{"id":859551,"date":"2026-05-08T00:20:01","date_gmt":"2026-05-07T22:20:01","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-24-novembre-2015-2\/"},"modified":"2026-05-08T00:20:09","modified_gmt":"2026-05-07T22:20:09","slug":"cour-superieure-de-justice-24-novembre-2015-2","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-24-novembre-2015-2\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 24 novembre 2015"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Arr\u00eat N\u00b0 520\/1 5 V. du 24 novembre 2015 (Not. 11443\/ 14\/CD)<\/p>\n<p>La Cour d&#039;appel du Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg, cinqui\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, a rendu en son audience publique du vingt -quatre novembre deux mille quinze l\u2019arr\u00eat qui suit dans la cause<\/p>\n<p>e n t r e :<\/p>\n<p>le Minist\u00e8re Public, exer\u00e7ant l&#039;action publique pour la r\u00e9pression des crimes et d\u00e9lits, appelant<\/p>\n<p>e t :<\/p>\n<p>1) La soci\u00e9t\u00e9 A, ayant son si\u00e8ge social \u00e0 \u2026, enregistr\u00e9e au registre de commerce sous le num\u00e9ro \u2026<\/p>\n<p>2) B, n\u00e9 le \u2026 \u00e0 \u2026, demeurant \u00e0 \u2026<\/p>\n<p>3) C, n\u00e9 le \u2026 \u00e0 \u2026, demeurant \u00e0 \u2026<\/p>\n<p>4) D, n\u00e9 le \u2026 \u00e0 \u2026, demeurant \u00e0 \u2026<\/p>\n<p>pr\u00e9venu s, appelants<\/p>\n<p>____________________________________________________________________<\/p>\n<p>F A I T S :<\/p>\n<p>Les faits et r\u00e9troactes de l&#039;affaire r\u00e9sultent \u00e0 suffisance de droit d&#039;un jugement rendu par d\u00e9faut par le tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg, 16 e chambre correctionnelle, le 2 8 mai 2015, sous le num\u00e9ro 1581\/ 15, dont les consid\u00e9rants et le dispositif sont con\u00e7us comme suit:<\/p>\n<p>2 \u00ab Vu le proc\u00e8s-verbal num\u00e9ro CRSREC\/JDA\/2014\/35194- 1\/HOCH du 15 f\u00e9vrier 2014, dress\u00e9 par la police grand- ducale, circonscription r\u00e9gionale Capellen, SREC.<\/p>\n<p>Vu le rapport num\u00e9ro 2015\/11872\/092\/SP du 29 avril 2015, dress\u00e9 par la police grand- ducale, circonscription r\u00e9gionale Grevenmacher, CP Wasserbillig.<\/p>\n<p>Vu la citation \u00e0 pr\u00e9venu du 29 d\u00e9cembre 2014 r\u00e9guli\u00e8rement notifi\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 A, B, C et D.<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re public reproche \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 A, B, C et D d\u2019avoir exerc\u00e9 au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg une activit\u00e9 de gardiennage et de surveillance pour le compte de tiers sans avoir \u00e9t\u00e9 en possession de l\u2019autorisation \u00e9crite du ministre de la Justice et de ne pas avoir publi\u00e9 dans le d\u00e9lai l\u00e9gal l\u2019inventaire, le bilan et le compte de profits et pertes des ann\u00e9es 2011 et 2012.<\/p>\n<p>Les faits<\/p>\n<p>Les faits tels qu\u2019ils r\u00e9sultent du dossier r\u00e9pressif ainsi que des d\u00e9bats men\u00e9s \u00e0 l\u2019audience peuvent se r\u00e9sumer comme suit :<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e en date du 14 octobre 2011.<\/p>\n<p>L\u2019objet social est d\u00e9fini comme suit :<\/p>\n<p>\u00ab Die Gesellschaft hat zum Zweck:<\/p>\n<p>&#8212; die \u00dcberwachung von beweglichen Mobilien und Immobilien; unter Bewachung von Immobilien und beweglichen Mobilien versteht man die Aktivit\u00e4ten welche darin bestehen, gewerbsm\u00e4\u00dfig die Sicherheit von Immobilien und beweglichen Mobilien zu gew\u00e4hrleisten, sei es durch die Anwesenheit von Wachm\u00e4nnern, sei es durch technische Mittel, welche mit einer \u00dcberwachungszentrale verbunden sind, und einen sachgem\u00e4\u00dfen Einsatz im Falle eines unbefugten Eindringens in die betroffenen Immobilien oder einer betr\u00fcgerischen Entwendung, sogar bei Drohung durch Dritte von Besch\u00e4digung der bewachten Besitzt\u00fcmer.<\/p>\n<p>&#8212; die Verwaltung von Alarmzentralen: unter Verwaltung von Alarmzentralen versteht man die Aktivit\u00e4ten welche darin bestehen, st\u00e4ndig gewerbsm\u00e4\u00dfig Alarmsysteme zu \u00fcberwachen und einen sofortigen Einsatz im Falle eines Ausl\u00f6sens des Alarms zu gew\u00e4hrleisten.<\/p>\n<p>&#8212; Geldtransport oder Werttransport: d.h. die Aktivit\u00e4ten welche darin bestehen, gewerbsm\u00e4\u00dfig Werte oder Gelder auf dem Territorium des Gro\u00dfherzogtums Luxemburg zu transportieren.<\/p>\n<p>&#8212; Personenschutz: gemeint sind Aktivit\u00e4ten welche gewerbsm\u00e4\u00dfig, st\u00e4ndig oder zu bestimmten Perioden, die Sicherheit von physischen Personen gew\u00e4hrleisten, sei es in ihrem Domizil, als auch w\u00e4hrend jeglicher Bewegung au\u00dferhalb ihres Domizils und sie im Falle eines physischen Angriffes zu besch\u00fctzen.<\/p>\n<p>Zweck der Gesellschaft ist ebenfalls die Erbringung von Sicherheitsdienstleistungen (Security- Dienstleistungen) bei kulturellen Veranstaltungen jeder Art. \u00bb<\/p>\n<p>Le conseil d\u2019administration de la soci\u00e9t\u00e9 est constitu\u00e9 de B, C et D. B et C sont les administrateurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Au courant du mois de f\u00e9vrier 2014, le service de recherche et d\u2019enqu\u00eate criminelle de Capellen a \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 A effectuait des activit\u00e9s de gardiennage \u00e0 la station -service \u2026 sise \u00e0 \u2026 sans pour autant disposer de l\u2019agr\u00e9ment minist\u00e9riel requis pour ces activit\u00e9s.<\/p>\n<p>En date du 15 f\u00e9vrier 2014, les policiers ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un contr\u00f4le de la station- service en question afin de v\u00e9rifier l\u2019information re\u00e7ue. Sur place les agents n\u2019ont pas rencontr\u00e9 du personnel de la soci\u00e9t\u00e9 A mais il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 la surveillance de la station- service pendant les fins de semaine entre fin octobre 2013 et d\u00e9but d\u00e9cembre 2013.<\/p>\n<p>3 Le t\u00e9moin \u2026, g\u00e9rant de la soci\u00e9t\u00e9 exploitante de la station- service, a d\u00e9clar\u00e9 aux agents verbalisant que la station est tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9e les weekend notamment par des jeunes qui s\u2019y r\u00e9unissent apr\u00e8s leurs sorties de week-end et qu\u2019\u00e0 partir du 31 octobre 2013 la soci\u00e9t\u00e9 A a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de la surveillance des lieux afin d\u2019y garantir le bon ordre en veillant notamment \u00e0 ce que le personnel de la station ne soit ni importun\u00e9, ni agress\u00e9, \u00e0 ce qu\u2019il n\u2019y ait pas de vandalisme et \u00e0 ce qu\u2019il n\u2019y ait pas de vols au pr\u00e9judice de la station- service. Le t\u00e9moin a pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il a eu recours \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 A jusqu\u2019au 7 d\u00e9cembre 2013 et qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque il a d\u00e9cid\u00e9 de ne plus recourir \u00e0 ses services, ayant \u00e9t\u00e9 m\u00e9content des prestations fournies.<\/p>\n<p>Entendus par la police B et C ont indiqu\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 A s\u2019est limit\u00e9e \u00e0 garantir le bon d\u00e9roulement des r\u00e9unions des clients de la station- service par la pr\u00e9sence de ses gardiens sur les lieux sans assurer une activit\u00e9 de gardiennage. Ils ont maintenu ces d\u00e9clarations \u00e0 l\u2019audience. D ne s\u2019est pas rendu au poste de police pour faire des d\u00e9clarations sur les faits lui reproch\u00e9s.<\/p>\n<p>Les mandataires des pr\u00e9venus ont relev\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 A n\u2019intervenait que dans le domaine de l\u2019\u00e9v\u00e9nementiel et qu\u2019elle se bornait \u00e0 assurer le bon d\u00e9roulement des rassemblements de jeunes, partant d\u2019\u00e9v\u00e8nements sur le site de la station- service et qu\u2019elle n\u2019a pas eu d\u2019activit\u00e9 de protection de biens ni d\u2019ailleurs de personnes alors que la protection de personnes au sens de la loi se limiterait \u00e0 l\u2019activit\u00e9 de garde rapproch\u00e9e.<\/p>\n<p>En droit<\/p>\n<p>Quant au d\u00e9faut d\u2019autorisation Le parquet reproche aux pr\u00e9venus l\u2019exercice de l\u2019activit\u00e9 priv\u00e9e de gardiennage et de surveillance sans disposer de l\u2019agr\u00e9ment minist\u00e9riel requis.<\/p>\n<p>L\u2019article 2 de la loi du 12 novembre 2002 pr\u00e9cise que les activit\u00e9s de gardiennage et de surveillance, qui exigent une autorisation, comprennent entre autres \u00ab la surveillance de biens mobiliers et immobiliers \u00bb et \u00ab la protection de personnes \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019article 14 de la m\u00eame loi d\u00e9finit la surveillance de biens mobiliers et immobiliers comme \u00ab activit\u00e9s qui consistent \u00e0 assurer \u00e0 titre professionnel la s\u00e9curit\u00e9 des immeubles et des biens mobiliers, soit par la pr\u00e9sence de gardiens, soit par des moyens techniques reli\u00e9s \u00e0 un central de surveillance, et \u00e0 assurer une intervention ad\u00e9quate en cas d\u2019intrusion non autoris\u00e9e dans les immeubles concern\u00e9s ou de soustraction frauduleuse, voire de menace d\u2019endommagement par des tiers des biens surveill\u00e9s \u00bb. Le m\u00eame article d\u00e9finit la protection des personnes comme \u00ab activit\u00e9s qui consistent \u00e0 assurer \u00e0 titre professionnel, en permanence ou \u00e0 des p\u00e9riodes d\u00e9termin\u00e9es, la s\u00e9curit\u00e9 de personnes physiques, tant \u00e0 leur domicile que durant leurs d\u00e9placements et \u00e0 les prot\u00e9ger en cas d\u2019agression\u00bb.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des d\u00e9clarations du t\u00e9moin \u2026 r\u00e9it\u00e9r\u00e9es sous la foi du serment que la mission confi\u00e9e \u00e0 A consistait \u00e0 surveiller le site de la station- service, \u00e0 y pr\u00e9venir des vols et du vandalisme et \u00e0 en prot\u00e9ger le personnel.<\/p>\n<p>Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, il est \u00e9tabli que la soci\u00e9t\u00e9 A s\u2019est engag\u00e9e contractuellement et a mat\u00e9riellement ex\u00e9cut\u00e9 une activit\u00e9 de surveillance de biens immobiliers et mobiliers qui tombe sous le champ d\u2019application de la pr\u00e9dite loi du 12 novembre 2002. Il est encore constant que A a suivant engagement contractuel garanti la protection du personnel de la station en cas d\u2019agression de sorte qu\u2019elle a ex\u00e9cut\u00e9 une mission de protection des personnes au sens de la loi, pareille protection ne se limitant pas \u00e0 la seule garde rapproch\u00e9e tel que cela r\u00e9sulte de la d\u00e9finition pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 14 pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<p>En vertu de l\u2019article 1er de la cette loi, pareilles activit\u00e9s de gardiennage et de surveillance ne peuvent \u00eatre exerc\u00e9es au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg sans l\u2019autorisation \u00e9crite du Ministre de la Justice.<\/p>\n<p>L\u2019article 30 de la m\u00eame loi institue le non-respect de cette disposition en d\u00e9lit.<\/p>\n<p>B, C et D avaient la mission d\u2019administrer la soci\u00e9t\u00e9 et ont pris les engagements contractuels au nom et pour le compte de la soci\u00e9t\u00e9 en leur qualit\u00e9 d\u2019administrateurs.<\/p>\n<p>4 Les poursuites p\u00e9nales \u00e0 leur encontre n\u2019excluent pas celles dirig\u00e9es contre la soci\u00e9t\u00e9 qui a une personnalit\u00e9 juridique propre et qui se trouve en infraction p\u00e9nale par le fait d\u2019avoir poursuivi son objet social sans avoir dispos\u00e9 de l\u2019agr\u00e9ment n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Tous les pr\u00e9venus sont partant \u00e0 retenir dans les liens de la pr\u00e9vention libell\u00e9 \u00e0 leur encontre.<\/p>\n<p>Quant au d\u00e9faut de publication de bilans<\/p>\n<p>Aux termes de l\u2019article 163 point 2\u00b0 de la loi du 10 ao\u00fbt 1915, \u00ab sont punis (\u2026) les g\u00e9rants ou les administrateurs qui n\u2019ont pas soumis \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale dans les six mois de la cl\u00f4ture de l\u2019exercice les comptes annuels, les comptes consolid\u00e9s, le rapport de gestion et l\u2019attestation de la personne charg\u00e9e du contr\u00f4le ainsi que les g\u00e9rants ou les administrateurs qui n\u2019ont pas fait publier ces documents et ce en infraction aux prescriptions respectives des articles 75, 132, 197 et 341 de la pr\u00e9sente loi et l\u2019article 79 de la loi du 19 d\u00e9cembre 2002 concernant le registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s ainsi que la comptabilit\u00e9 et les comptes annuels des entreprises \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019article 75 de la loi du 19 d\u00e9cembre 2002 concernant le registre de commerce et des soci\u00e9t\u00e9s ainsi que la comptabilit\u00e9 et les comptes annuels des entreprises exige que le d\u00e9p\u00f4t des bilans se fasse dans le mois de leur approbation.<\/p>\n<p>En application des articles pr\u00e9cit\u00e9s, le bilan pour l\u2019exercice 2011 aurait d\u00fb \u00eatre publi\u00e9 au plus tard le 1er ao\u00fbt 2012 et le bilan pour l\u2019exercice 2012 aurait d\u00fb \u00eatre publi\u00e9 au plus tard le 1er ao\u00fbt 2013.<\/p>\n<p>Au regard de l\u2019article 163 de la loi du 10 ao\u00fbt 1915 les g\u00e9rants ou les administrateurs encourent la peine pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article 162 de ladite loi.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas contest\u00e9 que B, C et D \u00e9taient les administrateurs de la soci\u00e9t\u00e9 A au moment des faits. En tant qu\u2019administrateurs ils devaient veiller au respect des obligations l\u00e9gales par la soci\u00e9t\u00e9 et ne pouvaient se d\u00e9sint\u00e9resser de la soci\u00e9t\u00e9. Ni le fait que le conseil d\u2019administration soit un organe coll\u00e9gial, ni le fait que la gestion journali\u00e8re de la soci\u00e9t\u00e9 f\u00fbt confi\u00e9e \u00e0 des administrateurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s ne fait obstacle \u00e0 l\u2019imputabilit\u00e9 p\u00e9nale \u00e0 tout administrateur d\u2019infractions li\u00e9es \u00e0 la direction et \u00e0 la gestion de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Les bilans pour les ann\u00e9es 2009 et 2010 n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s dans le d\u00e9lai pr\u00e9vu par la loi, fait que les pr\u00e9venus n\u2019ont pas contest\u00e9 \u00e0 l\u2019audience.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel de l\u2019infraction reproch\u00e9e aux pr\u00e9venus se trouve d\u00e8s lors \u00e9tabli \u00e0 leur charge.<\/p>\n<p>L\u2019existence d\u2019une infraction requiert en outre un \u00e9l\u00e9ment moral ; dans le silence de l\u2019article 163 2\u00b0 pr\u00e9cit\u00e9 sur l\u2019\u00e9l\u00e9ment moral requis, cet \u00e9l\u00e9ment, la faute, consiste dans la transgression mat\u00e9rielle de la disposition l\u00e9gale commise librement et consciemment ; le g\u00e9rant ou l\u2019administrateur qui n\u2019a pas fait proc\u00e9der \u00e0 la publication requise par la loi est pr\u00e9sum\u00e9 se trouver en infraction par suite du seul constat de cette omission, qui constitue la faute infractionnelle ; il peut renverser cette pr\u00e9somption en faisant valoir qu\u2019il n\u2019a pas agi librement et consciemment, c&#039;est-\u00e0-dire en rendant cr\u00e9dible une cause de justification (Cour de cassation, 25 f\u00e9vrier 2010, n\u00b0 11\/2010 p\u00e9nal ; \u00e9galement en ce sens : Cour, 20 mars 2012, n\u00b0163\/12).<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus sont d\u00e8s lors pr\u00e9sum\u00e9s se trouver en infraction \u00e0 l\u2019article 163 2\u00b0 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus indiquent qu\u2019ils ont confi\u00e9 l\u2019\u00e9tablissement des bilans \u00e0 un comptable qui a omis de faire les diligences n\u00e9cessaires en vue de leur publication dans le d\u00e9lai l\u00e9gal. En tant qu\u2019administrateurs ils ne pouvaient pas se contenter de charger un comptable sans v\u00e9rifier si ce dernier a accompli la mission lui confi\u00e9e en bonne et due forme. Les explications fournies ne sauraient d\u00e8s lors valoir comme cause de justification susceptible de renverser la pr\u00e9somption de la loi.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des termes de l\u2019article 163 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 que l\u2019obligation de la publication des bilans incombe aux seuls administrateurs et non \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, personne morale.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment aux conclusions du minist\u00e8re public, la soci\u00e9t\u00e9 A est partant \u00e0 acquitter :<\/p>\n<p>\u00abAls T\u00e4ter<\/p>\n<p>seit dem 1. Juli 2012 am Sitz der Gesellschaft A in \u2026, beziehungsweise am Handelsregister in Luxemburg, unbeschadet der genaueren Orts- und Zeitangaben,<\/p>\n<p>in Zuwiderhandlung zu Artikel 163 2\u00b0 des umge\u00e4nderten Gesetzes vom 10. August 1915 betreffend Handelsgesellschaften, den Jahresabschluss der Gesellschaft A. f\u00fcr die Gesch\u00e4ftsjahre 2011 und 2012 nicht durch Hinterlegen beim Handels-und Gesellschaftsregister in Luxemburg sp\u00e4testens 7 Monate nach Abschluss des Gesch\u00e4ftsjahres ver\u00f6ffentlicht zu haben. \u00bb<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A est par contre convaincue par les d\u00e9clarations des t\u00e9moins, ensemble les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif:<\/p>\n<p>\u00ab als T\u00e4ter,<\/p>\n<p>1) zwischen dem 31. Oktober 2013 und dem 7. Dezember 2013 in\u2026, in den R\u00e4umlichkeiten der \u2026-Tankstelle,<\/p>\n<p>in Zuwiderhandlung zu den Artikel 1 und 30 des Gesetzes vom 12. November 2002 betreffend die Gesch\u00e4ftst\u00e4tigkeiten im Bereich des Personen- und Objekschutzes, auf dem Gebiet des Gro\u00dfherzogtums Luxemburg eine T\u00e4tigkeit im Bereich des Personen- und Objektschutzes f\u00fcr die Drittpersonen ausge\u00fcbt zu haben, ohne im Besitz einer schriftlichen Genehmigung des Justizministeriums gewesen zu sein.\u00bb<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la qualit\u00e9 de B et D et de C Suivants les statuts B et C sont administrateurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 A ; D en est administrateur. En leur qualit\u00e9 d\u2019administrateurs les pr\u00e9venus doivent r\u00e9pondre p\u00e9nalement des agissements de A en raison de leur pouvoir d\u00e9cisionnel au sein de la soci\u00e9t\u00e9. Le tribunal retient que B, C et D ont agi comme coauteurs dans la mesure o\u00f9 leur r\u00f4le a consist\u00e9 \u00e0 coop\u00e9rer directement aux infractions leur reproch\u00e9es et \u00e0 procurer une aide telle que sans leur assistance les infractions n\u2019auraient pas pu \u00eatre commises.<\/p>\n<p>B, C et D sont convaincus par les d\u00e9clarations des t\u00e9moins, ensemble les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif:<\/p>\n<p>\u00ab als T\u00e4ter,<\/p>\n<p>1) zwischen dem 31. Oktober 2013 und dem 7. Dezember 2013 in \u2026, in den R\u00e4umlichkeiten der \u2026-Tankstelle,<\/p>\n<p>in Zuwiderhandlung zu den Artikeln 1 und 30 des Gesetzes vom 12. November 2002 betreffend die Gesch\u00e4ftst\u00e4tigkeiten im Bereich des Personen- und Objekschutzes, auf dem Gebiet des Gro\u00dfherzogtums Luxemburg eine T\u00e4tigkeit im Bereich des Personen- und Objektschutzes f\u00fcr die Drittpersonen ausge\u00fcbt zu haben, ohne im Besitz einer schriftlichen Genehmigung des Justizministeriums gewesen zu sein,<\/p>\n<p>2) seit dem 1. Juli 2012 am Sitz der Gesellschaft A in \u2026, beziehungsweise am Handelsregister in Luxemburg, unbeschadet der genaueren Orts- und Zeitangaben,<\/p>\n<p>in Zuwiderhandlung zu Artikel 163 2\u00b0 des umge\u00e4nderten Gesetzes vom 10. August 1915 betreffend Handelsgesellschaften, den Jahresabschluss der Gesellschaft A f\u00fcr die Gesch\u00e4ftsjahre 2011 und 2012 nicht durch Hinterlegen beim Handels- und Gesellschaftsregister in Luxemburg sp\u00e4testens 7 Monate nach Abschluss des Gesch\u00e4ftsjahres ver\u00f6ffentlicht zu haben. \u00bb<\/p>\n<p>6 Les peines<\/p>\n<p>Les infractions retenues \u00e0 l\u2019\u00e9gard des pr\u00e9venus B , C et D se trouvent en concours r\u00e9el. Il y a d\u00e8s lors lieu \u00e0 application des dispositions de l\u2019article 60 du code p\u00e9nal et de ne prononcer que la peine la plus forte, qui pourra cependant \u00eatre \u00e9lev\u00e9e au double du maximum, sans pouvoir d\u00e9passer la somme des peines encourues.<\/p>\n<p>La peine la plus forte est celle pr\u00e9vue par l\u2019article 30 de la loi du 12 novembre 2002 \u00e9dictant une peine d\u2019emprisonnement de huit jours \u00e0 un an et une amende de 251 \u00e0 250.000 euros, ou d\u2019une de ces peines seulement.<\/p>\n<p>Compte tenu de la gravit\u00e9 des infractions et de la situation personnelle des pr\u00e9venus, le tribunal d\u00e9cide de condamner B \u00e0 une amende de 2.000 euros, C \u00e0 une amende de 3.000 euros et D \u00e0 une amende 2.000 euros, amendes adapt\u00e9es \u00e0 leurs situations financi\u00e8res respectives.<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 A a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 un profit en poursuivant l\u2019activit\u00e9 de gardiennage sans l\u2019agr\u00e9ment requis et qu\u2019elle a tir\u00e9 un avantage financier d\u2019un \u00e9tat infractionnel, le tribunal condamne la soci\u00e9t\u00e9 du chef de l\u2019infraction retenue \u00e0 sa charge \u00e0 une amende de 5.000 euros.<\/p>\n<p>P A R C E S M O T I F S :<\/p>\n<p>le tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, seizi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, statuant contradictoirement, B, C, ainsi que leurs mandataires et les mandataires de A et D entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense et le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public entendu en son r\u00e9quisitoire,<\/p>\n<p>A<\/p>\n<p>c o n d a m n e A du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge \u00e0 une amende de cinq mille (5.000) euros, ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 8,23 euros ;<\/p>\n<p>B<\/p>\n<p>c o n d a m n e B du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge \u00e0 une amende de deux mille (2.000) euros, ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 8,23 euros ;<\/p>\n<p>f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non- paiement de l\u2019amende \u00e0 quarante (40) jours ;<\/p>\n<p>C<\/p>\n<p>c o n d a m n e C du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge \u00e0 une amende de trois mille (3.000) euros, ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 8,23 euros ;<\/p>\n<p>f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non- paiement de l\u2019amende \u00e0 soixante (60) jours ;<\/p>\n<p>D c o n d a m n e D du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge \u00e0 une amende de deux mille (2.000) euros, ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 8,23 euros ; f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non- paiement de l\u2019amende \u00e0 quarante (40) jours; c o n d a m n e A, B, C et D solidairement aux frais pour les infractions commises ensemble.<\/p>\n<p>7 Par application des articles 14,16, 27, 28, 29, 30, 50, 60 et 66, du code p\u00e9nal, les articles 2, 14 et 30 de la loi du 12 novembre 2002, les articles 162 et 163 de la loi du 10 ao\u00fbt 1915 ainsi que des articles 179, 182, 184, 185, 189, 190, 190- 1, 191, 194, 195, 196, du code d\u2019instruction criminelle dont mention a \u00e9t\u00e9 faite.<\/p>\n<p>Ainsi fait et jug\u00e9 par Fran\u00e7oise ROSEN, vice- pr\u00e9sident, Gilles MATHAY, premier juge, et Bob PIRON, premier juge, et prononc\u00e9 par le vice- pr\u00e9sident en audience publique au tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, en pr\u00e9sence de Guy BREISTROFF, premier substitut du procureur d\u2019Etat, et de Daniel ZANON, greffier, qui, \u00e0 l&#039;exception de la repr\u00e9sentante du minist\u00e8re public, ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent jugement \u00bb.<\/p>\n<p>8 De ce jugement, appel fut relev\u00e9 au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg le 17 juin 2015 par le mandataire des pr\u00e9venus B et D et par le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public et le 24 juin 2015 par le mandataire du pr\u00e9venu C et de la soci\u00e9t\u00e9 A .<\/p>\n<p>En vertu de ces appels et par citation du 25 septembre 2015, les parties furent r\u00e9guli\u00e8rement requises de compara\u00eetre \u00e0 l\u2019audience publique du 27 octobre 2015 devant la Cour d&#039;appel de Luxembourg, cinqu i\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, pour y entendre statuer sur le m\u00e9rite des appels interjet\u00e9s .<\/p>\n<p>A cette audience Ma\u00eetre Frank ROLLINGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, comparant pour le pr\u00e9venu C et pour la soci\u00e9t\u00e9 A , souleva, in limine litis, des moyens tendant au sursis \u00e0 statuer, \u00e0 l\u2019audition d\u2019un t\u00e9moin et \u00e0 voir \u00e9carter le proc\u00e8s-verbal du 15 f\u00e9vrier 2014.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Laurent LIMPACH, en remplacement de Ma\u00eetre Alain GROSS, avocat \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, comparant pour les pr\u00e9venus B et D, se rallia aux conclusions soulev\u00e9s in limine litis.<\/p>\n<p>Monsieur le premier avocat g\u00e9n\u00e9ral John PETRY, assumant les fonctions de minist\u00e8re public, fut entendu en ses conclusions.<\/p>\n<p>La Cour d\u00e9clara joindre les incidents au fond.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus B, D et C, assist\u00e9s de l\u2019interpr\u00e8te asserment\u00e9e Claudine BOHNENBERGER, furent entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Frank ROLLINGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense et d\u2019appel du pr\u00e9venu C et de la soci\u00e9t\u00e9 A .<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Laurent LIMPACH, en remplacement de Ma\u00eetre Alain GROSS , avocats \u00e0 la Cour, les deux demeurant \u00e0 Luxembourg, d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de d\u00e9fense et d\u2019appel des pr\u00e9venus B et D.<\/p>\n<p>Monsieur le premier avocat g\u00e9n\u00e9ral John PETRY, assumant les fonctions de minist\u00e8re public, fut entendu en son r\u00e9quisitoire.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Frank ROLLINGER, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, r\u00e9pliqua aux conclusions du Minist\u00e8re Public.<\/p>\n<p>L A C O U R<\/p>\n<p>prit l&#039;affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l&#039;audience publique du 3 novembre 2015, \u00e0 laquelle le prononc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9, l&#039;arr\u00eat qui suit:<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg du 17 juin 2015, B (ci-apr\u00e8s B) et D (ci-apr\u00e8s D) ont fait relever appel au p\u00e9nal d\u2019un jugement contradictoirement rendu le 28 mai 2015 par une chambre correctionnelle du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, et dont la motivation et le dispositif sont reproduits aux qualit\u00e9s du pr\u00e9sent arr\u00eat.<\/p>\n<p>Par d\u00e9claration notifi\u00e9e le m\u00eame jour au greffe du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, le Procureur d\u2019Etat a relev\u00e9 appel du jugement pr\u00e9cit\u00e9 du 28 mai 2015.<\/p>\n<p>9 Par d\u00e9clarations au greffe du m\u00eame tribunal du 24 juin 2015, la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A (ci- apr\u00e8s soci\u00e9t\u00e9 A) et C ont \u00e9galement fait relever appel au p\u00e9nal du jugement pr\u00e9cit\u00e9 du 28 mai 2015.<\/p>\n<p>Ces appels sont recevables pour avoir \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s dans les formes et d\u00e9lai de la loi.<\/p>\n<p>Par le jugement entrepris, la soci\u00e9t\u00e9 A et les pr\u00e9venus C et B, D ont \u00e9t\u00e9 retenus dans les liens des pr\u00e9ventions d\u2019infractions aux articles 1 er et 30 de la loi du 12 novembre 2002 relative aux activit\u00e9s priv\u00e9es de gardiennage et de surveillance pour avoir, entre le 31 octobre et le 13 d\u00e9cembre 2012, ex\u00e9cut\u00e9 une activit\u00e9 de surveillance de biens immobiliers et mobiliers qui tombe sous le champ d\u2019application de la pr\u00e9dite loi du 12 novembre 2002, sans \u00eatre en possession de l\u2019autorisation du Ministre de la Justice pour l\u2019exercice de ces activit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus C et B et D ont encore \u00e9t\u00e9 retenus dans les liens de la pr\u00e9vention d\u2019infraction \u00e0 l\u2019article 163 2\u00b0 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales pour non- respect de l\u2019obligation de proc\u00e9der \u00e0 la publication dans le d\u00e9lai l\u00e9gal de l&#039;inventaire, des bilans et des comptes de profi ts et pertes des bilans pour les ann\u00e9es 2011 et 2012.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e au paiement d\u2019une amende de 5.000 euros, C a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 au paiement d\u2019une amende de 3.000 euros et B et D ont \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9s au paiement d\u2019une amende de 2.000 euros.<\/p>\n<p>Quant aux incidents<\/p>\n<p>A titre liminaire, la d\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9 A et de C demande un sursis \u00e0 statuer jusqu&#039;\u00e0 l&#039;\u00e9valuation d&#039;une proc\u00e9dure disciplinaire introduite aupr\u00e8s de l&#039;Inspection G\u00e9n\u00e9rale de la Police \u00e0 l&#039;encontre de l&#039;enqu\u00eateur E ayant seul instruit le dossier p\u00e9nal en cause en l&#039;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>La d\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9 A et de C fait valoir, \u00e0 cet \u00e9gard, que l\u2019inspecteur principal E avait d\u00e9pos\u00e9 plainte contre un employ\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 A, plainte qui, en instance d&#039;appel aurait abouti \u00e0 un acquittement de l&#039;employ\u00e9 en question. Dans ces circonstances, l&#039;inspecteur aurait d\u00fb s&#039;abstenir de continuer d&#039;enqu\u00eater \u00e0 charge de la soci\u00e9t\u00e9 A . La confiance dans la neutralit\u00e9 de l&#039;enqu\u00eateur serait \u00e9branl\u00e9e d\u00e8s lors que E ne serait plus objectif dans le cadre des proc\u00e9dures engag\u00e9es contre la soci\u00e9t\u00e9 A et ses administrateurs et qu&#039;il s&#039;acharnerait contre eux.<\/p>\n<p>En second lieu et pour autant qu&#039;il ne serait pas fait droit \u00e0 la demande de sursis \u00e0 statuer, la d\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9 A et de C demande, avant tout autre progr\u00e8s en cause, \u00e0 ce que E soit entendu comme t\u00e9moin afin qu\u2019il puisse r\u00e9pondre \u00e0 des questions concernant les enqu\u00eates diligent\u00e9es contre la soci\u00e9t\u00e9 A et les pr\u00e9venus. Il serait un des droits de la d\u00e9fense fondamentaux de pouvoir questionner un t\u00e9moin \u00e0 charge et il y aurait lieu de permettre aux pr\u00e9venus d&#039;auditionner l&#039;inspecteur sur diff\u00e9rents aspects de son enqu\u00eate et sa position relative aux activit\u00e9s de gardiennage.<\/p>\n<p>La d\u00e9fense des parties soci\u00e9t\u00e9 A et C demande, enfin, \u00e0 voir \u00e9carter le proc\u00e8s-verbal n\u00b02014\/35194- 1 \u00e9tabli par l&#039;inspecteur E, d\u00e8s lors qu&#039;il contiendrait des contre-v\u00e9rit\u00e9s. Elle rel\u00e8ve, \u00e0 cet \u00e9gard, qu&#039;\u00e0 la page 4 dudit proc\u00e8s-verbal, l&#039;inspecteur aurait indiqu\u00e9 que D aurait contact\u00e9 l&#039;inspecteur pour lui faire comprendre de fa\u00e7on irr\u00e9futable que la soci\u00e9t\u00e9 A n&#039;avait aucun reproche \u00e0 se faire et qu&#039;elle disposait de toutes les autorisations n\u00e9cessaires \u00e0 son activit\u00e9, de sorte que tant lui-m\u00eame que son fils et C refuseraient de se pr\u00e9senter aux fins d&#039;\u00eatre entendus dans l&#039;affaire, une telle audition constituant une totale perte de temps. Sur ce refus, l&#039;inspecteur aurait inform\u00e9 D que le<\/p>\n<p>10 proc\u00e8s-verbal contre la soci\u00e9t\u00e9 A serait dress\u00e9 avec ou sans audition des pr\u00e9venus et il aurait lanc\u00e9 une nouvelle convocation aux fins d&#039;audition des personnes en cause en date du 14 avril 2014.<\/p>\n<p>Or, aucun des pr\u00e9venus C ou B et D n&#039;aurait contact\u00e9 E et aucune nouvelle convocation n&#039;aurait \u00e9t\u00e9 adress\u00e9e aux pr\u00e9venus. Le mensonge contenu \u00e0 la page 4 du proc\u00e8s-verbal entacherait la validit\u00e9 enti\u00e8re du proc\u00e8s-verbal qui de ce fait serait nul et \u00e0 \u00e9carter des d\u00e9bats. En outre, le t\u00e9moin \u2026 aurait \u00e9t\u00e9 entendu en dehors de la pr\u00e9sence des pr\u00e9venus et des pi\u00e8ces manqueraient au dossier.<\/p>\n<p>La d\u00e9fense des pr\u00e9venus D et B se rallie aux demandes et moyens soulev\u00e9s \u00e0 titre d\u2019incident par la d\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9 A et C.<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public s&#039;oppose \u00e0 voir surseoir \u00e0 statuer sur le fond de l&#039;affaire, d\u00e8s lors que les reproches formul\u00e9s \u00e0 l&#039;\u00e9gard de l&#039;inspecteur E dans le cadre de la plainte d\u00e9pos\u00e9e aupr\u00e8s de l&#039;Inspection G\u00e9n\u00e9rale de la Police n&#039;auraient aucune incidence dans le cadre de l&#039;enqu\u00eate men\u00e9e par lui dans la pr\u00e9sente affaire. Il n\u2019y aurait pas de reproches pr\u00e9cis en relation avec les \u00e9l\u00e9ments du dossier p\u00e9nal en cause et le proc\u00e8s-verbal ne contiendrait que des t\u00e9moignages, \u00e9changes de courrier et documents administratifs.<\/p>\n<p>Les faits seraient simples et v\u00e9rifiables et le proc\u00e8s-verbal dress\u00e9 par E ne contiendrait que des constats et auditions de t\u00e9moins et les quelques constatations de l\u2019enqu\u00eateur n\u2019auraient aucune incidence sur l\u2019affaire.<\/p>\n<p>L\u2019audition de E ne serait pas non plus n\u00e9cessaire, d\u00e8s lors qu\u2019il ne pourrait rien apporter de plus \u00e0 la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9 que ce qu\u2019il y a dans le dossier p\u00e9nal actuel.<\/p>\n<p>La Cour d\u00e9cida de joindre les incidents au fond.<\/p>\n<p>Le sursis \u00e0 statuer, qui est facultatif en mati\u00e8re p\u00e9nale, ne se justifie que lorsqu\u2019un \u00e9v\u00e8nement ou une d\u00e9cision \u00e0 attendre est susceptible d\u2019avoir une incidence sur la manifestation de la v\u00e9rit\u00e9 relative \u00e0 l\u2019affaire dont doit conna\u00eetre la juridiction r\u00e9pressive.<\/p>\n<p>Tel n\u2019est pas le cas pour la pr\u00e9sente affaire, la plainte d\u00e9pos\u00e9e devant l\u2019Inspection g\u00e9n\u00e9rale de la police contre E visant en g\u00e9n\u00e9ral une violation par E des dispositions de la loi du 16 avril 1979 fixant le statut g\u00e9n\u00e9ral des fonctionnaires de l&#039;Etat, mais non des \u00e9l\u00e9ments factuels ou juridiques concernant les pr\u00e9ventions d\u2019infractions \u00e0 la loi du 12 novembre 2002 relative aux activit\u00e9s priv\u00e9es de gardiennage et de surveillance.<\/p>\n<p>La demande de sursis \u00e0 statuer est partant \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la demande tendant \u00e0 voir \u00e9carter le proc\u00e8s-verbal du 15 f\u00e9vrier 2014 (Protokoll n\u00b0 : CRSREC\/JDA\/2014\/35194-1\/HOCH) en ce que ce proc\u00e8s -verbal contiendrait des contre- v\u00e9rit\u00e9s et que le t\u00e9moin \u2026 aurait \u00e9t\u00e9 entendu en l\u2019absence des pr\u00e9venus, cette demande n\u2019est pas justifi\u00e9e, d\u00e8s lors que le proc\u00e8s-verbal en question renferme principalement des d\u00e9clarations testimoniales, des \u00e9changes de courrier et des documents administratifs qui sont v\u00e9rifiables de par leur seule existence.<\/p>\n<p>L\u2019audition du t\u00e9moin \u2026 par la police a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 faite en bonne et due forme et ce t\u00e9moin a \u00e9t\u00e9 entendu, en premi\u00e8re instance, sous la foi du serment, de sorte que le moyen soulev\u00e9 y relatif n\u2019est pas fond\u00e9.<\/p>\n<p>11 Quant \u00e0 la demande tendant \u00e0 voir entendre l\u2019enqu\u00eateur E , il convient d\u2019analyser la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une telle audition dans le cadre de l\u2019examen du fond de l\u2019affaire.<\/p>\n<p>Quant au fond<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus C et B et D demandent \u00e0 \u00eatre acquitt\u00e9s des pr\u00e9ventions mises \u00e0 leur charge.<\/p>\n<p>Quant aux infractions \u00e0 la l\u00e9gislation sur le gardiennage, C fait valoir que les activit\u00e9s de surveillance de la station \u2026 pour laquelle la soci\u00e9t\u00e9 A a offert ses services, ne constituent pas des activit\u00e9s de gardiennage et de surveillance au sens de la loi de 2002. Il se serait agi d\u2019une intervention relative \u00e0 des \u00e9v\u00e8nements, d\u00e8s lors que les employ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 A seraient uniquement intervenus pour surveiller les entr\u00e9es et sorties dans la station d\u2019essence et pour marquer une pr\u00e9sence.<\/p>\n<p>C pr\u00e9cise encore que, si concernant l\u2019objet social de la soci\u00e9t\u00e9 A il est question de gardiennage, toujours serait-il qu\u2019il y serait aussi question d\u2019assistance dans le cadre \u00e9v\u00e8nementiel.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moin \u2026 confirmerait d\u2019ailleurs que l\u2019activit\u00e9 des employ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 A se serait r\u00e9duite \u00e0 une intervention dans le cadre \u00e9v\u00e8nementiel d\u00e8s lors qu\u2019il se serait plaint de ce que les vols dans le magasin n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 emp\u00each\u00e9s et que les employ\u00e9s se seraient limit\u00e9s \u00e0 \u00eatre assis dans le magasin et \u00e0 manger des sandwichs.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la pr\u00e9vention d&#039;infraction \u00e0 l&#039;article 163 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales, les pr\u00e9venus font valoir qu&#039;ils auraient \u00e9tabli les bilans dans les d\u00e9lais de la loi et confi\u00e9 la publication \u00e0 leur comptable qui aurait n\u00e9glig\u00e9 de proc\u00e9der aux publications dans les d\u00e9lais, ce dont ils n&#039;auraient pas \u00e9t\u00e9 au courant. Les pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause d\u00e9montreraient que la fiduciaire en charge de la comptabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 A a re\u00e7u tous les documents n\u00e9cessaires en temps utile.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9venus D et B se rallient aux arguments d\u00e9velopp\u00e9s par C .<\/p>\n<p>Le mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 A et de C rel\u00e8ve qu\u2019il y a lieu de faire une interpr\u00e9tation stricte de la loi relative aux activit\u00e9s priv\u00e9es de gardiennage et de surveillance en ce qu\u2019elle constituerait une atteinte \u00e0 la libert\u00e9 de commerce. Rappelant que le l\u00e9gislateur est intervenu une premi\u00e8re fois en 1990 pour r\u00e9glementer la profession de gardiennage, il rel\u00e8ve que la protection des personnes ne vise que l\u2019activit\u00e9 de garde du corps et de surveillance d\u2019une maison priv\u00e9e et la protection du personnel d\u2019un magasin ne serait pas du tout en cause.<\/p>\n<p>Il rel\u00e8ve encore qu\u2019il d\u00e9coule tant des travaux pr\u00e9paratoires relatifs \u00e0 la loi du 6 juin 1990 que de ceux relatifs \u00e0 la loi de 2002 que le l\u00e9gislateur a entendu limiter l\u2019activit\u00e9 de gardiennage \u00e0 la surveillance des objets mobiliers et immobiliers et de garde du corps pour la protection des personnes, le l\u00e9gislateur n\u2019ayant pas suivi les avis du Conseil d\u2019Etat qui avait sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019inclure dans la surveillance des objets mobiliers et immobiliers celle des personnes se trouvant dans les immeubles \u00e0 surveiller et d\u2019ajouter \u00e0 la notion de surveillance celle d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il n\u2019y aurait aucune pr\u00e9cision quant aux services convenus entre parties, mais \u00e0 entendre le t\u00e9moignage d\u2019\u2026 du 12 mars 2014 qui a d\u00e9clar\u00e9 \u00ab Sie sollten das Personal vor \u00dcbergriffen und Anp\u00f6beln sch\u00fctzen und ebenfalls daf\u00fcr sorgen dass nicht zu viel zu Bruch geht \u00bb, comme visant la protection du personnel, cette activit\u00e9 ne tomberait pas sous le champ d\u2019application de la loi du 12 novembre 2002.<\/p>\n<p>12 Il rel\u00e8ve encore que tout un tas de services, auxquels d\u2019ailleurs les autorit\u00e9s publiques feraient appel, ne rentreraient pas dans le champ d\u2019application de la loi de 2002, tels les services relatifs \u00e0 des soir\u00e9es \u00e9v\u00e8nementiel les, mais \u00e9galement la surveillance de tout endroit o\u00f9 un certain nombre de personnes se rassemblent, telle une station de service.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, la prestation de service en cause serait strictement li\u00e9e \u00e0 l\u2019existence d\u2019un \u00e9v\u00e8nement particulier, de sorte qu\u2019une simple autorisation d\u2019\u00e9tablissement , dont la soci\u00e9t\u00e9 A dispose, suffirait. Les responsables de la soci\u00e9t\u00e9 se seraient d\u2019ailleurs adress\u00e9s au M inist\u00e8re de la Justice o\u00f9 ils auraient eu confirmation du fait qu\u2019ils pourraient intervenir lors d\u2019\u00e9v\u00e8nements sans \u00eatre en possession de l\u2019autorisation requise par la loi de 2002 et la soci\u00e9t\u00e9 serait souvent sollicit\u00e9e par l\u2019Etat et les communes lors d\u2019\u00e9v\u00e8nements officiels.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, l\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel de l\u2019infraction ferait d\u00e9faut, de sorte qu\u2019il y aurait lieu d\u2019acquitter les pr\u00e9venus de la pr\u00e9vention libell\u00e9e \u00e0 leur charge.<\/p>\n<p>En ordre subsidiaire, si la Cour devait retenir que le service prest\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 A tombe sous le champ d\u2019application de la loi du 12 novembre 2002, l\u2019infraction ne serait encore pas donn\u00e9e dans la mesure o\u00f9 cette activit\u00e9 individuelle n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e \u00e0 titre professionnel, en l\u2019absence d\u2019un caract\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9 de l\u2019activit\u00e9 en question. Le mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 A et de C se base, \u00e0 cet \u00e9gard, sur la jurisprudence de la Cour Sup\u00e9rieure de justice, dont un arr\u00eat de la Cour d\u2019appel qui aurait acquitt\u00e9 un entrepreneur de la pr\u00e9vention d\u2019exercice ill\u00e9gal d\u2019une profession en d\u00e9niant l\u2019existence d\u2019une r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9thodique d\u2019actes professionnels fond\u00e9s sur une organisation \u00e0 une activit\u00e9 des travaux de construction sur un chantier qui ont dur\u00e9 plus de trois mois (CA 7 juin 2005, 266\/05 V) et un arr\u00eat de la Cour de Cassation qui aurait retenu que des prestations isol\u00e9es ne sauraient constituer l\u2019exercice d\u2019une profession (Cass. 10 juillet 1997).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, la courte dur\u00e9e des services prest\u00e9s, soit au cours de 10 fins de semaine, ne permettrait pas de qualifier l\u2019activit\u00e9 reproch\u00e9e d\u2019activit\u00e9 exerc\u00e9e \u00e0 titre professionnel.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la pr\u00e9vention d\u2019infraction \u00e0 l\u2019article 163 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915 sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales, il y aurait lieu de tenir compte du fait que les pr\u00e9venus auraient en temps utile pris les d\u00e9cisions n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement des bilans et fourni ces derniers en bonne et due forme \u00e0 leur fiduciaire, qui elle aurait \u00e9t\u00e9 n\u00e9gligente.<\/p>\n<p>Il demande, en cons\u00e9quence, la suspension du prononc\u00e9 concernant cette infraction.<\/p>\n<p>Le mandataire des pr\u00e9venus B et D se rallie aux d\u00e9veloppements et demandes du mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 A et de C et il rel\u00e8ve que D n\u2019est plus administrateur de la soci\u00e9t\u00e9 A depuis le 14 septembre 2015.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019activit\u00e9 en cause en l\u2019esp\u00e8ce, il y aurait lieu de relever que les agents de la soci\u00e9t\u00e9 Ase seraient limit\u00e9s \u00e0 r\u00e9gler l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la station de service et \u00e0 \u00eatre pr\u00e9sent sur les lieux pour contr\u00f4ler les entr\u00e9es au magasin. Ils ne seraient d\u2019ailleurs pas intervenus lors d\u2019une bagarre, mais ils auraient appel\u00e9 la police.<\/p>\n<p>Il n\u2019y aurait aucune preuve quant aux activit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 A , l\u2019enqu\u00eateur E ne s\u2019y \u00e9tant rendu qu\u2019une seule fois et les policiers, qui seraient intervenus \u00e0 l\u2019occasion des bagarres, n\u2019auraient rien pu dire sur les prestations fournies par les employ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 A.<\/p>\n<p>Enfin, il y aurait une cam\u00e9ra de surveillance vid\u00e9o sur place et si l\u2019objectif des prestations avait \u00e9t\u00e9 la surveillance des objets mobiliers et immobiliers au sens de la loi de 2002, elle aurait d\u00fb \u00eatre exerc\u00e9e en cours de la journ\u00e9e o\u00f9 un bien plus grand nombre de personnes visiterait la station de service qu\u2019au cours de la nuit.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la pr\u00e9vention d\u2019infraction \u00e0 la loi sur les soci\u00e9t\u00e9s commerciales en raison du d\u00e9faut de publication des bilans des ann\u00e9es 2011 et 2012, la situation aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9gularis\u00e9e et actuellement tous les bilans de la soci\u00e9t\u00e9 A seraient publi\u00e9s conform\u00e9ment \u00e0 la loi.<\/p>\n<p>La repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public rel\u00e8ve que pour qualifier s\u2019il y a eu, dans le cas d\u2019esp\u00e8ce, une activit\u00e9 de gardiennage, il convient d\u2019analyser les contrats ayant li\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 A et la soci\u00e9t\u00e9 \u2026 , repr\u00e9sent\u00e9e par \u2026 et les activit\u00e9s exerc\u00e9es par les employ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 A \u00e0 l\u2019occasion de ces contrats.<\/p>\n<p>Or, il ressortirait des d\u00e9positions d\u2019\u2026 aupr\u00e8s de la police qu\u2019il avait fait appel \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 A, en raison de la venue au cours des fins de semaine de jeunes gens souvent tr\u00e8s \u00e9m\u00e9ch\u00e9s apr\u00e8s la fermeture des discoth\u00e8ques et caf\u00e9s, pour prot\u00e9ger le personnel (um auf das Personal aufzupassen), pour surveiller les biens mobiliers (aufpassen dass nicht zu viel zu Bruch kommt) et pour \u00e9viter des bagarres (um Schl\u00e4gereien zu unterbinden). Dans ce cadre, la soci\u00e9t\u00e9 A aurait mis \u00e0 disposition de la station de service deux employ\u00e9s pour \u00e9viter les risques pr\u00e9cit\u00e9s. Cette activit\u00e9 irait au- del\u00e0 d\u2019une intervention dans le cadre de l\u2019organisation d\u2019un \u00e9v\u00e8nement, alors qu\u2019il se serait clairement agi d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des biens et des personnes, car m\u00eame si l\u2019on qualifiait une situation d\u2019\u00e9v\u00e8nement, il faudrait distinguer entre l\u2019activit\u00e9 d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des objets et personnes contre des agressions et celle d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 contre des \u00e9ventuels accidents, tel par exemple un incendie.<\/p>\n<p>Les activit\u00e9s exerc\u00e9es \u00e0 la station de service \u2026 tomberaient ainsi clairement sous le champ d\u2019application de l\u2019article 2 de la loi du 12 novembre 2002. Le premier point de la loi viserait la surveillance de biens mobiliers et immobiliers qui consisterait, aux termes de l\u2019article 14 de la m\u00eame loi \u00e0 assurer \u00e0 titre professionnel, la s\u00e9curit\u00e9 des immeubles et biens mobiliers notamment par la pr\u00e9sence de gardiens, ce qui aurait \u00e9t\u00e9 le cas pour le magasin de la station de service et les biens mobiliers s\u2019y trouvant.<\/p>\n<p>Quant aux personnes physiques, leur protection serait vis\u00e9e par le point 4 de l\u2019article 2 de la loi de 2002 et d\u00e9fini, aux termes de l\u2019article 28 de la m\u00eame loi comme les activit\u00e9s consistant \u00e0 assurer \u00e0 titre professionnel, en permanence et \u00e0 des p\u00e9riodes d\u00e9termin\u00e9es, la s\u00e9curit\u00e9 des personnes physiques, tant \u00e0 leur domicile que durant les d\u00e9placements et \u00e0 les prot\u00e9ger en cas d\u2019agression. Si l\u2019activit\u00e9 vis\u00e9e concernerait certainement celle de \u00ab body guard \u00bb ou garde de corps, le l\u00e9gislateur n\u2019aurait cependant pas d\u00e9fini les moyens \u00e0 employer pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des biens immobiliers et des personnes physiques, ni dans la loi de 1990, ni dans celle de 2002. D\u00e8s lors que la surveillance statique aurait \u00e9t\u00e9 retenue, dans la mesure o\u00f9 l\u2019article 28 viserait l\u2019activit\u00e9 d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des domiciles sans distinction des personnes physiques s\u2019y trouvant, la surveillance des biens immobiliers pourrait \u00eatre entendue comme visant \u00e9galement les personnes s\u2019y trouvant.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la notion d\u2019activit\u00e9 professionnelle, la jurisprudence aurait, dans le cadre de d\u00e9cisions relatives \u00e0 l\u2019exercice ill\u00e9gal de professions et d\u2019infractions en mati\u00e8re d\u2019autorisations d\u2019\u00e9tablissement, retenu comme crit\u00e8res la r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9thodique des activit\u00e9s exerc\u00e9es et une organisation ad hoc (Cass. 10 juillet 1997, P. 30, p.246 et CA 18 f\u00e9vrier 2015, 57\/15).<\/p>\n<p>14 En l\u2019esp\u00e8ce, les crit\u00e8res en question seraient donn\u00e9s. Les pr\u00e9venus se seraient, en effet, dot\u00e9s d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 commerciale comportant une organisation professionnelle r\u00e9elle avec un si\u00e8ge social et du personnel et ayant comme objet social des activit\u00e9s de gardiennage et de surveillance. En outre, il y aurait eu une r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9thodique des interventions de la soci\u00e9t\u00e9 par 13 contrats individuels et 13 interventions y relatives et factur\u00e9es, alors que, concernant l\u2019affaire du chantier cit\u00e9e par le mandataire du pr\u00e9venu, les prestations en cause n\u2019auraient pas \u00e9t\u00e9 factur\u00e9es.<\/p>\n<p>Enfin, s\u2019agissant de la probl\u00e9matique des prestations fournies dans un cadre \u00e9v\u00e8nementiel, le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public rel\u00e8ve que le l\u00e9gislateur avait pr\u00e9vu de r\u00e8glementer cette activit\u00e9, mais il se serait vu confronter \u00e0 une opposition formelle de la part du Conseil d\u2019Etat, qui aurait consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019une activit\u00e9 de contr\u00f4le de bagages ou de v\u00eatements lors d\u2019\u00e9v\u00e8nements publics constituerait une atteinte \u00e0 la vie priv\u00e9e et la commission juridique de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s aurait abandonn\u00e9 le projet de loi. Le 10 juillet 2008, la Chambre des d\u00e9put\u00e9s aurait invit\u00e9 le gouvernement \u00e0 faire un projet de loi pour pallier au vide juridique concernant l\u2019intervention, mais aucun projet de loi n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la pr\u00e9vention de d\u00e9faut de publication des bilans, elle serait donn\u00e9e en l\u2019esp\u00e8ce, le fait de confier la comptabilit\u00e9 \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 ext\u00e9rieure ne dispensant pas les administrateurs de l\u2019obligation de publication et de veiller \u00e0 ce que cette publication ait effectivement lieu.<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public demande en cons\u00e9quence la confirmation du jugement entrepris tant en ce qui concerne les pr\u00e9ventions retenues \u00e0 charge des pr\u00e9venus qu\u2019en ce qui concerne les peines prononc\u00e9es.<\/p>\n<p>Il est constant en cause que la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e en date du 14 octobre 2011 et qu\u2019ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s membres du conseil d&#039;admini stration de la soci\u00e9t\u00e9 les pr\u00e9venus B, C et D, B et C \u00e9tant les administrateurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Les termes allemands de l&#039;objet social de la soci\u00e9t\u00e9 en question, qui sont: \u00ab &#8212; die \u00dcberwachung von beweglichen Mobilien und Immobilien; unter Bewachung von Immobilien und beweglichen Mobilien versteht man die Aktivit\u00e4ten welche darin bestehen, gewerbsm\u00e4\u00dfig die Sicherheit von Immobilien und beweglichen Mobilien zu gew\u00e4hrleisten, sei es durch die Anwesenheit von Wachm\u00e4nnern, sei es durch technische Mittel, welche mit einer \u00dcberwachungszentrale verbunden sind, und einen sachgem\u00e4\u00dfen Einsatz im Falle eines unbefugten Eindringens in die betroffenen Immobilien oder einer betr\u00fcgerischen Entwendung, sogar bei Drohung durch Dritte von Besch\u00e4digung der bewachten Besitzt\u00fcmer. &#8212; die Verwaltung von Alarmzentralen: unter Verwaltung von Alarmzentralen versteht man die Aktivit\u00e4ten welche darin bestehen, st\u00e4ndig gewerbsm\u00e4\u00dfig Alarmsysteme zu \u00fcberwachen und einen sofortigen Einsatz im Falle eines Ausl\u00f6sens des Alarms zu gew\u00e4hrleisten. &#8212; Geldtransport oder Werttransport: d.h. die Aktivit\u00e4ten welche darin bestehen, gewerbsm\u00e4\u00dfig Werte oder Gelder auf dem Territorium des Gro\u00dfherzogtums Luxemburg zu transportieren. &#8212; Personenschutz: gemeint sind Aktivit\u00e4ten welche gewerbsm\u00e4\u00dfig, st\u00e4ndig oder zu bestimmten Perioden, die Sicherheit von physischen Personen gew\u00e4hrleisten, sei es in ihrem Domizil, als auch w\u00e4hrend jeglicher Bewegung au\u00dferhalb ihres Domizils und sie im Falle eines physischen Angriffes zu besch\u00fctzen. Zweck der Gesellschaft ist ebenfalls die Erbringung von Sicherheitsdienstleistungen (Security-Dienstleistungen) bei kulturellen Veranstaltungen jeder Art &#8212; \u00bb, correspondent exactement aux termes d\u00e9finis par la loi du 12 novembre 2002 concernant les activit\u00e9s de gardiennage et de surveillance vis\u00e9es par l&#039;article 2, \u00e0 l&#039;exception de la derni\u00e8re activit\u00e9 concernant les \u00e9v\u00e8nements culturels.<\/p>\n<p>15 S&#039;agissant de l&#039;activit\u00e9 exerc\u00e9e aupr\u00e8s de la station- service \u2026 \u00e0 \u2026, il ressort du t\u00e9moignage d&#039;\u2026 que, le 31 octobre 2013, il a charg\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 A de la surveillance dans les localit\u00e9s du shop de la station- service \u2026, sise \u00e0 \u2026, en raison de probl\u00e8mes caus\u00e9s par des jeunes qui avaient l&#039;habitude de venir dans le magasin de la station les nuits des fins de semaine apr\u00e8s la fermeture des discoth\u00e8ques et caf\u00e9s. L&#039;objet du contrat \u00e9tait de prot\u00e9ger tant le personnel de la station- service que les lieux des d\u00e9bordements des jeunes, qui auraient notamment vol\u00e9 et commis des actes de vandalisme en lan\u00e7ant des objets dans le magasin.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9change de courriels entre la soci\u00e9t\u00e9 A et \u2026 et les factures dress\u00e9es par la soci\u00e9t\u00e9 A r\u00e9v\u00e8lent que la soci\u00e9t\u00e9 A est intervenue \u00e0 13 reprises \u00e0 \u2026 aupr\u00e8s de la station- service \u2026.<\/p>\n<p>Aux fins d\u2019appr\u00e9cier si l\u2019activit\u00e9 exerc\u00e9e par la soci\u00e9t\u00e9 A aupr\u00e8s de la station- service \u2026 \u00e0 \u2026 constitue une activit\u00e9 tombant sous le champ d\u2019application de la loi du 12 novembre 200 2, il convient, d\u2019abord, d\u2019analyser la situation l\u00e9gislative au Luxembourg relative aux activit\u00e9s priv\u00e9es de gardiennage et de surveillance.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re d&#039;activit\u00e9s priv\u00e9es de gardiennage et de surveillance, le l\u00e9gislateur luxembourgeois est intervenu une premi\u00e8re fois par une loi du 6 juin 1990. Eu \u00e9gard au d\u00e9veloppement des soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es de gardiennage et de surveillance et en raison du fait que les activit\u00e9s de ces soci\u00e9t\u00e9s de surveillance qui ne sont pas dans les missions directes des forces de l\u2019ordre, mais qui touchent de pr\u00e8s \u00e0 des attributions r\u00e9serv\u00e9es aux organes des forces de l\u2019ordre, il se recommandait de prendre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette profession des dispositions de contr\u00f4le \u00e9l\u00e9mentaire (Expos\u00e9 des motifs projet de loi relatif aux activit\u00e9s de gardiennage et de s\u00e9curit\u00e9 n\u00b03020) et il devenait n\u00e9cessaire de r\u00e9gler ces activit\u00e9s par la voie l\u00e9gislative.<\/p>\n<p>Tant le Conseil d\u2019Etat que la commission juridique se sont r\u00e9f\u00e9r\u00e9s aux notions de surveillance et de protection (Avis du Conseil d\u2019Etat du 14 juillet 1988 : \u00ab Par ailleurs il convient de remplacer le mot s\u00e9curit\u00e9 par surveillance. C\u2019est en effet par le moyen d\u2019activit\u00e9s de surveillance qu\u2019on veut atteindre le but qui est la s\u00e9curit\u00e9 des personnes et des biens \u00bb et rapport du 19 avril 1990.<\/p>\n<p>La Commission juridique s\u2019est encore r\u00e9f\u00e9r\u00e9e express\u00e9ment \u00e0 la surveillance au sein de surfaces commerciales aux fins de protection contre le vol \u00e0 l\u2019\u00e9talage en retenant ce qui suit :\u00ab Ce \u00ab bataillon \u00bb priv\u00e9 au service d\u2019une plus grande s\u00e9curit\u00e9 est engag\u00e9 \u00e0 travers le pays tout entier pour surveiller des immeubles, notamment durant les heures de nuit o\u00f9 ils sont inoccup\u00e9s pour prot\u00e9ger des personnes qui se sentent particuli\u00e8rement menac\u00e9es, pour effectuer des transports de fonds ou de valeurs, pour prot\u00e9ger des surfaces commerciales contre les vols dits \u00e0 l\u2019\u00e9talage et pour installer des syst\u00e8mes d\u2019alarmes et de s\u00e9curit\u00e9 sophistiqu\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>Un nouveau projet de loi n\u00b04784 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 le 27 mars 2001 et donn\u00e9 lieu \u00e0 la loi du 12 novembre 200 2.<\/p>\n<p>Par activit\u00e9s de gardiennage et de surveillance le texte du projet de loi ne visait plus la surveillance des personnes, mais seulement la surveillance des biens mobiliers et immobiliers, la gestion de centres d\u2019alarmes priv\u00e9s et le transport de fonds, la d\u00e9finition des activit\u00e9s de surveillance de biens mobiliers et immobiliers \u00e9tant donn\u00e9e par l\u2019article 14 du projet de loi avec la teneur suivante : \u00ab les activit\u00e9s qui consistent \u00e0 surveiller des immeubles et des biens mobiliers, soit par la pr\u00e9sence de gardiens, soit par des moyens techniques reli\u00e9s \u00e0 un central de surveillance, et \u00e0 assurer une intervention ad\u00e9quate en cas d\u2019intrusion non autoris\u00e9e dans les immeubles concern\u00e9s ou de<\/p>\n<p>16 soustraction frauduleuse, voire de menace d\u2019endommagement par des tiers des biens surveill\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019objectif de la loi visait \u00e0 am\u00e9liorer les dispositions concernant les diff\u00e9rentes activit\u00e9s priv\u00e9es de gardiennage et de surveillance en y apportant les pr\u00e9cisions n\u00e9cessaires quant aux exigences \u00e0 remplir par les professionnels en la mati\u00e8re, de l\u2019autre, \u00e0 pr\u00e9voir les mesures de s\u00e9curit\u00e9 pour faire face \u00e0 la r\u00e9cente \u00e9volution de la criminalit\u00e9 et aux nouvelles m\u00e9thodes employ\u00e9es dans le domaine des crimes et d\u00e9lits contre les personnes et les biens (expos\u00e9 des motifs projet de loi n\u00b04784).<\/p>\n<p>Dans son avis du 9 octobre 2001 relatif au projet de loi n\u00b04784, le Conseil d\u2019Etat a relev\u00e9 que \u00ab l\u2019exclusion de la protection des personnes physiques du champ d\u2019application des futures dispositions l\u00e9gales n\u2019\u00e9tait pas autrement motiv\u00e9e et il s\u2019est pos\u00e9 la question de savoir s\u2019il n\u2019y avait plus lieu de prendre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de cette profession de \u00ab body guard \u00bb ou garde de corps des dispositions de contr\u00f4le \u00e9l\u00e9mentaire et assurer un minimum de garanties quant \u00e0 la qualification des personnes exer\u00e7ant cette activit\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la surveillance des biens mobiliers, le Conseil d\u2019Etat a estim\u00e9 qu\u2019 \u00ab il est n\u00e9cessaire de pr\u00e9ciser d\u2019avantage les activit\u00e9s susceptibles de constituer une \u00ab surveillance de biens mobiliers et immobiliers \u00bb. D\u00e9finir la surveillance comme s\u2019entendant des activit\u00e9s qui consistent \u00e0 surveiller n\u2019est gu\u00e8re d\u2019une grande utilit\u00e9 pour cerner les activit\u00e9s en question. La surveillance consiste en premier lieu \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9 ou la protection des biens mobiliers et immobiliers. Il y aurait donc lieu pour le moins de faire figurer cette pr\u00e9cision dans la d\u00e9finition, et de substituer en cons\u00e9quence au terme \u00ab surveiller \u00bb les termes \u00ab assurer la s\u00e9curit\u00e9 \u00bb. Il appartiendra aux auteurs du projet de pr\u00e9ciser si cette mission comporte aussi, comme en droit fran\u00e7ais (article 1 er de la loi n\u00b083\/629 du 12 juillet 1983), celle d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des personnes directement ou indirectement li\u00e9es \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 des biens \u00bb.<\/p>\n<p>Le l\u00e9gislateur a pris en compte les observations du Conseil d\u2019Etat en pr\u00e9cisant la signification de surveillance dans l\u2019article 14 par les termes \u00ab Par surveillance de biens mobiliers et immobiliers au sens de la pr\u00e9sente loi, on entend les activit\u00e9s qui consistent \u00e0 assurer \u00e0 titre professionnel la s\u00e9curit\u00e9 des immeubles et des biens mobiliers,\u2026. \u00bb et en incluant en tant qu\u2019activit\u00e9s de gardiennage et de surveillance, la protection des personnes physiques, l\u2019article 28 d\u00e9finissant celles-ci comme \u00e9tant \u00ab les activit\u00e9s qui consistent \u00e0 assurer \u00e0 titre professionnel, en permanence ou \u00e0 des p\u00e9riodes d\u00e9termin\u00e9es, la s\u00e9curit\u00e9 de personnes physiques, tant \u00e0 leur domicile que durant leurs d\u00e9placements et \u00e0 les prot\u00e9ger en cas d&#039;agression \u00bb.<\/p>\n<p>Par contre, le l\u00e9gislateur n\u2019a pas suivi le Conseil d\u2019Etat pour inclure la pr\u00e9cision que la surveillance des biens mobiliers et immobiliers comporte celle d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des personnes directement ou indirectement li\u00e9es \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de ces biens.<\/p>\n<p>Il convient encore de relever que certaines activit\u00e9s prest\u00e9es dans le cadre de manifestations culturelles, sportives ou festives, telles que par exemple, l\u2019organisation des acc\u00e8s aux lieux, la surveillance du d\u00e9roulement de l\u2019\u00e9v\u00e8nement, le contr\u00f4le de titre d\u2019acc\u00e8s, la distribution de badges ou de tampons, l\u2019indication des places, ne tombent pas sous le champ de la loi de 2002 et il n\u2019existe \u00e0 l\u2019heure actuelle pas de l\u00e9gislation r\u00e9glementant ces activit\u00e9s. Ainsi, la question des fouilles des bagages ou des personnes lors de l\u2019acc\u00e8s d\u2019\u00e9v\u00e8nements reste pos\u00e9e en ce qu\u2019en l\u2019absence de r\u00e9glementation on peut se demander si le l\u00e9gislateur estime que cette activit\u00e9 est de la comp\u00e9tence exclusive de la police ou si elle peut \u00eatre faite sans autorisation.<\/p>\n<p>17 Ce sont donc les activit\u00e9s de surveillance aux fins d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des biens mobiliers et immobiliers (article 14) et de surveillance en vue de la protection des personnes (article 28), qui sont vis\u00e9es par la loi du 12 novembre 200 2 et il convient dans chaque cas d\u2019esp\u00e8ce d\u2019examiner si l\u2019activit\u00e9 en cause rentre dans ces notions de surveillance et de protection.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, il ressort des t\u00e9moignages d\u2019\u2026 et de \u2026 que la soci\u00e9t\u00e9 A a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e aux fins de surveiller le terrain de la station de service \u2026, ainsi que le magasin de la station pour \u00e9viter des actes de vandalisme et des vols.<\/p>\n<p>Cette activit\u00e9 de surveillance par les employ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 A a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par les policiers \u2026 et \u2026, qui se sont rendus sur place alors qu\u2019ils y avaient \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s aux fins d\u2019intervention en raison de bagarres et d\u2019actes de vandalisme survenus \u00e0 la station. M\u00eame si l\u2019on exclut la surveillance des personnes au sens des articles 2.4. et 28 de la loi du 12 novembre 2002, toujours est-il que l\u2019essence des contrats ayant li\u00e9 les parties en cause \u00e9tait d\u2019assurer la s\u00e9curit\u00e9 des biens mobiliers et immobiliers contre des agressions par des personnes venant dans le magasin de la station de service \u2026 au cours de la nuit et c\u2019est bien cette activit\u00e9 de surveillance pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des biens immobiliers et mobiliers par la pr\u00e9sence de gardiens qui y a \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e.<\/p>\n<p>Il ne saurait s\u2019agir d&#039;une intervention \u00e0 caract\u00e8re \u00e9v\u00e8nementiel, d\u00e8s lors que l&#039;on ne saurait raisonnablement qualifier de manifestation \u00e9v\u00e8nementielle, la venue intempestive de jeunes gens dans un lieu destin\u00e9 \u00e0 la vente d&#039;essence et au commerce. Le but des contrats ayant li\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 A et les prestations fournies par les employ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 dans la station de service \u2026 au cours des nuits n\u2019\u00e9taient pas limit\u00e9s \u00e0 des activit\u00e9s que l\u2019on peut qualifier d\u2019\u00ab \u00e9v\u00e8nementiel \u00bb, \u00e9voqu\u00e9es ci-dessus.<\/p>\n<p>En outre, ni le fait que la police a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e sur place alors qu\u2019une bagarre et des actes de vandalisme ont eu lieu en pr\u00e9sence des employ\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 A, ni les reproches formul\u00e9s \u00e0 l\u2019encontre du travail des employ\u00e9s, en ce qu\u2019ils se seraient limit\u00e9s \u00e0 rester assis dans le magasin et \u00e0 manger des sandwichs, n\u2019enl\u00e8vent aux activit\u00e9s leur qualification d\u2019activit\u00e9s de surveillance pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des immeubles et des biens mobiliers la pr\u00e9sence de gardiens.<\/p>\n<p>De m\u00eame, la circonstance invoqu\u00e9e par la d\u00e9fense des pr\u00e9venus, selon laquelle la station de service \u2026 disposait de cam\u00e9ras de surveillance et \u00e9tait donc surveill\u00e9e par d\u2019autres moyens que des gardiens n\u2019est pas pertinente, d\u00e8s lors qu\u2019au vu des probl\u00e8mes sp\u00e9cifiques rencontr\u00e9s lors des fins de semaine par l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un grand nombre de jeunes gens souvent en \u00e9tat d\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9, une surveillance suppl\u00e9mentaire s\u2019av\u00e9rait n\u00e9cessaire, tel que cela ressort d\u2019ailleurs du t\u00e9moignage d\u2019\u2026.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A s\u2019est partant engag\u00e9e contractuellement et a mat\u00e9riellement ex\u00e9cut\u00e9 des activit\u00e9s de surveillance de biens immobiliers et mobiliers, qui tombent sous le champ d\u2019application de la pr\u00e9dite loi du 12 novembre 2002.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la question de savoir si ces activit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9es \u00e0 titre professionnel, il y a lieu de relever que l\u2019exercice d\u2019une activit\u00e9 \u00e0 titre professionnel exige la r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9thodique d\u2019actes professionnels, fond\u00e9e sur une organisation ad hoc et la procuration d\u2019un revenu principal par l\u2019activit\u00e9 exerc\u00e9e. Il faut que ce soit une activit\u00e9 s\u00e9rieuse et exerc\u00e9e \u00e0 titre lucratif.<\/p>\n<p>Ces conditions sont remplies en l&#039;esp\u00e8ce, d\u00e8s lors qu&#039;il y eu finalit\u00e9 lucrative et r\u00e9p\u00e9tition des activit\u00e9s vis\u00e9es. Tel que relev\u00e9 ci-dessus, la soci\u00e9t\u00e9 A dispose d\u2019une organisation ad hoc r\u00e9elle comprenant un si\u00e8ge social, une organisation administrative et des employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019activit\u00e9 vis\u00e9e, m\u00eame si la soci\u00e9t\u00e9 A et ses administrateurs ne sont poursuivis que du chef de prestations fournies \u00e0 une seule soci\u00e9t\u00e9, il s\u2019agit d\u2019actes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, d\u00e8s lors que la soci\u00e9t\u00e9 A a fourni les prestations en question \u00e0 13 reprises au cours de dix fins de semaine. La soci\u00e9t\u00e9 Aa d\u2019ailleurs fait une offre nouvelle pour chaque fin de semaine en demandant confirmation de la commande.<\/p>\n<p>La Cour observe, \u00e0 cet \u00e9gard, que s\u2019il est vrai que la Cour de Cassation a \u00e9cart\u00e9 l\u2019infraction d\u2019exercice ill\u00e9gal d\u2019une profession bas\u00e9e sur une prestation isol\u00e9e (Cass.10.7.1997, pr\u00e9cit\u00e9), les prestations en cause en l\u2019esp\u00e8ce ne sauraient \u00eatre qualifi\u00e9es de prestation isol\u00e9e. Elles ne sauraient non plus \u00eatre compar\u00e9es \u00e0 l\u2019activit\u00e9 de construction invoqu\u00e9e par la d\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9 A et de C , d\u00e8s lors que des travaux de chantier en vue de l\u2019ach\u00e8vement d\u2019une construction ne saurai ent \u00eatre assimil\u00e9s \u00e0 des prestations de m\u00eame nature et de m\u00eame dur\u00e9e fournies de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e. En outre, tr\u00e8s r\u00e9cemment la Cour d\u2019appel a retenu, dans d\u2019autres affaires relatives \u00e0 des travaux de construction, que les travaux de construction prest\u00e9s sur un chantier unique constituaient la r\u00e9p\u00e9tition m\u00e9thodique d\u2019actes professionnels et ils ont retenu la pr\u00e9vention d\u2019exercice ill\u00e9gal de la profession (CA n\u00b0 218\/15 V du 26 mai 2015 et n\u00b057\/15 X du 18 f\u00e9vrier 2015).<\/p>\n<p>Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, la Cour d\u2019appel estime qu\u2019il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019entendre l\u2019enqu\u00eateur E et la demande y aff\u00e9rente est \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>En vertu de l\u2019article 1 er de la loi pr\u00e9cit\u00e9e de 2002, les activit\u00e9s de gardiennage et de surveillance pr\u00e9cit\u00e9es ne peuvent \u00eatre exerc\u00e9es au Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg sans l\u2019autorisation \u00e9crite du Ministre de la Justice.<\/p>\n<p>L\u2019article 30 de la m\u00eame loi institue le non-respect de cette disposition en d\u00e9lit.<\/p>\n<p>Ni la soci\u00e9t\u00e9 A, ni les pr\u00e9venus C et B,D n&#039;ont encore obtenu pareille autorisation de la part du Minist\u00e8re de la Justice.<\/p>\n<p>Il est d\u00e8s lors \u00e9tabli que la soci\u00e9t\u00e9 Aa exerc\u00e9, \u00e0 titre professionnel, durant la p\u00e9riode allant du 31 octobre 2013 au 7 d\u00e9cembre 2013, et que les pr\u00e9venus C, D et B ont exerc\u00e9, \u00e0 titre professionnel et par le biais de la soci\u00e9t\u00e9 A, une activit\u00e9 de gardiennage sans avoir \u00e9t\u00e9 en possession de l\u2019autorisation aff\u00e9rente du Ministre de la Justice, de sorte que l\u2019infraction \u00e0 la loi pr\u00e9cit\u00e9e du 12 novembre 2002 est donn\u00e9e.<\/p>\n<p>S\u2019agissant de la pr\u00e9vention d\u2019infraction \u00e0 l\u2019article 163, 2\u00b0 de la loi modifi\u00e9e du 10 ao\u00fbt 1915, c&#039;est d&#039;abord, \u00e0 bon droit, que la soci\u00e9t\u00e9 Aa \u00e9t\u00e9 acquitt\u00e9e de la pr\u00e9vention en question, l\u2019obligation de la publication des bilans incombant, selon le texte m\u00eame de la loi, aux seuls administrateurs.<\/p>\n<p>La pr\u00e9vention en question se trouve cependant \u00e9tablie \u00e0 l&#039;\u00e9gard des administrateurs C, D et B tant pour le bilan de 2011 que pour le bilan 2012 de la soci\u00e9t\u00e9 A, la Cour adoptant la motivation des juges de premi\u00e8re instance tant en ce qui concerne l&#039;\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel que l&#039;\u00e9l\u00e9ment moral de l&#039;infraction en question.<\/p>\n<p>Ainsi, l\u2019administrateur qui n\u2019a pas fait proc\u00e9der \u00e0 la publication requise par la loi est pr\u00e9sum\u00e9 se trouver en infraction par suite du seul constat de cette omission, qui constitue la faute infractionnelle et il ne peut renverser cette pr\u00e9somption qu&#039;en faisant valoir qu\u2019il n\u2019a pas agi librement et consciemment, c&#039;est-\u00e0-dire en rendant cr\u00e9dible une cause de justification (Cour de cassation, 25 f\u00e9vrier 2010, n\u00b0 11\/2010 p\u00e9nal). Le seul fait de confier les bilans \u00e0 un comptable aux fins de publication ne saurait valoir cause<\/p>\n<p>19 de justification pour les administrateurs de ne pas avoir respect\u00e9 les dispositions l\u00e9gales relatives au d\u00e9p\u00f4t des comptes sociaux.<\/p>\n<p>Les peines prononc\u00e9es sont l\u00e9gales par une exacte application des r\u00e8gles du concours des infractions. Elles sont \u00e9galement ad\u00e9quates eu \u00e9gard \u00e0 la gravit\u00e9 des infractions commises.<\/p>\n<p>Au vu de ce qui pr\u00e9c\u00e8de, le jugement entrepris est \u00e0 confirmer dans son int\u00e9gralit\u00e9.<\/p>\n<p>P A R C E S M O T I F S ,<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, cinqui\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, statuant contradictoirement, les pr\u00e9venus C, D, B et la soci\u00e9t\u00e9 A entendus en leurs d\u00e9clarations et moyens et le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public en son r\u00e9quisitoire,<\/p>\n<p>re\u00e7oit les appels;<\/p>\n<p>dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de surs eoir \u00e0 statuer;<\/p>\n<p>dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu d\u2019entendre l\u2019enqu\u00eateur E ;<\/p>\n<p>dit les appels non fond\u00e9s;<\/p>\n<p>confirme le jugement entrepris;<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 anonyme A , C, D et B aux frais de leurs poursuites en instance d\u2019appel, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 11,18 \u20ac pour chacun.<\/p>\n<p>Par application des articles cit\u00e9s par la juridiction de premi\u00e8re instance et par application des articles 199, 202, 203, 209 et 211 du Code d\u2019instruction criminelle.<\/p>\n<p>Ainsi fait et jug\u00e9 par la Cour d&#039;appel du Gran d-Duch\u00e9 de Luxembourg, cinqui\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, compos\u00e9e de Madame Lotty PRUSSEN, pr\u00e9sident de chambre, et Mes dames Nathalie JUNG et Marie MACKEL, conseillers, qui ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent arr\u00eat avec le greffier Cornelia SCHMIT.<\/p>\n<p>La lecture de l&#039;arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite en audience publique \u00e0 la Cit\u00e9 Judiciaire, B\u00e2timent CR, Plateau du St. Esprit, par Madame Lotty PRUSSEN, pr\u00e9sident de chambre, en pr\u00e9sence de Madame Simone FLAMMANG , avocat g\u00e9n\u00e9ral, et de Madame Cornelia SCHMIT, greffier.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-5-correctionnelle\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-5-correctionnelle\/20240827-181138\/20151124-520a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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