{"id":884729,"date":"2026-05-13T00:17:46","date_gmt":"2026-05-12T22:17:46","guid":{"rendered":"https:\/\/kohenavocats.com\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-27-novembre-2014-n-1127-38944\/"},"modified":"2026-05-13T00:17:50","modified_gmt":"2026-05-12T22:17:50","slug":"cour-superieure-de-justice-27-novembre-2014-n-1127-38944","status":"publish","type":"kji_decision","link":"https:\/\/kohenavocats.com\/tr\/jurisprudences\/cour-superieure-de-justice-27-novembre-2014-n-1127-38944\/","title":{"rendered":"Cour sup\u00e9rieure de justice, 27 novembre 2014, n\u00b0 1127-38944"},"content":{"rendered":"<div class=\"kji-decision\">\n<div class=\"kji-full-text\">\n<p>Exempt \u2013 appel en mati\u00e8re de droit du travail<\/p>\n<p>Audience publique du vingt -sept novembre deux mille quatorze<\/p>\n<p>Num\u00e9ro 38944 du r\u00f4le. Composition: M. \u00c9tienne SCHMIT, pr\u00e9sident de chambre; Mme Astrid MAAS, premier conseiller; Mme Monique FELTZ, conseiller; M. Alain BERNARD, greffier.<\/p>\n<p>Entre:<\/p>\n<p>M. A.), demeurant \u00e0 F-(\u2026),<\/p>\n<p>appelant aux termes d\u2019un acte de l\u2019huissier de justice Martine LIS\u00c9 de Luxembourg du 8 ao\u00fbt 2012, comparant par Ma\u00eetre Fr\u00e9d\u00e9ric FRABETTI , avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg,<\/p>\n<p>et: la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) S.A.R.L., \u00e9tablie et ayant son si\u00e8ge social \u00e0 L- (\u2026), repr\u00e9sent\u00e9e par son g\u00e9rant , intim\u00e9e aux fins du pr\u00e9dit acte LIS\u00c9, comparant par Ma\u00eetre Alain RUKAVINA, avocat \u00e0 la Cour, demeurant \u00e0 Luxembourg.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p>2 LA COUR D\u2019APPEL:<\/p>\n<p>Par requ\u00eate d\u00e9pos\u00e9e le 17 f\u00e9vrier 2012, A.) a fait convoquer son ancien employeur, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) , devant le tribunal du travail de Luxembourg pour le voir condamner, suite \u00e0 la r\u00e9siliation de son contrat de travail qu\u2019il qualifie d\u2019abusive, au paiement d\u2019une indemnit\u00e9 compensatoire de pr\u00e9avis de 13.550,28 \u20ac, d\u2019une indemnit\u00e9 de d\u00e9part de 4.516,76 \u20ac, d\u2019une indemnit\u00e9 compensatoire pour cong\u00e9 non pris de 2.719,62 \u20ac, du salaire relatif \u00e0 la p\u00e9riode du 1 er au 15 novembre 2011 d\u2019un montant de 1.129,19 \u20ac, d\u2019un montant de 818,38 \u20ac \u00e0 titre de 33 % du salaire non per\u00e7u en d\u00e9cembre 2011 du fait de l\u2019absence de carte d\u2019imp\u00f4t, d\u2019un montant de 818,38 \u20ac \u00e0 titre de 33 % du salaire non per\u00e7u en janvier 2012 du fait de l\u2019absence de carte d\u2019imp\u00f4t 2011, ainsi que d\u2019un montant de 3.000 \u20ac \u00e0 titre de dommage moral. Au cas o\u00f9 la r\u00e9siliation de son contrat de travail ne serait pas d\u00e9clar\u00e9e abusive, il r\u00e9clame un montant de 2.258,38 \u20ac \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 pour irr\u00e9gularit\u00e9 formelle. Il demande encore la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) \u00e0 lui remettre sous peine d\u2019astreinte sa carte d\u2019imp\u00f4t 2011, le solde de tous comptes, le certificat de travail, le certificat de r\u00e9mun\u00e9ration 2011 et les fiches de salaire pour la p\u00e9riode allant du mois d\u2019avril 2011 au mois de novembre 2011. Il sollicite finalement l\u2019allocation d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.500 \u20ac en application de l\u2019article 240 du nouveau code de proc\u00e9dure civile.<\/p>\n<p>Par jugement du 6 juillet 2012, le tribunal du travail de Luxembourg a donn\u00e9 acte \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) de sa demande reconventionnelle d\u2019un montant de 3.058,17 \u20ac \u00e0 titre de salaire indus, a dit qu\u2019il y a eu transfert d\u2019entreprise avec effet au 15 septembre 2011, a condamn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) \u00e0 remettre \u00e0 A.) les fiches de salaire pour la p\u00e9riode d\u2019avril \u00e0 ao\u00fbt 2011 sous peine d\u2019astreinte. Le m\u00eame jugement a d\u00e9bout\u00e9 A.) de ses autres demandes et l\u2019a condamn\u00e9 \u00e0 payer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) la somme de 3.058,17 \u20ac \u00e0 titre de salaires indument touch\u00e9s pour la p\u00e9riode du 16 septembre au 1 er novembre 2011, ainsi qu\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 500 \u20ac. Le requ\u00e9rant a encore \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance.<\/p>\n<p>Par exploit d\u2019huissier de justice du 8 ao\u00fbt 2012, A.) a r\u00e9guli\u00e8rement interjet\u00e9 appel contre ce jugement.<\/p>\n<p>La position de A.) A l\u2019appui de son appel, A.) expose qu\u2019il est entr\u00e9 aux services de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) en qualit\u00e9 de cuisinier le 6 ao\u00fbt 1997. Par courrier recommand\u00e9 du 7 septembre 2011, l\u2019employeur l\u2019a inform\u00e9 du transfert de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) vers la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC2.) avec effet au 15 septembre 2011, soci\u00e9t\u00e9 qui a chang\u00e9 sa d\u00e9nomination en soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.). Le pr\u00e9dit courrier informait encore le salari\u00e9 de \u00ab la reprise aux m\u00eames conditions de fa\u00e7on \u00e0 ce que vous ne subissez aucune cons\u00e9quence \u00e9conomique et sociale \u00bb. Le 15 septembre 2011, A.) a transmis un certificat d\u2019incapacit\u00e9 de travail tant \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) qu\u2019\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.). Par courrier du 16 septembre 2011,<\/p>\n<p>3 cette derni\u00e8re aurait contest\u00e9 le transfert d\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique en pr\u00e9cisant \u00e0 A.) n\u2019\u00eatre \u00ab aucunement concern\u00e9e puisque votre employeur est SOC1.) S. \u00e0 r. l. \u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019appelant soutient qu\u2019au vu du refus de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) du transfert d\u2019entreprise et de reprise du salari\u00e9, les conditions du transfert d\u2019entreprise ne seraient pas remplies. De m\u00eame les courriers des 10 octobre 2011 et 5 novembre 2011 adress\u00e9s \u00e0 A.) par le mandataire de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC 1.) et demandant au salari\u00e9 de se rendre \u00e0 une contre- visite m\u00e9dicale, respectivement faisant \u00e9tat d\u2019une cessation d\u2019activit\u00e9 pour mise \u00e0 la retraite de B.) (SOC1.)), de m\u00eame que le fait par l\u2019intim\u00e9e de continuer \u00e0 r\u00e9gler \u00e0 l\u2019appelant l\u2019indemnit\u00e9 de maladie pour les mois de septembre et octobre 2011, \u00e9tabliraient que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) consid\u00e9rait l\u2019appelant toujours comme son salari\u00e9.<\/p>\n<p>A.) conteste qu\u2019il y ait eu transfert d\u2019entreprise et souligne qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 repris dans l\u2019effectif de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) . Il affirme que les salari\u00e9s qui auraient \u00e9t\u00e9 repris par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) auraient \u00e9t\u00e9 contraints de signer un nouveau contrat de travail sans reprise de leur anciennet\u00e9 et de leur solde de cong\u00e9s. Il souligne que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) n\u2019a pas repris le fonds de commerce de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) .<\/p>\n<p>L\u2019appelant demande en ordre principal \u00e0 la Cour de constater la r\u00e9siliation abusive du contrat de travail du fait de l\u2019employeur par lettre du 7 septembre 2011, sinon la r\u00e9siliation du contrat de travail pour cessation de l\u2019activit\u00e9 de l\u2019employeur au 15 septembre 2011. Il fait valoir que la cessation du contrat de travail tombe sous l\u2019application de l\u2019article L. 124- 1 du code de travail et la r\u00e9siliation aurait d\u00fb se faire dans les formes et d\u00e9lais de l\u2019article L. 124- 3 du code du travail. Il pourrait d\u00e8s lors pr\u00e9tendre \u00e0 une indemnit\u00e9 compensatoire l\u00e9gale de pr\u00e9avis et \u00e0 une indemnit\u00e9 de d\u00e9part telles que r\u00e9clam\u00e9es dans sa requ\u00eate introductive d\u2019instance.<\/p>\n<p>En ordre subsidiaire, et pour le cas o\u00f9 le transfert d\u2019entreprise serait \u00e9tabli, la r\u00e9siliation du contrat de travail serait encore abusive au vu des dispositions de l\u2019article L. 127- 4 (2) du code du travail, alors que les conditions de travail auraient chang\u00e9, tel que cela a \u00e9t\u00e9 le cas pour les autres salari\u00e9s, fait qu\u2019il offre en preuve par l\u2019audition de t\u00e9moins.<\/p>\n<p>Plus subsidiairement, et au cas o\u00f9 la r\u00e9siliation du contrat de travail ne serait pas d\u00e9clar\u00e9e abusive, A.) r\u00e9clame un montant de 2.258,38 \u20ac pour irr\u00e9gularit\u00e9 formelle de la r\u00e9siliation.<\/p>\n<p>Dans ses conclusions du 16 septembre 2013, A.) formule une offre de preuve afin d\u2019\u00e9tablir que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) n\u2019a pas sign\u00e9 de contrat de transfert d\u2019activit\u00e9 avec la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) , que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) n\u2019a pas repris l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) , que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) n\u2019a pas repris le personnel de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0<\/p>\n<p>4 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.), que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) a refus\u00e9 de prendre en compte A.) comme son salari\u00e9.<\/p>\n<p>La position de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.)<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) demande en ordre principal la confirmation du jugement entrepris. Elle affirme que les conditions du transfert d\u2019entreprise seraient remplies, alors que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) aurait repris ceux des salari\u00e9s qui voulaient \u00eatre repris, qu\u2019elle aurait encore repris les locaux de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) et une partie du mat\u00e9riel et qu\u2019elle continuerait \u00e0 y exploiter une boulangerie. Elle conteste que la lettre du 7 septembre 2011 constitue une r\u00e9siliation abusive du contrat de travail. Ce courrier de m\u00eame que le courrier du 20 septembre 2011 ne seraient que l\u2019application de l\u2019article L. 127- 6 du code du travail et ne constitueraient pas un licenciement. L\u2019appelant n\u2019ayant pas r\u00e9clam\u00e9 end\u00e9ans le d\u00e9lai de 3 mois contre le pr\u00e9tendu licenciement, il serait forclos \u00e0 demander un quelconque montant \u00e0 son ancien employeur, sinon \u00e0 lui r\u00e9clamer une indemnisation pour dommage moral et mat\u00e9riel. Par ailleurs, le courrier que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) a adress\u00e9 le 16 septembre 2011 \u00e0 A.) ne lui serait pas opposable.<\/p>\n<p>L\u2019employeur soutient qu\u2019avant le transfert d\u2019entreprise A.) aurait eu une entrevue avec la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) , anciennement soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC2.) , lors de laquelle il aurait d\u00e9clar\u00e9 ne pas \u00eatre int\u00e9ress\u00e9 par un transfert de son contrat de travail aupr\u00e8s de cette derni\u00e8re. Monsieur B.) aurait recherch\u00e9 et trouv\u00e9 un nouvel emploi mieux pay\u00e9 pour A.) au \u2026., poste qui aurait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 par l\u2019appelant. Ce dernier ne se serait jamais pr\u00e9sent\u00e9 aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.) pour prendre ses fonctions. L\u2019employeur offre ces faits en preuve par l\u2019audition de t\u00e9moins.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s l\u2019intim\u00e9e, elle ne saurait \u00eatre tenue pour responsable du fait que, contrairement \u00e0 l\u2019engagement pris par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.), les salari\u00e9s repris par le cessionnaire \u00e9taient oblig\u00e9s de signer un nouveau contrat de travail aux conditions moins avantageuses, l\u2019article L. 127-3 (1) du code du travail disposant que la solidarit\u00e9 entre c\u00e9dant et cessionnaire s\u2019arr\u00eate \u00e0 la date du transfert. L\u2019article L. 127- 4 du code du travail serait inapplicable au cas d\u2019esp\u00e8ce, l\u2019intim\u00e9e n\u2019ayant pas licenci\u00e9 A.) et une modification du lieu de travail \u00e9tant pr\u00e9vue au point 5 de son contrat de travail. Comme l\u2019appelant ne s\u2019est jamais pr\u00e9sent\u00e9 aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC3.), il ne pourrait pas savoir si ses conditions de travail auraient chang\u00e9.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) s\u2019oppose \u00e0 l\u2019offre de preuve formul\u00e9e par A.) dans ses conclusions du 16 septembre 2013 et \u00e0 l\u2019audition du t\u00e9moin propos\u00e9, qui aurait un int\u00e9r\u00eat personnel et direct \u00e0 contester le transfert d\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Finalement l\u2019employeur conteste les montants r\u00e9clam\u00e9s par A.) en leur principe et en leur quantum.<\/p>\n<p>5 Le cadre juridique<\/p>\n<p>La directive 2011\/23\/CE du Conseil, du 12 mars 2001, concernant le rapprochement des l\u00e9gislations des Etats membres relatives au maintien des droits des travailleurs en cas de transfert d\u2019entreprises, d\u2019\u00e9tablissements ou de parties d\u2019entreprises ou d\u2019\u00e9tablissements dispose en son article 1 er , paragraphe 1 que la directive est applicable \u00e0 tout transfert d\u2019entreprise, d\u2019\u00e9tablissement ou de partie d\u2019entreprise ou d\u2019\u00e9tablissement \u00e0 un autre employeur r\u00e9sultant d\u2019une cession conventionnelle ou d\u2019une fusion. Est consid\u00e9r\u00e9 comme transfert , celui d\u2019une entit\u00e9 \u00e9conomique maintenant son identit\u00e9, entendue comme un ensemble organis\u00e9 de moyens, en vue de la poursuite d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique, que celle-ci soit essentielle ou accessoire.<\/p>\n<p>L\u2019article L. 127- 1 (1) alin\u00e9a 1 er du code du travail (chapitre VII du maintien des droits des salari\u00e9s en cas de transfert d\u2019entreprise) dispose que ce chapitre s\u2019applique \u00e0 tout transfert d\u2019entreprise, d\u2019\u00e9tablissement ou de partie d\u2019entreprise ou d\u2019\u00e9tablissement r\u00e9sultant notamment d\u2019une cession conventionnelle, d\u2019une fusion, d\u2019une succession, d\u2019une scission, d\u2019une transformation de fonds ou d\u2019une mise en soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019article L. 127- 2 du code du travail d\u00e9finit le \u00ab transfert \u00bb comme celui d\u2019une entit\u00e9 \u00e9conomique qui maintient son identit\u00e9 et qui constitue un ensemble organis\u00e9 de moyens, notamment personnels et mat\u00e9riels, permettant la poursuite d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique essentielle ou accessoire . Le c\u00e9dant est toute personne physique ou morale qui, du fait d\u2019un transfert, perd la qualit\u00e9 d\u2019employeur \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019entreprise, de l\u2019\u00e9tablissement ou de la partie d\u2019entreprise ou d\u2019\u00e9tablissement, le cessionnaire \u00e9tant toute personne physique ou morale qui, du fait d\u2019un transfert, acquiert la qualit\u00e9 d\u2019employeur \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019entreprise, de l\u2019\u00e9tablissement ou de la partie d\u2019entreprise ou d\u2019\u00e9tablissement.<\/p>\n<p>D\u2019apr\u00e8s l\u2019article L. 127-3 (1) les droits et obligations qui r\u00e9sultent pour le c\u00e9dant d\u2019un contrat de travail ou d\u2019une relation de travail existant \u00e0 la date du transfert sont, du fait de ce transfert, transf\u00e9r\u00e9s au cessionnaire (\u2026). Le c\u00e9dant et le cessionnaire sont, apr\u00e8s la date du transfert, responsables solidairement des obligations venues \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance avant la date du transfert \u00e0 la suite d\u2019un contrat de travail ou d\u2019une relation de travail existant \u00e0 la date du transfert (\u2026).<\/p>\n<p>L\u2019article L. 172- 4 dispose que (1) le transfert d\u2019une entreprise, d\u2019un \u00e9tablissement ou d\u2019une partie d\u2019entreprise ou d\u2019\u00e9tablissement ne constitue pas en lui-m\u00eame un motif de licenciement pour le c\u00e9dant ou le cessionnaire. (2) Si le contrat de travail ou la relation de travail est r\u00e9sili\u00e9 du fait que le transfert entra\u00eene une modification substantielle des conditions de travail au d\u00e9triment du salari\u00e9, la r\u00e9siliation du contrat de travail ou de la relation de travail est consid\u00e9r\u00e9e comme intervenue du fait de l\u2019employeur.<\/p>\n<p>La directive 2011\/23 vise \u00e0 assurer la continuit\u00e9 des relations de travail existant dans le cadre d\u2019une entit\u00e9 \u00e9conomique, ind\u00e9pendamment d\u2019un changement de propri\u00e9taire. Le crit\u00e8re d\u00e9cisif pour \u00e9tablir l\u2019existence d\u2019un transfert au sens de cette directive est donc de savoir si l\u2019entit\u00e9 en question garde son identit\u00e9, ce<\/p>\n<p>6 qui r\u00e9sulte notamment de la poursuite effective de l\u2019exploitation ou de sa reprise.<\/p>\n<p>Pour que la directive 2001\/23 soit applicable, le transfert doit porter sur une entit\u00e9 \u00e9conomique organis\u00e9e de mani\u00e8re stable, dont l\u2019activit\u00e9 ne se borne pas \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un ouvrage d\u00e9termin\u00e9. La notion d\u2019entit\u00e9 renvoie ainsi \u00e0 un ensemble organis\u00e9 de personnes et d\u2019\u00e9l\u00e9ments permettant l\u2019exercice d\u2019une activit\u00e9 \u00e9conomique qui poursuit un objectif propre.<\/p>\n<p>Pour d\u00e9terminer si les conditions d\u2019un transfert d\u2019une entit\u00e9 \u00e9conomique organis\u00e9e de mani\u00e8re stable sont remplies, il y a lieu de prendre en consid\u00e9ration l\u2019ensemble des circonstances de fait qui caract\u00e9risent l\u2019op\u00e9ration en cause, au nombre desquelles figurent notamment le type d\u2019entreprise ou d\u2019\u00e9tablissement dont il s\u2019agit, le transfert ou non d\u2019\u00e9l\u00e9ments corporels, tels que les b\u00e2timents et les biens mobiliers, la valeur des \u00e9l\u00e9ments incorporels au moment du transfert, la reprise ou non de l\u2019essentiel des effectifs par le nouveau chef d\u2019entreprise, le transfert ou non de la client\u00e8le, ainsi que le degr\u00e9 de similarit\u00e9 des activit\u00e9s exerc\u00e9es avant et apr\u00e8s le transfert et la dur\u00e9e d\u2019une \u00e9ventuelle suspension de ces activit\u00e9s. Ces \u00e9l\u00e9ments ne constituent toutefois que des aspects partiels de l\u2019\u00e9valuation d\u2019ensemble qui s\u2019impose et ne sauraient, de ce fait, \u00eatre appr\u00e9ci\u00e9s isol\u00e9ment.<\/p>\n<p>La CJUE a relev\u00e9 qu\u2019une entit\u00e9 \u00e9conomique peut, dans certains secteurs, fonctionner sans \u00e9l\u00e9ments d\u2019actifs, corporels ou incorporels, significatifs, de sorte que le maintien de l\u2019identit\u00e9 d\u2019une telle entit\u00e9 par-del\u00e0 l\u2019op\u00e9ration dont elle est l\u2019objet ne saurait, par hypoth\u00e8se, d\u00e9pendre de la cession de tels \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>Elle a ainsi jug\u00e9 que, dans la mesure o\u00f9, dans certains secteurs dans lesquels l\u2019activit\u00e9 repose essentiellement sur la main- d\u2019\u0153uvre, une collectivit\u00e9 de travailleurs que r\u00e9unit durablement une activit\u00e9 commune peut correspondre \u00e0 une entit\u00e9 \u00e9conomique, une telle entit\u00e9 est susceptible de maintenir son identit\u00e9 par-del\u00e0 son transfert quand le nouveau chef d\u2019entreprise ne se contente pas de poursuivre l\u2019activit\u00e9 en cause, mais reprend \u00e9galement une partie essentielle, en termes de nombre et de comp\u00e9tence, des effectifs que son pr\u00e9d\u00e9cesseur affectait sp\u00e9cialement \u00e0 cette t\u00e2che. Dans cette hypoth\u00e8se, le nouveau chef d\u2019entreprise acquiert en effet l\u2019ensemble organis\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui lui permettra la poursuite des activit\u00e9s ou de certaines activit\u00e9s de l\u2019entreprise c\u00e9dante de mani\u00e8re stable.<\/p>\n<p>L\u2019appr\u00e9ciation de la Cour<\/p>\n<p>L\u2019existence d\u2019un transfert d\u2019entreprise Par courrier du 7 septembre 2011 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) a officiellement inform\u00e9 A.) qu\u2019\u00e0 partir du 15 septembre 2011, l\u2019activit\u00e9 de notre \u00e9tablissement est transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 SOC2.) SARL (d\u00e9nomm\u00e9e depuis 2008 soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) s. \u00e0 r. l.) qui avec ce transfert prendra la succession de notre maison et veillera \u00e0 la poursuite de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>7 En l\u2019esp\u00e8ce, il est constant en cause, tel que cela r\u00e9sulte des pi\u00e8ces produites par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) et tel que l\u2019admet A.) dans son acte d\u2019appel, que la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) a pris en location les locaux ant\u00e9rieurement occup\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) et qu\u2019elle a acquis de l\u2019intim\u00e9e des \u00e9quipements et du mat\u00e9riel qui sont actuellement utilis\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.). Il n\u2019est pas contest\u00e9 que cette derni\u00e8re exploite dans ces locaux une &#8212;. Il est encore \u00e9tabli, tel que l\u2019affirme l\u2019appelant dans son acte d\u2019appel, que les autres salari\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) ont commenc\u00e9 \u00e0 travailler pour la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) au mois de septembre 2011.<\/p>\n<p>Comme la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) continue \u00e0 exercer l\u2019activit\u00e9 de &#8212; dans les locaux occup\u00e9s ant\u00e9rieurement par la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) en utilisant des biens mobiliers de l\u2019intim\u00e9e et ce avec l\u2019essentiel des effectifs de l\u2019intim\u00e9e, les conditions d\u2019un transfert d\u2019une entit\u00e9 \u00e9conomique organis\u00e9e de mani\u00e8re stable sont remplies et c\u2019est \u00e0 bon droit que le tribunal du travail a retenu que les conditions sont remplies pour qualifier l\u2019op\u00e9ration de cette cession conventionnelle entre l\u2019intim\u00e9e et la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) de transfert d\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Ce transfert d\u2019entreprise s\u2019\u00e9tant op\u00e9r\u00e9 le 15 septembre 2011, c\u2019est \u00e0 partir de cette date que les droits et obligations qui r\u00e9sultent pour le c\u00e9dant, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) , du contrat de travail de A.) sont, du fait de ce transfert, transf\u00e9r\u00e9s au cessionnaire, la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) .<\/p>\n<p>D\u00e8s lors l\u2019offre de preuve formul\u00e9e par A.) dans l\u2019acte d\u2019appel et tendant \u00e0 prouver que la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) a fait signer \u00e0 la fin du mois de septembre 2011 un nouveau contrat de travail \u00e0 deux anciennes salari\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) et qui travaillaient \u00e0 partir du 15 septembre 2011 pour la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) est sans pertinence dans la pr\u00e9sente affaire qui oppose la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) \u00e0 A.). Il en est de m\u00eame du fait offert en preuve que la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) n\u2019aurait pas repris le fonds de commerce ni les salari\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9, cette affirmation \u00e9tant d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 contredite par les pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause et par les \u00e9nonc\u00e9s m\u00eame de l\u2019acte d\u2019appel.<\/p>\n<p>L\u2019offre de preuve libell\u00e9e par l\u2019appelant dans ses conclusions du 16 septembre 2013 est \u00e9galement \u00e0 rejeter pour d\u00e9faut de pertinence, dans la mesure o\u00f9 il est sans int\u00e9r\u00eat, au vu des \u00e9l\u00e9ments du dossier, de savoir si un contrat de transfert d\u2019activit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 entre la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) et la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.), que les points \u00abla soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) n\u2019a pas repris l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) \u00bb et \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) n\u2019a pas repris le personnel de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) aux m\u00eames conditions d\u2019anciennet\u00e9 et de solde de cong\u00e9 \u00bb n\u2019ont pas de sens. Le point \u00abla soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) a refus\u00e9 de prendre en compte Monsieur A.) comme son salari\u00e9 \u00bb est sans pertinence, alors qu\u2019il r\u00e9sulte des attestations vers\u00e9es par l\u2019intim\u00e9e que A.) avait manifest\u00e9 son intention de ne pas aller travailler pour le compte de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) .<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019argument de l\u2019appelant qu\u2019il y aurait r\u00e9siliation du contrat de travail par cessation d\u2019activit\u00e9 de l\u2019employeur, le jugement est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a retenu que A.), auquel incombe la charge de la preuve, ne fournit aucun \u00e9l\u00e9ment probant \u00e0 l\u2019appui de son affirmation. Ainsi le courrier du 7 septembre<\/p>\n<p>8 2011 n\u2019est pas \u00e0 consid\u00e9rer comme licenciement du salari\u00e9 et le courrier du 10 octobre 2011, intervenu \u00e0 un moment o\u00f9 A.) n\u2019\u00e9tait plus aux services de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une lettre de r\u00e9siliation d\u2019un contrat de travail. De m\u00eame le courrier du 16 septembre 2011 que la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) a adress\u00e9 \u00e0 A.) ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme lettre de licenciement \u00e9manant de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) .<\/p>\n<p>C\u2019est en cons\u00e9quence \u00e0 bon droit et pour des motifs corrects que la Cour adopte que les demandes de A.) en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de pr\u00e9avis, d\u2019une indemnit\u00e9 de d\u00e9part, de dommages et int\u00e9r\u00eats pour pr\u00e9judice moral et d\u2019une indemnit\u00e9 pour irr\u00e9gularit\u00e9 formelle ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es non fond\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019indemnit\u00e9 compensatoire pour cong\u00e9 non pris A.) r\u00e9clame une indemnit\u00e9 compensatoire pour 12,5 jours de cong\u00e9 non pris d\u2019un montant de 2.719,62 \u20ac. C\u2019est \u00e0 bon droit et pour des motifs que la Cour fait siens que le tribunal du travail a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019au vu de l\u2019article L. 233- 12 du code du travail disposant que \u00ab lorsque le contrat de travail prend fin dans le courant de l\u2019ann\u00e9e, le salari\u00e9 a droit \u00e0 un douzi\u00e8me de son cong\u00e9 annuel par mois de travail entier (\u2026). Si apr\u00e8s la r\u00e9siliation du contrat de travail de la part soit de l\u2019employeur soit du salari\u00e9, ce dernier quitte son emploi avant d\u2019avoir joui de la totalit\u00e9 du cong\u00e9 qui lui est d\u00fb, l\u2019indemnit\u00e9 correspondant au cong\u00e9 non encore pris lui est vers\u00e9e au moment de son d\u00e9part, sans pr\u00e9judice de ses droits au pr\u00e9avis de licenciement \u00bb et \u00e0 d\u00e9faut de r\u00e9siliation du contrat de travail liant A.) \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.), la demande n\u2019est pas fond\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019indemnit\u00e9 de maladie pour la p\u00e9riode du 1 er au 15 novembre 2011 et les arri\u00e9r\u00e9s de salaire des mois de d\u00e9cembre 2011 et janvier 2012 A.) r\u00e9clame un montant de 1.129,19 \u20ac \u00e0 titre d\u2019indemnit\u00e9 de maladie pour la p\u00e9riode du 1 er au 15 novembre 2011 et chaque fois le montant de 818,38 \u20ac \u00e0 titre de 33 % du salaire non per\u00e7u en d\u00e9cembre 2011 et en janvier 2012, du fait de l\u2019absence de la carte d\u2019imp\u00f4t 2011. Au vu du transfert d\u2019entreprise qui s\u2019est op\u00e9r\u00e9 le 15 septembre 2011, ces demandes dirig\u00e9es \u00e0 l\u2019encontre de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) ne sont pas fond\u00e9es. Le jugement entrepris est \u00e0 confirmer sur ce point.<\/p>\n<p>La remise des documents A.) r\u00e9clame actuellement la remise, sous peine d\u2019astreinte de 200 \u20ac par document et par jour de retard, de sa carte d\u2019imp\u00f4t 2011, du certificat de travail, du solde de tous comptes, du certificat de r\u00e9mun\u00e9ration 2011 et des fiches de salaire des mois de septembre, octobre et novembre 2011, les fiches de salaire des mois d\u2019avril \u00e0 ao\u00fbt 2011 lui ayant \u00e9t\u00e9 remises en date du 12 juillet 2012.<\/p>\n<p>9 C\u2019est \u00e0 juste titre que le tribunal du travail a rejet\u00e9 la demande en d\u00e9livrance de sa carte d\u2019imp\u00f4t 2011, du solde de tous comptes, du certificat de r\u00e9mun\u00e9ration 2011 et des fiches de salaire des mois d\u2019octobre et novembre 2011 et celle relative \u00e0 la p\u00e9riode du 15 au 30 septembre 2011, faute de la r\u00e9siliation du contrat de travail ayant exist\u00e9 entre A.) et la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) et au vu du transfert d\u2019entreprise ayant eu lieu le 15 septembre 2011.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, comme A.) a travaill\u00e9 pour compte de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) jusqu\u2019au 14 septembre 2011 inclus et qu\u2019il n\u2019a pas repris son travail aupr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9 SOC3.) , c\u2019est \u00e0 bon droit qu\u2019il r\u00e9clame \u00e0 l\u2019intim\u00e9e la remise de la fiche de salaire relative \u00e0 la p\u00e9riode du 1 er au 14 septembre 2011 inclus et du certificat de travail.<\/p>\n<p>Pour assurer l\u2019efficacit\u00e9 de la condamnation en d\u00e9livrance de ces documents, il y a lieu de soumettre son ex\u00e9cution \u00e0 une astreinte de 50 \u20ac par jour de retard et par document, l\u2019astreinte \u00e9tant plafonn\u00e9e \u00e0 la somme de 2.500 \u20ac.<\/p>\n<p>La demande reconventionnelle La soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) demande, \u00e0 titre reconventionnel, le remboursement des salaires indument pay\u00e9s \u00e0 A.) durant la p\u00e9riode du 16 septembre au 1 er novembre 2011. Au vu de l\u2019existence du transfert d\u2019entreprise, c\u2019est \u00e0 bon droit que la juridiction de premi\u00e8re instance a d\u00e9cid\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) n\u2019\u00e9tait plus tenue de r\u00e9gler les salaires qui sont venus \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance apr\u00e8s la date du transfert d\u2019entreprise du 15 septembre 2011 et qu\u2019elle a retenu, eu \u00e9gard aux pi\u00e8ces vers\u00e9es en cause, que les conditions de l\u2019action en r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019indu sont remplies. Le jugement est \u00e0 confirmer en ce qu\u2019il a d\u00e9clar\u00e9 fond\u00e9e la demande de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) pour le montant de 3.058,17 \u20ac.<\/p>\n<p>Les indemnit\u00e9s de proc\u00e9dure et les frais Tant A.) que la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) sollicitent une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure de 2.000 \u20ac. A.) succombant en appel sur la majeure partie de sa demande, il doit supporter l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel et sa demande en paiement d\u2019indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure est \u00e0 rejeter. La partie intim\u00e9e ne justifiant pas de l\u2019iniquit\u00e9 requise par l\u2019article 240 du nouveau code de proc\u00e9dure civile, sa demande en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel est \u00e9galement \u00e0 rejeter.<\/p>\n<p>10 PAR CES MOTIFS:<\/p>\n<p>la Cour d\u2019appel, huiti\u00e8me chambre, si\u00e9geant en mati\u00e8re de droit du travail, statuant contradictoirement, sur le rapport de Madame Monique F ELTZ, conseiller,<\/p>\n<p>re\u00e7oit l\u2019appel,<\/p>\n<p>le dit partiellement fond\u00e9 ;<\/p>\n<p>condamne la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e SOC1.) \u00e0 d\u00e9livrer \u00e0 A.) la fiche de salaire relative \u00e0 la p\u00e9riode du 1 er au 14 septembre 2011 inclus, ainsi que le certificat de travail dans un d\u00e9lai de deux mois \u00e0 compter de la signification de l\u2019arr\u00eat, sous peine d\u2019une astreinte de 50 \u20ac par jour de retard et par document, l\u2019astreinte \u00e9tant plafonn\u00e9e \u00e0 la somme de 2.500 \u20ac,<\/p>\n<p>confirme le jugement du tribunal du travail de Luxembourg du 6 juillet 2012 pour le surplus; rejette les demandes des parties en paiement d\u2019une indemnit\u00e9 de proc\u00e9dure pour l\u2019instance d\u2019appel ; condamne A.) aux frais et d\u00e9pens de l\u2019instance d\u2019appel avec distraction au profit de Ma\u00eetre Alain RUKAVINA, avocat constitu\u00e9. La lecture de cet arr\u00eat a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 l\u2019audience publique indiqu\u00e9e ci-dessus par M. \u00c9tienne SCHMIT, pr\u00e9sident de chambre, en pr\u00e9sence de M. Alain BERNARD, greffier.<\/p>\n<\/div>\n<hr class=\"kji-sep\" \/>\n<p class=\"kji-source-links\"><strong>Sources officielles :<\/strong> <a class=\"kji-source-link\" href=\"https:\/\/data.public.lu\/fr\/datasets\/cour-superieure-de-justice-chambre-8\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">consulter la page source<\/a> &middot; <a class=\"kji-pdf-link\" href=\"https:\/\/download.data.public.lu\/resources\/cour-superieure-de-justice-chambre-8\/20240827-202446\/20141127-38944a-accessible.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">PDF officiel<\/a><\/p>\n<p class=\"kji-license-note\"><em>Licence CC BY-ND 4.0 (Administration judiciaire, data.public.lu). 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