{"id":811375,"date":"2026-05-02T00:11:22","date_gmt":"2026-05-01T22:11:22","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-12-juillet-2017-2\/"},"modified":"2026-05-02T00:11:26","modified_gmt":"2026-05-01T22:11:26","slug":"tribunal-darrondissement-12-juillet-2017-2","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-12-juillet-2017-2\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 12 juillet 2017"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1 Jugement commercial XV N\u00b0 898 \/ 2017<\/p>\n<p>Audience publique du mercredi, douze juillet deux mille dix -sept.<\/p>\n<p>Num\u00e9ro 168110 du r\u00f4le Composition : Gilles HERRMANN, Vice -pr\u00e9sident ; Katia FABECK, 1 er juge ; Steve KOENIG, juge; Alfred TREINEN, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e : 1) Monsieur A.), administrateur de soci\u00e9t\u00e9s, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>2) Monsieur B.), sans \u00e9tat connu, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026), \u00e9lisant domicile en l\u2019\u00e9tude de Ma\u00eetre Pierre METZLER , avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, demandeurs, aux termes de l\u2019acte de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Patrick MULLER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg, en date du 3 juin 2014, comparant par Ma\u00eetre Jil ROESER, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Pierre METZLER, avocat \u00e0 la Cour susdit,<\/p>\n<p>et :<\/p>\n<p>1) Monsieur C.), administrateur de soci\u00e9t\u00e9s, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>2) Monsieur D.), sans \u00e9tat connu, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>3) Monsieur E.), sans \u00e9tat connu,demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026)<\/p>\n<p>4) Monsieur F.), sans \u00e9tat connu, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>5) Monsieur G.), administrateur de soci\u00e9t\u00e9s, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>6) Monsieur H.), professeur, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>7) Monsieur I.), administrateur de soci\u00e9t\u00e9s, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>2 8) Monsieur J.), ing\u00e9nieur, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>9) la soci\u00e9t\u00e9 de droit su\u00e9dois SOC1.) , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026), c\/o K.), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonctions,<\/p>\n<p>10) Monsieur L.), \u00e9tudiant, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>11) Monsieur M.), m\u00e9decin, demeurant \u00e0 S-(\u2026) (Su\u00e8de), (\u2026),<\/p>\n<p>d\u00e9fendeurs, aux fins du pr\u00e9dit acte Carlos CA LVO, comparant par Ma\u00eetre Emmanuel GLOCK , avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Charles DURO, avocat \u00e0 la Cour, tous les deux demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>12) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC2.) HOLDING SA, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(\u2026), (\u2026), inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s sous le num\u00e9ro B (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par Ma\u00eetre Claude SCHMARTZ, administrateur provisoire de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC2.) HOLDING SA, d\u00e9sign\u00e9 par ordonnance n\u00b0132\/2001 en date du 8 f\u00e9vrier 2001 rendue par le Pr\u00e9sident du Tribunal d\u2019Arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9r\u00e9,<\/p>\n<p>d\u00e9fenderesse, aux fins du pr\u00e9dit acte Carlos CALVO, comparant par Ma\u00eetre Claude SCHMARTZ, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>___________________________________________________________________<\/p>\n<p>3 L e T r i b u n a l :<\/p>\n<p>Ou\u00ef les parties demanderesses par l\u2019organe de leur mandataire Ma\u00eetre Jil ROESER, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Pierre METZLER, avocat constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>Ou\u00ef les parties d\u00e9fenderesses sub. 1) -11) par l\u2019organe de leur mandataire Ma\u00eetre Emmanuel GLOCK, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Charles DURO , avocat constitu\u00e9, tous les deux demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>Ou\u00ef la partie d\u00e9fenderesse sub. 12) par l\u2019organe de son mandataire Ma\u00eetre Claude SCHMARTZ, avocat constitu\u00e9, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>Vu l\u2019ordonnance de cl\u00f4ture de l\u2019instruction du 3 mai 2017.<\/p>\n<p>Monsieur le Vice-Pr\u00e9sident Gilles HERRMANN entendu en son rapport \u00e0 l\u2019audience du 31 mai 2017.<\/p>\n<p>Par acte de l\u2019huissier de justice suppl\u00e9ant Patrick MULLER, en remplacement de l\u2019huissier de justice Carlos CALVO de Luxembourg, du 3 juin 2014, A.) et B.) (ci- apr\u00e8s : les MAJORITAIRES) ont fait donner assignation \u00e0 1. C.), 2. D.), 3. E.), 4. F.), 5. G.), 6. H.), 7. I.), 8. J.), 9. la soci\u00e9t\u00e9 de droit su\u00e9dois SOC1.) , 10. L.), 11. M.) (ci-apr\u00e8s : les MINORITAIRES) et 12. la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) HOLDING SA (ci- apr\u00e8s : la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) ), \u00e0 compara\u00eetre devant le Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale suivant la proc\u00e9dure civile, pour, les parties d\u00e9fenderesses sub 1 \u00e0 11 s\u2019entendre condamner solidairement, sinon in solidum, sinon chacun pour sa part, \u00e0 payer \u00e0 B.) la somme de 134.915.- EUR et \u00e0 A.) la somme de 7.356,80 EUR ou, \u00e0 chaque fois, tout autre montant m\u00eame sup\u00e9rieur \u00e0 \u00e9valuer en cours d\u2019instance et, \u00e0 chaque fois, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 compter de l\u2019assignation en justice jusqu\u2019\u00e0 solde, au titre d\u2019un pr\u00e9judice caus\u00e9 par la perte de chance suite \u00e0 un abus de minorit\u00e9.<\/p>\n<p>Les parties demanderesses requi\u00e8rent encore la condamnation solidaire, sinon in solidum, sinon chacun pour sa part, des parties d\u00e9fenderesses sub 1 \u00e0 11 \u00e0 leur payer \u00e0 chacun la somme de 10.000.- EUR (20.000.- EUR en tout), ou tout autre montant m\u00eame sup\u00e9rieur \u00e0 \u00e9valuer en cours d\u2019instance, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 compter de l\u2019assignation en justice jusqu\u2019\u00e0 solde, au titre des frais suppl\u00e9mentaires engag\u00e9s par les parties demanderesses en raison de l\u2019abus de minorit\u00e9 des parties assign\u00e9es, de m\u00eame que la somme de 10.000.- EUR \u00e0 chacun (20.000.- EUR en tout), suivant les m\u00eames conditions, \u00e0 titre de pr\u00e9judice moral subi en raison du pr\u00e9dit abus de minorit\u00e9, leur condamnation \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance,<\/p>\n<p>4 ainsi qu\u2019\u00e0 une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 5.000.- EUR au v\u0153u de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Elles basent leurs demandes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des parties d\u00e9fenderesses sub 1 \u00e0 11 sur l\u2019abus de droit de l\u2019article 6- 1 du Code civil et la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle des articles 1382 et 1383 du m\u00eame code r\u00e9sultant d\u2019un abus de minorit\u00e9.<\/p>\n<p>Finalement, les requ\u00e9rants demandent de voir d\u00e9clarer le jugement \u00e0 intervenir commun \u00e0 la parte d\u00e9fenderesse sub 12 et de prononcer l\u2019ex\u00e9cution provisoire du jugement \u00e0 intervenir.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de leur demande, les requ\u00e9rants font valoir \u00eatre actionnaires majoritaires de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) \u00e0 hauteur de 6.775 actions, soit 58,80% du capital social, les parties d\u00e9fenderesses sub 1 \u00e0 11 \u00e9tant actionnaires minoritaires de la m\u00eame soci\u00e9t\u00e9 SOC2.), elle-m\u00eame actionnaire minoritaire \u00e0 hauteur de 10% du capital de la soci\u00e9t\u00e9 de droit belge SOC3.) NV (ci-apr\u00e8s : la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.)) et \u00e0 hauteur de 7,944% du capital de la soci\u00e9t\u00e9 de droit su\u00e9dois SOC3.) (ci-apr\u00e8s : la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) ).<\/p>\n<p>Ils reprochent aux MINORITAIRES d\u2019avoir, 1), de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, fait preuve d\u2019un comportement de blocage contraire aux int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) lors des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales ordinaires et extraordinaires qui se sont tenues depuis l\u2019ann\u00e9e 1993, notamment en refusant les augmentations de capital propos\u00e9es, la cession de la participation de 10% dans la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.), de m\u00eame que toutes les autres propositions de nature \u00e0 am\u00e9liorer la situation financi\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9, rendant ainsi vaines toutes les tentatives de redressement de la situation financi\u00e8re difficile de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) , ceci en contrari\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9 et en violation de l\u2019ex\u00e9cution de bonne foi du pacte social.<\/p>\n<p>Les MAJORITAIRES reprochent ensuite, de mani\u00e8re sp\u00e9cifique, aux MINORITAIRES, des man\u0153uvres de bl ocage, consistant, 2) , dans le refus de r\u00e9gulariser les formalit\u00e9s de convocation de l\u2019assembl\u00e9e, dans une demande en prorogation de l\u2019assembl\u00e9e et dans le vote contraire aux MAJORITAIRES, par rapport \u00e0 la vente des actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) lors des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales extraordinaires du 15 novembre 2013, 16 d\u00e9cembre 2013 et 13 janvier 2014, de m\u00eame que, 3) , leur refus injustifi\u00e9 d\u2019accepter la procuration \u00e0 donner \u00e0 N.) pour la repr\u00e9sentation de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 10 d\u00e9cembre 2013 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) .<\/p>\n<p>Ces faits, num\u00e9rot\u00e9s de 1) \u00e0 3) par le tribunal pour une meilleure compr\u00e9hension de la suite du jugement, seraient constitutifs d\u2019abus de minorit\u00e9 fautifs et seraient ainsi \u00e0 l\u2019origine des dommages actuellement r\u00e9clam\u00e9s par les MAJORITAIRES.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) se rapporte \u00e0 prudence de justice en ce qui concerne la recevabilit\u00e9 de la demande en la forme et demande \u00e0 ce que le jugement \u00e0 intervenir lui soit d\u00e9clar\u00e9 commun.<\/p>\n<p>Les parties d\u00e9fenderesses sub 1 \u00e0 11, quant-\u00e0-elles, se rapportent \u00e9galement \u00e0 prudence en ce qui concerne la recevabilit\u00e9 en la pure forme de la demande et requi\u00e8rent que les d\u00e9fendeurs G.) , I.), J.), L.) et F.) soient d\u00e9clar\u00e9s hors de cause pour absence de participation aux assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales des ann\u00e9es 2013 et 2014, d\u2019apr\u00e8s elles seules vis\u00e9es dans l\u2019assignation. Les parties d\u00e9fenderesses s\u2019opposent<\/p>\n<p>5 en effet \u00e0 la prise en compte, pour la d\u00e9termination d\u2019un \u00e9ventuel abus de minorit\u00e9, d\u2019assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales non sp\u00e9cifiquement vis\u00e9es dans l\u2019acte introductif.<\/p>\n<p>Quant au fond, elles contestent la version des faits telle que pr\u00e9sent\u00e9e par les requ\u00e9rants et demandent le d\u00e9bout\u00e9 de l\u2019ensemble des demandes pour \u00eatre irrecevables, sinon non fond\u00e9es et non prouv\u00e9es, en l\u2019absence de tout abus de minorit\u00e9 ou faute de leur part, en pr\u00e9sence d\u2019un vote unanime \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e du 17 novembre 2014, post\u00e9rieure \u00e0 l\u2019assignation, d\u00e9cidant de ne pas mettre en vente les actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) et en l\u2019absence de tout dommage, ce dernier \u00e9tant par ailleurs contest\u00e9 en son principe et son quantum. Elles r\u00e9clament encore elles- m\u00eames chacune une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000.- EUR (11.000.- EUR en tout) \u00e0 l\u2019encontre des parties demanderesses et demandent la condamnation de ces derni\u00e8res \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance avec distraction au profit de leur mandataire.<\/p>\n<p>Les MAJORITAIRES concluent au d\u00e9bout\u00e9 de la demande de mise hors cause des d\u00e9fendeurs G.), I.), J.), L.) et F.) au motif que ces derniers auraient bel et bien \u00e9t\u00e9 actionnaires minoritaires depuis 1991 et donc au moment de bon nombre des assembl\u00e9es tenues depuis 1993. En effet, ils pr\u00e9cisent que leur assignation, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 limit\u00e9e aux seules assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales extraordinaires de 2013 et 2014 sp\u00e9cialement invoqu\u00e9es, mais a englob\u00e9 toutes les assembl\u00e9es entre 1993 et 2014, pour conclure au d\u00e9bout\u00e9 de toutes les demandes des MINORITAIRES, y compris des indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure, et au maintien de leurs pr\u00e9tentions.<\/p>\n<p>MOTIFS DE LA DECISION<\/p>\n<p>La demande, non autrement contest\u00e9e \u00e0 ce sujet, est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 form\u00e9e suivant les forme et d\u00e9lais pr\u00e9vus par la loi.<\/p>\n<p>&#8212; Quant au fond<\/p>\n<p>Tel que relev\u00e9 ci-dessus, les faits invoqu\u00e9s par les parties demanderesses \u00e0 l\u2019appui de leurs pr\u00e9tentions, se r\u00e9sumant \u00e0 l\u2019obtention d\u2019indemnisations pour les dommages pr\u00e9tendument subis suite \u00e0 des abus de minorit\u00e9, peuvent \u00eatre divis\u00e9s en trois cat\u00e9gories : 1) blocage g\u00e9n\u00e9ral des MINORITAIRES contraire aux int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) lors des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales ordinaires et extraordinaires qui se sont tenues depuis l\u2019ann\u00e9e 1993 ; 2) blocage par les MINORITAIRES de la vente des actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) lors des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales extraordinaires du 15 novembre 2013, 16 d\u00e9cembre 2013 et 13 janvier 2014 ; 3) refus injustifi\u00e9 des MINORITAIRES d\u2019accepter la procuration \u00e0 donner \u00e0 N.) pour la repr\u00e9sentation de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 10 d\u00e9cembre 2013 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.).<\/p>\n<p>Avant d\u2019analyser, pour chacune de ces cat\u00e9gories de faits, s\u2019il y a eu en l\u2019esp\u00e8ce un abus de minorit\u00e9 ou non, il convient de pr\u00e9ciser la notion de l\u2019abus de minorit\u00e9 et de fixer les crit\u00e8res et \u00e9l\u00e9ments constitutifs \u00e0 appliquer en mati\u00e8re de cet abus de droit sp\u00e9cifique afin de faciliter la lecture du jugement et d\u2019\u00e9viter les redites.<\/p>\n<p>6 Il est admis par la doctrine que l\u2019abus de minorit\u00e9 peut se traduire dans les assembl\u00e9es par une d\u00e9cision sociale obtenue par surprise (dans le cas o\u00f9 les actionnaires minoritaires se retrouvent majoritaires par suite de circonstances impr\u00e9vues), aussi qualifi\u00e9 d\u2019 \u00ab abus positif \u00bb, auquel cas les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019abus de minorit\u00e9 sont identiques \u00e0 ceux de l\u2019abus de majorit\u00e9, \u00e0 savoir la r\u00e9union des deux \u00e9l\u00e9ments suivants : &#8212; une atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat social, &#8212; une rupture intentionnelle d\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les actionnaires, les minoritaires cherchant par leur vote \u00e0 favoriser leurs int\u00e9r\u00eats personnels au d\u00e9triment de l\u2019ensemble des associ\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019abus de minorit\u00e9 le plus fr\u00e9quent consiste cependant \u00e0 bloquer toute modification des statuts, soit par un absent\u00e9isme r\u00e9p\u00e9t\u00e9, soit par le refus de voter pour la r\u00e9solution propos\u00e9e. Il est alors qualifi\u00e9 d\u2019 \u00ab abus n\u00e9gatif \u00bb. (cf. : JURISCLASSEUR, Soci\u00e9t\u00e9s, Fasc. 136- 35, n\u00b0192)<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, les MAJORITAIRES ne reprochent pas un \u00ab abus positif \u00bb, mais, sans le moindre doute, et par ailleurs dans les trois cat\u00e9gories de faits, un blocage des d\u00e9cisions, donc un \u00ab abus n\u00e9gatif \u00bb aux MINORITAIRES.<\/p>\n<p>Il est encore admis que ce concept de \u00ab minorit\u00e9 de blocage \u00bb n\u2019intervient qu\u2019en mati\u00e8re de d\u00e9cisions prises en assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire pour lesquelles, soit un certain quorum, soit une majorit\u00e9 renforc\u00e9e, soit les deux ensemble, sont n\u00e9cessaires pour faire passer la r\u00e9solution, \u00e0 l\u2019exclusion donc des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales ordinaires et des d\u00e9cisions pour lesquelles ni un quorum, ni une majorit\u00e9 qualifi\u00e9e, ne sont n\u00e9cessaires. (cf. : Alain STEICHEN, Pr\u00e9cis de Droit des Soci\u00e9t\u00e9s, \u00e9d. 2014, n\u00b0314)<\/p>\n<p>La doctrine et la jurisprudence fran\u00e7aise estiment que dans ce cas cependant, les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019abus de majorit\u00e9, qui sont aussi ceux de l\u2019 \u00ab abus positif \u00bb de minorit\u00e9, sont inadapt\u00e9s, puisque, souvent, la majorit\u00e9 ne pourra pas prouver la rupture intentionnelle d\u2019\u00e9galit\u00e9 parce que l\u2019opposition de la minorit\u00e9 n\u2019entra\u00eene pas un avantage personnel pour celle- ci. Or il est impossible de pr\u00e9sumer l\u2019abus d\u00e8s qu\u2019un actionnaire minoritaire a une attitude de refus. D\u2019ailleurs le fait qu\u2019un associ\u00e9 ait eu des raisons personnelles de s\u2019opposer au vote d\u2019une d\u00e9lib\u00e9ration ne suffit pas \u00e0 caract\u00e9riser l\u2019existence d\u2019un abus de minorit\u00e9. De m\u00eame, il n\u2019y a pas d\u2019abus possible du minoritaire si celui-ci n\u2019est pas normalement inform\u00e9 ou s\u2019il motive son refus par des consid\u00e9rations \u00e9conomiques et sociales fond\u00e9es et objectives.<\/p>\n<p>Il sera donc n\u00e9cessaire que les juges saisis analysent \u00ab les m\u00e9rites des r\u00e9solutions \u00e9cart\u00e9es par la minorit\u00e9 \u00bb et proc\u00e8dent \u00e0 une \u00ab pes\u00e9e des int\u00e9r\u00eats \u00bb en pr\u00e9sence, l\u2019int\u00e9r\u00eat social et l\u2019int\u00e9r\u00eat de la minorit\u00e9.<\/p>\n<p>Il appartient donc \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ou aux actionnaires majoritaires de prouver i) que l\u2019op\u00e9ration projet\u00e9e est indispensable pour assurer la survie de la soci\u00e9t\u00e9, \u00e9viter la dissolution ou le d\u00e9p\u00f4t de bilan ou encore ii) que les minoritaires sont anim\u00e9s d\u2019 \u00ab un esprit syst\u00e9matique d\u2019opposition dans le seul but d\u2019entraver le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9 ou iii) qu\u2019ils recherchent un but purement \u00e9go\u00efste. (cf. : JURISCLASSEUR, Soci\u00e9t\u00e9s, Fasc. 136- 35, n\u00b0192 et les articles de doctrine et les jurisprudences y cit\u00e9s)<\/p>\n<p>Il y a lieu de noter que les trois \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019abus de minorit\u00e9 ainsi d\u00e9finis par la jurisprudence ne sont pas cumulatifs, mais alternatifs et que le tribunal<\/p>\n<p>7 analysera en cons\u00e9quence pour chacune des trois situations de fait pr\u00e9d\u00e9finies et invoqu\u00e9es par les MAJORITAIRES si l\u2019un quelconque de ces trois \u00e9l\u00e9ments est \u00e9tabli en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>1) Par rapport au blocage g\u00e9n\u00e9ral des MINORITAIRES contraire aux int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) lors des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales ordinaires et extraordinaires qui se sont tenues depuis l\u2019ann\u00e9e 1993<\/p>\n<p>Tel qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 retenu ci-dessus, un blocage des MINORITAIRES ne se con\u00e7oit que dans le cadre d\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire et, en cons\u00e9quence, il y a lieu de ne prendre en compte, pour l\u2019analyse d\u2019un \u00e9ventuel abus de droit, que les seules assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales extraordinaires.<\/p>\n<p>Or, \u00e0 une exception pr\u00e8s qui sera analys\u00e9e ci-dessous, il ne r\u00e9sulte d\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment soumis \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation du tribunal lesquelles des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales tenues depuis l\u2019ann\u00e9e 1993 et jusqu\u2019en 2013 \u00e9taient des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales extraordinaires, la pi\u00e8ce num\u00e9ro 9 de Ma\u00eetre METZLER (pi\u00e8ce n\u00b025 de Ma\u00eetre DURO), qui est cens\u00e9e \u00e9tablir le nombre impressionnant d\u2019assembl\u00e9es tenues, ne permettant en effet pas de faire un tri en l\u2019absence d\u2019indications pr\u00e9cises s\u2019il s\u2019agit de convocations \u00e0 des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales ordinaires ou extraordinaires. Les pi\u00e8ces num\u00e9ros 26 \u00e0 31 de Ma\u00eetre DURO \u00e9tablissent au contraire que pendant la p\u00e9riode concern\u00e9e ont eu lieu r\u00e9guli\u00e8rement des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales ordinaires, ces pi\u00e8ces \u00e9tant en relation avec les assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales annuelles des ann\u00e9es 1996 \u00e0 2000.<\/p>\n<p>Il s\u2019y ajoute, tel que relev\u00e9 \u00e0 bon droit par les MINORITAIRES, que le nombre important de \u00ab 24 \u00bb assembl\u00e9es tenues entre 1993 et 1997 tir\u00e9 de la seule pi\u00e8ce num\u00e9ro 9 pr\u00e9cit\u00e9e est manifestement incorrect et doit \u00eatre divis\u00e9 par deux au vu de l\u2019article 70 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales qui exige une double publication, \u00e0 huit jours d\u2019intervalle, des convocations aux assembl\u00e9es, fait qui est d\u2019ailleurs facilement v\u00e9rifiable, m\u00eame en pr\u00e9sence de la seule pi\u00e8ce num\u00e9ro 9 pr\u00e9cit\u00e9e, en comparant les dates des publications y indiqu\u00e9es.<\/p>\n<p>En l\u2019absence d\u2019une indication pr\u00e9cise des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales extraordinaires vis\u00e9es et pour lesquelles un abus de minorit\u00e9 pourrait \u00eatre retenu pour la p\u00e9riode ant\u00e9rieure \u00e0 2013, le seul nombre important des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales ordinaires et extraordinaires confondues, en plus beaucoup moins important que soutenu dans l\u2019assignation, ne saurait, \u00e0 lui seul, \u00eatre suffisant pour retenir un quelconque abus de droit des MINORITAIRES.<\/p>\n<p>L\u2019assignation comporte n\u00e9anmoins un reproche pr\u00e9cis fait aux MINORITAIRES pour les faits ant\u00e9rieurs \u00e0 2013, \u00e0 savoir leur opposition, lors de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 15 septembre 1994, \u00e0 une augmentation de capital propos\u00e9e par le conseil d\u2019administration.<\/p>\n<p>Cependant, en l\u2019absence de toute pi\u00e8ce soumise au tribunal relative \u00e0 cette assembl\u00e9e du 15 septembre 1994, de m\u00eame qu\u2019en l\u2019absence de toute pi\u00e8ce soumise au tribunal relative \u00e0 une quelconque augmentation de capital projet\u00e9e, les MAJORITAIRES restent en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir i) que l\u2019op\u00e9ration projet\u00e9e \u00e9tait indispensable pour assurer la survie de la soci\u00e9t\u00e9, \u00e9viter la dissolution ou le d\u00e9p\u00f4t de bilan, surtout au vu du fait que la soci\u00e9t\u00e9 existe toujours en 2017, ou encore ii) que les minoritaires auraient \u00e9t\u00e9 anim\u00e9s d\u2019 \u00ab un esprit syst\u00e9matique d\u2019opposition dans le<\/p>\n<p>8 seul but d\u2019entraver le fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9, ou iii) qu\u2019ils recherchaient un but purement \u00e9go\u00efste.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre complet, il y a encore lieu de remarquer qu\u2019il est constant en cause que la d\u00e9cision de cession d\u2019actions SOC3.) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC4.), approuv\u00e9e majoritairement lors de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 16 janvier 1995, donc par une assembl\u00e9e tenue dans la p\u00e9riode pour laquelle un blocage g\u00e9n\u00e9ral est reproch\u00e9 aux MINORITAIRES, a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9e d\u00e9finitivement, les appels ayant entretemps \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9s irrecevables, pour abus de majorit\u00e9 commis par les MAJORITAIRES au d\u00e9triment des MINORITAIRES. En cons\u00e9quence il \u00e9tait, du moins \u00e0 cette \u00e9poque, des plus l\u00e9gitimes pour les MINORITAIRES de remettre en question les propositions des MAJORITAIRES aux fins de v\u00e9rifier le respect de l\u2019int\u00e9r\u00eat social, le respect de leurs droits d\u2019actionnaires minoritaires et d\u2019\u00e9viter toute tentative d\u2019un nouvel abus de majorit\u00e9.<\/p>\n<p>Les autres reproches d\u2019agissements incoh\u00e9rents et de man\u0153uvres de report ou d\u2019ajournement des assembl\u00e9es formul\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9gard des MINORITAIRES restant \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pures all\u00e9gations et \u00e9tant formellement contest\u00e9s par les parties d\u00e9fenderesses sub 1 \u00e0 11 , aucun abus de minorit\u00e9 n\u2019est en cons\u00e9quence \u00e9tabli, ni en fait, ni en droit, en rapport avec les assembl\u00e9es tenues entre 1993 et 2013.<\/p>\n<p>2) Par rapport au blocage par les MINORITAIRES de la vente des actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) lors des assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales extraordinaires du 15 novembre 2013, 16 d\u00e9cembre 2013 et 13 janvier 2014<\/p>\n<p>A titre liminaire, il y a lieu de remarquer \u00e0 ce sujet que les requ\u00e9rants, dans leur assignation \u00e0 la page 6, semblent reprocher aux MINORITAIRES d\u2019avoir, de par leur refus d\u2019acquiescer \u00e0 la vente des titres SOC3.) repr\u00e9sentant 10% du capital social de cette derni\u00e8re soci\u00e9t\u00e9, caus\u00e9 un pr\u00e9judice \u00e0 SOC3.) r\u00e9sultant en un \u00ab traitement fiscal difficilement supportable \u00bb caus\u00e9 par une absence de r\u00e9investissement par SOC3.) d\u2019une somme importante provenant de la vente d\u2019un immeuble.<\/p>\n<p>Abstraction faite du probl\u00e8me juridique que les requ\u00e9rants actuels ne repr\u00e9sentent pas la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) , il y a lieu de constater que de nouveau les MAJORITAIRES restent en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir leurs affirmations que \u00ab la vente en question \u00e9tait absolument n\u00e9cessaire pour ne pas soumettre SOC3.) \u00e0 un traitement fiscal difficilement supportable \u00bb, notamment au vu du fait qu\u2019ils restent totalement en d\u00e9faut d\u2019expliquer pourquoi la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) n\u2019aurait pas pu proc\u00e9der \u00e0 un r\u00e9investissement du b\u00e9n\u00e9fice de la vente d\u2019un immeuble, n\u00e9cessaire pour \u00e9viter le \u00ab traitement fiscal difficilement supportable \u00bb, en l\u2019absence de la vente de 10% de ses titres par la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) . En effet, la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) , en sa qualit\u00e9 d\u2019actionnaire \u00e0 raison de 10% d\u2019SOC3.), ne disposait pas d\u2019une minorit\u00e9 de blocage au sein de cette soci\u00e9t\u00e9 et aurait, pour le surplus, tr\u00e8s bien pu voter pour un tel r\u00e9investissement, la d\u00e9cision finale de r\u00e9investir ou non ayant de toute fa\u00e7on appartenu aux seuls actionnaires d\u2019SOC3.), \u00e0 l\u2019exclusion des MINORITAIRES.<\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) , les MAJORITAIRES, dans un premier ordre d\u2019id\u00e9es, reprochent aux MINORITAIRES un refus sans fondement et donc purement dilatoire de r\u00e9gulariser les formalit\u00e9s de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire du 15 novembre 2013. Il r\u00e9sulte en effet du proc\u00e8s-verbal de carence de cette assembl\u00e9e (pi\u00e8ce n\u00b022 de Ma\u00eetre METZLER) que, suite \u00e0 un probl\u00e8me informatique, la convocation \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e \u00e9tait entach\u00e9e d\u2019un vice de forme et que le pr\u00e9sident de l\u2019assembl\u00e9e a<\/p>\n<p>9 propos\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e de voter que tous les actionnaires renoncent aux modalit\u00e9s de convocation afin que l\u2019Assembl\u00e9e puisse \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement tenue, proposition cependant refus\u00e9e par le repr\u00e9sentant des MINORITAIRES admis au vote.<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment du fait que les MINORITAIRES \u00e9taient l\u00e9galement en droit de demander le report de l\u2019Assembl\u00e9e au vu de l\u2019irr\u00e9gularit\u00e9 de la convocation, tel qu\u2019admis par toutes les parties en cause, m\u00eame par les requ\u00e9rants dans leurs conclusions du 5 janvier 2016 (cf. : \u00e0 la page 8 des m\u00eames conclusions), il y a lieu de relever que l\u2019opposition du mandataire des MINORITAIRES est intervenue \u00e0 la suite de l\u2019exclusion de plusieurs des MINORITAIRES, donc de ses mandants, au vote de l\u2019Assembl\u00e9e, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 pour ne pas avoir pu produire les originaux des titres au porteur des sieurs I.), J.) et L.), et, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, pour ne pas avoir pu produire l\u2019original de la procuration du sieur O.) . (cf. : pi\u00e8ce n\u00b022 de Ma\u00eetre METZLER)<\/p>\n<p>Sans porter atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat, ni de la soci\u00e9t\u00e9, ni des autres actionnaires, le mandataire des MINORITAIRES avait donc un motif et un int\u00e9r\u00eat pour demander le report de l\u2019Assembl\u00e9e convoqu\u00e9e irr\u00e9guli\u00e8rement afin de pouvoir r\u00e9gulariser, de son c\u00f4t\u00e9, la situation juridique de quatre de ses mandants. Le reproche d\u2019un abus de minorit\u00e9 laisse partant d\u2019\u00eatre \u00e9tabli \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<p>Dans un deuxi\u00e8me ordre d\u2019id\u00e9es, les MAJORITAIRES reprochent aux MINORITAIRES la demande, sans motifs, de la prorogation de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire du 16 d\u00e9cembre 2013 apr\u00e8s le vote des principaux points \u00e0 l\u2019ordre du jour.<\/p>\n<p>Il y a tout d\u2019abord lieu de remarquer que sur les 6 points figurant \u00e0 l\u2019ordre du jour de cette assembl\u00e9e, seuls les deux points en relation avec la vente des titres SOC3.) ont finalement \u00e9t\u00e9 vot\u00e9s et que notamment le troisi\u00e8me point, une d\u00e9cision concernant le transfert du si\u00e8ge social de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) , d\u00e9cision qui s\u2019imposait d\u2019apr\u00e8s l\u2019administrateur Ma\u00eetre SCHMARTZ, a \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9 par l\u2019opposition cat\u00e9gorique de l\u2019actionnaire majoritaire et actuel requ\u00e9rant B.) et que la discussion au sujet du quatri\u00e8me point s\u2019est sold\u00e9e par la menace d\u2019une plainte p\u00e9nale pour diffamation des MAJORITAIRES contre les MINORITAIRES. (cf. : pi\u00e8ce n\u00b023 de Ma\u00eetre METZLER)<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment du fait que les MINORITAIRES \u00e9taient de nouveau l\u00e9galement en droit de demander la prorogation de l\u2019Assembl\u00e9e \u00e0 quatre semaines, sans avoir \u00e0 indiquer des motifs, ceci en vertu de l\u2019article 67 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales, il r\u00e9sulte encore de ces d\u00e9veloppements que la prorogation se justifiait au vu des discussions envenim\u00e9es au sujet de tous les points \u00e0 l\u2019ordre du jour, se d\u00e9gageant de la lecture du proc\u00e8s-verbal de l\u2019Assembl\u00e9e (cf. : pi\u00e8ce n\u00b023 de Ma\u00eetre METZLER), discussions et votes bloqu\u00e9s de part et d\u2019autre par les MINORITAIRES et les MAJORITAIRES \u00e0 cette assembl\u00e9e du 16 d\u00e9cembre 2013.<\/p>\n<p>Finalement, les MAJORITAIRES se plaignent du refus r\u00e9it\u00e9r\u00e9 et sans justification des MINORITAIRES de voter la vente des 999 actions SOC3.), aussi bien \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e du 16 d\u00e9cembre 2013 qu\u2019\u00e0 celle du 13 janvier 2014. Ils estiment que les titres SOC3.), suite \u00e0 la vente par SOC3.) de son seul actif constitu\u00e9 par un immeuble, auraient d\u00fb faire l\u2019objet d\u2019une vente urgente, une telle vente devenant de plus en plus difficile au-fur-et-\u00e0 mesure de l\u2019\u00e9coulement du temps.<\/p>\n<p>10 Il r\u00e9sulte effectivement du proc\u00e8s-verbal de l\u2019assembl\u00e9e du 16 d\u00e9cembre 2013 que les MINORITAIRES, d\u2019un c\u00f4t\u00e9, se sont oppos\u00e9s \u00e0 cette vente, pr\u00e9f\u00e9rant garder le statu quo et estimant une telle vente contraire \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9 et, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, se sont \u00e9galement oppos\u00e9s \u00e0 ce que la d\u00e9cision au sujet de la vente des titres SOC3.) puisse \u00eatre prise \u00e0 la majorit\u00e9 simple, estimant qu\u2019un acte de disposition n\u2019\u00e9tait pas couvert par le mandat conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019administrateur par l\u2019ordonnance de r\u00e9f\u00e9r\u00e9 l\u2019ayant nomm\u00e9. Les MINORITAIRES ont encore fait valoir \u00e0 cette Assembl\u00e9e qu\u2019au vu des proc\u00e9dures judiciaires en cours ayant retenu un abus de majorit\u00e9 dans le cadre de la cession des m\u00eames titres \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC4.) , il serait \u00e9tabli que les MAJORITAIRES, dans le cadre de cette vente, n\u2019agiraient pas dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9. (pi\u00e8ce n\u00b023 de Ma\u00eetre METZLER)<\/p>\n<p>Tel qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 dit ci-dessus, les MINORITAIRES, au vu de l\u2019abus de majorit\u00e9 retenu par les juridictions dans le cadre d\u2019une premi\u00e8re cession des m\u00eames titres SOC3.), \u00e9taient l\u00e9gitimement en droit de mettre en question toute nouvelle tentative des MAJORITAIRES de faire vendre ces m\u00eames titres, ceci d\u2019autant plus que les proc\u00e9dures judiciaires d\u2019appels contre les d\u00e9cisions ayant retenu l\u2019abus de majorit\u00e9, au moment de ces deux derni\u00e8res assembl\u00e9es, \u00e9taient toujours pendantes et que les MAJORITAIRES, dans ces proc\u00e9dures, avaient pris la position de la validit\u00e9 de la cession des titres \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC4.) , ce qui revenait \u00e0 dire qu\u2019ils voulaient d\u00e9cider de la vente d\u2019une chose qui, d\u2019apr\u00e8s eux, appartenait \u00e0 autrui, ces deux positions se contredisant en elles-m\u00eames, tel que relev\u00e9 \u00e0 bon droit par les MINORITAIRES.<\/p>\n<p>Or, les MAJORITAIRES, lors des assembl\u00e9es du 16 d\u00e9cembre 2013 et du 13 janvier 2014, ont refus\u00e9 de d\u00e9voiler l\u2019identit\u00e9 de l\u2019acqu\u00e9reur potentiel des titres SOC3.) , malgr\u00e9 l\u2019insistance des MINORITAIRES pour conna\u00eetre l\u2019identit\u00e9 de celui-ci, refusant ainsi aux MINORITAIRES des informations que ces derniers \u00e9taient pourtant en droit de recevoir, notamment au vu du pr\u00e9c\u00e9dent abus de majorit\u00e9 retenu par les juridictions.<\/p>\n<p>Tel que relev\u00e9 ci-dessus, il ne saurait partant y avoir un abus de minorit\u00e9 au vu de l\u2019absence d\u2019une information suffisante des MINORITAIRES, leur blocage se justifiant par le floue entourant la r\u00e9solution soumise au vote.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre complet, il y a encore lieu de remarquer que les titres SOC3.) se trouvent toujours dans le portefeuille d\u2019SOC2.), mais que les requ\u00e9rants restent en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir la valeur r\u00e9elle actuelle de ceux-ci, la r\u00e9f\u00e9rence au prix de vente de l\u2019immeuble constituant le pr\u00e9tendu seul actif de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tant insuffisante pour \u00e9tablir la valeur r\u00e9elle d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, de m\u00eame qu\u2019ils restent en d\u00e9faut d\u2019\u00e9tablir le montant de leur pr\u00e9judice qui ne saurait r\u00e9sulter du seul prix de vente \u00e9ventuel d\u2019avant juillet 2013 non obtenu, mais qui devrait se calculer, le cas \u00e9ch\u00e9ant, en prenant en compte la diff\u00e9rence de la valeur actuelle des titres avec le prix de vente d\u2019avant juillet 2013 \u00e9valu\u00e9 \u00e0 242.000.- EUR.<\/p>\n<p>Abstraction faite des questions juridiques relatives au pr\u00e9judice distinct et personnel des actionnaires par rapport \u00e0 celui de la soci\u00e9t\u00e9, aucun pr\u00e9judice n\u00e9 et actuel tout court, r\u00e9sultant de l\u2019absence de la vente des titres SOC3.) , n\u2019est en cons\u00e9quence \u00e9tabli.<\/p>\n<p>Il s\u2019y ajoute encore que par d\u00e9cision unanime de l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 17 novembre 2014 les MAJORITAIRES et MINORITAIRES ont d\u00e9cid\u00e9, au vu du fait qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019offre ferme et d\u00e9finitive d\u2019achat de ces titres, de ne pas mettre au vote<\/p>\n<p>11 la r\u00e9solution tendant \u00e0 la vente desdits titres SOC3.) , dont la valeur reste en cons\u00e9quence ind\u00e9finie au jour du pr\u00e9sent jugement.<\/p>\n<p>3) Par rapport au refus injustifi\u00e9 des MINORITAIRES d\u2019accepter la procuration \u00e0 donner \u00e0 N.) pour la repr\u00e9sentation de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du 10 d\u00e9cembre 2013 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.)<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte du courrier du 21 novembre 2013 de Ma\u00eetre METZLER (pi\u00e8ce n\u00b027 de Ma\u00eetre METZLER) que les MAJORITAIRES reprochent au mandataire des MINORITAIRES d\u2019avoir, par courrier du 19 novembr e 2013, non soumis \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation du tribunal, \u00ab pr\u00e9tend[u] interdire purement et simplement \u00e0 Ma\u00eetre Schmartz, administrateur provisoire de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) Holding S.A. (la \u00ab Soci\u00e9t\u00e9 \u00bb), la signature d\u2019une procuration pour la prochaine Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) \u00bb.<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment de l\u2019absence de preuve du contenu exact du courrier incrimin\u00e9 et ind\u00e9pendamment de la valeur juridique d\u2019une telle interdiction faite par le mandataire des MINORITAIRES par un courrier, si elle \u00e9tait \u00e9tablie, il y a lieu de noter qu\u2019un simple courrier d\u2019un mandataire des MINORITAIRES ne saurait \u00eatre pris en compte pour \u00e9tablir un quelconque abus de minorit\u00e9, celui-ci, tel que relev\u00e9 ci-dessus, ne se concevant que dans le seul cadre d\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire, rien ne s\u2019\u00e9tant oppos\u00e9, en l\u2019esp\u00e8ce, ni \u00e0 l\u2019administrateur provisoire, ni aux MAJORITAIRES, \u00e0 outrepasser cette \u00ab interdiction \u00bb faite par les MINORITAIRES dans le cadre d\u2019un acte de la gestion courante et journali\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 et donc en dehors du cadre d\u2019une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre complet, il y a encore lieu de relever que l\u2019absence de repr\u00e9sentation de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale d\u2019SOC3.) n\u2019a caus\u00e9 aucun dommage, ni \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, ni \u00e0 ses actionnaires, la distribution des dividendes, soumise au vote et qui \u00e9tait dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) (d\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e pour appuyer cette r\u00e9solution), ayant eu lieu m\u00eame en l\u2019absence de repr\u00e9sentation d\u2019SOC2.), tel que confirm\u00e9 par l\u2019administrateur provisoire dans ses conclusions du 4 octobre 2016.<\/p>\n<p>Les parties demanderesses restent en cons\u00e9quence en d\u00e9faut de prouver un quelconque abus de minorit\u00e9 dans le chef des MINORITAIRES et il n\u2019y a donc pas lieu de continuer \u00e0 analyser les autres moyens et arguments soulev\u00e9s par les parties d\u00e9fenderesses.<\/p>\n<p>En l\u2019absence de toute preuve d\u2019un abus de minorit\u00e9, respectivement d\u2019un quelconque dommage n\u00e9 et actuel r\u00e9sultant de l\u2019absence de vente des titres SOC3.) au jour du pr\u00e9sent jugement, les requ\u00e9rants sont \u00e0 d\u00e9bouter de toutes leurs demandes.<\/p>\n<p>Tel que demand\u00e9 par l\u2019administrateur provisoire de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) , il y a lieu de d\u00e9clarer le jugement commun \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette derni\u00e8re soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>&#8212; Quant aux indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure<\/p>\n<p>Les requ\u00e9rants r\u00e9clament encore l\u2019obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure d\u2019un montant de 5.000.- EUR.<\/p>\n<p>12 La demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de la part des MAJORITAIRES est \u00e0 rejeter, alors qu\u2019une partie qui est d\u00e9bout\u00e9e de ses pr\u00e9tentions et qui de ce fait est \u00e0 condamner \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance ne saurait b\u00e9n\u00e9ficier des dispositions de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Les parties d\u00e9fenderesses sub 1 \u00e0 11 ont \u00e9galement formul\u00e9 chacune une demande en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000.- EUR.<\/p>\n<p>Elles n\u2019\u00e9tablissent cependant pas en quoi il serait in\u00e9quitable de laisser \u00e0 leur charge l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 des frais non compris dans les d\u00e9pens, de sorte que leur demande sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile n\u2019est pas fond\u00e9e.<\/p>\n<p>P a r c e s m o t i f s :<\/p>\n<p>le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, quinzi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale selon la proc\u00e9dure civile, statuant contradictoirement , apr\u00e8s avoir entendu Monsieur le Vice- Pr\u00e9sident Gilles HERRMANN en son rapport oral,<\/p>\n<p>dit recevable mais non fond\u00e9e la demande en paiement de dommages-int\u00e9r\u00eats sur base d\u2019un abus de minorit\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e par A.) et B.) et en d\u00e9boute ,<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9es les demandes en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure sur base de l\u2019article 240 du Nouveau Code de proc\u00e9dure civile, et en d\u00e9boute ,<\/p>\n<p>condamne A.) et B.) \u00e0 tous les frais et d\u00e9pens de l\u2019instance et en ordonne la distraction au profit de Ma\u00eetre DURO qui la demande affirmant en avoir fait l\u2019avance ;<\/p>\n<p>d\u00e9clare le jugement commun \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC2.) HOLDING SA.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-commerce\/20240827-235400\/20170712-talux15-168110a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Jugement commercial XV N\u00b0 898 \/ 2017 Audience publique du mercredi, douze juillet deux mille dix -sept. 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