{"id":836261,"date":"2026-05-05T00:24:56","date_gmt":"2026-05-04T22:24:56","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-31-mai-2016-2\/"},"modified":"2026-05-05T00:25:06","modified_gmt":"2026-05-04T22:25:06","slug":"cour-superieure-de-justice-31-mai-2016-2","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-31-mai-2016-2\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 31 mai 2016"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 17\/16 Ch. Crim. du 31 mai 2016 (Not. 22032\/99\/ CD)<\/p>\n<p>La Cour d&#039;appel du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, chambre criminelle, a rendu en son audience publique du trente et un mai deux mille seize l&#039;arr\u00eat qui suit dans la cause<\/p>\n<p>e n t r e :<\/p>\n<p>le Minist\u00e8re Public, exer\u00e7ant l&#039;action publique pour la r\u00e9pression des crimes et d\u00e9lits, appelant<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) P1.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 Longwy (F), actuellement d\u00e9tenu au Centre P\u00e9nitentiaire de Luxembourg<\/p>\n<p>2) P2.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (F), ayant demeur\u00e9 \u00e0 F- (\u2026), (\u2026), actuellement d\u00e9tenu au Centre P\u00e9nitentiaire de Luxembourg<\/p>\n<p>pr\u00e9venus, d\u00e9fendeurs au civil et appelant s<\/p>\n<p>e n p r \u00e9 s e n c e d e :<\/p>\n<p>1) PC1.), demeurant \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), appelant<\/p>\n<p>2) PC2.), demeurant \u00e0 L- (\u2026), (\u2026), appelante<\/p>\n<p>3) PC3.), demeurant \u00e0 L- (\u2026), (\u2026)<\/p>\n<p>4) PC4.), demeurant \u00e0 L- (\u2026), (\u2026)<\/p>\n<p>5) la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS1.) S.A., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L-(\u2026), (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son conseil d\u2019administration actuellement en fonction, inscrite au Registre de Commerce et des Soci\u00e9t\u00e9s de Luxembourg sous le n\u00b0 B. (\u2026)<\/p>\n<p>parties civiles constitu\u00e9es contre les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) et P2.), pr\u00e9qualifi\u00e9s<\/p>\n<p>demandeurs au civil ___________________________________________________________________<\/p>\n<p>F A I T S :<\/p>\n<p>Les faits et r\u00e9troactes de l&#039;affaire r\u00e9sultent \u00e0 suffisance de droit d&#039;un jugement rendu contradictoirement par le tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg, chambre criminelle, le 2 5 f\u00e9vrier 2015, sous le num\u00e9ro LCRI 10\/2015, dont les consid\u00e9rants et le dispositif sont con\u00e7us comme suit:<\/p>\n<p>13 Vu l\u2019ordonnance n\u00b0 2343\/14 rendue le 2 septembre 2014 par la chambre du conseil du tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg renvoyant P.1.) et P.2.) devant la Chambre criminelle du Tribunal d\u2019arrondissement du chef de a) s\u00e9questration b) principalement : extorsion avec les circonstances qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 commise dans une maison habit\u00e9e ou ses d\u00e9pendances, avec effraction, escalade ou fausses clefs, la nuit par deux ou plusieurs et que des armes ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es et subsidiairement : vol avec violences ou menaces avec les circonstances qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 commis dans une maison habit\u00e9e ou ses d\u00e9pendances, avec effraction, escalade ou fausses clefs, la nuit par deux ou plusieurs et que des armes ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es, c) vol avec violences ou menaces avec les circonstances qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 commis dans une maison habit\u00e9e ou ses d\u00e9pendances, avec effraction, escalade ou fausses clefs, la nuit par deux ou plusieurs et que des armes ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es, d) infraction aux articles 1, cat\u00e9gorie II et 5 de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et munitions, et e) infraction aux articles 1, cat\u00e9gorie I et 4 de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et munitions.<\/p>\n<p>Vu les citations \u00e0 pr\u00e9venu des 11 novembre 2014 et 15 d\u00e9cembre 2014.<\/p>\n<p>Vu l\u2019ensemble du dossier r\u00e9pressif introduit par le Minist\u00e8re Public sous la notice n\u00b0 22032\/99\/CD et notamment les proc\u00e8s-verbaux n\u00b0 1- 2342\/99 du 10 d\u00e9cembre 1999 de la Police Grand-ducale, service de Police Judiciaire, section criminalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, n\u00b0 193\/99 du 11 d\u00e9cembre 1999, n\u00b0 1\/18\/2000 du 4 janvier 2000, les rapports n\u00b0 7\/650\/99\/PP du 23 d\u00e9cembre 1999, n\u00b0 9\/0501\/01 du 27 novembre 2001, n\u00b0 7\/625\/01\/PP du 28 novembre 2001, n\u00b0 9\/547\/01 du 13 d\u00e9cembre 2001, n\u00b0 23- 2192-1\/07 du 16 avril 2006, n\u00b0 23- 2192-1\/07 du 16 avril 2007, n\u00b0 23- 2192-4\/07 du 7 juin 2007, n\u00b0 23- 2192-5\/07 du 10 juillet 2007, n\u00b0 23- 2192- 6\/07 du 31 juillet 2007, n\u00b0 23- 2192-12\/07 du 25 octobre 2007, JDA 1516\/9 et 2192\/13 du 25 octobre 2007, SPJ\/2007\/2192\/15 du 26 novembre 2007, n\u00b0 SPJ\/2007\/2192\/16 du 26 novembre 2007, n\u00b0 SPJ\/2007\/2192\/18 du 26 novembre 2007, n\u00b0 23- 2192-20\/07 du 27 novembre 2007, n\u00b0 23- 2192-25\/07 du 3 d\u00e9cembre 2007, n\u00b0 JDA 2192\/29 du 25 janvier 2010, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2010- 2192-30\/BOPA du 2 f\u00e9vrier 2010, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2010- 2192-33\/HADA du 7 mai 2010, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2010- 2192-36\/FLAN du 9 juin 2010, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2010- 2192- 39\/FLAN du 1 er juillet 2010, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2010- 2192-40\/HADA du 2 juillet 2010, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2010\/2192- 46\/FLAN du 20 octobre 2010, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2012- 2192-51\/HADA du 6 f\u00e9vrier 2012, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2012- 2192-57\/HADA du 24 f\u00e9vrier 2012, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2012- 2192- 59\/HADA du 2 mars 2012, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2012\/2192- 60\/FLAN du 16 mars 2012, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2012\/2192- 61\/HADA du 26 mars 2012, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2010- 2192-62\/HADA du 29 mars 2012, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2010- 2192-63\/HADA du 4 avril 2012, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2013\/2192- 71\/HADA du 17 juillet 2013, n\u00b0 SPJ\/POLTEC\/2013\/JDA\/2191- 70\/SLUC du 17 juillet 2013, n\u00b0 SPJ\/ADN\/2013\/2192- 72\/SLUC du 5 ao\u00fbt 2013, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2013\/2192- 74\/HADA du 21 ao\u00fbt 2013, n\u00b0 SPJ\/POLTEC\/2013\/2192- 75\/DADI du 27 septembre 2013, n\u00b0 SPJ\/POLTEC\/2013\/2192- 81\/SCYV du 26 octobre 2013, 75\/DADI du 27 septembre 2013, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2013\/2192- 82\/HADA du 21 novembre 2013, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2013\/2192- 85\/HADA du 27 novembre 2013, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2013\/2192- 90\/HADA du 12 d\u00e9cembre 2013, n\u00b0 SPJ\/ADN\/2013\/2192- 91\/SLUC du 13 d\u00e9cembre 2013, n\u00b0 SPJ\/ADN\/2013\/2192- 97\/SLUC du 17 janvier 2014, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2014\/2192- 100\/SCCH du 14 f\u00e9vrier 2014, n\u00b0 SPJ\/RGB\/2014\/2192- 104\/ HADA du 18 mars 2014.<\/p>\n<p>Vu l\u2019information judiciaire diligent\u00e9e par le juge d\u2019instruction.<\/p>\n<p>Vu les rapports d\u2019expertises g\u00e9n\u00e9tiques des 9 ao\u00fbt 2002, 15 mars 2007, 27 septembre 2007,<\/p>\n<p>14 11 janvier 2008, 23 janvier 2008, 19 ao\u00fbt 2010, 22 mars 2012, 2 d\u00e9cembre 2013 et 16 d\u00e9cembre 2013 \u00e9tablis par le Dr Anne MARCOTTE, expert judiciaire pr\u00e8s l\u2019Institut National de Criminalistique et Criminologie, section biologie \u00e0 Bruxelles.<\/p>\n<p>Vu le rapport d\u2019expertise g\u00e9n\u00e9tique du 22 mars 2012 \u00e9tabli par le Docteur Elizabet PETKOVSKI, expert judiciaire pr\u00e8s le laboratoire National de Sant\u00e9, service d\u2019identification g\u00e9n\u00e9tique, Luxembourg.<\/p>\n<p>Vu les commissions rogatoires internationales \u00e9mises en date des 27 octobre 2006, 12 juin 2007, 20 ao\u00fbt 2007, 23 mars 2010, 21 avril 2010, 10 mai 2010, 17 novembre 2010, 16 d\u00e9cembre 2010 et 23 septembre 2013 par le magistrat instructeur.<\/p>\n<p>Les faits<\/p>\n<p>L\u2019ensemble du dossier r\u00e9pressif, les d\u00e9positions des t\u00e9moins entendus en audience, l\u2019instruction, ainsi que les d\u00e9bats men\u00e9s en audience publique ont permis de d\u00e9gager les faits suivants :<\/p>\n<p>En date du 10 d\u00e9cembre 1999, les enqu\u00eateurs de la Police judiciaire ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s vers 08.05 heures que la filiale de la BQUE.1.) \u00e0 (&#8230;) venait d\u2019\u00eatre braqu\u00e9e.<\/p>\n<p>La m\u00eame agence fut d\u00e9j\u00e0 braqu\u00e9e le 25 f\u00e9vrier 1999.<\/p>\n<p>L\u2019enqu\u00eate a permis de r\u00e9v\u00e9ler que le caissier de l\u2019institut bancaire, PC.1.), fut agress\u00e9 le 9 d\u00e9cembre 1999 vers 17.30 heures \u00e0 son domicile \u00e0 L-(&#8230;), lorsqu\u2019il revenait de son travail et commen\u00e7ait \u00e0 d\u00e9charger sa voiture (&#8230;) (&#8230;) (L) dans le garage, qui se situe en retrait dans une annexe s\u00e9par\u00e9e de la maison d\u2019habitation. Le lendemain des faits, il expliqua que deux hommes, v\u00eatus en noir, masqu\u00e9s et arm\u00e9s, l\u2019ont retenu dans le garage, le for\u00e7ant \u00e0 leur remettre les clefs de son domicile, le tout sous la menace d\u2019armes \u00e0 feu et en lui enjoignant de ne pas le lever son regard. Tandis que l\u2019un d\u2019eux le surveillait, l\u2019autre se rendait dans la maison.<\/p>\n<p>L\u2019un des braqueurs \u00e9tant rest\u00e9 aupr\u00e8s de sa victime, le second s\u2019est rendu dans la maison d\u2019habitation. L\u2019agresseur qui surveillait PC.1.) lui ayant demand\u00e9 s\u2019il le reconnaissait, PC.1.) comprit vite qu\u2019il s\u2019agissait des m\u00eames auteurs que ceux qui avaient braqu\u00e9 la filiale de la BQUE.1.) \u00e0 (&#8230;) quelques mois plus t\u00f4t. Dans le contexte de cette affaire, l\u2019enqu\u00eate avait permis de r\u00e9v\u00e9ler que les malfaiteurs avaient proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des observations des employ\u00e9s de la banque et qu\u2019ainsi ils avaient pu obtenir des informations sur la vie priv\u00e9e de leurs victimes.<\/p>\n<p>PC.1.) s\u2019est \u00e9galement rappel\u00e9 apr\u00e8s coup avoir remarqu\u00e9 le jour pr\u00e9c\u00e9dent les faits que deux hommes tra\u00eenaient dans les alentours de son domicile, essayant de se cacher derri\u00e8re un parapluie et ce alors qu\u2019il ne pleuvait pas. A ce moment il ne pr\u00eatait pas attention \u00e0 ce comportement suspect, mais il s\u2019est encore rappel\u00e9 lors de son audition polici\u00e8re que son \u00e9pouse avait \u00e9galement remarqu\u00e9 plus ou moins deux semaines avant les faits, alors qu\u2019elle se trouvait dans la cuisine, que le poignet de la porte menant vers la terrasse a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9. Ayant eu l\u2019impression que le poignet bloquait, elle demanda \u00e0 sa fille PC.4.) de l\u2019ouvrir, croyant que son fils PC.3.) essayait d\u2019entrer par la terrasse. Or, il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que deux hommes, agenouill\u00e9s devant la porte, avaient manipul\u00e9 la serrure et prenaient la fuite au moment d\u2019\u00eatre surpris par le jeune.<\/p>\n<p>PC.2.), \u00e9pouse (\u2026), et sa fille PC.4.) se trouvaient dans la cuisine au moment d\u2019\u00eatre surpris par deux hommes masqu\u00e9s qui les mena\u00e7aient avec des armes \u00e0 feu, tandis que son fils PC.3.) regardait la t\u00e9l\u00e9vision dans le salon. PC.2.) explique \u00e0 l\u2019audience qu\u2019instinctivement elle demanda \u00e0 un des malfaiteurs si cette affaire \u00e9tait \u00e0 mettre en relation avec le braquage de l\u2019institut bancaire qui venait d\u2019\u00eatre d\u00e9trouss\u00e9 quelques mois plus t\u00f4t, ce qu\u2019un des malfrats lui confirma sans ambages.<\/p>\n<p>Lorsque le t\u00e9l\u00e9phone sonna \u00e0 un moment donn\u00e9, l\u2019un des malfaiteurs arracha les c\u00e2bles du t\u00e9l\u00e9phone du mur.<\/p>\n<p>Les agresseurs ont forc\u00e9 PC.2.) et ses enfants \u00e0 monter \u00e0 l\u2019\u00e9tage dans une des chambres \u00e0 coucher o\u00f9 PC.2.) et son fils furent ligot\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de ficelles et du ruban adh\u00e9sif, tandis que PC.4.) fut attach\u00e9e moyennant des menottes. Ensuite ils furent men\u00e9s au grenier pour \u00eatre enferm\u00e9s dans un d\u00e9barras non muni de fen\u00eatres o\u00f9 ils ont d\u00fb se mettre, t\u00eate tourn\u00e9e vers le bas, sur un matelas que les malfaiteurs avaient r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 dans une des chambres \u00e0 coucher de la famille. Finalement, ils ont attach\u00e9 l\u2019un \u00e0 l\u2019autre avec du cordon de volets roulants, trouv\u00e9 dans la maison.<\/p>\n<p>PC.2.) r\u00e9it\u00e8re \u00e0 l\u2019audience de la Chambre criminelle sous la foi du serment que l\u2019un des malfaiteurs adressait \u00e0 ses enfants les paroles claires et non \u00e9quivoques que si l\u2019affaire allait tourner mal, ils n\u2019auraient plus de p\u00e8re, leur faisant ainsi comprendre sans la moindre ambigu\u00eft\u00e9 la ferme d\u00e9termination de passer \u00e0 l\u2019acte en cas de besoin.<\/p>\n<p>Un des malfaiteurs posa un matelas dans le couloir au grenier. Il rentrait de temps \u00e0 autre, muni d\u2019une torche, pour contr\u00f4ler si les victimes \u00e9taient toujours ligot\u00e9es. Il a remplac\u00e9 les menottes employ\u00e9es sur la personne de PC.4.) , trop serr\u00e9es, par des ficelles.<\/p>\n<p>PC.2.) pr\u00e9cise \u00e0 l\u2019audience que les agresseurs ont \u00e0 plusieurs reprises point\u00e9 la mitraillette en sa direction et lui ont interdit de lever le regard, tout en la mena\u00e7ant des termes \u00ab sinon \u00e7a va aller vite \u00bb.<\/p>\n<p>PC.1.), retenu dans une premi\u00e8re phase dans le garage, fut couvert par un drap et emmen\u00e9 aussit\u00f4t dans la chaufferie de l\u2019immeuble o\u00f9 il devait s\u2019agenouiller. Apr\u00e8s avoir ligot\u00e9s ses pieds et les mains dans le dos avec du ruban adh\u00e9sif et des ficelles, les malfrats le jet\u00e8rent, t\u00eate tourn\u00e9e vers le bas, sur un matelas que les auteurs avaient ramen\u00e9 \u00e0 cette fin. Apr\u00e8s lui avoir enjoint de ni lever son regard, ni leur mentir, ils l\u2019ont questionn\u00e9 sur le quantum de l\u2019argent s\u00e9curis\u00e9 dans le coffre- fort de la banque, le fonctionnement des alarmes install\u00e9es dans la filiale de la BQUE.1.) , ainsi que sur les horaires de travail de la femme de charge, cens\u00e9e commencer sa besogne apr\u00e8s le d\u00e9part des employ\u00e9s de banque. Dans ce contexte, ils ont pu savoir que PC.1.) avait activ\u00e9, en sa qualit\u00e9 de caissier, une alarme calc\u00e9e sur une minuterie, qui ne permettait pas d\u2019ouvrir les deux coffres forts de la banque sans d\u00e9clencher l\u2019alarme en question. PC.1.) a expliqu\u00e9 qu\u2019il ne savait plus s\u2019il avait saisi un d\u00e9lai de douze ou de treize heures de sorte qu\u2019il pouvait seulement leur indiquer que les tr\u00e9sors ne pouvaient \u00eatre ouverts dans l\u2019imm\u00e9diat, mais seulement le lendemain matin entre 05.30 heures et 06.30 heures. C\u2019est alors que les malfrats ont d\u00e9cid\u00e9 de passer la nuit au domicile des \u00e9poux PC.1.)-PC.2.) \u00e0 (\u2026) et de passer \u00e0 l\u2019acte le lendemain aux petites heures.<\/p>\n<p>Vers 06.15 heures du matin, ils ont fait sortir PC.1.) de la chaufferie pour l\u2019emmener dans<\/p>\n<p>16 son v\u00e9hicule de la marque (&#8230;) \u00e0 l\u2019agence de la BQUE.1.) \u00e0 (&#8230;). Durant le trajet, ils l\u2019ont oblig\u00e9 \u00e0 s\u2019accroupir sur le banc arri\u00e8re du v\u00e9hicule, le cachant sous une couverture. Ils s\u2019\u00e9taient servis d\u2019un parapluie pour sortir de l\u2019immeuble, voulant ainsi \u00e9viter toute identification par des tierces personnes. PC.1.) a expliqu\u00e9 lors de son audition \u00e0 la Police, d\u00e9clarations qu\u2019il a maintenues \u00e0 l\u2019audience de la Chambre criminelle, qu\u2019il \u00e9tait accompagn\u00e9 de trois malfaiteurs, deux ayant pris place \u00e0 l\u2019avant de l\u2019habitacle et le troisi\u00e8me s\u2019\u00e9tant assis \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s sur le banc arri\u00e8re. Cette d\u00e9claration co\u00efncide avec celle de PC.2.), qui avait d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019au moment de faire leur apparition dans la cuisine les malfaiteurs \u00e9taient \u00e0 deux et qu\u2019un troisi\u00e8me auteur masqu\u00e9 d\u00e9tenait PC.1.) dans le garage.<\/p>\n<p>PC.1.) a relat\u00e9 lors de son audition \u00e0 la Police que le chauffeur ne portait plus de cagoule au moment de se mettre derri\u00e8re le volant, tandis que les deux autres restaient masqu\u00e9s, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il n\u2019a pas pu donner une description d\u00e9taill\u00e9e du personnage. La victime a encore d\u00e9clar\u00e9 que les malfrats communiquaient en fran\u00e7ais et s\u2019adressaient la parole en employant des num\u00e9ros au lieu des noms, d\u00e9clarations confort\u00e9es par celles de son \u00e9pouse et de ses enfants.<\/p>\n<p>Les malfaiteurs d\u00e9tenaient et montraient leurs armes \u00e0 la victime lors du d\u00e9placement en voiture \u00e0 (&#8230;) .<\/p>\n<p>Arriv\u00e9s \u00e0 destination vers 06.30 heures, PC.1.) fut sorti du v\u00e9hicule et re\u00e7ut l\u2019ordre d\u2019entrer dans la banque, de d\u00e9sactiver les diff\u00e9rentes alarmes et d\u2019emporter les fonds retrouv\u00e9s dans les coffres forts dans une sacoche, emmen\u00e9e \u00e0 cet effet du domicile des \u00e9poux PC.1.) -PC.2.) et munie de l\u2019inscription \u00ab ASS.1.) \u00bb, le tout sous la menace que faute par lui d\u2019y obtemp\u00e9rer, la vie de sa famille serait en p\u00e9ril. Ils lui ont encore enjoint de ne pas emmener des liasses pi\u00e9g\u00e9es. Apr\u00e8s avoir rassembl\u00e9 tout l\u2019argent s\u2019\u00e9tant trouv\u00e9 dans les coffres forts, PC.1.) sortit de l\u2019institut bancaire vers 06.45 heures et commen\u00e7a \u00e0 marcher en direction de (\u2026), tel que les malfrats le lui avaient ordonn\u00e9 au pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>En cours de route, les malfaiteurs l\u2019ont forc\u00e9 \u00e0 remonter \u00e0 bord d\u2019un autre v\u00e9hicule que le sien et l\u2019ont oblig\u00e9, comme auparavant, \u00e0 se coucher sur le banc arri\u00e8re pour le recouvrir par la suite. Il d\u00e9clarera lors de son audition polici\u00e8re du 18 mars 2014 et \u00e0 l\u2019audience publique qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une voiture de marque fran\u00e7aise, de couleur fonc\u00e9e. Les malfaiteurs se sont arr\u00eat\u00e9s dans une for\u00eat dans les environs de (&#8230;). PC.1.) fut sorti du v\u00e9hicule, ligot\u00e9 \u00e0 un arbre, ce de fa\u00e7on qu\u2019il puisse se lib\u00e9rer facilement. Avant leur d\u00e9part en direction de (&#8230;) , ils lui ont fait comprendre que sa famille, qui se trouverait \u00e0 (\u2026), allait bien.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la disparition de ses agresseurs, PC.1.) a effectivement pu se lib\u00e9rer et regagner une route fr\u00e9quent\u00e9e. Il arr\u00eata un bus, dont le chauffeur l\u2019emmena jusqu\u2019au lieu- dit \u00ab \u2026 \u00bb o\u00f9 les habitants de la ferme s\u2019occup\u00e8rent de lui et avertirent les secours, tout comme les forces de l\u2019ordre. Son v\u00e9hicule (&#8230;) fut retrouv\u00e9 sur un parking \u00e0 (\u2026), (\u2026).<\/p>\n<p>Durant ce temps, PC.2.) et ses enfants, qui se trouvaient toujours au domicile de la famille \u00e0 (\u2026), et non \u00e0 (\u2026), ont \u00e9galement pu se lib\u00e9re r.<\/p>\n<p>Lors de leur s\u00e9questration, ils ont tout ignor\u00e9 du sort de leur mari et p\u00e8re et ne se sont pas rendus compte que PC.1.) a quitt\u00e9 la maison aux petites heures, accompagn\u00e9 de ses pr\u00e9dateurs. PC.1.) a soulign\u00e9 \u00e0 l\u2019audience publique que pendant toute la nuit il ignorait \u00e9galement tout du sort de sa famille et que les braqueurs lui avaient seulement fait savoir que<\/p>\n<p>17 les membres de sa famille \u00e9taient retenus \u00e0 (\u2026) et qu\u2019on allait les lib\u00e9rer d\u00e8s la remise du butin.<\/p>\n<p>Pendant que les membres de la famille PC.) furent s\u00e9questr\u00e9s, les malfaiteurs ont litt\u00e9ralement retourn\u00e9 la maison en ce qu\u2019ils ont vid\u00e9 les armoires et trifouill\u00e9 dans leurs affaires, cr\u00e9ant ainsi un d\u00e9sordre consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>A fur et \u00e0 mesure les membres de la famille PC.) se sont rendus compte que les malfaiteurs ont vol\u00e9 20.000 Flux du portefeuille de PC.1.) , 10.000 Flux de celui de son \u00e9pouse, 6.000 Flux de la tirelire de leur fils, une veste pour homme de couleur noire-beige-blanche de la marque L.O.G.G Sport, un bonnet gris de la taille 60, un chapeau pour femme de couleur noire, une lampe de poche en aluminium et un parapluie.<\/p>\n<p>Pour le surplus, les malfrats n\u2019ont pas manqu\u00e9 de maltraiter la perruche, qui mourra dans les jours suivants.<\/p>\n<p>Les auteurs \u00e9taient munis d\u2019une mitraillette, d\u2019un pistolet et d\u2019un pump- gun. PC.2.) pr\u00e9cisa lors de son audition polici\u00e8re que la poign\u00e9e de la mitraillette \u00e9tait en bois et ab\u00eem\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019un des coauteurs dans les faits pr\u00e9d\u00e9crits, \u00e0 savoir le d\u00e9nomm\u00e9 A.) , qui a \u00e9galement particip\u00e9 dans le braquage de la BQUE.1.) ayant eu lieu le 25 f\u00e9vrier 1999, fut condamn\u00e9 aux termes du jugement n\u00b0 LCRI rendu le 12 novembre 2012 par la Chambre criminelle pr\u00e8s le Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, relatifs aux notices 4528\/99\/CD et 22032\/99\/CD, \u00e0 une peine de r\u00e9clusi on criminelle de 20 ans. Par arr\u00eat n\u00b0 3\/13 rendu le 19 f\u00e9vrier 2013 par la Chambre criminelle de la Cour d\u2019appel, il fut condamn\u00e9 \u00e0 une peine de r\u00e9clusion criminelle de 18 ans.<\/p>\n<p>Chronologie et r\u00e9sultats des op\u00e9rations d\u2019expertise<\/p>\n<p>Dans le cadre de l\u2019instruction judiciaire ouverte le 10 d\u00e9cembre 1999 contre INCONNUS du chef d&#039;infractions aux articles 442-1 et 471 du Code p\u00e9nal, le Dr. Anne MARCOTTE pr\u00e8s l\u2019Institut National de Criminalistique et Criminologie de Bruxelles, ci- apr\u00e8s nomm\u00e9e INCC, fut nomm\u00e9e par ordonnance rendue le 28 novembre 2001 par le juge d\u2019instruction instrumentaire, ce avec la mission de proc\u00e9der \u00e0 une analyse aux fins d\u2019identification g\u00e9n\u00e9tique sur les objets et mat\u00e9riaux mentionn\u00e9s dans le proc\u00e8s-verbal n\u00b0 1- 2342 et le rapport n\u00b0 7\/650\/99, dress\u00e9s les 10 et 23 d\u00e9cembre 1999 par la Police grand- ducale, service de police judiciaire. Le juge d\u2019instruction a \u00e9num\u00e9r\u00e9 dans son ordonnance les pi\u00e8ces \u00e0 expertiser comme figurant sous les num\u00e9ros d\u2019ordre 3 \u00e0 12, num\u00e9rotation employ\u00e9e par le service de police judiciaire dans son rapport n\u00b0 7\/625\/01\/PP du 28 novembre 2001. Il s\u2019agit de mouchoirs en papier, de m\u00e9gots, d\u2019un chewing-gum utilis\u00e9, de pr\u00e9l\u00e8vements swab-safe effectu\u00e9es sur des tasses \u00e0 caf\u00e9, une bi\u00e8re de bouteille, des verres d\u2019eau, des bouteilles d\u2019eau et une canette de coca- cola, objets trouv\u00e9s et saisis au domicile de la famille PC.) .<\/p>\n<p>L&#039;expertise de recherche et d&#039;identification g\u00e9n\u00e9tique, document\u00e9e dans le rapport n\u00b0 INCC\/DNA03112 dress\u00e9 le 9 ao\u00fbt 2002 par le Dr. MARCOTTE a permis d&#039;isoler quatre profils g\u00e9n\u00e9tiques masculins sur base des pi\u00e8ces \u00e0 conviction analys\u00e9es par l&#039;INCC, les pi\u00e8ces \u00e0 conviction lui remises \u00e9tant \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans le rapport d\u2019expertise et r\u00e9pertori\u00e9es par l\u2019expert par \u00e9chantillons num\u00e9rot\u00e9s, portant les n\u00b0 3112.1m \u00e0 3112.17m. Chaque num\u00e9ro renseigne la<\/p>\n<p>18 correspondance exacte avec les num\u00e9ros tels qu\u2019annot\u00e9s sur les pi\u00e8ces \u00e0 convictions par la police technique.<\/p>\n<p>L\u2019expert rel\u00e8ve que treize syst\u00e8mes g\u00e9n\u00e9tiquement ind\u00e9pendants ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9s et que la comparaison des profils g\u00e9n\u00e9tiques fut r\u00e9alis\u00e9e syst\u00e8me par syst\u00e8me. Elle pr\u00e9cise qu\u2019aucun r\u00e9sultat exploitable n\u2019a pu \u00eatre obtenu sur les \u00e9chantillons n\u00b0 3112.4, 3112.6, 3112.12 et 3112.16.<\/p>\n<p>Parmi les quatre profils g\u00e9n\u00e9tiques isol\u00e9s, d\u00e9nomm\u00e9s \u00ab Homme 1 \u00bb, \u00ab Homme 2 \u00bb, \u00ab Homme 3 \u00bb et \u00ab Homme 4 \u00bb, les profils g\u00e9n\u00e9tiques \u00ab Homme 1 \u00bb et \u00ab Homme 3 \u00bb ont pu \u00eatre exclus pour correspondre \u00e0 ceux de PC.1.) et de son fils PC.3.) .<\/p>\n<p>L\u2019expert explique qu\u2019il est possible de comparer le profil g\u00e9n\u00e9tique d\u2019un (de) suspect(s) \u00e9ventuel(s) \u00e0 ceux obtenus pour les diff\u00e9rentes traces extraites par lui et qu\u2019il suffit \u00e0 cette fin de lui faire parvenir un \u00e9chantillon de r\u00e9f\u00e9rence, soit du sang pr\u00e9lev\u00e9 dans un tube EDTA ou deux \u00e9couvillons de salive de ce(s) suspect(s).<\/p>\n<p>Le 27 mars 2007, les profils \u00ab Homme 2 \u00bb et \u00ab Homme 4 \u00bb d\u00e9finis dans le rapport n\u00b0 INCC\/DNA03112 du 9 ao\u00fbt 2002, furent ins\u00e9r\u00e9s dans le fichier luxembourgeois des empreintes g\u00e9n\u00e9tiques nouvellement cr\u00e9\u00e9 par la loi du 25 ao\u00fbt 2006 relative aux proc\u00e9dures d&#039;identification par empreintes g\u00e9n\u00e9tiques en mati\u00e8re p\u00e9nale, ce suite \u00e0 la ratification par le Luxembourg du trait\u00e9 de PRUM, encore appel\u00e9 SCHENGEN III, sign\u00e9 le 22 mai 2005 par sept membres de l\u2019Union Europ\u00e9enne. Ainsi les profils en question ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9s avec tous les autres profils enregistr\u00e9s dans le fichier luxembourgeois, ainsi que ceux enregistr\u00e9s dans les fichiers des autres pays europ\u00e9ens ayant \u00e9galement ratifi\u00e9 le trait\u00e9 de PRUM.<\/p>\n<p>En l\u2019absence d\u2019identification d\u2019auteur(s) en relation avec les faits en cause, la chambre du conseil pr\u00e8s le Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg a par ordonnance du 28 f\u00e9vrier 2008 ordonn\u00e9 le non- lieu des poursuites p\u00e9nales.<\/p>\n<p>Il ressort du rapport de mise en correspondance de profils d\u2019ADN du 22 janvier 2010 de la Police Grand-Ducale, Service de Police Judiciaire, Fichier des Empreintes G\u00e9n\u00e9tiques, qu\u2019une correspondance positive fut \u00e9tablie le 21 janvier 2010 entre le profil g\u00e9n\u00e9tique de \u00ab l\u2019Homme 4 \u00bb, correspondant au profil luxembourgeois n\u00b0 (trace) ADN 25, et un profil fra n\u00e7ais num\u00e9ro 001224889000.<\/p>\n<p>A pr\u00e9ciser dans ce contexte que suite \u00e0 l\u2019adh\u00e9sion de la France au trait\u00e9 de PRUM, elle a seulement mis en place en 2010 un syst\u00e8me de comparaison automatique des profils ADN recueillis dans le cadre du trait\u00e9 de PRUM avec le fichier luxembourgeois.<\/p>\n<p>Par ordonnance rendue le 16 mars 2010 par la chambre du conseil pr\u00e8s le Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, la r\u00e9ouverture de l\u2019information judiciaire sur charges nouvelles fut ordonn\u00e9e, ce sur r\u00e9quisitoire du Procureur d\u2019Etat en date du 11 f\u00e9vrier 2010 dans ce sens.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 la commission rogatoire internationale envoy\u00e9e aux autorit\u00e9s judiciaires de Lyon le 15 avril 2010 \u00e0 des fins d\u2019identification dudit profil fran\u00e7ais num\u00e9ro 001224889000, il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 qu\u2019il correspond \u00e0 A.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (\u2026).<\/p>\n<p>19 A.) s\u2019\u00e9tant oppos\u00e9 \u00e0 tout pr\u00e9l\u00e8vement de cellules biologiques, le Dr MARCOTTE pr\u00e8s l\u2019INCC fut charg\u00e9e par ordonnance rendue le 2 juillet 2010 par le juge d\u2019instruction instrumentaire avec la mission de comparer le profil g\u00e9n\u00e9tique de A.) , tel que communiqu\u00e9 par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises, avec les profils g\u00e9n\u00e9tiques \u00ab Homme 2 \u00bb et \u00ab Homme 4 \u00bb extraits selon son rapport INCC\/DNA03112 du 9 ao\u00fbt 2002.<\/p>\n<p>Aux termes de son rapport n\u00b0 INCC\/2007\/08915 (DNA02828- 8) du 19 ao\u00fbt 2010, l\u2019ex pert est venu \u00e0 la conclusion qu\u2019il existe une parfaite correspondance entre le profil g\u00e9n\u00e9tique \u00ab Homme 4 \u00bb du rapport INCC\/DNA03112, profil obtenu sur le scrape 9+10, n\u00b0 2 (3112.13m) et correspondant \u00e0 un pr\u00e9l\u00e8vement effectu\u00e9 sur un verre d\u2019eau, et le profil g\u00e9n\u00e9tique de A.) transmis par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises. Suite \u00e0 la correspondance positive entre l\u2019un des profils g\u00e9n\u00e9tiques trouv\u00e9s sur les lieux du crime et la r\u00e9ouverture subs\u00e9quente de l\u2019information judiciaire, le juge d\u2019instruction instrumentaire a par ordonnance rendue le 27 f\u00e9vrier 2012 charg\u00e9 le Dr MARCOTTE pr\u00e8s l\u2019INCC de la triple mission de r\u00e9analyser l\u2019ADN r\u00e9siduel des \u00e9chantillons pr\u00e9lev\u00e9s pour \u00e9tablir les rapports d\u2019expertise ant\u00e9rieurs, de faire \u00e9tablir le profil g\u00e9n\u00e9tique de A.) sur base du mat\u00e9riel biologique pr\u00e9lev\u00e9 sur sa personne et de comparer son profil g\u00e9n\u00e9tique avec tous ceux \u00e9tablis aux termes de ses rapports ant\u00e9rieurs, ainsi que ceux qui seront \u00e9tablis \u00e9ventuellement dans le cadre de l\u2019ex\u00e9cution du 1 ier volet de sa mission. A pr\u00e9ciser que l\u2019expertise ne pouvait se faire sur les pi\u00e8ces \u00e0 conviction saisies \u00e0 l\u2019\u00e9poque, alors qu\u2019elles furent d\u00e9truites suite \u00e0 l\u2019ordonnance de non- lieu du 28 f\u00e9vrier 2008.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 la requ\u00eate de A.) en date du 13 mars 2012 tendant \u00e0 la nomination d\u2019un co- expert, le Dr. Elizabet PETKOVSKI, pr\u00e8s le Laboratoire National de Sant\u00e9, Service d&#039;Identification G\u00e9n\u00e9tique, fut nomm\u00e9e \u00e8s-qualit\u00e9 par ordonnance rendue le 14 mars 2012 par le juge d\u2019instruction instrumentaire, avec la mission d&#039;assister aux op\u00e9rati ons qu&#039;effectuerait le Dr. MARCOTTE, d&#039;adresser toutes ses r\u00e9quisitions au Dr. MARCOTTE et de consigner ses observations \u00e0 la suite du rapport du Dr. MARCOTTE ou par rapport s\u00e9par\u00e9.<\/p>\n<p>Aux termes du rapport d\u2019expertise n\u00b0 INCC72012\/01890 (DNA12_117)\/LNS M0000512 dress\u00e9 conjointement par les experts MARCOTTE et PETKOVSKI en date du 22 mars 2012, les analyses effectu\u00e9es en ex\u00e9cution des pr\u00e9dites ordonnances des 27 f\u00e9vrier et 14 mars 2012 ont mis en \u00e9vidence des m\u00e9langes de g\u00e9notypes au sein desquels le profil g\u00e9n\u00e9tique de A.) \u00e9tait majoritaire. Les experts concluent qu\u2019elles ont observ\u00e9 une parfaite correspondance entre le profil g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019Homme 4 et le profil g\u00e9n\u00e9tique de A.) .<\/p>\n<p>A pr\u00e9ciser que les m\u00e9thodes d\u2019analyse furent entretemps amplifi\u00e9es dans la mesure que le nombre des syst\u00e8mes g\u00e9n\u00e9tiques s\u2019\u00e9levaient d\u00e9sormais au nombre de vingt-et-un syst\u00e8mes, toujours tous ind\u00e9pendants les uns des autres.<\/p>\n<p>Pour le surplus, les analyses effectu\u00e9es par les experts MARCOTTE et PETKOVSKI dans le cadre de la r\u00e9analyse de l&#039;ADN extrait r\u00e9siduel des \u00e9chantillons pr\u00e9lev\u00e9s pour \u00e9tablir les rapports d&#039;expertise ant\u00e9rieurs, ont permis d\u2019extraire une nouvelle composante semblable, d\u00e9sign\u00e9e \u00ab Homme 5 \u00bb, obtenue au niveau des m\u00e9langes obtenus pour les \u00e9chantillons 3112.8m, 3112.9m et 3112.15m.<\/p>\n<p>20 En ce qui concerne les \u00e9chantillons 3112.8m (srcape 11 a+b, n\u00b0 1) et 3112.15m (scrape 11 a+b n\u00b02), les m\u00e9langes provenant d\u2019au moins deux personnes obtenus pour ces \u00e9chantillons sont compatibles avec les profils g\u00e9n\u00e9tiques de l\u2019Homme 4 et l\u2019Homme 5.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019\u00e9chantillon 3112.9m (srape 8 a+b, n\u00b02), le m\u00e9lange provenant d\u2019au moins deux personnes obtenus pour cet \u00e9chantillon est compatible avec les profils g\u00e9n\u00e9tiques de l\u2019Homme 2 et de l\u2019Homme 5.<\/p>\n<p>Le profil g\u00e9n\u00e9tique \u00ab Homme 5 \u00bb nouvellement extrait ayant \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 aussit\u00f4t dans le fichier national des empreintes g\u00e9n\u00e9tiques, une correspondance positive a pu \u00eatre \u00e9tablie entre le profil g\u00e9n\u00e9tique d\u00e9sign\u00e9 \u00ab Homme 5 \u00bb et P.2.) , n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026), tel qu\u2019il en ressort du rapport n\u00b0 SPJ\/ADN\/2013\/2192- 72\/SLUC dress\u00e9 le 11 ao\u00fbt 2013 par la Police grand- ducale, service de police judiciaire, section des empreintes g\u00e9n\u00e9tiques. A pr\u00e9ciser dans ce contexte que suite \u00e0 la condamnation d\u00e9finitive de P.2.) pour des faits criminels (arr\u00eat n\u00b0 18\/08 CA du 25 juin 2008), son profil ADN fut enregistr\u00e9 dans la banque de donn\u00e9es luxembourgeoise en tant que \u00ab ADN condamn\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Suite aux frottis buccaux effectu\u00e9s sur P.2.) et en ex\u00e9cution d\u2019une ordonnance rendue le 4 octobre 2013 par le juge d\u2019instruction instrumentaire, le Dr. MARCOTTE a retenu dans son rapport d&#039;expertise n\u00b0 INCC\/2013\/05494(DNA13_670) du 2 d\u00e9cembre 2013 qu\u2019elle observait une parfaite correspondance entre le profil g\u00e9n\u00e9tique \u00ab Homme 5 \u00bb, d\u00e9termin\u00e9 ant\u00e9rieurement, et le profil g\u00e9n\u00e9tique de P.2.) \u00e9tabli sur base du mat\u00e9riel biologique pr\u00e9lev\u00e9 sur sa personne. Il en ressort que l\u2019expert a compar\u00e9 le profil g\u00e9n\u00e9tique de P.2.) avec les r\u00e9sultats obtenus ant\u00e9rieurement et r\u00e9pertori\u00e9s au tableau dress\u00e9 aux termes du rapport d\u2019expertise n\u00b0 INCC72012\/01890 (DNA12_117)\/LNS M0000512 du 22 mars 2012, et que la comparaison des profils g\u00e9n\u00e9tiques est r\u00e9alis\u00e9e syst\u00e8me par syst\u00e8me, entretemps au nombre de vingt-deux syst\u00e8mes, les uns \u00e9tant ind\u00e9pendants des autres.<\/p>\n<p>Pour le surplus, pour \u00e9valuer si cette correspondance est r\u00e9elle ou fortuite, l\u2019expert a effectu\u00e9 des calculs statistiques en tenant compte de deux sets d\u2019hypoth\u00e8ses alternatives, minutieusement d\u00e9crits au rapport d\u2019expertise, qui ont permis de conclure que les m\u00e9langes de profils g\u00e9n\u00e9tiques trouv\u00e9s pour les \u00e9chantillons 3112.8m et 3112.9m sont compatibles avec l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle ils proviendraient de P.2.) et d\u2019une personne inconnue.<\/p>\n<p>L\u2019expert parvient \u00e0 la conclusion que les r\u00e9sultats obtenus soutiennent avec une probabilit\u00e9 avoisinant la certitude l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle P.2.) a contribu\u00e9 aux m\u00e9langes de profils g\u00e9n\u00e9tiques obtenus pour les pr\u00e9dits \u00e9chantillons plut\u00f4t qu\u2019un inconnu pris au hasard dans la population caucasienne et non apparent\u00e9 \u00e0 lui.<\/p>\n<p>Il ressort de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que le profil g\u00e9n\u00e9tique de P.2.) correspond au profil g\u00e9n\u00e9tique \u00e9tabli sur base de pr\u00e9l\u00e8vements effectu\u00e9s sur deux tasses de caf\u00e9 d\u00e9couvertes dans l&#039;\u00e9vier de la cuisine de la maison de la famille PC.) (\u00e9chantillons 3112.8m et 3112.9m) et sur le goulot d&#039;une bouteille de Vittel d\u00e9couverte au salon de la maison de la famille PC.) (\u00e9chantillon 3112.15m).<\/p>\n<p>21 P.2.) fut inculp\u00e9 le 14 mars 2014 pour avoir commis les infractions actuellement libell\u00e9es \u00e0 son encontre.<\/p>\n<p>A rappeler qu\u2019aux termes de son rapport d\u2019expertise initial INCC\/DNA03112 du 9 ao\u00fbt 2002, l\u2019expert MARCOTTE a retenu qu\u2019un profil g\u00e9n\u00e9tique d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab Homme 2 \u00bb, provenant d\u2019une personne de sexe masculin a pu \u00eatre obtenu pour le m\u00e9got n\u00b0 5, soit l\u2019\u00e9chantillon 3112.5, pour le scrape \u00ab 8c+10, n\u00b0 2 \u00bb en provenance du frotti du bord de l\u2019une des trois tasses \u00e0 caf\u00e9, ainsi que pour le scrape \u00ab 11+12, n\u00b0 2 \u00bb, soit l\u2019\u00e9chantillon 3112.17m en provenance du frotti effectu\u00e9 sur une canette vide de Coca-Cola.<\/p>\n<p>Suivant le rapport n\u00b0 SPJ\/POLTEC\/2013\/JDA\/2191- 70\/SLUC, service de police judiciaire, service des empreintes g\u00e9n\u00e9tiques, du 17 juillet 2013, une correspondance positive fut \u00e9tablie entre le profil \u00ab Homme 2 \u00bb, d\u00e9fini dans le pr\u00e9dit rapport INCC\/DNA03112 du 9 ao\u00fbt 2002 et enregistr\u00e9 par la suite dans le fichier national des empreintes g\u00e9n\u00e9tiques, et des profils fran\u00e7ais FR001449188000 (Personne identifi\u00e9e), FR001544140000 (Personne identifi\u00e9e), FR003899738000 (Personne identifi\u00e9e) et FR004079721000 (Personne identifi\u00e9e).<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat de la commission rogatoire internationale envoy\u00e9e aux autorit\u00e9s judiciaires de Lyon en date du 23 septembre 2013 a permis d&#039;identifier la personne de P.1.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (\u2026), comme correspondant aux profils g\u00e9n\u00e9tiques fran\u00e7ais \u00e9num\u00e9r\u00e9s dans le pr\u00e9dit rapport n\u00b0 SPJ\/POLTEC\/2013\/JDA\/2192- 70\/SLUC.<\/p>\n<p>P.1.), incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 cette \u00e9poque au centre de d\u00e9tention de Montm\u00e9dy et entendu par les enqu\u00eateurs du Service de Police Judiciaire en ex\u00e9cution d&#039;une commission rogatoire internationale, a contest\u00e9 toute implication dans des faits de prise d\u2019otage et de braquage au Luxembourg, mais a marqu\u00e9 son accord quant \u00e0 des frottis buccaux effectu\u00e9s sur sa personne, r\u00e9pertori\u00e9s par le service de police technique sous le code- bare L5005886 et le n\u00b0 de r\u00e9f\u00e9rence PIC 2007- 001511- 036367.<\/p>\n<p>Par ordonnance rendue le 22 novembre 2013 par le juge d\u2019instruction instrumentaire le Dr. MARCOTTE pr\u00e8s l\u2019INCC fut charg\u00e9e de la double mission de faire \u00e9tablir le profil g\u00e9n\u00e9tique de P.1.) sur base du mat\u00e9riel biologique pr\u00e9lev\u00e9 sur sa personne et de comparer son profil g\u00e9n\u00e9tique avec tous ceux \u00e9tablis aux termes de ses rapports ant\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>En ex\u00e9cution de ladite ordonnance le Dr. MARCOTTE a retenu dans son rapport d&#039;expertise n\u00b0 INCC\/2013\/06076 (DNA13_775) du 16 d\u00e9cembre 2013 que sur base du mat\u00e9riel biologique pr\u00e9lev\u00e9 sur P.1.) son profil g\u00e9n\u00e9tique a pu \u00eatre \u00e9tabli et que les analyses comparatives avec les r\u00e9sultats obtenus selon les rapports ant\u00e9rieurs ont permis d\u2019observer une parfaite correspondance entre le profil g\u00e9n\u00e9tique \u00ab Homme 2 \u00bb et celui de P.1.) .<\/p>\n<p>Pour rappel, le profil g\u00e9n\u00e9tique obtenu pour l\u2019\u00e9chantillon 3112.5, extrait sur le m\u00e9got de cigarette r\u00e9pertori\u00e9 sous le n\u00b0 5 par la police technique, fut d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab Homme 2 \u00bb.<\/p>\n<p>Les analyses biog\u00e9n\u00e9tiques ont permis d\u2019obtenir<\/p>\n<p>&#8212; un profil g\u00e9n\u00e9tique partiel sur l\u2019\u00e9chantillon 3112.11 (srcape 8c+10, n\u00b02) qui correspond \u00e0 l\u2019Homme 2,<\/p>\n<p>22 &#8212; un m\u00e9lange de profils g\u00e9n\u00e9tiques provenant d\u2019au moins deux personnes, \u00e0 composante masculine majoritaire identique au profil g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019Homme 2 pour l\u2019\u00e9chantillon 3112.17 (scrape 11+12, n\u00b02),<\/p>\n<p>&#8212; un m\u00e9lange de profils g\u00e9n\u00e9tiques provenant d\u2019au moins deux personnes pour l\u2019\u00e9chantillon 3112.14 (scrape 11 a+b, n\u00b01) dont l\u2019Homme 2 et l\u2019Homme 4 sont des contributeurs probables \u00e0 ce m\u00e9lange,<\/p>\n<p>&#8212; un m\u00e9lange de profils g\u00e9n\u00e9tiques provenant d\u2019au moins deux personnes pour l\u2019\u00e9chantillon 3112.9 (scrape 8 a+b, n\u00b02), m\u00e9lange compatible avec les profils g\u00e9n\u00e9tiques de l\u2019Homme 2 et de l\u2019Homme 5.<\/p>\n<p>L\u2019expert met en exergue que par exemple le r\u00e9sultat en relation avec l\u2019\u00e9chantillon 3112.5 soutient avec une probabilit\u00e9 avoisinant la certitude l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle P.1.) , plut\u00f4t que toute autre personne non apparent\u00e9e, est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019ADN pr\u00e9sent sur ce m\u00e9got.<\/p>\n<p>Il y a lieu de d\u00e9duire de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que le profil g\u00e9n\u00e9tique de P.1.) correspond donc au profil g\u00e9n\u00e9tique \u00e9tabli sur base d&#039;un m\u00e9got avec filtre de la marque MALBORO trouv\u00e9 sous le canap\u00e9 dans le salon de la famille PC.) , ainsi que sur base d&#039;un pr\u00e9l\u00e8vement effectu\u00e9 sur un verre d\u00e9couvert dans la cuisine de la maison de la famille PC.) et enfin sur base de pr\u00e9l\u00e8vements effectu\u00e9s sur le goulot d\u2019une bouteille de Vittel et une canette vide de Coca- Cola \u00e9galement d\u00e9couverte dans le salon de la famille PC.) .<\/p>\n<p>Positions et arguments des pr\u00e9venus<\/p>\n<p>P.1.) fut remis aux autorit\u00e9s judiciaires luxembourgeoises le 14 f\u00e9vrier 2014 en ex\u00e9cution d&#039;un mandat d&#039;arr\u00eat europ\u00e9en du 17 janvier 2014.<\/p>\n<p>Lors de son interrogatoire de premi\u00e8re comparution du 15 f\u00e9vrier 2014, il a avou\u00e9 avoir particip\u00e9 au tiger -kidnapping en question. Par crainte de repr\u00e9sailles \u00e0 son encontre et \u00e0 l&#039;encontre des membres de sa famille, il a refus\u00e9 de divulguer l&#039;identit\u00e9 de ses coauteurs.<\/p>\n<p>A l\u2019audience il a d\u00e9clar\u00e9 se rapporter \u00e0 ses d\u00e9clarations faites lors de son audition polici\u00e8re du 14 f\u00e9vrier 2014, ainsi que lors de son interrogatoire par le juge d\u2019instruction en date du 15 f\u00e9vrier 2014. C\u2019est alors qu\u2019il affirma avoir \u00e9t\u00e9 contact\u00e9 peu de temps avant les faits par une personne pour cambrioler le coffre-fort d\u2019un dealer, contenant de l\u2019argent et de la coca\u00efne, et que son r\u00f4le aurait d\u00fb se limiter \u00e0 ouvrir le coffre-fort moyennant une disqueuse. Il reconna\u00eet qu\u2019ils voulaient passer \u00e0 l\u2019acte d\u00e9j\u00e0 quelques semaines plut\u00f4t, projet qui aurait \u00e9chou\u00e9 alors qu\u2019ils auraient \u00e9t\u00e9 surpris. Il explique avoir \u00e9t\u00e9 pluritoxicomane \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits et ce depuis 1988. Il souligne n\u2019avoir \u00e9t\u00e9 mis au courant de la prise d\u2019otage et du braquage de la banque qu\u2019une fois sur les lieux et qu\u2019il n\u2019a pu se r\u00e9tracter par peur de repr\u00e9sailles. Dans ce contexte il remarque avoir fait l\u2019objet de tirs de grenailles et d\u2019avoir seulement touch\u00e9 40.000 flux dans le butin. Il se d\u00e9signe comme simple ex\u00e9cutant des autres, qu\u2019il qualifie comme auteurs principaux dans le sens qu\u2019ils auraient connu les victimes, tout comme leur domicile, et qu\u2019ils auraient pr\u00e9par\u00e9 le coup, tout comme ils auraient procur\u00e9 des voitures vol\u00e9es pour se d\u00e9placer sur les lieux. Lui par contre aurait emmen\u00e9 les tenues de production en polyester anti-poussi\u00e8re, port\u00e9es par tous. Aussi il pr\u00e9cise que le pistolet employ\u00e9 par lui aurait \u00e9t\u00e9 une arme factice.<\/p>\n<p>23 Il fait encore \u00e9tat de la pr\u00e9sence d\u2019un quatri\u00e8me auteur, le conducteur d\u2019une voiture (&#8230;) dont le r\u00f4le aurait \u00e9t\u00e9 celui de faire le guet et de leur apporter de quoi manger. Cette personne, qu\u2019il n\u2019aurait pas connu avant les faits, aurait eu un accent albanais.<\/p>\n<p>Il affirme avoir \u00e9t\u00e9 celui des malfrats qui rassurait les otages, qui v\u00e9rifiait si les cordes n\u2019\u00e9taient pas trop serr\u00e9es et si les otages avaient faim ou soif, attitude par ailleurs non appr\u00e9ci\u00e9e par les autres. Ce serait \u00e9galement lui qui aurait veill\u00e9 \u00e0 ce que les cordes moyennant lesquelles PC.1.) fut attach\u00e9 \u00e0 l\u2019arbre ne soient pas trop serr\u00e9es.<\/p>\n<p>A l\u2019audience il d\u00e9clare encore que P.2.) , qu\u2019il conna\u00eetrait de vue, n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sur les lieux. Quant \u00e0 l\u2019identit\u00e9 de ses coauteurs, il persiste dans le silence, soulignant \u00e0 cet \u00e9gard les menaces lui \u00e9tant parvenues r\u00e9cemment.<\/p>\n<p>Il s\u2019est excus\u00e9 aupr\u00e8s des membres de la famille PC.) pour leur avoir caus\u00e9 tant d\u2019angoisses.<\/p>\n<p>P.2.) conteste toute implication dans les faits lui reproch\u00e9s.<\/p>\n<p>Il fait plaider ce que son mandataire qualifie \u00eatre des \u00ab incertitudes \u00bb, voire des \u00ab maladresses \u00bb accourues au long de la proc\u00e9dure, lesquelles il omet de qualifier autrement d\u2019un point de vue juridique, mais qui seraient de nature \u00e0 semer le doute quant \u00e0 la pr\u00e9sence de P.2.) sur les lieux du crime.<\/p>\n<p>La preuve de son implication n\u2019\u00e9tant pas rapport\u00e9e \u00e0 l\u2019exclusion de tout doute, il y aurait lieu de l\u2019acquitter purement et simplement de toutes les pr\u00e9ventions libell\u00e9es \u00e0 son encontre, le doute devant profiter \u00e0 l\u2019accus\u00e9.<\/p>\n<p>Le seul indice d\u2019ADN de P.2.) pr\u00e9tendument trouv\u00e9 sur les lieux du crime n\u2019en constituerait pas une preuve suffisante, ce en l\u2019absence de toute autre \u00e9l\u00e9ment de preuve de nature \u00e0 corroborer son implication, telles des d\u00e9clarations des t\u00e9moins ou victimes dans ce sens.<\/p>\n<p>Quant auxdites \u00ab incertitudes \u00bb invoqu\u00e9es, le pr\u00e9venu fait de prime abord valoir que le listing des 18 objets inventori\u00e9s et saisis le 10 d\u00e9cembre 1999 aurait \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 en violation des articles 48-3 \u00e0 48- 8 du Code d\u2019instruction criminelle, notamment en ce qu\u2019il n\u2019en ressortirait pas qui l\u2019aurait dress\u00e9. Il s\u2019en suivrait que la d\u00e9couverte et la collecte des cellules humaines effectu\u00e9es par la suite n\u2019offriraient pas les garanties l\u00e9gales requises en la mati\u00e8re.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas lieu de faire droit \u00e0 ce moyen dans la mesure que les dispositions l\u00e9gales invoqu\u00e9es par le pr\u00e9venu \u00e9manent de la loi du 25 ao\u00fbt 2006 relative aux empreintes g\u00e9n\u00e9tiques en mati\u00e8re p\u00e9nale, que partant la d\u00e9couverte et la collecte des traces g\u00e9n\u00e9tiques entreprises en l\u2019esp\u00e8ce ont eu lieu \u00e0 un moment o\u00f9 ladite l\u00e9gislation n\u2019\u00e9tait pas encore en vigueur (arr\u00eat n\u00b0 270\/10 Ch.c.C. du 30 avril 2010, not. : 16922\/06\/CD). Pour le surplus, l\u2019inventaire critiqu\u00e9 constitue l\u2019annexe au proc\u00e8s-verbal de base n\u00b0 1- 2342799, dress\u00e9 le 10 d\u00e9cembre 1999 par la Police Judiciaire, section criminalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, duquel il ressort qu\u2019il fut dress\u00e9 par les agents T.2.) , commissaire, B.) , C.) et D.), commissaires-adjoints.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre complet, l\u2019agent T.5.), commissaire-adjoint au sein de la police technique \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits, pr\u00e9cise aux termes du rapport n\u00b0 7\/650\/99\/PP du 23 d\u00e9cembre 1999 que lors de son arriv\u00e9e sur les lieux le 10 d\u00e9cembre 1999 les agents pr\u00e9mentionn\u00e9s de la section criminalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale y \u00e9taient d\u00e9j\u00e0, que divers objets utilis\u00e9s par les auteurs ont pu \u00eatre saisis<\/p>\n<p>24 et que l\u2019inventaire des objets saisis par les agents de la section criminalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale est joint audit rapport. Il pr\u00e9cise encore que les objets y renseign\u00e9s sub 3 \u00e0 sub 12 sont susceptibles d\u2019\u00eatre porteurs d\u2019ADN, raison pour lesquelles ils sont conserv\u00e9s selon les r\u00e8gles de l\u2019art, ce \u00e0 des fins d\u2019identification d\u2019un point de vue g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<p>En deuxi\u00e8me lieu, le pr\u00e9venu invoque un doute quant \u00e0 la m\u00e9thode de pr\u00e9l\u00e8vement et de conservation des \u00e9chantillons pr\u00e9lev\u00e9s sur les objets saisis et inventori\u00e9s, sans pour autant circonstancier autrement son argument de fait.<\/p>\n<p>A cet \u00e9gard il y a lieu de renvoyer aux explications de l\u2019agent T.5.) act\u00e9es au rapport n\u00b0 SPJ\/RGB\/2012\/2192- 62\/HADA du 29 mars 2012 selon lesquelles il a transport\u00e9 les objets saisis aux bureaux de la Police Technique \u00e0 Luxembourg\/Verlorenkost o\u00f9 il a proc\u00e9d\u00e9 aux pr\u00e9l\u00e8vements des traces g\u00e9n\u00e9tiques moyennant le proc\u00e9d\u00e9 SWAB-SAFE. Il pr\u00e9cise que son rapport n\u00b0 7\/625\/01\/PP dress\u00e9 le 28 novembre 2001, qui r\u00e9f\u00e8re au pr\u00e9dit rapport n\u00b0 7\/650\/99\/PP, fait \u00e9tat des objets susceptibles de contenir des traces ADN, y \u00e9num\u00e9r\u00e9s sub 3 \u00e0 sub 12, tout en pr\u00e9cisant que les objets num\u00e9rot\u00e9s sub 8 \u00e0 sub 12 ont fait l\u2019objet des pr\u00e9l\u00e8vements effectu\u00e9s moyennant SWAB-SAFE. Il d\u00e9crit minutieusement les \u00e9tapes du proc\u00e9d\u00e9 de pr\u00e9l\u00e8vement, la fa\u00e7on dont les \u00e9couvillons utilis\u00e9s pour les pr\u00e9l\u00e8vements ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9s, les annotations sur les bo\u00eetes en carton contenant les frottis, ainsi que la concordance de la num\u00e9rotation des pr\u00e9l\u00e8vements avec l\u2019inventaire des pi\u00e8ces \u00e0 conviction saisies et remises \u00e0 l\u2019expert. Un tableau r\u00e9capitulatif et explicatif y est \u00e9galement joint.<\/p>\n<p>Il pr\u00e9cise encore que les bo\u00eetes en carton utilis\u00e9es aux fins pr\u00e9d\u00e9crites sont compos\u00e9es de sorte que les deux applicateurs Scrap ne peuvent pas bouger, ni se toucher, tel qu\u2019il ressort des photos jointes audit rapport illustrant les r\u00e9cipients en question et tel qu\u2019il l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 l\u2019audience sur base d\u2019un \u00e9chantillon amen\u00e9 par lui.<\/p>\n<p>A l\u2019audience il a encore soulign\u00e9 que les pr\u00e9l\u00e8vements effectu\u00e9s par ses soins furent conserv\u00e9s dans l\u2019armoire de son bureau jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils furent transport\u00e9s en 2002 aupr\u00e8s de l\u2019INCC aux fins d\u2019analyse g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<p>Pour le surplus et en troisi\u00e8me lieu, P.2.) entend critiquer le 1 ier rapport d\u2019expertise g\u00e9n\u00e9tique dress\u00e9 le 9 ao\u00fbt 2002 en ce qu\u2019il comprendrait des incoh\u00e9rences au niveau des all\u00e8les r\u00e9pertori\u00e9s dans le tableau y figurant, critiques qu\u2019il a cependant omis de soumettre \u00e0 l\u2019expert MARCOTTE lors de son audition \u00e0 l\u2019audience en date du 28 janvier 2015, ce malgr\u00e9 la demande expresse de la part de la Chambre criminelle aux parties de ce faire le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/p>\n<p>Cela-\u00e9tant et faute d\u2019avoir formul\u00e9 ses observations de fa\u00e7on circonstanci\u00e9e et d\u2019une sorte telle qu\u2019il aurait \u00e9t\u00e9 possible de les v\u00e9rifier sur base des explications fournies, la Chambre criminelle \u00e9carte les critiques al\u00e9atoires de P.2.) par rapport \u00e0 l\u2019expertise du 9 ao\u00fbt 2002. Pour \u00eatre complet, ses dires manquent en toute hypoth\u00e8se de pertinence dans la mesure qu\u2019en 2002 le profil g\u00e9n\u00e9tique de P.2.) n\u2019\u00e9tait pas encore d\u00e9termin\u00e9, la correspondance positive avec ce dernier ne datant que de 2013.<\/p>\n<p>En outre, le pr\u00e9venu P.2.) s\u2019\u00e9tonne que soudainement aux termes du rapport d\u2019expertise dress\u00e9 le 22 mars 2012 des traces ADN suppl\u00e9mentaires auraient \u00e9t\u00e9 extraites, doutant ainsi de l\u2019exactitude des analyses effectu\u00e9es lors des op\u00e9rations d\u2019expertises entreprises en 2012 par les co-experts MARCOTTE et PETKOVSI.<\/p>\n<p>25 A cet \u00e9gard il y a lieu de rappeler que dans le rapport d\u2019expertise n\u00b0 INCC72012\/01890 (DNA12_117)\/LNS M0000512 \u00e9tabli en commun par les docteurs MARCOTTE et PETKOVSKI en date du 22 mars 2012, les deux experts ont confirm\u00e9 la concordance des r\u00e9sultats obtenus avec les r\u00e9sultats pr\u00e9c\u00e9demment d\u00e9gag\u00e9s par l\u2019expert MARCOTTE. Le co- expert PETKOVSKI a pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 l\u2019audience sous la foi du serment que les r\u00e9sultats de 2002 furent tous retravaill\u00e9s sur base des r\u00e9sidus d\u2019ADN conserv\u00e9s en 2002 et confirm\u00e9s dans leur int\u00e9gralit\u00e9. Elle a expos\u00e9 par ailleurs que les nouvelles technologies en mati\u00e8re d\u2019extraction d\u2019ADN, notamment des marqueurs davantage performants et n\u00e9cessairement plus pouss\u00e9s qu\u2019en 2002, leur ont permis d\u2019\u00e9largir leurs recherches quant \u00e0 d\u2019autres traces g\u00e9n\u00e9tiques. Cela expliquerait l\u2019extraction en 2012 d\u2019un \u00ab nouveau \u00bb profil g\u00e9n\u00e9tique d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab Homme 5 \u00bb, qui a bel et bien exist\u00e9 en 2002 mais qui n\u2019a pu \u00eatre d\u00e9fini moyennant les instruments scientifiques de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>A l\u2019audience l\u2019expert Anne MARCOTTE a pour le surplus indiqu\u00e9 qu\u2019elle avait obtenu des profils d\u2019ADN de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019ADN r\u00e9siduel conserv\u00e9s en 2002, pr\u00e9cisant sous ce rapport que la conservation d\u2019ADN \u00e0 temp\u00e9rature ambiante, telle que pratiqu\u00e9e au sein de l\u2019INCC, est infinie.<\/p>\n<p>Il faut partant constater que les experts MARCOTTE et PETKOVSKI ont donn\u00e9 une description d\u00e9taill\u00e9e de leurs m\u00e9thodes de travail et leurs conclusions sont rest\u00e9es constantes, les deux experts se rejoignant quant aux analyses effectu\u00e9es tant s\u00e9par\u00e9ment qu\u2019en commun.<\/p>\n<p>L\u2019expert MARCOTTE a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019audience sous la foi du serment qu\u2019avec une probabilit\u00e9 avoisinant la certitude, terminologie scientifique signifiant selon l\u2019expert 99,99%, les traces d\u2019ADN attribu\u00e9es \u00e0 l\u2019Homme 5 et d\u00e9gag\u00e9es conjointement avec le co-expert PETKOVSKI en 2012 correspondent au profil g\u00e9n\u00e9tique de P.2.) .<\/p>\n<p>Enfin, s\u2019il ne saurait jamais \u00eatre exclu de fa\u00e7on absolue qu\u2019un objet utilis\u00e9 par une personne soit apport\u00e9 sur un lieu et que cet objet porte donc les empreintes g\u00e9n\u00e9tiques de cette personne, l\u2019affirmation de P.2.) selon laquelle les auteurs des infractions, voire m\u00eame les agents de police aient transport\u00e9 son ADN sur les lieux reste \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pure all\u00e9gation, le pr\u00e9venu n\u2019ayant apport\u00e9 aucun \u00e9l\u00e9ment de nature \u00e0 l\u2019\u00e9tablir, ne f\u00fbt-ce qu\u2019un commencement de vraisemblance dans ces dires. Par ailleurs, les faits concordants que le profil g\u00e9n\u00e9tique de P.2.) fut trouv\u00e9 sur une des tasses appartenant \u00e0 la famille PC.) sur laquelle fut \u00e9galement trouv\u00e9 l\u2019ADN de P.1.) , et que sur une autre tasse appartenant \u00e0 la famille fut trouv\u00e9 un m\u00e9lange d\u2019ADN correspondant aux profils g\u00e9n\u00e9tiques de P.2.) et A.) sont manifestement de nature \u00e0 \u00e9carter son argument du transport de son ADN sur les lieux par des tierces personnes.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle d\u00e9duit d\u00e8s lors des rapports d\u2019expertise, non \u00e9nerv\u00e9s par la d\u00e9fense, qu\u2019il n\u2019existe pas de doute raisonnable quant \u00e0 la pr\u00e9sence de P.2.) sur les lieux des crimes perp\u00e9tr\u00e9s du 9 au 10 d\u00e9cembre 1999 \u00e0 (\u2026), (\u2026), dans la maison de la famille PC.) et \u00e0 l\u2019agence BQUE.1.) \u00e0 (&#8230;), (\u2026).<\/p>\n<p>Consid\u00e9rant en plus les d\u00e9clarations d\u2019aveu de P.1.) quant \u00e0 son implication dans les faits pr\u00e9d\u00e9crits, la Chambre criminelle parvient \u00e0 la conclusion que tant P.2.) que P.1.) ont, assist\u00e9 par d\u2019autres personnes, particip\u00e9 aux faits de prise d\u2019otage et de braquage en question.<\/p>\n<p>En Droit :<\/p>\n<p>26 Le Minist\u00e8re Public reproche aux pr\u00e9venus :<\/p>\n<p>\u00ab Du 09\/12\/1999 vers 17.30 heures au 10\/12\/1999 vers 7.10 heures, \u00e0 (\u2026), (\u2026), au domicile de la famille PC.) et le 10\/12\/1999 vers 6.30 heures, \u00e0 (&#8230;) , (\u2026), au local de la BQUE.1.) , vers 06.50 heures sur la route (&#8230;) en direction de (\u2026), dans les environs du \u00ab \u2026 \u00bb, au lieu- dit \u00ab \u2026 \u00bb, sans pr\u00e9judice quant \u00e0 des indications de temps et de lieux plus exactes,<\/p>\n<p>comme auteurs d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit :<\/p>\n<p>de l\u2019avoir ex\u00e9cut\u00e9 ou d\u2019avoir coop\u00e9r\u00e9 directement \u00e0 son ex\u00e9cution ;<\/p>\n<p>d\u2019avoir, par un fait quelconque, pr\u00eat\u00e9 pour l\u2019ex\u00e9cution une aide telle que, sans son assistance, le crime ou le d\u00e9lit n\u2019e\u00fbt pu \u00eatre commis ;<\/p>\n<p>d\u2019avoir, par dons, promesses, menaces, abus d\u2019autorit\u00e9 ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables, directement provoqu\u00e9 \u00e0 ce crime ou \u00e0 ce d\u00e9lit ;<\/p>\n<p>d\u2019avoir, soit par des discours tenus dans des r\u00e9unions ou dans des lieux publics, soit par des placards affich\u00e9s, soit par des \u00e9crits imprim\u00e9s ou non et vendus ou distribu\u00e9s, provoqu\u00e9 directement \u00e0 le commettre ;<\/p>\n<p>comme complice d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit,<\/p>\n<p>d\u2019avoir donn\u00e9 des instructions pour le commettre ;<\/p>\n<p>d\u2019avoir procur\u00e9 des armes, des instruments ou tout autre moyen qui a servi au crime ou au d\u00e9lit, sachant qu\u2019ils devaient y servir ;<\/p>\n<p>d\u2019avoir hors le cas pr\u00e9vu par le paragraphe 3 de l\u2019article 66, avec connaissance, aid\u00e9 ou assist\u00e9 l\u2019auteur ou les auteurs du crime ou du d\u00e9lit dans les faits qui l\u2019ont pr\u00e9par\u00e9 ou facilit\u00e9, ou dans ceux qui l\u2019ont consomm\u00e9 ;<\/p>\n<p>a) en infraction \u00e0 l\u2019article 442-1 du Code p\u00e9nal<\/p>\n<p>d&#039;avoir enlev\u00e9, arr\u00eat\u00e9, d\u00e9tenu ou s\u00e9questr\u00e9 ou fait enlever, arr\u00eater, d\u00e9tenir ou s\u00e9questrer une personne, quelque soit son \u00e2ge, soit pour pr\u00e9parer ou faciliter la commission d&#039;un crime ou d&#039;un d\u00e9lit, soit pour favoriser la fuite ou assurer l&#039;impunit\u00e9 des auteurs ou complices d&#039;un crime ou d&#039;un d\u00e9lit, soit pour faire r\u00e9pondre la personne enlev\u00e9e, arr\u00eat\u00e9e, d\u00e9tenue ou s\u00e9questr\u00e9e de l&#039;ex\u00e9cution d&#039;un ordre ou d&#039;une condition,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir d\u00e9tenu et s\u00e9questr\u00e9 ou fait d\u00e9tenir et s\u00e9questrer Monsieur PC.1.) , n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (\u2026), son \u00e9pouse PC.2.), n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026), et leurs enfants PC.3.) , n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) et PC.4.), n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026), en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.1.), s\u00e9par\u00e9 de sa femme et de ses enfants, dans la chaufferie de sa maison et le menottant durant sa d\u00e9tention et s\u00e9questration, en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.2.) , PC.3.) et PC.4.), au 2 i\u00e8me \u00e9tage dans le d\u00e9barras et en les menottant durant leur d\u00e9tention et s\u00e9questration, en mena\u00e7ant les quatre victimes \u00e0 l\u2019aide d\u2019une mitraillette, d\u2019un pistolet et d\u2019un fusil \u00e0 pompe, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes et \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces, et d\u2019avoir perp\u00e9tr\u00e9 ces d\u00e9tentions et s\u00e9questrations pour faciliter la commission d\u2019un crime, en l\u2019esp\u00e8ce pour pr\u00e9parer et faciliter<\/p>\n<p>27 l\u2019extorsion et le vol renseign\u00e9s infra b) et c), et pour faire r\u00e9pondre PC.1.) de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019ordres et de conditions, ainsi que pour favoriser la fuite et assurer l\u2019impunit\u00e9 des auteurs ou complices de l\u2019extorsion et du vol renseign\u00e9s infra b) et c), en l\u2019esp\u00e8ce, en attachant PC.1.) \u00e0 un arbre \u00e0 la suite de la perp\u00e9tration de l\u2019extorsion et du vol renseign\u00e9s infra b) et c),<\/p>\n<p>b) principalement<\/p>\n<p>en infraction aux articles 470 et 471 du Code p\u00e9nal<\/p>\n<p>d\u2019avoir extorqu\u00e9, par violences ou menaces, soit la remise de fonds, valeurs ou objets mobiliers, soit la signature ou la remise d\u2019un \u00e9crit, d\u2019un acte, d\u2019une pi\u00e8ce quelconque contenant ou op\u00e9rant obligation, disposition ou d\u00e9charge, avec les circonstances que l\u2019extorsion a \u00e9t\u00e9 commise dans une maison habit\u00e9e ou ses d\u00e9pendances, avec effraction, escalade ou fausses clefs, la nuit par deux ou plusieurs personnes et que des armes ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir extorqu\u00e9 par violences et menaces, au pr\u00e9judice de la BQUE.1.) , notamment la remise de fonds \u00e0 hauteur de 4.818.500 francs luxembourgeois et de 2.250.517 francs en devises (DM, FR, GBP, USD et CHF),<\/p>\n<p>avec les circonstances que l\u2019extorsion a \u00e9t\u00e9 commise :<\/p>\n<p>&#8212; \u00e0 l\u2019aide de fausses clefs, &#8212; en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.1.) , s\u00e9par\u00e9 de sa femme et de ses enfants dans la chaufferie de sa maison et le menottant durant sa d\u00e9tention et s\u00e9questration, en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.2.) , PC.3.) et PC.4.), au 2 i\u00e8me \u00e9tage dans le d\u00e9barras et en les menottant durant leur d\u00e9tention et s\u00e9questration, en mena\u00e7ant les quatre victimes \u00e0 l\u2019aide d\u2019une mitraillette, d\u2019un pistolet et d\u2019un fusil \u00e0 pompe, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes et \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces, &#8212; au domicile de la famille PC.) \u00e0 (\u2026) et au rez-de-chauss\u00e9e d\u2019un immeuble abritant la BQUE.1.), partant dans des maisons habit\u00e9es, &#8212; la nuit par deux ou plusieurs personnes, en l\u2019esp\u00e8ce par trois personnes,<\/p>\n<p>subsidiairement<\/p>\n<p>en infraction aux articles 461, 468 et 471 du Code p\u00e9nal<\/p>\n<p>d\u2019avoir soustrait frauduleusement au pr\u00e9judice d\u2019autrui une chose ne lui appartenant pas avec les circonstances que le vol a \u00e9t\u00e9 commis \u00e0 l\u2019aide de violences ou de menaces dans une maison habit\u00e9e ou ses d\u00e9pendances, avec effraction , escalade ou fausses clefs, la nuit par deux ou plusieurs personnes et que des armes ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir frauduleusement soustrait, au pr\u00e9judice de la BQUE.1.) , notamment la remise de fonds \u00e0 hauteur de 4.818.500.- francs luxembourgeois et de 2.250.517 francs en devises (DM, FR, GBP, USD et CHF),<\/p>\n<p>partant des objets appartenant \u00e0 autrui<\/p>\n<p>28 avec les circonstances que le vol a \u00e9t\u00e9 commis :<\/p>\n<p>&#8212; \u00e0 l\u2019aide de fausses clefs, &#8212; en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.1.) , s\u00e9par\u00e9 de sa femme et de ses enfants dans la chaufferie de sa maison et le menottant durant sa d\u00e9tention et s\u00e9questration, en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.2.) , PC.3.) et PC.4.), au 2 i\u00e8me \u00e9tage dans le d\u00e9barras et en les menottant durant leur d\u00e9tention et s\u00e9questration, en mena\u00e7ant les quatre victimes \u00e0 l\u2019aide d\u2019une mitraillette, d\u2019un pistolet et d\u2019un fusil \u00e0 pompe, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes et \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces, &#8212; dans la maison de la famille PC.) et au rez-de-chauss\u00e9e d\u2019un immeuble abritant la BQUE.1.), partant dans des maisons habit\u00e9es, &#8212; la nuit par deux ou plusieurs personnes, en l\u2019esp\u00e8ce par trois personnes,<\/p>\n<p>c) en infraction aux articles 461, 468 et 471 du Code p\u00e9nal<\/p>\n<p>d\u2019avoir soustrait frauduleusement au pr\u00e9judice d\u2019autrui une chose ne lui appartenant pas avec les circonstances que le vol a \u00e9t\u00e9 commis \u00e0 l\u2019aide de violences ou de menaces dans une maison habit\u00e9e ou ses d\u00e9pendances, avec effraction, escalade ou fausses clefs, la nuit par deux ou plusieurs personnes et que des armes ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir frauduleusement soustrait, au pr\u00e9judice de la famille PC.) , notamment :<\/p>\n<p>&#8212; la somme de 36.000 francs luxembourgeois &#8212; une veste pour homme de couleur noire-beige-blanche de la taille L, de la marque L.O.G.G Sport &#8212; un bonnet gris de la taille 60 &#8212; un chapeau pour femme de couleur noire; &#8212; une lampe de poche en aluminium, d\u2019une longueur approximative de 15 cm, avec deux piles &#8212; un parapluie &#8212; un sac de sport bleu fonc\u00e9 portant l\u2019inscription \u00ab ASS.1.) \u00bb &#8212; la voiture (&#8230;) avec les plaques d\u2019immatriculation (&#8230;) (L), partant des objets appartenant \u00e0 autrui,<\/p>\n<p>avec les circonstances que le vol a \u00e9t\u00e9 commis :<\/p>\n<p>&#8212; \u00e0 l\u2019aide de fausses clefs, &#8212; en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.1.) , s\u00e9par\u00e9 de sa femme et de ses enfants dans la chaufferie de sa maison et en le menottant durant sa d\u00e9tention et s\u00e9questration, en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.2.), PC.3.) et PC.4.), au 2 i\u00e8me \u00e9tage dans le d\u00e9barras et en les menottant durant leur d\u00e9tention et s\u00e9questration, en mena\u00e7ant les quatre victimes \u00e0 l\u2019aide d\u2019une mitraillette, d\u2019un pistolet et d\u2019un fusil \u00e0 pompe, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes et \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces, &#8212; dans la maison de la famille PC.) , partant dans une maison habit\u00e9e, &#8212; la nuit par deux ou plusieurs personnes, en l\u2019esp\u00e8ce par quatre personnes,<\/p>\n<p>d) en infraction aux articles 1, cat\u00e9gorie II et 5 de la loi actuellement modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et munitions,<\/p>\n<p>d\u2019avoir sans autorisation minist\u00e9rielle, import\u00e9, fabriqu\u00e9, transform\u00e9, r\u00e9par\u00e9, acquis,<\/p>\n<p>29 achet\u00e9, d\u00e9tenu, mis en d\u00e9p\u00f4t, transport\u00e9, port\u00e9, c\u00e9d\u00e9, vendu, export\u00e9 ou fait le commerce d\u2019armes et de munitions soumises \u00e0 autorisation,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir d\u00e9tenu, transport\u00e9 et port\u00e9 un pistolet sans disposer d\u2019une autorisation du Ministre de la Justice,<\/p>\n<p>e) en infraction aux articles 1, cat\u00e9gorie I et 4 de la loi actuellement modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et munitions,<\/p>\n<p>d\u2019avoir import\u00e9, fabriqu\u00e9, transform\u00e9, r\u00e9par\u00e9, acquis, achet\u00e9, d\u00e9tenu, mis en d\u00e9p\u00f4t, transport\u00e9, port\u00e9, c\u00e9d\u00e9, vendu, export\u00e9 ou fait le commerce d\u2019armes et de munitions prohib\u00e9es,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir d\u00e9tenu, transport\u00e9 et port\u00e9 un fusil \u00e0 pompe et une mitraillette, partant des armes destin\u00e9es \u00e0 porter atteinte aux biens ou aux personnes par le feu. \u00bb<\/p>\n<p>La Chambre criminelle constate de prime abord que le Minist\u00e8re Public reproche \u00e0 P.1.) et P.2.) sub d) et e) des d\u00e9lits. Ces d\u00e9lits doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant connexes aux crimes retenus par l&#039;ordonnance de renvoi.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re r\u00e9pressive, il est de principe que le fait le plus grave attire \u00e0 lui le fait de moindre gravit\u00e9 et que le juge comp\u00e9tent pour conna\u00eetre des crimes l&#039;est aussi pour conna\u00eetre des d\u00e9lits mises \u00e0 charge du m\u00eame pr\u00e9venu si, dans l&#039;int\u00e9r\u00eat de la v\u00e9rit\u00e9, les divers chefs de pr\u00e9ventions ne peuvent \u00eatre bien appr\u00e9ci\u00e9s que dans la m\u00eame instruction devant les m\u00eames juges.<\/p>\n<p>I.) Quant \u00e0 l\u2019infraction reproch\u00e9e aux pr\u00e9venus sub a) L\u2019article 442-1 du Code p\u00e9nal dispose que : \u00ab Sera puni de la r\u00e9clusion de 15 \u00e0 20 ans celui qui aura enlev\u00e9, arr\u00eat\u00e9, d\u00e9tenu ou s\u00e9questr\u00e9 ou fait enlever, arr\u00eater, d\u00e9tenir ou s\u00e9questrer une personne, quel que soit son \u00e2ge, soit pour pr\u00e9parer ou faciliter la commission d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit, soit pour favoriser la fuite ou assurer l\u2019impunit\u00e9 des auteurs ou complices d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit, soit pour faire r\u00e9pondre la personne enlev\u00e9e, arr\u00eat\u00e9e, d\u00e9tenue ou s\u00e9questr\u00e9e de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un ordre ou d\u2019une condition. Toutefois la peine sera celle de la r\u00e9clusion de 10 \u00e0 15 ans si la personne enlev\u00e9e, arr\u00eat\u00e9e, d\u00e9tenue ou s\u00e9questr\u00e9e pour r\u00e9pondre de l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un ordre ou d\u2019une condition est lib\u00e9r\u00e9e volontairement avant le cinqui\u00e8me jour accompli depuis celui de l\u2019enl\u00e8vement, de l\u2019arrestation, de la d\u00e9tention ou de la s\u00e9questration sans que l\u2019ordre ou la condition ait \u00e9t\u00e9 ex\u00e9cut\u00e9. La peine sera celle de la r\u00e9clusion \u00e0 vie, si l\u2019enl\u00e8vement, l\u2019arrestation, la d\u00e9tention ou la s\u00e9questration a \u00e9t\u00e9 suivi de la mort de la personne enlev\u00e9e, arr\u00eat\u00e9e, d\u00e9tenue ou s\u00e9questr\u00e9e \u00bb. Il r\u00e9sulte des travaux parlementaires pr\u00e9liminaires \u00e0 la loi du 29 novembre 1982 relative \u00e0 la prise d\u2019otages que dans le cadre de l\u2019\u00e9laboration de sa loi, le l\u00e9gislateur luxembourgeois s\u2019est inspir\u00e9 de la loi fran\u00e7aise du 9 juillet 1971 relative aux prises d\u2019otages et aux enl\u00e8vements de mineurs.<\/p>\n<p>1) Les notions d\u2019arrestation, de d\u00e9tention et de s\u00e9questration<\/p>\n<p>La doctrine fran\u00e7aise soumet l\u2019application du texte de loi du 8 juin 1970 qui a pour objet de r\u00e9primer l\u2019arrestation, la d\u00e9tention et la s\u00e9questration de personnes quelconques hors les cas o\u00f9 la loi l\u2019ordonne, \u00e0 l\u2019accomplissement des trois conditions suivantes, \u00e0 savoir:<\/p>\n<p>&#8212; un acte mat\u00e9riel d\u2019arrestation, de d\u00e9tention ou de s\u00e9questration, &#8212; l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de cette atteinte \u00e0 la libert\u00e9 individuelle, &#8212; l\u2019intention criminelle de l\u2019agent.<\/p>\n<p>a) Un acte mat\u00e9riel d\u2019arrestation, de d\u00e9tention ou de s\u00e9questration L\u2019arrestation consiste dans l\u2019appr\u00e9hension du corps d\u2019un individu de telle sorte qu\u2019il se trouve priv\u00e9 d\u2019aller et de venir \u00e0 son gr\u00e9 (cf. GARCON, art.341 \u00e0 344, n\u00b05; VOULIN, par M.- L. RASSAT, n\u00b0 208). Quant \u00e0 la d\u00e9tention et la s\u00e9questration la doctrine dit qu\u2019elles impliquent \u00e9galement une privation de libert\u00e9 pendant un certain laps de temps. Le droit belge consacre la m\u00eame approche : \u00ab L\u2019arrestation est la situation o\u00f9 une personne se voit perdre la libert\u00e9 d\u2019aller et de venir \u00e0 la suite de l\u2019intervention d\u2019une autorit\u00e9 ou d\u2019un tiers. Pour qu\u2019il y ait prise d\u2019otages, il est requis, bien entendu, que l\u2019arrestation soit ill\u00e9gale. Le seul fait de l\u2019arrestation suffit sans qu\u2019il soit exig\u00e9 que la privation de libert\u00e9 se prolonge dans le temps ; il s\u2019agit ici d\u2019une infraction instantan\u00e9e. La d\u00e9tention est, quant \u00e0 elle, la privation de libert\u00e9 d\u2019une personne qui perdure dans le temps : il s\u2019agit de la situation o\u00f9 une personne est maintenue en un lieu d\u00e9termin\u00e9 en telle sorte que, eu \u00e9gard aux circonstances de fait, celle-ci se trouve dans l\u2019impossibilit\u00e9 de se lib\u00e9rer ou de faire appel \u00e0 des secours. Bien entendu, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019arrestation, la d\u00e9tention doit \u00eatre ill\u00e9gale. Il s\u2019agit d\u2019une infraction continue \u00bb (Larcier, Les infractions, volume 2, Les infractions contre les personnes p.72 et 73). En l\u2019esp\u00e8ce, les \u00e9poux P C.1.)-PC.2.) et leurs enfants PC.3.) et PC.4.) ont \u00e9t\u00e9 ligot\u00e9s moyennant des cordes, du ruban adh\u00e9sif et des menottes sur des matelas. PC.2.) et ses enfants ont \u00e9t\u00e9 retenus sous la menace d\u2019armes dans le d\u00e9barras, tandis que PC.1.) a dans un premier temps \u00e9t\u00e9 retenu dans le garage et ensuite dans la chaufferie de la maison d\u2019habitation. Le 10 d\u00e9cembre 1999 au petit matin, PC.1.) a \u00e9t\u00e9 conduit \u00e0 (&#8230;) , sous la menace d\u2019armes \u00e0 feu et en lui faisant savoir qu\u2019il n\u2019allait plus revoir sa famille faute d\u2019obtemp\u00e9rer aux instructions des malfrats, le tout dans le but de d\u00e9valiser l\u2019institut bancaire dans lequel il travaillait en tant que caissier. Finalement les brigands l\u2019ont ligot\u00e9 dans une for\u00eat isol\u00e9e \u00e0 un arbre pour \u00e9viter qu\u2019il ne puisse avertir directement la Police et les emp\u00eacher ainsi \u00e0 prendre la fuite.<\/p>\n<p>Les membres de la famille PC.) ayant manifestement \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de leur libert\u00e9 d\u2019aller et de venir au sens de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, l\u2019acte mat\u00e9riel de la s\u00e9questration est donn\u00e9.<\/p>\n<p>b) L\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de l\u2019arrestation, de la d\u00e9tention et de la s\u00e9questration<\/p>\n<p>31 C\u2019est l\u2019application du principe g\u00e9n\u00e9ral que les arrestations et les d\u00e9tentions ne peuvent \u00eatre ordonn\u00e9es et ex\u00e9cut\u00e9es que par les repr\u00e9sentants de l\u2019autorit\u00e9 publique et qu\u2019en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, mise \u00e0 part les exceptions limitativement pr\u00e9vues par la loi, comme par exemple la possibilit\u00e9 d\u2019appr\u00e9hension par toute personne de l\u2019auteur d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit flagrant, nul particulier n\u2019a le droit d\u2019arr\u00eater, de d\u00e9tenir ou de s\u00e9questrer un individu quelconque.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de l\u2019atteinte \u00e0 la libert\u00e9 individuelle d\u2019un chacun des membres de la famille PC.) r\u00e9sulte sans \u00e9quivoque du dossier r\u00e9pressif.<\/p>\n<p>c) L\u2019intention criminelle de l\u2019agent Conform\u00e9ment aux principes g\u00e9n\u00e9raux du droit, le mobile n\u2019\u00e9carte pas l\u2019intention criminelle qui existe d\u00e8s que l\u2019auteur d\u2019une arrestation, d\u2019une d\u00e9tention ou d\u2019une s\u00e9questration a agi en connaissance de cause, peu importe les raisons qui l\u2019ont d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 le faire. L\u2019intention r\u00e9sulte de la conscience de l\u2019auteur d\u2019un des actes pr\u00e9vus par la loi de priver sans droit, respectivement sans raison l\u00e9gitime une personne de sa libert\u00e9 d\u2019aller et de venir. Quant \u00e0 l\u2019intention criminelle dans le chef des auteurs ayant \u0153uvr\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce, elle ne fait pas de doute non plus en ce que les auteurs, tous masqu\u00e9s et arm\u00e9s, ont \u00e9mis des menaces \u00e0 l\u2019\u00e9gard de leurs victimes, leur faisant savoir qu\u2019ils avaient d\u00e9j\u00e0 braqu\u00e9 la banque dans laquelle PC.1.) travaillait et ne se g\u00eanant pas d\u2019immobiliser l\u2019employ\u00e9 de la banque et ses proches au domicile familial pour lui extirper les informations n\u00e9cessaires pour d\u00e9pouiller une seconde fois l\u2019institut bancaire. Il est donc \u00e9tabli que les actes de s\u00e9questration r\u00e9alis\u00e9s au domicile de la famille PC.1)-PC.2.) en ce qui concerne PC.1.) l\u2019ont \u00e9t\u00e9 dans un premier temps dans le but de perp\u00e9trer le crime d\u2019extorsion analys\u00e9 ci-apr\u00e8s. La seconde phase de privation de libert\u00e9 de PC.1.) dans un bois isol\u00e9, ligot\u00e9 \u00e0 un arbre, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e dans le but de permettre aux malfaiteurs de prendre la fuite.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019\u00e9pouse du sieur PC.1.) et \u00e0 leurs deux enfants, les auteurs se sont rendus coupables d\u2019une prise d\u2019otage au sens propre du terme en ce que la d\u00e9tention\/s\u00e9questration de ces personnes a eu pour but de les faire r\u00e9pondre de l\u2019ex\u00e9cution des ordres que les auteurs donnaient \u00e0 PC.1.) pour s\u2019approprier l\u2019argent de la BQUE.1.) .<\/p>\n<p>En effet, la menace prof\u00e9r\u00e9e \u00e0 l\u2019adresse de PC.1.) qu\u2019en cas d\u2019inex\u00e9cution de ces ordres, il ne reverrait plus sa famille vise et met en cause cette derni\u00e8re, qui, ligot\u00e9e et b\u00e2illonn\u00e9e, et, selon les dires des malfrats, amen\u00e9e et retenue quelque part en France, \u00e9tait dans l\u2019esprit de PC.1.) compl\u00e8tement \u00e0 la merci des auteurs.<\/p>\n<p>Par contre les \u00e9l\u00e9ments de la cause ne sont pas de nature \u00e0 retenir que les actes de s\u00e9questration pos\u00e9s en l\u2019occurrence l\u2019aient \u00e9t\u00e9 dans le but de faciliter et de commettre le vol des objets appartenant \u00e0 la Famille PC.) , libell\u00e9 sub c), cette infraction ayant certes \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e pendant les p\u00e9riodes de s\u00e9questration mais n\u2019en constituant pas la finalit\u00e9.<\/p>\n<p>2) L\u2019\u00e9l\u00e9ment moral, le but des actes d\u2019arrestation, de d\u00e9tention ou de s\u00e9questration Pour l\u2019application de l\u2019article 442- 1 du Code p\u00e9nal, il faut une corr\u00e9lation \u00e9troite entre les faits d\u2019enl\u00e8vement, d\u2019arrestation, de d\u00e9tention ou de s\u00e9questration d\u2019une part, et la commission d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit d\u2019autre part.<\/p>\n<p>Il faut ensuite pour le cas o\u00f9 il y a prise d\u2019otages en vue de pr\u00e9parer ou de faciliter la commission d\u2019un crime ou d\u2019un d\u00e9lit qu\u2019elle soit ant\u00e9rieure ou au plus tard concomitante \u00e0 la consommation du crime ou du d\u00e9lit. En revanche dans le cas o\u00f9 il y a prise d\u2019otages en vue d\u2019assurer la fuite des malfaiteurs ou d\u2019en assurer leur impunit\u00e9, celle- ci peut se r\u00e9aliser \u00e0 tout moment, m\u00eame longtemps apr\u00e8s la commission de l\u2019infraction.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il ressort des \u00e9l\u00e9ments de la cause que les actes de s\u00e9questration entrepris en l\u2019occurrence, commis avec la finalit\u00e9 de s\u2019approprier les fonds conserv\u00e9s dans les coffres forts de l\u2019agence de la BQUE.1.) \u00e0 (&#8230;), sont en corr\u00e9lation directe, partant concomitants avec la perp\u00e9tration de l\u2019extorsion pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 471 du Code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence de ce qui pr\u00e9c\u00e8de les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l&#039;infraction pr\u00e9vue par les dispositions de l&#039;article 442- 1 alin\u00e9a 1er du Code p\u00e9nal sont \u00e9tablis.<\/p>\n<p>II. Quant \u00e0 l\u2019infraction reproch\u00e9e aux pr\u00e9venus sub b) en ordre principal Le Minist\u00e8re Public reproche sub b) de l\u2019ordonnance de renvoi aux pr\u00e9venus d\u2019avoir extorqu\u00e9 par violences et menaces au pr\u00e9judice de la BQUE.1.) la remise de fonds \u00e0 hauteur de 4.818.500 francs luxembourgeois et de 2.250.517 francs en devises avec les circonstances que l\u2019extorsion a \u00e9t\u00e9 commise \u00e0 l\u2019aide de fausses clefs, en s\u00e9questrant PC.1.) et sa famille, en les mena\u00e7ant \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes et \u00e0 l\u2019aide de violences, le tout dans une maison habit\u00e9e et la nuit par plusieurs. L\u2019infraction d\u2019extorsion requiert les \u00e9l\u00e9ments constitutifs suivants :<\/p>\n<p>&#8212; l\u2019intention frauduleuse, &#8212; l\u2019emploi de violences ou de man\u0153uvre, &#8212; la remise de l\u2019objet de la main de la victime.<\/p>\n<p>1) L\u2019intention frauduleuse<\/p>\n<p>Le crime d\u2019extorsion exige que l\u2019auteur ait agi de mauvaise foi, qu\u2019il ait poursuivi la r\u00e9alisation d\u2019un but ou d\u2019un gain ill\u00e9gitime.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il ne fait pas de doute que cette condition se trouve \u00e9tablie par les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif.<\/p>\n<p>2) L\u2019emploi de violences ou de menaces Pour d\u00e9terminer si l\u2019extorsion a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9e de violences ou de menaces, il y a lieu de se r\u00e9f\u00e9rer aux d\u00e9finitions de l\u2019article 483 du Code p\u00e9nal. L&#039;article 483 du Code p\u00e9nal d\u00e9fini les violences comme \u00e9tant : \u00ab les actes de contrainte physique exerc\u00e9s contre les personnes \u00bb. S&#039;y r\u00e9f\u00e9rant, la doctrine et la jurisprudence y incluent tous les actes de contrainte physiques exerc\u00e9s sur la personne de la victime dont on veut abuser, les violences devant avoir une<\/p>\n<p>33 gravit\u00e9 suffisante pour analyser la r\u00e9sistance de la victime (cf. Novelles, t. III, v\u00b0 viol n\u00b0 6195).<\/p>\n<p>La Cour de Cassation dans son arr\u00eat du 25.03.1982 (P.XV, p. 252) inclut encore dans la d\u00e9finition de violences, les atteintes directes \u00e0 l&#039;int\u00e9grit\u00e9 physique, et tout acte ou voie de fait de nature \u00e0 exercer une influence coercitive sur la victime, sans qu&#039;il ne soit requis que celle- ci ait \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e \u00e0 un danger s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>L&#039;article 483 du Code p\u00e9nal entend par menaces : \u00ab tous les moyens de contrainte morale par la crainte d&#039;un mal imminent \u00bb.<\/p>\n<p>Les actes de contrainte morale peuvent s&#039;ext\u00e9rioriser par la parole, le geste ou encore l&#039;\u00e9criture. La menace doit \u00eatre de nature \u00e0 dominer la r\u00e9sistance de la victime et il faut que la victime du vol ait l&#039;impression qu&#039;elle n&#039;aura pas le moyen de recourir \u00e0 l&#039;autorit\u00e9 pour \u00e9viter l&#039;accomplissement de la menace.<\/p>\n<p>Dans l&#039;appr\u00e9ciation des menaces, il sera tenu compte des circonstances de l&#039;\u00e2ge, de la situation et de la condition des personnes menac\u00e9es (cf. Gaston SCHUIND, Trait\u00e9 pratique de droit criminel, T.I, Des vols et des extorsions; Cour de Cassation, 25.03.1982, P. XV, p. 252).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il r\u00e9sulte de la relation claire et non \u00e9quivoque des faits par PC.1.) que le soir du 9 d\u00e9cembre 1999 les agresseurs l\u2019ont forc\u00e9 sous la menace d\u2019armes \u00e0 feu de leur expliquer le fonctionnement des alarmes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la banque et ce apr\u00e8s l\u2019avoir jet\u00e9 sur un matelas et l\u2019avoir ligot\u00e9 dans la chaufferie de son domicile. Durant ce temps sa famille \u00e9tait ligot\u00e9e et s\u00e9questr\u00e9e dans un d\u00e9barras au dernier \u00e9tage de leur domicile. Le lendemain matin, PC.1.) a \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 sur son lieu de travail et les malfrats lui ont donn\u00e9 des instructions claires \u00e0 suivre, invoquant avant son entr\u00e9e dans la banque une fois de plus qu\u2019il mettrait en p\u00e9ril la vie de ses membres de famille faute par lui d\u2019y obtemp\u00e9rer.<\/p>\n<p>La remise du contenu des deux coffres forts par PC.1.) aux malfaiteurs ayant eu lieu dans le contexte pr\u00e9d\u00e9crit, il y a lieu de retenir que l\u2019extorsion de fonds reproch\u00e9e \u00e0 P.1.) et P.2.) fut commise \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces psychiques, tant verbales que moyennant pr\u00e9sentation d\u2019armes \u00e0 feu.<\/p>\n<p>3) La remise de l\u2019objet par la victime<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il ressort du dossier r\u00e9pressif et des d\u00e9clarations de PC.1.) qu\u2019il a d\u00fb remettre la sacoche contenant les fonds pr\u00e9alablement emball\u00e9s dans la banque \u00e0 ses agresseurs, du moment o\u00f9 ceux-ci l\u2019ont contraint \u00e0 remonter dans la voiture.<\/p>\n<p>Il suit de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 470 du Code p\u00e9nal sont r\u00e9unis.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les circonstances aggravantes libell\u00e9es par le Minist\u00e8re Public :<\/p>\n<p>&#8212; les fausses clefs :<\/p>\n<p>34 L\u2019article 487 du Code p\u00e9nal pr\u00e9voit que \u00ab sont qualifi\u00e9s de fausses clefs : Tous crochets, rossignols, passe-partout, clefs imit\u00e9es, contrefaites ou alt\u00e9r\u00e9es. Les clefs qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 destin\u00e9es par le propri\u00e9taire, locataire, aubergiste ou logeur aux serrures, cadenas ou aux fermetures quelconques auxquelles le coupable les aura employ\u00e9es, les clefs perdues, \u00e9gar\u00e9es ou soustraites qui auront servi \u00e0 commettre le vol. Toutefois, l\u2019emploi de fausses clefs ne constituera une circonstance aggravante que s\u2019il a eu lieu pour ouvrir des objets dont l\u2019effraction e\u00fbt entra\u00een\u00e9 une aggravation de peine. \u00bb<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif que PC.1.) a d\u00fb ouvrir les coffres forts de la BQUE.1.) pour pouvoir acc\u00e9der aux fonds et qu\u2019\u00e0 cet instant il s\u2019y trouvait seul. Les clefs proprement dites pour avoir acc\u00e8s \u00e0 la banque et aux coffres forts n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 soustraites, la Chambre criminelle estime que cette circonstance n\u2019est pas \u00e9tablie en rapport avec le crime au pr\u00e9judice de la BQUE.1.) .<\/p>\n<p>Partant il n\u2019y a pas lieu de retenir cette circonstance aggravante.<\/p>\n<p>&#8212; la maison habit\u00e9e : \u00ab Une condition indispensable \u00e0 l\u2019application de l\u2019article 471 du Code p\u00e9nal r\u00e9side dans la circonstance que des violences ou menaces aient \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9es dans la maison ou ses d\u00e9pendances \u00bb (cf. Gaston SCHUIND, Trait\u00e9 pratique de droit criminel, T.I, Des vols et des extorsions). La circonstance de la maison habit\u00e9e, essentielle pour l&#039;application de l&#039;article 471 du Code p\u00e9nal et d\u00e9finie \u00e0 l&#039;article 479 du m\u00eame Code, ne vise pas seulement les \u00e9difices ou constructions o\u00f9 serait \u00e9tablie l&#039;habitation ou la demeure permanente de personnes, mais une demeure temporaire et partielle pour certaines occupations ou activit\u00e9s est suffisante pour conf\u00e9rer aux lieux en questions la nature de maison habit\u00e9e (cf. Raymond CHARLES, Introduction \u00e0 l&#039;Etude du Vol, n\u00b0660 et 661). De m\u00eame, \u00ab Rentrent notamment dans la d\u00e9finition de l\u2019article 479 du Code p\u00e9nal: un magasin \u00bb (cf. Gaston SCHUIND, Trait\u00e9 pratique de droit criminel, T.I, Des vols et des extorsions; Cass., 1 ier mars 1971, Pas.1971, I, 588 R.P.D.B. V\u00b0 Vol 660). En vertu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, tant le domicile de la famille PC.) que l\u2019agence de la BQUE.1.) sise \u00e0 (&#8230;) constituent des maisons habit\u00e9es au sens de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, de sorte qu\u2019il y a lieu de retenir cette circonstance aggravante.<\/p>\n<p>&#8212; la nuit par deux ou plusieurs personnes : En l\u2019esp\u00e8ce, il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif et notamment des d\u00e9clarations concordantes de PC.1.) et de PC.2.) que les auteurs \u00e9taient au moins au nombre de trois. Il ressort des d\u00e9clarations de P.1.) qu\u2019un quatri\u00e8me auteur a fait le guet et leur a apport\u00e9 de quoi manger. L\u2019article 478 du Code p\u00e9nal d\u00e9finit le vol commis la nuit comme \u00e9tant le vol commis plus d\u2019une heure avant le lever et plus d\u2019une heure apr\u00e8s le coucher du soleil.<\/p>\n<p>35 L\u2019extorsion ayant \u00e9t\u00e9 commise le 10 d\u00e9cembre 1999 vers 06.34 heures, soit au moins une heure avant le lever du soleil, qui \u00e9tait \u00e0 08.37 heures le jour en question, la circonstance aggravante de la commission de l\u2019infraction la nuit par plusieurs personnes doit \u00e9galement \u00eatre retenue.<\/p>\n<p>&#8212; des armes ayant \u00e9t\u00e9 montr\u00e9es ou employ\u00e9es : Pour d\u00e9terminer si le vol a \u00e9t\u00e9 commis moyennant emploi ou pr\u00e9sentation d\u2019armes, il y a lieu de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019article 482 du Code p\u00e9nal qui dispose que \u00ab sont compris dans le mot armes, les objets d\u00e9sign\u00e9s \u00e0 l\u2019article 135 du pr\u00e9sent Code \u00bb. L\u2019article 135 du Code p\u00e9nal dispose que \u00ab sont compris dans le mot armes, toutes machines, tous instruments, ustensiles ou autres objets tranchants, per\u00e7ants ou contondants, dont on se sera saisi pout tuer, blesser ou frapper, m\u00eame si l\u2019on n\u2019en a pas fait usage \u00bb.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il ressort des d\u00e9positions constantes et concordantes des t\u00e9moins PC.) et PC.2.) que les malfaiteurs portaient des armes \u00e0 feu et qu\u2019ils les ont utilis\u00e9es pour menacer les membres de la famille PC.) , supprimant ainsi toute r\u00e9sistance dans le chef de leurs victimes. Ces armes ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenues au moment de se rendre le 10 d\u00e9cembre 1999 vers 06.30 heures \u00e0 (&#8230;) , pour y d\u00e9valiser l\u2019institut bancaire. L\u2019extorsion ayant donc \u00e9t\u00e9 commise en employant des armes \u00e0 feu, la circonstance aggravante y relative est \u00e0 retenir.<\/p>\n<p>&#8212; \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces : Cette circonstance ayant d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e et retenue dans le cadre des \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction d\u2019extorsion, il n\u2019y a plus lieu de revenir sur ces d\u00e9veloppements. &#8212; la s\u00e9questration des membres de la famille PC.1.) -PC.2.) : Le Minist\u00e8re Public reproche aux pr\u00e9venus d\u2019avoir commis le crime d\u2019extorsion avec la circonstance d\u2019avoir d\u00e9tenu et s\u00e9questr\u00e9 les \u00e9poux PC.1.) -PC.2.) et leurs enfants \u00e0 leur domicile \u00e0 (\u2026).<\/p>\n<p>Force est cependant de constater que la circonstance libell\u00e9e par le Minist\u00e8re Public n\u2019est pas pr\u00e9vue aux termes de l\u2019article 471 du Code p\u00e9nal, de sorte que la s\u00e9questration ne se con\u00e7oit pas \u00e0 titre de circonstance aggravante et n\u2019est donc pas susceptible d\u2019\u00eatre retenue en tant que telle.<\/p>\n<p>III. Quant \u00e0 l\u2019infraction reproch\u00e9e aux pr\u00e9venus sub c)<\/p>\n<p>Le Minist\u00e8re Public reproche aux pr\u00e9venus d&#039;avoir commis un vol qualifi\u00e9 au pr\u00e9judice de la famille PC.1.)-PC.2.), le crime \u00e9tant greff\u00e9 de plusieurs circonstances aggravantes.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des d\u00e9clarations de la famille PC.1.) -PC.2.) quant aux faits s\u2019\u00e9tant d\u00e9roul\u00e9s \u00e0 leur domicile que les auteurs se sont introduits, contre le gr\u00e9 de PC.1.) dans le garage et dans le domicile de ce dernier. Ils l\u2019ont forc\u00e9 \u00e0 leur remettre les clefs de l\u2019immeuble sous la menace d\u2019armes.<\/p>\n<p>36 A l\u2019int\u00e9rieur du domicile de PC.1.) , son \u00e9pouse et ses enfants ont \u00e9t\u00e9 ligot\u00e9s et s\u00e9questr\u00e9s dans un d\u00e9barras au dernier \u00e9tage et PC.1.) a pass\u00e9 la nuit s\u00e9par\u00e9 de sa famille, ligot\u00e9 sur un matelas dans la chaufferie de l\u2019immeuble. Il r\u00e9sulte des d\u00e9clarations de PC.1.) que le but de cette s\u00e9questration \u00e9tait d\u2019obtenir des informations sur le fonctionnement de la banque, plus pr\u00e9cis\u00e9ment des coffres forts, et de se rendre directement \u00e0 l\u2019institut bancaire pour finaliser le braquage. Ce n\u2019est que suite aux explications du tr\u00e9sorier dans le sens que la minuterie en marche ne permettrait pas l\u2019ouverture des coffres forts avant 05.30 heures que les malfaiteurs ont improvis\u00e9 et ont d\u00e9cid\u00e9 de passer la nuit au domicile de la famille PC.). C\u2019est alors que les auteurs ont fouill\u00e9 le domicile de la famille PC.) et se sont empar\u00e9s des effets personnels appartenant \u00e0 leurs victimes, tous \u00e9num\u00e9r\u00e9s aux termes de l\u2019ordonnance de renvoi.<\/p>\n<p>La pr\u00e9vention de vol est partant \u00e9tablie. La famille ayant \u00e9t\u00e9 ligot\u00e9e et menac\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes \u00e0 feu, il en de m\u00eame en ce qui concerne les violences et menaces.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle estime d\u00e8s lors que les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction de vol commis \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces sont r\u00e9unis en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les circonstances aggravantes libell\u00e9es par le Minist\u00e8re Public :<\/p>\n<p>&#8212; les fausses clefs :<\/p>\n<p>Il est \u00e9tabli en cause que les auteurs de l\u2019agression des membres de la famille PC.) se sont empar\u00e9s des cl\u00e9s de la porte d\u2019entr\u00e9e de la maison, d\u00e9tenues par le sieur PC.1.) , pour pouvoir commettre les infractions subs\u00e9quentes de s\u00e9questration et de vol. Ces cl\u00e9s soustraites doivent \u00eatre assimil\u00e9es aux fausses cl\u00e9s en application de l\u2019article 487 du Code p\u00e9nal. &#8212; des armes ayant \u00e9t\u00e9 montr\u00e9es ou employ\u00e9es : Comme il a \u00e9t\u00e9 retenu ci-avant, les malfaiteurs \u00e9taient arm\u00e9s d\u2019armes \u00e0 feu qu\u2019ils ont utilis\u00e9es pour menacer les membres de la famille PC.) . Le vol ayant donc \u00e9t\u00e9 commis en employant des armes \u00e0 feu, cette circonstance aggravante est donn\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce. &#8212; la maison habit\u00e9e : La Chambre criminelle renvoie aux d\u00e9veloppements r\u00e9alis\u00e9s ci-avant pour retenir cette circonstance aggravante. &#8212; la nuit par deux ou plusieurs personnes : La Chambre criminelle renvoie encore aux d\u00e9veloppements r\u00e9alis\u00e9s ci-avant pour retenir cette circonstance aggravante. &#8212; la s\u00e9questration des membres de la famille PC.1.) -PC.2.) : Le Minist\u00e8re Public reproche aux pr\u00e9venus d\u2019avoir commis le crime de vol \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant les \u00e9poux PC.1.)-PC.2.) et leurs enfants \u00e0 leur domicile \u00e0 (\u2026).<\/p>\n<p>Force est cependant de constater qu\u2019une telle circonstance aggravante n\u2019est pas pr\u00e9vue par le l\u00e9gislateur, de sorte qu\u2019elle ne se con\u00e7oit pas.<\/p>\n<p>IV. Quant \u00e0 l\u2019infraction aux articles 1, cat\u00e9gorie II et 5 de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et les munitions, libell\u00e9e au point d) Il est \u00e9tabli par les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif et notamment par les d\u00e9positions de PC.1.) et de PC.2.) que les auteurs du braquage \u00e9taient arm\u00e9s d\u2019armes de poing, armes pr\u00e9vues par l\u2019article 1, cat\u00e9gorie II de la l\u00e9gislation sur les armes, partant qu\u2019ils ont d\u00e9tenu, transport\u00e9 et port\u00e9 ces armes sans disposer d\u2019une autorisation du Ministre de la Justice.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, l\u2019infraction libell\u00e9e au point d) de l\u2019ordonnance de renvoi s\u2019av\u00e8re donn\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>V. Quant \u00e0 l\u2019infraction aux articles 1, cat\u00e9gorie I, et 4 de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et les munitions, libell\u00e9e au point e)<\/p>\n<p>Il est encore \u00e9tabli par les \u00e9l\u00e9ments du dossier et notamment par les d\u00e9positions de la famille PC.1.)-PC.2.) que les auteurs du braquage portaient un fusil \u00e0 pompe et une mitraillette, armes pr\u00e9vues par l\u2019article 1, cat\u00e9gorie I de la l\u00e9gislation sur les armes, partant qu\u2019ils ont d\u00e9tenu, transport\u00e9 et port\u00e9 ces armes prohib\u00e9es.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, l\u2019infraction libell\u00e9e au point e) de l\u2019ordonnance de renvoi s\u2019av\u00e8re donn\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus P.1.) et P.2.) sont \u00e0 retenir dans les liens des pr\u00e9ventions ci-avant retenues comme auteurs les ayant ex\u00e9cut\u00e9es eux-m\u00eames, ce de concert avec un ou plusieurs individus.<\/p>\n<p>En effet, il est de doctrine et de jurisprudence constantes que ceux qui coop\u00e8rent directement \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution des actes mat\u00e9riels de l&#039;infraction sont \u00e0 qualifier d&#039;auteurs. Ce sont des auteurs par acte mat\u00e9riel, par opposition aux auteurs par acte intellectuel (cf. J. S.G. NYPELS et J. SERVAIS, Code p\u00e9nal belge interpr\u00e9t\u00e9, livre premier, article 66).<\/p>\n<p>Il est encore de doctrine et de jurisprudence constantes que &quot; les circonstances aggravantes objectives qui tiennent au fait lui-m\u00eame, qui lui sont inh\u00e9rentes, telles que p.ex. les aggravations qui ont accompagn\u00e9 un vol commis \u00e0 l&#039;aide d&#039;escalade, d&#039;effraction ou de fausses cl\u00e9s, se communiquent \u00e0 tous ceux qui ont pris \u00e0 cette infraction une part \u00e9gale ou in\u00e9gale, encore bien qu&#039;ils aient ignor\u00e9 ces circonstance s&quot; (cf. J.S.G. NYPELS, L\u00e9gislation criminelle, t.1, p. 133; CONSTANT, Trait\u00e9 \u00e9l\u00e9mentaire de droit p\u00e9nal, p. 334).<\/p>\n<p>Pour qu&#039;il y ait participation criminelle, il faut que l&#039;auteur ou le complice ait connaissance qu&#039;il participe \u00e0 un crime d\u00e9termin\u00e9, qu&#039;il connaisse toutes les circonstances qui donnent au fait, \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution duquel il coop\u00e8re, le caract\u00e8re d&#039;un crime (Cass. belge, 9 d\u00e9cembre 1986, Pas. 1987, I, 437). Il faut ensuite l&#039;existence d&#039;un fait mat\u00e9riel de participation pr\u00e9alable ou concomitant selon un des modes pr\u00e9vus aux articles 66 et 67 du Code p\u00e9nal. Il faut enfin un concours de volont\u00e9 dans le chef des participants, une volont\u00e9 d&#039;agir dans le but de commettre ensemble une infraction (Marchal et Jaspar, Principes de Droit p\u00e9nal, no 246).<\/p>\n<p>38 Il ressort des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif soumis \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de la Chambre criminelle que les hommes masqu\u00e9s et arm\u00e9s ayant \u0153uvr\u00e9 en l\u2019occurrence, parmi lesquels les pr\u00e9venus P.1.) et P.2.), ont \u0153uvr\u00e9 en groupe et qu\u2019ils ont volontairement, sciemment et directement coop\u00e9r\u00e9 \u00e0 la perp\u00e9tration des actes mat\u00e9riels constitutifs des infractions retenues ci-avant, ce dans le but final de se voir remettre le contenu des coffres forts de l\u2019agence de la BQUE.1.) \u00e0 (&#8230;). L\u2019affirmation de P.1.) qu\u2019il se serait d\u00e9plac\u00e9 au domicile de la famille PC.) dans le but de commettre une autre infraction, soit le cambriolage d\u2019un dealer, voire qu\u2019il aurait particip\u00e9 aux faits en cause par peur et faute de pouvoir se r\u00e9tracter est rest\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019all\u00e9gation d\u2019une part, et d\u00e9pourvue de pertinence d\u2019autre part dans la mesure qu\u2019une fois arriv\u00e9 au domicile de la famille PC.) il savait pertinemment de quoi il s\u2019agissait et a activement coop\u00e9r\u00e9 aux actes de s\u00e9questration commis \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la famille PC.) , ainsi qu\u2019\u00e0 tous les actes subs\u00e9quents pos\u00e9s en vue de la finalit\u00e9 pr\u00e9d\u00e9crite.<\/p>\n<p>En consid\u00e9ration des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent, P.1.) et P.2.) sont convaincus par les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif, ensemble les r\u00e9sultats des expertises et des commissions rogatoires librement discut\u00e9s en audience publique y compris les d\u00e9positions des t\u00e9moins entendus \u00e0 l&#039;audience sous la foi du serment:<\/p>\n<p>\u00ab comme auteurs ayant ex\u00e9cut\u00e9 eux- m\u00eames les infractions suivantes,<\/p>\n<p>a. du 09\/12\/1999 vers 17.30 heures au 10\/12\/1999 vers 7.10 heures, \u00e0 (\u2026),(\u2026), au domicile de la famille PC.) et le 10\/12\/1999 vers 6.30 heures , \u00e0 (&#8230;) ,(\u2026), au local de la BQUE.1.) , vers 06.50 heures sur la route (&#8230;) en direction de (\u2026), dans les environs du \u00ab (\u2026)\u00bb, au lieu- dit \u00ab(\u2026), en infraction \u00e0 l\u2019article 442- 1 du Code p\u00e9nal d&#039;avoir d\u00e9tenu et s\u00e9questr\u00e9 une personne, pour pr\u00e9parer et faciliter la commission d&#039;un crime, pour favoriser la fuite et assurer l&#039;impunit\u00e9 des auteurs de crimes et de d\u00e9lits, ainsi que pour faire r\u00e9pondre la personne d\u00e9tenue et s\u00e9questr\u00e9e de l&#039;ex\u00e9cution d&#039;un ordre, en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir d\u00e9tenu et s\u00e9questr\u00e9 Monsieur PC.1.) , n\u00e9 le (\u2026)\u00e0 (\u2026) ((\u2026)), son \u00e9pouse PC.2.), n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026), et leurs enfants PC.3.), n\u00e9 le (\u2026)\u00e0 (\u2026) et PC.4.), n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026), en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.1.) , s\u00e9par\u00e9 de sa femme et de ses enfants, dans la chaufferie de sa maison et le menottant durant sa d\u00e9tention et s\u00e9questration, en d\u00e9tenant et en s\u00e9questrant PC.2.) , PC.3.) et PC.4.), au 2 i\u00e8me \u00e9tage dans le d\u00e9barras et en les ligotant durant leur d\u00e9tention et s\u00e9questration, en mena\u00e7ant les quatre victimes \u00e0 l\u2019aide d\u2019une mitraillette, d\u2019un pistolet et d\u2019un fusil \u00e0 pompe, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes et \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces, et d\u2019avoir perp\u00e9tr\u00e9 ces d\u00e9tentions et s\u00e9questrations pour faciliter la commission d\u2019un crime, en l\u2019esp\u00e8ce pour pr\u00e9parer et faciliter l\u2019extorsion renseign\u00e9e infra b), et pour faire r\u00e9pondre PC.2.) , PC.3.) et PC.4.) de l\u2019ex\u00e9cution des ordres donn\u00e9es \u00e0 PC.1.) , ainsi que pour favoriser la fuite et assurer l\u2019impunit\u00e9 des auteurs ou complices de l\u2019extorsion renseign\u00e9 infra b), en l\u2019esp\u00e8ce, en attachant PC.1.) \u00e0 un arbre \u00e0 la suite de la perp\u00e9tration de l\u2019extorsion renseign\u00e9e infra b),.<\/p>\n<p>b. du 09\/12\/1999 vers 17.30 heures au 10\/12\/1999 vers 7.10 heures, \u00e0 (\u2026),(\u2026), au domicile de la famille PC.) et le 10\/12\/1999 vers 6.30 heures, \u00e0 (&#8230;) ,(\u2026), au local de la BQUE.1.) ,<\/p>\n<p>en infraction aux articles 470 et 471 du Code p\u00e9nal,<\/p>\n<p>d\u2019avoir extorqu\u00e9, par violences et menaces la remise de fonds avec les circonstances que l\u2019extorsion a \u00e9t\u00e9 commise dans une maison habit\u00e9e, la nuit par plusieurs personnes et que des armes ont \u00e9t\u00e9 montr\u00e9es,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir extorqu\u00e9 par violences et menaces, au pr\u00e9judice de la BQUE.1.) , notamment la remise de fonds \u00e0 hauteur de 4.818.500.- francs luxembourgeois et de 2.250.517 francs en devises (DM, FR, GBP, USD et CHF) avec les circonstances que l\u2019extorsion a \u00e9t\u00e9 commise au domicile de la famille PC.1.)-PC.2.) \u00e0 (\u2026) et au rez-de- chauss\u00e9e d\u2019un immeuble abritant la BQUE.1.) \u00e0 (&#8230;), partant dans des maisons habit\u00e9es, la nuit par quatre personnes et \u00e0 l\u2019aide d\u2019une mitraillette, d\u2019un pistolet et d\u2019un fusil \u00e0 pompe, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes,<\/p>\n<p>c. du 09\/12\/1999 vers 17.30 heures au 10\/12\/1999 vers 7.10 heures, \u00e0 (\u2026),(\u2026), au domicile de la famille PC.), en infraction aux articles 461,468 et 471 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir soustrait frauduleusement au pr\u00e9judice d\u2019autrui une chose ne lui appartenant pas avec les circonstances que le vol a \u00e9t\u00e9 commis \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces dans une maison habit\u00e9e, \u00e0 l\u2019aide de fausses cl\u00e9s, la nuit par plusieurs personnes et que des armes ont \u00e9t\u00e9 montr\u00e9es,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce d\u2019avoir frauduleusement soustrait, au pr\u00e9judice de la famille PC.) , notamment :<\/p>\n<p>&#8212; la somme de 36.000.- francs luxembourgeois ; &#8212; une veste pour homme de couleur noire-beige-blanche de la taille L, de la marque L.O.G.G Sport ; &#8212; un bonnet gris de la taille 60 ; &#8212; un chapeau pour femme de couleur noire ; &#8212; une lampe de poche en aluminium, d\u2019une longueur approximative de 15 cm, avec deux piles ; &#8212; un parapluie : &#8212; un sac de sport bleu fonc\u00e9 portant l\u2019inscription \u00ab ASS.1.) \u00bb ; &#8212; la voiture (&#8230;) avec les plaques d\u2019immatriculation (\u2026) (L) ;<\/p>\n<p>partant des objets appartenant \u00e0 autrui avec les circonstances que le vol a \u00e9t\u00e9 commis \u00e0 l\u2019aide de fausses clefs, dans la maison de la famille PC.), partant dans une maison habit\u00e9e, la nuit par trois personnes et qu\u2019une mitraillette, un pistolet et un fusil \u00e0 pompe, partant des armes, ont \u00e9t\u00e9 montr\u00e9es,<\/p>\n<p>d. du 09\/12\/1999 vers 17.30 heures, au 10\/12\/1999 vers 7.10 heures \u00e0 (\u2026),(\u2026), au domicile de la famille PC.), et le 10\/12\/1999 vers 06.30 heures, \u00e0 (&#8230;) ,(\u2026), au local de la BQUE.1.) , en infraction aux articles 1, cat\u00e9gorie II, et 5 de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et les munitions, d\u2019avoir sans autorisation minist\u00e9rielle, d\u00e9tenu, transport\u00e9 et port\u00e9 des armes soumises \u00e0 autorisation,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir d\u00e9tenu, transport\u00e9 et port\u00e9 un pistolet, sans disposer d\u2019une autorisation du Ministre de la Justice,<\/p>\n<p>e. du 09\/12\/1999 vers 17.30 heures, au 10\/12\/1999 vers 7.10 heures \u00e0 (\u2026),(\u2026), au domicile de la famille PC.), et le 10\/12\/1999 vers 06.30 heures, \u00e0 (&#8230;) ,(\u2026), au local de la BQUE.1.) , en infraction aux articles 1, cat\u00e9gorie I, et 4 de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1985 sur les armes et les munitions, d\u2019avoir d\u00e9tenu, transport\u00e9 et port\u00e9 des armes prohib\u00e9es, en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir d\u00e9tenu, transport\u00e9 et port\u00e9 un fusil \u00e0 pompe et une mitraillette, partant des armes destin\u00e9es \u00e0 porter atteinte aux biens ou aux personnes par le feu.<\/p>\n<p>La peine applicable Les infractions aux articles 442-1 et 470 du Code p\u00e9nal, ainsi qu\u2019aux infractions \u00e0 la l\u00e9gislation sur les armes, retenues \u00e0 l\u2019encontre des pr\u00e9venus P.1.) et P.2.), ont \u00e9t\u00e9 commises dans une intention criminelle unique, de sorte que les dispositions de l\u2019article 65 du Code p\u00e9nal, d\u2019apr\u00e8s lesquelles la peine la plus forte sera seule prononc\u00e9e si le m\u00eame fait constitue plusieurs infractions, sont applicables. En effet : \u00ab La notion du concours id\u00e9al est traditionnellement \u00e9tendue par la jurisprudence \u00e0 l\u2019hypoth\u00e8se de la commission de plusieurs faits s\u00e9par\u00e9s dans le temps qui pris isol\u00e9ment, sont chacun punissable en soi lorsqu\u2019ils proc\u00e8dent d\u2019une intention unique (P. 27. Somm. P. 91 n\u00b010) \u00bb.<\/p>\n<p>Ce groupe d\u2019infraction se trouve en concours r\u00e9el avec l\u2019infraction \u00e0 l\u2019article 471 du Code p\u00e9nal, \u00e9galement retenue \u00e0 leur encontre.<\/p>\n<p>En application de l\u2019article 62 du Code p\u00e9nal, en cas de concours de plusieurs crimes, la peine la plus forte sera seule prononc\u00e9e, cette peine, si elle consiste dans la r\u00e9clusion \u00e0 temps ou dans la r\u00e9clusion de cinq \u00e0 dix ans, pouvant m\u00eame \u00eatre \u00e9lev\u00e9e de cinq ans au-dessus du maximum.<\/p>\n<p>L\u2019article 442-1 du Code p\u00e9nal pr\u00e9voit une peine de r\u00e9clusion de quinze \u00e0 vingt ans.<\/p>\n<p>Le vol commis \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces dans une maison habit\u00e9e, avec deux des circonstances pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 471 du Code p\u00e9nal, est puni de la r\u00e9clusion de quinze \u00e0 vingt ans.<\/p>\n<p>Cette sanction, identique \u00e0 celle pr\u00e9vue pour l\u2019extorsion aux articles 470 et 471 du Code p\u00e9nal, est donc la sanction la plus forte.<\/p>\n<p>La peine applicable en l\u2019esp\u00e8ce, en tenant compte des dispositions de l\u2019article 62 du Code p\u00e9nal, est ainsi comprise entre quinze et vingt-cinq ans de r\u00e9clusion.<\/p>\n<p>Il est indubitable que les agissements des pr\u00e9venus d\u00e9montrent une tr\u00e8s grande d\u00e9termination<\/p>\n<p>41 et une \u00e9nergie criminelle sans pareille. En effet, ils n\u2019ont pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 menacer et \u00e0 s\u00e9questrer \u00e0 l\u2019aide d\u2019armes \u00e0 feu des tierces personnes dans un pur esprit de lucre, plus pr\u00e9cis\u00e9ment afin de pouvoir s\u2019approprier les fonds d\u00e9tenus dans les coffres forts de l\u2019agence de la BQUE.1.) de (&#8230;).<\/p>\n<p>La hautaine nonchalance avec laquelle les pr\u00e9venus d\u00e9cident de disposer de la vie et de la libert\u00e9 de personnes leur \u00e9tant totalement \u00e9trang\u00e8res et ne leur ayant strictement rien fait, caract\u00e9rise un comportement dont la dangerosit\u00e9 inh\u00e9rente, ne serait-ce en raison de la pr\u00e9sence d\u2019armes \u00e0 feu, n\u2019est plus autrement \u00e0 relever.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 P.2.) , le seul \u00e9l\u00e9ment un tant soit peu en sa faveur, tout en tenant compte de la gravit\u00e9 intrins\u00e8que des faits en cause et de la peur impos\u00e9e aux personnes soumises \u00e0 son bon vouloir, est \u00e0 rechercher dans le fait qu\u2019il n\u2019a pas proc\u00e9d\u00e9 avec la derni\u00e8re des brutalit\u00e9s, permettant aux victimes ligot\u00e9es de se lib\u00e9rer encore assez facilement, respectivement d\u2019avoir la possibilit\u00e9 d\u2019\u00eatre relativement vite secourues, certes une fois que les pr\u00e9venus avaient atteint leur but et assur\u00e9 leur fuite.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, la Chambre criminelle estime qu\u2019une peine de r\u00e9clusion de seize ans est une sanction appropri\u00e9e au comportement et \u00e0 la personnalit\u00e9 de P.2.) .<\/p>\n<p>En application des dispositions de l\u2019article 628- 3 du Code d\u2019instruction criminelle, les condamnations ant\u00e9rieures de P.2.) en France, renseign\u00e9es sur son casier fran\u00e7ais, sont assimil\u00e9es, quant aux dispositions concernant le sursis, aux condamnations prononc\u00e9es par les juridictions luxembourgeoises.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 les condamnations ant\u00e9rieures du pr\u00e9venu, plus aucun am\u00e9nagement de la sanction retenue \u00e0 son encontre n\u2019est envisageable d\u2019apr\u00e8s les dispositions des articles 626 et 629 du Code d\u2019instruction criminelle.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 P.1.) , la m\u00eame consid\u00e9ration que celle formul\u00e9e en ce qui concerne son coauteur P.2.) s\u2019impose.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rant en plus que depuis son extradition, P.1.) a avou\u00e9 sa participation aux faits lui reproch\u00e9s, aveux qu\u2019il a \u00e9galement maintenus \u00e0 l\u2019audience, et qu\u2019il a d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 l\u2019audience un certain repentir quant \u00e0 ses agissements \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la famille PC.) , la Chambre criminelle estime qu\u2019une peine de r\u00e9clusion de quatorze ans est une sanction appropri\u00e9e au comportement et \u00e0 la personnalit\u00e9 de P.1.) .<\/p>\n<p>Compte tenu des ant\u00e9c\u00e9dents judiciaires du pr\u00e9venu r\u00e9sultant de son casier judiciaire fran\u00e7ais, plus aucun am\u00e9nagement n\u2019est possible quant \u00e0 la peine de r\u00e9clusion.<\/p>\n<p>Au civil<\/p>\n<p>1) La partie civile de PC.1.) contre P.1.) et P.2.)<\/p>\n<p>A l\u2019audience de la Chambre criminelle du 29 janvier 2015 Ma\u00eetre Jean MINDEN, avocat \u00e0 la Cour, s\u2019est constitu\u00e9 partie civile pour PC.1.) contre les d\u00e9fendeurs au civil P.1.) et P.2.) et a r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats les montants indemnitaires suivants:<\/p>\n<p>42 1) indemnit\u00e9 r\u00e9paratrice de l&#039;atteinte temporaire et d\u00e9finitive \u00e0 l&#039;int\u00e9grit\u00e9 physique et psychique &#8212; atteinte temporaire \u00e0 l&#039;int\u00e9grit\u00e9 physique pendant la p\u00e9riode du 9 d\u00e9cembre 1999 \u00e0 juillet 2001 : 10.000,00 &#8212; atteinte temporaire \u00e0 l&#039;int\u00e9grit\u00e9 physique pendant la p\u00e9riode d\u2019ao\u00fbt 2011 \u00e0 novembre 2014 (13 ans et 4 mois \u00e0 20%) : 160 (mois) x 250 = 40.000,00 &#8212; atteinte d\u00e9finitive \u00e0 l&#039;int\u00e9grit\u00e9 physique (IPP de 30% ; \u00e2ge de la victime \u00e0 la consolidation : 63 ans) : 30 x 1.700 = 51.000,00 TOTAL : 101.000,00, tout en expliquant que l&#039;expert Dr. Roland HIRSCH a retenu dans un rapport du 18 ao\u00fbt 2001 une IPP de 20 % et dans un rapport du 5 d\u00e9cembre 2014, apr\u00e8s aggravation des l\u00e9sions, une IPP de 30 %. Pr\u00e9cisant en plus que cette indemnit\u00e9 r\u00e9paratrice de l\u2019atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique comporte une part mat\u00e9rielle et une part morale, chacune de 50%, dont la part mat\u00e9rielle est soumise au recours de l\u2019AAA, PC.1.) revendique \u00e0 titre de l\u2019atteinte \u00e0 son int\u00e9grit\u00e9 physique et psychique le montant de 50.500 euros, auquel il rajoute les postes suivants : 2) pr\u00e9judice moral imputable au traumatisme psychique 25.000,00 3) pr\u00e9judice d\u2019agr\u00e9ment 25.000,00<\/p>\n<p>TOTAL 100.500,00.<\/p>\n<p>D\u00e9duisant dudit total l\u2019indemnit\u00e9 de 25.000 euros en principal vers\u00e9e par l&#039;Etat sur la base de la loi modifi\u00e9e du 12 mars 1984 relative \u00e0 l&#039;indemnisation de certaines victimes de dommages corporels r\u00e9sultant d&#039;une infraction, le demandeur au civil requiert la condamnation solidaire de P.1.) et P.2.) au paiement de la somme de 75.500 euros , ou toute autre somme m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 arbitrer par la Chambre criminelle ou \u00e0 dire d&#039;experts, avec les int\u00e9r\u00eats compensatoires au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, date de l&#039;infraction, jusqu&#039;\u00e0 solde. En cas d\u2019expertise, il requiert l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 provisionnelle de 30.000 euros.<\/p>\n<p>Il est constant en cause que dans le cadre du proc\u00e8s p\u00e9nal s\u2019\u00e9tant d\u00e9roul\u00e9 en octobre 2012 \u00e0 l\u2019encontre de A.) , ayant d\u00e9bouch\u00e9 au jugement n\u00b0 LCRI rendu le 12 novembre 2012 par la Chambre criminelle pr\u00e8s le Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, relatifs aux notices 4528\/99\/CD et 22032\/99\/CD, PC.1.) , son \u00e9pouse PC.2.) et leurs enfants PC.4.) et PC.3.) les PC.) se sont oralement constitu\u00e9s parties civiles \u00e0 l\u2019encontre de A.) en ce qui concerne les faits en relation avec la notice 22032\/99\/CD . Chacun d\u2019eux a r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du 8 octobre 2012 la somme de 25.000 euros \u00e0 titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral subi en raison des faits commis \u00e0 leur \u00e9gard les 9 et 10 d\u00e9cembre 1999<\/p>\n<p>A cette \u00e9poque la Chambre criminelle a d\u00e9clar\u00e9 fond\u00e9e et justifi\u00e9e chacune des demandes civiles pour le montant de 15.000 euros, \u00e9valu\u00e9es ex aequo et bono sur base des explications fournies par les demandeurs civils respectifs \u00e0 l\u2019audience.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les faits en relation avec la notice 4528\/99\/CD, concernant le braquage de la filiale de la BQUE.1.) ayant eu lieu le 25 f\u00e9vrier 1999, PC.1.) , seul y impliqu\u00e9, s\u2019est constitu\u00e9 partie civile pour obtenir r\u00e9paration du dommage moral subi par lui en raison de ces<\/p>\n<p>43 faits. A ce titre il a r\u00e9clam\u00e9 le montant de 25.000 euros et la somme de 10.000 euros lui fut allou\u00e9e.<\/p>\n<p>En instance d\u2019appel les demandeurs au civil ont r\u00e9it\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du 12 d\u00e9cembre 2013 leurs parties civiles respectives et ont demand\u00e9 la confirmation du jugement rendu en 1 i\u00e8re<\/p>\n<p>instance, entrepris par le Minist\u00e8re Public et le pr\u00e9venu A.) .<\/p>\n<p>Par arr\u00eat n\u00b0 3\/13 rendu le 19 f\u00e9vrier 2013, la Chambre criminelle de la Cour d\u2019appel a retenu que les montants indemnitaires allou\u00e9s respectivement constituent une r\u00e9paration juste et ad\u00e9quate.<\/p>\n<p>La demande civile actuellement formul\u00e9e par PC.1.) est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision intervenue au p\u00e9nal \u00e0 l\u2019encontre de P.1.) et P.2.).<\/p>\n<p>PC.1.) ayant \u00e9valu\u00e9 en octobre 2012 son dommage moral \u00e0 25.000 pour des faits \u00e9tant identiques \u00e0 ceux pour lesquels il r\u00e9clame actuellement des dommages-int\u00e9r\u00eats \u00e0 l\u2019\u00e9gard de coauteurs, non identifi\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et ayant accept\u00e9 le montant inf\u00e9rieur lui allou\u00e9 en demandant en instance d\u2019appel la confirmation du jugement dont appel, il lui revient \u00e0 l\u2019heure actuelle de justifier l\u2019augmentation du quantum du dommage moral actuellement r\u00e9clam\u00e9, chiffr\u00e9 d\u00e9sormais \u00e0 75.500 euros.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 qu\u2019il ressort des pi\u00e8ces vers\u00e9es par lui que depuis 2001 il est b\u00e9n\u00e9ficiaire d\u2019une rente d\u2019invalidit\u00e9, qu\u2019il touche sur base d\u2019une IPP retenue dans son chef \u00e0 cette \u00e9poque, ses revendications indemnitaires formul\u00e9es en 2012 et 2013 ont n\u00e9cessairement compris la part morale de son atteinte \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique, consolid\u00e9e \u00e0 cette \u00e9poque. En l\u2019absence d\u2019autres pr\u00e9cisions ou r\u00e9serves formul\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9poque par le demandeur au civil, la Chambre criminelle estime que le dommage moral alors r\u00e9clam\u00e9 par PC.1.) a compris le pr\u00e9judice d\u2019agr\u00e9ment, ainsi que celui pour douleurs endur\u00e9es et que le montant de 25.000 euros constituait pour lui une indemnisation ad\u00e9quate et suffisante pour les faits commis \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019augmentation de son IPP de 10 %, qui s\u2019\u00e9l\u00e8verait actuellement selon le rapport du Dr. HIRSCH du 5 d\u00e9cembre 2014 \u00e0 30%, l\u2019augmentation all\u00e9gu\u00e9e ne se justifie pas pour les motifs avanc\u00e9s, \u00e0 savoir sa mise \u00e0 la retraite depuis le dernier proc\u00e8s, tout comme le stress \u00e9motionnel cr\u00e9\u00e9 par l\u2019av\u00e8nement d\u2019un \u00ab deuxi\u00e8me \u00bb proc\u00e8s.<\/p>\n<p>Comme PC.1.), ne soutenant m\u00eame pas qu\u2019il revendique actuellement des postes indemnitaires non compris dans sa demande civile formul\u00e9e en 2012, n\u2019a pas justifi\u00e9 de dommage distinct de celui r\u00e9clam\u00e9 en octobre 2012, la Chambre criminelle d\u00e9clare sa demande civile tendant \u00e0 la r\u00e9paration de son dommage moral en relation avec les infractions retenues \u00e0 charge des d\u00e9fendeurs au civil fond\u00e9e et justifi\u00e9e ex aequo et bono pour le montant de 15.000 euros.<\/p>\n<p>En application de l\u2019article 50 du Code p\u00e9nal, tous les individus condamn\u00e9s pour une m\u00eame infraction, sont condamn\u00e9s solidairement des restitutions et des dommages-int\u00e9r\u00eats. \u00ab En effet la solidarit\u00e9 d\u00e9rive de la m\u00eame infraction concert\u00e9e entre les pr\u00e9venus et non du jugement. (\u2026) il suffit qu\u2019ils le soient pour une m\u00eame infraction. \u00bb (J.J. HAUS Principes G\u00e9n\u00e9raux du<\/p>\n<p>44 Droit P\u00e9nal Belge, Tome II, n\u00b0 1066).<\/p>\n<p>Il s\u2019en suit qu\u2019il y a lieu de condamner P.1.) et P.2.) solidairement au paiement \u00e0 PC.1.) de la somme de 15.000 euros, ce avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 courir \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, jours des faits, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>2) La partie civile de PC.2.) contre P.1.) et P.2.)<\/p>\n<p>A l\u2019audience de la Chambre criminelle du 29 janvier 2015, Ma\u00eetre Jean MINDEN, avocat \u00e0 la Cour, s\u2019est constitu\u00e9 partie civile pour PC.2.) , \u00e9pouse (\u2026), contre les d \u00e9fendeurs au civil P.1.) et P.2.) et a r\u00e9clam\u00e9 en raison de l\u2019atteinte temporaire et d\u00e9finitive \u00e0 l&#039;int\u00e9grit\u00e9 physique et psychique les montants indemnitaires suivants :<\/p>\n<p>&#8212; atteinte temporaire \u00e0 l&#039;int\u00e9grit\u00e9 physique s&#039;\u00e9tendant sur une p\u00e9riode de 15 ans: 15&#215;12 mois x 400\/mois 72.000,00 &#8212; atteinte d\u00e9finitive \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique (IPP de 35% ; \u00e2ge de la victime \u00e0 la consolidation de 64 ans) : 35&#215;1.750= 63.000,00 -pr\u00e9judice moral imputable au traumatisme psychique (cot\u00e9 \u00e0 5 sur une \u00e9chelle de 0 \u00e0 7) 25.000,00 _________ TOTAL 185.000,00<\/p>\n<p>Pr\u00e9cisant que l&#039;expert Dr. Roland HIRSCH a retenu aux termes d\u2019un rapport du 16 septembre 2014 une IPP de 35 % dans le chef de PC.2.) avec une consolidation des l\u00e9sions intervenue 15 ans apr\u00e8s les faits, elle requiert la condamnation solidaire de P.1.) et P.2.) au paiement de la somme de 185.000 euros , ou toute autre somme m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 arbitrer par le Tribunal ou \u00e0 dire d&#039;experts, avec les int\u00e9r\u00eats compensatoires au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, date de l&#039;infraction, jusqu&#039;\u00e0 solde. En cas d&#039;expertise, elle requiert l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 provisionnelle de 75.000 euros.<\/p>\n<p>La demande civile actuellement formul\u00e9e par PC.2.) , \u00e9pouse (\u2026) est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision intervenue au p\u00e9nal \u00e0 l\u2019encontre de P.1.) et P.2.).<\/p>\n<p>La demanderesse au civil a \u00e9galement \u00e9valu\u00e9 son dommage moral en octobre 2012 \u00e0 25.000 euros, montant qui constituait pour elle une indemnisation ad\u00e9quate et suffisante pour les faits commis \u00e0 son \u00e9gard et identiques \u00e0 ceux pour lesquels elle r\u00e9clame actuellement des dommages-int\u00e9r\u00eats \u00e0 l\u2019encontre de coauteurs, non identifi\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Consid\u00e9rant \u00e9galement qu\u2019elle a accept\u00e9 le montant inf\u00e9rieur lui allou\u00e9e en demandant en instance d\u2019appel la confirmation du jugement entrepris, il lui revient actuellement d\u2019expliquer en quoi consiste l\u2019augmentation du quantum du dommage moral actuellement r\u00e9clam\u00e9, chiffr\u00e9 d\u00e9sormais \u00e0 185.000 euros.<\/p>\n<p>PC.2.), \u00e9pouse (\u2026), n\u2019ayant cependant ni justifi\u00e9, ni m\u00eame all\u00e9gu\u00e9 un dommage moral distinct de celui r\u00e9clam\u00e9 en novembre 2012, la Chambre criminelle d\u00e9clare sa demande civile tendant \u00e0 la r\u00e9paration de son dommage moral en relation avec les infractions retenues \u00e0<\/p>\n<p>45 charge des d\u00e9fendeurs au civil fond\u00e9e et justifi\u00e9e ex aequo et bono pour le montant de 15.000 euros.<\/p>\n<p>Il s\u2019en suit qu\u2019il y a lieu de condamner P.1.) et P.2.) solidairement au paiement \u00e0 PC.2.) , \u00e9pouse (\u2026), de la somme de 15.000 euros, ce avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 courir \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, jours des faits, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>3) La partie civile de PC.3.) contre P.1.) et P.2.)<\/p>\n<p>A l\u2019audience de la Chambre criminelle du 27 janvier 2015, Ma\u00eetre Jean MINDEN, avocat \u00e0 la Cour, s\u2019est constitu\u00e9 partie civile pour PC.3.) contre les d\u00e9fendeurs au civil P.1.) et P.2.) et a r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats les montants indemnitaires suivants:<\/p>\n<p>&#8212; atteinte temporaire et d\u00e9finitive \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique, l\u2019expert Dr Romain HIRSCH retenant une IPP de 3 % : 15.000,00 &#8212; pr\u00e9judice moral pour douleurs endur\u00e9es (1 sur une \u00e9chelle de 0 \u00e0 7) : 5.000,00 ________ TOTAL 20.000,00<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence il requiert la condamnation solidaire de P.1.) et P.2.) au paiement de la somme de 20.000 euros , ou toute autre somme m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 arbitrer par le Tribunal ou \u00e0 dire d&#039;experts, avec les int\u00e9r\u00eats compensatoires au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, date de l&#039;infraction, jusqu&#039;\u00e0 solde.<\/p>\n<p>En cas d&#039;expertise, il requiert l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 provisionnelle de 20.000 euros.<\/p>\n<p>La demande civile actuellement formul\u00e9e par PC.3.) est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision intervenue au p\u00e9nal \u00e0 l\u2019encontre de P.1.) et P.2.).<\/p>\n<p>Par analogie du raisonnement adopt\u00e9 en relation avec les parties civiles de PC.1.) et PC.2.), la Chambre criminelle d\u00e9clare la demande civile de PC.3.) tendant \u00e0 la r\u00e9paration de son dommage moral en relation avec les infractions retenues \u00e0 charge des d\u00e9fendeurs au civil fond\u00e9e et justifi\u00e9e ex aequo et bono pour le montant de 15.000 euros.<\/p>\n<p>Il s\u2019en suit qu\u2019il y a lieu de condamner P.1.) et P.2.) solidairement au paiement \u00e0 PC.3.) de la somme de 15.000 euros, ce avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 courir \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, jours des faits, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>4) La partie civile de PC.4.) contre P.1.) et P.2.) A l\u2019audience de la Chambre criminelle du 27 janvier 2015, Ma\u00eetre Jean MINDEN, avocat \u00e0 la Cour, s\u2019est constitu\u00e9e partie civile pour PC.4.) contre les d\u00e9fendeurs au civil P.1.) et P.2.) et a r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats les montants indemnitaires suivants: &#8212; atteinte temporaire et d\u00e9finitive \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique, l\u2019expert Dr Romain HIRSCH retenant une IPP de 5 % : 20.000,00<\/p>\n<p>&#8212; pr\u00e9judice moral pour douleurs endur\u00e9es (3 sur une \u00e9chelle de 0 \u00e0 7) : 10.000,00 &#8212; pr\u00e9judice d\u2019agr\u00e9ment : 10.000,00 ________ TOTAL 40.000,00<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence elle requiert la condamnation solidaire de P.1.) et P.2.) au paiement de la somme de 40.000 euros, ou toute autre somme m\u00eame sup\u00e9rieure \u00e0 arbitrer par le Tribunal ou \u00e0 dire d&#039;experts, avec les int\u00e9r\u00eats compensatoires au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, date de l&#039;infraction, jusqu&#039;\u00e0 solde.<\/p>\n<p>En cas d&#039;expertise, il requiert l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 provisionnelle de 20.000 euros.<\/p>\n<p>La demande civile actuellement formul\u00e9e par PC.4.) est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision intervenue au p\u00e9nal \u00e0 l\u2019encontre de P.1.) et P.2.).<\/p>\n<p>Par analogie du raisonnement adopt\u00e9 en relation avec les parties civiles de PC.1.) et PC.2.), la Chambre criminelle d\u00e9clare la demande civile de PC.4.) tendant \u00e0 la r\u00e9paration de son dommage moral en relation avec les infractions retenues \u00e0 charge des d\u00e9fendeurs au civil fond\u00e9e et justifi\u00e9e ex aequo et bono pour le montant de 15.000 euros.<\/p>\n<p>Il s\u2019en suit qu\u2019il y a lieu de condamner P.1.) et P.2.) solidairement au paiement \u00e0 PC.3.) de la somme de 15.000 euros, ce avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 courir \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, jours des faits, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>5) La soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS.1.) SA contre P.1.) et P.2.)<\/p>\n<p>A l\u2019audience de la Chambre criminelle du 27 janvier 2015, Ma\u00eetre Jessica PACHECO, en remplacement de Ma\u00eetre Claude PAULY, avocats \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, s\u2019est constitu\u00e9e partie civile pour la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS.1.) contre les d\u00e9fendeurs au civil P.1.) et P.2.) et a r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 titre de dommages-int\u00e9r\u00eats le montant indemnitaire de 175.236,35 euros.<\/p>\n<p>La demande civile est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision intervenue au p\u00e9nal \u00e0 l\u2019encontre de P.1.) et P.2.).<\/p>\n<p>Cette demande est fond\u00e9e en principe dans la mesure o\u00f9 la demanderesse au civil, en sa qualit\u00e9 d\u2019assureur de la BQUE.1.), a indemnis\u00e9 son preneur d\u2019assurance, suite aux agissements des d\u00e9fendeurs au civil, en proc\u00e9dant en date du 30 d\u00e9cembre 1999 au virement du montant actuellement r\u00e9clam\u00e9 du compte de ASS.1.) S.A. n\u00b01000\/3773 vers le compte de la BQUE.1.) n\u00b0 0048\/4000.<\/p>\n<p>Sur base des explications et des pi\u00e8ces fournies par la demanderesse au civil, la Chambre<\/p>\n<p>47 criminelle d\u00e9clare fond\u00e9e et justifi\u00e9e la demande de ASS.1.) SA \u00e8s- qualit\u00e9 d\u2019assureur de la BQUE.1.), subrog\u00e9e dans les droits de cette derni\u00e8re, pour le montant de 175.236,35 euros, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour du d\u00e9caissement soit le 6 janvier 2000, jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence et en application de l\u2019article 50 du Code p\u00e9nal, il y a lieu de condamner P.1.) et P.2.) au paiement solidaire dudit montant en faveur de ASS.1.) SA.<\/p>\n<p>P A R C E S M O T I F S<\/p>\n<p>La Chambre criminelle du Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, statuant contradictoirement, les pr\u00e9venus P.1.) et P.2.) entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense, les demandeurs et les d\u00e9fendeurs au civil entendus en leurs conclusions, la repr\u00e9sentante du Minist\u00e8re Public entendue en ses r\u00e9quisitions, les pr\u00e9venus ayant eu la parole en dernier,<\/p>\n<p>statuant au p\u00e9nal :<\/p>\n<p>P.1.) d i t qu\u2019il n\u2019y pas lieu de retenir la circonstance aggravante de fausses cl\u00e9s libell\u00e9e au point b) de l\u2019ordonnance de renvoi, c o n d a m n e P.1.) du chef des crimes et des d\u00e9lits retenus \u00e0 sa charge, qui se trouvent pour partie en concours id\u00e9al et pour partie en concours r\u00e9el, \u00e0 la peine de r\u00e9clusion de QUATORZE (14) ANS, ainsi qu&#039;aux frais de sa poursuite p\u00e9nale, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 6.104,43 euros,<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P.1.) la destitution des titres, grades, fonctions, emplois et offices publics dont il est rev\u00eatu,<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P.1.) \u00e0 vie, l&#039;interdiction des droits \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&#039;article 11 du Code p\u00e9nal, \u00e0 savoir:<\/p>\n<p>1. de remplir des fonctions, emplois et offices publics; 2. de vote, d&#039;\u00e9lection et d&#039;\u00e9ligibilit\u00e9; 3. de porter aucune d\u00e9coration; 4. d&#039;\u00eatre expert, t\u00e9moin instrumentaire ou certificateur dans les actes; de d\u00e9poser en justice autrement que pour y donner de simples renseignements; 5. de faire partie d&#039;aucun conseil de famille, de remplir aucune fonction dans un r\u00e9gime de protection des incapables mineurs ou majeurs, si ce n&#039;est \u00e0 l&#039;\u00e9gard de ses enfants et sur avis conforme du juge des tutelles et du conseil de famille, s&#039;il en existe; 6. de port et de d\u00e9tention d&#039;armes; 7. de tenir \u00e9cole, d&#039;enseigner et d&#039;\u00eatre employ\u00e9 dans un \u00e9tablissement d&#039;enseignement;<\/p>\n<p>P.2.)<\/p>\n<p>48 d i t qu\u2019il n\u2019y pas lieu de retenir la circonstance aggravante de fausses cl\u00e9s libell\u00e9e au point b) de l\u2019ordonnance de renvoi,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.2.) du chef des crimes et des d\u00e9lits retenus \u00e0 sa charge, qui se trouvent pour partie en concours id\u00e9al et pour partie en concours r\u00e9el, \u00e0 la peine de r\u00e9clusion de SEIZE (16) ANS, ainsi qu&#039;aux frais de sa poursuite p\u00e9nale, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 6.104,43 euros,<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P.2.) la destitution des titres, grades, fonctions, emplois et offices publics dont il est rev\u00eatu,<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P.2.) \u00e0 vie, l&#039;interdiction des droits \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&#039;article 11 du Code p\u00e9nal, \u00e0 savoir:<\/p>\n<p>1. de remplir des fonctions, emplois et offices publics; 2. de vote, d&#039;\u00e9lection et d&#039;\u00e9ligibilit\u00e9; 3. de porter aucune d\u00e9coration; 4. d&#039;\u00eatre expert, t\u00e9moin instrumentaire ou certificateur dans les actes; de d\u00e9poser en justice autrement que pour y donner de simples renseignements; 5. de faire partie d&#039;aucun conseil de famille, de remplir aucune fonction dans un r\u00e9gime de protection des incapables mineurs ou majeurs, si ce n&#039;est \u00e0 l&#039;\u00e9gard de ses enfants et sur avis conforme du juge des tutelles et du conseil de famille, s&#039;il en existe; 6. de port et de d\u00e9tention d&#039;armes; 7. de tenir \u00e9cole, d&#039;enseigner et d&#039;\u00eatre employ\u00e9 dans un \u00e9tablissement d&#039;enseignement,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement aux frais de leur poursuite p\u00e9nale pour les faits commis ensemble,<\/p>\n<p>statuant au civil:<\/p>\n<p>1) Partie civile de PC.1.) contre P.1.) et P.2.)<\/p>\n<p>d o n n e a c t e au demandeur au civil de sa constitution de partie civile,<\/p>\n<p>se d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre,<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e cette demande civile recevable en la forme,<\/p>\n<p>la d i t fond\u00e9e et justifi\u00e9e du chef de r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral, ex aequo et bono, pour le montant de QUINZE MILLE (15.000) euros,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement \u00e0 payer \u00e0 PC.1.) la somme de QUINZE MILLE (15.000) euros, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, jour des faits, jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement aux frais de la partie civile.<\/p>\n<p>2) Partie civile de PC.2.), \u00e9pouse (\u2026), contre P.1.) et P.2.)<\/p>\n<p>d o n n e a c t e \u00e0 la demanderesse au civil de sa constitution de partie civile,<\/p>\n<p>se d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre,<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e cette demande civile recevable en la forme,<\/p>\n<p>la d i t fond\u00e9e et justifi\u00e9e du chef de r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral, ex aequo et bono, pour le montant de QUINZE MILLE (15.000) euros,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement \u00e0 payer \u00e0 PC.2.) , \u00e9pouse (\u2026), la somme de QUINZE MILLE (15.000) euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, jour des faits, jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement aux frais de la partie civile.<\/p>\n<p>3) Partie civile de PC.3.) contre P.1.) et P.2.) d o n n e a c t e au demandeur au civil de sa constitution de partie civile, se d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, d \u00e9 c l a r e cette demande civile recevable en la forme,<\/p>\n<p>la d i t fond\u00e9e et justifi\u00e9e du chef de r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral, ex aequo et bono, pour le montant de QUINZE MILLE (15.000) euros,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement \u00e0 payer \u00e0 PC.3.) la somme de QUINZE MILLE (15.000) euros, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, jour des faits, jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement aux frais de la partie civile.<\/p>\n<p>4) Partie civile de PC.4.) contre P.1.) et P.2.) d o n n e a c t e \u00e0 la demanderesse au civil de sa constitution de partie civile, se d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, d \u00e9 c l a r e cette demande civile recevable en la forme,<\/p>\n<p>la d i t fond\u00e9e et justifi\u00e9e du chef de r\u00e9paration du pr\u00e9judice moral, ex aequo et bono, pour le montant de QUINZE MILLE (15.000) euros,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement \u00e0 payer \u00e0 PC.4.) la somme de QUINZE MILLE (15.000) euros, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, jour des faits, jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement aux frais de la partie civile.<\/p>\n<p>5) Partie civile de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances \u00ab ASS.1.) S.A. \u00bb contre P.1.) et P.2.) d o n n e a c t e \u00e0 la demanderesse au civil de sa constitution de partie civile, se d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, d \u00e9 c l a r e cette demande civile recevable en la forme,<\/p>\n<p>la d i t fond\u00e9e et justifi\u00e9e du chef de r\u00e9paration du pr\u00e9judice mat\u00e9riel pour le montant de CENT SOIXANTE QUINZE MILLE DEUX CENT TRENTE SIX VIRGULE TRENTE &#8212; CINQ (175.236,35) euros,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS.1.) S.A. la somme de CENT SOIXANTE QUINZE MILLE DEUX CENT TRENTE SIX VIRGULE TRENTE CINQ (175.236,35) euros, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 6 janvier 2000, jour du d\u00e9caissement, jusqu\u2019\u00e0 solde,<\/p>\n<p>c o n d a m n e P.1.) et P.2.) solidairement aux frais de la partie civile.<\/p>\n<p>Le tout en application des articles 7, 8, 10, 11, 60, 65, 66, 442- 1 461, 467, 468, 470 et 471 du Code p\u00e9nal ; articles 1, cat\u00e9gorie I) et II) et articles 4) et 5) de la loi modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et les munitions ; articles 1, 3, 130, 184, 190, 190- 1, 194, 194- 1, 217 et 222 du Code d&#039;instruction criminelle; qui furent d\u00e9sign\u00e9s \u00e0 l&#039;audience par Madame le vice- pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Ainsi fait et jug\u00e9 par Sylvie CONTER, vice-pr\u00e9sident Monique SCHMITZ, premier juge d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e \u00e0 la Chambre criminelle par ordonnance pr\u00e9sidentielle du 27 janvier 2015, et Steve VALMORBIDA, premier juge, prononc\u00e9 en audience publique au Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, Cit\u00e9 Judiciaire, Plateau du Saint Esprit, par Madame le vice- pr\u00e9sident, en pr\u00e9sence de Martine WODELET, substitut du Proc ureur d&#039;Etat, et de Ma\u00eft\u00e9 LOOS, greffi\u00e8re, qui, \u00e0 l&#039;exception du repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public, ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent jugement.<\/p>\n<p>De ce jugement, appel fut relev\u00e9 au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg le 26 f\u00e9vrier 2015 au p\u00e9nal et au civil par le mandataire du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P2.) et le 27 f\u00e9vrier 2015 par le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public, appel au p\u00e9nal limit\u00e9 au pr\u00e9venu P2.) , le 3 mars 2015 au greffe du Centre P\u00e9nitentiaire de Luxembourg au p\u00e9n al et au civil par le pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P1.), au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg le 5 mars 2015 par le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public, appel au p\u00e9nal limit\u00e9 au pr\u00e9venu P1.) et le 10 mars 2015 au civil par le mandataire des demandeurs au civil PC1.) et PC2.).<\/p>\n<p>En vertu de ces appels et par citation du 21 mai 2015, les parties furent requises de compara\u00eetre \u00e0 l&#039;audience publique du 6 octobre 2015 devant la Cour d&#039;appel de Luxembourg, chambre criminelle, pour y entendre statuer sur le m\u00e9rite des appels interjet\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019affaire fut d\u00e9command\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur citation du 19 octobre 2015, les parties furent \u00e0 nouveau requises de compara\u00eetre \u00e0 l&#039;audience publique du 16 f\u00e9vrier 2016 devant la Cour d&#039;appel de Luxembourg, chambre criminelle, pour y entendre statuer sur le m\u00e9rite des appels interjet\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019affaire fut \u00e0 nouveau d\u00e9command\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur citation du 18 novembre 2015, les parties furent \u00e0 nouveau requises de compara\u00eetre \u00e0 l&#039;audience publique du 2 f\u00e9vrier 2016 devant la Cour d&#039;appel de Luxembourg, chambre criminelle, pour y entendre statuer sur le m\u00e9rite des appels interjet\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019affaire fut d\u00e9command\u00e9e.<\/p>\n<p>Sur citation du 22 janvier 2016, les parties furent \u00e0 nouveau requises de compara\u00eetre \u00e0 l&#039;audience publique du 3 mai 2016 devant la Cour d&#039;appel de Luxembourg, chambre criminelle, pour y entendre statuer sur le m\u00e9rite des appels interjet\u00e9s.<\/p>\n<p>52 A cette audience Ma\u00eetre Roby SCHONS, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, comparant pour le pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P2.), d\u00e9posa des conclusions in limine litis et en donna lecture.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Anne SCHREINER, avocat, demeurant \u00e0 Luxembourg, comparant pour le pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P1.) , se rapporta \u00e0 la sagesse de la Cour d\u2019appel quant aux moyens soulev\u00e9s.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Jean MINDEN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, comparant pour les demandeurs au civil PC1.), PC2.), PC3.) et PC4.), fut entendu en ses d\u00e9clarations quant aux moyens soulev\u00e9s.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Diab BOUDENE, en remplacement de Ma\u00eetre Claude PAULY, avocats \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, comparant pour la demanderesse au civil, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurance ASS1.), fut entendu en ses d\u00e9clarations quant aux moyens soulev\u00e9s.<\/p>\n<p>Monsieur l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Serge WAGNER, assumant les fonctions de minist\u00e8re public, fut entendu en ses co nclusions quant aux moyens soulev\u00e9s.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel ordonna la suspension de l\u2019audience pour d\u00e9lib\u00e9rer sur les moyens soulev\u00e9s et d\u00e9cida de joindre les incidents au fond.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P2.) et P1.) furent entendus en leur s explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Jean MINDEN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens d\u2019appel des demandeurs au civil PC1.) et PC2.) et les moyens de d\u00e9fense des demandeurs au civil PC3.) et PC4.).<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Diab BOUDENE, en remplacement de Ma\u00eetre Claude PAULY, avocats \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, conclut au nom de la demanderesse au civil, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurance ASS1.) .<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Roby SCHONS, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense et d\u2019appel du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P2.) .<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Anne SCHREINER, avocat, demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense et d\u2019appel du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P1.) .<\/p>\n<p>Monsieur l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral Serge WAGNER, assumant les fonctions de minist\u00e8re public, fut entendu en son r\u00e9quisitoire.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Roby SCHONS, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, r\u00e9pliqua aux conclusions du Minist\u00e8re Public.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P2.) et P1.) eurent la parole en derniers.<\/p>\n<p>L A C O U R<\/p>\n<p>prit l&#039;affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l&#039;audience publique du 31 mai 2016, \u00e0 laquelle le prononc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9, l&#039;arr\u00eat qui suit:<\/p>\n<p>53 Par d\u00e9claration au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg \u00e0 la date du 26 f\u00e9vrier 2015, P2.) a fait relever appel au p\u00e9nal et au civil d\u2019un jugement contradictoirement rendu le 25 f\u00e9vrier 2015 par la chambre criminelle du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, et dont la motivation et le dispositif sont reproduits aux qualit\u00e9s du pr\u00e9sent arr\u00eat.<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration notifi\u00e9e au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg \u00e0 la date du 27 f\u00e9vrier 2015, le Procureur d\u2019Etat de Luxembourg a, \u00e0 son tour, relev\u00e9 appel du m\u00eame jugement, l\u2019appel \u00e9tant limit\u00e9 au pr\u00e9venu P2.) .<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration au greffe du Centre p\u00e9nitentiaire de Luxembourg du 3 mars 2015 P1.) a \u00e9galement interjet\u00e9 appel au p\u00e9nal et au civil du pr\u00e9dit jugement.<\/p>\n<p>Le Procureur d\u2019Etat a, ensuite, par d\u00e9claration d\u00e9pos\u00e9e au greffe le 5 mars 2015, \u00e0 son tour, relev\u00e9 appel dudit jugement, l\u2019appel \u00e9tant limit\u00e9 au pr\u00e9venu P1.) .<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg du 10 mars 2015, PC1.) et PC2.) ont fait relever appel au civil du m\u00eame jugement.<\/p>\n<p>Les appels sont recevables pour avoir \u00e9t\u00e9 introduits dans les formes et d\u00e9lai de la loi.<\/p>\n<p>Par le jugement entrepris, P1.) et P2.) ont \u00e9t\u00e9 retenus dans les liens des pr\u00e9ventions de s\u00e9questration (article 442- 1 du Code p\u00e9nal), d\u2019extorsion (articles 470 et 471 du Code p\u00e9nal), de vol qualifi\u00e9 (461, 468 et 471 du Code p\u00e9nal), ainsi que de d\u00e9tention d\u2019arme soumise \u00e0 autorisation et d\u2019armes prohib\u00e9es (articles 1, 4 et 5 d la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions). P1.) a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 une peine de r\u00e9clusion de 14 ans et P2.) a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 une peine de r\u00e9clusion de 16 ans.<\/p>\n<p>Les juges de premi\u00e8re instance ont encore prononc\u00e9 \u00e0 l\u2019encontre de P1.) et de P2.) la peine accessoire de destitution des titres, grades, fonctions, emplois et offices publics en application de l\u2019article 10 du Code p\u00e9nal et la peine d\u2019interdiction \u00e0 vie des droits pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article 11 du m\u00eame code.<\/p>\n<p>Incidents et arguments des parties<\/p>\n<p>Par note vers\u00e9e \u00e0 l\u2019audience de la Cour d\u2019appel du 3 mai 2016 le mandataire de P2.) a conclu, avant toute d\u00e9fense au fond et par application de l\u2019article 48- 9 du Code d\u2019instruction criminelle, \u00e0 la nullit\u00e9 des actes de d\u00e9couverte et de collecte des traces d\u2019ADN attribu\u00e9es \u00e0 P2.) et notamment du proc\u00e8s-verbal de saisie des pi\u00e8ces \u00e0 conviction du 10 d\u00e9cembre 1999 qui aurait \u00e9t\u00e9 dress\u00e9 en violation des articles 48- 3 et 48-8 du Code d\u2019instruction criminelle en ce qu\u2019il manquerait de pr\u00e9cision. Il ne serait pas clair o\u00f9 et par qui les objets auraient \u00e9t\u00e9 saisis et sur quels objets exacts les pr\u00e9l\u00e8vements comportant les traces d\u2019ADN attribu\u00e9es \u00e0 P2.) auraient \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s. L\u2019enqu\u00eateur Patrick PAULY, entendu \u00e0 ce sujet par le juge d\u2019instruction, n\u2019aurait pu faire que des suppositions. Les consultations, comparaisons et modifications des profils d\u2019ADN attribu\u00e9s \u00e0 P2.) auraient encore \u00e9t\u00e9 faites en violation des dispositions de l\u2019article 14 (1) 2 de la loi du 25 ao\u00fbt 2006 relative aux empreintes g\u00e9n\u00e9tiques en mati\u00e8re p\u00e9nale. Ladite loi r\u00e9gissant la proc\u00e9dure, serait d\u2019ordre public et applicable \u00e0 toutes les proc\u00e9dures en cours. Dans la mesure o\u00f9 la destruction des pi\u00e8ces \u00e0 conviction aurait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e le 25 mai 2009 il ne serait actuellement plus possible de faire r\u00e9examiner ou de faire effectuer de nouvelles analyses ADN sur les pi\u00e8ces \u00e0 conviction originales, de sorte que les droits de la d\u00e9fense ne seraient pas assur\u00e9s.<\/p>\n<p>54 Le mandataire de P2.) a estim\u00e9 ne pas \u00eatre forclos \u00e0 soulever les moyens de nullit\u00e9 relatifs \u00e0 la violation des droits de la d\u00e9fense de son mandant en raison de leur importance.<\/p>\n<p>Il a ainsi conclu \u00e0 la nullit\u00e9 des actes faits en violation des dispositions l\u00e9gales pr\u00e9cit\u00e9es et de tout acte subs\u00e9quent, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites.<\/p>\n<p>Il a demand\u00e9 \u00e0 la Cour d\u2019appel de se prononcer par jugement s\u00e9par\u00e9 sur les incidents.<\/p>\n<p>Le mandataire de P1.) s\u2019est rapport\u00e9 \u00e0 la sagesse de la Cour d\u2019appel quant \u00e0 la demande \u00e0 voir la Cour d\u2019appel se prononcer par arr\u00eat s\u00e9par\u00e9 sur les incidents.<\/p>\n<p>Les mandataires des parties civiles PC1.), PC2.), PC3.) et PC4.) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS1.) S.A. se sont oppos\u00e9s \u00e0 cette demande.<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public s\u2019est \u00e9galement oppos\u00e9 \u00e0 voir la Cour d\u2019appel statuer par jugement s\u00e9par\u00e9 sur les moyens de nullit\u00e9 soulev\u00e9s par la d\u00e9fense de P2.), arguant que les moyens soulev\u00e9s ne sont pas fond\u00e9s dans la mesure o\u00f9, par application des dispositions des articles 48- 2, 48- 8 et 126 du Code d\u2019instruction criminelle, P2.) serait forclos \u00e0 invoquer les nullit\u00e9s de proc\u00e9dure de l\u2019enqu\u00eate pr\u00e9liminaire et de la proc\u00e9dure d\u2019instruction.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel a joint les incidents au fond.<\/p>\n<p>&#8212; plaidoiries de P1.)<\/p>\n<p>P1.) reconna\u00eet les faits lui reproch\u00e9s et exprime ses regrets. Il dit \u00eatre conscient de la gravit\u00e9 des faits, mais demande \u00e0 voir r\u00e9duire la peine prononc\u00e9e en premi\u00e8re instance qu\u2019il juge trop s\u00e9v\u00e8re. Il explique qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits il \u00e9tait dans une situation pr\u00e9caire. En raison de l\u2019hospitalisation de son fr\u00e8re, il se serait senti vuln\u00e9rable et aurait sombr\u00e9 dans l\u2019alcool et dans la drogue et il se serait laiss\u00e9 entrainer pour ce qu\u2019il aurait cru \u00eatre un cambriolage r\u00e9alis\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019un dealer aux fins de r\u00e9cup\u00e9rer des stup\u00e9fiants. Il confirme que le 9 d\u00e9cembre 1999, ils \u00e9taient quatre personnes r\u00e9parties dans deux v\u00e9hicules lorsqu\u2019ils se sont rendus aupr\u00e8s de la maison PC1.)-PC2.). Quand il aurait pris conscience du fait qu\u2019il ne s\u2019agissait pas de voler un dealer, mais de l\u2019agression d\u2019une famille dans laquelle il y avait des enfants, il n\u2019aurait plus \u00e9t\u00e9 en mesure de faire marche arri\u00e8re. Il serait rentr\u00e9 dans la maison apr\u00e8s ses comparses qui avaient ma\u00eetris\u00e9 les victimes. Il aurait ensuite surveill\u00e9 les victimes \u00e0 l\u2019aide d\u2019une arme factice. Au matin, ils seraient partis de chez la famille PC1.)-PC2.), auraient d\u00e9pos\u00e9 PC1.) pr\u00e8s de la banque BQUE1.) de (&#8230;) et l\u2019auraient par la suite laiss\u00e9 dans une for\u00eat pr\u00e8s de (&#8230;) apr\u00e8s avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 l\u2019argent pris par PC1.) dans le coffre- fort de la banque. Ils auraient laiss\u00e9 la voiture de PC1.) \u00e0 (&#8230;).<\/p>\n<p>Tout comme en premi\u00e8re instance, P1.) affirme ne pas pouvoir r\u00e9v\u00e9ler les noms de ses complices par peur des repr\u00e9sailles envers sa famille. Interrog\u00e9 sur l\u2019origine de ses craintes dans la mesure o\u00f9 tous ses complices seraient incarc\u00e9r\u00e9s, il affirme que tel ne serait pas le cas.<\/p>\n<p>P1.) maintient que P2.) n\u2019a pas particip\u00e9 aux faits. Il dit le conna\u00eetre du lyc\u00e9e technique de Longwy et reconna\u00eet \u00e9galement conna\u00eetre A.). Il soutient ignorer si celui-ci a particip\u00e9 aux faits.<\/p>\n<p>P1.) ne conteste pas les demandes pr\u00e9sent\u00e9es par les parties demanderesses au civil.<\/p>\n<p>55 Le mandataire de P1.) demande la r\u00e9duction de la peine de r\u00e9clusion \u00e0 prononcer \u00e0 l\u2019encontre de son mandant, et \u00e0 voir assortir la peine de r\u00e9clusion \u00e0 prononcer \u00e0 l\u2019encontre dudit pr\u00e9venu d\u2019un sursis, sinon d\u2019un sursis probatoire.<\/p>\n<p>La peine prononc\u00e9e en premi\u00e8re instance serait trop s\u00e9v\u00e8re au regard de l\u2019anciennet\u00e9 des faits, des regrets exprim\u00e9s par P1.), de ses aveux, ainsi que de son casier vierge au Luxembourg. Il y aurait encore lieu de prendre en compte que P1.) aurait \u00e9t\u00e9 toxicomane depuis 1992 et qu\u2019il serait actuellement sur le bon chemin. Il r\u00e9sulterait ainsi des pi\u00e8ces vers\u00e9es qu\u2019il aurait contact\u00e9 le service \u00ab Tox \u00bb et qu\u2019il n\u2019aurait pas fui quand il \u00e9tait sorti de prison. Il n\u2019y aurait pas lieu de lui tenir rigueur du fait qu\u2019il ne peut d\u00e9noncer ses complices.<\/p>\n<p>Au civil, le mandataire de P1.) conclut \u00e0 la confirmation du jugement entrepris.<\/p>\n<p>&#8212; plaidoiries de P2.)<\/p>\n<p>Tout comme en premi\u00e8re instance, P2.) conteste les faits qui lui sont reproch\u00e9s et il demande \u00e0 \u00eatre acquitt\u00e9 de toutes les pr\u00e9ventions mises \u00e0 sa charge. Il dit ne pas avoir particip\u00e9 aux faits des 9 et 10 d\u00e9cembre 1999 et met en doute la fa\u00e7on de laquelle ses traces d\u2019ADN seraient arriv\u00e9es sur les lieux du crime. Il estime que dans la mesure o\u00f9 il s\u2019agirait d\u2019ADN transportable, il serait facile de le faire poser sur un objet. Il admet conna\u00eetre les autres personnes mises en cause, \u00e0 savoir A.) et P1.), dans la mesure o\u00f9 ils auraient habit\u00e9 la m\u00eame r\u00e9gion. Il est d\u2019avis que l\u2019enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 volontairement conduite \u00e0 sa charge.<\/p>\n<p>Le mandataire de P2.) conclut \u00e0 l\u2019acquittement de son mandant au motif qu\u2019il n\u2019y aurait aucune certitude quant \u00e0 la pr\u00e9sence de P2.) sur les lieux du crime. Celle- ci ne pourrait \u00eatre d\u00e9duite de la seule pr\u00e9sence d\u2019ADN transportable relev\u00e9e sur un vecteur mobile trouv\u00e9 sur les lieux des faits. L\u2019ADN pr\u00e9lev\u00e9 sur un vecteur mobile devrait \u00eatre confort\u00e9 par d\u2019autres indices. Il serait \u00e9galement possible que l\u2019ADN ait \u00e9t\u00e9 transport\u00e9 d\u2019un vecteur \u00e0 un autre. En l\u2019occurrence, l\u2019ADN de P2.) , qui aurait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 celui de A.) , aurait pu parvenir d\u2019une bouteille d\u2019eau apport\u00e9e par ce dernier sans que P2.) n\u2019ait \u00e9t\u00e9 sur les lieux du crime. L\u2019ADN trouv\u00e9 sur une tasse de la famille PC1.)-PC2.) aurait pu \u00eatre transport\u00e9 par une personne qui aurait bu de cette tasse apr\u00e8s avoir bu d\u2019un objet \u00e9galement utilis\u00e9 par P2.) . Il y aurait ainsi lieu d\u2019envisager une contamination entre les vecteurs. Il ressortirait encore des rapports d\u2019expertise que certaines personnes se partagent un all\u00e8le, de sorte qu\u2019il y aurait un doute dans l\u2019identification d\u2019une personne par l\u2019ADN repris dans les rapports d\u2019experts. En l\u2019occurrence, aucun autre \u00e9l\u00e9ment du dossier ne viendrait conforter la th\u00e8se de la pr\u00e9sence sur les lieux de P2.), de sorte qu\u2019il y aurait, pour le moins, un doute sur sa participation aux faits, doute qui devrait lui profiter.<\/p>\n<p>&#8212; plaidoiries des parties civiles<\/p>\n<p>Le mandataire des parties civiles PC1.) , PC2.), PC3.) et PC4.) conclut \u00e0 la confirmation du jugement entrepris en ce qui concerne les montants allou\u00e9s au titre du pr\u00e9judice caus\u00e9 par les agissements des pr\u00e9venus aux enfants PC3.) et PC4.) pour lesquels il n\u2019a pas interjet\u00e9 appel.<\/p>\n<p>Pour ce qui concerne les montants allou\u00e9s en r\u00e9paration des dommages subis par PC1.) et PC2.), il demande, par r\u00e9formation du jugement entrepris, \u00e0 voir accorder les montants r\u00e9clam\u00e9s en premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>56 Il est d\u2019avis qu\u2019au vu du traumatisme subi, tant par PC1.) que par PC2.) , les montants leur accord\u00e9s en premi\u00e8re instance ont \u00e9t\u00e9 sous-\u00e9valu\u00e9s. Ainsi, il r\u00e9sulterait des pi\u00e8ces vers\u00e9es que PC1.) souffrirait d\u2019angoisses importantes et de stress post- traumatique, qui auraient entra\u00een\u00e9 une IPP \u00e9valu\u00e9e \u00e0 30 %. PC1.) aurait subi autant un pr\u00e9judice d\u2019agr\u00e9ment qu\u2019un pr\u00e9judice moral. Dans l\u2019\u00e9valuation du pr\u00e9judice de PC1.), son mandataire dit avoir pris en compte la rente accident qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e \u00e0 la victime par l\u2019Etat.<\/p>\n<p>PC2.) serait encore plus affect\u00e9e par les \u00e9v\u00e8nements des 9 et 10 septembre 1999. Elle aurait \u00e9t\u00e9 tellement traumatis\u00e9e qu\u2019elle souffrirait encore actuellement d\u2019un stress post-traumatique. Le pr\u00e9judice serait consolid\u00e9 et les experts auraient \u00e9valu\u00e9 que PC2.) a une IPP de 35%. Pour \u00e9viter d\u2019exposer les victimes une nouvelle fois aux faits, il y aurait lieu de proc\u00e9der par \u00e9valuation ex aequo et bono. Il n\u2019y aurait pas lieu de se r\u00e9f\u00e9rer aux pr\u00e9judices retenus dans le jugement prononc\u00e9 \u00e0 l\u2019encontre de A.) dans la mesure o\u00f9 les donn\u00e9es m\u00e9dicales concernant les victimes seraient actuellement diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Il insiste sur le fait que les pr\u00e9venus se sont, comme dans tous les braquages qualifi\u00e9s de tiger-kidnapping, attaqu\u00e9s \u00e0 des personnes particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables. Ils les auraient observ\u00e9es pendant une certaine p\u00e9riode et les auraient attaqu\u00e9es de fa\u00e7on brutale en les ligotant, les mena\u00e7ant et les s\u00e9parant pendant toute une nuit, tout en les laissant dans l\u2019ignorance sur le sort des autres victimes, avec comme seul et unique but d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019argent de la banque dans laquelle PC1.) \u00e9tait employ\u00e9. La fa\u00e7on de proc\u00e9der des pr\u00e9venus ferait preuve d\u2019une grande d\u00e9termination criminelle. Si les aveux d\u2019P1.) permettraient la reconnaissance de cette souffrance, les n\u00e9gations vaines de P2.) ajouteraient \u00e0 la souffrance des victimes.<\/p>\n<p>Or, la participation de P2.) ne ferait aucun doute, dans la mesure o\u00f9 non seulement l\u2019ADN dudit pr\u00e9venu aurait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sur les lieux du crime, mais \u00e9galement les autres \u00e9l\u00e9ments du dossier convergeraient vers sa culpabilit\u00e9. Ainsi, PC2.) aurait pu donner une description d\u00e9taill\u00e9e d\u2019une des armes utilis\u00e9es, dont l\u2019une se serait trouv\u00e9e \u00eatre l\u2019arme de P2.) que ce dernier aurait cach\u00e9e dans le coffre de la voiture de A.) et qui aurait \u00e9t\u00e9 saisie. La validit\u00e9 de la saisie des traces ADN serait \u00e0 tort critiqu\u00e9e par le mandataire de P2.) , alors que les dispositions l\u00e9gales invoqu\u00e9es, \u00e0 savoir les exigences de la loi de 2006 ne pourraient r\u00e9troagir.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurance ASS1.) S.A. r\u00e9it\u00e8re sa partie civile pr\u00e9sent\u00e9e en premi\u00e8re instance et conclut \u00e0 la confirmation du jugement de premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>&#8212; r\u00e9quisitions du minist\u00e8re public<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public conclut principalement \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des moyens de nullit\u00e9 de l\u2019enqu\u00eate pr\u00e9liminaire et de l\u2019instruction soulev\u00e9s par la d\u00e9fense de P2.) et au rejet du moyen de nullit\u00e9 tir\u00e9 de la violation des droits de la d\u00e9fense de P2.).<\/p>\n<p>Les \u00e9ventuelles nullit\u00e9s affectant les devoirs effectu\u00e9s avant l\u2019ouverture d\u2019une instruction, tels la saisie des objets portant les traces ADN de P2.) effectu\u00e9e le 10 d\u00e9cembre 1999 intervenue avant m\u00eame la saisine du juge d\u2019instruction, seraient couvertes par le d\u00e9lai de forclusion pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 48- 2 du Code d\u2019instruction criminelle. Les recours en nullit\u00e9 contre les devoirs r\u00e9alis\u00e9s au cours de l\u2019instruction seraient soumis au d\u00e9lai de forclusion pr\u00e9vu par l\u2019article 126 du Code d\u2019instruction criminelle.<\/p>\n<p>57 Subsidiairement, le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public renvoie, quant aux moyens pr\u00e9liminaires soulev\u00e9s, aux d\u00e9veloppements faits par les juges de premi\u00e8re instance en ce qu\u2019ils ont retenu que la d\u00e9fense ne pourrait demander l\u2019application de la loi de 2006, \u00e0 des actes ant\u00e9rieurs \u00e0 son entr\u00e9e en vigueur pour conclure au rejet des moyens de nullit\u00e9 soulev\u00e9s. Plus subsidiairement, le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public , s\u2019il reconna\u00eet que la d\u00e9cision de destruction des pi\u00e8ces intervenue suite \u00e0 la d\u00e9cision de non- lieu prononc\u00e9e dans la pr\u00e9sente affaire n\u2019\u00e9tait pas opportune, estime que la d\u00e9fense de P2.) n\u2019a pas pr\u00e9cis\u00e9 en quoi ses droits auraient \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s et tenterait de d\u00e9tourner la finalit\u00e9 de l\u2019article 126 du Code d\u2019instruction criminelle.<\/p>\n<p>Il rel\u00e8ve encore que le mandataire de P2.) n\u2019a pas exerc\u00e9 ses droits de la d\u00e9fense en ce qu\u2019il n\u2019aurait, de son propre gr\u00e9, pas consult\u00e9 le dossier d\u2019accusation apr\u00e8s l\u2019inculpation de P2.) et n\u2019aurait pas demand\u00e9 de contre- expertise quant aux traces d\u2019ADN attribu\u00e9es \u00e0 P2.) .<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public rel\u00e8ve encore que les faits \u00e0 la base des poursuites des pr\u00e9venus sont tr\u00e8s graves, une famille ayant \u00e9t\u00e9 s\u00e9questr\u00e9e toute une nuit pour forcer le p\u00e8re de famille, caissier dans une banque, de retirer l\u2019argent du coffre-fort de la banque, ce qui aurait \u00e9t\u00e9 fait non pas comme planifi\u00e9 le soir, mais au petit matin du lendemain. A u vu de la dur\u00e9e de la s\u00e9questration, les ravisseurs auraient naturellement laiss\u00e9 des traces dans la maison. Ainsi, les cellules humaines trouv\u00e9es, auraient d\u2019abord permis d\u2019impliquer A.) et ensuite les pr\u00e9venus P1.) et P2.).<\/p>\n<p>Au vu de ces constatations et de l\u2019aveu de P1.) , la participation de ce dernier ne ferait pas de doute, de sorte que ce serait \u00e0 bon droit que les juges de premi\u00e8re instance l\u2019auraient retenu dans les liens des pr\u00e9ventions mises \u00e0 sa charge. La version de celui- ci qu\u2019il s\u2019attendait \u00e0 faire un cambriolage aupr\u00e8s d\u2019un dealer, version visant \u00e0 minimiser son r\u00f4le, ne serait pas cr\u00e9dible, au regard du fait que les faits avaient \u00e9t\u00e9 planifi\u00e9s bien en avance, les malfaiteurs \u00e9tant intervenus apr\u00e8s une premi\u00e8re tentative avort\u00e9e. Par ailleurs, dans leurs r\u00e9cits, les victimes, comme PC2.), n\u2019auraient pas fait \u00e9tat d\u2019un criminel qui aurait \u00e9t\u00e9 plus indulgent que les autres, mais ils auraient d\u00e9crit tous les ravisseurs comme \u00e9tant tr\u00e8s violents.<\/p>\n<p>Il n\u2019y aurait \u00e9galement pas de doute quant \u00e0 la participation de P2.) aux faits lui reproch\u00e9s. Ce n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 qu\u2019apr\u00e8s que les recherches en mati\u00e8re g\u00e9n\u00e9tique aient \u00e9volu\u00e9 que les experts auraient pu identifier les empreintes g\u00e9n\u00e9tiques d\u2019un cinqui\u00e8me homme. Entendus \u00e0 l\u2019audience de premi\u00e8re instance, les experts auraient \u00e9t\u00e9 formels pour dire que les r\u00e9sidus d\u2019ADN trouv\u00e9s \u00e9taient parfaitement exploitables et qu\u2019il n\u2019y aurait eu aucune contamination (plumitif du 28.1.15 page 5 et jugement p.60). Ils auraient d\u00e9crit de fa\u00e7on d\u00e9taill\u00e9e la mani\u00e8re de laquelle ils auraient extrait l\u2019ADN. Au vu de la jurisprudence selon laquelle la pr\u00e9sence d\u2019ADN d\u2019une personne comme preuve de sa pr\u00e9sence sur les lieux d\u2019un crime est d\u2019autant plus importante qu\u2019elle se trouve \u00e0 proximit\u00e9 du lieu de commission de l\u2019infraction, la pr\u00e9sence de P2.) se trouverait \u00e9tablie en l\u2019occurrence, sauf au pr\u00e9venu \u00e0 rapporter la preuve du contraire, \u00e9tant donn\u00e9 que son ADN aurait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la maison o\u00f9 la famille PC1.)-PC2.) avait \u00e9t\u00e9 s\u00e9questr\u00e9e. L\u2019hypoth\u00e8se envisag\u00e9e par la d\u00e9fense de P2.) d\u2019une contamination d\u2019un porteur d\u2019ADN par une autre personne ayant particip\u00e9 au crime, \u00e0 savoir A.), qui aurait transport\u00e9 une bouteille de laquelle P2.) aurait bu quand ils se seraient vu pour courir ensemble, ne serait pas cr\u00e9dible, alors qu\u2019elle ne permettrait notamment pas d\u2019expliquer de quelle fa\u00e7on l\u2019ADN de P2.) et celui de P1.) seraient arriv\u00e9s ensemble sur un m\u00eame vecteur, de m\u00eame que le seul ADN de P2.) en l\u2019absence de celui de A.) sur des objets appartenant aux victimes s\u2019expliquerait par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier.<\/p>\n<p>A la preuve de la pr\u00e9sence d\u2019ADN attribu\u00e9 \u00e0 P2.) dans la maison PC1.) -PC2.) s\u2019ajouteraient d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments, tels la saisie de l\u2019arme d\u00e9crite par PC2.) appartenant \u00e0 P2.).<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public requiert la confirmation des peines prononc\u00e9es en premi\u00e8re instance dans la mesure o\u00f9 les pr\u00e9venus auraient fait preuve d\u2019une grande \u00e9nergie criminelle. Au vu des casiers judiciaires des deux pr\u00e9venus le sursis \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de la peine de r\u00e9clusion prononc\u00e9e serait exclu.<\/p>\n<p>Appr\u00e9ciation de la Cour d\u2019appel<\/p>\n<p>1) quant aux incidents<\/p>\n<p>La d\u00e9fense de P2.) critique autant la collecte des cellules humaines dont l\u2019ADN a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 P2.), que la consultation du profil ADN qui n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 faites selon les dispositions l\u00e9gales en vigueur, \u00e0 savoir qui auraient \u00e9t\u00e9 faites en violation des dispositions de l\u2019article 48- 8 du Code d\u2019instruction criminelle et de l\u2019article 14 (1) 2. de la loi du 25 ao\u00fbt 2006. Il conclut \u00e0 la nullit\u00e9 de ces actes de l\u2019enqu\u00eate pr\u00e9paratoire et de l\u2019instruction. Il est \u00e9galement d\u2019avis que les droits de la d\u00e9fense de P2.) n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 garantis dans la mesure o\u00f9 les preuves le mettant en cause ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites et il conclut \u00e0 ce titre \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites.<\/p>\n<p>Or, s\u2019agissant des griefs du pr\u00e9venu relatifs aux manquements de l\u2019enqu\u00eate et de l\u2019instruction comme visant la nullit\u00e9 des actes pos\u00e9s par les agents de la police, agissant au titre des comp\u00e9tences leur d\u00e9volues par les articles du Code d\u2019instruction criminelle r\u00e9gissant les crimes et d\u00e9lits flagrants, ainsi que la nullit\u00e9 des actes de la proc\u00e9dure d\u2019instruction, le pr\u00e9venu est forclos \u00e0 les soulever, d\u00e8s lors que sont soumises au d\u00e9lai de forclusion des articles 48- 2 du Code d\u2019instruction criminelle et 126 (3) du Code d\u2019instruction criminelle toutes les nullit\u00e9s de la proc\u00e9dure pr\u00e9liminaire et de la proc\u00e9dure d\u2019instruction, quelle que soit la violation de la r\u00e8gle de droit invoqu\u00e9e, l\u00e9gislation nationale ou internationale (Cass. 6 d\u00e9cembre 2012, n\u00b0 57 \/ 2012 p\u00e9nal, n\u00b0 3141 du registre ; Cour de Cassation, 31 janvier 2013, no 3108).<\/p>\n<p>La Cour de cassation retient dans son arr\u00eat du 31 janvier 2013 ce qui suit :<\/p>\n<p>\u00ab Attendu qu\u2019en fondant le grief tir\u00e9 de la violation de l\u2019article 6 de la Convention europ\u00e9enne de sauvegarde des droits de l\u2019homme et des libert\u00e9s fondamentales sur ce que lors du premier interrogatoire par la police il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 assist\u00e9 d\u2019un avocat, le demandeur en cassation vise la nullit\u00e9 d\u2019un acte d\u2019instruction; Attendu que sont soumises au d\u00e9lai de forclusion des articles 48-2 du Code d\u2019instruction criminelle et 126 (3) du m\u00eame Code, toutes les nullit\u00e9s de la proc\u00e9dure pr\u00e9liminaire et de la proc\u00e9dure d\u2019instruction, quelle que soit la violation de la r\u00e8gle de droit invoqu\u00e9e, l\u00e9gislation nationale ou internationale; D\u2019o\u00f9 il sui t que le moyen n\u2019est pas fond\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Par ailleurs, en l\u2019occurrence, la d\u00e9couverte et la collecte des cellules humaines ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es le 10 d\u00e9cembre 1999, donc ant\u00e9rieurement \u00e0 la loi du 25 ao\u00fbt 2006 relative aux empreintes g\u00e9n\u00e9tiques en mati\u00e8re p\u00e9nale dont les modalit\u00e9s n\u2019avaient partant pas besoin d\u2019\u00eatre observ\u00e9es lors de la d\u00e9couverte et de la collecte des traces g\u00e9n\u00e9tiques \u00e0 un moment o\u00f9 cette loi n\u2019\u00e9tait pas encore en vigueur. En outre, P2.) n\u2019avance aucun argument qui serait de nature \u00e0 impliquer une violation des dispositions pr\u00e9cit\u00e9es, de sorte que son moyen n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, au regard de la jurisprudence pr\u00e9cit\u00e9e, P2.) n\u2019ayant pas introduit de recours en nullit\u00e9 pour violation de ses droits de la d\u00e9fense dans les d\u00e9lais pr\u00e9vus par les articles 48-2 et 126 du Code d\u2019instruction criminelle, il est actuellement \u00e9galement forclos \u00e0 soulever cette question.<\/p>\n<p>Reste encore \u00e0 noter que le mandataire de P2.) est rest\u00e9 en d\u00e9faut de pr\u00e9ciser en quoi les droits de la d\u00e9fense de P2.) auraient \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s, alors que l\u2019acc\u00e8s au dossier lui avait \u00e9t\u00e9 garanti. P2.) , en se fondant sur les \u00e9l\u00e9ments du dossier dont il a eu connaissance lors de son premier interrogatoire, avait ainsi le droit de demander \u00e0 la chambre du conseil du tribunal d\u2019arrondissement l\u2019annulation de l\u2019ensemble de la proc\u00e9dure d\u2019enqu\u00eate ou d\u2019instruction ou d\u2019un acte quelconque de ces proc\u00e9dures, sinon de demander, le cas \u00e9ch\u00e9ant une contre- expertise.<\/p>\n<p>2) quant au fond<\/p>\n<p>Les faits ont \u00e9t\u00e9 correctement d\u00e9crits par les juges de premi\u00e8re instance. La Cour d\u2019appel se rapporte \u00e0 cet expos\u00e9, les d\u00e9bats devant elle n\u2019ayant pas apport\u00e9 de faits nouveaux par rapport \u00e0 ceux qui ont \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 l\u2019examen de la chambre criminelle du tribunal d\u2019arrondissement.<\/p>\n<p>Il est ainsi \u00e9tabli que le soir du 9 d\u00e9cembre 1999, PC1.) a \u00e9t\u00e9, \u00e0 son retour du travail, agress\u00e9 par deux hommes arm\u00e9s et masqu\u00e9s. Il a \u00e9t\u00e9 retenu dans son garage se trouvant \u00e0 proximit\u00e9 de son domicile par l\u2019un d\u2019eux, le second se rendant au domicile avec les clefs de PC1.) . Dans la maison de la famille PC1.)-PC2.), l\u2019\u00e9pouse de PC1.) et ses deux enfants PC3.) et PC4.) ont ensuite \u00e9t\u00e9 agress\u00e9s par deux hommes masqu\u00e9s et arm\u00e9s, qui les ont forc\u00e9s \u00e0 se rendre dans un d\u00e9barras au grenier o\u00f9 ils sont rest\u00e9s ligot\u00e9s et menott\u00e9s toute la nuit. Ils ont \u00e9t\u00e9 menac\u00e9s qu\u2019au cas o\u00f9 cela tournerait mal, ils n\u2019auront plus de p\u00e8re. PC1.) a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 dans la chaufferie de sa maison o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 ligot\u00e9 des pieds et des mains et jet\u00e9, t\u00eate vers le bas, sur un matelas. Lorsqu\u2019apr\u00e8s questionnement de PC1.), les malfaiteurs se sont rendus compte que le coffre- fort de la banque, o\u00f9 travaille leur otage, ne pourrait \u00eatre ouvert avant le matin suivant, entre 5.30 et 6.30 heures, ils ont d\u00e9cid\u00e9 de passer la nuit au domicile de la famille PC1.)-PC2.). Pendant la nuit, les malfaiteurs ont fouill\u00e9 toute la maison et ont d\u00e9rob\u00e9 de l\u2019argent du portefeuille de PC1.) et de son \u00e9pouse, ont vid\u00e9 la tirelire de l\u2019enfant PC3.), ont vol\u00e9 des habits pour hommes et pour femmes, une lampe de poche et un parapluie et, certainement en guise de distraction, ont maltrait\u00e9 l\u2019animal de la maison, \u00e0 savoir la perruche qui mourra de ces mauvais traitements.<\/p>\n<p>Au matin du 10 d\u00e9cembre 1999, vers 6.10 heures, ils ont emmen\u00e9 PC1.) dans son v\u00e9hicule de marque VW Passat \u00e0 la banque BQUE1.), agence (&#8230;), o\u00f9 ce dernier a d\u00fb vider le contenu du coffre- fort de la banque dans un sac de sport lui appartenant sous la menace que la vie de sa famille \u00e9tait en danger. Dans un v\u00e9hicule noir de marque fran\u00e7aise, PC1.) a ensuite \u00e9t\u00e9 conduit dans une for\u00eat dans les environs de (&#8230;) et ligot\u00e9 \u00e0 un arbre, les attaches ayant cependant \u00e9t\u00e9 faites de fa\u00e7on qu\u2019il a pu se lib\u00e9rer apr\u00e8s quelque temps. Les malfaiteurs lui avaient dit que sa famille serait saine et sauve \u00e0 Thionville, alors qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9, elle \u00e9tait rest\u00e9e au domicile familial.<\/p>\n<p>Pendant leur d\u00e9tention, les victimes ont re\u00e7u confirmation des auteurs que ces derniers \u00e9taient \u00e0 l\u2019origine d\u2019un braquage de la banque, o\u00f9 travaillait PC1.), qui avait eu lieu quelques mois plus t\u00f4t, \u00e0 savoir le 25 f\u00e9vrier 1999. Ils se sont \u00e9galement rappel\u00e9s qu\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s peu avant et qu\u2019\u00e0 un moment donn\u00e9, deux personnes avaient tent\u00e9 d\u2019entrer dans leur domicile avant de prendre la fuite. Ils ont pu<\/p>\n<p>60 d\u00e9crire les armes utilis\u00e9es, \u00e0 savoir une mitraillette dont la poign\u00e9e \u00e9tait en bois et ab\u00eem\u00e9e, un pistolet et un pump- gun.<\/p>\n<p>Une mitraillette correspondant \u00e0 cette description, \u00e0 savoir un pistolet-mitrailleur de la marque VZOR, mod\u00e8le 61 Skorpion, avait \u00e9t\u00e9 saisie lors de l\u2019interpellation de A.) dans le coffre de la voiture Opel Vectra, immatricul\u00e9e (\u2026) (L) de P2.) (rapport no SPJ\/RGB\/2012\/2192- 61\/HADA du 26 mars 2012, SPJ, Police Grand- ducale, Section R\u00e9pression Grand Banditisme).<\/p>\n<p>Quant au d\u00e9tail des expertises de recherches g\u00e9n\u00e9tiques diligent\u00e9es et aux r\u00e9sultats obtenus par les experts, la Cour d\u2019appel renvoie aux explications exhaustives des juges de premi\u00e8re instance.<\/p>\n<p>Elle rappelle uniquement que les recherches, effectu\u00e9es dans le cadre du trait\u00e9 de Pr\u00fcm, ont permis d\u2019\u00e9tablir une correspondance des profils g\u00e9n\u00e9tiques trouv\u00e9s dans la maison de la famille PC1.) -PC2.) le 10 d\u00e9cembre 1999, jour des faits, et les profils fran\u00e7ais attribu\u00e9s aux pr\u00e9venus P1.) et P2.).<\/p>\n<p>En effet, suite aux faits qui se sont d\u00e9roul\u00e9s entre le 9 et 10 d\u00e9cembre 1999, divers objets avaient \u00e9t\u00e9 saisis par la police judiciaire au domicile PC1.) -PC2.). Sur demande du juge d\u2019instruction, des mouchoirs, m\u00e9gots, chewing-gum utilis\u00e9, swab- safe sur tasses de caf\u00e9 et bouteilles de bi\u00e8re, ainsi que des verres d\u2019eau et cannettes de coca- cola avaient \u00e9t\u00e9 saisis.<\/p>\n<p>L\u2019expert Anne MARCOTTE, mandat\u00e9e par le juge d\u2019instruction, avait, dans un premier rapport datant du 9 ao\u00fbt 2002, indiqu\u00e9 que 4 profils g\u00e9n\u00e9tiques masculins avaient pu \u00eatre isol\u00e9s \u00e0 l\u2019aide de l\u2019utilisation de 13 syst\u00e8mes g\u00e9n\u00e9tiquement ind\u00e9pendants. Lorsque lesdits profils ont pu \u00eatre ins\u00e9r\u00e9s dans le fichier luxembourgeois des empreintes g\u00e9n\u00e9tiques nouvellement cr\u00e9\u00e9 par la loi du 25 ao\u00fbt 2006 suite \u00e0 la ratification du Luxembourg du trait\u00e9 de Pr\u00fcm, appel\u00e9 SCHENGEN III, aucun profil n\u2019avait pu \u00eatre identifi\u00e9, de sorte qu\u2019un non- lieu \u00e0 poursuivre avait \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9 par la Chambre du Conseil le 28 f\u00e9vrier 2008.<\/p>\n<p>Une correspondance positive a cependant \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e le 21 janvier 2010 entre l\u2019homme d\u00e9sign\u00e9 par l\u2019expert d\u2019\u00ab homme 4 \u00bb et des profils luxembourgeois et fran\u00e7ais, qui se sont av\u00e9r\u00e9s par la suite \u00eatre ceux de A.), de sorte que la r\u00e9ouverture de l\u2019information a \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9e le 16 mars 2010.<\/p>\n<p>A.) a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du 19 f\u00e9vrier 2013, notamment pour les faits de prise d\u2019otage et de braquage des 9 et 10 d\u00e9cembre 1999, \u00e0 une peine de r\u00e9clusion de 18 ans.<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019une contre- analyse demand\u00e9e par A.) et ordonn\u00e9e par le juge d\u2019instruction sur l\u2019ADN r\u00e9siduel des \u00e9chantillons pr\u00e9lev\u00e9s sur les objets saisis dans la maison de la famille PC1.)-PC2.), alors que les m\u00e9thodes d\u2019analyse et de recherche g\u00e9n\u00e9tiques avaient entretemps \u00e9volu\u00e9, les experts Anne MARCOTTE et Elizabet PETKOVSKI &#8212; cette derni\u00e8re ayant \u00e9t\u00e9 adjointe \u00e0 l\u2019expert MARCOTTE sur demande de A.) -, avaient indiqu\u00e9 que l\u2019ADN d\u2019une nouvelle personne de sexe masculin, d\u00e9sign\u00e9e comme \u00ab homme 5 \u00bb, avait pu \u00eatre extrait et ce au niveau des m\u00e9langes d\u00e9sign\u00e9s par les chiffres 3112.8m, 3312.9m et 3112.15m.<\/p>\n<p>A l\u2019instar des juges de premi\u00e8re instance, la Cour d\u2019appel constate qu\u2019il r\u00e9sulte des expertises que les m\u00e9langes 3112.8m et 3112.15m proviennent d\u2019au moins deux<\/p>\n<p>61 personnes qui sont compatibles avec les profils g\u00e9n\u00e9tiques des personnes d\u00e9sign\u00e9es comme \u00ab homme 4 \u00bb (A.)) et \u00ab homme 5 \u00bb (P2.)).<\/p>\n<p>Le m\u00e9lange d\u00e9sign\u00e9 dans les rapports par le chiffre 3112.9m (scrape 8a,b et no2) provient d\u2019au moins 2 personnes compatibles avec les personnes d\u00e9sign\u00e9es \u00ab homme 2 \u00bb (P1.)) et \u00ab homme 5 \u00bb (P2.)).<\/p>\n<p>Le profil g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019\u00ab homme 5 \u00bb ayant \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 dans le fichier national des empreintes g\u00e9n\u00e9tiques, une correspondance positive a pu \u00eatre \u00e9tablie entre le profil g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019\u00ab homme 5 \u00bb et P2.), condamn\u00e9 ant\u00e9rieurement pour des faits criminels. Des frottis bucaux pr\u00e9lev\u00e9s sur P2.) ont permis de confirmer la correspondance parfaite entre la personne d\u00e9sign\u00e9e comme \u00ab homme 5 \u00bb et P2.).<\/p>\n<p>Les \u00e9chantillons 3112.8m et 3112.9m, comprenant de l\u2019ADN de P2.), provenaient de deux tasses de caf\u00e9 d\u00e9couvertes dans l\u2019\u00e9vier de la cuisine de la maison de la famille PC1.)-PC2.) et l\u2019\u00e9chantillon 3112.15m comportant l\u2019ADN du m\u00eame pr\u00e9venu, provenai t du goulot d\u2019une bouteille de Vittel d\u00e9couverte au salon de la maison de la famille PC1.)-PC2.).<\/p>\n<p>Les experts ont \u00e9galement d\u00e9duit que le profil de la personne dite \u00ab homme 2 \u00bb \u00e9tabli sur base des \u00e9chantillons 3112.5, 3112.17 et 3112.14, provenant d\u2019un m\u00e9got de filtre de la Marque Mar lboro trouv\u00e9 sous le canap\u00e9 du salon de la maison PC1.)-PC2.), ainsi que d\u2019un verre d\u00e9couvert dans la cuisine de la maison, d\u2019un goulot d\u2019une bouteille de Vittel et d\u2019une canette vide de Coca- Cola trouv\u00e9s dans la maison de la famille PC1.) &#8212; PC2.) correspondait \u00e0 celui d\u2019P1.).<\/p>\n<p>Les contestations de la d\u00e9fense de P2.) , quant \u00e0 la certitude d\u2019attribution des empreintes g\u00e9n\u00e9tiques trouv\u00e9es \u00e0 P2.) notamment au regard des diff\u00e9rents m\u00e9langes trouv\u00e9s dans les \u00e9chantillons pr\u00e9lev\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9es par les d\u00e9veloppements pertinents des juges de premi\u00e8re instance auxquels la Cour d\u2019appel renvoie.<\/p>\n<p>En audience de premi\u00e8re instance, les experts ont, en effet, pu expliquer leurs m\u00e9thodes de travail et leurs conclusions, selon lesquelles tant le profil g\u00e9n\u00e9tique d\u2019 P1.) que celui de P2.) ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s sur diff\u00e9rents objets saisis sur les lieux de la prise d\u2019otage.<\/p>\n<p>Aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier ne permet en effet de mettre en doute les m\u00e9thodes utilis\u00e9es et les conclusions obtenues, aucune contre- expertise n\u2019ayant par ailleurs \u00e9t\u00e9 demand\u00e9e par la d\u00e9fense de P2.) .<\/p>\n<p>C\u2019est partant, \u00e0 bon droit, que les juges de premi\u00e8re instance ont suivi les experts qui ont conclu qu\u2019il y a une probabilit\u00e9 avoisinant la certitude que les profils identifi\u00e9s comme \u00ab homme 2 \u00bb et \u00ab homme 5 \u00bb sont ceux de P1.) et de P2.) .<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la valeur probante des profils g\u00e9n\u00e9tiques recueillis sur les objets trouv\u00e9s dans la maison habit\u00e9e par la famille PC1.) -PC2.), \u00e0 savoir les tasses, la bouteille d\u2019eau et le m\u00e9got de cigarette trouv\u00e9 sous le canap\u00e9, la Cour d\u2019appel consid\u00e8re que, hors les cas o\u00f9 la loi en dispose autrement, les infractions peuvent \u00eatre \u00e9tablies par tout mode de preuve et la juridiction r\u00e9pressive d\u00e9cide d&#039;apr\u00e8s son intime conviction. Le juge r\u00e9pressif ne peut fonder sa d\u00e9cision que sur des preuves qui lui sont apport\u00e9es au cours des d\u00e9bats et contradictoirement discut\u00e9es devant lui. Il appr\u00e9cie souverainement, en fait, la valeur probante des \u00e9l\u00e9ments sur lesquels il fonde son intime conviction (Cass. belge 31 d\u00e9cembre 1985, P. 1986, I, 549; Cass. belge 28 mai 1986, P. 1986, I, 1186).<\/p>\n<p>L\u2019analyse g\u00e9n\u00e9tique constitue une technique d\u2019identification reposant sur la comparaison entre, d\u2019une part, les profils g\u00e9n\u00e9tiques de traces d\u00e9couvertes sur la sc\u00e8ne d\u2019un crime et, d\u2019autre part, les profils g\u00e9n\u00e9tiques pr\u00e9lev\u00e9s sur une personne au cours de l\u2019information ou identifi\u00e9s parmi d\u2019\u00e9chantillons de cellules stock\u00e9s dans une banque de donn\u00e9es d\u2019ADN. L\u2019ADN peut ainsi rattacher la trace avec une probabilit\u00e9 quasi absolue &#8212; les experts parlent d\u2019une probabilit\u00e9 de 99,9999 % &#8212; \u00e0 une seule personne, mais il ne permet pas de conna\u00eetre la date et l\u2019heure o\u00f9 cette trace a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e. En cas de vecteur mobile, m\u00eame l\u2019endroit de la contamination avec le porteur du profil g\u00e9n\u00e9tique, reste incertain.<\/p>\n<p>Le profil g\u00e9n\u00e9tique ADN, encore appel\u00e9 empreinte g\u00e9n\u00e9tique, est une preuve parmi d&#039;autres, qui est certes d&#039;un grand int\u00e9r\u00eat en ce qu&#039;il constitue la carte d&#039;identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique d&#039;un individu permettant de l&#039;individualiser pr\u00e9cis\u00e9ment, mais il n&#039;\u00e9tablit pas la culpabilit\u00e9 d&#039;une personne ou sa participation \u00e0 un crime. Il atteste seulement que la personne a \u00e9t\u00e9, \u00e0 un moment donn\u00e9, dans tel lieu ou en contact avec tel objet ou telle personne.<\/p>\n<p>A l&#039;instar d&#039;autres preuves, le profil g\u00e9n\u00e9tique et sa pr\u00e9sence sur les lieux du crime doivent donc \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9s au regard des \u00e9l\u00e9ments spatial et temporel de cette pr\u00e9sence et il appartient au juge r\u00e9pressif d&#039;appr\u00e9cier si et dans quelle mesure la pr\u00e9sence d&#039;une empreinte g\u00e9n\u00e9tique a un lien suffisant avec l\u2019infraction commise pour \u00e9tablir la culpabilit\u00e9 de la personne dont le profil g\u00e9n\u00e9tique a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Cette donn\u00e9e doit, d\u00e8s lors, \u00eatre confort\u00e9e par d\u2019autres indices ou, en g\u00e9n\u00e9ral, par tout \u00e9l\u00e9ment pertinent dont notamment la proximit\u00e9 de la trace par rapport au lieu de l\u2019infraction, sachant que plus la trace est \u00e9loign\u00e9e de la sc\u00e8ne du crime, moins elle aura de valeur probante. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 l\u2019incertitude spatiale s\u2019ajoute \u00e0 l\u2019incertitude temporelle, le suspect n\u2019est pas tenu de fournir une explication plausible (cf. Cour 10 juin 2015, n\u00b020\/15 Ch.crim.).<\/p>\n<p>Si la trace d\u2019ADN a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e sur le lieu imm\u00e9diat de la commission de l\u2019infraction et sans \u00eatre fix\u00e9e sur un vecteur mobile, si elle a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e sur l\u2019objet de l\u2019infraction ou m\u00eame sur la victime, la pr\u00e9sence du suspect est par contre pr\u00e9sum\u00e9e et l\u2019interpelle d\u2019apporter des renseignements et indications de nature \u00e0 l\u2019exon\u00e9rer de tout soup\u00e7on, respectivement \u00e0 fournir une explication plausible d\u2019un transport de la trace sur les lieux, et ce sans que soit m\u00e9connu son droit de se taire. Appel\u00e9 \u00e0 s\u2019expliquer en face d\u2019un indice tr\u00e8s grave ne revient en effet pas \u00e0 m\u00e9conna\u00eetre le droit \u00e0 garder le silence. Ce droit et son corollaire, le droit \u00e0 ne pas contribuer \u00e0 sa propre incrimination, ensemble le principe selon lequel la charge de la preuve incombe au minist\u00e8re public sans que le pr\u00e9venu ait \u00e0 pr\u00eater son concours, ne sont pas absolus et il est tout \u00e0 fait \u00e9vident que ces interdictions ne peuvent et ne sauraient emp\u00eacher de prendre en compte le silence de l\u2019int\u00e9ress\u00e9, dans des situations qui appellent assur\u00e9ment une explication de sa part, pour appr\u00e9cier la force de persuasion des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 charge (cf. CEDH J. M. c\/ Royaume- Uni, 8 f\u00e9vrier 1996, n\u00b047).<\/p>\n<p>D\u00e8s lors que les preuves contre le pr\u00e9venu sont \u00ab \u00e9crasantes \u00bb, le juge du fond qui tire de son silence des conclusions d\u00e9favorables mais dict\u00e9es par le bon sens, ne compromet pas le caract\u00e8re \u00e9quitable du proc\u00e8s et ne commet aucun manquement au principe de pr\u00e9somption d\u2019innocence (Claude Savonet, Le droit au silence, Rev.trim.dr.h 2009, p.763 ; Franklin Kuty, L\u2019\u00e9tendue du droit au silence en proc\u00e9dure p\u00e9nale, RDP 2000, p. 309).<\/p>\n<p>Il devra en \u00eatre de m\u00eame si le suspect ou le pr\u00e9venu fournit des explications farfelues, invraisemblables ou contradictoires, \u00e9quivalentes \u00e0 une absence d\u2019explication.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, toutes les traces portant les empreintes g\u00e9n\u00e9tiques attribu\u00e9es aux deux pr\u00e9venus ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9es sur des objets trouv\u00e9s dans la maison habit\u00e9e par la famille PC1.)-PC2.) et dans laquelle les pr\u00e9venus ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 uniquement en vue de s\u00e9questrer les personnes pour amener le p\u00e8re de famille \u00e0 ouvrir le coffre- fort de la banque dans laquelle il travaillait, partant sur les lieux ou partie des faits incrimin\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 commis. Les objets comportant les empreintes g\u00e9n\u00e9tiques des pr\u00e9venus ont \u00e9t\u00e9 saisis imm\u00e9diatement apr\u00e8s les faits le 10 d\u00e9cembre 1999, partant dans un temps rapproch\u00e9 des faits.<\/p>\n<p>Selon les experts Anne MARCOTTE et Elizabet PETKOVSKI , il r\u00e9sulte avec une quasi-certitude, \u00e0 savoir avec une certitude de 99.99%, que l\u2019\u00ab homme 5 \u00bb dont le profil a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 dans la contre- expertise correspond \u00e0 celui de P2.) et celui attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00ab homme 2 \u00bb correspond \u00e0 celui de P1.) . Lors de l\u2019instruction, elles avaient d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9 que diff\u00e9rentes personnes peuvent poss\u00e9der des all\u00e8les communs (comme le 13 chez A.) et P2.)) et en audience de premi\u00e8re instance elles ont encore pr\u00e9cis\u00e9 que si les \u00e9chantillons n\u2019avaient plus \u00e9t\u00e9 utilisables ou s\u2019ils avaient \u00e9t\u00e9 contamin\u00e9s elles l\u2019auraient signal\u00e9.<\/p>\n<p>S\u2019agissant de P1.) , les traces portant ses empreintes g\u00e9n\u00e9tiques qui ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es sur des vecteurs mobiles sur les lieux de l\u2019infraction, \u00e0 savoir notamment sur un m\u00e9got de cigarette trouv\u00e9 sous le canap\u00e9 de la maison de la f amille PC1.)-PC2.), et sur une tasse, ces \u00e9l\u00e9ments de preuve sont corrobor\u00e9s par les aveux faits par ledit pr\u00e9venu d\u00e8s son premier interrogatoire devant le juge d\u2019instruction luxembourgeois, aveux qui concordent avec les d\u00e9positions des victimes et les constatations faites par les agents verbalisants notamment quant \u00e0 l\u2019\u00e9tat de la maison de la famille PC1.)-PC2.) au d\u00e9part des malfaiteurs, \u00e9tat qui sugg\u00e8re que les malfaiteurs ont pass\u00e9 une p\u00e9riode de temps assez importante dans la maison de leurs victimes et ont partant eu le temps de boire et de fumer.<\/p>\n<p>S\u2019agissant de P2.), les juges de premi\u00e8re instance ont, \u00e0 juste titre, relev\u00e9 que les empreintes g\u00e9n\u00e9tiques dudit pr\u00e9venu ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es non seulement sur un goulot de bouteille, mais surtout sur des tasses appartenant \u00e0 la famille PC1.)-PC2.), dont une tasse qui portait \u00e9galement l\u2019ADN de P1.) et l\u2019autre tasse portant un m\u00e9lange de l\u2019ADN de A.) et celui de P2.) .<\/p>\n<p>Il est tr\u00e8s peu probable qu\u2019une tierce personne ait amen\u00e9 sur les lieux du crime les tasses appartenant \u00e0 la famille PC1.)-PC2.) comportant les traces d\u2019ADN de A.) , P1.) et P2.).<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel rejoint les d\u00e9veloppements du repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public quant \u00e0 l\u2019argument de la d\u00e9fense consistant \u00e0 dire qu\u2019une bouteille portant les profils g\u00e9n\u00e9tiques de A.) et de P2.) a pu \u00eatre apport\u00e9e sur les lieux du crime, bouteille qui aurait \u00e9t\u00e9 partag\u00e9e avant les faits avec P2.) lors d\u2019un jogging commun et qui aurait ensuite, par contamination, \u00e9t\u00e9 la cause de la pr\u00e9sence d\u2019ADN de P2.) sur une tasse de la famille PC1.)-PC2.) de laquelle A.) aurait bu et qu\u2019il y aurait d\u00e8s lors pu y avoir contamination sans que P2.) n\u2019ait \u00e9t\u00e9 sur les lieux du crime, pour conclure que cette argumentation ne saurait valoir.<\/p>\n<p>En effet, cette explication tendant \u00e0 dire que A.) aurait pu \u00eatre l\u2019auteur d\u2019un transport d\u2019ADN n\u2019est pas pertinente dans la mesure o\u00f9, en l\u2019occurrence, des traces portant l\u2019ADN de P1.) et de P2.) ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es notamment sur une tasse saisie dans l\u2019\u00e9vier de la cuisine de la maison de la famille PC1.) -PC2.) (chiffre 3112.9m) sans que l\u2019ADN de A.) ne s\u2019y trouve. La d\u00e9fense de P2.) n\u2019ayant fourni aucune autre explication<\/p>\n<p>64 plausible de la pr\u00e9sence de l\u2019ADN du pr\u00e9venu sur les lieux du crime, les traces ADN trouv\u00e9es constituent des \u00e9l\u00e9ments qui \u00e9tablissent un lien rapproch\u00e9 entre le pr\u00e9venu P2.) et la commission du crime.<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute que les victimes ont pu d\u00e9crire les v\u00eatements port\u00e9s et les armes utilis\u00e9es par les malfaiteurs. Plus particuli\u00e8rement, les victimes ont d\u00e9crit que les preneurs d\u2019otage portaient des v\u00eatements sombres et surtout des cagoules noires et \u00e9taient arm\u00e9s d\u2019une mitraillette pr\u00e9sentant un poignet en bois us\u00e9, une crosse en m\u00e9tal et un chargeur courb\u00e9, un fusil \u00e0 pompe et un pistolet.<\/p>\n<p>Or, lors de la perquisition du v\u00e9hicule de P2.) des cagoules ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es.<\/p>\n<p>Par ailleurs, une mitraillette telle que d\u00e9crite par les victimes a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e lors de l\u2019interpellation de A.) dans la voiture de P2.). Dans ledit v\u00e9hicule se trouvaient \u00e9galement des cagoules noires trou\u00e9es. Suivant les d\u00e9positions de A.) devant le juge d\u2019instruction du 30 mars 2012, \u00ab les armes qui ont \u00e9t\u00e9 saisies en Belgique dans la voiture de P2.) appartenaient \u00e0 des albanais (\u00ab N. \u00bb et le petit fr\u00e8re de P.). C\u2019est en tout cas ce que Monsieur P2.) m\u2019avait dit. C\u2019est pour \u00e7a que les albanais cherchaient Monsieur P2.). Il devait garder les armes pour eux, mais il a eu des probl\u00e8mes avec eux dans la discoth\u00e8que \u00e0 (\u2026) \u00ab (&#8230;.) \u00bb o\u00f9 on a tir\u00e9 dans le plafond. Suite \u00e0 cette affaire Monsieur P2.) a d\u00e9cid\u00e9 de garder ces armes ou une partie de ces armes \u00bb.<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute que les victimes avaient inform\u00e9 les enqu\u00eateurs de ce que la langue parl\u00e9e entre leurs preneurs d\u2019otage \u00e9tait le fran\u00e7ais, ce qui constitue la langue parl\u00e9e entre les pr\u00e9venus, qui se connaissent tous de leurs ann\u00e9es de jeunesse pass\u00e9es ensemble dans la r\u00e9gion de Longwy.<\/p>\n<p>P1.), en niant formellement l\u2019implication de P2.) comme celle de A.) , dont les traces ADN ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es sur les lieux du crime et dont l\u2019implication ne fait pas de doute au vu des \u00e9l\u00e9ments repris ci -avant, exprime, ou bien toute la crainte qu\u2019il a tant de A.) que de P2.), que le cas \u00e9ch\u00e9ant du quatri\u00e8me auteur qui n\u2019a pas pu \u00eatre identifi\u00e9, ou bien son all\u00e9geance au groupe de malfaiteurs, les menaces desquelles il dit \u00eatre victime restant, en effet, \u00e0 l\u2019\u00e9tat d\u2019all\u00e9gations.<\/p>\n<p>Au regard du pr\u00e9dit faisceau d\u2019indices, ensemble les informations r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par le casier judiciaire des pr\u00e9venus r\u00e9v\u00e9lant des ant\u00e9c\u00e9dents sp\u00e9cifiques, la Cour d\u2019appel a acquis, \u00e0 l\u2019instar des juges de premi\u00e8re instance, l\u2019intime conviction que les deux pr\u00e9venus sont les auteurs des faits leur reproch\u00e9s par le minist\u00e8re public.<\/p>\n<p>En droit, les juges de premi\u00e8re instance ont retenu, \u00e0 juste titre, la pr\u00e9vention d\u2019infraction \u00e0 l\u2019article 442- 1 du Code p\u00e9nal. Il r\u00e9sulte, en effet, des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif, de l\u2019instruction en premi\u00e8re instance et des d\u00e9bats \u00e0 l\u2019audience de la Cour d\u2019appel que, les agresseurs de la famille PC1.)-PC2.) ont d\u00e9tenu toute la famille contre son gr\u00e9 pendant une nuit enti\u00e8re aux fins de se voir remettre le lendemain, de la main de PC1.), l\u2019argent se trouvant dans le coffre- fort de la banque, \u00e0 savoir pour assurer la perp\u00e9tration de l\u2019extorsion pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 471 du Code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>En for\u00e7ant ainsi PC1.), \u00e0 l\u2019aide de violences physiques et sous la menace d\u2019attenter \u00e0 sa famille, \u00e0 remettre volontairement l\u2019argent se trouvant dans le coffre- fort de la banque dans laquelle il est employ\u00e9, les pr\u00e9venus se sont rendus coupables d\u2019extorsion \u00e0 l\u2019aide de violences et menaces au sens des articles 471 et 483 du Code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>65 Pour des motifs que la Cour d\u2019appel adopte c\u2019est encore \u00e0 bon droit que les circonstances que l\u2019extorsion aurait \u00e9t\u00e9 commise \u00e0 l\u2019aide de fausses cl\u00e9s et \u00e0 l\u2019aide de s\u00e9questration, circonstances libell\u00e9es par le minist\u00e8re public, n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retenues.<\/p>\n<p>Les autres circonstances aggravantes libell\u00e9es, \u00e0 savoir, que l\u2019extorsion a \u00e9t\u00e9 commise dans une maison habit\u00e9e, la nuit par plusieurs personnes, des armes ayant \u00e9t\u00e9 montr\u00e9es ou employ\u00e9es et \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces, ont \u00e9t\u00e9 retenues \u00e0 bon escient par les juges de premi\u00e8re instance par de justes motifs que la Cour d\u2019appel fait siens.<\/p>\n<p>En p\u00e9n\u00e9trant la nuit \u00e0 plusieurs personnes dans la maison de la famille PC1.) -PC2.) \u00e0 l\u2019aide des clefs soustraites au pr\u00e9alable \u00e0 PC1.) et en y d\u00e9robant \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces, ainsi que sous la menace d\u2019armes des objets appartenant aux membres de la famille PC1.)-PC2.), les pr\u00e9venus ont commis un vol qualifi\u00e9 \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces avec les circonstances telles que retenues par les juges de premi\u00e8re instance. La s\u00e9questration n\u2019\u00e9tant pas pr\u00e9vue \u00e0 titre de circonstance aggravante ind\u00e9pendante des violences exerc\u00e9es, les juges de premi\u00e8re instance n\u2019ont \u00e0 bon droit pas retenu cette circonstance comme aggravant le vol ind\u00e9pendamment des violences exerc\u00e9es.<\/p>\n<p>Au vu des armes port\u00e9es par les braqueurs et utilis\u00e9es lors de leurs forfaits, les pr\u00e9ventions d\u2019infractions aux dispositions de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions ont \u00e9t\u00e9 retenues \u00e0 juste titre, la Cour d\u2019appel renvoyant \u00e0 la motivation des juges de premi\u00e8re instance qu\u2019elle adopte.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le jugement entrepris est \u00e0 confirmer sous ce rapport.<\/p>\n<p>Quant aux peines Les r\u00e8gles du concours d\u2019infraction ont \u00e9t\u00e9 correctement \u00e9nonc\u00e9es et appliqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Les juges de premi\u00e8re instance ont, \u00e0 bon droit, retenu que les peines les plus fortes retenues \u00e0 charge des pr\u00e9venus sont celles commin\u00e9es par les articles 442- 1 et 470 et 471 du Code p\u00e9nal et que la peine applicable, en tenant compte de l\u2019article 62 du Code p\u00e9nal est comprise entre 15 et 25 ans de r\u00e9clusion.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus, m\u00eame s\u2019ils n\u2019ont pas attent\u00e9 \u00e0 la vie des personnes qu\u2019ils s\u00e9questraient, ont cependant, pour arriver \u00e0 leurs fins, fait preuve de violences physiques et surtout d\u2019une tr\u00e8s grande violence morale en mena\u00e7ant d\u2019armes et de mort d\u2019homme m\u00eame des enfants, en les d\u00e9tenant pendant toute une nuit dans l\u2019ignorance du sort qui leur sera r\u00e9serv\u00e9 et de celui de leur p\u00e8re. La cruaut\u00e9 des pr\u00e9venus, preneurs d\u2019otage et braqueurs est, partant, ind\u00e9niable alors qu\u2019ils s\u2019en sont pris m\u00eame aux \u00eatres les plus vuln\u00e9rables, tels les enfants, et qu\u2019ils ont, par ailleurs, trouv\u00e9 plaisir \u00e0 torturer m\u00eame l\u2019animal de famille qui en perdra la vie. Ils pr\u00e9sentent, partant, une dangerosit\u00e9 certaine pour la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>&#8212; quant \u00e0 P1.)<\/p>\n<p>Les juges de premi\u00e8re instance, en pronon\u00e7ant une peine de r\u00e9clusion de 14 ans \u00e0 l\u2019encontre de P1.), sans autrement se r\u00e9f\u00e9rer aux articles 73 et 74 du Code p\u00e9nal et faire application de circonstances att\u00e9nuantes, ont prononc\u00e9 une peine ill\u00e9gale.<\/p>\n<p>66 La partie du dispositif du jugement entrepris qui contient une peine ill\u00e9gale est \u00e0 annuler; l\u2019affaire \u00e9tant en \u00e9tat d\u2019\u00eatre jug\u00e9e, il y a lieu d\u2019y statuer par \u00e9vocation.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel estime que le comportement du pr\u00e9venu est \u00e0 sanctionner, par application de circonstances att\u00e9nuantes consistant dans l\u2019aveu de P1.) et dans le repentir actif exprim\u00e9 par ce dernier, par une peine de r\u00e9clusion de 12 ans, tout sursis \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de cette peine de r\u00e9clusion \u00e9tant exclu au vu des ant\u00e9c\u00e9dents judiciaires du pr\u00e9venu.<\/p>\n<p>&#8212; quant \u00e0 P2.)<\/p>\n<p>L\u2019attitude de P2.) ne t\u00e9moigne d\u2019aucun respect pour la souffrance des victimes de la prise d\u2019otage et du braquage. Ledit pr\u00e9venu ne fait \u00e9galement pas \u00e9tat d\u2019une volont\u00e9 de s\u2019amender ou d\u2019un d\u00e9sir de r\u00e9insertion dans la vie sociale, alors qu\u2019il a un lourd pass\u00e9 criminel.<\/p>\n<p>Au vu du seul \u00e9l\u00e9ment militant en faveur dudit pr\u00e9venu, relev\u00e9 par les juges de premi\u00e8re instance, \u00e0 savoir que P2.) n\u2019a pas agi avec la derni\u00e8re des brutalit\u00e9s permettant aux victimes de se lib\u00e9rer facilement, la peine prononc\u00e9e \u00e0 son encontre en premi\u00e8re instance n\u2019est non seulement l\u00e9gale, mais \u00e9galement ad\u00e9quate et tient compte de la personnalit\u00e9 et des ant\u00e9c\u00e9dents judiciaires du pr\u00e9venu, de la gravit\u00e9 des faits et des circonstances particuli\u00e8res dans lesquelles les faits se sont d\u00e9roul\u00e9s.<\/p>\n<p>Les mesures de destitutions pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019article 10 du Code p\u00e9nal et d\u2019interdiction des droits \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019article 11 du m\u00eame code ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es en conformit\u00e9 de la loi \u00e0 l\u2019encontre des deux pr\u00e9venus P1.) et P2.) et elles sont \u00e0 maintenir.<\/p>\n<p>Au civil<\/p>\n<p>&#8212; demande civile de PC1.) dirig\u00e9e contre P1.) et P2.)<\/p>\n<p>A l\u2019audience de la Cour d\u2019appel du 3 mai 2016, PC1.) a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 sa partie civile et a demand\u00e9 , par r\u00e9formation du jugement entrepris, \u00e0 se voir allouer \u00e0 titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice qu\u2019il a subi du fait des agissements des d\u00e9fendeurs au civil, la somme r\u00e9clam\u00e9e en premi\u00e8re instance de 75.500 euros, avec les int\u00e9r\u00eats compensatoires au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, date de l\u2019infraction jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de sa demande en r\u00e9paration de son dommage, PC1.) fait \u00e9tat notamment d\u2019une IPP de 30% suite \u00e0 l\u2019agression des 9 et 10 d\u00e9cembre 1999, retenue par l\u2019expert Roland HIRSCH dans son rapport du 5 d\u00e9cembre 2014.<\/p>\n<p>PC1.) estime avoir droit \u00e0 50.500 euros en r\u00e9paration de l\u2019atteinte temporaire et d\u00e9finitive \u00e0 son int\u00e9grit\u00e9 physique, \u00e0 25.000 euros du chef du pr\u00e9judice moral imputable au traumatisme psychique et \u00e0 25.000 euros du chef de pr\u00e9judice d\u2019agr\u00e9ment. L\u2019Etat du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg ayant vers\u00e9 une indemnit\u00e9 de 25.000 euros, il y aurait lieu \u00e0 condamnation solidaire des d\u00e9fendeurs au civil P1.) et P2.) \u00e0 lui payer la somme de 75.500 euros.<\/p>\n<p>Au regard du sort \u00e0 r\u00e9server \u00e0 l\u2019appel au p\u00e9nal, la Cour d\u2019appel demeure comp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande civile de PC1.) .<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 juste titre et par une motivation que la Cour d\u2019appel adopte que le tribunal de premi\u00e8re instance a fix\u00e9 le pr\u00e9judice moral de la partie demanderesse au civil, PC1.) , \u00e0<\/p>\n<p>67 un montant de 15.000 euros, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999 jusqu\u2019\u00e0 solde. Ce montant constitue, en effet, une r\u00e9paration ad\u00e9quate du pr\u00e9judice subi par PC1.) au vu des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et au vu des renseignements et explications fournis par le mandataire de PC1.) \u00e0 l\u2019audience de la Cour d\u2019appel.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel rejoint \u00e9galement les d\u00e9veloppements faits par les juges de premi\u00e8re instance quant aux montants r\u00e9clam\u00e9s \u00e0 titre d\u2019IPP et de pr\u00e9judice d\u2019agr\u00e9ment.<\/p>\n<p>&#8212; demande civile de PC2.) dirig\u00e9e contre P1.) et P2.)<\/p>\n<p>A l\u2019audience de la Cour d\u2019appel du 5 janvier 2016, PC2.) a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 sa partie civile et demande, par r\u00e9formation du jugement entrepris, \u00e0 se voir allouer \u00e0 titre de r\u00e9paration du pr\u00e9judice qu\u2019elle a subi du fait des agissements des d\u00e9fendeurs au civil, la somme r\u00e9clam\u00e9e en premi\u00e8re instance de 185.000 euros, dont 72.000 euros au titre de l\u2019atteinte temporaire \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique, 63.000 euros au titre de l\u2019atteinte d\u00e9finitive \u00e0 l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique, 25.000 euros au titre du pr\u00e9judice moral et 25.000 euros au titre du pr\u00e9judice d\u2019agr\u00e9ment, avec les int\u00e9r\u00eats compensatoires au taux l\u00e9gal \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999, date de l\u2019infraction jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>A l\u2019appui de sa demande en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice, PC2.) fait \u00e9tat notamment de l\u2019IPP de 35% suite \u00e0 l\u2019agression des 9 et 10 d\u00e9cembre 1999, retenue par l\u2019expert Roland HIRSCH dans son rapport du 16 septembre 2014.<\/p>\n<p>Au regard du sort \u00e0 r\u00e9server \u00e0 l\u2019appel au p\u00e9nal, la Cour d\u2019appel demeure comp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande civile de PC2.) .<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 juste titre et par une motivation que la Cour d\u2019appel adopte que le tribunal de premi\u00e8re instance a fix\u00e9 le pr\u00e9judice moral de la demanderesse au civil, PC2.), \u00e0 un montant de 15.000 euros, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999 jusqu\u2019\u00e0 solde. Ce montant constitue, en effet, une r\u00e9paration ad\u00e9quate du pr\u00e9judice subi par PC2.) au vu des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et au vu des renseignements et explications fournis par le mandataire de PC2.) \u00e0 l\u2019audience de la Cour d\u2019appel.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel rejoint \u00e9galement les d\u00e9veloppements faits par les juges de premi\u00e8re instance quant aux montants r\u00e9clam\u00e9s \u00e0 titre d\u2019IPP.<\/p>\n<p>A d\u00e9faut de PC2.) de justifier d\u2019un pr\u00e9judice d\u2019agr\u00e9ment, c\u2019est \u00e9galement \u00e0 bon droit que les juges de premi\u00e8re instance n\u2019ont pas allou\u00e9 de dommages-int\u00e9r\u00eats \u00e0 ce titre.<\/p>\n<p>&#8212; demandes civiles de PC3.) et PC4.) contre P1.) et P2.)<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 juste titre et par une motivation que la Cour d\u2019appel adopte que le tribunal de premi\u00e8re instance a fix\u00e9 le pr\u00e9judice moral des demanderesses au civil, PC3.) et PC4.), \u00e0 un montant de 15.000 euros pour chacun, avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 9 d\u00e9cembre 1999 jusqu\u2019\u00e0 solde. Ce montant constitue, en effet, une r\u00e9paration ad\u00e9quate du pr\u00e9judice subi autant par PC3.) que par PC4.) , au vu des pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et au vu des renseignements et explications fournis par le mandataire des demanderesses \u00e0 l\u2019audience de la Cour d\u2019appel.<\/p>\n<p>&#8212; demande civile de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS1.) S.A. contre P1.) et P2.)<\/p>\n<p>68 A l\u2019audience de la Cour d\u2019appel du 3 mai 2016, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS1.) S.A. a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 sa partie civile et a demand\u00e9 la confirmation du jugement entrepris.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 bon droit que les juges de premi\u00e8re instance se sont, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision intervenue au p\u00e9nal, d\u00e9clar\u00e9s comp\u00e9tents pour conna\u00eetre de la demande civile de la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS1.) S.A.<\/p>\n<p>Les montants allou\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurances ASS1.) S.A. sont justifi\u00e9s par les pi\u00e8ces du dossier.<\/p>\n<p>Il y a lieu, partant, de confirmer, pour autant qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 entrepris, le jugement de premi\u00e8re instance en ce qui concerne les demandes civiles.<\/p>\n<p>P a r c e s m o t i f s ,<\/p>\n<p>la Cour d&#039;appel, chambre criminelle, statuant contradictoirement, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P2.) et P1.) entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense, les demandeurs au civil PC1.), PC2.), PC3.), PC4.) et la soci\u00e9t\u00e9 anonyme d\u2019assurance ASS1.) S.A. en leurs conclusions et le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public en son r\u00e9quisitoire,<\/p>\n<p>d\u00e9clare les appels recevables;<\/p>\n<p>rejette les moyens de nullit\u00e9 et d\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites soulev\u00e9s par la d\u00e9fense de P2.);<\/p>\n<p>dit non fond\u00e9 l\u2019appel de P2.) ;<\/p>\n<p>dit partiellement fond\u00e9 l\u2019appel de P1.);<\/p>\n<p>annule le jugement attaqu\u00e9 pour autant que les juges de premi\u00e8re instance ont prononc\u00e9 une peine ill\u00e9gale \u00e0 l\u2019encontre de P1.) ;<\/p>\n<p>\u00e9voquant partiellement et statuant \u00e0 nouveau:<\/p>\n<p>condamne P1.) du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge, par application de circonstances att\u00e9nuantes, \u00e0 une peine de r\u00e9clusion de douze (12) ans;<\/p>\n<p>dit l\u2019appel au civil de PC1.) et de PC2.) non fond\u00e9;<\/p>\n<p>confirme pour le surplus le jugement au p\u00e9nal et au civil dans la mesure o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 entrepris;<\/p>\n<p>condamne P1.) et P2.) solidairement aux frais de leur poursuite en instance d\u2019appel, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 226, 30 \u20ac;<\/p>\n<p>condamne P1.) et P2.) solidairement aux frais des demandes civiles en instance d\u2019appel.<\/p>\n<p>Par application des textes de loi cit\u00e9s par la juridiction de premi\u00e8re instance en ajoutant les articles 73 et 74 du Code p\u00e9nal et par application des articles 215, 221 et 222 du Code d\u2019instruction criminelle.<\/p>\n<p>69 Ainsi fait et jug\u00e9 par la Cour d&#039;appel du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, chambre criminelle, compos\u00e9e de Monsieur Michel REIFFERS, pr\u00e9sident de chambre, Madame Odette PAULY, premier conseiller, Madame Nathalie JUNG, Monsieur Jean ENGELS et Madame Marie MACKEL, conseillers, qui ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent arr\u00eat avec le greffier Cornelia SCHMIT.<\/p>\n<p>La lecture de l&#039;arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en audience publique \u00e0 la Cit\u00e9 Judiciaire, B\u00e2timent CR, Plateau du St. Esprit, par Monsieur Michel REIFFERS, pr\u00e9sident de chambre, en pr\u00e9sence de Madame Marie-Jeanne KAPPWEILER, avocat g\u00e9n\u00e9ral, et de Madame Cornelia SCHMIT, greffier.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-5-criminelle\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-5-criminelle\/20240827-182654\/20160531-ca5crim-17a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arr\u00eat N\u00b0 17\/16 Ch. 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