{"id":817112,"date":"2026-05-02T16:40:57","date_gmt":"2026-05-02T14:40:57","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/"},"modified":"2026-05-02T16:41:02","modified_gmt":"2026-05-02T14:41:02","slug":"cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 73\/1 7 IV-COM<\/p>\n<p>Audience publique du vingt -six avril deux mille dix -sept<\/p>\n<p>Num\u00e9ros 42589 du r\u00f4le<\/p>\n<p>Composition : Roger LINDEN, pr\u00e9sident de chambre; Marianne HARLES, premi\u00e8re conseill\u00e8re; Elisabeth WEYRICH, conseill\u00e8re; Eric VILVENS, greffier.<\/p>\n<p>E n t r e la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e HELIOS INTERNATIONAL , \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- 2560 Luxembourg, 12-14, rue de Strasbourg, repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant actuellement en fonctions, inscrite au R egistre de Commerce et des S oci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le num\u00e9ro B 155.060, appelante aux termes d\u2019un acte de l&#039;huissier de justice Pierre Biel de Luxembourg 2 9 avril 2015, comparant par Ma\u00eetre Frank Rollinger, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>e t la soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7ais ABB FRANCE, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 F-91978 Courtaboeuf, 3, avenue du Canada, repr\u00e9sent\u00e9e par son pr\u00e9sident actuellement en fonctions, inscrite au Registre de Commerce d\u2019 Evry sous le num\u00e9ro 335.146.312, intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit exploit Biel , comparant par Ma\u00eetre Jean- Jacques Lorang, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>LA COUR D\u2019APPEL<\/p>\n<p>Par acte d\u2019huissier de justice du 22 octobre 2014, la soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7ais ABB France ( ci -apr\u00e8s ABB France ) a donn\u00e9 assignation \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e HELIOS INTERNATIONAL ( ci- apr\u00e8s HELIOS ) \u00e0 compara\u00eetre devant le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, pour l\u2019entendre condamner \u00e0 lui payer du chef du solde d\u2019une facture du 14 d\u00e9cembre 2012 rest\u00e9e impay\u00e9e la somme de 112.730,30 \u20ac avec les int\u00e9r\u00eats de retard suivant les articles 3 et 5 de la loi du 18 avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et aux int\u00e9r\u00eats de retard, sinon avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir de la date d\u2019\u00e9ch\u00e9ance de la facture, sinon de la date du paiement partiel, sinon de la demande en justice jusqu\u2019\u00e0 solde. La requ\u00e9rante a encore demand\u00e9 la somme de 2.933,66 \u20ac \u00e0 titre de clause p\u00e9nale ainsi qu\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 \u20ac.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 ABB France a expos\u00e9 avoir vendu et livr\u00e9 du mat\u00e9riel \u00e9lectrique \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS et \u00e9mis de ce chef une facture pour un total de 137.730,30 \u20ac. Apr\u00e8s avoir pay\u00e9 deux acomptes de 5.000 \u20ac et de 20.000 \u20ac en date des 1 er et 4 octobre 2013, la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9fenderesse resterait toujours redevable de la somme de 112.730,30 \u20ac.<\/p>\n<p>La demande a \u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur l\u2019article 109 du Code de commerce.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 HELIOS s\u2019est pr\u00e9value d\u2019un document intitul\u00e9 \u00ab contrat \u00e9tablissant un \u00e9ch\u00e9ancier entre le cr\u00e9ancier et son d\u00e9biteur \u00bb du 19 juillet 2013 pr\u00e9voyant express\u00e9ment que \u00ab Toutes contestations ou interpr\u00e9tations relatives \u00e0 la pr\u00e9sente transaction ou \u00e0 son ex\u00e9cution seront de la seule comp\u00e9tence du Tribunal de Grande Instance de Paris \u00bb, pour conclure \u00e0 l\u2019incomp\u00e9tence territoriale des tribunaux luxembourgeois pour conna\u00eetre de la demande de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France.<\/p>\n<p>Par jugement du 25 f\u00e9vrier 2015, le tribunal a rejet\u00e9 l\u2019exception d\u2019incomp\u00e9tence territoriale, s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France, a dit fond\u00e9e la demande et condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ABB France le montant de 112.730,30 \u20ac avec les int\u00e9r\u00eats de retard tels que pr\u00e9vus par l\u2019article 3 de la loi modifi\u00e9e du 18 avril 2004 relative aux d\u00e9lais de paiement et aux int\u00e9r\u00eats de retard \u00e0 partir du 15 f\u00e9vrier 2013 jusqu\u2019\u00e0 solde. Il l\u2019a encore condamn\u00e9e \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ABB France la p\u00e9nalit\u00e9 de 2.933,66 \u20ac correspondant \u00e0 2,13 % du montant de la facture litigieuse ainsi qu\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 \u20ac.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9fenderesse a encore \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>Pour statuer ainsi, le tribunal a retenu que faute d\u2019av oir \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 ABB France, le contrat du 19 juillet 2013 contenant une clause attributive de juridiction au profit du tribunal de grande instance de Paris n \u2019\u00e9tait pas applicable. La soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9fenderesse ayant son si\u00e8ge social au Luxembourg, le tribunal s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 territorialement comp\u00e9tent pour conna\u00eetre de la demande introduite \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS.<\/p>\n<p>Quant au fond, \u00e0 d\u00e9faut de contestations, la demande de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9e fond\u00e9e pour les sommes respectives de 112.730,30 \u20ac et de 2.933,66 \u20ac et de 1.000 \u20ac \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Suivant acte d\u2019huissier de justice du 29 avril 2015, la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS a r\u00e9guli\u00e8rement relev\u00e9 appel de ce jugement qui ne lui a pas \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9.<\/p>\n<p>Elle conclut, par r\u00e9formation, \u00e0 voir dire que les tribunaux du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg sont incomp\u00e9tents pour conna\u00eetre du litige.<\/p>\n<p>Elle conclut encore, par r\u00e9formation, \u00e0 \u00eatre d\u00e9charg\u00e9e de la condamnation au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 \u20ac et r\u00e9clame une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 \u20ac.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 intim\u00e9e sollicite la confirmation du jugement de premi\u00e8re instance et r\u00e9clame une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 \u20ac pour l\u2019instance d\u2019appel de m\u00eame que des dommages -int\u00e9r\u00eats \u00e9valu\u00e9s \u00e0 2.000 \u20ac pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 HELIOS fait grief au tribunal de premi\u00e8re instance d\u2019avoir rejet\u00e9 l\u2019exception d\u2019incomp\u00e9tence territoriale. Soutenant avoir accus\u00e9 un retard dans le r\u00e8glement de la facture du 14 d\u00e9cembre 2012, elle fait valoir avoir demand\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ABB France de pouvoir r\u00e9gler cette facture par des paiements \u00e9chelonn\u00e9s. Elle argumente qu\u2019une premi\u00e8re proposition d\u2019\u00e9chelonnement du paiement de la facture lui aurait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e par courriel du 25 juin 2013 par Monsieur A.), contr\u00f4leur financier au sein de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France. Aux termes de ce m\u00eame courriel , la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS aurait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9e qu\u2019un protocole d\u2019\u00e9chelonnement \u00e9tait en cours d\u2019\u00e9laboration par le service juridique de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France.<\/p>\n<p>L\u2019appelante soutient avoir accept\u00e9 cette proposition.<\/p>\n<p>Elle se pr\u00e9vaut d\u2019un second courriel de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France du 19 juillet 2013 auquel se trouvait annex\u00e9 le protocole d\u2019accord d\u2019\u00e9chelonnement de la dette. Dans ce m\u00eame courriel, l\u2019intim\u00e9e lui aurait demand\u00e9 de signer ledit protocole et de le lui renvoyer avec le premier r\u00e8glement de 5.000 \u20ac afin de suspendre la proc\u00e9dure de recouvrement.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 HELIOS soutient avoir sign\u00e9 et renvoy\u00e9 ledit protocole \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ABB France en date du 19 juillet 2013 et pay\u00e9 la somme de 5.000 \u20ac par virement du 23 juillet 2013.<\/p>\n<p>Elle fait valoir qu\u2019en application de l\u2019article 23 du r\u00e8glement (CE) n\u00b0 44\/2001 du Conseil du 22 d\u00e9cembre 2000 concernant la comp\u00e9tence judiciaire, la reconnaissance et l&#039;ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale ( ci-apr\u00e8s r\u00e8glement Bruxelles I), une clause attributive de juridiction pourrait \u00eatre formalis\u00e9e de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons et ne devrait pas n\u00e9cessairement \u00e9maner d\u2019un \u00e9crit formel.<\/p>\n<p>L\u2019appelante renvoie \u00e0 l\u2019\u00e9change de courriels entre parties pour dire que les parties litigantes auraient d\u00e9j\u00e0 convenu avant le 19 juillet 2013 d\u2019un paiement \u00e9chelonn\u00e9. Le contrat sign\u00e9 par l\u2019appelante le 19 juillet 2013 ne ferait que f ormaliser dans un \u00e9crit l\u2019accord qui s\u2019\u00e9tait ant\u00e9rieurement form\u00e9 entre parties. En application de l\u2019article 1134 du Code civil, la convention du 19 juillet 2013 et notamment la clause attributive de juridiction y stipul\u00e9e serait applicable.<\/p>\n<p>Le fait que la soci\u00e9t\u00e9 ABB France n\u2019a pas sign\u00e9 le contrat en question n\u2019emp\u00eacherait pas son application, dans la mesure o\u00f9 l\u2019intim\u00e9e avait con\u00e7u le document litigieux. L\u2019appelante n\u2019aurait d\u00e8s lors eu qu\u2019un \u00ab r\u00f4le d\u2019adh\u00e9sion \u00bb en apposant sa signature sur le document pr\u00e9\u00e9tabli par l\u2019intim\u00e9e afin de lui conf\u00e9rer un effet juridique.<\/p>\n<p>L\u2019offre \u00e9mise par la soci\u00e9t\u00e9 ABB France aurait \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS moyennant le renvoi de l\u2019exemplaire sign\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 ABB France et le paiement de la somme de 5.000 \u20ac au titre d\u2019un premier r\u00e8glement.<\/p>\n<p>L\u2019intim\u00e9e lui aurait confirm\u00e9 par courriel du 22 novembre 2013 avoir re\u00e7u le premier r\u00e8glement comme convenu dans le protocole arr\u00eat\u00e9 entre les parties.<\/p>\n<p>Au regard de ces \u00e9l\u00e9ments, l\u2019appelante estime que ledit protocole d\u2019\u00e9chelonnement aurait force obligatoire entre les parties et que la clause attributive de juridiction contenue dans ce document serait applicable.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 ABB France ne conteste pas \u00ab l\u2019existence d\u2019un atermoiement \u00bb. Elle conteste cependant tout accord entre parties relatif \u00e0 une clause attributive de juridiction. Il r\u00e9sulterait au contraire de l\u2019\u00e9change de courriels entre parties que la clause de juridiction ne serait apparue que post\u00e9rieurement \u00e0 l\u2019accord des parties relatif \u00e0 l\u2019\u00e9chelonnement de la dette, de sorte que la clause attributive de juridiction serait rest\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat unilat\u00e9ral.<\/p>\n<p>Le document du 19 juillet 2013 n\u2019ayant jamais \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 ABB France, il ne lui serait pas opposable. L\u2019accord des<\/p>\n<p>parties relatif \u00e0 une clause attributive de juridiction ferait par cons\u00e9quent \u00e9galement d\u00e9faut.<\/p>\n<p>L\u2019intim\u00e9e ajoute qu\u2019en tout \u00e9tat de cause, l\u2019appelante ne serait pas en droit de se pr\u00e9valoir d\u2019une clause attributive de juridiction stipul\u00e9e dans le seul int\u00e9r\u00eat de la partie ABB France qui y avait renonc\u00e9 lorsqu\u2019elle a assign\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS devant le tribunal du lieu de son si\u00e8ge social.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour Il est acquis en cause que les relations contractuelles entre parties qui ont abouti \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement de la facture du 14 d\u00e9cembre 2012 n\u2019\u00e9taient r\u00e9gies par aucun contrat \u00e9crit. Il r\u00e9sulte des renseignements fournis qu\u2019apr\u00e8s avoir r\u00e9ceptionn\u00e9 la facture pr\u00e9cit\u00e9e, la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS a sollicit\u00e9 l\u2019accord de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France relatif \u00e0 un paiement \u00e9chelonn\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019exemplaire du document intitul\u00e9 \u00ab contrat \u00e9tablissant un \u00e9ch\u00e9ancier entre le cr\u00e9ancier et son d\u00e9biteur \u00bb vers\u00e9 aux d\u00e9bats est dat\u00e9 au 19 juillet 2013 et ne porte que la signature d\u2019un repr\u00e9sentant de la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS ( pi\u00e8ce n\u00b0 3 de Ma\u00eetre Rollinger).<\/p>\n<p>La clause attributive de juridiction ins\u00e9r\u00e9e dans le document pr\u00e9cit\u00e9 dispose \u00ab que le pr\u00e9sent accord est r\u00e9dig\u00e9 en langue fran\u00e7aise et soumis au droit fran\u00e7ais. Toutes contestations ou interpr\u00e9tations relatives \u00e0 la pr\u00e9sente transaction ou \u00e0 son ex\u00e9cution, seront de la seule comp\u00e9tence du Tribunal de Grande Instance de Paris \u00bb.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des renseignements fournis que les relations entre parties proc\u00e8dent d\u2019un contrat du 20 ao\u00fbt 2008, de sorte que les r\u00e8gles de comp\u00e9tence applicables sont celles du r\u00e8glement Bruxelles I. L a question de l\u2019opposabilit\u00e9 du protocole d\u2019\u00e9chelonnement du 19 juillet 2013 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des parties litigantes de m\u00eame que celle d e la validit\u00e9 de la clause attributive de juridiction y contenue sont \u00e9galement \u00e0 analyser \u00e0 la lumi\u00e8re du r\u00e8glement pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<p>Soutenant que le protocole d\u2019\u00e9chelonnement du 19 juillet 2013 n\u2019aurait fait l\u2019objet d\u2019aucun \u00ab consentement expr\u00e8s de sa part \u00bb, la soci\u00e9t\u00e9 ABB France conteste l&#039;opposabilit\u00e9 dudit contrat \u00e0 son \u00e9gard et par cons\u00e9quent de la clause d\u2019\u00e9lection de for qu\u2019il contient. Le fait que la clause est inscrite dans un document \u00e9tabli p ar la soci\u00e9t\u00e9 ABB France ne pourrait selon cette soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9montrer son acceptation, faute de l\u2019avoir sign\u00e9.<\/p>\n<p>L&#039;article 23 du r\u00e8glement Bruxelles I qui traite de la prorogation de comp\u00e9tence s&#039;applique lorsque l&#039;une au moins des parties a so n domicile dans un Etat membre et lorsque la clause attribue comp\u00e9tence \u00e0 un tribunal d&#039;un Etat membre ( Cass. 1 \u00e8re civ., 9 janvier<\/p>\n<p>2007, n\u00b0 05- 17.741, D. 2007. 314, obs. X. Delpech ; Rev. crit. DIP 2007. 647, note B. Ancel) autre que celui d\u00e9sign\u00e9 par les sections 1-6 du chapitre II du r\u00e8glement.<\/p>\n<p>Les clauses attributives de juridiction sont donc admises quelle que soit la qualit\u00e9 des parties pour autant cependant qu&#039;elles ne fassent pas notamment \u00e9chec aux r\u00e8gles de comp\u00e9tences exclusives pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 22 du r\u00e8glement pr\u00e9cit\u00e9, non applicable en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>L\u2019article 23 du r\u00e8glement Bruxelles I dispose ce qui suit :<\/p>\n<p>1. Si les parties, dont l&#039;une au moins a son domicile sur le territoire d&#039;un \u00c9tat membre, sont convenues d&#039;un tribunal ou de tribunaux d&#039;un \u00c9tat membre pour conna\u00eetre des diff\u00e9rends n\u00e9s ou \u00e0 na\u00eetre \u00e0 l&#039;occasion d&#039;un rapport de droit d\u00e9termin\u00e9, ce tribunal ou les tribunaux de cet \u00c9tat membre sont comp\u00e9tents. Cette comp\u00e9tence est exclusive, sauf convention contraire des parties. Cette convention attributive de juridiction est conclue:<\/p>\n<p>a) par \u00e9crit ou verbalement avec confirmation \u00e9crite, ou<\/p>\n<p>b) sous une forme qui soit conforme aux habitudes que les parties ont \u00e9tablies entre elles, ou<\/p>\n<p>c) dans le commerce international, sous une forme qui soit conforme \u00e0 un usage dont les parties avaient connaissance ou \u00e9taient cens\u00e9es avoir connaissance et qui est largement connu et r\u00e9guli\u00e8rement observ\u00e9 dans ce type de commerce par les parties \u00e0 des contrats du m\u00eame type dans la branche commerciale consid\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>2. Toute transmission par voie \u00e9lectronique qui permet de consigner durablement la convention est consid\u00e9r\u00e9e comme rev\u00eatant une forme \u00e9crite.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s la jurisprudence constante de la CJCE, l\u2019exigence d\u2019un \u00e9crit a pour seule fonction d\u2019assurer que le consentement des parties \u00e0 une clause attributive de juridiction est effectivement \u00e9tabli et qu\u2019il se manifeste d\u2019une mani\u00e8re claire et pr\u00e9cise ( CJCE 14 d\u00e9cembre 1976, Sa. et Se., 24\/76 et 25 \/ 76, Rec.p. 1851).<\/p>\n<p>Le r\u00e8glement Bruxelles I, la convention de Lugano de 2007 et le r\u00e8glement (UE) n\u00b0 1215\/2012, tenant compte de l&#039;\u00e9volution des techniques, ont apport\u00e9 une pr\u00e9cision qui ne figure pas dans les conventions ant\u00e9rieures en assimilant \u00ab toute transmission par voie \u00e9lectronique qui permet de consigner durablement la convention \u00bb \u00e0 \u00ab une forme \u00e9crite \u00bb. Il n&#039;y a pas lieu d&#039;y voir une divergence par rapport au texte des conventions ant\u00e9rieures, mais plut\u00f4t une r\u00e8gle d&#039;interpr\u00e9tation, qui \u00e9vite de s&#039;interroger sur la validit\u00e9 des clauses convenues ou confirm\u00e9es par courriel ou t\u00e9l\u00e9copie lorsqu&#039;elles ne correspondent pas \u00e0 des habitudes suivies<\/p>\n<p>ant\u00e9rieurement par les parties ou encore ne rel\u00e8vent pas des usages que les parties sont cens\u00e9es conna\u00eetre. (JurisClasseur Europe Trait\u00e9, Fasc.3001 : Convention de Bruxelles. Conventions de Lugano. \u2013 R\u00e8glement (CE) n\u00b0 44\/2001 . \u2013 R\u00e8glement (UE) n\u00b0 1215\/2012 . \u2013 Points de divergence).<\/p>\n<p>Il n&#039;est d\u00e8s lors pas douteux qu&#039;il faut assimiler \u00e0 une clause d e juridiction conclue par \u00e9crit, la clause inscrite sur deux instruments, si les deux instruments ne sont pas sign\u00e9s et ont simplement \u00e9t\u00e9 transmis par voie \u00e9lectronique ( R\u00e9p. de droit international, Comp\u00e9tence europ\u00e9enne, reconnaissance et ex\u00e9cution : mati\u00e8res civile et commerciale \u2013 Dani\u00e8le Alexandre \u2013 Andr\u00e9 Huet \u2013 janvier 2015, actualisation : janvier 2017) .<\/p>\n<p>Le fait que le protocole d\u2019\u00e9chelonnement n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 ABB France est au vu des consid\u00e9rations qui pr\u00e9c\u00e8dent et de celles qui vont suivre sans relevance. La Cour rappelle que c\u2019est l\u2019intim\u00e9e qui a r\u00e9dig\u00e9 le projet du protocole et l\u2019a envoy\u00e9 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS aux fins de signature et d\u2019ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 HELIOS ne conteste pas avoir r\u00e9ceptionn\u00e9 le courriel de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France du 19 juillet 2013 auquel se trouvait annex\u00e9 le protocole d\u2019\u00e9chelonnement de la dette contenant ladite clause attributive de juridiction.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 HELIOS a par la suite en date du 23 juillet 2013 proc\u00e9d\u00e9 au premier virement de 5.000 \u20ac, en ex\u00e9cution du protocole d\u2019accord d\u2019\u00e9chelonnement qui lui avait \u00e9t\u00e9 transmis par la voie \u00e9lectro nique par la soci\u00e9t\u00e9 ABB France, cette ex\u00e9cution du protocole valant n\u00e9cessairement pour toutes les clauses y contenues, donc \u00e9galement pour la clause attributive de juridiction.<\/p>\n<p>Aux termes d\u2019un courriel adress\u00e9 le 22 novembre 2013 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS, le repr\u00e9sentant de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France indique avoir \u00ab bien re\u00e7u vos premiers r\u00e8glements comme convenu dans le protocole d\u2019\u00e9ch\u00e9ancier de paiement que nous avons mis en place (\u2026) \u00bb ( pi\u00e8ce n\u00b0 4 de Ma\u00eetre Rollinger).<\/p>\n<p>La Cour retient en cons\u00e9quence que ledit protocole d\u2019\u00e9chelonnement tel que r\u00e9dig\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 ABB a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS qui l\u2019a sign\u00e9 et commenc\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cuter, qu\u2019il est donc opposable aux deux parties suivant leur accord de volont\u00e9s qu i porte sur l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de son contenu.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 ABB France fait valoir en ordre subsidiaire que ladite clause attributive de juridiction a urait \u00e9t\u00e9 stipul\u00e9e dans son seul int\u00e9r\u00eat et qu\u2019elle avait en cons\u00e9quence le droit d\u2019y renoncer et d\u2019assigner la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS devant le tribunal du lieu de son si\u00e8ge social.<\/p>\n<p>Il convient \u00e0 cet \u00e9gard de rappeler que l\u2019article 17 c) alin\u00e9a 5 de la Convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 sur la comp\u00e9tence judiciaire et l\u2019ex\u00e9cution des d\u00e9cisions en mati\u00e8re civile et commerciale pr\u00e9voit que si une clause attributive de juridiction \u00ab n\u2019a \u00e9t\u00e9 stipul\u00e9e qu\u2019en faveur de l\u2019une des parties \u00bb, celle-ci peut y renoncer et saisir tout autre tribunal comp\u00e9tent aux termes de ladite convention.<\/p>\n<p>En effet, si la clause ne b\u00e9n\u00e9ficie qu\u2019\u00e0 une des parties, elle constitue pour elle un privil\u00e8ge et il lui est donc loisible d\u2019y renoncer.<\/p>\n<p>La CJCE s\u2019est toutefois montr\u00e9e assez s\u00e9v\u00e8re dans l\u2019appr\u00e9ciation des circonstances permettant de conclure que la clause est au seul avantage d\u2019une des parties. Elle a ainsi consid\u00e9r\u00e9 que la d\u00e9signation du tribunal de l\u2019Etat contractant dans lequel une des parties a son domicile ne suffit pas \u00e0 elle seule \u00e0 faire admettre la volont\u00e9 des parties d\u2019avantager cette partie ( CJCE, 24 juin 1986, arr\u00eat An. , 22\/85 Rec. p. 1951 ). D\u2019apr\u00e8s la CJCE, cet avantage doit r\u00e9sulter de la volont\u00e9 commune des parties qui doit ressortir clairement, soit des termes de la clause, soit de l\u2019ensemble des indices relev\u00e9s dans le contrat ou des circonstances qui ont entour\u00e9 la conclusion de celui -ci ( Jean- Claude Wiwinius, Le droit international priv\u00e9 au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, \u00e9ditions P. Bauler, 3 \u00e8me \u00e9d., n\u00b0 1459 et suiv. ).<\/p>\n<p>Le contenu de l\u2019article 17 c) alin\u00e9a 5 n\u2019 a cependant pas \u00e9t\u00e9 repris dans le r\u00e8glement Bruxelles I, applicable au pr\u00e9sent litige.<\/p>\n<p>Les raisons de cette non- reprise et sa port\u00e9e sont discut\u00e9e s en doctrine.<\/p>\n<p>Il est ainsi soulign\u00e9 que les r\u00e9dacteurs du r\u00e8glement Bruxelles I ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ne pas reprendre le contenu de cet alin\u00e9a pour des raisons de difficult\u00e9s d\u2019appr\u00e9ciation des circonstances permettant de conclure que la clause est au seul avantage d\u2019une des parties. ( op.cit\u00e9.p. n\u00b0 1460 et 1461).<\/p>\n<p>Selon un autre auteur, il s\u2019av\u00e8re difficile d\u2019appr\u00e9cier la port\u00e9e de cette suppression. Il estime que si les clauses avantageant l\u2019une des parties restent possibles, la partie avantag\u00e9e ne pourrait plus y renoncer car cela entra\u00eenerait une trop grande ins\u00e9curit\u00e9. ( H. Gaudemet-Tallon, Comp\u00e9tence et ex\u00e9cution des jugements en Europe, mati\u00e8res civile et commerciale, r\u00e8glement 44\/2001 et 1215\/2012 Conventions de Bruxelles(1968) et de Lugano (1988 et 2007), 5 \u00e8me \u00e9d., n\u00b0 157, p. 173- 176)<\/p>\n<p>Cependant, m\u00eame \u00e0 admettre que la partie avantag\u00e9e par ladite clause attributive de juridiction f\u00fbt toujours en droit d\u2019y renoncer unilat\u00e9ralement, force serait de constater qu\u2019au vu de la jurisprudence de la CJCE de 1986, les circonstances ayant conduit \u00e0 l\u2019adoption de cette clause ne prouvent pas pas la volont\u00e9 commune des parties de<\/p>\n<p>l\u2019\u00e9tablir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France, d\u00e8s lors que la d\u00e9signation du tribunal de l\u2019Etat contractant dans lequel une des parties a son domicile ne suffit pas \u00e0 elle seule \u00e0 faire admettre la volont\u00e9 des parties d\u2019avantager cette partie.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que la clause attributive de juridiction contenue dans le contrat du 19 juillet 2013 qui fait la loi entre les parties litigantes reste applicable.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u00e8s lors \u00e0 tort que le tribunal de premi\u00e8re instance a rejet\u00e9 l\u2019exception d\u2019incomp\u00e9tence territoriale soulev\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS.<\/p>\n<p>Les juridictions luxembourgeoises sont d\u00e8s lors, par r\u00e9formation du jugement entrepris, territorialement incomp\u00e9tentes pour conna\u00eetre de la demande introduite par la soci\u00e9t\u00e9 ABB France \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS.<\/p>\n<p>Au regard de l\u2019issue du litige, c\u2019est encore \u00e0 tort que la juridiction de premi\u00e8re instance a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 \u20ac.<\/p>\n<p>L\u2019appel de la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS est d\u00e8s lors fond\u00e9. La demande de la soci\u00e9t\u00e9 ABB France en allocation de dommages- int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire est \u00e0 rejeter. Il en est de m\u00eame de s a demande en allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure. La m\u00eame demande de la soci\u00e9t\u00e9 HELIOS est \u00e0 rejeter, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019elle n\u2019a pas \u00e9tabli l\u2019iniquit\u00e9 requise par l\u2019article 240 du NCPC.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS la Cour d\u2019appel, quatri\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re commerciale, statuant contradictoirement, sur le rapport du magistrat de la mise en \u00e9tat, re\u00e7oit l\u2019appel, le dit fond\u00e9,<\/p>\n<p>r\u00e9formant,<\/p>\n<p>dit que les juridictions luxembourgeoises sont incomp\u00e9tentes pour conna\u00eetre de la demande introduite par la soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e<\/p>\n<p>de droit fran\u00e7ais ABB France \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e HELIOS INTERNATIONAL,<\/p>\n<p>d\u00e9charge la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e HELIOS INTERNATIONAL de la condamnation au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 1.000 \u20ac,<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7ais ABB France en allocation de dommages -int\u00e9r\u00eats pour proc\u00e9dure abusive et vexatoire,<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9es les demandes des parties en obtention d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure,<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 par actions simplifi\u00e9e de droit fran\u00e7ais ABB France aux frais et d\u00e9pens des deux instances.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-4\/20240827-171223\/20170426-ca4-42589a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Arr\u00eat N\u00b0 73\/1 7 IV-COM Audience publique du vingt -six avril deux mille dix -sept Num\u00e9ros 42589 du r\u00f4le Composition : Roger LINDEN, pr\u00e9sident de chambre; Marianne HARLES, premi\u00e8re conseill\u00e8re; Elisabeth WEYRICH, conseill\u00e8re; Eric VILVENS, greffier. E n t r e la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0\u2026<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_crdt_document":""},"kji_country":[8418],"kji_court":[12305],"kji_chamber":[18433],"kji_year":[52833],"kji_subject":[7724],"kji_keyword":[8601,9055,12307],"kji_language":[7733],"class_list":["post-817112","kji_decision","type-kji_decision","status-publish","hentry","kji_country-luxembourg","kji_court-cour-superieure-de-justice","kji_chamber-chambre-4","kji_year-52833","kji_subject-civil","kji_keyword-avril","kji_keyword-justice","kji_keyword-superieure","kji_language-francais"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.6 (Yoast SEO v27.6) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"ru_RU\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"1 Arr\u00eat N\u00b0 73\/1 7 IV-COM Audience publique du vingt -six avril deux mille dix -sept Num\u00e9ros 42589 du r\u00f4le Composition : Roger LINDEN, pr\u00e9sident de chambre; Marianne HARLES, premi\u00e8re conseill\u00e8re; Elisabeth WEYRICH, conseill\u00e8re; Eric VILVENS, greffier. E n t r e la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-05-02T14:41:02+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"19 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\\\/\",\"name\":\"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2026-05-02T14:40:57+00:00\",\"dateModified\":\"2026-05-02T14:41:02+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/avocats-en-droit-penal-a-paris-conseil-et-defense-strategique\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Jurisprudences\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"description\":\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"ru-RU\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#organization\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"width\":2114,\"height\":1253,\"caption\":\"Kohen Avocats\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/","og_locale":"ru_RU","og_type":"article","og_title":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017","og_description":"1 Arr\u00eat N\u00b0 73\/1 7 IV-COM Audience publique du vingt -six avril deux mille dix -sept Num\u00e9ros 42589 du r\u00f4le Composition : Roger LINDEN, pr\u00e9sident de chambre; Marianne HARLES, premi\u00e8re conseill\u00e8re; Elisabeth WEYRICH, conseill\u00e8re; Eric VILVENS, greffier. E n t r e la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0\u2026","og_url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/","og_site_name":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","article_modified_time":"2026-05-02T14:41:02+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f":"19 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/","name":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#website"},"datePublished":"2026-05-02T14:40:57+00:00","dateModified":"2026-05-02T14:41:02+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/#breadcrumb"},"inLanguage":"ru-RU","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-26-avril-2017-4\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/avocats-en-droit-penal-a-paris-conseil-et-defense-strategique\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jurisprudences","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 26 avril 2017"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#website","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/","name":"Kohen Avocats","description":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.","publisher":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"ru-RU"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#organization","name":"Kohen Avocats","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"ru-RU","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","contentUrl":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","width":2114,"height":1253,"caption":"Kohen Avocats"},"image":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision\/817112","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision"}],"about":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/types\/kji_decision"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=817112"}],"wp:term":[{"taxonomy":"kji_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_country?post=817112"},{"taxonomy":"kji_court","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_court?post=817112"},{"taxonomy":"kji_chamber","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_chamber?post=817112"},{"taxonomy":"kji_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_year?post=817112"},{"taxonomy":"kji_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_subject?post=817112"},{"taxonomy":"kji_keyword","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_keyword?post=817112"},{"taxonomy":"kji_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_language?post=817112"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}