230;) sinon \u00e0 L- (&#8230;), d\u2019avoir, dans une intention frauduleuse, commis des faux mat\u00e9riels et intellectuels en \u00e9critures priv\u00e9es ou commerciales, en confectionnant ou en faisant confectionner de toutes pi\u00e8ces sinon en \u00e9tablissent ou en faisant \u00e9tablir :<\/p>\n<p>a) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 22 f\u00e9vrier 2008 \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., notamment pour des frais d\u2019\u00e9tude et de recherche de donn\u00e9es cadastrales en rapport avec la construction de deux maisons jumel\u00e9es \u00e0 (&#8230;) , d\u2019un montant de 8.625 \u20ac ;<\/p>\n<p>b) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 10 avril 2008, \u00e9mise par la par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., pour des frais d\u2019architecte en rapport avec la m\u00eame construction, d\u2019un montant de 34.500 \u20ac ;<\/p>\n<p>c) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 24 novembre 2008, \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a., d\u2019un montant de 44.000 \u20ac pour des commissions \u00e0 payer du fait de la construction des maisons jumel\u00e9es mentionn\u00e9es ci-dessus ;<\/p>\n<p>d) une fausse attestation de paiement dat\u00e9e ou antidat\u00e9e au 25 f\u00e9vrier 2011, \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. pour confirmer le paiement par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. des factures sub a) et b) d\u2019un montant total de 43.125 \u20ac ;<\/p>\n<p>2) depuis le 30 juin 2010 sinon depuis le 24 novembre 2010<\/p>\n<p>et en tout cas depuis un temps non prescrit jusqu\u2019au 11 f\u00e9vrier 2013, \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire, d\u2019avoir fait usage des faux libell\u00e9s 1) dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, notamment en les invoquant \u00e0 titre de preuve sinon du moins pour faciliter la preuve de l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9tendu pr\u00e9judice \u00e9quivalent \u00e0 43.125 \u20ac devant la Cour d\u2019Appel dans le cadre d\u2019un litige en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile<\/p>\n<p>engag\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 l\u2019\u00e9gard de PC.1.) ,<\/p>\n<p>3) entre le 30 juin 2010 et le 27 avril 2011 \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire, dans le but de provoquer l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 27 avril 2011 condamnant PC.1.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. le montant de 43.125 \u20ac, d\u2019avoir fait usage de man\u0153uvres frauduleuses, soit des faux libell\u00e9s sub 1), pour abuser de la confiance ou surprendre la religion de la Cour d\u2019appel et la persuader frauduleusement de l\u2019existence d\u2019une dette fictive acquitt\u00e9e d\u2019un montant de 44.000 \u20ac, permettant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. de prouver sinon du moins de se faciliter la preuve<\/p>\n<p>d\u2019un pr\u00e9judice pour r\u00e9cup\u00e9rer le montant de 43.125 \u20ac aupr\u00e8s de PC.1.) \u00e0 titre de dommages- int\u00e9r\u00eats pour la non- ex\u00e9cution de prestations contractuelles, preuve qu\u2019elle n\u2019aurait pu obtenir autrement ou seulement plus difficilement.<\/p>\n<p>Les faits Par compromis de vente du 5 d\u00e9cembre 2005 PC.1.) acquiert en nom personnel, mais avec pouvoir de se substituer une autre personne, une maison d\u2019habitation avec terrain attenant, situ\u00e9e \u00e0 (\u2026). Suivant facture du 20 f\u00e9vrier 2006 il c\u00e8de ses droits sur le compromis de vente pour la somme de 115.000 \u20ac, TVA incluse, repr\u00e9sentant sa r\u00e9mun\u00e9ration pour le project- management (autorisation et commercialisation inclus). La vente est finalis\u00e9e le 30 mars 2006 par devant le notaire Jean SECKLER, l\u2019acheteur substitu\u00e9 \u00e9tant la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. (ci- apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.)).<\/p>\n<p>Sur le terrain la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. (ci-apr\u00e8s la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) ) construit deux maisons jumel\u00e9es en forme de vente en \u00e9tat futur d\u2019ach\u00e8vement, vendue s par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) \u00e0 des tiers. De ce chef la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) redevrait une commission de 44.000 \u20ac \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) suivant facture du 24 novembre 2008.<\/p>\n<p>Par jugement du 23 d\u00e9cembre 2008 le tribunal d\u2019arrondissement rejette la demande de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) tendant \u00e0 voir condamner PC.1.) \u00e0 lui rembourser la valeur de la prestation contractuelle non accomplie de 44.237,48 \u20ac (115.000 \u20ac + 29.237,48 \u20ac d\u2019int\u00e9r\u00eats d\u00e9biteurs).<\/p>\n<p>Dans son arr\u00eat du 30 juin 2010 la Cour d\u2019appel, par r\u00e9formation du jugement entrepris, d\u00e9clare la demande de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) fond\u00e9e et ordonne un sursis \u00e0 statuer afin de permettre aux parties de conclure sur la valeur de la prestation non accomplie par PC.1.) .<\/p>\n<p>Le 24 novembre 2010 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) communique deux factures du 22 f\u00e9vrier et 10 avril 2008 \u00e9tablies par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) pour un montant total de 43.125 \u20ac (34.500 + 8.625) relatifs \u00e0 des travaux d\u2019architecte r\u00e9alis\u00e9s par cette derni\u00e8re pour son compte. Suivant attestation du 25 f\u00e9vrier 2011 P.1.) , administrateur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) confirme le paiement de ces deux factures.<\/p>\n<p>Sur base de ces factures la Cour d\u2019appel, dans son arr\u00eat du 27 avril 2011, condamne PC.1.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. la somme de 43.125 \u20ac.<\/p>\n<p>Le 28 juillet 2011 PC.1.) , doutant de la v\u00e9racit\u00e9 des factures vers\u00e9es, porte plainte contre la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., P.2.), g\u00e9rant de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.), P.3.), administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. pour escroquerie \u00e0 jugement.<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re public ayant dans un premier temps class\u00e9 l\u2019affaire sans suites PC.1.) porte plainte avec constitution de partie civile devant le juge d\u2019instruction pour les m\u00eames faits par lettre du 24 juillet 2012 d\u00e9pos\u00e9e le 2 ao\u00fbt 2012.<\/p>\n<p>Par r\u00e9quisitoire du 31 octobre 2012 le minist\u00e8re public sollicite l\u2019ouverture d\u2019une instruction contre inconnu du chef d\u2019escroquerie.<\/p>\n<p>Dans son rapport du 25 mars 2013 la police proc\u00e8de \u00e0 l\u2019audition de P.2.) et P.3.) apr\u00e8s perquisition et saisie des copies des faux mentionn\u00e9s sub 1).<\/p>\n<p>Lors de la perquisition au si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) sont notamment saisies les deux factures des 22 f\u00e9vrier et 10 avril 2008, une attestation de paiement du 25 f\u00e9vrier 2011 \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) et sign\u00e9e par P.1.) pour attester du paiement des deux factures pour un total de 43.125 \u20ac par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et d\u2019une facture du 24 novembre 2008 \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) d\u2019un montant de 44.000 \u20ac pour des commissions \u00e0 payer du fait de la construction des maisons jumel\u00e9es.<\/p>\n<p>Par ordonnance du 25 f\u00e9vrier 2015 la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg prononce un non- lieu \u00e0 poursuivre les personnes inculp\u00e9es sur conclusions conformes du minist\u00e8re public.<\/p>\n<p>Par arr\u00eat du 8 juillet 2015 la chambre du conseil de la Cour d\u2019appel renvoie le dossier au juge d\u2019instruction aux fins de proc\u00e9der \u00e0 une instruction compl\u00e9mentaire contre P.1.) .<\/p>\n<p>Les d\u00e9clarations des parties devant la police<\/p>\n<p>Lors de son audition du 20 mars 2013 PC.1.) d\u00e9clare avoir c\u00e9d\u00e9 ses droits dont il disposait sur le compromis de vente \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) avec les autorisations qu\u2019il poss\u00e9dait. Sa facture adress\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e et il pensait avoir rempli toutes ses obligations. Il d\u00e9clare avoir \u00e9t\u00e9 assign\u00e9 deux ans apr\u00e8s la cession pour inex\u00e9cution de ses obligations, notamment de ne pas avoir obtenu les autorisations n\u00e9cessaires. Il ignore tout sur les deux factures de 43.125 \u20ac et 8.625 \u20ac.<\/p>\n<p>Lors de son audition du 14 juin 2013 PC.1.) maintient ses d\u00e9claration ant\u00e9rieures. Faute de contact entre parties il ignore si la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) a continu\u00e9 avec son projet ou en a \u00e9tabli un nouveau.<\/p>\n<p>Lors de son audition du 14 f\u00e9vrier 2013 P.2.) affirme que PC.1.), contrairement \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 convenu, n\u2019a pas obtenu toutes les autorisations pour construire. Il a demand \u00e9 \u00e0 P.3.) de s\u2019en charger, ce que ce dernier a fait. Il a ensuite envoy\u00e9 les factures pour les travaux d\u2019architecte \u00e0 PC.1.), factures que ce dernier n\u2019a pas pay\u00e9es. Il pr\u00e9cise qu\u2019il s\u2019agit bien des factures de 43.125 \u20ac et 8.625 \u20ac \u00e9tablies par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) . Il confirme ne pas avoir pay\u00e9 ces deux factures \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) en raison d\u2019un arrangement avec Monsieur P.3.) . Comme sa soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) redevait des commissions \u00e0 hauteur de 44.000 \u20ac P.2.) et P.3.) ont d\u00e9cid\u00e9 ensemble d\u2019annuler les deux factures. Il d\u00e9clare que le tribunal n\u2019a jamais demand\u00e9 jusqu\u2019au jugement la preuve si ces factures existaient vraiment. Ce n\u2019est que par apr\u00e8s que le tribunal demandait ses factures et que lui et P.3.) ont \u00e9tabli ces factures. Avant il n\u2019existait pas de factures parce qu\u2019ils avaient un arrangement et cela correspondait \u00e0 une op\u00e9ration blanche.<\/p>\n<p>Lors de sa prise de position \u00e9crite dat\u00e9e au 11 juillet 2013 il maintient ses d\u00e9clarations ant\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Lors de son audition du 11 f\u00e9vrier 2013 P.3.) confirme la version des faits de P.2.). Il d\u00e9clare que ce dernier lui a demand\u00e9 de l\u2019aider \u00e0 r\u00e9aliser un projet de deux maisons et de lui procurer les autorisations n\u00e9cessaires. Pendant tout ce projet ils n\u2019avaient jamais \u00e0 faire \u00e0 PC.1.). Il d\u00e9clare avoir effectu\u00e9 les travaux mis en compte sur les factures \u00e0 hauteur de 43.125 \u20ac et 8.625 \u20ac. Ces factures n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es parce qu\u2019il a fait un arrangement t\u00e9l\u00e9phonique avec P.2.). Comme sa soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) redevait des commissions \u00e0 hauteur de 44.000 \u20ac P.2.) et P.3.) ont d\u00e9cid\u00e9 ensemble d\u2019annuler les deux factures. D\u00e8s lors ces factures n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es. Lors de son audition du 20 juin 2013 P.3.) affirme que P.2.) lui a demand\u00e9 fin 2007 de r\u00e9aliser un projet de construction de deux maisons jumel\u00e9es \u00e0 (\u2026) sans lui indiquer qu\u2019il existait des autorisations. Il a sollicit\u00e9 toutes les autorisations et r\u00e9alis\u00e9 le projet immobilier.<\/p>\n<p>Par r\u00e9quisitoire additionnel du 15 octobre 2013 le minist\u00e8re public demande l\u2019extension de l\u2019instruction du chef de faux et usage de faux.<\/p>\n<p>Les d\u00e9clarations des pr\u00e9venus devant le juge d\u2019instruction<\/p>\n<p>Lors de son audition par le juge d\u2019instruction en date du 4 f\u00e9vrier 2014 P.2.) , qui maintient ses d\u00e9clarations faites devant la police, d\u00e9clare que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) a vendu la vieille maison et les terrains et qu\u2019P.3.) a repris le dossier d\u00e8s le d\u00e9but. C\u2019\u00e9tait pr\u00e9vu qu\u2019il paie pour les autorisations et les frais du PAP. En contrepartie P.2.) a renonc\u00e9 \u00e0 sa commission. Il pr\u00e9cise avoir demand\u00e9 \u00e0 P.3.) de l\u2019aider et s\u2019il l\u2019aidait il aurait le projet.<\/p>\n<p>Il maintient que les factures de 8.625 \u20ac et de 34.500 \u20ac devaient \u00eatre compens\u00e9es par le fait qu\u2019il ne demande pas de commission.<\/p>\n<p>Il a demand\u00e9 \u00e0 P.1.) de v\u00e9rifier les frais d\u00e9bours\u00e9s pour l\u2019architecte sans trop exag\u00e9rer et de lui faire une facture. Il lui a expliqu\u00e9 qu\u2019il lui ferait une facture similaire pour ses commissions.<\/p>\n<p>P.1.) lui a alors fait une facture pour les travaux r\u00e9alis\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) en 2007, d\u00e9but 2008. Contrairement \u00e0 ses propos tenus devant la police il affirme que les factures ont \u00e9t\u00e9 dress\u00e9es mai\/juin 2009 et sur demande de son avocat de quantifier les factures. Il admet avoir antidat\u00e9 les factures. Il confirme avoir parl\u00e9 des factures avec P.1.) et qu\u2019P.3.) \u00e9tait au courant.<\/p>\n<p>Il confirme que la facture de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) de 44.000 \u20ac a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie en fonction et en raison des deux autres factures de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) . Il d\u00e9clare qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 convenu d\u00e8s le d\u00e9but de compenser ces factures qui ne figuraient pas dans la comptabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Lors de son audition par le juge d\u2019instruction en date du 4 f\u00e9vrier 2014 P.3.) confirme que d\u00e8s le d\u00e9but il \u00e9tait convenu que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) devait faire la commercialisation et la construction. Les prestations pour les deux factures ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es en automne 2008. Il ignore la date d\u2019\u00e9tablissement de ces factures.<\/p>\n<p>Il d\u00e9clare que son associ\u00e9 P.1.) s\u2019est occup\u00e9 des factures et de leur compensation. Il pr\u00e9cise qu\u2019en tant qu\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 c\u2019est lui qui signe en principe tous les documents et peut engager la soci\u00e9t\u00e9 par sa seule signature.<\/p>\n<p>Lors de son audition par le juge d\u2019instruction en date du 3 mars 2016 P.1.) d\u00e9clare avoir \u00e9tabli les deux factures, mais pas \u00e0 la date du 22 f\u00e9vrier 2008 qui y figure, parce que P.2.) lui a demand\u00e9 par t\u00e9l\u00e9phone de les \u00e9tablir par rapport aux frais et d\u00e9marches de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.). En effet la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) a vendu un projet qui n\u2019\u00e9tait pas en \u00e9tat et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) a d\u00fb engager des frais suppl\u00e9mentaires. En contrepartie P.2.) a d\u00e9clar\u00e9 renoncer \u00e0 ses commissions. Ce dernier l\u2019a dit \u00e0 P.3.) et c\u2019est comme \u00e7a que P.1.) a fini par le savoir. Il a r\u00e9dig\u00e9 les deux factures de 2008 \u00e0 la demande de P.2.) mais n\u2019avait aucune id\u00e9e de ce que ce dernier allait en faire. Il s\u2019est dit dans son esprit que ces deux factures \u00e9taient la compensation de la renonciation aux commissions. Il ignore la date \u00e0 laquelle les factures ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises ainsi que la raison pour laquelle les factures ne mentionnent pas qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies en compensation de la renonciation \u00e0 une commission.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas en mesure de situer la date de la demande de P.2.) d\u2019\u00e9tablir les factures.<\/p>\n<p>Les d\u00e9clarations des pr\u00e9venus \u00e0 l\u2019audience<\/p>\n<p>P.1.) admet avoir antidat\u00e9 les deux factures de 8.625 \u20ac et de 34.500 \u20ac ainsi que l\u2019attestation de paiement, mais estime que cette derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie \u00e0 cette date. Il conteste avoir particip\u00e9 aux infractions d\u2019usage de faux et d\u2019escroquerie.<\/p>\n<p>Son mandataire fait plaider qu\u2019en tant que comptable il \u00e9tait \u00e9tranger \u00e0 l\u2019arrangement entre P.2.) et P.3.) sur la compensation et en ignorer la finalit\u00e9 et l\u2019utilisation, m\u00eame en absence de<\/p>\n<p>comptabilisation. Il conteste avoir \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans les infractions d\u2019usage de faux et d\u2019escroquerie.<\/p>\n<p>Il conclut \u00e0 l\u2019acquittement de P.1.) pour les infractions d\u2019usage de faux et d\u2019escroquerie \u00e0 jugement faute d\u2019\u00eatre impliqu\u00e9 dans la proc\u00e9dure civile. Il conteste la partie civile en son principe et en son quantum.<\/p>\n<p>P.2.) reconnait l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des infractions lui reproch\u00e9es tant en son nom personnel qu\u2019en sa qualit\u00e9 de repr\u00e9sentant l\u00e9gal de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) . Il d\u00e9clare que l\u2019enti\u00e8re responsabilit\u00e9 lui incombe et regrette de ne pas avoir fait \u00e9valuer son pr\u00e9judice par voie d\u2019expertise.<\/p>\n<p>Son mandataire soutient que le d\u00e9lai raisonnable a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 en raison de la p\u00e9riode de temps trop longue entre la premi\u00e8re audition du 14 f\u00e9vrier 2013 par la police ainsi que la comparution devant le juge d\u2019instruction du 4 f\u00e9vrier 2014 et la cl\u00f4ture par le juge d\u2019instruction le 24 novembre 2014.<\/p>\n<p>Il sollicite la cl\u00e9mence du tribunal et demande \u00e0 voir assortir la peine d\u2019emprisonnement d\u2019un sursis et adapter l\u2019amende \u00e0 la situation financi\u00e8re de son mandant.<\/p>\n<p>Il conteste la partie civile en son principe et en son quantum. Ainsi le montant non d\u00e9bours\u00e9 de 43.125 \u20ac et les frais ne sont pas dus. Il conteste les notes d\u2019honoraires faute de preuve de paiement. Il conteste finalement le pr\u00e9judice moral, le lien causal entre la d\u00e9nonciation du cr\u00e9dit par la BQUE.1.) et ses soucis et tracas all\u00e9gu\u00e9s. Il s\u2019oppose au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>P.3.) admet que les faux documents ont \u00e9t\u00e9 antidat\u00e9s mais estime que la date figurant sur l\u2019attestation de paiement est r\u00e9elle. Il conteste toute implication dans l\u2019usage de faux et l\u2019escroquerie, tant en son nom personnel qu\u2019en sa qualit\u00e9 de dirigeant responsable de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.).<\/p>\n<p>Son mandataire conteste qu\u2019P.3.) avait connaissance de la facture du 24 novembre 2008 et de la finalit\u00e9 des deux factures antidat\u00e9es de 8.625 \u20ac et de 34.500 \u20ac pour lesquelles il \u00e9tait au courant. Il conteste le caract\u00e8re fictif des factures qui correspondent \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique r\u00e9elle. Il d\u00e9clare avoir \u00e9tabli l\u2019attestation de paiement pour \u00e9viter le recouvrement. Il conteste encore l\u2019intention frauduleuse de porter pr\u00e9judice \u00e0 un tiers et le pr\u00e9judice dans l\u2019infraction de faux.<\/p>\n<p>Il sollicite la cl\u00e9mence du tribunal en raison du faible trouble \u00e0 l\u2019ordre public et estime que la partie civile est irrecevable \u00e0 son l\u2019encontre de ses mandants.<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re public estime que le d\u00e9lai raisonnable n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 et conclut \u00e0 la condamnation des pr\u00e9venus sub 1., 2., 4. et 5. pour les infractions de faux en raison d\u2019une faute concert\u00e9e.<\/p>\n<p>Il demande \u00e0 retenir P.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) dans les liens des pr\u00e9ventions d\u2019usage de faux et d\u2019escroquerie. Il requiert l\u2019acquittement d\u2019P.3.) ainsi que de P.1.) pour les infractions d\u2019usage de faux et d\u2019escroquerie et de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) pour toutes les infractions.<\/p>\n<p>En droit<\/p>\n<p>I . Les infractions reproch\u00e9es \u00e0 P.2.) , P.3.) et P.1.)<\/p>\n<p>1) les faux<\/p>\n<p>L\u2019infraction de faux telle que libell\u00e9e \u00e0 l\u2019article 196 du code p\u00e9nal suppose la r\u00e9union de quatre \u00e9l\u00e9ments constitutifs : a) une \u00e9criture pr\u00e9vue par la loi p\u00e9nale, b) une alt\u00e9ration de la v\u00e9rit\u00e9 ou un acte de falsification, c) une intention frauduleuse ou une intention de nuire, d) un pr\u00e9judice ou une possibilit\u00e9 de pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>Ad a) Le faux vis\u00e9 par l\u2019article 196 du code p\u00e9nal suppose que l\u2019\u00e9crit soit susceptible, dans une certaine mesure, de faire preuve de la validit\u00e9 des faits y \u00e9nonc\u00e9s pour ou contre un tiers (Cass. Belge, 8 janvier 1940, P 1940, I, 6). En d\u2019autres termes, il faut que les \u00e9critures, publiques ou priv\u00e9es, soient de nature \u00e0 produire des effets juridiques, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles puissent par l\u2019usage en vue duquel elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es, porter pr\u00e9judice aux tiers et tirer des cons\u00e9quences \u00e0 leur \u00e9gard, et que la collectivit\u00e9 puisse les consid\u00e9rer comme v\u00e9ridiques en raison de leur contenu ou leur forme (Cass. Belge, 9 f\u00e9vrier 1982, Pas. 1982, I, 721).<\/p>\n<p>Le crime de faux n&#039;existe ainsi que si l&#039;\u00e9crit fauss\u00e9 a une force probante certaine.<\/p>\n<p>Les factures sont des notes d\u00e9taill\u00e9es des marchandises vendues ou des travaux ex\u00e9cut\u00e9s et de leur prix et elles n&#039;acqui\u00e8rent de force probante que pour autant qu&#039;elles ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9es par leur destinataire. En effet, dans les rapports entre parties, la facture ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de la pr\u00e9somption de v\u00e9rit\u00e9 et n&#039;est que l&#039;\u00e9nonc\u00e9 des affirmations du cr\u00e9ancier, sujette \u00e0 v\u00e9rification de la part de celui \u00e0 qui elle est adress\u00e9e. Elle n&#039;est prot\u00e9g\u00e9e par la loi p\u00e9nale que si elle devient un instrument de preuve, ce qui est le cas lorsque les all\u00e9gations mensong\u00e8res sont destin\u00e9es \u00e0 un tiers ou \u00e0 une administration ou lorsque la facture a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e par le d\u00e9biteur et constitue elle- m\u00eame la cause d&#039;un pr\u00e9judice \u00e0 la suite de ses effets juridiques (HOORNAERT, Faux en \u00e9critures et faux bilans, \u00e9d. 1945, No 126; DONNEDIEU DE VABRES, Essai sur la notion de pr\u00e9judice dans la th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale du faux documentaire, \u00e9d. 1943, p. 71; Les Novelles, Droit p\u00e9nal, tome II, Nos 2008 et ss; RIGAUX et TROUSSE, \u00e9d. 1957, tome III, No 115). Il en est de m\u00eame de l\u2019attestation de paiement qui constitue une d\u00e9claration unilat\u00e9rale destin\u00e9e aux tiers.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, les factures et l\u2019attestation de paiement incrimin\u00e9es constituent des documents susceptibles de faire preuve entre commer\u00e7ants et ont \u00e9t\u00e9 produites en justice. A ce titre les documents mentionn\u00e9s sub 1) sont des \u00e9crits prot\u00e9g\u00e9s au regard de l\u2019article 196 du code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Elles sont d\u00e8s lors de nature \u00e0 induire un tiers en erreur, alors que tout tiers, ignorant les relations entre parties, consid\u00e9rera ces documents comme une preuve valable de ce que les prestations y \u00e9nonc\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 prest\u00e9es, de ce qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9es et de ce que la somme y mentionn\u00e9e est d\u00e8s lors due \u00e0 l\u2019\u00e9metteur de la facture.<\/p>\n<p>Les factures confectionn\u00e9es par le pr\u00e9venu constituent par cons\u00e9quent des \u00e9critures prot\u00e9g\u00e9es vis\u00e9es par l\u2019article 196 du code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>ad b) L\u2019alt\u00e9ration de la v\u00e9rit\u00e9 se caract\u00e9rise par l\u2019indiff\u00e9rence de son moyen et de son r\u00e9sultat dommageable.<\/p>\n<p>Le faux en \u00e9criture se divise, quant \u00e0 ses caract\u00e8res, en faux intellectuel et en faux mat\u00e9riel. Le faux intellectuel r\u00e9sulte de l\u2019alt\u00e9ration de la substance d\u2019un acte, c\u2019est-\u00e0-dire des dispositions constitutives de cet acte. Le faux mat\u00e9riel consiste dans une falsification totale ou partielle de l\u2019\u00e9crit, susceptible d\u2019\u00eatre reconnue et constat\u00e9e physiquement par une op\u00e9ration ou proc\u00e9d\u00e9 quelconque. La fabrication ou la contrefa\u00e7on d\u2019une \u00e9criture ou d\u2019une signature ; l\u2019alt\u00e9ration d\u2019une \u00e9criture par addition, suppression, grattage, surcharge, sont autant de moyens par lesquels le faux mat\u00e9riel peut \u00eatre consomm\u00e9 (Jean Servais Guillaume NYPELS, Le code p\u00e9nal belge interpr\u00e9t\u00e9, art. 193 ss., p.451 et 452).<\/p>\n<p>Au vu des aveux de tous les pr\u00e9venus que les factures n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies aux dates y mentionn\u00e9es les factures en question constituent des faux mat\u00e9riels en ce qu\u2019ils contiennent de fausses mentions quant \u00e0 leur date.<\/p>\n<p>A l\u2019audience les pr\u00e9venus ont tous soutenu que la date figurant sur l\u2019attestation de paiement est exacte. Faute par le minist\u00e8re public d\u2019\u00e9tablir que l\u2019attestation litigieuse a \u00e9t\u00e9 antidat\u00e9e il n\u2019y a pas lieu de retenir le faux mat\u00e9riel de ce chef.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le faux intellectuel, celui-ci peut r\u00e9sulter non seulement des constatations effectives que renferme un acte, mais aussi de certaines omissions dont le but et le r\u00e9sultat sont de donner \u00e0 un fait mensonger les apparences de v\u00e9rit\u00e9 (NYPELS et SERVAIS, Code p\u00e9nal interpr\u00e9t\u00e9, T I page 546 n\u00b0 1).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce P.2.) a reconnu lors de sa premi\u00e8re audition par la police que les factures de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) de f\u00e9vrier et avril 2008 ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablies \u00e0 la demande de la Cour d\u2019appel et que ces factures n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es, contrairement \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 de l\u2019attestation de paiement du 25 f\u00e9vrier 2011. Il a confirm\u00e9 que les faux ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis suite \u00e0 un arrang ement avec P.3.) .<\/p>\n<p>Il a encore admis devant le juge d\u2019instruction que la cr\u00e9ance de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) sur la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) \u00e9tait purement fictive et qu\u2019elle devait compenser la cr\u00e9ance all\u00e9gu\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.). Il affirme avoir demand\u00e9 \u00e0 P.1.) d\u2019\u00e9tablir ces factures et qu\u2019il ferait une facture similaire pour ses commissions. Il d\u00e9clare qu\u2019P.3.) \u00e9tait au courant de l\u2019\u00e9tablissement des factures.<\/p>\n<p>P.2.) a encore reconnu que l\u2019affirmation de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) dans l\u2019attestation de paiement du 25 f\u00e9vrier 2011 \u00e9tait inexacte alors qu\u2019aucun paiement direct n\u2019a eu lieu et qu\u2019aucune trace n\u2019a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e dans la comptabilit\u00e9.<\/p>\n<p>P.1.) a reconnu avoir \u00e9tabli les deux factures de f\u00e9vrier et novembre 2008 et l\u2019attestation de paiement du 25 f\u00e9vrier 2011 \u00e9mises par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) \u00e0 la demande de P.2.) . Il admet avoir su que ces documents constituaient la contrepartie des commissions non pay\u00e9es mises en compte sur la facture du 24 novembre 2008 par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) .<\/p>\n<p>La facture du 24 novembre 2008 ayant \u00e9t\u00e9 saisie au si\u00e8ge social de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.), dont P.1.) \u00e9tait l\u2019administrateur et responsable de la comptabilit\u00e9, la contestation relative \u00e0 la non- connaissance de cette facture n\u2019emporte pas la conviction du tribunal, d\u2019autant plus que P.1.) admet avoir sign\u00e9 lui-m\u00eame l\u2019attestation de paiement faite en raison de la compensation des factures r\u00e9ciproques entre les deux soci\u00e9t\u00e9s SOC.1.) et SOC.2.).<\/p>\n<p>P.3.) ne conteste pas l\u2019arrangement pr\u00e9mentionn\u00e9 avec P.2.) ni que les deux ont d\u00e9cid\u00e9 ensemble d\u2019annuler les deux factures qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 pay\u00e9es. En tant qu\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 il admet signer tous les documents de la soci\u00e9t\u00e9 et \u00eatre seul \u00e0 pouvoir l\u2019engager. Il a d\u00e9clar\u00e9 que d\u00e8s 2007 il avait un arrangement avec P.2.) de r\u00e9aliser le projet immobilier \u00e0 (\u2026), y compris les autorisations sans savoir qu\u2019il existait d\u00e9j\u00e0 des autorisations. C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 tort qu\u2019P.3.) conteste que les factures correspondent \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Au regard des aveux de P.2.), des aveux partiel s d\u2019P.3.) et de P.1.) ainsi que des d\u00e9veloppements ci-avant il est \u00e9tabli que les obligations constat\u00e9es dans les factures libell\u00e9es sub 1) et l\u2019attestation de paiement ne sont pas r\u00e9elles mais correspondant \u00e0 un arrangement entre les trois pr\u00e9venus. La facture \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie en raison et en fonction des factures de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) sans qu\u2019aucune de ces factures n\u2019ait \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e ou comptabilis\u00e9e le tribunal retient que les factures et l\u2019attestation de paiement sont des documents fictifs et constituent des faux intellectuels.<\/p>\n<p>La condition de l\u2019alt\u00e9ration de la v\u00e9rit\u00e9 est donc remplie.<\/p>\n<p>Ad c) En ce qui concerne l\u2019\u00e9l\u00e9ment moral, il est requis que l\u2019auteur ait agi dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire. Par intention frauduleuse on entend le dessein de se procurer \u00e0 soi-m\u00eame ou de procurer \u00e0 autrui un profit ou un avantage illicites, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il suffit que le profit ou l\u2019avantage ait \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9 par le moyen illicite du faux en \u00e9critures (RIGAUX et TROUSSE, Les crimes et les d\u00e9lits du code p\u00e9nal, T.III no240, p.230- 231).<\/p>\n<p>L&#039;\u00e9l\u00e9ment moral est d\u00e8s lors caract\u00e9ris\u00e9 si le pr\u00e9venu \u00e9tait au courant et ne pouvait ignorer le caract\u00e8re frauduleux (Crim. fr. 27 novembre 1978). Suivant la jurisprudence et la doctrine l&#039;intention frauduleuse peut consister dans la recherche de n&#039;importe quel avantage, m\u00eame une commodit\u00e9 (Cour d&#039;appel 22 d\u00e9cembre 1980 Minist\u00e8re Public c\/ K.).<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de faux en \u00e9critures, les juges du fond appr\u00e9cient souverainement l&#039;intention frauduleuse des faits par eux constat\u00e9s (Cass. crim. 13 mars 1986, Bull. p. 24, n\u00b0 340).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce il d\u00e9coule des aveux de P.2.) qu\u2019il avait connaissance du caract\u00e8re fictif et antidat\u00e9 des factures et de l\u2019usage qu\u2019il entendait en faire.<\/p>\n<p>La jurisprudence admet que l\u2019intention frauduleuse ne porte pas sur la fin poursuivie mais sur le moyen employ\u00e9 pour obtenir cette fin. Il est d\u00e8s lors irrelevant qu\u2019P.3.) et P.1.) n\u2019avaient pas l\u2019intention de porter pr\u00e9judice \u00e0 un tiers.<\/p>\n<p>En leur qualit\u00e9 de dirigeants responsables P.3.) et P.1.) ont pu et d\u00fb savoir que l\u2019\u00e9tablissement des factures fictives et antidat\u00e9es, non pay\u00e9es et non comptabilis\u00e9es ainsi que l\u2019attestation de paiement fictive \u00e9taient susceptibles de porter pr\u00e9judice, m\u00eame s\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas partie au litige civile entre la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et PC.1.).<\/p>\n<p>L\u2019intention frauduleuse est d\u00e8s lors \u00e9tablie dans le chef des trois pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>Ad d) Pour constituer un faux punissable, l\u2019alt\u00e9ration de la v\u00e9rit\u00e9 dans un \u00e9crit doit avoir caus\u00e9 ou avoir pu causer un pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>La condition tir\u00e9e d&#039;un pr\u00e9judice ou d&#039;une possibilit\u00e9 de pr\u00e9judice est respect\u00e9e si l&#039;\u00e9crit peut induire en erreur les tiers auxquels il est pr\u00e9sent\u00e9 ou s&#039;il est possible que les tiers, mis en pr\u00e9sence de cet \u00e9crit, conforment leur attitude sur le contenu (TA Lux., 22.04.1999, 31, 82).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce P.2.) est en aveu d\u2019avoir commis ces faux dans le but de se pr\u00e9constituer une preuve antidat\u00e9e et fictive, destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre vers\u00e9e en justice aux fins de convaincre la Cour d\u2019appel de l\u2019\u00e9tendue de son pr\u00e9judice et de l\u2019amener \u00e0 condamner PC.1.) .<\/p>\n<p>La jurisprudence admet qu\u2019il suffit qu\u2019au moment o\u00f9 est dress\u00e9 le faux que ce dernier est susceptible, par l\u2019usage qui peut en \u00eatre fait et ind\u00e9pendamment de l\u2019usage-m\u00eame, de l\u00e9ser un int\u00e9r\u00eat priv\u00e9 ou public. La condition d\u2019un pr\u00e9judice ou d\u2019une possibilit\u00e9 de pr\u00e9judice est respect\u00e9e si l\u2019\u00e9crit peut induire en erreur les tiers auxquels il est pr\u00e9sent\u00e9 ou qu\u2019il est possible si les tiers, mis en pr\u00e9sence de cet \u00e9crit, conforment leur attitude sur le contenu.<\/p>\n<p>En \u00e9tablissant les fausses factures et l\u2019attestation de paiement fictive en connaissance de cause P.3.) et P.1.), dirigeants de droit de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) , ne pouvaient ignorer que les faux documents \u00e9taient susceptibles d\u2019induire en erreur les tiers.<\/p>\n<p>La possibilit\u00e9 d\u2019un pr\u00e9judice se trouve d\u00e8s lors remplie en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019infraction de faux \u00e9tant r\u00e9unis en l\u2019esp\u00e8ce P.2.) , P.3.) et P.1.) sont \u00e0 retenir dans les liens de la pr\u00e9vention de faux.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la qualit\u00e9 des pr\u00e9venus P.1.) est en aveu d\u2019avoir \u00e9tabli les faux libell\u00e9s sub 1) a),b) et d) et P.2.) admet avoir \u00e9tabli le faux sub 1) c).<\/p>\n<p>Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de il est \u00e9tabli que les trois pr\u00e9venus ont jou\u00e9 leur r\u00f4le dans l\u2019\u00e9tablissement des faux qu\u2019ils n\u2019ont pas personnellement commis.<\/p>\n<p>L\u2019article 66 alin\u00e9a 3 du code p\u00e9nal punit comme auteurs de l\u2019infraction ceux qui, par un fait quelconque, auront pr\u00eat\u00e9 pour l\u2019ex\u00e9cution une aide telle que, sans leur assistance, le crime ou le d\u00e9lit n\u2019e\u00fbt pu \u00eatre commis.<\/p>\n<p>Le coop\u00e9rateur direct est l\u2019agent qui, bien que ne r\u00e9alisant pas lui-m\u00eame l\u2019acte incrimin\u00e9, y prend directement part (cf. Ch. HENNAU, Droit p\u00e9nal g\u00e9n\u00e9ral, 2 \u00e8me \u00e9dition, Bruylant, p.256).<\/p>\n<p>La participation par aide ou assistance peut se manifester sous les formes les plus diverses, aussi le l\u00e9gislateur, pour les embrasser toutes, se sert-il dans l\u2019article 66 du Code p\u00e9nal des termes g\u00e9n\u00e9raux \u00ab par un fait quelconque \u00bb (Cour d\u2019appel, 5 avril 1968, P. 19. 314).<\/p>\n<p>Il suffit que l\u2019aide ait \u00e9t\u00e9 principale en ce sens que, sans elle, l\u2019infraction n\u2019e\u00fbt pu \u00eatre commise \u00ab telle qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 commise \u00bb. L\u2019agent reste coauteur, bien que, sans son aide le vol aurait pu \u00eatre commis autrement (Constant, Pr\u00e9cis de droit p\u00e9nal, n\u00b0180, p. 182, \u00e9d. 1967).<\/p>\n<p>Si la complicit\u00e9 par aide ou assistance ne peut s\u2019induire de la simple inaction ou abstention, il y a toutefois lieu de distinguer entre le spectateur neutre d\u2019une infraction et celui dont l\u2019attitude implique une v\u00e9ritable adh\u00e9sion morale. La simple pr\u00e9sence ne saurait certainement suffire \u00e0 faire du spectateur un complice d\u00e8s lors que ce spectateur peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab spectateur neutre et indiff\u00e9rent du d\u00e9lit d\u2019autrui en se bornant \u00e0 laisser les \u00e9v\u00e9nements suivre leur cours sans rien faire pour y mettre obstacle. Il en va toutefois diff\u00e9remment des gens dont la pr\u00e9sence implique une adh\u00e9sion morale \u00e0 la commission de l\u2019infraction et constitue une aide \u00e0 l\u2019\u00e9gard de son auteur puisque l\u2019activit\u00e9 criminelle de celui-ci s\u2019en trouve facilit\u00e9, en d\u2019autres termes des gens dont on peut estimer que leur pr\u00e9sence a jou\u00e9 un r\u00f4le causal dans la r\u00e9alisation de l\u2019infraction. En outre lorsque l\u2019abstention est l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un engagement ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019infraction de ne rien faire m\u00eame si elle \u00e9mane d\u2019un simple particulier, son auteur encourt la r\u00e9pression \u00bb. (Juris-classeur p\u00e9nal, Complicit\u00e9, art 121- 6 et 121-7 nos 45-52 ; Philippe Salvage, Le lien de causalit\u00e9 en mati\u00e8re de complicit\u00e9, R.S.C. 1981, p.32 et suiv.)<\/p>\n<p>Le fait d\u00e9lictueux peut ainsi \u00eatre attribu\u00e9 \u00e0 une personne qui ne l\u2019a pas personnellement ex\u00e9cut\u00e9 sous condition qu\u2019il y ait eu:<\/p>\n<p>&#8212; un acte de participation r\u00e9pondant \u00e0 l\u2019un des modes \u00e9num\u00e9r\u00e9s par la loi &#8212; r\u00e9alisation mat\u00e9rielle de l\u2019infraction principale ou de sa tentative &#8212; un lien ad\u00e9quat effectif entre le mode de participation et la r\u00e9alisation de l\u2019infraction ou de sa tentative &#8212; une incrimination autorisant la poursuite des participants &#8212; une intention de participer \u00e0 la r\u00e9alisation de l\u2019infraction principale: avoir en connaissance de cause l\u2019intention de participer. (Hennau et Verhaegen, Droit p\u00e9nal g\u00e9n\u00e9ral, no 297 et suiv. p. 255 \u2013 266)<\/p>\n<p>Il faut encore que tous les participants soient unis par la m\u00eame intention criminelle, que l\u2019aide qu\u2019ils apportent, soit apport\u00e9e en vue de la r\u00e9alisation de l\u2019infraction d\u00e9termin\u00e9e voulue par l\u2019auteur principal, mais ce concert de volont\u00e9s peut \u00eatre tacite (Cass. belge 3 juillet 1950, Pas. 1950, I, 789 et la note).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce ces conditions sont r\u00e9unies tant en ce qui concerne P.2.) pour les faux commis sub 1) a), b) et d) au regard de ses aveux de son arrangement avec P.3.) de faire \u00e9tablir les factures fictives et antidat\u00e9es de f\u00e9vrier et avril 2008 ainsi que l\u2019attestation de paiement fictive de f\u00e9vrier 2011 et de son entretien t\u00e9l\u00e9phonique avec P.1.) .<\/p>\n<p>Elles sont encore \u00e9tablies dans le chef d\u2019 P.3.) qui selon ses propres aveux \u00e9tait partie \u00e0 l\u2019arrangement t\u00e9l\u00e9phonique avec P.2.) \u00e0 compenser les factures \u00e9tablies par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) . En sa fonction d\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) il avait connaissance de l\u2019\u00e9tablissement des fausses factures et de la fausse attestation par P.1.).<\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame pour P.1.) , responsable de la comptabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) , qui a admis avoir su que la facture \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) \u00e9tait compens\u00e9e avec celles de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.).<\/p>\n<p>Ainsi le tribunal retient qu\u2019P.3.), P.1.) et P.2.) ont agi tant comme auteurs, pour avoir commis eux-m\u00eames les faux, tant comme coauteurs dans la mesure o\u00f9 leur r\u00f4le a consist\u00e9 \u00e0 coop\u00e9rer directement aux infractions leur reproch\u00e9es et \u00e0 procurer une aide telle que sans leur assistance, les infractions n\u2019auraient pas pu \u00eatre commises.<\/p>\n<p>P.3.), P.1.) et P.2.) sont d\u00e8s lors \u00e0 retenir dans les liens des pr\u00e9ventions de faux libell\u00e9s sub 1).<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements ci-avant P.3.), P.1.) et P.2.) sont convaincus :<\/p>\n<p>\u00ab comme auteurs ayant commis les infractions, respectivement commis les infractions ensemble,<\/p>\n<p>1) entre le 22 f\u00e9vrier 2008 et le 24 novembre 2010, au si\u00e8ge social de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) S.A. \u00e0 L-(&#8230;) et aux si\u00e8ges sociaux de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) S\u00e0rl \u00e0 L-(&#8230;) sinon \u00e0 L- (&#8230;),<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 196 du code p\u00e9nal, dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, d\u2019avoir commis un faux en \u00e9critures de commerce, par fabrication de conventions, obligations ou d\u00e9charges,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir, dans une intention frauduleuse, commis des faux mat\u00e9riels et intellectuels en \u00e9critures commerciales, en confectionnant ou en faisant confectionner de toutes pi\u00e8ces sinon en \u00e9tablissent ou en faisant \u00e9tablir :<\/p>\n<p>a)une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 22 f\u00e9vrier 2008 \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., notamment pour des frais d\u2019\u00e9tude et de recherche de donn\u00e9es cadastrales en rapport avec la construction de deux maisons jumel\u00e9es \u00e0 (&#8230;), d\u2019un montant de 8.625 \u20ac ;<\/p>\n<p>b) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 10 avril 2008, \u00e9mise par la par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., pour des frais d\u2019architecte en rapport avec la m\u00eame construction, d\u2019un montant de 34.500 \u20ac ; c) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e du 24 novembre 2008, \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a., d\u2019un montant de 44.000 \u20ac pour des commissions \u00e0 payer du fait de la construction des maisons jumel\u00e9es mentionn\u00e9es ci-dessus ; d) une fausse attestation de paiement dat\u00e9e au 25 f\u00e9vrier 2011, \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. pour confirmer le paiement par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. des factures sub a) et b) d\u2019un montant total de 43.125 \u20ac ;<\/p>\n<p>2) l\u2019usage des faux<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019infraction d\u2019usage de faux il y a lieu de rappeler que pour \u00eatre punissable, l\u2019usage de faux doit comporter trois \u00e9l\u00e9ments constitutifs : &#8212; l\u2019usage d\u2019un faux tel que pr\u00e9vu par l\u2019article 196 du code p\u00e9nal &#8212; une intention frauduleuse ou une intention de nuire &#8212; un pr\u00e9judice ou une possibilit\u00e9 de pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>En ce qui concerne P.2.) et comme d\u00e9velopp\u00e9 ci-avant, les documents mentionn\u00e9s sub 1) constituent bien des faux dont P.2.) a fait usage en les communiquant \u00e0 la justice \u00e0 titre de preuve de son pr\u00e9judice. Le premier \u00e9l\u00e9ment constitutif de l\u2019infraction d\u2019usage de faux est donc \u00e9tabli. Il en est de m\u00eame de la possibilit\u00e9 d\u2019un pr\u00e9judice tel que relev\u00e9 ci-avant dans le cadre de l\u2019infraction de faux.<\/p>\n<p>Par ailleurs P.2.) a agi dans une intention frauduleuse en essayant, par la remise de ces faux, de prouver un pr\u00e9judice fictif.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction d\u2019usage de faux, pour laquelle P.2.) est en aveu, sont partant r\u00e9unis, de sorte que le pr\u00e9venu est encore \u00e0 retenir dans les liens de cette pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>P.2.) est d\u00e8s lors convaincu :<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur ayant commis l\u2019infraction,<\/p>\n<p>2) Depuis le 30 juin 2010 sinon depuis le 24 novembre 2010 et en tout cas depuis un temps non prescrit jusqu\u2019au 11 f\u00e9vrier 2013, \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 197 du code p\u00e9nal, dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, d\u2019avoir fait usage de faux en \u00e9critures de commerce,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir fait usage des faux libell\u00e9s 1) dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, notamment en les invoquant \u00e0 titre de preuve sinon du moins pour faciliter la preuve de l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9tendu pr\u00e9judice \u00e9quivalent \u00e0 43.125 \u20ac devant la Cour d\u2019Appel dans le cadre d\u2019un litige en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile engag\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un \u00ab tiers \u00bb, soit PC.1.) \u00bb.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019usage de faux reproch\u00e9 \u00e0 P.3.) et P.1.)<\/p>\n<p>Aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier r\u00e9pressif ne permettant de conclure \u00e0 une quelconque implication d\u2019P.3.) et de P.1.) dans l\u2019infraction d\u2019usage de faux ils ne sont pas \u00e0 retenir dans les liens de cette pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>P.3.) et P.1.) sont partant \u00e0 acquitter :<\/p>\n<p>\u00ab comme auteurs ayant commis les infractions, sinon comme coauteurs ayant coop\u00e9r\u00e9 directement \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des crimes et d\u00e9lits, ou, ayant, par un fait quelconque, pr\u00eat\u00e9 pour l\u2019ex\u00e9cution une aide telle que, sans son assistance, les crimes et d\u00e9lits n\u2019eussent pu \u00eatre commis, ou, ayant, par dons, promesses, menaces, abus d\u2019autorit\u00e9 ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables, directement provoqu\u00e9 \u00e0 ces crimes et d\u00e9lits, ou, ayant, soit par des discours tenus dans des r\u00e9unions ou dans des lieux publics, soit par des placards affich\u00e9s, soit par des \u00e9crits imprim\u00e9s ou non et vendus ou distribu\u00e9s, provoqu\u00e9 directement \u00e0 les commettre,<\/p>\n<p>sinon comme complices ayant donn\u00e9 des instructions pour commettre les crimes et d\u00e9lits, ou, ayant procur\u00e9 des armes, des instruments ou tout autre moyen qui a servi aux crimes et d\u00e9lits, sachant qu\u2019ils devaient y servir, ou, ayant, avec connaissance, aid\u00e9 ou assist\u00e9 l\u2019auteur ou les auteurs des crimes et d\u00e9lits dans les faits qui les ont pr\u00e9par\u00e9s ou facilit\u00e9s, ou dans ceux qui les ont consomm\u00e9s,<\/p>\n<p>2) Depuis le 30 juin 2010 sinon depuis le 24 novembre 2010 et en tout cas depuis un temps non prescrit jusqu\u2019au 11 f\u00e9vrier 2013, \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 197 du code p\u00e9nal, dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, d\u2019avoir fait usage de faux en \u00e9critures priv\u00e9es ou en \u00e9critures de commerce,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir fait usage des faux libell\u00e9s 1) dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, notamment en les invoquant \u00e0 titre de preuve sinon du moins pour faciliter la preuve de l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9tendu pr\u00e9judice \u00e9quivalent \u00e0 43.125 \u20ac devant la Cour d\u2019Appel dans le cadre d\u2019un litige en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile engag\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un \u00ab tiers \u00bb, soit PC.1.) \u00bb.<\/p>\n<p>3) l\u2019escroquerie \u00e0 jugement<\/p>\n<p>L\u2019article 496 du code p\u00e9nal sanctionne quiconque, dans le but de s\u2019approprier une chose appartenant \u00e0 autrui, se sera fait remettre ou d\u00e9livrer ou aura tent\u00e9 de faire remettre ou d\u00e9livrer des fonds, meubles, obligations, quittances, d\u00e9charges, soit en faisant usage de faux noms ou de fausses qualit\u00e9s, soit en employant des man\u0153uvres frauduleuses pour persuader l\u2019existence de fausses entreprises, d\u2019un pouvoir ou d\u2019un cr\u00e9dit imaginaire, pour faire na\u00eetre l\u2019esp\u00e9rance ou la crainte d\u2019un succ\u00e8s, d\u2019un accident ou de tout autre \u00e9v\u00e8nement chim\u00e9rique, ou pour abuser autrement de la confiance ou de la cr\u00e9dulit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019escroquerie par voie judiciaire est une forme d\u2019escroquerie qui consiste en ce qu\u2019un plaideur, en utilisant en justice des man\u0153uvres frauduleuses, soit parvenu \u00e0 surprendre la religion du juge et \u00e0 provoquer ainsi une d\u00e9cision dont l\u2019effet a \u00e9t\u00e9 pour son adversaire une remise indue (RPDB, compl\u00e9ment t. IV, verbo escroquerie).<\/p>\n<p>L\u2019escroquerie requiert trois \u00e9l\u00e9ments constitutifs :<\/p>\n<p>&#8212; l\u2019emploi de faux noms, de fausses qualit\u00e9s ou de man\u0153uvres frauduleuses, &#8212; la remise ou la d\u00e9livrance de fonds, meubles, obligations, quittances ou d\u00e9charges, &#8212; l\u2019intention de s\u2019approprier le bien d\u2019autrui.<\/p>\n<p>En ce qui concerne P.2.) le tribunal reteint que l\u2019emploi des faux documents mentionn\u00e9s sub 1) et 2) constituent des man\u0153uvres frauduleuses au sens de la loi. Il faut encore que l\u2019auteur se soit fait remettre, sinon d\u00e9livrer des fonds, meubles, obligations, quittances ou d\u00e9charges.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, le minist\u00e8re public reproche \u00e0 P.2.) de s\u2019\u00eatre faire remettre un jugement d\u00e9finitif.<\/p>\n<p>L\u2019analyse des termes fonds, meubles, obligations, quittances ou d\u00e9charges de l\u2019article 496 du code p\u00e9nal r\u00e9v\u00e8le un caract\u00e8re g\u00e9n\u00e9ral et absolu. Leur interpr\u00e9tation plus large doit embrasser tous les actes dont peut r\u00e9sulter un lien de droit \u00e0 l\u2019aide duquel un pr\u00e9judice peut \u00eatre port\u00e9 \u00e0 la fortune d\u2019autrui, et tous les faits juridiques qui cr\u00e9ent un lien de droit ou qui le dissolvent. Le r\u00e9sultat poursuivi, en l\u2019esp\u00e8ce, est une d\u00e9cision de justice, un \u00ab acte \u00bb, un instrumentum constatant l\u2019existence d\u2019un droit, acte tellement d\u00e9cisif que, d\u00e8s sa naissance, il peut emporter la r\u00e9alisation d\u00e9finitive du d\u00e9lit (T.corr. Grasse, 25 octobre 1933, Gaz.Pal. 1933, 2, 980).<\/p>\n<p>Il y a d\u00e8s lors eu remise d\u2019une chose prot\u00e9g\u00e9e par l\u2019article 496 du code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Il faut en dernier lieu que l\u2019auteur ait eu l\u2019intention de s\u2019approprier le bien d\u2019autrui, il faut d\u00e8s lors un dol sp\u00e9cial.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce le pr\u00e9venu est en aveu d\u2019avoir remis en connaissance de cause les faux mentionn\u00e9s sub 1) et 2) afin de persuader la Cour d\u2019appel de l\u2019existence d\u2019une cr\u00e9ance envers PC.1.) r\u00e9sultant de la non- ex\u00e9cution des obligations contractuelles de ce dernier.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction d\u2019escroquerie sont \u00e9tablis dans son chef.<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements ci-avant P.2.) est \u00e9galement \u00e0 retenir dans les liens de cette pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>P.2.) est d\u00e8s lors convaincu :<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur ayant commis l\u2019infraction,<\/p>\n<p>3) entre le 30 juin 2010 et le 27 avril 2011, \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 496 du code p\u00e9nal, dans le but de s\u2019approprier une chose appartenant \u00e0 autrui, de s\u2019\u00eatre fait remettre des obligations, en employant des man\u0153uvres frauduleuses pour persuader l\u2019existence de fausses entreprises, ou d\u2019un cr\u00e9dit imaginaire, et pour abuser autrement de la confiance ou de la cr\u00e9dulit\u00e9,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, dans le but de provoquer l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 27 avril 2011 condamnant PC.1.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. le montant de 43.125 \u20ac, d\u2019avoir fait usage de man\u0153uvres frauduleuses, soit des faux libell\u00e9s sub 1), pour abuser de la confiance ou surprendre la religion de la Cour d\u2019appel et la persuader frauduleusement de l\u2019existence d\u2019une dette fictive acquitt\u00e9e d\u2019un montant de 44.000 \u20ac (cf. attestation de paiement), permettant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. de prouver sinon du moins de se faciliter la preuve d\u2019un pr\u00e9judice pour r\u00e9cup\u00e9rer le montant de 43.125 \u20ac aupr\u00e8s de PC.1.) \u00e0 titre de dommages- int\u00e9r\u00eats pour la non- ex\u00e9cution de prestations contractuelles, preuve qu\u2019elle n\u2019aurait pu obtenir autrement ou seulement plus difficilement \u00bb.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019escroquerie \u00e0 jugement reproch\u00e9e \u00e0 P.3.) et P.1.)<\/p>\n<p>Le dossier p\u00e9nal ne faisant pas \u00e9tat d\u2019une participation quelconque d\u2019P.3.) et P.1.) dans cette infraction ils ne sont pas \u00e0 retenir dans les liens de cette pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements ci -avant P.3.) et P.1.) sont \u00e0 acquitter :<\/p>\n<p>\u00ab comme auteurs ayant commis les infractions, sinon comme coauteurs ayant coop\u00e9r\u00e9 directement \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des crimes et d\u00e9lits, ou, ayant, par un fait quelconque, pr\u00eat\u00e9 pour l\u2019ex\u00e9cution une aide telle que, sans son assistance, les crimes et d\u00e9lits n\u2019eussent pu \u00eatre commis, ou, ayant, par dons, promesses, menaces, abus d\u2019autorit\u00e9 ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables, directement provoqu\u00e9 \u00e0 ces crimes et d\u00e9lits, ou, ayant, soit par des discours tenus dans des r\u00e9unions ou dans des lieux publics, soit par des placards affich\u00e9s, soit par des \u00e9crits imprim\u00e9s ou non et vendus ou distribu\u00e9s, provoqu\u00e9 directement \u00e0 les commettre,<\/p>\n<p>sinon comme complices ayant donn\u00e9 des instructions pour commettre les crimes et d\u00e9lits, ou, ayant procur\u00e9 des armes, des instruments ou tout autre moyen qui a servi aux crimes et d\u00e9lits, sachant qu\u2019ils devaient y servir, ou, ayant, avec connaissance, aid\u00e9 ou assist\u00e9 l\u2019auteur ou les auteurs des crimes et d\u00e9lits dans les faits qui les ont pr\u00e9par\u00e9s ou facilit\u00e9s, ou dans ceux qui les ont consomm\u00e9s,<\/p>\n<p>3) entre le 30 juin 2010 et le 27 avril 2011, dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg et notamment \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 496 du code p\u00e9nal, dans le but de s\u2019approprier une chose appartenant \u00e0 autrui, d\u2019avoir tent\u00e9 de se faire remettre ou d\u00e9livrer des fonds, meubles, obligations, quittances, d\u00e9charges, clefs \u00e9lectroniques, soit en faisant usage de faux noms ou de fausses qualit\u00e9s, soit en employant des man\u0153uvres frauduleuses pour persuader l\u2019existence de fausses entreprises, d\u2019un pouvoir ou d\u2019un cr\u00e9dit imaginaire, pour faire na\u00eetre l\u2019esp\u00e9rance ou la crainte d\u2019un succ\u00e8s, d\u2019un accident ou de tout autre \u00e9v\u00e9nement chim\u00e9rique, ou pour abuser autrement de la confiance ou de la cr\u00e9dulit\u00e9,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, dans le but de provoquer l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 27 avril 2011 condamnant PC.1.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. le montant de 43.125 \u20ac, d\u2019avoir fait usage de man\u0153uvres frauduleuses, soit des faux libell\u00e9s sub 1 ), pour abuser de la confiance ou<\/p>\n<p>surprendre la religion de la Cour d\u2019appel et la persuader frauduleusement de l\u2019existence d\u2019une dette fictive acquitt\u00e9e d\u2019un montant de 44.000 \u20ac (cf. attestation de paiement), permettant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. de prouver sinon du moins de se faciliter la preuve d\u2019un pr\u00e9judice pour r\u00e9cup\u00e9rer le montant de 43.125 \u20ac aupr\u00e8s de PC.1.) \u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats pour la non- ex\u00e9cution de prestations contractuelles, preuve qu\u2019elle n\u2019aurait pu obtenir autrement ou seulement plus difficilement \u00bb.<\/p>\n<p>II. Les infractions reproch\u00e9es aux personnes morales<\/p>\n<p>L\u2019article 34 du code p\u00e9nal, instaurant la responsabilit\u00e9 des personnes morales, n\u2019a \u00e9t\u00e9 introduit que par une loi datant du 3 mars 2010, loi qui est entr\u00e9e en vigueur en date du 17 mars 2010.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu soutient que ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s la demande du tribunal, en l\u2019esp\u00e8ce l\u2019arr\u00eat du 30 juin 2010 de la Cour d\u2019appel que les faux ont \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9s.<\/p>\n<p>La jurisprudence admet que lorsque l\u2019usage de faux a \u00e9t\u00e9 commis par l\u2019auteur de la pi\u00e8ce fausse, l\u2019usage de faux n\u2019est que la consommation du faux lui-m\u00eame. Le faux et l\u2019usage de faux ne constituent dans ce cas qu\u2019un seul d\u00e9lit continu\u00e9. L\u2019infraction continu\u00e9e est constitu\u00e9e par la r\u00e9union de plusieurs infractions qui proc\u00e8dent d\u2019une intention d\u00e9lictueuse unique, mais dont chacune est punissable en droit. Elle suppose des actes successifs qui constituent eux &#8212; m\u00eames autant de faits punissables, mais qui, en raison du but poursuivi par l\u2019agent, ne tendent qu\u2019\u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019une seule et unique situation d\u00e9lictueuse. Ces faits multiples ne constituent donc qu\u2019une infraction unique (cf. Jean Constant, Manuel de droit p\u00e9nal, T. 1, n\u00b0148).<\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 ainsi d\u00e9cid\u00e9 que lorsque le faussaire fait lui-m\u00eame usage du faux, cet usage ne forme que le dernier acte de la consommation de l&#039;infraction de faux. Il s&#039;ensuit que l&#039;auteur du faux et de l&#039;usage de faux ne commet qu&#039;une seule infraction, l&#039;ensemble des faits d\u00e9lictueux continu\u00e9s \u00e9tant le r\u00e9sultat de la m\u00eame intention criminelle (Cour 6 juillet 1972 P.22.167).<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements ci-avant les dispositions de la loi du 3 mars 2010, instaurant la responsabilit\u00e9 des personnes morales, sont applicables \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) .<\/p>\n<p>L\u2019article 34 du code p\u00e9nal dispose que \u00ab Lorsqu\u2019un crime ou un d\u00e9lit est commis au nom et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une personne morale par un de ses organes l\u00e9gaux ou par un ou plusieurs de ses dirigeants de droit ou de fait, la personne morale peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e p\u00e9nalement responsable et encourir les peines pr\u00e9vues par les articles 35 \u00e0 38.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des personnes morales n\u2019exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des m\u00eames infractions.<\/p>\n<p>Les alin\u00e9as pr\u00e9c\u00e9dents ne sont pas applicables \u00e0 l\u2019Etat et aux communes \u00bb.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des travaux parlementaires relatifs \u00e0 la loi du 3 mars 2010, que la personne morale ne peut pas, mat\u00e9riellement, \u00eatre elle-m\u00eame l\u2019auteur de l\u2019infraction, dans la mesure o\u00f9 elle ne dispose que d\u2019une existence juridique et ne peut agir mat\u00e9riellement qu\u2019\u00e0 travers des personnes physiques, (\u2026) de sorte qu\u2019il doit toujours y avoir un auteur imm\u00e9diat de l\u2019infraction qui ne peut \u00eatre qu\u2019une personne physique. (\u2026) Le crime ou le d\u00e9lit commis par l\u2019organe l\u00e9gal ou un ou plusieurs de ses membres suffit \u00e0 engager la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale de la personne morale, s\u2019il a \u00e9t\u00e9 commis au nom et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de cette derni\u00e8re, sans qu\u2019il soit n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9tablir une faute distincte \u00e0 charge de la personne morale (Avis du Conseil d\u2019Etat du 19 janvier 2010 relatif au projet de loi n\u00b05718, document n\u00b05718\/04, identifiant J- 2009-O-1477, p.5).<\/p>\n<p>Depuis l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi du 3 mars 2010 permettant de rechercher la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des personnes morales, notamment en pr\u00e9sence de d\u00e9fauts ou de d\u00e9ficiences dans le processus organisationnel ou d\u2019autres processus imputables \u00e0 l\u2019entreprise, il n\u2019est plus indispensable de poursuivre ipso facto le chef d\u2019entreprise, m\u00eame si la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des personnes morales n\u2019exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des m\u00eames infractions (Rapport de la Commission Juridique du 3 f\u00e9vrier 2010 relatif au projet de loi n\u00b05718, document n\u00b05718\/08, identifiant J- 2009- O-1488, p.2).<\/p>\n<p>Il convient donc de rechercher la ou les personne(s) physique(s), l&#039;organe ou le pr\u00e9pos\u00e9, \u00e0 l&#039;int\u00e9rieur de la personne morale qui par commission ou par omission est ou sont la cause de l&#039;\u00e9tat infractionnel. Cette solution qui fait attribuer la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale des d\u00e9lits apparus \u00e0 l&#039;occasion du fonctionnement de l&#039;entreprise \u00e0 celui qui d\u00e9tient le pouvoir de d\u00e9cision, le pouvoir financier, est le plus conforme au but pr\u00e9ventif du droit p\u00e9nal (TA Lux (corr.), 16 juin 1986, n\u00b0 974\/86 ; TA Lux (corr.), 12 mai 1987, n\u00b0 896\/97 ; TA Lux (corr.), 16 mai 1995, n\u00b0 1027795, confirm\u00e9 par CSJ, 9 juillet 1987 ; CSJ, 6 mai 1996, n\u00b0 198\/96 VI).<\/p>\n<p>Il incombe au juge r\u00e9pressif de rechercher la personne physique, organe ou pr\u00e9pos\u00e9, sur laquelle p\u00e8se la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale d\u2019une infraction commise par une soci\u00e9t\u00e9 commerciale.<\/p>\n<p>1) quant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.)<\/p>\n<p>Au vu des aveux de P.2.), qu\u2019il d\u00e9tient seul le pouvoir de d\u00e9cision au sein de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) et qu\u2019il est le seul \u00e0 pouvoir l\u2019engager en sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant il est \u00e0 retenir comme responsable des agissements de cette soci\u00e9t\u00e9. Le dirigeant de droit est en aveu d\u2019avoir commis les infractions de faux, usage de faux et escroquerie \u00e0 jugement tant en son nom personnel qu\u2019en sa qualit\u00e9 de dirigeant responsable de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) .<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements ci-avant les infractions pr\u00e9mentionn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 commises au nom et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) par son g\u00e9rant, de sorte que la soci\u00e9t\u00e9 SO C.1.) peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e p\u00e9nalement responsable des infractions lui reproch\u00e9es.<\/p>\n<p>Les faux libell\u00e9s sub 1) et 2) ayant \u00e9t\u00e9 commis et utilis\u00e9s dans le cadre d\u2019un litige opposant la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) \u00e0 PC.1.) ayant abouti \u00e0 une condamnation de ce dernier \u00e0 l \u2019indemnisation du pr\u00e9judice que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) a fait valoir suite \u00e0 l\u2019inex\u00e9cution contractuelle de PC.1.) de ses obligations , la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) est \u00e0 retenir dans les liens de toutes les pr\u00e9ventions libell\u00e9es \u00e0 sa charge comme coauteur ayant coop\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des infractions de faux, d\u2019usage de faux et d\u2019escroquerie<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements ci-avant la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) est convaincue par les d\u00e9bats \u00e0 l\u2019audience, ensemble les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif :<\/p>\n<p>\u00ab la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant P.2.) , comme auteur, l\u2019infraction ayant \u00e9t\u00e9 commise en son nom et dans son int\u00e9r\u00eat par son dirigeant de droit,<\/p>\n<p>1) Entre le 22 f\u00e9vrier 2008 et le 24 novembre 2010, au si\u00e8ge social de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a. \u00e0 L-(&#8230;) et aux si\u00e8ges sociaux de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) S\u00e0rl \u00e0 L-(&#8230;) sinon \u00e0 L- (&#8230;),<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 196 du code p\u00e9nal, dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, d\u2019avoir commis un faux en \u00e9critures de commerce, par fabrication de conventions, obligations ou d\u00e9charges,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir, dans une intention frauduleuse, commis des faux mat\u00e9riels et intellectuels en \u00e9critures priv\u00e9es ou commerciales, en confectionnant ou en faisant confectionner de toutes pi\u00e8ces sinon en \u00e9tablissent ou en faisant \u00e9tablir :<\/p>\n<p>a) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 22 f\u00e9vrier 2008 \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., notamment pour des frais d\u2019\u00e9tude et de recherche de donn\u00e9es cadastrales en rapport avec la construction de deux maisons jumel\u00e9es \u00e0 (&#8230;), d\u2019un montant de 8.625 \u20ac ; b) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 10 avril 2008, \u00e9mise par la par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., pour des frais d\u2019architecte en rapport avec la m\u00eame construction, d\u2019un montant de 34.500 \u20ac ; c) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 24 novembre 2008, \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a., d\u2019un montant de 44.000 \u20ac pour des commissions \u00e0 payer du fait de la construction des maisons jumel\u00e9es mentionn\u00e9es ci-dessus; d) une fausse attestation de paiement dat\u00e9e au 25 f\u00e9vrier 2011, \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. pour confirmer le paiement par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l .des factures sub a) et b) d\u2019un montant total de 43.125\u20ac ;<\/p>\n<p>2) depuis le 30 juin 2010<\/p>\n<p>sinon depuis le 24 novembre 2010<\/p>\n<p>et en tout cas depuis un temps non prescrit jusqu\u2019au 11 f\u00e9vrier 2013, \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 197 du code p\u00e9nal, dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, d\u2019avoir fait usage de faux en \u00e9critures de commerce,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir fait usage des faux libell\u00e9s 1) dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, notamment en les invoquant \u00e0 titre de preuve sinon du moins pour faciliter la preuve de l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9tendu pr\u00e9judice \u00e9quivalent \u00e0 43.125 \u20ac devant la Cour d\u2019Appel dans le cadre d\u2019un litige en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile engag\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un \u00ab tiers \u00bb, soit PC.1.) ,<\/p>\n<p>3) entre le 30 juin 2010 et le 27 avril 2011, \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 496 du code p\u00e9nal, dans le but de s\u2019approprier une chose appartenant \u00e0 autrui, s\u2019\u00eatre fait remettre ou d\u00e9livrer des obligations en employant des man\u0153uvres frauduleuses pour persuader l\u2019existence de fausses entreprises, d\u2019un pouvoir ou d\u2019un cr\u00e9dit imaginaire, et pour abuser autrement de la confiance ou de la cr\u00e9dulit\u00e9,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, dans le but de provoquer l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 27 avril 2011 condamnant PC.1.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. le montant de 43.125 \u20ac, d\u2019avoir fait usage de man\u0153uvres frauduleuses, soit des faux libell\u00e9s sub 1), pour abuser de la confiance ou surprendre la religion de la Cour d\u2019appel et la persuader frauduleusement de l\u2019existence d\u2019une dette fictive acquitt\u00e9e d\u2019un montant de 44.000 \u20ac (cf. attestation de paiement), permettant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. de prouver sinon du moins de se faciliter la preuve d\u2019un pr\u00e9judice pour r\u00e9cup\u00e9rer le montant de 43.125 \u20ac aupr\u00e8s de PC.1.) \u00e0 titre de dommages- int\u00e9r\u00eats pour la non- ex\u00e9cution de prestations contractuelles, preuve qu\u2019elle n\u2019aurait pu obtenir autrement ou seulement plus difficilement \u00bb.<\/p>\n<p>2) quant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.)<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des dispositions de l\u2019article 34 du code p\u00e9nal que la responsabilit\u00e9 p\u00e9nale de la personne morale ne peut \u00eatre engag\u00e9e que si l\u2019infraction a \u00e9t\u00e9 commise au nom et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une personne morale.<\/p>\n<p>Le dossier p\u00e9nal et les d\u00e9bats \u00e0 l\u2019audience n\u2019ayant pas permis d\u2019\u00e9tablir que la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) a tir\u00e9 un quelconque avantage des infractions lui reproch\u00e9es elle n\u2019est pas \u00e0 retenir dans les liens des pr\u00e9ventions de faux, usage de faux et escroquerie.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) est partant \u00e0 acquitter, conform\u00e9ment aux conclusions du minist\u00e8re public :<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur ayant commis les infractions, sinon comm e coauteur ayant coop\u00e9r\u00e9 directement \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des crimes et d\u00e9lits, ou, ayant, par un fait quelconque, pr\u00eat\u00e9 pour l\u2019ex\u00e9cution une aide telle que, sans son assistance, les crimes et d\u00e9lits n\u2019eussent pu \u00eatre commis, ou, ayant, par dons, promesses, menaces, abus d\u2019autorit\u00e9 ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables, directement provoqu\u00e9 \u00e0 ces crimes et d\u00e9lits, ou, ayant, soit par des discours tenus dans des r\u00e9unions ou dans des lieux publics, soit par des placards affich\u00e9s, soit par des \u00e9crits imprim\u00e9s ou non et vendus ou distribu\u00e9s, provoqu\u00e9 directement \u00e0 les commettre,<\/p>\n<p>sinon comme complices ayant donn\u00e9 des instructions pour commettre les crimes et d\u00e9lits, ou, ayant procur\u00e9 des armes, des instruments ou tout autre moyen qui a servi aux crimes et d\u00e9lits, sachant qu\u2019ils devaient y servir, ou, ayant, avec connaissance, aid\u00e9 ou assist\u00e9 l\u2019auteur ou les auteurs des crimes et d\u00e9lits dans les faits qui les ont pr\u00e9par\u00e9s ou facilit\u00e9s, ou dans ceux qui les ont consomm\u00e9s,<\/p>\n<p>1) entre le 22 f\u00e9vrier 2008 et le 24 novembre 2010, au si\u00e8ge social de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a. \u00e0 L-(&#8230;) et aux si\u00e8ges sociaux de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 L-(&#8230;) sinon \u00e0 L- (&#8230;), sans pr\u00e9judice des indications de temps et de lieux plus exactes ;<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 196 du code p\u00e9nal, dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, d\u2019avoir commis un faux en \u00e9critures de commerce, de banque ou en \u00e9critures priv\u00e9es, en ce compris les actes sous seing priv\u00e9 \u00e9lectronique, soit par fausses signatures, soit par contrefa\u00e7on ou alt\u00e9ration d&#039;\u00e9critures ou de signatures, soit par fabrication de conventions, dispositions, obligations ou d\u00e9charges, ou par leur insertion apr\u00e8s coup dans les actes, soit par addition ou alt\u00e9ration de clauses, de d\u00e9clarations ou de faits que ces actes avaient pour objet de recevoir et de constater ;<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir, dans une intention frauduleuse, commis des faux mat\u00e9riels et intellectuels en \u00e9critures priv\u00e9es ou commerciales, en confectionnant ou en faisant confectionner de toutes pi\u00e8ces sinon en \u00e9tablissent ou en faisant \u00e9tablir :<\/p>\n<p>a) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 22 f\u00e9vrier 2008 \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) S.A. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., notamment pour des frais d\u2019\u00e9tude et de recherche de donn\u00e9es cadastrales en rapport avec la construction de deux maisons jumel\u00e9es \u00e0 (&#8230;), d\u2019un montant de 8.625 \u20ac ; b) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 10 avril 2008, \u00e9mise par la par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l., pour des frais d\u2019architecte en rapport avec la m\u00eame construction, d\u2019un montant de 34.500 \u20ac ; c) une facture purement fictive sinon du moins antidat\u00e9e au 24 novembre 2008, \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) S\u00e0rl \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) S.A., d\u2019un montant de 44.000\u20ac pour des commissions \u00e0 payer du fait de la construction des maisons jumel\u00e9es mentionn\u00e9es ci &#8212; dessus ; d) une fausse attestation de paiement dat\u00e9e ou antidat\u00e9e au 25 f\u00e9vrier 2011, \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. pour confirmer le paiement par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. des factures sub a) et b) d\u2019un montant total de 43.125 \u20ac ;<\/p>\n<p>2) depuis le 30 juin 2010 sinon depuis le 24 novembre 2010 et en tout cas depuis un temps non prescrit jusqu\u2019au 11 f\u00e9vrier 2013, \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 197 du code p\u00e9nal, dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, d\u2019avoir fait usage de faux en \u00e9critures priv\u00e9es ou en \u00e9critures de commerce,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir fait usage des faux libell\u00e9s 1) dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire, notamment en les invoquant \u00e0 titre de preuve sinon du moins pour faciliter la preuve de l\u2019existence d\u2019un pr\u00e9tendu pr\u00e9judice \u00e9quivalent \u00e0 43.125 \u20ac devant la Cour d\u2019Appel dans le cadre d\u2019un litige en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile engag\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019un \u00ab tiers \u00bb, soit PC.1.) ,<\/p>\n<p>3) entre le 30 juin 2010 et le 27 avril 2011, \u00e0 la Cour d\u2019appel de Luxembourg sise \u00e0 L- 2080 Luxembourg, Plateau du Saint Esprit, Cit\u00e9 Judiciaire,<\/p>\n<p>en infraction \u00e0 l\u2019article 496 du code p\u00e9nal, dans le but de s\u2019approprier une chose appartenant \u00e0 autrui, d\u2019avoir tent\u00e9 de se faire remettre ou d\u00e9livrer des fonds, meubles, obligations, quittances, d\u00e9charges, clefs \u00e9lectroniques, soit en faisant usage de faux noms ou de fausses qualit\u00e9s, soit en employant des man\u0153uvres frauduleuses pour persuader l\u2019existence de fausses entreprises, d\u2019un pouvoir ou d\u2019un cr\u00e9dit imaginaire, pour faire na\u00eetre l\u2019esp\u00e9rance ou la crainte d\u2019un succ\u00e8s, d\u2019un accident ou de tout autre \u00e9v\u00e9nement chim\u00e9rique, ou pour abuser autrement de la confiance ou de la cr\u00e9dulit\u00e9,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, dans le but de provoquer l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 27 avril 2011 condamnant PC.1.) \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. le montant de 43.125\u20ac, d\u2019avoir fait usage de man\u0153uvres frauduleuses, soit des faux libell\u00e9s sub 1), pour abuser de la confiance ou surprendre la religion de la Cour d\u2019appel et la persuader frauduleusement de l\u2019existence d\u2019une dette fictive acquitt\u00e9e d\u2019un montant de 44.000 \u20ac (cf. attestation de paiement), permettant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. de prouver sinon du moins de se faciliter la preuve d\u2019un pr\u00e9judice pour r\u00e9cup\u00e9rer le montant de 43.125 \u20ac aupr\u00e8s de PC.1.) \u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats pour la non- ex\u00e9cution de prestations contractuelles, preuve qu\u2019elle n\u2019aurait pu obtenir autrement ou seulement plus difficilement \u00bb.<\/p>\n<p>Les peines<\/p>\n<p>Le mandataire de P.2.) fait valoir que le d\u00e9lai raisonnable n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9 entre sa premi\u00e8re audition du 14 f\u00e9vrier 2013 par la police et la premi\u00e8re comparution devant le juge d\u2019instruction le 4 f\u00e9vrier 2014 ainsi que la cl\u00f4ture par le juge d\u2019instruction le 24 novembre 2014 et demande au tribunal d\u2019en tenir compte.<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 6.1. de la Convention Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme, \u00ab toute personne a droit \u00e0 ce que sa cause soit entendue \u00e9quitablement, publiquement et dans un d\u00e9lai raisonnable par un tribunal ind\u00e9pendant et impartial \u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, ni l\u2019article 6.1. de ladite Convention ni une loi nationale ne pr\u00e9cisent les effets que le juge du fond doit d\u00e9duire d\u2019un d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable qu\u2019il constaterait.<\/p>\n<p>Il incombe \u00e0 la juridiction de jugement d\u2019appr\u00e9cier, \u00e0 la lumi\u00e8re des donn\u00e9es de chaque affaire, si la cause est entendue dans un d\u00e9lai raisonnable, et, dans la n\u00e9gative, de d\u00e9terminer les cons\u00e9quences qui pourraient en r\u00e9sulter.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re raisonnable de la proc\u00e9dure s\u2019appr\u00e9cie suivant les circonstances de la cause et non in abstracto (cf. S.GUINCHARD, J.BUISSON, Proc\u00e9dure p\u00e9nale, n\u00b0377, p.263, Litec).<\/p>\n<p>Quatre crit\u00e8res se sont d\u00e9gag\u00e9s de la jurisprudence de la Cour Europ\u00e9enne des Droits de l\u2019Homme pour appr\u00e9cier le d\u00e9lai raisonnable d\u2019un proc\u00e8s, \u00e0 savoir la complexit\u00e9 de l\u2019affaire, le comportement du d\u00e9linquant, le comportement des autorit\u00e9s nationales, ainsi que l\u2019enjeu du litige pour le justiciable (voir Franklin KUTY, Justice P\u00e9nale et Proc\u00e8s Equitable, volume 2, Ed. Larcier, no. 1461 et suivants).<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences doivent \u00eatre examin\u00e9es sous l\u2019angle de la preuve d\u2019une part et sous l\u2019angle de la sanction d\u2019autre part. En effet, la dur\u00e9e anormale de la proc\u00e9dure peut avoir pour r\u00e9sultat la d\u00e9perdition des preuves en sorte que le juge ne pourrait plus d\u00e9cider que les faits sont \u00e9tablis. Le d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable peut aussi entra\u00eener des cons\u00e9quences dommageables pour le pr\u00e9venu (Cass. Bel, 27 mai 1992, R.D.P. 1992, 998).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce il y a lieu de relever qu\u2019apr\u00e8s la premi\u00e8re audition de P.2.) du 14 f\u00e9vrier 2013 la police a dress\u00e9 un nouveau rapport en date du 15 juillet 2007 impliquant l\u2019audition du plaignant, d\u2019P.3.) et une prise de position de P.2.) ainsi que l\u2019exploitation des pi\u00e8ces communiqu\u00e9es de part et d\u2019autre. Le dossier p\u00e9nal fait encore \u00e9tat d\u2019une prise de position du mandataire de la partie civile communiqu\u00e9e le 7 octobre 2013. L\u2019instruction a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue aux infractions de faux et d\u2019usage de faux par r\u00e9quisitoire additionnel du minist\u00e8re public du 15 octobre 2013. Le d\u00e9lai de 4 mois entre les auditions d\u2019P.3.) et de P.2.) du 14 f\u00e9vrier 2013 et du 4 f\u00e9vrier 2014 est un d\u00e9lai qui n\u2019est pas manifestement d\u00e9raisonnable, en tenant compte d\u2019un certain degr\u00e9 de complexit\u00e9 du dossier.<\/p>\n<p>Par contre un d\u00e9lai d\u2019inaction de 9 mois entre le dernier acte d\u2019instruction envers P.2.) et P.3.) et de 8 mois entre le dernier acte d\u2019instruction envers P.1.) et la cl\u00f4ture de l\u2019instruction, d\u00e9lais qui ne sont justifi\u00e9s par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier, constituent des d\u00e9lais d\u00e9raisonnables.<\/p>\n<p>L\u2019anciennet\u00e9 all\u00e9gu\u00e9e des faits n\u2019ayant pas eu d\u2019influence sur l\u2019administration de la preuve, faits que les pr\u00e9venus reconnaissent au moins en partie, le tribunal retient qu\u2019en raison du d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable il convient d\u2019en tenir compte au niveau de l\u2019appr\u00e9ciation de la peine.<\/p>\n<p>Suivant l\u2019article 196 du code p\u00e9nal, ensemble l\u2019article 214 du m\u00eame code, la peine encourue pour l\u2019infraction de faux et d\u2019usage de faux est la r\u00e9clusion de 5 \u00e0 10 ans et une amende de 251 \u00e0 125.000 \u20ac. Suite \u00e0 la d\u00e9criminalisation par la chambre du conseil et en application de l\u2019article 74 alin\u00e9a 5 du code p\u00e9nal, la peine encourue est un emprisonnement de trois mois au moins et une amende facultative de 251 \u00e0 10.000 \u20ac en vertu de l\u2019article 77 alin\u00e9a 1<\/p>\n<p>du m\u00eame code.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents faux retenus \u00e0 l\u2019encontre d\u2019P.3.) et de P.1.) ont \u00e9t\u00e9 commis dans une intention d\u00e9lictueuse unique de sorte qu\u2019il y a application de l\u2019article 65 du code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Les deux pr\u00e9venus n\u2019ayant pas d\u2019ant\u00e9c\u00e9dents judiciaires et au vu du faible trouble \u00e0 l\u2019ordre public et du d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable le tribunal condamne chacun des deux pr\u00e9venus, par application de l\u2019article 20 du code p\u00e9nal, \u00e0 une amende de 3.000 \u20ac, adapt\u00e9e \u00e0 leur situation financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents faux retenus \u00e0 l\u2019encontre de P.2.) ont \u00e9t\u00e9 commis dans une intention d\u00e9lictueuse unique de sorte qu\u2019ils sont en concours id\u00e9al. Ce groupe d\u2019infractions de faux et d\u2019usage de faux ne constituent qu&#039;une m\u00eame infraction d\u00e8s lors que le fait d&#039;usage \u00e9mane de l&#039;auteur de la falsification et que l&#039;usage de faux se confond avec l&#039;infraction de faux.<\/p>\n<p>Il y a \u00e9galement lieu de relever que lorsqu\u2019une escroquerie est commise au moyen du document faux, il est possible de poursuivre en m\u00eame temps l\u2019escroquerie et le faux, du<\/p>\n<p>moment que ce dernier, comme en l\u2019esp\u00e8ce, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9criminalis\u00e9 (R\u00e9p. Dalloz, Escroquerie, no 25 ; Cass fr. 7 d\u00e9cembre 1965 Bull 1966).<\/p>\n<p>La notion de concours id\u00e9al est traditionnellement \u00e9tendue par la jurisprudence \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se de la commission de plusieurs faits s\u00e9par\u00e9s dans le temps qui pris isol\u00e9ment, sont chacun punissables en soi lorsqu\u2019ils proc\u00e8dent d\u2019une intention unique (P.27 Somm. p. 91 n\u00b010).<\/p>\n<p>Les infractions de faux, d\u2019usage de faux et d\u2019escroquerie ont \u00e9t\u00e9 commises dans une intention et un but d\u00e9lictuel uniques; par application de l\u2019article 65 du code p\u00e9nal, une seule peine sera prononc\u00e9e qui correspond \u00e0 la peine la plus forte.<\/p>\n<p>La peine la plus forte est celle pr\u00e9vue par l\u2019article 496 du code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Au vu des aveux de P.2.) et du d\u00e9passement du d\u00e9lai raisonnable le tribunal estime que les faits sont ad\u00e9quatement sanctionn\u00e9s par une peine d\u2019emprisonnement de 6 mois et une amende de 2.500 \u20ac.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu n\u2019ayant pas encore subi jusqu\u2019\u00e0 ce jour de condamnation excluant le sursis \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des peines et ne semblant pas indigne de l\u2019indulgence du tribunal il y a lieu de lui accorder la faveur du sursis int\u00e9gral quant \u00e0 la peine d\u2019emprisonnement \u00e0 prononcer \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) \u00e9tant le premier b\u00e9n\u00e9ficiaire des infractions commises le Tribunal la condamne \u00e0 une amende de 5.000 \u20ac .<\/p>\n<p>Il y a encore lieu de confisquer les faux documents, \u00e0 savoir les copies de la facture de 8.625 \u20ac, de la facture de 34.500 \u20ac, de l\u2019annulation des 2 factures et de la facture 08\/11.03 de 44.000 \u20ac, saisis suivant proc\u00e8s-verbal num\u00e9ro 181\/2013 du 11 f\u00e9vrier 2013 dress\u00e9 par la police grand- ducale, circonscription r\u00e9gionale Esch\/Alzette, CPI Dudelange &#8212; service proximit\u00e9, dans la mesure o\u00f9 ils ont constitu\u00e9 l\u2019objet des infractions commises, sinon ont servi \u00e0 les commettre.<\/p>\n<p>AU CIVIL<\/p>\n<p>A l&#039;audience publique du, Ma\u00eetre Jean-Fran\u00e7ois PIERRET, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, se constitua partie civile au nom et pour compte de PC.1.), demandeur au civil, contre P.3.), P.2.), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a., la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. et P.1.), pr\u00e9qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette partie civile est con\u00e7ue comme suit :<\/p>\n<p>Il y a lieu de donner acte \u00e0 la demanderesse au civil de sa constitution de partie civile.<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019acquittement de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) le tribunal est incomp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande civile dirig\u00e9e \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal \u00e0 l\u2019encontre de P.2.) , P.3.) et P.1.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) le Tribunal est comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la partie civile dirig\u00e9e \u00e0 leur encontre.<\/p>\n<p>La demande civile est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 faite dans les forme et d\u00e9lai de la loi.<\/p>\n<p>PC.1.) r\u00e9clame \u00e0 titre de dommage mat\u00e9riel paiement de la somme de 43.125 \u20ac correspondant au montant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) suivant la d\u00e9cision de la Cour d\u2019appel du 27 avril 2011 plus les frais et d\u00e9pens de 507,37 \u20ac, paiement de deux notes d\u2019honoraires du 7 juillet 2011 et du 26 avril 2017 de l\u2019ordre de 10.964,05 \u20ac et de 11.407,5 \u20ac ainsi que les frais de repr\u00e9sentation de 1.500 \u20ac apr\u00e8s le 26 avril 2017. Il demande \u00e0 titre de pr\u00e9judice moral la somme de 50.000 \u20ac , correspondant aux tracasseries pour la pr\u00e9sente affaire, les difficult\u00e9s financi\u00e8res, la d\u00e9nonciation de ligne de cr\u00e9dit par la BQUE.1.) et la perte de toute perspective de continuer son activit\u00e9 d\u2019architecte.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de sa demande il verse l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 27 avril 2011, une copie des notes d\u2019honoraires finales des 7 juillet 2011 et du 26 avril 2017, la notification d\u2019une saisie- arr\u00eat aux banques BQUE.2.) , BQUE.3.), BQUE.4.) et BQUE.1.) d\u2019une saisie- arr\u00eat pratiqu\u00e9e en date du 3 ao\u00fbt 2011 par la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) sur les comptes de PC.1.) , une d\u00e9nonciation d\u2019ouverture de cr\u00e9dit de la BQUE.1.) pour un solde d\u00e9biteur de 59.204,69 \u20ac sur son compte suivi d\u2019une validation de saisie- arr\u00eat sur la pension de PC.1.) .<\/p>\n<p>En application de l\u2019article 3 du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale, les tribunaux r\u00e9pressifs ne sont comp\u00e9tents pour condamner le pr\u00e9venu, d\u00e9fendeur \u00e0 l\u2019action civile, \u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats envers la partie civile que pour autant que la condamnation prend directement sa source dans le pr\u00e9judice r\u00e9sultant de l\u2019infraction retenue et qualifi\u00e9e l\u00e9galement \u00e0 sa charge.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9judice dont la partie civile r\u00e9clame indemnisation n\u2019\u00e9tant pas en relation causale avec les infractions de faux retenues \u00e0 charge d\u2019P.3.) et P.1.) la demande civile n\u2019est pas fond\u00e9e \u00e0 leur encontre.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la demande civile dirig\u00e9e contre P.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) la demande civile est fond\u00e9e en principe. En effet le dommage dont la partie civile entend obtenir r\u00e9paration est en relation causale avec l\u2019usage de faux et l\u2019escroquerie \u00e0 jugement commises par les d\u00e9fendeurs au civil et ceux-ci sont tenus de le r\u00e9parer.<\/p>\n<p>Le mandataire de P.2.) et de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) d\u00e9nie le caract\u00e8re actuel et certain du pr\u00e9judice invoqu\u00e9 par PC.1.) au motif que ce dernier n\u2019a pas pay\u00e9 les sommes dont il demande indemnisation.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre r\u00e9parable, le dommage doit \u00eatre certain et non hypoth\u00e9tique ou \u00e9ventuel. Il ne suffit pas non plus qu\u2019il apparaisse seulement comme probable ou possible. La condition de certitude du pr\u00e9judice se rattache \u00e0 l\u2019exigence de la preuve m\u00eame de son existence, cette preuve incombant de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la victime. Ceci \u00e9tant, l\u2019exigence d\u2019un pr\u00e9judice certain a toujours \u00e9t\u00e9 entendue avec relativit\u00e9. Le pr\u00e9judice certain est, dans ce sens, le pr\u00e9judice tr\u00e8s vraisemblable, si vraisemblable qu\u2019il m\u00e9rite d\u2019\u00eatre pris en consid\u00e9ration. La notion ne pr\u00e9sente pas de difficult\u00e9s lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019appr\u00e9cier la certitude d\u2019un dommage actuel, c\u2019est \u00e0 dire d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 au moment o\u00f9 le juge est appel\u00e9 \u00e0 statuer. Un dommage futur, qui se produira apr\u00e8s ce jugement, est cependant indemnisable \u00e0 son tour. Mais il faut savoir s\u2019il existera de mani\u00e8re certaine dans ce sens qu\u2019il n\u2019y a pas \u00e0 l\u2019avenir de<\/p>\n<p>probabilit\u00e9 raisonnable que ce pr\u00e9judice ne se produise pas (G. Ravarani, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9e s et publiques, 2 e \u00e9d., n\u00b0 1006 et 1007, p. 777 et 778).<\/p>\n<p>Faute de justifier des suites de la notification de la saisie- arr\u00eat du 3 ao\u00fbt 2011 et face aux contestations du paiement par PC.1.) des montants auxquels il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par la Cour d\u2019appel le 27 avril 2011 sa demande en indemnisation sommes r\u00e9clam\u00e9es de 43.125 \u20ac et de 507,37 \u20ac n\u2019est d\u00e8s lors pas fond\u00e9e.<\/p>\n<p>Quant aux notes d\u2019honoraires d\u2019avocat la jurisprudence admet que rien n&#039;emp\u00eache une partie de r\u00e9clamer des honoraires d\u2019avocat au titre de r\u00e9paration de son pr\u00e9judice sur base de la responsabilit\u00e9 contractuelle ou d\u00e9lictuelle, \u00e0 condition d&#039;\u00e9tablir les \u00e9l\u00e9ments conditionnant une telle indemnisation, \u00e0 savoir une faute, un pr\u00e9judice et une relation causale entre la faute et le pr\u00e9judice (en ce sens CSJ, 13\/10\/2005, n\u00b0 26892, LJUS n\u00b0 99859899).<\/p>\n<p>S&#039;il est vrai que le paiement des honoraires d&#039;avocat trouve son origine premi\u00e8re dans le contrat qui lie le client \u00e0 son avocat, il est non moins vrai que si le dommage dont se plaint la victime trouve sa cause dans la faute du responsable, le recours \u00e0 l&#039;avocat pour obtenir indemnisation de ce dommage, bien que distinct du dommage initial, est une suite n\u00e9cessaire de cette faute et partant en lien causal avec elle (JCL Resp. civ. fasc. 160, nos 36 ss.; Cass. belge 2.9.2004, RGAR 2005, 13946 rejetant le pourvoi contre la Cour d&#039;appel de Li\u00e8ge du 2.11.2000, RGAR 2003, 13753; Civ. Bruxelles 25.2.2005, J.T. 2005, p. 381).<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, il y a lieu de retenir que les pr\u00e9tentions indemnitaires relatives aux honoraires d\u2019avocat qui sont formul\u00e9es dans le cadre d\u2019une instance donn\u00e9e doivent obligatoirement se cantonner aux honoraires expos\u00e9s pour cette m\u00eame instance.<\/p>\n<p>Concernant les honoraires d\u2019avocat pay\u00e9s dans le cadre du proc\u00e8s civil ces honoraires ne sont pas dus dans le cadre du litige p\u00e9nal et PC.1.) ne justifie pas de leur paiement int\u00e9gral. Il est d\u00e8s lors \u00e0 d\u00e9bouter de chef de la demande.<\/p>\n<p>Quant aux honoraires d\u2019avocat r\u00e9clam\u00e9s dans le cadre du proc\u00e8s p\u00e9nal il ressort de la note d\u2019honoraires du 26 avril 2017 vers\u00e9e que PC.1.) a vers\u00e9 une provision sur 750 \u20ac. Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de le demandeur au civil, qui n\u2019a pas soutenu que le m\u00e9moire d\u2019honoraires a \u00e9t\u00e9 int\u00e9gralement r\u00e9gl\u00e9, n\u2019\u00e9tablit pas de pr\u00e9judice certain d\u00e9passant 750 \u20ac, de sorte que la demande en indemnisation du pr\u00e9judice mat\u00e9riel est fond\u00e9e et justifi\u00e9e pour le montant de 750 \u20ac avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du d\u00e9caissement.<\/p>\n<p>Faute de justifier du montant des frais de repr\u00e9sentation r\u00e9clam\u00e9s de 1.500 \u20ac, la demande en indemnisation aff\u00e9rente est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Quant au pr\u00e9judice moral r\u00e9clam\u00e9 le Tribunal constate que les pi\u00e8ces vers\u00e9es par le demandeur au civil ne permettent pas d\u2019\u00e9tablir que la d\u00e9nonciation de la ligne de cr\u00e9dit par la BQUE.1.) et la saisie-arr\u00eat cons\u00e9cutive sont en relation causale avec les infractions d\u2019usage de faux et d\u2019escroquerie \u00e0 jugement retenues. Elles ne permettent pas non plus de prouver la perte de toute perspective de continuation de son activit\u00e9 d\u2019architecte, PC.1.) touchant d\u00e9j\u00e0 une pension. Le demandeur au civil ne justifie pas d\u2019autres soucis et tracas en relation causale avec les infractions retenues. D\u00e8s lors la demande en indemnisation du pr\u00e9judice moral n\u2019est pas fond\u00e9e.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure la Cour de cassation a admis le caract\u00e8re cumulable de l&#039;indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure, trouvant son origine dans une responsabilit\u00e9 sans faute, et du remboursement int\u00e9gral des honoraires d&#039;avocat \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats, proc\u00e9dant d&#039;une faute. (Cass., 9.2.2012, no 5\/12, JTL 2012, p.54 cit\u00e9 in Georges Ravarani, La responsabilit\u00e9 civile des personnes priv\u00e9es et publiques, p.1127).<\/p>\n<p>L&#039;article 194 alinea 3 du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale dispose que lorsqu\u2019il para\u00eet in\u00e9quitable de laisser \u00e0 la charge d\u2019une partie les sommes expos\u00e9es par elle et non comprises dans les d\u00e9pens, le Tribunal peut condamner l\u2019autre partie \u00e0 lui payer le montant qu\u2019il d\u00e9termine.<\/p>\n<p>Au vu des \u00e9l\u00e9ments de la pr\u00e9sente cause, il serait in\u00e9quitable de laisser les sommes expos\u00e9es par PC.1.) et non comprises dans les d\u00e9pens \u00e0 sa charge, de sorte qu\u2019il y a lieu de condamner P.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) in solidum \u00e0 payer \u00e0 PC.1.) une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure \u00e0 1.500 \u20ac .<\/p>\n<p>P A R C E S M O T I F S<\/p>\n<p>le Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, seizi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, statuant contradictoirement, les pr\u00e9venus et leurs mandataires entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense tant au p\u00e9nal qu\u2019au civil, le mandataire de la partie civile entendu en ses conclusions et le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public entendu en son r\u00e9quisitoire,<\/p>\n<p>Au p\u00e9nal<\/p>\n<p>a c q u i t t e P.3.) du chef des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.3.) du chef de l\u2019infraction retenue \u00e0 sa charge \u00e0 une amende de trois mille (3.000) \u20ac ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement liquid\u00e9s \u00e0 28,67 \u20ac ;<\/p>\n<p>f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non- paiement de l&#039;amende \u00e0 soixante (60) jours ;<\/p>\n<p>a c q u i t t e P.1.) du chef des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) du chef de l\u2019infraction retenue \u00e0 sa charge \u00e0 une amende de trois mille (3.000) \u20ac ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement liquid\u00e9s \u00e0 27,65 \u20ac ;<\/p>\n<p>f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non- paiement de l&#039;amende \u00e0 soixante (60) jours ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.2.) du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge \u00e0 une peine d\u2019emprisonnement de six (6) mois et \u00e0 une amende de deux mille cinq cents (2.500) \u20ac ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement liquid\u00e9s \u00e0 38,50 \u20ac ;<\/p>\n<p>f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non-paiement de l&#039;amende \u00e0 cinquante (50) jours ;<\/p>\n<p>d i t qu&#039;il sera sursis \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution de cette peine d&#039;emprisonnement ;<\/p>\n<p>a v e r t i t P.2.) qu\u2019au cas o\u00f9, dans un d\u00e9lai de cinq ans \u00e0 dater du pr\u00e9sent jugement, elle aura commis une nouvelle infraction ayant entra\u00een\u00e9 une condamnation \u00e0 une peine privative de libert\u00e9 ou \u00e0 une peine plus grave pour crimes ou d\u00e9lits de droit commun, la peine de prison prononc\u00e9e ci-devant sera ex\u00e9cut\u00e9e sans confusion possible avec la nouvelle peine et que les peines de la r\u00e9cidive seront encourues dans les termes de l\u2019article 56 alin\u00e9a 2 du code p\u00e9nal ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge \u00e0 une amende de cinq mille (5.000) \u20ac ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement liquid\u00e9s \u00e0 36,70 \u20ac ;<\/p>\n<p>f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non-paiement de l&#039;amende \u00e0 cent (100) jours ;<\/p>\n<p>a c q u i t t e la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) s.a. du chef des infractions non \u00e9tablies \u00e0 sa charge ;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de sa poursuite \u00e0 charge de l\u2019\u00c9tat ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.3.), P.1.), P.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) s.\u00e0 r.l. solidairement aux frais des infractions commises ensemble ;<\/p>\n<p>o r d o n n e la confiscation des faux documents saisis suivant proc\u00e8s-verbal num\u00e9ro 181\/2013 du 11 f\u00e9vrier 2013 dress\u00e9 par la police grand- ducale, circonscription r\u00e9gionale Esch\/Alzette, CPI Dudelange &#8212; service proximit\u00e9.<\/p>\n<p>Au civil<\/p>\n<p>d o n n e acte \u00e0 PC.1.) de sa constitution de partie civile contre P.3.), P.2.), la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a., la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l. et P.1.) ;<\/p>\n<p>se d \u00e9 c l a r e in comp\u00e9tent pour en conna\u00eetre en ce qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC.2.) s.a. ;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de ce volet de la demande civile \u00e0 charge de la partie demanderesse au civil ;<\/p>\n<p>se d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tent pour en conna\u00eetre en ce qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre P.3.) , P.2.), la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l. et P.1.) ;<\/p>\n<p>d i t la demande civile recevable en la forme ;<\/p>\n<p>la d i t non fond\u00e9e pour autant qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre P.3.) et P.1.) ;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de ce volet de la demande civile \u00e0 charge de la partie demanderesse au civil ;<\/p>\n<p>la d i t partiellement fond\u00e9e pour autant qu\u2019elle est dirig\u00e9e contre P.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l. ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l. in solidum \u00e0 payer \u00e0 PC.1.) le montant de sept cent c inquante (750) \u20ac avec les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du d\u00e9caissement jusqu\u2019\u00e0 solde ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l. in solidum \u00e0 payer \u00e0 PC.1.) le montant de mille cinq cents (1.500) \u20ac sur base de l\u2019article 194 alin\u00e9a 3 du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale ; d i t la demande non fond\u00e9e pour le surplus ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.2.) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC.1.) s.\u00e0 r.l. solidairement aux frais de ce volet de la demande civile ;<\/p>\n<p>Par application des articles 14, 15, 16, 31, 32, 34, 60, 65, 66, 196, 197 et 496 du code p\u00e9nal et des articles 1, 2, 3, 155, 179, 182, 183- 1, 184, 185, 189, 190, 190- 1, 191, 194, 195, 196, 626, 627, 628 et 628- 1 du code de proc\u00e9dure p\u00e9nale dont mention a \u00e9t\u00e9 faite.<\/p>\n<p>Ainsi fait et jug\u00e9 par Fran\u00e7oise ROSEN, vice- pr\u00e9sident, Sandra ALVES, premier juge et Jackie MAROLDT, juge, et prononc\u00e9 par le vice- pr\u00e9sident en audience publique au tribunal d\u2019arrondissement \u00e0 Luxembourg, en pr\u00e9sence d\u2019Adrien DE WATAZZI , substitut du procureur d\u2019Etat, et de Pierre SCHMIT, greffier, qui, \u00e0 l&#039;exception du repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public, ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent jugement.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/20240828-013544\/20171026-talux16-2767a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Jugt no 2767\/2017 Not. : 21250\/12\/CD Audience publique du 26 octobre 2017 Le Tribunal d&#8217;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, seiz i\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle a rendu le jugement qui suit: Dans la cause du Minist\u00e8re Public contre 1. 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