{"id":843775,"date":"2026-05-06T00:10:59","date_gmt":"2026-05-05T22:10:59","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-25-mai-2016\/"},"modified":"2026-05-06T00:11:19","modified_gmt":"2026-05-05T22:11:19","slug":"tribunal-darrondissement-25-mai-2016","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-25-mai-2016\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 25 mai 2016"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Jugt n\u00b0 LCRI 14\/2016<\/p>\n<p>Notice du Parquet: 9438\/ 13\/CD<\/p>\n<p>Ex.p. x 3 Etr. x 4 Art. 11 C.P. x 3 Acquit. x 1<\/p>\n<p>AUDIENCE PUBLIQUE DU 25 MAI 2016 La Chambre criminelle du Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, neuvi\u00e8me chambre, a rendu le jugement qui suit: Dans la cause du Minist\u00e8re Public contre 1) P1.) , n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (Belgique), demeurant (\u2026) , B-(\u2026), actuellement d\u00e9tenu,<\/p>\n<p>2) P2.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (Turquie), demeurant (\u2026), B-(\u2026), actuellement d\u00e9tenu,<\/p>\n<p>3) P3.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (Turquie), demeurant (\u2026), B-(\u2026), actuellement sous contr\u00f4le judiciaire,<\/p>\n<p>4) P4.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (Belgique), demeurant (\u2026), B -(\u2026), actuellement sous contr\u00f4le judiciaire,<\/p>\n<p>&#8212; p r \u00e9 v e n u s &#8212;<\/p>\n<p>en pr\u00e9sence de :<\/p>\n<p>1. l\u2019ETAT DU GRAND- DUCH\u00c9 DE LUXEMBOURG , repr\u00e9sent\u00e9 par son Ministre d\u2019Etat, Xavier BETTEL, Premier m inistre, Ministre d\u2019Etat, \u00e9tabli \u00e0 4 rue de la Congr\u00e9gation, L-2910 Luxembourg,<\/p>\n<p>comparant par Monsieur E.), suivant procuration du 28 septembre 2015,<\/p>\n<p>2. A.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 Luxembourg, demeurant (\u2026), L-(\u2026),<\/p>\n<p>3. B.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 Luxembourg, demeurant (\u2026), L -(\u2026),<\/p>\n<p>4. C.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 (\u2026), demeurant (\u2026), L -(\u2026),<\/p>\n<p>2 5. l\u2019ETAT DU GRAND- DUCH\u00c9 DE LUXEMBOURG , repr\u00e9sent\u00e9 par son Ministre d\u2019Etat, Xavier BETTEL, Premier m inistre, Ministre d\u2019Etat, \u00e9tabli \u00e0 4 rue de la Congr\u00e9gation, L-2910 Luxembourg,<\/p>\n<p>comparant par Monsieur F.), suivant procuration du 5 f\u00e9vrier 2016,<\/p>\n<p>6. D.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 Luxembourg, demeurant (\u2026), L -(\u2026),<\/p>\n<p>7. E.), n\u00e9 le (\u2026) \u00e0 L(\u2026), demeurant (\u2026), L -(\u2026),<\/p>\n<p>parties civiles constitu\u00e9es contre les pr\u00e9venus P1.), P2.), P3.) et P4.).<\/p>\n<p>FAITS:<\/p>\n<p>Par citation du 9 novembre 2015, Monsieur le Procureur d&#039;Etat pr\u00e8s le Tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg a requis les pr\u00e9venus de compara\u00eetre aux audiences publiques des 15, 16, 17, 18, 22, 23, 24, 25 et 29 f\u00e9vrier et 1 er mars 2016 devant la Chambre criminelle du Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg pour y entendre statuer sur les pr\u00e9ventions suivantes:<\/p>\n<p>Infractions aux articles 324bis et 324ter du Code p\u00e9nal, subs.: aux articles 322, 323 et 324 du Code p\u00e9nal; aux articles 51 et 471 du Code p\u00e9nal, subs.: aux articles 51 et 393 du Code p\u00e9nal; aux articles 269 et 272 du Code p\u00e9nal; aux articles 51 et 393 du Code p\u00e9nal, subs.: aux articles 280 et 281 du Code p\u00e9nal, plus subs.: \u00e0 l\u2019article 399 du Code p\u00e9nal; aux articles 269 et 272 du Code p\u00e9nal; aux articles 1 er , 5 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions; aux articles 1b, 4 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions; aux articles 2 et 3 de la loi du 20 avril 1881 concernant le transport et le commerce des mati\u00e8res explosives, ainsi qu\u2019aux articles 1 er et 2 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand- ducal du 20 avril 1881 relatif au transport, au commerce et au d\u00e9p\u00f4t de la poudre \u00e0 tirer et des autres substances explosives; \u00e0 l\u2019article 505 du Code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>A l&#039;audience publique du 15 f\u00e9vrier 2016, M adame le vice- pr\u00e9sident constata l&#039;identit\u00e9 des pr\u00e9venus P1.), P2.), P3.) et P4.) et leur donna connaissance de l&#039;acte qui a saisi la Chambre criminelle.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus P1.), P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus P1.), P4.), P3.) et P2.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Luc BALAES, avocat au barreau de Li\u00e8ge (Belgique), d\u00e9fendeur du pr\u00e9venu P3.), fut entendu en ses d\u00e9clarations en ce qu\u2019il demanda que les menottes furent enlev\u00e9es durant les audiences.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Guy UERLINGS, avocat au barreau de Verviers (Belgique), d\u00e9fendeur du pr\u00e9venu P1.), fut entendu en ses d\u00e9clarations.<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public, M onsieur Robert WELTER, substitut principal du Procureur d&#039;Etat, fut entendu en ses d\u00e9clarations .<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9ric MIOLI, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Gaston VOGEL, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9fendeur des pr\u00e9venus P1.) et P4.), fut entendu en ses d\u00e9clarations.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle se d\u00e9clara incomp\u00e9tente pour conna\u00eetre de l\u2019incident.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T1.) pr\u00eata le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T2.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 16 f\u00e9vrier 2016 .<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 16 f\u00e9vrier 2016, les pr\u00e9venus P1.), P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER.<\/p>\n<p>Monsieur E.), suivant procuration du 28 septembre 2015, se constitua partie civile au nom et pour le compte de l\u2019E tat du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg contre les pr\u00e9venus P1.), P2.), P3.) et P4.).<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T1.) , toujours sous la foi du serment, fut entendu.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T2.) , toujours sous la foi du serment, fut r\u00e9entendu .<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 17 f\u00e9vrier 2016 .<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 17 f\u00e9vrier 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.), P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER.<\/p>\n<p>Les experts et t\u00e9moins Sylvain DUJARDIN, Olivier FROMENT, Anne DEBAST, S\u00e9verine STEUVE, Elisabet PETKOVSKI, Laurent PENE et T5.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 18 f\u00e9vrier 2016 .<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 18 f\u00e9vrier 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1 .), P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T2.) et T1.) toujours sous la foi du serment, furent r\u00e9entendus.<\/p>\n<p>L\u2019expert et t\u00e9moin Elisabet PETKOVSKI et le t\u00e9moin T5.) , toujours sous la foi du serment, furent r\u00e9entendus.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 22 f\u00e9vrier 2016 .<\/p>\n<p>4 A l\u2019audience publique du 22 f\u00e9vrier 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER.<\/p>\n<p>Monsieur A.) se constitua oralement partie civile contre les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.), P2.), P3.) et P4.).<\/p>\n<p>Monsieur B.) se constitua oralement partie civile contre les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.), P2.), P3.) et P4.).<\/p>\n<p>Monsieur C.) se constitua oralement partie civile contre les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.), P2.), P3.) et P4.).<\/p>\n<p>Monsieur F.), suivant procuration du 5 f\u00e9vrier 2016, se constitua partie civile au nom et pour le compte de l\u2019E tat du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg contre les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.), P2.), P3.) et P4.).<\/p>\n<p>Monsieur E.) versa des pi\u00e8ces et d\u00e9veloppa plus amplement les moyens du demandeur au civil l\u2019Etat du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T2.) et T1.) toujours sous la foi du serment, furent r\u00e9entendus.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 23 f\u00e9vrier 2016 .<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 23 f\u00e9vrier 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER .<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T1.) et T2.), toujours sous la foi du serment, furent r\u00e9entendus .<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 24 f\u00e9vrier 2016 .<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 24 f\u00e9vrier 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T2.) et T1.), toujours sous la foi du serment, furent r\u00e9entendus.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T3.) et T4.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 25 f\u00e9vrier 2016 .<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 25 f\u00e9vrier 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Martine WEITZEL.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T2.) , toujours sous la foi du serment, fut r\u00e9entendu.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T6.) et E.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Monsieur E.) se constitua oralement partie civile contre les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.), P2.), P3.) et P4.).<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin D.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Monsieur D.) se constitua oralement partie civile contre les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.), P2.), P3.) et P4.).<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T7.) et T8.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 29 f\u00e9vrier 2016 .<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 29 f\u00e9vrier 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER .<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T2.) , toujours sous la foi du serment, fut r\u00e9entendu .<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T9.) et T10.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 1 er mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 1 er mars 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER .<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T9.) , toujours sous la foi du serment, fut r\u00e9entendu.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T11.) , T12.) et T13.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 3 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 3 mars 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.), P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER .<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T14.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le greffier donna lecture au t\u00e9moin T14.) de ses d\u00e9clarations. Le t\u00e9moin T14.) signa ensuite ses d\u00e9clarations au plumitif d\u2019audience.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T15.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>6 Le greffier donna lecture au t\u00e9moin T15.) de ses d\u00e9clarations. Le t\u00e9moin T15.) signa ensuite ses d\u00e9clarations au plumitif d\u2019audience.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T16.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le greffier donna lecture au t\u00e9moin T16.) de ses d\u00e9clarations. Le t\u00e9moin T16.) signa ensuite ses d\u00e9clarations au plumitif d\u2019audience.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T17.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le greffier donna lecture au t\u00e9moin T17.) de ses d\u00e9clarations. Le t\u00e9moin T14.) signa ensuite ses d\u00e9clarations au plumitif d\u2019audience.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 7 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 7 mars 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER .<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T18.) , T19.), T20.) et T21.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T2.) , toujours sous la foi du serment, fut r\u00e9e ntendu.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T22.) et T23.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Monsieur G.) fut entenu \u00e0 titre de simples renseignements.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T24.) fut entendu en s es d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le greffier donna lecture au t\u00e9moin T24.) de ses d\u00e9clarations. Le t\u00e9moin T24.) signa ensuite ses d\u00e9clarations au plumitif d\u2019audience.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T25.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le greffier donna lecture au t\u00e9moin T25.) de ses d\u00e9clarations. Le t\u00e9moin T25.) signa ensuite ses d\u00e9clarations au plumitif d\u2019audience.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 8 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 8 mars 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER .<\/p>\n<p>7 Les t\u00e9moins T26.), T27.), T28.), T29.), T30.), T31.) et T32.) furent entendus en leurs d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T33.) fut entendu en ses d\u00e9clarations orales, apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 le serment pr\u00e9vu par la loi.<\/p>\n<p>Le greffier donna lecture au t\u00e9moin T33.) de ses d\u00e9clarations. Le t\u00e9moin T33.) signa ensuite ses d\u00e9clarations au plumitif d\u2019audience.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 9 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 9 mars 2016, les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P1.) , P2.), P3.) et P4.) furent assist\u00e9s par l&#039;interpr\u00e8te asserment\u00e9 Claudine BOHNENBERGER .<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T2.) , toujours sous la foi du serment, fut r\u00e9entendu .<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P1.) fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P2.) fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 10 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 10 mars 2016, le pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P3.) fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P4.) fut entendu en ses explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 14 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 14 mars 2016, Ma\u00eetre Luc BALAES, avocat au barreau de Li\u00e8ge (Belgique), d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P3.).<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9ric MIOLI, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Gaston VOGEL, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P4.).<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 15 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 15 mars 2016, Ma\u00eetre Guy UERLINGS, avocat au barreau de Verviers (Belgique), d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P1.).<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Eric SAYS, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P2.).<\/p>\n<p>8 Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9ric MIOLI, avocat \u00e0 la Cour, en remplacement de Ma\u00eetre Gaston VOGEL, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P1.).<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Philippe PENNING, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr \u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P3.) .<\/p>\n<p>La Chambre criminelle ordonna la suspension des d\u00e9bats et la continuation de l&#039;affaire \u00e0 l&#039;audience publique du 16 mars 2016.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 16 mars 2016, Ma\u00eetre Philippe PENNING, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu et d\u00e9fendeur au civil P3.) .<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public, Monsieur Robert WELTER, substitut principal du Procureur d&#039;Etat, r\u00e9suma l&#039;affaire et fut entendu en son r\u00e9quisitoire.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Philippe PENNING, Ma\u00eetre Luc BALAES, Ma\u00eetre Guy UERLINGS, Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9ric MIOLI et Ma\u00eetre Eric SAYS furent entendus en leurs r\u00e9pliques.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus et d\u00e9fendeurs au civil P3.) , P4.), P1.) et P2.) eurent la parole en derniers.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle prit l&#039;affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l&#039;audience publique de ce jour, date \u00e0 laquelle le prononc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9,<\/p>\n<p>L e j u g e m e n t q u i s u i t :<\/p>\n<p>Quant aux moyens soulev\u00e9s in limine litis<\/p>\n<p>1) Les d\u00e9fenseurs des pr\u00e9venus P1.) et P3.) ont soulev\u00e9 la question de l\u2019application de l\u2019article 6 de la Convention des droits de l\u2019Homme en ce sens que le juge d\u2019instruction en charge de l\u2019affaire aurait seulement instruit \u00e0 charge tel que cela r\u00e9sulte des questions pos\u00e9es et affirmations faites par le magistrat lors des diff\u00e9rents interrogatoires des pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>Ils reprochent plus concr\u00e8tement au juge d\u2019instruction certains propos qui violeraient la pr\u00e9somption d\u2019innocence telle que d\u00e9finie par la CEDH, comme p. ex. \u00ab la pr\u00e9sence de P3.) et de P2.) est \u00e9tablie\u2026 \u00bb, \u00ab on peut plus parler de probabilit\u00e9s\u2026 \u00bb, \u00ab vous avez touch\u00e9 la batterie peu avant les faits\u2026 \u00bb etc. La Chambre criminelle constate cependant que, m\u00eame \u00e0 admettre que le juge d\u2019instruction, dont l\u2019article 51 (1) du Code d\u2019instruction criminelle pr\u00e9voit qu\u2019il \u00ab proc\u00e8de, conform\u00e9ment \u00e0 la loi, \u00e0 tous les actes d&#039;information qu&#039;il juge utiles \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9. Il recueille et v\u00e9rifie, avec soin \u00e9 gal, les faits et les circonstances \u00e0 charge ou \u00e0 d\u00e9charge de l&#039;inculp\u00e9. \u00bb, aurait affirm\u00e9 des choses qui ne seraie nt qu\u2019\u00e0 prendre qu\u2019au conditionnel, il est loin d\u2019avoir commis une violation quelconque de ses obligations l\u00e9gales. En effet il appert des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif que le juge d\u2019instruction a fait droit aux demandes lui faites, \u00e9videmment dans la mesure o\u00f9 il l\u2019a jug\u00e9 utile pour l\u2019instruction de l\u2019affaire, ce qui est dans son pouvoir. Il a ainsi fait droit \u00e0 des demandes de contre- expertise et \u00e0 des v\u00e9rifications des alibis tels que<\/p>\n<p>9 pr\u00e9sent\u00e9s par les diff\u00e9rents pr\u00e9venus, de sorte que l\u2019on ne saurait parler d\u2019un parti pris de la part du juge d\u2019instruction qui reste libre dans l\u2019appr\u00e9ciation des moyens \u00e0 utiliser pour instruire un dossier, sous la contrainte \u00e9videmment que les moyens utilis\u00e9s soient l\u00e9gaux et que les r\u00e9sultats de ses investigations soient port\u00e9s \u00e0 la connaissance des pr\u00e9venus de sorte qu\u2019ils puissent y prendre position et demander, le cas \u00e9ch\u00e9ant, que d\u2019autre devoirs soient entrepris. Le fait que le juge d\u2019instruction ait essay\u00e9, tout au plus, de provoquer une r\u00e9action de la part de pr\u00e9venus qui \u00e9taient relativement peu loquaces, ne met pas en question la pr\u00e9somption d\u2019innocence dont b\u00e9n\u00e9ficient les pr\u00e9venus. Ce moyen est partant \u00e0 rejeter comme non fond\u00e9.<\/p>\n<p>2) Les d\u00e9fenseurs des pr\u00e9venus P1.) et P3.) concluent encore \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 des poursuites au vu du fait qu\u2019ils auraient \u00e9t\u00e9 dans l\u2019impossibilit\u00e9 de v\u00e9rifier la l\u00e9galit\u00e9 de certains actes pos\u00e9s par les enqu\u00eateurs belges dans le cadre de leurs dossiers respectifs instruits en Belgique et qu\u2019il y aurait eu violation du principe d\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes \u00e9tant donn\u00e9 que le Minist\u00e8re Public aurait eu des contacts privil\u00e9gi\u00e9s avec les enqu\u00eateurs belges via les enqu\u00eateurs de la Police judicaire luxembourgeoise.<\/p>\n<p>A ce sujet, la Chambre criminelle constate que les d\u00e9fenseurs demandent \u00e0 la juridiction de fond luxembourgeoise de d\u00e9clarer irrecevables les poursuites intent\u00e9es par le Minist\u00e8re Public luxembourgeois parce qu\u2019ils n\u2019auraient pas eu la possibilit\u00e9 de v\u00e9rifier la l\u00e9galit\u00e9 de certains actes pos\u00e9s en Belgique dans le cadre de dossiers belges, instruits par des juridictions belges ainsi que en ce qui concerne des devoirs r\u00e9alis\u00e9s en r\u00e9ponse \u00e0 des commissions rogatoires internationales dress\u00e9es dans le cadre du pr\u00e9sent dossier. Il est vrai que certains de ces dossiers, en tout ou en partie, ont \u00e9t\u00e9 vers\u00e9s au pr\u00e9sent dossier et ce en respectant les formalit\u00e9s l\u00e9gales requises, \u00e0 savoir via des commissions rogatoires internationales. Ces \u00e9l\u00e9ments ont \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9s par le Parquet \u00e0 toutes les parties en cause de sorte que l\u2019on ne saurait parler d\u2019in\u00e9galit\u00e9 des armes entre parties.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle n\u2019est par ailleurs tout simplement pas comp\u00e9tente pour appr\u00e9cier la l\u00e9galit\u00e9 d\u2019actes pos\u00e9s en Belgique par les autorit\u00e9s judic iaires belges et a fortiori, elle est incomp\u00e9tente pour tirer d\u2019\u00e9ventuelles conclusions dans le dossier dont elle se trouve actuellement saisie. Les actes en question ont \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9s soit par le juge d\u2019instruction par voie de commission rogatoire internationale soit ont \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9es dans le cadre d\u2019affaires belges, ce sont les autorit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res comp\u00e9tentes qui ex\u00e9cutent les devoirs y relatifs en respectant leurs proc\u00e9dures respectives et le r\u00e9sultat est ensuite transmis aux autorit\u00e9s requ\u00e9rantes en respectant les proc\u00e9dures pr\u00e9vues \u00e0 cet effet. En ce qui concerne aussi bien les affaires belges que les actes pos\u00e9es en r\u00e9ponse \u00e0 une commission rogatoire internationale, il va sans dire que la Chambre criminelle est sans pouvoir pour appr\u00e9cier la r\u00e9gularit\u00e9 des actes pos\u00e9s dans le pays requis.<\/p>\n<p>Ce moyen est partant \u00e9galement \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Au p\u00e9nal Vu l\u2019ordonnance de la Chambre du conseil du Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg du 18 mars 2015, confirm\u00e9e par trois arr\u00eats de la Chambre du conseil de la Cour d\u2019Appel du 18 mai 2015, renvoyant les pr\u00e9venus P1.), P3.), P2.) et P4.) devant la Chambre criminelle de ce m\u00eame Tribunal du chef d&#039;infractions aux articles 51, 52, 269, 272, 324bis, 324ter, subsidiairement 322, 323 et 324, 393, 269, 272, subsidiairement 280 et 281, 471, 505, \u00e0 la loi<\/p>\n<p>10 du modifi\u00e9e du 15 mars 1983 sur les armes et munitions, \u00e0 la loi du 20 avril 1881 concernant le transport et le commerce de mati\u00e8res explosives et \u00e0 l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand-ducal du 20 avril 1881 relatif au transport, au commerce et au d\u00e9p\u00f4t de la poudre \u00e0 tirer et des autres substances explosives.<\/p>\n<p>Vu la citation du 9 novembre 2015 r\u00e9guli\u00e8rement notifi\u00e9e aux pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>Vu l\u2019ensemble des proc\u00e8s-verbaux et rapports dress\u00e9s par le service de police judicaire, section criminalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale sous le num\u00e9ro 28190 ainsi que les rapports \u00e9tablis par le service de police judiciaire, section police technique.<\/p>\n<p>Vu le r\u00e9sultat des commissions rogatoires internationales.<\/p>\n<p>Vu les mandats d\u2019arr\u00eat internationaux et europ\u00e9ens du 5 f\u00e9vrier 2014 et 30 avril 2014 ainsi que les proc\u00e9dures d\u2019extradition des pr\u00e9venus P1.), P3.), P2.) et P4.).<\/p>\n<p>Vu les rapports d\u2019expertise dress\u00e9s dans le cadre du pr\u00e9sent dossier par le docteur Elizabet PETKOVSKI du Laboratoire National de la Sant\u00e9.<\/p>\n<p>Vu le rapport d\u2019expertise dress\u00e9 par Laurent PENE de l\u2019Institut national de Police scientifique (F) du 3 d\u00e9cembre 2014.<\/p>\n<p>Vu le rapport d\u2019expertise \u00e9tabli par l\u2019Institut national de criminalistique et de criminologie (B) du 11 octobre 2013.<\/p>\n<p>Les faits:<\/p>\n<p>Il appert de l&#039;ensemble du dossier r\u00e9pressif ainsi que de l\u2019instruction aux audiences publiques de la Chambre criminelle ce qui suit:<\/p>\n<p>Au mois de novembre 2012, deux personnes suspectes ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es aux alentours de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.), l\u2019un se trouvant sur le parking situ\u00e9 devant les locaux de SOC1.) et regardant en direction du b\u00e2timent et l\u2019autre en photographiant l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un fourgon belge sur le site. Suite \u00e0 ces informations ainsi qu\u2019en raison du fait qu\u2019au courant des ann\u00e9es 2011 et 2012, divers centres de tri avaient fait l\u2019objet d\u2019attaques dans les pays avoisinants, le site SOC1.) a \u00e9t\u00e9 mis sous observation polici\u00e8re pendant une certaine dur\u00e9e, mesure qui avait \u00e9t\u00e9 lev\u00e9e \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019aucun comportement suspect n\u2019a plus pu \u00eatre observ\u00e9.<\/p>\n<p>Le 3 avril 2013 vers 03.40 heures, la Police grand- ducale a \u00e9t\u00e9 alert\u00e9e qu\u2019un braquage se d\u00e9roulerait au si\u00e8ge de l\u2019entreprise SOC1.) \u00e0 LIEU1.) et que deux employ\u00e9s se trouvaient \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du b\u00e2timent.<\/p>\n<p>Les locaux de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) sont localis\u00e9s \u00e0 LIEU1.), (\u2026), cette rue \u00e9tant une voie sans issue et \u00e9tant accessible par voiture soit en passant par la rue (\u2026) soit en passant par la rue (\u2026). La rue est encore accessible \u00e0 pied en passant par les rues (\u2026) ou (\u2026).<\/p>\n<p>A 03.41 heures, l\u2019employ\u00e9e H.) alerte les forces de l\u2019ordre et signale une attaque. Sur les images enregistr\u00e9es, on a pu voir par la suite que les premiers mouvements ont \u00e9t\u00e9 saisis \u00e0 03.37 heures et que la fuite s\u2019est faite \u00e0 03.45 heures. Les auteurs avaient stationn\u00e9 leurs v\u00e9hicules sur un chemin rural situ\u00e9 entre la rue (\u2026) et la rue (\u2026). De l\u00e0, les auteurs se sont<\/p>\n<p>11 approch\u00e9s via le site de la firme SOC2.) avoisinant celui de SOC1.) , o\u00f9 ils ont sectionn\u00e9 le grillage plac\u00e9 autour du site pour acc\u00e9der \u00e0 une porte en acier situ\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 droit du b\u00e2timent en passant entre divers fourgons stationn\u00e9s sur le parking.<\/p>\n<p>Un des auteurs a ensuite fix\u00e9 une charge explosive \u00e0 cette porte en acier, qui s\u2019est ouverte sous la force de l\u2019explosion, donnant acc\u00e8s aux auteurs \u00e0 un corridor. Ils ont alors plac\u00e9 une deuxi\u00e8me charge sur le verre blind\u00e9, mais en raison d\u2019un probl\u00e8me avec le c\u00e2ble d\u2019allumage, la charge n\u2019a pas explos\u00e9.<\/p>\n<p>Pour y parer, un des hommes s\u2019est avanc\u00e9 et a essay\u00e9 de briser le verre blind\u00e9 au moyen d\u2019une meule tron\u00e7onneuse et un deuxi\u00e8me l\u2019a rejoint quelques instants plus tard pour y apposer une deuxi\u00e8me charge explosive, moyen qui a finalement permis de briser le verre blind\u00e9. Les auteurs se sont avanc\u00e9s dans les bureaux et ensuite dans un corridor menant vers des bureaux dans lesquels sont conserv\u00e9s uniquement des cassettes back- up. A la fin de ce corridor se trouvait une autre porte en acier qu\u2019un des auteurs a r\u00e9ussi \u00e0 ouvrir \u00e0 l\u2019aide d\u2019un pied- de-biche et moyenannt une force certaine. Derri\u00e8re cette porte se situait un autre corridor o\u00f9 se trouvaient encore des \u00e9tag\u00e8res contenant des cassettes data. Un des auteurs a ouvert, \u00e0 l\u2019aide du pied- de-biche, une valise, mais \u00e9tant donn\u00e9 que le contenu n\u2019int\u00e9ressait pas les auteurs, ils ont finalement quitt\u00e9 les lieux sans aucun butin.<\/p>\n<p>Sur base des enregistrements de la cam\u00e9ra de surveillance, il est \u00e9tabli que quatre auteurs ont particp\u00e9 \u00e0 cette action, tous \u00e9tant masqu\u00e9s, habill\u00e9s de v\u00eatements sombres et lourdement arm\u00e9s (kalachnikovs, uzi, pistolets). Au moins deux autres auteurs ont mont\u00e9 la garde dans la rue longeant le b\u00e2timent SOC1.) . Les enregistrements ont encore permis de savoir que les auteurs portaient des gilets pare- balle et au moins deux mitrailleuses AK avec des chargeurs scotch\u00e9s ensemble.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des d\u00e9clarations des employ\u00e9s H.) et I.) que durant cette nuit, comme par ailleurs toutes les nuits, une camionette transportant des documents devait arriver sous peu et I.) \u00e9tait charg\u00e9 d\u2019ouvrir le portail une fois cette camionette arriv\u00e9e. Le t\u00e9moin a ainsi pu voir qu\u2019une personne masqu\u00e9e fixait un objet \u00e0 la porte d\u2019entr\u00e9e. Cette personne \u00e9tait en compagnie d\u2019un e deuxi\u00e8me, les deux se sont ensuite \u00e9loign\u00e9es de la porte en tirant un c\u00e2ble et, peu de temps apr\u00e8s, eut lieu la premi\u00e8re d\u00e9tonation. Il y a encore lieu de pr\u00e9ciser qu\u2019apr\u00e8s la deuxi\u00e8me explosion, les cam\u00e9ras situ\u00e9es \u00e0 l\u2019int\u00e9rier du b\u00e2timent ne fonctionnaient plus. Les deux employ\u00e9s ont ensuite cherch\u00e9 refuge \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du b\u00e2timent en attendant l\u2019arriv\u00e9e de la Police et il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 par la suite qu\u2019en fin de compte, ils se sont trouv\u00e9s s\u00e9par\u00e9s des malfrats seulement d\u2019un m\u00fbr. Aussi bien H.) que I.) ont entendu que les malfrats parlaient fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin (&#8230;) , chauffeur de poids lourds, a fait sa pause dans la rue (\u2026), devant les locaux du b\u00e2timent SOC2.). Il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9 aux alentours de 03.30 heures par une explosion. Il a d\u2019abord vu deux personnes arm\u00e9es de fusils d\u2019assaut. Il a entendu des tirs ainsi qu\u2019une deuxi\u00e8me explosion. Par la suite il a aper\u00e7u quatre personnes ensemble avec les deux ayant mont\u00e9 la garde dans la rue, courir le long du parking SOC2.) avant de rejoindre un champ sis \u00e0 la fin de la voie sans issue. D\u2019autres coups de feu ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s, il a vu les feux de freinage d\u2019une voiture, puis a entendu des crissements de pneus et a vu des voitures s\u2019\u00e9loigner.<\/p>\n<p>J.), employ\u00e9 de SOC1.) Solutions Bruxelles, termine sa journ\u00e9e de travail habituellement \u00e0 LIEU1.) dans les locaux de SOC1.) , site vers lequel il effectue le transport de documents. Le 3 avril 2013, il arrive vers 03.38 heures \u00e0 LIEU1.) . Environ 20 m\u00e8tres avant le croisement de la rue (\u2026) avec la rue (\u2026) , il aper\u00e7oit une personne masqu\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019une cagoule et arm\u00e9e<\/p>\n<p>12 d\u2019une mitrailleuse. Il a stopp\u00e9 sa voiture et aussit\u00f4t qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 aper\u00e7u par cette personne, celle- ci a ouvert le feu sur lui, le projectile atteignant le toit de la camionette, \u00e0 quelque 5 cm du pare-brise. J.) a recul\u00e9 imm\u00e9diatement tandis qu\u2019un deuxi\u00e8me coup de feu a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9, atteignant la partie frontale. Le t\u00e9moin a par la suite entendu d\u2019autres coups de feu ainsi que deux explosions, avant que n\u2019arrivent les premi\u00e8res patrouilles de Police.<\/p>\n<p>La pr\u00e9mi\u00e8re patrouille de Police arrivant via la rue (\u2026), s\u2019est arr\u00eat\u00e9e peu avant le croisement avec la rue (\u2026). Aussit\u00f4t le conducteur et passager sortis, ils ont \u00e9t\u00e9 accueillis par des coups de feu tir\u00e9s dans leur direction, ce qui les a fait rebrousser chemin de suite, tandis que les auteurs continuaient \u00e0 tirer dans leur direction. D\u2019apr\u00e8s les policiers T6.) et B.), environ 20- 40 coups de feu auraient \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s en leur direction.<\/p>\n<p>Une seconde patrouille s\u2019est approch\u00e9e en venant de la direction oppos\u00e9e, les deux agents quittant la voiture dans la rue (\u2026) pour s\u2019approcher \u00e0 pied des lieux de l\u2019infraction. A un moment donn\u00e9, ils ont aper\u00e7u cinq personnes en habits fonc\u00e9s et masqu\u00e9es, en train de se diriger vers une parcelle. Aussit\u00f4t qu\u2019une des personnes masqu\u00e9es les a aper\u00e7u, des coups de feu ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s, que les agents \u00e9valuent au nombre de 10.<\/p>\n<p>Aucun des policiers pr\u00e9sents sur les lieux n\u2019a fait usage de son arme.<\/p>\n<p>Les habitants des rues adjacentes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9s soit par les coups de feu soit par le bruit de l\u2019explosion. Certains t\u00e9moins ont vu deux voitures de couleur fon\u00e7\u00e9e, tous les t\u00e9moins s\u2019accordent pour dire qu\u2019une des voitures \u00e9tait de marque AUDI , tandis qu\u2019il y a eu des variations quant \u00e0 la marque de la deuxi\u00e8me voiture de fuite, certains parlent d\u2019une BMW d\u2019autres de la marque Mercedes. Un des t\u00e9moins entendus, garagiste de profession, \u00e9tait cependant certain dans ses d\u00e9clarations : il s\u2019agissait de deux voitures de marque AUDI, l\u2019une \u00e9tant un mod\u00e8le limousine et l\u2019autre une break de type RS4.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T7.) a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9 par une explosion et a vu les auteurs tirer aussi bien en direction du v\u00e9hicule de tranport s\u2019avan\u00e7ant vers le b\u00e2timent SOC1.) que vers les voitures de Police s\u2019approchant des lieux. Il a \u00e9galement entendu les auteurs parler et a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019ils se parlaient en fran\u00e7ais et qu\u2019ils n\u2019avaient pas d\u2019accent li\u00e9geois, ce qu\u2019il pouvait appr\u00e9cier \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il est originaire de cette r\u00e9gion. Il a encore entendu dire une personne \u00ab Ramasse- le sac \u00bb, ce qui laisse supposer que les auteurs \u00e9taient press\u00e9s pour prendre la fuite et ne faisaient plus tellement attention s\u2019ils avaient tout emport\u00e9. Cette constatation va prendre son importance par la suite.<\/p>\n<p>Les deux voitures sont parties, \u00e0 vive allure, de la rue Louis de Froment, via la rue Ludwig van Beethoven, rue de Gasperich, route d\u2019Esch vers Hollerich pour ensuite s\u2019engager sur l\u2019autoroute.<\/p>\n<p>Sur le site de LIEU1.) ont \u00e9t\u00e9 saisis entre autres 38 douilles, des c\u00e2bles, une charge explosive et une batterie noire de 12 volt.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 l\u2019alerte g\u00e9n\u00e9rale, une patrouille de Police, effectuant un contr\u00f4le routier \u00e0 Dippach, a stopp\u00e9 celui-ci, et voulait se diriger en direction de Bascharage pour prendre position et intervenir le cas \u00e9ch\u00e9ant. La patrouille, compos\u00e9e des agents E.) et D.) est partie en direction de Bascharage quand ils ont eu l\u2019ordre de prendre position au poste de fronti\u00e8re situ\u00e9 sur l\u2019autoroute. Se trouvant \u00e0 ce moment \u00e0 Schouweiler, ils ont roul\u00e9 en direction de Garnich, pour y rejoindre l\u2019autoroute en direction de la fronti\u00e8re belge. Sur la route menant vers l\u2019acc\u00e8s<\/p>\n<p>13 autoroutier, juste apr\u00e8s le village de Garnich, ils croisent deux voitures de couleur fon\u00e7\u00e9e, roulant \u00e0 tr\u00e8s vive allure et se suivant de tr\u00e8s pr\u00e8s. Juste apr\u00e8s avoir crois\u00e9 les deux voitures, les policiers ont vu un pare-choc sur la route et ont senti l\u2019odeur de caoutchouc br\u00fbl\u00e9. Les policiers E.) et D.), suspectant qu\u2019ils venaient de croiser les auteurs de l\u2019attaque \u00e0 LIEU1.) , ont fait demi- tour pour se mettre \u00e0 la pousuite de ces voitures. Juste apr\u00e8s la l\u00e9g\u00e8re mont\u00e9e dans le virage gauche, ils ont ensuite pu apercevoir deux personnes se tenant debout au milieu de la route, arm\u00e9es et ouvrant imm\u00e9diatement le feu sur eux. Une des voitures se trouvait arr\u00eat\u00e9e dans la rue un peu plus loin. D.) a fait une man\u0153uvre avec la camionette afin de se sortir de la ligne de tir des malfrats, la voiture roulant sur un talus avant d\u2019\u00eatre couch\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 passager. Apr\u00e8s que le chauffeur ait pu d\u00e9tacher sa ceinture de s\u00e9curit\u00e9, les deux policiers se trouvaient dans l\u2019espace des pieds c\u00f4t\u00e9 passager et devaient attendre la fin de l\u2019assaut sans rien pouvoir faire, diverses traces seront localis\u00e9es par apr\u00e8s sur la camionette \u00e9tablissant que les auteurs n\u2019ont pas tir\u00e9 en l\u2019air afin de faire seulement peur aux policiers et les tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Tout en \u00e9tant couch\u00e9 dans la camionette, l\u2019agent E.) a pu voir un feu. Etant donn\u00e9 leurs positions malencontreuses, les policiers n\u2019ont r\u00e9ussi ni \u00e0 contacter la centrale RIFO ni n\u2019\u00e9taient capables de se saisir de leurs armes pour se d\u00e9fendre le cas \u00e9ch\u00e9ant.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques minutes, le silence est revenu, les deux policiers ont pu sortir de leur camionette et ont constat\u00e9 le d\u00e9part des malfrats et que les auteurs avaient mis en feu l\u2019une des voitures de fuite \u00e0 quelques m\u00e8tres de l\u00e0. Un t\u00e9moin a encore d\u00e9clar\u00e9 par la suite avoir vu une voiture de marque AUDI Break 6, venant de la direction de Windhof et se dirigeant avec une vitesse \u00e9lev\u00e9e dans la rue de l\u2019Ecole \u00e0 Garnich pour prendre la direction de Kahler. Le t\u00e9moin a encore \u00e9t\u00e9 surpris par le fait que les phares de la voiture \u00e9taient \u00e9teints.<\/p>\n<p>A LIEU2.), la Police technique a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la saisie de 47 douilles, d\u2019un joint en caoutchouc, d\u2019un pistolet CZ100 cal.9mm Luger, des gants verts en latex, deux bidons d\u2019essence vides, des ustensils tels que pinces, pied de biche ainsi que le pare-choc d\u2019une voiture. Sur tout le trajet menant de la N13 vers l\u2019endroit o\u00f9 la voiture a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9e, des morceaux de caoutchouc ont pu \u00eatre localis\u00e9s ainsi qu\u2019\u00e0 partir d\u2019un certain moment des traces de jante sur le tarmac. Le pistolet a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 \u00e0 mi- distance entre l\u2019entr\u00e9e sur le parking et la voiture br\u00fbl\u00e9e. Les bidons d\u2019essence \u00e9taient localis\u00e9s \u00e0 quelques 80 m\u00e8tres de la voiture et des gants en latex ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s pr\u00e8s des bidons.<\/p>\n<p>La voiture d\u00e9truite \u00e9tait de marque AUDI, mod\u00e8le S6, dans le coffre de laquelle les enqu\u00eateurs ont encore pu r\u00e9cup\u00e9rer des ustensils de cambrioleurs. Apr\u00e8s le d\u00e9placement de la carcasse de voiture, une plaque d\u2019immatriculation a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte, portant les num\u00e9ros ( \u2026) (L), cette plaque s\u2019est av\u00e9r\u00e9e avoir \u00e9t\u00e9 vol\u00e9e durant la nuit du 5 au 6 mars 2013 \u00e0 Sterpenich (B). 43 douilles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes sur les lieux et \u00e0 quelques m\u00e8tres de la voiture, dans un petit talus 3 douilles, quelque peu enfouill\u00e9es sous des feuilles, ont \u00e9t\u00e9 localis\u00e9es, probablement par les chiens de police.<\/p>\n<p>Sur la camionette de police, des impacts de balles ont \u00e9t\u00e9 localis\u00e9s au niveau des deux r\u00e9troviseurs, au toit juste en- dessus du pare-brise, au niveau du gyrophare ainsi que dans le capot de la camionette.<\/p>\n<p>En avril 2013, les enqu\u00eateurs de la Police Judicaire, section R \u00e9pression Grand Banditisme, ont particip\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union internationale d\u2019\u00e9change d\u2019informations aux Pays-Bas, dont un des sujets traitait des s\u00e9ries de vols \u00e0 main arm\u00e9e sur des transport s de fonds dans les Pays-Bas, Allemagne, France, Belgique et Luxembourg. En raison des informations obtenues, il semblerait que les auteurs proviennent de la Belgique et seraient majoritairement d\u2019origine<\/p>\n<p>14 arabe, et sans que l\u2019on puisse arriver \u00e0 la conclusion que toutes ces attaques aient \u00e9t\u00e9 commises par les m\u00eames auteurs, on peut constater des similitudes tels que l\u2019usage d\u2019explosifs et de kalachnikov s. Pour la raison \u00e9vidente du secret d\u2019instruction, il n\u2019y a pas eu d\u2019\u00e9change de noms, l\u2019enqu\u00eate a cependant permis de savoir que bon nombre de suspects proviennent des r\u00e9gions de Bruxelles, Li\u00e8ge ou Charleroi.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du mois de juillet 2013, la Police judicaire a diffus\u00e9 un message Interpol Zone 2 (Europe) contenant la description des auteurs ainsi que la description des objets saisis dans le cadre du pr\u00e9sent dossier. Deux jours plus tard, une r\u00e9ponse parvient de la Belgique et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de la PJF de Charleroi, o\u00f9 les enqu\u00eateurs ont \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9s par le fait des chargeurs scotch\u00e9s ensemble, \u00e9tant donn\u00e9 que le 11 juin 2013 s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e une perquisition chez un d\u00e9nomm\u00e9 P4.) et o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s deux chargeurs Kalachnikovs et deux chargeurs UZI, tous \u00e9tant scotch\u00e9s ensemble. Cette perquistion a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e dans le cadre d\u2019un dossier relatif \u00e0 l\u2019existence d\u2019une association de malfaiteurs sp\u00e9cialis\u00e9e dans les vols avec violences.<\/p>\n<p>Dans le cadre d\u2019un dossier nomm\u00e9 \u00ab B. \u00bb, instruit par le juge d\u2019instruction HUSTIN de Charleroi, et ayant notamment comme objet une attaque \u00e0 l\u2019explosif sur un fourgon blind\u00e9 \u00e0 LIEU3.) (F) le 28 novembre 2012, des suspects ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s et des perquisitions effectu\u00e9es. Cela a permis aux enqu\u00eateurs belges de saisir une voiture de marque BMW X6 entrepos\u00e9e dans un box \u00e0 Jumet. Dans cette voiture ont \u00e9t\u00e9 saisis outre les ustensils de braquage, une douille d\u00e9couverte dans l\u2019habitacle de la voiture. Il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 par la suite, apr\u00e8s expertise balistique, que cette douille a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9e par la m\u00eame arme que celle utilis\u00e9e \u00e0 LIEU2.) pour tirer les 3 balles qui ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es sous des feuilles \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 la voiture de fuite a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9e. Apparememnt cette voiture aurait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour le braquage du centre fort de SOC3.) \u00e0 (\u2026) (NL), o\u00f9 notamment l\u2019ADN de P2.) , tel que cela r\u00e9sulte du dossier r\u00e9pressif, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert sur la glissi\u00e8re coup\u00e9e par les auteurs pour avoir un acc\u00e8s direct \u00e0 l\u2019autoroute. Les enqu\u00eateurs en ont tir\u00e9 la conclusion qu\u2019il y a eu des \u00e9changes de mat\u00e9riel entre les divers groupes de malfaiteurs, aucun des pr\u00e9venus dans le dossier dont se trouve saisie la Chambre criminelle n\u2019ayant pu \u00eatre impliqu\u00e9 dans le fait de LIEU3.) .<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats des expertises ADN effectu\u00e9s sur base des divers pr\u00e9l\u00e8vements ont ensuite permis de d\u00e9terminer, apr\u00e8s v\u00e9rification faite en Belgique avec les profils ADN enregistr\u00e9s (la Belgique n\u2019ayant pas encore ratifi\u00e9 le Trait\u00e9 de Pr\u00fcm), que l\u2019ADN trouv\u00e9 sur le bouchon noir du bidon d\u2019essence trouv\u00e9 \u00e0 LIEU2.) , \u00e9nonc\u00e9 comme X2 par l\u2019expert, appartient \u00e0 P3.) et celui d\u00e9couvert sur le bouchon blanc, \u00e9nonc\u00e9 comme X3 \u00e0 P2 .), tous les deux amplement connus des autorit\u00e9s polici\u00e8res et judicaires en Belgique.<\/p>\n<p>Par un rapport de la PJ n\u00b0 SPJ\/RGB\/2013\/28190-140\/FLAN du 3 f\u00e9vrier 2014 reprenant en d\u00e9tail les \u00e9l\u00e9ments recueillis jusque l\u00e0 ainsi que les r\u00e9sultats des expertises ADN impliquant notamment P3.) et P2.), il est demand\u00e9 au juge d\u2019instruction luxembourgeois de d\u00e9cerner des mandats d\u2019arr\u00eats europ\u00e9ens contre 8 personnes, \u00e0 savoir P3.), P1.), P2.), P4.), K.), L.), M.) et N.) et de proc\u00e9der aux auditions des diff\u00e9rentes personnes.<\/p>\n<p>Le 5 f\u00e9vrier 2014, le juge d\u2019instruction \u00e9met des mandats d\u2019arr\u00eats internationaux et europ\u00e9ens \u00e0 l\u2019encontre de P3.), P2.) et P4.).<\/p>\n<p>Le 30 avril 2014, un mandat d\u2019arr\u00eat international et europ\u00e9en est \u00e9mis \u00e0 l\u2019encontre de P1.).<\/p>\n<p>Les d\u00e9clarations des pr\u00e9venus:<\/p>\n<p>15 P3.)<\/p>\n<p>Le 25 f\u00e9vrier 2014, P3.) a \u00e9t\u00e9 entendu une premi\u00e8re fois par les enqu\u00eateurs de Charleroi dans le cadre d\u2019un dossier 104\/12 relatif \u00e0 l\u2019existence d\u2019une association de malfaiteurs mettant en cause K.), P2.), O.), P4.), P.), N.), P1.), Q.) et P3.). Sur question et sur pr\u00e9sentation d\u2019une planche photographique, il affirme conna\u00eetre les d\u00e9nomm\u00e9s K.), P4.), R.), S.), personnes qui feraient toutes parties de son cercle d\u2019amis plus ou moins proches. Pour le surplus l\u2019interrogatoire tourne autour d\u2019observations faites et du r\u00e9sultat d\u2019\u00e9coutes t\u00e9l\u00e9phoniques impliquant les diverses personnes. Interrog\u00e9 quant \u00e0 la pr\u00e9sence de son ADN sur le col d\u2019un gilet pare-balle retrouv\u00e9 lors d\u2019une perquisition chez P4.) , il dit ne pas reconna\u00eetre ce gilet et affirme m\u00eame ne rien avoir \u00e0 faire avec ce gilet et ne jamais avoir port\u00e9 de gilet pare -balle.<\/p>\n<p>P3.) a \u00e9t\u00e9 extrad\u00e9 le 9 avril 2014 vers le Luxembourg. Lors de son interrogatoire devant la Police judicaire, il confirme conna\u00eetre entre autres les d\u00e9nomm\u00e9s P4.) , K.) et P1.). Il pr\u00e9cise ne jamais s\u2019\u00eatre rendu au domicile de P4.), tout en ne pouvant pas exclure que ce dernier ne se soit d\u00e9j\u00e0 rendu chez lui. Cette pr\u00e9cision fournie par P3.) rend d\u2019autant moins plausible les affirmations de P4.) suivant lesquelles celui-ci aurait pr\u00eat\u00e9 une chemise \u00e0 P3.) lors d\u2019une sortie, voulant expliquer par l\u00e0, la pr\u00e9sence d\u2019ADN de P3.) sur le gilet pare-balle, ainsi que cela sera d\u00e9taill\u00e9 ci-apr\u00e8s. P3.) pr\u00e9cise encore qu\u2019il n\u2019a ni donn\u00e9 ni \u00e9chang\u00e9 des affaires avec P4.), \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il ne le fr\u00e9qeunte pas r\u00e9guli\u00e8rement et surtout pas de gilet pare-balle, chose qu\u2019il n\u2019aurait plus touch\u00e9e depuis sa premi\u00e8re condamnation.<\/p>\n<p>Concernant la pr\u00e9sence d\u2019ADN sur le bouchon de bidon trouv\u00e9 \u00e0 LIEU2.) , il n\u2019arrive pas \u00e0 trouver d\u2019explication, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019a pas commis de m\u00e9fait \u00e0 Luxembourg. Il ne se rappelle plus son emploi du temps ni en ce qui concerne le 5\/6 mars 2013, ni le 14 mars ni le 2\/3 avril 2013, vu que cela remonte \u00e0 plus d\u20191 an.<\/p>\n<p>Lors de son interrogatoire devant le juge d\u2019instruction, P3.) conteste toujours son implication dans les faits lui reproch\u00e9s. Il r\u00e9p\u00e8te ne jamais avoir \u00e9t\u00e9 au Luxembourg et ne plus se rappeler ce qu\u2019il aurait fait la nuit du 2 au 3 avril 2013.<\/p>\n<p>Il demande une contre-expertise en ce qui concerne son ADN trouv\u00e9 sur le bouchon d\u2019un bidon. Son explication serait double : soit quelqu\u2019un lui veut du mal, hypoth\u00e8se qu\u2019il exclut lui-m\u00eame soit que quelqu\u2019un a pris un bidon qui, \u00e0 un moment donn\u00e9 aurait pass\u00e9 entre ses mains, sans qu\u2019il ne puisse fournir d\u2019identit\u00e9 de cette personne. Il d\u00e9clare poss\u00e8der un stock de bidons dans le cadre de sa soci\u00e9t\u00e9 et ne pas pouvoir dire qui y a acc\u00e8s, \u00e9tant donn\u00e9 que les locaux ne sont pas ferm\u00e9s.<\/p>\n<p>Au sujet du gilet pare-balle saisi au domicile de P4.), il suppose qu\u2019il doit s\u2019agir d\u2019un de ses anciens gilets, sans savoir par l\u2019interm\u00e9diaire de qui il est arriv\u00e9 entre les mains de P4.).<\/p>\n<p>P3.) a \u00e9t\u00e9 entendu une deuxi\u00e8me fois chez le juge d\u2019instruction le 14 octobre 2014 et ceci notamment en relation avec l\u2019emploi de temps du 2 avril, tel qu\u2019affirm\u00e9 par le pr\u00e9venu. Il affirme faire des paris sur des jeux de football. Il relate que dans un premier temps, apr\u00e8s son incarc\u00e9ration, il aurait essay\u00e9 de se rem\u00e9morer ce qu\u2019il avait bien pu faire durant la nuit du 2 au 3 avril 2013. Se rendant compte qu\u2019il s\u2019agissait de la nuit d\u2019un mardi \u00e0 mercredi, il se serait souvenu que les matchs de Champions League se d\u00e9roulaient \u00e0 ce moment et il se serait souvenu du match Real Madrid contre Galatasaray Istanbul, match sur lequel il aurait fait un pari avec un ami le jour pr\u00e9c\u00e9dant le match. Il se souvient encore avoir eu une altercation verbale avec son fr\u00e8re en raison de sa consommation excessive d\u2019alcool, et il se serait rendu<\/p>\n<p>16 dans un autre caf\u00e9 tenu par T14.) . P3.) est d\u2019avis avoir regard\u00e9 le match de football du mardi \u00e0 son domicile, se souvenant m\u00eame de quelques d\u00e9tails, il pense l\u2019avoir regard\u00e9 jusqu\u2019au terme. Sur question du juge d\u2019instruction comment il se serait rendu par apr\u00e8s dans le caf\u00e9, il dit l\u2019ignorer, sauf qu\u2019il aurait \u00e9ventuellement pu utiliser la voiture de R.) . Sans se souvenir d\u2019autres d\u00e9tails, il d\u00e9clare s\u2019\u00eatre rendu avec T16.) dans le caf\u00e9 \u00ab CAFE1.) \u00bb et c\u2019est ce dernier qui l\u2019aurait ramen\u00e9 \u00e0 la maison aux alentours de 04.00 heures.<\/p>\n<p>Le juge d\u2019instruction lui a ensuite fait part des divergences et contradictions existant entre ses d\u00e9clarations et celles de ses amis, ainsi que entre celles des amis appel\u00e9s \u00e0 t\u00e9moigner et P3.) a r\u00e9pondu que le juge d\u2019instruction \u00ab cherche des mouches \u00bb et des \u00ab probl\u00e8mes dans les d\u00e9tails \u00bb. Pour lui l\u2019essentiel est que 5 personnes attestent qu\u2019il se trouvait en Belgique ce soir-l\u00e0, fait un pari et l\u2019altercation avec son fr\u00e8re.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 une \u00e9ventuelle provenance de bidons d\u2019essence, le pr\u00e9venu semble encore faire le reproche aux enqu\u00eateurs belges, agissant dans le cadre d\u2019une CRI luxembourgeoise, qu\u2019ils n\u2019auraient pas perquisitionn\u00e9 le v\u00e9ritable si\u00e8ge de sa soci\u00e9t\u00e9 SOC4.) . En effet, la perquisition a eu lieu \u00e0 LIEU4.) , rue (\u2026), si\u00e8ge social officile indiqu\u00e9 par la Banque Carrefour des Entreprises (correspondant en quelque sorte au registre de commerce au Luxembourg). Il convient ici de soulever que P3.), sur question pr\u00e9cise des enqu\u00eateurs belges quant \u00e0 sa situation professionnelle, a r\u00e9pondu : \u00ab Je suis le g\u00e9rant de la soci\u00e9t\u00e9 SOC4.) dont le si\u00e8ge social est sis \u00e0 LIEU4.) , rue (\u2026) depuis un an environ. Je ne dispose pas de la cl\u00e9, je la laisse aux ouvriers qui se rendent \u00e0 l\u2019entrep\u00f4t directement. \u00bb Il ne souffle donc mot d\u2019un hangar situ\u00e9 \u00e0 un autre endroit que le si\u00e8ge social, mais reproche aux enqu\u00eateurs belges que, malgr\u00e9 le fait qu\u2019ils doivent \u00eatre au courant que ses camions ne se trouvent pas entrepos\u00e9s \u00e0 LIEU4.) , ils se seraient n\u00e9anmoins born\u00e9s \u00e0 perquisitionner ce hangar, tout en devant se rendre compte que ses camions et camionettes ne peuvent pas y \u00eatre entrepos\u00e9s au vu de la taille du hangar. Le si\u00e8ge de la soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 le 1 er septembre 2013 \u00e0 LIEU5.) ((\u2026)). L\u2019adresse telle que fournie actuellement par P3.), \u00e0 savoir LIEU6.) , rue (\u2026), \u00e9tait inconnue aussi bien au registre que des enqu\u00eateurs. Il pr\u00e9cise encore que ce hangar appartient \u00e0 son fr\u00e8re U.) et que dans son esprit, il aurait toujours parl\u00e9 du hangar sis \u00e0 LIEU6.) .<\/p>\n<p>Aux audiences de la Chambre criminelle, P3.) conteste toute implication dans les faits lui reproch\u00e9s par le Minist\u00e8re Public.<\/p>\n<p>P1.) P1.) a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 une premi\u00e8re fois en Belgique le 25 f\u00e9vrier 2014. Apr\u00e8s avoir fourni quelques pr\u00e9cisions quant \u00e0 sa personne, son emploi et autres passe-temps, il a d\u00e9clar\u00e9 ne pas vouloir r\u00e9pondre aux questions lui pos\u00e9es par rapport aux faits commis \u00e0 Luxembourg. Il s\u2019est born\u00e9 \u00e0 contester avoir \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans ces faits. P1.) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9entendu le 14 avril 2014 par les enqu\u00eateurs belges. Il a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 notamment par rapport \u00e0 diff\u00e9rents morceaux de papier trouv\u00e9s chez lui lors de la perquisition du 25 f\u00e9vrier 2014 et par rapport aux diverses inscriptions y figurant ; sa r\u00e9ponse quasi-st\u00e9r\u00e9otype \u00e9tant que c\u2019\u00e9taient des affaires personnelles et qu\u2019il n\u2019a pas \u00e0 se justifier par rapport \u00e0 cela. Par rapport au lieu de trouvaille, \u00e0 savoir \u00e0 l\u2019int\u00e9rier d\u2019un pot de fleur, sa seule explication \u00e9tait que ce n\u2019\u00e9tait pas une cachette, mais pour \u00e9viter que le vent n\u2019emporte ce papier.<\/p>\n<p>17 P1.) a \u00e9t\u00e9 extrad\u00e9 vers le Luxembourg le 18 juin 2014, lors de son audition devant les enqu\u00eateurs luxembourgeois, il a de suite d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre innocent et ne m\u00eame pas vouloir entendre les questions.<\/p>\n<p>Lors de son interrogatoire devant le juge d\u2019instruction le 19 juin 2014, P1.) s\u2019est expliqu\u00e9 sur les raisons de son comportement devant les enqu\u00eateurs en pr\u00e9cisant avoir \u00e9t\u00e9 f\u00e2ch\u00e9 \u00e9tant donn\u00e9 que le juge d\u2019instruction belge lui aurait dit ignorer les preuves existant au Luxembourg et que par la suite il aurait appris par la voie de la presse que son ADN aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert sur les lieux de l\u2019agression. Lors de son passage devant la Chambre du conseil en Belgique, le procureur lui aurait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que son ADN se trouvait sur un d\u00e9tonateur trouv\u00e9 sur les lieux et qu\u2019il fallait l\u2019extrader. A ce sujet, le pr\u00e9venu sollicite par ailleurs une contre- expertise. Apr\u00e8s avoir vu les photos, il d\u00e9clare que cette batterie ne lui dit rien du tout.<\/p>\n<p>Sur demande du juge d\u2019instruction quant \u00e0 un \u00e9ventuel alibi pour la nuit du 2 au 3 avril 2013, P1.) dit avoir longement r\u00e9fl\u00e9chi, mais qu\u2019il ne se rappelle pas ce qu\u2019il a fait durant cette nuit. Il a d\u00e9clar\u00e9 vouloir faire les recherches n\u00e9cessaires afin de voir s\u2019il n\u2019a pas travaill\u00e9 comme vigile cette nuit- l\u00e0.<\/p>\n<p>Aux audiences de la Chambre criminelle, P1.) conteste toute implication dans les faits lui reproch\u00e9s par le Minist\u00e8re Public.<\/p>\n<p>P2.) P2.) a \u00e9t\u00e9 entendu une premi\u00e8re fois le 25 f\u00e9vrier 2014, \u00e9galement dans le cadre du dossier 104\/12 du juge d\u2019instruction DEJARDIN de Charleroi. Il relate qu\u2019\u00e0 la sortie de prison en mai 2012, il aurait travaill\u00e9 en tant qu\u2019int\u00e9rimaire aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 (\u2026) pr\u00e8s de LIEU7.) et ceci jusqu\u2019au mois d\u2019octobre 2013. Sur question, il d\u00e9clare conna\u00eetre des personnes de Charleroi comme p.ex. K.) , Q.), O.), N.), P4.) dont il conna\u00eet plut\u00f4t le fr\u00e8re plus \u00e2g\u00e9. Il d\u00e9clare ne pas conna\u00eetre ni P1.) ni P3.). Questionn\u00e9 quant aux objets trouv\u00e9s chez P4.) lors de la perquisition du mois de juin 2013, il dit ne pas conna\u00eetre ces objets et qu\u2019il serait impossible que l\u2019on retrouve son ADN sur l\u2019un quelconque de ces objets.<\/p>\n<p>P2.) a \u00e9t\u00e9 extrad\u00e9 vers le Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg le 3 avril 2014 et a \u00e9t\u00e9 entendu par les enqu\u00eateurs de la Police Grand-ducale. Apr\u00e8s avoir r\u00e9sum\u00e9 sa vie ainsi que ses multiples ant\u00e9c\u00e9dents judicaires et s\u00e9jours en prison, dont notamment une condamnation \u00e0 20 ans de r\u00e9clusion pour vol \u00e0 main arm\u00e9e en 2006, il d\u00e9clare contester les faits lui reproch\u00e9s. Il r\u00e9affirme ne pas conna\u00eetre P3.) et n\u2019a pas d\u2019explications quant au fait que l\u2019ADN de ce dernier a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 localis\u00e9 sur le bouchon du deuxi\u00e8me bidon trouv\u00e9 \u00e0 LIEU2.) , \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de celui contenant l\u2019ADN de P2.).<\/p>\n<p>Concernant le t-shirt dans lequel \u00e9tait enroul\u00e9 le kit de nettoyage, saisi lors de la perquisition effectu\u00e9e chez P4.) en juin 2013, et sur lequel l\u2019ADN de P2.) a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9, il affirme que ce kit lui restait encore des m\u00e9faits commis avant 2004, il l\u2019aurait cach\u00e9 en for\u00eat avant d\u2019\u00eatre incarc\u00e9r\u00e9. Il en aurait parl\u00e9 une fois \u00e0 P4.) en lui disant qu\u2019il allait le jeter. P4.) lui aurait alors demand\u00e9 de le lui donner, ce qu\u2019il aurait fait. De ce fait il serait plus que normal que l\u2019on ait retrouv\u00e9 son ADN sur le kit de nettoyage d\u2019armes. Il r\u00e9fute l\u2019id\u00e9e que son ADN aurait pu \u00eatre trouv\u00e9 sur un t-shirt saisi chez P4.) , \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il ne lui aurait jamais pr\u00eat\u00e9 des v\u00eatements.<\/p>\n<p>18 Questionn\u00e9 quant \u00e0 la pr\u00e9sence de son ADN sur le bouchon d\u2019un des bidons trouv\u00e9s \u00e0 LIEU2.), la seule explication qu\u2019il fournit, est qu\u2019il a touch\u00e9 beaucoup de bidons en travaillant au noir.<\/p>\n<p>Il d\u00e9clare avoir travaill\u00e9 comme int\u00e9rimaire pour la soci\u00e9t\u00e9 (\u2026) dans le zoning de (\u2026) \u00e0 LIEU7.) aussi bien les jours du 5 et 6 mars 2013 que les 2 et 3 avril 2013. Il pr\u00e9cise commencer son travail \u00e0 06.00 heures et comme il s\u2019y rend \u00e0 bicyclette, il part aux alentours de 05.00 heures de sa maison.<\/p>\n<p>Le lendemain devant le juge d\u2019instruction, P2.) a maintenu ses contestations en pr\u00e9cisant que le 3 avril 2013, aux petites heures du matin, il se trouvait sur son v\u00e9lo pour se rendre \u00e0 son lieu de travail. Il explique les contradictions avec ses d\u00e9positions en Belgique avec le fait qu\u2019il ne voulait pas coop\u00e9rer en raison de l\u2019intervention muscl\u00e9e des autorit\u00e9s polici\u00e8res lors de son interpellation.<\/p>\n<p>P2.) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9entendu le 8 juillet 2013 par le juge d\u2019instruction suite \u00e0 la v\u00e9rification de ses horaires de travail. Les investigations faites ont permis de confirmer que P2.) travaillait effectivement pour la soci\u00e9t\u00e9 (\u2026) via une agence int\u00e9rimaire \u00e0 LIEU7.) . Il s\u2019est cependant r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que durant la semaine du 1 er au 5 avril 2013, le 1 er \u00e9tait un jour f\u00e9ri\u00e9 et que P2.) \u00e9tait en absence justifi\u00e9e le 3 avril 2013, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il avait demand\u00e9 un jour de cong\u00e9 en bonne et due forme, de sorte qu\u2019il n\u2019a travaill\u00e9 que trois jours durant cette semaine. Suite \u00e0 ces informations P2.) maintient qu\u2019il aurait travaill\u00e9 aussi bien le 2 que le 3 avril 2013 et que son avocat d\u00e9tiendrait les pi\u00e8ces n\u00e9cessaires pour le prouver. Il a encore \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par l\u2019enqu\u00eate que P2.) \u00e9tait toujours en contact avec K.) et malgr\u00e9 le fait que cela lui \u00e9tait interdit dans le cadre de sa mise en libert\u00e9 anticip\u00e9e, et ceci notamment via la petite amie de K.) tel qu\u2019\u00e9tabli par la t\u00e9l\u00e9phonie figurant au dossier r\u00e9pressif.<\/p>\n<p>Aux audiences de la Chambre criminelle, P2.) conteste toute implication dans les faits lui reproch\u00e9s par le Minist\u00e8re Public.<\/p>\n<p>P4.)<\/p>\n<p>P4.) a \u00e9t\u00e9 entendu une premi\u00e8re fois en Belgique le 12 d\u00e9cembre 2013, dans le cadre de la perquisition r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 son domicile le 11 juin 2013. Il a ainsi d\u00e9clar\u00e9 avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 des affaires personnelles saisies \u00e0 la date pr\u00e9cit\u00e9e. Au sujet du gilet par-balles noir de marque blackhawk, il a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019avoir achet\u00e9 aupr\u00e8s de B ulgares \u00e0 Charleroi, rue (\u2026) et qu\u2019il ne l\u2019aurait jama is pr\u00eat\u00e9. P4.) pr\u00e9cise encore avoir achet\u00e9 un lot de deux gilets pare- balles ainsi que des munitions aux B ulgares en question qu\u2019il serait incapable de reconna\u00eetre actuellement.<\/p>\n<p>Les chargeurs de kalachnikov et uzi scotch\u00e9s ensemble ont \u00e9t\u00e9 acquis au stock am\u00e9ricain de LIEU8.). Les munitions y ins\u00e9r\u00e9es auraient \u00e9t\u00e9 achet\u00e9es aux B ulgares pr\u00e9cit\u00e9s.<\/p>\n<p>Le pistolet, le filet de camouflage et le kit de nettoyage pour arme \u00e0 feu lui appartiennent pour \u00eatre depuis longtemps dans sa famille sinon il a oubli\u00e9 o\u00f9 il a achet\u00e9 l es choses en question. P4.) pr\u00e9cise encore qu\u2019il est collectionneur d\u2019accessoires d\u2019armes.<\/p>\n<p>P4.) a \u00e9t\u00e9 entendu le 25 f\u00e9vrier 2014 par la Police judicaire de Charleroi dans le cadre du dossier n\u00b0 104\/12 du juge d\u2019instruction DEJARDIN de Charleroi relatif \u00e0 une association de malfaiteurs. Il aurait r\u00e9pliqu\u00e9 aux informations lui donn\u00e9es au sujet de quelles affaires il serait \u00e0 entendre (affaire 104\/12 et une CRI en provenance de Luxembourg) \u00ab Ha le d\u00e9p\u00f4t de fond \u00bb<\/p>\n<p>19 \u00ab oui la station essence \u00bb \u00ab \u00e7a a ferraill\u00e9 sec \u00bb et donne comme explication que tout le monde savait qu\u2019il y a eu des tirs sur les lieux des faits. Il aurait \u00e9t\u00e9 au courant des faits s\u2019\u00e9tant produits au Grand- Duch\u00e9 par la voie de la presse.<\/p>\n<p>Sur question, il a d\u00e9clar\u00e9 conna\u00eetre T.) et P3.) et les fr\u00e9quenter. Il conna\u00eet P2.) , O.), P.) et Q.), mais ne les fr\u00e9quente pas, \u00e9tant donn\u00e9 que la plupart de ces personnes se trouvent en prison. Il ne conna\u00eet pas P1.) et refuse de parler de N.) . R.) et S.) sont des amis de P3.) qu\u2019il conna\u00eet par cet interm\u00e9diaire et Q\u2019.) est le fr\u00e8re de Q.) .<\/p>\n<p>P4.) affirme circuler \u00e0 ce moment dans une voiture de marque NISSAN, mod\u00e8le Juke, lui pr\u00eat\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 (\u2026), sponsor de son club de football. Il n\u2019aurait pas circul\u00e9 dans des voitures de marque BMW X6, Audi RS4 ou RS6. Au sujet du v\u00e9hicule Audi A4 vol\u00e9, localis\u00e9e dans un box de garage \u00e0 (\u2026) lou\u00e9 par P4.), il d\u00e9clare ne rien savoir de cette voiture, le box de garage \u00e9tant ouvert et accessible \u00e0 tout le monde. Il pr\u00e9cise l\u2019avoir lou\u00e9 environ un mois avant l\u2019intervention de la Police et qu\u2019il avait l\u2019intention d\u2019y stocker des meubles.<\/p>\n<p>Quant aux objets trouv\u00e9s \u00e0 son domicile lors de la perquisition du mois de juin 2013, il maintient avoir achet\u00e9 les deux gilets pare- balles, le noir et le beige de marque \u00ab second chance \u00bb aupr\u00e8s de Bulgares ensemble avec des munitions, des chargeurs kalachnikov et uzi alors qu\u2019il est fan de mat\u00e9riel militaire. Le gilet pare-balles noir n\u2019\u00e9tait ni neuf ni emball\u00e9 et il ne l\u2019aurait pr\u00eat\u00e9 \u00e0 personne. Il aurait un deuxi\u00e8me gilet tout simplement comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 sur les circonstances de l\u2019acquisition des chargeurs, retrouv\u00e9s scotch\u00e9s ensemble, dans le stock am\u00e9ricain \u00e0 LIEU8.) , P4.) d\u00e9clare s\u2019\u00eatre tromp\u00e9 et maintient la premi\u00e8re version. Il pr\u00e9cise encore que lors de l\u2019achat, les chargeurs n\u2019\u00e9taient pas scotch\u00e9s ensemble et soutient l\u2019avoir fait sans raison particuli\u00e8re. Il persiste \u00e0 avoir achet\u00e9 les chargeurs au stock am\u00e9ricain, malgr\u00e9 le fait que l\u2019enqu\u00eate a permis de savoir que ce magasin ne vendait pas ce genre de chargeurs. Il convient de citer ici P4.) dans ses d\u00e9clarations : \u00ab Tout le monde utilise des chargeurs scotch\u00e9s de cette fa\u00e7on. \u00bb<\/p>\n<p>Pour ce qui est du kit de nettoyage d\u2019armes retrouv\u00e9 dans une pochette, P4.) relate l\u2019avoir achet\u00e9 \u00e9galement au stock am\u00e9ricain. Il d\u00e9clare ne jamais l\u2019avoir pr\u00eat\u00e9. Quant aux traces ADN d\u00e9couvertes sur certaines des pi\u00e8ces saisies lors de la perquisition, rien de plus normal \u00e9tant donn\u00e9 que ces objets lui appartiennent. Le fait que sur certains d\u2019entre eux, des m\u00e9langes ADN ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s, P4.) l\u2019explique par le fait que les choses n\u2019\u00e9taient pas neuves.<\/p>\n<p>Suite au pr\u00e9l\u00e8vement d\u2019ADN, le profil de P4.) a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli et a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 sur le sac rouge du kit de nettoyage, le tissu du kit et sur la tenue de camouflage. Sur d\u2019autres objets son ADN m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 d\u2019autres profils a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9, \u00e0 savoir le col arri\u00e8re du gilet pare- balles blackhawk, le t-shirt trouv\u00e9 dans le kit de nettoyage et sur un chargeur courb\u00e9. Questionn\u00e9 sur le fait de la possibilit\u00e9 que des profils d\u2019autres personnes concern\u00e9es par le dossier 102\/12 puissent \u00eatre retrouv\u00e9s, P4.) ne l\u2019exclut pas \u00e9tant donn\u00e9 que les objets en question n\u2019\u00e9taient pas neufs. Les enqu\u00eateurs l\u2019informent ensuite du fait que le profil ADN de P3.) a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 sur le gilet pare-balles noir (\u00e0 ce sujet il y a lieu de corriger une erreur, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il r\u00e9sulte du dossier r\u00e9pressif que l\u2019ADN de P3.) a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 sur le gilet pare-balles beige), cette d\u00e9couverte est qualifi\u00e9e de co\u00efncidence par P4.). Il en est de m\u00eame en ce qui concerne l\u2019ADN de P2.) retrouv\u00e9 sur le t-shirt pr\u00e9sent dans le kit de nettoyage (il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 par la suite que cet ADN a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 non sur un t-shirt mais sur le sac dans lequel \u00e9tait mis le kit de nettoyage).<\/p>\n<p>20 P4.) a encore \u00e9t\u00e9 questionn\u00e9 sur une \u00e9coute t\u00e9l\u00e9phonique o\u00f9 il fait part \u00e0 K.) qu\u2019il a remarqu\u00e9 une voiture et explique comment faire pour la soustraire \u00e0 son propri\u00e9taire et sa r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 qu\u2019il ne savait pas pourquoi il avait dit cela. De m\u00eame quand les enqu\u00eateurs le rendent attentif au fait que certaines des munitions retrouv\u00e9es chez lui portent la m\u00eame inscription qu\u2019une partie de celles trouv\u00e9es sur le lieu de l\u2019infraction \u00e0 LIEU2.) , il ne peut s\u2019expliquer que par le fait d\u2019une co\u00efncidence \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il existe des milliards de munitions comme \u00e7a. Il qualifie encore de pur hasard le fait que la munition, portant la m\u00eame inscription et, sur base des conclusions des experts tir\u00e9e par la m\u00eame arme que celle utilis\u00e9e \u00e0 LIEU2.) , a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e dans la voiture de marque BMW, mod\u00e8le X6. Dans le box de stationnement de cette m\u00eame voiture BMW une pi\u00e8ce d\u2019un accoudoir de voiture a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e et il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que cette pi\u00e8ce correspond \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9ment manquant de l\u2019accoudoir de la voiture Audi4, stationn\u00e9e dans le box lou\u00e9 par P4.) . Ici encore ces \u00e9l\u00e9ments rel\u00e8vent du pur hasard et P4.) pr\u00e9cise encore que le box aurait \u00e9t\u00e9 ouvert et partant accessible \u00e0 n\u2019importe qui.<\/p>\n<p>Les enqu\u00eateurs ont \u00e9galement inform\u00e9 P4.) du fait qu\u2019aussi bien lors de la p\u00e9riode de temps du vol des plaques d\u2019immatriculation (utilis\u00e9es sur la voiture AUDI S6 br\u00fbl\u00e9e \u00e0 LIEU2.) ), que lors du vol de la voiture AUDI RS4 \u00e0 La Louvi\u00e8re que lors des faits du braquage \u00e0 LIEU1.), il y a d\u2019abord eu un contact t\u00e9l\u00e9phonique ou par SMS entre P2.) et P4.), ensuite P4.) contacte K.) pour enfin reprendre contact avec P2.) et les policiers lui ont fait part de leurs soup\u00e7ons suivant lesquels P4.) aurait servi de relais entre K.) et P2.) (auxquels il \u00e9tait par ailleurs d\u00e9fendu d\u2019entretenir des contacts suivant les conditions de leurs contr\u00f4les judicaires respectifs). P4.) fournit comme seule explication qu\u2019il conna\u00eet les deux personnes et qu\u2019il ne sert pas d\u2019interm\u00e9diaire.<\/p>\n<p>P4.) a \u00e9t\u00e9 extrad\u00e9 le 24 septembre 2014 vers le Luxembourg et a \u00e9t\u00e9 entendu par la Police judicaire. Lors de cet interrogatoire, P4.) a maintenu, pour l\u2019essentiel ses d\u00e9clarations ant\u00e9rieures, reliant la plus grande partie des faits lui soumis au hasard. Il pr\u00e9cise \u00eatre un fan d\u2019accessoires d\u2019armes.<\/p>\n<p>Concernant le fait que l\u2019ADN de P2.) a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sur le t-shirt dans lequel \u00e9tait emball\u00e9 le kit de nettoyage, il \u00e9voque la possibilit\u00e9 d\u2019avoir pr\u00eat\u00e9 un jour un t-shirt \u00e0 ce dernier, et ce m\u00eame si ce sc\u00e9nario est formellement contest\u00e9 par P2.). P2.) a d\u00e9clar\u00e9, par ailleurs, jusqu\u2019aux audiences de la Chambre criminelle, avoir offert ce kit \u00e0 P4.), ce que celui-ci d\u00e9ment formellement, restant sur la position de l\u2019avoir achet\u00e9 au stock am\u00e9ricain de LIEU8.) , et ce m\u00eame si l\u2019enqu\u00eate a permis de savoir que ce magasin ne vend pas ce genre de marchandises.<\/p>\n<p>Quant au gilet pare- balle beige sur lequel l\u2019ADN de P3.) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert, il relate qu\u2019il se souvient avoir pr\u00eat\u00e9 une chemise \u00e0 P3.) et que la pr\u00e9sence de l\u2019ADN peut s\u2019expliquer par le fait que le gilet aurait \u00e9t\u00e9 accroch\u00e9 par apr\u00e8s sur le m\u00eame cintre.<\/p>\n<p>Il maintient encore sa version suivant laquelle il ignore tout de l\u2019AUDI 4 dans son box et que quelqu\u2019un d\u2019autre aurait pu l\u2019y mettre, \u00e0 son insu, le box n\u2019\u00e9tant pas ferm\u00e9 \u00e0 clef. Il r\u00e9fute avoir fait une allusion directe \u00e0 un d\u00e9p\u00f4t de fond lors de son arrestation en Belgique.<\/p>\n<p>Il conteste encore garder du mat\u00e9riel pour ses copains, d\u2019\u00eatre en quelque sorte le magasinier d\u2019une bande.<\/p>\n<p>P4.) a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 questionn\u00e9 au sujet d\u2019une observation faite en janvier 2014, lors de laquelle il s\u2019est rendu \u00e0 (\u2026), ensemble avec K.), dans une zone industrielle, pr\u00e8s des b\u00e2timents de la soci\u00e9t\u00e9 \u00ab SOC5.) \u00bb, transporteurs de fonds, et ceci au mileu de la nuit. Il est<\/p>\n<p>21 inform\u00e9 du fait que les enqu\u00eateurs les suspectent d\u2019avoir proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 des rep\u00e9rages en vue de commettre \u00e9ventuellement un autre braquage. P4.) a simplement r\u00e9pondu avoir fait une excursion avec K.), sans donner d\u2019autres explications.<\/p>\n<p>Devant le juge d\u2019instruction, P4.) a encore confirm\u00e9 ses pr\u00e9c\u00e9dentes d\u00e9clarations, contestant formellement avoir \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 de quelque mani\u00e8re dans les faits du 3 avril 2013.<\/p>\n<p>Aux audiences de la Chambre criminelle, P4.) conteste toute implication dans les faits lui reproch\u00e9s par le Minist\u00e8re Public.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019imputabilit\u00e9 des faits aux diff\u00e9rents pr\u00e9venus<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des diff\u00e9rents rapports d\u2019expertise \u00e9tablis par le docteur Elizabet PETKOVSKI, r\u00e9sultats confirm\u00e9s et restant partant \u00e9tablis suite au rappport de contre-expertise dress\u00e9 par Laurent PENE de l\u2019Institut National de Police scientifique, que les traces d\u2019ADN ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes :<\/p>\n<p>&#8212; \u00e0 LIEU1.), sur la batterie ayant servi d\u2019exploseur au syst\u00e8me d\u2019explosion mis en place par les auteurs du crime. L\u2019expertise a ainsi permis de d\u00e9couvrir qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un m\u00e9lange de trois profils parmi lesquels on retrouve celui de P1.). &#8212; \u00e0 LIEU1.), des pr\u00e9l\u00e8vements effectu\u00e9s sur des morceaux de fils \u00e9lectriques ont permis d\u2019identifier un deuxi\u00e8me individu, diff\u00e9rent de ceux ayant laiss\u00e9 des traces sur la batterie. &#8212; \u00e0 LIEU2.), \u00e0 quelques 80 m\u00e8tres de la voiture br\u00fbl\u00e9e par les auteurs, deux bidons servant au transport d\u2019essence\/diesel ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert s. Sur les bouchons de ces deux bidons, des m\u00e9langes de traces ADN , \u00e0 chaque reprise de deux contributeurs, ont pu \u00eatre d\u00e9couverts et deux profils ADN ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis qui se sont av\u00e9r\u00e9s appartenir l\u2019un \u00e0 P3.) et l\u2019autre \u00e0 P2.). &#8212; \u00e0 LIEU2.), des gants ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 des bidons et un profil ADN a pu \u00eatre \u00e9tabli, sans qu\u2019il ne puisse \u00eatre attribu\u00e9 ni \u00e0 un des pr\u00e9venus ni \u00e0 une des autres personnes entendues, en Belgique, dans le cadre du pr\u00e9sent dossier et dont les profils ADN ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9s avec celui d\u00e9temin\u00e9 sur les gants. Cette derni\u00e8re remarque vaut encore pour les profils ADN d\u00e9couverts sur les morceaux de fils \u00e9l ectriques.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle tient ainsi pour \u00e9tabli que les r\u00e9sultats des expertises effectu\u00e9es par le docteur Elizabet PETKOVSKI correspondent \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Ils ne sont d\u2019ailleurs plus contest\u00e9s par les pr\u00e9venus, sauf P2.) qui persiste \u00e0 soutenir, contre vents et mar\u00e9es, que les traces ADN d\u00e9couvertes sur le bouchon d\u2019un des bidons, ne peuvent pas \u00eatre les siennes, sans cependant fournir d\u2019autre explication, se bornant ainsi \u00e0 contester l\u2019incontestable. Il s\u2019ensuit que la Chambre criminelle, au vu des r\u00e9sultats des expertises , corrobor\u00e9s par ceux de la contre- expertise, tient encore pour \u00e9tabli que les traces ADN du bidon blanc sont celles de P2.), ses seules contestations en bloc ne suffisant pas pour asseoir un doute quant \u00e0 l\u2019appartenance des traces ADN. L\u2019expert a encore retenu que les traces relev\u00e9es sur les deux bouchons diff\u00e8rent de celles des morceaux de fils \u00e9lectriques et d e celles de la batterie noire.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la valeur probante des profils g\u00e9n\u00e9tiques recueillis l\u2019un \u00e0 LIEU1.) sur les lieux de l\u2019infraction et les deux autres \u00e0 LIEU2.) , endroit o\u00f9 une des voitures utilis\u00e9es pour commettre les faits \u00e0 LIEU1.) a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e, \u00ab il convient de relever d\u2019abord que, hors les cas o\u00f9 la loi en dispose autrement, les infractions peuvent \u00eatre \u00e9tablies par tout mode de preuve et la juridiction r\u00e9pressive d\u00e9cide, d\u2019apr\u00e8s son intime conviction. Le juge r\u00e9pressif ne peut fonder<\/p>\n<p>22 sa d\u00e9cision que sur des preuves qui lui sont apport\u00e9es au cours des d\u00e9bats et contradictoirement discut\u00e9s devant lui. Il appr\u00e9cie souverainement, en fait, la valeur probante des \u00e9l\u00e9ments sur lesquels il fonde son intime conviction. (Cass. Belge 31.12.1985, P. 1086, I, 549 ; Cass. Belge 28 mai 1986, P. I, 1186).<\/p>\n<p>L\u2019analyse g\u00e9n\u00e9tique constitue une technique d\u2019identification reposant sur la comparaison entre, d\u2019une part, les profils g\u00e9n\u00e9tiques de traces d\u00e9couvertes sur la sc\u00e8ne d\u2019un crime et d\u2019autre part, les profils g\u00e9n\u00e9tiques pr\u00e9lev\u00e9s sur une personne au cours de l\u2019information ou identifi\u00e9s parmi d\u2019\u00e9chantillons de cellule stock\u00e9s dans une banque de donn\u00e9es d\u2019ADN. L\u2019ADN peut ainsi rattacher la trace avec une probabilit\u00e9 quasi absolue &#8212; les experts parlent d\u2019une probabilit\u00e9 de 99,9999 % &#8212; \u00e0 une seule personne, mais il ne permet pas de conna\u00eetre la date et l\u2019heure o\u00f9 cette trace a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e. En cas de vecteur mobile, m\u00eame l\u2019endroit de la contamination avec le porteur du profil g\u00e9n\u00e9tique, reste incertain.<\/p>\n<p>Le profil g\u00e9n\u00e9tique ADN, encore appel\u00e9 empreinte g\u00e9n\u00e9tique, est une preuve parmi d\u2019autres, qui est certes d\u2019un grand int\u00e9r\u00eat en ce qu\u2019il constitue la carte d\u2019identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique d\u2019un individu permettant de l\u2019individualiser pr\u00e9cis\u00e9ment, mais il n\u2019\u00e9tablit pas la culpabilit\u00e9 d\u2019une personne ou sa participation \u00e0 un crime, il atteste seulement que la personne a \u00e9t\u00e9 \u00e0 un moment donn\u00e9 dans tel lieu ou en contact avec tel objet ou telle personne.<\/p>\n<p>A l\u2019instar d\u2019autres preuves, le profil g\u00e9n\u00e9tique et sa pr\u00e9sence sur les lieux du crime doivent donc \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9s au regard des \u00e9l\u00e9ments spatial et temporel de cette pr\u00e9sence et il appartient au juge r\u00e9pressif d\u2019appr\u00e9cier si, et dans quelle mesure, la pr\u00e9sence d\u2019une empreinte g\u00e9n\u00e9tique a un lien suffisant avec l\u2019infraction commise pour \u00e9tablir la culpabilit\u00e9 de la personne dont le profil g\u00e9n\u00e9tique a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>Cette donn\u00e9e doit, d\u00e8s lors, \u00eatre confort\u00e9e par d\u2019autres indices ou, en g\u00e9n\u00e9ral, par tout \u00e9l\u00e9ment pertinent dont notammenet la proximit\u00e9 de la trace par rapport au lieu de l\u2019infraction, sachant que plus la trace est \u00e9loign\u00e9e de la sc\u00e8ne du crime, moins elle aura de valeur probante. Dans l\u2019hypoth\u00e8se o\u00f9 l\u2019incertitude spatiale s\u2019ajoute \u00e0 l\u2019incertitude temporelle, le suspect n\u2019est pas tenu de fournir une explication plausible.<\/p>\n<p>Si la trace ADN a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e sur le lieu imm\u00e9diat de la commission de l\u2019infraction et sans \u00eatre fix\u00e9e sur un vecteur mobile, si elle a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e sur l\u2019objet de l\u2019infraction ou m\u00eame sur la victime, la pr\u00e9sence du suspect est par contre pr\u00e9sum\u00e9e et l\u2019interpelle d\u2019apporter des renseignements et indications de nature \u00e0 l\u2019exon\u00e9rer de tout soup\u00e7on, respectivement \u00e0 fournir une explication plausible au regard d\u2019un transport de la trace sur les lieux, et ce sans que soit m\u00e9connu son droit de se taire. Appel\u00e9 \u00e0 s\u2019expliquer en face d\u2019un indice tr\u00e8s grave ne revient en effet pas \u00e0 m\u00e9conna\u00eetre le droit de garder le silence. Ce droit et son corollaire, le droit \u00e0 ne pas contribuer \u00e0 sa propre incrimination, ensemble le principe selon lequel la charge de la preuve incombe au Minist\u00e8re public sans que le pr\u00e9venu ait \u00e0 pr\u00eater son concours, ne sont pas absolus et il est tout \u00e0 fait \u00e9vident que ces interdictions ne peuvent et ne sauraient emp\u00eacher de prendre en compte le silence de l\u2019int\u00e9ress\u00e9, dans des situations qui appellent assur\u00e9ment une explication de sa part, pour appr\u00e9cier la force de persuasion des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 charge (cf. CEDH J. M. c\/ Royaume Uni, 8.2.1996, n\u00b0 47).<\/p>\n<p>D\u00e8s lors que les preuves contre le pr\u00e9venu sont \u00ab \u00e9crasantes \u00bb, le juge du fond qui tire de son silence des conclusions d\u00e9favorables mais dict\u00e9es par le bon sens, ne compromet pas le caract\u00e8re \u00e9quitable du proc\u00e8s et ne commet aucun manquement au principe de pr\u00e9somption<\/p>\n<p>23 d\u2019innocence (Claude SAVONET, Le droit au silence, Rev. Trim. Dr. H 2009, p. 763 ; Franklin KUTY, L\u2019\u00e9tendue du droit au silence en proc\u00e9dure p\u00e9nale, RDP 2000, p. 309.).<\/p>\n<p>Il devra en \u00eatre de m\u00eame si le suspect ou le pr\u00e9venu fournit des explications farfelues, invraisemblables ou contradictoires, \u00e9quivalentes \u00e0 une absence d\u2019explication. \u00bb (C.A. 12.4.2016, arr\u00eat 10\/16).<\/p>\n<p>&#8212; quant \u00e0 P1.)<\/p>\n<p>Il est constant en cause que le profil ADN de P1.) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert sur la batterie ayant \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du b\u00e2timent de SOC1.) et ayant servi lors des diverses explosions pour se forger un acc\u00e8s au b\u00e2timent.<\/p>\n<p>Cette batterie avait \u00e9t\u00e9 nettoy\u00e9e auparavant et ne comportait plus aucun signe distinctif permettant aux enqu\u00eateurs de tirer des conclusions quant \u00e0 la provenance de l\u2019engin. Il s\u2019ensuit que les seules traces d\u00e9couvertes sur la batterie \u00e9taient un m\u00e9lange de profils ADN dont celui de P1.), profil qui a pu \u00eatre localis\u00e9 et \u00e9tabli avec certitude.<\/p>\n<p>La d\u00e9fense de P1.) soutient que l\u2019ADN du pr\u00e9venu P1.) ne s\u2019y trouve qu\u2019en raison d\u2019un transfert secondaire d\u2019ADN, et \u00e9tant donn\u00e9 que P1.) affirme ne jamais avoir touch\u00e9 cette batterie, penche vers l\u2019hypoth\u00e8se que P1.) aurait serr\u00e9 la main \u00e0 une personne qui aurait par la suite transf\u00e9r\u00e9 l\u2019ADN de P1.) sur la batterie. Le pr\u00e9venu a ainsi fait convoquer comme t\u00e9moin \u00e0 d\u00e9charge le Professeur T5.) de l\u2019universit\u00e9 de Lausanne. Il y a tout d\u2019abord lieu de relever que le Professeur T5.) n\u2019est pas expert en identification g\u00e9n\u00e9tique de personnes, mais professeur ordinaire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Lausanne et plut\u00f4t sp\u00e9cialiste par rapport aux applications de la statistique et des probabilit\u00e9s en sciences forensiques.<\/p>\n<p>Dans un courrier, le t\u00e9moin T5.) avait relev\u00e9 un certain nombre de probl\u00e8mes relatifs aux calculs effectu\u00e9s par l\u2019expert PETKOVSKI dans son expertise et a soutenu que l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un transfert secondaire d\u2019ADN serait plausible ou du moins ne saurait \u00eatre \u00e9cart\u00e9 facilement.<\/p>\n<p>Aux audiences de la Chambre criminelle, il est cependant apparu qu\u2019une faute de frappe figure dans le rapport d\u2019expertise du docteur PETKOVSKI, \u00e0 savoir qu\u2019il y a lieu de lire \u00e0 la page 22 du rapport du 24 mai 2013 le chiffre trois au lieu de deux. Rendue attentive \u00e0 ce probl\u00e8me de calcul, l\u2019expert PETKOVSKI a d\u00e9clar\u00e9, sous la foi du serment \u00e0 l\u2019audience, avoir refait tous les calculs et qu\u2019elle s\u2019est rendue compte que les calculs effectu\u00e9s \u00e9taient exacts et avaient \u00e9t\u00e9 faits avec l\u2019hypoth\u00e8se du chiffre \u00ab trois \u00bb et que le seul probl\u00e8me se situait au niveau de cette erreur mat\u00e9rielle, qui n\u2019avait par ailleurs pas non plus appel\u00e9 le contre-expert \u00e0 une quelconque remarque. Aux yeux de la Chambre criminelle, \u00e0 l\u2019issue des audiences publiques o\u00f9 aussi bien le docteur PETKOVSKI que le professeur T5.) ont \u00e9t\u00e9 entendus, les deux \u00e9taient d\u2019accord pour dire que les calculs statistiques effectu\u00e9s par l\u2019expert PETKOVSKI sont corrects et n\u2019appellent plus d\u2019autres commentaires d e la part du professeur T5.).<\/p>\n<p>Questionn\u00e9e quant \u00e0 la provenance des traces ADN sur la batterie, l\u2019expert PETKOVSKI a pench\u00e9 plut\u00f4t vers un transfert direct d\u2019ADN de la personne en question sur l\u2019objet que sur celle d\u2019un transfert secondaire. Pour \u00e9tayer cette position, elle a \u00e9num\u00e9r\u00e9 les conditions auxquelles serait soumis l\u2019existence de ce transfert secondaire, \u00e0 savoir :<\/p>\n<p>24 1) P1.) devrait \u00eatre un bon contributeur d\u2019ADN, ce qui peut diff\u00e9rer d\u2019une personne \u00e0 une autre, afin de transmettre son ADN \u00e0 la personne inconnue en serrant la main de cette personne ; 2) Cettte personne inconnue n\u2019aurait pratiquement plus rien fait avec sa main avant de transmettre l\u2019ADN de P1.) sur la batterie, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019expert a expliqu\u00e9 qu\u2019avec chaque manipulation de la main, il y a de l\u2019ADN qui se perd : si cette personne touche p.ex. ses v\u00eatements voire un autre objet, si elle touche son front avec cette main etc. ; 3) Finalement cette personne aurait d\u00fb transmettre l\u2019ADN de P1.) sur la batterie, ainsi que tr\u00e8s probablement et en plus grande quantit\u00e9 le sien, \u00e9tant donn\u00e9 que le transfert direct laisse des traces plus importantes. Or en l\u2019esp\u00e8ce il n\u2019en est rien, l\u2019expert parlant d\u2019un m\u00e9lange de trois contributeurs sans que l\u2019on puisse affirmer qu\u2019une trace soit majoritaire par rapport \u00e0 l\u2019autre dans ce m\u00e9lange.<\/p>\n<p>Il est cependant aussi vrai que l\u2019expert PETKOVSKI n\u2019a pas formellement exclu le transfert secondaire et que le Professeur T5.) a rappel\u00e9 \u00e0 la juridiction qu\u2019il fallait agir avec prudence dans l\u2019appr\u00e9ciation de cet \u00e9l\u00e9ment. Au vu des \u00e9l\u00e9ments qui pr\u00e9c\u00e8dent, la Chambre criminelle a acquis la conviction que les traces relev\u00e9es sur la batterie ne proviennent pas d\u2019un transfert secondaire, mais d\u2019un transfert direct et ceci notamment au vu des conditions cumulatives telles qu\u2019\u00e9num\u00e9r\u00e9es par l\u2019expert PETKOVSKI comme devant \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es afin que l\u2019hypoth\u00e8se du transfert secondaire soit au moins possible. Cette r\u00e9alisation cumulative de multiples conditions rend cette hypoth\u00e8se d\u2019autant moins plausible et possible aux yeux de la Chambre criminelle, position qui se trouve confort\u00e9e par les dires de l\u2019expert \u00e0 l\u2019audience publique.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la valeur probante de l\u2019empreinte g\u00e9n\u00e9tique, il est \u00e9vident qu\u2019elle se situe sur un vecteur mobile, ammen\u00e9 sur place par les auteurs pour \u00eatre utilis\u00e9 dans le cadre des explosions destin\u00e9es \u00e0 donner acc\u00e8s aux locaux de SOC1.) par les auteurs du crime. Il est \u00e9tabli par les \u00e9l\u00e9ments du dossier que cette batterie ne s\u2019y trouvait pas auparavant, qu\u2019elle constituait effectivement un \u00e9l\u00e9ment indispensable dans la mise \u00e0 feu et que hormis le m\u00e9lange de trois profils g\u00e9n\u00e9tiques d\u00e9tect\u00e9s, elle \u00e9tait propre voire que tous les signes ayant pu livrer une quelconque indication quant \u00e0 son origine avaient \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9s soigneusement. Ces \u00e9l\u00e9ments \u00e9tablissent \u00e0 suffisance un lien rapproch\u00e9 entre le pr\u00e9venu et la commission du crime.<\/p>\n<p>P1.) a fait convoquer plusieurs t\u00e9moins devant attester sa pr\u00e9sence en Belgique durant la semaine du 1 er au 6 avril 2013. Le 6 avril 2013, le mariage de sa s\u0153ur T18.) a \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9, raison pour laquelle les t\u00e9moins appel\u00e9s s\u2019en souviendraient.<\/p>\n<p>Il y a tout d\u2019abord lieu de constater que la pr\u00e9sentation de cet alibi s\u2019est faite pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l\u2019audience de la Chambre criminelle du 7 mars 2016, ce qui est pour le moins \u00e9tonnant au vu de l\u2019importance de l\u2019\u00e9v\u00e8nement f\u00eat\u00e9 en famille. P1.) n\u2019en a jamais parl\u00e9 et alors m\u00eame qu\u2019il avait le temps de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 son emploi du temps en avril 2013 et d\u2019essayer de reconstituer cet emploi de temp s.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte de l\u2019audition de tous les t\u00e9moins que P1.) a particip\u00e9 activement dans les pr\u00e9paratifs du mariage notamment en aidant \u00e0 faire les courses le 2 avril 2013. Les t\u00e9moins T18.) et T19.) s\u2019accordent cependant \u00e9galement pour dire que cette occupation \u00e9tait termin\u00e9e en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, voire d\u00e9but de soir\u00e9e. Le t\u00e9moin T19.) a encore pr\u00e9cis\u00e9 que lui-m\u00eame, T21.) et T22.) sont all\u00e9s r\u00e9cup\u00e9rer des tables et chaises le 3 avril 2013 et que ce jour-l\u00e0, P1.) n\u2019\u00e9tait pas de la partie \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il souffrait d\u2019une douleur \u00e0 la jambe.<\/p>\n<p>Ces deux d\u00e9clarations ne fournissent partant pas d\u2019alibi \u00e0 P1.) pour la nuit du 2 au 3 avril 2013.<\/p>\n<p>T20.), autre s\u0153ur du pr\u00e9venu, a d\u00e9clar\u00e9 que son fr\u00e8re aurait log\u00e9 chez elle pendant un certain temps, situant cette p\u00e9riode \u00e0 fin mars, d\u00e9but avril 2013 et qu\u2019en g\u00e9n\u00e9ral il se serait lev\u00e9 le matin t\u00f4t pour faire sa pri\u00e8re. Son \u00e9poux T21.) a pr\u00e9cis\u00e9 que son beau-fr\u00e8re aurait log\u00e9 chez eux environ 1- 2 semaines avant le mariage d\u2019T18.). Ils auraient tous les deux regard\u00e9 le match de football PSG contre Barcelone le 2 avril 2013, ils auraient m\u00eame fait un pari qui aurait \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9 par T21.) . Le t\u00e9moin d\u00e9clare qu\u2019apr\u00e8s le match ils se seraient couch\u00e9s et qu\u2019il n\u2019aurait pas entendu que son beau- fr\u00e8re serait sorti encore une fois. Sur question sp\u00e9cifique, il a r\u00e9pondu qu\u2019il aurait d\u00fb le remarquer \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019ils dorment porte ouverte, affirmation qui est rest\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pure all\u00e9gation et qui n\u2019a d\u2019ailleurs pas \u00e9t\u00e9 r apport\u00e9e par l\u2019\u00e9pouse d\u2019T21.).<\/p>\n<p>Ici encore la Chambre criminelle se doit de constater que ces d\u00e9clarations ne rendent absolument pas impossible que P1.) se soit rendu au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg apr\u00e8s le match de football, les faits \u00e0 LIEU1.) s\u2019\u00e9tant produits vers 03.40 heures, ce qui laisse amplement le temps pour faire le trajet en v\u00e9hicule.<\/p>\n<p>T22.) a d\u00e9clar\u00e9 avoir assist\u00e9 \u00e9galement au match de football et qu\u2019il serait rentr\u00e9 peu de temps apr\u00e8s la fin du match. Dans un premier temps, il s\u2019est empress\u00e9 de confirmer que son fr\u00e8re aurait aid\u00e9 \u00e0 rassembler les chaises et tables le 3 avril 2013, mais par la suite, rendu attentif \u00e0 la contradiction avec le t\u00e9moin T19.) , il s\u2019est born\u00e9 \u00e0 r\u00e9pondre. \u00ab Alors il n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0. \u00bb<\/p>\n<p>T23.), fr\u00e8re du pr\u00e9venu, n\u2019a en fait rien apport\u00e9, la seule chose qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 est que soit lui soit P1.) aurait aid\u00e9 dans les pr\u00e9paratifs du mariage et comme ce n\u2019\u00e9tait pas lui, alors il s\u2019agissait forc\u00e9ment d\u2019P1.), sans cependant pouvoir fournir plus de pr\u00e9cisions \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que tous les t\u00e9moins entendus n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 fournir un alibi tenant la route et surtout n\u2019\u00e9tablissent pas la pr\u00e9sence du pr\u00e9venu P1.) \u00e0 ou pr\u00e8s de son domicile durant la nuit du 2 au 3 avril 2013.<\/p>\n<p>Il y a encore lieu de mentionner une conversation t\u00e9l\u00e9phonique entre T31.) , compagne de P1.) et T33.), ancien copain de T31.) qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e le 24 f\u00e9vrier 2014 \u00e0 00.38 heures et qui a dur\u00e9 19 minutes, le t\u00e9l\u00e9phone appartenant \u00e0 T31.) ayant \u00e9t\u00e9 sur \u00e9coute du 20 f\u00e9vrier 2014 jusqu\u2019au 7 mars 2014. Lors de cet entretien, T33.) fait part de ses soup\u00e7ons et angoisses au sujet de P1.) , lequel il soup\u00e7onne de trafiquer dans le milieu de la prostitution. T31.) lui r\u00e9pond que non, \u00ab Non, mais je sais bien qu\u2019il fait des trucs de voitures. Je sais que c\u2019est \u00e7a parce qu\u2019il a cach\u00e9 \u2026 il me prend pour une conne en plus, il croit que je dors le matin mais il a cach\u00e9 un truc dans je sais o\u00f9 et il y a des papiers avec des t\u00eates de gens et tout \u00e7a, c\u2019est trop bizarre mon gars. \u00bb Ce passage a trait \u00e0 un papier effectivement retrouv\u00e9 lors de perquisition, cach\u00e9 dans un pot de fleurs, mais sans relation apparente avec notre dossier. Ensuite T33.) parle de l\u2019argent dont P1.) dispose toujours, \u00ab Franchement il te dit que c\u2019est des braquages ou quoi, mais si \u00e7a se fait c\u2019est au bar \u00e0 putes. \u00bb. Ici T33.) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une conversation qu\u2019il a eue avec T31.) fin de l\u2019ann\u00e9e 2013, d\u2019apr\u00e8s ses propres d\u00e9clarations aupr\u00e8s de la Police judicaire f\u00e9d\u00e9rale ; il lui aurait pos\u00e9 la question de savoir de quels braquages il s\u2019agissait, mais T31.) aurait refus\u00e9 de lui en parler, en lui disant seulement \u00ab Il part loin, ce n\u2019est pas dans la r\u00e9gion. \u00bb. Apr\u00e8s l\u2019interpellation de P1.) du 25 f\u00e9vrier 2014, T33.) a encore insist\u00e9 aupr\u00e8s de T31.) pourqu\u2019elle supprime tous les messages et contacts qu\u2019il a eu avec elle.<\/p>\n<p>A l\u2019audience, les deux t\u00e9moins, et plus particuli\u00e8rement T31.). ont essay\u00e9 de minimiser au maximum l\u2019importance du contenu de cette conversation t\u00e9l\u00e9phonique, mais sur question sp\u00e9cifique de la juridiction, T33.) a d\u00e9clar\u00e9 maintenir ses d\u00e9positions faites en Belgique, m\u00eame si, \u00e0 l\u2019audience il n\u2019\u00e9tait plus capable de r\u00e9p\u00e9ter ces d\u00e9clarations. T31.) , qui est toujours la compagne de P1.), a tout simplement essay\u00e9 de faire croire \u00e0 la juridiction que tous ses propos avaient \u00e9t\u00e9 mal interpr\u00e9t\u00e9s et qu\u2019elle aurait dit ou voulu dire autre chose. Ici se pose la question o\u00f9 se situe la mauvaise interpr\u00e9tation \u00e9tant donn\u00e9 que la transcription et partant le contenu exact de la conversation se trouve au dossier et du moins, aux yeux de la Chambre criminelle, ne pr\u00eate pas sujet \u00e0 discussion voire m\u00eame \u00e0 interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents extraits des conversations t\u00e9l\u00e9phoniques repris ci-avant traduisent ainsi parfaitement la peur qu\u2019aussi bien T31.) que T33.) avaient, et ont du moins pour T33.) , du personnage P1.).<\/p>\n<p>T33.) a \u00e9galement demand\u00e9 \u00e0 son ancienne compagne de supprimer tous les messages et contacts qu\u2019il a eus avec elle (en tout 239 contacts entrants et sortants) durant la seule p\u00e9riode d\u2019\u00e9coute, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019a pas \u00ab envie d\u2019avoir des mis\u00e8res et que \u2026 finir entre 4 planches ou n\u2019importe quoi. \u00bb, extrait qui traduit \u00e0 merveille la peur que T33.) avait de P1.) si jamais celui-ci d\u00e9couvrait les contacts que T33.) entretenait encore avec T31.) .<\/p>\n<p>La Chambre criminelle d\u00e9duit de tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de que P1.) \u00e9tait sur les lieux \u00e0 LIEU1.) et \u00e0 LIEU2.) durant la nuit du 2 au 3 avril 2013 et qu\u2019il a particip\u00e9 \u00e0 la commission des crimes, ceci \u00e9tant \u00e9tabli, pour la juridiction de fond, par la pr\u00e9sence de ses traces ADN sur la batterie trouv\u00e9e sur les lieux et ayant servi \u00e0 faire exploser les portes d\u2019entr\u00e9e ainsi que la porte \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du b\u00e2timent, partant sur un objet ayant servi directement \u00e0 commettre le crime \u00e0 LIEU1.). Pour les raisons expos\u00e9es ci-avant, la juridiction ne porte pas de cr\u00e9dit au soi-disant alibi fourni par les membres de sa famille.<\/p>\n<p>&#8212; quant \u00e0 P3.)<\/p>\n<p>L\u2019ADN de P3.) a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 sur le bouchon du bidon noir d\u00e9laiss\u00e9 \u00e0 LIEU2.) pr\u00e8s de la voiture br\u00fbl\u00e9e par les auteurs.<\/p>\n<p>Au sujet de la provenance des bidons \u00e0 cet endroit, la Chambre criminelle tient pour \u00e9tabli, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il s\u2019agit de la seule explication logique possible et plausible, qu\u2019en se rendant au Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, les auteurs ont forc\u00e9ment d\u00fb s\u2019arr\u00eater quelque part afin de proc\u00e9der aux derniers pr\u00e9paratifs : mettre les gilets pare-balle, les vestes, pr\u00e9parer les armes et tous les autres objets dont ils auront besoin \u00e0 LIEU1.) , \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il est \u00e9vident qu\u2019ils ne pouvaient pas proc\u00e9der aux pr\u00e9paratifs une fois arriv\u00e9s \u00e0 LIEU1.) , en plein milieu d\u2019un quartier urbain.<\/p>\n<p>Les auteurs, selon la conviction de la juridiction de fond, ont ainsi encore rempli les r\u00e9servoirs d\u2019essence, et ceci afin d\u2019\u00e9viter soit de tomber en panne d\u2019essence soit de devoir se rendre sur une station- essence sur leur retour, ceci ayant, le cas \u00e9ch\u00e9ant, pu laisser des traces, notamment par le biais d\u2019enregistrements sur les stations-essence. Se sentant en s\u00e9curit\u00e9 et surtout, ne s\u2019imaginant pas devoir revenir sur les lieux et \u00eatre oblig\u00e9s de s\u2019y arr\u00eater \u00e0 nouveau, ils ont simplement d\u00e9laiss\u00e9 les deux bidons ainsi que probablement les gants en plastic \u00e0 quelques 80 m\u00e8tres de l\u2019encochure. Il convient ici de pr\u00e9ciser que les bidons n\u2019\u00e9taient pas ais\u00e9ment<\/p>\n<p>27 visibles de la route ou du petit parking o\u00f9 la voiture br\u00fbl\u00e9e se trouvait, le chemin ayant un l\u00e9ger d\u00e9nivellement vers le bas. Pour le cas o\u00f9 les auteurs devaient uniquement repasser \u00e0 cet endroit sur leur chemin de fuite, sans s\u2019y arr\u00eater, personne n\u2019aurait fait le lien entre les auteurs du crime commis \u00e0 LIEU1.) et les deux bidons trouv\u00e9s sur un chemin forestier \u00e0 LIEU2.) et surtout personne n\u2019aurait pens\u00e9 \u00e0 les faire analyser en vue d\u2019une d\u00e9couverte \u00e9ventuelle d\u2019ADN. Dans ce cas soit un fermier les aurait trouv\u00e9s soit le garde-forestier les aurait emmen\u00e9s pour les r\u00e9utiliser ou pour les jeter. C\u2019est \u00e9glement vu sous cet angle, qu\u2019il devient logique que les pr\u00e9venus P3.) et P2.) les ont touch\u00e9s sans mettre des gants, laissant ainsi leurs traces sur les bouchons.<\/p>\n<p>Tout porte encore \u00e0 croire que les auteurs avaient pr\u00e9vu de prendre la sortie Windhof sur l\u2019autoroute, se diriger vers Garnich pour ensuite continuer le chemin vers la Belgique via les petites localit\u00e9s, \u00e9vitant ainsi de passer l\u2019ancien poste de fronti\u00e8re, o\u00f9 ils devaient compter avec la pr\u00e9sence de la Police.<\/p>\n<p>Sur le chemin de fuite, apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec subi \u00e0 LIEU1.) , se produit alors une chose qui n\u2019\u00e9tait ni envisag\u00e9e par eux ni calcul\u00e9e : une des voitures a eu un pneu crev\u00e9, obligeant ainsi les auteurs \u00e0 adapter leur comportement aux circonstances, surtout au vu du fait qu\u2019ils venaient de croiser une camionette de Police, qui avait fait demi- tour et qu\u2019en cons\u00e9quence les auteurs devaient se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence qu\u2019ils faisaient d\u00e9j\u00e0 l\u2019objet de poursuites polici\u00e8res. Ils se rendent ainsi sur le petit parking dont ils avaient connaissance pour y avoir s\u00e9journ\u00e9 sur le chemin d\u2019aller, circonstance qui se trouve d\u00e9montr\u00e9e par les traces d\u00e9couvertes sur la chauss\u00e9e. En effet les traces montrent que la voiture s\u2019est dirig\u00e9e directement et sans aucune h\u00e9sitation sur le parking, le chauffeur de celle- ci \u00e9tant forc\u00e9ment au courant qu\u2019il pouvait s\u2019y arr\u00eater parce qu\u2019il avait connaissance de l\u2019existence de ce parking. Aucune trace de freinage n\u2019a \u00e9t\u00e9 relev\u00e9e de m\u00eame que les traces relev\u00e9es sur le tarmac d\u00e9crivent un mouvement fluide vers le parking.<\/p>\n<p>Au moins deux des auteurs se sont ensuite plac\u00e9s au milieu de la chauss\u00e9e, accueillant la camionette de Police d\u2019une rafale de tirs, obligeant le chauffeur de se rabattre sur le bas-c\u00f4t\u00e9 de la chauss\u00e9e pour terminer sa course, couch\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9, dans le ravin. Pendant ce temps- l\u00e0, les autres ont mis le feu \u00e0 la voiture inutilisable pour ainsi d\u00e9truire toutes les traces avant de s\u2019enfuir vers la Belgique via Kahler, o\u00f9 un t\u00e9moin a vu passer cette voiture vers 04.00 heures avec une vitesse \u00e9lev\u00e9e, phares \u00e9teints .<\/p>\n<p>Le pr\u00e9venu P3.), apr\u00e8s avoir contest\u00e9 formellement avoir vu ces bidons et a fortiori de les avoir touch\u00e9s, revient seulement \u00e0 charge lors de son interrogatoire devant le juge d\u2019instruction avec l\u2019hypoth\u00e8se que quelqu\u2019un lui veut du mal, mais exclut cette hypoth\u00e8se lui- m\u00eame. Il \u00e9voque encore la possibilit\u00e9 que quelqu\u2019un d\u2019autre aurait pu prendre un bidon qu\u2019il avait touch\u00e9 \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre.<\/p>\n<p>Lors de son deuxi\u00e8me interrogatoire devant le juge d\u2019instruction, partant seulement en octobre 2014, il fait les d\u00e9clarations relatives \u00e0 sa firme de d\u00e9m\u00e9nagement et son hangar, dans lequel se serait trouv\u00e9 une multitude de bidons de tel genre.<\/p>\n<p>Or, au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier, il s\u2019av\u00e8re que P3.) n\u2019a \u00e9t\u00e9 le g\u00e9rant de la soci\u00e9t\u00e9 SOC4.) qu\u2019\u00e0 partir du mois de mai 2013. Il r\u00e9sulte en outre des d\u00e9clarations de T28.) , assistante devant suivre P3.) dans le cadre de sa lib\u00e9ration anticip\u00e9e conditionnelle, convoqu\u00e9e comme t\u00e9moin \u00e0 la demande de la d\u00e9fense, qu\u2019il a touch\u00e9 les allocations de ch\u00f4mage jusqu\u2019au mois d\u2019avril 2013 inclus. Ces deux \u00e9l\u00e9ments combin\u00e9s am\u00e8nent la Chambre criminelle \u00e0 consid\u00e9rer avec une tr\u00e8s grande circonspection, les d\u00e9clarations du pr\u00e9venu suivant lesquelles il se serait<\/p>\n<p>28 d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9 de cette firme depuis le mois de d\u00e9cembre 2012, d\u00e9clarations desquelles il r\u00e9sulte qu\u2019il a pour le moins induit en erreur son assistante \u00e0 ce sujet. Par ailleurs son \u00e9pouse T26.) , entendue le 25 f\u00e9vrier 2013, four nit comme d\u00e9nomination de la soci\u00e9t\u00e9 de son mari le nom de \u00ab SOC6.) \u00bb avec comme employ\u00e9s 2 ouvriers et 1 secr\u00e9taire. Elle pr\u00e9cise encore que son mari ne s\u2019y rendait qu\u2019irr\u00e9guli\u00e8rement. Il ressort de plus de son audition qu\u2019\u00e0 part R.) , elle dit ne pas conna\u00eetre d\u2019autres personnes de l\u2019entourage de son mari (bien \u00e9videmment de ceux mentionn\u00e9s par les enqu\u00eateurs), de sorte qu\u2019il faut se poser la question si et \u00e0 quel point elle est au courant des activit\u00e9s tant professionnelles que extra- professionnelles de son mari.<\/p>\n<p>Lors de son audition en Belgique, on lui a pos\u00e9 la question de savoir o\u00f9 et ce qu\u2019il travaillait et sa r\u00e9ponse \u00e9tait \u00ab g\u00e9rant \u00e0 SOC4.) \u00bb et il a fourni le si\u00e8ge social comme adresse. Il devait savoir \u00e0 ce moment que les enqu\u00eateurs iraient perquisitionner et ce n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 eux d\u2019essayer de trouver d\u2019autres endroits utiles ou non \u00e0 perquisitionner en l\u2019absence de la moindre indication livr\u00e9e par P3.), qui se croit probalement tr\u00e8s habile en ne r\u00e9v\u00e9lant rien mais en faisant par apr\u00e8s des reproches aux enqu\u00eateurs qui n\u2019auraient pas cherch\u00e9 au bon endroit, endroit qu\u2019ils auraient d\u00fb conna\u00eetre \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019ils l\u2019auraient suivi. A ce sujet il y a encore lieu de relever que lors de son audition, il a dit ne pas disposer des clefs de son entrep\u00f4t, mais que c\u2019\u00e9tait un des ses ouvriers, impossible \u00e0 joindre \u00e0 ce moment-l\u00e0. Se pose alors la question si P3.) ne dispose pas des clefs de son hangar et \u00e9 voir que lui-m\u00eame ne s\u2019y rend que rarement, comment il veut y acc\u00e9der et comment les policiers auraient alors pu ou d\u00fb (selon le pr\u00e9venu P3.)) savoir que son \u00ab v\u00e9ritable \u00bb hangar se trouve \u00e0 LIEU6.) . Le pr\u00e9venu \u00e9tait bien au courant de cet \u00e9tat de fait, mais n\u2019a rien dit aux enqu\u00eateurs. Il est facile de pr\u00e9tendre par apr\u00e8s que dans cet hangar, il y aurait eu une multitude de bidons similaires \u00e0 ceux trouv\u00e9s \u00e0 LIEU2.) et le seul fait que la d\u00e9fense verse des photos, ne comportant aucune indication de date, ne suffit pas \u00e0 \u00e9tablir qu\u2019\u00e0 la date qui pourrait int\u00e9resser la Chambre criminelle, des bidons s\u2019y seraient trouv\u00e9s. S\u2019y ajoute le fait que R.) , ami de longue date de P3.), fait \u00e9galement seulement \u00e9tat de la pr\u00e9sence de ces bidons au d\u00e9p\u00f4t \u00e0 LIEU6.) lors de son audition du 30 septembre 2014, alors que le 25 f\u00e9vrier 2014, apr\u00e8s qu\u2019on lui ait montr\u00e9 une photo des bidons, sa r\u00e9ponse \u00e0 la question s\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 vu de tels bidons \u00e9tait \u00ab NON \u00bb. U.), fr\u00e9re du pr\u00e9venu, a m\u00eame d\u00e9clar\u00e9 le 30 septembre 2014 que sa soci\u00e9t\u00e9 SOC7.) allait changer de si\u00e8ge la semaine d\u2019apr\u00e8s \u00e0 LIEU6.) , donc seulement au mois d\u2019octobre 2014. Il ne mentionne les bidons que lors d\u2019une audition du 10 octobre 2014, donc probablement apr\u00e8s y avoir \u00e9t\u00e9 rendu attentif par R.) . Se pose donc a fortiori la question de la valeur des d\u00e9clarations de U.) et de R.) quant \u00e0 la pr\u00e9sence de tels bidons \u00e0 LIEU6.) avant le mois d\u2019avril 2013. Le hangar a par ailleurs br\u00fbl\u00e9 le 4 f\u00e9vrier 2016 et T29.) , compagne de U.) et propri\u00e9taire du hangar, a d\u00e9pos\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 SOC7.) louait l\u2019entrep\u00f4t depuis environ un an et demi, avant l\u2019entr\u00e9e en prison de U.) . Elle pr\u00e9cise encore que son beau- fr\u00e8re P3.) peut garer ses camions devant le hangar, mais qu\u2019il n\u2019utilise pas l\u2019entrep\u00f4t tout en disposant des clefs. A l\u2019audience publique elle a pr\u00e9cis\u00e9 que P3.) avait l\u2019autorisation d\u2019utiliser les bureaux en cas de besoin.<\/p>\n<p>Au vu de tous ces \u00e9l\u00e9ments, la Chambre criminelle estime que P3.) n\u2019arrive pas \u00e0 soutenir valablement que le bidon sur lequel son ADN a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert puisse provenir de ce d\u00e9p\u00f4t par le biais d\u2019un tiers, ayant amen\u00e9 un bidon \u00e0 LIEU2.) que P3.) avait touch\u00e9 auparavant.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019alibi fourni par P3.), qui est apparu pour la premi\u00e8re fois en juin 2014 dans un courrier de sa d\u00e9fense, il y a lieu de constater que les seuls \u00e9l\u00e9ments constants figurant dans les d\u00e9clarations, sont le fait que P3.) et T15.) ont fait un pari sur le match de football Real Madrid contre Galatasaray Istanbul, le jour pr\u00e9c\u00e9dent ce match, partant le 2 avril 2013, et que les fr\u00e8res P3.)\/U.) auraient eu une altercation ce soir -l\u00e0 en raison d\u2019une consommation<\/p>\n<p>29 excessive d\u2019alcool de P3.). L\u2019on pourrait dire que ces deux \u00e9l\u00e9ments suffisent \u00e0 \u00e9tablir la pr\u00e9sence du pr\u00e9venu dans les caf\u00e9s en compagnie de ses amis, mais la juridiction de fond est n\u00e9anmoins amen\u00e9e \u00e0 se poser des questions quant \u00e0 la v\u00e9racit\u00e9 des d\u00e9clarations du fr\u00e8re de P3.) et de ses quatre amis de longue date, disposant comme lui de casiers judicaires et, d\u00e8s fois, impliqu\u00e9s ensemble dans les affaires.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T15.) d\u00e9clare avoir pari\u00e9 avec P3.). Il pr\u00e9cise que peu avant son d\u00e9part, qu\u2019il situe aux alentours de 02.00- 03.00 heures, il y aurait eu la dispute entre fr\u00e8res et que lors de son d\u00e9part P3.) aurait encore \u00e9t\u00e9 au caf\u00e9 \u00ab CAFE2.) \u00bb, exploit\u00e9 par T17.) . Sur question sp\u00e9cifique, il ne peut pas non plus exclure avoir discut\u00e9 de cela avec U.) , ce qui lui aurait aid\u00e9 \u00e0 se rem\u00e9morer les faits.<\/p>\n<p>Ce T17.) se souvient \u00e9galement du pari. Il relate \u00eatre venu au caf\u00e9 vers 16.00- 17.00 heures et \u00e0 ce moment les fr\u00e8res P3.) \/ U.) \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, tout en pr\u00e9cisant que les deux y ont pass\u00e9 la soir\u00e9e et une partie de la nuit. Lui-m\u00eame serait rentr\u00e9 aux alentours de 18.30- 19.00 heures, pendant une heure, pour le d\u00eener, avant de revenir pour rester au caf\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fermeture.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin T16.) , pr\u00e9cisant s\u2019\u00eatre souvenu seulement apr\u00e8s que U.) lui a rappel\u00e9 les faits marquants de cette soir\u00e9e, fournit une pr\u00e9cision quant \u00e0 la dur\u00e9e de l\u2019altercation entre fr\u00e8res dur\u00e9e qu\u2019il estime \u00e0 environ 10 secondes .<\/p>\n<p>Et pourtant tout le monde se souvient de cette petite discussion entre fr\u00e8res !<\/p>\n<p>T16.) relate encore qu\u2019apr\u00e8s la dispute, il serait parti avec P3.) pour se rendre au caf\u00e9 CAFE1.), o\u00f9 ils auraient termin\u00e9 la soir\u00e9e et c\u2019est lui qui aurait ramen\u00e9 P3.) \u00e0 son domicile. A croire T16.) lors de sa d\u00e9position du 10 octobre 2014, il n\u2019est pas rare que U.) se dispute avec son fr\u00e8re au sujet de la consommation d\u2019alcool de ce dernier, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019apparement U.) n\u2019aime pas quand son fr\u00e8re boit de l\u2019alcool.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin ne se souvient plus s\u2019il a \u00e9t\u00e9 chercher P3.) \u00e0 son domicile ou non, mais il l\u2019a ramen\u00e9 apr\u00e8s leur vir\u00e9e.<\/p>\n<p>T14.), le tenancier du caf\u00e9 \u00ab CAFE1.) \u00bb, deuxi\u00e8me endroit o\u00f9 P3.) en compagnie de T16.) se serait rendu, d\u00e9clare ne s\u2019\u00eatre souvenu apr\u00e8s que T15.) lui a rem\u00e9mor\u00e9 l\u2019histoire. Il l\u2019indique d\u2019ailleurs pr\u00e9cis\u00e9ment lors de son audition du 10 octobre 2014 que ce dernier lui aurait rafra\u00eechi la m\u00e9moire en lui disant \u00ab C\u2019est d\u00e9gueulasse ce qu\u2019ils font, P3.) est innocent. J\u2019en suis s\u00fbr parce que tu te rappelles que \u00e0 cette date l\u00e0, apr\u00e8s v\u00e9rification, le Real Madrid a jou\u00e9 contre Galatasaray. Et ce jour-l\u00e0, tu te rappelles que moi j\u2019avais pari\u00e9 avec P3.) \u00e0 CAFE2.) et on l\u2019accuse d\u2019un fait, ce jour-l\u00e0. \u00bb. Il n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent au caf\u00e9 \u00ab CAFE2.) \u00bb et pourtant il se souvient du pari conclu entre P3.) et T15.) dix-huit mois apr\u00e8s. Il d\u00e9pose que P3.) est venu ensemble avec T16.) dans son caf\u00e9 vers minuit, pour y terminer la soir\u00e9e. D\u2019apr\u00e8s lui, les fr\u00e8res P3.)\/U.) se sont \u00e9galement parl\u00e9 dans son caf\u00e9 et U.) aurait fait des remontrances \u00e0 T14.) parce qu\u2019il continuait \u00e0 servir de l\u2019alcool \u00e0 son fr\u00e8re P3.) . Il est d\u2019avis que U.) a quitt\u00e9 son \u00e9tablissement et est retourn\u00e9 au CAFE2.) . Pour le reste il ne se souvient pas des autres quarts de finale de la Champions League, uniquement du match opposant les espagnols aux turcs, il ne se souvient pas non plus d\u2019autres d\u00e9tails ni n\u2019a des souvenirs par rapport aux autres dates \u00e9nonc\u00e9es par les enqu\u00eateurs, dont celle du 25 f\u00e9vrier 2014, jour o\u00f9 P3.) s\u2019est fait arr\u00eater.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s U.), qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 entendu \u00e0 l\u2019audience publique, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il se trouv\u00e9 incarc\u00e9r\u00e9 pour des faits similaires, apparemment anciens, tels que reproch\u00e9s actuellement \u00e0<\/p>\n<p>30 son fr\u00e8re, d\u00e9clare lui-m\u00eame que la discussion aurait eu lieu au \u00ab CAFE2.) \u00bb et qu\u2019il aurait rejoint le caf\u00e9 \u00ab CAFE1.) \u00bb seulement apr\u00e8s le d\u00e9part de P3.) et de T16.) , ce qui n\u2019est pas le cas dans la version fournie par T14.) . U.) en \u00e9voquant la dispute qu\u2019il a eue avec son fr\u00e8re, la d\u00e9crit comme plus importante, pr\u00e9cisant qu\u2019ils auraient failli en venir aux mains, description qui ne correspond pas du tout \u00e0 celle livr\u00e9e par les autres personnes sur les lieux. U.) fait encore mention du d\u00e9p\u00f4t sis \u00e0 LIEU6.) , o\u00f9 il dit d\u2019abord que c\u2019est son d\u00e9p\u00f4t o\u00f9 beaucoup de gens ont acc\u00e8s pour ensuite pr\u00e9ciser que lui et son fr\u00e8re auraient le m\u00eame d\u00e9p\u00f4t, qu\u2019il serait plein de bidons et \u00ab que c\u2019est triste que les endroits qui devaient \u00eatre perquisitionn\u00e9s ne l\u2019ont pas \u00e9t\u00e9;\u2026 \u00bb. Il perd cependant de vue que personne n\u2019a parl\u00e9 de ce d\u00e9p\u00f4t lors de l\u2019arrestation de P3.) et que ce n\u2019est que dans leurs pens\u00e9es que cet endroit devait \u00eatre perquisitionn\u00e9. Il est d\u2019ailleurs facile de d\u00e9clarer en octobre 2014 que des gitans passent dans cet endroit et qu\u2019ils vendent de l\u2019essence \u00e0 moiti\u00e9 prix, essence qui serait bien \u00e9videmment contenue dans des bidons ; ici encore cette affirmation est rest\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tat de pure all\u00e9gation et n\u2019a pu \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier.<\/p>\n<p>Il y a encore lieu de noter les divergences entre les d\u00e9clarations du pr\u00e9venu et de T17.) suivant lequel les fr\u00e8res P3.)\/U.) \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 dans son caf\u00e9 lors de son arriv\u00e9e en fin d\u2019apr\u00e8s- midi, ce qui ne peut pas \u00eatre le cas, \u00e9tant donn\u00e9 que le pr\u00e9venu P3.) d\u00e9clare avoir regard\u00e9 le match du 2 avril 2013 \u00e0 son domicile et de n\u2019avoir rejoint ses copains que par apr\u00e8s. Il d\u00e9clare aussi que P3.) aurait quitt\u00e9 son \u00e9tablissement vers 03.00- 04.00 heures, ce qui encore ne saurait correspondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, alors qu\u2019apparemment P3.) \u00e9tait avec T16.) au CAFE1.). Selon T17.), T14.) aurait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 dans le CAFE2.), ce qui est cependant contredit par ce dernier affirmant ne s\u2019\u00eatre trouv\u00e9 que dans son \u00e9tabliss ement Le CAFE1.).<\/p>\n<p>Lors de son interrogatoire devant le juge d\u2019instruction, P3.) lui fait le reproche de chercher des \u00ab mouches \u00bb dans les d\u00e9tails que tous ses t\u00e9moins relateraient la m\u00eame chose quant aux \u00e9l\u00e9ments pertinents et qu\u2019ils lui fourniraient partant un alibi pour la soir\u00e9e du 2 avril 2013.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle se permet cependant de douter de la v\u00e9racit\u00e9 et de la r\u00e9alit\u00e9 de cet alibi fourni par des copains de P3.) au vu notamment des divergences notables existant dans les diff\u00e9rentes versions du d\u00e9roulement de soir\u00e9e tel que relat\u00e9 par les divers t\u00e9moins. En effet il ne suffit pas que cinq personnes viennent d\u00e9clarer la m\u00eame chose pour la rendre plus cr\u00e9dible ; le contenu compte plus que le nombre de personnes r\u00e9p\u00e9tant sto\u00efquement la m\u00eame chose. A ce sujet la juridiction rappelle qu\u2019il r\u00e9sulte des auditions m\u00eames de T14.) et de T16.) qu\u2019ils ne se sont souvenus apr\u00e8s que T15.) pour l\u2019un et U.) pour l\u2019autre leur ont rem\u00e9mor\u00e9 la soir\u00e9e avec les deux \u00e9l\u00e9ments que les t\u00e9moins devaient se rappeler : le pari et la discussion entre fr\u00e8res. La juridiction constate encore que mis \u00e0 part ces deux \u00e9l\u00e9ments, rien ne co\u00efncide dans les d\u00e9clarations, qui se contredisent m\u00eame ouvertement sur certains points. Par ailleurs, tout ce beau monde, apparemment tellement adepte de Champions League, ne se souvient de rien par rapport aux autres matchs et notamment celui du 2 avril 2013, mais c\u2019est uniquement le match du mercredi qui rappelle des souvenirs. S\u2019y ajoute encore la contradiction entre T15.) qui d\u00e9clare que P3.) \u00e9tait encore au CAFE2.) lors de son d\u00e9part alors que suivant le tenancier du CAFE1.) , il y serait d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9 vers minuit. Ce m\u00eame T15.) d\u00e9clare \u00eatre venu au caf\u00e9 vers 21.00 heures, apr\u00e8s une r\u00e9union au bureau, et que P3.) \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Cette d\u00e9claration correspond \u00e0 celle de T17.) , mais est en opposition flagrante avec celle de P3.) lui-m\u00eame qui relate avoir regard\u00e9 le match du 2 avril 2013 \u00e0 son domicile, le match n\u2019\u00e9tant termin\u00e9 \u00e0 22.30 heures.<\/p>\n<p>Au vu de tous ces \u00e9l\u00e9ments, la Chambre criminelle se doit d\u2019exprimer son s\u00e9rieux doute quant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 voire la v\u00e9racit\u00e9 de toutes ces d\u00e9clarations et d\u00e9cide partant de ne pas leur accorder<\/p>\n<p>31 le cr\u00e9dit que la d\u00e9fense de P3.) leur veut attribuer. Ces d\u00e9positions sont partant \u00e0 \u00e9carter des d\u00e9bats.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que selon la conviction de la Chambre criminelle, P3.) ne dispose pas d\u2019alibi pour la soir\u00e9e du 2 avril 2013 et ses explications quant \u00e0 la pr\u00e9sence de son ADN sur le bouchon du bidon d\u2019essence trouv\u00e9 \u00e0 LIEU2.) ne font pas douter la juridiction de fond du fait que, selon elle, le pr\u00e9venu P3.) \u00e9tait sur les lieux aussi bien \u00e0 LIEU1.) qu\u2019\u00e0 LIEU2.) et c\u2019est par ce biais qu\u2019il a laiss\u00e9 ses traces ADN sur les lieux, cr\u00e9ant ainsi un lien rapproch\u00e9 entre le pr\u00e9venu et la commission du crime.<\/p>\n<p>&#8212; quant \u00e0 P2.)<\/p>\n<p>Il est constant en cause que l\u2019ADN de P2.) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert sur le bouchon blanc du bidon d\u2019essence retrouv\u00e9 \u00e0 LIEU2.) pr\u00e8s de la voiture br\u00fbl\u00e9e par les auteurs du fait de LIEU1.) . P2.) se borne \u00e0 contester que ce soit son ADN, sans fournir une quelconque indication voire explication o\u00f9 l\u2019expert commis aurait effectu\u00e9 une erreur dans le cadre de son travail. Cette contestation \u00ab de forme \u00bb, qui pr\u00e9sente tous les \u00e9lans d\u2019une pure formalit\u00e9, ne suffit pas en elle-m\u00eame pour amener la Chambre criminelle \u00e0 douter de la r\u00e9alit\u00e9 des travaux r\u00e9alis\u00e9s par l\u2019expert et dont le travail a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 par le contre- expert.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle renvoie en ce qui concerne la provenance et l\u2019emplacement des deux bidons \u00e0 LIEU2.) \u00e0 ses d\u00e9veloppements faits ci -avant par rapport \u00e0 P3.).<\/p>\n<p>Le premier alibi fourni par P2.), et maintenu pendant une longue p\u00e9riode, \u00e0 savoir qu\u2019il aurait travaill\u00e9 le 3 avril 2013, tombe \u00e0 faux au vu des v\u00e9rifications faites dans le cadre de l\u2019enqu\u00eate. Il r\u00e9sulte en effet des pi\u00e8ces figurant au dossier que P2.) n\u2019a travaill\u00e9 que 3 jours durant la semaine du 1 er avril 2013 au 5 avril 2013, le 1 er avril ayant \u00e9t\u00e9 un jour f\u00e9ri\u00e9 et le 3 avril il s\u2019est trouv\u00e9 en \u00ab absence justifi\u00e9e \u00bb. Renseignements pris aupr\u00e9s de l\u2019employeur, il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que P2.) a, le 2 avril 2013, d\u00e9pos\u00e9 une demande de cong\u00e9 pour le lendemain 3 avril, qui lui fut accord\u00e9.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que l\u2019argument avanc\u00e9 par le pr\u00e9venu que le 3 avril 2013, au petit matin, il se serait trouv\u00e9 sur son v\u00e9lo en train de se rendre \u00e0 son travail, tombe \u00e0 faux.<\/p>\n<p>Ensuite le pr\u00e9venu vient avec l\u2019histoire du match de football de Champions League qu\u2019il aurait regard\u00e9, \u00e0 savoir Real Madrid contre Galatasaray Istanbul, match s\u2019\u00e9tant d\u00e9roul\u00e9 le 3 avril 2013. Il verse \u00e0 cet effet 5 attestations \u00e9manant de 3 personnes diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019alibi fourni par les copains de P2.), la Chambre criminelle se doit de constater qu\u2019il y a lieu de le consid\u00e9rer avec la plus grande pr\u00e9caution voire suspicion. En effet, il r\u00e9sulte des attestations vers\u00e9es dans le cadre d\u2019une demande de mise en libert\u00e9, que aussi bien T25.) que T24.) ont d\u00fb r\u00e9diger trois attestations \u00e9crites avant d\u2019avoir compris ce qu\u2019il fallait \u00ab attester \u00bb et bien \u00e9videmment chaque attestation comporte la phrase \u00ab attestation destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre produite en justice \u00bb.<\/p>\n<p>Or il r\u00e9sulte de ces attestations datant de novembre et de d\u00e9cembre 2014 que P2.) aurait \u00e9t\u00e9 dans un caf\u00e9 \u00ab CAFE3.) \u00bb \u00e0 LIEU9.) le 3 avril 2013 en soir\u00e9e pour r\u00e9garder le match pr\u00e9cit\u00e9. Cette d\u00e9claration ne fournit pas d\u2019alibi \u00e0 P2.), \u00e9tant donn\u00e9 que les faits se sont pass\u00e9s dans la nuit du 2 au 3 avril 2013 et qu\u2019il a donc parfaitement pu regarder le match de football avec ses amis durant la soir\u00e9e du 3 avril 2013. Quelques attestations plus tard, les t\u00e9moins avaient<\/p>\n<p>32 enfin compris ce qu\u2019il fallait attester et ils ont rajout\u00e9 que le pr\u00e9venu \u00e9tait \u00e9galement au caf\u00e9 le jour pr\u00e9c\u00e9dent, sans autre pr\u00e9cision.<\/p>\n<p>A l\u2019audience de la Chambre criminelle, les trois t\u00e9moins ont confirm\u00e9 tout simplement leurs attestations. Ils ne savent pas ajouter d\u2019autres pr\u00e9cisions, uniquement le fait que P2.) \u00e9tait au caf\u00e9 les jours en question. T25.) a par ailleurs pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il aurait ramen\u00e9 P2.), et a pr\u00e9cis\u00e9 dans un premier temps qu\u2019il aurait conduit la voiture de P2.). Interpell\u00e9 sur le fait que P2.) n\u2019avait ni permis ni voiture \u00e0 l\u2019\u00e9poque (il se rendait \u00e0 v\u00e9lo \u00e0 son travail), alors il a r\u00e9pondu \u00ab alors c\u2019\u00e9tait avec la mienne \u00bb, le t\u00e9moin livrant ainsi une parfaite duplique de l\u2019audition des autres t\u00e9moins T24.) et V.). Ils fournissent une r\u00e9ponse et s\u2019il s\u2019av\u00e8re que ce n\u2019est pas la bonne, ils en livrent une seconde et ainsi de suite, sans jamais se poser de question quant \u00e0 leur cr\u00e9dibilit\u00e9 en tant que t\u00e9moins. Il y a encore lieu de relever que le t\u00e9moin T25.) a ajout\u00e9 spontan\u00e9ment \u00e0 l\u2019audience publique \u00ab J\u2019ai entendu qu\u2019il fallait des t\u00e9moins et je me suis port\u00e9 volontaire \u00bb, exclamation qui est pour le moins particuli\u00e8rement \u00e9quivoque.<\/p>\n<p>Pour en finir, la Chambre criminelle ne peut s\u2019emp\u00eacher de relever que les attestations \u00e9manant soi-disant des t\u00e9moins cit\u00e9s \u00e0 l\u2019audience, ont tous l\u2019air d\u2019\u00eatre \u00e9crites de mains diff\u00e9rentes : en ce qui concerne T25.) , l\u2019attestation de novembre 2014 est issue manifestement d\u2019une autre main que celle de d\u00e9cembre 2014 et de janvier 2015, diff\u00e9rence qui est ais\u00e9ment constatable \u00e0 l\u2019\u0153il nu. Il en est de m\u00eame en ce qui concerne les attestations de T24.) o\u00f9 \u00e9galement celle de novembre 2014 a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite d\u2019une autre personne que les autres. Celles de V.) semblent \u00e9galement r\u00e9dig\u00e9es de deux mains diff\u00e9rentes. Par ailleurs sans \u00eatre expert graphologique, les attestations \u00e9manant de novembre et d\u00e9cembre 2014 pr\u00e9sentent des similitudes de sorte qu\u2019il y a lieu de se poser la question si elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es par la m\u00eame personne, ceci dans le but d\u2019attester enfin ce qu\u2019il fallait attester.<\/p>\n<p>Pour toutes ces raisons, la Chambre criminelle d\u00e9cide de ne porter aucun cr\u00e9dit ni aux attestations \u00e9crites ni aux d\u00e9clarations des diff\u00e9rents t\u00e9moins entendus \u00e0 l\u2019audience publique et de les \u00e9carter tout simplement des d\u00e9bats.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte encore du dossier r\u00e9pressif que l\u2019ADN de P2.) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert aux Pays-Bas, sur la glissi\u00e8re d\u00e9mont\u00e9e afin de permettre aux auteurs du fait de (\u2026) (vol \u00e0 main arm\u00e9e sur un centre-fort de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.)), fait qui a eu lieu le 20 mars 2013, d\u2019acc\u00e8der rapidement \u00e0 l\u2019autoroute leur permettant ainsi de prendre rapidement la fuite. L\u00e0 encore P2.) conteste que ce soit son ADN qui aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert. Il est vrai que seules ces informations figurent au dossier, aucune interpellation ou inculpation n\u2019\u00e9tant intervenue par les autorit\u00e9s n\u00e9erlandaises jusqu\u2019\u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>P2.) a des ant\u00e9c\u00e9dents judicaires sp\u00e9cifiques, ayant \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 pour un tiger-kidnapping \u00e0 une peine de r\u00e9clusion de 20 ans en Belgique.<\/p>\n<p>Tous ces \u00e9l\u00e9ments, qui constituent aux yeux de la Chambre criminelle un faisceau d\u2019indices pr\u00e9cis et concordants, am\u00e8nent la juridiction \u00e0 tenir pour \u00e9tabli que P2.) a particip\u00e9 aux faits du 3 avril 2013 \u00e0 LIEU1.) et il y aura lieu d\u2019analyser sa participation en droit ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle tient encore \u00e0 relever qu\u2019il est particuli\u00e8rement significatif que des traces ADN des personnes pr\u00e9cit\u00e9es, \u00e0 savoir P1.), P3.) et P2.), ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es sur les lieux des infractions commises que ce soit \u00e0 LIEU1.) ou \u00e0 LIEU2.) . En effet aucun des pr\u00e9venus n\u2019a su r\u00e9pondre \u00e0 cette question, chacun \u00e9tant occup\u00e9 \u00e0 trouver des explications aussi farfelues qu\u2019elles soient \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019ADN le concernant, qu\u2019ils oublient que la juridiction de fond<\/p>\n<p>33 est ammen\u00e9e \u00e0 prendre en consid\u00e9ration tous les \u00e9l\u00e9ments du dossier et \u00e0 appr\u00e9cier la totalit\u00e9 du dossier r\u00e9pressif en ayant une vue globale de tout le dossier. A ce sujet, des traces ADN ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es sur des objets ayant servi directement ou indirectement \u00e0 la commission des faits, traces ADN qui appartiennent toutes \u00e0 des personnes connues en Belgique pour appartenir au grand banditisme dans ce pays. Toutes les personnes \u00e9taient connues aussi bien des autorit\u00e9s polici\u00e8res et judiciaires belges pour avoir particip\u00e9, du moins en ce qui concerne P3.) et P2.), \u00e0 des infractions similaires et avoir \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9es \u00e0 de lourdes peines de r\u00e9clusion et d\u2019emprisonnement. Ce fait constitue \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment important dans le faisceau d\u2019indices concordants retenu par la juridiction de fond \u00e0 charge des pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>&#8212; quant \u00e0 P4.)<\/p>\n<p>Aucune trace ADN du pr\u00e9venu P4.) n\u2019a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e sur les lieux, que ce soit \u00e0 LIEU1.) ou \u00e0 LIEU2.).<\/p>\n<p>La Chambre criminelle constate qu\u2019il ne r\u00e9sulte non plus d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments au dossier que P4.) ait mat\u00e9riellement particip\u00e9 aux faits du 2 au 3 avril 2013 pour avoir \u00e9t\u00e9 sur place au Luxembourg.<\/p>\n<p>Il y a partant lieu de l\u2019acquitter des infractions libell\u00e9es sub II), III) et IV) \u00e0 son encontre :<\/p>\n<p>II) le 3 avril 2013 entre 3.37 heures et 3.45 heures \u00e0 Luxembourg, (\u2026), \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ainsi qu\u2019aux alentours des locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl,<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 51 et 471 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir tent\u00e9 de soustraire frauduleusement au pr\u00e9judice d\u2019autrui des choses qui ne leur appartenaient pas, avec les circonstances que la tentative de vol a \u00e9t\u00e9 commise &#8212; \u00e0 l\u2019aide de violences ou de menaces dans une maison habit\u00e9e, &#8212; avec effraction, &#8212; la nuit par plusieurs personnes, &#8212; des armes ayant \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es;<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de soustraire frauduleusement au pr\u00e9judice de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl des fonds et autres objets de valeur d\u2019une valeur ind\u00e9termin\u00e9e, avec la circonstance que la tentative de vol a \u00e9t\u00e9 commise &#8212; dans les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl, partant dans une maison habit\u00e9e, &#8212; en tirant, \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut, au moins trente-huit coups de feu en l\u2019air, en direction des maisons avoisinantes, en direction d\u2019une camionnette appartenant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) SECURE SOLUTIONS S.A. (soci\u00e9t\u00e9 belge) et en direction des v\u00e9hicules de service de la police grand- ducale pr\u00e9sents sur les lieux, partant \u00e0 l\u2019aide de menaces et de violences, &#8212; en sectionnant une cl\u00f4ture, en d\u00e9truisant la porte d\u2019entr\u00e9e ainsi qu\u2019une vitre blind\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019explosifs et en for\u00e7ant une porte en acier \u00e0 l\u2019aide d\u2019un pied- de-biche, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019effraction, &#8212; la nuit par plusieurs personnes, &#8212; des armes ayant \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es,<\/p>\n<p>34 tentative qui a \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ce crime et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 des auteurs,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 51 et 393 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis une tentative d\u2019homicide avec l\u2019intention de donner la mort, partant d\u2019avoir commis une tentative de meurtre,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de commettre un homicide &#8212; sur la personne d\u2019J.), n\u00e9 le (\u2026), en tirant au moins deux coups de feu en direction de la camionnette de la marque Renault Trafic immatricul\u00e9e (\u2026) (B) dans laquelle ce dernier avait pris place, &#8212; ainsi que sur les agents de la police grand- ducale T6.), B.), W.) X.), A.) et Y.), tous affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Luxembourg, et sur le policier stagiaire C.) , en tirant en leur direction de nombreux coups de feu \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut ,<\/p>\n<p>tentatives qui ont \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9es par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ces crimes et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de ses auteurs,<\/p>\n<p>c) en infraction aux articles 269 et 272 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis toute attaque, toute r\u00e9sistance avec violences ou menaces envers les officiers minist\u00e9riels, les gardes champ\u00eatres ou forestiers, les d\u00e9positaires ou agents de la force publique, les membres du personnel effectuant le service de garde et les chefs d&#039;atelier des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires, les pr\u00e9pos\u00e9s \u00e0 la perception des taxes et des contributions, les porteurs de contrainte, les pr\u00e9pos\u00e9s des douanes, les s\u00e9questres, les officiers ou agents de la police administrative ou judiciaire, agissant pour l&#039;ex\u00e9cution des lois, des ordres ou ordonnances de l&#039;autorit\u00e9 publique, des mandats de justice ou jugements, avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir commis une attaque avec violences ou menaces envers les agents de la police grand- ducale T6.), B.), W.), X.), A.) et Y.), tous affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Luxembourg, ainsi qu\u2019envers le policier stagiaire C.) , en tirant en leur direction \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut, avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>III) le 3 avril 2013 vers 4.00 heures sur la route nationale N13 entre le lieu- dit Windhof et la localit\u00e9 de LIEU2.) ,<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 51 et 393 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis une tentative d\u2019homicide avec l\u2019intention de donner la mort, partant d\u2019avoir commis une tentative de meurtre,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de commettre un homicide sur les agents de la police grand- ducale D.) et E.), tous les deux affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Capellen, en tirant, au moyen de fusils d\u2019assaut, au moins quarante-sept coups de feu en direction du v\u00e9hicule de service dans lequel ces derniers avaient pris place,<\/p>\n<p>35 tentative qui a \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ce crime et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de ses auteurs,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 269 et 272 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis toute attaque, toute r\u00e9sistance avec violences ou menaces envers les officiers minist\u00e9riels, les gardes champ\u00eatres ou forestiers, les d\u00e9positaires ou agents de la force publique, les membres du personnel effectuant le service de garde et les chefs d&#039;atelier des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires, les pr\u00e9pos\u00e9s \u00e0 la perception des taxes et des contributions, les porteurs de contrainte, les pr\u00e9pos\u00e9s des douanes, les s\u00e9questres, les officiers ou agents de la police administrative ou judiciaire, agissant pour l&#039;ex\u00e9cution des lois, des ordres ou ordonnances de l&#039;autorit\u00e9 publique, des mandats de justice ou jugements, avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir commis une attaque avec violences ou menaces envers les agents de la police grand- ducale D.) et E.), tous les deux affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Capellen, en tirant au moins quarante-sept coups de feu en direction du v\u00e9hicule de service dans lequel ces derniers avaient pris place,<\/p>\n<p>IV) le 3 avril 2013 dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, et notamment \u00e0 Luxembourg- LIEU1.) et \u00e0 LIEU2.),<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 1 ier , 5 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions,<\/p>\n<p>d&#039;avoir, sans autorisation minist\u00e9rielle, import\u00e9, d\u00e9tenu et transport\u00e9 plusieurs armes prohib\u00e9es, respectivement soumises \u00e0 autorisation, montr\u00e9es et utilis\u00e9es lors de l\u2019attaque sur les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026), et notamment des armes \u00e0 feu automatiques du type UZI et AK-47, ainsi qu\u2019un pistolet CZ100, partant des armes prohib\u00e9es de la cat\u00e9gorie II ,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 1b, 4 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions,<\/p>\n<p>d\u2019avoir, sans autorisation minist\u00e9rielle, acquis, import\u00e9, d\u00e9tenu et transport\u00e9 un engin destin\u00e9 \u00e0 porter atteinte aux personnes et aux biens au moyen d\u2019une explosion, et notamment une quantit\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e d\u2019explosif RDX utilis\u00e9 lors de l\u2019attaque sur les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026) , partant une arme prohib\u00e9e de la cat\u00e9gorie I,<\/p>\n<p>c) en infraction aux articles 2 et 3 de la loi du 20 avril 1881 concernant le transport et le commerce des mati\u00e8res explosives, ainsi qu\u2019aux articles 1 ier et 2 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand- ducal du 20 avril 1881 relatif au transport, au commerce et au d\u00e9p\u00f4t de la poudre \u00e0 tirer et des autres substances explosives, d\u2019avoir import\u00e9 et transport\u00e9 de quelque fa\u00e7on que ce soit des mati\u00e8res explosives, sans que lesdites mati\u00e8res aient \u00e9t\u00e9 au pr\u00e9alable reconnues et class\u00e9es par arr\u00eat\u00e9 du Ministre de la Justice,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir import\u00e9 et transport\u00e9 une quantit\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e d\u2019explosif RDX, sans que ces explosifs aient \u00e9t\u00e9 au pr\u00e9alable reconnus et class\u00e9s par arr\u00eat\u00e9 du Ministre de la Justice,<\/p>\n<p>d) en infraction \u00e0 l\u2019article 505 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir recel\u00e9, en tout, les choses enlev\u00e9s \u00e0 l&#039;aide d&#039;un d\u00e9lit,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir recel\u00e9 des plaques min\u00e9ralogiques portant le num\u00e9ro d\u2019immatriculation (\u2026) (L), ces plaques provenant d\u2019un vol commis \u00e0 Sterpenich (Belgique) entre le 5 mars 2013 \u00e0 21.10 heures et le 6 mars 2013 \u00e0 8.40 heures au pr\u00e9judice de Madame 1.) , n\u00e9e le (\u2026).<\/p>\n<p>Une \u00e9ventuelle appartenance \u00e0 une association de malfaiteurs voire d\u2019organisation criminelle sera analys\u00e9e dans le cadre de l\u2019analyse en droit de cette infraction.<\/p>\n<p>En droit:<\/p>\n<p>Au p\u00e9nal:<\/p>\n<p>Le Minist\u00e8re Public reproche aux trois pr\u00e9venus P1.) , P3.) et P2.), et \u00e0 P4.) en ce qui concerne l\u2019infraction libell\u00e9e sub I) :<\/p>\n<p>comme auteurs d&#039;un crime ou d&#039;un d\u00e9lit:<\/p>\n<p>de l&#039;avoir ex\u00e9cut\u00e9 ou d&#039;avoir coop\u00e9r\u00e9 directement \u00e0 son ex\u00e9cution;<\/p>\n<p>d&#039;avoir, par un fait quelconque, pr\u00eat\u00e9 pour l&#039;ex\u00e9cution une aide telle que, sans leur assistance, le crime ou le d\u00e9lit n&#039;e\u00fbt pu \u00eatre commis;<\/p>\n<p>d&#039;avoir, par dons, promesses, menaces, abus d&#039;autorit\u00e9 ou de pouvoir, machinations ou artifices coupables, directement provoqu\u00e9 \u00e0 ce crime ou \u00e0 ce d\u00e9lit;<\/p>\n<p>d&#039;avoir, soit par des discours tenus dans des r\u00e9unions ou dans des lieux publics, soit par des placards affich\u00e9s, soit par des \u00e9crits imprim\u00e9s ou non et vendus ou distribu\u00e9s, provoqu\u00e9 directement \u00e0 le commettre;<\/p>\n<p>comme complices d&#039;un crime ou d&#039;un d\u00e9lit:<\/p>\n<p>d&#039;avoir donn\u00e9 des instructions pour le commettre;<\/p>\n<p>d&#039;avoir procur\u00e9 des armes, des instruments ou tout autre moyen qui a servi au crime ou au d\u00e9lit, sachant qu&#039;ils devaient y servir;<\/p>\n<p>d&#039;avoir, avec connaissance, aid\u00e9 ou assist\u00e9 l&#039;auteur ou les auteurs du crime ou du d\u00e9lit dans les faits qui l&#039;ont pr\u00e9par\u00e9 ou facilit\u00e9, ou dans ceux qui l&#039;ont consomm\u00e9;<\/p>\n<p>I) depuis un temps non prescrit, et au moins entre le 6 novembre 2012 et le 3 avril 2013 dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg,<\/p>\n<p>en ordre principal, en infraction aux articles 324bis et 324ter du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir volontairement et sciemment, fait activement partie d\u2019une organisation criminelle en vue de commettre de fa\u00e7on concert\u00e9e des crimes et d\u00e9lits punissables d\u2019un emprisonnement d\u2019un maximum d\u2019au moins quatre ans ou d\u2019une peine plus grave, pour obtenir, directement ou indirectement, des avantages patrimoniaux,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir volontairement et sciemment, fait activement partie d\u2019une organisation criminelle en vue de commettre de fa\u00e7on concert\u00e9e des attaques \u00e0 main arm\u00e9e envers des<\/p>\n<p>37 entreprises de transport de fonds, et notamment dans le but de perp\u00e9trer le 3 avril 2013 une attaque \u00e0 main arm\u00e9e dans les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026) , et pour obtenir ainsi, directement ou indirectement, des avantages patrimoniaux,<\/p>\n<p>en ordre subsidaire en infraction aux articles 322, 323 et 324 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir fait partie d\u2019une association de malfaiteurs form\u00e9e dans le but d\u2019attenter aux propri\u00e9t\u00e9s,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir fait partie d\u2019une association de malfaiteurs form\u00e9e dans le but de commettre des attaques \u00e0 main arm\u00e9e envers des entreprises de transport de fonds, et notamment dans le but de perp\u00e9trer le 3 avril 2013 une attaque \u00e0 main arm\u00e9e dans les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026),<\/p>\n<p>II) le 3 avril 2013 entre 3.37 heures et 3.45 heures \u00e0 Luxembourg, (\u2026), \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ainsi qu\u2019aux alentours des locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl,<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 51 et 471 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir tent\u00e9 de soustraire frauduleusement au pr\u00e9judice d\u2019autrui des choses qui ne leur appartenaient pas, avec les circonstances que la tentative de vol a \u00e9t\u00e9 commise &#8212; \u00e0 l\u2019aide de violences ou de menaces dans une maison habit\u00e9e, &#8212; avec effraction, &#8212; la nuit par plusieurs personnes, &#8212; des armes ayant \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es;<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de soustraire frauduleusement au pr\u00e9judice de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl des fonds et autres objets de valeur d\u2019une valeur ind\u00e9termin\u00e9e, avec la circonstance que la tentative de vol a \u00e9t\u00e9 commise &#8212; dans les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl, partant dans une maison habit\u00e9e, &#8212; en tirant, \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut, au moins trente-huit coups de feu en l\u2019air, en direction des maisons avoisinantes, en direction d\u2019une camionnette appartenant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) SECURE SOLUTIONS S.A. (soci\u00e9t\u00e9 belge) et en direction des v\u00e9hicules de service de la police grand- ducale pr\u00e9sents sur les lieux, partant \u00e0 l\u2019aide de menaces et de violences, &#8212; en sectionnant une cl\u00f4ture, en d\u00e9truisant la porte d\u2019entr\u00e9e ainsi qu\u2019une vitre blind\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019explosifs et en for\u00e7ant une porte en acier \u00e0 l\u2019aide d\u2019un pied- de-biche, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019effraction, &#8212; la nuit par plusieurs personnes, &#8212; des armes ayant \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es,<\/p>\n<p>tentative qui a \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ce crime et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 des auteurs,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 51 et 393 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis une tentative d\u2019homicide avec l\u2019intention de donner la mort, partant d\u2019avoir commis une tentative de meurtre,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de commettre un homicide<\/p>\n<p>38 &#8212; sur la personne d\u2019J.), n\u00e9 le (\u2026), en tirant au moins deux coups de feu en direction de la camionnette de la marque Renault Trafic immatricul\u00e9e (\u2026) (B) dans laquelle ce dernier avait pris place, &#8212; ainsi que sur les agents de la police grand- ducale T6.), B.), W.) X.), A.) et Y.), tous affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Luxembourg, et sur le policier stagiaire C.) , en tirant en leur direction de nombreux coups de feu \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut ,<\/p>\n<p>tentatives qui ont \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9es par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ces crimes et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de ses auteurs,<\/p>\n<p>c) en infraction aux articles 269 et 272 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis toute attaque, toute r\u00e9sistance avec violences ou menaces envers les officiers minist\u00e9riels, les gardes champ\u00eatres ou forestiers, les d\u00e9positaires ou agents de la force publique, les membres du personnel effectuant le service de garde et les chefs d&#039;atelier des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires, les pr\u00e9pos\u00e9s \u00e0 la perception des taxes et des contributions, les porteurs de contrainte, les pr\u00e9pos\u00e9s des douanes, les s\u00e9questres, les officiers ou agents de la police administrative ou judiciaire, agissant pour l&#039;ex\u00e9cution des lois, des ordres ou ordonnances de l&#039;autorit\u00e9 publique, des mandats de justice ou jugements, avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir commis une attaque avec violences ou menaces envers les agents de la police grand- ducale T6.), B.), W.), X.), A.) et Y.), tous affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Luxembourg, ainsi qu\u2019envers le policier stagiaire C.) , en tirant en leur direction \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut, avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>III) le 3 avril 2013 vers 4.00 heures sur la route nationale N13 entre le lieu- dit Windhof et la localit\u00e9 de LIEU2.) ,<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 51 et 393 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis une tentative d\u2019homicide avec l\u2019intention de donner la mort, partant d\u2019avoir commis une tentative de meurtre,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de commettre un homicide sur les agents de la police grand- ducale D.) et E.), tous les deux affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Capellen, en tirant, au moyen de fusils d\u2019assaut, au moins quarante -sept coups de feu en direction du v\u00e9hicule de service dans lequel ces derniers avaient pris place,<\/p>\n<p>tentative qui a \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ce crime et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de ses auteurs,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 269 et 272 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis toute attaque, toute r\u00e9sistance avec violences ou menaces envers les officiers minist\u00e9riels, les gardes champ\u00eatres ou forestiers, les d\u00e9positaires ou agents de la force publique, les membres du personnel effectuant le service de garde et les chefs d&#039;atelier des \u00e9tablissements p\u00e9nitentiaires, les pr\u00e9pos\u00e9s \u00e0 la perception des taxes et des contributions, les porteurs de contrainte, les pr\u00e9pos\u00e9s des douanes, les s\u00e9questres, les officiers ou agents de la police administrative ou judiciaire, agissant pour l&#039;ex\u00e9cution des lois, des ordres ou ordonnances de l&#039;autorit\u00e9<\/p>\n<p>39 publique, des mandats de justice ou jugements, avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir commis une attaque avec violences ou menaces envers les agents de la police grand- ducale D.) et E.), tous les deux affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Capellen, en tirant au moins quarante-sept coups de feu en direction du v\u00e9hicule de service dans lequel ces derniers avaient pris place,<\/p>\n<p>IV) le 3 avril 2013 dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, et notamment \u00e0 Luxembourg- LIEU1.) et \u00e0 LIEU2.),<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 1 ier , 5 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions,<\/p>\n<p>d&#039;avoir, sans autorisation minist\u00e9rielle, import\u00e9, d\u00e9tenu et transport\u00e9 plusieurs armes prohib\u00e9es, respectivement soumises \u00e0 autorisation, montr\u00e9es et utilis\u00e9es lors de l\u2019 attaque sur les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026), et notamment des armes \u00e0 feu automatiques du type UZI et AK-47, ainsi qu\u2019un pistolet CZ100, par tant des armes prohib\u00e9es de la cat\u00e9gorie II,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 1b, 4 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions,<\/p>\n<p>d\u2019avoir, sans autorisation minist\u00e9rielle, acquis, import\u00e9, d\u00e9tenu et transport\u00e9 un engin destin\u00e9 \u00e0 porter atteinte aux personnes et aux biens au moyen d\u2019une explosion, et notamment une quantit\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e d\u2019explosif RDX utilis\u00e9 lors de l\u2019attaque sur les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026) , partant une arme prohib\u00e9e de la cat\u00e9gorie I,<\/p>\n<p>c) en infraction aux articles 2 et 3 de la loi du 20 avril 1881 concernant le transport et le commerce des mati\u00e8res explosives, ainsi qu\u2019aux articles 1 ier et 2 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand- ducal du 20 avril 1881 relatif au transport, au commerce et au d\u00e9p\u00f4t de la poudre \u00e0 tirer et des autres substances explosives, d\u2019avoir import\u00e9 et transport\u00e9 de quelque fa\u00e7on que ce soit des mati\u00e8res explosives, sans que lesdites mati\u00e8res aient \u00e9t\u00e9 au pr\u00e9alable reconnues et class\u00e9es par arr\u00eat\u00e9 du Ministre de la Justice,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir import\u00e9 et transport\u00e9 une quantit\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e d\u2019explosif RDX, sans que ces explosifs aient \u00e9t\u00e9 au pr\u00e9alable reconnus et class\u00e9s par arr\u00eat\u00e9 du Ministre de la Justice,<\/p>\n<p>d) en infraction \u00e0 l\u2019article 505 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir recel\u00e9, en tout, les choses enlev\u00e9s \u00e0 l&#039;aide d&#039;un d\u00e9lit,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir recel\u00e9 des plaques min\u00e9ralogiques portant le num\u00e9ro d\u2019immatriculation (\u2026) (L), ces plaques provenant d\u2019un vol commis \u00e0 Sterpenich (Belgique) entre le 5 mars 2013 \u00e0 21.10 heures et le 6 mars 2013 \u00e0 8.40 heures au pr\u00e9judice de Madame 1.) , n\u00e9e le (\u2026).<\/p>\n<p>La Chambre criminelle constate de prime abord que le Minist\u00e8re Public reproche aux pr\u00e9venux sub. II) c, III) b et IV) des d\u00e9lits. Ces d\u00e9lits doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme connexes aux crimes retenus par l\u2019ordonnance de renvoi.<\/p>\n<p>40 En mati\u00e8re r\u00e9pressive, il est de principe que le fait le plus grave attire \u00e0 lui le fait de moindre gravit\u00e9, et que le juge comp\u00e9tent pour conna\u00eetre des d\u00e9lits l\u2019est aussi pour conna\u00eetre des contraventions mises \u00e0 charge du m\u00eame pr\u00e9venu si, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la v\u00e9rit\u00e9, les divers chefs de pr\u00e9vention ne peuvent \u00eatre bien appr\u00e9ci\u00e9s que dans la m\u00eame instruction devant les m\u00eames juges. Ce principe de droit aussi vieux que le droit criminel se justifie par l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une bonne administration de la justice et doit \u00e9galement \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e0 la chambre criminelle \u00e0 laquelle la chambre du conseil a d\u00e9f\u00e9r\u00e9 la connaissance de d\u00e9lits connexes \u00e0 des crimes.<\/p>\n<p>A. Quant aux infractions aux articles 322, 323, 324, 324bis et 324t er libell\u00e9es sub I) de l\u2019ordonance de renvoi.<\/p>\n<p>L\u2019organisation criminelle La loi du 11 ao\u00fbt 1998 a introduit, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019associaton de malfaiteurs, pr\u00e9vue par les articles 322 \u00e0 324 du Code p\u00e9nal, une nouvelle infraction, \u00e0 savoir la participation \u00e0 une organisation criminelle, r\u00e9gie par les articles 324bis et 324ter du Code p\u00e9nal. Les deux infractions pr\u00e9sentent des caract\u00e9ristiques communes, \u00ab c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019existence d\u2019un groupement, la formation de ce groupement en vue de commettre des infractions et une structure organique propre \u00e0 donner corps \u00e0 l\u2019entente et \u00e0 d\u00e9montrer la volont\u00e9 de collaborer efficacement \u00e0 la poursuite du but assign\u00e9 \u00e0 l\u2019association \u00bb. S\u2019il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence de nature entre elles, elles se distinguent n\u00e9anmoins nettement. L\u2019association de malfaiteurs avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e pour permettre l\u2019exercice de poursuites \u00e0 l\u2019\u00e9gard de personnes qui s\u2019organisent en bandes pour commettre des crimes ou des d\u00e9lits, qu\u2019ils soient relatifs aux personnes ou aux propri\u00e9t\u00e9s. S\u2019il est exact que tant l\u2019association que l\u2019organisation criminelle poursuivent la plupart du temps un objectif d\u2019enrichissement et peuvent commettre les m\u00eames infractions, l\u2019organisation criminelle se caract\u00e9rise par une organisation plus \u00e9tendue, plus structur\u00e9e, plus permanente et commettant des crimes et des d\u00e9lits de fa\u00e7on plus syst\u00e9matique. L\u2019association de malfaiteurs est plut\u00f4t une pr\u00e9vention traditionnellement utilis\u00e9e pour faire face \u00e0 une criminalit\u00e9 plus localis\u00e9e, chacun de ses membres participant \u00e0 la r\u00e9alisation de l\u2019infraction. Les deux infractions se distinguent en substance :<\/p>\n<p>&#8212; en ce qui concerne leur finalit\u00e9 : l\u2019organisation criminelle doit avoir pour but la commission de crimes et de d\u00e9lits punissables d\u2019un emprisonnement d\u2019un maximum d\u2019au moins quatre ans ou d\u2019une peine plus grave pour obtenir directement ou indirectement des avantages patrimoniaux, alors que le but plus large et moins pr\u00e9cis de l\u2019association de malfaiteurs est d\u2019attenter aux personnes ou aux propri\u00e9t\u00e9s ; &#8212; en ce qui concerne le degr\u00e9 requis d\u2019organisation du groupement : l\u2019organisation criminelle doit \u00eatre une \u00ab association structur\u00e9e de plus de deux personnes, \u00e9tablie dans le temps, en vue de commettre de fa\u00e7on concert\u00e9e \u00bb les infractions qui constituent son objet, alors que l\u2019association de malfaiteurs doit \u00eatre moins structur\u00e9e que l\u2019organisation criminelle et peut \u00eatre fond\u00e9e entre deux personnes seulement ; &#8212; en ce qui concerne les modes de participation au groupement : une hi\u00e9archie plus stricte, dans laquelle les profits reviennent principalement aux dirigeants, tandis que les simples participants sont la plupart du temps salari\u00e9s pour les services qu\u2019ils<\/p>\n<p>41 rendent, la caract\u00e9ristique de se fondre beaucoup mieux dans la soci\u00e9t\u00e9 et de travailler de mani\u00e8re beaucoup moins visible.<\/p>\n<p>L\u2019organisation criminelle constitue en quelque sorte une association de malfaiteurs aggrav\u00e9e. S\u2019il peut \u00eatre admis que toute organisation criminelle constitue donc une association de malfaiteurs, l\u2019inverse n\u2019est cependant pas n\u00e9cessairement le cas.<\/p>\n<p>Une association de malfaiteurs peut \u00eatre mise sur pied pour commettre une infraction unique, tandis que l\u2019organisation criminelle requiert une certaine stabilit\u00e9.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle estime cependant, au vu de la relation des faits ainsi que des \u00e9l\u00e9ments recueillis au cours de l\u2019enqu\u00eate, qu\u2019il n\u2019y pas d\u2019\u00e9l\u00e9ments suffisants pour dire que la perp\u00e9tration de la tentative du braquage sur la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) ainsi que les autres crimes et d\u00e9lits commis se situe dans le cadre d\u2019une telle organisation criminelle et il ne r\u00e9sulte partant pas non plus que les pr\u00e9venus P1.) , P3.), P2.) et P4.) aient fait partie d\u2019une telle organisation criminelle.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus P1.), P3.), P2.) et P4.) sont partant \u00e0 acquitter :<\/p>\n<p>I) depuis un temps non prescrit, et au moins entre le 6 novembre 2012 et le 3 avril 2013 dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg,<\/p>\n<p>en ordre principal, en infraction aux articles 324bis et 324ter du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir volontairement et sciemment, fait activement partie d\u2019une organisation criminelle en vue de commettre de fa\u00e7on concert\u00e9e des crimes et d\u00e9lits punissables d\u2019un emprisonnement d\u2019un maximum d\u2019au moins quatre ans ou d\u2019une peine plus grave, pour obtenir, directement ou indirectement, des avantages patrimoniaux,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir volontairement et sciemment, fait activement partie d\u2019une organisation criminelle en vue de commettre de fa\u00e7on concert\u00e9e des attaques \u00e0 main arm\u00e9e envers des entreprises de transport de fonds, et notamment dans le but de perp\u00e9trer le 3 avril 2013 une attaque \u00e0 main arm\u00e9e dans les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026) , et pour obtenir ainsi, directement ou indirectement, des avantages patrimoniaux .<\/p>\n<p>Suivant l&#039;article 322 du Code p\u00e9nal relatif \u00e0 l&#039;association form\u00e9e dans le but d&#039;attenter aux personnes ou aux propri\u00e9t\u00e9s, cette infraction comporte les \u00e9l\u00e9ments constitutifs suivants: &#8212; il doit y avoir une association, ce qui veut dire que des liens doivent exister entre les divers membres, &#8212; il faut de plus une organisation, ce qui implique une certaine permanence, &#8212; l&#039;association doit avoir \u00e9t\u00e9 form\u00e9e dans le but d&#039;attenter aux personnes et\/ou aux propri\u00e9t\u00e9s (cf. Marchal et Jaspar, Droit criminel, Trait\u00e9 th\u00e9orique et pratique, les infractions du Code p\u00e9nal, tome 3, p. 12 ss).<\/p>\n<p>Il faut que l&#039;association ait une existence r\u00e9elle, que ses diff\u00e9rents membres, rattach\u00e9s entre eux par des liens non \u00e9quivoques, forment un corps capable de fonctionner au moment propice (Nypels et Servais, tome II, p. 348, n\u00b0 2).<\/p>\n<p>En ce qui concerne le nombre des malfaiteurs associ\u00e9s, il est de droit que le concours de deux personnes suffit (Dalloz, sub association criminelle, n\u00b0 31; Gar\u00e7on, Code p\u00e9nal annot\u00e9, tome<\/p>\n<p>42 II, p.931, n\u00b0 12). Selon Marchal et Jaspar, il faut qu&#039;une bande comprenne au moins trois personnes (C.A. Bruxelles, 20 mai 1976, Pas. 1977, II, p.88 et Cass. italienne 13 f\u00e9vrier 1970, Giur. Ital. 1971, II, p. 160 selon laquelle il ne peut y avoir entre deux personnes que des actes de participation, cit\u00e9 par Marchal et Jaspar, Droit criminel, pr\u00e9cit\u00e9):<\/p>\n<p>Il est aussi \u00e9vident que l&#039;identit\u00e9 de certains membres peut rester ignor\u00e9e, alors que leur existence est certaine. Il n&#039;est pas exig\u00e9 de poursuivre tous les associ\u00e9s en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>La nature du lien qui relie les associ\u00e9s peut varier dans le temps (membres fondateurs, nouvelles recrues). Certains liens peuvent \u00eatre \u00e9pisodiques, voire provisoires (Cass. fr. 11 juin 1970, Dall. p\u00e9r. Somm. P. 177, Bull. crim. 1970, n\u00b0 199, Revue sc. crim., 1971, p.108 \u00e0 110).<\/p>\n<p>Pour \u00e9viter l&#039;\u00e9troitesse d&#039;une \u00e9num\u00e9ration trop pr\u00e9cise, le l\u00e9gislateur n&#039;a pas indiqu\u00e9 les caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9rales de l&#039;organisation des bandes. Il abandonne l&#039;appr\u00e9ciation des circonstances \u00e9minemment variables \u00e0 la &quot;conscience \u00e9clair\u00e9e des juges&quot; et se borne \u00e0 exiger une association r\u00e9elle et organis\u00e9e, c&#039;est-\u00e0-dire l&#039;existence de liens entre les membres.<\/p>\n<p>Ces liens ne peuvent \u00eatre \u00e9quivoques et le fait de l&#039;association comme sa permanence, doit \u00eatre constat\u00e9 en termes expr\u00e8s par les juges du fond.<\/p>\n<p>Une pareille association est constitu\u00e9e par l&#039;existence d&#039;un groupement de personnes r\u00e9unies en organisation pr\u00e9\u00e9tablie, dot\u00e9e d&#039;une r\u00e9solution bien arr\u00eat\u00e9e, pr\u00eate \u00e0 \u00eatre mise \u00e0 ex\u00e9cution, voire traduite et concr\u00e9tis\u00e9e dans les faits. Les crit\u00e8res d&#039;une pareille organisation peuvent consister dans l&#039;existence d&#039;une hi\u00e9rarchie, une distribution pr\u00e9alable des r\u00f4les, la r\u00e9partition anticip\u00e9e du butin, l&#039;existence de lieux de rendez-vous, l&#039;organisation de cachettes et de d\u00e9p\u00f4ts. Aucun de ces crit\u00e8res ne peut cependant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme essentiel (cf. Rigaux &amp; Trousse: Les crimes et d\u00e9lits du Code P\u00e9nal, t. 5, p.13 et ss.).<\/p>\n<p>Ainsi par exemple, les concepts d&#039;association ou d&#039;organisation n&#039;impliquent pas en eux- m\u00eames une id\u00e9e d&#039;hi\u00e9rarchie. L&#039;association peut \u00eatre organis\u00e9e sans qu&#039;il n&#039;y ait d&#039;hi\u00e9rarchie, et l&#039;absence d&#039;une pareille hi\u00e9rarchie est m\u00eame une caract\u00e9ristique des associations modernes de malfaiteurs.<\/p>\n<p>Il importe d&#039;ailleurs peu que celui qui participe \u00e0 une telle organisation connaisse l&#039;ensemble de cette activit\u00e9 d\u00e9lictueuse, il suffit que le pr\u00e9venu ait consenti \u00e0 aider volontairement le groupement dont il connaissait en g\u00e9n\u00e9ral le caract\u00e8re d\u00e9lictueux et qu&#039;il ait ainsi favoris\u00e9 l&#039;action (cf. Jurisclasseur P\u00e9nal, verbo association de malfaiteurs, article 265-268).<\/p>\n<p>Pour jouer son r\u00f4le dans l&#039;association, le pr\u00e9venu n&#039;a d&#039;ailleurs pas besoin de conna\u00eetre toutes les personnes de l&#039;association et il serait inutile et m\u00eame dangereux pour celles-ci de donner \u00e0 toutes les personnes des d\u00e9tails suppl\u00e9mentaires sur la structure et l&#039;organisation de l&#039;association \u00e9tant donn\u00e9 que celui-ci risquerait de les d\u00e9voiler en cas d&#039;arrestation et de mettre en p\u00e9ril les dirigeants de l&#039;association.<\/p>\n<p>Le cloisonnement entre les membres d&#039;une pareille association de malfaiteurs qui ne connaissent normalement que ceux des autres membres dont le contact est indispensable, est tr\u00e8s souvent pratiqu\u00e9 \u00e0 titre de mesure de s\u00e9curit\u00e9 contre le travail d&#039;investigation des enqu\u00eateurs et constitue une autre caract\u00e9ristique des associations modernes de malfaiteurs.<\/p>\n<p>43 Le Code d&#039;instruction criminelle adopte le syst\u00e8me de la libre appr\u00e9ciation de la preuve par le juge, qui forme sa conviction librement sans \u00eatre tenu par telle preuve plut\u00f4t que par telle autre. Il interroge sa conscience et d\u00e9cide en fonction de son intime conviction (Franchimont, Manuel de proc\u00e9dure p\u00e9nale, p. 764).<\/p>\n<p>Il est de jurisprudence constante que le juge r\u00e9pressif appr\u00e9cie souverainement, en fait, la valeur probante des \u00e9l\u00e9ments sur lesquels il fonde son intime conviction (Cass. b. 31 d\u00e9cembre 1985, I, p. 549).<\/p>\n<p>La preuve sera, elle, rapport\u00e9e suivant les divers moyens admis en mati\u00e8re p\u00e9nale, notamment par aveux, t\u00e9moignages, \u00e9crits ou m\u00eame pr\u00e9somptions. Dans la plupart des cas d\u2019ailleurs, l\u2019accord entre les membres de l\u2019association est tacite et ne se d\u00e9montre en fait que par ses cons\u00e9quences.<\/p>\n<p>En pratique, l\u2019entente des malfaiteurs se d\u00e9duira, \u00e0 partir de leurs ant\u00e9c\u00e9dents communs (condamnations, d\u00e9tentions) et de leurs habitudes, surtout de prises de contact, de leur r\u00e9union, des v\u00e9hicules utilis\u00e9s en commun, de la persistance de leur rassemblement (p.ex. d\u00e9bits de boissons fr\u00e9quent\u00e9s, cf. Cass. Crim 30 mai 1988, Bull. crim, n\u00b0 232) et surtout des actes pr\u00e9paratoires auxquels ils se sont consacr\u00e9s (R\u00e9p. P\u00e9n. Dalloz, v\u00b0 association de malfaiteurs, n\u00b0 46).<\/p>\n<p>En l&#039;esp\u00e8ce, la Chambre criminelle estime qu&#039;il r\u00e9sulte \u00e0 suffisance de droit des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif que les pr\u00e9venus P1.), P3.) et P2.) aient appartenu \u00e0 un groupement organis\u00e9 pour commettre des infractions qui ne constituaient pas des actions spontan\u00e9es, n\u00e9es du hasard de la rencontre de quelques personnes. Il appert en effet du dossier qu\u2019au moins 6 personnes ont \u00e9t\u00e9 directement impliqu\u00e9es dans la pr\u00e9paration et l\u2019ex\u00e9cution des crimes \u00e0 LIEU1.) et \u00e0 LIEU2.).<\/p>\n<p>Ce braquage a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 de fa\u00e7on m\u00e9ticuleuse et professionnelle pour \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 au moment qui paraissait le plus propice aux malfaiteurs. A cet \u00e9gard, il y a lieu de rappeler que les auteurs s\u2019\u00e9taient lourdement arm\u00e9s, munis d\u2019explosifs, disposant de voitures puissantes ainsi que du mat\u00e9riel n\u00e9cessaire pour ex\u00e9cuter le braquage. Le r\u00f4le \u00e0 jouer par les diff\u00e9rents intervenants a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini \u00e0 l\u2019avance tels que le montrent les images lors de l\u2019intrusion \u00e0 LIEU1.).<\/p>\n<p>Ainsi, imm\u00e9diatement apr\u00e8s leur arriv\u00e9e devant les lieux, ceux qui \u00e9taient en charge de l\u2019ouverture de la porte, se sont ex\u00e9cut\u00e9s. M\u00eame si la deuxi\u00e8me charge n\u2019a pas explos\u00e9, une personne est directement arriv\u00e9e munie d\u2019une meuleuse tron\u00e7onneuse pour y parer. Pendant tout ce temps, deux autres auteurs \u00e9taient en train de faire le guet dans la rue longeant le b\u00e2timent SOC1.) et ont tir\u00e9 sur tout ce qui bougeait, notamment la camionette conduite par J.) ainsi que sur les patrouilles de police d\u00e9p\u00each\u00e9es sur les lieux. Apr\u00e8s la perp\u00e9tration de leur crime, ils n\u2019ont d\u2019ailleurs pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 tirer encore sur les maisons situ\u00e9es autour du b\u00e2timent de SOC1.) et ce, il faut le supposer quand ils voyaient des personnes aux fen\u00eatres, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il r\u00e9sulte de bon nombre de t\u00e9moignages qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9veill\u00e9s par le bruit des explosions et que les gens sont all\u00e9s voir ce qui se passait. Un impact a par ailleurs \u00e9t\u00e9 localis\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un logement.<\/p>\n<p>Il appert de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que les crit\u00e8res essentiels d\u00e9gag\u00e9s par la doctrine et la jurisprudence en mati\u00e8re d\u2019association de malfaiteurs se retrouvent en l\u2019esp\u00e8ce. Les diff\u00e9rents protagonistes avaient des liens non \u00e9quivoques dans le cadre d\u2019une activit\u00e9 de d\u00e9linquance<\/p>\n<p>44 organis\u00e9e aussi bien avant qu\u2019apr\u00e8s les faits en question. Un groupement r\u00e9el a exist\u00e9 entre eux et la tentative de braquage du 3 avril 2013 ainsi que les autres crimes et d\u00e9lits subs\u00e9quents n\u2019ont pas constitu\u00e9 des actes spontan\u00e9s, n\u00e9s du hasard de la rencontre de plusieures personnes, mais une action pr\u00e9par\u00e9e et coordin\u00e9e par les diff\u00e9rents intervenants. L\u2019entente entre les diff\u00e9rents protagonistes a d\u00e9pass\u00e9 de loin l\u2019entente normalement rencontr\u00e9e dans la corr\u00e9it\u00e9 de plusieurs auteurs.<\/p>\n<p>Ne disposant pas d\u2019\u00e9l\u00e9ments suppl\u00e9mentaires tendant \u00e0 en rapporter la preuve, il y a lieu de retenir que les pr\u00e9venus ont simplement fait partie d\u2019une association de malfaiteurs et n\u2019\u00e9taient ni chef de cette bande ni n\u2019ont exerc\u00e9 un commandement quelconque. Ayant cependant activement particip\u00e9 \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution de la tentative du braquage ainsi qu\u2019aux crimes et d\u00e9lits subs\u00e9quents, ils ont n\u00e9cessairement eu connaissance de l\u2019existence de l\u2019association dont ils faisaient volontairement partie et il y a lieu de retenir P1.), P3.) et P2.) dans les liens de cette infraction.<\/p>\n<p>En ce qui concerne P4.) , la Chambre criminelle constate que, au vu de l\u2019ensemble du dossier r\u00e9pressif, il n\u2019y a pas suffisamment d\u2019\u00e9l\u00e9ments pour le retenir dans les liens de l\u2019infraction de l\u2019association de malfaiteurs. M\u00eame si les objets trouv\u00e9s lors de la perquisition \u00e0 son domicile le 11 juin 2013 montrent qu\u2019il entretenait bel et bien des relations avec le milieu des criminels et \u00e9galement avec au moins P3.) et P2.), il n\u2019est pas \u00e9tabli \u00e0 suffisance de droit qu\u2019il \u00e9tait au courant des faits qui devaient se produire au Luxembourg et qu\u2019il les avait accept\u00e9s et cautionn\u00e9s en apportant une aide n\u00e9cessaire ou simplement utile \u00e0 la perp\u00e9tration de ces faits. Les objets saisis chez lui, \u00e0 savoir les gilets pare-balle, tenue de camouflage, cartouches, chargeurs kalachnikov et uzi, pistolet, cagoule, reproduction de plaque min\u00e9ralogique ainsi que la voiture AUDI A4 vol\u00e9e et retrouv\u00e9e dans son box, d\u00e9montrent qu\u2019il est bien plus impliqu\u00e9 dans le milieu qu\u2019il ne veuille l\u2019admettre, et m\u00eame si ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 titre logistique (\u00e0 ce moment-l\u00e0), mais la Chambre criminelle se trouve dans l\u2019impossibilit\u00e9 de relier ces objets aux faits commis au Luxembourg et n\u2019est pas comp\u00e9tente pour toiser, le cas \u00e9ch\u00e9ant, l\u2019appartenance de P4.) \u00e0 une association de malfaiteurs en Belgique.<\/p>\n<p>Il y a partant lieu d\u2019acquitter P4.) de cette infraction :<\/p>\n<p>I) depuis un temps non prescrit, et au moins entre le 6 novembre 2012 et le 3 avril 2013 dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg,<\/p>\n<p>en ordre subsidaire en infraction aux articles 322, 323 et 324 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir fait partie d\u2019une association de malfaiteurs form\u00e9e dans le but d\u2019attenter aux propri\u00e9t\u00e9s,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir fait partie d\u2019une association de malfaiteurs form\u00e9e dans le but de commettre des attaques \u00e0 main arm\u00e9e envers des entreprises de transport de fonds, et notamment dans le but de perp\u00e9trer le 3 avril 2013 une attaque \u00e0 main arm\u00e9e dans les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026).<\/p>\n<p>B. Quant au crime libell\u00e9 sub II) a) de l\u2019ordonnance de renvoi Le vol \u00e9tant d\u00e9fini comme constituant la soustraction frauduleuse d\u2019une chose mobili\u00e8re appartenant \u00e0 autrui, les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de cette infraction sont au nombre de quatre:<\/p>\n<p>45 Pour qu\u2019il y ait tentative punissable au sens des articles 51 et 52 du Code p\u00e9nal, il faut que la r\u00e9solution de commettre un crime ou un d\u00e9lit ait \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui forment un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ce crime ou de ce d\u00e9lit, et qui n\u2019ont \u00e9t\u00e9 suspendus ou n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet que par des circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de leur auteur.<\/p>\n<p>\u2022 il faut qu\u2019il y ait commencement d\u2019ex\u00e9cution d\u2019une soustraction, \u2022 l\u2019objet de la soustraction doit \u00eatre une chose corporelle ou mobili\u00e8re, \u2022 l\u2019auteur doit avoir agi dans une intention frauduleuse, et enfin \u2022 il faut que la chose soustraite appartienne \u00e0 autrui.<\/p>\n<p>La soustraction frauduleuse se d\u00e9finit comme le passage de l\u2019objet de la possession du l\u00e9gitime propri\u00e9taire et possesseur dans celle de l\u2019auteur de l\u2019infraction, ou en d\u2019autres termes, prise de possession par l\u2019auteur, \u00e0 l\u2019insu et contre le gr\u00e9 du propri\u00e9taire ou pr\u00e9c\u00e9dent possesseur.<\/p>\n<p>L\u2019article 471 du Code p\u00e9nal punit le vol commis \u00e0 l\u2019aide de violences ou de menaces dans une maison habit\u00e9e ou ses d\u00e9pendances de la r\u00e9clusion de dix \u00e0 quinze ans si ce vol a \u00e9t\u00e9 commis avec une des circonstances aggravantes suivantes : 1\u00b0 s\u2019il a \u00e9t\u00e9 commis avec effraction, escalade ou fausses clefs, 2\u00b0 s\u2019il a \u00e9t\u00e9 commis par un fonctionnaire public \u00e0 l\u2019aide de ses fonctions; 3\u00b0 si les coupables, ou l\u2019un deux, ont pris le titre ou les insignes d\u2019un fonctionnaire public ou ont all\u00e9gu\u00e9 d\u2019un faux ordre de l\u2019autorit\u00e9 publique; 4\u00b0 s\u2019il a \u00e9t\u00e9 commis la nuit par deux ou plusieurs personnes ; 5\u00b0 si des armes ont \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es ; et de la r\u00e9clusion de quinze \u00e0 vingt ans s\u2019il a \u00e9t\u00e9 commis avec deux des circonstanc es pr\u00e9mentionn\u00e9es.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte de la narration des faits que les auteurs ont tent\u00e9 de soustraire frauduleusement des fonds au pr\u00e9judice de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) et il y a d\u00e8s lors bien eu tentative de vol, au sens des dispositions de l\u2019article 461 du Code p\u00e9nal. Cette tentative s\u2019est concr\u00e9tis\u00e9e notamment par le for\u00e7age de la porte d\u2019entr\u00e9e ainsi que des fen\u00eatre et portes subs\u00e9quentes pour acc\u00e9der aux lieux de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) et d\u2019y soustraire ce qu\u2019ils allaient trouver.<\/p>\n<p>Il y a par la suite lieu d\u2019examiner si ce vol a \u00e9t\u00e9 commis \u00e0 l\u2019aide de violences ou menaces, dans une maison habit\u00e9e et si en relation avec un tel vol, les circonstances aggravantes de l\u2019effraction, de la commission la nuit par deux ou plusieures personnes et de l\u2019emploi respectivement de la pr\u00e9sentation d\u2019armes sont v\u00e9rifi\u00e9es.<\/p>\n<p>Les violences et les menaces<\/p>\n<p>Pour d\u00e9terminer si le vol a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 de violences ou de menaces, il y a lieu de se r\u00e9f\u00e9rer aux d\u00e9finitions de l\u2019article 483 du Code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Par violences, l&#039;article 483 du Code p\u00e9nal vise &quot;les actes de contrainte physique exerc\u00e9s contre les personnes&quot;; des violences simples ou l\u00e9g\u00e8res, par opposition aux violences qualifi\u00e9es des articles 473 et 474 du Code p\u00e9nal, \u00e9tant suffisantes pour entra\u00eener la qualification de &quot;violences&quot;. S&#039;y r\u00e9f\u00e9rant, la doctrine et la jurisprudence y incluent tous les actes de contrainte physiques exerc\u00e9s sur la personne de la victime dont on veut abuser, les violences devant avoir une gravit\u00e9 suffisante pour analyser la r\u00e9sistance de la victime ( cf Novelles, t. III, v\u00b0 viol n\u00b0 6195). La Cour de Cassation dans son arr\u00eat du 25.03.1982 (P.XV, p. 252) inclut encore dans la d\u00e9finition de &quot;violences&quot; les atteintes directes \u00e0 l&#039;int\u00e9grit\u00e9 physique, et tout acte<\/p>\n<p>46 ou voie de fait de nature \u00e0 exercer une influence coercitive sur la victime, sans qu&#039;il ne soit requis que celle-ci ait \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e \u00e0 un danger s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>L&#039;article 483 du Code p\u00e9nal entend par menaces &quot;tous les moyens de contrainte morale par la crainte d&#039;un mal imminent&quot;. Les actes de contrainte morale peuvent s&#039;ext\u00e9rioriser par la parole, le geste ou encore l&#039;\u00e9criture. La menace doit \u00eatre de nature \u00e0 dominer la r\u00e9sistance de la victime et il faut que la victime du vol ait l&#039;impression qu&#039;elle n&#039;aura pas le moyen de recourir \u00e0 l&#039;autorit\u00e9 pour \u00e9viter l&#039;accomplissement de la menace. Dans l&#039;appr\u00e9ciation des menaces, il sera tenu compte des circonstances de l&#039;\u00e2ge, de la situation et de la condition des personnes menac\u00e9es (cf. Gaston SCHUIND, Trait\u00e9 pratique de droit criminel, T.I, Des vols et des extorsions; Cour de Cassati on, 25.03.1982, P. XV, p. 252).<\/p>\n<p>Il est \u00e9tabli par les \u00e9l\u00e9ments du dossier que les auteurs \u00e9taient tous arm\u00e9s, diff\u00e9rents types d\u2019armes \u00e9tant visibles sur les images enregistr\u00e9es. Les auteurs ont fait sauter les portes d\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019explosifs et ils \u00e9taient munis d\u2019armes \u00e0 feu. En m\u00eame temps , les deux hommes charg\u00e9s de surveiller les lieux ont all\u00e9grement fait usage de leurs armes \u00e0 feu et ont tir\u00e9 sur toute personne s\u2019approchant des lieux voire m\u00eame autour, ainsi que le d\u00e9montre les dommages subis par divers propri\u00e9taires dans les maisons avoisinantes \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) . Ainsi aussi bien les deux employ\u00e9s, les voisins, r\u00e9veill\u00e9s par le bruit des explosions ainsi que les policiers d\u00e9p\u00each\u00e9s sur les lieux devaient n\u00e9cessairement craindre un mal imminent.<\/p>\n<p>En l&#039;esp\u00e8ce, il y a donc bien eu menaces de la part des auteurs du braquage et partant aussi des pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>La maison habit\u00e9e<\/p>\n<p>\u00ab Une condition indispensable \u00e0 l\u2019application de l\u2019article 471 du Code p\u00e9nal r\u00e9side dans la circonstance que des violences ou menaces aient \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9es dans la maison ou ses d\u00e9pendances \u00bb (cf. Gaston SCHUIND, Trait\u00e9 pratique de droit criminel, T.I, Des vols et des extorsions).<\/p>\n<p>La circonstance de la maison habit\u00e9e , essentielle pour l&#039;application de l&#039;article 471 du Code p\u00e9nal et d\u00e9finie \u00e0 l&#039;article 479 du m\u00eame Code, ne vise pas seulement les \u00e9difices ou constructions o\u00f9 serait \u00e9tablie l&#039;habitation ou la demeure permanente de personnes, mais une demeure temporaire et partielle pour certaines occupations ou activit\u00e9s est suffisante pour conf\u00e9rer aux lieux en questions la nature de maison habit\u00e9e (cf. Raymond CHARLES, Introduction \u00e0 l&#039;Etude du Vol, n\u00b0660 et 661).<\/p>\n<p>De m\u00eame : \u00ab Rentrent notamment dans la d\u00e9finition de l\u2019article 479 du Code p\u00e9nal :\u2026un magasin \u00bb (cf. Gaston SCHUIND, Trait\u00e9 pratique de droit criminel, T.I, Des vols et des extorsions ; Cass., 1 er mars 1971, Pas.1971, I, 588 R.P.D.B. V\u00b0 Vol 660).<\/p>\n<p>Il est encore \u00e9tabli par le dossier r\u00e9pressif que c\u2019est \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des locaux de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) et d\u00e8s lors dans un lieu assimil\u00e9 par la jurisprudence \u00e0 une maison habit\u00e9e que la tentative de vol a eu lieu.<\/p>\n<p>L\u2019effraction<\/p>\n<p>L\u2019article 484 du C ode p\u00e9nal dispose que \u00ab L\u2019effraction consiste \u00e0 forcer, rompre, d\u00e9grader, d\u00e9molir toute esp\u00e8ce de cl\u00f4ture ext\u00e9rieure ou int\u00e9rieure d\u2019une maison, \u00e9difice, construction<\/p>\n<p>47 quelconque ou de ses d\u00e9pendances, d\u2019un bateau, d\u2019un wagon, d\u2019une voiture ; \u00e0 forcer des armoires ou des meubles ferm\u00e9s, destin\u00e9s \u00e0 rester en place et \u00e0 prot\u00e9ger les effets qu\u2019ils renferment.<\/p>\n<p>Ce vol a \u00e9t\u00e9 commis en faisan t exploser les portes d\u2019entr\u00e9e ainsi qu\u2019en brisant une vitre en verre blind\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019une meule tron\u00e7onneuse , tel que cela ressort \u00e0 suffisance de droit de la relation des faits se basant notamment sur les enregistrements vid\u00e9o figurant au dossier r\u00e9pressif.<\/p>\n<p>Vol commis la nuit par deux ou plusieures personnes<\/p>\n<p>L\u2019article 478 du Code p\u00e9nal d\u00e9finit le vol commis la nuit comme \u00e9tant le vol commis plus d\u2019une heure avant le lever et plus d\u2019une heure avant le coucher du soleil.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il r\u00e9sulte des d \u00e9veloppements faits ci-avant que les faits ont eu lieu entre 03.41 et 03.00 heures, partant durant la nuit. Il ressort encore du dossier r\u00e9pressif que les faits ont \u00e9t\u00e9 commis par six personnes, quatre s\u2019\u00e9tant trouv\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) et deux \u00e0 faire le guet \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que cette circonstance aggravante se trouve \u00e9galement remplie en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>L\u2019arme montr\u00e9e ou employ\u00e9e<\/p>\n<p>Pour d\u00e9terminer si le vol a \u00e9t\u00e9 commis moyennant emploi ou pr\u00e9sentation d\u2019armes, il y a lieu de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l\u2019article 482 du Code p\u00e9nal qui dipose que \u201csont compris dans le mot armes, les objets d\u00e9sign\u00e9s \u00e0 l\u2019article 135 du pr\u00e9sent Code\u201d.<\/p>\n<p>L\u2019article 135 du Code p\u00e9nal dispose que \u00ab sont compris dans le mot armes, toutes machines, tous instruments, ustensiles ou autres objets tranchants, per\u00e7ants ou contondants, dont on se sera saisi pout tuer, blesser ou frapper, m\u00eame si l\u2019on n\u2019en a pas fait usage \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab Un pistolet, m\u00eame s\u2019il n\u2019est qu\u2019un jouet d\u2019enfant, inapte \u00e0 faire du mal \u00e0 personne, constitue une arme au sens des articles 135,471 et 482 du Code p\u00e9nal si par l\u2019emploi qu\u2019il en fait, l\u2019auteur peut provoquer l\u2019intimidation de la victime du vol. \u00bb (Cour 20 f\u00e9vrier 1987, P. 27,97.)<\/p>\n<p>Il ressort des d\u00e9veloppements ci-avant que tous les auteurs \u00e9taient porteurs d\u2019une arme \u00e0 feu.<\/p>\n<p>Ces armes ont \u00e9t\u00e9 montr\u00e9es et employ\u00e9es, du moins en partie notamment par les auteurs circulant dans la rue pour tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart toute personne se rendant sur les lieux et notamment aussi les policiers.<\/p>\n<p>En cons\u00e9quence, la pr\u00e9vention libell\u00e9e sub II) a) \u00e0 l\u2019encontre des pr\u00e9venus P1.) , P3.) et P2.) est \u00e0 retenir dans leur chef avec les circonstances aggravantes telles que sp\u00e9cifi\u00e9es ci-apr\u00e8s.<\/p>\n<p>C. Quant aux crimes libell\u00e9s sub II) b) et III) a) de l\u2019ordonnance de renvoi<\/p>\n<p>48 Pour qu\u2019il y ait tentative punissable au sens des articles 51 et 52 du Code p\u00e9nal, il faut que la r\u00e9solution de commettre un crime ou un d\u00e9lit ait \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui forment un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ce crime ou de ce d\u00e9lit, et qui n\u2019ont \u00e9t\u00e9 suspendus ou n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet que par des circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de leur auteur.<\/p>\n<p>La tentative de meurtre requiert les \u00e9l\u00e9ments suivants:<\/p>\n<p>1) le commencement d\u2019ex\u00e9cution d\u2019un acte mat\u00e9riel de nature \u00e0 causer la mort, 2) une victime qui ne soit pas l\u2019agent lui- m\u00eame, 3) l\u2019absence de d\u00e9sistement volontaire et 4) l\u2019intention de donner la mort.<\/p>\n<p>Ces \u00e9l\u00e9ments sont donn\u00e9s en l\u2019esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>En effet, les auteurs ont accompli un acte mat\u00e9riel de nature \u00e0 causer la mort des personnes vis\u00e9es par l\u2019ordonnance de renvoi. Ils ont ainsi tir\u00e9 sur et en direction notamment de J.) et des patrouilles de police arrivant les premi\u00e8res sur place \u00e0 LIEU1.) et ceci avec des Kalachnikovs, les seules douilles trouv\u00e9es sur les lieux \u00e0 LIEU1.) correspondant \u00e0 de la munition utilis\u00e9e dans ce genre d\u2019arme. Ainsi la camionnette conduite par J.) a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e et les policiers entendus dans le cadre de la pr\u00e9sente affaire, ont tous \u00e9t\u00e9 formels pour dire que les auteurs ont tout de suite tir\u00e9 dans leur direction afin de les faire rebrousser chemin, laissant ainsi libre voix aux malfrats pour accomplir leurs m\u00e9faits.<\/p>\n<p>Il en est de m\u00eame en ce qui concerne le d\u00e9roulement des faits \u00e0 LIEU2.) , les policiers E.) et D.) se faisant tirer dessus d\u00e8s qu\u2019ils ont pris les auteurs en chasse, tel que cela r\u00e9sulte de la relation des faits faite ci-avant. Les deux policiers se trouvaient ainsi \u00e0 la merci des malfrats qui, du moins dans un premier temps, n\u2019ont pas arr\u00eat\u00e9 de tirer sur la camionnette tel que d\u00e9montr\u00e9 par le grand nombre de coups ayant caus\u00e9 des dommages sur l\u2019habitacle de la camionnette. Ils n\u2019ont arr\u00eat\u00e9 de tirer que quand leurs co- auteurs avaient mis le feu \u00e0 la voiture en panne pour ainsi \u00e9liminer toutes traces pouvant \u00e9ventuellement relier les faits \u00e0 des personnes d\u00e9termin\u00e9es, parce que connues par les autorit\u00e9s belges.<\/p>\n<p>Pour qu\u2019il y ait meurtre, il faut que l\u2019auteur ait agi dans l\u2019intention de donner la mort. Il faut que le geste violent ait \u00e9t\u00e9 port\u00e9 avec l\u2019intention de tuer et qu\u2019il y ait concomitance entre le geste et l\u2019intention, mais il n\u2019est pas n\u00e9cessaire que l\u2019auteur ait pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9 son acte; l\u2019intention de tuer a pu surgir brusquement dans l\u2019esprit de l\u2019auteur au moment o\u00f9 il frappait (Dalloz, Droit p\u00e9nal, v\u00b0 homicide, n\u00b0 22). Il faut que l\u2019auteur ait eu conscience que son acte allait provoquer la mort de la victime \u00e0 condition que le r\u00e9sultat voulu se produirait (JCL, atteintes volontaires \u00e0 la vie, art. 221- 1 \u00e0 221-5, n\u00b0 50). C\u2019est donc un fait purement psychologique dont la preuve peut \u00eatre rapport\u00e9e par de simples pr\u00e9somptions (Gar\u00e7on, Code p\u00e9nal annot\u00e9, t.2, article 295, n\u00b0 63 et ss).<\/p>\n<p>La d\u00e9monstration d\u2019un processus psychologique est difficile et m\u00eame impossible \u00e0 \u00e9tablir directement. Il faut donc scruter les circonstances mat\u00e9rielles pour conclure \u00e0 l\u2019existence ou \u00e0 l\u2019absence de l\u2019intention en tenant compte que les mobiles ayant d\u00e9termin\u00e9 l\u2019auteur, n\u2019ont aucune influence sur l\u2019imputabilit\u00e9.<\/p>\n<p>La preuve \u00e0 fournir est une question de fait que les circonstances d\u00e9montrent dans chaque cas particulier. On pourra trouver des indices propres \u00e0 \u00e9tablir l\u2019intention de donner la mort dans<\/p>\n<p>49 la nature des armes employ\u00e9es, la mani\u00e8re dont elles sont mani\u00e9es, les paroles prononc\u00e9es avant, pendant et apr\u00e8s les faits, les situations respectives de la victime et de son agresseur dans la sc\u00e8ne qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e, la nature des blessures, le nombre de coups port\u00e9s (Marchal et Jaspar, Droit criminel, t.1, n\u00b0 1134 ; R.P.D.B., v\u00b0 homicide, n\u00b0 11).<\/p>\n<p>L\u2019intention de tuer est manifeste lorsque l\u2019auteur emploie des moyens propres \u00e0 donner la mort. Celui qui, en connaissance de cause, met en \u0153uvre des moyens qui normalement doivent donner la mort, ne peut avoir eu d\u2019autre intention que celle de tuer (Goedseels, Commentaire du Code p\u00e9nal belge, t.2, n\u00b0 2365).<\/p>\n<p>La jurisprudence n\u2019exige d\u2019ailleurs pas que l\u2019auteur ait voulu consciemment et m\u00e9chamment la mort de son adversaire; il suffit qu\u2019il en ait envisag\u00e9 et accept\u00e9 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 (Dalloz, Droit p\u00e9nal, v\u00b0 homicide, n\u00b0 23).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il est constant en cause que les pr\u00e9venus ont, au moyen d&#039;armes \u00e0 feu, tir\u00e9 sur et en direction des diff\u00e9rentes personnes vis\u00e9es par l\u2019ordonna nce de renvoi, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019un moyen normalement propre \u00e0 causer la mort.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte ainsi de l\u2019arme employ\u00e9e et de la mani\u00e8re dont elle a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e, qu\u2019au moment o\u00f9 cet acte a \u00e9t\u00e9 commis de mani\u00e8re d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e par les pr\u00e9venus, ceux -ci avaient l\u2019intention de donner la mort \u00e0 ses victimes ou en avait du moins accept\u00e9 l&#039;\u00e9ventualit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019infraction se trouvant ainsi \u00e9tablie, elle est \u00e0 retenir \u00e0 charge des pr\u00e9venus P1.) , P3.) et P2.).<\/p>\n<p>D. Quant aux d\u00e9lits libell\u00e9s sub II) c) et III) b) de l\u2019ordonnance de renvoi L\u2019article 269 du Code p\u00e9nal d\u00e9finit la r\u00e9bellion comme \u00e9tant toute attaque, toute r\u00e9sistance avec violences ou menaces, notamment envers les d\u00e9positaires ou agents de la force publique, les pr\u00e9pos\u00e9s des douanes et les officiers ou agents de la police administrative ou judicaire, agissant pour l\u2019ex\u00e9cution des lois, des ordres ou ordonnances de l\u2019autorit\u00e9 publique, des mandats de justice ou jugements. Pourqu\u2019il y ait r\u00e9bellion, il faut :<\/p>\n<p>a) une attaque ou une r\u00e9sistance avec violences ou menaces<\/p>\n<p>La r\u00e9bellion r\u00e9sulte de tout acte violent dont le but est d\u2019opposer une r\u00e9sistance mat\u00e9rielle \u00e0 l\u2019action de l\u2019autorit\u00e9 et d\u2019emp\u00eacher l\u2019agent de l\u2019autorit\u00e9 d\u2019accomplir la mission dont il est charg\u00e9 (Cour 2 juin 1975, P.23, 151). Les violences l\u00e9g\u00e8res suffisent pour caract\u00e9riser le d\u00e9lit de r\u00e9bellion et ne doivent m\u00eame pas n\u00e9cessairement constituer une mainmise sur la personne de l\u2019agent. Il suffit d\u2019un obstacle mat\u00e9riel provenant de l\u2019inculp\u00e9 et emp\u00eachant l\u2019agent d\u2019accomplir sa mission (G. SCHUIND, Trait\u00e9 pratique de droit criminel, T I, p 291 -292).<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte de la narration des faits que les auteurs ont tir\u00e9 sur les policiers aussi bien \u00e0 LIEU1.) qu\u2019\u00e0 LIEU2.) et ont partant commis une attaque en vue de r\u00e9sister \u00e0 leur arrestation.<\/p>\n<p>b) l\u2019attaque ou la r\u00e9sistance doit \u00eatre dirig\u00e9e par un particulier contre certains d\u00e9positaires de l\u2019autorit\u00e9 publique agissant pour l\u2019ex\u00e9cution des lois, des ordres ou ordonnances de l\u2019autorit\u00e9 publique<\/p>\n<p>50 Il ressort de la relation des faits que les auteurs avaient parfaitement connaissance du fait qu\u2019ils tiraient sur et en directi on de voitures de police, ces voitures \u00e9tant munies des signes distinctifs tant qu\u2019 qu&#039;\u00e0 LIEU2.) .<\/p>\n<p>Le Tribunal constate que les agents ont agi pour l\u2019ex\u00e9cution des lois de l\u2019autorit\u00e9 publique en voulant interpeler et arr\u00eater les auteurs des faits commis \u00e0 LIEU1.) .<\/p>\n<p>c) l\u2019auteur doit avoir agi volontairement et sciemment<\/p>\n<p>La r\u00e9bellion requiert le dol g\u00e9n\u00e9ral, c\u2019est-\u00e0-dire la volont\u00e9 consciente de commettre l\u2019acte de r\u00e9sistance ou d\u2019attaque interdit par la loi. Il est n\u00e9cessaire que l\u2019auteur de la r\u00e9bellion ait connu la qualit\u00e9 de celui qu\u2019il a attaqu\u00e9 ou auquel il a r\u00e9sist\u00e9.<\/p>\n<p>Les faits tels que relat\u00e9s d\u00e9montrent \u00e0 suffisance de droit que les pr\u00e9venus avaient parfaitement connaissance de la qualit\u00e9 des personnes sur lesquelles ils ont tir\u00e9.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de la r\u00e9bellion se trouvent partant \u00e9tablis \u00e0 suffisance tant en fait qu\u2019en droit, de sorte qu\u2019il y a lieu de retenir cette infraction \u00e0 charge des pr\u00e9venus. Il n\u2019y a cependant pas lieu \u00e0 condamnation s\u00e9par\u00e9e, ces faits se trouvant absorb\u00e9s par les faits de tentative de meurtre \u00e0 retenir \u00e0 charge des pr\u00e9venus.<\/p>\n<p>E. Quant aux infraction s \u00e0 la l\u00e9gislation sur les armes et munitions libell\u00e9es sub IV) a) et b) de l\u2019ordonannce de renvoi Il r\u00e9sulte des \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif que les auteurs du braquage avaient en leur possession des armes \u00e0 feu, notamment de kalachnikovs et de uzi ainsi qu\u2019au moins un pistolet, qui a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 \u00e0 LIEU2.) , partant des armes soumises \u00e0 autorisation. Les auteurs doivent \u00eatre retenus dans les liens de cette infraction pour les avoir import\u00e9s, d\u00e9tenus et transport\u00e9s sans avoir \u00e9t\u00e9 en possession d\u2019une autorisation par le ministre de la justice. Il en est de m\u00eame en ce qui concerne l\u2019explosif RDX import\u00e9 par les auteurs, l\u2019explosif constituant une arme prohib\u00e9e de la cat\u00e9gorie I.<\/p>\n<p>F. Quant \u00e0 l\u2019infraction \u00e0 la l\u00e9gislation du 20 avril 1881 sur le transport et le commerce des mati\u00e8res explosives libell\u00e9e sub IV) c) de l\u2019ordonnance de renvoi Cette infraction se trouve \u00e9galement \u00e9tablie \u00e0 charge des pr\u00e9venus, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il r\u00e9sulte \u00e0 suffisance de droit des \u00e9l\u00e9ments du dossier que les auteurs ont import\u00e9 des explosifs RDX sans que ces explosifs aient \u00e9t\u00e9 reconnus et class\u00e9s par le Minist\u00e8re de la Justice.<\/p>\n<p>G. Quant \u00e0 l\u2019infraction de recel libell\u00e9e sub IV) d) de l\u2019ordonannce de renvoi L\u2019infraction de recel se trouve encore \u00e9tablie \u00e0 charge des pr\u00e9venus P1.), P3.) et P2.), \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il ressort des \u00e9l\u00e9ments du dossier que ces plaques ont \u00e9t\u00e9 vol\u00e9es entre le 5 mars 2013 et le 6 mars 2013 \u00e0 Sterpenich et qu\u2019elles ont ensuite \u00e9t\u00e9 mont\u00e9es sur la voiture utilis\u00e9e par les malfaiteurs et retrouv\u00e9e br\u00fbl\u00e9e \u00e0 LIEU2.) . Les pr\u00e9venus P1.), P3.) et P2.) sont partant \u00e0 d\u00e9clarer convaincus :<\/p>\n<p>51 \u00ab comme auteurs ayant e ux-m\u00eames ex\u00e9cut\u00e9 les infractions suivantes,<\/p>\n<p>I) le 3 avril 2013, entre 3.37 heures et 3.45 heures \u00e0 Luxembourg, (\u2026), \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur ainsi qu\u2019aux alentours des locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl,<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 51 et 471 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir tent\u00e9 de soustraire frauduleusement au pr\u00e9judice d\u2019autrui des choses qui ne leur appartenaient pas, avec les circonstances que la tentative de vol a \u00e9t\u00e9 commise &#8212; \u00e0 l\u2019aide de violences et de menaces dans une maison habit\u00e9e, &#8212; avec effraction et escalade, &#8212; la nuit par deux ou plusieurs personnes, &#8212; des armes ayant \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de soustraire frauduleusement au pr\u00e9judice de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl des fonds et autres objets de valeur d\u2019une valeur ind\u00e9termin\u00e9e, avec la circonstance que la tentative de vol a \u00e9t\u00e9 commise &#8212; dans les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl, partant dans une maison habit\u00e9e ou ses d\u00e9pendances, &#8212; en tirant, \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut, au moins trente-huit coups de feu en l\u2019air, en direction des maisons avoisinantes, en direction d\u2019une camionnette appartenant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) SECURE SOLUTIONS S.A. (soci\u00e9t\u00e9 belge) et en direction des v\u00e9hicules de service de la police grand- ducale pr\u00e9sents sur les lieux, partant \u00e0 l\u2019aide de menaces et de violences, &#8212; en sectionnant une cl\u00f4ture, en d\u00e9truisant la porte d\u2019entr\u00e9e ainsi qu\u2019une vitre blind\u00e9e \u00e0 l\u2019aide d\u2019explosifs et en for\u00e7ant une porte en acier \u00e0 l\u2019aide d\u2019un pied-de-biche, partant \u00e0 l\u2019aide d\u2019effraction, &#8212; la nuit par deux ou plusieurs personnes, &#8212; des armes ayant \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es ou montr\u00e9es,<\/p>\n<p>tentative qui a \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ce crime et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 des auteurs,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 51 et 393 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis une tentative d\u2019homicide avec l\u2019intention de donner la mort, partant d\u2019avoir commis une tentative de meurtre,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de commettre un homicide &#8212; sur la personne d\u2019J.), n\u00e9 le (\u2026), en tirant au moins deux coups de feu en direction de la camionnette de la marque Renault Trafic immatricul\u00e9e (\u2026) (B) dans laquelle ce dernier avait pris place, &#8212; ainsi que sur les agents de la police grand- ducale T6.), B.), W.) X.), A.) et Y.), tous affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Luxembourg, et sur le policier stagiaire C.), en tirant en leur direction de nombreux coups de feu \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut ,<\/p>\n<p>tentatives qui ont \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9es par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ces crimes et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de ses auteurs,<\/p>\n<p>52 c) en infraction aux articles 269 et 272 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis toute attaque avec violences et menaces envers les agents de la force publique, agis sant pour l&#039;ex\u00e9cution des lois, avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir commis une attaque avec violences ou menaces envers les agents de la police grand- ducale T6.), B.), W.), X.), A.) et Y.), tous affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Luxembourg, ainsi qu\u2019envers le policier stagiaire C.) , en tirant en leur direction \u00e0 l\u2019aide de fusils d\u2019assaut, avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>II) le 3 avril 2013 vers 0 4.00 heures sur la route nationale N13 entre le lieu- dit Windhof et la localit\u00e9 de LIEU2.) ,<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 51 et 393 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis une tentative d\u2019homicide avec l\u2019intention de donner la mort, partant d\u2019avoir commis une tentative de meurtre,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir tent\u00e9 de commettre un homicide sur les agents de la police grand- ducale D.) et E.), tous les deux affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Capellen, en tirant, au moyen de fusils d\u2019assaut, au moins quarante-sept coups de feu en direction du v\u00e9hicule de service dans lequel ces derniers avaient pris place,<\/p>\n<p>tentative qui a \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d\u2019ex\u00e9cution de ce crime et qui n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de ses auteurs,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 269 et 272 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir commis toute attaque avec violences et menaces envers les agents de la force publique agissant pour l&#039;ex\u00e9cution des lois avec la circonstance que la r\u00e9bellion a \u00e9t\u00e9 commise par plusieurs personnes porteurs d&#039;armes, et par suite d&#039;un concert pr\u00e9alable,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir commis une attaque avec violences ou menaces envers les agents de la police grand- ducale D.) et E.), tous les deux affect\u00e9s au Centre d\u2019intervention de Capellen, en tirant au moins quarante-sept coups de feu en direction du v\u00e9hicule de service dans lequel ces derniers avaient pris place,<\/p>\n<p>III) le 3 avril 2013 dans l\u2019arrondissement judiciaire de Luxembourg, et notamment \u00e0 Luxembourg- LIEU1.) et \u00e0 LIEU2.),<\/p>\n<p>a) en infraction aux articles 1 ier , 5 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions,<\/p>\n<p>d&#039;avoir, sans autorisation minist\u00e9rielle, import\u00e9, d\u00e9tenu et transport\u00e9 plusieurs armes prohib\u00e9es, respectivement soumises \u00e0 autorisation, montr\u00e9es et utilis\u00e9es lors de l\u2019attaque sur les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026), et notamment des armes \u00e0 feu automatiques du type UZI et AK-47, ainsi qu\u2019un pistolet CZ100, partant des armes prohib\u00e9es de la cat\u00e9gorie II ,<\/p>\n<p>b) en infraction aux articles 1b, 4 et 28 de la loi du 15 mars 1983 sur les armes et munitions,<\/p>\n<p>53 d\u2019avoir, sans autorisation minist\u00e9rielle import\u00e9, d\u00e9tenu et transport\u00e9 un engin destin\u00e9 \u00e0 porter atteinte aux personnes ou aux biens au moyen d\u2019une explosion, et notamment une quantit\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e d\u2019explosif RDX utilis\u00e9 lors de l\u2019attaque sur les locaux de l\u2019entreprise de transport de fonds SOC1.) SECURITY SOLUTIONS S\u00e0rl sis \u00e0 Luxembourg, (\u2026), partant une arme prohib\u00e9e de la cat\u00e9gorie I,<\/p>\n<p>c) en infraction aux articles 2 et 3 de la loi du 20 avril 1881 concernant le transport et le commerce des mati\u00e8res explosives, ainsi qu\u2019aux articles 1 ier et 2 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand-ducal du 20 avril 1881 relatif au transport, au commerce et au d\u00e9p\u00f4t de la poudre \u00e0 tirer et des autres substances explosives, d\u2019avoir import\u00e9 et transport\u00e9 de quelque fa\u00e7on que ce soit des mati\u00e8res explosives, sans que lesdites mati\u00e8res aient \u00e9t\u00e9 au pr\u00e9alable reconnues et class\u00e9es par arr\u00eat\u00e9 du Ministre de la Justice,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir import\u00e9 et transport\u00e9 une quantit\u00e9 ind\u00e9termin\u00e9e d\u2019explosif RDX, sans que ces explosifs aient \u00e9t\u00e9 au pr\u00e9alable reconnus et class\u00e9s par arr\u00eat\u00e9 du Ministre de la Justice,<\/p>\n<p>d) en infraction \u00e0 l\u2019article 505 du Code p\u00e9nal, d\u2019avoir recel\u00e9, en tout les choses enlev\u00e9s \u00e0 l&#039;aide d&#039;un d\u00e9lit,<\/p>\n<p>en l\u2019esp\u00e8ce, d\u2019avoir recel\u00e9 des plaques min\u00e9ralogiques portant le num\u00e9ro d\u2019immatriculation (\u2026) (L), ces plaques provenant d\u2019un vol commis \u00e0 Sterpenich (Belgique) entre le 5 mars 2013 \u00e0 21.10 heures et le 6 mars 2013 \u00e0 8.40 heures au pr\u00e9judice de Madame 1.) , n\u00e9e le (\u2026).<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la peine:<\/p>\n<p>Selon les dispositions combin\u00e9es de l\u2019article 393 du Code p\u00e9nal, qui d\u00e9finit le meurtre et en pr\u00e9voit la peine et de l\u2019article 52 du m\u00eame code, qui pr\u00e9voit les peines en cas de tentative de crime, les crimes dont P1.) , P3.) et P2.) sont d\u00e9clar\u00e9s convaincus sont puni de la peine de r\u00e9clusion de 20 \u00e0 30 ans.<\/p>\n<p>L\u2019infraction de tentative de vol aggrav\u00e9, telle que pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 471 du Code p\u00e9nal combin\u00e9 \u00e0 l\u2019article 52 du m\u00eame Code, est punie, en l\u2019esp\u00e8ce, de la r\u00e9clusion allant de 10 \u00e0 15 ans, \u00e9tant donn\u00e9 que le vol s\u2019est produit avec au moins deux des conditions pr\u00e9vues par cet article.<\/p>\n<p>L\u2019infraction \u00e0 la l\u00e9gislation sur les armes et munitions est punie d\u2019un emprisonnement allant de 8 jours \u00e0 5 ans et d\u2019une amende allant de 251 \u00e0 250.000 euros.<\/p>\n<p>Le recel est puni d\u2019apr\u00e8s l\u2019article 505 du Code p\u00e9nal d\u2019un emprisonnement allant de 15 jours \u00e0 5 ans et d\u2019une amende allant de 251 \u00e0 5000 euros.<\/p>\n<p>L\u2019association de malfaiteurs, telle que pr\u00e9vue par l\u2019article 322 et suivants du Code p\u00e9nal est punie, dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, d\u2019un emprisonnement allant de 6 mois \u00e0 5 ans.<\/p>\n<p>La loi du 20 avril 1881 pr\u00e9voit une peine allant de 8 jours \u00e0 6 mois d\u2019emprisonnement et une amende de 251 \u00e0 2000 euros ou de l\u2019une de ces peines seulement.<\/p>\n<p>L\u2019infraction \u00e0 la l\u00e9gislation sur les armes et munitions se trouve en concours id\u00e9al avec les tentatives de meurtre et l\u2019infraction \u00e0 la loi du 1881 se trouve en concours id\u00e9al avec le crime<\/p>\n<p>54 de tentative de vol aggrav\u00e9, de sorte qu\u2019il y a lieu \u00e0 application des dispositions de l\u2019article 65 du Code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Les groupes de crimes ainsi retenus \u00e0 charge des pr\u00e9venus ainsi que les autres d\u00e9lits se trouvent en concours r\u00e9el de sorte qu\u2019il y a lieu \u00e0 application des dispositions de l\u2019article 62 du Code P\u00e9nal.<\/p>\n<p>Par application de l\u2019article 62 du Code p\u00e9nal, la peine la plus forte est seule applicable et elle pourra m\u00eame \u00eatre \u00e9lev\u00e9e, si elle consiste dans la r\u00e9clusion \u00e0 temps ou dans la r\u00e9clusion de cinq \u00e0 dix ans, de cinq ans au- dessus du maximum.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que la peine \u00e0 prononcer se situe entre 20 et 35 ans.<\/p>\n<p>Il y a lieu, pour appr\u00e9cier la peine \u00e0 prononcer \u00e0 l\u2019\u00e9gard des pr\u00e9venus, de prendre en consid\u00e9ration les divers ant\u00e9c\u00e9dents judicaires existants \u00e0 charge des pr\u00e9venus, \u00e0 savoir en ce qui concerne P3.), ayant \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 du chef d\u2019attaques \u00e0 main arm\u00e9e en 2005 et en 2007 et du chef d\u2019association de malfaiteurs en 2013.<\/p>\n<p>P2.) a fait l\u2019objet de condamnations successives \u00e0 partir de 1991 du chef de vols avec violences, de tentative de viol, agression sexuelle et infraction li\u00e9es au trafic de stup\u00e9fiants et d\u2019infractions li\u00e9es \u00e0 la circulation. Il y a plus particuli\u00e8rement lieu de relever une condamnation de 2006 \u00e0 une peine de r\u00e9clusion de 20 ans du chef de prise d\u2019otages, extorsion et vol avec violences o\u00f9 P2.) a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une mesure de lib\u00e9ration conditionnelle depuis le 16 mai 2012, partant en vigueur au moment des faits.<\/p>\n<p>P1.) a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9, selon ses prop res dires, du chef de coups et blessures volontaires \u00e0 un emprisonnement et est en attente d\u2019un proc\u00e8s pour coups et blessures volontaires sur son ancienne compagne.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 l&#039;extr\u00eame gravit\u00e9 des faits en eux-m\u00eames, aux personnalit\u00e9s des pr\u00e9venus, de leurs r\u00f4les remplis dans leur entreprise criminelle, de leur attitude avant, pendant et apr\u00e8s la perp\u00e9tration des faits retenus \u00e0 leur charge, jusque et y compris leur attitude pendant l&#039;instruction \u00e0 l&#039;audience et au contenu de leurs casiers judicaires respectifs, la Chambre criminelle estime qu&#039;il y a lieu de condamner le les pr\u00e9venus P1.), P3.) et P2.) chacun \u00e0 la r\u00e9clusion de 22 ans.<\/p>\n<p>Les ant\u00e9c\u00e9dents judicaires des diff\u00e9rents pr\u00e9venus s\u2019opposent, outre le fait de la gravit\u00e9 des faits retenus \u00e0 leur charge, \u00e0 toute mesure de cl\u00e9mence en leur faveur.<\/p>\n<p>Au civil<\/p>\n<p>1) Partie civile de l\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 du Luxembourg contre P1.), P4.), P2.) et P3.) A l&#039;audience de la Chambre criminelle du 16 f\u00e9vrier 2016, E.) , juriste aupr\u00e8s de la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la Police, muni d\u2019une procuration en bonne et due forme s&#039;est constitu\u00e9 partie civile au nom et pour le compte de l\u2019Etat du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg et a demand\u00e9 la condamnation aux montants de 6.525,- euros et de 9.010,38,- euros du chef de dommage mat\u00e9riel subi.<\/p>\n<p>55 Cette demande en r\u00e9paration du pr\u00e9judice mat\u00e9riel subi par la camionette se compose de deux parties : l\u2019une relative \u00e0 la non-disponibilit\u00e9 de la camionette, pour avoir \u00e9t\u00e9 sous main de justice et l\u2019autre concernant des frais de r\u00e9paration.<\/p>\n<p>Au vu de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir vis-\u00e0-vis de P4.), la Chambre criminelle est incomp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal en ce qui concerne P1.), P3.) et P2.).<\/p>\n<p>La demande est r\u00e9guli\u00e8re pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>La demande est fond\u00e9e en principe.<\/p>\n<p>La demande est justifi\u00e9e quant au montant r\u00e9clam\u00e9 au vu des pi\u00e8ces vers\u00e9es en ce qui concerne le dommage r\u00e9clam\u00e9 \u00e0 titre de r\u00e9paration de la camionette. La camionnette a \u00e9t\u00e9 sous main de justice du 3 avril 2013 jusqu\u2019au 30 septembre 2013, dur\u00e9e qui n\u2019est pas \u00e0 consid\u00e9rer comme excessive au vu de la complexit\u00e9 du dossier r\u00e9pressif de sorte que le montant r\u00e9clam\u00e9 est \u00e0 allouer \u00e0 la partie demanderesse au civil. Les montants n\u2019ont d\u2019ailleurs pas \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s par les d\u00e9fenseurs au p\u00e9nal de sorte que le montant total de 15.535,38.- euros (9.010,38,- + 6.525.- ) euros est \u00e0 allouer avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du j our de la demande en justice, 3 avril 2013 jusqu&#039;\u00e0 solde.<\/p>\n<p>2) Partie civile de A.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.) A l&#039;audience de la Chambre criminelle du 16 f\u00e9vrier 2016, A.) s&#039;est constitu\u00e9 partie civile en son nom et pour son compte contre P1.), P3.), P2.) et P4.) et a demand\u00e9 la condamnation au montant de 5.000,- euros du chef de son dommage moral subi avec les int\u00e9r\u00eats \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction jusqu\u2019\u00e0 solde. Au vu de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir vis-\u00e0-vis de P4.), la Chambre criminelle est incomp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard. La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal en ce qui concerne P1.) , P3.) et P2.).<\/p>\n<p>La demande est r\u00e9guli\u00e8re pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>La demande est fond\u00e9e en principe. La Chambre criminelle \u00e9value ex \u00e6quo et bono, le pr\u00e9judice moral souffert par le demandeur au civil du fait des d\u00e9fendeurs au civil \u00e0 la somme de 5.000,- euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction, 3 avril 2013, jusqu&#039;\u00e0 solde.<\/p>\n<p>3) Partie civile de B.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.) A l&#039;audience de la Chambre criminelle du 16 f\u00e9vrier 2016, B.) s&#039;est constitu\u00e9 partie civile en son nom et pour son compte contre P1.), P3.), P2.) et P4.) et a demand\u00e9 la condamnation au montant de 5.000,- euros du chef de son dommage moral subi avec les int\u00e9r\u00eats \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction jusqu\u2019\u00e0 solde.<\/p>\n<p>56 Au vu de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir vis-\u00e0-vis de P4.), la Chambre criminelle est incomp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard.<\/p>\n<p>La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal en ce qui concerne P1.) , P3.) et P2.).<\/p>\n<p>La demande est r\u00e9guli\u00e8re pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>La demande est fond\u00e9e en principe. La Chambre criminelle \u00e9value ex \u00e6quo et bono, le pr\u00e9judice moral souffert par le demandeur au civil du fait des d\u00e9fendeurs au civil \u00e0 la somme de 5.000,- euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction, 3 avril 2013, jusqu&#039;\u00e0 solde.<\/p>\n<p>4) Partie civile de C.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.) A l&#039;audience de la Chambre criminelle du 16 f\u00e9vrier 2016, C.) s&#039;est constitu\u00e9 partie civile en son nom et pour son compte contre P1.), P3.), P2.) et P4.) et a demand\u00e9 la condamnation au montant de 5.000,- euros du chef de son dommage moral subi avec les int\u00e9r\u00eats \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction jusqu\u2019\u00e0 solde. Au vu de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir vis-\u00e0-vis de P4.), la Chambre criminelle est incomp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard. La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal en ce qui concerne P1.) , P3.) et P2.). La demande est r\u00e9guli\u00e8re pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi. La demande est fond\u00e9e en principe. La Chambre criminelle \u00e9value ex \u00e6quo et bono, le pr\u00e9judice moral souffert par le demandeur au civil du fait des d\u00e9fendeurs au civil \u00e0 la somme de 5.000,- euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction, 3 avril 2013, jusqu&#039;\u00e0 solde. 5) Partie civile de l\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 du Luxembourg contre P1.), P4.), P2.) et P3.) A l&#039;audience de la Chambre criminelle du 22 f\u00e9vrier 2016, F.), porteur d\u2019une procuration ad hoc, s&#039;est constitu\u00e9 partie civile au nom et pour le compte de l\u2019Etat du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg contre P1.), P3.), P2.) et P4.) et a demand\u00e9 la condamnation au montant de 589,38,- euros du chef de dommage mat\u00e9riel subi en relation avec une incapacit\u00e9 de travail de E.) avec les int\u00e9r\u00eats \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction jusqu\u2019\u00e0 solde. Au vu de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir vis-\u00e0-vis de P4.), la Chambre criminelle est incomp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard. La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal en ce qui concerne P1.) , P3.) et P2.). La demande est r\u00e9guli\u00e8re pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi.<\/p>\n<p>57 La demande relative au dommage r\u00e9clam\u00e9 en relation avec l\u2019incapacit\u00e9 de travail de E.) fond\u00e9e en principe et le montant r\u00e9clam\u00e9 est \u00e0 attribuer au demandeur au civil au vu des pi\u00e8ces vers\u00e9es.<\/p>\n<p>Les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux sont \u00e0 allouer \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction, 3 avril 2013, jusqu&#039;\u00e0 solde.<\/p>\n<p>6) Partie civile de D.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.) A l&#039;audience de la Chambre criminelle du 25 f\u00e9vrier 2016, D.) s&#039;est constitu\u00e9 partie civile en son nom et pour son compte contre P1.), P3.), P2.) et P4.) et a demand\u00e9 la condamnation au montant de 10.000,- euros du chef de son dommage moral subi avec les int\u00e9r\u00eats \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction jusqu\u2019\u00e0 solde. Au vu de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir vis-\u00e0-vis de P4.), la Chambre criminelle est incomp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard. La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal en ce qui concerne P1.) , P3.) et P2.). La demande est r\u00e9guli\u00e8re pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi. La demande est fond\u00e9e en principe. La Chambre criminelle \u00e9value ex \u00e6quo et bono, le pr\u00e9judice moral souffert par le demandeur au civil du fait des d\u00e9fendeurs au civil \u00e0 la somme de 10.000,- euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction, 3 avril 2013, jusqu&#039;\u00e0 solde. 7) Partie civile de E .) contre P1.), P4.), P2.) et P3.) A l&#039;audience de la Chambre criminelle du 25 f\u00e9vrier 2016, E.) s&#039;est constitu\u00e9 partie civile en son nom et pour son compte contre P1.), P3.), P2.) et P4.) et a demand\u00e9 la condamnation au montant de 10.000,- euros du chef de son dommage moral subi avec les int\u00e9r\u00eats \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction jusqu\u2019\u00e0 solde. Au vu de la d\u00e9cision \u00e0 intervenir vis-\u00e0-vis de P4.), la Chambre criminelle est incomp\u00e9tente pour conna\u00eetre de la demande pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard. La Chambre criminelle est comp\u00e9tente pour en conna\u00eetre, eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision \u00e0 intervenir au p\u00e9nal en ce qui concerne P1.) , P3.) et P2.). La demande est r\u00e9guli\u00e8re pour avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les formes et d\u00e9lais de la loi. La demande est fond\u00e9e en principe. La Chambre criminelle \u00e9value ex \u00e6quo et bono, le pr\u00e9judice moral souffert par le demandeur au civil du fait des d\u00e9fendeurs au civil \u00e0 la somme de 10.000,- euros avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du jour de l\u2019infraction, 3 avril 2013, jusqu&#039;\u00e0 solde.<\/p>\n<p>58 PAR CES MOTIFS<\/p>\n<p>La Chambre criminelle du Tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, neuvi\u00e8me chambre, statuant contradictoirement, les pr\u00e9venus P1.) , P3.), P2.) et P4.) entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense, les demandeurs au civil et les d\u00e9fendeurs au civil entendus en leurs conclusions, le repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public en ses r\u00e9quisitions, les pr\u00e9venus ayant eu la parole en dernier,<\/p>\n<p>r e j e t t e les moyens de la d\u00e9fense tendant \u00e0 l\u2019 irrecevabilit\u00e9 des poursuites ;<\/p>\n<p>AU PENAL<\/p>\n<p>P1.)<\/p>\n<p>a c q u i t t e P1.) de la pr\u00e9vention non \u00e9tablie \u00e0 sa charge;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P1.) du chef des crimes et des d\u00e9lits retenus \u00e0 sa charge qui se trouvent pour partie en concours id\u00e9al et pour partie en concours r\u00e9el \u00e0 la peine de r\u00e9clusion de VINGT- DEUX (22) ANS;<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P1.) la destitution des titres, grades, fonctions, emplois et offices publics dont il est rev\u00eatu;<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P1.) l\u2019interdiction \u00e0 vie des droits \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&#039;article 11 du Code p\u00e9nal, \u00e0 savoir:<\/p>\n<p>1. de remplir des fonctions, emplois et offices publics; 2. de vote, d&#039;\u00e9lection et d&#039;\u00e9ligibilit\u00e9; 3. de porter aucune d\u00e9coration; 4. d\u2019\u00eatre expert, t\u00e9moin instrumentaire ou certificateur dans les actes; de d\u00e9poser en justice autrement que pour y donner de simples renseignements; 5. de faire partie d\u2019aucun conseil de famille, de remplir aucune fonction dans un r\u00e9gime de protection des incapables mineurs ou majeurs, si ce n\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses enfants et sur avis conforme du juge des tutelles et du conseil de famille, s\u2019il en existe; 6. de port et de d\u00e9tention d&#039;armes; 7. de tenir \u00e9cole, d\u2019enseigner et d\u2019\u00eatre employ\u00e9 dans un \u00e9tablissement d\u2019enseignement;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P1.) aux frais de sa poursuite p\u00e9nale, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 4.921,12.- euros;<\/p>\n<p>P3.)<\/p>\n<p>a c q u i t t e P3.) de la pr\u00e9vention non \u00e9tablie \u00e0 sa charge;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P3.) du chef des crimes et des d\u00e9lits retenus \u00e0 sa charge, qui se trouvent pour partie en concours id\u00e9al et pour partie en concours r\u00e9el \u00e0 la peine de r\u00e9clusion de VINGT- DEUX (22) ANS;<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P3.) la destitution des titres, grades, fonctions, emplois et offices publics dont il est rev\u00eatu;<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P3.) l\u2019interdiction \u00e0 vie des droits \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&#039;article 11 du Code p\u00e9nal, \u00e0 savoir:<\/p>\n<p>1. de remplir des fonctions, emplois et offices publics; 2. de vote, d&#039;\u00e9lection et d&#039;\u00e9ligibilit\u00e9; 3. de porter aucune d\u00e9coration; 4. d\u2019\u00eatre expert, t\u00e9moin instrumentaire ou certificateur dans les actes; de d\u00e9poser en justice autrement que pour y donner de simples renseignements; 5. de faire partie d\u2019aucun conseil de famille, de remplir aucune fonction dans un r\u00e9gime de protection des incapables mineurs ou majeurs, si ce n\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses enfants et sur avis conforme du juge des tutelles et du conseil de famille, s\u2019il en existe; 6. de port et de d\u00e9tention d&#039;armes; 7. de tenir \u00e9cole, d\u2019enseigner et d\u2019\u00eatre employ\u00e9 dans un \u00e9tablissement d\u2019enseignement;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P3.) aux frais de sa poursuite p\u00e9nale, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 5.014,10.- euros;<\/p>\n<p>P2.)<\/p>\n<p>a c q u i t t e P2.) de la pr\u00e9vention non \u00e9tablie \u00e0 sa charge;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P2.) du chef des crimes et des d\u00e9lits retenus \u00e0 sa charge, qui se trouvent pour partie en concours id\u00e9al et pour partie en concours r\u00e9el \u00e0 la peine de r\u00e9clusion de VINGT- DEUX (22) ANS;<\/p>\n<p>p r o n o n c e c ontre P2.) la destitution des titres, grades, fonctions, emplois et offices publics dont il est rev\u00eatu;<\/p>\n<p>p r o n o n c e contre P2.) l\u2019interdiction \u00e0 vie des droits \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l&#039;article 11 du Code p\u00e9nal, \u00e0 savoir:<\/p>\n<p>1. de remplir des fonctions, emplois et offices publics; 2. de vote, d&#039;\u00e9lection et d&#039;\u00e9ligibilit\u00e9; 3. de porter aucune d\u00e9coration; 4. d\u2019\u00eatre expert, t\u00e9moin instrumentaire ou certificateur dans les actes; de d\u00e9poser en justice autrement que pour y donner de simples renseignements; 5. de faire partie d\u2019aucun conseil de famille, de remplir aucune fonction dans un r\u00e9gime de protection des incapables mineurs ou majeurs, si ce n\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses enfants et sur avis conforme du juge des tutelles et du conseil de famille, s\u2019il en existe; 6. de port et de d\u00e9tention d&#039;armes; 7. de tenir \u00e9cole, d\u2019enseigner et d\u2019\u00eatre employ\u00e9 dans un \u00e9tablissement d\u2019enseignement;<\/p>\n<p>c o n d a m n e P2.) aux frais de sa poursuite p\u00e9nale, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 4.869,55.- euros;<\/p>\n<p>P4.)<\/p>\n<p>a c q u i t t e P4.) de toutes les pr\u00e9ventions mises \u00e0 sa charge et le renvoie des fins de sa poursuite sans frais ni d\u00e9pens;<\/p>\n<p>60 c o n d a m n e P1.), P3.) et P2.) solidairement aux frais de leur poursuite p\u00e9nale pour les faits commis ensemble.<\/p>\n<p>AU CIVIL<\/p>\n<p>1) Partie civile de l\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 du Luxembourg contre P1.), P4.), P2.) et P3.)<\/p>\n<p>d o n n e a c t e \u00e0 l\u2019Etat du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg de sa constitution de partie civile contre P1.), P3.), P2.) et P4.);<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tente pour en conna\u00eetre pour autant que la demande est dirig\u00e9e contre P4.);<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour le surplus;<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e cette demande recevable en la forme et justifi\u00e9e en principe quant au fond;<\/p>\n<p>f i x e au montant de QUINZE MILLE CINQ CENT TRENTE- CINQ VIRGULE TRENTE- HUIT (15.535,38,- ) EUROS le montant revenant au demandeur au civil en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel subi du fait des agissements des d\u00e9fendeurs au civil;<\/p>\n<p>partant c o n d a m n e P1.), P3.) et P2.) \u00e0 payer solidairement au demandeur au civil la somme de QUINZE MILLE CINQ CENT TRENTE- CINQ VIRGULE TRENTE- HUIT (15.535,38,- ) EUROS avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 3 avril 2013, jour des faits, jusqu&#039;\u00e0 solde;<\/p>\n<p>c o n d a m n e les d\u00e9fendeurs au civil aux frais de cette demande civile.<\/p>\n<p>2) Partie civile de A.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.)<\/p>\n<p>d o n n e a c t e \u00e0 A.) de sa constitution de partie civile contre P1.), P3.), P2.) et P4.);<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tente pour en conna\u00eetre pour autant que la demande est dirig\u00e9e contre P4.);<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour le surplus;<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e cette demande recevable en la forme et justifi\u00e9e en principe quant au fond;<\/p>\n<p>f i x e ex \u00e6quo et bono \u00e0 la somme de CINQ MILLE (5.000,-) EUROS le montant revenant au demandeur au civil en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral subi du fait des agissements des d\u00e9fendeurs au civil;<\/p>\n<p>partant c o n d a m n e P1.), P3.) et P2.) \u00e0 payer solidairement au demandeur au civil la somme de CINQ MILLE (5.000,- ) EUROS avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 3 avril 2013, jour des faits, jusqu&#039;\u00e0 solde;<\/p>\n<p>c o n d a m n e les d\u00e9fendeurs au civil aux frais de cette demande civile.<\/p>\n<p>3) Partie civile de B.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.)<\/p>\n<p>d o n n e a c t e \u00e0 B.) de sa constitution de partie civile contre P1.), P3.), P2.) et P4.);<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tente pour en conna\u00eetre pour autant que la demande est dirig\u00e9e contre P4.);<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour le surplus;<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e cette demande recevable en la forme et justifi\u00e9e en principe quant au fond;<\/p>\n<p>f i x e ex \u00e6quo et bono \u00e0 la somme de CINQ MILLE (5.000,-) EUROS le montant revenant au demandeur au civil en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral subi du fait des agissements des d\u00e9fendeurs au civil;<\/p>\n<p>partant c o n d a m n e P1.), P3.) et P2.) \u00e0 payer solidairement au demandeur au civil la somme de CINQ MILLE (5.000,- ) EUROS avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 3 avril 2013, jour des faits, jusqu&#039;\u00e0 solde;<\/p>\n<p>c o n d a m n e les d\u00e9fendeurs au civil aux frais de cette demande civile.<\/p>\n<p>4) Partie civile de C.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.)<\/p>\n<p>d o n n e a c t e \u00e0 C.) de sa constitution de partie civile contre P1.), P3.), P2.) et P4.);<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tente pour en conna\u00eetre pour autant que la demande est dirig\u00e9e contre P4.);<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour le surplus;<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e cette demande recevable en la forme et justifi\u00e9e en principe quant au fond;<\/p>\n<p>f i x e ex \u00e6quo et bono \u00e0 la somme de CINQ MILLE (5.000,-) EUROS le montant revenant au demandeur au civil en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral subi du fait des agissements d es d\u00e9fendeurs au civil;<\/p>\n<p>partant c o n d a m n e P1.), P3.) et P2.) \u00e0 payer solidairement au demandeur au civil la somme de CINQ MILLE (5.000,- ) EUROS avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 3 avril 2013, jour des faits, jusqu&#039;\u00e0 solde;<\/p>\n<p>c o n d a m n e les d\u00e9fendeurs au civil aux frais de cette demande civile.<\/p>\n<p>5) Partie civile de l\u2019Etat du Grand-Duch\u00e9 du Luxembourg contre P1.), P4.), P2.) et P3.) d o n n e a c t e \u00e0 l\u2019Etat du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg de sa constitution de partie civile contre P1.), P3.), P2.) et P4.); s e d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tente pour en conna\u00eetre pour autant que la demande est dirig\u00e9e contre P4.); s e d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour le surplus;<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e cette demande recevab le en la forme et justifi\u00e9e en principe quant au fond;<\/p>\n<p>f i x e au montant de CINQ CENT QUATRE -VINGT-NEUF VIRGULE TRENTE- HUIT (589,38,- ) EUROS le montant revenant au demandeur au civil en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice mat\u00e9riel subi du fait des agissements des d\u00e9fendeurs au civil;<\/p>\n<p>partant c o n d a m n e P1.), P3.) et P2.) \u00e0 payer solidairement au demandeur au civil la somme de CINQ CENT QUATRE -VINGT-NEUF VIRGULE TRENTE-HUIT (589,38,- ) EUROS avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 3 avril 2013, jour des faits, jusqu&#039;\u00e0 solde;<\/p>\n<p>c o n d a m n e les d\u00e9fendeurs au civil aux frais de cette demande civile.<\/p>\n<p>6) Partie civile de D.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.) d o n n e a c t e \u00e0 D.) de sa constitution de partie civile contre P1.), P3.), P2.) et P4.); s e d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tente pour en conna\u00eetre pour autant que la demande est dirig\u00e9e contre P4.); s e d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour le surplus; d \u00e9 c l a r e cette demande recevable en la forme et justifi\u00e9e en principe quant au fond; f i x e ex \u00e6quo et bono \u00e0 la somme de DIX MILLE (10.000,- ) EUROS le montant revenant au demandeur au civil en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral subi du fait des agissements des d\u00e9fendeurs au civil; partant c o n d a m n e P1.), P3.) et P2.) \u00e0 payer solidairement au demandeur au civil la somme de DIX MILLE (10.000,- ) EUROS avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 3 avril 2013, jour des faits, jusqu&#039;\u00e0 solde; c o n d a m n e les d\u00e9fendeurs au civil aux frais de cette demande civile.<\/p>\n<p>7) Partie civile de E.) contre P1.), P4.), P2.) et P3.) d o n n e a c t e \u00e0 E.) de sa constitution de partie civile contre P1.), P3.), P2.) et P4.); s e d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tente pour en conna\u00eetre pour autant que la demande est dirig\u00e9e contre P4.); s e d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tente pour le surplus; d \u00e9 c l a r e cette demande recevable en la forme et justifi\u00e9e en principe quant au fond; f i x e ex \u00e6quo et bono \u00e0 la somme de DIX MILLE (10.000,- ) EUROS le montant revenant au demandeur au civil en r\u00e9paration de son pr\u00e9judice moral subi du fait des agissements des d\u00e9fendeurs au civil;<\/p>\n<p>63 partant c o n d a m n e P1.), P3.) et P2.) \u00e0 payer solidairement au demandeur au civil la somme de DIX MILLE (10.000,- ) EUROS avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux \u00e0 partir du 3 avril 2013, jour des faits, jusqu&#039;\u00e0 solde;<\/p>\n<p>c o n d a m n e les d\u00e9fendeurs au civil aux frais de cette demande civile.<\/p>\n<p>Par application des articles 3, 7, 8, 10, 11, 50, 51, 62, 65, 66, 135, 269, 272, 322, 323, 324, 393, 461, 468, 471, 478, 479, 482, 483, 484 et 505 du Code p\u00e9nal; 3, 130, 190, 190- 1, 191, 194, 217, 218, 220, 222, du Code d&#039;instruction criminelle, articles 1, 4, 5 et 28 de la loi du 15.03.1983, articles 2 et 3 de la loi du 20 avril 1881 et articles 1et 2 de l\u2019arr\u00eat\u00e9 grand- ducal du 20 avril 1881 qui furent d\u00e9sig n\u00e9s \u00e0 l&#039;audience par Madame le vice- pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Ainsi fait et jug\u00e9 par Sylvie CONTER, vice-pr\u00e9sident, Steve VALMORBIDA, premier juge, et Claude METZLER, premier juge, prononc\u00e9 en audience publique au Tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, Cit\u00e9 Judiciaire, Plateau du Saint Esprit, par Madame le vice-pr\u00e9sident, en pr\u00e9sence de Martine WODELET , premier substitut du Procureur d&#039;Etat, et de Christophe WAGENER, greffier assum\u00e9, qui, \u00e0 l&#039;exception du repr\u00e9sentant du Minist\u00e8re Public, ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent jugement.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" 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