{"id":819408,"date":"2026-05-02T23:36:29","date_gmt":"2026-05-02T21:36:29","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/"},"modified":"2026-05-02T23:36:35","modified_gmt":"2026-05-02T21:36:35","slug":"tribunal-darrondissement-21-mars-2017","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 21 mars 2017"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1 N\u00b0 261\/17 534\/16\/CRIL<\/p>\n<p>Audience de la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg du 21 mars 2017, o\u00f9 \u00e9taient pr\u00e9sents:<\/p>\n<p>St\u00e9phanie NEUEN, premier juge, pr\u00e9sident d\u2019audience Annick DENNEWALD, juge et Fr\u00e9d\u00e9ric GRUHLKE, juge- d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Jean- Paul KNEIP, greffier<\/p>\n<p>Vu le r\u00e9quisitoire du procureur d&#039;\u00c9tat du 2 5 janvier 2017 fond\u00e9 sur l\u2019article 9 (3) de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000 sur l\u2019entraide judiciaire internationale en mati\u00e8re p\u00e9nale annex\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sente;<\/p>\n<p>Vu l\u2019Accord de Schengen du 14 juin 1985 et la Convention d\u2019A pplication de l\u2019Accord de Schengen du 19 juin 1990, textes approuv\u00e9s par la loi du 3 juillet 1992;<\/p>\n<p>Vu la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000 sur l\u2019entraide judiciaire internationale en mati\u00e8re p\u00e9nale.<\/p>\n<p>Vu les m\u00e9moires annex\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9sente et d\u00e9pos\u00e9s le 19 d\u00e9cembre 2016 et le 14 f\u00e9vrier 2017 par Ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, au nom et pour le compte de :<\/p>\n<p>1) La soci\u00e9t\u00e9 suisse SOC.1.) GmbH, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026) , inscrite au RCS sous le num\u00e9ro CHE-(\u2026),<\/p>\n<p>2) La soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) S\u00e0rl, \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 (\u2026) , inscrite au RCS sous le num\u00e9ro B(\u2026),<\/p>\n<p>La chambre du conseil, apr\u00e8s avoir d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 la loi, a rendu l\u2019<\/p>\n<p>ORDONNANCE<\/p>\n<p>qui suit :<\/p>\n<p>1. Cadre proc\u00e9dural<\/p>\n<p>Par r\u00e9quisitoire du 25 janvier 2017, le procureur d\u2019\u00c9tat demande \u00e0 la chambre du conseil de constater la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une commission rogatoire suisse enregistr\u00e9e sous la r\u00e9f\u00e9rence 534\/1 6\/CRIL et de donner son accord pour la transmission des objets et documents saisis \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 requ\u00e9rante, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 9 (3) de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000 sur l\u2019entraide judiciaire internationale en mati\u00e8re p\u00e9nale.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte du dossier soumis \u00e0 la chambre du conseil que par une commission rogatoire internationale \u00e9mise le 8 novembre 2016 par Monsieur A.), Chef de la \u00ab Eidgen\u00f6ssische Steuerverwaltung \u00bb (ESTV) aupr\u00e8s du \u00ab Eidgen\u00f6ssischen Finanzdepartement \u00bb (EFD) suisse, compl\u00e9t\u00e9e par des courriers contenant des informations additionnelles dat\u00e9s des 23 et 29 novembre 2016, dans le cadre d\u2019une enqu\u00eate p\u00e9nale men\u00e9e notamment \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) GmbH du chef de faits susceptibles d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9s en droit luxembourgeois d\u2019escroquerie fiscale en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 directe, le juge d\u2019instruction a pris en date du 6 d\u00e9cembre 2016 trois ordonnances de perquisition et de saisie aux fins de saisir les documents et les pi\u00e8ces en relation avec les infractions reproch\u00e9es, \u00e0 savoir au<\/p>\n<p>2 si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) S\u00e0rl 1 , au si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative SOC.3.) 2 et dans les locaux de l\u2019Administration luxembourgeoise des contributions directes 3 . Une quatri\u00e8me ordonnance a \u00e9t\u00e9 prise le m\u00eame jour aux fins de perquisition au si\u00e8ge d\u2019SOC.2.) S\u00e0rl et de saisie d\u2019avoirs \u00e0 hauteur d\u2019un montant de 3.121.820.000 CHF et d\u2019un montant de 814.586.000 CHF.<\/p>\n<p>Le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019\u00c9tat, en se fondant sur la Convention europ\u00e9enne d\u2019entraide judiciaire en mati\u00e8re p\u00e9nale du 20 avril 1959 et son Protocole additionnel du 17 mars 1978, avait d\u00e9cid\u00e9 le 1 er d\u00e9cembre 2016 que rien ne s\u2019opposait \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de la demande d\u2019entraide judiciaire au regard des dispositions de l\u2019article 3 de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000 sur l\u2019entraide judiciaire internationale en mati\u00e8re p\u00e9nale.<\/p>\n<p>Dans leur m\u00e9moire, les parties requ\u00e9rantes concluent \u00e0 l\u2019annulation des ordonnances prises par le juge d\u2019instruction ainsi que de tous les actes subs\u00e9quents sur base de l\u2019article 9 de loi du 8 ao\u00fbt 2000 pr\u00e9cit\u00e9e, sinon \u00e0 l\u2019annulation des seuls proc\u00e8s-verbaux de perquisition et de saisie. Elles invoquent le contr\u00f4le d\u2019office dont dispose la chambre du conseil en vertu de la loi pour statuer sur la r\u00e9gularit\u00e9 de la d\u00e9cision du Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019\u00c9tat du 1 er d\u00e9cembre 2016, d\u00e9cision qui serait selon elles \u00e9galement \u00e0 annuler par la chambre du conseil. E lles demandent, en cons\u00e9quence, de ne pas ordonner la transmission des objets et documents saisis aux autorit\u00e9s requ\u00e9rantes, mais la restitution des documents saisis et la destruction des copies des donn\u00e9es saisies et sauvegard\u00e9es sur support informatique.<\/p>\n<p>La chambre du conseil \u00e9tant valablement saisie par un r\u00e9quisitoire du procureur d\u2019\u00c9tat en contr\u00f4le de la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure et en transmission des objets et documents saisis conform\u00e9ment aux prescriptions de l\u2019article 9(3) de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000, elle est habilit\u00e9e \u00e0 examiner les conclusions d\u00e9velopp\u00e9es par les parties requ\u00e9rantes dans leurs m\u00e9moires.<\/p>\n<p>2. Recevabilit\u00e9 des m\u00e9moires d\u00e9pos\u00e9s et des observations formul\u00e9es par les parties requ\u00e9rantes<\/p>\n<p>2.1. Recevabilit\u00e9 formelle du m\u00e9moire d\u00e9pos\u00e9 le 14 f\u00e9vrier 2017 au titre de l\u2019article 9 (4) alin\u00e9a 1 de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000<\/p>\n<p>Au vu des dispositions de l\u2019article 9 (4) alin\u00e9a 3 de ladite loi du 8 ao\u00fbt 2000, force est de constater que le m\u00e9moire additionnel du 14 f\u00e9vrier 2017, sign\u00e9 par un avocat \u00e0 la Cour, sans contenir d\u2019\u00e9lection de domicile en l\u2019\u00e9tude de celui-ci, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 en- dehors du d\u00e9lai de forclusion de 10 jours y pr\u00e9vu, qui a commenc\u00e9 \u00e0 courir \u00e0 partir du 8 d\u00e9cembre 2016, jour de la notification des ordonnances de perquisition et de saisie, de sorte qu\u2019il est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable.<\/p>\n<p>2.2. Recevabilit\u00e9 formelle du m\u00e9moire d\u00e9pos\u00e9 le 19 d\u00e9cembre 2016 au titre de l\u2019article 9 (4) alin\u00e9a 1 de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000<\/p>\n<p>Le m\u00e9moire d\u00e9pos\u00e9 en date du 19 d\u00e9cembre 2016 au greffe de la chambre du conseil par les parties requ\u00e9rantes , sign\u00e9 par un avocat \u00e0 la Cour et contenant une \u00e9lection de domicile en l\u2019\u00e9tude de celui-ci, vise trois ordonnances du juge d\u2019instruction prises le 6 d\u00e9cembre 2016 qui ont \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9es et ex\u00e9cut\u00e9es en date du 8 d\u00e9cembre 2016, sinon les proc\u00e8s-verbaux de police de perquisition et de saisie dat\u00e9s du m\u00eame jour.<\/p>\n<p>1 534\/16\/CRIL\/SOC.2.)(1) 2 534\/16\/CRIL\/SOC.3.)(2) 3 534\/16\/CRIL\/ACD(3) 4 534\/16\/CRIL SOC.2.)(4)<\/p>\n<p>3 Ce m\u00e9moire, qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 end\u00e9ans le d\u00e9lai de forclusion de dix jours pr\u00e9vu par l\u2019article 9 (4) alin\u00e9a 3 de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000, est \u00e0 d\u00e9clarer recevable quant \u00e0 la forme et quant au d\u00e9lai.<\/p>\n<p>2.3. Qualit\u00e9 \u00e0 agir au titre de l\u2019article 9 (4) alin\u00e9a 1 de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000<\/p>\n<p>Suivant l\u2019article 9 (4) alin\u00e9a 1 de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000, la personne vis\u00e9e par l\u2019enqu\u00eate ainsi que tout tiers concern\u00e9 justifiant d\u2019un int\u00e9r\u00eat l\u00e9gitime personnel peut d\u00e9poser un m\u00e9moire contenant des observations sur la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte du dossier soumis \u00e0 la chambre du conseil que la partie requ\u00e9rante sub 1) est vis\u00e9e par l\u2019enqu\u00eate men\u00e9e par les autorit\u00e9s suisses, tandis que la partie requ\u00e9rante sub 2) est nomm\u00e9ment vis\u00e9e par les ordonnances de perquisition et de saisie, de sorte qu\u2019elles ont toutes les deux qualit\u00e9 \u00e0 agir, la chambre du conseil \u00e9tant ainsi amen\u00e9e \u00e0 examiner les observations et demandes formul\u00e9es dans leur m\u00e9moire.<\/p>\n<p>2.4. La demande formul\u00e9e \u00ab avant tout progr\u00e8s en cause \u00bb Dans leur m\u00e9moire, les parties requ\u00e9rantes demandent \u00e0 la chambre du conseil , \u00ab avant tout progr\u00e8s en cause \u00bb, de \u00ab communiquer la commission rogatoire et [de] donner d\u00e9lai pour rouvrir les d\u00e9bats suite \u00e0 cette communication \u00bb.<\/p>\n<p>La loi du 8 ao\u00fbt 2000 modifi\u00e9e par la loi du 27 octobre 2010 sur l\u2019entraide judiciaire internationale en mati\u00e8re p\u00e9nale ne conf\u00e8re pas \u00e0 la chambre du conseil le droit de communiquer la commission rogatoire, ni de \u00ab rouvrir les d\u00e9bats \u00bb suite \u00e0 une telle communication.<\/p>\n<p>Dans le but de concilier au mieux la sauvegarde des droits de la d\u00e9fense et l\u2019obligation de confidentialit\u00e9 d\u2019une demande d\u2019entraide et de ses actes d\u2019ex\u00e9cution, la loi modificative du 27 octobre 2010 relative \u00e0 l\u2019entraide judiciaire internationale en mati\u00e8re p\u00e9nale a r\u00e9form\u00e9 le syst\u00e8me des voies de recours en mati\u00e8re d\u2019entraide p\u00e9nale en instaurant en guise de garantie le contr\u00f4le d\u2019office de la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure par la chambre du conseil, qui, dans ce cadre, veille sur la protection des droits des parties en cause, mais n\u2019est pas habilit\u00e9e, ni par l\u2019Etat requ\u00e9rant, ni par les textes, \u00e0 communiquer la demande d\u2019entraide aux personnes touch\u00e9es par ses actes d\u2019ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des d\u00e9veloppements ci-avant que la demande en communication de la commission rogatoire internationale et de \u00ab donner d\u00e9lai pour rouvrir les d\u00e9bats suite \u00e0 cette communication \u00bb est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable.<\/p>\n<p>3. Quant \u00e0 la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure<\/p>\n<p>Valablement saisie par un r\u00e9quisitoire du procureur d&#039;\u00c9tat, la chambre du conseil statue, aux termes de l\u2019article 10 de l a loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000, \u00ab par une m\u00eame ordonnance sur la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure, la transmission \u00e0 l\u2019\u00c9tat requ\u00e9rant des objets, documents ou informations ainsi que sur les observations et demandes en restitution formul\u00e9es dans les m\u00e9moires pr\u00e9sent\u00e9s sur la base de l\u2019article 9. Elle ordonne la restitution des objets, documents, fonds et biens de toute nature qui ne se rattachent pas directement aux faits \u00e0 la base de la demande \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019article 9 (1) de la loi susvis\u00e9e dispose que \u00ab la chambre du conseil examine d\u2019office la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure. Si elle constate une cause de nullit\u00e9, elle prononce la nullit\u00e9 de l\u2019acte et des actes ult\u00e9rieurs qui sont la suite de l\u2019acte nul \u00bb.<\/p>\n<p>4 La chambre du conseil effectue son contr\u00f4le d\u2019office de la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure \u00e0 travers le prisme non seulement de ses lois nationales et de la Constitution, mais encore des droits fondamentaux des personnes consign\u00e9es dans les instruments internationaux auxquels le Luxembourg a adh\u00e9r\u00e9, tel que notamment la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme (ci- apr\u00e8s, \u00ab CEDH \u00bb).<\/p>\n<p>Elle examine de son propre chef la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure entam\u00e9e par les autorit\u00e9s requises dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution de la demande d\u2019entraide internationale en cause et analyse dans le cadre de ce contr\u00f4le les observations formul\u00e9es par les parties requ\u00e9rantes dans leur m\u00e9moire.<\/p>\n<p>3.1. Le contr\u00f4le de la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure<\/p>\n<p>3.1.1. La convention applicable La demande d\u2019entraide \u00e0 examiner \u00e9mane de la Suisse dans le cadre d\u2019une enqu\u00eate y men\u00e9e du chef de faits susceptibles d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9s en droit luxembourgeois d\u2019escroquerie fiscale en mati\u00e8re d\u2019imp\u00f4ts directs.<\/p>\n<p>Si le Luxembourg est li\u00e9 \u00e0 la Suisse par la Convention europ\u00e9enne d\u2019entraide en mati\u00e8re p\u00e9nale du 20 avril 1959, aucun de ces deux pays ne s\u2019est cependant engag\u00e9 \u00e0 accorder l\u2019entraide judiciaire en mati\u00e8re de faits susceptibles d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9s d\u2019infractions de nature fiscale dans ce cadre, de sorte que ce trait\u00e9 ne trouve pas application dans la pr\u00e9sente commission rogatoire internationale.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019en signant et en ratifiant le Protocole additionnel \u00e0 cette convention ouverte \u00e0 la signature \u00e0 Strasbourg le 17 mars 1978 5 , que le Luxembourg s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 accorder une entraide judiciaire p\u00e9nale en mati\u00e8re fiscale, en cantonnant l\u2019entraide, par le biais d\u2019une r\u00e9serve, aux seuls faits qualifi\u00e9s d\u2019escroquerie fiscale au sens du paragraphe 396 alin\u00e9a 5 de la loi g\u00e9n\u00e9rale des imp\u00f4ts ou encore de l\u2019article 29, alin\u00e9a 1 er de la loi du 28 janvier 1948 tendant \u00e0 assurer la juste et exacte perception des droits d\u2019enregistrement et de succession.<\/p>\n<p>La Suisse a sign\u00e9 ce m\u00eame protocole, mais ne l\u2019a pas ratifi\u00e9 \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>Ledit Protocole additionnel du 17 mars 1978 ne s\u2019appliquant pas non plus en l\u2019esp\u00e8ce, il y a lieu d\u2019analyser l\u2019applicabilit\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sente demande d\u2019entraide de la Convention d\u2019Application de l\u2019Accord de Schengen (ci-apr\u00e8s: \u00ab CAAS \u00bb), sign\u00e9e le 19 juin 1990 et ratifi\u00e9e tant par le Luxembourg que par la Suisse.<\/p>\n<p>La CAAS a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e et ratifi\u00e9e par le Luxembourg, o\u00f9 elle est en vigueur depuis le 27 juillet 1992, la Suisse y ayant adh\u00e9r\u00e9 par le biais de l\u2019Accord d\u2019association de la Suisse \u00e0 Schengen du 26 octobre 2004, qui est entr\u00e9 en vigueur le 1 er mars 2008.<\/p>\n<p>Depuis l\u2019entr\u00e9e en vigueur du Protocole \u00e0 la C onvention relative \u00e0 l\u2019entraide judiciaire en mati\u00e8re p\u00e9nale entre les Etats membres de l\u2019Union europ\u00e9enne dat\u00e9 du 16 octobre 2001, l\u2019entraide p\u00e9nale est accord\u00e9e entre les Etats parties \u00e0 l\u2019acquis de Schengen non seulement pour des infractions en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 indirecte, mais \u00e9galement en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 directe.<\/p>\n<p>Si \u00e0 l\u2019issue des n\u00e9gociations ayant men\u00e9 \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion de la Suisse \u00e0 la CAAS, celle- ci accorde certes l\u2019entraide p\u00e9nale en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 indirecte, les autorit\u00e9s suisses ont<\/p>\n<p>5 Entr\u00e9 en vigueur le 31 d\u00e9cembre 2000 au Luxembourg<\/p>\n<p>5 cependant \u00e9mis une r\u00e9serve concernant l\u2019entraide en mati\u00e8re d\u2019infractions li\u00e9es \u00e0 la fiscalit\u00e9 directe pour ce qui est des mesures de perquisition et de saisie.<\/p>\n<p>Il se d\u00e9gage de l\u2019analyse de tous les instruments internationaux susmentionn\u00e9s que la Suisse n\u2019est pas oblig\u00e9e d\u2019accorder l\u2019entraide au Luxembourg en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 directe pour faire ex\u00e9cuter des mesures de perquisition et de saisie.<\/p>\n<p>Se pose d\u00e8s lors la question de savoir si l\u2019absence de garantie de r\u00e9ciprocit\u00e9 de la part des autorit\u00e9s suisses selon les textes en vigueur au moment de la r\u00e9ception de la demande d\u2019entraide entra\u00eene l\u2019application de l\u2019article 3 alin\u00e9a 2 de ladite loi du 8 ao\u00fbt 2000, qui dispose que, \u00ab sous r\u00e9serve des dispositions pr\u00e9vues par des conventions, toute demande d\u2019entraide est refus\u00e9e si elle a exclusivement trait \u00e0 des infractions en mati\u00e8re de taxes et d\u2019imp\u00f4ts.\u00bb<\/p>\n<p>Au vu de la r\u00e9serve de l\u2019Etat suisse en mati\u00e8re d\u2019infractions relevant de la fiscalit\u00e9 directe et au vu de la facult\u00e9 de l\u2019Etat luxembourgeois d\u2019appliquer de son c\u00f4t\u00e9 le principe de droit international de la r\u00e9ciprocit\u00e9, aucune convention internationale n\u2019oblige actuellement le Luxembourg d\u2019accorder l\u2019entraide impliquant des mesures de perquisition et de saisie \u00e0 la Suisse pour des faits tels que ceux pour lesquels la demande d\u2019entraide portant les r\u00e9f\u00e9rences 534\/16 CRIL a \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e aux autorit\u00e9s luxembourgeoises et \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de laquelle le Procureur g\u00e9n\u00e9ral a donn\u00e9 son avis favorable en application du m\u00eame article 3.<\/p>\n<p>Dans le courrier qu\u2019il a adress\u00e9 en date du 21 novembre 2016 \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 suisse, le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat fait express\u00e9ment r\u00e9f\u00e9rence au Protocole additionnel du 17 mars 1978 \u2013 que la Suisse n\u2019a pas ratif i\u00e9, ce que l\u2019\u00ab Eidgen\u00f6ssische Steuerverwaltung \u00bb (ESTV) s\u2019est empress\u00e9e de pr\u00e9ciser dans son courrier en r\u00e9ponse dat\u00e9 du 23 novembre 2016.<\/p>\n<p>Dans son courrier adress\u00e9 le 23 novembre 2016 au Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, ladite ESTV pr\u00e9cise qu\u2019il est de pratique courante pour la Suisse d\u2019accorder de son c\u00f4t\u00e9 l\u2019entraide judiciaire en cas d\u2019escroquerie fiscale.<\/p>\n<p>Il n\u2019en demeure pas moins que ni cette pr\u00e9cision, ni les principes g\u00e9n\u00e9raux du droit international que sont la bonne foi entre Etats et la r\u00e9ciprocit\u00e9 ne dissipent enti\u00e8rement les points d\u2019interrogation que soul\u00e8vent le contenu des d\u00e9clarations de la Suisse en relation avec l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 la CAAS ainsi que le fait que les autorit\u00e9s suisses ne peuvent au bout du compte envoyer une demande d\u2019entraide judiciaire \u00e0 l\u2019\u00e9tranger qu\u2019\u00e0 condition qu\u2019elles puissent \u00ab donner suite \u00e0 une demande identique de l\u2019Etat requis, en vertu du droit interne \u00bb.<\/p>\n<p>Au vu de l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, le fait que dans son avis du 1 er<\/p>\n<p>d\u00e9cembre 2016, le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la Convention europ\u00e9enne d\u2019entraide judiciaire en mati\u00e8re p\u00e9nale du 20 avril 1959 et \u00e0 son Protocole additionnel du 17 mars 1978 &#8212; partant \u00e0 des c onventions internationales qui ne lient pas le Luxembourg et la Suisse en la mati\u00e8re &#8212; soul\u00e8ve la question de savoir si l\u2019avis favorable en question n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rendu sur des pr\u00e9misses erron\u00e9es . L\u2019analyse du bien- fond\u00e9 de ladite d\u00e9cision du Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, qui rentre dans le champ du contr\u00f4le effectu\u00e9 d\u2019office par la chambre du conseil, se heurte cependant au libell\u00e9 impr\u00e9cis de l\u2019article 3 de la loi du 8 ao\u00fbt 2000, qui laisse subsister une marge d\u2019interpr\u00e9tation quant au caract\u00e8re contraignant ou non des \u00ab dispositions p r\u00e9vues par des conventions \u00bb qui font exception \u00e0 l\u2019obligation de refus d\u2019entraide en mati\u00e8re d\u2019imp\u00f4ts.<\/p>\n<p>6 Voir Acte final de l\u2019Accord entre la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse, l\u2019Union europ\u00e9enne et la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne sur l\u2019association de la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse \u00e0 la mise en \u0153uvre, \u00e0 l\u2019application et au d\u00e9veloppement de l\u2019acquis de Schengen. 7 F. Lugentz, J. Rayroud, M. Turk, \u00ab L\u2019entraide p\u00e9nale internationale en Suisse, en Belgique et au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg \u00bb, p. 563, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019article 30 de la Loi f\u00e9d\u00e9rale suisse sur l\u2019entraide internationale en mati\u00e8re p\u00e9nale ;<\/p>\n<p>6 En l\u2019esp\u00e8ce, le bien- fond\u00e9 de la d\u00e9cision du Procureu r g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat ne saurait partant \u00eatre critiqu\u00e9, du moment o\u00f9 un trait\u00e9, \u00e0 savoir la CAAS, permet aux autorit\u00e9s luxembourgeoises d\u2019accorder l\u2019entraide \u00e0 la Suisse pour faire ex\u00e9cuter des mesures de perquisition et de saisie en mati\u00e8re d\u2019imp\u00f4ts directs.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 il n\u2019est pas exclu que le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat ait entendu accorder l\u2019entraide, ind\u00e9pendamment de l\u2019absence de r\u00e9ciprocit\u00e9 garantie de la part de la Suisse qui d\u00e9coule des textes et qu\u2019il n\u2019appartient pas \u00e0 la chambre du conseil, dans le cadre du contr\u00f4le de la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure, de se prononcer sur l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019accorder ou non l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une demande d\u2019entraide, il n\u2019y a pas lieu d\u2019annuler la d\u00e9cision du Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat du 1 er d\u00e9cembre 2016.<\/p>\n<p>Pour les m\u00eames motifs ayant trait \u00e0 la comp\u00e9tence exclusive du Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat en ce qui concerne l\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019opportunit\u00e9 d\u2019accorder l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une demande d\u2019entraide, ind\u00e9pendamment de l\u2019origine des informations dont dispose l\u2019Etat requ\u00e9rant, le moyen en nullit\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 par les parties requ\u00e9rantes dans leur m\u00e9moire \u00e0 l\u2019encontre de la d\u00e9cision du Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat du 1 er d\u00e9cembre 2016, pour avoir accord\u00e9 l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une demande d\u2019entraide qui se fonderait, selon eux, sur des informations couvertes par le secret professionnel soustraites et \u00ab ill\u00e9galement divulgu\u00e9es \u00bb par l\u2019affaire dite \u00ab X.) \u00bb, ne saurait \u00eatre accueilli.<\/p>\n<p>3.1.2. La condition de double incrimination<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019entraide peut \u00eatre accord\u00e9e sur le seul fondement de la CAAS, qui d\u00e9finit le cadre du contr\u00f4le d\u2019office de la chambre du conseil en son article 51, en vertu duquel :<\/p>\n<p>\u00ab les Parties Contractantes ne subordonnent pas la recevabilit\u00e9 de commissions rogatoires aux fins de perquisition et de saisie \u00e0 des conditions autres que celles ci-apr\u00e8s:<\/p>\n<p>a) le fait qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 la commission rogatoire est punissable selon le droit des deux Parties Contractantes d&#039;une peine privative de libert\u00e9 ou d&#039;une mesure de s\u00fbret\u00e9 restreignant la libert\u00e9 d&#039;un maximum d&#039;au moins six mois, ou punissable selon le droit d&#039;une des deux Parties Contractantes d&#039;une sanction \u00e9quivalente et selon le droit de l&#039;autre Partie Contractante au titre d&#039;infraction aux r\u00e8glements poursuivie par des autorit\u00e9s administratives dont la d\u00e9cision peut donner lieu \u00e0 un recours devant une juridiction comp\u00e9tente notamment en mati\u00e8re p\u00e9nale;<\/p>\n<p>b) l&#039;ex\u00e9cution de la commission rogatoire est compatible avec le droit de la Partie Contractante requise \u00bb.<\/p>\n<p>Il convient partant d\u2019analyser successivement si ces deux conditions \u2013 au sujet desquelles l\u2019article 51 susvis\u00e9 pr\u00e9cise lui-m\u00eame qu\u2019elles sont limitatives \u2013 ont \u00e9t\u00e9 respect\u00e9es, en y int\u00e9grant l\u2019examen des observations qui ont \u00e9t\u00e9 formul\u00e9es par les parties requ\u00e9rantes dans leur m\u00e9moire.<\/p>\n<p>Dans leur m\u00e9moire, les requ\u00e9rants exposent la chronologie du traitement fiscal et des diff\u00e9rents accords intervenus tant avec les autorit\u00e9s fiscales s uisses qu\u2019avec l\u2019Administration des contributions directes l uxembourgeoise dans le cadre du transfert de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle du groupe GR.1.) vers l\u2019Irlande.<\/p>\n<p>Ils concluent d\u2019embl\u00e9e \u00e0 l\u2019annulation des ordonnances de perquisition et de saisie effectu\u00e9es pour absence de double incrimination.<\/p>\n<p>Pour examiner le bien- fond\u00e9 des observations des parties requ\u00e9rantes tendant \u00e0 voir annuler l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des ordonnances de perquisition et de saisie prises par le juge d\u2019instruction pour absence de double incrimination, il y a lieu de v\u00e9rifier, sur base de l\u2019expos\u00e9 des faits fourni<\/p>\n<p>7 aux autorit\u00e9s luxembourgeoises par les autorit\u00e9s suisses, si la condition de l&#039;article 51 a) de la CAAS est remplie par rapport aux faits vis\u00e9s dans la commission rogatoire internationale. Il n\u2019incombe pas \u00e0 l\u2019Etat requis d\u2019analyser la l\u00e9gislation de l\u2019Etat requ\u00e9rant en examinant les conditions de fond des infractions libell\u00e9es dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale dans l\u2019E tat requ\u00e9rant telles que d\u00e9finies par la loi de cet Etat, mais uniquement d\u2019appr\u00e9cier, au vu du seul expos\u00e9 des faits contenu dans la demande d\u2019entraide judiciaire internationale, si les conditions de la double incrimination et de la double pu nissabilit\u00e9 sont remplies.<\/p>\n<p>Afin que des faits p\u00e9naux poursuivis en Suiss e soient susceptibles d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9s en droit luxembourgeois d\u2019escroquerie fiscale et que partant la condition de la double incrimination pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 51 de la CAAS soit remplie, il faut qu\u2019ils r\u00e9unissent les \u00e9l\u00e9ments constitutifs pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019alin\u00e9a 5 du paragraphe 396 de la loi g\u00e9n\u00e9rale des imp\u00f4ts introduisant dans le droit fiscal luxembourgeois l\u2019infraction d\u2019escroquerie fiscale en les termes suivants: \u00ab si la fraude porte sur un montant significatif d\u2019imp\u00f4t, soit en montant absolu, soit en rapport avec l\u2019imp\u00f4t annuel d\u00fb et a \u00e9t\u00e9 commise par l\u2019emploi syst\u00e9matique de man\u0153uvres frauduleuses tendant \u00e0 dissimuler des faits pertinents \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 ou \u00e0 la persuader des faits inexacts, elle sera punie comme escroquerie fiscale d\u2019un emprisonnement d\u2019un mois \u00e0 cinq ans et d\u2019une amende de 1.240.- euros (cinquante mille francs) \u00e0 un montant repr\u00e9sentant le d\u00e9cuple des imp\u00f4ts \u00e9lud\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019escroquerie en mati\u00e8re fiscale suppose donc les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de la fraude qui porte sur un montant significatif, soit en montant absolu, soit en rapport avec l\u2019imp\u00f4t annuel, commise par l\u2019emploi syst\u00e9matique de man\u0153uvres frauduleuses qui a pour objectif de dissimuler des faits pertinents \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 ou \u00e0 la persuader de faits inexacts (voir Ch.c.C. n\u00b0137\/99 du 11 juin 1999 ; Ch.c. n\u00b039\/04 du 19 janvier 2004).<\/p>\n<p>L\u2019escroquerie fiscale pr\u00e9vue au paragraphe 5 de l\u2019article 396 de la l oi g\u00e9n\u00e9rale des imp\u00f4ts renvoyant express\u00e9ment \u00e0 la notion de fraude employ\u00e9e au paragraphe 1 er (\u00ab Si la fraude porte sur un montant significatif \u00bb) ne constitue donc pas une infraction nouvelle, mais une forme aggrav\u00e9e de l\u2019infraction de fraude fiscale.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re suppl\u00e9mentaire de gravit\u00e9 que repr\u00e9sente l&#039;escroquerie fiscale par rapport \u00e0 la fraude fiscale au sens strict du terme tient \u00e0 l&#039;astuce qui doit accompagner la tromperie, les man\u0153uvres frauduleuses \u00e9tant \u00e0 consid\u00e9rer entre autres comme celles tendant \u00e0 dissimuler des faits pertinents \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 fiscale ou \u00e0 la persuader de faits inexacts.<\/p>\n<p>Selon les requ\u00e9rants, les faits reproch\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC.1.) GmbH rel\u00e8vent d\u2019une \u00ab planification fiscale parfaitement l\u00e9gale, mise en \u0153uvre avec l\u2019accord des autorit\u00e9s fiscales suisses, en particulier des autorit\u00e9s locales du canton de (\u2026) (\u2026) mais aussi des autorit\u00e9s luxembourgeoises sur le traitement fiscal de la transaction\u00bb.<\/p>\n<p>Les parties requ\u00e9rantes rel\u00e8vent l\u2019absence de toute intention frauduleuse de leur part, de toute dissimulation, man\u0153uvre frauduleuse ou encore du caract\u00e8re \u00ab syst\u00e9matique \u00bb de telles man\u0153uvres dans le cadre d\u2019 un transfert unique de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle du groupe GR.1.) vers l\u2019Irlande sur une seule ann\u00e9e fiscale, de sorte que le s \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019escroquerie fiscale feraient d\u00e9faut en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Face \u00e0 ces contestations, la chambre du conseil se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la demande d\u2019entraide suisse du 8 novembre 2016 et aux courriers de l\u2019ESTV des 23 et 29 novembre 2016 adress\u00e9s au Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, desquels il ress ort qu\u2019en 2010, dans le cadre du transfert des droits intellectuels du groupe GR.1.) vers l\u2019Irlande, la soci\u00e9t\u00e9 de droit suisse SOC.1.) GmbH aurait fait \u00e9tat aupr\u00e8s des autorit\u00e9s fiscales suisses d\u2019informations et de valeurs qui ne correspondaient pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, afin de pouvoir b\u00e9n\u00e9ficier du m\u00eame syst\u00e8me d\u2019\u00e9valuation des droits intellectuels que celui qui avait \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9 par la m\u00eame autorit\u00e9 fiscale en 2001 dans le cadre d\u2019une d\u00e9cision anticip\u00e9e en mati\u00e8re d\u2019imp\u00f4ts directs concernant la m\u00eame soci\u00e9t\u00e9 contribuable, de sorte qu\u2019elle n\u2019aurait pay\u00e9 aucun imp\u00f4t en Suisse du chef de la transaction effectu\u00e9e en 2010. Ladite soci\u00e9t\u00e9 aurait omis de pr\u00e9ciser aux autorit\u00e9s suis ses<\/p>\n<p>8 lors des pourparlers du traitement fiscal de ce transfert des droits intellectuels que ceux-ci ne seraient pas directement transf\u00e9r\u00e9s en Irlande, mais \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de droit luxembourgeois SOC.2.) S\u00e0rl, avant d\u2019\u00eatre c\u00e9d\u00e9s &#8212; \u00e0 une valeur d\u00e9clar\u00e9e bien sup\u00e9rieure \u00e0 celle annonc\u00e9e aux autorit\u00e9s suisses &#8212; \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 de droit irlandais. En parall\u00e8le aux entretiens avec les autorit\u00e9s fiscales suisses, SOC.2.) S\u00e0rl aurait engag\u00e9 des pourparlers avec l\u2019Administration des contributions directes luxembourgeoise en ce qui concerne le traitement fiscal du transfert de ces m\u00eames droits intellectuels vers l\u2019Irlande, en indiquant une valeur marchande de USD 7 milliards, alors que la valeur d\u00e9clar\u00e9e aux autorit\u00e9s suisses quasiment au m\u00eame moment comportait USD 1,2 milliard.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 les autorit\u00e9s suisses estiment le montant des imp\u00f4ts ainsi \u00e9lud\u00e9s \u00e0 quelque CHF 3,9 milliards, la condition ayant trait au montant \u00ab significatif \u00bb fraud\u00e9 est remplie.<\/p>\n<p>Au vu de la multiplicit\u00e9 des d\u00e9marches coordonn\u00e9es du groupe GR.1.) consistant en des entrevues avec les autorit\u00e9s fiscales suisses, au cours desquelles SOC.1.) GmbH a fourni des informations incompl\u00e8tes et des donn\u00e9es susceptibles d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9es de trompeuses, dans le but de les amener \u00e0 appliquer un syst\u00e8me d\u2019\u00e9valuation des droits intellectuels qui a eu pour cons\u00e9quence qu\u2019aucun imp\u00f4t n\u2019\u00e9tait d\u00fb dans le cadre du transfert des droits intellectuels vers l\u2019Irlande, et en la conclusion quasiment concomitante d\u2019un accord avec l\u2019Administration des contributions directes luxembourgeoise visant le traitement fiscal du transfert des m\u00eames droits intellectuels transmis \u00e0 SOC.2.) S\u00e0rl vers l\u2019Irlande sur base d\u2019une valeur d\u00e9clar\u00e9e nettement plus \u00e9lev\u00e9e, l\u2019op\u00e9ration effective du transfert des droits intellectuels vers l\u2019Irlande ne correspondant pas aux apparences pr\u00e9sent\u00e9es aux autorit\u00e9s suisses, la chambre du conseil d\u00e9duit que tant l\u2019\u00e9l\u00e9ment intentionnel que l\u2019\u00e9l\u00e9ment constitutif de l\u2019emploi syst\u00e9matique de man\u0153uvres frauduleuses son t donn\u00e9s en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>L\u2019expos\u00e9 des faits pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019autorit\u00e9 suisse dans sa demande d\u2019entraide judiciaire internationale permet partant de les qualifier tant en droit suisse qu\u2019en droit luxembourgeois d\u2019escroquerie en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 directe, faits qui sont punissables, selon le droit des deux parties contractantes, d&#039;une peine privative de libert\u00e9 d&#039;un maximum d&#039;au moins six mois, de sorte que les conditions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 51 a) de la Convention d\u2019Application de l\u2019Accord de Schengen sont remplies .<\/p>\n<p>Le moyen tir\u00e9 de l\u2019absence de double incrimination est d\u00e8s lors \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, la condition de double incrimination pour des faits qualifi\u00e9s d\u2019escroquerie fiscale \u00e9tant donn\u00e9e, il y a \u00e9galement lieu de rejeter le moyen soulev\u00e9 par les parties requ\u00e9rantes tir\u00e9 d\u2019un d\u00e9tournement de la proc\u00e9dure d\u2019entraide p\u00e9nale aux fins de perquisition et de saisie \u00ab \u00e0 des fins purement administratives, \u00e0 savoir le recouvrement d\u2019un imp\u00f4t, (\u2026) dans le but d\u2019obtenir une quantit\u00e9 tr\u00e8s importante de documents qu\u2019elle aurait difficilement pu avoir par le biais de l\u2019entraide administrative.\u00bb<\/p>\n<p>3.1.3. La condition de la compatibilit\u00e9 avec le droit luxembourgeois<\/p>\n<p>3.1.3.1. Les moyens tir\u00e9s de la violation des articles 6 et 8 de la Convention europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme<\/p>\n<p>Les parties requ\u00e9rantes critiquent la disproportion de l\u2019intrusion dans les locaux d\u2019SOC.2.) S\u00e0rl et de SOC.3.) en relation avec \u00ab l\u2019int\u00e9r\u00eat de la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9 \u00bb, ainsi que la disproportion manifeste des ordonnances de perquisition et de saisie, en ce qu\u2019elles seraient r\u00e9dig\u00e9es en des termes trop larges, laissant ainsi des pouvoirs trop \u00e9tendus aux enqu\u00eateurs.<\/p>\n<p>Pour l\u2019ensemble de ces motifs, les ordonnance s de perquisition et de saisie, ainsi que les actes qui s\u2019en sont suivis, seraient, selon elles, \u00e0 annuler.<\/p>\n<p>9 Les conditions de recevabilit\u00e9 d\u2019une demande d\u2019entraide \u00e9tant \u00e9num\u00e9r\u00e9es de fa\u00e7on limitative \u00e0 l\u2019article 51 de la CAAS, un contr\u00f4le de la proportionnalit\u00e9 des actes d\u2019instruction requis par l\u2019autorit\u00e9 judiciaire suisse, tel que pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 4 de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000, n\u2019y est pas prescrit comme pr\u00e9liminaire \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une demande d\u2019entraide judiciaire \u00e9manant d\u2019un Etat ayant adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 la convention pr\u00e9cit\u00e9e.<\/p>\n<p>Ledit article 51 pose toutefois en condition de recevabilit\u00e9 d\u2019une commission rogatoire internationale en mati\u00e8re p\u00e9nale, que son ex\u00e9cution soit compatible avec le droit de la partie requise, de sorte qu\u2019il y a lieu d\u2019examiner l\u2019ex\u00e9cution de la pr\u00e9sente commission rogatoire internationale \u00e0 la lumi\u00e8re du droit positif luxembourgeois en mati\u00e8re de perquisitions et saisies.<\/p>\n<p>Il y a lieu de rappeler en premier lieu qu\u2019en ordonnant les perquisitions avec saisies en ex\u00e9cution de la demande d\u2019entraide suiss e, le juge d\u2019instruction luxembourgeois n\u2019a fait qu\u2019ex\u00e9cuter le mandat lui conf\u00e9r\u00e9 par les autorit\u00e9s de l\u2019\u00c9tat requ\u00e9rant dans le cadre d\u2019une affaire p\u00e9nale instruite en Suiss e, ex\u00e9cution qu\u2019il ne pouvait refuser au vu des dispositions de la CAAS susmentionn\u00e9e.<\/p>\n<p>En d\u00e9cidant de faire proc\u00e9der \u00e0 des perquisitions et des saisies aux fins de rassembler des documents utiles \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9 dans le cadre d\u2019une affaire p\u00e9nale, le magistrat instructeur a ordonn\u00e9 des actes d\u2019instruction pr\u00e9vus par la loi qui rel\u00e8vent de ses attributions.<\/p>\n<p>Il appartient audit juge d\u2019instruction de pr\u00e9ciser dans ses ordonnances de perquisition et de saisie la nature de la mission \u00e0 accomplir et de d\u00e9finir les pi\u00e8ces \u00e0 saisir. En pratique, il donne commission rogatoire \u00e0 l\u2019officier de police judiciaire aux fins de l\u2019ex\u00e9cution de cet acte d\u2019instruction, un tel mandat de perquisition et de saisie ne pouvant contenir une d\u00e9l\u00e9gation g\u00e9n\u00e9rale quant aux pi\u00e8ces \u00e0 saisir.<\/p>\n<p>La perquisition ainsi ordonn\u00e9e par un magistrat instructeur doit avoir pour objet de rechercher et de d\u00e9couvrir les objets n\u00e9cessaires ou utiles \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9 et ne peut d\u00e8s lors \u00eatre ordonn\u00e9e que pour corroborer des preuves ou indices d\u00e9j\u00e0 existants par rapport \u00e0 un d\u00e9lit d\u00e9termin\u00e9 d\u00e9j\u00e0 connu et suppos\u00e9 commis (voir Ch. des mises en accusation de la Cour d\u2019appel, 29 ao\u00fbt 1984, n\u00b0 67\/84) et en aucun cas une perquisition ne peut \u00eatre ordonn\u00e9e en vue de rechercher des d\u00e9lits ou des crimes ou leurs indices (M. Franchimont, Manuel de proc\u00e9dure p\u00e9nale, 4e \u00e9d. 2012, p. 516).<\/p>\n<p>Il est vrai que la saisie des donn\u00e9es obtenues par l\u2019ex\u00e9cution des perquisitions op\u00e9r\u00e9es dans les locaux d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 porte atteinte aux droits prot\u00e9g\u00e9s par l\u2019article 8 de la CEDH, tel qu\u2019invoqu\u00e9 par les parties requ\u00e9rantes et la saisie des donn\u00e9es ainsi recueillies s\u2019analyse en une ing\u00e9rence dans le droit au respect de la vie priv\u00e9e, sauf si cette ing\u00e9rence est pr\u00e9vue par la loi, si elle poursuit un ou des buts l\u00e9gitimes au regard du paragraphe 2 et, de plus, est n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique pour les atteindre.<\/p>\n<p>S\u2019agissant de cette derni\u00e8re condition, la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme<\/p>\n<p>rappelle que la notion de n\u00e9cessit\u00e9 implique une ing\u00e9rence fond\u00e9e sur un besoin social imp\u00e9rieux et notamment proportionn\u00e9e au but l\u00e9gitime recherch\u00e9. Si, pour se prononcer sur la \u00abn\u00e9cessit\u00e9\u00bb d\u2019une ing\u00e9rence \u00abdans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique\u00bb, la Cour doit tenir compte de la marge d\u2019appr\u00e9ciation laiss\u00e9e aux \u00c9tats contractants, elle ne se borne toutefois pas \u00e0 se demander si l\u2019\u00c9tat d\u00e9fendeur a us\u00e9 de son pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation de bonne foi, avec soin et de mani\u00e8re sens\u00e9e. Dans l\u2019exercice de son contr\u00f4le, il lui faut consid\u00e9rer les d\u00e9cisions<\/p>\n<p>8 V. Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme, 2 avril 2015 V. et G. c\/ France, \u00a764ss<\/p>\n<p>10 critiqu\u00e9es \u00e0 la lumi\u00e8re de l\u2019ensemble de l\u2019affaire et d\u00e9terminer si les motifs invoqu\u00e9s \u00e0 l\u2019appui des ing\u00e9rences en cause sont \u00abpertinents et suffisants \u00bb.<\/p>\n<p>En l\u2019occurrence, dans ses ordonnances prises le 6 d\u00e9cembre 2016, le juge d\u2019instruction a ordonn\u00e9 des mesures d\u2019investigation destin\u00e9es \u00e0 corroborer des preuves et indices existants qui r\u00e9sultent des \u00e9l\u00e9ments \u00e9nonc\u00e9s dans la demande d\u2019entraide suisse du 8 novembre 2016 et dans les courriers porteurs d\u2019informations additionnelles des 23 et 29 novembre 2016. Les documents et pi\u00e8ces \u00e0 saisir d\u00e9crits dans les ordonnances du magistrat instructeur sont, sans \u00e9quivoque et sans exception, en rapport avec le transfert des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle de la soci\u00e9t\u00e9 suisse SOC.1.) GmbH \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 irlandaise SOC.4.) en transitant par la soci\u00e9t\u00e9 luxembourgeoise SOC.2.) Luxembourg S\u00e0rl en 2010, la recherche informatique, quant \u00e0 elle, \u00e9tant cibl\u00e9e par une s\u00e9rie de mot -cl\u00e9s pr\u00e9cis dont l\u2019intitul\u00e9 et les nombres \u00ab 2010 \u00bb et \u00ab 2011 \u00bb employ\u00e9s corresponden t aux faits et \u00e0 la p\u00e9riode de temps en cause, de sorte que la chambre du conseil retient que le juge d\u2019instruction a pos\u00e9 un cadre clairement d\u00e9limit\u00e9 end\u00e9ans lequel il a confi\u00e9 une mission pr\u00e9cise aux enqu\u00eateurs en charge de l\u2019ex\u00e9cution des op\u00e9rations de perquisition et de saisie.<\/p>\n<p>Les perquisitions ainsi ordonn\u00e9es par le magistrat instructeur avaient pour objectif la recherche de preuves et non la d\u00e9couverte d\u2019infractions et ne sauraient \u00eatre qualifi\u00e9es ni trop larges, ni indiff\u00e9renci\u00e9es. Elles n\u2019apparaissent pas disproportionn\u00e9es au regard des exigences de l\u2019article 8 de la CEDH, de sorte que le moyen tir\u00e9 de la disproportion des ordonnances de perquisition et de saisie est \u00e0 d\u00e9clarer non fond\u00e9.<\/p>\n<p>Les parties requ\u00e9rantes 1. et 2. critiquent encore l\u2019absence de motivation des ordonnances de perquisition du juge d\u2019instruction luxembourgeois prises en ex\u00e9cution de la commission rogatoire internationale en date du 6 d\u00e9cembre 2016, dans la mesure o\u00f9 \u00ab l\u2019absence de communication d\u2019indices concrets justifiant la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre une telle mesure coercitive \u00bb serait contraire aux articles 6 et 8 de la CEDH.<\/p>\n<p>Contrairement aux jugements de condamnation, qui, en application de l\u2019article 195 du Code d\u2019instruction criminelle et du principe \u00e9nonc\u00e9 \u00e0 l\u2019article 89 de la Constitution, doivent contenir une motivation, les ordonnances de perquisition et de saisies prises par le magistrat instructeur ne sont pas soumises \u00e0 un formalisme, dans la mesure o\u00f9 ils constituent des actes d\u2019instruction et non pas juridictionnels. En effet, une ordonnance de perquisition et de saisie n\u2019est pas une d\u00e9cision juridictionnelle et aucune disposition l\u00e9gale n\u2019exige du juge d&#039;instruction d\u2019exposer les faits de la cause ou de motiver sp\u00e9cialement sa d\u00e9cision de proc\u00e9der \u00e0 cette mesure d\u2019instruction, exigence qui reviendrait en l\u2019esp\u00e8ce \u00e0 d\u00e9voiler le contenu de la commission rogatoire internationale, r\u00e9v\u00e9lation pourtant non pr\u00e9vue ni par les textes nationaux ni autoris\u00e9e par l\u2019Etat requ\u00e9rant 10 .<\/p>\n<p>Ind\u00e9pendamment de l\u2019\u00e9tendue des informations fournies aux personnes vis\u00e9es par l\u2019enqu\u00eate dans les mesures d\u2019ex\u00e9cution, la proc\u00e9dure p\u00e9nale de l\u2019Etat requis pr\u00e9voit des garanties visant \u00e0 pr\u00e9venir toutes formes d\u2019abus et \u00e0 prot\u00e9ger les droits fondamentaux des citoyens, dont le contr\u00f4le d\u2019office exerc\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 9 de la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000 par la chambre du conseil, qui lui donne comp\u00e9tence pour annuler des actes irr\u00e9guliers et proc\u00e9der \u00e0 la restitution de pi\u00e8ces \u00e9trang\u00e8res \u00e0 l\u2019objet de l\u2019enqu\u00eate p\u00e9nale men\u00e9e dans l\u2019Etat requ\u00e9rant.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 le fait pour les parties requ\u00e9rantes de ne pas se voir communiquer de renseignements de la part de l\u2019Etat requis \u00e0 ce stade de la proc\u00e9dure est justifi\u00e9 et que leurs droits fondamentaux sont rest\u00e9s intacts dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution de la commission rogatoire internationale, les moyens tir\u00e9s de la violation des articles 6 et 8 de la CEDH invoqu\u00e9s par les parties requ\u00e9rantes ne sauraient \u00eatre accueillis.<\/p>\n<p>9 Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme 8 janvier 2002 K. c\/ France et 21 d\u00e9cembre 2010 Soc. C. et autres c\/ France 10 Voir encore \u00e0 ce sujet sub 2.4.<\/p>\n<p>3.1.3.2. L\u2019origine des documents ayant motiv\u00e9 la demande d\u2019entraide<\/p>\n<p>Les parties requ\u00e9rantes concluent non seulement \u00e0 l\u2019annulation de la d\u00e9cision du Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat, mais encore \u00e0 l\u2019annulation des ordonnances de perquisition et de saisie en cause pour avoir \u00e9t\u00e9 prises en ex\u00e9cution d\u2019une demande d\u2019entraide fond\u00e9e sur des renseignements obtenus en violation de la loi, par le biais des divulgations de donn\u00e9es frauduleusement soustraites faites par les m\u00e9dias dans le cadre de l\u2019affaire dite \u00ab X.) \u00bb et notamment d\u2019un \u00abruling\u00bb conclu entre l\u2019Administration de contributions directes luxembourgeoise et la requ\u00e9rante sub 2), l\u2019ordre public luxembourgeois \u00e9tant, selon eux, un obstacle \u00e0 l\u2019utilisation de donn\u00e9es obtenues par des moyens ill\u00e9gaux.<\/p>\n<p>Si la chambre du conseil examine certes la compatibilit\u00e9 de la demande d\u2019entraide et de ses actes d\u2019ex\u00e9cution avec le droit national luxembourgeois, la question de l\u2019origine des informations ayant men\u00e9 \u00e0 la commission rogatoire internationale, quant \u00e0 elle, a trait aux notions d\u2019ordre public et d\u2019opportunit\u00e9, qui rel\u00e8vent de la seule comp\u00e9tence du Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 3 de la loi du 8 ao\u00fbt 2000. Cette question a \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9e par le Procureur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Etat qui, dans le cadre de ses attributions, a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019accorder l\u2019entraide, ind\u00e9pendamment de l\u2019origine des informations gisant \u00e0 la base de la demande, de sorte que ce moyen ne saurait entra\u00eener la nullit\u00e9 des actes d\u2019ex\u00e9cution de la commission rogatoire internationale en question.<\/p>\n<p>3.1.4. La qualit\u00e9 de l\u2019autorit\u00e9 requ\u00e9rante suisse<\/p>\n<p>Selon les parties requ\u00e9rantes, le repr\u00e9sentant du D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des finances de l\u2019administration f\u00e9d\u00e9rale fiscale suisse n\u2019aurait pas la qualit\u00e9 requise par les instruments internationaux pour \u00e9mettre une demande d\u2019entraide judiciaire, de sorte qu\u2019il y aurait lieu d\u2019annuler les ordonnances du juge d\u2019instruction pour avoir \u00e9t\u00e9 prises dans le cadre d\u2019une demande d\u2019entraide \u00e9manant d\u2019une administration et non d\u2019une autorit\u00e9 judiciaire, tel que cela serait exig\u00e9 par les textes.<\/p>\n<p>La CAAS, sur le fondement de laquelle l\u2019entraide p\u00e9nale est accord\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce, ne contient aucune disposition relative \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de laquelle une commission rogatoire internationale requ\u00e9rant des actes contraignants doit \u00e9maner.<\/p>\n<p>Il y a partant lieu de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019article 5 1) de la loi du 8 ao\u00fbt 2000 relative \u00e0 l\u2019entraide p\u00e9nale, qui exige que la demande d\u2019entraide \u00abdoit \u00e9maner d\u2019une autorit\u00e9 judiciaire comp\u00e9tente en vertu du droit de l\u2019Etat requ\u00e9rant.\u00bb<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 en vertu du droit suisse et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la loi f\u00e9d\u00e9rale sur le droit p\u00e9nal administratif, l\u2019Administration f\u00e9d\u00e9rale des contributions (ESTV) dispose des comp\u00e9tences d\u2019une autorit\u00e9 judiciaire pour mener ses enqu\u00eates p\u00e9nales en mati\u00e8re d\u2019escroquerie fiscale, celle- ci remplit les conditions requises par ledit article 5.<\/p>\n<p>Les observations ainsi d\u00e9velopp\u00e9es par les parties requ\u00e9rantes tir\u00e9es de l\u2019incomp\u00e9tence de l\u2019autorit\u00e9 requ\u00e9rante ne sauraient partant \u00eatre accueillies.<\/p>\n<p>3.1.5. La pr\u00e9sence de fonctionnaires de l\u2019administration fiscale suisse dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution des mesures de perquisition et de saisie<\/p>\n<p>Dans leur m\u00e9moire, les parties requ\u00e9rantes concluent \u00e0 l\u2019annulation des proc\u00e8s-verbaux de police de perquisition et de saisie portant les r\u00e9f\u00e9rences SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer, SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer et SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/luer du 6 d\u00e9cembre 2016, pour avoir \u00e9t\u00e9 \u00ab dress\u00e9s en infraction \u00e0 la loi en pr\u00e9sence d\u2019une personne qui n\u2019est pas officier de police judiciaire \u00bb.<\/p>\n<p>12 Ils critiquent la pr\u00e9sence lors des op\u00e9rations de perquisition et de saisie de deux fonctionnaires de l\u2019ESTV suisse.<\/p>\n<p>Il ressort en effet du proc\u00e8s-verbal de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer relatif \u00e0 la saisie de documents aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) S\u00e0rl, qu\u2019\u00e0 leur arriv\u00e9e dans les locaux de ladite soci\u00e9t\u00e9 le matin du 6 d\u00e9cembre 2016, les enqu\u00eateurs luxembourgeois \u00e9taient accompagn\u00e9s de Monsieur B.) de la \u00ab Eidgen\u00f6ssische Steuerverwaltung \u00bb. Il est pr\u00e9cis\u00e9 au sujet de cet enqu\u00eateur \u00e9tranger que ce dernier \u00abn\u2019a pas perquisitionn\u00e9. Uniquement la documentation vis\u00e9e par l\u2019ordonnance a \u00e9t\u00e9 mise \u00e0 disposition de l\u2019enqu\u00eateur suisse afin qu\u2019il puisse la consulter et d\u00e9cider si ces documents sont n\u00e9cessaires. L\u2019enqu\u00eateur suisse n\u2019a re\u00e7u aucune copie des donn\u00e9es saisies. \u00bb<\/p>\n<p>Sous la rubrique \u00ab remarques \u00bb du proc\u00e8s-verbal de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/luer relatif \u00e0 la saisie d\u2019avoirs effectu\u00e9e aupr\u00e9s de la m\u00eame soci\u00e9t\u00e9 SOC.2.) S\u00e0rl, il est pr\u00e9cis\u00e9 que \u00ab toutes autres remarques sont \u00e0 reprendre du PV n\u00b0 SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la m\u00eame heure \u00e0 la m\u00eame place.\u00bb La pr\u00e9sence du m\u00eame enqu\u00eateur suisse lors des op\u00e9rations de perquisition et de saisie de CHF 3.963.406.000 de la position de titres SOC.1.)S PLC d\u00e9tenus par SOC.2.) S\u00e0rl peut \u00eatre d\u00e9duite de ces mentions.<\/p>\n<p>Le proc\u00e8s-verbal de perquisition et de saisie n\u00b0 SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer dress\u00e9 au sujet des op\u00e9rations effectu\u00e9es dans les bureaux de la soci\u00e9t\u00e9 SOC.3.) fait mention que \u00ab la pr\u00e9sente perquisition a lieu en pr\u00e9sence de M. C.) , enqu\u00eateur aupr\u00e8s de l\u2019 \u00ab Abteilung Strafsachen und Untersuchungen \u00bb de la \u00ab Eidgen\u00f6ssische Steuerverwaltung ESTV en Suisse \u00bb.<\/p>\n<p>Dans son transmis adress\u00e9 en date du 6 d\u00e9cembre 2016 au Service de police judiciaire, section entraide judiciaire internationale, le juge d\u2019instructeur avait pr\u00e9cis\u00e9 que \u00ab la pr\u00e9sence des enqu\u00eateurs suisses qui sont \u00e0 contacter est autoris\u00e9e selon les conditions usuelles. \u00bb<\/p>\n<p>Dans chacune des quatre ordonnances de perquisition et de saisie prise dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution de la pr\u00e9sente demande d\u2019entraide, le juge d\u2019instruction s\u2019est r\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 la Convention europ\u00e9enne d\u2019entraide judiciaire en mati\u00e8re p\u00e9nale du 20 avril 1959 et \u00e0 la CAAS.<\/p>\n<p>La Convention du 20 avril 1959 pr\u00e9voit en effet en son article 4 la possibilit\u00e9 pour l\u2019autorit\u00e9 requ\u00e9rante de consentir \u00e0 la pr\u00e9sence des \u00ab autorit\u00e9s en cause \u00bb aux op\u00e9rations d\u2019ex\u00e9cution de la commission rogatoire. Toujours est-il que cette convention ne saurait trouver application dans le cadre d\u2019une demande d\u2019entraide p\u00e9nale ayant trait \u00e0 des faits susceptibles d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9s d\u2019escroquerie en mati\u00e8re de fiscalit\u00e9 directe et tendant \u00e0 faire ex\u00e9cuter des op\u00e9rations de perquisition et de saisie.<\/p>\n<p>La CAAS, qui s\u2019applique en l\u2019esp\u00e8ce, pr\u00e9voit en son article 47 la possibilit\u00e9 pour les Parties Contractantes de conclure entre eux des trait\u00e9s bilat\u00e9raux \u00ab permettant le d\u00e9tachement, pour une dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e ou ind\u00e9termin\u00e9e, de fonctionnaires de liaison d\u2019une Partie Contractante aupr\u00e8s de services de police de l\u2019autre Partie Contractante (\u2026) dans le but de promouvoir et d\u2019acc\u00e9l\u00e9rer la coop\u00e9ration entre les Parties Contractantes, notamment en accordant l\u2019assistance (\u2026) dans l\u2019ex\u00e9cution de demandes d\u2019entraide polici\u00e8re et judiciaire en mati\u00e8re p\u00e9nale. \u00bb<\/p>\n<p>En l\u2019absence d\u2019un tel accord bilat\u00e9ral qui lierait la Suisse et le Luxembourg, il y a lieu de se r\u00e9f\u00e9rer aux dispositions nationales r\u00e9gissant les op\u00e9rations de perquisition et de saisie effectu\u00e9es sous l\u2019\u00e9gide d\u2019un juge d\u2019instruction. Il se d\u00e9gage de la lecture de l\u2019article 65 du Code d\u2019instruction criminelle et des articles 33 \u00e0 38 du m\u00eame code, auxquels l\u2019article 65 se<\/p>\n<p>11 Voir sub 3.1.1.<\/p>\n<p>13 r\u00e9f\u00e8re express\u00e9ment, qu\u2019un enqu\u00eateur \u00e9tranger ne fait pas partie des personnes pouvant assister aux op\u00e9rations de perquisition et de saisie.<\/p>\n<p>L\u2019autorisation de la pr\u00e9sence d\u2019enqu\u00eateurs \u00e9trangers aux mesures de perquisition et de saisie ne saurait non plus se fonder sur la loi modifi\u00e9e du 8 ao\u00fbt 2000 relative \u00e0 l\u2019entraide judiciaire en mati\u00e8re p\u00e9nale, dans la mesure o\u00f9 il d\u00e9coule de la lecture combin\u00e9e de ses articles 9(2) et 12 que les donn\u00e9es saisies dans le cadre d\u2019une demande d\u2019entraide ne peuvent \u00eatre port\u00e9es \u00e0 la connaissance de l\u2019Etat requ\u00e9rant que post\u00e9rieurement au constat de la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure par la chambre du conseil.<\/p>\n<p>En l\u2019absence de toute autre disposition de droit national ou encore de droit international sur laquelle le juge d\u2019instruction aurait pu fonder son autorisation quant \u00e0 la pr\u00e9sence des enqu\u00eateurs suisses de la ESTV aux c\u00f4t\u00e9s des enqu\u00eateurs luxembourgeois dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution des mesures de contrainte sollicit\u00e9es par l\u2019Etat requ\u00e9rant, la chambre du conseil constate la non- r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure en ce qui concerne les mesures de perquisition et de saisie consign\u00e9es dans les proc\u00e8s -verbaux n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer, SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer et SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/luer du Service de police judiciaire, de sorte qu\u2019ils encourent l\u2019annulation.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 le proc\u00e8s-verbal SPJ\/EJIN\/2017\/56894.7\/luer du 9 janvier 2017 concernant l\u2019op\u00e9ration de perquisition et de saisie effectu\u00e9e aupr\u00e8s de l\u2019Administration des contributions directes ne renseigne pas la pr\u00e9sence d\u2019un enqu\u00eateur \u00e9tranger aux op\u00e9rations de perquisition et de saisie, le moyen soulev\u00e9 par les parties requ\u00e9rantes ne saurait \u00eatre accueilli en ce qui concerne ce proc\u00e8s-verbal.<\/p>\n<p>3.1.6. Le moyen tir\u00e9 de la violation du secret professionnel de l\u2019avocat et de l\u2019impossibilit\u00e9 de confiscation des biens saisis<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 la chambre du conseil parvient \u00e0 la conclusion que les proc\u00e8s -verbaux de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer, SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer et SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/luer du Service de police judiciaire sont \u00e0 annuler pour les motifs d\u00e9velopp\u00e9s sub 3.1.5., l\u2019examen de ces deux moyens invoqu\u00e9s par les parties requ\u00e9rantes dans leur m\u00e9moire est d\u00e9sormais superf\u00e9tatoire.<\/p>\n<p>4. La restitution des objets, documents et avoirs saisis et ses cons\u00e9quences<\/p>\n<p>La demande des parties requ\u00e9rantes tendant \u00e0 voir ordonner la \u00ab mainlev\u00e9e des saisies \u00bb est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable, pour ne pas \u00eatre pr\u00e9vue par les textes.<\/p>\n<p>L\u2019annulation des proc\u00e8s -verbaux de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer, SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer et SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/luer du Service de police judiciai re dat\u00e9s du 8 d\u00e9cembre 2016 entra\u00eene non seulement la restitution des documents, objets et avoirs saisis, mais encore l\u2019impossibilit\u00e9 de faire \u00e9tat de toute information \u00e9ventuellement recueillie aux cours des op\u00e9rations d\u2019ex\u00e9cution sans qu\u2019il n\u2019y ait besoin de l\u2019ordonner sp\u00e9cialement.<\/p>\n<p>La demande en restitution des documents saisis est \u00e0 d\u00e9clarer partiellement fond\u00e9e.<\/p>\n<p>La demande subsidiaire en restitution des documents qui ne seraient \u00ab pas en relation avec le contexte de l\u2019affaire d\u2019entraide \u00bb introduite sur le fondement de l\u2019article 10 susmentionn\u00e9 est \u00e0 d\u00e9clarer recevable en ce qui concerne le proc\u00e8s -verbal de perquisition et de saisie ayant trait aux saisies effectu\u00e9es aupr\u00e8s de l\u2019Administration des contributions directes, mais non fond\u00e9, dans la mesure o\u00f9 les documents saisis \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans le proc\u00e8s-verbal de saisie en question sont tous en relation avec les faits gisant \u00e0 la base de la demande d\u2019entraide.<\/p>\n<p>La m\u00eame demande subsidiaire en \u00ab restitution des documents \u00e9manant de, allant ou venant d\u2019un cabinet d\u2019avocat \u00bb fond\u00e9e sur l\u2019article 10 de la loi de 2000, quant \u00e0 elle, est \u00e0 d\u00e9clarer irrecevable pour \u00eatre d\u00e9sormais sans objet en ce qu\u2019elle vise les documents saisis par le biais de proc\u00e8s-verbaux de saisie qui encourent l\u2019annulation.<\/p>\n<p>Les parties requ\u00e9rantes demandent \u00e0 la chambre du conseil d\u2019ordonner la destruction du support mat\u00e9riel sur lequel se trouvent les copies faites par la police judiciaire des documents saisis.<\/p>\n<p>Dans la mesure o\u00f9 \u00ab la destruction de donn\u00e9es informatiques ill\u00e9galement copi\u00e9es est une modalit\u00e9 de restitution d\u2019objets ill\u00e9galement saisis \u00bb, sans qu\u2019il ne soit n\u00e9cessaire d\u2019ordonner la destruction du ou des supports mat\u00e9riels sur lesquels ces donn\u00e9es copi\u00e9es sont stock\u00e9es, 12 il y a lieu d\u2019ordonner la destruction par le biais de leur suppression irr\u00e9versible des copies des donn\u00e9es s aisies ill\u00e9galement en vertu des proc\u00e8s-verbaux de perquisition et de saisie \u00e0 annuler. Cette suppression doit intervenir sans d\u00e9lai sur l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des supports informatiques (disques durs, CDs etc.) sur lesquels les donn\u00e9es saisies ill\u00e9galement ont \u00e9t\u00e9 copi\u00e9es et sauvegard\u00e9es par le Service de police judiciaire.<\/p>\n<p>Dans ces conditions et au vu des d\u00e9veloppements ci-avant, la chambre du conseil fait partiellement droit tant au r\u00e9quisitoire du procureur d\u2019Etat du 25 janvier 2016 qu\u2019aux conclusions des parties requ\u00e9rantes dans leur m\u00e9moire dat\u00e9 du 19 d\u00e9cembre 2016.<\/p>\n<p>PAR CES MOTIFS : la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, d\u00e9clare irrecevable quant \u00e0 la forme et quant au d\u00e9lai le m\u00e9moire des parties requ\u00e9rantes d\u00e9pos\u00e9 le 14 f\u00e9vrier 2017, d\u00e9clare recevable quant \u00e0 la forme et quant au d\u00e9lai le m\u00e9moire d\u00e9pos\u00e9 le 19 d\u00e9cembre 2016 par les parties requ\u00e9rantes, d\u00e9clare irrecevable la demande en communication de la commission rogatoire internationale et de \u00ab donner d\u00e9lai pour rouvrir les d\u00e9bats suite \u00e0 cette communication \u00bb, d\u00e9clare irrecevable la demande en \u00ab mainlev\u00e9e des saisies \u00bb, d\u00e9clare irrecevable la demande en \u00ab restitution des documents \u00e9manant de, allant ou venant d\u2019un cabinet d\u2019avocat \u00bb, d\u00e9clare recevables et partiellement fond\u00e9es les observations d\u00e9velopp\u00e9es dans le m\u00e9moire d\u00e9pos\u00e9 le 19 d\u00e9cembre 2016 par les parties requ\u00e9rantes, d\u00e9clare irr\u00e9guli\u00e8re la proc\u00e9dure suivie dans le cadre de la demande d\u2019entraide suisse 534\/16CRIL en ce qui concerne les proc\u00e8s -verbaux de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer, SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer et SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/ luer dat\u00e9s du 8 d\u00e9cembre 2016 du Service de police judiciaire, section entraide judiciaire internationale, partant annule les proc\u00e8s -verbaux de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer, SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer et<\/p>\n<p>12 Ch.c.C. Arr\u00eat n\u00b0 423\/14 du 18 juin 2014<\/p>\n<p>15 SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/luer dat\u00e9s du 8 d\u00e9cembre 2016 du Service de police judiciaire, section entraide judiciaire internationale, ordonne la restitution de tous les objets, documents et avoirs saisis par le biais des proc\u00e8s- verbaux de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer, SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer et SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/luer dat\u00e9s du 8 d\u00e9cembre 2016 du Service de police judiciaire, section entraide judiciaire internationale, ordonne la suppression irr\u00e9versible et sans d\u00e9lai des copies des donn\u00e9es saisies ill\u00e9galement par le biais des proc\u00e8s -verbaux de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2016\/56894.1\/luer, SPJ\/EJIN\/2016\/56894.2\/luer et SPJ\/EJIN\/2016\/56894.3\/ luer dat\u00e9s du 8 d\u00e9cembre 2016 du Service de police judiciaire, section entraide judiciaire internationale, sur l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des supports informatiques (disques durs, CDs etc.) sur lesquels les donn\u00e9es saisies ill\u00e9galement ont \u00e9t\u00e9 copi\u00e9es et sauvegard\u00e9es par le Service de police judiciaire, pour le surplus, d\u00e9clare la proc\u00e9dure r\u00e9guli\u00e8re en ce qui concerne les documents saisis aupr\u00e8s de l\u2019Administration des contributions directes par le biais du proc\u00e8s- verbal de perquisition et de saisie n\u00b0SPJ\/EJIN\/2017\/56894.7\/luer du 9 janvier 2017 du Service de police judiciaire, section entraide judiciaire internationale et en autorise la transmission \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 requ\u00e9rante, conform\u00e9ment au r\u00e9quisitoire du procureur d\u2019\u00c9tat du 25 janvier 2017 en transmission des documents saisis \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 requ\u00e9rante, met les frais \u00e0 charge de l\u2019\u00c9tat. Ainsi fait et prononc\u00e9 au Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, date qu&#039;en t\u00eate .<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-chambre-du-conseil\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-chambre-du-conseil\/20240827-234607\/20170321-talux-chaco-261a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 N\u00b0 261\/17 534\/16\/CRIL Audience de la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg du 21 mars 2017, o\u00f9 \u00e9taient pr\u00e9sents: St\u00e9phanie NEUEN, premier juge, pr\u00e9sident d\u2019audience Annick DENNEWALD, juge et Fr\u00e9d\u00e9ric GRUHLKE, juge- d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Jean- Paul KNEIP, greffier Vu le r\u00e9quisitoire\u2026<\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","meta":{"_crdt_document":""},"kji_country":[8418],"kji_court":[23583],"kji_chamber":[23318],"kji_year":[52833],"kji_subject":[7646],"kji_keyword":[23584,7636],"kji_language":[7733],"class_list":["post-819408","kji_decision","type-kji_decision","status-publish","hentry","kji_country-luxembourg","kji_court-tribunal-darrondissement","kji_chamber-chambre-du-conseil","kji_year-52833","kji_subject-divers","kji_keyword-arrondissement","kji_keyword-tribunal","kji_language-francais"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO Premium plugin v27.5 (Yoast SEO v27.5) - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-premium-wordpress\/ -->\n<title>Tribunal d&#039;arrondissement, 21 mars 2017 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"ru_RU\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Tribunal d&#039;arrondissement, 21 mars 2017\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"1 N\u00b0 261\/17 534\/16\/CRIL Audience de la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg du 21 mars 2017, o\u00f9 \u00e9taient pr\u00e9sents: St\u00e9phanie NEUEN, premier juge, pr\u00e9sident d\u2019audience Annick DENNEWALD, juge et Fr\u00e9d\u00e9ric GRUHLKE, juge- d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Jean- Paul KNEIP, greffier Vu le r\u00e9quisitoire\u2026\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2026-05-02T21:36:35+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"46 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\\\/\",\"name\":\"Tribunal d'arrondissement, 21 mars 2017 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2026-05-02T21:36:29+00:00\",\"dateModified\":\"2026-05-02T21:36:35+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/avocats-en-droit-penal-a-paris-conseil-et-defense-strategique\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Jurisprudences\",\"item\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/jurisprudences\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Tribunal d&rsquo;arrondissement, 21 mars 2017\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"description\":\"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"ru-RU\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#organization\",\"name\":\"Kohen Avocats\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"ru-RU\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2026\\\/01\\\/Logo-2-1.webp\",\"width\":2114,\"height\":1253,\"caption\":\"Kohen Avocats\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/kohenavocats.com\\\/ru\\\/#\\\/schema\\\/logo\\\/image\\\/\"}}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO Premium plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Tribunal d'arrondissement, 21 mars 2017 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/","og_locale":"ru_RU","og_type":"article","og_title":"Tribunal d'arrondissement, 21 mars 2017","og_description":"1 N\u00b0 261\/17 534\/16\/CRIL Audience de la chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg du 21 mars 2017, o\u00f9 \u00e9taient pr\u00e9sents: St\u00e9phanie NEUEN, premier juge, pr\u00e9sident d\u2019audience Annick DENNEWALD, juge et Fr\u00e9d\u00e9ric GRUHLKE, juge- d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Jean- Paul KNEIP, greffier Vu le r\u00e9quisitoire\u2026","og_url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/","og_site_name":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","article_modified_time":"2026-05-02T21:36:35+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u041f\u0440\u0438\u043c\u0435\u0440\u043d\u043e\u0435 \u0432\u0440\u0435\u043c\u044f \u0434\u043b\u044f \u0447\u0442\u0435\u043d\u0438\u044f":"46 \u043c\u0438\u043d\u0443\u0442"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/","name":"Tribunal d'arrondissement, 21 mars 2017 - Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat en droit p\u00e9nal \u00e0 Paris","isPartOf":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#website"},"datePublished":"2026-05-02T21:36:29+00:00","dateModified":"2026-05-02T21:36:35+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/#breadcrumb"},"inLanguage":"ru-RU","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-21-mars-2017\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/avocats-en-droit-penal-a-paris-conseil-et-defense-strategique\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Jurisprudences","item":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Tribunal d&rsquo;arrondissement, 21 mars 2017"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#website","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/","name":"Kohen Avocats","description":"Ma\u00eetre Hassan Kohen, avocat p\u00e9naliste \u00e0 Paris, intervient exclusivement en droit p\u00e9nal pour la d\u00e9fense des particuliers, notamment en mati\u00e8re d\u2019accusations de viol. Il assure un accompagnement rigoureux d\u00e8s la garde \u00e0 vue jusqu\u2019\u00e0 la Cour d\u2019assises, veillant au strict respect des garanties proc\u00e9durales.","publisher":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"ru-RU"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#organization","name":"Kohen Avocats","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"ru-RU","@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","contentUrl":"https:\/\/kohenavocats.com\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/Logo-2-1.webp","width":2114,"height":1253,"caption":"Kohen Avocats"},"image":{"@id":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/#\/schema\/logo\/image\/"}}]}},"jetpack_likes_enabled":false,"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision\/819408","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_decision"}],"about":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/types\/kji_decision"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=819408"}],"wp:term":[{"taxonomy":"kji_country","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_country?post=819408"},{"taxonomy":"kji_court","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_court?post=819408"},{"taxonomy":"kji_chamber","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_chamber?post=819408"},{"taxonomy":"kji_year","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_year?post=819408"},{"taxonomy":"kji_subject","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_subject?post=819408"},{"taxonomy":"kji_keyword","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_keyword?post=819408"},{"taxonomy":"kji_language","embeddable":true,"href":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/wp-json\/wp\/v2\/kji_language?post=819408"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}