{"id":859555,"date":"2026-05-08T00:20:14","date_gmt":"2026-05-07T22:20:14","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-19-novembre-2015\/"},"modified":"2026-05-08T00:20:20","modified_gmt":"2026-05-07T22:20:20","slug":"tribunal-darrondissement-19-novembre-2015","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/ru\/jurisprudences\/tribunal-darrondissement-19-novembre-2015\/","title":{"rendered":"Tribunal d&#8217;arrondissement, 19 novembre 2015"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>1<\/p>\n<p>Jugt no 3167\/2015 not. 4193\/06\/CD et not. 6704\/06\/CD<\/p>\n<p>1x ex.p.\/s.p. opp. \u00e9tr.<\/p>\n<p>JUGEMENT SUR OPPOSITION<\/p>\n<p>AUDIENCE PUBLIQUE DU 19 NOVEMBRE 2015<\/p>\n<p>Le tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, seizi\u00e8me chambre correctionnelle, a rendu le jugement qui suit :<\/p>\n<p>Dans la cause du minist\u00e8re public contre<\/p>\n<p>X.), n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 (\u2026) (Maroc), demeurant \u00e0 MA-(\u2026)\/(\u2026) (Maroc), (\u2026)\/(\u2026),<\/p>\n<p>&#8212; p r \u00e9 v e n u e &#8212;<\/p>\n<p>en pr\u00e9sence de :<\/p>\n<p>SOC1.) INVESTMENTS LIMITED, soci\u00e9t\u00e9 soumise aux droits des Iles vierges Britanniques sous la forme d\u2019une BVI et immatricul\u00e9e au Registre des Iles Vierges Britanniques (\u00ab British Virgin Islands registar of corportate affairs \u00bb) sous le num\u00e9ro (\u2026) , ayant son si\u00e8ge social au c\/o Igaza, Gonzalez-Ruiz &amp; Aleman (BVI) Trust Limited, (\u2026), Second Floor, (\u2026),(\u2026), Iles Vierges Britanniques, repr\u00e9sent\u00e9e par son director en fonction (ci-apr\u00e8s \u00ab Samarand \u00bb),<\/p>\n<p>comparant par Ma\u00eetre Fabio TREVISAN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, assist\u00e9 de Ma\u00eetre Pierre DE PREUX, avocat au barreau de Gen\u00e8ve,<\/p>\n<p>partie civile constitu\u00e9e contre la pr\u00e9venue X.) , pr\u00e9qualifi\u00e9e<\/p>\n<p>___________________________________<\/p>\n<p>F A I T S :<\/p>\n<p>X.) a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9e par jugement num\u00e9ro 2904\/2014 du 5 novembre 2014 (notice 4193\/06\/CD et 6704\/06\/CD) rendu par d\u00e9faut \u00e0 son \u00e9gard par le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, chambre correctionnelle dont le dispositif est con\u00e7u comme suit :<\/p>\n<p>\u00ab P A R C E S M O T I F S<\/p>\n<p>le tribunal d&#039;arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, seizi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, statuant par d\u00e9faut \u00e0 l\u2019\u00e9gard de X.), la demanderesse au civil entendue en ses conclusions et le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public entendu en son r\u00e9quisitoire, au p\u00e9nal<\/p>\n<p>c o n d a m n e X.) du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge \u00e0 une peine d\u2019emprisonnement de trente (30) mois, \u00e0 une amende de cinq mille (5.000) euros, ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 185,42 euros ;<\/p>\n<p>f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non- paiement de l&#039;amende \u00e0 cent (100) jours ;<\/p>\n<p>au civil<\/p>\n<p>d o n n e acte \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LIMITED de sa constitution de partie civile contre X.) ;<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e comp\u00e9tent pour en conna\u00eetre ;<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e la demande recevable en la forme;<\/p>\n<p>d i t non fond\u00e9e la demande ;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de cette demande civile \u00e0 charge de la demanderesse au civil.<\/p>\n<p>Par application des articles 14, 15, 16, 27, 28, 29, 30, 60, 66, 77, 196, 197, 461, 463 et 496 du code p\u00e9nal, 2, 3, 155, 179, 182, 184, 185, 189, 190, 190- 1, 194, 194- 1, 195 et 196 du code d&#039;instruction criminelle, dont mention a \u00e9t\u00e9 faite. \u00bb<\/p>\n<p>Par courrier dat\u00e9 du 15.1.2015 entr\u00e9 au greffe du Parquet X.) (ci-apr\u00e8s X.)) a fait relever opposition contre le pr\u00e9dit jugement n\u00b0 2904\/2014 du 5 novembre 2014.<\/p>\n<p>Par citation du 8.4. 2015 Monsieur le procureur d&#039;Etat pr\u00e8s le tribunal d&#039;arrondissement de Luxembourg a cit\u00e9 X.) \u00e0 compara\u00eetre \u00e0 l&#039;audience publique du 27 mai 2015 devant le tribunal correctionnel de ce si\u00e8ge, pour y entendre statuer sur l\u2019opposition interjet\u00e9e par elle.<\/p>\n<p>A l\u2019audience publique du 27.5.2015 l\u2019affaire fut contradictoirement refix\u00e9e aux audiences des 13,14 et 20 octobre 2015.<\/p>\n<p>A l\u2019audience du 13.10.2015 Ma\u00eetre Lydie LORANG, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg se pr\u00e9senta et d\u00e9clara repr\u00e9senter la pr\u00e9venue X.) dit X.).<\/p>\n<p>En application de l\u2019article 185 (1) alin\u00e9a 3 du code d\u2019instruction criminelle, un avocat peut pr\u00e9senter les moyens de d\u00e9fense du pr\u00e9venu lorsque ce dernier ne compara\u00eet pas en personne, et il sera jug\u00e9 par jugement contradictoire \u00e0 l\u2019\u00e9gard du pr\u00e9venu.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins T1.) et T2.) furent entendus chacun s\u00e9par\u00e9ment en leurs d\u00e9clarations orales apr\u00e8s avoir pr\u00eat\u00e9 serment pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article 155 du code d\u2019instruction criminelle.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Fabio TREVISAN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, assist\u00e9 de Ma\u00eetre Pierre DE PREUX, avocat au barreau de Gen\u00e8ve, se constitua partie civile au nom et pour compte de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LIMITED, (ci-apr\u00e8s SOC1.)), pr\u00e9qualifi\u00e9e, demanderesse au civil, contre la pr\u00e9venue X.) , pr\u00e9qualifi\u00e9e, d\u00e9fenderesse au civil. Il donna lecture des conclusions \u00e9crites qu\u2019il d\u00e9posa ensuite sur le bureau du tribunal et qui furent sign\u00e9es par le vice- pr\u00e9sident et par le greffier.<\/p>\n<p>Le tribunal fixa la continuation des d\u00e9bats aux audiences publiques des 20 et 21 octobre 2015.<\/p>\n<p>A l\u2019audience du 20 octobre 2015, Ma\u00eetre Lydie LORANG et Ma\u00eetre Lionel WIRTZ, avocat au barreau de Bruxelles, d\u00e9velopp\u00e8rent les moyens de d\u00e9fense de X.) , tant au p\u00e9nal qu\u2019au civil.<\/p>\n<p>A l\u2019audience du 21 octobre 2015, Ma\u00eetre Pierre DE PREUX d\u00e9veloppa plus amplement les moyens de la partie civile, la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) , pr\u00e9qualifi\u00e9e.<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public, Monsieur Guy BREISTROFF, premier substitut du procureur d\u2019Etat, r\u00e9suma l&#039;affaire et fut entendu en son r\u00e9quisitoire.<\/p>\n<p>Le tribunal prit l&#039;affaire en d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et rendit \u00e0 l&#039;audience publique de ce jour, date \u00e0 laquelle le prononc\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 fix\u00e9,<\/p>\n<p>L E J U G E M E N T Q U I S U I T :<\/p>\n<p>Vu le jugement num\u00e9ro 2904\/2014 du 5 novembre 2014 rendu par d\u00e9faut \u00e0 l\u2019encontre de X.) par le tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg, chambre correctionnelle notifi\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9venue le 12.1.2015.<\/p>\n<p>Par courrier dat\u00e9 du 15 janvier 2015 entr\u00e9 au greffe du Parquet le 16 janvier 2015 le d\u00e9fenseur de X.) a relev\u00e9 opposition contre ce jugement n\u00b0 2904\/2014.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des d\u00e9bats \u00e0 l\u2019audience et du courrier pr\u00e9cit\u00e9 que cette opposition a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 notifi\u00e9e \u00e0 la partie civile.<\/p>\n<p>L\u2019opposition est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 faite dans les forme et d\u00e9lai de la loi,<\/p>\n<p>En application des dispositions de l\u2019article 187 du code d&#039;instruction criminelle il y a lieu de d\u00e9clarer non avenues les condamnations intervenues au p\u00e9nal et au civil \u00e0 l\u2019encontre de X.) et de statuer \u00e0 nouveau quant au bien- fond\u00e9 des pr\u00e9ventions lui reproch\u00e9es par le minist\u00e8re public.<\/p>\n<p>Vu les rapports num\u00e9ro 733- 8 du 7 avril 2006, num\u00e9ro 733- 15 du 11 avril 2006, num\u00e9ro 733- 19 du 4 mai 2006, num\u00e9ro 733- 22 du 1 er juin 2006, num\u00e9ros 733- 34 et 733- 36 du 27 juin 2006, num\u00e9ro 733-38 du 28 juin 2006, num\u00e9ros 733- 46 et 733- 47 du 4 juillet 2006, num\u00e9ro 733-55 du 11 juillet 2006, num\u00e9ro 733- 57 du 13 juillet 2006, num\u00e9ro 733- 60 du 17 juillet 2006, num\u00e9ro 733- 65 du 30 octobre 2006, num\u00e9ro 733-69 du 6 d\u00e9cembre 2006, num\u00e9ro 733-72 du 11 d\u00e9cembre 2006, num\u00e9ro 733- 75 du 13 f\u00e9vrier 2007, num\u00e9ro 733- 79 du 7 mars 2007, num\u00e9ro 733- 81 du 13 mars 2007, num\u00e9ro 733- 88 du 26 juin 2007, num\u00e9ro 733- 91 du 26 mai 2008, num\u00e9ro 733- 98 du 8 janvier 2009, num\u00e9ro 733-105 du 28 janvier 2009, dress\u00e9s par la police grand- ducale, service de police judiciaire.<\/p>\n<p>Vu l\u2019information men\u00e9e par le juge d\u2019instruction.<\/p>\n<p>Vu l\u2019arr\u00eat num\u00e9ro 77\/13 rendu le 6 f\u00e9vrier 2013 par la chambre de conseil de la cour d\u2019appel renvoyant X.), par application de circonstances att\u00e9nuantes, devant une chambre correctionnelle de ce m\u00eame tribunal du chef de faux et usage de faux, de tentatives d\u2019escroquerie, ainsi que du chef de vol commis \u00e0 l\u2019aide de fausses cl\u00e9s, sinon de vol domestique, sinon d\u2019abus de confiance, sinon encore de vol. Au p\u00e9nal<\/p>\n<p>Aux termes de la citation \u00e0 pr\u00e9venu, ensemble l\u2019arr\u00eat de la chamb re de conseil de la cour d\u2019appel, le minist\u00e8re public reproche \u00e0 X.) :<\/p>\n<p>1) le 1 er d\u00e9cembre 2004, \u00e0 Luxembourg, au si\u00e8ge de la banque BQUE1.) , (\u2026),<\/p>\n<p>d\u2019avoir commis un vol, sinon un abus de confiance, au pr\u00e9judice d&#039;A.) concernant 915.000 actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) S.A., ayant son si\u00e8ge social \u00e0 Bruxelles, qui avaient \u00e9t\u00e9 entrepos\u00e9es au coffre n\u00b0 92 ouvert aupr\u00e8s de la banque BQUE1.) au nom de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LTD, soci\u00e9t\u00e9 de droit BVI,<\/p>\n<p>2) au mois de f\u00e9vrier 2005, dans l&#039;arrondissement judicaire de Luxembourg, ainsi qu&#039;\u00e0 Longwy, (\u2026),<\/p>\n<p>d&#039;avoir sign\u00e9 et avoir fait signer \u00e0 A.) un faux don manuel qui ne s&#039;est pas effectu\u00e9, \u00e0 le supposer r\u00e9el, quod non, \u00e0 Bruxelles, A.) ayant \u00e9t\u00e9 alit\u00e9e au Grand-Duch\u00e9 le 15 d\u00e9cembre 2004, et d&#039;avoir fait usage de ce faux en le remettant \u00e0 Ma\u00eetre Marie- Pascale HILBERT, notaire de r\u00e9sidence \u00e0 Longwy, afin de lui attribuer date certaine, et<\/p>\n<p>dans le but de s&#039;approprier 915.000 actions au porteur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) S.A., ayant son si\u00e8ge \u00e0 Bruxelles, avoir tent\u00e9 de se faire remettre ces actions suite \u00e0 des man\u0153uvres frauduleuses consistant dans la production d&#039;un faux contrat de don manuel devant notaire pour lui conf\u00e9rer date certaine et en faisant croire \u00e0 A.) qu&#039;elle allait r\u00e9gler les questions inh\u00e9rentes \u00e0 sa succession future, quod non, la r\u00e9solution de commettre l&#039;escroquerie s&#039;\u00e9tant manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs formant un commencement d&#039;ex\u00e9cution, tentative qui n\u2019a manqu\u00e9 ses effets que gr\u00e2ce \u00e0 la t\u00e9nacit\u00e9 d&#039;A.) qui ne voulait pas se d\u00e9faire desdites actions;<\/p>\n<p>3) le 20 septembre 2005, dans l&#039;arrondissement judiciaire de Luxembourg, et notamment \u00e0 L- 4412 Belvaux, 37, rue des Alli\u00e9s, en l&#039;\u00e9tude du notaire Ma\u00eetre Jean- Joseph Wagner,<\/p>\n<p>dans le but de s&#039;approprier une grande partie de la fortune de la vicomtesse A.), avoir tent\u00e9 de se faire remettre la quotit\u00e9 disponible de la succession de la vicomtesse une fois qu&#039;elle sera ouverte, en usant de man\u0153uvres frauduleuses consistant dans une d\u00e9marche aupr\u00e8s du notaire Jean- Joseph WAGNER tendant \u00e0 faire authentifier un testament manuscrit dict\u00e9 de toutes pi\u00e8ces \u00e0 A.) l&#039;instaurant l\u00e9gataire universelle de la succession \u00e0 venir d&#039;A.), en faisant croire \u00e0 cette derni\u00e8re qu&#039;une telle disposition permettrait la mise en place post mortem d&#039;une fondation \u00e0 son nom, la r\u00e9solution de commettre l&#039;infraction ayant \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui forment un commencement d&#039;ex\u00e9cution de l&#039;escroquerie, \u00e0 savoir la dict\u00e9e du testament olographe, le rendez-vous pris aupr\u00e8s du notaire et le d\u00e9placement en son \u00e9tude, ainsi que les vives critiques \u00e0 l&#039;\u00e9gard du notaire apr\u00e8s la r\u00e9daction du testament authentique l&#039;\u00e9vin\u00e7ant en tant que l\u00e9gataire, actes qui n&#039;ont manqu\u00e9 leur effet que gr\u00e2ce \u00e0 la perspicacit\u00e9 du notaire instrumentant qui a isol\u00e9 la testatrice et lui a expliqu\u00e9 les termes de son testament.<\/p>\n<p>Les faits :<\/p>\n<p>La plaignante, A.), n\u00e9e le (\u2026) \u00e0 Bruxelles et appartenant \u00e0 une des plus riches familles de Belgique, qui est un des trois actionnaires principaux du groupe brassicole SOC3.), se marie le 9 f\u00e9vrier 2001 avec B.) sous le r\u00e9gime de la communaut\u00e9 universelle. Le couple s\u2019installe en 2001 au Luxembourg et A.) adopte les deux fils majeurs de B.), E1.) et E2.), par jugement du tribunal d\u2019arrondissement de Luxembourg du 5 juin 2003.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les relations entre la famille A.)\/B.) et X.), il ressort des diff\u00e9rentes d\u00e9positions de la plaignante devant les enqu\u00eateurs et le juge d\u2019instruction confirm\u00e9es \u00e0 l\u2019audience par le mandataire de X.) qu\u2019A.) fait la connaissance de X.) , en sa qualit\u00e9 d\u2019avocat, en 2000 en Belgique par le biais de son mari et qu\u2019\u00e0 partir de ce moment, X.) est le conseil juridique de la famille. Suite au d\u00e9c\u00e8s de B.) , X.) s\u2019occupe de la gestion de la fortune et des d\u00e9penses priv\u00e9es d\u2019A.) contre une r\u00e9mun\u00e9ration mensuelle de 10.000 euros.<\/p>\n<p>Suivant d\u00e9clarations \u00e0 l\u2019audience X.) demeure le mandataire d\u2019E1.) et E2.) jusqu\u2019en avril 2012, date \u00e0 partir de laquelle ma\u00eetre Pierre de PREUX r\u00e9cup\u00e8re les documents de ses mandants et de leurs soci\u00e9t\u00e9s dans le bureau d\u2019avocat de X.) \u00e0 Londres.<\/p>\n<p>Le 28.5.2004 la soci\u00e9t\u00e9 SOC4.) TRUST, \u00e9tablie \u00e0 Tortola (BVI), cr\u00e9e la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) \u00e0 la demande de A.) et X.). C.) est nomm\u00e9 directeur, pr\u00e9sident et secr\u00e9taire d\u2019SOC1.).<\/p>\n<p>Le 16 juin 2004 les \u00e9poux B.) &#8212; A.) cr\u00e9ent la soci\u00e9t\u00e9 SOC5.) SA \u00e0 parts \u00e9gales (87.500 actions chacun) par apport en nature de chacun de 458.088 actions SOC2.) .<\/p>\n<p>Par contrat de vente dat\u00e9 du 29.9.2004 les \u00e9poux B.) &#8212; A.) vendent 7.280.424 actions au porteur SOC3.) (SOC2.) SA) \u00e0 SOC1.) , dont ils contr\u00f4lent la totalit\u00e9 du capital social.<\/p>\n<p>Par courriers dat\u00e9s du m\u00eame jour, sign\u00e9s par X.) et A.), la soci\u00e9t\u00e9 SOC5.) S.A. instruit la banque BQUE1.) Private Banking Luxembourg SA (ci-apr\u00e8s la banque BQUE1.) ) de d\u00e9poser 7.280.424 actions SOC5.) sur le compte de SOC1.) , de sortir une position de 7.280.424 actions SOC3.) du compte num\u00e9ro (\u2026) et de les tenir \u00e0 disposition.<\/p>\n<p>Par courrier du 29.9.2004 la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) demande l\u2019\u00e9mission de 915.000 actions SOC3.) au porteur (90 certificats \u00e0 10.000 actions, 13 certificats \u00e0 1.000 actions, 19 certificats \u00e0 100 actions et 100 certificats \u00e0 1 action), demande sign\u00e9e par X.) et A.), pour les tenir au coffre n\u00b0 92 d\u2019SOC1.).<\/p>\n<p>Au cours de son audition du 30.3.2006 devant le juge d\u2019instruction A.) d\u00e9clare n\u2019avoir jamais voulu se d\u00e9pouiller de sa fortune de son vivant et X.) devait s\u2019arranger pour qu\u2019il en reste ainsi.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) ne lui dit strictement rien et elle est formelle pour dire qu\u2019elle n\u2019a pas sign\u00e9 la lettre du 29.9.2004 adress\u00e9e \u00e0 la banque BQUE1.) .<\/p>\n<p>Au cours de son audition du 5.4.2006 par les services de police judiciaire elle d\u00e9clare ne jamais avoir demand\u00e9 de mettre les actions nominatives d\u2019SOC6.) HOLDING au porteur. Elle nie avoir eu connaissance du d\u00e9p\u00f4t de 7.280.424 actions SOC5.) sur le compte d\u2019SOC1.), le nom d\u2019SOC1.) ne lui disant \u00ab rien du tout \u00bb. Elle conteste avoir sign\u00e9 des documents en blanc en pr\u00e9tendant lire tout ce qu\u2019elle signe.<\/p>\n<p>B.) d\u00e9c\u00e8de le 19 octobre 2004.<\/p>\n<p>Le 27.10.2004 X.) devient directeur, pr\u00e9sident et secr\u00e9taire d\u2019SOC1.) en remplacement d\u2019C.). Elle ouvre le compte n\u00b0 (\u2026) \u00e0 la banque BQUE1.) dont le b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9conomique est A.).<\/p>\n<p>Par contrat de vente d\u2019actions dat\u00e9 du 29.10.2004 A.) c\u00e8de 50.000 actions au porteur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) \u00e0 ses fils adoptifs E1.) et E2.) au prix de un euro par action et ces derniers deviennent ainsi propri\u00e9taires et b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e9conomiques de cette soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Au cours de son audition aupr\u00e8s de la police judiciaire le 24.5.2006 A.) contestera avoir sign\u00e9 ce contrat en faveur de ses fils qui \u00e9taient rentr\u00e9s \u00e0 Bruxelles apr\u00e8s l\u2019enterrement de B.) le 22.10.2004.<\/p>\n<p>Suivant attestation du registre des visites de la salle des coffres dat\u00e9e du 1.12.2004 X.) visite le coffre n\u00b0 92 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) \u00e0 la banque BQUE1.) \u00e0 15 heures, l\u2019attestation portant la mention \u00ab formatage cl\u00e9 + d\u00e9p\u00f4t coupons au coffre \u00bb. Elle ne nie pas le retrait des 915.000 actions SOC3.) .<\/p>\n<p>Au cours de son audition du 2.5.2006 par la police judiciaire E.) , directeur adjoint de la banque, d\u00e9clare que le coffre n\u00b0 49 d\u2019SOC1.) \u00e9tait trop petit pour contenir tous les titres et a \u00e9t\u00e9 chang\u00e9 en n\u00b0 92. X.) a souhait\u00e9 une assurance sp\u00e9ciale pour augmenter le plafond de couverture alors que les coffres aupr\u00e8s de la banque BQUE1.) n\u2019\u00e9taient assur\u00e9s qu\u2019\u00e0 hauteur de 25.000 euros.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte du dossier m\u00e9dical de A.), saisi le 8.1.2009 \u00e0 l\u2019H\u00f4pital du Kirchberg, que la vicomtesse \u00e9tait hospitalis\u00e9e du 14.11. au 6.12.2004 \u00e0 cet h\u00f4pital.<\/p>\n<p>Par acte sous seing priv\u00e9, \u00e9tabli \u00e0 Bruxelles le 15.12.2004, X.) reconna\u00eet avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un don manuel lui d\u00e9livr\u00e9 le 15.12.2004 par A.) portant sur 915.000 actions SOC2.) (13 certificats \u00e0 1000 actions, 90 certificats \u00e0 10.000 actions, 100 certificats \u00e0 1 action, 19 certificats \u00e0 100 actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) SA actuellement SOC2.)).<\/p>\n<p>Suivant acte de d\u00e9p\u00f4t de pi\u00e8ces dat\u00e9 du 22.2.2005 le notaire Marie- Pascale Hilbert de Longwy constate la reconnaissance par X.) d\u2019un don manuel d\u00e9livr\u00e9 le 15.12.2004 par A.) de 13 certificats \u00e0 1000 actions, 90 certificats \u00e0 10.000 actions, 100 certificats \u00e0 1 action, 19 certificats \u00e0 100 actions repr\u00e9sentant 915.000 actions au porteur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) SA actuellement SOC2.). Au cours de son audition du 24.5.2006 A.) d\u00e9clare que ce \u00ab testament \u00bb a \u00e9t\u00e9 annul\u00e9 par la suite.<\/p>\n<p>Le 14.2.2005 SOC1.) c\u00e8de 87.500 actions nominatives de la soci\u00e9t\u00e9 SOC5.) \u00e0 A.), cession sign\u00e9e par X .) et A.).<\/p>\n<p>Le 23 f\u00e9vrier 2005 85% des actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC5.) font l\u2019objet d\u2019un apport dans la soci\u00e9t\u00e9 anonyme SOC6.) HOLDING SA, cr\u00e9\u00e9e par A.) et X.), A.) \u00e9tant actionnaire majoritaire et administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9. Elle sera d\u00e9mise de ses fonctions d\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 le 16 janvier 2006 et mettra en cause l\u2019authenticit\u00e9 des proc\u00e8s- verbaux des r\u00e9unions du conseil d\u2019administration y relatifs.<\/p>\n<p>Suivant testament olographe manuscrit dat\u00e9 du 5.12.2005 A.) institue X.) comme l\u00e9gataire universel de tous ses biens avec l\u2019obligation d\u2019ex\u00e9cuter six legs particuliers.<\/p>\n<p>Le 20.9.2005 A.) se pr\u00e9sente chez le notaire Jean- Joseph Wagner, qui s\u2019est fait remettre auparavant le testament manuscrit du 5.12.2005 par l\u2019\u00e9tude de X.) , aux fins d\u2019en \u00e9tablir un testament sous forme authentique.<\/p>\n<p>Au cours de l\u2019entretien avec le notaire, en pr\u00e9sence de deux t\u00e9moins, A.) ne maintient plus sa volont\u00e9 manuscrite du 5.12.2005 et \u00e9carte X.) comme l\u00e9gataire universel dans le testament notari\u00e9.<\/p>\n<p>Par courrier dat\u00e9 du m\u00eame jour A.) demande l\u2019annulation du testament sign\u00e9 par devant le notaire Jean-Joseph Wagner, affirmant avoir \u00e9t\u00e9 induite en erreur.<\/p>\n<p>Dans son audition du 13.7.2006 A.) confirmera l\u2019authenticit\u00e9 du testament manuscrit du 5.12.2005 et de son courrier du 20.9.2005 adress\u00e9 au notaire Wagner.<\/p>\n<p>Deux jours plus tard, au cours d\u2019un entretien t\u00e9l\u00e9phonique, ma\u00eetre Patrick WEINACHT reproche au notaire d\u2019avoir influenc\u00e9 A.). S\u2019ensuit un \u00e9change de courriers des 22 et 23 septembre 2005 entre ma\u00eetre Patrick WEINACHT et le notaire.<\/p>\n<p>Suivant proc\u00e8s-verbal de la r\u00e9union du conseil d\u2019administration du 2.1.2006 E1.) remplace ma\u00eetre Patrick WEINACHT en tant qu\u2019administrateur d\u2019SOC7.) HOLDING SA et X.) en tant qu\u2019administrateur d\u2019SOC6.) HOLDING SA. Le proc\u00e8s-verbal atteste de la pr\u00e9sence d\u2019A.) et est sign\u00e9 par cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>Suivant proc\u00e8s-verbal de la r\u00e9union du conseil d\u2019administration du 16.1.2006 E2.) remplace ma\u00eetre Patrick WEINACHT en tant qu\u2019administrateur de SOC7.) HOLDING SA et X.) en tant qu\u2019administrateur d\u2019SOC6.) HOLDING SA et le mandat d\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 d\u2019A.) est r\u00e9voqu\u00e9 avec effet imm\u00e9diat dans les soci\u00e9t\u00e9s SOC7.) HOLDING SA et SOC6.) HOLDING SA. Le proc\u00e8s-verbal atteste de la pr\u00e9sence d\u2019A.) et de son abstention.<\/p>\n<p>Lors de son audition du 24.5.2006 A.) niera sa pr\u00e9sence aux r\u00e9unions du conseil d\u2019administration d\u2019SOC7.) HOLDING SA et SOC6.) HOLDING SA des 2 et 16 janvier 2006. Elle conteste avoir sign\u00e9 le proc\u00e8s-verbal du 2.1.2006.<\/p>\n<p>Lors de son audition du 18.1.2007 E1.) d\u00e9clare que le mandat d\u2019administrateur d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de sa m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 r\u00e9voqu\u00e9 avec effet imm\u00e9diat parce qu\u2019elle avait brusquement chang\u00e9 d\u2019avocat, sans nous consulter et \u00ab pour la prot\u00e9ger elle et pour nous prot\u00e9ger nous \u00bb. Les changements ont \u00e9t\u00e9 faits pour la protection des soci\u00e9t\u00e9s. Il a admis que sa m\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sente \u00e0 la r\u00e9union du conseil d\u2019administration du 16.1.2006<\/p>\n<p>Le 16.1.2006 X.) d\u00e9missionne de son poste de directeur d\u2019SOC1.) et est remplac\u00e9e par E1.) .<\/p>\n<p>Suivant ses d\u00e9clarations aupr\u00e8s de la police judiciaire le 2.5.2006 E.) a eu connaissance des changements au conseil d\u2019administration d\u2019 SOC1.) d\u00e8s le 16.1.2006. X.) et E1.) se sont pr\u00e9sent\u00e9s. X.) repr\u00e9sentait A.) et a donn\u00e9 procuration g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 E1.).<\/p>\n<p>Par \u00e9crit du 2.2.2006 d\u00e9charge est donn\u00e9e par E1.) \u00e0 X.) suite \u00e0 la r\u00e9ception du contenu du coffre de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) avec notamment des actions au porteur SOC3.) (915.000).<\/p>\n<p>Le 8.2.2006 les fr\u00e8res E1.)\/E2 d\u00e9clarant \u00eatre les nouveaux b\u00e9n\u00e9ficiaires \u00e9conomiques de la st\u00e9 SOC1.) en remettant \u00e0 la banque BQUE1.) le contrat de vente d\u2019actions du 29.10.2004.<\/p>\n<p>E.) accompagne E1.), muni d\u2019une procuration g\u00e9n\u00e9rale, et son fr\u00e8re E2.) au coffre n\u00b0 92. Lors de l\u2019ouverture du coffre le directeur adjoint estime que le paquet d\u2019actions retir\u00e9 le 8.2.2006 n\u2019\u00e9tait pas d\u2019une telle \u00e9paisseur que celui d\u00e9pos\u00e9 le 1.12.2004.<\/p>\n<p>Dans son audition du 18.1.2007 E1.) d\u00e9clare au contraire que ce coffre est vide.<\/p>\n<p>Au cours de son audition du 24.5.2006 par les services de police judiciaire A.) fait \u00e9tat de ses premiers doutes sur l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de X.) qui r\u00e9ceptionnait tout son courrier professionnel et<\/p>\n<p>priv\u00e9, suite \u00e0 la signature du testament chez un notaire \u00e0 Longwy et qu\u2019elle s\u2019est adress\u00e9e \u00e0 ma\u00eetre TAB\u00c9RY notamment pour r\u00e9cup\u00e9rer ses dossiers SOC5.) et SOC6.) HOLDING, structures soci\u00e9taires mises en place par X.) .<\/p>\n<p>A.) d\u00e9pose plusieurs plaintes aupr\u00e8s du parquet du tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, \u00e0 savoir le 21 f\u00e9vrier 2006 pour vol, escroquerie et abus de confiance contre inconnu, puis le 28 mars 2006 pour faux et usage de faux concernant une convention dat\u00e9e du 29 octobre 2004 et finalement le 9 ao\u00fbt 2006 pour faux et usage de faux concernant une convention dat\u00e9e du 29 septembre 2004.<\/p>\n<p>Par r\u00e9quisitoires du 22.2.2006 le minist\u00e8re public ouvre une information contre inconnus du chef de faux, usage de faux, escroquerie sinon tentative d\u2019escroquerie et abus de confiance. Par r\u00e9quisitoires additionnels des 31.3.2006, 14.8.2006 et 6.7.2007 l\u2019information judiciaire est \u00e9tendue \u00e0 d\u2019autres faits.<\/p>\n<p>Le 30.3.2006 la plaignante est entendue par le juge d\u2019instruction. Elle sera encore entendue \u00e0 trois reprises par les enqu\u00eateurs des services de police judiciaire, \u00e0 savoir les 5.4.2006, 24.5.2006 et 13.7.2006.<\/p>\n<p>Le 17.3.2008 A.) institue comme l\u00e9gataire universel la fondation FOND1.) avec si\u00e8ge social \u00e0 Panama.<\/p>\n<p>Dans leur 22 \u00e8me rapport du 28.1.2009 les services de police judiciaire restituent la totalit\u00e9 de la documentation bancaire sur les comptes SOC5.), SOC6.) HOLDING et SOC1.) \u00e0 la banque BQUE1.) suite \u00e0 la mainlev\u00e9e des saisies pratiqu\u00e9es en ex\u00e9cution des ordonnances du juge d\u2019instriuction des 7 et 10 avril 2006.<\/p>\n<p>Le 13.2.2009 la Fondation FOND1.) poursuit l\u2019action judiciaire de la vicomtesse d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 21.5.2008.<\/p>\n<p>Le 23.9.2010 la m\u00eame Fondation FOND1.) se d\u00e9sistera de son action, d\u00e9sistement accept\u00e9 le 6.10.2010 par E1.) et E2.), seuls et uniques h\u00e9ritiers d\u2019A.).<\/p>\n<p>Par ordonnance du 7.5.2009 la chambre du conseil du tribunal d\u2019arrondissement dit qu\u2019il n\u2019y a pas lieu \u00e0 poursuite des faits instruits par le juge d\u2019instruction suite \u00e0 la plainte d\u2019A.), conform\u00e9ment au r\u00e9quisitoire du minist\u00e8re public du 5.2.2009.<\/p>\n<p>Dans son arr\u00eat du 23.10.2009 rendu sur appel de la partie civile la chambre du conseil de la cour d\u2019appel renvoie le dossier au juge d\u2019instruction aux fins de proc\u00e9der \u00e0 une instruction compl\u00e9mentaire contre X.) et \u00e0 l\u2019inculpation de celle- ci du chef de faux, usage de faux, escroquerie sinon abus de confiance et de tentative d\u2019escroquerie.<\/p>\n<p>Le 25.11.2010 le juge d\u2019instruction proc\u00e8de \u00e0 l\u2019inculpation de X.) et cl\u00f4ture l\u2019instruction le 28.2.2011.<\/p>\n<p>Le 25.4.2012 la chambre du conseil du tribunal d\u2019arrondissement se d\u00e9clare incomp\u00e9tente pour statuer sur le r\u00e9quisitoire du procureur d\u2019Etat du 23.2.2012 demandent le renvoi de X.) devant une chambre correctionnelle du tribunal d\u2019arrondissement.<\/p>\n<p>Par arr\u00eat du 6.2.2013 la chambre du conseil de la cour d\u2019appel renvoie X.) sur r\u00e9quisitoire du Parquet G\u00e9n\u00e9ral du 19.11.2012<\/p>\n<p>Pa d\u00e9cision du 5.11.2014 le tribunal correctionnel de ce si\u00e8ge, statuant par d\u00e9faut \u00e0 l\u2019encontre de X.), la condamne \u00e0 une peine d\u2019emprisonnement de 30 mois et une amende de 5.000 \u20ac du chef de vol, faux et usage de faux et tentative d\u2019escroquerie.<\/p>\n<p>L\u2019expertise graphologique<\/p>\n<p>L\u2019expert Denis Klein a analys\u00e9 les deux contrats de vente des 29.9.2004 et 29.10.2004 ainsi que les deux ordres de virement du 29.10.2004 adress\u00e9s \u00e0 la banque BQUE1.) afin de d\u00e9terminer si les signatures de A.) appos\u00e9es en bas des documents proviennent d\u2019elle- m\u00eame ou d\u2019une tierce personne.<\/p>\n<p>Il conclut dans son rapport du 6 novembre 2008 que les contrats des 29.9.2004 et 29.10.2004 ainsi que les courriers du 29.9.2004 \u00e9manent manifestement d\u2019un m\u00eame souscripteur. Il conclut encore qu\u2019A.) est formellement l\u2019auteur de ces quatre signatures au regard des tr\u00e8s nombreuses et importantes concordances graphiques, \u00e0 la fois de caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9rales et de formes, alli\u00e9es \u00e0 des idiotismes particuli\u00e8rement significatifs qui trahissent sans conteste la main de la souscriptrice.<\/p>\n<p>A l\u2019audience du 13.10.2015 le t\u00e9moin T1.) r\u00e9it\u00e8r\u00e9 les constatations polici\u00e8res act\u00e9es dans les 22 rapports de l\u2019enqu\u00eate en pr\u00e9cisant qu\u2019A.) \u00e9tait tr\u00e8s lucide par moments et moins \u00e0 d\u2019autres. Il estime qu\u2019il y a eu 5 \u00e0 6 visites du coffre n\u00b0 92 de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) .<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la demande de remise de ma\u00eetre Lydie LORANG<\/p>\n<p>A l\u2019audience du 13.10.2015 le mandataire de X.) a sollicit\u00e9 une nouvelle refixation de l\u2019affaire parue \u00e0 l\u2019audience du 27 .5.2015 afin d\u2019obtenir communication des pi\u00e8ces saisies par le juge d\u2019instruction et restitu\u00e9es le 28.1.2009 sur d\u00e9cision du juge d\u2019instruction.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte du 22 \u00e8me rapport du 28.1.2009 des services de police judiciaire que l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des pi\u00e8ces saisies aupr\u00e8s de la Banque BQUE1.) et relatives aux comptes et coffres d\u2019 A.) ainsi que des soci\u00e9t\u00e9s SOC5.) , SOC1.) INV LTD et SOC6.) HOLDING a \u00e9t\u00e9 restitu\u00e9e.<\/p>\n<p>Ces pi\u00e8ces ne figurant plus au dossier et l\u2019instruction \u00e9tan t cl\u00f4tur\u00e9e, le tribunal n\u2019a pas fait droit \u00e0 la demande de remise, conform\u00e9ment aux conclusions du minist\u00e8re public.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019explication de X.) pour sa non-comparution \u00e0 l\u2019audience du 14.10.2014<\/p>\n<p>Le nom du mandataire actuel de X.) , Ma\u00eetre Lydie LORANG , ainsi que l\u2019adresse de la pr\u00e9venue \u00e0 Casablanca, (\u2026), mentionn\u00e9e dans le recours en cassation du 12.4.2013 ne figurant pas au dossier r\u00e9pressif, l\u2019on ne saurait conclure \u00e0 un manque \u00e9nergie du minist\u00e8re public dans ses recherches.<\/p>\n<p>Force est de constater que la citation \u00e0 pr\u00e9venu a \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement notifi\u00e9e \u00e0 l\u2019adresse \u00e0 Bruxelles figurant dans l\u2019arr\u00eat de renvoi du 6.2.2013 et dans l\u2019interrogatoire de la pr\u00e9venu et a \u00e9t\u00e9 retourn\u00e9e avec la mention \u00ab retour non r\u00e9clam\u00e9 \u00bb. Il s\u2019ensuit que la X.) avait \u00e9t\u00e9 valablement touch\u00e9e par la citation \u00e0 pr\u00e9venu.<\/p>\n<p>Le tribunal statuant \u00e0 nouveau suite \u00e0 l\u2019opposition de X.) cette derni\u00e8re ne subit d\u2019ailleurs aucun grief de sorte que ses droits de la d\u00e9fense ne sont pas l\u00e9s\u00e9s.<\/p>\n<p>I. En droit<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la nullit\u00e9 de la proc\u00e9dure d\u2019instruction<\/p>\n<p>Dans sa note de plaidoiries du 20.10.2015 ma\u00eetre Lydie LORANG conclut \u00e0 la nullit\u00e9 de toute la proc\u00e9dure pour violation du droit d\u2019acc\u00e8s au dossier au motif qu\u2019elle n\u2019a pas pu consulter la documentation bancaire restitu\u00e9e le 28.1.2009 sur instruction du juge d\u2019instruction.<\/p>\n<p>Elle conclut encore \u00e0 la nullit\u00e9 de toute la proc\u00e9dure d\u2019instruction pour violation des droits de la d\u00e9fense au motif que l\u2019inculpation de X.) repose sur un appel de la partie civile sur l\u2019ordonnance de non- lieu du 7.5.2009 de la chambre du conseil du tribunal d\u2019arrondissement qu\u2019elle estime irrecevable et que c\u2019est \u00e0 tort qu\u2019en date du 25.4.2012 la chambre du conseil du tribunal d\u2019arrondissement s\u2019est d\u00e9clar\u00e9e incomp\u00e9tente pour statuer son la demande de renvoi du 23.2.2012 du minist\u00e8re public . Elle soutient encore qu\u2019il y a eu violation du principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des armes suite au refus de recours n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>Il y a lieu de noter que ces moyens de nullit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9s par ma\u00eetre Andr\u00e9 LUTGEN , pr\u00e9c\u00e9dent mandataire de la pr\u00e9venue, dans ses conclusions dans le cadre de la proc\u00e9dure de renvoi et ont \u00e9t\u00e9 tois\u00e9s dans l\u2019arr\u00eat n\u00b0 77\/13 de la chambre du conseil de la cour d\u2019appel du 6.2.2013. Ces m\u00eames moyens ont \u00e9t\u00e9 reformul\u00e9s lors de plaidoiries \u00e0 l\u2019audience du 20.10.2015 , les d\u00e9bats de l\u2019affaire d\u2019opposition ayant d\u00e9but\u00e9 \u00e0 l\u2019audience du 13.10.2015.<\/p>\n<p>Le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public conclut \u00e0 l\u2019irrecevabilit\u00e9 de ces moyens pour \u00eatre tardifs, sinon au rejet de ces moyens en relevant que la pr\u00e9venue avai t au courant de la proc\u00e9dure d\u2019information, avant le renvoi devant le tribunal correctionnel, devant la chambre du conseil de la cour d\u2019appel, la possibilit\u00e9 de se pr\u00e9valoir de ces nullit\u00e9s qu\u2019elle invoque actuellement devant la juridiction de jugement.<\/p>\n<p>Suivant les dispositions de l \u2019article 126(1) du code d\u2019instruction criminelle l\u2019inculp\u00e9 a le droit, de demander \u00e0 la chambre du conseil du tribunal d\u2019arrondissement la nullit\u00e9 de l\u2019ensemble de la proc\u00e9dure pr\u00e9paratoire ou d\u2019un acte quelconque de cette proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Cet article stipule que l es demandes en nullit\u00e9 de l\u2019information judiciaire doivent \u00eatre produites, \u00e0 peine de forclusion, dans un d\u00e9lai de trois jours, respectivement de cinq jours depuis l\u2019entr\u00e9e en vigueur de la loi du 6 mars 2006, \u00e0 partir de la connaissance de l\u2019acte querell\u00e9 de nullit\u00e9 ou pour le moins d\u00e8s que la cause de nullit\u00e9 est devenue apparente et a pu \u00eatre connue en fait par l\u2019inculp\u00e9.<\/p>\n<p>Une attitude purement passive de la partie concern\u00e9e est partant insuffisante pour que l&#039;on admette qu&#039;elle n&#039;a pas eu connaissance de l&#039;acte.<\/p>\n<p>La d\u00e9fense doit donc soulever d\u2019\u00e9ventuels moyens de nullit\u00e9 tir\u00e9s du non-respect des droits de la d\u00e9fense au cours m\u00eame de l\u2019instruction. Si aucune demande n\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e dans ce d\u00e9lai et devant la juridiction pr\u00e9vue \u00e0 cet effet par l\u2019article 126 (3) du code d\u2019instruction criminelle, le demandeur est forclos \u00e0 demander cette nullit\u00e9 devant les juges du fond (CSJ, 7 juin 2004, n\u00b0 15\/04).<\/p>\n<p>La cour d\u2019appel, dans un arr\u00eat n\u00b0 218\/09 du 29 avril 2009, a rappel\u00e9 que le d\u00e9lai de forclusion \u00e9dict\u00e9 par l\u2019article 126 (3) du code d\u2019instruction criminelle vise non seulement les nullit\u00e9s formelles pr\u00e9vues par un texte de loi national, mais \u00e9galement celles d\u00e9coulant de la violation d&#039;un trait\u00e9 international ratifi\u00e9 par le Grand- Duch\u00e9 de Luxembourg (cf. Cass. Lux, 6 d\u00e9cembre 2012, n\u00b0 57\/12 ; Cass. Lux., 31 janvier 2013, n\u00b0 7\/2013).<\/p>\n<p>Ce d\u00e9lai de forclusion vise \u00e9galement les nullit\u00e9s pouvant \u00e9ventuellement d\u00e9couler d&#039;une violation des droits de l&#039;homme ou des droits de la d\u00e9fense, la distinction entre nullit\u00e9s virtuelles et nullit\u00e9s substantielles de l&#039;instruction ayant \u00e9t\u00e9 implicitement supprim\u00e9e par suite de l&#039;abrogation de l&#039;article 17 de la loi du 19 d\u00e9cembre 1929 sur l&#039;instruction contradictoire (cf. CSJ, 20 d\u00e9cembre 2011, n\u00b0 41\/11; CSJ, 7 f\u00e9vrier 2012, n\u00b0 84\/12 ; CSJ, 8 mai 2012, n\u00b0 249\/12 V).<\/p>\n<p>Par la disposition de l\u2019article 126 (3) du code d&#039;instruction criminelle, le l\u00e9gislateur a voulu circonscrire \u00e0 un bref laps de temps, en l\u2019esp\u00e8ce cinq jours, la facult\u00e9 de demander la nullit\u00e9 d\u2019un acte de l\u2019instruction judiciaire pour \u00e9viter des mises en cause intempestives de la r\u00e9gularit\u00e9 de la proc\u00e9dure. Il ne saurait \u00eatre laiss\u00e9 le choix au pr\u00e9venu de d\u00e9cider \u00e0 quel moment il veut solliciter, \u00e0 sa guise, la nullit\u00e9 d\u2019un acte de la proc\u00e9dure de l\u2019instruction, alors qu\u2019un tel choix serait contraire \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat de la s\u00e9curit\u00e9 juridique de toute la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que tant le moyen de nullit\u00e9 de la proc\u00e9dure r\u00e9sultant de la violation du droit d\u2019acc\u00e8s au dossier complet, que celui tir\u00e9 de la violation des droits de la d\u00e9fense au niveau de la proc\u00e9dure d\u2019instruction sont \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la consultation des pi\u00e8ces restitu\u00e9es \u00e0 la banque BQUE1.) par le juge d\u2019instruction c\u2019est \u00e0 juste titre que le minist\u00e8re public soul\u00e8ve que la parti e poursuivante doit supporter les cons\u00e9quences de la restitution pr\u00e9matur\u00e9e des pi\u00e8ces au niveau de la charge de la preuve de sorte que X.) ne subit aucun pr\u00e9judice de ce chef.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la question pr\u00e9judicielle<\/p>\n<p>Ma\u00eetre Lorang demande \u00e0 voir poser \u00e0 la Cour de Cassation une question pr\u00e9judicielle tendant \u00e0 faire savoir si l\u2019article 126(3) du code d\u2019instruction criminelle, en ce qu\u2019il dit que la demande (en nullit\u00e9) doit \u00eatre produite \u00e0 peine de forclusion, au cours m\u00eame de l\u2019instruction, dans un d\u00e9lai de cinq jours \u00e0 partir de la connaissance de l\u2019acte est conforme \u00e0 l\u2019article 12 de la Constitution.<\/p>\n<p>L\u2019article 12 de la Constitution dispose comme suit :<\/p>\n<p>\u00ab La libert\u00e9 individuelle est garantie. &#8212; Nul ne peut \u00eatre poursuivi que dans les cas pr\u00e9vus par la loi et dans la forme qu\u2019elle prescrit. &#8212; Nul ne peut \u00eatre arr\u00eat\u00e9 ou plac\u00e9 que dans les cas pr\u00e9vus par la loi et dans la forme qu\u2019elle prescrit. &#8212; Hors le cas de flagrant d\u00e9lit, nul ne peut \u00eatre arr\u00eat\u00e9 qu\u2019en vertu de l\u2019ordonnance motiv\u00e9e du juge, qui doit \u00eatre signifi\u00e9e au moment de l\u2019arrestation, ou au plus tard dans les vingt-quatre heures. &#8212; Toute personne doit \u00eatre inform\u00e9e sans d\u00e9lai des moyens de recours l\u00e9gaux dont elle dispose pour recouvrer sa libert\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>La loi du 27 juillet 1997 portant organisation de la Cour constitutionnelle pr\u00e9voit, \u00e0 son article 6, que : \u00ab lorsqu&#039;une partie soul\u00e8ve une question relative \u00e0 la conformit\u00e9 d&#039;une loi \u00e0 la Constitution devant une juridiction de l&#039;ordre judiciaire ou de l&#039;ordre administratif, celle- ci est tenue de saisir la Cour constitutionnelle.<\/p>\n<p>Une juridiction est dispens\u00e9e de saisir la Cour constitutionnelle lorsqu&#039;elle estime que:<\/p>\n<p>a) une d\u00e9cision sur la question soulev\u00e9e n&#039;est pas n\u00e9cessaire pour rendre son jugement;<\/p>\n<p>b) la question de constitutionnalit\u00e9 est d\u00e9nu\u00e9e de tout fondement;<\/p>\n<p>c) la Cour constitutionnelle a d\u00e9j\u00e0 statu\u00e9 sur une question ayant le m\u00eame objet \u00bb.<\/p>\n<p>Le principe en ce qui concerne la saisine de la Cour constitutionnelle est donc clair : une juridiction devant laquelle est pos\u00e9e une question pr\u00e9judicielle tir\u00e9e de l\u2019inconstitutionnalit\u00e9 d\u2019un texte l\u00e9gal est oblig\u00e9e de saisir la Cour constitutionnelle.<\/p>\n<p>Il revient donc \u00e0 la Cour constitutionnelle, et \u00e0 elle seule, de statuer sur la conformit\u00e9 des lois \u00e0 la Constitution (cf. Trav. Parlementaires n\u00b0 4218, Avis du Conseil d\u2019Etat du 28 mars 1997, qui se base sur les termes de l\u2019article 95ter de la Constitution).<\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 titre exceptionnel, dans des cas limit\u00e9s, \u00e9num\u00e9r\u00e9s par le l\u00e9gislateur aux points a), b) et c) du paragraphe 2 de l\u2019article 6, pr\u00e9cit\u00e9, qu\u2019une juridiction \u00e9chappe \u00e0 l\u2019obligation de poser la question pr\u00e9judicielle qu\u2019une des parties l\u2019invite \u00e0 poser, le respect de l\u2019article 6 \u00e9tant, par ailleurs, d\u2019ordre public.<\/p>\n<p>Ces exceptions sont destin\u00e9es \u00e0 \u00e9viter le renvoi de questions de constitutionnalit\u00e9 peu s\u00e9rieuses qui n\u2019ont aucune chance d\u2019aboutir (cf. trav. parlem. n\u00b04218, c ommentaire des articles, sub article 18).<\/p>\n<p>Il se d\u00e9gage des d\u00e9veloppements ci -avant que X.) est forclose \u00e0 saisir la juridiction de jugement d\u2019une nullit\u00e9 tir\u00e9e d\u2019une \u00e9ventuelle violation de l\u2019article 126 (3) du code d\u2019instruction criminelle. Il s\u2019ensuit que le tribunal se trouve dispens\u00e9e de saisir la Cour constitutionnelle des questions pr\u00e9judicielles ayant trait \u00e0 une \u00e9ventuelle inconstitutionnalit\u00e9<\/p>\n<p>de ladite disposition du code d\u2019instruction criminelle, la r\u00e9ponse \u00e0 ces questions ne s\u2019av\u00e9rant pas n\u00e9cessaire pour rendre sa d\u00e9cision. Quant aux infractions reproch\u00e9es \u00e0 X.)<\/p>\n<p>Les infractions de vol, sinon d\u2019abus de confiance, relative \u00e0 l\u2019enl\u00e8vement de 915.000 actions SOC2.) du coffre \u00e0 la banque BQUE1.)<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re public reproche \u00e0 X.) , en date du 1 er d\u00e9cembre 2004, \u00e0 Luxembourg, au si\u00e8ge de la banque BQUE1.) , (\u2026), d\u2019avoir commis un vol avec fausses cl\u00e9s, sinon un vol domestique, sinon un abus de confiance, sinon encore un vol, au pr\u00e9judice d&#039; A.) concernant 915.000 actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) S.A., ayant son si\u00e8ge social \u00e0 Bruxelles, qui avaient \u00e9t\u00e9 entrepos\u00e9es au coffre n\u00b0 92 ouvert aupr\u00e8s de la banque BQUE1.) au nom de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LTD, soci\u00e9t\u00e9 de droit BVI.<\/p>\n<p>Le vol \u00e9tant d\u00e9fini comme constituant la soustraction frauduleuse d\u2019une chose mobili\u00e8re appartenant \u00e0 autrui, les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de cette infraction sont au nombre de quatre :<\/p>\n<p>&#8212; il faut qu\u2019il y ait soustraction, &#8212; l\u2019objet de la soustraction doit \u00eatre une chose corporelle ou mobili\u00e8re, &#8212; l\u2019auteur doit avoir agi dans une intention frauduleuse et &#8212; il faut que la chose soustraite appartienne \u00e0 autrui<\/p>\n<p>La soustraction frauduleuse se d\u00e9finit comme le passage de l\u2019objet de la possession du l\u00e9gitime propri\u00e9taire et possesseur dans celle de l\u2019auteur de l\u2019infraction, ou en d\u2019autres termes, la prise de possession par l\u2019auteur, \u00e0 l\u2019insu et contre le gr\u00e9 du propri\u00e9taire ou pr\u00e9c\u00e9dent possesseur.<\/p>\n<p>Suivant le registre des visites, X.) a visit\u00e9 le coffre n\u00b0 92 de la banque BQUE1.) en date du 1 er d\u00e9cembre 2004 \u00e0 15.00 heures. Il y figure la remarque \u00ab formatage cl\u00e9s + d\u00e9p\u00f4t coupons au coffre \u00bb.<\/p>\n<p>E1.) a visit\u00e9 le coffre n\u00b0 92 en date du 8 f\u00e9vrier 2006 et a d\u00e9clar\u00e9 le 18 janvier 2007 aux enqu\u00eateurs qu\u2019il \u00e9tait vide alors que E.) a d\u00e9clar\u00e9 aux enqu\u00eateurs qu\u2019E1.) a retir\u00e9 des documents ne correspondant pas \u00e0 l\u2019\u00e9paisseur du paquet d\u2019actions SOC2.) d\u00e9pos\u00e9e s le 1.12.2004.<\/p>\n<p>Lors de la perquisition effectu\u00e9e le 10 avril 2006 aupr\u00e8s de la banque BQUE1.) , le coffre n\u00b0 92 \u00e9tait vide, comme d\u2019ailleurs les coffres pris en location par les soci\u00e9t\u00e9s SOC5.) (n\u00b0161) et SOC6.) HOLDING (n\u00b032).<\/p>\n<p>Il ressort encore d\u2019un r\u00e9c\u00e9piss\u00e9 dat\u00e9 du 2 f\u00e9vrier 2006 que E1.) confirme \u00ab la r\u00e9ception du contenu du coffre de notre soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) , avec notamment des documents de soci\u00e9t\u00e9s en originale, pierres et bijoux de famille, actions au porteur SOC3.) et coupons ainsi que les STRIP au porteur y relatif (915 000), papiers familiaux, et titres de soci\u00e9t\u00e9s pour lesquelles Me X.) agissait en tant que TRUSTEE \u00e0 notre b\u00e9n\u00e9fice et pour lesquelles nous lui donnons pleine et enti\u00e8re d\u00e9charge \u00bb.<\/p>\n<p>Devant le juge d\u2019instruction, X.) ne fournit aucune pr\u00e9cision quant au motif de la visite du 1.12.2004, notamment pour savoir si elle y a retir\u00e9 ou d\u00e9pos\u00e9 quelque chose. Questionn\u00e9e plus sp\u00e9cialement sur l\u2019enl\u00e8vement de 915.000 actions SOC2.) du coffre n\u00b092 de la banque BQUE1.), X.) d\u00e9clare \u00ab je n\u2019ai pas retir\u00e9 \u00e0 titre personnel et directement 915.000 actions SOC2.) \u00bb et \u00ab je suis intervenu parce que j\u2019avais mandat pour ce faire \u00bb.<\/p>\n<p>Elle pr\u00e9cise que les clients ont acc\u00e8s \u00e0 leur coffre et que quelqu\u2019un d\u2019autre a pu y enlever des documents sans qu\u2019elle devait \u00eatre inform\u00e9e. Elle d\u00e9clare encore avoir eu des d\u00e9charges de tous ses mandants.<\/p>\n<p>Dans sa note de plaidoiries X.) admet avoir retir\u00e9 les 915.000 actions SOC2.) ( actuellement SOC2\u2019.)) le 1.12.2004 du le coffre d\u2019SOC1.) \u00e0 la banque BQUE1.) sur base d\u2019une instruction \u00e9crite \u00e0 la banque, sign\u00e9e par elle -m\u00eame et A.). Elle soutient que cette pi\u00e8ce doit figurer parmi les pi\u00e8ces saisies et restitu\u00e9es \u00e0 la banque BQUE1.) par le juge d\u2019instruction le 28.1.2009, soit avant l\u2019inculpation du 25.11.2010 de X.) et donc avant son acc\u00e8s au pr\u00e9sent dossier. La pr\u00e9venue d\u00e9clare avoir remis les actions \u00e0 A.) et aux fr\u00e8res E1.)\/E2 qui les auraient amen\u00e9 \u00e0 Bruxelles o\u00f9 ils auraient train\u00e9 jusqu\u2019au 13.12.2004.<\/p>\n<p>Le tribunal rel\u00e8ve qu\u2019en cas de contestation par le pr\u00e9venu, comme c\u2019est le cas en l\u2019esp\u00e8ce, le code d\u2019instruction criminelle adopte le syst\u00e8me de la libre appr\u00e9ciation de la preuve par le juge qui forme son intime conviction librement sans \u00eatre tenu par telle preuve plut\u00f4t que par telle autre. Il interroge sa conscience et d\u00e9cide en fonction de son intime conviction (cf. FRANCHIMONT, Manuel de proc\u00e9dure p\u00e9nale, page 764).<\/p>\n<p>Le juge r\u00e9pressif appr\u00e9cie souverainement, en fait, la valeur probante des \u00e9l\u00e9ments sur lesquels il fonde son intime conviction (cf. Cass. belge, 31 d\u00e9cembre 1985, Pas. Bel. 1986, I, 549).<\/p>\n<p>Cependant, si le juge p\u00e9nal peut fonder sa d\u00e9cision sur l\u2019intime conviction, il faut cependant que celle- ci r\u00e9sulte de moyens de preuve l\u00e9galement admis et administr\u00e9s en la forme. En d\u2019autres termes, sa conviction doit \u00eatre l\u2019effet d\u2019une conclusion, d\u2019un travail pr\u00e9liminaire de r\u00e9flexion et de raisonnement, ne laissant plus de doute dans l\u2019esprit d\u2019une personne raisonnable.<\/p>\n<p>Il y a lieu de noter que les 915.000 actions litigieuses font partie de 7.280.424 actions SOC2.) qui, suivant contrat de vente du 29 septembre 2004, ont \u00e9t\u00e9 vendues par les \u00e9poux B.) &#8212; A.) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) et que cette derni\u00e8re a demand\u00e9 \u00e0 la banque BQUE1.) l\u2019\u00e9mission au porteur de 915.000 actions SOC2.) .<\/p>\n<p>Lors de son audition en date du 2 mai 2006 E.) d\u00e9clare avoir assist\u00e9 \u00e0 deux visites du coffre, une par X.) en date du 1 er d\u00e9cembre 2004 et une autre en date du 8 f\u00e9vrier 2006 par E1.) . Le t\u00e9moin T1.) a d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il y avait 5 \u00e0 6 visites du coffre sans autres pr\u00e9cisions.<\/p>\n<p>Suivant d\u00e9clarations de T1.) aucune copie des pi\u00e8ces restitu\u00e9es \u00e0 la banque n\u2019a \u00e9t\u00e9 faite et il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 d\u2019un acte d\u2019instruction suppl\u00e9mentaire par le juge d\u2019instruction suite \u00e0 l\u2019arr\u00eat de la chambre du conseil de la cour d\u2019appel du 23.10.2009.<\/p>\n<p>A part une \u00ab mouvements list : SOC2\u2019.), faisant \u00e9tat d\u2019un retrait SOC2\u2019.) de 915.000 le 1.12.2004 et des inscriptions au registre des visites le tribunal ne dispose d\u2019aucun autre \u00e9l\u00e9ment sur les circonstances de toutes les visites du coffre.<\/p>\n<p>X.) verse une attestation testimoniale de D.) dat\u00e9e du 5 mai 2013, d\u00e9clarant avoir \u00e9t\u00e9 la partenaire pendant plus de 10 ans de E2.) et en pr\u00e9cisant avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sente au Luxembourg en d\u00e9cembre 2004 lorsqu\u2019E1.), E2.) et A.) ont demand\u00e9 \u00e0 X.) d\u2019aller chercher dans le coffre les 915.000 actions SOC3.) parce qu\u2019A.) ne pouvait pas bouger et \u00e9tait \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. X.) aurait remis les actions \u00e0 E1.) et E2.) qui les auraient ramen\u00e9 \u00e0 Bruxelles. Ils auraient tous \u00e9t\u00e9 tous d\u2019accord \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte encore d\u2019une copie d\u2019un courrier de E2.) et E1.), se disant propri\u00e9taires des 915.000 actions, adress\u00e9 \u00e0 A.), qu\u2019ils lui remettent les 915.000 actions \u00e0 charge pour elle d\u2019en faire don \u00e0 X.) en leur nom.<\/p>\n<p>Le fait que les actions ne se trouvent plus dans le coffre le 8.2.2006 ne permet pas \u00e0 lui seul d\u2019\u00e9tablir le vol par X.) en date du 1.12.2004 en absence de pr\u00e9cisions compl\u00e9mentaires d\u2019un autre t\u00e9moin \u00e0 l\u2019audience.<\/p>\n<p>Au regard des d\u00e9clarations au dossier des fr\u00e8res E1.)\/E2, propri\u00e9taires des actions SOC1.) suite au contrat de vente d\u2019actions du 29.10.2004, et de D.) la soustraction frauduleuse des actions par X.) en date du 1.12.2004 n\u2019est pas \u00e9tablie.<\/p>\n<p>M\u00eame si X.) est en aveu d\u2019avoir retir\u00e9 les titres au porteur litigieux le 1.12.2004 \u00e0 la banque et les a d\u00e9tenus en date du 15.12.2015 le tribunal estime, dans les circonstances de l\u2019esp\u00e8ce qu\u2019il existe un doute sur la d\u00e9possession du l\u00e9gitime propri\u00e9taire \u00e0 son insu et contre son gr\u00e9, de sorte que les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction de vol ne sont pas \u00e9tablis.<\/p>\n<p>A titre subsidiaire le minist\u00e8re public reproche \u00e0 X.) d\u2019avoir d\u00e9tourn\u00e9 frauduleusement au pr\u00e9judice d\u2019A.) 915.000 actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) S.A., qui lui avaient \u00e9t\u00e9 confi\u00e9es pour les entreposer dans le coffre n\u00b0 92 aupr\u00e8s de la banque BQUE1.) par la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) \u00e0 charge de les restituer \u00e0 A.).<\/p>\n<p>Quant au d\u00e9lit d&#039;abus de confiance libell\u00e9 \u00e0 titre subsidiaire il exige la r\u00e9union des \u00e9l\u00e9ments constitutifs suivants :<\/p>\n<p>&#8212; la remise d&#039;un objet \u00e0 charge de le rendre ou d&#039;en faire un usage ou un emploi d\u00e9termin\u00e9 &#8212; un fait mat\u00e9riel de d\u00e9tournement ou de dissipation &#8212; l&#039;intention frauduleuse de l&#039;agent &#8212; le pr\u00e9judice caus\u00e9 \u00e0 autrui &#8212; la nature de l&#039;objet d\u00e9tourn\u00e9 ou dissip\u00e9<\/p>\n<p>Au regard des d\u00e9veloppements ci-avant le minist\u00e8re public n\u2019a pas rapport\u00e9 la preuve du d\u00e9tournement des 915.000 actions au pr\u00e9judice d\u2019A.) de sorte que la pr\u00e9venue ne saurait \u00eatre retenue dans les liens de la pr\u00e9vention d\u2019abus de confiance.<\/p>\n<p>X.) est partant \u00e0 acquitter pour :<\/p>\n<p>\u00ab Le 1 er d\u00e9cembre 2004, \u00e0 Luxembourg, au si\u00e8ge de la banque BQUE1.) , (\u2026),<\/p>\n<p>d\u2019avoir commis un vol, sinon un abus de confiance, au pr\u00e9judice d&#039;A.) concernant 915.000 actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) S.A., ayant son si\u00e8ge social \u00e0 Bruxelles, qui avaient \u00e9t\u00e9 entrepos\u00e9es au coffre n\u00b0 92 ouvert aupr\u00e8s de la banque BQUE1.) au nom de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LTD, soci\u00e9t\u00e9 de droit BVI . \u00bb<\/p>\n<p>1. Les infractions de faux et d\u2019usage de faux relatives \u00e0 la donation de 915.000 actions SOC2.)<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re public reproche \u00e0 X.) , au mois de f\u00e9vrier 2005, dans l&#039;arrondissement judicaire de Luxembourg, ainsi qu&#039;\u00e0 Longwy, (\u2026) , d&#039;avoir sign\u00e9 et avoir fait signer \u00e0 A.) un faux don manuel qui ne s&#039;est pas effectu\u00e9, \u00e0 le supposer r\u00e9el, quod non, \u00e0 Bruxelles, A.) ayant \u00e9t\u00e9 alit\u00e9e au Grand-Duch\u00e9 le 15 d\u00e9cembre 2004, et d&#039;avoir fait usage de ce faux en le remettant \u00e0 Ma\u00eetre Marie- Pascale HILBERT, notaire de r\u00e9sidence \u00e0 Longwy, afin de lui attribuer date certaine.<\/p>\n<p>Au cours des plaidoiries le mandataire de la pr\u00e9venue soutient qu\u2019A.) a entendu gratifier X.) en date du 13.12.2005 sur base d\u2019une lettre dat\u00e9e du 13.12.2004 dans laquelle A.) lui fait un don manuel de 915.000 actions SOC3.) \u00e0 Luxembourg. Suivant courrier du m\u00eame jour des fr\u00e8res E1.) et E2.) ont remis les actions litigieuses \u00e0 leur m\u00e8re pour que cette derni\u00e8re les remette \u00e0 X.) . X.) fait plaider que les actions litigieuses lui ont \u00e9t\u00e9 remises \u00e0 Bruxelles.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la comp\u00e9tence territoriale des juridictions luxembourgeoises il y a lieu de noter qu\u2019aux termes de la donation, celle- ci a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e \u00e0 Bruxelles le 15 d\u00e9cembre 2004 et le d\u00e9p\u00f4t de cet acte a eu lieu le 2 f\u00e9vrier 2005 dans l\u2019\u00e9tude du notaire Marie Pascale Hilbert \u00e0 Longwy.<\/p>\n<p>Au cours de son audition du 8 d\u00e9cembre 2006 par les enqu\u00eateurs A.) est s\u00fbre de ne pas avoir \u00e9t\u00e9 \u00e0 Bruxelles le 15 d\u00e9cembre 2004, mais \u00e0 Luxembourg, pour s\u2019y reposer d\u2019une intervention chirurgicale qu\u2019elle venait de subir \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u00e0 Luxembourg-Kirchberg qu\u2019elle avait quitt\u00e9 le 6 d\u00e9cembre 2004. Cette version des faits est corr ob\u00e9e par l\u2019attestation testimoniale pr\u00e9mentionn\u00e9e du 5.5.2013 de D.) pr\u00e9cisant qu\u2019en d\u00e9cembre 2004 A.) ne pouvait pas bouger et \u00e9tait \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.<\/p>\n<p>X.) a admis devant le juge d\u2019instruction qu\u2019elle ne savait pas si l\u2019acte a \u00e9t\u00e9 effectivement sign\u00e9 le 15 d\u00e9cembre 2004.<\/p>\n<p>A l\u2019audience son mandataire a fait \u00e9tat d\u2019un courrier d\u2019A.) post\u00e9 au Luxembourg le 13.12.2004 dans lequel cette derni\u00e8re fait don manuel des 915.000 actions au porteur de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) \u00e0 X.).<\/p>\n<p>Le tribunal en d\u00e9duit que l\u2019acte sous seing priv\u00e9 portant la date du 15 d\u00e9cembre 2004, relatif au don manuel des 915.000 actions au porteur, a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli et sign\u00e9 \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>Le tribunal est partant comp\u00e9tent pour conna\u00eetre des pr\u00e9dites infractions.<\/p>\n<p>L\u2019infraction de faux telle que libell\u00e9e \u00e0 l\u2019article 196 du code p\u00e9nal suppose la r\u00e9union de quatre \u00e9l\u00e9ments constitutifs :<\/p>\n<p>&#8212; u ne \u00e9criture pr\u00e9vue par la loi p\u00e9nale, &#8212; u n acte de falsification, &#8212; une intention frauduleuse ou une intention de nuire, &#8212; un pr\u00e9judice ou une possibilit\u00e9 de pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>Le faux vis\u00e9 par l\u2019article 196 du code p\u00e9nal suppose que l\u2019\u00e9crit soit susceptible, dans une certaine mesure, de faire preuve de la validit\u00e9 des faits y \u00e9nonc\u00e9s pour ou contre un tiers (Cass. Belge, 8 janvier 1940, P 1940, I, 6). En d\u2019autres termes, il faut que les \u00e9critures, publiques ou priv\u00e9es, soient de nature \u00e0 produire des effets juridiques, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elles puissent par l\u2019usage en vue duquel elles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es, porter pr\u00e9judice aux tiers et tirer des cons\u00e9quences \u00e0 leur \u00e9gard, et que la collectivit\u00e9 puisse les consid\u00e9rer comme v\u00e9ridiques en raison de leur contenu ou leur forme (Cass. Belge, 9 f\u00e9vrier 1982, Pas. 1982, I, 721).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, la reconnaissance d\u2019un don manuel constitue une \u00e9criture priv\u00e9e. En raison de son contenu et de sa forme, ce document dispose d\u2019une valeur de cr\u00e9dibilit\u00e9 et d\u2019une pr\u00e9somption de sinc\u00e9rit\u00e9, puisqu\u2019il a pour but de constater la donation de 915.000 actions SOC2.) de la part d\u2019A.) \u00e0 X.).<\/p>\n<p>Le faux en \u00e9criture se divise, quant \u00e0 ses caract\u00e8res, en faux intellectuel et en faux mat\u00e9riel. Le faux intellectuel r\u00e9sulte de l\u2019alt\u00e9ration de la substance d\u2019un acte, c\u2019est-\u00e0-dire des dispositions constitutives de cet acte. Le faux mat\u00e9riel consiste dans une falsification totale ou partielle de l\u2019\u00e9crit, susceptible d\u2019\u00eatre reconnue et constat\u00e9e physiquement par une op\u00e9ration ou proc\u00e9d\u00e9 quelconque. La fabrication ou la contrefa\u00e7on d\u2019une \u00e9criture ou d\u2019une signature ; l\u2019alt\u00e9ration d\u2019une \u00e9criture par addition, suppression, grattage, surcharge, sont autant de moyens par lesquels le faux mat\u00e9riel peut \u00eatre consomm\u00e9 (Jean Servais Guillaume NYPELS, Le code p\u00e9nal belge interpr\u00e9t\u00e9, art. 193 ss., p.451 et 452).<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements ci-avant le tribunal conclut que l\u2019acte n\u2019a pas pu \u00eatre conclu en date du 15 d\u00e9cembre 2004 \u00e0 Bruxelles. Il s\u2019ensuit que le document en question constitue un faux mat\u00e9riel en ce qu\u2019il contient une fausse mention quant \u00e0 son lieu de signature.<\/p>\n<p>Suivant contrat de vente d\u2019actions du 29.10.2004 les fr\u00e8res E1.)\/E2 sont propri\u00e9taires des actions SOC1.).<\/p>\n<p>Le mandataire de la pr\u00e9venue verse d\u2019ailleurs un courrier des fr\u00e8res E1.)\/E2 dat\u00e9 du 13.12.2004 libell\u00e9 comme suit : \u00ab Ch\u00e8re A.), Nous vous avons remis ce jour 915.000 actions de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) SA dont mon fr\u00e8re E2.) et moi-m\u00eame sommes propri\u00e9taires, \u00e0 charge pour vous d\u2019en faire donts \u00e0 Ma\u00eetre X.), notre conseil \u00e0 Luxembourg, et ce \u00e0 titre de gratification pour tout le bien qu\u2019elle nous a fait au sein de notre famille. Cette donation respecte la volont\u00e9 de notre p\u00e8re (\u2026) Etant notre maman il vous revient de les lui remettre en notre nom (\u2026) \u00bb.<\/p>\n<p>Contrairement aux termes de ce courrier l\u2019acte sous seing priv\u00e9 dat\u00e9 du 15 d\u00e9cembre 2004 stipule que Madame X.) reconna\u00eet par ces pr\u00e9sentes avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un don manuel d\u00e9livr\u00e9 le 15 d\u00e9cembre 2004 de la part de Madame A.) qui le reconna\u00eet, cette derni\u00e8re figurant en qualit\u00e9 de donateur.<\/p>\n<p>Il s\u2019ensuit que le document en question constitue encore un faux mat\u00e9riel en ce qu\u2019il contient une fausse indication quant \u00e0 la personne du donateur.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le faux intellectuel, celui -ci peut r\u00e9sulter non seulement des constatations effectives que renferme un acte, mais aussi de certaines omissions dont le but et le r\u00e9sultat sont de donner \u00e0 un fait mensonger les apparences de v\u00e9rit\u00e9 (NYPELS et SERVAIS, Code p\u00e9nal interpr\u00e9t\u00e9, T I page 546 n\u00b0 1).<\/p>\n<p>Le don manuel suppose la r\u00e9union d\u2019un \u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel, la tradition, et d\u2019un \u00e9l\u00e9ment intentionnel, l\u2019animus donandi.<\/p>\n<p>Il r\u00e9sulte des d\u00e9clarations faites par A.) devant les enqu\u00eateurs en date du 8 d\u00e9cembre 2006 qu\u2019elle ne se souvenait pas avoir fait une quelconque donation \u00e0 X.) et qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas d\u2019accord avec cette donation, mais que X.) lui a agenc\u00e9 cela d\u2019une diff\u00e9rente fa\u00e7on. Elle a ajout\u00e9 qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 cette \u00e9poque dans un \u00e9tat un peu affaiblie.<\/p>\n<p>X.) a admis le 25 novembre 2010 devant le juge d\u2019instruction qu\u2019elle n\u2019a jamais re\u00e7u un tel don \u00e0 titre personnel et que le pr\u00e9tendu don manuel constitue un montage structurel.<\/p>\n<p>Or l\u2019acte sous seing priv\u00e9 dat\u00e9 au 15.12. 2004 ainsi que l\u2019acte notari\u00e9 du 22.2.2005 constatent n\u00e9anmoins une d\u00e9livrance et il n\u2019y est pas fait \u00e9tat d\u2019un quelconque montage structurel.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce la condition essentielle du don manuel \u00e0 savoir le dessaisissement actuel et irr\u00e9vocable de la part du donateur au profit du donataire ne s\u2019est pas r\u00e9alis\u00e9.<\/p>\n<p>Au vu des d\u00e9veloppements ci-avant il y a lieu de constater que le don manuel dont il est fait \u00e9tat dans le document dat\u00e9 au 15 d\u00e9cembre 2004 ne refl\u00e8te pas la r\u00e9alit\u00e9 et constitue un faux intellectuel.<\/p>\n<p>La condition de l\u2019alt\u00e9ration de la v\u00e9rit\u00e9 est donc remplie.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 d\u2019A.) il y a lieu de noter que cette derni\u00e8re n\u2019a jamais contest\u00e9 avoir sign\u00e9 l\u2019acte sous seing priv\u00e9 du 15.12.2004, ni l\u2019acte notari\u00e9 du 22.2.200 5 mais avoir eu ses premiers doutes sur l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de son mandataire apr\u00e8s le passage aupr\u00e8s du notaire de Longwy. Elle d\u00e9clare avoir fait annuler cet acte qui ne correspond pas \u00e0 sa volont\u00e9. X.) a elle-m\u00eame d\u00e9clar\u00e9 aupr\u00e8s du juge d\u2019instruction qu\u2019 \u00ab A.) avait toute sa t\u00eate jusqu\u2019en 2006 o\u00f9 j\u2019ai d\u00e9pos\u00e9 mon mandat \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019article 196 du code p\u00e9nal exige en outre que l\u2019auteur du faux ait agi dans une intention frauduleuse.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019\u00e9l\u00e9ment moral, il est requis que l\u2019auteur ait agi dans une intention frauduleuse ou \u00e0 dessein de nuire. Par intention frauduleuse on entend le dessein de se procurer \u00e0 soi-m\u00eame ou de procurer \u00e0 autrui un profit ou un avantage illicites, \u00e9tant pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019il suffit que le profit ou l\u2019avantage ait \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9 par le moyen illicite du faux en \u00e9critures (RIGAUX et TROUSSE, Les crimes et les d\u00e9lits du code p\u00e9nal, T.III no240, p.230- 231).<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de faux en \u00e9critures, les juges du fond appr\u00e9cient souverainement l&#039;intention frauduleuse des faits par eux constat\u00e9s (Cass. crim. 13 mars 1986, Bull. p. 24, n\u00b0 340).<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce X.) a expliqu\u00e9 au juge d\u2019instruction que le don manuel constituait un montage structurel et qu\u2019elle devait recevoir les 915.000 actions SOC2.) \u00ab \u00e0 titre fiduciaire \u00bb. Force est cependant de constater que ces affirmations ne sont \u00e9tay\u00e9es par aucun \u00e9l\u00e9ment du dossier r\u00e9pressif et qu\u2019A.) n\u2019\u00e9tait pas au courant d\u2019un tel stratag\u00e8me. Les d\u00e9clarations de X.) sont encore en contradiction avec le courrier du 13.12.2004 des fr\u00e8res E1.)\/E2 qui entendent la gratifier et par le fait qu\u2019elle va restituer les 915.00 actions au porteur SOC3.) suivant r\u00e9c\u00e9piss\u00e9 sign\u00e9 le 2.2.2006 par E1.) confirmant la r\u00e9ception des titres, soit apr\u00e8s qu\u2019A.) a chang\u00e9 de mandataire et tent\u00e9 de r\u00e9cup\u00e9rer ses documents aupr\u00e8s de X.) .<\/p>\n<p>Contrairement aux all\u00e9gations de X.), elle n\u2019a pas agi \u00e0 titre fiduciaire, mais \u00e0 titre personnel et le but poursuivi \u00e9tait de s\u2019enrichir au d\u00e9triment de la famille B.) -A.).<\/p>\n<p>X.) a donc agi dans une intention frauduleuse.<\/p>\n<p>Pour constituer un faux punissable, l\u2019alt\u00e9ration de la v\u00e9rit\u00e9 dans un \u00e9crit doit avoir caus\u00e9 ou avoir pu causer un pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>La condition tir\u00e9e d&#039;un pr\u00e9judice ou d&#039;une possibilit\u00e9 de pr\u00e9judice est respect\u00e9e si l&#039;\u00e9crit peut induire en erreur les tiers auxquels il est pr\u00e9sent\u00e9 ou s&#039;il est possible que les tiers, mis en pr\u00e9sence de cet \u00e9crit, conforment leur attitude sur le contenu (Trib. d&#039;arr. de Lux., 22.04.1999, 31, 82).<\/p>\n<p>La possibilit\u00e9 d\u2019un pr\u00e9judice se trouve \u00e9galement remplie en l\u2019esp\u00e8ce, \u00e9tant donn\u00e9 que par l\u2019ex\u00e9cution du pr\u00e9dit don manuel, la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LIMITED, qui \u00e9tait propri\u00e9taire des actions SOC2.) depuis le 29 octobre 2004, aurait vu se d\u00e9pouiller contre sa volont\u00e9 de 915.000 actions SOC2.) , d\u2019une valeur \u00e0 la date du 1 er d\u00e9cembre 2004 de 25.272.300 euros et \u00e0 la date du 1 er mars 2007 de 45.750.000 euros (cf. rapport num\u00e9ro 733-79 du 7 mars 2007).<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019infraction de faux \u00e9tant r\u00e9unis en l\u2019esp\u00e8ce, la pr\u00e9venue X.) est \u00e0 retenir dans les liens de la pr\u00e9vention de faux.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019infraction d\u2019usage de faux, il y a lieu de rappeler que pour \u00eatre punissable, l\u2019usage de faux doit comporter trois \u00e9l\u00e9ments constitutifs :<\/p>\n<p>&#8212; l\u2019usage d\u2019un faux tel que pr\u00e9vu par l\u2019article 196 du code p\u00e9nal &#8212; une intention frauduleuse ou une intention de nuire &#8212; un pr\u00e9judice ou une possibilit\u00e9 de pr\u00e9judice.<\/p>\n<p>Comme d\u00e9velopp\u00e9 ci-avant, le don manuel datant du 15 d\u00e9cembre 2004 constitue bien un faux dont X.) a fait usage en le d\u00e9posant en date du 22 f\u00e9vrier 2005 dans l\u2019\u00e9tude de Ma\u00eetre Marie-Pascale HILBERT.<\/p>\n<p>Cet \u00e9l\u00e9ment constitutif de l\u2019infraction d\u2019usage de faux est donc \u00e9tabli. Il en est de m\u00eame de la possibilit\u00e9 d\u2019un pr\u00e9judice tel que relev\u00e9 ci-avant dans le cadre de l\u2019infraction de faux. Par ailleurs, X.) a agi dans une intention frauduleuse en essayant, par la remise de ce don manuel, d\u2019obtenir la possession des actions SOC2.) ne lui revenant pas.<\/p>\n<p>En effet A.) a d\u00e9clar\u00e9 au cours de son audition devant le juge d\u2019instruction qu\u2019elle ne voulait jamais se d\u00e9pouiller de sa fortune de son vivant.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de l\u2019infraction d\u2019usage de faux sont partant r\u00e9unis, de sorte que la pr\u00e9venue est encore \u00e0 retenir dans les liens de cette pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>3. La tentative d\u2019escroquerie relative \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un testament<\/p>\n<p>Le minist\u00e8re public reproche \u00e0 X.), le 20 septembre 2005, dans l&#039;arrondissement judiciaire de Luxembourg, et notamment \u00e0 L- 4412 Belvaux, 37, rue des Alli\u00e9s, en l&#039;\u00e9tude du notaire Ma\u00eetre Jean- Joseph Wagner, dans le but de s&#039;approprier une grande partie de la fortune de la vicomtesse A.), avoir tent\u00e9 de se faire remettre la quotit\u00e9 disponible de la succession de la vicomtesse une fois qu&#039;elle sera ouverte, en usant de man\u0153uvres frauduleuses consistant dans une d\u00e9marche aupr\u00e8s du notaire Jean-Joseph WAGNER tendant \u00e0 faire authentifier un testament manuscrit dict\u00e9 de toutes pi\u00e8ces \u00e0 A.) l&#039;instaurant l\u00e9gataire universelle de la succession \u00e0 venir d&#039;A.), en faisant croire \u00e0 cette derni\u00e8re qu&#039;une telle disposition permettrait la mise en place post mortem d&#039;une fondation \u00e0 son nom, la r\u00e9solution de commettre l&#039;infraction ayant \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui forment un commencement d&#039;ex\u00e9cution de l&#039;escroquerie, \u00e0 savoir la dict\u00e9e du testament olographe, le rendez-vous pris aupr\u00e8s du notaire et le d\u00e9placement en son \u00e9tude, ainsi que les vives critiques \u00e0 l&#039;\u00e9gard du notaire apr\u00e8s la r\u00e9daction du testament authentique l&#039;\u00e9vin\u00e7ant en tant que l\u00e9gataire, actes qui n&#039;ont manqu\u00e9 leur effet que gr\u00e2ce \u00e0 la perspicacit\u00e9 du notaire instrumentant qui a isol\u00e9 la testatrice et lui a expliqu\u00e9 les termes de son testament.<\/p>\n<p>Le d\u00e9lit de tentative d&#039;escroquerie mis \u00e0 charge de la pr\u00e9venue exige la r\u00e9union des quatre \u00e9l\u00e9ments constitutifs suivants :<\/p>\n<p>&#8212; un \u00e9l\u00e9ment moral, \u00e0 savoir l&#039;intention de s&#039;approprier le bien d&#039;autrui, &#8212; un but escompt\u00e9, \u00e0 savoir la remise ou d\u00e9livrance d&#039;objets, fonds etc.,<\/p>\n<p>&#8212; l&#039;emploi de moyens frauduleux, &#8212; le fait que la remise fut avort\u00e9e par des circonstances ext\u00e9rieures \u00e0 la volont\u00e9 de l\u2019auteur.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019emploi de moyens frauduleux, il ressort des d\u00e9clarations d\u2019A.) faites les 5 avril 2006 et 8 d\u00e9cembre 2006 devant les enqu\u00eateurs que X.) insistait pour cr\u00e9er une fondation, ce qu\u2019elle refusait n\u00e9anmoins.<\/p>\n<p>En ce qui concerne le testament olographe manuscrit du 5 septembre 2005, instaurant X.) comme l\u00e9gataire universel, A.) a pr\u00e9cis\u00e9 lors de son audition en date du 13 juillet 2006 que X.) lui avait sugg\u00e9r\u00e9 de mentionner son nom en tant que l\u00e9gataire pour g\u00e9rer sa fortune apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>A.) a d\u00e9clar\u00e9 le 24 mai 2006 devant les enqu\u00eateurs que lors de la r\u00e9daction du testament authentique en date du 20 septembre 2005 devant le notaire, X.) a d\u00fb attendre dehors et qu\u2019elle a refus\u00e9 de signer un acte de fondation dans lequel X.) serait devenue b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>Ces propos sont confirm\u00e9s par les explications d\u00e9taill\u00e9es du notaire Wagner, r\u00e9it\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019audience sous la foi du serment, d\u2019apr\u00e8s lesquelles A.) a spontan\u00e9ment \u00e9num\u00e9r\u00e9 devant deux t\u00e9moins les six l\u00e9gataires particuliers ainsi que les montants dont elle entendait les gratifier mais n\u2019a \u00e0 aucun moment voulu instituer X.) comme l\u00e9gataire universel. Le notaire a d\u00e9clar\u00e9 avoir insist\u00e9 \u00e0 trois reprises et A.) a clairement maintenu sa volont\u00e9, de sorte qu\u2019il s\u2019est limit\u00e9 \u00e0 reprendre les six legs particuliers voulus par la donatrice en s\u2019\u00e9cartant du testament olographe du 5.12.2005.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 la signature du pr\u00e9dit testament authentique A.) a expliqu\u00e9 le 13 juillet 2006 aux enqu\u00eateurs qu\u2019elle a d\u00fb \u00e9crire sur proposition de X.) une lettre au notaire aux termes de laquelle elle \u00ab d\u00e9sire annuler alors que je vous avais remis un testament \u00e9crit que vous m\u2019avez chang\u00e9 \u00bb. Elle y a ajout\u00e9 que \u00ab vos informations m\u2019ont induit en erreur me disant que les seules h\u00e9riti\u00e8res l\u00e9gales \u00e9taient mes ni\u00e8ces et qu\u2019en cons\u00e9quence je ne pouvais pas disposer librement. Votre suggestion affirmative ne constitue pas ma volont\u00e9. Je peux vous affirmer que mes ni\u00e8ces n\u2019ont aucun droit. \u00bb<\/p>\n<p>Aux termes d\u2019un courrier du 22 septembre 2005 adress\u00e9 au notaire WAGNER, Ma\u00eetre Patrick WEINACHT soutient qu\u2019A.) serait venue en l\u2019\u00e9tude du notaire avec un testament olographe avec l\u2019intention de le faire enregistrer et que par cons\u00e9quent le testament sugg\u00e9r\u00e9 par lui, \u00e0 savoir que les ni\u00e8ces d\u2019A.) devraient remplacer le l\u00e9gataire universel d\u00e9sign\u00e9 par sa cliente, serait \u00e0 annuler.<\/p>\n<p>X.) a expliqu\u00e9 au juge d\u2019instruction qu\u2019A.) l\u2019a instaur\u00e9e comme l\u00e9gataire \u00ab dans l\u2019objectif de constituer une fondation si jamais elle devait mourir avant la r\u00e9alisation de ladite fondation \u00bb et que \u00ab c\u2019est \u00e0 titre fiduciaire et non \u00e0 titre personnel qu\u2019elle m\u2019a institu\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p>Le seul fait que X.) ait \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de cr\u00e9er une fondation n\u2019implique pas qu\u2019elle devait du m\u00eame coup \u00eatre l\u00e9gataire universel.<\/p>\n<p>Tous ses agissements sont constitutifs d\u2019agissements frauduleux, destin\u00e9s \u00e0 induire A.) en erreur sur la port\u00e9e de la disposition testamentaire en faveur de X.) et pour ainsi abuser de la confiance qu\u2019A.) a pu porter dans son conseiller juridique. X.) a d\u00e8s lors employ\u00e9 des man\u0153uvres frauduleuses.<\/p>\n<p>L\u2019intention de s\u2019approprier le bien d\u2019autrui en mati\u00e8re d\u2019escroquerie est suffisamment caract\u00e9ris\u00e9e lorsque l\u2019auteur a agi volontairement et avec pleine connaissance en vue d\u2019obtenir une remise par autrui et ce en inventant la fraude, en pr\u00e9parant une mise en sc\u00e8ne<\/p>\n<p>ou simplement en faisant usage d\u2019un faux nom ou en prenant une fausse qualit\u00e9 (CSJ, 4 avril 2000, n\u00b0 126\/00 V).<\/p>\n<p>Il \u00e9chet de relever que X.) \u00e9tait parfaitement au courant de l\u2019existence et du contenu du testament olographe du 5 septembre 2005, alors que non seulement X.) a contact\u00e9 le notaire T2.) en raison d\u2019un \u00ab testament qu\u2019une dame \u00e2g\u00e9e aurait r\u00e9dig\u00e9 \u00bb, mais encore la secr\u00e9taire de son \u00e9tude a fait parvenir ledit testament manuscrit en l\u2019\u00e9tude du notaire. X.) savait d\u00e8s lors qu\u2019elle fut instaur\u00e9e l\u00e9gataire universelle, ce qui, conform\u00e9ment aux d\u00e9clarations d\u2019A.) et de ses propres d\u00e9clarations, \u00e9tait contraire \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019A.).<\/p>\n<p>En sa qualit\u00e9 de conseiller juridique d\u2019A.), X.) se devait d\u2019agir dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de sa mandante et s\u2019assurer que le testament refl\u00e8te la volont\u00e9 de la testatrice, consistant, selon ses propres aveux, \u00e0 transmettre la fortune d\u2019A.), apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s, \u00e0 une fondation restant \u00e0 cr\u00e9er.<\/p>\n<p>Or X.) n\u2019a pas agi en ce sens. Au contraire, il ressort des d\u00e9clarations d\u2019A.) que c\u2019est X.) qui lui a dit de la faire figurer dans le testament olographe comme \u00ab l\u00e9gataire universel \u00bb en lui faisant croire que de cette mani\u00e8re X.) pourrait s\u2019occuper de la gestion de la fortune. Par la suite la pr\u00e9venue a insist\u00e9 aupr\u00e8s du notaire pour faire annuler le testament authentique dont elle savait qu\u2019il ne reprenait plus cette disposition en sa faveur. Il ressort d\u2019ailleurs du courrier envoy\u00e9 le 22 septembre 2005 par l\u2019\u00e9tude X.) qu\u2019en fait, elle aurait voulu que le notaire n\u2019aurait fait qu\u2019enregistrer le testament olographe au lieu de r\u00e9diger un nouveau testament authentique.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e9ment moral de l\u2019infraction est partant \u00e9tabli .<\/p>\n<p>Quant au but escompt\u00e9 il se d\u00e9gage du dossier r\u00e9pressif et des d\u00e9veloppements qui pr\u00e9c\u00e8dent que X.) a fait usage de man\u0153uvres frauduleuses dans le but de convaincre A.) d\u2019instaurer X.) comme l\u00e9gataire universel, bien que cela ne corresponde pas \u00e0 la volont\u00e9 d\u2019A.).<\/p>\n<p>Ces man\u0153uvres auraient pu \u00eatre d\u00e9terminantes dans la remise de fonds, en c e que la pr\u00e9venue aurait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 une grande partie de la fortune d\u2019A.) au moment du d\u00e9c\u00e8s de cette derni\u00e8re.<\/p>\n<p>X.) soutient que qu\u2019il n\u2019y a pas de tentative punissable en absence de demande d\u2019envoi en possession par le l\u00e9gataire universel.<\/p>\n<p>La tentative existe d\u00e8s que l&#039;agent commence \u00e0 ex\u00e9cuter son projet, d\u00e8s qu&#039;il met en \u0153uvre les moyens qu&#039;il a dispos\u00e9s pour son accomplissement (Nypels, Code P\u00e9nal Belge, art. 51- 53 p. 121).<\/p>\n<p>La tentative se situe apr\u00e8s la pr\u00e9paration et avant la consommation. Au stade de l&#039;ex\u00e9cution, elle comprend pour tout fait p\u00e9nalement r\u00e9pr\u00e9hensible deux \u00e9l\u00e9ments : un agissement et une volont\u00e9. Le commencement d&#039;ex\u00e9cution est caract\u00e9ris\u00e9 par tout acte qui tend directement au crime avec intention de le commettre.<\/p>\n<p>Il y a les actes pr\u00e9paratoires o\u00f9 l&#039;agent se procure les moyens de l&#039;infraction, mais ne manifeste pas, avec certitude, l&#039;intention de la commettre tandis que par les actes d&#039;ex\u00e9cution il met les moyens en \u0153uvre. Dans les faits la fronti\u00e8re est parfois difficile \u00e0 tracer et m\u00eame si certains crit\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s, ils ne rendent pas n\u00e9cessairement compte de toutes les situations de sorte que le l\u00e9gislateur en a laiss\u00e9 le soin aux tribunaux.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce X.) s\u2019est r\u00e9solue \u00e0 commettre l\u2019infraction et a contact\u00e9 le notaire pour la r\u00e9daction d\u2019un testament l\u2019instituant l\u00e9gataire universel et en lui remettant le testament olographe du 5.12.2005.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u00e8s lors d\u2019une tentative caract\u00e9ris\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs, comportant un commencement d\u2019ex\u00e9cution non \u00e9quivoque d\u2019une escroquerie.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a tentative punissable que si l\u2019acteur ne s\u2019est pas d\u00e9sist\u00e9 volontairement de la consommation du d\u00e9lit.<\/p>\n<p>Pour \u00eatre volontaire, le d\u00e9sistement doit \u00eatre spontan\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire ne pas avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9 par une cause ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce la tentative d\u2019escroquerie n\u2019a pas abouti parce que le notaire a v\u00e9rifi\u00e9 consciencieusement la volont\u00e9 de la testatrice. Si l\u2019institution de X.) ne s\u2019est pas r\u00e9alis\u00e9e c\u2019est en raison de la perspicacit\u00e9 du notaire qui a expliqu\u00e9 \u00e0 la testatrice les termes du testament olographe. Il n\u2019y a d\u00e8s lors pas eu de d\u00e9sistement volontaire de X.).<\/p>\n<p>Il d\u00e9coule clairement des faits, qu\u2019en adressant l\u2019acte sous seing priv\u00e9 du 5.12.2005 au notaire afin de reprendre son contenu dans un testament notarial, partant en faisant usage de man\u0153uvres frauduleuses, X.) a tent\u00e9 de se faire instaurer l\u00e9gataire universel par acte notari\u00e9 et de se faire remettre la quotit\u00e9 disponible de la succession d\u2019A.), partant une chose \u00e0 laquelle elle n\u2019avait pas droit, et que les man\u0153uvres de la pr\u00e9venue n\u2019ont manqu\u00e9 leur effet qu\u2019en raison de circonstances ind\u00e9pendantes de sa volont\u00e9, en l\u2019occurrence la vigilance et la conscience professionnelle du notaire instrumentaire.<\/p>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de la tentative sont d\u00e8s lors r\u00e9unis, de sorte que la pr\u00e9venue est \u00e9galement \u00e0 retenir dans les liens de la tentative d\u2019escroquerie.<\/p>\n<p>L\u2019article 187 du code d\u2019instruction criminelle limitant les effets de l\u2019opposition aux condamnations en excluant les d\u00e9cisions d\u2019acquittement il n\u2019y a pas lieu de se prononcer sur la tentative d\u2019escroquerie relative \u00e0 l\u2019appropriation de 915.000 actions SOC2.) tel que retenu par l\u2019ordonnance de renvoi de la chambre du conseil de la cour d\u2019appel du 6.2.2013.<\/p>\n<p>Au regard des d\u00e9veloppements ci-avant X.) se trouve convaincue par les d\u00e9bats \u00e0 l\u2019audience, ensemble les \u00e9l\u00e9ments du dossier r\u00e9pressif:<\/p>\n<p>\u00ab comme auteur, ayant commise elle-m\u00eame les infractions,<\/p>\n<p>1)au mois de f\u00e9vrier 2005, dans l&#039;arrondissement judicaire de Luxembourg, ainsi qu&#039;\u00e0 Longwy, (\u2026),<\/p>\n<p>dans une intention frauduleuse d\u2019avoir commis un faux en \u00e9critures priv\u00e9es, par fabrication de dispositions, et d\u2019avoir fait usage d&#039;un faux commis en \u00e9critures priv\u00e9es, par fabrication de dispositions,<\/p>\n<p>en l&#039;esp\u00e8ce, d&#039;avoir sign\u00e9 et avoir fait signer \u00e0 A.) un faux don manuel qui ne s&#039;est pas effectu\u00e9, \u00e0 le supposer r\u00e9el, quod non, \u00e0 Bruxelles, A.) ayant \u00e9t\u00e9 alit\u00e9e au Grand- Duch\u00e9 le 15 d\u00e9cembre 2004, et d&#039;avoir fait usage de ce faux en le remettant \u00e0 Ma\u00eetre Marie-Pascale HILBERT, notaire de r\u00e9sidence \u00e0 Longwy, afin de lui attribuer date certaine,<\/p>\n<p>2) le 20 septembre 2005, dans l&#039;arrondissement judiciaire de Luxembourg, et notamment \u00e0 L-4412 Belvaux, 37, rue des Alli\u00e9s, en l&#039;\u00e9tude du notaire Ma\u00eetre Jean- Joseph Wagner,<\/p>\n<p>dans le but de s&#039;approprier une chose appartenant \u00e0 autrui, d\u2019avoir tent\u00e9 de se faire remettre des fonds, en employant des man\u0153uvres frauduleuses pour abuser de la confiance, tentative qui a \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui formaient un commencement d&#039;ex\u00e9cution de ce d\u00e9lit et qui n&#039;ont manqu\u00e9 leur effet que par des circonstances ind\u00e9pendantes de la volont\u00e9 de l&#039;auteur,<\/p>\n<p>en l&#039;esp\u00e8ce, dans le but de s&#039;approprier une grande partie de la fortune de la vicomtesse A.), avoir tent\u00e9 de se faire remettre la quotit\u00e9 disponible de la succession de la vicomtesse une fois qu&#039;elle sera ouverte, en usant de man\u0153uvres frauduleuses consistant dans une d\u00e9marche aupr\u00e8s du notaire Jean- Joseph WAGNER tendant \u00e0 faire authentifier un testament manuscrit dict\u00e9 de toutes pi\u00e8ces \u00e0 A.) l&#039;instaurant l\u00e9gataire universelle de la succession \u00e0 venir d&#039; A.), en faisant croire \u00e0 cette derni\u00e8re qu&#039;une telle disposition permettrait la mise en place post mortem d&#039;une fondation \u00e0 son nom, la r\u00e9solution de commettre l&#039;infraction ayant \u00e9t\u00e9 manifest\u00e9e par des actes ext\u00e9rieurs qui forment un commencement d&#039;ex\u00e9cution de l&#039;escroquerie, \u00e0 savoir la dict\u00e9e du testament olographe, le rendez -vous pris aupr\u00e8s du notaire et le d\u00e9placement en son \u00e9tude, ainsi que les vives critiques \u00e0 l&#039;\u00e9gard du notaire apr\u00e8s la r\u00e9daction du testament authentique l&#039;\u00e9vin\u00e7ant en tant que l\u00e9gataire, actes qui n&#039;ont manqu\u00e9 leur effet que gr\u00e2ce \u00e0 la perspicacit\u00e9 du notaire instrumentant qui a isol\u00e9 la testatrice et lui a expliqu\u00e9 les termes de son testament. \u00bb<\/p>\n<p>II. Les peines<\/p>\n<p>Lorsque l\u2019usage de faux a \u00e9t\u00e9 commis par l\u2019auteur de la pi\u00e8ce fausse, l\u2019usage de faux n\u2019est que la consommation du faux lui-m\u00eame. Le faux et l\u2019usage de faux ne constituent dans ce cas qu\u2019un seul d\u00e9lit continu\u00e9. L\u2019infraction continu\u00e9e est constitu\u00e9e par la r\u00e9union de plusieurs infractions qui proc\u00e8dent d\u2019une intention d\u00e9lictueuse unique, mais dont chacune est punissable en soi. Elle suppose des actes successifs qui constituent eux-m\u00eames autant de faits punissables, mais qui, en raison du but poursuivi par l\u2019agent, ne tendent qu\u2019\u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019une seule et unique situation d\u00e9lictueuse. Ces faits multiples ne constituent donc qu\u2019une infraction unique (cf. Jean CONSTANT, Manuel de Droit P\u00e9nal, T.1, no 148).<\/p>\n<p>Il a ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 que lorsque le faussaire fait lui-m\u00eame usage du faux, cet usage ne forme que le dernier acte de la consommation de l\u2019infraction de faux, il s\u2019ensuit que l\u2019auteur du faux et de l\u2019usage de faux ne commet qu\u2019une seule infraction ; l\u2019ensemble des faits d\u00e9lictueux continu\u00e9s \u00e9tant le r\u00e9sultat de la m\u00eame intention criminelle (cf. Cour, 6 juillet 1972, P.22, 167).<\/p>\n<p>En l\u2019occurrence, les infractions de faux et d\u2019usage de faux ne constituent qu\u2019une m\u00eame infraction d\u00e8s lors que les faits d\u2019usage de faux \u00e9manent de l\u2019auteur de la falsification et que l\u2019usage de ces faux se confond avec l\u2019infraction de faux.<\/p>\n<p>L\u2019infraction de faux et d\u2019usage de faux se trouve en concours r\u00e9el avec l\u2019infraction de tentative d\u2019escroquerie. En application des dispositions de l\u2019article 60 du code p\u00e9nal il y a lieu et de prononcer la peine la plus forte qui pourra cependant \u00eatre \u00e9lev\u00e9e au double du maximum sans pouvoir d\u00e9passer la somme des peines encourues.<\/p>\n<p>En vertu des articles 196 et 197 du code p\u00e9nal, ensemble l\u2019article 214 du m\u00eame code, la peine encourue pour l\u2019usage d\u2019un faux est la r\u00e9clusion de 5 \u00e0 10 ans et une amende de 251 \u00e0 125.000 euros. Suite \u00e0 la d\u00e9criminalisation op\u00e9r\u00e9e par la chambre du conseil, la peine \u00e0 encourir est une peine d&#039;emprisonnement de trois mois \u00e0 cinq ans (article 77 du code p\u00e9nal) et une amende de 251 \u00e0 125.000 euros (article 214 du code p\u00e9nal).<\/p>\n<p>L\u2019article 496 du code p\u00e9nal dans sa version au moment des faits sanctionne le d\u00e9lit de tentative d\u2019escroquerie d\u2019une peine d\u2019emprisonnement d\u2019un mois \u00e0 cinq ans et d\u2019une amende de 251 \u00e0 30.000 euros.<\/p>\n<p>La peine la plus forte est pr\u00e9vue pour le faux et l\u2019usage de faux.<\/p>\n<p>Au vu de la multiplicit\u00e9 et de la gravit\u00e9 des faits, il y a lieu de condamner X.) \u00e0 une peine d\u2019emprisonnement de trente mois et \u00e0 une amende de 5 .000 euros.<\/p>\n<p>X.) n\u2019ayant pas encore subi de condamnation excluant le sursis \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des peines, il y a lieu de lui accorder la faveur du sursis partiel de quinze mois quant \u00e0 la peine d&#039;emprisonnement \u00e0 prononcer \u00e0 son encontre<\/p>\n<p>Au civil<\/p>\n<p>A l&#039;audience du 13 octobre 2015 Ma\u00eetre Fabio TREVISAN, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg, assist\u00e9 de Ma\u00eetre Pierre DE PREUX, avocat au barreau de Gen\u00e8ve, se constitua partie civile au nom et pour compte de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LIMITED, demanderesse au civil, contre la pr\u00e9venue X.) , d\u00e9fenderesse au civil.<\/p>\n<p>Cette partie civile, d\u00e9pos\u00e9e sur le bureau du tribunal correctionnel de Luxembourg, est con\u00e7ue comme suit :<\/p>\n<p>Il y a lieu de donner acte \u00e0 la demanderesse au civil de sa constitution de partie civile.<\/p>\n<p>La demande civile de la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LIMITED est recevable pour avoir \u00e9t\u00e9 faite dans les forme et d\u00e9lai de la loi.<\/p>\n<p>Eu \u00e9gard \u00e0 la d\u00e9cision d\u2019acquittement de la pr\u00e9venue pour les infractions de vol et d\u2019abus de confiance le tribunal est incomp\u00e9tent pour en conna\u00eetre.<\/p>\n<p>P A R C E S M O T I F S<\/p>\n<p>Le tribunal d\u2019arrondissement de et \u00e0 Luxembourg, seizi\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re correctionnelle, statuant contradictoirement, les mandataires de X.) entendus en leurs explications et moyens de d\u00e9fense tant au p\u00e9nal qu\u2019au civil, les mandataires de la demanderesse au civil entendus en leurs conclusions et le repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public entendu en son r\u00e9quisitoire<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e l&#039;opposition relev\u00e9e par X.) contre le jugement num\u00e9ro 2904\/2014 du 5 novembre 2014 recevable ;<\/p>\n<p>d \u00e9 c l a r e non avenues les condamnations p\u00e9nales prononc\u00e9es \u00e0 son encontre par le jugement num\u00e9ro 2904\/2014 du 5 novembre 2014;<\/p>\n<p>s t a t u a n t \u00e0 n o u v e a u :<\/p>\n<p>Au p\u00e9nal<\/p>\n<p>a c q u i t t e X.) du chef des infractions non retenues \u00e0 sa charge ;<\/p>\n<p>c o n d a m n e X.) du chef des infractions retenues \u00e0 sa charge \u00e0 une peine d\u2019emprisonnement de trente (30) mois, \u00e0 une amende de cinq mille (5.000) euros, ainsi qu&#039;aux frais de sa mise en jugement, ces frais liquid\u00e9s \u00e0 499,89 euros ;<\/p>\n<p>d i t qu&#039;il sera sursis \u00e0 l&#039;ex\u00e9cution de quinze (15) mois de cette peine d&#039;emprisonnement ;<\/p>\n<p>a v e r t i t X.) qu\u2019au cas o\u00f9, dans un d\u00e9lai de cinq ans \u00e0 dater du pr\u00e9sent jugement, elle aura commis une nouvelle infraction ayant entra\u00een\u00e9 une condamnation \u00e0 une peine privative de libert\u00e9 ou \u00e0 une peine plus grave pour crimes ou d\u00e9lits de droit commun, la peine de prison prononc\u00e9e ci-devant sera ex\u00e9cut\u00e9e sans confusion possible avec la nouvelle peine et que les peines de la r\u00e9cidive seront encourues dans les termes de l\u2019article 56 al. 2 du code p\u00e9nal,<\/p>\n<p>f i x e la dur\u00e9e de la contrainte par corps en cas de non- paiement de l&#039;amende \u00e0 cent (100) jours ;<\/p>\n<p>Au civil<\/p>\n<p>d o n n e acte \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC1.) INVESTMENTS LIMITED de sa constitution de partie civile contre X.) ;<\/p>\n<p>s e d \u00e9 c l a r e incomp\u00e9tent pour en conna\u00eetre;<\/p>\n<p>l a i s s e les frais de cette demande civile \u00e0 charge de la demanderesse au civil.<\/p>\n<p>Par application des articles 14, 15, 16, 27, 28, 29, 30, 60, 66, 77, 196, 197, 214 et 496 du code p\u00e9nal, 2, 3, 155, 179, 182, 183- 1, 184, 185, 187, 189, 190, 190-1, 191, 194, 194-1, 195, 196, 626, 627, 628 et 628-1 du code d&#039;instruction criminelle, dont mention a \u00e9t\u00e9 faite<\/p>\n<p>Ainsi fait et jug\u00e9 par Fran\u00e7oise ROSEN, vice- pr\u00e9sident, Gilles MATHAY, premier juge, et Bob PIRON, premier juge, et prononc\u00e9 par le vice- pr\u00e9sident, en audience publique au tribunal d\u2019arrondissement \u00e0 Luxembourg, en pr\u00e9sence de Nadine SCHEUREN, premier substitut du procureur d\u2019Etat, et de Andy GUDEN, greffier, qui, \u00e0 l&#039;exception du repr\u00e9sentant du minist\u00e8re public, ont sign\u00e9 le pr\u00e9sent jugement.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/tribunal-darrondissement-luxembourg-penal\/20240828-010349\/20151119-talux16-3167a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). Republication autorisee avec attribution, sans modification editoriale du texte integral.<\/em><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Jugt no 3167\/2015 not. 4193\/06\/CD et not. 6704\/06\/CD 1x ex.p.\/s.p. opp. \u00e9tr. 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